Maintenance ENSI
Maintenance ENSI
UNIVERSITE DE LOME
BP : 1515 Lomé-Togo Travail – Liberté – Patrie
(ENSI)
Enseignant :
M. WOTODZO K.
F.
Octobre 2013
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CHAPITRE I - GENERALITE SUR LA MAINTENANCE
1. Objectifs
Expliquer l’évolution de la maintenance
2. Définition de la maintenance
L’opération de maintenance peut se définir comme étant une suite d’actions organisées, intervenant sur un
système et ayant un double objectif.
1er objectif : rétablir un bien, en état de dysfonctionnement et le replacer en état de fonctionnement, donc
de reproduire.
2e objectif : maintenir ce bien, par une suite d’actions préventives et planifiées, en état parfait de
fonctionnement, donc de produire.
En règle générale, le service maintenance doit garder l’outil de production en état opérationnel, afin d’assurer
une production efficace et maximale.
3. Evolution de la maintenance
L’évolution et la complexité des systèmes de production ainsi que le besoin de produire vite et bien, ont
obligé les industriels à structurer et à organiser les ateliers d’entretien ; ils ont surtout créé de nouveaux
concepts d’organisations et de nouvelles manières d’intervenir sur des structures de production concernant
les produits manufacturés.
Aujourd’hui, l’entretien a laissé la place à la maintenance. Ce changement ne réside pas uniquement dans un
changement de dénomination, mais aussi dans un bouleversement complet de la manière de faire et de
concevoir ce qui s’appelait entretien et que l’on appelle aujourd’hui maintenance.
La production intensive, la complexité des systèmes et surtout la rentabilité, ont poussé les industriels à créer
un domaine et une structure dans l’entreprise appelée : service maintenance.
Ce service structuré comporte différents corps de métiers comme des électriciens, des mécaniciens, des
électroniciens, des automaticiens.
Ces spécialistes interviennent chacun dans leur domaine respectif, mais en respectant une coordination dans
les tâches à effectuer.
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4. Définitions
Définition du terme«entretien»
Le terme entretien regroupe les opérations ou les interventions de nature diverses à effectuer, afin de garder,
ou non, un système de production en état de rendre le service pour lequel il a été prévu.
Définition du terme«maintenance»
La maintenance permet d’organiser, prévoir, planifier et gérer les opérations d’entretien. Aux activités
techniques effectuées par des spécialistes viennent se greffer d’autres responsabilités comme :
chine ;
ADMISTRATIFS COMMERCIAL
-Ressource humaines MAGASIN
-Gestion (stock)
-Finance
---- -
- Etude de produits -Etude des procédés -fabrication du produit -Maintenance corrective
nouveaux de fabrication + contrôle Dépannage, Réparation
-Etude machines de nouvelles - Coûts de fabrication -Maintenance préventive
Systématique
Conditionnelle
Améliorative
-Remise à neuf de matériels
-Installation de matériels neufs
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6. Structure d’une organisation de maintenance (exemple)
Gardien de l’outil de production, le service maintenance comporte une structure parfaitement organisée qui
permet d’optimiser au maximum la production et donc d’en réduire les coûts.
CHEF DE SERVICE
CHEF DE SERVICE
« Maintenance »
Production-Fabrication
MISSIONS USUELLES
Emissions
Emissionsdes
desordres
ordresd’interventions
d’interventions
Planification
Planificationdes
desinterventions
interventions
Etude de l’amélioration des interventions
Etude de l’amélioration des interventions
Analyse des défaillances
Analyse des défaillances
Mise en mémoire informatique des interventions
Compte Mise en des
mémoire
rendu Analyse coûts informatique des interventions
d’inter- Analyse des coûts Ateliers Services
vention généraux
-Materiel
Interventions sur sites
Divers
-Chaufferie
Chef d’équipe Chef d’équipe
Chef d’équipe
« Mécanique» « Automatisme »
« Electricité »
ATELIER
Structure de
Inter- Inter- Inter- Inter- réparation
venant « Automatisme »
venant
venant venant Structure de
Meca Meca Aut Aut
rénovation de
machine
Intervention sur
du matériel
Inter- Inter- démonté sur
venant sites
Venant
Elect
Elect
Elec-
tricien
Meca- Sou-
nicien deur
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Remarque : le schéma de la figure 2 représente une structure classique d’une logistique de maintenance. La
taille et l’organisation de celle-ci dépendent de l’importance du secteur d’activité.
L’évolution et la complexité des systèmes automatisés ont obligé les industries de production à mettre en
place une structure de maintenance, avec un langage, des règles, des outils, des méthodes et des procédures
contractuelles.
Différentes tâches sont attribuées à ce service, en particulier :
;
;
matériel (rénovation) ;
;
;
ériel (fichier historique).
Le schéma ci-dessous (figure 3) donne un aspect général de cette structure.
MAINTENANCE
Maintenance
améliorative
Remise en cause du
Maintenance Maintenance système en vue d’éliminer
corrective préventive définitivement le
dysfonctionnement
Arrêt du système
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8. Entretien
Ce terme désigne les opérations ou les interventions à effectuer sur un matériel de production afin de le
conserver en parfait état de produire. Les opérations correspondantes, souvent ordonnées par le constructeur
peuvent prendre la forme :
de vidange (huile de lubrification) ;
de graissage (paliers de guidage) ;
de changement de courroies, etc.
9. Maintenance
Ce concept désigne un ensemble d’activités permettant, grâce à une structure organisée, d’optimiser au
maximum l’efficacité des opérations d’entretien sur les systèmes de production et ainsi de réduire les défauts
de fabrication. La maintenance permet donc de conserver un bien dans son état maximal de production.
La maintenance préventive permet de réduire les risques et probabilités de dysfonctionnement des systèmes
de production. Trois cas sont à retenir.
La maintenance «conditionnelle» : elle permet, grâce à une surveillance très précise, de suivre l’évolution
d’un défaut ou d’une usure et donc de planifier une intervention avant défaillance totale ou partielle.
Les interventions de maintenance corrective interviennent après défaillance (totale ou partielle) du système.
Les dysfonctionnements sont alors accidentels et les interventions interviennent sous la forme de dépannage
ou de réparation.
12. Le dépannage
Cette action non planifiée intervient après un dysfonctionnement. Elle a pour objectif de remettre un système
en état provisoire de produire. Une action de «dépannage» sera suivie d’une réparation (définitive).
13. La réparation
Cette intervention définitive, après une panne, permet de remettre un élément d’un système de production en
état de fonctionnement.
14. La visite
C’est une opération de surveillance, se situant dans le cadre d’actions de maintenance préventive. Elle peut
consister à un examen détaillé et approfondi d’une partie ou de l’ensemble du système suivi.
15. Le contrôle
Cette opération a pour objectif de vérifier des critères ou des données définis. Elle a pour base des références
de vérification parfaitement établies.
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16. L’inspection
C’est l’examen attentif exécuté dans un but de surveillance. Au cours d’une inspection, il est possible de
suivre l’évolution, sans intervenir, d’un défaut connu et évoluant dans le temps.
Les trois opérations de surveillance (visite, contrôle et inspection) se situent dans le cadre d’une structure de
maintenance préventive. Elles peuvent par la suite, et suivant l’évolution du ou des défauts constatés, suivis
et enregistrés, donner lieu à des opérations de maintenance corrective.
Cette méthode de suivi évite souvent des arrêts accidentels des chaines de production. Cette façon de
concevoir «l’entretien» des biens de production, permet de planifier à des moments choisis, les interventions
correctives de maintenance.
Une intervention de maintenance sur un système ne peut se faire sans référence à des documents précis et à
jour. Chaque machine ou système possède différents dossiers qui permettent de connaitre les différentes
structures de l’ensemble. Les interventions de maintenance sont obligatoires pour la conservation du système
dans un état optimal de production. De plus, ces interventions doivent se faire au moindre coût, sans gêner la
production. Pour tenir cet objectif, il est indispensable de pouvoir consulter à tout moment le passé, au
niveau technique, du bien de production.
L’informatique, grâce à des logiciels parfaitement adaptés à cette gestion de maintenance, permet d’établir
des dossiers, de les tenir à jour, de les consulter à tout moment, facilitant ainsi les interventions de
maintenance.
Le dossier technique
Ce dossier d’ordre général regroupe les aspects techniques propres à un type de machine, à savoir :
les schémas électriques ;
les plans et schémas mécaniques ;
les données et paramètres de fonctionnement ;
les caractéristiques fonctionnelles.
Le dossier machine
Ce dossier, particulier à la machine, ne concerne que celle-ci. Il peut comporter des documents ou
renseignements comme :
;
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■ Les dysfonctionnements :
;
■ La logique maintenance doit faire apparaitre également le coût financier de cette «logistique». Seront pris
en compte :
les coûts d’intervention ;
le temps passé par intervention ;
le coût des éléments changés ;
la gestion du magasin de pièces détachées, en tenant compte de préserver un stock minimum.
■ L’outil informatique peut se montrer très performant et permettre une gestion facile et logique de la
structure «maintenance» d’une unité de production.
Suivant les interventions de maintenance à effectuer, la logique et la méthode de travail permettant de garder
le système en état de fonctionnement optimum sont différentes.
Deux types d’évènements sont possibles.
L’intervention est prévue et planifiée : Dans ce cas, l’intervention est une opération de maintenance
préventive. L’arrêt machine intervient quand celui-ci ne porte pas à conséquence sur la production. Les
interventions peuvent prendre deux aspects différents :
le changement systématique des éléments ou pièces mécaniques prévus ; la maintenance est dite
«systématique» ;
le changement en fonction de l’état d’usure des éléments mécaniques ; la maintenance est dite
«conditionnelle».
L’intervention est imprévue et provient d’un incident (technique) : L’intervention est alors une opération
de maintenance corrective. L’arrêt machine n’a pas été prévu et porte, presque toujours, à conséquence sur la
production. Les interventions doivent être rapides et ne sont pas toujours définitives.
Il peut se produire dans un premier temps, pour remettre rapidement le système en fonctionnement, une
opération dite «de dépannage» qui ne sera pas définitive. Elle sera suivie, le plus rapidement possible d’une
réparation, qui, elle, sera définitive.
Remarques
Si, dans le cas d’une intervention de maintenance corrective, les éléments défectueux sont disponibles, il est
alors possible d’effectuer une opération dite «de réparation». Dans le cas contraire, il faut procéder le plus
vite possible à un approvisionnement des pièces manquantes. Suivant le degré d’urgence, le technicien
procède à une intervention provisoire afin de remettre le système en service en respectant, toutefois, les
consignes de sécurité.
Dans tous les cas, chaque intervention fait l’objet d’un compte rendu d’intervention, suivi d’une mise à jour
des fichiers historiques.
La figure 5 permet de visualiser les deux cas d’une intervention en maintenance :
1er cas : l’évènement est prévu → maintenance préventive.
2e cas : l’évènement est imprévu → maintenance corrective.
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Evénement prévu Evénement imprévu
Commentaire
Bon de travail
Dépannage Essai
Compte rendu
Réception
pièce
Mise à jour
des dossiers
Remise à disposition
en production
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CHAPITRE II - MAINTENANCE ET FONCTION MAINTENANCE
.
Préciser les objectifs de la maintenance et ses liens avec les autres services de l’entreprise.
Indiquer les principales missions et responsabilités de la fonction maintenance.
Décrire les principaux moyens au service de la fonction maintenance.
Donner des précisions sur la gestion des stocks de maintenance.
Fournir des éléments sur la structuration des travaux de maintenance et leur ordonnancement.
Donner des indications sur les principales familles de logiciels utilisés.
2. Introduction
Maintenir un équipement, c’est gérer au coût optimal sa disponibilité dans le processus de production.
Devenu un enjeu clé de la productivité et de la compétitivité des entreprises, la maintenance est aujourd’hui
une discipline à part entière, avec un langage, des règles, des outils, des méthodes et des procédures
contractuelles.
Les activités de maintenance, regroupées sous le terme «Maintenance industrielle», reposent sur une
normalisation nationale et internationale (AFNOR – Comité National de la Maintenance, etc.) et
regroupent :
;
dès la conception des produits et destinées à
en faciliter l’après-vente (performances et services).
Les définitions et un certain nombre d’éléments de ce chapitre sont extraits des normes NF X 60-010. Se
reporter à celles-ci pour des détails complémentaires.
Définition de la maintenance
La maintenance est définie comme étant «l’ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un
bien dans un état spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé».
Remarques
«Maintenir», c’est par exemple effectuer des opérations de dépannage, graissage, visite, réparation,
amélioration, etc., qui permettent de conserver le potentiel du matériel afin d’assurer la continuité et la
qualité de la production. Une bonne maintenance, c’est celle qui permettra de réaliser ces mêmes opérations
au coût global minimum.
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(en y incluant un chapitre documentation technique) ; les problèmes de garantie ; obtenir le dossier
technique adapté aux besoins de la fonction maintenance, en particulier la documentation technique.
Elles dépendent du type de l’entreprise (industrie travaillant en continu ou non), de la nature des activités et
des coûts engendrés par les défaillances.
De plus, quelque soit le type de l’entreprise, la fonction maintenance peut aussi être amenée à gérer la
production de l’énergie, l’éclairage, la ventilation, etc. (encore appelés «les utilités»), mais également les
moyens de transport et de manutention.
En pratique, suivant les moyens donnés à la fonction maintenance, les missions qui lui seront confiées
peuvent donc être très diversifiées et dépasser le cadre usuel de cette fonction.
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5. Les moyens de la fonction maintenance
La documentation
(D’autres informations concernant la documentation sont indiquées au paragraphe 9).
Documentation générale
Elle comprend une documentation sur les techniques professionnelles (ouvrages de référence, formulaires,
revues techniques, articles, etc.) et une documentation concernant l’outillage, les composants et les
fournitures diverses (normes nationales et internationales, catalogues fournisseurs, etc.).
Documentation du matériel
Elle comprend une documentation technique (dossiers techniques et dossiers machines indiquant la
désignation du type, le constructeur, les caractéristiques générales, etc.) et une documentation historique
(fiches historiques ou individuelles de chaque machine indiquant les modifications éventuelles, les
améliorations, les rapports d’incidents, l’âge, le nombre d’heures de fonctionnement, la durée des
interventions, des immobilisations, etc.).
Remarque
Le dossier historique permet notamment de planifier les opérations de maintenance et de faire des analyses
systématiques comme repérer les matériels qui ont des coûts de maintenance élevés ou anormaux.
Maintenance corrective : dépannage ou réparation, elle correspond à une attitude de réaction à des
évènements plus ou moins aléatoires.
Maintenance préventive : elle correspond à une volonté de programmation et de planification des travaux.
Elle se décompose en maintenance préventive systématique et en maintenance préventive conditionnelle.
Concept de Maintenance
Maintenance
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La co-traitance en maintenance
Souvent, pour des raisons économiques et d’organisation, une partie des travaux de maintenance les plus
spécialisés ou les plus épisodiques (travaux neufs, expertises, modification, rénovation, reconstruction,
maintenance préventive de matériels autre que celui de production, etc.) sont traités et réalisés par d’autres
entreprises agissant en prestataires de service (contrats de co-traitance à différencier des contrats de sous-
traitance).
Il existe plusieurs types de contrat possible et le choix d’une entreprise ou d’une autre se fait en général par
le système des appels d’offres.
Définition et rôle
Le stock-maintenance comprend l’ensemble des articles et biens nécessaires à la parfaite réalisation de la
fonction maintenance. Celle-ci doit pouvoir être effectuée dans les meilleures conditions de délais, de coûts
et de sécurité. A cette fin : deux catégories d’articles sont indispensables :
-ensembles appartenant
à la nomenclature des biens à maintenir et destinée au remplacement, etc.) ;
machines, etc., nécessaires à la réalisation des
tâches ou travaux.
Remarque
La définition des articles, pièces ou biens nécessaires, leur décision de mise en stock, l’acquisition et leur
gestion dépendent à la fois du service maintenance, mais aussi d’autres services : méthodes, comptabilité,
achat et de la direction de l’entreprise.
Catalogue et codification
Un catalogue des articles du stock-maintenance propose et rassemble la liste, avec classement des différents
articles ou composants constituant le stock, ainsi que les informations utiles correspondantes.
En règle générale, pour simplifier la gestion du stock, chaque article est identifié par un code (code
barres…).
Règle de gestion
La décision d’avoir ou non une pièce ou un article en stock dépend de plusieurs paramètres : délai
d’approvisionnement, coût de l’article, coût de gestion, coût de la non-disponibilité, aléas de consommation
de l’article. S’agit-il d’une pièce de fonctionnement (pièce d’usure, etc.) ou d’une pièce de structure ?
Pièces de structures
Dans le cas des pièces de structure, pièces dont la dégradation est peu probable en usage normal, l’analyse
est réalisée, cas par cas, afin d’établir un «volant de pièces de sécurité».
Pièces de fonctionnement
Dans le cas des pièces de fonctionnement, subissant des usures et des dégradations inévitables, deux
attitudes sont possibles :
nd en dessous d’un seuil à
définir. Cette méthode convient bien aux articles de consommation fluctuante et aux articles d’usage
particulier ou multiple mai conduit à une multiplication des commandes ;
date fixe, notamment pour les articles courants ayant
une consommation assez régulière. Cette méthode permet notamment de grouper les commandes mais exige
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néanmoins une surveillance avec fixation de seuil d’alerte.
Fichier stock-maintenance
La tenue d’un fichier, informatique ou non, permet d’optimiser la gestion du stock, de détecter les
défaillances chroniques, d’ajouter de nouveaux articles et d’améliorer diverses autres prestations. Elle
permet aussi de rationaliser et simplifier les relations avec les autres services de l’entreprise.
Un fichier type comporte principalement :
;
les données relatives à la gestion du stock ;
les données relatives aux mouvements du stock ;
les données relatives à l’approvisionnement ;
les données nécessaires à l’établissement et l’exploitation de statistiques.
Les principaux objectifs sont la mise en place d’une préparation des travaux de maintenance et
l’ordonnancement en maintenance, notamment à la maintenance préventive.
Remarque
Les phases de travail sont composées d’un ensemble d’opérations pouvant être entièrement exécutées sans
interruption et sans modification de l’équipe. Si plusieurs équipes sont nécessaires, il faudra réaliser un
schéma de synthèse.
Règles
Une préparation ne peut être réalisée qu’après vérification de la nature du travail demandé, visite sur place
(avec analyse de la sécurité, des outillages exigés et des moyens de manutention nécessaires), études de la
documentation et des instructions de maintenance du matériel concerné, d’un choix de priorités (rapidité,
coût, précision) et d’une définition du mode opératoire.
Objectifs généraux
Diminuer le plus possible les coûts de maintenance tout en maintenant le maximum de qualité au service, à
cette fin :
réduire au minimum les temps d’immobilisation ou d’arrêt de l’outil de production (réduction du coût
indirect) ;
réduire les temps d’intervention (réduction du coût direct) ;
réduire le stock des pièces nécessaires ;
répondre aux besoins des utilisateurs (qualité des prestations) ;
améliorer les conditions de travail et de sécurité, utiliser au mieux les compétences.
Remarque
Les préparations de maintenance n’ont pas besoin d’être aussi détaillées que celles utilisées en fabrication.
Elles portent principalement sur les travaux importants (20 à 30% des travaux représentent 70 à 80% de
l’activité en maintenance), les travaux répétitifs et les travaux nécessitant un arrêt de fabrication.
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L’ordonnancement en maintenance
L’ordonnancement permet de faire la comparaison entre les besoins et les moyens, de mettre en place un
programme de travail et d’engager les moyens nécessaires au moment opportun. L’établissement d’un
programme de travail prévisionnel prend en compte les différents détails d’approvisionnement et de mise à
disposition, les servitudes (arrêt de fabrication, sécurité, etc.), les priorités définies en accord avec le service
fabrication et les capacités de charge du personnel de maintenance.
Les différents moyens permettant de réaliser l’ordonnancement sont :
;
le dispositif de déclenchement et de suivi de la maintenance préventive ;
l’analyse de la charge prévisionnelle (voir remarque) ;
le fichier stock des pièces de rechange ;
le dispositif de déclenchement et suivi des approvisionnements.
Remarque
L’analyse de la charge est un outil de gestion des moyens de maintenance destiné à réduire les coûts en
optimisant les affectifs en nombre et en spécialité, en définissant la meilleure adéquation entre besoins et
moyens, en prévoyant au besoin la co-traitance, etc.
La disponibilité d’une installation industrielle est une conséquence de la combinaison de ses caractéristiques
de fiabilité et de maintenabilité. Une disponibilité maximale peut être obtenue soit par une fiabilité
maximale, soit par une maintenabilité maximale ou par une combinaison optimale des deux.
Remarque
Plutôt que de vouloir supprimer à grands frais toutes les pannes possibles (recherche de la fiabilité
maximale), il est souvent possible d’en minimiser les conséquences par la rapidité d’une réparation
économique.
Plusieurs chapitres sont consacrés à l’étude de ces trois notions essentielles (voir chapitres suivants).
Une documentation complète et bien gérée est un des éléments essentiels de la maintenance. Les documents,
sous forme papier ou informatique, se divisent en deux grandes catégories :
; destinés à l’information préalable ;
; destinés à la mise en œuvre, la maintenance et la
gestion du bien à maintenir.
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Dossier technique Informa- Utilisation Mainte- Approvision
tion nance nements
préalable
Document de de1. Questionnaire type pour appel
présentation d’offre (optionnel) * * *
2. Fiche signalétique * * *
3. Fiche technique * * * *
4. Schéma général de principe * *
5. Plan d’ensemble * *
Document 1. Schémas fonctionnels et autres *
d’exploitation 2. Instructions d’installations *
3. Instructions d’utilisation * *
4. Instructions de maintenance *
5. Catalogue des pièces détachées * *
6. Instructions pour les modifications * *
■ Fiche technique : utilisée avec les «petits matériels», c’est un document sur lequel sont résumées les
informations techniques nécessaires à la présentation et à la mise en œuvre comme les caractéristiques
essentielles (description physique, caractéristiques de fonctionnement, conduite, conditions d’utilisation,
opérations simples de maintenance, dispositions de protection) ainsi que les équipements usuels et
accessoires divers.
■ Schéma général de principe : schéma représentant de façon simplifiée et ordonnée les différentes
fonctions d’un appareil et leurs relations fonctionnelles.
■ Schémas fonctionnels et autres schémas : documents donnant une présentation schématique, normalisée
ou non, d’un système ou circuit, permettant de connaitre et repérer tous les éléments fonctionnels
constitutifs et de comprendre le fonctionnement. Ces schémas peuvent être complétés, d’autres être
nécessaires à la compréhension, au fonctionnement et à la maintenance.
■ Instructions d’installation : document donnant les principales précautions à prendre pour le transport, le
magasinage, et l’installation avec, au besoin, le détail des opérations nécessaires à la préparation correcte de
l’équipement (mise au point et simulation) et à la mise en service.
■ Catalogue de pièces détachées : nomenclature, au besoin sous forme de catalogue, permettant d’identifier
et de situer sans ambiguïté les différents constituants d’un matériel et mentionnant en particulier les pièces
d’usure. Ces documents sont destinés à faciliter la gestion des pièces détachées en magasin
(approvisionnement, magasinage, établissement des commandes et livraisons diverses).
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■ Instructions pour les modifications : documents décrivant l’ensemble des opérations nécessaires à la
réalisation par l’utilisateur d’une modification prévue par le constructeur.
Il existe des centaines de logiciels destinés à la maintenance, en version micro monoposte, pour tous types
de réseaux, pour mini ou pour gros ordinateurs, etc. les logiciels sont généralement classés en deux
catégories, certains, dits «intégrés», combinent les deux aspects :
C») ;
.
Remarque
L’implantation de tels logiciels suppose l’existence d’une base de données informatiques «maintenance
fabrication» suffisamment fournie et accessible à tous les services concernés de l’entreprise. Ils permettent
d’alléger les circuits administratifs (suppression des documents papiers…) et facilitent la communication
entre les services, notamment pour le transfert de certaines opérations de maintenance vers la fabrication.
LOGICIELS DE GMAO
Exemples de logiciels Exemples de fonctions et tâches
Suivi de parcs d’équipement Gérer l’activité du personnel
Gestion du service après vente Gérer les stocks d’approvisionnements
Systèmes de gestion de contrats Calculer les coûts de maintenance
Systèmes de GMAO avec fonctions de Editer des tableaux de bord (qualité..)
TMAO Editer des bons de travail
Intervention maintenance préventive Editer des comptes rendus d’intervention
Intervention maintenance corrective Supprimer les documents papiers
Etc. Garantir le respect des procédures
Faciliter la communication entre les services
Permettre la prise en compte de la
maintenance dès le stade de la conception, de
l’achat et l’installation des matériels
Liaison documentation
Interfaçage GPAO/Systèmes experts
Liaison maintenance conditionnelle
Analyse des défaillances…
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LOGICIELS DE TMAO
Techniques usuelles Exemples de logiciels Informatique industrielle
Thermographie IR Diagnostic machine Cartes microprocesseurs
Analyse des vibrations Diagnostic processus Micros divers
Analyse lubrifiant, usure Maintenance conditionnelle Microprocesseurs…
Terminaux pour données Générateur AMDEC
processus + API Aide à la décision
Télésurveillance Systèmes experts
Collecteurs portables
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CHAPITRE III - DEFINITIONS NORMALISEES
1. Objectifs
Donner les définitions normalisées des principales expressions et des principaux termes relatifs aux
défaillances, à la maintenance, aux activités de rénovation et de reconstruction, à la gestion des biens
durables, à la définition des produits et à la notion de qualité.
Indiquer la classification des différents niveaux de maintenance.
■ Défaillance : c’est la cessation de l’aptitude d’un dispositif à accomplir une fonction requise. Pour définir
avec précision les défaillances, il faut tenir compte de la rapidité de manifestation, des causes, du degré
d’importance, des conséquences ou d’une combinaison de tous ces éléments. A cette fin, un vocabulaire
précis est utilisé (voir définitions suivantes).
Remarque : dans les études de fiabilité, on précise à quelle défaillance on s’intéresse.
■ Causes de défaillance : circonstances liées à la conception, la fabrication ou à l’emploi d’un bien et ayant
entrainé la défaillance.
■ Mode de défaillance : effet par lequel une défaillance est observée.
■ Défaillance progressive : défaillance qui aura pu être prévue par un examen ou une surveillance
antérieurs.
Exemple : usures diverses.
■ Défaillance soudaine : défaillance qui n’aurait pas pu être prévue par un examen ou une surveillance
antérieurs.
Exemple : crevaison d’un pneumatique.
■ Défaillance partielle : défaillance résultant de déviations d’une ou des caractéristiques au-delà des limites
spécifiées, mais telle qu’elle n’entraine pas une disparition complète de la fonction requise.
Exemple : défaillance de l’un des deux feux de croisement d’une automobile.
■ Défaillance complète : défaillance résultant de déviations d’une ou des caractéristiques au-delà des
limites spécifiées, telle qu’elle entraine une disparition complète de la fonction requise.
Exemple : rupture du moteur d’une automobile.
■ Défaillance intermittente : défaillance d’un dispositif pour une période de temps limitée, après laquelle le
dispositif retrouve son aptitude à accomplir sa fonction requise sans avoir été soumis à une action corrective
extérieure.
Exemple : panne typique du à un mauvais contact électrique.
■ Défaillance catalectique : défaillance qui est à la foi soudaine et complète.
Exemple : court-circuit.
■ Défaillance par dégradation : défaillance qui est à la fois progressive et partielle (qui, à la longue, peut
devenir une défaillance complète).
Exemple : mauvais allumage d’une automobile suite à l’usure des bougies.
■ Défaillance due à une faiblesse inhérente : défaillance attribuable à une faiblesse inhérente au dispositif
lui-même lorsque les contraintes ne sont pas au-delà des possibilités données du dispositif (faiblesse due à la
conception ou à la réalisation du dispositif).
■ Défaillance due à un mauvais emploi : défaillance attribuable à l’application de contraintes au-delà des
possibilités données du dispositif.
Exemple : rupture d’un système de levage sous l’effet d’une surcharge.
■ Défaillance première : défaillance d’un dispositif dont la cause directe ou indirecte n’est pas la
défaillance d’un autre dispositif.
■ Défaillance seconde : défaillance d’un dispositif dont la cause directe ou indirecte est la défaillance d’un
autre dispositif.
Exemple : rupture d’un moteur après défaillance de la pompe à eau.
■ Défaillance critique : défaillance qui empêche l’accomplissement de la fonction requise et fait encourir
des risques de blessures graves aux personnes ou des dégâts très importants aux matériels.
Exemple : panne du circuit de freinage d’une automobile.
Remarque : ce type de défaillance est pris en compte dans des études de sécurité.
■ Défaillance majeure : défaillance autre que critique qui risque de réduire l’aptitude d’un dispositif plus
complexe à accomplir la fonction requise.
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Exemple : rupture d’un joint de culasse d’une automobile.
■ Défaillance mineure : défaillance autre que critique qui ne réduit pas l’aptitude d’un dispositif plus
complexe à accomplir la fonction requise.
Exemple : panne de l’une des ampoules d’un circuit d’éclairage.
Défaillances
soudaine
majeure
■ Maintenance : ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié
ou en mesure d’assurer un service déterminé.
Principaux cas
■ Maintenance préventive : maintenance effectuée selon des critères prédéterminés, dans l’intention de
réduire la probabilité de défaillance d’un bien ou la dégradation d’un service rendu.
■ Maintenance systématique : maintenance préventive effectuée suivant un échéancier établi selon le temps
ou le nombre d’unités d’usage.
■ Maintenance conditionnelle : maintenance préventive subordonnée à un type d’évènement prédéterminé
(autodiagnostic, information d’un capteur, mesure d’une usure, etc.) révélateur de l’état de dégradation du
bien.
■ Maintenance corrective : maintenance réalisée après défaillance.
Maintenance
Révisions
Rénovations
Inspection Détection
contrôles localisation Reconstructions
visites, diagnostic
tests Modifications
Echanges standard
Inventaire
Etc.
Détection
Diagnostic et
préparation
Démontage
Remontage
Réglages
Tests et contrôles
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■ Dépannage : action effectuée sur un bien en panne en vue de le remettre provisoirement en état de
fonctionnement avant réparation.
Remarque : un dépannage peut parfois s’accommoder de résultats provisoires et de conditions de
réalisation hors «règles» et, dans ce cas, il sera suivi d’une réparation.
■ Réparation : intervention définitive et limitée de maintenance corrective après panne ou défaillance.
Autres opérations
■ Révision : (voir paragraphe 4).
■ Rénovation : (voir paragraphe 4).
■ Reconstruction : (voir paragraphe 4).
■ Modification : opération à caractère définitif sur un bien en vue d’en améliorer le fonctionnement, ou
d’en changer les caractéristiques d’emploi.
■ Echange standard : (voir paragraphe 4).
■ Inventaire de départ : recensement par l’utilisateur des conditions d’utilisation jusqu’à la date de
l’inventaire des paramètres économiques et techniques concernant les biens durables, afin d’élaborer avec
précision la définition d’une prestation de maintenance, ou la détermination d’un état en fonction de la
durabilité résiduelle.
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4. Vocabulaire lié aux activités de rénovation et de reconstruction (X 50-501)
Termes à éviter en usage industriel et professionnel (dans le but d’éviter les ambiguïtés) : réfection,
relevage, ravalement, reconditionnement, restauration, réhabilitation, etc.
23
■ Etat de référence : état permettant de clarifier le dialogue entre vendeurs et acheteurs de bien de réemploi
en codifiant les états de référence des biens objets de transactions. Les états de référence ne prennent pas en
compte l’obsolescence technologique, la maintenabilité, etc. Neuf états sont définis (voir tableau ci-
dessous).
Caractéristiques générales
■ Durabilité : la durabilité est la durée de vie ou la durée de fonctionnement potentielle d’un dispositif pour
la fonction ou la mission qui lui a été confiée dans les conditions d’utilisation et de maintenance données.
■ Fiabilité : la fiabilité (R) est la probabilité qu’a un bien (produit ou système) d’accomplir, de manière
satisfaisante, une fonction requise, sous des conditions données et pendant une période de temps donné.
Remarque : la probabilité est une quantité indiquant, sous forme de fraction ou de pourcentage, le nombre
de fois ou de chances qu’a un évènement de se produire sur un nombre total d’essais ou de tentatives.
■ Maintenabilité : c’est, dans des conditions données d’utilisation, l’aptitude d’un bien à être maintenu ou
rétabli dans un état dans lequel il peut accomplir sa fonction ou sa mission.
Remarque : la définition suppose que la maintenance soit, elle aussi, accomplie dans des conditions
données, avec des procédures et des moyens prescrits.
■ Disponibilité : c’est l’aptitude d’un bien, sous les aspects combinés des sa fiabilité, maintenabilité et de
l’organisation de sa maintenance, à être en état d’accomplir une fonction requise dans des conditions de
temps déterminées.
Remarque : une haute disponibilité exige une excellente fiabilité, mais aussi une bonne maintenabilité.
24
coût de revient d’un produit.
■ Coût d’acquisition : c’est le prix d’achat augmenté de frais divers relatifs au produit. Si l’acheteur
utilisateur du produit appartient à l’entreprise, le coût d’acquisition est aussi appelé coût de cession.
■ Coût d’utilisation : c’est le coût d’exploitation d’un produit avec main-d’œuvre éventuelle,
consommation, énergie, etc.
■ Coût de maintien en état de service : ce sont les coûts entrainés par les opérations de maintenance
(rechanges, etc.) et par les modifications éventuelles.
■ Coût de mise hors service : ensemble des coûts entrainés par la destruction d’un produit ou par son
recyclage.
■ Coût global : somme des coûts d’acquisition, d’utilisation, de maintien en état de service et de mise hors
service. Le coût global est relatif à l’ensemble de la vie d’un produit pour un usage donné (de l’acquisition à
la destruction).
■ Coût global de référence : ensemble des dépenses prévisibles à engager par un utilisateur pour faire
l’acquisition d’un bien correspondant à un usage de référence et une durabilité données.
■ Coût moyen d’unité d’usage : rapport entre le coût global de référence et la durabilité estimée en nombre
d’unités d’usage.
■ Coût objectif : en vue de l’acquisition d’un produit, c’est le coût plafond fixé par un demandeur. Objectif
est pris dans le sens «but à atteindre».
■ Conception pour un coût objectif (CCO) : c’est une méthode de gestion de projet basée sur un prix
plafond imposé au départ et sur un cahier des charges ouvert et négociable.
■ Conception pour un coût global objectif (CCGO) : idem précédent, sauf que l’on fait intervenir le coût
global du produit.
■ Coût paramétrique : formulation du coût des entités (produits, composants d’un produit, fonction d’un
produit, opération de maintenance, etc.) d’une même famille (c'est-à-dire ayant au moins un caractère
commun) sous la forme d’une corrélation avec une ou plusieurs variables (paramètres).
6. Termes utilisés pour définir les produits et les biens durables (X 60-012…)
Certains termes utilisés se superposent et désignent parfois la même chose. Un produit peut aussi être un
bien, un composant être un sous-ensemble ou une pièce, une machine être un ensemble ou un sous-système,
etc.
25
Termes généraux
■ Produit : il est prévu, conçu et fabriqué pour répondre et satisfaire aux besoins d’un utilisateur. Le mot
«produit» englobe tous les articles ou objets commercialisables, issus d’opérations de production ou de
service, principales familles :
les produits matériels : composants mécaniques, électriques, électroniques, produits alimentaires,
matières premières, véhicules divers, usines, barrages, centrales électriques, etc. ;
les services : études, réparations, devis, transports, communications téléphoniques, actions de formation,
prestations hospitalières, bancaires, hôtelières, etc. ;
les produits liés à l’information ou la communication : livres, magazines, journaux, documentation,
cassettes vidéo, CD, émissions TV, films, logiciels, etc.
■ Bien : produit conçu pour assurer une fonction donnée et dont l’acquisition est possible
commercialement, etc.).
Exemples : biens d’équipement, biens intermédiaires, bien de consommation, etc.
On distingue :
les biens durables : conçus pour fonctionner pendant un temps assez long (automobiles, téléviseurs,
ordinateurs, lave-linge…) ;
les biens semi-durables : avec usure assez rapide d’au moins un constituant fondamental et irremplaçable
amenant une mise hors service (ampoules électriques à filament, vêtements divers…) ;
les biens éphémères : conçus pour ne servir qu’une fois ou pendant un temps très court (journaux,
mouchoirs papier…) ;
■ Ensemble : groupement de sous-ensembles assurant une ou plusieurs fonctions techniques qui le rend
apte à remplir une fonction principale ou opérationnelle ou encore une mission.
Exemples : automobile, micro-ordinateur, etc.
■ Sous-ensemble : groupement d’éléments associés en fonctionnement entrant dans la composition d’un
ensemble.
Exemples : moteur, alternateur, carte mère, etc.
■ Elément : partie constitutive d’un ensemble ou d’un sous-ensemble quelle qu’en soit la nature ou la
dimension.
Exemples : bielle, piston, vis, microprocesseur, etc.
Termes techniques
■ Composant : élément ou ensemble destiné à remplir une fonction particulière dans un sous-systèm ou un
système.
Exemples : vis, transistor, boîte de vitesses, cardan, moteur pas à pas, employé d’une organisation.
■ Sous-système : association de composants destinés à remplir une ou plusieurs fonctions opérationnelles
au sein d’un système.
Exemples : poste de travail, cercle de qualité, transmission d’un véhicule…
■ Système : association de sous-systèmes constituant un tout complexe et destiné à remplir une fonction
générale (produire, réguler, transporter, etc.).
Exemples : chaine de production automatisée, organisation d’assurance qualité, entreprise de transport,
réseau informatique, ferroviaire…
■ Organes : sorte de sous-mécanisme assurant une fonction particulière.
Exemples : organes de commande, de service, de sécurité, de liaison etc.
Organe de commande : partie d’un appareil par l’intermédiaire de laquelle une personne ou un élément
de machine actionne cet appareil.
Organe de service : organe de commande conçu spécifiquement pour être actionné par une personne.
■ Mécanisme : ensemble de pièces ou d’organes liés mécaniquement ou électro-mécaniquement et dont
certains sont mobiles.
Exemples : système bielle manivelle piston, cardan, croix de Malte, etc.
■ Dispositif : mécanisme dont la fonction s’exerce généralement en liaison avec le fonctionnement d’une
machine.
Exemples : dispositif de réglage de jeu, de mise en position, de verrouillage, etc.
■ Machines : ensemble de mécanismes dont la combinaison permet de recevoir une forme d’énergie
définie, la transformer et la restituer sous une autre forme, de façon à produire un effet particulier. Termes
équivalents : «engin», «appareil», «auxiliaire».
Exemples : automobile, transforme l’essence en énergie mécanique liée au mouvement, appareil de levage.
26
■ Installation : ensemble de machines et d’appareils mis en place pour un usage déterminé. Autres termes
parfois utilisés : «ouvrage», «station», «unité», «tranche».
Le terme «installation» est également utilisé pour désigner l’opération par laquelle un matériel ou un
équipement est mis en place.
Exemples : usine, centrale, atelier, chaine de production, ouvrage d’art, station de travail, de métro, unité de
fabrication, etc.
■ Matériel : terme englobant tout ensemble livré par un producteur à un client avec la perspective d’une
durée de vie qui peut dépendre de remises en état successives.
Exemples : matériel de laboratoire, didactique, de mesure, d’imprimerie, vidéo, etc.
Matériel
Schémas
et autres
schémas
Bien complexe
(non décomposable)
Sous
sous-système 1-11
Sous sous- Sous sous-
(non décomposable) système1-31 système 1-32
Matériel A
Fig. 6
28
■ Pièce de structure : pièce dont la dégradation dans les conditions d’usage normal est peu probable.
Exemples : bâti de machine, pièce de charpente, etc.
Article
Pièce défectueuse ou
dégradée
Expertise
éventuelle
Rebut Réparation
■ Article d’usage multiple : article qui peut être utilisé dans des matériels différents.
■ Article d’usage spécifique : article conçu pour la réalisation d’un type de matériel déterminé et utilisé
exclusivement sur ce type de matériel.
■ Article normalisé : article conforme en totalité aux normes nationales ou internationales qui le
caractérisent (dimensions, performances, environnement, etc.).
■ Article d’approvisionnement : tout article entrant dans la constitution d’un matériel et susceptible d’être
approvisionné.
■ Article équipé : article principal associé avec des accessoires divers (support, joints, câbles de connexion,
etc.), créé pour simplifier la maintenance.
Remarque : dans le même esprit existe les «nécessaires de réparation» groupant (éventuellement dans un
même emballage) de menues pièces de rechange avec au besoin quelques outils utiles.
■ Articles associés : articles de maintenance destinés à des remplacements simultanés.
■ Article banalisé : article ayant les mêmes caractéristiques techniques et d’emploi que l’article
d’approvisionnement, mais choisi sélectivement par l’utilisateur en remplacement, pour des raisons de
limitations des variétés d’existence dans les stocks (ce sont en général des pièces équivalentes ou
29
adaptables).
■ Article (ou pièce) selon catalogue : article défini par référence à une désignation du catalogue d’un (ou
de plusieurs) constructeurs ou d’une norme.
■ Article (ou pièce) selon plan : article défini par l’utilisateur du bien d’une manière exhaustive et
autonome (défini complètement et parfaitement), en référence à des documents dont il est détenteur (plans,
nomenclatures, spécifications ou normes d’entreprises).
■ Article réparable : article susceptible techniquement et économiquement d’être remis en état.
■ Article non réparable : article non susceptible techniquement et économiquement d’être remis en état.
Les termes définis dans ce paragraphe sont extraits de la norme NF X 50-125, entre parenthèses la
traduction anglaise correspondante. D’autres termes et expressions, relatif au management et à l’assurance
qualité, définis par la norme ISO 8402 (norme adjacente aux normes ISO 9000).
■ Accident (accident) : évènement ou conjugaison d’évènements imprévus ayant des effets indésirables sur
les personnes, les biens ou l’environnement, et qui provoquent des dommages.
■ Anomalie (anomaly) : écart entre une situation existante et une situation attendue.
Remarque : une anomalie justifie une investigation qui peut déboucher sur la constatation d’une non-
conformité ou d’un défaut.
■ Approbation (approval) : accord formel donné par une personne ou un organisme désigné.
■ Cahier des charges (schedule of conditions) : document regroupant l’ensemble des exigences techniques,
administratives ou autres, relatives à un produit.
■ Clause de surveillance (surveillance clause) : clause particulière à un contrat, établie avant l’exécution de
celui-ci, définissant les modalités pratiques de la surveillance de l’exécution par le client.
■ Diagnostic qualité (quality diagnosis) : description et analyse de l’état d’un organisme, d’un de ses
secteurs ou d’une de ses activités, en matière de qualité, réalisées à sa demande et à son bénéfice, en vue
d’identifier ses points forts et ses insuffisances et de proposer des actions d’amélioration, en tenant compte
de son contexte technique, économique et humain.
■ Incident (incident) : évènement ou conjugaison d’évènements imprévus, perturbant le déroulement d’un
processus, et susceptible d’avoir des effets indésirables sur les personnes, les biens ou l’environnement.
■ Indicateur qualité (quality indicator) : information choisie, associée à un phénomène, destinée à en
observer périodiquement les évolutions par rapport à des objectifs qualité.
■ Procédé (part of process) : ensemble des moyens et méthodes permettant d’accomplir une activité.
Remarque : le terme anglais process recouvre à la fois les notions de «processus» et «procédé».
■ Rebut (scrap) : produit ayant fait l’objet d’une décision de destruction parce qu’il n’est pas conforme aux
exigences, et qu’il est de ce fait inutilisable et irrécupérable.
■ Rejet (rejection) : refus d’accepter un produit tel qu’il est présenté.
■ Tableau de bord qualité (quality dashboard) : visualisation synthétique («résumé») qui caractérise la
situation et l’évolution des indicateurs qualité.
Les termes suivants sont à utiliser dans leur acceptation générale, «voir dictionnaires usuels» : Acceptation
(acceptance) ; Clause (clause) ; Défectuosité (defectivity) ; Dysfonctionnement (misfunctioning) ; Ecart
(deviation) ; Mise à disposition (release). Le terme anglais disposal est à traduire par «mise hors service».
30
CHAPITRE IV - ELEMENTS DE GESTION – NOTION DE RATIOS
2. Introduction
Définition
Un ratio est le rapport de deux données
Il permet, par exemple, d’évaluer ou de mesurer une réalité ; de contrôler des objectifs ; de se comparer
entre unités distinctes, entreprises ou secteurs d’activité ; de prendre des décisions adaptées (politique de
maintenance, investissement, gestion du personnel, etc.).
Remarque
L’étude des ratios peut être effectuée à différents niveaux : pour un secteur d’activité ; pour une entreprise
face à son secteur d’activité ; évolution de l’entreprise face à elle-même ; fonction maintenance face à
l’entreprise ; fonction maintenance face à elle-même.
Coûts de maintenance
Ratio 1 =
Valeur de l′ actifà maintenir
Le ratio 1 est un ratio de politique générale n’intervenant pas comme facteur de décision de remplacement
Coûts de maintenance
Ratio 2 =
Valeur ajoutée produite
Le ratio 2 permet des comparaisons inter-entreprises, dans des secteurs identiques. Le rapport :
Ratio 1/Ratio 2 = Valeur ajoutée produite/ Valeur de l’actif à maintenir.
Coûts de maintenance
Ratio 3 =
Chiffre d′ affaires relatif à la production
31
Le ratio 4 permet, à l’intérieur de l’entreprise, de mesurer l’évolution des coûts de maintenance à court
terme.
Coûts de maintenance
Ratio 4 =
Quantité de production
Coûts de défaillance
Ratio 6 =
Coûts de maintenance+coûts de défaillance
Le ratio 7 est un indicateur de l’évolution du coût d’exploitation par unité produite (permet de décider un
remplacement, une modernisation). Il nécessite l’homogénéité des biens considérés (même âge, même
technologie…).
Le ratio 9 permet de mettre en évidence l’importance relative des coûts de maintenance préventive.
Remarque : les coûts de maintenance peuvent être analysés par nature (personnel, outillage, pièces de
rechange, etc.) et par destination (préparations, interventions, suivi, etc.). Ils peuvent être imputés soit en
exploitation, soit en investissement.
32
Coûts de l′ outillage et des équipements de maintenance
Ratio 11 =
Coûts du personnel d′intervention
Le ratio 11 permet de situer l’évolution de l’importance de l’outillage par rapport aux moyens
correspondants en main-d’œuvre.
Le ratio 13 est un indicateur des dépenses courantes. Il permet de choisir entre un remplacement rapide des
pièces de rechange et d’usure, et une réparation approfondie du matériel par le personnel.
Le ratio 14 est lié à l’évolution du taux de rotation du stock «Coûts des consommés / Valeur du stock de
maintenance».
Temps de fonctionnement
Ratio 16 (variante) =
Temps de fonctionnement+temps propre d′indisponibilité
33
Remarque
Le (ratio 16)x100 est égal au pourcentage des temps effectifs de disponibilité par rapport au temps requis.
Le ratio 17 exprime le taux d’utilisation des biens : (ratio 17)x100 = taux d’utilisation des biens.
Temps de fonctionnement
Ratio 17 =
Temps effectif de disponibilté
Le ratio 19 met en évidence les causes d’indisponibilité dues à la maintenance par rapport à celles liées à des
causes externes : énergie, main d’œuvre, temps de non-détection de la défaillance, temps d’appel à la
maintenance, temps de remise en service, etc.
Temps propre d′ indisponibilité pour maintenance
Ratio 19 =
Temps effectif d′indisponibilité
Le ratio 20 est un indicateur de l’efficacité globale de la maintenance conjointement avec le ratio 21 (taux de
défaillance). Il inclut toutes les opérations de maintenance (corrective et préventive) et dépend de la fiabilité
et de la maintenabilité des équipements. Des pondérations sont possibles.
Nombre de défaillances
Ratio 21 =
Temps de fonctionnement
Remarque : L’inverse du ratio 21 est le MTBF (moyenne des temps de bon fonctionnement).
Le ratio 22 permet l’anticipation des charges en personnel d’intervention par rapport à des prévisions de
disponibilité.
34
Diagramme des temps d’état des biens
Temps total
Le ratio 23 permet de mettre en évidence l’importance de la maintenance conditionnelle dans les opérations
actives de maintenance préventive.
Le ratio 24 met en évidence l’importance de la maintenance corrective dans les interventions actives de
maintenance.
Temps actif de maintenance corrective
Ratio 24 =
Temps actif de maintenance
On peut envisager deux ratios complémentaires en remplaçant la maintenance corrective par la maintenance
systématique ou la maintenance préventive.
Exemples :
Temps de diagnostic
X 100
Temps de maintenance corrective
= Pourcentage affecté au diagnostic 35
Temps de réparation
X 100 = Pourcentage affecté à la réparation proprement dite
Temps de maintenance corrective
Temps de maintenance
-Temps logistiques,
-Temps de préparation
-Temps de préparation
Le ratio 25 met en évidence l’ensemble des temps de mise en œuvre des opérations de maintenance
corrective (temps administratifs, logistiques, techniques, de préparation).
Exemples :
Temps logistiques
X 100 = Pourcentage affecté aux contraintes logistiques 36
Temps de maintenance corrective
Le ratio 26 met en évidence l’importance des activités de préparation du travail par rapport aux interventions
effectives sur le bien.
Exemples :
Temps de préparation
X 100 = Pourcentage affecté à la préparation du travail
Temps de maintenance corrective
Le ratio 27 indique la part des interventions préparées dans toutes les interventions effectuées sur les biens.
Les ratios 28 et 29 proposés sont liés à la formation du personnel. Ils sont à rapprocher de l’évolution de la
complexité de la maintenance et des objectifs de disponibilité. Ils sont à comparer aux ratios généraux de
formation dans l’entreprise.
Temps ou coûts de formation maintenance
Ratio 28 =
Effectif maintenance
37
6. Exemple de démarche d’utilisation des ratios
Axes de solution
Suivi technique
Le suivi de l’état des équipements et des activités de maintenance s’appuie sur les ratios de temps.
L’analyse des temps porte sur des mesures concernant la disponibilité, l’indisponibilité (causes externes,
causes liées à la production, la maintenance, au deux précédentes) et au suivi des activités de maintenance
(mesure des maintenances préventive, corrective, préventive / corrective et des temps annexes).
Suivi budgétaire
Ce suivi permet de comparer le coût des opérations d’amélioration avec les gains de disponibilité envisagés.
Il est ainsi possible de choisir les actions prioritaires à entreprendre.
38
CHAPITRE V -
1. Objectifs
2. Introduction
La fiabilité est une des composantes essentielles de la qualité d’un produit et est retenue en tant que critère
fondamental pour leur élaboration. Elle est prise en considération dès le stade de la conception.
Dans ce chapitre sont abordées diverses procédures normalisées (normes internationales : NF EN 61078...)
permettant de modéliser la sûreté de fonctionnement d’un système. Ces procédures sont également utilisables
dans les études de disponibilité.
3. Généralités
La fiabilité est la science des défaillances basée sur l’expérience. Elle est indissociable de la qualité.
La fiabilité d’une machine a tendance à diminuer avec le nombre de ses composants. Lorsque les composants
sont trop nombreux ou trop complexes, il arrive fréquemment un moment où la maîtrise de la fiabilité n’est
plus possible et l’hypothèse d’une défaillance très probable.
Pour un ensemble, une très haute qualité pour chacun des composants n’implique pas nécessairement une
grande fiabilité, après assemblage. Les interactions qui se produisent entre les composants diminuent la
capacité de l’ensemble.
De même, une grande fiabilité sous certaines conditions n’entraine pas forcément une grande fiabilité sous
d’autres conditions. Par exemple, une huile à moteur prévue pour des climats tempérés froids ne conviendra
pas nécessairement sous des climats très chauds.
La meilleure connaissance de la fiabilité provient de l’analyse des défaillances lorsque les produits sont en
service. Il est ainsi possible d’établir des lois statistiques sur une population importante et sur un temps long
à partir de données collectées en après-vente par le service maintenance. C’est là une des missions
importantes et essentielles d’un service maintenance parfaitement géré.
L’expérimentation en laboratoire sur des échantillons est la deuxième voie possible pour faire des analyses
de fiabilité, notamment au stade de la conception.
Remarque : la non-fiabilité d’un produit ou d’un bien augmente les coûts de l’après-vente (applications des
garanties, frais judiciaires, etc.). Construire plus fiable augmente les coûts de conception et de production. Le
coût total du produit prend en compte ces deux tendances (fig.1).
Coûts
Coût total
Coûts après-vente
fig. 1 Fiabilité R
39
4. Définition de la fiabilité R
La fiabilité R, c’est la probabilité qu’a un bien (produit ou système) d’accomplir, de manière satisfaisante,
une fonction requise, sous des conditions données et pendant une période de temps donné.
Remarque : dans la définition proposée de la fiabilité, les quatre points suivants sont à mettre en évidence :
«probabilité», «de manière satisfaisante», «en un temps donné», et «sous des conditions données».
■ Probabilité : c’est une quantité indiquant, sous forme de fraction ou de pourcentage, le nombre de fois ou
de chances qu’a un évènement de se produire sur un nombre total d’essais ou de tentatives.
Remarque 1 : R est un nombre compris entre 0 et 1 (0 ≤ R ≤ 1). Par exemple, une fiabilité R = 0.92 après
1000 heures signifie que le produit a 92 chances sur 100 (92% de chances) de fonctionner correctement
pendant les 1000 premières heures.
Remarque 2 : pour des produits identiques, fonctionnant dans les mêmes conditions, les défaillances peuvent
se produire à des moments différents. La répartition des défaillances au cours du temps est le plus souvent
décrite à partir des lois statistiques suivantes : loi normale, loi log normale, loi de Poisson, loi exponentielle,
loi de Weibull.
■ De manière satisfaisante : cette propriété suppose que des critères précis (fonctions de service, etc.) et
spécifiques soient établis pour définir et décrire ce qui peut être considéré comme satisfaisant.
■ En un temps donné : dans les études de fiabilité, le temps est la mesure ou la variable de référence
permettant d’évaluer les performances et d’estimer les probabilités : probabilité ou chance de survie sans
défaillance pendant une période de temps donnée, etc.
■ Sous des conditions données : regroupe l’ensemble des paramètres décrivant l’environnement du produit
et ses conditions d’utilisation : mode opératoire, procédures de stockage et de transport, lieux géographiques,
cycles des températures, humidité, vibrations, chocs, etc.
λ et MTBF sont les deux principaux indicateurs de la fiabilité utilisés industriellement. Ils sont étudies de
façon théorique au chapitre suivant.
Taux de défaillance λ
Définition : λ représente le taux de défaillance ou le taux d’avarie. Il caractérise la vitesse de variation de la
fiabilité au cours du temps. Pour une période de travail donnée (durée totale en service actif) :
Remarques : la durée de bon fonctionnement est égale à la durée totale en service moins la durée des
défaillances.
Les unités utilisées sont : le nombre de défaillances par heure, le pourcentage de défaillances pour 1000
heures, etc.
Par exemple, un produit ayant 10-7 < λ < 10-5 pour 1000 heures (ou 10-4 < λ < 10-2 par heure) présente un bon
niveau commercial de fiabilité.
40
Exemple : un compresseur industriel a fonctionné pendant 8000 heures en service continu avec 5 pannes
dont les durées respectives sont : 7 ; 22 ; 8,5 ; 3,5 et 9 heures. Déterminons son MTBF.
1
λ= = 1/1590 = 0,0006289 = 6,289 x 10-4.
MTBF
Soit environ 0,0007 défaillance par heure ou 0,7 défaillance par 1000 heures.
La fiabilité RS d’un ensemble de n composants A, B, …, N montés ou connectés en série est égale au produit
des fiabilités respectives RA, RB, …, RN de chacun des composants. Autrement dit :
A B N
E S
RA et λA RB et λB RN et λN
Fig. 2
RS = (RA).(RB) … (RN)
Remarque 1 : d’une manière générale, la procédure en série est utilisée lorsque chaque bloc, composant ou
sous-système appartenant à un même système doit fonctionner pour que l’ensemble «fonctionne»
correctement.
Remarque 2 : si les n composants sont identiques avec une même fiabilité R, alors :
A A A
E S
R et λ R et λ R et λ
Fig. 3
RS = Rn
Remarque 3 : si, pour les composants précédents, les taux de défaillances sont constants au cours du temps et
notés λA, λB, …, λN alors la fiabilité s’écrit :
1
RS = (e- λA.t).(e-λB.t) … (e-λN.t) Avec : MTBFS =
𝜆𝐴+ 𝜆𝐵+⋯+ 𝜆𝑁
Exemple 1 : soit un poste de radio constitué de quatre composants connectés en série ; une alimentation
RA=0,88 ; une partie récepteur RB = 0,92 ; un amplificateur RC = 0,97 et un haut-parleur RD = 0,98.
Déterminons la fiabilité RS de l’appareil :
Exemple 2 : soit une imprimante constituée de 2000 composants montés en série, supposés tous de même
fiabilité (très élevée) R = 0,9999. Déterminons la fiabilité de l’appareil.
RS = Rn = 0,99992000 = 0,8187 (soit une fiabilité globale de 82% environ).
41
Si on divise par deux le nombre des composants, la fiabilité devient :
RS = 0,99991000 = 0,9048 (environ 90,5%).
Si on souhaite obtenir une fiabilité de 90% pour l’ensemble des 2000 composants montés en série,
déterminons la fiabilité R que doit avoir chaque composant :
RS = 0,9000 = R2000.
Expression que l’on peut encore écrire, à partir des logarithmes népériens, sous la forme :
Ln(RS) = Ln(0,9) = [Link](R) d’où R = 0,999945.
Exemple 3 : une machine de production, dont la durée totale de fonctionnement est de 1500 heures, se
compose de quatre sous-systèmes A, B, C et D montés en série et ayant les MTBF respectifs suivants :
MTBFA = 4500 heures ; MTBFB = 3200 heures ; MTBFC = 6000 heures et MTBFD =10500 heures.
Déterminons les taux de pannes et le MTBF global (MTBFS).
A B C D
E S
MTBF = 4500 MTBF = 3200 MTBF = 6000 MTBF = 10500
MTBF de l’ensemble
MTBFS = 1/λS = 1/0,000797 = 1255.
Soit un temps de 1255 heures entre deux défaillances.
Quelle est la probabilité pour que le système parvienne sans panne jusqu’à 5000 heures ?
RS(5000) = e-0,000797*5000 = 0,0186 (environ 2%).
Cas général
Soit les n composants A, B, …, N de la figure 6 connectés en parallèle. Si la probabilité de panne pour que
chaque composant repéré (i) est notée Fi alors :
B
E S
Fig.6 N
42
Fi = 1 – Ri avec Ri la fiabilité associée.
La probabilité de pannes FS de l’ensemble des n composants en parallèle est égal au produit des Fi entre eux :
FS = (F1).(F2) … (Fn) = (1-R1).(1-R2) … (1-Rn)
La fiabilité RS de l’ensemble est donnée par la relation :
RS = 1- (1-R1).(1-R2) … (1-Rn)
Si les n composants sont identiques et ont tous la même fiabilité R, l’expression devient :
R = R1 = R2 = … = Rn
Rs = 1- (1-R)n
Exemple 1 : dans le cas de deux dispositifs en parallèle (fig.7), et si λ est constant, RS est obtenu par :
A
E S
Fig.7
Exemple 2 : (fig.8) : trois dispositifs de même fiabilité RA = RB = RC = 0,75 sont connectés en parallèle.
0,75
E S
0,75
0,75
Fig.8
Quel nombre de dispositifs en parallèle faudra-t-il mettre pour avoir une fiabilité globale de 0,999 (99,9%) ?
RS = 0,999 = 1-(0,25)n d’où 0,25n = 1-0,999 = 0,001.
En utilisant les logarithmes népériens :
[Link](0,25) = Ln(0,001) soit n.(-1,386) = (-6.908)
n =4,983.
Ce qui implique d’avoir au moins cinq dispositifs en parallèle.
On souhaite obtenir une fiabilité globale de 99% avec trois dispositifs seulement. Quelle doit être la fiabilité
R’ de chaque dispositif pour satisfaire à cette exigence ?
RS = 0,990 = 1-(1-R’)3 d’où (1-R’)3 = 1-0,990 = 0,010
[Link](1-R’) = Ln(0,010) = (-4,605)
Ln(1-R’) = (-1,535) d’où (1-R’) = 0,2154
R’ = 0,7846 (soit une fiabilité minimale de 78,45%).
43
8. Cas de systèmes connectés en parallèle et dits «en attente»
E A S
B
Fig.9
Pour le système proposé figure9, le composant A est en service actif et le composant B en attente. Si A
tombe en panne, B est immédiatement activé afin de remplacer A.
Si on suppose que A et B sont identiques et ont un taux de défaillance λ constant, la fiabilité du système est
donnée par l’expression :
𝜆𝐴
R(t) = 𝜆𝐵− 𝜆𝐴 (e-λAt – e-λBt) + e-λAt
B
Fig.10
Cas particuliers
K K
E S E K S
K 2/3 2/4
K
K
K
Fig.11 Fig.12
Pour le diagramme de la figure 11, avec trois composants K en parallèle, on tolère la défaillance d’un seul
composant sur les trois. Dans le cas de la figure 12 on tolère, pour le système, la défaillance de deux
composants K sur les quatre en parallèle. Dans les deux cas de figure, on juge inacceptable qu’il ait moins de
deux composants en fonctionnement ou en activité.
44
Si on suppose que le système se compose de n composants K, tous de même fiabilité R, et qu’il doit y avoir
au moins m composants en état de fonctionner, la fiabilité de l’ensemble est donnée par la relation :
𝒏!
RS = ∑𝒏𝒊=𝒎 (𝒊!(𝒏−𝒊)!)Ri(1 – R)n - i
Exemple 1: cas de la figure 11, avec au minimum deux composants K actifs sur les trois disponibles au
départ, la relation précédente donne, avec n = 3 et m = 2 :
RS = R3 + 3R²(1 – R) = 3R² - 2R3.
Exemple 2 : cas de la figure 12, avec au minimum deux composants actifs sur les quatre disponibles au
départ, on obtient avec n = 4 et m = 2 :
RS = R4 + 4R3(1 – R) + 6R²(1 – R)² = 3R4 – 8R3 + 6R².
Exemple (fig.13) : la fiabilité des trois composants identiques A, B et C est de 0,65 ; celle de D est de 0,96 ;
celle de E est de 0,92 ; celle de G est de 0,87 ; celle de F est de 0,89 et celle de H est de 1 (100%).
La fiabilité globale R est ici exprimée par :
R = [1 – (1 – 0,65)3][1 – (1 – 0,92.0,87)(1 – 0,89.1)][0,96]
= 0,957.0,96.0,978 = 0,8986 (environ 90%).
Remarque : si λ est supposé constant pour chaque composant, on obtient un MTBF de 257,2 heures.
A
E G
E B D S
C F H
Fig. 13
EXERCICES :
1. Définir la fiabilité. Quels sont les quatre éléments importants de cette définition ?
2. Quels sont les deux principaux indicateurs de la fiabilité ? Les définir
3. Un dispositif se compose de quatre composants connectés en série dont les fiabilités respectives sont :
0,98 ; 0,97 ; 0,95 et 0,99. Déterminer la fiabilité de l’ensemble.
4. Reprendre l’exercice 3 avec les fiabilités respectives suivantes : 0,92 ; 0,89 ; 0,5 ; 0,76.
5. Reprendre l’exercice 3 avec les quatre composants connectés en parallèle et les mêmes fiabilités.
45
6. Calculer la fiabilité de l’ensemble du dispositif défini par la figure suivante :
A C
E E F S
B D
Si les fiabilités sont indiquées pour 1000 heures, déterminer le taux défaillance de l’ensemble.
A
E F
E B D S
C G
Si les fiabilités sont indiquées pour 1000 heures, déterminer le taux défaillance de l’ensemble.
C
E A G S
D
Si les fiabilités sont indiquées pour 1000 heures, déterminer le taux défaillance de l’ensemble.
46
CHAPITRE VI - NOTIONS THEORIQUES ET LOIS DE BASE
1. Objectifs
2. Introduction
Dans ce chapitre sont abordées quelques notions théoriques liées à l’étude de la fiabilité et les principales
lois statistiques utilisées.
La loi normale, souvent utilisée, n’est pas abordée dans la mesure où elle est très connue. Elle est supposée
acquise.
La loi log-normale, la loi telle que le logarithme de la variable temps t suit la loi normale, ne sera pas
abordée pour les même raisons. Cette loi caractérise certaines distributions de durée de vie ou de temps de
réparation.
Soit maintenant f(t) la fonction définissant la probabilité de défaillance à un instant précis t de l’intervalle de
temps précédent [0, t]. f(t) indique la probabilité qu’a le produit d’avoir une défaillance entre les instants (t)
et (t+dt) ; dt étant un intervalle de temps très petit ; f(t) est encore appelée «densité de probabilité de
défaillance».
𝑡
La relation entre F(t) et f(t) est donnée par : F(t) = ∫0 𝑓(𝑡). 𝑑𝑡
dF(t) dR(t)
Inversement : f(t) = = - dt
dt
Si le temps devient infini (t = ∞), F(t) devient :
∞
F(∞) = ∫0 𝑓(𝑡). 𝑑𝑡 = 1
Ce qui signifie que, pour une durée de temps variant entre 0 et ∞, la probabilité d’avoir une défaillance est
égale à 1, c'est-à-dire 100%. Autrement dit, sur une durée suffisamment longue, on est certain de tomber en
panne. Il en résulte que :
𝑡 ∞
R(t) = 1 - ∫0 𝑓(𝑡). 𝑑𝑡 = ∫𝑡 𝑓(𝑡). 𝑑𝑡
Etude générale
Définition : λ(t), c’est la probabilité qu’un produit en bon état à l’instant t ait une défaillance entre les
instants (t) et (t+dt).
Si on reprend le raisonnement abordé au paragraphe 3, λ(t) en tant que fonction du temps est défini par :
47
Comme R(t) = 1 – F(t) alors : dR(t)/dt = d(1)/dt – dF(t)/dt = 0 – dF(t)/dt = - f(t)
𝒕
La relation entre λ(t) et R(t) devient : R(t) = exp[- ∫𝟎 𝝀(𝒖). 𝒅𝒖]
𝒕
Il en résulte notamment que : f(t) = λ(t).R(t) = λ(t). exp [- ∫𝟎 𝝀(𝒖). 𝒅𝒖]
λ(t) est une fonction du temps et plusieurs modèles statistiques sont utilisables à ce niveau pour la
représenter.
Dans le cas de la zone 2 (fig.1 et 2), le taux de panne λ est constant ou sensiblement constant, et les
formules précédentes se simplifient. La fiabilité R(t) qui en résulte a alors une forme exponentielle
(R(t) = e-λt), voir paragraphe 6.
La durée de bon fonctionnement, c’est la période de temps pendant laquelle le dispositif, en activité ou en
service, est exposé à des défaillances.
Exemple 1: supposons 8 composants identiques testés sur une durée de 550 heures dans les mêmes
conditions. Le premier composant tombe en panne, de manière irréparable, après 65 heures de
fonctionnement, le deuxième après 115 heures, le troisième après 135 heures, le composant 4 après 340
heures, le composant 5 après 535 heures, les trois autres composants continuent de fonctionner
normalement.
5 5
λ= = .
65+115+135+340+535+550+550+550 2840
Exemple 2 : considérons une machine automatisée fonctionnant pendant un cycle opératoire de 155 heures.
Pendant cette période, le système subit 5 défaillances à des moments différents, suivie d’une réparation, puis
d’une remise en activité. Les durées respectives des défaillances sont 2,5 heures ; 8,3 heures ; 3,7 heures ;
1,8 heure et 7,5 heures.
5
λ= = 0,0381.
155−(2,5+8,3+3,7+1,8+7,5)
Remarque : la courbe «en baignoire» (fig.1) est typique des équipements électroniques. Dans le cas des
équipements mécaniques ou électromécaniques, λ(t) est légèrement croissant dans la zone 2 (fig.2).
48
λ(t) :taux de défaillance
Temps
fig. 1
λ(t)
fig. 2
5. La loi de Poisson
Définitions
La loi de Poisson utilise des variables discrètes pour représenter les individus et les populations étudiées.
Variable discrète : variable qui ne peut prendre qu’un nombre fini de valeurs (même si ce nombre est très
grand). Il est toujours possible de faire la liste de toutes les valeurs (x1, x2, …, xn).
Variable continue : variable qui peut prendre n’importe quelle valeur dans un intervalle donné entre une
valeur minimale et une valeur maximale (xmini ≤ x ≤ xmaxi). La loi exponentielle et la loi de Weibull des
paragraphes suivants utilisent des variables continues.
La fiabilité correspond à la probabilité qu’il n’y ait pas de défaillance au bout du temps t, soit :
R(t) = P(0) = e-λt
49
Cette relation peut se traduire directement de la relation du paragraphe 4-1 dans laquelle on suppose λ
constant.
La fonction fiabilité est le complément à la fonction répartition des défaillances : F(t) = 1 – e-λt
Dont la dérivée, la densité de probabilité de défaillances f(t) est :
f(t) = λ.e-λt
Remarque : 1/λ = MTBF, on retrouve les propriétés générales de la loi exponentielle du paragraphe 6
suivant.
P(k) λ(t)
k t
0 1 2 3 4 5
Distribution exponentielle
Reprenons les raisonnements abordés aux paragraphes 3 et 4. Dans le cas de la zone 2 (fig.1 et 2), le taux de
panne λ est constant ou sensiblement constant, les expressions se simplifient et R(t) prend une forme
exponentielle.
𝑡 𝑡 𝑡
En remarquant que : 𝑡
∫ 𝜆(𝑢)𝑑𝑢 = ∫ 𝜆. 𝑑𝑢 = 𝜆. ∫ 𝑑𝑢 = 𝜆. 𝑡 =
0 0 0 MTBF
𝑡 𝑡
R(t) = 𝑒 − ∫0 𝜆(𝑢)𝑑𝑢 = exp[- ∫0 𝜆(𝑢)𝑑𝑢] = e-λt
50
51
Fig.4
Exemples
Exemple 1 : quelle est la fiabilité d’un dispositif travaillant pendant une période de temps égale au MTBF ?
Dans ce cas, la probabilité de survie est :
R(t) = R(MTBF) = e-MTBF/MTBF = e-1 = 1/e = ½,718 = 0,3679 (environ 37%)
Exemple 2 : un composant électronique de puissance à un taux de panne constant de 0,07 pour 1000 heures
de fonctionnement.
Quelle est la probabilité pour qu’il survive 5000, 1000 et 2000 heures ?
L’unité de temps est 1000 heures. A 5000 heures correspond t=5
P(t<5000) = R(t) = R(5) = e-λt = e-(0,07).t = e-(0,07).(5) = 0,705 (environ 70,5%)
pour 1000 heures (t = 1) : R(1) = e-0,07.1 = 0,932 (93,2%)
52
pour 2000 heures (t = 2) : R(2) = e-0,07.2 = 0,869 (86,9%)
Quelle est la probabilité que le composant dure entre 2000 et 5000 heures ?
P(2000 ≤ t ≤ 5000) = F(5) – F(2) = R(2) – R(5) = 0,869 – 0,705 = 0,164 (16,4%)
Quelle est la probabilité que le composant dure 1000 heures de plus après 5000 heures de fonctionnement ?
C’est une probabilité conditionnelle de forme générale :
P(t > b / t > a) = P(t > b – a)
P(t > 6 / t > 5) = P(t > 6-5) = P(t > 1) = R(1) = 0,932 (93,2%)
Remarque : lorsque le taux de panne est constant, les chances d’avoir une défaillance restent toujours les
mêmes. Que le composant soit neuf ou non, qu’il ait déjà servi longtemps ou non, sa fiabilité reste la même.
Exemple 3 : soit quatre composants connectés en série, dont les taux de panne pour 1000 heures sont
respectivement : 0,052 ; 0,056 ; 0,042 et 0,047. Quelle est la probabilité pour que le dispositif fonctionne
sans défaillance jusqu’à 5000 heures ?
R(5) =e-(0,052+0,056+0,042+0,047).t = e-0,197.5 = e-0,985 = 0,373
Le taux de panne de l’ensemble est : λ = 0,052+0,056+0,042+0,047 = 0,197
Soit un taux de défaillances de 19,7% pour 1000 heures.
Le MTBF de l’ensemble est : MTBF = 1/λ = 1/0,197 = 5,08
Soit un temps moyen entre défaillances d’environ 5000 heures.
7. La loi de Weibull
Pour un grand nombre de composants (mécaniques et électromécaniques, notamment), λ n’est pas constant
dans la zone 2 figure 2, même remarque pour les zones 1 et 3 des figures 1 et 2. La distribution
exponentielle précédente n’est pas applicable.
La manière la plus pratique est de considérer que la défaillance est distribuée d’après la loi de Weibull.
Cette loi est, en effet, bien adaptée à l’étude statistique des défaillances, en particulier de jeunesse et
d’usure.
La distribution de Weibull est une sorte de loi caméléon, très souple, qui, grâce à ses trois paramètres (to, β,
T), peut s’ajuster à un grand nombre de données statistiques : elle peut suivre une distribution non
symétrique, faire l’approximation de la loi normale, devenir une distribution exponentielle, etc. elle est
également utilisée pour décrire des phénomènes de fatigue, des durées de vie (roulements…), des
probabilités de rupture sous charge, etc.
(densité de probabilités)
2 1 1/2
T = [Г ( + 1) − Г2 ( + 1)]
𝛽 𝛽
𝛽 𝑡−𝑡0 𝛽−1 𝑡−𝑡0 𝛽
f(t)= [ ] exp[− ( ) ]
𝑇 𝑇 𝑇 Г est la fonction gamma, fonction tabulée, voir
tableau ci-dessous
allure générale fig.8
53
Fonction Г(t)
t 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8 1,9 2,0
Г(t) 1,000 0,951 0,918 0,897 0,887 0,886 0,893 0,908 0,931 0,961
t 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8 2,9 3,0
Г(t) 1,000 1,046 1,101 1,166 1,242 1,329 1,429 1,544 1,676 1,827 2,00
Si k est un nombre entier (k = 1, 2,…, N) alors : Г(k) = (k – 1) ! (avec k ≥1)
t−t0 β
t−t0 β [−( ) ]
F(t) = 1 – exp[− ( ) ] = 1- 𝑒 T
T
Fiabilité R(t)
Celle-ci est donnée par :
t−t0 β
t−t β [−( ) ]
R(t) = 1 – F(t) = exp[− ( 0 ) ] =𝑒 T
T
avec :
On constate, figure 9, que les défauts de jeunesse indiqués correspondent à l’allure β < 1 et que les
défaillances dues à l’usure β > 2.
Remarques et exemples
Lorsque to =0 et β = 1, on retrouve la distribution exponentielle du paragraphe précédent avec : T=μ=
(MTBF-to).
Lorsque β=3,2, la distribution de Weibull devient une bonne approximation de la loi normale.
Lorsque β < 1, alors λ(t) décroît lorsque t croît.
Lorsque 1< β < 2, alors λ(t) croît lorsque t croît.
Exemple : un composant mécanique possède une durée de vie qui suit la loi de Weibull avec t o = 0 ; β=0,25
et T = 120 heures.
s moyen entre défaillances.
MTBF = μ = to + T.Г (1/β +1)
= 0 + 120.Г (1/0,25 + 1) = 120.Г (4+1) = 120.(4!) = 2880 heures
?
54
F(t) = F(3600) = 1 – exp [- (3600/120)0,25] = 1 – e-2,34 = 1 – 0,0963 = 0,9037 (soit 90,37%)
F(t) = 1 – exp [- (t / T) β]
𝛽 𝑡 𝛽−1 𝑡 𝛽 2 1 1/2
f(t)= [ ] exp[− ( ) ] T = [Г ( + 1) − Г2 ( + 1)]
𝑇 𝑇 𝑇 𝛽 𝛽
1 β
t β [−( ) ]
R(t) = 1 – F(t) = exp[− (T) ] =𝑒 T 𝑓(𝑡) 𝛽 𝑡 𝛽−1
λ(t) = = 𝑇 [𝑇 ]
R(t)
55
CHAPITRE VII - MAINTENABILITE – DISPONIBILITE -DURABILITE
1. Objectifs
de disponibilités totale
ou partielle.
2. Introduction
Les notions abordées dans ce chapitre ont été en partie établies à partir ou extraites des normes suivantes :
NF X 60-300 ; NF X 60-301 ; NF X 60-310 ; NF X 60-312 ; NF X 60-500 ; NF X 60-503…
3. Maintenabilité et maintenance
La maintenance est une fonction consistant à faire revenir ou à maintenir tout dispositif dans son état
fonctionnel et disponible.
Faire revenir implique un dépannage ou une réparation.
Maintenir suppose une action préventive.
La maintenance s’exprime au moyen de la maintenabilité.
La maintenabilité est une des caractéristiques essentielles utilisées lors d’un projet de produit. Elle peut être
spécifiée, contrôlée et mesurée. Augmenter la maintenabilité d’un produit, c’est le rendre plus facilement
réparable.
Définitions
Définition 1 : dans des conditions données d’utilisation, la maintenabilité c’est l’aptitude d’un dispositif à
être maintenu ou rétabli dans un état dans lequel il peut accomplir sa fonction ou sa mission.
Remarque : cette définition suppose que la maintenance soit accomplie dans des conditions données avec des
procédures et des moyens prescrits.
Définition 2 : la maintenabilité c’est la probabilité de remettre un système en état de fonctionner, en un temps
donné, dans des conditions données, en retrouvant la fiabilité initiale.
1
μ représente le taux de réparation, si μ est constant au cours du temps alors : μ=
MTTR
Exemple : prenons l’exemple d’une pompe industrielle fonctionnant pendant 10000 heures avec 7 pannes
dont les durées sont respectivement de 4 ; 2,5 ; 6 ; 12 ; 1,5 ; 36 et 3,5 heures.
4+2,5+6+12+1,5+36+3,5 65,5
MTTR= = = 9,357 heures
7 7
1 1
μ= = 9,357 = 0,1069.
MTTR
Remarque : les temps de réparation peuvent se présenter suivant trois formes statistiques principales :
56
Fréquence des
Défaillances Exponentielle Log. normale
Temps de réparation
Fig. 1
Distribution normale : cas de tâches de maintenance sans imprévus notables (réparations, remplacement
ou échanges de composants…) effectuées en un temps fixe avec peu de variations.
Distribution exponentielle : cas des tâches de maintenance (remplacement de pièces…) des systèmes
complexes dont le taux de réparation est constant.
Distribution log-normale : cas usuel des systèmes complexes. Tâches de maintenance comprenant
plusieurs tâches subsidiaires plus ou moins prévisibles, d’inégales fréquences et de durées différentes.
4. Disponibilité
Un dispositif est dit «disponible» s’il peut remplir la mission ou la fonction pour laquelle il a été conçu. Le
concept de disponibilité permet de mettre en évidence l’aptitude à la réparation d’un dispositif en mesurant
l’efficacité de la maintenance.
La disponibilité dépend à la fois de la fiabilité (du nombre de défaillances), de la maintenabilité (rapidité
pour réparer ou remettre en état) et de la logistique de maintenance (procédures d’entretien et de réparations,
moyens en personnel, stock de composants…).
Définitions
Disponibilité : la disponibilité, c’est l’aptitude d’un dispositif à être en état de fonctionner dans des
conditions données.
Remarque : une haute disponibilité exige une excellente fiabilité mais aussi une bonne maintenabilité.
Taux de disponibilité : au cours du temps t, le taux de disponibilité (D) d’un matériel est défini par le
rapport :
Temps d′ utilisation et d′attente
D = D(t) =
Temps d′ utilisationet d′ attente+Temps de maintenance
Exemple : pour une semaine de 5 jours avec une durée de service de 16 heures/jour (soit 80 heures par
57
semaine) :
D = 0,5 donne 40 heures d’arrêt par semaine (soit la moitié du temps) ;
D = 0,75 donne 20 heures d’arrêt par semaine (le quart du temps) ;
D = 0,0125 donne 1 heure d’arrêt par semaine.
Indisponibilité = 1 – disponibilité = 1 - D
Disponibilité intrinsèque Di
La disponibilité intrinsèque Di est égale à la disponibilité précédente D en excluant la maintenance
préventive, les délais logistiques (attentes fournitures…) et les délais administratifs.
MTBF μ
Di = MTBF+MTTR = 𝜆+ 𝜇
Disponibilité opérationnelle Do
La disponibilité opérationnelle Do est égale à la disponibilité intrinsèque Di en prenant en compte les délais
logistiques avec le MTL : moyenne des temps logistiques.
MTBF
Do =
MTBF+MTTR+MTL
Exemple : reprenons l’exemple de la pompe industrielle du paragraphe 3 ayant fonctionné pendant 10000
heures avec 7 pannes dont les durées étaient : 4 ; 2,5 ; 6 ; 12 ; 1,5 ; 36 ; 3,5 heures.
58
Somme des temps de bon fonctionnement entre les 7 défaillances
MTBF =
Nombre des temps de bon fonctionnement
B(DB)
A(DA)
Fig.2 C(DC)
E S
A(DA) B(DB) N(DN)
Fig.3
59
Exemple : soit quatre composants A, B, C et D montés en série et ayant la même disponibilité D = 0,80. La
disponibilité globale est : DS = 0,84 = 0,4096.
Exemple : soit un dispositif composé de deux composants A et B montés en parallèle et ayant la même
disponibilité DA = DB = 0,80.
La disponibilité globale du dispositif est : DP = 1-(1-0,8)(1-0,8) = 1-0,04 = 0,96
Remarque : la durée de vie d’un produit présente les trois aspects suivants :
durabilité, qui est la durée de fonctionnement probable ou attendue d’un produit dans les conditions
normales d’utilisation.
durée effective d’utilisation : pour un produit particulier, c’est la durée mesurée à partir de la première
mise en circulation jusqu’à la cessation d’activité (recyclage ou élimination). Cette durée oscille ou varie de
manière statistique autour de la valeur de durabilité précédente.
Exemple : la durée d’utilisation d’une voiture, pour un modèle donné, peut varier fortement d’un véhicule à
l’autre suivant le comportement du conducteur, accidents divers, intempéries, etc.
durée de présence sur le marché : c’est la période pendant laquelle un produit d’un type donné peut
être acquis à l’état neuf.
Exemple : durée de présence sur le marché d’un modèle de voiture.
60