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Paille
Pour les articles homonymes, voir paille (homonymie).
Ne doit pas être confondu avec foin.
Andains de paille après moisson dans une région d’agriculture intensive :
Guise en Picardie, France.
Dans les années 1980, les balles rondes ont remplacé les petites balles
parallélépipédiques (ici en Picardie). Elles sont remplacées à leur tour par
les grosses balles parallélépipédiques (big bales).
Bottes, balles ou ballots de paille (ici des big bales)
La paille est la partie de la tige (ou chaume) de certaines graminées, dites
« céréales à paille » (blé, orge, avoine, seigle, riz), coupée avec l’épi à la
moisson.
C’est le plus souvent un coproduit de la production de grains. La paille
peut être soit enfouie sur place comme amendement organique, soit
enlevée et « exportée » hors de la parcelle pour d’autres utilisations. La
partie de la tige, de faible hauteur, restant plantée au sol constitue le
chaume ou éteule. En France, elle est principalement produite dans les
régions céréalières (Centre, Picardie et Champagne-Ardenne).
Battage à poste fixe de gerbes de blé. La paille est récupérée sur le tapis
monte-paille à droite. Machine des années 1950.
Morphologie
Les entre-nœuds peuvent chez certaines espèces ou variétés résorber leur
moelle à maturité. On a alors, selon le cas :
Des pailles creuses : orge, avoine ;
Des pailles plus ou moins creuses : blé d’hiver (caractère variétal) ;
Des pailles pleines, lorsque la moelle est persistante : blé dur, maïs,
sorgho.
Récolte de la paille
La paille n’est pas nécessairement récoltée à la moisson. Dans les
exploitations céréalières, elle est souvent broyée pour être incorporée au
sol. Elle contribue alors au maintien du taux d’humus de la couche arable.
Moisson manuelle
Récolte de la paille en Toscane vers 1900
Lorsque les céréales étaient moissonnées à la faucille, on prélevait
seulement les épis pour le grain et on repassait ensuite couper la paille à
la faux ou on l’arrachait. Lorsque la moisson était faite à la faux près du
sol, on récupérait la paille, tiges et épis vides, après battage. Ces
méthodes manuelles avaient l’avantage de préserver la paille pour son
utilisation en ameublement (chaises ...) ou vannerie. En Toscane, on
cultivait et on récoltait à la main des variétés de blé particulières (Gentile
rosso, marzuolo… renommés pour leur solidité et leur brillant) pour la
fabrication du chapeau de paille de Florence.
Moisson mécanisée
La moissonneuse-batteuse est une machine agricole multifonctions, elle
permet de réaliser simultanément :
Le moissonnage (fauchage) des céréales à paille ;
Le battage (ou dépique) pour extraire les grains des épis et les séparer de
la paille et de la balle ;
Le rejet de la paille soit sous forme d’andains dans le champ, soit
éparpillée après hachage (pour les moissonneuse-batteuses équipées d’un
hache-paille). Il a existé jusque dans les années 1960 des moissonneuses
équipées de presses basse densité capable de réaliser directement des
bottes mais ces équipements ne sont plus compatibles avec les débits
actuels de moisson. Ces machines sont encore quelquefois utilisées
lorsque l’on recherche des pailles peu brisées pour l’ameublement, la
vannerie, la construction, l’utilisation en fabrication alimentaire…
L’agriculteur règle la hauteur de la barre de coupe de l’engin, selon qu’il
désire ou non récolter un maximum de paille.
Ancienne ramasseuse-presse basse densité Rivierre-Casalis idéale pour le
bottelage de la paille d’œuvre
Ensuite, il faut passer avec une ramasseuse-presse qui permet d’emballer
la paille en ballots, balles, bottes ou rouleaux, qui seront ensuite
transportés pour être mis à l’abri de la pluie. Cette opération est similaire
à la fabrication des bottes de foin (Foin#Confection et liage des bottes). Là
encore, les presses basse densité abimaient moins la paille.
La hauteur de la paille varie selon les espèces et variétés cultivées.
Certaines variétés de blé, par exemple, dites « à paille courte », ont été
sélectionnées pour prévenir le risque de verse et produisent donc peu de
paille. Il existe également des traitements de synthèse qui permettent de
limiter la croissance des tiges afin de limiter la verse. Ce sont les «
régulateurs de croissance ».
Utilisation
Briquettes combustibles de paille.
Une fois récoltée, la paille peut avoir plusieurs types d’utilisations :
Litière ; la paille est ainsi utilisée depuis des siècles pour les animaux
d’élevage (chevaux, bovins, rongeurs et ovins). Elle forme ainsi la base du
fumier ;
Alimentation animale ; les herbivores digèrent en partie la paille (cellulose,
autres fibres), grâce à l’activité microbienne de leur panse ou de leur
cæcum. Ce fourrage médiocre sert surtout en cas de pénurie, notamment
en période de sécheresse. La paille doit être associée à une alimentation
protéique et sucrée. Pour la rendre plus appétissante auprès d’animaux
difficiles et compenser sa faible valeur énergétique, on y ajoute par
exemple de la mélasse, pour améliorer sa valeur azotée, on peut la traiter
avec de l’urée ou de l’ammoniac. Des mélanges liquides mélasse-urée
sont disponibles dans le commerce.
Compost pour la culture du champignon de Paris. On mélange
traditionnellement dans ce compost 75 % de fumier de cheval et 25 %de
paille.
Protection du sol ; le paillis est notamment utilisé en horticulture ; la paille
est cependant pour cela concurrencée par d’autres matériaux, comme l’
écorce de pin, les copeaux de bois puis les films et tissus en matière
plastique… ;
Certaines pailles ont des effets allélopathiques (paille de seigle : par
exemple ou paille d’avoine cultivée. Cette dernière est tolérée par
certaines espèces, mais elle inhibe la croissance de certaines adventices :
plantain (Plantago lanceolata), herbe à aiguilles (Bidens pilosa) et d’autres
plantes cultivées (riz, tomate), alors qu’elle favorise la croissance du maïs
et du souchet rond (Cyperus rotundus).
Amendement organique ; l’exportation de la paille hors du champ
appauvrit le sol et le rend plus vulnérable à l’érosion hydrique ou
éolienne ; elle devrait être compensée par une couverture végétale du sol
ou par la restitution au sol de la matière organique ou des éléments
correspondants : apports de fumier, de fertilisants organiques.
Comme amendement elle peut être enfouie dans le sol, ce qui évite les
opérations de récolte et de transport, relativement coûteuses, surtout
dans les régions céréalières sans élevage (comme le bassin parisien), et
permet d’apporter au sol une quantité significative de matière organique
humifiable. Elle est alors généralement enfouie superficiellement par une
charrue à disque ou une déchaumeuse, pour accélérer sa décomposition
avant le labour d’automne.
Brûlis : dans certains cas, la paille est brûlée sur place.
Ressource énergétique : la paille (voire le grain) peuvent être valorisée
comme biomasse-énergie en tant que bio-combustible (restituant 6 à 7
fois l’énergie mécanique requise pour sa fabrication), ou avec de meilleurs
rendements énergétiques via des procédés de fermentation (biogaz),
pyrolyse ou production d’éthanol (en développement). En France il a été
estimé qu’en 2011-2012 le pays en a produit 25 millions de tonnes dans
l’année, mais une grande partie de cette paille sert à l’élevage et comme
source de matière organique pour maintenir la fertilité des sols. Seules
environ 16,6 Mt sont exportées du champ et la moitié (plus de 8 millions
de t) est utilisée comme litières dans les élevages.
La paille agricole est donc assez peu disponible comme ressource
énergétique en raison d’autres usages agroécologiquement bien plus
intéressants ;
Des pailles peuvent aussi être utilisées pour améliorer le prétraitements
de certaines matières à méthaniser. En France la première centrale
énergétique bois-paille a été inaugurée en juin 2013 près de Troyes (3,3
MW), en complément de l’utilisation de bois (7.600 t/an pour 4,5 MW) ; elle
alimente un réseau de chaleur.
Tracteur John Deere en bottes de paille, Canada, 2011
Chaumière en Normandie. Paysage, Berthe Morisot, 1867
Matériau de construction ; en tant que fibres, longues ou hachées la paille
est l’un des composants du torchis, de l’adobe ou de la bauge.
En bottes ou ballot, elle entre dans les techniques de construction en paille
ou de chaume. En ballot, c’est à la fois un isolant thermique et une brique
géante de construction pour certaines maisons en ballot de paille
(technique de murs porteurs, dite « Nebraska »). Ou elle est un isolant et
matériau de remplissage dans la maison à ossature bois/remplissage paille
(Techniques Plateforme, du GREB ou autrichienne…). En France, on estime
à environ 3 000 les habitations construites en bottes de paille, et les plus
vieilles ont cent ans. Les toits de chaume étaient très fréquents dans de
nombreuses régions (Normandie…). Ils étaient réalisés par des artisans
spécialisés, les couvreurs en chaume.
Le talpone est l’habillage en paille de seigle protégeant le pignon le plus
exposé à la pluie des chaumières françaises au XIXe siècle.
Fibre ; la paille, riche en cellulose est une matière première possible pour
la fabrication de papier ;
Vannerie et ameublement : la paille est aussi utilisée en vannerie
(chapeau de paille, nattes, claies). Par exemple, la paille de riz est avec le
jonc, l’un des composants des nattes traditionnelles japonaises (tatamis).
Les claies en paille servent à sécher certains aliments (fruits, fromages…) :
les vins de paille dont les raisins sèchent et finissent leur maturation sur
des claies en paille sont fameux. En Europe, on utilisait souvent le seigle
pour le paillage des sièges. La paille était utilisée pour le rembourrage et
le matelassage.
La paille servait à séparer les lits de pommes lors du pressage des
pommes pour faire le cidre. Fabrication de cidre à l’ancienne, Vire,
Normandie, octobre 2018
Chêvre sainte-maure-de-touraine avec sa paille
Autres usages : en art (marqueterie de paille), en taxidermie (matériau de
remplissage), les brins de paille étaient utilisés pour boire (origine des
pailles à boire). De la paille était utilisée pour séparer les lits de pommes
préalablement écrasées avant pressage lors de la fabrication du cidre. Les
fromages de chêvre de l’appellation sainte-maure-de-touraine présentent
une paille de 16 cm dans leur axe.
Références artistiques
Antependium génois du XVIIIe siècle (sur toile de fond bleu) décoré de
paille naturelle.
Objets de mode et de fantaisie : lors de l’Exposition universelle de Paris en
1855, de nombreux exemplaires d’objets en paille tressée (chapeau, porte-
feuilles, étuis à cigare, sacs, pantoufles, bottines, bonnets grecs…) d’une
extraordinaire finesse sont présentés par le Grand-duché de Toscane,
industries où les Toscans ont une supériorité absoluedepuis plusieurs
siècles.
Objets liturgiques et dévotionnels : quelques chefs-d’œuvre (antependium,
reliquaires, tabernacles, boites à hosties…) de l’art votif dit pauvre
proviennent principalement de chez les Frères mineurs capucins qui,
depuis le début du XVIIe siècle, ont commencé à se spécialiser dans ce
type d’activité artistique à la suite de l’interdiction d’utiliser des matériaux
précieux pour décorer les édifices de leur Ordre. Souvent prise pour de
l’or, la paille crée l’admiration et l’étonnement, par exemple, chez Gœthe
lors de sa visite à l’église du Rédempteur de Venise.
Langage
« Être sur la paille » : se trouver sans le sou.
« Couleur paille »
« Regarder la paille qui est dans l’œil de son voisin » : cette expression fait
référence à la parabole biblique de la paille et de la poutre ( Évangile selon
Luc, 6, 41) dans laquelle Jésus reproche aux hypocrites de vouloir enlever
la paille de l’œil de leur frère, alors qu’ils ne voient pas la poutre dans leur
propre œil.
« Un feu de paille » : se dit d’une chose éphémère.
«Un homme de paille » : Individu qui prête son nom ou simule une activité
dans une entreprise à la limite de la légalité.
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