Chapitre 1
Méthode des volumes finis.
1.1 Méthode des volumes finis.
1.1.1 Méthode des volumes finis.
On ne se donne plus des points mais des volumes de contrôle Ki , i = 1, ..., N,
avec Ki =]xi−1/2 , xi+1/2 [, et on note hi = xi+1/2 − xi−1/2 . Pour chaque vo-
lume de contrôle Ki , on se donne un point xi ∈ Ki =]xi−1/2 , xi+1/2 [. On
pourra considérer par exemple (mais ce n’est pas le seul point possible) :
xi+1/2 + xi−1/2 00
xi = . On intégre l’équation −u = f sur Ki :
2
Z xi+1/2 Z xi+1/2
00
−u (x)dx = f (x)dx,
xi−1/2 xi−1/2
1 Z xi+1/2
et fi = f (x)dx. on obtient :
hi xi−1/2
0 0
−u (xi+1/2 ) + u (xi−1/2 ) = hi fi , i = 1, ..., N.
0
On cherche donc a approcher les flux −u (xi+1/2 ) aux interfaces xi+1/2 des
mailles. Notons que l’opérateur à approcher est ici d’ordre 1, alors qu’il était
dâordre 2 pour la méthode des différences finies pour la même équation. On
se donne une inconnue par maille (ou volume deZ contrôle i), qu’on note ui , et
1 0
on espère approcher ainsi la valeur u(xi ) (ou u). On approche u (xi+1/2 )
hi Ki
par le quotient différentiel :
u(xi+1 ) − u(xi )
.
hi+1/2
1
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Le schéma numérique s’écrit donc :
u(xi+1 ) − u(xi ) u(xi ) − u(xi−1 )
− + , i = 2, ..., N − 1.
hi+1/2 hi−1/2
Pour la première et N ieme équations, on tient compte des conditions aux
0 0 u(x1 ) u(xN )
limites , et on u (0) (resp. u (1))) par (resp par ), ce qui donne
h1/2 hN +1/2
comme première et dernière équations du schéma numérique :
u(x2 ) − u(x1 ) u(x1 )
− + = h1 f1 ,
h3/2 h1/2
u(xN ) − u(xN −1 ) u(xN )
− + = hN fN .
hN −1/2 hN +1/2
On suppose maintenant que est un ouvert polygonal de R2 , et on se donne un
maillage T de Ω , c.à.d., en gros, un découpage de Ω en volumes de contrôle
polygônaux K. En intégrant l’équation sur K, on obtient :
Z Z
−∆udx = f dx.
Ω Ω
Par la formule de Stokes, on peut réécrire cette équation :
Z Z
−∇u · nK (x)dγ(x) = f dx.
∂K K
où dγ(x) désigne l’intégrale par rapport à la mesure unidimensionnelle sur le
bord de l’ouvert, et où nK désigne le vecteur normal unitaire à ∂K extérieur
à K. Comme K est polygonal, on peut décomposer ∂K en arêtes σ qui sont
des segments de droite, et en appelant EK l’ensemble des arêtes de ∂K, on a
donc : X Z Z
− ∇u · nK,σ (x)dγ(x) = f dx,
σ∈EK σ K
où nK,σ désigne le vecteur normal unitaire à σ extérieur à K (noter que
ce vecteur est constant sur σ). On cherche donc maintenant à approcher la
dérivée normale ∇u · nK,σ de manière consistante sur chaque arête σ. On se
donne donc des inconnues discrétes notées (uK )K∈T , qui, on l’espère vont
s’avérer être des approximations de u(xK ). Pour une arête σ = K|L séparant
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les volumes de contrôle K et L, il est tentant d’approcher la dérivée normale
∇u · nK,σ par le quotient différentiel :
u(xL ) − u(xK )
,
dK,L
où dK,L est la distance entre les points xK et xL . Cependant, cette approxi-
mation ne pourra être justifiée que si la direction du vecteur défini par les
deux points xK et xL est la même que celle de la normale nK,σ , c.à.d. si
le segment de droite xK xL est orthogonal à l’arête K|L. Pour un maillage
π
triangulaire à angles strictement inférieurs à , ceci est facile à obtenir en
2
choisissant les points xK comme intersection des médiatrices du triangle K,
voir la figure suivante : On se placera ici dans ce cas, et on verra plus loin
Figure 1.1 – Exemple de volumes de contrôle pour la méthode des volumes
finis en deux dimensions d’espace.
u(xL ) − u(xK )
d’autres possibilités. on approche donc ∇u · nK,σ par , et en
dK,L
notant |σ| la longueur de l’arête σ, on approche :
Z
u(xL ) − u(xK )
∇u · nK,σ dγ par FK,σ = |σ| ,
σ dK,L
pour tout σ ∈ EK et pour tout K ∈ T . Le schéma volumes finis s’écrit donc :
X
FK,σ = |K|fK ,
σ∈EK
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1 Z
où |K| est la mesure de K, et fK = f (x)dx, et où les flux numériques
|K| K
FK,σ sont définis (en tenant compte des conditions limites pour les arêtes du
bord) par :
u(xL ) − u(xK )
−|σ| si σ = K/L
dK,L
FK,σ =
u(xK )
−|σ| si σ ⊂ Ω et σ ∈ EK ,
dK,σ
où dK,σ est la distance entre xK et σ.
Remarque 1 On remarque que les différences finies sont particulièrement
bien adaptées dans le cas de domaines rectangulaires ou parallélepipédiques,
pour lesquels on peut facilement définir des maillages structurés (cartésiens
dans le cas présent) c.à.d. dont on peut indexer les mailles par un ordre (i, j)
naturel. Dans le cas de domaines plus complexes, on maille souvent à l’aide
de triangles (ou tétraédres) et dans ce cas la méthode des différences finies ne
se généralise pas facilement. On a alors recours soit aux volumes finis, dont
on vient de donner le principe, soit aux éléments finis, que nous aborderons
ultérieurement.
Voici un certain nombre de questions, qui sont typiquement du domaine de
l’analyse numérique, auxquelles nous tenterons de répondre dans la suite :
— Le problème qu’on a obtenu en dimension finie, (avec des inconnues lo-
calisées aux noeuds du maillage dans le cas de la méthode des différences
finies et dans les mailles dans le cas de la méthode des volumes finis)
admet-il une (unique) solution ? On montrera que oui.
— La solution du problème discret converge-t-elle vers la solution du
problème continu lorsque le pas du maillage h tend vers 0 ? Dans le
cas des différences finies en une dimension dâespace, le pas du maillage
est défini par :
h = sup |xi+1 − xi |.
1≤i≤N
Dans le cas des volumes finis en une dimension d’espace, il est défini
par :
h = sup |xi+1/2 − xi−1/2 |.
1≤i≤N
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En deux dimensions d’espace, le pas h est défini par :
h = sup diam(K) avec diam(K) = sup d(x, y).
K∈T x,y∈K
où T , le maillage, est l’ensemble des volumes de contrôle K. Notons que la
réponse à cette question n’est pas évidente a priori. La solution discréte peut
converger vers la solution continue, elle peut aussi converger mais vers autre
chose que la solution du problème continu, et enfin elle peut ne pas converger
du tout.
1.1.2 Schéma volumes finis pour un problème ellip-
tique en une dimension d’espace
Origine du Schéma
On va étudier la discrétisation par volumes finis du probl‘eme suivant :
(
−uxx = f, 0 < x < 1,
(1.1)
u(0) = u(1) = 0,
Définition 1 On appelle maillage volumes finis de l’intervalle [0, 1], un en-
semble de N mailles (Ki ){i=1,...,N } , telles que Ki =]xi−1/2 , xi+1/2 [, avec x1/2 =
0 < x3/2 < xi−1/2 < xi+1/2 < ... < xN +1/2 = 1, et on note |Ki | = xi+1/2 −
xi−1/2 . On se donne également N points (xi ){i=1,...,N } situés dans les mailles
Ki . On a donc :
0 = x1/2 < x1 < x3/2 < xi − 1/2 < xi < xi + 1/2 < ... < xN +1/2 = 1.
On notera hi+1/2 = xi+1 −xi , et h = max{i=1,...,N } hi+1/2 , et pour des questions
de notations, on posera également x0 = 0 et xN +1 = 1.
On intègre (1.1) sur Ki = [xi+1/2 − xi−1/2 ], and on obtient :
Z
−ux (xi+1/2 ) + ux (xi−1/2 ) = f (x)dx.
Ki
1 Z
On pose : fi = f (x)dx, et on introduit les inconnues discrètes (ui ){i=1...N }
hi Ki
(une par maille) et les équations discrètes du schéma numérique :
Fi+1/2 − Fi−1/2 = hi fi , i = 1, ..., N, (1.2)
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où Fi+1/2 est le flux numérique en xi+1/2 qui devrait être une approximation
raisonnable de −ux (xi+1/2 ). On pose alors :
ui+1 − ui
Fi+1/2 = − (1.3)
hi+1/2
u1 uN
F1/2 = − , FN +1/2 = − , (1.4)
h1/2 hN +1/2
pour tenir compte des conditions aux limites de Dirichlet homogènes u(0) =
u(1) = 0. On peut aussi écrire :
ui+1 − ui
Fi+1/2 = − en posant u0 = uN +1 = 0.
hi+1/2
On peut écrire le système linéaire obtenu sur (u1 , ..., uN )t sous la forme :
Ah Uh = bh , avec :
!
1 −1 1
(Ah )i = (ui+1 − ui ) + (ui − ui−1 ) , et (bh )i = fi .
hi hi+1/2 hi−1/2
Remarque 2 (Non consistance au sens des différences finies) L’ap-
00
proximation de −u (xi ) par :
!
1 −1 1
(u(xi+1 ) − u(xi )) + (u(xi ) − u(xi−1 )) ,
hi hi+1/2 hi−1/2
n’est pas consistante dans le cas général.
Analyse mathématique du schéma.
On va démontrer ici qu’il existe une unique solution (u1 , ...uN )t et que cette
solution, converge, en un certain sens, vers la solution de problème continu
(1.1) lorsque le pas du maillage tend vers 0.
Proposition 1 (Existence de la solution du schéma volumes fi-
nis) Soit f ∈ C([0, 1]) et u ∈ C 2 ([0, 1]) solution de (1.1). Soit (Ki ){i=1,...N }
le maillage définit précédament. Alors il existe une unique solution uh =
(u1 , ..., uN )t de problème discrét.
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Preuve. Le schéma s’écrit
ui+1 − ui ui − ui−1
− + = hi fi , i = 1, ..., N,
hi+1/2 hi−1/2
(où on a posé u0 = 0 et uN +1 = 0) En multipliant par ui et en sommant de
i = 1 à N, on obtient donc :
i=N i=N i=N
X ui+1 − ui X ui − ui−1 X
− ui + ui = hi fi ui .
i=1 hi+1/2 i=1 hi+1/2 i=1
En effectuant un changement d’indice sur la deuxième somme, on obtient :
i=N
X ui+1 − ui X−1 ui+1 − ui
i=N i=N
X
− ui + ui+1 = hi fi ui ,
i=1 hi+1/2 i=0 hi+1/2 i=1
en regroupant les sommes, on a donc :
i=N i=N
(ui+1 − ui )2 u2 u2N
+ 1 +
X X
− = hi fi ui .
i=1 hi+1/2 h1/2 hN +1/2 i=1
Si fi = 0 pour tout i = 1, ..., N, on a bien alors ui = 0 pour tout i = 1...N.
Ceci démontre l’unicité de (ui )(i=1...N ) solution de (1.2)-(1.3), et donc son
existence, puisque le système (1.2)-(1.3) est un système linéaire carré d’ordre
N. (On rappelle qu’une matrice carrée d’ordre N est inversible si et seulement
si son noyau est réduit à {0}).
Lemme 1 Soit u ∈ C 2 ([0, 1]) solution de (1.1). On se donne une subdivision
∗
de [0, 1]. On appelle F̄i+1/2 = −ux (xi+1/2 ) le flux exact en xi+1/2 , et Fi+1/2 =
u(xi+1 ) − u(xi )
− le quotient différentiel qui approche la dérivée première
hi+1/2
ui+1 − ui
ux (xi+1/2 ). On dit que le flux numérique Fi+1/2 = − est consistant
hi+1/2
s’il existe C ∈ R+ ne dépendant que de u telle que l’erreur de consistance
∗
sur le flux, définie par : Ri+1/2 = F̄i+1/2 − Fi+1/2 , vérifie : |Ri+1/2 | ≤ Ch.
Preuve. La démonstration de ce résultat s’effectue facilement à l’aide de
développements de Taylor.
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Définition 2 (Conservativité) On dit que le schéma volumes finis est
conservatif, au sens où, lorsqu’on considère une interface xi+1/2 entre deux
mailles Ki et Ki+1 , le flux numérique entrant dans une maille est égal à celui
sortant de l’autre.
C’est grâce à la conservativité et à la consistance des flux qu’on va montrer
la convergence du schéma volumes finis.
Théorème 1 (Convergence du schéma volumes finis) On suppose
que la solution u de (1.1) vérifie u ∈ C 2 ([0, 1]). On pose pour ei = u(xi ) − ui
pour i = 1, ..., N, et e0 = eN +1 = 0. Il existe C ≥ 0 ne dépendant que de u
tel que :
N N
(ei+1 − ei )2
≤ Ch2 , he2i ≤ Ch2 ,
X X
et max |ei | ≤ Ch.
i=0 h i=0
1≤i≤N
Preuve. Ecrivons le schéma volumes finis (1.2) :
Fi+1/2 − Fi−1/2 = hi fi
l’équation exacte intégrée sur la maille Ki
F̄i+1/2 − F̄i−1/2 = hi fi ,
par soustraction nous obtenons :
F̄i+1/2 − Fi+1/2 − F̄i−1/2 + Fi−1/2 = 0.
∗
En introduisant Ri+1/2 = F̄i+1/2 − Fi+1/2 , on obtient :
∗ ∗
Fi+1/2 − Fi+1/2 − Fi−1/2 + Fi−1/2 = −Ri+1/2 + Ri−1/2 .
ce qui s’écrit encore, au vu de la définition de ei ,
1 1
− (ei+1 − ei ) + (ei − ei−1 ) = −Ri+1/2 + Ri−1/2 .
hi+1/2 hi−1/2
On multiplie cette dernière égalité par ei et on somme de 1 à N :
i=N i=N i=N i=N
X 1 X 1 X X
− (ei+1 −ei )ei + (ei −ei−1 )ei = −Ri+1/2 ei + Ri−1/2 ei ,
i=1 hi+1/2 i=1 hi−1/2 i=1 i=1
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ce qui s’écrit encore :
i=N
X 1 X−1
i=N
1 i=N
X X−1
i=N
− (ei+1 −ei )ei + (ei+1 −ei )ei+1 = −Ri+1/2 ei + Ri+1/2 ei+1 .
i=1 hi+1/2 i=0 hi+1/2 i=1 i=0
En réordonnant les termes, on obtient, en remarquant que e0 = 0 et eN +1 =
0:
i=N i=N
1
(ei+1 − ei )2 =
X X
−Ri+1/2 (ei+1 − ei ).
i=1 hi+1/2 i=1
Or, Ri+1/2 ≤ Ch. On a donc :
i=N i=N
1 |ei+1 − ei | q
(ei+1 − ei )2 ≤ Ch
X X
q hi+1/2 ,
i=1 hi+1/2 i=1 hi+1/2
et, par l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
i=N i=N
! 12 i=N
! 12
1 |ei+1 − ei |2
(ei+1 − ei )2 ≤ Ch
X X X
hi+1/2 .
i=1 hi+1/2 i=1 hi+1/2 i=1
i=N
X
En remarquant que hi+1/2 = 1, on déduit que :
i=1
i=N i=N
! 12
1 |ei+1 − ei |2
(ei+1 − ei )2 ≤ Ch
X X
,
i=1 hi+1/2 i=1 hi+1/2
et donc
i=N
! 21
1
(ei+1 − ei )2
X
≤ Ch.
i=1 hi+1/2
On a ainsi démontré la première inégalité. Pour obtenir une majoration de
|ei | par Ch, on remarque que :
i
X i
X N
X
|ei | = | (ej − ej−1 )| ≤ |ej − ej−1 | ≤ |ej − ej−1 |.
j=1 j=1 j=1
On en déduit, par l’inégalité de Cauchy Schwarz, que :
i=N
! 12 i=N
! 12
X |ej − ej−1 |2 X
|ei | ≤ hi+1/2 .
i=1 hi+1/2 i=1
ce qui entraı̂ne max(i=1...N ) |ei | ≤ Ch. Notons que de cette estimation, on
déduit immédiatement la dérnière estimation.
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Remarque 3 (Espaces fonctionnels et normes discrétes) On rap-
pelle qu’une fonction u ∈ L2 (]0, 1[) admet une dérivée faible dans L2 (]0, 1[)
s’il existe v ∈ L2 (]0, 1[) telle que :
Z Z
0 0
u (x)φ(x)dx = − v(x)φ (x)dx,
]0,1[ ]0,1[
pour toute fonction φ ∈ Cc1 (]0, 1[), où Cc1 (]0, 1[) désigne l’espace des fonctions
de classe C 1 à support compact dans ]0, 1[. On peut montrer que v est unique.
0
On notera v = Du. On peut remarquer que si u ∈ C 1 (]0, 1[), alors Du = u ,
dérivée classique. On note H 1 (]0, 1[) l’ensemble des fonctions de L2 (]0, 1[)
qui admettent une dérivée faible dans L2 (]0, 1[) avec
n o
H 1 (]0, 1[) = u ∈ L2 (]0, 1[); Du ∈ L2 (]0, 1[) .
On définit :
n o
H01 (]0, 1[) = u ∈ H 1 (]0, 1[); u(0) = u(1) = 0 .
Pour u ∈ H 1 (]0, 1[), on note :
Z 1 21
2
kukH01 = (Du(x)) .
0
C’est une norme sur H01 qui est équivalente à la norme [Link] 1 définie par :
Z 1 Z 1 21
2 2
kukH01 = (u(x)) + (Du(x)) ,
0 0
ce qui se démontre grâce à l’inégalité de Poincaré donnée par le théorème
suivant :
Théorème 2 Soit Ω un ouvert borné de RN . Alors il existe une constante
C(Ω) > 0 dépendante de Ω telle que
kukL2 (]0,1[) ≤ C(Ω)kDuk(L2 (]0,1[))N ,
N
! 21
X ∂u 2
avec kDuk(L2 (]0,1[))N = k k 2
i ∂xi L (]0,1[)
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Soit maintenant T un maillage volumes finis de [0, 1], on note X(T ) l’en-
semble des fonctions de [0, 1] dans R, constantes par maille de ce maillage.
Pour v ∈ X(T ), on note vi la valeur de v sur la maille i, alors on définit les
normes L2 et L∞ discrétes de v par :
N
hi (vi )2
X
kvkL2 (]0,1[) = et kvkL∞ (]0,1[) = max |vi |.
1≤i≤N
i
Par contre, la fonction v étant constante par maille, elle n’est pas dérivable
au sens classique, ni même au sens faible On peut toutefois définir une norme
H 1 discréte de v de la manière suivante :
N
!1/2
X vi+1 − vi 2
|v|1,T = hi+1/2 ( ) .
i hi+1/2
On peut définir une sorte de ”dérivée discréte” de v par les pentes
vi+1 − vi
pi+1/2 =
hi+1/2
On peut alors définir une fonction DT v, qui est constante par intervalle et
égale à pi+1/2 sur lâintervalle ]xi , xi+1 [. La norme L2 de DT v, est donc définie
par :
N N
vi+1 − vi 2
kDT vk2L2 (]0,1[) = hi+1/2 p2i+1/2 =
X X
hi+1/2 ( ).
i i hi+1/2
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