Étude de la rupture du PEHD
Étude de la rupture du PEHD
THÈSE
DOCTEUR
Spécialité: Génie Mécanique
Option: Construction
Par
Mounia KADDECHE
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Étude de la rupture du polyéthylène sous charge constante
============================================================
Devant le jury :
Président: Pr M.A. YALLESE Université de Guelma
Examinateur: Pr I. AMARA Université de Constantine
Examinateur: Pr A. AMIRAT Université d’Annaba
Examinateur: Pr M. NAIT-ABDELAZIZ Université de Lille, France
Examinateur: Dr A. BELBAH Université de Guelma
2014
Remerciements
Remerciements
Je tiens tout d'abord à remercier mon Seigneur Miséricordieux par essence et par
excellence de m'avoir permis d'accomplir cette thèse avec succès car Il est digne de louange
et de glorification.
L’ensemble de ce travail a été réalisé au sein du laboratoire (LR3MI), de l'université
d'Annaba. Néanmoins une partie des essais a été réalisée au sein du laboratoire de Mécanique
et Structures (LMS) de l'université de Guelma et une seconde partie au sein du laboratoire
Génie Civil de l'université d'Annaba.
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à mon directeur de thèse, Pr Kamel CHAOUI.
Je tiens à souligner à quel point j’ai apprécié de travailler avec lui tant d’un point de vue
professionnel qu’humain. Son bureau est un lieu de discussions ouvertes, sincères et sans
concession. Sa grande disponibilité malgré un nombre de sollicitations toujours grandissant,
sa rigueur et son excellence scientifique et pédagogique, sa volonté de considérer chaque
doctorant comme un chercheur à part entière, sont des qualités qui méritent d’être soulignées.
Je souhaite aussi remercier Pr Mohamed Athmane YALLESE, chef de l'équipe coupe
des métaux au sein du LMS université de Guelma et Dr Salim BELHADI membre de la
même équipe ainsi que Pr Lakhdar BOULANOUAR directeur du laboratoire de Recherche
des Technologies Avancées en Production Mécanique (LRTAPM), université d'Annaba pour
leur disponibilité et leurs précieux conseils. Je remercie aussi l’ensemble des membres du
Laboratoire de recherche (LR3MI) avec qui j’ai eu la chance de travailler au cours de cette
thèse. J’y ai côtoyé des personnes passionnées et d’un niveau scientifique remarquable.
Je présente aussi mes remerciements à Pr Mohamed Athmane YALLESE pour avoir
accepté de présider mon jury de soutenance de thèse. Je tiens également à remercier les
examinateurs de thèse Pr M. NAIT-ABDELAZIZ, Pr I. AMARA, Pr A. AMIRAT et Dr
BELBAH. Leurs conseils m’ont permis de prendre un recul considérable à l’égard de mon
travail.
Par ailleurs, je souhaite également remercier toutes mes amies et collègues qui m’ont
fourni un support exceptionnel notamment Dr Nadjette KIASS, Mme Wafia GHABECHE,
Melle Latifa ALIMI, Dr Souheila REHHAB, Melle Afef AZZI et Melle Hanna FADDA.
Enfin, je remercie les techniciens du département de Génie Mécanique de l'université
de Guelma.
Résumé
Résumé:
Les pipelines en HDPE sont des structures importantes dans les infrastructures de
transport de fluides et jouent un rôle déterminant pour le développement des pays de par la
facilité et la flexibilité des réseaux construits sur plusieurs centaines de kilomètres. Ils
constituent aussi des moyens d’approvisionnement et de satisfaction des besoins exprimés
par les marchés de l’énergie. De nos jours différents réseaux de transport et de distribution de
gaz, d’eau ou de pétrole sont construits à des coûts élevés pour réduire les trafics de
véhicules routiers ou de pétroliers maritimes. Les pipelines sont des moyens de transport
fiables, économiques et écologiques lorsque les éléments de conception et de fabrication sont
respectés et les normes requises sont appliquées.
Abstract:
HDPE pipelines are important structures in infrastructure for transporting fluids and
play a key role in the development of countries in the ease and flexibility of networks built
over several hundred kilometers. They also provide a means of supply and meeting the needs
expressed by the energy markets. Nowadays various transmission and distribution of gas, oil
or water are built with high costs to reduce traffic of road vehicles or marine oil.
In this work, we have set a target contribution to the review of the tensile strength of
the most coveted in the various networks tubes. The consideration of this resistance involves
the study of the residual stress remaining viscoelastic materials and for determining the
gradient of the mechanical properties such as toughness, impact strength and the yield
strength, between the various layers of the tube.
This study requires the use of specimens extracted directly from the pipe to preserve
the thermo-mechanical history of the material. Such test specimens are only obtained by
machining. An important part of this study was dedicated to optimize machining operations
of HDPE.
ﻣﻠﺨﺺ:
ﻟﻤﺎ ﻟﮫ ﻣﻦ ﺧﺼﺎﺋﺺ ﻣﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ ﻣﻤﺘﺎزة ،اﻟﺒﻮﻟﯿﺌﯿﺜﯿﻠﯿﻦ ﻋﺎﻟﻲ اﻟﻜﺜﺎﻓﺔ ) (HDPEﻻ ﯾﻤﻜﻦ ﺗﻘﯿﯿﻤﮫ
ﻣﻦ ﺧﻼل اﻻﺧﺘﺒﺎرات اﻟﻤﻌﮭﻮدة ﻟﻤﺪى دﯾﻤﻮﻣﺘﮫ .ﻣﺤﺎوﻟﺔ ﻓﮭﻢ و ﻣﺮاﻗﺒﺔ ﺳﻠﻮك أﻧﺎﺑﯿﺐ اﻟﺒﻮﻟﯿﺌﯿﺜﯿﻠﯿﻦ ﻋﺎﻟﻲ
اﻟﻜﺜﺎﻓﺔ و وﺿﻊ اﺧﺘﺒﺎرات ﻣﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ ﻋﻠﻰ اﻟﻤﺪى اﻟﻘﺼﯿﺮ ھﻮ اﻟﮭﺪف اﻟﻤﻨﺸﻮد ﻟﮭﺬه اﻻطﺮوﺣﺔ.
أﻧﺎﺑﯿﺐ اﻟﺒﻮﻟﯿﺌﯿﺜﯿﻠﯿﻦ ھﻲ ھﯿﺎﻛﻞ ھﺎﻣﺔ ﻓﻲ اﻟﺒﻨﯿﺔ اﻟﺘﺤﺘﯿﺔ ﻟﻨﻘﻞ اﻟﺴﻮاﺋﻞ وﺗﻠﻌﺐ دورا رﺋﯿﺴﯿﺎ ﻓﻲ
ﺗﻨﻤﯿﺔ اﻟﺒﻠﺪان ﺑﻔﻀﻞ ﻣﺮوﻧﺘﮭﺎ وﺳﮭﻮﻟﺔ ﺗﺮﻛﯿﺐ و ﻣﺪ ﺧﻄﻮط ﻟﻤﺌﺎت اﻟﻜﯿﻠﻮﻣﺘﺮات .ﻛﻤﺎ أﻧﮭﺎ ﺗﻮﻓﺮ وﺳﯿﻠﺔ
ﻟﺘﻠﺒﯿﺔ اﺣﺘﯿﺎﺟﺎت ﻣﺨﺘﻠﻒ أﺳﻮاق اﻟﻄﺎﻗﺔ .ﻓﻲ اﻟﻮﻗﺖ اﻟﺤﺎﺿﺮ ﻣﻦ ﻧﺎﺣﯿﺔ ﻧﻘﻞ وﺗﻮزﯾﻊ اﻟﻐﺎز واﻟﻨﻔﻂ أو
اﻟﻤﯿﺎه ﻣﻊ ارﺗﻔﺎع اﻟﺘﻜﺎﻟﯿﻒ ﻟﻠﺤﺪ ﻣﻦ ﺣﺮﻛﺔ اﻟﻤﺮﻛﺒﺎت ﻋﻠﻰ اﻟﻄﺮق اﻟﻮﻋﺮة أو اﻟﺒﻮاﺧﺮ اﻟﺤﺎﻣﻠﺔ ﻟﻠﻨﻔﻂ.
ﺧﻄﻮط اﻷﻧﺎﺑﯿﺐ وﺳﯿﻠﺔ ﻧﻘﻞ ﻣﻮﺛﻮﻗﺔ واﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ وﺻﺪﯾﻘﺔ ﻟﻠﺒﯿﺌﺔ ﻋﻨﺪ اﺳﺘﯿﻔﺎء ﻋﻨﺎﺻﺮ اﻟﺘﺼﻤﯿﻢ
واﻟﺘﺼﻨﯿﻊ طﺒﻘﺎ ﻟﻠﻤﻌﺎﯾﯿﺮ اﻟﻤﻄﻠﻮﺑﺔ.
ﻓﻲ ھﺬه اﻷطﺮوﺣﺔ ،ھﺪﻓﻨﺎ ھﻮ اﻟﻤﺴﺎھﻤﺔ ﻓﻲ اﺳﺘﻌﺮاض ﺷﺪة ﻣﻘﺎوﻣﺔ اﻻﻧﻜﺴﺎر ﻓﻲ ﻣﺨﺘﻠﻒ
ﺷﺒﻜﺎت أﻧﺎﺑﯿﺐ اﻟﺒﻮﻟﯿﺌﯿﺜﯿﻠﯿﻦ ﻋﺎﻟﻲ اﻟﻜﺜﺎﻓﺔ .اﻟﻨﻈﺮ ﻓﻲ ﻣﻘﺎوﻣﺔ ھﺬه اﻷﻧﺎﺑﯿﺐ .ﯾﻨﻄﻮي ﻋﻠﻰ دراﺳﺔ
اﻹﺟﮭﺎدات اﻟﻤﺘﺒﻘﯿﺔ ﻟﻠﻤﻮاد اﻟﻠﺰﺟﺔ وﺗﺤﺪﯾﺪ اﻟﺘﺪرج ﻓﻲ اﻟﺨﻮاص اﻟﻤﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ ﻋﺒﺮ ﻣﺨﺘﻠﻒ طﺒﻘﺎت
اﻷﻧﺎﺑﯿﺐ.
ھﺬه اﻟﺪراﺳﺔ ﺗﺘﻄﻠﺐ اﺳﺘﺨﺪام اﻟﻌﯿﻨﺎت اﻟﻤﺴﺘﺨﺮﺟﺔ ﻣﺒﺎﺷﺮة ﻣﻦ اﻷﻧﺒﻮب ﻟﻤﺰﯾﺪ ﻣﻦ اﻟﺪﻗﺔ ﻓﻲ
دراﺳﺔ اﻟﺨﺼﺎﺋﺺ اﻟﻤﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ ﻟﻸﻧﺎﺑﯿﺐ .ھﺬه اﻟﻌﯿﻨﺎت ﻻ ﯾﻤﻜﻦ اﻟﺤﺼﻮل ﻋﻠﯿﮭﺎ اﻻ ﺑﺎﻟﺘﺸﻐﯿﻞ .ﻟﺬﻟﻚ ﻗﺪ
ﺗﻢ ﺗﺨﺼﯿﺺ ﺟﺰء ﻣﮭﻢ ﻣﻦ ھﺬه اﻟﺪراﺳﺔ ﻟﺘﺤﺪﯾﺪ اﻟﻈﺮوف اﻟﻤﺜﺎﻟﯿﺔ ﻟﻠﺤﺼﻮل ﻋﻠﻰ اﻟﻌﯿﻨﺎت.
Figure I.2: Réorganisation structurale; passage d'une morphologie lamellaire à fibrillaire ... 7
Figure I.5: Schéma de formation des craquelures dans le polyéthylène, et observation des
défauts microstructuraux par MEB dans le PEHD …..……………………………..……… 12
Figure I.6: Comparaison des propriétés mécaniques du PE par rapport à une sélection de
polymères ……………………………………………………………………….……..…… 13
Figure I.8: (a)-Effet de la masse moléculaire sur la réponse en contrainte, (b) et (c)- Vues
agrandies ……………………………………………………………………..…………….. 15
Figure I.9: Réponse Viscoélastique d’un matériau à une excitation sinusoïdale …..………17
Figure II.20 -a: Dimensions des éprouvettes haltères de traction selon la norme ASTM
D638 type 4 …………………………………………………...............................................65
Figure II.28: Eprouvette de choc Charpy demi-produit sur les appuis de la machine
……………………………………………………………………………………………….73
Figure III.3 : Profils de rugosité obtenus lors de l’usinage du HDPE-100 et HDPE-80 (ap =
2 mm et Vc = 118 m/min)………………………………….................................................86
Figure III.4: Observations microscopiques de l’état de surface lors du tournage du HDPE-
100 et HDPE-80 (ap = 2 mm et Vc = 118 m/min)……………………………………..…….87
Figure III.5: Effet de la vitesse de coupe sur la rugosité de surface (f = 0.14 mm/tr et ap = 2
mm)…………………………………………………………………………………………..88
Figure III.7: Effet de la profondeur de passe sur la rugosité de surface (f = 0.14 mm/tr et Vc
= 314 m/min)………………………………………………………………………………...89
Figure III.14: Les surfaces de réponses et les graphes de contour des rugosités en fonction
de Vc et f…………………………..…………………………………………………………92
Figure III.15: Effet de la vitesse de coupe sur les efforts de coupe (f = 0.14 mm/tr et ap = 2
mm)…………………………………………………………………………………………..95
Figure 16: Effet de l’avance sur les efforts de coupe (Vc = 223 m/min et ap = 2 mm)……95
Figure III.17: Effet de la profondeur de passe sur les efforts de coupe Vc = 118 m/min et f
= 0.14 mm/tr) ………………………………………………………………………………..96
Figure IV.12: Déformation des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Gaz), dans
différents Milieux en fonction du temps……………………………………………………132
Figure IV.13: Déformation des échantillons des tubes (Eau et Gaz), dans différents Milieux
en fonction du temps………………………………………………………………………..133
Figure IV.14: Taux de déformation des échantillons des tubes (Eau & Gaz) ……………134
Figure IV.19: Déformations des couches pour plusieurs périodes après leurs
sectionnements……………………………………………………………………………...137
Figure IV.20: Contraintes résiduelles des spécimens en fonction du temps a l’air libre….138
Figure IV.21: Contraintes relaxées des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Eau),
dans différents Milieux en fonction du temps……………………………………………...138
Figure IV.22: Contraintes relaxées des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Gaz),
dans différents Milieux en fonction du temps……………………………………………...139
Figure IV.23: Evolution des contraintes relaxées à travers la paroi d'un tube en HDPE….140
Figure IV.27: Distributions possibles des contraintes résiduelles à travers les parois des
pipes………………………………………………………………………………………...143
Figure V.3: Schéma d’une éprouvette DENT avec deux zones de dissipation d’énergie…158
Figure V.4: Schéma de la zone de processus de rupture au bout de la fissure dans le cas des
polymère vitreux (a) et des polymères ductiles (b)…………………………………………159
Figure V.8: Evolution du module d'élasticité à travers la paroi d'un tube en HDPE-100…167
Figure V.9: Evolution de la contrainte à l'écoulement à travers la paroi d'un tube en HDPE-
100………………………………………………………………………………………….168
Figure V.10: Evolution de la contrainte nominale d'étirage à travers la paroi d'un tube en
HDPE-100 (eau)……………………………………………………………………………169
Figure V.11: Déformation à la rupture à travers la paroi du tube en HDPE 80…………...170
Figure V.12: Evolution de la déformation à la rupture à travers la paroi d'un tube en HDPE-
100………………………………………………………………………………………….170
Figure V.14: Déformation dans les zones diagonales des sphérolites: (a) état non déformé,
(b) extension de la phase amorphe, (c) fragmentation des lamelles cristallines, (d) alignement
des fragments selon la direction d'étirage…………………………………………………..172
Figure V.18: Energie par unité d'épaisseur pour la couche externe du tube……………….179
Figure VI.4: Evolution de la résilience dans d'un tube en HDPE (sens radial et
longitudinal)………………………………………………………………………………...193
Tableau I.1: Energie et distance des interactions de Van der Walls et des liaisons
covalentes…………………………………………………………………………………….27
Table III.7: Pourcentages de prédiction des erreurs et les coefficients de corrélation R²…103
Table III.8: Valeurs des S/N ratio et des S/N ratio normalisés pour le HDPE-100…...…..107
Table III.9: Valeurs des S/N ratio et des S/N ratio normalisés pour le HDPE-80………...108
Tableau III.12: Effets principaux de la qualité grise (Grey Grade) pour le HDPE-100…..110
Tableau III.13: Effets principaux de la qualité grise (Grey Grade) pour le HDPE-80…....110
Tableau V.2: Valeurs des JIC calculées par la méthode Begley et Landes………………..179
Tableau VI.2: Variation de GIC dans le sens longitudinal et le sens radial dans la paroi d'un
tube en HDPE100…………………………………………………………………………..193
Sommaire:
Résumés
Introduction ………………...…...…………………………………………………….……………....1
Chapitre I: Etat de l'art
Nomenclature …………………………………………………………………………………………..4
1. Introduction ………………...…...…………………………………………………………………...5
2. Structure et morphologie des polymères semi-cristallins…………………………………………....5
3. Comportement mécanique des polymères semi-cristallins…………………………………………..8
3.1. Micromécanismes de déformation et d’endommagement des polymères semi-cristallins…….......8
3.2 Réponse mécanique en grandes déformations…..……………………………….………………...12
3.3 Apparition des instabilités plastiques……………..….…….………………………….…………..16
4. Relation entre microstructure et propriétés mécaniques pour les polymères semi cristallin…….....16
4.1 Viscoélasticité…...………………………………………………………………...……….……...17
4.2 Relation entre microstructure et module d’élasticité………………………..……………….….....19
5. Le polyéthylène……………………………………………………..……………………….……...20
5.1 Structure du polyéthylène………………………………………………………...………….…….20
5.2 Description multi-échelles de la structure du polyéthylène……………………….…………..…..22
5.2.1 Structure moléculaire (échelle I)..……………………………………………..………………...23
5.2.2 Structure conformationnelle (échelle II)…………………………….…………..………………24
5.2.3 Structure des états amorphe et cristallin (échelle III)…………………………..…..……………25
5.2.4. Arrangement des cristaux et de la phase amorphe (échelle IV)……..……..……......…….……27
5.3. Propriétés physiques……………………………………………………………..………….…….29
5.3.1. Cristallinité et fusion....……………………………………………...……………...……..…....29
5.3.2. Processus de relaxation…...……………….…………………………………………….……...30
6. Références bibliographiques…………………………………………….….……………..……...32
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Nomenclature ………………………………………………………………………………………..116
1. Introduction.…………………………………………………….………………………….….….116
2. Bases théoriques.………………………………………..………..…………………………...…..120
Sommaire
3.1. Matériau……………………………………………………………………………..…………...164
3.2. Préparation des éprouvettes………………………………………………………………….......165
3.3 Essais de tractions……………………………………….………………………………….……165
4. Résultats et discussions……………………………………………………………………….…...165
4.1. Propriétés mécaniques à travers la paroi d'un tube en HDPE-100……………………………....165
4.2. Détermination expérimentale du paramètre énergétique J à travers la paroi du tube
en polyéthylène de haute densité de grade 100…….……………………………………………175
4.2.1 Méthode de Begley et Landes……………………………………………………………..…...175
4.2.2 Méthode de partitionnement de l'énergie………………………………………….………....180
5. Conclusion …………………………………………………………...…………………………...180
6. Bibliographie …………………………………………………………………………………….181
Conclusion générale…………………………….…………………………………………………..199
Annexe A
Annexe B
Introduction
Introduction
Introduction:
Il n’en reste pas moins que la prédiction de la durée de vie de ces matériaux reste un
challenge. Les applications de plus en plus répandues de ces matériaux demande de choisir
des méthodes robustes pour aborder au mieux l'analyse des risques de rupture.
Depuis plusieurs décennies, les matériaux polymères ont vu leur utilisation croître
dans divers domaines. Les applications liées aux canalisations sous pression (transport d'eau
potable, d'eau chaude, d'eaux usées ou encore de gaz) en sont un exemple. En effet, leur
facilité de mise en œuvre, leur faible coût de production et leurs caractéristiques mécaniques
variées, sont autant d'atouts qui ont conduit les opérationnels à privilégier ce type de
matériau.
Parmi les matériaux polymères utilisés dans le transport de fluide, on peut citer le
polyéthylène haute densité (PEHD), qui représente depuis les années 1990, une part non
négligeable dans les branchements reliant les compteurs des abonnés au réseau de
distribution d'eau potable.
1
Introduction
2
Introduction
Enfin, la conclusion générale et les différentes perspectives que l’on peut donner à ce
travail sont exposées à la fin du manuscrit.
3
Chapitre I:
Etat de l'art
Chapitre I: Etat de l'art
Nomenclature:
T: La temperature, °C ;
ε: La déformation, %;
Ni le nombre de molecules;
1. Introduction:
Les polymères représentent une classe importante des matériaux de la vie moderne. Parmi
ceux–ci, les polymères semi-cristallins, tel que le polyéthylène à haute densité, le Nylon et le
polyéthylène téréphtalate sont d'intérêts technologiques particuliers de par leur grande
déformabilité associée à de bonnes propriétés mécaniques. Dans ce chapitre bibliographique,
nous avons porté notre intérêt sur la déformation des polymères semi-cristallins.
Les mécanismes de déformation dans les polymères semi-cristallins ont été traités par
différents auteurs [1-3]. La plupart de ces études sont phénoménologiques et s'appuient
essentiellement sur des moyens techniques tels que la diffraction et la microscopie électronique
en transmission. Les recherches plus théoriques consistent en des approches introduisant la
notion de réseau de dislocation [1].
5
Chapitre I: Etat de l'art
franges » [5-7], dans lequel les zones cristallines sont représentées par des séquences ordonnées
où les chaînes sont alignées (figure I.1.a). La taille des zones cristallines, ou celle des micelles, y
est estimée à 5-50 nm. Compte tenu de leur longueur, les macromolécules peuvent faire partie
de plusieurs cristallites, orientées aléatoirement, et traverser des zones moins ordonnées.
D’après J.M Haudin et P.B. Bowden [10-11], selon l’échelle d’observation on peut
d’écrire trois niveaux:
Le premier niveau de l’observation varie entre 0,1 à 1,0 nm, on constate les interactions
entre les segments de chaînes voisins contrôlant le comportement de la phase amorphe. A
l’intérieur d’une cristallite, des défauts provoquent des augmentations locales de distances inter-
chaînes et favorisent le glissement des chaînes les unes par rapport aux autres (figure I.2.a) [12].
Dans la couche de la phase amorphe, on retrouve des brins de chaînes, mais aussi des
parties de chaînes appartenant à deux cristaux voisins. Ces chaînes dites liées déterminent la
6
Chapitre I: Etat de l'art
Figure I.2: Réorganisation structurale; passage d'une morphologie lamellaire à fibrillaire [12]
7
Chapitre I: Etat de l'art
8
Chapitre I: Etat de l'art
9
Chapitre I: Etat de l'art
Généralement, lorsque le matériau est sollicité mécaniquement, des cavités dont l’origine
est liée à l’existence de défauts de structure prennent naissance dans la phase amorphe et
constituent des zones de concentration de contraintes. La présence ou non de défauts est un
paramètre important dans le mécanisme microscopique de cavitation.
Selon les études [21,26,27], un signe de cavitation pour le PEHD se manifeste par un
blanchiment soudain du matériau près de la limite d’élasticité. La présence d’une cavité va
rendre plus probable l’apparition d’un autre vide dans son voisinage. Les cristallites changent
progressivement d’orientation (figure I.4-I). Puis, si l’on continue à déformer le polymère, les
contraintes appliquées augmentant, ces cavités vont croître et les lamelles cristallines se
fragmentent en blocs de plus petites tailles. Des microvides sont alors générés (figure 4-II), avec
des dimensions infimes par rapport à celles des crazes. Enfin, on observe un alignement des
blocs cristallins et la formation de fibrilles dans la direction de la sollicitation (figure 4-III). La
coalescence de ces cavités, si elle a lieu, est latérale.
10
Chapitre I: Etat de l'art
F. ADDIEGO [26] a examiné, au MEB, les processus de cavitation du PEHD sous une
traction uniaxiale à température ambiante. La morphologie sphérolitique à l’état non déformé est
illustrée sur la figure 5. Pour une faible déformation ε= 0.05, des microvides apparaissent dans
les regions périphériques des sphérolites [21, 26-30]. La visibilité de ces craquelures est de plus
en plus nette, pour des états de déformation plus sévères. A partir de ε = 0.7, on constate des
phénomènes de rupture inter-sphérolitiques qui suivent le contour des sphérolites [1], et qui
représentent un début de modification de la morphologie. En effet, cette morphologie
sphérolitique a Presque disparu à partir de ε = 0.93, mises à part quelques régions polaires des
sphérolites qui restent encore présentes. Enfin, l’analyse de F. ADDIEGO met en évidence une
structure microfibrillaire pour une déformation de ε = 1.3 contenant des cavités orientées
parallèlement à la direction de traction [1, 21, 26]
11
Chapitre I: Etat de l'art
Figure I.5: Schéma de formation des craquelures dans le polyéthylène, et observation des
défauts microstructuraux par MEB dans le PEHD [1,25,30]
Pour les métaux et les céramiques, ces relaxations varient en fonction de la température.
Au voisinage de la température ambiante elles restent négligeables à cause de leur haut point de
fusion. Avec les polymères, la situation est différente: entre – 20°C et + 200°C, de tels
12
Chapitre I: Etat de l'art
matériaux peuvent passer par tous les états cités ci-dessus [29]. Leurs propriétés mécaniques
dépendent donc fortement de la position relative de la température d’essai par rapport aux
températures caractéristiques de fusion, de transition vitreuse et de transition secondaire. De
plus, la déformation des polymers semi-cristallins s’accompagne d’une modification
microstructurale, ce qui engender une variation des propriétés mécaniques au cours de la
deformation [1].
Figure I.6: Comparaison des propriétés mécaniques du PE par rapport à une sélection de
polymères [1]
13
Chapitre I: Etat de l'art
Figure I.7: Sensibilité du HDPE à la vitesse de la déformation (a) et à la température (b) [33]
Ce comportement spécifique des polymères est particulièrement lié au fait que les
macromolécules ne réagissent pas toujours instantanément à l’application d’une sollicitation.
Les différentes chaînes moléculaires constitutives tentent de répartir les contraintes imposées en
se réarrangeant physiquement jusqu’à adopter une configuration d’équilibre. Comme tous les
polymères, le comportement du PEHD est très sensible aux conditions d’essai et plus
particulièrement à la vitesse de déformation et à la température (figure I.7).
Plusieurs études ont été réalisées pour caractériser cette sensibilité [25,33], parfois en
effectuant des sauts de vitesse sur une même éprouvette. Les courbes de la figure I.7 montrent
que lorsque la vitesse de déformation diminue, ou lorsque la température augmente, la limite
d'élasticité diminue. Le phénomène de durcissement plastique diminue également d’intensité.
14
Chapitre I: Etat de l'art
15
Chapitre I: Etat de l'art
Le domaine des procédés de mise en œuvre industriels des polymères à l’état solide est
très affecté par le phénomène d’instabilité plastique liée à des processus de localisation de la
déformation, puisque celui-ci contrôle l’aspect et les performances du produit final. Il est donc
indispensable de bien comprendre les mécanismes à l’origine de l’instabilité plastique.
La maîtrise de la microstructure générée lors de la mise en oeuvre prend tout son intérêt
si elle peut être reliée aux propriétés mécaniques du matériau.
16
Chapitre I: Etat de l'art
«vrai» lorsque les déformations et les contraintes sont réactualisées en fonction de la longueur et
de la section de l’éprouvette à chaque instant [12].
On notera qu’il n’ya pas de seuil d’écoulement marqué comme c’est le cas en
déformations et en contraintes nominales, où l’adoucissement est dû à la localisation des
déformations. La deformation est dans un premier temps réversible (viscoélasticité) puis des
mécanismes de nature irreversible (plasticité) entrent en jeu. Aux derniers stades de la
déformation, l’alignement des chaînes dans la direction de sollicitation va provoquer un «
durcissement » du matériau.
4.1. Viscoélasticité:
La déformation élastique des polymères semi cristallin est recouvrable après un certain
temps, dit de relaxation, plus ou moins long. On parle des phénomènes viscoélastiques. La
spectrométrie mécanique (Dynamic Mechanical Analysis) est une technique particulièrement
adaptée à l’étude des phénomènes viscoélastiques. Il s’agit d’observer la réponse du matériau à
une sollicitation mécanique sinusoïdale.
Figure I.9: Réponse Viscoélastique d’un matériau à une excitation sinusoïdale [36]
17
Chapitre I: Etat de l'art
La partie réelle G' est appelée module de stockage et la partie imaginaire G", qui est
reliée à la dissipation viscoélastique, est appelée module de perte. La tangente de l’angle de
"
perte ( = ) est aussi utilisée pour caractériser l’amortissement d’un matériau, mais pour
l’étude des relaxations mécaniques, il est préférable d’utiliser G" qui ne dépend pas de G' et rend
uniquement compte du comportement visqueux. Les propriétés viscoélastiques du matériau
dépendent de la température et de la fréquence de sollicitation. On observe qu’il y a, avec une
assez bonne précision, une equivalence temps-température, c'est-à-dire que baisser la fréquence
de sollicitation aura le même effet qu’augmenter la température. Dans le cas du PEHD, lors
d’une mesure du module complexe en fonction de la température, on observe plusieurs
processus de relaxation, caractérisées par des chutes de module et des pics dissipatifs (figure
I.10). Le taux de cristallinité, la concentration des defaults ainsi que l’épaisseur des lamelles
cristallines vont influer sur la relaxation. Il a par exemple été montré sur le polyéthylène que la
position de pic de relaxation dépend de l’épaisseur des cristallites [37-41].
18
Chapitre I: Etat de l'art
19
Chapitre I: Etat de l'art
On note qu’à taux de cristallinité constant, deux polymères identiques dans leur nature
chimique ne donneront pas forcément le même module. C’est la morphologie cristalline qui peut
influer sur le module par:
- Un effet induit sur la phase amorphe, dont le module dépend de la densité des noeuds
physiques (enchevêtrements et points d’encrage dans les cristallites) donc de l’état de
confinement, et finalement de la morphologie cristalline [37].
5. Le polyéthylène:
Le mot "Polyéthylène" est un nom générique utilisé afin de décrire les polyoléfines issues
de la polymerisation de l'éthylène. Ce sont probablement les polymères les plus couramment
utilisés, en effet, ils sont employés pour la fabrication des sacs plastiques, des bouteilles
d’emballage et de certains jouets. Il en existe de nombreux types mais ceux-ci sont généralement
classés dans deux grandes familles qui se définissent en fonction de leur masse volumique [43-
47]: - polyéthylènes basse densité ou PE-BD : 0,92 g/cm3 < ρ < 0,94 g/cm3.
- polyéthylènes haute densité ou PE-HD : 0,95 g/ cm3 < ρ < 0,97 g/ cm3.
C’est en 1933 dans les laboratoires de la société anglaise I.C.I., que E. Fawcett et R.
Gibson [44] découvrent un procédé de fabrication du polyéthylène fondé sur la polymérisation
radicalaire de l’éthylène à haute pression conduisant à des chaînes ramifiées. Cette synthèse sera
utilisée à l’échelle industrielle à partir de 1939. L’architecture macromoléculaire irrégulière
résultant de cette technique a pour conséquence une cristallisation difficile du matériau qui est
alors appelé polyéthylène à basse densité (PEBD).
La découverte du PE-HD sous la forme d'un polyéthylène linéaire, appelé PE-L, date des
années 50. En 1945, Bailey et Reid de la Phillips Petroleum Company utilisent un catalyseur à
base d'oxyde de nickel et d'oxyde de chrome pour synthétiser du PE-L. En 1950, Zletz de la
Standard Oil of Indiana met au point un catalyseur à base d'oxyde de molybdène. En 1951,
Hogan et Banks de la Phillips Petroleum Company ameliorent le procédé existant par
l'utilisation d'oxyde de chrome et d'oxyde d'aluminium. Enfin en 1953, Karl Ziegler, à l'Institut
Max Planck, met au point un procédé basse pression utilisant un catalyseur appartenant à la
famille de catalyseurs dits de Ziegler-Natta. De nouveaux catalyseurs furent développés dans les
années 1990 par Dow et Exxon, ce sont les métallocènes, qui ont la particularité d’assurer un
meilleur contrôle de la dispersion des masses moléculaires, de la dispersion des comonomères le
long de la chaîne et du degré de branchement long et branchement court du polyéthylène [44-
47].
composé alkylé d'un métal des groupes 2, 12, 13 (béryllium, magnésium, zinc, aluminium...).
Leur productivité est supérieure à 30 kg de polymère pour 1 g de catalyseur. Les catalyseurs au
chrome sont des dépôts supportés d'oxyde de chrome, réduits et activés à haute température (400
à 800°C).
Figure I.13: Représentation des différentes échelles structurelles d’un matériau polymère [48].
22
Chapitre I: Etat de l'art
Une macromolécule est constituée d’une chaîne principale appelée squelette sur laquelle
des atomes de nature chimique différente ou des molécules peuvent se substituer de façon plus
ou moins régulière, à certains atomes appartenant au monomère constitutif d’origine. Dans le
cas où les groupes d’atomes disposés latéralement sur le squelette ont une structure chimique
identique à celle de la chaîne principale, on parle de ramifications ou de branches. La présence
de ces substituants peut avoir deux effets, soit ils rendent la chaîne principale et l’ensemble des
macromolécules plus mobiles et flexibles, soit au contraire ils tendent à rigidifier l’édifice
macromoléculaire.
Au sein de cette macromolécule, l’association des atomes entre eux est réalisée par les
forces chimiques de cohésion que sont les liaisons covalentes. Dans le cas où le degré de
polymérisation DP est très faible, il est facile d’obtenir un matériau où toutes les
macromolécules ont la même masse. Ceci n’est plus vrai dans le cas d’un polymère réel, où la
masse des chaînes est distribuée. Les polymères réels sont plus ou moins polydispersés, ce qui
conduit à l’utilisation de la masse molaire moyenne en nombre et la masse molaire moyenne
en poids . Soit Ni le nombre de molécules de masse individuelle Mi, on définit alors ni et wi
comme des fonctions de distribution normalisées telles que:
23
Chapitre I: Etat de l'art
=∑ et =∑ (2)
∑
Et = ∑ = ∑
(3)
La chaîne macromoléculaire est caractérisée par une conformation locale qui correspond
à l’orientation relative des segments et des groupes latéraux des chaînes. La conformation locale
dépend de la structure covalente locale et des interactions entre atomes et groupements
d’atomes. Elle résulte des possibilités de rotation autour des liaisons covalentes en fonction de
l’encombrement stérique des différents groupements fixés sur la chaîne. Une seconde
caractéristique des chaînes macromoléculaires est la conformation globale à l’échelle de la
chaîne (Figure I.15). Elle définit la position relative des atomes de carbone constituant l’ossature
de la chaîne. Dans le cas du PE, la chaîne macromoléculaire peut adopter deux conformations
globales : en pelote statistique ou en zigzag plan (Figure I.16).
24
Chapitre I: Etat de l'art
25
Chapitre I: Etat de l'art
a=0,740 nm, b=0,493 nm, c=0,253 nm, l’axe c correspondant à l’orientation des chaînes
macromoléculaires.
La phase amorphe, quant à elle est caractérisée par l’absence d’ordre à grande distance,
c'est-à-dire, l’ordre des macromolécules par rapport à leurs proches voisins, à la différence d’un
ordre à courte distance, qui décrit les états d’ordre qui ne se rapportent qu’aux premiers voisins.
L’agitation thermique entraîne l’apparition et la disparition continuelle de ces ordres. A l’état
amorphe, les macromolécules linéaires sont imbriquées de façon complexe et leur comportement
depend largement de la température. A haute température, elles adoptent une conformation en
pelote statistique. Si l’on refroidit le polymère, l’état structural va se figer, c’est la transition
vitreuse (Tg).
Une troisième phase, appelée interphase faisant l’intermédiaire entre la phase cristalline
et la phase amorphe a pu être mise en évidence par spectroscopie Raman [49,50]. Celle-ci est
partiellement ordonnée et constituée de segments de chaîne en conformation trans.
26
Chapitre I: Etat de l'art
La stabilité du polymère est assurée par les liaisons inter macromoléculaires de type Van
der Waals entre les différents segments de chaîne. Celles-ci sont d’énergie beaucoup plus faible
que les liaisons intra moléculaires de type covalente que l’on trouve entre les atomes constituant
la chaîne (Tableau I.1).
Tableau I.1: Energie et distance des interactions de Van der Walls et des liaisons covalentes
[44]
L'arrangement de ces phases pour constituer l'échelle IV se fait par une alternance de
lamelles cristallines et de zones amorphes (Figure I.18), les lamelles cristallines étant connectées
à la phase amorphe par des fragments de molécules appelées molécules de liaisons [45].
Dans les polymères cristallisés à partir de l'état fondu comme le polyéthylène, les
lamelles cristallines ainsi que la phase amorphe s'organisent en arrangements semi-cristallins
27
Chapitre I: Etat de l'art
dont la taille peut varier d'un micrometer à plusieurs milimètres. Les plus communément
rencontrés sont les sphérolites (figure I.19).
Figure I.19: Représentation schématique d'un sphérolite et des lamelles le constituant [45]
28
Chapitre I: Etat de l'art
5.3. Propriétés:
De nombreuses propriétés physiques des polymères ont été étudiées durant les dernières
décennies, telles que la fusion, la cristallinité etc.… Dans le cadre de cette étude, nous allons
uniquement nous focaliser sur les propriétés de cristallinité et des processus de relaxation, qui
nous servirons dans la suite de l’étude pour suivre les différents phénomènes intervenant au
cours des essais mécaniques.
5.3.1. Cristallinité:
= × (4)
= (5)
29
Chapitre I: Etat de l'art
= (6)
Nous pouvons également avoir accès au taux de cristallinité par analyse enthapique
différentielle (AED). En effet la mesure de l'enthalpie de fusion ∆ du matériau permet de
déterminer à partir de l'expréssion [53,54]:
∆
= (7)
∆ °
°
Avec ∆ l'enthalpie de fusion du polyéthylène totalement cristallin, valeur égale à 285 J/g [54].
Différentes valeurs de cette enthalpie sont proposées dans la litérature, allant de 285 à 293 J.g-1
[45,53, 55,56].
30
Chapitre I: Etat de l'art
vitreuse. Plus le taux de cristallinité est élevé, moins le pic est intense et plus Tg est importante.
Cette température de transition vitreuse varie inversement avec la masse moléculaire en nombre.
En outre, le nombre et la disposition des ramifications dans une macromolécule influent sur la
transition vitreuse. D’un point de vue général, plus les branchements sont petits et symétriques,
plus la température de transition vitreuse γ est faible. L’énergie d’activation de cette transition
est comprise entre 50 et 100 kJ/mol.
La deuxième relaxation a lieu aux alentours de T = -20 °C. L’origine de cette transition
est plus complexe, trois processus semblent y participer:
iii) des mouvements de boucles de repliement « libres » dans les lamelles cristallines
[57].
L’énergie d’activation de cette transition est comprise entre 120 et 400 kJ/mol. La
relaxation α se produit entre Tα = 50 et 100 °C et s’explique par des mécanismes
intralamellaires [48]. Ils se caractérisent par des mouvements coopératifs impliquant toute la
longueur des chaînes cristallines se traduisant par un glissement des chaînes par cisaillement.
Plus le taux de cristallinité et l’épaisseur des lamelles augmentent, plus la transition α est
marquée et plus T est élevée. L’énergie d’activation de ce processus est comprise entre 100 et
400 kJ/mol [44]. Par ailleurs, cette relaxation α se caractérise dans certains cas par l’apparition
d’un second pic noté α’. Plusieurs hypothèses sont émises pour expliquer ce phénomène. Ce
second pic pourrait provenir d’une cristallinité hétérogèneau sein du matériau, une hypothèse
consiste à dire que le pic α’ provient de phénomènes de glissement à la surface des lamelles
conduisant à une flexion de celles-ci. Une dernière approche suppose que α provient d’un
glissement inhomogène des lamelles et que α’ résulte au contraire d’un glissement homogène
des lamelles [45].
31
Chapitre I: Etat de l'art
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36
Chapitre II:
Matériau et protocole des essais
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Nomenclature:
PE: polyéthylène;
HDPE: polyéthylène de haute densité;
LDPE: PE basse densité;
LLDPE: PE à basse densité linéaire;
PP: Polypropylène;
PVC: polychlorure de vinyle ou chlorure de polyvinyle;
PS: polystyrene;
MRS: Minimum Required Strength;
DENT: géométrie à double entaille;
DDENT Deep Double Edge Notched Tension;
SENT: géométrie à une seule entaille;
DSENT: Deep Single Edge Notched Tension;
DCNT: Deep Center Notched Tension;
SENB: Single Edge Notched Bending;
C: coefficient de sécurité;
σ : contrainte hydrostatique, MPa;
We: travail essential de rupture, J;
e: épaisseur du tube en mm
P: Préssion à l'intérieur du tube, en MPa
D: Diamètre extérieur du tube, en mm
σ: Contrainte en MPa
J: perte de de charge par frottement en mètre de colone d'eau par mètre de tyau;
D: diameter du tuyau en m;
V: vitesse d'écoulement en m/s;
g: acceleration de la pesenteur en m/s2;
k: coefficient de rugosité équivalente de la paroi: pour les tubes en PE:
D ≤ 200mm, k = 0.01 mm;
D> 200mm, k = 0.02 mm.
ʋ: viscosité cinématique du fluide en m2/s;
Re: nombre de Reynolds:
37
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
38
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
1. Introduction:
Dans ce chapitre nous présentons le matériau de notre étude et l'ensemble des moyens
exploités pour la réalisation des expériences. Cela va consister en une présentation des
différents équipements utilisés et qui ont servi à l'étude de l'état de surface lors de l'usinage
du HDPE et des efforts de coupe générés pour pouvoir ensuite choisir le meilleur régime de
coupe permettant d'obtenir des éprouvettes d'essai ayant un très bon état de surface et très
peux affectées par les conditions d'usinage.
2. Matériau :
39
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
2.2. Propriétés:
Les trois principales familles de PE sont le HDPE (PE haute densité), le LDPE (PE
basse densité) et le LLDPE (PE à basse densité linéaire) [2].Le LDPE est plus ramifié que le
HDPE, ce qui signifie que les chaînes s'assemblent moins bien entre elles. Les forces
intermoléculaires de type van der Waals sont donc plus faibles. Il en résulte un taux de
cristallinité moindre, une plus faible densité, une malléabilité et une résistance aux chocs plus
élevées. En revanche, le HDPE est plus rigide [3].
40
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
- Déformation plastique:
- Rupture:
En général les polymères cèdent par craquelage ou cisaillement. Ces deux mécanismes
conduisent à des resultants très different, le craquelage aboutissant généralement à une
rupture fragile et le cisaillement étant associé à une rupture ductile. Selon les conditions
expérimentales, un mécanisme est favorisé par rapport à un autre [7].
41
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Le matèriau utilisé dans cette étude est un polyéthylène à haute densité (PE 100),
fabriqué dans un premier temps sous forme de granulés, importé par l'entreprise CHIALI
située à SIDI BELABES (Algérie). Il a été ensuite extrudé afin de fabriquer des tubes de
transport d'eau potable. Il s'agit d'un thermoplastique semi-cristallin, comportant une phase
amorphe et une phase crystalline et se présentant sous forme d'un agrégat sphérolitique.
Sa masse molaire est de l'odre de 500 g/mol, les temperatures de fusion et de transition
vitreuse sont respectivement de 135°C et de -125°C, et la masse volumique égale à 0.97
g/cm3.
42
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
PE 100 10 8
PE 80 8 6.3
Pour une matière et une pression donnée, le rapport des dimensions nominales des
tubes (diameter et épaisseur) est constant. Cette constante est designée sous le sigle SDR qui
se traduit par (Rapport Dimensionnel Standardisé).
= (1)
2.3.4. Correspondance:
Chaque couple MRS/SDR désigne une PN bien définie, le tableau II.3 illustre les
differents cas de figure pour l'eau potable:
43
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
SDR PE 80 PE 100
7 PN 16 -
11 PN 12.5 PN 16
17 PN 8 PN 10
La formule de base utilisée pour determiner les épaisseurs des tubes est la formule de
G. LAME:
.
= ( . )
(2)
Où:
e: épaisseur du tube en mm
σ: Contrainte en MPa
Les éléments de marquage ci-dessous doivent être portés obligatoirement sur le tube
en PE:
44
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
La formule de calcul des pertes de charge linéaire, dite de Colebrookest donnée par
l'équation suivante:
= × (3)
×
.
= −2 × + (4)
√ . × ×√
Où:
J: perte de de charge par frottement en mètre de colone d'eau par mètre de tyau;
D: diameter du tuyau en m;
V: vitesse d'écoulement en m/s;
g: acceleration de la pesenteur en m/s2;
k: coefficient de rugosité équivalente de la paroi: pour les tubes en PE:
45
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Pour l'eau:
à 10 °C: 1.31 x 10-6 m2/s
à 20 °C: 1.00 x 10-6 m2/s
à 30 °C: 0.80 x 10-6 m2/s
NB:
Les pertes de charge singulières sont estimées à environ 10% des pertes de charge
linéaires.Connaissant le diameter et le debit de la conduit, on peut calculer les pertes de
charge directement sur l'abaque (Annexe A).
Le calcul de la vitesse de l'onde de pression est base sur la formule d'ALLIEVI. Elle
est donnée ci-dessous, sous une forme plus pratique:
= × (6)
×
×
46
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
∆ = × ×∆ (7)
Avec:
47
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
α = 0.2 . 10-3m/m/°C
NB:
Les tubes en polyéthylène (PE 100-eau potable EN 12 201- 2) utilisés dans notre étude
sont fabriqués par un procédé dit d'extrusion. L'extrudeuse est une machine constituée d'une
vis d'Archimède tournant à vitesse controlée à l'intérieur d'un cylindre chauffé.
48
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
2.4.2. Normalisation:
Normes : Le tube en PE pour le transport d'eau potable est régi par les normes
suivantes:
- NF T 54 063
- EN 12201 (Parties 1 à 7)
- ISO 4427 (Parties 1 à 4)
PN 16
Code DN Epaisseur Epaisseur Masse
STPM Minimale Maximale kg/ml
110080901 90 8.2 9.2 2.150
110081101 110 10.0 11.1 3.190
110081251 125 11.4 12.7 4.130
110081601 160 14.6 16.2 6.750
110082001 200 18.2 20.2 10.600
110082501 250 22.7 25.1 16.400
110083151 315 28.6 31.6 26.000
110084001 400 36.3 40.1 42.000
110085001 500 45.4 50.1 65.500
49
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Le tube en PE est utilisé comme canalisation d'eau potable jusqu'à une PN de 16 bars à
20 °C. Dans le cas où les conditions de fonctionnement présentent un risque vis à vis de la
pérennité de la canalisation (températion > 20°C, nature du fluide, type de pose…) il
convient d'appliquer alors un coefficient de détimbrage en partant de la formule ci-dessous :
.
= (8)
Où: PMS: Pression maximale de service, PN: Pression nominale, Df: Coefficient de
détimbrage
T° Df
10 °C 0.96
20 °C 1.0
30 °C 1.1
40 °C 1.3
Quelques specifications techniques des tubes en PE sont regroupées dans le Tableau II.6.
50
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
51
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
3. Moyens d'essais:
3.1. Banc d'essais:
Le banc d'essais comporte un tour à charioter et à fileter, une plate forme Kistler pour
l'acquisition des efforts de coupe, un rugosimètre pour mesurer les critères de rugosité de
surface, un microscope pour prendre des photos de texture des surfaces obtenues et un
pyrométre pour la mesure de la temperature dans la zone de coupe.
Les essais de chariotage ont été realisés sur un tour conventionnel de la société
tchèque "TOS TRENCIN" modèle SN40 avec les caractéristiques suivantes:
52
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Les opérations de fraisage ont été effectuées sur une fraiseuse universelle PMO type
FU 1.5. Une fraiseuse à commande numérique à servit pour la découpe des specimens de
type haltères.
- Opérations de chariotage:
Le microscope utilisé pour prendre des photos microscopiques des profils de rugosité
est de type HUND (W-AD). L'opération consiste à placer les échantillons sous l'objectif du
microscope et placer un appareil à photo numérique sur la loupe du microscope avec un
agrandissement de X 40. Un second microscope de type VISUAL 250 a été utilisé pour la
mesure des ligaments et la prise des photos des facièces de rupture.
Pour la mesure des différents critères de rugosité (Ra, Rt et Rz) nous avons utilisé un
rugosimètre (2D) Surftest 301 (Mitutoyo) avec une resolution de 0.1µm, équipé d'une
imprimente de profil de rugosité. Ce dernier est constitué d'une pointe de diamant (palpeur)
avec un rayon de pointe de 5µm se déplaçant linéairement sur la surface mesurée. La
longueur de palpage est de 4mm avec une longueur de base de 0.8mm (0.8x5). La plage de
mesure des critères de rugosité est de (0.05 à 40 µm) pour Ra et de (0.3 à 160µm) pour Rt et
Rz. Afin d'éviter les erreurs de reprise et pour plus de précision, la mesure de la rugosité a été
53
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Pour mesurer la température dans la zone de coupe, nous avons utilisé un pyromètre à
infrarouge modèle Raynger 3I. Le pyromètre mesure les temperatures de surface à distance.
Il concentre l'énergie infrarouge rayonnant de la cible et calcule sa température de surface. Il
calcule également les températures (maximales, moyennes et minimales) qui seront affichées
sur l'écran digital en degrés Celsius ou Fahrenheit.
Pour mesurer l'amplitude des efforts de coupe, nous avons utilisé un dynamomètre
"KISTLER 9257 B", qui compte parmi les équipements les plus fiables pour la mesure des
trois composantes de l'effort de coupe. Ce dispositif comporte plusieurs éléments dont on
cite: la plateforme, l'amplificateur de signaux, le PC avec le logitiel et enfin une imprimante
pour tracer les courbes.
54
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Les forces qui agissent sur cette plaque lors de la coupe sont converties en charges
électriques qui sont alors amplifiées par l'amplificateur des signaux. Ces signaux amplifiés
sont ensuite acquis par le PC grȃce à la carte d'acquisition installée spécialement sur l'unité
central de ce dernier. Un logiciel "DYNOWARE" analyse et traite ces signaux et la force
produite lors du processus du tournage est alors directement exprimée en trois composantes.
La Figure II.11 présente un exemple d'acquisition du logitiel qui montre les profils des trois
composantes des efforts de coupe (Force axiale, Force radiale et Force tangentielle).
4.1 Etude de l'état de surface, des efforts de coupe et des températures dans la zone
de coupe en fonction des paramètres du régime de coupe:
56
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Considérant X1, X2, X3,…, Xn comme parameters d'entrée et Y1, Y2, Y3,…, Yn comme
paramètre de sortie. L'influence d'un ou plusieurs facteurs (X1, X2, X3,…, Xn) sur un
paramètre Y [12], peut être obtenue on utilisant les deux methods suivantes: La "Méthode
unifactorielle" et la "Méthode multifactorielle".
On fait appel à cette méthode pour évaluer l'action d'un seul facteur X sur un paramtre
Y. L'opération consiste à varier la valeur du facteur examiner X, tout en maintenant tous les
autres facteurs constants [12].
Dans notre étude, nous avons varié la vitesse de coupe, ensuite nous avons varié la
profondeur de passe et en troisième lieu nous avons varié l'avance. Les parameters de sorie
sont les trois critères de rugosité (Ra, Rt et Rz), les trois composantes de l'éffort de coupe
(Fa, Fr, Ft) et la température dans la zone de coupe. Le tableau 9 regroupe les conditions de
coupe en unifactoriel et les paramètres de sortie.
57
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
= (9)
Où:
N: Nombre d'essai;
q: Nombre de niveau de variation des facteurs de base;
k: Nombre de facteurs de base.
Dans notre étude nous avons trois facteurs (k =3) et chaque facteur de base à trois
niveaux de variation (q=3). Nous avons donc un nombre d'essai N= 27. Pour diminuer le
nombre d'essais sans pour autant diminuer la précision des résultats nous avons opté pour un
plan de Taguchi suivant la table orthogonale standard L9(3)3 [13].
4.1.3 Echantillons:
Les échantillons utilisés sont deux tronçons de tubes en polyéthylène à haute densité
de 400mm de longueur chacun. Le premier tronçon été en PE80 de diamètre extérieur
125mm et le second été en PE 100 de diamètre extérieur 200mm.
58
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Pour réaliser les différentes opérations de tournage (chariotage et alésage) nous avons
opté pour unrégime de coupe qui va dans le sens favorable à un état de surface lisse et
régulier à travers la paroi du tube; vitesse de coupe 118m/min, une avance f de 0.14mm/tr et
une profondeur de 3mm pour les opérations de chariotage et pour les opérations d’alésage
une vitesse de coupe 34m/min, une avance f de 0.14mm/tr et une profondeur de 2mm, la
température dans la zone de coupe était entre 18 et 25°C.
59
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Figure II.12: 0pérations de tournage du tube en PE 100: (a) alésage, (b) chariotage.
I
II
III IV V
La Figure II.14 montre l'une des feuilles extraites directement du tube en polyéthylène
à haute densité PE 100 après les opérations de tournage.
60
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Une troisième forme d’échantillon utilisant une entaille centrée, DCNT (Deep Center
Notched Tension) (Figure II.15c) peut être envisagée dans le but d’éliminer les effets
géométriques liés à la méthode DSENT. Les ligaments réalisés sont assez petits pour
permettre une plastification complète, confinée au ligament, avant l’amorçage de la
déchirure. Enfin, une autre géométrie, en rapport avec un mode de sollicitation en flexion,
peut aussi être proposée:
La géométrie SENB (Single Edge Notched Bending) (Figure II.15d). Wu et Mai [28]
et Hashemi [29] ont constaté que la valeur de We était indépendante de la géométrie
d’échantillon alors que d’autres auteurs [30,31] ont constaté que la valeur de we obtenue par
des échantillons SENT était plus élevée que celle obtenue par des échantillons DENT.
61
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Figure II.15: Différents types d'échantillon utilisés pour les critères énergétiques
globaux:(a)DENT ou DDENT; (b) SENT ou DSENT; (c) DCNT; (d) SENB.
D'autres types d'éprouvettes ont été utilisés dans la littérature pour calculer la valeur
de l'intégral de Rice JIC pour caractériser la résistance à la rupture de certains matériaux [32].
Batiste [33] à utilisé des éprouvettes compact de traction (Compact tension specimens et
Solide growved compact specimens). Bernal [34] a utilisé des éprouvettes SENB pour
prédire la fissuration des tubes déféctueux en polyéthylène et Kim [35] a utiliser des
éprouvettes SENB pour déterminer la résistance à la rupture des plusiers matériaux
polymères(Polystyrène, polyméthylmethacrylate "PMMA", le polypropylene "PP", le
Polycarbonate "PC", le Nylon et le Vinyl ester).
Les spécimens choisis pour notre étude sont directement découpés à partir des couches
du tube en HDPE 100(eau)pour conserver l'histoire thermomécanique intrinsèque, en
obéissant à une méthodologie de préparation reproductible et en minimisant les contraintes
de contact durant l’opération automatique d’usinage. Le dispositif de découpe est représenté
dans la Figure II.16. Les spécimens sontde type SEN de dimensions 3x19x150mm ayant
differentes longueures de notchs.
62
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Les notchs sont réalisés par fraisage à l'aide d'une fraise de 1.2mm de largueur (Figure
II.17). Les notchs sont en forme de U (Figure II.18). Les notchs sont de longueurs: 3mm,
6mm, 9mm, 12mm et15mm (Figure II.18). La fissure en fond de l'entaille est de 0.3mm.
63
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Afin de mesurer les propriétés mécaniques dans chaque couche du tube, les
éprouvettes utilisées ont été directement extraites à partir du tube en HDPE 100(eau) pour
conserver l'histoire thermomécanique intrinsèque, en obéissant à une méthodologie de
préparation reproductible et en minimisant les contraintes de contact durant l’opération
automatique d’usinage. Les éprouvettes utilisées dans les essais de traction sont directement
extraites à partir des feuilles du HDPE-100 obtenues par tournage. Les éprouvettes de
traction ont été découpées par fraisage (Figure II.19) suivant la norme ASTM D-638 type 4
dans le sens logitudinal du tube figures II.20 et II.21.
64
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Les éprouvettes ont été soumises à des essais de traction monotones avec une machine
d'essai universelle Zwick, Type Zwick 1120 particulièrement conçu pour la caractérisation
des polymères avec une cellule de charge de 2 kN (Figure II.21). Une vitesse d'essai de 100
mm/min a été utilisée. Le déroulement des essais a été contrôlé par le logiciel TestXpert®
Version 9.0 qui a permis de les effectuer exactement de la même manière en se basant sur les
recommandations générales de la norme ASTM D-638. Afin d’atteindre la rupture finale de
l’éprouvette, la longueur calibrée choisie a été de 64 mm adaptée à la géométrie de
l’éprouvette, et à la course maximale de la machine. L’acquisition des données sur ordinateur
a été assurée en temps réel par une interface RS232. L'analyse statistique instantanée a été
réalisée sur demande pendant chaque acquisition de données suivant un programme d'essai
précédemment déclaré. Cette étape a assuré le calcul des moyennes et des écarts-type pour
chaque ensemble d’éprouvettes appartenant à une même couche et constituant la courbe
moyenne contrainte-déformation.
65
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
La contrainte résiduelle externe dans les tubes a un effet significatif sur les proprieties
des tubes. Par conséquent, la mesure des contraintes résiduelles dans les tubes est essentielle
en prévoyant le comportement à long terme des tubes
En enlevant ou sectionnant une partie d'une pièce, l'équilibre mécanique est modifié.
La pièce va se déformer pour retrouver un état d'équilibre. En mesurant la déformation
depuis l'état initial, on est ainsi capable de remonter aux contraintes internes en calculant
l'effort qu'il faudrait appliquer sur la pièce pour la remettre à sa configuration initiale [37].
Différentes méthodes de découpage ont été mises au point afin de déterminer le profil
des contraintes résiduelles [37-39]. Quelques exemples sont représentés sur la Figure II.22:
(a) et (c) Anderson et Fahlman découpent une bande ne débouchant pas suivant q ou z.
Ils ne coupent pas à partir du bord pour garder le tube initial comme origine de mesure.
(b) Hatfield et Thirkell découpe une bande pour permettre au reste du tube de
s'enrouler librement. Ceci est nécessaire pour les tubes d'épaisseur importante.
66
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
(d) Sachs et Espey utilisent la même méthode que Anderson et Fahlman, mais ils
sectionnent le tube suivant les deux génératrices diamétralement opposées afin d'éviter les
effets de bords [38].
67
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Dans le but de caractériser les déformations provoquées par les contraintes résiduelles
en fonction des milieux d'imprégnation, des épaisseurs des tubes et du temps impartis à la
libre déformation dans des tubes en HDPE-100 extrudés et pigmentés des éprouvettes en
forme de couronnes (Ring Specimen) ont été utilisées.
Les tubes utilisés sont en polyéthylène de haute densité HDPE-100 ayant un SDR 11
pour le tube de transport d’Eau et 16 pour le tube de transport de Gaz. Les tubes ont un
diamètre extérieur 200mm, extrudés et pigmentés noir. Les tubes destinés à la distribution de
gaz naturel sont conçu pour des réseaux de 4 bars et ceux de transport d’eau sont conçus pour
des réseaux de 16 bars pour le tube d’eau effectifs.
La technique utilisée pour préparer ces éprouvettes consiste à tronçonner les tubes par
un outil de gorge en acier rapide (de 4mm de longueur d'arête de coupe) (Figure II.24) sur un
tour universel de type TOS SN 40C. Pour le bon maintien des tubes pendant l’usinage, on a
emboîté des mandrins cylindriques en bois dans les tubes de sorte qu’on évite tout glissement
de ceux-ci. Le mandrin de bois est préparé pour avoir de diamètre extérieur égal au diamètre
intérieur de tube utilisé. Pour éviter le glissement des tubes ces derniers ont été fixés sur les
mandrins avec deux vis chacun
Le tube est tronçonné pour obtenir des anneaux de 5mm de largeur, en gardant
l’avance automatique d’outil dans le sens transversal pour avoir une uniformité dans la
largeur. Pour minimiser l’effet de la chaleur résultante au tronçonnage, on a utilisé la vitesse
de rotation minimale (45 tour / min), les éprouvettes sont regroupées dans le (Tableau II.10).
68
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Pour décharger les contraintes résiduelles des éprouvettes, on découpe une bande
dans le sens radial pour permettre au reste du spécimen de se déformer librement, en
utilisant une lame et en gardant la même façon de sectionnement pour tous les spécimens
(Figure II.25). La valeur de la déflexion résultante à la rétraction a été mesurée à l’aide d’un
pied à coulisse numérique.
Géométrie
Nom Milieu
Ø Int Ø Ext Largueur Epaisseur
R.S 1 Instantané 163.84 200.41 5.51 18.95
Air libre
4.4.1 Matériau:
Les éprouvettes utilisées pour cette étude sont sous forme d'arc ayant une entaille
latérale (arc-shaped SENB specimens). Deux lots ont été préparés. Le premier lot regroupe
15 échantillons pour différentes dimensions. Le deuxième lot contient 30 échantillons de
mêmes dimensions et appartenent à différentes positions dans le tube.
Les éprouvettes de cette étude sont préparées selon la norme ASTM E 399-90 (Figure
II.26).
70
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
W
a
Figure II.26: Géométrie et dimentions des éprouvettes selon ASTM 399-90 [40,41]
Les entailles on été réalisées par fraisage à l'aide d'une fraise biconique d'anle 45°.
Les dimensions des échantillons du premier lot sont regroupées dans le tableau II.12. Les
dimensions des échantillons du deuxième lot sont rgroupées dans le Tableau II.13. Le
rayon intérieur, des échantillons est r1= 72.5mm et le rayon exterieur est r2=93.5mm.
71
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Les essais ont été effectués sur une machine de choc (CHARPY) Allemande ZWICK
5113, qui sert à déterminer l’énergie de choc et la résilience sur des éprouvettes entaillées en
matière plastique ou métallique et leurs alliages, de même que le bois ou encore le verre.
L’appareil est conforme aux normes EN 10045-2, DIN 51222, DIN 51233, ISO
442 et ASTM D 256, selon la matière à tester et leurs dimensions, la machine offre
72
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
Figure II.28: Eprouvette de choc Charpy demi-produit sur les appuis de la machine
73
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
5. Bibliographie:
1 Otto G. Piringer et Albert Lawrence Baner, Plastic packaging: interactions with food
and pharmaceuticals, Wiley-VCH, 2008, 2èmeéd.(ISBN978-3-527-31455-3)
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1971, 6(11), p.1397-1417.
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and technology, A comprehensive treatment", Ed. P.H. R.W. Cahn, E.J. Kramer, New
York : VCH, 1993.
9 Takemori M.T., Competition between crazing and shear flow during fatigue,
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12 Goupy J., La méthode des plans d'expériences-Optimisation du choix des essais & et
de l'interprétation des resultants, Ed. Dunod 1996.
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Chapitre II: Matériau et protocole des essais
13 Taguchi G., Konishi S., Taguchi methods, Orthogonal arrays and linear graph, tools
for quality engineering. American supplier institute, pp. 35-38, (1987)
16 Jar P.-Y.B., Adianto R., Muhammad S., A mechanistic approach for determining
plane-stress fracture toughness of polyethylene, Engineering Fracture Mechanics, 77
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18 Kwon H.J., Jar P.-Y.B., Fracture toughness of polymers in shear mode, Polymer 46
(2005) 12480–12492.
20M. Naït-Abdelaziz, Zaïri F., Qua Z., Hamdi A., Aït Hocine N., J integral as a fracture
criterion of rubber-like materials using the intrinsic defect concept, Mechanics of
Materials 53 (2012) 80–90.
21Alhussein A., Gilgert J., Azari Z., Ténacité dynamique des tuyaux de transport de gaz
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août 2007.
22B.H. Kim, C.R. Joe, D.M. Otterson, On the determination of fracture toughness in
polymers, Polymer testing 8(1989) 119-130.
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Chapitre II: Matériau et protocole des essais
23 Kwon H.J., Jar P.-Y.B., New energy partitioning approach to the measurement of
plane-strain fracture toughness of high-density polyethylene based on the concept of
essential work of fracture, Engineering Fracture Mechanics 74 (2007) 2471–2480.
24 Nezbedová E., Hutař P., Zouhar M., Knésl Z., Sadílek J., Náhlík L., The applicability
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Issue 1, (2013) 106–114.
27 Mai Y. –W., Cotterell B., Horlyck R., Vigna G. – The essential work of plane stress
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28 Wu J., Mai Y. W., The essential fracture work concept for toughnessmeasurement of
ductile polymers – Polymer Engineering and Science, 1996, 36, p.2275–2288.
31Arkhireyeva A., Hashemi S., O’Brien M. Factors affecting work offracture of PVC
film, Journal of Materials Science, 34 (1999) 5961–5974.
34 Bernal C., Lopez H. Montenegro, Patricia Frontini, Failure prediction analysis for
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76
Chapitre II: Matériau et protocole des essais
35 Kim B. H., Joe C. R., Otterson D. M., On the Determination of Fracture Toughness in
Polymers, Polymer Testing 8 (1989) 119-130.
36 Alimi L., Ghabeche W., Chaoui W. et Chaoui K., Étude des propriétés mécaniques à
travers la paroi d’un tube HDPE-80 extrudé destine à la distribution du gaz naturel,
Matériaux & Techniques 100, 79–86 (2012).
37 Parant O., Etude expérimentale et calcul des contraites résiduelles dans des tubes
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38 Zhang J., Experimental study of stress cracking in high density polyethylene pipes,
Thèse de doctorat, Université de Drexel, 2005.
40 Ozbek P., Argyrakis C. and Leevers P., Fracture mechanics analysis of arc
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41 Niglia J., Cisilino A., Seltzer R., Frontini R., Determination of impact fracture
toughness of polyethylene using arc-shaped specimens, Engineering Fracture
Mechanics 69 (2002) 1391–1399.
77
Chapitre III:
Optimisation du tournage du HDPE
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Nomenclature:
HDPE: polyéthylène de haute densité;
PEEK: polyétheréthercétone
PA 66: Polyamide;
GRA: analyse relationnelle Gris;
ANOVA: l'analyse de variance;
S/N: le rapport signal sur bruit;
1. Introduction :
D’autre part, pour certains essais mécaniques sur les polymères, les normes
préconisent des éprouvettes permettant d'évaluer les résistances mécaniques correspondantes.
Des recommandations de préparation et d'emploi de ces éprouvettes sont brièvement
rapportées. Cette préparation fait souvent appel à la mise en forme par enlèvement de matière
à l'outil coupant. Il importe donc de s'assurer que les propriétés mécaniques mesurées ne
soient pas affectées par les conditions d’usinage. Ce problème demeure très peu traité dans la
littérature. Les normes elles-mêmes sont assez discrètes sur ce point. Partant de ce constat, la
spécificité de ce travail s'inscrit sous le sceau d'une double préoccupation; un bon état de
surface et des conditions de coupe qui n’affecte pas les propriétés du matériau.
79
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
taux de déformation ainsi que de la température [2-4]. Les polymères sont très souples par
rapport aux aciers et beaucoup moins durs ce qui impose, par exemple, des précautions de
serrage particulières pour ne pas déformer la pièce ni en marquer la surface (Tableau III.1).
Jiang [5] et Dusunceli [6] ont investigué la relation entre les paramètres du matériau, tel que
la température de transition vitreuse (Tg), température de fusion et les effets de viscosité et de
relaxation, et l'état de surface du produit fini. Smith [7] a étudié l'effet de la température de
transition vitreuse (Tg) sur la qualité de surface des pièces thermoplastiques amorphes en
tournage. Il a trouvé que la rugosité de surface des polymères est très influencée par la
température de transition vitreuse. Si la température dans la zone de coupe dépasse Tg un bon
état de surface est obtenu.
Le choix des conditions de coupe est essentiel [8]. Petropoulos et al. [9] ont étudié
l’influence des paramètres de coupe sur la rugosité lors du tournage du PEEK. L’analyse
statistique des résultats expérimentaux a révélé que l'augmentation de l’avance cause une
augmentation significative de tous les critères de rugosité alors que l'augmentation de la
vitesse de coupe permet une légère diminution des critères de rugosité. Davim et al [10] ont
investigué l'usinabilité du polyamide PA 66. Les résultats ont indiqué que la composante
radiale de l’effort de coupe est la plus importante suivie des composantes tangentielle et
axiale.
Le polymère utilisé dans cette étude est le polyéthylène de haute densité (HDPE).
C'est l'un des polymères les plus étudiés. Il est de plus en plus utilisé dans différentes
applications telles que le transport d'eau et de gaz naturel [11, 12, 13]. Due à sa nature
polymérique, le polyéthylène ayant une excellente résistance mécanique à court terme peu
voir ses performances se dégrader à long terme [12, 14].
Les références [1] et [6] montrent que les techniques d'usinage affectent le
comportement du HDPE en termes de module d'élasticité et de résistance en traction. Il est
donc impératif d'optimiser les différents paramètres du régime de coupe pour mieux maitriser
les opérations d'usinage comme dans le d'autres matériaux [8, 15- 17].
80
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Tableau III.1: Propriétés des polyéthylènes de haute densité (HDPE-100 et HDPE-80) [15]
Cette étude est conçue dans le but d'optimiser les paramètres de l'opération du tournage
(avance, profondeur de passe et vitesse de coupe) de deux grade de polyéthylène de haute densité
(HDPE-100 et HDPE-80) en utilisant la méthode de Taguchi de planification des expériences et une
analyse relationnelle Gris (GRA)
2. Procédure expérimentale:
81
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Traceur
Amplificateur de charge PC
(c) Pyromètre infrarouge
(a) Dynamomètre piézoélectrique (Kistler 9257B), amplificateur (Rayner 3I)
et PC avec software pour l'acquisition des données
82
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
3. Résultats et discutions:
3.1. Influence des paramètres du régime de coupe sur l’état de surface obtenu:
Les trois critères de rugosité, précédents, sont définis, par Enache [20], comme suit
(Figure III.2):
Hauteur des irrégularités sur dix points Rz: Moyenne des valeurs absolues des
hauteurs, des cinq saillies du profil les plus hautes et des profondeurs des cinq creux du profil
les plus bas, à l’intérieur de la longueur de base.
1
RZ (R1 R 3 R 5 R 7 R 9 ) (R 2 R 4 R 6 R 8 R10 ) (1)
5
Hauteur maximale du profil Rt : Distance entre la ligne des saillies et la ligne des
creux à l’intérieur de la longueur de base.
83
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
1 l 1 B
Ra
l 0
y ( x ) dx yi
n A
(2)
Pour les différentes avances testées, lors des essais préliminaires, les profils de
rugosité obtenus pour le HDPE-80 et HDPE-100 (Figure III.3) montrent une périodicité
régulière pour les avances supérieures à 0.14mm/tr, alors que pour l’avance 0,14mm/tr les
84
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
sillons sont tellement petits par rapport aux arrachements que les profils perdent leurs
périodicité et deviennent aléatoires. Ceci est consolidé par les observations microscopiques
de la figure III.4.
Ces dernières montrent que viennent s’ajouter aux sillons induits par la cinématique
de coupe, dont la largeur correspond à la valeur de l’avance par tour, des arrachements de
matière prennent place aux petites avances. Pour les avances les plus importantes en plus de
l'empreinte de l'outil sur le matériau on peut aussi voir les arrachements de matière se
traduisant par des pics d'amplitudes moins importantes que ceux causés par le bec de l'outil,
par contre pour les petites avances ces pics disparaissent ce qui contribue à l'amélioration de
l'état de surface. Les résultats des essais de rugosité sont regroupés sur le tableau III.2.
Sur les figures III.5,III.6 et III.7 est représentée l'influence des éléments du régime de
coupe (Vc, ap et f) sur la rugosité obtenue. La vitesse de coupe possède une influence
relativement importante sur la rugosité de surface, les résultats (Figure III.5) montrent que
l’augmentation de la vitesse de coupe améliore l’état de surface. De faibles valeurs de
rugosité de surface sont obtenues à des vitesses de coupe élevées en raison de la baisse des
efforts générés. À une vitesse de coupe élevée, un meilleur état de surface a été obtenu et
moins de chaleur s'est dissipée vers le matériau usiné. La quantité de chaleur générée
augmente avec l'augmentation de l'avance, car l'outil de coupe doit enlever plus de volume
du matériau à usiner. La déformation plastique de la pièce usinée est proportionnelle à la
quantité de chaleur générée et favorise la rugosité sur la surface de la pièce [3,8].
L’avance par tour possède l’effet le plus significatif, en effet sur la courbe
d’évolution de la rugosité en fonction de l’avance (Figure III.6), l’augmentation importante
des trois critères de rugosité avec l’augmentation de l’avance dans le cas du polyéthylène de
haute densité est significative. Les résultats représentés sur la Figure III.7 montrent que la
profondeur de passe apporte une légère augmentation des critères de rugosité.
L’ensemble des résultats de la rugosité (Figure III.5 à III.7) montre que le meilleur
état de surface est obtenu lors de l’usinage du HDPE-80. Ceci est dû à la différence de la
dureté entre ces deux matériaux testés. En effet, dans le tableau III.1, la dureté du HDPE-80
entre 0°C et 40°C est supérieure à celle du HDPE-100 ce qui permet d’avoir un meilleur état
de surface dans le cas du HDPE-80.
85
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Figure III.3 : Profils de rugosité obtenus lors de l’usinage du HDPE-100 et HDPE-80 (ap = 2 mm et
Vc = 118 m/min).
86
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
87
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
3,0
2,5
Rugosités (µm)
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
0 50 100 150 200 250 300 350
Vitesse de coupe (m/min)
Figure III.5: Effet de la vitesse de coupe sur la rugosité de surface (f = 0.14 mm/tr et ap = 2 mm).
5
4
3
2
1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Avance (mm/tr)
88
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
3,0
2,5
Rugosités (µm)
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5
Profondeur de passe (mm)
Figure III.7: Effet de la profondeur de passe sur la rugosité de surface (f = 0.14 mm/tr et Vc = 314
m/min).
89
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Une seconde série d'essais est conduit selon le plan de Taguchi (paragraphe 4.1.2 du
chapitre II). Les résultats sont regroupés dans le tableau III.2. Les graphiques des effets
principaux pour les critères de rugosité sont représentés sur les figures III.8 à III.10.
Main Effects Plot for Ra (HDPE-100) Main Effects Plot for Ra (HDPE-80)
Data Means Data Means
Vc f ap Vc f ap
11 10
10 9
9
8
8
7
Mean
Mean
7
6 6
5
5
4
4
3
2 3
34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4 34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4
Main Effects Plot for Rt (HDPE-100) Main Effects Plot for Rt (HDPE-80)
Data Means Data Means
Vc f ap Vc f ap
70 70
60 60
50
50
Mean
Mean
40
40
30
30
20
20
10
34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4 34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4
Main Effects Plot for Rz (HDPE-100) Main Effects Plot for Rz (HDPE-80)
Data Means Data Means
Vc f ap Vc f ap
14
12
12
10
10
8
Mean
Mean
6
6
4
4
2 2
34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4 34 118 377 0.14 0.36 0.56 2 3 4
Les figures III.8, III.9 et III.10 montrent que l'avance a un effet significatif sur les
trois critères de rugosité. En effet, on remarque que la pente du paramètre f est plus grande
90
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
que la pente des vitesses de coupe et celles des profondeurs de passe. De faibles valeurs de
rugosités de surface sont toujours recherchées. La rugosité de surface obtenue à faible vitesse
de coupe est supérieure à la rugosité de surface obtenue à plus grande vitesse de coupe. Dans
la présente étude, lorsque la vitesse de coupe est fixée à 377 ou 118m/min la rugosité de
surface est minimale. Les diagrammes des interactions des trois critères de rugosité pour le
HDPE-100 et HDPE-80 sont représentés sur les figures III.11, III.12 et III.13. Les
diagrammes des interactions nous permettent de voir l'impact de la variation d'un facteur sur
les autres facteurs.
5 4
15 12
f f
0.14 0.14
10 0.36 8 0.36
f 0.56 f 0.56
5 4
ap ap
30 30
90 90
f f
0.14 0.14
60 0.36 60 0.36
f 0.56 f 0.56
30 30
ap ap
Vc Vc
15
15 34 34
118 118
10
Vc 10 377 Vc 377
5
5
f f
15
15 0.14 0.14
0.36 0.36
10
f 10 0.56 f 0.56
5
5
ap ap
91
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
On peut voir sur ces figures des interactions qu'il y a de fortes interactions entre la
profondeur de passe et la vitesse de coupe ainsi qu'entre l'avance et la profondeur de passe
mais presque pas d'interaction entre la vitesse de coupe et l'avance. Ces conclusions sont
consolidées par la représentation en 3D (figure III.14) des trois critères de rugosité pour les
deux matériaux en fonction.
10
Ra (HDPE-100)
0.30
5
0.25 300
200
Vc
0.20 100
0.2
0.3
0.4 0
0.5
0.15 f
50 100 150 200 250 300 350
Vc
Rt (HDPE-100) 60
0.30
40
0.25 300
20
200 Vc
0.20 100
0.2
0.3 0.4 0
0.5
0.15 f
50 100 150 200 250 300 350
Vc
15
Rz (HDPE-100)
0.30
10
0.25 5 300
200
Vc
0.20 100
0.2
0.3
0.4 0
0.5
0.15 f
50 100 150 200 250 300 350
Vc
Figure III.14: Les surfaces de réponses et les graphes de contour des rugosités
en fonction de Vc et f.
D'autre part les graphes de contour permettent de visualiser la surface de réponse. Ils
permettent aussi de d'établir les valeurs des conditions d'exploitation souhaitables. Les
diagrammes montrent la relation entre une valeur de réponse et les facteurs du processus à
92
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
étudier à partir d'un modèle d'équation. Les points ayant la même réponse sont joints pour
générer les lignes de contours des réponses constantes.
R C1 f x1 ap x2 Vc x3 (3)
Où C1, est une constante et x1, x2 et x3 sont des exposants qui représentent les degrés
d’influence de chaque paramètre.
Rz e 4,36 f 0 , 96
ap 0, 03 Vc 0, 25 (R2 = 0,97) (5)
Rt e 5, 25 f 0 , 93
ap 0, 09 Vc 0,12 (R2 = 0,94) (6)
Ra e 3,37 f 0 ,81
ap 0,12 Vc 0,17 (R2 = 0,84) (7)
Rt e 5, 29 f 0 , 98
ap 0,10 Vc 0,13 (R2 = 0,94) (9)
Les coefficients de détermination indiquent une bonne corrélation entre les valeurs
théoriques des critères de rugosité, données par ces modèles, et celles mesurés (R2 ≥ 0,84).
Ces résultats permettent de prédire les critères de rugosité, pour des conditions d'usinage
choisies dans la limite du modèle. L’avance reste toujours le facteur prépondérant sur les
critères de rugosité, puisqu’elle possède l’exposant le plus important.
3.2. Influence des paramètres du régime de coupe sur l’évolution des efforts de
coupe:
Pour différentes combinaisons des éléments du régime de coupe (Vc, f, ap), une
première série de 9 expériences suivant la table orthogonale standard L9(3)3 de Taguchi [18,
21], a été réalisée sur un tube en HDPE-100. Une seconde série d'essais a été réalisée, sur un
93
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
tube en HDPE-80. Les résultats présentés sur les figures III.15, III.16 et III.17 illustrent
l’évolution des efforts de coupe en fonction des paramètres d’usinage (Vc, f, ap). La figure
III.15 montre qu’une augmentation de la vitesse de coupe conduit à une diminution des
composantes de l’effort de coupe. Il est à noter aussi que pendant l’usinage du Polyéthylène
il n’y a pas d’apparition de l’arête rapportée. Les résultats de l’influence de l’avance et la
profondeur de passe sur les efforts de coupe (figure III.16) et (Figure III.17), montrent une
augmentation des efforts de coupe avec l’augmentation de l’avance et la profondeur de passe,
puisque ces dernières font accroître la section du copeau cisaillée ce qui nécessite un effort
plus important. L’effort tangentiel est toujours prépondérant suivi par l’effort axial et en
dernier lieu l’effort radial et cela pour toutes les avances testées sur les deux grades du
matériau.
94
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
120
100
80
60
40
20
0
0 50 100 150 200 250 300
Vitesse de coupe (m/min)
Figure III.15: Effet de la vitesse de coupe sur les efforts de coupe (f = 0.14 mm/tr et ap = 2 mm)
7
6
5
4
3
2
1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Avance (mm/tr)
Figure III.16: Effet de l’avance sur les efforts de coupe (Vc = 223 m/min et ap = 2 mm).
95
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
120
Efforts de coupe (N)
100
80
60
40
20
0
0 1 2 3 4
Profondeur de passe (mm)
A partir des résultats expérimentaux, présentés dans les figures III.15, III.16 et III.17,
on peut observer que l'augmentation de l'effort principale de coupe (Fv) est causée par
l'augmentation de l'avance et de la profondeur de passe. Mais il avec l'augmentation de la
vitesse de coupe. La réduction des efforts de coupe n'a été remarquée que pour l'effort
principale de coupe (effort tangentiel Fv), tandis que l'effort axial (Fa) et l'effort radial (Fr) sont
restés pratiquement inchangés (tableau III.3). L'augmentation de l'avance induit un plus
grand volume de la matière découpée dans une même unité de temps, en plus d'établir un
effet dynamique sur les efforts de coupe. Elle conduit également à une augmentation de la
contrainte normale de contact à l'interface outil/copeau et dans taille de la zone de contact
outil/copeau. C'est pourquoi l'effort principal de coupe a augmenté avec l'augmentation de
l'avance. De même, l'augmentation de la profondeur de passe a entraîné l'augmentation des
efforts de coupe. Elle peut être due au fait que, l'augmentation de la profondeur de passe
engendre pour longueur d'outil de contact accrue travail [8]. Par conséquent, l'épaisseur du
copeau est plus importante ce qui provoque l'augmentation du volume du matériau déformé
et qui nécessite de plus d'efforts de coupe. La réduction des efforts de coupe avec
l'augmentation de la vitesse de coupe est probablement due à l'augmentation de la
température dans la zone de plan de cisaillement, ce qui a entraîné une réduction de la
96
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
résistance au cisaillement du matériau. Gombette et Ernoult [2] ont montré que les
coefficients volumiques de dilatation thermique des polymères sont supérieurs à ceux des
métaux ou des matériaux covalents ce qui peut être un handicap pour de nombreuses
applications. En outre, ils sont aussi mauvais conducteurs de la chaleur avec de bas point de
fusion. La combinaison de ces deux caractéristiques montrent que la chaleur produite par
l'usinage reste concentrée sur la zone usinée et implique une déformation thermique
importante conduisant à des risques de dégradation thermique [22]. Les résultats présentés
prouvent que l'effort principal de coupe est fortement influencé par l'avance. Sur la base de
ce qui précède et également d'après la figure 18, les conditions optimales pour l'effort
principale de coupe sont: Vitesse de coupe (Vc) = 118 m/min, l'avance (f) = 0,14 mm/tr et
une profondeur de passe (ap) = 2 mm. Les résultats expérimentaux présentés dans le tableau
III.3 montrent que l'effort tangentiel (effort principal de coupe Fv) est la composante la plus
importante des efforts de coupe. L'effort spécifique de coupe (Ks) est calculé en utilisant
l'équation (10):
K S Fv /( f * ap) (10)
Main Effects Plot for Fv (HDPE-100) Main Effects Plot for Fv (HDPE-80)
Data Means Data Means
Vc f Vc f
30 100
25 80
20
60
15
40
10
Mean
Mean
34 118 377 0.14 0.36 0.56 34 118 377 0.14 0.36 0.56
ap ap
30 100
25 80
20
60
15
40
10
2 3 4 2 3 4
Main Effects Plot for Ks (HDPE-100) Main Effects Plot for Ks (HDPE-80)
Data Means Data Means
Vc f Vc f
85
24.0
22.5 80
21.0 75
19.5 70
18.0 65
Mean
Mean
34 118 377 0.14 0.36 0.56 34 118 377 0.14 0.36 0.56
ap ap
85
24.0
22.5 80
21.0 75
19.5 70
18.0 65
2 3 4 2 3 4
97
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
40
0
40
f f
120
0.14 0.14
0.36 0.36
f 20 0.56 80 0.56
f
40
0
ap ap
Vc 100 Vc
30 34 34
118 118
Vc 377 Vc 80 377
20
10 60
f 100 f
30
0.14 0.14
0.36 0.36
f 20 0.56 f 80 0.56
10 60
ap ap
L'effort spécifique de coupe est très sensible à la variation des paramètres de coupe.
D'après la Figure III.19, la vitesse de coupe est un paramètre dominant sur l'effort spécifique
de coupe suivie de profondeur de passe. L'avance a un faible effet sur l'effort spécifique de
coupe. Un effort de coupe spécifique faible est toujours préféré. De l'équation (10) on peut
montrer que Ks augmente avec l'augmentation de l'effort de coupe (Fc) et diminuent avec
l'augmentation du produit (f * d). Sur la base de ce qui précède et d'après la figure III.19, les
conditions optimales pour l'effort spécifique de coupe sont: Vitesse de coupe (Vc) = 118
m/min, l'avance (f) = 0,56 mm/tr et la profondeur de passe (d) = 3 mm. Les diagrammes des
interactions représentés dans la figure III.20 montrent qu'il ya très peut d'interaction entre ap
et f. alors que pour les diagrammes de Ks représentés dans la figure III.21 il y a des
interactions importantes entre les Trois facteurs du processus.
98
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
40
120
30
Fv (HDPE-100) Fv (HDPE-80) 90
20
60
4 4
10
30
3 ap 3 ap
0.2 0.2
0.3 0.4 2 0.3 0.4 2
0.5 0.5
f f
105
30
90
Ks (HDPE-100) Ks (HDPE-80)
20 75
4 4
60
10 3 ap 3 ap
0.2 0.2
0.3 0.4 2 0.3 0.4 2
0.5 0.5
f f
99
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Les modèles des efforts obtenus, pour le HDPE-80, sont les suivants:
Fa e 2,51 Vc 0, 004 f 0 ,81
ap 0, 70 (R2 = 0,98) (15)
Fr e 3,55 Vc 0,35 f 0 ,87
ap 0, 64 (R2 = 0,95) (16)
Fv e 4, 41 Vc 0, 01 f 0 ,83
ap 0, 72 (R2 = 0,98) (17)
Les coefficients de détermination indiquent une bonne corrélation entre les valeurs
théoriques des efforts de coupe, données par ces modèles, et celles mesurés (R2 ≥ 0,87).
L’analyse des modèles mathématiques précédents (équation 12 à 17), permet de définir avec
plus de précision les tendances ainsi que les degrés d’influence des différents facteurs du
régime de coupe (Vc, f, ap), sur les trois composantes de l’effort de coupe. A cet effet,
l’analyse des exposants des différents modèles trouvés fait sortir que l’augmentation de la
vitesse de coupe contribue à la diminution des efforts de coupe, ceci est dû à l’élévation de la
température dans la zone de coupe qui rend le métal travaillé plus plastique et par conséquent
l’effort nécessaire pour la coupe diminue, alors que l’augmentation de la section du copeau
(f x ap) contribue à l’accroissement des efforts.
D’autre part, le classement des exposants des différents modèles trouvés en valeur
absolue exprime le degré d’influence de chaque facteur des éléments du régime de coupe sur
les efforts. Par conséquent la plus grande influence est réservée à l’avance suivie par la
profondeur de passe, par contre la vitesse de coupe a une influence relativement faible.
L’intérêt industriel des modèles mathématiques trouvés est de taille car ils permettent
la détermination des conditions de coupe optimales et donnent des renseignements précieux
sur le processus de coupe. Les efforts de coupe mesurés lors de notre étude sont du même
ordre de grandeur que ceux nécessaires à l’usinage du PEEK obtenus lors des essais effectués
par Mata et al. [22]. En examinant l’allure des courbes (Figure III.15 à III.17) on remarque
que l’effort tangentiel est prépondérant par rapport aux deux autres efforts (Fr et Fa), pour les
deux grades du matériau (HDPE-80 et HDPE-100) ce qui est le cas lors de l’usinage d’autres
thermoplastiques [8]. Les efforts enregistrés lors de l’usinage du HDPE-80 sont plus
importants que ceux pour le HDPE-100. Ceci est dû à la différence de la dureté entre ces
deux matériaux. En effet la dureté du HDPE-80 entre 0°C et 40°C est supérieure à celle du
HDPE-100 (tableau III.1), ce qui rend ce dernier relativement plus facile à usiné et génère
moins d’efforts de coupe.
100
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
101
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Vc, t, °C f, t, °C ap, t, °C
m/min PE-100 PE-80 mm/tr PE-100 PE-80 mm PE-100 PE-80
56 21 22 0,14 21 22 1 21 22
113 24 24 0,22 23 25 2 23 24
223 25 27 0,40 25 27 4 24 27
314 28 29 0,56 28 30 7 43 43
illustrées dans le tableau III.7 ainsi que les coefficients de détermination. Il est conclu que les
corrélations sont valides et peuvent être utilisés pour les prédictions lors du tournage du
PEHD-80 et du HDPE-100.
Tableau III.5: Analyse de la variance ANOVA pour les rugosités de surface.
SC D. L. MC
Réponse F-test F-table P-value
R E R E R E
c
Ra 2.2344 0.8723 3 5 0.7448 0.1745 4.27 3.62 0.076
HDPE
Rz 5.0371 0.0807 3 5 1.6790 0.0161 104.01 12.1a < 0.0001
-80
Rt 3.0965 0.1365 3 5 1.0322 0.0273 37.82 12.1a 0.0007
Ra 3.4692 0.1356 3 5 1.1564 0.0271 42.63 12.1a 0.0006
HDPE
Rz 3.3938 0.0955 3 5 1.1313 0.0191 59.21 12.1a 0.0003
-100
Rt 2.7314 0.1204 3 5 0.91046 0.0236 38.61 12.1a 0.0007
SC: Somme des carrées; D.L.: degré de liberté; MC: Moyenne des carrés;
R: régression; E: Erreur.
a
99% de confidence ; b 97.5% de confidence; c 90% de confidence
SC D.L. MC
Réponse F-test F-table P-value
R R R E R E
a
Fa 2.4592 0.0880 3 5 0.81973 0.0176 46.55 12.1 0.0004
HDPE
Fr 1.0632 0.3829 3 5 0.35441 0.07659 4.63 3.62c 0.0661
-80
Fv 2.9778 0.4870 3 5 0.9926 0.0974 10.19 7.76b 0.0143
Fa 2.3611 0.0961 3 5 0.7870 0.0192 40.93 12.1a 0.0006
HDPE
Fr 2.5839 0.3608 3 5 0.8613 0.0721 11.93 7.76b 0.0102
-100
Fv 2.4432 0.1204 3 5 0.8144 0.0241 33.82 12.1a 0.001
SC: Somme des carrées; D.L.: degré de liberté; MC: Moyenne des carrés;
R: régression; E: Erreur.
a
99% de confidence; b 97.5% de confidence; c 90% de confidence
Table III.7: Pourcentages de prédiction des erreurs et les coefficients de corrélation R².
% Pourcentages de prédiction
R2 (%) des modèles
des erreurs
Réponse
HDPE-80 HDPE-100 HDPE-80 HDPE-100
Ra 22.53 9.65 84 94
Rz 8.14 7.91 96 97
Rt 9.01 8.44 94 94
Fa 7.1 6.83 98 98
Fr 13.35 17.12 95 87
Fv 7.78 16.33 98 93
t°(ap) 10.08 12.33 78 72
t°(Vc) 1.05 2.25 99 94
t°(f) 1.69 1.50 97 97
103
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
104
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
yi y
2
2
(29)
n 1
Ce type de rapport S/N est utilisé lorsque l'on cherche à minimiser l'erreur quadratique
moyenne autour d'une valeur-cible spécifique. Le but de Notre étude est de minimiser les
rugosités de surface et des efforts de coupe lors du tournage du HDPE (100 et 80). Par
conséquent, la caractéristique "le plus petit est le meilleur (Smaller - the – better)" est
utilisée.
(k ) min (k )
xi k maxi (k ) mini (k ) (30)
i i
4.2.2. Étape 2:
Les coefficients du Relationnel Gris (Grey Relational) peuvent être calculés comme
suit [29]:
min max
i (k ) (31)
0i (k ) max
Où :
0i (k ) est la différence en valeur absolue entre x k et x k ,
0 i
106
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Table III.8: Valeurs des S/N ratio et des S/N ratio normalisé pour le HDPE-100.
No Fv Ks Ra Rt Fv Ks Ra Rt
107
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Table III.9: Valeurs des S/N ratio et des S/N ratio normalisés pour le HDPE-80.
No Fv Ks Ra Rt Fv Ks Ra Rt
No Fc Ks Ra Rt (Grey Grade)
108
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
No Fc Ks Ra Rt (Grey Grade)
109
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Tableau III.12: Effets principaux de la qualité grise (Grey Grade) pour le HDPE-100.
Niveau Vc f d
Rang 2 1 2
Tableau III.13: Effets principaux de la qualité grise (Grey Grade) pour le HDPE-80.
Niveau Vc f d
Rang 2 1 2
Total 8 0.28238
110
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
Total 8 0.137847
La signification des paramètres du régime de coupe a été testée par une analyse de
variance. L'utilisation d'une analyse de la variance de la valeur de la qualité relationnelle
grise, a été élaboré pour identifier les facteurs importants. Les résultats de l'ANOVA sont
présentés dans les Tableaux III.14 et III.15. On observe que le facteur déterminant, dans le
cas du HDPE-100, est l'avance (79.38%), suivie par la vitesse de coupe (7.96%) et la
profondeur de passe (4.20%) et pour le HDPE-80 le facteur déterminant est l'avance
(94.83%).
q
ˆ m ( i m ) (36)
i 1
111
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
technologiques étudiés.
Les valeurs prédites obtenues à partir de l'équation (36) sont:
Les valeurs mesurées des réponses lors des essais de confirmation sont:
Les valeurs obtenues des tests de confirmation de la Qualité Relationnelle Grise sont:
ˆ (HDPE-100) = 0,631 et ˆ (HDPE-80) = 0.671. Des résultats obtenus on peut déduire que
la qualité relationnelle grise a été approximée avec 4 % d'erreur.
5. Conclusions:
Cette étude montre que l’usinage des polymères présente quelques spécificités à
prendre en compte.
- La dureté du HDPE-80 entre 0°C et 40°C est supérieure à celle du HDPE-100, ce qui
permet d’avoir un meilleur état de surface dans le cas du HDPE-80.
- L’avance est le paramètre le plus influent sur les critères de rugosité.
- Pour les différentes avances testées les profils de rugosité obtenus pour le HDPE-80 et
HDPE-100 montrent une périodicité régulière pour les avances supérieures à 0.14mm/tr,
alors que pour l’avance 0,14mm/tr les sillons sont tellement petits par rapport aux
arrachements que les profils perdent leurs périodicité et deviennent aléatoires.
- L’effort tangentiel est prépondérant par rapport aux deux autres efforts (Fr et Fa), pour
les deux matériaux (HDPE-80 et HDPE-100).
- Les augmentations de la profondeur de passe ainsi que celles des avances font
augmenter la température dans la zone de coupe même à faible vitesse de coupe.
- L’augmentation des vitesses de coupe donne naissance à une augmentation des
frottements qui élève la température dans la zone de coupe.
112
Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
- L'analyse Gris relationnelle (GRA) basée sur un la table orthogonale de Taguchi nous
a permis d'optimiser les opérations de tournage du polyéthylène haute densité (PEHD). Les
résultats d'analyse sont résumés comme suit: La combinaison optimale, des paramètres du
processus de tournage, obtenue à partir de l'Analyse Relationnelle Gris est : (Vc2 f1 d2), c-à-
d: la vitesse de coupe de Vc=118 m/min, l'avance f= 0.14mm/tr, et la profondeur de passe
ap=3 mm.
6. Bibliographie:
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Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
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Chapitre III: Optimisation du tournage du HDPE
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115
Chapitre IV:
Evolution des contraintes résiduelles à
travers la paroi d'un tube en HDPE
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Nomenclature:
ʋ: Coefficient de poisson;
1. Introduction:
La déformation des pièces est l'un des problèmes les plus difficiles à résoudre pour les
concepteurs d’outillage. Ces déformations sont liées aux contraintes résiduelles dues à
l'hétérogénéité de l'histoire thermomécanique de la matière injectée. Les aspects procédé et
matériaux sont donc étroitement liés et seule une analyse combinée peut permettre d'en
expliquer les mécanismes.
116
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Les contraintes résiduelles sont les contraintes internes qui existent dans un matériau à
l’équilibre, c’est-à-dire libre de tout effort extérieur. Suivant leur amplitude et leur profil, ces
contraintes peuvent introduire des déformations non désirables du produit si l’équilibre
interne est modifié [1].
Les contraintes résiduelles peuvent avoir deux origines: Le retrait thermique et les
contraintes de cisaillement. Le retrait thermique est associé au refroidissement hétérogène
conduit aussi à des contraintes résiduelles appelées contraintes thermiques. On les retrouve
dans bon nombre de procédés et de matériaux, comme le verre et les métaux. C'est le moteur
des contraintes résiduelles d'origine thermique, c'est à dire des phénomènes de retrait. Les
contraintes de cisaillement dues à l'écoulement pendant le remplissage et le compactage ne se
relaxent pas complètement au moment de la solidification du fait du caractère viscoélastique
du matériau (elles s’annuleraient à la fin de l’écoulement pour un comportement purement
visqueux).
Lorsque la pièce sort du moule, elle subit une expansion liée au retour à la pression
atmosphérique, qui est différente d’une couche à l’autre. Comme les couches sont solidaires,
il y aura une expansion moyenne, et des contraintes de traction ou de compression vont
apparaître dans l'épaisseur de la pièce (Figure IV.1-b) [9].
117
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Figure IV.1: Principe d'action de la pression figée: (a) Profil de pression dans l'épaisseur et
(b) géométrie avant éjection (trait discontinu), expansion indépendante de chaque couche (en
grisé) et géométrie après expansion moyenne (trait gras) [9]
La pièce est plus dense à cœur qu'en peau [12]. Une hétérogénéité des propriétés
mécaniques ou de retrait dans un matériau peut être une source, à elle seule, de contraintes
résiduelles. De nombreux auteurs montrent que les propriétés mécaniques et thermiques
peuvent varier de façon importante dans l'épaisseur de la pièce. C'est le cas pour les
polymères semi-cristallins [13-16] mais aussi pour les polymères amorphes même si c'est
dans une plus faible mesure [17]. On montre, en particulier, que la zone élastique de l'essai
118
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Le but de cette étude est de suivre l'évolution des déformations et des contraintes
résiduelles en fonction du type d'éprouvette, des milieux d'imprégnation, des épaisseurs des
tubes et du temps impartis à la libre déformation ainsi que de caractériser leurs évolutions à
travers les parois des tubes en HDPE-100.
119
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
2. Bases théoriques:
Les polymères semi-cristallins ont été l'objet de moins d'attention. Certaines études
portent sur l'effet du vieillissement ou du recuit sur les niveaux de contraintes [11,38].
Farhoudi et Kamal [39] se sont spécifiquement intéressés aux polymères semi-cristallins, au
120
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
polyéthylène à haute densité en particulier. Ils ont étudié différentes positions dans la pièce et
ce, pour différentes conditions d'injection. Dans tous les cas, ils trouvent un profil inversé par
rapport à un profil de type "trempe libre", c'est à dire une large zone de cœur en légère
compression, et deux zones de peaux plus fines en forte traction. Ils expliquent cette allure
par le compactage plus long par rapport à un polymère amorphe [13]. Le même type de profil
avait été obtenu par d'autres auteurs, dans le cas de polymères amorphes comme le
polycarbonate, pour une position très près du seuil d'injection [40]. Dans tous les cas, les
contraintes dépassent rarement 15 MPa.
La méthode la plus simple pour évaluer les contraintes ortho-radiales dans un tube
consiste à découper le tube suivant la génératrice (Figures IV.2 et IV.3) et à mesurer l’angle
ou le diamètre après ouverture. Cette méthode est en particulier utilisée sur le site de
production afin de contrôler les contraintes résiduelles en fonction des paramètres du
procédé.
Figure IV.2: Découpe suivant la génératrice et profil de contrainte avant l'ouverture [1]
Des essais ont également été effectué par Parant [1] à des dépressions (dans le bac du
conformateur) de 350 mbar avec du polyéthylène basse densité. Dans ces conditions le tube
se met complètement à plat et s’enroule dans la direction perpendiculaire de 720° (2 tours)
par l’extérieur. Les contraintes axiales près de la surface extérieure du tube sont donc
certainement très importantes.
Tous les tubes en plastique contiennent des contraintes résiduelles dues aux processus
de fabrication. La grandeur et la distribution de ces contraintes résiduelles varient de manière
significative selon le processus de fabrication. Un des facteurs principaux causant des efforts
résiduels est le rétrécissement différentiel à travers le mur de tube pendant le processus de
refroidissement (Figure IV.4) [41].
122
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Selon Maxwell [42], si le refroidissement est à un seul côté de la paroi du tube, le côté
refroidi se rétractera rapidement. En conséquence, la contrainte résiduelle compressive est
créée dans le côté refroidit et la contrainte résiduelle de traction est formée dans le côté
opposé (Figure. IV.4.a). Cependant, si les deux côtés sont refroidis simultanément, l'effort de
compression sera créé près des deux surfaces et la contrainte de traction au centre (Figure
IV.4.b).
La technique de Treuting [24] a été développée pour des plaques (Figure IV.5). Elle
ne sera donc pas directement utilisable pour les tubes, pour lesquels nous avons un moment
d’inertie de la section différent à cause de la courbure.
123
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Hypothèses de calcul :
Afin de déterminer les contraintes à partir des courbures, il est nécessaire que
l’échantillon soit en flexion linéaire dans l’intervalle des courbures considéré et que les
constantes élastiques soient homogènes dans tout le matériau.
Les contraintes ne doivent pas varier dans le plan de la plaque mais uniquement dans
l’épaisseur. Dans les calculs, la courbure initiale est supposée nulle. Si l’on enlève la couche
comprise entre et (ordonnées des surfaces avant et après découpe), l’équilibre interne
de la pièce est modifié et elle va alors se déformer. En utilisant les relations de la théorie des
plaques et des enveloppes Timoshenko [44] entre le moment de flexion et la courbure,
Treuting et Read [24] ont obtenu les relations suivantes:
−
( )= ( )
2
−
= ( + ) ( )+ ( ) (1)
12(1 − )
( )
( ) ( )
⎧ ( + ) + ⎫
− ⎪ ⎪
= (2)
6 (1 − )⎨ ⎬
⎪+4( + ) ( )+ ( ) −2 ( )+ ( ) ⎪
⎩ ⎭
Un bon recouvrement des résultats obtenus en enlevant des couches externes puis
ensuite des couches internes garantit le procédé expérimental.
124
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
méthode pourrait être adaptée aux tubes afin de pouvoir remonter au profil des contraintes
résiduelles.
Figure IV.6: Mesure des déformations en surface en usinant une fissure [45]
Le modèle de Williams [46], a été développé pour déterminer les contraintes internes
dans les tubes (Figure IV.7). La distribution des contraintes dans l’épaisseur (ℎ) (h
position dans l’épaisseur mesurée à partir de la surface extérieure) est aussi obtenue par
pelage des couches externes puis internes.
(ℎ ) = 4ℎ + ℎ +2 ℎ + (3)
12 ℎ
125
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Kazakov [47] a développé une technique de mesure des contraintes résiduelles dans
les tubes en MDPE/HDPE en se basant sur le phénomène de recouvrement, des polymères,
du à leur comportement linéaire viscoélastique. Il a utilisé des spécimens en forme d’anneau
(ring) pour mesurer les contraintes circonférentielles dans des tubes de différentes tailles. Les
résultats, obtenus après 24 à 48heuresd’essais, montrent que les contraintes résiduelles dans
ces tubes sont aussi affectées par leurs conditions de fabrications que par leur structure
moléculaire.
126
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Les résultats de l'étude de Parant [1] montrent que pour le polyéthylène haute densité,
l’angle d’ouverture diminue avec le temps à cause de la relaxation des contraintes quel que
soit la valeur initiale (Figure IV.8). Pour le polyéthylène basse densité l’effet est moins
compréhensible à ce stade. Si le tube se refermait, l’angle de fermeture diminue avec le
temps. Par contre si le tube s’ouvrait, l’angle a tendance à augmenter avec le temps indiquant
ainsi une relaxation plus importante des contraintes en compression des couches intérieures.
Le calcul des profils de contraintes explique ces résultats par la forme du profil de contrainte
final.
La variation des contraintes résiduelles est alors quantifiée par l’angle d’ouverture du
tube ou par la variation de diamètre. L’ouverture du tube après découpe est liée aux
contraintes orthoradiales mais aussi aux contraintes axiales . La découpe du tube
suivant sa génératrice ne donnant accèsqu’à une seule valeur, nous considérerons l’effet des
contraintes négligeables ce qui estjustifiée par la longueur des tubes.
Avant découpe, la résultante des contraintes σθθ est nulle mais pas le moment résultant
de ces contraintes, nous nommons ci-dessous ces contraintes σθθ( é ) [1]:
= /(1 − )( + ) (6)
= /(1 − )( + ) (7)
127
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
( ) ( )
( é ) = ( ( )
) (8)
Avec:
ʋ: Coefficient de poisson.
3. Procédure expérimentale:
3.1. Matériau:
Les tubes utilisés sont en polyéthylène de haute densité PEHD-100 ayant un SDR de
11 pour le tube de transport d’Eau et 16 pour le tube de transport de Gaz. Les tubes ont un
diamètre extérieur 200mm, extrudés et pigmentés noir. Les tubes destinés à la distribution de
gaz naturel sont conçu pour des réseaux de 4 bars et ceux de transport d’eau sont conçus pour
des réseaux de 16 bars pour le tube d’eau.
128
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Les contraintes résiduelles ont été estimées indirectement à partir des mesures des
déflexions sur les échantillons dès leur sectionnement (Figure IV.9).
Les mesures des déflexions ont été mesurées en plaçant les échantillons sur du papier
millimétrique, pour marquer les empreintes de déflexion, les variations des diamètres
internes et externes sont mesurées à l'aide d'un pied à coulisse numérique d'une précision de
10 µm.
ε = (4)
ε = (6)
.
129
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
4. Résultats et discussions:
Les échantillons ont une faible largeur (5mm) par rapport aux diamètres interne et
externe (200mm et 168mm respectivement). Dès sectionnement des échantillons on
remarque une fermeture de ces derniers de moins en moins rapide dans le temps.
30
Déformation (mm/mm)
25
20 R.S 1 E
R.S 2 E
15
R.S 3 E
10
0,01 0,1 1 10 100 1000 10000
Temps (h), Echelle logarithmique
Les 3 spécimens sont usinés à partir du tube de transport d’eau d'où la désignation
(E).Pendant les premières secondes qui suivent le sectionnement, on remarque une
déformation rapide des trois anneaux qui va diminuer avec le temps. Durant les 3 premières
heures, suivant le sectionnement, l’anneau R.S1E se déforme plus rapidement que les deux
autres, mais il est très rapidement rattraper par ces derniers à partir de 200h de déformation
libre. Les échantillons R.S2 et R.S3 prennent le dessus au-delà de 300 h après leur
sectionnement. On peut expliquer cala par le fait que le R.S1 n’a pas eu le temps de ce
130
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
déformer avant sont sectionnement ce qui a conduit à une déformation très rapide dès la
libération de ces contraintes résiduelles lors de son sectionnement.
Pendant les 4 premières heures tous les spécimens se déforment presque à la même
échelle de grandeur. Au-delà de la 4ème heure suivant le sectionnement des spécimens les
échantillons exposés au soleil (R.S6) et immergés dans l'eau à 40°C (R.S8) se déforment
plus rapidement que les autres. Ceci est due au fait que ces deux spécimens ont subi une
grande élévation de température avant leur sectionnement qui a ajouté des contraintes
thermiques aux contraintes résiduelles déjà existantes.
20
Déformation (mm/mm)
18
R.S 4 E
16
R.S 5 E
14
R.S 6 E
12 R.S 7 E
10 R.S 8 E
0,01 0,1 1 10 100 1000
Temps (h), Echelle logarithmique
Les résultats de la Figure IV.12 montrent que dès sectionnement des spécimens, ils se
déforment tous de la même manière jusqu’à environ 4heurs, comme dans le cas du tube de
transport d'eau, en suite le spécimen enterré et celui exposé au soleil se démarquent par une
forte déformation, suivre par celui refroidi (à 0° C) et en suite le spécimen trempé dans l’eau
de mer. Les déformations du spécimen, mis dans l’eau à 40°C, ont pris des trajectoires
différentes. On voit l’effet marquant de l’eau à haute température sur le comportement en
déformation du matériau.
131
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
35 R.S 9 G
Déformation (mm/mm) 30 R.S 10 G
25 R.S 11 G
20 R.S 12 G
15 R.S 13 G
10
0,01 0,1 1 10 100 1000
Temps (h), Echelle logarithmique
Figure IV.12: Déformation des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Gaz), dans
différents Milieux en fonction du temps.
132
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
40
R.S 9 G
Déformation,(mm/mm)
30 R.S 10 G
20 R.S 11 G
R.S 12 G
10
R.S 13 G
0
0 50 100 150 200
Temps (h), Echelle logarithmique
Figure IV.13: Déformation des échantillons des tubes (Eau et Gaz), dans différents Milieux
en fonction du temps.
Le taux de déformation dans les 2 premières secondes peut aller jusqu’à 5mm/sec
pour les spécimens d’eau est 10mm/sec pour les spécimens de gaz, est c’est une vitesse
relativement importante comparée à celles tardives. Les histogrammes la Figure IV.14
représentent les taux de déformation des spécimens dès leurs sectionnements. Ceux de la
Figure IV.15 permettent une meilleure lecture de l'évolution des taux de déformation à partir
de 2h de déformation libre.
133
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Eau à 40°C
Figure IV.14: Taux de déformation des échantillons des tubes (Eau & Gaz) (à partir de
2sec)
134
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Exposés aux UV à 0 °C
Eau à 40°C
Sur les graphes de la Figure IV.16 sont représentées les déformations des cinq
couches du tube en HDPE-100 pendant une heure après leur sectionnement. La couche
externe (Couche I) présente la plus petite déformation. La couche du cœur (couche III)
présente la plus grande déformation. En effet c'est la couche la plus cristalline. Cette
tendance est toujours conservée mais avec moins d'écarts entre les couches (figures IV.16 et
IV.17).
135
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
0,5
Couche I
0,45
Déformation, mm/mm
0,4 Couche II
0,35
0,3 Couche III
0,25
Couche IV
0,2
0,15 Couche V
0,1
0,05
0
0 20000 40000 60000 80000 100000
Temps, S
0,6
0,5 Couche I
Défrmation, mm/mm
0,4 Couche II
0,2 Couche IV
Couche V
0,1
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
Temps, heure
Pour une meilleure lecture des résultats la Figure IV.18 regroupe les déformations
des spécimens en échelle logarithmique. Les graphiques montrent une augmentation des
déformations en fonction du temps pour toutes les couches du tube dès les premières
secondes de leur sectionnement cette augmentation est toujours plus prononcée pour la
couche du cœur du tube. Elle continue à se démarquer dans le temps par une très importante
déformation.
136
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
0,6
Déformation, mm/mm
0,5 Couche I
0,4 Couche II
Couche III
0,3
Couche IV
0,2
Couche V
0,1
0
0,0001 0,001 0,01 0,1 1 10 100 1000 10000
temps, heur (échelle log)
100
80 Couche I
Déformation,mm
Couche II
60 Couche III
Couche IV
40
Couche V
20
0
1s 10s 1min30 1h30 1 jour 1mois 9 mois
Période de relaxations
Figure IV.19: Déformations des couches pour plusieurs périodes après leurs
sectionnements.
Les histogrammes de la Figure IV.19 regroupent les déformations des cinq couches
du tube pour plusieurs périodes après leur sectionnement. On peut conclure que les
déformations des échantillons commencent assez importantes et au-delà de 24 heures
commencent à diminuer et à partir de 1mois tendent à se stabiliser.
137
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
9
8
Contraintes relaxées
7
6
(MPa)
5
R.S 1 E
4
3 R.S 2 E
2 R.S 3 E
1
0
0,01 0,1 1 10 100 1000 10000
Temps (h), Echelle logarithmique
Figure IV.20: Contraintes résiduelles des spécimens en fonction du temps a l’air libre.
Sur la Figure IV.20 les contraintes relaxées des trois spécimens diminuent au cours du
temps. Pendant la première heure le spécimen sectionné instantanément se déforme plus vite
que les deux autres en suite les trois spécimens se rattrapent.
12
Contraintes Relaxées (MPa)
10
8 R.S 1 E
6 R.S 2 E
4 R.S 3 E
R.S 4 E
2
R.S 5 E
0
0,01 0,1 1 10 100 1000
Temps (h), Echelle logarithmique
Figure IV.21: Contraintes relaxées des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Eau),
dans différents Milieux en fonction du temps.
138
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
6
Contraintes Relaxée,(MPa)
4 R.S 9 G
3 R.S 10 G
2 R.S 11 G
R.S 12 G
1
R.S 13 G
0
0,01 0,1 1 10 100 1000
Temps (h), Echelle logarithmique
Figure IV.22: Contraintes relaxées des anneaux usinés à partir d’un tube en PE-100 (Gaz),
dans différents Milieux en fonction du temps.
Les contraintes représentées dans la (Figure IV.22) diminuent avec le temps. Elles
sont maximales aux premières secondes et sont à 75% au bout de la première heure et à 50%
au bout de 4 jours. Celui exposé au soleil et celui enterré se distinguent par une plus grande
libération des contraintes. On peut donc conclure du degré de l’influence de ces deux
milieux sur notre matériau.
139
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
les différentes couches du tube (Figure IV.23). L'ouverture du tube est liée en grande partie
au gradient de densité du polyéthylène haute densité et au mode de fabrication de ces tubes.
500
450 Couche V
Contraintes relaxées, MPa
400 Couche IV
350
Couche III
300
250 Couche II
200 Couche I
150
100
50
0
0 20000 40000 60000 80000 100000 120000
Temps de relaxations, s
Figure IV.23: Evolution des contraintes relaxées à travers la paroi d'un tube en HDPE-100
Pour calculer les contraintes résiduelles, on doit savoir comment varie le module de
fluage E(t) et les changements des dimensions de viroles qui correspondent au même
intervalle du temps du temps (équation 8).
Broutman et Choi [49] ont déterminé E(t) pour plusieurs types de polyéthylène
(Figure IV.24), la méthode expérimentale utilisée était de mesurer E(t) pendant 6 jours sous
conditions ambiantes pour des échantillons prélevés du tube à fin d’obtenir des éprouvettes
sous forme de barres, le PE3408IIC correspond à un polyéthylène de haute densité. De ce
fait, on a exploité les résultats obtenus par Broutman et Choi afin de déterminer les valeurs
de module de fluage pour notre étude. Donc les valeurs de E(t) en fonction du temps (Figure
IV.25) sont estimées par extrapolations dans l'étude [49].
140
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Figure IV.24: Variation du module de fluage pour les tubes en MDPE [48].
Figure IV.25: Courbe de tendance d’évolution du module de fluage pour le PE3408IIC [48]
141
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
4
2
circonférentielles, MPa
Contraintes résideulles
0
-2 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
-4
-6
-8
-10
-12
-14
Epaisseur adimentionnelle
Figure IV.26: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi du tube en HDPE
Dans notre cas d'étude les contraintes résiduelles de compression due à l’usinage En
assurant la reproductibilité des essais nous pouvant caractériser l'évolution des contraintes
résiduelles à travers la paroi du tube. Les courbes de la Figure IV.26 représentent les
contraintes résiduelles circonférentielles calculées à partir de l'équation (3) en utilisant le
modèle de Williams. On peut distinguer 3zones. Deux zones de peau en compression et une
zone de cœur en traction. On remarque aussi une diminution significative de contraintes
résiduelles dans la couche interne. La distribution des contraintes résiduelles
circonférentielles n’est pas uniforme à travers les parois de tube. Les contraintes résiduelles
de compression pour la couche externe sont plus importantes par rapport à celles de la
couche interne.
Les résultats se trouvent être en accord qualitatif avec les profils de contraintes
mesurées expérimentalement dans les tuyaux thermoplastiques (Figure IV.27(b)). Maxwell
[48] a suggéré que si le refroidissement a lieu d'un seul côté du mur, la section nouvellement
solidifiée empêche sa partie adjacente de rétrécir librement. En conséquence, des contraintes
résiduelles de compression sont créées dans le côté froid et des contraintes résiduelles de
traction sont formées dans le côté opposé (Figure IV.27(a)). Toutefois, si les deux parties
sont refroidies en même temps, une contrainte de compression sera créée à proximité des
deux surfaces et de contrainte de traction dans le centre (Figure IV.27(b)).
142
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
Figure IV.27: Distributions possibles des contraintes résiduelles à travers les parois des
pipes [50].
Chaoui et Moet [51] ont étudié la répartition des contraintes résiduelles dans
l’épaisseur de paroi de tube lisse et ils ont constaté que 24% de la paroi interne se composait
de contraintes résiduelles de traction, tandis que l’épaisseur restante avait des contraintes
résiduelles de compression, Kanninen [49] a constaté que la répartition des contraintes
circonférentielles résiduelles présentaient une forme paraboliques à travers la paroi du tube
lisse, avec des contraintes de traction dans la paroi intérieure.
5. Conclusion:
Les résultats expérimentaux de ce chapitre nous permettent de conclure que:
Pour les 3 spécimens usinés à partir du tube de transport d’eau : Pendant les premiers
seconds qui suivent le sectionnement, on remarque une déformation rapide des trois
anneaux qui va diminuer avec le temps. Pendant les 3 premières heures suivant le
sectionnement l’anneau R.S1E se déforme plus rapidement que les seconde, mais en
suite il est très rapidement rattraper par ces derniers à partir de 200h les R.S2 et R.S3
prennent le dessus. On peut expliquer ca par le fait que le R.S1 n’a pas eu le temps de
ce déformer avant sont sectionnement ce qui a conduit à une déformation très rapide
dès la libération de ces contraintes résiduelles lors de son sectionnement.
Pour les spécimens du tube de transport d’eau: Pendant les 4 premières heures tous
les spécimens se déformant presque à la même échelle de grandeur, à partir de la
4eme heure suivant le sectionnement des spécimens le R.S6 et R.S8 se déforme plus
rapide que les autres. Ce ci pourrai être due au fait que ces deux spécimens ont subi
143
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
144
Chapitre IV: Evolution des contraintes résiduelles à travers la paroi d'un tube en HDPE
uniforme à travers les parois de tube. Les contraintes résiduelles de compression pour
la couche externe sont plus importantes par rapport à celles de la couche interne.
6. Références Bibliographiques:
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148
Chapitre V:
Nomenclature:
K: facteur d'intensité de contrainte;
Kc : valeur critique;
"Intégrale J": dite intégrale de contour;
WFext : travail des forces extérieures;
U: énergie élastique stockée dans le système;
JIC: tenacite;
1.Introduction:
L'étude quantitative de la rupture des matériaux, d'un point de vue expérimental,
s'effectue par l'observation de grandeurs macroscopiques. Ce type d'approche présente, d'une
manière générale, l'incontestable avantage d'accéder à la mesure de ces grandeurs sans
149
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
150
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
2. Bases théoriques:
151
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
L'hypothèse de réversibilité indique que U est une énergie potentielle. Dans le cas où
le système isolé est une plaque d'épaisseur B, nous avons:
=2∙ ∙ (2)
Dans la pratique, des mesures effectuées que ce soit sur des matériaux métalliques ou
encore des polymères ou des caoutchoucs, indiquent que l'énergie de rupture obtenue est
beaucoup plus élevée que le terme 2 , étant l'énergie par unité d'aire nécessaire pour
rompre des liaisons de type Van Der Waals. Dans le cas des polymères ou des élastomères,
on attribue cette divergence au fait, que pour ces structures macromoléculaires, les liaisons
covalentes sont de plus forte intensité que les précédentes [8]. De plus, les enchevêtrements
des chaînes jouent le rôle de liaisons supplémentaires.
Par ailleurs, pour tous les matériaux, la forte concentration de contraintes régnant en
pointe de fissure induit dans cette zone des processus dissipatifs d'énergie absorbée par la
propagation. En général lorsque le comportement global est élastique réversible, on fait
l'hypothèse que cette dissipation d'énergie se limite aux abords immédiats de la pointe de
fissure et qu'elle se produit indépendamment de la géométrie de l'échantillon et des
conditions de chargement appliqué aux limites. On remplace alors le terme 2 par ,
l'énergie nécessaire pour accroître la fissure d'une unité de longueur englobant de ce fait et
152
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
l'énergie nette nécessaire à la rupture des liaisons et celle dissipée par les différents processus
cités. Le critère d'amorçage s'énonce alors [2]:
( )
≥ (4)
∙
= ∙ (5)
Par ailleurs, toujours en M.L.E.R. [9] dans le cas d'une plaque infinie, contenant une
fissure de longueur a soumise à un champ de contraintes uniforme , peut s'écrire:
=2∙ ∙ ∙ (6)
=2∙ ∙ ∙ (7)
Notons enfin que pour les échantillons utilisés en laboratoire pour la détermination de
cette caractéristique, de part leur dimensions finies, il est nécessaire d'introduire une fonction
dite de calibration (fonction de géométrie) pour tenir compte de l'interaction de la distribution
du champ de contraintes en pointe de fissure avec les bords libres. Pour le facteur d'intensité
de contrainte en mode I (mode d'ouverture), on écrit:
= ∙ ∞ (8)
Avec: = √ ∙ (9)
153
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
=2∙ ∙ ∙ ∙ (10)
= ∙ ∫Γ W ∙ dx − ∙ ∙ (11)
X2 T1
ds
X1
Rice a montré en outre, que cette intégrale dans le cas d'un matériau à comportement
élastique (linéaire ou non) était indépendante du contour d'intégration. Dans le cas d'un
comportement élasto-plastique, cette propriété ne peut être vérifiée analytiquement.
Cependant celle-ci est à priori conservée dans le cas où la densité d'énergie de déformation
est indépendante du trajet de chargement [7]. En particulier, cette condition semble satisfaite
dans le cas d'un chargement radial. Un certain nombre d'auteur [10] ont vérifié
154
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
numériquement, en utilisant la méthode des éléments finis, cette indépendance pour ce type
de comportement.
Par contre, tout déchargement (même local) lui fait perdre cette propriété, indiquant de
ce fait que, pour ce type de comportement, la description de la propagation de la fissure par
l'intégrale ne peut être envisagée [2].
Rice a ensuite établi que le résultat pouvait s'exprimer à partir de la variation d'énergie
potentielle Up entre deux corps identiques contenant des fissures de longueurs voisines:
= (12)
155
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
, ( )= ∙ , , (13)
y P(x,y)
2a x
⁄ ∗
= ∑ ( )∙ / (16)
⁄ ∗ ⁄ ⁄
= − ∙ ∙ ∫(( ∙ )+( ∙ )) (18)
156
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Avec: (− ⁄ ) est l'énergie nécessaire pour faire progresser la fissure d'une unité
∗
d'aire dA, et est une fonction explicite de et .
⁄ ∗
= − (− ) = ∙ ∙ (20)
Cette valeur est égale à l'énergie surfacique de rupture. Elle représente aussi le taux de
restitution d'énergie apparent, puisqu'elle prend en compte les effets de la non-linéarité par
l'intermédiaire de la fonction .
⁄ ∗ ∗
− = ( )∙ ∙ ∙ ( )
∙ ((0.8 + ) ∙ 4) (21)
( )
157
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
éprouvettes [2,11].
Figure V.3: Schéma d’une éprouvette DENT avec deux zones de dissipation d’énergie [14].
-Une zone interne appelée zone du processus de rupture interne (IFPZ – inner fracture
process zone) où le processus de rupture se produit.
- Une zone externe appelée zone de déformation plastique externe (OPDZ – outer
plastic déformation zone) où la déformation plastique est nécessaire pour accommoder les
grandes déformations dans la zone interne.
158
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
pour la propagation de la rupture [2,13]. Ainsi, l’énergie totale de rupture peut être divisée en
deux composantes. Une première composante qui caractérise la zone interne (IFPZ) et
une seconde composante , correspond à la zone extèrne (OPDZ):
= + (22)
où Wf est l’énergie totale de rupture, We est le travail essentiel de rupture dissipé dans
la zone de rupture (IFPZ) et Wp est le travail non-essentiel de rupture dissipé dans la zone
plastique externe (OPDZ).
(a) (b)
L'essai EWF est souvent appliqué en conditions de contraintes planes. est alors
proportionnel à la longueur de ligament (l), alors que est proportionnel à la longueur au
carrée du ligament,(l2), comme décrit dans l’équation (23) [2,8,14]:
= = + (23)
Où: = + (24)
159
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
L’équation (24) prédit une relation linéaire entre le travail total spécifique de rupture,
, et la longueur de ligament (l). Pour obtenir et , des échantillons avec des
longueurs de ligament différentes sont préparés et testés jusqu’à la rupture. En traçant en
fonction de (l), on obtient une ligne droite et la valeur de peut être obtenue par
l’extrapolation de la ligne droite à l = 0. La valeur de est la pente de cette ligne droite.
La détermination exacte de nécessite la connaissance du facteur de forme β dont la valeur
est reliée à la forme de la zone plastique au bout de la fissure. Mais comme β change avec la
géométrie de l’échantillon et la longueur initiale de la fissure, la relation, linéaire entre et
l, peut être obtenu si la similarité géométrique est retenu pour toutes les longueurs de
ligament. De plus, comme la contrainte plastique augmente lorsque la longueur du ligament
diminue, l'état de déformations planes peut arriver lorsque la longueur de ligament diminue.
peut être obtenu si le rapport entre la longueur de ligament et l’épaisseur de l’échantillon
(l/B) est suffisamment important pour assurer les conditions de contrainte plane dans la zone
de ligament, il est alors prouvé que est une constante du matériau pour une épaisseur
donnée. Quand le rapport (l/B) diminue, la contrainte plastique augmente et la transition entre
la contrainte plane et la déformation plane peut se produire pour certains rapports (l/B). Le
protocole ESIS [16] propose que la transition se produit souvent au rapport (l/B=3-5) pour les
matériaux ductiles. Une relation linéaire, dans le domaine de transition, n’est pas toujours
obtenue. Cependant, si l’épaisseur de l’échantillon satisfait le critère de taille généralement
utilisé pour la mesure de JIc:
≥ 25 (25)
160
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Dans le cas des polymères, peut être interprété comme le travail nécessaire pour
créer deux nouvelles surfaces qui est consommé pour former une striction au bout de la
fissure et amorcer subséquemment une déchirure de la striction, alors que est le travail
dissipé pour la plasticité. Cependant, en pratique, les auteurs attribuent différentes
significations aux paramètres EWF [14]. Certains auteurs considèrent que représente la
ténacité ou plus précisément la ténacité à la rupture du matériau [17-19]. Pour d'autres
[14,20], est un indicateur de la résistance à la propagation de la fissure. En ce qui
concerne le paramètre βwp, il est considéré comme l’énergie de déformation plastique [14].
Dans l’étude de Lach [21], les auteurs considèrent que représente la résistance à
l’amorçage de fissure, et la résistance à la propagation stable de fissure. Par ailleurs,
certains auteurs considèrent que l’énergie totale de rupture soit constituée de deux
contributions, correspondant à l’amorçage et à la propagation de la fissure. De ces deux
paramètres, apparaît comme le plus important pour la caractérisation de la rupture du
matériau.
La méthode EWF est actuellement une méthode très répandue grâce à sa simplicité
pour caractériser le comportement à la rupture des matériaux ductiles, en particulier des films
polymères minces ductiles. Cependant, il existe en pratique certaines limitations. La première
161
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Bien que le "EWF" est déjà basé sur le concept de séparation de l'énergie (c'est à dire,
la distinction entre le travail essentiel et le travail non essentiel de rupture, d'autres approches
basées sur l'énergie ont été introduites. Mai et Cotterell [23] ont défini une composante liée à
initiation de la fissure (observée visuellement), grâce à la quelle l'élasticité stockée dans
lespécimen a été prise en compte [10].
= , + , = , + , ∙ + , + , ∙ (26)
= , + , = , + , ∙ + , + , ∙ (27)
162
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
motivations: (i) suivre les paramètres EWF aux caractéristiques moléculaires du polymère
correspondant, et (ii) obtenir une valeur EWF dans les conditions de déformation plane.
Récemment, un très bon papier [25] est apparut qui énumère de nombreux aspects des
essais EWF (géométrie de l'éprouvette et les tests, détermination du facteur de forme, le
partitionnement de l'énergie, l'extension pour le mode III déchirure, etc.)
163
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Dans ce chapitre nous allons étudier la ténacité des différentes couches d'un HDPE
(100) tubulaire en utilisant l'approche globale caractérisée par le paramètre J dont la valeur
critique contrôle l'initiation d'une fissure pré-existante. Nous nous intéressons principalement
à la méthode de BELGEY et LANDES pour la détermination expérimentale de cette
intégrale J. L'approche de partitionnement d'énergie sera aussi investiguée.
3. Procédure expérimentale:
3.1. Matériau:
Le matériau utilisé dans cette étude est un tube en HDPE-100 ayant un diameter
extérieur de 200 mm et une épaisseur de 18.2 mm. Il est extrudé, pigmenté en noir, et destiné
à la distribution d'eau potable (paragraphe 2 du chapitre 2).
164
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Afin de mesurer les ropriétés mécaniques et la ténacité dans chaque couche du tube en
PE 100, les éprouvettes utilisées ont été directement extraites à partir du tube pour conserver
l'histoire thermomécanique intrinsèque, en obéissant à une méthodologie de préparation
reproductible et en minimisant les contraintes de contact durant l’opération automatique
d’usinage. Les éprouvettes utilisées pour la caractérisation des propriétésmécanique sont des
éprouvettes ASTM D638 de type 4. Celles utilisées pour l'étude de la ténacité sont des
éprouvettes rectangulaires (SEN) de 3 mm d'épaisseur de 20mm de largeur et 150 mm de
longueur avec des longueurs de fissures (a) différentes. Chaque éprouvette est identifiée
géométriquement et spatialement dans la paroi du tube selon le cylindre initial pris comme
référence et en utilisant une approche volumétrique [29].
Les éprouvettes ont été soumises à des essais de traction monotones avec une machine
d'essai universelle Zwick, Type Zwicki 1120 en se basant sur les recommandations générales
de ASTM D-638 (paragraphe 4.2.2 du chapitre 2). Toutes les éprouvettes (15 haltères et 75
SEN) ont été testées à la température ambiante, et à une vitesse de deformation constante
V=100mm/min.
4. Résultats et discussions:
L'analyse statistique instantanée des données des essais de traction sur les éprouvettes
haltères a été réalisée sur demande pendant chaque acquisition de données suivant un
programme d'essai précédemment déclaré. Cette étape a assuré le calcul des moyennes et des
écarts-types pour chaque ensemble déprouvettes appartenant à une même couche et
constituant la courbe moyenne contrainte-déformation.
constantes, les courbes sont délivrées par le rapport du logiciel TestXpert ®. Trois zones
distinctive caractérisent le comportement: (a) une région élastique linéaire qui montre la
deformation élastique du matériau due à la phase amorphe, du fait que le module de cette
phase est beaucoup plus faible que celui de la phase cristalline, (b) une région d’étirage à
froid montrant plus de 500% de déformation et (c) une déchirure ultime du matériau associée
à la rupture finale. Cette courbe identifie le comportement typique des polymères semi-
cristallins, qui sont généralement plus ductiles particulièrement entre Tg et Tm et subissent
l'étirage à froid avant la rupture ultime. Les observations attentives indiquent que l’étirage à
froid commence juste après le point d'écoulement et avant le point 1. Après le point 2, le
durcissement plastique a lieu provoquant l'augmentation de la contrainte et les cristallites
finissent par se fragmenter en une structure fibreuse fortement anisotrope alignée dans le sens
d'étirement [30]
166
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Afin d'étayer les variations dans la paroi du tube, la comparaison de courbes (σ-ε)
correspondantes à toutes les positions moyennes montre que l'allure générale est très
semblable et les 3 zones observées sont préservées. En plus, il est remarqué qu'une tendance
est établie à mesure que les courbes évoluent de la couche interne vers l'extérieur. Afin
d'étudier cette variabilité, les propriétés mécaniques courantes sont calculées et enregistrées
par le logiciel pour chaque couche de l'enveloppe.
800
600
, MPa
400
200
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Épaisseur adimensionnelle
Figure V.8: Evolution du module d'élasticité à travers la paroi d'un tube en HDPE-100
167
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
35
30
25
20
, MPa
15
10
5
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Épaisseur adimensionnelle
Figure V.9: Evolution de la contrainte à l'écoulement à travers la paroi d'un tube en HDPE-
100
168
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
23
22
21
20
19
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Épaisseur adimentionnelle
Figure V.10: Evolution de la contrainte nominale d'étirage à travers la paroi d'un tube en
HDPE-100 (eau)
On note qu’à un taux de cristallinité constant, deux polymères identiques dans leur
nature chimique ne donneront pas forcément le même module. C’est la morphologie
cristalline qui peut influer sur le module par: Un effet direct de la contiguïté de la phase
cristalline et un effet induit sur la phase amorphe, dont le module dépend de la densité des
noeuds physiques (enchevêtrements et points d’encrage dans les cristallites) donc de l’état de
confinement, et finalement de la morphologie cristalline [35]. La figure V.10 montre aussi
que la contrainte nominale d’étirage à froid adopte la même allure que le module d’élasticité
et la contrainte à l’écoulement, elle diminue de l’intérieur vers l’extérieur du tube, cette
diminution est régie par la cristallinité élevée de la couche intérieure de la paroi.
Dans une étude antérieure Alimi [36, 37] a étudier l'évolution d'un polyéthylène
tubulaire de haute densité de grade 80 et a montrer qu'il y a une bonne corrélation entre la
limite d'élasticité et la déformation à l'écoulement ε pour deux lots d'éprouv ettes prélevées
dans le sens longitudinal et transversal du tube, ce qui indique que la déformation augmente
de l'intérieur du tube vers l'extérieur. Pour les mesures des déformations à la rupture ε f, les
corrélations avec la limite d'élasticité ne sont pas toujours évidentes pour les deux lots,
comme montrée dans la figure V.11.
169
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
155
Déformation à la rupture, %
150
145
140
135
130
125
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Épaisseur adimentionnelle
Les propriétés mécaniques sont peu affectées par la taille des sphérolites, mais plutôt
par celle des lamelles cristallines. Durant la propagation de la striction, les sphérolites sont
totalement détruites pour donner lieu à une structure fibrillaire. Comme le montre la partie I
de la figure 13, la séparation des lamelles cristallines causée par l'application d'une contrainte
présentant une composante normale favorise la création de micros vides dans la partie inter
lamellaire amorphe à l'origine de la formation des craquelures [38].
170
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Figure V.13: Etape de formulation des craquelures pour un polymère semi-cristallin [38]
Dans l'étape II, quand la contrainte a atteint une valeur critique (seuil d'écoulement) la
phase cristalline se déforme et des blocs de 10 à 30 nm se détachent du cristal. La phase
cristalline peut se déformer suivant plusieurs modes (maclage mécanique, transformation de
phase), mais c'est le glissement cristallin qui est le mode de déformation majoritaire car il
peut engendrer de grandes déformations. A cause de ce processus d'écoulement local, des
défauts submicroniques de forme ellipsoïdale se créent entre les lamelles. Ces défauts ont
tendance à causer une augmentation de contraintes dans leur environnement latéral, ayant
pour conséquence des rubans lamellaires au cours du processus de déformation local. Ainsi
la probabilité de formation de vides aussi bien que de fibrilles entre ces micro-vides est
accrue. La troisième étape, le dépliement des chaînes à partir des surfaces de fracture des
blocs cristallins interconnectés, conduit à l'extension complète de ces fibrilles. La figure V.14
(d) montre le phénomène d'alignement des blocs selon la direction détirage. Par conséquent,
la formation de la craquelure (schématisée figure V.15) est un phénomène de cavitation, au
cours duquel le matériau passe d’une structure sphérolitique à une structure de fibrilles
fortement étirées et entourées de nombreux vides. Le développement des ces craquelures,
dans les plans perpendiculaires à l’axe de sollicitation, se fait par extraction de la matière à
partir des surfaces et par extension des vides entre les fibrilles au fur et à mesure que la
contrainte interne augmente.
171
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Figure V.14: Déformation dans les zones diagonales des sphérolites: (a) état non déformé,
(b) extension de la phase amorphe, (c) fragmentation des lamelles cristallines, (d) alignement
des fragments selon la direction d'étirage [38]
La rupture des matériaux semi cristallins, intervient par création d’une fissure au sein
de la craquelure, par rupture des fibrilles, une fois que celles-ci ont atteint leur étirabilité
maximale. Les causes de rupture des fibrilles dans le polyéthylène sont un sujet de
controverse car deux approches s'opposent. La première suppose une rupture par reptation
des chaînes à savoir glissement et désenchevêtrement des molécules repliées. La seconde
considère la rupture des chaînes enchevêtrées présentes dans les fibrilles. La controverse tient
au fait qu’il y a une forte analogie entre la rupture inter-lamellaire et le craquelage des
polymères vitreux. En effet, pour des températures proches de T (température de transition
172
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
vitreuse) et des masses proches de la masse critique, les fibrilles peuvent rompre par
glissement de chaîne dans les matériaux à l’état vitreux [30].
Dans une étude de J. Eiber [36], où il a testé des éprouvettes enlevées dans la couche
intérieure, moyenne et, extérieure du tube en MDPE par des essais de traction et de
diffraction par les rayons X. Il a trouvé que les éprouvettes de la couche intérieure ont des
modules d'élasticité, des résistances au seuil d’écoulement et des taux de cristallinité plus
élevés que ceux des autres couches, notamment la couche extérieure.
Lorsque le tube sort de la filière d’extrudeuse, il est encore dans un état visqueux et il
faut le refroidir. Ceci est obtenu par passage dans un calibreur. Puisque la surface extérieure
du tube est en contact avec la surface intérieure refroidie de l’alésage du calibreur, elle se
refroidit plus vite que la surface intérieure du tube; et par conséquent le développement des
zones cristallisées du PE a le temps suffisant dans cette surface [39].
Le Tableau V.1 regroupe les résultats typiques des modules d’élasticité de 3 couches
du tube en MDPE [37], Ceux de l'étude [37] pour un HDPE-80 tubulaire et les resultats de
notre étude pour un HDPE-100.
173
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Dans l'étude faite par Mendoza [39], sur des polyoléfines injectées, les conclusions
suivantes ont été tirées: L’écart important de conductivité entre le moule et le polymère va
engendrer une couche qui va se solidifier pendant le remplissage sous fort cisaillement et
sous un gradient thermique important. Cette couche qui présente les plus hauts niveaux
d’orientation moléculaire, est constituée d’entités cristallines allant du sphérolite très
anisotrope de l’ordre du micromètre pour des échantillons injectés de 3mm, au shish-kebab
de dimension inférieure à 200nm pour les échantillons de 1mm. Les variations de la vitesse
d’injection dans une gamme couramment utilisée changent logiquement l’épaisseur de cette
couche, mais paradoxalement, ne modifient pas sensiblement le maximum d’orientation
moléculaire. Ainsi l’épaisseur de la pièce est donc le paramètre ayant le plus d’influence sur
l’anisotropie structurale des polymères semi-cristallins moulés par injection pour deux
raisons : premièrement la couche solidifiée pendant le remplissage, qui possède en général
une épaisseur de 0.15 à 0.3mm, représente plus de 50% des pièces de faible épaisseur,
deuxièmement, l’épaisseur, qui impose la vitesse de refroidissement, semble gouverner la
relaxation du polymère qui sera réduite pour les épaisseurs faibles. On comprend alors
l’influence que peut avoir la masse molaire.
Cependant, malgré une très forte croissance des lamelles dans la direction
perpendiculaire à l’écoulement dans la couche solidifiée pendant le remplissage, l’orientation
des chaînes dans cette même direction reste modérée à cause des structures cristallines
particulières aux polyoléfines : la cristallisation secondaire dans le PP génère une croissance
épitaxiale de lamelles filles sur les lamelles principales créant une orientation moléculaire
bimodale ; quant au PE, les structures cristallines, des sphérolites aux kebabs, sont
constituées de lamelles torsadées sauf dans le cas de très fortes contraintes de cisaillement et
de gradient thermique élevé où apparaissent des shish-kebabs à lamelles droites de type
Keller-Machin II, autrement dit pour des HDPE de masse molaire élevée moulés par
injection en faible épaisseur. La couche de peau qui est la couche solidifiée au contact du
moule possède une épaisseur d’une cinquantaine de microns. Bien que cette couche ait une
influence négligeable sur les propriétés mécaniques ou dimensionnelles des pièces injectées,
elle revêt une importance pour les traitements de surface, les dépôts de peinture ou pour les
aspects de vieillissement. Hélas, la morphologie des premiers microns n’a pu être déterminée
par les moyens de caractérisation utilisés. Avec la même technique SAXS et WAXS
174
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
combinée, un microfaisceau X d’une taille inférieure à 5μm permettrait sans doute d’apporter
les premières réponses. En ce qui concerne les lamelles, leur épaisseur est logiquement
gouvernée par l’épaisseur de l’échantillon qui impose la vitesse de refroidissement donc le
phénomène de diffusion lors de la croissance cristalline. Cependant, l’effet du cisaillement se
fait sentir pour le PP où l’épaisseur des lamelles présente un maximum dans la couche
solidifiée pendant le remplissage. Dans les différentes entités cristallines, la croissance des
lamelles qui est majoritairement perpendiculaire à la direction de l’écoulement est plutôt
normale au plan de cisaillement pour les sphérolites et transverse pour les kebabs sans doute
à cause du fort gradient thermique.
=− | (28)
Ou:
∗
=− | (29)
= ∙ (30)
∙( )
Avec:
175
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
( )
= (31)
( )
B: épaisseur de l'éprouvette;
W: largeur de l'éprouvette;
= + (32)
Ou encore:
= ∙ + ∙ (33)
∙( ) ∙( )
( ⁄ )∙
=( − )∙ ( ⁄ )∙
(34)
∫
= ( )∙ ( ⁄ ) (35)
176
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
(c)
(d)
(b)
(e)
(a)
177
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
fissure, pour plusieurs valeurs du déplacement d pour la couche externe du tube en HDPE-
100 (figure V.18). A déplacement constant, on ajuste ensuite l'évolution de U en fonction de
a par une fonction de lissage comme indiqué schématiquement sur la figure V.18. Cette
étape, est sans aucun doute la plus délicate, car le choix de la fonction de lissage est arbitraire
mais n'est pas sans influence sur le resultat final. En effet, l'évolution de J en fonction des
déplacements est déduite directement par dérivation de la fonction utilisée pour
l'approximation (Figures V.19). Finalement, l'énergie surfacique de rupture Jc du matériau
considéré, c'est-à-dire la valeur de J à l'amorçage de la fissure étant celle correspondant au
déplacement critique mesuré. Les étapes précédentes ont été reproduites pour le calcul de JIC
pour les quatre autres couches du tube.
On remarquera que le choix d'une regression linéaire conduirait à une courbe J-d
unique quelque soit la longueur de fissure considérée. En fait, dans la plupart des cas une
telle approximation s'avère d'une part, inapte à représenter correctement l'évolution des
points expérimentaux [11] et d'autre part, impliquerait, dans l'hypothèse où Jc est bien la
caractéristique régissant l'amorçage, que celui-ci se produirait invariablement pour la même
valeur du déplacement, indépendamment de la longueur de fissure. Nait Abbdelaziz a
souligné l'influence de ce choix sur la détermination finale de Jc dans une étude sur la rupture
de propergols solides composites [2] en comparant deux types de lissage: l'un linéaire l'autre
exponentiel. Les résultats mettent en évidence une nette diminution de la dispersion des
valeurs de Jc (20% à 6%) lorsque l'on privilégie un lissage exponentiel.
1400
a= 3 mm
1200
1000
a= 6 mm
Charge, N
800
a= 9 mm
600
a= 12 mm
400
a= 15 mm
200
0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
Déplacement, mm
178
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
Figure V.18: Energie par unité d'épaisseur pour la couche externe du tube
J, N/mm2
Les valeurs des JIC des cinq couches du tube sont regroupées dans le tableau V.2.
Tableau V.2: Valeurs des JIC calculées par la méthode Begley et Landes
179
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
La valeur de JIC pour la couche interne du tube est la plus éleves. En effet, cette
dernière est la plus cristalline ce qui la rend plus tenace que les autres couches.
Comme le critère du travail essential de rupture n'est pas applicable pour le HDPE en
déformation plane (notre cas d'étude) nous avons choisie de comparer les resultants
precedents en faisant appelle à l'approche utilisant les principes de partitionnement de
l'énergie "Energy partitioning" pour exclure l'énergie consomée lors de la dernière phase de
rupturne. Elle conciste aussi en l'exclusion de l'énergie consomée au dernier stade de la
déformation plastique. Cette approche est la mieu adaptée pour la détermination de la
résistance à la rupture en déformations planes des polymères ductiles comme le polyéthylène
de haute densité [26]. Les valeurs des energies, obtenues par le critère de partitionnement de
l'énergie, sont groupées dans le tableau V.3.
Les valeurs du tableau V.3 confirments les resultants de la methods Begley et Landes.
La couche interne est la plus tenace et résiste mieux à la rupture.
5. Conclusion:
180
Chapitre V: Etude de la résistance à la rupture d'un tube en HDPE
tendances ne sont pas tout à fait évidentes. D'autre part, la relation entre la contrainte
d’écoulement et le module d’élasticité est caractérisée par une forte corrélation linéaire
croissante. La variation des propriétés mécaniques à travers la paroi reflète la complexité de
la hiérarchie structurelle dans le HDPE-100(eau) et contribue à la compréhension de son
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184
Chapitre VI:
Détermination de la résilience d'un HDPE tubulaire
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
Nomenclature:
1. Introduction:
Même si l'impact n'est pas la plus probable des menaces en service, il est considéré
comme l'imposition des conditions les plus critiques et décisives sur le matériau. Les essais
de choc instrumentés sont d'une importance pratique considérable, car ils permettent
d'évaluer la ténacité des matériaux dans les conditions les plus critiques, compte tenu des
taux de déformation élevées et la présence d'encoches [1,2].
185
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
2. Bases théoriques:
Pour les métaux le module élastique E varie peu avec le taux de déformation, alors la
ténacité G ou K peut être calculé sans difficulté [16]. D'autre part les polymères, cette
considération n'est pas la même car E varie avec le taux de déformation et en particulier le
module de flexion [17]. La méthodologie de GIC est largement utilisée pour les matériaux
linéaire élastiques aux environ de 1m/s [15,18-20] car elle est peu affecter par les bien erreurs
dynamiques et s'adapte bien aux matériaux fragiles comme certains polymères où l'initiation
de fissure est rapidement suivie par l'instabilité [19].
= (1)
∅( ⁄ )
186
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
∅= (2)
/ ( )
Les procédés de fabrications des tubes sont susceptibles de changer les propriétés de
ces derniers et leurs propriétés sont différentes de celles obtenues par des spécimens
parallélépipédiques découpées s à partir des plaques obtenues par compression [21,22]. Il est
donc nécessaire d'utiliser des spécimens découpés directement à partir du tube sous forme
d'arc.
Dans l'étude [1] Niglia a établi une expression pour le facteur de correction
géométrique ∅ en combinant la fonction de calibration obtenue de la norme ASTM 399-90
avec les résultats de la complaisance obtenus par la méthode des éléments finis (FE). La
même procédure est faite par Nezbedova [23,24] pour étudier des tubes multicouches. Ozbek
[2] a établi une étude sur une large gamme des tubes en polymères.
= √ (3)
= / (4)
187
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
= (5)
= (6)
Où: E'=E sous contraintes planes et E'=E/(1-ʋ2) sous déformations planes et ʋ est le
coefficient de Poisson.
= (7)
= ⁄ 1 + (1 − )ℎ ( ) (8)
Où: r est le rapport entre le diamètre interne et le diamètre externe du tube. Des
équations (6) et (8):
= ( ) 1 + (1 − ) ℎ ( ) (9)
Cette relation est utilisée pour calculer la complaisance (équation 10) et la fonction ϕ
à partir de l'équation (2):
= 1 + (1 − ) ℎ ( ) (10)
3. Procédure expérimentale:
3.1 Matériau:
188
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
Les échantillons de cette étude sont découpés à partir d'un tube en HDPE de grade
100, de diamètre extérieur 200mm et ayant un SDR 16, destiné au transport d'eau potable
décrit dans le chapitre II.
3.2 Echantillons:
Deux lots de spécimens ont été préparés. Le premier lot contient des éprouvettes
appartenant à la couche médiane du tube (obtenue par alésage et chariotage) et ayant les
mêmes dimensions. Ces spécimens sont uniformément répartis dans la longueur du tube et
dans le sens radial (figure VI.1).
Les spécimens sont découpés selon les formes et dimensions prescrites par la norme
ASTM E 399-90 [3,25]. Les dimensions des éprouvettes et les conditions d'essais sont
représentés dans le chapitre 2.
I II III IV V VI
Un deuxième lot de spécimen est également découpé sur le même tube en variant
cette fois les épaisseurs des spécimens pour mesurer la résilience du matériau à chaque
couche du tube (figure VI.2).
189
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
4. Résultats et discussions:
4.1 Evolution de la résilience à travers un tube en HDPE-100:
Pour des spécimens en forme d'arc extraits à partir d'un tube (notre cas d'étude)
Niglia [1] a présenté les relations permettant de calculer les fonctions f(a/W) et h(a/W):
. . . ( ) . ( )
= (11)
( / ) /
Ces relations sont valides pour un pourcentage d'erreur ± 1% pour 0.2 < a/W < 1. La
constante géométrique α est prise comme pour le cas des éprouvettes SE(B) [ 20]: α=3S/2W.
190
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
Anneaux Arc E(mm) W(mm) a(mm) B(mm) r1/r2 C' C0(r) dC’/dx
I 1 11.2 10.3 2 8.2 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
2 11.2 10.3 2 8.23 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
3 11.2 10.6 2 8.25 0.77 5.67 9.20 44.78 0.33
4 11.2 10.1 2 8.39 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
5 11.2 10.7 2 8.24 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
II 1 11.2 10.3 2 8.11 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
2 11.2 10.6 2 8.26 0.77 5.67 9.20 44.78 0.33
3 11.2 10.1 2 8.13 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
4 11.2 10.7 2 8.26 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
5 11.2 10.2 2 8.22 0.77 6.01 9.20 46.47 0.33
III 1 11.2 10.3 2 8.14 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
2 11.2 9.6 2 8.25 0.77 6.59 9.20 49.42 0.32
3 11.2 10.1 2 8.00 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
4 11.2 10.3 2 8.21 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
5 11.2 9.6 2 8.25 0.77 6.59 9.20 49.42 0.32
IV 1 11.2 10.1 2 8.32 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
2 11.2 10.7 2 8.89 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
3 11.2 10.1 2 8.25 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
4 11.2 10.7 2 8.20 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
5 11.2 10.5 2 8.22 0.77 5.75 9.20 45.18 0.33
V 1 11.2 10.4 2 8.23 0.77 5.83 9.20 45.60 0.33
2 11.2 10.3 2 8.25 0.77 5.92 9.20 46.03 0.33
3 11.2 9.6 2 8.2 0.77 6.59 9.20 49.42 0.32
4 11.2 10.1 2 8.33 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
5 11.2 10.7 2 8.24 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
VI 1 11.2 10.4 2 7.75 0.77 5.83 9.20 45.60 0.33
2 11.2 10.7 2 8.02 0.77 5.59 9.20 44.38 0.33
3 11.2 10.1 2 8.12 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
4 11.2 8.2 2 8.13 0.77 8.49 9.20 59.07 0.30
5 11.2 10.1 2 7.86 0.77 6.10 9.20 46.93 0.33
Les valeurs de B/W et S/W sont constantes (figure 26 chapitre 2) et C0 est fonction
de r1/r2. Pour 0.6 <r1/r2<1 et a/W=0.20 et ʋ=0.3, C0 est donné par la relation (14) avec 1%
d'erreur et la fonction ϕ est donnée par la relation (15) similaire à celle de l'étude [15]:
( . . )
( ) = 10.879 + 3.136 − 2.165 − 2.51 (14)
ϕ= ⁄
(15)
191
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
où:
Pour ce lot d'éprouvettes les valeurs de x=a/W et r=r1/r2 sont représentées dans le
tableau II.13 du chapitre 2. En les remplaçant dans les relations (13) à (16) on obtient les
facteurs de correction pour chaque éprouvette. Le tableau VI.1 regroupe les valeurs des
facteurs de correction de l'énergie des 30 échantillons testés appartenant au lot 1.
Les courbes de la figure 3 représentent les valeurs corrigées des énergies de choc en
fonction de la fonction de complaisance pour des échantillons appartenant à trois différents
arcs du tube.
Arc I
0,800
0,700
0,600
Up corrigée, J
0,500
0,400
0,300
0,200
0,100
0,000
26,500 27,000 27,500 28,000 28,500 29,000 29,500 30,000
B.W.φ, mm2
Arc II
1,000
0,800
Up corrigée, J
0,600
0,400
0,200
0,000
25,000 25,500 26,000 26,500 27,000 27,500 28,000
B.W.φ, mm2
192
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
10,000
9,000
1
8,000
2
7,000
3
GIC, kJ/m2
6,000
5,000 4
4,000 5
3,000
2,000
1,000
0,000
Anneau I Anneau II Anneau III Anneau IV Anneau V Anneau VI
Figure VI.4: Evolution de la résilience dans d'un tube en HDPE (sens radial et longitudinal)
Tableau VI.2: Variation de GIC dans le sens longitudinal et le sens radial dans la paroi d'un
tube en HDPE100
193
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
Les résultats présentés dans le tableau VI.2 montrent que la variation de GIC dans le
sens longitudinal et radial n'est pas très importante.
Pour cette étude nous allons nous intéresser à l'évolution de la résilience dans
l'épaisseur du tube en HDPE-100. Pour cela nous avons usiné les échantillons dans 5 couches
du tube. Les dimensions des échantillons sont regroupées dans le tableau II.12 du chapitre 2.
Pour calculer les facteurs de correction de l'énergie de rupture nous avons utilisé les
équations (11) à (16). Les résultats sont résumés dans le tableau VI.3 pour les 15 échantillons
utilisés. La figure VI.5 représente les valeurs de la résistance à la rupture au choc de chaque
couche du tube en HDPE.
′
Spécimen x= a/W r=r1/r2 C' C0(r)
A 0.098 0.83 2.65 8.51 27.34 0.41
Couche I
(externe) B 0.097 0.83 2.64 8.51 27.27 0.41
C 0.098 0.83 2.67 8.51 27.41 0.41
A 0.109 0.85 3.08 8.22 28.76 0.39
Couche II
B 0.111 0.85 3.14 8.22 29.04 0.39
(Intermédiaire)
C 0.108 0.85 3.05 8.22 28.58 0.39
A 0.123 0.88 3.61 7.92 30.63 0.38
Couche III
B 0.124 0.88 3.63 7.92 30.75 0.38
(Médiane)
C 0.121 0.88 3.54 7.92 30.27 0.38
A 0.154 0.91 4.71 7.61 35.49 0.35
Couche IV
B 0.154 0.91 4.71 7.61 35.49 0.35
(Intermédiaire)
C 0.152 0.91 4.63 7.61 35.06 0.35
A 0.215 0.94 7.33 7.30 48.20 0.30
Couche V
B 0.215 0.94 7.33 7.30 48.20 0.30
(Interne)
C 0.217 0.94 7.44 7.30 48.78 0.30
194
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
25
20
GIC, kJ/m2
15
10
0
Couche I Couche II Couche III Couche IV Couche V
Position dans la paroi du tube
A partir de ces résultats on peut constater que la couche interne du tube est nettement
plus résistante au choc par rapport aux autres couches du tube. Ceci est expliqué par le mode
de fabrication de ces tubes. En effet à la sortie du tube de l'extrudeuse il est refroidit
brusquement par un jet d'eau ce qui fragilise la couche externe.
Les résultats du tableau VI.4 confirment le fait que la variation dans le sens de
l'épaisseur du tube est très significative.
195
Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
5. Conclusion:
Dans chapitre nous avons déterminé la résistance radiale à la rupture au choc du
polyéthylène de haute densité tubulaire de grade 100. Pour cela nous avons utilisé des
éprouvettes en forme d'arc pour préserver l'historique du matériau. Une fonction de
correction a été utilisée.
Les résultats montrent que la résilience du tube en HDPE-100 est quasi constante le
long du tube et dans la direction radiale, Cependant une grande différence est
remarquée entre les différentes couches du tube. La couche interne est la plus tenace
ceci est dû au mode de fabrication de ces tubes.
6. Bibliographie:
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toughness of polyethylene using arc-shaped specimens, Engineering Fracture
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Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
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property investigations. Polymer Engineering and Science, 46:1358–1362, 2006.
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Chapitre VI: Détermination de la résilience du HDPE tubulaire
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E399-90-A9.
198
Conclusion générale
Conclusion générale
Conclusions:
Cette étude montre que l’usinage des polymères présente quelques spécificités à
prendre en compte;
L’avance est le paramètre le plus influent sur les critères de rugosité.
L’effort tangentiel est prépondérant par rapport aux deux autres efforts (Fr et Fa), pour les
deux matériaux (HDPE-80 et HDPE-100).
Les augmentations de la profondeur de passe ainsi que celles des avances font augmenter la
température dans la zone de coupe même à faible vitesse de coupe. L’augmentation des
vitesses de coupe donne naissance à une augmentation des frottements qui élève la
température dans la zone de coupe.
La dureté du HDPE-80 entre 0°C et 40°C est supérieure à celle du HDPE-100, ce qui permet
d’avoir un meilleur état de surface dans le cas du HDPE-80.
L'analyse Gris relationnelle (GRA) basée sur un la table orthogonale de Taguchi nous a
permis d'optimiser les opérations de tournage du polyéthylène haute densité (PEHD).
199
Conclusion générale
La distribution des contraintes résiduelles circonférentielles n’est pas uniforme à travers les
parois de tube.
Les contraintes résiduelles de compression pour la couche externe sont plus importantes par
rapport à celles de la couche interne.
L’étude de la distribution des propriétés mécaniques à travers la paroi du tube
en HDPE -100 (eau) est mise en œuvre pour déterminer les différences locales.
Il est constaté que les propriétés représentant des contraintes augmentent de l'extérieur vers
des couches intérieures. Ceci est expliqué par l'évolution de la cristallinité puisque le
processus de fabrication implique un refroidissement différentiel et aussi une génération de
contraintes résiduelles.
En termes de déformations, les tendances ne sont pas tout à fait évidentes. D'autre part, la
relation entre la contrainte d’écoulement et le module d’élasticité est caractérisée par une
forte corrélation linéaire croissante.
200
Annexes
ANNEXE A:
Cet abaque a été établi en considérant les diamètres intérieurs des tuyaux.
ANNEXE B
ANALYSE DE LA VARIANCE
Nn N
i 1
i
(E
SCE f γ f .
i 1
f ) f i
2
( y y )
γf .
i 1
i
2
avec:
N
y
1
y i la moyenne des réponses ;
N i 1
Pour les interactions mettant en jeu les facteurs f et g, la somme des carrés des écarts
vaut :
Nni Nn j
SCE fg δ fg ( y ij y i y j y ) 2
i 1 j 1
avec :
Le calcul des degrés de liberté d’une interaction est le produit des ddl des facteurs mis
en jeu dans cette interaction.
La généralisation aux interactions d’ordre supérieur se fait de la même façon.
On déduit alors la valeur des carrés moyens, associés au facteur ou à l’interaction
considéré(e) x, comme étant :
SCE x
CM x Pour 2 facteurs, on peut écrire la décomposition suivante :
ddl x
y ij y ( y i y ) ( y j y ) (y ij y i y j y )
On réalise alors une somme sur i et j, des 2 côtés de l’égalité mis préalablement au
carré. La somme se fait ainsi sur les niveaux de tous les facteurs.
On aboutit alors à l’équation de variance, démontrant l’additivité des sommes des
carrés des écarts (membre de droite) :
Nni Nnj
SCE t (y ij y ) 2 SCE x
i 1 j 1
avec :
SCEt : la somme des carrés des écarts totale ;
SCEx : (x désignant un facteur ou une interaction) la somme des carrés factorielle.
Enfin, notons la relation donnant entre autre la valeur de ddlt : le nombre de degrés de
liberté total :
ddlt facteurs ddl i interactions ddl i
2. Variance résiduelle
Lorsqu’il existe une erreur expérimentale non nulle, l’équation de variance fait
apparaître un nouveau terme appelé communément variance résiduelle (SCEr) :
SCEt SCE x SCE r
La détermination de SCEr est nécessaire puisqu’elle intervient dans les tests composant
l’analyse de variance. En effet, c’est à cette variance résiduelle que les SCEx sont
comparées afin de déterminer les caractères significatifs des facteurs et des
interactions x.
La variance résiduelle est un point de comparaison. Elle doit traduire une variation des
valeurs de réponse, dont l’amplitude est arbitrairement considérée comme faible. Tout
facteur influent doit donc posséder des caractéristiques fortement différentiées de
celles de cette composante.
Dans le cas des expériences réelles, la variance résiduelle est prise comme étant un
estimateur de la variance expérimentale, qui traduit la variabilité inhérente des
résultats sur plusieurs réalisations d’expériences identiques. Cependant, l’utilisation
d’expériences virtuelles exclut cette possibilité.
Dans le même temps, l’équation de variance doit toujours être vérifiée : la variance
résiduelle (SCEr) est dans tous les cas une composante de la somme des carrés des
écarts totale (SCEt).
La variance résiduelle est le plus souvent calculée comme étant la somme des carrés
des résidus, i.e. des écarts entre réponses mesurées (y) et réponses calculées (ymod)
correspondantes [63 et 64].
Il s’agit donc de :
N
SCE r (y( i x) y mod ( ix)) 2
i 1
SCE r SCE
CMr i
ddl r ddl i
Les sommes des carrés des écarts (SCE) et les nombres de degrés de liberté (ddl) se
rapportant aux interactions choisies.
Cette solution permet de retrouver la première écriture de l’équation de variance vue
précédemment :
SCE r SCE
CMr i
ddl r ddl
i
SCE t SCE x
De manière générale, si une telle variance résiduelle ne peut être construite, il est
inutile de calculer l’ANOVA : ses résultats seraient inexploitables.
Par exemple, si les effets des interactions sont du même ordre de grandeur que ceux
des facteurs principaux, ce dernier mode de construction de SCEr devient inapplicable
car il n’est alors plus possible d’assimiler la variance construite à une composante
résiduelle ou de bruit.
3. Test de Fisher-Snedecor
Le test de Fisher-Snedecor permet de comparer 2 variances, par utilisation de la loi
statistique dite de Fisher (ou loi F). Celle-ci travaille sur un quotient de variances et
prend en compte le nombre de degrés de liberté de chacune d’elles. Les variances
concernées doivent être celles de variables aléatoires à distribution normale et à
variances constantes.
On calcule alors le ratio suivant, pour le facteur considéré :
CM x
Fobs
CMr