Sages-femmes et Risques d'Exposition
Sages-femmes et Risques d'Exposition
Filière : sage-femme
INFSPM (SBA)
Avant tous nous tenons à remercier notre dieu ALLAH le tout- puissant d'avoir choisi pour nous ce
noble métier et de nos avoir donné la patience et le courage durant ces langues années d’études.
Nous exprimons nos remerciements à notre directeur de mémoire et notre chef d’option Mr KENDI
à l’institut national de formation supérieure paramédicale de SIDI BEL ABBES, pour sa patiente, sa
disponibilité, son aide et son encadrement qui ont permis la réalisation de ce mémoire et nous
tenons à remercier Mme MANSOURI Touria pour la qualité de son enseignement, ses conseils
précieux et la bienveillance qu’il porte à tous les étudiantes.
Nous adressons nos sincères remercîments à notre directeur Mr BENADDIS de l’INFSP à SIDI
BEL ABBES.
Un grand merci à toutes les personnes qui ont contribué au succès de nos stages et qui nous ont
aidés lors de la rédaction de ce mémoire.
Résume :
Les professionnels de santé, y compris les sages-femmes, sont exposés à des risques
d'accidents d'exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques dans le cadre de leur
travail. Ces accidents peuvent survenir lors de gestes invasifs ou d'expositions cutanées ou
muqueuses involontaires. Ils représentent un risque potentiel de transmission des agents
infectieux comme le VIH, les hépatites B et C.
L'étude menée dans cette thèse, sous la forme d'une étude descriptive, analytique et
expérimentale, a eu lieu à l'EHS Mère-Enfant BENATTOU Mira de la wilaya de SIDI
BEL ABBES. Elle portait sur le thème "Les Connaissances et Pratiques des Sages-
femmes en Matière d'Accidents d'Exposition au Sang et aux Liquides Biologiques". Notre
travail s'est concrétisé en quatre parties : la profession de sage-femme, les notions sur les
accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques, la prévention et les mesures de
protection, ainsi que la conduite à tenir en cas d'AES.
Pour réaliser cette enquête et recueillir des informations, nous nous sommes basés sur un
questionnaire destiné aux 60 sages-femmes exerçant dans les différents services de la
maternité. De plus, nous avons créé et proposé une plateforme numérique de déclaration
des AES afin de faciliter et encourager la déclaration de ces accidents.
Abstract:
Healthcare professionals, including midwives, are exposed to the risk of blood and body
fluid exposure accidents (BBFEs) in their workplace. These incidents can occur during
invasive procedures or involuntary skin or mucosal exposures, posing a potential risk for
the transmission of infectious agents such as HIV, hepatitis B, and hepatitis C.
This thesis presents a descriptive, analytical, and experimental study conducted at the
BENATTOU Mira Mother-Child Hospital in SIDI BEL ABBES, Algeria. The study
focused on "Knowledge and Practices of Midwives Regarding Blood and Body Fluid
Exposure Accidents." The research was structured into four parts: the midwifery
profession, concepts of BBFEs, prevention and protective measures, and conduct in case
of exposure incidents.
Résume :..............................................................................................................................................
INTRODUCTION :...........................................................................................................................1
Problématique :..................................................................................................................................4
Les objectifs.......................................................................................................................................5
Les hypothèses...................................................................................................................................6
Chapitre I:..........................................................................................................................................7
La profession de la sage-femme........................................................................................................7
1. Définitions :.............................................................................................................................11
1. La vaccination :........................................................................................................................26
SUGGESTIONS :............................................................................................................................92
Conclusion :...................................................................................................................................101
Annexes :.......................................................................................................................................111
Liste des tableaux :
Tableau N°01 : Risque de contamination virale selon les liquides biologiques après
accident d’exposition professionnelle.
Tableau N°01 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur nombre d’année
d'exercice de ce métier.
Tableau N°02 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur service d'exercice de
ce métier.
Tableau N°03 : Répartition des nombres des sages-femmes ayant reçu une formation sur
les Accidents d'Exposition au Sang et aux liquides biologiques au cours de leur formation
initiale ou continue.
Tableau bis N°06 : Répartition des agents pathogènes pouvant être transmis par ce
contact.
Tableau N°07 : Répartition des liquides biologiques pouvant potentiellement transmettre
des agents infectieux.
Tableau N°08 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur réaction
immédiate en cas d'exposition percutanée.
Tableau N°09 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur les
désinfectants adaptés.
Tableau N°10 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le temps de
désinfection.
Tableau N°11 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur réaction
en cas de projection de sang ou de liquide biologique sur une muqueuse ou une peau
lésée.
Tableau N°13 : Répartition des réponses des sages-femmes sur leur vaccination contre
l'hépatite B.
Tableau N°14 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des gants pour
réaliser les actes de soins.
Tableau N°15 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des équipements
de protection individuelle tels que masque, tablier jetable en plastique, sabots coqués et
lunettes lors d'un accouchement et de la délivrance.
Tableau bis N°15 : Répartition des causes de non-port d'aucun équipement de protection
lors des accouchements.
Tableau N°16 : Répartition de nombre des sages-femmes victimes d'AES et aux liquides
biologiques.
Tableau bis N°16 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le nombre
d'AES et aux liquides biologiques subis.
Tableau N°17 : Répartition des circonstances les plus fréquentes d'Accidents
d'Exposition au Sang (AES) dans leur pratique professionnelle.
Tableau N°19 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le délai de
déclaration d'un AES.
Tableau N°20 : Répartition des réponses des sages-femmes sur l'utilité d'une plateforme
numérique pour la déclaration des AES au niveau de leur service.
Liste des figures
Figure N°10 : Système de prélèvement de sang sous vide pour aiguilles de sécurité à
usage médical, stériles et à usage unique avec aile.
Figure N°11 : Seringue de sécurité rétractable.
Figure N°01 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur nombre d’année
d'exercice de ce métier.
Figure N°02 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur service d'exercice de
ce métier.
Figure N°03 : Répartition des nombres des sages-femmes ayant reçu une formation sur
les Accidents d'Exposition au Sang et aux liquides biologiques au cours de leur formation
initiale ou continue.
Figure N°06 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le risque infectieux du
contact avec le sang et les liquides biologiques.
Figure bis N°06 : Répartition des agents pathogènes pouvant être transmis par ce contact.
Figure N°08 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur réaction
immédiate en cas d'exposition percutanée.
Figure N°09 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur les
désinfectants adaptés.
Figure N°10 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le temps de
désinfection.
Figure N°11 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur réaction en
cas de projection de sang ou de liquide biologique sur une muqueuse ou une peau lésée.
Figure N°13 : Répartition des réponses des sages-femmes sur leur vaccination contre
l'hépatite B.
Figure N°14 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des gants pour
réaliser les actes de soins.
Figure N°15 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des équipements de
protection individuelle tels que masque, tablier jetable en plastique, sabots coqués et
lunettes lors d'un accouchement et de la délivrance.
Figure bis N°15 : Répartition des causes de non-port d'aucun équipement de protection
lors des accouchements.
Figure N°16 : Répartition de nombre des sages-femmes victimes d'AES et aux liquides
biologiques.
Figure bis N°16 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le nombre
d'AES et aux liquides biologiques subis.
Figure N°17 : Répartition des circonstances les plus fréquentes d'Accidents d'Exposition
au Sang (AES) dans leur pratique professionnelle.
Figure N°19 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le délai de
déclaration d'un AES.
Figure N°20 : Répartition des réponses des sages-femmes sur l'existence d'une plateforme
numérique au niveau de leur service qui facilite la déclaration.
Liste des abréviations
ART : Article.
EX : Exemple.
T : Thymocyte.
B : Bourse de Fabricius.
FH : Fièvre Hémorragique.
C : Celsius.
UU : Usage Unique.
DM : Dispositifs Médicaux.
CV : Charge Virale.
IM : Intramusculaire.
SC : Sous-cutané.
UI : Unité Internationale.
L : Litre.
S : Semaine.
AT : Accident de Travail.
INTRODUCTION :
Un AES est défini par tout contact avec du sang ou un liquide biologique
potentiellement contaminé, que ce soit par effraction cutanée (piqûre ou coupure) ou
par projection sur les muqueuses (yeux, bouche) ou la peau lésée. Ces liquides
biologiques sont susceptibles de véhiculer divers agents pathogènes redoutables. Les
plus connus sont le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le virus de l'hépatite
B (VHB) ou encore le virus de l'hépatite C (VHC). D'autres agents pathogènes moins
connus peuvent être également transmis tels que les virus de la fièvre hémorragique,
de la dengue, Ebola ou le parvovirus B19. Les virus VIH, VHB et VHC sont
particulièrement préoccupants du fait de la gravité des pathologies qu'ils provoquent.
Parmi les situations à risque élevé pour les sages-femmes, on retrouve notamment les
projections oculaires lors des accouchements, les piqûres lors des réfections
d'épisiotomies ou de sutures, ainsi que les piqûres, coupures liées à la manipulation
d'instruments souillés.
Les précautions standard (PS), fondées sur des gestes simples comme l'hygiène des
mains ou le port d'équipements de protection individuels, constituent la base de la
1
Introduction :
Il est important pour les professionnels de santé de déclarer leurs AES lorsqu'ils en
sont victimes. La déclaration permet d'évaluer les risques de contamination, de mettre
en place un suivi et un traitement prophylactique en cas de contamination, et permet
également d'identifier les facteurs de risque d'accidents et d'orienter la prévention.
Une étude parisienne révèle que 70% des AES sont non déclarés et 57% des
professionnels de santé n'ont déclaré aucun de leurs AES. Les principales raisons
évoquées sont le manque de temps, la complexité de la procédure, l'absence de gravité
mais aussi la banalisation liée à la fréquence des AES : « plus on subit d'AES, moins
on les déclare ».
C'est dans cette optique que s'inscrit ce mémoire, centré spécifiquement sur la
problématique des accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques chez les
sages-femmes, une profession particulièrement à risque et systématique dans cette
profession, ainsi que proposer des recommandations adaptées pour améliorer la
prévention et la gestion optimale des AES. En effet, malgré les dangers inhérents à
leur pratique combinant soins infirmiers et actes médicaux en contexte obstétrical,
cette population reste encore insuffisamment étudiée. Une analyse approfondie,
évaluant leurs connaissances, mettant en évidence les carences et les freins
comportementaux, sera réalisée auprès d'un échantillon représentatif. L'objectif est de
2
Introduction :
3
Problématique
Problématique :
Un accident d'exposition au sang (AES) est défini comme tout contact percutané (piqûre,
coupure), muqueux (œil...) ou sur peau lésée (eczéma, plaie...) avec du sang ou un produit
biologique potentiellement contaminés ou contenant du sang (liquide amniotique, salive,
urine, etc.) pour lequel le risque viral a été prouvé.
Durant nos stages à EHS Mère-Enfant BENATTOU Mira, SIDI BEL ABBES, nous avons
remarqué que la plupart des sages-femmes sont fréquemment exposées au sang et aux
liquides biologiques potentiellement contaminés. Un non-respect des précautions standard
est également observé. Les sages-femmes semblent mal ou pas informées sur les mesures
de prévention liées à l'exposition au sang et aux liquides biologiques, ainsi que sur la
conduite à tenir pour une prise en charge optimale après un accident d'exposition au sang
(AES), avec une négligence dans la déclaration de ces incidents."
Quelles sont les connaissances et le suivi des sages-femmes suite aux accidents
d'exposition au sang et aux liquides biologiques ? Et comment simplifier la
déclaration des AES au sein de cette profession ?
4
Objectifs
Les objectifs
Évaluer les connaissances des sages-femmes ainsi que leurs réactions face
aux accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques, dans le but
de minimiser les risques d'accidents dans leur pratique professionnelle.
5
Les hypothèses
Pour une réponse primitive nous avons retenu les hypothèses suivantes :
Les sages-femmes ont des connaissances insuffisantes sur la conduite à tenir et les
procédures à suivre en cas d'accident d'exposition au sang ou aux liquides
biologiques.
6
Chapitre I :
La profession de la sage-femme
7
Chapitre I : La profession
de la sage-femme
1. Définition de la sage-femme :
Art. 20. Les sages-femmes sont chargées, notamment :d'assurer les consultations dans
les domaines de leur compétence; de poser le diagnostic et de surveiller la grossesse ;de
8
Chapitre I : La profession
de la sage-femme
préparer et d'accompagner le couple à la naissance de dépister et de surveiller les
grossesses à haut risque; de surveiller, d'accompagner le travail et l'accouchement et de
pratiquer l'accouchement normal; d'accueillir et de prendre en charge le nouveau-né;
d'assurer le suivi du post-partum et d'accompagner la femme à l'allaitement maternel;
d'organiser et d'animer des actions de prévention et d'éducation à la santé de la mère, du
couple et de la famille; de participer à la formation et à l'encadrement des étudiantes
Art. 21. Outre les tâches dévolues aux sages-femmes, les sages-femmes principales
sont chargées, notamment de parturientes ; veiller à la bonne prise en charge des de veiller
à la disponibilité du matériel et des médicaments nécessaires à la garde et de veiller à la
transmission des consignes ; de participer à l'encadrement des stagiaires sages-femmes.
Art. 22. Les sages-femmes de santé publique sont chargées, notamment: d'assurer les
consultations prénatales ; de poser le diagnostic et de surveiller la grossesse ;de préparer et
d'accompagner le couple à la naissance; de dépister et de surveiller les grossesses à haut
risque: dépister et de surveiller les grossesses à haut risque; de surveiller, d'accompagner le
travail et l'accouchement et de pratiquer l'accouchement normal; d'accueillir et de prendre
en charge le nouveau-né ,d'assurer le suivi du post-partum et d'accompagner la femme à
l'allaitement maternel ;d'organiser et d'animer des actions de prévention et d'éducation à la
santé de la mère, du couple et de la famille; de participer à la formation et à l'encadrement
des étudiantes.
Art. 23. Outre les tâches dévolues aux sages-femmes de santé publique, les sages-
femmes spécialisées de santé publique sont chargées, selon leur spécialité : d'assurer le
suivi du développent fœtal et le dépistage des anomalies, le monitorage fœtal, le
monitorage ovarien et le contrôle de la pose du dispositif intra-utérin et son suivi; de
préparer, de prescrire et de pratiquer toutes les méthodes de préparation à l'accouchement
sans douleur.
Art. 24. Outre les tâches dévolues aux sages-femmes spécialisées de santé publique,
les sages-femmes en chef de santé publique sont chargées, notamment d'élaborer et de
réaliser, en liaison avec l'équipe médicale, le projet de service ; d'assurer le suivi et
l'évaluation des activités des sages-femmes ; d’assurer la gestion de l'information relative
aux activités des sages-femmes ; d'accueillir et d'organiser l'encadrement des étudiantes et
des stagiaires [3].
9
Chapitre II :
Notions sur les accidents d'exposition au sang
et aux liquides biologiques
10
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques
1. Définitions :
1.1 L’accident :
Est considéré comme accident de travai l<< tout accident ayant entraîné une lésion corporelle
imputable à une cause soudaine, extérieure, et survenue dans le cadre de la relation de travail.
Ainsi, même l’accident survenu pendant le trajet effectué par l’assuré pour se rendre à son travail
ou en revenir, est considéré comme accident de travail (et ce, quelque soit le moyen de transport
utilisé)>> [5].
Sont assimilés à des AES, les accidents survenus dans les mêmes circonstances avec
d'autres liquides biologiques considérés comme potentiellement contaminants même s'ils
ne sont pas visiblement souillés de sang.
Les AES présentent un dommage plus ou moins important selon le danger des
microorganismes présents dans le liquide biologique et le mode d'exposition du personnel
[6].
11
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Piqûre ou coupure avec un matériel neuf ou stérilisé non encore utilisé (une
piqûre ou coupure avec un matériel souillé qui est entré dans un processus de
décontamination nécessite une évaluation spécifique pour déterminer s’il
existe encore un risque de transmission virale).
Contact cutanéo-muqueux avec un liquide biologique non contaminant (ex.
urines).
Contact des gants avec du sang.
Projections de salive sur la peau ou au visage.
Contact cutanéo-muqueux suivi d’une désinfection dans les 15 minutes [7].
1.4 Le sang :
Le sang est un tissu liquide qui circule dans notre corps grâce aux vaisseaux sanguins. Il
est composé de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes qui baignent dans un
liquide appelé plasma.
Le sang joue un rôle essentiel dans le transport de l'oxygène, des nutriments, des anticorps
et des hormones. Chez un adulte, le volume sanguin est d'environ 5 litres mais ce volume
varie en fonction du poids, de la taille et du sexe de l'individu. La composition du sang est
la suivante :
Les globules rouges contiennent de l'hémoglobine qui donne au sang sa couleur rouge. Ils
ont pour rôle de transporter l'oxygène de nos poumons vers les autres organes du corps.
Dans le sang, ces cellules sont les plus nombreuses. En effet, il y a environ 5 millions de
globules rouges par millimètre cube de sang.
12
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Les globules blancs (ou leucocytes) sont des cellules du système immunitaire qui nous
protègent des agressions extérieures telles que les bactéries, les virus, les cellules
étrangères, etc.
Il existe trois types de globules blancs : des granulocytes, lymphocytes et monocytes qui
assurent chacun, par leur spécificité propre, les fonctions de défense. On en dénombre
entre 4000 et 10.000 par mm³.
Les plaquettes :
Les plaquettes ou thrombocytes ont un rôle primordial dans la prévention ou l'arrêt des
saignements internes et externes de notre corps. Lorsqu'on se coupe, la coagulation se fait
par la formation d'un caillot (thrombus) ou d'une croûte, grâce à l'action des plaquettes.
1.4.2 Le plasma :
Le plasma est la partie liquide du sang qui est composée à 90% d'eau et qui transporte tous
les éléments du sang. Les 10% restants contiennent des lipoprotéines, de l'albumine, les
protéines de coagulation et les immunoglobulines [8].
Un liquide biologique est une substance produite par le corps humain. On distingue
les liquides appartenant à un circuit fermé ou une cavité, qu'ils soient circulants (sang,
lymphe) ou non circulants (liquide péritonéal, liquide amniotique, etc.). Ils se différencient
des liquides en circuit ouvert avec ou sans système spécifique (urine, sperme, lait, salive,
sueur, expectoration, etc.) [9].
Certains liquides biologiques non sanguins peuvent aussi contenir des agents infectieux et
donc générer un risque de transmission en cas d'exposition [7].
13
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
De nombreuses maladies sont susceptibles d'être transmises par le sang ou d'autres liquides
biologiques lors de l'administration de produits sanguins ou dans le cadre professionnel par
piqûre/blessure ou par contamination de la peau ou des muqueuses [7].
14
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Dans ce contexte, les infections les plus importantes sont celles causées par le VIH et les
hépatites (VHB et VHC), qui représentent un risque particulier en raison de la gravité des
infections qu'elles entraînent [7].
l'organisme devient incapable de lutter contre les agents infectieux, ce qui permet le
développement des infections opportunistes qui peuvent être graves[10].
15
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Le VIH est un virus fragile, qui peut rester viable jusqu'à plusieurs semaines à température
ambiante en solution aqueuse. Sa durée de survie varie selon les conditions expérimentales.
Transmission :
On ne peut être infecté par les contacts de la vie courante tels que baiser, étreinte, poignée
de main ou partage d'objets personnels, d'eau ou de nourriture [12].
Evolution en symptômes :
Sans traitement antirétroviral La durée de chaque phase peut varier considérablement
d’une personne à l’autre.
1 | Primo-infection : Il s’agit de la période suivant l’entrée du virus dans le corps
humain. À ce stade, le virus se multiplie rapidement et la probabilité de transmission est
élevée. Cette première phase survient dans les premières semaines suivant l’infection et
peut s’accompagner de symptômes qui ressemblent à ceux d’une grippe ; tels que la fièvre,
les maux de gorge, les douleurs musculaires, la fatigue, le gonflement des ganglions
lymphatiques et les éruptions cutanées.
Ces symptômes disparaissent généralement après quelques jours et peuvent
facilement passer inaperçus. La séroconversion survient généralement dans les 2 à 4
16
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
semaines suivant l’infection, lorsque le système immunitaire commence à produire des
anticorps pour se défendre contre le VIH. Il faut jusqu’à trois mois pour que le corps
produise ces nouvelles protéines (anticorps) qui tenteront d’attaquer à leur tour le virus. À
partir du moment où une personne a des anticorps anti-VIH dans son sang, elle est
séropositive. La primo-infection peut être un moment critique pour la transmission, car la
charge virale est potentiellement très élevée et la personne ignore qu’elle a contracté le
VIH.
2 | Phase asymptomatique : Durant cette période (dont la durée peut varier beaucoup
d’une personne à l’autre, allant jusqu’à 10 ans pour certaines), la personne vivant avec le
VIH ne ressent généralement pas ou peu de symptômes liés à la présence du virus dans son
corps. Cependant, le VIH reste tout de même actif et continue d’infecter d’autres cellules
immunitaires, faisant chuter graduellement le nombre de lymphocytes T CD4 qu’il utilise
pour se répliquer. En l’absence de traitement, il n’est pas contrôlé et l’infection continue à
se développer.
4 | Sida : L’apparition d’infections opportunistes causées par des bactéries, des virus
ou des champignons, ou de certains types de cancers désigne la phase sida. Ces maladies,
dites opportunistes, se présentent rarement chez une personne dont le système immunitaire
est intact. Ces infections particulières au VIH profitent d’un système immunitaire affaibli
pour se développer et certaines peuvent être potentiellement mortelles si aucun traitement
n’est amorcé à cette étape [13].
17
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
2.2 Le virus de l’hépatite B (VHB) :
Le VHB peut survivre à l’extérieur de l'hôte, et sur les surfaces au moins 7 jours à
température ambiante, Au cours de cette période, il peut encore provoquer une infection
s’il pénètre dans l’organisme d’une personne non protégée par le vaccin.
L’OMS estime que 254 millions de personnes vivaient avec une hépatite B chronique
en 2022 et l’on dénombre 1,2 million de nouvelles infections chaque année.
Transmission :
Evolution en symptômes :
La phase aiguë : sans symptômes dans environ 60% des cas, la personne guérit
d’elle-même dans les 6 mois et développe une immunité. Les symptômes, lorsqu’il y en a,
sont : Jaunissement des yeux et de la peau.
- Fatigue persistante.
- Douleurs articulaires et musculaires.
- Diarrhées, selles pâles, urines foncées.
- Rarement, éruptions cutanées.
La phase chronique : environ 5 à 10% des personnes vivant avec le VHB deviennent
des porteurs chroniques après 6 mois d’infection et restent porteurs du virus. L’infection
est alors Asymptomatique mais le virus peut être transmis.
L’hépatite B, dans moins de 1% des cas, peut se compliquer en une forme fulminante,
qui présente des symptômes mortels :
gravité est variable, pouvant aller d’une forme bénigne qui dure quelques semaines à une
maladie grave qui s’installe à vie.
19
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Survit plusieurs semaines à l'extérieur de l'hôte dans du sang séché. Une étude réalisée
en 2010 a évalué la viabilité du VHC dans différents types de seringues. La survie du virus
varie selon le type de seringue et la température, pouvant atteindre plusieurs semaines
L'OMS a estimé à 16 000 les infections professionnelles par le VHC dans le monde
suite à une exposition percutanée chez des personnels de santé, représentant environ 39 %
des infections à VHC dans cette population [19].
Transmission :
Transmission sanguine :
Par une exposition percutanée accidentelle à des liquides biologiques contaminés.
Par transfusion sanguine, lorsque les mesures de sécurité transfusionnelles ne sont
pas appliquées.
Par contact direct avec de la peau non intacte.
Par le tatouage, le perçage, l’électrolyse ou l’acupuncture dans des conditions non
stériles.
Lorsqu’il y a partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de
drogues (principal mode de transmission) ou partage de la drogue elle-même.
Transmission sexuelle : Elle peut aussi être transmise, quoique rarement, entre des
personnes vivant sous le même toit, possiblement en raison du contact physique
fréquent avec des coupures mineures ou des éruptions cutanées [20].
Evolution en symptômes :
20
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
La période d’incubation (l’intervalle de temps entre le contact initial avec le virus et
l’apparition de la maladie) de l’hépatite C dure habituellement de 6 à 7 semaines, mais peut
varier entre 2 semaines et 6 mois. Toutes les personnes infectées par le VHC ne
présenteront pas nécessairement de symptômes. Certaines personnes peuvent vivre avec
l’hépatite C pendant des années avant l’apparition des symptômes.
La phase aiguë :
Dans environ 60 à 75 % des cas, l'infection par le virus de l'hépatite C est asymptomatique.
Parmi les symptômes de l'infection aiguë par le virus de l'hépatite C (s'il y en a) figurent de
la fatigue, de la fièvre, des nausées et un jaunissement de la peau et des yeux.
Dans seulement 20 à 30 % des cas, l'évolution se fera spontanément vers la guérison sans
séquelle, le plus souvent dans les trois mois suivant l'apparition des signes cliniques.
La phase chronique :
Dans 75 % des cas, l’infection aiguë évolue vers une infection chronique. Environ 25
% des cas d’infection chronique se rétablissent par eux-mêmes (spontanément). Parmi les
symptômes de l’infection chronique figurent des nausées, des démangeaisons, de la
fatigue, une perte d’appétit, des saignements et des ecchymoses qui surviennent facilement,
une urine foncée, un gonflement et une accumulation de liquide, de la confusion, de la
somnolence et une perte de poids [21].
3. MODE DE CONTAMINATION :
21
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Les accidents cutanés par projection sur une muqueuse ou sur une peau lésée :
L'étude menée par Panlilio a révélé la présence d'au moins un AES ou une exposition aux
liquides biologiques dans 39% des 202 accouchements par voie basse analysés. La
majorité de ces expositions résultaient de projections de sang et de liquide amniotique, se
concentrant principalement sur des zones telles que le visage, le cou, la poitrine, les bras,
les poignets ou les avant-bras, ainsi que les mains [23].
Selon une autre étude, 21% des projections signalées survenaient lors d'épisiotomies, non
pas pendant la réalisation de l'épisiotomie elle-même, mais pendant l'expulsion où la
section accidentelle d'un petit vaisseau entraînait fréquemment une projection de sang [24].
Les accidents percutanés englobent toute situation où une personne est exposée
involontairement à des piqûres ou coupures causées par des aiguilles ou d'autres
instruments médicaux ayant été en contact avec des patients. Cela peut concerner non
seulement les professionnels de santé, mais également le personnel de ménage ou de
gestion des déchets. Ces incidents peuvent survenir lors de gestes médicaux tels que les
prélèvements sanguins, les injections ou lors de la manipulation d'objets tranchants.
À l'échelle mondiale, les accidents percutanés varient en moyenne de 0,2 à 4,7 incidents
par travailleur de la santé et par an, avec des disparités selon la région. Plusieurs études
22
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
citent la piqûre d'aiguille comme la cause la plus fréquente. Ces accidents sont
principalement liés à certaines procédures à risque telles que le recapuchonnage des
aiguilles [25].
Selon une étude, les aiguilles à suture courbes étaient le matériel le plus fréquemment
impliqué, avec 23% des AES déclarés par les sages-femmes survenant lors des réfections
d'épisiotomies. Ces réfections sont particulièrement propices aux accidents, en raison de la
manipulation d'aiguilles dans des tissus sanglants. De plus, les sages-femmes déclarent un
taux d'AES plus élevé lors de manipulations d'instruments souillés (58%) comparé aux
autres professions (35%). Ces accidents survenaient principalement en salle de travail, lors
de poses de voies veineuses périphériques, et dans les chambres, lors de prélèvements,
injections ou perfusions, lorsque les conteneurs n'étaient pas à portée de main (46% des
cas) [24].
Le type de l’AES :
Pour le VIH après un AES, le risque est estimé à 0,3% en moyenne après une piqûre avec
une aiguille creuse contenant du sang non coagulé d'un patient infecté par le VIH. Ce
risque est 10 fois plus faible en cas de contact cutanéo-muqueux ou de projection sur une
muqueuse. Pour les virus des hépatites B et C, les taux de transmission lors d'un AES sont
plus élevés.
Tabl
eau N°03 : Risque de transmission du VIH, VHC et VHB.
23
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Une blessure profonde (un saignement spontané et une douleur signifient que le
derme a été franchi) est associée à un risque augmenté de transmission virale lors
d'un AES.
Dispositif ayant pénétré dans un vaisseau sanguin.
Aiguille creuse contenant du sang.
Diamètre élevé de l'aiguille.
Temps de contact supérieur à 15 minutes en cas de projection.
Plus le délai entre le geste et l'AES est court, plus il y a un risque de transmission.
La coagulation du sang dans la lumière de l'aiguille réduit le risque de transmission.
Le VHB et le VHC sont très résistants ex vivo. À l'inverse, le VIH est beaucoup plus
fragile et son infectiosité ex vivo décline rapidement.
Il est plus important en cas de charge virale élevée chez le patient source et devient nul si
la charge virale est indétectable chez un patient traité efficacement.
24
Chapitre II : Notions sur les accidents d'exposition au sang et
aux liquides biologiques
Démarche post-exposition :
L'antisepsie ou le rinçage abondant post-exposition doivent être les plus rapides possibles
afin de minimiser la transmission virale.
La plupart des études démontrent qu'il faut commencer le traitement post-exposition (TPE)
le plus tôt possible et au plus tard 48 heures après l'accident [7;27].
25
Chapitre III :
Prévention et mesures de protection
26
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
1. La vaccination :
L’infection par le VHB est évitable par la vaccination disponible depuis le début des
années 80. De nombreuses études ont montré l’efficacité du vaccin pour prévenir toutes les
formes d’infection par le VHB, hépatite aiguë et infection chronique, même chez les sujets
à haut risque. Une étude conduite à Taïwan, en 1997, a confirmé l’efficacité du vaccin anti-
VHB même dans la prévention du cancer du foie.
Les personnes concernées sont celles qui sont en contact avec les patients et avec le
sang et autres produits biologiques, soit directement, soit indirectement lors de la
manipulation et du transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de
27
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
linge et de déchets de soins et les personnes exerçant les activités la blanchisserie;- les
pompes
28
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Le schéma vaccinal préconisé est trois (3) doses, du type 0-1-6 mois, qui respecte un
intervalle d'au moins un mois. Entre la première et la deuxième dose, la troisième dose
pouvant être, en pratique, réalisée entre 5 et 12 mois après la seconde dose [29]
Il y a un temps minimal nécessaire entre les doses (4 semaines), mais il n’y a aucun
maximum. Le patient qui n’aurait pas complété le schéma vaccinal, ne doit jamais le
reprendre à zéro, mais il doit terminer la série selon les modalités suivantes :
29
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Les Précautions Standard (PS) consistent en un ensemble de mesures qui doivent être
appliquées dans toutes les occasions de soins, y compris les situations d’urgence, et avec
tous les patients, afin de réduire au minimum le risque de transmission de micro-
organismes (microbiotes, germes) lors de contacts directs (mains, liquides biologiques) ou
indirects (environnement, dispositifs médicaux) avec le patient.
Les Précautions Standard s’adressent à l’ensemble des professionnels. Elles doivent être
appliquées lors de soins, pour tous les patients, lors de tout contact potentiel avec :
Tous les liquides et matières biologiques, qu’ils contiennent du sang ou non : sang ;
urines ; selles ; vomissures : expectorations ; liquide céphalo-rachidien ; salive ; sécrétions
nasales ; sperme ; sécrétions vaginales ; lait maternel ; autres liquides organiques à
l’exception de la sueur.
Le concept est basé sur le fait que dans chaque situation de soins, des patients porteurs de
micro-organismes identifiés cohabitent avec des patients qui peuvent être porteurs de
micro-organismes non identifiés. Les principes pour éviter la transmission de micro-
organismes (de patient à patient, du patient au personnel, du personnel au patient) reposent
sur le fait que tous les liquides biologiques sont potentiellement infectieux.
Les mains sont les instruments de travail les plus utilisés par tous les professionnels
de la santé mais aussi le mode de transmission de micro-organismes par excellence lorsque
leur hygiène n’est pas effectuée de manière optimale. Il est donc primordial, pour casser la
chaîne de transmission de micro-organismes, de s’assurer et de promouvoir une hygiène
des mains optimale.
30
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
5 indications de base a respecter : Un geste d’hygiène des mains doit être pratiqué :
RECOMMANDATIONS :
La peau sous les bagues/la montre est plus abondamment colonisée par des micro-
organismes que la peau des doigts. En effet, le port de bijoux facilite la présence et la
survie de flore microbienne transitoire.
Les zones péri-unguéales (situées autour ou en dessous des ongles) sont des
réservoirs de microorganismes, en particulier si les ongles sont longs et vernis ou s’il s’agit
31
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
de faux ongles. Le port de faux ongles peut contribuer à la transmission de certains micro-
organismes pathogènes associés aux soins [30].
Ils doivent également être portés lors des soins, chaque fois que le soignant présente
une lésion cutanée au niveau des mains.
RECOMMANDATIONS
32
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
33
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
La bonne protection faciale (masque et/ou lunettes, masque à visière) doit être
choisie en fonction de l’activité et du risque.
RECOMMANDATIONS
Le masque/masque à visière doit être porté dans les limites du temps d’efficacité
(recommandé par le fabricant, mais en règle générale inférieur à 3 heures) à
condition de ne pas le toucher. A cette seule condition, le personnel peut le
conserver pour prendre en charge successivement plusieurs patients.
Le masque ne doit jamais se retrouver autour du cou, sur le front, ou être stocké
dans les poches du soignant. • Le masque doit être remplacé : s’il est humide ;
abîmé ; et /ou contaminé par des liquides biologiques.
Le masque médical est un dispositif médical à usage unique (UU) et ne doit en
aucun cas être remis sur le visage une fois enlevé.
Il est recommandé de privilégier l’utilisation de masques médicaux de type IIR (3
ou 4 couches) lors de soins avec risque de projections importantes de liquides
biologiques, car ce sont les seuls qui garantissent une protection efficace (ils
résistent aux projections de fluides).
Le retrait du masque doit immédiatement être suivie d’une désinfection des mains.
34
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
35
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
RECOMMANDATIONS
36
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Ces matériels ont été développés pour une meilleure sécurité des soignants en regard du
risque de piqûre par une aiguille souillée du sang d’un patient. Ils sont de plus en plus
utilisés et sont constamment améliorés sur la base des données d’études montrant leur
efficacité et de textes réglementaires à caractère incitatif ou obligatoire les mentionnant
comme un moyen démontré de prévention. Il s’agit essentiellement de dispositifs médicaux
(DM) [31].
37
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Figure N°10 : Système de prélèvement de sang sous vide pour aiguilles de sécurité à
usage médical, stériles et à usage unique avec aile
38
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Les déchets d'activités de soins peuvent présenter divers risques (infectieux, chimique et
toxique, radioactif, mécanique) qu'il convient de réduire pour protéger :
Les modalités d'exposition L'exposition aux différents risques peut survenir tout au long de
la filière d'élimination des déchets :
39
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
Ainsi, un tri efficace doit être pratiqué afin de garantir l'absence de déchets à risques dans
les déchets ménagers et assimilés. Il est nécessaire d'établir des procédures de travail
limitant l'exposition des personnes et de respecter les circuits d'élimination des déchets
d'activités de soins à risques.
Il faut se préoccuper du tri dès l'étape qui génère le déchet, c'est-à-dire dès la réalisation
d'un soin ou d'un acte médico-technique.
Pourquoi trier ?
Pour :
On distingue les déchets d'activités de soins assimilables aux déchets ménagers et les
déchets d'activités de soins à risques. Ces derniers comportent plusieurs catégories qui
correspondent à des filières d'élimination distinctes :
40
Chapitre III : Prévention et
mesures de protection
41
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
Chapitre IV :
Conduite à tenir en cas d’AES :
42
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
1. Soins immédiats :
Après la survenue d’un AES, vous devez vous assurer que les premières mesures ont
bien été prises et effectuer ou faire effectuer immédiatement les soins locaux nécessaires :
1. Récupérer (en lien avec la personne exposée) les sérologies VIH, VHB, VHC du
patient source dans son dossier médical si elles sont disponibles et récentes,
2. Si sérologies non disponibles dans le dossier du patient ou anciennes : prélever en
urgence le patient source. Si vous en avez la possibilité, il peut aussi être réalisé un
TROD (test rapide d’orientation diagnostique) VIH chez le patient source. Un
43
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
accord oral de sa part est suffisant. Lorsque la personne ne peut exprimer sa
volonté, le
Le traitement post exposition (TPE) après AES est un traitement visant à prévenir la
contamination par le VIH. Il permet de diminuer les risques de contamination mais son
efficacité n’est pas de 100%. Il est d’autant plus efficace qu’il est institué précocement.
L’indication et le type de traitement sont déterminés au cas par cas, en fonction de
l’évaluation du risque.
44
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
Tableau N°04 : Évaluation du risque et indications du traitement post-exposition vis-
à-vis du VIH après exposition au sang et aux liquides biologiques
45
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
dépistage du virus sera réalisé à 12 semaines) permettant d’objectiver une
éventuelle séroconversion [34].
Outre le suivi de la tolérance d’un éventuel TPE, la nécessité d’un suivi médical et
sérologique doit être discuté en fonction du statut non seulement VIH mais aussi VHC,
voire VHB de la personne source. Ce suivi permet le dépistage précoce d’une
contamination en vue d’une prise en charge adaptée : traitement d’une primo-infection
VIH, d’une hépatite C [34].
46
Chapitre IV : Conduite à
tenir en cas d’AES
47
PARTIE PRATIQUE
48
Partie pratique :
Partie Pratique :
1. La démarche méthodologique :
Elle décrit et analyse les connaissances des sages-femmes et leurs réactions face aux
accidents d'exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques. Dans un volet
expérimental, l'étude vise également à développer une plateforme numérique
permettant de déclarer les AES.
Notre étude est étalée sur une période de 05 mois du 10 décembre 2023 au 30 avril 2024
dont 03 mois consacrés à la recherche pratique et pour l'élaboration de la plateforme
informatisé
Les sages-femmes qui travaillent à EHS mère/enfant de la wilaya de Sidi Bel Abbes
dans les services suivants :
- 27 sages-femmes en Salle de Naissance.
- 09 sages-femmes en Suite de couche.
- 09 sages-femmes en UMC.
- 14 sages-femmes en GHR.
- Une sage-femme en Planning familial.
49
Partie pratique :
Pour réaliser notre étude et pour confirmer ou infirmer les hypothèses énoncées
préalablement on a élaboré un questionnaire qui comprend 20 questions.
50
Partie pratique :
Tableau N°01 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur nombre d’année
d'exercice de ce métier.
18%
35%
< 5 ans
6 - 15 ans
+16 ans
47%
Figure N°01 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur nombre d’année
d'exercice de ce métier.
Plus d'un tiers, soit 35% des sages-femmes interrogées, ont moins de 5 ans
d'expérience.
51
Partie pratique :
Tableau N°02 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur service d'exercice
de ce métier.
2%
23%
Salle de Naissance
Suite de couche
45%
UMC
GHR
Planning Familial
15%
15%
Figure N°02 : Répartition des sages-femmes interrogées selon leur service d'exercice
de ce métier.
52
Partie pratique :
53
Partie pratique :
Question N°03 : Avez-vous déjà reçu une formation concernant les Accidents
d’Exposition au Sang et aux liquides biologiques au cours de votre formation initiale ou
continue ?
Tableau N°03 : Répartition des nombres des sages-femmes ayant reçu une formation
sur les Accidents d'Exposition au Sang et aux liquides biologiques au cours de leur
formation initiale ou continue.
80%
Oui
Non
20%
Figure N°03 : Répartition des nombres des sages-femmes ayant reçu une formation
sur les Accidents d'Exposition au Sang et aux liquides biologiques au cours de leur
formation initiale ou continue.
54
Partie pratique :
Moins du tiers, soit 20% des sages-femmes interrogées ont indiqué avoir reçu une
formation concernant les accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques
au cours de leur formation initiale ou continue.
80% des sages femmes interrogées n'ont pas bénéficié d'une telle formation sur ce
sujet.
Ces résultats soulèvent des préoccupations concernant la sensibilisation et la
préparation adéquate des sages-femmes face aux accidents potentiellement graves
impliquant une exposition au sang ou aux liquides biologiques dans le cadre de leur
travail. Il serait recommandé de renforcer les programmes de formation, initiale et
continue, en intégrant des modules obligatoires dédiés à cette problématique pour la
sécurité des sages-femmes.
55
Partie pratique :
56
Partie pratique :
45%
40%
35%
30%
25%
42%
20%
15%
10% 20%
13%
5% 8% 10%
3% 3%
0% 0% 0% 0%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
connaissances
57
Partie pratique :
Ces résultats montrent que les connaissances des sages-femmes sur les accidents
d'exposition au sang et aux liquides biologiques sont insuffisantes. Un plan de
formation ciblé pourrait permettre d'améliorer leurs compétences sur ce sujet
important pour la sécurité des professionnels de santé.
58
Partie pratique :
Parmi 22% des sages-femmes interrogées, elles ont dit que l'Accident d'Exposition
au Sang (AES) et aux liquides biologiques est tout contact accidentel avec du sang
ou un liquide biologique contenant du sang et comportant soit une effraction
cutanée, soit une projection sur une muqueuse ou sur une peau lésée.
Un quart, soit 25% des sages-femmes interrogées s, ont répondu qu'il s'agit d'un
incident impliquant des blessures par perforation avec des objets pointus dans un
environnement de soins de santé.
59
Partie pratique :
Question N° 06 : Est-ce que le contact avec le sang et les liquides biologiques peut
entraîner une infection ou une maladie ?
60
Partie pratique :
100%
90%
80%
70%
60%
100%
50%
purçentage
40%
30%
20%
10%
0%
0%
Oui Non
Figure N°06 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le risque infectieux du
contact avec le sang et les liquides biologiques.
La totalité des sages femmes questionnées (100%) ont dit que le contact avec le
sang
et les liquides biologiques peut entraîner une infection et une maladie.
Question bis N°06 : Si oui, quels agents pathogènes peuvent être transmis par ce contact ?
Virus de l’immunodéficience
44 44%
humaine (VIH).
La rougeole 7 7%
Toxoplasmose 5 5%
61
Partie pratique :
Tableau bis N°06 : Répartition des agents pathogènes pouvant être transmis par ce
contact.
45%
40%
35%
30%
25% Series1
44% 45%
20%
15%
10%
5% 7% 5%
0%
Figure bis N°06 : Répartition des agents pathogènes pouvant être transmis par ce
contact.
62
Partie pratique :
Question N°07 : Parmi les liquides biologiques suivants, lesquels peuvent potentiellement
transmettre des agents infectieux ?
63
Partie pratique :
agents infectieux.
Aucun des liquides ci-dessus ne peut
0 0%
transmettre des agents infectieux.
Total 202 100%
30%
25%
20%
15% 30%
porçentage
22%
10%
14%
5% 10% 9%
8% 8%
0% 0% 0%
Figure N°07 : Répartition des liquides biologiques pouvant potentiellement transmettre des
agents infectieux.
30% des sages femmes interrogées ont dit que le sang est le plus fréquemment
impliqué dans les expositions qui transmettant des agents infectieux.
Moins que le tiers avec 22% des sages femmes interrogées ont dit que tous les
liquides contenant du sang peuvent potentiellement transmettre des agents
infectieux.
Les sages femmes répondent que le liquide amniotique représente 14% des cas
d'exposition, tandis que les sécrétions vaginales et le lait maternel sont chacun
impliqués dans 10% et 8% des cas.
L'urine et la salive sont également mentionnées comme sources potentielles
d'exposition, avec 8% et 9% des cas.
64
Partie pratique :
Cependant, dans aucun des cas rapportés, les liquides n'ont effectivement transmis
d'agents infectieux, comme indiqué par le pourcentage de 0%.
Aucun soin. 0 0%
Désinfection. 22 23%
65
Partie pratique :
Total 94 100%
Tableau N°08 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur
réaction immédiate en cas d'exposition percutanée.
35%
30%
25%
20%
30% 32%
15%
23%
10% 15%
5%
0%
0%
Pourçentage
Figure N°08 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur
réaction immédiate en cas d'exposition percutanée.
Près d'un tiers, soit 32% des sages-femmes interrogées, ont répondu que leur
réaction immédiate en cas d'exposition percutanée serait un lavage immédiat à
l'eau et au savon.
Une part importante,30% des sages-femmes, presseraient la plaie pour faire
sortir le sang.
Près d'un quart, soit 23% des sages-femmes, ont répondu par la désinfection.
Une minorité, soit 15% des sages-femmes, opteraient pour un simple rinçage à
l'eau uniquement.
Aucune des sages-femmes interrogées n'appliquerait aucun soin en cas
d'exposition percutanée.
66
Partie pratique :
Alcool 22 26%
Dakin 8 9%
Total 86 100%
67
Partie pratique :
Tableau N°09 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur les
désinfectants adaptés.
45%
40%
35%
30%
25%
44%
20% Pourçentage
15% 26%
21%
10%
5% 9%
0%
Figure N°09 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur les
désinfectants adaptés.
Un quart avec 26% des sages femmes interrogées considèrent l'alcool comme
un désinfectant adapté.
Près de la moitié 44% des sages femmes ont indiqué l'eau de javel comme un
désinfectant approprié.
21% des sages femmes ont choisi la Bétadine dermique c’est un désinfectant
adapté en cas accident d'exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques.
Seulement 9% des sages femmes ont répondu par le dakin.
Ces résultats suggèrent que les sages femmes interrogées ont des connaissances
variées sur les désinfectants adaptés en cas d'exposition au sang ou aux liquides
68
Partie pratique :
69
Partie pratique :
Tableau N°10 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le temps
de désinfection.
15%
35%
Figure N°10 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le temps de
désinfection.
La moitié avec 50% des sages-femmes désinfectent pendant une minute seulement
après une telle exposition.
Plus d'un tiers, soit 35% des sages-femmes interrogées désinfecté pendant au
moins 5 minutes.
15% des sages-femmes prendraient le temps de désinfecter pendant au moins 10
minutes.
70
Partie pratique :
Ces résultats suggèrent qu'une proportion non négligeable des sages femmes (50%)
ne désinfecte que brièvement après une exposition, ce qui peut être insuffisant pour
une désinfection efficace selon les recommandations.
(35%) respecte une durée minimale recommandée de 5 minutes, tandis que (15%)
prend 10 minutes ou plus.
Question N°11 : Quelle serait votre réaction en cas de projection de sang ou de liquide
biologique sur une muqueuse ou une peau lésée ?
71
Partie pratique :
Total 60 100%
Tableau N°11 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur
réaction en cas de projection de sang ou de liquide biologique sur une muqueuse ou
une peau lésée.
70%
60%
50%
40%
63%
30% Pourçentage
20% 37%
10%
0%
0%
Figure N°11 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur leur
réaction en cas de projection de sang ou de liquide biologique sur une muqueuse ou
une peau lésée.
72
Partie pratique :
Aucune des 60 participantes n'a choisi l'option "Aucun soin", ce qui est positif car
cela signifie qu'elles sont toutes conscientes de la nécessité d'une action en cas
d'exposition.
Cependant, le rinçage à l'eau seul, choisi par la majorité, n'est pas la conduite à
tenir optimale recommandée, qui est le rinçage au sérum physiologique pour une
meilleure prévention des risques infectieux.
Oui. 50 83%
73
Partie pratique :
Non. 10 17%
Total 60 100%
83%
Oui.
17% Non.
74
Partie pratique :
Oui 49 91%
75
Partie pratique :
Non 5 9%
Total 54 100%
Tableau N°13 : Répartition des réponses des sages-femmes sur leur vaccination
contre l'hépatite B.
9%
Oui
Non
91%
Figure N°13 : Répartition des réponses des sages-femmes sur leur vaccination contre
l'hépatite B.
Bien que le taux de couverture vaccinale soit élevé, l'objectif devrait être d'atteindre
les 100 % de vaccination contre l'hépatite B pour l'ensemble des professionnels de
santé exposés, conformément aux recommandations, afin d'assurer leur protection
optimale.
76
Partie pratique :
Question N°14: Portez-vous des gants pour réaliser les actes de soins ?
77
Partie pratique :
Parfois 36 60%
Total 60 100%
Tableau N°14 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des gants pour
réaliser les actes de soins.
30%
Oui
Non
Parfois
60%
10%
Figure N°14 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des gants pour
réaliser les actes de soins.
Plus de la moitié (60%) des sages-femmes interrogées porter des gants parfois lors
des actes de soins.
Près d'un tiers (30%), soit 18 sages-femmes, affirment porter des gants
systématiquement.
Seulement 10%, soit 6 sages-femmes, ne portent jamais de gants lors des actes de
soins.
Bien que 30% des sages-femmes portent systématiquement des gants, ce qui est
conforme aux recommandations, la majorité (60%) ne les porte que parfois, et une
minorité (10%) ne les porte jamais. Cela met en évidence un risque potentiel pour
78
Partie pratique :
79
Partie pratique :
Oui 0 0%
Non 40 67%
Parfois 20 33%
Total 60 100%
Tableau N°15 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des
équipements de protection individuelle tels que masque, tablier jetable en plastique,
sabots coqués et lunettes lors d'un accouchement et de la délivrance.
70%
60%
50%
40%
67% Pourcentage
30%
20% 33%
10%
0%
0%
Figure N°15 : Répartition des réponses des sages-femmes sur le port des équipements
de protection individuelle tels que masque, tablier jetable en plastique, sabots coqués
et lunettes lors d'un accouchement et de la délivrance.
Les deux tiers (67%) des sages-femmes, ne portent pas d'équipements de protection
individuelle lors des accouchements et de la délivrance.
Un tiers (33%) des sages-femmes, en portent parfois.
80
Partie pratique :
81
Partie pratique :
10%
40%
Matériels insuffisants
Surcharge de travail
Non-respect des précautions
standards
50%
Il est très préoccupant que les deux tiers des sages-femmes ne portent aucun
équipement de protection lors des accouchements, période à haut risque
d'exposition au sang et aux liquides biologiques. Les raisons invoquées (surcharge
82
Partie pratique :
Question N°16 : Avez-vous déjà été victime d'un AES et aux liquides biologiques ?
Oui 49 82%
83
Partie pratique :
Non 11 18%
Total 60 100%
18%
Oui
Non
82%
La majorité (82%) des sages-femmes, déclarent avoir déjà été victimes d'un AES
aux liquides biologiques.
Seulement 18%, n’a jamais connu ce type d'incident.
1 fois 0 0%
84
Partie pratique :
Total 48 100%
Tableau bis N°16 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le
nombre d'AES et aux liquides biologiques subis.
70%
60%
50%
40% Series1
65%
30%
20% 35%
10%
0%
0%
Figure bis N°16 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le
nombre d'AES et aux liquides biologiques subis.
85
Partie pratique :
Question N°17 : Quelles sont les circonstances les plus fréquentes d'Accidents
d'Exposition au Sang (AES) dans votre pratique professionnelle ?
86
Partie pratique :
25%
20%
15%
25%
21% Series1
10% 19%
12% 13%
5% 10%
0%
Une minorité avec (21%) des AES, sont dus à des piqûres lors de prises de sang ou
injections.
87
Partie pratique :
Près d'un cinquième (19%), sont causés par des projections de sang ou liquide
amniotique lors d'accouchements ou délivrances.
Un quart (25%), constituant la part la plus importante, concerne les piqûres lors de
sutures d'épisiotomie.
12% des AES, impliquent un contact avec une peau lésée.
13% des cas (26 AES) sont dus à des coupures avec un instrument souillé.
Un dixième (10%), sont liés à un défaut d'évacuation des déchets.
88
Partie pratique :
Oui 21 35%
Non 39 65%
Total 60 100%
35%
Oui
Non
65%
89
Partie pratique :
40%
35%
30%
25%
Series1
20% 36%
15% 28%
21%
10% 15%
5%
0%
15% des sages femmes ont mentionné ne pas connaître la démarche de déclaration.
Une minorité avec 36% a indiqué ne pas avoir eu le temps.
90
Partie pratique :
Moins que le tiers (28%) ont estimé que le risque était trop faible.
Moins d'un quart (21%) ont déclaré connaître la sérologie de la patiente.
Cette enquête révèle qu'une part importante des sages-femmes ne déclare pas
systématiquement les AES, ce qui peut poser des problèmes de suivi médical et de
prévention des risques professionnels. Les résultats soulignent la nécessité de
sensibiliser davantage les professionnels sur l'importance de déclarer ces incidents
et de faciliter les procédures de déclaration.
Question N°19 : Selon vous, quel est le délai de déclaration d'un AES ?
91
Partie pratique :
3 heures 9 15%
24 heures 27 45%
48 heures 13 22%
72 heures 11 18%
Total 60 100%
Tableau N°19 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le délai de
déclaration d'un AES.
18% 15%
3 heures
24 heures
48 heures
22%
72 heures
45%
Figure N°19 : Répartition des réponses des sages-femmes interrogées sur le délai de
déclaration d'un AES.
Près de la moitié (45%) des des sages-femmes déclarent les accidents d'exposition
au sang dans un délai de 24 heures.
92
Partie pratique :
Heureusement, la grande majorité (60%) déclare les AES avant les 48 heures, ce
qui est excellent pour une meilleure prise en charge.
En revanche, 18% des professionnels déclarent les AES avec un délai de 72 heures
ou plus, largement au-delà du délai réglementaire pour la déclaration d'un accident
de travail. Un tel retard peut influencer négativement l'efficacité de la prise en
charge médicale.
93
Partie pratique :
Oui 56 93%
Non 4 7%
Total 60 100%
Tableau N°20 : Répartition des réponses des sages-femmes sur l'utilité d'une
plateforme numérique pour la déclaration des AES au niveau de leur service.
93%
Oui
Non
7%
Figure N°20 : Répartition des réponses des sages-femmes sur l'utilité d'une
plateforme numérique pour la déclaration des AES au niveau de leur service.
94
Partie pratique :
Une très large majorité de 93% des sages-femmes pensent qu'une plateforme
numérique au niveau de leur service faciliterait la déclaration des AES.
Seulement 7% ne considèrent pas qu'un tel outil numérique serait utile.
Ces chiffres mettent en évidence un besoin crucial et un intérêt prononcé pour la
création d'un système numérique spécialisé dans la déclaration des AES auprès des
sages-femmes.
La création d'une plateforme de déclaration électronique des AES répondrait donc à
une demande essentielle sur le terrain et pourrait servir d'outil efficace pour
améliorer à la fois le taux de déclaration et la réactivité face à ces incidents.
95
Partie pratique :
Sur le plan théorique, on constate tout d'abord un déficit de formation, avec 80% des sages-
femmes n'ayant jamais reçu de formation spécifique sur les AES. Leurs connaissances
générales sur le sujet s'avèrent limitées, la majorité s'auto-évaluant entre 3 et 5 sur 10
seulement, avec seulement 22% donnant la bonne définition.
Sur le plan pratique, les faiblesses sont tout aussi préoccupantes concernant la conduite à
tenir en cas d'AES. 30 % pressent la plaie pour faire sortir le sang, ce qui est totalement
faux. Seuls 32 % des sages-femmes ont la réaction appropriée de lavage immédiat à l'eau et
au savon en cas d'exposition percutanée. Et 23 % choisissent la désinfection, qui est la
deuxième étape.
Et même parmi celles utilisant un désinfectant recommandé, seul un tiers respecte la durée
minimale de désinfection de 5 minutes.
96
Partie pratique :
Enfin, en cas de projection sur muqueuse ou peau lésée, les deux tiers (63%) se contentent
d'un simple rinçage à l'eau, au lieu du rinçage au sérum physiologique préconisé.
Malgré une pleine conscience du risque infectieux lié aux expositions aux liquides
biologiques, ces résultats mettent donc en évidence d'importantes carences, à la fois sur les
connaissances théoriques et sur les gestes pratiques à appliquer pour une prise en charge
optimale des AES par les sages-femmes.
Les chiffres (Questions N° 16 ; 17) confirment une prévalence extrêmement élevée des
accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques. Pas moins de 82% des
professionnelles interrogées déclarent avoir déjà été victimes d'au moins un accident. Plus
grave encore, cette exposition ne semble pas être un événement isolé puisque 65% d'entre
elles rapportent avoir subi 6 AES ou plus, témoignant ainsi d'une forte récurrence, les
principales circonstances à l'origine de ces AES sont, par ordre d'importance, les piqûres
lors de sutures après épisiotomie (25%), les projections lors des accouchements et des
délivrances (19%), les piqûres lors de prises de sang ou d'injections (21%), les contacts
avec une peau lésée (12%), ainsi que les coupures avec des instruments souillés (13%).
97
Partie pratique :
Cette hypothèse est confirmée par les résultats des questions 14 et 15. En effet, les
mesures de prévention apparaissent clairement insuffisantes et inégalement
appliquées au sein de cette population professionnelle. Alors que le port de gants
devrait être systématique, seul un tiers (30%) des sages-femmes affirme les porter
lors des actes de soins.
La situation est encore plus préoccupante concernant le port des équipements de
protection individuelle complets (sur-blouses, lunettes, etc.) puisque les deux tiers
(67%) des sages-femmes ne portent aucun de ces équipements lors des
accouchements, pourtant reconnus comme des situations à très haut risque
d'exposition.
Parmi les causes évoquées pour cette non-utilisation des EPI, on retrouve la
surcharge de travail pour la moitié (50%) des sages-femmes, le manque de matériel
pour 40% d'entre elles, et le non-respect des précautions standards pour 10%.
Quatrième hypothèse : Les AES subis par les sages-femmes ne sont pas
déclarés.
Seules 35% des sages-femmes interrogées affirment déclarer systématiquement les AES
auxquels elles sont confrontées. La très large majorité, soit 65%, reconnaît ne pas
systématiquement effectuer cette déclaration pourtant essentielle.
Parmi les freins invoqués, on retrouve le manque de temps dans 36% des cas, un obstacle
concret lié aux conditions d'exercice de cette profession. Mais des raisons plus
préoccupantes sont également rapportées, comme la perception d'un risque faible (28%) ou
encore la méconnaissance des procédures de déclaration (15%), mettant en évidence des
manquements importants en matière de formation et de sensibilisation.
98
Partie pratique :
Mais les carences ne s'arrêtent pas là. Même lorsque les AES sont effectivement déclarés,
18% le sont dans un délai supérieur à 48 heures, enfreignant ainsi le délai réglementaire.
Seuls 22% des professionnels respectent ce délai légal. Des déclarations aussi tardives
compromettent l'efficacité du suivi médical et de la mise en place de mesures préventives
ou d'un éventuel traitement prophylactique.
Ce défaut majeur et récurrent de déclaration des AES est extrêmement préoccupant. Non
seulement il masque très probablement l'ampleur réelle du phénomène, mais il empêche
également une prise en charge adéquate sur les plans médical et préventif pour ces
professionnels de santé pourtant très exposés.
99
Suggestions
SUGGESTIONS :
Pour réduire les cas d’AES et afin de permettre au personnel du service de mieux
prendre en charge ce genre d’accident nous proposons ce qui suit :
Pour faciliter la déclaration des AES et permettre une collecte optimale des
données, nous proposons la mise en place d'une :
Introduction :
100
Suggestions
statistiques disponibles sont presque inexistantes, ce qui rend difficile l’évaluation vue
l’ampleur du problème.
Deuxièmement, nous avons constaté que les professionnels de santé sont souvent hésitants
à signaler les accidents d’exposition au sang ; ce qui conduit à la rareté des déclarations
officielles.
Enfin, la découverte d'un reportage télévisé sur un outil similaire destiné aux infirmiers
libéraux en France a confirmé la nécessité d'une telle solution. L'ensemble de ces éléments
nous a convaincus de la pertinence de créer notre propre plateforme de déclaration des
AES.
Objectifs :
Cet Plateforme a pour objectif :
101
Suggestions
Description :
Pour l'heure, nous présentons une version simplifiée et préliminaire de cette solution.
Il s'agit d'un prototype fonctionnel permettant de démontrer le potentiel d'un tel dispositif,
mais la réalisation d'une plateforme interconnectée entre les établissements de santé, la
médecine du travail, les organismes sociaux et autres parties prenantes nécessiteront
l'implication d'informaticiens, d'experts métiers et de spécialistes afin de construire un
véritable réseau sécurisé dédié au signalement des accidents d'exposition au sang.
1. Page de connexion :
2. Page d'accueil :
102
Suggestions
Après connexion, l'utilisateur arrive sur La page d'accueil qui se divise en trois
parties distinctes :
103
Suggestions
104
Suggestions
105
Suggestions
Après la survenue d'un accident du travail et le remplissage d'un formulaire détaillé par la
victime décrivant les circonstances de l'incident, le médecin du travail prend le relais. Il
utilise les informations fournies dans le formulaire initial pour compléter la "Déclaration
d'accident de travail".
106
Suggestions
107
Conclusion
108
Conclusion
Conclusion :
Cette étude a permis de mettre en évidence que les connaissances des sages-femmes sur les
accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques sont insuffisantes, elles sont
donc particulièrement exposées aux ces risques professionnels.
L’objectif de notre étude était d’évaluer les connaissances des sages-femmes ainsi que
leurs réactions face aux AES et aux liquides biologiques, dans le but de minimiser les
risques d'accidents dans leur pratique professionnelle, sensibiliser à la nécessité de
poursuivre la procédure de suivi pour une prise en charge optimale après et faciliter et
encourager la déclaration systématique des AES.
L'analyse des résultats recueillis a révélé que les sages-femmes sont très fréquemment,
voire chroniquement, exposées à un risque élevé de contracter des infections graves,
parfois virales, dans le cadre de leur pratique professionnelle.
Pour cela, il est primordial d'améliorer la formation initiale et continue des sages-femmes
sur la prévention et la prise en charge des accidents d'exposition. Elles doivent
parfaitement maîtriser les mesures de précaution standard, les procédures à suivre en cas
d'accident exposant au sang, ainsi que la conduite à tenir pour un suivi médical adéquat.
Par ailleurs, il est essentiel de renforcer la culture de sécurité dans les établissements de
soins en responsabilisant l'ensemble des équipes et en mettant à disposition le matériel de
protection. Une politique de prévention des risques professionnels rigoureux et des
procédures claires en cas d'accident permettront de mieux protéger la santé des sages-
femmes.
Enfin, des efforts de sensibilisation doivent être menés pour que les accidents d'exposition,
encore trop souvent sous-estimés ou sous-déclarés, soient systématiquement pris en charge
de manière appropriée.
Finalement, nous espérons que ce modeste travail de recherche trouvera une continuité et
une exploitation.
109
Références
Bibliographiques
110
Références Bibliographiques
Références Bibliographiques :
[3] - Algérie, Décret exécutif n°11-122 du 15 Rabie Ethani 1432 correspondant au 20 mars
2011 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant au corps des sages-femmes
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%3Dihub
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Symptômes, traitements, prévention - PVSQ.
[19] - Centre de ressources Hépatite C. (2018). Hépatite C (Fiche FicheCAT n°888) [Fiche
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708 | 10.1016/s0002-9378(11)91575-0.
Références Bibliographiques
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[27] - VERHOEF Yooye. (2013). AES CHEZ LES INTERNES : FRÉQUENCE DES
ACCIDENTS MAIS FAIBLE APPLICATION DES RECOMMANDATIONS DE PRISE
EN CHARGE. UNIVERSITE TOULOUSE III – Paul SABATIER FACULTÉ DE
MÉDECINE.
[28] - GERES (Groupe d'Etude sur le Risque d'Exposition des Soignants aux agents
infectieux). PREVENTION ET PRISE EN CHARGE DES AES [Internet].
[30] - Guide romand pour la prévention des infections associées aux soins. (2017).
Précautions standard (3e éd).
[31] - Groupe d'Étude sur le Risque d'Exposition des Soignants aux agents infectieux
(GERES). (2010). GUIDE DES MATÉRIELS DE SÉCURITÉ ET DES DISPOSITIFS
BARRIÈRES 2010. Recommandations Générales Matériels de Sécurité et Dispositifs
Barrières Répertoire Précautions Standard Affiche CAT En Cas D'AES.
Disponible sur :
[Link]
7LYo2KJOZRSdOFEH2yH53g/citer/article-de-journal/
[33] - Groupe d'Étude sur le Risque d'Exposition des Soignants aux agents infectieux
(GERES), AES : Que faire en cas d'AES – GERES.
[34] - Guide de prise en charge des accidents d'exposition sexuelle et au sang (AES) :
Document destiné aux établissements de santé. (2019). COREVIH - Bourgogne-Franche-
Comté.
116
117
Annexes :
Annexes :
Annexe N°01 :
< 5 ans.
6 - 15 ans.
> 16 ans.
Salle de Naissance.
Suite de couche.
UMC.
GHR.
Planning familial
3. Avez-vous déjà reçu une formation concernant les Accidents d’Exposition au Sang
et aux liquides biologiques au cours de votre formation initiale ou continue ?
Annexes :
Oui.
Non.
4.Évaluez vos connaissances sur une échelle de 1 à 10 concernant les AES (Accidents
d'Exposition au Sang) et aux liquides biologiques, ainsi que sur leur prise en charge.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
6. Est-ce que le contact avec le sang et les liquides biologiques peut entraîner une
infection ou une maladie ?
Oui.
Non.
Sang.
Liquide amniotique.
Sécrétions vaginales.
Lait maternel.
Urine.
Salive.
Sueur.
Tous les liquides contenant du sang peuvent potentiellement transmettre des agents
infectieux.
Aucun des liquides ci-dessus ne peut transmettre des agents infectieux.
Aucun soin.
Presser la plaie pour faire sortir le sang.
Rinçage à l’eau uniquement.
Lavage immédiat à l’eau et au savon.
Désinfection.
Bétadine dermique
Alcool
Dakin
Eau de javel
11. Quelle serait votre réaction en cas de projection de sang ou de liquide biologique
sur une muqueuse ou une peau lésée ?
Aucun soin.
Rinçage à l’eau.
Rinçage au sérum physiologique.
Oui.
Non.
Oui.
Non.
Oui.
Non.
Parfois.
Oui.
Non.
Parfois.
Matériels insuffisants.
Surcharge de travail.
Non-respect des précautions standards.
16. Avez-vous déjà été victime d'un AES et aux liquides biologiques ?
Oui.
Non.
1 fois
2-5 fois
>6 fois
17. Quelles sont les circonstances les plus fréquentes d'Accidents d'Exposition au
Sang (AES) dans votre pratique professionnelle ?
Oui.
Non.
. Si non, pourquoi ?
3 heures.
24 heures.
48 heures.
72 heures.
Oui.
Non
.
Annexes :
Annexe N°02 :
Annexe N°03 :
Annexe N°05 :
Annexe N°06 :