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Cours de Chimie Générale 2016-2017

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DES FRERES MENTOURI
FACULTE DES SCIENCES EXACTES
DEPARTEMENT DE CHIMIE

Polycopié du cours

Chimie Générale (Chimie 1)


Présenté par :
Bendaoud-Boulahlib Yasmina
2016-2017

Sommaire
Chapitre I : Rappels et notions fondamentales 3
1. Etats de la matière 3
2. Atomes et molécules 4
2.1. Atomes 4
2.2. Masse atomique 4
2.3. Nombre Avogadro 5
2.4. Mole et masse molaire 5
2.5. Molécules 5
2.6. Masse molaire moléculaire 6
2.7. Composition massique 6
3. Les solutions 7
3.1. Définition 7
3.2. Concentration molaire 7
3.3. Concentration massique 8
3.4. Normalité 8
3.5. Molalité 9
3.6. Fraction molaire 9
3.7. Dilution d’une solution 9
Chapitre II : Structure de l’atome 10
1. L’atome 10
2. Expérience de Rutherford 11
2.1. Structure de l’atome 12
2.2. Caractéristique de l’atome 13
3. Les isotopes 14
3.1. Détermination de la masse des isotopes 14
3.2. La masse atomique moyenne 15
3.3. La cohésion du noyau 15
3.3.1. Energie de cohésion 15
3.3.2. Comparaison d’une réaction chimique par une réaction nucléaire 16
3.3.3. Unité de l’énergie d’un électron 16
3.3.4. L’énergie moyenne de liaison nucléaire 16
Chapitre III : La radioactivité 18
1. Définition 18
2. Rayonnement Alpha (α) 18
3. Rayonnement Bêta (-β) 18
4. Rayonnement Bêta (+β) 19
5. Rayonnement gamma (Ɣ) 19
6. La radioactivité naturelle des familles radioactives naturelles 19
7. La décroissance radioactive 20
8. Activité où intensité où vitesse radioactive 21
9. Période radioactive 21
10. Domaines d’application 21
Chapitre IV : Quantification de l’énergie 23
1. Théorie ondulatoire de la lumière 23
1.1. Ondes lumineuses 23
1.2. Théorie quantique (Nature corpusculaire de la lumière) 24
1.3. Effet photoélectrique 24

2. Spectre optique d’émission de l’hydrogène 25

2.1. Résultats expérimentaux 25

2.2. Interprétation du spectre 26


26
3. Modèle classique de l’atome
26
3.1. Modèle de Rutherford
27
3.2. Modèle de Bohr
27
3.2.1. Postulats de Bohr
28
3.2.2. Rayon de l’atome d’hydrogène
29
3.2.3. Energie de l’atome d’hydrogène
30
3.2.4. Transition entre niveaux électroniques
31
3.3. Spectre des ions hydrogénoïdes
32
3.4. Les nombres quantiques
33
3.5. Energie d’ionisation
33
3.6. Structure électrique des atomes poly-électriques
33
3.6.1. Règle de Klechkowsky
34
3.7. Règles de remplissage des orbites atomique
34
3.7.1. Principe de stabilité
3.7.2. Principe d’exclusion de Pauli 34
3.8. Règle de Hund 35
3.8.1. Couche de valence 35
Chapitre V : Classification périodique des éléments 36
1. Principe de la classification périodique 36
2. Lignes ou périodes 36
3. Colonnes ou groupes 36
3.1. Sous-groupes A 36
3.2. Sous-groupe B 36
4. Les différents blocs du tableau périodique 37
5. Les familles chimiques 39
5.1. Les alcalins 39
5.2. Les alcalino-terreux 39
5.3. Les halogènes 39
5.4. Les métaux de transition 40
5.5. Les gaz rares 40
5.6. La règle de l’octet 40
Chapitre VI : Thermodynamique chimique 42
1. Introduction 42
1.1. Système 42
1.2. Gaz parfait 42
2. Le travail des forces de pression (W) 43
3. Premier principe de la thermodynamique 46
4. Application du 1er principe au système chimique 47
4.1. La chaleur d’une réaction 49
4.2. Loi de Hess 49
4.2.1. Cycle de Hess 50
4.2.2. Loi de combinaison fixe de Hess 50
4.3. Effet de la température sur la chaleur de la réaction, loi de Kirchoff 51
4.4. Energie de liaison 52
4.5. Energie réticulaire 53
Chapitre VII : Liaison chimiques 54
1. La liaison ionique 54
1.1. Formation d’une liaison ionique 54
1.1.1. Formation d’une paire d’ions (état gazeux) 54
1.1.2. Facteurs favorisant la liaison ionique 55
1.1.3. Représentation de Lewis 55
2. La liaison covalente 55
2.1. Liaison par appariement électronique 55
2.1.1. Valence d’un atome 56

2.1.2. Règle d’octet 56


2.1.3. Structure de Lewis des molécules diatomiques 57

2.2. Liaisons datives 57


2.3. Structure de Lewis de molécules poly-atomiques 58
2.3.1. Pour les composés ioniques 58
2.3.2. Résonance et mésomérie 58

2.3.3. Espèces à nombre impair d’électrons 59


59
2.3.4. L’octet incomplet
59
2.3.5. Les octets étendus
60
2.4. Paramètre de la liaison covalente
60
2.4.1. Force de la liaison
61
2.4.2. Longueur de liaison
62
Chapitre VIII : Cinétique chimique
62
1. Définition
62
2. Vitesse de réaction
62
3. Ordre de la réaction
62
4. Molécularité
63
5. Réaction d’ordre simple
63
5.1. Réaction d’ordre zéro (0)
63
5.2. Réaction d’ordre un (1) 63
6. Détermination de l’ordre d’une réaction 65
Références bibliographique
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
AVANT-PROPOS
Le présent polycopié de cours que je présente, dans le cadre de mon habilitation (HDR)
s’adresse non seulement aux étudiants des tronc-communs Sciences alimentaire (INATAA),
science de la terre, sciences biomédicales (médecine, pharmacie chirurgie dentaire),
tronccommuns de la biotechnologie, tronc-communs de l’école nationale polytechnique ;
etc…qui reçoivent un enseignement général de chimie ; mais également à tous ceux qui
doivent connaitre les bases modernes de cette science, sans pour autant devoir en traiter
chaque jour en spécialiste.

Le présent cours constitue une introduction aux lois et concepts qui couvrent les propriétés
de la matière et ses transformations. Bien qu’elles aient été conçues pour les étudiants qui se
destinent aux sciences alimentaires, sciences biomédicales et pharmaceutiques, leur usage
est évidemment possible pour qui veut accéder aux fondements de la chimie.

Ce polycopié porte essentiellement sur les notions fondamentales de chimie générale (structure
de la matière).

Avec des étudiants de formation et de niveau souvent très différents, l’enseignant du premier
cycle de l’enseignement supérieur rencontre des difficultés pédagogiques non négligeables.
Pour cela, un rappel de quelques notions fondamentales (les états de la matière, les atomes et
les molécules, les solutions) est nécessaire pour la compréhension du programme que ce soit
en cours, en travaux dirigés ou en travaux pratiques. Les notions les plus modernes dans le
domaine de la structure de la matière ont été plus détaillées dans ce cours.

Ce polycopié commence par des rappels et des notions générales dans le chapitre (I) afin de
faire une plate forme aux étudiants. Le chapitre (II) se rapporte à la structure de l’atome

(l’atome, les isotopes, etc..)


Le chapitre (III) traite de la radioactivité (réactions nucléaires, loi de décroissance radioactive,
etc…).

Dans le chapitre (IV), on étudie la quantification de l’énergie dans le modèle semi-atomique


(dualité onde-corpuscule de la lumière, spectre optique de l’hydrogène, modèles classiques de
l'atome, spectre des ions hydrogénoïdes…).

Le chapitre (V) est dédié à la classification périodique des éléments où seront traités
plusieurs points (principe de la classification périodique, lois et propriétés, propriétés
physiques et chimiques des familles d'éléments, les familles chimiques).

Le chapitre (VI) concerne l’étude de la thermodynamique chimique en passant par les


propriétés des gaz parfaits, les transformations de l'état, le 1 er principe et l’application du 1er
principe de la thermodynamique sur les réaction chimiques, la loi de Hess et la loi de
Kirchoff. Etc…...

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
Le chapitre (VII) est consacré à la liaison chimique (la liaison ionique, la liaison covalente,
structure de Lewis, la liaison dative……...

Le dernier chapitre (chapitre VIII) est réservé à la cinétique chimique ou on étudie l'évolution
dans le temps des systèmes réactionnels

Ce polycopié de cours représente une synthèse des cours que j’ai assurés depuis mon
recrutement en 2001 à ce jour au sein de plusieurs départements à l’université de Tébessa
(Technologie, science exacte et sciences de la terre) et à l’université des frères Mentouri
Constantine (à l’institue de l’INATAA).

Programme et Contenu de la matière (chimie 1)

1- Notions générales
2- Structure de l’atome
3- Noyau et radioactivité
4- Classification périodique des éléments
5- Etat de la matière
6- Thermodynamique chimique 7- Cinétique chimique

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina

Chapitre I : Rappels et notions fondamentales

La matière se trouve dans la nature sous forme de mélanges (homogène ou hétérogène), et sous
formes de corps purs.

La séparation des mélanges hétérogènes par l’action d’un procédé physique donne des
mélanges homogènes, ces derniers peuvent de nouveau être séparés pour avoir des corps
purs. Il existe plusieurs techniques de séparation des constituants d’un mélange en corps
purs (distillation, décantation,…) et des constituants de corps purs composés en corps purs
simples (électrolyse, radiolyse, etc).

Un corps pur est caractérisé par ses propriétés chimiques ou physiques (température de
fusion, température d’ébullition, masse volumique, indice de réfraction, etc…). On distingue
deux catégories de corps purs :

✓ Corps purs simples constitués d’un seul type d’élément


Exemple : O2, O3, H2, Fe, etc….

✓ Corps purs composés constitués de deux ou plusieurs éléments


Exemple: H2O, FeCl2, HCl, H2SO4, etc…).
La matière est constituée donc de particules élémentaires : les atomes, actuellement, il y a 114
espèces d’atomes connues. Elles diffèrent par leurs structures et leurs masses.

1. Etats de la matière
La matière existe sous trois formes : solide, liquide et gaz. La température et la pression
jouent un rôle très important dans le changement d’état. Le passage de la matière de l’état
solide à l’état liquide se fait par fusion, de l’état liquide à l’état gazeux par vaporisation et de
l’état solide à l’état gazeux par sublimation. Ces transformations sont illustrées par la Figure
1 ci-dessous :

Figure 1. Les états de la matière et ses transformations.

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina

2. Atomes et molécules
2.1. Atomes
La notion d’atome remonte à 400 ans avant J.C., apparaissant dans les écrits de
Démocrite, un philosophe grec, mais les premières preuves expérimentales de
l’existence des atomes ont été rassemblées en 1805 par Dalton :

✓ Loi des proportions définies énoncée par Joseph Proust, selon laquelle lorsque
deux ou plusieurs corps simples s'unissent pour former un composé défini, leur
combinaison s'effectue toujours selon un même rapport pondéral. Cette loi constitue,
avec la loi des proportions multiples, la base de la stœchiométrie en chimie.

✓ Loi de conservation de la masse au cours d’une réaction (Lavoisier « lors d’une


réaction chimique, la masse totale des réactifs est égale à la masse totale des
produits formés »).

Lavoisier émit son hypothèse atomique, suggérant que la matière est constituée
d’atomes et qu’un élément est caractérisé par des atomes de même masse. Lors d’une
réaction chimique, les atomes ne sont ni créés, ni détruits ; ils se recombinent. Ses
travaux lui permirent d’élaborer une échelle des masses atomiques relatives avec
quelques erreurs dues à des mauvaises formulations des composés chimiques, par
exemple il considéra que la formule de l’eau était HO conduisant à une masse 2 fois
trop petite pour l’oxygène.

• L’atome est une quantité de matière infiniment petite (un diamètre d≈1Å et une masse m≈10 -
26
kg).

Exemple :
• L’atome de carbone C a un diamètre d de (d=1,8A°) et une masse m de (m ≈ 2. 10-26 kg).
• Un élément chimique X est une espèce donnée d’atomes. Il est caractérisé par un numéro
atomique Z et un nombre massique A, est désigné par une abréviation appelée symbole

𝑨
𝒁 𝑿.
Exemple :

L’hydrogène (Z=1, A=1, symbole ) ; le carbone (Z=6, A=12, symbole le Silicium


(Z=14, A=28, symbole ; etc…

2.2. Masse atomique


Avant la découverte du spectromètre de masse par Aston en 1927, il était impossible de
déterminer la masse d’un atome. Cependant, on savait que l’hydrogène était l’élément le

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
plus léger et donc arbitrairement, on considéra que la masse de l’hydrogène (H) était de 1
u.m.a (unité de masse atomique). Les masses des autres éléments étaient déduites
notamment de la mesure des densités et des masses volumiques des gaz avec l’hypothèse
que des volumes égaux des gaz contiennent le même nombre de molécules à température et
pression identiques (Hypothèse d’Avogadro).

Exemple :
Calcul de la masse relative de l’oxygène par Avogadro en 1811 :
Densité de O2 = 1,10359 (mesurée par gay-Lussac)
Densité de H2 = 0,07321

Masse atomique de l’oxygène O: MmO .


2.3. Nombre Avogadro
La constante d’Avogadro est le nombre d’entités élémentaires contenues par mole de ces
mêmes entités. Le symbole de la constante d’Avogadro est N A et son unité est mol-1. Le
calcul du nombre d’atomes dans 12 g de carbone donne : (Les unités pour la relation
suivante)

La valeur approchée du nombre d’Avogadro est: NA= 6,022 x 1023 mol-1

2.4. Mole et masse molaire


Les masses des atomes sont toutes très petites (entre 10 -24 et 10-26 kg) et donc peu pratiques à
utiliser dans le monde macroscopique.

La mole (mol) est l’unité que les chimistes utilisent pour exprimer un grand nombre d’atomes.

On définit une mole comme étant le nombre d’atomes qu’il y a dans 12g de carbone 12. Le
nombre d’atomes dans une mole est appelé Nombre d’Avogadro (NA = 6.023 × 1023 mol-1).

La masse molaire (M) est la masse d’une mole d’atomes. L’unité de masse atomique est le
1/12 de la masse d’un atome de carbone 12.

Exemple :
MmNa = 3,8 x10-23g => MNa = m x N = 23 g/mol.

2.5. Molécules
Une molécule est une union de deux ou plusieurs atomes liés entre eux par des liaisons.

5
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
C’est la plus petite partie d’un composé qui a les mêmes propriétés que le composé.
Exemples :

H20, H2, HCl, H2SO4, etc….

2.6. Masse molaire moléculaire


La masse molaire moléculaire est la masse d’une mole de molécules. Elle est égale à la somme
des masses atomiques des éléments qui la constituent.

Exemple :
MNaOH = MNa + MO + MH = 40 g/mol

Et la masse d’une molécule NaOH est MmNaOH g = 40 u.m.a.


Une réaction chimique est en fait un échange d'atomes entre les molécules dans des
conditions expérimentales définies. Les molécules peuvent être constituées uniquement de
deux atomes (par exemple, le dioxygène est composé de deux atomes d'oxygène) ou de
plusieurs millions d'atomes, cas d’une macromolécule (exemples : molécule de cellulose ou
du Nylon).

Figure 2. Deux macromolécules

2.7. Compositions massique


La composition massique d’un composé chimique est donnée par : la division de la masse du
composant (l'élément, molécule où soluté) par la masse totale du mélange (composé ou
solution). Le pourcentage massique indique le pourcentage de chaque élément contenu dans
un composé chimique.

Exemple 1 :
Dans l’eau le pourcentage massique en oxygène et en hydrogène sont respectivement 88,8% et
11,2%

6
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
Exemple 2 :
Un gaz contient 81,1% de bore et 18,9% d’hydrogène ; sachant que sa masse molaire est de
53,32g/mol et les masses molaires du bore et de l’hydrogène sont respectivement (M B = 10,811
g/mol et MH = 1g/mol).

On suppose le gaz est d’une formule brute de BxHy. La masse molaire du gaz est :

On obtient 𝑥 = 3,999 𝑒𝑡 𝑦 = 10,07


La formule moléculaire du gaz est donc B4H10.

3. Les solutions
3.1. Définition

Une solution est obtenue par dissolution d’une espèce chimique (soluté) dans un solvant.
L’espèce chimique dissoute s’appelle le soluté ; il peut être sous forme solide, liquide ou gaz.
Après dissolution, le soluté peut être sous forme d’ions ou sous forme de molécules. Une
solution est dite aqueuse si le solvant est l’eau.

Exemple :
L’obtention d’un verre d’eau sucré exige la dissolution d’un morceau de sucre dans l’eau. Le sucre
constitue le soluté, tandis que l’eau joue le rôle de solvant.

Une solution est dite saturée quand le solvant ne peut plus dissoudre le soluté.

3.2. Concentration molaire


La concentration molaire d’une espèce chimique en solution est la quantité de matière de soluté par
litre de solution.

La concentration molaire d’une espèce chimique A se note C A ou [A].


Elle s’exprime en mol.L-1.

Avec n : nombre de mole de l’espèce chimique en mole (mol),


Vsol volume de la solution en litres (L),
CA ou [A] concentration en mole par litre (mol.L-1).
Exemple :
Afin de sucrer une tasse contenant 150 mL de thé, on ajoute un morceau de sucre de 6,0 g.
Le sucre est constitué majoritairement de saccharose de formule C 12H22O11 de masse molaire
M=342,0 g.mol-1. La concentration molaire en saccharose est [C12H22O11]

7
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina

La quantité de matière en sucre est :


mol
Si le volume du sucre est négligeable Vsolution = Vsolvant

or Vsol = 150 mL = 0,15 𝐿

[𝐶12𝐻22𝑂11] = 1,169 × 10−1 𝑚𝑜𝑙. 𝐿−1


3.3. Concentration massique
La concentration massique d’une espèce chimique en solution est la masse de soluté présente
par litre de solution. La concentration massique se note Cm, elle s’exprime en g.L-1.

Avec Cm est exprimé en g.L-1, méspeces est exprimé en g et Vsolution en L


Lorsque la concentration molaire est connue, on peut également calculer la concentration
massique par la relation :

Avec Cm en g.L-1 ; CA en mol.L-1 ; M en g.moL-1.

Exemple :
Afin de préparer une solution de diiode (I 2), on dissout une masse m = 50,0mg de cristaux de
diiode (I2) dans 75,0mL de cyclohexane. La concentration massique du diiode dans le
cyclohexane est :

𝑚𝐴(𝐼2) = 50. 10−2g et 𝑉𝑠𝑜𝑙 =


75𝑚𝐿 𝐶𝑚 = 6,67 × 10−1g.L-1

3.4. Normalité
La normalité (N) est le nombre d’équivalent-grammes par litre de solution.

-gr.L-1)

éq-
𝒏é𝒒−𝒈𝒓 = 𝒁 × 𝒏
Donc :

La normalité est définie comme la concentration molaire C M multipliée par un facteur


d'équivalence (Z). Depuis la définition du facteur d'équivalence dépend du contexte

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
(réaction qui est à l'étude).
𝑁 = 𝐶𝑀 × 𝑍

Z en équilibre acido-basique est le nombre des ions H + ou OH- échangés Z


en équilibre oxydo-réduction est le nombre d’électrons échangés

3.5. Molalité

La molalité d'une solution (bi) est définie comme la quantité d'un constituant ni (en moles)
divisée par la masse du solvant msolvant (Pas la masse de la solution). La molalité s'exprime en
moles par kilogramme (mol/kg). On indique à la molalité d’un constituant (i) par le symbole (bi)
pour ne pas confondre avec le symbole de la masse (m).

3.6. Fraction molaire


Si on considère n1 moles de solvant et n2 moles de soluté, les fractions molaires du solvant et
du soluté sont respectivement x1 et x2:

Donc pour généraliser, on peut écrire :

3.7. Dilution d’une solution


Diluer une solution, c’est obtenir une nouvelle solution moins concentrée que la solution
initiale, en ajoutant du solvant. La solution initiale se nomme solution mère et la solution
diluée se nomme la solution fille. Au cours d’une dilution, la quantité de matière de l’espèce
chimique dissoute ne varie pas : nmère = nfille or nmère = C0V0 et nfille = C1V1

D’où : C0V0 = C1V1

Exemple :
Pour préparer un volume V1 = 100 ml d’une solution fille d’hydroxyde de potassium de
concentration C1 = 2,5.10-3mol.L-1, à partir d’une solution d’hydroxyde de potassium mère de
concentration C0 = 5,0.10-2mol.l-1, il faut prélever un volume V 0 de la solution mère égale à:

n0 = n1 donc : C donc V0 = 5× 10−3𝐿

Il faut donc prélever 5 mL de la solution mère et compléter le volume à 100 mL.

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina

Chapitre II : Structure de l’atome

Les chimistes ont mis en évidence une centaine d’éléments qui, tels que l’oxygène ou
l’hydrogène, entrent dans la composition de la matière. Les savants du XIX ème siècle, en
mettant en évidence les lois pondérales de la chimie, ont établi une échelle où tous les
éléments connus se classent par nombre de masse. En choisissant arbitrairement l’unité pour
l’élément le plus léger (H1), tous les éléments se voient alors attribuer un nombre de masse
bien défini. La chimie moderne a montré que ces propriétés sont dues à l’existence des
atomes. Chaque élément correspond à une espèce d’atomes ou à une famille d’isotopes ayant
une masse donnée.

1. L’atome
Vers le 15e siècle, des savants commencèrent à progresser dans la connaissance de la matière
et à mettre en doute les concepts aristotéliciens du monde et de la matière. Robert Boyle
(1627-1691), chimiste anglais, la matière était faite de quelques substances simples appelées
éléments.

Dans les années 1780, A. L. Lavoisier (1743-1794) réussit à décomposer l'oxyde de mercure et
énonça la loi de la conservation de la masse :

"Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme".


Lorsqu'en 1803, le chimiste britannique J. Dalton (1766-1844) étudia les réactions
chimiques, il fonda sa théorie sur l'existence de petites particules insécables, les atomes. La
théorie atomique de Dalton ne fut pas acceptée tout de suite dans la communauté
scientifique. Elle ne découlait pas d'une observation expérimentale directe comme les lois
précédentes, elle était plutôt le fruit d'une déduction logique. Personne n’avait jamais vu
d'atomes... alors comment y croire?

J. J. Thomson (1856 - 1940) qui découvrit l'électron en 1897, a proposé un modèle, dans
lequel il compare l'atome à une boule de matière de charge électrique positive, « piquée »
d'électrons, particules de charge négative (Figure 3). Dans un matériau solide comme l'or,
ces sphères seraient empilées de façon à occuper un volume minimal.

Millikan, par simple mesure de vitesse par le rapport de la distance parcourue sur le temps
mis pour la parcourir sur une gouttelette d'huile qu'il ionisait en l'irradiant par rayons X,
observa expérimentalement que les valeurs d'ionisation étaient toutes multiples entières de
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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
e=1,592×10−19 C, constante que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de charge élémentaire
(avec une valeur mise à jour légèrement différente : e=1,60217646×10−19 C) et que l’on note
traditionnellement e ; cette expérience s'est avérée être la première preuve de la
quantification de la charge électrique qui est strictement toujours un multiple entier positif
ou négatif de cette valeur fondamentale e.

Figure 3. Le modèle de l’atome de Thomson.

Toute matière est constituée de particules élémentaires indivisibles lors des transformations
chimiques. Ces particules microscopiques simples, qui ne peuvent être fractionnées,
indestructibles sont appelées les atomes.

Ces atomes sont désignés par des symboles avec une lettre majuscule où deux lettres dont la
première est en majuscule et la deuxième en minuscule pour différencier entre les éléments
qui commence par la même lettre (H, C, Cl, N, Ne, O, F, Fe…..) et ont des propriétés
physiques et chimiques propres et ils constituent les éléments de la matière.

2. Expérience de Rutherford
Lord E. Rutherford, (1871-1937), physicien britannique, fut, en 1908, lauréat du prix
Nobel de chimie pour ses découvertes sur la structure de l'atome. En 1909, E. Rutherford
réalise une expérience décisive pour la connaissance de la structure de l'atome en
bombardant une mince feuille d'or avec des particules neutres. Il observa que la plupart des
particules traversaient la feuille sans être déviées, alors que certaines étaient détournées.

Rutherford vient juste de montrer que les particules α émises par certaines sources
radioactives sont des ions hélium (He 2+) (atomes d'hélium ayant perdu 2 électrons). Lors de
son expérience, il bombarde une feuille d'or de très faible épaisseur (0,6 µm) par des
particules α émises par une source de radium. Les taches qui apparaissent sur un écran
fluorescent lui permettent de connaître la trajectoire suivie par les particules (Figure 4)
Rutherford constate alors que la grande majorité d'entre elles traversent la feuille d'or sans
être déviées, la tache lumineuse principale observée sur l'écran garde en effet la même
intensité avec ou sans feuille d'or. Quelques impacts excentrés montrent que seules
quelques-unes sont déviées. D'autres (1 sur 2.104 à 3.104) semblent renvoyées vers l'arrière.
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En 1911, après une longue réflexion, Rutherford propose un nouveau modèle, dans lequel
l'atome est constitué d'un noyau chargé positivement, autour duquel des électrons, chargés
négativement, sont en mouvement et restent à l'intérieur d'une sphère. Le noyau est 10 4 à 105
fois plus petit que l'atome et concentre l'essentiel de sa masse. L'atome est donc
essentiellement constitué de vide.

Figure 4. Le schéma de l’expérience de Rutherford

2.1. Structure de l'atome


D’après Rutherford, tous les atomes sont composés d'un noyau central chargé positivement.
Le noyau contient deux types de particules ingrédients:
▪ protons chargés positivement (+) ▪ neutrons qui
sont neutres.

Autour de ce noyau gravitent des électrons chargés négativement et répartis en différentes


couches suivant leur niveau d'énergie. Les électrons sont de charges négatives, pour
compenser la charge positive des protons et ainsi rendre l'atome électriquement neutre. On
trouve ainsi dans un atome le même nombre de protons et d'électrons.

Un élément est caractérisé par le nombre de protons dans le noyau : c’est le numéro atomique Z
et le nombre de nucléons (protons + neutrons) définit le nombre massique A.

Exemple :
Le noyau de l'hydrogène est constitué d'un seul proton. Le noyau d'hélium est constitué de 2
protons et 2 neutrons.

Les ions sont en fait des atomes ayant gagné ou perdu des électrons, ils sont ainsi chargés
négativement (anions) où positivement (cations).

La Figure (5) suivante illustre l’atome dans le modèle de Rutherford.

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Figure 5. L’atome dans le modèle de Rutherford.


2.2. Caractéristiques de l’atome
Toute la masse de l'atome est concentrée dans le noyau, car la masse des électrons est
négligeable.

• Masse de l’électron : 9,1.10-31 kg ;


• Masse du proton : 1,673.10-27 kg

• Masse du neutron : 1,675.10-27 kg ;


Donc : mn mp = 1836 me

La charge totale de l’atome est nulle car:


▪ charge d'un proton = - charge électrons

▪ Nombre de protons = nombre d’électrons


▪ |𝑒| = 1,6. 10−19𝐶
Les électrons assurent donc la neutralité électrique de l'atome.
• Atome = électrons + noyau ; noyau = protons + neutrons

• Electron : charge électrique négative |e|=1,6.10-19 C ;


• Proton : charge électrique positive ;
• Neutron : électriquement neutre
Le diamètre d’un atome est de l’ordre de 10-10 m (1 Å) ; le diamètre d’un noyau est de l’ordre
de 10-15 m.

𝒁𝑿
𝑨
Remarques : Pour une espèce d’atome

• Une espèce donnée de noyau s’appelle un nucléide (nuclide) : 𝑨𝒁𝑿

• Les A et Z sont des entiers. Ils caractérisent un atome ou son noyau.

• Le nombre de protons Z fixe la charge du noyau

• Le nombre de nucléons A fixe la masse du noyau

• La charge totale du noyau : +Ze

• La charge totale des électrons : -Ze

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3. Les isotopes
Deux atomes dont le noyau compte le même nombre de protons mais un nombre différent de
neutrons sont dits « isotopes » de l'élément chimique défini par le nombre de protons de ces
atomes. Parmi les 118 éléments observés, seuls 80 ont au moins un isotope stable (non
radioactif) : tous les éléments de numéro atomique inférieur ou égal à 82, c'està-dire jusqu'au
plomb 82Pb, hormis le technétium 43Tc et le prométhium 61Pm. Parmi ceuxci, seuls 14 n'ont
qu'un seul isotope stable (par exemple le fluor, constitué exclusivement de l'isotope 19F), les
66 autres en ont au moins deux (par exemple le cuivre, dans les proportions 69 % de 63Cu et
31 % de 65Cu, ou le carbone, dans les proportions 98,9 % de 12C et 1,1 % de 13C).
Les isotopes sont donc des éléments qui ont le même nombre Z mais des nombres de A
différents. Ils ont les mêmes propriétés chimiques, mais ils ont un nombre massique A
différents.

Exemples :
On peut citer comme exemples les isotopes de l’oxygène et du chlore : 168𝑂; 17
8𝑂; 18
𝑂;
8

35𝐶𝑙; 3717𝐶𝑙;
… 17

3.1. Détermination de la masse des isotopes


Dans un spectromètre de masse, un gaz est bombardé par des électrons de manière à créer
des ions chargés positivement par éjection d’un ou plusieurs électrons. Ces ions sont
accélérés par un champ électrique puis déviés plus ou moins fortement suivant leur masse
par un champ magnétique. Un détecteur permet de visualiser le point d’impact de l’ion et
donc d’en déduire sa masse avec une très grande précision. On peut séparer les isotopes d’un
élément et mesurer leurs abondances en utilisant un compteur de particules (spectromètre de
masse) (Figure 6).

Figure 6. Schéma de fonctionnement d’un spectromètre de masse.

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Un grand nombre d’éléments existe à l’état naturel sous forme d’un mélange d’isotopes dont
la masse moyenne de cet élément est relative aux masses des différents isotopes et leurs
abondances.

Les exemples sont mentionnés dans le tableau (1).

Tableau 1 : Quelques isotopes naturels, leurs abondances et les masses correspondantes.


L’élément L’isotope L’abondance (%) La masse (u.m.a)
Hydrogène 1
𝐻 99,98 1,00782503207
1

2𝐻 1
0,015 3,0160492777

Carbone 98,93 12
13𝐶 1,07 13,003354
6
35
17𝐶𝑙
Chlore 75,77 34,968852

37
24,23 36,965902
17𝐶𝑙

Remarques:
• Un élément chimique (X) est caractérisé par son numéro atomique Z,
• Les isotopes sont les éléments qui ont le même numéro atomique Z
• Les isobares sont les éléments qui ont le même nombre de masse A
• Les isotones sont les éléments qui ont le même nombre de neutrons N

3.2. La masse atomique moyenne


La masse atomique est la masse moyenne d'un élément et qui prend en compte l'ensemble
des isotopes de cet élément. Bien que tous les isotopes possèdent le même nombre de
protons et d'électrons, chaque isotope possède un nombre de neutrons spécifique. Le calcul
de la masse atomique prend aussi en compte les abondances globales des isotopes à partir
desquelles est calculée une moyenne pondérée.

M1 = masse de l’isotope 1 ; M2 = masse de l’isotope 2; et M3 = masse isotope 3.

Exemple :
Le magnésium se trouve dans la nature sous forme de trois isotopes 24Mg, 25Mg, 26Mg avec
des abondances de 78,60%, 10,11%, 11,29% respectivement, et les masses des isotopes sont
:

M(24Mg) = 23,985045u.m.a ; M(25Mg) = 24,985840u.m.a ; M(26Mg) = 25,982591u.m.a


Mmoy = 23,985045 x 0,786 + 24,985840 x 0,1011 + 24,985840 x 0,1129 = 24,312 u.m.a
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La masse moyenne est calculée en u.m.a
La masse atomique est calculée en gramme et les deux sont égales.

3. 3. La cohésion du noyau
3.3.1. Energie de cohésion
On sait que les protons chargés positivement sont concentrés dans le noyau sans se repousser
entre eux, pour comprendre ça il faut connaitre l’énergie de liaison nucléaire. Si on
considère la formation d’un noyau d’hélium (He) à partir des nucléons selon la réaction:

La masse de l’hélium à partir des masses des nucléides est :


2x 1,007278 +2x1 008665 = 4,031886 u.m.a.
Mais la masse réelle de l’hélium est égale à 4,001503 u.m.a Donc
on a une perte de masse :

Δm = 4,031886 – 4,001503
Δm = 0,030383 u.m.a
La formation du noyau de l’hélium est accompagnée par un dégagement important
d’énergie, les constituants eux même présentent cette énergie sous forme d’une fraction de
sa masse selon la relation d’Einstein :

ΔE = Δm.C2
C : vitesse de la lumière
ΔE : c’est l’énergie de liaison du noyau, elle assure la cohésion du noyau.

3.3.2. Comparaison d’une réaction chimique et une réaction nucléaire


La formation d’un noyau d’hélium libère une énergie ΔE
ΔE = 0,030385x 1,6605.10-27 (3.108)2 => 𝐸 = 4,54.10-12Joules.

La formation d’une mole de noyau d’hélium libère ∆𝐸′


∆𝐸′ = 4,54.10-12 x 6,023.1023 = 27,34.1011Joules => ∆𝐸′ = 6,54.108Kcal
La combustion d’une mole de carbone (12g) libère une énergie ΔE = 94,1Kcal.
Donc la formation d’une mole d’He (4 g) nécessite en point de vue énergétique la combustion
de 83,4 tonnes de charbon.

3.3.3. Unité d’énergie d’un électron : électronvolt (eV)


L’électronvolt c’est l’énergie gagné par un électron sous une différence de potentiel de 1 volt.
𝐸 = 𝑞. 𝑈

1 eV = charge d’électron x d.d.p = 1,6.10-19 C.1V


1eV = 1,6.10-19 joule et 1MeV = 106 eV
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Donc la formation d’un noyau d’hélium est accompagnée d’une perte d’énergie égale à

ΔE = 2,837.107 eV et ΔE =28,37 MeV

3.3.4. L’énergie moyenne de liaison nucléaire


L’énergie moyenne de liaison nucléaire 𝐸𝑚𝑜𝑦 est l’énergie d’un atome ΔE divisé par le
nombre de nucléons.

Les noyaux qui ont une énergie moyenne de liaison par nucléon entre 6 et 9Mev sont stables,
la stabilité est plus grande quand l’énergie moyenne de liaison par nucléon est plus élevée.

Les isotopes (éléments) qui ont une énergie moyenne de liaison par nucléon est faible sont
instables et on dit qu’ils sont radioactifs.
Exemple :
Pour le noyau d’hélium, ΔE =28,37 MeV

Donc : .

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Chapitre III : La radioactivité


La radioactivité est la propriété naturelle de certains noyaux atomiques à émettre de façon
spontanée un rayonnement. Cela correspond à une recherche spontanée de stabilité
nucléaire.

Cette émission de rayonnement accompagne le phénomène de désintégration radioactive,


qui transforme le noyau de l'élément "père" (X) en noyau fils (Y). Ainsi, le noyau d'un
isotope radioactif va se transformer spontanément en un noyau d'un isotope plus stable du
même élément, ou bien encore en un noyau d'un isotope d'un autre élément chimique.

1. Définition
On appelle radioactivité la transformation de noyaux atomiques au cours desquelles un
rayonnement est émis. Ces rayonnements sont par exemple

✓ des rayons gamma (ᵞ) constitués de photons de très grande énergie (très grande
fréquence);

✓ des particules matérielles: rayons alpha, composés de noyaux 42He (ou 42α);
0
rayons béta, composés d'électrons -1 e ou (0-1β-)
0
ou de rayons 1 e݁ ̅ positrons (= antiélectrons) (01β+)
1
neutrons 0 n protons 11P

La radioactivité naturelle est l’intégralité des éléments présents sur terre celle qui existe dans la
nature.

La radioactivité artificielle est celle obtenue par bombardement de noyaux atomiques par des
particules (neutrons, protons, particules (α), électrons, positrons, …). En fonction de la
nature du rayonnement émis, on peut distinguer :

2. Rayonnement alpha (α)


Certains noyaux lourds (N+Z > 200) émettent des particules alpha (ou noyaux d’hélium).
Equation bilan :

1
8
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On observe l'émission d'un noyau d'hélium (constitué de deux neutrons et de deux protons). Il y

a en parallèle émission d'un photon (Ɣ). X: noyau père. Y: noyau fils. Le radium 226 ainsi que
l'uranium 238 sont des émetteurs alpha.

3. Rayonnement bêta (-β)


Les noyaux avec un surplus de neutrons émettent un électron (𝑒−) (ou négaton) qui provient de
la décomposition d’un neutron en un proton et un antineutrino suivant l’équation :

En parallèle de cette réaction, il y a émission d'un photon ( Ɣ). Un neutron se transforme en


proton. Néanmoins, le noyau garde le même nombre de nucléons et donc la masse atomique ne
change pas. Le potassium 40 est un émetteur bêta moins. Ce type de radioactivité est la plus
fréquente.

4. Rayonnement bêta (+β)


Les noyaux avec trop de protons (ou trop peu de neutrons) émettent un positron qui provient
de la décomposition d’un proton en un positron, un neutron et un neutrino. Il y a en parallèle
émission d'un photon (Ɣ).

Néanmoins, le noyau garde le même nombre de nucléons et donc la masse atomique ne change pas.
L'iode 122 est un émetteur bêta plus.

5. Rayonnement gamma (Ɣ)


Les rayonnements (α) et (β) sont tous deux accompagnés de l’émission d’un rayonnement

(Ɣ) qui correspond à l’émission de photons de longueur d’onde dans le vide comprise entre 10 -
14
et 10-12 m.

La capture d'un neutron par un noyau est un autre type d'évènement entraînant un rayonnement
de type gamma (Ɣ)

6. La radioactivité naturelle et les familles radioactives naturelles


La radioactivité naturelle est une désintégration spontanée du noyau en donnant un noyau
radioactif ou stable et diverses radiations. Elle provient des rayons cosmiques (17 ), du gaz
radon (sous-produit de désintégration de l’uranium (50 )), du sol (granit 20 ) et du corps
humain lui-même (désintégration de et de

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Quand la désintégration donne un noyau radioactif, il se désintègre en donnant à son tour un
noyau qui peut être radioactif et ainsi de suite. IL y a alors une série de nucléides qui
apparaissent l’un après l’autre et l’ensemble constitue une famille radioactive. On distingue
alors trois familles radioactives:

1- La famille de l’uranium dans laquelle A = 2n + 2 (n nombre entier),


238𝑈 − −→ 23490𝑇ℎ + 42𝐻𝑒; 23490𝑇ℎ − −→ 23491𝑃𝑎 + −10𝑒 ;
23491𝑃𝑎 →⋯
92

→⋯ 20682𝑃𝑏

2- La famille de l’actino-uranium dans laquelle A = 4n + 3 (n nombre entier),


3- La famille du thorium dans laquelle A = 4n (n nombre entier) ;

Dans chacune de ces trois familles, on aboutit à un isotope stable de Pb ( ),

Figure 5 : Schéma de dégradation radioactive naturelle du Th.

7. La décroissance radioactive
Soit la désintégration radioactive :
A*----→ B ou B est stable. Expérimentalement, on peut compter le nombre de particules
émises par unité de temps.

Ce nombre est égal à : -


Ou : - dN est la variation du nombre de noyaux radioactifs A* pendant le temps dt (temps très
court) :

N : c’est le nombre de noyaux instables (radioactifs) présent à l’instant t.


2
0
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La variation de - (vitesse de décroissance ou désintégration) en fonction de N est une loi


linéaire.

-
Ou : est la concentration radioactive ou de décroissance en (s-1) ou (min-1), ….etc.
C’est une constante pour un isotope donné, elle le caractérise. L’intégration de cette équation
donne : - à t = 0, on a N = N0

- à t ≠ 0, on a N = Nt,

𝑵𝒕 = 𝑵𝟎 × 𝒆(−𝝀 .𝒕)
On aura :
Donc :

8. Activité où intensité où vitesse radioactive (A)


C’est le nombre de désintégrations par unité de temps.

A=
L’unité de l’activité radioactive est le Becquerel (Bq) ou Désintégration par seconde (dps):
- le Becquerel (Bq) et 1Bq = 1(dps).
- désintégration par seconde (dps)
- Curie (Ci) et Ci = 13.7.1010Bq (ce qui correspond à l’activité d’un gramme de radium).

9. Période radioactive
La période ou temps de demi-vie d’un noyau radioactif (T) est le temps au bout duquel la moitié
des noyaux radioactifs présents à t=0 est désintégrée (Figure 6).

Figure 6. Courbe de désintégration radioactive

T = t1/2, Nt = ; T

La période ou le temps de demi-vie (T) ne dépend pas du nombre initial de noyaux, de la


température ou de la pression. Elle caractérise un radioélément.

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10. Domaines d’application
• Domaine de l’armement : missiles nucléaires, bombe atomique, etc…
• Source d’énergie (production de l’électricité)

• Médecine (l’iode radioactif est utilisé dans l’examen scintigraphique de la thyroïde,


irradiations de tumeurs, etc…)

• Traceurs radioactifs pour le contrôle de nombreux procédés de fabrication industriels.

• Carbone 14 pour la datation d’objets anciens (jusqu’à environ 40 000 ans).


• Datation en archéologie : L’isotope carbone 14 (C-14) est radioactif (β-) avec une demi-
vie de 5730 années. Le carbone 14 est créé dans l’atmosphère par bombardement
par rayons cosmiques. Il est ensuite absorbé par les plantes sous forme de dioxyde de
carbone. A la mort des plantes, l’absorption cesse et le carbone C-14 se désintègre au
cours du temps.

• L’activité radioactive est utilisée dans le domaine juridique pour déterminer la date de décès des
victimes.

Exemple :
Dans un échantillon de carbone prélevé sur une momie, l’activité du C-14 a diminuée à la
valeur 60 % de la valeur initiale. Calculer la date de la mort de la personne.

On a :

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Chapitre IV : Quantification de l’énergie

Le modèle actuel de l’atome est un modèle nucléaire comme celui de Rutherford : la masse
se concentre dans un petit noyau central. Le noyau atomique a un diamètre 10 4 fois plus petit
que celui de l’atome.

Par contre, on ne parle plus de trajectoire électronique au sens de la mécanique classique


mais d’un « nuage électronique ». Cependant, il est intéressant de voir comment le modèle
atomique a évolué au cours du temps en fonction de l’avancement des recherches. Il est
d’ailleurs possible qu’un modèle quelque peu différent naisse dans quelques temps.

1. Théorie ondulatoire de la lumière


1.1. Ondes lumineuses
Il est admis que la lumière est une association de champs électrique et magnétique qui se
propageant dans l’espace avec un mouvement ondulatoire (Figure 7). Ces ondes
électromagnétiques ou lumineuses se propagent dans l’espace à une vitesse constante C
(célérité de la lumière) égale à 3.10 8 m.s-1. Chacune de ces ondes est caractérisée par sa

longueur d’onde = C.T ou son nombre d’onde ῡ .

La période T est le temps au bout duquel le vecteur vibrant ( ) retrouve le même module
et dans la même direction.

Le nombre de longueur d’onde parcourue par seconde est la fréquence ν de la lumière est donné

par :

Figure 7. Schéma d’une onde électromagnétique ou lumineuse

2
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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
Le spectre électromagnétique se compose de l’ensemble des ondes lumineuses où la
fréquence ν peut prendre toutes les valeurs de façon continue. Le spectre visible, n’est
qu’une petite partie du spectre complet des radiations électromagnétiques (Figure 8). Il
représente la partie du spectre complet à laquelle l’œil humain est sensible. Il s’étend du
violet au rouge.

Figure 8. Spectre électromagnétique.

1.2. Théorie quantique (Nature corpusculaire de la lumière)


Chaque composante de la lumière blanche est une radiation lumineuse caractérisée par une
couleur bien précise (constituée d’une infinité de couleurs ; rouge, bleu, violette, …) et à
chaque couleur correspond une énergie, une fréquence et une longueur d’onde. Les études
de Planck ont permis de déduire que le rayon lumineux est constitué de paquet d’énergie
infiniment petit appelé photon, chaque photon transporte une énergie ∆𝐸:

.
Avec h constante de Planck: h = 6,62.10-34 J.s,
E : énergie lumineuse transportée par la radiation en Joule ν
: fréquence de la radiation en (s-1) ou (Hz).

1.3. Effet photoélectrique


L’effet photoélectrique a été découvert par Hertz vers 1885. On irradie par une lumière
monochromatique, de fréquence ʋ croissante, une plaque métallique reliée à un électromètre
à cadran déchargé à l’instant initial. L’électromètre commence à se charger audelà d’une
fréquence. Les deux branches de l’électromètre s’écartent, signe de la présence d’électricité.

Lorsqu’on éclaire une plaque métallique et qu’on procède à un balayage en fréquence pour
la lumière on obtient une émission d’électrons à partir d’une fréquence seuil ʋ 0 qui est
caractéristique du métal utilisé. D’après Einstein, la lumière est porteuse de grains de
matière, les « quanta », appelés aussi les « photons », porteurs chacun d’une énergie E =
h.ν. Ces grains d’énergie viennent frapper les atomes métalliques de la plaque, et s’ils ont
suffisamment d’énergie, ils arrachent des électrons de la plaque, d’où la production de
l’électricité. C’est ce qui constitue l’effet « photoélectrique ».
2
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On irradie alors la surface d’un métal par une lumière de fréquence donnée, alors des électrons
sont émis (arrachés).
- L’émission d’un électron ne se fait seulement si la fréquence de la lumière incidente
est supérieure à une valeur ѵ0 spécifique à chaque métal.

- L’énergie cinétique (mv2/2) de l’électron arraché augmente quand la fréquence ѵ de la


lumière augmente.

Expérience :
Si on éclaire une plaque métallique avec une lumière monochromatique de fréquence ʋ
supérieure à la fréquence du seuil ν0, l’excès d’énergie par rapport à l’énergie caractéristique
du métal E0 = hν0 est dissipée sous forme d’énergie cinétique prise par les électrons (Figure
9).

∆𝐸𝑝ℎ = ∆𝐸0 +
∆𝐸𝐶 Si : ∆𝐸𝑝ℎ ≥ ∆𝐸0 il y a effet.

Si : ∆𝐸𝑝ℎ < ∆𝐸0 il n’y a pas d’effet.

Figure 9. Schématisation de l’effet photoélectrique

2. Spectre optique d’émission de l’hydrogène


2.1. Résultats expérimentaux
Lorsqu'on soumet du dihydrogène H2 sous très faible pression (10 -3bar) à une décharge
électrique créée par un générateur à haute tension, on observe une émission lumineuse qui
constitue le spectre d’émission de l’atome d’hydrogène.

Le spectre de l’atome d’hydrogène est constitué de radiations monochromatiques de longueurs


d’onde λ bien définies (Figure 10). L’expérience a montré que le spectre d’émission de l’atome
d’hydrogène présente un grand nombre de raies dans l’ultraviolet, le visible et l’infrarouge. Les
premières raies étudiées se situent dans le domaine du visible. Elles appartiennent à la "série de
Balmer".

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Figure 10. Allure du spectre de l’atome d’hydrogène.

2.2. Interprétation du spectre optique


Les atomes ou les molécules peuvent échanger de l’énergie avec l’extérieur pour atteindre
différents niveaux d’énergie (Figure 11). L’émission d’un rayonnement lumineux
correspond à un échange d’énergie : un photon est émis lorsqu’un électron de l’atome,
préalablement excité par le potentiel électrique, revient à un niveau d’énergie plus bas en
rendant son énergie.

Figure 11. Schéma d’une transition électronique.

3. Modèles classiques de l'atome


3.1. Modèle de Rutherford
Les lois de l'électromagnétisme imposent que l'électron en mouvement doit perdre de
l'énergie sous forme de rayonnement par conséquent il finira par s'écraser sur le noyau d’une
part. D’autre part, la diminution continue de la distance « électron-noyau » implique la
variation continue de la fréquence de rayonnement et un spectre d’émission de l’atome
continu. Ceci est contradictoire avec les résultats expérimentaux (spectre discontinu). Dès
1865, Balmer a remarqué que l'écartement entre les raies diminue régulièrement avec la

longueur d'onde et qu’il existait une relation linéaire entre les nombres d’onde et .

Rydberg a proposé alors une équation empirique qui permet de relier la longueur d’onde λ aux
niveaux d’énergie n par la relation :

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n1 = 2 n2: numéro de la raie qui prend les valeurs successives 3, 4, 5,


6, …; λ : longueur d'onde correspondante

RH : constante de Rydberg pour l’hydrogène, trouvée expérimentalement :


RH =109677,6 cm-1.
Les sept raies visibles observées constituent le visible de la lumière blanche et forment la série
de Balmer pour laquelle n1 = 2 et n2 3.

Ritz a généralisé cette relation empirique pour trouver les longueurs d’onde de toutes les raies
des différentes séries observées selon la relation :

Avec : n1 et n2 des nombres entiers positifs (n1˃ 0 et n2 ˃ n1)


L’exploration de tout le spectre montre l’existence d’autres séries de raies de part et d’autre du
domaine visible (Tableau 2) :

Tableau 2: Séries du spectre de l’atome d’hydrogène, transitions et domaine spectral


correspondant.
Série Transition Domaine spectrale
Lyman 𝑛1 = 1 𝑒𝑡 𝑛2 > 1 Utraviolet
Balmer 𝑛1 = 2 𝑒𝑡 𝑛2 > 2 Visible
Paschen 𝑛1 = 3 𝑒𝑡 𝑛2 > 3 Infrarouge
Brackett 𝑛1 = 4 𝑒𝑡 𝑛2 > 4 Infrarouge
Pfund 𝑛1 = 5 𝑒𝑡 𝑛2 > 5 Infrarouge

3.2. Modèle de Bohr


3.2.1. Postulats de Bohr
En s'inspirant du modèle de Rutherford, Niels Bohr a proposé en 1913 une théorie
permettant de remédier aux défauts du modèle de Rutherford. Elle est fondée sur les
postulats suivants:

1. L'atome ne peut pas subir de variation énergétique continue; il ne peut exister que
dans une suite d'états stationnaires correspondant à des niveaux d'énergie E1, E2,
E3, …En sur lesquels l’électron ne rayonne pas.

2. Il y’a quantification du moment cinétique orbital L de l'électron par rapport au


centre de l'orbite. Ce moment est défini par le produit vectoriel du vecteur
position r et du vecteur impulsion p relatif à l’électron suivant la relation :

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𝐿⃗ = ; ) = mvr. Sin (

Le vecteur 𝐿⃗ est perpendiculaire au plan de l’orbite.

Ce moment ne peut donc prendre que des valeurs entières de

Par conséquent le moment cinétique est quantifié :


Avec h : constante de Planck ; m : masse de l’électron et n : nombre quantique
3. Au cours d'une transition entre deux états stationnaires d'énergies respectives 𝐸𝑛2
et 𝐸𝑛1 , il y a émission ou absorption d'une quantité d'énergie égale à :

|𝑬𝒏𝟐 − 𝑬𝒏𝟏| = h. ν = ∆𝑬
h : 6,623 10-34J.s (constante de Planck) et ν : fréquence de rayonnement mis en jeu.

Remarques:
• Une absorption d’une radiation est obtenue lorsque l’électron passe du niveau n1au
niveau n2 avec n1 < n2 et ∆𝑬 = + h. ν = 𝑬𝒏𝟐 − 𝑬𝒏𝟏 ˃ 𝟎

• Une émission d’une radiation est obtenue lorsque l’électron passe du niveau n2au
niveau n1 avec n1 < n2 et ∆𝑬 = − h. ν = 𝑬𝒏𝟏 − 𝑬𝒏𝟐 ˂ 𝟎

3.2.2. Rayon de l’atome d’hydrogène


L'hydrogène 1
1𝐻 est constitué d'un noyau de charge (+e) et d'un électron de charge (-e)
séparés par une distance r (schéma ci-après). L'électron décrit une trajectoire circulaire avec
une vitesse v, tandis que le noyau, relativement lourd reste pratiquement fixe.


• D’après le premier postulat de Bohr, le système est en équilibre:

2
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= ‖⃗𝑭⃗⃗⃗𝒄 ‖

Avec :

Or
• D’après le deuxième postulat de Bohr décrivant la quantification du moment cinétique

orbital, on a :

Soit : ……..(2)
Comme h, k, m, et e sont constantes alors r ne dépond que de la valeur du nombre positif
(n) appelé nombre quantique principal

soit :
Pour n = 1, rn = r1 = 0,5290 Å : premier rayon de Bohr pour l'atome d'hydrogène qu’on note
a0.

Avec : m = 9,110.10-31kg et e = 1,602.10-19 C


• Pour n = 2, 2ème orbite de Bohr r2 = 4×a0 ;
• Pour n = 3, 3ème orbite de Bohr r3 = 9×a0;
• Pour n = 4, 4ème orbite de Bohr r4 = 16×a0 .. etc…
On constate que l’électron ne peut se trouver que sur une suite discontinue caractérisée par le
nombre quantique n dont le rayon r est : a0, 4 a0, 9 a0, 16 a0,…., n2a0.

3.2.3. Energie de l’atome d’hydrogène


L'énergie totale Et du système considéré est la somme de l'énergie potentielle Ep et de l'énergie
cinétique Ec :

𝑬𝒕 = 𝑬𝒄 + 𝑬𝟒 ........(4)

Avec :

Avec :

D’où

D’après l’équation (1) on a

Soit: , l’énergie cinétique est alors:

……..(6)
En remplaçant les équations 5 et 6 dans 4 on obtient l’expression de l’énergie totale de
l’électron sur une orbite stationnaire:

2
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……..(7)
Le remplacement de l’équation (3) dans l’équation (7) donne :

L’énergie totale du système en fonction de n sera donc :

L'énergie 𝑬𝒕 de l'électron sur l’orbite dépend uniquement de n. Elle est donc quantifiée et ne
peut prendre que quelques valeurs particulières en accord avec l’expression:

Pour n= .
Cette valeur représente l’énergie d’un électron à l’état fondamental de l’atome d’hydrogène.

Donc : avec E1 = -13,6 eV

Définitions :
• L’énergie d’excitation de l’atome d’hydrogène est l’énergie nécessaire pour faire
passer l’électron de l’orbite n1 à une orbite n2 (n1 < n2)

• L’énergie d’ionisation de l’atome d’hydrogène est l’énergie nécessaire pour faire


passer l’électron du niveau n à un niveau n qui tend vers ∞. Ce phénomène correspond à
l’arrachement de l’électron de l’atome :

Exemple :
L’énergie d’ionisation de l’atome d’hydrogène de l’état fondamentale est Ei

Ei = 𝑬∞ - E1 = +13,6 eV

3.2.4. Transition entre niveaux électroniques


D'après le 3ème postulat de Bohr, quand l'électron de l’hydrogène passe d'un niveau d’énergie
𝑬𝒏𝒊 à un niveau d’énergie 𝑬𝒏𝒇, l’énergie mise en jeu a pour expression :

La fréquence et le nombre d’onde correspondant à cette radiation sont donnés par :

3
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On déduit la constante RH:

Ainsi, on retrouve la formule empirique de Ritz et les différentes séries de raies du spectre
d’émission de l’atome d’hydrogène. Les transitions spectrales entre les différents niveaux
électroniques de l’atome d’hydrogène sont représentées dans le diagramme énergétique
suivant (Figure 12).

La valeur calculée de la constante de Rydberg est proche de la valeur expérimentale donnée


empiriquement par Balmer 𝑅𝐻 (𝑅𝐻 = 109677,6 𝑐𝑚−1).

et : RH = 10973731,57 m-1 = 13,6056 eV.


Cependant, l’étude du mouvement autour du centre de gravité du système (électron-noyau) où
la masse de l’électron m est remplacée par une masse réduite du système définie par :

Une valeur de 𝑅𝐻 = 109677,70 𝑐𝑚−1, très proche de la valeur expérimentale.

Figure 12. Diagramme énergétique .


de l’atome d’hydrogène

3.3. Spectre des ions hydrogénoïdes

3
1
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On appelle ions hydrogénoïdes, des cations qui possèdent un seul électron et Z protons.
Exemple : He+; Li++; Be+++…

Le calcul du rayon, de l’énergie et de la vitesse de l’électron d’un ion hydrogénoïde sur une
orbite n aboutit aux expressions suivantes:

Ces expressions peuvent être retrouvées en remplaçant, dans celles de l’atome d’hydrogène,
la charge du noyau (+e) par (+Ze).Les nombres d’ondes des séries observées dans le spectre
des ions hydrogénoïdes sont données par :

.
3.4. Les nombre quantiques
Donc on a introduit un nombre quantique n qui définit le niveau d’énergie de l’électron, n
est appelé le nombre quantique principal.

On introduit un deuxième nombre quantique L appelé nombre quantique secondaire ou nombre


quantique azimutal, il définit la forme de l’espace où se trouve l’électron.

Le nombre quantique l est (l 0) et qui prend n valeurs : 0, 1, 2, 3, … (n-1). Les différentes

valeurs de l définissent la forme de l’orbitale.

On introduit un troisième nombre quantique m appelé nombre quantique magnétique m


prend (2L+1) valeurs : - l, - l +1, - l +2, … -l, 0, +l, +2,… l -2, l -1, l. Le nombre m donne le
sens de l’orbitale qui contient l’électron.

L’utilisation des 3 nombres quantiques n, l et m on trouve n2 combinaisons possibles pour


chaque couche.

L’électron peut tourner sur lui-même, il y a deux possibilités on introduit un quatrième nombre
quantique s appelé nombre de spin.

s prend deux valeurs s = +1/2 et s = -1/2. Donc le nombre de combinaisons précédent sera 2n2.

K n=1 l =0 (s) m = 0 1combinaison.

L n=2 l =0 m=0 l =1 (p) m =-1 4


combinaisons. m=0
m=1

3
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M n=2 l =0 m=0 l =1 (p) m =-1


m=0 m=1
n=3 l =2 (d) m =-2 9 combinaisons.

m =-1
m=0

m=1 m=2
Quand n prend la valeur de 4 (n=4), le nombre quantique L peut avoir la valeur de 3 ( l =3) et
on obtiens la sous couche f.

3.5. Énergie d’ionisation


L’énergie d'ionisation d'un atome est l'énergie qu'il faut fournir à un atome neutre pour arracher
un électron (le moins lié) à l'état gazeux et former un ion positif. On la note Ei..

Tout atome est caractérisé par plusieurs énergies d’ionisation.

Exemple :
L’atome d’Argon (Z = 18), la première énergie d’ionisation de l’atome d’Argon ( 18Ar) est
l’énergie nécessaire pour arracher le premier électron le moins lié.

Ar Ar+ + e Ei1= 15,76 ev.


La deuxième énergie d’ionisation nous permet d’arracher un deuxième électron Ar +
Ar++ + e Ei2 = 27,63 eV.

Ei2 › Ei1 car l’électron enlevé dans le deuxième cas est arraché à partir d’un ion positif. Les
valeurs de quelques énergies d’ionisation de l’atome d’Argon sont données dans le Tableau
(3) comme exemple:

Tableau 3 : Energies d’ionisation de l’atome d’Argon.


L’électron L’énergie L’électron L’énergie
1er 15,759610 ev 4ème 27,62966 eV
3ème 40,74 eV 6ème 59,81 eV
5ème 75,02 eV 8ème 91,009 eV
7ème 124,33 eV 10eme 143,460 eV
3.6. Structure électronique des atomes poly-électroniques
Les configurations électronique d’un atome poly-électronique est la façon dont ses Z électrons
sont distribués entre les couches et les sous-couches.

3.6.1. Règle de Klechkowsky :

3
3
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A l’état fondamental, les électrons occupent les niveaux d’énergie les plus bas d’où une
énergie minimale est donc une stabilité maximale. L’énergie des orbitales dépend de n et L
c'est-à-dire le niveau d’énergie se subdivise en sous niveaux énergétiques

L’ordre de remplissage des sous-couches est donné par la règle de Klechkowsky cet ordre est le
suivant :

1s2, 2s2 2p6, 3s2 3p6, 4s2-3d10 4p6, 5s2-4d10 5p6,……..

3.7. Règles de remplissage des orbites atomique


3.7.1. Principe de stabilité
Le remplissage doit se faire selon l’ordre croissant de l’énergie des orbitales atomiques. Ainsi,
on aboutit à l’état fondamental (le plus stable).

Le niveau d’énergie des orbitales augmente avec (n + l). Si deux niveaux ont la même valeur de

(n + l) le niveau le plus stable est celui qui possède n le plus petit.

Exemple :
L’énergie du niveau 4s (n = 4, l = 0, n + l = 4), l’énergie du niveau 3d (n = 3, l = 2, n + l =

5) et l’énergie du niveau 3p (n = 3, l = 1, n + l = 4)
Donc on remplit 4s avant 3d, et on remplit 3p avant 4s.

3.7.2. Principe d’exclusion de Pauli


Dans un atome, deux électrons ne peuvent avoir leurs quatre nombres quantiques identiques.
Par exemple si (n, l et m) sont les mêmes, on a s = +1/2 pour l’un et s = -1/2 pour l’autre.

Exemple :

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1s2 on a deux électrons dans la couche (n = 1). La sous couche est s donc (l = 0) et (m = 0)
pour chaque électron donc le nombre de spin ces deux électrons ont de nombres de spin
différents.

1er électron : n = 1, l = 0, m = 0, s = +1/2

2ème électron : n = 1, l = 0, m = 0, s = -1/2

3.8. Règle de Hund


Dans la même sous-couche, les électrons occupent le maximum d’orbitales (cases quantiques)
avec des spins de même sens.

Exemple :
7N : 1s2, 2s22p3 : les cases quantiques ;
2s2 2p3

8O: 1s2, 2s22p4 : les cases quantiques ; 2s2 2p4

Remarque :
Le nombre maximal d’électrons dans une couche (n) est (2n2).

3.8.1. Couche de valence


Les électrons de la couche dont le nombre (n) est le plus grand jouent le rôle principal dans
les réactions chimiques et en particulier à la formation des liaisons chimiques entre les
atomes. On appelle cette couche : couche externe périphérique où encore couche de
valence.

Exemple :
3Li : 1s² 2s1 couche de valence est (n = 2), nombre d’électrons de valence est (1)
6C : 1s² 2s² 2p2. La couche de valence est (n = 2), le nombre d’électrons de valence est (4).

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Chapitre V : Classification périodique des éléments

L'étude de la structure électronique des atomes permet de comprendre de manière plus


approfondie la classification périodique des éléments appelée encore classification
périodique de Mendeleïev, établie en 1869.

Le tableau périodique, reste le moyen le plus important de comparaison entre les divers
éléments chimiques. Il facilite la compréhension des groupes d’éléments, leurs propriétés
chimiques associées, et leurs structures. De plus, cette classification permet de déterminer
les formules des composés et les types de liaison unissant les atomes dans les molécules.

1. Principe de la classification périodique


On classe les éléments par numéro atomique Z croissant, chaque ligne commençant par
le remplissage de la même couche (sous-couche ns). Les éléments se trouvent alors
classés dans un tableau où l’on place dans chaque colonne les éléments ayant même
structure externe. La configuration électronique des atomes dans l’état fondamental
permet de reconstruire la table de classification périodique, c’est à dire la répartition
des lignes (ou périodes) et colonnes (ou groupes) des éléments.

2. Lignes ou périodes
La ligne ou période correspond à une couche électronique identifiée par son nombre
quantique principal noté n. Il y’a 7 couches électroniques connues à l’état fondamental,
donc 7 périodes dans le tableau périodique standard numérotées de 1 à 7.

3. Colonnes ou groupes
Il y’a 18 groupes ou colonnes dont : 8 en bloc A et 10 en bloc B.

3.1. Sous-groupe A
Les 8 familles sont dites principales numérotées de (IA) jusqu'à (VIIIA) et représentées par
deux blocs : bloc S et bloc P.

3.2. Sous-groupe B
Familles situées entre (IIA) et (IIIA). Représentées par le bloc d (éléments de transition).

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6
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Les éléments de la même famille ont le même nombre d’électrons de valence. Le numéro de
la famille, correspond au nombre d’électrons de valence. Un élément appartient à la famille
A si ses électrons de valence sont repartis dans la sous couche (nS) et (nS, n P).

Un élément appartient à la famille B si ses électrons de valence sont repartis dans la couche nS-
(n-1)d

Exemple :
Groupe A : les électrons de valence sont des électrons S ou P
1
H : 1s1
2He : 1s2
11Na : 1s2 2s2 2p6 3s1 = [ Ne] 3s1
18Ar : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6

4. Les différents Blocs du tableau périodique


La classification périodique des éléments comporte plusieurs ensembles ou blocs d’éléments :

• Bloc s : Il correspond aux éléments de la colonne 1 (ns 1, Groupe (IA)) appelés alcalins qui
sont monovalents, et de la colonne 2(ns 2, Groupe (IIA)) appelés alcalino-terreux qui sont
divalents.

• Bloc p : Il correspond aux éléments de configuration : ns 2 np1, ns2np2, ns2np3,ns2np4, ns2np5,


ns2np6, appartenant aux groupes des métaux trivalents (IIIA), des métalloïdes (IVA, VA,
VIA), des halogènes (VIIA) et des gaz rares (VIIIA).

Structure (nS nP)


Groupe ou 𝐼𝐴 𝐼𝐼𝐴 𝐼𝐼𝐼𝐴 𝐼𝑉𝐴 𝑉𝐴 𝑉𝐼𝐴 𝑉𝐼𝐼𝐴 𝑉𝐼𝐼𝐼𝐴
famille

𝑛𝑠1 𝑛𝑠2 𝑛𝑠2𝑛𝑝 𝑛𝑠2𝑛𝑝 𝑛𝑠2𝑛𝑝 𝑛𝑠2𝑛𝑝 𝑛𝑠2𝑛𝑝 𝑛𝑠2𝑛𝑝


Configuration
électronique de
1 2 3 4 5 6
la couche de
valence

Nombre
1 2 3 4 5 6 7 8
d’électron de
valence
Elément 3Li 12Mg 13Al 6C 7N 8O 9F 10Ne

• Bloc d : La première série des éléments possédant des orbitales d (3d i) dite 1ière série des
éléments de transition correspond à la période de (n = 4). Elle correspond aux éléments allant
de (21Sc) au (30Zn). Le remplissage de la sous couche (3d) commence lorsque la sous couche
(4s) est saturée à (4s2).

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
Il existe trois séries d’éléments de transition 3d i, 4di, 5di avec i variant de 1 à 10. On appelle ces
nouvelles colonnes groupes : IIIB, IVB, VB, VIB, VIIB, VIIIB, IB, IIB.

Exemple :
Na : [Ne]3s1 (IA) ; Cu [Ar] 3d10 4s1 (IB)
• Bloc f : il correspond aux Lanthanides et aux Actinides, appelées terres rares. Lorsque
l’1orbitale 6s est saturée à 6s2, apparaissent les orbitales 4f qui se remplissent avant 5d (selon
la règle de Klechkowski).
Exemple :
Le lanthane (Z = 57) est de configuration [Xe] 5d1 6s2 au lieu de [Xe] 5f1 6s2. Les éléments qui
le suivent (du 58Ce au 71Lu) correspondent au remplissage des orbitales 4f : 4f1 5d1 6s2.

Remarques :
• H est placé au-dessus des alcalins (ns1) soit juste avant He.
• He à sa couche externe saturée (1s2) et se situe en tête de la colonne des gaz rares.

• Les éléments du Bloc d ayant la sous couche d non saturée sont appelés les métaux de
transition.

• Le Chrome (24Cr) selon KLECKOWSKY 24Cr : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d4
Pour avoir une meilleure stabilité, un électron de la sous couche 4s passe à la sous couche
3d pour qu’elle soit à moitié remplie par des électrons parallèles qui lui confient une
stabilité, et la structure sera : 24Cr : 1s2, 2s2 2p6, 3s2 3p6, 4s1 3d5

• La 6ème période comporte 32 éléments dont les lanthanides correspondant au remplissage de la sous-
couche 4f et Z est (58 ≤ Z ≤ 71) ;

X : 1s2, 2s2 2p6, 3s2 3p6, 4s2-3d44p6, 5s2-4d10 5p6, 6s2 4f2-14 5d0 ;

Exemple :
La structure électronique du lanthane (57La), La : [Xe] 6s2 5d1.

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
Les sous-couches ont toutes, ici, des énergies très voisines et la règle de Klechkowski devient
peu fiable.

• La 7ème période est incomplète. Elle débute par le remplissage de la sous-couche (7s) (Fr,
Ra). Suit la série des actinides (Z ≥ 90), correspondant au remplissage de la sous-couche 5f.
La plupart de ces éléments sont radioactifs. L’uranium (Z = 92) est l’élément naturel le plus
lourd. On a pu obtenir artificiellement des éléments plus lourds, jusqu’à Z = 114.

Exemple 1 :
Trouver le numéro atomique d’un élément X appartenant au groupe (IIA) et à la période (n=5).
Exemple 2 :
Le numéro atomique d’un élément X est (Z = 35). Trouver le groupe et la période de l’élément
(X).

Exemple 3 :
4 éléments du tableau périodique A ; B ; C et D.
-Les deux éléments A et B appartiennent au groupe de Potassium (19K).
-Les deux éléments C et D appartiennent au groupe de Brome (9F).
-Les deux éléments A et C appartiennent à la période Du Phosphore ( 15P). -Les
deux éléments B et D appartiennent à la période du Zirconium ( 40Zr). Trouver le
numéro atomique Z de chaque élément.

5. Les familles chimiques


Les familles d'élément considérées, parleur usage ou leur abondance, comme les plus
importantes sont :

5.1. Les alcalins :


Situés à l'extrême gauche du tableau périodique, les alcalins n'ont qu'un électron sur leur
dernier niveau d'énergie. Ils auront tendance à céder facilement cet électron pour saturer le
niveau d'énergie précédent et devenir stable comme un gaz rare. Lors d'une réaction
chimique, ils sont prêts à donner cet électron de valence aux non-métaux; ils forment donc
des liens ioniques. Les éléments du groupe (IA) ont une structure cristalline cubique centrée.
Ce sont des métaux légers, de couleur blanc argenté, qui s'oxydent facilement et fondent à
des températures peu élevées.

5.2. Les alcalino-terreux :


Le groupe (IIA), celui des métaux alcalino-terreux, contient 6 éléments: (Be, Mg, Ca, Sr, Ba
et Ra) qui est radioactif. Ces éléments sont très électropositifs, ce sont des métaux légers,
mous et très réactifs. Dans l'eau, les éléments du groupe (IIA) donnent des bases solubles de

3
9
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
formule X(OH)2, ils ne se trouvent jamais sous forme métallique libre dans la nature, car,
comme les alcalins, ce sont des réducteurs très réactifs et ils réagissent aisément avec de
nombreux non-métaux.

5.3. Les halogènes :


Ce sont des non-métaux qui ont en commun certaines caractéristiques : ils ne conduisent pas
le courant électrique, ils ont un aspect terne, ils ne sont pas malléables et ils ne peuvent pas
être laminés. C'est la seule famille du tableau périodique où l'on retrouve des éléments à
l'état liquide, gazeux et solide.
Ces éléments possèdent sept électrons de valence, et ils auront de fortes tendances à réagir
avec d'autres éléments, soit par un lien ionique, soit par un lien covalent, afin d'acquérir la
structure électronique des gaz rares.

5.4. Les métaux de transition :


Ce sont les éléments dont la dernière couche s est saturée à deux électrons alors que la
souscouche (d) est incomplètement remplie. Cette famille est en fait regroupée sur une
même période et comporte les éléments de numéro atomique compris entre 21 et 30 (du
Scandium au Zinc). Elle possède les caractéristiques des métaux mais son comportement
chimique est assez particulier.

5.5. Les gaz rares :


Les éléments de ces familles se distinguent par l’absence presque totale de leur activité
chimique, d'où leur grande stabilité. L'hélium est un gaz monoatomique. Les forces
d'attraction entre les atomes de ce gaz sont très faibles. C'est la seule substance connue qui
ne peut être solidifiée à une certaine température sans que l'on augmente la pression. Les
autres gaz rares ont de très grandes ressemblances avec l'hélium. À part le radon, qui est un
produit de la désintégration de l'uranium ou du radium, les autres se trouvent en quantité
faible dans l'air. L’hélium est le deuxième élément en abondance dans l'univers.

5.6. La règle de l’octet :


Les gaz rares présentent une grande inertie chimique, ils ne donnent pratiquement aucune
réaction. On les appelle parfois gaz nobles car ils refusent de se mêler aux autres éléments
dans des composés chimiques. Il s’agit de gaz mono atomiques. Cette grande stabilité est
due à leur configuration électronique qui fait apparaître une couche de valence saturée à 8
électrons.

Un atome ou un ion qui présente une structure électronique similaire à celle des gaz rares
présentera une stabilité particulièrement importante. Les atomes ordinaires vont donc

4
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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
chercher à acquérir cette structure en (s2 p6) afin de devenir plus stable et acquérir la
structure électronique du gaz rare le plus proche de lui dans le tableau périodique.

Cette règle permet de prévoir facilement l’ion le plus stable des éléments des blocs s et p
.Pour les éléments trop éloignés de la structure des gaz rares (blocs d et f) cette règle ne
s’applique pas aussi simplement.

Exemples :
• Le magnésium (Mg) peut acquérir la structure du néon en perdant 2e -.L’ion le plus stable
du magnésium sera donc (Mg2+).

• Le brome (Br) peut acquérir la structure du krypton en gagnant 1e -. L’ion le plus stable
du brome sera donc (Br-).
• C peut aussi bien acquérir la structure du néon en gagnant 4e- (C4-) que celle de l’hélium
en perdant 4e- (C4+). En réalité, les éléments de la colonne 14 donneront difficilement des ions.

Remarque:
• Les métaux donnent des cations et pas des anions. Les semi-métaux peuvent donner des
anions et des cations (Sb par exemple).

• L'hydrogène se trouve au-dessus de la famille des alcalins. En réalité, il n'appartient à


aucune famille chimique. Il est un élément unique en son genre pouvant se comporter comme
un alcalin et parfois comme un halogène.

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina

Chapitre VI : Thermodynamique chimique

1. Introduction
La thermodynamique est une science qui étudie l’échange de chaleur entre le système étudié
et le milieu extérieur, cette science est appliquée dans tous les domaines de la vie courante.

La thermodynamique étudie les transformations de l’énergie, en particulier la transformation de


la chaleur en travail et vice versa. Elle traite du bilan énergétique des réactions chimiques, de
l’équilibre des réactions à un niveau macroscopique

1.1. Système
Il est défini comme une partie de matière délimitée par rapport au milieu extérieur par une
frontière imaginaire ou réelle. Le milieu extérieur est le reste de l’espace entourant le
système.

Exemple:
Cylindre qui contient un gaz, l’amphi, ……On a plusieurs types de systèmes :

✓ Système ouvert : échange de matière et de l’énergie avec le milieu extérieur. Exemple : Une
cellule vivante est un système ouvert (échanges de nutriments et de déchets).

✓ Système fermé : pas d’échange de matière, mais échange d’énergie possible. On peut citer
comme exemple une bouteille pleine d’eau fermée dans un frigo ou dans un Bain Marie.

✓ Système isolé : aucun échange de matière ou d’énergie avec le milieu extérieur (Thermos).

1.2. Gaz parfait


C’est un gaz où la distance entre ses molécules ou ses atomes est supérieure aux dimensions
de ces derniers, d’où les molécules sont sans interaction entre elles. La loi des gaz parfaits
dépend des variables d’état P, V, T.

4
2
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
PV = n RT
P : pression du gaz V :
volume du gaz n : nombre
de moles du gaz

T : Température en Kelvin (K). T (K) = T (0C) +273


R : constante des gaz parfaits.

L’unité de la constante des gaz parfaits (R) est (R = 0.082 atm.L.K-1.mol-1)


➢ Si le volume (V) d’une mole d’un gaz parfait dans les conditions normales (P = 1
atm, T = 0 0C) est de (V= 22,4 L) ; donc la valeur de la constante des gaz parfait
devient : R = PV/ nT = 1. 22,4/1.273

R= 0,082 atm.L.K-1.mol-1
➢ Si on utilise le volume en (m3) et la pression en (Joule/M3) :
1Pa = 1 N/m2 ;
1 atm = 101305 Pa
1atm = 101305 N/m2 = 101305 Nm/m3
1atm = 101305 J/m3
On prend le volume (V) en (m3), la constante des gaz parfaits sera donc :
R= PV/nT= 101305 × 22,4 × 10-3 /1.273 J.m3/m3.mol.K
R = 8,31J.K -1.mole-1
et R= 2 cal.K-1.mole-1

2. Le travail des forces de pression (W)

………………… dx
…………………

4
3
Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
On suppose un gaz dans un cylindre à piston mobile, à l’équilibre les
forces extérieures qui agissent sur le piston (exemple : des masses
sur le piston) et la pression atmosphérique s’équilibrent avec la force
de pression du gaz sur la face intérieure du piston.

On suppose que le système lui arrive une très petite évolution telle
que la transformation de son volume avec une quantité infinitésimale
dV. On suppose que la température est constante (T = C st), le travail
fourni ou acquis par le système est toujours sous forme dw = -P.dV

dw est le travail élémentaire échangé entre le système et le milieu extérieur lors de cette
transformation élémentaire.

On suppose que cette transformation est très lente, alors la pression du gaz est égale à la
pression extérieure cette transformation est appelée : transformation réversible.
Lorsque le piston passe du haut vers le bas, le volume du gaz diminue donc on a une
compression, si le piston passe du bas vers le haut le volume du gaz augmente donc on a une
détente.

Calcul du travail échangé lors d’une transformation réversible :

Le travail élémentaire dw reçu par le gaz est en valeur absolue


On a dw = F.dx = P.S.dx ; S.dx = dv et dw = P.dv donc : dw
= -P.dv

- Si le volume est constant (Transformation isobare), 𝑊 = − ∫ 𝑃. 𝑑𝑉 = 0.


- Si la pression est constante (Transformation isobare), 𝑊 = −𝑃. ∆𝑉
- Si la température est constante (Transformation isotherme),

- Si ‘il n’y a pas d’échange de chaleur entre le système et le milieu extérieur


(transformation adiabatique), 𝑊 = ∆𝑈, Q = 0 et 𝑃. 𝑉𝛾 = 𝐶𝑡𝑒

Donc :

Exemple I :

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Dans un système, on comprime l’oxygène qui occupe un volume (V 1 = 8L) à une
température (T =270 C) et une pression (P = 1 atm) à un volume (V 2 = 5L) avec deux
méthodes, l’une est réversible à température constante et l’autre est sans aucun transfert
thermique entre le système étudié et le milieu extérieur (adiabatique).

Trouver pour chaque cas : 1) La


relation entre P et V 2) P et
V finaux.

3) La quantité de chaleur Q échangée avec le milieu extérieur.


4) Le travail fourni.
5) La variation de l’énergie interne U. Cp = 7 cal.K-1mol-1

Solution I:
✓ Transformation réversible à T= constante.
PV = nRT ; T = 300°K
P1V1 = P2V2

U = W et Q = -W ; Q = nRT
W = +3,76 atm.L
U=0
✓ D’après la loi de Laplace, une transformation adiabatique où le paramètre γ

(ou indice adiabatique) vaut

Exemple II :
On considère l’hydrogène comme gaz parfait à l’état (1) : P 1=1 atm ; T1 = 25°C ; V1=50 L.
Partant de cet état, on effectue une succession de transformations réversibles :

- Transformation adiabatique jusqu’à T2 = 1250C

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- Transformation isobare jusqu’à T3 = 750C
- Transformation isochore jusqu’à T4 = T1
- Transformation isotherme jusqu’à l’état (1). 1) Calculer le nombre de moles du gaz.

2) Représenter les quatre transformations P = f(v). On donne Ɣ = 1,4 3) Calculer


pour chaque transformation W, Q et U.

Solution II:
(P1=1 atm ; T1=298 K ; V1=50 L) (P2=2.69 atm ; T2=398 K ; V2=24,25 L) (P3=2,69 atm ;
T3 = 348K ; V3=21,21 L) (P4=2,3 atm ; T4 = 298 K ; V4=21,21 L)

La transformation de l’état 1 à l’état 2 est adiabatique :

On trouve 𝑉2 = 24,25 𝐿 puis on applique PV = nRT pour chaque état.

Etat 1

Etat 2
W = -P(V3 – V2) = 8,17 atm.L et U – W = -28,67 atm.L
Etat 3 → é𝑡𝑎𝑡 4: 𝑊 = 0 𝑒𝑡 ∆𝑈 = 𝑛𝑐𝑉∆𝑇 = −500 𝑐𝑎𝑙 = −20,5 𝑎𝑡𝑚. 𝐿

Etat .
3. Premier principe de la thermodynamique
Selon le premier principe de la thermodynamique, lors de toute transformation, il y a
conservation de l'énergie. Dans le cas des systèmes thermodynamiques fermés, il s'énonce
de la manière suivante :

« Au cours d'une transformation quelconque d'un système fermé, la variation de son énergie
est égale à la quantité d'énergie échangée avec le milieu extérieur, par transfert thermique
(chaleur) et transfert mécanique (travail). »

La variation de l'énergie d'un système qui subit une transformation peut s'exprimer selon la
relation suivante :

∆𝐸 = ∆𝑈 + ∆𝐸𝑐 + ∆𝐸𝑝 = 𝑊 + 𝑄
∆𝐸: est la somme des différentes variations d'énergie du système.
∆𝑈: est la variation de l'énergie interne du système ; c'est-à-dire son énergie propre
correspondant aux énergies cinétiques et potentielles microscopiques des particules qui le
constituent.

∆𝐸𝑐 : est la variation de l'énergie cinétique macroscopique du système (mouvement d'ensemble


du système).

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∆𝐸𝑝 : est la variation de l'énergie potentielle du système due aux interactions conservatives
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avec l'extérieur.

W : est le travail appliqué au système. Le travail est un mode de transfert d'énergie entre le
milieu extérieur et le système. Notons que W est compté de manière algébrique : si c'est le
système qui exerce une force sur l'extérieur (autrement dit : s'il donne de l'énergie à
l'extérieur), alors est compté négativement.

Q : est le transfert thermique reçu (souvent appelé chaleur), c'est-à-dire la quantité d'énergie
que le milieu extérieur cède au système par trois processus d'échange thermique. L'échange
de chaleur est un mode de transfert d'énergie microscopique désordonnée. Cette grandeur est
aussi comptée de manière algébrique : si le système cède de la chaleur à l'extérieur, est
compté négativement.

U est une fonction d'état, elle ne dépend que de l'état initial et de l'état final. Cette propriéé est
connue sous le nom de “principe de l'état initial et de l'état final”.

∆U ne dépend que des états initial et final et dU est une différentielle exacte, qu'on peut
évaluer en connaissant seulement les limites d'intégration.
∆U = ∫ 𝑑𝑈 = 𝑈𝑓 − 𝑈𝑖
Par contre, (δW) et (δQ) sont des différentielles inexactes.

δW = - Pext.dV W
Cette valeur ne peut être calculée en connaissant seulement les limites d'intégration, car
l'intégrale dépend de la loi de variation de la pression P avec le volume V

● Système fermé
A tout système est associée une fonction d'état U appelée énergie interne. Au cours d'une
transformation d'un état initiale à un état finale, la variation d'énergie interne est:

∆U = W + Q
avec la convention W, travail mécanique et Q, quantité de chaleur reçus par le système
comptés supérieur à zéro 0.

Pour une transformation élémentaire (dans laquelle les états i et f très proches): dU
= δW + δQ

C'est le principe de conservation de l'énergie. Si le contenu d'énergie ∆U, d'un système aug
mente, il faut que cette énergie soit puisée dans le milieu extérieur.

● Système isolé
Il n'y a pas d'échange d'énergie (ni le travail W, ni la chaleur Q) avec le milieu extérieur: dU
= 0. L'énergie interne d'un système isolé se conserve: UUNIVERS=Constante.

● Système ouvert

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Il apparaît une contribution liée au flux de matière. dU = δW + δQ + dUmatière

4. Application du premier principe au système chimique


La réaction chimique est un système qui évolue d’un état initial à un état final avec
absorption ou émission de la chaleur (les réactions qui n’échangent pas de chaleur sont
athermiques).

L’évolution se poursuit soit à volume constant soit à pression constante. Le plus souvent on
considère les transformations chimiques comme des systèmes thermodynamiques qui
er
évoluent à pression constante. L’expression analytique du 1 principe est la suivante : U =
Q + W

U = Q - P(V2-V1) ; U2-U1 = QP - P(V2-V1)


En rassemblant les termes qui correspondent à l’état initial et à l’état final on obtient :
(U2+PV2) - (U1+PV1) = Qp
Où le terme (U+PV) indique à l’état du système qu’on représente par H, la fonction
enthalpie, fonction d’état étant donné qu’elle est fonction de U, P et V relatifs à l’état du
système.

H = Qp, la variation de l’enthalpie. H2 – H 1 = Qp


Cette fonction sert à décrire les effets thermiques qui apparaissent dans les réactions
chimiques qui se déroulent à pression constante. L’unité de l’enthalpie est celle de l’unité
d’énergie symbolisée par unité énergétique « ue », (1 ue = 1cal).

D’autres unités telles que le joule et les multiples sont utilisés de temps à autre (1J = 10 -3 KJ,
1cal = 4,18 J).

Dans les cas de la consommation ou de la production des gaz, la transformation est suivie
d’une variation importante de volume. En phase liquide ou solide et contrairement à la phase
gaz, la variation du volume est négligeable.

▪ Réaction en phase liquide ou solide, V»


0 dH = dU + PdV => dH = dU

▪ Réaction en phase gaz, dV 0


H = U + n (RT), les gaz pris comme parfaits.
Quand H < 0, la réaction absorbe de la chaleur, dans ce cas elle est exothermique.
Quand, H > 0, la réaction dégage cependant de la chaleur et donc elle est endothermique.

Exemple1 :
Le passage d’une mole de glace à l’état liquide à (T=0°C) et à (P=1 atm) s’effectue avec une
absorption de chaleur égale à 1440 cal. Les volumes molaires de la glace et de l’eau liquide
sont respectivement 0,0196 et 0,0180 litre.

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Solution 1:
La pression est constante et égale à 1 atm. La chaleur qui accompagne le passage d’une mole
d’eau à l’état de vapeur, Q p= Hvap

H = U +P V
Le travail enregistré dans ce cas,
P V = P(V2 – V 1) = 1.(0,0180 – 0,0196) = - 1,6.10-3 l.atm = - 0,039 cal
Cette variation est négligeable et donc H U

Exemple 2 :
La chaleur de l’oxydation du carbone en monoxyde de carbone à la température T (T=298 K)
et la pression P (P=1atm), est de Q=26,416 cal.

C +½ O2 CO
Discuter les valeurs de l’enthalpie H et de l’énergie intérieure U

Solution 2 :
Qp = H = - 26,416 cal
P V= nRT = ½ .1, 987.298 = 296,063 cal
U = H – nRT = -26,416 - 296,063 = -322,479 cal.
4. 1. La chaleur d’une réaction
C’est la quantité de chaleur absorbée ou émise lors d’une réaction chimique à une température
donnée. La chaleur de réaction dépend de :

- le nombre de moles des produits et des réactifs


- la température de la réaction,
- la pression
- l’état physique des réactifs et des produits.

a.A + b.B c.C + d.D


Réactifs Produits

a,b,c,d : nombre de moles


Q négatif la réaction émet de la chaleur
Q positif la réaction absorbe de la chaleur

Exemples :
N 2 2 3 1(g) + 3H (g)
2NH (g)
1250C Q2 = 23,05 Kcal/mol

H2(g) +1/2 O2(g) H2O(l) 250C Q1 = -67,5 Kcal/mol


H2(g) +1/2 O2(g) H2O(g) 250C Q2 = -57,5 Kcal/mol
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2H2(g) + O2(g) 2H2O(g) 250C Q3 = -135 Kcal/mol

Les réactions à volume constant ; Transformation isobare : W=0 et U = QV


Les réactions à pression constante, transformation isobare: H = QP
Réaction à température constante, transformation isotherme: U = H = 0 et Q = -W

4.2. Loi de Hess


Les réactions chimiques se déroulent généralement à pression constante, la quantité de chaleur
mise en jeu est Qp.

Qp = H
Au cours d’une réaction chimique la somme des variations de l’enthalpie des différents
constituants représente la variation de l’enthalpie de cette réaction entre les deux états initial
et final.

H = ∑ui. ∆Hi,
ui : est le coefficient stœchiométrique du constituant i
Hi est l’enthalpie du constituant i.
La relation explicite pour ces types de réactions
Hr = ∑ui. ∆Hi (produits) - ∑ui.. Hi (réactifs)
Hr = - ∑ui. ∆Hi (produits) + ∑u i Hi (réactifs) Pour
une réaction de type

𝑎𝐴 + 𝑏𝐵 −→ 𝑐𝐶 + 𝑑𝐷 𝑢𝑖 = 𝑎, 𝑏, 𝑐 𝑒𝑡 𝑑
L’état standard (T = 298 °K)
La variation de l’enthalpie des réactions à l’état standard prend en considération uniquement les
enthalpies de formation des différents constituants à T = 298K.

4.2. 1. Cycle de Hess


Le cycle de Hess se base sur la loi de Hess H =∑ui. Hi
Etant donné que l’enthalpie est une fonction d’état et qu’elle ne dépend pas du chemin suivi
mais uniquement de l’état final et initial de la réaction, le cycle propose un chemin différent qui
aboutit au même état final à partir du même état initial.

Exemple :
𝐻2 + 𝐶𝑙2 → 2𝐻𝐶𝑙 état moléculaire
2𝐻 + 2𝐶𝑙 → 2𝐻𝐶𝑙 état atomique

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Hr
H2 + Cl2 2HCl

Ed (H2) Ed (Cl2) 2El(HCl)

2H + 2Cl

L’énergie de dissociation 𝐸𝑑 est l’inverse de l’énergie de liaison 𝐸𝑙


𝐸𝑑(𝐻 ) = −𝐸𝑙 (𝐻2)
∆𝐻 = 𝐸𝑑(𝐻2) + 𝐸𝑑(𝐶𝑙2) + 2𝐸𝑙(𝐻𝐶𝑙)
∆𝐻 = −𝐸𝑖(𝐻2) − 𝐸𝑖(𝐶𝑙2) + 2𝐸𝑙(𝐻𝐶𝑙)

4.2.2. Loi de combinaison fixe de Hess


A partir de plusieurs réactions d’enthalpie connues on arrive à retrouver une équation dont
l’enthalpie est recherchée.

(1)CO2 (g) + 2H2O (l) CH3OH (l) + 3/2 O2(g) .……. H1

(2)H2 (g) + ½ O2 (g) H2O (l) …………………… H2

(3)CO (g) + ½ O2 (g) CO2(g) …………………… H3

La réaction recherchée est celle de la formation du méthanol à partir de CO et H 2 c’est à dire la


réaction de Fisher Tropsch.
Exemple :
Trouvons l’enthalpie de formation de la réaction de Fisher Tropsch en partant des
réactions ci dessus sachant que les enthalpies de leurs réactions sont : H1= -638 KJ/mol

H2=-285,8 KJ/mol
H3 =-283 KJ/mol

Solution :
Hr
CO + 2H2 (g) CH3OH(l)

2(H2) + (H1) + (H3) = Hr


Hr = - 216,6 K

4.3. Effets de la température sur la chaleur de la réaction, loi de Kirchhoff

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La loi de Kirchhoff consiste à déterminer l’enthalpie de réaction à une température T
différente de celle de l’état standard. Autrement dit, sachant les enthalpies des différents
constituants à l’état standard (T=298K) on arrive à retrouver la variation de l’enthalpie de la
réaction à une température différente à la température de l’état standard.

Hr (298)
Réactifs (1, 298K) produits (2, 298K)

H1 H2

Hr(T)
Réactifs (1, T) produits (2, T)

∆𝐻𝑟(298) = ∆𝐻1 + ∆𝐻𝑟(𝑇) + ∆𝐻2


𝑇 298
∆𝐻𝑟(298) = ∆𝐻𝑟(𝑇) + ∫ 𝑛𝐶𝑝(𝑅é𝑎𝑟𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠) 𝑑𝑇 + ∫ 𝑛𝐶𝑝(𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠)
𝑑𝑇
298 𝑇
𝑇
∆𝐻𝑟(298) = ∆𝐻𝑟(𝑇) + ∫ (∑ 𝑛𝐶𝑝(𝑅é𝑎𝑟𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠) − ∑ 𝑛𝐶𝑝(𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠)) 𝑑𝑇
298
𝑇
∆𝐻𝑟(𝑇) = ∆𝐻𝑟(298) + ∫ (∑ 𝑛𝐶𝑝(𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠) − ∑ 𝑛𝐶𝑝(𝑅é𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠)) 𝑑𝑇
298
𝑇
∆𝐻𝑟(298) = ∆𝐻𝑟(𝑇) + ∫ ∆(𝑛𝐶𝑝)𝑑𝑇
298

𝑐𝑝 est indépendante de la température


𝑇
∆𝐻𝑟(𝑇) = ∆𝐻𝑟(298) + ∆(𝑛𝐶𝑝) ∫ 𝑑𝑇
298

∆𝐻𝑟(𝑇) = ∆𝐻𝑟(298) + ∆(𝑛𝐶𝑝)(𝑇 − 298


Donc l’enthalpie de la réaction à une température T est :
∆𝐻𝑟(𝑇) = ∆𝐻𝑟(298) + ∆(𝑛𝐶𝑝)(𝑇 − 298)

et ∆(𝑛𝑐𝑝) = ∑ 𝑛𝑐𝑝 (𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡𝑠) − ∑ 𝑛𝑐𝑝 (𝑅é𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠)

Exemple :
Formation de C2H2

La chaleur de formation de C2H2 peut être déterminée à partir des réactions suivantes :

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H1= -312,5 KJ/mole, H2=-295,8 KJ/mole H3 = -1300 KJ/mole
Envisageons le cycle de Hess
2 H1 + H2
2CS + H2 g + 5/2 O2 g 2CO2(g) + H2O(l)

Hf H3

C2H2(g) + 5/2 O2

2H1 + H2 = Hf + H3

Hf = 2H1 + H2 - H3 = 2(-312,5) + (-295,8) +1300

Hf = + 379,2 KJ

4.4. Energie de liaison


Soit la molécule de l’acide chloridrique (HCl) dont la formation est basée sur la liaison HCl
ayant comme valeur énergétique El. En effet, on a deux étapes de la formation de l’acide
chloridrique:

- 1er étapes : à partir des produits purs


- 2eme étapes : à partir des produits atomiques
2Hf
H2 + Cl2 2 HCl
+Ed (H2) +Ed(Cl2) +2El (H-Cl)

2H + 2Cl
Sachant que : +Ed (H2) = - El(H2) et Ed(Cl2) = - El(Cl2)
Hf (HCl) = - 92,3 Kj/mol El (H2 ) = - 436 Kj/mol
El (Cl2) = - 242 Kj/mol
Hf (HCl) = Ed (H2)+ Ed(Cl2) +2El(H- Cl)
Hf (HCl) = - El(H2) - El(Cl2) +2El(H- Cl)
El(H- Cl) = ½Hf (HCl) + El(H2) + El(Cl2) 
El(H- Cl) = ½(-92,3 )2 - 436 -242
El(H- Cl) = - 431,4 KJ/mol

4.5. Energie réticulaire


Hf(NaCl)
Na (s) + 1/2Cl2 (g) Na+ + Cl- (NaCls)

Hsub 1/2Ed Eret(NaCl)

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Ei(Na) +Ei(Cl)
Na(g) + Cl(g) Na+(g) + Cl-(g)
Ed = +243 KJ/mol
Hf(NaCl) = -411 KJ/mol
Hsub = +108 KJ/mol
Ei(Na) = +496 KJ/mol
Ei(Cl) = -350 KJ/mol
Hf(NaCl) = Hsub + 1/2 Ed (Cl2) + Ei(Na) +Ei(Cl) + Eret(NaCl)

Eret(NaCl) = -787 KJ/mol.

VII. Liaisons chimiques.


Dans l’univers tous les corps tendent à acquérir un état de stabilité maximale. Les atomes
n’en font pas exception : ils acquièrent cette stabilité par formation de liaisons chimiques
avec d’autres atomes en donnant des édifices appelés molécules plus stables. L’énergie
d’une molécule est inférieure à la somme des énergies de ces atomes isolés. Les liens qui
unissent les atomes portent le nom de liaisons chimiques.

Ces liaisons se forment par l’intermédiaire des électrons de valence. Leur nature dépend
essentiellement de l’électronégativité des atomes qui est définie comme la tendance de
l’atome à attirer les électrons de la liaison. On distinguera ainsi :

• La liaison covalente : liaison entre atomes d’électronégativités voisines. Elle relie les
atomes de non-métaux.

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• La liaison ionique : liaison entre atomes d’électronégativités très différentes. Elle
associe les métaux aux non-métaux.

Par l’intermédiaire des liaisons, les atomes ont généralement tendance à prendre la
configuration électronique externe d’un gaz rare (2 ou 8 électrons de valence). Dans la
molécule, les liaisons s’établissent de façon à ce que la symétrie de la molécule soit
maximale et son énergie minimale.

Par ailleurs, entre les molécules, existent des liaisons plus faibles comme les liaisons de Van
der Waals qui assurent la cohésion des liquides et des solides. Il existe un autre type de
liaison appelé liaison par pont hydrogène qui peut être intermoléculaire ou intramoléculaire.

1. La liaison ionique
1.1. Formation d’une liaison ionique
On appelle composé ionique des combinaisons électriquement neutre d’anion et de cation.
La liaison ionique résulte de l’attraction mutuelle des charges des anions et des cations.

1.1.1. Formation d’une paire d’ions (état gazeux)


Le potassium (K) par exemple appartient au premier groupe donc il a un électron de valence,
le chlore (Cl) appartient au 7 ème groupe il a donc 7 électrons de valence. A une certaine
distance, il y a transfert de l’électron du potassium vers le chlore pour donner deux espèces
chargées.

1.1.2. Facteurs favorisant la liaison ionique


Un composé ionique possède nécessairement un atome fortement électropositif et un atome
fortement électronégatif. La liaison est d’autant plus forte que l’enthalpie réticulaire est
élevée, donc que les espèces sont plus petites et chargées.

Exemple :
On peut prédire la formule la plus probable du strontium (Sr) et du souffre (S), le composé
sera ionique (SrS). Sr est du bloc s, (groupe IIA) (Sr2+) et S est du bloc p, groupe (groupe
VIA) (S2-) (Tableau 4).

Tableau 4: Exemples d’ions les plus stables des éléments du bloc s et du bloc p.

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Groupe Charge Ion
Bloc s IA +1 Na+
IIA +2 Ca2+
IIIA +3 Al3+
Bloc p IVA +4 Sn4+
+2 Sn2+
VIA -2 O2-
VIIA -1 Cl-

1.1.3. Représentation de Lewis


La représentation de Lewis permet de schématiser le comportement des électrons de
valence. Elle comprend le symbole de l’élément et des points qui représente les électrons de
valence.

Dans cette représentation, un point représente un électron seul et les doublets représentent deux
électrons appariés, dans une orbitale.

Exemple :
L’azote N

Formule de Lewis de KCl

Les deux atomes tendent à avoir la configuration s2 p6 et tentent à réaliser leur octet soit par
perte soit par gain d’un électron.
2. La liaison covalente
2.1. Liaison par appariement électronique
Cette liaison correspond au partage d’une paire d’électrons par deux atomes. Elle correspond
à des électrons et donc de la matière. La liaison covalente simple est définie comme étant
une liaison entre deux atomes par mise en commun de deux électrons. Chaque atome
participant à la liaison apporte un électron célibataire. C’est une liaison forte et dirigée.

Remarque :
La différence d’électronégativités entre les atomes de la liaison détermine sa nature :
• Liaison covalente : Δχ ≤ 1, dans ce cas, les deux éléments appartiennent au bloc p.

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• Liaison ionique : Δχ > 2, dans ce cas, un des éléments appartient au bloc s.

Exemple :
Dans le cas de la molécule de CCl4, χC =2,5 ; χCl =3 ; Δχ =0,5, la liaison est covalente.

2.1.1. Valence d’un atome


Dans le tableau 5, sont représentées les valences de quelques atomes et leurs structures de
Lewis correspondantes.

Tableau 5: Valences de quelques atomes et structures de Lewis correspondantes.


Atome Nombre d’é célibataires Valence Structure de Lewis
H 1 Monovalent

O 2 Divalent

N 3 Trivalent

C 4 Tétravalent

2.1.2. Règles de l’octet


Un atome cherche toujours à acquérir la configuration électronique la plus stable qui est celle
du gaz rare le plus proche dans la classification périodique.

Pour acquérir une structure électronique en octet, les atomes peuvent soit :
• Gagner ou perdre des électrons pour former des ions.
• Former des liaisons covalentes par la mise en commun d’une ou plusieurs paires
d’électrons.

Remarque : les paires d’électrons sont appelées doublets de liaisons, on les représente par un
tiret entre les deux atomes.

2.1.3. Structure de Lewis des molécules diatomiques


Cas général
• Chercher le nombre d’électron de valence de chacun des atomes
• Placer les électrons de manière à assurer son octet à chacun des atomes sauf pour
l’atome d’hydrogène (H) qui sera entouré d’un doublet.

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Exemples :
• Dans la molécule de dihydrogène, il y a une liaison covalente entre les deux atomes
H qui résulte de la mise en commun d’une paire d’électrons.

• La molécule de fluor possède des doublets d’électrons qui ne sont pas engagés dans
la liaison, ce sont des doublets libres, des paires libres ou doublets non liants.

• Ils se forment des doubles liaisonsatomes


entre les
d’oxygène :

• Formation d’une triple liaison entre le carbone et l’oxygène :

• Formation d’une triple liaison entre des atomes d’azote :

Une triple liaison est forte cela entraine une faible réactivité du diazote.

2.2. Les liaisons datives


Lorsqu’un atome d’une molécule ne satisfait pas à l’octet, il peut se lier à une autre molécule
et former une nouvelle liaison qui l’amènera à respecter cette règle de l’octet. Dans ce cas,
on peut former une liaison dative à condition que l’un des atomes joue le rôle de donneur et
l’autre atome le rôle d’accepteur de doublet de la liaison.

Exemples :

Dans ces deux exemples, une molécule « donne » une paire électronique. C’est une liaison
dative.

On peut aussi avoir des composés qui présentent une liaison dative impliquant un oxygène, en
passant par la formation d'un état de valence comme illustré dans l’exemple ci-dessous :

La molécule de monoxyde de carbone (CO) présente aussi une liaison dative. La formule
«normale» ( |𝐶 = 𝑂 >) ne satisfait pas l’octet, alors, on préfèrera plutôt la formule
suivante dans laquelle l’oxygène joue le rôle de donneur et le carbone celui d’accepteur.

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Les liaisons datives sont aussi appelées «semi-polaires».On peut faire figurer une charge
formelle positive sur le donneur de la paire électronique et une charge formelle négative sur
l'accepteur comme dans l’exemple ci-après :

2.3. Structure de Lewis de molécules poly-atomiques


Chaque atome va réaliser son octet par le partage d’un doublet d’électrons avec ses voisins.
Généralement, l’atome central est le moins électronégatif comme par exemple dans le cas de
CO2 : le carbone, étant moins électronégatif, il prendra la place de l’atome central, OCO).

Exemple : Structure de Lewis de l’acide acétique CH3COOH :


Nombred’électrons de valence : 3HCCOOH (3x1+4+4+6+6+1=24), il faut placer 12 paires
d’électrons sur la molécule.

2.3.1. Structure de Lewis des composés ioniques


Si le composé contient un ion poly-atomique, on a en présence des liaisons ioniques et des
liaisons covalentes. On établit la charge de l’ion poly-atomique à partir de la charge du
métal et on représente la structure avec des ions.

Exemple :

Na2CO3 → 2 Na+ + C

On a ici deux cations sodium Na+ et un anion poly-atomique C

2.3.2. Résonnance et mésomérie Définitions


:

• La résonance : correspond à un mélange de structures ayant le même nombre


d’atomes mais des agencements d’électrons différents. La résonance abaisse
l’énergie de la molécule. La formule de résonance prépondérante est celle qui est la
plus stable.

• La mésomérie : désigne une délocalisation d'électrons dans les molécules


conjuguées, que l'on représente par une combinaison virtuelle de structures aux
électrons localisés appelées mésomères où forme de résonance.
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Exemple :
On représente l’ion (NO3-) sous la forme d’un mélange de trois structures appelées formules
limites. La structure qui résulte de ce mélange est un hybride de résonnance. Les trois
liaisons ont strictement la même longueur. Quand on écrit une forme de résonnance,
l’arrangement des noyaux doit être le même, la différence résulte de l’arrangement des
électrons.

2.3.3. Espèces à nombre impair d’électrons


La règle de l’octet ne peut être satisfaite, il y a un électron célibataire. Ces espèces, notamment
les radicaux libres ont une courte durée de vie car ils sont très réactifs.

Exemples :

2.3.4. L’octet incomplet


Il existe des composés dans lesquels certains atomes, surtout les éléments à gauche du bloc p
possède un octet incomplet.

Exemple :

On remarque que c’est la première structure, où le bore à un octet incomplet, qui est la plus
stable.

2.3.5. Les octets étendus


Les éléments les plus courants du tableau périodique ne possèdent que des orbitales 2s et 2p
pour former des liaisons. Leurs couches de valence peuvent contenir 8 électrons. Les
éléments de la troisième période possèdent des orbitales 3d inoccupées, ces orbitales
peuvent accueillir des électrons supplémentaires.

Exemple :

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L’atome de phosphore (P) est entouré de dix (10) électrons. La molécule de (PCl 5) présente
un octet étendu. La taille de l’atome central joue un rôle important, il faut que l’atome
central soit assez volumineux pour s’entourer de cinq atomes de chlore (existence des
orbitales 3d très proches énergétiquement des orbitales 3s). C’est ce qui explique l’existence
et la stabilité de (PCl5) contrairement à (NCl5) qui n’existe pas du fait que sur la deuxième
couche d’azote, il n’y a pas d’orbitales d.

2.4. Paramètres de la liaison covalente


2.4.1. Force de la liaison
La stabilité d’une molécule peut être reliée aux forces des liaisons covalentes qu’elle
contient. On mesure la force de liaison avec son enthalpie qui est la variation d’enthalpie
provoquée par la rupture de cette liaison.

Exemple :
H2 (g) →2H (g)
H° = +436 kJ/mol
L’enthalpie de liaison (H-H) est la quantité de chaleur à pression constante qu’il faut fournir
pour la dissociation de la liaison de la molécule.

Une enthalpie de liaison dépend de son environnement. L’enthalpie de la liaison (O-H) dans
le méthanol est différente de celle de la liaison (O-H) dans l’eau, elle tient donc compte de
l’environnement. Cette différence reste, cependant, faible car les paires liantes sont situées
entre les atomes.

On définit pour les liaisons une enthalpie moyenne de liaison. Si elle est positive, il faut
fournir de l’énergie pour casser cette liaison. Par contre quand il se forme une liaison, de
l’énergie est libérée. Une liaison est d’autant plus forte que son énergie est élevée. Une
liaison carbone-carbone simple possède une énergie inférieure à une liaison carbonecarbone
double ou triple. Une molécule qui a des liaisons fortes est plus stable qu’une molécule qui a
des liaisons faibles :

• Liaisons faibles : H°< 200 kJ/mol


• Liaisons moyennes : H° ~ 500 kJ/mol
• Liaisons fortes : H°> 800 kJ/mol.

∆𝐻𝑙(HO-H) = 492 kJ/mol ; ∆𝐻𝑙(CH3O-H) = 435 kJ/mol


Exemples :

2.4.2. Longueur de liaison :


C’est la distance entre deux atomes liés. La taille des atomes et la force de liaison influence sa
longueur. Plus la liaison est forte plus la longueur de liaison est petite (Tableau 6).

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Tableau 6 : Exemples de liaisons et de leurs longueurs.
Liaison Longueur (10-12 m)
C-H 109
C-C 154
C=C 134
C-C (benzène)
139
C=C (benzène)
C≡C 120
C-O 143
C=O 122
O-H 96
N-H 101

D’une molécule à une autre, la longueur d’une liaison varie très peu. Par exemple, une liaison
C-H sera souvent de la même longueur suivant les différentes molécules.

Chapitre VIII : Cinétique chimique


1. Définition
Elle s'intéresse à l'évolution dans le temps des systèmes réactionnels, elle a pour but:
- la détermination et l'étude de la vitesse des réactions et des lois qui régissent les réactions.
- la détermination du mécanisme réactionnel.

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La cinétique formelle est la mise en forme des résultats expérimentaux obtenus dans des
conditions rigoureusement contrôlées. Elle conduit à l'établissement des lois de vitesse.

2. Vitesse de réaction
La vitesse de la réaction dans un intervalle de temps donné à une température déterminée, est
égale à la variation de la concentration par rapport au temps.

Elle peut être exprimée en fonction de la concentration des réactifs ou de la concentration des
produits.

Exemple : Soit la réaction aA + bB → cC + dD


La vitesse de la réaction, à tout instant est :

La vitesse de disparition ;

La vitesse d’apparition
Les vitesses de disparition et d'apparition sont égales on valeurs absolues au temps t.

3. Ordre de la réaction
En général, la vitesse de la réaction est proportionnelle aux concentrations des espèces
régissantes 𝑉 = 𝐾[𝐴]𝛼[𝐵]𝛽

où : k est la constante cinétique spécifique d'un système en évolution, à une certaine


température. α est l’ordre partiel par rapport à l'espèce A. β est l’ordre partiel par rapport à
l'espèce B. α + β : ordre global de la réaction.

4. Molécularité
Elle correspond à un nombre de particules qui participent effectivement à la réaction chimique.
Elle est indiquée par l'équation stœchiométrique.

Remarque:
Il ne faut pas confondre la molécularité avec l'ordre de la réaction. Ils ne sont égaux que si les
réactions sont élémentaire (simples).

Exemple :
C4H8 2C2H4: molécularité = 1 (mono-moléculaire)
5. Réactions d'ordre simple
5.1. Réaction d'ordre zéro(0)
Dans une réaction de type : A (réactifs) B (Produits),

La vitesse est exprimée par :


Donc : [A] = -Kt + constante.

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A t = 0 : [A] = [Ao] = constante.
La loi de la variation de la concentration est donc, en fonction du temps :
[A] - [Ao] = -K.t [A0] - [A] = K.t. k = ([A0]- [A]) / t La constante K
s'exprime en mole.L-1.tps-1.

En théorie, le réactif n'est consommé totalement qu'au bout d'un temps infini. C'est pourquoi,
on définit habituellement le temps de demi-vie (t1/2) d'un réactif par le temps nécessaire pour
consommer la moitié de la concentration utilisable de ce réactif.

La concentration est alors:


[A] = [A0]/2.
Il résulte que: t1/2 = [A0]/2K.

Remarque:
La représentation graphique de la concentration en fonction du temps est une droite dont la
pente est égale à -k.

5.2. Réaction d'ordre un (1)


Dans une réaction de type: 𝑨 → 𝑷𝒓𝒐𝒅𝒖𝒊𝒕𝒔,
La vitesse est exprimée par : V = - d[A]/dt = k[A]
Donc : Ln[A] = -Kt + constante.

à t = 0 ; [𝐴] = [𝐴𝑜] → 𝐿𝑛[𝐴] = −𝐾𝑡 + Ln [Ao]. La loi de la variation de la concentration


est donc, en fonction du temps:

Ln ([A]/[Ao]) = -Kt
[A] = [Ao]e-Kt.

La constante de la vitesse k = (1/t) Ln ([A]/[Ao]) s'exprime en tps-1. Le


temps de demi réaction, pour lequel [A] = [Ao] /2, est alors égal à : t1/2
= Ln2/k = 0,693/k.

Remarque: La représentation graphique du logarithme de la concentration en fonction du


temps est une droite de pente négative (- k) et d'ordonnée à l'origine 1/[A0].

6. Détermination de l'ordre d'une réaction


Pour établir l’ordre d'une réaction, on dispose deux moyens.
1- Calcul de la constante de vitesse (k) pour vérifier l'équation correspondante Si
k est exprimée en mol.L-1tps-1, la réaction est d’ordre zéro.

Si k est exprimée en tps-1, la réaction est d'ordre 1.


Si k est exprimée en mol-1Ltps-1, la réaction est d'ordre 2.
2- Représentation graphique:

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➢ Pour une réaction d'ordre zéro, le tracer de la concentration en fonction du temps donne
une droite de pente négative (- k) et d'ordonnée à l'origine [A0]

➢ Pour une réaction d'ordre 1, le tracer de Ln[A] en fonction du temps est une droite de
pente négative (- k) et d'ordonnée à l'origine Ln[Ao].

➢ Pour une réaction d'ordre 2, le tracer de 1/[A] en fonction du temps est une droite de
pente positive (+ k) et d'ordonnée à l'origine 1/[Ao].

Références bibliographiques :
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- https://fr.wikipedia.org/wiki/Radioactivit%C3%A9
- https://fr.wikiversity.org/wiki/Constitution_de_la_mati%C3%A8re/Structurede l'atome

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Cours de Chimie Générale Bendaoud-Boulahlib Yasmina
- Chimie Générale ; MD 1105 ; D. Peeters, E. Sonveaux, Faculté de médecine, Université
catholique de Louvain.

- Cours de chimie 1 ; A. Benmachiche ; Faculté de médecine ; Université des frères


Mentouri Constantine 1 ; 2015-2016.

- Cours de chimie 1er année médecine, Pr. B. Legseir; Faculté de médecine; Université
Badji Mokhtar, Annaba ; 2015-2016.

- Cours de Théorie cinétique et Thermodynamique ; Pr. A. M. Cazabat ; Licence de


Physique, Université ; 2000/2001.

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- La chimie. net - Liaisons chimiques


- Liaison chimique — Wikipédia
- Polycopié de cours ; Structure de la matière ; F. Barka-Bouaifel ; Faculté des sciences
exactes; Université Abderrahmane Mira Bédjaia; 2014-2015.

- Support de cours Chimie 2 (Cours de thérmodynamique); Chapitre IV- thermochimie ;


Dr. R. Benazouz ; Faculté des sciences ; Université M’hamed Bougara- Boumerdes ;
2009.

- Support de cours de Chimie Générale ; Liaison chimique ; Pr. A. Gedeon et Pr. A.


Kozak ; Faculté de médecine ; Université Pierre et Marie Curie, 2007.

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