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Rappels Sur Les Réels Et La Dénombrabilité

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Université Claude Bernard - Lyon 1 14 juin 2023

Préparation à l’agrégation interne J. Melleray

« Rappels » sur les réels et la dénombrabilité

On ne va pas (trop) s’interroger sur la façon de construire, ou de définir, l’ensemble R ; par contre on va
essayer de mettre en valeur une propriété fondamentale : la propriété de la borne supérieure.
À partir de la structure de corps sur R (c’est-à-dire, l’addition et la multiplication de nombres réels), on
peut définir la notion de nombre positif : x est positif si, et seulement si, il existe y ∈ R tel que x = y 2 . On
admet ici (ou on considère comme un axiome) que la relation ≤ définie par « x ≤ y ssi y − x est positif »
est une relation d’ordre sur R (pourrait-on définir un ordre de la même façon sur C ?).

1.1 La valeur absolue.

Définition 1.1
Soit x ∈ R. On note |x| = x si x ≥ 0, |x| = −x si x ≤ 0.

En particulier, x = 0 si, et seulement si, |x| = 0 ; et |x| est toujours positif.


Pour montrer des inégalités impliquant une valeur absolue, on utilise souvent la caractérisation équivalente
ci-dessous.

Exercice 1.2
Soit x ∈ R, y ∈ R+ . Montrer que (|x| ≤ y) ⇔ (−y ≤ x ≤ y).

Il est très important de connaître les deux formes de l’inégalité triangulaire rappelée dans l’exercice suivant.

Exercice 1.3
Soit x, y ∈ R. Alors on a |x + y| ≤ |x| + |y| et |x| − |y| ≤ |x − y|

1.2 Suites convergentes et suites extraites.

Définition 1.4
Soit (xn )n∈N une suite de nombres réels. On dit que (xn )n∈N converge vers ` ∈ R si :

∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ≥ N |xn − `| ≤ ε

Exercice 1.5
Montrer que toute suite convergente est bornée. Que pensez-vous de la réciproque ?
2

Exercice 1.6
Soit (xn )n∈N , (yn )n∈N deux suites de nombres réels qui convergent vers x, y respectivement. Montrer
que xn + yn converge vers x + y, et que xn yn converge vers xy.

Définition 1.7
Soit (xn ) une suite de nombres réels. Une suite extraite de (xn ) est une suite (yn ) de nombres réels telle
qu’il existe une fonction ϕ : N → N strictement croissante et telle que yn = xϕ(n) pour tout n ∈ N.

Par exemple, (x2n )n∈N , (xn2 )n∈N sont des suites extraites de (xn )n∈N .

Exercice 1.8
Soit ϕ : N → N strictement croissante. Montrer que ϕ(n) ≥ n pour tout n ∈ N (donc ϕ(n) → +∞
quand n → +∞).

Exercice 1.9
Montrer que :
• Si (xn )n∈N est convergente alors toute suite extraite (xϕ(n) )n∈N est convergente (et de même
limite).
• Si (x2n )n∈N et (x2n+1 )n∈N convergent vers une même limite ` alors (xn ) converge vers ` (a-t-on
besoin de supposer que les deux limites sont égales ?)
• Si (x2n )n∈N , (x2n+1 )n∈N et (x3n )n∈N sont toutes convergentes alors (xn )n∈N converge.

Fréquemment, on est amené à considérer une suite (xn )n∈N dont on voudrait qu’elle converge, mais sans
pouvoir le garantir ; alors on espère arriver à justifier (et à exploiter) qu’une suite extraite de (xn )n∈N
converge.
On va faire un bref détour pour discuter des propriétés des sous-ensembles de N, qu’il est utile de comprendre
pour construire des suites extraites. Rappelons d’abord le théorème suivant (qu’on ne démontrera pas ; là
encore il faudrait se demander commment on construit l’ensemble des entiers naturels. Ce théorème est
une propriété fondamentale de N).

Théorème 1.10
Soit A un sous-ensemble non vide de N. Alors A admet un plus petit élément, qu’on note min(A).

C’est cette propriété des entiers qui permet de justifier les démonstrations par récurrence.

Exercice 1.11
1. Soit A un sous-ensemble infini de N. Alors il existe une fonction ϕ : N → N strictement croissante
et telle que A = ϕ(N) = {ϕ(n) : n ∈ N}.
2. Montrer qu’un sous-ensemble A de N est infini si, et seulement si, A a la propriété suivante :

∀N ∈ N ∃n ∈ A n ≥ N

L’exercice suivant est plus délicat que les autres (il est tout de même faisable !).
1.3. BORNE SUPÉRIEURE, BORNE INFÉREIEURE. 3

Exercice 1.12
Soit (xn )n∈N une suite de nombres réels. Montrer qu’on peut en extraire une sous-suite monotone.

1.3 Borne supérieure, borne inféreieure.

Définition 1.13
Soit A une partie de R, et x ∈ R. On dit que
• x est un majorant de A si a ≤ x pour tout a ∈ A.
• x est la borne supérieure de A si x est un majorant de A, et x ≤ y pour tout majorant y de A.
On note alors x = sup(A).
• x est un minorant de A si a ≥ x pour tout a ∈ A.
• x est la borne inférieure de A si x est un minorant de A, et x ≥ y pour tout minorant y de A. On
note alors x = inf(A).

Ainsi, la borne supérieure de A (quand elle existe !) est « le plus petit des majorants » de A, de même la
borne inférieure est « le plus grand des minorants » .

Définition 1.14
Soit A une partie de R.
• On dit que A est majorée si A admet un majorant, c’est-à-dire s’il existe M tel que a ≤ M pour
tout a ∈ A.
• On dit que A est minorée si A admet un minorant, c’est-à-dire s’il existe m tel que a ≥ m pour
tout a ∈ A.
• On dit que A est bornée si A est à la fois majorée et minorée, c’est-à-dire s’il existe M ∈ R tel que
|a| ≤ M pour tout a ∈ A.

La propriété suivante est fondamentale, et explique pourquoi on préfère faire de l’analyse dans R plutôt
que dans Q.

Théorème 1.15 (Propriété de la borne supérieure)


Soit A une partie de R à la fois majorée et non vide. Alors A admet une borne supérieure.

De même, si A est minorée et non vide alors A admet une borne inférieure.

Exercice 1.16
Pourquoi demande-t-on que A soit non vide ci-dessus ? Autrement dit, pourquoi évite-t-on de parler de
sup ∅, inf ∅ ? Quelle convention serait raisonnable ?

Exercice 1.17
Donner un exemple de partie non vide et majorée de Q qui n’admet pas de borne supérieure dans Q.
4

Il arrive qu’on s’autorise à parler de borne supérieure même quand A n’est pas majorée, ou de borne
inférieure même quand A n’est pas minorée ; si A n’est pas majorée on écrit sup(A) = +∞, et si A n’est
pas minorée alors inf(A) = −∞. La droite réelle achevée, souvent notée R, est l’ensemble obtenu en
ajoutant −∞, +∞ à R, avec la convention que −∞ < x < +∞ pour tout x ∈ R. On n’en parlera pas
plus ici.
On est fréquemment amené à utiliser une des caractérisations de la borne supérieure rappelées dans l’exercice
suivant.

Exercice 1.18
Soit A une partie non vide de R, et x ∈ R. Montrer que les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. x = sup(A).
2. x est un majorant de A, et pour tout ε > 0 il existe a ∈ A tel que a ≥ x − ε.
3. x est un majorant de A, et il existe une suite (an ) d’éléments de A qui converge vers x.

Exercice 1.19
Déterminer la borne supérieure et la borne inférieure (si elles existent) des ensembles suivants :

1 1 mn
   
+ : p, q ∈ N∗ ; : n, m ∈ N∗
p q (m + n)2

Exercice 1.20
En utilisant le fait que toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure, démontrer le
résultat suivant : Toute suite croissante et majorée de réels est convergente.

Exercice 1.21
À l’aide des résultats établis précédemment, montrer le théorème de Bolzano–Weierstrass : toute suite
bornée de nombres réels admet une sous-suite convergente.

Quand on travaille avec des suites dans R2 , ou plus généralement dans Rd pour un entier d fixé, le résultat
ci-dessous joue un rôle important.

Exercice 1.22
Soit (xn )n∈N , (yn )n∈N deux suites bornées de nombres réels. Montrer qu’il existe ϕ : N → N strictement
croissante et telle que (xϕ(n) )n∈N et (yϕ(n) )n∈N soient toutes deux convergentes.
Peut-on généraliser ce résultat à trois suites bornées ? Un nombre fini de suites bornées ? Une infinité de
suites bornées ? (la dernière question est plus difficile !)

Exercice 1.23
À l’aide de la propriété de la borne supérieure, montrer que (R, <) est archimédien, c’est-à-dire que, pour
tout x > 0 et tout y ∈ R, il existe n ∈ N tel que nx > y.
1.4. INTERVALLES. 5

Définition 1.24
On dit que deux suites (un ), (vn ) de nombres réels sont adjacentes si l’une des deux suites est croissante,
l’autre décroissante, et un − vn tend vers 0.

Exercice 1.25
Montrer que les énoncés suivants sont équivalents :
1. Toute partie non-vide et majorée de R admet une borne supérieure.
2. Toute suite croissante majorée d’éléments de R est convergente.
3. R est archimédien ; et si (un ), (vn ) sont deux suites adjacentes de nombres réels, alors (un ) et (vn )
sont convergentes (nécessairement vers la même limite puisque un − vn tend vers 0).

1.4 Intervalles.

Définition 1.26
Soit I une partie de R. Alors I est un intervalle s’il satisfait la propriété suivante :
Pour tout x, y ∈ I et tout z tel que x ≤ z ≤ y, on a z ∈ I.

Soit I un intervalle non vide. Notons M = sup(I) (éventuellement, +∞), et m = inf(I) (éventuellement,
−∞). Soit z ∈ R tel que m < z < M .
Par caractérisation des bornes supérieure et inférieure d’un ensemble, il existe x, y ∈ I tels que x < z et
z < y ; puisque I est un intervalle, on en déduit que z ∈ I.
On vient d’établir que ]inf(I), sup(I)[ ⊆ I. Il suit que les intervalles de R sont d’une des quatre formes
suivantes (selon que inf(I), sup(I) appartiennent ou non à I) :
• ]a, b[, avec éventuellement a = −∞, b = +∞. On convient que ]a, a[ = ∅ pour tout a ∈ R.
• [a, b[, avec a ∈ R et b ∈ R ∪ {+∞}.
• ]a, b], avec a ∈ R ∪ {−∞} et b ∈ R.
• [a, b], avec a, b ∈ R (on dit alors que I est un segment).

Exercice 1.27
Pour tout n ∈ N on se\donne un segment Sn = [an , bn ] non vide. On suppose que Sn+1 ⊆ Sn pour tout
n ∈ N. Montrer que Sn 6= ∅ (c’est le théorème des segments emboîtés).
n∈N

1.5 Dénombrabilité

Définition 1.28
Un ensemble X est dénombrable s’il existe une injection f : X → N.

Notons que, avec cette définition, X peut être fini ; on trouve aussi souvent la convention selon laquelle
un ensemble dénombrable est nécessairement infini.
6

Exercice 1.29
Soit X un ensemble non vide. Montrer que les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
1. Il existe une injection de X dans N.
2. Il existe une surjection de N sur X.
3. Il existe une partie A de N et une bijection de A sur X (montrer aussi que, si X est infini, on peut
prendre A = N).

Il est important de bien remarquer que toute partie infinie de N est en bijection avec N ; en particulier,
l’ensemble des nombres premiers est en bijection avec N (savez-vous montrer qu’il y a une infinité de
nombres premiers ?).

Exercice 1.30
À l’aide du théorème des segments emboîtés, démontrer que [0, 1] n’est pas dénombrable. Connaissez-vous
d’autres démonstrations de ce fait ?

Exercice 1.31
Soit X, Y deux ensembles.
1. Montrer que si X est dénombrable et f : X → Y est surjective alors Y est dénombrable.
2. Montrer que si Y est dénombrable et f : X → Y est injective alors X est dénombrable. En
particulier, toute partie d’un ensemble dénombrable est dénombrable.

Exercice 1.32
Soit X un ensemble,
[ et (Ai )i∈N une suite de parties de X. On suppose que chaque Ai est dénombrable.
Montrer que Ai est dénombrable.
i∈I

Indication : commencer par se ramener au cas où les Ai sont disjoints. Puis énumérer l’ensemble des
nombres premiers sous la forme d’une suite strictement croissante (pi )i∈N ; pour tout i ∈ N fixer une
[ f (x)+1
injection fi : Ai → N, puis considérer f : Ai → N définie par x ∈ Ai 7→ pi i .
i∈I
On a ainsi montré qu’une union dénombrable d’ensembles dénombrables est dénombrable. En particulier,
une union finie d’ensembles dénombrables est dénombrable (ci-dessus, certains Ai pouvaient être vides...).

Exercice 1.33
Soit X, Y deux ensembles dénombrables. Montrer que X × Y est dénombrable.

Exercice 1.34
1. Montrer que Z, Nk (pour k un entier) et Q sont dénombrables.
2. Un nombre réel est algébrique s’il est racine d’un polynôme dans Q[X]. Montrer que l’ensemble
des nombres algébriques est dénombrable (on pourra commencer par prouver que Q[X] est dénom-
brable).
1.5. DÉNOMBRABILITÉ 7

On pourrait être tenté de croire que tout ensemble est dénombrable, mais on a déjà vu que ce n’était pas
le cas de R (ni de R \ Q ; pourquoi ?).

Exercice 1.35
Soit X un ensemble. On note P(X) l’ensemble des parties de X. Soit f : X → P(X) une fonction. En
considérant A = {x ∈ X : x 6∈ f (x)}, montrer que f n’est pas surjective.
En déduire que P(N) n’est pas dénombrable.

En particulier, si l’on part de X0 = N, puis qu’on pose Xi+1 = P(Xi ), on obtient une suite d’ensembles
infinis « de plus en plus gros » ; mais on n’ira pas plus loin dans cette direction ici.
Notons que, si on identifie P(N) à {0, 1}N (en identifiant un ensemble à sa fonction caractéristique), il suit
de cela que {0, 1}N n’est pas dénombrable (en fait, il est en bijection avec R) ; un produit dénombrable
d’ensembles dénombrables n’est pas dénombrable, en général !

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