Chapitre 0
RUDIMENTS DE LOGIQUE
« Tous les hommes sont mortels.
Or Socrate est un homme,
donc Socrate est mortel. »
Aristote, la logique avec le syllogisme
« Toutes les chats sont mortels.
Or Socrate est mortel,
donc Socrate est un chat. »
Eugène Ionesco
Table des matières
0 RUDIMENTS DE LOGIQUE 1
I ALPHABET GREC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
II QUANTIFICATEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
III CONNECTEURS LOGIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
IV LES DIFFÉRENTS RAISONNEMENTS (NON EXHAUSTIF) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
IV.1POUR MONTRER UNE IMPLICATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
IV.2POUR MONTRER QU’UNE ÉGALITÉ EST VRAIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
IV.3POUR DÉTERMINER LES SOLUTIONS D’UN PROBLÈME . . . . . . . . . . . . . . . 8
V RAISONNEMENT PAR RÉCURRENCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
VI LES PRINCIPAUX MATHÉMATICIENS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1
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I ALPHABET GREC
L’alphabet grec comporte un total de 24 lettres. Les lettres suivies de (?) sont utilisées en mathématiques,
physique-chimie ou S.I. et il faut les apprendre.
Numéro Minuscule Majuscule Nom Valeur
1 α (?) A alpha a
2 β (?) B beta b
3 γ (?) Γ (?) gamma g (dur)
4 δ (?) ∆ (?) delta d
5 ε (?) E epsilon é (bref)
6 ζ (?) Z zeta z
7 η (?) E éta e (long)
8 θ (?) Θ théta th
9 ι I iota i
10 κ K kappa k
11 λ (?) Λ (?) lambda l
12 µ (?) M mu m
13 ν N nu n
14 ξ (?) Ξ xi x (cs)
15 o O omikron o (bref)
16 π (?) Π (?) pi p
17 ρ (?) P rho r,rh
18 σ (?) Σ (?) sigma s
19 τ (?) T tau t
20 υ Υ upsilon u
21 φ (?) Φ (?) phi f
22 χ (?) X khi kh (aspiré)
23 ψ (?) Ψ (?) psi ps
24 ω (?) Ω (?) oméga o (long)
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 2 PCSI 2024-2025
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II QUANTIFICATEURS
Définition.
On appelle proposition (ou assertion) toute phrase P dont on peut dire si elle est vraie ou fausse.
Exemple. « 2 est pair » ou encore « 3 est pair. »
Remarque.
Lorsque qu’une proposition dépend d’une variable x appartenant à un ensemble E, on pourra la noter P(x).
L’ensemble E sera suivant les cas N, Z, Q, R ou C, ou d’un sous-ensemble de l’un de ces ensembles
N∗ , Z− , R\Q , {x ∈ R/x2 = 9} = {−3, 3} , ]2, 5] , [[2, 10]]...
Exemple.
— Si on pose P(x) : « x > 1 », alors P(2) est vraie, P(−1) est fausse.
— Rappel : nombre premier est un entier naturel p > 2 qui n’est divisible que par 1 et par lui-même.
Si on pose P(n) : « n est un nombre premier », alors P(7) est vraie, P(8) est fausse.
Pour écrire des propositions logiques en mathématiques on utilise souvent des quantificateurs.
Le quantificateur universel ∀ :
Le symbole ∀ placé devant une variable x signifie quel que soit x. Ainsi la proposition « ∀x ∈ E, P(x) » se
lit « quelque soit x appartenant à l’ensemble E, P(x) est vraie ».
Le quantificateur existentiel ∃ :
Le symbole ∃ placé devant une variable x signifie il existe (au moins) un x. La proposition « ∃x ∈ E, P(x) »
se lit donc « il existe un élément x de E tel que P(x) est vraie ».
Le symbole ∃! placé devant une variable x signifie il existe un unique x. La proposition « ∃!x ∈ E, P(x) »
se lit donc « il existe un unique élément x de E tel que P(x) est vraie ».
Remarque. L’ordre des quantificateurs est important !
On peut le constater en comparant par exemple les propositions :
« ∀ x ∈ R, ∃y ∈ R+ , x2 = y » et « ∃y ∈ R+ , ∀ x ∈ R, x2 = y ».
...............................................................................................................
Remarque. Il existe des phrases qui ne sont pas des assertions, c’est à dire que l’on peut pas leur attribuer
une valeur de vérité.
Par exemple, la phrase « Cette assertion est fausse. » n’est ni vraie, ni fausse. Elle est indécidable (voir le
paradoxe du menteur).
Mentionnons le paradoxe de Berry : soit E l’ensemble des entiers naturels descriptibles par une phrase (en
français) de quinze mots ou moins. Alors E est un ensemble fini (il n’y a qu’un nombre fini de phrases de
quinze mots ou moins). Soit n0 le plus petit entier n’appartenant pas à E. Alors n0 est défini de façon unique
par la phrase « Le plus petit entier non descriptible par une phrase de moins de quinze mots ». Or cette phrase
comporte 14 mots, donc n0 appartient à E, ce qui constitue un paradoxe. Celui-ci ne dévoile aucune incohérence
des mathématiques, mais prouve tout simplement que n’importe quelle phrase ne peut être considérée comme
une assertion mathématique.
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 3 PCSI 2024-2025
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III CONNECTEURS LOGIQUES
Définition.
La proposition contraire de P, notée (non P), et appelée négation de P, est la proposition qui est
vraie lorsque P est fausse et qui est fausse lorsque P est vraie.
Exemple. Les deux propositions suivantes sont contraires l’une de l’autre :
• Quel que soit x, P(x) est vraie, ou ∀ x, P(x) est vraie.
• Il existe un x tel que P(x) est faux, ou ∃x, P(x) est faux.
On peut généraliser et on retiendra qu’on procède comme suit pour nier une proposition :
Propriété (Négation d’une proposition).
Pour nier une proposition, on permute les quantificateurs ∀ et ∃, puis on nie la conclusion.
Exemple. Négation des propositions suivantes :
• « ∃x ∈ R, x2 + x − 2 = 0 » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
• « ∀ x ∈ R, ∃y ∈ R+ , x2 = y » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
• « ∃ M ∈ R+ , ∀x ∈ R, f (x) 6 M » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Définition.
Soient P et Q deux propositions.
• La proposition (P et Q), appelée conjonction de P et Q, est vraie lorsque les deux propositions P et Q
sont vraies, fausse dans le cas contraire.
• La proposition (P ou Q), appelée disjonction de P et Q, est vraie lorsque l’une au moins des deux
propositions P ou Q est vraie, fausse dans le cas contraire.
Remarque.
On prendra garde au fait que le « ou » logique est un « ou » inclusif, contrairement au « ou » du langage
courant qui lui est exclusif (par exemple dans « Fromage ou Dessert »).
Définition.
Soient P et Q deux propositions.
On dit que P implique Q et on note P ⇒ Q lorsque, si P est vraie, alors Q est vraie.
Remarque.
Lorsque P ⇒ Q, on dit P est une condition suffisante de Q et que Q est une condition nécessaire de P.
Pour que Q soit vraie, il suffit que P soit vraie. Pour que P soit vraie, il faut que Q soit vraie.
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 4 PCSI 2024-2025
Propriété (Négation d’une proposition).
Pour nier une proposition, on permute les quantificateurs ∀ et ∃, puis on nie la conclusion.
Démo : Il ne s’agit pas d’une réelle démonstration mathématique à faire mais plutôt d’énoncé un procédé assez
simple et systématique pour nier une proposition.
Exemple. Négation des propositions suivantes :
• « ∃x ∈ R, x2 + x − 2 = 0 » : (valeur de vérité : vraie) ∀x ∈ R, x2 + x − 2 6= 0
• « ∀ x ∈ R, ∃y ∈ R+ , x2 = y » : (valeur de vérité : vraie) ∃x ∈ R, ∀y ∈ R+ , x2 6= y
• « ∃ M ∈ R+ , ∀x ∈ R, f (x) 6 M » : ∀M ∈ R+ , ∃x ∈ R, f (x) > M
(La fonction f est majorée sur R.)
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Définition.
Soient P et Q deux propositions.
• L’implication (non Q) ⇒ (non P) est appelée la contraposition ou la contraposée de P ⇒ Q.
• L’implication Q ⇒ P est appelée l’implication réciproque de P ⇒ Q.
Exemple. La contraposée de la proposition « la nuit, tous les chats sont gris. » est « Si au moins un chat
n’est pas gris, alors il fait jour. ». Sa réciproque est « Si tous les chats sont gris, alors il fait nuit. ».
Définition.
Soient P et Q deux propositions.
On dit que P est équivalente à Q (ou que P et Q sont équivalentes), et on note P ⇔ Q lorsqu’on a, à la
fois, P ⇒ Q et Q ⇒ P.
Remarque.
Lorsque P et Q sont équivalentes, on dit que P est vraie si, et seulement si, Q est vraie.
On dit aussi que P est une condition nécessaire et suffisante de Q.
Ou encore que pour que Q soit vraie, il faut et il suffit que P soit vraie.
Table de vérité des connecteurs logiques.
P Q non P P et Q P ou Q P ⇒ Q P ⇔ Q
V V F V V V V
V F F F V F F
F V V F V V F
F F V F F V V
Remarque. Deux propositions P et Q sont équivalentes si elles ont les mêmes tables de vérités.
Propriété (Proposition et sa contraposée).
Soient P et Q deux propositions. L’implication P ⇒ Q et sa contraposée sont équivalentes. Soit :
(P ⇒ Q) ⇔ (non Q ⇒ non P).
Démonstration : On écrit la table de vérité de la proposition (non Q ⇒ non P).
P Q non Q non P non Q ⇒ non P
V V
V F
F V
F F
Conclure.
...............................................................................................................
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 5 PCSI 2024-2025
Propriété (Proposition et sa contraposée).
Soient P et Q deux propositions. L’implication P ⇒ Q et sa contraposée sont équivalentes. Soit :
(P ⇒ Q) ⇔ (non Q ⇒ non P).
Démonstration : On écrit la table de vérité de la proposition (non Q ⇒ non P).
P Q non Q non P non Q ⇒ non P
V V F F V
V F F V F
F V V F V
F F V V V
Conclure.
Les propositions (P ⇒ Q) et (non Q ⇒ non P) ont la même table de vérité donc elles sont équivalentes !
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Propriété (Négation des connecteurs logiques).
Soient P et Q deux propositions. Alors :
• non (P et Q) ⇔ (non P) ou (non Q),
• non (P ou Q) ⇔ (non P) et (non Q),
• non (P ⇒ Q) ⇔ P et (non Q).
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exemple. Donner le contraire de « Cet élève est roux et il a les yeux bleus. »
...............................................................................................................
Exemple. En utilisant le dernier point de la proposition précédente, on obtient que la négation de :
« La nuit, tous les chats sont gris. »
est
...............................................................................................................
IV LES DIFFÉRENTS RAISONNEMENTS (NON EXHAUSTIF)
IV.1 POUR MONTRER UNE IMPLICATION
Méthode. Trois types de raisonnement peuvent être mis en oeuvre pour démontrer une implication P ⇒ Q :
1. Raisonnement direct : P ⇒ Q
On montre que si la proposition P est vraie alors la proposition Q est vraie.
2. Raisonnement par contraposition : (non Q) ⇒ (non P)
Si la proposition (non Q) implique la proposition (non P), alors P implique Q.
3. Raisonnement par l’absurde : P et (non Q) conduisent à une contradiction.
Si les propositions P et (non Q) conduisent à une contradiction, alors P implique Q.
Exemple.
1. Montrer par un raisonnement direct que, si n est un entier pair, alors n2 est pair.
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 6 PCSI 2024-2025
Propriété (Négation des connecteurs logiques).
Soient P et Q deux propositions. Alors :
• non (P et Q) ⇔ (non P) ou (non Q),
• non (P ou Q) ⇔ (non P) et (non Q),
• non (P ⇒ Q) ⇔ P et (non Q).
Démonstration : Il suffit d’écrire les tables de vérité et de les comparer.
Exemple. Donner le contraire de « Cet élève est roux et il a les yeux bleus. »
Cet élève n’est pas roux ou il n’a pas les yeux bleus.
Exemple. En utilisant le dernier point de la proposition précédente, on obtient que la négation de :
« La nuit, tous les chats sont gris. »
est
La nuit, il existe au moins un chat qui n’est pas gris.
Exemple.
1. Montrer par un raisonnement direct que, si n est un entier pair, alors n2 est pair.
L’entier n est pair donc ∃k ∈ N, n = 2k.
Ceci implique que n2 = 4k 2 = 2 × (2k 2 ) qui est pair.
ou bien encore
L’entier n est pair donc n ≡ 0 [2] ⇒ n2 = n × n ≡ 0 × n[2] ⇒ n2 ≡ 0 [2] donc n2 est pair.
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Exemple.
2. Montrer par un raisonnement par contraposition que, si n2 est pair, alors n est pair.
√
3. Montrer par l’absurde que 2∈
/ Q.
Remarque. Pour démontrer une équivalence P ⇔ Q, il est très souvent commode de procéder en deux étapes
en démontrant successivement que P ⇒ Q et que Q ⇒ P .
Exemple. On a vu que à l’exemple précédent que :
• Si n est un entier pair, alors n2 est pair.
• Si n2 est pair, alors n est pair.
Donc n est pair si et seulement si n2 est pair.
IV.2 POUR MONTRER QU’UNE ÉGALITÉ EST VRAIE
Méthode. Pour démontrer qu’une propriété « ∀x, P(x) » est vraie, on peut raisonner par disjonction des
cas en étudiant les différentes situations selon les valeurs de x.
Exemple (Inégalité triangulaire). Si x et y sont deux réels, alors on montrera plus tard que |x+y| 6 |x|+|y|.
Il faudra distinguer 4 cas suivant le signe de x et y (peut-être moins en fait).
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 7 PCSI 2024-2025
Exemple.
2. Montrer par un raisonnement par contraposition que, si n2 est pair, alors n est pair.
Supposons n impair donc ∃k ∈ N, n = 2k + 1.
Ceci implique que n2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1 = 2 × (2k 2 + 2k) + 1.
Donc n2 est impair et par contraposition si n2 est pair alors n est pair.
ou bien encore
Supposons n impair : n ≡ 1 [2] ⇒ n2 ≡ 1 × 1 ≡ 1[2] donc n2 est impair et on conclut de même par
contraposée.
√
3. Montrer par l’absurde que 2∈
/ Q.
√
Supposons que 2 est rationnel, c’est à dire :
√ p
∃(p, q) ∈ Z × N∗ , 2 = avec pgcd(p, q) = 1
q
p
(pgcd(p, q) = 1 signifie que la fraction q est irréductible.)
On a donc : √ √
p
2= ⇔ p = 2q ⇒ p2 = 2q 2 .
q
Cherchons à aboutir sur une contradiction concernant la parité de p et q.
Remarquons déjà que p2 est pair, ce qui implique que p est pair (par le 2.). Donc ∃k ∈ Z, p = 2k et en
injectant dans l’égalité on obtient :
p2 = 4k 2 = 2q 2 ⇔ q 2 = 2p2
On en déduit que q 2 est pair et donc d’après le 2. que q est pair également. Ceci contredit pgcd(p, q) = 1
√
puisqu’ils sont pairs tous les deux. On aboutit à une absurdité donc 2 est irrationnel.
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IV.3 POUR DÉTERMINER LES SOLUTIONS D’UN PROBLÈME
Méthode. Pour déterminer les solutions d’un problème, on peut procéder par Analyse - Synthèse.
Le raisonnement se fait en deux temps :
— Analyse : On suppose que le problème est résolu et on en déduit des conditions nécessaires.
— Synthèse : On montre que ces conditions obtenues sont suffisantes, et on résout le problème.
En pratique, on démontre que, si x est solution d’un problème, il ne peut prendre que certaines valeurs (Analyse).
On vérifie ensuite si ces valeurs sont effectivement solutions (Synthèse).
√
Exemple. Déterminer les solutions réelles de l’équation x + 6 = x.
• Analyse :
• Synthèse :
• Conclusion :
Exemple. Montrer que toute fonction de R dans R est la somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire.
• Analyse : Soit f une fonction de R dans R. Supposons qu’une telle décomposition existe, c’est à dire qu’il
existe une fonction g paire et une fonction h impaire de R dans R telles que f = g + h :
∀x ∈ R, f (x) = g(x) + h(x). (1)
Comme g est paire et h est impaire, on a :
∀x ∈ R, f (−x) = g(−x) + h(−x) = g(x) − h(x). (2)
(1)+(2) f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
On obtient donc en faisant 2 l’égalité g(x) = et en faisant (1)−(2)
2 : h(x) = .
2 2
Ainsi, si elles existent les 2 solutions du problème sont nécessairement les 2 fonctions g et h trouvées ci-dessus.
• Synthèse : Nous allons vérifier que g et h sont bien solutions du problème.
f (−x)+f (−(−x))
— La fonction g est paire : ∀x ∈ R, g(−x) = 2 = f (−x)+f
2
(x)
= g(x)
f (−x)−f (−(−x)) f (−x)−f (x)
— La fonction h est impaire : ∀x ∈ R, h(−x) = 2 = 2 = − f (x)−f
2
(−x)
= −h(x)
— On a bien ∀x ∈ R, g(x) + h(x) = f (x)+f
2
(−x)
+ f (x)−f
2
(−x)
= f (x)+f (−x)+f2
(x)−f (−x)
= 2f2(x) = f (x).
• Conclusion : Nous avons ainsi démontré par analyse-synthèse que :
Il existe un unique couple (g, h) avec g paire et h impaire tel que f = g + h.
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 8 PCSI 2024-2025
√
Exemple. Déterminer les solutions réelles de l’équation x + 6 = x.
• Analyse : Supposons que x est solution de cette équation.
√
Alors x + 6 = x ⇒ x2 = x + 6, et donc x = 3 ou√x = −2.
Nous avons ainsi montré que si x est solution de x + 6 = x, alors nécessairement x = 3 ou x = −2.
• Synthèse : On teste à présent les valeurs obtenues.
√ √
−2 ne convient pas puisque −2 + 6 6= −2, mais 3 convient car on a bien 3 + 6 = 3.
√
• Conclusion : Nous avons ainsi montré que l’équation x + 6 = x admet une unique√ solution x = 3.
Autrement dit, une condition nécessaire et suffisante pour que x soit solution de x + 6 = x est que x = 3.
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V RAISONNEMENT PAR RÉCURRENCE
Propriété (Raisonnement par récurrence simple).
On considère une propriété P(n) dépendant de l’entier n ∈ N, et on suppose que :
— P(0) est vraie,
— pour tout n ∈ N, si P(n) est vraie, alors P(n + 1) est vraie.
Alors la propriété P(n) est vraie pour tout n ∈ N.
Exemple. Montrer que pour tout entier naturel n, 3n − 1 est pair.
Propriété (Raisonnement par récurrence forte).
On considère une propriété P(n) dépendant de l’entier n ∈ N, et on suppose que :
— P(0) est vraie,
— pour tout n ∈ N, si P(k) est vraie pour tout k 6 n, alors P(n + 1) est vraie.
Alors la propriété P(n) est vraie pour tout n ∈ N.
Exemple. Soit (un ) la suite réelle définie par u0 = 0, u1 = 1 et ∀n ∈ N, un+2 = 2un+1 − un + 2.
Déterminer par récurrence l’expression de un en fonction de n.
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 9 PCSI 2024-2025
Exemple. Montrer que pour tout entier naturel n, 3n − 1 est pair.
Notons pour n fixé, P (n) la proposition « 3n − 1 est pair ».
Initialisation : Pour n = 0, on a 30 − 1 = 1 − 1 = 0 qui est pair.
Hérédité : Supposons pour n fixé que P (n) est vraie et montrons P (n + 1) :
∃k ∈ N, 3n − 1 = 2k ⇔ 3n = 2k + 1
Ainsi
3n+1 − 1 = 3 × 3n − 1 = 3(2k + 1) − 1 = 6k + 2 = 2(3k + 1)
3n+1 − 1 est donc pair ce qui prouve que P (n + 1) est vraie.
Conclusion : Par principe de récurrence, ∀n ∈ N, 3n − 1 est pair.
Exemple. Soit (un ) la suite réelle définie par u0 = 0, u1 = 1 et ∀n ∈ N, un+2 = 2un+1 − un + 2.
Déterminer par récurrence l’expression de un en fonction de n.
Il faut déjà conjecturer l’expression de un afin de pouvoir démarrer par récurrence. Pour cela on calcule les
premiers termes et après calcum :
u0 = 0 u1 = 1 u2 = 4 u3 = 9 u4 = 16
Il est donc très probable que la proposition P (n) « un = n2 » soit vraie pour tout entier naturel n.
Prouvons-le proprement par récurrence, mais ici vu que un+2 est exprimé en fonction un+1 et un il faut supposer
que P (n) et P (n + 1) sont vraies pour démontrer que P (n + 2) est vraie.
On parle ici de récurrence d’ordre 2.
Initialisation : Pour n = 0, on a u0 = 0 = 02 et pour n = 1, on a u1 = 1 = 12 .
Hérédité : Supposons pour n fixé que P (n) et P (n + 1) sont vraies et montrons P (n + 2) :
un+2 = 2(n + 1)2 − n2 + 2 = 2n2 + 4n + 2 − n2 + 2 = n2 + 4n + 4 = (n + 2)2
Ce qui prouve que P (n + 2) est vraie.
Conclusion : Par principe de récurrence, ∀n ∈ N, un = n2 .
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VI LES PRINCIPAUX MATHÉMATICIENS
Vous trouverez ci-dessous une liste très incomplète des noms des principaux mathématiciens. La plupart de
ces noms apparaı̂tront lors des deux années de classes préparatoires (théorème de Pythagore, théorème de Rolle,
intégrales de Wallis, relation de Chasles, inégalité de Cauchy-Schwarz...) et vous pourrez ainsi à tout moment
venir consulter cette liste pour les situer dans l’histoire.
L’ordre adopté est l’ordre chronologique. En caractères gras, vous trouverez ceux qui sont probablement les
plus importants dans l’histoire. Jusqu’au 18ème ou 19ème siècle, la plupart des mathématiciens cités étaient
également philosophes ou/et physiciens ou/et astronomes..., car jusque là, une connaissance encyclopédique
était encore possible. (Tiré du site http ://[Link])
Nés avant J.C.
Thalès de Millet (624-548 av. J.C.) Théétète d’Athènes (vers 375 av. J.C.)
Pythagore de Samos (569-475 av. J.C.) Menechme (vers 350 av. J.C.)
Anaxagore de Clazomènes (499-428 av. J.C.) Aristaque de Samos (310-230 av. J.C.)
Zénon d’Elée (490-425 av. J.C.) Archimède de Syracuse (287-212 av J.C.)
Démocrite d’Abdère (460-370 av. J.C.) Erathostène (276-194 av. J.C.)
Platon (427-347 av. J.C.) Apollonius de Perge (262-190 av. J.C.)
Eudoxe de Cnide (408-355 av. J.C.) Hipparque de Nicée (180-125 av. J.C.)
Euclide d’Alexandrie (385-265 av. J.C.) Nicomède (2e siècle av. J.C.)
Aristote (384-322 [Link])
Nés entre l’an 1 et l’an 1000 après J.C.
Ménélaüs d’Alexandrie (1er siècle) Brahmagupta (7e siècle)
Héron d’Alexandrie (1er siècle) Al-Huwarizmi (Abu Ja’far Muhammad) (790-840)
Ptolémée (Claudius 85-165) Tâbit ben Qurra (836-901)
Diophante d’Alexandrie (vers 250) Al-Biruni (Abu Arrayhan 973-1048)
Pappus d’Alexandrie (vers 300)
Nés entre l’an 1000 et l’an 1600 après J.C.
Fibonacci (Leonardo) (1170-1250) Ferrari (Lodovico) (1522-1565)
Suiseth (Richard (dit Calculator)) (14e siècle) Bombelli (1526-1573)
d’Oresme (Nicole) (1323-1382) Viète (1540-1603)
AL-Kashi (Ghiyath al-Din Jamshid Mas’ud) (1390-1450) Napier (ou Néper) (1550-1617)
Regiomontanus (Johann) (1436-1476) Bacon (Roger) (1561-1626)
de Vinci (Léonard) (1452-1519) Kepler (Johannes) (1571-1630)
Ferro (Scipione del) (1465-1526) Galilée (Galilei) (1574-1642)
Copernic (Nicolas) (1473-1543) Guldin (Paul) (1577-1643)
Tartaglia (Nicolo) (1499-1557) Mersenne (Marin) (1588-1648)
Cardano (Girolamo) (1501-1576) Desargues (Girard) (1591-1661)
Mercator (Gerardus) (1512-1594) Descartes (René) (1596-1650)
Nés entre l’an 1600 et l’an 1700 après J.C.
Fermat (Pierre de) (1601-1665) Halley (Edmond) (1656-1742)
Roberval (Gilles de) (1602-1675) de l’Hôpital (Guillaume) (1661-1704)
Torricelli (Evangelista) (1608-1647) de Moivre (Abraham) (1667-1754)
Pell (John) (1611-1685) Bernoulli (Jean le 1er) (1667-1748)
Wallis (John) (1616-1703) Ricatti (Jacopo) (1676-1754)
Mercator (Nicolaus) (1620-1687) Machin (John) (1680-1751)
Pascal (Blaise) (1623-1662) Fagnano (Giulio) (1682-1766)
De Witt (Jan) (1625-1672) Taylor (Brook) (1685-1731)
Huygens (Christiaan) (1629-1695) Bernoulli (Nicolas le 2e) (1687-1759)
Newton (Isaac) (1642-1727) Goldbach (Christian) (1690-1764)
Leibniz (Gottfried von) (1646-1716) Stirling (James) (1692-1770)
Ceva (Giovanni) (1647-1734) Bernoulli (Nicolas le 3e) (1695-1726)
Rolle (Michel) (1652-1719) Maclaurin (Colin) (1698-1746)
Bernoulli (Jacques le 1er1654-1705)
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 10 PCSI 2024-2025
Lycée de l’Essouriau Chapitre 0 - RUDIMENTS DE LOGIQUE Les Ulis
Nés entre l’an 1700 et l’an 1800 après J.C.
Bernoulli (Daniel) (1700-1782) Legendre (Adrien-Marie) (1752-1833)
Bayes (Thomas) (1702-1761) Carnot (Lazare) (1753-1823)
Cramer (Gabriel) (1704-1752) Parseval (Marc-Antoine) (1755-1836)
Euler (Leonhard) (1707-1783) Fourier (Jean-Baptiste) (1768-1830)
Buffon (Georges-Louis) (1707-1788) Gauss (Karl) (1777-1855)
Simpson (Thomas) (1710-1761) Poisson (Siméon) (1781-1840)
Clairaut (Alexis) (1713-1765) Bolzano (Bernhard) (1781-1848)
d’Alembert (Jean le Rond) (1717-1783) Bessel (Friedrich) (1784-1846)
Bézout (Etienne) (1730-1783) Hörner (William) (1786-1837)
Vandermonde (Alexandre-Théophile) (1735-1796) Poncelet (Jean) (1788-1867)
Lagrange (Joseph-Louis) (1736-1813) Cauchy (Augustin-Louis) (1789-1857)
Wilson (John) (1741-1793) Mobiüs (Augustus) (1790-1868)
Condorcet (Marie) (1743-1794) Lobatchevski (Nikolaı̈) (1793-1856)
Bernoulli (Jean le 3e) (1744-1807) Chasles (Michel) (1793-1880)
Monge (Gaspard) (1746-1818) Green (George) (1793-1841)
Nés entre l’an 1800 et l’an 1900 après J.C.
Ostrogradski (Michel) (1801-1861) Hankel (Hermann) (1839-1873)
Plücker (Julius) (1801-1868) Lie (Sophus) (1842-1899)
Abel (Niels) (1802-1829) Schwarz (Hermann) (1843-1921)
Sturm (Charles) (1803-1855) Cantor (Georg) (1845-1918)
Jacobi (Carl) (1804-1851) Frege (Gottlob) (1848-1925)
Dirichlet (Peter) (1805-1859) Klein (Felix) (1849-1925)
Hamilton (William 1805-1865) Lindemann (Ferdinand) (1852-1939)
De Morgan (Augustus) (1806-1871) Poincaré (Jules) (1854-1912)
Grassmann (Hermann) (1809-1877) Péano (Giuseppe) (1858-1932)
Liouville (Joseph) (1809-1882) Césaro (Ernesto) (1859-1906)
Galois (Evariste) (1811-1832) Hölder (Otto) (1859-1937)
Sylvester (James) (1814-1897) Volterra (Vito) (1860-1940)
Catalan (Eugène) (1814-1914) Hilbert (David) (1862-1943)
Boole (George) (1815-1864) Minkowski (Hermann) (1864-1909)
Weierstrass (Karl 1815-1897) Hadamard (Jacques) (1865-1963)
Frenet (Jean) (1816-1900) Hausdorff (Felix) (1868-1942)
Serret (Joseph) (1819-1885) Cartan (Elie) (1869-1951)
Stokes (George) (1819-1903) Bernstein (Felix) (1870-1956)
Heine (Edward) (1821-1881) Zermelo (Ernst) (1871-1953)
Tchebychev (Pafnouti) (1821-1894) Borel (Emile) (1871-1956)
Cayley (Arthur) (1821-1895) Russel (Bertrand) (1872-1970)
Lissajous (Jules) (1822-1880) Baire (René-Louis) (1874-1932)
Bertrand (Joseph) (1822-1900) Lebesgue (Henri) (1875-1941)
Hermite (Charles) (1822-1901) Landau (Edmund) (1877-1938)
Kronecker (Leopold) (1823-1891) Hardy (Godfrey Harold) (1877-1947)
Riemann (Bernhard) (1826-1866) Fubini (Guido) (1879-1943)
Dedekind (Julius) (1831-1916) Einstein (Albert) (1879-1955)
Lewis Carroll (1832-1898) Fejer (Leopold) (1880-1959)
Fuchs (Lazarus) (1833-1902) Brouwer (Luitzen) (1881-1966)
Laguerre (Edmond) (1834-1886) Ramanujan (Srinivâsa) (1887-1920)
Jordan (Camille) (1838-1922) Escher (Maurits) (1898-1972)
Nés entre l’an 1900 et l’an 2000 après J.C.
Dirac (Paul) (1902-1984) Schwartz (Laurent) (1915-2002)
Cartan (Henri) (né en 1904) Mandelbrot (Benoit) (né en 1924)
Gödel (Kurt) (1906-1978) Grothendieck (Alexander) (né en 1928)
Dieudonné (Jean) (1906-1992) Penrose (Andrew) (né en 1931)
Zorn (Max) (1906-1993) Bourbaki (Nicolas) (Pseudonyme collectif) (né en 1934)
Turing (Alan) (1912-1954) Wiles (Andrew) (né en 1953)
Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 11 PCSI 2024-2025