Protection de l’environnement II Mme LACHEBI
Le processus d'EIE par étapes (suite)
Un processus d’étude d’impact sur l’environnement (EIE) par étapes a été adopté au Nouveau
- Brunswick pour la mise en valeur du pétrole et du gaz. Cette approche permet d’entamer
l’examen beaucoup plus tôt durant la phase de planification du projet. Elle permet également
d’entreprendre certains types d’activités d’exploration pendant que se déroule le processus
d’EIE.
En plus d’être un outil technique qui permet d’examiner les conséquences, aussi bien
positives que négatives, qu’un projet aura sur l’environnement, et de s’assurer que ces
conséquences sont dûment prises en compte dans la conception, la réalisation et l’exploitation
du projet, l’ÉIE est devenue, par l’adoption de la loi n°12-03 relative aux études d’impact sur
l’environnement, un outil légal qui subordonne l’autorisation administrative de tout projet
soumis à l’ÉIE à une décision d’acceptabilité environnementale
L’exigence d’une Etude d’Impact sur l’Environnement (ÉIE) s’inscrit d'une part, dans le
principe de prévention, l’un des principes généraux du droit de l’environnement qui implique
la mise en œuvre de règles et d’actions pour anticiper toute atteinte à l’environnement, et,
d'autre part, dans le principe d’intégration des exigences environnementales dans les autres
politiques par la recherche d’équilibre entre objectifs économiques, sociaux et
environnementaux.
L’étude d’impact est destinée à :
Concevoir un meilleur projet
Pour le promoteur d'un projet, elle constitue le moyen de démontrer qu’il prend bien en
compte les préoccupations d’environnement.
Elle doit être considérée comme un outil performant pour intégrer l'environnement dans les
projets d'aménagement et donc favoriser la conception de projets :
o respectueux de l'homme, des paysages et des milieux naturels,
o soucieux d'économiser l'espace, d'épargner les espèces, de limiter la pollution de l'eau,
de l'air ou des sols ;
Eclairer l’autorité administrative sur la décision à prendre
Parce qu’elle est préalable à la décision administrative d'autorisation ou d'approbation d'un
équipement, d'un ouvrage ou d'un aménagement, l’étude d’impact contribue :
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o à informer l’autorité administrative compétente pour autoriser les travaux (ministre,
préfet, président du Conseil régional ou général, maire) sur la nature et le contenu de la
décision à prendre (autorisation, approbation, refus) ;
o à guider celle-ci pour définir les conditions dans lesquelles cette autorisation est
donnée (mise en œuvre des mesures de suppression, de réduction et de compensation
des effets dommageables, par exemple) ;
o à définir les conditions du respect des engagements pris par le maître d'ouvrage (suivi
des conséquences du projet sur l’environnement pendant les phases de réalisation et
d'exploitation, par exemple) ;
informer le public et le faire participer à la prise de décision
Depuis les premières ébauches du projet jusqu’à l'enquête publique, la participation active et
continue du public est essentielle car elle contribue à la définition des alternatives et des
variantes du projet étudié.
Pour le maître d'ouvrage, l’élaboration de l’étude d’impact constitue l’occasion d’engager le
dialogue avec la population, les associations et les partenaires institutionnels. Avant de
finaliser son projet, il peut ainsi expliquer sa démarche d'intégration de l’environnement, mais
aussi affirmer sa capacité à prendre en compte les préoccupations de ses interlocuteurs.
Le contenu de l’étude d’impact ?
Les articles L.122-3 et R.122-3 du code de l’environnement fixent le contenu de l’étude
d’impact. Celle-ci doit obligatoirement contenir cinq rubriques:
➢ Une analyse de l’état initial du site et de son environnement.
➢ Une analyse des effets directs ou indirects, temporaire ou permanents, du projet sur
L’environnement (faune et flore, santé, sites et paysages...).
➢ Les raisons pour lesquelles le projet a été retenu aux vues des préoccupations
environnementales.
➢ Les mesures envisagées pour supprimer, réduire, compenser les conséquences
dommageables du projet sur l’environnement et l’estimation des dépenses correspondantes.
➢ Les méthodes scientifiques ou techniques utilisées pour la réalisation de l’étude d’impact
ainsi que les difficultés rencontrées.
➢ Capacités techniques et financières de l’exploitant.
➢ Un résumé non technique (attention, ce résumé a parfois tendance à minimiser les impacts
du dossier.
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II.2 Audit environnemental
L'audit environnemental est défini par le règlement CEE n°1836/93, établi par le Conseil de
1993 comme « une évaluation périodique et systématique, documentée et objective de
l'organisation, des systèmes de gestion et de la performance des équipements mis en place
pour assurer la protection de l'environnement ». De ce fait, ce type d’analyse s’inscrit dans la
politique de développement durable à laquelle sont soumises les entreprises industrielles
depuis quelques années.
L’audit environnemental étant en charge d’améliorer les performances d’une organisation
par la maîtrise de ses impacts environnementaux, il doit être impérativement conduit en
référence aux règlements (EMAS), normes (ISO et BS) et/ou bonnes pratiques
professionnelles du secteur.
En pratique, l’audit peut être réalisé par des membres internes à l’entreprise ou alors, une
entité externe peut être désignée pour s’occuper de cette évaluation. Dans ce cas, la société
n’en est pas obligatoirement le commanditaire.
En général, l'audit environnemental est entrepris afin de faciliter le contrôle, par la direction
de l'entreprise, de ses pratiques environnementales, de veiller à leur conformité à la
réglementation et de se doter d'un argument commercial supplémentaire par rapport à la
concurrence.
Pour asseoir sa légitimité, l’audit doit être mené en suivant des étapes précises :
Une réunion d’ouverture : elle fixe la marche à suivre entre les membres de l’audit et
les membres de la société auditée afin de s’assurer de créer un climat de bonne entente
entre les différentes entités.
L’exécution technique de l’audit : c’est la phase pratique en elle-même, quand
l’équipe d’audit analyse les lieux, les informations, etc.
Réunion de l’équipe d’audit : étape qui sert à valider les observations répertoriées par
les membres de l’audit.
Réunion avec le représentant de la direction de l’entreprise auditée : elle permet de
valider les observations de l’équipe d’audit et de rédiger les demandes d’actions
correctives.
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Une réunion de clôture : brève et objective elle doit présenter les points forts et les
points faibles de la société de façon concrète, afin que les audités puissent prendre acte
des écarts à modifier.
Un rapport d’audit : c’est un document juridique synthétique qui doit être enregistré et
conservé selon les exigences de la norme ISO 14001, en respectant les délais fixés. Il
servira de référence au commanditaire de l’audit, il doit donc formaliser les résultats
de la façon la plus intelligible possible.
Un suivi de l’audit : le demandeur de l’audit doit diffuser les constats du rapport
d’audit aux membres de la société auditée et s’assurer de la mise en place des actions
correctives requises.
Suivant la taille de l'entreprise, son domaine d'activité, sa situation et sa politique du moment,
l'audit environnemental peut recouvrir des formes très différentes. On peut citer, à titre
d'exemple :
l'audit partiel, consécutif à la détection d'une anomalie,
l'audit d'acquisition, préalable à l'achat d'un terrain, d'un bâtiment industriel, d'une
usine.
l'audit de friches industrielles,
l'audit comme outil de gestion des risques environnementaux. Ces risques étant
considérés comme entrant dans les missions confiées au "Gestionnaire des Risques",
l'audit est un des outils d'analyse à sa disposition pour l'aider à prendre les bonnes
mesures de prévention, détection, protection.
Finalement, l’audit environnemental puise sa notoriété dans l’essor de la croissance verte en
France, c’est pourquoi on observe un élargissement du champ d’action du management des
risques environnementaux. En effet, les entreprises s’engagent de plus en plus sur le suivi de
leurs process quels que soient leurs domaines d’activité (plus seulement les grosses sociétés
industrielles les plus polluantes).
II.3 Analyse de cycle de vie (ACV)
L’analyse du cycle de vie (ACV) évalue l’impact environnemental d’un produit, d’un service
ou d’un système en relation à une fonction particulière est ceci en considérant toutes les étapes de
son cycle de vie. Elle permet d’identifier les points sur lesquels un produit peut être amélioré et elle
contribue au développement de nouveaux produits. Cet outil est avant tout employé pour
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comparer les charges environnementales de différents produits, processus ou systèmes entre
eux, ainsi que les différentes étapes du cycle de vie d’un même produit.
Les principes, les exigences et les modalités de l’ACV sont définis par les normes internationales
ISO 14040 et ISO 14044.
Définition du cycle de vie d’un produit
Le cycle de vie d’un produit s’articule en 5 phases :
Matières premières (extraction, transformation, approvisionnement)
Fabrication
Mise en circulation (distribution, commercialisation)
Utilisation
Gestion de fin de vie (récupération, recyclage, traitement des déchets…)
Les impacts environnementaux liés aux transports sont considérés pour chacune des phases.
Méthodologie de l’ACV
Basée sur une démarche transversale qui prend en compte le plus grand nombre possible de
paramètres environnementaux (sol, air, eau…), l’Analyse de Cycle de Vie se décompose en 4
étapes :
Définition des objectifs et du périmètre d’étude : les critères prennent en compte les
éléments de référence en cas d’étude comparative, ainsi que la nature des
commanditaires ou destinataires (fabricant, administration, association de
consommateurs…).
Inventaire des flux : cette étape essentielle consiste à inventorier et quantifier
l’intégralité des flux entrants (utilisation de matières premières, consommation
d’énergie…) et des flux sortants (émission de pollutions, production de déchets et/ou
de matières recyclées…), pour chacune des phases de cycle de vie du produit.
Estimation des impacts environnementaux : cette évaluation, souvent étayée via des
modèles référents, est réalisée pour chacun des flux entrants et sortants inventoriés.
Analyse des résultats et interprétation : les résultats de l’ACV sont mis en regard
des objectifs initiaux de l’étude. Cette confrontation peut déboucher sur une liste
argumentée de recommandations, tant dans la perspective d’une révision de la
conception du produit que pour l’optimisation de son utilisation en termes d’impacts
environnementaux.
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À quoi sert un ACV ?
Une ACV sert à mesurer les impacts environnementaux d’un service ou d’un produit tout au
long de son cycle de vie. À ce titre, on utilise l’ACV pour en quelque sorte « diagnostiquer »
un produit et son impact sur l’environnement et pouvoir ainsi réduire cet impact. C’est ce
qu’onappellel’éco-conception.
Par exemple, lorsque l’on réalise l’ACV d’un vin, on s’aperçoit bien souvent que la majorité
des impacts environnementaux se situent au niveau de la fabrication de la bouteille en verre,
mais aussi de la fabrication du treillis sur lequel est accrochée la vigne. Grâce à cette
information on peut agir efficacement pour réduire le plus significativement possible l’impact
environnemental de la production du vin en question.
L’ACV est donc l’outil privilégié de l’éco-conception, et à ce titre, elle est un outil très
important des stratégies RSE (Responsabilités Sociales des Entreprise) des entreprises. En
effet, grâce à l’ACV, les entreprises peuvent réduire l’empreinte écologique de leurs produits
dans le cadre de leur stratégie RSE. L’ACV est donc souvent utilisé dans les rapports RSE des
entreprises.
III. Le système management environnemental (SME)
III.1 Introduction
Le système management environnemental SME désigne les méthodes de gestion et
d’organisation de l’entreprise visant à prendre en compte de façon systématique l’impact des
activités de l’entreprise sur l’environnement, à l’évaluer et le réduire.
Deux approches sous-tendent la mise en place du SME:
➢ Une approche «organisation».
➢ Une approche «produit».
Objectif d’un système de management environnemental
Une approche systématique du management environnemental peut fournir à la direction des
Informations permettant de réussir sur le long terme et de créer des options pour contribuer au
Développement durable en :
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protégeant l’environnement par l’élimination ou l’atténuation des impacts
environnementaux négatifs.
➢ limitant l’effet négatif potentiel des conditions environnementales sur l’organisme; aidant
l’organisme à respecter les obligations de conformité.
➢ renforçant la performance environnementale.
➢ réalisant des bénéfices financiers et opérationnels pouvant résulter de la mise en œuvre
d’alternatives respectueuses de l’environnement qui renforcent la position de l’organisme sur
le marché.
➢ communiquant des informations environnementales aux parties intéressées pertinentes.
Le système de management environnemental et sa relation avec le domaine
d’activité
A chaque domaine il est possible d’associer une norme. Cette distinction permet aux
professionnels de cibler précisément leurs besoins. On cite quelques un:
➢ ISO 9001: (2015) Systèmes de management de la qualité.
➢ ISO 45001: (2017) Systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail –
Exigences avec directives d’utilisation.
➢ ISO 14001: Systèmes de management environnemental – Exigences et lignes directrices
pour son utilisation.
III.2 Présentation de la norme ISO 14001
La norme ISO 14001 est une norme appliquée aux systèmes de management
environnemental pour répondre aux préoccupations environnementales des consommateurs, des
différentes parties intéressée y compris la population avoisinante et le pouvoir publique. Elle a été
créée par l’International Organisation for Standardisation (ISO) ou l’Organisation Internationale de
Normalisation.
Principe et périmètre d’application de la norme ISO 14001
La norme ISO 14001 définit les éléments caractéristiques d’un système de gestion efficace et
écologique de l’entreprise. Ces éléments permettent à toutes les organisations intéressées
d’évaluer et de maîtriser les impacts de ses activités sur le milieu où elles exercent, produits et
services. La norme ISO 14001 s’applique à tout organisme souhaitant mettre en œuvre un
système qui respecte l’écologie. L’organisme sera ainsi tenu de mettre à jour sa politique
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environnementale afin d’améliorer sa performance à ce niveau et de s’assurer de sa
conformité à la norme.
Cette norme repose sur la structure de base HLS (High Level Structure) de la norme de
management environnemental y compris le principe de la roue de Deming (planifier,
réaliser, vérifier, agir). Il peut être brièvement décrit comme suit :
Planifier: établir les objectifs environnementaux et les processus nécessaires à
l’obtention de résultats en accord avec la politique environnementale de l’organisme.
Réaliser: mettre en œuvre les processus planifiés.
Vérifier: surveiller et mesurer les processus par rapport à la politique
environnementale, y compris les engagements, les objectifs environnementaux et
rendre compte des résultats.
Agir: mener des actions en vue d’une amélioration continue.
Figure: La roue de Deming (PDCA)
Procédure de la certification a la norme ISO 14001
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La certification se fait en 3ans. L’entreprise souhaitant avoir la certification à la norme
ISO14001 doit faire appel à un organisme certificateur accrédité par le Comité français
d’accréditation. La demande de certification à la norme ISO 14001 exige deux audits.
L’organisme certificateur fait ainsi un audit complet du système de management
environnemental mis en œuvre par l’entreprise pour vérifier sa conformité avec les exigences de la
norme. Ce premier audit durera entre deux à 4 jours. Ensuite, des audits de suivis à intervalle
régulier ou irrégulier seront également faits pendant deux ans.
La certification ou non du système audité dépend du rapport d’audit établi par l’auditeur. La
certification n’est pas accordée en cas de non-conformité majeure constatée par l’auditeur. En
revanche, la non-conformité peut être rattrapée par l’entreprise. Elle pourra ensuite refaire sa
demande après la régularisation.
La norme ISO 14001 exige le respect du principe d’amélioration continue de la performance
environnementale.
III.3 Méthodologie de mise en place d’un SME
L’implantation d’un système de management repose sur le principe de l’amélioration continue
symbolisé par le Modèle PDCA (roue de Demming). Cette roue présente le parcours cyclique d’une
démarche de progrès en quatre phases successive (Plan, Do, Check, Act)..
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Les principales étapes de la mise en place d'un SME sont les suivantes:
L’Analyse environnementale : Cette première étape permet de faire un état de la situation
environnementale (mise en évidence des points forts et des points faibles, ..). Elle permettra de
fixer les actions à développer en priorité.
La Politique environnementale : L’entreprise définit les grands principes à l’égard de
l’environnement. Cette politique adoptée au niveau le plus élevé de la direction comportera une
série d’engagements visant une amélioration continue des résultats environnementaux.
Le Programme environnemental : A la lumière des résultats de l’analyse environnementale,
l’entreprise va définir des objectifs destinés à améliorer la protection de l’environnement. Ces
objectifs précis et chiffrés devraient être atteints dans un certain délai grâce à la mise en place
de diverses actions.
La Mise en œuvre et le fonctionnement du SME : Le SME est mis en place en définissant
les responsabilités environnementales, en assurant la sensibilisation et la formation du personnel, en
élaborant les plans d’urgence, en créant diverses procédures, .... Le SME est documenté dans un
manuel environnement qui est complété par une série de procédures et diverses instructions de
travail.
L’Audit : des audits internes vérifient régulièrement le bon fonctionnement du système de
management environnemental. Il s’agit d’une évaluation systématique, documentée, périodique et
objective du fonctionnement du système. Dans le cadre d’EMAS, les performances
environnementales sont aussi auditées.
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Pour ISO 14001 Pour EMAS
La Certification: L’étape finale consiste à La Déclaration environnementale:
effectuer un audit externe par un certificateur La déclaration environnementale est un
accrédité. Celui-ci vérifie le bon document destiné au public et validé par un
fonctionnement du système selon la norme. organisme externe (vérificateur
Un certificat est remis à l’entreprise: environnemental). Elle est obligatoire pour
Il n’est valide que pour une durée limitée être enregistré EMAS.
(généralement 3 ans).
L’enregistrement:
Dans ce cas, on ne parle plus de certification
mais d’enregistrement. Il est effectué par la
région wallonne après validation du SME et
de la déclaration environnementale par un
expert externe accrédité appelé vérificateur
environnemental.
L’enregistrement est également valable pour
3 ans.
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