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Derma To Logie

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GENERALITES

Introduction
20% des consultants de Médecine générale se présentent avec une maladie de la
peau. La peau est un organe cible sur lequel peuvent s’exprimer de nombreuses
affections.
La peau recouvre toute la surface du corps. C’est l’organe le plus étendu et le
plus lourd de l’organisme avec un poids égal à 16% du poids corporel.
Dermatologie : partie de la médecine qui étudie et soigne les maladies de la
peau, des phanères (ongle, cheveux, poils) et des muqueuses (couche de cellules
recouvrant les organes creux en contact avec l’air).
Dermatose : nom général attribué aux affections de la peau.
RAPPELS ANATOMIQUES
La peau est constituée de l’extérieur vers l’intérieur:
- de l’épiderme ;
- du derme et
- de l’hypoderme.
Chacune de ces parties a une fonction propre.
1- L’épiderme
L’épiderme est en rapport direct avec le milieu extérieur. Il est constitué de 4
couches qui sont :
- la couche la plus profonde, appelée couche basale, en contact avec la
membrane basale;
- Au-dessus de la couche basale, la couche épineuse de l’épiderme encore
appelée le «corps muqueux de Malpighi».
- Au-dessus de la couche épineuse, la couche granuleuse ;
- La couche superficielle ou couche cornée de l’épiderme.
Les cellules de cette dernière couche sont naturellement éliminées par diverses
agressions physiques comme les frottements, les lavages à l’eau et aux
détergents.
2- Le derme
Le derme est le tissu de soutien de l’épiderme. Il est extensible, élastique et
compressible. On lui décrit deux parties :
- Le derme superficiel qui est un tissu conjonctif lâche, aéré avec
beaucoup d’échanges et de récepteurs nerveux. ;
- Le derme profond, plus épais, est constitué de tissu conjonctif dense.
Le derme contient également le réseau vasculaire.
1
3- L’hypoderme
L’hypoderme ou tissu sous cutané, riche en cellules adipeuses, n’existe pas dans
le scrotum, les paupières et le pénis.
4- Vascularisation
C’est un réseau vasculaire à large mailles dans l’hypoderme, il joue un rôle
énorme dans la vascularisation de la peau. Le réseau lymphatique est double
superficiel profond (sous dermique).
5- Innervation
C’est une innervation à la fois sensitive et motrice. Elle est assurée par le nerf
spinal qu’on appelle DERMATOME.
- Sensibilité au froid = Corpuscule de Krauss ;
- Sensibilité à la chaleur = Corpuscule de Raffini ;
- Sensibilité au tact = Corpuscule de Meissner ;
- Sensibilité à la pression et aux vibrations : Corpuscule de Vater Paccini.
6- Les annexes de la peau
- Les follicules pileux ;
- Les glandes sébacées ;
- Les glandes sudorales ;
- Les Ongles.
7- Fonctions de la peau
- Fonction de protection contre les agressions de l’environnement ;
- Barrière et échanges entre le milieu interne et externe ;
- Thermorégulation ;
- Sensorielle à travers les filets nerveux;
- Métaboliques : synthèse de la vitamine D.

Les lésions élémentaires


Introduction
La lésion élémentaire est une lésion jeune, pure, non modifiée par le grattage, la
macération, le suintement, la surinfection, l’évolution dans le temps et par les
traitements locaux.
1- Etude des principales lésions élémentaires
1-1. Les lésions élémentaires habituellement primitives
Macule : ou tache est une lésion plane sans relief, de taille variable (mm ou cm),
due à une simple modification de la couleur de la peau. Elle peut être
 hyperpigmentée ou hyperchromique par augmentation de la couleur de la
peau ;
2
 hypopigmentée ou hypochromique par diminution de la couleur de la
peau ;
 achromique par disparition totale de la couleur de la peau;
 La macule rouge ou érythémateuse par rougeur de la peau.
Papule : élevure saillante, circonscrite, solide ne contenant pas de liquide de
diamètre inférieur à 1cm.
Nodule : petite formation solide, arrondie, classiquement non visible mais
palpable ;
Vésicule : petit soulèvement épidermique sous lequel est collecté un peu de
liquide clair. Sa taille est de l’ordre du mm ;
Bulle (ampoule, cloque, phlyctène) est une grosse vésicule contenant une
sérosité claire ou hémorragique. Sa taille est de l’ordre du cm (1 à 2cm) ;
Pustule : soulèvement circonscrit de l’épiderme, renfermant un liquide louche
ou purulent, de taille variable du mm au cm ;
Squame ou kératose : lésion faite de lamelle cornée blanchâtre ou grisâtre.
Tumeur : élevure bourgeonnante de la peau, sessile ou pédiculée pouvant
réaliser un aspect en choux fleur.
1-2. Les lésions élémentaires habituellement secondaires
Erosion - ulcération : résultent d’une perte de substance cutanée qui peut être
soit :
- Superficielle c’est-à-dire limitée à l’épiderme : il s’agit d’une érosion qui
guérit sans laisser de cicatrice ;
- Profonde intéressant l’épiderme et le derme : il s’agit d’une ulcération
donnant une cicatrice indélébile.
Croûte : c’est le résultat de la dessiccation de sérosité plasmatique, de sang et
de pus ou de germes ;
Sclérose : induration de la peau avec perte de son élasticité (impossible à plisser
et à mobiliser) ;
Atrophie : amincissement de la peau qui se plisse anormalement ;
Lichénification : épaissicement de la peau secondaire à un grattage.

3
2- Images

Image 1 : macules hyperpigmentées de l’EPF

Image 2: macules hypopigmentée et achromique : vitiligo.

Image 3 : lésions papuleuses.

4
Image 4 : lésions vésiculeuses : zona

Image 5 : grosse bulle : épidermolyse bulleuse

Image 6 : lésions pustuleuses.

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Image 7 : lésions érythémato-squameuses : psoriasis.

Image 8 : tumeur en choux fleur : condylome acuminé

Image 9 : bulles et érosions de l’impétigo bulleux

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Image 10 : ulcération de l’ecthyma

Image 11 : lésions avec croûtes myélicériques du zona ophtalmique.

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Image 12 : placards lichénifiés, hyperpigmentés et squameux de l’eczéma.

LE PRURIT
1- Définition
Le prurit est une sensation cutanée anormale, localisée ou diffuse, qui provoque
le besoin de se gratter.
Devant un prurit, trois situations sont possibles :
- soit il s’intègre dans le cadre d’une dermatose prurigineuse ;
- soit il est associé à une cause extra cutanée ;
- soit il est isolé, sans cause démontrée (prurit sine materiae).
2- Examen clinique
Le prurit est une donnée de l’interrogatoire qui fera préciser :
- L’intensité ;
- La date d’apparition ;
- Le siège de début ;
- Les circonstances déclenchantes ;
- Les antécédents personnels et familiaux du malade : terrain atopique,
prise médicamenteuse, pathologie associée.
Examen cutané retrouve :
- Des traces de grattage (lichénification, surrinfection….) ;
- Une lésion élémentaire orientant vers une dermatose prurigineuse.
Examen physique complet
• Les régions ganglionnaires : adénopathies ;
• La rate : splénomégalie ;
• Le foie : hépatomégalie ;
• La région thyroïdienne: hypertrophie de la glande.
Examens complémentaires
En revanche, sans dermatose associée, il faut alors faire quelques examens, afin
d’éliminer un prurit d’origine interne :
- NFS, VS ;
- Azotémie, Créatinémie ;
- Transaminases, Glycémie à jeun ;
- Examen parasitologique des selles ;
- Sérologie VIH de dépistage. …..

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3- Etiologies
3-1. Prurits localisés
Les prurits localisés doivent faire rechercher une cause locale :
- Le prurit du cuir chevelu : pédiculose, teigne, état pelliculaire ou allergie
aux produits cosmétiques ;
- Les prurits ano-génitaux : candidoses.
3-2. Les prurits généralisés
 Prurits généralisés : principales étiologies dermatologiques.
- Dermatoses prurigineuses : eczéma, urticaire, prurigo, lichen plan…
- Agents irritants externes ;
- Modifications de l’environnement : chaleur, froid.
 Prurits généralisés d’origine interne
- Insuffisance rénale ;
- Rétention biliaire ;
- Diabète ;
- Parasitose ;
- Séropositivité VIH :
- Grossesse ;
- Ménopause ;
- Certains médicaments : Chloroquine, pénicilline, salicylés, sulfamides ;
- Certains aliments : Viande, lait, œuf, poissons secs, criquets.

4- Traitement
4-1. Etiologique
- Traiter la dermatose spécifique révélée par le prurit ;
- Traiter la cause interne.
4-2. Conseils hygiéno-diététiques
- limiter les facteurs irritants (antiseptiques alcooliques, les savons
parfumés ou acides, le contact avec la laine, ne pas porter de vêtements
trop serrés) ;
- Couper les ongles courts pour réduire les lésions de grattage ;
- Arrêter les médicaments fortement suspects d'induire un prurit.
4-3. Symptomatique
- Antihistaminiques : Polaramine, Primalan, Aérius.
- Anxiolytique : Atarax.

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DERMATOSES BACTERIENNES
La lèpre ou maladie de Hansen
1- Généralités
La lèpre ou maladie de Hansen est une maladie infectieuse, chronique,
endémique, provoquée par une mycobactérie : Mycobacterium leprae ou
bacille de Hansen découvert par le médecin Norvégien HANSEN en 1873.
C’est une affection qui atteint essentiellement la peau et certains nerfs
périphériques.
1-1. Agent causal
L’agent pathogène est le Mycobacterium leprae, bâtonnet rectiligne ou incurvé
à ses extrémités, acido-alcoolorésistant (BAAR), son temps de multiplication est
lent environ 13 jours, il est non cultivable in vitro, seulement in vivo (tatou 9
bandes). Il a une grande affinité pour les tissus nerveux et cutané.
Seule l’homme malade est le réservoir mais aussi le Tatou à 9 bandes, sa
viabilité en dehors de l’hôte est variable, elle est de 5 mois sur le sol sec à
l’ombre de 46 jours sur le sol humides et de 3 jours au soleil.
1-2. Mode de transmission
La seule source de transmission est l’homme malade multi bacillaire.
Deux portes d’entrée sont reconnues : la peau lésées et les voies respiratoires.
Deux portes de sortie sont habituellement décrites : les secrétions nasales au
cours de la rhinite, de la toux et des crachats et à travers la peau des nodules
ulcérées.
Certains facteurs favorisent la survenue de l’infection : prédisposition génétique,
malnutrition et promiscuité « à tel point qu’on peut calquer la carte de la maladie
à celle de la pauvreté».
La contamination in utero semble possible uniquement quand les mères sont
atteintes d’une forme lépromateuse multi bacillaire.
2- Etude clinique
Incubation : non connue de façon précise, mais en général longue et silencieuse :
2 à 5 ans en moyenne avec des extrêmes pouvant être quelques semaines à 30
ans.
2-1. Manifestations cliniques

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La lèpre présente un grand polymorphisme clinique et une grande variété des
symptômes en fonction de la résistance immunologique individuelle vis-à-vis du
bacille. Les différentes formes cliniques sont :
- La forme indéterminée;
- La forme polaire TT ;
- La forme polaire LL;
- La forme inter polaire qui comprend trois catégories :
.La forme Borderline Tuberculose BT ;
.La forme Borderline Borderline BB ;
.La forme Borderline Lépromateuse BL ;
2-1-1. La forme Indéterminée
Cette forme qui correspondrait à la forme de début de la maladie (20 à 80%)
passe souvent inaperçue en raison de la discrétion de ses signes. Elle se
rencontre habituellement chez l’enfant et l’adolescent.
a. Les lésions cutanées
Elles se présentent sous forme de macules hypopigmentées, plus ou moins bien
limitée, généralement unique à localisation variable (fesse, visage, face
d’extension des membres), la sudation à ce stade est conservée.
b. Les lésions neurologiques
Au niveau de cette macule hypopigmentée il existe un trouble de la sensibilité
(hypoesthésie ou anesthésie) concernant les sensibilités thermique et
douloureuse, le tact est conservé. Les troubles moteurs sont absents à ce stade.
Elle peut guérir spontanément ou évoluer vers une forme tuberculoïde ou une
forme lépromateuse.
2-1-2. La forme tuberculoïde
Elle se rencontre chez les patients développant contre M Leprae une excellente
immunité à médiation cellulaire.
a. Les lésions cutanées ou léprides
Elles sont caractérisées par l’apparition de macules hypo chromiques à limites
nettes, à bordures papuleuses en reliefs, à surface sèche anhydrotique avec
raréfaction des poils, de grande tailles peu nombreuses.
b. Les lésions neurologiques
Elles comportent des troubles sensitifs nets et constants au niveau des lésions
tuberculoïdes. Il s’agit d’un déficit global de la sensibilité (tactile, thermique et
douleur). En absence de traitement spécifique et de traitement anti
inflammatoire, l’atteinte des nerfs périphériques évoluera vers une paralysie
souvent irréversible faciale, cubitale, médian, sciatique poplité externe…)

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c. Les troubles trophiques
Ils sont liés à la conjonction de plusieurs facteurs : la perte de sensibilité, les
troubles vasculaires, la xérose cutanée, l’infection et la compression statique. La
lésion la plus observée est le mal perforant plantaire. Il est secondaire à des
microtraumatismes répétés sur une plante insensible, aboutissant à des blessures
indolores, des infections répétés et au développement des déformations et
ostéolyses distales.
d. Atteintes osseuses
Essentiellement distale intéressant les mains et les pieds
Les atteintes spécifiques:
- Petites géodes apophysaires contenant des bacilles ;
- Ou lyse des têtes des phalanges et phalangettes.

Les atteintes non spécifiques :


- Résorption progressive des doigts et des orteils entrainant une amputation
plus ou moins complète des doigts
- Ostéites infectieuses, ostéomyélite, ostéo arthrite ; ostéomyélite.
- Lyse des os propre du nez.
Au total aspect de lèpre mutilante condamnant parfois à la mendicité.
2-1-3. La forme lépromateuse
Forme plus fréquente et plus contagieuse, elle se rencontre chez les patients dont
le système immunitaire n’oppose pas de résistance à Mycobacterium leprae. Les
lésions sont polymorphes et comportent des atteintes de la peau, des muqueuses
et des atteintes neurologiques.
a. Atteintes de la peau ou lépromes

Lépromes circonscrits : ce sont des lésions nodulaires, bien limitées, fermes au


palper, indolores de couleur cuivrée chez le noir érythémateuse chez le blanc, de
taille variable, symétriques ;
Lépromes diffus : réalise de vastes nappes infiltrées luisantes, symétriquement
disposées sur tout le corps, rouge-cuivré avec quelques espaces de peau
apparemment saine.
Association lépromes circonscrits et lépromes diffus au niveau du visage réalise
l’aspect léonin : épaississement du massif facial, chute des sourcils et de la
barbe.

Les lésions lépromateuses sont hypoesthésiques ou sans troubles de la sensibilité


et prédominent au visage notamment au pavillon de l’oreille.

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b. Atteintes des muqueuses
Elles peuvent être atteintes très tôt dans l’évolution de la forme lépromateuse et
en particulier la muqueuse nasale. La rhinite congestive avec obstruction nasale
peut être un signe de découverte de la maladie.
c. Lésions neurologiques
L’atteinte neurologique comporte deux troubles :
- Le trouble sensitif : il existe très peu de trouble sensitif au cours de la
lèpre lépromateuse. Ils sont discrets par rapport à ceux observés dans la
forme tuberculoïde et peuvent rarement donner le même tableau observés
dans la forme tuberculoïde ;
- Le trouble moteur : l’atteinte nerveuse est généralement symétrique et se
traduit par une discrète hypertrophie du tronc nerveux avec déficit moteur
variable pouvant aboutir à des paralysies irréversibles son installation est
lent et progressive.
d. Les troubles trophiques
Ils sont identiques à ceux observés dans la lèpre tuberculoïde.
2-1-4. Les formes Borderline
Les formes de lèpre Borderline sont les plus fréquentes et les plus sévères, car ce
sont celles qui sont immunologiquement les plus instables et sont les terrains de
réactions. Elles se caractérisent cliniquement par l’association simultanée ou
successive des signes de lèpre tuberculoïde et lépromateuse. La distinction entre
les 3 formes n’est pas possible sur le terrain, car elle nécessite l’apport des
examens Bacilloscopiques fiables et d’études histopathologiques.
3- Diagnostic Para clinique
3-1. Examen Bacilloscopique
Il se fait à partir du suc dermique prélevé sur trois sites. Après fixation et
coloration au Ziehl l’examen au microscope mettre en évidence la présence ou
l’absence de BAAR.
3-2. Examen Histologique
Il se fait à partir d’un fragment de peau prélevé à cheval sur une lésion et la peau
saine. Il y a toujours plus de bacilles dans les nerfs que dans la peau.
4- Traitement
Le traitement de la lèpre est basé sur la poly chimiothérapie (PCT) combinant
selon la forme deux à trois molécules, les médicaments recommandés par
l’OMS dans le cadre de la poly chimiothérapie sont :
- La Disulone ou Dapsone ;
- La Clofazine ou Lamprène ;

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- La Rifampicine.
4-1. Traitement de la lèpre Pauci bacillaire (PB)
Le traitement de la lèpre PB associe deux molécules selon le schéma suivant :
- Prise mensuelle supervisée : Rifampicine 600 mg + Dapsone 100 mg
pendant 6 mois ;
- Prise journalière non supervisée : Dapsone 100 mg pendant 6 mois ;
4-2. Traitement de la lèpre multi bacillaire ou lépromateuse
Le traitement de la lèpre M.B associe trois molécules selon le schéma suivant :
- Prise mensuelle supervisée : Rifampicine 600 mg + Dapsone +
Clofazimine 300 mg pendant 12 mois ;
- Prise journalière non supervisée : Dapsone 100 mg + clofazimine 50 mg
pendant 12 mois.
5- Education sanitaire /IEC
Une prise en charge globale de la lèpre doit intégrer un volet sensibilisation qui
comportera trois volets :
- Premier volet s’adressera au malade ;
- Deuxième volet s’adressera à la famille ;
- Troisième volet d’adressera à la communauté.

La lèpre est une maladie qui attaque la peau et les nerfs. Elle présente un
grand Polymorphisme clinique et une grande variété des symptômes. La
classification opérationnelle de l’OMS permet de classer en fonction du
nombre de lésions :
- Inférieur à 5 lésions = Lèpre Pauci Bacillaire ;
- Supérieur à 5 lésions = Lèpre Multi Bacillaire ;
Ceci facilite le traitement par la PCT recommandée par l’OMS et dont les
médicaments sont conditionnés selon le type de lèpre.

LES INFECTIONS BACTERIENNES CUTANEES (suite)


Les infections cutanées bactériennes les plus fréquentes sont à germes pyogènes,
staphylocoques dorés et streptocoques (S. aureus et Streptococcus pyogènes)
responsables d’infections de l’épiderme, du derme et de l’hypoderme.

1- INFECTIONS BACTERIENNES FOLLICULAIRES

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Folliculites, furoncles, anthrax. Ce sont des situations très fréquentes. Le germe
en cause est le Staphylococcus aureus.
1-1. Les folliculites
Inflammation d’un follicule pilosébacé, Les folliculites sont fréquentes sur le
visage, avec une localisation particulière au bord libre des paupières (orgelets),
les cuisses, les fesses, le tronc.
Elle débute par une petite papule rouge douloureuse centrée par un poil qui
évolue en pustule puis en croûte cicatrisant sans laisser de trace.
1-2. Le furoncle
C’est une inflammation profonde et nécrosante de tout un follicule pilo-sébacé
avec péri folliculite. L’ensemble de la nécrose réalise un bourbillon qui
s’élimine quand le furoncle s’ouvre.
Elle débute par une pustulette centrée par un poil reposant sur une base
inflammatoire, rouge, tuméfié. Rapidement la lésion grandit, devient très
douloureuse évoluant vers le ramollissement central et l’élimination du
bourbillon central. Il s’en suit aussitôt la sédation des signes inflammatoires.
La guérison survient en 2 à 3 semaines au prix d’une cicatrice atrophique.
Cette évolution peut être émaillée de complications : adénites, lymphangite,
phlegmon, septicémie…..
1-3. Anthrax
C’est la coalescence de plusieurs furoncles voisins
Il réalise un large placard épais, rouge-violacé, dure qui après quelques jours
d’évolution se ramollit puis s’ouvre en plusieurs endroits. Il laisse écouler par
ses orifices un mélange de pus et de masses nécrotiques aboutissant à une
cicatrice inesthétique. Son siège d’élection est la nuque et le haut du dos.
Toujours rechercher un terrain particulier : déficit immunitaire, diabète.
1-4. Furonculose
Il s’agit de la récidive pendant des mois, des années de furoncles généralement
banals mais qui peuvent à tout instant se compliquer.
Les facteurs prédisposant : déficit immunitaire, obésité, diabète, sujet présentant
un réservoir staphylococcique.

2- INFECTIONS BACTERIENNES NON FOLLICULAIRES


2-1. IMPETIGO
Définition : infection cutanée superficielle, très contagieuse Auto et hétéro
inoculable, induite par le streptocoque β-hémolytique du groupe A et ou le
staphylocoque.
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Epidémiologie : il survient chez les enfants ou par flambés dans les collectivités
ou en milieu familial.
Porte d’entrée : Piqure d’un moustique ou d’insecte.
Clinique : la lésion élémentaire est une petite bulle à contenu clair survenant sur
une base érythémateuse. Elle évolue rapidement vers une pustule qui se rompt,
se dessèche en croûte jaunâtre myélicérique.
Les signes d’accompagnement sont souvent minimes : fébricule, adénopathies,
prurit modéré.
Siège : Autour de la bouche, du nez, oculaire + les membres.
Diagnostic : Facile et évident, repose sur la clinique. Les bulles et la
bactériologie (prélèvement de la sérosité).
Diagnostic différentiel : Prurigo bulleux. Autres maladies bulleuses
Evolution : - Sans traitement guérison dans 3 semaines dans la moitié des cas.
- Sous traitement local et général guérison en 24 ou 48 heures.
Forme clinique : Impétigo creusant (ecthyma) observé chez l’adulte.
C’est une ulcération de 1 à 2 mm de diamètre.
2-2. Erysipèle
Définition : C’est une cellulite superficielle due au streptocoque du groupe A.
Pote d’entrée : 1/3 des cas : Plaie, intertrigo, eczéma du pied ou de la jambe et
dans 2/3 des cas ORL.
Clinique : Placard inflammatoire avec bourrelet périphérique.
Début : Plaque rouge négligée puis brutalement apparaissent :
Les signes locaux : œdème, rougeur, chaleur.
Il existe une adénopathie locorégionale sensible et douloureuse.
Les signes généraux. Fièvre 39° – 40°, frisson, malaise général.
Le placard se couvre d’ecchymose ou purpura.
Siège d’élection : Visage, jambe, ombilic (chez le nourrisson)
Biologie : Hyperleucocytose 15 à 20.000 blancs VS élevée ASLO, strepto dans
le prélèvement.
Evolution : - Sans traitement : guérison en 4 ou 5 semaines ou complication en
cellulite nécrosante ou en septicémie.
-Avec traitement : favorable en 72 heures sous bonne dose
d’antibiotique.
2-3. Cellulite profonde streptococcique ou faciite nécrosante
La plus grave des streptococcies.
Définition : C’est une affection du derme profond et du tissu sous cutané diffus
et extensible.

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C’est une urgence médico-chirurgicale qui atteint les sujets déprimés
immunologiquement.
Clinique : Les signes apparaissent brusquement.
Signes généraux : Très important : T° élevée, faciès de septicémie, Etat de
choc
Au début, il y a un œdème diffus d’un membre qui se couvre de bulles claires
puis brunes, avant l’apparition de zones de nécrose.

2-4. Scarlatine
Définition : C’est une maladie éruptive à déclaration obligatoire due à la
diffusion d’une toxine érythrogène du strepo B hémolytique à partir d’un foyer
ORL.
Clinique :
Incubation : Silencieuse pendant cinq jours puis apparait une angine rouge très
douloureuse, œdème avec dysphagie.
Signes généraux : T° à 39-40°
Frissons – Etat général altéré – langue saburrale
Adénopathies sous maxillaires.
Deux (2) jours après survient :
L’exanthème : Il est franc sans intervalle de peau saine. Apparait brusquement
en une seule poussée à partir des plis de flexion (coude, aisselle) et sur le devant
du thorax, respecte les paumes, le visage et les plantes de pieds.
Trois (3) jours maximum : Apparition d’une rougeur sublinguale au 5e jour
associée à une glossite exfoliative aiguë.
Diagnostic positif : Recherche de streptocoques dans le prélèvement de gorge.
Diagnostic différentiel : Rougeole, Rubéole, Mononucléose infectieuse, autres
viroses, toxidermie médicamenteuse, les échos virus
Complications
Angines nécrosantes – Otites – Néphrites.
Complications cardiaques et rénales : RAA – GNA.
Autres streptococcies
 Para kératose du cuir chevelu : Aspect crouteux squameux sans chute de
cheveux. La fausse teigne amiantacée
 Eczématides (dartres)
 Erythème noueux
 Folliculite.

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2-5. PANARIS
C’est une infection digitale survenant 2 à 3 jours après l’inoculation souvent
post-traumatique de S. aureus. La lésion est érythémateuse et douloureuse. Elle
peut siéger sur la phalange distale immédiatement autour de l’ongle mais aussi
sur la pulpe ou plus rarement sur les phalanges proximales.
Si la lésion n’est pas traitée, elle évolue vers la fistulisation et parfois s’étend
aux tissus voisins (cellulite, phlegmon des fléchisseurs, ostéite ou arthrite).

3- Traitement des infections bactériennes


Selon le type d’infection
- Local : antiseptiques : . En Bain : Nobacter savon, Dermobacter solution,
Saforelle solution, Cytéal solution, Permanganate de potassium ;
. En application : Eosine aqueuse 2%, Solution de
Milan, Fucidine crème ou pommade, Auréomycine pommade
- Général : Antibiotique actif sur les deux germes souvent en cause
(staphylocoque et streptocoque). Les antibiotiques utilisables sont les
pénicillines du groupe M comme la cloxacilline (Orbénine®) ou l’oxacilline
(Bristopen®) à la dose de 50mg/Kg/jour chez l’enfant et 2 g/j chez l’adulte
(pour les souches sensibles à la méthicilline), l’acide fusidique (Fucidine®) 1 à
1,5 g/j.
EN cas de réaction allergique : Macrolides (Erythromycine).
- Chirurgical : Parage chirurgical + Antibiotipie adaptée.
Selon le terrain
- Malnutrition ;
- Diabète ;
- Immunodépression….

LES DERMATOSES PARASITAIRES


La gale
Maladie parasitaire très fréquente, très contagieuse dont la contamination se fait
par contact direct avec la personne infectée ou par contact indirect avec les
vêtements ou la literie contaminée. Elle est due au sarcopte scabei hominis

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minuscule parasite en forme de disque, c’est pourquoi on l’appelle souvent
Scabiose ou gale humaine.
L’agent pathogène est un acarien : Sarcoptes scabiei hominis. La femelle
fécondée, creuse un sillon dans la couche cornée épidermique et y dépose ses
œufs. La durée du passage des œufs à l’état adulte est d’environ 15 jours.
Les facteurs favorisants sont la mauvaise hygiène.
Aspect clinique
La distribution sur le corps est souvent évocatrice :
- Les mains (dans 80 % des cas) espaces interdigitaux ;
- Les poignets (faces antérieures) ;
- Les faces internes des coudes ;
- Les emmanchures antérieures ;
- Les fesses (plis sous fessiers) ;
- L’abdomen (péri ombilic) ;
- Les organes génitaux externes chez l’homme.
Après une incubation de 15 à 20 jours, la présence du parasite dans la couche
cornée détermine :
Le prurit : signe capital important, Il est familial d’intensité variable, à
recrudescence nocturne. Ce caractère nocturne familial suffit pour poser le
diagnostic de gale.
Les signes spécifiques :
- Le sillon ;
- Les vésicules perlées : ce sont des lésions d’eczématisation;
- Les nodules scabieux : papulo-nodules;
- Le chancre scabieux. : ulcération croûteuse, siégeant aux OGE chez
l’homme.
Les signes non spécifiques
- Prurigo ;
- Œdème des OGE.
Caractéristique
L’eczématisation et la surinfection sont fréquentes.
Evolution
Chronique, non traité, elle peut durer des mois ou des années. Le grattage est
responsable des lésions de pyodermites ou l’eczéma surinfecté.
Traitement
Il doit être rigoureux, il faut en effet :
- Traiter le sujet infecté
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- Traiter l’entourage et stériliser l’environnement.
Application de Benzoate de Benzhyl (Ascabiol, Benzochloryl) ou crème Eurax
du cou aux pieds 2 fois de suite à 15 minutes d’intervalle à l’aide d’un pinceau
plat à garder pendant 2 jours de suite sans lavage. Antihistaminique
(prométhamizine).
En cas d’impétiginisation ou d’eczématisation surtout chez l’enfant faire
précéder d’une désinfection au permanganate de potassium pendant 3 à 5 jours,
colorants (éosine, bleu de méthylène, solution de Milian) et dermocorticoïde.
- Traiter l’environnement
- bouillir tout le linge avant de le saupoudrer avec poudre Aphtiria (D
- DT) les vêtements et la literie.
La leishmaniose cutanée
La leishmaniose cutanée ou bouton d’orient est une affection parasitaire qui se
transmet par l’intermédiaire de la piqure de la mouche des sables, le
phlébotome. Elle est très répandue dans les régions désertiques sèches des zones
tropicales et subtropicales.
Epidémiologie
C’est une maladie due à un protozoaire du genre leishmania. Elle atteint les
enfants à un âge précoce mais aussi les adultes ne sont pas épargnés. Le
protozoaire est transmis par la piqure au phlébotome. Les réservoirs du parasite
sont constitués par les rongeurs sauvages et domestiques, mais aussi le chien.
Signes cliniques
La période d’incubation est de 2 à 4 semaines souvent plus. Une petite papule
apparait au niveau du site de la piqure, en général au niveau des régions
découvertes, celle-ci grossit lentement et devient nodulaire, les lésions peuvent
être multiples. En quelques mois, le nodule s’ulcère, se recouvre d’une croûte et
guérit spontanément en un an. Il arrive que les lésions ne guérissent pas, elles
deviennent jaunâtres et s’étendent progressivement en périphérie (leishmaniose
récidivante). Elle peut apparaitre des années après la guérison clinique. Les
lésions sont indolores en règle générale, les lésions précoces peuvent être
prurigineuses. Il n’y a pas de signes généraux.
Diagnostic différentiel
Lèpre, chéloïdes, épithélioma baso-céllulaire, ecthyma
Diagnostic paraclinique
Le prélèvement effectué sur une lésion humide après raclage au vaccinostyle ou
à la curette, après fixation et coloration mettra en évidence le parasite.
Traitement

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Le traitement de choix est le glucantime en ampoule de 5ml à la dose de
60mg/kg de poids / jours. La dose efficace sera délivrée progressivement par
voie intra-lésionnelle ou intramusculaire pendant 2 semaines à 3 semaines –
repos d’un mois entre les 2 cures. On parle aussi de l’Ivermectine comprimé à
2mg en raison d’un comprimé pour 15kg de poids sans dépasser 4 comprimés
par prise une fois par semaine.
Kétoconazole 200mg/jour ou Métronidazole 1 à 1,5mg/ jour en14 à 21 jours.

1- DERMATITES RAMPANTES VERMINEUSES


Les parasites responsables sont des larves : larve d’ankylostomes (larva
migrans) et larve de strongyloides (larva currens).
3-1. Larva migrans
Agent causal: Ankylostoma caninum (chien), A. ceylanicum (chat)
L’homme s’infecte par voie cutanée, au contact du sol souillé de déjections
animales (chiens, chats…). La lésion clinique est une dermite rampante, siégeant
le plus souvent aux zones découvertes (mains, avant-bras, pieds…).
Au point de pénétration des larves apparaissent rapidement des papules
érythémateuses et mobiles traçant des cordons serpigineux. Ces cordons signent
la migration larvaire qui se fait de quelques mm à quelques cm par jour selon un
trajet capricieux. Les lésions deviennent vésiculeuses secondairement et peuvent
s’impétiginiser.
La guérison spontanée survient au bout de 2 à 3 mois signant ainsi la mort du
parasite.
3-2. Larva currens
Agent causal : Strongyloides stercoralis
Les lésions sont au début péri anales. Elles s’étendent secondairement à
l’abdomen, aux lombes en de nombreux cordons serpigineux, larges, discontinus
et prurigineux. Ces lésions progressent de plusieurs cm par jour. Le diagnostic
positif est facilité par la présence de larves de strogyloides stercoralis dans les
fèces du malade et la découverte d’une forte éosinophilie sanguine.
3-3. Traitement
Albendazole ou Thiabendazole per Os à la dose de 50mg /Kg/Jour pendant 3
jours successifs associé ou non préparation magistrale (Mintézol 6 comprimés +
Eurax crème, demi tube) en application local matin et soir pendant 10 à 15 jours.

21
En cas d’impétiginisation faire une antibiothérapie par voie générale.

LES DERMATOSES FONGIQUES


Dans ce chapitre nous étudierons les mycoses superficielles.
Les mycoses superficielles
Les mycoses superficielles sont des affections cutanéomuqueuses dues à des
champignons, végétaux de structure filamenteuse ou unicellulaire sans
organisation tissulaire et sans pigment. Les mycoses superficielles sont reparties
en trois groupes cliniques :
- Les monilioses ou candidoses ;
- Les dermatophytoses ou dermatophyties;
- Le Pityriasis Versicolor.
1- Les candidoses ou moniliases
L’agent pathogène est le Candida Albicans. Saprophyte des muqueuses, sa
présence sur la peau normale revêt un caractère pathogène.
Quatre sites de prédilections sont retrouvés chez l’homme : la bouche, le périné
et les OGE, les plis, les ongles.
Le passage à l’état parasite dépend d’une rupture d’équilibre chez l’hôte sous
l’influence des facteurs :
 Physiologique (grossesse, jeune âge, vieillissement) ;
 Pathologique (immunodéficience) ;
 Locaux (hygiène, humidité, PH tissulaire acide) ;
 Médicamenteux (antibiothérapie orale, cortico-général, contraceptifs
etc...)
On observe alors des tableaux dermatologiques variés :
 Candidoses buccales ;
 Candidoses des régions ano-génitales ;
 Intertrigos candidosiques.
1-1 Les candidoses buccales
1-1-1. Le muguet :
Il survient surtout chez le nouveau-né et le nourrisson.
La langue, le palais, la face interne des joues et rarement les gencives, sont
couverts d’un enduit blanc crémeux, étalant en plaques granuleuses ou en ilot
blanchâtres.
Les signes fonctionnels sont parfois importants: brûlures empêchant toute
alimentation, sialorrhée. Pas de signe général.

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1-1-2. Les langues noires à levures
Il s’agit d’une hypertrophie des papilles filiformes du dos de la langue. La
coloration est variable, du vert-brun au noir.
1-1-3. La perlèche
La lésion est une fissure humide, partant de l’angle commissural, entourée d’un
halo érythémato-squameux mal limité. Elle est souvent bilatérale et symétrique.
1-2. Les candidoses des régions anogénitales
1-2-1. Les vulvo-vaginites candidosiques
Les signes révélateurs sont : le prurit, les brûlures, la dyspareunie et la
leucorrhée en règle peu abondante mais épaisse.
L’examen clinique montre une vulvite érythémateuse souvent exulcérée par le
grattage et parsemée d’ilots d’induits blanchâtre.
Facteurs favorisants: grossesse, période prémenstruelle, contraception, diabète,
utilisation de savon acide.
1-2-2. Les balano – posthites
Les candidoses génitales sont très fréquentes chez l’homme et touchent d’abord
le gland :
- soit par des multiples petites taches rouges ;
- soit de façon massive gland rouge vernissé et luisant, les sensations de brulure
et de cuisson sont souvent intenses. Elles peuvent s’étendre au prépuce qui
devient rouge, douloureux parsemé de dépôts blanchâtres voire des fissures.
Elle se voit dans le diabète et le comptage sexuel.
1-2-3. L’anite et Périanite candidosiques
Les signes révélateurs sont le prurit anal+++, la sensation de brûlure.
L’examen clinique met en évidence une anite érythémateuse couverte parfois
d’enduit blanchâtre.

1-3. Les intertrigos candidosiques


1-3-1. Les intertrigos candidosiques des grands plis
Sièges : Le pli inter fessier, les plis génito-cruraux, sous mammaires, axillaires.
Signes révélateurs : prurit, brûlures.
Examen clinique montre : un érythème érosif, grossièrement symétrique. Le
fond du pli est fissuré et parfois blanchâtre, macéré.
1-3-2. Les intertrigos candidosiques des petits plis
Au niveau des mains, l’intertrigo intéresse le 3ème espace interdigital marqué par
une exulcération à bord blanchâtre décollée ou par un simple érythème
desquamatif et prurigineux.

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Au niveau des pieds, les lésions peuvent intéresser les 2, 3 et 4èmes EIO. Elles
débordent souvent sur la face dorsale ou vers la plante du pied.

1-3-3. Onyxis et Péri onyxis


L’association onyxis et péri onyxis est souvent évocatrice d’une étiologie
candidosique. L’atteinte des doigts est beaucoup plus fréquente.
Nous avons deux (2) formes :
- Forme classique de pseudo-suppuration : orteil rouge œdématié avec du
pus. Sillon unguéal complètement disparu.
- Forme sèche : ongle atteint, il devient rabougri friable et de coloration
jaunâtre.

2- Les dermatophyties
Les dermatophytes sont des champignons microscopiques qui parasitent
essentiellement la peau, les cheveux, les ongles.
- Les lésions de la peau (Epidermophytie) ;
- Les lésions du cuir chevelu, des cheveux et des poils (Teigne) ;
- Les lésions des ongles (Onyxis).
2-1. Les épidermophyties ou dermatophyties de la peau glabre.
2-1-1. Dermatophytie circinée
C’est une tache érythémateuse, arrondie, bien limitée, souvent prurigineuse,
bordée de microvésicule. Elle s’étale de façon centrifuge avec tendance à la
guérison centrale.
L’évolution sans traitement est toujours bénigne et la guérison spontanée
survient selon l’espèce en cause en quelques mois.
2-1-2. L’eczéma marginé de Hebra
C’est une épidermophytie circinée siégeant sur la face interne de la cuisse,
surtout au-dessus du pli de l’aine. La bordure vésiculeuse d’extension peut filer
vers les régions postérieures ou l’abdomen. La région centrale est souvent
érythémateuse voire hyperpigmentée.
2-1-3. Les intertrigos dermatophytiques des petits plis ou Athetic foot ou
Pied d’athlète dermatophytique
C’est un intertrigo intéressant surtout le 4ème EIO. C’est une porte d’entrée
infectieuse (érysipèle, lymphangite)
L’aspect clinique: épaississement blanchâtre parfois fissuraire du 4ème EIO.
Ces intertrigos inter orteils peuvent être associés à des dermatophyties circinées
du dos des pieds, à de kératodermie plantaire. Les lésions sont favorisées par :
- L’hyperhidrose plantaire ;

24
- Le port de chaussures fermées ou des bottes ;
- La fréquentation des terrains de sport (piscines et plages).

2-2. Les lésions du cuir chevelu, des cheveux et des poils (Teignes)
2-2-1. Teignes
Affection dermatologique des régions pileuses (cuir chevelu, barbe) secondaires
à l’envahissement du poil par les dermatophytes.
Schématiquement on a 3 groupes de teigne :
- Les teignes tondantes : une ou plusieurs plaques alopéciques apparentes,
squameuses, non inflammatoires où le cheveu est conservé mais cassé
plus ou moins au ras du cuir chevelu ;
- Les teignes inflammatoires ou Kérions : plaque alopéciques croûteuses ou
suppurées où le cheveu est rejeté ;
- La teigne favique ou le favus est caractérisé par le godet. favique et son
évolution se fait vers une alopécie cicatricielle.
NB : Le godet est une cupule squameuse jaune de quelques mm de diamètre,
centré par un cheveu décoloré, d’aspect chétif, cassé long.
Les teignes atteignent avec prédilection les enfants.
2-2-2. Onychomycose
Il s’agit d’un onyxis isolé sans péri onyxis.
Aspect clinique : le plus souvent le champignon atteint le bord libre des ongles
des orteils, qui s’épaissit, devient grisâtre, fragile et aboutit à une onycholyse.
En l’absence de traitement l’évolution se fait vers une destruction totale de
l’ongle.

3. Pityriasis versicolor
Du à Melassezia furfur ou pityrosporum ovale, le PV est une affection banale
qui atteint avec prédilection les adolescents et les adultes jeunes des 2 sexes.
Les facteurs favorisants sont :- l’hypersudation ;
- l’hyperséborrhée ;
- l’hypercortitisme iatrogène.
Clinique : Petites taches jaunes chamois ou brunâtres très bien limitées siégeant
sur le thorax et les membres. Ces taches sont squameuses non adhérentes qui
s’enlèvent facilement au grattage appuyé à la curette mousse : signe de copeau.
Ces taches sont rondes ou ovalaires parfois coalescentes, réalisant des nappes à
contours déchiquetés, géographiques.

4. Traitement
4-1. Les candidoses

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4-1-1. Les candidoses buccales :
- Bain de bouche au bicarbonate ;
- Suspension de Fongizone ou de Mycostatine à garder 5mn dans la
bouche, au contact des lésions avant d’être avaler ;
- Conseils d’hygiène dentaire.
4-1-2. L’anite candidosique, la perlèche, l’intertrigo inter fessier
Relève à la fois d’un traitement local et général per Os.
- Traitement local : Mycostatine pommade, Flucazol crème ;
- Traitement général per Os : Mycostatine dragées, Fluconazol solution
buvable ou gélules…..
4-1-3. Les intertrigos, les péri onyxis et onyxis candidosiques
Traitement antifongique local suffit s’il n’y a pas d’atteinte matricielle.
Si atteinte matricielle, le traitement per Os est nécessaire avec le Kétoconazole,
la Terbinafine ou un autre anticandidosique per Os.
4-1-4. Les candidoses génitales :
Chez la femme : crème et ovules antifongiques ;
Chez l’homme : traitement local antifongique suffit.
4-2. Les dermatophyties
Traitement général
Il est obligatoire au cours des dermatophyties étendues ou multifocale, teignes et
onyxis : - Griséofulvine 10 à 20 mg/Kg/jour
-Kétoconazole : 200mg chez l’adulte.
Traitement local : application des produits antifongiques (Fazol, Pévaryl).
Kérions : associer au traitement général et local antifongique, une
corticothérapie générale : 1mg/Kg/jour de prednisone pendant 1 à 2 semaines.
4-3.Pityriasis versicolor
- Soit savonnage de tout le corps avec Ketoderm sachets ou Kinazol
solution. Attendre 10 mn et rincer.
Répéter ce traitement 2 fois/semaine pendant 6 semaines.
- Soit application des imidazolés : Pévaryl*, Fazol* sur les lésions pendant
un mois.
Les linges du corps et literie doivent être fréquemment lavés, afin d’éviter une
réinfestation massive.

DERMATOSES VIRALES
Varicelle et zona sont causes par le même virus, herpes virus varicellae (VZV).
La varicelle représente la primo-infection avec virémie et persistance du virus

26
dans les ganglions rachidiens postérieurs. Le zona est la réactivation du virus
latent.
1- La varicelle
Maladie de l’enfance, très contagieuse, bénigne dans la plupart des cas, elle
survient par petites épidémies.
Aspect clinique
Après une incubation d’environ 14 jours, l’invasion est discrète, brève, avec

vite surmontées d’une vésicule en ≪ goutte de rosée≫. Le lendemain, le


fébricule et malaise général. Elle est suivie d’une éruption de macules rosées,

liquide se trouble, la vésicule s’ombilique et dans les 3 jours se dessèche,


formant une croûte qui tombe en une semaine, laissant une tache dépigmentée.
Les éléments sont souvent nombreux, d’âge diffèrent. L’éruption débute sur le
tronc, le cuir chevelu puis s’étendant aux membres, respectant paumes et
plantes, et enfin au visage. Il existe des micropolyadenopathies et une
splénomégalie modérée.
Complications
- Surrinfection cutanée à staphylocoque dore ;
- Pneumopathie varicelleuse, survenant 1 a 6 jours après le début de
l’éruption, avec toux, dyspnée, fièvre ou même détresse respiratoire aiguë.
La guérison survient en une douzaine de jours.
Traitement
Localement, les antiseptiques sont prescrits pour éviter la surinfection
bactérienne, qui sera traitée si nécessaire par antibiotiques anti
staphylococcique. Le prurit est habituellement bien calmé par des anti
histaminiques.
L’Aciclovir (Zovirax) est indiqué chez les immunodéprimés, par voie intra
veineuse 500mg/m2 toutes les 8h chez l’enfant et 10mg/kg/8h chez l’adulte
pendant 8à10 jours.

2- Zona
C’est une ganglioradiculite postérieure aiguë liée à la réactivation du VZV. Il se
caractérise par une éruption érythémato-vésiculeuse unilatérale et hyper algique
siégeant dans le territoire d’un dermatome.
Aspect clinique
Le zona intercostal est le plus fréquent (50 % des cas). Il débute pendant 3 ou 4
jours par une douleur thoracique radiculaire, unilatérale, à type de brûlure avec

27
syndrome infectieux discret et adénopathies axillaires sensibles. Puis survient
l’éruption unilatérale, en bande, s’arrêtant à la ligne médiane. Des placards
érythémateux se couvrent en quelques heures de vésicules à liquide clair,
groupées en bouquet, confluant parfois en bulles polycycliques. Quelques
éléments aberrants peuvent survenir du côté opposé.
Formes cliniques
Zona cervical, zona lombo-abdominal, zona des membres, zona
ophtalmique……
Traitement
- Antiseptique local.
- Antibiothérapie per os est prescrite s’il y a une surinfection ou à visée
préventive.
- Si douleurs : antalgiques habituels (dérivés salicylés, paracétamol) sont
généralement suffisants, sinon il faut recourir à des analgésiques plus
puissants.
- Chez l’immunodéprimé, que le zona soit localisé ou disséminé, associer
un antiviral genre Aciclovir.

3- Molluscum contagiosum
Ce sont de petites tumeurs épidermiques induites par un POX VIRUS. C’est une
affection très fréquente et très contagieuse par auto inoculation.
Ils touchent essentiellement les enfants et réalisent sur le plan clinique : de
petites papules hémisphériques de couleur de la peau normale, blanc nacre,
fermes a la palpation. Certaines présentant une ombilication cupuliforme en leur
centre, leur taille varie d’une tête d’épingle à un pois. Siègent : surtout au tronc,
au cou et au visage.
Leur traitement consiste à les enlever à la curette après anesthésie de contact par
crème anesthésiante (EMLA, Procomil).

LES DERMATOSES ALLERGIQUES


Eczéma, urticaire, prurigo, toxidermie.
Nous étudierons dans ce chapitre l’eczéma.
1- Eczéma
Motif fréquent de consultation, l’eczéma se définit comme une dermatose
érythémateuse ou non, vésiculeuse, prurigineuse et très récidivante. Ce
syndrome associe cliniquement un symptôme fonctionnel, le prurit et des lésions
élémentaires variées évoluant selon une chronologie stéréotypée.
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La première phase est érythémateuse : un placard rouge vif à surface granité,
mal limité, à bord émietté.
La deuxième phase est vésiculeuse. La lésion élémentaire est un semis de
vésicules apparaissant sur la plaque érythémato-œdémateuse.
La troisième phase est suintante suivie rapidement par l’apparition de croûtes
dues à la coagulation d’une sérosité claire.
La dernière phase est la phase de desquamation. La lésion élémentaire est
érythémato-squameuse. Cette phase annonce souvent la guérison de l’eczéma.
Deux éléments cliniques sont essentiels pour porter le diagnostic d’eczéma. La
mauvaise limitation des lésions et le prurit toujours présent.
Les deux entités les plus fréquentes d’eczémas sont :
- L’eczéma de contact ;
- la dermatite atopique.

1. L’eczéma de contact

Il s’agit d’une réaction allergique de type ≪ hypersensibilité retardée ≫, qui


C’est un eczéma provoqué par un agent externe mis au contact de la peau.

nécessite un contact sensibilisant, l’allergie ne se révélant que lors d’un contact


ultérieur. Le temps de latence entre le premier contact et la sensibilisation est
variable pouvant aller jusqu’à plusieurs mois ou années. A la phase de
révélation, le temps de réaction entre le contact et l’apparition de l’eczéma est de
48 à 72 heures.
1-1-Clinique :
Les éléments cliniques en faveur d’un eczéma de contact sont fournis par
l’interrogatoire et l’examen clinique :
- Topographie initiale des lésions qui est limitée au point de contact avec
l’agent externe dessinant parfois son empreinte (boitiers de montre, sparadrap),
- Caractère aigu, inflammatoire de l’eczéma,
-Chronologie de l’éruption par rapport à l’activité professionnelle (pour une
suspicion d’eczéma professionnel) avec récidive ou aggravation sur le lieu de
travail, amélioration ou disparition lors des périodes de repos.
La liste des allergènes est longue, nous ne ferons que citer le chrome (ciment,
certains détergents), le nickel (accessoires vestimentaires, faux bijoux...), la
colophane (sparadraps), certains médicaments (néomycine...), les cosmétiques
(parfums, conservateurs, excipients…).
Le diagnostic différentiel de l’eczéma de contact se pose avec la dermite
d’irritation :

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Dermite de contact liée à une simple irritation chimique ou mécanique et non
allergique. Elle se traduit par un placard érythémateux recouvert d’une peau
sèche, fripée, avec sensation de cuisson sans prurit.
2. LA Dermatite atopique
La DA est la manifestation la plus précoce de l’atopie qui se définit comme un
terrain allergique à transmission héréditaire et qui comprend comme autres
manifestations : la conjonctivite allergique, la rhinite allergique, la migraine,
l’asthme.
2-1- Clinique
Le début se fait dans 2/3 des cas avant l’âge de 6 mois.
La topographie des lésions est d’emblée évocatrice chez le nourrisson : placards
érythémato-vésiculeux, suintants et crouteux, a bords émiettés des zones
convexes du visage (respect de la zone medio faciale). Secondairement survient
une extension aux faces d’extension des membres.
L’évolution se fait par poussées avec amélioration vers l’âge de 2 à 3 ans. Il
existe, en plus, une xérose cutanée marquée.
Lorsqu’elle persiste au-delà de 3 ans, la D.A. prend l’aspect d’un eczéma
chronique lichénifié des plis de flexion.
Le pronostic reste favorable avec guérison dans 90 % des cas à l’âge de 12 ans.
Les complications à craindre sont de deux ordres : surinfection bactérienne ou
impétiginisation (par le Staphylococcus aureus), mais surtout surinfection virale
lors d’un contact avec le virus herpes qui peut être à l’origine d’une éruption
vésiculo-pustuleuse extensive et fébrile (Pustulose varioliforme de Kaposi-
Juliusberg) d’évolution sévère.
Chez l’adulte, les lésions sont surtout localisées aux zones concaves.
3- Traitement des eczémas
Il est toujours symptomatique, quelle que soit la cause de l’eczéma, et si
possible étiologique dans le cas de l’eczéma de contact en éliminant le ou les
allergènes mis en cause, tout en sachant que leur identification n’est pas toujours
aisée.
3-1. Le traitement symptomatique : Il fait avant tout appel à des soins locaux.
Dans les eczémas aigus : dermocorticoïde puissant ou modérément puissant, en
crème (1 ou 2 applications quotidiennes), jusqu’à la guérison (généralement en 4
à 8 jours).
Dans les eczémas chroniques, lichénifiés : dermocorticoïde en pommade
(texture plus grasse). La durée du traitement est généralement plus longue que
dans les formes aiguës.

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L’usage des émollients devra être d’autant plus important que la xérose cutanée
est plus marquée (eczéma chronique, D.A).
3-2.Les traitements généraux :
- Antibiothérapie générale en cas de surinfection bactérienne ;
Antihistaminiques H1 utilisés en tant que sédatifs pour atténuer le prurit.

URTICAIRE
L’urticaire est une éruption cutanée ou cutanéomuqueuse fugace. Les urticaires
sont très fréquentes, en règle générale bénignes, mais invalidantes du fait du
prurit.
2- Clinique
2-1- Aspect typique
Il s’agit de la forme commune dans laquelle l’œdème est dermique.
L’éruption est monomorphe, fugace, migratrice et prurigineuse.
Monomorphe, l’urticaire superficielle a pour lésion élémentaire une papule
œdémateuse rouge ou rosée, isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.
Fugaces, les lésions persistent quelques minutes ou quelques heures avant de
disparaitre sans laisser de traces.
Migratrice, l’éruption est faite d’éléments qui pour certains disparaissent, alors
que d’autres apparaissent ailleurs, donnant une illusion de mobilité.
Le prurit est constant, parfois féroce, mais il ne s’accompagne habituellement
pas de lésions de grattage.
2-2. Formes cliniques
-les formes symptomatiques sont nombreuses : urticaire circinée (annulaire),
urticaire vésiculo-bulleuse, urticaire hémorragique.
-l’urticaire profonde ou angioedème (œdème de Quincke) : traduit la localisation
profonde dans l’hypoderme de l’œdème. Elle est souvent associée à une urticaire
commune.
- formes évolutives :
. L’urticaire aiguë: l’agent responsable est souvent facile à retrouver.
. L’urticaire chronique : plus de 6 semaines, avec poussées quotidiennes
invalidantes. L’enquête étiologique reste vaine dans la majorité des cas.
3-Etiologie

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-Urticaires médicamenteuses :
Tous les médicaments peuvent être en cause, surtout : pénicilline, salicylates,
sulfamides, mais aussi les barbituriques, les anesthésiques, les anti-
inflammatoires non stéroïdiens, les produits de contraste iodés.
-Urticaires alimentaires : Poissons et crustacés, fruits et légumes, céréales et
farines, viandes, etc. (Chocolat et cacao, protéines du lait de vache, œuf,
poissons, Viande bovine, foie de porc, saucisson, gibier, tomate, choux,
concombre, Fraise, banane, raisin, noix et noisette, Boissons alcoolisées ….).

-Urticaires de contact :
Elle apparait moins de 30 minutes après le contact cutané avec l’agent
déclenchant.
Trois types de substances sont incrimines : protéines végétales et animales
(latex, poils et salive d’animaux), plantes et animaux marins (méduses, algues),
certains médicaments (Chlorhexidine, polyvidone iodée...).
-Urticaires physiques : Mécanique, thermique, aquagénique et solaire,
-Urticaires systémiques : Néoplasies, lupus systémique…
-Urticaires idiopathiques.
4-Traitement des urticaires
Eviction de l’agent causal est le meilleur traitement. On y associe des anti H1.
La corticothérapie générale n’est indiquée, pour une très courte durée, que dans
l’angioedème. Les anti H1 prennent le relais.

PRURIGO
Le terme de prurigo désigne une dermatose prurigineuse excoriée.
Les prurigos sont classés en prurigos aigus et prurigos subaigus et chroniques.
1. Les prurigos aigus
Sont surtout représentés par le prurigo strophulus : il s’agit d’une affection
récidivante, prurigineuse due à la persistance anormalement prolongée d’une
hypersensibilité à la salive d’insectes variés : moustiques, punaises, puces...
Le prurigo strophulus atteint l’enfant de deux à sept ans.
L’éruption débute par des petites papules rosées surmontées par une vésicule
rapidement excoriée par le prurit et remplacée par une petite croûte.
Le siège des lésions est variable selon l’insecte piqueur : zones découvertes pour
les moustiques, parties du corps en contact avec la literie pour les punaises,

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régions couvertes avec disposition linéaire pour les puces (transmises par le
chat, le chien).
Le traitement est avant tout étiologique : éradication des insectes responsables
(par des insecticides). Les lésions cutanées seront traitées par une brève
corticothérapie locale.
2. Les prurigos subaigus et chroniques
Ils atteignent surtout les adultes et se traduisent par des papules excoriées,
siégeant symétriquement sur les faces d’extension des membres, le haut du dos,
parfois le visage et le cuir chevelu. Ce tableau doit faire éliminer les causes d’un
prurit généralisé : obstruction biliaire, insuffisance rénale, parasitoses, réaction
médicamenteuse.
Le traitement symptomatique est celui du prurit.

Acné
Dermatose inflammatoire des follicules pileux, elle atteint 90 % des adolescents.
Elle est souvent primitive et débute généralement à la puberté. Dans la majorité
des cas, son évolution est spontanément régressive. Elle peut être aggravée par
certains facteurs.
1- Définition
Acné est une dermatose inflammatoire des follicules pilosébacés.

2- Physiopathologie
Plusieurs facteurs interviennent dans le développement de l’acné dont trois sont
importants :
- l’hypersécrétion sébacée ;
- l’hyperkératinisation infundibulaire ;
- et l’inflammation folliculaire.
En plus de ces trois facteurs, il existe une prédisposition génétique objectivée
par l’existence d’un terrain séborrhéique familial et de cas familiaux d ‘acné.

1- Diagnostic de l'acné
Les premières manifestations commencent lors du développement des glandes
sébacées vers 12 ans chez les filles, vers 14 ans chez les garçons. Les signes
cliniques évoluent jusque vers l’âge de 18 ans, puis diminuent pour disparaitre
vers l’âge de 25 ans, peu de cas ont une évolution prolongée.
3-1. Lésions élémentaires de l'acné

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- La séborrhée ;
- Les comédons ou "Points noirs" ou petits bouchons cornés, de 1 à
3 mm situés dans les orifices des follicules sébacés ;
- Les microkystes Petites élevures blanches ("points blancs") de 2-
3 mm ;
- Les papules inflammatoires;
- Les pustules folliculaires;
- Les nodules ou « kyste sébacé ».
L’évolution, même en l’absence de traitement, est spontanément favorable et
l’acné guérit le plus souvent vers 20 ans chez l’homme, plus tardivement chez la
femme.
Selon la prépondérance ou la densité d’une des lésions élémentaires on distingue
les acnés rétentionnelles et les acnés inflammatoires.

3-2. Formes cliniques de l'acné


3-2-1. Formes communes
a. Acné rétentionnelle
Associe séborrhée et nombreux comédons et microkystes principalement
sur le nez, les joues et le front.
b. Acné papulo-pustuleuse ou acné inflammatoire
Présentation la plus commune de l'acné ;
Visage, poitrine, régions scapulaires,
Séborrhée, comédons, microkystes, papules+, pustules+
3-2-2. Formes graves (formes rares)
a. Acné nodulaire
Extension constante au tronc et une évolution cicatricielle ;
Débute à la puberté, s'étend progressivement (cou, tronc, fesses, racines des
membres).
b. Acné conglobata
Homme++
Papules, pustules, abcès, tunnels suppuratifs et fistulisés
Cicatrices déprimées
c. Acné fulminante (acné nodulaire aiguë, fébrile et ulcéreuse)
Homme++
Nodules inflammatoires et suppuratifs très nombreux
Signes généraux: fièvre, douleurs musculaires et articulaires, AEG
Hyperleucocytose.

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3-2-3.Formes étiologiques particulières de l'acné
a. Acnés néonatales et infantiles
Acné transitoire (androgènes d'origine maternelle)
b. Acnés médicamenteuses
Acné monomorphe, surtout papuleux et pustuleux
Médicaments en cause : Androgènes, Oestro-progestatifs, Corticoïdes,
Antiépileptiques, VitamineB12, Immunosuppresseurs (azathioprine,
ciclosporine).
c. Acnés exogènes
Huiles végétales concentrées, paraffines semi-fluides (vaseline).

1- Traitement de l'acné
Le choix des molécules et la conduite du traitement dépendent du type d’acné et
de sa gravité.
- Acné rétentionnelle : rétinoïde topique, une application le soir
(Locacid crème®, Cutacnyl crème®.
- Acné modérément inflammatoire : peroxyde de benzoyle ( Eclaren®
5 ou 10 gel, Pannogel® 5 ou 10, Cutacnyl® 5 ou 10) ou antibiotique
local : Eryfluid® solution le matin et rétinoïde topique le soir.
- Acné papulo- pustuleuse : associer au traitement local de la forme
modérément inflammatoire une antibiothérapie générale en préférant
une cycline : Doxycycline 100mg/jour, Mynocycline (Minocyne ® 50
ou 100mg/jour) 100 mg/jour. Erythromycine (Ery® 500 mg) 1,5 gr/jour
en cas de contre-indication des cyclines.
Conseils :
- Ne pas presser les comédons
- "Nettoyages de peau" ne servent à rien
- Désinfectant inutile voire préjudiciable
- Pas de régime alimentaire à suivre.

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