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Guillaume Apollinaire - Fiche Auteur

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Guillaume Apollinaire

Présentation de l’auteur

Guillaume Apollinaire est un des auteurs français les plus importants du début du XXème siècle. Très
imprégné de la littérature du XIX ème siècle et en particulier de l’esthétique romantique, il réinvente un
lyrisme nouveau que l’on retrouve dans de nombreux courants artistiques qui émergeront au début
du XXème siècle comme le cubisme ou le surréalisme dont il invente le mot en 1917.

Son œuvre poétique est un mélange de tradition et de modernité. Classique dans sa reprise de
thèmes traditionnels comme l’amour et la fuite du temps, il invente des formes poétiques
complètement nouvelles comme le vers libre, l’absence de ponctuation ou encore le calligramme.

Biographie de l’auteur

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzsky dit Guillaume Apollinaire est né en
1880 d’une mère polonaise et d’un père italien qui ne l’a pas reconnu. Il grandit avec sa mère à
Monaco et à Nice puis part s’installer à Paris à l’âge de 20 ans. D’abord employé de banque, il devient
précepteur chez la vicomtesse de Milhau qu’il suit dans ses voyages en Allemagne et en Autriche. Il
tombe éperdument amoureux d’Annie Playden, la gouvernante anglaise de la famille qui refusera ses
avances. De retour à Paris en 1903, Apollinaire devient rédacteur en chef d’un mensuel et se lie aux
milieux artistiques, en particulier les peintres comme Pablo Picasso, André Derain et Douanier
Rousseau. Il entretient une relation tumultueuse avec la peintre Marie Laurencin. C’est en 1913 qu’il
publie Alcools, son recueil le plus célèbre qui donne à voir 16 ans d’activité poétique. En 1914, il
rencontre Louise de Coligny-Châtillon qu’il surnomme Lou avec laquelle il tiendra une
correspondance abondante et qui lui inspirera Poèmes à Lou. Une blessure à la tête par un éclat
d’obus en 1916 entraîne une longue convalescence. C’est en 1918 qu’il publie son nouveau recueil de
poésie, Calligrammes, une œuvre originale qui mêle dessin et poésie. Affaibli par sa blessure à la
tête, Guillaume Apollinaire meurt de la grippe espagnole le 9 novembre 1918 deux jours avant la
signature de l’armistice.

Les œuvres principales de l’auteur

Alcools (1913)

L’œuvre majeure de Guillaume Apollinaire est incontestablement Alcools publié en 1913, un recueil
qui se situe entre tradition et modernité. Apollinaire puise ses thèmes dans la poésie lyrique
traditionnelle (l’amour, la fuite du temps, la nostalgie), utilise des sources bibliques et mythologiques
mais fait aussi preuve d’une « esprit nouveau » en faisant entrer le monde contemporain dans la
poésie (la ville industrielle, le quotidien…), en créant des images insolites et en supprimant toute
ponctuation de son recueil. Ainsi, le poème « Zone » qui ouvre le recueil est un hymne à la
modernité, une déclaration d’amour à la ville industrielle et place d’emblée le recueil Alcools sous le
signe de la modernité. Les poèmes de ce recueil sont pourtant très diverses ce qui rend une synthèse
difficile. Pourtant, c’est peut-être là que réside toute la cohérence du recueil. A l’image d’une
peinture cubiste, le recueil Alcools juxtapose des pièces a priori disparates et pourtant liées entre
elles par le lyrisme, l’émotion et la fluidité qui découle de l’absence de ponctuation.

Poèmes à Lou (1947 – Posthume)

Le recueil Poèmes à Lou est le fruit de la passion amoureuse entre Guillaume Apollinaire et Louise de
Coligny-Châtillon. Les thèmes de l’amour et de la guerre sont intimement liés car ils constituent

1
l’essentiel de la vie d’Apollinaire lors de l’écriture : amoureux de Lou, il part au front où il sera blessé
à la tête en 1916. L’amour et la guerre sont sublimés comme en témoigne la première strophe de « Si
je mourais là-bas » :

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée


Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Calligrammes (1918)

En 1918, Guillaume Apollinaire publie Calligrammes dont le sous-titre est « Poèmes de la paix et de la
guerre ». Calligramme est un mot inventé par Apollinaire. Le calligramme repose sur le lien entre
poésie et dessin : le poète dessine avec ses vers une image qui redouble le sens du poème. On peut
voir dans ces calligrammes la volonté de faire la synthèse de la poésie et de la peinture. Guillaume
Apollinaire aurait d’ailleurs affirmé à Picasso : « Moi aussi je suis peintre ! ».

Les thèmes de prédilection de l’auteur

La ville

La ville est un thème privilégié d’Apollinaire. Dans « Zone » qui ouvre Alcools, Guillaume Apollinaire
place d’emblée le lecteur dans l’espace urbain, Paris, et entreprend un voyage poétique dans la
modernité. Il fait l’éloge de la ville industrielle, de la Tour Eiffel, des avions et des automobiles. La
ville devient l’espace de tous les possibles qui démultiplie les potentialités du lyrisme.
La poésie de la ville remplace la poésie pastorale, comme le suggère ce célèbre vers de « Zone » :

Bergère Ô Tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

D’ailleurs, dans « les Colchiques », les prés sont « vénéneux », l’automne est « malade » comme si la
nature n’était plus un élément d’inspiration poétique.

Le temps

Le thème du temps est central chez Apollinaire. Le poète superpose deux visions du temps : une
vision linéaire et une vision cyclique.
Le temps est d’abord linéaire car il s’écoule inéluctablement. Il devient alors source de tragique car le
poète ne peut le retenir. La fuite du temps est omniprésente à travers deux éléments : l’élément
liquide qui s’écoule (comme dans « Le pont Mirabeau ») et les saisons qui se succèdent (comme dans
« automne malade »).
Mais le temps est aussi cyclique. Passé, présent et futur se confondent comme dans « Le Pont
Mirabeau » où le souvenir surgit dans le présent. Les mythes, la religion et la tradition resurgissent
dans le monde moderne, d’où le premier vers de « Zone » – « A la fin tu es las de ce monde ancien »
– qui suggère l’omniprésence de l’ancien dans la modernité. Le temps cyclique transparaît aussi dans
l’écriture parfois anaphorique d’Apollinaire.

La mythologie

Influencé par le symbolisme et l’ésotérisme, Apollinaire utilise la mythologie pour faire de la poésie
un espace de convergence entre tradition séculaire (i.e. qui existe depuis un siècle) et modernité. Le

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mythe s’invite dans le monde moderne comme si le temps était élastique (voir « Zone » ou «
Rhénanes »).

L’amour

Apollinaire chante l’amour mais l’amour perdu comme dans « Le Pont Mirabeau » ou dans « La
Chanson du mal-aimé » ou il évoque le « regard d’inhumaine » d’Annie Playden. Cette amour semble
plus heureux dans Poèmes à Lou même s’il est vécu dans la distance et l’éloignement, ce qui en fait
un amour inachevé.

L’esthétique de l’auteur

L’écriture d’Apollinaire est marquée par l’utilisation fréquente du vers libre et l’absence de
ponctuation qui permet une syntaxe nouvelle, riche de sens différents. Si les calligrammes n’ont pas
été inventés par Apollinaire, il en a fait une marque de sa poésie qui souhaite fusionner écriture et
peinture.

Le mouvement littéraire auquel appartient de l’auteur

Apollinaire fait la synthèse d’influences très diverses. Il est influencé par le romantisme à qui il
emprunte les thématiques de l’automne et de la mélancolie, le romantisme allemand à qui il
emprunte l’univers germanique comme en témoigne Rhénanes.
Apollinaire est aussi influencé par la poésie de Paul Verlaine. Certains poèmes comme « Les
Colchiques » reprennent la syntaxe verlainienne (répétition des adverbes, langueur dans le rythme
des phrases).
Certains poèmes difficiles d’accès dénotent une influence symboliste comme « Merlin et la vieille
femme ». Les noms communs agrémentés d’une majuscule comme « Mémoire » ou « Amour »
reprennent la typographie symboliste qui cultive l’écriture conceptuelle et symbolique.
Enfin, Apollinaire est influencé par des mouvements artistiques comme le cubisme. Dans « Cortège »
par exemple, le corps du poète se diffracte comme un tableau cubiste.

Les écrivains influencés par Apollinaire

Apollinaire a exercé une influence très importante chez des auteurs du début du XXème siècle.
L’influence sur le surréalisme est considérable puisque Apollinaire a lui-même inventé le terme «
surréaliste » en 1917 en présentant sa pièce Mamelles de Tirésias comme un drame surréaliste. Il a
lui-même donné le nom d’orphisme à la peinture de Robert et Sonia Delaunay. Apollinaire a aussi
influencé des poètes ultérieurs qui adoptent la poésie visuelle comme Pierre Garnier (1928-2014).

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