Transport par Fluidisation Hyperdense
Transport par Fluidisation Hyperdense
Nadine LE BOLAY
Geoffrey PETIT
Patrick SIPION
Benoît WARTELLE
Know your body's made to move, you feel it in your guts,
Rock 'n' roll ain't worth the name if it don't make you strut,
Motörhead - Overkill
Remerciements
En premier lieu, je tiens à remercier Mehrdji Hemati pour la façon dont il a dirigé cette thèse.
Sa contribution, tant sur le plan professionnel que personnel, est inestimable et sera difficile à
oublier. Il a su, alternant fermeté et légèreté, me guider tout au long de cette aventure.
Ma plus sincère gratitude est adressée à Nouria Fatah et Gilles Flamant pour avoir accepté de
rapporter ce travail. Les échanges que nous avons pu avoir lors de la soutenance, ainsi que leur
expertise scientifique ont permis d’améliorer la qualité de cette étude.
Je remercie également Patrick Sipion et Benoit Wartelle pour leur présence lors de ma
soutenance et leur accueil à RioTinto Alcan Alésa Gardanne. J’en profite pour saluer toute l’équipe
qui m’a accueilli à bras ouverts lors de mes différents passages en terre Provençale.
Enfin, je tiens à remercier Nadine Le Bolay pour avoir présidé mon jury de soutenance, et
pour la qualité de ses corrections du présent manuscrit, contribuant ainsi à son amélioration.
D’un point de vue plus personnel, j’aimerais remercier l’ensemble de l’équipe technique du
Laboratoire de Génie Chimique, avec qui j’ai eu grand plaisir à travailler, et plus particulièrement
Christine Rey-Rouch, Marie-Line de Solan, et Ignace Coghe. J’adresse également mes plus sincères
remerciements à Etienne Prévot, Michel Molinier et Patrick Tyack pour leurs compétences
exceptionnelles qui leur permettent d’imaginer, dessiner, concevoir et usiner des pièces de précision
avant même que l’idée n’ait surgie des cerveaux des différents chercheurs. Chapeau bas les gars !
Les gens qui m’ont supporté ne sont heureusement pas tous issus du LGC. En effet, certains
ont été là pour me rappeler que, de temps en temps, il y a une vie après la thèse. Je pense en
premier lieu aux copains du Mulligan’s (si je commence à les citer, ma thèse fera 659 pages), qui
m’ont accompagné autour d’une pinte environ 50 jeudis par an. Viennent ensuite mes amis,
représentant pour moi la famille que l’on choisit, que je remercie le plus sincèrement du monde :
Ninoue (mon catalyseur social), Camille (pour son amour dans l’amitié), Py (élue squatteuse-de-
canapé d’or), Maritousky (pour ses soirées qui ne finissent jamais), Anne-C3PO et Tom (pour les
pèlerinages en Terre Sainte du 89), Quentin et Pablo (l’équipe des docteurs-chômeurs-loosers), sans
oublier les deux hommes de ma vie, Mathieu et JM (qui sera gentil de remercier ses parents,
véritable famille d’adoption). Je terminerai ce paragraphe par une pensée pour celles que je
considère comme des amies sans jamais les voir : Ad’, Sansan, et Pauline.
Terminons ces remerciements par la famille que l’on ne choisit pas, et heureusement pour
moi, je suis super bien tombé ! Ma plus grande reconnaissance va bien évidemment à mes parents
qui, grâce à leur éducation et leur EXTRÊME patience, m’ont permis d’en arriver jusque-là. Viennent
ensuite ma sœur, Urielle, qui est toujours là pour moi malgré nos nombreuses prises de bec, et mon
cousin, Christophe, qui doit être toujours aussi inquiet de partager quelques gènes avec moi. Ces
personnes ont toujours été, et seront toujours là. J’ajouterai une grosse pensée pour l’ensemble de
ma famille (phrase à prononcer avec un fort accent Sicilien, n’est pas Turzo qui veut…). Pour
terminer, je tiens à faire un clin d’œil à celle qui est arrivée en cours de route et que j’aimerais voir
beaucoup plus souvent : ma filleule, Zoé.
Table des matières
NOMENCLATURE. ............................................................................................................................... 5
1. PREAMBULE................................................................................................................................. 11
2. CONTEXTE INDUSTRIEL : LA FABRICATION DE L’ALUMINIUM. ..................................................... 12
a. Raffinage de la bauxite : le procédé Bayer. ........................................................................... 12
b. L’électrolyse de l’alumine : fabrication de l’aluminium. ....................................................... 13
i. Principe de base. ................................................................................................................................ 13
ii. Configuration des usines.................................................................................................................... 14
3. LE PROCEDE DE TRANSPORT HDPS. ............................................................................................ 14
a. Description générale. ............................................................................................................. 14
b. Principe de fonctionnement. ................................................................................................... 15
c. Domaine d’application. .......................................................................................................... 17
d. Avantages. .............................................................................................................................. 18
4. PROBLEMATIQUES INDUSTRIELLES. ............................................................................................. 19
5. PROBLEMATIQUES SCIENTIFIQUES. .............................................................................................. 20
6. OBJECTIFS ET DEMARCHE SCIENTIFIQUE. ..................................................................................... 21
1
Table des matières
5. CONCLUSION. .............................................................................................................................. 60
2
Table des matières
3
Nomenclature
Nomenclature.
Symbole Description
c Angle de chute
t Angle de talus
b Taux de bulles
P Perte de charge
D Porosité de la phase dense
e Porosité de la phase émulsion
g Porosité globale
mb Porosité au minimum de bullage
mf Porosité au minimum de fluidisation
nt Porosité d’un lit non tassé
p Taux de solide
t Porosité d’un lit tassé
Indice de CARR
g Masse volumique du gaz
nt Masse volumique d’un lit non tassé
p Masse volumique du solide
t Masse volumique d’un lit tassé
Temps de séjour (DTSPro)
Ac Section droite de la colonne
Daxiale Coefficient de dispersion axiale
db Diamètre des bulles
d b max Diamètre maximal des bulles
Dc Diamètre de la colonne
dp Diamètre des particules
d 32 Diamètre de Sauter
d 43 Diamètre moyen pondéré
e Distance entre deux particules
F Débit molaire
Fg Force de gravité
Fg p Forces d’interaction gaz-particules
5
Nomenclature
6
Introduction générale.
7
Introduction générale.
1. PREAMBULE................................................................................................................................. 11
2. CONTEXTE INDUSTRIEL : LA FABRICATION DE L’ALUMINIUM. ..................................................... 12
a. Raffinage de la bauxite : le procédé Bayer. ........................................................................... 12
b. L’électrolyse de l’alumine : fabrication de l’aluminium. ....................................................... 13
i. Principe de base. ................................................................................................................................ 13
ii. Configuration des usines.................................................................................................................... 14
3. LE PROCEDE DE TRANSPORT HDPS. ............................................................................................ 14
a. Description générale. ............................................................................................................. 14
b. Principe de fonctionnement. ................................................................................................... 15
c. Domaine d’application. .......................................................................................................... 17
d. Avantages. .............................................................................................................................. 18
4. PROBLEMATIQUES INDUSTRIELLES. ............................................................................................. 19
5. PROBLEMATIQUES SCIENTIFIQUES. .............................................................................................. 20
6. OBJECTIFS ET DEMARCHE SCIENTIFIQUE. ..................................................................................... 21
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Introduction générale
1. Préambule
Ce travail de thèse (bourse CIFRE) est la suite logique des collaborations scientifiques et
techniques initiées en 2004 entre la société RioTinto Alcan (RTA) et le Laboratoire de Génie Chimique
de Toulouse (LGC). Il concerne l’étude d’un système de transport particulier, appelé HDPS
(HyperDense Phase System). Celui-ci est particulièrement bien adapté au transport de fines
particules solides (classe A de la classification de Geldart) abrasives ou fragiles. Dans les usines
d’électrolyse, il répond à un besoin d’alimentation en alumine de plusieurs cuves de manière
contrôlée, sur plusieurs centaines de mètres, en un minimum d’encombrement vertical. Jusqu’en
2007, l’optimisation des paramètres tant géométriques que physiques du HDPS se faisait
essentiellement par voie expérimentale. La première phase de la collaboration entre la société RTA
et le LGC, finalisée par la thèse de C. PLAIS soutenue en 2007, a permis de mieux comprendre les
phénomènes mis en jeu dans le HDPS ainsi que de proposer des outils semi-empiriques reposant sur
le concept du génie des procédés pour la modélisation globale de ces unités.
Dans un but de clarté et de continuité, nous avons choisi de scinder la partie bibliographique
en vue de la répartir : chaque chapitre de ce manuscrit contient les références bibliographiques qui
lui sont associées. Cette première partie, dédiée à une présentation globale du sujet, est divisée en 5
sections :
- La première a pour but de replacer le sujet dans son contexte industriel : la fabrication de
l’aluminium.
11
Introduction générale
- La dernière section expose la démarche scientifique retenue pour mener à bien cette
étude.
Après traitement pour satisfaire des contraintes fixées par l’étape d’électrolyse, l’alumine
ainsi obtenue est envoyée dans les usines d’électrolyse par voie maritime, routière, ou ferroviaire.
Ces usines sont composées de deux rangées parallèles de cuves, pouvant être sensiblement
éloignées du silo de stockage central d’alumine. Le procédé HDPS a ainsi été développé par
Aluminium Pechiney (appartenant aujourd’hui au groupe RioTinto Alcan) dans le but d’assurer le
convoyage et l’alimentation en alumine depuis les silos de stockage jusqu’aux cuves d’électrolyse.
- Attaque, dissolution de l’alumine. La bauxite, après avoir été broyée, est mélangée à une
solution de soude. L’alumine qui s’y trouve, sous forme de monohydrate et de trihydrate,
est dissoute dans la solution aqueuse sodée. Ce phénomène est sélectif et permet
d’éviter la solubilisation des oxydes de fer, titane, et silice, présents en quantités non
négligeables dans la bauxite. Cette réaction se déroule dans des autoclaves, dont la
pression et la température opératoires dépendent de la composition de la bauxite. Le
12
Introduction générale
produit ainsi formé est une suspension de boue, dans une solution sodée contenant
l’alumine.
Après cette dernière phase du procédé Bayer, l’alumine est expédiée vers les usines
d’électrolyse.
i. Principe de base.
Comme nous l’avons déjà précisé, la transformation de l’alumine métallurgique en
aluminium se fait par électrolyse. La poudre est initialement dissoute dans un bain de cryolithe
(fluorure double de sodium et d'aluminium) entre 950°C et 1000°C, suivant la réaction suivante :
4 Al 3 6O 2
2 Al 2 O3 (eq. 1)
Le mélange est ensuite soumis à un fort courant électrique au travers de deux électrodes en
carbone conduisant aux réactions électrochimiques suivantes :
6O 2 3C
3CO2 12e (eq. 2)
- Réaction cathodique :
13
Introduction générale
4 Al 3 12e
4 Al métal (eq. 3)
Au final, en combinant ces trois réactions, il est possible d’écrire l’équation globale du
système :
2 Al 2 O3 (solution ) 3C (solide)
4 Al (liquide ) 3CO2 ( gaz) (eq. 4)
L’aluminium ainsi produit, sous forme liquide, est soutiré dans la partie basse de la cuve.
C’est suivant ce cahier des charges que la société Aluminium Pechiney a développé le
procédé de transport en phase hyperdense : HDPS.
a. Description générale.
Le procédé de transport HDPS (breveté en 1983 et en 1984) a été initialement imaginé et
développé pour être installé dans des usines de fabrication d’aluminium par électrolyse. Il est utilisé
pour transporter la matière première, l’alumine, des silos de stockage jusqu’aux cuves d’électrolyse
(figure 1).
14
Introduction générale
Les cuves d’électrolyse étant installées les unes à la suite des autres en longues chaines (en
parallèle, figure 1, ou beaucoup plus rarement, en ligne), les aérocanalisations HDPS peuvent parfois
atteindre plusieurs centaines de mètres, et il est impératif que toutes les cuves soient
convenablement alimentées en alumine. Ces aérocanalisations sont alimentées par des pots de mise
en charge (petites capacités fluidisées), eux-mêmes alimentés par le silo journalier. Ce procédé a
donc été développé avec comme objectif principal une très grande flexibilité de fonctionnement : il
est stable quel que soit le débit de solide demandé, économique en air, et propre (en terme de rejets
de poussières).
b. Principe de fonctionnement.
Le procédé de transport HDPS, dans sa configuration industrielle actuelle (figure 2), s’articule
autour d’un système de fluidisation de l’alumine dans une enceinte à pression contrôlée.
15
Introduction générale
Il est constitué d’une canalisation de section rectangulaire séparée en deux zones par un
distributeur poreux. Dans la section supérieure transite le solide, dans la section inférieure, l’air. Ces
deux parties forment alors l’aérocanalisation.
Cette aérocanalisation est découpée en tronçons. Chacun d’eux alimente une ou deux cuves
d’électrolyse (une sortie en milieu de caisson, la seconde à son extrémité). La partie avale d’un
tronçon est équipée d’une colonne d’équilibrage. Cette dernière a pour but de maintenir un niveau
de pression sur le solide, tout en évacuant l’air de fluidisation du caisson (figure 2). C’est en sortant
de cette colonne que l’air est envoyé vers un centre de traitement des gaz.
La partie inférieure, appelée ‘couloir d’air’ est alimentée en air de fluidisation par des
ventilateurs. Cet air traverse le distributeur pour mettre en suspension le solide contenu dans la
partie supérieure de l’aérocanalisation. Une fois que l’air a traversé la suspension de solide, il se
retrouve piégé dans la partie haute de la canalisation. Cette zone, de faible hauteur et dépourvue de
solide, est appelée ‘ciel gazeux’ ou ‘bulle’ (figure 3). Le gaz qu’elle contient, maintenu sous pression,
est ensuite évacué par la colonne d’équilibrage. La pression dans le ciel gazeux, appelée pression de
bulle, est le moteur de l’écoulement dans l’aérocanalisation : elle maintient le lit de poudre en
compression contre le distributeur, et permet de transmettre la charge initiale du silo de stockage
sur toute sa longueur.
L’alumine fluidisée, au sein du procédé HDPS, réagit comme un fluide dans une canalisation
en charge : c’est la demande de matière en aval qui régule le débit passant dans l’aérocanalisation.
En effet, comme dit précédemment, l’alimentation des cuves en alumine n’est pas directe : elle passe
par des trémies tampons, propres à chaque cuve (figure 4). Lorsque la cuve d’électrolyse a besoin
d’alumine, le niveau dans la trémie diminue. Il se crée alors un vide en solide sous le tube sortant de
l’aérocanalisation. Ce vide est immédiatement comblé par du solide frais. Une fois que le niveau de la
16
Introduction générale
trémie est remonté au niveau du tube sortant du HDPS, un joint hydraulique est formé, et
l’écoulement d’alumine est stoppé (figure 4).
Ce mouvement de solide est possible grâce à la mise en charge par le silo d’alimentation : le
HDPS est alimenté par un réservoir qui exerce constamment, en amont, une pression sur le solide en
aval (comme un château d’eau sur une conduite). Cela permet la mise en mouvement de la poudre
uniquement lorsque c’est nécessaire.
c. Domaine d’application.
Le procédé HDPS est conçu pour transporter l’alumine métallurgique. Comme le montre la
figure 5, cette poudre, de par sa distribution granulométrique et sa masse volumique, appartient à la
classe A de la classification de Geldart (1973).
17
Introduction générale
Ces poudres ont pour particularité d’être très facilement fluidisables : la vitesse de gaz
nécessaire pour les mettre en suspension est faible (de l’ordre de quelques millimètres par seconde).
Elles ont également pour particularité d’avoir un régime de fluidisation homogène (ou particulaire).
Ce régime, observé pour des vitesses de gaz comprises entre celle au minimum de fluidisation ( u mf )
et celle au minimum de bullage ( u mb ), se manifeste par une forte expansion du lit. En effet, la
porosité d’un lit d’alumine métallurgique varie de 0,57 au minimum de fluidisation, à 0,63 au
minimum de bullage. Lorsqu’elle est fluidisée, la poudre forme une suspension expansée, assimilable
à un fluide. Cette poudre a également comme particularité d’avoir une très bonne coulabilité. Cela a
pour conséquence de mettre les particules en mouvement sur un plan horizontal avec une très faible
aération : l’étalement du lit de solide est rapide.
d. Avantages.
Le procédé HDPS, par sa conception, possède de nombreux avantages. Le plus évident réside
dans sa simplicité. En effet, le débit étant autorégulé par équilibre de pressions, aucune pièce
mécanique mobile (vanne, …) n’est en contact avec l’alumine : il n’y a aucun phénomène d’usure.
Cette simplicité induit également une facilité d’exploitation (aucun opérateur n’est nécessaire) ainsi
qu’une grande fiabilité.
Un second avantage est le transport du solide en phase dense. La consommation de gaz reste
donc très faible (vitesses de fluidisation de l’ordre de 10 mm.s-1). Cet aspect fait du procédé de
transport HDPS un moyen économique de convoyer l’alumine entre deux points éloignés.
Cette faible vitesse de déplacement a également une conséquence sur la perte de charge
linéique du procédé HDPS. Cette dernière, selon Plais (2007), est de l’ordre de 0,5 mbar.m-1. Ce type
de propriétés permet au procédé HDPS de pouvoir transporter des matériaux pulvérulents sur de
longues distances.
18
Introduction générale
Tous ces éléments font du procédé HDPS un système performant pour transporter l’alumine
horizontalement, des silos de stockage jusqu’aux cuves d’électrolyse, sans en altérer les propriétés
physico-chimiques.
Cependant, dans le but d’assurer une distribution uniforme de l’air sur une longueur très
importante d’aérocanalisation, il est nécessaire d’utiliser des distributeurs poreux de grandes pertes
de charge. Ainsi, l’utilisation de cette technologie pour de grosses particules (classe B) nécessite une
modification du type de distributeur.
Bien que flexible et stable d’utilisation, le procédé HDPS dans sa configuration actuelle ne
peut assurer que le transport horizontal. En effet, dans certaines configurations industrielles, la ligne
de transport doit contourner d’éventuels obstacles.
4. Problématiques industrielles.
En cas d’extension d’une usine existante, ou de construction d’une nouvelle usine, il peut
arriver que le transport horizontal en ligne droite ne soit pas adapté. C’est notamment le cas lorsque
la ligne de transport rencontre un obstacle (bâtiment, route, autre ligne de transport, rangée de
cuves d’électrolyse, …). Afin de contourner ce problème, deux solutions peuvent être envisagées :
Un nouveau type de configuration a donc été imaginé, permettant le couplage d’un transport
fluidisé en phase dense horizontal et vertical. Cette nouvelle configuration permet de contourner des
obstacles (figure 6), tout en conservant les propriétés reconnues du procédé HDPS classique. Ainsi, le
solide doit être transporté en phase dense, à des vitesses raisonnables de l’ordre de la dizaine de
centimètre par seconde. La pression du système doit également rester relativement faible afin :
19
Introduction générale
Par ailleurs, le système doit assurer l’alimentation de tous les dispositifs situés en aval, d’une
manière stable.
5. Problématiques scientifiques.
La problématique scientifique de cette étude concerne les écoulements fluidisés denses
verticaux. En effet, dans la configuration présentée sur la figure 6, on distingue deux segments
verticaux reliés par une portion d’aérocanalisation.
Dans la conduite verticale amont, appelée ‘alimentation’, l’écoulement est fluidisé dense
descendant : le solide entre par le haut de la conduite pour en sortir par en bas. Cependant, il est
difficile de prédire le sens d’écoulement du gaz étant donné que celui-ci peut tout aussi bien
s’écouler de manière ascendante ou descendante : c’est la vitesse relative du gaz par rapport à celle
du solide qui va conditionner l’état de la suspension, ainsi que la qualité de son écoulement. Cette
vitesse est appelée la vitesse de glissement. Ce type d’écoulement, couramment rencontré dans les
jambes de descente de cyclones, dans les standpipe de procédés de FCC, ou d’une manière générale
dans les procédés à lit fluidisé circulant, a fait l’objet d’études dans la bibliographie. A titre
d’exemple, les travaux de thèse de Tavares (2010), réalisés au sein du LGC, ont porté sur l’étude
expérimentale et théorique des écoulements verticaux denses de particules de classe A. Ces travaux
ont mis en évidence que l’augmentation de la pression du système avec la profondeur conduit à une
réduction de la vitesse du gaz, pouvant entrainer une défluidisation localisée de la suspension. Cette
dernière provoque le blocage de l’écoulement. Selon cet auteur, l’aération localisée de la suspension
permet d’éviter ce phénomène parasite. Il a également mis en évidence l’importance du débit et de
l’emplacement de ces aérations sur le comportement hydrodynamique local de l’écoulement. Une
sur-aération localisée peut engendrer un dysfonctionnement du système. Ces différents
phénomènes seront abordés dans un chapitre dédié.
20
Introduction générale
Dans la conduite avale, appelée ‘expédition’, l’écoulement est fluidisé vertical ascendant, où
le gaz et le solide circulent à co-courant. Grâce au mouvement à co-courant des phases, le
changement de régime de fluidisation (régime homogène vers hétérogène) pouvant se produire à
l’échelle locale ne provoque aucun dysfonctionnement du système. Par ailleurs, la décompression du
gaz dans le sens de l’écoulement favorise le transport de solide grâce à l’entrainement des particules
dans le sillage des bulles. Ce phénomène sera mis en évidence sur le plan expérimental et théorique
dans les deux derniers chapitres de ce mémoire. Précisons que l’hydrodynamique des suspensions
gaz/solide en écoulement vertical ascendant a été peu abordé dans la littérature (Watson et al.,
2012).
Pour y parvenir, tout d’abord, une étude hydrodynamique est réalisée dans une colonne de
fluidisation classique, sans circulation de solide (chapitre I). L’objectif de cette étude est la
détermination des grandeurs caractéristiques de l’alumine métallurgique :
21
Introduction générale
plus particulièrement de la colonne d’expédition est exposée dans le chapitre III. Cette partie de
l’étude permet d’isoler les paramètres clés du procédé.
Enfin, une modélisation de type monodirectionnelle est entreprise dans le but de pouvoir
simuler le comportement de la suspension dans les colonnes d’alimentation et d’expédition (chapitre
IV). L’objectif de la simulation de la colonne d’alimentation est de calculer les emplacements et les
débits d’aération nécessaire au bon fonctionnement de l’unité. Pour la colonne d’expédition,
l’objectif est de connaitre l’influence des différents paramètres sur l’hydrodynamique de la
suspension, ainsi que sur les mécanismes de transport de solide. Ce chapitre présente
successivement les problématiques liées à ces écoulements, les équations du modèle et les
méthodes de traitement associées, ainsi que les résultats obtenus.
22
Chapitre I : Caractérisation des écoulements
verticaux.
23
La problématique essentielle des unités de transport de solide en phase hyperdense réside
dans la maitrise des écoulements fluidisés denses verticaux ascendants ou descendants.
Après une description qualitative des différents régimes d’écoulement des suspensions
gaz/particules, une grande partie de ce chapitre est consacrée à la détermination des grandeurs
physiques et hydrodynamiques de l’alumine métallurgique, indispensables pour la compréhension et
la modélisation de ces écoulements. Elles sont respectivement :
Notons que ces deux dernières grandeurs sont indispensables pour prédire le comportement
des suspensions denses fluidisées descendantes, et que l’une d’entre elle requiert un protocole de
24
I - Caractérisation des écoulements verticaux.
25
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
U sl U g U p (eq. I - 1)
U u (eq. I - 2)
Notons que dans un procédé discontinu en lit fluidisé, en l’absence d’écoulement de la phase
solide, la vitesse de glissement n’est que la vitesse interstitielle de la phase fluide.
Comparée aux vitesses caractéristiques de la poudre étudiée, elle donne des renseignements
sur le régime d’écoulement de la suspension. Les vitesses caractéristiques retenues sont :
u mf
- La vitesse interstitielle minimale de fluidisation :
mf .
u mb
- La vitesse interstitielle minimale de bullage :
mb .
Zenz (1953) a été le premier à proposer une classification qualitative des régimes
d’écoulements verticaux de suspensions denses. Dans cette classification, deux états d’écoulement
ont été distingués : état non fluidisé si la vitesse de glissement, U sl , est plus faible que celle au
Plus tard, Kojabashian (1958) a mis à jour cette classification, schématisée sur la figure 1 - 1 :
o Ecoulements non fluidisés en lit mobile de transition, caractérisés par une vitesse
de glissement positive, mais inférieure à la condition minimale de fluidisation. La
porosité y est fonction de cette vitesse de glissement.
27
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
- Ecoulements fluidisés ( U sl U mf ) :
Suspension homogène.
Suspension hétérogène.
Suspension homogène.
Suspension hétérogène.
L’état de suspension hétérogène décrit une suspension dans laquelle apparait des bulles
(cavités vides de particules) au sein de la suspension dense classiquement observée.
Ecoulement vertical
Leung et Jones (1978) ont ensuite remanié cette dernière classification. Ils ont en effet
conservé les deux classes d’écoulements (fluidisé et non fluidisé) proposées par Zenz (1953), tout en
redéfinissant les sous-catégories d’écoulements imaginées par Kojabashian (1958).
Cette classification de Leung et Jones (1978), schématisée sur la figure 1 - 2, est couramment
utilisée pour décrire les écoulements gaz/solide verticaux.
28
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Si on ajoute une catégorie d’écoulement fluidisé à bulles, basée sur la condition minimale de
bullage, nous obtenons en résumé la classification suivante :
u mf
- Non fluidisé : U sl .
mf
u mf u mb
- Fluidisé homogène (sans bulles) : U sl .
mf mb
u mb
- Fluidisé à bulles : U sl .
mb
u mb
- Pneumatique dilué : U sl .
mb
Notons que dans le cas d’un écoulement descendant, au sein du troisième régime répertorié
ci-dessus, régime fluidisé à bulles, on peut distinguer deux sous catégories en fonction de la vitesse
relative des bulles, U b :
29
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Lorsque la vitesse relative des bulles vaut zéro, cela signifie qu’elles ont tendance à stagner
dans la conduite, pouvant coalescer, et donc perturber l’écoulement descendant de la suspension.
Un autre phénomène peut être rencontré lors d’un écoulement fluidisé dense descendant.
En effet, lorsqu’une suspension solide est transportée de haut en bas, la hauteur de colonne de
solide fluidisé entraine la compression du gaz : la pression est directement proportionnelle à la
profondeur de descente du solide. Cette augmentation de pression avec la profondeur entraine
logiquement la réduction de la vitesse du gaz (conservation du bilan de masse du gaz), et donc de la
vitesse de glissement. Si la vitesse de glissement devient inférieure à la vitesse minimale de
fluidisation, la suspension se défluidise localement. Cela entraine un blocage de l’écoulement,
rendant impossible le transport de solide. Pour pallier ce phénomène, il peut être nécessaire de
réaliser des injections localisées d’air, pour compenser la réduction du volume du gaz.
Pour pouvoir transporter le solide dans les meilleures conditions, il est donc préférable, dans
les parties verticales descendantes (colonne d’alimentation), d’être en présence d’un écoulement
fluidisé homogène. En effet, ce type d’écoulement permet la bonne circulation du solide sans risquer
de gêner le passage de la suspension par la présence de bulles.
P 2750.u f (eq. I - 3)
La colonne est équipée de prises de pression pariétales reliées à des capteurs de pression
différentielle (GE Sensing LPX 5380) permettant de mesurer les pressions locales, ainsi que les pertes
de charge partielles pour différentes tranches du lit. Les capteurs sont reliés à un système
d’acquisition des données de 10 Hz de fréquence. Le pilote est également équipé d’une caméra
30
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
permettant de suivre l’évolution de la hauteur du lit de poudre avec une fréquence de 25 Hz lors de
la défluidisation.
La colonne est munie d’une canne de mesure de pression à hauteur variable. Celle-ci se
compose d’un tube cylindrique en acier inoxydable de 8 mm de diamètre interne. La base du tube est
située au sein même de la suspension fluidisée, et maintenue à une hauteur réglable grâce à une
31
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
connexion par joint torique sur le couvercle de la colonne. L’extrémité supérieure du tube est reliée à
un capteur de pression (référence GE Sensing LPX 5380).
Le circuit d’alimentation en air de ce pilote est équipé d’une vanne 3 voies, permettant la
mise à l’atmosphère de la boite à vent. Cet organe est utilisé lors des essais de défluidisation,
explicités dans le paragraphe 4 de ce chapitre. Ces essais peuvent se faire suivant deux protocoles
distincts : simple et double drainages. Lors d’une défluidisation par simple drainage, l’alimentation en
air est coupée, et l’air restant dans la colonne ne peut s’échapper que par le haut. En double
drainage, la boite à vent est elle aussi mise à l’atmosphère grâce à une vanne 3 voies : l’air peut
s’échapper par le haut et le bas de la colonne.
Les travaux de Cherntongchai et Brandani (2005), portant sur l’étude des phénomènes de
défluidisation en simple et double drainages, ont montré que l’effet de la boite à vent devient
Pdistributeur
négligeable pour des valeurs de 1 . Dans ce cas, ces auteurs préconisent d’utiliser la
Plit
technique de simple drainage pour déterminer les grandeurs caractéristiques de la suspension.
Ainsi, nous avons retenu le protocole de défluidisation par simple drainage, car le rapport
Pdistributeur
demeure toujours inférieur à 1.
Plit
Enfin, avant d’être envoyé à l’atmosphère, l’air sortant de la colonne de fluidisation traverse
un cyclone. Celui-ci permet de récupérer les fines particules, de taille supérieure à 10 µm, avant
d’acheminer l’air vers un dépoussiéreur (filtre à manches).
3. Propriétés de la poudre.
Ce paragraphe est consacré à la caractérisation de l’alumine métallurgique. Il est divisé en
deux parties distinctes :
32
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
a. Propriétés physiques
La poudre utilisée durant cette étude, appelée ‘alumine métallurgique’, sert de base de
fabrication de l’aluminium dans les usines d’électrolyse. Elle se présente sous forme de fines
particules, de 50 µm de diamètre médian. Les propriétés granulométriques et d’écoulement de cette
poudre sont regroupées sur la figure 1 - 4 et dans le tableau 2.
8
% Volumique 100
% Volumique cumulé croissant
7
5
60
4
3 40
2
20
1
0 0
0,1 1 10 100 1000 10000
Taille des particules (µm)
d 10 12
d 90 101
d 90 d10
Coefficient de variation ( CV ) CV 1,8
d 50
33
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
t nt
Indice de CARR ( 100. ) 15%
t
t
Rapport de Haussner ( HR ) HR 1,18
nt
Coulabilité - Bonne
nt
Degré de vide non tassé ( nt 1 ) nt 0,56
p
t
Degré de vide tassé ( t 1 ) t 0,48
p
Ces résultats montrent que la poudre utilisée est polydisperse, avec un coefficient de
variation (étalement de distribution) relativement élevé (CV = 1,8). La faible valeur de l’indice de
CARR (inférieure à 20%) montre une très bonne coulabilité de cette poudre. L’écart important entre
le degré de vide d’un lit fixe tassé et non tassé (0,48 et 0,56) montre qu’en l’absence d’aération, le
stockage et le transport peut poser des difficultés.
34
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Ces poudres, dites fusantes, ont d’excellentes propriétés d’écoulement lorsqu’elles sont
aérées. Elles ont pour particularités d’être très facilement fluidisables (faibles débits de gaz), et
d’avoir un régime de fluidisation homogène (ou particulaire) avec une forte expansion du lit. Par
ailleurs, elles présentent une cinétique de désaération lente, entre 3 et 6 mm.s-1.
Le besoin d’aération du milieu s’explique par la présence de forces interparticulaires (de type
Van der Waals), dont l’importance par rapport à la force de gravité est représentée sur la figure 1 - 7
en fonction du diamètre des particules.
35
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
1000
100
10
e=10 nm
1
FVDW /Fg
e=50 nm
0,1
e=20 nm
0,01
0,001
0,0001
10 100 1000
Diamètre des particules (µm)
Figure 1 - 7 : Importance des forces interparticulaires par rapport à la force de gravité pour 2 particules
sphériques de tailles identiques, séparées de 10, 20, et 50 nm.
Les forces de Van der Waals et de gravité ont été estimées grâce aux relations suivantes
(Capes, 1980, Sherrington et Oliver, 1981, Sommer, 1984, Linoya, 1991, Pietsch, 1991) :
d p .C
FVDW (eq. I - 4)
e2
.d 3p
Fg . p .g (eq. I - 5)
6
Pour les poudres de classe A, dont le diamètre est généralement compris entre 50 et 150 µm,
le rapport entre ces 2 forces varie entre 0,1 et 10, selon l’éloignement des particules et leur taille
moyenne. Lorsqu’elles sont aérées, les particules vont s’espacer, et ainsi abaisser la valeur des forces
interparticulaires. Cet abaissement entraine la mobilité des particules, et donne de très bonnes
propriétés d’écoulement à la poudre. A titre d’exemple, pour des particules de 50 µm de diamètre,
lorsque la distance interarticulaire passe de 10 nm à 50 nm, la force de Van der Waals passe de 7 à
0,1 fois le poids de la particule.
36
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
b. Grandeurs hydrodynamiques.
La colonne de fluidisation statique présentée dans le paragraphe 2 est utilisée pour
déterminer les grandeurs hydrodynamiques de base de l’alumine métallurgique. Les essais ont été
effectués avec une masse de poudre, m p , de 16 kg.
60
50
Perte de charge du lit (mbar)
40
30
20
10
0 umf
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Vitesse superficielle de fluidisation (mm/s)
Cette figure montre que la valeur de la perte de charge augmente avec la vitesse de
fluidisation pour atteindre un seuil. Ce seuil correspond au poids apparent du lit de poudre par unité
m p .g
d’aire de section droite de la colonne ( ), soit 49 mbar, et signifie que le lit est parfaitement
Ac
fluidisé. A des vitesses bien plus élevées, on observe une légère augmentation de la perte de charge
37
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
dont l’origine est attribuée à l’ajout de la perte de charge du cyclone placé en sortie de l’installation à
celle du lit. Notons que la perte de charge du cyclone est proportionnelle au carré de la vitesse de
l’air.
Il est également possible, grâce aux mesures de l’évolution temporelle des pertes de charge
par tranche de lit, de déterminer la vitesse minimale de bullage. Pour cela, il est nécessaire d’en
calculer l’écart type dont l’évolution est représentée en fonction de la vitesse de fluidisation sur la
figure 1 - 9.
0,45
Tranche 1 (10-20 cm)
0,4 Tranche 2 (20-30 cm)
Tranche 3 (30-40 cm)
Ecart type des pertes de charge (mbar)
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Vitesse de fluidisation (mm/s)
Figure 1 - 9 : Evolution de l'écart type des pertes de charges locales avec la vitesse de fluidisation.
On peut clairement observer qu’à partir de 9 mm.s-1, la valeur des écarts types augmente
significativement. Cette augmentation est due à l’apparition des hétérogénéités (bulles de gaz) dans
le système. Ainsi, lorsque la vitesse de l’air devient supérieure à 9 mm.s-1, le passage aléatoire des
bulles dans le milieu est responsable des fluctuations observées. Visuellement, c’est également à
partir de cette valeur que l’on peut observer l’apparition de poches de gaz au sein du lit fluidisé.
38
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
0,64
Lit fixe
0,63
0,62
0,61
Porosité (-)
hétérogène
Lit fluidisé
transition
0,58
0,57
mp
g 1 (eq. I - 6)
p . Ac .H
Son évolution est typique des poudres de classe A de la classification de Geldart : elle
augmente pour atteindre un maximum, puis diminue avant de s’accroitre à nouveau.
Entre la vitesse minimale de fluidisation et la vitesse minimale de bullage, le lit est dans un
régime de fluidisation homogène, dont le comportement est semblable à celui d’un liquide.
39
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Passé la vitesse minimale de bullage, le lit entre dans un régime transitoire, menant vers le
régime fluidisé à bulle lorsque la vitesse dépasse 2 fois la vitesse minimale de bullage. Le
comportement de la suspension dans ce régime est semblable à celui d’un liquide bouillonnant.
La dernière augmentation de la porosité est due à l’excédent trop important de gaz par
rapport au minimum de bullage : le volume occupé par les bulles étant de plus en plus grand, la
hauteur de la surface du lit fluidisé tend à augmenter.
P
p .(1 g ).g (eq. I - 7)
L
L’évolution de ces pertes de charge linéaires est représentée sur la figure 1 - 11. On y voit
clairement une valeur minimale lorsque la vitesse de fluidisation est la vitesse minimale de bullage.
9,6
9,5
9,4
Perte de charge linéaire (kPa/m)
9,3
9,2
9,1
8,9
8,8
8,7
8,6 umf
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Vitesse superficielle de fluidisation (mm/s)
40
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Pour des raisons évidentes, la perte de charge minimale est recherchée dans des unités de
transport ou de stockage des poudres de classe A. C’est pour cette raison que les points de
fonctionnement choisis se trouvent autour du minimum de bullage.
4. Défluidisation de la poudre.
L’objectif de cette partie est la détermination des grandeurs permettant de caractériser la
cinétique de désaération de la poudre. Cette cinétique dépend fortement de l’étendue du régime de
fluidisation homogène, ou l’écart entre les vitesses minimales de bullage et de fluidisation. De
manière générale, la cinétique de désaération est d’autant plus rapide que cet écart est faible. Les
premiers essais que nous avons réalisés avec les particules de classe B de la classification de Geldart
(billes de verre de 100 µm de diamètre, u mb u mf ) ont montré une désaération instantanée.
Dans ce paragraphe sont présentées les différentes techniques employées pour mesurer les
de Geldart. Ces différentes techniques reposent sur les propriétés d’une suspension fluidisée
pendant l’arrêt brutal de la fluidisation (défluidisation).
a. Vitesse de désaération.
La majorité des études de défluidisation présentes dans la littérature a été réalisée suivant la
technique de défluidisation proposée par Rietema (1967). Cette technique, nommée bed collapsing,
consiste en la fluidisation d’un lit de poudre (16 kg pour notre étude) à forte vitesse durant environ
3 minutes. Ensuite, la vitesse du gaz est réduite pour atteindre la valeur désirée ( u mb ou 2 u mb pour
notre cas). Lorsque le régime permanent est atteint, l’air de fluidisation est brutalement coupé, et on
enregistre les évolutions temporelles des chutes de pression totale et partielles du lit, ainsi que de sa
hauteur.
L’ensemble des résultats obtenus est représenté sur la figure 1 - 12 pour une fluidisation
initiale en régime homogène, et sur la figure 1 - 13 pour une fluidisation initiale hétérogène. Notons
que, dans un but de clarté, les pressions présentées sont normées selon la relation suivante :
41
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
P
Pnormée (eq. I - 8)
Pinitial
57 1
Hauteur du lit
Pression totale normée 0,9
56
0,8
0,6
54
0,5
53 pente : uD*
0,4
52 0,3
50 0
t0=t1 t2
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (s)
57 1
Zone 2 Zone 3 Hauteur du lit
Pression totale normée 0,9
56
0,8
0,6
54
0,5
53
0,4
Zone 1
52 0,3
pente : uD*
0,2
51
0,1
50 0
t0 t1 t2
0 5 10 15 20 25 30 35
Temps (s)
Sur ces figures, on peut clairement observer la présence de trois zones distinctes :
par l’évacuation des bulles. L’extension de cette zone dépend de la vitesse initiale de
42
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
- Zone 3, après t 2 , caractérisée par une faible modification de la hauteur du lit, attribuée à
sa consolidation. Durant cette période, les particules sont immobiles mais le gaz
emprisonné dans le lit est toujours à 40% de sa pression initiale, et continue donc de se
détendre.
à la hauteur du lit dense (sans cavité gazeuse) si la vitesse initiale de fluidisation était supérieure à
celle au minimum de bullage. Cette hauteur est obtenue en extrapolant la partie linéaire de la courbe
de défluidisation jusqu’à l’instant où l’alimentation en air a été coupée (temps 0). Ce paramètre
permet de déterminer la porosité de la phase dense du lit, D :
mp
D 1 (eq. I - 9)
p . Ac .H D
considérée comme la pente de l’évolution de la hauteur du lit lors de sa désaération lente (zone 2).
43
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
u mb 56 0,582 4,7
0,57. L’origine de ce phénomène est attribuée à l’entrainement du gaz interstitiel par les bulles. Cette
réduction de la porosité de la phase dense est à l’origine de l’augmentation de la résistance à
l’échappement du gaz interstitiel, qui à son tour va diminuer la vitesse de désaération de la poudre
de 4,7 mm.s-1 à 3,8 mm.s-1.
Ces résultats sont en accord avec les observations faites par Tavares (2010) et Geldart et
Wong (1985) : la vitesse de désaération d’une poudre de classe A est d’autant plus faible que la
vitesse de fluidisation est grande.
b. Vitesse de sédimentation.
Geldart et Wong (1985) ont mis en évidence, grâce à des observations visuelles réalisées sur
une maquette bidimensionnelle transparente, la présence de deux fronts se propageant
simultanément lors de la défluidisation (figure 1 - 14). Le premier front, descendant, correspond à la
désaération du lit (déjà représenté sur la figure 1 - 12 et la figure 1 - 13). Le second, ascendant,
correspond à la sédimentation du solide au fond de la colonne. Ce dernier n’a fait l’objet que de très
peu d’études.
Figure 1 - 14 : Evolution des hauteurs des fronts de désaération et de sédimentation d'un lit au cours d'une
défluidisation.
44
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Ce front n’apparait qu’une fois que toutes les bulles se sont échappées du lit (temps t1 ). Il va
ensuite s’élever, pour atteindre la hauteur finale du lit en même temps que le front descendant.
Cependant aucune étude, jusqu’en 2006, n’a proposé de méthode pour mesurer de manière précise
la vitesse d’avancement du front de sédimentation.
L’accès à ce paramètre est crucial car, selon Tavares (2010), en écoulement descendant des
suspensions fluidisées en phase hyperdense, le débit d’engorgement est conditionné par cette
grandeur selon l’expression :
supplémentaire.
Dans la littérature, deux protocoles ont été développés pour mesurer cette vitesse :
Ces deux techniques de mesures sont appliquées à notre cas durant la défluidisation dont le
protocole est identique à celui déjà décrit dans le paragraphe 4.a.
i. Protocoles de la littérature.
Sharma et al. (2006) ont proposé un test original, dérivé du test standard Engelhard (2000),
pour quantifier la vitesse du front de sédimentation. Il s’appuie sur la mesure de l’évolution
temporelle de la pression locale au sein même de la suspension en cours de défluidisation, à l’aide
d’une canne de mesure verticale immergée dans le lit (figure 1 - 3). Un exemple type des résultats
obtenus est présenté sur la figure 1 - 15.
45
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Figure 1 - 15 : Evolution temporelle de la pression locale dans la suspension : protocole de Sharma et al..
Selon Sharma et al., l’abscisse du point de rupture B (au temps t B ) correspond au moment
où le front de sédimentation atteint le niveau de la canne de mesure. Passé ce point, la sonde est
plongée dans un lit fixe. L’évolution observée au-delà de ce temps représente la décompression du
gaz emprisonné dans le lit fixe.
Les résultats bruts ainsi obtenus sont regroupés sur la figure 1 - 16 et la figure 1 - 17. Dans le
but de mieux comprendre l’effet de la position de la sonde de pression (canne de mesure), nous
avons modifié son niveau dans le lit à 45 cm, 40 cm, 35 cm, et 30 cm du distributeur.
46
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
35
40 cm
35 cm
30 B30 30 cm
25 B35
Pression (mbar)
20 B40
15
10
0
-5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
t0 Temps (s)
Figure 1 - 16 : Evolution des pressions locales dans la suspension lors d'un essai de défluidisation : protocole
de Sharma et al. (alumine métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : umb).
30
45 cm
40 cm
25 35 cm
B35
20
B40
Pression (mbar)
15
B45
10
0
-5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
t0 Temps (s)
Figure 1 - 17 : Evolution des pressions locales dans la suspension lors d'un essai de défluidisation : protocole
de Sharma et al. (alumine métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : 2 umb).
L’allure de ces courbes correspond parfaitement à celle décrite par Sharma et al. (2006). On y
retrouve, pour chaque niveau de la sonde :
- Une zone de désaération du lit, plus ou moins longue selon le niveau de la sonde
de pression ( t 0 t t B ).
47
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
L’abscisse du point de cassure, noté t Bz , représente le temps nécessaire pour que le front de
60
50
40
Hauteurs (cm)
30
20
10
Front de désaération
Front de sédimentation
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps (s)
60
50
40
Hauteurs (cm)
30
20
10 Front de sédimentation
Front de désaération
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps (s)
48
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Dans le but de mieux comprendre l’état de la suspension à l’échelle locale lors du passage du
front de sédimentation, sur la figure 1 - 20 est portée la pression locale mesurée au temps t Bz en
fonction du niveau de la canne de mesure. Sur la même figure est aussi portée, à titre indicatif,
l’évolution de la pression locale moyenne du lit mesurée avant la défluidisation.
45
40
35
30
Pression (mbar)
25
20
15
Les points ainsi présentés forment des droites dont l’extrapolation sur l’axe des abscisses
permet d’obtenir la hauteur totale du lit (à pression nulle). Cette hauteur permet de calculer la
porosité du lit grâce à la relation suivante :
mp
g 1 (eq. I - 11)
H . p . Ac
49
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Tableau 4 : Résultats obtenus après exploitation des données de pression en fonction de la hauteur de la
sonde (alumine métallurgique).
Conditions H extrapolé (cm) (-)
Passage du front de
51,1 0,58
sédimentation ( u mb )
Passage du front de
51,6 0,58
sédimentation (2 u mb )
Les valeurs obtenues pour le lit fluidisé (avant défluidisation) correspondent bien à celle d’un
lit fluidisé : supérieures à 0,58. Les porosités obtenues à partir des résultats du front de
sédimentation correspondent, quant à elles, à celle d’un lit fixe non tassé (inférieures à mf ).
Ainsi, ces résultats confirment que le point de rupture, noté B, correspond bien au moment
où le front de sédimentation rencontre l’extrémité de la canne de mesure. Ce temps caractéristique
représente bien le passage d’un lit fluidisé à un lit fixe.
50
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Fluidization
800 De-aeration
uf = 0,0063 m/s
600 1-valve
Hbed = 0,915 m
P( Pa)
400
200
0
50 t1 t2 t380t4 110 140 170
t (s)
Figure 1 - 21 : Evolution temporelle des pertes de charge partielles le long de la suspension : protocole de
Tavares (2010).
Selon cet auteur, le passage du front de sédimentation dans une tranche du lit est caractérisé
par une chute brutale de sa perte de charge partielle. Le point de changement de pente sur ces
courbes (fin de la partie linéaire, représentée par une flèche aux temps t1 , t 2 , t 3 , et t 4 ) est
considéré comme le temps nécessaire pour que le front de sédimentation atteigne le milieu de la
tranche.
51
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
10
dP 40-50 cm
dP 30-40 cm
dP 20-30 cm
8 dP 10-20 cm
6
DP (mbar)
0
-5 5 15 25 35 45 55
t1 t2 t3 t4 Temps (s)
Figure 1 - 22 : Evolution temporelle des pertes de charge partielles le long de la suspension lors d’un essai de
défluidisation : protocole de Tavares (alumine métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation
initiale : umb).
Ces données, traitées selon le protocole de Tavares et al. (2012), permettent d’obtenir le
temps de passage du front de sédimentation à chaque hauteur de lit considérée.
52
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
60
50
40
Hauteurs (cm)
30
20
10 Hauteur solide
Protocole Sharma
Protocole Tavares
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
Temps (s)
Figure 1 - 23 : Suivi des fronts ascendant et descendant de défluidisation (alumine métallurgique, masse de
solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : umb).
60
50
40
Hauteurs (cm)
30
20
10 Hauteur solide
Protocole Sharma
Protocole Tavares
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (s)
Figure 1 - 24 : Suivi des fronts ascendant et descendant de défluidisation (alumine métallurgique, masse de
solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : 2 umb).
53
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Les résultats obtenus confirment également que l’état initial de la suspension n’a aucun effet
sur la vitesse d’ascension du front de sédimentation lors de la défluidisation. En effet, les vitesses du
front de sédimentation calculées pour des vitesses initiales de fluidisation de u mb et 2 u mb sont
De plus, la même comparaison est réalisée sur une autre poudre de la classe A de Geldart.
Cette poudre est le catalyseur de craquage du pétrole utilisé dans les procédés de FCC. Ses
propriétés sont consignées dans le tableau 5.
d 10 42
d 90 114
Les protocoles de Sharma et al. et de Tavares sont encore une fois appliqués sur les données
enregistrées lors d’une défluidisation pour les valeurs de vitesse initiale de fluidisation suivantes :
u mb (9,5 mm.s-1), 2 u mb (19 mm.s-1), et 4 u mb (38 mm.s-1). Les valeurs obtenues pour la vitesse
d’ascension du front de sédimentation sont respectivement de 20 mm.s-1, 19 mm.s-1 et 20 mm.s-1.
54
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
L’ensemble de ces derniers résultats permet de conclure que, quelle que soit la vitesse du
gaz (dans la gamme de valeur étudiée), la vitesse d’ascension du front de sédimentation est
constante, et donc le débit d’engorgement identique.
Cependant, dans le but de pallier les inconvénients des deux protocoles de mesure présentés
dans la littérature (l’intrusivité et le manque de précision), une nouvelle technique de détermination
de la vitesse de sédimentation est développée.
40
50 cm
B20 40 cm
35
30 cm
20 cm
30
B30
25
Pression (mbar)
20
B40
15
10
B50
0
-5 5 15 25 35 45 55
Temps (s)
Figure 1 - 25 : Evolution des pressions locales pariétales lors d'un essai de défluidisation (alumine
métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : u mb).
Ces premiers résultats bruts montrent une très forte similitude avec ceux obtenus grâce au
protocole de mesure de Sharma et al. : à l’instant de la défluidisation, les pressions mesurées
diminuent de manière linéaire avant de chuter vers 0. Les points de cassure, notés B, sont ici bien
visibles.
55
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Afin de mettre en évidence ces similitudes, la pression mesurée à la paroi a été comparée à
celle déterminée au sein de la suspension grâce à la sonde de pression (technique de Sharma et al.).
Les niveaux retenus sont 20 cm et 50 cm par rapport au distributeur (figure 1 - 26).
50
Canne 50 cm Paroi 50 cm
45 Canne 20 cm Paroi 20 cm
40 B20
35
Pression (mbar)
30
25
20
15
10 B50
0
-5 5 15 25 35 45 55
Temps (s)
Figure 1 - 26 : Evolution des pressions locales pariétales et dans la canne de mesure au cours du temps
(alumine métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : u mb).
Les résultats montrent que la pression locale mesurée à la paroi est semblable à celle
mesurée au centre de la suspension, et que les deux techniques conduisent aux mêmes valeurs pour
le temps de passage du front de sédimentation. L’écart observé peut être attribué à la pression
dynamique du fluide. En effet, la sonde de pression mesure la pression totale de la suspension
( Pstatique Pdynamique) alors que la mesure de pression locale pariétale ne donne que la pression
statique.
Afin de faciliter l’exploitation de ces courbes, un protocole d’exploitation est mis au point. Il
Pi
consiste en l’utilisation des valeurs absolues des gradients temporels de pressions locales ( )
t
mesurées à la paroi, à différents niveaux du lit. La figure 1 - 27 représente l’évolution temporelle de
ces gradients de pression mesurée à 40 cm du distributeur.
56
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
1
Z1 Z2 Z3 Z4
0,9
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0 tt tB40
-5 5 15 25 35 45 55
Temps (s)
Elle montre que lorsque le lit est fluidisé, la valeur du gradient est quasi-nulle (zone Z1).
Ensuite, après l’instant de la défluidisation (temps 0), la valeur du gradient augmente pour atteindre
un palier. Ce palier est plus ou moins large selon le niveau de mesure de la pression (figure 1 - 28) : il
est d’autant plus large que la distance entre la prise de pression et le distributeur est élevée. Cette
période dite de désaération correspond à une transition de la suspension vers le minimum de
fluidisation (zone Z2). Sur la figure 1 - 28, on voir clairement que ces paliers sont horizontaux, et tous
à la même valeur.
La transition de cet état au minimum de fluidisation vers un lit fixe est caractérisée par une
rapide augmentation de la valeur du gradient pour atteindre une valeur maximale. Cette transition
débute au temps t t . Ce temps caractéristique peut être utile lors du pilotage d’une unité
industrielle : il donne une information sur la durée maximale (à la hauteur de solide considérée) d’un
défaut d’aération avant que la circulation de solide ne cesse, lors de la transition vers un lit non
fluidisé. Le point de rupture B observé sur la figure 1 - 15 correspond au temps nécessaire pour que
le gradient de pression atteigne le milieu de la période de transition entre le lit au minimum de
fluidisation et le lit fixe (zone Z3). Cette technique permet une estimation plus précise de l’instant de
passage du front de sédimentation.
La diminution du gradient de pression locale observée en fin d’opération n’est due qu’à la
décompression du gaz emprisonné dans le lit fixe (zone Z4).
57
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
1,4
20 cm
30 cm
1,2 40 cm
Grandient de pression (mbar/s)
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
-5 5 15 25 35 45 55
Temps (s)
Figure 1 - 28 : Evolution des gradients de pressions locales pariétales à différents niveaux du lit (alumine
métallurgique, masse de solide : 16 kg, vitesse de fluidisation initiale : u mb).
En répétant l’opération pour tous les niveaux de mesure de la pression (figure 1 - 28), il est
possible de connaitre l’évolution de la hauteur du front de sédimentation au cours du temps. La
vitesse d’ascension du front de sédimentation obtenue pour les mesures faites avec la canne est de
30 mm.s-1, et de 29 mm.s-1 pour les mesures faites à la paroi, soit un écart relatif de 3%.
Il devient donc possible, grâce à cette nouvelle technique, de connaitre la vitesse d’ascension
du front de sédimentation d’une poudre de classe A de la classification de Geldart, de manière
précise et reproductible, non-intrusive, et rapide.
58
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
d 10 103
d 90 199
Dans le but de comparer les mesures faites grâce au protocole de Sharma et al. avec celles
obtenus grâce au nouveau protocole de mesure, la figure 1 - 29 est tracée.
Paroi 20 cm Canne 20 cm
20
B20 Paroi 30 cm Canne 30 cm
15
Pression locale (mbar)
10 B30
0
-3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps (s)
Figure 1 - 29 : Evolution des pressions locales pariétales et dans la canne de mesure au cours du temps (PVC,
masse de solide : 9 kg, vitesse de fluidisation initiale : umb).
Elle regroupe, sur un même graphique, les pressions locales mesurées au sein de la
suspension et les pressions locales pariétales, mesurées aux mêmes hauteurs (seules deux hauteurs
ont été conservées sur ce graphique afin de garantir sa lisibilité : 20 cm et 30 cm). La conclusion est la
même que celle émise pour les résultats présentés figure 1 - 26 : le nouveau protocole de mesure
59
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
Fort de ce constat, les gradients temporels des pressions mesurées à la paroi sont calculés.
Leur évolution dans le temps est représentée sur la figure 1 - 30.
6
20 cm 30 cm
40 cm
5
Gradient de pression (mbar/s)
2
B20
B30
1
B40
0
-1 1 3 5 7 9 11
Temps (s)
Figure 1 - 30 : Evolution des gradients de pressions locales pariétales à différents niveaux du lit (PVC, masse
de solide : 9 kg, vitesse de fluidisation initiale : umb).
La forme de ces gradients étant rigoureusement identique à celle observée sur la figure 1 -
28, l’interprétation de ces résultats est la même.
L’ensemble de ces résultats confirment que le nouveau protocole développé durant ce travail
au LGC permet une mesure rapide, non-intrusive, et précise de la vitesse de sédimentation d’une
poudre de classe A de la classification de Geldart.
Elle a par ailleurs fait l’objet d’une communication en 2011 dans le journal Récents Progrès
en Génie des Procédés (ISBN 2-910239-75-6).
5. Conclusion.
L’objectif de cette partie de l’étude est de caractériser au mieux les écoulements fluidisés
verticaux denses. Pour ce faire, dans un premier temps, une cartographie de ces écoulements est
60
Chapitre I : Caractérisation des écoulements verticaux
faite. Elle regroupe tous les types d’écoulements qui peuvent être retrouvés dans une conduite
verticale lorsqu’une suspension solide est transportée. Elle contient également les caractéristiques
de ces écoulements, ainsi que les grandeurs qui permettent de les identifier (vitesses de transition
entre régimes, porosités, présence de bulles, …).
Les résultats ont montré que, pour les poudres testées et les conditions opératoires
retenues, contrairement à la vitesse de désaération, la vitesse d’avancement du front de
sédimentation ne dépend pas de la vitesse de fluidisation initiale. La vitesse du front de
sédimentation est de l’ordre de 6 à 8 fois la vitesse de désaération de la poudre. A partir de la vitesse
de sédimentation, nous avons estimé le débit d’engorgement, paramètre crucial dans la gestion des
écoulements fluidisés verticaux descendants. Il correspond au débit descendant maximal de
suspension fluidisée pouvant traverser une conduite verticale, sans aération intermédiaire. Pour
l’alumine métallurgique, sa valeur est de 29 kg.m-2.s-1.
61
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux.
63
Ce chapitre présente la démarche expérimentale utilisée tout au long de cette étude.
Le premier élément décrit est un pilote de fluidisation dit ‘statique’. Il est issu d’une
précédente collaboration entre RioTinto Alcan et le LGC (Mars à Décembre 2008), et a été réutilisé
durant cette thèse afin d’étudier le comportement global du système, en configuration horizontale.
Ensuite, la description détaillée de deux installations pilotes dites ‘dynamiques’ est effectuée.
Ces deux installations, d’échelle différente (2 et 6 mètres de longueur horizontale), permettent
l’étude du couplage entre les transports horizontal et vertical. Les différents éléments composant ces
installations sont détaillés, ainsi que la métrologie employée, avant une description complète du
protocole expérimental (démarrage, mise en évidence du régime permanent, protocoles de mesure,
…).
Enfin, ce chapitre se termine par la description des essais préliminaires réalisés sur
l’ensemble de ces pilotes.
64
II – Dispositifs expérimentaux.
65
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
- L’aérocanalisation.
67
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
68
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
250
Hauteur de solide dans la CE (cm)
200
150
100
50
0
0 50 100 150 200 250
Pression de bulle (mbar)
69
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Les résultats regroupés sur cette figure montrent une évolution linéaire de la hauteur de
solide dans la colonne de dégazage avec la pression de bulle. Par ailleurs, à partir de l’observation
visuelle de l’état de la suspension dans la colonne de dégazage, nous avons pu conclure que celle-ci
se trouve dans un état de fluidisation homogène : aucune hétérogénéité (présence de bulles) n’est
observée au sein de la suspension.
- Un système de recyclage des particules solide permet d’assurer une opération continue
tout en gardant une rétention constante de solide dans l’ensemble de l’unité.
Dans ce système, la force motrice de l’écoulement est la différence entre deux pressions :
- La pression de bulle mesurée dans les mêmes conditions opératoires, mais cette fois-ci
en régime dynamique (écoulement de solide). Notons que cette pression est
essentiellement fixée par la hauteur de déverse installée sur la colonne d’expédition.
a. Description générale.
Les installations pilotes modifiées ou construites durant ce travail répondent aux contraintes
suivantes :
- Elles doivent avoir une taille raisonnable pour permettre une extrapolation.
- Elles doivent être flexibles en vue d’étudier de façon systématique l’effet de paramètres
opératoires et géométriques.
70
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
- Elles doivent être transparentes pour permettre une visualisation des phénomènes à
l’échelle globale.
Pour ces raisons, nous avons conçu deux installations pilotes ayant la même section droite
d’aérocanalisation (10 cm de largeur et 40 cm de hauteur). Ces dimensions sont comparables à celles
employées à l’échelle industrielle. Ces deux installations diffèrent par leur longueur horizontale. La
première mesure 2 mètres de longueur (figure 2 - 4 et tableau 8) alors que la seconde mesure
6 mètres (figure 2 - 5 et tableau 8). La comparaison entre les résultats obtenus sur ces deux unités
doit nous permettre de mieux comprendre l’effet de la longueur de la section horizontale sur le
comportement hydrodynamique du système. En ce qui concerne la colonne d’expédition, sa hauteur
effective est fixée à 3,45 mètres. Elle correspond à la distance entre la base de la colonne et le niveau
de soutirage (surverse). Dans le but d’en examiner l’effet du diamètre, deux diamètres de colonne
respectivement égaux à 28 mm et 56 mm ont été installés.
71
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Tableau 8 : Correspondances des annotations des schémas des installations pilotes dynamiques.
Annotation Dénomination
a Air de fluidisation (flux)
b Aération de la colonne d’expédition (flux)
c Boite à vent
d Toile poreuse
e Ciel gazeux (bulle)
f Boite à cyclone
g Cyclone
h Vanne de fuite
i Colonne d’alimentation
j Vanne à écluses rotatives
k Trémie d’alimentation
l Colonne d’expédition
m Retour solide
n Barrage
72
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
i. Système d’alimentation.
Le système d’alimentation est composé d’une trémie, reliée à l’aérocanalisation par une
conduite verticale, suivie d’un barrage. La trémie est de type pyramidale à base rectangulaire (les
longueur, largeur, et hauteur mesurent respectivement 170 cm, 100 cm, et 90 cm) et contient
environ 700 kg d’alumine (figure 2 - 6). A titre comparatif, l’aérocanalisation de l’installation de 2
mètres dans son ensemble en contient environ 60 kg, et celle de 6 mètres 180 kg.
Le solide transite de la trémie vers l’aérocanalisation par une canalisation verticale en PVC
transparent, de 80 mm de diamètre intérieur. Ce tube, connecté au couvercle de l’aérocanalisation
est appelé ‘colonne d’alimentation’.
Afin de limiter le débit de solide, une vanne à écluses rotatives (référence Young Massa
DRC06) a été placée sur la colonne d’alimentation (figure 2 - 7). Grâce à ce dispositif, nous avons pu
faire varier le débit de solide entre 100 et 2200 kg.h-1.
73
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Grâce au système de recirculation de solide, nous avons pu garder constant l’inventaire des
particules solides dans la trémie. Il correspond à une hauteur de solide de 210 cm au-dessus de
l’aérocanalisation, soit 250 cm au-dessus du distributeur poreux. Notons que cette hauteur reste
toujours inférieure à la hauteur de déverse de la colonne d’expédition (3,5 m).
ii. Dégazage.
Les aérocanalisations sont équipées d’un système de dépoussiérage (appelé ‘boite à
cyclone’) dont la sortie gaz est munie d’une vanne de fuite (figure 2 - 8). Elle permet le dégazage
contrôlé de l’unité tout en assurant la force motrice pour l’écoulement de solide.
74
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Précisons que l’installation pilote de 6 m de longueur est équipée de deux boites à cyclone
identiques placées respectivement à 2,6 m et 5,4 m de l’alimentation en solide. Grâce à l’installation
d’un barrage placé juste après la première boite à cyclone (dans le sens d’écoulement du solide),
75
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
A une distance de 40 cm de la base des colonnes d’expédition sont placés des dispositifs
permettant d’aérer localement la suspension, ou encore d’effectuer le traçage de la phase gazeuse.
Ils seront détaillés plus loin.
76
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
v. Circuits d’air.
L’air comprimé du réseau du laboratoire, après détente à 0,5 bar relatif, alimente les deux
aérocanalisations (2 m et 6 m). Le débit d’air est contrôlé par deux rotamètres préalablement
étalonnés dont les plages d’utilisation sont respectivement de 0 à 10 m3.h-1 et de 0 à 30 m3.h-1. Ce
dispositif permet d’assurer des vitesses de fluidisation de 0 à 15 mm.s-1.
77
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Dans le but d’éviter le tassement de la poudre dans la trémie, une injection d’air est réalisée
à sa base. Elle n’est utilisée que ponctuellement, en cas de blocage de l’écoulement.
Le débit d’aération de la colonne d’expédition est contrôlé par deux débitmètres à bille.
Cette aération, réalisée en paroi à un bar relatif de pression, est prévue pour assurer la stabilité de
l’écoulement. Les débits d’aération employés sont exprimés en termes de vitesses superficielles du
gaz dans la colonne d’expédition. Elles varient de 0 à 7 fois la vitesse minimale de bullage (soit
63 mm.s-1).
Les effluents gazeux issus des différentes sorties gaz des installations (vannes de fuite, trémie
d’alimentation, colonne d’expédition) sont dépoussiérés grâce à un filtre à manches (Debus DUS
1201, figure 2 - 12) avant leur rejet à l’atmosphère.
3. Métrologie.
Afin de suivre l’évolution de l’état de la suspension, ainsi que celle de l’hydrodynamique de
différents éléments des pilotes dynamiques, un certain nombre de capteurs de pression ont été
installés :
78
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
- Dans le ciel gazeux, qui va indiquer la mise en charge du système, gamme de mesure : 0 à
500 mbar.
- Dans le lit solide fluidisé de l’aérocanalisation. Les mesures sont réalisées pour
différentes tranches verticales du lit comprises entre 10 cm et 20 cm du distributeur,
gamme de mesure : -50 à 50 mbar (pressions différentielles)
- Dans la colonne d’expédition. Les mesures sont effectuées respectivement à 50, 80, 110,
et 160 cm de la base de la colonne, gamme : 0 à 500 mbar.
Les emplacements de ces différents capteurs de pression (GE Sensing LPX 5000) sont
regroupés sur la figure 2 - 14 pour le pilote dynamique de 2 m, et sur la figure 2 - 15 pour le pilote
dynamique de 6 m.
79
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
4. Protocole expérimental.
Ce paragraphe regroupe le protocole expérimental utilisé. Dans un premier temps, le
processus de démarrage et d’utilisation des pilotes est décrit, avant une description plus approfondie
de certains protocoles de mesures récurrents :
80
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
La mise en place d’un essai sur les installations pilotes dynamiques commence par la mise en
suspension des particules solides contenues dans l’aérocanalisation. Pour ce faire, le réglage des
débits d’air de fluidisation est fait, grâce aux débitmètres à flotteur, pour que la vitesse dans les
caissons soit située aux alentours de 5 mm.s-1. Cela permet de ne pas avoir une vitesse de gaz trop
importante dans la colonne d’alimentation, pour ne pas gêner la descente de solide. De plus, ce
réglage doit se faire toutes vannes de fuite ouvertes afin que la pression ne monte pas dans le
système. Une pression excessive peut bloquer l’écoulement de solide au démarrage de la vanne à
écluses rotatives.
Ensuite, la vanne à écluses rotatives est démarrée, à la vitesse souhaitée (valeur de 0 à 20 sur
le variateur).
Une fois l’écoulement de solide établi, la vitesse de l’air de fluidisation est amenée à la valeur
désirée. Dans le même temps, la position de la/des vanne(s) de fuite est ajustée pour obtenir le
réglage souhaité.
Le régime permanent peut être mis en évidence par la stabilisation de tous les paramètres
mesurables, notamment celle de la pression de bulle dans l’aérocanalisation. Lors de la modification
d’un paramètre, le temps de réponse de l’installation pilote est généralement très court. Cependant,
après chaque modification de paramètre, au moins une dizaine de minute s’est écoulée avant toute
mesure. Après cette période, l’acquisition des données est réalisée sur une durée d’au moins
3 minutes.
81
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
- La mesure de débits de gaz échangés entre les différents éléments des unités pilotes.
Pour le pilote de 6 mètres, les sorties gazeuses sont au nombre de 4 (figure 2 - 16, tableau
10):
- La colonne d’expédition.
82
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Dans le tableau 10 est présentée la nomenclature des différents courants. Précisons que les
flux de ces courants sont molaires.
83
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Un bilan sur l’hélium permet de calculer le débit d’air échangé entre l’aérocanalisation et la
colonne d’expédition ( Fi ).
2 2
où FHe ,e et Fair,e sont connus : mesures préalables à l’injection.
84
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
1
1 1 1 1
FHe ,s
F He , s F y
s He , s F
s (eq. II - 4)
y 1He, s
1 2
FHe , s FHe ,e (eq. II - 5)
FHe2 ,e
Fi FHe2 ,e Fair
2
,e (eq. II - 6)
y 1He, s
1
Fi FHe2 ,e 1 1 Fair
2
(eq. II - 7)
y ,e
He, s
de fuite ( Fe3 et Fe4 ), dont la dilution est mesurée en Fs2 et Fs4 par l’analyseur à hélium. Grâce à ces
mesures, et en faisant un bilan sur l’hélium, on peut calculer directement le débit d’air sortant par les
vannes de fuite. A titre d’exemple, est présenté ci-dessous le bilan sur l’hélium pour la vanne de
fuite 2 :
3 2
FHe ,e FHe , s (eq. II - 8)
3 2 2
FHe ,e Fs y He , s (eq. II - 9)
2
où y He ,s est mesuré grâce à l’analyseur en ligne d’hélium.
3
FHe 2
2 2
,e FHe , s Fair, s y He , s (eq. II - 10)
3 2
où FHe ,e FHe , s est mesuré à l’injection.
85
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
F 2
3
FHe 2
,e 1 y He , s
air, s 2 (eq. II - 11)
y He ,s
Ainsi, le débit échangé entre l’aérocanalisation et la colonne d’alimentation peut être déduit
du bilan global sur l’installation. La même démarche est utilisée pour l’installation pilote de 2 m.
Précisons que cette unité pilote ne comporte qu’une vanne de fuite.
Pour un débit de solide donné (paragraphe 4.b de ce chapitre), ces informations permettent
d’évaluer la vitesse de glissement ( U sl ).
L’effet de cette grandeur sur les différents régimes d’écoulements a déjà été explicité dans le
paragraphe 1 du chapitre I.
Le principe de cette mesure repose sur l’analyse de la réponse d’un élément de procédé (ici
la colonne d’expédition) à une perturbation. Dans le cadre de cette étude, la perturbation est
réalisée par l’injection d’un échelon de concentration d’hélium dans le mélangeur situé à la base de
la colonne d’expédition. La réponse à cette perturbation, mesurée en sortie de la colonne, est
enregistrée puis analysée. Précisons qu’elle est exprimée en termes de fraction molaire normée en
hélium. Elle correspond au rapport entre la valeur de la fraction molaire instantanée, et celle
mesurée en régime établi (valeur de palier) :
yt
y normé (eq. II - 12)
y final
Dans le but de réaliser une analyse fine des résultats obtenus, pour chaque essai, la fraction
molaire d’hélium est mesurée respectivement en sortie du mélangeur (signal d’entrée) et en sortie
de la colonne d’expédition (signal de sortie). Notons que le signal d’entrée nous permet de tenir
compte, dans l’exploitation de nos résultats, de la réponse :
86
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
- Du mélangeur.
0,9
0,8
0,7
0,6
Ynormé
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 20 40 60 80 100 120 140
Temps (s)
Figure 2 - 18 : Forme typique d'un échelon de concentration d'hélium injecté et mesuré sur l'installation.
L’un des outils employés pour traiter ces renseignements est un logiciel commercial nommé
DTSPro (copyright PROGEPI, v4.20). Ce logiciel, par déconvolution, isole la forme du signal d’entrée,
pour simuler l’effet du procédé sur le signal de sortie. Ainsi, il est possible de modéliser l’écoulement
dans la colonne d’expédition par un ou plusieurs types de réacteurs, dont les grandeurs
caractéristiques (temps de séjour, volume, nombre de Peclet, …) sont identifiées pour obtenir la
meilleure concordance possible avec les résultats expérimentaux.
Les résultats obtenus grâce à cette étude sont présentés dans le paragraphe 2.b.i(2) du
chapitre III.
87
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Les résultats obtenus grâce à cette étude sont présentés dans le paragraphe 2.a (résultats
trajectoire) du chapitre III.
5. Essais préliminaires.
Ce dernier paragraphe recense les essais préliminaires qui ont dû être pratiqués sur les deux
installations dynamiques avant de pouvoir lancer une quelconque campagne d’essais. Ces essais
préliminaires concernent :
88
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
a. Distributeur.
Le distributeur utilisé est une toile poreuse de 5 mm d’épaisseur. L’évolution de sa perte de
charge en fonction de la vitesse du gaz est déterminée au préalable sur l’aérocanalisation de 2 m de
longueur, en l’absence de solide (figure 2 - 20).
89
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
Cette étude a montré que le comportement du système devient de plus en plus stable
lorsque la colonne d’expédition est déplacée vers le niveau 0. Au-dessous de ce dernier, le système
est parfaitement stable. Pour la suite de l’étude, la base de la colonne d’expédition a été positionnée
à 10 cm de la toile de fluidisation. Ce choix nous permet de pouvoir faire fonctionner les unités dans
une très grande plage de variation des paramètres opératoires sans être gêné par les fluctuations de
l’inventaire de solide dans l’aérocanalisation.
90
Chapitre II : Dispositifs expérimentaux
6. Conclusion.
Ce chapitre est une description complète de la démarche expérimentale entreprise durant
cette étude.
Il débute par une description complète des différentes installations pilotes utilisées :
Cette description détaillée des unités ainsi que de la métrologie utilisée est suivie de la
description complète du protocole expérimental et des différentes méthodologies employées pour la
détermination des flux (gazeux et solides) et trajectoires du gaz dans les différents éléments des
unités.
Enfin, ce chapitre se termine par la présentation des essais préliminaires concernant la perte
de charge du distributeur, le moyen utilisé pour éviter les phénomènes de blocage de l’écoulement à
la base de la trémie, et l’effet de la hauteur de plongée de la colonne d’expédition dans
l’aérocanalisation.
91
Chapitre III : Présentation et discussion des
résultats obtenus.
93
Ce chapitre regroupe les résultats obtenus lors des campagnes d’essais réalisées sur les
installations pilotes dynamiques. Il est divisé en trois grandes parties.
Enfin, les résultats d’une étude portant sur l’effet de différents paramètres opératoires et
géométriques sur la perte de charge par frottement de la suspension gaz-solide à la paroi de la
colonne d’expédition sont présentés dans la troisième partie. Ces résultats ont permis d’établir une
corrélation adimensionnelle permettant d’évaluer le facteur de frottement suspension-paroi.
94
III – Présentation et discussion des résultats obtenus.
95
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
300
280
260
Pression de bulle (mbar)
240
220
200
180 1 2 1 2
160
13 13,5 14 14,5 15 15,5 16 16,5 17 17,5 18
Temps (min)
-1
Figure 3 - 1 : Evolution temporelle de la pression de bulle de l’aérocanalisation (pilote 2m, Q s = 1200 kg.h ,
-1
ua = 0, ØCE = 56 mm, uf = 10 mm.s ).
97
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- Phase 1 (phase passive) : lors d’une étape de montée en pression, la hauteur de solide
augmente dans la colonne d’expédition. Il a été démontré dans le paragraphe 1 du
chapitre II que la hauteur de solide dans cette zone est directement reliée à la pression
de bulle.
Le système retrouve son état initial (phase 1), et les phénomènes se répètent ainsi.
Dans le but d’amortir les oscillations de pression de bulle, une injection d’air localisée
(aération) dans la partie basse de la colonne d’expédition, à quelques centimètres au-dessus du toit
de l’aérocanalisation, est appliquée. La figure 3 - 2 représente l’évolution temporelle de la pression
de bulle pour différents débits d’aération. Ces derniers correspondent à des vitesses superficielles
équivalentes du gaz dans la colonne d’expédition respectivement égales à 3 u mb , 2 u mb , u mb , u mf ,
et 0. Notons que pour ces essais, le débit de solide a été porté à sa valeur maximale, et la vitesse de
fluidisation réglée à 10 mm.s-1.
98
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
300
290
Pression de bulle (mbar) 280 3 Umb 2 Umb Umb Umf Pas d'aération
270
260
250
240
230
220
210
200
300 1300 2300 3300 4300 5300
Temps (s)
On peut clairement observer que l’aération de la colonne d’expédition a un effet direct sur la
valeur moyenne de la pression de bulle et sur l’amplitude de ses fluctuations : plus la valeur de la
vitesse d’aération de la colonne d’expédition est grande, plus la pression moyenne de bulle est basse.
On s’aperçoit également que l’amplitude des oscillations de pression de bulle diminue quand la
vitesse d’aération augmente. La figure 3 - 3 permet de quantifier ces phénomènes.
258 10
Pression moyenne
256 Ecart type moyen 9
8
254
Pression de bulle (mbar)
7
252
Ecart type (mbar)
6
250
5
248
4
246
3
244
2
242 1
240 0
0 Umf Umb 2Umb 3Umb
Vitesse d'aération
Figure 3 - 3 : Evolution de la pression moyenne de bulle et de son écart type avec la vitesse d'aération de la
-1
colonne d'expédition (pilote 2m, débit solide : 1200 kg.h ).
99
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- De réduire la pression moyenne de bulle de 10 mbar (de 256 mbar à 246 mbar).
Il est également important de noter que, quelle que soit la vitesse d’aération, le débit moyen
de solide reste inchangé (1200 kg.h-1). Cela signifie que le débit d’aération permet d’agir sur deux
facteurs : la durée de la phase active (phase 2), et la valeur instantanée du débit de solide. En effet,
l’observation de la figure 3 - 2 montre que lorsque la vitesse d’aération est nulle, le débit de solide
est discontinu, et la durée de la phase active est en moyenne un tiers du temps d’opération.
L’augmentation progressive de la vitesse d’aération permet de réduire la durée de la période passive.
Elle est de la moitié du temps d’opération pour u a u mf et nulle pour u a u mb . Au-delà, le débit
Grâce à ces résultats, nous pouvons conclure que l’aération de la colonne d’expédition
permet :
C’est pour ces raisons que nous avons retenu une vitesse d’aération de la colonne
d’expédition de 3 u mb pour la suite de nos essais.
100
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
1400
1200
1000
Débit de solide (kg/h)
800
600
Zone 1 Zone 2
400
200
Umf Umb
0
4 5 6 7 8 9 10 11 12
Vitesse de fluidisation (mm/s)
Figure 3 - 4 : Evolution du débit de solide en fonction de la vitesse de fluidisation (pilote 2m, u a = 3 umb,
ØCE = 56 mm).
En effet, sur cette figure, on distingue deux zones. Dans la première zone, entre 1,2 u mf et
1,1 u mb , on observe une nette augmentation du débit de solide de 400 kg.h-1 à 1200 kg.h-1. Dans
cette zone, la suspension est en régime de fluidisation homogène, ou particulaire. Ce régime est
caractérisé par une expansion importante et régulière du lit avec la vitesse de fluidisation. Ce
phénomène, réalisé dans un lit à ciel fermé (aérocanalisation) engendre :
- Une augmentation du débit pour un système ouvert. Ceci explique les résultats observés
dans la zone 1 de la figure 3 - 4.
Dans la seconde zone, l’augmentation du débit de solide avec la vitesse de fluidisation est
plus modérée : la suspension est ici en régime de fluidisation hétérogène. Ce régime est caractérisé
par une faible expansion du lit comme nous l’avons déjà présenté dans le chapitre I.
101
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
250
Umf Umb
240
235
230
225
4 5 6 7 8 9 10 11 12
Vitesse de fluidisation (mm/s)
Figure 3 - 5 : Evolution de la pression de bulle en fonction de la vitesse de fluidisation (pilote 2m, ua = 3 umb,
ØCE = 56 mm).
La figure 3 - 5 montre que l’évolution de la pression de bulle n’est pas affectée de manière
significative par la vitesse de fluidisation de l’aérocanalisation. Seule une légère augmentation est à
noter, dont l’origine est attribuée aux frottements de la suspension contre la paroi de la colonne
d’expédition. Cet aspect sera abordé dans la dernière partie de ce chapitre.
Ainsi, le débit d’air de fluidisation de l’aérocanalisation est un paramètre flexible qui permet
de contrôler le débit de solide de manières simple et rapide. En effet cette grandeur, en modifiant le
comportement hydrodynamique de la suspension dans l’aérocanalisation, joue un rôle capital sur la
capacité de l’installation à faire circuler le solide.
Pour la suite de l’étude, la vitesse de fluidisation a donc été fixée à 10 mm.s-1, vitesse à partir
de laquelle l’évolution du débit de solide commence à se stabiliser : la suspension est dans un état de
transition entre les régimes de fluidisation homogène et hétérogène.
c. Paramètres géométriques.
Dans ce paragraphe, nous allons examiner l’effet du débit de solide sur le comportement
hydrodynamique de la suspension dans les colonnes d’expédition de 28 mm et 56 mm de diamètre.
Deux séries d’essais ont été menées. L’une sur le pilote de 2 m de longueur, l’autre sur le pilote de
6 m de longueur. La comparaison entre ces résultats doit nous permettre de mieux comprendre
l’effet du diamètre de la colonne d’expédition de manière explicite et de la longueur de
l’aérocanalisation de manière implicite.
102
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Pour l’ensemble des essais réalisés, les conditions en amont de la vanne écluse restent
strictement identiques (inventaire et débit d’aération de la trémie). Ainsi, pour une longueur
d’aérocanalisation donnée, le débit de solide dépend essentiellement :
Pilote 2 mètres :
- Vitesse d’aération u a = 3 u mb .
Pilote 6 mètres :
- Vitesse d’aération u a = 3 u mb .
103
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
1400
1200
1000
Débit de solide (kg/h)
800
600
400
200
Colonne d'expédition Ø 28 mm
Colonne d'expédition Ø 56 mm
0
0 5 10 15 20 25
Réglage de la vanne écluse (-)
Figure 3 - 7 : Evolution du débit de solide en fonction de la commande de la vanne écluse (pilote 2m,
-1
ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
104
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
1800
1600
1200
1000
800
600
400
Figure 3 - 8 : Evolution du débit de solide en fonction de la commande de la vanne écluse (pilote 6m,
-1
ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
105
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
280
270
Pression moyenne de bulle (mbar)
260
250
240
230
220
210
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
200
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Débit solide (kg/h)
Figure 3 - 9 : Pression de bulle en fonction du débit de solide et de la géométrie du système (pilote 2m,
-1
ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
300
290
Pression moyenne de bulle (mbar)
280
270
260
250
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
240
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Débit solide (kg/h)
Figure 3 - 10 : Pression de bulle en fonction du débit de solide et de la géométrie du système (pilote 6m,
-1
ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
Ces résultats peuvent être expliqués par l’effet du diamètre de la colonne d’expédition et du
débit de solide sur la vitesse de la suspension dans la colonne. Cette dernière, en agissant sur le
106
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
frottement suspension-paroi, modifie la pression de bulle. Pour illustrer ce phénomène, nous avons
représenté l’évolution de la pression moyenne de bulle en fonction du débit massique unitaire du
solide dans la colonne d’expédition (figure 3 - 11 et figure 3 - 12). Le débit massique unitaire est
défini comme le rapport entre le débit massique de solide et l’aire de la section droite de la colonne
d’expédition.
280
270
Pression moyenne de bulle (mbar)
260
250
240
230
220
210
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
200
0 100 200 300 400 500 600
Débit surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 11 : Pression moyenne de bulle en fonction du débit unitaire de solide (pilote 2m, ua = 3 umb,
-1
uf = 10 mm.s ).
300
290
Pression moyenne de bulle (mbar)
280
270
260
250
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
240
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Débit surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 12 : Pression moyenne de bulle en fonction du débit unitaire de solide (pilote 6m, ua = 3 umb,
-1
uf = 10 mm.s ).
107
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Ces figures montrent que la pression de bulle augmente avec le débit massique unitaire de
solide d’une part, et qu’elle est quasiment indépendante du diamètre de la colonne d’autre part.
54
Ecart pression boite à vent - pression de bulle
52
50
(mbar)
48
46
44
42
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
40
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Débit solide (kg/h)
Figure 3 - 13 : Ecart entre la pression de la boite à vent et la pression de bulle en fonction du débit de solide
-1
et du diamètre de la colonne d’expédition (pilote 2m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
pilotes étant équipées de dispositifs de dégazage (vannes de fuite), leur position d’ouverture-
fermeture impacte directement la répartition du gaz dans les différentes sorties du système (colonne
d’expédition, colonne d’alimentation, vannes de fuite) qui à son tour impacte le débit de solide.
Ainsi, l’effet de la longueur de l’aérocanalisation est toujours couplé à la politique de dégazage de
l’unité.
Pour cette série d’essais, la vitesse de rotation de la vanne à écluses est fixée à 7,5 t.min -1.
Tous les essais réalisés sur l’installation pilote de 6 mètres ont été effectuées avec les vannes de fuite
VF1 et VF2 entrouvertes. L’installation pilote étant équipée d’une vanne de fuite de type ‘quart de
tour’, seules quatre positions (peu précises) ont pu être testées : ouverte (O), ouverte au trois quarts
(3/4O), ouverte au quart (1/4O), et fermée (F). A contrario, les essais réalisés sur l’installation de
2 mètres ont été réalisés avec la vanne de fuite fermée (VF1). Le tableau 12 regroupe le débit de
solide et la pression de bulle obtenus pour les différentes configurations testées.
On peut y voir que la position des vannes de fuite, et par conséquent le débit d’air traversant
chaque sortie du système, influe de manière significative sur le débit de solide. Une fermeture
progressive de la vanne de fuite VF2 conduit à une augmentation du débit de solide qui à son tour
entraine, comme vu précédemment, une légère augmentation de la pression moyenne de bulle
109
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
(comparaison des essais 1 à 3 et 7 à 9). Il semble également important de noter que la fermeture
totale de la vanne VF2 (essais 3 et 4, et 9 et 10) a un effet inverse. En effet, une légère diminution du
débit est notée dont l’origine peut être expliquée par le passage préférentiel du gaz de bulle vers la
colonne d’alimentation. Ce dernier, en augmentant la porosité de la suspension alimentant la vanne
à écluses, réduit le débit de solide.
Une comparaison peut être faite entre les essais 5 et 6 : ici, toutes les vannes de dégazage
sont fermées, et l’air de fluidisation de la section horizontale ne s’échappe que par les colonnes
d’alimentation et d’expédition. On peut noter une augmentation de plus de 100% du débit de solide
lorsque la longueur de l’aérocanalisation passe de 2 m à 6 m. Il est une fois de plus important de
noter que le débit de gaz à évacuer du pilote de 6 mètres est 3 fois supérieur à celui à évacuer du
pilote de 2 mètres.
d. Conclusions.
Les résultats présentés dans la première partie de ce chapitre ont pour but de mettre en
évidence l’influence des paramètres suivants sur la stabilité et le fonctionnement global du système :
- Conditions de dégazage.
110
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- Le goulot d’étranglement du débit de solide pour toutes les géométries étudiées est la
vanne à écluses. Cet organe sert à contrôler/limiter le débit de suspension.
- La pression de bulle augmente peu avec le débit de solide pour les différentes
géométries étudiées. Sa valeur est essentiellement fixée par la hauteur de la colonne
d’expédition.
- Le diamètre de la colonne d’expédition n’a pas d’effet sur le débit de solide, mais sa
réduction entraine une augmentation de la perte de charge du système. Cependant,
cette dernière est indépendante du débit massique surfacique de solide.
Les essais ont été exclusivement réalisés sur le pilote dynamique de 2 mètres dans les
conditions suivantes :
111
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Les points d’injection et de détection utilisés sont explicités dans le paragraphe 4.c.iii du
chapitre II, et rappelés dans le tableau 13 et sur la figure 3 - 14. Les indices ‘amont’ et ‘aval’ prennent
en compte le sens de circulation du solide.
Le premier essai pratiqué consiste à injecter un débit connu d’hélium dans le ciel gazeux de
l’installation (côté aval, position i1) et à réaliser sa détection en sortie de la colonne d’expédition
112
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
(position d2) (essai [1]). Grâce au protocole présenté dans le paragraphe 4.c.i(1) du chapitre II, le
débit de gaz traversant la colonne d’expédition est déterminé au préalable. Il est donc possible de
connaitre, grâce à la mesure de la fraction molaire en hélium, le pourcentage du débit de traceur
passant par la colonne d’expédition.
Lors de cet essai, moins de 5% du débit d’hélium injecté est détecté en sortie de la colonne
d’expédition. Il est donc évident de conclure que le gaz présent dans la bulle n’est transféré que très
peu vers la suspension : seule une très faible partie du gaz de bulle se retrouve entrainée par le
solide vers la colonne d’expédition sous forme de gaz interstitiel.
Afin de proposer une trajectoire d’évacuation du gaz de bulle, deux autres essais sont
pratiqués (essais [2] et [3]). Le point d’injection reste inchangé (bulle côté aval i1), mais la détection
se fait en deux points distincts de la suspension : amont (d3) et aval (d4). Il est impossible, dans ces
deux cas, de quantifier le débit de traceur en ces deux points car le débit de gaz y est inconnu.
Cependant, les deux fractions molaires en hélium mesurées, 2,8% et 1% respectivement pour les
côtés amont et aval, permettent de proposer une trajectoire empruntée par le gaz se trouvant dans
la bulle. Cette trajectoire est représentée sur la figure 3 - 15.
Figure 3 - 15 : Trajectoire du gaz proposée grâce aux essais [1], [2] et [3].
Il a été montré auparavant que l’hélium injecté dans la bulle n’est transféré que très peu vers
la suspension. Il va donc transiter dans le ciel gazeux (trajectoire a). Pour sortir du système, la vanne
de fuite étant fermée, le gaz doit passer sous le barrage situé au niveau de la colonne d’alimentation
(trajectoire b). Lors de ce passage, le gaz circule à contre-courant de la suspension dense provenant
de la colonne d’alimentation. Ceci engendre l’entrainement d’une partie du gaz dans les interstices
de la phase dense (trajectoire c). La détection d’hélium en amont de la suspension confirme cette
hypothèse. Au fur et à mesure que la suspension se déplace le long de l’aérocanalisation, il se produit
113
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
un échange continu du gaz de la suspension vers la bulle (trajectoire d). Ce phénomène conduit à une
diminution de la fraction molaire d’hélium dans la phase dense. La détection d’hélium en aval de la
suspension (d4) confirme ce résultat. En sortie de l’installation (entrée de la colonne d’expédition), le
gaz contient une faible quantité d’hélium, mesurée lors de l’essai [1], qui n’a pas pu transférer vers la
bulle durant son parcours (trajectoire e).
Afin de vérifier la véracité de l’hypothèse que le gaz interstitiel de la suspension est transféré
vers la bulle lors de son passage dans l’aérocanalisation, les essais [4] et [5] sont réalisés. Ils
consistent en la détection, dans la colonne d’expédition, d’une quantité d’hélium injectée au sein
même de la suspension (côtés amont et aval). Lors de ces essais, 35% du débit d’hélium injecté en
aval traverse la colonne d’expédition. Ce pourcentage n’est que de 13% lorsque l’injection est
pratiquée en amont. La différence entre ces 2 valeurs confirme l’hypothèse que le gaz interstitiel est
transféré vers le ciel gazeux au cours de l’avancement de la suspension dans l’aérocanalisation.
L’ensemble de ces résultats confirment que le gaz suit, dans l’aérocanalisation, la trajectoire
indiquée sur la figure 3 - 15. Ils confirment également que le transfert de gaz se fait majoritairement
de la suspension vers le ciel gazeux. Le transfert dans le sens inverse ne se fait que très peu, par
entrainement du gaz lorsqu’il transite vers la colonne d’alimentation.
toujours restée fermée, et la position des vannes de fuite de l’installation de 6 mètres est resté
inchangée (VF1 et VF2 entrouvertes).
Q gCE,mf g . mf
(eq. III - 1)
Qsolide p .(1 mf )
Pour la seconde (Hypothèse mb) le calcul est effectué en supposant que la suspension
pénétrant dans la colonne d’expédition est au minimum de bullage :
Q gCE,mb g . mb
(eq. III - 2)
Qsolide p .(1 mb )
Tableau 14 : Effets du débit de solide sur le débit gazeux entrainé vers la colonne d’expédition : régulation
-1
par la vitesse de rotation de la vanne écluse (pilote 2m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s , vanne de fuite fermée).
1
1 Qair
Qsolide Gsolide Qair ,s
Réglage VE
,s
Qsolide
-1 -2 -1 -1
(kg.h ) (kg.m .s ) (kg.h )
(-)
Colonne d’expédition diamètre 28 mm
20 1155 521 1,938 0,00168
17 937 423 1,495 0,00160
15 791 357 1,253 0,00158
13 646 291 0,832 0,00129
10 427 193 0,503 0,00118
7 209 94 0,212 0,00101
5 63 28 0,065 0,00103
115
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Tableau 15 : Effets du débit de solide sur le débit gazeux entrainé vers la colonne d’expédition : régulation
-1
par la vitesse de rotation de la vanne écluse (pilote 6m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
1
1 Qair
Qsolide Gsolide Qair ,s
Réglage VE
,s
Qsolide
-1 -2 -1 -1
(kg.h ) (kg.m .s ) (kg.h )
(-)
Colonne d’expédition diamètre 28 mm
20 1552 700 2,064 0,00133
17 1300 586 1,688 0,00130
15 1132 511 1,392 0,00123
14 1048 473 1,250 0,00119
13 964 435 1,162 0,00121
12 880 397 1,041 0,00118
11 796 359 0,879 0,00110
10 712 321 0,724 0,00102
9 628 283 0,642 0,00102
8 544 245 0,507 0,00093
7 460 207 0,442 0,00096
6 376 169 0,371 0,00099
5 292 132 0,300 0,00103
4 208 94 0,179 0,00086
Colonne d’expédition diamètre 56 mm
20 1893 213 1,818 0,00096
15 1390 157 1,344 0,00097
10 888 100 0,860 0,00097
6 485 55 0,455 0,00094
116
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
1,8E-03
2m CE Ø 28 mm
1,7E-03 2m CE Ø 56 mm
Hypothèse mf
Taux d'entrainement du gaz (-) 1,6E-03 Hypothèse mb
1,5E-03
1,4E-03
1,3E-03
1,2E-03
1,1E-03
1,0E-03
9,0E-04
8,0E-04
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Débit massique solide (kg/h)
Figure 3 - 16 : Evolution du taux d’entrainement du gaz dans la colonne d’expédition avec le débit massique
-1
de solide (pilote 2m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
1,4E-03
6m CE Ø 28 mm
6m CE Ø 56 mm
Hypothèse mf
1,3E-03
Hypothèse mb
Taux d'entrainement du gaz (-)
1,2E-03
1,1E-03
1,0E-03
9,0E-04
8,0E-04
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Débit massique solide (kg/h)
Figure 3 - 17 : Evolution du taux d’entrainement du gaz dans la colonne d’expédition avec le débit massique
-1
de solide (pilote 6m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
- Lorsque le débit de solide est faible, inférieur à 400 kg.h-1 pour le pilote de 2 mètres et
800 kg.h-1 pour le pilote de 6 mètres, les débits de gaz entrainés dans la colonne
117
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- Lorsque le débit de solide est supérieur aux valeurs indiquées ci-dessus, les flux gazeux
entrainés dépassent ceux estimés au minimum de bullage.
Afin de comparer l’ensemble de ces données, nous avons décidé de représenter le taux
d’entrainement en fonction du débit massique surfacique de solide (figure 3 - 18 et figure 3 - 19).
1,8E-03
2m CE Ø 28 mm
1,7E-03 2m CE Ø 56 mm
Hypothèse mf
1,6E-03 Hypothèse mb
Taux d'entrainement du gaz (-)
1,5E-03
1,4E-03
1,3E-03
1,2E-03
1,1E-03
1,0E-03
9,0E-04
8,0E-04
0 100 200 300 400 500 600
Débit massique surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 18 : Evolution du taux d’entrainement du gaz dans la colonne d’expédition avec le débit massique
-1
surfacique de solide (pilote 2m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
1,4E-03
6m CE Ø 28 mm
6m CE Ø 56 mm
Hypothèse mf
1,3E-03 Hypothèse mb
Taux d'entrainement du gaz (-)
1,2E-03
1,1E-03
1,0E-03
9,0E-04
8,0E-04
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Débit massique surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 19 : Evolution du taux d’entrainement du gaz dans la colonne d’expédition avec le débit massique
-1
surfacique de solide (pilote 6m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
118
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- 1er régime, à de faibles débits surfaciques (jusqu’à 150 kg.m-2.s-1 pour le pilote dynamique
de 2 mètres, et 250 kg.m-2.s-1 pour le pilote dynamique de 6 mètres), le taux
d’entrainement reste constant. Sa valeur, de l’ordre de 0,001, est proche de celle
pouvant être entrainée par la suspension au minimum de fluidisation.
119
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Figure 3 - 20 : Conséquence sur la suspension de la régulation du débit solide par modification de la vitesse
de rotation de la vanne à écluses.
Par ailleurs, ces explications sont en accord avec les résultats obtenus lors de la
trajectographie de l’installation présentée dans le paragraphe 2.a. Ils montrent que le traceur injecté
dans la suspension dense de l’aérocanalisation a tendance à être transféré dans deux directions, vers
le ciel gazeux (composante verticale) et vers la colonne d’expédition (composante horizontale). Ainsi,
lorsque la longueur de l’aérocanalisation augmente, le débit de gaz transféré de la suspension vers la
bulle est potentiellement plus important. C’est pour cette raison que la transition de régime mise en
évidence dans ce paragraphe intervient à partir de 150 kg.m-2.s-1 pour le pilote de 2 mètres, et à
partir de 250 kg.m-2.s-1 pour le pilote de 6 mètres : la composante horizontale de vitesse du gaz doit
être plus grande pour que suffisamment de gaz pénètre dans la colonne d’expédition afin d’en
changer le régime d’écoulement.
120
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
comparatif est également représentée sur ces figures l’évolution temporelle du signal d’entrée. Lors
de ces essais, l’installation est démarrée selon le protocole décrit dans le paragraphe 4.a du chapitre
IV. Les vitesses d’aération de la colonne d’expédition et de fluidisation du caisson horizontal sont
maintenues respectivement à la valeur de 3 u mb et 10 mm.s-1.
1,2
0,8
[He]normée
0,6
0,4
Signal d'entrée
Gs = 700 kg/m2/s
0,2 Gs = 511 kg/m2/s
Gs = 321 kg/m2/s
Gs = 169 kg/m2/s
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Temps (s)
Figure 3 - 21 : Evolutions temporelles des fractions molaires normées en hélium à l’entrée et en sortie de la
-1
colonne d’expédition (pilote 6m, ØCE = 28 mm, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
1,2
0,8
[He]normée
0,6
0,4
Signal d'entrée
Gs = 213 kg/m2/s
0,2 Gs = 157 kg/m2/s
Gs = 100 kg/m2/s
Gs = 43 kg/m2/s
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Temps (s)
Figure 3 - 22 : Evolutions temporelles des fractions molaires normées en hélium à l’entrée et en sortie de la
-1
colonne d’expédition (pilote 6m, ØCE = 56 mm, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
Elles montrent que l’augmentation du débit massique surfacique de solide se traduit par une
diminution du temps de retard de la réponse du système d’une part, et une réduction de l’amplitude
121
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
des oscillations de la fraction normée en hélium en régime permanent d’autre part. Elles montrent
que le système est d’autant plus stable que le débit massique surfacique est grand.
- t10 est le temps nécessaire pour que la fraction molaire du traceur en sortie atteigne 10%
de sa valeur moyenne sur le palier.
- t 90 est le temps nécessaire pour que la fraction molaire du traceur en sortie atteigne 90%
de sa valeur moyenne sur le palier.
- t 50 est le temps nécessaire pour que la fraction molaire du traceur en sortie atteigne 50%
de sa valeur moyenne sur le palier.
A partir de ces données, nous avons défini un temps caractéristique, t E t 90 t10 , qui
donne des indications sur l’étalement de la réponse en régime dynamique. En normant la valeur de
cette grandeur, (t E ) sortie , par rapport au temps caractéristique du signal d’entrée, (t E ) entrée , il est
(t E ) sortie
tE (eq. III - 3)
(t E ) entrée
En effet, plus ce rapport est proche de 1, plus l’écoulement est proche du piston.
122
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
3,0
CE Ø 56 mm
CE Ø 28 mm
2,5
2,0
tE (-)
1,5
1,0
0,5
0,0
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Débit surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 23 : Etalement normé de la distribution du signal de sortie (résultats de DTS) en fonction du débit
-1
massique surfacique de solide dans la colonne d’expédition (pilote 6m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
L’effet du débit de solide sur ces temps caractéristiques est représenté respectivement sur la
figure 3 - 24 et la figure 3 - 25 pour les colonnes d’expédition de 28 mm et de 56 mm de diamètre.
35
td CE Ø 28 mm
ts CE Ø 28 mm
30
25
20
Temps (s)
15
10
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
Débit de solide (kg/h)
Figure 3 - 24 : Effet du débit de solide sur le temps de séjour moyen du gaz dans la colonne d’expédition et le
-1
retard pur (résultats de DTS, pilote 6m, ØCE = 28 mm, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
123
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
45
td CE Ø 56 mm
40 ts CE Ø 56 mm
35
30
Temps (s)
25
20
15
10
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Débit de solide (kg/h)
Figure 3 - 25 : Effet du débit de solide sur le temps de séjour moyen du gaz dans la colonne d’expédition et le
-1
retard pur (résultats de DTS, pilote 6m, ØCE = 56 mm, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
Grâce au temps de séjour moyen, nous avons calculé la vitesse moyenne de la phase gazeuse
dans la colonne d’expédition. Elle est donnée par la relation :
u g , DTS H
ts (eq. III - 4)
0,18
0,16
0,14
0,12
Vitesses (m/s)
0,10
0,08
0,06
0,04
0,02 us CE Ø 28 mm
us CE Ø 56 mm
0,00
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Débit de solide (kg/h)
Figure 3 - 26 : Vitesse moyenne du gaz dans la colonne d’expédition (résultats de DTS) en fonction du débit
-1
de solide (pilote 6m, ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
124
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
On observe sur ces figures que le temps de séjour du gaz diminue de manière asymptotique
avec l’augmentation du débit de solide. Pour des valeurs du débit de solide supérieures à 1000 kg.h-1,
il est quasi-indépendant de ce facteur. En ce qui concerne le diamètre de la colonne d’expédition, la
figure 3 - 24 montre que son augmentation amplifie l’effet du débit de solide sur le temps de séjour.
A titre d’exemple, pour la colonne de 56 mm de diamètre, le temps de séjour passe de 42 s à 22 s
lorsque le débit de solide passe de 400 kg.h-1 à 1900 kg.h-1, alors que pour la colonne de 28 mm de
diamètre, sa valeur ne varie que de 29 s à 23 s.
Concernant la vitesse moyenne du gaz, son évolution avec le débit de solide est directement
liée à celle du temps de séjour moyen. Pour la colonne d’expédition de 56 mm de diamètre, une
augmentation du débit de solide de 400 kg.h-1 à 1900 kg.h-1 augmente la vitesse moyenne de la
phase gazeuse de 0,07 m.s-1 à 0,15 m.s-1. La faible évolution de la vitesse moyenne de la phase
gazeuse avec le diamètre de la colonne ainsi que le débit de solide au-delà de 1000 kg.h-1 peut être
expliquée par le comportement hydrodynamique de la suspension dans la colonne d’expédition.
0, 3. z
Dc
d b d b max d b max .e (eq. III - 5)
avec
d b max 0,64. Ac .(U g U mf ) 0, 4
(eq. III - 6)
125
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
25
20
Diamètre des bulles (mm)
15
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 3 - 27 : Evolution du diamètre d'une bulle dans la colonne d'expédition (pilote 6m, Ø CE = 28 mm,
-1
usl = 0,4 m.s ).
0,4
0,35
0,3
Vitesse des bulles (m/s)
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 3 - 28 : Evolution de la vitesse d'une bulle dans la colonne d'expédition (pilote 6m, Ø CE = 28 mm,
-1
usl = 0,4 m.s ).
126
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Ces figures montrent que la taille ainsi que la vitesse des bulles augmentent très rapidement
sur une hauteur de 50 cm pour atteindre leur valeur maximale. La valeur maximale du diamètre des
bulles est comparable au diamètre de la colonne.
D’une manière générale, lorsque le diamètre des bulles atteint 40% du diamètre de la
colonne, son comportement est influencé par la paroi. Ce régime hydrodynamique est appelé régime
de pistonnage. Par ailleurs, selon Stewart et Davidson (1967), la transition entre le régime de bullage
et le régime de pistonnage se fait lorsque la vitesse de bulle devient comparable à une vitesse
caractéristique U b ,mp donnée par la relation :
U b,mp u mf 0,07.g.Dc
1/ 2
(eq. III - 8)
Kunii et Levenspiel (1991) et Matsen et al. (1969) ont proposé la relation empirique suivante
pour estimer la vitesse d’ascension des pistons :
Comme on peut le constater, la vitesse d’ascension des pistons ne dépend que du diamètre
de la colonne. A partir de cette relation, nous avons estimé la vitesse d’ascension des pistons pour les
deux colonnes d’expéditions utilisées. Sa valeur est respectivement :
L’ordre de grandeur de ces deux temps d’ascension des pistons correspond à ceux mesurés
par DTS de la phase gaz ( t d et t s ) à hauts débits. L’écart observé correspond probablement à la non-
idéalité de l’écoulement, et surtout à l’échange de gaz entre la phase bulle et la phase dense.
Dans le but de prendre en compte la non-idéalité de notre système, les mesures de DTS
gazeuse sont exploitées grâce au logiciel DTSPro (paragraphe 4.c.ii du chapitre II). Il permet, à partir
127
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
des signaux d’entrée et de sortie de l’hélium mesurés sur les colonnes d’expédition, de simuler son
comportement hydrodynamique en l’assimilant à un réacteur de type piston à dispersion axiale.
C C 2C
Ug. Daxiale. 2 (eq. III - 10)
x t x
Avec Daxiale le coefficient de dispersion axiale (supposé constant sur toute la longueur de la
concentration en hélium.
U g .H x
En considérant les paramètres adimensionnels Pe et z , avec H la hauteur
Daxiale H
de la colonne d’expédition, cette équation peut s’écrire :
1 C 1 2 C C
. . (eq. III - 11)
z .Pe z 2 t
Le logiciel DTSPro optimise le nombre de Peclet, Pe , ainsi que le temps de séjour, , afin
que la simulation s’approche au mieux des résultats expérimentaux.
L’ensemble des résultats est présenté dans le tableau 16. Par ailleurs, sur la figure 3 - 29 et la
figure 3 - 30 est représenté l’effet du débit de solide sur le temps de séjour du gaz calculé. Sur les
mêmes figures sont aussi portés les résultats obtenus par DTS ( t d et t s ).
128
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
30
28
26
24
22
Tau (s)
20
18
16
14
Temps de séjour logiciel
12 ts DTS
td DTS
10
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
Débit de solide (kg/h)
Figure 3 - 29 : Evolution du temps de séjour calculé par le logiciel DTSPro et des temps caractéristiques
obtenus par DTS avec le débit de solide dans la colonne d’expédition (ØCE = 28 mm).
45
40
35
30
25
Tau (s)
20
15
10
Figure 3 - 30 : Evolution du temps de séjour calculé par le logiciel DTSPro et des temps caractéristiques
obtenus par DTS avec le débit de solide dans la colonne d’expédition (Ø CE = 56 mm).
129
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
On remarque que le nombre de Peclet augmente avec le débit de solide, indiquant que
l’écoulement se rapproche de celui d’un piston. Par ailleurs, le temps de séjour calculé par ce logiciel
suit la même allure que celui obtenu expérimentalement avec un accord satisfaisant. En effet, on
remarque que le modèle piston à dispersion axiale ne sous-estime que très légèrement (de l’ordre de
quelques pourcents) les valeurs obtenues expérimentalement.
A partir de l’ensemble de ces résultats, on peut conclure que lorsque le débit de solide est
régulé par la vitesse de rotation de la vanne à écluses, la sur-aération observée pour des débits
supérieurs à 250 kg.m-2.s-1 est à l’origine d’un changement de régime hydrodynamique de la
suspension dans la colonne d’expédition du bullage vers le pistonnage. Dans ce cas, le temps de
séjour du gaz est essentiellement contrôlé par les propriétés des pistons.
(colonne d’expédition, Fs1 , colonne d’alimentation, Fs3 , vanne de fuite VF1, Fs4 , et vanne de fuite
VF2, Fs2 ), grâce au traçage de la phase gazeuse dont le protocole est décrit dans le paragraphe 4.c.i
du chapitre II. A titre comparatif, un essai est également mené sans aucun dégazage intermédiaire de
l’installation (vannes de fuite VF1 et VF2 fermées). Les différentes positions de la vanne de fuite VF2
sont identiques à celles présentées dans le paragraphe 1.c.ii. Les résultats obtenus sont rassemblés
dans le tableau 17.
130
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Ce mode de réglage du débit permet d’assurer de très hauts flux massiques surfaciques
de solide pouvant atteindre 1000 kg.m-2.s-1.
- Une faible influence du débit massique unitaire de solide sur le taux d’entrainement du
1
Qair ,s
gaz ( ), comme le montre la figure 3 - 32. Sa valeur correspond à celle d’une
Qsolide
suspension en régime de fluidisation homogène (degré de vide compris entre celui au
minimum de fluidisation et celui au minimum de bullage). Ce renseignement est très
important en ce qui concerne le dimensionnement d’une unité de transport vertical. Il
permet d’accéder au débit d’air entrainé pour un débit de solide donné. Ces
renseignements sont utiles pour estimer le diamètre de la colonne pour assurer le
transport de solide à des vitesses qui respectent les contraintes fixées par la poudre
(friabilité, résistance mécanique, …). Par ailleurs, lors d’une modélisation, cette
131
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
- Une légère augmentation de la pression de bulle qui est attribuée aux frottements
suspension/paroi dans la colonne d’expédition.
La confrontation des résultats présentés sur la figure 3 - 32 avec ceux obtenus lorsque la
régulation du débit de solide est assurée par la modification de la vitesse de rotation de la vanne à
écluses (figure 3 - 17) montre clairement un changement de mécanisme de transport du solide.
Lorsque la régulation du débit de solide est réalisée par la politique de dégazage, la modification des
forces exercées sur la totalité de la surface de la suspension (interface lit fluidisé/ciel gazeux)
présente dans l’aérocanalisation assure le mouvement vertical de la suspension dans la colonne
d’expédition (figure 3 - 31). C’est pour cette raison que, quel que soit le débit de solide, la suspension
à l’entrée de la colonne d’expédition demeure dans le même état que dans le caisson horizontal :
fluidisé homogène.
Figure 3 - 31 : Conséquence sur la suspension de la régulation du débit solide par une action sur le dégazage.
132
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
0,0018
CE Ø 28 mm
0,0017 CE Ø 56 mm
Hypothèse mf
Taux d'entrainement du gaz (-) 0,0016 Hypothèse mb
0,0015
0,0014
0,0013
0,0012
0,0011
0,0010
0,0009
0,0008
0 200 400 600 800 1000 1200
Débit massique surfacique de solide (kg/m2/s)
Figure 3 - 32 : Evolution du taux d’entrainement du gaz dans la colonne d’expédition avec le débit massique
-1
surfacique de solide lorsqu’il est régulé grâce au dégazage (ua = 3 umb, uf = 10 mm.s ).
on peut estimer les pertes de charge d’une installation existante ou encore dimensionner une
colonne d’expédition.
Dans le but de mieux comprendre la contribution des différents paramètres sur la perte de
charge du système, nous avons écrit les équations de conservation de la quantité de mouvement
pour les phases solide et gaz dans la colonne d’expédition en considérant une seule direction de
transport :
133
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
g . g .u g2 .
P
g . g .g Fg p Fg paroi (eq. III - 12)
g
x x
p .(1 g ).u 2p (1 ).
P
(1 g ). p .g Fg p Fp paroi (eq. III - 13)
g
x x
g . g .u g2 p .(1 g ).u 2p P . g .g (1 g ). p .g Fp paroi Fg paroi
g
x x x
P
g . g .g (1 g ). p .g Fp paroi Fg paroi
g . g .u g2 p .(1 g ).u 2p
x x x
Dans cette relation, les termes d’accélération du gaz et des particules, représentés par
g . g .u g2 p .(1 g ).u 2p
et sont considérés comme négligeables devant les autres termes. En
x x
effet, nos résultats expérimentaux présentés dans le paragraphe suivant, montrent que la porosité
de la suspension dense ne varie pas de manière significative le long de la colonne d’expédition. Ainsi,
en gardant la valeur de la porosité constante, le terme d’accélération de la phase solide est nul ( u p
constant). Pour les plus grandes valeurs de vitesses de gaz mesurées, le terme d’accélération de la
phase gaz ne représente que 4.10-2 Pa.m-1 (négligeable devant les autres termes). Avec cette
simplification, l’équation se résume sous la forme :
P
g . g .g (1 g ). p .g Fp paroi Fg paroi (eq. III - 16)
x
Elle montre que la perte de charge totale dans la colonne d’expédition est la contribution de
deux termes : la pression hydrostatique de la suspension (dépendant de sa hauteur) et les
frottements particules-gaz/paroi. De ce fait, en mesurant la perte de charge totale de la colonne
134
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
d’expédition sans frottement à la paroi (débit solide nul, tout autre paramètre constant), il est
possible de s’affranchir des termes de pression hydrostatique, et donc de déduire les pertes par
frottement, quel que soit le débit solide. La pression que l’on cherche à mesurer à débit nul est
indiquée sur la figure 3 - 33.
Pour ce faire, les mesures de pressions pariétales le long de la colonne d’expédition ont été
effectuées. La figure 3 - 34 représente un exemple type de résultats concernant l’effet du débit de
solide sur les profils axiaux de pression sur l’installation pilote dynamique de 2 mètres.
1250 kg/h
260
1000 kg/h
600 kg/h
240
200 kg/h
220
Pression (mbar)
200
180
160
140
120
100
0 50 100 150 200
Hauteur (cm)
Figure 3 - 34 : Evolution des pressions dans la colonne d’expédition avec la hauteur du capteur, pour
différents débits de solide (pilote dynamique 2 m, colonne d’expédition Ø 56 mm).
135
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Elle montre la faible influence du débit de solide sur les évolutions linéaires de la pression le
long de la colonne. A partir de ces profils et par extrapolation, nous avons déterminé l’ordonnée à
l’origine, ou pression à la base de la colonne d’expédition, P0 à H 0 pour chaque débit de solide
étudié (figure 3 - 35). On remarque que P0 augmente avec le débit de solide. Cette augmentation est
270
265
260
Pression (mbar)
255
250
245
240
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Débit de solide (kg/h)
représente les pertes de charge par frottement à la paroi, provoquées la circulation de la suspension.
Grâce à la relation :
4.L 1
Pfrottements . . p .u 2p . fs (eq. III - 17)
Dc 2
(relation de Fanning, utilisée classiquement pour les fluides), il est possible d‘en déduire la
valeur du facteur de frottement fs pour chaque condition opératoire. Les essais ont été réalisés sur
solide dont la valeur est évaluée pour une porosité moyenne de la suspension de 0,61.
136
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
137
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
On remarque que la perte de charge par frottement augmente avec la vitesse interstitielle du
solide. En ce qui concerne le facteur de frottement, fs , il diminue par exemple de 0,256 à 0,009
lorsque la vitesse du solide passe de 0,04 m.s-1 à 0,61 m.s-1. Ces résultats sont en accord avec ce qui
est classiquement observé dans les écoulements monophasiques. En ce qui concerne l’effet du
diamètre de la colonne d’expédition, on constate que pour la même vitesse de solide, le facteur de
frottement augmente avec le diamètre de la colonne.
Dans le but de généraliser les résultats obtenus, nous avons fait appel à une grandeur
adimensionnelle appelée nombre de Froude :
up
Fr (eq. III - 18)
g.Dc
1000
Expérimental
Modèle
100
Facteur de frottement fs (-)
10
0,1
0,01
0,001
0,0001
0,001 0,01 0,1 1 10
Nombre de Froude Fr (-)
Figure 3 - 36 : Evolution du facteur de frottement à la paroi avec le nombre de Froude : comparaison entre
les valeurs expérimentales et les valeurs issues de la modélisation.
138
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Elle montre une évolution linéaire. Ainsi, nous avons modélisé l’évolution du facteur de
frottement en fonction du nombre de Froude suivant une loi de puissance :
A titre comparatif, nous avons comparé les pertes de charge totales de la colonne
d’expédition calculées grâce à la relation (eq. III - 17) et en introduisant la loi établie pour le facteur
de frottement avec celles calculées par la loi issue des travaux de Wen et Leva (1956) et Wen et
Simons (1959) :
1/ 4
P G dp
2,5. solide
0 , 55
(eq. III - 20)
L up D
c
Cette loi est établie pour le transport vertical de billes de verre et de particules de charbon
en phase dense par de l’air (diamètre des billes de verre : 70 à 280 µm, diamètre des particules de
charbon : 110 à 750 µm). La figure 3 - 37 montre que l’allure de l’évolution de la perte de charge
calculée grâce à cette relation est identique à nos résultats théoriques.
139
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
1800
1600
1200
1000
800
600
400
200 ΔP Wen
ΔP ce travail
0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9
Vitesse du solide (m/s)
Figure 3 - 37 : Comparaison des pertes de charge totales de la colonne d’expédition (diamètre 28 mm)
calculées à l’aide de deux modèles.
4. Conclusions.
Cette partie est consacrée à l’étude de l’influence des paramètres, tant géométriques
qu’opérationnels, sur le comportement du système. Ces paramètres sont :
- La longueur de l’aérocanalisation.
140
Chapitre III : Présentation et discussion des résultats obtenus
Cette étude expérimentale, menée sur deux installations pilotes de configuration différente,
a permis de mieux comprendre le fonctionnement global du système. En effet, dans sa configuration
de base, il fonctionne de manière oscillante. Une aération de la colonne d’expédition permet :
La répartition du gaz dans la section horizontale et ses conditions de dégazage jouent un rôle
majeur sur le fonctionnement de l’aérocanalisation, et plus particulièrement sur le débit de solide.
Etant donné qu’il est impossible de se placer dans des conditions de dégazage similaires lorsque la
longueur de l’installation est modifiée, il est difficile de tirer des conclusions directes concernant
l’effet intrinsèque de la longueur de l’aérocanalisation.
o A haut flux de solide, la taille des bulles de gaz atteint des valeurs comparables à
celle du diamètre de la colonne. Dans ce cas, on assiste à l’établissement d’un
régime de pistonnage. Le temps de séjour du gaz est alors fixé par le temps de
séjour des pistons dans la colonne d’expédition.
142
Chapitre IV : Modélisation.
143
Le dernier chapitre de ce mémoire est consacré à la modélisation des écoulements dans
différentes zones du procédé : colonnes d’alimentation et d’expédition dans notre cas. Il est divisé en
4 sections.
La première section est une description des différentes problématiques pouvant être
rencontrées lors du transport vertical descendant et ascendant d’une suspension dense fluidisée.
144
IV – Modélisation.
145
Chapitre IV : Modélisation
1. Problématiques.
La première partie de ce chapitre est consacrée à la description des problématiques
hydrodynamiques pouvant être rencontrées lors du transport d’une suspension dense dans les
colonnes d’alimentation et d’expédition.
Figure 4 - 1 : Profils type de pression et de vitesse de glissement du gaz dans une colonne d’alimentation.
Cette figure met en évidence une réduction importante du gradient de pression, la force
motrice de l’écoulement, à la base de la colonne. Ce phénomène peut engendrer une réduction du
147
Chapitre IV : Modélisation
débit instantané de solide, voire son blocage et une augmentation de niveau dans la colonne
d’alimentation. Lorsque le poids de l’inventaire solide dans la colonne d’alimentation peut vaincre la
perte de charge imposée en aval, on assiste à un établissement de l’écoulement, mais cette fois-ci à
des débits instantanés très élevés conduisant à la vidange partielle de la colonne. Ces phénomènes
se répètent ainsi. Ce comportement fluctuant du système doit être évité à l’échelle industrielle. En
effet, il peut engendrer la fatigue des éléments mécaniques entrainant une réduction de la durée de
vie de l’unité.
Dans le but de pallier ce phénomène, des injections locales d’air sont pratiquées. Ces
injections, de faible débit, permettent uniquement de compenser la réduction de la vitesse locale du
gaz avec la profondeur. Cependant, un débit d’aération important peut entrainer la formation de
bulles de gaz. Ces dernières, selon leur vitesse, peuvent descendre ou bien s’échapper par le haut de
la colonne. Dans le cas intermédiaire, si la vitesse d’ascension des bulles est identique à celle de la
suspension, elles peuvent stagner dans la conduite. La réduction de la section de passage à l’échelle
locale, provoquée par la présence de bulles stagnantes, conduit à une diminution du débit de solide,
à une augmentation de l’inventaire solide dans la colonne d’alimentation et à un comportement
analogue à celui décrit plus haut pour une suspension non-aérée.
148
Chapitre IV : Modélisation
Cet entrainement des particules dans le sillage des bulles peut faciliter le transport vertical
ascendant. En effet, les résultats expérimentaux présentés dans le chapitre III ont montré que
l’augmentation du débit d’aération dans la colonne d’expédition est bénéfique en ce qui concerne la
stabilité et la perte de charge du système.
149
Chapitre IV : Modélisation
Comme pour l’écoulement vertical descendant, l’objectif de cette partie de l’étude est
l’établissement d’un modèle simple et robuste pouvant être utilisé pour le dimensionnement des
colonnes d’expédition. Il doit permettre de prédire :
- Le débit d’aération.
2. Modélisation.
Dans la littérature, de nombreuses études ont porté sur la modélisation monodirectionnelle
des écoulements gaz/solide (Soo, 1967, Deich et Filippov, 1968, Nakamura et Capes, 1973, Gidaspow
et Solbrig, 1976, Mabrouk, 2006). La majorité de ces études ont pour but de représenter les
écoulements ascendants en phase diluée ou en régime intermédiaire : frontière phase diluée/phase
dense. Leung (1980), a présenté une revue des différents modèles monodirectionnels, ainsi que de
leur domaine de validité en fonction du régime d’écoulement. Cet auteur met en avant l’importance
du coefficient de trainée, ainsi que du facteur de frottement solide/paroi sur les prédictions des
modèles.
Par ailleurs, les travaux de Gauthier et Ross (1998), Bodin et al. (2002), et Tavares (2010),
portant sur l’écoulement vertical dense descendant des particules de FCC dans un standpipe, ont
montré qu’une approche théorique monodirectionnelle permet de représenter le comportement
hydrodynamique de la suspension en régime de fluidisation homogène.
- Phase sillage (constituée de gaz et de particules solides, ayant la même porosité que celle
de l’émulsion).
150
Chapitre IV : Modélisation
Figure 4 - 4 : Répartition des différentes phases dans le modèle : B = Bulle (gaz), E = Emulsion (gaz +
particules), S = Sillage (gaz + particules).
Cette approche a été généralisée pour les deux cas étudiés (écoulements descendant et
ascendant) en apportant certaines modifications au modèle. Dans le cas d’un écoulement vertical
dense descendant, nous avons négligé la contribution de la phase bulle et de son sillage. En effet,
pour ce cas, la vitesse de glissement reste inférieure à la vitesse minimale de bullage. La loi de
fermeture utilisée (décrite dans le paragraphe suivant) est déduite de nos résultats expérimentaux.
Dans le cas de l’écoulement dense vertical ascendant, les équations de fermeture, permettant de
prédire le comportement des bulles dans la suspension, sont des relations empiriques tirées de la
bibliographie.
b. Mise en équations.
En régime permanent, les équations du modèle se résument comme suit :
g . g .u g G (eq. IV - 1)
a
x
151
Chapitre IV : Modélisation
p .(1 g ).u p 0 (eq. IV - 2)
x
g . g .u g2 p .(1 g ).u 2p P . g .g (1 g ). p .g ( Fp paroi Fg paroi)
g
x x x
(eq. IV - 3)
Dans ce dernier terme, le frottement suspension/paroi est calculé par la relation (eq. III – 21)
présentée dans le paragraphe 3 du chapitre III. Notons que l’expression du facteur de frottement est
déduite de nos propres résultats.
Comme nous avons expliqué dans le chapitre III, les termes d’accélération sont négligeables
dans la relation (eq. IV - 3). Grâce à cette hypothèse, l’équation de conservation de la quantité de
mouvement se simplifie sous la forme :
P
(1 g ). p .g g . g .g ( Fp paroi Fg paroi) (eq. IV - 4)
x
A chaque bulle est associé un sillage qui se déplace à la même vitesse. A partir de ces
hypothèses, on peut exprimer les grandeurs citées ci-dessous.
152
Chapitre IV : Modélisation
o Débit massique :
Qg u g . g . g . Ac (eq. IV - 6)
o Débit massique.
P.M
g (eq. IV - 9)
R.T
- Porosité globale :
- Taux de solide :
où b est la fraction volumique du lit occupée par les bulles, e , la porosité de la phase
émulsion, f w , la fraction volumique des bulles occupée par le sillage. En accord avec les résultats
de la bibliographie, la valeur de cette grandeur est fixée à 0,3 (Kunii et Levenspiel, 1991).
g p 1 (eq. IV - 12)
153
Chapitre IV : Modélisation
En ce qui concerne les propriétés des bulles, grandeurs indispensables pour la modélisation
des écoulements verticaux denses ascendants, elles sont déduites des corrélations bibliographiques
rappelées ci-dessous.
- La vitesse d’ascension des bulles est déterminée par la relation de Davidson et Harrison
(1963) en remplaçant la vitesse du gaz par la vitesse de glissement locale :
- Le diamètre des bulles est estimé par la relation de Mori et Wen (1975) en remplaçant la
vitesse du gaz par la vitesse de glissement locale :
0, 3. z
Dc
d b d b max d b max .e (eq. IV - 14)
avec d b max 0,64. Ac .(u sl u mf )
0, 4
.
- Vitesses superficielles :
o Gaz : U g g .u g .
o Solide : U p p .u p .
P
p .g.(1 g ) (eq. IV - 15)
x
- Lorsque la suspension n’est pas fluidisée ( u sl u mf ), il peut être exprimé par la relation
d’Ergun (1952) modifiée par Yoon et Kunii (1970), en utilisant la vitesse de glissement
pour déterminer le gradient de perte de charge dans un lit mobile :
(eq. IV - 16)
x d p2 . g
3
d p . g
3
Notons que ce dernier cas n’est considéré que lors de la modélisation des écoulements
verticaux denses descendants.
154
Chapitre IV : Modélisation
Dans les deux cas de figure, écoulement fluidisé ou non fluidisé, il est nécessaire de connaitre
la vitesse de glissement pour connaitre l’état de la suspension afin de déterminer la pression : ces
deux paramètres sont un résultat du problème et non une donnée d’entrée. Il est ainsi nécessaire de
trouver une méthode de résolution permettant de calculer simultanément les profils de pression et
de vitesse le long de la canalisation. En mécanique des fluides, de nombreux algorithmes existent
pour résoudre ce couplage pression/vitesse (PISO, SIMPLE, …). Dans notre étude, nous utiliserons
une méthode empirique, basée sur une équation de fermeture liant deux paramètres de la
suspension. Ces équations peuvent être classées en deux catégories distinctes :
- Les corrélations empiriques, pouvant être appliquées, avec des risques d’erreur, à une
famille de poudres. Dans cette catégorie, on peut citer comme exemples les corrélations
établies par :
u mf U b mf
u sl . (eq. IV - 17)
1
U mf U mb
U mf mf mb (eq. IV - 18)
u sl ( n mf
n
).
n
mf n
mb
- Les corrélations établies pour une poudre donnée. Selon Leung et Jones (1978), elles
peuvent s’écrire sous la forme u sl A. 2 B. C pour des particules de classe A. A
titre d’exemple, pour des particules de FCC, les constantes de cette relation sont
A 8,4 , B 6,66 , C 1,36 .
C’est cette dernière démarche qui a été retenue pour établir l’équation de fermeture.
155
Chapitre IV : Modélisation
dans une colonne d’alimentation industrielle, ainsi que de repérer la hauteur à laquelle des injections
locales d’air doivent être faites pour pallier cette compression.
a. Présentation.
(105000 Pa).
fluidisation, correspondant au lit mobile. De ce fait, nous n’avons pas pris en considération
l’hétérogénéité du système. Ainsi, dans les équations du modèle, la fraction volumique des bulles est
considérée comme nulle.
La résolution des équations du modèle nécessite une loi de fermeture, reliant la porosité du
lit à la vitesse de glissement locale (les deux paramètres clés de la suspension). Elle est déduite de
nos résultats expérimentaux présentés dans le chapitre I, et reproduits ci-dessous (figure 4 - 6). Dans
la plage de vitesses retenue (de 0,9 u mf à 1,1 u mb ), l’évolution de la vitesse de glissement en
fonction de la porosité est modélisée par une loi analogue à celle proposée par Leung et Jones
(1978). Les constantes de cette loi ainsi identifiées sont : A 1,2912 , B 1,4215 , et
C 0,3972 .
156
Chapitre IV : Modélisation
0,64
Données expérimentales
Equation de fermeture
0,63
0,62
Porosité (-)
0,61
0,60
0,59
0,58
0,57
0,000 0,005 0,010 0,015 0,020 0,025 0,030 0,035 0,040 0,045 0,050
Vitesse interstitielle de fluidisation (mm/s)
Figure 4 - 6 : Comparaison des porosités obtenues grâce à l’équation de fermeture avec les valeurs
expérimentales obtenues en régime homogène.
Le processus de résolution du système d’équations est le suivant, pour chaque tranche du lit :
Gp
up (eq. IV - 19)
p (1 g )
u g u sl u p (eq. IV - 20)
o Si mf :
157
Chapitre IV : Modélisation
P
(1 g ). p .g g . g .g ( Fp paroi Fg paroi) (eq. IV - 21)
x i
o Si mf :
(eq. IV - 22)
x i
3 3
d p2 . g d p . g
n
P
P ( x h) P0 (eq. IV - 23)
i 1 x i
- La masse volumique du gaz dans la tranche est tirée de la loi des gaz parfaits suivant
l’expression :
M g .P
g (eq. IV - 24)
R.T
Gg g .U g . g (eq. IV - 25)
G g (n) G g (n 1) G (n 1) G (n)
a a
0 (eq. IV - 26)
x 2 .x
Dans cette dernière expression, on considère que les débits d’aération (lorsqu’ils existent)
sont injectés entre deux tranches, et distribués de façon égale entre ces deux tranches.
Ga (n 1) Ga (n) représente donc le terme d’aération. Si l’équation de continuité du gaz n’est pas
vérifiée, c’est que la valeur de la porosité choisie au départ était mauvaise. Celle-ci va donc être
rectifiée, et tous les calculs seront repris jusqu’à ce que l’équation de continuité du gaz s’annule.
Cette résolution itérative est ensuite appliquée à chaque tranche de colonne d’alimentation
afin d’en connaitre le profil des porosité, vitesse de glissement, et pression. La précision de ce type
de modélisation, applicable à toutes les poudres de la classe A de la classification de Geldart, repose
en partie sur la précision de la relation liant la porosité, , à la vitesse de glissement, u sl .
158
Chapitre IV : Modélisation
A titre informatif, le temps de calcul moyen pour un cas similaire à ceux présentés dans ce
chapitre est d’environ 10 à 15 secondes (hauteur de la colonne : 5,5 m, nombre de cellules : 550).
Tableau 20 : Récapitulatif des paramètres utilisés lors des différentes simulations de la colonne
d’alimentation.
Paramètre Valeur
Porosité au minimum de fluidisation (-) 0,58
Porosité au minimum de bullage (-) 0,626
Vitesse minimale de fluidisation (m.s-1) 0,005
Vitesse minimale de bullage (m.s-1) 0,009
dp (m) 0,000054
Masse volumique des particules (kg.m-3) 2360
Equation de fermeture : A (s2.m-2) 1,291
Equation de fermeture : B (s.m-1) -1,422
Equation de fermeture : C (-) 0,397
Hauteur de la colonne d’alimentation (m) 5,5
Diamètre de la colonne d’alimentation (m) 0,3
Viscosité du gaz (Pa.s) 1,8.10-5
Masse molaire du gaz (g.mol-1) 28
Température (k) 293,15
159
Chapitre IV : Modélisation
5 5 5
4 4 4
Hauteur (m)
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0 0
0,54 0,59 0,64 1,00E+05 1,20E+05 1,40E+05 3,00E-03 8,00E-03 1,30E-02
Porosité (-) P (Pa) Vitesse de glissement (m/s)
Figure 4 - 7 : Profils des porosité, pression, et vitesse de glissement dans la colonne d’alimentation sans
aération externe.
Il est clair, à la vue de ces résultats, que la défluidisation de la suspension survient à environ
4,6 m : c’est à cette hauteur que la porosité devient inférieure à la porosité au minimum de
fluidisation (ligne en pointillés). A cette hauteur, une rupture est également visible sur les profils de
pression et de vitesse de glissement.
Ce type de simulation montre bien qu’une défluidisation peut avoir lieu lors du transport
descendant d’une suspension fluidisée. Cette défluidisation se traduit par une réduction importante
du gradient de pression entre les deux extrémités de la colonne, pouvant influencer le débit de solide
ainsi que l’étanchéité vis-à-vis du gaz provenant des appareils placés en aval.
160
Chapitre IV : Modélisation
Dans le but de maintenir la suspension en état fluidisé, d’autres configurations sont simulées,
où des injections d’air sont placées en paroi de la colonne d’expédition afin de compenser
localement la réduction de la vitesse de glissement.
simulations, la position des prises correspond au niveau pour lequel la vitesse de glissement devient
égale à 0,9 u mf . La figure 4 - 8 et la figure 4 - 9 représentent les résultats de simulations réalisées.
5 5 5
4 4 4
Hauteur (m)
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0 0
0,56 0,58 0,60 0,62 0,64 1,00E+05 1,20E+05 1,40E+05 5,00E-03 1,00E-02 1,50E-02
Porosité (-) P (Pa) Vitesse de glissement (m/s)
Figure 4 - 8 : Profils des porosité, pression, et vitesse de glissement dans la colonne d’alimentation avec une
-1
aération de 1 mm.s .
Elles montrent que le débit d’aération par prise affecte le nombre de prises, la distance entre
ces prises, et le gradient de pression entre les deux extrémités de la colonne. Une augmentation de
la vitesse d’aération par prise de 1 mm.s-1 à 6 mm.s-1 conduit à :
A partir de ces résultats, nous pouvons conclure que pour les deux cas testés, la condition
adéquate correspond à une aération à plus fort débit par prise.
5 5 5
4 4 4
Hauteur (m)
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0
0
1,00E+05 1,20E+05 1,40E+05 5,00E-03 1,00E-02 1,50E-02
0,56 0,58 0,60 0,62 0,64
Porosité (-) P (Pa) Vitesse de glissement (m/s)
Figure 4 - 9 : Profil des porosité, pression, et vitesse de glissement dans la colonne d’alimentation avec une
-1
aération de 6 mm.s .
162
Chapitre IV : Modélisation
5 5 5
4 4 4
Hauteur (m)
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0 0
0,56 0,58 0,60 0,62 0,64 1,00E+05 1,20E+05 1,40E+05 5,00E-03 1,00E-02 1,50E-02
Figure 4 - 10 : Profil idéaux des porosité, pression, et vitesse de glissement dans la colonne d’alimentation.
163
Chapitre IV : Modélisation
3,5
3
Hauteur (m)
2,5
1,5
0,5
1ere injection
0 2eme injection
50 3eme injection
55 60 70 80 90 100 150 200
Débit massique surfacique de solide (kg/m2/s)
En tenant compte du sens positif de l’écoulement (du bas vers le haut), l’augmentation du
débit descendant de solide conduit à une diminution de sa vitesse. Ainsi, pour une vitesse de
glissement fixée au minimum de fluidisation, l’augmentation du débit massique surfacique de solide
conduit à une diminution de la vitesse interstitielle du gaz. Autrement dit, dans le cas d’une colonne
non aérée, cela correspond à une apparition de phénomènes de défluidisation à des distances plus
grande par rapport au point d’alimentation en solide. Ceci explique le déplacement des premières
prises d’injection vers la base de la colonne avec l’augmentation du débit massique surfacique de
solide.
164
Chapitre IV : Modélisation
Par ailleurs, ces résultats théoriques montrent que lorsque le débit massique unitaire devient
supérieur à 100 kg.m-2.s-1, une seule injection d’air à une vitesse de 6 mm.s-1 est largement suffisante
pour assurer le maintien en fluidisation de la suspension. De plus, la position de cette prise se
déplace vers la sortie de la colonne au fur et à mesure que le débit augmente.
a. Présentation.
l’augmentation du débit de solide se traduit par une augmentation de la vitesse interstitielle du gaz.
Ceci va déplacer la vitesse de transition vers le régime de bullage (fluidisation hétérogène) à des
vitesses superficielles de gaz beaucoup plus importantes.
Par ailleurs, nos résultats expérimentaux ont montré que, dans la plupart des cas, l’état de la
suspension à l’entrée de la colonne d’expédition est celui au minimum de fluidisation (chapitre III).
Ainsi, comme condition aux limites, nous avons supposé que la suspension pénètre dans la colonne
au minimum de fluidisation.
165
Chapitre IV : Modélisation
Les équations du modèle sont discrétisées. Le système d’équations algébriques ainsi obtenu
est traité par la méthode de Newton. Le modèle détermine alors le profil axial de la vitesse
caractéristique et de la porosité des différentes phases (émulsion, sillage, bulle).
Tableau 21 : Récapitulatif des paramètres utilisés lors des différentes simulations de la colonne d’expédition.
Paramètre Valeur
Porosité au minimum de fluidisation (-) 0,58
Porosité au minimum de bullage (-) 0,626
dp (m) 0,000055
Masse volumique des particules (kg.m-3) 2360
Fraction des bulles occupées par le sillage (-)
0,3
(Kunii et Levenspiel, 1991)
Hauteur de la colonne d’alimentation (m) 3,45
Diamètre de la colonne d’alimentation (m) 0,056 et 0,028
Viscosité du gaz (Pa.s) 1,8.10-5
Masse molaire du gaz (g.mol-1) 29
Température (k) 293,15
Dans un second temps, a été examiné l’effet de l’aération et du diamètre de la colonne sur le
comportement de la suspension. Les résultats ainsi obtenus sont comparés aux résultats
expérimentaux disponibles.
166
Chapitre IV : Modélisation
L’ensemble des résultats est consigné sur la figure 4 - 12, figure 4 - 13, figure 4 - 14, et figure
4 - 15.
140000
Masse volumique variable
Masse volumique constante
135000
130000
125000
Pression (Pa)
120000
115000
110000
105000
100000
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
-1
Figure 4 - 12 : Evolution de la pression avec le niveau (Qp = 1000 kg.h , ua = 0, ØCE = 28 mm).
167
Chapitre IV : Modélisation
0,7
Masse volumique variable
Masse volumique constante
0,68
0,66
Porosité globale (-)
0,64
0,62
0,6
0,58
0,56
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
-1
Figure 4 - 13 : Evolution de la porosité globale avec le niveau (Qp = 1000 kg.h , ua = 0, ØCE = 28 mm).
du gaz lors de son ascension dans la colonne conduit donc à une augmentation régulière
du taux de bulles qui à son tour augmente les valeurs de la vitesse de glissement et de la
porosité globale du lit.
168
Chapitre IV : Modélisation
0,04
Masse volumique variable
Masse volumique constante
0,035
0,03
Vitesse de glissement (m/s)
0,025
0,02
0,015
0,01
0,005
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
-1
Figure 4 - 14 : Evolution de la vitesse de glissement avec le niveau (Qp = 1000 kg.h , ua = 0, ØCE = 28 mm).
0,12
Masse volumique variable
Masse volumique constante
0,1
0,08
Taux de bulles (-)
0,06
0,04
0,02
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
-1
Figure 4 - 15 : Evolution du taux de bulles avec le niveau (Qp = 1000 kg.h , ua = 0, ØCE = 28 mm).
celui au minimum de fluidisation. Quant aux particules de la classe A, les travaux bibliographiques ne
s’accordent pas sur la valeur de ce degré de vide (Kunii et Levenspiel, 1991). La revue des différents
modèles fait état de deux hypothèses différentes concernant cette grandeur clé de la modélisation :
Par ailleurs, comme nous l’avons déjà précisé dans le chapitre I, la plupart des auteurs
(Geldart et Wong, 1985, Tavares, 2010) ont admis que cette grandeur peut être évaluée
expérimentalement par la technique de la défluidisation. Ainsi, la valeur de D , définie dans le
chapitre I, est retenue comme étant la valeur du degré de vide de la phase émulsion. Dans notre cas,
les données expérimentales mesurées grâce aux essais de défluidisation montrent une valeur de D
identique à mf . De ce fait, deux types de simulation ont été effectués, dans des conditions
La figure 4 - 16 représente les profils axiaux de pression dans la colonne d’expédition. A titre
de comparaison, ont été ajoutées sur cette figure les données expérimentales obtenues dans les
mêmes conditions.
170
Chapitre IV : Modélisation
135000
εe = εmf
εmf < εe < εmb
130000 Données expérimentales
125000
Pression (Pa)
120000
115000
110000
105000
100000
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 16 : Evolution de la pression avec le niveau, pour différentes hypothèses concernant la porosité de
-1
la phase émulsion (Qp = 1000 kg.h , ua = 3 umb, ØCE = 28 mm).
0,76
0,74
0,72
0,7
Porosité globale (-)
0,68
0,66
0,64
0,62
0,6
0,58 εe = εmf
εmf < εe < εmb
0,56
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 17 : Evolution de la porosité globale avec le niveau, pour différentes hypothèses concernant la
-1
porosité de la phase émulsion (Qp = 1000 kg.h , ua = 3 umb, ØCE = 28 mm).
171
Chapitre IV : Modélisation
Elle montre une élévation de la porosité globale lorsque la porosité de la phase émulsion est
faible (simulation avec e mf ). Ceci peut être attribué à l’augmentation du taux de bulles,
conformément aux hypothèses du modèle : l’excès de gaz par rapport au minimum de fluidisation
transite sous forme de bulles (figure 4 - 18).
0,45
εe = εmf
0,4 εmf < εe < εmb
0,35
0,3
Taux de bulles (-)
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 18 : Evolution du taux de bulles avec le niveau, pour différentes hypothèses concernant la porosité
-1
de la phase émulsion (Qs = 1000 kg.h , ua = 3 umb, ØCE = 28 mm).
De plus, sur la figure 4 - 16, on constate une bonne concordance entre les résultats
expérimentaux et ceux obtenus par le modèle en fixant la porosité de la phase émulsion au minimum
de fluidisation.
172
Chapitre IV : Modélisation
135000
Uinj = 0 mm/s
Uinj = 3 Umb
130000 Uinj = 5 Umb
125000
Pression (Pa)
120000
115000
110000
105000
100000
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
-1
Figure 4 - 19 : Evolution de la pression avec le niveau, en fonction du débit d’aération (Q p = 1000 kg.h ,
ØCE = 28 mm).
0,81
Uinj = 0 mm/s
Uinj = 3 Umb
Uinj = 5 Umb
0,76
Porosité globale (-)
0,71
0,66
0,61
0,56
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
173
Chapitre IV : Modélisation
force motrice nécessaire au fonctionnement du système. A titre comparatif, nous avons également
porté sur cette figure nos résultats expérimentaux obtenus dans les mêmes conditions.
135000
130000
Pression à la base de la CE (Pa)
125000
120000
115000
110000
105000
Pression à la base de la CE - modèle
Pression à la base de la CE - expérimental
100000
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Uaération/Umb
Elle permet de constater que les valeurs calculées s’accordent relativement bien avec les
valeurs mesurées. L’écart observé à des vitesses d’aération élevées peut être attribué à l’effet de ce
facteur sur la porosité de la phase émulsion. Une légère augmentation de cette dernière peut réduire
d’une manière sensible l’écart observé, comme nous l’avons déjà mis en évidence dans le
paragraphe 4.b.ii.
Dans le but de mieux comprendre le mécanisme de transport des particules solides dans la
suspension hétérogène, nous avons calculé, pour la dernière tranche du lit, le taux d’entrainement
du solide dans le sillage des bulles (figure 4 - 22). Ce pourcentage est calculé grâce aux relations :
Qsillage
sillage .100 (eq. IV - 28)
Qtotal
174
Chapitre IV : Modélisation
16
12
10
bulles (%)
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Uaération/Umb
Figure 4 - 22 : Taux d’entrainement du solide dans le sillage des bulles en fonction de la vitesse d’aération
-1
(Qp = 1000 kg.h , ØCE = 28 mm).
La figure 4 - 23 nous informe que la porosité globale est bien plus élevée lorsque le diamètre
de la colonne est faible. En effet, pour un même débit de solide en entrée, les vitesses dans la
colonne d’expédition de 28 mm de diamètre sont plus élevées.
175
Chapitre IV : Modélisation
0,76
Ø 28 mm
0,74 Ø 56 mm
0,72
0,70
Porosité globale (-)
0,68
0,66
0,64
0,62
0,60
0,58
0,56
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Cette forte augmentation de la porosité est due à la valeur du taux de bulle dans le système
(figure 4 - 24). En effet, la porosité de la phase émulsion étant fixée, tout l’excès de gaz est transféré
vers la phase bulle. Cela entraine une forte augmentation de la taille des bulles, et donc de leur
vitesse (figure 4 - 25).
0,45
Ø 28 mm
0,40 Ø 56 mm
0,35
0,30
Taux de bulles (-)
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 24 : Evolution du taux de bulles avec le niveau, en fonction du diamètre de la colonne d’expédition
-1
(Qp = 1000 kg.h , ua = 3 umb).
176
Chapitre IV : Modélisation
0,35
0,3
0,25
Vitesse des bulles (m/s)
0,2
0,15
0,1
0,05
Ø 28 mm
Ø 56 mm
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 25 : Evolution de la vitesse des bulles avec le niveau, en fonction du diamètre de la colonne
-1
d’expédition (Qp = 1000 kg.h , ua = 3 umb).
En se basant sur la relation (eq. IV - 27), on constate que le débit de solide entrainé dans le
sillage des bulles est directement proportionnel au débit gazeux traversant la phase bulle :
U b . b . Ac . L’observation de la figure 4 - 24 et de la figure 4 - 25 montre que la vitesse des bulles est
moins sensible à une modification du diamètre de la conduite que le taux de bulle. On remarque que
le débit volumique unitaire de gaz traversant la phase bulle ( U b . b ) diminue avec l’augmentation du
diamètre de la colonne. Cependant, cette diminution est moins importante que l’augmentation de la
section. Ainsi, l’augmentation du diamètre de la colonne de 28 mm à 56 mm entraine
l’accroissement du taux d’entrainement de solide dans le sillage des bulles de 11% à 23% du débit
total (figure 4 - 26).
177
Chapitre IV : Modélisation
25
Ø 28 mm
20
15
bulles (%)
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
Hauteur (m)
Figure 4 - 26 : Evolution du taux d’entrainement du solide dans le sillage des bulles avec le niveau, en
-1
fonction du diamètre de la colonne d’expédition (Q p = 1000 kg.h , ua = 3 umb).
5. Conclusions.
Ce chapitre est consacré à la présentation des outils théoriques élaborés pour la description
et la compréhension du comportement hydrodynamique des écoulements verticaux denses dans les
colonnes d’alimentation et d’expédition.
Dans un premier temps, les problématiques concernées par ces écoulements sont exposées :
178
Chapitre IV : Modélisation
En ce qui concerne la modélisation des écoulements, elle est réalisée grâce à un modèle
monodirectionnel bulle/émulsion, couramment utilisé pour la simulation des lits fluidisés denses,
auquel sont implantés :
- La compressibilité du gaz.
179
Conclusion générale
Conclusion générale.
L’ensemble des travaux réalisés durant cette étude a pour but de reproduire, de
comprendre, et de modéliser les écoulements denses verticaux afin d’appréhender le comportement
hydrodynamique d’une suspension d’alumine métallurgique dans un procédé industriel de transport
par fluidisation en phase hyperdense.
La première partie de notre étude (chapitre I), est dédiée à la caractérisation des
écoulements fluidisés denses verticaux (ascendant et descendant).
Dans un premier temps, grâce à une étude bibliographique, une cartographie de ces
écoulements est réalisée. La base de cette classification repose sur la vitesse de glissement ainsi que
sur les propriétés des bulles.
Nos résultats ont montré que, pour les conditions opératoires retenues, la vitesse
d’avancement du front de sédimentation ne dépend pas de la vitesse de fluidisation initiale. Pour
l’alumine métallurgique, elle est de 30 mm.s-1.
181
Conclusion générale
La seconde partie de ce mémoire (chapitre II), est une description complète de la démarche
expérimentale entreprise durant cette étude.
Dans le but de représenter au mieux les écoulements denses fluidisés verticaux (descendant
et ascendant), ainsi que leur couplage avec l’écoulement fluidisé dense horizontal, trois installations
pilotes ont été conçues :
Cette description détaillée des unités ainsi que de la métrologie employée est suivie de la
présentation du protocole expérimental et des méthodologies employées. Ils permettent de
déterminer les flux (gazeux et solides) et les trajectoires du gaz dans les différents éléments des
unités grâce à l’injection d’un traceur gazeux (hélium).
Enfin, cette partie de l’étude se termine par la présentation des essais préalables au
démarrage de l’unité. Ils concernent la perte de charge du distributeur, le moyen utilisé pour éviter
les phénomènes de blocage de l’écoulement à la base de la trémie (injection ponctuelle localisée
182
Conclusion générale
La troisième partie de ce mémoire (chapitre III) est consacrée à l’étude de l’influence sur le
comportement du système des paramètres suivants :
- La longueur de l’aérocanalisation.
- La politique de dégazage.
permet donc :
L’étude expérimentale a montré que les conditions de dégazage jouent un rôle important sur
le fonctionnement de l’aérocanalisation, et plus particulièrement sur le débit de solide. Etant donné
qu’il est impossible de se placer dans des conditions de dégazage similaires lorsque la longueur de
183
Conclusion générale
l’installation est modifiée, il est difficile de tirer des conclusions directes concernant l’effet
intrinsèque de la longueur de l’aérocanalisation.
o A haut flux de solide, la taille des bulles de gaz atteint des valeurs comparables à
celle du diamètre de la colonne. Dans ce cas, on assiste à l’établissement d’un
régime de pistonnage. Le temps de séjour du gaz est alors fixé par le temps de
séjour des pistons dans la colonne d’expédition.
184
Conclusion générale
fs 0,009.Fr 1,54 .
La dernière partie de ce mémoire (chapitre IV) est consacrée à la présentation des outils
théoriques élaborés pour la description des écoulements verticaux denses dans les colonnes
d’alimentation et d’expédition. Dans un premier temps, les problématiques concernées par ces
écoulements sont exposées :
En ce qui concerne la modélisation des écoulements, elle est réalisée grâce à un modèle
monodirectionnel bulle/émulsion, couramment utilisé pour la simulation des lits fluidisés denses,
auquel sont implantés la compressibilité du gaz, le mouvement vertical descendant ou ascendant des
particules, les lois de fermeture spécifiques ainsi que l’entrainement du solide dans le sillage des
bulles.
185
Conclusion générale
Enfin, il en ressort que le diamètre de la colonne d’expédition a une grande influence sur le
mécanisme de transport du solide. En effet, tout autre paramètre constant, l’augmentation du
diamètre de la colonne de 28 mm à 56 mm entraine l’augmentation du taux d’entrainement du
solide dans le sillage des bulles de 11% à 23%.
186
Perspectives
Perspectives.
Dans le but de compléter cette étude, deux axes principaux peuvent être envisagés.
- De supprimer la vanne à écluses rotatives pour la remplacer par une conduite cylindrique
verticale. Cette modification permettrait de se placer dans une configuration plus simple
et plus flexible. Le dispositif ainsi modifié permettrait de mieux comprendre l’influence
de la politique d’aération de la colonne d’alimentation sur le débit de solide et sur la
stabilité du système.
187
Références bibliographiques
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192
Résumés
Résumés.
Transport par fluidisation en phase hyperdense : amélioration technologique, modélisation et dimensionnement.
Cette étude est consacrée à la compréhension des phénomènes mis en jeu dans les écoulements fluidisés denses
verticaux ascendant et descendant, ainsi que dans leur couplage avec un écoulement fluidisé dense horizontal dans une
enceinte à pression contrôlée.
Tout d’abord une étude hydrodynamique, réalisée dans une colonne de fluidisation classique sans circulation de
solide, a permis de déterminer les différentes grandeurs caractéristiques de la suspension lors de sa fluidisation et de sa
désaération, indispensables à la compréhension et à la modélisation des écoulements :
- Vitesses minimales de fluidisation et de bullage.
- Porosités au minimum de fluidisation et de bullage.
- Porosité de la phase dense.
- Vitesse de désaération et de sédimentation.
- ….
Puis, l’influence des paramètres tant géométriques (diamètre de la colonne d’expédition, longueur de la partie
horizontale, …) qu’opératoires (vitesses de fluidisation de la partie horizontale et d’aération de la colonne d’expédition,
politique de dégazage, …) sur le comportement global de deux unités pilotes a mis en évidence les paramètres clés du
procédé :
- Vitesse de fluidisation de la partie horizontale.
- Politique de dégazage.
- Aération de la colonne d’expédition.
- ….
Les transferts de gaz entre les différentes zones du procédé ont également été mis en évidence grâce à
l’utilisation d’un traceur gazeux.
Enfin, une modélisation de type monodirectionnelle est entreprise dans le but de simuler le comportement des
suspensions fluidisées denses en écoulement verticaux ascendant et descendant. Les résultats obtenus concordent de
manière très satisfaisante avec les mesures expérimentales. Ils permettent de mettre en évidence les mécanismes de
transport ascendant de solide. De plus, le logiciel de calcul ainsi créé permet d’optimiser les dimensions d’une conduite
verticale accueillant une suspension fluidisée dense en écoulement descendant afin d’en garantir le bon fonctionnement.
Mots-clefs : Fluidisation, Défluidisation, Transport vertical, Transport horizontal, Expérimentation, Modélisation.
This study is dedicated to the understanding of the phenomena involved in dense fluidized upward and
downward flows, and their coupling with a dense fluidized horizontal flow in a pressure controlled chamber.
First of all, a hydrodynamic study, conducted in a solid particles flow-free cylindrical fluidization column, is
initiated to determine the fluidization and de-aeration characteristics parameters, required to the flows understanding and
modeling:
- Minimum fluidization and minimum bubbling rates.
- Minimum fluidization and minimum bubbling voidages.
- Dense phase voidage.
- De-aeration and sedimentation rates.
- ….
Then, the geometric (upward-flow zone diameter, horizontal chamber length, …) and operating (horizontal
chamber fluidization rate, degassing policy, …) parameters influences on two pilot-scaled unities behavior highlights the
process key parameters:
- Horizontal chamber fluidization rate.
- Degassing policy.
- Upward-flow additional aeration.
- ….
The use of helium tracking also highlights the gas transfer phenomena between horizontal, vertical upward, and
vertical downward flow zones.
Finally, a monodirectional model is created in order to simulate dense gas/solid suspensions behavior in vertical
upward and downward flows. The computed results are concordant with the experimental data and highlight the upward
solid conveyance mechanisms. The computation software can also optimize the downward pipe dimensions with the aim of
maintaining a good flow.
Keywords: Fluidization, Defluidization, Vertical Conveying, Horizontal Conveying, Experimentation, Modeling.
193