Droit Inter Public
Droit Inter Public
INTRODUCTION
Crise Ukraine : annexion par la Russie
o Référendum…
o Ques on sur possible intégra on à l’OTAN > réac on russe (masse de soldat à fron ère)
Brexit
- Fondée sur les sujets de droit : Le DI est l’ensemble des règles qui déterminent quelle doit
être la conduite des sujets, des Etats, des OI, et des personnes privées dans une certaine
mesure.
• La société interna onale > appelle un droit par culier adapté à ses sujets. Là où il y
a une société : il y a un corps de droit.
- Fondée sur l’objet des règles > rela ons interna onales régies par le droit : le droit des
rela ons entre les Etats. Mais aussi entre org° interna onales & Etats.
⇨ Règles juridiques qui régissent ces rela ons
- L’origine des sources du droit : Un DI fondé sur l’origine des normes. Soit qui émanent de l’Etat
lui-même, soit d’en tés auxquelles l’Etat a reconnu un pouvoir (de créer des règles de droit).
Hypothèse : droit interna onal conçu de manière classique = droit interéta que
La dé ni on du DI a évolué.
Il était un droit éta que, cad que les Etats étaient créateurs & des nataires de règles
●
interna onales.
« Droit entre les na ons » => dépassé
● Aujourd’hui, on reconnait la place de l’individu et des OI. Les Etats demeurent les acteurs
principaux de la société & du droit interna onal.
o Souveraineté de l’Etat : il la revendique à l’interna onal
⇨ DI : droit entre des Etats souverains
Les deux traités de Westphalie (1648) perme ent pour la première fois aux Etats de conclure des
accords entre eux genèse du droit interna onal que nous connaissons.
Gallus fonde son discours sur des droits naturels et transcendants. Cela sera repris par les OI. Le jus
gen um portait en vérité sur les droits des personnes privées. Mais l’expression persiste après le
traité de Westphalie. C’est le droit interna onal privé qui va traiter de rapports entre par culier.
Cependant, la fron ère est oue, puisqu’il prend ses sources dans le DI public ou dans les traités.
C’est une déclinaison du droit interna onal public.
Ensuite, le DI a été conçu par rapport au droit naturel. On va étudier les apports de (tente de théoriser
le droit interna onal) :
Francisco de Vitoria : reconnaît la souveraineté des Etats, leur liberté
• Mais qui n’est pas sans limites : le droit naturel. Il est au-dessus du droit de l’Etat.
On pense par-là, à l’existence d’une communauté interna onale : le Jus inter
gentes.
• Evolu on DI : devient jus inter gentes > mais droit naturel intervenant entre
souverains
Francisco Suarez : soulève la di érence entre droit entre les gens et droit naturel.
● Le droit naturel n’est pas gé dans le temps : évolu f, il n’est pas immuable.
• Le droit posi f (des gens) : doit se conformer au droit naturel qui recherche le bien
universel.
⇨ Le bien commun na onal doit donc être subordonné au bien commun interna onal.
A REVOIR
Gro us : il laïcise ce e idée de droit naturel. Il devient une sorte de morale laïque provenant
de la raison.
• Il le dis ngue du droit volontaire (issu de la volonté des Etats, qui doit être
subordonné au droit naturel)
• Ecole de la nature et du droit des gens : issu de la raison (« ppes de la droite
raison »)
● Liberté des Etats : chq Etat = libre de déterminer ce que sa souveraineté va lui
perme re de faire.
Pierre Dubois (XVè) : projet de paix perpétuelle, avec l’idée de créer une union des souverains
chré ens pour faire face aux in dèles et reconquérir les lieux saints. Il voulait créer un tribunal arbitral
habilité à régler les di érends entre Etats.
Crucès (XVIIè) : intensi er les échanges commerciaux entre pays chré ens et Turquie, me re en place
un système commun de poids de mesures dans une instance composée d’un conseil permanent.
Le droit interna onal s’est donné pour voca on de régler les ques ons de guerre et instaurer des
rela ons commerciales : ins tu onnalisa on de la communauté interna onale.
⇨ Ils ont mis n à la guerre de 30ans, et ins tués des accords dans lesquels les en tés poli ques
sont traitées d’égales à égales. Dans ces traités, on reconnaît l’existence d’Etats souverains. Deux
principes fondamentaux :
● Souveraineté et égalité des Etats (aucune souveraineté ne prime sur une autre). Les
traités sont le moyen de faire appliquer ces principes.
● Le nouveau principe : l’équilibre des puissances > permet main en de la paix, nécessite
un droit entre égaux
L’ins tu onnalisa on du droit interna onal se traduit par de nombreuses unions interna onales au
sein desquelles les Etats coopèrent dans des domaines techniques (commission européenne pour le
Danube). Puis, la SDN avec le traité de Versailles (1919). En n, l’ONU, qui compte aujourd’hui 193
Etats.
Le DI est di érent en ce qui concerne la détermina on du sujet, qui est incertaine. Dans les autres
ti
ti
ti
tt
ti
fi
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
fi
ti
ti
ti
ti
fi
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
fi
tt
ti
ti
fi
tt
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Le DI public s’applique donc à des en tés souveraines et égales. Il faudra trouver des techniques pour
que les Etats acceptent d’être contraints.
Exemple : Sanc on de la CPJI sur l’île de Palme (1928) : problème de rapport entre la souveraineté
territoriale et la possession d’un territoire entre USA et Pays-Bas. Le juge : « La souveraineté dans les
rela ons entre Etats signi e l’indépendance ». Toute souveraineté est pleine et en ère.
Mais il est nécessaire de me re en place un droit pour que cohabite les Etats : limiter la souveraineté.
A aire du Lotus (CPJI) : en l’absence de règles interna onales claire, la Turquie était en
mesure de juger un commandant français rentré en collision avec un bateau Turc. Le
souverain est libre en l’absence de règle. La cour a souligné qu’on ne peut pas présumer
des restric ons à l’indépendance et à la la liberté des Etats. Le DI ne dit pas si un Etat
peut créer des règles internes qui ont des e ets en dehors du territoire.
La souveraineté est consubstan elle et immédiate à l’Etat. Dès la naissance d’un Etat : il est
souverain, et automa quement soumis au DI.
A aire du vapeur wimbledon (1923) : Le bateau a rété par une compagnie française,
transportait muni ons et pièces d’ar llerie vers la base navale polonaise de Dantzig. Il
s’est vu refuser le passage dans le canal de Kiel pour raison de neutralité allemande. La
CPJI dit que le traité de Versailles pouvait limiter les compétences territoriales d’un Etat,
être souverain ne donne pas la possibilité de violer le DI, une souveraineté ne se dé nit
pas sans aucune limite. L’Etat peut accepter de limiter l’exercice de ses pouvoirs, d’en
transférer certaines compétences.
A aire du détroit de Corfou (1949) : 2 bateaux britanniques explosent dans la zone. Ils
n’ont pas demandé l’accord des autorités albanaises pour procéder au déminage des
eaux. La cour dégage deux conséquences :
- Le respect réciproque de la souveraineté territoriale entre Etats indépendants est une des
bases essen elles des rapports interna onaux
- Le principe de la non interven on dans les a aires d’un autre Etat : « le prétendu droit
d’interven on ne peut être envisagé par la cour que comme la manifesta on d’une poli que
de force ».
Les domaines réservés de l’Etat tendent à se réduire au pro t du DI.
II. Les éléments cons tu fs de l’Etat
On en retrouve trois :
Le territoire : il est terrestre, aérien et mari me. Celui aérien a été reconnu au début du XXè
siècle (espace atmosphérique qui surplombe l’espace terrestre et mari me). Pour l’espace
mari me, on retrouve la mer territoriale (12 miles marins), au-delà, la souveraineté n’est plus
totale.
La popula on : ensemble des individus qui sont sur le territoire (pas que les na onaux).
Le gouvernement (autorité poli que exclusive) : une certaine exclusivité et e ec vité.
Résolu on 2625 des NU : le droit inaliénable d’un Etat à choisir son système économique, poli que et
culturel.
B. La ques on de la reconnaissance
1. La nécessité de la reconnaissance
La reconnaissance : c’est un élément nécessaire mais pas cons tu f. C’est un acte unilatéral
par lequel un Etat accepte de considérer que tel ou tel autre en té cons tue un Etat. Après avoir
reconnu un de ces pairs, l’Etat peut entrer en rela on diploma que avec ce dernier.
Cet acte est unilatéral : chacun le fait pour lui-même, de manière discré onnaire. Il est hautement
poli que (ex : refuser de reconnaître), mais de moins en moins discré onnaire. Il existe des
condi ons de la possibilité de la reconnaissance d’un Etat.
Cependant, l’existence de l’Etat reste une ques on de fait. La commission Badinter (mise en place
pour apporter des solu ons aux di cultés juridiques nées en Ex Yougoslavie). Elle n’a pas tranché de
di érents, mais ces avis ont permis d’aider pour l’analyse du DI. L’avis N°1 : la reconnaissance n’est
pas une condi on d’existence de l’Etat.
è L’e ec vité : sans reconnaissance : pas de conclusion de traités, pas membre d’OI…
è La conven on de Montevideo : dans son ar cle premier, elle dit que la capacité à entrer en
rela on avec les autres Etats est une condi on de la PJ. Mais à nuancer (art 3).
Explicitement : exemple, une déclara on, il accepte de reconnaître l’en té comme éta que.
Implicitement : envoyer une représenta on diploma que, conclure un traité…
Elle peut également être :
è De facto : provisoire
è De jure : plutôt dé ni ve et proclamé
ff
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
La reconnaissance est une ques on compliquée : pour exister, un Etat a besoin d’être membre de
l’ONU. Mais l’existence d’un Etat reste une ques on de fait. Art 4§1 de la charte : peuvent devenir
membre de l’ONU tous les états paci ques pas encore membre acceptant les obliga ons de la
charte et capables de remplir un certain nb de condi ons et être disposé à le faire.
Une double décision pour devenir membre : AG et conseil de sécu. Mais devenir membre d’une
organisa on ne signi e pas une reconnaissance de l’ensemble des Etats. Exemples :
è Le Saint Siège : Les accords de Latran, sorte de traité entre l’Italie et le saint siège qui créent ce
micro Etat. Cela lui permet d’avoir un statut à l’ONU d’observateur (ne peut pas voter).
è Taïwan : régime qui découle encore de la cons tu on de la rép de Chine de 1911. C’est un peu
la Chine sans être la Chine. Mais sur la scène interna onale, les Etats n’ont voulu qu’une
seule Chine. Taïwan est reconnu par l’ONU au conseil de sécu jusqu’en 1971. Résolu on 2758
des NU : Taïwan sort de toutes les OI, remplacée par la rép pop de Chine. Ce n’est pas
vraiment un Etat, considéré par Pékin comme une province. Loi an -sécession en 2005 de la
rép chinoise se disant en faveur d’une réuni ca on paci que, n’excluant pas le recours à la
force. En 2007, la candidature de Taïwan est de nouveau rejetée. De moins en moins d’Etats
les reconnaissent, même si bcp de rela ons commerciales (OMC en 2002).
è Pales ne : l’AG des NU avait adopté un plan de partage proposant la créa on de deux Etats se
partageant la terre de Pales ne. Les con its armés se sont mul pliés, les conférences de paix
aussi après la première in fada. CIJ, 2004, conséquences juridiques de l’édi ca on d’un mur
en territoire pales nien occupé : il y a bel et bien une popula on et un territoire. Au niveau
de gouvernement, plus compliqué, il y a l’OLP. Deux gouv sur le territoire. Mais pas un vrai
problème :
- 2014 : 135 Etats avaient reconnu la Pales ne. Elle veut devenir pe t à pe t une évidence.
- 1974 : observatrice à l’ONU. Ses droits se sont élargis pe t à pe t. Résolu on 52/250
étendant à suber observateur. Et ajd : Etat observateur permanent. Ce e solu on d’usage est
aussi donnée à des organismes.
Elle devient o ciellement membre en 2019 de la CPI. L’II a es mé qu’il y avait une base raisonnable
pour ouvrir une enquête sur la situa on en Pales ne. La procureur a besoin de connaître exactement
le territoire et donc a endre la décision de la chambre saisie pour connaître l’étendue du territoire
pales nien.
è Daesh : structure créée par un groupe d’insurgés en 2006. Le califat a été proclamé par la suite.
On retrouve une popula on, un territoire jusqu’à peu. Et à priori, même s’il est par culier,
on retrouve un gouvernement, qui est plus ou moins décentralisé avec des ministères.
CPJI, 1923, a aire du vapeur Wimbledon : les compétences d’un Etat sont les conséquences
de la souveraineté. C’est l’ensemble des pouvoirs juridiques conférés ou reconnu par le DI à un Etat,
lui perme ant de soume re des personnes physiques ou morales, des biens ou des ac vités à son
ordre juridique.
Pour expliquer et organiser les compétences de l’Etat on a mis en place la no on de tre de
compétence (jus e la compétence) :
Compétence territoriale : compétence que l’Etat exerce dans les limites de son territoire. C.
Rousseau : la compétence de l’Etat à l’égard des Hommes qui vivent sur son territoire, des
choses qui s’y trouve et des faits qui s’y passent. L’Etat se comporte normalement en
souverain. Elle peut être : majeure ou mineure (en fonc on si elle est pleine ou en ère ou
ti
ti
ti
tt
ti
ff
ffi
ti
ti
fi
ti
fi
tt
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
fi
fl
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Charles Rousseau : la délimita on d’une fron ère est une opéra on importante car elle est à
la fois un facteur de paix, un signe d’indépendance et un élément de sécurité. La plupart des
conten eux interna onaux portent sur des fron ères.
Principe de l’intangibilité des fron ères : elles n’évoluent pas. CPJI, 1932, a aire zone franche du
pays de Gex et de Savoie : nécessaire respect par les Etats des délimita ons des fron ères dé nies
par les traités de manière antérieure. Exemple : a aire du temple préah vihéar : fron ère Cambodge
/ Thaïlande. D’une manière générale, lorsque deux pays dé nissent entre eux une fron ère, un de
leur objec f est d’arrêter une solu on stable et dé ni ve.
La cour va plus loin : une fron ère qui a pu être établi par traité persiste même si le traité disparait.
On parle du principe u posside s juris : vous posséderez ce que vous avez possédé. L’Etat conserve
le territoire qu’il avait. Règle reconnue pour les Etats nés de la décolonisa on (succèdent aux limites
préexistantes sous l’adm de l’Etat colonial). Ce principe a été repris lors d’une conférence au Cair par
l’OUA puis dans le contexte de l’ex URRS et Ex.
Ce principe est surtout u le au moment de l’accession à l’indépendance d’un Etat, c’est une règle de
dévolu on du territoire au moment de l’indépendance. La CIJ dans l’a aire du di érend frontalier
Burkina faso / Mali : le principe u posside s juris cons tue un principe général. Elle entend ne pas
limiter ce principe aux seuls situa ons d’indépendance. Le but est déviter que les nouveaux Etats ne
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ff
fi
fi
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ff
ti
ff
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
fi
Droit interna onal 1 public (TD)
soient mis en danger par des lu es fratricides nés de la contesta on des fron ères à la suite du retrait
de la puissance adm.
D’autres exemples peuvent montrer que la mise en œuvre peut s’e ectuer par les nouveaux Etats de
manière expresse ou concertée. En 1991, dans la déclara on d’Alma-Ata, l’ensemble des Etats
reconnaissent à la Russie la qualité d’unique successeuse de l’URRS. De plus, ils reconnaissent chacun
et respectent l’intégrité territorial et l’immutabilité des fron ères.
Les Etats demeurent libres de me re en place un autre accord et donc d’échapper au principe. Mais
le principe reste appliqué soit de manière automa que, soit dans le cadre d’un accord spéci que en
ce sens. U posside s Juris est très lié au principe d’intangibilité. Cependant, aucune règle n’interdit
aux deux Etats d’y déroger.
La commission Badinter a mis en avant le principe d’intangibilité (avis n°3 de 1992) : suite au
processus de dissolu on de l’ex Yougoslavie. Si cela abou t à la créa on de 1 ou pls Etats, les
problèmes concernant fron ères devront être résolus conformément aux critères suivants :
La commission souligne l’intérêt paci cateur du principe. Il sera un peu contesté par la suite et
pourra entrer en con it avec le droit à l’autodétermina on. Le DI s’adapte aux réalités, donc aucunes
règles interna onales générales : il existe des excep ons au principe d’intangibilité.
§2 - La ques on de la décolonisa on
L’exercice du droit des peuples à disposer d’eux même est licite désormais en DI. A la base, il
y avait des terra nullius sur lesquels les Etats pouvaient imposer leur souveraineté.
La Chartes des NU est une sorte d’acte charnière même si ambiguë. Chapitre IX organise le
colonialisme, ne prévoit pas l’indépendance des territoires non autonomes et considère seulement
que les territoires « sous tutelles », peuvent devenir autonome, ou non. Mais très rapidement,
l’ONU s’est mise à organiser des règles perme ant d’organiser la décolonisa on.
L’ar cle 55 nous parle du principe de l'égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-
mêmes. Cela a été réinterprété : les peuples ne sont pas les Etats. Ce principe a été rappelé de
nombreuses fois. Le texte décisif est la résolu on 1514 de l’AG des NU : « déclara on sur l’octroi de
l’indépendance aux pays et peuples coloniaux » (ne ement an colonialiste).
En 1966, l’AG fait adopter deux traités (contraignants) : le PIDCP et la DUDH. Symboliquement, ils ont
le même art 1er : consacre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La résolu on 2625 en 1970
reconsacre encore le principe, donnant une valeur juridique contraignante, comme un principe de DI.
Elle dé nit ce droit : Tous les peuples ont le droit de déterminer leur statut poli que en toute liberté
et sans ingérence extérieure et de poursuivre leur développement économique, social et culturel.
Cela devient un droit erga omnes.
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fl
ti
ti
ti
tt
ti
tt
fi
ti
tt
ti
ti
tt
ti
tt
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
On va pe t à pe t en faire une règle coutumière. Dans ses avis sur la situa on en Namibie et dans le
Sahara occidental, la CIJ a a rmé ce principe, sur lequel s’est fondé la décolonisa on.
On le considère comme un des principes essen els du DI contemporain, dans l’a aire du Timor
Oriental et son avis sur le mur.
Le caractère de jus cogens de ce principe a été a rmé à plusieurs reprises (Sentence arbitral, 1991,
l’a admis implicitement). La commission du droit interna onal a fait une liste de normes de jus
cogens en DI et a cité le droit des peuples à l’autodétermina on à deux reprises.
Les territoires concernés sont tous les territoires « non autonomes », pas seulement les colonies. La
résolu on 2625 de l’AG des NU : le territoire d’une colonie ou d’un autre territoire non autonome
possède un statut séparé et dis nct de celui du territoire qui l’administre. Ce statut existera aussi
longtemps que le peuple de ce territoire n’aura pas exercé son droit à l’autodétermina on.
Ce e interpréta on a été con rmé par la CIJ dans son avis sur le mur de 2004 : elle a déjà souligné
que le DI fait de l’autodétermina on un principe applicable à tous les territoires non autonomes.
Principe qui peut s’étendre au-delà des colonies.
CIJ, 2019, avis consulta f concernant les e ets juridiques de la sépara on de l’archipel des Chagos
de Maurice en 1965 : ques on sur la validité du processus de décolonisa on lorsque Maurice a
obtenu son indépendance, et au regard du DI. Autre ques on sur les conséquences en DI du main en
de l’archipel sous l’adm Britanniques. La cour : elle a reconnu que le processus de décolonisa on
n’avait pas été validement mené à bien et donc que le RU était tenu dans les plus brefs délais de
me re n à son adm de l’archipel des chagos.
La résolu on 1514 a été une première étape décisive pour cons tuer la règle coutumière. La cour
relève ensuite que la nature et la portée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sont des
règles coutumières du DI Probléma que. Elle considère que le main en de la présence britanniques
cons tue un fait illicite à caractère con nu qui engage la resp interna onale du RU.
è L’en té qui accepte qu’un de ses territoires soit décolonisé doit consulter le peuple colonisé
(référendum, vote d’une assemblée…)
è L’usage de la force armée pour exercer son droit à l’autodétermina on est licite. Résolu on
2621 : reconnaissance du droit inhérent des peuples coloniaux de lu er par tous les moyens
nécessaires contre les puissances coloniales.
Situa ons dans lesquels le DI prend en considéra on des modi ca ons territoriales des Etats.
On retrouve plusieurs types de situa ons :
- Sécession : dispari on d’une par e du territoire d’un Etat qui laisserait subsister l’Etat
préexistant.
- Dissolu on : L’Etat éclate en plusieurs Etats nouveaux. Aucun n’est le con nuateur.
- Réuni ca on : rare, exemple de l’Allemagne. Réintégra on du peuple allemand dans l’Etat
auquel il a été séparé contre son gré.
Commission Badinter a souligné que l’existence ou la dispari on de l’Etat est une ques on de paix. La
forme de l’organisa on poli que interne à l’Etat n’est qu’un fait que le DI va prendre en
tt
tt
ti
ti
ti
fi
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ffi
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
considéra on au moment de déterminer ou sont les Etats et quel est l’emprise de chaque gouv sur
son territoire.
La sécession est une forme de démembrement de l’Etat. Le principe de base est l’intangibilité des
fron ères : cela fait désordre. Le DI a priori s’oppose à la sécession. Une par e de la popula on
située sur une por on précise du territoire de l’Etat va créer un nouvel Etat indépendant. Il y a
dissocia on de son territoire du territoire de l’Etat souverain.
La sécession cons tue-t-elle un mode d’accession licite de créa on d’un nouvel Etat ? Le DI reste
neutre juridiquement, ni autorisa on, ni interdic on. On analyse seulement le produit de la
sécession. La sécession relève d’une certaine manière de ques ons internes à l’Etat. Le DI re les
conséquences de la sécession autour de deux volets :
Interne : la reconnaissance de droit pour les popula ons déterminées, des minorités. Avis n°2
de la commission Badinter : il faut ar culer le droit des peuples à l’autodétermina on et le
droit des minorités. La limite à l’autodétermina on est u posside s juris. Le droit des
peuples à l’autodétermina on peut s’exercer dans le cadre d’un Etat, pas forcément un droit à
l’indépendance. Le volet interne = droit des minorités.
Externe : peut donner droit à l’indépendance (sécession). Cour suprême canadienne, renvoi
rela f à la sécession du Québec : le droit à l’autodétermina on dans son volet externe est
invocable dans trois hypothèses :
- La décolonisa on
- Un peuple opprimé
- Un peuple sans autodétermina on interne : refus d’un accès réel au gouv pour assurer son
développement poli que, social, éco et culturel.
La cour en conclut que ce droit n’existe pas pour les québécois. Pour ce qui est du Kosovo, une pe te
par e se dis serbe (orthodoxe), majorité albanaise. Conseil de sécurité a adopté la résolu on 1244
(1999) : met en place une opéra on de main en de la paix censée gérer une adm provisoire du
territoire kosovar. Les serbes refusent encore actuellement de reconnaître le Kosovo.
Dans l’avis sur le mur, la CIJ a caractérisé l’existence d’un peuple pales nien et son droit à
l’autodétermina on. A en on, cela pourrait se transformer en annexion.
Par le biais de ces unions, les Etats se sont engagés ensemble dans des poli ques communes, sans
pour autant me re en place une structure commune. Sorte de coopéra on technique interna onale
(naviga on sur le Rhin).
Les OI modernes naissent après la 1GM avec un besoin de paix avec comme base la jus ce sociale.
Apparaît alors l’OIT, puis la SDN. On met en place des structures communes. Les rela ons
interna onales s’ins tu onnalisent. Pour le droit interna onal, c’est une associa on d’Etat cons tué
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
fl
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
par traité, doté d’une cons tu on et d’organes en commun et possédant une personnalité juridique
dis ncte de la personnalité des Etats membres.
Conven on de Vienne, art 2 : l’OI est une organisa on intergouvernementale (pas ONG).
§1 - Des ins tu ons interéta ques
Plusieurs moyens de collaborer entre Etats, l’OI est une voie possible, elles sont plus fréquentes
au niveau régional.
Elles ont un double encrage, qui les dis ngue des autres sujets et domaines du DI :
On peut aussi di érencier les OI entre leur composi on et leurs missions : des organes d’experts, des
juridic ons, des représentants d’Etat. COMPLETER. On remarque di érents degrés d’intégra on
notamment entre les Organisa ons d’intégra on et de coopéra on :
Les OI sont basées sur un traité, qui est un acte mixte (traité, mais sorte de cons tu on interne).
L’approche classique les considère comme des traités habituels. Ex : la conven on de Vienne à son art
5 dit que cela s’applique à tous les traités, ceux des OI compris.
CIJ, 1996, avis (licéité de l’u lisa on des armes nucléaires par un Etat dans un con it armé) : traités
des OI sont des traités interna onaux comme les autres. Donc aucune spéci cité.
Elles ont en principe pour membre des Etats. Excep onnellement, elles peuvent accepter
d’intégrer des en tés non souveraines. Chaque OI produit du droit, ainsi, l’acquisi on dépend de l’OI
considérée. Les règles sont di érentes entre :
- Les membres originels : il fallait être là dès le départ. On peut cesser d’être un EM, si le
contexte poli que change par exemple (ex : US sont par s et revenus de l’OIT, l’UNESCO…).
- Les membres admis ultérieurement : selon les condi ons d’adhésion de l’OI.
La ques on du retrait : si on applique les règles générales, un Etat a le droit de se re rer d’un traité.
Au sein de l’UE, c’était ou jusqu’à Lisbonne. Une expulsion est envisageable suite à un manquement
grave et persistant aux obliga ons (Ex : Russie et Slovaquie expulsés du FMI).
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
fl
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
fi
ti
ti
fl
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Il existe di érents types de par cipa on. Les EM et des Etats avec des statuts di érents qui
par cipent au L de l’OI. Ex : le conseil de l’Europe.
è La possibilité d’être Etat associé : catégorie historique pour accueillir et honorer certains Etats.
A l’époque, la RFA.Art 5 : organise ce statut. Ajd, plus d’EM associé au sein du conseil de
l’Europe.
è On retrouve le statut d’Etat observateur. Le comité des ministres a adopté une résolu on
rela ve à ce statut en 1993 : permet aux Etats non européens, prêts à coopérer, d’envoyer
des observateurs dans les comités d’experts et dans les conférences de ministres. Il
par cipera aux travaux. Exemple d’Etats observateurs : US, Canada, Japon, Mexique. Ce
statut existe également à l’assemblé parlementaire (octroyé au parlement). Exemple : le
parlement d’Israël, du Canada et du Mexique.
è Statut d’invité spécial : octroyé par l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe. Créé en
1989 pour les pays d’Europe centrale et orientale en vue d’une éventuelle adhésion
ultérieure.
Permet de donner envie aux Etats de faire par e d’un statut, voire de rentrer après dans l’OI. Même
sans avoir aucun statuts, possibilité de par ciper aux ac vités du conseil de l’Europe. Parfois, des
traités sont ouverts à des Etats non membres. Ex : la conven on culturelle européenne de 1954. La
conven on d’Istanbul sur la préven on et la lu e contre la violence des femmes et domes que
(2011), a été ouvert à la signature aux Etats non membres (au nal 24 ra ca ons d’EM).
Certains Etats non membres peuvent être par s aux accords par els élargis. Hypothèse pour laquelle
certaines ques ons n’intéressent qu’une par e des EM de l’Europe. Le comité des ministres a accepté
que des Etats fassent des accords entre eux qui ne lient pas le reste de l’OI. Exemple : sur des
i néraires culturels en 2010. La résolu on statutaire 9328 : des Etats non membres de l’OI peuvent
venir par ciper à ses accords par els.
A été mis en place le Groupe Pompidou, groupe de lu e contre la toxicomanie, le tra c de drogue…
Sans être membre du conseil de l’Europe, il peut par ciper. Ces appels à par cipa on perme ent
d’adopter des poli ques en fonc on des besoins.
Débat du même genre que la PJ pour les personnes morales en droit interne. Ini alement, la
doctrine s’opposait à l’existence d’une PJ des OI (Anzilo , Roberto Quadri ajd), les Etats étaient
ré cents eux aussi.
Mais avec le développement des OI, il est apparu nécessaire de leur reconnaître une PJ. L’OI n’a pas
de territoire, installée sur le territoire d’un Etat. Elle a nécessairement des rela ons juridiques avec
des Etats et des individus. On considère ajd que ces OI sont bels et bien sujets du DI. Ce sont des
sujets dérivés puisqu’ins tuées par un acte interna onal adopté par les Etats. Ce e PJ est par culière
donc.
- Externe : lié à la volonté des Etats qui ont créé l’OI, on parle de l’acte fondateur. La PJ de l’OI
reconnue rapidement dans les actes de l’OI. Art 104 de la Chartes des NU : l’OI jouit de la
capacité juridique qui lui est nécessaire pour exercer ses fonc ons et a eindre ses buts. Il
existe même pour certain une présomp on de PJ externe.
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
tt
ti
ti
tti
ti
fi
ti
ti
ti
tt
fi
ti
ti
ti
tt
ti
ti
fi
ff
ti
ti
ti
tt
Droit interna onal 1 public (TD)
- Interne : dans le droit interne des EM. Elle n’est pas déduite immédiatement de la PJ externe.
Certaines organisa ons, sans être interna onales, ont besoin de se faire reconnaître dans le
droit de leur Etat.
Les premières OI étaient créées par traité, donc volonté des EM, ainsi, seuls eux étaient liés par la PJ
de l’OI. Le cas de l’ONU est par culier : OI qui se veut universelle. On en est arrivé à l’idée que la PJ de
l’ONU est objec ve. CIJ, 1949, avis comte Bernado e : émissaire des NU assassiné en Israël. L’ONU
voulait savoir si elle pouvait agir en tant qu’OI. C’est dans ce e avis qu’elle consacre la PJ objec ve de
l’ONU. Ce e PJ s’oppose dès lors à tous les Etats.
CIJ, 1996, avis sur la licéité de l’u lisa on des armes nucléaires par un Etat dans un con it armé : les
actes cons tu fs d’OI ont pour objet de créer des sujets de droit nouveaux. L’art 176 de la conven on
de Montego Bay : l’autorité interna onale des fonds marins à la PJ interna onale. Le DI
essen ellement détermine si telle ou telle ins tu on à la PJ ou pas.
Dans le traité TECE, un groupe de travail a rendu un avis en 2002 qui a ribue la PJ. Les experts disent
que la ques on se pose en droit interna onal. L’OI re sa PJ des Etats, ce e PJ fonc onnelle est
di érente de celle des Etats, donc o re une autonomie à l’OI.
2. Corollaires de leur PJ
La PJ permet à l’OI de conclure des traités, de par ciper à la créa on de règles de DI… Elle
peut saisir des juges, et in uencer le DI par ces décisions. Elle peut entrer dans le jeu du DI et adopter
des sanc ons ou des contre-mesures : tenter de faire plier un Etat, faire changer sa poli que…
L’acte cons tu f, traité de DI, dé nit l’objet de la coopéra on interéta que qui se met en
place. La CIJ, dans son avis de 1996 (u lisa on de l’arme nucléaire) : exprime le caractère limité du
champ d’interven on à « a l’e et de circonscrire le domaine d’ac vité ou le champ de compétence
d’une OI, il convient de se reporter aux règles per nentes de l’OI et en premier lieu, à son acte
cons tu f ».
A. La compétence des OI
Au départ, on peut dé nir : l’ensemble des pouvoirs, des moyens d’ac ons qui sont reconnus aux OI
pour leur perme re de remplir leurs fonc ons et d’a eindre les buts qui leurs sont assignés. Il y a :
Elles sont rela ves à la créa on de normes juridiques (techniques ou nancières). Elles
servent pour la vie interne de l’OI et l’accomplissement de sa mission générale. En réalité,
correspondent à deux catégories de normes : les actes unilatéraux et les traités.
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
fl
ti
ti
ti
ff
ti
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
tt
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
fi
tt
ti
ti
fl
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Les décisions des OI ne sont pas habituellement citées parmi les sources principales du DI, elles ne
relèvent pas d’une disposi on phare (art 38 statut CIJ). Cela va rendre plus di cile leur
reconnaissance en tant que règle de DI. L’OI peut produire di érent type de règles : droit pur, mais
aussi so law.
Les des nataires de ces règles sont les organes de l’OI, mais aussi le personnel, les EM et parfois les
individus. Quand ces compétences se développent bcp, il devient nécessaire de contrôler ce que fait
l’OI. Le dév du droit des OI est récent. Cela échappe aux Etats dans une moindre mesure. Il faut donc
me re en place des règles procédurales pour éviter que les OI agissent sans transparence. On
essaie que les OI suje e à l’in a on norma ve me ent en place cela.
C’est l’une des modalités par laquelle l’OI exerce les compétences qui lui ont été conféré par
les EM. C’est l’ac on quo dienne de chaque OI, pour me re en œuvre ses poli ques. Exemple :
envoyer des missions sur place, faire appel à des experts…
Lorsqu’un individu devient agent ou fonc onnaire interna onal, il devient indépendant de l’Etat
d’origine. Cela implique la mise en place de compétences organisa onnels. Pour travailler : besoin
de crédits. Ces compétences sont intrinsèquement limitées car leur PJ est dérivée de celle des Etats.
On parle alors de compétence d’a ribu on. L’Etat est souverain, l’OI : c’est l’inverse. Elle n’a pas de
compétence générale. Elles sont dé nies dans l’acte cons tu f de l’OI. Dès lors, l’OI est tulaire de
l’acte originaire établissant ses compétences.
La Chartes des NU est composé de certains ar cles qui viennent décrire les compétences de ces
organes, les moyens et objec fs. Finalement, la compétence d’a ribu on est la somme des
compétences des di érents organes.
Ques on des compétences implicites : permet d’induire le fait qu’une OI aurait des compétences
autres que celles men onnées dans l’acte cons tu f. La CIJ sur l’avis Comte Bernado e : l’O des NU
doit être considérée comme « possédant les pouvoirs qui, si la Charte ne les énonce pas
expressément, sont conférés à l’Organisa on parce qu’ils sont essen els à l’accomplissement de ses
fonc ons »
Tout cela sous-entend que l’organisa on pourra dépasser ses a ribu ons de base. Permet
d’introduire une certaine souplesse. Les accords de New York (1994) : autorité inves e de pouvoirs
subsidiaires compa bles avec la conven on impliquant l’exercice de ses pouvoirs et fonc ons.
B. Le principe de spécialité
Principe général énoncé par l’exemple dans l’avis sur l’u lisa on des armes nucléaires de la
CIJ. Certains considèrent ce e règle comme la pierre angulaire du DI. On retrouve très peu de règles
communes aux OI.
Ce principe est fondé selon la concep on que les OI cons tuent en réalité des moyens de parvenir à
la réalisa on d’objec fs dé nis. La spéci cité d’une OI n’est jus ée qu’à l’aune des objec fs que les
Etats leur ont assigné. Signi e également que les pouvoirs des OI n’excèdent pas ce qui est
nécessaire à la réalisa on des objec fs de l’OI. On dé nit les compétences pour qu’elles servent ce
principe.
Dans l’acte cons tu f, des exclusions peuvent expressément venir délimiter une spécialité. Ex : les
ques ons rela ves à la défense na onale au conseil de l’Europe. On délimite. CPJI, 1927, avis
concernant la commission européenne du Danube : elle était pourvue d’un objet social, et
tt
ti
ti
ti
ti
ft
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
tt
ti
ti
ti
ti
tt
fi
ti
fl
fi
ti
ti
tt
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
fi
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ff
ti
fi
ti
ti
tt
tt
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ffi
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
d’a ribu ons pour la remplir, et comme ayant compétence pour exercer ses fonc ons dans leur
plénitude.
On re ent licéité arme nucléaire de la CIJ (1996) : l’OMS interroge la CIJ sur la licéité de la déten on
ou l’u lisa on des armes nucléaires. Mais La CIJ dit que l’OMS n’est compétente qu’en ma ère de
santé en vertu du principe de spécialité. La cour dit que les OI sont régies par le principe de
spécialité, elles sont dotées par les Etats fondateurs de compétences d’a ribu ons dont les limites
sont fonc on des intérêts communs que ceux-ci leur donne pour mission de promouvoir.
A l’époque de Rome, on parlait du ius gen um. On cherche à savoir si l’individu est considéré
par le DI : s’il a un statut de sujet. Scelle, considère que la communauté interna onale est une
communauté d’individu, la dimension de l’Etat n’a pas vraiment d’importance. C’est une posi on
extrême et minoritaire. Pour la plupart de la doctrine, c’est l’inverse.
Tradi onnellement, les individus ne sont pas des sujets, concernés que médiatement par le
DI par l’intermédiaire de l’Etat. Dès lors seuls les Etats et OI sont concernés par le DI. CPJI, arrêt du
Lotus : « le DI régit les rapports entre des Etats indépendants ».
Exemple : l’individu n’a pas de capacité d’ac on interna onale, il a besoin de la tutelle de l’Etat. Dès
lors, l’individu n’est qu’un objet de DI (CPJI, 1928, compétences des tribunaux de Dantzig1). Il est
concerné par le DI qui peut lui apporter avantages et sujé ons. La responsabilité interna onale est
celle de l’Etat, jamais de l’individu.
La CPJI fait de l’individu le possible des nataire de DI. Finalement on voit apparaître l’écran éta que :
l’Etat fait écran entre le DI et les individus. Idée selon laquelle les personnes privées n’ont pas
toujours de droit propre à faire valoir en DI.
On peut citer une décision du tribunal Cirdi arbitral de 2007, Archer Daniels c. Mexique :
l’inves sseur est présenté comme ne faisant qu’exercer un droit d’ac on en défense d’obliga ons dû
non pas à lui- même en tant qu’individu mais à son Etat.
1 La ville libre de Dantzig a été détaché de l’Allemagne par le traité de Versailles pour créer un port qui servirait à la Pologne.
Les voies ferrées étaient gérées au frais de la Pologne, mais les fonc onnaires de Dantzig ont présenté des réclama ons
pécuniaires contre la Pologne. CPJI : selon un principe de droit interna onal bien établi, l’accord interna onal en cause ne
peut pas créer directement des droits et obliga ons pour les par culiers. Mais on ne saurait contester que l’objet même
d’un accord interna onal dans l’inten on des par es contractantes puisse être l’adop on de règles déterminées créant des
droits et obliga ons pour des individus et suscep bles d’être appliquée par les tribunaux na onaux.
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
On la voit comme la posi on tradi onnelle de l’individu par rapport au DI. La protec on
diploma que : ins tu on qui permet à un Etat de se subs tuer à une personne privée de sa
na onalité par le biais d’une c on, pour me re en cause la responsabilité d’un autre Etat à
l’origine du dommage ressen par la personne privée.
In ne, un Etat met en cause la resp interna onale d’un autre Etat alors que les faits à
l’origine de la situa on concernent l’individu. Ce e resp ne peut être engagée que si le dommage
est juridiquement causé à un sujet de DI. L’individu seul n’a dès lors pas la capacité juridique. Ainsi,
pour me re en œuvre la protec on, il existe deux condi ons :
CPJI, 1924, concession Mavromma s en Pales ne : un ressor ssant grec avait passé des accords
rela fs à des travaux publics en Pales ne avec les autorités o omanes. Finalement, les autorités
décident de con er les travaux à quelqu’un d’autre. Il essaie de se faire indemniser par le RU, et
nalement, le gouvernement grec décide de prendre fait et cause pour son ressor ssant. La Grèce
demande à la CPJI de reconnaître l’existence des droits de l’individu résultant des accords passés, et
demande l’indemnisa on du préjudice du ressor ssant.
Belle phrase de principe : l’Etat fait valoir son propre droit, le droit qu’il a de faire respecter le droit
interna onal en la personne de ces ressor ssants. C’est une c on juridique : en protégeant
l’individu dans la sphère interna onale, un Etat ferait valoir son propre droit.
Cela est présentée comme un principe élémentaire du DI. On peut la relier à une logique ancienne du
DI : Va el en 1758 à quiconque maltraite un citoyen, o ense l’Etat qui le protège. La protec on
diploma que est subordonnée à la na onalité.
CIJ, 1955, No ebohm2 : la cour refuse la requête. Elle u lise la théorie de la na onalité e ec ve. Au
n d’exercice de ce e protec on, il est exigé un lien na onal e ec f réel entre l’individu et l’Etat. La
na onalité e ec ve suppose plusieurs critères :
- Lieu de naissance
- Domicile
- Etat dans lequel il exerce ses ac vités poli ques
- Ac vités professionnelles
Ces critères restent contestables, la JP ultérieurs n’est pas uniforme. La mise en œuvre de cet arrêt
n’est pas évidente. Parfois, c’est plus compliqué : un individu peut avoir des liens psychologiques forts
avec un Etat, et changer d’Etat au cours de sa vie.
2 Faits : Individu né Allemand installé au Guatemala. Il ob ent la na onalité du Lichtenstein en 1939, lieu de
résidence de son frère. Suite à sa présence sur une liste noire, il se trouve interpellée par la police du
Guatemala. A son retour, il ne possède plus rien, il a tout perdu. Il va rentrer au Lichtenstein pour exercer sa
protec on diplo.
fi
fi
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
tt
ti
ff
tt
ti
fi
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
tt
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ff
ti
ti
ti
ti
tt
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
L’individu remplit un peu ces condi ons, tout dépendra de la dé ni on que l’on re ent de « sujet ».
Les individus ont-ils acquis ce statut ? On dis ngue les sujets ac fs, et ceux passifs :
è Ac f : lorsque l’individu aura la capacité d’agir devant une jur interna onale.
è Passif : suscep ble d’être a rait devant une jur interna onale en tant qu’individu.
Dans un premier temps, ont commencé à apparaître les règles concernant la condi on des
étrangers. Par la suite, d’autres règles se sont développées, protégeant d’autres catégories de
personnes privées. On a vu se développer la protec on interna onale des droits de l’Homme et le
droit interna onal pénal.
Le droit s’est développé autour du droit des fonc onnaires interna onaux travaillant pour les OI.
Ces fonc onnaires entre ennent des liens avec ce e nouvelle en té. Donc nouvelles règles au sein
de l’OI, et des juridic ons adm interna onales.
Dans un second temps, la protec on interna onale de personne privée a pu béné cier à des
personnes spéci ques. Accord d’Alger, 1981 : crée le tribunal des di érends irano-américain. Il avait
pour compétence d’indemniser les vic mes de procédures menées en Iran au moment de la chute du
shah et les iraniens vic mes de représailles de la part des US. + procédure des NU après la 1ère guerre
du Golfes.
La dis nc on est surtout pédagogique : dans des pans spéci ques du DI, on traite des
individus. Le développement du DI pénal, dans un premier temps, prend comme point de départ le
développement des deux TMI, qui vont mener les procès de Tokyo (1946) et de Nuremberg (accords
de Londres, 1945).
TMI = ins tu ons ad hoc, mise en place après la 2GM pour juger certains hauts responsables du
régime nazi et de l’empire japonais. Deux (trois ?) éléments reviennent dans les statuts de ces TMI :
Le premier volet est une avancée majeure. De nombreux éléments vont cristalliser ce e coutume
interna onale. Résolu on 95(1) des NU, 1946 : reprend les principes de Nuremberg. Pas
contraignant, mais re ète un consensus de la communauté interna onale. Par la suite, des traités ont
été adopté faisant référence à ce e resp.
Exemple : conven on sur le génocide, sur la torture. Les conven ons de Genève (1949), ou l’on
invoque la nécessité de sanc onner pénalement les crimes graves. La Commission du DI a rédigé un
projet n’ayant jamais vu le jour : projet de code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
Suite au TMI, de nombreuses juridic ons interna onales pénales ont vu le jour, et leur existence est
venue con rmer qu’il y avait bien un principe de resp pénale de l’individu pour crime grave. Elle ne
concerne pas que les gouvernants, mais aussi les exécutants, agissant par ac on ou par omission, et
même la tenta ve ou la complicité. Vrai développement d’un principe. Quelles sont ces juridic ons
interna onales principales (après les TMI) ?
è Les tribunaux pénaux interna onaux : également des juridic ons ad hoc. On en retrouve pour
l’ex Yougoslavie et le Rwanda. Leur compétence était circonscrite, ra one temporis, pour la
période du con it. Mis en place par une résolu on du conseil de sécu des NU.
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
fl
ti
fi
ti
ti
fl
ti
ti
ti
tt
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
fi
ti
ti
ti
ffi
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
tt
fi
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
è La cour pénale interna onale (statuts de Rome, 1998) : elle est permanente. Elle est
compétente pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le crime d’agression.
Mais un Etat non par e au traité n’est pas concerné, ni les a aires antérieures à 1998. La CPI
peut parfois s’autosaisir. Les US font une grosse résistance, et à côté, centaines de traités
bilatéraux d’immunité. Cela limite l’impact de la Cour.
è Les tribunaux hybrides : ils contribuent au statut de l’individu en DI, avec un modèle réinventé
pour chaque situa on (interna onal / interne). Permet de prendre en compte les
par cularismes locaux. Le premier était le tribunal spécial pour la Sierra Leone. Sur ini a ve
du SG de l’ONU. Le dernier procès, Charles Taylor, condamné à 50ans de prison en 2012, 1er
chef d’Etat condamné depuis Nuremberg. Cas des chambres extraordinaires au Cambodge
après l’invasion vietnamienne. Compétentes pour les crimes commis entre la prise de pouvoir
des Khmers rouges et l’arrivée des troupes vietnamienne.
Ici, l’individu se voit reconnaître des droits, et aussi la possibilité de saisir une instance
interna onale, un juge, ou une autre en té qu’il pourra connaître de ces droits et de leur éventuelle
viola on.
Dans une première hypothèse, la fonc on publique interna onale : devenant un agent interna onal,
il se voit reconnaître des droits, parfois cocontractant avec l’OI. Naît alors le droit de la fonc on
publique interna onale. Il peut faire prévaloir ses droits au sein de l’OI.
Mais au-delà, il est ques on des droits de l’Homme reconnus et protégés interna onalement.
S’est ainsi développé le droit des droits de l’Homme. Ainsi, des mécanismes se sont développés,
perme ant aux individus de se prévaloir de droits en dehors de leur Etat. L’individu existe désormais
en DI, sans être un sujet absolu (dans une certaine mesure et dans un champ spéci que à chaque
fois).
Des sources se sont développées rapidement. La DUDH en 1948 est adoptée par l’AG des NU.
Inspirée des déclara ons française et américaine, elle est adoptée dans un grand renfort de symbole.
Elle a une vraie valeur, dans le préambule de nombreuses cons tu ons, c’est un point de référence.
Ajd, les Etats ont signé les deux, même si certains manquent à l’appel. En 1966, ces textes deviennent
contraignant pour les Etats par es. Ultérieurement, des conven ons universelles théma ques seront
adoptées (portant sur un type de droit ou un type de personnes). Cela a globalement bien
fonc onné.
Au sein de l’ONU on retrouve le conseil des droits de l’Homme travaillant sur des ques ons de
manière transversale. Le DI se tourne vers l’individu. Le conseil de l’Europe s’illustre par le L de la
Cour européenne des Droits de l’H. L’UE protège également cela via la CDFUE. L’OEA au niveau
américain, est la première qui a historiquement adoptée une déclara on des droits de l’H
« interaméricaine »…
Il existe alors un faisceau de texte, rapide dans le temps, ou l’on reconnait le droit, mais aussi la
capacité juridique de s’en prévaloir aux individus sur la scène interna onale. Exemple : requête
individuelle de la CEDH. Tout cela permet de faire évoluer le DI de manière générale.
B. Le raisonnement de la CIJ
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
tt
ti
fi
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Comment la CIJ traite les ques ons rela ves aux individus ? Elle a évolué dans sa manière
d’appréhender la protec on diploma que. Pour ce qui est des droits individuels, dans l’a aire
Lagrand (All c. US), la Cour a constaté que l’art 36§1 de la conven on de Vienne sur les rela ons
diploma ques et consulaires créent des droits individuels : à l’informa on, à l’accès à la protec on
diploma que en faveur des personnes détenues à l’étranger.
Les droits individuels restent dépendant de la volonté d’un Etat de faire jouer la protec on
diploma que. Au-delà de cela, la CIJ a reconnu la resp de l’Etat pour non-respect des droits de
l’Homme.
Au départ, elle a appréhendé de manière mide et indirecte ce e ques on. Sur l’a aire LaGrand3, la
conven on de Vienne dit que si des individus ont des di cultés sur le territoire d’un autre Etat, il a
obliga on de contacter leur Etat de na onalité pour la protec on consulaire.
La Cour décide d’accepter le premier argument, ce qui lui évite de se prononcer sur le deuxième.
L’Etat prend fait et cause par le biais de la c on : très classique. Même raisonnement en 2004 entre
les Us et le Mexique. Ainsi, elle reconnaît seulement l’existence de droits individuels.
L’évolu on commence en 2005. CIJ, ac vité armée sur le territoire du Congo (RDC c. Ouganda) : la
CIJ statue ici sur la viola on de règles de protec on interna onale des droits de l’Homme alors
qu’elle est saisie dans le cadre de la protec on diploma que. La cour reprend les sources de droit
humanitaire et de droit interna onal des droits de l’Homme applicables. Ici, la Cour fonde la
responsabilité interna onale de l’Ouganda sur le fondement de la viola on des droits de l’Homme.
Dans l’a aire Ahmadou Sadio Diallo (Rép de Guinée c. RPC), 20104 : la Cour combine les droits de
l’Homme avec la protec on diploma que. Le ressor ssant conteste ses condi ons de déten on. La
CIJ, sur le fond, juge qu’il y a eu viola on par la RDC d’un certain nombre de disposi ons du DI des
droits de l’Homme.
CIJ, a aire Jadav (Inde C. Pakistan), 2019 : la Cour relève que le §1er de l’art 36 crée des droits
individuels. Ceux-ci peuvent être invoqués devant elle par l’Etat dont l’individu a la na onalité.
Ainsi, la procédure interna onale laisse dès lors plus de place à la personne privée. Exemple :
l’amicus curiae, cad la possibilité en droit anglo-saxon de faire appel à une erce interven on sur un
point de droit ou de fait. Permet à des individus d’éclairer une juridic on.
Aujourd’hui, on peut considérer que les individus sont des sujets de DI. Ils ont une Pj par elle. Dans
quelle mesure le DI leur confère une part de PJ ? Ils sont des sujets dans un cadre limité. Il existe une
certaine précarité au dû au caractère par el de ce e PJ. Puisqu’il n’y a pas de règles générales, tous
les instruments conven onnels peuvent être dénoncés.
3Faits : Deux frères allemands habitants aux US condamnés à mort. Lorsque l’Allemagne se réveille, l’un d’entre
eux avait déjà été exécuté.
4 Faits : Ahmadou Sadio Diallo est un ressor ssant guinéen installé en RDC. Il a créé une sté et par cipe à la
forma on d’une autre. Ces divers recours ne plaisent pas et il est des nataire d’une procédure d’expulsion.
ti
ff
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Ajd, il n’est pas nécessaire que l’Etat ait consen dans son droit interne aux droits de l’individus, pour
que ces droits existent.
§1 – Les entreprises
Le statut des entreprises a évolué. A aire de Chorzox (Allemagne c. Pologne), 19225 : droit
concernés sont ceux de personnes morales, alors la protec on diploma que est exercée à leur
béné ce. La cour applique le DI public.
CIJ, A aire de la Barcelona trac on Company (Belgique c. Espagne) : après 1GM, les parts d’une sté
canadienne située en Espagne ont été transféré à des belges. Le gouv espagnol refuse le paiement. Le
juge espagnol considère que la sté en faillite implique la vente des avoirs sur le territoire espagnol. La
CIJ considère que la Belgique ne peut pas exercer sa protec on diploma que, les ac onnaires belges
n’étant pas tulaire de droits en vertu du DI. Le Canada aurait pu le faire.
L’OIT a élaboré en 1977 une déclara on de principe sur la poli que sociale des entreprises
mul na onales. Mais également, des ré exions norma ves des NU en 1976, et des principes
directeurs du côté de l’OCDE. La situa on a alors beaucoup évolué aujourd’hui. Le droit de
l’inves ssement notamment, traite des rela ons entre un inves sseur privé et un Etat sur le
territoire duquel il vient d’inves r. A l’époque, existait les contrats d’Etat : contrat conclu par une
société privée et un Etat étranger, qui prévoyait la soumission d’éventuels li ges à venir au DIP.
La conven on de Washington (1965) : pour les règlements des di érends entre Etats et ressor ssants
d’un autre Etat. Elle dresse une liste d’arbitre, et crée un centre de règlements interna onaux : le
CIRDI. De nombreux traités bilatéraux rela fs aux inves ssements feront presque tous référence au
CIRDI.
CPA, achmea, 2008 : le juge européen devient compétent en ma ère de traités bilatéraux en ma ère
d’inves ssement. (Supréma e du droit de l’UE pour les Etats membres) VERIFIER.
Le développement des règles sociales ne passe pas que par l’OIT. L’ONU et les ONG s’engagent aussi.
Le DI s’est donc mis à imposer des règles de protec on des DH et des règles de droit sociaux. L’ONU
tend à considérer que la protec on des droits de l’Homme passe par les entreprises. Pacte mondial
existe, au sein duquel les entreprises s’engagent à respecter 10 principes universellement reconnus
(environnement, corrup on). Ils prennent appui sur d’autres sources (DUDH…).
Principes directeurs aux entreprises et droits de l’Homme (2011) : approuvés par le conseil des
droits de l’Homme dans sa résolu on 1714 élaboré par l’ONU. Somme les entreprises de respecter les
règles déjà existantes à responsabilisa on de l’entreprise.
5 Usine de produc on d’azote cédée à une entreprise allemande. La conven on de Genève avait transféré une
ti
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
fl
ti
ti
ti
fi
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
région en Pologne.
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Les entreprises adoptent elles-mêmes des codes de conduite (so law), des engagements qu’une
entreprise dit prendre : preuve de bonne foi. Elles peuvent se retrouver à s’engager à respecter des
règles dans des Etats où elles n’existent pas. Des ins tu ons de DI en ma ère de droit de l’Homme
existent avec un rapporteur sur la ques on. Le forum sur les entreprises et les droits de l’Homme
(sorte de plateforme mondiale), ent un rôle très important. Projet de conven on interna onale.
La communauté interna onale n’est dé nie nulle part ou presque. Les Etats con nuent de créer des
règles en fonc on de leurs intérêts.
Sec on 2 – La ques on des ONG
§1 – Dé ni on
● Critère formel : ONG = ins tu on créée en vertu d’une ini a ve privée ou mixte par le biais
d’un mode de créa on qui exclue l’accord intergouvernemental.
● Un critère matériel : elle est à but non lucra f à concerne l’ac on des sujets de droit
interna onal.
De manière générale, di érents mécanismes juridiques leurs perme ent d’émerger en DI.
Tradi onnellement, le débat interna onal se limite aux diplomates, engageant les Etats. La créa on
de sources de DI repose sur les Etats. Néanmoins, dans les dernières décennies, les domaines
concernés par le DI se sont mul pliés.
Les ONG avaient déjà une exper se dans ces di érents domaines. Mais elles n’ont pas de PJ
interna onale (pas des natrice de droit, d’obliga ons, pas engager leur resp interna onale…). Leur
place se situe donc dans le lawmaking : la créa on de règles de DI. Elles se sont pe t à pe t
reconnues comme des par cipantes à la créa on de nouvelles règles (avis…).
Leur présence est également judiciaire : il existe dans les pays de common law, la possibilité de venir
présenter ces vues devant les juridic ons, même si on est pas par e à l’instance à on devient amicus
curiae. La procédure interna onale mixe la common law et la civil law. Elle permet de manière
croissante d’exister devant le juge.
La Charte des NU met en place un organe : l’ECOSOC. Ce conseil éco et social peut passer des
accords en vue de consulter des ONG. Cet organe a déjà adopté des résolu ons avec la par cipa on
des ONG dans ses travaux. Elles peuvent également être observatrice, ce qui les inclut dans le débat.
ff
ti
ti
ffi
ti
ti
fl
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
fi
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
fi
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ft
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Il existe une ONG spéci que, dont on reconnait sa PJ interna onale car très ins tu onnalisée : le
comité interna onal de la croix rouge. Elle peut aller traiter directement avec les belligérants. Ce e
ONG est reconnue par des traités et des conven ons.
● Des raisons idéologiques : ancien bloc de l’est par exemple. Posi onnements poli ques.
● Des raisons poli ques : refus de l’interven onnisme de la communauté interna onale.
Remise en cause du statut quo du DI.
● Des contesta ons juridiques : di érentes concep ons de la hiérarchie des normes.
Il faut rela viser ces contesta ons. Elles ne sont pas de nature à empêcher l’existence de règles, mais
plutôt l’opposabilité à un Etat. Mais de nombreux éléments a estent que le DI est bien contraignant.
Le non-respect de règles de DI donnent bien souvent lieu à l’engagement de la resp interna onale.
On a mis en place des juridic ons généralistes, et d’autres spéci ques. Des instances assurent bien
le respect des règles. Pourquoi le DI est contraignant ? Se pose la ques on du fondement du
caractère obligatoire des sources du DI. Pourquoi s’impose-t-il aux Etats souverains ? Pourquoi
s’engagent-ils ?
On iden e:
● Le volontarisme : doctrine juridique selon laquelle le DI est fondé sur la volonté des Etats.
CPJI, a aire du Lotus : en l’absence de règles, la volonté des Etats prime (typique). La CPJI a
alors dû étudier le fondement du caractère obligatoire du DI : q° préalable de son
raisonnement. Elle nous dit : le DI régit les rapports entre Etats indépendants, les règles de
droits liants les Etats procèdent donc de la volonté de ceux-ci manifestée dans des
conven ons, des usages… La cour en déduit : les limita ons de l’indépendance d’un Etat ne
se présument pas. C’est l’idée d’autolimita on : l’Etat n’est lié que par sa propre volonté.
● La pacta sunt servanda : on est lié par les conven ons prises. C’est une sorte de meta règle,
une jus ca on théorique de la contrainte des Etats.
● Les posi vistes : se fonde sur l’étude du droit sans jugement de valeur. Il donne lieu au
norma visme (Kelsen).
Ces théories ont des points communs : isoler le droit du contexte social et poli que (s’oppose aux
théories objec vistes : essayent de jus er en dehors du droit, la jus ca on du caractère
obligatoire du DI).
D’un côté, on conçoit le caractère obligatoire autour de règles, de l’autre, autour de rapport avec la
sté.
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ff
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
fi
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
Droit interna onal 1 public (TD)
Dans le premier bloc de théories : on conçpoit le caractère obligatoire autour des règles. Dans la
- « Les conven ons interna onales, soit générales, soit spéciales, établissant des règles
expressément reconnues par les Etats en li ge ;
- La coutume interna onale comme preuve d’une pra que générale acceptée comme étant le
droit ;
- Les PGD reconnus par les na ons civilisées ;
- Sous réserve […], les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes les plus quali és des
di érentes na ons, comme moyen auxiliaire de détermina on des règles de droit ».
L’ordre de priorité n’est plus tout à fait valable car aujourd’hui la JP prend beaucoup de place.
Sec on 1 – La coutume
Pendant très longtemps source principale des règles interna onales. Ces normes sont les
plus anciennes et les plus nombreuses (immunités diploma ques, liberté sur la naviga on sur la
mer…). Elle a perdu de la vitesse depuis la 2GM, notamment par rapport aux traités.
La coutume est une norme non-écrite, même si ajd ce caractère est à rela viser car de nombreux
processus de cristallisa on de la coutume émergent. Certains instruments écrits aident à former la
coutume, d’autres deviennent une preuve de coutume. CIJ, 1996, licéité de l’emploi de l’arme
nucléaire : elle rappelle que les résolu ons de l’AG des NU vont parfois fournir des éléments de
preuve importants pour établir une règle coutumière.
La coutume est l’abou ssement d’un processus. Ainsi, sa forma on n’est pas instantanée,
elle est caractérisée par sa lenteur. La forma on d’une coutume peut parfois être rapide : CIJ, 1969,
A aire Plateau con nental de la mer du Nord.
La pra que est une déclara on de faits, d’actes, de déclara ons, de comportements, d’a tudes
imputables aux sujets du DI. Il faut une accumula on et une con nuité dans la nature des faits et
des actes juridiques pour considérer ce e pra que.
On recherche les actes juridiques internes, l’expression d’un Etat sur une règle, ou face aux
agissements des autres. On regarde aussi les prises de posi on d’agents gouvernementaux par
ff
ff
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
tt
tt
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
tti
Droit interna onal 1 public (TD)
exemple. Ce e pra que peut se retrouver dans des ac ons ou des absten ons. A aire du Lotus : ne
pas poursuivre le chef du navire est présenté comme cons tuant une pra que répétée, et donc
exemple de pra que par absten on ou par omission.
- Critère de la convergence : les faits doivent être dotés d’une constance su sante de la part des
sujets de droit qui sont acteurs.
- Critère de la con nuité dans l’espace : il faut retrouver une universalité géographique, et la
représenta vité de di érentes catégories d’Etats.
L’iden ca on de la pra que peut parfois être di cile. Le constat d’une pra que généralisée peut
être possible même s’il y a l’existence d’éléments contraires. CIJ, 1986, ac vité militaire et
paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci : pas parce que certaines hypothèses au recours de la
force armée surviennent en pra que, que l’interdic on de ce recours n’a pas un caractère coutumier.
è L’élément psychologique : l’opinio juris sive necessita s. Le sen ment que l’on est contraint de
respecter ce e pra que (que c’est du droit).
C’est la psychologie des Etats, dans les statuts de la CIJ on retrouve « accepter comme étant le
droit ». Fait référence à une croyance, une convic on chez les sujets de droit, qu’en agissant comme
ils le font, ils se conforment à une véritable règle de droit. A aire Plateau con nental de la mer du
Nord (RFA c. Danemark et RDA c. Pays-Bas) : enjeu = délimiter les fron ères mari mes. La cour dit
que l’existence de faits concordants ne su t pas à prouver l’existence d’opinio juris. Le
comportement des Etats peut répondre à d’autres mo va ons que le sen ment de contrainte
juridique.
La CIJ considère que la recherche de cet élément psychologique se trouve dans la mo va on des
actes des Etats. Mo va on doit être le sen ment de se conformer à une règle de droit. La preuve est
liée à l’opinion juris, cela ne doit pas être un simple comportement de courtoisie. Parfois la dis nc on
entre l’élément matériel et celui psychologique est complexe.
(Art. 38 statut de la CIJ) : pour être admise, une norme coutumière doit être universellement
admise. On parle souvent de DI général pour parler du DI coutumier = DI non écrit. CIJ, 1969,
plateau con nental de la mer du Nord : refus du caractère coutumier d’une norme par manque de
généralité.
C’est le principe : les règles coutumières sont des règles générales. Cependant, ce n’est pas
indispensable, et il existe des coutumes locales ou régionales :
- CIJ, 1950, a aire droit d’asile (Colombie c. Perou)6 : savoir s’il existait un droit de quali ca on
unilatéral par un Etat des délits dans le cadre d’une décision d’octroi d’un droit d’asile. La cour : en
l’espèce, trop de contradic ons dans la pra que pour dégager une règle coutumière propre à
l’Amérique la ne. La cour s’interroge : signi e la possibilité d’existence d’une coutume régionale.
6 Chef du par révolu onnaire au Pérou s’enfuit : habitude en AL de grande hospitalité dans les consulats.
ti
fi
ti
ti
ti
ff
ti
tt
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ffi
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
- CIJ, 1960, droit de passage en territoire indien7 : la coutume peut exister de manière locale ou
bilatérale. La cour reconnaît l’existence d’une règle coutumière locale reconnaissant un droit de
passage. Elle prévaut sur des règles générales concernant les personnes privées.
Sur l’aspect local de la coutume, la cour explique que l’on voit di cilement en quoi le nombre d’Etats
entre lesquels pourrait se cons tuer une coutume locale devrait nécessairement être supérieur à
deux. Si l’on constate une coutume locale (existence d’une règle bilatérale), elle prime sur la règle
générale.
Tous les Etats sont-ils concernés par ces coutumes universelles ? Ques on de l’objecteur persistant :
nom donné à l’Etat qui prétend l’inopposabilité à son égard du caractère obligatoire d’une norme
coutumière en cours de cristallisa on. Puisqu’il est souverain, un Etat peut s’opposer à une règle
qu’il refuse. La règle coutumière peut tout de même se former. On ne doit pas pouvoir douter de la
volonté de l’Etat de s’opposer à la coutume, et la charge de la preuve lui revient. Hypothèse peu
fréquente.
Il y a une certaine précarité, mobilité de la norme coutumière. Elle évolue en fonc on des
pra ques, de l’opinio juris. Le droit coutumier est en perpétuel mouvement : pose des problèmes de
preuve. Tradi onnellement, cela me ait des siècles à se former. Ainsi, la forma on d’une règle
coutumière peut être très lente.
Avec l’accéléra on des échanges interna onaux, le besoin croissant de règles, s’est posé la ques on
de l’accéléra on de la forma on de la coutume ? R.J Dupuy di érencie :
Les Etats vont aller dans le sens de la créa on plus rapide de règles (déclara ons…). Ils jouent sur
l’enchainement des étapes dans le processus coutumier pour réduire le temps nécessaire à la
cristallisa on d’une règle coutumière. Parfois, comme en ma ère environnementale, il faut aller vite.
Le juge devra jongler entre plusieurs aspects.
Sec on 2 – Le traité
Peu importe la dénomina on o ciel d’un texte, sa terminologie, on peut quali er
juridiquement un traité alors même qu’il s’appelle « accord » ; « conven on… ». CIJ, 1962, Sud-Ouest
africain : La terminologie n’était pas un élément déterminant quant au caractère d’un accord ou d’un
engagement interna onal.
Ce qui est important est la dé ni on du traité : accord conclu entre deux ou plusieurs sujets de DI et
qui est des né à produire des e ets de droit, et qui va être régit par le DI. L’art 2 de la Conven on de
Vienne (1969) : l'expression « traité » s'entend d'un accord interna onal conclu par écrit entre États
et régi par le droit interna onal, qu'il soit consigné dans un instrument unique ou dans deux ou
plusieurs instruments connexes, et quelle que soit sa dénomina on par culière.
Cela signi e qu’il y a deux condi ons de fond à l’existence d’un traité entre Etats :
7Portugal voulait faire reconnaître un droit de passage en Inde pour assurer le transit entre plusieurs de leurs
comptoirs.
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ffi
tt
ti
ti
ti
ff
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Ce n’est que très récemment que se sont fortement développé les traités. Ils sont ajd privilégiés en
raison de leurs avantages (précis, rapides). A l’origine, le DI s’est développé autour de réseau de traité
bilatéraux pa emment conclus par les Etats (ménager au mieux leur volonté souveraine). Ex : traité
de Westphalie.
Ce qui est plus marquant est le développement des traités mul latéraux. Le plus ancien est l’acte
nal du traité de Vienne. Ils peuvent avoir plusieurs objec fs : cons tu fs d’une OI, sur une autre q°
rela ve au DI. Ceux cons tu fs sont par culiers, ils sont à la base de l’OJ interne de l’OI. Les autres
traités vont concerner la communauté interna onale et perme re la mise en place d’un régime
juridique universel sur un sujet. Permet de me re en place des normes générales.
Le traité mul latéral est complexe à négocier, et ajd, on arrive à la limite du mul latéralisme. La
conclusion de grands traités mul latéraux est de plus en plus compliquée. Il existe une grande
diversité de traité :
Les traités peuvent s’ar culer de di érentes manières : être concurrents, connexes. Existe-t-il des
traités écrits et non écrits. La conven on de Vienne (1969), est entrée en vigueur en 1990. Elle porte
sur le droit des traités. La deuxième conven on de 1986, porte sur les traités entre Etats et OI ou
entre OI (tjrs pas en vigueur).
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
tt
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
fl
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Ces deux conven ons ont pour objec f d’écrire les règles de base sur la manière dont on fait et
défait les traités, sur les rela ons entre les par es à un traité : le Droit des traités. Ce e ques on est
une ques on fondamentale en DI. En 1949, lors de sa première session, la commission du DI avait
pour programme de travailler dessus : écrire, codi er le DI. La France ne fait pas par e de la
conven on de 1989. Ces conven ons perme ent du codi er le droit, la coutume.
La conven on permet de donner le Droit applicable lorsque les sujets concernés sont par s à la
conven on. Si tous les sujets ne sont pas concernés ? La conven on indique ce que dit le droit, elle
sert d’indice. Et en par e, elle reprend la coutume. On dis ngue deux hypothèses :
● Dans le cas d’espèce, les règles de la conven on sont les règles coutumières : s’applique.
● Disposi on ou l’on a fait du développement progressif : ne s’applique pas.
La portée de la conven on va être générale, ne classi e pas les traités. C’est un texte de droit
général, qui a un rôle supplé f : s’applique si aucun traité spéci que ne s’applique.
§1 - La conclusion du traité en DI
La conclusion d’un traité est un élément d’une grande importance avec une certaine
solennité. Les règles de droit interne viennent compléter le DI. La procédure de conclusion :
Pas vraiment de formalisme au sens du DI, peu de règles sur les modalités de conclusion du traité. Le
seul objec f est que le consentement de l’Etat doit avoir été donné librement.
- La négocia on est la première étape : dans une enceinte ins tu onnalisée ou non. Des projets de
texte sont soumis à la négocia on avec l’aide de négociateurs, poli ques et experts. La personne
compétente pour négocier au nom d’un Etat est désigné par le droit interne, il est le pleni
poten ere.
- Phase de la signature et de l’expression du consentement : passera par les Etats. On adopte le
texte. Cela marque la n des négocia ons et d’élabora on du texte. Les pleni poten ere arrête le
texte sur sa version dé ni ve. Ensuite, ils authen ent le texte (déclarer que le texte rédigé
correspond à l’inten on des négociateurs). Au niveau de la valeur de la signature, on retrouve
deux hypothèses :
è Traité en forme solennelle : la signature ne vaut pas engagement de l’Etat. Elle se contente
d’authen er et arrêter dé ni vement le texte. Ici, la conclusion s’organise au moyen de
deux actes successifs. Le traité ne produit des e ets de droit qu’au deuxième acte : la
ra ca on. Cela cons tue l’expression par l’Etat de son consentement à être lié. Le traité
devient dé ni f et obligatoire. CIJ, 1952, a aire amba elos : ra ca on est l’acte essen elle
de ce type de traité, de son entrée en vigueur.
è Traité en forme simpli é : la signature de l’Etat vaut authen ca on et engagement dé ni f.
Un Etat peut adhérer à un traité : exprimer son consentement pour devenir par e alors même qu’il
n’a pas par cipé aux négocia ons. L’admission est l’expression pour un Etat de devenir membre d’une
OI. Une fois que le traité existe, il doit entrer en vigueur : Le traité dispose selon quelle méthode il
veut entrer en vigueur. En général les disposi ons nales prévoient qu’il entrera en vigueur s’il a un
minimum d’Etat par e.
Pour conclure le traité en droit interne, on suivra dans la plupart du temps les règles
cons tu onnelles. Suivant les Etats, les tradi ons peuvent être di érentes (Etat unitaire ou fédéral
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
fi
fi
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
tt
ti
ti
ti
ff
fi
ti
fi
fi
ti
ti
fi
ti
fi
ti
ti
fi
fi
ti
ti
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
fi
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
par ex). En droit fr, Le PR a la compétence pour négocier et ra er les traités. En droit français,
ra ca on lorsque consentement exprimé par le PR de la rép et approba on lorsqu’exprimé par le
ministre des a aires étrangères. Art 53 de notre cons tu on : prévoit la ra ca on parlementaire
pour un certain nb de traités.
Le consentement est incontournable : on ne peut rien imposer à un Etat souverain. Deux sous
ques ons se posent : la ques on des réserves au traité, et celle des vices de consentement.
Dé ni on : déclara on unilatérale qui peut être formulée par un Etat ou OI (sujet de DI),
formulée avant et ou au moment de l’expression du consentement à être lié par le traité. Le principe
est de modi er au regard du texte du traité, la portée des engagements du déclarant à son égard. La
conven on de Vienne donne une dé ni on similaire.
Le consentement de l’Etat doit être présent à tout moment. Les réserves sont émises avant l’entrée
en vigueur du traité : elles cons tuent une procédure qui condi onne l’entrée en vigueur du traité
pour un Etat. Art 2 Conven on de Vienne : qu’importe le libellé de la réserve.
L’Etat peut également joindre une déclara on interpréta ve, ou il précise l’interpréta on de
certaines disposi ons de l’acte sans limiter la portée. La portée réelle est compliquée à interpréter
parfois lorsque l’Etat ne montre pas clairement ces opinions.
La pra que des réserves est répandue et encouragée par un certain libéralisme à cet égard. On ne
veut pas réellement limiter la pra que. Le DI est singulier, la pra que des réserves permet d’élargir le
cercle des par es contractantes à un traité, elles restent liées par d’autres ar cles, c’est mieux que
rien. Elles perme ent aussi à la suite de négocia on complexe de réintégrer des Etats qui refusaient
d’être par e.
Dans le cas d’espèce, il peut toujours y avoir des règles spéci ques qui autorisent ou non les
réserves. On dispose de plusieurs types de source générale sur la ques on des réserves. La
conven on de Vienne a une sec on sur le sujet.
La CDI en 2012 : guide de la pra que. Ce guide veut tenter de favoriser une uniformité de la pra que
des réserves. On y reprend des éléments de la pra que en proposant une sorte de développement du
droit. Première ques on l’admissibilité des réserves, surtout en ma ère des droits de l’Homme. Il
arrive que :
Il existe un critère général d’admissibilité des réserves : elles ne doivent pas être incompa bles avec
l’objet et le but du traité. Une réserve peut être acceptée par une par e au traité de manière
expresse ou tacite, mais il est possible de faire objec on aux réserves.
L’objec on doit être expresse, elle est un acte unilatéral qui peut viser à exclure ou modi er des
éléments juridiques de la réserve, ou exclure l’applica on du traité dans son ensemble.
Ques on du dialogue réservataire (conclusion de la CDI en 2011) : Exemple avec Malawi et Mexique
par es dans une conven on sur la discrimina on à l’égard des femmes. La Malawi avait fait une
réserve par rapport aux tradi ons misogynes, et le Mexique a fait une déclara on ou il essaie
d’interpréter la réserve du Malawi (essaye de ra raper le coup).
Ils essaient d’ins tuer un dialogue réservataire pour que la réserve ne soit pas in ne contraire à
l’objet du traité.
Au moment de la conclusion du traité, le consentement doit être exempt de vices. Il existe assez peu
de conten eux : cela peut conduire à la nullité totale ou par elle d’un traité. Les Etats peuvent
invoquer :
Ques on des ra ca ons imparfaites. Principe érigé en 1969. Exemple dans la sentence arbitrale de
l’a aire détermina on de la fron ère mari me, 19898 (Guinedi Sao c. Sénégal) : le tribunal arbitral
dit qu’il ne peut pas invoquer la règle de Vienne (applicabilité dans le temps), de plus que la
compétence reviendrait au Portugal.
b. L’erreur
Principalement : a aire du temple de Prea Vihear (Cambodge c. Thaïlande), 19629 : La cour refuse ici,
une par e ne saurait invoquer l’erreur si elle a contribué à celle-ci par sa propre conduite, si elle était
en mesure d’éviter l’erreur, ou si les circonstances étaient telles qu’elle avait été aver de la
possibilité d’une erreur.
c. Le dol
Dol : lorsqu’un Etat est amené à conclure un traité par la conduite frauduleuse d’un ou de
plusieurs autres Etats par cipant à la négocia on (alléga ons mensongères, ar ces, ruses…). L’Etat
qui prouve qu’il a été vic me d’un Dol pourra demander la nullité totale ou par elle du traité.
Sur les accords de Munich, la Tchécoslovaquie n’a jamais eu l’inten on de conclure un traité.
Art 50 Conven on de Vienne : Si l'expression du consentement d'un État […] a été obtenue au moyen
de la corrup on de son représentant par l'ac on directe ou indirecte d'un autre État ayant par cipé
à la négocia on. Dé nie de façon très stricte : pas juste des gestes de courtoisie.
8 Guinedi Sao ne se tenait pas tenu par l’accord conclu entre la France et le Portugal. Le traité de l’époque ne
respectait pas les règles cons tu onnelles portugaises.
9 Problème : le temple était de quel côté de la fron ère ? La Thaïlande a rme qu’elle ne savait pas lorsqu’elle a
accepté la carte.
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ff
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ti
ti
ti
fi
ti
fi
ti
ti
fi
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
En principe : pas d’e ets à l’égard des ers (conséquence du consensualisme dans un OJ ou
les Etats sont souverains et égaux). On retrouvait cela dans le droit romain. Il existe de plus en plus
d’excep ons à ce e inopposabilité du traité à l’égard des ers :
è Les traités objec fs : établissement de statuts territoriaux par culiers par ex. L’acte nal du
Congrès de Vienne (1815), établissant le principe de neutralité de la Suisse. Ou le traité de
Washington (1959) établissant un statut par culier pour l’antarc que. Les a aires des îles
d’Aaland : une commission de juriste a es mé que la Suède limitrophe pouvait se voir
appliquer le traité même si elle n’avait pas conclu le traité. Cela devient un droit erga omnes.
C’est un peu la même idée dans l’a aire du vapeur wimbledon.
è Les traités créant une fron ère
è Les traités qui créent un régime de tutelle ou de mandat
è Les traités cons tu fs d’une OI : L’OI ensuite créée existe de manière objec ve.
Il est ques on de savoir le sens des disposi ons du traité. Di érentes traduc ons par exemple
dès le départ. Interpréta on est l’opéra on intellectuelle qui tente à établir le sens de plusieurs
termes.
Ainsi, quand et comment interpréter ? la pra que n’est parfois pas prévue. Interprété permet de
diminuer les incer tudes liées à une règle générale. L’interpréta on peut alors viser à établir le sens
d’une disposi on, établir clairement la portée du texte en vue de son applica on. Le but de toute
ff
ff
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ff
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ff
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
fi
Droit interna onal 1 public (TD)
interpréta on est de rechercher la commune inten on des par es. On peut classer l’interpréta on
dans di érentes catégories :
● L’interpréta on authen que : le fait des par es au traité. Il faut nuancer les interpréta ons
authen ques collec ves et celles d’un seul Etat. CPJI, 1923, jaworzina : ce e interpréta on
est le principe. Elle appar ent à celui la seul qui a le pouvoir de modi er ou supprimer la
norme. Si l’interpréta on authen que n’est pas unilatérale, mais collec ve : c’est un accord
qui intervient entre les par es et qui va préciser le sens. Cela peut être un texte à côté du
traité, ou ultérieur, ou même un accord tacite.
● L’interpréta on non authen que : On cherche l’avis d’un ers (juge ou arbitre, ou OI par
exemple). La portée va tenir compte de l’auteur et du contexte dans laquelle est délivrée
l’interpréta on. La conven on de Vienne apporte des ou ls d’interpréta on. On dis ngue les
moyens d’interpréta on :
- Les éléments de fond (de formes jugés per nents) pour comprendre le texte : l’interpréta on
d’un traité doit être e ectué de bonne foi, en fonc on du sens ordinaire d’un traité, en fonc on du
contexte et à la lumière de l’objet et du but du traité. La bonne foi est le principe fondamental. Ici,
on prend en compte des moyens qu’on quali e d’« objec fs ». Cad le texte et le contexte dans
lequel le traité a été conclu, tous les éléments qui ont un rapport avec le traité et la pra que
extérieure. Mais aussi des moyens subjec fs : mes objec fs poursuivis et les mo va ons des
par es.
- Les moyens complémentaires d’interpréta on : les travaux préparatoires du traité par exemple.
On va regarder les circonstances, le contexte géopoli que de l’époque. CIJ, Libye et le Tchad : la
Cour devait délimiter précisément le tracé d’une fron ère, elle a regardé les cartes. CIJ, a aire des
plateformes pétrolières (Irak c. US) : interpréta on de la disposi on « il y aura paix durable et
ami é sincère entre les US et l’Iran ». Pour l’Iran, vraie obliga on e ec ve. Les US appuient qu’il
n’y avait aucune inten on de créer une obliga on juridique. La Cour regarde l’objet et le but du
traité. La Cour voit également qu’aucun des deux Etats ne s’est réellement prévalu de ce e
disposi on. Elle reconnait une faible portée juridique qui ne su t pas à donner compétence à la
Cour.
On peut retrouver des direc ves générales d’interpréta on. L’objec f de l’opéra on d’interpréta on
est d’avoir un résultat logique et e cace. L’interpréta on auquel le ers doit arriver doit avoir un e et
u le : c’est l’exigence de l’e et u le. L’interprète doit présumer que les auteurs d’un traité
entendaient lui donner un e et u le (consacré dans CIJ, 1994, di érend territorial entre Lybie et
Tchad).
Le point de départ est le consensualisme. Il est possible de modi er un traité. Parfois un traité ne peut
pas être modi é, et il est impossible de réviser un traité unilatéralement. Conférence de Londres sur
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
fi
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ff
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ti
fi
ti
ti
ff
ff
ti
ti
ti
ti
fi
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
tt
ti
ti
ff
Droit interna onal 1 public (TD)
la démilitarisa on de la mer noire : aucune puissance ne peut s’a ranchir des obliga ons d’un traité
ni modi er les disposi ons autrement obtenu d’un consentement. On retrouve trois types de
situa on :
Pas de régime juridique dis nct, mais emploie de ces di érents termes, di érent champ des possible.
REPRENDRE 5 MINUTES
La plupart des négociants ont intérêt à rédiger des choses certaines pour le respect d’un certain
formalisme. On se réfère à la conven on de Vienne : pour amender un traité, le modi er
par ellement, tous les Etats doivent donner leur consentement, la modi ca on doit être faite à
l’unanimité. Dans la pra que, tout est envisageable : conférence diploma que, des traités qui ont
leurs propres règles originales de révision…
Lorsqu’on parle d’une modi ca on, donc plus substan elle, les règles di èrent. Ce qui fait l’objet de
l’accord est beaucoup plus a ecté : soit on conclut un autre traité, soit on u lise la modi ca on. Le
changement des règles conven onnelles peut être le fait de la survenance d’une norme coutumière
postérieure au traité (le traité n’a plus lieu d’être). La modi ca on peut être le fait d’un accord tacite
des Etats par es : le croisement des consentements va produire des e ets instantannés.
Les traités dis nguent souvent qui peut avoir l’ini a ve d’un changement, et comment on va réviser
le traité. Souvent, une modi ca on requiert l’unanimité, mais dans les traités mul latéraux, on peut
parfois se contenter d’une majorité quali ée. Dans la pra que récente, l’entrée en vigueur d’une
modi ca on ne nécessite plus l’unanimité.
Avec la proliféra on du nb d’Etat depuis 60’s, il est de plus en plus di cile de les modi er. La règle
générale : révision à la majorité. Il peut y avoir des règles par culières (poids éco d’un Etat).
En principe, toutes les règles en DI ont une force juridique équivalente (coutume, traité…).
è Norme coutumière ou conven onnelle nouvelle : on met de côté la règle première cristallisée
dans le traité. « La loi postérieure l’emporte sur la règle antérieure ». La règle ancienne
devient nulle.
è Norme de jus cogens : La conven on de Vienne, ici, nouvelle norme impéra ve de DI général.
Tout traité existant qui rentre en con it avec ce e norme devient nul et prend n. Règle de
séparabilité : si la règle est détachable du reste du traité, elle seule s’éteint.
A ne pas confondre avec la suspension, qui intervient lorsque survient un Etat de nécessité
(« Nécessité n’a pas de loi »). Dans quelles hypothèses un traité va-t-il s’éteindre ?
- La réalisa on de l’objet du traité : Le traité n’a plus d’objet lorsque l’obliga on est rendue. Dès lors
qu’ils ont été exécuté, les traités s’éteignent automa quement.
- L’a einte du terme temporel xé par le traité : hypothèse d’une clause résolutoire qui
condi onne la n du traité à la survenance de certains faits prévus à l’avance.
- L’abroga on : les par es peuvent décider d’abroger le traité (de manière expresse ou tacite).
Tacite : hypothèse dans laquelle les par es à un traité A se réunissent et concluent un traité B qui
peut ou non parler du traité an érieure.
- Dénoncia on unilatérale du traité : possible que dans certaines hypothèses.
- Clauses suspensives : Souvent limitées à un domaine ou une disposi on. Permet de suspendre
l’applica on pendant une période déterminée.
2. Dénoncia on et retrait
Est-il possible de dénoncer tout type de traité ? Le principe est celui de l’interdic on des retraits,
mais beaucoup d’excep ons. L’Etat doit consen r à ses engagements interna onaux. Parfois des
traités sont conclus sans limité et contenant aucune clause de dénoncia on (armis ce par exemple).
Longtemps prévu que les traités ins tuant les OI ambi euse ne se dénonçait pas sauf si clause de
retrait.
En DI général, en dehors des hypothèses de clauses par culières, il existe un régime juridique
par culier prévu par la conven on de Vienne. Les dénoncia ons et retrait licites que dans 4
hypothèses :
Il faudrait caractériser une situa on indépendante des par es et rendant l’exécu on des par es
impossibles. Dans l’hypothèse on l’on peut caractériser cela, elle sera en pra que considérée comme
provisoire. Dès lors, pas de terminaison du traité.
Est-ce que dans l’hypothèse d’un véritable changement de circonstance, on pourrait abroger un
traité ? Puisque le consentement ini alement exprimé, l’était dans d’autres circonstances. En
principe, le changement de circonstances peut amener à l’abroga on mais de manière
excep onnelle. Il ne pourra plus généralement ne conduire qu’à sa suspension.
En réalité, son invoca on est subordonnée à une série de circonstances : il ne faut pas que l’objet du
traité ait pour objet d’établir une fron ère, qu’il ne soit pas prévu par les par es elles-mêmes (le
changement), les circonstances ini ales qui ont été a ectées doivent avoir cons tuées une base
essen elle du consentement des par es à être liées.
- Changement objec f
- De caractère et d’importance fondamentale
- Imprévisible
Il y a ici un grand souci de sécurité juridique, que l’on retrouve dans l’a aire de la CIJ, projet
gabcikovo-nagymaros : soucis de sécurité juridique qui amène à un très stricte de la réunion de ces
condi ons. Cela ne doit pas être une excuse trop facile. La clause n’a jusqu’à lors jamais été reconnu
comme applicable.
è La survenance d’un con it armé interna onal : les traités bilatéraux entre les Etats par es au
con it s’éteignent, et les traités mul latéraux sont suspendus dans leur applica on entre les
par es au con it.
On parle des principes sources de droit en DI et qui ont une valeur juridique et non morale.
Les déclara ons de principe ne sont pas nécessairement du droit. On retrouve ceux de l’art 38 CIJ, les
principes généraux de droit (A), et ceux qui ne sont pas men onnés en tant que tel dans cet ar cle
(B).
A – Les PGD
Ce sont des normes anciennes (XVIIIè), des sources générales, supplé ves, qui visent à combler les
lacunes des autres sources (coutume, traité), ils sont u les en l’absence de règles écrites. Ils sont
parfois conçus comme une source transitoire, ils ne relèvent pas d’une catégorie qui serait des née à
croître en DI.
En DI pénal, on prend largement appui sur des sources autres (comme les PGD) car on est en
l’absence de tradi on en ma ère de procédure pénale. Cela permet aux juges interna onaux d’avoir
des guides. Le statut qui met en place la CPI fait référence des PGD en ma ère pénale.
L’art 38 statut CIJ énumère les sources u les, il men onne les PGD reconnus par les na ons civilisées.
On retrouve les PGD dans les grands systèmes juridiques na onaux, ils traitent de la logique juridique
de base, qui sont communs aux di érents systèmes juridiques. Les principaux systèmes doivent être
représentés (civil et common law). Les Etats doivent converger vers la même règle. Ont été considéré
comme PGD :
Leur point commun avec la coutume : ils sont non écrits. Comment les dis nguer de la coutume ?
Pour certains, comme la doctrine sovié que, il n’y a aucune dis nc on. Mais l’enjeu de la dis nc on
réside en grande par e dans la dé ni on des pouvoirs du juge. Le problème de la preuve se pose de
manière di érente pour les deux types de normes. Dans la coutume, il y a une pra que, dans les
PGD, on cherche des sources d’inspira on.
Le juge raisonne par analogie. Il existe néanmoins une tendance à confondre les deux dans l’a tude
du juge lui-même. Le juge raisonne parfois sur la coutume en s’a ranchissant des bases factuelles.
Dans les nouveaux domaines du DI, on cherche les PGD car sinon il n’y a rien. On trouve les règles
dans la convergence des droits na onaux. La mise en œuvre des PGD peut être contestée parfois.
Ce sont des règles très générales, abstraites, qu’on va transposer dans la pra que et qui
cons tuent à certains égards une règle coutumière. On parle parfois de principes de DI bien connus
et établis. Tradi onnellement, on u lisait l’expression principaux généraux de DI, ajd que « principe ».
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
tti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
On parle de sources générales de DI, de sources cadres, principes du droit des gens. Parfois,
l’expression principes du DI est employé pour désigner l’ensemble des règles qui régissent le DI.
A aire des tribunaux de Dantzig : les nouvelles règles que va pouvoir établir la cour sont des règles
spéciales qui vont pouvoir s’éloigner des principes usuels qui régissent les RI entre les Etats. Ils sont
employés avec l’inten on de faire un e ort d’abstrac on et de généralisa on.
Ils sont une source subsidiaire du droit, perme ant d’expliquer les règles fondamentales, de les
ordonnancer, de faire référence aux nalités du DI. Ils sont rarement énoncés de façon expresse par
exemple dans un traité. Ils sont iden és grâce au travail d’abstrac on du juge ou de la doctrine.
Leur preuve ne répond à aucune règle : ils sont donc faciles à établir.
Exemple : admission d’un Etat au conseil de l’Europe est subordonné à des actes unilatéraux qui sont
réalisés par des Etats candidats dans lesquels ils font état d’engagement. L’acte unilatéral n’existe pas
forcément de manière isolée. On retrouve :
Ils sont adoptés par un seul Etat, dans lesquels il s’engage (s’oblige). Les Etats créent ici des règles.
Texte de la CDI : « les principes directeurs applicables aux déclara ons unilatérales des Etats
suscep bles de créer des obliga ons juridiques ». Ce document se limite aux comportements
explicites et des nés volontairement à exprimer un engagement juridique clair. Un Etat peut ne pas
avoir conscience que certains actes unilatéraux créent des obliga ons, pas de formalisme.
Le principe 4 de la CDI indique qu’une déclara on unilatérale de l’Etat n’engage l’Etat que si elle
émane d’une autorité ayant compétence à ce e n. Exemples :
- CPJI, 1933, statut juridique du Groenland Oriental : une déclara on verbale du ministre des
a aires étrangères de la Norvège, adressé à l’ambassadeur du Danemark est un acte qui engage
l’Etat norvégien sur la ques on.
- CIJ, 1974, a aire des essais nucléaires (Australie et N-Zélande c. France) : portée des actes
unilatéraux des autorités françaises qui a rmaient qu’elle avait l’inten on de cesser les essais. La
France aurait dû respecter ses propres obliga ons (communiqué de presse suite à un conseil des
ministres).
Un Etat souverain peut librement édicter un acte unilatéral, mais di cile de prouver la véracité de
l’expression de sa volonté, ou même qu’il n’a pas changé d’avis.
Acte d’un organe interna onal adressé à un ou pls des nataires. En conséquence de la qualité de
sujet dérivé du DI, ces actes sont l’expression d’une certaine liberté pour celle-ci, d’une existence
autonome par rapport à un Etat. Ils peuvent avoir des portées di érentes :
- Générale. Exemple : règlement de procédure et de preuve par les jur interna onales pénales.
Pour savoir qui est contraint par la règle, on di érencie également :
- Les actes auto-normateurs : produisent des e ets juridiques au sein de l’OI (ex : droit de l’UE).
- Les actes hétéronormateurs : agissent vers l’extérieur, di ciles à jus er.
Ils créent bien des normes.
C – La valeur juridique des résolu ons du CS des NU
Ce sont des actes unilatéraux élaborés par des organes d’une OI qui vont contraindre les
autres. Les résolu ons s’imposent aux Etats membres, surtout si elles sont fondées sur le main en de
la paix et de la sécurité interna onale. Ils auront une valeur pleinement contraignante.
Certaines résolu ons peuvent u liser des termes permissifs (Rés 678 de 1990, autorisant les EM à
recourir à la force armée en Irak suite à l’invasion du Koweit, pour faire respecter les résolu ons
antérieures).
Elles sont adoptées par un organe qui représente l’ensemble des EM. On considère qu’elles
n’ont pas de valeur juridique contraignante. Elles cons tuent tout de même une source matérielle
du DI car elles sont l’expression de la volonté de la communauté interna onale. Chaque résolu on
aura des e ets propres. On regarde les termes pour voir les mesures de la contrainte. La valeur
juridique doit être regardée au cas par cas, il y a un dégradé « d’obligatoriété ».
On parle des recommanda ons que les OI adressent à leurs EM. Elles n’ont pas de valeur
juridique obligatoire. Elles ont une valeur en droit et un impact poli que. A priori, la CIJ n’est pas
compétente pour contrôler la validité de ces actes (pas men onnés à son art 38). Dans la pra que,
certains juges le font.
La pouvoir norma f des OI dépend des Etats qui la compose, par jeu de boomerang. Elle essaie de
réglementer la situa on à l’égard des Etats qui l’ont ins tué. Cela ne veut pas dire pour autant que ces
recommanda ons n’ont aucun impact : l’OI peut aiguiller les EM dans une direc on. Les di érentes
instances ne sont pas d’accord entre elles sur la ques on du contrôle de validité de ces actes
unilatéraux. Cela produit des résultats variables.
Le juge interne à l’OI, souvent adm, va par ciper au contrôle de validité des actes unilatéraux de
l’OI. Ex : un personnel adm licencié, on véri e la validité de l’acte aux autres textes de l’OI. Dans un
certain nombre de cas les actes unilatéraux des Organisa ons Interna onales ne sont pas considérés
comme pouvant être soumis à un contrôle cons tu onnel. Décision de l’OCDE de 1976 : les
recommanda ons existent bel et bien en droit, même sans être sanc onnables.
Ce sont des instruments négociés entre plusieurs sujets de DI, mais qui ne sont pas des
traités. Ils ont fait l’objet d’une négocia on, et ont pour objet les rela ons mutuelles entre les Etats,
leur conduite. Mais ils ne sont pas soumis au droit des traités, ils ne sont pas contraignants. Leur non-
respect n’engage pas la responsabilité interna onale.
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ff
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Mais ces actes existent en droit : négociés, édictés, émis avec une volonté de produire des e ets
juridiques, même sans être contraignants. Les Etats restent liés par le principe de bonne foi (PGD).
Ces actes ont un autre élément juridique : étant expression d’une opinio juris, ils par cipent en tant
que tel à la cristallisa on d’une poten elle norme coutumière. Ces actes ont un rôle majeur et une
importance poli que très grande.
En 1815, le congrès de Vienne réorganise l’Europe via la mise en place d’une coop mul latérale. Ces
actes vont se mul plier car ils sont a rayants, ils perme ent de convaincre le plus grand nombre en
DI. Cela permet également d’échapper à certaines contraintes cons tu onnelles internes. Permet au
pleni poten ere d’aller un peu plus loin. Ces actes sont très hétérogènes : exemple des codes de
conduite, qui donne un cadre général à respecter. Cela peut parfois être dans une certaine mesure
une phase de « pré-droit » contraignant.
Lorsqu’une règle est en voie de cristallisa on en tant que règle coutumière : il y a une
obliga on souple. Ex : démilitarisa on. Le juge prend rarement la so law en considéra on. Elle a
tout de même une importance considérable, même si elle brouille les pistes.
§2 – Le droit interne
C’est l’extraterritorialité : un Etat tente avec son OJ d’appréhender des situa ons en dehors
de son territoire. On retrouve deux tres de compétences en DI qui jus ent la compétence d’un Etat
à l’égard d’une situa on :
● Titre Territorial
● Le lien personnel : l’Etat doit jus er un lien de ra achement de type personnel avec une
situa on. Ex : la na onalité d’un navire à il lui donne pavillon. Il est habilité à gérer la
situa on. Ces incursions viennent bousculer la place du DI dans les RI.
Ces sources proviennent de personnes privées, comme les agences de nota on. Parfois, les Etats sont
assuje s à des règles venant de partout. Toute une nouvelle série de nouveaux types de sources en
DI viennent brouiller les pistes et chambouler la logique classique du DI.
Cela peut poser des di cultés, s’il n’y a pas de hiérarchie entre les sources, il peut y en avoir entre
les normes. Ex : art 38 CIJ cite les sources que la cour u lise, sans aucune hiérarchie. C’est une
conséquence du caractère décentralisé de la communauté interna onale et de l’édic on du DI.
Toutes les sources dérivent de la volonté des Etats : impossible de hiérarchiser les sources formelles.
En pra que, parfois, la règle d’un traité peut être plus explicite, mais le principe reste le même :
l’absence de hiérarchie entre les sources de droit interna onal.
Art 53 Conven on de Vienne : aucune déroga on n’est permise à C’est « Une norme acceptée et
reconnue par la communauté interna onale des États dans son ensemble en tant que norme à
laquelle aucune déroga on n'est permise et qui ne peut être modi ée que par une nouvelle norme
du droit interna onal général ayant le même caractère ». Ces normes ne sont pas impéra ves mais
indérogeables.
On parle ici de l’accord de la communauté interna onale dans son ensemble, l’objec on persistante
ne fait pas obstacle. Ce qui nous intéresse est la règle qui a un caractère de jus cogens, peu importe
la coquille (traité, coutûme…). Il n’est pas évident de déterminer quelles règles sont de jus cogens.
Il n’existe pas de mode de forma on autonome, le seul critère est donc matériel. Ainsi, le pouvoir de
quali ca on appar ent aux Etats et à la JP, on décèlera ces dites règles à l’aune de la pra que. En
1969, elles révolu onnent les sources en DI.
Pour certains, on retrouve un vocabulaire similaire à celui du droit naturel. Michel Virally : il n’y a pas
à assimiler ces deux choses car une norme de jus cogens disparaît si survient une autre norme de
même nature. Si poten ellement évolu f : c’est di érent du droit naturel. Il apparaît bien que la
no on de jus cogens soit intégré dans le DI posi f, et même admis presque unanimement.
Donc : aucune déroga on n’est possible, et elle ne peut être modi ée que par une nouvelle norme
ayant le même caractère de jus cogens. Si une nouvelle norme arrive, elle va annuler l’existence des
règles antérieures.
La conven on de Vienen n’a pas inventé le jus cogens. En e et, la commission du DI dit que
« certaines règles, certains principes auxquels les Etats ne sauraient déroger existaient déjà au
moment ou la CDI a préparé le projet de conven on de Vienne ». Sa supériorité ent des valeurs
qu’elle consacre.
Dans la conven on de Genève : « la dénoncia on de ces conven ons n’aura aucun e et sur les
obliga ons que les par es au con it auront tenu de remplir ne vertu du principe du droit des gens tel
qu’il résulte des usages établis entre les na ons civilisées, des lois de l’humanité et des exigences de
la conscience publique ».
CIJ, 1949, détroit de Corfou : elle men onne ses considéra ons élémentaires d’humanité qui vient
véri er la licéité d’autres règles. La commission du DI recommandait de frapper de nullité les traités
contraires au jus cogens.
Mais le contenu de la no on de jus cogens est controversée. Les Etats ont des posi ons di érentes
vis-à-vis du jus cogens. L’URRS à l’époque faisait preuve d’un véritable enthousiasme pour le concept,
ti
fi
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ffi
ti
ti
ti
ti
ti
fl
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
ti
ff
fi
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ff
ti
ti
ff
Droit interna onal 1 public (TD)
ce qui illustre l’instrumentalisa on possible du concept. Dans la déclara on sur Cuba et les rela ons
avec les US, URRS a fait référence au jus cogens pour dénoncer un certain colonialisme.
La France est hos le au jus cogens tel qu’il apparaît dans la conven on de Vienne. Pour elle, la
disposi on est de nature à frapper de précarité les engagements interna onaux. Le problème :
l’insécurité juridique qui pourrait exister du fait de la présence de normes supérieurs qu’on aurait
pas les moyens d’avoir iden ées au préalable. Mais au-delà, ce e no on ouvre la voie à une remise
en cause des engagements interna onaux en fonc on des philosophies nouvelles, des concepts
poli ques, que la communauté interna onale pourrait dégager à instabilité dans les engagements
interna onaux.
C’est ce caractère évolu f qui est probléma que et jus e en par e l’opposi on de la France. La
France considère que le risque que comporte le jus cogens porte également sur la détermina on des
règles qui ob endront ce statut. Résolu on 1514 de l’AG des NU de 1960, octroie de l’indépendance
aux pays et peuples coloniaux : c’est une recommanda on mais non une règle de droit pour la FR. EN
droit interne, on retrouve néanmoins des intégra ons de l’idée de jus cogens. Ex : le crime contre
l’humanité (norme supérieure aux autres, imprescrip bilité).
Ques on de l’iden ca on des règles en cause. Certains ont parlé des droits de l’Homme pour
tenter de jus er l’interven on d’un Etat sur le territoire d’un autre pour des raisons humanitaires.
L’interdic on du recours à la force armée est-elle une norme de jus cogens ? Le jus cogens reçoit une
dé ni on très stricte.
Si l’on s’en réfère à la conven on de Vienne, il n’existe pas de mode de forma on autonome des
normes de jus cogens. On doit iden er dans le substrat de la norme, l’existence poten elle d’une
qualité de norme de jus cogens, ce qui appar ent aux Etats et à la JP. La CDI en 1969 a permis de
fournir des exemples de traités qui dérogeraient au jus cogens (permet de deviner a contrario les
règles qui recevraient ce e qualité).
On parle de normes qui prévoient l’emploi illicite de la force dans les RI, la piraterie, la traite
d’esclave, les génocides, ou encore un traité qui promouvrait la viola on de principes fondamentaux
du DI humanitaire. La JP nous donne également des indices. CIJ, licéité de la menace ou de l’emploi
de l’arme nucléaire : opinion de M. Bedjaoui qui considère à l’époque que l’on trouve « des principes
intransgressibles cons tués par un grand nombre de règle du DI humanitaire applicable dans les
con its armés ».
En 1998, dans l’a aire Furundzija du TPIY : interdic on de la torture à désormais valeur de jus cogens
pour lui. Cela ne fait pas consensus pour toutes les cours régionales.
La CIJ a lentement reconnu la valeur des normes de jus cogens en DI. La cour semblait avant 1969
avoir accepté l’idée selon laquelle des normes spéci ques pourrait exister en DI. Elle en fait allusion
dans sa JP.
è CIJ, 1949, détroit de Corfou : elle fait référence à « des considéra ons élémentaires
d’humanité », et à « certains principes généraux bien reconnus plus absolus encore en temps
de paix qu’en temps de guerre ».
è CIJ, 1951, réserve à la conven on pour la préven on et répression du crime de génocide : elle
parle du crime du droit des gens, elle es me que le refus du droit à l’existence de groupe
humain bouleverserait la conscience humaine, in igerait de grande perte à l’humanité, donc
fi
fl
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ff
ti
ti
fi
ti
tt
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fl
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
fi
tt
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
contraire à la loi morale et à l’esprit et au sein des NU. Elle en déduit que les principes posés
par ce e conven on « sont reconnus par les na ons civilisées comme obligeant les Etats en
dehors de tout lien conven onnel ».
è CIJ, 1970, Barcelona trac on : elle reconnait clairement certaines règles comme supérieures à
d’autres, elle ne les quali e pas de jus cogens mais d’erga omnes10 (à l’égard de tous). Et non
pas des règles indérogeables. Elle est frileuse à adopter le principe.
è CIJ, 2006, ac vité armée sur le territoire du Congo (Congo c. Rwanda) : ques on de la
compétence de la cour. Même en invoquant le statut de jus cogens de la norme codi ée, cela
ne su sait pas à donner compétence à la Cour. La Cour men onne pour la première fois le jus
cogens, et di érencie les normes substan elles (jus cogens) de celles procédurales. Il faut
donc reconnaitre avant tout une accepta on de sa juridic on par les Etats par es au
di érend.
è CIJ, 2012, Allemagne c. Italie : demande de répara on pour les viola ons du DI humanitaire lors
de la 2GM. La Cour ne se prononce nalement pas sur le fond car elle u lise des raisons
procédurales pour éviter cela.
10 « Une dis nc on essen elle doit en par culier être établie entre les obliga ons des Etats envers la communauté
interna onale dans son ensemble et celles qui naissent vis-à-vis d'un autre Etat dans le cadre de la protec on diploma que.
ff
ffi
ti
tt
ti
ti
ff
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
fi
ti
ti
ti
ti
Droit interna onal 1 public (TD)
Par leur nature même, les premières concernent tous les Etats. Vu l'importance des droits en cause, tous les Etats peuvent
être considérés comme ayant un intérêt juridique à ce que ces droits soient protégés ; les obliga ons dont il s'agit sont des
obliga ons erga omnes. Ces obliga ons découlent par exemple, dans le droit interna onal contemporain, de la mise hors la
loi des actes d'agression et du génocide mais aussi des principes et des règles concernant les droits fondamentaux de la
personne humaine, y compris la protec on contre la pra que de l'esclavage et la discrimina on raciale »
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti
ti