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Droit administratif des biens

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Droit administratif des biens

Introduction
Définition : René Chapus => « l’administration est soumise à un droit qui régit son
organisation et son activité, et par la même, ses rapports avec les administrés qui sont sa
raison d’être, et dont elle tend de satisfaire les besoins par l’exercice d’activités d’intérêt
général. »

Le droit administratif se décompose en une partie = DAG (droit administratif général), et


divers droits administratifs spéciaux.

Ex :
 DAB = droit administratif spécial
o Détaché du droit administratif sans être dépourvu de liens avec le droit
administratif.

Objets du DAB = Moyens matériel qu’utilise l’administration pour remplir ses missions +
regroupe les régimes qui se rapportent aux biens de l’administration. Les collectivités
publiques (État, CT, hôpitaux…) ont besoin de personnels pour fonctionner, de ressources
financiers, et de biens matériel pour pouvoir exercer leur fonction.
Ses personnes, sont propriétaires de leurs biens, elles peuvent :
 effectuer des travaux immobiliers sur les biens,
 étendre leur patrimoine par moyens d’acquisition
o de droit commun (achat)
o Mais aussi par des moyens d’acquisition forcés (PPP) => (procédure
d’expropriation pour utilité publique).

Le DAB est un droit constitué des régimes administratifs applicables, lorsque l’administration
se procure des biens, les conserve, les entretient, et les exploite.

Ce droit comprend 3 grandes branches :

 Droit des propriétés publics


 Droit des travaux publics
 Droit de l’expropriation pour cause d’utilité publique
Section I : Les fondamentaux de la théorie générale des biens
publics – Approche historique et théorique

En DAB il existe une théorie générale des biens, qui repose sur des notions centrales qui sont
au cœur de la matière (biens publics, propriétés publics, patrimoine…). Des notions
communes mais colorées selon la branche. Il existe également des notions propres à la
matière administrative = notion de domaine == notion inconnue en droit privé  pendant
très longtemps notion qui permettait d’appréhender le domaine privé/public.
Domaine == ensemble des biens immobiliers et mobiliers appartenant aux personnes
publiques.

Le DAB est né dans la qualification juridique de domaine + à travers la distinction des


domaines public/privé.

De façon récente (XXe) -> une évolution se développe  Ajout progressif de l’idée de
propriété du domaine. (Cette notion étant purement civiliste, elle se consacre aux personnes
publiques à travers cette évolution.

§1 La formation historique du DAB : La distinction du domaine public et du


domaine privé

Les biens des personnes publiques sont réparti en deux catégories :


 Le domaine public
 Le domaine privé

L’appartenance d’un bien à l’une ou l’autre comporte des conséquences juridiques


importantes.

 Lorsqu’un bien appartient au domaine public, un régime juridique spécifique s’applique à


lui. Contraignant, c’est un régime du droit public et dont le contentieux relève du juge
administratif.

 Lorsqu’un bien appartient au domaine privé d’une personne publique, la personne


publique se comporte comme un propriétaire ordinaire (logique patrimoniale = intérêt
financier), le contentieux relève principalement du juge judiciaire. Le régime juridique
applicable == droit privé.
Exemple : lieux qui ne sont pas mise en place pour l’intérêt général.

Cette distinction domaine public/privé est très ancienne == droit romain


 Le droit romain, distinguait les biens privés des biens publics. Au sein des biens
publics, le droit romain distinguait les res extra commercium == voies publiques… <= utiles
aux individus. Et puis les res in commercium == butins de guerres, les biens confisqués… <=
domaine privé de l’État.

Cette distinction a disparu à la période Franque => à l’époque les rois étaient considérés
comme détenteur du Royaume au titre de propriété privé = royaume = patrimoine du
monarque. Cependant, Roi = personne privé (pas d’idée de puissance publique => IXe). À la
mort du roi = partage de ses biens entre sa progéniture.

À partir du IXe jusqu’au XVe => longue période qui voit aboutir l’idée d’un domaine de la
Couronne => des biens détenus par le Roi mais soumis à un régime spécifique (ancêtre du
domaine public).
Au XIVe arrivée de l’idée de l’État => domaine public

XVIe constitution de 2 masses de biens = le domaine de la Couronne (les bien de la Couronne


= routes etc.) et le domaine royal (les biens du Roi.).

Le domaine de la Couronne était bien détenu par le Roi mais était inaliénable => édit de
Moulins 1566.

Fin XVI jusqu’au XVIII  nécessité de diviser les biens de l’État monarchique en deux masses
de biens.

À la Révolution, les révolutionnaires nationalisent le domaine de la Couronne = la


souveraineté réside dans la nation == décret 22 novembre et 1er décembre 1790 => transfert
à la nation le domaine de la Couronne.
À la Révolution, les caisses de l’État == vide == les révolutionnaires sont embêtés par le
principe d’inaliénabilité. La législation révolutionnaire abolit le principe d’inaliénabilité et
abolit également la distinction entre domaine public et domaine privé.  tous les biens du
domaine national = sont soumis au même statut.

Au XIXe => réapparition de la distinction du domaine privé/public. Cette idée est défendue
par Victor Proudhon (Doyen de Dijon) => il popularise cette distinction -> traité 1833.
Il propose de distinguer les deux catégories, concept qui va être repris par le droit
positif, d’abord par la jurisprudence et le juge judiciaire.
 Arrêt Cour d’appel de Paris 1846 Naudet c. Charron
 Loi 16 juin 1851 sur la propriété en Algérie qui consacre la distinction
des deux domaines.
Cette distinction a été longue à être constitué. Depuis le XIXe => cette distinction est
consacrée par le Droit positif français.

Cette distinction est critiquée : certains auteurs comme Léon Duguit pointent les
imperfections de cette distinction en faisant de grandes limites :
 Tous les biens des personnes publiques, qu’ils soient dans le
domaine public ou privé, servent l’intérêt général
o Pas de différence fondamentale entre les finalités du
domaine public et domaine privé.
 La différence de régime juridique entre les deux catégories de
biens s’est beaucoup atténuée. Il y a des biens pour lesquels
des dérogations existent.
o Les forêts publique sont dans le domaine privé par
volonté du législateur, alors qu’elle peut répondre à la
définition du domaine public (tout en étant soumis à un
régime exorbitant au droit commun).

 Une sorte d’échelle de la domanialité => la distinction n’est pas


tranchée (dégradée)

Depuis le XIXe, la distinction domaine public/privé, n’a jamais été remise en question. La
jurisprudence a maintenu cette distinction et la grande réforme effectuée en 2006 lors de
l’adoption du CG3P (code général de la propriété des personnes publiques) => consécration
définitive de la distinction. La deuxième partie du code est divisée en deux livres : Les biens
relevant du domaine public et Les biens relevant du domaine privé.

Cette distinction n’existe pas qu’en droit français : droit espagnol, grec… pour les pays
anglosaxons = les biens de l’État sont soumis au droit commun, il existe tout de même des
régimes dérogatoires propres aux biens publics.

§2 La reconnaissance du droit de propriété des personnes publiques

Le régime des biens publics est né dans le droit domanial. Dominum = autorité sur les biens
qui appartiennent à la PP.

Le droit français a reconnu progressivement que les droits détenus par les personnes
publiques sur leurs biens appartenaient au régime de la propriété.

Cette reconnaissance a été longue. Elle a d’abord été proposé par la doctrine, pour ensuite
être reconnu par le juge et in fine par le législateur.

De nos jours, c’est une solution acquise, et consacrée par le droit positif.

A- Une reconnaissance progressive

Le droit de propriété en France = droit civil = un droit qui régit le statut des personnes
privées.

 L’usus
 Le fructus
 L’abusus
 Constituent la définition traditionnelle du droit de propriété entachée
d’individualisme qui caractérise le droit privé.

Une conception de la propriété qui rendait très difficile sa transposition dans le droit public.

 Raison pour laquelle, jusqu’au début du XXe, la doctrine rejetait l’idée que les
personnes publiques puissent exercer un droit de propriété sur les biens du
domaine public. Elle cependant admis l’idée d’une propriété de la personne
public sur les biens du domaine privé.  Thèse antipropriatariste qui remonte à
l’AR car on considérait que seul le roi est détenteur de la conservation du
domaine de la Couronne, mais du fait que ces biens étaient inaliénable = le roi
n’était pas propriétaire du domaine de la Couronne, seulement le conservateur.

Proudhon quant à lui rejet l’idée de droit de propriété sur le domaine public, il considère que
l’État n’exerce qu’un pouvoir d’administration, car les 3 conditions (usus, fructus, abusus) ne
sont pas remplies. Les personnes publiques == des gardiens du domaine public.

L’idée d’une propriété sur le domaine public va apparaitre avec les travaux de Hauriou => il a
été le premier à défendre la propriété de l’administration sur le domaine public. Il
considérait que la propriété du domaine public était la conséquence logique de la
personnalité morale => Thèse propriétariste => succès en doctrine et dans le droit positif.

La jurisprudence va consacrer l’existence d’un droit de propriété des personnes publiques


sur leur biens y compris lorsque le bien fait partie du domaine public :

 Conseil d'État 1909 « Ville de Paris » : La ville de Paris est qualifiée par
le Conseil d'État comme titulaire de « droits de propriété »

 Conseil d'État 1923 « Piccioli » : Litige portant sur l’extraction de


charbon par Piccioli dans le cadre de travaux dans le port d’Oran <= les
terrains appartiennent à l’État et donc ce charbon appartient en
totalité à l’administration.

Thèse propriétariste va gagner du terrain, la doctrine est assez unanime sur l’idée qu’il y a
bien un droit de propriété détenu par les personnes publiques sur le domaine public. Le
législateur va prendre le relais de la jurisprudence et va expressément consacrer ce droit =>
Code du domaine de l’État 1957 = domaine national = les biens et les droits qui
appartiennent à l’État.
B- La consécration contemporaine

Les années 80 vont marquer une tournant à deux égards :

 En 1986 le Conseil constitutionnel va reconnaitre une valeur constitutionnelle au


droit de propriété des personnes publiques (décision 25 et 26 juin = « privatisation »)
= article 17 DDHC

o En 1982 le Conseil constit octroie une valeur constitutionnelle au droit de


propriété des personnes privée (décision nationalisation) = article 17 DDHC.

 En 1986 le Conseil d'État rend un rapport qui encourage la consécration du concept


de propriété comme élément central du droits des biens de l’administration, et non
plus un élément accessoire. Il faut faire de la propriété un élément de reconstruction

o Début d’une réforme de la domanialité qui va déboucher en 2006 sur le Code


général de la propriété des personnes publique = nom significatif d’un
changement = optique radicalement propriétariste et qui marque un
déplacement du point de gravité de tout le régime juridique.

Première partie du code : procédure d’acquisition


Deuxième partie du code : la gestion
Troisième partie du code : cession
 logique d’un propriétaire.
 l’administration est placée comme gestionnaire.

L’idée de propriété permet à l’administration de mieux exploiter son patrimoine, de se voir


reconnaitre de véritables pouvoirs de gestion et cette idée répond à des exigences
nouvelles : d’ordre économique et financier pour l’État.

§3 Les spécificités du droit des biens publics

Qu’ils soient fondés sur la notion de domanialité ou de notion de propriété, il y a une


spécificité du régime des biens publics et ce pour deux raisons :
 Intérêt général (= régime de protection spécifique)
o Le domaine public regroupe des biens qui sont affectés à l’utilité publique ==
élément central.
o Dans les travaux publics == utilité publique

Dans la procédure d’expropriation « pour cause d’utilité publique » -> condition sine qua
non
 La qualité du propriétaire public (élément organique) marque profondément le
régime des biens publics.
Biens publics : Les biens qui appartiennent à une personne morale de droit public, qu’il
s’agisse de l’État, des CT, des EP, ou des PP sui generis.

Section 2 : Intérêt et tendances du droit administratif des biens

Un droit très différent de ses origines. Initialement forgé par la doctrine et la jurisprudence
au XIXe. C’est une des matières du droit administratif qui a le plus évolué.

Un droit traversé par des enjeux importants et dont les sources sont en profonde mutation.

§1 Les enjeux

La gestion des biens publics est traversée par des enjeux politiques et économique.

A. Les enjeux politiques

Éléments électoraux…
L’histoire montre ces enjeux politiques : l’apparition des patrimoines publics a accompagné
la construction de l’État. La notion de domaine de la Couronne sous l’AR a permis d’instituer
le pouvoir royal : l’État monarchique avait besoin d’assurer sa stabilité = en commençant par
une continuité dans le patrimoine == assurer la permanence de l’État monarchique et de ses
biens.
Par rapport à la période Franque == éclatement à chaque succession.

La dimension politique n’a pas disparu de nos jours => phénomène de la décentralisation.
Éclatement du domaine public (autant de domaine public que de personnes publiques/CT)
La gestion de ce domaine public de façon autonome est garantie par la Constitution :
article 72 : libre administration des CT  autonomie sur le plan patrimoniale.

Pour autant, l’État ne se désintéresse pas de la façon dont les CT gèrent leur patrimoine. De
plus les relations entre les États et les CT sont parfois difficiles. L’État opère des transfert
forcés == politique de l’État qui consiste à réduire ses dépenses.
Toutefois l’État reste attentif à exercer sa souveraineté sur le territoire national (unie et
indivisible)  prérogative particulière de l’État pour exercer sa souveraineté : il peut définir
l’usage des biens du domaine public de toutes les autres personnes publiques.

Tension entre la reconnaissance de l’autonomie (par la propriété) et la nécessité d’une


harmonisation sur le plan national de la gestion des biens publics. Cet antagonisme est
consacré par l’arrêt de 1909 « ville de Paris » => arrêt qui consacre le droit de propriété des
CT. Mais en même temps cet arrêt consacre la possibilité pour l’État de modifier
unilatéralement, l’affectation d’un bien en cas d’opposition de la CT.
 L’État demeure le maître ultime de l’affectation des dépendances du domaine public.
B. Les enjeux économique

La gestion des biens de l’administration est une source d’enjeux économique extrêmement
forte de nos jours. L’administration en a pris conscience récemment.

Pendant toute la durée de la construction du droit administratif, l’administration ne se


questionnait pas sur ses rapports avec l’environnement économique (Versailles etc.).

La prise de conscience débute vers les années 1980 -> de nos jours un enjeux fondamental
car l’administration se préoccupe de la rentabilité de ses activités et de ses biens.

1. Les propriétés publiques

Les personnes publiques = riches propriétaires. État = premier propriétaire.

Données chiffrées

 L’État : Équivalent de 123 milliards d’€ de biens immobiliers.


 Les CT : 250 milliards d’€ de biens immobiliers
 Les EPs : 43 milliards d’€ de biens immobiliers

Croissance très forte durant le XXe  accroissement des missions dans le cadre de l’État
providence. La masse du parc public explose + coût d’entretien…

Paradoxalement, les personnes publiques, ne connaissent pas avec exactitude l’étendue de


leur bien. Plusieurs rapports de la Cour des Comptes (années 2000) ont citrique le manque
d’efficacité dans la gestion des biens de l’État  10-15 ans de retard par rapport aux pays
voisins.
Un travail de rénovation a été engagé lors de l’adoption de la LOLF -> opération de
MAJ du tableau général qui recence les biens détenus par l’État.

De nos jours la réforme des biens publics, est traversé par deux grands tendances :

Valorisation économique

Les personnes publiques essayent de mieux valoriser l’usage de leur bien == idée de
conserver demeure mais il y a une recherche de rentabilité dans l’usage des biens.

Les personnes publiques essayent de recueillir des profits en dégageant des recettes
complémentaires à partir de leur patrimoine.
Stratégie d’attirer investissements privés sur le domaine public.
Depuis années 2000, le législateurs a créé une série de montage contractuelle qui permet de
faire financer par le secteur privé des équipements publics sur le domaine publics.
Donc première grande tendance == la valorisation du domaine public.

Réduction des patrimoines publics

La tendance actuelle.

Le fait de l’État lui-même en vendant notamment une partie de ses biens immobiliers
Soit en confiant la gestion à des personnes privées. Les CT elles peinent à réduire leur
patrimoine. L’État ne cesse pas de leur transférer des biens.

Les cession de l’État : jusqu’à en 2002, l’État ne dépassait pas le seuil symbolique de 100
millions d’€ par an. À partir de 2005 = 500 millions d’€ ; 2007 = 820 millions d’€.

La crise des subprimes == ralentissement des cession. Repartir à la hausse en 2014 = 500
millions d’€.
L’État a du mal à faire des cessions : l’État n’a plus de biens attractifs.

Avec COVID = grosses difficultés.

Ces ventes posent un problème : la plupart du produit de ces ventes est revenu dans le
budget de l’État == n’a pas servi au désendettement de l’État == sert de financier les
ministères.
Quel est l’efficacité économique de ces ventes ?
L’État a essayé d’imposer qu’une partie de la vente aille au désendettement. Mais
cela n’a pas fonctionné car des dérogations existaient pour certains ministères (Défense,
éducation…). En 2017 le législateur a mis fin à la règle de prélever une partie de la vente au
désendettement. Mais nouvelle règle : lorsqu’un ministère vend un bien inutilisé = 50% sont
affectés à leur budget, et le reste affecté à la mutualisation interministérielle.

L’État propriétaire est en train de devenir un État locataire avec des coûts de location
important : 2,5 milliards d’€/an

Est-ce que l’État locataire, n’est pas définitive plus couteux qu’un État
propriétaire de ses biens ?

Les premiers travaux montrent que l’État n’est pas un bon négociateur de loyer, et qu’in fine
cette substitution État propriétaire -> locataire == n’est pas rentable.

2. Les travaux publics

En France les TP jouent un rôle considérable dans la politique économique du pays. Le


montant des commandes lié aux TP, représente une part importante du PIB.
La Commande publique en France représente +100 milliards d’€.
Les deux crises économique que la France a traversé == ont été chacune marqué par des
politique d’investissements publics dans les travaux = relance.
La politique de relance par les grands travaux reste toujours un marqueur des
gouvernements français. En 2008, l’État lance un grand programme de construction : loi 17
février 2009 == favoriser la passation des marchés publics.
Soit de du 17 février 2009 dite sur l'accélération des programmes de construction et
d'investissements publics et privés à simplifier à réformer le droit des marchés publics pour
être un moteur d'investissement dans l'économie.

C'est la même recette pour sortir l'économie française de la crise dans laquelle l'avait plongé
les mesures adoptées lors de la pandémie du COVID qui a entraîné la réduction du chiffre
d'affaires du BTP de 88% en avril mai juin 2020.
Ordonnance 25 mars 2020 = modification le régime juridique des avances qui peuvent être
octroyés aux Entreprises qui ont conclu un marché public + modification des montant de
seuils de marchés publics == alléger la passation des marchés publics de TP.

§2 Les mutations des sources du droit administratif des biens

Les 3 branches de ce droit connaissent des évolutions qui vont dans le même sens qui
concernent les sources nationales que les sources européennes et internationales.

A. Le droit interne

Deux mouvements ont transformé le régime juridique des biens publics :

1. La codification

La jurisprudence a pendant longtemps été la source principale du régime juridique des biens
publics.

Cas particulier : droit de l’expropriation a depuis longtemps avait pour grande loi : la loi du 8
mars 1810 <= énonce pour la première fois un régime assez global sur le droit de
l’expropriation.
1er code de l’expropriation 1977 + nouveau code ne 2014.

Le juge administratif a tout de même encadré de nombreux aspects du droit de


l’expropriation, notamment des aspects tels que : qu’est-ce que l’utilité publique ? (la
jurisprudence définie cela).

Le droit domanial et le droit des travaux publics, a été jurisprudentiel pendant longtemps.
Toutes les grandes notions ont été forgé par le Conseil d'État et par le TC.
Pour le droit des propriétés publiques : a désormais un code qui a mis fin à l’éclatement et à
dispersion du droit écrit. Il y avait un vieux code « code domaine de l’État »…
Depuis l’ordonnance du 21 avril 2006 il existe le CGPPP : il ressemble dans un doc unique
l’ensemble des définitions et des règles applicable à la gestion des biens publics qui
appartiennent aux personnes publiques  présentation unifiée des régimes juridique des
biens publics. C’est une codification qui a été fait à un droit non constant (le législateur a
réécrit certain régime et définition qui provenaient de la jurisprudence).

Cette transition Code/jurisprudence antérieure a soulève un problème de conflits de


sources dans le temps. Il a fallu résoudre la question de modalités de substitutions du CG3P
aux règles antérieures. Les rédacteurs n’avaient pas prévu de dispositions transitoires.
L’article 13 de l’ordonnance a simplement fixé la date de l’entrée en vigueur (1er juillet 2006)
=> on pensait que le code allait s’appliquait directement aux biens de l’administration et aux
procès en cours. Le juge administratif a tranché la question de l’applicabilité du CG3P aux
biens entrés dans la propriété publique avant le 1er juillet 2006, ou aux biens uniquement
entrés postérieurement.
Le Conseil d'État a tranché en faveur de la non-rétroactivité du CG3P.
Arrêt 28 décembre 2009 « Société brasserie du théâtre » La nouvelle
définition du domaine public ne pouvait produire ses effets que pour les biens entrés dans le
domaine public après le 1er juillet 2006.
Cette solution a été reconfirmé par un arrêt de 2012 Conseil
d'État.
 deux régimes cohabitent.
Le juge administratif adopte une solution + subtile == il a fait évolué ses solutions
antérieures pour let mettre en adéquations avec les nouvelles règles == forme de
rétroactivité.

Que faire lorsque dans un litige se pose une question qui porte sur plusieurs biens entrés
dans le patrimoine de l’administratif à des dates différentes ?
Tranché en 2019 par le Conseil d'État « Club SEYNOIS multisports » le Conseil d'État
indique qu’il faut raisonner de manière distributive : parcelle par parcelle.

2. La constitutionnalisation

Le DAB se constitutionnalise comme les autres matières -> influence beaucoup plus forte par
le passé (droit domanial).

La constitutionnalisation a une influence sur les prérogatives de l’administration qui sont


davantage restreinte encadrée par les normes constitutionnelles  réduire le rôle de
l’administration française dans la gestion de ses biens.

Beaucoup de décisions du Cc notamment avec le contrôle de constitutionnalité a priori en


1971. Dans le cadre de ce contrôle, le juge rend plusieurs décisions importante :
 Décision relative à la propriété publique : le CC a reconnu la valeur constitutionnelle
de la propriété publique
o Décision « Privatisation » 25 et 26 juin 1986
 Décision à propos du domaine public : le CC a reconnu que la Constitution rendait
obligatoire l’existence d’un domaine public, ou d’un régime de droit public applicable
aux biens qui présentent une importance particulière pour l’intérêt général.
o Décision « Droits réels sur le domaine public » 1994
o Décision « simplification du droit » 2003

Depuis l’entrée en vigueur de la QPC, le juge constitutionnel a eu l’occasion de rendre des


décisions importante sur le fondement de l’article 61-1, il est assez vite apparu que la
propriété de la personne publique = domaine QPC.

 le droit de propriété des personnes publiques est une liberté garantie par la Constitution
au sens de l’article 61 du texte. + beaucoup de QPC sont requis par des personnes publique.

B. Les sources internationales et européennes

Le droit international et européen, possèdent une influence + importante sur le DAB.


Le droit de l’UE, en particulier le DUE de la concurrence, s’intéresse de près au régime
juridique des biens de l’administration car ces biens sont souvent utiles à l’exercice des
activités publique par les Entreprises des personnes privée. Beaucoup d’infrastructure
essentielles relèvent du DAB (les gares, aéroports...)

Dans la passation des conventions d’occupations du domaine public, sont de + en + soumis à


des procédures de publicité préalable et à des procédures de mise en concurrence.
Pendant très longtemps, les procédure domaniales ont échappés aux procédure de mise en
concurrence et de publicité préalable. Les taux se resserrent au point que le droit positif
consacre des cas où ses conventions doivent être soumises à des conditions minimales de
transparence.

La CEDH => effets sur le régime de biens publics -> 2 articles :


 Article 6 relatif au droit à un procès équitable
 Article 1 du protocole additionnel n°1 qui énonce le droit de toute
personne physique et morale au respect de ses biens

 Influence croissante sur les biens publics. Le droit d’expropriation : la France a été
condamné à plusieurs reprises en raison de la non-conformité de son droit
d’expropriation avec les exigences tirés des droit de la CEDH
 CEDH 1997 arrêt « GUILLEMIN »
 La durée de l’ensemble de la procédure d’expropriation violait
l’article 6§1 de la CEDH.
Cependant difficulté d’appliquer CEDH => elle n’est pas facile à résoudre. En effet, l’article 1
du protocole n°1 et l’article 6 sont considérés par les juridictions administratives selon les
cas, comme invocable ou non  pas de difficultés lorsque la requérante = personne privée.
En revanche lorsque c’est une personne publique qui demande à bénéficier devant le
juge administratif de la protection de la CEDH  le Conseil d'État y est hostile car il
considère que la qualité de personne publique ne rend pas applicable ses droits et libertés.
Arrêt Conseil d'État 2007 « Département des Landes »  les personnes publique ne
peuvent pas demander au respect de ses droits et biens.

Un effet déstabilisant de la CEDH sur le droit domanial ?

La CEDH a pu reconnaitre la pertinence de grands principes traditionnels du DAB = principes


d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité.

CEDH 2010 « Depalle c. France » => des maisons dans le Morbihan construites sur le
domaine public de l’État à une époque où c’était possible == avec la Loi « Littoral » il est
devenu interdit de s’installer sur le domaine public maritime. L’État a demandé aux
propriétaires de détruire la maison. La famille a refusé de démolir la maison. La famille
invoquait l’article 1 du protocole n°1 = droit au respect de ses biens + un intérêt patrimonial.
L’État français invoque les principes d’inaliénabilité d’imprescriptibilité.

La Cour a jugé en faveur de l’État français. Elle indique que l’occupant était détenteur d’un
bien. Le temps écoulé avait fait naître un intérêt patrimonial. La Cour rappel tout de même
que le but recherché par l’État == protection de l’environnement et le libre accès aux rivage
 pas d’atteinte disproportionnée à l’article 1 du protocole n°1.
Partie I – Les propriétés publiques
Propriétés publiques == les biens qui appartiennent à une personne morale de droit public,
qu’il s’agisse de l’État, d’une CT ou encore d’une personne publique sui generis ou enfin
d’EP.
Ce droit est composé de plusieurs strates :
 Des principes qui sont communs à l’ensemble
des biens publics
 Principes applicable à tous les biens
publics. Ces principes découlent de la
qualité de propriété publique == aspect
régime = fixe.
 2 autres régimes juridiques selon l’usage
que l’administration fait du bien
o Une partie des propriétés publics
vont être soumises au régime de
domaine public l’autre partie au
régime de bien privé.

Titre 1 Les principes généraux de la propriété publique

Tous les biens publics sont soumis à certaines règles car les personnes publiques en sont
propriétaires. 3 grandes règles communes :
 La compétence du juge judiciaire en cas de litige sur la propriété du bien
 Le principe de l’incessibilité à vil prix
 Le principe de l’insaisissabilité des biens publics

Section 1 La compétence du juge judiciaire

Si la question se pose dans un litige : bien appartient à personne publique ou privé ? le juge
judiciaire est compétence pour trancher.
Article 66 de la C == propriété privé et libertés individuelles == juge judicaire.
« L'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe
dans les conditions prévues par la loi »

Si le juge doit définir les limites d’une personnes publique, indirectement il vient de
préciser qui est le propriétaire du bien voisin.

Unité de la propriété ou de l’identité de nature entre la propriété publique et la propriété


privée.
Cette solution vaut également lorsqu’il y a litige en deux personnes publiques.
Conseil d'État 1970 « Commune de Saint Sorlin »

Deux possibilités qui entrainent la saisine du juge judiciaire :


 Saisi à titre principal directement sur une question de propriété
 Le juge judiciaire peut être saisi indirectement lorsqu’à l’occasion d’un litige porté
devant le juge administratif, est soulevé la question du titulaire du droit de propriété
=> question préjudicielle pour le juge administratif, il doit sursoit à statuer et
renvoyer cette question au juge judiciaire.

Ce mécanisme créer une complexité dans les rapports entre ordre judiciaire et ordre
administratif. Le Conseil d'État rappel l’obligation aux juges administratifs de renvoyer les
questions de propriétés au juge judiciaire, sinon le juge administratif commettra une erreur
de qualification.
Conseil d'État 1960 « Commune de BUGUE »

Exception : le juge administratif n’a pas à saisir le juge judiciaire dans certains cas :

 Le juge administratif reste compétent lorsqu’il existe des difficultés d’interprétation


d’appréciation de la légalité de l’acte administratif.

 Si le litige porte sur le domaine public naturel, le juge administratif possède une
compétence plus étendu puisqu’il peut déterminer qui est le propriétaire du bien.
o Le domaine public naturel = fleuves.

 S’il estime que l’acte de propriété est clair, ou qu’il n’existe pas de difficultés
sérieuses sur le titulaire du droit de propriété.
o Éviter les renvois inutiles.
o Comment s’apprécie une difficulté sérieuse ? Problème si le juge administratif
ne renvoie pas les affaires qu’il devrait les renvoyer.
 Celle-ci s’apprécie au regard du dossier et les arguments des parties.
 Le juge administratif est parfois tenté de ne pas renvoyer des
questions de propriété au juge judiciaire. Il peut arriver qu’il invoque
un acte clair (théorie de l’acte clair).
 Conseil d'État 2017 « M. B » à propos d’un manuscrit ancien
qui était détenu par une personne privé et qui souhaitait le
vendre. Dans cette affaire a été soulevé la question de
propriétaire du manuscrit. L’administration avançait que = bien
public. Le Conseil d'État a eu recours à un expert pour statuer
sur l’origine du manuscrit et à qui il appartenait réellement. 
une brèche dans la compétence judiciaire.

 Affaire fragment à l’aigle « Brimo de Laroussilhe » fragment


de la Cathédrale de Chartre qui était dans une collection
privée. Une gallérie d’art demande au ministère de la culture
de sortir le fragment en dehors du territoire pour vendre à
l’étranger. L’administration considère que = propriété de l’État.
Le juge administratif a donné raison à l’État en considérant que
les titres de propriétés invoqués ne soulevés aucune difficultés
sérieuses.

Section 2 Le principe de l’incessibilité à vil prix

Vil prix = pas chère

Les biens publics ne peuvent pas être cédé, échangé ou aliéné en-dessous de leur valeur
marchande ou alors sans contrepartie. = principe constitutionnel = décision
« Privatisation » 1986. == « la Constitution s’oppose à ce que des biens appartenant au
patrimoine public, à des personnes poursuivant des intérêts privés pour des prix inférieur à
leur valeur ».

Le Conseil d'État considère qu’il s’agit d’un PGD arrêt Conseil d'État « commune de
Fougerolles », 1997.

Une vente contraire à ce principe = nulle.


La personne publique engage sa responsabilité à l’égard des acheteurs, puisqu’ils peuvent
réclamer la perte de chance sérieuse d’acquérir un bien.

Ce principe s’applique aussi bien aux immeubles et meubles.


Cependant, le législateur pour les biens mobiliers a multiplié des exceptions afin de
permettre des cession de biens au profit de l’intérêt général (associations soutient scolaire,
assos défense SDF…).
C’est un principe qui s’applique à toutes les formes de cessions : vente et échange +
interdiction des dons.

Fondement juridiques :

 Les personnes publiques ne peuvent pas consentir des libéralités


o Juridiquement libéralité = un acte par lequel quelqu’un procure un avantage
d’autrui sans attendre une contrepartie.

 Les cessions de ce type sont contraires au principe de légalité


o Si l’administration cède à une entreprise un bien inférieur à sa valeur à une
entreprise, l’administration donne un avantage à cette entreprise et rompt
l’égalité entre les citoyens.

 Cette règle vise la protection des deniers publics (article 14 DDHC)

Cette règle pose une difficulté particulière lorsque les personnes publiques mettent en place
des politiques d’aides aux entreprises = limitation == vente à un euro symbolique etc…
Pendant longtemps, il n’y a pas eu de régime légal de ces aides immobiliers aux entreprise.
Le juge administratif a du préciser comment concilier ce principe constitutionnel et les
politiques volontaristes de développement économiques des personnes publique.

Arrêt Conseil d'État « Commune de Fougerolles », 1997  Le Conseil d'État livre par
cet arrêt une interprétation souple de la jurisprudence constitutionnel et énonce 2
conditions qui permettent de respecter le principe d’incessibilité à vil prix :
Une personne publique peut vendre un bien en dessous de sa valeur réelle si :
 Il existe un motif d’intérêt général
 Revitaliser une commune
 Politique d’aménagement du territoire
 Intérêt de l’emploi

 Il existe des contreparties suffisantes


 La vente était légale car l’entreprise s’était engagée à créer 5
emplois sur 3 ans avec en cas d’inexécution, l’obligation de
rembourser à la Commune le prix du terrain.

Ces aides immobilières ont été réformé en raison du DUE => la Commission considère la
cession d’une propriété publique à un prix < à sa valeur == aide d’État art. 107 du TFUE
(perturbation du jeu naturel du marché). La Commission a exigé une réforme, et c’est elle
qui précise les conditions de conformité de ces aides. Les préfets sont obligés de contrôler si
les régime d’aides immobilières sont conforme ou non.

Le législateur a réformé profondément ces aides par la loi du 13 août 2004 relative aux
« libertés et responsabilités locales » L.511 et suivant du CGCT.
Du fait de cette réforme, l’arrêt commun de Fougerolles = obsolète ?
Le Conseil d'État a maintenu cette arrêt au profit des association. Les personnes
publiques peuvent céder des propriétés en dessous du vil minimal mais avec les conditions
de la jurisprudence.

Arrêt Conseil d'État « Commune de mèr », 2009 = cession d’un équipement sportif (stade), à
une association franco-turque dont le rôle était de favoriser l’insertion des personnes
d’origine turque dans la Commune. Le Conseil d'État a considéré que le motif d’intérêt
général est rempli == montage légal.

Le Conseil d'État continue d’appliquer la jurisprudence Fougerolles, mais de manière plus


souple :
Arrêt Conseil d'État Châtillon-sur-Seine » 2015 == le Conseil d'État a accepté une
vente au rabé de terrain au profit du gens de voyages qui étaient installés dans la commune
de façon irrégulière. Le Conseil d'État a considéré que les avantages en matière d’hygiène et
de sécurité publique ainsi que l’économie de la construction d’aire d’accueil, constituait un
motif d’intérêt général, autorisant cette vente == protection de l’ordre public peut être un
motif.

Récemment, le juge administratif a procédé à une nouvelle extension de la jurisprudence


Fougerolles, le Conseil d'État l’a appliqué pour la première fois à la location d’un bien de
personne publique.

Conseil d'État 28 septembre 2022 « CCAS de PAUILLAC » = le Conseil d'État


transpose aux location, les règles applicables aux ventes.
Une personne publique ne peut pas louer un de ses biens sauf s’il existe un motif
d’intérêt général, et des motifs suffisants.

Il existe de nos jours une incertitude concernant le champ d’application de ce principe car
jusqu’à là, on considérait que ce principe ne s’appliquait qu’aux cessions de biens publics à
des personnes privées.
Le CC a précisé que ce principe n’était pas applicable aux cessions entre personnes
publiques.
Le législateur a prévu toute un série de transfert gratuit entre personnes publiques, mais
aussi des ventes à vil prix.
La loi de finance de 2009 a autorisé à l’État la vente à 1 euro symbolique des biens du
ministère de la défense au profit de communes à fin qu’elles puissent monter des projets
urbains, d’activités économique…

Sur ce sujet, la jurisprudence est encours d’évolution. Le juge administratif s’oriente depuis
récemment sur l’application de ce principe entre personnes publique.
Arrêt Conseil d'État « M. A » 21 juin 2021 == le Conseil d'État tranche pour la première fois
de façon expresse cette questions. Application de la jurisprudence Fougerolles et considère
que les motifs d’intérêt général et de contrepartie, étaient remplis.

Section 3 L’insaisissabilité des biens publics

Les biens des personnes publiques sont insaisissables.

Ce principe a été formulé de manière solennelle en 1899 par le T.C dans l’arrêt « Association
syndicale du canal de Gignac »  inapplicabilité des procédures civiles d’inexécutions.

La Cour de cass va en dégager un PGD dans la décision « BRGM », 1987


L.2311-1 CG3P.

Principe qui a valeur législative mais pas constitutionnelle.

Une interdiction qui couvre un champ d’application large == tous les biens publics
Conséquences :
 interdiction des procédures civiles d’inexécution sur les biens publics
 Interdiction de toutes les formes de saisie et de sûreté
 Interdiction de l’application des procédures collectives
 Le créanciers d’une personne publique doit utiliser d’autres
procédés dans le cas où une personnes publique ne peut pas
régler ce qu’elle doit.
o Pour les CT et les EP : procédure d’inscription d’office
d’une dépense obligatoire = intervention du préfet.
 Le Conseil d'État a admis que le créancier d’une
CT pouvait saisir le préfet pour que celui-ci fasse
vendre un bien de la CT si besoin
 Arrêt Conseil d'État « société fermière
de CAMPOLORO », 2005
o Pour l’État : le créancier doit d’abord obtenir la
condamnation devant le juge de l’État pour ensuite
enclencher des procédure d’astreinte et d’exécution de
décisions de justice.

Difficulté particulière quant à l’application de ce principe sur les EPIC : un certain nombre
d’entreprises publique étaient géré sous statut de EPIC.
En cette qualité, les EPIC voient leur bien protégé par le principe d’insaisissabilité. La
Commission européenne considère cela génère une aide de l’État qui favorise les EPIC qui ne
courent aucun risque d’insolvabilité (jeu de concurrence non respecté).
C’est un des éléments qui explique la transformation de certains EPIC en SA.
La commission a adopté plusieurs décision concernant l’incompatibilité des EPIC et
SA

Décision 2003 commission européenne demandant de changer le statut de EDF en SA.

France télécom -> SA = 26 juillet 1987


Aéroport de Paris -> SA = loi 20 avril 2005
La poste -> SA = loi 9 février 2010
La SNCF -> SA = loi 27 juin 2018

Ce mouvement a été confirmé sur le fondement de l’insaisissabilité des biens publics.

Ce raisonnement a été confirmé par une décision de la CJ : CJUE 2014 « France c.


commission » == La Cour considère que le statut d’EPIC emporte des conséquences
juridiques.

Réaffirmé par un autre arrêt de la CJUE 2018 « Commission c. France »  la Cour estime que
la Commission peut considérer que le statut de EPIC bénéficie d’une présomption
défavorable.

 La propriété publique = propriété particulière. D’un côté, elle est soumise aux mêmes
règles que la propriété privée (compétence juge judiciaire), cependant elle reste une
propriété différente de la propriété privée, car les biens sont insaisissables et les biens
publics ne peuvent être vendus en dessous de la valeur marchande.

La doctrine est assez divisée. Hauriou évoquait l’expression de « propriété administrative »


(coloration spécifique en raison de l’administrativité).

Le juge ne se prononce pas directement sur l’originalité de cette propriété. Très peu de
jurisprudence rendu sous le visa de l’article 544 code civil == le juge administratif évite de
faire référence à ce texte.
Titre 2 Le domaine public

== bien public soumis à un régime juridique spécifique. Il s’agit de biens immobiliers mais
aussi mobiliers, qui sont protégés parce qu’ils sont affectés à l’intérêt général.
Le régime de la domanialité public est actuellement en crise : La thématique de la propriété
a créé des perturbations à l’égard de ce régime qui était antérieurement forgé.
Le domaine public est attiré vers une logique de valorisation économique et également
soumis à des impératifs de réforme  crise de sa définition et de son régime.

Crise de définition : la définition du domaine public a été très fortement élargi dans les
années 50 entrainant une extension à l’excès du domaine public.
Le CG3P tente par une définition plus stricte de réduire le périmètre du domaine.
Il traverse également une crise de gestion : manque d’efficacité de la gestion malgré
l’engagement de plusieurs réformes de l’État dans le but de rationaliser les institutions qui
gèrent le domaine public étatique.

Chapitre 1 le contenu du domaine public

L’identification repose sur plusieurs principes directeurs qui permettent de définir comment
est composé le domaine public.

Il n’existe pas de biens qui font par nature, partie du domaine public.
Tous les biens peuvent être rangés soit dans le domaine public, soit dans le domaine privé.

Le législateur ne s’est pas privé de faire basculer des biens en privé-public.

Le législateur peut librement déterminer l’appartenance d’un bien à l’un des deux domaines.

Pour le domaine public = par détermination par la Loi.

Ces qualifications légale peuvent résulter de 2 méthodes du législateur :

 Par un texte spécial = « domaines public spéciaux »


o Le domaine public maritime = défini par des textes spéciaux (loi du 28
novembre 1963 = étend assez largement le domaine public maritime).
o Le domaine public ferroviaire est également défini par un texte spécial (article
L2111-15 du CG3P)
o Le domaine public mobilier a sa propre définition (article L.2112-1 CG3P).

 Énoncé par un critère général


o Le législateur français s’est peu soucier des critères du domaine public. C’était
le juge administratif qui s’était préoccupé jusqu’à lors de définir le domaine
public. Mais avec le CG3P, une définition a été donnée par le législateur.
 Article L.2111-1, L.2111-2.
 Cette définition ne s’applique sous réserve des dispositions
législatives spéciales. Lorsqu’une définition spéciale d’un
domaine public existe, c’est celle-ci qui devrait s’appliquer.
 Le juge administratif a eu l’occasion de trancher l’articulation
des définitions générales et spéciales. Il a jugé qu’un bien qui
ne satisfaisait pas la définition spéciale du domaine public,
faisait tout de même partie du domaine public s’il répondait à
la définition générale. Ce sont des définitions qui se
complètent.
o Arrêt Conseil d'État 2015 « Communauté
d’agglomération du Lac de Bourget »
 Affaire sur port de plaisance, pour faire partie
du domaine public, il ne correspondait à la
définition du domaine public fluvial, cependant
le Conseil d'État tranche que la définition
générale s’appliquait.
 Ces critères s’imposent aux personnes publiques propriétaires.
C’est un régime objectif qui s’impose à l’administration. Si les
critères ne sont pas réunis et que l’administration qualifie le
bien comme appartenant au domaine public. L’acte qui le
qualifie ainsi, est illégal et sera annulé par le juge. Inversement,
si les critère sont réunis, la personne publique ne peut pas le
rattacher à son domaine privé
o Conseil d'État « Michaud », 1977
o L’administration peut choisir l’affectation/utilité du
bien.
 Les litiges qui portent sur l’appartenance d’un bien au domaine
public relève de la compétence du juge administratif.
o Depuis la fin des années 1940, date à laquelle, la Cour
de cass a déclaré qu’elle est incompétente sur les
questions de domanialité public.
 Depuis cette date, le juge administratif est le
seul compétent pour trancher sur les litiges
portant sur l’appartenance des biens public
 Arrêt Conseil d'État 1960 « commune du
Bugue ».
 Le TC confirme également avec une
décision de 1980 « SCI résidence des
Perriers »

La compétence du juge administratif est très largement interprétée, solidement construite.


Le juge administratif n’est non seulement compétent pour l’appartenance d’un bien public,
mais également pour statuer sur la délimitation du domaine public.
Malgré ce bloc de compétence, il peut arriver que le juge judiciaire soit compétent. 3
cas :
o Le cas du juge répressif -> bénéficie d’une plénitude de compétences et qui
peut statuer sur la domanialité public d’un bien.
o Pas de difficultés sérieuses sur l’appartenance du bien au domaine public
(éviter une surcharge).
 Affaire similaire a déjà été tranché auparavant. Le juge judiciaire peut
s’appuyer sur cette solution.
 Pas de difficultés dans l’application des critères.
 Le juge judiciaire est également compétent en matière de propriété y
compris une propriété publique.

o Le juge civil peut s’appuyer sur un jurisprudence établie (expression forgée


par le TC lorsque celui-ci a essayé de réduire les questions préjudicielles entre
les deux ordre dans une décision « SCEA du Cheneau » 2011).

Il peut arriver dans certaines affaires que la questions de la domanialité posée devant le juge
administratif suppose avant d’identifier qui est le propriétaire dans ce cas le juge
administratif doit sursoir à statuer sur l’appartenance du bien au domaine public et saisir le
juge judiciaire de la question de propriété (le juge administratif peut statuer par anticipation
(de manière plus générale) pour éviter un aller-retour entre juge administratif/judiciaire =>
anticipation).

Section 1 Les critères de définition du domaine public

Comment savoir si un bien appartient au domaine public ?

Depuis 2006 des critères généraux (L2111-1 CG3P) :


 Le domaine public d’une personne publique est constitué des biens lui appartenant
qui sont soit affectés à l’usage direct du public, soit affecté à un service public pourvu
que dans ce cas qu’il fasse l’objet d’aménagement spécial. (définition du domaine
public immobilier == définition générique).
À travers cette définition, le législateur a opéré à une codification des critères
jurisprudentiels, tout en essayant de réduire le périmètre de la domanialité publique. En
effet, les deux grands critères dégagés par la jurisprudence ont été maintenu.

o Critère organique : Le bien doit appartenir à une personne publique (L.2111-


1)
o Critère fonctionnel : Le bien doit être affecté à une utilité publique (L.2111-1)

 Ces deux critères sont cumulatifs.

Des critères complémentaires s’ajoutent. Ceux-ci peuvent étendre le domaine public, et qui
peuvent permettre d’étendre le domaine public aux biens qui ne satisfont pas totalement le
critère fonctionnel.
§1 l’appartenance du bien à une personne publique

Pour faire partie du domaine public, un bien doit appartenir à une personne publique.
La jurisprudence a établi le principe, et le CG3P a légalisé le principe (article L.2111-1)
Cette appartenance relève le rapport de propriété qui relie le bien à la personne morale de
droit public. Le code est l’aboutissement d’une longue évolution sur l’idée de propriété en
droit public.

 Cette condition est importante => elle induit que les personnes privées ne possèdent
pas de domaine public.

 Par ailleurs, la propriété publique doit être pleine et entière.

 Il existe une diversité de personnes publiques propriétaires d’un domaine public.

A. L’inexistence d’un domaine public des personnes privées

Une jurisprudence constante == les biens des personnes privées ne peuvent pas faire partie
du domaine public.
Arrêt Conseil d'État 1935 « Marécar » = statut d’une cimetière qui appartenait à une
personne privée. Un particulier ou une personne privée ne peut pas détenir un domaine
public.
Une solution qui s’applique largement aux murs longeant les voies publiques et qui sont
implantées dans des propriétés privées.

Cette solution a été rappelé à plusieurs reprises.

Conseil d'État avis 2004 « AFP » => statuer sur le régime de l’AFP == organisme de droit
privé == le Conseil d'État en faveur de ce statut == les biens de l’AFP ne peuvent faire partie
du domaine public.

Cette solution concerne les particuliers, associations et entreprises (forme juridique de droit
privé), précision : la solution concerne les SEM (société économique mixte) => entreprise de
droit privé mais à capitaux publics (50%-80%) (société parapublique).

La solution s’applique sur les établissement publics lorsqu’ils sont transformés en SA.
Lorsque l’État sociétise un EP => les biens de l’EP pour pouvoir être transférés à la nouvelle
société créée doivent être déclassé == sorite du domaine public et donnés en dotation à la
nouvelle société.
Ex. Aéroport de Paris. (loi 20 avril 2005)

Est-ce que ça veut dire que l’État se désintéresse de ces biens ?

Non, la création d’un régime juridique particulier puisque l’État tout en transférant les
biens à ces sociétés privées conserve un pouvoir de contrôle vis-à-vis de ces biens.
Généralement il peut s’opposer à la vente ou à la cession de ces biens s‘il considère que cela
peut compromettre la continuité du service public. Ainsi, les biens transmis à ces société
sont généralement grevés d’une servitude légale très proche d’une régime quasi-domaniale.
Cad que le législateur est en train de créer tout en transférant les biens à ces société, un
régime ad hoc pour ces biens (un régime parapublic). L6323-6 du code des transports publics
= lorsqu’un ouvrage qui appartient à aéroport de Paris et qui est situé dans le domaine
aéroportuaire, l’État peut s’opposer à sa cession, ou son apport lorsque cela peut porter
préjudice à l’accomplissement de la mission de service public.

Cas des entreprises privées gestionnaires de service public dans le cadre de


délégation/concession de service public :
3 types de biens :
 Les biens de retours : indispensables au fonctionnement du service
public
 Des biens appartenant à la personne publique même s’il ont
été construit par le concessionnaire
o Conseil d'État « Commune de Douai », 2012 =
clarification de la définition des biens de retours
 Ces biens font partie du domaine public. Ils sont restitués à la
personne publique à la fin du contrat de concession.

 Les biens propres du concessionnaire


 Ils appartiennent à l’entreprise privée. Ces biens ne sont pas
soumis à la domanialité public.

 Les biens de reprises


 Des biens qui peuvent revenir à la personne publique à la fin
du contrat si elle le souhaite et moyennant indemnités.
 Ne font pas partie du domaine public, sauf à partir du moment
où la personne publique les rachète.
o Ex. Compteur d’électricité
 Bien propre de retour, propre au
concessionnaire ou de reprise ?
B. Une propriété publique pleine et entière

Il faut non seulement que la personne publique soit la propriétaire, mais il faut qu’elle en
soit la propriété exclusive. Elle doit avoir une entière et pleine contrôle du bien.

Plusieurs conséquences :
 Si l’administration est propriétaire d’un bien en copropriété, ce bien ne peut pas faire
partie de son domaine public, il fera partie de son domaine privé.
o Conseil d'État 1994 « Compagnie d’assurance la préservatrice foncière »
 Exclusion de la copropriété dans le domaine public.
 Cette règle s’applique lorsque le bien est codétenu entre
plusieurs personnes publiques.
 Même logique en indivision. Un bien en indivision ne peut pas
relever du domaine public, même si entre plusieurs personnes
publique.
Le CGP n’a pas rappelé ces différentes solutions mais on considère qu’ils ont été retenus, le
législateur reste implicitement fidèle au critères organique.

C. La diversité des personnes publiques détentrices du domaine public

Les personnes publiques peuvent posséder un domaine public. toute dépendance du


domaine public est nécessairement attachée à une personne publique par lien de propriété.

Pour l’État et les CT = pas de difficultés. Article L.1 CG3P = bien appartenant à l’État et aux
CT.
Un domaine public et des domaines publics, régionaux départementaux, et communaux.

Concernant les personnes publiques étrangères : elles ne détiennent pas de domaine public
en France == le droit international (souveraineté) s’oppose à ce qu’elles possèdent des biens
inaliénable.

A l’inverse, l’État français possède des biens publics à l’étranger qui peuvent bénéficier du
régime de la domanialité publique.
Arrêt Conseil d'État 25 juin 2021 « scté Mezzi et Fonderia » concernant la villa
Médicis = propriété de l’État == statut du bien domanialité public ou non ?
La Cour affirme le statut de bien public même si c’est à l’étranger. Le CG3P n’a
pas énoncé des critères géographique dans la définition du domaine public.
Le Conseil d'État a précisé le juge et le droit compétent : Compétence du juge
administratif français. Le Conseil d'État énonce qu’il peut y appliquer le droit italien sous
réserve des règles d’ordre public prévues par le CG3P.
1. Le cas des établissement publics

EP = personne morale de droit public qui assure une mission spéciale et pour cela, dispose
d’une autonomie administrative et financière. (Universités, Musées, RATP…)

Est-ce que les EP ont un domaine public ?

Les directeurs des EP ne souhaitaient pas se soumettre à la domanialité public == lourdeur.


La doctrine classique précisait que les EP ont 1 domaine privé.

La jurisprudence était partagée. Le juge administratif a pendant longtemps affirmé que les
EP ne possédaient pas de domaine public (arrêt « lecoq » 1978)
Le juge judiciaire a eu l’occasion de dire que les EP ont un domaine public (1963 Sieur
Montagne == tableaux du Louvre appartenaient au domaine public.)

La domanialité public des EP a été confirmé dans deux affaires :


- Affaire EPP 1981 concernant un syndicat intercommunal
- Affaire Mansuy 1984 concernant la dalle centrale de la défense

Le juge administratif n’est pas resté insensibles aux arguments des directeurs d’EP.
 Le juge a fait évolué sa jurisprudence avec l’arrêt « EDF » 1998  Le Conseil
d'État confirme que les EPIC possèdent un domaine public mais en prévoyant une
dérogation le cas où le législateur en aurait décidé autrement. Le Conseil d'État a
jugé que les biens d’EDF étaient dans son domaine privé.
Le CG3P n’a pas remis en cause les jurisprudences sus mentionnées.

2. Le cas des personnes publiques sui generis

Depuis le début des années 80, le législateur a créé de nouvelles formes juridique de
personnes publiques.
- GIP (groupement d’intérêt public)
- BdF
- Les autorités publiques indépendantes (celles qui ont la personnalité morale = API)
o AMF
o HAS
o ARCOM
Ces différents organismes peuvent avoir un domaine public. Le Conseil d'État l’a admis à
propos de la BdF dans un avis de 1999.

Le CG3P consacre cette possibilité à l’article L.2 (« bien appartenant aux autres personnes
publiques »). Le CG3P adopte une approche différente car pour ces personnes publiques, ce
n’est que si leur texte constitutif le prévoit qu’elle possède un domaine public. L’existence de
domaine public n’est pas de plein droit.
Cas de beaucoup d’API, pour l’AMF le législateur a précisé dans le texte constitutif
l’existence d’un domaine public.

Loi 20 janvier 2017, unification du régime des biens des API.

Confusion sur les biens des GPI == ce sont des personnes morales créées sur convention. Il
faut que le contrat prévoie l’existence d’un domaine public, ce qui n’est pas souvent le cas.

Le critère organique est nécessaire mais pas suffisant. Pour appartenir au domaine public, les
biens des personnes publiques doivent recevoir aussi une affectation d’intérêt général.

§2 L’affectation du bien à l’utilité publique

Critère fonctionnel de définition de domaine public

L’affectation a toujours été la seconde grande condition de domanialité publique. Le CG3P


confirme le rôle de l’affectation à l’article L2111-1.

Ce critère a été ajouté pour éviter une extension trop importante du domaine public.
Ce critère vient de limiter le premier critère.

Cette vocation réductrice de ce critère n’a jamais fonctionné.

La jurisprudence a admis qu’il pouvait y avoir 2 affectations possibles qui ont été également
consacrées par le CG3P. Ce à quoi s’ajoute un critère complémentaire : le bien doit avoir été
aménagé <= conditions d’aménagement stricte prévues par le CG3P.

A. Les affectations possibles

Un bien à vocation d’entrer dans le domaine public : s’il appartient à une personne publique
et s’il est affecté à l’usage direct du public soit à un service public.

1- L’affectation du bien à l’usage direct au public

Le domaine public désigne ici, l’espace public = l’espace mis à la disposition du public. (usage
historique).

Le juge administratif a affirmé dans l’arrêt « Marécar », 1935 == un lien de cause à


conséquence entre usage direct et dépendance publique  les administrés peuvent utiliser
le domaine public sans avoir à recourir à un intermédiaire.

À contrario, s’il n’est pas possible d’utiliser directement le bien, le juge considère qu’il n’y
pas affectation à l’usage direct. Le juge aussi considère que pour certains biens, le public ne
chercher pas à utiliser le bien pour lui-même, mais pour bénéficier d’une prestation de
service public == pas d’usage direct.
Ex. Gare = prestation et non usage direct.

2- L’affectation au service public

Un bien qui n’est pas affecté à l’usage direct du public peut cependant être soumis à la
domanialité publique, s’il est utilisé par la personne publique en vue d’accomplir des
missions de service public.

Jurisprudence années 50 : d’abord par le juge judiciaire : des biens affectés au service public
pouvaient faire partie du domaine public.
Conseil d'État 1956 « Société le Béton »  ports et parcelles appartiennent au domaine
public ? Le Conseil d'État affirme que si un bien est affecté à un service public, il peut faire
partie de la domanialité publique.

Période de renouveau du droit administratif, le Conseil d'État va redéfinir les grandes


notions de ce droit à partir du service public. C’est le cas pour le domaine à partir de 1956.

Cette solution va être réitérée dans une autre affaire : arrêt Conseil d'État « Le Dauphin »,
1959  monument historique situé à Arles == affecté au service public culturel et
touristique  domaine public de la ville.

 Ces deux jurisprudences vont entrainer une grande extension (stadium, palais de
justice…) du domaine public  tous les biens affectés à un service public (SPA/SPIC) ==
domaine public.

Mais qu’est-ce qu’un service public ? (imprécision)


- Narcy 1963
- Aprei 2007 (faisceau d’indices)

Société Cathédrale d’image 2016  concerne les carrières situées dans une commune, que
celle-ci a décidé de transformer en cite culturel, et a été confié à une société en gestion. Le
Conseil d'État énonce que l’activité, bien qu’activité d’intérêt général. Cependant, la
Commune n’a pas souhaité organiser un service public et donc les carrière font partie du
domaine privé de la commune == pas d’affectation à un service public.

Tous les immeubles administratifs de l’administration = domaine public (effet scté le Béton)

2004, le législateur est intervenu et a fait basculé les bureaux administratif de l’État dans le
domaine privé, et le CG3P a suivi le législateur.
La CA de Nancy 2020 « Commune de Lamoura » a jugé récemment qu’un Chalet dans une
situation de Ski destiné à la restauration des skieurs et des randonneurs, faisait partie du
domaine public car affecté au service public touristique.

CA de Marseille 2021  Un commerce (restaurant, bar, boulangerie)  appartient au


domaine public car permet aux habitants un approvisionnement en produits de premiers
nécessité et qu’il remplace l’absence d’initiative privée.

Le CG3P a confirmé ces deux affectations possibles, qui lui aussi sort indemne de la réforme,
voire un certain regain. En revanche le CG3P est venu réorganiser le critère d’aménagement.

B. Le critère complémentaire : L'aménagement spécial ou


indispensable

Le juge avait ajouté un critère nécessaire pour qu’un bien rentre dans le
domaine public même s’il remplit le critère d’affectation : un
aménagement spécial.

Le CG3P a supprimé cette condition pour la renforcer. Désormais, le bien


doit avoir fait l’objet d’un aménagement indispensable.

Aménagement spécial antérieur à 2006, et postérieur à 2006.

Aménagement spécial : critère introduit pour limiter le critère très large


de l’affectation.
Ce critère a été introduit par l’affaire société le Béton, le Conseil
d'État confirme qu’e le bien a fait l’objet d’un aménagement spécial ==
rend le bien utilisable par le service.

Le juge administratif a étendu le critère de l’aménagement spécial aux


biens affectés à l’usage direct du public (arrêt Conseil d'État
« Bertier », 1960).

Ce critère d’aménagement spécial n’a jamais joué un rôle réducteur. Très


vite, le juge administratif s’est montré peu exigeant sur ce qu’il fallait
entendre comme aménagement.
o À propos des plages, le juge a considéré que l’enlèvement des
ordures == aménagement spécial  domaine public
o Affaire Dauphin : la simple pose d’une chaine = aménagement

 des travaux extrêmement réduit qui permet de satisfaire ce critère, qui


avait une vocation réductrice.

L’aménagement indispensable :
Le CG3P substitut l’aménagement indispensable à l’ancien aménagement
spécial : L.2111-1.
Le terme « indispensable » montre que le législateur a voulu resserrer le
périmètre de la domanialité publique et contrecarrer la jurisprudence.

Cependant, le législateur a supprimé la condition de l’aménagement


indispensable pour les biens affectés à l’usage direct du public.
Le législateur part de l’idée que pour ces biens, il y a toujours un
aménagement.
La jurisprudence veille depuis à ce qu’il y ait bien une intention de
l’administration à permettre l’usage du bien par le public.
La jurisprudence considère que le fait que des skieurs qui empruntent une
parcelle pour se rendre aux remontées mécaniques n’entraine pas
l’appartenance au domaine public == pas d’aménagement et d’intention
de la commune de permettre l’accès du public. Conseil d'État « commune
de Val-d’Isère », 2014.

L’aménagement n’étant plus exigée, il y a un resserrement dans la


jurisprudence : le juge considère que le simple usage par les administrés
ne suffit plus d’entrainer l’appartenance du bien au domaine public.

Sur l’aménagement indispensable, le juge administratif a retenu le


principe de non-rétroactivité du code. Il faut se référer à l’ancien critère de
l’aménagement spécial pour les biens qui appartiennent aux personnes
publiques avant 1er juillet 2006. Le critère de l’aménagement
indispensable ne s’applique qu’aux bien entré dans le domaine après le 1 er
juillet 2006.
Cette dichotomie, va être posée par le Conseil d'État dans l’arrêt de
2009 « Société Brasserie du théâtre ». Cette solution va être confirmé
par l’arrêt de 2012 Conseil d'État « commune de Port-Vendres » =>
application aux biens nouvellement acquis + précisions de ce qu’est
aménagement spécial.

Concernant le critère de l’aménagement spécial :

Une tendance à une application restrictive au regard de l’ancien


conception = effet rétroactif implicite.
Arrêt Conseil d'État 2015 « commune de Puertuel»  si le
bien satisfait l’aménagement spécial  les travaux ne sont pas constitutif
d’un aménagement spécial car ils ne sont pas directement liés au service
public  une réduction significative de l’appréciation de l’aménagement
spécial.

Arrêt CA Lyon « Association vent du haut forez », 2019  litige


qui porte sur une piste de ski de fond, dans lequel la Cour considère qu’il
n’y a pas d’aménagement spécial sur le domaine nordique = la piste de
ski fait partie du domaine privé de la Commune.
 Le juge est beaucoup plus strict que le passé = forme de rétroactivité
implicite.

Concernant le critère l’aménagement indispensable :

Une tendance restrictive assez cohérente.

Arrêt Conseil d'État 2020 « Turpault et autres »  ensemble


d’immobiliers appartenant à la Commune (salles…). Certaines salles
étaient mises à disposition de certaines associations. Le juge considère
que la condition de l’aménagement indispensable n’est pas satisfaite, et
que la présence d’un point d’accueil et d’information pour orienter les
personnes reçues, n’est pas un aménagement indispensable suffisant pour
relever ces locaux au niveau du domaine public.

À ces critères principaux, le juge a ajouté des méthodes d’identification


indirect :

§3 Les extensions du domaine public

3 théories jurisprudentielles qui permettaient d’intégrer dans le domaine public des biens
qui ne répondaient pas aux critères de l’affectation et de l’aménagement, et qui n’auraient
pas dû intégré le domaine public.

A- La théorie de l’accessoire

Une méthode qui permet au juge d’étendre le domaine public à des biens qui ne répondent
pas aux critères précités. Cette théorie permet d’intégrer au domaine public, les biens
secondaire (accessoire) d’un bien principal qui lui fait partie du domaine public.

L’accessoire peut prendre 2 formes alternatives avant le CG3P :


- Un bien était intégré au domaine public, car physiquement, il était l’accessoire d’un
bien domanial.
o Conseil d'État Ville de Grasse 1985  Le Conseil d'État fait entrer dans le
domaine public des locaux qui étaient au rdc d’un parking. Le libre-service
présent dans les locaux, bien qu’il ne réponde pas aux critères d’affectation,
en raison de sa proximité  appartient au domaine public.
- Les biens utiles à une dépendance domaniale sont aussi incorporés au domaine
public.
o La jurisprudence considère que les arbres, balises… qui longent les routes ==
accessoires fonctionnels des voies = sécurité routière…
 Arrêt TC « ESPITALIER » , 1900

En application de cette théorie, font partie du domaine public, les commerces dans les
galléries des gares, des aéroports, les canalisation d’eaux sous la voie publique…
Théorie critiquée car imprécise et très extensive == sources d’insécurité juridique des
administrés.

Le CG3P a maintenu la théorie de l’accessoire mais l’a redéfini == accessoire indissociable.


Article L.2111-2 = les biens entrés dans le domaine public après juillet 2006 et qui
prévoit que font partie du domaine public, les biens qui constitue un lien physique et
fonctionnel.
 réduire la domanialité publique.

La jurisprudence a du précisé la nouvelle définition d’accessoire indissociable : Le Conseil


d'État a fait preuve d’une plus grande rigueur dans l’utilisation de cette théorie alors même
que le code n’était pas applicable.
Arrêt Conseil d'État « Société des brasseries de théâtre », 2009 == le CG3P n’est pas
applicable, le Conseil d'État fait comme s’il l’était.
Arrêt Conseil d'État « Société Var auto », 2018  affaire jugée à l’aune des critères
antérieurs au code : une dalle qui recouvrerait le tunnel d’une voie ferrée <= le Conseil d'État
a considéré que la dalle n’est pas en elle-même affecté à l’usage direct du public, ni à une
activité de service public et donc bien que situé physiquement au-dessus, elle ne présente
pas d’utilité directe pour cet ouvrage == le lien fonctionnel ne doit pas être flou.

Dans les affaires où le code est applicable, dans l’ensemble le juge administratif a une
conception plus stricte de la domanialité publique par accessoire.
Avis Conseil d'État « domaine national de Chambord », 2012  les abords du
château appartiennent au domaine public ? Le Conseil d'État a considéré que les avis
occupés par les commerces ne remplissaient pas les deux conditions cumulatives. Il a été du
même avis pour les fermes du domaine.

B- Le domaine public global

Cette théorie permet d’étendre le régime de la domanialité publique à des bâtiments, des
ouvrages et des installation incluses dans un ensemble immobilier et de les soumettre au
même régime de la domanialité publique. Plutôt que d’appliquer les critères un par un ==
appréciation globale.

Cette théorie a été appliqué à propos des gares : Conseil d'État « société lyonnaise des
transports », 1965 ; aux aéroports, aux ports, aux hôpitaux…

Le juge va alors examiner si les biens sont divisible ou indivisible les uns des autres
(possibilité de communiquer d’un bâtiment à un autre).

Si les parties sont divisible = pas de globalité


Si les parties sont indivisible = globalité
La jurisprudence avait tendance avant l’adoption du CG3P, de réduire l’application de cette
théorie. Notamment, il refusait depuis les années 90 aux logements de fonction : Conseil
d'État « Mme BOYER », 1990.

Le CG3P ne fait pas référence à cette théorie : la doctrine est alors divisée sur l’impact du
code sur la théorie.
Cas dans lequel le code est intervenu : les immeubles à usage de bureaux <= domaine privé
des personnes publiques sauf lorsque les bureaux forment un ensemble indivisible avec un
bien immobilier du domaine public.

Le juge a tendance désormais à rejeter l’application de la domanialité publique globale


lorsqu’elle est invoquée.
Affaire Conseil d'État « Société de brasserie de théâtre », 2009
 Le Conseil d'État fait une appréciation très stricte de la divisibilité.
Considérant que la brasserie est divisible de l’opéra, alors qu’il y’avait communication entre
brasserie et le reste de l’ensemble.

Avis Conseil d'État « Chambord », 2012


 certes le Conseil d'État a refusé la théorie de l’accessoire, mais il a admis
l’appartenance de l’ensemble du site de Chambord par application de la domanialité
publique globale.  cette théorie n’a donc pas disparu mais en jurisprudence les cas
de rejets sont multiples.

C- Le domaine public virtuel

Virtualité de la domanialité publique = théorie qui permettait d’incorporer dans le domaine


public, des biens qui n’avaient pas encore fait l’objet d’un aménagement, mais dont
l’aménagement est avenir. Le juge avait considéré que lorsque l’administration avait
l’intention de réaliser des travaux = suffisant.  domanialité publique virtuelle ==
domanialité publique par anticipation.

La jurisprudence a admis cette théorie : Conseil d'État « Association Eurolat », 1985

Théorie très critiquée en raison de son imprécision : à partir de quel moment le bien est
considéré aménagé virtuellement ? source d’insécurité juridique.

Le CG3P intervient et précise que les biens doivent faire l’objet d’un aménagement
indispensable == l’aménagement doit soit avoir été effectué, soit à minima être encours ;
l’intention de l’aménagement n’est plus suffisante.
Le Conseil d'État a tranché en faveur de l’absence de rétroactivité du code = les biens qui
sont entrés dans le domaine public avant 2006 sur le fondement de la virtualité de
l’aménagement n’en sont pas sortie du fait du code. Conseil d'État « association ATLALR »,
2013
Pour les biens postérieurs à 2006, la jurisprudence ATLALR indique que le bien doit avoir fait
déjà l’objet d’un aménagement. La volonté de la CT n’est plus suffisante.
Décision 2016 « commune de BAILLARGUES » == il faut que les travaux soient entrepris de
façon certaine. Lorsque les travaux sont purement hypothétiques (devis, plan d’architecte…)
la jurisprudence refuse désormais d’appliquer cette théorie.

 Le code corrige ces 3 théories afin de limiter le domaine public et ce mouvement est
accompagné par le juge.

Section 2 La consistance matérielle du domaine public

Une liste des biens incorporés dans le domaine. Plusieurs critères peuvent être utilisé pour
dresser cette liste : distinction entre les biens immobiliers et les biens immobiliers (la
présentation dans le CG3P).

§1 Le domaine public immobilier

La masse de loin la plus importante et la plus diversifiée dans son contenu du domaine
public. Ces biens se répartissent en deux catégories : certaines appartient au domaine public
immobilier naturel, et d’autres au domaine public artificiel.

A. Le domaine public naturel

Le résultat de la nature, de phénomène purement géographique… qui sont réceptionnés par


le droit et qui en tire comme conséquence, l’appartenance au domaine public.
Ex. Rivages de la mer…

1. Le domaine public maritime naturel

La France possède d’un domaine public maritime important.


Consacré tôt par : Édit de Moulins 1566 ; Ordonnance Colbert sur la marine 1681.

Ce domaine public appartient exclusivement à l’État. Domaine régalien par excellence.


Article L.2111-4 CG3P => définition domaine public de l’État = énumération des composants
du domaine public.
Le domaine public a eu en (28 novembre) 1963 un changement important de définition ==
extension du domaine public == prise en compte de l’activité économique et sociale à
proximité de la mer. La domanialité publique permet indirectement d’élaborer une politique
de protection de l’environnement de maîtriser l’urbanisme.

L’État est l’unique propriétaire, mais souvent il confie la gestion aux autres structures : les
CT, le conservatoire de l’espace littoral…
Composition

- Les rivages de la mer


Bandes de terre que la mer couvre et découvre en fonction des marées. La délimitation a été
unifié par la jurisprudence dans un arrêt Conseil d'État de 1973 « sieur KREITMANN » =
Entrent dans les zones publiques recouvertes par le niveau maximum de la mer sans prendre
en compte un mois en particulier et en l’absence de perturbations météorologiques
exceptionnelles. Avant cet arrêt, différence entre rivages manche, atlantique, méditerranée.
CA Nantes « Commune de Guilvinec » 2021 => vigilance orange, vents ne dépassant pas
60km/h <= pas une perturbations météorologiques importante.

- Lais de la mer
Les terrains formés par les alluviaux que la mer dépose sur le littoral.

- Les relais de la mer


Parties du littoral, qui autrefois étaient recouvertes par les flots, mais qui sont désormais
abandonnées par la mer de façon durable.

Les lais et les relais, étaient d’abord rangés dans le domaine privé, et donc pouvaient être
vendus. L’appartenance au domaine privé = source de complication pour les exploitants de
plages privées. Avec la loi de 1963 (extension du domaine public) = les lais et relais
postérieur à 1963 + adoption d’un texte == intégration dans le domaine public par arrêté
préfectoral (cela été fait pour tous les relais et les lais = 1500 hectares).

- Sol et sous-sol de la mer territoriale

Évolution de la loi de 1963. Avant ils ne faisaient pas partie du domaine public = gênant pour
l’État <= exploitation des richesses dans les fonds marins. (les épaves gisant sur le sol et
sous-sol n’appartiennent pas à l’État).

La mer territoriale est définie par le DIP == largeur 12 milles marins == 22,224m.
Au-delà = ZEE 144k km == l’État possède des droits économique, mais cette zone
n’appartient pas à l’État.

L’eau de mer ne fait pas partie du domaine public.


Conseil d'État 1984 « ministre de la Mer c. Galli » = eau de mer = chose commune au
sens du code civil.

- La zone des 50 pas géométriques

Une réserve qui se situe dans les DOMTOM = régime constitué sous l’AR (zone des 50 pas du
Roi)  bande de terrain de 81,2m de large à partir du rivage == la zone était destinée à
défendre les anciennes colonies (artillerie…). Cette zone a longtemps appartenu au domaine
public maritime, et qui a été rattaché au domaine privé de l’État en 1955 == permis à l’État
de vendre un certain nombre de terrain pour autoriser les promoteurs à construire =
favoriser le tourisme. Bilan mauvais d’une pdv de protection du littoral, le législateur a
réintégré cette bande dans le domaine public par la loi 1986.

- Le sol et le sous-sol des étangs salés

Communication directe avec la mer. Arrêt Cass. 1842 « Fabre » = domaine public.
3 conditions pour que le sol et le sous-sol des étangs salé :
 Eau salée
 Poissons de mer
 Communication directe avec la mer de façon naturelle
Conditions appréciées souverainement par les juges.
Un étang de ce type cesse d’appartenir au domaine public s’il n’est plus en communication
naturelle avec la mer -> domaine privé de l’État.

Qu’en est-il des plages entourant les étangs appartenant au domaine public de l’État ?

Litige opposant un commerçant installé au bord d’un étang et l’administration


concernant le renouvellement de son autorisation d’installation : le juge rappel que les
plages des étangs ne font pas partie du domaine public et appartiennent à la commune sur
laquelle la plage est située. C’est alors au maire que revient la compétence de délivrance
d’autorisation.

2. Le domaine public maritime artificiel

La protection et l’exploitation de la mer, nécessitent l’implantation d’ouvrages, l’intervention


humaine… création d’un domaine public maritime artificiel.

L2111-6 CG3P == ces biens appartiennent au domaine public


- Ports maritimes
o 20aines de ports importants
 Détenus par l’État
 Détenus par les CT
 Les ports de pêches = départements
 les ports de plaisance = communes

Les ports de l’État ont été réformés en 2008, nouveau label : GPM (grand port maritime) ==
recentre les ports sur leur activité de police (mission régalienne), en revanche : interdiction
de gérer les activités économiques (les activités de manutentions, stockage, etc…).
Toutes les dépendances des ports (digues, quais, les ouvrages servant à la navigation
maritime même si situé en dehors port…) font également partie du domaine public
maritime.

- Les plages artificielles


Arrêt Conseil d'État « GOZZOLI » 1975 => les terrains sableux entretenus et affectés à
l’usage public.

- L’eau à l’intérieur des plans d’eau portuaires

Conseil d'État « fédération française des syndicats professionnel de pilotes maritime »,


1972

Les travaux ayant permis la construction de ces ouvrages sont des contrats soumis au régime
de concession par endigage = des contrats qui existent depuis l’AR mais qui ont vu leur
finalité totalement changée. Jusqu’au XXe siècle, les travaux étaient faits dans un but intérêt
général (assécher les marées dans un but de santé publique…). Le juge avait forgé un régime
juridique très favorable : le concessionnaire avait la propriété des terrains exondés.
Cependant ce régime avait été détourné, particulièrement à partir du moment où des
constructions de marinas ont eu lieu (années 60), les promoteurs ont ensuite vendu les
terrains etc…
Le législateur est intervenu avec la loi de 1963 en posant une règle : incorporation des
terrains exondés au domaine public. Cette même loi prévoyait que les clauses du contrat
peuvent prévoir le maintien de la propriété au profit du concessionnaire. Le juge a reconnu
que ces clauses étaient translatives de propriété (arrêt Conseil d'État « SCHWETZOFF »,
1982). Le législateur est intervenu encore une fois en 1986 avec la Loi « Littoral » : il ne peut
plus être porté atteinte à l’état naturel des rivages de la mer  les concessions d’endigage
ne sont plus translatives de propriété depuis 1986. Solution confirmée par le CG3P avec
l’article L5331-13.

B. Le domaine public fluvial

1- Le domaine public fluvial naturel

Ordonnance royale 10 juillet 1835. Une définition spéciale : un domaine public spécial ==
L.2111-7 CG3P == le domaine public fluvial naturel est constitué des cours d’eau et des lacs,
appartenant à l’État, aux CT et à leur groupement, et qui sont classé dans leur domaine
public.
Ce domaine se caractérise par une extension progressive depuis sa création dans un soucis
de création économique. 122k km de cours d’eau (10% sont domaniaux).

Ce domaine était exclusivement pendant longtemps propriété de l’État, pour les mêmes
raisons que les domaine public maritime == des biens nécessaire à la protection militaire du
pays + élément important de la politique économique (commerce).
En 2003, le législateur a créé un domaine public fluvial appartenant aux CT en opérant des
transfert gratuit des biens sur la base du volontariat. Cela n’a pas très bien fonctionné. Peu
de CT ont souhaité de devenir propriétaire du cours d’eau en cause pour des raisons
financières + le fait que la plupart des cours d’eau n’avait pas leur cœur ouvert à la
décentralisation (qui restent à l’État).
Pour les parties non navigables (une partie de la Loire et la Garonne) appartiennent à l’État
pour des raisons notamment régaliennes = Centrales nucléaires qui ont besoins d’un cours
d’eau propre à eux.

L’État ne gère pas directement ce domaine public. La gestion est confiée à VNF (voies
navigables de France), créé en 1990, et qui gère 7k km voies et 40k hectares le long de ces
voies.

Définition spéciale, qui ne repose pas sur les caractéristique naturelle du fleuve ou du lac,
mais plus une définition formelle/juridique qui ne prend plus en compte depuis 1910 le
caractère navigable ou flottable du lac ou du cours d’eau. Le législateur énumère des
caractéristiques à prendre en compte.

Toutefois le Conseil d'État a jugé qu’un bien du domaine public fluvial, bien que non classé,
pouvait faire partie du domaine public s’il répondait aux critère généraux de la domanialité
publique : l’appartenance, l’affectation et l’aménagement indispensable.
Arrêt Conseil d'État « Communauté d’agglomération du Lac de Bourget », 2015

Cette décision a été critiqué = le juge fait perdre au domaine public fluvial sa spécificité ?

Les alluviaux, les relais, et les terrains submergé lorsque le débit du fleuve est à son
maximum. En revanche ceux qui reste submergé appartient aux propriétaires privés.
L’eau des lacs et de fleuves n’appartient pas au domaine public.

2- Le domaine public fluvial artificiel

Article L2111-10 et L2111-11 du CG3P

Comprends les ports publics fluviaux, les terrains qui sont situés dans l’emprise des ports, les
berges, les quais…

Des ports qui sont confié en gestion à des EP. Port de Paris, port de Strasbourg, qui ont fait
l’objet de grands réforme. Le port de Paris a été fusionné avec le port du Havre et le port de
Rouen = ordonnance mai 2019 == création d’une nouvelle EP portuaire = gestion du trafic
sur la Seine = « Grands ports fluviaux maritime de l’axe de la Seine » (HROPRA port).

Ce domaine comprend également les canaux de navigation, les réservoirs d’alimentation et


les ouvrages publics qui ont été construits le long des voies navigables (les maisons
éclusière…).

Le CG3P consacre un article spécifique au canal du Midi dont la définition et la composition y


sont mentionnés L2111-11.
C. Le domaine public routier

Un domaine public exclusivement artificiel qui possède une définition spécifique : L2111-14
« Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une
personne publique, à l'exception des voies ferrées. ».

Par circulation terrestre, il faut entendre circulation des véhicules à moteur. Lorsque des
terrains et des parcelles sont affectés à l’usage des piétons, ou servent de promenades ==
ces terrains n’appartiennent pas au régime du domaine public routier.
Une allée qui n’est pas goudronnée et qui est interdite à la circulation automobile, n’est pas
considéré pour le juge comme une voie affectée à la circulation générale.

La voie routière est dotée d’une code spécifique, car c’est un domaine public qui appartient
à plusieurs propriétaires.
- L’État est un propriétaire minoritaire
- Les départements et les communes == grands propriétaires ;
- Les régions ne possèdent pas de domaine public routier.

Types de voies :

2 grandes catégories :

- Les voies publiques à statuts particuliers


o Les autoroutes = régime résultat de la loi 18 avril 1955 -> articles L.122-1 et
suivants du code de la voierie routière.
 Autoroute = Route sans croisement, accessibles seulement en des
points aménagés à cet effet.
 = domaine public de l’État. La France compte 11k km d’autoroutes,
dont la grande majorité est en concession (9k km).
 Création autoroute = compétence de l’État.

o Les routes expresses et les déviations (périphériques)


 Voies qui répondent aux mêmes objectifs de sécurité que les
autoroutes mais concerne le trafic local.
 La création de ces voies = compétence CT
 Peut concerner aussi bien la voierie nationale que la voierie
départementale/communale. Selon le cas elles appartiennent soit au
domaine public de l’État ou au domaine public des CT.

o Les ouvrages d’art : les construction qui permettent le passage d’une route :
 Ponts, tunnels…
 Ils font partie du domaine public routier non pas entant qu’accessoire
mais en raison de leur caractéristiques propres.
 Pour le juge administratif, les ouvrages d’art sont la propriété des CT
qui sont propriétaires des voies portées.
 Conseil d'État « Préfet de l’Hérault », 1906 <= principe jamais
remis en question et rappelé à plusieurs reprises :
o Arrêt Conseil d'État « Département de la Somme »,
2001
 Ouvrages qui inquiètent les forces publiques quant à la sécurité ==
manque d’entretient
 18 à 20% des ponts routes des communes seraient en
mauvaise état.
 10% des ponts routes départementaux seraient également en
mauvaise état.

- Les voies publiques de droit commun soumises à un régime de droit commun

o Les routes nationales


 Dans le domaine public de l’État même lorsqu’elles traversent des
agglomération.
 38k km de routes (2005)
 Le législateur a opéré un transfert de plein droit aux CT de 20k
km de routes, principalement aux département == Loi 13 août
2004 ; de nos jours 18k km appartiennent à l’État.
 Réforme des institutions qui géraient l’entretien des routes
nationales :
 L’État a supprimé les anciennes directions départementales de
l’équipement
o Remplacé par les DIR = direction interdépartemental
des routes -> 1er janvier 2006
 Ce réseau national a vocation à être encore réduit. La législateur a
voté en février 2022 « 3DS » => loi relatives à la différenciation, la
décentralisation et la décentralisation portant simplification de l’action
publique.
 Nouveaux transfert de routes nationales
o Transfert à la demande d’un CT
 Les départements
 Les métropoles
 Les régions
o Routes nationales, portions d’autoroutes qui ne sont
pas en concession.
o Le mécanisme juridique de transfert est différent selon
les CT :
 Les départements et les métropoles :
 Un mécanisme de transfert de propriété
définitive (transfert en propriété)
 Régions :
 Mise à disposition (transfert de gestion)
o Durée expérimentale de 8 ans
o Ce transfert aura des implications financières
 Le texte prévoit un mécanisme de compensation
financière
 Les anciens exemples montrent que ce
qui est prévu par la loi n’est jamais
suffisant.

o Les routes départementales


 Dans le domaine public du département
 Domaine public créé par décret en 1811
 Un domaine public qui n’a cessé de croître
 360k km + 20k km en 2005
o Les département ont contestés ces transferts => ils ont
été déboutés par le Conseil d'État : « Département des
Landes », 2007.

o Voies communales
 Des voies affectées à la circulation à l’intérieur d’une commune et qui
appartiennent au domaine public communal.
 Elles ont été marquées par des changements :
 Lorsque les intercommunalités ont été crées
o Beaucoup de communes ont fait le choix de transfère la
compétence de voierie à l’intercommunalité à laquelle
elles appartiennent == changement important
 Intercommunialisation de la gestion du domaine
public routier.

o Les biens qui intègrent le domaine public routier par application de la théorie
de l’accessoire.
 Des biens utiles ou à proximité des voies.
 Sous-sol des voies publiques
 Parc de stationnement
 Les fossés, les talus les murs de soutènement, les trottoirs, les
arbres, les ralentisseurs, les panneaux publicitaires, panneaux
de signalisation…
 Très grand élargissement du domaine public
 La jurisprudence évolue = théorie de l’accessoire indispensable

2 catégories des voies ouvertes à la circulation mais qui n’appartiennent pas au domaine
public routier :
- Les chemins ruraux :
o Des voies situées dans les communes rurales qui étaient des chemins utilisé
pour les travaux agricoles.
o Des voies qui relèvent du code rural.
o Elles appartiennent au domaine privé des communes par détermination de la
loi.
o Différence avec les voies communales <= appartiennent au domaine public de
la commune.
o Les chemins ruraux ne sont pas soumis à l’obligation de l’entretien.
 Pose un problème : récemment le juge administratif a admis qu’une
commune pouvait déclassé une voie communale et la qualifié de
chemin rural  échapper à une obligation d’entretien qui avait été
prononcé par le juge administratif.

- Les voies privées :


o Voies dans un lotissement qui sert aussi à la circulation (dans le lotissement)
o Propriétés qui restent privées jusqu’à leur incorporation au domaine public
 Le code de l’urbanisme prévoit la possibilité d’un transfert d’office
(forcé et gratuit) dans le domaine public de la commune des voies
privées ouvertes à la circulation publique.
 La jurisprudence considère que dès que les particuliers ont
affirmé que les voies sont ouvertes à la circulation publique ==
possibilité d’être transféré dans le domaine public de la
commune.

§2 Le domaine public mobilier


Un régime qui peut s’appliquer aux biens mobiliers.
Ce domaine a fait l’objet à de nombreuses incertitudes, auxquels le CG3P tente de mettre
fin.

A- Incertitude et discussion

C’est le juge judiciaire qui a reconnu l’existence d’un domaine public mobilier.

Jurisprudence XIXe => Certains fonds des bibliothèques publiques relevaient du


domaine public. CA Paris « Naudet », 1846.
La doctrine était réticente à reconnaitre un domaine public mobilier, et considérait que les
biens meubles = domaine privé de l’État.

La Cour cass va consacré l’existence du domaine public mobilier :


Arrêt Chambre civile « Sieur Montagne », 1963

Les juridictions administratives ont été plus lente de reconnaitre l’existence de ce domaine.
Cela s’explique par le fait que c’est un contentieux plus rare quantitativement.
Le Conseil d'État consacrera de son côté l’existence de ce domaine avec l’arrêt « Commune
de Barran », 1932 à propos des biens mobiliers d’une église de commune <= fait partie du
domaine public (les biens antérieurs à 1905 = appartiennent à l’État -> postérieurs ==
associations de cultes).
Ce domaine public mobilier a toujours fait l’objet de débats : la doctrine se demandait de
l’utilité de ranger dans le domaine public, des biens meubles. Est-ce que tous les biens
meubles doivent être dans le domaine public ?
Un critère : quel bien dans les biens mobiliers, soumettre à la domanialité publique ?
 Critère de l’absence de remplacement du bien => lorsqu’il est rare ; et lorsqu’il
l’objet d’une conservation.

B- La consécration par le CG3P

Le CG3P met fin à toutes les discussion en affirmant l’existence du domaine public mobilier.
Un chapitre entier est consacré dessus : L2112-1.
Le texte ne met pas fin à toutes les difficultés car il reste difficile de cerner l’étendu de ce
domaine public.

Le code énonce une définition qui repose sur deux méthodes qui coexistent dans l’article :

- Une définition générale du domaine public mobilier


o « font partie du domaine public mobilier de la personne publique propriétaire
les biens présentant un intérêt public du point de vue de l'histoire, de l'art, de
l'archéologie, de la science ou de la technique »
 2 critères se combinent :
 Une propriété publique
 Un intérêt général particulier
o Le code écarte le critère de l’affectation publique, pour
retenir le critère de l’intérêt public culturel.
o Définition corresponds à la définition des Monuments
historiques.
 Les meubles qui sont la propriété d’une personne privée, peuvent ne
pas faire partie du domaine public.

Parfois, problème d’identification de propriété. Le juge judiciaire est compétent.


Les critères traditionnels sont difficiles à appliquer, notamment le critère d’aménagement,
de l’usage direct du public et l’affectation au service public

- Une énumération d’exemples

 Critère d’affectation très peu respecté -> compliqué :


o Critère d’usage direct
o Critère de l’aménagement non pertinent
 Restauration ≠ aménagement

La jurisprudence a tout de même eu l’occasion d’appliquer la définition classique : même


raisonnement que le domaine public fluvial => arrêt Conseil d'État 2012 « Commune de
Tours » à propos d’œuvres d’un musée municipal => biens affectés au service public culturel.
Le CG3P pose une définition énumérative : 11 exemples de biens relevant du domaine public
mobilier. Une énumération qui n’a pas de vocation à être exhaustive (le texte démarre par
« notamment » » :
 Exemplaire des documents soumis au dépôt légal
 L.131-2 code du patrimoine  constitution d’une mémoire
nationale (documents, vidéos, livres…)
 Les archives publiques (et privées qui sont rentrée dans les
collections publiques)
 Les documents produits par les administrations de l’État (CT,
EP…) et qui sont protégés par la Loi du 30 janvier 1979
modifiée en 2008 et codifiée dans le code du patrimoine et
CRPA.
 Les découvertes de biens mobiliers à l’occasion d’op
d’archéologies.
 Les biens culturels maritimes
o Épaves, vestiges…
 Dans les biblio : existence d’un domaine public <= les
documents peuvent faire partie du domaine public à condition
qu’ils soient anciens, rares ou précieux…
 Les collections des musées de France font partie du domaine
public L451-5 du code du patrimoine.
o MDF = label, peut être octroyé à un musée public ou
privé.
o La domanialité publique soulève des difficultés dans ce
cas : L’État français s’engagé dans une politique
mémorielle afin de rendre justices aux personnes ayant
subies de lourds préjudices en raison de l’histoire de la
France  restitution de biens culturels de la part des
pays africains.
 Problème des restitutions => du fait qu’ils sont
dans la domanialité publique == inaliénable =
incessible.
 La jurisprudence a rappelé cela dans le
passé à propos d’une tête de Maori
o CA de Douet « Ville de Rouen »,
2018.
o Pour pouvoir être cédé, le bien
doit être déclassé = sorite du
domaine public.

De nos jours il n’existe pas de procédure générale de déclassement, le législateur doit les
étudier au cas par cas pour restituer les biens.
o Loi 24 décembre 2020 relative à la restitutions de biens culturels au Bénin et
au Sénégal.

Réflexion en cours pour la création d’une procédure.


 Même difficulté concernant les restituions de biens rentrés dans les collections nationales
pendant l’occupation : à l’occasion des percussions antisémite => un certain nombre de
biens sont entrés dans les collections publiques.
o L’État s’engagé dans une politique de restitution Loi 21 février 2022 
restitution pour la première fois de 15 œuvres du musée d’Orsay et du musée
nationale d’art moderne à des familles juives (Klint...).

Question de l’existence d’un droit à l’image détenu par les personnes publiques sur biens
mobiliers culturels. Est-ce que ces personnes doivent autoriser les prises de vue de ces
biens ?
Pratiques variée dans les musées, selon les collections…
Détention d’un bien = détention d’un droit à l’image ?

Initialement le juge administratif avait considéré que les personnes publiques peuvent
refuser l’autorisation de prendre des photos de leurs œuvres.
o Jurisprudence commune de Tours
 Cf. jurisprudence Café Gondrée

Évolution de la jurisprudence avec une affaire portant sur un bien immobilier (Château de
Chambord) == litige opposant le Château de Chambord et la marque de bière 1664 dans le
cadre d’une publicité. (Conseil d'État 2012 = ensemble du domaine de Chambord
appartiennent au domaine public). La marque a utilisé l’image du château sans autorisation.

 Le TA Orléans  l’image de la chose ne peut pas être assimilée à la chose


elle-même. La photo n’est ni affectée à l’usage du public (côtières domanialité), ni à un
service public et ne constitue pas un accessoire du bien (théorie de l’accessoire)  la photo
ne fait pas partie du domaine public.

 CA Nantes 2015  les images des immeubles du domaine public ne relèvent


ni du CG3P ni du domaine public. Cependant la Cour va autorisé les gestionnaires publics à
demander des compensations financières lorsqu’elles octroient les autorisations de photos.

 Conseil d'État 2018 « Chambord »  Le juge confirme que l’image d’un bien
du domaine public ne constitut pas en lui-même une dépendance du domaine public et n’est
pas un accessoire. Le juge ajoute que l’administration ne peut pas soumettre d’elle-même
les prises de vues à un régime d’autorisation préalable car ce serait une restriction à la
liberté d’entreprendre et à l’exercice du droit de propriété. Le Conseil d'État réserve tout de
même le cas où le législateur souhaiterait de créer un régime d’autorisation.

 Conseil constit QPC  L621-42 == conforme à la Constitution ? Le CC a jugé


que cet article est conforme = décision « Wikimédia France », 2018.

Affaire 2004 « hôtel de Girancourt » Le Conseil d'État reprendre la même solution == le


propriétaire d’un bien, n’est pas le propriétaire de l’image.
Le législateur a entendu la création d’un régime d’autorisation = loi 7 juillet 2016 « LCAP » 
régime d’autorisation pour les domaines nationaux <= pas domaine de l’État == un label qui
protège l’image des biens concernés.
o Dans le domaine national figure dans le sens de l’article L621-42 du code du
patrimoine = liste de biens
 Domaine du Chambord
 Domaine du Louvre
 Palais de l’Élysée
 Décret 17 juin 2022
 5 châteaux complémentaires

La jurisprudence commune de Tours est abandonnée. L’arrêt Chambord est classé dans le
recueil « Lebon » avec la mention « contraire à l’arrêt commune de Tours »  prise de vue
des biens mobiliers = libre sauf régime d’autorisation spécifique.

Chapitre 2 Le régime juridique du domaine public

Régime exorbitant et protecteur des biens.

Le CG3P a modifié l’esprit de ce régime en revalorisant les prérogatives des propriétaires.


L’affectation d’utilité publique reste cependant le fondement de ce régime exorbitant.

Ce régime se décompose en 3 grandes réglementation :


- L’entrée et la sortie
- La protection
- Utilisation du domaine public

Section 1 Entrée, sortie et délimitation du domaine public

Pour les biens = plus facile d’entrée qui d’en sortir.

§1 L’incorporation des biens au domaine public

Les modalités d’entrée varient selon s’il s’agit de biens du domaine public naturel ou du
domaine public artificiel.

A- Domaine public naturel

Assez simple. L’incorporation est en principe, l’œuvre de la nature.


o Les rivages de la mer sont considérés comme appartenant au domaine public
à partir du moment où ils sont recouverts par la marée.
L’administration n’a pas à acquérir le bien. L’événement naturel fait à la fois du bien, une
propriété publique et le classe automatiquement dans le domaine public.

Même s’il s’agit d’une propriété privée, celui-ci devient de plein de droit une dépendance du
domaine public maritime.
Le propriétaire privé n’a aucun droit à indemnisation car cela n’est pas considéré comme
une expropriation (extension du domaine public par phénomène naturel).

La situation inverse peut se produire également. Un terrain qui abandonné par la mer. La
jurisprudence juge que les terrains abandonnés par la mer, retrouve leur régime juridique
antérieur et redeviennent des propriétés privées (automatisme).

Exception :
Le domaine public fluvial == perte de qualité de domaine public naturelle puisque depuis +1
siècle == appartenance au domaine public = dissocié des critères naturels = l’acte de
classement entraine la domanialité publique.

B- Domaine public artificiel

Régime différent.

Deux conditions doivent être réalisés :

- Le bien doit devenir la propriété de l’administration


o Fait entrer le bien dans le domaine privé de l’État.

- Procédure d’affectation
o Fait rentrer le bien dans le domaine public.

La procédure d’affectation repose sur 2 étapes :

- Affectation de fait
o Utilité donnée au bien => intérêt général.
o Peut être suffisante pour faire tomber le bien dans le domaine public.

- Affectation juridique (acte de classement)

1. Une affectation de fait suffisante

= Affectation matérielle = utilisation concrète du bien en vue de la mission qui lui est
assignée dans le cadre d’un service public par exemple.
Le fait domine ici et entraine l’affectation à la domanialité publique.
En l’absence de texte contraire, l’affectation de fait est suffisante.

La jurisprudence considère que le fait que des piétons utilisent un terrain spontanément
pour circuler ne vaut pas affectation de fait car ce n’est pas une affectation voulu
Arrêt Conseil d'État 2015 « Commune de Neuve-Maison »
 volonté de l’administration est nécessaire pour l’affectation.

Le moment de l’incorporation varie selon le type de domaine. S’il s’agit d’un bien affecté au
service public, l’affectation de fait exige la réalisation de travaux. Ces travaux doivent avoir
débuté ou entrepris de façon certaine => théorie du domaine public virtuel.

Pour les biens affectés à l’usage direct du public, ils entrent dans le domaine public à partir
du moment où ils sont effectivement et concrètement utilisé par les administrés.

Le juge considère que si un acte juridique d’affectation a été adopté, mais que
l’administration n’affecte pas matériellement le bien, il ne fait pas partie du domaine public
 L’acte juridique à lui seul n’est pas suffisant : l’affectation de fait domine => réalité
factuelle.
CG3P L2111-3

L’administration prendra par ailleurs un acte juridique :

2. Un acte juridique de classement

Le classement == acte juridique par lequel l’administration décide officiellement de


l’affectation du bien.

C’est un AAU émis par la personne publique propriétaire.

Concernant l’État = décret.


Concernant les CT = délibération.

C’est une compétence discrétionnaire. L’autorité administrative apprécie librement


l’opportunité d’affecter un bien à un service public ou à un usage précis.

La seule limite qui pourrait entrainer l’annulation de l’acte par le juge == si le classement ne
correspond aux critères de définition du domaine public <= REP.
(Risque d’erreurs).

Pas de conditions supplémentaires à l’affectation. C’est à la personne publique de définir


l’intérêt général de son domaine public <= opportunité (politique, économique…) == le juge
ne rentre pas dans le contrôle de l’opportunité.

Cette acte d’affectation peut être expresse ou tacite (résultat d’un autre acte administratif =
déclaration d’utilité publique).
Décision d’aménagement des biens peut être une décision d’affectation.

L’acte juridique d’affectation n’est pas nécessaire, celle-ci peut résulter des circonstances de
fait.

Cette affectation soulève une question : Est-ce que l’affectation peut être modifiée dans le
temps ? des changement du gestionnaire du bien ?
3. Les transferts de biens et les modification d’affectation

Les affectations ne sont pas nécessairement définitives.

De nos jours il existe un mouvement de circulation des biens entre personnes publiques.
L’État peut mettre à dispositions des biens qui lui appartiennent à des CT.
Une région peut mettre à disposition des biens à une commune etc…

a. Les superpositions d’affectation

Beaucoup de biens n’ont qu’une affectation et utilité. Il existe donc une spécialité de
l’affectation.

Il est envisageable pour certains biens d’avoir 2 affectations :


o Une affectation principale
o Une affectation secondaire

Ex. les voies de circulation ont une affectation globale =


circulation générale – mais – elles vont recevoir une
affectation supplémentaire au profit d’un service public
Ex. voies de bus.
Ex. Passage à niveau : 2 affectation =
 Circulation publique
 Service public ferroviaire

Ce régime a été établi par la jurisprudence, le code vient pour la 1ere fois d’encadrer L2123-
7 et -8 CG3P  Signature d’une convention qui règlemente les superpositions de biens.

Ce bien va relever de plusieurs régime de la domanialité publique (domanialité publique


routière, ferroviaire…).

Difficulté : en cas de dommage causé par le bien (responsabilité) ex. Accident au niveau de la
barrière à niveau…
Il faudra trouver le gestionnaire de la portion du bien qui est la cause du dommage.

b. Les transfert de biens sans changement d’affectation


Les personnes publiques peuvent mettre leur bien à disposition d’autres personnes
publiques tout en maintenant l’affectation initiale.
Ex. État proprio d’une salle de spectacle met celle-ci à disposition de la commune.

Possibilité reconnue par la jurisprudence. Pour les CT, les textes étaient silencieux jusqu’à la
loi du 7 janvier 1983 (loi de décentralisation) => autorisation des CT à mettre à disposition
entre elle, des biens pour exercer leur compétences.
Article L2123-3 CG3P  autorisation de toute les personnes publiques à opérer entre elle
des transfert de gestion d’immeuble dépendant de leur domaine public.
Cela n’entraine pas un transfert de propriété. Sont transféré seulement les prérogatives
découlant de l’usus et du fructus. Le bénéficiaire peut donc utiliser le bien conformément à
son affectation, il ne peut pas modifier l’affectation (prérogative du propriétaire), il doit
contribuer aux charges d’entretien courant, les grosses réparations restent à charge du
proprio. Au titre du fructus, il peut délivrer des autorisation d’occuper le bien en question =
source de recette complémentaire.

Le retour du bien dans le patrimoine du propriétaire initial, est prévu dans 2 cas :
- Le bien n’est plus utilisé conformément à son effet prévu = retour automatique ;
- La personnes publique propriétaire a besoin de récupérer le bien pour modifier
l’affectation sous conditions d’indemnisation.

Il existe des dispositifs spécifique uniquement valables pour l’État. Ce dernier possède ces
propres procédure de transfert de la gestion des biens :
- Transfert de compétence lié à la décentralisation
o Article L1321-1 CGCT
 Un dispositif spécifique
 Autonomie locale à des portée moindre = État unitaire…
o L’État peut mettre à disposition les biens qu’il possède
dans le cadre de transfert de compétence. C’est un
transfert gratuit + l’État conserve la propriété du bien, il
peut transférer la propriété du bien
 Ex. transfert des biens dans le domaine
de l’éducation nationale (primaire =
commune ; collège = département ;
lycée = région).
 « Les conventions de gestion » L2123-2
CG3P => permet à l’État de confier la
gestion de ses biens sans changement
d’affectation à des CT, EP, personne
privée (associations, fondations… =
utilité publique).

c. Les changement d’affectation


Souvent librement décidé par l’administration. Une CT peut sans aucune difficulté modifier
l’affectation d’un bien si elle considère que ce bien a cessé d’être utile au service public ou
pour des raisons d’intérêt général, il doit satisfaire de nouveaux besoins. (route -> circulation
routière  piétonisation).

Pas de contrainte juridique, l’administration a des marges importants. La jurisprudence


reconnait une assez grande liberté à l’administration propriétaire car elle considère que cela
découle de la bonne administration du domaine public ou elle le rattache aux pouvoirs
généraux d’administration du domaine.
Conseil d'État « Levallois-Perret », 1987

Le changement d’affectation peut être multiple : changement de politique.


Ce changement ne fait pas cessé la domanialité publique puisque le bien va recevoir une
nouvelle affectation (une nouvelle utilité publique) == il reste dans le domaine public de la
CT.

Il peut exister des changements d’affectation qui s’accompagne de changement de CT


gestionnaire.
Le propriétaire public peut souhaiter conserver la propriété du bien, mais en transférer la
gestion à une autre personne publique, tout en admettant une modification de l’affectation.

Ces changement s’effectuent de façon amiable, au moyen de contrat ou d’actes négociés.


Le droit antérieur au code était assez imprécis sur ce point. Le CG3P a rénové ces
techniques (régime juridique…) => L2123-3 CG3P.

 Désormais, toutes les personnes publiques peuvent opérer un transfert de


ce type avec changement d’affectation. C’est l’acte qui consacre ce transfère qui décidera de
la nouvelle affectation.

Il existe également, le cas des changements autoritaires d’affectation.

Les textes prévoient également des changements d’affectations forcés :

- Dans les concession de service public -> lorsque la personnes publique confie à une
personne privé un service public, les biens sont transférer également. La personne
publique peut alors modifier l’affectation de certaines affectations. Cela entraine une
indemnité tout de même.
- L’État a conserver le pouvoir de modifier, de façon forcée, les affectation de tous les
domaine public et notamment des domaine public qui ne lui appartient pas. Il peut
modifier l’affectation des biens des CT, EP…
o État == régulateur du domaine public dans son ensemble. Un pouvoir qui
vient contrebalancer l’éclatement du domaine public après la
décentralisation : compétence exclusive.
 Prérogative obsolète de nos jours.
 Article 72 Constitution == libre administration des CT.
 Le juge maintien cette prérogative lorsqu’il s’agit d’intérêt national
Article L132-3 code de l’expropriation.
- Technique insérée par la loi 27 février 2002, et qui permet à l’État dans le cadre
d’une opération d’expropriation, de modifier l’affectation d’un bien du domaine
public car les biens du domaine public ne sont pas expropriable = seul moyen de
contraindre le propriétaire public == modification de l’usage. La CT reste proprio du
bien, mais est dépassé quant à la gestion.
- La théorie des mutations domaniales = technique la plus ancienne. Forgée par la
jurisprudence avant la précédente. Reconnue par la Cour de Cass en 1897 « Chemin
de Fer d’Orléans » et par le Conseil d'État dans 2 arrêts de principes
 Ville de paris 1909, 1905

Procédure critiquée car pas de procédure d’enquête publique, aucune indemnisation des
personnes publiques propriétaire => repose uniquement par décision de décret par le PM ou
des ministre intéressé.

Le CG3P a maintenu cette technique, et l’a codifié article 2123-4 : le législateur impose un
indemnisation en cas mutation autoritaire de l’affectation d’un bien .

§2 La sorite des biens du domaine public

La sortie est beaucoup plus formaliste

A. Les principes

Désaffectation de fait == cessation de l’utilisation du bien


Déclassement = un acte juridique par lequel l’autorité compétente manifeste sa volonté de
faire sortir le bien du domaine public.

Cette règle est maintenue par la jurisprudence y compris pour les biens mobiliers = lorsque
l’État ou une CT veut restituteur un bien qui était détenu dans les collections d’un musée
public, il faut passer par un acte de déclassement afin de restituer le bien.
 Conseil d'État 2008 « Ville de Rouen »

Cette exigence d’acte de déclassement a été confirmé par le CC décision 1986 « Liberté de
communication ».

Article 2141-1 CG3P = codification de la solution.

Un bien déclassé tombe dans le patrimoine privé de la personne privée propriétaire =>
domanialité privée.

Ce déclassement doit véritablement valider une désaffectation de fait.


L’acte de déclassement est illégal lorsque le bien immobilier est par exemple encore occupé
par les services publics.

L’acte de déclassement doit être expresse, il ne se présume pas.


Conseil d'État 22 octobre 2021 « Commune de Saint-Martin de Londres »

 Un terrain de département a été cédé sans acte formel de déclassement.


Les juridictions inférieures ont considéré que déclassement car mentionné dans l’acte
notariait  le Conseil d'État ne suit pas ce raisonnement = acte notariait = acte privé <= ne
peut pas décider de la sortie d’un bien du domaine public.

Le code introduit une première exception : Le déclassement et la désaffectation doivent être


concomitant = le législateur a créé le mécanisme de déclassement anticipé = un
déclassement différé dans le temps. Les personnes publiques peuvent prévoir la vente d’un
bien du domaine public et prévoir un déclassement dans un délai de 3 ans.
 permettre aux administrations de vendre des bâtiments immobiliers
lorsqu’ils ont besoin d’une partie du revenu de cette vente pour construire un nouvel
équipement dans lequel elle déménagera son service.
 Ce mécanisme était prévu que pour l’État, étendu en 2009 aux
hôpitaux, en 2016 et 2017, à l’ensemble des personnes publiques.

Une exception, la sorite du bien peut être prononcé par un déclassement sans désaffectation
= la sortie des biens du domaine public routier pour lesquels le Conseil d'État a jugé que c’est
l’acte de déclassement qui portait en lui-même l’acte de désaffectation  une seule étape
dans la sortie.
 Conseil d'État 19 décembre 2018

B. Les dérogations introduites par le CG3P

Un bien peut sortir du domaine public sans déclassement préalable == fluidifier la gestion du
patrimoine immobilier des administrations.
La jurisprudence considérée que lorsqu’une personnes publique voulait vendre un bien de
son domaine public à une autre personnes publique pour que celle-ci l’incorpore également
dans son domaine public, il fallait le désaffecter, le déclasser, procéder à la cessation et que
la nouvelle personnes publique, le réaffecte.
 Conseil d'État « Tête » 1998

Le CG3P a introduit 2 assouplissements :

- Il permet les transferts de propriétés sans déclassement lorsqu’ils interviennent


entre personnes publiques et que le bien appartient au domaine public du nouveau
propriétaire.
o L3112-1 et -2 CG3P
o Cette disposition n’est pas rétroactive
 Les ventes antérieures à 2006 ne peuvent pas bénéficier de cet
assouplissement
o CA Nantes 2016 « Fédération nationale d’usagers des transports du Pays du
Loire »

- L’échange : Il peut y avoir des échanges de dépendances du domaine public, sans


déclassement, à condition qu’il s’agisse de biens équivalent.
En revanche lorsqu’une personne publique souhaite échanger avec une personne
privée, ou avec un bien du domaine privé d’une personne publique == obligation de
déclassement préalable.

§3 La délimitation du domaine public

Règles applicables pour fixer les limites du domaine public par rapport aux propriétaires
privés riverains.

Une procédure spéciale s’applique ici. Différente des délimitation des propriétés privées
(action en bornage).

Une procédure unilatérale, pas de contrat sur les limites du domaine public. Il faut
désaffecter et déclasser au préalable.
Une procédure obligatoire pour l’administration. Si un riverain en fait la demande,
l’administration ne peut pas refuser de procéder à la délimitation du domaine public
Conseil d'État 1975 « Leverrier »

L’administration ne peut pas demander au juge de procéder à la délimitation. Compétence


propre de l’administration.

En cas de litige, le contentieux relève du juge administratif.

De ce régime, deux procédures différentes de délimitations existent :


- Procédure propre au domaine public naturel
- Procédure spécifique au domaine public artificiel

(intégrer extrait ici)


Section 2 La protection du domaine public

Régime assez dense et assuré par 3 blocs de réglementation

§1 l’inaliénabilité et l’imprescriptibilité du domaine public

Inaliénabilité et imprescriptibilité sont 2 règles qui se compétent.


L’inaliénabilité interdit aux personnes publiques de céder un bien du domaine public, alors
que l’imprescriptibilité permet d’empêcher qu’une personne privée occupe le domaine
public et en réclame la propriété.

A. L’inaliénabilité

Règle ancienne. Droit domanial de l’AR. L’inaliénabilité = règle qui remonte au XIVe siècle qui
s’applique au domaine de la Couronne. Rappelée par l’édit de Moulin en 1566.

Cette règle disparait à la Révolution puisque le domaine de l’État est rendu aliénable pour
des raisons financières.

Ce principe dans sa version contemporaine, ressurgie au XIXe siècle au moment où la


doctrine ressuscite la distinction du domaine public et du domaine privé.
La jurisprudence consacre au XIXe siècle, ce principe.

 Ce principe change cependant de signification. Ce n’est plus un principe qui


permet de limiter les dilapidations du domaine public puisque le domaine privé
reste aliénable. Sa vocation est de garantir l’affectation => l’affectation d’un bien
à l’usage du public ou à un service public, ne peut être véritablement assuré que
si le bien demeure dans le domaine public.
Ce principe absolu sous l’AR, devient un principe relatif.

L’inaliénabilité ne vaut que pendant l’affectation du bien à l’intérêt général  les personnes
publiques peuvent vendre le bien, mais à la condition de le désaffecter et de le déclasser.

Un principe qui a une valeur législative. Pas de valeur constitutionnelle.


 Le législateur peut contourner ou déroger à ce principe s’il le souhaite.

La règle d’inaliénabilité produit des conséquences importantes dans le régime domanial = 4


conséquences :

- La nullité des aliénation du domaine public ;


o La vente d’un bien dans le domaine public d’une personne publique s’il n’a
pas été désaffecté = nulle.
o Cette nullité est invocable par toute les personnes qui ont l’intérêt (la
personne publique propriétaire, l’acquéreur, ou des tiers).
 Conseil d'État « Cazeaux », 1967
 Cass civ. « Consorts Renault c. EDF », 1988
o L’acquéreur, même s’il est de bonne foi, doit restituer le bien, il ne peut
invoquer aucune possession utile.
 TC « Couach », 1992
 L’acquéreur peut se retourner contre l’administration…
o Conseil d'État « ministre de la Culture », 22 juillet 2022 => biens mobiliers
que l’acquéreur de bonne foi pouvait engager la responsabilité de
l’administration pour pouvoir réparer le préjudice lié à la perte d’un intérêt
patrimonial ou en raison des dépenses qu’il avait engagé pour conserver le
bien.
- L’illégalité des mandats de vente
o Lorsque les professionnels de la vente signent un mandant de vente d’un bien
d’une personne publique <= illégal
 CA Versailles « Société Ykha », 2022

o L’interdiction de la copropriété et du bail commerciale


 2 conséquences indirectes :
 Incompatibilité du régime de la copropriété <= celle-ci limite
les droits de chaque copropriétaire (contradiction avec le
principe d’inaliénabilité)
o Conseil d'État Compagnie d’assurance la préservatrice
foncière », 1994
 Le statut de baux commerciaux = incompatible même si la
pratique reste fréquente et qu’il existe un jeu de dupe
réciproque entre administration et commerçant à signer des
baux commerciaux sous le domaine public.
o Le juge administratif refuse d’appliquer le régime des
baux commerciaux car le domaine public est
inaliénable.
o Arrêt Conseil d'État « Kergo », 1976
 L’administration commet une faute qui engage
sa responsabilité si elle signe un bail commercial
et elle ne peut pas invoquer la difficulté d’établir
la domanialité du bien.
 Le commerçant peut demander réparation des
préjudices commerciaux, financier… liés à la
perte de stabilité, cependant il faut qu’il prouve
qu’il a subi un préjudice. Si le commerçant savait
que le bien = domaine public  pas possible
d’invoquer dédommagement.
 CA Bordeaux « M. A », 17 février 2022
 Les professionnels en matière de vente (avocat, notaires…)
engagent leur responsabilité civile lorsqu’ils conseillent ou font
signer le bail commercial, sauf en cas de difficulté sérieuse sur
le statut du bien.
o Impossibilité d’exproprier le domaine public  inaliénabilité interdit les
ventes volontaires mais aussi les ventes forcées
 Conseil d'État 1984 « Conseil de fabrique de l’Église de Saint Nicolas
des champs »
 L’État peut changer autoritairement l’affectation d’un bien d’une autre
personne publique dans le cadre de la théorie des mutations
domaniale.
- L’interdiction de constituer des droits réels sur le domaine public
o Règle posée par la jurisprudence
 Arrêt Conseil d'État « Eurolat », 1985 == le domaine public ne peut pas
faire l’objet de démembrement == nullité de toute clause
contractuelle qui conférerait un droit réel à un occupant du domaine
public.
 Le législateur est intervenu pour aménager cette interdiction depuis le
début des années 90 == dérogations à cette interdiction.

B. L’imprescriptibilité

Les personnes publiques ne peuvent pas invoquer l’article 2276 du code civil.

Édit de Colbert 1667

Principe confirmé par la jurisprudence : Conseil d'État 1854 « De Matha ».

Ce principe s’applique également aux biens mobiliers.


Plusieurs jurisprudences : même si une famille est en possession d’un fragment d’église
depuis plusieurs siècles… Cette détention ne permet pas l’acquisition du bien. Le bien devait
revenir dans le giron de la propriété publique, même si le propriétaire présumé est de bonne
foi.
o Conseil d'État 2018 Pierre Bergé

Ce principe est codifié dans l’article L.3111-1 du CG3P => il s’applique que pendant la durée
de l’affectation.

Le principe d’imprescriptibilité est conforme avec la CEDH mais aussi avec la Constitution.
- Affaire CEDH 2010 « DEPALLE c. France » => comptabilité de l’imprescriptibilité
français avec le protocole additionnel n°1.
- Conseil constitutionnel 2018 QPC « Brimo de Laroussilhe » => fragment d’une
tribune de la cathédrale de Chartre. Le CC dit que l’article L.3111-1 du CG3P ==
conforme à la Constitution. Aucun droit de propriété ne peut être constitué y
compris au possesseur de bonne foi.

§2 La protection de l’intégrité matérielle

Les gestionnaires public sont soumis à une obligation de conservation du domaine public. Le
but est de garantir qu’il ne soit pas porté atteinte à l’intégrité matérielle du domaine, et que
l’administration possède des actions/procédures  protéger domaine public.

La notion de conservation n’est pas définie précisément par le code, elle n’est mentionnée
que de façon ponctuelle par le droit positif
 Arrêt Conseil d'État « Commune St Brévin-les-Pins », 1963  reconnaissance à
l’administration de l’obligation d’assurer la conservation du domaine public.

Cette obligation découle de 2 régimes (complémentaires). D’abord une protection à


l’encontre de l’administration ; et d’autre part, une protection pénale pour réprimer les
dégradations commises par les tiers.
 Police de la conservation du domaine public.

A. L’obligation d’entretien du domaine public

L’administration est tenue de réaliser des travaux nécessaires à la bonne conservation des
biens du domaine public. <= assurer la bonne utilisation (affectation).

Malgré cette obligation formelle, de nombreux bien publics sont de fait, mal entretenus (les
ponts, domaine public militaire, culturel, prisons…).

Cette obligation d’entretien est affirmée par des textes particuliers  la législation est
incomplète. Il n’existe pas de principe général d’obligation d’entretien du domaine public.
Le CG3P ne consacre pas une obligation d’entretien.

Cette obligation n’apparait que lorsque l’administration est condamnée sur le terrain
indemnitaire (responsabilité) lorsqu’un dommage est causé à une victime du fait du mauvais
entretien du domaine public.

Certaines voies ouvertes à la circulation mais n’appartiennent pas au domaine public (les
chemins ruraux => domaine privé) et ne sont donc pas soumis à l’obligation de l’entretien.

Cette entretien incombe à la personne publique propriétaire du domaine. Mais les dépenses
d’entretien sont à la charge de l’affectataire, lorsque le bien est donné en gestion à une
autre personne.
La jurisprudence repose sur la distinction entre entretien courant et grosse réparation (à la
charge du propriétaire).

Il peut également être possible que l’entretien incombe aux riverains du domaine public.
Dans certaines communes, perdurent des usages locaux qui imposent au propriétaire privé
de supporter les frais de construction et d’entretien des trottoirs.

B. La police de la conservation du domaine public

Une des grandes spécificités du domaine public  il existe une répression pénale qui a pour
but de protéger l’intégrité pénale du domaine public. Cette répression pénale == police de la
conservation du domaine public et qui donne à l’administration un pouvoir répressif qui est
reconnu par le CG3P L.2132-1 à L.2132-29.
Sans un pouvoir répressif qui n’existe pas sans texte. La jurisprudence a jugé à plusieurs
reprises que les sanctions prises = nulle lorsqu’elle avait porté atteinte pour les biens pour
lesquels les textes ne prévoyaient pas la protection de ces derniers.

C’est un pouvoir qui appartient à la personne publique propriétaire mais qui est transféré
aussi lorsque l’affectataire n’est pas le propriétaire.

C’est une police administrative spéciale <= règles applicables au concours de police.

La jurisprudence rappel que les 2 ne sont pas substituable l’une à l’autre. Le juge considère
qu’il y a un détournement de procédure si l’administration utilise son pouvoir de police
administrative générale à des fins de conservation du domaine public.
 Conseil d'État 1927 « De Bellescize » == le maire avait adopté un arrêté interdisant la
circulation dans certaines voies afin d’éviter des frais d’entretien du domaine public.
Il peut également arriver qu’un même fait entraine double sanctions => cumul d’infraction
 Ex. accident de la route qui endommage la voie.

Le régime de la conservation du domaine public est divisé en 2 


- Les contraventions de voirie routière
- Les atteintes aux autres domaine public (maritime, fluvial…) => régime juridique de
contravention de grande voirie.

1- Les contraventions de la voirie routière

Article L.2132-1 CG3P + articles dans le code de la voirie routière.

Cette police sanctionne les atteintes portées aux voies publiques et aux biens accessoires des
voies publiques.

Ces contraventions ne sont pas les mêmes que celle du code de la route.

Il faut qu’il s’agisse d’atteinte à la voie publique, et que ce régime ne se limite qu’au domaine
public routier. Souvent le juge peut être amené à l’occasion d’une procédure de
contravention de voirie routière à vérifier si le bien appartient bien au domaine public
routier.

Article R.116-2 => liste de 7 catégories de comportements susceptibles de contraventions :

- Atteinte à l’intégrité de ce domaine


o Le voisin privé qui construit une clôture qui déborde sur le domaine public
routier
- Vol de matériaux
- L’utilisation sans autorisation du domaine lorsque c’est exigé
o L’utilisation non conforme à l’affectation du domaine
- Le fait de jeter sur la voie publique des substances qui peuvent nuire à la salubrité ou
la sécurité publique
- Laisser croitre les arbres à moins de 2 mètres de la limite du domaine public routier
- Effectuer des travaux souterrain sur le domaine public routier
- Effectuer des travaux sur le domaine public sans autorisation

Le juge judiciaire est compétent. Régime établi depuis les années 20 => décret 1926.

Une procédure encadrée => procès-verbal => procRép => initiative des poursuites
L’administration peut aussi exercer l’action publique.

 Obligation de poursuivre == Conseil d'État 2011 « Commune de Clavans » +


« Commune de Plonéour-Lanvern » => la police de la conservation son tenu à veiller à
l’utilisation normale de la voirie routière.

Si une autorité administration refuse d’engager des poursuites, le refus peut être attaqué
devant le juge administratif par une REP.

Les sanctions prononcées par le juge == amandes de 5ème classe + frais des pv + frais de
remise en état des lieux

2- Les contraventions de grandes voirie

L.2132-2 CG3P + les articles suivants qui énumèrent les domaine public protégés au titres
des CGV.
C’est une procédure qui amène à ce qu’une sanction pénale soit prononcée par une
juridiction administrative.

Il y a une grande diversité de cas :


- dégradation d’une barrière de passage à niveau = domaine public ferroviaire
- Stationnement d’une péniche sans autorisation = domaine public fluvial
- Clôture => domaine public maritime
Certains domaine ne sont pas soumis au régime de contravention de grande voirie, car
protégé par des régimes spécifique.

La procédure débute avec une phase administrative : procès-verbal administratif =>


identification de l’infraction ++ c’est le préfet qui dispose d’un monopole d’engager des
poursuites devant le juge administratif. C’est un monopole ancien qui remonte à l’époque ou
le domaine public était essentiellement étatique (centralisé).
Ce monopole est de nos jours très contesté. Lorsqu’il est porté atteinte par des services de
l’État au domaine public des CT  la jurisprudence a instauré un principe d’obligation de
poursuite  le préfet n’a pas l’opportunité de statuer = arrêt Conseil d'État 1979
« Association les amis des chemins de rondes ». Si le préfet commet une faute du fait de
son refus, il peut engager la responsabilité de l’État. Cette jurisprudence a également
autorisé le préfet à effectuer un bilan entre les avantages et les inconvénients qui découlent
des poursuites.
La jurisprudence a à plusieurs reprises considéré que la situation justifiée que le préfet ne
poursuivait pas  cette obligation de poursuivre = théorique  lorsque l’intérêt général le
commende, le préfet peut ne pas poursuivre  l’État tolère de nombreux comportement
qui relève du régime de CGV.
Conseil d'État 1981 « comité de défense des sites de la forêt Fouesnant » => une
société de conserverie qui a été poursuivi car elle exerçait des activités sue le domaine public
maritime, cependant le préfet a décidé de ne pas poursuivre en raison des inconvénients
d’ordre économique et social qu’aurait généré l’interruption de l’usine => motif d’intérêt
général justifiant l’absence de poursuites.

Le Conseil d'État fait un contrôle d’erreur manifeste d’appréciation => si le Conseil d'État
trouve une erreur d’appréciation du préfet => il annulera la décision.
 Arrêt Conseil d'État 2005 « Cacheux » (ERIKA)
o Naufrage Erika <= le préfet n’avait pas poursuivi TOTAL <- le juge administratif
a été saisi et il a vu que la société s’était engagée dans le cadre d’un accord
avec l’État la remise en état des côtes (dépollution). Le Conseil d'État a précisé
que le motif d’intérêt général justifie que le préfet ne poursuive pas la
société.

L’État tolère de nombreuses atteintes au domaine public au motif de l’intérêt général.

 Mouvement de contestation des CT afin de mettre fin à ce monopole du préfet.

3 types de condamnations :
- Première instance = Tribunal administratif
o Condamnation pénale == amande
o Condamnation à réparer les conséquences dommageables
o Condamnation à rembourser les frais d’établissement du pv

Le propriété public possède la possibilité d’engager la responsabilité civile de la personne qui


a porté atteinte au domaine public, en plus de la condamnation au titre des CGV ou non.
 TC 2015 « Province des îles loyautés »

S’applique dans les CGV, les principes :


- La légalité des délits et des peines
o Les faits reprochés pour pouvoir faire l’objet d’une contravention de CGV
doivent être contraire à une disposition textuelle.
- L’article 6§3 CEDH (procès équitable)
§3 La protection du domaine public contre les occupants sans titre

L’administration possède des moyens importants à l’encontre des personnes qui occupent
son domaine public dans autorisation.

Situation fréquente, et importante ->occupations variées (squatteurs, commerçants,


étrangers…)
Ce sont des utilisations occupations, dans un but personnel.

L’autorité administrative compétente pour ordonner l’expulsion de l’occupant, dépend du


domaine public occupé. Voirie routière = autorité chargée de la police de conservation ;
autre domaine public = préfet dans le cadre de CGV.
Dans tous les cas, la procédure débute par une injonction de quitter les lieux, accompagnée
de menaces de sanctions (suffisante la plupart des cas).

L’autorité de police administrative générale peut aussi ordonner l’évacuation d’une


dépendance domaniale. Il faut dans ce cas que le trouble soit suffisamment grave et que
l’évacuation soit nécessaire au maintien de l’op. (le juge appliquera l’arrêt Benjamin dans ce
cas.).

Si l’injonction n’est pas suffisante, l’administrative doit saisir le juge qui prononcera
l’évacuation des lieux. Dans certains cas exceptionnels l’administration peut procéder manu
militari.

A. Saisine du juge

Jusqu’en 2001, l’administration peut saisir soit le juge administratif soit le juge judiciaire =>
double compétence des deux ordres.

Le juge juridicier est compétent pour ordonner l’expulsion de l’occupant d’un domaine privé.
Le juge judiciaire s’est déclaré compétent pour le domaine public également.
Cette seconde compétence a été très critiqué.

Le TC a tranché en faveur du juge administratif dans le cadre d’une occupation du domaine


public.
 TC 2001 « Société BE diffusion c. RATP »

Compétence juge judiciaire :


- Lorsqu’il y a une voie de fait commise par l’administration  resurgissement de la
compétence du juge judiciaire.
- Lorsque le litige soulève une question préjudicielle sur un titre de propriété.
- Si la loi lui prévoit la compétence
o Expulsion de la voirie routière

Quel juge administratif est compétent ?

- Le juge du fond

Entant que juge de grande voirie. L’expulsion est ordonnée sans délai. L’administration n’a
pas à reloger l’occupant sans tire si la question se pose. L’administration peut demander le
paiement des sommes d’argents éventuelles que l’occupant n’a pas versé. Pas de trêve
hivernale dans le cadre du domaine public.

Si l’administration a besoin de faire cesser plus rapidement l’occupant :

- juge des référés

Plusieurs référés : ici il s’agit du référé « mesures utiles » ou « conservatoire »

Cette action dépend de plusieurs conditions :


- La compétence du juge des référés <= conditionnée à l’appartenance du bien au
domaine public.
o Ses pouvoirs sont amoindris == pas la possibilité d’examiner dans le détail,
l’appartenance du bien au domaine public. Il suffit qu’il existe une possibilité
crédible d’appartenance du bien au domaine public.

- La condition d’urgence
o Cette condition suppose que l’administration n’a pas le temps d’attendre le
déroulement complet de la procédure de CGV (plusieurs mois).
o Il faut que la gêne pour l’administration soit telle qu’elle ne peut attendre un
jugement au fond.
 Conseil d'État 2012 « Pasdureanu »
 Condition appréciée de façon souple == si l’occupation menace
l’intégrité du domaine, l’affectation du domaine ou le bon
fonctionnement d’un service public, le juge considère alors que
l’urgence est satisfaite

- Il ne doit pas y avoir de contestation sérieuse sur le caractère illicite de l’occupation


o Pas de doute sur l’illégalité de la situation de l’occupant sans titre.
o Cette condition a été rajouté par l’arrêt Conseil d'État 2003 « SARL
ICOMATEX »

Dans certaines conditions, l’administration n’a pas le temps de saisir le juge des référés.

B. Le recours à l’exécution forcée

Le régime juridique a été établi par une jurisprudence ancienne.


 Décision TC 1902 « Société immobilière Saint-Juste ».

L’administration peut procéder d’office, sans décision de justice, uniquement dans 3 cas :

- S’il existe une disposition législative qui l’autorise


- Situation d’urgence
- S’il n’a pas aucune autre voie de droit (civile, pénale, ou administrative) pour obtenir
l’exécution forcée.
o Jamais applicable en matière domaniale car toujours une voie disponible
(CGV…)

La loi prévoit dans plusieurs cas l’expulsion d’office du domaine public, sans saisine du juge.
C’est le cas de la mise en fourrière des véhicules == occupation sans titre du domaine public.
Expulsion des gens du voyage = loi 5 juillet 2000.

L’urgence peut permettre l’expulsion d’office du domaine public :


 Arrêt Conseil d'État 1961 « Dame Klein »

L’administration doit être prudente. L’urgence est ici appréciée très strictement par le juge +
il existe depuis 2001, le référé conservatoire qui permet d’obtenir du juge une décision
d’expulsion d’urgence. L’urgence doit être plus urgente que la simple saisine du juge des
référés == l’administration n’a même pas le temps d’attendre le juge des référés  péril
imminant.
Si l’administration expulse d’office illégalement == engagement de sa responsabilité, et dans
le pire des cas, elle commet une voie de fait.

Ex. Si l’expulsion s’accompagne de la destruction du bien mobilier == voie de fait


Si l’expulsion porte atteinte à l’inviolabilité du domicile == voie de fait.

Section 3 Les utilisation du domaine public

2 grandes utilisation, il est utilisé soit par les service public, soit par les administrés.
En cas d’utilisation par les service public, les règles d’utilisation sont précisées par la
personne publique propriétaire et éventuellement par la personne publique affectataire si ≠
du propriétaire.
Si le service public est confié à un tiers dans le cadre d’une concession, c’est le cahier de
charge qui définit les modalités d’utilisation.

Pour les biens affectés directement au public, les administrés peuvent utiliser ces biens de 2
façons :
- Dans le cadre d’une utilisation collective :

o Lorsque les citoyens utilisent ensemble dans les mêmes conditions les biens
du domaine public.
 Ex. les plages

- Dans le cadre d’une utilisation privative.


o Utilisation d’une portion du domaine public à l’usage d’un particulier
déterminé
 Ex. La terrasse des cafés…
 Emplacement dans un hall occupé par un commerçant…
 Canalisations eaux…
 Tombes dans les cimetière…

§1 L’utilisation des CT

Le domaine public est constitué d’un ensemble formant l’espace public.


L’usager du domaine public n’a pas besoin d’une autorisation administrative pour utiliser le
bien. Il utilise de façon anonyme, impersonnelle, et de façon libre.

Cette utilisation collective est soumise à quelques caractéristiques :


- Elle se fait en concurrence
o Le droit d’utilisation appartient à tous

- Un usage jamais permanent


o L’utilisation ne peut être que temporaire == le stationnement sur la voie
publique est limité dans le temps.

- Un usage qui doit être « normal »


o Un usage conforme à l’affectation du bien
 Ex. Se déplacer sur la voie publique avec son véhicule = « normal »,
cependant dès lors qu’une autre activité est faite sur la voie publique =
usage pouvant donner lieu à une contravention.
L’usage collectif est soumis à 3 grandes règles forgées antérieurement au code, qui lui ne
prévoit pas de réglementation générale sur l’utilisation collective, mais reprend certaines
réglementation spécifiques.

A- La liberté d’utilisation

Fondamentale, consacrée de façon discrète par le droit positif. Pas d’article dans le CG3P.
Seul 1 article mention que le droit d’usage appartient à tous => L2122-1 CG3P.

La jurisprudence a consacré également cette liberté.


- Conseil d'État 1863 « Bourgeois »  Droit d’accéder librement aux rivages de la
mer.

Comme toute liberté, l’exercice de cette liberté s’exerce dans le cadre d’une réglementation
 elle peut être limitée en fonction de la conjoncture nationale.
- Restriction de la circulation dans les espaces publics due à la crise sanitaire.
o Loi 23 mars 2020.

Le juge administratif développe de façon classique à l’égard des mesures restrictive un


contrôle de proportionnalité.
- Les restrictions excessives ou disproportionnées == annulé
o Conseil d'État Benjamin 1933.

La liberté d’utilisation des voies publiques <= beaucoup d’évolution et assez révélatrices des
tendances générales en matière d’utilisation du domaine public.
L’étendue des pouvoirs de l’administration varie selon l’usage qui est fait de la voie. La
portée de la liberté d’utilisation n’est pas la même dans chacun de ces cas.
C’est une liberté qui est fortement protégé. C’est une liberté publique fondamentale à
l’égard de laquelle le juge administratif est protecteur.
2 grandes usages :
- Circulation des piétons
- Circulation des automobiles

Le juge administratif a jugé qu’un maire ne peut pas obligé les personnes non-résidentes de
la commune qui souhaitent faire des randonnées à se présenter à la mairie et de se déclarer.
Conseil d'État 1927 « Carrier »

Les autorités de police administrative peuvent réglementer l’usage des voies publiques des
piétons dans un but de protection de l’ordre public. Cette réglementation ne doit pas être
disproportionné et ne doit pas comporter d’interdictions générales est absolues. Ex.
Contentieux de couvre-feu des mineurs.
Conseil d'État 1963 « Commune de Gavarnie »

Arrêt 2018 Ligue des droits de l’homme c. Commune de Béziers » == Conseil d'État annule
l’arrêté municipale == il ne ressort pas du dossier que les mineurs de – 13 développaient un
risque particulier de délinquance dans les zones concernées par l’arrêté.

Le liberté d’usage des voies publiques par les automobilistes a été de + en + restreinte.
Mouvement contemporain défavorable à l’usage des automobiles == atteinte à la liberté
d’accès au domaine public <= atteinte à la liberté d’aller et de venir.

Le juge administratif considère qu’aucune autorisation administrative préalable ne peut être


exigée des automobilistes y compris pour l’accès aux voies publiques dans le cadre de l’accès
à des grandes manifestations sportives comme le TdF.

Permis de conduite = autorisation d’accès au domaine public ? Non, permis juridiquement =


certificat de capacité.

Les autorités de police peuvent apporter des limitations assez importantes :


- PM = réglementer la circulation sur l’ensemble du territoire national
o Arrêt Labonne, 1919
- Les maires

Le juge administratif a accompagné le mouvement de prise de mesures restrictives par les


autorités de police administrative générale.
La circulation dans les agglomérations <= le Conseil d'État a admis que les difficultés
particulières de la circulation des automobile dans les villes, pouvaient justifier des
restrictions à certaines voies, certaines catégories à certains temps.

Le Conseil d'État a validé également les mesures d’interdictions de toute circulation afin de
créer des rues piétonnes.
- Conseil d'État « Ville de Dieppe » => restrictions justifiée au motif de la qualité de
vie.

Le Conseil d'État admet également que la protection de l’environnement peut justifier


restriction
- Conseil d’État 2013

Le stationnement des automobiles :

D’un pdv juridique == prolongement de la liberté de circulation et de la liberté d’aller et de


venir.
Le Conseil d'État affirme qu’il existe une liberté de stationnement = stationnement sur la
voie publique = libre.
Cependant cette liberté est extrêmement contrainte. Très faible protection.

Le stationnement prolongé sur la voie publique == usage anormal de la voie publique dès les
années 1930. Le principe du paiement d’une redevance pour le stationnement est admis dès
l’arrêt du Conseil d'État de 1928 « Laurens ». Le juge administratif a donné des pouvoirs très
étendu aux autorités de polices qui peuvent définir les emplacement du stationnement, la
durée de celui-ci et les catégories de véhicules concernées. Il n’est pas possible de soumettre
le stationnement à une autorisation préalable. Les autorités de polices peuvent cependant
obligé les automobilistes à stationner à certains emplacement et du paiement en
contrepartie d’une redevance.

Le juge administratif a accompagné les autorités de police dans leur mouvement = pratique
des zones bleus == pratique légale « Barrois » 1974. Le juge a jugé licite le stationnement
limité à 10 min.

Evolution de la réglementation sur le stationnement illégale = loi MAPTAM 2014 ==


dépénalisation les infractions de stationnement. Elles ne relèvent plus des tribunaux de
polices, mais qui donnent lieu depuis 2018 à l’acquittement d’une redevance d’occupation
du domaine public et qui relève de la compétence d’une juridiction administrative
spécialisée la commission du contentieux du stationnement payant.
Réforme très critiquée car beaucoup de problème d’application = fait de façon automatique.
Pour contester il faut faire un recours administratif obligatoire.
Mécanisme Kafkaïen du pdv de procédure administrative selon le défenseur des droits.

B- L’égalité dans l’utilisation

Vieux principe du droit domanial qui correspond à la philosophie de ce droit.

Tous les usagers collectifs du domaine public doivent être traités de manière égale. Un
principe qui découle du principe d’égalité des citoyens devant la loi (article 6 DDHC).
C’est un principe constitutionnel qui est consacré par le CC depuis la décision 1973
« Taxation d’office ».
Arrêt de principe = « Carrier » 1949 == affirmation de l’égalité d’accès aux monuments
publics = domaine public.

Un principe qui a beaucoup évolué. L’égalité telle qu’elle était consacrée par le droit français
= égalité formelle qui a évolué progressivement vers une composante réelle d’égalité qui
autorise désormais le traitement diffèrent des usagers si un traitement parfaitement
égalitaire serait source de discrimination.
Il peut y avoir un traitement différencié entre les usagers à la condition qu’ils soient eux
même dans une situation différente.
Conseil d'État 1974 « Denoyez et Chorques »

Situation identique :

Le cas des redevances de stationnement == mêmes pour les véhicules identiques


Conseil d'État 1963 « Despujol »

Situation différente :

- Les riverains : ils bénéficient de privilèges = aisance de voiries


o 3 droits
 Droit de vue = le droit de pouvoir percer et ouvrir des fenêtre sur la
voie publique à des distances > au code civil
 Droit d’égout = autorisation de verser les eaux ménagers et pluviales
dans les réseaux prévus pour cela
 Droit d’accès qui se concrétise par la possibilité d’accéder à
l’immeuble à pied ou en automobile. + faculté de stationnement qui
explique que lorsqu’il y a des interdictions, les riverains doivent
pouvoir accéder à leur propriétés.
 Référé liberté L521-2 code de justice
o Accès à la voie publique = accessoire du droit de
propriété
 Conseil d'État 2011 « commune de GALLUIS »

- Les différenciations tarifaire :

Admises pour les usagers des ouvrages de voiries et pour le stationnement sur la voirie
lorsque les usagers sont dans une situation différente.
Ce principe a été confirmé par le Conseil d'État dans la jurisprudence « Denoyez et
Chorques » 1974. Le Conseil d'État a admis que la fixation des tarifs pouvait être différencié
lorsque la situation le justifie :
 Tarifs réduits pour les résidents permanant
 Pas de tarifs réduits pour les résidents secondaires, les
touristes et les autres habitants du département.

Cette solution a été légalisé = L533-4 code la voirie routière = pour les ouvrages d’art
(ponts/tunnels) == domicile et lieu de travail == situation particulière justifiant des
différenciations tarifaires.

Le juge administratif considère qu’il ne peut pas y avoir de différenciations tarifaires en


matière de stationnement de véhicule dans un parking municipale pour les habitants tant
pour les touristes == pas de situations différentes au regard de l’utilisation du domaine
public.
C- La gratuité dans l’utilisation

Un des grands principes du droit domanial du XIXe.


Un usage collectif du domaine public ne s’accompagne pas du paiement d’une taxe ou d’une
redevance. Les textes affirment ponctuellement l’existence de gratuité.
- Accès des piétons aux plages = libre et gratuit = L2124-4 CG3P.
o Beaucoup d’exception == portée extrêmement réduite.
Ce principe n’est pas constitutionnel. Le CC a refusé de faire ainsi dans la décision de 1979
« à propos de la loi instaurant le paiement dans les ponts à péage ».

Ce fait permet au législateur d’écarter la gratuité d’accès au domaine public à chaque fois
qu’il veut.

Le CG3P en a fait un principe exceptionnel => article L.2125-1  principe inverse == toute
utilisation du domaine public donne lieu au paiement d’une redevance.

Le législateur a prévu des exceptions qui prévoient la gratuité. Le législateur a du ajouter des
exceptions particulières : le cas des radars automatique sur le domaine public des CT =
gratuit.
Arrêt Conseil d'État 2007 favorable à l’État == installation de radar = pas une utilisation du
domaine public mais intégré à la route.
Le législateur a introduit dans le code une exception particulière.

Les autoroutes sont soumises à un principe de gratuité = L122-4 code la voirie routière.
Exception : péages perçus par les concessionnaires == financier les dépenses liées à
l’entretient...

Loi Macron 2015 = confie à l’autorité de régulation des transports la mission de contrôler les
péages autoroutiers.

Le stationnement payant sur le domaine public routier.


Depuis 1928 le Conseil d'État admet la possibilité de redevances (Laurens) et actuellement
== article L.2233-87 du CG3P qui donne un fondement très détaillé et qui permet au conseil
municipale d’établir les redevances sur e voies publique.

Cas des ouvrages d’arts payants. La législation a beaucoup évolué. Initialement, les ponts à
péage étaient interdite France. Le législateur a autorisé en 1979 les redevances pour l’usage
des ouvrages d’art == fondement légale sur les péages et les tunnels.
C’est une disposition mentionné dans le code de la voirie publique.

§2 Les utilisations privatives du domaine public


Sortes de privilège donné à une personne privée d’occuper un bien du domaine public.
 Restaurants avec terrasse sur trottoir.

Peut s’appliquer sur les biens mobiliers comme immobiliers.

Régime d’utilisation collective d’un bien => différent => pas de liberté d’usage privatif du
domaine public  suppose qu’une autorisation soit demandée par l’usager et qu’elle soit
octroyée. La règle d’égalité ne s’applique pas dans le même esprit. Une autorisation
privative peut être octroyée à une entreprise et refusée à une autre.
Régime juridique qui est très hétérogène => autant de régimes que d’utilisations disponibles.

Il existe cependant un droit commun dans le régime des utilisation privative == l’acte
d’autorisation.

A- L’autorisation

1- Un acte juridique obligatoire

Toute occupation privative suppose une autorisation administrative préalable.

Conseil d'État 1966 « Commune de Saint-pierre »


L.2122-1 CG3P => nul ne peut sans disposer d’un titre l’habilitant occuper domaine
public.

L’autorisation doit être expresse. Pas de tacite…

Pour le Conseil d'État l’autorisation doit avoir un caractère écrit -> Conseil d'État 2015
« Société immobilière du port de Bologne »

Cette autorisation peut avoir des labels variés…

L’autorisation est toujours intuitu personae (commun à toutes les autorisations) == 2


conséquences :
 L’occupant ne peut pas constituer sur le domaine public un fonds de commerce
 L’occupant ne peut pas bénéficier du statut du bail commercial

Conseil d'État 23 janvier 1976 KERGO


Loi Pinel 2014 => permet la constitution d’un fdc sur le domaine public et son éventuelle
transmission (un droit de présentation) sous réserve qu’il existe une clientèle propre.

Les personnes publiques ont tenté d’instaurer des clauses qui excluait par voie
conventionnelle la constitution d’un fdc.

Conseil d'État 2022 « Commune de Cap d’Ail » => les clauses ne s’appliquent pas lorsque la
loi Pinel s’applique.
Le titulaire d’une autorisation peut transfère à un tiers (revente) soumis à un accord écrit du
gestionnaire. Les textes avaient admis ponctuellement les reventes sous condition de
l’accord de l’autorité administrative.

Le juge administratif a franchi un cap en 2015 « société Prest’Air » => admission de la règle
générale d’un transfert d’autorisation sous condition d’accord écrit.

2- Les types d’autorisation

Le gestionnaire du domaine public a le choix entre signer un contrat ou adopter un arrêté.


Parfois, cette liberté est restreinte par le droit positif : le législateur impose l’usage du
contrat pour les concessions de plages.

Les différentes autorisations sont des actes administratifs et dont le contentieux =


administratif.

a. Les autorisations unilatérales

Il existe au sein des autorisations unilatérale 2 catégories d’utilisations qui existent depuis la
fin du XIXe.

Permis de stationnement :

Occupation privative du domaine public sans emprises (sans incorporation au sol) =>
autorisation admise à condition qu’elle soit superficielle <= ne modifie pas le domaine
public.
- Terrasses de cafés (mobiles)
- Emplacements réservés sur la voie publique (pour les taxis, points d’arrêts…)
- Les artistes…

L’autorité administrative compétente = autorité chargée de la police de la circulation sur le


domaine public concerné.

La permission de voirie

Utilisation du domaine public avec emprise :


- Implique des travaux qui permettent d’ancrer dans le sol des équipements/ouvrages
de l’occupant…
o Installations d’abris bus
o Canalisations dans le sol et sous-sol domaine public…

L’autorité administrative compétente => personne publique propriétaire du domaine public


en question. Si le domaine en question en géré par un affectataire différent == c’est
l’affectataire qui octroi les permission de voirie.
b. Les autorisations contractuelles

Aka convention d’occupation du domaine public

Contrats par lesquels l’autorité gestionnaire du domaine public autorise une personne privée
ou publique à occuper de manière privative cet espace pour l’exercice de ses activités.

- Concessions
- Concession de voirie
- Contrats domaniaux

Ces contrats présentent la qualité d’être des contrats administratifs par détermination de la
loi.

Cette solution d’uniformité découle du décret-loi 17 juin 1938 => le juge administratif est
compétent + exclusion de l’application du droit civil et du droit commercial à ces contrats.

De nos jours la qualité de contrat administratif découle du CG3P -> L.2331-1.

Ex :
- Concessions de plages
- Concessions dans les halls et les marchés
- Concessions d’affichage sur le domaine public
- Concessions funéraires
o Régime particulier…

Ces contrats ne forment pas une catégorie juridique uniforme.


Régime juridique spécifique à chaque contrat pour lesquels parfois il est difficile de les
distinguer d’autres catégories de contrats administratif comme les marchés publics ou les
concessions de service public.

Les contrats domaniaux sont des contrats « simple » => objet = uniquement autoriser
l’occupant à exercer son activité  activité privée et non d’intérêt général.
Parfois, les conventions domaniales confient à l’occupant une mission d’intérêt général en +
de son activité privée ou que cette activité privée et d’intérêt général  Ce contrat n’est
pas en réalité une délégation de service public ou un véritable marché public ?

Les frontières ne sont pas étanches entre la convention domaniale et la DSP.

En principe, les contrats domaniaux ne sont pas des marchés publics puisqu’ils ne répondent
à sa définition. Un marché public = contrat qui permet à l’administration de répondre à un
besoin qui est conclu à titre onéreux. Dans la convention domaniale = l’occupant ne répond
pas à un besoin de l’administration.

Cependant des cas où la convention tout en permettant l’occupation du domaine, va


répondre à un besoin de l’administration.
Le juge considère que les contrats par lesquels les communes autorisent des associations ou
des professionnels d’événements sportifs à organiser les marathons qui auront le droit
d’utiliser le domaine public et qui reçoivent une participation des communes == marché
public.

Les concession domaniales sont en réalité une légation de gestion de service public. Le
Conseil d'État juge le contraire => ce ne sont que des conventions domaniales simple.
 Conseil d'État 2010 « Gustave Jean Douin »
B- Les droits et obligations de l’administration et de l’occupant

L’administration possède des prérogatives importantes et un large pouvoir qui déséquilibre


la relation entre l’occupant privatif et elle.

1- Les prérogatives de l’administration

a. L’octroi de l’autorisation

L’administration possède des pouvoirs étendus : un pouvoir discrétionnaire dans l’octroi des
autorisation. Ce pouvoir a été dégagé par la jurisprudence administrative.

 Conseil d'État 1932 « Société des autobus antibois » => l’administration peut fixer
les conditions d’occupation du domaine public dans l’intérêt du domaine, dans l’intérêt de
son affectation et dans l’intérêt général.

L’administration peut s’appuyer sur différents motifs pour refuser une utilisation privative.
Initialement des motifs d’op => élargissement au motif d’intérêt général au sens large y
compris des motifs financiers.
 Conseil d'État 1969 « Girandy ».

L’application et le respect du droit de concurrence n’a pas eu d’implications majeures sur ce


principe.
 Arrêt Conseil d'État 2012 « RATP »  les personnes publiques ne sont jamais
tenues d’accorder une autorisation privative de l’occupation du domaine public pour des
raisons tirées du droit de la concurrence.

b. Caractère onéreux

Toute occupation privative est assujettie au paiement d’une redevance <= contrepartie des
avantages tirés par l’occupation.
L2125 CG3P => somme en argent, calculé en fonction de la surface occupée et des bénéficie
retirés par l’occupation.

Le juge effectue un contrôle restreint sur les montants des redevances. Il considère que c’est
au gestionnaire du domaine de définir en opportunité du montant exigé.
La personne publique peut réclamer à l’occupant sans titre, une indemnité qui correspond
au revenu qu’elle aurait dû percevoir par un occupant régulier à la même période.

c. Fin de l’autorisation

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