UNIVERSITE IBN TOFAIL Licence d’excellence: «Ingénierie
Faculté d’Economie et de Gestion - économique et financière »
Kenitra Semestre 5
CROISSANCE ET
DEVELOPPEMENT
Pr. Hindou BADDIH
Année universitaire: 2023-2024
Introduction :
n Tout le monde admet que le sous-développement
est pour l’humanité un problème des plus actuels.
n Les différentes aspects du problème du sous-
développement aussi bien que ce probleme dans
son ensemble donnent lieu à d’ardentes
controverses.
n Mais on est loin d’être d’accord sur l’ époque où est
apparu le sous-développement, les causes qui l’ont
engendré, les voies à suivre et les méthodes à
appliquer pour y mettre un terme.
Introduction :
[Link] : “Beaucoup d’auteurs ont essayé de
déchiffrer dans l’histoire économique une progression
linéaire passant par des étapes obligatoires, telles que l’
économie primitive, la féodalité, le capitalisme…”.
Cependant, note-t-il encore, “ ...les données de fait n’ont
pas consenti à se plier à de tels ordres de succession
chronologiques”.
Il est ainsi vrai que diverses théories ont vu le jour pour
expliquer, dégager les causes de la croissance, chacune
empreinte d’une “logique” appropriée à ses conditions d’
émergence.
Qu’est-ce que la pauvreté ?
« La pauvreté ne se limite pas au manque de revenus
ou de ressources productives qui garantissent des
moyens de subsistance durables. Elle se manifeste
aussi par la famine, la malnutrition, l’accès limité à
l’éducation et aux services de base, la discrimination
sociale, l’exclusion, ainsi que le manque de
participation dans les prises de décision. »
Nations Unies (2023)
Qu’est-ce que la pauvreté ?
Selon les données les plus récentes, plus de 736 millions de
personnes vivent en dessous du seuil international de pauvreté.
Environ 10 pour cent de la population mondiale vit dans des
conditions d’extrême pauvreté et se bat pour satisfaire des
besoins élémentaires tels que la santé, l’éducation, l’accès à l’eau
potable et à un système sanitaire.
Le nombre de femmes vivant dans la pauvreté est supérieur à
celui des hommes : 122 femmes âgées de 25 à 34 ans contre 100
hommes dans la même tranche d'âge, et plus de 160 millions
d'enfants risquent de continuer à vivre dans l'extrême pauvreté
d'ici à 2030.
La pauvreté et les objectifs de
développement durable (ODD)
n Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes est le premier
des 17 objectifs du Programme de développement durable
à l’horizon 2030.
n Parmi ces objectifs, la principale référence en matière de
lutte contre la pauvreté figure dans la cible 1.A. :
«Garantir une mobilisation importante de ressources provenant
de sources multiples, y compris par le renforcement de la
coopération pour le développement, afin de doter les PVD, en
particulier les pays les moins avancés, de moyens adéquats et
prévisibles de mettre en œuvre des programmes et politiques
visant à mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes. »
Concepts de la pauvreté:
Définition 1 :
n Une personne en situation de pauvreté ne dispose pas
des ressources financières suffisantes et vit dans des
conditions qui ne lui permettent pas d'exister dignement
selon les droits légitimes et vitaux de la personne humaine
et qui la condamnent à survivre péniblement au jour le
jour.
n La pauvreté́ est un phénomène complexe,
pluridimensionnel, ne pouvant être réduit simplement à un
niveau insuffisant de ressources économiques pour vivre
de façon décente.
Concepts de la pauvereté:
n Le PNUD déclare ainsi que « la pauvreté n’est pas un
phénomène unidimensionnel – un manque de revenus
pouvant être résolu de façon sectorielle. Il s’agit d’un
problème multidimensionnel qui nécessite des solutions
multisectorielles intégrées ».
n De même, la Banque mondiale affirme que la pauvreté a
des« dimensions multiples », de « nombreuses facettes »
et qu’elle est « la résultante de processus économiques,
politiques et sociaux interagissant entre eux dans des
sens qui exacerbent l’état d’indigence dans lequel vivent
les personnes pauvres ».
Définition 2 : Selon le PNUD
Dans le rapport Vaincre la pauvreté humaine (2000), le PNUD définit
spécifiquement l’« extrême pauvreté », la « pauvreté générale » et la «
pauvreté humaine ».
Ainsi, « une personne vit dans la pauvreté extrême si elle ne dispose
pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires
essentiels – habituellement définis sur la base de besoins caloriques
minimaux [...]. Une personne vit dans la pauvreté générale si elle ne
dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels
non alimentaires – tels l’habillement, l’énergie et le logement – et
alimentaires ».
La « pauvreté humaine », quant à elle, est présentée comme l’«absence
des capacités humaines de base : analphabétisme, malnutrition, longévité
réduite, mauvaise santé maternelle, maladie pouvant être évitée ».
Définition 3 : selon la Banque mondiale
Elle distingue la pauvreté absolue de la pauvreté relative.
La pauvreté absolue correspond à un niveau de revenu nécessaire
pour assurer la survie des personnes. En général, ce seuil est calculé
en fonction d’un régime alimentaire de base.
La pauvreté relative, quant à elle, reflète une conception plus axée
sur la répartition des revenus ; elle signifie avoir « moins que les
autres ».
Cette notion renvoie au niveau de revenu nécessaire pour participer à
et vivre dans une société particulière (logement, habillement...). Les
types de pauvreté abordés par la Banque mondiale sont donc
particulièrement centrés sur l’aspect monétaire.
Définition 4 : Les fondements philosophiques du
concept de la pauvreté sont nombreux.
Les 3 principales écoles sont l’école Welfarist, l’école des
besoins de base et l’école des capacités.
Chaque école conduit à une identification différente des pauvres et
à ses propres recommandations en matière d’allégement de la
pauvreté. Quoique ces trois approches diffèrent, elles impliquent
toutes le fait qu’une personne est jugée pauvre « lorsqu’elle
manque d’un minimum raisonnable d’une certaine chose, à définir »
Ø Pour l’école Welfarist la chose en question est le bien-être
économique. Ce dernier est défini indirectement via l’utilité générée
par la consommation totale. Cette approche est, donc, associée au
niveau de revenus ou de dépenses de consommation des
personnes.
Ø L’école des besoins de base considère que la chose manquante
est un sous-ensemble de certains besoins de base et services qui
sont jugés un préalable pour l’atteinte d’une certaine qualité de vie
tels que être adéquatement nourri, habillé et logé.
Ø Pour l’école des capacités c’est des habilités ou les capacités
d’atteindre un certain sous-ensemble de fonctionnements qui
manquent à un pauvre.
n Pendant près de 25 ans, l'extrême pauvreté n'a cessé
de reculer. Or, aujourd’hui, pour la première fois en
une génération, la lutte contre la pauvreté
enregistre sa pire régression.
n Ce bond en arrière est principalement imputable aux
défis majeurs auxquels sont confrontés tous les
pays, mais en particulier ceux qui comptent de
nombreux pauvres : la pandémie de COVID-19, les
conflits et le changement climatique.
contenu du module :
n Introduction à l’économie du
développement (concept, mesure,
perspectives….)
n Théories du développement
n Politiques du développement
Les objectifs
Travailler sur les
Participer à la constructions des
construction d'un représentations:
esprit critique, utile manières de
percevoir, de
dans le comprendre,
développement d'un d’interpréter et
cursus universitaire. donc, d’agir sur le
monde.
Acquisition de certaines
connaissances
économiques; fournir des
outils méthodologiques
et théoriques pour
évaluer l'importance d'un
«problème social ou
économique» au regard
de l'évolution de nos
sociétés;
Chapitre I : « De la croissance au
développement …»
La croissance économique peut jouer in rôle
central dans la concrétisation du
développement économique, mais la seule
croissance ne constitue qu’une part modeste
du développement économique.
Le bilan, dans ce domaine, est déterminé non
seulement par le revenu individuel, mais par
les modalités de création, de dépense et de
distribution de ce revenu.
Chapitre I : « De la croissance au
développement …»
La croissance est l’expansion
La croissance durable des quantités
produites mesurée par la
hausse du PNB.
Le développement implique en
plus de la croissance, une
Le développement meilleure satisfaction des
besoins fondamentaux, une
réduction des inégalités du
chômage, et de la pauvreté.
Selon
Myrdal
il s’agit d’un mouvement vers le haut
de tout le corps social, et plus
précisément du processus de
hausse du revenu par habitant sur
une longue période accompagnée
d’une réduction de la pauvreté et
des inégalités .
Amartya
Sen
[Link] soutient que le développement
vise à élargir les potentialités
ouvertes aux humains pour mener
l’existance qu’ils choisissent
d’avoir .
Amartya
Sen
En 1998, Sen a soutenu qu’il nous fallait dépasser l’étude de la
faiblesse des revenus et a identifié quatre grands facteurs qui
conditionnent la capacité de conversion du revenu en “aptitude à
avoir le minimum vital acceptable”:
n Les hétérogénéités personnelles, dont l’âge, la prédisposition à la
maladie ou l’ampleur des incapacités.
n Les diversités tenant à l’environnement, par exemple, l’exposition
à des climats spécifiques nécessitant, selon leur froideur ou leur
chaleur, des dépenses différentes d’habitat, d’habillement ou de
carburant.
n Les variations du climat social, l’impact de la délinquance, les
troubles de la société et la violance.
n Les différences de privation relative, un état de relatif
appauvrissement dans une société prospère diminuant la
possibilité de prendre part à la vie de la communauté concernée.
Amartya
Sen
Selon Sen, le développement
économique suppose de réduire les
sources de “la privation des
potentalités” qui empêche les gens
de jouir de la liberté de mener
l’existance qu’ils désirent .
La mesure de la croissance
La croissance est l'augmentation
soutenue de la production de
biens et services sur le plan
national durant une période
F. «La croissance est
Perroux l’accroissement de
la dimension d’une
unité, le plus
souvent la nation,
exprimé par le
produit global brut,
référé au nombre
d’habitants. »
Le dogme de la croissance
Comment une économie peut-elle
augmenter son PIB ?
Théorie de SMITH Théorie de MALTHUS
La prospérité peut Il existe un seuil de
augmenter prospérité
- rôle de l’épargne Conséquence : limiter et
- Philosophie contrôler les naissances
individualiste : libéralisme pour permettre une
- division du travail bonne distribution de la
- rôle du commerce richesse pour qu’il y en
international : avantage ait le maximum pour tout
absolu. le monde.
- commerce : facteur de
croissance.
puisque
v Il ne tient pas compte des
Le PIB est un productions non
indicateur comptabilisées (travail au
noir, travail domestique,
quantitatif
fraude fiscale...) ni de
imparfait certaines dégradations
(industries polluantes,
inégalités, exclusion...).
v Le PIB est aussi influencé
par la variation des prix.
Les moteurs de la croissance
c’est une hausse du stock de
machines. Keynes a remarqué les effets
l'investissement
de l’investissement sur la croissance. Il
et le progrès
existe une relation entre la production et
technique l’investissement : c’est l’effet
multiplicateur;
la
Hausse de la consommation ->
consommation
hausse de la production -> hausse des
finale
revenus -> hausse consommation ..
les
Comment exporter davantage?
exportations
Comment être compétitif?
Les facteurs de production
Ä(travail et capital) contribuent en
grande partie à la croissance de la
production.
ÄMais il reste une part inexpliquée
que l'on attribue notamment aux
progrès technique (le résidu).
Chaque facteur dépend des
éléments suivant:
n de la population active occupée,
Le facteur n de son niveau de compétence,
travail n de la durée
n et de la qualité du travail.
n de l'investissement,
n du taux d'utilisation du capital
Le facteur technique
capital
n et de la qualité du capital
technique
Le progrès n de la mise au point de produits
technique n et procédés nouveaux.
À la fin des années 80, de nouvelles théories de
la croissance (les théories de la croissance
endogène) sont apparues
Croissance
endogène
Processus de croissance auto - entretenu,
reposant sur l’hypothèse de rendement
croissants avec une productivité marginale du
capital positive indépendante du stock de
capital.
l'idée est que l'activité de certains agents
économiques à des répercussions positives
(externalités) sur celle d'autres agents et
contribue ainsi à la croissance pour la
collectivité
n Le produit ou productivité marginale (PmL)
est l’accroissement de production obtenue si
on utilise du facteur travail supplémentaire.
Autrement dit, c’est la quantité additionnelle
d’output qui résulte de l’accroissement d’une
unité supplémentaire d’input travail.
Par
exemple
les connaissances issues de la
recherche et développement d'une
entreprise peuvent être mises à la
disposition d'autres entreprises et
engendrer un supplément d'activité
(croissance).
Les modèles de croissance
endogène retiennent différentes
sources de croissance :
Investissements Investissements
en capital humain en capital public
Apprentissage Division
par la pratique du travail
Recherche et Le contexte
innovation politique et
technologique institutionnel
Investissements
en capital
technique
La croissance peut provenir de
Croissance l'augmentation quantitative de
extensive ces facteurs, (États-Unis : faible
taux de chômage)
d'une utilisation meilleure de ces
Croissance facteurs, (la France mise sur la
intensive productivité - cas de
l'industrialisation du tertiaire)
Si la distinction entre croissance
extensive (utiliser plus de facteurs) et
croissance intensive (utiliser mieux
les facteurs) est simple, la mesure de
la part revenant à chacune des deux
modalités de croissance est delicate.
Les fluctuations de la croissance
Les fluctuations sont des variations de
l'activité économique : les périodes
d'expansion alternent avec des
périodes de crise. Ces fluctuations se
répètent selon une amplitude et une
périodicité plus ou moins régulières :
ce sont des cycles économiques.
n La durée des cycles varie selon
les époques et les pays.
n Deux grands types de cycles sont
principalement identifiés.
les cycles longs ou cycles de
Kondratieff :
Ä ce sont des cycles de 50 ans environ.
Ä Ils sont liés aux transformations
profondes de l'activité économique qui
correspondent à des changements
structurels (modes de production,
système financier, normes de
consommation, urbanisation..).
Selon
Schumpeter
les phases de croissance de ces cycles
longs correspondent à des innovations
technologiques importantes;
L'évolution des modes de vie, liée à ces
innovations, stimule la consommation et
favorise aussi la croissance;
Plus tard, l'absence de produits
nouveaux et la stabilité des modes de vie
ralentissent l'activité économique : c'est
le début d'une nouvelle crise.
les cycles courts ou cycles de
Juglar :
ce sont des cycles de quelques années qui
sont liés à des variations conjoncturelles
de l'activité économique. Les causes sont
multiples :
n Instabilité des taux d'intérêt,
n Fluctuations du commerce extérieur,
n Mouvements sociaux...
Les cycles comportent
quatre phases
la reprise la crise
l'expansion la dépression
Les cycles très courts (moins
de 4 ans) cycle kitchin:
v Les cycles, de durée inégale, se
mêlent et se superposent.
v les mouvements de l'activité
économique sont irréguliers.
La croissance : une réalité
contestée
ØPrendre en compte l'économie
informelle
Dans sa mesure
ØSe soucier du développement
durable
Une bonne croissance
économique doit entraîner un
Dans sa finalité développement humain :
"élargissement de l'éventail des
possibilités offertes à l'homme".
n IDH: Indicateur composite calculé par le PNUD
combinant le PIB réel par tête, le niveau de
scolarisation des adultes et l'espérance de vie à la
naissance.
n L'Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH), mesure le
niveau de pauvreté au sein d'une société, en
prenant en compte, au-delà des paramètres
financiers, des enjeux complémentaires comme les
inégalités d'accès à la santé, à l'emploi ou encore à
l'éducation. L' IPH mesure le degré de pauvreté ou
la proportion de la population vivant dans des
conditions de dénuement extrême.
IPH
IPH1: il y a l'indicateur de IPH2: l'espérance de vie
longévité (l'espérance de vie moins de 60 ans, le taux
moins de 40 ans), d'analphabétisme des
d'instruction et de condition adultes, les conditions de vie
de vie (% de population et la participation de
n'ayant pas accès à l'eau l'individu à la société
potable, à la santé, % (chômage depuis plus d'un
d'enfants mal nourris) an).
PVD PD
Les transformations sociales, culturelles et
politiques qui accompagnent la croissance.
La croissance, facteur Le changement social est une
transformation durable qui affecte la
du changement social société dans son fonctionnement,
dans sa structure et dans le
domaine culturel.
Ø L'industrialisation de l'économie: la
hausse du niveau de vie;
Ø La tertiairisation;
Ø La concentration: la taille moyenne des
entreprises augmente;
Ø L'urbanisation: Ce mouvement affecte les
valeurs avec le recul de la société rurale;
Ø La féminisation : affecte aussi les valeurs,
les relations de couple et la démographie;
Ø le monde du travail change en termes de
législation, d'organisations, de durée du
travail, de qualification;
Ø La transition démographique : le passage
d’un régime démographique traditionnelle
avec une forte natalité et une forte mortalité
à un régime démographique moderne avec
de faibles natalité et mortalité;
Ø Les transformations de la structure sociale:
une hausse des cadres, dus à un
phénomène de qualification et aussi une
baisse des agriculteurs et ouvriers.
Le rôle de la religion :
M. Weber a écrit un ouvrage
sur "l'éthique protestante et
l'esprit du capitalisme". Sa
thèse est d'approfondir la
relation entre l'ascétisme
protestant et le
Les transformations développement du
capitalisme.
sociales susceptibles
de favoriser la Le rôle de l'État: il
croissance répond à une des
défaillances du marché.
La rentabilité à court
terme est insuffisante,
elle détourne l'initiative
privée.
Les transformations La montée de
sociales susceptibles l'individualisme et le
de favoriser la changement de valeurs:
croissance
vLe phénomène de sécularisation : C'est un
mouvement de recul du religieux dans une société, un
glissement vers le profane;
vLe processus de rationalisation: Les rationalités en
valeur (L'action sociale se justifie par une référence à des
valeurs ou à des convictions sans pour autant tenir compte des
éventuelles conséquences de l'action) et en finalité (Choisir les
moyens les mieux adaptés pour réaliser un objectif (confrontation
des moyens et des fins). On peut assimiler cette rationalité à
l'efficacité et au calcul) tendent à remplacer les rationalités
affectives et traditionnelles;
vL'émergence de nouvelles valeurs : passage d'un
système de valeurs matérialistes à un système de
valeurs post-matérialistes.
Chapitre II : Modèles et
théorie de développement
Après 1945, l'idée s'est répandue que la
croissance n'était pas seulement
"quelque chose qui arrivait ou qui
n'arrivait pas, mais aussi quelque chose
à planifier et à promouvoir" (Reynolds).
Section I : Les modèles de
développement :
des classiques aux keynésiens
Les modèles de développement ont pour objectif
de démontrer la mécanique de la croissance et
d'expliquer comment une économie se développe.
Smith, c'est la division du travail, dans le cadre des
industries, qui est à l'origine de la croissance, grâce à
la hausse de la production.
Ricardo et S. Mill pensaient que l'économie tendait
vers un état stationnaire (où les profits et donc les
investissements seraient réduits à zéro) du fait de la
rareté de la terre et de l'augmentation des prix des
denrées agricoles.
Marx: l'accumulation du capital a pour
conséquence une baisse tendancielle
du taux de profit
L'interruption de l'accumulation
Fin du capitalisme
I – un modèle dualiste: Le
développement avec une offre illimitée
de main d'œuvre (A. Lewis 1954)
La contribution la plus connue de W. Arthur Lewis à
l'économie du développement fut son travail de pionnier
sur le transfert de main-d'œuvre d'un secteur capitaliste
traditionnel à un secteur moderne disposant d'une offre
illimitée de main-d'œuvre.
Son article, « Development with Unlimited Supplies of
Labour (1954) », examine les mécanismes de transfert du
surplus de main-d'œuvre du secteur traditionnel à un
secteur capitaliste moderne disposant d'une main-
d'œuvre illimitée.
Ce modèle re-situe le mécanisme de la croissance dans une
économie traditionnelle.
n Dans ce modèle, les salaires dans le secteur
capitaliste moderne ne sont pas déterminés par la
productivité de la main-d'œuvre, mais par ses
coûts d'opportunité. Un environnement de travail
non capitaliste « traditionnel » - ouvriers agricoles,
artisans et personnel domestique - auquel
s'ajoutent la croissance démographique et l'entrée
des femmes sur le marché du travail, offre au
secteur capitaliste une « main-d'œuvre illimitée » à
des salaires de subsistance.
n Avec la croissance du secteur, l'emploi et la
production se développent et la part des profits
(l'épargne) dans le revenu national augmente.
n Finalement, quand le surplus de main-d'œuvre est
épuisé, les salaires augmentent.
n À ce stade, l'économie franchit une limite, passant
d'une économie duale à une économie intégrée, et
plus la productivité augmente, plus les salaires
augmentent, conformément aux modèles de
croissance classiques.
1- Lewis part tout d'abord du principe classique
d'accumulation selon lequel les profits sont à l'origine de
l'épargne, de l'investissements et donc de la croissance.
le développement ne peut survenir que si la
répartition des revenus se modifie en
faveur des capitalistes.
2- Ensuite, Lewis considère une économie à deux
secteurs: le secteur capitaliste et le secteur de
subsistance où La productivité des travailleurs et très
faible, comme les revenus .
3- l'économie dispose d'un excédent de
main d'œuvre. Cette abondance de main
d'œuvre non qualifiée explique
l'expression "offre illimitée de main
d'œuvre"
Le secteur moderne trouve dans le
secteur de subsistance des réserves de
travailleurs sans avoir à augmenter le
salaire qui reste fixe.
"l'offre de travail est illimitée aussi
longtemps que, pour un salaire donnée,
elle excède la demande de travail."
Lewis
4- Le développement, dans une économie
dualiste, consiste dans la réduction
progressive du secteur traditionnel et le
renforcement du secteur moderne.
L'embauche va d'abord durer tant que la
productivité marginale des travailleurs
est supérieure au salaire.
Le profit réalisé va être investi par les
capitalistes.
Entamer une nouvelle phase d'embauche,
jusqu'à l'égalisation salaire –
productivité marginale, et ainsi de
suite…
A la fin du processus toute la main d'œuvre
en excédent sera absorbée par le secteur
capitaliste.
Le modèle met l'accent sur la part croissante
des profits dans le revenu national, liée à la
progression du secteur capitaliste.
Le taux d'investissement va s'élever pour
permettre une croissance rapide.
II– Une représentation néoclassique: la
courbe de possibilité de production
La croissance économique est liée au respect
des forces du marché et des initiatives
individuelles, à l'ouverture au commerce
extérieur et aux investissements étrangers,
et enfin au maintien de la stabilité politique
et sociale.
La courbe de possibilité de production
A
M1
P1
P M B
Le schéma illustre le choix entre bien de production et bien de
consommation: la société qui investira le plus et donc sacrifiera
la consommation présente, pourra accroître ses capacités de
consommation future.
Problème
La plupart des PVD se situent en deçà de
leur courbe de production maximum, avec
des ressources inemployées et leur
problème n'était pas celui du choix entre
deux points de la courbe, mais bien de
progresser vers cette courbe.
Suggestion de Bruton
Remplacer la courbe par un labyrinthe des
possibilités de production; les mures de
labyrinthe représentent tous les obstacles
à la croissance dans les PVD: immobilité de
la main d'œuvre, absence d'entrepreneurs,
crainte du risque, rigidité des prix,
instabilité des prix…etc.
Y
E
A B C
X
Pour progresser à travers ces barrières, la société
avance de façon discontinu, en essayant une route puis
l'autre, en se trompant et en revenant en arrière, ce qui
explique toutes les difficultés des PVD et l'absence de
croissance régulière.
conclusion
Le problème de développement est
donc, plus qu'un problème
d'accroissement de production, celui
du cheminement à travers toute une
série d'obstacle, de nature plutôt
sociologique qu'économique.