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Coup d'État du 18 Brumaire par Bonaparte

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L’échec du Directoire (désordre financier, impuissance des assemblées, vénalité du haut personnel

politique) rendait probable un changement de régime auquel aspiraient tous les partis : modérés,
jacobins, royalistes. Conseillé par Talleyrand, Fouché et Sieyès, appuyé par son frère Lucien,
président du Conseil des Cinq-Cents, Bonaparte prit à son retour d’Egypte le risque d’un coup d’Etat
qui eut lieu 9 et 10 novembre 1799 (les 18 et 19 brumaire an VIII), à la faveur de la mise à l’écart des
directeurs et de la translation à Saint-Cloud des deux assemblées : le Conseil des Anciens, presque
entièrement gagné au projet mais qui hésitait à commettre une action illégale, et le Conseil des Cinq-
Cents qui réclamait la mise hors la loi du général.

1799, le coup d'État du 18 Brumaire : le général Napoléon Bonaparte prend le pouvoir >
cours, infographie et bibliographie. 9 et 10 novembre 1799 : dix ans après le début de la
Révolution française, qui a remplacé la monarchie par la république, le général Bonaparte
prend le pouvoir lors du coup d'État du 18 Brumaire.

Exposée au Salon de 1840, année du retour des cendres de l’Empereur, cette célèbre peinture
avait été commandée en 1838 pour les galeries historiques du musée du château de Versailles,
par Louis-Philippe sous le règne duquel la légende napoléonienne reprit une grande force : elle
était en effet un argument majeur pour la légitimation a posteriori du changement dynastique. De
fait, rien ne perce ici de la violence de l’affrontement, quand, serré par les députés, prenant des
coups, Bonaparte fut dégagé par ses grenadiers. Bouchot prend soin au contraire de présenter le
général comme l’ordre incarné face aux Cinq-Cents, allégorie du désordre législatif. Lucien
Bonaparte, plus circonspect, semble un instant interroger l’horizon, moins sûr de son fait que
Napoléon. Seules trois baïonnettes dressées rappellent la force de l’armée dont l’invincibilité ne
semble bien reposer ici que sur Bonaparte. Envoyé au Louvre en 1889, le tableau a regagné
depuis le château de Versailles.

Réponse :
Explications :
Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10
novembre 1799 est une huile sur toile réalisée par François Bouchot (1800-
1842) en 1840 à la suite d’une commande du roi Louis-Philippe.
Le royaume étant alors en proie à une vague de nostalgie napoléonienne,
le « roi-bourgeois » veut de cette manière redorer le blason de la
monarchie de Juillet. Il souhaite rattacher son régime à toutes les gloires de
la France, auxquelles il a dédié le château de Versailles.
C’est dans ce cadre que s’inscrit cette commande du roi, qui doit rejoindre
les galeries historiques du musée du château, symbole de la réconciliation
nationale entre les différents régimes qui se sont jusqu’alors succédé.
Le tableau de Bouchot est exposé au Salon de 1840, année marquée par le
Retour des Cendres de l’Empereur. Ancien élève des beaux-arts de Paris,
François Bouchot est détenteur du grand prix de Rome de 1823, chevalier
de la Légion d’honneur depuis 1835 et a déjà exécuté plusieurs
commandes pour Louis-Philippe, telle la bataille de Zurich remporté par
Masséna, le 25 septembre 1799 en 1837.
Le coup d’État de Brumaire
Lorsque le général Bonaparte arrive à Paris le 16 octobre 1799, la situation
a bien évolué depuis son départ pour l’Égypte en mai 1798. Il retrouve une
ville où de nombreux complots se trament contre un Directoire ruiné et
considérablement affaibli :
– sur le plan intérieur, par la Conjuration des Égaux menée par Babeuf,
l’insurrection de Vendée, la défection du général Pichegru à la solde des
royalistes ;
– sur le plan extérieur, par la Deuxième Coalition contre la France.
Le directeur Sieyès, comprenant qu’il ne pourra pas réviser la Constitution
de façon à donner davantage de pouvoir à l’exécutif, décide de fomenter un
coup d’État dont Bonaparte doit être le « sabre ».
Les journées des 18 et 19 Brumaire, ils tentent de s’emparer du pouvoir,
non sans peine, Bonaparte étant agoni d’insultes par les députés des Cinq-
Cents, qui veulent le mettre hors-la-loi.
Apprenant cela, il prend la tête d’un détachement de grenadiers, avec
quelques fidèles comme les généraux Murat et Leclerc, et pénètre dans
l’Orangerie où siègent les Cinq-Cents.
Une fois dans l’assemblée, Murat prononce laconiquement « citoyens, vous
êtes dissous » avant de continuer « foutez-moi tout ce monde dehors ! »
après la réticence virulente de certains députés. À 21h au soir, le Directoire
n’est plus : le coup d’État est un succès.
La mise en en scène choisie par le peintre est organisée en trois parties :
en haut à gauche, les grandes et hautes fenêtres indiquent que la scène se
passe dans une vaste salle, capable d’accueillir les députés de
l’assemblée, à travers les fenêtres on voit le temps qu’il fait, la scène se
déroule dans la journée ; dans la moitié inférieure du tableau, de gauche à
droite, se tiennent les principaux personnages, dont Bonaparte, bien
éclairés ; une chaise renversée indique la grande agitation qui règne et
symbolise le renversement en cours du régime ; enfin, en haut à droite,
dans une partie moins éclairée du tableau, plusieurs personnages se
tiennent sur une tribune, parmi lesquels Lucien, frère du général Bonaparte
et président depuis octobre de l’assemblée des Cinq-Cents.
L’élément central du tableau est le traitement de Napoléon Bonaparte : il
porte l’uniforme de général, avec une ceinture aux couleurs de la
République, bleu, blanc, rouge. En contradiction avec ce que l’on sait du
déroulement des faits, Bouchot a choisi de le représenter calme malgré la
violence des députés qui l’entourent et crient en levant les bras : le jeune
général (il a 30 ans) semble avoir toutes les qualités pour diriger la France.
Juste derrière lui, deux grenadiers moustachus, portant leur célèbre bonnet
à poil, le protègent de la colère des députés. Ces derniers portent leur
uniforme de député avec une ceinture aux couleurs de la République, bleu,
blanc, rouge ; d’autres portent un manteau rouge et un chapeau à plume,
de forme carré, uniforme des membres du Conseil des Cinq-Cents.
Bien que son rôle fut essentiel lors du coup d’État, Lucien est placé dans
l’ombre, comme il le sera pendant le règne de son frère, écarté en raison
d’oppositions irréconciliables entre eux.

De fait, rien ne perce ici de la violence de l’affrontement, quand, serré par les députés, prenant
des coups, Bonaparte fut dégagé par ses grenadiers. Bouchot prend soin au contraire de
présenter le général comme l’ordre incarné face aux Cinq-Cents, allégorie du désordre législatif.
Lucien Bonaparte, plus circonspect, semble un instant interroger l’horizon, moins sûr de son fait
que Napoléon. Seules trois baïonnettes dressées rappellent la force de l’armée dont l’invincibilité
ne semble bien reposer ici que sur Bonaparte.

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