Chapitre 4 : FRAME RELAY
(RELAIS DE TRAMES)
I – OBJECTIFS.
• Le relayage de trames (ou FR, pour l'anglais Frame Relay) est un protocole à commutation
de paquets situé au niveau de la couche de liaison (niveau 2) du modèle OSI, utilisé pour les
échanges intersites (WAN). Le protocole relais de trames (Frame Relay) a initialement été
conçu comme un protocole du Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS) pour
pallier au temps de transit très élevé des réseaux à commutation de paquets de type X25,
donc une mauvaise gestion de bande passante.
Sur le plan technique, il peut être vu :
comme un successeur de X.25 : il a en effet remplacé ce protocole pour le raccordement
des sites des entreprises aux infrastructures des opérateurs qui offrent des services RPV.
comme une étape vers l'ATM : il a souvent été présenté ainsi par les opérateurs « UIT »,
c'est-à-dire les opérateurs ayant « voulu » X.25 et l'ATM, comme France Télécom par
exemple. Le Frame Relay est en effet issu d'une volonté américaine, de l'ANSI en
particulier, X.25 n'ayant jamais été très populaire aux États-Unis
comme faisant partie du RNIS (ISDN) : c'est ainsi que l'UIT l'a considéré et a défini des
normes qui n'ont jamais été implémentées
Le Relais de trames ou Frame Relay est défini pour la seule transmission de données.
Objectifs :
Transfert de fichiers de grand volume
Application de CAO ou d’image
Multiplexage de voies basses vitesse en voies hautes vitesse (bandwith on demand)
Répondre aux besoins nouveaux nécessitant l'utilisation de bande passante plus large (ex :
interconnexion de LAN avec du trafic de type "Bursty" ).
Résoudre les problèmes croissants qui se manifestent par la multiplication des circuits et la
sous-utilisation de la bande passante.
Pouvoir traiter, de manière transparente, plusieurs protocoles de liaison et fournir en même
temps des services de routage.
Améliorer les temps de réponse du côté opérateur et permettre ainsi une augmentation du
débit.
Solution intermédiaire entre ATM et X 25
II – CONCEPTS GENERAUX.
1. Equipements nécessaires au Frame relay
DTE : (Data terminal equipment, ETTD en français), c'est un équipement (généralement un
routeur) de terminaison de réseau placé chez le client du fournisseur FR.
DCE : (Data circuit terminating equipment, ETCD en français), c'est un équipement
fournissant des services d'horloge et de commutation placé chez le fournisseur d'accès.
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Les DTEs sont généralement des équipements terminaux placés à l'entrée du réseau du
consommateur : routeurs, multiplexeurs ou Frame Relay Access Devices (FRAD:
périphérique spécialisé pour fournir une connexion entre un LAN) et un WAN Frame Relay
Les DCE sont des équipements situés au coeur du réseau et offre un service de
synchronisation entre les équipements et de Commutation.
2. Principe du Frame Relay.
Le relais de trame est une technique de commutation de niveau 2.
Commutation au niveau paquet «réseau »
• Attente d’une réception correcte et complète de la trame avec des retransmission
potentielles
• Un traitement au niveau paquet est obligatoire
• Un acquittement est envoyé vers le noeud précédent
• Une copie reste stockée dans la mémoire tampon du noeud tant que le noeud suivant
n’a pas acquitté positivement
Commutation au niveau trame « liaison »
• C’est soit une commutation, soit un relayage de trames
• Le but est:
- Améliorer en performance la commutation de paquets
- Simplifier le nombre de niveaux à prendre en compte
- Réduire le travail des noeuds
Commutation de trames
• Transport de trames de bout en bout dans un réseau sans avoir à remonter au niveau paquet
• Le protocole de liaison doit être très performant:
Adressage multipoint, adressage réseau…
Doit avoir les fonctionnalités remplies par la couche réseau
Routage et Contrôle de flux
Relayage de trames
• Le relayage de trames est une simplification supplémentaire de la commutation de trames
• Les noeuds intermédiaires commutent sans se soucier:
Ni des erreurs potentielles à l’intérieur de la trame
Ni de reprises sur erreurs ni de temporisateur de reprise
Ni du séquencement
3. Architecture du Relais de Trames.
Au sein du nuage Frame Relay, la connexion entre deux sites se fait par l'intermédiaire de
circuits virtuels qui peuvent être établis par le fournisseur, dans ce cas, ils sont permanents et on
parle de Permanent Virtual Circuit (PVC). Ils peuvent aussi être établis uniquement sur demande et
on parle de Switched Virtual Circuit (SVC).
Un réseau relais de trames est constitué d'un ensemble de nœuds ou «relayeurs de trames»
interconnectés de façon maillée. Les interconnexions sont des voies à haut débit et le maillage peut
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être quelconque. Le réseau relais de trames travaille en mode connecté. Deux types de circuits
virtuels entre deux usagers sont envisageables.
• D'une part, les circuits virtuels permanents (PVC) qui sont établis par l'opérateur lors de
l'abonnement d'un usager et, d'autre part, les
• circuits virtuels commutés (SVC) qui sont établis à l'initiative de l'usager
Deux types de connexion possibles :
Circuit virtuel permanent (PVC : “Permanent Virtual Circuit:)
- le circuit virtuel est toujours disponible : fonctionne comme une ligne spécialisée (louée/réservée).
La connexion est établie en permanence !
- l’équipement d’extrémité n’a pas à implémenter les phases d’établissement et de rupture de la
connexion (c-à-d le processus de signalisation ou de commande) :
Avantages : facilite la transition, gain de temps
Inconvénient : sécurité non garantie
Circuit virtuel commuté (SVC: Switched Virtual Circuit)
- c’est le fonctionnement normal
- en trois phases : établissement de la connexion, transfert de données, libération de la connexion.
4. FRF.
Frame Relay a été créé par le Comité consultatif international télégraphique et téléphonique
(CCITT, devenu depuis l'ITU-T) en 1984. Son manque d'interopérabilité a bloqué son
développement jusqu'en 1990 où Cisco, Digital Equipment Corporation (DEC), Northern Telecom
(devenu aujourd'hui Nortel), et StrataCom (racheté depuis par Cisco) ont formé un consortium de
développement de cette technologie, devenu le FR Forum (FRF). Le FRF produit des standards
appelés IA (Implementation Agreement). Il a aujourd'hui fusionné avec le MPLS Forum et l'ATM
Forum.
III. CONCLUSION
Le FR diminue le temps de travail des commutateurs du réseau et donc les temps de transit
dans ceux-ci.
Le FR apporte une flexibilité des débits en terme de raccordement.
La technologie FR proche du X25 facilite la transition avec ce protocole, dominant encore le
marché des interconnexions des RLE.
Coût de déploiement faible (par rapport à l’ATM).
De nombreuses perspectives de déploiement (FRF) :
Multiprotocol interconnect over FR (RFC 1490)
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Chapitre 5 : ETHERNET RAPIDE
(fast-ethernet, giga-ethernet)
…)
I - Ethernet rapide ou « Fast Ethernet » (100Base-T)
1 - Présentation & Généralités
Historique : Au début des années 90, face à un besoin de plus en plus croissant de bande
passante, la « haute autorité » de l’IEEE décida de faire travailler le comité 802.3 sur l’élaboration
d’un réseau LAN à haut débit. Suite à de nombreux échanges entre le comité et les différents
acteurs du marché (3com, Cisco, etc…) 2 propositions émergèrent :
it/s.
Redéfinition plus complète de la norme : Le 100VG Any lan (soutenu par HP & IBM).
Caractéristiques communes avec Ethernet :
Reprise du protocole CSMA/CD donc compatibilité totale.
Même topologie en étoile que le 10Base-T. La topologie Bus associée à l’utilisation du
coaxial est abandonnée.
Principales différences/évolutions :
Fenêtre de collision ou TC (tranche canal) diminuée proportionnellement
au débit : On passe de 51,2 μs à 5,12μs. Implicitement, le diamètre maximum du réseau est
fortement diminué (distance maximale entre les stations les plus éloignées) et passe à
environ à 200m au lieu de 2500m. Cette solution a été préférée à l’augmentation de taille
minimum de la trame. La logique aurait voulu que l’on évolue de 64 octets à 640 octets mais
dans ce cas précis, une partie de la bande passante aurait été perdue.
-trames (IFG : InterFrame Gap) diminue également proportionnellement et
passe à 0,96ns.
De nouvelles fonctions de management font leur apparition au niveau de la couche
physique.
r Fast Ethernet sur du coaxial,
cette solution n’a pas été retenue et la seule et unique topologie retenue est la topologie en
étoile avec un câblage paires torsadées ou Fibre optique.
La norme 100Base-T se décline en 2 sous-ensembles (cf schéma n°2) : Le 100Base-T4
basé sur l’utilisation de 4 paires torsadées et le 100Base-TX qui se décline à nouveau en 2
sous-ensembles, le 100Base-TX (2 paires torsadées) et le 100Base-FX (sur fibre optique).
Dans l’architecture étoilée qui caractérise le 100Base-T, il existe 2 types de hub partagés :
Les hubs de classe I qui ne supportent pas la présence d’autres hubs. Pour accroitre la
taille du réseau il faut faire appel à des ponts, routeurs ou commutateurs…
Les hubs de classe II qui autorisent une cascade de 2 hubs du même type. Leur
raccordement ne permet pas d’étendre la taille maxi du réseau mais surtout d’accroître le
nombre de stations connectées.
La plupart des hubs sont équipés d’un protocole d’auto-négociation du débit. Grâce à des
signaux de type Fast Link Pulse le hub négocie avec chaque station le mode de communication le
plus intéressant : 100Base-TX full duplex, 100Base-T4, 100Base-TX, 10Base-TX, etc…
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2 - Modèle de référence
Le modèle de référence est identique pour ce qui est de la couche n°2. Les couches LLC et
MAC sont préservées pour les raisons de compatibilité déjà évoquées précédemment.
La couche physique se subdivise en deux parties :
La couche MII (Media Independent Interface) : une nouvelle interface qui permet d’assurer
l’indépendance de la couche MAC par rapport à la couche physique.
La couche MDI (Media Dependent Interface) : Comme son nom l’indique, est
spécifique au type de medium utilisé. Elle se subdivise à nouveau en 3 parties :
PCS (Physical Coding Sublayer) est chargée du codage physique des signaux sur le
câble. C’est à ce niveau que pour le 100Base-T4 se produit « le miracle » qui consiste à
pouvoir travailler à 100 Mb/s sur 4 paires torsadées de piètre qualité (explications juste
après).
PMA (Physical Medium Attachement) réalise la connexion sur le câble. Il s’agit
de la génération et de la réception des signaux, des notions d’horloge et de synchronisation.
PMD (Physical Medium Dependant) qui définit la connectique et l’interface
physique de connexion sur le câble.
3 - La couche physique 100Base-T
La norme 100Base-T supporte 3 type de supports physiques :
Appellation 100Base-T4
Norme qui définit l’utilisation de câbles à 4 paires torsadées de catégorie 3 ou 4 UTP (non
blindées). Une paire est réservée en permanence pour le sens Hub vers station (nécessaire à la
détection de collisions), la seconde paire dans le sens station vers Hub et les 2 autres sont allouées
dynamiquement selon le sens de transmission.
Du fait de cette particularité on dit que le 100Base-T4 est « duplex asymétrique ». Il utilise 3 paires
dans le sens montant.
La norme 100Base-T4 privilégie les entreprises européennes déjà câblées avec cette qualité
téléphonique assez médiocre. « Médiocre » car il est impossible de faire transiter des signaux
codés à 200Mbit/s (codage Manchester des signaux utiles à 100 Mbit/s). Pour contourner le
problème et atteindre le débit de 100Mbit/s, le codage Manchester est abandonné et l’on fait appel
à une solution un peu originale : Le codage par blocs 8B/6T. Avec cette technique, les informations
ne sont plus codées de façon binaire mais de façon ternaire (alphabet 0,1 et 2). L’association des 3
paires torsadées dans le sens « hub vers station » permet donc de transmettre 3*3*3=27 symboles
différents. Parmi ces symboles, le récepteur extrait 4 bits d’information. La cadence d’horloge étant
fixée à 25MHz sur les 3 paires, on obtient ainsi un débit de 100Mbit/s.
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Appellation 100Base-TX
Pour implémenter le 100Base-TX, il suffit d’utiliser un câblage de qualité supérieure
catégorie 5 UTP. Ce câble est équipé de 2 paires torsadées seulement qui peuvent supporter des
fréquences d’horloge élevées pouvant atteindre 200MHz. Pour le 100Base-TX original, 1 paire est
définie dans le sens hub vers station et l’autre dans le sens inverse. Il est dit « duplex symétrique ».
Le codage s’effectue en 4B/5B avec une horloge de 125MHz. Cet autre codage par bloc (identique
à celui utilisé dans FDDI) permet de transmettre 4 bits sur 5 cycles d’horloge.
Appellation 100Base-FX
La transmission est basée sur l’utilisation de 2 fibres optiques multimodes à gradient
d’indice. De même que 100Base-TX, une paire est affectée à chaque sens de communication. La
sous-couche PCS joue le même rôle et transmet les informations sur une fréquence de 125MHz
(codage 4B/5B).
5 - Fonctionnalités de Management :
La norme 100Base-T a beaucoup apporté en terme de fonctionnalités de Management. De ce
point de vue là, la norme classique en était quasiment dépourvue. On peut classer les fonctions de
management en 2 domaines :
Contrôle et configuration du Transceiver : Neuf paramètres sont configurables
Ré-initialisation de l’équipement,
Mode boucle (loop back) pour procéder à des tests en local,
Sélection de la vitesse (10 ou 100Mbit/s) entre le hub et la station (prévue par
la norme et implémenter dans tous les matériels),
Autorisation du processus d’auto-négociation,
Isolement MII,
Relance du processus d’auto-négociation,
Basculement en mode full-duplex,
Indication de l’état du Transceiver : Onze indications existent parmi lesquelles
Capacité à fonctionner en mode 100Base-T4,
de la liaison physique),
Détection d’un défaut distant,
-duplex) ou full-duplex
10Mb/100Mb.
5 - Les hubs commutés (Switched hubs).
Avec l’apparition des technologies Ethernet de plus en plus rapides, l’utilisation de hubs
commutés se généralise de plus en plus. C’est même un marché en forte expansion ou le choix est
vaste. La description de ces éléments particulièrement actifs du réseau vaut également pour le
standard 1000Base-T. Le hub partagé classique est un élément plutôt passif du réseau puisqu’il ne
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fait que répéter le signal, et connecte de façon logique toutes les stations entre elles. Le hub
commuté, quant à lui, analyse chaque trame d’entrée pour la diriger très précisément vers le port
destinataire. Ainsi, pendant la durée d’émission d’un message, l’émetteur est en liaison exclusive
avec son correspondant. Les risques de collision sont fortement diminués mais pas inexistants (cas
ou plusieurs stations souhaitent atteindre le même destinataire). La détection de la collision est à la
charge du commutateur (si le circuit est déjà occupé). Lorsque l’on parle de la capacité totale d’un
hub commuté, on l’exprime souvent par la formule N/2*10 (100 ou 1000 Mbit/s) ou N représente le
nombre de port.
Principales caractéristiques :
Gestion de tables pouvant comporter plusieurs milliers d’adresses MAC, les adresses sont
enregistrées par auto-apprentissage.
seaux virtuels (VLAN). Un VLAN consiste à organiser
administrativement un sous-réseau dans le réseau principal. Les stations de ce VLAN ont
leur propre domaine de collision. Le hub est ici utilisé comme un filtre.
Totale compatibilité avec les matériels existants : 10Base-T, 100Base-T, etc…
A titre d’illustration, le schéma 5 présente une architecture « type » autour d’un hub commuté.
Lorsqu’un réseau Ethernet assez hétérogène, c’est à dire composé de stations à 10Mbit/s,
100Mbits/s et plus… L’alternative consiste à acquérir un hub commuté dit « mixte » ou « hybride ».
Ces hubs possèdent, entre autre, la particularité de mémoriser les trames avant de les transmettre,
afin de pouvoir effectuer une conversion de débit. Cette situation peut aboutir à une saturation des
mémoires tampon et à la perte de messages. Ces pertes sont gérées par les couches
supérieures…
II- Gigabit Ethernet
1 - Présentation et généralités
Initialement soutenu par Intel, le Gigabit Ethernet est une technologie de réseau local qui est
apparue dans le courant de l’année 1998 (3 ans après la normalisation du Fast Ethernet). Cette
norme porte l’appellation 802.3z et est prévue dans un premier temps pour de la fibre optique ainsi
que du coaxial. Curieusement, le support coaxial refait son apparition après avoir disparu dans la
21
norme précédente 100Base-T… Mais uniquement pour relier des appareils sur de très courtes
distances de l’ordre de 25 m. Ce n’est qu’un an plus tard, en juin 1999, que la norme IEEE 802.3ab
permettant d’implémenter le 1000Base-T sur un support cuivre fait son apparition.
Utilisation envisagée : Le réseau Gigabit Ethernet est utilisé aujourd’hui pour l’implémentation de
backbone Ethernet ou « dorsale de site ». Les gros consommateurs de bande passante sont
essentiellement des serveurs à hautes performances.
Filiation avec Ethernet :
-duplex) mais avec un seul et unique hub
répéteur autorisé.
-duplex » préservé (nouveauté apparue avec le 100Base-T).
Même format de trame que le protocole Ethernet, la compatibilité est donc assurée.
Cependant, comme pour le passage de 10Mbit/s à 100Mbit/s, le problème se pose à
nouveau de la taille de la TC (tranche canal).
Cette fois-ci, plutôt que de diviser par 10 la valeur TC comme sur Fast Ethernet et encore diminuer
la taille globale du réseau, les concepteurs du Gigabit Ethernet ont préféré augmenter la taille de la
trame minimum au détriment de la bande passante. La taille minimum d’une trame équivaut donc à
512 octets (et non pas 640 octets comme le voudrait la logique mathématique).
Autre avantage de l’augmentation de la taille à 512 octets : Préserver la distance désormais
habituelle de 100m reliant une station à son répéteur.
Le silence inter-trame reste identique.
2 - Modèle architectural
On y retrouve beaucoup de similitudes avec le modèle Fast Ethernet :
Une couche intermédiaire GMII (Gigabit Media Independent Interface) .
(sous Fast Ethernet elle s’appelait PCS (Physical Coding Sublayer), 1 couche PMA
(Physical Medium Attachement) qui génère et réceptionne les signaux, notions d’horloge,
synchronisation, etc… et une dernière qui définit la connectique.
Sur le schéma 6 on retrouve l’ensemble des implémentations possibles du 1000Base
Le 1000Base CX : Support coaxial.
Le 1000Base-LX : FO monomode.
-SX : FO multimode.
Et enfin le 1000Base-T : Paires torsadées.
22
3 - Supports physiques et encodage.
Les premiers supports physiques prévus par les normes ont été regroupés sous l’appellation
« XSeries » ou 1000Base-X. Ces supports sont au nombre de 3 :
1000 Base LX : Nécessite 2 brins de fibre optique monomode d’un diamètre de 62,5 μm ou
50 μm (SMF = Single Mode Fiber). La longueur d’onde est de 1300 nm et la transmission en
Full-Duplex. L’utilisation d’une FO monomode permet d’allonger les distances maxi jusqu’à 5
km et ainsi d’implémenter idéalement un campus universitaire.
1000 Base SX : 2 brins de fibre optique multimode d’un diamètre identique a celui
précédemment cité. La longueur d’onde est de 850 nm et la transmission en full-duplex
permet d’obtenir des distances allant de 220m à 550m.
1000 Base CX : Assez curieusement, le câble coaxial refait son apparition mais sert
uniquement à relier des éléments actifs très consommateurs de BP dans une armoire par
exemple. La distance maxi est de 25m.
Pour ces 3 supports le type de codage est un codage par bloc 8B/10B (8 bits codés sur 10 bits)
suivi d’une transformation NRZ. Par ailleurs, il est compatible avec la technologie Fibre Channel.
Le dernier support physique normalisé en 1999 est le support cuivre. Utilisation de paires
torsadées de catégorie 5 UTP uniquement.
Pour atteindre un débit de 1Gbit/s sur de simples fils de cuivre, les 4 paires sont utilisées (un
peu comme avec le 100Base-T4) mais avec un codage un peu sophistiqué à 5 niveaux de
modulation d’amplitude (4D-PAM5). Le débit par paire atteint les 250Mbits/s avec une fréquence
d’horloge raisonnable soit 1Gbit/s pour l’ensemble.
III - 100VG AnyLan
1 - Présentation & architecture
Historique : Cette technologie a vu le jour au début des années 90 à l’époque où les
différents groupes de constructeurs cherchaient à faire évoluer l’Ethernet classique à 10Mbit/s. Le
premier groupe (Intel, CISCO, etc…) a su imposer la norme 100Base-T. Le second, composé de
Hewlett-Packard, AT&T et IBM a développé un standard un peu à part : Le 100VG AnyLan,
normalisé par la spécification IEEE 802.12.
Origine du nom : L’appellation 100VG AnyLan provient des 4 caractéristiques suivantes :
Débit offert de 100Mbit/s, transmission en bande de base, VG signifie « Voice Grade » (support de
type paire torsadée de qualité téléphonique), AnyLan pour la double compatibilité Ethernet/Token
Ring.
Topologie : La topologie de ce réseau est strictement identique à celle des réseaux
Ethernet 10Base-T : Une étoile hiérarchisée permettant un « cascading » de 4 hubs, soit 5 niveaux.
Avantages : Compatibilité avec les standards Ethernet ou Token Ring. Néanmoins, il ne
peut pas exister de mixité dans une même arborescence. Tous les hubs d’une même arborescence
doivent être paramétrés Ethernet ou Token Ring dès le départ.
Composants : Il existe 2 types d’éléments actifs :
Les stations (PC, analyseurs, ponts, etc…) : Tous les clients branchés sur un lien
descendant (down link) d’un hub.
Les hubs : Le hub 100VG AnyLan est un contrôleur intelligent, qui s’apparente plus à un
commutateur, dont le rôle est primordial dans l’architecture. Il a en effet la responsabilité
d’un chef d’orchestre en ce sens qu’il applique un mécanisme de contrôle d’accès centralisé
appelé DPAM (Demand Priority Access Method) basé sur le principe de la scrutation
périodique (polling).
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Ce principe appelé DPAM est un des points forts de 100VG AnyLan : La méthode d’accès n’est plus
non-déterministe comme sur Ethernet mais bien au contraire déterministe. De ce fait, aucune
collision ne peut apparaître.
2 - Modèle de référence
Comme habituellement, on retrouve la couche LLC (Logical Link Control), ce protocole qui
est un sous-produit du protocole HDLC (cf exposé à ce sujet).
La couche MAC, malgré les apparences, assure un rôle différent de la couche MAC
Ethernet. Elle assure le partage d’accès au Médium (le transparent juste après détail plus en
profondeur le rôle de cette couche), le formatage des trames (Ethernet ou Token Ring) avec
l’enrobage classique constitué du CRC, des bits de bourrage, du FCS, etc…
noter qu’il existe un module spécifique pour chaque support.
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3 - Rôle de la couche MAC
Hormis le formatage des trames, point qui ne sera pas abordé ici puisqu’il est en tout point
identique à Ethernet ou Token Ring, la couche MAC possède 2 rôles importants :
Apprentissage des liens : Cette phase a lieu quand la station ou le hub est mis sous
tension. Ils s’échangent une série de messages spéciaux dans le but de tester la
communication (câblage correct, qualité du signal, etc…). Le hub alimente également sa
table des adresses physiques et enregistre le type de station.
Demande d’accès (DPMA). Le principe de scrutation est le suivant :
Lorsqu ‘une station souhaite émettre, elle avertit le hub par une demande de transmission en
indiquant le niveau de priorité de la requête.
Il existe 2 types de requête :
La requête normale : Traitée avec une priorité normale à chaque scrutation.
prioritaire : Lorsque celle-ci survient (indépendamment du polling) la station a
le droit immédiat de parler. C’est à dire que l’émission de la trame en cours se termine et le
hub s’occupe immédiatement de la station prioritaire.
Inconvénient majeur : Il risque de se produire une sorte de famine si toutes les stations abusent
de cette priorité.
Solution au problème : A chaque fois que le hub s’arrête sur une station possédant une demande
normale, il calcule la durée de vie de celle-ci (durée de vie=Temps actuel- Temps de la demande).
Si le calcul excède une constante prédéfinie TTT (Target Transmission Time)… Un peu
comme un Time-Out… Elle devient prioritaire. Ainsi, le hub garantie une sorte d’équité entre toutes
les demandes, tout en privilégiant les demandes prioritaires.
Au pire, une trame normale sera transmise avec une borne maximale de TTT + N * Dm ou N
est le nombre de maximal de station et Dm la durée d’émission de la plus longue trame (1518
octets sur Ethernet).
Efficacité du protocole :
Grâce à ce mécanisme, le réseau peut arriver à saturation mais il ne reste jamais gelé. Il se
stabilise. En comparaison sur Ethernet, il peut arriver que circulent plus de trames dupliquées que
de trames fraîches.
4 – La couche physique 100VG AnyLan
La couche PMI réalise dans l’ordre, le découpage de l’information en quintets, le brouillage,
le codage 5B/6B et l’ajout de délimiteurs de trames.
Le codage 5B/6B est un codage de groupe dont le principe est le suivant : Chaque quintet
(au nombre de 32) est représenté par un symbole codé sur 6 bits. Parmi les 64 symboles
disponibles, seuls 32 sont utiles pour les données, le but étant de créer une répartition équilibrée de
0 et de 1 afin de synchroniser correctement l’horloge du récepteur.
La couche PMD (Physical Medium Dependent) dépend directement du support physique.
Les supports sont du type :
4 paires torsadées UTP (catégorie 3)
2 paires torsadées UTP ou STP (catégorie 5)
L’encodage est réalisé en NRZ.
Si le support est de type 2 paires torsadées ou 2 FO, les informations provenant de la couche
supérieure sont multiplexées avant transmission.
Pour le cas particulier du support 4 paires torsadées, le débit de 100Mbit/s est obtenu par
l’association de 4 fois 25Mbit/s. La fréquence d’horloge nécessaire est donc de 30MHz
(codage5B/6B).
Synchronisation Hub/Station :
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Afin de gérer correctement le droit à la parole, les hubs et les stations disposent d’un
langage commun composé de signaux de signalisation prédéfinis. Ces signaux sont représentés
par la combinaison de 2 tonalités :
une fréquence de 0,9375MHz (30/32).
Tonalité 2 : Une série de 8 bits à 1 suivie de 8*0, soit 1,875 MHz.
Le tableau ci-contre indique l’utilité des 4 combinaisons possibles.
5 - La communication « hub-station » : Un exemple.
Cet exemple volontairement simple est un cas d’école et ne tient pas compte des flux
prioritaires.
Dans un premier temps le hub « arrose » toutes les stations avec le signal « Idle » (signifie
en anglais « oisif ») pour indiquer que rien n’est à transmettre ou à recevoir, sauf la station
en cours de scrutation.
de parler : Emission d’une requête NPR (Normal Priority Request).
Le hub, recevant la demande arrête immédiatement le signal « Idle » pour les autres stations
et les informe qu’un message va arriver par l’envoi d’un INCOMING.
instant il peut décider de rediffuser le signal « Idle » aux stations non concernées.
Après la diffusion, le hub envoi à nouveau le signal Idle à toutes les stations sauf à la
prochaine qu’il envisage de scruter… Et le cycle continue…
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