GENERALITES EN CANCEROLOGIE
Dr BELAFEKIR Salah eddine ; Médecin Assistant en oncologie médicale et Chef service d’OM à l’EPH
des frères Meghlaoui – Mila ; adresse email : sbelafekir@[Link]
1. DEFINITION:
Le cancer est une multiplication anarchique de certaines cellules normales de
l’organisme qui échappent aux mécanismes normaux de différenciation et régulation
de leur multiplication.
les caractéristiques de la cellule cancéreuse sont :
- prolifération illimitée, immortalisation.
- perte des mécanismes de rétrocontrôle antiprolifératifs, croissance autonome,
indépendante des signaux de prolifération (par ex. stimulation autocrine).
- perte de la capacité à induire l’apoptose.
- néo vascularisation.
- propriétés métastatiques et invasives.
2. ÉPIDEMIOLOGIE:
Incidence: nombre de personnes développant un nouveau cancer par rapport à la
population type par unité de temps.
Dans le monde: 18,6 millions NC/an en 2015 (14,1 millions NC en 2012).
En Algérie : 45000 NC/an.
Les localisations les plus fréquentes en incidence sont :
Le poumon : 12,7%. Le sein : 10,9%. Le côlon et le rectum : 9,4%.
Prévalence : nombre de personnes atteintes par rapport au nombre de personnes
vivantes pendant un temps donné.
Dans le monde: 33 millions cas du cancer en 2015.
Les localisations les plus fréquentes en prévalence sont :
Le sein : 17,7%. Le côlon et le rectum : 10,6%. La prostate : 6,9%.
Taux de mortalité: la seconde cause de mortalité après les maladies cérébro-
vasculaires.
Dans le monde : 8.8 millions de décès en 2015, soit 17 % de l'ensemble des décès.
cancer du poumon (1,69 million de décès);
cancer du foie (788 000 décès);
cancer colorectal (774 000 décès);
cancer de l’estomac (754 000 décès);
cancer du sein (571 000 décès).
En Algérie: 12000 décès/an.
3. CARCINOGENESE, BIOLOGIE MOLECULAIRE DES TUMEURS :
- Le développement de pathologies malignes résulte de multiples facteurs
exogènes et endogènes.
- L’accumulation des modifications génétiques et épigénétiques est d’une
importance capitale car elle mène à la sélection d’une population cellulaire de
phénotype malin dont les caractéristiques sont :
• prolifération illimitée, immortalisation .
• perte des mécanismes de rétrocontrôle antiprolifératifs, croissance
autonome, indépendante des signaux de prolifération
• perte de la capacité à induire l’apoptose .
• néovascularisation .
• propriétés métastatiques et invasives.
- Le développement d’une tumeur maligne passe par plusieurs étapes.
- Les mutations ponctuelles (changements nucléotidiques simples) ou les
aberrations cytogénétiques (par ex. la translocation/l’inversion/la délétion)
mènent à une modification de l’activité des gènes (par ex. p53) influençant la
régulation de la croissance de la tumeur et la biologie des cellules malignes.
- Elles peuvent être héréditaires ou spontanées (« mutation somatique ») et sont
causées par plusieurs facteurs (« carcinogènes » ou anomalies carcinogéniques).
Carcinogenes exogènes :
• produits chimiques, médicaments ;
• rayonnement ionisant ;
• infections (virus, bactéries, protozoaires, en particulier les infections chroniques).
Carcinogenes endogènes :
• défaut du mécanisme de réparation de l’ADN ;
• anomalie de la régulation des événements épigénétiques ;
• instabilité génétique.
[Link] VOIES DE DISSEMINATION METASTATIQUE :
Voie lymphatique :
Principale voie de dissémination et la + fréquente .
L’envahissement des capillaires lymphatiques se fait par:
• Effraction dans la lumière du réseau lymphatique peritumoral.
•Contiguïté.
Facilité par:
•Densité lymphatique.
•Le caractère discontinu de leur parois facilement franchissables.
Certains cancer sont lymphophiles surtout les carcinomes : cancer du sein, de
l’ovaire, du testicule et des thyroïdes.
Voie hématogène :
Surtout les sarcomes mais aussi quelques carcinomes.
Les organes atteints dépendent du mode de drainage veineux de l’organe dans
lequel se développe la tumeur :
- Drainage porte → Métastase hépatique.
- Drainage cave → Métastase pulmonaire.
- Drainage veineux pulmonaire → métastases dans toute la grande circulation.
La dissémination extra-vasculaire :
- Conduits organiques : branches, T. digestif, uretère.
- Cavités séreuses : peuvent être colonisées par un processus tumoral adéno-
carcinomateux qui va donner de multiples colonies à distance associées à un
épanchement contenant des cellules tumorales en suspension (carcinose
péritonéale);
exp : péritoine, plèvre, méninges, LCR
-Trajet de ponction ou de biopsie.
5. SEMIOLOGIE GENERALE:
Diagnostic clinique (signes cliniques):
- très variés.
- perception directe par le patient ou les signes directs ou indirects.
- signes compressifs, hémorragies, infections,
- modification du transit (alternance constipation /diarrhée), toux persistante.
- signes généraux : fièvre, amaigrissement ou sueurs nocturnes.
Diagnostic para-clinique (examens complémentaires):
Orientés par la clinique et présomption du type de tumeur:
- la mammographie.
- l’échographie des divers organes.
- radiographie des poumons, scanner, IRM.
- endoscopies des organes creux.
- divers examens biologiques ( marqueurs tumoraux).
Diagnostic de certitude (L’anatomopathologie):
- Cytologie: prélèvements d’épanchements.
- Biopsie préopératoire: à l’aiguille
- Pièces opératoires.
- Immuno-histologie, dosage des récepteurs hormonaux sur les pièces
anatomiques (cancer du sein).
6. LE BILAN D’EXTENSION:
En fonction des risques métastatiques:
- Scintigraphie osseuse.
- Échographie abdominale.
- Radiographies.
- Scanner.
- Tep scann.
- Bilans sanguins.
- Et bien entendu: examen clinique.
7. CLASSIFICATION DES CANCERS:
Classification histologique :
différents types de tumeur malignes ou de cancers
1) Tumeurs épithéliales : carcinomes
tissus de recouvrement : carcinomes pavimenteux
tissus glandulaires : adénocarcinomes (de l’organe concerné) : sein, colon,
estomac, thyroïde, utérus, prostate...
2) Tumeurs d’origine conjonctive : sarcomes
ostéosarcome, fibrosarcome, leiomyosarcome, liposarcome ...
3) Tumeurs du cerveau : gliome, glioblastome ...
4) Tumeurs des reliquats embryonnaires : tératome, tératocarcinome, carcinome
embryonnaire ...
5) Tumeurs hématologiques : hématosarcomes ou noms spécifiques :
lymphomes, myélome
leucémies.
La classification anatomique (TNM):
Le TNM est un système de classement reposant sur l’extension tumorale locale,
régionale (ganglionnaire) et métastatique
T= tumeur, détermine la taille (T0= tumeur indécelable T1= petite tumeur,
T2 ,T3,T4 dont les critères varient en fonction de l’organe atteint).
N= node (ganglion),présence ou non de ganglions atteint
N0= absence de ganglion
N1 ganglion satellite de la tumeur
N2 ganglion à distance du 1er site de drainage
M= métastase
M0 pas de métastases,
M1 présence de métastases,
Mx= pas d’information sur les métastases, bilan incomplet.
on peut regrouper les cas en stades selon le schéma habituel suivant :
Stade I : T1N0M0
Stade II : T1 N1 M0 et T2 N0 ou N1
Stade III : T1 N2 T2 N2 T3 N0 ou N1 ou N2
Stade IV : T4 et/ou N3 et/ou M positif.
8. PREVENTION :
- Concerne chaque individu dans son comportement pour lui et les autres.
- Concerne la société : campagne publicitaire, information télévisées visant à
sensibiliser le public sur les dangers de certains produits ou des comportements à
risque.
But de la prévention :
-Réduction du Nombre de Cancer.
-Réduction de la Mortalité et de la Morbidité.
-Augmentation du nombre de Guérison.
-Amélioration du Pronostic.
1- Prévention Primaire:
Dont l’objectif est l’éradication des causes des cancer.
2- Prévention Secondaire:
Dont l’enjeu est le Dépistage et le Traitement des états précancéreux .
3- Prévention Tertiaire:
Dans le but est le Dépistage et le Traitement des cancers à un stade localisé
asymptomatique.
9. DEPISTAGE:
Le dépistage des cancers est une action de santé publique qui consiste à identifier, à
l’aide d’un ou de plusieurs tests, d’application aisée, acceptables et peu coûteux, les
sujets atteints d’un cancer ou d’une lésion précancéreuse, asymptomatiques, passés
jusque-là inaperçus.
Il s’adresse à une population apparemment indemne de l’affection que l’on entend
dépister et doit permettre de faire le partage entre les personnes apparemment en
bonne santé, mais qui sont probablement atteintes d’un cancer, et celles qui en sont
probablement exemptes .
- Chances de survie augmentées si dépistage précoce.