OFFICE DE L'HABITAT
AGENCE POUR LE DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL
CAMEROUN
ANALYSE DU SECTEUR DU LOGEMENT
26 aoUt 1974
TABLE DES HATIURES
Page
Introduction.. . . . . . . . . . . • . . . . . . * * * • 1
A. [Link] . . . . . . . • . . . . . . . , . * * * . 1
B* Recomnandations . . . . . . • . * • . . . * * * 33
C. Hisvorique du Cameroun . *.••. ... ...... 10
II Le rble du gouvernement dans le secteur de 1'habitat. . . 11
A. L'[Link] et l'urbanisme dans le Deuxitme et
Trcisitme Plans de D~veloppement .e *
.. . . . . . . 11
1. Le Deuxibme Plan de d6veloppement (1966-1971) . . 11
2. Le TroisiVme Plan de dfveloppement (1971-1976). . 13
B. La uouvelle politique de l'habitat propos~e pour
le Cameroun . .. .* . .. . . . . . . . . . . . *
. 19
1. Beeoins et probltmes actuels en matitre d'habitat 20
2. [Link]: Considbrations gfn~rales.... . . . 22
3. Programmes d'action immfidiats. .. . 26
4. Financement de la nouvelle politique de 1'habitat 27
III e secteur de l'hbitat . a ....... . . . . . . 28
A. L'iadustrie du bWtiment . .. . . * * * . .. . • 28
1. Les constructeurs et l'orgnnisation de 1'industrie 28
2. L'offre de main-d'oeuvre. . a * . . . . . . * . . 34
3. Disponibilitt des matfriaux . . . 0 0 • • #• 0
. 35
4. Mtodes de construction et couts . . . . . . . . 40
5. Co^its d'urbanisation . . 0 0 . 00 0 0 0 0 0 0 0 46
B. Disponibilit6 et cotits de la proprift6 foncibro . . . 49
1. Propritt.. . a
. . * 0 0 • • • . 49
2. rnocdures de tr rfrt . . . .. ... , • 52
3. Disponibilit*.. . . . . 0 . , , 54
C. Service communauteires . . . . g.. 56
D. Institutions de financement de 1'habitat at do
d6 veloppament tnrobilier.. a , 61
1. La Banque de Dfveloppemew: du Cameroun (BDC). . . 62
2. La Sociftt inmnobilibre du Cameroun (SIC). . . , , 75
TAB~I DES MATIERES (SUITE)
E. Autres institutions intervenant dane le secteur
do 1'habitat. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
1. Le ministbre de 1'Equipement, de l'Habitat et
du Territoire 82
2. 1inancement de l'habitat des regions rurales 86
IV La demandsrtelle de logement ,ea@, • •
ee... o. 89
A, Conditions actuelles de l'habitat urbain. . . . .. . 89
B. Marchb de l'habitat - Enqute sur le terrains . .*. * 92
1. Type d'habitat. . . . . . . . . . *....... 92
2. Accts initial b l'habitat (march6 de la location) 94
3. Acquisition de terrains . .. . . . .. .* a. * 96
4. Construction de la maison .. . . . . . . . * * 98
C. Habitat urbain - Besoins, production et demande . * o 100
V Perspectives Sconomiques et financement d'investissements li
Annexe I: Donnfes g~nfrales sur le pays . . . . . . . . 115
A. Gfographie et climat .... . • * . * . . * • * 115
B. Hlstoire et gouvernement. . .. .. . . . . . *@ * 116
C. D~mographie . . . . . . . . 0 . . . . . a *• •* 118
Carte
1. INTRODUCTION
A. Conclusions
Une mission se composant de M. Leibson, Votaw et Wehner s'est rendue
au Cameroun an juin 1974 pour y procfder h une enquate do pr6-investissement
dane le secteur du logement. La mission eat arriv6e h un moment propLce,
car le gouvernement venait juste de publier un projet de politique nationale
de l'habitat et d'ouvrir le dMbat sur ce texte. Lea vues de la mission,
concernant ce document, sont exposfes ci-dessous dans le pr6sent chapitre.
I1 eat incontestable que le Cameroun a besoin d'un nombre accru de
logements, particulibrement pour la majorit6 de la population class~e
"b faible revenu" par le Gouvernement de Is R6publique-Unie du Cameroun.
Fait 6galement important, il eat nfcessaire de situer dans un cadre ordonn6
l'utilisatian des terres urbaines b vocation r6sidentielle et d'am~nager lea
routes, lea 6gouts, lea adductions d'eau, le r6seau 6lectrique et un plus
grand assainissement qui a'imposent. A 1'heure actuelle, le logement de la
population h bas revenu se situe en grande partie dans lea quartiers de
squatters, am6nag6 au hasard. Ceci eat un gaspillage, car des terres urbaines
et des mat6riaux de construction pr6cieux se trouvent utilis6s non rationnelle-
ment et h titre quasi-permanent. Ces mames ressources pourraient Atre mieux
utilis6es grAce i une politique coordonn6e de l'Etat sans pour autant
entralner des sorties d6sordonn6es des deniers publics. Le gouvernement
prend acte de ces questions, lesquelles sont bien expos~es dana le projetde
D6claration de principe de politique nationale de l'habitat.
- 1-
L'6conomie Ju Cameroun a r6cemment enregistr6 un redressement, aprbs
la crise survenue par suite d'une chute des prix mondiaux'des denr6es
d'exportation primaires de ce pays. Avec Ia hausse des prix des denrtes
en 1974, lea reserves de devises 6trangbres ont augment6 et les perspectives
stam6liorent. Tous lea effets des augmentations de prix du p6trole sur 1t6conoie
camerounaise ni sont pas encore complbtement ressentis et, jusqu't pr6sent,
ils n'ont pas 6t6 r6ellement graves. Le gouvernement a suivi, au cours des
ann6es r~centes, des politiques fiscales et mon~taires prudentes et slest
efforc6 de consolider l'6pqrgne publique au moyen d'impbts plus 6lev6s et de
contrbles des d~penses.
La dette ext&rieure publique b moyen terme et h long terme 6tait d'un
montant estimatif de 315 millions de dollars b la fin de 1973 et le ratio
du total du service de la dette aux recettes d'exportation 6tait de 8 pour cent.
La dette extfrieure publique a enregistr& une augmentation sensible au d~but
des ann6es 1970, mais la some de la dette actuelle nlest pas regardfe come
excessive et le pays est classf solvable par lea principaux bailleurs de fonds
internationaux. Les perspectives dtexpansion et de d~veloppement au sein de
l*4conomine sont 5onnes, si le pays continue h b6nfificier d'apports importants
de capital 6tranger suivant des conditions favorables. Laccroissement des
recettes d'exportation ne suffira pas, b lui seul, b maintenir I'hlan actuel
de 116conomie pendant les ann6es h venir.
Il est g6n~ralement reconnu que la diversification du secteur agricole
et un surcrolt d'expansion du r6seau des transports devraient primer dans
- 2 -
le plan d'enemble des investissements dans l'hquipement du pays. On
reconnalt 6galemont que ce que les planificateurs appellent Illimmense
envergure des problbmes de la croissance urbaine" exige une r6partition
accrue des ressources financibres afin de rationaliser l'utilisation des
terres urbaines et d'apporter des am6liorations aux conditions de vie des
zones urbaines.
La hausse alarmante des co1ts de la construction, tant h l'1chelon
int6rieur qu'b celui de l'achat de mat6riaux et de mat6riel import6s, ainsi
que la n6cessit6 d16conomiser lea fonds publics limit6s indiquent que les
efforts du gouvernement dane le secteur du logement devraient tendre h
encourager l'utilisation planifi6e des terres urbaines h vocation r6sidentielle,
amfnager l'inf-astructure r~sidentielle de base et crier des institutions
capables de fitzancer et de dfvelopper l'habitat plutbt que de subventionner
directement la construction dthabitations. Lea faits indiquent clairement,
au Cameroun, que lea foyers h faible revenu peuvent, grace h des efforts
d'auto-assistance, progresser sur cette base.
B. Recommandaticns
La mission considbre que le projet de politique nationale de l'habitat
du Cameroun eat un bon 6nonc6 des besoins et des objectifs en matibre d'habitat,
qui m6rite digtre examin6 par 1A.I.D. en vue d'une participation financibre
4ventuelle.
Lee commentaires et recommandations de la mission sont bass sur lee
-3--
informations qu'il lui a 6t6 donn6 de rassembler durant un s6jour relativement
court. Certaines de ces recomnandations ont trait b des domaines qui exigent
manifestement une 6tude plus approfondie de la part du gouvernement, nlayant
6tf que brbvement identifi6s au cours des travaux de la Commission.
1. Continuation de la politique de d~veloppement
Le projet de politique d6finit le faible revenu, prend acte des
limitations des techniques et des mat6riaux de construction classiques
et, en fixant lea limites de l'intervention de I'Etat, 6tablit clairement
lea grands parambtres dtun politique nationale de l'habitat.
Le rapport de la Conmiission met particulibrement en relief la
structure foncibre comme domaine n6cessitant une d6finition additionnelle
dana la politique arrbt6e et une analyse intensive.!/Le rapport signale
6galement sans entrer dans les d6tails la n6cessit6 d'encourager
Ilinitiative priv6e, surtout dans le domaine des pr~ts h l'habitat, de
la cr6ation de l'pargne et de 1'-tablissement de coop6ratives de
l'habitat ainsi que de la coordination parni les organismes du gouverne-
ment. La nission est de Ilavis qua le gouvernement devrait continuer
b Atudier lis principale contraintes, identifi6es dans le projet
de rapport, afin de dfvelopper de fagon plus approfondie des
politiques aopropri6es.
Recommandation n~l: Que le gouvernement d6signe des sous-
commissions spkciales, plac6es sous la direction g6n6rale du
ministtre de l'Equip.1en, eyn vue d'6tablir des projets l6gislatifs
1/ Depuin le pasiage de a [Link], wne 1gislation 6tablissant un r6gime foncier
national et apportnt des priions concernarit les cat6gories et limites de
Ia proprit6 publique a Wt'adort&e.
-4-
ou administratifs, bien d6termin6s portant particulibrement sur
les contraintes Lnstitutionnelles 6numfr6es ci-dessous, identifi~es
dane le projet de politique, ces contrA~ntes semblant appeler des
mesures h l'6chelon interminist6riel:
a) Rapports internes du gouvernement
b) Financement de Ithabitat.
2. Mise h jour du plan des centres urbains
II est pr6jum6 que le ministbre lui-mgme instituera des mesures donnant
suite h d'autres recommandations, telles la mise h jour et lam6lioration
du plan des centres urbains et l'adoption de mesures visant h r~duire le cot
de la construction.
En ce qui coneerne la mise b jour du plan des centres urbains, la mission
a not6 que les plans en question finissent souvent par avoir un effet pr6ventif
s6rieux vis-b-vis du d6veloppement urbain. La mission a not6, h titre d'exemple
d'une importance particulibre, que l'immense effort de d~veloppement par l'auto-
assistance dans le quartier de Nylon, A Douala, oti peut-atre 50.000 personnes
vivent dans un ancien marais combl6 et nivel6 par les habitants eux-mbmes,
ne peut bfn6ficier d'aucune aide de la part de la municipalit6 parce que le
site est r6servb h un stade, dans le plan p6rim6 mais encore en vigueur de
la yile de Douala.
La mission pense que le plan de transformation du centre de Yaound6 a.
lui aussi, besoin dW~tre mis h jour et r6vis&.
-5 -
Recommandation n02: Que le gouvernement prenne les mesures
nfcessaires pour 6liminer l'ombre juridique jet6e par les decrets de
condamnation publics au titre des plans p6rim6s de la ville, except6
dans les cas oti leur application est financibrement et politiquement
possible dans lea limites du prochain exercice financier et que le
gouvernement, par contre, rende les taudis des zones class6es
r~sidentielles admissibles A la r6novation.
3. Subside
La mission est de l'avis que le gouvernement devrait envisager un nouvel
examen de touts la question des subsides h l'habitat, en vue de rendre le
secteur du logement capable d'assurer son propre amortissement dans toute
la mesure du possible.
La Commission a reconmand6 que soit subventionn6 le coat des terres
et de l'infrastructure de I'habitat sur6conomique, moyeniement 6conomique
et 6conomique, categories qui repr6sentent globalement presque 95Z du march
do l'habitat urbain. Un subside partiel suppl6mentaire est sugg~r6 pour le
logement des families entrant dans les centiles do 94,5 Z 98. Par ailleurs,
les dons 6 la construction sont sugg6r~s dans le cas des groupes do revenus
les plus bas (revenu mensuel maximum de 10.000 FCFA).
Le gouvernement continup de fournir un logement aux fonctionnaires de
rang 6lev6, g6n6ralement h des coats bien sup6rieurs b cc quo pout supporter
leur traitement (jusqu'N 99.600 FCFA par mois, dans le cas du projet r6cent
de Manguiers, b Yaound6).
-6-
Reco mnandation n0 3: Le gouvernement devrait 6viter d'employer les
subsides h la construction et devrait, par contre, r6duire l'6chelle
des normes conceptuelles et structurelles applicables h lthabitat
des familles h faible revenu et compter beaucoup plus sur la construction
r~alis6e suivant le principe de ltauto-assistance. Afin de r6duire
encore lea coOts de lthabitat et la n6cessit& d'assurer des subsides h
l'habitat, le gouvernement devrait louer des terrains h bail h long
terme h des foyers, moyennant des taux 6gaux au cout encouru pour r~unir
des fonds publics. Les conditions des baux devraient atre propres h
assurer une s6curitf suffisante quant h ltoccupation des lieux pour les
familles I faible revenu. En outre, lea loyers doivent conprendre le
montant inthgral du principal et des int~r~ts vers6s pour
llam6nagement de i'infrastructure (routes, 6gouts, adductions dteau,
assainissement), des d6lais prolonges d'amortissement devant, le cas
6ch~ant, &tre fix6s afin de ramener lea loyers h des niveaux viables
sur le march6.
Recommandation n0 4: Les logements existants b l'usage des fonctionnaires
devraient ftrc vendus h un prix 6gal h leur prix de revient, l'option du
premier refus de l'offre revenant de droit aux occupants des lieux. La
vente pourcait 8tre effectute par voie d'un bail-achat ftabli auprbs de
la Socift6 Ininobili~re du Cameroun (SIC) ou do la direction nationale do
l'habitat, ou au moyen d~hypothbques obtenues nuprbs de In Banque de
D~veloppement du Cameroun (CDB). Vu le coOt &lev6 de certaines de ces
-7--
units de logement, le gouvernement peut as trouver appel6
b envisager
6
l' chelonnement des versements mensuels sur une pfriode
d'amortissement
plus longue.
4. Financement de l'habitat
La cr6ation d'une institution sp6cialis6e destin6e I encourager
l'&pargne
int6rieure en vue de l r6trocession de prate h moyen terme
et h long terme
au oecteur du logement est un but important auquel nous
sugg6rons que le
gouvernement accorde son attention, en tant que prochaine
priorit6.
Dans ltintervalle, cependant, il semblerait n~cessaire
dlencourager
la constitution suus une forme ou une autre d'une caisse
d'fpargne et de
pr~t afin dlacc6ler le parach~vement des travaux d'am6lioration
aux sites
desservis. Lee disponibilit~s aux fins de pr~t seront
subordonn~es h une
r6 glementation, lee d~caissements 6tant fonction de l'achbvement
d'un stade
bien d6termin6 de la construction.
Recommandation no5: Dana lea cas ob l1organisation communautaire locale
le permet, le gouvernement devrait encourager l'1tablissement
de mutuelles
de cr6dit et!ou d'6pargne, afin d'encourager l'6pargue
locale aussi bien
que de sausurer des sources de fonds destin~s h des pr~ts,
sources
sur lesquelies il soit possible de ccnpter et qui soient
administr~es
h l16chelon !.ocal et sur une base cooperative, afin dlaccfilrer
La
construction d'aabitations.
5. Am~liorations asns len taudis
Reconmmandation nO6: Des progranives gouvernementaux tendant A l'am6nage-
ment do l'infrastructure destin6e A apporter des amhliorations
dans lea
-8a-
taudia devraient Stre consacr6s en pr~orit6 aux quartiers faisant
p~reuve d~fitre capable. d'une action comzuunautaire et do discipline
individuel le.
C. .Historiue du Cameroun
La Rhpublique-Unie du Cameroun, situfe aur la courbe
formtue par
la cbte occidentale de l'Afrique, eat le seul pays
de ce continent oli
1'anglais et Ie frangais sont lea deux langues officielles.
Anclenne
colonie allemande, son territoire fut divis6 entre
la France et le
Royaume-Uni aprbs la Premibre Guerre Mondiale, puis
rfuni en 1961 en
une fdration du Cameroun frangais et de la partie
sud du Cameroun
britannique occidental (la partie septentrionale
du Cameroun britannique
ftent rattachie au Nigeria). En 1972, la f6d6ration a bt6 remplacbe par
une r~publique unifife dnnt la constitution pr&voit
un President dot*
do pouvoirs ftendus et une Assemblfe nationale '
chambre unique, les
deux 6lus pour des mandate de 5 ans. H. El HadJ Amadou Ahidjo eat chef
d'Etat, Prfnidemt, et president du parti au pouvoir, l'Union nationale
camerounaise.
Yaound eat la capitale du pays, et Douala, la ville la
plus grande
et la plus importante du point de vue commercial.
Ayant approximativement la superficie de la Californie,
lea 475.441 km2
(183.568 milles carr&s) du Cameroun offrent une vaste
gamme de climats, do
paysages et populations. Du point de vue g6ographique,
le pays farme un
triangle allongfi et 6troit qui, des for'dts tropicales
humides du Golfe
do Guinfe, ot la pluviositt peut atteindre 1.016
mm (400 pouces) par an,
u'&tend vers le nord aur 1.287 km (800 milles),
jusqu'au rivage sud du
lac Tchad, W Is bordure m~ridionale du Sahara.
- 10 -
En 1973, le nombre d'habitants 6tait estim6 I 6.200.000, et la
croissance dbmographique anuelle, W 2,1 pour cent environ. Bien
que la population rurale soit pr6dominante (78 pour cent vit dans des
localitfs de moins de 5,000 habitants), les zones urbaines s'accrolssent
au taux annuel de 6 pour cent.- Les pouvoirs publics estiment qu'en 1980,
40 pour cent de la population se trouvera dans des centres urbains.
Des renseignements de base supplfmentaires sur la Rfpublique-Unie
du Cameroun -- sa g~ographie et son climat, son histoire et son
gouvernement ainsi que sa dfniographie -- figurent dans l'Annexe I.
- 11 -
II. LE ROLE DU GOUVERNEMENT DANS LE SECTEUR DE L'HABITAT
A. L'Habitat et l'Urbanisme dang le Deuxibme et Troisime Plans de
Dfveloypement
1. Le Dejxibme Plan de dfveloppement (1966-1971)
Le Deuxibme Plap de dfveloppement du Gouvernement du Cameroun
-- conqu pour orienter les investissements de 1966 ' 1971 --
rfservalt 11,2 milliards de francs CPA de fonds publics et privfs
(approximativement 45 millions) au secteur de l'habitat urbain.
L'assistanca du gouvernement s'est vue limitfe ' la planification
et W l'awknagement de l'infrastructure urbaine (notamment les
adductions d'eau et le rbseau flectrique) tandis que les fonds
priv~s 6taient destines principalement I la construction de logements.
Les chiffres cibles se sont averts r~alistes; en fait, les inves-
tissements publics et priv~s, pendant la pbriode de 5 ans, se sent
6levfs W 11,6 milliards de francs CFA, soit 4 pour cent de plus que
prfvu par )e plan.
Commc. il tait envisag6, dans le Deuxibme Plan de d~veloppement,
le logemeat urbain a recueilli 8,8 pour cent de 1'investissement
public (fonds du Gouvernement de la Roplique-Unie du Cameroun (GRUC),
des gouvernements locaux, des services d'utilitfs publiques et de
1'assistance ftrangbre compris) et 4,6 pour cent de l'investissement
priv6. Ceci reprfsentait un total global de 6,8 pour cent du total
d'investicsement du plan.
5 11 -
DEUXIEME PLAN DE DEVELOPPEMENT (1966-1971) (EN MILLIONS DE FRANCS CFA)
Investissement total Logement urbain
Public B4.560 7.478 (8,8%)
Priv* eO.616 3.700 (4,6%)
Total 165.176 11.178 (6,8%)
Le gouvornement, en plus d'aider W 6tablir, pour le d~veloppenient
urbain, un cadre gkn~ral, a t& amen6 1 opkrer certaines modifications
structurelles. Celles-ci ont 6t6 effectu~es, en gfnfral, grAce '
l'instauration, en juin 1972, du nouveau ministtre de l'Equipement, de
l'Habitat et du Territoire et ' l'ftablissement de d~partements spfcialises
responsablet des rfglementations et des codes du blatiment et de l'habitat.
1/
En outre, lea subsides 4u logement des fonctionnaires devaient Itre 6liminfs.
La politique de 1'habitat du Deuxitme Plan de d6veloppement visait h
encourager Ja construction de logements dans les agglomerations principales
et I 6liminen les subsides octroyfs aux logements cotteux. Les fonds de
provenance ext~rieure, aussi bien les pr~ts que lea dons, ftaient census
%tre utilisfs pour le financement de terrains avec viabilit& et pour une
partie de la construction des unitfis d'habitation, dont le prix, par
consequent, inclurait le terrain et l'urbanisme (dbfinis conine 6tant les
couts d'amnnagement sur site et hors site).
_/ A Yaound , d'aprbs une enqute r~alisfe ' cette poque, 80% de la
population rtsidant dans des unites d'habitation modernes ftaient
log~s aux frais de l'employeur du chef de famille, moyennant seule-
ment une d*duction nominale du salaire; 95% de ces chefs de famille
6taient emrployfs dans le secteur public. Les statistiques du recen-
sement administratif de Buea de 1968, capitale de l'ancien Cameroun
britannique, ndlquent que lea loyers pour des maisons modernes
(tous amtnagements) ayant urc superficie de 70 h 120 mbtres carris,
ftaient fixa, pour les fonctionnaires des 6chelons inffrieurs, I
6% de leur traitement.
- 12 -
Parmi lea objectife d'ordre gfn~ral du plan
figuraient Egalement
certainei am6liorat ona institutionnelles.
L'6pargne des foyers
devait %tre mobilise afin d'augmenter le
montant du capital privt
disponib!e pour le secteur du logement.
Cependant, le plan lui-mme
pr6voyeit que lea investisoements resultant
de l' pargne priv~e ne
conatitueraient que 3,7 milliards de francs
CFA du total estimatif
d'investissements dans la construction de
logements se chif(rant 1
6,9 milliards de francs CFA. I1 6tait prfsum&
que 1,1 milliard de
francs CFA devalent representer l'pargne
des propriftaires de
logements et 2,6 milliards de francs CFA
devaient provenir de sources
non [Link].
Les uApenses r~elles du gouvernement pour
l'habitat et l'urbanisme
se sont 6lev~es, sans compter l'investissement
en adductions d'eau et
en rfseaux lectriques, I 97 pour cent du
montant prfvu. L'investis-
sement total -- public et priv6 -- dans le
secteur du logement, a
atteint 11,6 milliards de francs CFA.
2. Le Troisibme Plan dedAveloppement (1971-1976)
Le Troisibme Plan de d6veloppement du Cameroun
(1971-1976) se
concentre 3ur le problbme de la croissance
urbaine et le besoin de
logements qul en rsulte. Il pr6voi, dans
le logement urbain, un
investissement public proportionnellement r6duit
(le rble du
gouvernement se limitant I nouveau I la planification
et I l'am6na-
gement de l'infrastructure) et un investissement
priv6 beaucoup plus
61evb, 70 pour cent de ces logements devant
%tre des habitations I
- 13 -
bon marchG. Cependant, jusquI% present. mme lea objectifs
gouvernementaux modestes du Troisitme Plan de d6veloppement n'ont
pan t r~aliass. Lea d~penses rfelles sont consid6rablement
inffrieunes aux d6pensea pr&vues et n'atteignent d'ailleurs pas
le montant d6boursd en moyenne au cours du Deuxibne Plan de d~ve-
loppement.
En 'aison de "1'imense envergure des problmes de croissance
urbaine appel6s % se poser dana las principales agglomerations du
Cameroun", le Troisibme Plan demande un surcrolt d'investissements
dans le secteur de l'urbanisme et de 1'habitat et "une enqute
dordre urbain" sur les conditions d'habitation. Tandis que
linveatieaement public dans le secteur doit, relativement, descendre
(bien qu'il augmente, dans 1'absolu) I 6,6 pour cent de linvestisse-
ment totnil du plan, l'investissement priv& dolt s'6lever b 12,4 pour
cent de l'investissement total priv& (et I 64 pour cent de l'inves-
tissement total dans le secteur du logement urbain). Lensemble des
investissements publics et privfs dans le logement urbain est cens6
atteindre 9,4 pour cent de l'investissement du plan, en comparaison
avec 6,8 pour cent d'investissement total du Deuxibme Plan.
TROISIEME PLAN DE DEVELOPPEMENT (1971-1976) JEN MILLIONS DE FRANCS CFA)
Investfssement total Secteur du logement urbain
Public 144.540 9.500 (6,6%)
Privf 135.460 16.800 (12,4%)
Total 280.000 26.300 (9,4%)
- 14 -
Lee responsables de la planification situent lea questions
de croissance urbaine et d'exode rural dansle cadre d'un programe
densemble d'am~nagement du territoire et d'6quipement. L'inves-
tissement vise h renforcer le dveloppement d'une hifrarchie de
centres urbains au-delh des simples villages et hameaux.
Village central: premier echelon dans la hifrarchie urbaine,
comptant 500 ' 1.500 habitants, desservant une region rurale
de 5.000 I 15.000 habitants.
Centre local ou bourg: 7.000 habitants, desservant une r6gion
rurale de 40.000 I 80.000 habitants.
Rble de dfveloppement secondaire ou Capitale de District: ville,
ayant 10.000 I 20.000 habitants, desservant une region de
150.000 t 200.000 habitants.
Petite ville h rble r6gional: centres de r~gions administratives
d'&chelon inffrieur I une province, tels que Maroua, Nkongsamba,
Ngaound6rf, Edea, Kumba, de 22.400 I 90.000 habitants; ou capi-
tales de petites provinces, telles que Bertoua, 9.900 habitants,
et Bamenda, 32.000 habitants.
Capitales de province: Garoua, 40.000 habitants; Bafous3an,
64.500 habitants; Buea-Tiko-Victoria, 65.300 habitants.
Capitales nationales: Yaoundt, capitale administrative,
210.000 habitants, et Douala, capitale commerciale, 315.000
habitants.
Une attention particulibre est 6galement accordfe aux besons
de d6veloppement de Bertoua, capitale de 1'est, I faible denbit&
de population; de Ngaoundfrf, terminus septentrionnal du Chemin
de Fer trans-camerounais; de Bamenda, en bordure de l'ouest en
voie d'urhanisation rapide, auquel ii va letre accords une attention
particulibre en raison du rythme de croissance de ses centres
(8,2 pour cent par an) et de ses agglorntrations secondaires; de la
region mttropolitaine de Douala et de YaLandf.
- 15 -
Dans ce cadre g~n~ral le gouvernement a 6tabli les objectife de
[Link] I long terme suivants:
SIt... tout citoyen, qu'il vive dans une capitale ou dans une
villa 'econdaire, peut r~sider dans un district ayant un
minimum d'infrastructure (un rseau tlmentaire et am6lior
de routes, de fontaines publiques, d'assainissement) et de
services essentiels (kcoles primaires, transports par bateaux,
etc...)."
0 ".,. toute personne ayant les moyens de bhtir une maison (soit
avec des matfriaux traditionnels ou du ciment et des briques)
peu: acqufrir un terrain dot& de la viabilit& correspondante";
* "... toute personne ayant les moyens d'acqu~rir une maison en
brique ou en ciment a la possibilit6 de la louer ou de l'acheter".
(Chapitre [Link]. Urbanisme, Troisinbme Plan de dtveloppement.)
A l'instar du Deuxilme Plan de dfveloppement, l'intervention du
gouvernement doit se borner I 1'urbanisme et 1 l'am~nagement de
lVinfrastructure. Les habitations, dont 70 pour cent sont censfes
%tre I ton marcht, doivent Utre financ~es par des sources priv6es ou
bVties par ?.a Soci~t immobilitre du Cameroun (SIC) au moyen de prbts
strangers.
Le Tableau I 6numbre lee investissements publics du Troisibme Plan
qui seront n~cessaires pour rtaliser lee objectifs susmentionns dans
lea rgioas urbaines.
Jusqu'b prtsent, lea sorties relles de fonds publics aux fins
d'urbanisme ont 6tt considbrablement inffrieures aux sorties pr~vucs
et~en fait, inftrieures aux 20 millions de francs CFA d~pensfs, en
moyennepl cet effet, par le GRUC pendunt le Deuxibme Plan. Au cours
des deux premibres annies d'exfcution du Troisibme Plan, un montant
- 16 -
total de 88 millions do francs CFA a 6t& dpensG,
en comparaison
avec les 430 millions de francs CFA prfvus
par 1s plan. Pour
l'exercice 1972-1973, le plan a prfvu un total
de 190 millions
do frarics CFA aux fins d'urbanisme, de levis
cadastraux et de
trac6 des lotissements; 92 millions de francs
CFA seulement ont
& inscrits au budget, affectation rest~e
presque inutilisfe en
novembre 1973, dernibre date pour laquolle
la mission dispose de
renseignements.
En outre, au cours des trois premibres annes
du Troisitmn Plan
do d~veoppement, un nombre itifIme d'habitations
pour la population
I faible revenu a t& construit par la SIC ou au moyen de prbts.
accordts par la Banque de Dveloppement.
- 17 -
Tableau 1. TroislAme Plain d'Urbanisme at de Lonement urbain
Projet Cout (an millions
de francs CFA)
Urbanisme:
1. 30 plans sommaires de centres (I un cotut d'environ
3,6 millions de francs CFA par centres; y compris
lee centres jouant un r'ble regional, tels que Kunnba,
Bamenda, Bertoua et la capitale rfgionale de
Buea-Tiko-Victoria) 100
2. Plans dftaill~s de parties des centres principaux
(Douala, Yaound&, Bafoussam, Garoua, Ngaoundr,
Kumba, Victoria, Bamenda, Buea) 100
3. Urbanisme "opbrationnel", Itsavoir, enquttes, materiel
prfliminaire pour le dfveloppement ou des transforma-
tions de Yaouqd& et de Douala 600
4. Levis cadastraux de 6 villes (Douala, Yaoundi, Garoua,
Buea, Victoria, Bafoussam) 250
Total de l'urbanisme 1.060
Infrastructure:
1. Adductions d'eau des centres urbains 3.800
Amfnagement de rbseaux 6lectriques dans les centres 2.900
3. Assainissement et &vacuation des eaux us~es I Yaound6
et h Douala et 6tudes prliminaires pour Victoria 1.200
4. Route pfriphfrique de Yaound6 400
5. Salubrit6 et hygibne publinue 140
Total de l'infra3tructure 8.440
Investissement public total dane Is Secteur du logement urbain 9.500
Source: Ministre do l'Equipament, do 1'Habitat at du Territoireo
- 18 -
B. La nouvelle politique de 1'habitat propoee pour le Cameroun
Les responsables gouvernementaux, en plus de mettre davantage
l'accent sur le logement urbain dans leur Troisienne Plan de d~veloppement,
ont pris acce de la pfnurie critique de l'habitat en crfant une conission
chargfe de I'laboration d'une politique nationale de 1'habitat. Le projet
de cette poJitique suggtre un programme coordonn* en vue de rfaliber, par
le blais d'un systbme d'auto-assistance appuyfe, les objectifs relatifs I
1'habitat I bon marchG du Troisi'me Plan de dfveloppement.
Au dfbut des annies 1970, lea fonctionnaires responsables de la plani-
fication orit reconnu que lea divers organismes existants ne parvenaient
pas W atteindre lea objectifs qu'ils avaient fixes, notamment dane le
domaine de l'habitat. Aussi, ont-ils regroup6 les divers services
ministfriels charges de l'urbanisme et de 1'habitat, de l'infrastructure
(travaux publics), ainsi que du conttble et de 1'enregistrement fonciers,
au sein d'un nouveau ministbre de l'Equipement, de l'Habitat et du
Territoire. Ce ministtre fut instituG officiellcment en juin 1972,
lore de la proclamation de la nouvelle constitution.
L'une des premitres tOches du ministhre a t6 l'flaboration d'une
nouvelle politique nationale de l'habitat. A cette fin, une comission
opfciale a 6t& nonmnbe en octobre 1972, et pr6sidfe par le Directeur de
1'Urbanisme et de 1'Habitat de ce nouveau ministtre. Parmi ses membres
figuraient des reprsentants de la Direction du BMtiment, de la Socift6
inuobilibre du Cameroun, du Laboratoire des travaux publics, du Ministtre
du Plan, du Hinistbre des Finances, du Service du gfnie rural du Ministbre
-19 -
de l'Agriculture, du Cabinet du Msire do Yaound6 et des Directions du
cadastre et do l'enregistrenent foncier. Des sous-commisuions spfciales
ont 6galemen &tablies et charg~es de faire rapport sur les couts
6t6
do la consLruction (sous-commission sous la prfsidence de la Socitf
immobilibre du Cameroun) et sur les contraintes du dfveloppement du
secteur de l'habitat, notamment le rfgime foncier (sous-commission sous
la prfsidence du ministtre du Plan).
La Commission a fait remarquer quo la question d'une politique natio-
nale do lhabitat figure h present parmi les prioritfs nationales en
raison de la croissance urbaine rapide (6 ' 12 pour cent par an) qui a
engendrf une p~nurie aigug d'habitations ainsi qu'un dfveloppement
irrationnel et anarchique. Cependant, la Comission a soulignf qu'une
politique de l'habitat doit traiter non seulement de la construction
d'unitfs d'habitation mais 6galement de besoins indfpendants de l'unit*
dthabitation * proprement parler, mais qui doivent %tre satisfaits pour
quo celle-ci soit viable, I savoir l'urbanisme, les fcoles, les installa-
tions ot services coimnunautaires et les espaces verts.
Le rsumf 3uivant se fondo sur des documents mis I la disposition de
la mission, y compris le projet de rapport de mai 1973, ainsi quo de
nombrouses annexes techniques et un r~sumb rfvis6 de mai 1974. Un
projet de rapport d~finitif, rtdig* h l'intention des ministresdoit
Itre publi6 ultfrieurement, cot ftt.
1. Besoins et probl'mes actuels en matitre d'habitat
Afin de loger le nombre accru d'habitants e do remplacer lea
unitis urbaines d~labrfes (ILun taux annuel d'au moins 2 pour cent
- 20 -
du stock existant) de 55.000 'k70.000 unitts devraient btr,
construites annuellement au Cameroun.
BESOINS ANNUELS EN CONSTRUCTION D'HABITATIONS (1972-1975
Yaour,d 4.300 unites
Douala 5.500
Autres agglomtrations
urbaines 15,000-20.000
Total urbain 24.800-29.800
Rural 30.000-40.000
Besoins annuals totaux 54.800-69.800 unites
Lea donntes sur la rpartition du revenu urbain sont extrz'mement
liiittes. L.s donn~es relatives l Yeoundf ont ft& calculfes ' partir
des statistiques de 1964-1965, lea donnfes sur Douala sont fondfes sur
1'ttude d'un de sea quartiers en 1964 et les renseignements sur les
revenus dan lee autres regions urbaines sont inexistants. A partir
des statistiques disponibles, cinq categories d'unit~s d'habitation ont
t augg~ries, ainsi que le pourcentage approximatif de la demande du
march& urbain pour chaque cat~gorie. La dimension minimale dJune maison,
6tant donn6esa dimension de la famille camerounaise et sea pr~firences,
eat de 4 W 5 pibces. Le Tableau 2 offre une description des cinq
categories.
L'absence de politique gouvernementale bien d~finie, lea problbmeas
du rfgime foicier et leb cotts anormalement flevfs dan la construction
se sont conjugu~s pour frustrer lea efforts des pouvoirs publics tendant
I r6soudre Is crise de l'habitat au Cameroun. Qui plus eat, 1'habitat
a traditionnellement W consadbr6 comne se limitant aux seules unitfs
- 21 -
d'habitation. Ainsi, les pouvoirs publics n'ont pas traitb ce secteur
do fa~on syst~smatique et son potential fconomiqIje a *t6 sous-estiml.
Do plus, le gouvernement n'a d~fini aucune politique de financement do
lVassistance gouvernementale en la matibre.
A l'chelon local, les plans d'urbanisme sont pbrimfs, incomplets
at trop gfinruux pour qua lea gouvernements locaux puissent lea exfcuter.
La preparation systhmatique de plans plus dftaill6as permettra aux muni-
cipalit~s de les mettre en oeuvre, de s'assurer de recettes provenant des
taxes et des droits pergus lore de leur application, de coordonner les
activits deo services d'utilit6 publique ou, le cas kchfant, de les
contraindre 1 prendre certaines mesures.
L'absence d'un rAgime foncier et d'un systbme d'enregistrement
foncier rationnels dans la partie du Cameroun d'expression frangaise --
conJugu~e avec les effets de la sp6culation -- rend l'achat de terres,
qua ce soit par des particuliers ou par le gouvernement, extrimement
difficile. Le projet de politique fait appel h une politique nationale
foncibre afin de metcre de l'ordre dans lea titres coutumiera ou
enregistrgs, et lee lotissements lAgaux ou spontants.
Finalement, le d~veloppement de l'habitat au Cameroun eat frein6
par les cotats de la construction, qui sont sup&rieurs de 60 pour cent
h coux d'Abidjnn ou du Sfnigal.
2. jxcution. Considtrations Rbntrales
La politique do l'habitat divise le progranme coordonnG d'habitations
I bon march&, d'une part, en mesures pr~liminaires at, d'autre part, an
- 22 -
Tableau 2. Unites dthabitation envisagfes par classe de revenu
Revenu [Link] Marchf Superficie
(Fa-A/ Pays Yaound (m2 ) Description U'd'H Ter- Urb. Total
mois) rain
Sur&co- 27.000 70% 507 80 Plancher en ciment, 300 100 600 1.000
nomique maximum toit de mttal, point
dleau unique avec 6gout,
WC turques avec fosse
d'aisance, murs de pLs&
ou de planches, portes
et fen~tres en bois
massif
Moyenne-- 22,000- 20% 35% 100 Analogue h l'unit6 600 100 600 1.300
ment 43.000 surfconomique, avec
&conomique pl~tres b l'int~rieur
et A 1'ext6rieur, pla-
fond, fen~tres I abat-
vent et portes intfrieures
Economique 43.000- 41/2% 7% 100 Analogue h l'unit- 1000 100 600 1.700
6quipfe 61.000 moyennement 6conomique,
avec installations
sanitaires et 6lectriques
compR~tes, fosse septique,
peintures fntfrieures et
meilleur sol en ciment
Economique 61.009- 3 1/2% 5% 70- Bloc de ciment, maison 2.000 100 1750 12.650
'pfrieure 90.000 100 la meilleur march& en
matfriaux modernes
Haute Plus de 2% 3% 100- EntiZrement parachevfe, 5.000 1-2.000 6-7.000
qualit& 90.000 200 terrace, garage, terrain
paysager
Source: Ministbre de l'Equipement, de l'Habitat et du Territoire
politiques financitree. Lee mesures prfliminaires sugg6rges sont
les suivantes:
e Traitor llinfrastructure urbaine come un investiqsement
&conomiquement favorable.
e Elaborer une nouvelle politique foncibre permottant au
gouverniement de contrbler le dfveloppement et de s'assurer
do recettes fispales approprifes provenant de ce dfveloppement.
Let eures ' prendre dans l~avenir pourraient aller des modifi-
cations du r6gime fiscal en vigueur h la nationalisation de toutes
lee terreas urbaines.
* Mettre ' jour et moderniser les plans d'urbanisme.
* Pr~ciser le role respectif des municipalitfs du gouvernement
national et leur accs aux recettes fiscales.
o Ehduire les couts flevfs de la construction au moyen d'une
recherche d'une plus grande utilisation de mat~riaux locaux,
du dfveloppement de 1'entreprise au Cameroun sans recourir h
un personnel 6tranger ontreux et des paiements plus rapideo
pour lee contrats de travaux publics afin de rduire les
chargus supportbes par l'entrepreneur,
Rbformes ougg~r~es do la politique fiscale:
e Dlimiter clairement les responsabilit6s du gouvernement
national et des municipalitfs.
0 Identifir le degr6 d'importance et la nature de l'interven-
tion finwicitre du gouvernement national. En partaxit du
principe que les oubsides octroyfs par le gouvernement devraient
. 24 -
favoriser l'[Link] % bon march&, lea subsido pourraient Utre
limit~s aux terrains de 300 mAtres carrfs et aux terres obtenues
' la suite de condamnations. La commission est d'avis que le
gouvernement devrait financer e co'ut de l1infrastructure et
des turres acquises 1 la suite de condamnationss pour lea trois
cat~gories fconomiques inf£rieures (pour lee unit6s moyennement
&conomiques et surbconomiques, une partie du prix d'achat --
probablement plus 6lev6 -- des terrains privfs pourraient
6galement ltre subventionnfe). Pour ce qui eat des unit~s
6coromiques suptrieures, le gouvernement pourrait subventionner
uniquement la moitih du cout de l'infrastructure. Les ministtres
respectifs continueraient, bien entendu, h %tre responsables des
installations communautaires, mais seraient dorfnavant plus en
mesure de coordonner leurs efforts dans cette construction.
* Prendra des mesures complfmentaires pour encourager 1'initiative
priv6e. Celles-ci pourraient inclure un programme plus intensif
dans le domaine des mattriawx de construction, des prZets, des
primes I la construction, des economies des contrats d'entreprise,
des subventions des intftbts, des allocations de logement aux
employeurs et des coopfratives d'habitation.
* Obtenir une assistance financibre &trangbre auprbs de la Banque
internationale de Reconstruction et de Dfveloppement (BIRD), de
l'Agence pour le Dfveloppement international des Etats-Unis
(USAID) et d6 la Caisse centrale de Cooperation 6conomique (CCCE).
- 25 - *
3. Pogrammes d'action inu~diate
Pour lea zones urbaines, ot lea problbmes de lhabitat sont
lea plus o6rieux, trois programmes sont proposes. Le premier eat
un p rojet de sites at services jortant initialement sur 200 hectares
% Douala et I Yaound6 (5.000 I 6.000 terrains dana chaque ville)
at 'S61evantau total l 4,8 milliards de francs CFA ($20 millions),
dont 1L moiti& devra provenir de sources d'assistance Strangbre.
Le deuxitme projet envisag6 concerne la rnovation des taudis
et me chifire % 280 millions de francs CFA ($1,17 million) par an
(dont la moitiA au moins devrait provenir de sources d'assistance
6trangbres). I1 comprend l'amnagement de voies de service, d'une
infrastructure connexe, p',rticulibrement des fontaines publiques,
dans lei quartiers h forte densit6 de population de Douala et de
Yaound6. La commission prend acte du fait que lea taudis ont une
vitalitt et souvent un rble fconomique important qu'il convient
de ne pas d6truire.
Le troisitme projet suggfr6 porte sur la publication d'un
manuel pratique de construction d'habitations fconomiques.
Lea efforts d~ployfis dana les zones rurales se feront dana
deux sens. Les villages devraient bfnfficier d'une assistance
technique ei, matibre de logement telle que la prestation de
se-vices d'organisateurs, le fourniture de presses h belier CIINVA
at l'accti aux ciatfriaux de coiaftrction,. Parallblement, une aide
devrait 'etre fournie aux villages I caractbre central en ameliorant,
entre autres, lea fdifices publics at ladduction d'ea,
- 26 -
La politique de 1'habitat appallo 6galement un dveloppement
institutionnel. Puisque la Banque do Dveloppement du Cameroun
at la Socift6 immobilibre du Cameroun no sont pas on mesure de
financev ot/ou do gfrer un programme de sites ot services de
grande envergure, il convient do crier, h cette fin, une institu-
tion nationalo at semi-publique qui jouerait le double rble de
banque iumobilibre ot d'organisme responsable des amnagements
do sites at services. Initialement institution pilote relevant
do la SIC, elle devrait pouvoir devenir autonome ' une 6tape plus
avan¢ee de son dfveloppement. Le projet de rapport suggtre qu'elle
soit dot~e d'un capital initial de 50 millions de francs CFA
($208.000, qui serait porte ultfrieurement I 200 millions de
francs CFA ($833.000).
4. Financement de la nouvelle politique de l'habitat
Sui~ant les donntes disponibles, les couts de mise en oeuvre
du programne initial de sites et services de la politique de
l'habitat (non compris l'acquisition de terrains) sont les suivants:
COUT DES PROGRAMMES INITIAUX DE SITES ET SERVICES (EN MILLIONS DE FRANCS CPA)
Sitem et services (terrains vagues) 4.800
Senricae pour lee taudis 280
Capital de la nouvelle institution 50
Total 5.130 ($21,4 millions)
Co chiffre est de beaucoup sup~rieur aux 150 millions de francs CFA
par an pr~vus dans ]a Troisibme Plan pour "l'urbanisme op6rationnel"
at exigo une assistance 6trangbre corsidrable, come le constate
le projet de politique lui-m~me.
- 27 -
III. LE SECTEUR DE L'HABITAT
A. Windustrie du blitiment
1. Les constructeurs et l'organisation de l'industrie
Le secteur moderne de lindustrie du brtiment au Cameroun eat
doming per une demi-douzaine de grandes entreprises, dont deux
seulement sont camerouraises, et par un groupe semblable de sous-
traitants et de fournisseurs. Certaines maisons sont des filiales
de sociftfs europ~ennes; d'autres sont entre lea mains de ressor-
tissante &trangers ftablis au Cameroun. En gfn~ral, le capital de
cOB entreprises eat de l'ordre de 50 1 100 millions de francs CFA
et elles Fassent des marchfs de 1 ' 2 milliards de francs CFA.
Le chiffre d'affaireedu secteur moderne, y compris lea travaux
publics, avoisine 18 milliards de francs CFA et crolt, W prtx
constantn, au taux approximatif de 4 pour cent par an.
Cependant, Ia quasi-totalit6 des unit6s d'habitation, I
l'exceptioa du nombre rfduit d'appartements, de villas pour lea
familles & revenu flev6, et de projets de la SIC, est bitie soit
par lea propribtaires eux-memes, soit sur une base cooperative,
soit par de petits tcherons (ouvriers aux comp~tences rudimen-
taires en menuiserie) qui embauchent de la main-d'oeuvre et
utilisent lea mat*riaux fourlnis par le propriftaire. Le total
Ge la const:uction dens le secteur marginal eat estim6 ' 8 ou 9
milliards de f:ancs CFA par an st, selon ane btude men~e par le
Laboratoire des travaux publics (LTP), 55 h 60 pour cent des
unites sont construites par le propri±taire; voir le Tableau 3
pour tous d~tail.
- 28
Tableau 3. Construction 1964-1974 (en milliards de francs
CFA)
1964-65 65-66 66-67 67-68 68-69 69-70 70-71 Pro_.73-74
a. Secteur moderne
(y compris lea
travaux publics)
aux prix courants 9,8 1293 11,4 12,1 13,1 13,8 14,8 18
b. Indice des salaires
de 1'incustrie
du bitiment 99,7 100 100 102,8 106,4 109 111,6 120
c. Secteur moderne
A prix constants
(a/b) 9,8 12,3 11,4 11,8 12,3 12,7 13,3 15
d. Secteur marginal,
t~cheronage - - - 3;1 - - - 4
e. Secteur marginal,
construction par
le propri&taire
4,1 5
f. Total du secteur
marginal (princi-
Palement 1 'babi-
tat) 7 7,6 7,6 732 7,3 7,5 7,8 9
Total de la
construction
(c+f) 16,8 19,9 19 19 19,6 20,2 21,1 24
Source: Comptes nationaux, BIRD et LTP.
Un 6chelin moyen do constructeurs camerounais capables deentre-
prendre de patits projets ou do sous-traiter des travaux plus impor-
tants n'existe pas encore. Certains constructeurs sont aides par le
Centre d'Assisaance aux Moyennes et Petites Entreprises (CAHPE) avec
lVappui du ?NTUD et la SIC9 de son cbt , a rAcenmnent pass& des marches
deun montant total de 40 millions de francs CFA h 3 petits constructeurs
participant I son programme Cit6 Verte. Cependant, la carence de capi-
taux et e'exprience an matitre do gestion entravera le d~veloppement
d'autves entreprises.
Un prograone do sites et services de grande envergure, tel quo
celui fnonc6 dans le projet de politique nationale de l'habitat du
ministbreppeut fournir une assise pour un dfveloppement sensible des
entreprises camerounaises de construction. Nombre de particuliers
bAtissant de nowreaux logis dans des zones fortement peuplfes donneront
aux t'cherons ambitieux la possibilitf de passer plusieurs march6s I la
fois. Ila no seront limits, d'ailleurs, que par leur competence '
embaucher et U diriger la main-d'oeuvre. Pour btre efficace 1 cet
fgard, le programme de sites et services devrait inclure une section
de pr~ts h la construction afin d'offrir aux propriftaires les ressources
ncessaires pour qu'il n'y at aucune interruption des travaux. 11 en
rfsulterait, pour le tOcheron, un travail plus rfgulier et dea respon-
sabilits plus larges I toutee les 6capes de la construction. A mesure
quo leurs affaires prosp6reront, lec t'tcherons compftents en maribre de
gestion de projets commenceront ' acqubrit leurs matfriaux de construc-
tion en grandt quantit. A ce stage, pour ur maximum d'efficacit6, lea
- 30 -
constructours devront b~n~ficier d'un plus grand acc~s aux prats
accordfs aux petites entreprises, afin de se procurer
le mat6riel
et disposer des entrepbts n~cessaires.
La construction d'habitations sur les 10.000 b 12.000 terrains
avec viabilit6 envisag6s par le ministtre de 1'Habitat repr~senterait
-- en supposant un cout de 300.000 FCFA l'unit6
-- de 3 h 3,6 milliards
do francs CPA, solt un tiers arpproximativement du volume annuel
actuel
du secteur marginal. Puisque, de toute fagon, la majorit& de
ces
travaux de construction auraient U6 effectu~s dans des quartiers
en
marge de toute rglementation, ils ne devraient pas peser trbs
lourde-
ment sur & capacit6 de production du secteur du batiment, et
ce, d'autant
plus que ce type de construction fait appel, en grande partie,
' une main-
d'oeuvre non sp6cialis6e ou semi-sp6cialisbe pour laquelle il
y a
61asticit& d'offre. IAme si 'on supposait que le programme,
dare sa
totalit6, reprfeenterait un accroissement de production, il ne
s'agirait
quo d'une augmuntation de 6 ' 8 pour cent au-delt des niveaux
actuels,
en supposans une pfriode de 3 ans pour l'axmfnagement des terrains
et de
2 ans de plus pour le parachlvement des maisons (un programnme
de 5 ens
au total). Les contraintes porteralent plus vreisemblablement sur Is
contrble effiLace de la qualit6 de la construction.
Les 4,8 milliards do francs CFA estimfs nfcessaires
par le ministtre
pour d6frayer lea ccbts d'urbanisation du programme
envisage reprtsente-
raient, dens ce caj, un accrclss ment de production
du secteur moderne
d'onviron 9 pour cent au-del*h des niveaux actuels,
pour un programme do
3 ans, at do 5 pour cent, pour un programme de 5 ans.
Ceci pourrait
- 31 -
%tre effectut sane difficultS puisque le capital et 10 materiel des
entreprises Ju secteur moderns sont parfois sous-utilias. De plus,
les entreprises lites h des soci~ts europlennes pourratent, le cas
6chbant, disposer de ressources et de cadres experiment~s additionnels
pour satisfaire 1 la demande suppl~entaire.
Les CoeuLs 61evfs de la construction sont en partie imputables, sans
aucun doutev arx frais gfnfraux des constructeurs et fournisseurs
&trangers .implantfs au Cameroun.
A partir des comptes nationaux de la valeur ajoutfe dans l'industrie
du b'timent, des statistiques des salaires du syndicat (GICAM) de cette
industrie et d'une analyse des colits estimatifa, lon parvient aux chiffres
approximatifs suivants:
VENTILATION DES COU7TS - SECTEUR MODERNE
Main-d'oeuvre locale 177
Main-d'oeuvre ftrangtre
implantte au Cameroun 6_.
Main-d'oeuvre totale 237.
Bfn6fices et frais g&nbraux 277.
Valeur ajoutte totale 507%
Mattriaux (voir A.3) 507,
1007
Source: Comptes nationaux, GICAM at estimations de la mission.
Une 6tude mente par Ia SIC indique qua les frais gtnbraux sont filev~s
pour diverses raisons. Le m&rch~s do travaux publics tendent Ittre
irr~guliers et h entralner do longs dtlais pour leur n6gociation at
- 32 -
approbation. Lea entreprises parfois fonctionnent h pleine capacit6
et parfois sont inactives; ainsi il leur eat difficile do planifier
do fagon efficace leur personnel, l'utilisation de l'quipement et le
stockage de matfriaux. Lea travaux qu'elles entreprennent sont par
consequent plus onlreux. Le paiement des travaux publics qui leur
sont concedes sont souvent lents, ce qui ajoute des frais de financement
1 leurs frais g~nbraux. II leur est difficile de se procurer lea pibces
do rechange ncessaires pour bien entretenir leur 6quipement. Ainsi,
lea entreprises sont soit surkquip~es pour fviter d'etre immobilis~es
par des pannes ou font venir des piloces de rechange par fret a6rien,
ce qui entralne des d~penses consid~rables. I1 n'y a pas de cadres
qualifits aur place et les entreprises sont tenues d'en recruter I
l'6tranger en leur offrant certains avantages. Les technicians camerou-
nais sont presque toujours absorb6s par leur gouvernement.
Les marchsa du btiment sont conclus selon le systbme frangais
d'appel d'offres, mais lea b~nbfices et lea frais gfn~raux du construc-
teur sont g~ntralement inclus dans ses prix unitaires et ne figurent
pas en tent que rubrique ind6pendante. La m6thode locale est de retenir
10 pour cent des paiements au constructeur en les virant 1A un fonds do
garantie, mais en gfntral aucune caution de bonne fin n'est exig~e. Une
garantie do 10 ana eat achetfe par le constructeur et revient I:
1,1% pour lassurance
2,1% pour SOCOTEC (inapecteur)
Par la suite, il faudra restructurer l'industrie et des programmes
nationaux dave ient ltre 61labor6s en vue de maximisar lea possibilit~a
- 33 -
offortes aux constructeurs locaux. Nfanmoins, ceci prendra du temps
at lee contructours camerounais so hourteront, dane certains cas,
aux mne problembes do cotts qua lea strangers implants au Cameroun.
I1 convient surtout de faire augmenter le nombre de constructeurs
qualifits et d'intensifier la concurrence.
2. Leoffre Je main-d'oeuvre
Sil y a suffisanment de main-d'oeuvre non sp~cia~is6e ou semi-
sp6cialis6e, ou m~me de macons, de charpentiers et autres artisans,
il y a, par contre, pfnurie de cadres qualifi~s, tels que les techni-
cians et les contremaltres. Dans le passe, les Europfens ont souvent
rempli ceb postes. A l'heure actuelle, des ressortissants d'autres
pays d'Afrique occidentale sont recruts, notanmnent au S6n~gal ot au
Togo. Nfannuoins, les scurces sont limit~es et les constructeurs se
voient parfcis contraints de beaucoup entreprendre avec un personnel
r~duit ou de dcnner plus de responsabilit&s ' des ho mes ayant moins
deexprience. Cette situation ne diminue pas sensiblement le volume
de travail, mais nuit ' la qualit6 de celui-cL.
I1 y a teglement un nonbre insuffisant d'ouvriers sp~cialis6s eels
coux employis I la construction de b'timents k 6tages multiples ou
utilisant des techniques industrielles, mais ce fait ne devrait pas
poser de probJ.1mes au secteur de !'habitat. En gfnfiral, les entre-
prises de travaux publics forment un nombre adfquat de machinistes
pour conduira les niveleuses et autre matfiriel d'urbanisation.
- 34 -
3. Disponibillt6 des mat6riaux
Come dans lea autres pays d'Afrique occidentale et centrale, lea
cotts des mat6riaux ont augments de 30 1 40 pour cent au cours do
l'ann~e dernihre, et des pfnuries ont coumnenc6 ' poser des problbmes
dans de nombreux domaines. Ceci a affect6 principalement les mat~riaux
importts en raison de l'inflation mondiale et de la hausse des coluts
d'exp~dition entraln~e par la crise du p~trole, mais il y a eu aussi
une augmentation extr~mement marqu6e de la demande des pays en vole
do d~veloppement et un fl6chissement de l'offre des pays dfvelopp~s.
A titre d'exemple, lea lois contre la pollution aux Etats-Unis ont
r~duit la diiponibilit6 de mchefer pour la fabrication du ciment.
En Europe comme en Afrique, lea usines fabriquant de nombreux matfriaux
deviennent p~rim~es ou insuffisantes ' une *poque oA il est difficile
d'obtenir lea ressources n~cessaires pour financer de nouveaux inves-
tissements.
Le prix du ciment au Cameroun a augment& d'environ 25 pour cent
au coura de la preibre moitit de 1974, pour atteindre 22.000 FCFA la
tonne I Yaound6 ($3,90 le sac de 94 livres), en comparaison avec une
croisnce annuelle de 5 pour nent pendant les annbes antfrieures. Un
prograne d'expansion est en cours I la cimenteric de Bonaberi, h
proximitb de Douala, afin de porter le capacitt de cette usine 1h
280.000 tonnes par an -- plus du double de son ancienne capacit6 --
ce qui permettra de satisfaire, pour le raoment, lea besoins locaux.
Jusqu'l prbsent 135.000 tonnes ont ft6 importtes annuellement d'Europe.
M 35 -
Nbanmoins, la production do ciment eat toujours basae our le mAchefer
importS, dmnt il y a pknurie depuis l'annfe dernibre at dont le prix
a augnent6 do 40 pour cent en 1974. Le ulchefer * base de gypse a
augments de 807. En raipon do cette situation et du co^ut 6lev6 des
machines importfes, le ciment fabriqu& sur place codute 20 pour cent
do plus quo le ciment import6. Des prospections gfologiques ont
indiqu6 l'emplacement de gisements de calcium exploitables. Ce
calcium petmettra de remplacer 1. machefer et de rfdulre lea cots,
mais le progranme d'investissement n6cessaire pour l'exploiter n'a
pas encore t6 arrt&. Ca socift& CINECAM, 1 laquelle participe la
Socift6 Nationale d'Investissement du gouvernement pour 43,1 pour
cant, eat contrtIbe par la sociftb La Farge Internationale.
Une petite cimenterie, situfe W Feguil et exploitbe par la mme
socibt6, fabrique du ciment en utilisant lea gisements de calcium
locaux et dessert le nord du pays ob le cotit des transports eat
prohibitif. Par exemple, le ciment double de prix lorsqu'il eat trans-
port6 de Douala I Garoua. La production, n~anmoins, eat limitfe I
28.000 tonnes, dont 1/3 eat export6 au Tchad.
Le sable et les graviers sont disponibles sur place dane l'ensemble
du pays, h l'exception du nord, mais ils ne sont pas encore exploicts
industriellemunt, YaoundG et Douala en posAbdent en quantit suffi-
sante. A Yaouwd& le prix du sable eat de l'ordre de 1.800 FCFA/mbtre
cube ($5,70/yard cube) et celui du gra-Aer do grosseur moyenne, do
5.000 FCFA/nttre cube (s'l5,90/yard cube).
M 36 -
Le plue souvent, le constructeur fabrique
des blocs de ciment sur
le chantierp mais, dans la majoritf des grands centres, ils sont fgalement
produits par des fabricants industriels et artisanaux. Un bloc de ciment
de lOx20x40 cm, achetb auprs d'un fabricant industrial b Douala ou h
Yaound*, codate 75 FCFA (30) alors qu'un bloc fabriquh par un artisan
at ayant la mueme taille mais gbnhralement de qualit6 infbrieure comte
45 FCFA (200) h Douala at 60 FCFA (25j) h Yaoundb. On estime que plus
de 6 milliards do francs CFA par an sont dbpens~s pour l'achat de blocs
de baton, soit un quart du volume total de la construction.
I1 n'existe qu'un saul fabricant de briques en argile cuites et
sa capacitb do production eat limite U 750.000 briques. Salon le LTP,
la qualitb des briques, dane le passe, n'a pas 6th bonne, mais elle est
en voie d'am~lioration. On esptre que la dfcouverte d'autres gisements
d'argile permettra d'btablir de nouvelles briqueries afin de concurrencer
lea blocs de baton at de rbduire ainsi les importations de matfriaux de
construction. Dans le nord,des blocs en terre non stabiliste aont
largement utilisfs at la Direction de l'habitat du ministbre a achetb
un certain numbre de presses h bblier CINVA RAM, mais leur utilisation ne
a 'eat pas encore averbe &conomiqiie en raison du cot &lev& du ciment.
Le bois eat abondant, sauf dans le nord, bien qu'il ne soit pas
coujours bien ccnservb ou traitb. Nbanmoins, les prix ont augw.4ntb de
30 h 40 pour cent au cours des six premiers mois de 1974, pour attaindre,
- 37 -
h Yaoundt, 24.000 FCFA/m*btre cube do bois do
charpente, en comparaison
do laccroissement moyen annuel do 12 pour cent
des anntes antfrieures.
Le cot du bois et son transport difficile sont
des &lhments importants.
Des planches dbgrossies ou en bois do fente
sont largement utilisfes
pour [Link] les moural notammnent I Douala.
Du contre-plaqub eat
fabriqu& I M'Balmayo et &galement importb du Gabon.
Des pibces de
charpente compostes aont fabriqu6es par la SIAC
I Eseka et destinies
principalement h la construction de grands ouvrages.
Cependant, l'usine
pourrait leG produire industriellement pour les
maisons. De grands
progrbs sont h accomplir en matibre de conception
et de dimension des
pibces de boin. En offet, l'utilisation plus r6pandue du bois
offrira
vraisemblableuent, ' long terme, le plus grand
potentiel d'bconomies
et de substitution des importations dana le domains
des matkriaux de
construction.
A Edea, SOCATRALP filibre du groupe ALUCAM dont
la production
d'alnninium reprbsente 8 rour cent des exportations
du Cameroun, fabrique
des toitures d'alunminium on quantitt suffisante
pour subvenir aux
besoins locaux et h l'exportation. Les feuilles
minces d'aluminium
(26/100 mm), dbuommbes "surbconomiques" sont trbs
recherchtes en raison
de leur prix relativement bas, environ 400 FCFA
pour une feuille de
2 mm x 90 cm (104 le pied carEr). Plus de 4
millions de mbtres carrbs
de ces feuilles d'alumirium sont vendues annuellement
dane le pays.
Par ailleurs, deux millions de mbLres carrbs de
feuilles de qualith
suptrieure, jusqu'b 6/10 umm, sont vendus. La
quasi-totalit6 des maisons
urbaines sont couvertes d'aluminium, at lon
estime quo c'est bgalement
v 38 -
le (s de Ia moiti des maisons rurales. L'aluminium se substitue
rapidement aux toits de chaume
traditionnels qut doivent
tre remplacbs
tous lee trois one approximativement
s'ils ne sont pas traitbs et
sont,
an fait, plus chars que l'aluminium
dans de nombreuses rfgions.
SOCATRAL
met au point des pibces de
charpente pour les cases rondes.
Des toitures
on fibre de verre sont b8alenent
fabriqubes localement pour
des usages
sp~ciauxo Des toitures galvanises
sont importtes, bien qu'elles
soient
plus on6reuses et moins durables.
Le Cameroua imports annuellement
environ 10.000 tonnes d'acier
d'armature. "on prix, en hausse
rapide, a atteint plus de
100 FCFA/kg
ets de temps ' autre, il y
a p~nurie de stock. Une certaine
quantith
d'acier d'armature est produtte
I Douala, utilisant des rebuts
en mbtal.
En outre, le Cameroun satisfait
de la meme manibre 95 pour
cent environ
do so demands en clous.
La plomberie, lee appareils
sanitaires, lee fournitures
bleccriques,
le Verre et let matibres plastiques
sont importbs° Lee peintures
et lee
vernis sont ouintenant produics
h Douala.
En supposant que le Mnachefer
import6 reprbsente la moiti6
du cozt
du ciment, !e total de l'blbment
importh pour l'habitat moderne,
tel
qu'il est construit par la
SIC par 6xemple, peut 'etre
estimb ' 30
pour cent des mstbriaux de
construction ou h 15 pour cent
du co^t total
do la constructicn, comme l'indique
le tableau suivant:
* 39 -
JENTIHATION DES COUTS - SECTEUR MODERN!
Matbriaux importbs 157
Matbriaux locaux 307.
Taxes sur lea importations 57.
(mechefers exclus)
Total des matbriaux 50
Vain-d'oeuvre, bbnbfices, et
frais gnftraux (Voir Asl) 50%
100
Source: Estimations do Ia mission basies sur Is structure des coots do la SIC
L'blbmnt d'importation dans Ie cas des constructions traditionnelles
ou amalior6es eaL assez rfduit, mis il est vraisemblablement un peu plus
&levb pour lea travaux d'urbanisation. En supposant que l'utilisation des
matkriaux locajx soit maximisbe, les approvisionnements en matfriaux
devraient pouvoir suivre Ia croisRnnce de l'industrie. Pour ce faire,
cependant, il faudra recourir I une planification suivie et tenir compte
do is hausse constante des prix.
4. Mlthodes de construction et coats
Au Cameroun, lea colts hlevbo de is construction sont duo principale-
mont ' 18 structure de l'industrie du b'timent et aux cots anormalement
6levfs des matbriaux, notament du ciment.
Les m~thodes traditionnelles varient suivant lee rhgions et lea
matbriaux disponibles. Les constructions lea plus rbpandues scnt faites
d'une sorts do treillage ravitu do baue. Des poteaux sont enfoncbs dane
I* sol, I faibles intervalles, et des lattes en boiE de fente y sont
- 40 -
attachbes horizontalemnt, do chaque c~tI, au moyan de fil do far pour
former un mur en treillage remarquablement solide qui eat slors rempli
d'un platre de boue. Les poteaux ne sont pas traitbs avant d'etre [Link]
dens isol, mais il semble que le treillage rigide est suffisawment
serr* pour former un tout stable pendant une ptriode do temps considbrable,
m'eme si lea poeaux sont minbs au sol par des termites.
Dans la rbgion do Douala, oh l'argile n'est pas adequate pour tre
utilisfe en guise de platre, une charpente classique en bols eat
construite, lea poteaux btant simplement planths dens le sol et des
planches dfgrossies de dimensions irrbgulitres y btant fixbes. Dans
le nord du pays, ob le bois se fait rare, les murs sont bltis b l'aide
de simples blocs de boue renforchs de paille. La charpente des toits,
meme dans le nord, est formbe de planches ou de poteaux de bois.
Auparavant, on lea recouvrait de chaume, mats, comne cela a dbjt &tb
mentionnb, lee toits sont de plus en plus frbquemment recouverrs d'alu-
minium, meme dans les rbgions rurales. La quasi-totalitt des maisons,
notamnent dans les zones urbaines, cat un sol en ciment.
On trouve des exemples remarquables "d'architecture sens architecte"
-- d^nmes de boue en forme de ruche, cases rondes ' deux btages, techniques
d'6rection de granges prbfabriqubes et certains villages traditionnels
bien agenchs, La qualitb des [Link] et habitations du secteur
marginal, mieme b des Echelons inftrieurs, est relativement bonne, Lea
costs types pour une trbs petite maiecn figurent au Tableau 4.
- 41 -
Tableau 4. Structure des couts
Ngison simple, en Planches, de 30 mbtres carr6s (Douala)
Sol en ciment:
12 sacs de ciment h 1.000 FCFA 12.000
5 mbtres cubes de sable 10.000
Structure des nours:
75 poutres verticales I 500 FCFA 37.500
150 planches dfgrossies h 75 FCFA 11.250
40 kg de clous h 300 FCFA 12.000
Couverture:
30 feuilles d'aluminium ' 400 FCFA 12.000
4 feuilles d'aluminium de faite h 250 FCFA 1.000
2 kg de clous de couverture
50 pibces pour la charpente du toit ' 500 FCFA 25.000
3 portes h 5.000 FCFA 15.000
2 feneAtres h 2.500 FCFA 5.000
Main-d'oeuvre talari~e 40.000
Prestations aux membres de la famille participant h la
construction 10.000
Coit total ' 6.500 FCFA/mbtre cart ($[Link]/pied carrG) 190.000
Source: Etude de 1972 du LTP, miss U jour salon lea estimations do Is
mission.
- 42 -
GOnkralemnt, aux alentours do Yaoundt, lee maisons en treillage
recouvert do boue colatent environ le mnIme prix, 200.000 FCFA l'unitb,
mais sont plus grandes -- le plus petite couvrant approximativement
50 mbtres carrts, soit 4.000 FCFA/mbtre carrb.
Les ameliorations que le projet de politique de l'habitat du
ministbre [Link] d'apporter * cos structures de base, au niveau surb-
conomique sont: un point d'eau, un fgout, et des toilettes. On estime
que, pour une maison de dimensions minimales pouvant loger une famille
camerounaise. ceci reviendrait h 300.000 FCFA.
Les familles pouvant se permettre de construire lbgbrement plus
qu'un logement surtconomique b'tissent une unit& plus grande, ayant Is
meme construction de base, mals en y ajoutant des plitres intbrieurs et
exttrieurs, deA faux plafonds, u-1plus de fenetres et de portes. Cette
description correspond b cc que le ministbre dflnit comma unitt
"moyennement bconomique", dont lr valcur est estimbe b 600.000 FCFA.
Do meilleures poutres d'attache pcur l1s fondatione et des installations
sanitaires et blectriques complbtvs sont les ambliorations suppibmentaires
apport~es ' la structure de base correspondant h lunith "bconomique
hquipfe", estim'.e h 1.000.000 FCFA.
En comparalson, meme ia maisoi Is lu.s petite, en matt-riaux "modernes",
eat co~teuse. Les uitta,les motii chbres construites par Is SIC coutent
3C.000 FCFA/nmitie carrb ($12 le pled cerrb) er lee units entrcpr sces dana
Io cadre du programme [Link] Verte revtianent on moyenno h 45.000 FCFA/mbtre carrb
- 4) -
($17.50 Is pied carr6)8 ,'urbanisation non incluse. I1 s'agit do
constructions aux fondations lbgbreas aemblables * cellos qua l'on
trouve dana dautres parties do l'Afrique francophone: piliers d'angle
en bfton ot poutres d'attache au haut et au pied de murs blevbs on
blocs do 15 L; sol formh d'une dalle; toiture d'aluminium; plafonds
en contre-plaoub; platres; installations blectriques et sanitaires
compibtes. Du paint de vue technique, lea maisons construites par la
SIC ainst qua celles construites par des particuliers sont de bonne
qualitb; cepevdant, une btude de la SIC a fait ressortir qua les co~zts
au Cameroun sont 60 pour cent plus blev~s quo ceux de la Cote-d'Ivoire
et du Sbnbgal. Aux fins de comparaison, la SICOGI et la SICAP, socittbs
immobilibres semblables * la SIC, ont ftb invitbes b indiquer le prix
d'une unit& de 87 mbtres carrbs analogue ' celle du Caneroun. Les
coute, qui ont eugmentt de 30 pour cent dans ces trois pays depuis la
r~alisatior de cette btude, figurent au Tableau 5.
Lea co^its de la construction au Cameroun peuvent 'tre rbduits quolque
pou en pretant plus d'attention aux dbtails et au choix des matbriaux,
mais pour rhalise- des bconomies supplmentaires il s'avbrera peut-'tre
n~cessaire de rbviser les normes de conception. 11 conviendrait peut-
stre, b titre e'exenple, do s'attacher au dhbut ] fournir ' l'acheteur
une superficie minimum viable et de lul laisser le soin de faire bon
nombre de finitions ov d'ambliorer sa maison b mesure que son revenu
1. lui permet. Lea units dev 3ient '6cre congues de sorte h pouvoir
2tre agrandies fa:ilement, .e qui rendrait plus acceptable une matison
- 44 -
TABLEAU 5. Cozaraison des couts Unit& de 87 mbtres carrts
-
- Construction
moderne
Cameroun S6n6gal Abidjan
SIC SIC A P SICOGI
Terrassements 21.850 20.250 13.160
Fondations 218.282 72.650 101.178
Magonnerie et bfton 583.138 266.600 296.930
Couverture 420.000 337.848 302.892
Plftres 360.000 206.930 217.360
Charpente 187.000 127.850 141.000
Electricit6 92.390 41.285 32.000
Plomberie 168.900 141.986 136.625
Egouts 38.250 23.210 23.620
Peinture 92.420 100.035 101.465
Total 2.183.130 1.339.184 1.371.430
Source: SIC
- 45 -
initialement petite. Lee normes techniques devront paut-tre bgale-
ment tre rbvistes -- ' titre d'exemple, des murs en blocs de 15 cm
et cortaines utilisations du baton arm dans des maisons sans btage
sont peut-etre excessifs.
Auxcotu do base do la construction, la SIC ajoute environ 7,5 pour
cent pour d'autres frais entralnbs par la mise au point du projat:
2p5% pour frais gfnhraux de ls SIC
3,5 pour honoraires d'architectes
7g5% pour financement de la construction
I1 existo un nombre adbquat de socibtbs, ' Yaoundl et b Douala,
qui assurent des services d'architectes. Plusieurs dentre elles sont
des socibt6s canerounaises compbtentes.
5. Coits d'urbanisation
Le projet de sites et services envisagh par le projet de politique
national de l'habitat est approprib au Cameroun en raison des couts
blevbs d'urbanisation. En effet, il n'y a probablement aucun autre
moyen de permectre aux familles l faible revenu d'acchder ' des commu-
naut6s planifibes, dotfes des services publics.
La Socitt immobilibre du Cameroun est l'organisme qui a travaillb
le plus rkcetment b la mise au point des plans globaux d'urbanisation
pour les projets d'habitat. Ces pzojets portent, en gbnbral, sur 30
unitbs par hectare, pour des terrains de 300 mbtres carr~s. Leurs
coits s'bchelonnent entre 12 millions de france CFA par hectare, ou
400.000 FCFA p&r unitb, pour des terrains ayant un minitnn d'ambnagement,
b 18 millions de france CFA par hectare, ou 700.000 FCFA par unitb, pour
- 46 -
dos lotissements mioux Pmnagbs ot do plus
faible densitb. La
description et la structure des coits d'un
do ces projets d'bquipe-
ment minimum figurent au Tableau 6.
La SIC fiit ressortir qua lea coits d'urbanisation
de ses
projets au mentent de 15 pour cent par an.
Du point de vue techntque,
il sera difficile do r6duire les cots par
hectare. Ce chiffre est
d'ailleurs pout-etre une sous-estimation,
vu la hausse rtcente des prix.
Nbanmoins, les co~its par unit& pourraient
etre ajustfs; en incorporant
au projet des zones d'accbs facile, des
emplacements pour les marchts,
et on dormant aux zones qui les entourent
une vocation comaerciale ou mixte
auxquelles pourraient etre imputfe one fraotion
plus importante des coiits
d'urbanisation, il serait possible de construire
des locaux coulnerciaux
pour le quartler et d'utiliser les recettes
provenant de leur location
pour d~frayer une partie des coits d'urbanisation.
Certains lots,
jouissant d'une plus grande superficie et
dun bon emplacement, pourraient
y ^tre inclus, bgalement I un prix plus
blevf. Les propribtaires de plus
grands lots pourraient avoir l'autorisacion
Vi'nclure, dans la construc-
tion de leur maison, des pibces susceptibles
d'etre loubes h des familles
I faible rever.u (avec accbhs b un point d'eau
et aux installations sani-
taires), pour compenser lea versements mensuels.
- 47 -
TABLIU 6. Structure des Couta (Urbanisation)
SIC - Projet REGIFERCAM - 92 unit~s; 3,3 hectares
Routes et nivellement (3,75 millions de francs CFA/hectare) 12,4 millions
- rues non pav~es en latbrite
- sans trottoir
- parcs de stationnement en terre battue
- allies en gravier pour pi6tons
- tranchfes en surface pour l'coulement d'eau
Svstbme d'&Routs (4 millions de francs CFA/hectare) 13,5 millions
- rfseau d'fgouts collecteurs
- branchements d'§gouts aux maisons
- fosse septique communautaire
- champs d'*pandage
Adduction d'eau (0,75 million de francs CFA/hectare) 2p5 millions
- r~seau de distribution
- branchements aux maLsons
Rfseau flectrique (2 millions de francs CFA/hectare) 7 millions
- transformateur
- rfseau de distribution a6rien
- branchements aux maisons
- 6clairage [Link] des rues
Coits divers (1,5 million de francs CFA/hectare)
- plantatiors poLir la protection des pentes 1 million
- impr~vue I million
- frais gfnfraux de la SIC 2.8 millions
Total arrondi h 12 millions de francs CFA/hectare
(400.000 FCFA/unitf) 40 millions
Source: SIC
- 48 -
B% Disponibilit6 at coits do la proiribt6 fonci#re
Una nouvelle politique fcnci*re nationale, conque pour assurer aux
pouvoirs publics le controle du dbveloppement, a btb prbparbe par une
sous-coumission spbciale do la Commission sur la Politique de l'habitat
du GouvernemenE camerounais. La sous-comnission qui inclut des reprb-
sentants de la Direction do l'EnreSistrement foncier,de la mairie de
Yaound&, dn la Soci~tb immobilibre du Cameroun (SIC) at do la Direction
do l'Habitat, reltve du ministbre du Plan.
La sous-commission s'intbresse 1 trois questions principales:
1. Lee diffbrences fondamentales entre la propribtb foncibre
des parties du Cameroun d'expressions frangaise et anglaise;
2. Le mblinge de propribtfs coutumitres et enregistrbes qui
stimule la spbculation et rend difficile et onbreux le
remeibrment des terres pour presque toute forms de miss
on valeur;
3. L'absence d'un r~gime fiscal r~gissant les terres urbaines
qui rermettrait b 1'Etat ou aux municipaliths de recouvrer,
des propriftaires particuliers, une fraction au moins do
la valorisation do la propribtb foncibre * la suite d'am-
liorations apportfes i l'infrastructure publique.
lo Prupri~tb 1-/
Dane lee rfgions d'expression frangaise, il exists un ensemble
confus de Lerres coutumibres (des tribus), de droite doccupation et
d'usufruit des terres couttmibres, do propribtbe provisoires en
lattente du parachtvement de certa!ner amblioratione et do proprihtbs
enregistrtes avec taus Irolts do jouissance et de possession.
-- Depute le passage de Ia misdion, le GRUC a pronulgub une nouvolle loi
nationals tur la propribtt foncibre qu! rend uniforms, au niveau
national, lea procedures d'obtention do t1tres do propri&tb (at qui
pr~voit la ptopribtb particulibre avec tous droits do jouissance at do
possession daas lancien Cameroun occidental Anglophone) at fitablit
trois sortes do proprtit~s publiques.
- 49 -
Le cadautre ot lev6 pour des cas individuels ot n'est achev
nl ±nt6gAr dana Is majorlt& des agglor~rations; 1'eaegistrement
des titres a &tS fait au hasard; et il est parfois difficile
do dkterminer s'il y a titre incontest , m~me I Yaound&, et
particulitrement dana certains quartiers de Douala, en raison
des conditions locales.
Le lois cadres rgissant la propriit foncihre dane lea
rAgions francophones datent de 1932. Une loi a ftabli un
syatbme d'enregistrement semblable ' celui de Is majorit des
colonies frangaises; une deuxibme reconnalt sp6cifiquement
la
validit6 do la proprift6 coutumibre. Ces lois ont ft& r~forr~es
en 1963 pnur fixer quatre catfgories de terres: lea terres
do l'Etat, Is propri6t& priv~e, lea terres coutumibres (des
tribus) occuptes et utilisfes; et lea terres vacantes, sans
propri6taire (le patrimoine national collectif).
Aprbs )a Seconds Guerre mondiale, lenregistrement des titres
Oest rfpandu. II est devenu obligatoire en 1966. Aux tormeo
d'une loi de 1968, lea terres non enregistrfes, do droit coutumier
ou civil, deviennent propri~tb de l'Etat.
La prccedure visant h 6tablir un titre de propri~t incontest6,
quo ce titrs soit moderne ou coutumier, eat essentiellement
la m lm.
Premilbrment, le demandeur prfsente des preuves d'occupation
et do
miss en valeur effective&, ainsi que tous les titres en as
possession.
La requite est publile, at affich6e bur la propritt6. Si -- ou, plutbt,
w 50 -
lorsquo -- dasutres demandeurs so pr6sentent, l'affaire eat adjug~e
par un tribunal special. Le titre eat alors enregistrb. Le processus
[Link] eat long et compliqu& et peut exiger plusieurs
ann6es, notament dane lee rigions urbaines en raison des demandes
contradictoires at 4es limites encore ind6termines de la propri~t&
coutumibre.
Le titro de propri~t6 coutumibre est certifi& de la mbme fagon
qu'un acte d'&tat civil, tel qu'un acte de naissance ou de mariage.
Bien quo 1. titre de proprLt coutumibre ne soit pas ins6r dans le
registre foncier officiel, la fiche d'6tat civil vat la proprift6 do
Istribu 1 l'abri do toute ali6nation priv6e (mais non pas, bien
ontandu, do la condamnation par l'Etat).
Les titres coutumiers no sont pas obligatoirement un obstacle
au d6veloppement. La reconnaissance des titres coutumiers, I Dotula,
par exemple, a permis le dveloppement d'un marchf inmmobilier
up&culatif et actif qui inclut la location, l'am~lioration, les prts
garantis sur nantissement, leas ventes at lea versements d'honoraires
at do couissions 2ux agents dopropriftalres tribaux. Par contre,
lorsque des conflits entre lea propri6taires de droit coutumier et
Is gouvernement ont empch6 que la propri~t& ne soit clairement
d6termin6e, les investiossements ont t bloqufs.
Leos terrains coutumiers sont do formes irr~gulibres at souvent
tibs vaste.. Ainsi, ils so prbtent % une mise an velour Lntenaive
- 51 -
ot parfois I difftrents usages imultans. Cool fait contrasts
avOc 10. lotiuNemnt. 1¢es formhs do lots do
dimensions r6Su-
libres soigneusumnt alisnS suivant un quadrillage
rectangulaire.
Dane l'ouest, ot 1* regime foncier anglais prldomine, 1s
gouverneent eat considfrS comme le propriftdre
des terres
urbaines at exerce un droit souverain explicite
sur lea terres
tribales. La propri6t6 n'est pas ali~n~e; mais plutbt,
le droit
d'usufruit ou d'occupation pout %tre accord6.
Lee certificate
d'occupatton et,de tenure % bail reltvent de
la Direction du
cadastr et peuvent tre utilisas pour le nantissement
de pAts.
A la suite do la proclamation do la constitution
unifie, en 1972,
la Direction du cadastre a t& diviste en Direction du cadastre et
Bureau do leonregistrement, selen la coutume
frangaise.
2. Procfdures de transfert
Dana lee r6gions d'expression frangaise, le
transfort priv&
do titres pout tre effectu6 au moyen d'un "acte authentiqu6",
I
savoir un contrat intervenu en presence d'un
notaire qui en certifie
la validitY. Lea terres coutumibres peuvent fgalement tre txans-
Arbon de cette fagon, mais une fois transf6r~es
elles perdent leur
qualit6 do terres coutuibres et sont enregistrfes
sous un titre
moderns.
L'obtention, auprba do 1'Etat, d'un titre de
propri~t& avec
tous droits do jouissance at de poscession dfpend
du parachbvement
d'uulIorations pr~cisen, on attendant lesquelles,
lee terres sont
-52
dttenues sous un titre ot un droit d'occupation provisoire
concidis par l'Etat. Le propri~taire doit obtenir auprbs du
gouvernament (ou do la mairie) un constat, come quoi lee
investissoments exigss ont tG effectuks; puis un acte adminis-
tratif ertifie le titre. La procedure Am~e denregistrement
pout exiger plusieurs mois. Lea terres urbaines sont classbes
par zones 6conomiques et l valeur des ambliorations requises
varie. Dana lea zones unbaines entrant dans un plan gbn~ral
do la villa, lea rglementations exigent, en gbnbral, que la
construction soit faite avec des mattriaux modernes; la valeur
deune amlioration acceptable eat habituellement fixbe I 3 millions
do francs CPA ($12.500). Dana dea villes plus petites, la valeur
pout Itre fix~e W 1 million de francs CFA ($4.200) seulement. A
lautre extrbmitb de l'6chelle, la construction d'une maison moderns
d'une vnleur minimum de 5 millions de francs CFA ($20.800) eat
n6cessaire pour obtenir un titre de propribtO absolue pour des lots
urbains situfs dana un lotissement de date rfcente et urbanisf de
Douala.
Des ameliorations de cette envergure sont hors de portbe de 80
pour cent de la population urbaine du Careroun. La mission a brb
informise quo dans lea zones de recasement des squatters, aux
alentours de Yaound6, un titre peut 'btre obtenu aprbs la construction
d'un logement bti en matbriaux traditonnels ambliorbs, d'une valeur
minimum do 300.000 FCFA ($1.250). Cependant, I& validitt de ce titre
pourrait tre contest~o loraque la plan de la ville do Yaoundb sera
- 53 -
61argi pour couvrir cos zones do recasoment. A ce moment-Th, il
sera pout-tre obligatoire do construire an mat6riaux modernes.
3. Disponibilit6
Prbs du contra do Douala, il nay a pratiquement aucun terrain
do disponible. A Yaound6, do nombroux terrains sont vacants mais
lie no eont peas mis our 1s marchG par lee sp6culateurs.
Des terrains couttumiers sont disponibles dane lee r~gions p~riph -
riques do Yaound6, at, dans une plus petite mesure, do Douala.
Nianmoins, lee droits des propri~taires coutuniers ne sont pas claire-
ment dffiais at 1. Gouvernement du Cameroun a constat6 quo la condamna-
tion 6tait longue, onfreuse et d6favorable du point de vue politique.
Ainsi, lea pouvoirs publics ont sugg*r* ' la SIC, soci~t tinobilibre
nationale at para-6tatique, de mener des nfgociations en vue d'acqufrir
lea terres n6cessaires pour de nouveaux projets. (La SIC a effectu6
lachat do 30 ha aux alentours de Douala et mAne une enqubte sur
lacquisitlon 6ventuelle de huit terrains sit, s bien en dehors do
Yaoundf.)
Autreiois le gouvernement conc~dait des torres do r6serve I
cortainos muricipalit~s (600 ha I Yaound6, 120 ha W Douala, 118 ha
I Ngaoundfr6), afin qu'elles puissant dfdommager lea habitants
dlplacts ' Is suite de projets de renovation urbaine en leur offrant,
% titre gratuit, des lots oA construire leurs logements. L'infrastruc-
ture devalt Itre amfnag~e par les municipalitfs dont lea budgets no
permettaiet.t pas un inveatisement trbs [Link]. Ces terres municipales
- 54 -
ont 6t& distribuies ou occupies illiciteent par des squatters.
I1 serait possible 4a siaximiser l'utilisation de torres disponibles
en mettant en valour des parcelles plus petites, remebries, dane
certaines zones marginales do Yaound6 at do Douala.
A Yaound6, oti do nombreux terrains vacants, ' proximit du centre de
la villa, no sont pas mis en vente par certains propribtaires, des
torres coutumiares sont disponibles uniquement en banlieue, I des
prix s'ichelonnant entre 800 b 1.000 FCFA ($3,30 A $4.20) le mAtre
cart&. Ls prix payis par la SIC pour lea terres aminag~es dans le
cadre du projet Citi Verte, situges en bordure de la route principals,
b l'ouesL do la villa, e'6cholonnaient entre 400 1 900 FCFA le mAtre
carr.
A Douala, oA ii y a pinurie do terrains, une zone industrielle
croissante qui cherche I acquirir de nouvelles terres et un haut
niveau do sptculation, lea terres coutumibres du centre cotitent de
2.000 W 6.000 FCFA ($8.30 ' $25) le mbtre carrf. Pour un lot minimum
de 300 m2 , le terrain, seul, reviendrait de 600.000 * 1.200.000 FCFA
($2.500 I 45.000). Lea terres coutumibres, aux alentours de la vile,
cobtent do 500 I 1.000 FCFA ($2.10 t $4.20) le mtre carrY. L'achat
rncent par la SIC d'un lotissement de 30 ha en dehors de la ville a
colti 127,5 millions de francs CFA, soit une moyenne de 425 FCFA
(01.77) le mAtre carr6.
La mission a appris qu'W Bafoussam 1. maJoritb des terrains
vacants dans les limites do la rille appartenaient % des particuliers
" 55 -
W1,en Italent gSnirplement propri~taires de droit coutumier.
Le prix officiel des terres municipales, non misea an valour,
eat 300 FCFA ($1.25) 1.
etre carrY. Les terres coutumiTres sont
vendues W des prix plus 6lev~st la superficie du lot et, par
cone6qumnt, le prix total Stant fonction du montant n6cessaire
au vendeur.
C. Services comnunautaires
Le gouvernement et/ou lea municipaliths, dane 1. cas do Yaound6 at
do Douala, s'efforcent d'amnager un march&, un dispensaire, Una cole,
un posts do police et un bureau pour le parti, dane chaque quartier.
Le bureau du parti reV~t une importance particulibre, car il offre
k la counuautd un centre d'assistance sociale. L'organisation est
solids et les secrttaires locaux du parti, en plus de servir coimne
assistants sociaux et d'assurer des services de consultation, aident
6galement I organiser, dans le quartier, des projets d'am6lioration
par l'auto-assistance.
Le Bureau de l'hygi'bne urbaine eat responsable de l'enlbvement des
ordures et des progranmes do lutte contra les insectes. I1 signals lea
infractions aux services techniques de la municipalitf.
En plus do veiller I l'application des codes de sant6, la munici-
palit6 est churg6e de la r6implantation des habitants qui vivent dans
des zones ob il convient d'am~liorer 1'infrastructure et d'am&nager des
- 56 -
zones do rcauoment pour lee squatters. Il s'agit do quartiers
divisha an locissements ot un minimum do rues, do tranch6es d'6cou-
lament des eux de plulo et do points d'eau communautaires a t
am~nagg I lintention des squatters qui y sont rfinstalls et auxquels
on assigne dos lots.
Un sons profond do participation coumunautaire au gouvernement
Boest dlveloppf dans de nombreuses regions, parfois avec le concours
des cadres du parti ou des missionnaires, parfois do fagon spontane.
Dana cartaines zones de squatters, les habitants ont mis en valeur des
torres martcageuses, tract des rues et appliqu& des codes du blatiment
btablis par la communaut6.
En principe, tout lotissement est tenu de respecter une srle do
plans gfniraux et de rfglementations en matibre de zonage 6tablis pour
chaque ville, Cependant, ceux-ci sont pfrimfs et difficiles I appliquer.
Lea sections du ministbre do l'Habitat et du Territoire responsables
do veiller ' l'application des r6glementations limitent leurs efforts au
contrble des permis de construite et do l'enregistrement des titres.
Il n'existe aucun implt foncier ad valorem. Lea impbts sur le
revenu foncier figurent au Tableau 7.
L'blectricit6 eat distribute par trois compagnies qui fusionnent
actuellement pour devenir compagnie nationale d'Etat. L'eau eat
distribu6e par la SNEC dane !a partie orientale du pays, et par un
rlseau de services indivtduals dans 16 partic occidentals. Los fraul
- 57 -
deinetallation du rseau d'adduction dleau sont do 40.000 % 60.000 FCFA
par compteur, uoume beaucoup trop leve pour 'btre d6fray~e par un
programme do sites et services. Chaque communautf pourrait avoir un
compteur dont le prix serait divis proportionnellement entre lea
habitants. Lns installations 6lectriques coutent environ 15.000 FCFA,
poux une pussance do 500 watts et de 20.000 I 40.000 FCFA pour des
puisgances plus importates. Une famille nlutilisant que quelqueb
ampoules 6lectriques paiera approximativement 600 FCFA par mois, tandis
qu'une famille consomnant 30 kw d'flectricit6 et de 10 1 12 mbtres cubes
d'eau d~pensera 2.000 FCFA mensuellement. A raison de 100 kw d'6lectri-
citS at do 25 Atres cubes d'eau, le cott se situerait entre 5.000 et
6.0001CFA pa- mois.
Souls queiques quartiers du centre do Yaoundf et de Douala disposent
do r~seaux d'1outs et lee eaux usfes ne sont pas traitfes. Certaines
maisons sont dot6es de fosses septiques, mais la quasi-totalit6 d'entre
elles ont des latrines sur leur propre terrain, ou, dans les quartiers les
plus populeux, ces latrines servent W plusieurs families. Lea projets du
la SIC comprennnt g~nfralement un systbuie de fosses saptiques coumunau-
tairee.
- S -
Tableau 7., Impbt. sur le Revenu foncier
10 Impbt sur le revenu net provenant de terrains mis en valeur -
per;u par la Soci~t6 nationale d'Investissements.
25. Inpbt sur les gains en capital provenant de la vente
de biens inmnobiliers.
57 Taxe d'enregistrement des baux.
Imp~t sur 1'6change ou la vente de proprift~s.
Imobt Valeur de la Propri6t&
1000 FCFA moins de 100.000
27 100-500.000
57 500.000 - 2 millions
10 2 - 5 millions
15 plus de 5 millions
2% Impbt hypothfcaire (dans le cas oA l'hypothbque est lifie
unv 6pargne-logement, l'impbt est de 0,57. pour des
hypothques de 3 ' 5 millions et de 1% pour des hypothbques
do plus de 5 millions).
Source: Miniettre do 1'6quipament, do 1'habitat et du territoire.
- 59 M
RE UE-
PUB L IQQ U E.- UNIIE
DU CAMEROUN "0 ., "
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en service i oruJ '
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ligne projette ., ., cnTO
ligne la 1'tude
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route principale, bitudI .,.,
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.1 grandes routes diverse. ?TAI
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- 60 -
D. Inatitutionp de financeMent de l'habitat et de d~veloppement imnobilier
Ii nt exiate aucun march6 hypoth~caire bien dfvaloppt au Cameroun.
La quasi-totalitt de Is construction I vocation ibsidentielle ou comnmer-
ciale est financte par des cr6dits I moyen terme obtenus auprbs de banques
commerciales ou par des pr~ts accord~s par la Banque de Dbveloppement du
Cameroun, ou par ja Soci6tA immobilitre du Cameroun, % des conditions trs
favorab les.
En raison de l'insuffisance de ressources financitres h long Lerme
disponibleE sur le march& immobilier, la majoritt des constructions came-
rounaisea doivent tre amortiea dans un d~lai relativement court, plus
court, [Link], que l'exiatence productive du bien imnnobilier. Par
consquent, les loyers et lea paiements N bail pour des locaux aussi bien
r~sidentiels que conmerciaux sont anormalement Wlevs. A titze d'exemple,
il nest pas rcre que le constructeur d'un immeuble de rapport amortisse
i'hypothqu du bitiment en 5 ou 7 ans.
En raison de la structure du systine ron6tafre camerounais, cs banques
commerciales ont largement recours % In Banque centrale pour le rescompre
du cr6dit qu'elles accordent au secteur prfvt. Etant donnt les nombreusos
demandes auxquelles duivent rfpondre le .ysthne hancalre et ses ressources
financitres limittes, lem prALs accords au dvcloppement innobilier ont
t1 reatreints en comperniison avec les prbt'o detints au financement du
commerce. A compter de ,laccrbre 1973, par excple, ]a Banquc Centrale,
par son guichet do rhencompce, a accordt au aystbime bancaire conmrcial
M 62 -
un credit s'llevant %69 milliards do francs CPA ($276 millions), dont
87 pour cent 6taient i court tormo. Lee pr%ts ' la construction d'habitats
ont attoint 1,9 milliard do francs CFA ($7,6 millions), soit moins de
3 pour cent du total des cridits concedbs par la Banque Centrale.
On no dispose pas do donn~es d~taillfes sur le montant du credit
accordG par les banques conmerciales pour financer le dfveloppement
immobilier; cependant, comme les banques ne peuvent, en gfn~ral,
rfescompter plus de 50 pour cent de leurs prbts, il eat improbable que
le total des pAts accord~s h l'industrie de l'immobilier ait dpassf
3 ' 4 milliar4s de francs CFA en 1973.
Les six banques conmerciales operant au Cameroun sont: la Socit6
camerounaise de Banque (SCB), la Cameroun Bank Ltd. (CB), la Banque
internationale pour le Commerce it l'Industrie du Cameroun (BICIC),
la
Sociftt g6n~rale des Banquen au Cameroun (SGBC), la Banque inturnationale
pour l'Afriaue occidentale (BIAO) et la Standard Bank of West Africa
(SBWA). Seule la CB appartient entibrement h des ressortissants camerou-
nais; la SCB eat dttenue * 60 pour cent par des rossortissants canerotunias
at ' 25 pour cent par lo Cre~it Lyonnais, le rcste ftant divis& Lgahement
entre une banque amricaine, allemande et italienne. La SGBC et. la BICIC
ont une participation camerounaise. Les deux autres banques sont los
filiales, sans participation camerounaise, d'institutions financibres
Strangbres.
1. La Bangute doPVveloppement du Cameroun (BDC)
La Baszque de Dvcloppmuent du Cameroun a fit& fond~e en 1961,
loraqu'cllc a repris lee actifs at lea passifs du Cr6dit du Cameruun,
- 62-
qui datait do la p~riode colonials. C'est une socifti mixte
qui, do par sa structure et sa raison d'%tre, eat semblable aux
banques 6e d~veloppement qui existent gtnbralement en Afrique
d'expression frangatse. La BDC occupe une place peu importanto
dans la secteur de 1'habitat car, en premier lieu, clle accordo
pou de pAts h long terme (10 pour cent seulement pour plus de
5 ans) et s direction eat peu dispos6e * financer des projets
d'habitat, relativement al~atoires, pour des familles h faible
revenu, ecrtains prets ' l'habitat, dans le passet, n'ayant pas
ft& rembcursts. Les prts accord6s I l'habitat, en 1972-1973,
constituaient mons de 8 pour cent du total des prets conc6d6s
par la banque, qui se chiffrait b 7,75 milliards de francs CFA
(environ $31 millions), 38 pour cent de ce pourcentage 6tant
destines h i'habitat "social".
La raison d'Ztre de la BDC eat d'apporter une aide financibre
et/ou technique aux projets de dfveloppement, de fournir un crtdit
'klaconsommation et au secteur immobiller, ainsi quo des prets
pour l'achat de mattriel lger. Elle peut prater h court, moyen,
ou long termes, mais lea 6chtances des prets qu'elle accorde ne
peuvent dvnasser les Echiances des sources de son financemcnt; ceci
a fortement limzit sa possibilitt d'accorder des pr~ts h long teme.
Son capital. social a une valeur comptable do 1,5 milliard de francs
CFA ($6,25 millions) et est rtpartl de la fagon suivante:
Gouvernmcnt du Cameroun 75,5
CCCE 15,5%
Banque centrale 8%
Bremen Landesbaiik 1%
L1s prljts sont approuvhs par un ComitG des prbts constitu6 do
quatre membres: deux repr6sentants du gouvernement, un de la CCCE
et un do la Banque centrals. Les prbts h moyen terms de plus do
20 millions de francs CFA et lea p~ts IL long terme de plus de
10 millions de francs CYA doivent recevoir l1approbation de tous
lea memLres du Conseil d'adninistration. Le Directeur gfnfral peut
autoriser des prbts peu importants ne dfpausant gfnfralement pas
plus de 2 millions de francs CFA, I l'exception des prbts l'habitat
pour ltsquels le plafond est fixt ' 3 millions de francs CFA. I1
pout 6ga]ement autoriser des prets pour des projets d'habitat do la
Socift* Immobilibre du Cameroun ou do socifit~s privtes ou semi-
&tatiques visant ' la construction d'habitations pour travailleurs.
La BDC offre cinq programmes principaux de priets: le credit agricole,
1. crfdit industriel, lea pr~ts hI1'habitat, les prbts pour 1'achat
d'automobiles et d'fquipement gtntral, et Jos prbts aux petites entre-
prises, ainsi quo des prbts divers.
Son prigrane do prefts de 1972-1973 s'ilovait ' 7,8 milliards do
francs CFA ($32,5 millions) dont 65 pour cent 6taient W court terme,
30 pour celnt h moyen terme et moins de 5 pour cent h long terms
(1 savoir, plus de 5 ant).
a-64-
PROOFS DE PRETS DR LA -DC. 1972-1973 (EN MILLIONS DE FRANCS
CFA)
Nombre total Court Moyen Long
Cattaorie Total des
A xts teM ttome pits
Agriculture 61 4.198 272 300 4.769
Industrie 38 514 1.074
Habitat -- 1.587
760 1 543 71 615
Automobile
6 et
quipement leger 3.496 359 143 .. 503
Petites entreprises
et divers 46 59 219 -- 278
TOTAL 4.401 5.131 2.251 371 7.753
Le credit agricole eat principalement un credit accordb
aux
coopiratives ou aux compagnies agricoles aux fins de
commercialisation.
Ce cridit reprfsente llactivit6 la plus importante de la BDC --
plus de 5b pour cent du total du credit accord6 par
la banque
depuis son ftablissement.
Lea prbts au secteur industriel incluent des avances
h cotirt
terme pour des travaux publics et des prats I moyen
terms destinis
principalement h permettre aux nouvelles industrips
de transformation
de refinaacer leura dettes I court terme. En g8ti6ral, ces prate
so sont accrus au cours des dernibres annfes et sont
passes de
13 pour cent, en -noyenne, des op6rations de la BDC,
pendant lea
ann6es 1960, W 24 pour cent, en moyenne, au cours dt;d
trois dernibres
annies. Le volume des prbts fluctue, ev termes absolus at relatifs.
Le total des pnts 'a!a consoammation et aux petites
entreprises
reprisente une fraction relativement faible du volume
dos cridIt
r - 65 -
accord~s par la banque (10 pour cent au total), bien quo le nombre
do prbte I la consoamation (achat d'automobiles at dt'quipement
m6nager) soit copsiderable.
La BDC compto trots cat6gories principales do pr~ts individuals
I l'habitat -- habitat ordinalre, habitat social at amilioration
du losts (achat do matGriaux do construction). Une quatrime
cat6gorie de prbts eventuels I l'acquisition de terrains n'a Jamais
te uti?.iste. Lea oprations, au cours des trois dernibres annes,
so sont rAparties come uit:
PUETS DE LA BDC A L'HABITAT. 1970-1973 (EN MILLIONS DE FRANCS CFA)
1970-1971 1971-1972 1972-1973
Nombre Montant Nombre Montant Nombre Montant
Habitat ordinaire 37 83 46 213 93 262
Habitat social 104 89 107 102 261 238
atertaux de
construction 173 365 74 403 93
Sous-total des prbtI
individuels 314 197 518 389 757 593
Prbts consortiaux 1 68 1 101 1 23
(Construction
d'appartements)
Total do l'habitat 315 265 579 490 758 615
Les p bts pour l'achat de mat~riaux do constructions sont
assortis dlchaoces do 2 ans. Le pr't total no epassor
tu.
huit fois ln salaire do base do l'emnrunteur, ni s'&lever % plus
dc I ,aillinn do franc. CFA. L'empruntour doit contribuer pour
dix pour cent do la valeur do la construction. Le pr6t a un
taux d'intrbt nominal do 5,25% par an, plus 1,25% pour frais
encourus. Etant donn6 quo la BDC calcule l'int~r't sur la
totalit6 du pr't pour la p~riodo entibre, 10 taux d'inttrt
effectif so monte 1 10 pour cant.
Lea prts ' 1'habitat social s'lbvent b 3 millions de francs
CPA ($12.500) au maximum, la valeur totale de la maison et du
terrain 6tant limit~e I 3.750.000 FCFA ($15.600). L'ch6ance
porte suw 7 ans, avec un diff~r& d'amortissement de 3 I 4 mois
afin d'achever la construction. Le taux d'int&et nominal eat de
3,75%, plus 1,25. pour frais encourus. Calcult par anticipation,
le taux cffectif eat de 6,75%. Un acompte &quivalent t 20% de la
valour totale -- maison et terrain -- eat exig, cot acompte pouvant
tre en sapbces et/ou sous forme de terre et de construction sur
Is terraia (mais non de mat~riaux do construction).
L'habitat ordinaire (on*reux) a ftfi le b~ntficiaire principal
d'un financement ' long terme (10 ans), bien que dana le pass des
pr~ts similaires alent ft* limitts 'h5 ans. Le taux d'int~rbt
nominal eat de 5,5% et I taux effectif, do 7,5%. Le prbt maximum
eat 5 millions dc francs CFA ($20.800), pour tine valcur totale du
terrain or do la construction no pouvant dItpassor 6.250.000 FCFA
($26.000). L'ncompto dolt btrc iquivalent h 20 pour cent do l'inves-
timsement total et la moitiA au noins dolt Ztro verabe on ospbcos.
En Srnbral, In ODC voille W cc quo V'emprunteur no dtponse pan,
pour an imatson, plus di 25 I 30 pour cent do son salaire do base;
M 47 m
pour lea emprunteura t revenu suprieur. ccetAux peut s'6lever
Juuqu'k 50 pour cant.
Putsqu'il eat difficile d'obtenir un titre de proprift& incontest6
auquel imputer un prt, la BDC conctde des prbts uniquement W des
employ~s rbmuntr~s capables de presenter, I titre de co-garant, un
autre emloy& rfnunfr*. Une caution fquivalente W 6 mois de paiements
eat 6galement exigfe. Lee pr~ts sont remboursfs au moyen d'une
retenue trimestrielle sur le salaire. Lea prts sont fgalement
garantis par une assurance-vie obligatoire.
L'habitat constituait une fraction beaucoup plus importante du
portefeuille de la BDC au debut de la dfcennie do 1960, reprfsen-
tant 23,6 pour cent des prts octroy~s pendant la ptriode do 1961-1965.
Cependant, lea difficult6s pour assurer le service des pr^ts et les
problbmes de non-remboursements ont contribuf aux difficult6s
financitres dc la BDC aux environs do 1965. Par constquent, le volume
des prIts ' l'habitat a diminub, en termes absolus, pendant les trois
annes suivantes, tombant ' 265 millions de francs CFA -- 5 pour cent
seulement des prets concbdts en 1970-1971. A 1'exccption des prbts
consortlaux gtnralement accordts potur financer la construction
d'immcubles de rapport destin6s aux familles h revenu levA, lea
prts pendant cette pbriode ont bt& restreints et limit6s au moyen
terme car Ia BDC ne pouvalt obtenir un financement W long terme pour
le secteur do 1'habitat.
.0 6
Loruqu'en 1969, la CCCE at la Banque centrale ont ouvert une ligne
do cr6dit de 200 millions do francs CFA pour la BDC, ele a t6 en
masure de reprendre son programme de pr'ts h l'habitat. Le volume des
prats individuels, prAte oonsortiau. non compris, a presque doubl6
an 1971-1972 (en pasant do 197 a 389 millions de francs CFA) et s'est
accru a nouveau do plus do 50 pour cent pour atteindre 595 millions de
francs CFA en 1972-1973. Le volume total dea prbts, en tant que pour-
centage des operations de la BDC, a fgalement augment6, passant de 5 pour
cent en 1970 I 7,5 pour cent en 1971-1972 1 8 pour cent en 1972-1973.
Cette ligne de credit eat maintenant fpuiste et ne sera vraisembla-
blement pas renouvele. Elle ftait destin&o h stimuler la rtalisation
dun programne fipargne-logement pour lea familles h revenu modeste, mais
cc but ne fut jamais atteint. Lea familles W faible revenu ne dtsiraient
pas s'engager h 6pargner et le fonds ont W pratts aux clients ' revenu
1ev& de la barque.
Au courG das trois annes 6coules, lea prts pour l'habitat dit
social ont varib, en tant que fraction des prl~ts totaux 1'habitat, do
l
45 pour cent en 1970-1971 b 26 pour cent en 1971-1972 et de nouveau I
40 pour cent en 1973-1974. Cependant, cc sont lea proprittaires do
maisons plus chtres qul ont principalement btnfticib des avantages
prfisentfs par le financeient I long terme de la CCCE. Trois prbta eeulement,
dun montant total de 5,9 millions de francs CFA, ont ft accords 1A l'habitat
social pendant cotte p6riode. Par contre, lea propriftaires d'unit6s plus
cottuuses ont roqu un total do 35 pbts W long torme d'un r-.. nt global do
151,5 milliards de francs CPA.
PZITS A LONG THEM D LA BDC A L'HABITAT (IN !dLLIONS DR FnUCSCPA)
Habitat social Habitat ordinaire
Nombre do Nombre do
. s Montant, Hoverer ,,ts Montant Moyenne
1970-71 ...... 6 21,2 3,5
1971-72 3 5o9 1,9 13 59,3 4,6
1972-73 ...... 16 70,9 4,4
TOTAL 3 5,9 1,9 35 151,5
Au cours des trois dernitres annes, la BDC a accordb plus des deux
tiers du vclune de sea prbts I des habitants do la r6gion do Yaowidb,
gSnfralement des lonctionnaires.
La BDC identifie trois catbgories do recouvroments (paiements arri~rfs,
incertains, irrfcouvrables).
PUTS ARRIERES ET NON PIMBOURSES DE LA BDC (INMILLIONS DR FRANCS CPA)
2970-71 1971-Z2 1972-73
Arri6r s 73,6 81,4 54,5
Incertains 363,3 324 265,1
irrtcouvrables -2. 359.8432
TOTAL 703,3 765,2 751,7
Lea paiemenfs arrirbs constituaient 2,03 pour cent du total des
remboursements due an 1971-1972 at 1,15 pour cent on 1972-1973. Durant
ces clnes anneb, les remboursoments arriGr6s do prIts W 1'habitat so
sont chiffrs, respectivement, & 1,07 pour cent at 1,1 pour cent,
infirteurs dan. le deux cas, I la moyanne g6ntrale de la BDC.
7
70 a
La BDC a amorti see cr~ances irrbcouvrablas et Jouit maintenant
d'une
situation f..nancibre solide. En g6nbral, sea prbts I l'habitat accusent
un taux do non-rembourement inftrieur hIcelui de son autre prograne
do
prt., et lea prets non recouvrbs sont principalement des pr~ts 1 l'habitat
social. In nombre do pr6ts incertains et irr~couvrables est rest6 pra-
tiquement au dmue niveau; la quasi-totalitf d'entre eux datant
du dtbut
at du miliev des annes 1960, loraque la BDC s'est heurtie ' certaines
difficultds an raison do lacunas on matibre de garanties.
Le capital social do la BDC, fix6 I 1,5 milliards de francs CFA
a t
maintenu I 1 milliard de francs en raison de ses difficultbs financibres
du milieu des annies 1960 et le solde de 500 millions de francs
CFA n'a
Gt6 vers6 quo depuis quelques annbes. Etant donn& l'accroisscment
de ses
op6rations de pr~ts -- 5,7 milliards de francs CFA en 1970-1971,
6,6 milliards
do francs en 1971-1972 et 7,8 milliards en 1972-1973 -- il semble
que la
majoritf de ses ressources financilbres doivent provenir d'emprunts.
Le bilan de 1972-1973 indiquait que lea emprunts et dfpbts s'6 lovaient
W 495 milliards de francs CFA, comparts avec 5,5 milliards de francs
CFA
du solde de l'encours des pr~ts.
-PRETS ET EMPRLUNTS DE LA BLDC 1972-1973 (ENMILLIONS DE FRANCS CFA)
Emprunts et dpbts
,Prt
Long terme 1.762 ) 3.168
Moyen term. 2.702 )
Court terme 1.039 636
Iv&pbts W vue _717
TOTAL 5.503 4.521
-71-
Los disponibilitia do la DDC aux fine do prhts proviennent do
d~pbts du gouvernement ou d'autres organismes publics, do r~escomptes
do is Banque Centrale et d'emprunts strangers. En gfnfral, les
6ch~ances des prts ne peuvent, globalement, d~passer lee fch~ances
des emprunts qua contracte la banque pour les financer.
Les dfpbts, principalement I court terme, du gouvernement et d'autres
organismes publics ont perdu de leur importance, en termes relatifs, depuis
1e milieu des annfes 1960, 6poque % laquelle lour utilisation pour financer
des investissewents I court et moyen termes a port6 atteinte ' la position
do liquidit6 de la BDC. Ces d~pbts servent 6galement I financer des projets
prtcis pour le compte de tiers -- lea dfpbts destinbs pr~cismnent 'a
financer des a:tivitts pour le compte du gouvernement ont varit entre 1,2
et 2,1 milliards de francs CFA ($5 I 8,75 millions) au cours des trois
annes. La BDC peut prAter, h moyen terme, l'fquivalent de 10 pour cent
do se d~pbts et, h court terme, l'fquivalent de 50 pour cent.
Les rfescCmptes de la Banque Centrale constituent la source principals
do disponibilittp aux fins de przts I court et I moyen terme. Le taux
do rfescompte pdyf par la BDC est de 3,5 pour cent ' court terme (semblable
' celui des banques commerciales) et 2,5 pour cent (taux special pour la BDC)
% moyen terme; ces taux sont rfcemment months b 5,5 pour cent et 4 pour cent
reopectivement et 1'bchfance a &tt prolongto de 7 h 10 ans.
La BDC obtient la majorit de sea ressources financibres b long terms
en umpruntant W 1'6tranger, notannont auprbs de is CCCE, qui participo
*gaimnent b son capital social at lui fournit une assistance technique.
Depuls quelques annes, les avances de la CCCE so limitent k des projets
industriels (at hbteliers) prlcis. L'6chtance en eat de 10 ans et le taux
d'intfirbt do 4,5 pour cent. La BDC r~trocbde ces fonds avec une marge de
185 1 3 pour cent.
Dans le pas3i, Is CCCE a 6galement ouvert, aux fins de i'habitat,
une ligne g*n~rale de credit d'un montant de 100 millions de francs CFA,
ayant une tchfance de 10 ans et un taux d'intftbrt de 4 pour cent. La
Banque Centrale a ajoutt une somme &gale * cc montant, sous fornic de
rfescomptesh moyen terme. Lnemploi que la BDC a r6serv I ces 200 millions
de francs CFA a 6tf d6crit auparavant. Des entretiens avec des fonctionnaires
frangais ont falt ressortir, cependant, que cette avance gtntrale no serait
pas renouvele. L'autre bailleur de fonds )Ilong terms de la BDC est le
Kreditanstalt allemand qul lui a accordt un pret de 15 ans, 'hun taux de
3 pour cent, destinb principalement au d6veloppement comnercial et industriel.
Etant dorn la rtpartition de sea ressources, lea deux tiers des optrations
do pr~ts do la BTC sont h court terme. Moins de 10 pour cent des prtts ont
6tb accordts pour plus de 5 ans. Au cours des trois dernibres ann6os, cette
tendance eat devenue encore plus marquee: 71 pour cent des optrations de prits
de la BDC ont 6t& 'h court terme, 5,7 pour cent seulement, h long terme.
Mhme sans tenir compte des prbte au secteur agricole, dans lequol ]a
majoritb eat le cr6dit d'un an aux fins do conmmercialisation, le portefeullie
du credit non agricole do Is BDC a inclu fnormment de cr6dit ' court terme.
Au cours des trois dernibres ann6os, 46,4 pour cent des prbte non agricoles
StLient h court teryao, 45,2 pour cant, I moyen terme, et 8,4 pour cent
seulement, I long terms. L& msjoritb (450 millions do francs CFA) des prbts
a 73 -
non agricolcs I long terms ont Stl destin6a ' des projeta industrials ot
157 uiiilons do francs CFA ont W accords % 1habitat.
Ainsi, led possibilitfs do la BDC sont limit6es, dens une large mesure,
I ce qu'elle pout emprunter I l'tranger, particulitrement dana 10 cas do
prits rfclamant des 6chfances de plus de 5 ans.
Si elle cemble s' tre remise quelque peu des probl'mes qui ont engendr6
les difficult~s financibres dont elle a souffert pendant les annfes 1960,
la BDC reste n~anmoins affaibliepar certaines lacunes en matibre de gestion.
Parmi sea 145 employfs, 7 seulement sont des administrateurs pleinement
qualifies. Deux de sea succursales sont dirigfes par des cadres -- la banque
neon compte qua 12 au total.
L'assistance technique apport6e par la CCCE diminue progressivement.
Depuis le dfpart, en juin 1974, du chef de la section des comptes irr6cou-
vrables qui 6tait un 6tranger, la BDC ne compte plus que 2 Ctrangers.
En g~n~ral, la haute direction do la BDC semble se contenter d'administrer
un programme d'habitat conqu 'intention des families h revenu blev et
sllo semble peu disposes * tenter de mettre en oeuvre des programnmes pour
lee families ' faible revenu qui, en prtsentant plus de risques du point de
vue des garanties et en exigeant plus de travail d'administration, seraient
susceptibles de faire retomber la BDC dano sea anciennes difficultts. Si
la BDC dtoire jouer un rble dans le domaine des prta aux familles b faiblc
revenu, ells devrait btablir une section sp6cials pour administrer coo pro-
grammes ot aauvogarder as situation financitre actuolle, ot elle devrait
renforcer *s capacitA administrative.
2. La S~ci~tG imnobilihre du Cameroun (SIC)
La Socift immobilibre du Cameroun (SIC) eat une socift mixte
qui relbve du ministbre de l'Equipement, do l'Habitat et du Territoire.
Organisfe 6n 1972, afin de construire des habitations "sociales", sa
structure et sa raison dltre sont analogues aux autres socift6s Lmmo-
bilibres de l'Afrique d'expresmon fran;aise. La SIC eat la seule entre-
prise de conbtruction importante au Cameroun, ayant construit 2.147 unites
d'habitation. En raison des cotts 6levbs de la construction conjugu~s
avec la pfnurie de deniers publics pour l'achat de terres et l'amtnagement
do l'infrastritcture, la quasi-totalit des unitts construiteb par la SIC
vont maintenant aux families camerounaises ' revenu moyen, notmnent aux
fonctionnaires qui regoivent, du gouvernement, des allocations de logement.
Le capital de la SIC se chiffre 'a500 millions de francs CFA ($2,1 millions),
dont un peu plus de la moiti eat dttenue directement par le gouvernement
at un quart, par des organismes publics ou sous le contrbls de l'Etat.
Gouvernement 51,6%
CCCE 16,77.
Ville de Douala 10,3
Banque de D~veloppement dui
Cameroun 107.
Soc-fit camerounaise do Danque 5
Banque fran~aise do Dipbt 3p8.
Dive, s 2,7%
Los avoirs do Is SIC, au 31 mars 1974, @a montaient b 3,1 milliards do
francs CF/. ($12,8 millions). Ello a constrult ou eat on train de construite
2.147 unitbe d'habitation: 1.534 b Yaoundb et 613 k Douala.
Lo Conseil d'administration do la SIC Pe compose do 12 membres dfsignbs
par lea actioanaires en fonction do lour participation: 6 sont nomn6s par
- 75 -
le Souvernement, 2 par la CCCZ et un par Is villa do Douala, la Banque
do [Link] du Cameroun, la SociLtS camerounaise do Banque(dans
laqualle 1e goavernement a une participation majoritaire) et la Banque
frangaise de D6pbt. Conformiment aux statute, le Comitg exfcutt comprend
le prasident du Conqeil d'administration, le directeur gfnfral at des
reprzsentants do la CCCE, do la BDC at du ministbre du Plan.
La SIC peut 6laborer, exlcuter et gsrer sea propres projets d'habitat.
Ella cot 6galement abilitle I planifier et exfcuter des projets financbs
par des tiers (92 unites d'habitation pour lea cheminots, un immeuble
d'appartements pour Air Afriqr' ot des 6coles financ6es par la BIRD. Elle
assure 6galement des services do consultation en matibre de conception
de projets particuliers du gouvernement, tels que done l'habitat, l'infrastruc-
ture ou l'urbanismee Lea activit~s de Is SIC se sont concentrCes *hYaound6
at 1 Douala. Lea tentatives visant ' porter ces activit6s dans d'autres
rAgions ont t&hout car lea municipalitfs ou le gouvernement n'ttaient pas an
mature d'allour lea fonds nfcessaires pour financer lea activitfs de soutien.
[Link] CONSTRUITES PAR LA SIC (nombre d'unitfs)
Ann~os Anntes 1974 (an
195L 1960 1971-1973 construction) Total
Yaound* 467 753 167 147 1.534
Dousla L -- 63
TOTAL 765 978 257 147 2.147
La SIC a r6ceiment amorc*, 1k Yaound6, le projet do grando onvergure
"Cit6 Verte" -- 60 ha et 2.500 unitls en 5 an. La construction do 147
unit6s a commenc6 l'annle dernibre dana I. cadre do I& premilbre phase do
construction portant our 374 unitro.
- 76 -
La SIC conutruit des unit~s destinies la location-vente ainsi
qu'% la location. Depuis la d~ciaion de la CCCE de ne financer que des
unitfu $6conumiques" de location, la SIC n'a disposfi que do credits
I
long terme pour la construction d'unit~s rfserv~es ' !a location
et ells
a du financer son programe de vente par le biais d'un credit
I moyen
terms accord6 par la Banque centrals. Les versements mensuels pour les
unites fconomiques, % present destinges seulement I la location,
ont subi
une augmentation en raison de Is hausse des cotuts de la construction.
Les
loyers pour des unit~s bhties ' la fin de la dbcennie 1950 s'tchelonnaient
de 1.500 ' 8.900 FCFA par mois. A la fin des annies 1960 ct ait dtbut
des annes 1970, ces loyers 6taient months 'A13.000 et 26.000
FCFA. Lea
loyers pr6vus pour lee units du projet Cit6 Verte vont do 20.000
FCFA,
pour une unit& de deux pitcs 1 37.000 FCFA, pour une unitt de
4 pibces.
Ainsi, la plupart des nouvelles unitfis do la SIC doivent btre
loutes ou
vendues I des fonctionnaires.
En juin 1973, 1.215 unit6s 6 taient
g~r6es par la SIC. Un total do
127 unit6sttient cn location-vente et 1.088 unitfa ' louer, y compris
800 unitts b usage administratif loutes par le gouvernement.
La SIC a
vendu 685 unitfis sous contrat de location-vente.
La SIC a des difficultfs W assurer le service des pruts pour
lee
unitsoh usage administratif car le gouvernement oat lent h effectuor
la versements. En 1974, lea loyers de ces unitn 6taient versts avoc
6 mois do retard, ce qui oat une amblioration sur lea d6laim
dc 10 mols
accuses en 1972-1973, mais une digradatlon tout de minne par rapport
aux
retards do 3 moie, retarda consid~rhe normaux rcur lea veruements
du Souvernement I Is fin do la d6cannie da 1960. La SIC a dU affecter
un Gmploy6 h plein temps au rAglement des facturations du gouvernement.
La SIC a d'6normes difficult~s i obtenir lapprobation dfinitive
du Souvernemont pour des bartmes de loyers antfrieurement
convenus. A
titre d'exemple, aprts avoir occup6 un ensemble de 24 unites, le gouver-
nemnt sleet propos6 de payer des loyers considfirablement
inffirieurs %
ceux dont i1 fitait convenu initialement. Trente-six autres unit~s restent
vides pour IL mZne raison. Lea differences semblent substantielles; le
gouvernement propose des loyers s'Echelonnant entre 17.300
et 67.300 FCFA
pour des united dont le prix fitait fix6 initiaement de 36.000
h 99.600 FCFA.
Cot obstacle est politique plurbt qu'administratif; n6anmoins,
ii porte
atteinte % la situation de caisse de la SIC.
La CCCE, qul au cours des dernitres anntes a limit6 son f 4
nancement
aux unitfis destinesA la location, constitue la principale sourcede
financement de la SIC. Les przts pour des unitts qui cotutent moins do
1,5 million do francs CFA ($6.250) sant assortis d'une tchtance
do 20 ans,
d'un difftbr d'amortissenent do 5 ans et d'un taux d'inttrbt de 3,5 pour
cent. Lea untfs cobtant plus de 1,5 million do francs maiki moins qua
Is plafond do la CCCE qul cat de 2,5 millions do francs CFA
($10.400)
portent un taux d'Intbrft do 5 pour cent et sont assorties
d'une 6ch6anco
de 15 ans avec in difftr6 d'amortissement do 5 ans. La CCCE eat uniquement
disposte 'h .'nancor des projets bfnbficiant d'une participation
locale qui
doit s'61over, ,u minimum, I 25 pour cent pour les unites lea moillour
marchf at h 50 pour cent pour lee imltni plus onbreusas.
Los avances ' moyon termo do la Banque centrale sont une deuxitme
source do fonds, pratiquement la souls source de la SIC pour le finance-
ment d'unitfs plus cotuteuses destinbes ' la vents, Le gouvernement peut
participer au financement par le biais d'avances I moyen terme, coime
dane 1e cas d'un pr~t k 4 pour cent d'un montant de 300 millions de
francs CFA ($1,25 million) accord& pour la construction, 1 Yaound6, de
36 unitts destinfestaux:fonctionnaires et techniciens d'un rang &lev&.
Dane le passs, le gouvernement a fourni des terrains par voie de
condamnation, la SIC tant uniquement tetue de supporter les cotits de
r6installation des squatters. Cependant,les problbmes juridiques et
politiques entrans par lachat de terres en exergant le droit de
domains tminent ont imenb lee pouvoirs publics I laisser I la SIC le
soin dlacqufrir lea terres.
La SIC a 6galement recherch6 le financement du gouvernement pour
l'am~nagement de l'infrastructure. Dane le cas du projet Cit6 vertc,
I titre d'excmple, la SIC a sollicitb un don do 400 millions de francs CFA
($1,7 million) piur l'amnnagement des 20 premiers hectares. Cotte requbte
ant encore I l'6tude, cc qui retarde la mise en chantier du rests des
inites de 'a premibre phase (277 initfs) pour lesquelles le d6pouillement
des sounissions d'offres a eu lieu on mai 1974 et des 500 units do la
deuxibme phase actuellument on cours dc conception. La carence do deniers
publics pour l'achat anticip6 de tcrres ct pour I'am6nagement do linfrastruc-
ture con3tituO la pierre d'achoppement financibre principale d'un pro-
gramne d'habitat tlargi.
- 79 -
Le coftt do la construction au Cameroun sont tele quo la prix
des unit d'habitation modernes ontitrement parachev6es ne sont '
I* portia quo de families % revenu tlev6. Cette situation no va
probablement pa .'am1iorer. La SIC rapports quo lea soumisoions
d'offres relatives I la construction d'habitations, d~pouilles en
juin 1974, 6taient de 30 pour cent plus Mev~es que lea offres pour des
unit:b compar9bleas en juin 1973.
Comie il a &t6 mentionn6 auparavant, l'6chelle des paiements mensuels,
pour lea unites "fconomiques" do In SIC s'est Mlevte constamnent au cours
des ann&e3 passbes et il est maintenant difficile de mettre sur le march&
des unitfs de noins do 20.000 FCFA par mois. Conformbment aux pratiques
locales, la SIC n'accepte que des persunneni pour lesquelles le loyer ne
repr6sentera pas plus d'un tiers de leur salaire de base mensuel -- loyer
qui, aux terres de lal'ji, peut btre dfduit du salaire s'il n'est pas pay6.
Ainsi, lea untt6s &conomiques quo la SIC met actuellement sur le marcht
exigent des revenus de 60.000 FCFA par mos au mininnnn -- revenus de momhs
do 8 pour cent Je Is population employ6. des rigions urbaine3. Cependant,
il existe une exception; lea fonctionnaires ayant des traltemcnts de 40.000
FCFA par mois aeulement peuvent s3 peznettre de louer lea nouvelles unitbs
1s acilleur mrrch6 en raison de leura allocations de logement de 20 pour cent,
comme l'indlqua le tableau suivant:
un timrs do 40.000 francs * 13.000 FCFA
allocation de logement do 20 8.009
21.000 FCFA
Ce roupe constitue cnviron 20% do la population urbaine mployee I YaoundS,
oh sont concontrbs les fonctionnaires at les projets do la SIC.
- 60 -
La SIC eat 1. soul constructeur d'habitations important au Cameroun.
Eilo a bfntficit d'une assistance technique do la part de la SCET-Interna-
tional, l'un des organismes d'assistance technique frangais; cette assis-
tance diminue 1 mesure que des homologues camerounais sont formfs. Aprbs
1. dtpart du chef comptable, lea activitbs financibres et administratives
ont W reprises par un Camerounais. L'assistance tec' niqa, de la SCET
a borne % present aux services d'un directeur gfn6ral, de son adjoint
technique, d'un directeur do la section technique et d'un ing~nieur pour
lea projets.
Le premier entretien de la mission avec le directeur de la section
administrative et financibre et le directeur technique adjoint s'est avfr6
%tre quelque peu frustrant car la mission n'a pu obtenir, T cette Epoque,
des renseignements precis sur les projets d'habitat de la SIC (nombre
d'unit~s, fventaii des prix). Ce fait semblait indiquer qu'ils n'avaient
pas une vue d'ensemble des activit~s de la SIC. (Ceci pouvait Egalement
reflhter une certaine rftlcence b divulguer des renseignements concrets --
tendance des pays francophones, semble-t-il, et rtbaction possible aux
critiques politiques I propos des prix des unitts de logement construites
par la SIC.)
La SIC semble %tre efficace au niveau op6rationnel. A titre d'exemple,
lee encaissemencu se maintionnent I des niveaux appropri6s depuis Is
refonte, par le directe'r gfngral actuel, il y a trois ans, d'une section
des prtb irr6cotivrables. La SIC semble capable, 6galement, de gfrer un
noimbre coasidtrablement plui 61ev6 d'unit6s, ce qui r6duirait see coluts
uwitaires do geatlon.
- 81 -
La quotion do savoir si la SIC pout recouvrer le cotts d'un
projet do sites at services -- htant donni lea risques
plus importants
at 1s cot de recouvrement plus ilev& par uniti --
a fait l'objet d'6tudes
manies par la SIC et par la mission. Toutes deux conviennent que ces
projets devraient Utre des projets pilotes ayant une
comptabilit& stparfe,
pour lesquela pourrait Utre instituG un organisme
sp~cialist si l'expfrience
venait W Justifier cette mesure.
Du point de vue technique, les projets de la SIC sont
bien con~us
at exicutts avec compitence. Les travaux d'architecture
sont gfn~ralement
entrepris par ees architectes camerounais et r~vists
par la SIC. La
conception Lst acceptable mais pourrait 1tre amnfliorbe.
Les plans et
cahiers des charges sont flaborfs conform~ment aux
normes des rtgions
francophones. Les dessins d'urbanisme sont rtalists par l'effectif
de
la SIC qui esL tgalemnent charg6 de passer les march6s et
de surveiller
les travaux, conformnment aussi aux pratiques franqaises. Le bureau
technique ala :apacit6 ncessaire pour s'occuper
d'un prograne consi-
dfrablement Mlargi sans pour autant avoir * recruter
beaucoup plus de
personnel. 11n ou deux ingfnieurs de projets supplfmentaires
seraient
[Link] ntcessaires.
E. Autres instittitlops intervenant dans le secteur
de l'habitat
1. Le mnibtbre de l'Equipinent. de lIllabitat et du
Territoire
Le ministtre a ftt institut en juin 1972, lors de
la proclamation
do 1. nouvelle constitution do la Rtpubliquc-UInie du
Cameroun. II a
rogroup6 l'ancion ministbre des Travaux publics, le
Seczbtariat d'Etat
m 82 m
pour le dveloppement uxbain et lea Directions du cadastre et de
l'enregistremnent fonciers (relevant ant6rieurement du ministbre des
Finances).
Lee sept directions du ministbre sont: l'administration g~ntrale;
la construction; l'urbaniame et 1'habitat; les routes; le cadastre;
l'enregistrement foncier; et 1'Ecole nationale de Technologle. Quatre
organismes snmil-publics relbvent 6galement du ministbre: la Socit
inmnobilibre du Cameroun, la Direction des travaux publics, l'Institut
national de Gbigraphie e lea Garages nationaux d'Equipement des Travaux
publics.
Le gouvernement affecte des fonds aux activitfs de la Direction
de l'urbanisme et de l'habitat. Des progrannes precis peuvent btre
finances par des affectations du budget national de dveloppement ou,
dans le cas de l'infrastructure, par lea compagnies d'Electricitb et
d'eau.
Au cours du Deuximnp Plan quinquennal de dfveloppement (1966-1971)
le gouvernemett a investi un peu plus de I milliard de francs CFA
($4.2 millions) dans l'urbanisme et l'habitat (outre les dpenses d'invas-
tissement pour V'adduction d'eau et le rtseau t1ectrique). Cecl
constituait 5,2 pour cent du total dt-penst par It!gouvernement aux fins
des objcctifs d'i plan. Au courn du Troisibine Plan (1971-1976) lea
d6penses d'inetisiement du gouvememcnt, pour des objectifs comparable$,
notamment ]a pt~pnratlon de plans de villas et Ies cedastres, sont cons6es
- 63 -
damuror pratiquement au Us niveau annual, l~gbroment suplrieures W
I milliard do francs CFA. Jusqu'l prisent, nbanmoins, un tiers
seulement du montant prfvu a 6t inscrit au budget. Pour le Troisibme
Plan, le total des investissements en matibre d'urbanisme, d'infrastruc-
ture et d'habitat moderne dans lea rfgions urbaines eat projet6 1 28,2
milliards de francs CFA ($117,5 millions), eoit 10 pour cent de l'inves-
tissement total pr&vu -- public et priv*.
La mission a pu s'entretenir avec des hauts fonctionnaires des
Directionsde l'urbanisme et de 1'habitat, du cadastre et de l'enregistre-
mont foncier, ainsi qu'avec un nombre de fonctionnaires des provinces.
A en juger par son tchec relatif 1ors des runions budg6taires
r~centes, il eat possible de conclure que le nouveau ministbre n'est pas
encore bien *tabli. Ceci eat comprthensible car une certaine priode de
temups eat toujours n6cessaire pour coordonner les services qui relevaient
auparavant d'autres ministbres. (Un travail inad6quat do la part du
personnel a peut-1tre 6galement influt sur la situation. Le Plan do
dfveloppement avait affectb 33 millions do francs CFA pour le cadastre
do Yaoundt. Au moment de l'appel d'offrj, l'offre la plus avantageuse
s'Slevait 1 110 millions do francs CFA, soit plus de 40 pour cent du
total de 250 millions de francs CIA inscrita au budget dana le cadre
du plan pour 1'6tabliscioent du cadastre de b villes.)
La Direction do l'urbanisme et de l'habitat dispose d'un effectif
r~ouit et lea postes c16 sont d~tenus par des conseillers 6trangers.
La Division do l'rbanisme, qui eat dirig6e por un uncien administrateur
- 64 -
colonial, a supervis6 le travail do consultants priv~s, faiblement
r~numrds, qui pr~paraient le plan de 15 villes environ. Ces plans
sont tracts sur une grande 6chelle et n'offrent aucun detail quant b
l'utilisation des terres, Certains, tel le plan de Douala &labor& en
1956, doivent Itre remanifa. Cependant, lea plans existants sont utiles
dana la mesure oA ils donnent une idle g~nbrale de la croissance urbaine,
ce qui permettra de choisir l'emplacement de projets precis dans 1'bven-
tualit6 do leur financement.
La Division de l'habitat est 6galement dirigfe par un conseiller
Stranger, jeune et dynwaique. Cette division a rfcemment pr'tt les
services do sin personnel 1h la comission sp~ciale charg6e de preparer
la politique nationale de l'habitat.
La Direction du cadastre ainsi quo celle de Ienregistrement des
terres sont diriges par des personnes comp~tentes. La divisi-,i le
l'ancienne Direction du cadastre du Cameroun occidental et des anciennes
provinces d'expression anglaise, afin do so conformer aux pratiques des
regions francophones, a affectt les travaux dans la province du sud-ouest.
La Direction du cadastre manque d'fiquipement et dc bons levts et ne pout
g6nfiralement que dresser des cadastres pour des cas particuliers. La
Direction de lenregistrament foncier est responsable do l'administration
du domaine do l'Etat et est habilitte h encainser Ic3 paianents pour
l'achat de Lcrres. Cependant, elle n'a jamais ajsur6 la perception des
loyers mensuels des r6gions francophones. IA mission n'a pas dispoas do
tomp,-, ullasann pour mener une onqute ur leu activitts do cette direc-
tion dane lea Frovinces du sud-ouest at du nord-ouest.
. 85 .
En gtntral, la mission est d'avis quo le ministbre pourrait jousr
s rle de l'emprunteur dans le cadre d'un programme 6ventuel do
garantie de l'habitat, mais que sa structure no lui permettrait pas
d'assumer les responsabilitfs financibres qu'un progranune viable exige-
rait, et que son personnel qualifit est trop restreint pour pouvoir
accepter considfrablement plus de responsabilitis.
2. Financement de l'habitat des rtgions rurales
Dans le paas6, les fonds allouts ' l'habitat des r6gions rurales
ont ft* assez limitts, mais l'expansion rtcente des cooperatives et dee
mutuelles de credit ainsi que l'ttablissement, i1 y a peu de temps, d'un
fonds sp6cial pour le dtveloppement rural donnent de grands espoirs pour
le dfveloppement de l'habitat dans ces rtgions.
Trois sortes de mutuelles offrent un credit I l'habitat de ces rfigions.
Des cooperatives agricoles et de commercialisation se dEveloppenr dans la
majorit6 des rtgions de cultures de rapport. Ces cooptratives fournissent
des ressources pour le financement des rtcoltcs et comnmencent I accorder un
credit, sur nantissement des rficoltes, pour l'aLhat de mattriaux de construc-
tion tels que les feuilles d'aluminium pour les toitures, le bois de charpente
et le ciment. Ces cooperatives achttent en gros et peuvent donc obtenir des
prix plus avantageux pour l'agriculteur. El1es fonctionnent de la mcme
manibre quo les Cooperatives des Etats du Sud (Southern States Co-operatives)
aux Etats-Unir.
Le gouvernoment a 6galement oncourag6 l'ttablissment do mutuelles
aux fins do fincncement du dlvelopp ment du commerce local dana lee r6gions
- 66 -
ruraleu. Ce mutuelles sont ftnancles par une cotisation des membres
do la counmunaut& -- 150 FCFA per capita -- ainsi que par des b~n~fices
r~alin sur des investissements. Les fonds sont concdets pour la
construction d'hbtels, de stations-service, et pour le dveloppemcnt
g8n~ral du ccnvierce et 1'achat do mat6riaux do coastruction par lea
familles. Ces mutuelles jouent essentiellement le rble do banques locales.
Les mutuelles de crtdit ont [Link] multiplit leurs activitts au
Cameroun depuis l'institution de la premibre mutuellc en 1963. En 1973,
on comptait 181 groupes ayant 22.000 memnbret dent lc.i tpargnes atteignaient
24 millions dc francs CFA. Des pr tu sont ac~ord(!i princpI
palefi nt pour ]a
scolaritf des enfants des membres et pour la construction de maisons. Dix
pour cent des trembres des mutuelles do crEdit rt-sident dans ties zones urbaines.
Les mutue'les do crtdit locales appartientent h Ia Soct'tt, dei ututlles
do Crdit du Cameroun (Catneroun Co-operativ, Credit Union League) quf lour
fournit des servicesi admlnistratifs ett de nout'4n et qul, 1hnon tour, out
membre do la CULNA. Les muttullen de crf,,Jlt au Caxneroun ont reu Utuw aide
financitre et techniqile do Ia Fondatlon Konrad Adenauer, U Am 411 11
quo du Corps do Is Paix et. de I'AII) deu Etntu-Unl-t. Lvun dt|)bta 8aaccrolabsnt,
ces mutuelle de crt-dit ont, depulu peu, covimenct ' prieter directement 409
cooptrative. agricoles C de conrner(:Aallaation rurale plut4t que dv dopoaer
lours fonds d'inventluanemnt dano den banques cortcialoc atubas g6nbra-
laent dana lOU itgioln urbaincu.
Ain do M1011A promouvoir la projots agricoles at laMnagaont de
I'infrastructure pour l 06voloppcaonnt rural, ). gouvernomnt a rtceuuwnt
- 87 -
instituS un fonds sp~cial, le Fonds national de dfveloppement rural
(FONADER). pour guider X161aboration et l'exbcution de projets de
grande envergure dans les rkgions rurales. FONADER est autoris6 *
octroyer des pr1ts au dfveloppement de projets I vocation sociale
dans lea rfigions rurales et il considbre l'habitat comme un secteur
prioritaire. CettL institution a ft6 financte initialement par un don
du gouvernement et W 1'aide de fonds d'investissement mis ' sa disposition
par l'intermtdiaire de divers offices de commercialisation de produits
do base du Cameroun. Pendant l'exercice de 1973, son budget s'Elevait
k 2,5 millicrds de francs CFA et il a Ett fixf I 3,8 milliards de francs
CFA pour 1'exercice de 1974. Au cours de 'annte dernibre, la Banque
Mondiale a fourni directement des fonds au FONADER pour la mise en oeuvre
d'un proJet rclatif au bAtail dans la partie nord du pays. Le gouvernement
considbre le FONADER comme 1'instrument principal de promotion du d6ve-
loppement dens lee r~gions rurales.
w P m
IV A DEMANDE REMLLE DE LOGEHM
A. Conditions actuelles de l'habitat urbain
La dernilbre enqubte our lea conditions de l'habitat au Cameroun a ft&
offectu~e en preparation du Deuxibme Plan de dfveloppement (1966-1971).
Cette enqutre, qui sOest limitfe h Yaoundfi et ' Douala et a exclu le
logement des btrangers, a fait ressortir que la grande majorit& de la
population urbaine vivait dans des habitations traditionnelles qui n't6taient
dotes ni d'filectricitt, ni d'eau, ni d'installations sanitaires inttrieures,
mais ambliortes par un toit en tMle ondulte.
Conditions de 1'habitat urbain en 1964
Yaound8 Douala
Construction d'habitations
Traditionnelles 63% o
Traditionnelles ambliorfes 14% 70%
(avec toit en tMle ondulie)
Semi-modernes 13% 17%
(toit en metal, fondations on b6ton)
Modernes 10% 13%
Installations
Electricit6 20% 17%
Eau courante 7,4% 6%
Toilettes int6rieures 6,8% -
Los autres centres comptaient g6nbralement moins d'units en mat~riaux
modernes ou semi-modernes, main avaient 6galement une plus faible donsit6
do population.
- 89 -
En 1969, la qualitS des unitfs d'habitae:ion s'ltait seneiblement
am41ior~e h Yaoundf. Ce ph~nombne 6tait d-u principalement au fait
d'avoir aJoutf aux unit~s traditionnelles des toits en mftal
et d'avoir
remplacf lea unitfs traditionnelles d&labrfes par des unit~s
dotfes de
fondations en ciment. Aprbs l'enqubte, vera la fin des annies 1960, la
dbnolition de deux vieux quartiers a rbduit davantage le nombre
d'unit6s
traditionnelles.
Yaound*: Caract~ristiques du Parc de 1'habitat. 1964-1968
1964 1968
Traditionnel 14.510 6.608
Amnlior 6.254 11.993
Moderne 2.396 5.874
Nombre d'occupants/unit6 4,57 6,52
L'augmentation de 40 pour cent du taux d'occupation s'explique
par le
fait qua le noabre total d'unit*s de logement se soit blev& de
5,7 pour
cent seulement au cours de la pfriode de 4 ans, tandis que la
population
s accroissait de 7,5 pour cent par an.
Le retard accust par le secteur de l'habitat a 6t6 ressenti presque
entitrement par lea familles I faible revenu. Une comparaison du total
des unitts traaitionnelles et des unitts amfiliortes fait ressortir
une
diminution nettc de 2.163 unitfs pour families W faible revenu.
La faible
augmentation du nombre total d'unitbs cat due preuquc exclusivement
h la
construction d'unit6s modernes qui sont, par consquent, uniquemont
I la
- 90 -
port6a des 15 pour cent d la population do Yaoundi so trouvant au
sommet de 1'6chelle des revenue.
La pression exercte par la population a rempli jusqu'l saturation
les anciens quartiers populaires. Dana le quartier de New Bell de Douala,
la densitb peut atteindre 500 personnes par hectare, chiffre extraordinaire
pour le Camerun. En 1968, le quartier de Town Strangers de Buca comptait
450 structures en planches s'9itendant our 17 hectares, avec une cuisine
at un WC que se partagealent de 3 1 10 families. Cependant, au cours des
quelques dernilres annies, la croissance de la population urbailie a W
absorbfie, duns une large mesure, par le peuplement spontan dc nouvelles
regions plus 6loign6es du centre de la ville. Dans ces rtgions, les
densits de population sont plus faibles, mals, en y rf-sidant,les habitants
sacrifient leur possibilitt d'accls aux utilits publiques.
Ni Yaoundt, ni Douala ne sont dottes d'un rtseau dtgouts. Les coats
de la construction d'usines de traitement des eaux uest et de rtseaux
d'amente pour ces villes ont Ett estims Ih20 milliardti dc francs CFA
($83,3 millions) pour Yaound6 et preque autant pour Douala. Les canaux
d'fcoulement des eaux tte pluic sont inad~quats dans les villes visitbes
par la mission et le drainage dans Ice quartiern populeux n'cst souvent
constitub qua de caniveaux sommairement creusts, sans couverturo. La
mission a visitb des zones de squatters W Douala, oA lea voles de
drainage avaient tt construites et paytas par les habitants eux-mues.
- 91 -
A Yaound6 et I Douala, soul.S lea units situfes le long don
principales rues paves ont des points dleau individuels.
Dana le
autres quartiers,le r~seau d'adduction d'eau cst lentement
amnnagg
at dane certains quartiers la municipalit6 construit des fontaines
at prend ' sa charge lea droits d'utilisation pergus. Ngaound6rb
no dispose pas de rseau d'adduction d'eau 1 l'heure actuelle, bien
qu'un rseau soit en chantier. Les families creusent des puits (dans
lee quartiers 1 revenu sup~rieur) ou achbtent de l'eau distribute par
des canions-clternes. Selon des foLIctionnaires du cabinet du gouverneur,
ni Bafoussam, ni aucqne autre vlle dana l'ouest du pays ne
dispose
do rtseaux d'adduction d'eau.
R. March6 do I'habitat - Enquhte sur le terrain
Les conclusions suivantes sont bases sur des entretiens de
la
mission avec des fonctionnaires avertis de 5 des 7 provinces
du Cameroun,
compl6tbs par des visites sur lea lieux h Yaound6, Douala,
Victoria
(sud-ouest), Lafoussam (ouest) et Ngaoundtrt (nord). Ces remarques
visent 1 d~crire conment les habitations sont obtenues, construites
at financtes par la gvande majoritte de la population urbaine
I du Cameroun
at, en particuller, par ceux qui ont un revenu trop faible pour
b6n6ficier
des programmes otficlels d'habitat et de pAts.
1. Type d'habitat
En g6ntra], la mission a ft favorablement impressionnfe par la
qualitO des habitations tradttionne]les et am liortes dans
lea quartiers
ob rtside In population urbaine I faible revenu. Plutbt quo lea hutte.
d6labrvaj ou nuil cnstruites qtc Ion t'inmginc dana lea quartlers
aux
ontries do Ia ville, habit6es sans garantic du lendaumin, lI mission
- 92 -
a vu a- Aie dane lee quartiors do squatters --
des Maisons solidement
Construites an mat~riaux traditionnels avant
une vie utile eatime h
10 ans ou plus par lea fonctionnaires de la Direction
de llhabitat.
Lee hab!,tatins traditionnelles du littoral
(Douala) et du sud-ouest
(Victoria-Buea-Tiko) sont construites de planches
fix6es sur une charpente
en bois ("en arabote"). Pans [Link] et dans le centre-sud (Yaoundt),
les
habitationJ sont faites d'un treillage rev6tu
do boue, ou bien do briques
do boue. Dana le nord, des cours entourtes do murs CL
P'utIi'ation do
briques de boue deviennent do plus en plus frtquentes
b mesure que ]'oi
passe des rgions de savanes aux rgion sani-d6sertiques. L corrtdntion
de la g~ographin et des types d'habitations
tait Is plus frappante le long
de la route de Victoris I Bafousuam; loraque
In mission eat pasaae do la
province du sud-ouest h celle de l'oueat, lea
maisons en planchen aligntes
au bord de la route ont soudainemnent fait place
a des structures en boue.
Dana lea peuplements traditionnels, la terre
Cat "tMlisnc do fajon
extensive. Dana le nord, des terres do concession entourtes
d'un mur
regroupent une mailson pour lo chef do famille
CL des locaux sAparts pour
son femces, sea fils d'age adulte Ct dauLrea
memubres de la famiile. Ces
maisons sont conutruites nutour de la cotir --
ct parfois nizme occupent
entitrement celle-ci. Dana d'autres rgions, ls familles bitlsn, 'A
i'arritre du terrain, uri unitb rectangulaire, all2gte, c,,mpou6o d'un
certair nombre do pibcen (ou, si le terrain
cat suffisamment grand, d'una
rang6o de locnux de deux pitces dot.b chacun
de Jour ptopre entrte). La
fumille pout y rAsIder, tandis qua Pavant
du terrain eat r6serv6 I un
- 93 -
bltiment beaucoup plus 8rand, essentiellement carr6, qui eat lou6 et
comprend une salle de sJour comune entour~e sur 3 cbt6s de 6 1 8
chambres I coucher ayant chacune deux portes, l'une sur l Sextfrieur et
l~autre our l1int~rieur.
2. Accbs initial ' l'hpbitat (match& de la location)
Selon des donn~es pr61ikinaires obtenues lots d'une enquite sur
l'immigration urbaine A Yaoundb, le nouveau venu est g6nralement
cflibataire et a de 20 ' 25 ans. 11 rside gratuitement chez un parent
jusqu'% ce qu'il trouve du travail, p6riode s'§tendant g~nfralement sur
2 ans.
Il loue initialement une pibce unique ou "studio", deux pibces
contigu~s. Les loyers mensuels varient de 800 W 1.000 FCFA ($3,33 - $4,17)
pour une seule pibce avec sol de boue, ' 3.000 ou 4.000 FCFA ($12,40 -
$16,70) pour une pibce traditionnelle amflior~e (pibce dotfe d'un sol en
ciment). Pour 5.000 FCFA ($20,83), l'ancien immigrant I present habitant
urbain 6tabli peut louer une unit6 suffisanunent grande pour y loger la
femne pour laouelle il eat retournt dans son village et qu'il a *pousfe.
Cette unit& comprend g~n~ralement une ou deux pibces avec une salle de
s6jour commune ou dew: pibces dans une rangbe de locaux. I1 peut Ame
y avoir um point d'eau commun dans la cour et il n'est donc pas nfcessaire
daller puisez de l'eau t la fontaine commune install e par la municipalit6.
La location d'une maison entibre est moins courante. Les exemples de
loyers cites ' la mission s'6chelonnaient entre 6.000 FCFA ($25,00) pour
une maison traditionnelle do 70 W 80 mttres carrfs, sans viabilitfi, situfe
dans un quartier pfriphfrique de la ville, 'a 15.000 FCFA ($62,50) pour une
r. 94 -
maison traditionnelle do 4 I 5 pibces avec eau et 6lectricitG.
Cependant, I cette 6tape, le jeune chef de famille eat plus vraisembla-
blement engag& dana la construction de sa propre maison our un terrain
coutunier pour lequel il a achet6 un droit d'occupation.
A Douala, ob le nouveau venu passe par des ftapes semblables, lea
pibces sont louges pour 1.500 h 3.000 FCFA par mois ($6,25 - $12,50).
Le loyer d'une maison s'l&lve % 5.000 FCFA ($20,83) bien que lon alt
6galement mon&.r6 I la mission une maison en planches qui se louait
pour 7.000 FCFA ($29017).
A Buea, lenqubte administrative de 1968 a fait ressortir que des
pibces dans des maisons en planches, sans Mlectricitb, ftaient louses
pour 800 I 2.000 FCFA ($3,33 - $8,33) par mois, tandis qu'une pibce,
sans viabilitf, avec sol en terre battue cotutait de 300 1 1.500 FCFA
($1,25 - $6,25) par mois.
A Ngaoundfr6, une pibce se loue entre 1.500 et 2.000 FCFA ($6,25 -
$8,33). ce qui reprfsente 25 pour cent, au minimum, du salaire de base
dlun ouvrier non spfcialisf, qui eat de 6.000 FCFA mensuellement.
La location eat presque inexistante h Bafoussam, centre urbain du
Cameroun qui s accroit le plus rapidement. Un honme quittant une rfgion
agricole des alentours pour aller vivre en villa a gfnfralement un endroit
oA loger et peut Egaleuent occuper une partie d'un terrain coutumier
nfgociG pour lui par un membre de sa famille Mlargie qui vit dbj*t en
- 95 -
ville. Coume lee habitants Bamiloke do la r6gion slentraident volontiers,
le nouveau venu nlest tanu do loger gratuitement chez un parent quo pen-
dant 3 mois en attendant d'avoir fini de payer son terrain, construit sa
propre maison et em6nag6.
3. Acquisition de terrains
Au Cameroun, il existe trois fagons courantes d'acqufrir un terrain:
gratuitement, dans un lotissement de la municipalit6, ou en obtenant le
droit d'occupation de tesres coutumitres.
Les terres municipales sont offertes gratuitement, I titre de dfdomnma-
gement, aux squatters qui doivent Svacuer lee quartiers ob la munitipalit6
entreprend d'abolir lea taudis, d'amfnager des rues ou de r~aliser d'autres
travaux publics d'amblioration. La majorit6 des autres terres municipales
sont dfij occupies par des squatters -- autre fagon d'acqulrir des terres
gratuitement.
Les munic'palit~s de Douala et de Ngaoundfr& ont divis& et vendu des
terrains dans de nouveaux lotissements. A Ngaound6r6, des lots de 1.000 h
1.300 mtres carr~s, et mbze de 2.000 motres carr~s, ont &tf vendus pour
90 FCFA ($0,375) le mtre carr6 -- soit un minimum de 90.000 * 117.000 FCFA
($375 - $487) par lot. A Douala, des lots de 300 mtres carrts dens le
lotissement do New Deido ont 6t6 vendus pour 500 FCFA ($2,08) le mbtre
carr, soit 150.000 FCFA ($625), lee paiements effectufs auprbs du Bureau
de l'enregistrement foncier s'~chelonnant sur plusieurs annies.
La mfthode la plus courante d'obtenir des terres au Cameroun est d'acheter
le droit d'occupation do terres couttnitres. Cette pratique pout mener W des
- 96 -
litises lorsque lea divers file d'un propribtaire de terres coutumibres
vendent 1. droit d'occupation du mbme terrain h plusieurs personnes
diff6rentes. Les possibilit~s de conmettre des fraudes sont nombreuses
eta an sfn~ral, l'affaire so conclut lorsque l'acqufreur Sventuel
le plus
ais6 offre ur. dfdommagoment aux autres.
Le droit d'occupation ne reprfsente pas forcbment une garantie
h
long terme pour l'acqufreur. Lee lots coutumiers sont vastes et peuvent
tre subdivis~s h volontS par be ou lea proprittaires pour
Ztre louts ou
vendus. Le droft doccupation n'offre pas non plus de protection 'h
lloccupant si le propriftaire d~cide de vendre sa propri~t6
avec tous
droits de Jnuissance et de possession ou si lea terres sont
condamnes
par la municipalit6.
Heureusenent, lVassurance d'occuper lea lieux ' long terme
ne semble
pas avoir, pour lea Camerounais, une grande importance.
Conme la mission
1'a appris de plusieurs sources, l'habitant urbain moyen investira
dans
une maison traditionnelle en pensant l'occuper pendant 5
ans. Dans
1'intervalle, il aura amortl son investissement en louant
des pitces et
l sera prxt % ae r6implanter dans un meilleur endroit.
A Yaound6, be prix pay6 pour le droit d'occupation de terres
coutumibres
eat mont6 en flbche, passant de 5.000 1 10.000 FCFA avant
l'indfpendance
au prix actual de 100.000 FCFA ($417) et mbne de 200.000 FCFA
($833) pour
un lot de 30C * 400 mbtres carr6s situ6 dans le quartier plus
vieux et plus
peupl6 mais plus central de Briqueterie. A ce prix, vers en espbces,
- 97 -
viennent 86ntralement staJouter environ 15.000 FCFA en vin et whisky,
plus une chbvre. Le bail et gfn~ralement pour 15 ans. Si le bail
n'est pas renouvelf, l'occupant, dans certains cas, doit abandonner
sa maison au propriftaire du terrain. Dans d'autres cas, il peut
vendre sa maison et une fraction du prix revient au propriftaire du
terrain. Une troiGilne possibilit6 offerte h l'occupant eat de verser
une somme suppl~mentaire, disons do 800 % 1.000 FCFA par mAtre carrf
($3,33 - $4,17) pour obtenir un titre vritable do propri6t6 absolue.
4. Construction de la maison
Le cout de base d'une maison traditionnelle semble tre approxima-
tivement Ae 200.000 1 300.000 FCFA ($850 - $1.250), qu'elle soit construite
an boue, I Yaound , ou en bois, I Douala, et est peut-Itre Thgbrement z,,'ins
lev6I Bafoussam. La main-d'oeuvre reprfsente environ un tiers de ce
cotut, que le proprittaire peut fconomiser s'il peut se faire aider par
des personnes doties des compftences n~cessaires (bien entendu, il ne
s'&pargne pas tous les f~ais de main-d'oeuvre puisqulil doit offrir des
alimenta, des boissons et des cadeaux).
I1 faut ' peu pros un an pour construire une maison traditionnelle
do cette fagon, et pendant catte pfriode le proprittaire d~pense environ
le moitit de gon salaire pour les mattriaux. Ceci reprfsente, pour un
habitant urbain, un investissement total en terrain et construction
1TLt' ment limitatif semble Ztre que la valeur de ltinvestissement pour
une simple maison, en boue, I Yaound6, est supfrieure I cells d'une
simple maison en bois, ' Douala.
- 98 -
d'approximativement 300.000 1 400.000 FCFA ($1.250 - 1.700) rfparti
u! 18 mois. Si 1achat de matfriaux absorbe la moitiA de son salaire
mensuel pendant un an environ, la mission estime quo cet habitant devra
disposer d'un salaire mensuel de base d'approximativement 20.000 FCFA
-- revenu moyen urbain -- pour devenir propriftaire, en queique sorte,
d'une maison construite our un terrain coutumier.
Chez los Bamilekes, qui sont originaires de 1'ouest et qui reprfsentent
une fraction considerable de la population de villes telles que Douala et
Yaound6, le processus entier peut se d~rouler en 3 mois. Deux raisons
expliquent ca fait. La premibre eat qu'ils ont un sens trbs d~velopp&
de la cooperation dons la construction. La majoritt des families 61argies
comptent des mambres dotts de compftences en matibre de construction et
la runion du dimanche pour la construction d'une maison s'est trigfe en
institution urbaine. La seconde raison eat la "tontine", petite mutuelle
dIpargne et de credit improvisfe, se fondant 6galement sur l'esprit de
coopfration. Chaque membre verse une cotisation mensuelle et chaque mois,
tour I tour, la sonmme r~unie eat donnfe I un membre du groupe. Un memlre
peut vendre son tour d'utiliser l'argent, ou peut acheter le droit de faire
usage de cet argent avant son tour. Ce systbe, bien entendu, assure aux
membres de la tontine un accbs rtgulier *Ade petites sommes ainsi qu'aux
avantages que cela comporte. Chez lea familles aisles, les fonds qui
passent par la tontine peuvent btre considfirables. Salon le renseigne-
ments recuejIlis par la mission, plus de 80 pour cent des habitants de
Bafoussam participent rfgulibrement h une tontine.
- 99 -
C. Habitat urbain - Besoins. production et demande
Le Tableau 8 fait ressortir qu'il faudra construire au Cameroun
26.940 unites d'habitation urbaines par an, jusqulen 1975, et 34.000
unitfs par an de 1975 k 1980. Ces estimations, qui ont ft& prfpar~es
par la Direction do l'urbanisme et de l'habitat du ministtre de
l'Equipement, de 1'Habitat at du Territoire pour la Commission sur la
politique nationale de l'habitat, sont bases sur l'accroissement de
population projett et pr6voient le remplacement du stock existant
d'unit~s d~lab'6es I un taux de 2 pour cent par an.
I1 eat manifeste quo lea programmes officiels actuels, qui ne portent
que sur Yaoundb et Douala, sont loin de r~pondre aux besoins glnfraux
de logements de ces deux villes. A Yaound6, le Projet Citb Verte de la
SIC portant sur 2.500 unit*s devrait satisfaire la demande en unit~s
modernes (onreuses) de la capitale pendant ces prochaines annfes. I1
eat estimf que 150 unites supplfmentaires pour lea familles h revenu
6lev -- dont la majoritf se trouve 1 Yaound -- seront financbes annuel-
lement par la Banque de Dfveloppement du Cameroun (BOC). La BDC offre
galement des prbts pour lVacha de mattriaux de construction et certains
d'entre eux pourraient tre utilisfs pour bltir des unitfs de location
pour lea faibles revenus. Par cona~quent, l'insuffisance annuelle de
logem nta eat estim~e come suit:
- 100 -
TABLEAU 8. Construction d'habitations requise dans les centres urbains-
du Cameroun, 1976-1980
Population Taux de Personnes Nombre d'u- Total Nombre d'u- Total
Ville est. de 1972 Croissance par m&nage nit&s/an 1973-75 nits/an 1976-80
Douala 315.000 6% 4,8 5.530 16.590 6.970 20.910
Yaound* 210.000 8,5- 5,4 4.300 12.900 5.900 29.500
Nkong- 79.300 10% jusqu'en 4,8 2.160 6.480 1.960 9.800
samba 1975, 6.
ensuite
Victoria- 65.300 7% 3,2 1.950 5.850 2.550 7.650
Tiko-Buea
Bafoussan 64.500 11% 7,2 1.300 3.900 1.410 7.050
; Kumba 45.000 6% 3,2 1.180 3.540 1.500 7.500
Garoua 40.000 7,5% 4,9 820 2.460 1.100 5.500
Maroua 38.600 3,5% 4,2 530 1.590 600 3.000
Foumban 37.000 5,8 7,2 420 1.260 530 2.650
3amenda 32.G .O 6% 3,3 820 2.460 1.100 5.500
Bafang 29.000 8% 7,2 300 900 410 2.050
Autres
centres
urbains 295,.000 - 7.630 22.890 9.840 49.200
Total 1.250.000 26.940 80.820 34.000 170.000
Source: Ministtre de 1'Equipement, de l'Habitat et du Territoire
paraion des besoins annuaels en habitations urbaines et des
..
habitations construites done le cadre de programes officiels
pfvus pour 1973-1975
Reste du
Yaound6 Douala pays
Production d'habitations
SIC 240 108 95
SDC - Hypothtques imobilibres 100 25 25
BDC - Mat6riaux de construction 250) 90 60
TOTAL 590 220 180
Besoins en habitations 4.300 5.530 15.160
DSficit annuel d'habitat 3.700 5.300 15.000
A partir do divers renseignements sur l'emploi et sur la participation
calcul6
do la main-d'oeuvre, la Direction do l'urbanisme et do 1'habitat a
La
approximativement la r6partition des revenue pour Yaoundf et Douala.
prfsumte
rApartition des revenus dons lea autres centres urbains du pays eat
%tre la ume.
Rpartition des revenue mensuels des foyers urbains
Douala et
Revenu mensuel autres centres Yaound
207. 12%
Morns de 10.000 FCFA
50 707. 38 507.
10-22.000 FCFA
20 90 35 85
22-43.000 "
4,5 94,5 7 92
43-61.000 "
3,5 98 5 97
61-90.000 "
Plus ce 90.000 " 2 100 3 100
100 100
Revenu moyen: 18.000 FCFA
I
22.000 FCFA
Si, comme 13s donn~es le portent ' croire, environ 30 pour cent de la
population urbaine eat en chbmage, il devrait %tre possible d'estimer la
- 102 -
distribution des revenus des foyers urbains ne comptant qu'un seul
membre travaillant W plein temps. Le tableau suivant, qui a t6
prfpar6 pour Douala, s'applique fgalement aux autres principaux
centres
urbains, h l'exception de Yaound&, et indique que le revenu moyen
est
d'environ 20.500 FCFA.
Revenu des foyers de la population urbaine avant un emploi
10-22.000 FCFA 57,1%
22-43.000 " 28,6 85,7%
43-61.000 " 6,4 92,1
61-90.000 " 4,9 97
Plus de 90.000 FCFA 3 100
100
A partir de ces estimations sur la rpartition des revenus, la
Direction
de l'urbanisme et de lhabitat a 6tabli quatre categories de besoins
en
habitations correspondant aux principaux niveaux de revenus:
1. Surfconomiue: foyers ayant un revenu entre 10.000 et 22.000
FCFA, environ la moiti& de la population urbaine. Si 20-25
pour cent du revenu mensuel est d~penst pour 1'habitat, les
versements mensuels de ce groupe devraient s'&chelonner entre
2.000 et 5.500 FCFA.
2. Economjiue: foyers ayant un revenu entre 22.000 et 43.000
FCFA,
constituant plus d'un quart de la population urbaine et en
mesure de d~penser, pour l'habitat, de 4.500 I 11.000 FCFA par
mois.
3. Revenu modert: vaste gamie de foyers comptant des ouvriers
sp6cialis's ayant un emploi stable, dont le revenu s'6chelonne
entre 43.000 - 90.000 FCFA. Ce groupc, qui constitue lAgbre-
ment plus d'un dixilme de la population urbaine, peut payer
Jusqu' 22.500 FCFA par mois. C'est le groupe bfn~ficiaire
des projets de construction d'unitts modernes mis au point
actuellement par la SIC.
4. Revenu suprieur: lea 3 pour cent supfrieurs de la population
[Link] qui gagne plus de 90.000 FCFA par mois.
- 103 -
Le Tableau 9 donne lea estimations de la Direction de l'urbanisme
at de l'habltat concernant la demande rAelle des quatre niveaux de
revenus principaux danq lea grands centres urbains du Cameroun pendant
la pfriode 1973-1975p
Quel genre de logement peut-on construire, qui soit I la porte
des groupes dfcrits ci-dessus? Si l'habitat moderne entralne des couts
comparables t ceux de la SIC, il semblerait que lea prix 6lev~s limite-
ront aux seuls foyers 4 revenu modfrg et supfrieur la possibilit6
d'acheter ces habitations.
- 104 -
TABLEAU 9. Construction annuelle d'habitations requise pour les centres urbains du Cameroun,
par cat*Rorie de revenus. 1973-1975
Surtconomique, Revenu suprieur,
moins de Economique Revenu modfrf plus de Total
Ville 22.000 FCFA/m 22-43.000 FCFA/m 43-90.000 FCFA/m 90.000 FCFA/m par an
Douala 3.820 1.100 440 110 5.520
Yaoundf 2.150 1.500 516 130 4.300
Nkongsamba 1.510 430 170 45 .160
Victoria-Tika-
Buea 1.360 390 150 40 L.940
Bafoussam 910 260 104 26 L.300
Kba 826 236 94 24 L.180
Garoua 574 164 66 16 820
Maroua 371 106 42 11 530
Foumban 294 84 33 - 420
Bamenda 574 164 66 16 820
Bafang 210 60 24 - 300
Autres centres
urbains 5.340 1.500 610 150 7.630
Total (arrondi) 18.000 6.000 2.300 570 26.900
Source: Ministbre de 1'Equipement, de IlHabitat et du Territoire
Le gouvernement estime qu'une unitG d'habitation moderne doit avoir
une superficie do 70 btres carrts au minimum pour comprendre lea 4
ou 5 pibces d6sirles par lea families camerounaisee. Dans ca cas, le
cott do l'unit6 la meilleur march6 possible, b raison de 30.000 FCFA
le Atre carrA, serait hors do portfe pour lea families ' faible revenu,
comne lindique le tableau ci-dessous:
Construction do l'habitation 2.100.000
Infrastructure 400.000
Terre 100.000
Total 2.600.000
50% do 1'infrastructure payee par l'Etat 200.000
107. d'acompte sur le solde du prix de vents 240.000
Hypoth1que 2.160.000
Paiament mensuel, principal at intfrts,
sur 20 ane, W 9,5% 20.000 FCFA
La construction d'une unit6 de base plus petite, d'une superficie
bloc sani-
de 30 mtres carrfs -- 6ventuellement une grande pibce avec
aux
taire -- ayant des fondations permettant l'expansion 6ventuelle
50 accord6
70-100 mtres carr~s dfsir~s, accompagn~e d'un subside de
les
par le gouvernement pour les frais d'infrastructure, rfduirait
cotits coume suit:
Construction de l'habitation 1.000.000 FCFA
Infrastructure 400.000
Terre 100.000
Total 1.500.000
50% de l'infrastructure payee par l'Etat 200.000
107. d'acompte sur le solde du prix de vents 130.000
Hypothque 1.170.000
Paiement mensuel, principal at intltbts,
sur 20 ans, ' 9,5% 10.500 FCFA
- 106 -
Los pos'ibilitfs de vente d'une telle unit6 de base restent ' prouver.
Cependantp la possibilitt d'flargir aistnent l'unitf en utilisant des
matiriaux traditionnels am~liorks pourrait la rendre plus attrayante
qu'une petite unite (telle que l'unit& moyenne mentionn~e auparavant)
qui no serait pas susceptible d'%tre agrandie.
I
SI le gouvernement restait proprLbtaire du terrain en le louant
avec linfrastructure aminage at encourageait le particulier % acheter
l'unitG de sa propre initiative, il on rAsulterait la structure des
cotits suivante:
Construction de 1habitation 1.000.000 FCFA
10 d'acompte 100.000
Hypotique 900.000
Paiement mensuel, principal et
intfrbts,sur 20 ans, I 9,5% 8.390 FCFA
Turre et infrastructure 500.000
Loyer bast sur le paiement d'un
intfrbt I un taux situ& entre le
ta'x de r~escompte de 4,5% de la
Banque centrale et, disons, le
taux de 9,5% que porterait un
ptt I l'habitat octroy* par le
gouvernement. 1.700 - 3.650
10.000 - 12.000 FCFA
Bien q'ue lea paiements mensuels atteignent le Am~e niveau, aucun subside
do l'Etat pour l'infrastructure ne figure dano ce dernier exemple. Les
versements I loyer seraient assujettis des taux d'inttr2t conmerciaux.
En outre, les versements pourraient Utre rfduits pour les groupes de
rovenu le plus faible, rfduction compensfe en augmentant le loyer des
groupes b revenu supfrieur.
De cette fagon le gouvernement pourrait finalement recouvrer son
investissement soit en vendant les terrains 'hune date ultfrieure, soit
en augmentant le loyer des occupants dont le revenu se sera probablement
accrue
- 107 •
Pour fournir ce qu'il appelle des habitations "&conomiques", le
gouvernement envisage do mettre en oeuvre un progran do sites et
services ' 1'intention du groupe d'un revenu de 22.000 h
43.000 FCFA.
Dana ce cas, de plus grands terrains seraient am6nag~s par
is gouver-
nement et 1. bnficiaire y construirait une maison traditionnelle
am6 ior~e de 80 ' 100 TJtres carr6s (fondations en bfton,
toit de
matal, "pletrages" do boue sur des murs en boue stabilis6e,
fosse sep-
tique et viabilit intigrale). Le i5rojet de programme d'habitat prfvoit
terrain ot infrastructure h la charge do 1'Etat -- nous suggrons
d'appliquer bans ce cas 1e mmeo principe de location h long
terme du
terrain afin d'6viter au gouvernement do verser des subsides
pour les-
quels il dispose do tris peu do ressources.
Une maison traditionnelle amblior~e cotitant 600.000 FCFA pourrait
%tre construite par des artisans et financfe par Is propriftaire
lui-
m~ne, conue cela as fait actuellement. Le financement W long terms de
coo unitfs pr6sente un problbne dane la mesure ob il eat difficile
d'envisager une hypothbque assortie d'une 6chance de plus
de 8 ans.
Sur cette base, et en supposant un acompte de 107, lea versements
men-
suels sur 540.000 FCFA, I un taux de 9,57%, seraient de 8.000
FCFA. Du
point de vue des d6ponses mensuelles dona ce cas, une maison
construite
ainsi pout concurrencer la maison de base moderns mentionn6e
plus haut.
Ell fournit un local inmfdiat plutbt qu'uno construction permanente
et ±l eat difficile d'appr~cier quelle en serait la valeur
relative pour
1s bknficiairo. Ce choix devrait probablement tre offert.
- 108 -
Lhabitat pour le groupe au revenu le plus faible (sur~conomique)
exigera un programne de sites et services; la contribution de l'Etat
(ou paiements I loyer des blntficiaires) serait analogue k sa contri-
bution dens le cas du prograe d~habitat destin6 'ala cat6gorie
"§conomique", la difffrence principale Stant que lea dimensions et lea
couts do l'unit6 % construire -- fgalement par des mothodes tradition-
nelles -- seraient moipdres. 11 semble 6galement 6lbnentaire qua les
dimensions et la qualitt de la construction solent fonction des besoins
et des ressources du b6n~ficiaire particulier, plutbt qua du montant
des subsides do lEtat disponibles.
Le finawicement d'uwe unite minimale, dont le cotit eat estim6 par
lea experts du gouvernemcnt W 300.000 FCFA, serait do 5.000 FCFA par
mois, en supposant un acompte de 107., une fchfance de 5 ans et des
intfr~ts ' 9,57. En raison de l'auto-assistance considfrable associfie
h ce genre de construction, les paiements mensuels pourraient btre
moins 6lev6s.
Les paiements des intt6rts atteignant do 1.700 % 3.650 FCFA pour
la location d'un terrain sont largement en mesure do concurrencer lea
versements mensuels pour des maisons traditionnelles amlior~es situfes
dens des quartiers maintenant habitfs par catte classe de revenue. En
1968, I Buea, une pitce dens une maison en bois avec sol en ciment et
Slectricit6 so louait entre 1.500 et 2.500 FCFA par mois. Une pibce
' Yaound6 so loue actuellement entre 2.000 et 3.000 FCFA par mois.
Le loyer des habitations sans viabilit east, bien entendus inf~rieur:
pour 6.000 FCFA mensuellement, il eat possible do louer une maison
- 109 -
entitre, de 70 W 80 mtres carrts, sans viabilit6, dane les quartiers
pfiriphfriques de Yaound& -. approximativement 1.000 I 1,200 FCFA par
piece1 mensuellement. L'enqu&te do 1968 mente I Buea a fait ressortir
que des pibces dans une maison en bois sans 6lectricit6 se louaient
entre 800 et 2.000 FCFA par mois, tandis qu'une pitce dot~e d'un sol
en terre battue, sans viabilitS, cdtait entre 300 et 1.500 FCFA men-
suelleunt. Si le projet de sites et services pour la catfgorie surfco-
nomique est adoptS, ces femes 6.000 FCFA par mois permettront d'ltre
propriftaire d'une mailleure maison sur un terrain avec viabilit6.
- 110 -
V. PESPECTIVES ECONOMIQUES ET FINANCEMENT D'INVESTISSEHENTS
L'fconomie camerounaise repose essentiellement our l'exportation,
notamnent du cacao, du cafe, du bois et du coton. Au cours des dernibres
ann~es, surtout pendant le Deuxibme Plan de dfveloppement, des progrts ont
t& r~aliaes en ce qui concerne l'tablissement d'une industrie manufacturibre
locale pour fabriquer et assembler des produits susceptibles de remplacer lea
importations. Des progrts ont 6galement t accomplis quant au dfveloppement
d'industries pour la transformation locale des matibres premibres en biens
interumidiaires destines au marchf intfrieur et I l'exportation. Un grand
ensemble industrial pour la fabrication de l'aluminium raffine le minerai de
bauxite, en provenance de la Guin6e, pour produire environ 50.000 h 60.000 tonnes
d'aluminium par an. Une partie de cat altuinium est exportfe et le reste Bert
A fabriquer des matfriaux de construction et des ustensiles m6nagers destines
au march& int6rieur. Eo outre, une grande cimenterie est rfcenent entree en service,
mais elle d6pend largement de ulchefer import& et ne crfe donc pas de flux de
revenue importants (valeur ajoutSe) pour l'6conomie nationale.
Pendant la promibre dfcennie de l'ind6pendance (1960-1970), le produit national
brut s'est Glev6 I un taux annual moyen de 6 pour cent. En suivant des politiques
financibres prudentes, le gouvernement a pu financer des investissements publics
accrue en utilisant, dane une large mesure, 1'6pargne intfrieure. L'investisse-
ment public visait principalement W Gliminer lea goulots d'ftranglement du dfve-
loppement, h savoir ui rfseau de transport inadfquat et une main-d'oeuvre non
forms. La diversification des cultures a 6galement StS financte et le gouvernement
a maintenu des conditions dlinvestiasement favorables pour encourager l'entrfe de
capitaux privfs strangers. En 1970, le PNB atteignait $1,2 milliard, soit apprcci-
mativement $200 per capita.
- 111 -
Au dbut des annes 1970t la croissance Sconomique seet ralentie, dane
une large mesure, en raison dp flfchissement des prix du cacao at du caft at
d'une rduction de l'investisaement priv6 &tranger. Nalgr6 la rcession de
16conomie nationale qui en a r6sult6, le gouvernement a r6ussi 7 am~liorer
la situation budg~taire en relevant lea taux dlimposition, en am~liorant la
perception des impbta et en contr*lant davantage les d~penses. N~anmoins,
pandant cette p~riode, le Cameroun a vu sea r6serves diminuer et sa dette
ext~rieure augmenter tandis que linvestissement public prenait de 1'avance
sur 1'6pargne int6rieure et que le pays couuengait I accuser un d6ficit consi-
durable dans sa balance commerciale.
En 1973, lorsque lea cours des produits de base sur lee march6s mondiaux
ont conmenc6 I so reeresser, il y a eu un accroissement rapide des recettes
d'exportation et une accumulation do r6serves en devises. Leffet des prix
plus 6lev~s du p~trols s~est fait reasentir en 1974 et commence b pains '
peser sur lea progrIs r6alisfs par le secteur de l'exportation. La porte
6ventuelle des r~percussions des prix plus 6lev6s du p6trole our l'6conomie
camerounaise reste ind~termine 'al'heure actuelle.
Lea perspectives d'une nouvelle croissance de l'1conomie demeurent favorables;
la diversificatiou et la consolidation de lassise d'e;iprtation joueront un
rle pr6pondtrant dans l'expansion. Lee avantages pr~sent~s par un climat et
un sol diversifits -- donnant au Cameroun une position quelque peu unique parmi
lee pays d'Afrique de loupst r- devraient peneitre d'[Link] la production
do la quasi-totalit6 des cultures at de l'6levage.
- 112 -
Pour que l'6conomie continue I so d6velopper, il convient, au prfalable,
qu'un investissement suffisant soit consacr6 au d~veloppement des ressources
agricoles du Cameroun, notmn"ent celles des petites exploitations, et que
soit davantage dfvelopp6 le rseau de transport nfcessaire pour produire et
commercialiser les rcoltes et le bftail. A titre d'exemple, lachbvement
rfcent du trongon du Chemin de Per transcamerounais reliant Yaound5 I Ngaoundfr
devrait avoir un effet certain sur le d6veloppement des ressources de la partie
nord du pays.
Les pouvoirs publics et des observateurs &trangers s'intfressant ' la question
reconnaissent que meme si le d~veloppement rural est couronnf de succbs, l'exode
rural rapide et continu vers les principaux centres urbains continuera 1 consti-
tuer un problbme fondamental. I1 convient donc de se prfoccuper &galement de
la canalisation de ce potential urbain; Il Vheure actuelle, le chbmage urbain
est 6levf, des terrains bien places sont mal utilisfs dans des peuplements non
planififs de squatters et dans d'autres quartiers ' vocation rsidentielle, et
l'infrastructure ainsi quo les services soclaux font d&faui. La qualit* de la
vie urbaine ainsi que la productivit6 en puissance des agglomerations sont donc
jugulfs, et dan certains cas, se dfgradent.
Pour ce qui eat du financement des investissements, l'6conomie a beaucoup
recouru I llemprunt I l'6tranger pour rduire l'1cart entre lI'pargne intfrieure
totals et l'investissement (public et priv&). Ea 1973, l'investissement priv
&tranger 6tait estim6 W $17 znillions, les dons officiels d'investissement se
montaient 1 $10 millions et lep emprunts publics nets I moyen et long termes
lances h l16tranger 3'6levaifnt k $37 millions environ (dfcaissements de $64
millions, moins remboursmeqs'do $27 millions).
- 113 -
Lee meilleures estimations laiusent penser que lea emprunts publics
nets % moyen at lon$ tormes devwont s'6lever % quelque $40 ou $50 millions
annuellement au cours des 5 prochaines annes pour quo l'1conomie maintienne,
pendant cette p~riode, un taux d'accroissement effectif de 5 pour cent, ce qui
reprfsenterait 70 pour cent seulement du taux de croissance de 1967-1971. Cette
estimation se base sur la supposition quo les exportations augmenteront ' un
taux annual de quelques 3,5 pour cent, soit hgbrement moins quo celui des
importations pendant cette una p~riode.
En 1973, le total du service do la dette publique atteignait $27 millions,
ce qui repr~sentait, par rapport aux recettes d'exportation, un service de
8 pour cent. Ceci constituait un accroissement considerable du coefficient
du service de la dette qui 6tait de 5,7 pour cent en 1972. Durant cette annie,
le total de la dette publique 1 moyen terme se chiffrait h $247 millions et,
en 1973, il a atteint le montant estimatif de $315 millions.
En dfcembre 1972, presque 50 pour cent de cette dette 6tait due h des
gouvernements trangers, notanment 1 ceux de la France, de l'Allemagne et des
Etats-Unis. A des sources multilattrales revenait encore 25 pour cent et le
credit accord6 par lee fournisseurs reprfsentait i quasi-totalitf du solde.
En se basant sur les tendances actuelles (croissance prfvue des exportations
de 3,5 pour cent annuellement et $40-50 millions en entrfes nettes annuelles
d'investissements publics nfcessaires au cours des 5 annies h venir), le
coefficient du service do la dette devrait so trouver port& W 12 ou 15 pour
cent d'ici I 1979.
- 114 -
I
Annexe I. Donn~es aRnfrales sur le pays
A. GWoaraphie et climat
La Rfpublique-Unie du Cameroun situfe aur la courbe formfe par la
cbte occidentale de l'Afrique, eat limitrophe de la Guinke Equatoriale,
du Gabon et du Congo (Brazzaville), au sud, de la Rfpublique Centrafricaine
at du Tchad, I l'est, et du Nigeria, W l'ouest.
Sea 475.441 kilombtres carrfs (183.568 milles carrks) regroupent
qustre r~gions g~ographiques distinctes:
1. Les baises plaines du littoral, couvertes de forts tropicales
humides qui s'6tendent vers 1'intfrieur le long de la plaine
d'inondation du fleuve Wouri, I l'embouchure duquel se trouve
Douala, port du pays, centre cotmmercial principal et ville la
plus grande, Le climat eat chaud, humide et pluvieux pendant
toute l'annfe.
2. Le vaste plateau du centre, region de transition dont l'altitude
s'ilbve ' 1.371 mbtres (4.500 pieds) au-dessus du niveau de la
mer dans la rtgion d'Adamaoua. Les temperatures varient entre
la longue saison des pluies et la courte saison de stcheresse
(dfcembre-mars). Au nord, ot la savane boise remplace la forlet
tropicale, la pluviositE tombe I moins de 900 nn, environ,
(36 pouces) par an et lea variations de temperature sont plus
marqu6es.
3. La haute savane aux confins septentrionaux, qui s'incline vers
le lac Tchad at a une pluviositt de 500 h 635 mm (20-25 pouces)
par an.
4. Les for:ts montagneuses de l'ouest, qui partent du mont Cameroun
de 3.962 mbtrea (13.000 pieds), point culminant de l'Afrique de
l'ouest au sud du Sahara, pour descendre vers le nord en passant
par des vallonnements et des plateaux flev~s d'une altitude de
1.097 h 2.225 mbtres (3.600 ' 7.300 pieds). Le climat est frais
et humide.
115 -
B. Histoire at gouvenement
Occupant un carrefour traditionnel g6ographique et ethnique
en
Afrique, le Cameroun a connu une immigration de groupes
ethniques qui
s'avancaient dans lea r6gions forestibres, venant des
plateaux et des
savanes de l'ouest et du nord. Le pays compte maintenant approxinmative-
mant 200 groupes ethniques parlant 24 langues principales.
Parmi lea envahisseurs lea plus rfcents, avant l'arrivfe
des Europfens,
figurent lea cavaliers Fulanis, vbtus d'une cotte de mailles
qui, au
XIVIm e sibcleont impost leur rbgne sinon toujours leur religion
musulmane
aux peuples sfdentaires des r6gions septentrionales. Bien que, suivant
certains, le capitaine au long cours carthaginois Hanno
aurait rapportt
l'existence du mont Cameroun au VItme sitcle avant J.C.,
la majorit6 des
historiens sont convaincus que lea premiers homnes h parvenir
au Cameroun
par la mer 6taient des Portugais. Fernando Po, qui a don son nor a
l'lle situte au large de la cbte (appartenant maintenant
' la Guinte
Equatoriale), dcouvre le fleuve Wouri en 1472. En le baptisant Rio Dos
Camaroes (rivitre des Crevettes), il donne un nom au pays qui devra se
dfvelopper par la suite,
La presence portugaipe dure environ 100 ans, suivie d'un sitcle
d'activiti holl&ndaise (1578-1675), principalement l'esclavage.
Au cours
du XIXme sitcle, des explorateurs anglais et allemands
pfnbtrent dans le
paya par le nord et des comptoirs sont Gtablis W Douala.
Los Allemonds remportent la course W l'empire au Cameroun
avec la
signature, en 1884, d'un accord d'assistance mutuelle entre
l'Empire
- 116 -
Germanique et les rots de Douala. 11s obtiennent cette r6gion lore
de la Conf6rence de Berlin en 1885, I laquelle lea parties impriales
int6ress~es se partagent une large partie do l'Afrique.
Le rbgne colonial allemand s trouve interrompu par la Premibre Guerre
mondiale loraque lea Frangais occupant le Cameroun. En 1919, aux termes
du Trait6 de Versailles, Is pays eat divis6 entre lea Frangais, qui
regoivent la part du lion, et lee Anglais, qul reprennent la partie occi-
dentale beaucoup plus petite, limitrophe du Nigeria.
Pendant la Seconds Guerre mondiale, Ie Cameroun so range aux cbt~s
de la France libre. Apebs la guerre, les pays sous mandat de la Socift*
des Nations sont places sous la tutelle des Nations Unies. Le Cameroun
frangais obtient son ind~pendance le 1e r Janvier 1960. A la suite d'un
plebiscits contest6 en 1961, la partie sud du Cameroun occidental britan-
nique eat rattachfe k l'Etat francophone et la partie nord, intfgrfe au
Nigeria.
Do 1961 % juin 1972, Is pays eat gouvern6 en tant quo ffd&ration. A
la suite d'un rWfirendwn, une r~publique unifihe eat proclame. Le 20 mai,
date du r~ffrendun, devient la date de la fbte nationale.
Aux termes de la constitution, be pays uniifi eat dirig6 par un
Pr6sident investi de pouvoirs ftendus et par une Assemblfe nationale 1
chambre unique, les deux btant 6lus pour des mandats do 5 ans. Le President
noVA at congfidie les 24 membres do son cabinet.
" 117 -
Du pqint de vue administratif, le pays est divis6 en 7 provinces,
6numbr~es ci-dessous, et 39 dlpartements:
Province Capitale Population estimative
en 1970
Centre-Sud Yaound6 1.093.000
Eat Bertoua 612.000
Littoral Douala 285.000
Nord Garoua 1.583.000
Ouest Bafoussam 994.000
Nord-Ouest/ Bamenda 732.000
Sud-Ouestl/ Buea 543.000
_/ Ancien Cameroun occidental
Le Cameroun ne compte qu un soul parti, l'Union Nationale Camerounaise
(UNC) qui, lors de son ftablissement en 1966, a intfgr6 tous les anciens
partis d'opposition % l'exception d'un seul. Le parti ayant refusf 1'int6-
de terro-
gration a dtu passer dans la clandestinit6 et a men6 des activitfs
ime dans le pays W la fin des ann~es 1960.
C. Dbmographie
En 1973, la population totale 6tait estimfe W 6.200.000 habitants.
de
Le taux d'[Link] annuel est de 2,1 pour cent en raison d'un taux
natalitt de 4 pour cent et d'un taux relativement faible de mortalit6,
1,9 pour cent.
- 11S -
La densitb gn6rale e la population eat de 12,5 habitants par
kilombtre carrS. La population eat in6galement r~partie, ce qui nest
pas surprenant. Dans 1'ancien Cameroun occidental, qui constitue 10
pour cent du tertitoire, vit 20 pour cent de la population et la r6gion
autour de Douala eat urbaine b 70 pour cent. En revanche, la province
de lest qui est trIbs peu peupl~e compte 2,6 habitants par kilombtre
carr6.
Selon lea satistiquea du gouvernement, dans lensemble du Cameroun,
la population urbaine -- personnes vivant dana des agglomrations d'au moins
5.000 habitants, o plus de 50 pour cent de la population active est employfe
W des activitfs non agricoles -- se chiffrait 1 1.250.000 habitants en 1972,
soit 22 pour cent de la population totale. Les zones urbaines s'accroissent
au taux de 6 pour cent par an et lea pouvoirs publics estiment que 60 pour
cent de lVaccroissement ultbrieur de la population du Cameroun aura lieu
dans ces centres urbains. Au cours des 10 annes pass~es, la population
urbaine, en tant que pourcentage de la population totale, est passte de
14 pour cent It22 pour cent; elle est projetfe ' presque 40 pour cent en
1980.
Llexpansion urbaine elle-ine eat in6galement r~partie. Le dfveloppement
des centres mfrropolitains de Yaound6 et de Douala a repr~sentf la quasi-
totalit de cette expansiont at il eat estimf qu'en 1972 37 pour cent de la
population urbaine vivaient dana ces deux villes. Des centres urbains isolfs
ont 6galement connu une expansion rapide I partir d'une base trbs rfduite
loraqu'ils ont coimnencb h satisfaire lea besoina fondamentaux de regions qui
jusqu'alors n4 6ta-ent pas desservies.
- 119 - .
Bien qua Yaound6 s'[Link] plus rapidement qua Douala (croissance
annuelle de 8,5 pour cent et 6 pour cent respectivement), une partie de
itexpansion urbaine .aplus rapide se manifeste dans des agglomtrations
moyennes situbes dans l'arribre-pays de Douala, le long de la route princi-
pals menant I la rfgion W forte densitt de population de l'ouest.l/
Bafoussam, capitale de l'ouest, enregistre un taux de croissance de 11 pour
cent et la majorit& des centres urbains de l'ouest,eux-memes, se d~veloppe
plus rapidement que la moyenne nationale. Lachbvement en 1974 du tronon
du Chemin de Fer transcamerounais reliant Yaoundf I Ngaoundtr6 stimulera
6galement l'expansion urbaine le long de cette ligne, notamment ' 1'extr*t-
mltfinord de la ligne.
I_ D'autre part, certains des centres secondaires plus anciens ont perdu
de leur importance * la suite de la concurrence des centres administratifs
rfcemnment 6tablis, de la porte de leur rble commercial lorsque les
commerces de d~tail des villages ont coimmenct I traiter directement avec
les grossisces de la m~tropole et que de meilleurs r6seaux de transports
ont rendu Yaound6 et Douala relativement plus proches l'une de l'autre.
- 120 -
Lee villes principalea du Cameroun et leur taux deexpanhion sont
le suivants:
Population estimative Taux d'expansion
Ville en 1972 annuel
1. Douala 315.000 67.
2. Yaound* 210.000 8,57.
3. N'Kongsamba 79,300 107.
4, Victoria-Tiko-Buea 65.300 77.
5. Bafoussam 64.500 117.
6. Kumba 45.000 67.
7. Garoua 40.000 7,57.
8. Maroua 38.600 3,57.
9. Foumbam 37.000 5,87.
10. Bamenda 32.000 67.
11. Bafang 29.000 87.
12. Ebolowa 27.000 67.
En outre, il existe 5 aplomSrations de plus do 20.000 habitants;
14 do plus do 10.000 habitants; et 20 de plus de 5.000 habitants.
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