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Réalisme dans Le Père Goriot de Balzac

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Sana Rahgozar

Introduction

Ce texte est tiré du roman Le Père Goriot de Balzac qui est un chef-d'œuvre
de la littérature française du XIXe siècle. Ce roman, publié en 1835, fait partie de la
célèbre série La Comédie Humaine de l'auteur, qui dépeint de manière réaliste la
société parisienne de l'époque. Dans cet extrait, on nous présente une pension
désolante et son propriétaire à travers le regard de quelqu'un qui entre dans le
bâtiment et les décrit minutieusement.

Tout au long du texte on assiste à la relation entre la pension et Mme Vauquer


et aussi l'accent mis sur l'influence réciproque du milieu et des personnages. Il faut
aussi mentionner que les thèmes principaux de ce texte sont la misère et le malheur.
Alors, nous voulons savoir quels sont les éléments de réalisme que l'auteur utilise
pour décrire la pension et Mme Vauquer. Tout d’abord, nous allons analyser les
descriptions de lieu et ensuit le personnage en révélant la réciprocité qui existe entre
eux.

1. les descriptions minutieuses

1. 1. Le spectacle désolant de la pension

Balzac fait appel aux sens pour élaborer une description réaliste et pour mieux
décrire l'atmosphère et l'état péjoratifs de la pièce. On peut dire que la sensation
visuelle est dominante car nous regardons tout avec des détails comme si une caméra
nous le montrait. De plus, les termes "placé(e)" (l. 11,13) et "verriez" (l. 15) insiste
sur ce fait. Au début du texte, nous sommes confrontés à la sensation olfactive qui
véhicule l'idée de pourriture aux lecteurs comme s'ils étaient là aussi (« cette
première pièce exhale une odeur san nom, … » (l. 1-4)). L'auteur utilise également
la synesthésie pour renforcer son intention d'illustrer la pièce ; dans le deuxième
vers, la phrase « il est humide au nez » ou « elle sent…, le moisi » (l. 2) on constate
le mélange des sensations tactile et olfactive. Le sens tactile peut également être
détecté dans dix-neuvième ligne, où l'auteur décrit la toile sur la table si grasse qu'une
personne peut y écrire son nom avec son doigt. Le sens gustatif est également inclus
avec le terme "rance" (l. 2) et dans la phrase « elle a le gout d'une salle » (l. 3). Dans
le deuxième paragraphe du texte, la sensation auditive est évoquée où le chat de
Mme Vauquer « fait entendre son rourou matinal » (l. 30).

L’auteur utilise également différentes figures de style pour mieux mettre en


scène la pension et son aspect méchant, pourri et pauvre. L'accumulation,
spécialement d'adjectifs qualificatifs, est visible dans de nombreuses parties du texte,
ce qui en plus d'être un élément du style réaliste, montre un ralentissement du récit.
Comme on le dit, on peut trouver de nombreux adjectifs qualificatifs liés à la couleur
comme dans les termes « à bord bleus » (l. 12), « à filets dorés » (l. 16) et « un poêle
vert » (l. 17) ou liés à la matière par exemple « d’assiettes en porcelaine », « salle,
entièrement boisée » (l. 8) qui aident les lecteurs à mieux imaginer la pension et ses
objets. On peut également trouver des comparaisons dans le texte. Dans la
quatorzième ligne, les « meubles indestructibles » sont comparés aux « débris de la
civilisation aux Incurables » en termes d'être vieux. Par ailleurs, dans la vingt-
cinquième ligne, la misère est personnifiée comme elle règne et on lui donne les
adjectifs humains comme « économe, concentrée, râpée » (l. 26). Tout au long du
texte on remarque les champs lexicaux du mobilier ("buffets", "quinquets", "table",
"chaises") et de la pourriture ("renferme", "rance", "pourri", "expirant"). Le dernier
montre aussi le passage du temps.

Balzac, maître du mouvement réaliste, utilise des allusions aux noms propres
pour donner l'impression que son histoire se déroule dans un monde réel et concret.
Ces allusions prennent la forme d'anthroponymes, comme le personnage de Mme
Vauquer, la forme de chrononymes, comme la mention de sept heures du matin dans
la 28ème ligne, et elles peuvent prendre la forme de toponymes, comme les noms
des lieux réels tels que Tournai et Argand.

Et à la fin, on retrouve quelques allitérations et assonances qui renforcent


l'impact émotionnel et esthétique du texte. Tout au long du texte, on remarque
l'allitération de la lettre "s" qui souligne la misère et annonce la souffrance. De plus,
l'assonance de la voyelle "é" insiste sur les descriptions détaillées et aussi sur la
majesté de la scène qui crée une ironie.

1.2. Le portrait de Mme Vauquer

Le deuxième paragraphe du texte, souligne surtout les descriptions de la


propriétaire de la pension, Mme Vauquer. Sa description physique est mise en scène
à travers des détails concrets. Sa « face vieillotte, grassouillette » (l. 32) avec un
« nez à bec de perroquet » (l. 33), ses « petites mains potelées » et « son corsage trop
plein » (l. 34) sont décrits de manière vivide et évocatrice. Ces détails visuels
contribuent à créer une image précise de Mme Vauquer et à renforcer son caractère.
On peut constater ici un aspect animalier de Mme Vauquer puisqu'elle est comparée
au perroquet et au rat.

Dans ce texte, les vêtements de Mme Vauquer sont décrits comme peu
flatteurs. Elle porte « un tour de faux cheveux mal mis » (l. 31) et « sa jupon…,
dépasse sa première jupe » (l. 41), ce qui donne une apparence négligée. Ses
vêtements sont également décrits comme "vieille" et "lézardée" ce qui est considéré
comme un miroir qui reflète l'état de la pension.

Enfin, la description de Mme Vauquer est mise en scène à travers des


comparaisons. Par exemple, « sa figure fraiche » est si froide et sans âme qu'elle est
comparée à « une première gelée d’automne ». De plus, son « embonpoint blafard »
(l. 39) est comparé au "typhus" (l. 40) qui est la conséquence des exhalaisons d'un
hôpital, comme l'état de Mme Vauquer est la conséquence de cette vie désolante. Il
souligne ainsi l'impact de sa vie et de son environnement sur sa santé physique.

2. la réciprocité de milieu et personnage

Le spectacle triste que présente la pension reflète parfaitement la propriétaire,


Mme Vauquer, qui elle-même est en accord avec la médiocrité de l'endroit. On
observe ainsi une parfaite illustration de la thèse naturaliste selon laquelle l'être
vivant et son milieu s'influencent réciproquement. Le milieu décrit est celui d'une
pension, avec une pièce remplie de mobilier vieux, usé et délabré. Ce milieu reflète
la misère, la pauvreté et l'avarice concentrées qui règnent dans la pension. Mme
Vauquer possède également tous ces traits que nous avons mentionnés, vu sa façon
de vivre, ses vêtements et même son apparence. Ce fait est affirmé à la trente-
huitième ligne, où l'auteur déclare que « enfin toute sa personne explique la pension,
comme la pension implique sa personne. » (l. 38) et « Le bagne ne va pas sans
l'argousin » (l. 39) ce qui dans cette phrase, on remarque des métaphores. Le bagne
désigne le milieu et l'argousin est une métaphore du personnage influencé.
Conclusion

Cet extrait du Père Goriot constitue en tout cas un excellent exemple de la


description réaliste et de ses fonctions. Par ailleurs, Balzac explore dans ce passage
les relations déterministes entre l'environnement et les personnages, en l'occurrence
entre Mme Vauquer et sa pension. Dans ce texte, on constate que le premier
paragraphe met en avant les descriptions de la rente et le second décrit Mme Vauquer
et ses traits caractéristiques. Nous nous sommes donc concentrés sur ces descriptions
et avons démontré la relation qui existe entre le milieu et les personnages. Mais cette
relation réciproque existe-t-elle dans d'autres œuvres de Balzac ?

Sitographie
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