Cours de Droit de l'Entreprise EPA
Cours de Droit de l'Entreprise EPA
Dispensé par
Mme BEKADA ETOUNDI Christiane Nicole
Docteur/ Ph. D en Droit privé
Chargé de cours
Maitre- assistant
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CHAPITRE 1 : L’ENTREPRISE ET SON PERSONNEL : LE REGIME
JURIDIQUE DU CONTRAT DE TRAVAIL.
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Consensuel : le simple consentement des parties suffit à valider le contrat de
travail. Ainsi, l’écrit n’est qu’une exigence de preuve et non une condition de
validité.
Quelles que soit les conditions, le travail doit être exécuté selon les
instructions du patron, c’est pourquoi la désobéissance est considérée comme
une faute lourde privative des indemnités de rupture du contrat de travail.
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Section 2 : la formation du contrat de travail
La formation du contrat de travail exige nécessairement le respect des conditions
d’élaboration de ce contrat, la préparation de celui-ci qui peut néanmoins être
facultative et le choix du type de contrat de travail.
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B. les conditions de forme
A. Le contrat d’apprentissage
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Il permet d’adopter les connaissances reçues dans les écoles ou dans les
universités à la pratique de l’entreprise.
C’est un contrat très utilisé dans les grandes entreprises telles que les
brasseries du Cameroun, UCB ; il est aussi envisagé dans les métiers
d’auxiliaires de justice (avocats, huissiers, notaire) où il prend le nom de stage.
C’est un contrat autonome qui doit être stipulé par écrit, en l’absence de
l’écrit, la preuve de l’essai peut être difficile à rapporter et on peut conclure en
l’existence d’un contrat de travail à durée indéterminée. C’est un contrat
essentiellement provisoire et précaire.
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- Pour les catégories 5 à 6, le maximum est de deux mois ;
- pour les catégories 7 à 9, trois mois et pour les catégories 10 à 12, il
faut quatre mois.
Il est précaire en ce sens que la période d’essai est dominée par la liberté
de rupture du contrat. Chacune des parties peut donc rompre l’essai sans préavis,
ni indemnité sauf stipulation contraire du contrat.
1. Le contrat temporaire
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S’agissant du contrat temporaire, l’article 25 alinéa 4 le définit comme
« celui ayant pour objet, soit le remplacement d’un travailleur absent au droit,
le contrat est suspendu, soit l’achèvement d’un ouvrage dans un délai déterminé
nécessitant l’emploi d’une main d’œuvre supplémentaire ». Le contrat
temporaire est donc d’une utilité pratique, car il permet à l’employé d’être
remplacé en cas de nécessité sans toutefois perdre son travail. Il permet
également à l’employeur de recruter une main d’œuvre supplémentaire pour
l’achèvement d’un chantier dans les délais. Le contrat de travail temporaire ne
peut dépasser trois mois renouvelables une fois.
2. Le contrat occasionnel
3. Le contrat saisonnier
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même entreprise. L’institution de ces nouveaux types de contrat a entrainé
l’institution des entreprises de travail temporaire.
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situations juridiques à l’égard des travailleurs qui sont soumis à certaines
obligations en contrepartie de certains de leurs droits.
1. Le pouvoir de direction
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licenciement pour les motifs qui entraînent la suppression de plusieurs postes de
travail et le chômage technique, qui suspend de manière temporaire quelques
contrats de travail.
2. Le pouvoir réglementaire
3. Le pouvoir disciplinaire
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B. Les obligations de l’employeur
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- 7% du salaire de base du travailleur pour les prestations familiales ;
- 4,2% du salaire de base du travailleur pour les pensions de vieillesse,
d’invalidité et de décès.
- 1,75% et 5% du salaire de base du travailleur pour les accidents de
travail et les maladies professionnelles. Taux déterminés en fonction
de la gravité des risques que présente l’activité de l’entreprise.
Est considéré comme travailleur quel que soit son sexe et sa nationalité,
toute personne qui s’est engagée à mettre son activité professionnelle sous
l’autorité et la direction d’un employeur moyennant une rémunération.
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A. Les droits du travailleur
Aussi peut-il être stipulé d’accord parties que le travailleur ne pourra pas
en cas de rupture du contrat de travail, exercer pour son compte ou pour autrui,
une activité susceptible de concurrencer, si la rupture du contrat est survenue de
son fait ou si la rupture du contrat est consécutive à une faute lourde de son fait.
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NB : Cette interdiction ne peut s’appliquer que dans un rayon de 50
kilomètres autour du lieu de travail et sa durée ne peut excéder un an.
Il est question de rechercher, ici, tout ce qui peut entrainer une suspension
du contrat de travail. Plusieurs causes sont ainsi enregistrées. C’est le cas par
exemple de la force majeure, les intempéries, ou de la fermeture temporaire de
l’entreprise par suite d’une décision de justice sanctionnant un délit de justice de
l’employeur. Ils peuvent aussi être du fait soit de l’employeur, soit du
travailleur.
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- Pendant la durée du service militaire ou de son rappel sous les drapeaux
- Pendant la durée de l’absence du travailleur, en cas de maladie dûment
constatée par un médecin ; Cette durée est limitée à six (06) mois et peut
être prorogée jusqu’à remplacement effectif du travailleur
- Pendant la durée du congé de maternité de la femme salariée conformément
à l’article 64 alinéa 2 du code de travail, ce congé s’étend à 14 semaines. Il
commence quatre (04) semaines avant la date présumée de l’accouchement
et peut être prolongée de six (06) semaines et en cas de maladie dûment
constatée et résultant soit de la grossesse, soit des couches.
- Pendant la durée du congé d’éducation ouvrière (article 93 du code de
travail). C’est le congé non rémunéré qui ne peut être imputé sur le congé
annuel et qui peut être accordé au travailleur sur leur demande. Il permet au
travailleur demandeur de participer à des stages, exclusivement consacrés à
l’éducation ouvrière ou la formation syndicale.
- Pendant la période d’indisponibilité du travailleur résultant d’un accident
de travail ou d’une maladie professionnelle. Dans ce cas, le contrat de
travail est suspendu jusqu’à la consolidation de l’état du travailleur.
- Pendant la grève licite du travailleur
- Pendant la période de garde à vue ou de détention du travailleur, si ce
dernier a bénéficié d’un non-lieu, d’un acquittement (crime) ou d’une
relaxe (délit).
- Pendant l’absence du travailleur appelé à suivre son conjoint ayant changé
de résidence habituelle et en cas d’impossibilité d’affectation. Cette durée
est limitée à deux ans éventuellement renouvelables d’accord partie.
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- La fermeture de l’entreprise par suite de départ de l’employeur sous les
drapeaux
- Le chômage technique (six mois maximum).
- Le lock-out licite, c'est-à-dire la fermeture de l’entreprise par
l’employeur dans le cas d’un conflit collectif de travail.
Dans ces différents cas, le travailleur a droit à une indemnité égale soit à
l’indemnité de préavis, lorsque la durée de l’absence est égale ou supérieure à
celle du préavis, soit à la rémunération, à laquelle le travailleur aurait pu
prétendre lorsque la durée de celle-ci est inférieure à celle du préavis prévu à
l’article 24 du code de travail.
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Ce principe connaît cependant quelques exceptions car les contrats en
cours ne peuvent être maintenus en cas de changement d’activité de l’entreprise,
ou lorsque les travailleurs expriment la volonté d’être licenciées devant
l’inspecteur du travail.
Elle englobe plusieurs cas. Certains sont imposés aux travailleurs, d’autres
sont, par contre, négociés par des partenaires sociaux.
Ici, le travailleur peut voir ses conditions de travail changées lorsque les
parties l’ont prévu à l’avance dans les contrats de travail ou dans d’autres
accords comme les conventions collectives ou les usages.
Les modifications peuvent aussi être imposées lorsque celles-ci sont non
substantielles. Dans ce cas, les modifications ne sont qu’une application du
contrat. Parmi celles-ci, on peut citer :
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n’est pas justifiée par l’intérêt de l’entreprise. Si la proposition de modification
substantielle émanant du travailleur est refusée par l’employeur, le contrat ne
peut être rompu qu’à la suite d’une offre de démission du travailleur.
Au terme de l’article 1780 du code civil, « on ne peut engager ses services qu’à
temps et pour une entreprise déterminée ». Cela signifie que l’engagement à vie
des services d’un travailleur est interdit.
Il ne peut prendre fin avant terme qu’en cas de faute, de force majeure ou
d’accord des parties constaté par écrit (article 38 du contrat du travail). Pour ce
qui concerne le contrat à durée indéterminée, la cessation du travail est
gouvernée par la faculté de résiliation unilatérale consacrée à l’article 34 du
contrat de travail.
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A. La démission
- L’observation du préavis
- Notification par écrit
En effet, c’est la partie qui prend l’initiative qui doit donner le préavis. Le
travailleur ne peut démissionner sans donner un préavis à l’employeur. Sa
démission serait alors abusive. La durée du préavis est la même qu’en matière de
licenciement prononcé par l’employeur. Le non-respect du délai de préavis
expose le travailleur au paiement d’une indemnité compensatrice du préavis
(article 26 du code de travail).
La démission doit également être notifiée par écrit à l’autre partie avec
indication du motif de rupture. A défaut d’un écrit, la jurisprudence considère
que seule une manifestation sérieuse et sans équivoque du salarié peut permettre
d’établir que la rupture du contrat de travail lui est imposable.
Pour ce qui est des effets, la démission met un terme aux relations de
travail. Le travailleur démissionnaire ne peut prétendre à aucune indemnité.
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Cependant, lorsque l’employeur refuse au travailleur de passer son préavis dans
l’entreprise, ce dernier peut légitimement prétendre à l’indemnité de préavis.
B. La retraite
- La retraite normale
- La retraite anticipée
De son côté, le travailleur peut initier son départ à la retraite sans qu’on
puisse parler de démission. Pour bénéficier de la PVID, le travailleur doit :
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S’agissant de la retraite anticipée, elle est différente de la pension
attribuée au travailleur atteint d’une usure prématurée. Celle-ci permet
d’abaisser l’âge à 50 ans.
Le motif valable doit être soit une faute, soit une inaptitude
professionnelle. S’agissant de la faute, la jurisprudence considère que toute faute
du travailleur peut justifier son licenciement. Mais, depuis l’arrêt du 14 Mai
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1987, affaire brasseries du Cameroun contre MESSE NDJESSE Gaspar ; depuis
cette arrêt, la cour suprême semble désormais exigé une faute d’une certaine
gravité. La faute légère est donc en principe exclue. Seules la faute grave et la
faute lourde constituent des motifs légitimes de licenciement.
La faute grave est celle qui rend intolérable le maintien des relations de
travail entre l’employeur et le travailleur, mais sans nécessité, le départ
immédiat du travailleur qui conserve son droit au préavis.
La faute lourde est une faute extrêmement grave qui d’après les usages du
travail rend intolérable le maintien du lien contractuel et justifie le départ
immédiat du travailleur de l’entreprise pour mettre un terme à ses effets néfastes
sur le bon fonctionnement de l’entreprise. En général, c’est une faute
intentionnelle.
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De cette définition, on peut retenir que le licenciement pour motif
économique peut trouver son origine dans les difficultés conjoncturelles ou des
nécessités de restructuration de l’entreprise.
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ce dernier perd le droit au préavis ou à l’indemnité compensatrice de préavis. Il
perd également l’indemnité de licenciement. Il ne peut prétendre à des
dommages et intérêts, au certificat de travail ainsi qu’aux frais de transport
jusqu’à la résidence habituelles lorsqu’il a été déplacé.
- Au préavis
- A l’indemnité de licenciement
- Aux dommages et intérêts ne pouvant excédés un mois de salaire
- A l’indemnité de congés payés
- 2. Au certificat de travail
- Aux frais de transport pour le travailleur déplacé.
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CHAPITRE 2 : L’ENTREPRISE INDIVIDUELLE : LE STATUT DES
ACTEURS COMMERCIAUX
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Une telle extension vient ainsi témoigner du succès du droit OHADA et
implique que l’on analyse d’une part du statut du commerçant et d’autre part de
celui de l’entreprenant.
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personne physique ou morale, camerounaise ou étrangère est libre
d’entreprendre une activité commerciale au Cameroun sous réserve du respect
des lois et règlements en vigueur ». Cette disposition montre bien que ce
principe a bien un contenu (1) mais aussi des limites (2).
1. Le contenu du principe de la liberté de commerce et de
l’industrie
Ce principe c'est-à-dire essentiellement que l’accès à la profession
commerciale est libre. N’importe qui peut entrer dans le monde des affaires sans
devoir justifier de sa compétence ou solliciter une autorisation administrative.
Ensuite, le domaine de liberté d’entreprendre embrasse toutes les activités.
Toute personne est alors autorisée à commercer en quelque matière que ce soit
dans la limite de l’ordre public.
Enfin, toute personne a la liberté d’exploiter son entreprise comme bon lui
semble. Le code des investisseurs l’affirme d’ailleurs en son article 5 en ces
termes « Toute personne physique ou morale régulièrement établie au Cameroun
peut, dans le respect des lois et règlements en vigueur au Cameroun, conduire et
exécuter tout ce qu’elle juge utile pour ses intérêts.. ».
Par ailleurs, le principe de la liberté du commerce et de l’industrie a pour
corollaire celui de la libre concurrence qui veut que les prix soient déterminés
selon le libre jeu des règles du marché et les commerçants inaptes à la
concurrence devraient changer de profession.
Toutefois, cette liberté tant proclamée n’est pas absolue, elle connaît des
limites.
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Celles-ci sont dites admises et se manifestent de deux manières à savoir
par l’interdiction et par l’exigence d’une autorisation préalable.
S’agissant de l’interdiction, on a des situations où l’activité commerciale
est purement et simplement interdite. Ce sont l’ordre public et les bonnes mœurs
qui justifient ces atteintes à la liberté du commerce et de l’industrie sont ainsi
interdites :
Le commerce avec l’ennemi en temps de guerre
La contrebande
La contrefaçon
Le commerce des stupéfiants
Les maisons de tolérance
Pour des besoins de santé publique, la commercialisation de certains
produits, la distribution des médicaments sur la voie publique (art. 53 de la loi
du 10/08/1990 précitée) et celle des denrées nuisibles à la santé humaine sont
interdites.
Dans le but de protéger nos industries, la loi précitée autorise le
gouvernement à prendre parfois certaines mesures de restriction surtout aux
importateurs lorsque celles-ci sont menacées par la concurrence déloyale.
Enfin, pour sauvegarder un monopole d’Etat, certaines activités sont
interdites aux particuliers. Exemple : la distribution de l’eau, l’inobservation de
ces interdits est sanctionnée.
Pour ce qui est de l’autorisation préalable, l’on peut dire que les
autorisations administratives sont plus nombreuses. On pourra alors exiger soit
une autorisation, soit un agrément ou une licence pour le démarrage de certaines
activités. C’est le cas pour le commerce des débits de boisson, du transport
routier, des agences de voyage, des assurances, des banques, des pharmacies et
de la distribution des produits pétroliers.
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Depuis toujours, la qualité de commerçant suppose la capacité, et depuis
une période très récente, le souci d’assainir les professions commerciales
conduit à écarter de celles-ci les personnes dont l’honnêteté est douteuse et qui
n’ont donc pas de place dans un monde où la confiance est de rigueur.
Ces limites ont pour finalité soit de protéger la personne qui veut
entreprendre une activité commerciale, en exigeant d’elle des conditions de
capacité, soit de sauvegarder l’intérêt général en écartant du monde des affaires
des personnes que pour diverses raisons ne paraissent pas y avoir leur place. Ne
peuvent faire le commerce que les personnes ayant la capacité de le faire. Ainsi,
sont exclus du commerce les mineurs non émancipés et les majeurs incapables.
Mais, il faut dire que l’AUDCG est venu supprimer l’incapacité juridique de la
femme mariée à faire le commerce. Désormais, celle-ci peut exercer le
commerce à condition de faire un commerce séparé de celui de son conjoint.
Cette condition tient aussi pour l’époux d’une commerçante.
Pour sauvegarder l’intérêt général, certaines interdictions touchent des
personnes dont l’honorabilité fait défaut. C’est le cas des personnes ayant fait
l’objet des condamnations pénales pour crimes et délit en relation avec les
affaires (vol, escroquerie, abus de confiance, banqueroute…). C’est aussi le cas
des personnes déchues et frappées de l’interdiction professionnelle ou faillite.
En outre, les restrictions objectives telles que les incompatibilités
énoncées à l’article 9 de l’AUDCG justifient des interdictions de pratiquer le
commerce à certaines personnes. Sont ainsi frappées d’interdiction de
commerce :
- Les fonctionnaires et personnes de collectivité publique et des
entreprises à participation publique ;
- Les officiers ministériels et auxiliaires de justice
- Les experts comptables agréés.
L’incompatibilité concerne en fait toute profession dont l’exercice fait
l’objet d’une réglementation interdisant le cumul de ses activités avec l’exercice
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d’une autre profession. Les sanctions sont alors disciplinaires et professionnelles
en cas de contravention.
Il faut enfin dire que l’étranger ne peut exercer le commerce au Cameroun
que s’il obtient au préalable un agrément et qu’il y ait une réciprocité c'est-à-dire
qu’il ne pourra faire le commerce au Cameroun que si les camerounais peuvent
également être autorisés à en faire dans son pays d’origine.
Après avoir parcouru le principe de la liberté à l’accès de la profession
commerciale, analysons à présent les conditions d’acquisition de la qualité de
commerçant.
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A. L’accomplissement d’Actes de Commerce par nature
Contrairement au texte ancien, le nouvel AUDCG ne fait pas seulement
une énumération des actes de commerce par nature, il en fournit aussi la
définition. Ainsi, aux termes de l’article 3 de cet AUDCG, l’acte de commerce
par nature est « celui par lequel une personne s’entremet dans la
commercialisation des biens qu’elle produit ou qu’elle achète ou par lequel elle
fournit des prestations de service avec l’intention d’en tirer un profit
pécuniaire.. ».
Cette définition est une nouveauté louable, car elle vient ainsi mettre fin à
la critique qui pesait sur l’énumération légale que le premier acte avait faite pour
définir l’Acte de Commerce. De plus, elle a adopté les critères de la circulation
des richesses développée par THALAIRE de la spéculation ou la recherche du
profit avancé par Lyon-CAEM et RENAULT comme des critères de définition
de l’Acte de Commerce par nature, car on peut lire à travers les lignes de
l’article 3 : l’Acte de Commerce par nature est celui par lequel une personne
s’entremet dans la commercialisation des biens avec l’intention d’en tirer le
profit ».
En plus de cette définition, l’AUDCG a aussi donné une énumération
d’une part des Actes de Commerce par nature (art.3) et d’autre part des Actes de
Commerce par la forme (art.4) ont le caractère d’Actes de Commerce par
nature :
- L’achat des biens meubles et immeubles, en vue de leur revente
- Les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance
et de transit ;
- Les contrats entre commerçants pour les besoins de leur commerce
- L’exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de
ressources naturelles ;
- Les opérations de location de meubles
- Les opérations de manufactures, de transport et de télécommunication ;
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- Les opérations des intermédiaires de commerce
- Les actes effectués par les sociétés commerciales
Ont le caractère d’Actes de Commerce par la forme, la lettre de change, le
billet à ordre, le warrant.
Bien que cette énumération soit précise et limitative et qu’elle rend ainsi
l’appréhension de l’Acte de Commerce simple et facile, elle suscite tout au
moins des questions.
En effet, l’article 2 de l’Acte définit le commerçant comme étant toute
personne qui accomplit des actes de commerce par nature. La question se
poserait alors de savoir si ceux qui accomplissement des Actes de Commerce
par la forme ne sont pas des commerçants ; si oui, pourquoi l’Acte Uniforme en
fait une énumération. Si non, pourquoi n’avoir pas précisé que le commerçant
est celui qui accomplit les Actes de Commerce par nature et par la forme ou
alors cette précision n’est-elle pas de trop ? A notre avis, nous pensons que cette
précision viendrait plutôt créer des confusions dans les esprits puisque la lettre
de change, le warrant et le billet à ordre ont incontestablement le caractère
d’Acte de Commerce par leur forme qu’ils soient effectués par un commerçant
ou un civil. Peut-être pourrait-on croire que de par cette caractéristique, le
législateur OHADA n’a plus eu besoin de préciser que la qualité de commerçant
est subordonnée à l’accomplissement d’Acte de Commerce par la forme.
Il ne suffit pas d’accomplir des Actes de Commerce, il faut encore le faire
à titre de profession.
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La profession peut être comprise comme l’activité habituelle exercée par
une personne pour se procurer des ressources nécessaires à son existence. Le
professionnel s’oppose à l’amateur. Il bénéficie d’une organisation d’une
certaine compétence. Il agit dans un but intéressé.
Ainsi, l’immatriculation au RCCM peut constituer un indice permettant de
présumer avec plus ou moins de force qu’une personne a la qualité de
commerçant. Même si l’AUDCG ne le mentionne pas, la qualité de commerçant
ne peut être reconnue qu’à celui qui exerce une profession commerciale de
manière indépendante et pour son compte personnel.
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Par contre, les seconds parmi lesquels : les agents (c'est-à-dire les
commissionnaires et les courtiers sont les commerçants). Ils bénéficient alors
d’une grande liberté d’action exclusive de tout lien de subordination.
Si l’on a rempli toutes les conditions requises pour acquérir la qualité de
commerçant, comment prouver donc qu’on a acquis cette qualité ?
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1) La publicité légale
Elle n’est pas à confondre avec la publicité commerciale que le
commerçant effectue afin d’attirer les clients. Elle a été instaurée afin d’éviter
que ne nuise aux un tiers et au public le secret des affaires et de permettre aussi
à l’appareil étatique d’asseoir un contrôle sur les conditions d’exercice dans la
profession commerciale. Cette publicité est faite à travers l’enregistrement au
RCCM et la déclaration d’office à l’administration.
S’agissant de l’enregistrement au RCCM, il faut noter l’AU en ses articles
34 et suivants fait du RCCM un répertoire officiel des personnes physiques ou
morales exerçant le commerce. Le RCCM a été institué pour assurer la sécurité
des personnes traitant avec les commerçants. L’article 36 du texte précité
dispose que le RCCM est tenu sous la responsabilité du greffe de la juridiction
compétente ou l’organe compétent dans l’Etat-partie qui au Cameroun est le
tribunal de première instance.
Le RCCM est organisé par les articles 36 à 43 du même acte. Ils
présentent ainsi ce registre comme un ensemble de dossiers assortis des fichiers
récapitulatifs. Chaque personne physique ou morale immatriculée au RCCM est
titulaire d’un dossier où sont regroupés tous les actes et toutes les mentions
successives le concernant. On peut citer :
- les informations concernant l’état des personnes et particulièrement sur
l’Etat civil telles que : l’âge, le statut matrimonial, les noms et prénoms,
…
- les informations des actes dont l’opposabilité aux un tiers dépend de
l’accomplissement d’une formalité de publicité telles que : le
nantissement, la vente du Fond de commerce, les infos sur l’exercice.
Ledit registre comprend : (article 37)
- un registre d’arrivée intervenant par ordre chronologique la date et le n°
de chaque déclarant acceptée, les noms, prénoms, raison sociale ou
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dénomination sociale du déclarant et l’objet de la déclaration ou de la
demande ou du dépôt des actes et pièces ;
- un répertoire alphabétique des personnes immatriculées et des
entreprenants ;
- un répertoire par numéro ;
- un dossier individuel pour chaque entreprenant et chaque personne
immatriculée, constitué avant le cas, par déclaration d’activité ou la
demande d’immatriculation les pièces jointes à la déclaration.
A côté de ce registre, il est également prévu un fichier national et un
fichier régional. Le fichier national est tenu par chaque Etat partie et le fichier
régional par la CCJA. Ces deux fichiers comprennent chacun, un extrait de
chaque dossier individuel tenu par ordre alphabétique avec des mentions
différentes selon qu’il s’agit des personnes physiques ou morales.
Pour le fonctionnement du RCCM, on y trouve les conditions
d’immatriculation des personnes physiques ou morales, les mentions exigées et
les pièces justificatives données à l’appui des déclarations. L’immatriculation
doit être sollicitée dans le mois de la création de l’entreprise (article 44). Elle
emporte un certain nombre d’effet et le principal est la présomption
d’acquisition de la qualité de commerçant. Toute personne immatriculée doit
indiquer sur ses factures, bons de commandes et autres documents
commerciaux, son numéro et son lieu d’immatriculation.
Les personnes qui exercent le commerce, mais s’abstiennent de se faire
immatriculer au RCCM, elles sont considérées comme des commerçants de fait.
A ce titre, elle ne peut se prévaloir des avantages attachés à la qualité de
commerçant bien que les obligations y afférentes et les éléments défavorables du
statut lui soient opposables. Le professeur JAUFFRET écrivait alors : «Le
commerçant non inscrit est bien commerçant sous le rapport des obligations,
mais, il ne l’est pas sur le pourcentage des droits ». Ces commerçants de fait
peuvent aussi encourir des sanctions pénales.
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S’agissant de la déclaration d’existence, c’est l’article 12 (1) du décret de
1993 qui la prévoit. Cette déclaration vise à informer certaines administrations
comme l’administration des impôts, le crédit foncier, le fond national de
l’emploi, la CNPS, la CRTV, les services extérieurs territorialement compétents
et les ministères chargés du commerce et du travail. Elle vise aussi à informer le
public et dans ce cas, par voie d’affichage ou de publication dans un journal. En
plus de la publicité légale, le commerçant est soumis aux obligations
comptables.
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- le livre inventaire, l’inventaire est un tableau descriptif et
estimatif des divers éléments de l’actif et du passif ;
Concernant la phase probante des livres de commerce, ceux-ci sont admis
en justice comme moyen de preuve dans les litiges entre commerçants et non
commerçant dans les conditions suivantes :
Si le livre est invoqué contre le commerçant qui l’a tenu, il fait entièrement
preuve et constitue un aveu.
S’il est invoqué en sa faveur par le commerçant qui l’a tenu, il ne fait pas preuve
à l’encontre du non commerçant.
La mauvaise tenue des livres de commerce peut entraîner des sanctions
pénales.
Section 2 : L’entreprenant
Le statut de l’entreprenant, comme nouvel acteur commercial est une
nouveauté de l’acte uniforme. Il est défini par l’article 30 nouveau de l’AUDCG
comme un entrepreneur individuel, personne physique qui, exerce une activité
professionnelle, civile, commerciale, artisanale ou agricole.
L’entreprenant, tout comme le commerçant connaît une liberté en ce qui
concerne l’accès à la profession sous réserve des limites au principe de la liberté
de commerce et d’industrie. Néanmoins, l’on remarque que le domaine de
l’entreprenant est limité par rapport à celui du commerçant, car l’entreprenant ne
peut être qu’une personne physique et individuelle, alors que le commerçant non
seulement peut être personne physique ou morale, mais aussi plusieurs
personnes constituées en groupe peuvent être commerçantes. Exemple : les
groupes de sociétés. Les sociétés pluripersonnelles. (SNC). De même, certaines
institutions commerciales sont hors de la portée de l’entreprenant qui par
exemple ne peut être partie à un contrat de location gérance article 138 (alinéa 3
infini).
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L’entreprenant répond donc à un statut de professionnel indépendant
soumis à un régime juridique et comptable allégé et adapté. L’innovation de
l’acte uniforme à cet effet est notable, car elle permettra à des petits
entrepreneurs d’avoir accès aux financements et aux pouvoirs publics
d’appréhender l’économie informelle, ainsi que le passage de cette économie
informelle vers l’économie formelle.
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qu’en plus, il doit exercer sa profession pour son compte et en son nom.
L’AUDCG exclut ainsi les sociétés commerciales du statut d’entreprenant.
B. L’entreprenant doit être une personne physique
Contrairement au commerçant qui peut être personne physique ou morale,
l’AUDCG précise en son article 30 que l’entreprenant ne peut être qu’une
personne physique. Une personne morale de droit privée ou de droit public bien
qu’exerçant une activité professionnelle ne peut bénéficier du statut
d’entreprenant. Cette exclusion de la personne morale au statut d’entreprenant se
justifie par le fait que le législateur OHADA a voulu simplifier le régime
juridique de l’entreprenant. Il n’aurait donc pas été aisé d’appliquer un statut si
allégé et adapté aux besoins du petit entrepreneur, aux personnes morales, dont
le statut requiert un encadrement plus renforcé.
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modeste. L’artisan ne doit faire des actes de commerce qu’en pourcentage avec
les articles qu’il produit, transforme et répare ou avec les services qu’il preste.
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que les entreprises parties et surtout les professionnels se soient déjà approprié
ce nouveau statut. Ce qui implique que ni la justice, ni l’administration fiscale et
autres n’ont pas encore affronté la question de la preuve de l’entreprenant.
Cependant, cette question se pose sans nul doute dès que la nécessité
s’imposera. Comment l’entreprenant pourra-t-il prouver sa qualité ?
Selon un rapport de AFRICAN PRESS ORGANIZATION sur la réforme
du droit des affaires, l’OHADA a pensé à une carte d’entreprenant. C’est une
carte administrative, un identifiant pour les entreprises. Concernant les
modalités d’obtention de cette carte, une première carte sera remise à
l’entreprenant de façon gratuite et valable pour un an et laisse comprendre que
l’entrepreneur est débutant, qu’il existe légalement, mais n’a pas encore satisfait
à ses obligations fiscales. Pour renouveler cette carte annuellement, il faut payer
l’impôt. Les cartes délivrées par la suite indiquent qu’un entrepreneur est à jour
par rapport à ses contributions fiscales. Ainsi, le lancement officiel de cette carte
a été prévu pour janvier 2012. [Au Mali par exemple, la mobilisation par rapport
à cette carte est plus visible. La phase pilote de sa mise en œuvre a démarré en
novembre pour une durée de deux mois afin de sensibiliser les acteurs du secteur
informel].
L’entreprenant a certes un régime allégé, mais il est soumis à certaines
obligations. Cette carte est une carte à puce donnée aux entreprenants au
moment de leur déclaration de leurs activités. Elles contiennent obligatoirement
les informations relatives au statut légal et fiscal du porteur et éventuellement
des données relatives à son inscription à différents services publics et privés tel
qu’un compte d’épargne, un système de protection social.
47
A. La déclaration d’activité de l’entreprenant au RCCM.
Le statut de professionnel indépendant auquel appartient l’entreprenant
bénéficie d’un régime juridique et comptable allégé et adapté, car selon l’article
30, l’entreprenant est un entrepreneur individuel qui sur simple déclaration
exerce une activité professionnelle.
La procédure de cette déclaration est prévue à l’article 62 du même texte.
Ainsi, l’entreprenant déclare son activité avec le formulaire mis à disposition à
cet effet par le greffe ou l’organe compétent dans l’entreprise partie, sauf en cas
d’utilisation des moyens électroniques. Cette déclaration est faite sans frais et
contient :
- Noms et prénoms
- Adresse d’exercice d’activité
- Justificatif d’identité
- Eventuellement justificatif du régime matrimonial.
Dès réception de ce formulaire dûment rempli et des pièces prévues à cet
effet, le greffier ou le responsable de l’organe compétent délivre au déclarant un
accusé d’enregistrement qui inspire la date de la formalité accomplie et le N° de
déclaration d’activité qui est personnel (article 64 AUDCG).
L’entreprenant ne peut alors commencer son activité qu’après réception
de ce numéro qu’il devra alors mentionner sur ses factures, bons de commande,
tarifs et documents ou correspondances professionnelles, suivi de l’indication du
RCCM qui a reçu sa déclaration et de la mention « Entreprenant dispensé
d’immatriculation ».
Les déclarations de modification d’activité ou de radiation sont faites
selon la même procédure. L’article 63 indique les pièces justificatives qui
doivent appuyer la déclaration.
La personne physique qui satisfait aux obligations déclaratives (prévues
aux articles 2 à 64) est présumée avoir la qualité d’entreprenant qui lui donne
48
droit de bénéficier des dispositions du droit commercial relatives à la preuve
(c'est-à-dire les actes faits par un entreprenant pour les besoins de sa profession
seront prouvés par tous moyens) de celles relatives à la prescription (c'est-à-dire
que les obligations nées à l’occasion de leurs activités entre entreprenants ou
entre entreprenants et non entreprenants, se prescrivent par cinq ans si elles ne
sont pas soumises à des prescriptions plus courtes), ou encore celles relatives au
bail à usage professionnel.
La présomption ainsi invoquée n’est pas absolue, elle peut alors tombée
devant la preuve du contraire. Aussi, notons que la déclaration au RCCM
n’entraîne pas nécessairement la qualité d’entreprenant. Elle en constitue juste
un indice.
49
CHAPITRE 3 : L’ENTREPRISE SOCIETAIRE : LES SCOCIETES
COMMERCIALES
50
ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter. Les associés s’engagent à
contribuer aux pertes dans les conditions prévues au présent Acte Uniforme ».
L’article 05 du même acte ajoute que : « La société commerciale peut être
également créé dans les cas prévus par le présent Acte Uniforme par une seule
personne dénommé « Associé unique » par écrit ».
Dans le cas où nous sommes dans une société créée par deux ou plusieurs
personnes, la société commerciale est qualifiée de pluripersonnelle. Par contre
dans une société constituée d’un associé unique, nous sommes bien dans le cas
d’une société unipersonnelle.
Les sociétés commerciales sont donc essentiellement caractérisées par la
mise en commun d’apports, la recherche d’un profit et la contribution aux
éventuelles pertes.
L’étude consacrée aux sociétés commerciales dans le cadre de cet
enseignement portera uniquement sur les règles communes à toutes les sociétés
commerciales au détriment de celles spécifiques à chaque type de société. La
démarche consistera à aborder successivement la constitution des sociétés
commerciales (Section 1), le fonctionnement des sociétés commerciales (section
2) et la dissolution des sociétés commerciales (section 3).
51
La société est créée par un contrat entre deux ou plusieurs personnes.
Toutes les règles relatives aux droits communs des conventions s’appliquent car,
pour que la société soit créée, il faut le consentement des parties pour constituer
une société, leur capacité à conclure un tel acte, la cause et l’objet de leur
engagement.
A. Le consentement
Le contrat de société est un accord de volontés entre les personnes qui
s’engagent à mettre en commun leurs apports en vue de la constitution d’une
société. Il ne suffit pas que ce consentement existe, il faut encore que ce dernier
soit exempt de tous vices. Le consentement ne doit pas avoir été donné par
erreur, sous la pression d’une contrainte ou encore donné à la suite des
manœuvres frauduleuses d’une autre partie.
52
incapables ne peuvent être associés d’une société dans laquelle il serait tenu
des dettes sociales au-delà de leurs apports ».
Un mineur non émancipé ne peut donc être associé dans ces sociétés.
S’agissant de l’entrée en société d’une ou de deux époux, l’article 9 de
l’AUDSC précise que deux époux ne peuvent être associés d’une société dans
laquelle il serait tenu des dettes sociales indéfiniment ou solidairement. C’est
une mesure de précaution pour éviter que tout le patrimoine familial ne soit
engagé, c'est-à-dire tenu de faire face à la société en cas d’insolvabilité de celle-
ci. En somme, la société entre époux est valable ; mais ils ne peuvent être
ensemble membres d’une société qui leur conférerait à tous les deux la qualité
de commerçant.
C. L’objet et la cause
Ils doivent exister et être licites (en conformité avec la loi). L’objet de la
société est l’ensemble des actes pour lesquels la société a été créée. Il est
déterminé dans les statuts sous l’appellation d’objet social. Il doit être
déterminé, c'est-à-dire spécifié pour permettre aux organes de gestion de ne
pouvoir agir que dans la limite de cet objet (article 19 de l’AUDSC) et, licite
c'est-à-dire, qu’il ne doit pas être prohibé, ni contraire à l’ordre public et aux
bonnes mœurs.
La cause quant à elle, est la raison d’être de la société, elle consiste en la
réalisation de son objet. Elle doit exister et doit être licite.
53
Les formalités de constitution des contrats de société sont complexes en
raison des intérêts considérables qu’elles mettent en jeu.
1) L’exigence d’un écrit
Les associés doivent rédiger des statuts. La forme authentique ou
authentifié (acte notarié ou acte sous seing privé déposé au rang des minutes
d’un notaire), a été imposée à toutes les sociétés commerciales (art. 10 de
l’AUDSC).
2) Le contenu de l’écrit
Les statuts doivent mentionner, outre les apports de chaque associé, la
forme, l’objet, le nom de la société, son siège social, le capital social, sa durée et
les modalités de son fonctionnement. L’inobservation de ces exigences peut
conduire au refus d’immatriculation de cette société et dont l’absence de la
personne morale.
3) Les formalités de constitution
Elles varient avec les types de société envisagés. Il nous semble donc plus
logique d’évoquer les plus communes. Après la rédaction des statuts, une
publicité est nécessaire pour informer les tiers de la naissance de la société.
Cette publicité a lieu dans les journaux habilités à recevoir les annonces légales
d’après l’article 257 de l’AUDSC. Les journaux habilités sont d’une part le
journal officiel, les journaux habilités à cet effet par les autorités compétentes et
d’autres part, les quotidiens nationaux d’information générale de l’Etat partie du
siège social disposant d’une vente effective par abonnement, dépositaires ou
vendeurs sous les conditions supplémentaires de paraitre depuis plus de 6 mois
et de justifier d’une diffusion à l’échelle nationale.
S’agissant de la publicité par dépôt d’actes ou de pièces, elle est effectuée
au greffe du tribunal chargé des affaires commerciales du lieu du siège social.
Les formalités de publicité sont effectuées à la diligence et sous la responsabilité
des représentants légaux de la société.
54
4) La déclaration de régularité et de conformité
Elle consiste à affirmer que la société a été constituée en conformité des
dispositions de l’AUSCG (ar.73 de l’AU). L’accomplissement de ces diligences
incombent aux fondateurs et aux premiers membres des organes de gestion,
d’admis ou de direction de la société.
La formalité est exigée à peine de rejet de la demande d’immatriculation
au RCCM. Cependant, cette formalité n’est pas obligatoire lorsqu’une
déclaration notariée de souscription et de versement de fonds est requise pour la
formation d’une société (art.74).
5) La sanction de l’inobservation des règles de constitution
L’inobservation de ces règles expose les contrevenants à des sanctions
qui, compte tenu des intérêts en jeu, sont soumises à un régime particulier
surtout lorsque les associés ont commis des vices de forme et de publicité. Ainsi,
la nullité qui devrait constituer la sanction principale peut-être neutralisée grâce
à la faculté de régularisation. Selon l’article 75, « Si les statuts ne contiennent
pas toutes les énonciations exigées par le présent acte uniforme, ainsi une
formalité prescrite par celui-ci pour la constitution de la société a été omise ou
irrégulièrement accomplie, tout intéressé peut demander à la juridiction
compétente dans le ressort de laquelle est situé le siège social, que soit
ordonnée sous astreinte la régularisation de la société ». Le ministère public
peut également agir aux mêmes fins ».
De son côté, l’article 248 de l’AUDSC dispose qu’« en cas de nullité de
la société ou de ces actes, de ses décisions ou de ses délibérations fondées sur
un vice de consentement, ou l’incapacité d’un associé et lorsque la
régularisation peut intervenir, toute personne qui, ayant un intérêt peut mettre
en demeure l’associé incapable dont le consentement a été vicié de régulariser
ou d’agir en nullité dans un délai de six mois à peine de forclusion ».
De telles dispositions démontrent la volonté des rédacteurs de l’acte
uniforme de privilégier la régularisation du vice qui affecte la société plutôt que
55
son annulation. Le même mécanisme explique le particularisme des effets
attachés à la nullité de cette société. Ainsi, selon l’article 255 de l’AUDSC,
lorsque la nullité de la société est prononcée, elle met fin, sans rétroactivité à
l’exécution du contrat, elle est alors dissoute et une procédure de liquidation
s’ensuit.
B. Les apports
Les associés conviennent par le contrat de société d’affecter à une
entreprise commune des biens ou leur industrie (force de travail, intelligence).
Certaines sociétés doivent avoir un capital minimum, d’autres par contre ne sont
pas soumis à cette exigence, c’est généralement le cas des sociétés dans
lesquelles les associés sont indéfiniment tenus de faire face aux dettes de la
société. Il existe plusieurs types d’apport :
- Les apports en numéraire qui sont réalisés par le versement d’une
somme d’argent promise par l’associé, soit en une seule fois au moment de la
création ; soit en cours de vie de la société.
- Les apports en nature : c’est l’apport des biens autre que les
espèces : biens corporels (meubles et immeubles) ou incorporels (fonds de
commerce, brevet…). Ils sont réalisés par le transfert des droits réels ou
personnels correspondant aux biens apportés par la mise à la disposition
effective de la société des biens sur lesquels portent ces droits. Ces apports
doivent faire l’objet d’une évaluation afin de déterminer le nombre de part ou
d’action auxquels il donne droit.
- Les apports en industrie : ici, l’associé apporte sa force de travail,
ses connaissances professionnelles et techniques, sa compétence… L’apporteur
en industrie est un véritable associé et sa situation doit être distinguée de celle
d’un salarié. L’apport en industrie ne se trouve pas sous la subordination
juridique de la société (comme le salarié). Mais surtout, il perçoit une
56
rémunération en fonction des résultats sociaux. Le salarié lui, a une
rémunération stable quels que soit les résultats de l’action économique.
Les apports en industrie ne peuvent être faits par les actionnaires de
la S.A et par les commanditaires. Ils ne concourent pas à la formation du
capital social mais donnent lieu à l’attribution des titres sociaux ouvrant
droit au vote et au partage des bénéfices et de l’actif net à charge de
contribuer aux pertes. Toutefois, les droits de vote attachés aux titres
sociaux résultant d’apports en industrie ne peuvent être supérieurs à 25%
de l’ensemble des droits de vote. La part attachée à ces titres sociaux ne
peut excéder 25% des bénéfices, de l’actif net et des pertes.
La réunion des apports à l’exception des apports en industrie, constitue le
capital social, c'est-à-dire le patrimoine de départ de la société. Les apporteurs
bénéficient en contre partie des droits sociaux qui ouvrent droit à la
rémunération (dividendes), et au droit de vote dans les assemblées.
57
de tout risque. De telles clauses sont réfutées non écrites, c'est-à-dire qu’elles
sont privées d’efficacité.
D. L’« Affectio societatis »
Cette exigence n’est pas expressément prévue par le texte, mais déduire
d’eux : il doit exister chez chaque associé de la société la volonté d’un être
membre, c’est le désir de collaboration, d’être actif, volontaire et intéressé qui
existe entre associés.
L’« affectio societatis » permet de distinguer le contrat de société et
d’autres contrats voisins, tel que le contrat de travail avec participation aux
bénéfices. Il ne faut de même pas confondre dans la société l’« affectio
societatis » avec le consentement.
Le consentement est la volonté de contracter au moment de la
constitution de la société. Alors que « l’Affectio societatis » est la volonté de
participer à la vie de la société, tant au moment de sa constitution que dans
le court de sa vie. Les associés doivent alors avoir la volonté de contracter et de
vivre en société. Yves GUYON et Alain VIANDIER estime alors qu’il ne faut
pas voir en « l’Affectio societatis » une notion unique, mais, une notion
multiforme comme : « elle est à la fois le révélateur de l’existence d’une
société, la régulateur de la vie sociale et le moyen de distinguer la qualité
d’associé des situations voisines ».
58
(fondation, dirigeant choisis après les statuts). L’immatriculation permet la
naissance d’un être juridique nouveau ayant son patrimoine propre, son nom, sa
nationalité, son siège…
La société personne morale, dès lors qu’elle est immatriculée, a une pleine
capacité de jouissance et d’exercice, mais elle est soumise à ce qu’on appelle la
règle de la spécialité, c'est-à-dire que sa capacité d’exercice est limitée en son
objet. Par exemple, une société ayant pour objet la location d’immeuble pour
étudiant, ne peut à moins de transformer son objet, vendre lesdits immeubles.
Les statuts peuvent ainsi limiter strictement les pouvoirs des dirigeants au
regard de l’objet de la société. Cependant, dans certaines sociétés, une telle
limitation est inopposable aux tiers dans les SA et SARL. Par exemple, les
représentants légaux engagent la société, même lorsqu’ils agissent en dehors de
l’objet social (art. 329 de l’AUDSC).
59
elle. Ceux des actes et engagements qui ne sont pas repris, sont laissés à la
charge des personnes qui les ont accomplis.
S’agissant de la fin de la personne morale, il y a lieu de noter que la
personne morale de la société dure tant que vit la société. En principe, la durée
de la société ne peut excéder 99 ans (article 28 de l’AU), la prorogation est
néanmoins possible. La société perd sa personnalité morale, dès lors qu’elle
prend fin. Celle-ci peut prendre fin pour diverses causes :
- Arrivée du terme (année d’existence)
- Fin ou disparition de l’activité ou de l’objet social
- La volonté des associés.
La société peut aussi perdre sa personne morale, en cas d’absorption de la
société (elle peut être le résultat d’une fusion ou d’une scission), la scission est
l’opération par laquelle le patrimoine d’une société est partagé entre plusieurs
entreprises existantes ou nouvelles.
La fusion, quant à elle, aboutit à l’augmentation du capital de la société
absorbante qui émet des titres nouveaux à distribuer aux associés de la société
absorbées en rémunération de leur apport.
60
1) Les sociétés de personnes
Ce sont des sociétés dans lesquels la société a une forte qualité d’intuitu
personne, c'est-à-dire que la considération de la personne est importante de sorte
que ce type de société est réservée aux associations qui se connaissent bien. On
distingue deux types de sociétés de personnes.
Les SNC : ce sont les sociétés en Nom Collectif. La SNC est une société
dans laquelle tous les associés ont la qualité de commerçant et répondent
indéfiniment et solidairement des dettes sociales.
Les SCS : ce sont les sociétés en commandite simple. La SCS est une
société qui compte deux catégories d’associés à savoir les commandités qui ont
la qualité de commerçant et répondent indéfiniment et solidairement des dettes
sociales, et les commanditaires qui sont non commerçant et dont la contribution
ou passif social est limité au montant de leur apport dans la société.
2) La SARL
C’est une société dans laquelle l’associé (SARL unipersonnelle) ou les
associés (Sarl pluripersonnelle) n’ont pas la qualité de commerçant et ne sont
responsable des dettes sociales, qu’à concurrence de leur apport dans la société.
3) La SAS
La société par actions simplifiée est une société instituée par un ou plusieurs
associés et dont les statuts prévoient librement l’organisation et le
fonctionnement de la société sous réserve des règles impératives du présent acte
uniforme. Les associés de la société par actions simplifiée ne sont responsables
des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et leurs droits sont
représentés par les actions. A l’exception de certaines particularités, les règles
applicables aux SA s’appliquent aux SAS. Ces dernières ne peuvent notamment
pas faire appel public à l’épargne comme les SA.
4) La S.A
C’est une société dans laquelle l’associé (SA unipersonnelle) ou les
associés (SA pluripersonnelle) n’ont pas la qualité de commerçant et détiennent
61
les titres appelés actions. Aussi ne supportent-ils les dettes sociales qu’à
concurrence de leurs apports.
A. La gestion de la société
62
La gestion d’une société suppose la mise en mouvement d’un certain
nombre d’organes qui sont tenus de la conformité aux règles de gestion
organisées par la loi (AUDSC) et incluses dans les statuts.
1) Les organes de gestion
Ils sont divers et leur composition peut varier d’une société à l’autre.
Mais, il existe des règles d’organisation commune à tous types de sociétés. Elles
sont relatives à la composition des organes, aux conditions d’accès, aux
fonctions de dirigeants de société, au principe de leur désignation et
rémunération et aux conditions de cessation de leurs fonctions.
a) La composition
La société est dirigée par une administration. En effet, la gérance est le
mode normal de gestion de petites et moyennes entreprises telles que la SNC, la
SCS et la SARL. Pour les grandes entreprises (A.A), on y trouve une certaine
flexibilité nécessaire pour le mode d’administration de la société.
c) La désignation
En principe, ce sont les associés qui désignent les dirigeants sociaux.
Cependant, à titre exceptionnel, en cas de désaccord entre les associés, de
dissolution de la société, ou d’ouverture d’une procédure collective, les
tribunaux peuvent être amenés à désigner une administration provisoire ou un
Syndic dont les fonctions sont toujours déterminées et temporaires.
d) La rémunération
63
Les fonctions de dirigeant d’une société ne sont pas gratuites. Car,
conformément à l’article 420 de l’AUDSC, les administrateurs peuvent
percevoir une indemnité de fonction attribuée par l’Assemblée Générale ou
jetons de présence. Ils peuvent aussi recevoir des rémunérations exceptionnelles
pour des missions ou mandats particuliers, le remboursement des droits de
voyage, de déplacement, de dépenses engagées dans l’intérêt de la société. Pour
les gérants, leur rémunération est généralement fixée par les statuts.
64
Les pouvoirs peuvent être étroits ou larges selon le pacte social. Mais, en
contrepartie de ces pouvoirs, l’AUDSC met à la charge des dirigeants une
responsabilité personnelle susceptible d’être engagée. Celle-ci peut être civile ou
pénale suivant qu’il découle des fautes ou infractions commises dans l’exercice
de leurs fonctions ; exercice par ailleurs qui fait certainement l’objet de contrôle.
B- Le contrôle de la société
C’est une prérogative des associés, mais dans certaines sociétés, ce
dernier est renforcé par des organes extérieurs et indépendants.
65
Il faut aussi retenir toutes les informations utiles auprès des tiers qui ont
accomplies pour le compte de la société et surtout avec les tiers mandataires de
la société. (Commanditaire, associé de la société en commandite simple ayant le
même statut qu’un associé de la S.A ; le tiers mandataire, personne qui agit au
compte de la société sans toutefois être associé). (Actionnaire de la société
anonyme), (associé société des personnes).
Pendant sa mission, le commissaire aux comptes peut se faire assister ou
représenter sous sa responsabilité par des experts ou collaborateurs de son choix
qu’il fait connaître nommément à la société. Il exerce ainsi deux types de
contrôle :
- D’abord, il certifie que les états financiers de la société contrôlée ou le cas
échéant de ses filiales sont réguliers et sincères et donne l’image fidèle du
résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que la situation
financière et patrimoniale de la société à la fin de l’exercice. On peut dire
en d’autres termes qu’il vérifie la fiabilité de l’information servie aux
dirigeants.
- Ensuite, il vérifie le respect de l’égalité entre associé, il doit par exemple
vérifier que les actionnaires d’une même catégorie bénéficient du même
droit à l’occasion du partage des dividendes ou de distribution des droits
de vote.
Toutefois, quel que soit le type de contrôle, le commissaire aux comptes
ne devrait en aucun cas s’immiscer dans la gestion de la société. Il a juste le
droit de contrôler l’efficacité du contrôle, il constate des irrégularités tout en
donnant suite au contrôle, c'est-à-dire qu’ils doivent être en mesure de dénoncer
et d’informer la situation comptable de la société aux tiers et aux dirigeants.
66
La dissolution d’une société est la situation dans laquelle ladite société
cesse d’exister. Elle est souvent le fait de diverses causes et entraîne plusieurs
effets.
Paragraphe 1 : Les causes de la dissolution
Elles sont divers (article 200 de l’AUDSC). Certaines sont de plein doit,
d’autres sont provoquées.
A. Les causes de dissolution de plein droit
L’arrivée du terme du contrat de société :
- La disparition de l’objet social
- L’annulation de la société
- La liquidation des biens : Elles interviennent en cas de cessation des
paiements par décision judiciaire.
- Les causes statutaires : Les parties peuvent elles-mêmes prévoir des
clauses de dissolution dans les statuts.
67
Même dans ces cas, l’AU prévoit que toute personne intéressée ne pourra
demander la dissolution que si la situation n’a pas été régularisée dans les délais
d’un an. Un délai supplémentaire de six mois pourra être accordé à la société
pour qu’elle procède à la régularisation.
3) La dissolution judiciaire pour juste motif (article 320 alinéa 5)
Cette dissolution peut subvenir en cas d’inexécution de ses obligations par
un associé ou de mésentente entre associés empêchant le fonctionnement normal
de la société. Le juge apprécie si le motif est suffisamment grave pour
compromettre le fonctionnement normal de la société.
68
publiée pour que les tiers en soient avertis (article 21 AUDSC). Ces actes ne
peuvent alors être opposables qu’à compter de leur publication.
La mission du liquidateur juridique est clairement définie par les articles
228 à 241 de l’AUDSC. Ce dernier doit convoquer les associés pour rendre
compte de sa gestion de la liquidation. Il représente la société qu’il engage en
tous les actes de la liquidation. Il réalise l’actif, il paie les créanciers et répartit
entre les associés les soldes disponibles. Il ne peut continuer les affaires en cours
ou en engageant de nouvelles pour les besoins de la liquidation que s’il a été
autorisé par décision de justice. Il doit faire ou établir les états financiers dans
les trois mois de la clôture de chaque exercice.
Le liquidateur peut voir sa responsabilité être engagée, s’il commet une
faute de gestion. Il répond alors des conséquences endommageables de ces
fautes tant à l’égard de la société qu’à l’égard des tiers (article 22 AU).
69
CHAPITRE 4 : L’ENTREPRISE ET SON BIEN : LE FONDS DE
COMMERCE
Il sera étudié ici la notion de fonds de commerce (section 1) et les opérations
portant sur le fonds de commerce (section 2).
70
S’agissant de sa nature juridique, le fonds de commerce est à la fois une
universalité de fait et un meuble incorporel.
1) Le fonds de commerce : une universalité de fait
On entend par universalité juridique, un ensemble de biens formant un
actif et un passif corrélatif au sein duquel fonctionne la subrogation réelle. Or, le
fonds de commerce est un assemblage d’éléments combinés en vue d’une
destination commune : la création et l’accroissement de la clientèle. Ces
éléments, bien qu’ils se fondent en leur ensemble économique unitaire, ne
constitue pas un patrimoine autonome et donc une universalité de droit. Le fonds
de commerce n’est qu’un élément comme un autre du patrimoine de la personne
physique ou morale qui en est titulaire. Il n’est pas affecté au créancier dont le
titre se rattache à l’exploitation commerciale. Les créanciers du commerçant
titulaire du fonds de commerce peuvent ainsi saisir et vendre le fonds de
commerce et réciproquement les créanciers dont le titre se rattache à
l’exploitation commerciale peuvent saisir et vendre les biens personnels du
commerçant ou de sa famille.
Le fonds de commerce n’ayant pas de patrimoine propre, sa cession
n’emporte ou n’englobe ni les créances, ni les dettes du titulaire ou cédant.
Le fonds de commerce reste néanmoins une universalité de fait dans la
mesure où il peut constituer une base juridique pour certains actes. C’est ainsi
que le fonds de commerce envisagé en lui-même peut faire l’objet de
convention différente de celle qui portera sur chaque élément envisagé
isolement ; le fonds de commerce subsiste malgré les transactions qui peuvent
intervenir dans sa composition. Exemple : le bail peut être renouvelé, ou subir
une déspécialisation, les marchandises peuvent être vendues, mais le fonds de
commerce persiste dans son identité.
2) Le fonds de commerce : un meuble incorporel
Le fonds de commerce est un meuble et ne saurait être considéré comme
un immeuble. Il est composé d’un ensemble de biens mobiliers. C’est donc un
71
meuble. Ce meuble est incorporel bien que le fonds de commerce comporte
certains éléments corporels comme les marchandises. Ce manque de caractère
corporel permet au fonds de commerce d’échapper aux dispositions de l’article
2279 selon lequel « En fait de meubles, la possession vaut titre ».
Le fonds de commerce est un meuble incorporel spécial, car certaines
règles s’inspirant des techniques immobilières lui sont applicables. C’est le cas
par exemple du nantissement du fonds de commerce qui s’apparente à
l’hypothèque des immeubles ou du privilège du vendeur du fonds de commerce
qui est similaire à celui du vendeur d’immeubles.
Si l’on a déterminé la nature juridique du fonds de commerce, la question
de sa composition est toute aussi importante.
Paragraphe 2 : la composition du fonds de commerce
Le fonds de commerce comporte plusieurs éléments, certains sont corporels,
d’autres incorporels. Les articles 136 et 137 de l’AUDCG en donnent une
énumération. Il faut d’emblée signaler que les immeubles ne font jamais partie
du fonds de commerce. Cette exclusion se fonde sur la position traditionnelle du
droit commercial selon laquelle, les immeubles sont des biens trop nobles pour
rentrer dans le commerce qu’ils doivent demeurer sous l’empire du droit civique
jugé plus protecteur. Elle se fonde aussi sur la différence de concevoir qu’un
bien immobilier puisse être partie intégrante d’un bien mobilier comme le fonds
de commerce. Le propriétaire de l’immeuble dans lequel le fonds est exploité ne
peut se prétendre le maître d’un bien unique et indivisible. S’il décide de donner
son fons en nantissement, cette garantie ne pourra pas s’étendre à l’immeuble.
De même, s’il vend son fonds de commerce, il passera deux actes, l’un pour la
vente du fonds de commerce, l’autre pour la vente ou la location de l’immeuble.
Le fonds de commerce comporte deux catégories d’éléments. Certains qui
autrefois avaient un caractère obligatoire et qui ne sont plus que nécessaires
selon les nouvelles dispositions de l’AUDCG. Dans tous les cas, le fonds de
72
commerce est composé d’une des éléments nécessaires, d’autre part des divers
autres éléments.
73
Elle doit être actuelle, la cessation de l’exploitation fait disparaître la
clientèle et donc le fonds de commerce. Mais, la clientèle virtuelle ne suffirait
pas bien qu’on puisse déjà parler de la clientèle d’un fonds de commerce
électronique.
La clientèle a une place assez importante dans le fonds de commerce. La
jurisprudence considère même que c’est l’élément essentiel du fonds de
commerce, celui sous lequel le fonds de commerce n’existerait pas. Cependant,
avec la perte du caractère obligatoire au profit du caractère accessoire des
éléments autrefois qualifiés de fonds, parmi lesquels existe la clientèle, on se
pose la question de savoir si la clientèle va toujours conserver cette place si
importante parmi les éléments du fonds de commerce. En tout cas, la clientèle
joue deux rôles essentiels : c’est elle qui conditionne l’existence du fonds de
commerce. Sans elle, le fonds de commerce n’existe pas ; C’est elle qui
détermine la propriété du fonds de commerce. Le professeur JAUFFRET disait à
cet effet que si la clientèle n’appartient pas à l’exploitant, cet exploitant n’est pas
propriétaire du fonds de commerce.
2) L’enseigne et le nom commercial
Ces deux éléments font aussi partie des éléments nécessaires. Ils ont aussi
perdu le caractère obligatoire.
Le nom commercial désigne l’appellation sous laquelle un commerçant
personne physique ou morale exerce son activité commerciale. Il peut s’agir
d’un nom civil ou d’un patronyme, d’un pseudonyme ou d’un nom composé. Il
peut être véritablement une propriété, puisqu’il sert à rallier la clientèle.
L’acquéreur du fonds de commerce doit modifier celui-ci pour éviter toute
confusion.
Avec l’extension du champ d’application du droit commercial aux
entreprenants, n’est-il pas possible de parler désormais de nom professionnel,
plutôt que de nom commercial comme cela a été le cas avec le bail. Cette
dénomination éviterait toute confusion dans la situation de l’entreprenant.
74
L’enseigne quant à lui désigne un emblème figuratif ou une désignation
de fantaisie par laquelle le commerçant individualise son compte. Ça peut être
un nom (exemple : chez Guy Marcel), une appellation rappelant un
emplacement Café du Campus, une dénomination de pure fantaisie (Exemple :
Restaurant des étudiants foirés…).
Tout comme le nom commercial, l’enseigne a un caractère patrimonial et,
peut être défendu en justice par le biais de l’action en concurrence déloyale
contre l’usage ou l’imitation par un concurrent. (Conf. CCS du Camor, arrêt
N°16 du 24/11/1970).
Pour tout dire, le nom commercial, l’enseigne et la clientèle ne sont plus
des éléments obligatoires, mais plutôt nécessaires du fonds de commerce. Doit-
on comprendre que le commerçant et l’entreprenant ne sont pas obligés d’avoir
le nom, l’enseigne ou la clientèle ? La réponse affirmative pourrait peut être
possible pour ce qui est du nom et de l’enseigne, car l’on ne saurait imaginer un
fonds de commerce quelle que soit la nature, sans clientèle. Le commerce
n’existerait pas sans clientèle.
75
son commerce. En effet, lorsque le commerçant est propriétaire de l’immeuble,
les objets mobiliers qu’il a placés pour l’exploitation du fonds constituent aux
termes de l’article 524 du code civil, des immeubles par destination. Il en va de
même si le matériel a fait l’objet d’une attache à perpétuelle demeure (article
525 code civil). Exemple : les machines scellées sur les plates-formes en béton
construit à cet effet.
Le matériel est ainsi immobilisé, il devient donc un immeuble et se trouve
donc exclu du fonds de commerce pour être soumis aux règles particulières des
immeubles.
Les marchandises sont des objets mobiliers à être vendus après avoir été
ou non transformés. C’est le stock dont le caractère est d’être variable et
tangible, c'est-à-dire que les marchandises vendues sont remplacées par d’autres.
Lorsque le fonds de commerce est nanti, les marchandises ne sont jamais
comprises dans le nantissement, car elles constituent la matière qui fait
fonctionner le commerce. Les marchandises doivent être vendues pour permettre
au commerçant de répondre à ses engagements.
Les marchandises se distinguent du matériel, non pas par leur nature, mais
par leur destination. Cette distinction bien qu’elle soit parfois très difficile à
faire est d’un intérêt certain qui réside dans le fait que le matériel rentre dans le
nantissement alors que tel n’est pas le cas des marchandises.
76
indemnité d’éviction, excepté s’il justifie le refus par des motifs légitimes. Tel
est le cas s’il veut lui-même occuper les locaux pour un usage personnel, si le
locataire manque à ses obligations locatives, notamment s’il ne verse pas les
loyers.
- Les propriétés industrielles : ce sont des monopoles d’exploitation. Elles
regroupent les brevets d’invention, des marques de fabrique, des dessins et
modèles industriels.
Les brevets d’invention sont des droits limités dans le temps conférés par
l’Etat à l’inventeur d’une création nouvelle ;
Les marques de fabrique ou de commerce sont des signes visibles ou utilisés
pour distinguer les produits d’une entreprise d’une autre. Elles sont des
éléments de la promotion commerciale des produits et donc d’attraction de la
clientèle d’une entreprise ;
Les dessins et modèles confèrent un monopole d’exploitation sur la forme
nouvelle donnée à un produit existant ; les licences d’exploitation : ce sont
des autorisations admises pour l’exercice d’activité commerciale dans le cadre
de la réglementation de celle-ci.
Tous ces éléments incorporels ont un caractère personnel et se
transmettent avec le fonds de commerce en cas de cession du fonds.
77
en précisant que « l’entreprenant ne peut être partie à un contrat de
location-gérance ».
La location-gérance revêt deux variantes. Elle peut être salariée, c'est-à-
dire qu’elle est confiée par le propriétaire d’un fonds de commerce à une
personne en vertu d’un contrat de travail. Elle peut aussi être libre où il se
produit alors une séparation très nette entre la propriété du fonds et
l’exploitation. Elle est confiée par le propriétaire du fonds de commerce au
locataire en vertu d’un contrat de location. Le gérant exploite le fonds de
commerce à ses risques et périls. C’est bien de cette location-gérance qui fera
l’objet de notre étude basée sur son régime juridique.
78
d’exploiter le fonds de commerce personnellement ou par l’intermédiaire de ses
préposés.
Toutefois, cette condition n’est pas exigée lorsque le bailleur du fonds de
commerce est l’Etat ou l’un de ses démembrements, aux incapables, aux
héritiers ou légataires et aux mandataires de justice chargés de l’administration
d’un fonds de commerce à condition qu’ils aient été autorisés par la juridiction
compétente (article 143 AUDCG).
2) Les conditions de forme et publicité
Sur le plan de la forme, la location-gérance est un contrat consensuel. La
loi n’impose aucune forme particulière. Le contrat peut être sous seing privé,
authentique ou verbal.
Mais en pratique, la rédaction d’un écrit est souhaitable, compte tenu des
obligations qui pèsent sur les contractants et aussi pour faciliter les éléments de
preuve.
S’agissant des mesures de publicité, le locataire-gérant doit s’immatriculer
au RCCM ainsi que le contrat passé entre le bailleur et le locataire-gérant et ceci
aux frais du locataire-gérant, doit publier dans un journal dans les quinze jours la
location-gérance.
L’expiration du contrat de location-gérance doit aussi faire l’objet de
publicité. Le locataire-gérant doit indiquer en tête de ses bons de commandes, de
factures et autres documents à caractère financier ou commercial, avec son
numéro d’immatriculation au RCCM, sa qualité de locataire-gérant du fonds.
Le bailleur quant à lui a pour obligation de modifier à ses frais son
inscription aux RCCM par la mention mise en location-gérance de son fonds.
En cas d’inobservation de ces conditions, le contrat est en principe voué à
la nullité, mais l’AUDCG prévoit aussi une possibilité de sanction pénale.
79
1) En cours de location-gérance
Ces effets existent entre les parties au contrat, c'est-à-dire à l’égard du
locataire-gérant et du bailleur et entre les parties et les un tiers.
S’agissant des effets à l’égard du locataire-gérant, elle entraine des
droits et des obligations.
Comme obligations, il est considéré comme le titulaire du fonds et à cet
effet, il est tenu de payer les redevances prévues : Il doit laisser une quantité
égale des marchandises que le bailleur lui rachète ; Il ne peut disposer le fonds,
ni le donner en nantissement, ni sous louer le fonds sauf clause contraire, ni
céder à un tiers sans l’accord du bailleur ; Il doit continuer le contrat de travail
entamé par le bailleur ; Il doit payer un cautionnement afin de garantir
l’exécution du contrat.
En termes de droits, le locataire-gérant peut disposer des marchandises
et il est parfois autorisé à créer des branches commerciales distinctes. A l’égard
du bailleur, il a l’obligation de délivrer au locataire-gérant tous les éléments du
fonds de commerce dont il est titulaire, à l’exception du droit au bail ; Il doit
modifier son immatriculation au RCCM ; Il doit veiller au renouvellement des
polices d’assurance et de certains contrats importants liés au fonds de
commerce ; Il est tenu par l’obligation de garantie. A cet effet, il ne doit pas
troubler le locataire-gérant dans sa jouissance. Il ne doit pas non plus lui faire
concurrence.
Pour ce qui est des effets à l’égard des tiers, plusieurs cas sont envisageables :
- Les effets à l’égard du propriétaire du fonds de commerce : la
location-gérance leur est opposable sauf fraude. L’article 144 de l’AUDCG
affirme que les dettes du bailleur peuvent être déclarées immédiatement
exigibles par la juridiction compétente si elle estime que la location-gérance met
en péril le recouvrement. Et cette action peut être menée par tout intéressé à
peine de forclusion dans un délai de trois jours à compter de la publication de la
location-gérance dans un journal (article 144 (2)).
80
- Les effets à l’égard des créanciers du locataire-gérant.
Jusqu’à la publicité de la location-gérance, le propriétaire du fonds de commerce
est solidaire, même responsable du passif de son gérant. La date prise en
considération est celle de la naissance de la dette, donc cette de son échéance.
Ces dettes sont celles nées de l’exploitation du fonds. Ce sont aussi des dettes
contractuelles et délictuelles.
2) A l’expiration de la location-gérance
La location-gérance expire généralement à la fin de la durée prévue par
les parties. Dès l’expiration, le locataire-gérant n’a pas droit au maintien dans les
locaux. Il doit abandonner le fonds, sauf en cas de tacite reconduction où le
contrat sera alors renouvelé sans qu’il soit possible de procéder à une autre
publicité.
Elle peut également prendre fin en cas du décès du gérant, liquidation
judiciaire des biens (ou règlement judiciaire) de ce dernier puisque le gérant ne
pourra donc plus exercer le commerce. Celui-ci n’a droit à aucune indemnité
compensatrice pour augmentation de la clientèle en raison de son activité.
La fin de la location-gérance doit être mentionnée au RCCM et publiée
dans un journal. Le bailleur doit modifier à nouveau son immatriculation.
L’article 146 de l’AUDCG précise qu’à la fin de la location-gérance, les dettes
du gérant contractées pendant l’exploitation du fonds deviennent exigibles de
plein droit.
Le locataire doit restituer le fonds avec tous les éléments compris dans la
location. Le bailleur doit quant à lui restituer le cautionnement sauf
compensation avec ses créanciers. Le locataire-gérant peut se rétablir dans un
commerce similaire, sauf clause de non concurrence.
Le propriétaire du fonds, lorsqu’il ne peut pas lui-même l’exploiter, il peut
le donner en location, mais il peut aussi le céder, à condition qu’il ne soit pas
nanti.
81
Paragraphe 2 : Le nantissement du fonds de commerce
C’est une institution du droit commercial qui permet à un commerçant de
faire de son fonds de commerce, un instrument de crédit sans en être dépossédé
et de continuer à l’exploiter. Le nantissement du fonds de commerce est
organisé par les articles 166 et suivants de l’Acte Uniforme sur le droit des
Sûretés. C’est une sûreté mobilière puisque le fonds de commerce qui lui sert
d’assiette est un meuble incorporel.
Le nantissement du fonds de commerce porte sur la clientèle, l’enseigne,
le nom commercial, le droit au bail commercial et la licence d’exploitation ou
éventuellement tout autre élément incorporel. Du fait de leur nature corporelle,
les marchandises sont exclues du nantissement.
Le nantissement du fonds de commerce résulte d’une convention qui peut
être constatée par un acte authentique ou sous-seing privé dûment enregistré. Cet
acte doit être publié au RCCM pour que le nantissement soit opposable aux tiers
et qu’il puisse produire son effet translatif.
Le nantissement confère le droit de préférence. Les créanciers inscrits sont
payés suivant l’ordre de leur inscription lors de la vente de fonds. Les créanciers
inscrits disposent également d’un droit de suite sur le fonds qui lui permet de le
saisir entre les mains d’un tiers acquéreur.
82
mesure où le fonds de commerce est dans la plupart des cas, le seul bien
important du commerçant. Si la vente se fait donc de manière clandestine, le
vendeur pourrait en dissimuler le prix, ce qui laisserait donc ses créanciers sans
recours contre l’acquéreur puisqu’il n’y a pas de passif propre au fonds de
commerce. Ces différents intérêts sont donc pris en compte par le législateur qui
a suffisamment encadré la cession de fonds de commerce à travers ses modalités
et ses effets.
83
- des données historiques relatives à l’origine du fonds de commerce au
regard du titulaire, la vente précédente, la date, le nom du vendeur, le prix. Si le
fonds de commerce a été exploité par ce vendeur lui-même, cette obligation est
levée.
- des données sur les garanties : état des prix, nantissement et inscription
grevant le fonds de commerce (article 150 (5)).
- des données financières : il s’agit du chiffre d’affaires réalisé au cours
de chacune des trois dernières années d’exploitation ou depuis son
acquisition, si le fonds n’a pas été exploité depuis trois ans et des résultats
commerciaux réalisés pendant la même période.
- des données relatives au bail commercial, date, durée, nom du bailleur.
En plus de ces éléments, il faut aussi y mentionner le prix convenu, la situation
et les éléments du fonds vendu, le nom et l’adresse du notaire ou de
l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre si la vente a eu lieu par
acte sous seing privé.
Aux termes de l’article 151 AUDCG, l’omission ou la mention inexacte
de ces éléments peuvent entrainer la nullité de la vente si l’acquéreur demande
tout en prouvant que cette omission ou inexactitude a affecté la consistance du
fonds de commerce et lui a causé préjudice. Cette demande de nullité doit être
faite dans un délai d’un an à compter de la date de l’acte.
2) Formalités de publicité de la cession du fonds de commerce
Elles sont destinées à renseigner les créanciers du cédant et à le protéger
contre les mutations clandestines et frauduleuses du fond selon l’article 153
AUDCG, l’acte de cession doit être publié dans les quinze jours à compter
de sa date à la diligence de l’acquéreur sous forme d’avis dans un journal et
paraissant dans le lieu où le vendeur est inscrit au RCCM.
L’acte de vente doit être déposé en une copie certifiée conforme par le
vendeur et l’acquéreur au RCCM et chacun d’eux en ce qui le concerne doit
84
faire procéder à la mention modificative correspondante (article 152 (1&2). Une
fois conclu, l’acte de vente du fonds de commerce produit les effets.
85
de justice de se faire payer sur le prix de revente par préférence à toute autre
personne. Ce privilège, pour opérer, doit avoir été publié par une inscription au
RCCM. A travers ce privilège, le vendeur jouit aussi d’un droit de suite qui lui
permet de suivre le fonds à quelques mains qu’il se trouve et éventuellement de
se faire payer par l’acquéreur du fonds. L’action résolutoire lui permet de
demander la résolution juridique du contrat et obtenir les Dommages-Intérêts.
Cette action n’est valable que si le vendeur la notifie à ses créanciers en relation
avec le fonds par acte extra-juridique ou par tout moyen écrit. Il doit aussi en
faire mention au RCCM.
S’agissant de l’acheteur, son obligation est de payer le prix convenu et
les frais accessoires, les droits de mutation et de rémunération des
intermédiaires. Ce prix doit être payé au jour et lieu fixés dans l’acte de vente
entre les mains du notaire ou de tout établissement bancaire désigné d’un
commun accord entre les parties dans l’acte (article 157 (1)). Le dépositaire
(notaire ou banque) doit garder les fonds en qualité de séquestre pendant trente
jours à compter de la publication de la vente dans un journal. S’il n’y a aucune
opération au cours de cette période, il remet le prix de vente au vendeur. S’il y a
alors opération, le prix de la vente ne sera remis que sur justification de la main
levée de toutes les opérations (article 157 (3)). L’acheteur doit également
continuer les contrats de travail du personnel employé.
2) Les effets à l’égard des créanciers du fonds
Pour le protéger d’une éventuelle malhonnêteté du cédant, les créanciers
du fonds qui n’ont aucun recours vis-à-vis du cessionnaire, doivent être mis au
courant de la vente à travers une publicité dans un journal. Ils peuvent alors soit
faire opposition au prix (article 159), soit évoquer le droit de surenchère (article
163).
Cette opposition est formée par acte extra-judiciaire au notaire, à
l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre, à l’acquéreur, au greffe
de la juridiction où est tenu le RCCM. Elle doit contenir le montant et la cause
86
de la créance. Elle a pour effet de rendre le prix indisponible entre les mains du
séquestre et le paiement effectué avant l’expiration du délai des opérations est
inopposable aux créanciers.
Si les créanciers du fonds estiment que le prix de la vente est insuffisant
pour les désintéresser tous ou ne correspond pas à sa valeur véritable, ils peuvent
user de leur droit de surenchère c'est-à-dire qu’ils peuvent demander que le
fonds soit mis en vente aux enchères publiques. Mais, ils doivent s’engager à se
porter enchérisseurs si aucune offre plus intéressante n’est faite. La surenchère
est en pratique peu utilisée, car les créanciers répugnent généralement à courir le
risque de devoir conserver le fonds.
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peut faire l’objet d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation des biens
selon qu’elle présente ou non des chances sérieuses d’être sauvée.
88
Les dirigeants sont tenus de répondre dans le mois de la réception, à la
lettre du commissaire pour s’expliquer sur la situation de la société et exposer
les mesures éventuellement prises ou à prendre.
A défaut de réponse ou si la situation perdure, les commissaires aux
comptes établissent un rapport spécial qu’ils adressent aux associés ou qu’ils
présentent à la prochaine assemblée générale. Les associés pourront à cette
assemblée suggérer à leur tour des mesures à prendre ou même provoquer la
révocation des dirigeants.
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Inversement, toute procédure d’alerte ne débouche pas nécessairement sur un
règlement préventif.
90
Le concordat homologué s’impose à tous les créanciers antérieurs dans les
conditions de délais et de remises qu’ils ont consentis. Il s’agit en effet de
sauver une entreprise qui certes connait des difficultés, mais qui sont passagères.
Le tribunal peut aussi refuser l’homologation : ce sera notamment le cas si
le débiteur est déjà en état de cessation de paiement ; le président du tribunal
prononcera alors d’office le redressement judiciaire ou la liquidation des biens
du débiteur.
91
1) Les personnes susceptibles d’être soumises au redressement judiciaire
ou à la liquidation des biens
92
particulière puisqu’elle permet de déterminer le point de départ et la durée de ce
qu’on appelle la « période suspecte ».
La période suspecte s’étend de la date de cessation des paiements
jusqu’au jugement qui ouvre la procédure collective. Pendant cette période, il
pèse sur les actes accomplis par le débiteur un soupçon de fraude. La loi
présume que les actes accomplis par le débiteur pendant ce temps, constituent
une fraude aux droits des créanciers, puisque le débiteur ; conscient de sa
situation, pourrait organiser ou accroitre frauduleusement son insolvabilité. La
remise en cause de ces actes est destinée à rétablir l’égalité entre les créanciers
et de privilégier ceux au détriment des bénéficiaires des libéralités.
Dans certains cas, le juge est tenu de prononcer l’inopposabilité des
actes dès lors qu’ils ont été accomplis pendant la période suspecte : ce sont des
hypothèses d’inopposabilité de droit (les actes à titre gratuit translatifs de
propriété mobilière ou immobilière, le paiement des dettes non échues sauf
s’il s’agit du paiement d’un effet de commerce etc.). Les actes frappés
d’inopposabilité de plein droit ne présentent aucune utilité pour le débiteur ou
alors confèrent un avantage excessif.
Dans d’autres cas, le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation. Il
s’agit des cas d’inopposabilités facultatives. Pour ces cas, la connaissance de la
cessation des paiements du débiteur de la part de ceux qui ont traité avec lui
depuis la date de cette cessation est une condition d’inopposabilité. De plus,
l’acte doit avoir causé un préjudice à la masse des créanciers. Les actes entrant
dans cette catégorie sont : les actes à titre gratuit translatifs de propriété
dans les 6 mois précédant la période suspecte, les actes à titre onéreux si au
moment de leur conclusion ceux qui ont traité avec le débiteur ont eu
connaissance de la cessation des paiements, les inscriptions de suretés
réelles consenties pour des dettes concomitantes lorsque le bénéficiaire a eu
connaissance de la cessation des paiements du débiteur.
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B. La condition de forme : la décision judiciaire
La condition sine qua non du déclenchement des procédures
collectives est le prononcé du jugement d’ouverture de la procédure par la
juridiction compétente. La juridiction compétente celle compétente en matière
commerciale dans le ressort de laquelle le débiteur a son principalement
établissement ou s’il s’agit d’une personne morale, son siège ou à défaut de
siège dans le territoire national, son principal établissement.
La juridiction compétente peut se saisir d’office si elle a connaissance
des difficultés du débiteur, mais le plus souvent, elle est saisie :
- Soit par déclaration du débiteur qui dépose la bilan ;
- Soit par les créanciers impayés.
Quel que soit le mode de saisine de la juridiction compétente, si elle
constate la cessation des paiements du débiteur, elle prononce selon le cas, le
redressement judiciaire ou la liquidation des biens.
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porte sur l’existence de la créance son quantum et la validité des éventuelles
suretés qui garantissent.
L’ouverture de la procédure entraine aussi l’arrêt des cours des
intérêts légaux et conventionnels des créances garanties ou par une sureté, ainsi
que l’arrêt du cours des inscriptions des sûretés. La décision d’ouverture ne rend
pas exigibles les dettes non encore échues si, et seulement si, on est en présence
d’une procédure de redressement judiciaire.
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déroulement de la procédure ; il arbitre les différents intérêts en présence ; il
arrête l’état des créances ; il autorise l’accomplissement de certains actes graves
par le syndic et, ordonne la répartition des deniers.
c) L’assemblée des créanciers
Elle est composée des créanciers dont les créances sont définitivement ou
provisoirement admises. Cette assemblée est chargée de voter le concordat.
d) Les contrôleurs
Ils varient entre 1 à 3 maximum et sont choisis parmi les créanciers
pour assister le juge commissaire dans sa mission de surveillance du
déroulement de la procédure collective.
Les contrôleurs sont chargés d’une mission de surveillance et de
contrôle. Ils peuvent ainsi saisir le juge de toutes contestations ; ils peuvent
demander à être informés de l’état d’avancement de la procédure, des actes
accomplis par le syndic, des versements effectués sur le compte spécialement
ouvert pour la procédure collective.
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intenter une action en justice ou vendre les biens qui seraient soumis à une
dépréciation imminente.
2) Les effets de la liquidation des biens
La liquidation des biens est prononcée dans les cas suivants :
- Lors que le débiteur n’a pas proposé dans les délais un concordat
sérieux de redressement ;
- Lorsque le concordat de redressement proposé a été rejeté par les
créanciers ou n’a pas été suivi d’homologation ;
- Le concordat proposé est annulé ou résolu.
Le syndic est chargé de réaliser l’actif mobilier et immobilier. Les
opérations de cession d’actifs font l’objet d’une règlementation minutieuse qu’il
s’agisse de la cession globale de tout ou partie de l’actif ou de la vente séparée
des différents biens du débiteur.
Lorsque le montant de l’actif a été rendu liquide, le juge commissaire
ordonne la répartition entre créanciers admis et le syndic adresse le règlement à
chaque créancier. A la clôture de la procédure, les créanciers dont les créances
avaient été admises et qui n’ont pas été intégralement payés obtiennent un titre
exécutoire. Ils recouvrent en effet leur droit de poursuites individuelles, mais ce
droit ne leur servira que si le débiteur revient à meilleure fortune.
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