Constitution de
Constitution de
Préambule
Le Dahomey, proclamé République le 4 décembre 1958, a accédé à la souveraineté
nationale le 1er août 1960. Devenu République populaire du Bénin le 30 novembre 1975, puis
République du Bénin le 1er mars 1990, il a connu une évolution constitutionnelle et politique
mouvementée depuis son accession à l'indépendance. Seule est restée pérenne l'option en
faveur de la République.
Les changements successifs de régimes politiques et de gouvernements n'ont pas
émoussé la détermination du Peuple Béninois à rechercher dans son génie propre, les valeurs
de civilisation culturelles, philosophiques et spirituelles qui animent les formes de son
patriotisme.
Ainsi, la Conférence des Forces Vives de la Nation, tenue à Cotonou du 19 au 28 février
1990, en redonnant confiance au peuple, a permis la réconciliation nationale et l'avènement
d'une ère de Renouveau Démocratique. Au lendemain de cette Conférence,
NOUS, PEUPLE BENINOIS,
- Réaffirmons notre opposition fondamentale à tout régime politique fondé sur
l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme,
la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel;
- Exprimons notre ferme volonté de défendre et de sauvegarder notre dignité aux yeux
du monde et de retrouver la place et le rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des
droits de l'Homme qui furent naguère les nôtres;
- Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer
un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'Homme,
les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et
promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque
Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle, que spirituelle;
- Réaffirmons notre attachement aux principes de la démocratie et des Droits de
l'Homme, tels qu'ils ont été définis par la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme de 1948, à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et
des Peuples adoptée en 1981 par l'Organisation de l'Unité Africaine, ratifiée par le Bénin le 20
janvier 1986, et dont les dispositions font partie intégrante de la présente Constitution et du
droit béninois et ont une valeur supérieure à la loi interne ;
- Affirmons notre volonté de coopérer dans la paix et l'amitié avec tous les peuples qui
partagent nos idéaux de liberté, de justice, de solidarité humaine, sur la base des principes
d'égalité, d'intérêt réciproque et de respect mutuel de la souveraineté nationale et de l'intégrité
territoriale;
- Proclamons notre attachement à la cause de l'Unité africaine et nous engageons à tout
mettre en œuvre pour réaliser l'intégration sous-régionale et régionale;
- Adoptons solennellement la présente Constitution, qui est la Loi Suprême de l'Etat et
à laquelle nous jurons loyalisme, fidélité et respect.
Article 4. - Le Peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus et par voie de
référendum. Les conditions de recours au référendum sont déterminées par la présente
Constitution et par une loi organique.
La Cour constitutionnelle veille à la régularité du référendum et en proclame les
résultats.
Article 6. - Le suffrage est universel, égal et secret. Sont électeurs, dans les conditions
déterminées par la loi, tous les nationaux béninois des deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus,
et jouissant de leurs droits civils et politiques.
Article 11. - Toutes les communautés composant la Nation béninoise jouissent de la liberté
d'utiliser leurs langues parlées et écrites et de développer leur propre culture, tout en respectant
celle des autres.
L'Etat doit promouvoir le développement de langues nationales d'intercommunication.
Article 12. - L'Etat et les collectivités publiques garantissent l'éducation des enfants et créent
les conditions favorables à cette fin.
Article 13. - L'Etat pourvoit à l'éducation de la jeunesse par des écoles publiques.
L'enseignement primaire est obligatoire. L'Etat assure progressivement la gratuité de
l'enseignement public.
Article 14. - Les institutions et les communautés religieuses peuvent également concourir à
l'éducation de la jeunesse. Les écoles privées, laïques ou confessionnelles, peuvent être
ouvertes avec l'autorisation et le contrôle de l'Etat. Les écoles privées peuvent bénéficier des
subventions de l'Etat dans les conditions déterminées par la loi.
Article 16. - Nul ne peut être arrêté ou inculpé qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement
aux faits qui lui sont reprochés.
Aucun citoyen ne peut être contraint à l'exil.
Article 17. - Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce
que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public durant lequel toutes les
garanties nécessaires à sa libre défense lui auront été assurées.
Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été
commises, ne constituaient pas une infraction d'après le droit national. De même, il ne peut être
infligé de peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'infraction a été
commise.
Article 18. - Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants.
Nul n'a le droit d'empêcher un détenu ou un prévenu de se faire examiner par un
médecin de son choix.
Nul ne peut être détenu dans un établissement pénitentiaire s'il ne tombe sous le coup
d'une loi pénale en vigueur.
Nul ne peut être détenu pendant une durée supérieure à quarante-huit heures que par la
décision d'un magistrat auquel il doit être présenté. Ce délai ne peut être prolongé que dans des
cas exceptionnellement prévus par la loi, et ne peut excéder une période supérieure à huit jours.
Article 19. - Tout individu, tout agent de l'Etat qui se rendrait coupable d'acte de torture, de
sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l'exercice ou à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni
conformément à la loi.
Tout individu, tout agent de l'Etat est délié du devoir d'obéissance, lorsque l'ordre reçu
constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l'homme et des libertés
publiques.
Article 20. - Le domicile est inviolable. Il ne peut y être effectué de visites domiciliaires ou de
perquisitions que dans les formes et conditions prévues par la loi.
Article 21. - Le secret de la correspondance et des communications est garanti par la loi.
Article 22. - Toute personne a droit à la propriété. Nul ne peut être privé de sa propriété que
pour cause d'utilité publique et contre juste et préalable dédommagement.
Article 23. - Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte,
d'opinion et d'expression dans le respect de l'ordre public établi par la loi et les règlements.
L'exercice du culte et l'expression des croyances s'effectuent dans le respect de la laïcité de
l'Etat.
Les institutions, les communautés religieuses ou philosophiques, ont le droit de se
développer sans entraves. Elles ne sont pas soumises à la tutelle de l'Etat. Elles règlent et
administrent leurs affaires d'une manière autonome.
Article 24. - La liberté de la presse est reconnue et garantie par l'Etat. Elle est protégée par la
Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication dans les conditions fixées par une loi
organique.
Article 25. - L'Etat reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d'aller
et venir, la liberté d'association, de réunion, de cortège et de manifestation.
Article 26 (nouveau). - L'Etat assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de
race, de sexe, de religion, d'opinion politique ou de position sociale.
L'homme et la femme sont égaux en droit. Toutefois, la loi peut fixer des dispositions
spéciales d’amélioration de la représentation du peuple par les femmes. L'Etat protège la
famille, particulièrement la mère et l'enfant. Il porte assistance aux personnes porteuses de
handicap ainsi qu’aux personnes âgées.
Article 30. - L'Etat reconnaît à tous les citoyens le droit au travail et s'efforce de créer les
conditions qui rendent la jouissance de ce droit effective et garantissent au travailleur la juste
rétribution de ses services ou de sa production.
Article 31. - L'Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans
les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit
collectivement ou par l'action syndicale. Le droit de grève s'exerce dans les conditions définies
par la loi.
Article 32. - La défense de la Nation et de l'intégrité du territoire de la République est un devoir
sacré pour tout citoyen béninois.
Le service militaire est obligatoire. Les conditions d'accomplissement de ce devoir sont
déterminées par la loi.
Article 33. - Tous les citoyens de la République du Bénin ont le devoir de travailler pour le
bien commun, de remplir toutes leurs obligations civiques et professionnelles, de s'acquitter de
leurs contributions fiscales.
Article 34. - Tout citoyen béninois, civil ou militaire, a le devoir sacré de respecter, en toutes
circonstances, la Constitution et l'ordre constitutionnel établi, ainsi que les lois et règlements
de la République.
Article 35. - Les citoyens chargés d'une fonction publique ou élus à une fonction politique ont
le devoir de l'accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans
l'intérêt et le respect du bien commun.
Article 36. - Chaque béninois a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans
discrimination aucune et d'entretenir avec les autres des relations qui permettent de
sauvegarder, de renforcer et de promouvoir le respect, le dialogue et la tolérance réciproque en
vue de la paix et de la cohésion nationale.
Article 37. - Les biens publics sont sacrés et inviolables. Tout citoyen béninois doit les
respecter scrupuleusement et les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption,
de détournement, de dilapidation ou d'enrichissement illicite est réprimé dans les conditions
prévues par la loi.
Article 38. - L'Etat protège à l'étranger les droits et intérêts légitimes des citoyens béninois.
Article 39. - Les étrangers bénéficient sur le territoire de la République du Bénin des mêmes
droits et libertés que les citoyens béninois et ce, dans les conditions déterminées par la loi. Ils
sont tenus de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements de la République.
Article 42 (nouveau). - Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, pour
un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.
En aucun cas, nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats de Président de la
République.
Article 44 (nouveau). - Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République
ou de vice-président de la République s'il :
- n'est de nationalité béninoise de naissance ou acquise depuis au moins dix ans ;
- n'est de bonne moralité et d'une grande probité;
- ne jouit de tous ses droits civils et politiques ;
- n'est âgé d’au moins 40 ans révolus et au plus 70 ans révolus à la date d’entrée en fonction ;
- a été élu deux (02) fois Président de la République et a exercé comme tel deux mandats ;
- n'est présent en République du Bénin lors du dépôt de sa candidature ;
- ne jouit d'un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de
trois médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle.
- n'est dûment parrainé par des élus dans les conditions et suivant les modalités fixées par la
loi.
Article 45 (nouveau). - Le duo Président de la République et vice-président de la République
est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier
tour du scrutin, il est procédé à l’organisation d’un second tour.
Sont admis au second tour, les deux duos de candidats ayant recueilli le plus grand
nombre de suffrages au premier tour de scrutin.
En cas de retrait d’un duo, les duos suivants sont retenus dans l’ordre de leur classement
après le premier tour.
Le désistement, l’empêchement ou le décès d’un candidat aux fonctions de Président
de la République invalide la candidature du duo lorsque ces évènements interviennent après le
dépôt de candidature.
En cas de désistement, d’empêchement ou de décès d’un candidat aux fonctions de vice-
président de la République après le dépôt de candidature, le candidat aux fonctions de Président
de la République pourvoit, si possible, à son remplacement conformément aux conditions
prévues à l’article 44 de la Constitution, excepté celle relative au parrainage.
Sont déclarés élus au second tour aux fonctions de Président de la République et de
vice-président de la République, les candidats du duo ayant recueilli le plus grand nombre de
voix.
Les candidats d’un duo resté seul en lice au second tour par suite de désistements,
d’empêchements ou de décès de candidats sont proclamés élus aux fonctions de Président de
la République et de vice-président de la République.
Le Président de la République élu seul dans les conditions de l’alinéa 5 ci-dessus
désigne, au plus tard, quarante-huit heures après la prestation de serment et après avis
consultatif du Bureau de l’Assemblée nationale, un vice-président de la République
conformément aux dispositions de l’article 44 de la Constitution, excepté celle relative au
parrainage.
Article 48 (nouveau). - La loi fixe les conditions d'éligibilité, de présentation des candidatures,
de déroulement du scrutin, de dépouillement et de proclamation des résultats de l'élection du
duo Président de la République et vice-président de la République.
La loi fixe la liste civile du Président de la République et du vice-président de la
République et détermine la pension à allouer aux anciens Présidents de la République et anciens
vice-présidents de la République.
Toutefois, pour compter de la promulgation de la présente Constitution, seuls les
Présidents de la République et les vice-présidents de la République constitutionnellement élus
pourront bénéficier des dispositions du précédent alinéa.
Article 56 (nouveau). - Le Président de la République nomme trois (03) des sept (7) membres
de la Cour constitutionnelle.
Après avis du Président de l’Assemblée nationale, il nomme en Conseil des ministres :
le président de la Cour suprême, le président de la Cour des comptes, le président de la Haute
autorité de l’Audiovisuel et de la Communication.
Il nomme également en Conseil des ministres : les membres de la Cour suprême ; les
membres de la Cour des comptes ; les ambassadeurs, les envoyés extraordinaires, les
magistrats, les Officiers généraux et supérieurs ; les hauts fonctionnaires dont la liste est fixée
par une loi organique.
Article 57. - Le Président de la République a l'initiative des lois concurremment avec les
membres de l'Assemblée nationale.
Il assure la promulgation des lois dans les quinze jours qui suivent la transmission qui
lui en est faite par le Président de l’Assemblée nationale.
Ce délai est réduit à cinq jours en cas d'urgence déclarée par l'Assemblée nationale.
Il peut, avant l'expiration de ces délais, demander à l'Assemblée nationale une seconde
délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette seconde délibération ne peut être
refusée.
Si l'Assemblée nationale est en fin de session, cette seconde délibération a lieu d'office
lors de la session ordinaire suivante.
Le vote pour cette seconde délibération est acquis à la majorité absolue des membres
composant l'Assemblée nationale. Si après ce dernier vote, le Président de la République refuse
de promulguer la loi, la Cour constitutionnelle, saisie par le Président de l’Assemblée nationale,
déclare la loi exécutoire si elle est conforme à la Constitution.
La même procédure de mise à exécution est suivie lorsque, à l'expiration du délai de
promulgation de quinze jours prévu à l'alinéa 2 du présent article, il n'y a ni promulgation, ni
demande de seconde lecture.
Article 59. - Le Président de la République assure l'exécution des lois et garantit celle des
décisions de justice.
Article 60. - Le Président de la République a le droit de grâce. Il exerce ce droit dans les
conditions définies par l'article 130.
Article 62 (nouveau). - Le Président de la République est le Chef suprême des armées. Il est
responsable de la sécurité nationale. Il est assisté du Conseil national de défense et de sécurité
et du Conseil national du renseignement dont il nomme les membres en Conseil des ministres.
Article 62-1 (nouveau). - Le Conseil national de défense et de sécurité définit les orientations
en matière de programmation militaire, de conduite des opérations de planification des
réponses aux crises majeures, de renseignement, de sécurité économique et énergétique, de
programmation de la sécurité intérieure concourant à la sécurité nationale et à la lutte contre le
terrorisme. Il en fixe les priorités.
Article 62-2 (nouveau). - Le Conseil national de défense et de sécurité est présidé par le
Président de la République. Il comprend :
- le ministre chargé de la défense nationale ;
- le ministre chargé de la sécurité ;
- le ministre chargé des finances ;
- le ministre chargé des affaires étrangères ;
- le haut commandement militaire et de sécurité.
L’organisation et le fonctionnement du Conseil national de défense et de sécurité sont
fixés par décret.
Article 62-3 (nouveau). - Le Conseil national du renseignement est présidé par le Président de
la République. Il comprend :
-le ministre chargé de la sécurité ;
-le ministre chargé de la défense ;
-le ministre chargé des affaires étrangères ;
-le ministre chargé des finances ;
-le ministre chargé de la justice ;
-le responsable des services de renseignement.
Article 63. - Le Président de la République peut, outre les fonctions spécialisées de défense de
l'intégrité territoriale dévolues à l'Armée, faire concourir celle-ci au développement
économique de la nation et à toutes autres tâches d'intérêt public dans les conditions définies
par la loi.
Article 64. - Tout membre des Forces armées ou de Sécurité publique qui désire être candidat
aux fonctions de Président de la République doit au préalable donner sa démission des Forces
armées ou de Sécurité publique.
Dans ce cas, l'intéressé pourra prétendre au bénéfice des droits acquis conformément
aux statuts de son corps.
Article 65. - Toute tentative de renversement du régime constitutionnel par les personnels des
Forces armées ou de Sécurité publique sera considérée comme une forfaiture et un crime contre
la Nation et l'Etat et sera sanctionnée conformément à la loi.
Article 66. - En cas de coup d'État, de putsch, d'agression par des mercenaires ou de coup de
force quelconque, tout membre d'un organe constitutionnel a le droit et le devoir de faire appel
à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords
de coopération militaire ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Béninois, désobéir et s'organiser pour faire échec à
l'autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.
Article 67. - Le Président de la République ne peut faire appel à des Forces armées ou de Police
étrangères pour intervenir dans un conflit intérieur sauf dans les cas prévus à l'article 66.
Article 69. - Les mesures prises doivent s'inspirer de la volonté d'assurer aux pouvoirs publics
et constitutionnels dans les moindres délais, les moyens d'accomplir leur mission.
L'Assemblée nationale fixe le délai au terme duquel le Président de la République ne
peut plus prendre des mesures exceptionnelles.
Article 70. - Le Président de la République peut déléguer certains de ses pouvoirs aux
ministres, sauf ceux prévus aux articles 54 alinéa 3, 60, 61, 101, 115, 133 et 144.
Article 71. - Le Président de la République ou tout membre de son Gouvernement peut, dans
l'exercice de ses fonctions gouvernementales, être interpellé par l'Assemblée nationale.
Le Président de la République répond à ces interpellations par lui-même ou par l'un de
ses ministres qu'il délègue spécialement devant l'Assemblée nationale.
En la circonstance, l'Assemblée nationale peut prendre une résolution pour faire des
recommandations au Gouvernement.
Article 72. - Le Président de la République adresse une fois par an un message à l'Assemblée
nationale sur l'état de la Nation.
Il peut aussi, à tout moment, adresser des messages à l'Assemblée nationale. Ces
messages ne donnent lieu à aucun débat ; ils peuvent toutefois inspirer les travaux de
l'Assemblée.
Article 74. - Il y a haute trahison, lorsque le Président de la République a violé son serment,
est reconnu auteur, co-auteur ou complice de violations graves et caractérisées des Droits de
l'Homme, de cession d'une partie du territoire national ou d'acte attentatoire au maintien d'un
environnement sain, satisfaisant, durable et favorable au développement.
Article 78. - Les faits prévus aux articles 74 à 77 seront poursuivis et punis selon les
dispositions des articles 136 à 138 de la présente Constitution.
I - De l'Assemblée Nationale
Article 79. - Le Parlement est constitué par une assemblée unique dite Assemblée nationale,
dont les membres portent le titre de député. Il exerce le pouvoir législatif et contrôle l'action du
Gouvernement.
Article 80 (nouveau). - Les députés sont élus au suffrage universel direct. La durée du mandat
est cinq ans renouvelables deux fois. Chaque député est le représentant de la Nation tout entière
et tout mandat impératif est nul.
Article 81 (nouveau). - La loi fixe le nombre des membres de l’Assemblée nationale, les
conditions d’éligibilité, le minimum de suffrages à recueillir par les listes de candidatures au
plan national pour être éligibles à l’attribution des sièges, le régime des incompatibilités et les
conditions dans lesquelles il est pourvu aux sièges vacants.
La Cour constitutionnelle statue souverainement sur la validité de l’élection des
députés.
Article 82 (nouveau). - L’Assemblée nationale est dirigée par un président assisté d’un
Bureau. Ils sont élus pour la durée de la législature dans les conditions fixées par le règlement
intérieur de ladite Assemblée.
Lorsqu’il est appelé à exercer les fonctions de Président de la République dans les
conditions prévues à l’article 50 de la présente Constitution, le Président de l’Assemblée
nationale est remplacé dans ses fonctions au Règlement intérieur de l’Assemblée.
Article 83. - En cas de vacance de la présidence de l'Assemblée nationale par décès, démission
ou toute autre cause, l'Assemblée élit un nouveau président dans les quinze jours qui suivent la
vacance, si elle est en session; dans le cas contraire, elle se réunit de plein droit dans les
conditions fixées par le Règlement intérieur.
En cas de nécessité, il est pourvu au remplacement des membres du Bureau
conformément aux dispositions du Règlement intérieur de ladite Assemblée.
Article 85. - Si, à l'ouverture d'une session, le quorum de la moitié plus un des membres
composant l'Assemblée nationale n'est pas atteint, la séance est renvoyée au troisième jour qui
suit. Les délibérations sont alors valables, quel que soit le quorum.
Article 86. - Les séances de l'Assemblée ne sont valables que si elles se déroulent au lieu
ordinaire de ses sessions, sauf cas de force majeur dûment constaté par la Cour
constitutionnelle.
Le compte rendu intégral des débats de l'Assemblée nationale est publié au Journal
Officiel.
Article 87. - L'Assemblée se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an.
La première session s'ouvre dans le cours de la première quinzaine du mois d'avril.
La deuxième session s'ouvre dans le cours de la seconde quinzaine du mois d'octobre.
Chacune des sessions ne peut excéder trois mois.
Article 88. - L'Assemblée nationale est convoquée en session extraordinaire par son président,
sur un ordre du jour déterminé, à la demande du Président de la République ou à la majorité
des députés.
La durée d'une session extraordinaire ne peut excéder quinze jours. L'Assemblée
nationale se sépare sitôt l'ordre du jour épuisé.
Article 89. -Les travaux de l'Assemblée nationale ont lieu suivant un Règlement intérieur
qu'elle adopte conformément à la Constitution.
Le Règlement intérieur détermine :
- la composition, les règles de fonctionnement du Bureau ainsi que les pouvoirs et prérogatives
de son Président;
- le nombre, le mode de désignation, la composition, le rôle et la compétence de ses
commissions permanentes, ainsi que celles qui sont spéciales et temporaires;
- la création de commissions d'enquête parlementaires dans le cadre du contrôle de l'action
gouvernementale;
- l'organisation des services administratifs dirigés par un Secrétaire général administratif, placé
sous l'autorité du Président de l’Assemblée nationale;
- le régime de discipline des députés au cours des séances de l'Assemblée;
- les différents modes de scrutin, à l'exclusion de ceux prévus expressément par la présente
Constitution.
Article 92 (nouveau). - Tout député nommé à une fonction publique, nationale ou appelé à
une mission nationale ou internationale, incompatible avec l’exercice de son mandat
parlementaire, suspend d’office celui-ci. Sa suppléance cesse à sa demande.
Article 93. - Le droit de vote des députés est personnel. Le Règlement intérieur de l'Assemblée
nationale peut autoriser exceptionnellement la délégation de vote. Dans ce cas, nul ne peut
recevoir délégation de plus d'un mandat.
Article 95. - Les membres du Gouvernement ont accès aux séances de l'Assemblée nationale.
Ils sont entendus à la demande d'un député, d'une commission ou à leur propre demande.
Ils peuvent se faire assister par des experts.
Article 97. - La loi est votée par l'Assemblée nationale à la majorité simple. Cependant, les lois
auxquelles la présente Constitution confère le caractère de lois organiques sont votées et
modifiées dans les conditions suivantes :
- la proposition ou le projet n'est soumis à la délibération et au vote de l'Assemblée qu'après
l'expiration d'un délai de quinze jours après son dépôt sur le Bureau de l'Assemblée ;
- le texte ne peut être adopté qu'à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée ;
- les lois organiques ne peuvent être promulguées qu'après déclaration par la Cour
constitutionnelle de leur conformité à la Constitution.
Article 100. - Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère
réglementaire.
Les textes de forme législative intervenus en ces matières antérieurement à l'entrée en
vigueur de la présente Constitution peuvent être modifiés par décret pris après avis de la Cour
constitutionnelle.
Article 106. - La discussion des projets de loi porte sur le texte présenté par la commission.
Celle-ci, à la demande du Gouvernement, doit porter à la connaissance de l'Assemblée
nationale les points sur lesquels il y a désaccord avec le Gouvernement.
Article 107. - Les propositions et amendements déposés par les députés ne sont pas recevables
lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques,
soit la création ou l'aggravation d'une charge publique, à moins qu'ils ne soient accompagnés
d'une proposition d'augmentation de recettes ou d'économies équivalentes.
Article 108. - Les députés peuvent, par un vote à la majorité des trois quarts, décider de
soumettre toute question au référendum.
Article 109. - L'Assemblée nationale vote le projet de loi de finances dans les conditions
déterminées par la loi. L'Assemblée nationale est saisie du projet de loi de finances au plus tard
une semaine avant l'ouverture de la session d'octobre. Le projet de loi de finances doit prévoir
les recettes nécessaires à la couverture intégrale des dépenses.
Article 110. - L'Assemblée nationale vote le budget en équilibre. Si l'Assemblée nationale ne
s'est pas prononcée à la date du 31 décembre, les dispositions du projet de loi de finances
peuvent être mises en vigueur par ordonnance.
Le Gouvernement saisit, pour ratification, l'Assemblée nationale convoquée en session
extraordinaire dans un délai de quinze jours.
Si l'Assemblée nationale n'a pas voté le budget à la fin de cette session extraordinaire,
le budget est établi définitivement par ordonnance.
Article 111. - Si le projet de loi de finances n'a pu être déposé en temps utile pour être
promulgué avant le début de l'exercice, le Président de la République demande d'urgence à
l'Assemblée nationale l'autorisation d'exécuter les recettes et les dépenses de l'Etat par
douzièmes provisoires.
Article 112 (nouveau). - L’Assemblée nationale règle les comptes de la Nation selon les
modalités prévues par la loi organique relative aux lois de finances.
Elle est, à cet effet, assistée de la Cour des comptes qu’elle charge de toutes enquêtes
et études se rapportant à l’exécution des recettes et des dépenses publiques ou à la gestion de
la trésorerie nationale, des collectivités territoriales, des administrations ou institutions relevant
de l’Etat ou soumises à son contrôle.
Article 113. - Le Gouvernement est tenu de fournir à l'Assemblée nationale toutes explications
qui lui seront demandées sur sa gestion et sur ses activités.
Les moyens d'information et de contrôle de l'Assemblée nationale sur l'action
gouvernementale sont :
- l'interpellation conformément à l'article 71;
- la question écrite;
- la question orale avec ou sans débat, non suivie de vote;
- la commission parlementaire d'enquête.
Ces moyens s'exercent dans les conditions déterminées par le Règlement intérieur de
l'Assemblée nationale.
Article 114. - La Cour constitutionnelle est la plus haute juridiction de l'Etat en matière
constitutionnelle. Elle est juge de la constitutionnalité de la loi et elle garantit les droits
fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Elle est l'organe régulateur du
fonctionnement des institutions et de l'activité des pouvoirs publics.
Article 115. - La Cour constitutionnelle est composée de sept membres dont quatre sont
nommés par le Bureau de l'Assemblée nationale et trois par le Président de la République pour
un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Aucun membre de la Cour constitutionnelle
ne peut siéger plus de dix ans.
Pour être membre de la Cour constitutionnelle, outre la condition de compétence
professionnelle, il faut être de bonne moralité et d'une grande probité.
La Cour constitutionnelle comprend :
- trois magistrats, ayant une expérience de quinze années au moins, dont deux sont nommés
par le Bureau de l'Assemblée nationale et un par le Président de la République;
- deux juristes de haut niveau, professeurs ou praticiens du droit, ayant une expérience de
quinze années au moins, nommés l'un par le Bureau de l'Assemblée nationale et l'autre par le
Président de la République;
- deux personnalités de grande réputation professionnelle, nommées l'une par le Bureau de
l'Assemblée nationale et l'autre par le Président de la République.
Les membres de la Cour constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur
mandat. Ils ne peuvent être poursuivis ou arrêtés sans l'autorisation de la Cour constitutionnelle
et du Bureau de la Cour suprême siégeant en session conjointe, sauf les cas de flagrant délit.
Dans ces cas, le Président de la Cour constitutionnelle et le président de la Cour suprême
doivent être saisis immédiatement et au plus tard dans les quarante-huit heures.
Les fonctions de membre de la Cour constitutionnelle sont incompatibles avec la qualité
de membre du Gouvernement, l'exercice de tout mandat électif, de tout emploi public, civil ou
militaire, de toute activité professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation
nationale, sauf dans le cas prévu à l'article 50 alinéa 3.
Une loi organique détermine l'organisation et le fonctionnement de la Cour
constitutionnelle, la procédure suivie devant elle, notamment les délais pour sa saisine de même
que les immunités et le régime disciplinaire de ses membres.
Article 116. - Le Président de la Cour constitutionnelle est élu par ses pairs pour une durée de
cinq ans, parmi les magistrats et juristes membres de la Cour.
Article 118. - Elle est également compétente pour statuer sur les cas prévus aux articles 50, 52,
57, 77, 86, 100, 102, 104, et 147.
Article 120. - La Cour constitutionnelle doit statuer dans le délai de quinze jours après qu'elle
a été saisie d'un texte de loi ou d'une plainte en violation des droits de la personne humaine et
des libertés publiques. Toutefois, à la demande du Gouvernement, s'il y a urgence, ce délai est
ramené à huit jours. Dans ce cas, la saisine de la Cour constitutionnelle suspend le délai de
promulgation de la loi.
Article 122. - Tout citoyen peut saisir la Cour constitutionnelle sur la constitutionnalité des
lois, soit directement, soit par la procédure de l'exception d'inconstitutionnalité invoquée dans
une affaire qui le concerne devant une juridiction. Celle-ci doit surseoir jusqu'à la décision de
la Cour constitutionnelle qui doit intervenir dans un délai de trente jours.
Article 123. - Les lois organiques avant leur promulgation, les Règlements intérieurs de
l'Assemblée nationale, de la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication et du
Conseil économique et social avant leur mise en application, doivent être soumis à la Cour
constitutionnelle qui se prononce sur leur conformité à la Constitution.
Article 124. - Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en
application.
Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d'aucun recours.
Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civiles, militaires et
juridictionnelles.
Article 125. - Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.
Il est exercé par la Cour suprême, les cours et tribunaux créés conformément à la
présente Constitution.
Article 126. - La justice est rendue au nom du Peuple Béninois. Les juges ne sont soumis, dans
l'exercice de leurs fonctions, qu'à l'autorité de la loi. Les magistrats du siège sont inamovibles.
Article 128. - Le Conseil supérieur de la Magistrature statue comme Conseil de discipline des
magistrats.
La composition, les attributions, l'organisation et le fonctionnement du Conseil
supérieur de la Magistrature sont fixés par une loi organique.
Article 129. - Les magistrats sont nommés par le Président de la République, sur proposition
du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, après avis du Conseil supérieur de la Magistrature.
Article 130. - Le Conseil supérieur de la Magistrature étudie les dossiers de grâce et les
transmet avec son avis motivé au Président de la République.
Article 131 (nouveau). - La Cour suprême est la plus haute juridiction de l’Etat en matière
administrative et judiciaire.
Les décisions de la Cour suprême ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles
s’imposent au pouvoir exécutif, au pouvoir législatif, ainsi qu’à toutes les juridictions.
Article 132 (nouveau). - La Cour suprême peut être consultée par le Gouvernement sur toutes
les matières administratives et juridictionnelles.
Article 133.- Le président de la Cour suprême est nommé pour une durée de cinq ans par le
Président de la République, après avis du Président de l’Assemblée nationale, parmi les
magistrats et les juristes de haut niveau ayant quinze ans au moins d'expérience professionnelle,
par décret pris en Conseil des ministres.
Il est inamovible pendant la durée de son mandat, qui n'est renouvelé qu'une seule fois.
Les fonctions du président de la Cour suprême sont incompatibles avec la qualité de
membre du Gouvernement, l'exercice de tout mandat électif, de tout emploi public, civil ou
militaire, de toute autre activité professionnelle, ainsi que de toute fonction de représentation
nationale.
Article 134. - Les présidents de Chambre et les conseillers sont nommés parmi les magistrats
et les juristes de haut niveau, ayant quinze ans au moins d'expérience professionnelle, par décret
pris en Conseil des ministres par le Président de la République, sur proposition du président de
la Cour suprême et après avis du Conseil supérieur de la Magistrature.
La loi détermine le statut des magistrats de la Cour suprême.
Article 134-2 (nouveau).- Le Conseil supérieur des comptes statue comme Conseil de
discipline des membres de la Cour des comptes et des Cours régionales des comptes.
La composition, les attributions, l’organisation et le fonctionnement du Conseil
supérieur des comptes sont fixés par une loi organique.
Article 134-3 (nouveau).- La Cour des comptes est la plus haute juridiction de l’Etat en matière
de contrôle des comptes publics. Elle vérifie les comptes et contrôle la gestion des entreprises
publiques et organismes à participation financière ou bénéficiant des fonds publics. Elle est
l’institution supérieure de contrôle des finances publiques.
La Cour des comptes veille au bon emploi des fonds publics.
Les décisions de la Cour des comptes ne sont susceptibles d’aucun recours.
Elles s’imposent au pouvoir exécutif, au pouvoir législatif ainsi qu’à toutes les
juridictions.
La compétence, la composition, l’organisation et le fonctionnement de la Cour des
comptes sont déterminées par une loi organique.
La loi fixe les procédures suivies devant la Cour des comptes.
Article 134-4 (nouveau).- Le président de la Cour des comptes est nommé pour une durée de
cinq ans par le Président de la République, après avis du Président de l’Assemblée nationale,
parmi les magistrats, les juristes de haut niveau, les inspecteurs des finances, les
administrateurs du trésor ou des impôts, les administrateurs des services financiers, les
économistes gestionnaires ou les experts comptables ayant au moins 15 ans d’expérience
professionnelle par décret pris en Conseil des ministres.
Il est inamovible pendant la durée de son mandat renouvelable une seule fois.
Les fonctions de président de la Cour des comptes sont incompatibles avec la qualité
de membre du Gouvernement, l’exercice de tout mandat électif, de tout emploi public, civil ou
militaire, de toute autre activité professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation
nationale.
Article 134-5 (nouveau).- Les présidents de chambres, les conseillers de la Cour des comptes
sont nommés en Conseil des ministres par le Président de la République, parmi les magistrats,
les juristes de haut niveau, les inspecteurs des finances, les administrateurs du trésor ou des
impôts, les économistes gestionnaires ou les experts comptables ayant accompli quinze années
de pratique professionnelle, par décret pris en Conseil des ministres, sur proposition du
président de la Cour des comptes et après avis du Conseil supérieur des comptes.
La loi détermine le statut des membres de la Cour des comptes.
Article 134-6 (nouveau).- Les Cours régionales des comptes contrôlent les finances des
collectivités territoriales.
La composition, la compétence, l’organisation et le fonctionnement des Cours
régionales des comptes ainsi que les règles de procédure applicables devant ces juridictions
sont fixées par la loi.
Article 135. - La Haute Cour de Justice est composée des membres de la Cour
constitutionnelle, à l'exception de son président, de six députés élus par l'Assemblée nationale
et du président de la Cour suprême.
La Haute Cour élit en son sein son président.
Une loi organique fixe les règles de son fonctionnement ainsi que la procédure suivie
devant elle.
Article 136. - La Haute Cour de Justice est compétente pour juger le Président de la République
et les membres du Gouvernement à raison de faits qualifiés de haute trahison, d'infractions
commises dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions, ainsi que pour juger
leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l'Etat.
Les juridictions de droit commun restent compétentes pour les infractions perpétrées en
dehors de l'exercice de leurs fonctions et dont ils sont pénalement responsables.
Article 137. - La Haute Cour de Justice est liée par la définition des infractions et par la
détermination des sanctions résultant des lois pénales en vigueur à l'époque des faits.
La décision de poursuite puis la mise en accusation du Président de la République et
des membres du Gouvernement est votée à la majorité des deux tiers des députés composant
l'Assemblée nationale, selon la procédure prévue par le Règlement intérieur de l'Assemblée
nationale.
L'instruction est menée par les magistrats de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel
ayant juridiction sur le lieu du siège de l'Assemblée nationale.
Article 139.- Le Conseil économique et social donne son avis sur les projets de loi,
d'ordonnance ou de décret ainsi que sur les propositions de loi qui lui sont soumis.
Les projets de loi de programme à caractère économique et social lui sont
obligatoirement soumis pour avis.
Le Président de la République peut consulter le Conseil économique et social sur tout
problème à caractère économique, social, culturel, scientifique et technique.
Le Conseil économique et social peut, de sa propre initiative, sous forme de
recommandation, attirer l'attention de l'Assemblée nationale et du Gouvernement sur les
réformes d'ordre économique et social qui lui paraissent conformes ou contraires à l'intérêt
général.
Sur la demande du Gouvernement, le Conseil économique et social désigne un de ses
membres pour exposer devant les commissions de l'Assemblée nationale l'avis du Conseil sur
les projets ou propositions de lois qui lui ont été soumis.
Article 140.- Le Conseil économique et social élit en son sein son président et les membres de
son Bureau.
La composition, l'organisation et le fonctionnement du Conseil économique et social
sont fixés par une loi organique.
Article 141.- Les membres du Conseil économique et social perçoivent des indemnités de
session et de déplacement.
Le montant de ces indemnités est fixé par décret pris en Conseil des ministres.
Article 147. - Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité
supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par
l'autre partie.
Article 148. - La République du Bénin peut conclure avec d'autres États des accords de
coopération ou d'association sur la base des principes d'égalité, de respect mutuel de la
souveraineté, des avantages réciproques et de la dignité nationale.
Article 149. - La République du Bénin, soucieuse de réaliser l'Unité Africaine, peut conclure
tout accord d'intégration sous-régionale ou régionale conformément à l'article 145.
Article 150. - Les collectivités territoriales de la République sont créées par la loi.
Article 151 (nouveau).- Les collectivités s’administrent librement par des conseils élus pour
un mandat de cinq ans (05) dans les conditions prévues par la loi.
Article 152.- Aucune dépense de souveraineté de l’Etat ne saurait être imputée à leur budget.
Article 153.- L’Etat veille au développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales
sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre inter-régional.
Article 153-1 (nouveau).- À titre d’élections générales, sont organisées dans une même année
électorale, les élections législatives et communales simultanément, puis l’élection du Président
de la République.
Seules les listes ayant recueilli un minimum de suffrages exprimés au plan national pour
chacune des élections, sont admises à l’attribution des sièges.
Ce seuil est fixé par la loi.
Article 153-2 (nouveau).- Les élections couplées, législatives et communales, sont organisées
le deuxième dimanche du mois de janvier de l’année électorale.
Les députés élus à l’Assemblée nationale entrent en fonction et sont installés le
deuxième dimanche du mois de février de l’année électorale.
Les conseillers communaux élus entrent en fonction et sont installés entre le premier et
le troisième dimanche du mois de février de l’année électorale.
TITRE XI : DE LA REVISION
Article 154.- L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au
Président de la République, après décision prise en Conseil des ministres, et aux membres de
l’Assemblée nationale. Pour être pris en considération, le projet, ou la proposition de révision,
doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale.
Article 155.- La révision n’est acquise qu’après avoir été approuvée par référendum, sauf si le
projet ou la proposition en cause a été approuvé à la majorité des quatre cinquièmes des
membres composant l’Assemblée nationale.
Article 156.- Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est
porté atteinte à l’intégrité du territoire.
La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ne peuvent faire l’objet d’une révision.
Article 157.- La présente Constitution devra être promulguée dans les huit jours après son
adoption au référendum. Le Président de la République devra entrer en fonction, l’Assemblée
devra se réunir au plus tard le 1er avril 1991.
Le Haut Conseil de la République et le Gouvernement de transition continueront
d’exercer leurs fonctions jusqu’à l’installation des institutions nouvelles.
Le serment du Président de la République sera reçu par le président du Haut Conseil de
la République en Assemblée plénière.
L’Assemblée nationale sera installée par le président du Haut Conseil de la République
en présence des membres dudit Conseil.
Article 157-1 (nouveau).- En vue de l’organisation des élections générales en 2026, le mandat
des conseillers communaux élus en 2020 à pour termes la date d’entrée en fonction des
conseillers communaux élus en 2026, à 00 h.
Article 157-2 (nouveau).- En vue de l’organisation des élections générales en 2026, le mandat
des députés élus en 2023 a pour terme la date d’entrée en fonction des députés élus en 2026, à
00 h.
Article 158.- La législation en vigueur au Bénin jusqu’à la mise en place des nouvelles
institutions reste applicable, sauf intervention de nouveaux textes, en ce qu’elle n’a rien de
contraire à la présente Constitution.
Article 160.- La présente Loi sera exécutée comme Constitution de la République du Bénin.