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Module de Traduction

Module de traduction

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Qu’est-ce que la traduction ?

• La traduction est un acte de transfert linguistique qui consiste à transmettre un


message d’une langue de départ vers une langue d’arrivée tout en respectant les
normes linguistiques et culturelles de cette dernière. La traduction a pour objet
de faciliter la communication entre des locuteurs de langues différentes sans leur
imposer l’apprentissage de l’une ou de l’autre.
Il s’agit d’une communication car par la traduction on communique une
information, un message invariable tout en utilisant un système linguistique
différent de celui qui a généré initialement ce message.
• L’objet de la traduction est le message ou bien le texte à traduire. Elle désigne à
la fois un processus et le résultat de ce processus.
• Le traducteur est un bilingue qui maitrise deux langues différentes. Il s’agit d’un
bilingue équilibré, c’est-à-dire, d’un bilingue conscient de ses actes du langage
et qui résiste aux interférences.
• On parle des interférences lorsqu’un locuteur bilingue alterne dans ses actes de
communication entre deux systèmes linguistiques différents. On distingue entre
des interférences lexicales et des interférences syntaxiques.
• Pour traduire, il est impératif de maitriser deux langues. Pourtant une langue
l’emporte généralement sur l’autre notamment la langue maternelle. Pour
remédier à ce déséquilibre, il est louable de développer sa compétence de
compréhension et sa compétence rédactionnelle dans la langue étrangère.
Pour traduire, suffit-il d’apprendre deux langues différentes ?
• Certes, pour traduire, il faut maitriser au moins deux langues. Pourtant, la
compétence linguistique est insuffisante. Il faut acquérir en parallèle d’autres
compétences, notamment la compétence rédactionnelles (maitriser les normes de
la rédaction en vigueur dans la langue cible, les formes stylistiques dont l’usage
est fréquent ainsi que les formes idiomatiques récurrentes) et la compétence de
documentation (La connaissance des techniques de recherche documentaire, la
prise des décisions informationnelles, l’évaluation des sources d’information,
l’utilisation des différents outils…).
• Pour traduire efficacement, une connaissance approfondie de la culture de la
langue source ainsi que de celle de la langue cible est essentielle. Cela permet au
traducteur de saisir non seulement le sens littéral des mots, mais aussi leurs
connotations, leur contexte historique, social et culturel, ainsi que les références
implicites qui peuvent ne pas être immédiatement évidentes à un lecteur extérieur
à la culture d'origine. Chaque culture possède des éléments uniques qui
influencent la manière dont les idées sont exprimées, les émotions sont ressenties,
et les relations sociales sont perçues. ne mauvaise compréhension de la culture
peut mener à des traductions inexactes, ou pire, à des malentendus ou des erreurs
de sens qui peuvent altérer le message original. Ainsi, la compétence culturelle
d’un traducteur va au-delà de la simple maîtrise linguistique : elle implique aussi
une sensibilité aux nuances culturelles, aux normes sociales, et aux valeurs sous-
jacentes.

Deux définitions à analyser :


1. La traduction consiste à produire dans la langue d’arrivée l’équivalent
naturel le plus proche du message de la langue de départ, d’abord quant à
la signification puis quant au style. » (Mounin 1963 : 12).

2. La traduction est un cas particulier de convergence linguistique : au sens


large, elle désigne toute forme de « médiation interlinguistique » permettant
de transmettre de l’information entre des locuteurs de langues différentes.
La traduction fait passer un message d’une langue de départ (LD) ou langue-
source dans une langue d’arrivée (LA) ou langue-cible » (Ladmiral 1994 :
11)

• Trois types de traductions proposé par Roman Jakobson :


➢ La traduction intralinguale (la paraphrase ou la reformulation), qui
consiste à interpréter des signes linguistiques par d’autres signes de la
même langue, le cas des définitions des dictionnaires qui fait appel à des
synonymes ou paraphrases.

➢ La traduction interlinguale ou traduction proprement dite, qui consiste


à interpréter des signes linguistiques par d’autres signes d’une autre
langue, le cas des dictionnaires bilingues.

➢ La traduction intersémiotique, ou la traduction de transmutation, qui


consiste à interpréter des signes linguistiques par des signes non verbaux
ou non linguistique tel que l’adaptation d’un texte à la cinématographie,
au ballet ou à l’opéra, l’illustration d'un poème (représenter un poème sous
forme de dessin ou de peinture) ...

Les paramètres de la traduction :


1. Le texte à traduire

Le texte à traduire est le premier paramètre fondamental que le traducteur doit analyser.
Il ne s’agit pas simplement de transformer des mots d’une langue à une autre, mais de
comprendre profondément le type de texte, sa structure, son registre, et les spécificités
qu'il contient.
• Genre du texte : Le genre du texte influence énormément la manière dont il sera
traduit. Par exemple, la traduction d’un document juridique nécessite de la
précision technique, alors que celle d’un texte littéraire requiert une sensibilité à
la beauté et au style. Chaque genre (technique, scientifique, publicitaire,
artistique) a des conventions propres.
• Le registre : Le registre du texte, c’est-à-dire son niveau de langue (familier,
courant, soutenu), doit être préservé ou adapté en fonction du public cible. Un
texte administratif aura un ton formel, tandis qu’un texte publicitaire pourra
utiliser un ton plus créatif ou décontracté.
• L’expressivité et les figures de style : Dans les textes littéraires ou artistiques,
le traducteur doit porter une attention particulière aux figures de style
(métaphores, allitérations, etc.) et à l’expressivité. Ces éléments, qui participent
à l’émotion ou à l’esthétique du texte, peuvent être difficilement traduisibles de
manière littérale et nécessitent souvent des adaptations créatives.
• Les références culturelles : Certains textes incluent des références culturelles
spécifiques (événements historiques, personnages publics, coutumes) qui ne sont
pas nécessairement comprises par le public cible. Le traducteur doit alors décider
s’il adapte, explique, ou trouve un équivalent dans la langue cible.

2. Le public :

La prise en compte du public cible est cruciale pour une traduction réussie. Le traducteur
doit ajuster sa traduction en fonction des caractéristiques du public pour que le texte
réponde à leurs attentes et soit compréhensible.

• Âge et niveau d’éducation : Le niveau de complexité du vocabulaire et de la


syntaxe doit être adapté au public. Un texte destiné à des enfants sera simplifié,
alors qu’un texte universitaire ou scientifique nécessitera l’utilisation de termes
spécialisés.
• Langue maternelle et familiarité avec la langue cible : Le public peut être
constitué de locuteurs natifs ou non natifs. Si la langue cible est une langue
seconde pour le public, le traducteur pourrait opter pour un style plus clair et
accessible, évitant les termes trop complexes ou les subtilités linguistiques qui
pourraient poser problème.
• Les attentes culturelles et sociales : Le traducteur doit tenir compte des normes
et valeurs culturelles du public cible. Par exemple, une publicité ou un message
politique traduit pour un public dans un pays conservateur pourrait être perçu très
différemment que dans un pays plus libéral. Le contenu doit être adapté pour
éviter des malentendus ou des offensives culturelles.
• Usage prévu : La manière dont le texte sera utilisé par le public joue également
un rôle. Une traduction pour un document légal sera très formelle et précise,
tandis qu'une brochure touristique pourra être plus descriptive et engageante.

3. Le contexte social ou historique :


Le contexte dans lequel un texte est créé et dans lequel il sera lu est primordial. Ce
paramètre touche aussi bien aux conditions sociales, politiques, et historiques de
production du texte que de sa réception.

• Contexte historique du texte source : Le traducteur doit comprendre les


événements historiques, les mouvements sociaux, ou les tendances culturelles qui
entouraient la création du texte original. Cela permet de mieux saisir les
références, allusions ou sous-entendus présents dans le texte.
• Cadre politique et idéologique : Un texte original peut être influencé par le
climat politique de son époque ou par les idéologies de l’auteur. Le traducteur
doit déterminer comment ces éléments seront perçus dans un autre contexte
politique ou idéologique. Parfois, une traduction littérale pourrait être inadaptée
ou provoquer des réactions inattendues, surtout dans des sociétés où certains
sujets sont plus sensibles.
• Contexte géographique : Le texte source peut refléter une géographie
spécifique, des coutumes locales ou des systèmes sociaux particuliers. Il est
nécessaire d’adapter ou de contextualiser certains éléments pour que le public
cible puisse les comprendre ou les situer.

4. Les objectifs de la traduction :

Les objectifs de la traduction guident souvent les décisions du traducteur sur le style, la
précision, et l’adaptation du texte.

• Transmission d’informations : Pour des textes techniques ou scientifiques,


l'objectif principal est de transmettre des informations claires et précises. La
fidélité au contenu est ici primordiale, et toute modification doit être faite avec
précaution pour ne pas nuire à l'exactitude des informations.
• Persuasion : Dans le cadre d'une traduction marketing ou publicitaire, l'objectif
est de convaincre ou d'inciter à l'action. Cela implique parfois d’adapter le
message pour qu’il résonne mieux avec les sensibilités et préférences culturelles
du public cible. Le ton, les mots utilisés et même certaines informations peuvent
être ajustés pour atteindre cet objectif.
• Conservation de l’esthétique ou de l’émotion : Pour les œuvres littéraires ou
poétiques, le traducteur cherche à préserver, voire à recréer, l’impact émotionnel
et esthétique du texte original. Cela peut impliquer des libertés dans la traduction,
par exemple en adaptant les métaphores ou les rythmes pour qu’ils aient le même
effet dans la langue cible.
• Objectifs juridiques ou réglementaires : Dans des contextes juridiques,
médicaux ou administratifs, il est crucial de respecter à la fois le sens précis des
termes et les exigences légales du pays de destination. Le traducteur doit être
conscient des différences entre les systèmes légaux, et veiller à ne pas omettre
des éléments essentiels.
• Qu’en est-il de la subjectivité et de l’objectivité en traduction.
Objectivité en traduction :
L'objectivité en traduction consiste à s’efforcer de rester fidèle au texte source de
manière littérale ou factuelle, sans y introduire d’interprétation personnelle ou de
modification significative. L’objectif est ici de transmettre le plus fidèlement possible
le contenu, la structure et le sens original du texte.

• Fidélité au sens : Le traducteur vise à rendre le sens exact des mots et des phrases
dans la langue cible. Cela inclut la préservation des informations, des termes
techniques, des dates, des faits historiques ou scientifiques. Par exemple, dans les
traductions juridiques, techniques, ou médicales, la précision et l’objectivité sont
primordiales, car une erreur ou une interprétation erronée pourrait avoir des
conséquences graves.
• Neutralité : L'objectivité implique aussi d'éviter toute implication émotionnelle
ou idéologique. Le traducteur doit se garder de projeter ses propres opinions ou
de modifier le ton du texte source. Dans le cadre de traductions d’œuvres
scientifiques ou journalistiques, cette neutralité est essentielle pour garantir que
le texte traduit ne déforme pas le message original.
• Littéralité : Une traduction littérale, qui respecte rigoureusement la structure
grammaticale et syntaxique du texte source, est souvent considérée comme plus
objective. Cependant, elle peut parfois être inappropriée, car elle peut donner lieu
à des traductions rigides ou incompréhensibles si les différences structurelles
entre les langues sont trop importantes.

2. Subjectivité en traduction :

La subjectivité, en revanche, fait référence à l'interprétation personnelle du traducteur,


influencée par ses propres choix stylistiques, sensibilités culturelles, et contextes.
Tout texte n’est pas uniquement une suite de mots à transposer, mais aussi un ensemble
d’idées, d’émotions, de tons et de styles, et ces éléments nécessitent souvent une
réinterprétation pour avoir le même impact dans la langue cible.

• Interprétation : Le traducteur prend des décisions quant à la manière de


transposer certains termes, expressions idiomatiques, et concepts culturels. Ce
processus implique un certain degré de subjectivité, car il n'existe pas toujours
d'équivalent direct d'une langue à l'autre. Les expressions figurées, par exemple,
doivent souvent être recréées dans un contexte culturel qui parle au lecteur cible.
• Style personnel : En particulier dans la traduction littéraire ou poétique, la
sensibilité personnelle du traducteur joue un rôle central. Il doit souvent recréer
le ton, le rythme et la musicalité d'un texte, en prenant des décisions subjectives
pour préserver l’impact émotionnel ou esthétique. Cela peut signifier s'éloigner
du texte original pour mieux transmettre son essence ou son effet.
• Adaptation culturelle : Le traducteur peut décider d’adapter certains éléments
culturels pour les rendre compréhensibles ou pertinents pour le public cible. Cela
peut aller du choix de mots à la réinvention d’une référence culturelle difficile à
saisir pour un lecteur non familier avec la culture source. Ce processus implique
un jugement subjectif sur ce qui doit être conservé ou modifié.

Les procédés de la traduction :


En traduction, plusieurs procédés sont utilisés pour adapter le texte source à la langue
cible tout en respectant le sens et l'impact souhaités. Nous distinguons :

1. Traduction littérale : consiste à traduire mot à mot en conservant la structure


grammaticale de la langue source. Ce procédé est souvent utilisé lorsque la
syntaxe et les mots ont des équivalents directs dans la langue cible.

Exemple :
Français : "Le chat est sur la table."
Arabe : "‫القطة على الطاولة‬."

• Dans cet exemple, chaque mot est traduit directement sans modification, car les
deux langues permettent une correspondance exacte.

2. La transposition : consiste à changer la catégorie grammaticale d’un mot ou


d’une expression sans en changer le sens. Ce procédé est souvent utilisé lorsque
la structure grammaticale ne peut pas être calquée d’une langue à une autre.

Exemple :
Français : "Après sa victoire, il est devenu un héros."
Arabe : "‫ أصبح بطلا‬،‫بعد أن انتصر‬."

• En français, le mot "victoire" est un nom. En arabe, le verbe (‫ )انتصر‬est utilisé, ce


qui est un verbe signifiant "il a gagné". Il y a donc une transposition du nom
(victoire) en verbe (gagner) pour exprimer la même idée dans un style plus
naturel en arabe.

3. La modulation consiste à changer le point de vue ou la perspective d'une


expression pour qu'elle soit plus naturelle dans la langue cible. Ce procédé est
souvent utilisé lorsque la traduction littérale ne fonctionnerait pas bien ou serait
maladroite.

Exemple :
Français : "Je me lève de bonne heure."
Arabe : "‫مبكرا‬
‫ا‬ ‫أستيقظ‬."

• La traduction littérale serait "Je me lève tôt", mais en arabe, il est plus naturel
d’utiliser "je me réveille tôt". Le changement de perspective rend l’expression
plus fluide.
4. L'équivalence est utilisée pour traduire des expressions idiomatiques, des
proverbes, ou des phrases figées qui ne peuvent pas être traduites littéralement.
Il s’agit alors de trouver un équivalent fonctionnel ou culturel dans la langue
cible.

Exemple :
Français : "Il est tombé dans les pommes." (Expression idiomatique signifiant
s'évanouir)
Arabe : "‫أغمي عليه‬."
• En français, l'expression "tomber dans les pommes" est une expression figurée
pour dire qu'une personne s'est évanouie. Cette expression n'a pas de sens littéral,
donc une traduction mot à mot ne serait pas compréhensible pour un locuteur
arabe. En arabe, l'expression idiomatique correspondante est "‫"أغمي عليه‬, qui
signifie littéralement "il a perdu conscience" et sert à exprimer la même idée
d’évanouissement.

5. L’adaptation est utilisée lorsque la situation décrite dans le texte source n’a pas
d’équivalent direct dans la langue ou la culture cible. Le traducteur doit donc
remplacer l’élément culturel d'origine par un autre, plus pertinent pour le public
cible.

Exemple :
Français : "Comme un coq en pâte." (Se sentir confortable et choyé)
Arabe : "‫كالسلطان في قصره‬."

• L’expression française fait référence à un coq traité avec soin, mais cette image
n'est pas parlante en arabe. On la remplace par l’image d’un sultan choyé dans
son palais, plus évocatrice pour le lecteur arabe.

6. L'emprunt consiste à intégrer directement un mot ou une expression de la langue


source dans la langue cible, sans modification. Ce procédé est souvent utilisé
pour les termes techniques, scientifiques, ou les noms propres, mais aussi pour
certains mots qui n’ont pas d’équivalent dans la langue cible.

Exemple
Français : "Internet"
Arabe : "‫"اإلنترنت‬
• Le mot "Internet" est simplement emprunté sans modification, car il n’existe
pas d’équivalent naturel dans la langue arabe.

7. Réduction et amplification :
• Réduction : Ce procédé consiste à simplifier ou raccourcir une expression dans la
langue cible.
• Amplification : À l’inverse, on peut parfois étoffer ou détailler une expression
dans la langue cible pour mieux en rendre le sens.
Exemple de réduction :
Français : "Le ministre des Affaires étrangères"
Arabe : "‫"وزير الخارجية‬

• Ici, "des Affaires étrangères" est réduit à "‫ "الخارجية‬en arabe.

Exemple d'amplification :
Français : "La tolérance"
Arabe : "‫"التسامح واالحترام المتبادل‬

• Le terme "tolérance" est amplifié en arabe pour inclure l'idée de respect mutuel,
ce qui clarifie le sens dans le contexte culturel arabe.

8. La compensation est un procédé où un élément intraduisible est compensé


ailleurs dans le texte. Le traducteur peut ajouter des informations ou jouer avec
la forme ailleurs pour contrebalancer la perte d'une nuance ou d'un effet
stylistique.

Exemple :
Français : "Elle lui a dit avec un sourire narquois : « On verra bien ! »"
Arabe : "‫ « سنرى ما سيحدث حقا ا‬: ‫"» ! قالت له بابتسامة مليئة بالسخرية والتحدي‬
• L'expression "On verra bien" est courte et simple, mais elle perd un peu du ton
ironique et défiant présent dans l'expression française. la compensation est
introduite en ajoutant "‫"( "ما سيحدث حقا ا‬ce qui se passera vraiment") pour renforcer
l'idée de défi et d'ironie. Cela permet de compenser la perte d’ironie présente dans
"On verra bien", tout en conservant la fluidité et le sens global de la phrase.

La fidélité et la trahison en traduction :


1. Fidélité en traduction

• Qu'est-ce que c'est ?


La fidélité consiste à traduire le texte source de manière précise, en respectant
son sens, son style et son ton.
• Aspects importants :
o Sens et contenu : Garder les idées et les informations intactes.
o Style : Respecter le ton et le style de l'original (par exemple, littéraire,
technique).
o Contexte culturel : Tenir compte des différences culturelles pour éviter
de perdre des éléments essentiels.

Exemple :
Français : "Il a un cœur d'or."
Arabe : "‫لديه قلب من ذهب‬."
Cette traduction respecte le sens figuré.

2. Trahison en traduction
• Qu'est-ce que c'est ?
La trahison se produit quand le traducteur prend des libertés avec le texte
source pour mieux l’adapter à la langue cible.
• Pourquoi est-ce acceptable ?
o Liberté de création : Parfois, il est nécessaire de reformuler pour que le
texte soit compris ou résonne mieux avec le public.
o Adaptation : Certaines expressions peuvent ne pas avoir d'équivalent
direct et nécessitent une reformulation.

Exemple :
Français : "Il pleut des cordes."
Arabe : "‫تمطر بغزارة‬." ("Il pleut beaucoup.")
Ici, l'expression idiomatique est remplacée par une formulation plus simple.

• Travail à faire :
Traduisez les phrases suivantes :
1. "Il fait un froid de canard."
2. "Cette décision a des conséquences graves."
3. "Elle est aussi belle qu'une rose."
4. "Je suis très fatigué après cette longue journée."
5. "Le temps passe vite quand on s'amuse."
6. "Il a fait des pieds et des mains pour réussir."
7. "L'amour est plus fort que tout."
8. "C'est un vrai casse-tête."
9. "Nous avons besoin de temps pour réfléchir."
10. "Il a mis les pieds dans le plat."
11. "Les murs ont des oreilles."
12. "Il n'y a pas de fumée sans feu."
13. "L'habit ne fait pas le moine."
14. "Quand le chat n'est pas là, les souris dansent."
15. "C'est l'arbre qui cache la forêt."
16. "On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre."
17. "À cheval donné, on ne regarde pas les dents."
18. "Mieux vaut tard que jamais."
19. "Qui ne tente rien n'a rien."
20. "Les grandes décisions se prennent en silence."
La traduction du texte littéraire et la traduction du texte pragmatique

1. Qu’est-ce qu’un texte littéraire ?


• Le texte littéraire renvoie à une production artistique qui s’émane d’une
expérience individuelle d’une vision du monde subjective, conçue dans
expression linguistique particulière. Il s’agit d’une production particulière de
message qui se définit par son autonomie et son esthétique.
• Le texte littéraire n’a pas de résultat concret et immédiatement applicable dans
la vie quotidienne. Il vise à plaire, au lecteur, à l’intéresser, à le convaincre et
à retenir son attention. En lisant le texte littéraire, le lecteur forme un nouvel
univers fictif.
• Selon Barthes, l’écrivain [du texte littéraire] un homme qui absorbe
radicalement le pourquoi du monde dans un comment écrire. ((Barthes, 1964 :
148)
• Les caractéristiques du texte artistique :

1. Il communique la vision propre et subjective de l’auteur.


2. Il est d’une portée imaginaire, créative et évocatrice.
3. Il valorise la forme. (Chercher plus à émouvoir qu’à simplement
communiquer)
4. La non-univocité. (Propriété kaléidoscopique)
5. L’intemporalité.
6. Il renferme des valeurs universelles.

• La fonction d’informer n’est que facultative dans le texte littéraire. La forme


l’emporte sur le contenu. Elle participe énormément à l’émergence de la
signification.
• Dans le texte littéraire, la langue est à la fois le moyen de la communication et
le but de la communication. Ce qui engendre une sorte d’ambiguïté au niveau
du sens et provoque la polysémie.
• Ce que comprend le lecteur peut ne pas se coïncider avec le vouloir dire de
l’auteur. Ce qui montre une certaine difficulté de traduction. Car le traducteur
devrait prendre en considération ce qui est dit, ce qui n’est pas dit, de l’implicite
et de l’explicite.

 Pour traduire le texte littéraire, le traducteur devrait tenir en compte :


- L’organicité du texte
- Les relations qui existent entre le texte et ses contextes socio-culturels.
- Les relations qui le relient à la langue maternelle dont il est le produit.
- Les relations qui existent entre le texte et le genre littéraire.
- Les relations qui existent dans le texte entre ses différents éléments.
- Les référents investis afin de construire l’univers imaginaire et figuratif du texte.
- La voix de l’auteur (sa sensibilité à l’égard du monde).
2. Qu’est-ce qu’un texte pragmatique ?

• Le texte pragmatique regroupe tout type de texte dont la fonction principale est
d’informer. La primauté est donnée au message et au contenu. L’expression
reflètent clairement les idées. Elle est transparente. A titre d’exemple, on
regroupe sous cette nomination, les textes de presse, les guides touristiques, les
manuels d’usage, les textes publicitaires, les communiqués d’informations et les
libellés...
• Le texte pragmatique est monosémique faisant usage d’une langue spécifique.
Généralement, ce qui comprend le lecteur coïncide avec ce que veut transmettre
l’auteur. Ce qui montre une certaine aisance au niveau de la traduction.
• Selon Delisle, le texte pragmatique se distingue du littéraire par les traits suivants
: il est plus dénotatif que connotatif, il renvoie à une réalité plus au moins
objectivée, il a pour but principal de communiquer une information, il donne lieu
généralement à une seule interprétation, il se formule parfois dans un langage
codifié, il a une utilité immédiate et souvent éphémère et, enfin, il est plus au
moins didactique. (1984 :33)
• Pour traduire le texte pragmatique, le traducteur devrait tenir en compte :

- La finalité du texte
- Le public visé
- L’effet recherche
- L’équivalence des situations

3. Quelles stratégies à mettre en œuvre pour traduire le texte littéraire ?

Pour traduire le texte littéraire, le traducteur devrait trouver un équilibre entre la


fidélité à l’œuvre originale et les exigences culturelles, linguistiques et stylistiques
du contexte cible. Il devrait trouver, également, un équilibre entre l’esthétique du
genre littéraire et les normes logico-sémantiques qui gèrent l’émergence de la
signification et la transmission des messages. Ainsi, il devrait prendre en
considération :

1. Le registre de la langue
2. Le rythme
3. Les figures de styles
4. L’idiomaticité
5. Les jeux de mots
6. Les métaphores
7. L’équilibre entre la clarté et l’ambiguïté
 L’objectif principal du traducteur littéraire n’est pas d’être tout à fait fidèle à la
forme du texte source mais de reproduire les effets esthétiques de l’original en
employant d’autres procédés considérés équivalents aux procédés investis dans
l’original. Pour ce faire, il peut :
1. Faire recours à des images et à des symboles équivalents
2. Réorganiser les éléments constitutifs du texte
3. Susciter la polysémie par le jeu de la synonymie
4. Maintenir l’ambiguïté en faisant recours à la littéralité
5. Employer des référents locaux
6. Expliciter ou impliciter les indices historiques et socio-politiques en fonction de
la totalité du texte. (Si ses indications alourdissent le texte, il vaut mieux de
l’impliciter et de les présenter dans la forme la plus réduite)

4. Quelles stratégies à mettre en œuvre pour traduire le texte pragmatique ?

Pour traduire un texte pragmatique, l'objectif principal est de transmettre l'information


de manière claire, précise et fonctionnelle, sans se concentrer autant sur les effets
stylistiques et les complications culturelles. Pour ce faire, il devrait mettre en place plusieurs
stratégie :

1. Être fidèle au message, à la signification et être conforme aux normes


sociolinguistiques de la réception.
2. Opter pour des équivalences fonctionnelles
3. Utiliser une langue claire, précise et approprié
4. Eviter l’ambiguïté du sens et la polysémie
5. Reproduire les mêmes référents
6. Simplifier les structures complexes
7. Omettre les éléments culturels non pertinents
8. Expliciter les indices historiques et socio-politiques (les dates, les
événements)
9. Vérifier la clarté et de l’exactitude du message avant de livrer la
traduction.

5. Différence entre sourcier et cibliste

Critère Approche Sourcière Approche Cibliste


Objectif Fidélité au texte source Adaptation au public cible
principal
Fidélité Préserve le style, la structure, Adapte la forme et le style pour faciliter
et la forme de l'original la compréhension dans la langue cible
Culture Respecte les références Adapte les références culturelles pour
d'origine culturelles d'origine qu'elles soient compréhensibles dans le
contexte cible
Langue Reproduit les tournures et Utilise des expressions naturelles de la
expressions de la langue langue cible
source
Style et Ton Maintient le style et le ton de Adapte le style et le ton pour
l'auteur correspondre aux attentes du public cible
Public cible Moins de considération pour Grande importance accordée aux attentes
les attentes du public cible et au contexte de la langue cible
Exemples de Traductions littéraires Textes pragmatiques (publicité, manuels)
textes (classiques, sacrées)
Effet Conserver l'expérience de Créer une expérience fluide et accessible
recherché lecture originale pour le lecteur cible
Utilisation Plus fréquent pour expliquer Moins fréquent, car les adaptations visent
des notes les éléments culturels à éviter les explications supplémentaires
Limites Peut paraître peu naturel ou Risque de dénaturer le texte source et de
difficile d'accès dans la langue s'éloigner des intentions de l'auteur
cible

 L'approche sourcière est donc orientée vers la fidélité au texte source, tandis que
l'approche cibliste privilégie l'accessibilité pour le lecteur cible.

6. Le thème et la version

En traduction, le thème et la version représentent deux exercices distincts qui


développent des compétences spécifiques dans les deux sens de la traduction.

1. Le thème : c’est la traduction d’un texte de la langue maternelle vers une langue
étrangère. Son objectif est de vérifier le degré de maitrise des structures linguistiques de la
langue étrangère et de développer la capacité à produire un texte clair, fluide et idiomatique
dans cette langue. Cet exercice est souvent utilisé dans un contexte d’enseignement-
apprentissage pour démontrer une connaissance approfondie de la langue cible. Cet exercice
permet de réutiliser la langue étrangère et de perfectionner la compétence rédactionnelle de
l’apprenant.
2. La version : c’est la traduction d’un texte de la langue étrangère vers la langue
maternelle. Son objectif est de vérifier la capacité de l’apprenant à comprendre le texte
source et le restituer dans une langue maternelle avec précision, fluidité, et naturel. C’est un
exercice qui permet de développer la compétence de la compréhension et d’analyse chez
l’apprenant.
 Se tester :

Exercice 1 : traduis le texte ci-dessous vers l’arabe en respectant sa dimension


informative et pragmatique.

Entretien franco-libanais

Paris – Le président Giscard d’Estaing a reçu hier à midi le président Elias Sarkis,
qui effectue une visite en France. Le président libanais et la délégation qui l’accompagne
quitteront aujourd’hui Paris pour Beyrouth, après avoir procédé à une série d’entretiens
avec dirigeants français.
Le président Sarkis a déclaré que les entretiens en France « s’étaient passés dans
un climat de parfaite compréhension mutuelle et qu’ils constituent la preuve que les
relations entre les deux pays allaient se développer et se consolider ». Il a également
affirmé, à l’issue de son entretien hier avec le président français « nous avons étudié
toutes les questions importantes communes aux deux pays » ajoutant « qu’un brillant
avenir était promis à nos relations et que de larges horizons s’ouvriraient dans tous les
domaines ». Quant au président Giscard d’Estaing, il a qualifié ces conversations de
passage en revue de la situation au Moyen-Orient et de l’évolution des relations entre
les deux pays, et qu’il a ajouté que les points de vue étaient d’accord sur la nécessité de
continuer à œuvrer en vue du progrès et de la consolidation des relations entre les deux
pays.
Exercice 2 : traduis le texte ci-dessous vers le français en respectant sa dimension
esthétique et la forme littéraire requise pour le contexte-cible.

‫الضرس المسوس‬
‫ ويستيقظ مضطربًا‬،‫صا ساعات النهار‬
ً ‫ وكان يحتال على تعذيبي؛ فيسكن مترب‬،‫كان في فمي ضرس مسوس‬
‫ والصيدلية مقفلة‬،‫في هدوء الليل عندما يكون أطباء األسنان نائمين‬.

ُّ ‫سا خبيثًا يحرمني لذة‬


‫الرقَا ِد‬ ً ‫ «أال فانزعه ضر‬:‫ ذهبت إلى أحد األطباء وقلت له‬،‫ وقد نفد صبري‬،‫ففي يوم‬
‫»ويحول سكينة ليالي إلى األنين والضجيج‬.
ً ‫»فهز الطبيب رأسه‬.
‫ «من الغباوة أن نستأصل الضرس إذا كان بإمكاننا تطبيبه‬:‫قائًل‬ َّ

‫ ولما وثق بأنه صار خاليًا من‬،‫ ويتفنن بتطهيره من العلة‬،‫ وينظف زواياه‬،‫ثم أخذ يحفر جوانب الضرس‬
‫ «لقد أصبح ضرسك العليل أشد وأصلب من أضراسك‬:‫مفاخرا‬ ً ‫ ثم قال‬،‫السوس حشا ثقوبه بالذهب الخالص‬
َ
‫ ومألت حفنته بالدنانير وذهبت ف ِر ًحا‬،‫الصحيحة» فصدقت كًلمه‬.
‫جبران خليل جبران‬
Les théories de la traduction
1. Qu’est-ce que la théorie interprétative de la traduction ?
- La théorie interprétative de la traduction est connue sous la dénomination de ‘’
L‘École de Paris’’ parce qu'elle a été développée au sein de L‘École supérieure
d'interprètes et de traducteurs (ESIT, Paris). On la doit essentiellement à Danica
Seleskovitch et Marianne Lederer, mais elle compte aujourd'hui de nombreux
adeptes et promoteurs en particulier dans le monde francophone. (Jean Delisle,
Daniel Gile).
- Cette théorie vient à l’opposé des théories linguistiques de la traduction qui
s’intéressent exclusivement aux significations linguistiques des mots. Elles se
situent au plan de la langue et négligent le discours.
- La théorie interprétative s’intéresse, en effet, au sens, cet élément psychique qui
s’actualise en discours et prend des dimensions inédites. Il est éphémère et mobile.
- Pour avoir accès au sens, le traducteur devrait procéder par interprétation. Il s’agit
d’une opération qui consiste à dégager le vouloir-dire d’un texte, le message
véhiculé en s'appuyant à la fois sur la connaissance linguistique et la connaissance
du contexte dans lequel le texte s’inscrit et a été produit. Dans ce sens, la
traduction cesse d’être une quête de correspondance linguistique. C’est une
recherche d’équivalence situationnelle où le message source équivaut au message
cible. C’est l’équivalence des messages qui l’emporte.
- Pour Lederer, la véritable traduction n'est concevable que par rapport aux textes,
c'est-à--dire dans Je cadre d'un discours et en fonction d'un contexte : « La
traduction interprétative est une traduction par équivalences, la traduction
linguistique est une traduction par correspondances [...] la différence essentielle
entre équivalences et "correspondances" : les premières s'établissent entre textes,
les secondes entre des éléments linguistiques » (Lederer 1 994 : 51).
- « La traduction devient une activité interprétative. Elle n’est plus une
correspondance linguistique, mais une recherche de d’équivalence. Celle-ci
repose sur le contexte, qui dissipe l’ambiguïté, et sur la paraphrase qui redresse
les anomalies lexicales et syntaxiques, éclaire le sens et embellit le style. »
(Mohammed EL QUESSAR, 2021 : 14)
- Cette théorie dresse un système de dichotomies :
• Langue ≠ discours
• Sens ≠ signification
• Transcodage ≠ traduction
• Connaissance linguistique ≠ bagage cognitif
2. Quelle différence est-elle entre sens et signification ?
- « On ne traduit pas la langue, mais le discours, on restitue le sens et non pas la
signification. »
- Le sens relève de la parole alors que la signification relève de la langue. De la
langue à la parole, un acte conscient s’effectue. Transformer langue en parole
exige l’intervention d’un être pensant qui, stimulé par l’intention de s’exprimer,
associe des idées à des combinatoires linguistiques.
- La signification est antérieure au discours. Ayant un aspect virtuel, elle est pré-
assignée et arrêtée en langue. Hors contexte, les mots et les phrases véhiculent
des significations : ils signifient certes mais ils ne désignent pas. Le dictionnaire,
siège des significations, représente la portée conceptuelle des entrées, laquelle est
dénudée de toute effectivité. Il représente tous les traits inhérents au mot, faisant
ainsi la somme des acceptions qu’il pourrait couvrir en situations réelles de
communication. En termes plus clairs, « la signification d’un mot est ce à quoi il
renvoie dans le système abstrait de la langue. Tout mot peut avoir plus d’une
signification. Ces diverses acceptions sont perceptibles hors contexte, c’est-à-
dire indépendamment de toute énonciation concrète, et c’est pourquoi il est
possible de les compiler dans les ouvrages lexicographiques » (Delisle, 1984 :
58).
- D’une langue à l’autre, les mots et les phrases hors contexte correspondent bel et
bien. Mais, une fois insérés dans un discours, les énoncés activent une seule et
unique signification, la signification pertinente en fonction de sujet de la situation
de communication et des autres paramètres qui lui sont attachés. Cette
signification n’est pas pré-assignée mais elle en devenir. C’est ce qu’on appelle
communément le sens. Le sens élimine les traits non pertinents et en ajoute des
traits supplémentaires inédits. Ce qui exige un effort d’analyse, d’interprétation
et d’intelligence.
- Le sens est alors ce qu’échangent les interlocuteurs en situation réelle de
communication. Il découle de « la combinaison et de l’interdépendance des
significations pertinentes des mots et syntagmes qui le composent enrichies des
paramètres non linguistiques et représentant le vouloir dire de l’auteur voire de
locuteur ». (Delisle : 1984 : 59)
3. Quelle différence est-elle entre transcodage et traduction ?

• Le transcodage consiste à transposer un code dans un autre sans tenir compte du


sens ou du contexte. C’est comme traduire un signifiant par un autre, sans chercher
à interpréter le message.
• La traduction, en revanche, vise à transmettre le sens, le "vouloir-dire" du
message, en prenant en compte le contexte et en créant les effets voulus dans la
langue cible.
4. Quelles sont les phases de la traduction selon le modèle interprétatif ?

Le modèle interprétatif de la traduction propose trois phases principales :

1. La compréhension : Dans cette phase, le traducteur saisit le sens global du texte source
en tenant compte du contexte, des intentions de l’auteur, et des références culturelles.
L’accent est mis sur la compréhension globale du message et non pas sur des mots
individuels. « Comprendre un énoncé, c’est y reconnaître une phrase de langue, et un
seul des sens de cette phrase, donner une valeur aux expressions référentielles, calculer
les sous-entendus. Ces opérations intellectuelles s’appuient sur la compétence
grammaticale, mais aussi sur la connaissance du monde ; elles relèvent de la
performance ; elles sont rhétoriques et non point linguistiques ». ([Link]. :60)
2. La déverbalisation : Une fois le texte compris, le traducteur "déverbalise" le contenu,
c’est-à-dire qu’il se détache des signifiants pour en conserver uniquement le sens, sans
être limité à la structure linguistique du texte original. Cela permet au traducteur de se
concentrer sur les idées et le "vouloir-dire". Au cours de l’étape de la déverbalisation se
produit une synthèse immédiate des éléments sensibles et des éléments cognitives en
présence.
3. La réexpression : Enfin, le traducteur reformule le message dans la langue cible, en
adaptant le texte pour transmettre le même sens et les mêmes effets dans la nouvelle
langue. Cette phase prend en compte les particularités culturelles et stylistiques de la
langue cible pour produire un texte fluide et naturel.

 On ajoute une phase de « vérification » qui vise à valider les choix faits par le traducteur
en procédant à une analyse qualitative des équivalents, à la manière d'une rétro-
traduction.

5. Qu’est-ce que c’est l’interprétation ?


- L'interprétation est une opération cognitive qui consiste à accéder au sens global d'un
texte — c'est-à-dire au message qu'il véhicule — en mobilisant deux types de savoirs :
1. Le savoir linguistique : Il permet de comprendre les structures et le vocabulaire de la
langue source.
2. Le savoir cognitif : Ce savoir inclut la compréhension du contexte situationnel (les
circonstances dans lesquelles le texte a été produit) et du contexte thématique (les
connaissances et références culturelles ou conceptuelles propres au sujet du texte).
- Cette interprétation doit être objective, c'est-à-dire qu'elle cherche à saisir le sens sans
ajouter d'interprétations subjectives. En traduction, cette objectivité se mesure par la
concordance des situations : le texte traduit doit recréer, dans la langue cible, un contexte
et un effet de sens qui correspondent au contexte et à l’effet de sens de la langue source.
6. Les stratégies d’interprétation

Les circonstances d’énonciation Il est important de situer le texte dans son contexte temporel
(dates et événements précis) et événementiel, car les dates et les événements associés à
l'énonciation influencent souvent le sens. Connaître ces
circonstances permet de mieux comprendre l’arrière-plan du
texte et les influences qui ont pu guider son auteur.
Le titres (allusions) e titre donne souvent des indices sur le contenu et les thèmes
du texte. Parfois, il comporte des allusions culturelles,
littéraires ou historiques qui enrichissent la compréhension du
message et permettent de saisir des niveaux de sens cachés.
Analyser ces allusions aide à saisir l’intention de l’auteur.
Le résumé Faire un résumé permet de condenser les idées principales et
de dégager l’essentiel du texte. Cette étape aide à voir la
structure globale et le fil conducteur du texte, en identifiant
les points clés sans entrer dans les détails.
La thématique centrale Identifier la thématique centrale permet de comprendre le
sujet principal abordé par le texte. Cela donne une base pour
interpréter le contenu en fonction de l’idée directrice et aide à
situer les différentes parties dans leur rôle de soutien à cette
idée principale.
L’argumentation investie Analyser les arguments et le raisonnement déployés par
l’auteur aide à comprendre comment il structure son propos
pour convaincre, informer ou émouvoir. Repérer la logique de
l’argumentation est essentiel pour une interprétation fidèle et
permet de mieux traduire le style et l’intention argumentative.
L’intention ou la vocation du Comprendre l’intention de l’auteur (informer, convaincre,
texte divertir, etc.) ou la vocation du texte (public visé, objectif de
communication) permet de saisir le message sous-jacent et
d’interpréter les choix linguistiques et stylistiques en fonction
de cette finalité.
Les références culturelles Identifier les allusions culturelles (événements, symboles,
croyances) aide à saisir les nuances du texte et à en
retransmettre l'impact dans un contexte différent.
Le degré des émotions Analyser le niveau d’émotion (joie, tristesse, colère) permet
de comprendre l’effet voulu sur le lecteur et de préserver cette
intensité dans la traduction.
 Se tester
1. Traduisez cet extrait du discours de Sa Majesté Le Roi Hassan II que Dieu l’assiste
à l’occasion de La Marche Verte en 1975.
:‫شعبي العزيز‬

‫ دروسا أوال ابلنس بة إلينا وعربإ ابلنس بة للآخرين‬:‫كام قلت إن معلية إملسرية اكنت لنا مبثابة كزن ومنجم كبري إس تخرجنا منه دروسا وعربإ‬
،‫ مليئة ابلوطنية متشبتة بعملها‬،‫ شعيب إلعزيز تيقنت إلآن وأآمنت أن إملغرب وشؤون إملغرب ومس تقبل إملغرب يف أيد أمينة يف أيد طاحفة بمين هللا‬:‫أوال‬
‫دروسا ابلنس بة للبذل وإلعطاء الصقة بأرضها وتربهتا‬:
‫ حياتك‬،‫ حياتك‬،‫ حياتك‬،‫ وماذإ تعطي وتبذل؟ تبذل وتعطى أغىل ما عندك أال وهو روحك‬،‫وها أنت شعيب إلعزيز أظهرت مرة أخرى أنك تبذل وتعطي‬
‫ بكيفية جتعل لك أحد جعهل هللا س بحانه وتعاىل عىل رأسك حبمده ليل‬،‫ وهذإ لكه أعطيته لبدلك بكيفية تلقائية‬،‫يف إلبيت وجودك مع أهكل حياتك إلعادية‬
‫ حىت يمتكن من إلقيام بوإجبه حنو شعب اكلشعب إملغريب‬،‫ ويسأل هللا ليل هنار أن يزيده من فضهل وحييطه بتوفيقه‬،‫هنار أن أعطاه شعبا مثكل‬.
‫أما إلعرب إلخرى ابلنس بة للآخرين‬:
‫ وبني من مه أرإدوإ أن يروإ لهذإ إملشلك كام يرى هل أي أجنيب عنا‬،‫ متكنا من معرفة دقيقة مبن مه أصدقاؤان وأشقاؤان‬:‫أوال‬.
‫ وإحلاةل هاته‬.‫ وظنوإ أهنا معلية س ياس ية متكننا من تغطية عيوبنا ومشألكنا‬،‫ وظنوإ أهنا مغامرة‬،‫ابلنس بة ملا كتب وملا قرئ مل يثق بنا كثري من إلناس يف إلول‬
‫أن إذلين قالوإ هذإ إلالكم أو كتبوه ينقسمون إىل قسمني‬:
،‫ وما ذكل إال لغيظ يف نفوس إذلين كفروإ‬،‫ ومهنم من يعرف إملغرب ومع ذكل كتب عليه ما كتب أو قال فيه ما قال‬،‫مفهنم من جيهل إملغرب وال حرج عليه‬
‫ أعطى وسوف يبقى يعطي إلمثةل وإدلروس لغريه‬،‫وما ذكل إال حلسد وحقد ضد هذإ إلبدل إذلي وهلل إمحلد‬.
Correction :
Cher peuple :
Ainsi que nous l'avons affirmé, la marche verte constitue pour nous un trésor et une source où
nous puisons de grandes leçons ; des leçons pour nous d'abord et pour les autres.
Nous avons la conviction que le Maroc et son devenir sont entre les mains [bénies] des patriotes
sûrs, convaincus, généreux et attachés plus que jamais à leur pays et à leur sol.
Tu fais ainsi preuve, une fois de plus, cher peuple, de ta capacité à sacrifier ce que tu as de plus
cher, à sacrifier ton âme et ta vie. Pour ta patrie, tu sais sacrifier spontanément ton confort voire
ta famille même.
Ta conduite constitue un véritable motif de fierté pour celui que Dieu a désigné pour présider à
ta destinée. Je n'en peux que louer le Tout-puissant et l'implorer de m'assister de m'acquitter de
mes devoirs envers toi.
Quant aux autres enseignements qu'il convient de tirer, ils résident dans le fait qu'à présent,
nous savons de façon précise qui sont nos véritables amis et ceux qui insistent à voir le problème
selon l'optique de l'étranger et d'épouser sa thèse.
Au niveau de ce qui a été écrit à ce propos, nous constatons que sont peu ceux qui nous a appris
au sérieux. On pensait que c'était une aventure et une manœuvre politique destinée à couvrir
nos problèmes. En fait, ceux qui ont détenu ces propos se divisent en deux catégories : ceux qui
ignorent le Maroc et sont excusés de leur ignorance, et ceux qui, malgré leur parfaite
connaissance, ont maintenu leurs allégations. Ce faisant, ces derniers ont donné cours libre à
leurs ressentiments à leur rancune à l'égard de ce pays qui, grâce à Dieu, ne cessera jamais
d’inculquer des leçons et de donner des exemples.
2. Traduisez ce texte vers l’arabe, extrait de « la psychologie de la foule » de son auteur Gustave
Le Bon.

« Donc, les foules, adonnées souvent à leurs instincts les plus bas, représentent, quelques
fois, de très forts exemples sur des actes de moralité élevée. Si des valeurs telles que l'honnêteté,
la résignation et le dévouement absolu pour un idéal chimérique ou réel constituent des vertus
morales, on ne peut qu'affirmer que les foules en possèdent quelques fois de façon inédite et
inhabituelle même chez les grands philosophes et les grands sages. Elles les pratiquent, sans
doute, inconsciemment, mais qu'importe. Si les foules raisonnent leurs actes et consultent leurs
intérêts, notre planète n'aurait connu aucune civilisation, aucune évolution et l'humanité n'aurait
pas d'histoire. »
3. Commentez la traduction arabe par rapport à son original :

Ce n'était pas un grand cirque, mais un de


ces établissements devenus très rares, qui
maintiennent la noblesse des traditions. Pas de
numéros à grand spectacle, ni de lions ni de
tigres/ Rien que des acrobates, des jongleurs et
une fine cavalerie. Un seul numéro de terreur, où
un acrobate risquait sa vie en plongeant du bout
du chapiteau sur un toboggan qui l'amenait au sol
à une vitesse prodigieuse. On avait bien regardé
les affiches qui, mentionnaient trois écuyères.
Aucune ne s'appelait Blandine. Ce fut après le
toboggan que parut une écuyère toute frêle dont
la chevelure blonde, presque blanche, flottait sur
les épaules. Elle était habillée d’un collant et
d'effets pailletés. Elle fut annoncée par le
directeur du cirque comme la plus remarquable,
la plus gracieuse et la plus jeune qu'on eût jamais
connue : Martha Roban

André Dhôtel

4. Traduisez ce texte vers l’arabe en mettant l’accent sur la clarté de l’expression


« Notre tradition de pensée politique a un commencement bien déterminé dans les doctrines de
Platon et d'Aristote. Je crois qu'elle a connu une fin non moins déterminée dans les théories de Karl
Marx. Le commencement fut pris lorsque, dans l'allégorie de la caverne de La République, Platon
décrivit le domaine des affaires humaines - tout ce qui appartient au vivre ensemble des hommes - en
termes d'obscurité, de confusion et de déception dont ceux qui aspirent à l'être vrai doivent se détourner
et qu'ils doivent abandonner s'ils veulent découvrir le ciel clair des idées éternelles. La fin arriva avec la
déclaration de Marx selon laquelle la philosophie et sa vérité ne se trouvent pas en dehors des affaires
des hommes et de leur monde commun, mais précisément en eux, et peuvent être « réalisées » dans le
seul domaine du vivre-ensemble qu'il appelle « société », grâce à l'apparition des « hommes socialisés
» (vergesellschaftete Menschen). La philosophie politique implique nécessairement l'attitude du
philosophe envers la politique ; sa tradition commença lorsque le philosophe se détourna de la politique
puis y revint afin d'imposer ses normes aux affaires humaines. » (Hannah, Arendet, la crise de la culture,
1954)
5. Traduisez vers le français le texte ci-dessous, extrait de « ‫ »الخبز الحافي‬de son auteur Mohammed
Choukri:

Common questions

Alimenté par l’IA

A translator might choose a non-literal approach to better capture the nuances, emotional depth, and context-specific meanings of the original text. This approach helps to create a more engaging and culturally relevant translation that resonates with the target audience. It allows the translator to address idiomatic expressions, metaphorical language, or cultural references that have no direct equivalents, thereby preserving the text's aesthetic and emotional impact .

Transcoding involves the direct transposition of one linguistic code into another without interpreting the message or context. In contrast, translation aims to convey the sense or intended meaning of the original message, taking into account context, nuance, and intended effects in the target language. Translation is concerned with achieving situational equivalence rather than simply replacing linguistic elements .

In interpretative translation theory, 'sense' is linked to the actual discourse and the intended meaning within a specific context, while 'signification' pertains to the abstract linguistic meaning of words or phrases, independent of context. 'Sense' involves activating relevant meanings and discarding non-pertinent traits, hence requires understanding and context-awareness, whereas 'signification' is more about what a word could represent in lexical terms without contextual anchoring .

Cultural context significantly affects how politically or ideologically charged texts are perceived in translation. A text's original political overtones may be shaped by its culture's specific norms and values, requiring the translator to navigate these carefully to avoid unintended reactions or misunderstandings. Differences in political climates or sensitivities may lead to a recontextualization of the message to align with or respect the target culture's perspectives and ideological standings .

The intended usage dictates the translator's focus on style, precision, and adaptability. For instance, texts aimed at information transmission, such as technical or scientific documents, require accuracy and clear conveyance of content. Marketing texts demand adaptation to resonate with cultural sensibilities and persuade the audience. Literary works focus on preserving emotional and aesthetic responses. Different objectives shape whether faithfulness to content, emotional impact, or cultural resonance takes precedence .

The translator must consider several key factors when translating cultural references: the cultural relevance and comprehension of the target audience, the age and educational level which affect the complexity of vocabulary and syntax, the audience's native language and familiarity with the target language, and cultural expectations and norms to avoid misunderstandings or offense. The purpose of the text also plays a role; for instance, a legal document requires formal precision, while a tourist brochure may allow for more description and engagement .

Subjectivity in translation allows the translator to exercise personal interpretation and creative decisions when translating literary or poetic texts. This involves adapting idioms, recreating tone, rhythm, and emotional impact such that they resonate similarly in the target language. Translators often adapt cultural elements and stylistic choices to preserve the essence and impact of the original text, which necessitates thoughtful reinterpretation rather than strict adherence to literal translation .

De-verbalization involves stripping away the linguistic form of the source text to focus on the underlying meaning or sense before reconstituting it into the target language. This process allows the translator to transcend literal linguistic structures and better capture the intended message and nuances, adapting them sensitively to the target context. This approach enhances translation quality by ensuring that the sense, rather than the wording, of the original is accurately conveyed, fostering better audience comprehension and cultural resonance .

Translating pragmatic texts involves considerations like clarity, information accuracy, and maintaining utilitarian relevance since these texts aim primarily to inform. The translation should be straightforward and accessible, often focusing on a single interpretation. Conversely, translating literary texts requires balancing faithfulness to the original with cultural, linguistic, and stylistic demands of the target context. It involves preserving aesthetic, emotional impacts, and potentially using equivalent metaphors or reordering text elements to foster similar reader experiences in the target language .

Maintaining objectivity in translation can be challenging due to potential personal biases, emotional involvement, or differing ideological viewpoints. Objectivity is crucial in contexts like legal, technical, or medical translations where precision and neutrality are required to ensure that the content remains reliable and factual. An objective approach helps to avoid misinterpretation or alteration of the original message, which could lead to misunderstanding or legal consequences .

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