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Gravimétrie de Madagascar: Interprétation Et Relations Avec La Géologie

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JULIEN RECHENMANN

Géophysicien O.R.S.T.O.M.

GRAVIMÉTRIEDE MADAGASCAR
Interprétation et relations avec la géologie

GÉOPHYSIQUE 18

Éditions de l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer


PARIS - 1982
« La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que
les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une uti-
lisation collective », et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et
d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle faite sans le consentement
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1”’ de l’article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une
contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal. »

ISBN 2-7099-0620-l Q O.R.S.T.O.M. 1982


Ce mémoire (1) expose les résultats des levés gravimétriques effectués par 1’O.R.S.T.O.M. à, Madagascar et
dans d’autres îles du Sud-Ouest de l’océan Indien: Comores, Maurice, Hèunion, et qui se sont échelonnés de 1966
à 1974.
Ont fait l’objet d’une publication (2.) antérieure les documents cartographiques suivants :
- une carte des anomalies de Bouguer à 111 000 000 en 3 coupures (feuille Nord, feuille Centre, feuille Sudj,
qui prèsente, outre les courbes des anomalies de Bouguer, les valeurs de l’anomalie aux stations effectuées par
PO.R.S.T.0.M. Ces anomalies onl été calculées aoec la densité 2,67 pour les mesures à Madagascar et 2,9 pour les
mesures dans les autres îles;
- une carte des anomalies de Bouguer (d = 2,67) 6 112 000 000 en couleurs pour l’ensemble de Madagascar
avec en pointillés les itinèraires effectués ;
-_ une carte Cgalement à 112 000 000 en couleurs des anomalies isostatiques calculées dans l’hypothèse d’diry
pour une profondeur de compensation de 30 km.

(1) Ce mémoire a fait l’objet d’une th&se de Doctorat. d’État. de Sciences Naturelles, soutenue le 3 juillet 1951 a l’Universit6
de Paris-Sud, Cent.re d’Orsay.
(2) RECHEKMANN (J.), 1978. - Cartes gravimétriques de Madagascar ct autres îles du Sud-Ouest dc l’octan Indien : Comores,
Maurice, Réunion. Notice eqlicatioe, no 79, O.R.S.T.O.M., Paris.

O.R.S.T.O.M., Gé.ophys., no IS, 1982: 3-128. 3


O.R.S.T.O.M., GSophys., no 18, 19c.2: 3-128.
GÉNÉRALITÉS

1. Historique

Les premières mesures géophysiques h Madagascar remontent, à 1890 avec la fondation par les Jésuites de
l’observatoire astronomique et météorologique d’nmbohidempona ti Tananarive. Ainsi, dès 1892, a été entrepris
l’enregist.rement des trois composantes du champ magnétique terrestre. Pour les mesures de la pesanteur, si
on peut noter un essai de prospection gravimétrique à la balance de torsion par la Société des Pétroles de
Madagascar (S.P.M.) en 1945, ce n’est gu&re qu’& partir de 1948 qu’ont eu lieu les premières mesures gravi-
mét.riques à l’aide d’un gravimét.re de terrain. C’est. le R.P. Louis CATTALA, d’abord chercheur au C.N.R.S. de
1946 à 1957, puis cherc.heur a 1’O.R.S.T.O.M. de 1958 B 1963, qui a entrepnL‘9 les premières mesures avec, le
gravimètre Nort.h American no 73 mis à sa disposit.ion par 1’O.R.S.T.O.M.
Cependant, comme il n’y avait. aucune valeur absolue de la pesanteur a Madagascar, ces mesures n’ont pu
&re que des mesures relaiives. Une première liaison de Madagascar avec. un réseau mondial de stat.ions gravi-
métriques, réseau Woolard, a ét6 effect.ube en 1950 par N. HAKDING (G. P. WOOLARD and J. C. ROSE, 1963), mais
c’est au réseau de bases gravimétriques europeennes que Madagascar a été rattaché grace au rt?seau O.R.S.T.O.M.
établi par J. MARTIN en 1961 et qui s’ét.end à l’Afrique, à Madagascar, à l’île Maurice et à la Réunion (F. IIuc~.4ux
J, hkiTIN ?t nl., 1954).
Environ 900 stat.ions nnt &é effectuées par le R.P. Id. CATTALA entre 19d8 et 19% (R.P. L. CATTALA, I!%d),
mais très peu ensuite, de 1955 a 19C13, année de sa disparit.ion accidentelle au retour d’une réunion scientifique.
Parallèlement AUX mesures du R.P. L. CATTALA apparemment dans un but géodésique (stations distant.es
de 20 à 30 km), la S.P.M. faisait effectuer par la Compagnie Générale de Géophysique (C.G.G.) le levé gravi-
métrique, en vue de la prospection p&olière, des régions sédimentaires de la Grande Ile. En plusieurs c.ampagnes,
la C.G.G. a lev8 de 1954 à 1965 les régions Ouest (bassins de 1’Onilahy et de Morondava) et les régions Nord-
Ouest (bassin de Majunga).
L’affect.ation, à partir de 1965, au centre O.R.S.T.O.M. de Tananarive, d’une équipe composée de
F. RII~sÈMI~, C. VILLENEUVE et J. RECHENMANN, a permis de reprendre les travaux gravimétriques dans les
autres régions de Madagascar et de terminer l’oeuvre c.ommenc.ée par le R.P. L. CATTALA.
Ce travail a ét.é pratiquement achevé en 1974 et, de plus, étendu aux iles de l’archipel des Comores, Maurice
et de la Réunion.

II. C!adregéographique
Les iles de Madagascar, de l’archipel des Comores, Maurice et de la Réunion sont localisées dans la partie
occ.identale de l’océan Indien, au Sud de l’équat.eur.
Madagascar, une des plus grandes îles du Globe (590.000 km”), est séparée de l’Afrique par le canal de
Mozambique dont, la largeur minimum est. de 400 km entre le cap Saint-André (extrémité Nord-Ouest de l’île),
et le Mozambique. Elle s’étire sur près de 1 500 km entre les degrés 12 et 25,5 de lat,itude Sud avec une largeur
moyenne de 500 km entre les degrés 43,5 et 50 de lon@tude Est.
Les îles de la Réunion et Maurice sont situées k environ SO0 km & l’Est de Madagascar, à environ 200 Sud.
Bien plus petites que Madagascar, elles ont pour superficie respective : 2 500 et 1 800 km”. Quant aus îles de
l’archipel des Comores, situées à environ 300 km au Nord-Ouest de Madagascar, elles tot.alisent une superficie
de 2 260 km2 (Grande Comore 1 147 km 2, <Anjouan 423, Mayotte 400, Mohéli 290).

O.R.S.T.O.AI., Gèophys., nu 18, 1982: S-108. 5


-1 12'

-1 4”

-Il

-1 18'

-2 2o"-

-2 2" 22:
LEGENDE

a" - dessus de 1800

1500 - ,800 Ill

II.2 1200 - ,500m

-2 24"
Erl 900 - 1200m

El 600 - 900 m

B 300 - 600 m

0 O-3Wm

FIG. 1. - Carte hypsométriyue de hfadagascar

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 6


III. Traits généraux 1
1. hDAGASCAR
La cart.e hypsombtrique (ii g. 1) nous montre les grandes lignes de la forme et de la structure de Bladagasc.ar.
Dans son ensemble la Grande Ile prtsente un relief allongé suivant son grand axe et. accident,é méme si
les altitudes maxima dépassent rarement 2 401) m. Le plus haut sommet se trouve dans le massif du Tsaratanana
(2 876 m) au Nord de l’île. Deux autres massifs ont des sommets qui atteignent 2 600 m : 1’Ankaratra (2 643 mj
au Sud-Ouest de Tananarive, pratiquement au c.entre de l’île et I’Andringitra (2 658 m) plus au Sud. Les (<Hautes
Terres v (expression qu’il convient d’uMiser de prkférence à (( Hauts Plateaux 1)d’après les @ographes physkiens)
forment. un ensemble relativement complexe, au relief rnorcek, décrit comme (( un enchevêt.rement. de hautes
plaines, de collines, de massifs compack, de grands domes, de reliefs en pain de sucre, de bassins... 1).Cet ensemble
est donc carac.térisé par la juxtaposition d’un certain nombre de formes, comme par exemple les (ctanety )),
collines aux pent-es dénudées, dérivant souvent de la dissection d’une basse surface d’érosion et dont les sommets
sont, sensiblement & la mOme altitude, d’où, peut-tt.re, l’impression de se trouver en prksence d’un plateau, qui
toutefois aurait étP. profondément entaillé par l’érosion.
üne autre caractéristique, c’est la dissymékie E-W autant géologique que morphologique, soulign&e par
le réseau hydrographique et la ligne de faîte qui est trois fois plus proche de l’océan Indien que du canal de
Mozambique. Elle se traduit également par la position occidentale des deux grands bassins sédimentaires.
Les Hautes Terres sont limitees à l’Est par un grand escarpement (terme préfkrable & celui de falaise)
irrégulier. La dénivellat.ion, variable, peut. atteindre 500 m, comme par exemple à la lat,ilude de Tananarive:
et ek est. souvent préc.édée par une série de chaînons parallèles. La bordure orientale constitue ainsi une zone
accidentée de 25 a 100 km de large.
Depuis F. DIXEY (1960) on sait que le relief actuel de Madagascar, avec l’emboîtement. de plusieurs systèmes
pénéplanés successifs, est. considéré comme résultant d’une surrect.ion par à-coups, maximale le long de la zone
axiale.
Une forte pluviométrie, en particulier sur la cote Est, conditionne une importante hydrographie qui ne
facilit,e guère l’implantation d’un réseau routier homogène. Certaines régions, d’ailleurs peu habitées, sont
dépourvues de routes et mkne de pistes carrossables. Comme on peut le constater sur les coupures de la carte
gravimétrique à I/l 000 000, c.emanque de voies de pknktration dans certaines régions a kté la cause de ((trous 1)
importants dans l’homogénkité des levés gravimktriques que le manque de personnel et de 1-empsn’a pas permis
do complét.er par des itinéraires à pied.

2. AUTRES ÎLEs
Les iles de l’archipel des Comores sont d’origine volcanique, mais seule la Grande Comore, la plus à l’Ouest
et la plus éloignée de hladagascar, a encore un volcan en activité, le Kartala, d’altitude 2 361 m. Mayotte, la
plus g l’Est,, et donc la plus proche de AIadagascar, est la plus basse (660 m) ; elle se distingue de ses voisines
par sa forme découpée, l’exist,enc.e d’un récif barrière corallien à plusieurs kilomktres des c0tes créant ainsi un
lagon dont la profondeur ne depasse pas une quarantaine de mktres. Ces divers caracttres sont liés & un
affaissement de l’ensemble de cette ile.
L’Île de la Réunion a un relief élevé avec. deux massifs volcaniques prirwipaux, dont, l’un, le plus ancien,
dé;passe 3 000 m (Pit#on des Neiges) et constitue la moitié Nord-Ouest de l’île. L’autre, le Piton de la Fournaise
(2 640 m), au Sud-Est de l’ile, est un volc.an encore en act.ivité. Ces deux massifs sont separés par une plaine
d’altitude 1 $00 m par où passe la seule route traversant l’île. L’érosion a donné lieu a un ljaysage t,ypique,
relui des « cirques “, qui donnent au relief son aspect, IrPs accidenté.. En dehors de ces cirques, les penks des
massifs sont relativement régulières. Il n’y a prat,iquement pas de bordures coralliennes et on att.eint rapidement
les grands fonds marins à peu de distance des c9tes.
L’île Maurice, bien que d’origine également volcanique, n’a plus de volcan en ac.tivité. D’altitude bien moins
Elevée que la Réunion - SO0 m environ - le relief est. très adouci. Contrairement. à la Réunion, l’ile est çeinturee
par des rkifs barrieres coralliens.

IV. Gdologie
Sans entrer dans une deswiption détaillée qui serait hors de propos dans cette étude, il semble cependant
nécessaire de donner un bref apercu sur les grandes lignes de la géologie. Toutefois, si au cours des interprétations

O.R.S.T.O.M., Géophys., 110 18, 1982: .Y-l-8. 7


I I t ,
0 200 400 600 800 1000
1600 1600

-120 2

0 200 km
I I
Nossi-Bé, .’
1400

-1 200 1200

Légende.
:’
-11000 b ;i Formations récentes IOOC

,:i:it:l.,
Maintirano
-180 E
B Eocène - Oligocène marin
Coulées crétacées
1
21G-, 800 80C

B Jurassique marin
Crétacé continental
BJurassique continental C

-t 300 60C

Permotrias marin

-22’ !>

ranites et charnockites
40(

Tuiear \t ’ m Série des Quartzites


B Série des Cipolins
(Système du Vohiborv ‘4
2OC
200 I:::::::J Svstème du Graphite
r//l Svstème Androyen
.anitoïdes
lÙliIU de Brickavil
pJ Charnockites
800 1000 I
-240i
440 460 149GEst.Paris 48*# 5018 52”
L

FIG. 2. - Esquisse gkologique de ibfadagascar d’nprb H. BDSAIRIE, 1960


des anon&ies gravimétriques, il apparait que celles-ci peuvent être rattachées ?+la g6ologie locale, nous la
décrirons alors sommairement en fonction des renseignement.s dont. nous disposons (Doc. Rur. Géol. Madagascar).
La struct,ure géologique de Madagascar résumée sur la figure 2 peut être caractérisée par trois entitI% :
- le socle malgache ;
- les terrains sédimentaires ;
- les format,ions volcaniques.

1. LE SOCLE MALGACHE

Le massif ancien couvre les deux-tiers de la Grande Ile. Mani&es, remaniées par des orogenCses successives,
modifiées par des phénomitnes de rnigmatisat,ion, baranitisation, charnockit,isation, métamorphisme, les roches
originel1e.s ont donné des roches cristallophylliennes difficiles à différencier et. à classer. En particulier, la super-
position de plusieurs métamorphismes d’intensité élevée sur une grande partie de Madagascar, avec. un episode
terminal important lié a l’événement. pan-afrimin de 5%) BIA, et la rareté des mesures géochronologiques r+centes
significatives rendent aléatoire l’identification des épisodes magmaliyues liés aux cycles orogéniques succ.essifs.
Pour les géologues, il est c.ertes utile de définir des ensembles dans le socle cristallophyllien et d’établir une
stratigraphie précambrienne. Pour nous, cette définition d’unités slratigraphiques n’aura qu’un int.ériX secondaire
En effet, les différents systèmes représentant, une période ou un cycle à l’échelle continentale ont des caractères
très voisins et on peut penser que la gravimét~rie ne verra aucune différence entre les diverses séries cristallo-
phylliennes définies par les géologues. De plus, le s&éma stratigraphique admis il y a quelques annees
(H. RESAIRIE, 1960) est remis en question a la suit,e de nouvelles études sur le socle et dont les résulta& ont fait
I’ohjet de nombreux essais de synt.h+se, locales ou générales, a partir de 1966 (RI. BERTUCAT, H. BESAIRIE,
J. CHANTRAINE, G. HOTTIN, G. JOURDE, G. NOIZET, L. RADELLI). Aussi ne ferons-nous pas mention d’une
st.ra.tigraphie précamhrienne et nous considérerons les roches const.it,uant le socle comme une seule enGt.6 ;
ce ne sera que dans quelques cas particuliers que nous différencierons les roches cristallines en pr6senc.e.
On notera cependant que les derniers travaux cit.és plus haut (HOTTIN, 1973), distinguent. les terrains
précamhriens sit.ués de part. et d’autre de la ligne de dislocation importante NW-SE (ligne Ranotsara-Bongolava).
Au Nord de cette ligne, les terrains seraient d’$ge kat.archéen et archéen, plissés et mét.amorphisés par une
orogénie shamvaïenne autour de 2 600 MA ; au Sud, les divers groupes seraient & c.lasser dans le complese ,ultra-
mét.amorphique androyen, d’âge protérozoïque moyen ou inférieur, pour le moins antérieur B l’orogénie kiba-
rienne (1 100 &ZOO MA).

2. LES TERRAINS SÉDIMENTAIRES


Les terrains sédimentaires qui connaissent, un développement considérable sur toute la zone c0tiére occi-
dentale se répartissent en quatre bassins :
- le bassin de la c.0t.eorientale qui ne forme qu’une frange étroite et discontinue ;
-. le bassin de Diégo au Nord de l’ile auquel se superpose le massif volcanique de la montagne d’ilmbre ;
- le bassin de Majunga au Nord-Ouest ;
- le bassin de Morondava, &Paré du préckdent par une remontée du socle dans la région du cap Saint,-Andr&
(dOmes cristallins du Bekodoka).
Sur le versant occidental, le suhst.rat,um precambrien est, recouvert, par une épaisse série sédimentaire d’age
karroo 5 quaternaire, organisée en bassins monoclinaux largement ouverts sur le canal de Mozambique. La
géologie des formations sidimentaires de ces bassins de Morondava et de Majunga est bien connue j la suite
des travaux de recherches pét.rolières.
La série sédimentaire debute au Sud-Ouest au Carbonifère supérieur awc le groupe. ?Ic.ouc.hescharbonneuses
de la Salioa (équivalent des séries Dwyka-Ecc,a d’Afrique du Sud). Les faciès continent.aux type Karroo sont.
ensuit,e largement représentés dans les séries du Sakamena et surtout de 1’Isalo (grés arkosiques dominants).
Les faciés continentaux du Karroo persistent jusqu’au Jurassique moyen avec néanmoins au Permien moyen
et surtout au Jurassique d’importantes intercalations marines, plus lmport,ant.es au Nord (correspondant à
l’ouverture progressive, vers le Sud, du canal de Mozambique) : causses calcaires de 1’,4nkarana, du Kelifely-
Ankara, du Bemaraha. Le Crétacé montre des alternances de faciés marins et cont.inentaux, avec. d’importantw
int,ercalations volcaniques (basaltes et rhyolit*es). Le Tertiaire est d’abord marin (calcaires 6octnes dominants).
-*- Limite sédimentaire-cristallin

. c.

l-
.* 16”
/
/ , // . ..p /’

18”

22”

24O SUD

42” 44” 46’ 48” 50” 52” EST


FIG. 3. - Principales directions tectoniques à hfadagascar

O.R.S.T.O.M., Géophys., no IS, 1982: 3-12s.


Apres la régression géneralisee de la fin du Nummulitique, les fac& cont.inentaux deviennent prédominants
(Néogène continental : Oligocène à Qua ternaire) avec quelques transgressions marines localisees durant l’Aqui-
tano Burdigalien et le Quaternaire.
Sur la côte orienlale les seuls sédiments connus en dehors des formations néogenes cotières sont crétacés
(Turonien B RTaestricht,ien). Ils forment, une n1inc.e frange cotiere de sédiments continentaux (grés et sables) ou
marins (calraires et. marnes) awompagnant les épanc.hements volcaniques crét,ac.és dans la rkgion d’Antalaha
Sambava au Nord et de Tamatave Mananjary au Sud.

3. LES FORBMTIONS VOLCANIQUES


Il existe deux périodes d’activit4 magmatique principale..,s la première d’âge crét.acé (Turonien-Campanien),
la seconde d’dge tertiaire à quaternaire.
On remarquera dès a présent une certaine opposition géographique évidente entre le magmatisme c.réi:acé
H dominance de basaltes théolitiques, concentre sur le pourtour de l’Ile, et le magmatisme tertiaire et, quaternaire,
a dominante de roches alcalines sous-saturées, c.oncentré surt,out sur In zone axiale, de bombement. maximal.
,4n Cr&cé, le soc.le ainsi que la couverture sédimentaire sont int.éressés par d’important,es manifestat.ions
magmatiques.
Ce sont, pour le versant occidental :
-- la mise en p1ac.edes massifs annulaires complexes de la région du c,ap Saint-André et d’importantes coulées
basaltiques accompagnées de faisceaux de dykes doléritiques dans les bassins de Majunga et Rlorondava ;
- au Nord-Ouest, le début de la mise en place, dans l’Isalo, des complexes alcalins subvolcaniques et volcaniques
de la presqu’île d’Ampasindava (dont 1’activit.é se maintiendra jusqu’au Tertiaire) ;
pour le versant oriental :
-- à l’extrême Sud, la mise en place du volcan de l’bndroy (rhyolites-basaltes) ;
- les épanchements basaltiques et rhyolitiques des côtes Sud-Est. et Nord-Est, et les import,ants faisceaux de
dykes doléritiques des zones internes ;
-- les import,ants massifs annulaires Q différenciations ultrabasiques de I’Ambatovy Analamay et. de la Manama,
sur la falaise orientale.
zln NEogéne et CI~EQuaterrlaire, d’import.antes manifestations volcaniques affectent. a nouveau Madagascar
(basalt,es, ankaratrites, t,rachytes, trachyphonolites et ignimbrites). Elles se localisent. surtout dans la moitié
Nord de l’Ile, le long de la zone axiale :
- massifs de I’Ankaratra et. de 1’Itasy au niveau de Tananarive ;
-- pointements d’ankaratrites de la bordure Ouest du graben de 1’AlaoLra ;
- massifs du Tsarat,anana et. de 1’Ankasimbelo au Nord, au niveau de la ligne de fracture Sambirano-Amongil ;
- massif de la mont.agne d’ambre à l’estr&me Nord de 1’Ile.
Sur le reste de Madagascar, le volcanisme néogéne et. quaternaire n’est représenté sur le versant occidental
au Sud-Ouest. que par les épanchements basalt,iques de l’Andreforefo, qui recoupent les calcaires éocénes au
Nord de Tuléar et sur le versant oriental par le massif d’ankarat,rit.es du Takarindona dans la zone cotiere du
Sud de Tamatave.

V. Tectonique
Le socle cristallin est issu d’une aire géosvnclinale ayant une longue histoire dans le vieux Précambrien.
Tous les svstPmes séparés dans le socle ont étk affectés par une orogenèse majeure vers 2 600 MA. Apres des
manifestations plutoniques d’âges différent.s, une nouvelle orogenèse a eu lieu vers 500 MA et qu’il n’est guère
possible de distinguer de la première.
La tectonique du soc.le est commandée par l’existence de grands axes anticlinaux autour desquels s’allongent
et se moulent des zones synchnoriales. Les axes anticlinaux sont, constitués de formations en grande partie
granit,isées ou bien métamorphisées. Une des carac.téristiques de la tectonique est le déversement> des plis à l’Est.
Le socle comporte quelques fossés d’effondrement : au Nord la fosse d’Antongi1 et. au cent.re les fosses de
1’Alaotra et du haut, Mangoro, qui peuvent i%re considérées comme de petit.es ((rift. valley ». Le fossé de l’illaotra,
où l’épaisseur du remblayage sédimentaire dépasse la c.ent,aine de mètres, est bordé par des p0int.ement.s volca-
niques.

O.R.S.T.O.Al., GÇophys., no IX, 1982: 3-128. 11


Dans la zone axiale au Nord de Tananarive et le long de la falaise orientale à l’Est de Tananarive, les
fractures subm&idiennes prédominent : failles de I’Angavo, de l’Anjafy, du hlangoro, de la bordure Ouest
de l’Andriamena, d’Andriba-It,asy, des Vavavato.
L’existence d’une grande faille longeant la c0te Est, s’appuie sur la rec,titude du rivage, l’apparit.ion brusque
de fort,es profondeurs au-delà du plateau continent.al qui ne s’ét,end pas à plus de 25 km de la cote, et un gradient.
accentué de l’intensité de la pesanteur.
L’hypothése d’une faille reportée sur les vieilles cartes et correspondant à l’escarpement des hautes terres,
n’a pas été confirmé ; et il s’agit vraisemblablement d’une falaise d’érosion.
La couverture sédimentaire, constituée de formations allant du Karroo à l’actuel, très développée sur
le versant occidental, détermine une plate-forme tabulaire légè.rement inclinée vers l’ouest. La tect,onique
y est commandée par l’existence, à diverses périodes, de m0uvement.s épirogéniques accompagnés d’une fractu-
ration orientée suivant deux directions principales : direction N 200 E dite <cc0te Est )) et direct.,ion N 150 W
dite ((Bongolava )) et qui est celle de la c.ôte Sud-Ouest (Tuléar) eL Ouest (Maintirano). On soulignera ici la remar-
quable persist.ance, à travers l’hist,oire du Précambrien et du sédimentaire malgache, de ces directions de
fracturations majeures.
Il est intéressant de noter dès maintenant, d’après des considérations géologiques (P. L. CLIQUET, 1957)
que nous verrons plus loin dans l’exposé sur la géologie du bassin de Morondava, l’antériorité de la direction
(1Bongolava 9 par rapport. B la direction (ccôte Est )). Étant donné que les failles des deux systémes ont eu plusieurs
phases d’activité,, il n’est question que de l’age relatif de leur première phase active.
La carte de la figure 3 (G. HOTTIN, 1972) montre nett.ement c.es deux directions tect,oniques majeures.
La forme même de l’île est commandée par ces dem directions.
La direction du Bongolava est visible du cap Saint-André à Fort-Dauphin. Ainsi la falaise du Rongolava,
longue de 400 km dont 1’aspec.t morphologique est indépendant. de la nature des roches, implique obligatoirement
une origine tectonique. En outre, les dimensions d’accidents c.omme la c0te Est OLI le Bongolava sont telles qu’il
est evident qu’ils affectent l’ensemble de l’éc,orce rigide. La nature tectonique serait donc, non pas le tassement
de parties superficielles de la crocte, mais des mouvements d’ensemble de celle-ci dans sa recherche d’équilibre
isostatique.
A ces deux direct,ions principales N 200 E et N 150 W s’ajout,erait selon KUTINA (1972) une troisième,
N 80 W, déterminée à partir de l’observation de plusieurs amas de roches magmatiques d’àges différents au
centre de 1’Ile et d’un petit amas de syénites plus au Nord. Cet auteur considère cet axe comme un axe de réacti-
vation magmat,ique qui traverserait le centre de Rladagascar. Il correspondrait,, soit à la direction d’une fract.ure
profonde, soit, à une zone de faiblesse de l’écorce que RAICOTONDRAINIBE (1977) retrouverait par l’étude des
séismes locaux.
Cet accident gkologique, non plus que cette direction n’apparaissent en gravimétrie.
Dans le bassin de Majunga, la t.ectonique est commandée par l’existence de deux lignes de flexure passant
en profondeur à des failles import.antes. La flexure côtière flanque la fosse de Majunga qui descend à plus de
7 000 m.
Le bassin de Morondava, séparé du précédent,, comme nous l’avons déjà dit,, par une remontée du socle,
prbsente une tectonique beaucoup plus marquée par le jeu des grandes fractures. Le socle cristallin descend
rapidement en marches d’escalier le long de la grande fracture du Bongolava et aussi le long des failles en 6chelon
de la bordure Sud-Est du bassin. Les fract?ures de la période Karroo ont déterminé la formation des longues fosses
de subsidence du Rlenabe et du Iiarroo. La faille de Tuléar est encore active avec un rejet de 200 m en surface
qui augmente avec. la profondeur jusqu’à 2 000 m. Elle est responsable de la formation de la fosse de Tuléar,
profonde de plus de 7 000 m.
Plusieurs grosses inizusions ultrabasiques, parfois non affleuraKt,es, ont suscit.é des soulèvements. C’est le
cas à l’Est de Tambohorana OU le groupe de la Sakamena, soulevé par les gabbros de Fonjay, réapparaît au
milieu des couches isaliennes.
Les phénomènes volcaniques, qui ont débuté au Crétacé supérieur par de puissantes émissions fissurales,
correspondent par la nature des séries émises à un t,ype Pacifique normalement géosynclinal. Ce fait peut s’expli-
quer par la profondeur considérable interessée par la tectonique cassante qui lui a donné naissance (8 000 à
12 000 m).

VT. Activité séismique à Madagascar


L’activité séismique à Madagascar est faible. Elle se manifeste par de nombreux petits séismes locaux, pour
la plupart en relation avec des fractures ou failles (tassements ou jeux de faille) reconnues par la géologie et

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 1%


enregistrés à l’observatoire de Tananarive, plus de 1 000 entre 1973 et 1975 selon RAKOTONDRAINIBE (1977).
La magnitude ne dépasse pas 6. Les profondeurs des foyers, tout au plus A 40 km de profondeur, se situent donc
dans la crotite ou a la base de celle.4.
Une statist,ique des secousses ressenties, 267 séismes pour une période de 20 ans, soit. 13,3 par an, donne un
indice de séismicité, wmpté à la manihre de ROTHE (E. ROTHE, 1946), de 2,2 pour 10 000 km2 (France 4,D,
Algérie 22).
Selon RAKCITONDRAINIBE (1977) les r@ions sismiques sont par ordre d’importance : le lac Alaotra, I’Anka-
ratra et I’Itasy, la vallée du hlangoro, la faille de la c&e Est, les tampoketsa, Ambatofinanc-lrahana, la faille de
Ranomena-Ranot,sara, les bassins sédimentaires de RIorondava et hiajunga.
La disc.ontinuité de RIohorovicic sous hladagascar a été reconnue vers 35 km de profondeur (Bulletins de
l’Académie malgache, 19%). RAKOTONDRAINIBE, en outre, dist.ingue les régions à l’Ouest et à l’Est4 de Tanana-
rive qui se caractérisent par des Epaisseurs différentes des couches granitiques et. basaltiques, avec des vit,esses
pour les Pg de 5,9 hn/s, et pour les Pb de 6,7 km(s. A l’Ouest de Tananarive, RAKOTONDRAINIBE trouve : une
couche granitique H, = 16 &2 km, une couche basaltique H, = 21 +3 km, soit, une kpaisseur de croùte de
37 km ; à l’Est., H, = 14 f2 km, Hz = 19 &3 km, épaisseur de croût,e de 33 km.

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 13


MESURES, CALCUL DES ANOMALIES ET PRÉCISION DES RÉSULTATS

1. Anomalie de Bouguer

1. DEFINITIOE

Le premier document, établi à part.ir des résuhats des mesures est cartographie en (( anomalies de Bouguer B.
On définit classiquement l’anomalie de Bouguer en un point. par la différence entre ce que serait la gravité,
si on supprimait la topographie (alt.itude et relief) et remplaçait la st.at.ion par sa projection au niveau de la mer,
et la valeur au point correspondant, de la surface de l’ellipsoïde de référence. Elle est donnée par :
B = (G + Cz + T) - Go
où :
G : Valeur observée de la pesanteur corrigée des erreurs instrumentales (dérive...) et des effets luni-solaires.
Elle dépend de la valeur de la pesanteur choisie au point de départ du réseau de mesures.
Cz : Correction fonction de l’altitude de la station et de la densité des terrains.
T : Correction de relief qui tient. compte des variations de la topographie aut.our de la station.
Go : Valeur théorique de la pesanteur au point de l’ellipsoïde de référence correspondant a la station.
Cette définit.ion peut se résumer en disant, que (<la mesure de G a été réduite au niveau de la mer D. Mais
si cette formule rend les mesures comparables ent.re elles, elle ne permet guére d’en degager une interprétation
physique.
On peut grouper les termes d’une facon différente, tout en obtenant. une formule numériquem& équiva-
lente :
B = G-(Go-Cz-T)
Ce qui permet. de considérer l’anomalie de Bouguer comme étant la différence de deux quantités : la pre-
miere n’est. aut,re que la mesure fait,e a. la stat.ion, la seconde est la valeur de la pesanteur au meme point d’un
modéle obt.enu en superposant, a l’ellipsoïde la topographie affectée d’une densité convenable. La signification
de l’anomalie de Bouguer se dégage alors sans ambiguït,é . c’est l’influence gravimétrique des différences qui
existent entre la terre réelle et le modele. Le point d’application est la station et. non plus sa project.ion sur
l’ellipsoïde.
Dans la définition de l’anomalie de Bouguer figurent. des termes Correct<ifs dus à la topographie. Ce sont la
correction Ca et la correction de relief T. La Premiere correction est elle-même la somme de deux termes qui sont
la correction Q l’air libre C,, et la correction de plateau C,.

1.1. Correction à l’air libre: CA,

Cet.te correction dite également de ((Faye )), ne tient. compte que de la distance Z entre le point de mesure
et, le niveau de référence. Elle est positive si le point de mesure est au-dessus du niveau de l’ellipsoïde.

O.R.S.T.O.M., Géophys., 110 18, 1982: 3-1’8. 15


Son calcul approché (LEJAY, 1947) fait intervenir la Iatit.ude L du point de mesure et aboutit à l’expression :
c,, = (0,308 57 + 0,000 21 Cos 2L) z
en ne tenant pas compte des termes supplémentaires qui sont nt?gligeables.
Les latitudes extrêmes pour celAe ét,ude sont 120 S et 260 S. La c.orrec.tion 5 l’air libre variant. peu en fonction
de la latitude, de 0,30876 Z à 0,30870 Z, nous avons adopte la valeur suivante dont l’approximation est, suffisante :
c,, = 0,3087 z
1.2. Correction de plateau : C,

Cette correction dite de Gplateau )) tient. compte de l’attraction qu’eserc.e au point. de mesure la c.ouc.he
horizontale de densité d, d’épaisseur Z, comprise entre le point. de mesure et. l’ellipsoïde. Cette c.orrec.tion,
négat,ive, est donnée par l’expression (en milligals par mbtre) : O,O419 d Z.
Nous avons choisi la valeur 2,67 pour la densit.é, valeur communément admise pour représenter la densité
moyenne de l’écorce ou au moins les premiers kilomèt.res de c.elle-ci. Nous verrons plus loin que cette valeur est
satisfaisante. Dans ce cas, la correc.tion de plateau s’exprime par :
C plateau = - 0,1119 Z milligals
En réalité, cette correct,ion n’est valable que pour des études locales, OUIon peut, admettre que les masses
lointaines agissent de même fason 5 l,outes les stations. Pour des études portant, sur de grandes étendues, la
courbure de la Terre n’est plus négligeable et la correction précédente devrait Atre calculée pour un plateau
sphérique.
Toutefois, nous n’avons pas calculé les corrections de plateau qui tiendraient compte de la courbure de la
Terre. Cette correction de plateau sphérique n’aurait eu de raison d’ètre que si parallèlement. on effectuait les
correc.tions de relief. Or nous verrons que nous avons négligé ces c.orrect,ions dans le calcul des anomalies de
Bouguer pour Madagascar en en donnant toutefois un ordre de grandeur. De t,oute facon, le fait. de négliger cette
courbure influe peu sur la précision de calcul de l’anomalie de Bouguer eu égard aux autres erreurs, en parti-
culier celles liées à la détermination de l’altitude comme nous le verrons plus loin.
Par contre, pour la réduction des mesures dans les îles de l’archipel des Comores, Manrice ei de la Rhnion,
la correction de plateau a été calculée pour un plat,eau sphérique et nous verrons que nous avons été amené à
choisir la valeur 2,9 pour la densité, valeur qui conduit h une corrélation minima entre les alt.itudes et, les ano-
malies de Bouguer (fig. 8).

1.3. Correction de relief

On sait qu’outre la correc,tion de plateau, il y a lieu de tenir compte des irrégularites du relief dont on cherche
à compenser les effets par une Gcorrection du relief 8. Les creux et les bosses contribuent & une diminution de la
pesanteur et la correction est pratiquement toujours positive. Elle se calcule à l’aide d’abaques et de tables.
Nous avons cependant. négligé d’effectuer cette correc.tion dans la détermination des anomalies de Bouguer
relatives à Madagascar, son calcul pour des milliers de mesures aurait représenté une somme de travail dispro-
portionnée aux objectifs d’un levé de reconnaissance.
Toutefois, en vue d’obtenir un ordre de grandeur, meilleur qu’une simple estimat.ion, des corrections aux-
quelles on peut s’attendre compte t,enu des conditions t,opographiques particulières, nous avons effec.tué ce
calcul, c.omme nous le verrons plus loin, pour un certain nombre de station, G c.aractéristiques (une cinquantaine
environ).
Par contre, pour les autres Iles, nous avons t.enu compte de la correction de relief jusqu’A la zone 0, (167 km
aut,our de la st.ation) dans le c.alcul des anomalies de Bouguer.

1.4. Anomalies de Bouguer et anomalies & l’air libre

La somme des trois corrections (t air libre 11,(t plat,eau 1)et s relief 1)const,itue la correction de Bouguer qui
conduit A la notion d’a anomalie de Bouguer v : différence en une station entre la valeur observée de la pesanteur
et la valeur obtenue en ajoutant la c,orrection de Rouguer & la valeur th&orique de la pesanteur au point de
l’ellipsoïde de référence correspondant à la st.ation.
Si l’on ne tient compte que de la correc.tion A l’air libre, on définit. 1’~ anomalie à l’air libre >i.

O.R.S.T.O.At., Géophys., no 18, 1982: 3-12X. 16


L’anomalie de Bouguer ainsi définie est calculke en chaque station. Du fait qu’aucun des fact.eurs dont elle
dépend n’ent.raine de variations discontinues, on peut interpoler ses valeurs entre les stations de mesure et
tracer des cart.es donnant. ses valeurs sous forme de courbes ((isogammes j). Le relief ne devant plus avoir d’influ-
ence sur la valeur déterminée? le tracé des courbes ne prksentera aucune relation avec la topographie, a condition,
du moins, que la densité ait été bien C<hoisie.
L’anomalie de Bouguer jouit, donc de la propriété de ne pas 6tre en corrélation avec l’altitude de la stat,ion.
Par c.ontre, elle reste en corrélatSon étroite avec l’altitude régionale, ce qui nous amènera a considérer les (( ano-
malies isost.at.iques B qui, elles, en sont prat.iquement indépendant.es.
L’anomalie à l’air libre et l’anomalie de Bouguer diffèrent de 0,1119 Z. L’anomalie de Bouguer ne présentant
pas de corrélation avec le relief, il est clair que l’anomalie CIl’air libre présent.e une t.elle corrélation. Il est donc
impossible de tracer une cart,e des anomalies à l’air libre, ou du moins elle ne présenterait aucun int.érét, puis-
qu’elle ressemblerait à une carte t.opographique. II suffit, d’ailleurs, de regarder les coupes gravimétriques sur
lesquelles figure lc relief correspondant pour voir la relation étroite entre ce relief et les anomalies c\ l’air libre.
Nous verrons plus loin que l’utilisation des anomalies & l’air libre A,, se fait par l’intermédiaire des valeurs
moyennes par zones (S. CORON, 1963), déterminées non pas en partant de la moyenne des valeurs des anomalies
& l’air libre calculées pour chaque point, mais en considérant d’une part la valeur moyenne de l’anomalie de
Bouguer et. d’autre part la valeur moyenne de l’altitude pour la zone considérée et en appliquant la relation :
A,, = A,, +0,1119 z,.
Nous allons examiner suwessivement les différents facteurs qui interviennent dans le calcul de l’anomalie
de Bouguer et sur sa précision.

2. MESURE DE LA PESANTEUR ET PRÉCISION

Les mesures de pesanteur effectuées aver des gravimPtres sont des mesures relatives qui nécessitenl, donc
la connaissance de deux élémenk au départ :
- une valeur de référence de la pesanteur au point. de départ du réseau de mesure ;
.- une base d’kkalonnage qui permet, de définir en milligals l’échelle de lect,ure du gravimètre.

2.1. Stafioiz de rèfbeme

Les valeurs observées de la pesanteur, corrigées des erreurs instrumentales (dérive...) et de la marée luni-
solaire sont calées sur les bases gravimétriques du réseau O.R.S.T.O.M. qui s’étend à l’Afrique, à Madagascar,
?I la Réunion et SIl’ile Maurice (DUCLAUX, MARTIN ei al., 1954). É;tabli en 1951 et 1952, ce réseau communément
appelé réseau Martin a pour point, fondamental Paris-Observatoire :
Pilier E, ancienne salle de pesanteur, g = 980 943,OO milligals. Cette valeur est définie dans le système
classique dit de Potsdam basé sur la valeur Observ@ede la pesanteur a Potsdam par KUHNEN et FURTWANGLER
en 1904 (g = 981 274 mgal).
Bien qu’un nouveau système de référence dit. IGSN 71 ait été préconisé par l’A.I.G. en 1971, et que nos
mesures s’étendent jusqu’en 1974, nous sommes cependant reséé dans l’ancien syst.éme de Potsdam pour une
raison d’hon1ogénéit.é (les premikres mesures & Madagascar effectuées par le R.P. Louis CATTALA remontent
a 1958).
Rappelons que le nouveau réseau internnt.ional de la pesanteur a été adopté & l’occasion de l’Assemblée
générale de I’LTGGI à Moscou en 1971. Appel6 (( Réseau Gravimétrique International Unifié 1971 )) ou (( Int.er-
nat.ional Gravity Standnrdization Net 1971 )) (Publicat,ion A.I.G., 1974), il a ét,é établi par la c.ompensation
générale d’un rkseau mondial constitue par un ensemble de mesures absolues (lO), de mesures pendulaires (1 200)
et. de mesures au gravimétre (2-Z000).
D’autre part. une nouvelle formule de référence a été adoptée par I’UGGI en 1967 :
G, = 978 @31,85 (1+0,005 278 895 sin”L + 0,000 03.3 ‘462 sin4L)

Remarquons que si l’on veut utiliser le réseau IGSN 71 pour le calage des mesures, il faut également, pour
etre cohérent,, c,alculer les valeurs d’anomalies avec la formule 1967.
On peut, noter que la valeur de la pesanteur à la station de Tananarive-Arivonimamo aérodrome, no 272
dans le réseau O.R.S.T.O.X. (g = 978 220,47) devient, dans le nouveau réseau IGSN 71, sous le no 39297 J,

O.R.S.T.O.M., G&~~lu~s., no lb', 1.982: 3-128. 17


g = 978 202,42 mgal, soit une différence de 18,05 milligals. Cette différence provient, non seulement de l’écart
entre le systéme de Postdam et IGSN 71 (& Paris E, 14,71 rngal), mais aussi de la différence d’étalonnage entre
le systéme 0.R.S.T.O.K et IGSN 71, soit 1,227/1 000, qui donne 3,34 mgal pour un écart. de 2 722,53 mgal entre
Parie E et. Tananarive-Arivonimamo.
D’ailleurs la conversion des valeurs de g du réseau O.R.S.T.O.RI. (syst.éme de Potsdam) dans le nouveau
système IGSN 71 peut se faire facilement en appliquant la formule :
G ORSTC,hr
G IGSN 71 = -- 17,696 + 1,227 10-a (G ORSTOM -978 500,OV)
Cette formule a été ét.ablie par le Bureau Gravimét,rique International dans son souci d’hornogéneiser les
résultats des divers levés gravimétriques effectués en Afrique (B.G.I., 1976).
Notons cependant, que s’il est nécessaire de ret,rancher 18,05 mgal à la valeur de la pesanteur - système de
Potsdam - 4 la station prkédemment, c.itée pour passer dans le nouveau systbme IGSN 71, il suffit d’ajouter
3,64 mgal à la valeur de l’arzomalie de Bozl.guer en ce point pour la rapporter au nouveau syst.ème de référence
(géodésique 1967 et IGSN 71). La correctlon qui est. B ajouter aux valeurs de l’anomalie de Bouguer varie du
Nord au Sud de Madagascar de 1,9 à 4,5 mgal.

2.1.1. Stations du réseau O.R.S.T.O.M.


Prat,iquement toutes les bases ci-dessous établies par J. MARTIN ont été utilisées comme stations de référence :

Madagascar

No 272 TANANARIVE-ARIVONIMAMO abrodrome (


273 TANANARIVE-ARIVONIMAMO Contrôle 2) g = 978 220,47
220,59 mgal
-
274 TANANARIVE-IVATO a6rodrome 245,@2 (repks disparus, station
remplacke par 274 - 1)
275 TANANARIVE OùSerVatOirt? 226,35
276 TANANARIVE-IRSM 2-i8,13
277 TANANARIVE Palais de la Reine 213,74
278 TANANARIVE COllé@? Saint-Michel 251,98
279 MORONDAVA aérodrome 736,04 (repères disparus)
280 TULEAR aérodrome t188,18 (peu accessible)
281 FORT-DAUPHIN aérodrome 962,02 jrepéres disparus, station
remplacée par 281 - 1)
283 FORT-DAUPHIN mttb,o 953,32 (devenue gendarmerie)

Ile de la Rbunion
No 284 LA RÉUNION-GILLOT nkrodrome g = 978 940,20 (repbes disparus)
285 SAINT-DENIS station astre. 846,97 (repbres disparus)
286 PORT DES GALETS églis? 934,56
287 POINTE DU CHATEAU 958,18
288 SAINT-PIERRE station astro. 947,70 (repères disparus)
289 PLAINE DES CAFRES Bglise 695,71
290 SAINT-BENOIT @lise 913,81

Ile hlaurice
NO 291 PLAISANCE akrodrome g = 978 X69,07
2% PORT-LOUIS 9‘28,01

Rappelons que les valeurs des st,ations du réseau Woollard cité plus haut sont. :
RIadagascar
WA 9006 - ARIVONIMAMO airport. 978 216,6
(station pratiqnement identique à la station
O.R.S.T.O.M. nn 272).

Ile Maurice
WA 9007 - Airport 978 866,6
(équivalente à la station IGSN 71, no 42 707 J, 978 852,%1 rngal)

(1) TGNS 71, n@ 39 297 J, valeur : 978 2(32,42 mgal

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 18


-4 Madagascar, l’accks a clertaines des stations n’ét,ait pas fac.ile. D’autres ont vu leurs repères d’identifi-
cation disparaître (bases 27~1,279, 281...). Ainsi la base 2.74 est c.elle de l’aéroport de Tananarive-Ivato situé a
17 km de la ville, qui a été aménagé pour devenir arkoport, internat.ional en remplacement de celui d’arivonimamo
situé trop loin de la ville (50 km).
Aussi avons-nous établi de nouvelles bases a Tananarive et Fort-Dauphin à partir de bases encore exis-
tantes du réseau O.R.S.T.O.M. Ces nouvelles bases, proches des anciennes, s’intègrent donc tout naturellement
dans le rkeau O.R.S.T.O.M., avec sensiblement la m&me précision, d’autant plus que le gravimktre ut.ilisk a été
étalonné entre deux station O.R.S.T.O.M.
Ces nouvelles bases sont :
274-1 TANANARIVE-IVATO &OpOI% (IXlt+?) g = 978 246,87 mgal
281-l FORT-DAUPHIN aéroport., salle météo g = 978 961,66 mgal

Une autre base, plus pratique pour notre usage que la station 276 Tananarive-IRSM, a également été
établie :
276-I TANANARWE-TzrniBazAzA (ancien centre O.R.S.T.O.hf.) g = 978 252,66

C’est cett,e station qui a servi de point. de départ & nos levés gravimétriques à Madagascar.
Ces trois st.ations, ainsi que celles du réseau complémentaire ci-dessous, sont décrites dans la notice expli-
cative no 79, O.R.S.T.O.M. Paris 1973.

2.1.2. Staiions du rtkeun complémentaire

Pour déterminer la dérive des gravimtt.res travaillant sur de grandes dist.ances, le nombre des stations du
réseau O.R.S.T.O.M. était insufkant. En partiwlier il n’existait aucune base dans toute la part.ie Nord de la
Grande Ile. Aussi, pour obt,enir un lev6 homogkne pour tout Madagascar, il a étk néc.essaire d’ét.ablir un réseau
secondaire compktant le ri-seau O.R.S.T.O.M., appuyé sur celui-ci et ayant sensiblement sa prkcision. Ces
nouvelles bases ont ét.6 implantées aux aérodromes, les liaisons avec Tananarive ayant été assurées par avion.
Étant donne que ces stations ont ét,é É?tablies avec le gravimètre 0 North American )) no 73, étalonné entre
deux st.ations du réseau (t Martin )), on peut admettre qu’elles s’intègrent naturellement à celui-ci.
Ces st.ations sont :
A Madagasc.ar
ANTSOHIH~ akrodrome g= 978 342,78 rnilligals
DIEGO-SUAREZ a&'OdTOme 306,54
MAJUNGA aérodrome 431,20
ï,IANANJARY 800,60
NOSY-BE aérodrome 383,23
SAMBAVA aérodrome 451,21
TAMATAVE aerodromc 591,07

Aux Comores
Les bases gravimétriques des îles de l’archipel des Comores ont été effectuées au cours d’une campagne de
recherches océanographiques du N.O. ((Vauban D de l’O.R.S.T.O.M. dans la région des Comores en octobre-
novembre 1973 et à l’owasion de laquelle il nous a été possible de faire quelques mesures gravimétriques dans
les différentes îles.
Les bases sont les suivantes :
DZAOUDZI A, port g = 978 510.1 milligals
Dzaounzr B, aérodrome 500,7
&fORONI, RCrodrlJme 406,R
Mu~sAbfuDu, port 4W,6

Les valeurs de la pesanteur aux stations de base du réseau cornplérnentaire à Madagascar ont été établies
avec une précision de 0,03 nlgal sauf celles de Mananjary et Nosy-Bé dont la précision n'est que de 0,05. En ce
qui concerne les bases AUX Comores, la précision est de 0,l mgal.

O.A.S.T.O.M., Giophys., 110 18, 1982: 3-128. 19


On peut signaler c.ependant qu’au cours de nos c.ampagnes de mesures des stations ont été reoccupées
plusieurs fois. Elles ont donc, ac.quis de ce fait une précision meilleure que celle admise pour les mesures le long
des itinéraires ; par exemple :
IHOSY, Poste de Police, en face du repére de nivellement., mairicule 193,
Lat.. 220 241 s Xlt. 729,s m
Long. 460 07,6 E g = 978 598,4 j$i,OS mg-a1

2.2. Étalonnage des yrarrimétres

Pour pouvoir determiner la valeur de la pesanteur en une station Q partir de mesures effectuees avec un
gravimétre, il faut. connaître le coeflcient d’étalonnage de celui-ci.
Étalonner un gravimètre, c’est déterminer la valeur en milligals d’une division du cadran de lecture. Cela
n’est possible que si on a deus stations ou la valeur de la pesanteur est. déja connue, soit par des méthodes pen-
dulaires, soit, comme ç’est le cas le plus souvent, par des liaisons effectuées avec. des gravimètres étalonnés au
préalable. C’est. ainsi que les bases du réseau O.R.S.T.O.M. ont étt: ét.ablies avec le gravimctre QNorth Ameri-
can j) no 124.
On voit déja de ce fait que la précision de l’étalonnage d’un gravimét,re dépendra de le. qualité de l’étalonnage
du gravimetre de reférenee.

2.2.1. Base d’ètalomage principal


Nous avons utilisé les stat.ions modifiées du réseau O.R.S.T.O.M. : Tananarive-1vat.o aérodrome (274-l) ou
Tananarive-Tsimbazaza (276-l) et. Fort-Dauphin aérodrome (ZSl-lj comme base d’étalonnage.
Les valeurs de la pesanteur aux bases 274-l et 281 present.ent un écart, import,ant. (dg = 714,79 mgal).
Il s’ensuit, que l’erreur propre aux mesures étant très petite par rapport, a la différence de g, un seul aller-retour
pouvait suffire, s’il était fait dans de bonnes conditions.

2.2.2. Base d’étalonmge secondaire


Il n’était pas toujours possible d’accomplir aisément. et souvent la liaison Tananarive-Fort-Dauphin par
voie aérienne, aussi avons-nous ét,abli une pet5t.e base d’étalonnage a Tananarive même, utile pour s’assurer du
bon fonctionnement du gravimètre après chaque nouveau réglage. La petite différence de g pouvait se compenser
par la multiplicat.ion des allers-retours, ceux-ci pouvant, s’effectuer en moins d’une demi-heure.
Cette base d’étalonnage sec.ondaire était constituée par les stations :
276-1 TANANARWE-TSIMl3AZAZA g = 978 252,66 tilt. 1260,7 m.
TANANARIVE-A~IB~AIPOTSY (temple) g= 078 219,85 ,-\lt. 14U5,2 m.
soit une différence de g de 32,Sl mgal (différence d’altitude de 144,s m).
La st.ation Tananarive-Ambohipotsy a été établie devant le reptre du Nivellement GAnéral de Précision
implanté sur le mur d’enceinte exterieur du temple d’Ambohipotsy, à proximité du portillon donnant sur la cour.
C’est. sur cet.te base d’ét.alonnage secondaire que nous déterminions habituellement le c.oeftlc.ient d’étalonnage
des gravimet.res Worden. Rappelons que c.esgravimètres peuvent. étre également. etalonnes a partir d’une table
d’inclinaison.

2.3. Précision sur le réseau de bases

É;tant calées sur le réseau de bases O.R.S.T.O.Rl., nos mesures sont, entachées en premier lieu de l’erreur
sur ce réseau, erreur systématique indépendante de notre travail. La mème erreur se répercut.era sur le réseau
de bases complément.aires qui, comme nous l’avons vu, peut &t.re c.onsidt;ré comme une extension du réseau
O.R.S.T.O.M. et, d’une précision aensihlement équivalente.
Tout le réseau O.R.S.T.O.M. a été etabli avec le gravimetre (t lYorth Ameriçan u no 12.4 étalonné sur la base
d’étalonnage française Paris-Toulouse. Nous avons vu que le milligal francais tel qu’il est défini par le base
Paris-Toulouse s’écarte de 1:227/1 000 du milligal mondial.
Dans notre étude, la base de départ. a pour valeur environ 978,251) Gals et les valeurs observees de la pesan-
t,eur varient entre 975 et 979 Gais. Nous pouvons donc indiquer que les erreurs sur nos mesures dues à l’impré-
cision du réseau de bases seront donc au plus de -0,3 mgal vers les valeurs inférieures à 978,250 (altitude plus
forte ou latitude plus faible) et +0,9 vers les valeurs supérieures.

2.4. Err~eur sui’ le coefficient d’étalortnage

L’imprécision sur le réseau de bases entraine donc une erreur sur le coefficient d’étalonnage du gravirnetre
NA 73 qui a été utilisé pour effectuer nos mesures.
Cependant, il faut noter une autre cause d’erreur qui a affecté nos mesures et qui est une erreur propre à
notre travail : c’est la wwintio~~ du coefficient tl’étalon~~age au COL~Sdu temps.
C’est, un phénomene qui, mal~l~ureusernent-, n’a pu être mis en évidence qu’à la fin de nus travaux et il était
difficile de reprendre tous nos c~akuls.

2.4.1. T’wiafioil du coefficient d’~talor~l~age du graoimRtre ATA 73

Trois etalonnages seulement. sur la base Tananarive-Fort-Dauphin ont PLI ctre effectués au cours de
nos travaux qui s’étendent. de 19661 a 1974.
Le premier, en février 1968, avait. donné comme coefkient 2:1103. C’est cette valeur qui a servi
pour caIc.uler les résukats de nos mesures de 1966 à 1969.
En 1969 le fonc.t.ionnement, du gravimètre a commencé a étre défectueux. Des sauts ((( Jumping ») clans les
lectures devenant de plus en plus fréyuent,s, une revision du gravimètre s’imposait. et il a ét.é réexpédié en France
en juin 69 a la C.G.G. (Compagnie Générale de Géophysique) pour une remise en état..
Au retour de l’appareil à ïVadagasc,ar, un nouvel étalonnage effectue sur Tananarive-Fort, Dauphin en jan-
vier 70 a donnk comme coefficient-. 2,.1066. La différence avec la valeur déterminée en 1968 avait ét,é attribuée â
ce moment. aux opérations de révlslon en France.
C’est. a partir de ce coefiic.ient, 2.,1066 qu’ont étb obt,enus les résukats des mesures faites ent.re 1976 et, 1974.
Un troisieme étalonnage a été effectué ii la fin de nos travaux en février 1974 sur la base Tananarive-Fort
Dauphin pour un uRime controIe. Cet étalonnage a conduit Q la valeur 2,0969.
En const.at.ant. la diminution progressive du coeficient d’étalonnage, nous avons été amené a reconsidérer
la c.onstance, jusqu’alors admise, du coefficient, d’étalonnage du gravimétre.
En portant, sur un graphique (fi,. ‘0. A-)les trois valeurs du coeffkient. en fonction du temps, on observe qu’elles
s’alignent. sensiblement. Pour s’assurer de la réalite de cette 4 dérive 1)du coeffkient d’étalonnage, nous avons
repris les dét.erminations des bases d’.clnfsohihy et. dlaj~~nga du réseau complémentaire qui avaient. été réoccupées
deux fois a plusieurs mois d’intervalle.
Les différences, de l’ordre de 0,2 mgal, qui avaient été observées entre deux liaisons sur une merne base,
avaient. ét.t atkibuées a l’époque aux mesures et on avait pris la moyenne.
Considérons par exemple la base d’ilntsohihy :
La liaison Tananarive-Antsohihy a été effectuée par deux fois : les 3 janvier 1971 et 10 octobre 1972, soit
a 22 mois d’intervalle. Les différences de lectures observées, corri@es de la dérive et de l’effet luni-solaire, ont.
été respectivement de 42,81 et 42,92 divisions. Le coefficient d’étalonnage 2,1066, adopté alors, donnait, donc
une différence de pesanteur de 90,18 et, 90,42 mgal (écart de 0,24 mgal), soit, une moyenne de 90,30.
Considbons maintenant. comme roeffkient d’étalonnage les valeurs lues sur la droite moyenne telle qu’elle
est, définie. sur la fig. 4 et. correspondant aux époques de mesure.
Pour la Premiere liaison (03.01.71) le coeffricient serait, de 2,,1044. La différence de lecture de 42,81 divisions
donne une diffërence de g de 90,09 mgal.
A la deuxikme liaison (10.10.72) correspond un c.oeffrcient de 2,101)4, ce qui nous donne une différence de g
de 90,15 mgal, pour une différence de lecture de 32,92.
La différence entre les deux liaisons n’est. donc plus que de 0,06 mgal.
On voit imrnédiat,ement que si l’on admet. une v dérive >)du coefficient. d’étalonnage, on améliore c.onsidéra-
blement les mesures, I’éc.art entre les deux liaisons passant de 0,2-I a 0,06 mgal.
On est. ainsi conduit a adopter pour la différence de g entre Tananarive et, Antsohihy la valeur moyenne de
90,13 mgal.
En adoptant cet.te valeur comme différence de pesant.eur ent.re Tananarive et Antsohihy, on peut déterminer
réciproquement les cocffrcienk d’etalonnage tels qu’ils auraient dd être en considérant, les différences de lec.tures
observées. Ainsi ce c.oefYic.ient,devient 2,105l pour la première liaison et 2,0997 pour la deuxième.
LIAISONS
+ PARIS - TOULOUSE (19581
+, TANANARIVE - FORT-DAUPHIN
TANANARIVE - ANTSOHIHY
0 TANANARIVE - MAJUNGA

FIG. 4. - Variation du coefficirnt d’étalonnage du gravimktre NA 73 en fonction du temps

En opérant de même pour les liaisons effectuées sur Majunga les 25 juin 1971 et 14 décembre 1973, soit à
30 mois d’intervalle, on en déduit. pour c.es époques les coeffkients 2,1017 et 2,099s.
En reportant ces quatre valeurs sur le graphique, on constate bien une diminution sensiblement linéaire
du coeffkient d’&alonnage.
Notons également qu’un étalonnage de ce gravimétre avait été effectué sur la base Paris-Toulouse par
J. MARTIN en mars 1958. Ce dernier en avait déduit. la valeur 2,124O. Cette valeur, reportée sur la fig. 4 pourrait
confirmer cette variation du coefficient d’étalonnage.
Si l’on admet c.ette variation du coefficient d’étalonnage du gravimètre, les résultats des mesures, calculées
avec le coeffkient constamment égal G 2,1066, seront donc entachés d’une erreur augmentant avec le temps.
S’il était opportun de recalculer les valeurs de la pesanteur aux bases du réseau complémentaire en consi-
dérant le coeffkient d’ét,alonnage lu sur le graphique Q la pbriode c.orrespondant. à la liaison (ce sont c.esvaleurs
qui ont été adoptées pour le réseau de bases cité plus haut), nous n’avons pas cru indispensable de reprendre
les calculs pour les aut,res stations, compte tenu de l’utilisation des résultats de nos mesures, l’objectif principal
étant. l’établissement d’un réseau & larges mailles visant aux études de géodksie et de géologie profonde. Nous
verrons dans le calcul des anomalies que la principale c.ause d’erreur provient de l’impr&ision sur la détermina-
tion des altitudes et l’erreur qui en résulte est beaucoup plus importante que celle liée à la valeur adoptée pour
le coeffkient d’étalonnage.
Chiffrons cependant l’erreur que nous avons pu commettre en ayant conservé le coefkient, 2,1066 de 1970
à 1974.
Les mesures au début de l’année 1971 ont, été effectuées dans le Sud de Madagascar. A cette période c.orres-
pondrait un coefficient. moyen de 2,104. Les écark de g observés étant d’environ 500 mgal, les résulta& obtenus
sont entachés d’une erreur de près de 1 mqal. De mkne pour le Nord de Madagascar, où les mesures ont été faites
de fin 72 à début 73 (pas de mesures entre fin 71 et début 72). Les éc.art.s de g n’y atteignant que 300 mgal et
le coefficient moyen qu’il aurait fallu adopter étant de 2!100, l’erreur est également, de 1 mgal.
Les levés aux îles de l’archipel des Comores, Maurice et, de la Réunion ont été effectués avec le gravimètre
Worden no 600 et ne sont donc pas ent,achés de cette erreur.
A l’île Maurice et 0.la Réunion, les mesures sont calées sur le réseau O.R.S.T.O.M. et. aux Comores les mesures
sont calées sur les bases du réseau complément-aire corrigées de la dérive du coef’fkient. d’étalonnage du gravimètre
NA 73.

En plus des erreurs résultant. d’une part du réseau de bases et, d’autre part,, de l’&alonnage comme nous
venons de le voir, il existe des erreurs qui dépendent de la façon dont les levés sont effectués.
Si sur certains it.inéraires les recoupements etaient nombreux, sur d’autres ils pouvaient &tre trts espacés.

0 R.S.T.O.M., Géopht~s,, no 18, 199%: S-125. 22


Les réoccupations nombreuses permettent une bonne évaluation de la dérive. On peut noter que celle du
gravimétre NA 73 n’a jamais été forte et qu’elle restait. relativement régulike malgré I’éLat, souvent, défec.tueux
des pistes. L’erreur accidentelle a été est.imée à partir de la dispersion des mesures aux stat.ions réowupées et
ne doit pas dépasser &0,2 Q 0,3 mgal.
Sur les it.inéraire.s où les recoupen1ent.s étaient rares, on peut admett.re, par suite de la régularitk constatée
de la d&ive, que l’erreur sur les mesures rest,e du meme ordre de grandeur.

Conclusion coilcernanf l’erreur sur la valeur observée de la pesanteur


En dehors de l’erreur systématique qui est celle at,t.ribuée au réseau de bases O.R.S.T.O.M. indépendank
de nos mesures et dont. nous ne tiendrons pas c,ompte, l’erreur princ.ipale proviendra de la diminution progressive
du coefficient d’t%alonnage, dont. il n’a pas été t,enu compte si ce n’est pour la détermination des bases complé-
mentaires. Cette erreur varie en fonction du temps éc,oulé depuis janvier 70 et de la difftrence de pesanteur
observée. Elle peut atteindre 1 mgal dans les plus mauvaises conditions. La précision finale sur la valeur de la
pesanteur peut èt,re estimée 2 1,s mçal, en t,enant. compte de l’erreur liée aux c,onditions du levé.

3. PESANTEUR THÉORIQUE ET SA PRÉCISION


On a vu que le calcul de l’anomalie de Bouguer nécessite, d’une part, la détermination de la pesant.eur j la
st.ation, et d’autre part, la connaissance de la valeur de la pesanteur théorique Go, au point correspondant de
l’ellipsoïde de référence.
La formule internationale de 1930 donne la valeur de Go en fonc.l.ion de la latkude :
Go = 978 049 (1+0,005 258 4 sin”L - 0,000 005 9 sin%L)
La précision avec laquelle on connaîtra la valeur de la pesant,eur théorique Go dépendra donc de,la précision
sur la détermination de la lat.itude.
A la latit,ude moyenne de notre levé (190 S), une erreur de l’ordre de 200 m (environ 0,l’) sur la latitude
entraîne une erreur de 0,I milligal).
De bonnes cartes couvrent l’étendue des zones où nous avons effec,tué des levés gravimétriques : c.artes
A 1/100 000 pour Madagascar et l’île Maurice, à 1/50 000 pour les îles des Comores et de la Réunion. Il était donc
facile de repérer les stations sur les coupures de ces cartes et de lire les coordonnées à mieux que le dixième de
minute. L’erreur introduite sur Go est faible et ne dépasse pas 0,05 mgal. Cependant quelques coupures &
l/lOO 000 de Madagascar étaient. anciennes (d’ailleurs en cours de révision) et, pour les stations sit.uées sur ces
coupures l’imprécision peut atteindre 0,l mgal.

4. CORRECTION DE BOUG~ER ET SA PRÉCIGION


On a vu préc.édemment que la correct.ion de Bouguer est la somme des corrections A l’air libre, de plateau
et de relief.
Les deux premiéres corrections se réduisent & 0,19A,SZ si l’on c.hoisit la valeur 2,67 comme densité de plat.eau
C’est. donc, l’imprécision sur la détermination de l’altitude qui réglera l’import.ance de l’erreur sur ces corrections.

4.1. Détermination des nltitudes


On peut distinguer deux cas bien différents selon que les stations ont. été effec.tuées ou non sur des itinéraires
suivis par le Nivellement, Général. Pour les mesures autres que celles qui ont été faites auprks d’un repère du
Nivellement Général, les altit,udes ont été dét,erminées par nivellement baromkt.rique.
A Madagascar les altit.udes des stations gravimétriques relkvent, pour la plupart, du nivellement baromét.rique.
,4 la Réunion, les alt.it.udes des stations ont presque toutes ét.6 obtenues d’après le Nivellement de Précision.
A I’ile Maurice uniquement par nivellement barométrique, ainsi qu’aux îles de l’archipel des Comores OU, pour
quelques rares stations, les altitudes ont. été lues sur les cartes topographiques par interpolation entre les courbes
de niveau qui sont de 20 en 20 m (la précision sur l’altitude de ces stations est alors de l’ordre de 10 m).

4.1.1. Itinkraires du nivellement ghéral de précision


En dehors de l’erreur systémat,ique qui est celle du Nivellement Général et que nous ne discuterons pas, on
distinguera deux catégories d’erreur sur l’altitude selon que les st,ations sont à proximit,é d’un repére de nivelle-
ment ou entre deux de ces repkes.

O.R.S.T.O.M., Géophys., nu 18, 1982: 3-128. 23


Pour les stations proches d’un repere, l’erreur est minime et pourrait mème être absolument négligeable
si nécessaire. Pour les stations situées entre deux repères (distants en genéral de 4 à 5 km), l’alt$itude de la station
est interpolée à l’aide d’un altimètre entre ces repères. L’erreur sur l’altitude de ces sktions est inférieure à
3 mètres, soit 0,6 mgal.

4.1.2. Itimhires nivelés bul~ométriqlre»lerzt

Si la pression ne variait qu’en fonct.ion de l’alt.it.ude, les mét,hodes opératoires seraient. simples. Mais on sait
que la pression carie selon les heures de la journée ((( marée barométrique ,) et en foncl,ion des conditions clima-
tiques locales.
Pour éliminer les effets de la marée barométrique, on a procédé de la facon suivante : en chaque stat.ion on
note l’altitude lue sur un alt.inGtre et l’heure de la mesure. La différence entre la valeur de cett,e altitude et
celle du point de départ est corrigée de la valeur de la marée baromét.rique à l’heure de la mesure. Pour évaluer
ceike correction, qui peut. at,teindre une cinquantaine de mèt.res (en moyenne une trentaine), on a utilisé, soit les
mesures au barometre faites a int,ervaIles reguliers dans les stations du Service Météorologique de Madagascar
les plus proches de la zone de travail (stat.ions marquées d’un B hI D sur les figures 5 et 6), soit, les lectures faites
à imervalles réguliers, d’un deuxième altimètre inst.allé provisoirement dans la région A étudier (ces stations sont
marquées d’un (( m j>).
SUD HAUTS PLATEAUX ET COTE EST

FIG. 5. - Itinéraires du Nivellement GénBral de Précision doublés par le nivellement. baromktriquc dans le sud et sur les Hauts-
Plateaux et la côte Est. de Madagascar

Cela suppose la constance régionale de la maree baromékique.


En réalité, si au point de départ l’altitude indiquée par l’altimètre est I’akitude vraie à une constante près,
au point d’arrivée, cette constante n’est plus la même, et on a une sorte d’ccerreur de fermeture )). L’écart observé
provient essentiellement du gradient barométrique dû au fait, que l’atmosphere est en genéral en déséquilibre.

O.R.S.T.O.M., Géophys., no Is, 19S2: S-136. 21


En supposant les courbes isobares rPguli&rement espacées, on peut assimiler l’écart de fermeture ü une sorte de
(t dérive 1~régulié.re que l’on peut &part,ir linéairement en fonction de la distance en tenant compte, bien entendu,
des diflërences entre les lect.ures &@Ses & la meme st,at.ion B I’arrivGe et au départ des arrèts : balte de midi
(Hm) et ha1t.e de nuit, (I-In), différences pouvant atteindre plusieurs mètres (fig. 6).
Il semble plus difficile, merne impossible, d’éliminer les variat.ions des conditions at.mosphériques locales.
Pour estimer les irrégularités du gradient barométrique dues à des dépressions ou surpressions localisées
dans les zones travers&es, il eût été nécessaire de disposer de plusieurs postes dans ces zones en plus des postes
fixes encadrant la zone de travail, ce qui, par la même occasion, aurait amélioré l’évaluation de la marée baro-
métrique. Malheureusement il ne nous a pas été possible de disposer de tels postes et c’est la méthode du chemi-
nement simple (un alt.imétre ou un baromèt.re à poste fixe et un altimètre itinérant) qui a été utilisée pour la
determination de l’altitude de nos st.ations.
Il ne nous a pas étt; possible d’employer la méthode du cheminement par (( Saut*e-mouton V, lourde et. lente
qui nécessite deus altim*tres it,inérants.

4.1.3. App~ei1.s ubilisés


Les appareils utilisés ont été des altimètres CC
Wallace bt Tiernan o. Leur échelle de lecture est de 1 800 m et.,
gradués de 5 en 5 métres, ils permettent d’apprécier le mé.tre. L’erreur ins’wumentale est faible (pratiquement
pas de coefîcient de t,emp&rature) et de t.oute façon négligeable devant l’erreur import.ante provenant du princ.ipe
même du nivellement, baron&rique.

41.4. Défrrminatiotz espé&nentale de l’eweu1


A Madagascar, par suite du relief tourmenté et de la proximité des zones de perturbations, il était a waindre
que la détermination des altitudes par le nivellement barom&rique donne lieu à des erreurs bien plus importantes
que pour les mesures analogues effectuées en Afrique, et peut-ètre mhme prohibitives. En effet., en Afrique,
on pouvait raisonnablement supposer que les erreurs dues au nivellement barométrique seraient faibles dans
les régions sahéliennes et sahariennes où s’effectuaient la majeure partie de nos levés, les pressions armosphériyues
y ét.:rnt. remarquablement stables sur de grandes étendues et le relief relativement. peu accidenté. Il en déc.oulait
un gradient faible et, surtout, régulier. Effectivement, l’erreur, estimée expérimentalement, s’était montrée faible :
de 3 B 5 m en valeur relative et 10 à 12 m en valeur absolue.
Aussi, des le début de nos levés à Madagascar, nous nous sommés at,taché à vérifier expérimentalement. la
précision de la mét.hode en opérant, comme en Afrique, sur des itinéraires du Nivellement de Précision de
l’Institut Géographique National. Il n’était, pas question de discut,er rigoureusement de la préçision de la m8thode
de nivellement, barométrique basée sur la formule de Laplace, qui, par son principe mème, n’a qu’une précision
limitée. Cette formule fait, intervenir outre la pression du lieu, des t,empératures Corrig&es s’exprimant .Spartir
de la t.empérat,ure sèche et de la tension de vapeur d’eau, elle-meme d&erminée à partir des t.empératures sèche
et humide. Il faut également, connaît.re la loi de distribution des températures en fonct,ion de l’alt.itude qui ne
peut êt.re connue que de façon approchée.
Il nous a donc semblé illusoire de prendre en considération tous ces fac.teurs qui n’auraient fait que compli-
quer les calculs sans pour autant être assuré que cela nous donnerait une meilleure précision, d’autant que la
détermination de nos altitudes n’était. faite que par cheminement simple.
La détermination expérimentale de l’erreur a été effect.uée en stationnant auprés de tous les rephres ren-
contrés sur pri:s de 2 500 km d’it.inéraires du Nivellement Général de Précision. L’erreur sera donc. l’écart, entre
l’altitude déterminée par nivellement barométrique et l’altitude donnée par le Nivellement. Général.
Quelques exemples de ces itinéraires sont représentés (en gras) sur la figure 5. Ils sont, situés, soit, en bordure
de mer, soit, partant du bord de mer vers l’intérieur, soit entièrement à l’intérieur du pays sur les hauts plateaux
II faut, rappeler que la mer n’est. jamais à plus de 300 km d’un point quelconque de la Grande Ile.
Sur les profils de la figure 6, on a porté en ordonnée l’écart entre l’altitude barométrique observée, corrigée
de la marée mais non de la déricre, et l’altitude vraie des point,s d’altitude connue. En abscisse, la dist.anc.e à partir
du point, de départ de l’itinéraire. En dessous est porté le profil topographique, afin de mettre en évidence
d’éventuelles corrélations avec les variations de cet écart. La 0 dévioe o figure en tiretés.
L’ordre de grandeur de l’erreur que l’on commet sur l’altitude déterminée par nivellement barométrique est
la diffërence entre la valeur au point que reprbsente l’écart ci-dessus défini, et la valeur au point de la (Cdérive lb,
de nième abscisse.
On const,at.e que l’erreur relative entre deux points qui seraient distant.s en moyenne de 4 km pour les st.at.ions
gravimétriques dépasse rarement 3 mètres, mais que, de même qu’en Afrique, on observe des erreurs régionales

O.R.S.T.O.RI., Gk.ophgs., no 18, 198.2: Z-128. 5


Ampotaka

Tuléar Hm
Ifcil

lsoanala
Beraketa

10 n>
1
--

Antsirabe Hm Ambositra Hn Hm Ambohimahasoa

--
10 m
1
Brrckùville Ht7 Tamatave Hn HIl Fé&/e

1 \!LA @ 1t.10 !&&J&&Ll 10m


/A

S! Pierre
It .ll là la Réunion)

i
10 m
14m l

FIG. 6. - Écarts rntre altitudes barométriques cat celles du Nivel-


lement ChAntraI de Précision et. profil topographique correspondant
ST Benoit a I’itimkaire suivi. L’erreur, figurée en gris@, est la différence
2000 m entre le point qui reprbsente l’écart et le point de la « dkive Z)
de m6me abscisse. hI : stat.ion mGt.éorologique du Service
BIétéorologiquc National ; m : station météorologique implantbe
provisoirement

beau de la mer

F
0 10 20 30 40 50 km

O.H.S.T.O.AI., G&@ys., 71’~18, lQS.2: 3-128. 2.7


s’étendant sur plusieurs dizaines de km et pouvant at.teindre une dizaine de mèt,res, except.ionnellement, une
quinzaine. Ces exceptions se sont produites lors de leves fait.s en novembre, au debut de la saison des pluies.
On s’est, donc abstenu de faire du nivellement. barométrique en période de pluies et d’orages.
L’itinéraire 1 (fig. 6) met en évidence le net changement des condit.ions climatiques que l’on observe au
passage des chaînes Xnosyennes, a l’Ouest, de Fort-Dauphin : il est. c.onnu qu’au passage du pet,it col, le climat
se modifie de fa9on brutale et l’aridité fait suit,e aux influences oceaniques. Malgré cela, en considérant la variation
de l’écart entre Fort-Dauphin et. Amboasary comme une Gdérive )), l’erreur observée ne dépasse pas 6 métres.
Les itinéraires 3 et 4 montrent l’erreur Importante que l’on peut. commet,t.re en période d’orage (12 m vers
Ampotaka et Ejeda). L’itinéraire 4 mont,re de plus que les erreurs sont du meme ordre que l’onprenneles enregis-
trements barométriques de Faux-Cap ou de Tuléar. Ce que l’on observe, c’est. la variation du gradient entre les
stations oii sont. effectués les enregistrements.
L’itinéraire 9 (fig. 6) montre une variation import,ant,e du gradient barométrique. Les conditions climatiques
passent de celles des hauts Plat#eaux a celles bien différent.es de la cote Nord-Ouest (région de Rlajunpa).
Un autre exemple est donné par un itinéraire traversant, l’ile de la Réunion (It. 11, fig. 6). Comme l’indique
le profil topographique, les altit,udes passent, de 0 (niveau de la mer) a 1 600 meires pour revenir a 0, le tout.
en moins de 50 km d’une cote a l’autre. On sait, de plus que les c.ondit.ions c.limat.iques sont trts différentes sur
les côtes Ouest et Est. (côte Gsous le vent. v et cote (( au vent v). La correction des variations de la pression au
cours de la journée a été evaluée à l’aide des harogrammes des stat.ions de la Mét.éorologie lSationale à la Réunion :
Saint-Denis Gillot et Saint-Pierre Terre-Sainte. On voit que les différences entre les alt.it.udes obtenues par la
méthode barométrique et. les altitudes vraies du Nivellemeni: de Préc.ision de 1’I.G.N. ne depassent pas 10 m.
Cet écart, qui pourrait paraître important,, est cependant acceptable Atant, donné les conditions atmosphériques
qui varient considérablement et rapidement d’une cote a l’autre.
Les i’cinéraires qui sont- représentés sur ces figures correspondent, a des régions tres différentes les unes des
autres et, ont. été effect.ués dans des conditions méteorolo~iques trés variées. On peut admettre que ces résultats
sont signiflc.at,ifs.

t cn numbrc cn pourcentage 301 10” -0


t -l

1’1~;.7. A : Histogramme des stalions ayant le mèmc kart (x) mt?tres entre les altitudes par niwllement. baromktrique et, celles
du Nivellement génkral de Prtkision, en nombre et en pourcentage sur un total de 327 stations ; B : frtquences cumulées du nombre
de stations ayant un écart. inl~rieur ou égal SI (x) m+tres

Une autre maniére de prhenter ces résultats et. qui les résume assez bien, est, de considérer l’hist,ogramme
des stations ayant, le même écart absolu entre altit;ude vraie et altitude barométrique (fig. 7). L’histo~ramme
en nombre de st.aLions et. en pourcentage (7, A), pour un total de 327 stations comparées, monl,re que la majorité
des points présentent. un écart, inférieur ou égal A 3 m. La figure 7, El qui représente les frb,quenc,es cumulées
indique que l’on a une erreur infél-ieure ou igale à 5 I~L,ce qui correspond A une erreur de 1 m-a1 sur l’anomalie
de Bouguer, pour 90 % des siaiions nivelées barométriquement.
L’étude expérimentale de l’erreur commise sur la détermination des nlt.itudes par la méthode du nivellement
barométrique telle que nous venons de l’exposer nous conduit. A admettre le mème ordre de grandeur de l’erreur
sur l’altitude
des stations d’itinéraires nivelés uniquement par la méthode barométrique, mais qui, bien entendu,
s’appuie au depart. et A l’arrivée sur des points d’altitude connus.

O.R.S.T.O.M., Géophys., no IS, IRSZ: 5-12s. 28


La comparaison des altit.udes déterminées par nivellement barométrique à celles du Nivellement~ Général,
nous améne A admettre que Ies altit.utles des stations des iLinéraires nivelés haromét~riquement sont, données avec :
une erreur relative entre deux points voisins inférieure a 5 m, soit. 1 milligal ;
- une erreur absolue sur un point ou un ensemble de points infërieure A 10 171,except~ionnellement. 15 m, soit,
3 milligüls.
Les erreurs régionales de 10 a 15 m, peuvent donc. donner lieu à des anomalies artificielles de 2 à 3 milligals.
Il n’y aura. donc. pas lieu de tenir compte des anomalies de cet ordre de grandeur.

4.2. Influence des facteurs autres que l’altitude

En dehors de l’influence pr6ponderant.e de l’erreur sur l’altitude dans le calc.ul de l’anomalie de Bouguer,
il reste Q voir 1’influenc.e de l’utilisation d’un coeficient c.onstant pour le calcul du terme de plateau et du choix
de la densité.

4.2.1. Coefficient coiwfant pour le calcd du terme de plateau


Nous avons vu que pour la réduction des mesures gravimétriques k Madagascar, nous avions considére un
plat,eau horizontal de densité 2,67 pour la correction de plat,eau.
Si nous voulons tenir compte de la courbure de la terre, nous pouvons nous référer aux résultats des calculs
effectues par RULLAHD (1936) pour &Valuer l’action d’une calotte sphérique d’épaisseur Z et de densit.é 2,67.
Il a mont.re que I’atLraction qu’exercent les calottes sphériques etendues jusqu’a la zone 0, de rayon 167 km
pour t.ouLe hauteur Z, ékit. sensiblement proportionnelle à l’akitude Z et que le coeffkient de proportionnalité
était. LrPs voisin de 0,1119, qui est la valeur du coeficient, pour la correction d’un plateau plan, pour une nième
densité. D’apres NULLARD, il sufit donc d’a~JpliqUt?r à la correct.ion du plat,eau une petite correction suppknen-
Laire due à la c.ourbure de la terre.
La correct,ion de plateau s’écrit alors :
Cp = 0,1119 Z + b mgnl
Le terme b, exprimé en milligals, est. donné dans le tableau suivant. pour quelques valeurs de l’altitude :
altitude (m) 500 1 OCtO 1 500 2 000 3 000 :3 600 4 000
b 0,6 1,2 1,5 177 1,5 1,1 0,G

Cett.e correction supplément~aire, que nous n’avons pa s appliquée, correspond de ce fait à admettre dans le
calc.ul de l’anomalie de Bouguer une erreur variant, de zéro pour les stations en bordure de mer Q 1,:‘: mgal pour
celles situées sur les 1laut.s plateaux de Madagascar d’altitude moyenne de 1 000 a 1 200 m.
Cependant, il faut, noter que les résulkts de BULLARD ne tiennent. compte de la courbure de la T’erre que
jusqu’a 167 km de la stat,ion. Or les questions c.ourbure et rayon égal a 167 km sont inseparables, car si on
considérait. un plat.eau ((sphérique )) complet, son effet, serait, double, ce qui est. évidemment. absurde.
Pour une couche sphérique mince, les effets jusqu’à l’horizon, et au-delà de l’horizon, sont égaux, et prat,i-
quement égaux à ceux du plut-eau (t plan 1).On a substitué 167 km à la distance a l’horizon (laquelle varie pour
les différentes couches élémentaires qui constit.uent le plateau), car c’est. jusqu’a 167 Bru que l’on fait. également
les correct.ions topographiques et, éventuellement. topo-isost,aLiques. Au-delà de 167 km, on fait. tout au plus une
correction topo-isost.atique en une fois, qui n’implique pas la correction préalable du plat.eau et qui est prat.ique-
ment indépendank de l’altitude de la station.
Ces raffinements sur la correction de plateau n’auraient donc de raison d’etre que si nous avions effectué
l’ensemble des corrections, topographiques jusqu’à 167 km, isostatiques indépendantes jusque-là et une correc-
t.ion Lope-isostatique globale au-dek. Or ce n’est pas le c.as, et- c’est pourquoi 1101z.s J~OJIS en sommes tenu à la
ccw~ection de plaietzu plaJJ.

4.2.2. Choix de In tlerlsif6


Le c.alcul de la correckion de Bouguer impose le c.hois d’une densitk représentant convenablement. la densité
moyenne des terrains. Nous avons adopté pour les mesures à Madagascar la valeur uniforme classique d = 267.
TANANARIVE - MORAMANGA IHOSY

2.11
2.5
2.6 FIG. 8 a
237
2.8
2.9
3.0
2.4
2.8
2.6
2.67
2.8
2.9
10 mgal

MANJAKANDRIANA

MALAIMBANDY _ AMBOROMPOTSY
--
SOAKIBANY _ MAHATSINJO

2.8

Am
I 10 mgal

FIG. 8. -Anomalies de Bougucr


1200 . calculb,espour différentes densi-
t6s pour des itinkaires compor-
knt. de fortes dénivelées et
profil topographique correspon-
dant
I
0 20 40 80 km

Si cette valeur convient bien aux régions cristallines de Madagascar, elle est trop forte pour la partie occi-
dentale qui est couverte de formations sédiment.aires. Ainsi les résultats des levés de cet,te dernière région, et qui
nous ont été communiqués par la S.P.M. (Société des Pétroles de Madagascar), étaient calculés avec une densité
bien inférieure à 2,67 (2,O). A l’échelle d’une carte de reconnaissance A 1/1 000 MIO, on pouvait ne pas tenir
compte pour le tracé des anomalies de Bouguer de densités r@ionales différentes qui intéressent surtout les
densités des terrains superficiels, et en vue d’obtenir une cart,e homogéne nous avons recalculé avec. la densité
2,67 les résultats fournis par la S.P.M.
Pour montrer que le choix de la densité est convenable pour les zones cristallines, nous avons représenté
sur la figure 8 quelques profils des anomalies de Rouguer c.alc.ulée,9 avec. des densités allant de 2,2 à 3,O et, en
regard, le profil t,opographique correspondant. Ces exemples montrent. bien que c’est, pour la sensité 2,67 que
l’on observe en moyenne le moins de relation entre les variat,ions du relief et les anomalies.

O.R.S.T.O.M., G~!ophys., no 18, 1.982: 3-128. 30


IVOHIBE 2.4
2s

237
2,61
2.8
2.9
3.0

,10 mgal
4 *’ 1
1000 _

800 _

I >
10 20 30 JO 50 km.

280

FIG. 8 1)

M. RAKOTONDRAINIBE (1977), a la suite de ses travaux sur les séismes, a été amené a adopt.er pour la croûte
a Madagascar un modele 61deus couc.hes (granitique et basaltique) dans 1esyuelle.s les vitesses de propagat.ion
des ondes P sont respectivement des 5,9 et 6,7 km/s.
La relation linéaire empirique ét.ablie par BIRCH en 1961 entre la vitesse V des ondes P et la densité d
VI<m/S = 3,31 d - 2,55
permet de déduire les densités connaissant les vitesses.
Des vitesses ci-dessus on en déduit les densités 2,55 et 2,79 soit. une moyenne de 2,ü7, valeur que nous avons
adopt,ée pour l’ensemble de l’écorce, les hétérogénéités dans les couches ainsi que les variations d’épaisseur nous
ét.ant par ailleurs inconnues.
Par contre: la considération des profils de l’anomalie de Bouguer calculée pour différentes densités pour l’ile
de la Reunion, nous a amené, malgré la présence de terrains superficiels légers (cendres volcaniques...), R adopt,er
la densité 2,9 pour le calcul des anomalies, valeur qui traduit bien le substrat.um volcanique de l’île (Profils 1 et
II de la figure 8 b).

O.R.S.T.O.AI., Géophys., no 18, 1.98’: n-128. 31


4.2.3. Correcfions de relief

Dans le calcul de l’anomalie de Bouguer intervient l’influence du relief autour de la station. La surface de la
terre comport.ant, des dknivellations, il faudrait. tenir compte aussi bien des masses situkes au-dessus du plan
passant. par la station, que des déficits de masse au-dessous.
Pour ce qui concerne les mesures à Madagascar, le terme relatif A la t,opographie n’a pas ét.é calculé. D’une
part., les résult.ats communiqués par la S.P.RI. et intéressant près du t.iers de la superfkie de la Grande Ile et. qui
correspond au sédimentaire, ont été calculés sans ces correckions. D’autre part, calculer les c.orrections de relief
jusqu’à 167 km pour chaque station, aurait, représenté, un travail considérable, disproportionné A la précision
cherchée (détermination de l’alt,itude moyenne de prt,s de 100 000 carreaux).
Par contre, nous avons effectue le calcul des correckions de relief qui doiventf $tre important.es pour t,outes
les stations des îles de l’archipel des Comores et de la Réunion oil le relief est trks accident& et des fonds marins
importants sont proc.hes des c.fit,es.
Pour l’ile Maurice l’absence de cartes kopographiques détaillées n’a pas permis le cdcul des corrections de
relief.

Calcul des corrections de relief pour les iles de lu h’hnion ai des Comores. Le cakul des corrections de relief a
été conduit, en plusieurs temps :
- pour les zones de A A H (qualifiées de zones proches) c’est-&-dire jusqu’à 5,2 km autour de la st.ation, les
altitudes moyennes des divers compartiments ont kté évaluées directement à vue sur les cartes à 1/50 000
avec un abaque approprié ;
- pour les zones de 1 à O- (moyennes de 1 à ïF1et lointaines de N à 0,) c’est-à-dire jusqu’à 167 km, les correc-
tions ont, été calculées B l’ordmateur sur un programme de J. LUBART du Bureau GravimCtrique International.
Un travail préliminaire a consisté à quadriller les cartes terrestres et. marines et. A estimer l’altitude ou la
profondeur moyenne de chaque c.arreau. Deux dimensions de carreaux ont, ét.é considérées :
- des carreaux de 2 minutes par 2 minutes en latitude et longitude, jusqu’A une distance minimum de
60 km de la station (rayon de la zone N) ;
- des carreaux de 6 minutes par 6 minute s, c.ouvrant, une zone plus étendue, jusqu’k une distance minimum
de 167 km de la station (rayons de la zone 0,).
Ces calculs ont donné les résultats suivants :
- .- zones proehes (A à H, soit, de 0 A 5,2 km) : les corrections varient en général de 0,5 à 5 mgal (moins de 1 mgal
entre deux stations voisines de 3 à 4 km). Mais 6 stations ont des correct,ions qui atteignent 10 mgal et rncme,
pour deux d’entre elles, dépassent. 20 mgal ;
- zones moyennes (1 à OI, 5,2 à 58,8 km) : elles varient. de 7 h 15 mgal, mais la majeure partie est. comprise
entre 9 et 12 mgal ;
- zones lointaines (N à O,, 58,8 à 166,7 km) : les corrections sont comprises ent.re 7 et. 16 mgal, mais pour la
plus grande partie sont voisines de 9 mgal.
Le t.erme de correction de relief avoisine donc en moyenne une vingtaine de mgal. Pour quelques rares
stations, effectuées dans des Sit(esvraiment défavorables comme il s’en est surtout présent,& A l’île de la Réunion
et. que nous pouvons donc considérer comme anormales, la rorrec.tion peut. atteindre une qunrant.aine de mgal.
Ces correct.ions qui interviennent dans le calcul des anomalies de Bouguer des st.ations situées dans ces îles
où le relief peut passer très rapidement. de -4 500 à à +3 000 m, comme c’est le cas pour la Réunion, sont
import.antes. Mais des stations voisines sont en général affect.ées de corrections qui sont. d’un mème ordre de
grandeur et il est rare d’observer entre elles des correct.ions différant de plus de 3 mgal, bien ent,endu en ne
t.enant. pas compte des stations considérées comme anormales comme il a Até dit plus haut..

Détermiilntion de l’ordre de grnntleur des corrections de relief pour Mudagascar. Les résultats des calculs de
corrections de relief, que nous venons d’exposer, pour les îles de la Réunion et. de l’archipel des Comores, ne
peuvent ètre extrapolés aux mesures effectuées à Madagascar par suite des conditions par trop différentes du
relief et de l’environnement.. On ne peut donc estimer, à Part#ir des résulkats prtkédents, l’ordre de grandeur des
correct-ions de relief qu’il faudrait appliquer aux mesures de Madagascar, ce qui revient à dire qu’on ne peut
estimer l’erreur que l’on commet.trait. sur les mesures si on négligeait. le terme relatif à ces correc.t.ions.
Mais il semble possible d’obt,enir une assez bonne évaluation de ces corrections, sans pour autant effectuer
les i,rop longs calculs que nb,cessit,eleur d&t.ermination, en usant de I:I pnrMcularit,é du relief & Madagascar : son
allongement. parallPle au grand axe de I’lle permet de l’assimiler approximativement A une st,ruct,ure Qcylin-
drique 0.
Ainsi si l’on considérc, du Nord au Sud, des coupes du relief perpendic.ulaires au grand axe de l’Ile, un bon
nombre d’entre elles, sur leur majeure partie, présente des configurations trt?s voisines. On peut donc admettre
raisonnablement les memes conditions t,opographiques pour des stations occupant des situations équivalentes.
En conséquence, il nous suffka de calculer les corrections de relief pour un petit nombre de stations d’un
profil EW pour avoir une bonne évaluation des corrections rekkives 0. la plus grande part des stations gravi-
métriques de Kdagascar.
Pour ce calcul, nous avons choisi comme profil représentatif l’itinéraire Tananarive-cbt,e Est qui comporte
une cinquant.aine de stations.
Conduit de la même façon que pour la Réunion et les Comores, le calcul des corrections de relief pour les
St~ations de ce profil a n6cessit.é la détermination de l’altitude moyenne de près de 6 000 carreaux : carreau-x de
2,5 minutes par 2.,5 minutes pour les zones moyennes et carreaux de 5 minutes par 5 minutes pour les zones
lointaines, l’altitude des zones proches étant lue directement, B partir d’un abaque.
Ce calcul a donné les résultats suivants :
Pour les stations situées sur les Hautes Terres (région de Tananarive) les corrections sont faibles, de 1 Q
1,5 mgal. Elles augmentent assez régulikement quand on s’approche de la c6te Est pour atteindre 3,5 mgal pour
les stat-ions situées a proximitk de la mer. Entre st.ations voisines, l’écart entre corrections ne dépasse pas quelques
dixièmes de mgal. On voit donc que ces valeurs sont loin d’atteindre celles des corrections calculées pour les iles
de In Réunion et des Comores et l’extrapolation des corrections relatives à ces iles n’aurait donc pas été effective-
ment valable.
Des résultats de ces calculs on peut. donc conclure que le fait de négliger les corrections de relief dans la
détermination de l’anomalie de Bouguer des stations gravimétriques effec.tuées à Madagascar, introduit. une erreur
variant de 1,0 S.3,5 mgal selon les régions. Il faut noter de plus que l’erreur relative de 2,5 mgal n’affect,era que
des stations de régions éloignées (Hautes Terres et régions côtières).
II rest,e & voir l’influence de reliefs isolés (falaises ou massifs rocheux) tels qu’on en observe sur certains
profils topographiques. On sait que l’influence de tels reliefs n’est. sensible qu’aux stat.ions proches : moins de
deux km.
En effet, en étudiant l’influence de structures simples auxquelles on peut assimiler ces reliefs isolés
(,J. RECHENMANN, 1973) on a mont& que la correc.tion & apporter à la valeur de la pesanteur devient inférieure Q
1 mgal à partir de quelques l~ilon~ètres de la base de la structure considéree comme infiniment longue par rapport
A la largeur. Ainsi d&s 2,5 km dans le cas d’un plateau de largeur 5 km B falaises verticales, de hauteur 500 m,
et dos 1,5 km dans le cas d’un plateau A bords inclinés, de haut.eur 500 m, pentes A 450, largeur à la base 5 km,
largeur au sommet 4 km.
Il n’y aura donc. pas lieu de t,enir c.ompte de variations de quelques milligals de l’anomalie de Bouguer au
passage de tels reliefs.

Errezzr s117*les corrections de relief. L’erreur sur le terme calculé de la correction de relief dans la détermination
de l’anomalie de Bouguer dkpend entikrement de la qualité des documents topographiques utilises.
Pour les iles de la Réunion et. de l’archipel des Comores, il exist.e d’excellentes cartes terrestres Q 1/50 000
de l’Institut. Géographique National sur lesquelles figurent les c.ourbes de niveau de 20 m en 20 m. Cependant,
malgré la bonne qualité de ces cartes, l’év;rluat.ion de l’alt‘itude moyenne de zones où le relief est très accidenté
est délicate et une erreur de plusieurs dizaines de rnktres est possible. L’ensemble des zones de A A 0, donne
une correction de relief d’une vingtaine de milliçals et une erreur de 2 A 3 mgal est A craindre, d’autant plus
que les cartes marines sont beaucoup moins précises que les cart.es terrestres.
Pour Madagascar, les cartes topographiques à l/lOO 000 de part et d’autre du profil considéré sont. de
qualit variable (courbes de niveau de 20 m en 20 m, ou de 50 m en 50 m). Mais le relief moyen reste relative-
ment régulier et. l’estimation des altikudes moyennes semble bonne. Les corrections sont faibles ; l’erreur l’est
Pgalenrent., de l’ordre de quelques dixiémes de milligal, qui affectera surtout les régions c0tières par suite de
l’impréc.ision, déjA signaloe, des cartes marines.

O.R.S.T.O.M., Céoph!qs., no 18, 198%: 3"-12S. 33

3
5. PRÉCISION FINALE SUR L'ANOMALIE DE BOUG~ER

De l’ensemble des éléments qui viennent d’êke exposés, nous pouvons essayer de dégager un ordre de
grandeur de l’erreur t.otale possible.
Pour Madagascar, nous ne t,iendrons pas compte dans cette est.imation des écart.s dus ti la sphéricité de la
Terre, que nous avons négligés dans le calcul de la correct.ion de pIat.eau :
- erreur sur la valeur de la pesanteur observée : sans s’at,tacher A l’erreur possible syst.ématique du réseau de
bases O.R.S.T.O.M., on a vu que la variation dans le temps du coeffkient d’étalonnage du gravimétre ut,ilisé
introduit une erreur maximum d’environ 1,3 mgal ;
- erreur sur la valeur de la pesanteur théorique : elle est négligeable, la couverture topographique des zones
levées en gravimétrie assurée partout au moyen de bonnes Cart#esà l/lOO 000 permettant une bonne déter-
mination de la latitude ;
- erreur sur la correction de Bouguer : elle provient essentiellement des erreurs sur la dét,ermination de l’altitude
et de la correction de relief qui a étk négligée.
Pour l’erreur due ri la dCtermination de l’altitude on peut. admettre : erreur entre deux stat,ions voisines,
moins de 1 mgal en général, erreur sur un itinéraire :
- itinéraire nivelé IGN, erreur inférieure au milligal ;
- itinéraire nivelé barométriquement, erreur pouvant att,eindre 2 mgal (except~ionnellement 3 mgal).
Pour les corrections de relief, le fait de les avoir négligées int,roduit une erreur variant de 1 A 3,5 mgal entre
stations éloignées, mais qui n’est que de quelques dixièmes de milligal entre stations voisines.
Finalemed, on peut estimer que l’erreur tot.ale sur la détermination de l’anomalie de Bouguer en un point
peut atteindre 5 à 6 mgal. Mais cette limite de l’erreur est. calculée comme étant, la somme de toutes les erreurs
dans les plus mauvaises conditions, et on peut penser raisonnablement, qu’en général, l’erreur sera inférieure
à ce chiffre. De plus, ajoutons que l’erreur relative entre points voisins sera bien plus faible, de l’ordre de 2
& 3 milligals.

II. Anomalies isostatiques

L’anomalie de Bouguer est independante de l’altitude de la station pour un choix convenable de la denské.
Cependant elle reste en corrélation avec l’altitude régionale. Pour Madagasc,ar nous avons pu le constater en
c.omparant les profils gravimétriques avec les profils topographiques correspondants, ou bien la carte des ano-
malies de Bouguer avec la cart.e hypsométrique. Cela peut s’expliquer, en partie du moins, en faisant appel à
(t l’hypothése isostatique b)qui suppose une compensation Q une cert,aine profondeur des effets du relief. Cette
hypothèse conduit A la not,ion d’anomalie isostatique qui peut être présentée comme étant. la différenw entre la
pesanteur du modtle de réfkence isostatique et celle de la Terre réelle.
Ces anomalies isostatiques peuvent être de plusieurs types suivant. les différentes manibres dont on repré-
sentera conventionnellement la réalisation de la compensation et il y aura autant de modtles isostatiques que
d’hypothéses de compensation envisagées.

1. CHOIX D'UNE HYPOTHÈSE

Entre les différents syst.èmes isostatiques on peut se proposer de choisir celui qui donne les anomalies isosta-
tiques les plus faibles ou les plus réguliéres. Pour notre part, nous avons choisi l’hypothtse d’hiry avec une
profondeur de compensation de 30 km, c’est-à-dire qu’à toutes les masses topographiques on fait correspondre
des masses compensat.rices situées en dessous de la base de l’écorce supposée épaisse de 30 km.
Précisons qu’en Prat*ique, lorsqu’on parlera de Qcorrect,ion isostatique )), il s’agira en fait du terme qu’i1
faut ajouter à l’anomalie de Bouguer pour obtenir l’anomalie isastatique. Ce terme est une quan’cité qui varie
lentement et dont la valeur peut Atre indiquée sur une c.art.e à pet.ite échelle. C’est ainsi que nous avons figuré
sur les coupures à l/l 000 000 de la cart.e de anomalies de Bouguer de Madagasc.ar des cart,es de corrections
isost,at,iques à l/lO 000 000 permettant d’évaluer 1’influenc.e de l’hypothèse isostatique, hiry 30 km ; comme
nous l’avons d’ailleurs déjà fait pour les différentes cartes A I/l 000 000 des anomalies de Bouguer présentant

O.R.S.T.O.M., Gdophys., no 18, 1962: 3-128. 34


nos t.ravaux gravimétriques dans les pays de l’Afrique Occidentale et Équatoriale d’expression fransaise (voir en
bibliog.raphie. les publiwtions se rapportant aux divers travaux gravimétriques effectues par 1’O.R.S.T.O.M.
/ ’! en Afrique : Y. CRENN, P. LOUIS, J. RECHENMANN).
!

2. CALCUL DLJ TERME ISOSTATIQUE


/
La dét.ermination de la Gcorrection isost.at,ique H se fait Q l’aide d’abaques et de tables. On divise la surface
/ de la T erre en un certain nombre de zones circulaires, centrées sur la station où l’on effectue le calcul et. pour
lesquelles les limites et les désignations sont celles de Hayford : de A à 0, et. 13 Q 1. Chaque zone est divisée en
/ u11 certain nombre de compartiments. Cet*te division est matérialisée sur un abaque transparent à l’échelle des
I ~ cartes et on lit pour chaque compartiment l’altitude moyenne de chaque zone de A 9 0, (les zones de A à K
1 1 tXaient, groupées en une seule). La correction due a l’influence des zones de 18 a 1 a éte lue par interpolation
1 ent.re les courbes d’égales valeurs de la portion du t.erme isostatique relat.ive a ces zones présentées sur une carte
/ établie par le Bureau Isost,atique International d’Helsinki.
Pour cette dét.ermination de la correction isostatique le plus gros travail est de relever l’altitude moyenne
/ des différents compartiments. Ce travail est facilité par l’etablissement préalable de cartes de moyenne des
ahitudes par zones de quelques kilomètres carrés. Ainsi nous avons pu disposer de telles cartes où la moyenne
/ des alt.itudee était ralculée par carreaux de 5 minutes par 5 minutes sexagésimales (5’ en latitude en 5’ en lon-
, gitude) que le Bureau Gravimétrique International avait établies a la demande du R.P. L. CATTALA (S. CORON
, et al., B.G.I.).
/ A parttir du moment où l’altitude moyenne des difftirents compart,iments est relevée, il est. 5. peine plus long
i de calculer les corrections pour une série de système-s. Ainsi, en plus du calcul des correct,ions isostatiques dans
I / I’bypotbPse d’Airy, profondeur de compensation de 30 km, nous avons calculé également les aorrections pour les
1 If wofondeurs de 20 et 60 km. Ces calwls ont. été effectués pour un c.ert,ain nombre de points, et on a tracé les
courbes d’égale valeur ou courbes d’isocorrections. Ce sont. ces courbes d’isocorrections isostatiques pour les
’ trois profondeurs de compensation 20, 30 et. 66 km qui sont, représent.ées sur la figure 9.
1 / Ces c,ourbes d’isoçorrec.tions permett-ent. de déterminer les anomalies isostatiques dans l’hypot,hèse d’hiry
pour les profondeurs de compen&ion 20 et, 60 km outre c,elle de 30 km, que, pour not,re part., nous avons choisie
‘pour calculer les anomalies isost.at.iques. On calcule celle-ci en chaque station en y déterminant la correction
isostatique par interpolation entre les courbes d’isocorrect.ions correspondant, à l’hypothese envisagee et en
/ ajout,ant la correation ainsi obtenue a la valeur de l’anomalie de Bouguer.
I
Comme nous venons de le dire, nous avons calculé les anomalies isostatiques dans l’hypothèse d’Airy, pro-
fondeur de compensation de 30 km. C’est le résultat de ces calculs qui est presenté sous forme de courbes isano-
males de 10 en 10 milligals sur la carte à 1/2 000 000 en couleurs (Notice explicafive no 79).
/
/
p. ERREUR SUR L'ANOMALIE ISOSTATIQUE

lpu terme
L’erreur sur l’anomalie isostatique est la somme de celle qui ent,ac.he l’anomalie de Bouguer et de celle liée
isostatique. Elle varie lentement d’une stat.ion à l’autre, et l’erreur relative entre points voisins sera
faible, de l’ordre de quelques dixiemes de milligal. En effet., l’altitude moyenne d’un compartiment, et donc
l’erreur
. . qui est att.achée A sa dét.ermination, se retrouvent dans le calcul du terme isostatique de plusieurs points
iwisms.
Par cont,re, en valeur absolue, l’erreur sur le terme isostatique pourra être assez importante, de l’ordre
i! e 2 A 3 milligals, la détermination des altitudes moyennes dépendant de la qualité des cartes topographiques
% en particulier des cartes des profondeurs marines qui sont trPs sommaires.
r L’erreur sur le terme de Bouguer at:teignant 5 à 6 rngal en l’absence de correction de relief et le terme
lsostatique n’étant pas défini a mieux que 2 à 3 mgal, l’erreur sur l’anomalie isost,atique pourra donc atteindre
5 a 9 mgal.

II. Mesures magnétiques


Au cours de nos 1evPsen Afrique Owidentale, les mesures de la composante verticale du champ magnétique
,errestre etaient effec.tuées parallèlement aux mesures gravimétriques. Si ce n’est dans les régions d’anomalies
1 )articulières, l’espacement, des stations magnétiques, qui était le méme que pour la gravimétrie, ne permettait
I
.R.S.T.O.M., &!O~?I~S.,no 18, 1982: J-128. 35
CORRECTIONS ISOSTATIQL

i HYPOTHÈSE D’AIRY
T=30 km

pas. une bonne representation des phenomenes Iocaus. C’est pourquoi les proflIs magnétiques n’ont, é,té utilises
que pour aider a l’interprétation des anomalies gravimétriques (il faut noter tout.efois l’utilisation des mesures
magnétiques effectuées dans le Nord de la République Islamique de RIauritanie dans l’interprétation d’une
anomalie magnétique regionale de 1 000 gammas d’amplitude et. 200 km de largeur [J. RECHENMANN, 19721).
Au debut des levés entrepris a hIadagasçar, nous avons proc.edP de la mème faSon. Cependant, d’après
une étude magnét.ique effectuée en 1964 sur une Gcuirasse latéritique v (R. REMIOT, 1908, R. REMI~T et ANDRIA-
MTRADO, 1968), il Btait B prévoir que les conditions de terrain au point de vue magnétisme, part.iculières a
Madagascar, const.itueraient un obstac.le majeur a l’exploitation de mesures magnétiques au sol. Cette btude
avait en effet mis en évidence une localisation trés étroite des anomalies de la composante verkale, avec. un
g-radient horizontal élevé., pouvant atteindre mille gammas au metre, et 1’incohérenc.e très nette des valeurs
observées, que l’échelle adoptee entre les mesures ait été décimétrique, rnbtrique ou déc.irmét.rique. On pouvait
s’attendre à ce que c.ett,e incohérence se manifeste également. ir l’échelle kilomét.rique à laquelle sont effectués
nos levés gravimétriques.

O.R.S.T.O.ïtI., Ghqhp., no IS, lBS2: 3-128. 36


_. .< ,‘. !
;‘CORRECTIONS ISOSTATIQUES
-y’ ,:+;:y
/ HYPOTHÈSE D’AIRY j
L ?j.\ ~ L ‘.,-,/ ,I
,, ,i T=60km
,., ..’ .<. . ..- ,.,<’
FIG. 9. - Cartes des corrections isostatiqws calcul6es
dans l’hypothèse d’Airy pour des profondeurs dc
compensation de 20, 30 et 60 krn

Les profils (fig. 10) établis à partir de mesures de la composante vert,icale, effectuées a t.itre espériment.al,
montrent bien que les résultats sont pratiquement inexploit,ables. La seule zone dont, l’ét,ude magnétique aurait
pu pr6sent.w un cert.ain inté&,, comme le montre le profil de la figure 20, est la région Ouest de Madagascar
correspondant, au sédimentaire (itinéraire Tuléar-Ihosy). Magnétiquement. calme jusyu’h Ranohira, on retrouve
la fort.e agitation magnétique correspondant au socle qui c0mmenc.e B réapparaitre apr9s Ranohira. Les anomalies
magnétiques enl.re Tulear et. Saliaraha correspondent, à des intrusions basaltiques. En dehors de quelques profils,
dont nous avons refait le levé en vue d’avoir des valeurs continues (Tuléar-Ihosy, Ambositra-Norondava,
Maevatanana-Majunga) t.oute la région Ouest. et Nord-Ouest, correspondant au sbdimentaire a ét6 levée par la
SociW des P&roles de Madagascar. Il n’y avait donc pas lieu d’y revenir.
Les profils des figures 10, 20, montrent~ bien l’incohérence des valeurs obtenues, et par endroits des anomalies
localisAes un peu plus fortes sans rapport avec les anomalies gravimétriques. Le profil magnét3que de la figure 26
mont.re une incoh&ence encore plus marquée des valeurs et. il n’est, gu&re possible de trouver un lien avec les
diverses anomalies. Tout&efois on c0nstat.e qu’à la forte anomalie gravimétrique d’Ambovombe dans le Sud de
Madagascar correspondent de fortes anomalies magnétiques.

O.R.S.T.O.Al.. Géoplrgs., no 18, 198?: J-125. 37


FIG. 10. - Exemples de I’incohCrence des
mesures magnbtiques le long d’itinéraires
effectués dans des r&ions à couverture
cristalline. Profils gravim6trique ct topo-
graphique correspondants

rananarive Ambatalampy mbohimandrosa mtrirabé. .mbositra Fianal ntsoa


f

En résumé, en dehors des régions sédiment.aires dont le lev6 magnétique aurait pu présenter un certain
int,érêt, mais dont la gravimétrie avait déja 6th effectuée par la S.P.M., il a été jugé inutile, dt.s les premiers
levés, de poursuivre les mesures magnétiques parallèlement aux mesures gravimétriques, celles-ci &knt dans
leur majeure partie effectuées dans des régions oh le socle est affleurant.

O.R.S.T.O.M., Geophys., no 18, 1982: 3-128. 38


CONSIDRRATIONS GÉNÉRALES

1. Les valeurs de la pesanteur à Madagascar

1. VALEURS hfOI-ENNES DE LA PESANTEUR

Les figures 11, 12, 13 et 14 montrent respectivement les valeurs moyennes établies par quart, de degré carré
(carreaux de 30’ de c6té) des altitudes, des anomalies de Bouguer, des anomalies Q l’air libre et des anomalies
isostat.iques calculkes dans l’hypothése d’Airy, profondeur de compensation de 30 km.

1.1. Étcddissernenf des onlrrrrs moyennes

,iltifudes

Les valeurs moyennes des altitudes ont été d6terminées pour la plupart à part.ir des cartes des altitudes
moyennes ékablies par le Bureau Gravimétrique Mernational. Pour certaines zones, en particulier les régions
sédunentaires de 1’0uest et du Nord-Ouest de Madagascar correspondant aux levés gravimétriques de la S.P.M.,
la densité, des sMions (plus de quarante par quart. de degré) et, leur bonne répartition ont permis d’utiliser directe-
ment les résultats des observations de terrain. Les moyennes ont. été calculées sur ordinateur par R. &JDIVIER (1).
Les quarts de degré carré couvrant les régions chtières comportent. une partie marine. Nous n’avons retenu
que ceux pour lesquels la partie terrestre occupe plus de la moitié du carreau et à la condition de plus qu’il soit
également possible d’y extrapoler les courbes des anomalies de Bouguer.
L’altit-ude moyenne pour certains de ces carreaux est négative. Ces valeurs négatives n’indiquent, pas une
profondeur marine, mais représent.ent une u alt.it.ude négative u qui est la moyenne pondérée en fonction de leurs
surfaces respec.tives de l’altihde de la partie terrestre et. de la profondeur fictive de la part.ie marine.
Cet.te profondeur fictive Pf est. obt,enue en substituant à la c.ouche d’eau d’épaisseur p une masse de terre
équivalent~e dont. la surface sera A la profondeur P,. Pour une densit,é de l’eau de 1,027 et de 2,67 pour la terre,
on a :
p. 1,027
p* = p - ---- = p. 0,615
2,67

Le fait ainsi de n’avoir plus Q considérer que des compartiments terrestres introduit une simplificat.ion
importante dans la détermination des moyennes des différentes anomalies gravimétriques. Notons que c’est
ce procédé qui a été utilisé pour le calcul des corrections t,opographiques dans le cas de compartiments pour parties
t,errestre et marine.

(1) R. Gonmum, Directeur du L&oratoire de Géophysique de 1’O.R.S.T.O.X (Bondy).

39
FIG. Il

FIG. 12

FI~. 13

FIG. l-1
Les valeurs moyennes des anomalies de Boug~er ont été estimées a vue sur la carte des anomalies de Bouguer
5 l/l 000 000. De méme que pour les valeurs moyennes des altitudes, les moyennes ont ét.6 éi;ablies directe-
ment Q partir des résultats des observations de terrain pour les régions Ouest, et Nord-Ouest.

Les valeurs moyennes des anomalies à l’air libre ont été déterminées à partir des valeurs moyennes des
a1t.itude.r et des anomalies de Bouguer ét,ablies comme il est dit plus haut et en appliquant, la relation :
&noy. = bmy. SO,1119 hoy.
dnornalies isostutiques
Les valeurs moyennes par quart, de degré carré des anomalies isostatiques ont bté estimées h vue B partir
de la carte des anomalies isost.at,iques h 1/2 000 000 c.alculées dans l’bypothlse d’Airy avec. une profondeur de
compensation de 30 km.

1.2. 1lJo~erznes générales


La moyenne générale des valeurs moyennes par quart de degré carré conduit aux valeurs suivantes :
- altitude : 534 m ;
- anomalie de Bouguer : -29 mga1 ;
- anomalie à l’air libre : +30 mgal ;
- anomalie isostatique : -2 mgal.
La valeur moyenne générale des anomalies de Bouguer est de -29 mgal. Elle serait rPduite de quelques
milligals si l’on avait pu tenir compte des c.orrections topographiques, Cette valeur indique que l’ensemble de
Madagascar est plus élevé que ne le supposerait. un parfait équilibre isostat.ique : une akitude de 534 m devrait,
conduire à une anomalie de Bouguer de -60 mgal. En estimant la valeur moyenne A -27 mgal aprk correations
topographiques, il y a un dkalage de -33 mgal qui correspond à une épaisseur de terrains de 295 m qui n’aurait,
donc pas de compensation, La rigidité de l’écorce et les contraintes lat,érales sont suffkantes pour qu’il n’y ait
pas de rlajustement.
La valeur moyenne générale des anomalies à l’air libre, qui est, de +3O mgal ($32 mgal aprés corrections
topographiques), indique également une surélévation de la Grande Ile.
Toutefois le défaut. d’ajustement isostat.ique n’est pas la seule hypothhése possible : si l’on consicke l’anomalie
à l’air libre comme la mesure quantitative de la différence ent,re le géoïde et l’ellipsoïde de référence, une partie
au moins de l’écart. observé peut s’expliquer par une irrégularité régionale du géoïde. Or on sait que celui-ci est
effectivement surélevé dans les r@ion, q occidentales de l’océan Indien.
La moyenne générale des anomalies isostatiques est voisine de zéro. Il semble donc que le système de com-
pensat.ion, hypothése d’Airy profondeur de compensation de 30 km, convienne bien a cette région, c.ar on pense
que le système de compensation ((le plus probable )) est celui qui donne ((en moyenne 1)les anomalies les plus
faibles. Remarquons qu’a en moyenne D, les anomalies isostatiques doivent être nulles sur une grande surface
quel que soit. le type de compensation envisagé. En effet, toute anomalie moyenne dans une ri?gion grande par
rapport à la profondeur des masses qui la provoquent,, ne dépend que de la masse totale ; elle est, indépendante
de la distribution des masses. Un st,atistique d’ensemble ne peut. donc aboutir à discriminer le mode de compen-
sation le plus proche du réel.
Tout.efois s’il n’est pas possible d’affirmer que la faible valeur de la moyenne des anomalies isostatiques
apporte une confirmation du mode de c.ompensation adopté (Airy, 30 km) on peut dire qu’une compensation est.
certaine en Constat>ant que les anomalies isostatiques sont faibles par rapport. aus anomalies de Bouguer. En
effet,, l’kcart. entre valeurs extrêmes des anomalies de Bouguer qui est, de plus de 200 mgal (de -140 & $90 mgalj
se réduit à environ 60 mgal pour les anomalies isostatiques.

FIG. 11. - Moyennes des altitudes par quart de degrb carri:


FIG. 12. - Moyennes des anomalies de Bouguer par quart de degré carri:
FIG. 13. - Moyennes des anomalies à l’air libre par quart. de degr6 ca&
FIG. 14. - Moyennes des anomalies isostatiques par IJUXt dr, degrk carré

O.R.S.T.O.M., Géophys., no lS, 1982: 3-128.


C’est l’hypothése d’Airy, profondeur de compensation T = 30 km, qui donne les anomalies isostatiques sinon
les pIus faibles du moins les mieux réparties autour de la vaIeur moyenne voisine de zéro. Si les anomalies isosta-
tiques dans la même hypot,hi?se, mais avec des profondeurs de 20 et GOkm n’ont pas été effectivement calculées, il
serait facile de le faire Q partir des courbes d’isocorrections yui ont été établies pour ces profondeurs et qui sont
présentées sur la figure 9. On peut. admettre au vu de ces cartes dTsocorrections que le niveau moyen des ano-
malies isostatiyues, s’il est voisin de zéro pour T = 30 km, serait de +20 mgal pour T = 20 km et -25 mgal
pour T = 60 km.
L’hypothèse d’Airy, profondeur de compensation de 30 km, convenant, le mieux, c’est dans cette hypot,hèse
qu’il faudra cherc.her a expliyuer les déséquilibres régionaux.

2. RELATIONS ENTRE LE~ ANOMALIE~ GRAV~MÉTRIQUE~ ET LES ALTITUDE~

2.1. Anomalies de Bouguer


Pour le calcul de la correction de plateau nous avons choisi la densité 2,67 pour représenter la moyenne des
densité.s des terrains superficiels.
Si le choix est convenable, il ne doit rester aucune corrélation locale entre les anomalies de Bouguer et
l’alt.itude. Par contre, a l’échelle régionale, on retrouve une relation entre anomalies de Bouguer et alt,it,udes qui
indique dans quelle mesure la compensation isost.at.iyue est réalisée.
Pour le montrer on porte habituellement, sur un graphique en ordonnées les valeurs des anomalies de
Bouguer et en abscisses les altitudes des points d’observation. T,a droite moyenne, autour de laquelle se groupent
les différents points, aurait pour pente, si la compensation était exactement réaliGe, la valeur de la correct.ion
de plateau yui est de 0,1119 mgal par mètre. En effet, dans le cas l,h&orique où des stations se trouveraient
sur des plateaux infinis, homogènes, d’épaisseur h parfaitement compen&, l’anomalie de Bouguer représent.erait
l’action des couches compensnt.rices proportionnelles à l’altit.ude h des stations.
Pour construire ce graphiyue, nous avons préféré utiliser les valeurs moyennes, par quart de degré carré,
des altitudes et des anomalies de Bouguer. D’une part, porter sur un graphique la t,otalité des points (plus de
12 000 stations) n’ét.ait guère facile ; de plus, les stations étant loin d’&e uniformément réparties sur l’ensemble
du pays, on aurait donné trop de poids aux régions presentant une forte densité de stations. D’autre part, les
altit.udes des points d’observation représentent rarement celles clu pays environnant., les stations étant souvent
err’ectuées dans les vallées en pays de montagne. On observe alors une surévaluation des valeurs de l’anomalie
de Bouguer et donc une augmentat,ion artifiCielle de la pente de la droite.
L’utilisation des valeurs moyennes pour la construction du graphique revient, ainsi a considérer 215 sations
fictives, chacune étant dé.finie par un couple : altitude moyenne -- anomalie de Bouguer moyenne.
La figure 15 montre le nuage de p0int.s de c-.es215 valeurs (les c.alculs et les traces ont ét.4 effe.ctués sur ordi-
nateur par R. GODIVIER), La droite moyenne a pour pente -0,07 mgal par m&tre et le c.oeficient de c.orrélation
linéaire est. de 0,83. On constate que la c.orrGlation est forte entre anomalies de Bouguer et altitudes et que la
pente de la droit.e de régression n’est pas trop éloignée de la pente théorique -O,ll, ce yui montrerait la réalité
de la c,ompensation isostatique.
On remarque en outre, d’une part que la grande majorité des points se placent au-dessus de la droite théorique.
La droite moyenne est, décalée vers le haut, ce qui montre, comme nous l’avons cléje observé, que I’ensembIe de
Madagascar est plus élevé yue ne le comporterait un parfait équilibre isostatique. Le décalage est en moyenne
d’une trentaine de milligals ce qui correspondrait à une épaisseur de terrains de 270 m non compensée. D’autre
part, on s’apersoit, que le nuage de points ne se répartit pas r+$ièrement autour de la droite moyenne et qu’il
présente une forme légèrement incurvée, ce yui nous incit.e h partager les points en deux populations d’altitucle
supérieure et inférieure à une certaine vaIeur yue nous avons choisie successivement, égale a 500,600,700 et. 800
mbtres. La Pent*e de la droit,e de régression et le coefficient de corrélation ont. été dét:erminés dans chaque cas
pour les deux populations.
Nous avons obtenu :
ALTITUDE~ mrbwwms
Pente Coeffiüient Nombre
do la droilc dc corrélation tic points
à 500 m - 0,11n 0,54 114
600 m - 0:105 0,62 lY3
CI
700 m - 0,09-L Il,63 139
800 m - 0,090 0,67 151

O.R.S.T.O.M., Géaphqs., no 18, 1982: <Y-128. 42


.,
5
s <, ,
2 t40
. .
2 . . .L , *
.

5
Coefficient de corrélation linéaire 0.8 3
m
0

-40

-80

-120
- -- I I I , I IL--i
-200 0 200 400 600 800 1000 12m 1400 1600 1noo "1
Altitudes

FIG. 16. - Anomalies dc Bouguer en fonct.ion de l’altitude (valeurs prises par quart de de@ carré) et droite moyenne

- 120 7OOm
I l l l I I r I 1 I
-200 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 13 10 m

FIG. 16. - Anomalies de Bouguer en fonction de I’altit.udo et. droite moyenne pour chaque famille dc points cn drssous et an-dessus
de 700 m

MULTITUDES SUPkUEURES

à 500 111 -- 0,064 0,78 101


600 m - 0,070 0,7R 87
700 m - 0,073 o,e1 76
800 m - 0,079 O,W 64

C’esk l’altitude de 700 m qui c,onviendrait. le mieux. Nolons de suite que c’est également avec cette valeur que
nous obtiendrons les meilleurs résultats en opérant de la même facon avec. les anomalies isostatiyues. Les droit.es
de régression et les coefficient,s de corrélation pour I’altAude de séparation de 700 m sont présent& sur la figure 16.

O.R.S.T.O.Al., Géophys., 110 18, 1082: Q-128. 13


Ces r8sult.ats suggérent que les compartiments crist.allins correspondant. aux altitudes élevées ont une
rigidité assez grande, alors que les autres compartiments sont mieux compensés localement.. La faible pente
(-0,07) de la droite moyenne du nuage de p0int.s correspondant. aux compartiments crist,allins (points d’altitude
supérieure a 700 m) ne peut 6tre espliquée par une plus faible densité des roches composafit. ces compartiments.
Pour une valeur de pente de -0,07 la densitk devrait être égale & 1,7.
On retiendra que l’altitude de 700 m représente l’altitude moyenne d’une zone de transit.ion »il les deux
familles de points s’imbriquenl plus ou moins les unes dans les autres.
La forme du nuage de points conduit à envisager une autre représentation de la moyenne.
Considérons des tranches d’altitude de 100 mètres (0 B 100, 100 a 200,200 c\ 300 m...). Déterminons la valeur
moyenne des anomalies de Bouguer de la population des quarts de degré carré compris dans chaque tranche.
Représentons sur un graphique les valeurs ainsi obt.enues en portant en abscisse la valeur moyenne des altitudes
des points de chaque tranche, la valeur moyenne de l’anomalie de Bouguer étant en ordonnée. Pour adoucir les
variations d’un point. k l’autre, nous avons considéré en fait une ((moyenne glissante S, c’est-&-dire une moyenne
combinée de la tranche considérée avec les moyennes des tranches immkd&t.ement inférieure et supkrieure, et
en pondérant les valeurs en fonct-ion des écarts d’altitude.
On retrouve sur ce graphique (fi g. 17j, sur lequel nous avons également représentk le nombre de quark de
degré carré compris dans chaque tranche de 100 m, des resultats déjà mis en évidence : la moyenne correspon-
dant aux compartiments de basses altitudes (inférieures Q 400 m) peut êt.re représentée par une droite de pente
pratiquement égale à la pente LhBorique. Les point,s correspondant aux c.ompartirnent,s blevés (altitudes supé-
rieures a 1 000 m) peuvent également êt.re représentés par une droite de pente sensiblement voisine de la précé-
dente. Ces deux groupes sont séparés par une zone de transition de 100 SI 1 000 m (valeur moyenne 700 ni)
représentke par une droite de pent.e -0,055.

* 40 .
T . SGVGUER moyen par tranche de 100 m

FIG. 17. - Anomalies de Bnuguer en fonction de l’altitude par tranche d’altitude de 100 m

Quel que soit donc. le mode de reprksentat,ion, on constate toujours une différence nette entre régions côtières
(compartiments bas) et régions des Hauts-Plateaux (compartiments élevés).
La valeur faible de la droite moyenne des poink relat.ifs 5 la zone de kansition indique une mauvaise
compensation. On peut admettre que les altitudes actuelles ne correspondent plus aux alt.itudes primitives par
suite de l’active érosion due & la forte déclivité entre Hauts-Plateaux et régions c0tikres. Le réajustement isosta-
tique n’a sans dout,e pu se faire en raison des contraintes latérales, ce qui expliquerait. le défaut de compensation
de cette zone.

O.R.S.T.O.N., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 44


2.3. iltmrialies isosfatiqoex

La droit,e de rdgression du nuage de points représentanl; les valeurs moyennes des anomalies iso&at.iques
par quart de degré?en fonction de l’altitude (fig. 18) a pour pente 0,Ol. Cet.te pente, voisine de zéro, indique que
la compensat.ion isostatique est $1peu près rénli&e pour l’ensemble de Madagascar. Le coefficient. de corrélation
linéaire, OJO, n’e.st wpendnnt pas nkgligeable.
Si de la même fason que pour les anomalies de Bouguer, on scinde les poil& en deux populations en fonction
de l’altitude, on ohtient les valeurs suivantes pour la pente de la droite de rkgression et le coeffkient de corré-
lation des deux populations de points d’altitudes respectivement inférieure et supérieure A 500, 600, 700 et
800 m (même nombre de points dans chaque population que dans le tableau prbcédent) :

IiLTITUDES INFÉRIEURES ALTITUDES SUPkW3URES

Pente Coetïicicnl Pente Coefficient


de la droito Ciecorrhlation de la droite de eorrtlation
ti 500 m - 0,002 0,02 0,010 0,22
600 m - 0,003 0,04 0,004 0,08
700 in 0,000 (3) 0,oo (3) - 0,001 0,03
800 m 0,005 0,07 - 0,009 0,18

Coefficient de corréMi& linéaire 0.30

. . . .: . . . .
. . pente + o ,o 1
.. .--
-. .
.. .
. .

. =-
-40 ,x’,
, , ., ! I I I I
-200 0 200 400 600 800 1000 1200 la00 1600 18W m
Altitude;

FIG. 18. - Anomalies isostntiqucs en fonction de l’althde (valeurs prises par quart. de degré) et droite moyenne

, Coefficient de corrélation .Coefficient de corrélation linéaire 0,03


, .
. .
’ : 0,001 ’
I

.
-40
, , 1 1 I l I l 1
-200 0 200 ‘400 GO0 800 1000 1200 1400 1600 1800 m
AltKUdS

FI~. 19. -Anomalies isostatiques on fonction de l’altitude ot droite moyenne pour chaque famille de points en dessous et au-dessus
de 700 m

On constate que c’est, pour une altitude de séparation de 700 mGt.res que l’on obt.ient les valeurs les plus
voisines de zéro & la fois pour la pente de la droite de régression et. pour le coefficient de c.orrélat.ion. Ces r&ultats
sont reportés sur le graphique de la figure 19.
D’après ces résultats il convient donc d’admeUre que les compartiments d’altitude moyenne inférieure et
supérieure & 700 m sont bien c.ompensés, mais sans dout.e d’une manikre dif’fbrente et que l’altitude de 700 m ne
représente que l’altitude moyenne d’une zone de transition.

Ct.R.S.T.O.AI., GEophgs., 120 IS, 1982: J-128. 45


3. ÉTUDE D'UNE coum TRANSVERSALE DE RIAI~AC+A~~AR

Nous avons vu que Madagascar se présentait. comme une structure allongée le long d’un grand axe approxi-
mativement NNE-SSW. L)es coupes perpendiculaires a cette direc.tion auront en moyenne des carac.téres très
voisins et nous avons reporté sur la figure 20 les différentes données topographiclues ,., gravimetriyues et. magné-
tiques du profil qui va de Tuléar à Farafangana que l’on pourra considerer comme représent.atif d’un quelconque
profil transversal.
Ce profil suit, au plus prts les itinéraires routiers empruntés. Le long de portions de levé s’écartant. peu d’une
même direction, la position de chaque station a été projetée sur cet.te direct.ion, avec. la valeur Observ&e.

1lltirnétrie
Le profil topographique ne represent,e pas la topographie réelle mais la suit.e des valeurs de l’altitude en
chaque station, obtenues à partir soit du nivellement barométrique, soit du Nivellement Genéral de Précision.
Sur ce profil figurent les affleurements géologiques principaux tels qu’ils sont indiqués sur la c.art.e géologique à
1/I 000 000 de 1-I. BESAIRIE, 196-l. Bien que les altitudes aient. été exagérées dans le rapport de 50 a 1 par rapport
aux distanc.es horizontales, on note une altitude moyenne élevée avec des falaises bien marquées.

Rnomulie ti. l’air libre


La valeur de l’anomalie à l’air libre a ét.é calculée en c.haque station de mesure. Cette anomalie est rarement.
utilisée sous forme de profil dans le cas de mesures gravimétriques k terre par suite de sa trop étroit,e corrélation
avec les variations d’akitude comme on peut le constater sur notre figure. Sa representation est cependant,
instructive. Si on note bien, par exemple, les variations de l’anomalie en relation directe avec les accidents
topographiques, en particulier la diminution de plus de 50 mgal aux environs du km 260 pour pres de 400 rn de
dénivelée, on observe par contre des variations sans aucun rapport avec le relief, mais liées au changement dc
la nature des terrains, par exemple le passage du sédimentaire au cristallin à l’Ouest, de Hanohira, km 180.
La droite +30 mgal représente la valeur moyenne générale de l’anomalie.
Rappelons que l’anomalie à l’air libre intervient surtout, dans les calculs géodésiques : forme du Géoïde,
deviations de la verkale..., pour lesquels on utilise habituellement sa valeur moyenne par éléments de surfwe
determinée, comme nous l’avons dit, par l’intermédiaire des moyennes de l’anomalie de Rouguer et de l’altitude.

Un deuxiéme profil gravimétrique represente l’anomalie de Bouguer ralculte pour une densité de 2,07.
Son examen montre immédiat.ement les deus traits majeurs caractéristiques de l’nnomahe de Bouguer :
- pas de relation direct‘e avec les variations d’altitudes locales. Cela dénote le choix convenable de la densité
des terrains, du moins les premiers lrilométres ;
- corrélation inversement proportionnelle avec l’altitude régionale ; ce trait caracttristiyue illustre bien le
phenornène de c.ompensation du relief et met en évidence le caractkre wntinental du massif malgache.
Le long de ce profil figurent les corrections isostatiques changées de signe et. calculées dans l’hypothèse
d’Airy, profondeur de compensation 30 km. La c.ourbe de ces corrections ou équilibre isoskkique diffère peu, si
ce n’est dans la partie Est de Madagascar, de la courbe moyenne de l’anomalie de Rouguer, et sera souvent
considérée comme représentative de l’anomalie régionale.

ilrzorr~alie isostaticpc
h part,ir de l’anomalie de Bouguer et. de la courbe d’équilibre isostatique, nous avons tracé le profil de
l’anomalie isostatique (hypothese d’iliry, 30 km) qui oscille autour de la valeur zero si ce n’est., à nouveau, dans
la partie Est de Madagascar. La droite de valeur nulle représente la moyenne de l’anomalie isostatique, c.e qui
est. en accord avec le résultat du c.alcul de la valeur moyenne générale qui est voisine de zéro. On notera l’alkr-
nance remarquable de valeurs positives et négatives qu’on retrouvera sur la carte isostatique.
On peut. remarquer une c.ertaine c.orresp0ndanc.e entre les anomalies isostatiques positives ou négatives et.
les anomalies a l’air libre positives ou négatives rhsiduelles, compt,ées à part.ir de leur valeur moyenne +30 mgal.

O.R.S.T.O.Af., Géophys., no 18, 1982: 3-126. 46


* gammas ( Anomalies magn&tiques)
t 600. composante verticale
e : Eocène 4 : Système Androyen F : basaltes
+ 400 -
c : Crdtad B : Svstéme du Gtaehire al : arq~leslatéririques
J :Jurassique Jtl : &matites a : alluvions
f- 200- I : Mo F : faille
. K : tiarroo
O- ,
.-d-v Y
\ -.&/&--y

-zoo- .

-400. -400
I

* mgal [anomalies isostatiques) Bouguer


+20-

0. \

- 20,
mgal (anomalies de Bouguer)
+ 40 f Tuléar

Ranohira
Air libre

4 maal (anomalies zi l’air libre)


t 60 t 60
1 I I

0 0

mètres
1000 - 20

800 - 40

600

10 20 30 40 50 100 150 200 250 300 350 400 450 Km


FIG. 10. - Profils gravimétriques jhir Libre, Boug~er, isostalique), topographiqur, magnt%ique le long de I’itin6rairci transvrrsal TulAar-Farafangana
Ces changements de signe correspondraient aux limites de compartiments de socle surélevés ou abaissés
selon une tectonique en touches de piano dont la compensat-ion loc.ale serait mal réalisée.

Nous avons fait. figurer le profil des anomalies de la composante verticale du champ magnétique t.errest,re.
Ce profil n’est que partiel, les mesures magnétiques au sol n’ayant pas été poursuivies par suite des résultats
incohérents affectant les mesures dans les régions où afleure le socle. Comme le montre le profil, le (( bruit de
fond H des mesures au sol est prohibitif.

3. RELATION RÉGIONALE ANOMALIE DE BOUG~ER - ALTITUDE

Aprés avoir étudié les valeurs moyennes de l’anomalie de Bouguer en fonction des altitudes moyennes, nous
allons considérer leur valeur poncl.uelle, st.ation par station, et voir comment elles s’ordonnent.
Comme il ne pouvait 6tre question de considérer k-Jusles points des diffërents it,inéraires, nous avons retenu
l’itinéraire Tultar-Farafangana et reporté les valeurs de Bouguer en fonction de l’altitude (fig. 2.1).
On remarque immédiatement que les points représentatifs de station en st,ation, en suivant soigneusement
l’itinéraire, se groupent par tronGons d’itinéraires autour de segments de droite, décalés les uns par rapport
aux autres.

Région d’lHOSY

mgal
4
-30.

-40.

-50.

-ml.

-70.

mgal

-” t RANOHIRA Anomalie

Altitudes
ANKARAMENA 4
-1ZOOm
~QC;. 21. -- .4nomalic dr Bouguer rn fonctiou dr l’altit.ude aux
~100”
st.ations en suivant. point par point. l’itinckaire Tuléar-
Farafangana ~Km

0 10” 200 Km

FIG. 22. - Anomalie de Boug~er en fonction de l’alt.itude en chaque station de l’itinéraire Tuléar-Farafangana dans la rbpion
d’Ihosy ; profils dc l’anomalie de Bou~uer et, topographique correspondnnt.s

On constat,e, après avoir reporté t.ous les points, que l’on retrouve dans le dét.ail le résultat, auquel nous
avaient conduit les considkralions précédent,es sur les valeurs m.o;vennes : les segments de droite correspondant.
aux stat,ions d’altitude inférieure R 700 métres ont une pente volsme de la pente théorique, t.andis que ceux qui
correspondent. aux st,ations plus élevées ont une pente plus faible. On pourrait donc admettre que Madagascar
est constitué de compartiments géologiques qui seraient, liés A la fragmentation du socle et. qui présenteraient
chacun un propre état d’équilibre entre forces isostatiques et contraintes lattkales.
La géologie de Madagascar et l’examen de la carte des anomalies isostatiques nous permettraient, de penser
que ces compartiments présentent. un allongernent~ selon la morphologie et les directions principales privilégiks
de la tectonique.

O.R.S.T.O.M., Géophys.. no 18, 1983: 3-123. 47


Si on reporte sur une carte géologique les st aGons correspondant aus clil~érents segments, on remarque que
les stalions en bout de ces segments sont situées, soit au voisinage du contact de deus terrains différentk, contact
qui peut Gtre awompagné d’une dknivolée due ZI une érosion diffPrentielle, Soit ti proximité ou mkme sur we
dénivelée d’origine tectonique.
Pour illustrer ces résultats nous avons report,é les différents segrnenk i\, B, . . . 1-I avec leurs limites sur le
profil topographique de l’itinkraire Tuléar-Farafangana (fig. 20) qui indique également la gkologie superficielle.
Le R.P. L. CATTALA (1954) ét,ait arrivé aux memes observations qui l’avaient. conduit h proposer un schéma
structural en ((touches de piano )).
Un bel exemple est fourni par les deux compartiments E et F limités par une falaise dans la région d’Ihosy,
accident, topographique de l’ordre de 400 m qui ne se marque pratiquement pas sur le profil de l’anomalie de
Bouguer, ce qui montre bien le choix convenable de la densité (fig. 22).
Dans la partie occidentale du profil on observe une certaine relation entre les difiérents compartiments et
l’anomalie de Bouguer : par exemple la fosse sédimentaire du Karroo, compartiment D, donne des anomalies
de Bouguer n8gatives.
Mais c’est sur le profil des anomalies isostatiques (fig. 20) que l’on observe la meilleure correspondance avec
les différents compartiments dont les limites correspondent approximativement avec le changement de signe
des anomalies. Le passage d’un segment au suivant (fig. 21): vers le haut ou le bas coïnc.ide avec. le changement
de signe de l’anomalie. Une telle anomalie positive ou négative résulte d’un excédent, ou d’un dkflcit de masse
qui lui-méme peut &tre interprété par une surélévation ou un affaissement, du compartiment. On obtient ainsi
d’un compartiment à l’autre :

TramlaCions ~
Compartimwt Anomalie
VO~Sle isostatiquc

A+B bas nQat.ive


B -i- C haut posit.ive
c i D bas n@akive
D++E haut positive

de méme de E 5 F et de F à G.
Le profil des anomalies à l’air libre (fig. 2.0), rapporté à la valeur moyenne ($30 mgal) met également en
évidence les différents compartiments.
Il v a donc lieu d’attribuer des causes profondes à la concordance entre anomalies isostatiques, anomalies
à l’air libre, segments de droke définis par les anomalies de Bouguer en fonckion de l’akkude et compartiments
géologiques.
Cependant le schtma en touches de piano qui reviendrait à considérer une juxtaposition de 4 horst o et de
<(graben 1)est de toute fayon insuflkant pour rendre compte de la 0 tect‘onique de fond 1)qui affecte les couches
les plus profondes de la croûte, et qui doit Gtre beaucoup plus complexe que ne pourrait le laisser supposer
un tel schéma, d’autant plus que la géologie des couches profondes nous échappe compkt.ement.

II. Les cartes gravimdtriques

Un premier examen des cartes gravimétriques des anomalies de Bouguer et des anomalies isostatiques
(cartes en couleurs à 112 000 000) fait. ressortir quelques traits marquants et. nous essayerons de voir s’ils sont
en relation avec la géologie telle que nous la connaissons.
Une &ude de détail sera présentée plus loin.

1. CARTE DES ANOMALIES DE BOUG~ER


L’examen de la carte gravirnétrique des anomalies de Bouguer monl.re (fig. 23) :
- une relation Etroite ent.re anomalies et altitudes & l’échelle régionale ;
--- une nette concordance entre l’allure des isanomales et la forme générale de 1’Ile en relation avec: les grands
axes tectoniques ;

O.R.S.T.O.M., Géoplys., no 18, 1982: S-1,OS. $8


l CAP D’AMBRE

200

250s

0 200 krr I
/ I
CAP Ste MARIE
l 1 1’ 1 I , I t I
440 46’ 480 50°E

FIG. 23. - Carte des anomalies de Bonpuer (d = 2,67). Isanomales tlt! 10 en 10 mgal

- une différence marquée entre les anomalies des cdtes Est et Ouest ;
- des anomalies positives importantes le long des C&?es Est, Nord-Est, Nord et Sud-Ouest pr&,entant des
gradienk gravimét.riques élevés ;
- des anomalies négatives marquant bien l’emplacement des bassins sédimentaires Ouest et Nord-Ouest ;

O.R.S.T.O.M., Gêophys., no 18, 1982: 3-128. 49

4
- une anomalie posit,ive 1ié.eCIl’aire anticlinale du cap Saint-André séparant. les deux bassins précédent,s ;
- de fortes anomalies positives très localisées principalement le long des c6tes Ouest et Sud ;
- l’absence de relat.ion apparente entre certains épanchements volcaniques et anomalies.

1.1. Relutions entre anomalies d alfitudes

Nous avons vu précédemment qu’il y avait, a l’échelle régionale, une corrélation tr&s nette entre les ano-
malies de Bouguer et les altitudes. La carte de Bouguer montre, en relation avec le relief, deux zones d’anomalies
fortement négatives : au Nord, une anomalie de -80 mgal liée au massif du Tsaratanana (2 876 m), au centre,
une anomalie plus étendue de -140 mgal liée & la région des Hauts-Plateaux qui culminent dans le massif
de l’hnkaratra (2 G43 m) et, vers le Sud, dans l’bndringitra (Pic Boby, 2 658 m). Cela montre qu’il y a bien
compensation du relief et que 1’Ile se comporte comme un continent..
Cett,e corrélation entre le relief et les anomalies masque d’ailleurs certains aspects qui, autrement, appa-
raltraient sur la carte et d’aut,ant plus que le relief de Madagascar est important, plus de 500 m&tres d’altitude
moyenne. Aussi sera-t-il nécessaire d’examiner la carte des anomalies isostatiques, c.elles-c.i étant, comme nous
l’avons vu, quasiment indépendantes de l’alt.itude, pour remarquer certains traits qui passent inapersus sur la
carte de Bouguer (extension des bassins sédimentaires, déformations du tracé des isanomales par le gradient
isost.atique...).

1.2.. Concordance entre l’allure des anomulies et la forme générale de l’lle

L’allure générale des isanomales est ét.roitement liée & la morphologie de Madagascar. Le tracé des isano-
males suit les grandes lignes de la forme et du relief de l’Ile, qui sont, essentiellement liées aux direc.tions de la
tectonique. On t,rouvera, d’ailleurs, l’allure allongée suivant la plus grande dimension de 1’Ile sur la carte des
anomalies isostatiques.

1.3. Diffèreme entre les anomalies de In dte Est et de la de Ouest


La carte des anomalies de Bouguer, de même que celle des anomalies isostatiques, montre une différence
très nette entre les anomalies de la cote Est et celles de la côte Ouest,. Sur la c8te Ouest, les anomalies sont en
général faibles, de &lO mgal, en dehors évidemment des fortes anomalies positives loc.alisées. Ces valeurs faibles
sont celles qu’on observe généralement dans le cas d’un passage normal d’une croûte continentale B une woùte
océanique. Par contre, la côte Est, et dans une moindre mesure la cGt,e Sud-Ouest, prksentent. tout au long de
fortes anomalies positives marquées par de forts gradients.

1.4. Anomalies positiues le lony des dites

Côte Est
Une importante anomalie positive at.t.eignant par endroits près de +lW mgal longe la plus grande partie
de la cote Est en présent,ant. un fort gradient. : 2 à 4 mgal au kilomktre. Malheureusement on ne connait pas
pour le moment l’amplitude totale de cette anomalie, le manque de mesures en mer ne permettant pas de suivre
l’anomalie au-delà de la c0te.
Or, quel que soit. le mode de c.ompensation que l’on pourrait envisager, les corrections isost,atiques ne feraient
pas disparaître cette anomalie. Elle serait tout au plus atténuée et elle atteint encore prés de +GO mgal dans
le cas de l’hypothltse d’hiry, profondeur de compensation 30 km. Cett.e anomalie n’est donc pas due simplement
à l’influence des grands fonds océaniques proches.
Une anomalie aussi import,ante avec un gradient, aussi élevé, fait penser à 1’existenc.e d’une grande fracture
le long de la cote Est, suggérée également par les caractères morphologiques de cette c6t.e et surtout par la
présence de tr&s importantes émissions fissurales de laves acides et basiques qui forment un recouvrement
cont.inu de 20 g 40 km de largeur sur prii.s de 500 km, le long de la zone lit.t,orale.
Le gradient 6levé que l’on observe tout au lon,v de c.ett.e c0te indiquerait par ailleurs que le passage de la
c.roûte continentale g la croût,e océanique doit se faire très brutalement par plusieurs fractures en palier, une
seule grande fract.ure paraissant peu probable. D’ailleurs, la grande extension latérale des c.ouches volc.aniques,
qui, étant. donné la viscosité, paraît improbable dans le cas d’une fracture unique, s’explique facilement. si l’on
fait intervenir un réseau de fractures parallèles plus ou moins rapprochées.

O.R.S.T.O.M., GÉol>hys,, no 18, 1982: d-126. 50


Cdte Nord-Est et Nord
L’anomalie de la cGt,eEst qui semble s’int.errompre à la haut.eur de l’île Sainte-Marie pour faire place a une
anomalie ntgative reprend plus haut en suivant la bordure du cap Masoala et change ensuite de direction pour
suivre la côte Nord-Est.
Des carnetéres ident.iques Q l’anomalie de la cote Est (parallélisme g la ciXe, gradient itlevé...) font penser
a une origine semblable : réseau de fractures parallèles favorisant, les intrusions lourdes en profondeur et des
épanchements en surface.

Cdte Nord-Nord-Ouest
Toute cette région est. marquée par une zone d’anomalies positives qui sont d’ailleurs plus étendues sur la
carte isostat,ique. Cette région est caraïtkiske par d’intenses et récentes manifestations volcaniques liées a une
in1portant.e activité tect,onique associée 51une remontée du magma basique.

COte Sud-Ouest
Nous observons 6galement. le long de la côte Sud-Ouest (rkgion de Tuléar) une anomalie positive de 50 mgal
dont, les courbes d’égale valeur sont paralléles à la cete. La direction commune est celle du syst&me de fractures
du Bongolava. 11semble que l’on ait. pour cette cote les m&mes phénomènes que pour les c.&es Est et Nord-Est.
On peut noter d’ailleurs le long de cette côte, la présence d’une fraclure imp0rtant.e qui est la frackure de Tuléar.

1.5. Anomnlies Ile’gutiaes liées mm bassins s6dimentaires

Les bandes d’anomalies nkgatives 4 l’Ouest et au Nord-Ouest sont liées & la présence des bassins skdimen-
taires de Morondava et de RIajunga séparés par l’aire anticlinale du cap Saint-André.
Les valeurs les plus négatives, -90 mgal, se trouvent dans le Sud-Ouest en relat,ion avec les grandes
bpaisseurs de skdiments de la fosse du Karroo (5 000 à 8 000 m). A l’Est de ces bandes d’anomalies, une série
d’anomalies de -20 mgal marque la bordure des bassins sédimentaires en coïncidant avec la réapparition du
soc.le m&tamorphique.
Toutefois, si les plus grandes épaisseurs de sédiments apparaissent bien en anomalies négatives, ces bassins
sédiment,aires ne se traduisent pas par une anomalie d’ensemble. LB encore, il faut remarquer que la relation
entre relief régional et anomalies de Bouguer masque en grande partie l’influence due aux déficits de masse que
présentent ces bassins sédimentaires.

1.G. A ire un ticlinale du cap Sain t-André


L’éperon de socle du cap Saint.-André qui sépare les bassins skdimentaires de RIorondava (bassin Ouest)
et de h’lajunga (bassin Nord-Ouest) donne lieu à une anomalie positive avec des maxima bien marqués corres-
pondant. à des intrusions basiques, analogues à celles que l’on observe au Sud-Ouest de cette anomalie.

1.7. Ai~ovialies 1wsitic~e.s 1ocnlisÉes

La cart.e de Bou,guer montre de fortes anomalies posit,ives bien localisées. Certaines sont liées manifestement
à des intrusions basiques, d’autres ne correspondent à rien de visihle en surface.
Sur la c6t.e Sud, l’anomalie positive de 70 mgal correspond au massif volcanique de 1’Androy. L’bpaisseur
des épanchements, d’ailleurs encore cont.roversée (T-I. ~~ÉSAIRIB 1957, R. BATTISTINI 1959), est insuf’tisante pour
expliquer l’amplitude de l’anomalie dont, il faudra chercher les causes en profondeur. Au Sud ducap Saint-André,
à l’Est de Maintirano, les maxima de +20 et +40 mgal coïncident avec. les massifs gabbroïques de 1’Ambereny
et, du Fonjay. Une autre de ces anomalies, qui apparaitra mieux sur la carte isostatique, est a lier au massif
intrusif du Bevato (W45 S, 46010 E).
Par c.ont,rel les forLes anomalies positives localiskes sur la c6t.e Ouest, RIaintirano +90 mgal, Rforondava
+70 mgal, et c.elle plus faible d’Andranopasy (21015 S, 440 E, +30 mgal) ne c.orrespondent à aucun affleurement
basique en surfac.e. Nous leur attribuerons la nième origine, à savoir des inkusions basiques mais qui n’auraient
pas at,teint la surface.

O.R.S.T.O.AI., Gc’ophys., II” 18, 1982: 3-126. 51


1.S. Absence d’anomalies notables liées ù cehins épanchements volcaniques

La carte géologique montre de trPs importantes coulées, basalt,iyues dans leur quasi-totalit.é, qui se sont.
épanchées au voisinage des c0tes Ouest et Nord-Ouest (groupes basaltiques du Mailaka, Antanimena, Mana-
somody...). Ces aires basaltiques qui jalonnent les systèmes de failles bordieres s’allongent sur plusieurs centaines
de kilomètres, avec des largeurs variables de quelques dizaines de kilom&tres et des épaisseurs de 100 à 200 mèt.res.
Le volcanisme qui en est responsable serait de type fissura1 ou volc.anisme des plateaux qui affecte des aires
continentales sialiques en majorit,é granitiques et couvert,es de sédiments.
A premiére vue, on n’observe pas d’anomalies appr&iables en rapport avec ces épanchement.s basaltiques.
Or une couche de basaltes de 200 mètres d’épaisseur (densité 2,9), présentant un cont.raste de densité de 0,6
avec le substratum (d = 2,3), d onne lieu a une anomalie de 5 mgal. Une telle anomalie pourrait étre mise facile-
ment, en 6videnc.e dans une étude de détail, mais n’apparaltra guére dans une étude de grande reconnaissance
à larges mailles, d’autant plus qu’elle sera masquée par le gradient isostatique du fait du parallélisme entre les
allongements des épanchements et les directions des c0t,es et des courbes d’isocorrections isost.at.iques.
Le fait que l’on n’observe pas de fortes anomalies positives bien marquées en rapport avec ces aires basal-
tiques indiquerait qu’il n’y a pas de réservoirs magmat,iques. L’ampleur de ces séries volcaniques ne peut donc
s’expliquer que par de puissant.es émissions fissurales liées à une tectonique cassant,e. Les variations pétro-
graphiques observées s’expliqueraient par une c.ontamination du magma originel par le substratum cristallin
et les sédiments traversés.

2. CARTE DES ANOMALIES ISOSTATIQUES


Certains des trait,s marquant la carte des anomalies de Bouguer que nous venons d’examiner apparaissent
également sur la carte des anomalies isostatiques. Un dessin simplifié de cette carte est représent,é sur la figure 24.
Ainsi se distinguent nett,ement. les bandes d’anomalies posit.ives le long des ci,t.es Est et Nord-Est, les anomalies
négatives liées aux bassins sédimentaires de Blorondava et de RIajunga, les anomalies positives localisées liées aux
intrusions de roches lourdes qu’elles soient affleurant.es ou non ou en rapport avec l’éperon de socle du cap
Saint-André.
Toutefois l’examen de la carte isost.atique fait ressortir des traits plus particuliers et. qui paraissent caracté-
ristiques. Ainsi on remarque :
- une bande d’anomalies positives, faibles mais étendues, couvrant la partie médiane de la Grande Ile ;
- une bande d’anomalies négatives, importantes, qui longe l’Ouest de la bande positive caract,érisant la c0te
Est ;
- une alt,ernance de bandes d’anomalies positives et négat,ives allongées selon la direction du grand a‘ce de
l’Ile, la largeur de ces bandes variant de 100 à 150 km.

2.1. Rade médiane d’anomalies positives


Dans la partie médiane de la Grande Ile, le Ion,v de son axe, nous voyons une zone posit,ive d’amplitude
assez faible, dont la valeur moyenne peut êt.re estimée CI environ une dizaine de milligals. Un abaissement de
100 mètres de l’ensemble de cette zone suffirait. A annuler c.ette anomalie. Les maxima localisés dans cette zone
atteignent une trentaine de milligals sauf celui Sit)ué h l’Ouest de Tananarive d’environ 50 mgal, qui est. à rapporter
aux anornalies posit,ives localisees liées à des intrusions basiques, puisqu’on peut l’associer au massif intrusif
du Bevato (18040 S, 46010 E).
On observe, à la hauteur du 20e parallèle, une région trés faiblement positive et à l’Est de celle-ci, au Sud-
Ouest de Tananarive, une anomalie négative qui atteint -30 mgal et qui coïncide avec le massif volcanique de
1’Ankaratra. Ce déficit de masse ne peut résult.er de roches à faible densité situées en profondeur car on sait que
le socle cristallin est partout présent en dessous des épanchements basaltiques de ce massif. On peut penser
qu’après avoir été normalement compensé, ce massif volcanique, d’âge néogène CI pleistoc.&ne, les dernières
éruptions basanit,iclues dat.ant du Quaternaire récent, a subi une violente érosion qui a fortement. abaissé son
niveau moyen et que le réajustement isostatiyue qui a dû s’ensuivre s’est effectué en conservant. la ((racine ))
primit,ive qui se comporte comme une anomalie géologique.
La valeur positive de l’ensemble de la zone médiane correspond aux régions où prédornine un relief important
qui donnait sur la carte de Bouguer de fortes anomalies négatives. Étant donné l’étendue de ces anomalies

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: d-128. 52


CAP D;lMBRE

::..,. ..,
1.. :...,.:.< - 10mgal
.............
CIIl
.~.‘.‘.‘.‘_‘_’ > + 10 mynl

22n54

I CAP S;e MARIE 0 100 200 km


4. i -b ?- 1 ,
440 460 480
FIG. 24. - Carte isostatique simplikk (Airy, 30 km)

positives, il est.justifié de les attribuer CIdes causes profondes. Une remont.ée du manteau serait, B l’origine de ces
anomalies qui, en l’absence de réajust.ement, ne pourraient que s’accentuer avec I’arasement progressif du relief.

2.2. Bande d’anotnnlies négatirres de la côfe Est


Le long de la c?ke Est,, CJIl’Ouest, de la bande éixoite d’anomalies fort,ement positives qui caracthise cette
cote, on remarque une bande d’anomalies négatives importantes qui atteignent au Sud près de -60 mgal.
Sa. largeur moyenne ne dépasse pas la centaine de kilomélres.

O.R.S.T.O.Al., Géophgs., no lS, 198.2: 3-128. 53


Le défic.it de masse indiqué par c.esanomalies ne se rapporte 9 rien de particulier en surface OUle socle ancien
est partout affleurant ; elles seraient donc 5 lier à un phénombne profond.
Toutefois on peut. aussi penser que c,ette bande d’anomalies négatives n’est qu’un Gartefac.t )) dû au calcul
des corrections isostatiques qui suppose un passage progressif de la wofite cont,inentale FYIla woûte océanique
comme l’admet le schéma d’hiry qui nous a servi de base pour le calcul de ces Correct>ions et non un passage
brutal que l’on est conduit à considérer. Nous verrons plus loin dans l’interprétation des anomalies gravi-
métriques de la c0te Est, la validit,é d’une telle hypothése que la morphologie et la t.ectonique de c.et,te côte nous
incitent, également Si retenir.
Par contre l’anomalie négative centrée sur l’ile Saint.e-Marie qui semble ètre la suite de cett.e grande bande
négative, mais avec un certain décalage vers l’Est., doit correspondre g un phénomtne réel, c.et.te repion se mar-
quant également par une nett.e anomalie négative sur la cart,e de Bouguer. Si on considbrait la rbgion de l’ile
Sainte-Marie comme un accident local, la bande négative se poursuivrait t,out. le long des Gtes Est et. m&me Nord-
Est, et le passage brut.al entre les deux Croût>esserait inint,errompu tout le long de ces c0tes.

2.3. Altemance des Onrzdes d’anotnnlies

En examinant. la carte isostat.ique on est, frappé par l’aspect alt.erné des anomalies. Celles-ci, dans leur
ensemble, se présentent en bandes successivement positive et négative, allongées selon la direction du grand axe
de Madagascar avec une largeur moyenne variant, de 101) à 150 kilomètres. Cet aspect. Gpseudo-périodique H
présentant, une dimension privilégiée doit correspondre a des caractbristiques particulières de la lithosphére
de cette région. La largeur moyenne de ces bandes ne dépassant. pas 150 km, cette dimension pourrait. être en
rapport. avec. les tensions limit,es que peut. supporter l’éc.orce sans rupture. Au-del&, il doit y avoir rupture selon
les direct.ions des grandes lignes tectoniques. L’examen de la carte isostatique montre une t.rés bonne concor-
dance entre les directions de ces bandes d’anomalies et celles des grands axes tect,oniques.

2.4. É?ude d’etzsernhle


De l’ét.ude de la cart,e isost,atique et, des calculs de moyenne que nous avons vus plus haut, nous retiendrons
que globalement l’itquilibre isostatique est réalisé. Tout.efois l’ensemble des anomalies positives correspondant
aux Hautes Terres et des anomalies négatives correspondant. aux bassins sédimentaires qui ne sont pas compensés
comme nous le verrons plus loin, montre que c’est moyennant la t.ransmission d’un bel effort. t,ranchant. ent,re
les Hautes-Terres et, les bassins sédiment.aires sans que cela fasse rejouer les failles par lesquelles ce déséquilibre
a été créé.
Il y a là quelque chose de paradoxal, qu’il faut sans dout,e expliquer par la valeur des contraintes horizon-
tales. La pression E-W dans la croûte, c.elle-ci étant isolbe entre des compartiment.s oc6aniques, doit ét.re sensi-
blement. inférieure à la pression verticale, et. cela emp?che que les failles normales qui cont,ribuent ?I limiter les
bassins stdimentaires, rejouent. en sens inverse.
Nous avons dit que la bande étroite d’anomalies négatives de la côt.e Est ne correspond à rien de visible
en surfac,e, le socle étant apparent, partout. On peut admettre que l’ensemhle positif et négatif de la c0te Est
recouvre donc quelque c.hose de différent. de la c6te Ouest où le sédiment.aire est bien apparent. Cela voudrait
dire que le sehéma d’Airy ne convient pas et que la variation latérale de la compensation est plus rapide que la
variation de la t.opographie. A la profondeur où cela se place, cela veut dire que le passage de la c.ompenslt8ion
continentale à la. compensation marine est quasi instant.ané, comme cela pourrait l’étre par une faille de coulisse-
ment. amenant une c.roùt,e marine plus méridionale au contact de la woùte continentale. On se t,rouverait donc là
en présence d’un type de marge par faille de décrochement,, donc sans aucune transition, qui ne semble avoir guère
d’équivalent. Nous reverrons ce problème plus loin dans l’étude des anomalies de la c6t.e Est.

3. ECARTS RÉGIONAUX À L'ISOSTASIE : tiVALUATION DE QUELQUES MASSES

Les considérations précédent.es nous ont montré que, globalement, Madagascar était en équilibre isostatique.
Il n’en est. pas moins évident, eu égard à la carte isostatique que nous venons d’examiner, que certaines rbgions
prises individuellement sont en déséquilibre. Nous allons essayer de donner l’ordre de grandeur de quelques
masses responsables des principales anomalies, et chercher Q estimer l’effort tranchant correspondant auquel
est soumise la croiite.

O.R.S.T.O.M., GPophys., na 18, 198%: 3-128. 51


Pour déterminer la masse responsable d’une anomalie, définie a partir du contour zéro, nous nous baserons
sur le fait qu’une couc.he mince homo@ne, horizontale, infinie, donne une anomalie d’un milligal pour 2,38 kg/
cm”, effet indépendant de la profondeur de çett.e couche. En partant de la carte isostatique et en Cvnluant Q
l’aide d’un planimét,re les aires comprises entre les diverses isanomales définissant. l’anomalie, on obtient la masse
L,ot,aleresponsable de l’anomalie en sommant les masses relatives aux différent,es aires. Pour une aire 8 déter-
minée par les isanomales n et n +lO, la masse correspondante est. obtenue en million de tonnes (MT) en faisant
le produit de l’aire en km2 par la valeur moyenne n $5 et en le multipliant par 23,8.
Les d6ficit.s ou excPs de pression s’obtiennent en divisant la masse trouvée par la surface de l’anomalie.
Nous allons c.onsidérer successivement l’anomalie posil,ive médiane, l’anomalie positive liée au massif
volcanique de 1’Androy dans le Sud de Madagascar, l’anomalie négative correspondant au bassin skdimentaire
dans le Nord-Ouest, de la Grande Ile.
Remarquons que pour quelques-unes de c.es anomalies nous avons dû fermer arbitrairement le tracé de
certaines isanomales. Ainsi pour l’anomalie négal-ive du bassin de Bfajunga, les isanomales --20, -10 et 0 ont
été complétées du cBté mer au Nord-Ouest de l’anomalie. De même nous avons fermé d’une facon arbitraire,
c0t.6 mer, au Sud, l’anomalie posit,ive liée au massif volcanique de 1’Androy.
Pour plus de facilité dans l’utilisation du planimétre, nous avons décomposé en deux In bande médiane
d’anomalies positives en eonsiderant une anomalie Nord et une anomalie Sud séparées par le 20e parallèle.
Les valeurs obtenues sont :
- anomalie positive médiane Sud : masse totale 20 10° MT, superficie 69 000 km2, excédent de masse
290 MT/km” ;
- anomalie positive médiane Nord : masse t.otale 42 106 RIT, superficie 112 000 km3, excédent de masse
375 BIT/km2 ;
- anomalie positive liée au massif volcanique de 1’Androy : masse totale 7,5 106 BIT, superficie 12 000 km2,
excédent de masse 595 hIT/km3 ;
- anomalie négative du bassin de RIajunga : masse t,otale 39 106 MT, superficie 79 600 km2, déficit. de masse
490 MT/l<m2 ;
- quant à l’anomalie négative du bassin de hiorondava, elle est semblable, en plus étendue, a celle du bassin
de hfajunga. On pourra donc att,ribuer & cette zone le m&ne déficit de masse, soit environ 500 MT/km2.
L’existence m6me de ces anomalies indique que l’écorce est, capable de résister a I’ewès ou au déficit de
masse auquel elles correspondent,. Sinon un affaissement ou une remontée, marque d’une compensation isosta-
tique qui réduirait, ou annulerait ces anomalies, se serait produit.
Les déséquilibres observés restent modérés et. sont de l’ordre de ceux déterminés pour quelques régions de
l’Afrique (Y. CRENN, 1956).
En supposant que la densité du mat6riel du manteau à la base de la c.roûte soit de l’ordre de 3,27, nous
pouvons déterminer de quelle quantil. l’éc.orce devrait ou mont,er, ou descendre, suivant le signe de l’anomalie.
Les valeurs trouvées sont. les suivantes :
Anomalie positive modinne Nord, descente.. . ... ...... 115 m
Anomalie positive de I’Androy, descente.. .... ... . . . .. 152 m
Anomalies n6gatives des bassins sPdiment&es de Majunga
nu Morondava, montée.. .. .. . . .. .. .. .. .. . . . . .... 153 In
Pour des régions de l’Afrique wnsidérées également act,uellement comme stables, P. LOUIS (P. LOUIS, 1970)
a determiné les valeurs suivantes :
Bassin du Djxdo (au NE du Niger), remontée.. .. .. .. .. 115 m
Bassin du Sud du Tchad, remontk.. .... .. .. .. .. .... 177 m
Région de l’Air-Tknéré. (Nord du Niger) descente.. ...... 100 m

Ces valeurs sont modérées quand on les compare à des valeurs obtenues dans d’autres régions du Globe.
Ainsi dans les régions de la plaine (lu P6, J. GOGUEL (1958) calcule que l’anomalie négative correspondante serait
annulée par une remontée de ~107m. L’anomalie positive des Alpes owidentales disparaitrait pour un abaissement
de 635 m. Il faut noter que ces dernieres zones sont considérées comme actives.
Nous allons chercher CIestimer l’effort tranchant auquel résist.e la crotite en ne s’affaissant. pas sous la sur-
charge à laquelle elle est soumise. La connaissance du périmètre le long duquel nous admettrons que l’action de
la surcharge se répartit est délicate. Nous nous contenterons d’évaluer une limite inférieure de l’effort tranchant
en admettant que la surcharge se répartit uniformément sur son pourtour, ce qui ne doit pas 8tre souvent le cas,
les anomalies étant en gbnéral de forme irrégulière et la charge n’étant sùrement pas répartie de facon uniforme
sur ses bordures. Pour une anomalie négat,ive, l’effort tranchant s’exercera vers le haut.
Les périmètres ont Hé dét,erminés au curvimétre, certaines portions étant arbikaires comme nous l’avons
dit. Pour les anomalies que nous venons d’examiner, les valeurs obtenues pour l’effort tranchant, sont les sui-
vantes :
Anomalie positive médiane Sud : p&rimétre 1400 km, effort tranchant.. .. ....... . ... . . . ..,.. 1,5 107T/m
Anomalie positive mc’diane Nord : p6rim&tre 1740 km, effort tranchant.. . .. ... .. .. . .... . .... 2.4 lO’T/m
Anomalie posit.ivc de 1’Androy : périmetre 450 km, effort tranchant.. .... .... .. ..... . . .. ., .. . 1,6 lO’T/m
Anomalie n6gative du bassin de Majunga : p&rim&tre 1400 km, effort tranchant.. .. .. . ..... . ..... $8 lO’T/m

Nous avons également calculé I’effort tranchant eserc8 par la bande d’anomalies négatives de la cote Est,
dans le cas où elles correspondraient & un phénomène réel. A la hauteur du 21~ paralkle, cett.e bande fait environ
60 km de large. En admettant une anomalie moyenne de 25 mgal, l’effort t.ranchant exercé vers le haut sur un
des bords est de 1,8 10’ T/m.
De mème pour l’anomalie nkgative du bassin de Morondava. A la hauteur de la fosse du Karroo, soit le
23e parallèle, pour une largeur moyenne d’environ 100 km et. une valeur de l’anomalie de -22 rngal, il résulte
un effort t,ranchant de 2,6 107 T/m.
Toutes ces valeurs sont du même ordre de grandeur que celles qui ont. étk trouvées en Afrique Occidentale
(Y. CRENN, 1956, P. LOUIS, 1970, J. RECHENMANN, 1973). Elles étaient de l’ordre de 1 k 3.107 T/m sans qu’il
y ait, réajustement isostatique. En Afrique il s’agissait de zones stables depuis 500 MA et que l’on peut raisonna-
blement supposées arrivées à un état d’équilibre.
Une conclusion concernant la stabilité de Madagasc.ar semble donc se dégager. L’équilibre isostatique y est
globalement réalisé et les forces auxquelles les grandes anomalies de c.et.te r8gion du globe soumettent l’écorce
rest.ent, en principe, dans des limites qui doivent permettre a celle-ci de les supporter.

4. CONSIDÉRATIONS SUR LES CARACTÉRISTIQUES ET LE TRACÉ DE~ CARTES GRAVIMÉTRIQUES


Avant. d’aborder l’étude région par région des principales anomalies gravimétriques telles qu’elles appa-
raissent sur les c.artes, il est bon d’examiner les c,aractéristiques des levés en vue de leur utilisation tant en géolo-
gie qu’en géodésie, et d’expliquer le choix qui a été retenu pour le tracé des isanomales.
Le tracé des isanomales ou isogammes a ét,é effectué à la main. La définition du degré de certitude présenté
par les détails mis en évidence par le tracé qui comporte un certain carac,tére subjectif implique un retour sur
les conditions d’exécution des mesures et sur leur précision.
La densité du réseau de mesures est un premier poi.nt important, à considkrer. Le but de nos travaux était
d’établir une carte gravimétrique de reconnaissance de hiadagascar, de même qu’ont. é;t.é.effectués précédemment
par les équipes de 1’O.R.S.T.O.M. les levés d’une grande partie de l’Afrique Occidentale et Équatoriale (Y. CRENN,
1957 ; Y. CRENN et. J. RECHENMANN, 1966 ; P. LOUIS, 1970 ; J. RECHENMANN 1965, 1969, 1971, 1972, 1973),
Le choix de la maille nous avait été pratiquement imposé par plusieurs facteurs, tant financiers que techniques.
et par la nécessit.é d’harmoniser In précision de no,.q mesures, limitée essentiellement par I’emploi de la méthode
du nivellement barométrique, et, qui ne permettait pas de rechercher les anomalies de faible amplit,ude, avec
I’immensit,é des zones h couvrir. Finalement la densité des mesures a résulté d’un compromis ent.re les possibilités
mat,érielles et le fait que le nombre des stations au degré carré ne pouvait pas &tre trop faible au risque de perdre
une grande partie de l’intérêt géologique. Une carte de reconnaissance réalisée avec, une densit.é de stations de
2 à 3 par 1 000 km- serait largement sufxsante pour son utilisation en géodésie. En pratique, l’application de
In formule de STOKES pour la déterminalion du Géoïde ne nécessite qu’une dizaine de stalions régulièrement
réparties par degré: carré. Une telle carte ferait déjà ressort.ir les grands traits de la structure géologique et atti-
rerait même l’attention des géologues sur cer’knes partkularités locales. Mais il ne faut pas se cacher que des
structures géologiques int,éressantes pourraient, passer inaperyues sur une telle carte à mailles trés làc.hes. D’autre
part, l’étude des premières cartes gravimétriques réalisées en Afrique nous avait permis de conclure que les
anomalies d’une dizaine de milligals ou plus avaient des dimensions telles qu’elles étaient recoupées par des
it.inéraires espacés de 20 à 30 kllométres.
L’expérience ainsi acquise nous a conduit à adopter une densité de l’ordre de 150 stations par degré carré
(environ 15 pour 1 000 km”) ce qui a pu étre sensiblement réalise b Madagascar en se limit.ant au réseau routier

O.R.S.T.O.AC., Géophys., no 18, 1983: 3-128. 56


et A quelques itinéraires a pied. Tout.efois certaines zones se sin,wlarisent PU un levé plus dense-réseau routier
plus important, dans la région de Tananarive - ou plus faible ou mkme inexistant - régions de massifs mon-
t,agneux comme le Tsaratanana au Nord de I’Ile ou inhabitées comme dans le Sud-Est..
Signalons que les dimensions des anomalies que nous pouvons de la sort,e espérer mettre en évidence, ainsi
que les chances que nous avons de les détecter en fonction de leur taille, sont données dans les tables de pro-
babil&% établies par Igor Dimitrievich SAVINSKII (1965). Leur utilisation a été longuement exposée par P. LOUIS
(1970).
Un deusiéme point important. à considérer est c.elui de l’erreur, de l’ordre de 5 A 6 milligals, entachant les
valeurs des anomalies de Boug~er cartographiées, et qui limite les possibilités d’int.erprétat.ions Q caractkre
géologique. Cette erreur fixe immédiatement un seuil d’amplitude des anomalies. Ainsi il ne faudra attacher
vérit.ablement un sens qu’à des écarts sur l’anomalie de Bouguer at,teignant au moins 5 milligals.
Le 0 pas B habituellement admis pour le tracé des isogammes est d’environ deux fois l’erreur moyenne sur
la valeur observée, c.e qui nous a conduit. B un espacement, de 10 en 10 milligals.

O.R..S.T.O.AI., Gdophgs.! no 16, 1932: 3-128. 57


ÉTUDE RÉGIONALE DES ANOMALIES

Dans cette partie nous allons examiner d’une maniere plus détaillée les anomalies gravimétriques région
par région. Nous verrons suwessivement le Sud, l’ouest, le Nord-Ouest (region du cap Saint-André), le Nord,
le Centre, et la cote Est de 1’Ile. Nous ne nous et,endrons d’ailleurs pas sur les régions Ouest et Nord-Ouest,
correspondant aus bassins sédimentaires de Morondava et Rlajunga, qui ont. dé.jà fait. l’objet d’etudes, tant
géologiques que géophysiques, par la Société des Pét.roles de Madagascar.
On utilisera pour l’interprétation des anomalies locales les profils en anomalie de Bouguer corrigée de
l’anomalie Grégionale )). Étant donné le caractère de nos levés et son étendue, nous utiliserons, la plupart, du
temps, comme ( régionale )), l’effet isostat.ique qui n’est qu’une régionale particulière d’origine evidemment
tres profonde.

1. Sud de Madagascar
1. MASSIF VOLCANIQUE nn L’ANDROY

L’examen des cartes gravimétriques (Bouguer et isostatique) montre une in1portant.e anomalie posit,ive
a l’emplacement du massif volcanique de 1’Androy.
Si nous report.ons sur la carte de Bouguer (carte a 111 000 000) les contours géologiques de cette région,
d’aprias la carle geologique à même échelle de H. BÉSAIRIE, 1961, on constate que, sur sa plus grande part,
la bordure de la partie apparent.e du massif suit grossièrement l’isogamme zéro (fig. 25). L’anomalie se poursuit
cependant. vers le Sud sous le sédimentaire, ce qm montre que ce massif s’étend au Sud, au moins jusqu’a la cote.
Les valeurs maxima de l’anomalie de Bouguer sont localisées dans la partie Sud, vers Ambovombe. Rfais c.e
n’est la qu’une conséquence de l’effet isostatique sur le tracé des anomalies. Les courbes de correction isost,at.ique
(qui figurent en carton sur la carte des anomalies de Bouguer à I/l 000 000, feuille Sud) sont paralleles a la
c0t.e avec des valeurs croissant.es vers l’intérieur du pays. Il s’ensuit,, qu’en t.enant, compte de l’effet isostatique
la partie Nord de l’anomalie atteint un niveau anomalique équiva1ent.à celui de la part,ie Sud. Cela est bien
visible sur la carte des anomalies isost,at,iques où l’anomalie correspondant, au massif volcanique de 1’Androy
présente deux maxima d’environ GOmilligal,, s l’un au lSord, l’autre au Sud du massif.

1.l. ilperaczz gf~ologiyne


Le massif volcanique de 1’Androy constitue une unit.é géologique de forme grossiérement ovale, qui s’étend
sur SO kilométres environ du Nord au Sud et 50 kilomtt,res d’Est en Ouest.. Ce massif dat.erait du Crétacé
supérieur. Des mesures récentes au K/A donnent des âges de 123 et. 90 R1.X.
De grandes ctendues planes sont. dominées par des reliefs le plus souvent de 150 a 300 m de hauteur relat,ive,
mais qui peuvent, atteindre 730 m dans le massif central, et 600 Q 700 m sur la bordure orientale. Il apparaît,
d+s le premier abord, que ces plaines et ces massifs sont disposés selon une ordonnance particuliére, trés marquee
dans les 2!3 du massif où les grandes unités du relief sont disposées de facon concentrique autour d’une masse
centrale.
D’une maniére générale, les points hauts du relief sont constitués par des coulées de rhyolites qui donnent
la plupart des escarpements, tandis que les bas de pente et les plaines d’érosion à l’intérieur du massif sont

O.R.S.T.O.XI., Géophys., no 18, 1082: 3-l!ZS. a9


fagonnés le plus souvent dans des roches de la famille des basaltes. Le relief de cette région est., au moins dans
ses grandes lignes, un relief d’érosion différentielle, les basaltes se comportant comme une roche tendre par
rapport aux rhyolites.
D’aprk BÉSAIRTE (1957) une seule série inférieure de coulées basiques, subhorizontales, serait. surmontée
par une unique série supérieure, acide, rhyolitiyue, de 450 à 500 m d’épaisseur, maintenant disséquée en massifs
distinc,ts qui forment les somme&.
Pour BATTISTINI (1964), par contre, il y aurait eu plusieurs phases d’épant:llements, et la série acide, dans
le secteur oriental, loin d’étre horizontale, présenterait un pendage vers l’Ouest d’une valeur moyenne de 150.
D’après BATTISTINI, on recouperait, selon une coupe Nord-Ouest-Centre, environ 2 800 m de couches alter-
nées de basaltes (épaisseur cumulée 1 700 m) et de rhyolites (épaisseur cumulée 1 100 m).
La dist.orsion en cuvette de cet empilement de. coulées basaltiques et. rhyolit,iques résulterait d’un effondre-
ment en Gchaudron 0 ayant affecté l’ensemble de ce c.omplese volcanique pendant ou aprk sa mise en place.
Not.ons que de telles structures c.irculaires paraissent résulter du jeu combiné et. renouvelé d’émissions vol-
caniques et d’effondrements le long de failles concentriques.
Il n’est peut-Ctre pas nécessaire d’envisager, comme le fait BATTISTINI, plusieurs coulées alt.ernées de basaltes
et de rhyolites pour justifier les pendages observés qui peuvent t.rès bien provenir des affaissements se pro-
duisant h la suite du retrait du magma épanche. La déformation de l’ensemble de l’édifice volcanique a dQ
s’effec.tuer bien irrégulièrement. avec de nombreuses cassures en blocs individualisés. L’observat,ion locale de
pendage suffit à donner une apparence de couches superposées. D’ailleurs des valeurs aussi faibles que celles
obser&es sont diffkiles à metize en évidence sur le terrain sur de grandes distances.
Les phénomènes de subsidence qui ont entrainé la formation du berceau volcanique ont dli Gt.re importants.
La présence du ~1rebord manambien )>,accident. topographique majeur, en moyenne d’un millier de mètres de
hauteur relative, qui enserre sur près de 120 km le massif volaanique de l’Androy, en atteste l’importance.
La genke de cet awident. apparaît intimement, liée au volcanisme antandroy car sou tracé, qui épouse à faible
distance la forme générale de l’ovale volcanique, est. indépendant de la disposition en bandes méridiennes des
terrains du systéme androyen.

1.2. =Irzomalie giwvimétiiqzze

Le profil en travers de l’importante anomalie positive de la région de l’hndroy correspond à l’itinéraire


T&ombe-Ambovombe-Fort-Dauphin situé le lon g de la ci,te Sud. Il a l’avantage de s’appuyer sur des mesures
réelles, d’être sensiblement. rectiligne et, étant. paralléle aux courbes d’isororrections isost.at.iques, d’ê;tre prati-
quement independant de l’effet isostatique. La coupe gravimétrique, ainsi que les profils magnétique et topogra-
phique, sont, présentés sur la figure 26.
La coupe de l’anomalie elle-meme est présentée sur la figure 27. On a choisi pour zéro de l’anomalie la
moyenne des valeurs de la partie Ouest, du profil qui sont. elles-mGmes voisines de zéro. Il n’a pas étk tenu c.0mpt.e
de la partie Est du profil dont les valeurs fortement négatives (-40 mgal) sont manifestement. liées à un phéno-
méne différent.
Il aurait été intéressant de se référer a un profil W-E situé plus au Nord et traversant le massif volcanique
de 1’Androy proprement, dit, aux environs du parallèle 24030. Mais il faut. remarquer qu’il n’y a pas, à cette
latitude, de mesures entre les méridiens 460 et, 46025 et, qu’en conskquence, le profil gravimétrique, sur le versant
Est, de l’anomalie, et à son maximum, ne serait. défini que par le tracé subjectif des isanomales.
Si l’on traçait un tel profil, on s’apercevrait cependant. qu’il présente une anomalie t.ré,svoisine de c.elle du
profil tracé plus au Sud, avec sensiblement, la même amplit.ude, soit prks de 70 mgal.
I,a c.omparaison de ces deux profils mont,re bien que l’anomalie positive, aussi importante dans le Sud que
dans le Nord au regard de la structure concentrique, ne se limite donc pas uniquement a cette dernière. 11 est
néc.essaire d’admettre qu’il y a cont.inuité du massif volcanique sous les terrains kdimentaires qui masquent
les structures sous-jacentes. On notera que dans la partie méridionale encore visible du c.omplexe volc.anique,
les vast,es entablements rhyolitiques sont. subhorizontaux.

1.3. Interprétation

L’anomalie observée ne résulte pas uniquement de la struclure et des épanchements superficiels du massif
volcanique. En effet une couche de basalt.es de 500 m d’épaisseur, présentant un contraste de densité de +0,3
avec le socle emaissant, donne une anomalie de 6 mgal. Si l’on adoptait l’hypolhèse de BATTISTINI (1964),

O.R..Y.T.O.dZ., Géophys., no 18, ICtS2: 3-12s. ml


Ambl Nmbe

/
/ Amboasary
---
.’
z ix xtatique Fort-Dauphin
-- - J ----

L
i

+400
i
‘:‘y+
- 200

- 400
t
- GO0
1
-800
i
- ,000

2001 a= u

IA L--
200 i0 km

PIC. 26. - Profils topographiqur, gravimétrique (Bougrw), magn%ique (composanteverticale) le long dr l’itint9Gre Ampot.aka-
Fort. Dauphin

l’anomalie n’atteindrait encore qu’une quinzaine de milligals. L’anomalie observée étant. de près de 70 mgal,
il faut admettre la présence d’une importante masse en profondeur.
L’anomalie étant au moins trois fois plus longue que large, son int,erprétation par une st,ructure cylindrique
est justifiée.
En admettant une épaisseur de 500 m de basaltes sur une largeur d’une cinquantaine de kilomètres, on
déduira, pour tenir compte de son effet tabulaire, G mgal environ de l’anomalie.
La masse lourde qui rendrait c,ompte de l’anomalie aurait, pour un contraste de densite de 0,23, une largeur
de 34 km, une épaisseur de lG,5 km, Sit&e entre 5,5 et 22 km.
Quant à la profondeur maximale de la cowhe mince homogè,ne qui donnerait une anomalie voisine de celle
Observ&e, elle serait de 10 km. Le produit de l’epaisseur de la couche par le cont,raste de densité étant égal à
3 830 T/m” (Tonnes par métre carré), le tableau ci-dessous donne les valeurs de l’épaisseur n&essaire pour
quelques valeurs du contraste de densilb :

d (41 0,2 0,25 0,2 0,4


e 38,3 19,2 15,s 124 9,G kru

Pour un conlxaste de densité de 0,2S, déjà important Q ces profondeurs, nous voyons qu’il faut. une épaisseur
de 15 km.
C’est & l’aide d’abaques que nous avons obtenu ces approches rapides de l’int.erpr&ation. Un autre moyen,
que nous utiliserons fréquemment par la suite, est d’utiliser les fac.ilités de calcul d’un ordinateur. En particulier,

O.H.S.T.O.M., Géophp., no 18, 1982: 3-125. 61


on peut. partir direct.ement d’un profil expérimental, alors que l’utilisation des abaques nécessite un lissage
de la c.ourbe tracée à partir des mesures et impose une symét,rie verticale.
Pour un calcul de modCle par ordinateur, un programme a été mis au point par R. GODIVIER qui a utilisé
la m&hode de QURESHI (QURESHI et al., 1971) (description sommaire du programme en annexe).
Ch schématise par un contour polygonal, dans le plan vertical du profil, la sect,ion de la masse supposée
origine de l’anomalie ; dans le cas d’une st,ructure cylindrique, l’attraction due à cette masse peut ètre facilement
calculée en tous point,s du profil moyennant. quelques hypothèses de départ, sur les différents paramètres carac-
térisant la struct,ure.
mr

FIG. 27. - Coupe et. interpr&ation ùe l’anomalie positive do I’Androy

On peut proposer le mod&le (fig. 27) pour lequel nous avons adopté un contraste de densité de 0,25. La
largeur 60 km et la profondeur entre 8 et 20 km, données par le calcul, sont en accord avec les int,erprétations
précédentes qui conduisent à un modèle simple pouvant correspondre B une masse intrusive de roches mag-
matiques. Nous avons vu dans les écarts régionaux à l’isost,asie que les pressions exerckes par la surcharge due
à une telle masse ne dépassent. pas les limites que peut supporter l’écorce. Un affaissement de 180 m de l’en-
semble de la zone suffirait ,A annuler l’anomalie créée par cette surcharge.
Nous n’avons pas tenu compte, en 1’absenc.e de toutes autres données, de la possibilité d’un certain fléchisse-
ment loc.nl du socle qui a pu se produire sous l’effet de la surcharge des différents épanchen1ent.s et intrusions
volcaniques originels. Associée à la disparition progressive, par érosion, de la plus grande partie des épanche-
ments superficiels, la remontée du soc,le, qui a certainement conservé un résidu de fléchissement, donnerait lieu
& une anomalie négative. En tenir compte ne ferait qu’augmenter l’amplitude de l’anomalie positive, d’où
une masse intrusive encore plus importante.
Notons que la différence de densité admise, 0,25, correspond au contraste que l’on observe habit,uellement
entre la densit6 des formations volc.aniques continentales et celle du socle. En raison du gradient et des dimen-
sions de l’anomalie, il n’est pas nécessaire de considérer qu’elle c.orresponde à une remontée du manteau supérieur
en supposant. le bâli sialique moins épais en cett.e extrémité méridionale. Dans cette région le plateau continental
s’ét.end largement pour atteindre prt% de 90 km en face du c.ap Sainte-Marie et au Sud-ouest de Fort,-Dauphin,
alors qu’il est habituellement tr&s réduit ou mème pratiquement inexistant. : au Sud-Est, de Tult;ar, le rebord
du plateau se trouve à 2 km au large du récif frangeant bordant la c6te. A l’Est de Fort-Dauphin, le plateau
continental perd à nouveau rapidement de sa largeur, pour se stabiliser entre 18 et 25 km de la cGt,e Est. Cela
c.oncorde avec les valeurs de l’anomalie de Bouguer de queIques stations effect.uées en mer par Vening-MeineSz,
au Sud de Madagascar. Ainsi on note +46 mgal à 60 km au SSE du cap Sainte-Marie, +lOO mgal au Sud
d’hmbovombe et. +144 mgal au SSE de Fort-Dauphin.
1.4. Profil rnayni!tique
Sur l’itinéraire Tsihombe-Fort-Dauphin le long de la cote Sud, les mesures gravimétriques ont é1.édoublées
par des mesures de la composant,e verticale du champ magnétique terrestre. Ce profil ma@tique est donné
sur la figure 26. On y voit des anomalies importantes, de +100 & -1 000 gammas, liées aux basalt,es présents
sous la couche néogè.ne, mais dont l’incohérence rend impossible toute tentat.ive d’interprétat,ion. Cette Gagi-
tation 1) magnét-iyue indique cependant que l’épaisseur du néogène est faible entre Tsihombe et Amboasary
par comparaison avec le Gcalme )) relatif observé entre Beloha et Tsihombe où on sait le néo&ne plus tpais.

2. RÉGION DU CAP SAINTE-MARIE A TULÉAR

2.1. Aperçu ydologique et structui*al


De I’Onilahy, .3 la hauteur de Tuléar, au cap Sainte-Marie (fig. 28) le bassin sédimentaire de Rlorondava,
qui caracMrise l’ouest. de Madagascar, se &Pare en deux parties : un bassin sédimentaire profond a base Karroo
s’étendant au Nord de la ligne Benenitra-It.ampolo orientée SSW et un bassin moins profond, au Sud, où le
remplissage n’a commencé qu’au Crétacé supérieur.
Le bassin profond du Nord comporte une bordure cristalline tr& découpée par un système de fractures
de direction NNE a NE formant une série de horst et. de fossés. Ce systtme faillé; comporte deux éléments prin-
cipaux : le horst du Vohibory et le grand fossé d’Ianapera. A pnrtw de cette bordure, vers l’Ouest,, le socle
s’enfonce rapidement. vers la grande fosse Karroo où il atteint la profondeur d’environ 7 000 m ti la vert.icale
de Betioky. Cette fosse forme la t,erminaison méridionale du bassin de Morondava. Au Sud-Ouest, de Betioky
on passe & un bassin méridional de 4 000 & 4 500 m de profondeur jusqu’h la c0t.e.
La limite des deux bassins a été mise en évidence par magnétisme aéroporté. Elle est. dans le prolongement
de la bordure cristalline. Au Sud de la ligne Beomby-It,ampolo (fi g. 28) le socle s’enfonce doucement vers la mer
sans recouvrement Karroo, il est t.rés peu profond dans la moitié orientale. Il est, vraisemblable que le recouvre-
ment ne comprend que des basaltes et des séries supra-basaltiques.
Le magnétisme a marqué le front oriental des coulées basaltiques et cela jusqu’a la c6t.e. Au Sud de la
Linta, les sondages ont permis de retrouver les coulées jusqu’aux approches du cap Sainte-Marie. Dans toute
la zone de Lovokarefo-cap Sainte-Rlarie, le socle wistallin descend régulièrement du Nord vers le Sud, affleurant.
g la cote 275 m au Nord et devant. passer vers -50 m au cap Sainte-Marie. A Lavanono, il affieure au bord
de la mer.
La partie Est du bassin Lovokarefo-Cap Sainte-Marie est, bordée par la faille Ant.say-Rlanambovo. Cette
faille limite :j I’Est le fossé de Saraondry. Dans cet.te Ioc.alité un sondage a touc.hé le socIe Q -344 m. Un chenal
tectonique dont le remplissage n’a pu Gtre dat.é s’est formé ici sur le flanc Ouest de l’éperon rristallin de Tsihombe.

2.2. Région du cap Saide-Maie


I,a gravimétrie du Sud de Madagascar, en part.iculier la carl.e isostatique, fait apparaître dans la région
du cap Sainte-Marie une série d’anomalies positives ou négatives d’orientation subméridienne Q NNE.
Si nous comparons les anomalies de Bouguer avec la géologie (fig. 25), on remarque une certaine corres-
pondance entre les avanc.ées de la carapace sableuse et le trac.é des isanomales. En particulier l’avancée du
sédimentaire au Nord de Beloha c.orrespond LI une anomalie positive d’axe subméridien.
11n’est gu8re possible d’attribuer l’origine des anomalies positives et négatives sl la présence ou B l’absence
du sbdimentaire, de faible kpaisseur, certainement plus l$ger que le socle sous-jacent. Rappelons que ce sédi-
mentaire est composi! de Quaternaire (quelques mètres), de formations marines (deux A t,rois dizaines de mètres)
et. de Néogène continental furmk de gr+s argileux, d’argile, de gr+s tendres sableus atteignant une épaisseur
de 2.00 ni.
De meme, il ne convient gutre d’attribuer l’origine de ces anomalies Q une quelconque hétérogénéité dans
le Préc.antbrien sous-jacent. Il n’y a aucune raison de penser que le socle sous le sédiment,aira soit. différent. de
celui qui est. affleurant, ci proximrt#é. Si la g&ologie distingue deus groupes principaux dans les c«mp«sants du
socle : groupe d’Xmpanihy, B,, leptynit.es & graphit.e, et. groupe de Fort-Dauphin, A,, leptynit.es b cordi&rite,
la gravimétrie, elle, ne fait aucune distinction, les différences de densii,é dues aus variations pétrographiques
étant négligeables. En effet, on n’observe aucune relat.ion apparente entre ces variations et les anomalies de la
pesanteur.

O.R.S.T.O.AI., Géophgs., 110 16, 1981: 3-12s. 63


/
Faille / Faille probable
/ /
./ ..““Front Est
./ Limite .‘-’ des basaltes
/ des bassins

Profondeur du socle
2500 sous le niveau de la mer
(aéromagnétisme)
760 7-66 Cote du socle dans sondages
m Profondeur du toit des basaltes
sous le niveau de la mer
(aéromagnétisme)

0L

FIG. 28. - SchPma structural de l’extrême sud de Madagascar, d’après H. BESAIRIE, 1967

Toutefois la relation entre les cont,ours du sediment,aire et, des anomalies ne semble faire auwn doute. 11
faut donc en chercher la raison dans la tectonique du socle.
On peut admettre que la teclonique cassant,e qui est, la caractéristique essentielle de la t.ect.onique des
bassins malgaches a intéresse egalement. le Sud de Madagascar en créant des bloc..I individualises, effondrés
ou surélevés. Dans la region de Beloha, l’anomalie positive correspond a l’emplacements de la fosse de Saraondry,
bien que l’axe de cette anomalie soit plus $4l’Ouest. que celui de la fosse. Si l’on se réfere au schéma tect,onique
de la figure 28, il faudrait admettre que la faille indiquee comme probable à l’Est de Beloha sur le schéma se
trouve plus à l’Ouest. de Beloha, a la limite du minimum gravimétrique. D’ailleurs en se reportant au profil
magnétique de l’itinéraire Ampotalra-Beloha (fi,e. 26). on remarque une import.ante anomalie, indice de minéra-
lisations magnétiques liées a la présence d’une faille à proximité de Beloha.
Le graben formé par l’effondrement du bloc. devrait donner lieu normalement, B une anomalie négative.
11est donc. probable que ce sont des épanchements basaltiques plus épais sous le dépot néogene ou meme intrusifs
qui sont responsables de l’anomalie positive.
L’aspect du toit. du socle sous le Néogene au Nord-Est. de Beloha avait, déjà fait, admettre SI J. AUROUZE
(1959) l’existence d’une faille à l’Ouest de Tsihombe, faille Antsay-lManambovo sur le schéma tectonique.

O.R.S.T.O.Al., Géophgs., no 18, 1983: 3-128. 64


R. BATTISFINI (1964) rejet.ait cette int~erprétat~ion en admettant la présence d’une vallée ayant entaillé le socle
anttirieurement au remblaiement néogène, puis fossilisée sous ce remblaiement. Cependant, pour associer les deux
hypothéses, BATTISTINI ajout,ait que cette vallée fossile aurait pu suivre une faille ancienne.

2.3. Zone cdtiére et dgion d’Ejeda

Le t,racé des isanomales le long de la cote entre Tuléar et le cap Sainte-Marie suit les directions des failles
bordiiires, elles-mémes responsables du trace des cotes. D’abord N 200 W au sud de Tuléar, le tracé prend la
direction NW dans la région d’Androka.
A l’Ouest de ces failles s’etend un bassin cotier de subsidence recente pouvant at,teindre une grande pro-
fondeur. Le rejet, faible en surface, augmente avec la profondeur comme le montre l’aéromagnetisme qui situe
l’horizon des basaltes allant de 800 a 500 m Q l’Est des failles et de 2 500 à 1 000 rn a l’Ouest.
La carte de Bouguer montre un gradient de 12 à 15 mgal pour 10 kilomét,res de l’intérieur vers la côte, d’où
une important,e anornalie positive de +Ci0 mgal le lon,0‘ de la c6t.e au Sud de Tuléar. Cette anomalie reste encore
positive en isostatique, +lO mgal. Paradoxalement, a première vue, l’augmentation de la profondeur du toit
du socle correspond a une anomalie gravimétrique positive.
11est difficile d’attribuer l’origine de cette anomalie positive à la seule présence des couches basaltiques en
les supposant plus épaisses vers la cot.e, ce qui supposerait des conditions d’épanchement différentes de ce qu’on
peut observer par ailleurs (couches etendues mais de faible épaisseur des basalt,es du Mailaka, de I’Antanimena...)
D’ailleurs, le front des basaltes mis en évidence par l’aéromagnét,isme (fi g. 28) ne concorde guére avec le tracé des
isanomales, surt.out si l’on considére l’anomalie négative liée a la terminaison méridionale du bassin de Moron-
dava.
On pourrait penser que le gradient observé provient de l’influence des fonds océaniques proches ou d’un
mode de compensation différent. L’anomalie isost,atique diminuerait, pour des profondeurs de compensation
supérieures a 30 km, augmenterait pour des profondeurs inférieures. Mais l’anomalie isostatique positive au
Sud de Tuléar, devient négative plus au Sud, alors que nous restons dans les memes conditions topographiques
et bat.hymétricIues.
Il semble donc que ces anomalies soient d’origine locale et profonde. Une remontée du manteau accompa-
gnant l’approfondissement du socle que l’on observe a l’Ouest des failles bordières peut expliquer l’anomalie
positive. II est possible, en effet, que nous assistions la a un phénomene semblable a celui de la cote Est, à savoir
une fort.e variation de la densite en profondeur, donc du subst.ratum, c’est-a-dire un passage très rapide de
l’écorce continentale a l’écorce océanique, c.e qui serait en accord avec. l’absence quasi totale de tout plateau
continental le long de la c6t.e. Malheureusement le manque de données gravimét#riques en mer ne permet pas
d’interprétat.ion dans ce sens.
Rien dans la géologie superficielle ne permet d’expliquer l’importante anomalie positive de près de 40 mgal
que I’on observe sur la carte de Bouguer dans la région d’Ejeda. On retrouve ceMe anomalie sur la carte isosta-
tique avec un maximum d’environ 30 mgal, mais plus étendue vers le Nord-Est que c.elle de Bouguer. Étant
donne l’et.endue de l’import,ant excédent: positif observe, une origine profonde est. probable, et il faut plutot
admet.Ire une masse lourde etalée en profondeur, qui peut etre t,out simplement une remontée du manteau, que
des variations latérales de la densité a l’intérieur du socle. Un calcul simple (J. RECHENMANN, 1972, 1973) montre
qu’une remontée de 2 km du manteau (contraste de densité de O,G), Q une trentaine de kilométres de profondeur,
donne une anomalie de 1-25 mgal.
Considérons les anomalies gravimétriques de cett.e région, en particulier les anomalies isostatiques, dans
leur ensemble. .Il est possible de lier les diverses anomalies, anomalie cot,ière positive du Sud de Tuléar, anomalie
négative relative au bassin sédimentaire et anomalie positive de la région d’Ejeda, en admettant le schéma
c.lassique de la compensation régionale d’un fossé d’effondrement.
J. GOGUEL a montré (J. GOGUEL, 1955) que si le jeu d’un fossé d’effondrement se fait par failles inclinées
- qu’il s’agisse de failles normales, avec extension, ou de failles inverses, avec compression - l’équilibre isosta-
tique implique, a coté de l’affaissement du fossé, un relèvement de ses bordures.
Le relief correspondant. au soulèvement des bords, observé encore dans certains cas récents comme le fossé
rhénan, aurait ici disparu. Le réajustement isostatique qui aurait dù suivre la disparition des reliefs a pu ne pas
se produire ou ne se produire que partiellement. Le résidu donne lieu a des déformat,ions permanentes qui se
comportent comme des irrégularit.és géologiques a la base de l’écorce, irrégularités qui suffisent a expliquer les
anomalies observees.

O.R.S.T.O.M., Giophys., no lS, 1982: 3-188. 65


rrya,

4. 60 Anomalie de Bouguer
F
-t 40

+ 20

- 20
1 Côte EJÈDA

Anomalie isostatique
(ou «résiduelle»)

mgal‘

---

---- ----

------- --

Profondeur

B Coupe géologique

Santonicn c0nlinent.l

FIG. 25. - Anomalirs dt? Rotlgurr (courùe A) et résiduelle (co~~rbr B) d’un profil dans le Sud-Ouest. de Madagascar, profil orient fi NW
et passant par Ejeda. Anomalies rrspccUves dws aux parties profonde et superficielle du modéle propost. Coupe gBologique d’nprEs
H. BEXXRIE, 1961

O.H.S.?
. 1
.O.M., Geophys., no 18, iBS%: S-128. 66
La largeur de l’anomalie négat.ive se réduisant, pratiquement. a celle du fossé sédimentaire nous conduit A
admettre un mkcanisme d’estension.
La courbe A de la figure 29 a été construit.e & partir du trac.& des isanomales de la Cart>ede Bouguer et d’un
profil orient.& N\V passant par Ejedn. II est. évident que cefke courbe A est lisske du fait que le trac.é des isano-
males est, lui-méme déja lissé. Toutefois des itinéraires gravim&riques situés à proximité atkknuent le caractére
subjectif du tracé des isanomales.
L’anomalie résiduelle, courbe B, a été deduite de la courbe A en prenant l’équilibre isostatique comme
anomalie ((régionale i). On peut, admettre que l’ensemble de l’anomalie observée est, la résultant,e de deux ano-
malies particulières : 1’une, négative, relative aux bassins sédimentaires, fossé: du Iiarroo et bassin monoclinal
cGt,ier c.rétacé, l’autre, posit.ive, relative aux remontées du manteau de part et d’aut,re de la fosse Karroo.
L’anomalie t,ot,ale résult.ant. de la somme des anomalies partielles ‘1 et II dues aux parties superficielle (1) et
profonde (II) du modéle proposé est voisine de l’anomalie observée.
Le fossé sédimentaire (partie 1 du modkle) donne lieu j l’anomalie 1 pour un contraste de densitk de -O,%
(socle 2,67, sédimentaire 2,47). Le prolongement de la fosse du Karroo présenterait une profondeur maximum
de 7 000 m, alors que le bassin côtier aurait une profondeur de prés de 3 000 m.
L’anomalie c.auske par la présence de masses lourdes h la base de l’écorce, partie II du modkle, est repré-
sentée par la courbe II pour un contraste de densité de +0,6, socle 2,67, manteau 3,2.7. Le modèle correspondrait
a un bourrelet. d’environ 3 000 m d’épaisseur de part et. d’autre d’un enfoncement du socle de prits de 4 000 m
dans le mant,eau.
Cet.te interprétation indiquant un enfoncement du socle dans le manteau montrerait, que les phénoménes
de fracturation ont intéressé tout,e l’épaisseur de 1’korc.e. Cela serait. en accord avec les observations de pros-
pections sismiclues. Toutes ces dernières qui ont recoupé des failles montrent. que leur import,ance croît, avec. la
profondeur, ce qui confirmerait. l’hypothése que la t.ectonique des bassins malgac.hes est essentiellement une
tectonique de fond, c’est-à-dire une tectonique des couches les plus profondes de la croûte situées sous le Pré-
cambrien qui constitue le socle visible de Madagascar. Cela s’accorde d’autre part avec des accidents comme
ceux de la côte Est. ou du Bongolava dont, la dimension est telle qu’il est évident qu’ils affectent l’ensemble de
l’bpaisseur de l’écorce rigide. Le moteur t.ectonique serait, non pas le tassement de la partie superficielle de la
crotite, mais les mouvements d’ensemble de cette crocte dans sa racherche d’équilibre isostatique.
Pour illustrer l’interprétation pkédente, du moins en ce qui concerne la partie superficielle du mod&le
proposé, nous avons reproduit en bas de la figure 29 la coupe géologique qui figure sur la Gc.art.e tectonique de
Madagascar D de H. BÉSMRIE, 1961, échelle & 1/3 000 000. Il faut noter que cette coupe, située légèrement. plus
au Nord du profil étudié, s’appuie sur trois sondages mécaniques dont aucun, d’ailleurs, n’a atteint le socle.
11 est kvident qu’il n’est guke possible de donner ici des interprétations quant.itatives plus poussées en
l’absence de renseignements géophysiques et géologiques plus détaillés. En particulier nous sommes dans l’igno-
rance de variations latérales probables de fac& comme l’indique la coupe @ologique de la figure 29.
Si l’on passail, effectivement des faci& gréseux de l’kalo h des faci& argileux ou cakaires, il s’ensuivrait
une augmentat.ion latérale de densitk qui conduirait a un contraste de densité et Q des épaisseurs de sédiments
plus important.es pour le fossé cikier que celles que nous donne le modèle et plus proches des valeurs indiquées
par la figure 28 (prk de 4 500 m).
On pourrait également envisager une remont.ée plus import,ante du manteau dans la partie Ouest du profil,
sous la zone du bassin côtier. L’anomalie positive correspondante serait. plus grande, et par déduction, l’anomalie
négative également. ; d’oU, pour notre modéle, une épaisseur plus grande du sédimentaire. Une remontée plus
forte du manteau conduit ainsi à un amincissement de la croûte, ce qui pourrait correspondre à un début. de
croUt,e océanique.
Il résulte finalement du modèle proposé, qui fait intervenir des masses profondes, qu’une partie de l’anomalie
gravimétrique peut être attribuée Q une ondulation de la base de l’éc.orce.
L’anomalie résiduelle qui résulte du choix de l’équilibre isostatique comme ((régionale )) conduit à une ano-
malie négative qui, dans le calcul d’un modèle, permet de considérer tout zi la fois, des contrastes de densité et
des épaisseurs de sédin1ent.s raisonnables.
Nous allons en voir un autre exemple en étudiant un profil dans le Sud du bassin de Morondava où les
diflérents types de structures semblent bien individualisés.

11. Ouest de Madagascar : bassin de Morondava et aire anticlinale du cap Saint-André


Le domaine sédimentaire du bassin de Morondava s’étend sur t#oute la région Ouest de Madagascar, tout
au long de la c.ote, du promontoire cristallin du cap Saint-André, au Nord, jusqu’au-del& de Tuléar, au Sud.

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 67


L’interprétation des études géophysiques entreprises par la Sociéte aes Pétroles de Madagaswr et, les leves
géologiques dét,ailIés esécutés sur le bassin de Morondava ont permis d’arriver ü une connaissance relativement
précise de I’archZecture d’ensemble de c.e bassin particulièrement de sa région Sud. Nous rappellerons plus loin
les résultats d’ensemble sans revenir sur les détails de ces Et,udes suffisamment exposés par ailleurs (FI. BÉSAIKIE,
1967).
Toutefois, les données supplément,aires fournies par la carte isostatique permettent de reprendre cette
étude dans une optique plus générale que celle à caractère de recherches pékoliéres. On tentera, comme nous
venons de le faire pour les anomalies gravimétriques au Sud de Tuléar relatives à la terminaison méridionale
de ce bassin, d’interpréter un profil EW (courbe A, fig. 30) au Nord de Tuléar, à la haut.eur de Sakaraha, le
long du 23e parallèle (22054) où les divers styles tectoniques semblent bien différenciés.

1. GÉOLOGIE ET TECTONIQUE DU BASSIN DE MORONDAVA A LA HAUTEUR DU 23e PARALLÈLE


D’après P. L. CLIQUET et H. BÉSAIRIE (P. L. CLIQUET 1907, H. BÉSAIRIE 1967), la physionomie du bassin
sbdirnentaire de Morondava est caractérisée dans sa partie Sud par une trilogie comportant :
- & l’Est, un foss.8 très profond sous la zone d’afneurement du Karroo ;
- à l’Ouest, un bassin côtier de subsidence récente pouvant atteindre des profondeurs considérables ;
- entre les deux, un plateau accidenté de fossés importants et activement fracturé avec une forte remontée
du substratum sur la marge occidentale du fossé du Karroo.

1.1. Le fossé du Karroo


Le fossé du Karroo, en contact avec le wistallin sur sa bordure orientale, présente un enfonc,ement rapide
comme l’indique le fort gradient gravimét.rique & I’Ouest de Ranohira : I’anomalie de Bouguer varie de 60 milli-
gals du bord de la fosse g son centre, soit 2 mgal/km. Les profondeurs, rapidement atteintes, doivent être impor-
tantes si, comme on l’admet, le comblement de ce fossé est essentiellement sakamenien qui présenterait un faible
cont.raste de densité avec le socle. A une trent,aine de kilomètres a l’Ouest de Ranohira, la sismique réfraction
indique le socle vers 6 350 m. Le magnétisme aéroport,& le donne ?+5 000 m, mais plusieurs indications de pro-
fondeur par cette méthode doivent être entachées d’erreurs par suite de la présence probable de quantités non
négligeables de minéraux magnétiques au sein du sédimentaire.
Au centre de la fosse, un maximum relatif de l’anomalie gravimétrique correspond au horst du Vohidolo
où le magnétisme aéroporté mettait le socle à 1 000 m. Le sondage de Vohidolo 1 a t.ouché le socle a 2 700 m
au top de la strwture, tandis que Vohidolo II, un peu B l’Est, le rencontrait8 B 3 400 m, montrant ainsi un flanc
oriental abrupt. Ce horst est sans doute un paléorelief contemporain de la Sakamena, la géologie de surface
montrant une discordance entre les directions de surface et les directions gravimétriques.
Rappelons qu’il y aurait antériorité de la direction QBongolava j) par rapport & la direction (t Côte Est j)
(P. L. CLIQUET, 1957). Ainsi le Vohidolo et le Bongolava sont des awidents plus anciens que le bord Ouest du
fossé du Karroo. D’après des considérat.ions géologiques, il semble bien établi que la falaise de Bongolava, donc
la phase tectonique qui lui correspond, soit antérieure au dép0t de la Sakamena. Le haut-fond du Vohidolo est
également antérieur ü ce dépôt. alors que la remont,ée Ouest du fossé du Karroo qui a la direction Gc.ôt.eEst )),
d2plac.e les horizons de la Sakamena, qui sont, affectés de fort,s pendages Est., sous 1’Isalo discordant. La phase
tec.tonique qui a créé cette remontée du socle, c’est-&-dire qui a limité le fossci de Karroo, est donc post,érieure
g la Sakamena et ant.érieure & 1’Isalo.

1.2. La zone côtière


Les éléments directeurs de direction ((Bongolava )) (fi,.0‘ 3) sont la faille de Tuléar et la faille de Befandriana.
Celle-ci limite à l’Est un bassin côtier crétacé dont la tranche supérieure serait constituée par une sé,rie homogéne
argileuse pouvant atteindre 3 500 m d’épaisseur.

1.3. Hégiorz centrale


Entre les régions cijtières et le fossé du Karroo s’ét,end une vaste zone c.omplexe moins profonde. Le long
du profil que nous avons obtenu, on observe à l’Ouest, de Sakaraha, sur le parall&le 22Gl, une import.ante
anomalie positive qui correspond JI un haut-fond du soc.le, d’axe NS appelé haut-fond de Rlanera. D’après la
sismique, la (( hauteur )) de la masse perturbatrice serait de 1 500 m et la profondeur de la créte de l’ordre de

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 198%: 3-128. 68


4 000 m. -4 l’Ouest de ce haut-fond, on retrouve des profondeurs plus grandes correspondant B un bassin local
d’effondrement crétacé. Un sondage electrique indique une série supplément.aire (1 000 m d’épaisseur) conduc-
trice, donc argileuse, devant correspondre au Crétacé infrabasalt.ique.
Ces divers élément,s sont mis en évidence (bas de la figure 30) sur la coupe géologique passant par Manombo
d’après la (( carte tectonique de filadagascar D de 1-I. BÉSAIRIE.

2. ETUDE DU PROFIL GRAVIMETRIQUE 22054 S


L’interprétation du profil A de la figure 30 dépendra évidemment. de la Grégionale )>adoptée.
(a) Une première hgpothése consisterait & considérer l’anomalie négative correspondant à la fosse du
Karroo comme une anomalie locale et g tracer empiriquement la <trégionale 0 comme indiquée sur la figure 30
(régionale a, profil A). L’anomalie résiduelle (non dessinée) atteindrait alors un minimum important de prés de
-60 mgal. Il faudrait. alors admettre un contraste de densit8 assez fort pour ne pas être conduit à des profon-
deurs t.rop considérables. Ainsi, en admettant, une densité moyenne de 2,67 pour le soc.le et une densité moyenne
de 2,2 pour le sédimentaire, valeur yue pourrait suggérer la skrie de I’Isalo constituée de grés trés poreux dont la
densit.é est voisine de 2,0, le contraste de densit& de 0,47, que l’on pourrait considérer comme important, conduit
déjà à une profondeur de 3 000 m.
Une c1ensit.éde 2,47 pour le sédimentaire, constitué principalement des séries de la Sakamena et, de la Sakoa,
paraît plus vraisemblable. Le contraste de densité de 0,2 entre le sédimentaire et le socle, conduit à une profondeur
du bassin estimee à 7 000 m, qui parait mieux en accord avec les résultats d’autres observations géophysiques.
Ainsi, un profil de sismique réfract,ion a été tiré dans la vallée de I’Ilakaka à 30 km à l’Ouest de Ranohira
environ. Son interprét,at.ion a paru délicate. Il mettait en évidence trois marqueurs rapides (5 700, 6 300 et
6 900 m/s) sans qu’il ait ét,é possible de dire lequel correspondait au socle. Par suit,e de mesures-vitesses exécutées
dans des forages, il a été admis que le socle correspondait au marqueur 6 300 mis, ce qui lui donnerait une pro-
fondeur de 6 350 m.
Avec c.et*t.erégionale empirique a, l’anomalie résiduelle dans la région de Mariera (non représentée sur la
figure 30) devient voisine de zéro et même légkrement, positive. On devrait donc s’attendre ti retrouver le soc.le
quasi affleurant à la bordure Ouest du fossé du Karroo comme il l’est effectivement sur la bordure Est. Or si on
observe bien une forte remontée du socle à l’Ouest de la fosse, haut-fond de Manera, cette remontée est loin
d’at.teindre la surface puisqu’un sondage effectué dans la région de Mariera jusqu’à 3 900 m de profondeur
n’a pas atteint le socle, ce qui indique qu’il y a au minimum cette épaisseur de sédimentaire. Cet.te remontée
du socle reste toutefois insuffisante pour expliquer la t.otalité du gradient gravimétrique, élevé, observé dans
cette zone de hlanera et qui, rappelons-le, marque la bordure oc,cident.ale du foss8 du Karroo et s’aligne remar-
quablement sur le systéme de faiiles de 1’Ilova. Un calcul simple mont-re, en effet, qu’une remontée de 2 000 m
du socle (l’épaisseur du sédimentaire diminuant de 6 000 à 4 000 m) avec un cont,raste de densité de 0,2 produit
un effet gravimétrique d’environ +17 mgal. D’autre part, on sait, également,, toujours d’après le sondage de
Manera, que le fac.iès gréseux de I’Isalo passe latéralement à un faciès argileux ou calcaire. Il s’ensuit, une aug-
mentation latérale de densité, d’où un contraste plus faible entre le sédimentaire et le socle, ce qui conduit., pour
une m&ne épaisseur de sédimentaire, à une anomalie négat.ive plus faible. Le m&ne calcul simple montre qu’une
augment,ation de densité de O,C)O,le cont,raste passant par exemple de 0,20 à 0,15, d’une épaisseur de 4 000 m
de sédiment.s, a pour effet de diminuer l’anomalie de Bouguer d’une dizaine de milligals.
Les effets gravimétriques, dans le même sens, des variations de l’épaisseur du sédimentaire et des vnriat,ions
latérales des densités au passage de la grande faille de l’Ilova, données qui nous sont fournies par la géologie,
la sismique et, les forages sont donc insufGsants pour rendre compte des anomalies observées, et. en particulier,
de l’anomalie positive dans la région de Manera.
D’autres causes sont donc à rechercher pour expliquer une partie de ces anomalies. Comme nous l’avons
fait pour interpréter un profil situé dans la terminaison méridionale du bassin de Morondava, nous envisagerons
des irrégularités géologiques & la base de l’écorce.
(b) Une remontée du manteau associée à l’effet du bassin sédimentaire conduit à une interprétation accep-
table de l’anomalie cle Bouguer et également de l’anomalie isostatique.
La courbe d’équilibre isostatique adoptée comme régionale pour l’ensemble du profil, donne la courbe
résiduelle B, qui est d’ailleurs l’anomalie isost.at,ique.
Les anomalies négatives correspondant. a la fosse du Karroo ne pr6sentent plus que des minima de -32 et
-42 mgal, séparés par un maximum de -20 mgal qu’on sait. correspondre au horst du Vohidolo (socle à 2 700 m
(1) Anomalie de Bouguer - Courbe A

mgal faille de Befandriana ?


II de Tuléar
+ 20
de Vohldolo
a J3 , Im ,1 SOCk
0 - 22@64’

- 20

-40
affleurements
voisins de basaltes
VO
- 6b

- 80

mgal 2) Anomalie isostatique - Courba B

l-20

+20-
50 Km
O-

Anomalie d’origine superficielle

(Echelle verticale = 2 x échelle horizontale)


zo+ ---- - ---- -----~--_

\a
Coupe géologique 0
B

va.wooLo

+ t 4- + Socle cristallin Basaltes J” Jurassique moyen


B
Sondage Cm; Crétacé moyen inférieur II Isalo I If, Isalo II
P

FIG. 30. - Anomalies de Bouguer et résiduelIe (ou isostatique) d’un profit le long du paralléle 220 54 S dans Ie Sud du bassin de
Morondava. Anomalies partielles dues respectivement, aux parties profonde et superficielle du modtilr proposé. Coupe géologique
d’après H. BÉSAIRIE, 1961
de profondeur). De part et d’autre de l’ensemble négatif lié ?I la fosse du Marroo, on observe des anomalies
positives, étendues & l’Est, d’environ +20 mgal, et. localisées ?I l’Ouest,, de +26 mgal a l’aplomb du haut-fond
de glanera. A l’extrémité ouest du profil, l’anomalie redevient normalement négative.
Comme préc&demment, nous pouvons ajuster un modkle comportant une partie superficielle (II) et une partie
profonde (I), dont les effets représentés par les courbes II et 1, donnent. par addition une anomalie très voisine
de celle observée (fig. 30).
Nous avons admis dans la construction de la Part>ie superficielle du modèle un changement relatif de densitb
de -0,OZ (le cont,raste passant de -0,30 à -0,15) pour t.enir compte de la variation de faciès au passage de la
faille de 1’Ilova. Not,ons également que nous nous en sommes tenu à un modtle simple en admet.t.ant des valeurs
raisonnables pour les contrastes de densité. De toutes mani&res, le manque d’informations sur les valeurs réelles
des densit& et surtout sur leurs variations en profondeur rend illusoire la recherche d’un modèle plus compliqué
qui ne serait d’ailleurs pas forcément plus proche de la réalité.
On obtient les valeurs suivantles de la base du socle et d’épaisseur du sédimentaire :

partif* suprrflcielle du modéle (bassin sPdiment.aire), d’Est en Ouest :

(le contraste de densitb passant dc -0,20 à -Cl,15 au kilcmhtre. ‘JO)


kilométre .. ..... . ..... 190 155 133 115 80 53 20
(Vohidolo) (Mariera))º„óº¸óºà!¦
prof. du sédiment.aire (en m). socle 8000 2700 7000 4000 6500 4500
affleurant

partie profonde (ùomhement du manteau à la base de l’écorce) :

km .................. > 210 153 156 135 120 80 50 4 40


prof. (en km). ........ cv 30 26 33 27,5 33 23,5 30,5 N 29

La partie profonde du modéle indiquerait donc une forte remont,ée du mant.eau au kilom6tre 80, corres-
pondant CIla région du haut-Fond de Rfanera. Remarquons A propos de l’origine d’une anomalie positive qu’il
est t.oujours possible de l’attribuer h une masse lourde intrusive localisP,e et moins profonde. Ainsi une masse
d’épaisseur 10 km, k une profondeur moyenne de 15 km, soit de 10 Q 20 km, présentant un contraste de densité
de +O,-4 donne une anomalie positive équivalent,e à celle observée dans la région de Manera. Nais il ne s’agirait
que de l’interprétation d’une anomalie individuelle et localisée qui ne tiendrait pas compte tle l’interprétation
d’ensemble du profil qui fait apparaitre des ondulations SI la base de la crofite.
En conclusion, et. sans vouloir plus entrer dans les détails, il est ainsi possible de rendre compte de l’ensemble
des anomalies positives et négatives de c.ette région, t.ant de Rouguer qu’isostatiques, en faisant intervenir, outre
l’influence du bassin sédimentaire, celle d’irrégularités géologiques à la base de l’écorce, qui, réduisant l’ampleur
des anomalies négat,ive.s, permettent, de rester, dans une certaine mesure, dans des chois de densité et de pro-
fondeur raisonnables.
Cette interprétation des bassins sédimentaires, en séparant deux causes d’anomalies, superfic.ielle et & la
base de l’écorc.e, aurait d’ailleurs risqué d’ét,re fort. arbitraire, si on n’avait pas disposé d’un certain nombre de
données sur la structure géologique effect.ive.
La partie superficielle du modéle proposé est. en accord avec, le profil géologique report.6 en bas de la figure 30
tirt de la (( carte t.ectonique de Madagascar n, H. BÉSAIRIE, 1961.
D’aprés ce modèle, l’agencement structural de l’ensemble, tel qu’il apparait, ressort d’une tect,oniyue
verticale qui affect.e l’ensemble de l’écorce. Cela serait en aword avec ce que nous savons par ailleurs sur la
tectonique du sédimentaire A Rladagascar. La raison en serait dans la rigidité de l’écorce qui serait telle que t,out
mouvement de flexion conduit A un cisaillement d’oi.1 résulterait une tectonique cassante et t,abulaire. Le sc.héma
théorique structural auquel on aboutirait finalement pourrait correspondre à un schéma en 0 touches de piano j)
que nous avons évoqué plus haut (valeurs locales de la pesanteur).
Finalement,, d’après ce sc.héma, on peut dire que les bassins sédimentaires malgaches, épais et larges de
100 à 200 kilornètres ne sont pas compensés, mais résult,ent, au contraire d’un affaissement, plus ou moins faillé,
intéressant l’ensemble de la croûte, qui t.raduirait une extension. Ajoutons qu’en parlant de <Ibase de l’éc.orce D,
il est bon de souligner que le décalage par failles d’une croûte comportant,, suivant une loi quelconque, une
augmentat,ion de la densité avec la profondeur, n’en est pas distinguable.
l I
--4. --‘--
‘\ ?
- 18‘20 , -,,

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I I

FIG. 31. - Série de profils parall&les E-W ds l’anomalie de Boug~er dans In bassin de Morondava dn -??,o 00 S RU 17” 30 S, profils
espau% d’un dmni-degré

O.R.S.T.O.ïU., Géoplqs., na 18, 19S2: 3-128. 7‘2


3. RELATIONS ENTRE LA GRz4VIIIIÉTRIE ET LES GRANDS TRAITS DU BASSIN DE RIORONDAVA
Les prospections géophysiques de la Société des Pétroles de aladagascar qui ont. porté sur le magnétisme,
la gravimétrie, la sismique et les forages ont permis de préciser la géologie du bassin de Morondava. NOUSallons
en considérer quelques résultats dans une vue d’ensemble G l’échelle de nos levés où les gradient,s et les ampli-
tudes des anomalies gravimétriques, en aword qualitativement avec l’allure générale du bassin, comme nous
venons de le voir par l’étude du profil 22% (fig. 30), ne relcvent pas uniquement des variations d’épaisseur du
sédimentaire, mais aussi de phénomènes profonds lib,s aux mouvements verticaux de l’écorce.
Nous avons pr&sent,é sur la figure 31 une série de profils gravimétriques, parallèles, EW, espacés d’un demi-
degré. Les valeurs des profondeurs indiquées proviennent des travaux de la S.P.M.
Les profils 22000, 21030 et part,ic.ulièrement 21000, montrent que l’on est en présence, clans ceMe région,
d’un bassin profond, régulier, où les éléments de la trilogie - fosse du Karroo, remontée du subst,rat,um, bassin
chtier de subsidenc.e récente - telle qu’elle apparait sur le profil 22054, s’atténuent vers le Nord où s’étend
plus largemeni la fosse du Karroo. L’approfondissement du bassin est rapide sur sa bordure Est, le socle attei-
gnant des profondeurs de 6 000 G 7 000 m & 30 kilomètres du contwt. La fosse du Karroo se poursuit vers l’Ouest
par une zone plate avec des profondeurs de 7 à 8 000 m jusqu’à la région côtière où le socle se relèverait à 6 500 m.
Plus au Nord de ces profils la fosse du Karroo reste toujours aussi importante avec des profondeurs consi-
dérables de 7 à 8 000 m jusqu’à la région c8tière où le socle se relève & 4 500 m. Sur le profil 20030, on note cepen-
dant deux minima encadrant un maximum relatif d’une dizaine de milligals dont le gradient est trés faible
sur le flanc. oriental. Ainsi le profil Morondava-Malaimbandy (carte a l/l 000 000, lat,&ude 2002.5) montre, vers
450 E, un léger maximum de l’anomalie de Bouguer en relation avec des intrusions gabbroïques ou basaltiques
parfois importantes (intrusions d’Ankilizato). L’anomalie étant faible, il ne s’agit pas de digitations liées C+un
gros massif profond. Une carte d’anomalies résiduelles de cette zone montrerait que ce léger maximum se prolonge
vers le Sud-Sud-Ouest sur une cinquantaine de kilomètres en relation avec une remont,ée du socle, les fractures
liées à ces mouvements verticaux ayant favorisé les int.rusions basiques. Dans cett,e région, les failles déterminent
dans le Jurassique supérieur des compartiments à pendage Est et Ouest ; en particulier ce qu’on appelle le
horst, d’Ambinda montre une réapparition anticlinale de la série du Vongoho.
Les fortes remontées de l’anomalie de Bouguer à l’extrémité Ouest des profils 20030 et 20000 correspondent
aux abords Sud et Nord de l’importante anomalie positive de Morondava liée à une intrusion basique profonde.
De même, les anomalies positives, à l’Est, en bordure du socle, trés marquées sur les profils 19030, 19000
et 18000, sont, liees manifestement aux affleurements de gabbros que la carte géologique situe a 25 km au NE
de Bliandrivazo (X = 750, Y = 310, affleurement du Vongoa), à Belobaka (X = 790, Y = 320) et & quelques
kilomètres au NE de Beravina (X = 885, Y = 275). Aux affleurements de Miandrivazo et Belobaka correspond
une anomalie gravimétrique positive beaucoup plus étendue, liée vraisemblablement, à une remontée du manteau
selon l’interprétation que nous avons donnée de l’anomalie positive en bordure orientale du profil 22054 (fig. 30).
Très légèrement au Nord du 19e parallèle, cett,e anomalie dessine un axe positif EW (maximum, 30 rrrgal), de
direction inhabit,uelle par rapport, aux lignes tectoniques caract,érisant l’Ouest de Madagascar. Formant une
avancée dans le domaine sédimentaire, cet axe lourd pourrait êt,re dù à une paléochaine (profondeur du toit
2 000 ni?).
Le profil 2O~OClde la figure 3i montre une anomalie lourde (A,) au milieu de l’anomalie négative caracté-
risant la fosse du Karroo. On retrouve une anomalie similaire sur les profils plus au Nord, 19030, 19000 et 1~9~30.
L’axe dessiné par ces anomalies (A,, A,, A,, A,) a la même direction NNW que la bordure orientale du bassin
et celle de la côte dans cett.e région (direction t.ectonique du Bongolava). L’accident responsable de c,ette anomalie
est donc lié à l’histoire du bassin et correspondrait Q une rernontée du socle.
Sur le profil 18030, une deuxième anomalie à l’Est de A, correspond au horst. du Tsimororo de m&ne axe
allongé NNW. Des sondages ont don& le toit à 869 rn avec des profondeurs de 2 500 m a l’Ouest et 2 800 m
& l’Est où le flanc forme un grand abrupt.
Le profil lSOO0 n’est marqué par aucun accident majeur dans la limite du bassin. Le fond serait calme et
régulier. La forte remontée à l’Ouest du profil est à lier à la présence de I’irnportante anomalie positive de
Maintirano due à une int.rusion lourde en profondeur et dont il sera question plus loin (Anomalies posit,ives
localisées).
Enfin le profil 17030 donne un apercu structural de l’estrème Nord du bassin de Morondava dont les éléments
st.ruct,uraux sont l’axe cristallin du cap Saint-André séparant ce bassin de celui de Majunga, le synclinal de
la Maningoza, la zone anticlinale Ambereny-Fonjay caractérisée par les intrusions aflleurantes de gabbros,
le monoclinal cotier formant. un fossé de 4 OCIOa 5 000 m de sédiments bordé a l’Ouest. par les anomalies positives
liées h des intrusions lourdes n’ayant pas atteint, la surface.

4. AIRE ANTICLINALE Du CAP SAINT-ANDRE

La gravimétrie de la région Nord-Ouest de Madagascar (cap Saint,-André) appara’it comme un trait, majeur
des c.artes gravimetriques aussi bien de Bouguer qu’isostat,ique.
Géologiquement la région du cap Saint.-André est caractérisée par la présence d’un axe ant.iclinal crist.allin
et. par d’importantes manifestat,ions volc.aniques et, subvolc.aniyues.
L’axe cristallin, d’orientation genérale NNW (direction t,ect,onique du (( Bongolava u), formé des domes
de Rekodoka et de I’hmhohipaky, sépare le bassin de hlorondava de c.elui de BIajunga. Les manifestat.ions
volcaniques et subvolcaniques se rencontrent. dans tout,e la région. Elles comprennent les vastes coulées basal-
tiques, plus rarement. rhyolitiques, qui se sont. épanchées 9 la fin du Crétacé en émissions fissurales, un réseau
d’innombrables filons doléritiques, des intrusions ac.ides et basiques souvent importantes - massifs de l’Ambohi-
trosy émergeant. au milieu des croulées basall,iques, massif du Berevo (17025 8, 45005 E) A cheval sur le cristallin
du dome de Bekodoka et. les gres du Crétacé et de 1’1~10 -.
Gravimétriquement cet axe cristallin se traduit. par une anomalie positive allongée NNW oir les massifs
basiques nffleurants se marquent, par des maxima importants. Ainsi on peut. lier le massif de 1’Ambohitrosy à
l’anomalie lourde $40 mgal, lfP50 S, 44050 E ; sa superficie ét,ant, peu en rapport avec la dimension de l’ano-
malie, des stocks importants doivent. exister en profondeur. ,J. RAUER (1963) considére que les c.oulées basaltiques
sont effondrées en chaudron autour de c,e massif en constituant une c.uvett.e synclinale au milieu de laquelle
se dresse la masse gabbroïque et granit.ique. Les basaltes montrent. des penda,ges convergents vers la base du
massif et. soulignent un effondrement à la base de l’appareil intrusif. Le massif smergeant du Rerevo ne corres-
pond pas à un maximum bien marqué mais se situe à l’extrémité de I’isanomale +10 mgal à 170.25S et 45000 E.
Si aucune structure basique affleurante n’apparait en concordance avec. l’anomalie +40 mgal, 17010 S,
44055 E, elle s’expliquerait également par une intrusion lourde n’ayant pas atteint la surface. De meme, l’ano-
malie lourde d’Ankarefo, +20 mgal, 16015 S, 44035 E, à l’Est. du cap, qui correspond gtographiquement à un
dome c.ristallin, et l’anomalie lourde, f40 mgal centree en 16030 S et 44045 E, qui coïncide avec le pointement
cristallin d’Andranojongy.
L’anomalie positive se poursuit au Sud-Est jusqu’à at.teindre le socle cristallin en englobant l’affleurement
gabbroïque de Beravina (18005 S, 45015 Ej. La c.ontinuité de l’anomalie positive à travers le couloir de Manerina,
qui fait. correspondre les bassins de Rlorondava et. de Majunga, montre que les gr+s de 1’Isalo faisant, communiquer
ces deux bassins ne sont, gutre épais (150 à 230 m).
La baie d’Antaly il6015 S, 44050 E) a l’Est, du cap Saint-André est. en relat,ion avec une zone d’anomalie
négative localisée et constitue une cuvet.te en subsidence active.

6. CAHA~-I%RISTIQUES PRINCIPALES DE LA TECTONIQUE DU RA~BIN DE MORON»AVA

Les grands t,rait.s de la géologie de surface donnent. du bassin de hiorondava l’image d’un bassin monoclinal
Ouest. s’ennoyant. progressivement vers la mer, awidenté de failles directes abaissant les compartiments Ouest
et. présentent localement, des compartiments à pendages Est faibles. Mais la géologie profonde en est beaucoup
plus complexe avec?une suwession de horst, et, de graben. Les deplacements des compartiments du socle ont tou-
jours une composante vert.icale trés import,ant.e par rapport aux composantes horizont.ales qui peuvent souvent
6tre nulles. L’import.ance des rejet.s croit. avec la profondeur. La tectonique du bassin de Morondava est donc
essentiellement, une tectonique de fond, cassante et. tabulaire, et, c.e sont les mouvements verticaux affectant
l’ensemble de .l’écorce qui ont formé les éléments majeurs de cett,e t.ectonique, l’agenc.ement. des failles et. des
compartiments se faisant le long des directions t.ectoniques principales du (t Bongolava )) et de la <(cote Est. 1).
On notera en partiçulier que la remontée du socle qui marque la bordure orientale du bassin sedimentaire
de Rlorondava, de meme que pour celui de RIajunga comme nous le verrons ultérieurement, s’accompagne d’une
remoni& du manteau, c.e qui se manifest,e sur les cartes gravimét.riques par une bande d’anomalies positives
le long de la bordure des bassins.

6. f~NOMALIEs POSITIVEY LOCALISÉES DE L'hEsT DE hI.kDAGASCAR

L’étude de la carte gravimé.t.rique de l’Ouest, de Madagascar fait apparaitre plusieurs anomalies positives
tri+ importantes, localisPes, et prat.iquement circulaires.

O.R.S.T.O.AI.. Géophgs., no 18, 19KI: 3-128. 74


Certaines de ces anomalies ont leur maximum quasiment, & l’aplomb de la c&te, de telle sorte, d’ailleurs,
qu’elles ne sont. qu’à demi cartographi4es. Ainsi se présentent, la fort.e anomalie située au Nord de Rlaintirano
(18015 S, +SO mgal) et. c.elle centrée sur Morondava (2c)O16S, +70 mgal). Aucune relation apparente ne semble
exist,er entre ces anomalies et la géologie de surfze.
D’autres sont situées 9 l’intérieur du domaine du sédimentaire de Morondava. On peut, noter du Nord au
Sub :
les unomnlies au Nord-Est de diaintirnno qui, manifestement~, sont, liées à la présence des deux massifs
gabbroïques circulaires, intrusifs et. aftleurants, de 1’Xmbereny et du Fonjay (17030 S, 44035 E, $20 mgal et
17040 S, 44045 E, +40 mgal) ;
Ze.sanomalies au Srzd de Morontln~n qui, par contre, ne correspondent. k aucun massif lourd affleurant.
Visibles plus nettement sur la cart,e isozkatique, ce sont les anomalie, q dit.es d’hndranopasy (21015 S, 4400 E,
+30 mgal) et. de Befandriana (22000 S, 44000 E, +10 mgal).
Tout.efois, on peut, noter que les anomalies de Morondava et d’Andranopasy, sans ktre en rapport direct
avec un massif int.rusif affleurant,, peuvent ét.re mises en relation avec de petites inkusions basalt.iques visibles
en surface. Par analogie avec. les anomalies liées aux massifs du Fonjay et de l’Ambereny, on peut. penser que
toutes ces anomalies doivent 6tre en rapport avec d’import.antes masses basiques mises en place sous ou dans le
sédimentaire.
Toutes ces anomalies ressort.ent. également en magnétkne oil elles atteignent facilement, 1 000 gammas en
champ t.otal. Par exemple pour l’anomalie d’hndranopasy, une int,erprétation conduit à admettre une épaisseur
de sédiments de 3 500 m. Étant donné que l’on est en droit de s’attendre en cette région à une épaisseur de
sédiments de 5 à Ci000 mètres, une premicre hypothèse conduirait. g attribuer l’anomalie à une intrusion qui
aurait également affecté le sédimentaire. Le fait qu’il n’y ait pas de structure marquée en surface, c.‘esG-dire
que I’int,rusif n’ait pas déformé sensiblement. les t.errains sous-jac,ent.s, amènerait 51penser qu’il s’agit de palbo-
volcan. Remarquons cependant que les grandes inkusions affleurantes du Nord du bassin, Fonjay et Ambereny,
déforment. peu, bien que plus jeunes, le sédiment~aire encaissant.
Toutefois, l’importance des anomalies implique d’énormes masses magmatiques en profondeur et il semble
difticile d’admettre que les grosses intrusions soient p0stérieure.s au sédimentaire les surmont.ant~ sans y avoir
amené un minimum de perturbations. Il est donc très possible, et r&me probable, que ces anomalies localisées
c.orrespondent à de grands môles gabbroïques formant des paléoreliefs, qui, dans le cas du Fonjay et de I’Ambe-
reny, ont pu %re t,ardirement rkgénérés en créant. des laccolites subafleurank.

6.1. irtferpré~atior~ de l’nnonmlie au ATord de Mnintirano

A titre d’exemple d’interprétation des anomalies localisées, non affleurantes, nous avons choisi celle située
au Lord de Rfaintirano, dont le maximum, situé 4 17045 S et. 44005 E, atteint, près de SO milligals. Bien qu’in-
complètement. cart.ographiée, cette anomalie présente suffisamment de régularit,é pour que l’on puisse la supposer
circulaire et extrapoler la partie située en mer oti il n’y a pas de mesures.
Le calcul, en trois dimensions, des profondeurs de la masse lourde responsable de cett,e anomalie a kté
effectué sur ordinateur et. un programme mis au point par R. GODWIER en 1977 d’aprk la nGt.hode de RI. L-4
PORTE (AI. LA PORTE, 1963).
Disons d’abord que nous avons kt,abli à la main et. par interpolation des mesures un réseau régulier de
valeurs nécessaire au calcul. Ce réseau :I mailles carrées de 5 km sur 5 km comport,e 17 lignes de 15 valeurs
chacune, soit 255 valeurs, h partir desquelles l’anomalie de Rouguer est présentée sous forme de bloc, diagramme
(bloc cliagramme 1 de la figure 32). Rappelons que dans c.etke région, comme dans tout, le bassin sédiment,aire,
les levés gravimétriques ont, 6t.é efl’ectués par la S.P.M. avec une densité de mesures qui permet une bonne irker-
polation.
Le programme de calcul détermine en premier lieu une B anomalie rkgionale )), une surface que nous avons
choisi ici du ler degré, soit un plan, obtenu par la mkthode des moindres carrés à part.ir des Point&s considérés
comme non anomaliques - plan ABCD sur le bloc diagramme 1 -.
La différence entre les valeurs de l’anomalie de Bouguer et de l’anomalie rkgionale définie par le plan ABCD
détermine à chaque nceud une valeur résiduelle. L’ensemble de c.es valeurs rkiduelles représenke l’anomalie à
ét,udier.
La méthode interprétative repose sur l’hypothèse suivani-e : on suppose le champ gravimétrique donné
c.omme ét,ant, dU uniquement. à la présence d’une structure homogéne de densité connue. Cetke structure étant,
limitke par un t,oit. et. une base, la méthode de calcul se propose de dé,finir l’une de ces surfaces limii.es (toit. ou
mgal

1
-t 40

I- 20

A
0

- 20

- 40

2oqo

2 0

l1000
1000
*

2000

5000
4000
3000
6000
3000
mètres
c-
4000

5000

6000
mètre

ü Km
44“OO E L-l 44’ 30 E

FIG. 3’2. - Blocs diagrammes reprhenhnt : 1 - In surface gravimt%riquc des anomalies de Bcuguer ; ‘2 - l’allure du toit de l’in-
trusion basique dans le sédimentaire

base) lorsque l’on connaît. l’autre. Sous forme ruath&natique, il s’agit, de rtkoudre une equation intégrale qui
n’est pas de forme classique et la recherche de ses solutions est particuliérernenl délicate. Toutefois, il est en
général possible, par le biais d’un calcul itératif, d’atkeindre A une solution approchbe.
Les grandes lignes du processus itératif utilisé sont les suivant.es :
On détermine ü partir du champ donné G une prerni~re approximation x1 de la stmcture c.herchée. Cett.e
structure s1 engendre un champ gravimétrique gl. Les différences constat,ées entre G et FS1p ermettcnt de retoucher

O.R.S.T.O.N., Gdophys., no 18, 1982: 3-128. 76


la structure s1 et d’obtenir une slructure sZ, meilleure approximalion de la solution cherchée d. A son tour In
structure s2 engendre un champ ga. Les différences c.onst.atées entre G et g- permettent de retoucher s2 et, d’obte-
nir ainsi une st,ructure s,, etc. Chi arr& le calcul :i. la structure s, lorsqu’on juge le champ gn suffisamment,
proche du champ cIon& G, c,‘est&dire jusqu’S. ce que l’écart, quadratiyue moyen entre l’anomalie calculée gn
et l’anomalie réelle G (et/ou l’écart maximum en un point quelconque) soit inférieur $1une quantité fixée à
l’avance. Cette quantité tiendra c.ompte de la précision des mesures, de la prkision avec laquelle le réseau a 6t)é
ét,abli, et d’autres données : sondages sismiques, sondages mécaniques, et surtout contrastes de densité... En
l’absence de telles données, il est inutile de pousser trop loin le calcul. Une raison supplémentaire pour ne pas
prolonger outre-mesure les calculs, est qu’ils introduisent. des phénomènes de résonance, c’est-à-dire des ondu-
lations parasit,es dont la période est de l’ordre du pas du modiile.
Dans le cas de l’anomalie étudibe (celle au Nord de Maintirano) nous avons adopt,é un contraste de densité
de 0,5, qui peut étre celui que présentent des basaltes (2,9) au milieu des roches sédimentaires (2,4) et une pro-
fondeur de fi 000 m pour la base fixe représentant en moyenne l’épaisseur du bassin sédimentaire.
Le calcul a ét,é arrété 5 la Ge it,&at,ion quand l’écart, quadratique moyen est, devenu inférieur au seuil fixé
k 3 milligals.
Les rt%ultat.s sont présentés sous forme d’un bloc diagramme (bloc diagramme II de la figure 32) qui montre
l’allure de l’intrusion basique dont le sommet serait a 500 m de la surface.
Rernarquons dans le coin Nord-Est du bloc le début. d’une f0rt.e anomalie positive qui correspond aux massifs
intrusifs du Fonjag et de 1’Ambereny.

6.2. Relations entre la présence de ces anomalies et la côte


La localisation sur la c.0te de c.esfortes anomalies positives est à rattacher directement g son hisloire tec.to-
nique et sa format.ion. Les intrusions lourdes responsables de ces anomalies sont liées à des zones de fractures
de l’écorce qui favorisent les mouvements des con1partiment.s sous l’influence des phénoménes d’extension.
Ceux-ci s’effectuant, comme on l’a vu, selon les directions des deux grandes lignes tec.toniques de Madagascar,
((Bongolava )) et (( c.Ote Est j), expliqueraient en particulier le dessin actuel de la côte Ouest de Madagascar.
Les anomalies d’Andranopasy et. de Befandriana intérieures au bassin skdimentaire, le long de la faille de
Befandriana, seraient alors l’indice d’une ancienne cote. En effet, la coupe géologique (en bas de la figure 30)
montre des différences de faciès de part et d’aut.re de la faille de 1’Ilova.

6.3. Anomalies du méme type clans d’autres régions du globe


De telles anomalies positives, t,rès fortes et localisées, ne sont pas spéc.ifiques au bassin sédimentaire de
Morondava. On observe ce type d’anomalies, liées % des intrusions lourdes, affleurantes ou non, dans le bassin
du Sénégal (Afrique Occidentale) comme le montre la carte gravimétrique Sénégal-Falémé (Y. CRENN et
J. RECHENNANN, l%t?).
Les exemples suivants peuvent être donnés :
Anomalie du cap Vert : cette anomalie résiduelle de +50 mgal, très part,iellement. c.artographiée en raison
de sa situat,ion à I’ext.rémité de la presqu’île du cap Vert (Dakar), est liée à des intrusions basaltiques affleurantes.
Entre Dakar et Saint-Louis, à une quarant,aine de kilométres au Sud de Saint-LoulL,‘q une aut.re intrusion, mais
non affleurante - elle est recouverte de.quelques Cent;aines de métres de sédiments - produit une augmentat,ion
de pesanteur de 60 mgal & l’aplomb de la cote. Cette anomalie n’est également, qu’Q demi c.artographiée.
A l’intérieur du bassin du Sénégal, la masse lourde de Medina (13030 N, 15030 W) crée, sur les bords de la
Gambie, un maximum local de 30 milligals. Elle semble recouverte par une importante épaisseur de sédiments.
Plus au Nord, à l’Est du bassin profond, se situe l’anomalie dite de Gassane (14035 N, 15015 W). L’épaisseur
des sédiments, au toit de la masse lourde responsable de cette anomalie, serait comprise entre 1000 et 1500 mètres.

ITI. Nord-Ouest de Madagascar : bassin de Majunga


Nous n’insisterons pas sur l’étude du bassin sédimentaire de Majunga en raison des nombreus t,ravaus
@ologiques et géophysiques effectués par la Socikté des Pétroles de Madagascar et le Bureau Géologique qui
éclairent la structure profonde de ce bassin entre les parallèles d’hntsohihy et le cap Saint-André.
Nous allons toutefois en rappeler quelques éléments essentiels et les rapprocher des données gravimétriques.

O.R.S.T.O.M., Giophys., no 18, 1082: 3-128. 77


1. TRAITS PHYSIQUES GÉNERAUX
Situt ilU Nord-Ouesl; de J~Iadagascar, le bassin sklimentaire de Rlajungct, du cap Saint.-Andrb a la presqu’île
d’Ampasindava (région de Maromandia, fig. 31), est, nonstitué par une succession de formations monoclinales
s’Ct.endant, du Iiarroo à 1’AcLuel en donnant, une skie d’auréolee corwaves vers le Nord-Ouest. Des formations
indur6e.s determinent, des lignes pnraIli?les de « cuestas 0 bordant des zones dkprimées avec des revers formant
des bandes de plateaux doucement, inclinés vers la mer. Hors quelques intrusions volcaniques, les alt,itudes ne
sont jamais élevées, les cuestas s’échelonnant entre 200 et 400 métres. Une subsidenca généralisée de la zone
c6ti&re a déterminé l’envasement des estuaires.
Des phénomitnes érupt,ifs qui se sont. déclenchés au Turonien comprenant. des intrusions localis6es surtout
autour de la dorsale du cap Saint.-André ont donné lieu principalement, A des épanchements fissurau-x formant
de vastes coulées de Trapps basaltiques d’une puissance moyenne de l’ordre d’une cinquanixine de nititres
(l’épaisseur maximale est d’environ 200 m).

2. TECTONIQUE

La géologie de surface du bassin de Majunga donne bien l’image d’un monoclinal. Toutefois de multiples
failles, en particulier dans l’Ouest du bassin, lui conftrent. un c.aract.Cre complexe, analogue a celui c.onnu dans
le bassin de Morondava.

FIG. 33. - Schtkn:~ structural du bassin de Mnjunga, d’uprh H. BERArRrE, 1966

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1082: 5-128. 78


Les éléments essent.iels de la structure, tels qu’ils apparaissent. sur le schéma structural de la figure 33
(d’cp*& H. B&URE, 1966) sont :
en premier liw, rltmr! itn~mrtantrs Jlexures, l’une proc.he du cristallin, l’autre dans la région (Gt.it,re. Ces
flesures sont soulignées par un jeu de failles de m&ne direction;
~11ha&+& cristallirl enrac.ini: sur le dome de Bekodoka qui se poursuit. vers le Nord-Est par la grande
faille de l’lhopy. Cet, accident. sépare un grand bassin oriental du bassin plus réduit de filitsinjo & l’Ouest.

2.1. Plexrwes irhm~e et côtif&


A ces deux flexures correspondent,, sur la carte gravimétrique, deux bandes ?+grndient très prononcé.
La Premiere de direction NE-SW borde le socle crist,allin de Maevatanana ti Antsohihy et. correspond à la
grande flexure qui se just,apose IL la faille de subsidence d’Ambondromamy et se poursuit par une série de clécro-
chements dans la région comprise entre BIanpikony et Port-Bergé pour se rapprocher du socle vers Antsohihy.
La faille d’Ambondromamy ne montre en surface qu’un rejet. d’une trentaine de m&res, mais elle prend une
grande import.ance en profondeur oil le rejet, att,eint prts de 2 000 m. Les anomalies entre le socle et cet-te llexure
sont intenses par suit.e de la faible épaisseur de la couverture sédimentaire, en particulier dans la région de
BIanpikony où l’on observe un fort. gradient. de 40 mgal sur 10 km. Il y a g l’ouest., et. tout le long de cet.te flesure,
une bande d’anomalies nbgatives marquant une série de fosses internes entxe lesquelles s’ordonnent, des seuils,
La seconde bande correspond & une fort:e flexure c.cXiére qui riait au dome cristallin d’Ambohipaky, se
prolonge le long de la zone c0tière vers le Nord-Est et rejoint la zone faillée d’Ankaramy ü la base de la presyu’ile
d’Ampasindava. Le fort gradient s’observant au-del& d’bmbanja, on peut. penser que cette flexure s’y poursuit.
tgalement (profil A, fig. 34).
La flexure interne correspondant., d’Est en Ouest,, a un approfondissement rapide du socle on pourrait
penser que la tlexure ccitière, & laquelle est associée un gradient positif (profils de la figure 34) correspond A une
remontée du socle. Or, d’après d’autres l.ravaux géophysiques, les épaisseurs de sédimentaire restent toujours
aussi considtrables. On doit, donc. envisager un phénomène plus profond pour expliquer Cett~ebande d’anomalies
B gradient. positif élevé en bordure de la c6te, ce pourrait être une remont.ée du manteau avec un amincissement
relativement. rapicle de la woûte.
L’absence de mesures en mer ne permet pas de voir si, vers le large, l’anomalie conserve un gradient. toujours
aussi prononcé. Toutefois, si l’on se référe aux régions situées au Nord du bassin, de la presqu’ile d’ampasindava
au cap d’Ambre, où l’anomalie atteint rapidement les valeurs 3-70 mgal, on peut. penser, par cont,inuité, qu’il
en est de merne au large de la c6te du bassin de Ma,junga. Ce serait donc & la hauteur de la flexure cC,t.ièreque se
produirait. le passage de la cr0ùt.e continentale ?+la croute océanique, du moins partiellement,, puisque le talus
du plateau continental se situe plus au large (ce talus, a peu près rectiligne, va du cap Saint.-André au cap d’Ambre
a l’extréme Nord de Madagascar).
On observerait donc pour les régions du Nord-Ouest de &ladagascar un phénoméne k rapprocher de celui
de la côte Est, comme nous le verrons plus loin, avec toutefois un carae.Gre moins brutal, le gradient. observt
étant moins 6levé.
Si l’on admet que la forte variation que l’on observe le lon,0‘ de la c6t.e a une origine profonde, on peut, penser
que la flexure int.erne est liée également a une cause profonde, c’est.-à-dire à une descente d’un c.ompartiment
du socle dans le manteau sous l’influence de phénomènes d’extension, la faille d’Ambondromamg n’en étant
qu’un effet.

2.2. Faille de I’Ihopg et bassin de illilsii~jo


L’accident majeur qui sépare le bassin Loza-Mahavava de la fosse de Mitsinjo est. c.onst,itué par le horst
de Sahondralava enraciné sur le dôme cristallin de Bekodok?, horst, qui se poursuit sous le sédimentaire parallèle-
ment a la faille incurvée de 1’Ihopy et à l’Est. Ce hautrfond est marqué sur la cart,e gravimét.rique par des valeurs
-18 mgal, relat.ivernent positives, h 17005 S et 44025 E, et par la série de Pet;it#esanomalies loc.alisées de direction
NE puis NNE.
La fosse de Mitsinjo correspond g une zone fort.ement. subsident,e entre l’axe Ihopy et. le d0me d’hrnpahipaky.
Elle est fortement. acc.ident.ée avec des anomalies gravimétriques aiguës. En effet,, on observe un axe positif,
de méme allure que c,elui de l’Ihopy, qui prolonge le horst de Befatika également enraciné sur le dfime c.rist,allin
de Bekodoka. A l’Ouest de cet ase relat.ivement. positif, au Sud-Sud-Ouest de Soalala, l’anomalie de -.10 milli-
gais correspond au @aben du Dogger de Namoroka (profil F, fig. 34).

O.R.S.T.O.M., Géophys., R’= 18, 1982: n-128. 79


O.R.S.T.O.M., Géophgs., no 18, 198': 3-128. 80
Ch. HIJBAULT (19G3) voit dans la fosse de Mitsinjo un socle fortement différencié sous une faible couverture
avec des anomalies poskivea et négatives correspondant respectivement aux formations du syst.i?me du Vohibory
et du systt?me du Graphite. Or, d’après les levés gravimétriques effectués sur le cristallin qui comprend ces
diverses formations, aucune différenciation gravimétrique notable n’a été constatée entre c.es deux systkmes.
Il est plus vraisemblable que r.es anomalie, q soient.
c dues A un socle peu profond dont la tectonique est fortement
perturbée par de multiples horst. et graben et. c.ornpliqué d’inkrusions comme l’aire anticlinale voisine du cap
Saint-André.
Le bassin oriental, & l’Est de la Mahavavy, est plus calme comme le montre l’étalement des isanomales tout
en étant marqué par quelques awidents tel que l’axe lourd dans le prolongement de la baie de Narinda qui se
manifeste par une stkie de maxima (15020 S et 47020 E, 15045 S et 46058 E). L’approfondissement. du bassin est
très brutal A l’Ouest de la flexure interne, en particulier A Ankohihy et surtout au Sud-Sud-Ouest, de Port-Bergé
O<Ile gradient est tri?s prononcé. On remarquera egalement que l’anomalie entre le socle et. la flexure interne qui,
en cett.e rkgion, marque un décrochement, n’est pas seulement, due A l’influence du socle sous une faible épaisseur
de sédimentaire, mais aussi à une remontée de masses lourdes en profondeur à l’image de celle que l’on observe
A l’Est du bassin sédimentaire de Morondava.
Comme pour le bassin de Morondava, nous avons teracé des coupes de l’anomalie de Bouguer parallèles Q la
direction NFV-SE (fig. 34). En partant du Sud-Ouest :
la coupe P montre bien les deux hauts-fonds de 1’Ihopy et de Befatika. Le fort gradient A l’Ouest du profil
est dû A une int.rusion basique non affleurante correspondant sur la carte gravimétrique A l’anomalie +2.0 mgal
(16010 S, 45000 E) ;
les coupes E et D indiquent un bassin plus calme et profond mais font bien apparaître le gradient trks pro-
noncé correspondant à la flexure interne ;
le ~wofil C présente un maximum dù au haut-fond en prolongement de la baie de Narinda. On voit que
le gradient, est également trés fort à l’Ouest de Port-Bergé ;
le profil B passe à proximité d’Antsohihy. Le gradient correspondant à la flexure.interne est. ici particuliére-
ment important et on doit atteindre brutalement des profondeurs considkrables ;
par confie le profil A ne montre plus d’anomalie négative pouvant correspondre à de notables épaisseurs
de sédimentaire. Le bassin de Majunga proprement dit se termine donc. bien à l’Ouest. de ce profil. Tout*efois la
carte géologique cartographie encore d’important.s affleurements d’Isalo divers entre la mer et le socle. Les
couc.hes de ces sédiments doivent y êt.re fort peu épaisses & moins de présenter un faible contraste de densité,
ce qui est peu probable. L’extrémité Nord-Ouest du profil A, qui présente un plateau anomalique positif d’une
vingtaine de milligals, longe la bordure Ouest de la presqu’île d’Ampasindava dont les traits caractéristiques
font qu’elle est à rattacher au domaine géologique de l’extrême Nord de Madagascar que nous verrons plus loin.
Pour les détails relatifs aux pet.ites structures et qui n’apparaissent pas sur notre carte par suite de l’espace-
ment adopté des isanomales (10 mgal), on se reportera aux divers documents publiés sur la géologie du bassin
de Majunga (S.P.M., Bureau Géologique de Madagascar...).

3. Fk&TJLTATS D’ENSEMBLE

LA encore, comme dans le bassin de Morondava, ce sont les mouvements verticaux de l’écorce qui sont
responsables, pour la majeure partie, de la tectonique du bassin sédimentaire de Majunga. A noter toutefois la
présence des deux flexures encadrant le bassin, en particulier la flexure interne en bordure du soc.le, alors que
dans le bassin de Rforondava, son contact, avec le socle, à sa bordure orientale, est marqué par un systéme de
failles relais rectilignes selon les deux directions principales t.ectoniques prédominantes & Madagascar.
Les deux bassins se différencient également par le fait que la flexure c0tière du bassin de Majunga n’a pas
d’équivalent dans le bassin de Morondnva. Le gradient positif de la bande c.X.iére du premier pourrait corres-
pondre A une remontée du manteau, c’est-A-dire à un amincissement de la crofite signifiant le passage & une
croûte déja partiellement océanique.

IV. Extrême Nord de Madagascar


Le domaine sédimentaire de Madagascar qui s’étend tout le long de la c.ôte Ouest et Nord-Ouest se continue
jusqu’à l’extrême Nord de la Grande Ile. Cette région est séparée du bassin de Majunga par le seuil de la presqu’ile

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1.987: 3-128. 81


d’hmpasindava, de la même maniere que l’anticlinal du cap Saint,-André sépare, par convention, le bassin de
Morondava de celui de Majunga. Elle se particularise surtout par la présence de nombreuses manifestations
volcaniques éruptives, telle la montagne d’Ambre, et d’importants phénomenes intrusifs, en particulier dans la
presqu’ile d’Ampasindava.

1. GÉOLOCXE ET GRAVIMÉTRIE
Bien développée dans l’extrême Nord où elle s’étend sur 23 a 120 km de large, la série sédimentaire debut,e
au Permien supérieur et se poursuit avec de nombreuses lacunes jusqu’au Quaternaire.
Le groupe de la Sakamena par lequel commence la série, repr6sent.é essentiellement par des faciès marins,
est suivi par celui de I’Isalo a fac& principaIement c.ontinenLal. Le groupe de la Sakoa, le plus ancien du Karroo
malgache, n’est pas représenté en affleurements.
La série sédimentaire est régulièrement monoalinale sans plissements connus sinon dans la presqu’île d’Ampa-
sindava où ils paraissent dus aux venues éruptives. On ne connaît pas exact.ement les épaisseurs atteintes par
les formations sédimentaires, mais J. de SMNT-OURS (1960) a donné un ordre de grandeur des puissances et
pendages moyens des différentes assises le lon,0’ d’une coupe NS allant du soc.le au cap d’Ambre : l’épaisseur
cumulée pourrait atteindre 4 600 B 5 000 m, les pendages diminuent du Permo-Trias (130 à 220) au Tertiaire
(Isalo, 100 à 150, Jurassique, 60 à SO, Crétacé, 40 a, 60). L’accumulation de 1’Isalo inferieur, atteignant à elle seule
plus de 2 000 m, montrerait qu’il s’est produit une subsidence importante mais 1.rèslente et laisserait supposer
à l’origine une surrect.ion considérabIe du massif cristallin.
L’allure calme et monoclinale du bassin, avec son approfondissement marqué vers le Nord, est mise en
évidence par la régularité du profil gravimélrique NS qui va, le long du méridien 49015, du socle au cap d’ilmbre
(profil 13, fig. 35). Vers l’extrémité Nord du profil, nous observons une forte remont,ée de l’anomalie, tant de
Bouguer qu’isostatique. On retrouve en bordure de la côte le mème gradient Posit#if que celui que l’on a observe
sur les différent,es coupes gravimét,riques du bassin de Majunga. Ce gradient montre que la remontee du mant,eau
et l’amincissements de la croûte, supposés a son origine le long de la côt.e du bassin de Majunga, se poursuivent
vers le Nord au-del& d’Ambanja au moins jusqu’à la pointe extrême Nord de Madagascar.
L’infléchissement vers le Nord de la Ilexure côtière se traduit par une zone de faiblesse tectonique marquée
par les phénomènes intrusifs de la presqu’iIe d’Ampasindava et par une forte teçtonisation de t,out.e cette pro-
vince (baie d’ampasindava, îles de Nosy-Be, Nosy-Komba, graben de Sambirano...).

2. PRESQUYLE D’AMPASINDAVA
Par ses caract,éristiques, la presqu’île d’ilmpasindava peut etre rapprochée de l’ensemble des roches volc,a-
niques de l’aire anticlinale du cap Saint-André.
En effet, l’ensemble de la presqu’ile d’Ampasindava, de m6me orientation NNW que l’aire anticlinale
du cap Saint-André, a une allure d’anticlinal t.raduit,e par la disposition des schist,es cristallins, de la couverture
et du cont,act sédimentaire. En ouire, on observe de part. et, d’autre des plutons circuIaires assoc,iés a des épan-
chemcnts volcaniques. Ces plutons sont, d’une facon générale, soit des dykes mis en place dans des cassures
ouvertes, soit des sills plus ou moins remplis de laccolites, mis a nu par l’érosion, dont l’âge est au plus turonien,
plus probablement oligoctne. La mise en place de ces pluton, s a du se faire à une profondeur assez faible (de
l’ordre du kilomètre) et l’on serait en présenc.e de la zone profonde d’un massif volcanique longuement, érodé.
Gravimétriquement, la presqu’île d’Ampasindava correspond & une fort,e anomalie positive atteignant,
à son extrémité ISord, 1-70 mgal en Bouguer et +40 mgal en isost,atique. Cet.te anomalie positive est d’ailleurs
beaucoup plus ét.endue et. couvre l’ile de Nosy-Be.
Les 9/10e en volume des roches d’Ampasindava sont des syenites normales et moins fréquemment des
granites, d’ailleurs postérieurs aux syénites. Les roches basiques, probablement en grande part.ie épanchées,
sont les plus courantes pour le reste. L’origine magmatique de l’ensemble des roches de cette region ne saurait
faire de doute, la différenciation magmatique d’un magma basique Qmoyen )) étant de nature a donner les prin-
cipaux types pétrographiques d’Ampasindava.
Un réservoir de magma, profond et étendu, pourrait, donc. être la cause de l’ensemble anomalique posit,if
observé du cap Saint-André au cap d’Ambre, la province d’hmpasindava en constituant. la partie visible,
l’absence de mesures en mer ne permettant pas d’en voir le prolongement au large de la cote du bassin de
Majunga. Situer ce magma gravimétriquement à la base de l’écorce, équivaut. a une remontée du manteau et
à une croût.e moins épaisse, hypothese valable pour toute la cote Nord-Ouest c.omme l’indiquent les profils
gravimétriques des figures 34 et 33.

O.R.S.T.O.AI., Gdophys., no lS, 1482: 3-128. 82


84, C9 = Sucle

m E hliocène

@ isortatique

FI~. 35. - Profils gravim&triyues. A : NNW-SSE passant par Amùanja et le bassin lacustre de Sambirano, Bouguer et isostatique
ou résiduelle; B : N-S dans l’extrhme Nord de Madagascar

3. GRBBEN DE SAnrnmmo
La zone de faiblesse tect.onique qui se manifeste par une forte t.ec.tonisation de la presqu’île d’hmpasindava
et de la baie du même nom, a l’Ouest de la presqu’ile, s’exprime également par le graben de Sambirano, de
formation récente, ou au moins de rejeu important récent. Le début de l’effondrement se situerait à I’Oligocéne,
suivi d’un nouvel affaissement au Plkistocène, contemporain de celui de la baie d’Ampasindava avec les derniers
épanchements de la montagne d’Ambre.
La direction générale des fractures de cette zone est NNW, qui est celle du systkme de failles (t Bongolava B
(ou Mozambique).
Le profil A de la figure 35 passe par le bassin lacustre de Sambirano. Malheureusement les mesures s’éche-
lonnent sur la seule piste praticable de cette région qui suit pratiquement la direction des frackres. Il n’est
donc. guère possible d’essayer une int,erprétation de l’épaisseur du lacuske a partir du profil longitudinal. Tout,e-
Eois on peut. observer qu’au bassin d’effondrement correspond bien un minimum de l’anomalie.
On remarquera également que la baie d’Ant20ngil, sur la côte Est, qui s’interprète aussi par un fossé d’effon-
drement, a la même direct,ion NNW. Ces deux fossés feraient, partie d’une importante zone de faiblesse tecto-
nique jalonnée d’ailleurs par des cuveRes alluviales, des épanchements basaltiques, d’innombrables pointements
phonolitZiyues et des source.~ chaudes.

‘i. LE VOLCANIShlE

L’extreme Nord de Madagascar qui montre les traces d’une activité t,oute récente, mais aujourd’hui complè-
tement int,errompue, est caractérisée par le volcanisme qui a pris sa plus grande ampleur au massif d’ambre.

O.R.S.T.O.M., Géophgs., no 18, 1882: 3-128. 83


Si les coulées extérieures sont minces, quelques dizaines de mètres, toute la zone cent,rale est certainement
épaisse, mais nous n’avons aucune connaissance directe de l’altitude du substratum. Il n’y a d’ailleurs pas lieu
de supposer une quelconque remontee du socle sous le massif volcanique et le sédimentaire doit garder une
épaisseur considérable. En effet, le profil B de la figure 35 montre que l’anomalie négative liée k la présence
du bassin sédimentaire reste importante et surtout réguliére ti l’endroit. où les épanc.hement,s basaltiques de la
montagne d’Ambre cachent le substratum.
Au volcanisme de la montagne d’ambre on peut vraisemblablement ratt.acher les autres formations vol-
caniques de la côte Nord-Ouest, en particulier Nosy-Be.
Il n’y a pas de relations nettes entre le volcanisme et la tectonique. Si les dernicres coulées sont, nettement
postérieures aux grandes failles du Nord (faille de I’Ankarama) les laves ne paraissent pas les avoir empruntées
pour venir au jour. II apparaît toutefois que les cratères formant la limite extr&ne Sud-Est de la montagne
d’Ambre s’alignent sur une cassure SW-NE longue de 35 km environ.

5. CONSIDERATIONS D’ENSEMBLE
Dans toute c.ette région de l’extrême Nord de Madagascar ont eu lieu d’importants mouvements verticaux
du socle qui se sont traduits par des horst et des grahen. Des épisodes volcaniques et subvolcaniques sont liés
à cette tectonique cassante dont ils ont souligné les phases principales. Ainsi les caractères morphologiques de
la côt.e, depuis la presqu’île d’ampasindava jusqu’au cap d’hmbre, indiquent un panneau effondré avec des
remontees secondaires formant des zones anticlinales.
Tout.es les failles de cette région se rangent dans les deux systèmes tect,oniques qui ont une valeur générale
pour Madagascar : systéme c Côte Est 1)(zone de fractures du contact sédiment,aire-cristallin et la faille Ankaramy-
Jangoa prolongée par les failles de l’hnkara et Sahareny) et systéme (<Bongolava )) (graben de Sambirano,
presqu’ile d’dmpasindava...).
Des failles de moindre importance, mais de direction génerale GCôte Ent )), liées à un certain nombre de
m0uvement.s relatifs de surrection du socle malgache par rapport au canal de Mozambique qui s’approfondissait
peu à peu, ont produit une st.ructure en escalier.
Le rOle des fractures a donc été considérable dans l’élaboration structurale de l’ext.rême Nord, la couverture
sédimentaire et le socle de cette région ayant été affectés l’un et I’autre.
Toute la région Ouest de l’extrême Nord se marque sur la cart,e isostatique par une importante anomalie
positive att.eignant près de 40 mgal vers la presqu’ile d’hmpasindava et Nosy-Be. Les épanchements basaltiques
superficiels sont insuf&ants pour expliquer cett,e anomalie. Dans la presqu’île d’Ampasindava les phénomènes
éruptifs se traduisent par des massifs alcalins granit,iques et syénitiques dont le caract.ére particulier indique
une origine indubitablement magmatique avec une mise en place & faible profondeur. 11y a donc lieu de penser
?I une origine profonde pour l’anomalie : soit une intrusion magmatique en profondeur et étendue, soit plutot
une remontée du manteau, d’où un amincissement de la croûte, occasionnant, une surrection du socle avec,
corrélativement, des affaissement.s locaux selon le schéma de Gtouches de piano D.
La carte isostatique montre une anomalie négative au Sud-Est de Diego-Suarez qui n’apparait pas en
Bouguer, masquée, sans doute, par le phénomène isostatique. Il est. possible que cet,te anomalie soit due, au
moins partiellement., aux épaisseurs de sédimentaires, qui pourraient. atteindre 4 000 à 5 000 m. Mais nous
avons vu à propos des bassins de Morondava et de AIajunga, qu’à 1’influenc.e du sédimentaire, s’ajoutaient les
effets d’irrégularités géologiques à la base de I’&orce. II semble donc que, là également, l’anomalie négative au
Sud de Diego-Suarez n’ait pas qu’une origine sédimentaire et on pourrait admettre qu’elle est du méme type que
les anomalies négatives qui bordent les anomalies positives de la cote Est et. Nord-Est, dans des régions OU le
socle est partout affleurant, et qui, comme nous le verrons plus loin, sont dues à un phénomène profond.

V. Régions centrales de Madagascar


L’examen de la carte géologique montre que les formations qui s’étendent depuis la côt.e orientale jusqu’à
la dépression permotriasique, marquant à l’Ouest le début du domaine sédimentaire, appartiennent au socle
métamorphique ancien. De plus, il apparaît que des coupes géologiques parall&les EW donneront approximati-
vement le même style de formations et de structures.
Rappelons que la chronologie des terrains mét.amorphiques precambriens établie par H. BÉSAIRIE à partir
d’etudes faites dans le Sud de l’île (H. BÉSAIRIE, 1952, 1953, 1963) n’est plus admise par certains géologues
(G. HOTTIN, 1969 ; L. RADELLI, 1969 ; G. JOURDE, 1971 ; H. BÉSAIRIE, 1971).

O.R.S.T.O.M., Giophys., no 16, 1982: 3-12s. s-i


Nous rappellerons a ce sujet que nous ne nous attachons pas a l’étude des problèmes relatifs à l’origine et
a la slratigraphie des séries métamorphiques, domaine propre h la géologie, car aucune différenciation gravi-
métrique notable ne semble apparaitre entre les différentes séries composant le socle que plusieurs cycles mcta-
morphiques ont plus ou moins remaniées et uniformisees. Des études de dt%ail sur un c0ntac.t entre deux unités
géologiques de fac& pétrographiques différents feraient apparaître sans doute des gradients faibles, qui au
niveau d’une cart,e de reconnaissance, ne peuvent ressortir nettement.
Comme nous allons le voir, n’apparaissent sur la carte gravimétrique que les structures géologiques loca-
lisées : massifs basiques bien individualisé.s, bassins d’effondrement...
Nous examinerons successivement. la cart.e des anomalies de Bouguer puis celle des anomalies isostatiques.

1. CARTE DES ANOMAI.IES DE BOUG~ER

Les regions centrales de Madagascar apparaissent en négatif sur la carte des anomalies de Bouguer. Ce
caractère est à mettre au compte du relief qui est important comme le montre la carte hypsométrique (fig. 1).
Les minima les plus importants sont liés aux massifs les plus élevés comme le Tsaratanana au Nord (-80 mgal)
et I’Ankaratra au centre (-140 mgal, minimum de l’ensemble de la carte).
La corrélation entre ahitudes et anomalies de Bouguer traduit le fait que le relief est compensé par la
présence en profondeur de volumes moins denses, ce qui est caract,éristique d’une croûte continentale,
La variation rapide du relief, en particulier sur le versant orient,al, conduit à un important gradient gravi-
mét,rique -2.00 milligals sur 200 kilométres, en moyenne, entre I’Ankaratra et la côte Est. Ce gradient, s’il
n’empâche pas les anomalies loc.alisées de ressortir de la carte, masquera par contre les anomalies d’une certaine
ampleur qui ne pourront, être mises en évidence que sur une cart,e des anomalies résiduelles (carte isost,atique).

1.1. Régions de Tsaratanana, Andriamena el Mandrifsara


La carte de Bouguer (carte à l/l 000 000, feuille Centre) montre, au Sud-Ouest de Tsaratanana (vers 16050 S
et 47030 E), une anomalie positive relative de +3O mgal, qui correspond; en géologie, a un massif intrusif de
gabbros ceinturé de filons syénitiques. 11 faut d’ailleurs noter que toute la région entre Tsaratanana et Andria-
mena forme un ensemble géologique bienParac.térisé (synclinorium d’andriamena) truffé de mult.iples et impor-
tantes intrusions basiques et ultra-basiques qui pourraient être l’indice d’une masse basique en profondeur qui
expliquerait l’anomalie relat.ivement positive de cet.te région.
Une autre anomalie positive est cartographiée vers Mandritsara (feuille Nord, 160 S, 48030 E). La carte
géologique ne montre à l’affleurement qu’une zone granitisée (migmatites, granites et migmatites granitoïdes,
gneiss et migmat.it,es a graphite) aux abords immédiats de Mandritsara. Par contre, elle indique un massif de
syénites (massif de RIarangibat,o) à une trentaine de kilometres à l’Ouestfi de cette ville. II est donc très possible
que, dans cette région, il y ait eu des intrusions magmatiques en profondeur, le massif de syénites ét#ant un
témoin visible d’un début de différenciation magmatique à partir du magma profond.
Il est B remarquer (carte géologique) que l’axe Tsaratanana-Rlandritsara-Ouest est, jalonné par une série
d’épanchements basaltiques (Tampoketsa du Kamoro, de Beveromay, d’Analamaitso...) identiques à ceux des
vastes coulees de l’Ouest dont l’age turonien est bien établi. Considérés comme des épanchements fissuraux,
on serait là en présence d’une zone de faiblesse t,ec.tonique, sensiblement parallele à la bordure du bassin sédi-
mentaire de Majunga, liée au mouvement de surrection du socle qui a favorisé les cassures et qui se traduit sur
la c,art,e isostatique par une anomalie nettement positive.
Cet axe est d’ailleurs indiqué sur la carte (<&létallogénie de Madagascar o à 1/2 000 000 d’A. RAZAFINPARANI-
(1978). II part de l’ile de Nosy-Be pour about.ir à la bordure Est de la baie d’ilntongil.

1.2. Réyions de Tsiroa.nnmandidy et dliandriva:o


La région de Tsiroanomandidy (18045 S, 46040 E) est marquée par une anomalie positive d’une valeur
relative d’une quarantaine de milligals. On peut l’attribuer sans aucun doute à la présence de masses basiques
dans le socle qui ont donné naissance en surface aux massifs intrusifs du Bevato et de I’rlmbohiby et à de nom-
breux petit,s p0intement.s de gabbros.
Le Bevato se présent.e comme un magnifique dome de 6 km de diamètre constit,ué de diorites, alors que le
massif de l’ilmbohiby, au Sud de Bevato, est de composition complexe, où, aux venues profondes, s’associent
des manifestations subvolcaniques. 11 est vraisemblable que ces venues sont, récentes et pourraient s’êt.re mises
en place au Crétace ou à I’Éocéne.

O.R.S.T.O.N., Géophys., II” IA’, 1982: 3-l.?S. 85


La région de Miandrivazo (19030 S, 45030 E) se marque également par une anomalie positive relative d’une
trentaine de milligals. Allongée NS en bordure du bassin sédimentaire de Morondava, elle peut &re associée
aux affleurements de gabbros du Vongoa et de Belobaka correspondant sans doute à une remontée du magma
liée & la surrection du socle et à son affaissement relatif vers le canal de Mozambique. A la haut.eur de l’affleure-
ment basique de Belobaka, l’anomalie positive qui s’incurve vers l’Ouest dans le sédimentaire correspond à
un haut-fond du socle en relation avec ces intrusions de gabbros.

1.3. Region du lac Alaotra

Parallélement j la côte Est et à une cinquantaine de kilomètres de celle-ci, eut,re les parallèles 17e et 19” Sud,
se remarque une anomalie positive allongée, étroite, comprenant deux maxima relat,ifs d’une vingt,aine de
milligals : l’un, au Nord, dans la région du lac Alaotra, l’autre, au Sud, au Nord-Est de Moramanga.
L’origine de l’anomalie positive au Nord-Est de Moramanga (18000 S, 48020 E) est & attribuer au gros
massif intrusif d’Ant.ompombato (12 x7 km), situé à une quinzaine de kilomètres au Nord-Est, de Moramanga.
Ce massif mis en place il y a quelque 90 M.A. recoupe trés nettement le socle wistallin et montre un bel exemple
de différenciation magmatique allant des syénites aux péridotites.
L’anomalie positive ent.re Ambatondrazaka (17050 S, 48025 E) et Andilamena (17WC)S, 48035 E) recouvre
la région du lac Alaotra et de sa plaine alluviale d’altitude moyenne 750 m correspondant à un fossé - rift
valley - d’une trentaine de kilomètres de largeur, faiblement effondré (350 m&es de rejet?), en bordure duquel
apparaissent quelques épanchements d’ankaratrites sans doute plioc.&nes. D’origine tectonique récente, on
peut rattacher à la même phase la dépression du Mangoro d’altitude moyenne 900 m, dont le cours Parfait(ement
rectiligne doit son origine à un accident t,ectonique.
Ces deux dépressions, de 1’Alaotra et du Mangoro, sensiblement dans le prolongement l’une de l’autre: sont
séparées par un seuil qui peut être attribué à une diminut,ion d’ampleur des phénomènes t.ectoniques.
Le profil A en travers de la zone du lac Alaotra, selon un axe Amparafaravola-Fénérive (fig. 36), indique
à l’aplomb du fossé, au lieu d’une anomalie négative g laquelle on devrait, normalement s’attendre, une anomalie
positive importante (a) d’une amplitude relative de 30 mgal environ.
L’étude du profil A peut conduire à admettre que l’anomalie observée est la résultante de deux anomalies :
l’une, anomalie 1, étalée sur prés de 80 km, d’amplitude 18 milligals, l’autre, anomalie II: étroite, atteignant
14 milligals.
La première, du fait de son étalement, doit, sans dout.e son origine à un phénomène profond qui pourrait
ètre directement lié aux int,rusions basiques le long d’une zone de moindre résistance créée par la surrec.tion
du socle. En effet, on peut noter de nombreux affleurements de gabbros au Nord du lac. : affleurements de
1’Ankitsika et de l’ilndilamavo au Sud d’andilamena. La largeur de la dépression tectonique, d’une trentaine
de kilomètres environ, suggère une structure analogue g celle d’un rift dans lequel des épanchements basiques
localisés dans le Nord se seraient toutefois produits. L’effondrement résultant. de l’extension et de la fracturation
de l’écorce sous l’effet de la remontée du manteau doit ainsi affecter l’ensemble de l’écorce. On notera que c’est
dans la région du lac Alaotra qu’on observe la séismicité la plus élevée de Madagascar ; de faible ampleur elle
aurait plut% pour cause des tassements ou réajust.ement,s superflc.iels que la poursuite du mouvement d’effondre-
ment.
Le meme prof?1 de la figure 36 montre également, à l’Est de l’anomalie a, une autre anomalie positive faible
b. Il semble que ces deux anomalies se retrouvent plus au Sud. En effet, un autre profil (profil B, fig. 36) -
orienté ESE, traversant le Sud de la dépression alluvionnaire du lac Alaot.ra, passant. à une dizaine de kilon&res
au Sud d’hmbatondrazaka et abouGssant & la côte à 15 km au Sud de Tamatave - indique deux anomalies a et
b, moins marquées toutefois que celles du profil A.
Reportées en position sur la carte à l/l 000 000, ces anomalies s’alignent selon la direction tectonique
principale (( côte Est )), qui est également celle des bordures de la dépression de l’alaotra.

1.4. Rebord orienfal du massif de Madagascar


Traits physiques gérzérauz

L’architecture des formes géologiques avec deux orogenéses de directions différentes imprime ses caractères
Q la morphologie. Le rebord oriental des Hauts-Plateaux est caractérisé par les lignes directrices très régulière-
ment subméridiennes de la grande orogenèse de 2 600 M.A. et par le système N 500-600 W des cassures crétacées.

O.R.S.T.O.M., Géophys., n” 18, 198%: 3-1’8. Y6


mgal
f Bouguer

FIG. 36. - Profils gravimétriques au Nord et au Sud et en travers de la dhpression du lac Alaot.ra

L’&ment majeur du relief est la grande falaise orientale de l’hgavo dont la nature tectonique, ou krosive
n’est pas fixée avec certitude, les levés @ologiques mhe rhents n’ayant pas mis en évidence de grandes failles.
De t,out.es maniéres la formation de la falaise et. son recul ont été faci1it.k par la conjugaison de la direction sub-
méridienne des schistes cristallins d pendage Ouest et des cassures N 800-600 W.
Pour notre part, d’aprés les résultats de la gravimétrie que nous allons voir, nous admettrons que si l’escar-
pement le plus oriental, l’escarpement, de Betsimisaraka, semble bien d’origine tectonique, l’accident ayant
d’ailleurs int.éressé toute. l’épaisseur de l’écorc.e, par contre, la falaise de l’hngavo serait principalement due B
une importante érosion régressive qui aurait buté contre les granites. Toutefois des frac.tures observées par
endroits CI la base de la falaise ne seraient que des fractures secondaires de la fracture principale située plus
à l'Est.

Gravimétrie
Tout le rebord orient.al de Madagascar, du Nord au Sud, est. caractérisé par le parallélisme des isanomales
de direction (cc6te Est S.
Nous avons déjh vu que ce parallélisme marquait l’influence prépondérante de la t.ectoniyue (Ccc’ke Est, 0
qui est. également responsable des accidenk de mème direction du relief : la descente vers l’océan Indien se
présente comme un escalier. Les failles inthessent l’ensemble de l’écorce, la tectonique cassante n’ayant donné;
que des b1oc.sbien individualisés, effondrés, basculés ou surélevés, au cours du bombement général tertiaire.
Les surfaces, tant topographique que gravimétrique, pouvant ètre considérées comme des structures cylin-
driques, un seul profil EW suffira pour représent,er l’allure générale du versantC oriental de la Grande Ile.
Le profil de l’anomalie de Bouguer le long de l’itinéraire Tananarive-côte Est, qui suit approsimativement~
le 19 paralléle est représenté sur la figure 37. Nous avons reporté également le profil topographique ainsi que
les valeurs de l’anomalie à l’air libre aux stations de mesure.
L’anomalie de Bouguer ne monhe aucune anomalie not:able entre Tananarive et Moramanga ; en particulier
le passage de la falaise de l’Xngavo, d’une denivelée de prés de 500 mètres, ne se marque guère que par une

O.R.S.T.ON., Géophgs., no 18, 1982: 3-128. 87


Bouguer
mgal
-t 40
i

Rnnnmafnna

‘- /j

régionale locale I

AIR LIBRE
mgal
4

Altitudes 1
.
16;’
1400

1200

1000

800
83, B2 : Gneiss, Migmatites et Gneiss à graLhi;e
600 ,(y ,,&B : Migmatites granitoïdes
y : Granites
400
PL : Lacustre pliopleistocène
200 C5 : Migmatites amphiboliques B2 ) 82
,( : Migmatites
L
0 10 20 30 40 50 100 \ 150 km
FIG. 37. - Profils gravimétriques - Bougucr et air Iibre -- et. t.op«graphiquc le long de l’itinéraire WE de Tananarive à la c0te Est.

anomalie de 2 a 3 milligals qui semble due au fait que l’on a négligé les corrections topographiques. lYotons ici
que l’absence d’anomalie au droit. de cette falaise mont.re que le choix de la valeur 2,67 pour la densité convient
bien pour c.et,t.erégion.
A une vingtaine de kilomètres à l’Est de Moramanga l’anomalie posit.ive que l’on observe est due visible-
ment, a l’influence de l’intrusion basique d’hmbat,ovy dont nous avons parlé plus haut.
De mème en tracant l’anomalie régionale locale, il apparait une légire anomalie positive à 41) km à l’Est
de Moramanga, dans une région oil sont cart.ographi&es des migmatit,es amphiboliques (groupe de Beforona, C5)
à l’affleurement. Or ce groupe se marque, comme dans les régions de Tsaratanana et Andriamena par des intru-
sions gabbroïques. Il est donc possible qu’il y ait des gabbros à l’aplomb de c,ette anomalie.

O.R.S.T.O.M., GEophys., no IS, 19112: 3-128. 88


Considérons maint.enant, une régionale plus large, c.elle de l’équilibre isostatique, figures 37 et 38. On obtient
une anomalie résiduelle (courbe B, fig. 35) d’une amplitude totale de près de 30 milligals, de m&ne allure que
celle c.r&e par une faille ou un contact. de deux terrain, s différents, dont le zéro relatif est Q l’aplomb de l’escar-
pement Betsimisaraka, portion de falaise paralléle a la côte Est. Il faudra bien admettre que c’est un accident
t,ectonique profond qui est responsable de cett,e anomalie : les densités superficielles étant sensiblement les
mémes de part et d’aut,re et la branche Ouest de l’anomalie devant correspondre à une remonUe du mant.eau
qui a entraîné un mouvement relatif de l’écorce vers le haut., d’où résulte le relief observé.
L’interprét.ation de l’anomalie B (figure 38) donne un rejet de 6 km à une trentaine de kilométres de pro-
fondeur en admettant un contraste de densit,é de 0,6 à cette profondeur.

FIG. 39. - Anomalie de Bouguer en fonction de l’xlt.itude point par


point do l’itinkaire Tananarive-cOte Est

- 10.

-20 2.67 t
-lo’ m------u Iel<rn FIG. 38. - Anomalies dt: Bouguer et rksiduelle - ou isostatique - ent.re
3.27
Rloramangaet la c6t.eEst (profil Tananarive-côte Est) et interprétation

Nous avons vu précédemment que la falaise de l’Angavo, à 40 km a l’Est de Tananarive, ne donnait lien,
par contre, 5~aucune anomalie not,able et comparable à celle située au droit de l’escarpement de Betsimisaraka.
Les reprises d’érosion fin tertiaire et quat,ernaire auraient fasonné le bloc oriental en merne t,emps qu’elles pro-
voquaient, le recul de l’escarpement jusqu’à la limite des roches granitoïdes ; le pourt,our sinueux de la falaise
étant lié à des limites pétrographiques. Habituellement, on ne considère pas l’anomalie à l’air libre point. par
point par suite de sa relation hop étroite avec l’altitude - on considère en général les valeurs moyennes par
unité de surface -, pourtant. il semble intéressant ici de comparer l’anomalie a l’air libre avec le relief corres-
pondant.
Ainsi en t,racant, les droit.es moyennes par portion de profil, tant de l’anomalie à l’air libre que du relief
(fig. 37), on constate que si les droites des secteurs A, B, D sont bien parallèles, par contre, les droites relatives
aux secteurs C et. E ont. des pentes bien diffbrentes, en part,iculier E secteur correspondant 5r la région de la
c.6te Est,.
Cec.i est l’indice de phénomènes profonds. Ainsi pour le sec.teur C, la pente de l’anomalie indiquerait. un
rekvement vers l’Est, l’érosion 6tant. responsable de l’aplatissement du relief dans cette région. De m&ne le
profil E, région de la c6te Est, dénokerait un passage brutal de la croûte continentale à la c.roiite ockanique
que nous examinerons en détail ultérieurement..
Comme nous l’avons déja fait. pour un autre profil (fi g. 21), nous avons reporté (fig. 39), point. par point, les
valeurs de l’anomalie de Bouguer en fonction de l’altitude des stations de 1’itinCraire Tananarive-c.Gte Est.. Cette
figure met, bien en i-vidence le dé.coupage par blocs A, B, C, D, E, surélevés, affaissés et; basculés.
2. CARTE DES ANOMALIES ISOSTATIQUES

Du Nord au Sud de I’Ile les régions intérieures se marquent. sur la carte isoxt.at,ique par un ensemble positif
d’une valeur moyenne d’une quinzaine de milligals, si ce n’est une imp0rtant.e anomalie négative d’une trentaine
de milligals au Sud-Ouest de Tananarive correspondant au massif volcanique de I’Ankaratra. Dans la partie
positive on observe des maxima localisés de 40 Q 50 mgal.

2.1. Awmalies positives


L’ensemble positif dans la zone axiale de 1’Ile est à mettre en relation avec le bombement tertiaire qui a
soulevé l’ensemble du socle malgac.he et qui est a l’origine de l’important. relief. Les réact,ions du socle aux mou-
vements verticaux ont conduit. à une tectonique cassante en touches de piano. Les anomalies posit,ives les plus
importantes sont localisees et liées a des massifs intrusifs basiques affleurants ou non.
Nous avons vu précédemment que les déséquilibres dus aux excédents de masse responsables des anomalies
positives Nord et Sud sont inférieurs aux limites que peut, support.er l’écorce sans rupture. Rappelons que l’ano-
malie Nord, pour un excédent de masse de 42.10° %IT, correspond a 290 MT/km2 et, a un effort tranchant
de 1,5 107 T/m. Pour l’anomalie Sud: 20.10° MT, on obtient un excédent de masse de 375 MT/km2 avec un effort
tranchant de 2,4 107 T/m.

2.2. Anomalie néyatioe du centre de AJadagascar


La carte isostatique montre, a une centaine de kilométres au Sud-Sud-Ouest de Tananarive, une anomalie
négative, localisée, contrast,ant avec 1’aspec.t globalement positif de la bande d’anomalies médianes le long du
grand axe de 1’Ile.
Cette anomalie isostatique, d’environ -30 mgal, c.orrespond à ce que l’on peut observer de plus négat,if
en anomalies de Bouguer, -140 mgal sur la carte de Bouguer. Ce minimum, t.ant* en anomalie isostatique qu’en
anomalie de Bouguer, coïnc.ide avec la chaine volcanique de l’ankaratra, d’age plio-pléistocene. D’une longueur
de 100 km, orientée NNE-SSW, l’anomalie isostat*ique a un grand axe de meme direction, cette c.haîne c.orres-
pond a un alignement de systemes volcaniques dont les coulées se sont épandues latéralement sur pres de 30 km.
Elle comprend plusieurs sommets de plus de 2 500 m qui comptent, parmi les plus hauts de la Grande Ile.
Cett,e anomalie négative liée paradoxalement à une chaîne volcanique montre l’absence de réservoir mag-
matique et l’origine fissurale des épanchement,s volcaniques qui ne forment qu’une couverture alt,érée plus ou
moins épaisse : l’altitude moyenne du subst,ratum gneissique est d’environ 1 400 m dans la partie Nord et de
2 000 m et. plus dans la partie Sud.
La courbe A de la figure 40 montre l’anomalie de Boug~er le long du profil de direction sensiblement EW
passant. par Mandoto (19035 S, 46017 E). Elle est obt.enue a partir de point,s réels de mesures et. également des
isanomales rec.oupées. L’anomalie résiduelle, courbe B, fig. 40, est déduite de la courbe A et de l’équilibre isosta-
t.ique adopté comme 0 régionale 1). Sa largeur, 70 km, suggere une origine profonde. Son amplitude atteint
-28 mgal alors que les deux anomalies positives l’encadrant, atteignent G a 7 mgal.
Le modele simple propose, présenté en bas de la figure 40, rend compte de l’ensemble de c.esanomalies. Il a
Pt.é c.alculé sans tenir compte de variat.ions en profondeur de la densité et en supposant, la base de la woùte a
33 km et un contrast,e de densité croûte-manteau de -0,6. En l’absence de t.out,e autre donnée, il est illusoire
de chercher un modèle plus complexe.
Ce modèle correspondrait. à un enfoncement de près de 10 km de l’écorce dans le manteau et h un relèvement
de celui-c.i de 5 et 8 km de part, et d’autre.
L’anomalie négative peut s’expliquer simplement, et qualiLativement par l’évolution possible de la compen-
sation du relief selon un schéma classique en trois temps proposé par J. GOC+UEL (1958). Il y a d’abord compen-
sation régionale par flexion de 1’écorc.e sous la surcharge due aux awumulations des emissions volcaniques.
Ensuite la compensat.ion devient plus locale par suite du fluage de l’éc.orce. Enfin, en raison de l’érosion tses
active de la plus grande partie des accumulat.ions volcaniques, l’ecorce réagit élastiquement avec le rayon de
régionalite primitif, tout en conservant l’image de la (t racine 1)qui produirait la carnpensat,ion locale. Cette racine
se c0mport.e c.omme une irrégularit8é géologique négative.
Le modèle propos6 correspond bien à c.ette int,erprétation. Notons qu’une awumulation de 2 000 m
d’émissions volcaniques (densite 29) sufhrait, a produire un enfoncement. de 10 OOC)m du swle (2,7) dans le
manteau (3,s).
mgal
MANDOTO A

1 19’.35
413~17 E
s
1 19O37 s
47’41 E
- GO

mgal
69 Anomalies
et calculée
résiduelle (isostatiquel
A

I-0

Anomalie résiduelle
Bassin lacustre
2000 m Protll
t c2 tonoaraoi-

_ 1500
MANDOTO

$)@Y’ (migmatites) (micashistes et gneiss


M r à grûphite)
500 (charnockitesJ
c , I I
1 4P 47”30
46’30

10
2,67 modèle lissé
20

40 km
profondeurs calculées

PIC;. 40. - Anomalie négative du cent.re de ïVadagdscar (massif volcanique de l’hlraratra) et. int.erprétation

VI. Régions de la côte orientale


Nous avons vu jusqu’A mairkenant plusieurs points notables des cartes gravimét.riyues de Madagascar.
C’est toutefois la région de la cilte Est qui semble constituer l’élément le plus marquant.

1. C~TE EST
La carte des anomalies de Bouguer présente tout le long de la côte orientale, et sur plus de 1 000 km, de
fortes anomalies positives, en pahiculier dans la Pa&ie Sud (100 milligals A 21040 S, 4’3015 E), entre RIananjary

O.R.S.T.O.Al.. Gt’ophys., no IS, 1982: 3-128. 91


et RIanakara, awompagnées d’un important gradient, gravimétrique. Blalheureusernent l’absence de mesures
en mer ne permet. pas d’en connaître l’amplitude maximale.
Cette bande d’anomalies positives s’interrompt k la hauteur de l’île Sainte-hlarie (vers le 17e paraMe)
pour reprendre au cap Riasoala et se prolonger le long de la c0t.e Nord-Est..
Toutefois c’est sur la carte isostatique que la c0te Est. se présente comme un des points les plus remar-
quables. Si on y retrouve &idemment la bande d’anomalies posit,ives awompagndes du fort gradienl gravi-
métrique qui les caractérise, il apparaît, en ret.rait de la c6t.e, une bande étroite d’anomalies négatives, avec des
minima atteignant -50 milligals, que rien dans la géologie superfic.ielle ne permet d’expliquer.
L’interruption de la bande d’anomalies positives observée sur la carte de Rouguer IL la hauteur de l’ile
Sainte-Marie, se traduit, sur la carte isostat.ique, par un décalage vers l’Est de la bande négat.ive. Cette derniére
se poursuit ensuite en direction du Nord-Nord-Ouest, en retrait de la côte Nord-Est.
Avant. de tent,er quelques interprétations gravimét:riques, nous allons voir brièvement la morphologie et
la géologie de cett,e cote orientale ainsi que quelques données séismiques.

La cOt,e orientale de Madagascar se caractérise par sa rect.it.ude remarquable sur plus de 1 000 km selon
une direction NlSE, interrompue par quelques accidents comme ceux de la région de l’ile Sainte-Marie et la
baie d’hntongil. Au-del:) du c.ap RIasoala, la côte présente un aspect toujours aussi rectiligne, mais suivant, cette
fois, une direi.tion NNW.
Les awidents de la région de l’ile SainLe-Marie et de la baie d’dnt.ongil, sont visiblement. tectoniques et
présentent des formes géométriques simples dont les directions sont celles de la Lectonique caractérisant Mada-
gascar : direction (( cote Est I), N 200 E, et direction « Rongolava n, N 150 W (fig. 44).
Not.cms que le plateau cont.inental ne s’étend gubre au-del& de la c8te, 11moins de 25 km, et qu’on atteint
tr& vite les profondeurs océaniques.

Il ressort des travaux géologiques que la région c6titre comporte un socle cristallin précambrien et, dans
la zone rotiè.re, une couverture volcanique crétar6e surmontée de sédiments marins du Crétacé supérieur puis
de formations cont.inent ales.
I,e Précambrien se présent.e sous la forme d’une succession de bandes longitudinales de lithologies differentes.
Mais c.e qui caractérise plus particuli6rement la ci%e Est, c’est la couverture volcanique crétacée largement
développée, comprenant essentiellement. des rhyolites et. des basaltes. Le [email protected]!supérieur recouvre les coul&es
volcaniques. Il est. principalement. gréso-marneux avec de rares bancs calcaires. Le NéogGne cont.inental comprend
des grés tendres à stratifications entrecroisées avec des banc.s d’argile. Le Ouaternaire comprend les sables
c6tiers et, les alluvions, la plaine c6tière 6tant souvent. large de plusieurs kilon%tres.
Le point le plus important à noter est donc que toute la région rcXi&re. en particulier la moitié Sud, a été
l’objet de trés importantes émissions fissurales de laves acides et basiques qui forment un recouvrement continu
large de 20 A 40 km. Les épaisseurs sont. de l’ordre de la c.entaine de mètres.
L’indice d’alcalinité des é1~anc.hement.sindique une série calcique appartenant principalement au type
Pacifique. On est en présenc.e ici d’un volcanisme fissura1 en relation aver. une tectonique cassante intéressant
une grande profondeur et, les laves émises sont fortement, contaminées.
Les basaltes sont beaucoup plus développés que les laves acides et les recouvrent. presque toujours. Ils se
présentent, en bandes réguIi+res au milieu desquelles se t,rouvent de gros massifs acides : massifs d’Ant.sanavolo
au Sud-Ouest de Mananjary, du Sakaleona a l’Ouest de Nosy-Varika qui se marquent par une anomalie Iégére-
ment négative, relative, de quelques milligals se superposant A la forte anomalie positive de cette région. Entre
hlananjary et Farafangana s’etend un grand croissant, rhyolitique où les basalt.es supérieurs se localisent, dans
sa concawt6 tournée vers l’oçtan et dont les affleurements suggérent. une disposition concentrique autour d’un
centre volcanique situé au large de Vohipena (22W) S, 47050 Ej. Cette disposition, frappante sur les photos
a.&iennes de la rkgion, est d’ailleurs visible sur la carte des anomalies de Rouguer OU les isanomales mont.rent
autour de Vohipena une courbure in1portant.e dont la dimension fait penser à un phénoméne irnportant et
profond.
I.‘c;l~“ltclielnent. et l’accumulation sur de vastes t;tendues de laves acides H grande yisc.osité posent. un
probltime. En particulier le grand massif du bas Sakaleona, à l’Ouest de Nosy-Varika (20% S, -BO30 E) s’éltve
h près de 500 m ; il est profondément entaillé par I’érwion sans que, même au voisinage de la mer, y apparaisse
LIII substratum. La puissance minimale des coultes est. au moins de 500 m. Il est indubit-able que t,outes les coulées
proviennent d’émissions fissurales longitudinales. Cependant leur grande extension latérale, qui paraît peu
probable en raison de la viscosit6 dans le cas d’une frachre unique, s’explique mieux si l’on admet un rhseau
de frar.tures paraIMes plus ou moins rapprochées.
II faut noter que la cOte orientale, depuis la baie d’htongil jusqu’a la hauteur de Vatoniandry (sur le
parallèle 19020 S), ne présente pas de c.oulhes volcaniques connues e.t que les manifeslations volcaniques n’y sont
gu&re représent.ées que par d’innombrables filons A faciès diabasiques, parfois t-A denses dam certaines régions.
Plus au Sud les filons doléritiques se poursuivent A l’Ouest des grandes c.oulées basaltiques. Ces filons s’ordo&ent
suivant des zones de frac.tures paralléles B la c6t.e et de direction commandée par une tect,onique cassante pro-
hahlement cr&tacée. Toute c.ette zone c.ôtiére a été, semble-t-il, soumise à des tensions depuis les temps les plus
anciens et la résolut,ion mécanique de c.elles-ci s’est eflectuée d’une façon assez analogue au cours des f emps.
Dans le sec.teur de l’ile Sainte-Marie les filons ont une direction subméridienne paralltle à la ccite, direct.ion
totalement différente de celle des schist,es cristallins recoupés.
Les formations géologiques de l’île Sainte-Marie montrent une tectonique récente. J. AUROUZE (1952) décrit
des déphts marins d’8ge quat.ernaire dans le Sud de l’île ; il s’agit d’un poudingue à galets de quartz et, débris de
coraux entre 15 et 20 III. Cette formation prouve indubitablement un relévement. récent et. important, de l’ile,
du moins au Sud. Deux failles méridiennes sont mises en évidence : l’une par la rectitude de la portion de c0te
en arrière de l’ile et qui se précjente comme un échelon en retrait de la cSe princ.ipale (axe III, fig. 44), l’aut,re
en avant de l’ile (axe 1). L’ile Sainte-Marie représenterait donc un élément résiduel resté en saillie d’un comparti-
ment distinct du compartiment côtier et situé en avant de ce dernier. Il n’y a aucune dif1iculté à supposer que
ce compart.imeut a pu rejouer independarnrnent du compartiment cotier, et entrainer un relèvement local limité
â l’île Sainte-Marie.

1.3. Dnnrzées séismologiques


La zone du littoral est une zone st,able du point de vue séismique. RAKOTON»RAINIBE (1977) n’y reli+ve
que des séismes locaux de faible magnitude dont les foyers s’échelonnent le long de la cote avec une densité
plus importante entre Fénérive et Vntomandry. Il indique, pour cette région, un séisme important., magnitude
5,5 qui a eu lieu le 18 mai 1965 a une profondeur normale et, aux environs de Vatomandry, une zone séismique
dont, les foyers sont superficiels, 2 Q 7 km, et de magnitude ne depassant pas 3. Dans la partie Nord, ent,re Féné-
rive et Vatomandry, les foyers se situent en mer, alors qu’au Sud de Vatomantlry, les foyers sont le long de la
c6te.

1A. Gruoimétrie
La c0te Est, est. marquée par un méme style gravimétrique qui se caractérise, si ce n’est dans la région de
1% Sainte-Marie, par uue bande d’anomalies fortement, positives, de 60 a 80 milligals, avec un gradient relat,ive-
ment constant. t.out le long de la c0te de l’ordre de 2,F mgal/km.
On rappellera. ici que nous ne disposons d’aucune mesure en mer qui aurait permis de développer l’etude
de cette anomalie.
D’importantes anomalies posit,ives jalonnent la moitié Sud de la c6t.e : 90 à 100 milligals vers Nosy-Varika
et Xanakara où le gradient atheint. 5 mgal/km. Ces maxima sont a mettre en relation avec des rentres volcaniques
dont il a été question plus haut.
Un certain nombre de profils de mesures effec.tués perpendiculairement & la c6te nous a permis de tracer
les coupes gravimétriques correspondantes représentées sur la figure 41. Ces profils hhelonnés du Sud au Nord
montrent en premier lieu une différence essentielle entre les profils de la rugion de l’ile Saint.e-Marie et ceux au
Sud de cette région. Ces derniers, par contre, présentent une très grande parenté qui se caractérise par une
croissance très rapide de l’anomalie de Bouguer dans la zone littorale qui peut att,eindre 90 mgal A la cote.
On notera que l’anomalie & l’air libre, par exemple le long du profil Tananarive-c.6t.e Est, figure 37, marque
également une forte remont.ée en bordure de la c0te alors que l’altitude t.end vers zéro. Cette augmentation
rapide de la pesanteur révéle UII contraste brulal dans la géologie profonde.
Nous avons vu que la région de la c,Gt.eEst était le point le plus remarquable de la car& isostat.ique. Pour
cette rkgion elle présente deux bandes ét.roites d’anomalies, l’une positive en bordure de cote, int.errompue St
hauteur de l’ile Sainte-Marie, l’autre, ntgative, à une quarnnt.aine de kilomètres en reirait qu’aucun trait géo-
logique particulier ne permet d’espliquer.
Cela voudrait, dire que le schéma d’Airy, profondeur de compensation 30 km, qui suppose un passage normal
de la crofite continentale B la crodte océanique, & part,ir duquel ont 6té calculées les correct,ions isostatiques, ne
x 16'455
0
,h
- 20. \r‘-~llrrr,‘

-40,

MORAMANGA izo
SS 14'305 SAMBAVA
0 , / 0

t mgal

FIG. 41. - Sérir. do profils gravimét.riques perpendiculaires à la c0te Est.

convient pas pour cet.te région de Madagascar. La variation latérale de la compensat.ion est plus rapide que la
variation de la t.opographie, et à la profondeur où cela se plac.e, cela veut dire que le passage de la compensation
continentale à la compensation marine est quasi instantané, comme cela pourrait l’&tre par une faille de coulisse-
ment. amenant la crotite marine au conta& de la c.ro3.e continentale.

1.5. Ihde d’un profïl moyen de la cdte Est

Les considérations précédentes nous amknent. à envisager que, pour l’interprétation gravimét.rique, le passage
de la croûte continentale à la cr0Qt.e oc.éanique se fait brutalement, par une faille verticale.
Les traits généraux de la gravimétrie et. de la tectonique qui caract$risent cette région, ainsi que la parent6
que présentent les différents profils gravimétriques, autorisent à c.onsidérer comme représentatif un profil moyen
(fig. 42) obtenu en calant les différents profils par rapport, à la c0te.

O.R.S.T.O.M., Géophgs., no 18, 1.982: S-128. 94


La figure 42 montre bien la grande parenté qui existe entre les différenis profils. Si, comme nous le verrons
plus loin, la remontée du manteau c.ontribue pour l’essentiel A l’allure de ces profils, le décalage que l’on observe
entre eux peut être attribué à un décalage de la faille comme si on avait affaire à un systi?me en échelons. Certains
trait,s géologiques t,els que les filons diabasiques que l’on observe plus ou moins en ret.rait de la cote, ainsi que
la séismicité régionale ( KAI~oToNDRAINIBE, 1977), pourraient êlre rapprochés d’un t.el système. Quant. aux
lég&res différences de Fradient observées, on peut les imputer à des variations locales de la tec.tonique.

mgal

+ 100

+ 60

+ 20
0
10km 0

-20. EST

mgalv

FIG. 42. - ProfHs de la figure 41, groupés et calés par rapport a la ctrte Est, at courbe moyenne

1.6. Modéle proposé


Il est, évident qu’en se basant uniquement sur les données gravimétriques, qui sont, de plus, malheureuse-
ment limitées A la zone continentale, on peut déterminer un grand nombre de modèles, plus ou moins inutilement
compliqués, qui peuvent rendre compte de l’anomalie observée. Pour notre part nous construirons un modèle,
le plus simple possible, auquel toutefois, nous demanderons de satisfaire au mieux A la condition d’&quilibre
des masses, c.e qui implique, ent.re autres, la compensation du relief.
Ce modéle (fig. 43) est basé essentiellement sur le passage brutal par faille verticale de la croûte cont,inentale
& la woùte océanique. 11est c.on.struit a partir d’une croîrte supposée en équilibre, d’épaisseur uniforme 50 km,
de densité 2,s avec les éléments suivant,s :
Remontée oerticczle du nzanteazz, zfemitt: 3,3, de 30 B 14 km à une distance de 8 km B l’Est de la c6t.e. Au-del&,
le t.oit. du mant.eau remonte réguli&rement jusqu’à atteindre la profondeur de 12,5 km à 70 km de la cote, pour
rester ensuite ti cette 1-aleur.
Compematio~z du relief szzperficiel, de densité 2,67, de la croùt.e cont,inentale en fonction de l’altit,ude moyenne
de c.e relief.
Croûte océcmiqzze, cle demifi 2,8, d’épaisseur constante 6 km surmontant le manteau. ~SOUSavons choisi
la m&ne densit,é que celle de la croûte continenlale pour ne pas c.ompliquer le mod&le, d’autant plus que nous
ne savons guère comment. varie la densit.é en passant d’une croûte B l’autre.
Sédimeh mmhs, de densité 2,P, épais de 8 km en bordure de la crodte continent,ale, le bord du talus conti-
nental @tant. à 20 km de la cote. L’épaisseur des sédiments diminue régulièrement et. n’est plus que de 2 km
à 70 km de la c0te. Notons que plus à l’Est et dans le bassin des Mascareignes l’épaisseur des sédiments devient
tr+s faible. Le forage 239 (21017,7 S et 51%0,7 E) à 330 km à l’Est de Madagascar, effectué au cours de la 25e

O.R.S.T.O.M., Gdophys.. na 18, lBS2: 3-19s. 95


.I--- mgal
.
remontée ,’ .x0
du manteau
Anomalies de Bouguer // ,A
200
/ /
/ -150
/
‘/‘SLlalie cùlculée -100
(1+2+3)

40

_LLL-
0

s-T-------- _---
*--- 5”
/qo-r&70 ‘:,@
-- - - - compe”5a c - &’
‘, c - -&j,* -100
x-__--*

_I!i0

relief moyen (1000 ml côte

6 km
12,8)
1
d =2.8

d = 3,3
0

30. -- ~~ ----~_
’ 131.2)
compensation du relief 0
i-------- (34)
135.3)

40.

km. ghn~
c
pression à 30 km de profondeur
/--‘ 8.8 x 10”
--.
-.
(8.4~ 10”) I --._
----_ - 8.4

8.0
t
FIG. 43. - Modhle proposé pour rrprksenter le passage brutal par faille vcrticalc de la crofite continentale à la croûte oceanique.
Anomalie de Bouguw cnlcul~e à partir de ce modt\le et anomalies partielles dues à la remonUe du manteau (l), à la compensation
du relief (2) et aux sédiments (3). Courbe de l’équilibre des masses A’ 30 km de profondeur

campagne du GGlomar Challenger D dans le c,adre du (CDeep Sea Drilling Project », donne une couche de 320 m
de sédiments sous une épaisseur de 4 971 m d’eau. Les s5diment.s en contac.t direct. avec le basalte de la crocte
océanique ont ét.é datés du Campanien Supérieur (73 5 71 n1.a.).
Océnn de demifi 1,03. Peu profond jusqu’a 20 km de la c6te (200 I~I), il atteint 4 500 m A 70 km de celle-ci.
Rappelons que le profil moyen représentatif des différents profils observés sur la c0te Est est donné en
anomalie de Bouguer. Précisons tout.efois que cette anomalie de Bouguer est inctompli~te, son calcul rigoureux
faisant int.ervenir des corrections topographiques que nous avons négligées : nous avons vu que pour des stations
en bordure de crjte, la c.orrection topographique est de l’ordre de 3,s milligals.
Le calcul de l’anomalie de Bouguer due au modéle proposé comporte l’influence de la remontée du manteau,
celles des sédiments c6tiers et, de la compensation du relief. On Ut&ilisera tous les élr?ments de ce modéle pour
dét,erminer les anomalies de masse.
Nous avons représenté sur la figure 43 les anomalies dues aux divers éléments intervena& dans le modèle
ainsi que l’anomalie résultante. On constate que c’est. la compensation du relief, courbe 2, et surtout la remontée
du manteau, courbe 1, qui forment la quasi-t,otalité de la partk c.ontinentale de l’anomalie, les autres élements
n’agissant, de fa!;on notable q~l’:‘k partir de la c.irte.
La courbe den poids par unité de surfac.e a 30 km de profondeur le long du profil montre que les masses
en présence sont proches de l’equilihre : les éçarts par rapport a la valeur moyenne de 8,4 106 g/cm” - qui est
celle d’une crnlit.e de 30 km cl’épaisseur de densit,b 2,s - ne dépassent, pas Cl,5 I(l6 -/cm”.
Ainsi le modèle de la figure 43 déwit. c.i-dessus, créant une anomalie voisine de celle observée, la condition
d’6quilihre étant. pratiquement respectée, peut, convenir pour expliquer l’importante anomalie positive de la cAt,e
Est. ainsi que son for1 gradient. S’il ne prétend pas reproduire le schéma reel de la t,ectonique de cette région qui
est certainement. fort complese, il confirme I’hypothtse de l’existence d’une grande faille de decrochement le
long de la cOl.,eEst,.
L’élaborai,ion du modéle de la figure 43 et, l’anomalie calculee Q laquelle il aboutit conduisent a différentes
remarques.
L’allure au-dela de la cote de l’anomalie c.alculée rend absolument regret.table l’absence de toutes mesures
en mer.
Le décrochemenl de l’anomalie, just.e au-delà de la cote, résulte, dans notre modèle, de la forte épaisseur de
s6diment.s que nous avons été conduit a admettre en raison, d’une part., de la bat.hymétrie qui indique un t,alus
continent.a d’une vingtaine de kilomittres et au-del& une pente rapide de l’ordre de 10 jio sur une cinquantaine
de kilomètres, et d’autre part, de l’active érosion du massif de la Grande Ile. Nous avons admis un fléchissement
progressif de la croûte océanique sous le poids des sbdimenk On peut. valablement penser que cet affaissement
a pu se produire aisément, si l’on c.onsidere que toute solidarité mécanique entre les deux croùtes a disparu avec
la formation de la faille de déc.rochement. Toutefois il n’a pas été possible de considérer une compensation plus
proche de l’équilibre qui aurait conduit. Q une épaisseur de sédiments de 13,3 km en bordure de la cote avec une
remontée du manteau de 10,7 km seulement, en admettant une épaisseur de 6 km pour la croûte océanique. Cette
remontte du manteau serait t-rop faible et l’epnisseur des sédiments trop forte pour donner une anomalie voisine
de celle observf;e. Aussi n’avons-nous admis qu’une compensation parlielle avec une remontée de 16 km pour
8 km de sediments, l’ensemble donnant un exc.édent de masse de 0,5 10” g/cm”.
La condit,ion d’équilibre des masses implique la compensation du relief qui se traduit par un enfoncement
de la worîte continentale dans le manteau proportionnel nu relief. Ainsi 1 000 m de relief de densit,é %,G7sont.
compensés, théoriquement., par une épaisseur tle l’écorce de 5 340 m pour un contraste de densité écorce-manteau
de -r),5. RIais il faut remarquer que la carte isost,at.icIue (hypothese d’Airy, profondeur de compensat,ion 30 km)
mont-re dans les régions centrales de Madagascar, c~‘est-a-dire dans la zone correspondant à l’extrémité W du
profil, un déséquilibre moyen positif de prts de 20 milligals, ce qui correspondrait. à un enfoncement inférieur
d’environ 1 OOC)m, Q celui donné par une c,ompensat.ion exact.e, ce qui conduirait. k une profondeur du RIoho
de 34 km. Cette valeur est en acc.ord avec celle donnée par RAKOTONDRAINIRE dans son étude de la séismicité
de Madagascar pour les régions a l’Est. de Tananarive (RAKOTONDRAINIBE, 1977).
Not.ons encore que pour amener l’anomalie calculée a mieux c.oïncider avec l’anomalie observée, nous avons
suppose entre les ltilomètres -30 et, -60 une épaisseur supplCment.aire de près de 1 000 m par rapport, A la
valeur 2 MO m representant. la slricl e aompensat.ion d’un relief de 550 m. Cela rejoindrait. d’ailleurs ce que nous
avons dit. précedemment h propos du rebord orient.al du plat,eau malgache (fi g. 37 et. 38) et de l’anomalie que
l’on observe a l’aplomb de l’escarpement, Hetsimisaralia A une cinquantaine de kilomèires a l’@uest. de la cote.
On avait. admis un mouvement. d’un compartiment de soc.le vers le haut, mais ce pourrait, étre tout aussi bien
un mouvement relatif vers le bas, R l’Est de l’acklent, h partir d’un ensemble surélevé, mouvement ayant,
intéressé l’ensemble de l’epnisseur de l’ecorce.
Remarquons enfin que l’anomalie calculée suppose le contact vertical entre les deux croutes à 8 km à l’Est
de la c.6t.e.Or c3ett.eanomalie a été ralwlée pour s’ajuster au mieux avec l’anomalie moyenne représentée sur la
figure 42.. Il est donc normal de penser, eu @rd A ce qui préctde, que le contad; vertical sera plus ou moins
déca16 vers l’Est ou l’Ouest. selon le profil reel en\~isilg~~.

La cote Est représenterait. donc. le passage par faille quasi verticale d’une çroute continentale A une croùte
nc.éanique. Cet.te faille ou un syslème de faille ,s, carac.t.kisant la cote Est sur toute sa longueur pourrait bien être
une faille de coulissement amenant une cro6t.e marine plus méridionale au contact. de la croùte continentale,
tandis que le prolongernenl. de c,elle-ci se retrouverait. plus au Nord du cOt.6des iles Seyc.helles dont, la structure
cent-inentule aujourd’hui ne fait. plus aucun doute. L’adoucissement. du profil topographique par érosion du bloc
continent,al, et. la formation, par sédimentation et effusion de basaltes, d’un talus dans le compartiment marin
49” 51 E<t

1lY s
+ -t

18" S
t

0 10 50 km

Ligne tectonique «C6te Est»


N20 E
Ligne tectonique «Bongobas
N 15”W

Frc. 44. - SchPnin des directions teçtoniqnes de la rQion dr l’île Sainte-Marie

axe axe
mgal c6tier local c6te Est

+ 100 1

+ 50

- 50
(t,alus dont une Pa&ie peut constituer le sédimentaire affleurant sur la cote) c.ontribuent i constit,uer l’anomalie
gravimétrique que nous observons.
Nous aurions donc I?I un type de marge cont.inentale par faille de décrochement, donc sans aucune transition,
qui n’a gutke d’&luivalent.

2. RÉGION DE L'ÎLE SAINTE-MARIE

Nous avons déj& fait remarquer la présence dans la région de l’ile Sainte-Marie, à la hauteur du paralléle
16050, d’une not.able anomalie gravimétrique négative contrastant singulitkement avec l’ensemble positif carac-
térisant toute la bordure littorale orientale de Madagascar.
Notons que cette anomalie négative d’environ une quarantaine de milligals d’amplitude relative, n’est définie
que par les stations de l’itinéraire longeant la &e, celles de l’antenne vers la pointe a Lar&e et celles de l’ile
Sainte-Marie. Si les isanomales sont bien définies dans les zones avoisinant, ces stations, leur tracé, en dehors
de ces zones, en particulier au Nord et au Sud, reste quelque peu subjectif.
Rien dans la géologie superficielle ne permet d’expliquer cette anomalie ; si la pointe avancke que forme la
c.iXe (pointe ?I Lar&e) est. recouverte d’alluvions, l’île Sainte-Marie est de nat,ure cristalline : granites d’Antongi1
?t enclaves basiques au milieu de l’île , granites et migmatites granit.oïdes à ses extrémit.és. Or les affleurements
des granites d’Ant.ongil, qui bordent également toute la cote au Nord de la pointe à Larrée, ent.ourent la baie
d’ilntongil et recouvrent presque entièrement la presqu’île du cap Masoala, ne se marquent par aucune anomalie
part.iculière. Il n’y a donc aucune raison d’attribuer l’anomalie négative à la présence de ces granites d’Antongi1
en leur supposant une densité plus faible que celle des roches avoisinant,es. En dehors d’une importante
intrusion non affleurante de roches acides, certes tou,jours possible, mais que n’appuie aucun argument,, les
structures morphologiques suggèrent une origine tectonique. La figure 44 mont.re que la tectonique de cette
région est étroit.ement liée aux deux lignes tectoniques majeures, 0 Bongolava o et (( côte Est D, les cassures
suivant l’une ou l’aut,re de ces directions engendrant des blocs de formes géométriques régulières. Toute cette
région s’est donc comportée comme une zone de faiblesse tectonique soumise à de fortes tensions à la rencontre
de ces deux syst,èmes de fractures. Un compart,imentage possible est présenté sur la figure 44 qui peut être
interprété comme résultant du jeu relatif de compartiments affaissés ou soulevés guidé par les deux directions
tectoniques principales. On notera en particulier C[LIF:la cGte au Nord de Tamatave, le bord Ouest de l’île Sainte-
Marie et la cote le long du cap Masoala suivent la direction de la côte Est (axe 1) mais légiirement en retrait
(axe II). Quant à l’ile Sainte-Marie elle formerait un élément résiduel soulevé.

2.1. Grarrimèlrie
Nous avons tracé un profil de direction E 150 Y pratiquement perpendiculaire à la direction de la c&e Est.,
et passant par la pointe à Lar&e et le centre de l’île Sainte-Marie (fi g. 44 et 45, profil A). Ce profil est voisin
de stations de mesures effectives si ce n’est pour le bras de mer entre l’extrémité de la pointe i Larrée et l’île
Sainte-Marie. L’absence de mesures en mer n’a pas permis de tracer, ni méme d’esquisser, le profil au-del& de
la cBte orientale de cette île, pour lequel il est, toutefois raisonnable d’admettre un gradient gravimétrique très
prononcé à l’image de ce qui se passe au Sud.
A titre de comparaison, nous avons tracé deux profils parallkles au profil A et situés plus au Sud : l’un, le
profil B, passe au Sud de Fénérive, l’autre, le profil C, au Sud de Tamatave (fig. 44 et 45). Ces deux profils B et C
sont également voisins d’itinéraires de mesures. Calés en prenant comme base la côte orientale de l’île Sainte-
Marie dont le prolongement. correspond à l’axe 1, c’est-à-dire la cOt.e Est (fi g. 42), ces deux profils ont les c,arac-
tères de ceux de la c.rXe Est. On notera toutefois un décalage entre les deux profils B et C qui est. de l’ordre de
l’écart observé entre les axes 1 et II.
L’interprétation de l’anomalie négat,ive de la région de l’île Sainte-Marie pose évidemment le problème
habituel et délicat du choix de la ((régionale Q. Diverses possibilités peuvent &re envisagées :
- Régionale Q vue en raccordant entre elles les isanomales au Nord et au Sud de la région de l’île Sainte-
Marie qui sont, visiblement dans le prolongement, les unes des autres (fig. 46). La résiduelle déterminera une
anomalie négative localisée que l’on pourrait lier à l’existence d’une masse légère en profondeur.
- Interpréter Ia coupe A (fig. 45) de l’anomalie de la région de l’île Sainte-Marie en considérant la courbe E
(fig. 45) comme régionale. Cela reviendrait à admettre un décalage vers l’Est de la faille marquant le passage
entre les deux croiX.es, la courbe E se déduisant de la courbe C, représentative de l’anomalie de la cote Est, par

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 1982: S-126. 99


-40 -30 -.20- 10 n+10Jr20-!-40 +60

- 40

4Q’E 50”E

Chrle tirs anomalies de Boug~er de la région de I’ilc Sainte-Mark, isanomalos de 10 en 10 milligals,


ci anornalica rc;gionak (cn tirets)
une. translat.ion vers l’Est. d’une t,rent,aine de kilom&t.res. Le choix de la courbe E c.omme régionale dt%erminera,
contrairement k la premiére hypothése, Ilne anomalie positive A l’Ouest. de la (:Ote qui pourrait ét.re due li des
masses lourdes.
- Admet.t,re la rS-gionale definie dans le premier cas mais en consid8rant un nouveau tracé, plus allongé,
pour le- courbes de l’anomalie de Bouguer clans la région de l’ile Sainte-Marie. Une anomalie négative étroite
et allongée pourra être attribuée a un graben rempli de sé.dinwnt.s légers. L’hypoth&x d’un grnbrn entre hIada-
gascar et. l’ile Sainte-Marie est, conforGe d’ailleurs par la présence voisine des fossés d’effondrement de la baie
d’hnt.ongil, du lac Alaol~ra et de 1’Iazafo (fig. 44).

L’esamen de la carte gravimt!t.rique, anomalies de Boug~er, feuille Centre, rnonlre que les isanomales au
Nord et. au Sud de la région de l’ile Sainte-Marie sont. pratiquement dans le prolongement les unes des autres.
En raccordant les isanomales (fig. 4G), on définit, une anomalie c régionale 1)qui n’est. autre que l’anomalie observée
le long de la cote Est.. La courbe C de la figure 45 donne l’allure de la section principale le long du prolil A. L’ano-
malie résiduelle est négat.ive, ;ipproxiruat.ivement. circulaire au centxe, et atteint, un minimum voisin de
-85 milligals (fig. 47).
Le t.rac.é des isanomales dans la part,ie connue suggère leur ferrneixre de fason grossièrement. symétrique,
ce qui conduira à interprét.er cett.e forte anomalie négatise par une impor1.ant.e masse légère en profondeur.
A part.ir tle l’anomalie résiduelle de la figure 47, nous avons élabli un réseau régulier de valeurs par inter-
polation entre les isanoinales. Le ralc.ul a &t.C?effectué II l’ordinat.eur en appliquant la méthode déjA exposée
jn+thode LA PORTE) et, en adopt.ant une différence de densit,é de -O,%. Les résult.ats du cahxl donnent. pour
l’intrusion lrig+re un sommet, culminant A 1 200 m de profondeur si on c.hoisit la base de l’int.rusion Q une G@aine
de kilomèt.res. Il ne serait, plus cp’k 200 m de la surface pour une base ?I 15 km.
Si cette int~erp&ation rend compt.e de l’anomalie observée, on notera cependant cp’une telle masse intrusive
dans le socle n’aurait. pas ét.4 sans répercussion en surface, or, rien de risible n’apparait. dans la géologie super-
ficielle et, nous ne retiendrons pas cet.te interprél.at.ion.

La rec.titude de la cote Est., la mGme allure gravimét.riyue nous ont. conduit, 0. conclure A une tect,onicIue
régulière t,out, au long de cette cote si c.en’est dans la région de l’île Sainte-Marie qui se caraatnrise par des mou-
vements tec’wniques importants. On peut, donc t.rès b:en admett.re pour cette @ion un passage brutal de la
crofite cont.inent.ale à la cro<&.e océanique qui serait reporté plus A l’Est,, comme cela pourrait, se faire dans un
compart.irnent de soc.le continent.aI laissé en place ti la hauteur de l’ile Sainte-Marie lors du d&crochement~,
formant. ainsi une avancée du soc.le vers l’Est..
En supposant. un décalage vers l’Est. d’une t.rentaine de kilom+t.res, la c.ourbe C (fig. 45), qui dépend de la
position de la faille verticale marquant, le passage entre les deus wofites, serait également, decalée vers l’Est,
d’une nAne yuant.ité, d'ail la courbe E (fig. 45). L’anomalie résiduelle, de négative dans la partie orientale du
profil (premier cas), devient. une anomalie positi\-e dans la partie oc.c.it:lent.ale.
C&e anomalie positive de 50 Q 60 milligals pourrait. 6tre att-ribube à la prCsence d’importantes masses
int.rusires basiques (OLI h une remont.&e du RIoho, c’est-A-dire un amincissementS de la croiite). Mais comme dans
le premier cas, rien dans la géologie ne vient appuyer c.elt)e hypot.hPse. Aussi, en 1’abse.wz.ed’autres données,
110~1sne retiendrons pas non plus cette int2erprétation.

I,a troisibme hgpot.h+se est d’envisager un foss8 sédimentaire enixe la ciJLe principale et l’ile Sainte-Marie.
On n»t.era que des sédiments aflleurants forment la Point.e à Lar&e, que les profondeurs du bras de mer entre
la c0t.e et, l’île sont faibles, de l’orclre de quelques dizaines de mètres, mais que la c.omposition et l’bpaisseur des
sédiments nous sont inconnues.
Le t.racé des isanomales de la cart.e des anomalies de Bouguer ne suggère guére l’image d’un fosse. Rappelons
que ce trac6 a été effwtut< A la main, or il est t.oujours possible de le reprendre d’une façon ltg&rement, ditfkrente,
du moins dans les regions ditpourvues de mesures, en allorqeant quelcIue peu les ext.rémit&s de l’anomalie néga-
tive sans en modifier la largeur et. en lui conservant. son allure d’ensemble.
16+----

FIG. 47. - Anomalie de Bouguer résiduelle dkfinie à partir de la figure 46

L’anomalie ainsi obtenue est présentée sur la figure 48. Étroite et allongée, elle semble mieux correspondre
a l’anomalie due A un fossé d’effondrement qu’on pourra traiter comme une structure cylindrique dont il suffira
d’éhdier le profil transversal A (fi 8. 49 et 50). On prendra la meme régionale que dans le cas 1 qui a été inter-
prétée comme provenant du passage brutal par faille verticale de la crohte continentale A la croûte océanique
et nous admettrons donc que la région de l’île Sainte-Marie présente le même type de marge.

O.R.S.T.O.M.? Géophys., n” 18, 1982: 3-128. 102


. -20 0 '
+20 +40 +60

l
. . . . . . stations gravimétriques
. . ..-
30 isanomale (milligals)
r-

FIG. 38. - TlYlCP modifit; de l’anomalie de hup~rr de la région de l’Île Sainte-Marir (tracé plus allongé cp? i racé prinlit.if);
en pointillés, les stations de mesure

Pour expliquer l’anomalie observée on supposera donc., outre une structure principale formle par le passage
brutal d’une croùte à l’autre et A l’origine de l’anomalie régionale, des structures sec.ondaires composées d’un
ou deux fossés sédimentaires, étroits et, profonds, créant la forte anomalie négative.
Not.ons que nous supposerons ces fossés non compensés. Une compensation entrainerait une remontée du
Modo qui se haduisant par une anomalie positive augmenterait relativement d’autant l’amplitude de l’anomalie
négative liée aux fossés dont l’interprétation ferait alors intervenir des profondeurs plus importantes OLI des
contrastes de densit,é plus Elevés.
Nous nous proposerons deux modeles qui comportent la même structure principale, t,r+s voisine de celle
admise pour l’int,erprétation de la cUte Est., composés de la manikre suivante :
- Remontée verticale du manteau, densité 3,3, de 16 km h partir de la profondeur de 30 km, à 15 km
à l’Est. de la cGte, soit 7 km de plus que dans l’interprétation de la cGt,e Est.. Cette remontée augmente ensuite
réguliérement, vers l’Est. pour atteindre 17,5 km à 70 km de la c.bte. Elle donne lieu à l’anomalie 1 (fig. 49).

O.R.S.T.O.II~., Giophys., no 18, 1.9X2: 3-128. 103


mgal Anomalies de Bouguer

C8 : groupe d’Antongil
-k 80
T (Migmatite à épidote)
73 : granite d’Antongil
annmalie due à la
à enclaves basiques
anomalie totale
a : alluvions
calculée

,.
I axe chier
bal
1
GB 1a Y3
mgal

+ 200’
r
+150-

+ 100 -

0 A Côte
+ 50 - /’
-- --
_---- + 20 Km
-%ï-- , 1
0 “.-y-.& ,.<...
“..‘.... ‘-- -CT*--. --r--
_- - -.... .: ... \\...”
-5o- /A-- . ... a .: “.., b ...‘\\
--- 0 ‘. : ‘.....’
‘......’ y@ ,
-lOO- .---

Relief moyen UC Sic-,llnric*

MANTEAU

A 106 g/cm2
8.8- Pression à 30 km profondeur

8.4 - - /
t
WJ-
I
FIG. 49. - Anomalie de Bouguer selon le profil A de la figure 1X. Modélr proposci pour I’inlerprttalion. Anomalie calculf!r à p:hir
des anomalies dues aus diffhw~ts Ikrwnts enlrant dans la constituiion du mod&le. Profil dr 1’Pquilibrr des masses
-- Compensation des reliefs dans la part.ie occidentale du modéle. Kespect.ivement. d’altitude moyenne
de 260 et; 650 ~II, ces reliefs (densité 2$7) seraient. compensés par des enfoncement.s de l’écorce dans le manteau
de 1 350 et 4 000 m (korce, densit.6 2.8). Mais pour mieux ajuster l’anomalie cahlée avec l’anomalie observke,
nous avons supposé des surépaisseurs’ de croùte de 2 000 et 1 000 m comme il est indiqué sur JR figure 49. La
c.ompensat.ion des reliefs et. les surPpaisseur s supposkes créent l’anomalie 2.
- S6diment.s marins, densité 2,4, d’épaisseur maximum 8 km A l’aplomb de In faille, diminuant. ensuite
réguliérement (l’anomalie c,orreapondante est représentée par la courbe 3).
- CroUle o&aniyue de densité 2,8, d’kpaisseur 6 km surmontant le manteau.
L’ensemble des anomalies 1, 2 et 3 donne l’anomalie liée a la st.ruc.ture <(Côte Est. )).
Quant aux slructures secondaires elles consistent. dans un premier rrwdéle en deux fossés d’effontlrernent~
(fig. 49) et en out.re, dans un deuxihe modèle (fig. 50) en une surépaisseur de l’korce B sa hase et, A l’aplomb des
fossés.

Les shictwes secondaires se composent :


-- d’un ~OS&6troit et. profond ent.re la Grande Ile el. l’ile Saint.e-Marie. Rempli de skdiment-s à densitk 2,A, sa
profondeur atteint. deux paliers à 2 500 et. 6 500 m comme le montre la figure 49. Ce fossé wée l’anomalie a.
Le bord oriental de ce fosst kt..anL 1imit.é par la bordure Ouest. de Sainte-Marie, l’effet. gravimét.rique de
ce fossé est insuffisant pour expliquer la tntalité de l’anomalie negative. Cela nous conduit Q envisager un
deuxième effondrement, A l’Ouest de la petile ile ;
- c.e deuxième fossé est silué en bordure Ouest de Sainte-Marie avec un remplissage sklimerkaire de mème
densit6 3,~$.Ce fossk conduit à l’anomalie b.
II faut. remarquer que l’absence de donnees en mer, A l’Est. de l’ile, ne permet guére de faire d’hypothtses
sur l’extension de ce fossé vers l’Est. Nous avons admis qu’il s’étendait depuis la cote orientale de la petite, ile
jusqu’h l’aplomb de la faille verticale.
L’ensemble de ces diverses anomalies 1, 2, 3, a et b donnant une anomalie c.alculée voisine de celle observee,
le mod6le proposé (fi g. 49) peut rendre compt.e des anomalies de gravité observées.
La c,onrhe des pressions b 30 km de profondeur montre des écarts A l’équilibre de (,,5 106 g/cm’ qui sont
fnihles par rapport, A la valeur moyenne 8,4 1O6 g/cm2 d’une croUt.e en équilibre de 30 km d’épaisseur avec une
densité de ?,,Y.
Des s6dirnents plus légers, par exemple présenkant un contraste de densité plus élevé, soit. 0,6, rkduisent les
profondeurs aux valeurs suivantes :
- fossé entre Mad:rgasc.ar et, l’île Sainte-Marie : paliers respectivement & 1 300 et. 3 500 III ;
- fossé à l’Est de Sainte-Marie, 3 500 rn.
Ces profondeurs, obt.enues avec une densité 2,4 ou 2,2 semblent toutefois importantes eu égard aux dimen-
sions des fossés. Or il est, toujours possible de les réduire en faisant int.ervenir des r1éfic.it.s de masse A la base
de la croûte c.omme cela pourrait. se produire à la suite de mouvements vertkwx vers le bas de comparthents
de socle : les affaissements, qui pourraient d’ailleurs &tre k l’origine de la formation des fossés, entknant des
surkpaisseurs de croùte dans le manteau.

Deuriéme modèlr

L’anomalie [email protected] produite par les défkik de masse contribue alors & l’anomalie nQat.ive observée, çe
qui diminue d’aui,ant. la part, due aux fossés, et, donc l’imporl-ance de ceux-ci.
CeUe hypothése de blocs descendus dans le manteau est d’ailleurs en ac.cord avec ce que nous savons de la
tectonique 1~RIaclagasc.ar carackérisée principalement par des mouvements verticaux de l’écorce, qui ont Lt.6
observés dans 1out.e cet.te région de l’ock~n Indien et du canal de Nozambique grâce aux forages efi’ectués sur
le plateau malgache et sur la ride de Mozambique (c.ampagne du (( Glornar Chllenger )), LEG 25. l9ï2, du
(( Galliéni )), dl1 (( Rfarion Dufresne j)...).
mgal

+ 60

-t 40

+ 20

- 20

- 40

côte Est
.- 60

d = 2.8

km

FIG. XI. -- Mênw modèle que celui dr la figure 49 mais comportant en plus des blocs de soclt~ enfoncc;s dans le manteau, d’oh
des fossCs a et 11 moins profomls

Le modele proposé selon cet.t.e hgpothise (fi Q. 50) comport.era donc des irrégularités géologiques à la base
de l’écorce qui S’ajout<ent aux irrégularités superficielles (fossés), l’ensemble se superposant .g la structure princi-
pale (t Cote Est 9.
Dans ce modPle on a été amené en outre, en raison de l’influence négative étalée des irrégularités géologiques
introduit,es à la base de l’écorce, à port,er à 10 km l’épaisseur des sédiments marins le long de la faille marquant
le contact entre la croûte continent.ale et la remontée du manteau, et à 14 km c.ett,e remontée, l’bpaisseur de la
croUt.e oc.éanique @tant t:oujours de G km. De meme la surépaisseur de c.roùt.e relative A la compensation du
relief dans la part.ie Ouest du profil n’est plus que de 1 500 m A l’aplomb du relief de 260 m.
Les d&ficits de masse introduits par des affaissements de compartiments respectivement de 1 000 m et
3 0110m & l’Ouest de Sainte-Marie et, de 2 000 m à l’Est- Permett>ent de réduire les profondeurs des fossés aux
valeurs suivant.es avec, un contrast,e de densité écorce-manteau de -0,G :
- pour une densité sédimentaire de 2,4 : 2 000 et 4 500 m pour le fossé Ouest, 3 500 m pour le fossé Est ;
- pour une densité des sédiments de 2,2 : 800 et 2 500 m pour le fossé Ouest, 3 000 m pour le fossé Est.
Les épaisseurs de sédiments ainsi obt,enues paraissent plus vraisemblables et il est. inutile de chercher b les
réduire encore en supposant, une certaine différence de densité à profondeur égale entre les blocs effondrés et les
compartiments voisins restés en place. Par exemple un bloc de largeur 15 km, de haut,eur 27 km (de 3 à 30 km),
présentant un contraste de densit.é de 0,05, c,e qui peut étre c.onsidéré comme faible, cree une anomalie négative
qui atteint un maximum de 1s mgal.

2.3. Carte i,wstatique


Dans la description des cnrac.téres généraux de la carte isostatique, nous avons dit que la bande d’anomalies
négat,ives longeant en retrait la cote Est., marquait un net, décalage vers l’Est à la hauteur de l’île Sainte-RIarie
et. que c.ette bande d’anomalies se retrouvait, de la même façon, en retrait de la cote Nord-Est. Cela revenait
à assimiler l’anomalie de la région de l’île Sainte-Marie a la bande d’anomalies négatives en retrait de la cote.
Or il faut bien constater que si t‘outes ces anomalies apparaissent bien sur la carte isostatique, seule celle de la
région de I’île Saint.e-Marie se marque très nett,ement sur la carte de Bouguer, ainsi que, de faSon toutefois
moins nette, la région de la baie d’ilntongil. Il semble donc qu’il y ait une différence essentielle ent,re ces ano-
malies : nous avons vu que la bande d’anomalies négatives en retrait de la cote ne provient que du calcul des
correct,ions isostatiques à partir du schéma d’Airy qui ne convient pas pour cette cote, tandis que l’anomalie
négative de la région de l’île Sainte-Marie - et de la baie d’Antongi1 - serait liée à des irrégularités géologiques.
On peut. donc admettre que la grande fracture - ou systitme de fractures - de la côte Est se poursuit
sans interruption tout le long de celle-ci et que ce phénomène se retrouve de la même façon le long de la cote
Nord-Est comme le suggére la grande parenté existant entre le profil 14030 (Sambava) et les autres profils de
la figure 41. Ces deux directions de fractures correspondent, aux lignes tectoniques majeures c.aracterisant
Madagascar. Quant aux anomalies de la région de l’île Sainte-hlarie et de la baie d’Antongi1, elles seraient liées
à une tect,onique locale elle-même en relat,ion avec ces directions privilégiées.

VII. Marge continentale de la côte Ouest


A la suit.e des résultats précédents relatifs à la marge continentale de la cote Est de RIadagascar, il semble
intéressant de voir comment s’effectue le passage de la croûte continentale a la cr0ùt.e océanique a l’Ouest de
RIadagascar, au large du bassin de hlorondava, où nous disposons de quelques profils gravimétriques dans le
canal de Mozambique. Ces profils ont été exécutés au cours de campagnes océanographiques du Lamont, dans
l’océan Indien (Lamont Doherty Geological Observatory of Columbia University, croisiére Vema 19, TALWANI,
1963) et deux d’entre eux aboutissent, en particulier, non loin de la cote malgac.he a la hauteur de Morombe
sur le parallèle 21045 S (fig. 51).
Nous prolongerons le profil en mer AA’ par le profil BB’ à terre déduit. de la carte des anomalies de Bouguer.
Il n’y a pas de mesures en mer sur une vingtaine de kilomètres au voisinage immédiat de la c.ote.
Nous avons calcul6 l’anomalie de Bouguer en mer, en réalit,é une Bouguer incomplèt,e, puisque nous avons
negligé les corrections de relief, à partir des valeurs de l’anomalie 9 l’air libre et de la bathymétrie fournies par
le Lamont, et dont les profils sont reportés sur la figure 52.
L’anomalie a l’air libre en mer reste voisine de zero tout en présentant des valeurs de -20 a -40 milligals
sur la plus grande partie du profil AA’, ce qui permet. de dire que l’équilibre est réalisé. Quant à l’anomalie de
Bouguer (fig. 53) elle présente une allure régulière tout le lon g du profil avec un faible gradient et atteint des
valeurs de 1-225 milligals à son extrémit.6 Ouest.

1. MODELE mo~osÉ
Nous établirons un modèle qui comporte pour l’essentiel une remontée régulière du manteau et d’impor-
tantes couches sédimentaires. A partir d’une c,roùte en équilibre, d’épaisseur uniforme 30 km, densité 28, nous
introduirons les cléments suivants (fig. 53) :
Remontée réplière du manieau, derzsitd 3,3, du kilomètre 0 (à l’aplomb de la cote) jusqu’a une centaine
de kilomètres à l’Ouest oil il atteint la profondeur de 185 km. Apres avoir marqué un palier sur une cinquantaine
de kilomètres, le hloho continue à remonter jusqu’à la profondeur de 16,5 km.
\ Ride de Davie?

22‘
t \ Il \ I /
\
\ A
/i”

50 100km I
mgal
.t 250 t
. . . . . . . . . . . . &+J,&
- observée

-100 - 50 -.. . . . . . . . . . . . .
0 50 100 hm
0 t-- -m--m___ ---
-- -_____
- 150 kri -- ._-----_
------- _---- --__- -----
-.““‘......................-‘I)....~ O
(air libre) côte
150
21’40s
( prolongement 44‘22 E - ‘00

101 I I I I I-10

Poids par unité de surface à 30 km de profondeur

Corzoerfuw stitfirnerhGre clu ba.ssirl CEP


Mornndaua, demift 2,6. Son épaisseur doit. ét.re relativement. uniforme
ékrnt donné l’aspect régulier des profils gravimétriques de c.et.te région (fig. 31, profils 21030 S et 22QO S). Elle
passe de ü,5 km dans les ri-gions Est. A 4,s km vers la cote. Des observations géophysiques (sismiques, magné-
Gques, dragages et. forages), que nous verrons plus loin, nous ont incité Q prolonger en mer, dans la zone du
canal de RIozambique, cette couverture sédimentaire A faciks continentaux qui constituerait. donc le soubasse-
ment du ~JlaiX%U marginal malgache. Toutefois sur notre modèle nous avons limité l’extension vers l’Ouest
de cette couverture, oil, & une centaine de ltilomttres de la c0te, elle formerait un esc.arpement. ?I face Ouest
bordant. un import,ant bassin s&diment.aire marin. Nous avons également, admis sur cette marge cont.inentale
des mouvements verticaux de compartiments de l’écorce dont nous n’avons pas tenu con1pf.e B la base mais
qui intéressent l’ensemble des couches sédimentaires.
Stkfinwnfs marins, drmifé 2,s. Des obserrat-ions géophysiques ont, montré sur le flanc du talus continental
une couche de sédiments marins en géntral d’épaisseur faible, mais qui peuvent être imporkants, et que nous
prendrons de 600 A 800 m dans les parties affaissées du socle.
A 100 km a l’Ouest de la c0te ces sédiments forment. un bassin important. (2 000 ni) qui pourrait marquer
le début, du bassin océanique de Alozambique yui s’ouvre vers le Sud et. qui constitue une unité structurale
diffkrenk. Il n’est, d’ailleurs pas impossible qu’il y ait. encore, dans celt.e zone de transition, une petite épaisseur
de kdiments Iiarroo sous les sér1inient.s marins.
Océa~l, dtwsif~ .2,0X D’aprks le profil bat~hym&rique (fig. 52) la profondeur de 3 000 m est at.t.eint.e A une
centaine de 1GlomCtres de la cOte, soit. avec une pent,e moyenne de 3 %. Rappelons ici que les anomalies de
-__- ----- ___---___- ------- -----------

40” E 5O’E

FI~;. 54. - Cart.e bat.hymétrique de la r&ion de Madagascar d’aprés le D Geological Geophysical Atlas of the Indian Ocean 1~1975
Boug~er ont 6té calculées en subst.it.uant ti l’eau de mer une couche de terrains a densité égale $ celle
du socle.
Compensufions du bassin sédimerztaire de ~lioron&cuu et du relief: elles se t.raduisent par une remontbe du
i\Ioho de 1 600 m sur la plus grande partie et de 1 000 m B l’extrémité Est du profil.
Croûte sous le canul de Mozambique: son épaisseur est trouvée de 13 km (densité 2,8), épaisseur double de
celle d’une croûte de type océanique, ce qui lui confére un carac.tére semi-cont.inent.al ou m6me continental
comme l’admettent, certains auteurs (DARRACOTT, 1974 ; LORT et al., 1979...).
La courbe des poids par unité de surface à 30 km de profondeur le long du profil reste très voisine de la
valeur 8,4 10” g[cm2 qui est c.elle d’une croûte uniforme de densit4 24 et d’&paisseur 30 km.
L’équilibre isostatique est donc. régionalement bien réalisé tout le long du profil : l’anomalie A l’air libre
le montrait en mer, quant Q la partie continent,ale BB’ du profil, la carte isostatique donne pour cette région
des anomalies ne dépassant pas 15 milligals.
Dans ce qui suit nous allons voir plus en dét,ail les divers éléments qui nous ont en partie guidé pour
construire ce modéle.

2. CANAL DE MOZAMBIQUE ET RIDE DE DAVIE (données)

Rappelons ici quelques résult.ats de travaux géophysiques effectués dans la région du canal de 1\Iozambique,
en particulier par le Laboratoire de Géophysique Marine de l’Instit,ut de Physique du Globe de Paris (I.P.G.),
seul ou en c.ollaboration avec d’autres laboratoires comme le Comité d’Études Pétrolihres Marines (C.E.P.RI.)
ou les Terres Australes et Antarct.iques Francaises (T.A.A.F.), ou avec. la participation du laborat,oire de G&o-
logie du Muséum d’Histoire Naturelle. Les diverses campagnes ont eu lieu à bord des navires océanographiques
QGalliéni )), (cMarion-Dufresne )), B Suroit, ))auxquelles il faut ajout,er les campagnes des navires étrangers, (t Chainr
((Vema )), a Glomar Challenger 1)et (( T.B. Davie H (cf. bibliographie in SCHLICH, 1975).
Le canal de Mozambique est c.omposé de quatre unit.és struct.urales différentes : le pateau marginal malgache
à l’Est,, le bassin des Comores au Nord-Est et au Nord la ride de Davie qui sépare les deux domaines préc.édents
du bassin profond du canal de Mozambique situé a l’Ouest. Mentionnons également, au Sud du canal, le bassin
océanique de Mozambique qui s’ouvre vers le Sud a partir du 22030 S et qui est bordé a l’Est et B l’Ouest. res-
pectivement par les plateaux de Madagascar et de Mozambique (c.arte bathymbtrique, fig. 54).
Notons en faveur de la définition du bassin océanique de Mozambique comme unité structurale que la
crite Sud-Ouest de Madagascar présente un fort gradient gravim&rique, B l’image, toutefois atténuée, de celui
qui caract.érise tout,e la c6te Est et. interprétt comme la manifestation d’un changement. brutal dans le sub-
strat.um de la c.roûte. Cet,te c0te Sud-Ouest pourrait. donc être marquée également par un passage relativement
brusque à une cr0ùt.e de type océanique.
Si l’on examine la carte bat,hymétrique (Geological Geophysical Atlas of the Indian Ocean, MOXOU 1975)
donnée par ailleurs dans différents ouvrages (SCHLICH et al., 1974, SCHLICH, 1975, J. M. LORT et al., 1979,
SEGOUFIN ef al., 1977...) on remarque une série d’accidents orientés sensiblernent N 150 W depuis la c0te Sud-Ouest
de Madagascar jusqu’a la cbt,e Nord-Est du Mozambique, struc.ture appelée (cRide de Davie )). Sa t.opographie
est extrêmement. variée mais se traduit* la plupart du temps par un escarpement vers l’Ouest et l’absence d’ano-
malies magnétiques significatives. Les profils sismiques montrent une différence d’épaisseur sédimentaire de
part et d’autre de la ride : 1 s TD (1 seconde Temps Double) Q l’Est ct. plus de 2 s TD à l’ouest, ce qui met en
évidence le r6le de barriére joué par cette structure. Dans sa partie Sud, c’est-&-dire au Sud de la latitude 210,
le profil AA’ étudié se situe dans cette zone, on suit diffIcilement sa trace. Peut-etre correspond-elle, d’apri:s
SEGOUFIN (SEGOUFIN ef al., 1978), à des accidents du soc.le acoustique visibles sur quatre profils sur la marge
malgache. Son prolongement viendrait. se confondre avec la pent,e continent.ale du Sud-Ouest de Madagascar
trés abrupte k ce niveau. Il est à remarquer que la direc.tion de la côte Sud-Ouest ainsi que le systéme de failles de
cette région (faille de Tuléar) ont, la mème orientation que celle de la ride de Davie et plus généralement celle
de la ligne tectonique. princ.ipale BBongolava >).
Le forage 242 du (( Glomar Challenger g, LEG 25 (15050,7 S, 41049,2 E), soit bien au Nord du profil gravi-
métrique étudié, a été effectué sur le flanc Est de la ride de Davie OCIle socle acoustique était situé approxima-
t,ivement à 640 m de profondeur sous 2.275 m d’eau, niveau att,eint par le forage dont les résultats ont montrb
qu’il correspondait à une plus grande compaction des sédiments. Des profils de sismique o Flexot-ir 1)réalisés
depuis, ont montré l’exisi,ence de réflecteurs plus profonds qui n’ont pas ét4 atteints par le forage (SCHLICH,
1975). Au cours de la campagne SU 2, avril 1977, 31 stations de carottage ont étci: effectuées entre les latitudes
13Wj S et 18030 S (soit toujours bien au Nord du profil gravimétrique). Les résultats obtenus ont, montré que
sous une wirasse polymét,allique d’âge indéterminé se trouvait, une couvert-ure de sédiments lklagiques allant,
du Crétacé au Pliocéne. Sous cette couverture on trouve une format.ion plus anc.ienne conxt~it.u& d’argilites
prises et, de grès verts, certains grt-s Pt.ant silicifiés. Ces grk5 arliosiques d’origine continentale ou de mar,ge conti-
nentale semblent. c.onst.it.uer l’ossakwe de la ride de C)a\-ie et présentent. des atfinitks certaines avec le faciibs
IiarrOO (SEGOUFIN et a[., 1977). n’aLIt re part des changemenk de faciès obser\-6s au sein des d6lGt.s p6lagiquw
laissenI-, supposer d’importanl3 mouvements verticaus ayant. affect6 celte si-ructure selon une tectonique de
horst et. de graben depuis le Cr&ack supkrieur jusqu’& l’Ad,uel.
Ces données morkreraient que la ride de Davie constituée de roc.he,s t.wtonis&es pourrait c\tre considérPe
comme 1.111tkmoin surélevé, tectonisé du socle africain ou malgache.
Notons par ailleurs, cl’aprks des données sismiques recueillies au cours de carnl~agnes dans le c.anal de
RIozambique ent,re 1971 et, 1973 (,J. AI. LoRT, W. Q. LIRIOND, ,J. SEGOUFIN, I?I~. PATRIAT, J. R. 'DELTEIL et
H. LAMOTTE, 1979), que la croût.e, dans la plus grande partie du canal, est. probablement d’àpe pré-c.rét.ack et
de nature en grande partie cont.inentZale. Cet.te hypot.hkse s’appuie sur la prr!sence d’anomalies rnagn6tiques
tr+s adoucies et. la possibilita d’une sédiment.ation Karroo continue en kravers du Canal, du moins dans sa partaie
Nord.

:3. REIATIONS ENTRE cm DONNÉES ET LE MODÈLE PROPOSÉ

Dans la conskwction du modkle proposé nous avons essayi? de tenir compte au mieux des diffGreni,es données
géophysiques rec.ueillies sur le canal de Mozambique et. exposées ci-dessus.
Ainsi, nous avons considér6 comme négligeable la couverture de sédiments marin s sur le plateau marginal
malgache si ce n’est, toutefois dans des poches formées par les affaissements de c.ompartiments du soc.le. L’accident
t.ectonique, figurant sur le modèle A une centaine de lrilomi‘t~res de la ccjte, marquerait le prolongement. de la
st.ru&ure tectonique de la ride de Davie. A l’Ouest, de c.etLe st.rucLure nous avons fait. figurer un important,
bassin sédimentaire qui pourraiL correspondre au début tlu bassin océanique de iMozambique qui s’ouvre vers
le Sud B la haut,eur du profil éludié et. qui c.on1porl.e une importante couche de sédiments pklagique~.
Rappelons que des profils sismiques indiyuent. bien un chan,gement. dans la nature du socle A ceLte latitude
(22030 S), changement qui marquerait le passage, en direction du Sud, vers le domaine octanique du bassin
de Mozambique.
En ce qui concerne la partie ockanique du mod+le proposé, nous avons admis une crofite relativement.
é;paiase (12 A 13 km) c.equi lui confkre effectivement un caractére semi-continental si ce n’est, méme franchement.
continent,al.
I)‘ai.it.re part, d’import.ant. < mouvements verticaux affectent la partie du socle relatif B la marge conti-
nentale p-t.qui sont & l’origine des poches sidimentaires qui figurent, sur le nlot:lPle. L’tXude de la tectonique du
bassin de Morondava met. bien en évidence de tels mouvements structuraux ayant. pour origine drs ph6nomGnes
d’extension.

VIII. Madagascar et sa place dans le Sud-Ouest de l’ochan Indien


Les interprétations des anomalies de la pesant.eur de la cGt,e Est. et- de la cote Ckwst font, appel h des phPn~-
mtnes tf>c.t.oniques qui se rapportent au pass8 de Madagascar et Q l’évolution tle l’océan Indien liés SIl’histoire
du Gonclwana.
Rappelons, comme l'ont fait, J. SIWOUFIN, L. LECL.\IRE et. AI. CLOCCHIATTI, 197Y, les dernkes hypothèses
émises pour la reconstruct.ion du Gondwana. A la fin du Palkozoïque elles placent. AIadagascar, selon lrs auteurs,
en trois positions diffCrf:ntes par rapport. A l’Afrique :
.-1.~1
No&, arljacent. & la c6t.e Est, du Kenya et clr Tanzanie, avw: un nwuvement. ukérieur vers le Sud et
l’F,st (bibliographie ~II ,J. SEGOUFIN et nl. 1978 ; R. SCHLICH 1975). Les dernkes t%urles J)~~léomil~r~éti(~L~es
effec-
tuées sur des roches de RIadai;ascar sont. en faveur de cette hypot.h+se ( R~\Z,~FINDRA%AK,~-RA~~C)RO.~CIN, I!I75 ;
EMRLETON ei. ïUc ELIIINNY, 1973 ; Mr ELHINNY et. EMISIXTON, I9761.
Au Sud, adjacent h la marge cont.inentale du Mozarnbiyue ou du Natal avec. UIW dilrive ultérieure vers
l’Est et le lSord (bibliographie i77 J. SEGOUFIN et al. 1168 ; R. SCHLICH 19%). ILH mmre. il existe des arguments
palé(~~ma~n~t.iyues en faveur de cette hypothPse (f!kNL)IUAhIIRAL)O, 1$171.).
La troixièrne solution consist,e A laisser RIatlagascar dans sa position relative acluelle ; le canal de Mozam-
bique serait alors un graben d’effondrement (bibliographie in J. SEGOUFIN et al. 1978 ; R. SCHLICH 1975).
Si, comme I’indiquent certains auteurs (J. SEGOUFIN, L. LECLAIRE el; 31. CLOCCHIATTI, 1978 ; J. M. LORT
et rtl., 1979), on peut odmet.tre la présence d’une c.ouverture sCdiment,aire p&giyue de type Karroo sur toute
la traversée du canal de ltlozambique, ou du moins dans sa partie Nord, un effondrement pourrait 1-A bien être
j l’origine de ce ranal. Cela reviendrait ZAI envisager la troisibme solulion qui admet l’immobilisme de hladagascar.
Toutefois l’hypoLl&se d’un elrondremenl Q l’origine du canal de Mozambique dans sa partie Nord n’est. pas
incompatible avec une dérive de hladagascar, qu’elle ait eu lieu vers le Nord ou vers le Sud, mais avant ou
pendant les dép0ts Karroo.
11 faut noter que les faibles valeurs de l’anomalie A l’air libre, observées au large du bassin de Morondava
(fig. 52 et 53), ne sont pas non plus en contradiction avec l’hypothese d’un affaissement à l’origine du canal
de Mozambique. Habituellement l’effondrement d’un compartiment de l’écorce entraîne des anomalies négatives
par Su&e des déficits de masse engendrés par la partie du compart,iment enfoncée dans les couches plus denses
situées A la base de la croûte. Dans le canal de Mozambique, l’affaissement de la c.roûte est compensé par l’amin-
cissement de celle-ci, c.omme on l’a vu dans l’interprétat.ion du profil gravimétrique de la marge continent,ale
de la ciXe Ouest. (fig. 53) et il en résulte qu’on observe un certain équilibre. Cet affaissement, ti l’origine du canal
de hlozambique serait A raMacher à la tect,onique de l’ensemble de cet.te région caractérisee par des mouvements
verticaux et des pbénombnes d’extension.
L’histoire de la tectonique du Karroo dans le Sud du bassin de Morondava (J. P. CLI~UET, 1957) montre
que ce Karroo, qui const.itue le volume principal sédimentaire de ce bassin, Présent#e une phase t,ect,onique
cassante port-Sakoa de direction Bongolava et une phase cassante post-Sakamena de direction c0t.e Est. Rappe-
lons que des considérations géologiques ont amen& ,J. P. CLIQUET A considérer, du moins pour les premiéres
phases actives des deux syst&.mes majeurs de fracturation, celles de direction (<c0Le Est, 1)comme postérieures &
celles de direction ((Bongolava )) et à admett.re la séquence suivante pour la formation du bassin de Morondava :
- dépôt de la Sakoa ;
- phase cassante post-Sakoa de direction Bongolava ;
- &osion et formation de paléoreliefs d’origine tectonique (t.ype haut,-fond du Vohidolo) ;
- dépot de la Sakamena et rejeu contemporain des failles bordiéres orientales ;
- phase cassante posMakamena, direction c&t,e Est (type haut-fond de RIanera) ;
- érosion et. formation d’une côte tectonique A la faille de 1’Ilova ;
- dépot, de I’Isalo, cônes torrentiels à l’Est de la faille de l’Ilova, sédiment,afion marine ti l’Ouest.
En s’appuyant sur ces données géologiques et sur les résultats des campagnes géophysiques en mer, on
pourrait proposer I’&olution géodynamique suivante pour le Sud-Ouest de l’océan Indien :
Dérive de Madagascar vers le Sud-Est A la fin du Paléozoïque après les premiers dépôts sédimentaires
gondwaniens (Sakoa). La ride de Davie, que HEIRTZLER et BURROUGHS (1971) assimilent. A une ancienne faille
transformant.e, mat.érialiserait la direction de ce mouvement, direc,tion (( Bongolava )j ;
Dislocat,ion post$akamena du Gondwana avec décrochement de la partie orientale vers le Nord par une
faille de coulissement, déterminant la grande fracture de la côte Est, de direct.ion B càte Est B. Au c.ours de c.ette
dérive vers le Nord du bloc indien, un fragment de ce bloc serait resté en arrière pour former le banc des Sey-
chelles, const,itué de granites précambriens (BAKER, 1963) datés par BAKER et MILLER (1963) à 650 hI.a. La struc.-
ture cont.inentale du plateau des Seychelles ne fait d’ailleurs plus aucun dout,e et a été clairement démontrée par
les travaux de SHOR et POLLARD (1963), DAVIES et FRANCIS (1964), FRANCIS et SHOR (1966), MATTHEW et
DAVIES (1966), FMNCIS, DAVIES et HILL (1966) qui sit,uent. la discont*inuité de hfohorovicic à une profondeur
d’environ 33 km.
Notons également que la (( Ninetyeast-ridge Best assimilée par Mac KENZIE et SCLATER (1971) à une ancienne
faille transformante qui aurait joué lors du mouvement rapide de l’Inde vers le Nord. De méme la ride de Chagos-
Lacc.adive qui, pour FISHER et a[. (1971), hlac I<ENZIE et SCL.~TER (1971), matérialise la direction de ce dépla-
cement apr&s la rupture du continent de Gondwana.
Nous avons vu que la tectonique à Madagascar était caractérisée par une structure en touches de piano,
c’est-à-dire par une suc.cession de blocs crustaux plus ou moins affaissés ou surélevés. Or ce style tectonique
semble se ret.rouver dans toute la zone du Sud-Ouest, de l’océan Indien. En effet,, les données géophysiques et
géologiques recueillies au cours des campagnes effectuées en mer dans les régions voisines de Madagasc.ar, en
part,ic.ulier au Sud sur le plateau maIgache (forages profonds 246-247 du (( Glomar Challenger O, SCHLICH, 1975)
établissent 1’existenc.e de mouvements verticaux complexes pouvant atteindre 1 000 rn d’amplitude, la période

O.R.S.T.O.N., Géophys., no lS, 1982: 9-128. 113


miocène-pléistocène correspondant A une subsidence importante. De même le plateau des Mascareignes montre
une structure très Cass&edes réflecteurs skdimentaires. Par ailleurs, des changements de fac& observks dans les
dép6t.s pelagiques du canal de Mozambique laissent supposer d’importank mouvements vertkaux.
En condusion, les interprétations des mesures gravimét.riques effectuées H Madagascar rejoignent les
résultats, que nous retiendrons ici, des campagnes géophysiques réalisées en mer dans la région du Sud-Ouest
de l’océan Indien : on retrouve ainsi les mêmes directions t,ec.toniques principales, Bongolava et côte Est, et, un
même style tectonique caractérisé par des mouvements verticaux importank.
L’hist,oire de Madagascar s’insc,rit intimement dans celle du Sud-Ouest. de I’ocb,an Indien et, on peut, espérer
que des mesures gravimétriques plus nombreuses, not,amment. des profils perpendiculaires aux côtes, en parti-
culier à la c,ôt,e Est, seront bientôt disponibles. Une carte gravimétrique étendue aux abords de la Grande Ile
conduirait certainement à une meilleure compréhension de la tectonique de Madagascar et de son pas&.

O.R.S.T.O.AI., Giophys., no 18, 1982: 3-128.


ANNEXE

Description sommaire du programme QURESHI

LECTURE DES PARAMÈTRES DU CALCUL

KTOT : nombre des point.s du profil où l’anomalie est calculée.


MEG : nombre des point.s du profil où l’anomalie est mesur&.
XZERO : origine des abscisses.
DELX : pas en abscisse.
GP(1) : valeur de l’anomalie mesur6e au point d’abscisse XP (1), (1 = 1, 2, . . . MES).
GhfES(K) : valeur de l’anomalie mesurée au point d’abscisse X (K), (K = 1, 2 . . . . KTOT).
ICOT : nombre de sommets du polygone.
ZM(J) : profondeur comptéo positivement vers le bas du sommet d’abscisse XM(.J), (J = 1,
2 , . . . ICOT).
IND(J) : indice affecté au sommet J pouvant prendre les valeurs :
0 si le sommet appartient au toit;
2 si le sommet appart.ient à la base ;
1 si la profondeur est fixt%e dkfinit.ivcment.
RMSO : écart quadratique moyen calcul8 au cours de l’itérat.ion précédente.
RMSI : kart quadratique moyen minimum obtenu au cours d’une des itkations prkédentes.
On adoptera initialement. pour RMSO et RRfSI une valeur @levée arbikaire.
SEUIL : valeur de l’kart yuadratique moyen au-dessous de laquelle l’optimisation du
mod&le n’est pas poursuivie.

OPTIMISATION DU MODELE

1. Calcul de l’anomalie GCAL(K) crtée par le mod&le au point, d’abscisse X(K) du profil (K = 1,
0“> . ..> KTOT).
Calcul de l’anomalie rksiduellc DGCM(K) = GCAL(K) - GBIES(K).
Calcul de la correction de profondeur COR(J) de chaque sommet du modkle.
Si la profondeur est fixée ou si la profondeur Corrig&e devient n&gat.ive, la correction
n’est pas appliqu6e (COR(J) = 0).
Si le sommet appartient a la base, la correction change de sens.
Calcul des profondeurs corrig&es.
Calcul de l’écart yuadratique moyen RMS.
Impression de l’anomalie calcul&e, dc l’anomalie résiduelle et des profondeurs corrig8es.
Si RMS supérieur a RMSO, le processus est divergent et le calcul est arrèté aprés
4 divergences consécutives, on va en 2.
Si R&IS infkieur .1. RRISI, la dernihre itération est meilleure, on adopte RMS comme
nouvel kart minimum et le modble correspondant est conservé.
Si RAIS infkieur au seuil, le calcul s’arrète, on va. en 2. Retour en 1.
2. Impression des profondeurs du modhle correspondant à 1’6cart minimum.
3. Visualisation éventuelle sur table tragante des anomalies mesurées, calcul6es et du modtile
qui peut Btre lissi: ou non.

O.R.S.T.O.M., Giophys., n.0 18, 1984: .Y-128. 115


SURIMARY

GRAVI~IETR-~ 0F JL~DAGASCL~R. INTERPRET~~TION AND RELATIONS TO GEOLOGY

l’his sfudy refers io the graoimetry of .Madagascar, its interpreiation ancl relations fo geology.
lt is founded on ihe gratrimetric data, obtained on the one hand from the O.R.S. T.O.M. fz&I research, about
6,000 sialions, made from 1966 to 1974, niainly on fhe crystalline ancient massif cwering 213 of the island, and on
Ihe other hand front the suwey of the Sociéié des Pèfroles de ~liadagascar bounded to ihe sedimenfary field.
The 1/1,000,000 and 1/2,000,000 map.s of Bouguer anomalies and 1/2,000,000 isostatic maps haue been
established and published mifh explanations added bo this reporf.
After a summary of some general characteristics of Madagascar, a first part presents the history of the measure-
ments, fhe classicul methocls for calculating the anomalies and fhe accuracy of the results. A second part presents a
general surtjey of graoiiy fo the scale of Madagascar and of gravimetric maps. The third part deals zoith the regional
inferpretafions of anomalies aiid fheir relations to geology and tecioiiics.
*
c *

General knourledge on the morphology, geology, tectonics and seismicify of l\gadagascar make up the frame of
our survey.
Madagascar is one of the largest islands on the Globe, wiih 590,000 km2. Al1 along iis axis, fhe precambrian
massif is important. Sedimentary basins are to be found mainly in the IV. (Morondava basin) and N.TI’. (Majunga
basin) and ma;y be raiher thick, more fhan 6,000 rn. 1701canism has been active and is characterized by a cretaceous
phase and a plio-quaternary phase. Tectorzics is marked principally by the tmo main directions : ” Bongolaoa”
N 150 11’ and “Easf Coast” N 200 E, uhich form up the very shape of the island. Seismiciiy is 101~.

Measurements, calculations of anomalies and accuracy of results


.Let us remember thai fhe gravimetric netrvork corresponds fo an exploratory suruey, thaf is fo say 10 the density
of points abouf 150 by square degree. The co-ordinates of fhe stations bave been rend on ihe 1/100,000 topographie
maps of I.G.N. and the. eleaations defermined froc baromefric measuremenfs. The recluction of measuwmenfs of
~rar~ity are linked roith the 0. R.S. T.O.M. nefrvork (Pofsdam system) and Bouguer anomalies halle been culculatecl
for a tlensity of 2.Gï using the international 1930 formula. The means of transposition into the 1.G.S.N. 71 netuwrk
is girreii.
-4~ important part of lhis chapter is deuoted to ihe critical sfudy of the accuracy of results. The lrarious causes
of error are sucwssively examined: change in time of the calibration coefficient of the graoimeter used, accurucy of
the nefrvork of tlze sfations, Bouguer corrections, terrain correciions rvhich halle not been calculafed but are ranging
willlin 3.5 mgal, and use of Ihe barometric measurements in order to determine elevations. Lt is howeuer observed that
most of the total errer cornes from the burometric measuremenk. Our critical study deals mainly mifh fhe nccuracy
of the method. It lias been possible fo establish that tlze importance of the error, experimenially deiermined by compa-
rison roith the elevaiions of the Niocllement Général de Précision is less fhan 5 m befween trrw neighbouring points,
but it rnay be about 10 m in a group of seseral poinis.
The final accuracy on Bouguer anomal~y is better fhan 3 milligals betrueen trvo neighbouring poinfs, but fhe error
may reach 5 milligals in absolule value in one point.
Isosfatic anomalies bave been calculated in ihe diry hypothesis, roiéh a depth of compensation of 30 km.
The first measurements of fhe llertical conlponed of the earth’s magnetic field made in the crysfalline pasts uwre
incoherenf and consequently they were giaen up.
General survey on gravity and gravimetric maps
In this chapter the relations betmeen anomalies and elevafions are studied in their varioua forms : average values,
calculafions of the correlation coefficient ad fhe regression lines..., values point after point along an ltinerary.
Bouguer anomalies are observed fo be quite uncorrelated rvhich the elevation on a local basis but closely correlated on a
regional basis, rvhich shours that there is an isostatic compensaiion of fhe relief anrl that Madagascar is like a continent.
As for the isostatic anomalies they are as a rvhole mnch weal<el* fhan Bouguer anomalies and their nverage is nearly
111111.
Thon gravimetric maps are examined as a rvhole. Bouguer’s map shows that isanomals follom fhe general shape
of the islam? and reveals the relations betlveen anomalies and the regional relief. lt also shows negative anomalies in
sedimentary basins and local posifive anomalies due to heavy intrusions rvhich outcrop or do net outcrop. Holvevel
as this distinct influence of the regional elevation on Bouguer anomaly may more or less conceal some anomalies,
the map of isostafic anomalies (Awy, 30 km) has been drarvn and used. The strrdy of thaf map shows rvest of the
stripe definitely positive anomalies that nothing in the surfa.ce geology cari account for. It cari be interpreted by
considering thaf fhe Airy concept does net fit fhose parts and that the local variaiion of the compensation is faster than
the variation of topogra.phy. The passage from the continental compensation to the oceanic compensation mould be
nearly instantaneous as it could be throngh a landslide fault rvhieh would cause an oceanic trust fo come abrupt111 inlo
contact mit11 a continental cru.& that is to say there would be a margin by slipfuulf rvithout any transition. That
important point is ezplained in the next chapfer.

Study of regional anomalies


In this third part fhe most notable anomalies and their relations to geologiy are sfudied on a regional basis.
The south is characterized by a strong positive anomaly linked with the presence of the volcanic massif of Androy.
Its interpretation leads to the srrpposed presence of a deep heavy muss rafher fhan an accumulation of alternate out-
flows of rhyolites and basalts. The negafive anomalies of the luestern and north-western regions correspond to fhe
sedimentary basins of Morondava and Majungu separated by the anticlinal area of cape Saint-André to mhich
is attached a positive anomaly. Geographical and geological studies of the S.P.M. have made it possible to reach a
good knorvledge of those basins. Horvever thanks to further data given by fhe isostatic map those studies have been
resumed from a more general point of vierv than thaf proper to oil prospecting. Thus, it is possible to accouni for fhe
anomalies of a cross profile of the Morondava basin through the influence of the geological irregularities ut fhe bottom
of the trust in addition to that of the sedimentary basin.
The positive anomalies along the mestern toast are interpreted as a result of hasic intrusions in fhe sedimentary
caver. Let us say that unomalies of fhe same fype exist round the Senegal basin.
From those sfuclies, fhe eastern toast is the point that appears to be the most interesting. In order to interpret
the strong anomaly rvhich is noticeable a11 along the eastern and norih-eastern toast and is interrupted opposite
Sainte-Marie islam1 by an important negative anomaly, the mode1 proposed is based on a Sharp passage from a
continental trust to an oceanic trust without any transition throlrgh a nearly vertical fault rvhich is a landslide fan&
thus bringing a more southern oceanic trust into contact rvifh the continental cru.st zvhile fhe extension of the latter
could be found more northzvard tou~ard the Seychelles islands a.borrt nrhose continental structure there is no dorrbf.
The tectonics of that toast is therefore linked with the hisfory of the dislocation of Gondn~analand and the northward
drift of India.
The negative anomaly about Sainte-Marie island might be due to the presence of a narrow graben situated
befween Marla~ascar and Sainte-Marie island.
Gravimetrlc profiles in the ocean (TALWANI, 1963) in the Mozambique charme1 have mude it possible to eztend
that study to the continental margin of the luestern toast. In the mode1 proposed as an interpretation, the trust under the
Mozambique channel would be 13 km thick and may be largely continental in nature. The origin of the channel
could be a subsidence resulting from a thinner trust due to stretching phenomena rvhose manifestations cari be seen
a11 over the region. The small value of the Free-Air anomaly cari be due fn the Iift of the manfle and the corresponding
compensation.
As a. conclusion, an approach is made to the problems related to Madagascar and ils position in the South-West
of the Indian Ocean. Let us suggPst a geodynamic evolrrtion i.e. a drift of Madagascar tolvard the South-Eeast at
the end of the Paleozoic materiulized by the Davie Ridge, then a post-Sakamcnu dislocation of Gondzvanaland with
a norfhmard breaking of the Easfern purt caused by a landslide fault originating the greaf fracture of the Eastern
toast.

O.R.S.T.O.M., Giophys., no 18, 198.2: 3-128. 118


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O.R.S.T.O.Al., Géophys., no 18, 1982: 3-128. 121


TABLE DES FIGURES

Carte de situatio~~.................................................,...........,.........,,.......,,,.... 4

1. - Carte hypsométrique de Madagascar....................................................................... ci


2. -Esquisse geologique de &qsdagascar d’après H. BESAIRIE, 1960.. . . . ... . . ..... ...... . . . . .. 0
3. -Principales directions tectoniques a Madagascar.. .... ...... . .... . ........ ... ... . . . . ..... . . . 10
4. -Variat.ion du c.oettlcient d’iit.alonnage du gravimétre NA 73 en fonction du temps.. . . ...... . . . . .... 22
5. - Itinéraires du Nivellement GPntral de Prtcision doubles par le nivellement barometriyue dans le Sud et sur les Hauts-
Platenux et la cote Est de ~~adagascar...................................,................................ 24
6. - Écarts entre altitudes barometriques et celles du Nivellement, GCni?ral de Précision et profil t.opographique correspon-
dant a l’itinéraire suivi. L’erreur, figurte en grisé, est la différence entre Ic point qui representc l’écart. et. le point de la
(r dbrive H de même abscisse. M : station métdorologique du Service Mét.eorologique National ; m : station metéorologiquo
implantée provisoirement ............................................................................... ~0-27
7. - A : histogramme des stations ayant le même kart (x) mètres entre les altitudes par nivellement barométrique et celles
du Nivellement Général de Précision, en nombre et en pourcentage sur un tot.al de 327 stations. B : frequences cumulées
du nombre de stat.ions ayant. un écart infërieur ou égal à (x) mètres ........................................ 28
8. - Anomalies de Bouguer calculees pour differentes densites pour des itinéraires comportant de fortes denivelees et pro61
topographique correspondant ............................................................................ 30-31
9. - Cartes des corrections isostatiques calculées dans I’hypothése d’biry pour des profondeurs de compensation de. 20, 30
et 60 Bm ............................................................................................. 36-37
10. - Exemples de l’incoherence des mesures magnet.iques le long d’itinéraires effectués dans des regions à couverture cristal-
line. Profils gravimétrique et topographique correspondants. ................................................ 38
11. - hloycnnes des aItit,udes par quart de degre carre ........................................................... 40
12. - Moyennes des anomalies de Bouguer par quart do de@ carré ............................................... 40
13. -- Moyennes des anomalies a l’air libre par quart de degré carre ............................................. 40
14. - Moyennes des anomalies isostatiques par quart, de degré carré ............................................... 40
15. - Anomalies de Bouguer en fonction de l’altitude (valeurs prises par quart de de@ carré) et droite moyenne. ........... 43
16. - Anomalies de Bouguer en fonction de l’altitude et droite moyenne pour chaque famille de points en dessous et au-dessus
de 700 m ............................................................................................... 43
17. - Anomalies de Bouguer en fonction de l’altitude par t.ranche d’alt.it.ude de 100 m .............................. 44
18. - Anomalies isostatiques en fonction de l’altitude (valeurs prises par quart de degré) et droite moyenne .......... 45
19. - Anomalies isostatiques en fonction de l’altitude et droite moyenne pour chaque famille de points en dessous et au-dessus
de 700 m............................................~ ..... .... ....... ...... ... ...... .. ....... .. ........ ‘15
20. - Profils gravimétriqucs (air libre, Bouguer, isostabique), topographique, magnétique le long de l’itinéraire transversal
Tuléar-Farafangana .................................................................................... 46-47
21. - Anomalie de Bougucr en fonction de l’altitude aux stations en suivant point par point l’it.inéraire Tuléar-Farafangana. . 47
22. --- Anomalie dc Bouguer en fonction de l’altitude en chaque station de l’itineraire Tuléar-Farafangana dans bd region
d’Ihosy; profils de l’anomalie dc Bouguer et topographique correspondants .................................. 47
23. - Cart.e des anomalies de Bouguer (d = 2,67). Isanomales de 10 en 10 mgal., .................................. 49
24. - Carte isostatique simpliflbe (Airy, 30 km). ................................................................. 53
25. - GravimÇt.rie (Anomalies de Bouguer) et geologie dans l’extrême Sud de Madagascar, rtgion de I’Androy. ............. 5S
26. - Profils t.opographiqun, gravimétrique (Bouguer), magnbtioue (composante verticale) le long de l’itineraire Ampotaka-
Fort Dauphin.......................................~ ................................................... 61
27. -- Coupe et interpretation de l’anomalie positive de 1’Androy .................................................. 61
28. - Schéma structural de l’extremo Sud de Madagascar, d’aprh H. BBSAIRIE, 1967 ............................... fi4
29. - Anomalies de Bouguer (courbe A) et residuello (courbe B) d’un profil dans le Sud-Ouest de Madagascar, profil oriente
NW ot passant par Ejcda. Anomalies rcspectivos C~LIPSaux parties profonde et superficielle du modèle propose. Coupe
géologique d’aprb H. BESAIRIE, 1961.. ................................................................... 66
30. - Anomalies do Bouguer et résiduelle (OLI isostatique) d’un profil le long du parallele 22054 S dans le sud du bassin de
Jlorondava. Anomalies partielles dues respectivement aus parties profonde et superftoielle du modéle propose. Coupe
géologique d’aprés H. BÉsarmn, 1961 ..................................................................... 76

O.R.S.T.o.af., &!o~~h& 11” 18, 1982: 3-12s. 123


31. - @rie de profils parallèles E\V de l’anomalie de Bouguer dans le bassin de &Ioronda>‘a du 22WJ S au 17030 S, profils
espacés d’un demi-degrA .................................................................................. 72.
3 2 . -- Blocs diagrammes representant, : 1 - la surface gravimétrique des anomalies de Bouyuer ; 2 - l’allure du toit de
l’intrusion basique dans le séùimcnt.aire ................................................................... 76
33. - Schéma structural du bassin de Mnjunca, d’uprLs H. B+AIRIE, 1066 ......................................... 7s
3.6. - S8rie de profils gravimét.riqnes (anomalie de Bouguer) parall+les NW-SE du Sud-Ouest au Nord-Est du bassin tir
Majunga........: ............. ......... ... ......... ......... ........ ... .......... ... ......... ... ...... .. X0
30. - Profils gravimétriques. A : NNW-SSE passant. par Amhanja et le bassin lacustre de Sambirano, Boug~er et isostntique
ou résiduelle; B : N-S dans l’est&me Nord do Madagascar ................................................. 83
36. - Profils gravimétriques au Nord ct au Sud et en travers de la dépression du lac Alaotra. ............................ 87
37. - Profils gravimétriques - Boug~er et air libre - et topographique le long de l’itint!raire \VE de Tananarive A la côte Est. 8X
38. - Anomalies de Bougucr et. résiduelle - ou isostatique - entre Moramanga et la cùte Est (profil Tananarive-cKtc Est) et
interprét.aLion ........................................................................................... X9
39. - Anomalie de Bouguer ~+II fonction de l’altitude point. par point. de l’itinc’raire Tananarive-cOt.e Est .................. x9
40. - Anomalie nL’wt.ive du centre de Madagascar (massif volcanique d c. I’Ankar~trnj et interpretation ................... 91
41. - Série de profils gravimétriqucs perpendiculaires à la cote Est. .............................................. 94
-12. - Profils de la figure 11, groupés et calés par rapport à la fOte Est., et courbe moywme ............................. 95
43. - hIod+le propos& pour reprbsentor le passage brutal par faille verticale de la croûte continentale & la croùte octanique.
Anomalie de Bouguer calcuI~!c B partir de BP modèle et. anomalies partielles dues à la rrmontPe du manteau (1), j In
compensation du relief (2) et aux s6diment.s (3). Courbe de l’tquilihre des masses à 30 km de profondeur. ............. R6
44. - Schéma des directions tectoniques de la région de l’île Sainte-hlarie .......................................... 98
45. - Anomalie de Bouguer selon le profil A et, wr&gionales x envisag&s ........................................... 98
46. -- Carte des anomalies de Bouguer de la région de l’île Sainte-Marie, isanomales de 10 en 10 milligals, et anomalie rBgionale
(en tirets) .............................................................................................. 100
47. - Anomalie de Bougoer r&iduelle définie à partir de la figure 46 ................................................ 102
48. - Tract? modifié de l’anomalie de Bouguer de la région do I?le Sainte-Marie (trac@ plus allongé que le tract primitifj ; en
point.il&, les stations de mesure .......................................................................... 103
49. - Anomalie do Bouguer selon le profil A de la figure $8. Modèle proposé pour l’interprétation. Anomalie calculée à partir
des anomalies dues xus diff6rent.s Mments ent.rant dans la const.itution du modéle. Profil de l’équilibre des masses. .... 104
50. - Même mod&le que celui de la figure 49 mais comportant en plus des blocs de socle enfonc+s dans le manteau, d’oh des
fos& a et h moins profonds ............................................................................. 106
51. - Carte des anomalies de Bougwr dans la région de Moromhe au Sud-Ouest de Madafiascar. LCR profils cn mer sont ceux
obtenus au cours de la campagne u Vemn 19 jp............................................................. 108
52. - Anomalie à l’air libre et hat.hym&trie selon le profil AA’ de a Vcma 19 J .................................... 108
53. - Modèle propos0 ponr l’interprétation du profil AA’, BB’. L’anomnli e. de Bouguer calcul8e MJrreSpOnd St celle observée.
La courbe des poids par unit& de surface0.30 km dc profondeur montre un ciquilihre tics masses à peu prPs rkalisé. ..... 1 OH
5.1. - Cart.e hathym&triqw de la rtgion do Madagascar d’aprts Ir + Geological Geophysical Atlas of the lntlian Ocean 0, 1975. . 110

0 Fl.S.T.0.111., Gtiophp., no 18, 198%: 3-128. 124


TARLE DES MATI@RES

PRGSENTATIOiu....................................................................... ...................... 3

GÉNÉRALITÉS

1. HISTGRIQUE...........................................................,....,........ 5

II. CAnRE C,~OGRAPHIQUE...............,................................................ ...................... 5

111. 'b.41~6 Gl?NtiRAUX ......................................................... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ...<*.. 7


1. hIadagascar ............................................................ 7
2. Autresfles ............................................................. 7

IV. GÉOLOGIE ........................................................................... 7


1. Le soc.le maljiache......................; .......................................... ...................... 9
2. Les terrains sCdimentaires .......................................................... ...................... 9
3. Les formations volcaniques ......................................................... ...................... 11

V. TECTQNIQUE ......................................................................... 11

VI. ~TIVITI? S6IS~l1QUE .k MADaGhSCAR ................................................... ...................... 12

MESURES, CALCUL DES ANOMALIES ET PRÉCISION DES RÉSULTATS

1. ANOMALIE DE BOUGU~R ................................................................ ...................... 15

1. DBfinition ............................................................................. ...................... 15


1.1. Correction i l’air libre : Ca1 ......................................................... ...................... 15
1.2. Correction de plateau : C,. ........................................................ 16
1.3. Correction de relief ................................................................ IF
1.4. Anomalies de Bouguer et anomalies & l’air libre ....................................... ...................... 16

2. Mesure de la pcsnnteur et prbcision.. . .............. ....... ........... ... ...................... 17


2.1. Station de rbfbence..
.... . .. . . . .. . .. .. . . .. .. . . .. .. . . .. . .. . .. . .. .. ...................... 17
Sftcfions du rhearz O.R.S.T.O.M. [18]. Stations dzz réseau complémenfaire [IS].
2.2. Étalonnage des gravimbtres.. ................................ ... .. 20
Base d’éfulonnage principal [ZO]. Buse d’étalonnage secondaire [20].
2.3. Précision sur le rkseau
de hases.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4. Erreur sur le coefficient
d’étalonnage.. .....,. .. . .. . .. .. . .. .. . . .. . .. . .. ... ... 21
Variufion du coeficient d’étalonnage du gruvimèire NA 73 [21].
2.5. Précision sur les mesures de la pesanteur.. ....................... ... ... .. 2.2

3. Pesanteur theoriyue et. sa prkcision.. ..... . . . .. .. . .. .. . .. .. . .. .. . . . .. . .. , ... . . .. .. . .. . .. ...................... *23

4. Correction dr Bouguer et. sa précision.. ....................... ............ ....,........ ...................... 23


4.1. DBtermination des altit.udes. ...... . .. . .. .. . .. . .. . .. .. . .. . .. . . . . .. . ... . .... ... ...................... 23
Ifint!raires du Nivellement Gthéral de PrPcision [23]. Itinéraires nioelés baroméfriyuemenf 1241. Appareils uiilisés [25].
Défermination espt’rimenfale de l’errezzr [25]. Conclusions [29].
4.2. Influence des facteurs autres que l’altitude. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..n..... *29
Coeficienf consfanf pour le calcul du ferme de plateau [29]. Choix de la densité [BY], Correcfions deb relief [32].
5. Prkision finale sur l’anomalie de Bouguer.. ..... .. ........ .... .... ...........,.......................... 3-1

O.R.S.T.O.AI., Ge’ophys., no 18, 1982: 3-128. 125


II. ANOMALIES ISOSTATIQUES .................................................................................... 34
1. Choix d’unehypoth8ss ....................................................................................... 34
2. CdlCUldiltcrmeisOstatiqUe ................................................................................... 35
3. Erreur sur l’anomalie isostatique .............................................................................. 35

III. ktESURES I\IAGN~TIQUES ..................................................................................... 35

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

1. LES VALEURS DE LA PESANTEUR A MADAGASCAR ................................................................. 39

1. Valeurs moyennes de la pesanteur ............................................................................. 39


1.1. Ét.ablissement des valeurs moyennes. ...................................................................... 39
Altitudes [39]. Anomulies cfe Bozzguer [41]. AnomnIies à Z’air libre [41]. Anomrrlies isosfatiques [41].
1.2. Moyennes grn8rales ...................................................................................... 41

2. Relations entre les anomalies gravimétriques et les altitudes. ..................................................... 42


2.1. Anomalies de Boug”er ................................................................................... 42
2.2. Anomalies isostatiques. .................................................................................. 45

3. Étude d’une coupe transversaIe de Madagascar ................................................................... 46


Altiméfrie [46]. Anomalie à l’air libre [46]. Anomalie de Bouguer [46]. Anomalie isosfafiqzze [46]. Anomalies magné-
tiques [47].
4. Relation régionale anomalie de Bougucr - altitude ............................................................. 47

11. LES CARTES GRAVInIETRIQUES ................................................................................. 48

1. Carte des anomalies de Boug”er ............................................................................... 48


1.1. Relations entre anomalies et altitudes ...................................................................... 50
1.2. Concordance entre l’allure des anomalies et la forme gfikrale de 1’Ile .......................................... 50
1.3. Différence entre les anomalies de la c0te Est et de la ci?& Ouest .............................................. 50
1.4. Anomalies positives le long des cotes ...................................................................... 50
1.5. Anomalies négatives Mes aux bassins sédimentaires. ........................................................ 51
1.6. Aire ant,icIinale du cap Saint-André ........................................................................ 51
1.7. Anomalies positives localiséss ............................................................................. 51
1.8. Absence d’anomalies notables lir5es à certains kpanchemrnt.s volcaniques ...................................... 62

2. Carte des anomalies isost.atiques ............................................................................... 52


2.1. Bande me.diane d’anomalies positives. ..................................................................... 52
2.2. Bande d’anomalies nkgatives de la Cùte Est ................................................................. 53
2.3. Alternance des bandes d’anomalies. ....................................................................... 54
2.4. Étude d’ensc!mble ........................................................................................ 54

3. Ecarts regionaux à l’isostasie : &Valuation de quelques masses ..................................................... 54

4. Considerations sur les caract&istiques et le tracé des cartes gravimétriques ......................................... 56

ÉTUDE RÉGIONALE DES ANOMALIES

1. SUD DE ~~..ADAGASCAR ......................................................................................... 59

1. Massif volcanique de l’AmIroy ................................................................................. 59


1.1. Aperçu g8ologique ....................................................................................... 59
1.2. Anomalie gravimétriquc .................................................................................. 60
1.3. Interpretation ........................................................................................... 60
1.4. Profil magnktique. ...................................................................................... 63

2. Rggion du cap Sainte-Marie ?a Tuléar .......................................................................... 63


2.1. Apercu g&ologiquc et structural. .......................................................................... 63
2.2. REgion du cap Sainte-Marie ............................................................................... 63
2.3. Zone cûtieire et rbgion d’.Ejedd. ........................................................................... 65

O.R.8.T.O.RI., Ge«phgs., no 18, 1.982: 3-128. 126


II. ODEST DE hfADA(iA~2.417 :BASSIN DE MORONDAVA ET AIRE ANTICLINALE DU CAP SAINT-ANDRÉ ....................... 67

1. Géologie et Tectonique du bassin de Rforondava à la hauteur du 23” paraIl&. ..................................... 68


1.1. Le fosse du Karroo ...................................................................................... 68
1.2. La zone c~titre .......................................................................................... 68
1.3. Ri?gion ccntraln ......................................................................................... 68
2. Étude du profil gravimbtrique 22054 Sud ....................................................................... 60
3. Relations entre la gravimt?trie et les grands traits du bassin de Morondava ......................................... 73
1. Aire anticlinale du cap Saint-AndrB ............................................................................ 74
5. Caractéristiques principales de la tectonique du bassin de Morondava .............................................. 74
6. Anomalies positives localiskes de l’Ouest de Madagascar .......................................................... 74
6.1. InterprtXation de l’anomalie au Nord de Mzaintirano. ........................................................ 75
6.2. Relations entre la présence de ces anomalies et la côte ....................................................... 77
6.3. Anomalies du méme type dans d’autres religions du globe ..................................................... 77

111. NORD-OUEST DE hIhDAGASCAR :BASSIN DE MAJUNGA ........................................................... 77

1. Traits physiques généraux ..................................................................................... 78

2. Tectonique .................................................................................................. 78
2.1. Flexuresinterne etcôtiere ................................................................................ 79
2.2. Faille de 1’Ihopy et bassin de Mitsinjo ..................................................................... 79
3. RBsultats d’ensemble ......................................................................................... 81

IV. ExrRÊafE NORD DE ~~ADAGASCAR ............................................................................. 81

1. Géologie et gravimétrie ....................................................................................... 82


2. Presqu’lle d’Ampasindava .................................................................................... a2
3. Graben de Sarnbirano ........................................................................................ 83
4. Le volcanisme................... ............................................................................. s3
5. Considérations d’ensemble .................................................................................... 84

v. BXiGIONS CENTRALES DEMADAGASCAR .......................................................................... 84

1. Carte des anomalies de Bouguer ............................................................................... 85


1.1. Région de Tsaratanana, Andriamena et Mandritsara ......................................................... 85
1.2. REgion do Tsiroanomandidy et Miandrivazo ................................................................ 55
1.3. RCgion dulac Alaotra .................................................................................... 86
1.4. Rebord oriental du massif de Madagascar .................................................................. 86
Traits physiques gt=h?mzrz [86]. Graoim&rie [87].

2. Carte des anomalies isostatiques ............................................................................... 90


2.1. Anomalies positives...................................................................................... 90
2.2. Anomalie nkgative du Centre de Madagascar ................................................................ 90

VI. RÉGIONS DE LA CÔTE ORIENTaLE ............................................................................. 91

1. Ci>te Est .................................................................................................... 91


1.1. Morphologie dcla côte Est ............................................................................... 02
1.2. GBologie ................................................................................................ 92
1.3. Données séismologicIues .................................................................................. 93
1.4. Gravimétrie ............................................................................................. 93
1.5. Étude d’unprofllmoyendela c8te Est .................................................................... 94
1.6. h~odèlepropos6...............................: .......................................................... 95
1.7. Conclusion .............................................................................................. 97

O.R.S.T.O.M., Géophys., no 18, 19H: 3-12~9. 127


2. Région del’îlc Sainte-Marie .................................................................................. 99

2.1. GravimBtrio ............................................................................................. 99


2.2. hfodklcs proposés ........................................................................................ 105
2.3. C:artRisostat-ique ........................................................................................ 107

\71T.IiIARGE CONTINENTALE DE LA GATE OUeST .................................................................... 107


1. ~~odr:leproposé .............................................................................................. 107
2.. Canal de Mozambique et Ride dc Davie (donnees). .............................................................. 111
3. Relat.ions entra ces données et le modete propose ................................................................ 112

VIII.MADAGASCAR RT SAPLACE DANS LE SUD-OUEST DE L'OCtiAN INDIEN ............................................ 110,

ANNEXE : DESCRIPTION SoaIarAraE DU PRoGRAMam ~URESHI ...................................................... 115

SUMMAR’I’ ................................................................................................... 117

BIBLIOGRhPHIE ............................................................................................. 119

TABLE DES FIGURES ........................................................................................ 123

TABLE DES MATIERES ...................................................................................... 125

Fabrication - Coordination
Martine LACOMME

IMPRIMERIE A. BONTEMPS, Lr~oces (FRANCE) - Dépôt I&al : Avril 1982 - No Im. : 9088-81

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