Gravimétrie de Madagascar: Interprétation Et Relations Avec La Géologie
Gravimétrie de Madagascar: Interprétation Et Relations Avec La Géologie
Géophysicien O.R.S.T.O.M.
GRAVIMÉTRIEDE MADAGASCAR
Interprétation et relations avec la géologie
GÉOPHYSIQUE 18
(1) Ce mémoire a fait l’objet d’une th&se de Doctorat. d’État. de Sciences Naturelles, soutenue le 3 juillet 1951 a l’Universit6
de Paris-Sud, Cent.re d’Orsay.
(2) RECHEKMANN (J.), 1978. - Cartes gravimétriques de Madagascar ct autres îles du Sud-Ouest dc l’octan Indien : Comores,
Maurice, Réunion. Notice eqlicatioe, no 79, O.R.S.T.O.M., Paris.
1. Historique
Les premières mesures géophysiques h Madagascar remontent, à 1890 avec la fondation par les Jésuites de
l’observatoire astronomique et météorologique d’nmbohidempona ti Tananarive. Ainsi, dès 1892, a été entrepris
l’enregist.rement des trois composantes du champ magnétique terrestre. Pour les mesures de la pesanteur, si
on peut noter un essai de prospection gravimétrique à la balance de torsion par la Société des Pétroles de
Madagascar (S.P.M.) en 1945, ce n’est gu&re qu’& partir de 1948 qu’ont eu lieu les premières mesures gravi-
mét.riques à l’aide d’un gravimét.re de terrain. C’est. le R.P. Louis CATTALA, d’abord chercheur au C.N.R.S. de
1946 à 1957, puis cherc.heur a 1’O.R.S.T.O.M. de 1958 B 1963, qui a entrepnL‘9 les premières mesures avec, le
gravimètre Nort.h American no 73 mis à sa disposit.ion par 1’O.R.S.T.O.M.
Cependant, comme il n’y avait. aucune valeur absolue de la pesanteur a Madagascar, ces mesures n’ont pu
&re que des mesures relaiives. Une première liaison de Madagascar avec. un réseau mondial de stat.ions gravi-
métriques, réseau Woolard, a ét6 effect.ube en 1950 par N. HAKDING (G. P. WOOLARD and J. C. ROSE, 1963), mais
c’est au réseau de bases gravimétriques europeennes que Madagascar a été rattaché grace au rt?seau O.R.S.T.O.M.
établi par J. MARTIN en 1961 et qui s’ét.end à l’Afrique, à Madagascar, à l’île Maurice et à la Réunion (F. IIuc~.4ux
J, hkiTIN ?t nl., 1954).
Environ 900 stat.ions nnt &é effectuées par le R.P. Id. CATTALA entre 19d8 et 19% (R.P. L. CATTALA, I!%d),
mais très peu ensuite, de 1955 a 19C13, année de sa disparit.ion accidentelle au retour d’une réunion scientifique.
Parallèlement AUX mesures du R.P. L. CATTALA apparemment dans un but géodésique (stations distant.es
de 20 à 30 km), la S.P.M. faisait effectuer par la Compagnie Générale de Géophysique (C.G.G.) le levé gravi-
métrique, en vue de la prospection p&olière, des régions sédimentaires de la Grande Ile. En plusieurs c.ampagnes,
la C.G.G. a lev8 de 1954 à 1965 les régions Ouest (bassins de 1’Onilahy et de Morondava) et les régions Nord-
Ouest (bassin de Majunga).
L’affect.ation, à partir de 1965, au centre O.R.S.T.O.M. de Tananarive, d’une équipe composée de
F. RII~sÈMI~, C. VILLENEUVE et J. RECHENMANN, a permis de reprendre les travaux gravimétriques dans les
autres régions de Madagascar et de terminer l’oeuvre c.ommenc.ée par le R.P. L. CATTALA.
Ce travail a ét.é pratiquement achevé en 1974 et, de plus, étendu aux iles de l’archipel des Comores, Maurice
et de la Réunion.
II. C!adregéographique
Les iles de Madagascar, de l’archipel des Comores, Maurice et de la Réunion sont localisées dans la partie
occ.identale de l’océan Indien, au Sud de l’équat.eur.
Madagascar, une des plus grandes îles du Globe (590.000 km”), est séparée de l’Afrique par le canal de
Mozambique dont, la largeur minimum est. de 400 km entre le cap Saint-André (extrémité Nord-Ouest de l’île),
et le Mozambique. Elle s’étire sur près de 1 500 km entre les degrés 12 et 25,5 de lat,itude Sud avec une largeur
moyenne de 500 km entre les degrés 43,5 et 50 de lon@tude Est.
Les îles de la Réunion et Maurice sont situées k environ SO0 km & l’Est de Madagascar, à environ 200 Sud.
Bien plus petites que Madagascar, elles ont pour superficie respective : 2 500 et 1 800 km”. Quant aus îles de
l’archipel des Comores, situées à environ 300 km au Nord-Ouest de Madagascar, elles tot.alisent une superficie
de 2 260 km2 (Grande Comore 1 147 km 2, <Anjouan 423, Mayotte 400, Mohéli 290).
-1 4”
-Il
-1 18'
-2 2o"-
-2 2" 22:
LEGENDE
-2 24"
Erl 900 - 1200m
El 600 - 900 m
B 300 - 600 m
0 O-3Wm
2. AUTRES ÎLEs
Les iles de l’archipel des Comores sont d’origine volcanique, mais seule la Grande Comore, la plus à l’Ouest
et la plus éloignée de hladagascar, a encore un volcan en activité, le Kartala, d’altitude 2 361 m. Mayotte, la
plus g l’Est,, et donc la plus proche de AIadagascar, est la plus basse (660 m) ; elle se distingue de ses voisines
par sa forme découpée, l’exist,enc.e d’un récif barrière corallien à plusieurs kilomktres des c0tes créant ainsi un
lagon dont la profondeur ne depasse pas une quarantaine de mktres. Ces divers caracttres sont liés & un
affaissement de l’ensemble de cette ile.
L’Île de la Réunion a un relief élevé avec. deux massifs volcaniques prirwipaux, dont, l’un, le plus ancien,
dé;passe 3 000 m (Pit#on des Neiges) et constitue la moitié Nord-Ouest de l’île. L’autre, le Piton de la Fournaise
(2 640 m), au Sud-Est de l’ile, est un volc.an encore en act.ivité. Ces deux massifs sont separés par une plaine
d’altitude 1 $00 m par où passe la seule route traversant l’île. L’érosion a donné lieu a un ljaysage t,ypique,
relui des « cirques “, qui donnent au relief son aspect, IrPs accidenté.. En dehors de ces cirques, les penks des
massifs sont relativement régulières. Il n’y a prat,iquement pas de bordures coralliennes et on att.eint rapidement
les grands fonds marins à peu de distance des c9tes.
L’île Maurice, bien que d’origine également volcanique, n’a plus de volcan en ac.tivité. D’altitude bien moins
Elevée que la Réunion - SO0 m environ - le relief est. très adouci. Contrairement. à la Réunion, l’ile est çeinturee
par des rkifs barrieres coralliens.
IV. Gdologie
Sans entrer dans une deswiption détaillée qui serait hors de propos dans cette étude, il semble cependant
nécessaire de donner un bref apercu sur les grandes lignes de la géologie. Toutefois, si au cours des interprétations
-120 2
0 200 km
I I
Nossi-Bé, .’
1400
-1 200 1200
Légende.
:’
-11000 b ;i Formations récentes IOOC
,:i:it:l.,
Maintirano
-180 E
B Eocène - Oligocène marin
Coulées crétacées
1
21G-, 800 80C
B Jurassique marin
Crétacé continental
BJurassique continental C
-t 300 60C
Permotrias marin
-22’ !>
ranites et charnockites
40(
1. LE SOCLE MALGACHE
Le massif ancien couvre les deux-tiers de la Grande Ile. Mani&es, remaniées par des orogenCses successives,
modifiées par des phénomitnes de rnigmatisat,ion, baranitisation, charnockit,isation, métamorphisme, les roches
originel1e.s ont donné des roches cristallophylliennes difficiles à différencier et. à classer. En particulier, la super-
position de plusieurs métamorphismes d’intensité élevée sur une grande partie de Madagascar, avec. un episode
terminal important lié a l’événement. pan-afrimin de 5%) BIA, et la rareté des mesures géochronologiques r+centes
significatives rendent aléatoire l’identification des épisodes magmaliyues liés aux cycles orogéniques succ.essifs.
Pour les géologues, il est c.ertes utile de définir des ensembles dans le socle cristallophyllien et d’établir une
stratigraphie précambrienne. Pour nous, cette définition d’unités slratigraphiques n’aura qu’un int.ériX secondaire
En effet, les différents systèmes représentant, une période ou un cycle à l’échelle continentale ont des caractères
très voisins et on peut penser que la gravimét~rie ne verra aucune différence entre les diverses séries cristallo-
phylliennes définies par les géologues. De plus, le s&éma stratigraphique admis il y a quelques annees
(H. RESAIRIE, 1960) est remis en question a la suit,e de nouvelles études sur le socle et dont les résulta& ont fait
I’ohjet de nombreux essais de synt.h+se, locales ou générales, a partir de 1966 (RI. BERTUCAT, H. BESAIRIE,
J. CHANTRAINE, G. HOTTIN, G. JOURDE, G. NOIZET, L. RADELLI). Aussi ne ferons-nous pas mention d’une
st.ra.tigraphie précamhrienne et nous considérerons les roches const.it,uant le socle comme une seule enGt.6 ;
ce ne sera que dans quelques cas particuliers que nous différencierons les roches cristallines en pr6senc.e.
On notera cependant que les derniers travaux cit.és plus haut (HOTTIN, 1973), distinguent. les terrains
précamhriens sit.ués de part. et d’autre de la ligne de dislocation importante NW-SE (ligne Ranotsara-Bongolava).
Au Nord de cette ligne, les terrains seraient d’$ge kat.archéen et archéen, plissés et mét.amorphisés par une
orogénie shamvaïenne autour de 2 600 MA ; au Sud, les divers groupes seraient & c.lasser dans le complese ,ultra-
mét.amorphique androyen, d’âge protérozoïque moyen ou inférieur, pour le moins antérieur B l’orogénie kiba-
rienne (1 100 &ZOO MA).
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18”
22”
24O SUD
V. Tectonique
Le socle cristallin est issu d’une aire géosvnclinale ayant une longue histoire dans le vieux Précambrien.
Tous les svstPmes séparés dans le socle ont étk affectés par une orogenèse majeure vers 2 600 MA. Apres des
manifestations plutoniques d’âges différent.s, une nouvelle orogenèse a eu lieu vers 500 MA et qu’il n’est guère
possible de distinguer de la première.
La tectonique du soc.le est commandée par l’existence de grands axes anticlinaux autour desquels s’allongent
et se moulent des zones synchnoriales. Les axes anticlinaux sont, constitués de formations en grande partie
granit,isées ou bien métamorphisées. Une des carac.téristiques de la tectonique est le déversement> des plis à l’Est.
Le socle comporte quelques fossés d’effondrement : au Nord la fosse d’Antongi1 et. au cent.re les fosses de
1’Alaotra et du haut, Mangoro, qui peuvent i%re considérées comme de petit.es ((rift. valley ». Le fossé de l’illaotra,
où l’épaisseur du remblayage sédimentaire dépasse la c.ent,aine de mètres, est bordé par des p0int.ement.s volca-
niques.
1. Anomalie de Bouguer
1. DEFINITIOE
Le premier document, établi à part.ir des résuhats des mesures est cartographie en (( anomalies de Bouguer B.
On définit classiquement l’anomalie de Bouguer en un point. par la différence entre ce que serait la gravité,
si on supprimait la topographie (alt.itude et relief) et remplaçait la st.at.ion par sa projection au niveau de la mer,
et la valeur au point correspondant, de la surface de l’ellipsoïde de référence. Elle est donnée par :
B = (G + Cz + T) - Go
où :
G : Valeur observée de la pesanteur corrigée des erreurs instrumentales (dérive...) et des effets luni-solaires.
Elle dépend de la valeur de la pesanteur choisie au point de départ du réseau de mesures.
Cz : Correction fonction de l’altitude de la station et de la densité des terrains.
T : Correction de relief qui tient. compte des variations de la topographie aut.our de la station.
Go : Valeur théorique de la pesanteur au point de l’ellipsoïde de référence correspondant a la station.
Cette définit.ion peut se résumer en disant, que (<la mesure de G a été réduite au niveau de la mer D. Mais
si cette formule rend les mesures comparables ent.re elles, elle ne permet guére d’en degager une interprétation
physique.
On peut grouper les termes d’une facon différente, tout en obtenant. une formule numériquem& équiva-
lente :
B = G-(Go-Cz-T)
Ce qui permet. de considérer l’anomalie de Bouguer comme étant la différence de deux quantités : la pre-
miere n’est. aut,re que la mesure fait,e a. la stat.ion, la seconde est la valeur de la pesanteur au meme point d’un
modéle obt.enu en superposant, a l’ellipsoïde la topographie affectée d’une densité convenable. La signification
de l’anomalie de Bouguer se dégage alors sans ambiguït,é . c’est l’influence gravimétrique des différences qui
existent entre la terre réelle et le modele. Le point d’application est la station et. non plus sa project.ion sur
l’ellipsoïde.
Dans la définition de l’anomalie de Bouguer figurent. des termes Correct<ifs dus à la topographie. Ce sont la
correction Ca et la correction de relief T. La Premiere correction est elle-même la somme de deux termes qui sont
la correction Q l’air libre C,, et la correction de plateau C,.
Cet.te correction dite également de ((Faye )), ne tient. compte que de la distance Z entre le point de mesure
et, le niveau de référence. Elle est positive si le point de mesure est au-dessus du niveau de l’ellipsoïde.
Cette correction dite de Gplateau )) tient. compte de l’attraction qu’eserc.e au point. de mesure la c.ouc.he
horizontale de densité d, d’épaisseur Z, comprise entre le point. de mesure et. l’ellipsoïde. Cette c.orrec.tion,
négat,ive, est donnée par l’expression (en milligals par mbtre) : O,O419 d Z.
Nous avons choisi la valeur 2,67 pour la densit.é, valeur communément admise pour représenter la densité
moyenne de l’écorce ou au moins les premiers kilomèt.res de c.elle-ci. Nous verrons plus loin que cette valeur est
satisfaisante. Dans ce cas, la correc.tion de plateau s’exprime par :
C plateau = - 0,1119 Z milligals
En réalité, cette correct,ion n’est valable que pour des études locales, OUIon peut, admettre que les masses
lointaines agissent de même fason 5 l,outes les stations. Pour des études portant, sur de grandes étendues, la
courbure de la Terre n’est plus négligeable et la correction précédente devrait Atre calculée pour un plateau
sphérique.
Toutefois, nous n’avons pas calculé les corrections de plateau qui tiendraient compte de la courbure de la
Terre. Cette correction de plateau sphérique n’aurait eu de raison d’ètre que si parallèlement. on effectuait les
correc.tions de relief. Or nous verrons que nous avons négligé ces c.orrect,ions dans le calcul des anomalies de
Bouguer pour Madagascar en en donnant toutefois un ordre de grandeur. De t,oute facon, le fait. de négliger cette
courbure influe peu sur la précision de calcul de l’anomalie de Bouguer eu égard aux autres erreurs, en parti-
culier celles liées à la détermination de l’altitude comme nous le verrons plus loin.
Par contre, pour la réduction des mesures dans les îles de l’archipel des Comores, Manrice ei de la Rhnion,
la correction de plateau a été calculée pour un plat,eau sphérique et nous verrons que nous avons été amené à
choisir la valeur 2,9 pour la densité, valeur qui conduit h une corrélation minima entre les alt.itudes et, les ano-
malies de Bouguer (fig. 8).
On sait qu’outre la correc,tion de plateau, il y a lieu de tenir compte des irrégularites du relief dont on cherche
à compenser les effets par une Gcorrection du relief 8. Les creux et les bosses contribuent & une diminution de la
pesanteur et la correction est pratiquement toujours positive. Elle se calcule à l’aide d’abaques et de tables.
Nous avons cependant. négligé d’effectuer cette correc.tion dans la détermination des anomalies de Bouguer
relatives à Madagascar, son calcul pour des milliers de mesures aurait représenté une somme de travail dispro-
portionnée aux objectifs d’un levé de reconnaissance.
Toutefois, en vue d’obtenir un ordre de grandeur, meilleur qu’une simple estimat.ion, des corrections aux-
quelles on peut s’attendre compte t,enu des conditions t,opographiques particulières, nous avons effec.tué ce
calcul, c.omme nous le verrons plus loin, pour un certain nombre de station, G c.aractéristiques (une cinquantaine
environ).
Par contre, pour les autres Iles, nous avons t.enu compte de la correction de relief jusqu’A la zone 0, (167 km
aut,our de la st.ation) dans le c.alcul des anomalies de Bouguer.
La somme des trois corrections (t air libre 11,(t plat,eau 1)et s relief 1)const,itue la correction de Bouguer qui
conduit A la notion d’a anomalie de Bouguer v : différence en une station entre la valeur observée de la pesanteur
et la valeur obtenue en ajoutant la c,orrection de Rouguer & la valeur th&orique de la pesanteur au point de
l’ellipsoïde de référence correspondant à la st.ation.
Si l’on ne tient compte que de la correc.tion A l’air libre, on définit. 1’~ anomalie à l’air libre >i.
Les mesures de pesanteur effectuées aver des gravimPtres sont des mesures relatives qui nécessitenl, donc
la connaissance de deux élémenk au départ :
- une valeur de référence de la pesanteur au point. de départ du réseau de mesure ;
.- une base d’kkalonnage qui permet, de définir en milligals l’échelle de lect,ure du gravimètre.
Les valeurs observées de la pesanteur, corrigées des erreurs instrumentales (dérive...) et de la marée luni-
solaire sont calées sur les bases gravimétriques du réseau O.R.S.T.O.M. qui s’étend à l’Afrique, à Madagascar,
?I la Réunion et SIl’ile Maurice (DUCLAUX, MARTIN ei al., 1954). É;tabli en 1951 et 1952, ce réseau communément
appelé réseau Martin a pour point, fondamental Paris-Observatoire :
Pilier E, ancienne salle de pesanteur, g = 980 943,OO milligals. Cette valeur est définie dans le système
classique dit de Potsdam basé sur la valeur Observ@ede la pesanteur a Potsdam par KUHNEN et FURTWANGLER
en 1904 (g = 981 274 mgal).
Bien qu’un nouveau système de référence dit. IGSN 71 ait été préconisé par l’A.I.G. en 1971, et que nos
mesures s’étendent jusqu’en 1974, nous sommes cependant reséé dans l’ancien syst.éme de Potsdam pour une
raison d’hon1ogénéit.é (les premikres mesures & Madagascar effectuées par le R.P. Louis CATTALA remontent
a 1958).
Rappelons que le nouveau réseau internnt.ional de la pesanteur a été adopté & l’occasion de l’Assemblée
générale de I’LTGGI à Moscou en 1971. Appel6 (( Réseau Gravimétrique International Unifié 1971 )) ou (( Int.er-
nat.ional Gravity Standnrdization Net 1971 )) (Publicat,ion A.I.G., 1974), il a ét,é établi par la c.ompensation
générale d’un rkseau mondial constitue par un ensemble de mesures absolues (lO), de mesures pendulaires (1 200)
et. de mesures au gravimétre (2-Z000).
D’autre part. une nouvelle formule de référence a été adoptée par I’UGGI en 1967 :
G, = 978 @31,85 (1+0,005 278 895 sin”L + 0,000 03.3 ‘462 sin4L)
Remarquons que si l’on veut utiliser le réseau IGSN 71 pour le calage des mesures, il faut également, pour
etre cohérent,, c,alculer les valeurs d’anomalies avec la formule 1967.
On peut, noter que la valeur de la pesanteur à la station de Tananarive-Arivonimamo aérodrome, no 272
dans le réseau O.R.S.T.O.X. (g = 978 220,47) devient, dans le nouveau réseau IGSN 71, sous le no 39297 J,
Madagascar
Ile de la Rbunion
No 284 LA RÉUNION-GILLOT nkrodrome g = 978 940,20 (repbes disparus)
285 SAINT-DENIS station astre. 846,97 (repbres disparus)
286 PORT DES GALETS églis? 934,56
287 POINTE DU CHATEAU 958,18
288 SAINT-PIERRE station astro. 947,70 (repères disparus)
289 PLAINE DES CAFRES Bglise 695,71
290 SAINT-BENOIT @lise 913,81
Ile hlaurice
NO 291 PLAISANCE akrodrome g = 978 X69,07
2% PORT-LOUIS 9‘28,01
Rappelons que les valeurs des st,ations du réseau Woollard cité plus haut sont. :
RIadagascar
WA 9006 - ARIVONIMAMO airport. 978 216,6
(station pratiqnement identique à la station
O.R.S.T.O.M. nn 272).
Ile Maurice
WA 9007 - Airport 978 866,6
(équivalente à la station IGSN 71, no 42 707 J, 978 852,%1 rngal)
Une autre base, plus pratique pour notre usage que la station 276 Tananarive-IRSM, a également été
établie :
276-I TANANARWE-TzrniBazAzA (ancien centre O.R.S.T.O.hf.) g = 978 252,66
C’est cett,e station qui a servi de point. de départ & nos levés gravimétriques à Madagascar.
Ces trois st.ations, ainsi que celles du réseau complémentaire ci-dessous, sont décrites dans la notice expli-
cative no 79, O.R.S.T.O.M. Paris 1973.
Pour déterminer la dérive des gravimtt.res travaillant sur de grandes dist.ances, le nombre des stations du
réseau O.R.S.T.O.M. était insufkant. En partiwlier il n’existait aucune base dans toute la part.ie Nord de la
Grande Ile. Aussi, pour obt,enir un lev6 homogkne pour tout Madagascar, il a étk néc.essaire d’ét.ablir un réseau
secondaire compktant le ri-seau O.R.S.T.O.M., appuyé sur celui-ci et ayant sensiblement sa prkcision. Ces
nouvelles bases ont ét.6 implantées aux aérodromes, les liaisons avec Tananarive ayant été assurées par avion.
Étant donne que ces stations ont ét,é É?tablies avec le gravimètre 0 North American )) no 73, étalonné entre
deux st.ations du réseau (t Martin )), on peut admettre qu’elles s’intègrent naturellement à celui-ci.
Ces st.ations sont :
A Madagasc.ar
ANTSOHIH~ akrodrome g= 978 342,78 rnilligals
DIEGO-SUAREZ a&'OdTOme 306,54
MAJUNGA aérodrome 431,20
ï,IANANJARY 800,60
NOSY-BE aérodrome 383,23
SAMBAVA aérodrome 451,21
TAMATAVE aerodromc 591,07
Aux Comores
Les bases gravimétriques des îles de l’archipel des Comores ont été effectuées au cours d’une campagne de
recherches océanographiques du N.O. ((Vauban D de l’O.R.S.T.O.M. dans la région des Comores en octobre-
novembre 1973 et à l’owasion de laquelle il nous a été possible de faire quelques mesures gravimétriques dans
les différentes îles.
Les bases sont les suivantes :
DZAOUDZI A, port g = 978 510.1 milligals
Dzaounzr B, aérodrome 500,7
&fORONI, RCrodrlJme 406,R
Mu~sAbfuDu, port 4W,6
Les valeurs de la pesanteur aux stations de base du réseau cornplérnentaire à Madagascar ont été établies
avec une précision de 0,03 nlgal sauf celles de Mananjary et Nosy-Bé dont la précision n'est que de 0,05. En ce
qui concerne les bases AUX Comores, la précision est de 0,l mgal.
Pour pouvoir determiner la valeur de la pesanteur en une station Q partir de mesures effectuees avec un
gravimétre, il faut. connaître le coeflcient d’étalonnage de celui-ci.
Étalonner un gravimètre, c’est déterminer la valeur en milligals d’une division du cadran de lecture. Cela
n’est possible que si on a deus stations ou la valeur de la pesanteur est. déja connue, soit par des méthodes pen-
dulaires, soit, comme ç’est le cas le plus souvent, par des liaisons effectuées avec. des gravimètres étalonnés au
préalable. C’est. ainsi que les bases du réseau O.R.S.T.O.M. ont étt: ét.ablies avec le gravimctre QNorth Ameri-
can j) no 124.
On voit déja de ce fait que la précision de l’étalonnage d’un gravimét,re dépendra de le. qualité de l’étalonnage
du gravimetre de reférenee.
É;tant calées sur le réseau de bases O.R.S.T.O.Rl., nos mesures sont, entachées en premier lieu de l’erreur
sur ce réseau, erreur systématique indépendante de notre travail. La mème erreur se répercut.era sur le réseau
de bases complément.aires qui, comme nous l’avons vu, peut &t.re c.onsidt;ré comme une extension du réseau
O.R.S.T.O.M. et, d’une précision aensihlement équivalente.
Tout le réseau O.R.S.T.O.M. a été etabli avec le gravimetre (t lYorth Ameriçan u no 12.4 étalonné sur la base
d’étalonnage française Paris-Toulouse. Nous avons vu que le milligal francais tel qu’il est défini par le base
Paris-Toulouse s’écarte de 1:227/1 000 du milligal mondial.
Dans notre étude, la base de départ. a pour valeur environ 978,251) Gals et les valeurs observees de la pesan-
t,eur varient entre 975 et 979 Gais. Nous pouvons donc indiquer que les erreurs sur nos mesures dues à l’impré-
cision du réseau de bases seront donc au plus de -0,3 mgal vers les valeurs inférieures à 978,250 (altitude plus
forte ou latitude plus faible) et +0,9 vers les valeurs supérieures.
L’imprécision sur le réseau de bases entraine donc une erreur sur le coefficient d’étalonnage du gravirnetre
NA 73 qui a été utilisé pour effectuer nos mesures.
Cependant, il faut noter une autre cause d’erreur qui a affecté nos mesures et qui est une erreur propre à
notre travail : c’est la wwintio~~ du coefficient tl’étalon~~age au COL~Sdu temps.
C’est, un phénomene qui, mal~l~ureusernent-, n’a pu être mis en évidence qu’à la fin de nus travaux et il était
difficile de reprendre tous nos c~akuls.
Trois etalonnages seulement. sur la base Tananarive-Fort-Dauphin ont PLI ctre effectués au cours de
nos travaux qui s’étendent. de 19661 a 1974.
Le premier, en février 1968, avait. donné comme coefkient 2:1103. C’est cette valeur qui a servi
pour caIc.uler les résukats de nos mesures de 1966 à 1969.
En 1969 le fonc.t.ionnement, du gravimètre a commencé a étre défectueux. Des sauts ((( Jumping ») clans les
lectures devenant de plus en plus fréyuent,s, une revision du gravimètre s’imposait. et il a ét.é réexpédié en France
en juin 69 a la C.G.G. (Compagnie Générale de Géophysique) pour une remise en état..
Au retour de l’appareil à ïVadagasc,ar, un nouvel étalonnage effectue sur Tananarive-Fort, Dauphin en jan-
vier 70 a donnk comme coefficient-. 2,.1066. La différence avec la valeur déterminée en 1968 avait ét,é attribuée â
ce moment. aux opérations de révlslon en France.
C’est. a partir de ce coefiic.ient, 2.,1066 qu’ont étb obt,enus les résukats des mesures faites ent.re 1976 et, 1974.
Un troisieme étalonnage a été effectué ii la fin de nos travaux en février 1974 sur la base Tananarive-Fort
Dauphin pour un uRime controIe. Cet étalonnage a conduit Q la valeur 2,0969.
En const.at.ant. la diminution progressive du coeficient d’étalonnage, nous avons été amené a reconsidérer
la c.onstance, jusqu’alors admise, du coefficient, d’étalonnage du gravimétre.
En portant, sur un graphique (fi,. ‘0. A-)les trois valeurs du coeffkient. en fonction du temps, on observe qu’elles
s’alignent. sensiblement. Pour s’assurer de la réalite de cette 4 dérive 1)du coeffkient d’étalonnage, nous avons
repris les dét.erminations des bases d’.clnfsohihy et. dlaj~~nga du réseau complémentaire qui avaient. été réoccupées
deux fois a plusieurs mois d’intervalle.
Les différences, de l’ordre de 0,2 mgal, qui avaient été observées entre deux liaisons sur une merne base,
avaient. ét.t atkibuées a l’époque aux mesures et on avait pris la moyenne.
Considérons par exemple la base d’ilntsohihy :
La liaison Tananarive-Antsohihy a été effectuée par deux fois : les 3 janvier 1971 et 10 octobre 1972, soit
a 22 mois d’intervalle. Les différences de lectures observées, corri@es de la dérive et de l’effet luni-solaire, ont.
été respectivement de 42,81 et 42,92 divisions. Le coefficient d’étalonnage 2,1066, adopté alors, donnait, donc
une différence de pesanteur de 90,18 et, 90,42 mgal (écart de 0,24 mgal), soit, une moyenne de 90,30.
Considbons maintenant. comme roeffkient d’étalonnage les valeurs lues sur la droite moyenne telle qu’elle
est, définie. sur la fig. 4 et. correspondant aux époques de mesure.
Pour la Premiere liaison (03.01.71) le coeffricient serait, de 2,,1044. La différence de lecture de 42,81 divisions
donne une diffërence de g de 90,09 mgal.
A la deuxikme liaison (10.10.72) correspond un c.oeffrcient de 2,101)4, ce qui nous donne une différence de g
de 90,15 mgal, pour une différence de lecture de 32,92.
La différence entre les deux liaisons n’est. donc plus que de 0,06 mgal.
On voit imrnédiat,ement que si l’on admet. une v dérive >)du coefficient. d’étalonnage, on améliore c.onsidéra-
blement les mesures, I’éc.art entre les deux liaisons passant de 0,2-I a 0,06 mgal.
On est. ainsi conduit a adopter pour la différence de g entre Tananarive et, Antsohihy la valeur moyenne de
90,13 mgal.
En adoptant cet.te valeur comme différence de pesant.eur ent.re Tananarive et Antsohihy, on peut déterminer
réciproquement les cocffrcienk d’etalonnage tels qu’ils auraient dd être en considérant, les différences de lec.tures
observées. Ainsi ce c.oefYic.ient,devient 2,105l pour la première liaison et 2,0997 pour la deuxième.
LIAISONS
+ PARIS - TOULOUSE (19581
+, TANANARIVE - FORT-DAUPHIN
TANANARIVE - ANTSOHIHY
0 TANANARIVE - MAJUNGA
En opérant de même pour les liaisons effectuées sur Majunga les 25 juin 1971 et 14 décembre 1973, soit à
30 mois d’intervalle, on en déduit. pour c.es époques les coeffkients 2,1017 et 2,099s.
En reportant ces quatre valeurs sur le graphique, on constate bien une diminution sensiblement linéaire
du coeffkient d’&alonnage.
Notons également qu’un étalonnage de ce gravimétre avait été effectué sur la base Paris-Toulouse par
J. MARTIN en mars 1958. Ce dernier en avait déduit. la valeur 2,124O. Cette valeur, reportée sur la fig. 4 pourrait
confirmer cette variation du coefficient d’étalonnage.
Si l’on admet c.ette variation du coefficient d’étalonnage du gravimètre, les résultats des mesures, calculées
avec le coeffkient constamment égal G 2,1066, seront donc entachés d’une erreur augmentant avec le temps.
S’il était opportun de recalculer les valeurs de la pesanteur aux bases du réseau complémentaire en consi-
dérant le coeffkient d’ét,alonnage lu sur le graphique Q la pbriode c.orrespondant. à la liaison (ce sont c.esvaleurs
qui ont été adoptées pour le réseau de bases cité plus haut), nous n’avons pas cru indispensable de reprendre
les calculs pour les aut,res stations, compte tenu de l’utilisation des résultats de nos mesures, l’objectif principal
étant. l’établissement d’un réseau & larges mailles visant aux études de géodksie et de géologie profonde. Nous
verrons dans le calcul des anomalies que la principale c.ause d’erreur provient de l’impr&ision sur la détermina-
tion des altitudes et l’erreur qui en résulte est beaucoup plus importante que celle liée à la valeur adoptée pour
le coeffkient d’étalonnage.
Chiffrons cependant l’erreur que nous avons pu commettre en ayant conservé le coefkient, 2,1066 de 1970
à 1974.
Les mesures au début de l’année 1971 ont, été effectuées dans le Sud de Madagascar. A cette période c.orres-
pondrait un coefficient. moyen de 2,104. Les écark de g observés étant d’environ 500 mgal, les résulta& obtenus
sont entachés d’une erreur de près de 1 mqal. De mkne pour le Nord de Madagascar, où les mesures ont été faites
de fin 72 à début 73 (pas de mesures entre fin 71 et début 72). Les éc.art.s de g n’y atteignant que 300 mgal et
le coefficient moyen qu’il aurait fallu adopter étant de 2!100, l’erreur est également, de 1 mgal.
Les levés aux îles de l’archipel des Comores, Maurice et, de la Réunion ont été effectués avec le gravimètre
Worden no 600 et ne sont donc pas ent,achés de cette erreur.
A l’île Maurice et 0.la Réunion, les mesures sont calées sur le réseau O.R.S.T.O.M. et. aux Comores les mesures
sont calées sur les bases du réseau complément-aire corrigées de la dérive du coef’fkient. d’étalonnage du gravimètre
NA 73.
En plus des erreurs résultant. d’une part du réseau de bases et, d’autre part,, de l’&alonnage comme nous
venons de le voir, il existe des erreurs qui dépendent de la façon dont les levés sont effectués.
Si sur certains it.inéraires les recoupements etaient nombreux, sur d’autres ils pouvaient &tre trts espacés.
Si la pression ne variait qu’en fonct.ion de l’alt.it.ude, les mét,hodes opératoires seraient. simples. Mais on sait
que la pression carie selon les heures de la journée ((( marée barométrique ,) et en foncl,ion des conditions clima-
tiques locales.
Pour éliminer les effets de la marée barométrique, on a procédé de la facon suivante : en chaque stat.ion on
note l’altitude lue sur un alt.inGtre et l’heure de la mesure. La différence entre la valeur de cett,e altitude et
celle du point de départ est corrigée de la valeur de la marée baromét.rique à l’heure de la mesure. Pour évaluer
ceike correction, qui peut. at,teindre une cinquantaine de mèt.res (en moyenne une trentaine), on a utilisé, soit les
mesures au barometre faites a int,ervaIles reguliers dans les stations du Service Météorologique de Madagascar
les plus proches de la zone de travail (stat.ions marquées d’un B hI D sur les figures 5 et 6), soit, les lectures faites
à imervalles réguliers, d’un deuxième altimètre inst.allé provisoirement dans la région A étudier (ces stations sont
marquées d’un (( m j>).
SUD HAUTS PLATEAUX ET COTE EST
FIG. 5. - Itinéraires du Nivellement GénBral de Précision doublés par le nivellement. baromktriquc dans le sud et sur les Hauts-
Plateaux et la côte Est. de Madagascar
Tuléar Hm
Ifcil
lsoanala
Beraketa
10 n>
1
--
--
10 m
1
Brrckùville Ht7 Tamatave Hn HIl Fé&/e
S! Pierre
It .ll là la Réunion)
i
10 m
14m l
beau de la mer
F
0 10 20 30 40 50 km
1’1~;.7. A : Histogramme des stalions ayant le mèmc kart (x) mt?tres entre les altitudes par niwllement. baromktrique et, celles
du Nivellement génkral de Prtkision, en nombre et en pourcentage sur un total de 327 stations ; B : frtquences cumulées du nombre
de stations ayant un écart. inl~rieur ou égal SI (x) m+tres
Une autre maniére de prhenter ces résultats et. qui les résume assez bien, est, de considérer l’hist,ogramme
des stations ayant, le même écart absolu entre altit;ude vraie et altitude barométrique (fig. 7). L’histo~ramme
en nombre de st.aLions et. en pourcentage (7, A), pour un total de 327 stations comparées, monl,re que la majorité
des points présentent. un écart, inférieur ou égal A 3 m. La figure 7, El qui représente les frb,quenc,es cumulées
indique que l’on a une erreur infél-ieure ou igale à 5 I~L,ce qui correspond A une erreur de 1 m-a1 sur l’anomalie
de Bouguer, pour 90 % des siaiions nivelées barométriquement.
L’étude expérimentale de l’erreur commise sur la détermination des nlt.itudes par la méthode du nivellement
barométrique telle que nous venons de l’exposer nous conduit. A admettre le mème ordre de grandeur de l’erreur
sur l’altitude
des stations d’itinéraires nivelés uniquement par la méthode barométrique, mais qui, bien entendu,
s’appuie au depart. et A l’arrivée sur des points d’altitude connus.
En dehors de l’influence pr6ponderant.e de l’erreur sur l’altitude dans le calc.ul de l’anomalie de Bouguer,
il reste Q voir 1’influenc.e de l’utilisation d’un coeficient c.onstant pour le calcul du terme de plateau et du choix
de la densité.
Cett.e correction supplément~aire, que nous n’avons pa s appliquée, correspond de ce fait à admettre dans le
calc.ul de l’anomalie de Bouguer une erreur variant, de zéro pour les stations en bordure de mer Q 1,:‘: mgal pour
celles situées sur les 1laut.s plateaux de Madagascar d’altitude moyenne de 1 000 a 1 200 m.
Cependant, il faut, noter que les résulkts de BULLARD ne tiennent. compte de la courbure de la T’erre que
jusqu’a 167 km de la stat,ion. Or les questions c.ourbure et rayon égal a 167 km sont inseparables, car si on
considérait. un plat.eau ((sphérique )) complet, son effet, serait, double, ce qui est. évidemment. absurde.
Pour une couche sphérique mince, les effets jusqu’à l’horizon, et au-delà de l’horizon, sont égaux, et prat,i-
quement égaux à ceux du plut-eau (t plan 1).On a substitué 167 km à la distance a l’horizon (laquelle varie pour
les différentes couches élémentaires qui constit.uent le plateau), car c’est. jusqu’a 167 Bru que l’on fait. également
les correct.ions topographiques et, éventuellement. topo-isost,aLiques. Au-delà de 167 km, on fait. tout au plus une
correction topo-isost.atique en une fois, qui n’implique pas la correction préalable du plat.eau et qui est prat.ique-
ment indépendank de l’altitude de la station.
Ces raffinements sur la correction de plateau n’auraient donc de raison d’etre que si nous avions effectué
l’ensemble des corrections, topographiques jusqu’à 167 km, isostatiques indépendantes jusque-là et une correc-
t.ion Lope-isostatique globale au-dek. Or ce n’est pas le c.as, et- c’est pourquoi 1101z.s J~OJIS en sommes tenu à la
ccw~ection de plaietzu plaJJ.
2.11
2.5
2.6 FIG. 8 a
237
2.8
2.9
3.0
2.4
2.8
2.6
2.67
2.8
2.9
10 mgal
MANJAKANDRIANA
MALAIMBANDY _ AMBOROMPOTSY
--
SOAKIBANY _ MAHATSINJO
2.8
Am
I 10 mgal
Si cette valeur convient bien aux régions cristallines de Madagascar, elle est trop forte pour la partie occi-
dentale qui est couverte de formations sédiment.aires. Ainsi les résultats des levés de cet,te dernière région, et qui
nous ont été communiqués par la S.P.M. (Société des Pétroles de Madagascar), étaient calculés avec une densité
bien inférieure à 2,67 (2,O). A l’échelle d’une carte de reconnaissance A 1/1 000 MIO, on pouvait ne pas tenir
compte pour le tracé des anomalies de Bouguer de densités r@ionales différentes qui intéressent surtout les
densités des terrains superficiels, et en vue d’obtenir une cart,e homogéne nous avons recalculé avec. la densité
2,67 les résultats fournis par la S.P.M.
Pour montrer que le choix de la densité est convenable pour les zones cristallines, nous avons représenté
sur la figure 8 quelques profils des anomalies de Rouguer c.alc.ulée,9 avec. des densités allant de 2,2 à 3,O et, en
regard, le profil t,opographique correspondant. Ces exemples montrent. bien que c’est, pour la sensité 2,67 que
l’on observe en moyenne le moins de relation entre les variat,ions du relief et les anomalies.
237
2,61
2.8
2.9
3.0
,10 mgal
4 *’ 1
1000 _
800 _
I >
10 20 30 JO 50 km.
280
FIG. 8 1)
M. RAKOTONDRAINIBE (1977), a la suite de ses travaux sur les séismes, a été amené a adopt.er pour la croûte
a Madagascar un modele 61deus couc.hes (granitique et basaltique) dans 1esyuelle.s les vitesses de propagat.ion
des ondes P sont respectivement des 5,9 et 6,7 km/s.
La relation linéaire empirique ét.ablie par BIRCH en 1961 entre la vitesse V des ondes P et la densité d
VI<m/S = 3,31 d - 2,55
permet de déduire les densités connaissant les vitesses.
Des vitesses ci-dessus on en déduit les densités 2,55 et 2,79 soit. une moyenne de 2,ü7, valeur que nous avons
adopt,ée pour l’ensemble de l’écorce, les hétérogénéités dans les couches ainsi que les variations d’épaisseur nous
ét.ant par ailleurs inconnues.
Par contre: la considération des profils de l’anomalie de Bouguer calculée pour différentes densités pour l’ile
de la Reunion, nous a amené, malgré la présence de terrains superficiels légers (cendres volcaniques...), R adopt,er
la densité 2,9 pour le calcul des anomalies, valeur qui traduit bien le substrat.um volcanique de l’île (Profils 1 et
II de la figure 8 b).
Dans le calcul de l’anomalie de Bouguer intervient l’influence du relief autour de la station. La surface de la
terre comport.ant, des dknivellations, il faudrait. tenir compte aussi bien des masses situkes au-dessus du plan
passant. par la station, que des déficits de masse au-dessous.
Pour ce qui concerne les mesures à Madagascar, le terme relatif A la t,opographie n’a pas ét.é calculé. D’une
part., les résult.ats communiqués par la S.P.RI. et intéressant près du t.iers de la superfkie de la Grande Ile et. qui
correspond au sédimentaire, ont été calculés sans ces correckions. D’autre part, calculer les c.orrections de relief
jusqu’à 167 km pour chaque station, aurait, représenté, un travail considérable, disproportionné A la précision
cherchée (détermination de l’alt,itude moyenne de prt,s de 100 000 carreaux).
Par contre, nous avons effectue le calcul des correckions de relief qui doiventf $tre important.es pour t,outes
les stations des îles de l’archipel des Comores et de la Réunion oil le relief est trks accident& et des fonds marins
importants sont proc.hes des c.fit,es.
Pour l’ile Maurice l’absence de cartes kopographiques détaillées n’a pas permis le cdcul des corrections de
relief.
Calcul des corrections de relief pour les iles de lu h’hnion ai des Comores. Le cakul des corrections de relief a
été conduit, en plusieurs temps :
- pour les zones de A A H (qualifiées de zones proches) c’est-&-dire jusqu’à 5,2 km autour de la st.ation, les
altitudes moyennes des divers compartiments ont kté évaluées directement à vue sur les cartes à 1/50 000
avec un abaque approprié ;
- pour les zones de 1 à O- (moyennes de 1 à ïF1et lointaines de N à 0,) c’est-à-dire jusqu’à 167 km, les correc-
tions ont, été calculées B l’ordmateur sur un programme de J. LUBART du Bureau GravimCtrique International.
Un travail préliminaire a consisté à quadriller les cartes terrestres et. marines et. A estimer l’altitude ou la
profondeur moyenne de chaque c.arreau. Deux dimensions de carreaux ont, ét.é considérées :
- des carreaux de 2 minutes par 2 minutes en latitude et longitude, jusqu’A une distance minimum de
60 km de la station (rayon de la zone N) ;
- des carreaux de 6 minutes par 6 minute s, c.ouvrant, une zone plus étendue, jusqu’k une distance minimum
de 167 km de la station (rayons de la zone 0,).
Ces calculs ont donné les résultats suivants :
- .- zones proehes (A à H, soit, de 0 A 5,2 km) : les corrections varient en général de 0,5 à 5 mgal (moins de 1 mgal
entre deux stations voisines de 3 à 4 km). Mais 6 stations ont des correct,ions qui atteignent 10 mgal et rncme,
pour deux d’entre elles, dépassent. 20 mgal ;
- zones moyennes (1 à OI, 5,2 à 58,8 km) : elles varient. de 7 h 15 mgal, mais la majeure partie est. comprise
entre 9 et 12 mgal ;
- zones lointaines (N à O,, 58,8 à 166,7 km) : les corrections sont comprises ent.re 7 et. 16 mgal, mais pour la
plus grande partie sont voisines de 9 mgal.
Le t.erme de correction de relief avoisine donc en moyenne une vingtaine de mgal. Pour quelques rares
stations, effectuées dans des Sit(esvraiment défavorables comme il s’en est surtout présent,& A l’île de la Réunion
et. que nous pouvons donc considérer comme anormales, la rorrec.tion peut. atteindre une qunrant.aine de mgal.
Ces correct.ions qui interviennent dans le calcul des anomalies de Bouguer des st.ations situées dans ces îles
où le relief peut passer très rapidement. de -4 500 à à +3 000 m, comme c’est le cas pour la Réunion, sont
import.antes. Mais des stations voisines sont en général affect.ées de corrections qui sont. d’un mème ordre de
grandeur et il est rare d’observer entre elles des correct.ions différant de plus de 3 mgal, bien ent,endu en ne
t.enant. pas compte des stations considérées comme anormales comme il a Até dit plus haut..
Détermiilntion de l’ordre de grnntleur des corrections de relief pour Mudagascar. Les résultats des calculs de
corrections de relief, que nous venons d’exposer, pour les îles de la Réunion et. de l’archipel des Comores, ne
peuvent ètre extrapolés aux mesures effectuées à Madagascar par suite des conditions par trop différentes du
relief et de l’environnement.. On ne peut donc estimer, à Part#ir des résulkats prtkédents, l’ordre de grandeur des
correct-ions de relief qu’il faudrait appliquer aux mesures de Madagascar, ce qui revient à dire qu’on ne peut
estimer l’erreur que l’on commet.trait. sur les mesures si on négligeait. le terme relatif à ces correc.t.ions.
Mais il semble possible d’obt,enir une assez bonne évaluation de ces corrections, sans pour autant effectuer
les i,rop longs calculs que nb,cessit,eleur d&t.ermination, en usant de I:I pnrMcularit,é du relief & Madagascar : son
allongement. parallPle au grand axe de I’lle permet de l’assimiler approximativement A une st,ruct,ure Qcylin-
drique 0.
Ainsi si l’on considérc, du Nord au Sud, des coupes du relief perpendic.ulaires au grand axe de l’Ile, un bon
nombre d’entre elles, sur leur majeure partie, présente des configurations trt?s voisines. On peut donc admettre
raisonnablement les memes conditions t,opographiques pour des stations occupant des situations équivalentes.
En conséquence, il nous suffka de calculer les corrections de relief pour un petit nombre de stations d’un
profil EW pour avoir une bonne évaluation des corrections rekkives 0. la plus grande part des stations gravi-
métriques de Kdagascar.
Pour ce calcul, nous avons choisi comme profil représentatif l’itinéraire Tananarive-cbt,e Est qui comporte
une cinquant.aine de stations.
Conduit de la même façon que pour la Réunion et les Comores, le calcul des corrections de relief pour les
St~ations de ce profil a n6cessit.é la détermination de l’altitude moyenne de près de 6 000 carreaux : carreau-x de
2,5 minutes par 2.,5 minutes pour les zones moyennes et carreaux de 5 minutes par 5 minutes pour les zones
lointaines, l’altitude des zones proches étant lue directement, B partir d’un abaque.
Ce calcul a donné les résultats suivants :
Pour les stations situées sur les Hautes Terres (région de Tananarive) les corrections sont faibles, de 1 Q
1,5 mgal. Elles augmentent assez régulikement quand on s’approche de la c6te Est pour atteindre 3,5 mgal pour
les stat-ions situées a proximitk de la mer. Entre st.ations voisines, l’écart entre corrections ne dépasse pas quelques
dixièmes de mgal. On voit donc que ces valeurs sont loin d’atteindre celles des corrections calculées pour les iles
de In Réunion et des Comores et l’extrapolation des corrections relatives à ces iles n’aurait donc pas été effective-
ment valable.
Des résultats de ces calculs on peut. donc conclure que le fait de négliger les corrections de relief dans la
détermination de l’anomalie de Bouguer des stations gravimétriques effec.tuées à Madagascar, introduit. une erreur
variant de 1,0 S.3,5 mgal selon les régions. Il faut noter de plus que l’erreur relative de 2,5 mgal n’affect,era que
des stations de régions éloignées (Hautes Terres et régions côtières).
II rest,e & voir l’influence de reliefs isolés (falaises ou massifs rocheux) tels qu’on en observe sur certains
profils topographiques. On sait que l’influence de tels reliefs n’est. sensible qu’aux stat.ions proches : moins de
deux km.
En effet, en étudiant l’influence de structures simples auxquelles on peut assimiler ces reliefs isolés
(,J. RECHENMANN, 1973) on a mont& que la correc.tion & apporter à la valeur de la pesanteur devient inférieure Q
1 mgal à partir de quelques l~ilon~ètres de la base de la structure considéree comme infiniment longue par rapport
A la largeur. Ainsi d&s 2,5 km dans le cas d’un plateau de largeur 5 km B falaises verticales, de hauteur 500 m,
et dos 1,5 km dans le cas d’un plateau A bords inclinés, de haut.eur 500 m, pentes A 450, largeur à la base 5 km,
largeur au sommet 4 km.
Il n’y aura donc. pas lieu de t,enir c.ompte de variations de quelques milligals de l’anomalie de Bouguer au
passage de tels reliefs.
Errezzr s117*les corrections de relief. L’erreur sur le terme calculé de la correction de relief dans la détermination
de l’anomalie de Bouguer dkpend entikrement de la qualité des documents topographiques utilises.
Pour les iles de la Réunion et. de l’archipel des Comores, il exist.e d’excellentes cartes terrestres Q 1/50 000
de l’Institut. Géographique National sur lesquelles figurent les c.ourbes de niveau de 20 m en 20 m. Cependant,
malgré la bonne qualité de ces cartes, l’év;rluat.ion de l’alt‘itude moyenne de zones où le relief est très accidenté
est délicate et une erreur de plusieurs dizaines de rnktres est possible. L’ensemble des zones de A A 0, donne
une correction de relief d’une vingtaine de milliçals et une erreur de 2 A 3 mgal est A craindre, d’autant plus
que les cartes marines sont beaucoup moins précises que les cart.es terrestres.
Pour Madagascar, les cartes topographiques à l/lOO 000 de part et d’autre du profil considéré sont. de
qualit variable (courbes de niveau de 20 m en 20 m, ou de 50 m en 50 m). Mais le relief moyen reste relative-
ment régulier et. l’estimation des altikudes moyennes semble bonne. Les corrections sont faibles ; l’erreur l’est
Pgalenrent., de l’ordre de quelques dixiémes de milligal, qui affectera surtout les régions c0tières par suite de
l’impréc.ision, déjA signaloe, des cartes marines.
3
5. PRÉCISION FINALE SUR L'ANOMALIE DE BOUG~ER
De l’ensemble des éléments qui viennent d’êke exposés, nous pouvons essayer de dégager un ordre de
grandeur de l’erreur t.otale possible.
Pour Madagascar, nous ne t,iendrons pas compte dans cette est.imation des écart.s dus ti la sphéricité de la
Terre, que nous avons négligés dans le calcul de la correct.ion de pIat.eau :
- erreur sur la valeur de la pesanteur observée : sans s’at,tacher A l’erreur possible syst.ématique du réseau de
bases O.R.S.T.O.M., on a vu que la variation dans le temps du coeffkient d’étalonnage du gravimétre ut,ilisé
introduit une erreur maximum d’environ 1,3 mgal ;
- erreur sur la valeur de la pesanteur théorique : elle est négligeable, la couverture topographique des zones
levées en gravimétrie assurée partout au moyen de bonnes Cart#esà l/lOO 000 permettant une bonne déter-
mination de la latitude ;
- erreur sur la correction de Bouguer : elle provient essentiellement des erreurs sur la dét,ermination de l’altitude
et de la correction de relief qui a étk négligée.
Pour l’erreur due ri la dCtermination de l’altitude on peut. admettre : erreur entre deux stat,ions voisines,
moins de 1 mgal en général, erreur sur un itinéraire :
- itinéraire nivelé IGN, erreur inférieure au milligal ;
- itinéraire nivelé barométriquement, erreur pouvant att,eindre 2 mgal (except~ionnellement 3 mgal).
Pour les corrections de relief, le fait de les avoir négligées int,roduit une erreur variant de 1 A 3,5 mgal entre
stations éloignées, mais qui n’est que de quelques dixièmes de milligal entre stations voisines.
Finalemed, on peut estimer que l’erreur tot.ale sur la détermination de l’anomalie de Bouguer en un point
peut atteindre 5 à 6 mgal. Mais cette limite de l’erreur est. calculée comme étant, la somme de toutes les erreurs
dans les plus mauvaises conditions, et on peut penser raisonnablement, qu’en général, l’erreur sera inférieure
à ce chiffre. De plus, ajoutons que l’erreur relative entre points voisins sera bien plus faible, de l’ordre de 2
& 3 milligals.
L’anomalie de Bouguer est independante de l’altitude de la station pour un choix convenable de la denské.
Cependant elle reste en corrélation avec l’altitude régionale. Pour Madagasc,ar nous avons pu le constater en
c.omparant les profils gravimétriques avec les profils topographiques correspondants, ou bien la carte des ano-
malies de Bouguer avec la cart.e hypsométrique. Cela peut s’expliquer, en partie du moins, en faisant appel à
(t l’hypothése isostatique b)qui suppose une compensation Q une cert,aine profondeur des effets du relief. Cette
hypothèse conduit A la not,ion d’anomalie isostatique qui peut être présentée comme étant. la différenw entre la
pesanteur du modtle de réfkence isostatique et celle de la Terre réelle.
Ces anomalies isostatiques peuvent être de plusieurs types suivant. les différentes manibres dont on repré-
sentera conventionnellement la réalisation de la compensation et il y aura autant de modtles isostatiques que
d’hypothéses de compensation envisagées.
Entre les différents syst.èmes isostatiques on peut se proposer de choisir celui qui donne les anomalies isosta-
tiques les plus faibles ou les plus réguliéres. Pour notre part, nous avons choisi l’hypothtse d’hiry avec une
profondeur de compensation de 30 km, c’est-à-dire qu’à toutes les masses topographiques on fait correspondre
des masses compensat.rices situées en dessous de la base de l’écorce supposée épaisse de 30 km.
Précisons qu’en Prat*ique, lorsqu’on parlera de Qcorrect,ion isostatique )), il s’agira en fait du terme qu’i1
faut ajouter à l’anomalie de Bouguer pour obtenir l’anomalie isastatique. Ce terme est une quan’cité qui varie
lentement et dont la valeur peut Atre indiquée sur une c.art.e à pet.ite échelle. C’est ainsi que nous avons figuré
sur les coupures à l/l 000 000 de la cart.e de anomalies de Bouguer de Madagasc.ar des cart,es de corrections
isost,at,iques à l/lO 000 000 permettant d’évaluer 1’influenc.e de l’hypothèse isostatique, hiry 30 km ; comme
nous l’avons d’ailleurs déjà fait pour les différentes cartes A I/l 000 000 des anomalies de Bouguer présentant
lpu terme
L’erreur sur l’anomalie isostatique est la somme de celle qui ent,ac.he l’anomalie de Bouguer et de celle liée
isostatique. Elle varie lentement d’une stat.ion à l’autre, et l’erreur relative entre points voisins sera
faible, de l’ordre de quelques dixiemes de milligal. En effet., l’altitude moyenne d’un compartiment, et donc
l’erreur
. . qui est att.achée A sa dét.ermination, se retrouvent dans le calcul du terme isostatique de plusieurs points
iwisms.
Par cont,re, en valeur absolue, l’erreur sur le terme isostatique pourra être assez importante, de l’ordre
i! e 2 A 3 milligals, la détermination des altitudes moyennes dépendant de la qualité des cartes topographiques
% en particulier des cartes des profondeurs marines qui sont trPs sommaires.
r L’erreur sur le terme de Bouguer at:teignant 5 à 6 rngal en l’absence de correction de relief et le terme
lsostatique n’étant pas défini a mieux que 2 à 3 mgal, l’erreur sur l’anomalie isost,atique pourra donc atteindre
5 a 9 mgal.
i HYPOTHÈSE D’AIRY
T=30 km
pas. une bonne representation des phenomenes Iocaus. C’est pourquoi les proflIs magnétiques n’ont, é,té utilises
que pour aider a l’interprétation des anomalies gravimétriques (il faut noter tout.efois l’utilisation des mesures
magnétiques effectuées dans le Nord de la République Islamique de RIauritanie dans l’interprétation d’une
anomalie magnétique regionale de 1 000 gammas d’amplitude et. 200 km de largeur [J. RECHENMANN, 19721).
Au debut des levés entrepris a hIadagasçar, nous avons proc.edP de la mème faSon. Cependant, d’après
une étude magnét.ique effectuée en 1964 sur une Gcuirasse latéritique v (R. REMIOT, 1908, R. REMI~T et ANDRIA-
MTRADO, 1968), il Btait B prévoir que les conditions de terrain au point de vue magnétisme, part.iculières a
Madagascar, const.itueraient un obstac.le majeur a l’exploitation de mesures magnétiques au sol. Cette btude
avait en effet mis en évidence une localisation trés étroite des anomalies de la composante verkale, avec. un
g-radient horizontal élevé., pouvant atteindre mille gammas au metre, et 1’incohérenc.e très nette des valeurs
observées, que l’échelle adoptee entre les mesures ait été décimétrique, rnbtrique ou déc.irmét.rique. On pouvait
s’attendre à ce que c.ett,e incohérence se manifeste également. ir l’échelle kilomét.rique à laquelle sont effectués
nos levés gravimétriques.
Les profils (fig. 10) établis à partir de mesures de la composante vert,icale, effectuées a t.itre espériment.al,
montrent bien que les résultats sont pratiquement inexploit,ables. La seule zone dont, l’ét,ude magnétique aurait
pu pr6sent.w un cert.ain inté&,, comme le montre le profil de la figure 20, est la région Ouest de Madagascar
correspondant, au sédimentaire (itinéraire Tuléar-Ihosy). Magnétiquement. calme jusyu’h Ranohira, on retrouve
la fort.e agitation magnétique correspondant au socle qui c0mmenc.e B réapparaitre apr9s Ranohira. Les anomalies
magnétiques enl.re Tulear et. Saliaraha correspondent, à des intrusions basaltiques. En dehors de quelques profils,
dont nous avons refait le levé en vue d’avoir des valeurs continues (Tuléar-Ihosy, Ambositra-Norondava,
Maevatanana-Majunga) t.oute la région Ouest. et Nord-Ouest, correspondant au sbdimentaire a ét6 levée par la
SociW des P&roles de Madagascar. Il n’y avait donc pas lieu d’y revenir.
Les profils des figures 10, 20, montrent~ bien l’incohérence des valeurs obtenues, et par endroits des anomalies
localisAes un peu plus fortes sans rapport avec les anomalies gravimétriques. Le profil magnét3que de la figure 26
mont.re une incoh&ence encore plus marquée des valeurs et. il n’est, gu&re possible de trouver un lien avec les
diverses anomalies. Tout&efois on c0nstat.e qu’à la forte anomalie gravimétrique d’Ambovombe dans le Sud de
Madagascar correspondent de fortes anomalies magnétiques.
En résumé, en dehors des régions sédiment.aires dont le lev6 magnétique aurait pu présenter un certain
int,érêt, mais dont la gravimétrie avait déja 6th effectuée par la S.P.M., il a été jugé inutile, dt.s les premiers
levés, de poursuivre les mesures magnétiques parallèlement aux mesures gravimétriques, celles-ci &knt dans
leur majeure partie effectuées dans des régions oh le socle est affleurant.
Les figures 11, 12, 13 et 14 montrent respectivement les valeurs moyennes établies par quart, de degré carré
(carreaux de 30’ de c6té) des altitudes, des anomalies de Bouguer, des anomalies Q l’air libre et des anomalies
isostat.iques calculkes dans l’hypothése d’Airy, profondeur de compensation de 30 km.
,iltifudes
Les valeurs moyennes des altitudes ont été d6terminées pour la plupart à part.ir des cartes des altitudes
moyennes ékablies par le Bureau Gravimétrique Mernational. Pour certaines zones, en particulier les régions
sédunentaires de 1’0uest et du Nord-Ouest de Madagascar correspondant aux levés gravimétriques de la S.P.M.,
la densité, des sMions (plus de quarante par quart. de degré) et, leur bonne répartition ont permis d’utiliser directe-
ment les résultats des observations de terrain. Les moyennes ont. été calculées sur ordinateur par R. &JDIVIER (1).
Les quarts de degré carré couvrant les régions chtières comportent. une partie marine. Nous n’avons retenu
que ceux pour lesquels la partie terrestre occupe plus de la moitié du carreau et à la condition de plus qu’il soit
également possible d’y extrapoler les courbes des anomalies de Bouguer.
L’altit-ude moyenne pour certains de ces carreaux est négative. Ces valeurs négatives n’indiquent, pas une
profondeur marine, mais représent.ent une u alt.it.ude négative u qui est la moyenne pondérée en fonction de leurs
surfaces respec.tives de l’altihde de la partie terrestre et. de la profondeur fictive de la part.ie marine.
Cet.te profondeur fictive Pf est. obt,enue en substituant à la c.ouche d’eau d’épaisseur p une masse de terre
équivalent~e dont. la surface sera A la profondeur P,. Pour une densit,é de l’eau de 1,027 et de 2,67 pour la terre,
on a :
p. 1,027
p* = p - ---- = p. 0,615
2,67
Le fait ainsi de n’avoir plus Q considérer que des compartiments terrestres introduit une simplificat.ion
importante dans la détermination des moyennes des différentes anomalies gravimétriques. Notons que c’est
ce procédé qui a été utilisé pour le calcul des corrections t,opographiques dans le cas de compartiments pour parties
t,errestre et marine.
39
FIG. Il
FIG. 12
FI~. 13
FIG. l-1
Les valeurs moyennes des anomalies de Boug~er ont été estimées a vue sur la carte des anomalies de Bouguer
5 l/l 000 000. De méme que pour les valeurs moyennes des altitudes, les moyennes ont ét.6 éi;ablies directe-
ment Q partir des résultats des observations de terrain pour les régions Ouest, et Nord-Ouest.
Les valeurs moyennes des anomalies à l’air libre ont été déterminées à partir des valeurs moyennes des
a1t.itude.r et des anomalies de Bouguer ét,ablies comme il est dit plus haut et en appliquant, la relation :
&noy. = bmy. SO,1119 hoy.
dnornalies isostutiques
Les valeurs moyennes par quart, de degré carré des anomalies isostatiques ont bté estimées h vue B partir
de la carte des anomalies isost.at,iques h 1/2 000 000 c.alculées dans l’bypothlse d’Airy avec. une profondeur de
compensation de 30 km.
5
Coefficient de corrélation linéaire 0.8 3
m
0
-40
-80
-120
- -- I I I , I IL--i
-200 0 200 400 600 800 1000 12m 1400 1600 1noo "1
Altitudes
FIG. 16. - Anomalies dc Bouguer en fonct.ion de l’altitude (valeurs prises par quart de de@ carré) et droite moyenne
- 120 7OOm
I l l l I I r I 1 I
-200 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 13 10 m
FIG. 16. - Anomalies de Bouguer en fonction de I’altit.udo et. droite moyenne pour chaque famille dc points cn drssous et an-dessus
de 700 m
MULTITUDES SUPkUEURES
C’esk l’altitude de 700 m qui c,onviendrait. le mieux. Nolons de suite que c’est également avec cette valeur que
nous obtiendrons les meilleurs résultats en opérant de la même facon avec. les anomalies isostatiyues. Les droit.es
de régression et les coefficient,s de corrélation pour I’altAude de séparation de 700 m sont présent& sur la figure 16.
* 40 .
T . SGVGUER moyen par tranche de 100 m
FIG. 17. - Anomalies de Bnuguer en fonction de l’altitude par tranche d’altitude de 100 m
Quel que soit donc. le mode de reprksentat,ion, on constate toujours une différence nette entre régions côtières
(compartiments bas) et régions des Hauts-Plateaux (compartiments élevés).
La valeur faible de la droite moyenne des poink relat.ifs 5 la zone de kansition indique une mauvaise
compensation. On peut admettre que les altitudes actuelles ne correspondent plus aux alt.itudes primitives par
suite de l’active érosion due & la forte déclivité entre Hauts-Plateaux et régions c0tikres. Le réajustement isosta-
tique n’a sans dout,e pu se faire en raison des contraintes latérales, ce qui expliquerait. le défaut de compensation
de cette zone.
La droit,e de rdgression du nuage de points représentanl; les valeurs moyennes des anomalies iso&at.iques
par quart de degré?en fonction de l’altitude (fig. 18) a pour pente 0,Ol. Cet.te pente, voisine de zéro, indique que
la compensat.ion isostatique est $1peu près rénli&e pour l’ensemble de Madagascar. Le coefficient. de corrélation
linéaire, OJO, n’e.st wpendnnt pas nkgligeable.
Si de la même fason que pour les anomalies de Bouguer, on scinde les poil& en deux populations en fonction
de l’altitude, on ohtient les valeurs suivantes pour la pente de la droite de rkgression et le coeffkient de corré-
lation des deux populations de points d’altitudes respectivement inférieure et supérieure A 500, 600, 700 et
800 m (même nombre de points dans chaque population que dans le tableau prbcédent) :
. . . .: . . . .
. . pente + o ,o 1
.. .--
-. .
.. .
. .
. =-
-40 ,x’,
, , ., ! I I I I
-200 0 200 400 600 800 1000 1200 la00 1600 18W m
Altitude;
FIG. 18. - Anomalies isostntiqucs en fonction de l’althde (valeurs prises par quart. de degré) et droite moyenne
.
-40
, , 1 1 I l I l 1
-200 0 200 ‘400 GO0 800 1000 1200 1400 1600 1800 m
AltKUdS
FI~. 19. -Anomalies isostatiques on fonction de l’altitude ot droite moyenne pour chaque famille de points en dessous et au-dessus
de 700 m
On constate que c’est, pour une altitude de séparation de 700 mGt.res que l’on obt.ient les valeurs les plus
voisines de zéro & la fois pour la pente de la droite de régression et. pour le coefficient de c.orrélat.ion. Ces r&ultats
sont reportés sur le graphique de la figure 19.
D’après ces résultats il convient donc d’admeUre que les compartiments d’altitude moyenne inférieure et
supérieure & 700 m sont bien c.ompensés, mais sans dout.e d’une manikre dif’fbrente et que l’altitude de 700 m ne
représente que l’altitude moyenne d’une zone de transition.
Nous avons vu que Madagascar se présentait. comme une structure allongée le long d’un grand axe approxi-
mativement NNE-SSW. L)es coupes perpendiculaires a cette direc.tion auront en moyenne des carac.téres très
voisins et nous avons reporté sur la figure 20 les différentes données topographiclues ,., gravimetriyues et. magné-
tiques du profil qui va de Tuléar à Farafangana que l’on pourra considerer comme représent.atif d’un quelconque
profil transversal.
Ce profil suit, au plus prts les itinéraires routiers empruntés. Le long de portions de levé s’écartant. peu d’une
même direction, la position de chaque station a été projetée sur cet.te direct.ion, avec. la valeur Observ&e.
1lltirnétrie
Le profil topographique ne represent,e pas la topographie réelle mais la suit.e des valeurs de l’altitude en
chaque station, obtenues à partir soit du nivellement barométrique, soit du Nivellement Genéral de Précision.
Sur ce profil figurent les affleurements géologiques principaux tels qu’ils sont indiqués sur la c.art.e géologique à
1/I 000 000 de 1-I. BESAIRIE, 196-l. Bien que les altitudes aient. été exagérées dans le rapport de 50 a 1 par rapport
aux distanc.es horizontales, on note une altitude moyenne élevée avec des falaises bien marquées.
Un deuxiéme profil gravimétrique represente l’anomalie de Bouguer ralculte pour une densité de 2,07.
Son examen montre immédiat.ement les deus traits majeurs caractéristiques de l’nnomahe de Bouguer :
- pas de relation direct‘e avec les variations d’altitudes locales. Cela dénote le choix convenable de la densité
des terrains, du moins les premiers lrilométres ;
- corrélation inversement proportionnelle avec l’altitude régionale ; ce trait caracttristiyue illustre bien le
phenornène de c.ompensation du relief et met en évidence le caractkre wntinental du massif malgache.
Le long de ce profil figurent les corrections isostatiques changées de signe et. calculées dans l’hypothèse
d’Airy, profondeur de compensation 30 km. La c.ourbe de ces corrections ou équilibre isoskkique diffère peu, si
ce n’est dans la partie Est de Madagascar, de la courbe moyenne de l’anomalie de Rouguer, et sera souvent
considérée comme représentative de l’anomalie régionale.
ilrzorr~alie isostaticpc
h part,ir de l’anomalie de Bouguer et. de la courbe d’équilibre isostatique, nous avons tracé le profil de
l’anomalie isostatique (hypothese d’iliry, 30 km) qui oscille autour de la valeur zero si ce n’est., à nouveau, dans
la partie Est de Madagascar. La droite de valeur nulle représente la moyenne de l’anomalie isostatique, c.e qui
est. en accord avec le résultat du c.alcul de la valeur moyenne générale qui est voisine de zéro. On notera l’alkr-
nance remarquable de valeurs positives et négatives qu’on retrouvera sur la carte isostatique.
On peut. remarquer une c.ertaine c.orresp0ndanc.e entre les anomalies isostatiques positives ou négatives et.
les anomalies a l’air libre positives ou négatives rhsiduelles, compt,ées à part.ir de leur valeur moyenne +30 mgal.
-zoo- .
-400. -400
I
0. \
- 20,
mgal (anomalies de Bouguer)
+ 40 f Tuléar
Ranohira
Air libre
0 0
mètres
1000 - 20
800 - 40
600
Nous avons fait. figurer le profil des anomalies de la composante verticale du champ magnétique t.errest,re.
Ce profil n’est que partiel, les mesures magnétiques au sol n’ayant pas été poursuivies par suite des résultats
incohérents affectant les mesures dans les régions où afleure le socle. Comme le montre le profil, le (( bruit de
fond H des mesures au sol est prohibitif.
Aprés avoir étudié les valeurs moyennes de l’anomalie de Bouguer en fonction des altitudes moyennes, nous
allons considérer leur valeur poncl.uelle, st.ation par station, et voir comment elles s’ordonnent.
Comme il ne pouvait 6tre question de considérer k-Jusles points des diffërents it,inéraires, nous avons retenu
l’itinéraire Tultar-Farafangana et reporté les valeurs de Bouguer en fonction de l’altitude (fig. 2.1).
On remarque immédiatement que les points représentatifs de station en st,ation, en suivant soigneusement
l’itinéraire, se groupent par tronGons d’itinéraires autour de segments de droite, décalés les uns par rapport
aux autres.
Région d’lHOSY
mgal
4
-30.
-40.
-50.
-ml.
-70.
mgal
-” t RANOHIRA Anomalie
Altitudes
ANKARAMENA 4
-1ZOOm
~QC;. 21. -- .4nomalic dr Bouguer rn fonctiou dr l’altit.ude aux
~100”
st.ations en suivant. point par point. l’itinckaire Tuléar-
Farafangana ~Km
0 10” 200 Km
FIG. 22. - Anomalie de Boug~er en fonction de l’alt.itude en chaque station de l’itinéraire Tuléar-Farafangana dans la rbpion
d’Ihosy ; profils dc l’anomalie de Bou~uer et, topographique correspondnnt.s
On constat,e, après avoir reporté t.ous les points, que l’on retrouve dans le dét.ail le résultat, auquel nous
avaient conduit les considkralions précédent,es sur les valeurs m.o;vennes : les segments de droite correspondant.
aux stat,ions d’altitude inférieure R 700 métres ont une pente volsme de la pente théorique, t.andis que ceux qui
correspondent. aux st,ations plus élevées ont une pente plus faible. On pourrait donc admettre que Madagascar
est constitué de compartiments géologiques qui seraient, liés A la fragmentation du socle et. qui présenteraient
chacun un propre état d’équilibre entre forces isostatiques et contraintes lattkales.
La géologie de Madagascar et l’examen de la carte des anomalies isostatiques nous permettraient, de penser
que ces compartiments présentent. un allongernent~ selon la morphologie et les directions principales privilégiks
de la tectonique.
TramlaCions ~
Compartimwt Anomalie
VO~Sle isostatiquc
de méme de E 5 F et de F à G.
Le profil des anomalies à l’air libre (fig. 2.0), rapporté à la valeur moyenne ($30 mgal) met également en
évidence les différents compartiments.
Il v a donc lieu d’attribuer des causes profondes à la concordance entre anomalies isostatiques, anomalies
à l’air libre, segments de droke définis par les anomalies de Bouguer en fonckion de l’akkude et compartiments
géologiques.
Cependant le schtma en touches de piano qui reviendrait à considérer une juxtaposition de 4 horst o et de
<(graben 1)est de toute fayon insuflkant pour rendre compte de la 0 tect‘onique de fond 1)qui affecte les couches
les plus profondes de la croûte, et qui doit Gtre beaucoup plus complexe que ne pourrait le laisser supposer
un tel schéma, d’autant plus que la géologie des couches profondes nous échappe compkt.ement.
Un premier examen des cartes gravimétriques des anomalies de Bouguer et des anomalies isostatiques
(cartes en couleurs à 112 000 000) fait. ressortir quelques traits marquants et. nous essayerons de voir s’ils sont
en relation avec la géologie telle que nous la connaissons.
Une &ude de détail sera présentée plus loin.
200
250s
0 200 krr I
/ I
CAP Ste MARIE
l 1 1’ 1 I , I t I
440 46’ 480 50°E
FIG. 23. - Carte des anomalies de Bonpuer (d = 2,67). Isanomales tlt! 10 en 10 mgal
- une différence marquée entre les anomalies des cdtes Est et Ouest ;
- des anomalies positives importantes le long des C&?es Est, Nord-Est, Nord et Sud-Ouest pr&,entant des
gradienk gravimét.riques élevés ;
- des anomalies négatives marquant bien l’emplacement des bassins sédimentaires Ouest et Nord-Ouest ;
4
- une anomalie posit,ive 1ié.eCIl’aire anticlinale du cap Saint-André séparant. les deux bassins précédent,s ;
- de fortes anomalies positives très localisées principalement le long des c6tes Ouest et Sud ;
- l’absence de relat.ion apparente entre certains épanchements volcaniques et anomalies.
Nous avons vu précédemment qu’il y avait, a l’échelle régionale, une corrélation tr&s nette entre les ano-
malies de Bouguer et les altitudes. La carte de Bouguer montre, en relation avec le relief, deux zones d’anomalies
fortement négatives : au Nord, une anomalie de -80 mgal liée au massif du Tsaratanana (2 876 m), au centre,
une anomalie plus étendue de -140 mgal liée & la région des Hauts-Plateaux qui culminent dans le massif
de l’hnkaratra (2 G43 m) et, vers le Sud, dans l’bndringitra (Pic Boby, 2 658 m). Cela montre qu’il y a bien
compensation du relief et que 1’Ile se comporte comme un continent..
Cett,e corrélation entre le relief et les anomalies masque d’ailleurs certains aspects qui, autrement, appa-
raltraient sur la carte et d’aut,ant plus que le relief de Madagascar est important, plus de 500 m&tres d’altitude
moyenne. Aussi sera-t-il nécessaire d’examiner la carte des anomalies isostatiques, c.elles-c.i étant, comme nous
l’avons vu, quasiment indépendantes de l’alt.itude, pour remarquer certains traits qui passent inapersus sur la
carte de Bouguer (extension des bassins sédimentaires, déformations du tracé des isanomales par le gradient
isost.atique...).
L’allure générale des isanomales est ét.roitement liée & la morphologie de Madagascar. Le tracé des isano-
males suit les grandes lignes de la forme et du relief de l’Ile, qui sont, essentiellement liées aux direc.tions de la
tectonique. On t,rouvera, d’ailleurs, l’allure allongée suivant la plus grande dimension de 1’Ile sur la carte des
anomalies isostatiques.
Côte Est
Une importante anomalie positive at.t.eignant par endroits près de +lW mgal longe la plus grande partie
de la cote Est en présent,ant. un fort gradient. : 2 à 4 mgal au kilomktre. Malheureusement on ne connait pas
pour le moment l’amplitude totale de cette anomalie, le manque de mesures en mer ne permettant pas de suivre
l’anomalie au-delà de la c0te.
Or, quel que soit. le mode de c.ompensation que l’on pourrait envisager, les corrections isost,atiques ne feraient
pas disparaître cette anomalie. Elle serait tout au plus atténuée et elle atteint encore prés de +GO mgal dans
le cas de l’hypothltse d’hiry, profondeur de compensation 30 km. Cett.e anomalie n’est donc pas due simplement
à l’influence des grands fonds océaniques proches.
Une anomalie aussi import,ante avec un gradient, aussi élevé, fait penser à 1’existenc.e d’une grande fracture
le long de la cote Est, suggérée également par les caractères morphologiques de cette c6t.e et surtout par la
présence de tr&s importantes émissions fissurales de laves acides et basiques qui forment un recouvrement
cont.inu de 20 g 40 km de largeur sur prii.s de 500 km, le long de la zone lit.t,orale.
Le gradient 6levé que l’on observe tout au lon,v de c.ett.e c0te indiquerait par ailleurs que le passage de la
c.roûte continentale g la croût,e océanique doit se faire très brutalement par plusieurs fractures en palier, une
seule grande fract.ure paraissant peu probable. D’ailleurs, la grande extension latérale des c.ouches volc.aniques,
qui, étant. donné la viscosité, paraît improbable dans le cas d’une fracture unique, s’explique facilement. si l’on
fait intervenir un réseau de fractures parallèles plus ou moins rapprochées.
Cdte Nord-Nord-Ouest
Toute cette région est. marquée par une zone d’anomalies positives qui sont d’ailleurs plus étendues sur la
carte isostat,ique. Cette région est caraïtkiske par d’intenses et récentes manifestations volcaniques liées a une
in1portant.e activité tect,onique associée 51une remontée du magma basique.
COte Sud-Ouest
Nous observons 6galement. le long de la côte Sud-Ouest (rkgion de Tuléar) une anomalie positive de 50 mgal
dont, les courbes d’égale valeur sont paralléles à la cete. La direction commune est celle du syst&me de fractures
du Bongolava. 11semble que l’on ait. pour cette cote les m&mes phénomènes que pour les c.&es Est et Nord-Est.
On peut noter d’ailleurs le long de cette côte, la présence d’une fraclure imp0rtant.e qui est la frackure de Tuléar.
Les bandes d’anomalies nkgatives 4 l’Ouest et au Nord-Ouest sont liées & la présence des bassins skdimen-
taires de Morondava et de RIajunga séparés par l’aire anticlinale du cap Saint-André.
Les valeurs les plus négatives, -90 mgal, se trouvent dans le Sud-Ouest en relat,ion avec les grandes
bpaisseurs de skdiments de la fosse du Karroo (5 000 à 8 000 m). A l’Est de ces bandes d’anomalies, une série
d’anomalies de -20 mgal marque la bordure des bassins sédimentaires en coïncidant avec la réapparition du
soc.le m&tamorphique.
Toutefois, si les plus grandes épaisseurs de sédiments apparaissent bien en anomalies négatives, ces bassins
sédiment,aires ne se traduisent pas par une anomalie d’ensemble. LB encore, il faut remarquer que la relation
entre relief régional et anomalies de Bouguer masque en grande partie l’influence due aux déficits de masse que
présentent ces bassins sédimentaires.
La cart.e de Bou,guer montre de fortes anomalies posit,ives bien localisées. Certaines sont liées manifestement
à des intrusions basiques, d’autres ne correspondent à rien de visihle en surface.
Sur la c6t.e Sud, l’anomalie positive de 70 mgal correspond au massif volcanique de 1’Androy. L’bpaisseur
des épanchements, d’ailleurs encore cont.roversée (T-I. ~~ÉSAIRIB 1957, R. BATTISTINI 1959), est insuf’tisante pour
expliquer l’amplitude de l’anomalie dont, il faudra chercher les causes en profondeur. Au Sud ducap Saint-André,
à l’Est de Maintirano, les maxima de +20 et +40 mgal coïncident avec. les massifs gabbroïques de 1’Ambereny
et, du Fonjay. Une autre de ces anomalies, qui apparaitra mieux sur la carte isostatique, est a lier au massif
intrusif du Bevato (W45 S, 46010 E).
Par c.ont,rel les forLes anomalies positives localiskes sur la c6t.e Ouest, RIaintirano +90 mgal, Rforondava
+70 mgal, et c.elle plus faible d’Andranopasy (21015 S, 440 E, +30 mgal) ne c.orrespondent à aucun affleurement
basique en surfac.e. Nous leur attribuerons la nième origine, à savoir des inkusions basiques mais qui n’auraient
pas at,teint la surface.
La carte géologique montre de trPs importantes coulées, basalt,iyues dans leur quasi-totalit.é, qui se sont.
épanchées au voisinage des c0tes Ouest et Nord-Ouest (groupes basaltiques du Mailaka, Antanimena, Mana-
somody...). Ces aires basaltiques qui jalonnent les systèmes de failles bordieres s’allongent sur plusieurs centaines
de kilomètres, avec des largeurs variables de quelques dizaines de kilom&tres et des épaisseurs de 100 à 200 mèt.res.
Le volcanisme qui en est responsable serait de type fissura1 ou volc.anisme des plateaux qui affecte des aires
continentales sialiques en majorit,é granitiques et couvert,es de sédiments.
A premiére vue, on n’observe pas d’anomalies appr&iables en rapport avec ces épanchement.s basaltiques.
Or une couche de basaltes de 200 mètres d’épaisseur (densité 2,9), présentant un cont.raste de densité de 0,6
avec le substratum (d = 2,3), d onne lieu a une anomalie de 5 mgal. Une telle anomalie pourrait étre mise facile-
ment, en 6videnc.e dans une étude de détail, mais n’apparaltra guére dans une étude de grande reconnaissance
à larges mailles, d’autant plus qu’elle sera masquée par le gradient isostatique du fait du parallélisme entre les
allongements des épanchements et les directions des c0t,es et des courbes d’isocorrections isost.at.iques.
Le fait que l’on n’observe pas de fortes anomalies positives bien marquées en rapport avec ces aires basal-
tiques indiquerait qu’il n’y a pas de réservoirs magmat,iques. L’ampleur de ces séries volcaniques ne peut donc
s’expliquer que par de puissant.es émissions fissurales liées à une tectonique cassant,e. Les variations pétro-
graphiques observées s’expliqueraient par une c.ontamination du magma originel par le substratum cristallin
et les sédiments traversés.
::..,. ..,
1.. :...,.:.< - 10mgal
.............
CIIl
.~.‘.‘.‘.‘_‘_’ > + 10 mynl
22n54
positives, il est.justifié de les attribuer CIdes causes profondes. Une remont.ée du manteau serait, B l’origine de ces
anomalies qui, en l’absence de réajust.ement, ne pourraient que s’accentuer avec I’arasement progressif du relief.
En examinant. la carte isostat.ique on est, frappé par l’aspect alt.erné des anomalies. Celles-ci, dans leur
ensemble, se présentent en bandes successivement positive et négative, allongées selon la direction du grand axe
de Madagascar avec une largeur moyenne variant, de 101) à 150 kilomètres. Cet aspect. Gpseudo-périodique H
présentant, une dimension privilégiée doit correspondre a des caractbristiques particulières de la lithosphére
de cette région. La largeur moyenne de ces bandes ne dépassant. pas 150 km, cette dimension pourrait. être en
rapport. avec. les tensions limit,es que peut. supporter l’éc.orce sans rupture. Au-del&, il doit y avoir rupture selon
les direct.ions des grandes lignes tectoniques. L’examen de la carte isostatique montre une t.rés bonne concor-
dance entre les directions de ces bandes d’anomalies et celles des grands axes tect,oniques.
Les considérations précédent.es nous ont montré que, globalement, Madagascar était en équilibre isostatique.
Il n’en est. pas moins évident, eu égard à la carte isostatique que nous venons d’examiner, que certaines rbgions
prises individuellement sont en déséquilibre. Nous allons essayer de donner l’ordre de grandeur de quelques
masses responsables des principales anomalies, et chercher Q estimer l’effort tranchant correspondant auquel
est soumise la croiite.
Ces valeurs sont modérées quand on les compare à des valeurs obtenues dans d’autres régions du Globe.
Ainsi dans les régions de la plaine (lu P6, J. GOGUEL (1958) calcule que l’anomalie négative correspondante serait
annulée par une remontée de ~107m. L’anomalie positive des Alpes owidentales disparaitrait pour un abaissement
de 635 m. Il faut noter que ces dernieres zones sont considérées comme actives.
Nous allons chercher CIestimer l’effort tranchant auquel résist.e la crotite en ne s’affaissant. pas sous la sur-
charge à laquelle elle est soumise. La connaissance du périmètre le long duquel nous admettrons que l’action de
la surcharge se répartit est délicate. Nous nous contenterons d’évaluer une limite inférieure de l’effort tranchant
en admettant que la surcharge se répartit uniformément sur son pourtour, ce qui ne doit pas 8tre souvent le cas,
les anomalies étant en gbnéral de forme irrégulière et la charge n’étant sùrement pas répartie de facon uniforme
sur ses bordures. Pour une anomalie négat,ive, l’effort tranchant s’exercera vers le haut.
Les périmètres ont Hé dét,erminés au curvimétre, certaines portions étant arbikaires comme nous l’avons
dit. Pour les anomalies que nous venons d’examiner, les valeurs obtenues pour l’effort tranchant, sont les sui-
vantes :
Anomalie positive médiane Sud : p&rimétre 1400 km, effort tranchant.. .. ....... . ... . . . ..,.. 1,5 107T/m
Anomalie positive mc’diane Nord : p6rim&tre 1740 km, effort tranchant.. . .. ... .. .. . .... . .... 2.4 lO’T/m
Anomalie posit.ivc de 1’Androy : périmetre 450 km, effort tranchant.. .... .... .. ..... . . .. ., .. . 1,6 lO’T/m
Anomalie n6gative du bassin de Majunga : p&rim&tre 1400 km, effort tranchant.. .. .. . ..... . ..... $8 lO’T/m
Nous avons également calculé I’effort tranchant eserc8 par la bande d’anomalies négatives de la cote Est,
dans le cas où elles correspondraient & un phénomène réel. A la hauteur du 21~ paralkle, cett.e bande fait environ
60 km de large. En admettant une anomalie moyenne de 25 mgal, l’effort t.ranchant exercé vers le haut sur un
des bords est de 1,8 10’ T/m.
De mème pour l’anomalie nkgative du bassin de Morondava. A la hauteur de la fosse du Karroo, soit le
23e parallèle, pour une largeur moyenne d’environ 100 km et. une valeur de l’anomalie de -22 rngal, il résulte
un effort t,ranchant de 2,6 107 T/m.
Toutes ces valeurs sont du même ordre de grandeur que celles qui ont. étk trouvées en Afrique Occidentale
(Y. CRENN, 1956, P. LOUIS, 1970, J. RECHENMANN, 1973). Elles étaient de l’ordre de 1 k 3.107 T/m sans qu’il
y ait, réajustement isostatique. En Afrique il s’agissait de zones stables depuis 500 MA et que l’on peut raisonna-
blement supposées arrivées à un état d’équilibre.
Une conclusion concernant la stabilité de Madagasc.ar semble donc se dégager. L’équilibre isostatique y est
globalement réalisé et les forces auxquelles les grandes anomalies de c.et.te r8gion du globe soumettent l’écorce
rest.ent, en principe, dans des limites qui doivent permettre a celle-ci de les supporter.
Dans cette partie nous allons examiner d’une maniere plus détaillée les anomalies gravimétriques région
par région. Nous verrons suwessivement le Sud, l’ouest, le Nord-Ouest (region du cap Saint-André), le Nord,
le Centre, et la cote Est de 1’Ile. Nous ne nous et,endrons d’ailleurs pas sur les régions Ouest et Nord-Ouest,
correspondant aus bassins sédimentaires de Morondava et Rlajunga, qui ont. dé.jà fait. l’objet d’etudes, tant
géologiques que géophysiques, par la Société des Pét.roles de Madagascar.
On utilisera pour l’interprétation des anomalies locales les profils en anomalie de Bouguer corrigée de
l’anomalie Grégionale )). Étant donné le caractère de nos levés et son étendue, nous utiliserons, la plupart, du
temps, comme ( régionale )), l’effet isostat.ique qui n’est qu’une régionale particulière d’origine evidemment
tres profonde.
1. Sud de Madagascar
1. MASSIF VOLCANIQUE nn L’ANDROY
L’examen des cartes gravimétriques (Bouguer et isostatique) montre une in1portant.e anomalie posit,ive
a l’emplacement du massif volcanique de 1’Androy.
Si nous report.ons sur la carte de Bouguer (carte a 111 000 000) les contours géologiques de cette région,
d’aprias la carle geologique à même échelle de H. BÉSAIRIE, 1961, on constate que, sur sa plus grande part,
la bordure de la partie apparent.e du massif suit grossièrement l’isogamme zéro (fig. 25). L’anomalie se poursuit
cependant. vers le Sud sous le sédimentaire, ce qm montre que ce massif s’étend au Sud, au moins jusqu’a la cote.
Les valeurs maxima de l’anomalie de Bouguer sont localisées dans la partie Sud, vers Ambovombe. Rfais c.e
n’est la qu’une conséquence de l’effet isostatique sur le tracé des anomalies. Les courbes de correction isost,at.ique
(qui figurent en carton sur la carte des anomalies de Bouguer à I/l 000 000, feuille Sud) sont paralleles a la
c0t.e avec des valeurs croissant.es vers l’intérieur du pays. Il s’ensuit,, qu’en t.enant, compte de l’effet isostatique
la partie Nord de l’anomalie atteint un niveau anomalique équiva1ent.à celui de la part,ie Sud. Cela est bien
visible sur la carte des anomalies isost,at,iques où l’anomalie correspondant, au massif volcanique de 1’Androy
présente deux maxima d’environ GOmilligal,, s l’un au lSord, l’autre au Sud du massif.
1.3. Interprétation
L’anomalie observée ne résulte pas uniquement de la struclure et des épanchements superficiels du massif
volcanique. En effet une couche de basalt.es de 500 m d’épaisseur, présentant un contraste de densité de +0,3
avec le socle emaissant, donne une anomalie de 6 mgal. Si l’on adoptait l’hypolhèse de BATTISTINI (1964),
/
/ Amboasary
---
.’
z ix xtatique Fort-Dauphin
-- - J ----
L
i
+400
i
‘:‘y+
- 200
- 400
t
- GO0
1
-800
i
- ,000
2001 a= u
IA L--
200 i0 km
PIC. 26. - Profils topographiqur, gravimétrique (Bougrw), magn%ique (composanteverticale) le long dr l’itint9Gre Ampot.aka-
Fort. Dauphin
l’anomalie n’atteindrait encore qu’une quinzaine de milligals. L’anomalie observée étant. de près de 70 mgal,
il faut admettre la présence d’une importante masse en profondeur.
L’anomalie étant au moins trois fois plus longue que large, son int,erprétation par une st,ructure cylindrique
est justifiée.
En admettant une épaisseur de 500 m de basaltes sur une largeur d’une cinquantaine de kilomètres, on
déduira, pour tenir compte de son effet tabulaire, G mgal environ de l’anomalie.
La masse lourde qui rendrait c,ompte de l’anomalie aurait, pour un contraste de densite de 0,23, une largeur
de 34 km, une épaisseur de lG,5 km, Sit&e entre 5,5 et 22 km.
Quant à la profondeur maximale de la cowhe mince homogè,ne qui donnerait une anomalie voisine de celle
Observ&e, elle serait de 10 km. Le produit de l’epaisseur de la couche par le cont,raste de densité étant égal à
3 830 T/m” (Tonnes par métre carré), le tableau ci-dessous donne les valeurs de l’épaisseur n&essaire pour
quelques valeurs du contraste de densilb :
Pour un conlxaste de densité de 0,2S, déjà important Q ces profondeurs, nous voyons qu’il faut. une épaisseur
de 15 km.
C’est & l’aide d’abaques que nous avons obtenu ces approches rapides de l’int.erpr&ation. Un autre moyen,
que nous utiliserons fréquemment par la suite, est d’utiliser les fac.ilités de calcul d’un ordinateur. En particulier,
On peut proposer le mod&le (fig. 27) pour lequel nous avons adopté un contraste de densité de 0,25. La
largeur 60 km et la profondeur entre 8 et 20 km, données par le calcul, sont en accord avec les int,erprétations
précédentes qui conduisent à un modèle simple pouvant correspondre B une masse intrusive de roches mag-
matiques. Nous avons vu dans les écarts régionaux à l’isost,asie que les pressions exerckes par la surcharge due
à une telle masse ne dépassent. pas les limites que peut supporter l’écorce. Un affaissement de 180 m de l’en-
semble de la zone suffirait ,A annuler l’anomalie créée par cette surcharge.
Nous n’avons pas tenu compte, en 1’absenc.e de toutes autres données, de la possibilité d’un certain fléchisse-
ment loc.nl du socle qui a pu se produire sous l’effet de la surcharge des différents épanchen1ent.s et intrusions
volcaniques originels. Associée à la disparition progressive, par érosion, de la plus grande partie des épanche-
ments superficiels, la remontée du soc,le, qui a certainement conservé un résidu de fléchissement, donnerait lieu
& une anomalie négative. En tenir compte ne ferait qu’augmenter l’amplitude de l’anomalie positive, d’où
une masse intrusive encore plus importante.
Notons que la différence de densité admise, 0,25, correspond au contraste que l’on observe habit,uellement
entre la densit6 des formations volc.aniques continentales et celle du socle. En raison du gradient et des dimen-
sions de l’anomalie, il n’est pas nécessaire de considérer qu’elle c.orresponde à une remontée du manteau supérieur
en supposant. le bâli sialique moins épais en cett.e extrémité méridionale. Dans cette région le plateau continental
s’ét.end largement pour atteindre prt% de 90 km en face du c.ap Sainte-Marie et au Sud-ouest de Fort,-Dauphin,
alors qu’il est habituellement tr&s réduit ou mème pratiquement inexistant. : au Sud-Est, de Tult;ar, le rebord
du plateau se trouve à 2 km au large du récif frangeant bordant la c6te. A l’Est de Fort-Dauphin, le plateau
continental perd à nouveau rapidement de sa largeur, pour se stabiliser entre 18 et 25 km de la cGt,e Est. Cela
c.oncorde avec les valeurs de l’anomalie de Bouguer de queIques stations effect.uées en mer par Vening-MeineSz,
au Sud de Madagascar. Ainsi on note +46 mgal à 60 km au SSE du cap Sainte-Marie, +lOO mgal au Sud
d’hmbovombe et. +144 mgal au SSE de Fort-Dauphin.
1.4. Profil rnayni!tique
Sur l’itinéraire Tsihombe-Fort-Dauphin le long de la cote Sud, les mesures gravimétriques ont é1.édoublées
par des mesures de la composant,e verticale du champ magnétique terrestre. Ce profil ma@tique est donné
sur la figure 26. On y voit des anomalies importantes, de +100 & -1 000 gammas, liées aux basalt,es présents
sous la couche néogè.ne, mais dont l’incohérence rend impossible toute tentat.ive d’interprétat,ion. Cette Gagi-
tation 1) magnét-iyue indique cependant que l’épaisseur du néogène est faible entre Tsihombe et Amboasary
par comparaison avec le Gcalme )) relatif observé entre Beloha et Tsihombe où on sait le néo&ne plus tpais.
Profondeur du socle
2500 sous le niveau de la mer
(aéromagnétisme)
760 7-66 Cote du socle dans sondages
m Profondeur du toit des basaltes
sous le niveau de la mer
(aéromagnétisme)
0L
FIG. 28. - SchPma structural de l’extrême sud de Madagascar, d’après H. BESAIRIE, 1967
Toutefois la relation entre les cont,ours du sediment,aire et, des anomalies ne semble faire auwn doute. 11
faut donc en chercher la raison dans la tectonique du socle.
On peut admettre que la teclonique cassant,e qui est, la caractéristique essentielle de la t.ect.onique des
bassins malgaches a intéresse egalement. le Sud de Madagascar en créant des bloc..I individualises, effondrés
ou surélevés. Dans la region de Beloha, l’anomalie positive correspond a l’emplacements de la fosse de Saraondry,
bien que l’axe de cette anomalie soit plus $4l’Ouest. que celui de la fosse. Si l’on se réfere au schéma tect,onique
de la figure 28, il faudrait admettre que la faille indiquee comme probable à l’Est de Beloha sur le schéma se
trouve plus à l’Ouest. de Beloha, a la limite du minimum gravimétrique. D’ailleurs en se reportant au profil
magnétique de l’itinéraire Ampotalra-Beloha (fi,e. 26). on remarque une import.ante anomalie, indice de minéra-
lisations magnétiques liées a la présence d’une faille à proximité de Beloha.
Le graben formé par l’effondrement du bloc. devrait donner lieu normalement, B une anomalie négative.
11est donc. probable que ce sont des épanchements basaltiques plus épais sous le dépot néogene ou meme intrusifs
qui sont responsables de l’anomalie positive.
L’aspect du toit. du socle sous le Néogene au Nord-Est. de Beloha avait, déjà fait, admettre SI J. AUROUZE
(1959) l’existence d’une faille à l’Ouest de Tsihombe, faille Antsay-lManambovo sur le schéma tectonique.
Le t,racé des isanomales le long de la cote entre Tuléar et le cap Sainte-Marie suit les directions des failles
bordiiires, elles-mémes responsables du trace des cotes. D’abord N 200 W au sud de Tuléar, le tracé prend la
direction NW dans la région d’Androka.
A l’Ouest de ces failles s’etend un bassin cotier de subsidence recente pouvant at,teindre une grande pro-
fondeur. Le rejet, faible en surface, augmente avec la profondeur comme le montre l’aéromagnetisme qui situe
l’horizon des basaltes allant de 800 a 500 m Q l’Est des failles et de 2 500 à 1 000 rn a l’Ouest.
La carte de Bouguer montre un gradient de 12 à 15 mgal pour 10 kilomét,res de l’intérieur vers la côte, d’où
une important,e anornalie positive de +Ci0 mgal le lon,0‘ de la c6t.e au Sud de Tuléar. Cette anomalie reste encore
positive en isostatique, +lO mgal. Paradoxalement, a première vue, l’augmentation de la profondeur du toit
du socle correspond a une anomalie gravimétrique positive.
11est difficile d’attribuer l’origine de cette anomalie positive à la seule présence des couches basaltiques en
les supposant plus épaisses vers la cot.e, ce qui supposerait des conditions d’épanchement différentes de ce qu’on
peut observer par ailleurs (couches etendues mais de faible épaisseur des basalt,es du Mailaka, de I’Antanimena...)
D’ailleurs, le front des basaltes mis en évidence par l’aéromagnét,isme (fi g. 28) ne concorde guére avec le tracé des
isanomales, surt.out si l’on considére l’anomalie négative liée a la terminaison méridionale du bassin de Moron-
dava.
On pourrait penser que le gradient observé provient de l’influence des fonds océaniques proches ou d’un
mode de compensation différent. L’anomalie isost,atique diminuerait, pour des profondeurs de compensation
supérieures a 30 km, augmenterait pour des profondeurs inférieures. Mais l’anomalie isostatique positive au
Sud de Tuléar, devient négative plus au Sud, alors que nous restons dans les memes conditions topographiques
et bat.hymétricIues.
Il semble donc que ces anomalies soient d’origine locale et profonde. Une remontée du manteau accompa-
gnant l’approfondissement du socle que l’on observe a l’Ouest des failles bordières peut expliquer l’anomalie
positive. II est possible, en effet, que nous assistions la a un phénomene semblable a celui de la cote Est, à savoir
une fort.e variation de la densite en profondeur, donc du subst.ratum, c’est-a-dire un passage très rapide de
l’écorce continentale a l’écorce océanique, c.e qui serait en accord avec. l’absence quasi totale de tout plateau
continental le long de la c6t.e. Malheureusement le manque de données gravimét#riques en mer ne permet pas
d’interprétat.ion dans ce sens.
Rien dans la géologie superficielle ne permet d’expliquer l’importante anomalie positive de près de 40 mgal
que I’on observe sur la carte de Bouguer dans la région d’Ejeda. On retrouve ceMe anomalie sur la carte isosta-
tique avec un maximum d’environ 30 mgal, mais plus étendue vers le Nord-Est que c.elle de Bouguer. Étant
donne l’et.endue de l’import,ant excédent: positif observe, une origine profonde est. probable, et il faut plutot
admet.Ire une masse lourde etalée en profondeur, qui peut etre t,out simplement une remontée du manteau, que
des variations latérales de la densité a l’intérieur du socle. Un calcul simple (J. RECHENMANN, 1972, 1973) montre
qu’une remontée de 2 km du manteau (contraste de densité de O,G), Q une trentaine de kilométres de profondeur,
donne une anomalie de 1-25 mgal.
Considérons les anomalies gravimétriques de cett.e région, en particulier les anomalies isostatiques, dans
leur ensemble. .Il est possible de lier les diverses anomalies, anomalie cot,ière positive du Sud de Tuléar, anomalie
négative relative au bassin sédimentaire et anomalie positive de la région d’Ejeda, en admettant le schéma
c.lassique de la compensation régionale d’un fossé d’effondrement.
J. GOGUEL a montré (J. GOGUEL, 1955) que si le jeu d’un fossé d’effondrement se fait par failles inclinées
- qu’il s’agisse de failles normales, avec extension, ou de failles inverses, avec compression - l’équilibre isosta-
tique implique, a coté de l’affaissement du fossé, un relèvement de ses bordures.
Le relief correspondant. au soulèvement des bords, observé encore dans certains cas récents comme le fossé
rhénan, aurait ici disparu. Le réajustement isostatique qui aurait dù suivre la disparition des reliefs a pu ne pas
se produire ou ne se produire que partiellement. Le résidu donne lieu a des déformat,ions permanentes qui se
comportent comme des irrégularit.és géologiques a la base de l’écorce, irrégularités qui suffisent a expliquer les
anomalies observees.
4. 60 Anomalie de Bouguer
F
-t 40
+ 20
- 20
1 Côte EJÈDA
Anomalie isostatique
(ou «résiduelle»)
mgal‘
---
---- ----
------- --
Profondeur
B Coupe géologique
Santonicn c0nlinent.l
FIG. 25. - Anomalirs dt? Rotlgurr (courùe A) et résiduelle (co~~rbr B) d’un profil dans le Sud-Ouest. de Madagascar, profil orient fi NW
et passant par Ejeda. Anomalies rrspccUves dws aux parties profonde et superficielle du modéle propost. Coupe gBologique d’nprEs
H. BEXXRIE, 1961
O.H.S.?
. 1
.O.M., Geophys., no 18, iBS%: S-128. 66
La largeur de l’anomalie négat.ive se réduisant, pratiquement. a celle du fossé sédimentaire nous conduit A
admettre un mkcanisme d’estension.
La courbe A de la figure 29 a été construit.e & partir du trac.& des isanomales de la Cart>ede Bouguer et d’un
profil orient.& N\V passant par Ejedn. II est. évident que cefke courbe A est lisske du fait que le trac.é des isano-
males est, lui-méme déja lissé. Toutefois des itinéraires gravim&riques situés à proximité atkknuent le caractére
subjectif du tracé des isanomales.
L’anomalie résiduelle, courbe B, a été deduite de la courbe A en prenant l’équilibre isostatique comme
anomalie ((régionale i). On peut, admettre que l’ensemble de l’anomalie observée est, la résultant,e de deux ano-
malies particulières : 1’une, négative, relative aux bassins sédimentaires, fossé: du Iiarroo et bassin monoclinal
cGt,ier c.rétacé, l’autre, posit.ive, relative aux remontées du manteau de part et d’aut,re de la fosse Karroo.
L’anomalie t,ot,ale résult.ant. de la somme des anomalies partielles ‘1 et II dues aux parties superficielle (1) et
profonde (II) du modéle proposé est voisine de l’anomalie observée.
Le fossé sédimentaire (partie 1 du modkle) donne lieu j l’anomalie 1 pour un contraste de densitk de -O,%
(socle 2,67, sédimentaire 2,47). Le prolongement de la fosse du Karroo présenterait une profondeur maximum
de 7 000 m, alors que le bassin côtier aurait une profondeur de prés de 3 000 m.
L’anomalie c.auske par la présence de masses lourdes h la base de l’écorce, partie II du modkle, est repré-
sentée par la courbe II pour un contraste de densité de +0,6, socle 2,67, manteau 3,2.7. Le modèle correspondrait
a un bourrelet. d’environ 3 000 m d’épaisseur de part et. d’autre d’un enfoncement du socle de prits de 4 000 m
dans le mant,eau.
Cet.te interprétation indiquant un enfoncement du socle dans le manteau montrerait, que les phénoménes
de fracturation ont intéressé tout,e l’épaisseur de 1’korc.e. Cela serait. en accord avec les observations de pros-
pections sismiclues. Toutes ces dernières qui ont recoupé des failles montrent. que leur import,ance croît, avec. la
profondeur, ce qui confirmerait. l’hypothése que la t.ectonique des bassins malgac.hes est essentiellement une
tectonique de fond, c’est-à-dire une tectonique des couches les plus profondes de la croûte situées sous le Pré-
cambrien qui constitue le socle visible de Madagascar. Cela s’accorde d’autre part avec des accidents comme
ceux de la côte Est. ou du Bongolava dont, la dimension est telle qu’il est évident qu’ils affectent l’ensemble de
l’bpaisseur de l’écorce rigide. Le moteur t.ectonique serait, non pas le tassement de la partie superficielle de la
crotite, mais les mouvements d’ensemble de cette crocte dans sa racherche d’équilibre isostatique.
Pour illustrer l’interprétation pkédente, du moins en ce qui concerne la partie superficielle du mod&le
proposé, nous avons reproduit en bas de la figure 29 la coupe géologique qui figure sur la Gc.art.e tectonique de
Madagascar D de H. BÉSMRIE, 1961, échelle & 1/3 000 000. Il faut noter que cette coupe, située légèrement. plus
au Nord du profil étudié, s’appuie sur trois sondages mécaniques dont aucun, d’ailleurs, n’a atteint le socle.
11 est kvident qu’il n’est guke possible de donner ici des interprétations quant.itatives plus poussées en
l’absence de renseignements géophysiques et géologiques plus détaillés. En particulier nous sommes dans l’igno-
rance de variations latérales probables de fac& comme l’indique la coupe @ologique de la figure 29.
Si l’on passail, effectivement des faci& gréseux de l’kalo h des faci& argileux ou cakaires, il s’ensuivrait
une augmentat.ion latérale de densitk qui conduirait a un contraste de densité et Q des épaisseurs de sédiments
plus important.es pour le fossé cikier que celles que nous donne le modèle et plus proches des valeurs indiquées
par la figure 28 (prk de 4 500 m).
On pourrait également envisager une remont.ée plus import,ante du manteau dans la partie Ouest du profil,
sous la zone du bassin côtier. L’anomalie positive correspondante serait. plus grande, et par déduction, l’anomalie
négative également. ; d’oU, pour notre modéle, une épaisseur plus grande du sédimentaire. Une remontée plus
forte du manteau conduit ainsi à un amincissement de la croûte, ce qui pourrait correspondre à un début. de
croUt,e océanique.
Il résulte finalement du modèle proposé, qui fait intervenir des masses profondes, qu’une partie de l’anomalie
gravimétrique peut être attribuée Q une ondulation de la base de l’éc.orce.
L’anomalie résiduelle qui résulte du choix de l’équilibre isostatique comme ((régionale )) conduit à une ano-
malie négative qui, dans le calcul d’un modèle, permet de considérer tout zi la fois, des contrastes de densité et
des épaisseurs de sédin1ent.s raisonnables.
Nous allons en voir un autre exemple en étudiant un profil dans le Sud du bassin de Morondava où les
diflérents types de structures semblent bien individualisés.
- 20
-40
affleurements
voisins de basaltes
VO
- 6b
- 80
l-20
+20-
50 Km
O-
\a
Coupe géologique 0
B
va.wooLo
FIG. 30. - Anomalies de Bouguer et résiduelIe (ou isostatique) d’un profit le long du paralléle 220 54 S dans Ie Sud du bassin de
Morondava. Anomalies partielles dues respectivement, aux parties profonde et superficielle du modtilr proposé. Coupe géologique
d’après H. BÉSAIRIE, 1961
de profondeur). De part et d’autre de l’ensemble négatif lié ?I la fosse du Marroo, on observe des anomalies
positives, étendues & l’Est, d’environ +20 mgal, et. localisées ?I l’Ouest,, de +26 mgal a l’aplomb du haut-fond
de glanera. A l’extrémité ouest du profil, l’anomalie redevient normalement négative.
Comme préc&demment, nous pouvons ajuster un modkle comportant une partie superficielle (II) et une partie
profonde (I), dont les effets représentés par les courbes II et 1, donnent. par addition une anomalie très voisine
de celle observée (fig. 30).
Nous avons admis dans la construction de la Part>ie superficielle du modèle un changement relatif de densitb
de -0,OZ (le cont,raste passant de -0,30 à -0,15) pour t.enir compte de la variation de faciès au passage de la
faille de 1’Ilova. Not,ons également que nous nous en sommes tenu à un modtle simple en admet.t.ant des valeurs
raisonnables pour les contrastes de densité. De toutes mani&res, le manque d’informations sur les valeurs réelles
des densit& et surtout sur leurs variations en profondeur rend illusoire la recherche d’un modèle plus compliqué
qui ne serait d’ailleurs pas forcément plus proche de la réalité.
On obtient les valeurs suivantles de la base du socle et d’épaisseur du sédimentaire :
La partie profonde du modéle indiquerait donc une forte remont,ée du mant.eau au kilom6tre 80, corres-
pondant CIla région du haut-Fond de Rfanera. Remarquons A propos de l’origine d’une anomalie positive qu’il
est t.oujours possible de l’attribuer h une masse lourde intrusive localisP,e et moins profonde. Ainsi une masse
d’épaisseur 10 km, k une profondeur moyenne de 15 km, soit de 10 Q 20 km, présentant un contraste de densité
de +O,-4 donne une anomalie positive équivalent,e à celle observée dans la région de Manera. Nais il ne s’agirait
que de l’interprétation d’une anomalie individuelle et localisée qui ne tiendrait pas compte tle l’interprétation
d’ensemble du profil qui fait apparaitre des ondulations SI la base de la crofite.
En conclusion, et. sans vouloir plus entrer dans les détails, il est ainsi possible de rendre compte de l’ensemble
des anomalies positives et négatives de c.ette région, t.ant de Rouguer qu’isostatiques, en faisant intervenir, outre
l’influence du bassin sédimentaire, celle d’irrégularités géologiques à la base de l’écorce, qui, réduisant l’ampleur
des anomalies négat,ive.s, permettent, de rester, dans une certaine mesure, dans des chois de densité et de pro-
fondeur raisonnables.
Cette interprétation des bassins sédimentaires, en séparant deux causes d’anomalies, superfic.ielle et & la
base de l’écorc.e, aurait d’ailleurs risqué d’ét,re fort. arbitraire, si on n’avait pas disposé d’un certain nombre de
données sur la structure géologique effect.ive.
La partie superficielle du modéle proposé est. en accord avec, le profil géologique report.6 en bas de la figure 30
tirt de la (( carte t.ectonique de Madagascar n, H. BÉSAIRIE, 1961.
D’aprés ce modèle, l’agencement structural de l’ensemble, tel qu’il apparait, ressort d’une tect,oniyue
verticale qui affect.e l’ensemble de l’écorce. Cela serait en aword avec ce que nous savons par ailleurs sur la
tectonique du sédimentaire A Rladagascar. La raison en serait dans la rigidité de l’écorce qui serait telle que t,out
mouvement de flexion conduit A un cisaillement d’oi.1 résulterait une tectonique cassante et t,abulaire. Le sc.héma
théorique structural auquel on aboutirait finalement pourrait correspondre à un schéma en 0 touches de piano j)
que nous avons évoqué plus haut (valeurs locales de la pesanteur).
Finalement,, d’après ce sc.héma, on peut dire que les bassins sédimentaires malgaches, épais et larges de
100 à 200 kilornètres ne sont pas compensés, mais résult,ent, au contraire d’un affaissement, plus ou moins faillé,
intéressant l’ensemble de la croûte, qui t.raduirait une extension. Ajoutons qu’en parlant de <Ibase de l’éc.orce D,
il est bon de souligner que le décalage par failles d’une croûte comportant,, suivant une loi quelconque, une
augmentat,ion de la densité avec la profondeur, n’en est pas distinguable.
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FIG. 31. - Série de profils parall&les E-W ds l’anomalie de Boug~er dans In bassin de Morondava dn -??,o 00 S RU 17” 30 S, profils
espau% d’un dmni-degré
La gravimétrie de la région Nord-Ouest de Madagascar (cap Saint,-André) appara’it comme un trait, majeur
des c.artes gravimetriques aussi bien de Bouguer qu’isostat,ique.
Géologiquement la région du cap Saint.-André est caractérisée par la présence d’un axe ant.iclinal crist.allin
et. par d’importantes manifestat,ions volc.aniques et, subvolc.aniyues.
L’axe cristallin, d’orientation genérale NNW (direction t,ect,onique du (( Bongolava u), formé des domes
de Rekodoka et de I’hmhohipaky, sépare le bassin de hlorondava de c.elui de BIajunga. Les manifestat.ions
volcaniques et subvolcaniques se rencontrent. dans tout,e la région. Elles comprennent les vastes coulées basal-
tiques, plus rarement. rhyolitiques, qui se sont. épanchées 9 la fin du Crétacé en émissions fissurales, un réseau
d’innombrables filons doléritiques, des intrusions ac.ides et basiques souvent importantes - massifs de l’Ambohi-
trosy émergeant. au milieu des croulées basall,iques, massif du Berevo (17025 8, 45005 E) A cheval sur le cristallin
du dome de Bekodoka et. les gres du Crétacé et de 1’1~10 -.
Gravimétriquement cet axe cristallin se traduit. par une anomalie positive allongée NNW oir les massifs
basiques nffleurants se marquent, par des maxima importants. Ainsi on peut. lier le massif de 1’Ambohitrosy à
l’anomalie lourde $40 mgal, lfP50 S, 44050 E ; sa superficie ét,ant, peu en rapport avec la dimension de l’ano-
malie, des stocks importants doivent. exister en profondeur. ,J. RAUER (1963) considére que les c.oulées basaltiques
sont effondrées en chaudron autour de c,e massif en constituant une c.uvett.e synclinale au milieu de laquelle
se dresse la masse gabbroïque et granit.ique. Les basaltes montrent. des penda,ges convergents vers la base du
massif et. soulignent un effondrement à la base de l’appareil intrusif. Le massif smergeant du Rerevo ne corres-
pond pas à un maximum bien marqué mais se situe à l’extrémité de I’isanomale +10 mgal à 170.25S et 45000 E.
Si aucune structure basique affleurante n’apparait en concordance avec. l’anomalie +40 mgal, 17010 S,
44055 E, elle s’expliquerait également par une intrusion lourde n’ayant pas atteint la surface. De meme, l’ano-
malie lourde d’Ankarefo, +20 mgal, 16015 S, 44035 E, à l’Est. du cap, qui correspond gtographiquement à un
dome c.ristallin, et l’anomalie lourde, f40 mgal centree en 16030 S et 44045 E, qui coïncide avec le pointement
cristallin d’Andranojongy.
L’anomalie positive se poursuit au Sud-Est jusqu’à at.teindre le socle cristallin en englobant l’affleurement
gabbroïque de Beravina (18005 S, 45015 Ej. La c.ontinuité de l’anomalie positive à travers le couloir de Manerina,
qui fait. correspondre les bassins de Rlorondava et. de Majunga, montre que les gr+s de 1’Isalo faisant, communiquer
ces deux bassins ne sont, gutre épais (150 à 230 m).
La baie d’Antaly il6015 S, 44050 E) a l’Est, du cap Saint-André est. en relat,ion avec une zone d’anomalie
négative localisée et constitue une cuvet.te en subsidence active.
Les grands t,rait.s de la géologie de surface donnent. du bassin de hiorondava l’image d’un bassin monoclinal
Ouest. s’ennoyant. progressivement vers la mer, awidenté de failles directes abaissant les compartiments Ouest
et. présentent localement, des compartiments à pendages Est faibles. Mais la géologie profonde en est beaucoup
plus complexe avec?une suwession de horst, et, de graben. Les deplacements des compartiments du socle ont tou-
jours une composante vert.icale trés import,ant.e par rapport aux composantes horizont.ales qui peuvent souvent
6tre nulles. L’import.ance des rejet.s croit. avec la profondeur. La tectonique du bassin de Morondava est donc
essentiellement, une tectonique de fond, cassante et. tabulaire, et, c.e sont les mouvements verticaux affectant
l’ensemble de .l’écorce qui ont formé les éléments majeurs de cett,e t.ectonique, l’agenc.ement. des failles et. des
compartiments se faisant le long des directions t.ectoniques principales du (t Bongolava )) et de la <(cote Est. 1).
On notera en partiçulier que la remontée du socle qui marque la bordure orientale du bassin sedimentaire
de Rlorondava, de meme que pour celui de RIajunga comme nous le verrons ultérieurement, s’accompagne d’une
remoni& du manteau, c.e qui se manifest,e sur les cartes gravimét.riques par une bande d’anomalies positives
le long de la bordure des bassins.
L’étude de la carte gravimé.t.rique de l’Ouest, de Madagascar fait apparaitre plusieurs anomalies positives
tri+ importantes, localisPes, et prat.iquement circulaires.
A titre d’exemple d’interprétation des anomalies localisées, non affleurantes, nous avons choisi celle située
au Lord de Rfaintirano, dont le maximum, situé 4 17045 S et. 44005 E, atteint, près de SO milligals. Bien qu’in-
complètement. cart.ographiée, cette anomalie présente suffisamment de régularit,é pour que l’on puisse la supposer
circulaire et extrapoler la partie située en mer oti il n’y a pas de mesures.
Le calcul, en trois dimensions, des profondeurs de la masse lourde responsable de cett,e anomalie a kté
effectué sur ordinateur et. un programme mis au point par R. GODWIER en 1977 d’aprk la nGt.hode de RI. L-4
PORTE (AI. LA PORTE, 1963).
Disons d’abord que nous avons kt,abli à la main et. par interpolation des mesures un réseau régulier de
valeurs nécessaire au calcul. Ce réseau :I mailles carrées de 5 km sur 5 km comport,e 17 lignes de 15 valeurs
chacune, soit 255 valeurs, h partir desquelles l’anomalie de Rouguer est présentée sous forme de bloc, diagramme
(bloc cliagramme 1 de la figure 32). Rappelons que dans c.etke région, comme dans tout, le bassin sédiment,aire,
les levés gravimétriques ont, 6t.é efl’ectués par la S.P.M. avec une densité de mesures qui permet une bonne irker-
polation.
Le programme de calcul détermine en premier lieu une B anomalie rkgionale )), une surface que nous avons
choisi ici du ler degré, soit un plan, obtenu par la mkthode des moindres carrés à part.ir des Point&s considérés
comme non anomaliques - plan ABCD sur le bloc diagramme 1 -.
La différence entre les valeurs de l’anomalie de Bouguer et de l’anomalie rkgionale définie par le plan ABCD
détermine à chaque nceud une valeur résiduelle. L’ensemble de c.es valeurs rkiduelles représenke l’anomalie à
ét,udier.
La méthode interprétative repose sur l’hypothèse suivani-e : on suppose le champ gravimétrique donné
c.omme ét,ant, dU uniquement. à la présence d’une structure homogéne de densité connue. Cetke structure étant,
limitke par un t,oit. et. une base, la méthode de calcul se propose de dé,finir l’une de ces surfaces limii.es (toit. ou
mgal
1
-t 40
I- 20
A
0
- 20
- 40
2oqo
2 0
l1000
1000
*
2000
5000
4000
3000
6000
3000
mètres
c-
4000
5000
6000
mètre
ü Km
44“OO E L-l 44’ 30 E
FIG. 3’2. - Blocs diagrammes reprhenhnt : 1 - In surface gravimt%riquc des anomalies de Bcuguer ; ‘2 - l’allure du toit de l’in-
trusion basique dans le sédimentaire
base) lorsque l’on connaît. l’autre. Sous forme ruath&natique, il s’agit, de rtkoudre une equation intégrale qui
n’est pas de forme classique et la recherche de ses solutions est particuliérernenl délicate. Toutefois, il est en
général possible, par le biais d’un calcul itératif, d’atkeindre A une solution approchbe.
Les grandes lignes du processus itératif utilisé sont les suivant.es :
On détermine ü partir du champ donné G une prerni~re approximation x1 de la stmcture c.herchée. Cett.e
structure s1 engendre un champ gravimétrique gl. Les différences constat,ées entre G et FS1p ermettcnt de retoucher
2. TECTONIQUE
La géologie de surface du bassin de Majunga donne bien l’image d’un monoclinal. Toutefois de multiples
failles, en particulier dans l’Ouest du bassin, lui conftrent. un c.aract.Cre complexe, analogue a celui c.onnu dans
le bassin de Morondava.
3. Fk&TJLTATS D’ENSEMBLE
LA encore, comme dans le bassin de Morondava, ce sont les mouvements verticaux de l’écorce qui sont
responsables, pour la majeure partie, de la tectonique du bassin sédimentaire de Majunga. A noter toutefois la
présence des deux flexures encadrant le bassin, en particulier la flexure interne en bordure du soc.le, alors que
dans le bassin de Rforondava, son contact, avec le socle, à sa bordure orientale, est marqué par un systéme de
failles relais rectilignes selon les deux directions principales t.ectoniques prédominantes & Madagascar.
Les deux bassins se différencient également par le fait que la flexure c0tière du bassin de Majunga n’a pas
d’équivalent dans le bassin de Morondnva. Le gradient positif de la bande c.X.iére du premier pourrait corres-
pondre A une remontée du manteau, c’est-A-dire à un amincissement de la crofite signifiant le passage & une
croûte déja partiellement océanique.
1. GÉOLOCXE ET GRAVIMÉTRIE
Bien développée dans l’extrême Nord où elle s’étend sur 23 a 120 km de large, la série sédimentaire debut,e
au Permien supérieur et se poursuit avec de nombreuses lacunes jusqu’au Quaternaire.
Le groupe de la Sakamena par lequel commence la série, repr6sent.é essentiellement par des faciès marins,
est suivi par celui de I’Isalo a fac& principaIement c.ontinenLal. Le groupe de la Sakoa, le plus ancien du Karroo
malgache, n’est pas représenté en affleurements.
La série sédimentaire est régulièrement monoalinale sans plissements connus sinon dans la presqu’île d’Ampa-
sindava où ils paraissent dus aux venues éruptives. On ne connaît pas exact.ement les épaisseurs atteintes par
les formations sédimentaires, mais J. de SMNT-OURS (1960) a donné un ordre de grandeur des puissances et
pendages moyens des différentes assises le lon,0’ d’une coupe NS allant du soc.le au cap d’Ambre : l’épaisseur
cumulée pourrait atteindre 4 600 B 5 000 m, les pendages diminuent du Permo-Trias (130 à 220) au Tertiaire
(Isalo, 100 à 150, Jurassique, 60 à SO, Crétacé, 40 a, 60). L’accumulation de 1’Isalo inferieur, atteignant à elle seule
plus de 2 000 m, montrerait qu’il s’est produit une subsidence importante mais 1.rèslente et laisserait supposer
à l’origine une surrect.ion considérabIe du massif cristallin.
L’allure calme et monoclinale du bassin, avec son approfondissement marqué vers le Nord, est mise en
évidence par la régularité du profil gravimélrique NS qui va, le long du méridien 49015, du socle au cap d’ilmbre
(profil 13, fig. 35). Vers l’extrémité Nord du profil, nous observons une forte remont,ée de l’anomalie, tant de
Bouguer qu’isostatique. On retrouve en bordure de la côte le mème gradient Posit#if que celui que l’on a observe
sur les différent,es coupes gravimét,riques du bassin de Majunga. Ce gradient montre que la remontee du mant,eau
et l’amincissements de la croûte, supposés a son origine le long de la côt.e du bassin de Majunga, se poursuivent
vers le Nord au-del& d’Ambanja au moins jusqu’à la pointe extrême Nord de Madagascar.
L’infléchissement vers le Nord de la Ilexure côtière se traduit par une zone de faiblesse tectonique marquée
par les phénomènes intrusifs de la presqu’iIe d’Ampasindava et par une forte teçtonisation de t,out.e cette pro-
vince (baie d’ampasindava, îles de Nosy-Be, Nosy-Komba, graben de Sambirano...).
2. PRESQUYLE D’AMPASINDAVA
Par ses caract,éristiques, la presqu’île d’ilmpasindava peut etre rapprochée de l’ensemble des roches volc,a-
niques de l’aire anticlinale du cap Saint-André.
En effet, l’ensemble de la presqu’ile d’Ampasindava, de m6me orientation NNW que l’aire anticlinale
du cap Saint-André, a une allure d’anticlinal t.raduit,e par la disposition des schist,es cristallins, de la couverture
et du cont,act sédimentaire. En ouire, on observe de part. et, d’autre des plutons circuIaires assoc,iés a des épan-
chemcnts volcaniques. Ces plutons sont, d’une facon générale, soit des dykes mis en place dans des cassures
ouvertes, soit des sills plus ou moins remplis de laccolites, mis a nu par l’érosion, dont l’âge est au plus turonien,
plus probablement oligoctne. La mise en place de ces pluton, s a du se faire à une profondeur assez faible (de
l’ordre du kilomètre) et l’on serait en présenc.e de la zone profonde d’un massif volcanique longuement, érodé.
Gravimétriquement, la presqu’île d’Ampasindava correspond & une fort,e anomalie positive atteignant,
à son extrémité ISord, 1-70 mgal en Bouguer et +40 mgal en isost,atique. Cet.te anomalie positive est d’ailleurs
beaucoup plus ét.endue et. couvre l’ile de Nosy-Be.
Les 9/10e en volume des roches d’Ampasindava sont des syenites normales et moins fréquemment des
granites, d’ailleurs postérieurs aux syénites. Les roches basiques, probablement en grande part.ie épanchées,
sont les plus courantes pour le reste. L’origine magmatique de l’ensemble des roches de cette region ne saurait
faire de doute, la différenciation magmatique d’un magma basique Qmoyen )) étant de nature a donner les prin-
cipaux types pétrographiques d’Ampasindava.
Un réservoir de magma, profond et étendu, pourrait, donc. être la cause de l’ensemble anomalique posit,if
observé du cap Saint-André au cap d’Ambre, la province d’hmpasindava en constituant. la partie visible,
l’absence de mesures en mer ne permettant pas d’en voir le prolongement au large de la cote du bassin de
Majunga. Situer ce magma gravimétriquement à la base de l’écorce, équivaut. a une remontée du manteau et
à une croût.e moins épaisse, hypothese valable pour toute la cote Nord-Ouest c.omme l’indiquent les profils
gravimétriques des figures 34 et 33.
m E hliocène
@ isortatique
FI~. 35. - Profils gravim&triyues. A : NNW-SSE passant par Amùanja et le bassin lacustre de Sambirano, Bouguer et isostatique
ou résiduelle; B : N-S dans l’extrhme Nord de Madagascar
3. GRBBEN DE SAnrnmmo
La zone de faiblesse tect.onique qui se manifeste par une forte t.ec.tonisation de la presqu’île d’hmpasindava
et de la baie du même nom, a l’Ouest de la presqu’ile, s’exprime également par le graben de Sambirano, de
formation récente, ou au moins de rejeu important récent. Le début de l’effondrement se situerait à I’Oligocéne,
suivi d’un nouvel affaissement au Plkistocène, contemporain de celui de la baie d’Ampasindava avec les derniers
épanchements de la montagne d’Ambre.
La direction générale des fractures de cette zone est NNW, qui est celle du systkme de failles (t Bongolava B
(ou Mozambique).
Le profil A de la figure 35 passe par le bassin lacustre de Sambirano. Malheureusement les mesures s’éche-
lonnent sur la seule piste praticable de cette région qui suit pratiquement la direction des frackres. Il n’est
donc. guère possible d’essayer une int,erprétation de l’épaisseur du lacuske a partir du profil longitudinal. Tout,e-
Eois on peut. observer qu’au bassin d’effondrement correspond bien un minimum de l’anomalie.
On remarquera également que la baie d’Ant20ngil, sur la côte Est, qui s’interprète aussi par un fossé d’effon-
drement, a la même direct,ion NNW. Ces deux fossés feraient, partie d’une importante zone de faiblesse tecto-
nique jalonnée d’ailleurs par des cuveRes alluviales, des épanchements basaltiques, d’innombrables pointements
phonolitZiyues et des source.~ chaudes.
‘i. LE VOLCANIShlE
L’extreme Nord de Madagascar qui montre les traces d’une activité t,oute récente, mais aujourd’hui complè-
tement int,errompue, est caractérisée par le volcanisme qui a pris sa plus grande ampleur au massif d’ambre.
5. CONSIDERATIONS D’ENSEMBLE
Dans toute c.ette région de l’extrême Nord de Madagascar ont eu lieu d’importants mouvements verticaux
du socle qui se sont traduits par des horst et des grahen. Des épisodes volcaniques et subvolcaniques sont liés
à cette tectonique cassante dont ils ont souligné les phases principales. Ainsi les caractères morphologiques de
la côt.e, depuis la presqu’île d’ampasindava jusqu’au cap d’hmbre, indiquent un panneau effondré avec des
remontees secondaires formant des zones anticlinales.
Tout.es les failles de cette région se rangent dans les deux systèmes tect,oniques qui ont une valeur générale
pour Madagascar : systéme c Côte Est 1)(zone de fractures du contact sédiment,aire-cristallin et la faille Ankaramy-
Jangoa prolongée par les failles de l’hnkara et Sahareny) et systéme (<Bongolava )) (graben de Sambirano,
presqu’ile d’dmpasindava...).
Des failles de moindre importance, mais de direction génerale GCôte Ent )), liées à un certain nombre de
m0uvement.s relatifs de surrection du socle malgache par rapport au canal de Mozambique qui s’approfondissait
peu à peu, ont produit une st.ructure en escalier.
Le rOle des fractures a donc été considérable dans l’élaboration structurale de l’ext.rême Nord, la couverture
sédimentaire et le socle de cette région ayant été affectés l’un et I’autre.
Toute la région Ouest de l’extrême Nord se marque sur la cart,e isostatique par une importante anomalie
positive att.eignant près de 40 mgal vers la presqu’ile d’hmpasindava et Nosy-Be. Les épanchements basaltiques
superficiels sont insuf&ants pour expliquer cett,e anomalie. Dans la presqu’île d’Ampasindava les phénomènes
éruptifs se traduisent par des massifs alcalins granit,iques et syénitiques dont le caract.ére particulier indique
une origine indubitablement magmatique avec une mise en place & faible profondeur. 11y a donc lieu de penser
?I une origine profonde pour l’anomalie : soit une intrusion magmatique en profondeur et étendue, soit plutot
une remontée du manteau, d’où un amincissement de la croûte, occasionnant, une surrection du socle avec,
corrélativement, des affaissement.s locaux selon le schéma de Gtouches de piano D.
La carte isostatique montre une anomalie négative au Sud-Est de Diego-Suarez qui n’apparait pas en
Bouguer, masquée, sans doute, par le phénomène isostatique. Il est. possible que cet,te anomalie soit due, au
moins partiellement., aux épaisseurs de sédimentaires, qui pourraient. atteindre 4 000 à 5 000 m. Mais nous
avons vu à propos des bassins de Morondava et de AIajunga, qu’à 1’influenc.e du sédimentaire, s’ajoutaient les
effets d’irrégularités géologiques à la base de I’&orce. II semble donc que, là également, l’anomalie négative au
Sud de Diego-Suarez n’ait pas qu’une origine sédimentaire et on pourrait admettre qu’elle est du méme type que
les anomalies négatives qui bordent les anomalies positives de la cote Est et. Nord-Est, dans des régions OU le
socle est partout affleurant, et qui, comme nous le verrons plus loin, sont dues à un phénomène profond.
Les regions centrales de Madagascar apparaissent en négatif sur la carte des anomalies de Bouguer. Ce
caractère est à mettre au compte du relief qui est important comme le montre la carte hypsométrique (fig. 1).
Les minima les plus importants sont liés aux massifs les plus élevés comme le Tsaratanana au Nord (-80 mgal)
et I’Ankaratra au centre (-140 mgal, minimum de l’ensemble de la carte).
La corrélation entre ahitudes et anomalies de Bouguer traduit le fait que le relief est compensé par la
présence en profondeur de volumes moins denses, ce qui est caract,éristique d’une croûte continentale,
La variation rapide du relief, en particulier sur le versant orient,al, conduit à un important gradient gravi-
mét,rique -2.00 milligals sur 200 kilométres, en moyenne, entre I’Ankaratra et la côte Est. Ce gradient, s’il
n’empâche pas les anomalies loc.alisées de ressortir de la carte, masquera par contre les anomalies d’une certaine
ampleur qui ne pourront, être mises en évidence que sur une cart,e des anomalies résiduelles (carte isost,atique).
Parallélement j la côte Est et à une cinquantaine de kilomètres de celle-ci, eut,re les parallèles 17e et 19” Sud,
se remarque une anomalie positive allongée, étroite, comprenant deux maxima relat,ifs d’une vingt,aine de
milligals : l’un, au Nord, dans la région du lac Alaotra, l’autre, au Sud, au Nord-Est de Moramanga.
L’origine de l’anomalie positive au Nord-Est de Moramanga (18000 S, 48020 E) est & attribuer au gros
massif intrusif d’Ant.ompombato (12 x7 km), situé à une quinzaine de kilomètres au Nord-Est, de Moramanga.
Ce massif mis en place il y a quelque 90 M.A. recoupe trés nettement le socle wistallin et montre un bel exemple
de différenciation magmatique allant des syénites aux péridotites.
L’anomalie positive ent.re Ambatondrazaka (17050 S, 48025 E) et Andilamena (17WC)S, 48035 E) recouvre
la région du lac Alaotra et de sa plaine alluviale d’altitude moyenne 750 m correspondant à un fossé - rift
valley - d’une trentaine de kilomètres de largeur, faiblement effondré (350 m&es de rejet?), en bordure duquel
apparaissent quelques épanchements d’ankaratrites sans doute plioc.&nes. D’origine tectonique récente, on
peut rattacher à la même phase la dépression du Mangoro d’altitude moyenne 900 m, dont le cours Parfait(ement
rectiligne doit son origine à un accident t,ectonique.
Ces deux dépressions, de 1’Alaotra et du Mangoro, sensiblement dans le prolongement l’une de l’autre: sont
séparées par un seuil qui peut être attribué à une diminut,ion d’ampleur des phénomènes t.ectoniques.
Le profil A en travers de la zone du lac Alaotra, selon un axe Amparafaravola-Fénérive (fig. 36), indique
à l’aplomb du fossé, au lieu d’une anomalie négative g laquelle on devrait, normalement s’attendre, une anomalie
positive importante (a) d’une amplitude relative de 30 mgal environ.
L’étude du profil A peut conduire à admettre que l’anomalie observée est la résultante de deux anomalies :
l’une, anomalie 1, étalée sur prés de 80 km, d’amplitude 18 milligals, l’autre, anomalie II: étroite, atteignant
14 milligals.
La première, du fait de son étalement, doit, sans dout.e son origine à un phénomène profond qui pourrait
ètre directement lié aux int,rusions basiques le long d’une zone de moindre résistance créée par la surrec.tion
du socle. En effet, on peut noter de nombreux affleurements de gabbros au Nord du lac. : affleurements de
1’Ankitsika et de l’ilndilamavo au Sud d’andilamena. La largeur de la dépression tectonique, d’une trentaine
de kilomètres environ, suggère une structure analogue g celle d’un rift dans lequel des épanchements basiques
localisés dans le Nord se seraient toutefois produits. L’effondrement résultant. de l’extension et de la fracturation
de l’écorce sous l’effet de la remontée du manteau doit ainsi affecter l’ensemble de l’écorce. On notera que c’est
dans la région du lac Alaotra qu’on observe la séismicité la plus élevée de Madagascar ; de faible ampleur elle
aurait plut% pour cause des tassements ou réajust.ement,s superflc.iels que la poursuite du mouvement d’effondre-
ment.
Le meme prof?1 de la figure 36 montre également, à l’Est de l’anomalie a, une autre anomalie positive faible
b. Il semble que ces deux anomalies se retrouvent plus au Sud. En effet, un autre profil (profil B, fig. 36) -
orienté ESE, traversant le Sud de la dépression alluvionnaire du lac Alaot.ra, passant. à une dizaine de kilon&res
au Sud d’hmbatondrazaka et abouGssant & la côte à 15 km au Sud de Tamatave - indique deux anomalies a et
b, moins marquées toutefois que celles du profil A.
Reportées en position sur la carte à l/l 000 000, ces anomalies s’alignent selon la direction tectonique
principale (( côte Est )), qui est également celle des bordures de la dépression de l’alaotra.
L’architecture des formes géologiques avec deux orogenéses de directions différentes imprime ses caractères
Q la morphologie. Le rebord oriental des Hauts-Plateaux est caractérisé par les lignes directrices très régulière-
ment subméridiennes de la grande orogenèse de 2 600 M.A. et par le système N 500-600 W des cassures crétacées.
FIG. 36. - Profils gravimétriques au Nord et au Sud et en travers de la dhpression du lac Alaot.ra
L’&ment majeur du relief est la grande falaise orientale de l’hgavo dont la nature tectonique, ou krosive
n’est pas fixée avec certitude, les levés @ologiques mhe rhents n’ayant pas mis en évidence de grandes failles.
De t,out.es maniéres la formation de la falaise et. son recul ont été faci1it.k par la conjugaison de la direction sub-
méridienne des schistes cristallins d pendage Ouest et des cassures N 800-600 W.
Pour notre part, d’aprés les résultats de la gravimétrie que nous allons voir, nous admettrons que si l’escar-
pement le plus oriental, l’escarpement, de Betsimisaraka, semble bien d’origine tectonique, l’accident ayant
d’ailleurs int.éressé toute. l’épaisseur de l’écorc.e, par contre, la falaise de l’hngavo serait principalement due B
une importante érosion régressive qui aurait buté contre les granites. Toutefois des frac.tures observées par
endroits CI la base de la falaise ne seraient que des fractures secondaires de la fracture principale située plus
à l'Est.
Gravimétrie
Tout le rebord orient.al de Madagascar, du Nord au Sud, est. caractérisé par le parallélisme des isanomales
de direction (cc6te Est S.
Nous avons déjh vu que ce parallélisme marquait l’influence prépondérante de la t.ectoniyue (Ccc’ke Est, 0
qui est. également responsable des accidenk de mème direction du relief : la descente vers l’océan Indien se
présente comme un escalier. Les failles inthessent l’ensemble de l’écorce, la tectonique cassante n’ayant donné;
que des b1oc.sbien individualisés, effondrés, basculés ou surélevés, au cours du bombement général tertiaire.
Les surfaces, tant topographique que gravimétrique, pouvant ètre considérées comme des structures cylin-
driques, un seul profil EW suffira pour représent,er l’allure générale du versantC oriental de la Grande Ile.
Le profil de l’anomalie de Bouguer le long de l’itinéraire Tananarive-côte Est, qui suit approsimativement~
le 19 paralléle est représenté sur la figure 37. Nous avons reporté également le profil topographique ainsi que
les valeurs de l’anomalie à l’air libre aux stations de mesure.
L’anomalie de Bouguer ne monhe aucune anomalie not:able entre Tananarive et Moramanga ; en particulier
le passage de la falaise de l’Xngavo, d’une denivelée de prés de 500 mètres, ne se marque guère que par une
Rnnnmafnna
‘- /j
régionale locale I
AIR LIBRE
mgal
4
Altitudes 1
.
16;’
1400
1200
1000
800
83, B2 : Gneiss, Migmatites et Gneiss à graLhi;e
600 ,(y ,,&B : Migmatites granitoïdes
y : Granites
400
PL : Lacustre pliopleistocène
200 C5 : Migmatites amphiboliques B2 ) 82
,( : Migmatites
L
0 10 20 30 40 50 100 \ 150 km
FIG. 37. - Profils gravimétriques - Bougucr et air Iibre -- et. t.op«graphiquc le long de l’itinéraire WE de Tananarive à la c0te Est.
anomalie de 2 a 3 milligals qui semble due au fait que l’on a négligé les corrections topographiques. lYotons ici
que l’absence d’anomalie au droit. de cette falaise mont.re que le choix de la valeur 2,67 pour la densité convient
bien pour c.et,t.erégion.
A une vingtaine de kilomètres à l’Est de Moramanga l’anomalie posit.ive que l’on observe est due visible-
ment, a l’influence de l’intrusion basique d’hmbat,ovy dont nous avons parlé plus haut.
De mème en tracant l’anomalie régionale locale, il apparait une légire anomalie positive à 41) km à l’Est
de Moramanga, dans une région oil sont cart.ographi&es des migmatit,es amphiboliques (groupe de Beforona, C5)
à l’affleurement. Or ce groupe se marque, comme dans les régions de Tsaratanana et Andriamena par des intru-
sions gabbroïques. Il est donc possible qu’il y ait des gabbros à l’aplomb de c,ette anomalie.
- 10.
-20 2.67 t
-lo’ m------u Iel<rn FIG. 38. - Anomalies dt: Bouguer et rksiduelle - ou isostatique - ent.re
3.27
Rloramangaet la c6t.eEst (profil Tananarive-côte Est) et interprétation
Nous avons vu précédemment que la falaise de l’Angavo, à 40 km a l’Est de Tananarive, ne donnait lien,
par contre, 5~aucune anomalie not,able et comparable à celle située au droit de l’escarpement de Betsimisaraka.
Les reprises d’érosion fin tertiaire et quat,ernaire auraient fasonné le bloc oriental en merne t,emps qu’elles pro-
voquaient, le recul de l’escarpement jusqu’à la limite des roches granitoïdes ; le pourt,our sinueux de la falaise
étant lié à des limites pétrographiques. Habituellement, on ne considère pas l’anomalie à l’air libre point. par
point par suite de sa relation hop étroite avec l’altitude - on considère en général les valeurs moyennes par
unité de surface -, pourtant. il semble intéressant ici de comparer l’anomalie a l’air libre avec le relief corres-
pondant.
Ainsi en t,racant, les droit.es moyennes par portion de profil, tant de l’anomalie à l’air libre que du relief
(fig. 37), on constate que si les droites des secteurs A, B, D sont bien parallèles, par contre, les droites relatives
aux secteurs C et. E ont. des pentes bien diffbrentes, en part,iculier E secteur correspondant 5r la région de la
c.6te Est,.
Cec.i est l’indice de phénomènes profonds. Ainsi pour le sec.teur C, la pente de l’anomalie indiquerait. un
rekvement vers l’Est, l’érosion 6tant. responsable de l’aplatissement du relief dans cette région. De m&ne le
profil E, région de la c6te Est, dénokerait un passage brutal de la croûte continentale à la c.roiite ockanique
que nous examinerons en détail ultérieurement..
Comme nous l’avons déja fait. pour un autre profil (fi g. 21), nous avons reporté (fig. 39), point. par point, les
valeurs de l’anomalie de Bouguer en fonction de l’altitude des stations de 1’itinCraire Tananarive-c.Gte Est.. Cette
figure met, bien en i-vidence le dé.coupage par blocs A, B, C, D, E, surélevés, affaissés et; basculés.
2. CARTE DES ANOMALIES ISOSTATIQUES
Du Nord au Sud de I’Ile les régions intérieures se marquent. sur la carte isoxt.at,ique par un ensemble positif
d’une valeur moyenne d’une quinzaine de milligals, si ce n’est une imp0rtant.e anomalie négative d’une trentaine
de milligals au Sud-Ouest de Tananarive correspondant au massif volcanique de I’Ankaratra. Dans la partie
positive on observe des maxima localisés de 40 Q 50 mgal.
1 19’.35
413~17 E
s
1 19O37 s
47’41 E
- GO
mgal
69 Anomalies
et calculée
résiduelle (isostatiquel
A
I-0
Anomalie résiduelle
Bassin lacustre
2000 m Protll
t c2 tonoaraoi-
_ 1500
MANDOTO
10
2,67 modèle lissé
20
40 km
profondeurs calculées
PIC;. 40. - Anomalie négative du cent.re de ïVadagdscar (massif volcanique de l’hlraratra) et. int.erprétation
1. C~TE EST
La carte des anomalies de Bouguer présente tout le long de la côte orientale, et sur plus de 1 000 km, de
fortes anomalies positives, en pahiculier dans la Pa&ie Sud (100 milligals A 21040 S, 4’3015 E), entre RIananjary
La cOt,e orientale de Madagascar se caractérise par sa rect.it.ude remarquable sur plus de 1 000 km selon
une direction NlSE, interrompue par quelques accidents comme ceux de la région de l’ile Sainte-Marie et la
baie d’hntongil. Au-del:) du c.ap RIasoala, la côte présente un aspect toujours aussi rectiligne, mais suivant, cette
fois, une direi.tion NNW.
Les awidents de la région de l’ile SainLe-Marie et de la baie d’dnt.ongil, sont visiblement. tectoniques et
présentent des formes géométriques simples dont les directions sont celles de la Lectonique caractérisant Mada-
gascar : direction (( cote Est I), N 200 E, et direction « Rongolava n, N 150 W (fig. 44).
Not.cms que le plateau cont.inental ne s’étend gubre au-del& de la c8te, 11moins de 25 km, et qu’on atteint
tr& vite les profondeurs océaniques.
Il ressort des travaux géologiques que la région c6titre comporte un socle cristallin précambrien et, dans
la zone rotiè.re, une couverture volcanique crétar6e surmontée de sédiments marins du Crétacé supérieur puis
de formations cont.inent ales.
I,e Précambrien se présent.e sous la forme d’une succession de bandes longitudinales de lithologies differentes.
Mais c.e qui caractérise plus particuli6rement la ci%e Est, c’est la couverture volcanique crétacée largement
développée, comprenant essentiellement. des rhyolites et. des basaltes. Le [email protected]!supérieur recouvre les coul&es
volcaniques. Il est. principalement. gréso-marneux avec de rares bancs calcaires. Le NéogGne cont.inental comprend
des grés tendres à stratifications entrecroisées avec des banc.s d’argile. Le Ouaternaire comprend les sables
c6tiers et, les alluvions, la plaine c6tière 6tant souvent. large de plusieurs kilon%tres.
Le point le plus important à noter est donc que toute la région rcXi&re. en particulier la moitié Sud, a été
l’objet de trés importantes émissions fissurales de laves acides et basiques qui forment un recouvrement continu
large de 20 A 40 km. Les épaisseurs sont. de l’ordre de la c.entaine de mètres.
L’indice d’alcalinité des é1~anc.hement.sindique une série calcique appartenant principalement au type
Pacifique. On est en présenc.e ici d’un volcanisme fissura1 en relation aver. une tectonique cassante intéressant
une grande profondeur et, les laves émises sont fortement, contaminées.
Les basaltes sont beaucoup plus développés que les laves acides et les recouvrent. presque toujours. Ils se
présentent, en bandes réguIi+res au milieu desquelles se t,rouvent de gros massifs acides : massifs d’Ant.sanavolo
au Sud-Ouest de Mananjary, du Sakaleona a l’Ouest de Nosy-Varika qui se marquent par une anomalie Iégére-
ment négative, relative, de quelques milligals se superposant A la forte anomalie positive de cette région. Entre
hlananjary et Farafangana s’etend un grand croissant, rhyolitique où les basalt.es supérieurs se localisent, dans
sa concawt6 tournée vers l’oçtan et dont les affleurements suggérent. une disposition concentrique autour d’un
centre volcanique situé au large de Vohipena (22W) S, 47050 Ej. Cette disposition, frappante sur les photos
a.&iennes de la rkgion, est d’ailleurs visible sur la carte des anomalies de Rouguer OU les isanomales mont.rent
autour de Vohipena une courbure in1portant.e dont la dimension fait penser à un phénoméne irnportant et
profond.
I.‘c;l~“ltclielnent. et l’accumulation sur de vastes t;tendues de laves acides H grande yisc.osité posent. un
probltime. En particulier le grand massif du bas Sakaleona, à l’Ouest de Nosy-Varika (20% S, -BO30 E) s’éltve
h près de 500 m ; il est profondément entaillé par I’érwion sans que, même au voisinage de la mer, y apparaisse
LIII substratum. La puissance minimale des coultes est. au moins de 500 m. Il est indubit-able que t,outes les coulées
proviennent d’émissions fissurales longitudinales. Cependant leur grande extension latérale, qui paraît peu
probable en raison de la viscosit6 dans le cas d’une frachre unique, s’explique mieux si l’on admet un rhseau
de frar.tures paraIMes plus ou moins rapprochées.
II faut noter que la cOte orientale, depuis la baie d’htongil jusqu’a la hauteur de Vatoniandry (sur le
parallèle 19020 S), ne présente pas de c.oulhes volcaniques connues e.t que les manifeslations volcaniques n’y sont
gu&re représent.ées que par d’innombrables filons A faciès diabasiques, parfois t-A denses dam certaines régions.
Plus au Sud les filons doléritiques se poursuivent A l’Ouest des grandes c.oulées basaltiques. Ces filons s’ordo&ent
suivant des zones de frac.tures paralléles B la c6t.e et de direction commandée par une tect,onique cassante pro-
hahlement cr&tacée. Toute c.ette zone c.ôtiére a été, semble-t-il, soumise à des tensions depuis les temps les plus
anciens et la résolut,ion mécanique de c.elles-ci s’est eflectuée d’une façon assez analogue au cours des f emps.
Dans le sec.teur de l’ile Sainte-Marie les filons ont une direction subméridienne paralltle à la ccite, direct.ion
totalement différente de celle des schist,es cristallins recoupés.
Les formations géologiques de l’île Sainte-Marie montrent une tectonique récente. J. AUROUZE (1952) décrit
des déphts marins d’8ge quat.ernaire dans le Sud de l’île ; il s’agit d’un poudingue à galets de quartz et, débris de
coraux entre 15 et 20 III. Cette formation prouve indubitablement un relévement. récent et. important, de l’ile,
du moins au Sud. Deux failles méridiennes sont mises en évidence : l’une par la rectitude de la portion de c0te
en arrière de l’ile et qui se précjente comme un échelon en retrait de la cSe princ.ipale (axe III, fig. 44), l’aut,re
en avant de l’ile (axe 1). L’ile Sainte-Marie représenterait donc un élément résiduel resté en saillie d’un comparti-
ment distinct du compartiment côtier et situé en avant de ce dernier. Il n’y a aucune dif1iculté à supposer que
ce compart.imeut a pu rejouer independarnrnent du compartiment cotier, et entrainer un relèvement local limité
â l’île Sainte-Marie.
1A. Gruoimétrie
La c0te Est, est. marquée par un méme style gravimétrique qui se caractérise, si ce n’est dans la région de
1% Sainte-Marie, par uue bande d’anomalies fortement, positives, de 60 a 80 milligals, avec un gradient relat,ive-
ment constant. t.out le long de la c0te de l’ordre de 2,F mgal/km.
On rappellera. ici que nous ne disposons d’aucune mesure en mer qui aurait permis de développer l’etude
de cette anomalie.
D’importantes anomalies posit,ives jalonnent la moitié Sud de la c6t.e : 90 à 100 milligals vers Nosy-Varika
et Xanakara où le gradient atheint. 5 mgal/km. Ces maxima sont a mettre en relation avec des rentres volcaniques
dont il a été question plus haut.
Un certain nombre de profils de mesures effec.tués perpendiculairement & la c6te nous a permis de tracer
les coupes gravimétriques correspondantes représentées sur la figure 41. Ces profils hhelonnés du Sud au Nord
montrent en premier lieu une différence essentielle entre les profils de la rugion de l’ile Saint.e-Marie et ceux au
Sud de cette région. Ces derniers, par contre, présentent une très grande parenté qui se caractérise par une
croissance très rapide de l’anomalie de Bouguer dans la zone littorale qui peut att,eindre 90 mgal A la cote.
On notera que l’anomalie & l’air libre, par exemple le long du profil Tananarive-c.6t.e Est, figure 37, marque
également une forte remont.ée en bordure de la c0te alors que l’altitude t.end vers zéro. Cette augmentation
rapide de la pesanteur révéle UII contraste brulal dans la géologie profonde.
Nous avons vu que la région de la c,Gt.eEst était le point le plus remarquable de la car& isostat.ique. Pour
cette rkgion elle présente deux bandes ét.roites d’anomalies, l’une positive en bordure de cote, int.errompue St
hauteur de l’ile Sainte-Marie, l’autre, ntgative, à une quarnnt.aine de kilomètres en reirait qu’aucun trait géo-
logique particulier ne permet d’espliquer.
Cela voudrait, dire que le schéma d’Airy, profondeur de compensation 30 km, qui suppose un passage normal
de la crofite continentale B la crodte océanique, & part,ir duquel ont 6té calculées les correct,ions isostatiques, ne
x 16'455
0
,h
- 20. \r‘-~llrrr,‘
-40,
MORAMANGA izo
SS 14'305 SAMBAVA
0 , / 0
t mgal
convient pas pour cet.te région de Madagascar. La variation latérale de la compensat.ion est plus rapide que la
variation de la t.opographie, et à la profondeur où cela se plac.e, cela veut dire que le passage de la compensation
continentale à la compensation marine est quasi instantané, comme cela pourrait l’&tre par une faille de coulisse-
ment. amenant la crotite marine au conta& de la c.ro3.e continentale.
Les considérations précédentes nous amknent. à envisager que, pour l’interprétation gravimét.rique, le passage
de la croûte continentale à la cr0Qt.e oc.éanique se fait brutalement, par une faille verticale.
Les traits généraux de la gravimétrie et. de la tectonique qui caract$risent cette région, ainsi que la parent6
que présentent les différents profils gravimétriques, autorisent à c.onsidérer comme représentatif un profil moyen
(fig. 42) obtenu en calant les différents profils par rapport, à la c0te.
mgal
+ 100
+ 60
+ 20
0
10km 0
-20. EST
mgalv
FIG. 42. - ProfHs de la figure 41, groupés et calés par rapport a la ctrte Est, at courbe moyenne
40
_LLL-
0
s-T-------- _---
*--- 5”
/qo-r&70 ‘:,@
-- - - - compe”5a c - &’
‘, c - -&j,* -100
x-__--*
_I!i0
6 km
12,8)
1
d =2.8
d = 3,3
0
30. -- ~~ ----~_
’ 131.2)
compensation du relief 0
i-------- (34)
135.3)
40.
km. ghn~
c
pression à 30 km de profondeur
/--‘ 8.8 x 10”
--.
-.
(8.4~ 10”) I --._
----_ - 8.4
8.0
t
FIG. 43. - Modhle proposé pour rrprksenter le passage brutal par faille vcrticalc de la crofite continentale à la croûte oceanique.
Anomalie de Bouguw cnlcul~e à partir de ce modt\le et anomalies partielles dues à la remonUe du manteau (l), à la compensation
du relief (2) et aux sédiments (3). Courbe de l’équilibre des masses A’ 30 km de profondeur
campagne du GGlomar Challenger D dans le c,adre du (CDeep Sea Drilling Project », donne une couche de 320 m
de sédiments sous une épaisseur de 4 971 m d’eau. Les s5diment.s en contac.t direct. avec le basalte de la crocte
océanique ont ét.é datés du Campanien Supérieur (73 5 71 n1.a.).
Océnn de demifi 1,03. Peu profond jusqu’a 20 km de la c6te (200 I~I), il atteint 4 500 m A 70 km de celle-ci.
Rappelons que le profil moyen représentatif des différents profils observés sur la c0te Est est donné en
anomalie de Bouguer. Précisons tout.efois que cette anomalie de Bouguer est inctompli~te, son calcul rigoureux
faisant int.ervenir des corrections topographiques que nous avons négligées : nous avons vu que pour des stations
en bordure de crjte, la c.orrection topographique est de l’ordre de 3,s milligals.
Le calcul de l’anomalie de Bouguer due au modéle proposé comporte l’influence de la remontée du manteau,
celles des sédiments c6tiers et, de la compensation du relief. On Ut&ilisera tous les élr?ments de ce modéle pour
dét,erminer les anomalies de masse.
Nous avons représenté sur la figure 43 les anomalies dues aux divers éléments intervena& dans le modèle
ainsi que l’anomalie résultante. On constate que c’est. la compensation du relief, courbe 2, et surtout la remontée
du manteau, courbe 1, qui forment la quasi-t,otalité de la partk c.ontinentale de l’anomalie, les autres élements
n’agissant, de fa!;on notable q~l’:‘k partir de la c.irte.
La courbe den poids par unité de surfac.e a 30 km de profondeur le long du profil montre que les masses
en présence sont proches de l’equilihre : les éçarts par rapport a la valeur moyenne de 8,4 106 g/cm” - qui est
celle d’une crnlit.e de 30 km cl’épaisseur de densit,b 2,s - ne dépassent, pas Cl,5 I(l6 -/cm”.
Ainsi le modèle de la figure 43 déwit. c.i-dessus, créant une anomalie voisine de celle observée, la condition
d’6quilihre étant. pratiquement respectée, peut, convenir pour expliquer l’importante anomalie positive de la cAt,e
Est. ainsi que son for1 gradient. S’il ne prétend pas reproduire le schéma reel de la t,ectonique de cette région qui
est certainement. fort complese, il confirme I’hypothtse de l’existence d’une grande faille de decrochement le
long de la cOl.,eEst,.
L’élaborai,ion du modéle de la figure 43 et, l’anomalie calculee Q laquelle il aboutit conduisent a différentes
remarques.
L’allure au-dela de la cote de l’anomalie c.alculée rend absolument regret.table l’absence de toutes mesures
en mer.
Le décrochemenl de l’anomalie, just.e au-delà de la cote, résulte, dans notre modèle, de la forte épaisseur de
s6diment.s que nous avons été conduit a admettre en raison, d’une part., de la bat.hymétrie qui indique un t,alus
continent.a d’une vingtaine de kilomittres et au-del& une pente rapide de l’ordre de 10 jio sur une cinquantaine
de kilomètres, et d’autre part, de l’active érosion du massif de la Grande Ile. Nous avons admis un fléchissement
progressif de la croûte océanique sous le poids des sbdimenk On peut. valablement penser que cet affaissement
a pu se produire aisément, si l’on c.onsidere que toute solidarité mécanique entre les deux croùtes a disparu avec
la formation de la faille de déc.rochement. Toutefois il n’a pas été possible de considérer une compensation plus
proche de l’équilibre qui aurait conduit. Q une épaisseur de sédiments de 13,3 km en bordure de la cote avec une
remontée du manteau de 10,7 km seulement, en admettant une épaisseur de 6 km pour la croûte océanique. Cette
remontte du manteau serait t-rop faible et l’epnisseur des sédiments trop forte pour donner une anomalie voisine
de celle observf;e. Aussi n’avons-nous admis qu’une compensation parlielle avec une remontée de 16 km pour
8 km de sediments, l’ensemble donnant un exc.édent de masse de 0,5 10” g/cm”.
La condit,ion d’équilibre des masses implique la compensation du relief qui se traduit par un enfoncement
de la worîte continentale dans le manteau proportionnel nu relief. Ainsi 1 000 m de relief de densit,é %,G7sont.
compensés, théoriquement., par une épaisseur tle l’écorce de 5 340 m pour un contraste de densité écorce-manteau
de -r),5. RIais il faut remarquer que la carte isost,at.icIue (hypothese d’Airy, profondeur de compensat,ion 30 km)
mont-re dans les régions centrales de Madagascar, c~‘est-a-dire dans la zone correspondant à l’extrémité W du
profil, un déséquilibre moyen positif de prts de 20 milligals, ce qui correspondrait. à un enfoncement inférieur
d’environ 1 OOC)m, Q celui donné par une c,ompensat.ion exact.e, ce qui conduirait. k une profondeur du RIoho
de 34 km. Cette valeur est en acc.ord avec celle donnée par RAKOTONDRAINIRE dans son étude de la séismicité
de Madagascar pour les régions a l’Est. de Tananarive (RAKOTONDRAINIBE, 1977).
Not.ons encore que pour amener l’anomalie calculée a mieux c.oïncider avec l’anomalie observée, nous avons
suppose entre les ltilomètres -30 et, -60 une épaisseur supplCment.aire de près de 1 000 m par rapport, A la
valeur 2 MO m representant. la slricl e aompensat.ion d’un relief de 550 m. Cela rejoindrait. d’ailleurs ce que nous
avons dit. précedemment h propos du rebord orient.al du plat,eau malgache (fi g. 37 et. 38) et de l’anomalie que
l’on observe a l’aplomb de l’escarpement, Hetsimisaralia A une cinquantaine de kilomèires a l’@uest. de la cote.
On avait. admis un mouvement. d’un compartiment de soc.le vers le haut, mais ce pourrait, étre tout aussi bien
un mouvement relatif vers le bas, R l’Est de l’acklent, h partir d’un ensemble surélevé, mouvement ayant,
intéressé l’ensemble de l’epnisseur de l’ecorce.
Remarquons enfin que l’anomalie calculée suppose le contact vertical entre les deux croutes à 8 km à l’Est
de la c.6t.e.Or c3ett.eanomalie a été ralwlée pour s’ajuster au mieux avec l’anomalie moyenne représentée sur la
figure 42.. Il est donc normal de penser, eu @rd A ce qui préctde, que le contad; vertical sera plus ou moins
déca16 vers l’Est ou l’Ouest. selon le profil reel en\~isilg~~.
La cote Est représenterait. donc. le passage par faille quasi verticale d’une çroute continentale A une croùte
nc.éanique. Cet.te faille ou un syslème de faille ,s, carac.t.kisant la cote Est sur toute sa longueur pourrait bien être
une faille de coulissement amenant une cro6t.e marine plus méridionale au contact. de la croùte continentale,
tandis que le prolongernenl. de c,elle-ci se retrouverait. plus au Nord du cOt.6des iles Seyc.helles dont, la structure
cent-inentule aujourd’hui ne fait. plus aucun doute. L’adoucissement. du profil topographique par érosion du bloc
continent,al, et. la formation, par sédimentation et effusion de basaltes, d’un talus dans le compartiment marin
49” 51 E<t
1lY s
+ -t
18" S
t
0 10 50 km
axe axe
mgal c6tier local c6te Est
+ 100 1
+ 50
- 50
(t,alus dont une Pa&ie peut constituer le sédimentaire affleurant sur la cote) c.ontribuent i constit,uer l’anomalie
gravimétrique que nous observons.
Nous aurions donc I?I un type de marge cont.inentale par faille de décrochement, donc sans aucune transition,
qui n’a gutke d’&luivalent.
Nous avons déj& fait remarquer la présence dans la région de l’ile Sainte-Marie, à la hauteur du paralléle
16050, d’une not.able anomalie gravimétrique négative contrastant singulitkement avec l’ensemble positif carac-
térisant toute la bordure littorale orientale de Madagascar.
Notons que cette anomalie négative d’environ une quarantaine de milligals d’amplitude relative, n’est définie
que par les stations de l’itinéraire longeant la &e, celles de l’antenne vers la pointe a Lar&e et celles de l’ile
Sainte-Marie. Si les isanomales sont bien définies dans les zones avoisinant, ces stations, leur tracé, en dehors
de ces zones, en particulier au Nord et au Sud, reste quelque peu subjectif.
Rien dans la géologie superficielle ne permet d’expliquer cette anomalie ; si la pointe avancke que forme la
c.iXe (pointe ?I Lar&e) est. recouverte d’alluvions, l’île Sainte-Marie est de nat,ure cristalline : granites d’Antongi1
?t enclaves basiques au milieu de l’île , granites et migmatites granit.oïdes à ses extrémit.és. Or les affleurements
des granites d’Ant.ongil, qui bordent également toute la cote au Nord de la pointe à Larrée, ent.ourent la baie
d’ilntongil et recouvrent presque entièrement la presqu’île du cap Masoala, ne se marquent par aucune anomalie
part.iculière. Il n’y a donc aucune raison d’attribuer l’anomalie négative à la présence de ces granites d’Antongi1
en leur supposant une densité plus faible que celle des roches avoisinant,es. En dehors d’une importante
intrusion non affleurante de roches acides, certes tou,jours possible, mais que n’appuie aucun argument,, les
structures morphologiques suggèrent une origine tectonique. La figure 44 mont.re que la tectonique de cette
région est étroit.ement liée aux deux lignes tectoniques majeures, 0 Bongolava o et (( côte Est D, les cassures
suivant l’une ou l’aut,re de ces directions engendrant des blocs de formes géométriques régulières. Toute cette
région s’est donc comportée comme une zone de faiblesse tectonique soumise à de fortes tensions à la rencontre
de ces deux syst,èmes de fractures. Un compart,imentage possible est présenté sur la figure 44 qui peut être
interprété comme résultant du jeu relatif de compartiments affaissés ou soulevés guidé par les deux directions
tectoniques principales. On notera en particulier C[LIF:la cGte au Nord de Tamatave, le bord Ouest de l’île Sainte-
Marie et la cote le long du cap Masoala suivent la direction de la côte Est (axe 1) mais légiirement en retrait
(axe II). Quant à l’ile Sainte-Marie elle formerait un élément résiduel soulevé.
2.1. Grarrimèlrie
Nous avons tracé un profil de direction E 150 Y pratiquement perpendiculaire à la direction de la c&e Est.,
et passant par la pointe à Lar&e et le centre de l’île Sainte-Marie (fi g. 44 et 45, profil A). Ce profil est voisin
de stations de mesures effectives si ce n’est pour le bras de mer entre l’extrémité de la pointe i Larrée et l’île
Sainte-Marie. L’absence de mesures en mer n’a pas permis de tracer, ni méme d’esquisser, le profil au-del& de
la cBte orientale de cette île, pour lequel il est, toutefois raisonnable d’admettre un gradient gravimétrique très
prononcé à l’image de ce qui se passe au Sud.
A titre de comparaison, nous avons tracé deux profils parallkles au profil A et situés plus au Sud : l’un, le
profil B, passe au Sud de Fénérive, l’autre, le profil C, au Sud de Tamatave (fig. 44 et 45). Ces deux profils B et C
sont également voisins d’itinéraires de mesures. Calés en prenant comme base la côte orientale de l’île Sainte-
Marie dont le prolongement. correspond à l’axe 1, c’est-à-dire la cOt.e Est (fi g. 42), ces deux profils ont les c,arac-
tères de ceux de la c.rXe Est. On notera toutefois un décalage entre les deux profils B et C qui est. de l’ordre de
l’écart observé entre les axes 1 et II.
L’interprétation de l’anomalie négat,ive de la région de l’île Sainte-Marie pose évidemment le problème
habituel et délicat du choix de la ((régionale Q. Diverses possibilités peuvent &re envisagées :
- Régionale Q vue en raccordant entre elles les isanomales au Nord et au Sud de la région de l’île Sainte-
Marie qui sont, visiblement dans le prolongement, les unes des autres (fig. 46). La résiduelle déterminera une
anomalie négative localisée que l’on pourrait lier à l’existence d’une masse légère en profondeur.
- Interpréter Ia coupe A (fig. 45) de l’anomalie de la région de l’île Sainte-Marie en considérant la courbe E
(fig. 45) comme régionale. Cela reviendrait à admettre un décalage vers l’Est de la faille marquant le passage
entre les deux croiX.es, la courbe E se déduisant de la courbe C, représentative de l’anomalie de la cote Est, par
- 40
4Q’E 50”E
L’esamen de la carte gravimt!t.rique, anomalies de Boug~er, feuille Centre, rnonlre que les isanomales au
Nord et. au Sud de la région de l’ile Sainte-Marie sont. pratiquement dans le prolongement les unes des autres.
En raccordant les isanomales (fig. 4G), on définit, une anomalie c régionale 1)qui n’est. autre que l’anomalie observée
le long de la cote Est.. La courbe C de la figure 45 donne l’allure de la section principale le long du prolil A. L’ano-
malie résiduelle est négat.ive, ;ipproxiruat.ivement. circulaire au centxe, et atteint, un minimum voisin de
-85 milligals (fig. 47).
Le t.rac.é des isanomales dans la part,ie connue suggère leur ferrneixre de fason grossièrement. symétrique,
ce qui conduira à interprét.er cett.e forte anomalie négatise par une impor1.ant.e masse légère en profondeur.
A part.ir tle l’anomalie résiduelle de la figure 47, nous avons élabli un réseau régulier de valeurs par inter-
polation entre les isanoinales. Le ralc.ul a &t.C?effectué II l’ordinat.eur en appliquant la méthode déjA exposée
jn+thode LA PORTE) et, en adopt.ant une différence de densit,é de -O,%. Les résult.ats du cahxl donnent. pour
l’intrusion lrig+re un sommet, culminant A 1 200 m de profondeur si on c.hoisit la base de l’int.rusion Q une G@aine
de kilomèt.res. Il ne serait, plus cp’k 200 m de la surface pour une base ?I 15 km.
Si cette int~erp&ation rend compt.e de l’anomalie observée, on notera cependant cp’une telle masse intrusive
dans le socle n’aurait. pas ét.4 sans répercussion en surface, or, rien de risible n’apparait. dans la géologie super-
ficielle et, nous ne retiendrons pas cet.te interprél.at.ion.
La rec.titude de la cote Est., la mGme allure gravimét.riyue nous ont. conduit, 0. conclure A une tect,onicIue
régulière t,out, au long de cette cote si c.en’est dans la région de l’île Sainte-Marie qui se caraatnrise par des mou-
vements tec’wniques importants. On peut, donc t.rès b:en admett.re pour cette @ion un passage brutal de la
crofite cont.inent.ale à la cro<&.e océanique qui serait reporté plus A l’Est,, comme cela pourrait, se faire dans un
compart.irnent de soc.le continent.aI laissé en place ti la hauteur de l’ile Sainte-Marie lors du d&crochement~,
formant. ainsi une avancée du soc.le vers l’Est..
En supposant. un décalage vers l’Est. d’une t.rentaine de kilom+t.res, la c.ourbe C (fig. 45), qui dépend de la
position de la faille verticale marquant, le passage entre les deus wofites, serait également, decalée vers l’Est,
d’une nAne yuant.ité, d'ail la courbe E (fig. 45). L’anomalie résiduelle, de négative dans la partie orientale du
profil (premier cas), devient. une anomalie positi\-e dans la partie oc.c.it:lent.ale.
C&e anomalie positive de 50 Q 60 milligals pourrait. 6tre att-ribube à la prCsence d’importantes masses
int.rusires basiques (OLI h une remont.&e du RIoho, c’est-A-dire un amincissementS de la croiite). Mais comme dans
le premier cas, rien dans la géologie ne vient appuyer c.elt)e hypot.hPse. Aussi, en 1’abse.wz.ed’autres données,
110~1sne retiendrons pas non plus cette int2erprétation.
I,a troisibme hgpot.h+se est d’envisager un foss8 sédimentaire enixe la ciJLe principale et l’ile Sainte-Marie.
On n»t.era que des sédiments aflleurants forment la Point.e à Lar&e, que les profondeurs du bras de mer entre
la c0t.e et, l’île sont faibles, de l’orclre de quelques dizaines de mètres, mais que la c.omposition et l’bpaisseur des
sédiments nous sont inconnues.
Le t.racé des isanomales de la cart.e des anomalies de Bouguer ne suggère guére l’image d’un fosse. Rappelons
que ce trac6 a été effwtut< A la main, or il est t.oujours possible de le reprendre d’une façon ltg&rement, ditfkrente,
du moins dans les regions ditpourvues de mesures, en allorqeant quelcIue peu les ext.rémit&s de l’anomalie néga-
tive sans en modifier la largeur et. en lui conservant. son allure d’ensemble.
16+----
L’anomalie ainsi obtenue est présentée sur la figure 48. Étroite et allongée, elle semble mieux correspondre
a l’anomalie due A un fossé d’effondrement qu’on pourra traiter comme une structure cylindrique dont il suffira
d’éhdier le profil transversal A (fi 8. 49 et 50). On prendra la meme régionale que dans le cas 1 qui a été inter-
prétée comme provenant du passage brutal par faille verticale de la crohte continentale A la croûte océanique
et nous admettrons donc que la région de l’île Sainte-Marie présente le même type de marge.
l
. . . . . . stations gravimétriques
. . ..-
30 isanomale (milligals)
r-
FIG. 38. - TlYlCP modifit; de l’anomalie de hup~rr de la région de l’Île Sainte-Marir (tracé plus allongé cp? i racé prinlit.if);
en pointillés, les stations de mesure
Pour expliquer l’anomalie observée on supposera donc., outre une structure principale formle par le passage
brutal d’une croùte à l’autre et A l’origine de l’anomalie régionale, des structures sec.ondaires composées d’un
ou deux fossés sédimentaires, étroits et, profonds, créant la forte anomalie négative.
Not.ons que nous supposerons ces fossés non compensés. Une compensation entrainerait une remontée du
Modo qui se haduisant par une anomalie positive augmenterait relativement d’autant l’amplitude de l’anomalie
négative liée aux fossés dont l’interprétation ferait alors intervenir des profondeurs plus importantes OLI des
contrastes de densit,é plus Elevés.
Nous nous proposerons deux modeles qui comportent la même structure principale, t,r+s voisine de celle
admise pour l’int,erprétation de la cUte Est., composés de la manikre suivante :
- Remontée verticale du manteau, densité 3,3, de 16 km h partir de la profondeur de 30 km, à 15 km
à l’Est. de la cGte, soit 7 km de plus que dans l’interprétation de la cGt,e Est.. Cette remontée augmente ensuite
réguliérement, vers l’Est. pour atteindre 17,5 km à 70 km de la c.bte. Elle donne lieu à l’anomalie 1 (fig. 49).
C8 : groupe d’Antongil
-k 80
T (Migmatite à épidote)
73 : granite d’Antongil
annmalie due à la
à enclaves basiques
anomalie totale
a : alluvions
calculée
,.
I axe chier
bal
1
GB 1a Y3
mgal
+ 200’
r
+150-
+ 100 -
0 A Côte
+ 50 - /’
-- --
_---- + 20 Km
-%ï-- , 1
0 “.-y-.& ,.<...
“..‘.... ‘-- -CT*--. --r--
_- - -.... .: ... \\...”
-5o- /A-- . ... a .: “.., b ...‘\\
--- 0 ‘. : ‘.....’
‘......’ y@ ,
-lOO- .---
MANTEAU
A 106 g/cm2
8.8- Pression à 30 km profondeur
8.4 - - /
t
WJ-
I
FIG. 49. - Anomalie de Bouguer selon le profil A de la figure 1X. Modélr proposci pour I’inlerprttalion. Anomalie calculf!r à p:hir
des anomalies dues aus diffhw~ts Ikrwnts enlrant dans la constituiion du mod&le. Profil dr 1’Pquilibrr des masses
-- Compensation des reliefs dans la part.ie occidentale du modéle. Kespect.ivement. d’altitude moyenne
de 260 et; 650 ~II, ces reliefs (densité 2$7) seraient. compensés par des enfoncement.s de l’écorce dans le manteau
de 1 350 et 4 000 m (korce, densit.6 2.8). Mais pour mieux ajuster l’anomalie cahlée avec l’anomalie observke,
nous avons supposé des surépaisseurs’ de croùte de 2 000 et 1 000 m comme il est indiqué sur JR figure 49. La
c.ompensat.ion des reliefs et. les surPpaisseur s supposkes créent l’anomalie 2.
- S6diment.s marins, densité 2,4, d’épaisseur maximum 8 km A l’aplomb de In faille, diminuant. ensuite
réguliérement (l’anomalie c,orreapondante est représentée par la courbe 3).
- CroUle o&aniyue de densité 2,8, d’kpaisseur 6 km surmontant le manteau.
L’ensemble des anomalies 1, 2 et 3 donne l’anomalie liée a la st.ruc.ture <(Côte Est. )).
Quant aux slructures secondaires elles consistent. dans un premier rrwdéle en deux fossés d’effontlrernent~
(fig. 49) et en out.re, dans un deuxihe modèle (fig. 50) en une surépaisseur de l’korce B sa hase et, A l’aplomb des
fossés.
Deuriéme modèlr
L’anomalie [email protected] produite par les défkik de masse contribue alors & l’anomalie nQat.ive observée, çe
qui diminue d’aui,ant. la part, due aux fossés, et, donc l’imporl-ance de ceux-ci.
CeUe hypothése de blocs descendus dans le manteau est d’ailleurs en ac.cord avec ce que nous savons de la
tectonique 1~RIaclagasc.ar carackérisée principalement par des mouvements verticaux de l’écorce, qui ont Lt.6
observés dans 1out.e cet.te région de l’ock~n Indien et du canal de Nozambique grâce aux forages efi’ectués sur
le plateau malgache et sur la ride de Mozambique (c.ampagne du (( Glornar Chllenger )), LEG 25. l9ï2, du
(( Galliéni )), dl1 (( Rfarion Dufresne j)...).
mgal
+ 60
-t 40
+ 20
- 20
- 40
côte Est
.- 60
d = 2.8
km
FIG. XI. -- Mênw modèle que celui dr la figure 49 mais comportant en plus des blocs de soclt~ enfoncc;s dans le manteau, d’oh
des fossCs a et 11 moins profomls
Le modele proposé selon cet.t.e hgpothise (fi Q. 50) comport.era donc des irrégularités géologiques à la base
de l’écorce qui S’ajout<ent aux irrégularités superficielles (fossés), l’ensemble se superposant .g la structure princi-
pale (t Cote Est 9.
Dans ce modPle on a été amené en outre, en raison de l’influence négative étalée des irrégularités géologiques
introduit,es à la base de l’écorce, à port,er à 10 km l’épaisseur des sédiments marins le long de la faille marquant
le contact entre la croûte continent.ale et la remontée du manteau, et à 14 km c.ett,e remontée, l’bpaisseur de la
croUt.e oc.éanique @tant t:oujours de G km. De meme la surépaisseur de c.roùt.e relative A la compensation du
relief dans la part.ie Ouest du profil n’est plus que de 1 500 m A l’aplomb du relief de 260 m.
Les d&ficits de masse introduits par des affaissements de compartiments respectivement de 1 000 m et
3 0110m & l’Ouest de Sainte-Marie et, de 2 000 m à l’Est- Permett>ent de réduire les profondeurs des fossés aux
valeurs suivant.es avec, un contrast,e de densité écorce-manteau de -0,G :
- pour une densité sédimentaire de 2,4 : 2 000 et 4 500 m pour le fossé Ouest, 3 500 m pour le fossé Est ;
- pour une densité des sédiments de 2,2 : 800 et 2 500 m pour le fossé Ouest, 3 000 m pour le fossé Est.
Les épaisseurs de sédiments ainsi obt,enues paraissent plus vraisemblables et il est. inutile de chercher b les
réduire encore en supposant, une certaine différence de densité à profondeur égale entre les blocs effondrés et les
compartiments voisins restés en place. Par exemple un bloc de largeur 15 km, de haut,eur 27 km (de 3 à 30 km),
présentant un contraste de densit.é de 0,05, c,e qui peut étre c.onsidéré comme faible, cree une anomalie négative
qui atteint un maximum de 1s mgal.
1. MODELE mo~osÉ
Nous établirons un modèle qui comporte pour l’essentiel une remontée régulière du manteau et d’impor-
tantes couches sédimentaires. A partir d’une c,roùte en équilibre, d’épaisseur uniforme 30 km, densité 28, nous
introduirons les cléments suivants (fig. 53) :
Remontée réplière du manieau, derzsitd 3,3, du kilomètre 0 (à l’aplomb de la cote) jusqu’a une centaine
de kilomètres à l’Ouest oil il atteint la profondeur de 185 km. Apres avoir marqué un palier sur une cinquantaine
de kilomètres, le hloho continue à remonter jusqu’à la profondeur de 16,5 km.
\ Ride de Davie?
22‘
t \ Il \ I /
\
\ A
/i”
50 100km I
mgal
.t 250 t
. . . . . . . . . . . . &+J,&
- observée
-100 - 50 -.. . . . . . . . . . . . .
0 50 100 hm
0 t-- -m--m___ ---
-- -_____
- 150 kri -- ._-----_
------- _---- --__- -----
-.““‘......................-‘I)....~ O
(air libre) côte
150
21’40s
( prolongement 44‘22 E - ‘00
101 I I I I I-10
40” E 5O’E
FI~;. 54. - Cart.e bat.hymétrique de la r&ion de Madagascar d’aprés le D Geological Geophysical Atlas of the Indian Ocean 1~1975
Boug~er ont 6té calculées en subst.it.uant ti l’eau de mer une couche de terrains a densité égale $ celle
du socle.
Compensufions du bassin sédimerztaire de ~lioron&cuu et du relief: elles se t.raduisent par une remontbe du
i\Ioho de 1 600 m sur la plus grande partie et de 1 000 m B l’extrémité Est du profil.
Croûte sous le canul de Mozambique: son épaisseur est trouvée de 13 km (densité 2,8), épaisseur double de
celle d’une croûte de type océanique, ce qui lui confére un carac.tére semi-cont.inent.al ou m6me continental
comme l’admettent, certains auteurs (DARRACOTT, 1974 ; LORT et al., 1979...).
La courbe des poids par unité de surface à 30 km de profondeur le long du profil reste très voisine de la
valeur 8,4 10” g[cm2 qui est c.elle d’une croûte uniforme de densit4 24 et d’&paisseur 30 km.
L’équilibre isostatique est donc. régionalement bien réalisé tout le long du profil : l’anomalie A l’air libre
le montrait en mer, quant Q la partie continent,ale BB’ du profil, la carte isostatique donne pour cette région
des anomalies ne dépassant pas 15 milligals.
Dans ce qui suit nous allons voir plus en dét,ail les divers éléments qui nous ont en partie guidé pour
construire ce modéle.
Rappelons ici quelques résult.ats de travaux géophysiques effectués dans la région du canal de 1\Iozambique,
en particulier par le Laboratoire de Géophysique Marine de l’Instit,ut de Physique du Globe de Paris (I.P.G.),
seul ou en c.ollaboration avec d’autres laboratoires comme le Comité d’Études Pétrolihres Marines (C.E.P.RI.)
ou les Terres Australes et Antarct.iques Francaises (T.A.A.F.), ou avec. la participation du laborat,oire de G&o-
logie du Muséum d’Histoire Naturelle. Les diverses campagnes ont eu lieu à bord des navires océanographiques
QGalliéni )), (cMarion-Dufresne )), B Suroit, ))auxquelles il faut ajout,er les campagnes des navires étrangers, (t Chainr
((Vema )), a Glomar Challenger 1)et (( T.B. Davie H (cf. bibliographie in SCHLICH, 1975).
Le canal de Mozambique est c.omposé de quatre unit.és struct.urales différentes : le pateau marginal malgache
à l’Est,, le bassin des Comores au Nord-Est et au Nord la ride de Davie qui sépare les deux domaines préc.édents
du bassin profond du canal de Mozambique situé a l’Ouest. Mentionnons également, au Sud du canal, le bassin
océanique de Mozambique qui s’ouvre vers le Sud a partir du 22030 S et qui est bordé a l’Est et B l’Ouest. res-
pectivement par les plateaux de Madagascar et de Mozambique (c.arte bathymbtrique, fig. 54).
Notons en faveur de la définition du bassin océanique de Mozambique comme unité structurale que la
crite Sud-Ouest de Madagascar présente un fort gradient gravim&rique, B l’image, toutefois atténuée, de celui
qui caract.érise tout,e la c6te Est et. interprétt comme la manifestation d’un changement. brutal dans le sub-
strat.um de la c.roûte. Cet,te c0te Sud-Ouest pourrait. donc être marquée également par un passage relativement
brusque à une cr0ùt.e de type océanique.
Si l’on examine la carte bat,hymétrique (Geological Geophysical Atlas of the Indian Ocean, MOXOU 1975)
donnée par ailleurs dans différents ouvrages (SCHLICH et al., 1974, SCHLICH, 1975, J. M. LORT et al., 1979,
SEGOUFIN ef al., 1977...) on remarque une série d’accidents orientés sensiblernent N 150 W depuis la c0te Sud-Ouest
de Madagascar jusqu’a la cbt,e Nord-Est du Mozambique, struc.ture appelée (cRide de Davie )). Sa t.opographie
est extrêmement. variée mais se traduit* la plupart du temps par un escarpement vers l’Ouest et l’absence d’ano-
malies magnétiques significatives. Les profils sismiques montrent une différence d’épaisseur sédimentaire de
part et d’autre de la ride : 1 s TD (1 seconde Temps Double) Q l’Est ct. plus de 2 s TD à l’ouest, ce qui met en
évidence le r6le de barriére joué par cette structure. Dans sa partie Sud, c’est-&-dire au Sud de la latitude 210,
le profil AA’ étudié se situe dans cette zone, on suit diffIcilement sa trace. Peut-etre correspond-elle, d’apri:s
SEGOUFIN (SEGOUFIN ef al., 1978), à des accidents du soc.le acoustique visibles sur quatre profils sur la marge
malgache. Son prolongement viendrait. se confondre avec la pent,e continent.ale du Sud-Ouest de Madagascar
trés abrupte k ce niveau. Il est à remarquer que la direc.tion de la côte Sud-Ouest ainsi que le systéme de failles de
cette région (faille de Tuléar) ont, la mème orientation que celle de la ride de Davie et plus généralement celle
de la ligne tectonique. princ.ipale BBongolava >).
Le forage 242 du (( Glomar Challenger g, LEG 25 (15050,7 S, 41049,2 E), soit bien au Nord du profil gravi-
métrique étudié, a été effectué sur le flanc Est de la ride de Davie OCIle socle acoustique était situé approxima-
t,ivement à 640 m de profondeur sous 2.275 m d’eau, niveau att,eint par le forage dont les résultats ont montrb
qu’il correspondait à une plus grande compaction des sédiments. Des profils de sismique o Flexot-ir 1)réalisés
depuis, ont montré l’exisi,ence de réflecteurs plus profonds qui n’ont pas ét4 atteints par le forage (SCHLICH,
1975). Au cours de la campagne SU 2, avril 1977, 31 stations de carottage ont étci: effectuées entre les latitudes
13Wj S et 18030 S (soit toujours bien au Nord du profil gravimétrique). Les résultats obtenus ont, montré que
sous une wirasse polymét,allique d’âge indéterminé se trouvait, une couvert-ure de sédiments lklagiques allant,
du Crétacé au Pliocéne. Sous cette couverture on trouve une format.ion plus anc.ienne conxt~it.u& d’argilites
prises et, de grès verts, certains grt-s Pt.ant silicifiés. Ces grk5 arliosiques d’origine continentale ou de mar,ge conti-
nentale semblent. c.onst.it.uer l’ossakwe de la ride de C)a\-ie et présentent. des atfinitks certaines avec le faciibs
IiarrOO (SEGOUFIN et a[., 1977). n’aLIt re part des changemenk de faciès obser\-6s au sein des d6lGt.s p6lagiquw
laissenI-, supposer d’importanl3 mouvements verticaus ayant. affect6 celte si-ructure selon une tectonique de
horst et. de graben depuis le Cr&ack supkrieur jusqu’& l’Ad,uel.
Ces données morkreraient que la ride de Davie constituée de roc.he,s t.wtonis&es pourrait c\tre considérPe
comme 1.111tkmoin surélevé, tectonisé du socle africain ou malgache.
Notons par ailleurs, cl’aprks des données sismiques recueillies au cours de carnl~agnes dans le c.anal de
RIozambique ent,re 1971 et, 1973 (,J. AI. LoRT, W. Q. LIRIOND, ,J. SEGOUFIN, I?I~. PATRIAT, J. R. 'DELTEIL et
H. LAMOTTE, 1979), que la croût.e, dans la plus grande partie du canal, est. probablement d’àpe pré-c.rét.ack et
de nature en grande partie cont.inentZale. Cet.te hypot.hkse s’appuie sur la prr!sence d’anomalies rnagn6tiques
tr+s adoucies et. la possibilita d’une sédiment.ation Karroo continue en kravers du Canal, du moins dans sa partaie
Nord.
Dans la conskwction du modkle proposé nous avons essayi? de tenir compte au mieux des diffGreni,es données
géophysiques rec.ueillies sur le canal de Mozambique et. exposées ci-dessus.
Ainsi, nous avons considér6 comme négligeable la couverture de sédiments marin s sur le plateau marginal
malgache si ce n’est, toutefois dans des poches formées par les affaissements de c.ompartiments du soc.le. L’accident
t.ectonique, figurant sur le modèle A une centaine de lrilomi‘t~res de la ccjte, marquerait le prolongement. de la
st.ru&ure tectonique de la ride de Davie. A l’Ouest, de c.etLe st.rucLure nous avons fait. figurer un important,
bassin sédimentaire qui pourraiL correspondre au début tlu bassin océanique de iMozambique qui s’ouvre vers
le Sud B la haut,eur du profil éludié et. qui c.on1porl.e une importante couche de sédiments pklagique~.
Rappelons que des profils sismiques indiyuent. bien un chan,gement. dans la nature du socle A ceLte latitude
(22030 S), changement qui marquerait le passage, en direction du Sud, vers le domaine octanique du bassin
de Mozambique.
En ce qui concerne la partie ockanique du mod+le proposé, nous avons admis une crofite relativement.
é;paiase (12 A 13 km) c.equi lui confkre effectivement un caractére semi-continental si ce n’est, méme franchement.
continent,al.
I)‘ai.it.re part, d’import.ant. < mouvements verticaux affectent la partie du socle relatif B la marge conti-
nentale p-t.qui sont & l’origine des poches sidimentaires qui figurent, sur le nlot:lPle. L’tXude de la tectonique du
bassin de Morondava met. bien en évidence de tels mouvements structuraux ayant. pour origine drs ph6nomGnes
d’extension.
OPTIMISATION DU MODELE
1. Calcul de l’anomalie GCAL(K) crtée par le mod&le au point, d’abscisse X(K) du profil (K = 1,
0“> . ..> KTOT).
Calcul de l’anomalie rksiduellc DGCM(K) = GCAL(K) - GBIES(K).
Calcul de la correction de profondeur COR(J) de chaque sommet du modkle.
Si la profondeur est fixée ou si la profondeur Corrig&e devient n&gat.ive, la correction
n’est pas appliqu6e (COR(J) = 0).
Si le sommet appartient a la base, la correction change de sens.
Calcul des profondeurs corrig&es.
Calcul de l’écart yuadratique moyen RMS.
Impression de l’anomalie calcul&e, dc l’anomalie résiduelle et des profondeurs corrig8es.
Si RMS supérieur a RMSO, le processus est divergent et le calcul est arrèté aprés
4 divergences consécutives, on va en 2.
Si R&IS infkieur .1. RRISI, la dernihre itération est meilleure, on adopte RMS comme
nouvel kart minimum et le modble correspondant est conservé.
Si RAIS infkieur au seuil, le calcul s’arrète, on va. en 2. Retour en 1.
2. Impression des profondeurs du modhle correspondant à 1’6cart minimum.
3. Visualisation éventuelle sur table tragante des anomalies mesurées, calcul6es et du modtile
qui peut Btre lissi: ou non.
l’his sfudy refers io the graoimetry of .Madagascar, its interpreiation ancl relations fo geology.
lt is founded on ihe gratrimetric data, obtained on the one hand from the O.R.S. T.O.M. fz&I research, about
6,000 sialions, made from 1966 to 1974, niainly on fhe crystalline ancient massif cwering 213 of the island, and on
Ihe other hand front the suwey of the Sociéié des Pèfroles de ~liadagascar bounded to ihe sedimenfary field.
The 1/1,000,000 and 1/2,000,000 map.s of Bouguer anomalies and 1/2,000,000 isostatic maps haue been
established and published mifh explanations added bo this reporf.
After a summary of some general characteristics of Madagascar, a first part presents the history of the measure-
ments, fhe classicul methocls for calculating the anomalies and fhe accuracy of the results. A second part presents a
general surtjey of graoiiy fo the scale of Madagascar and of gravimetric maps. The third part deals zoith the regional
inferpretafions of anomalies aiid fheir relations to geology and tecioiiics.
*
c *
General knourledge on the morphology, geology, tectonics and seismicify of l\gadagascar make up the frame of
our survey.
Madagascar is one of the largest islands on the Globe, wiih 590,000 km2. Al1 along iis axis, fhe precambrian
massif is important. Sedimentary basins are to be found mainly in the IV. (Morondava basin) and N.TI’. (Majunga
basin) and ma;y be raiher thick, more fhan 6,000 rn. 1701canism has been active and is characterized by a cretaceous
phase and a plio-quaternary phase. Tectorzics is marked principally by the tmo main directions : ” Bongolaoa”
N 150 11’ and “Easf Coast” N 200 E, uhich form up the very shape of the island. Seismiciiy is 101~.
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Carte de situatio~~.................................................,...........,.........,,.......,,,.... 4
PRGSENTATIOiu....................................................................... ...................... 3
GÉNÉRALITÉS
1. HISTGRIQUE...........................................................,....,........ 5
V. TECTQNIQUE ......................................................................... 11
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
2. Tectonique .................................................................................................. 78
2.1. Flexuresinterne etcôtiere ................................................................................ 79
2.2. Faille de 1’Ihopy et bassin de Mitsinjo ..................................................................... 79
3. RBsultats d’ensemble ......................................................................................... 81
Fabrication - Coordination
Martine LACOMME
IMPRIMERIE A. BONTEMPS, Lr~oces (FRANCE) - Dépôt I&al : Avril 1982 - No Im. : 9088-81