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MODULE 1 : CONNAISSANCE DU MILIEU

M1/UD1 : PRESENTATION DU SECTEUR AGRICOLE

L’activité agricole occupe une place prépondérante dans le tissu socio-économique du


Maroc. Elle conditionne dans une large mesure les performances de l’économie nationale et
le rythme de la croissance économique.
En effet le Maroc dispose d’un potentiel agricole considérable à mettre en valeur de
par sa situation géographique et sa diversité écologique permettant une offre variée de
possibilités de productions végétales et animales.
I- Données générales sur le secteur agricole

1- Répartition de la superficie totale

La S.A.U estimée à 8,8 millions d’hectares, représente 13 % de la superficie totale est occupée
principalement par les cultures céréalières (75%), les cultures maraîchères (9%), l’oléiculture (8
%), l’arboricultures fruitières (6 %) et les cultures industrielles (2%).
2- Données socio-économiques

La population rurale constitue environ 45% de la population totale du pays ( 2004).


L’emploi direct dans l’ agriculture représente à lui seul 80% de l’emploi rural et le
Produit Intérieur Brut Agricole (PIBA) représente 14% à 25% du PIB National en fonction
des conditions climatiques et de la conjoncture économique
3- Conditions climatiques

Le climat est à dominance méditerranéenne, atlantique et désertique. Les précipitations


moyennes annuelles varient selon les zones allant du moins de 200mm dans les zones su
défavorables au plus de 400 mm dans les zones favorables. Le climat marocain est caractérisé
par :
 Dégradation du niveau de précipitation selon un gradient nord sud
 Plus de 80 % du territoire situé en zones arides et semi arides
4- Production agricole

La production agricole nationale est caractérisée par sa diversification. Elle renferme une large
gamme des productions animales (viandes rouges et blanches, œufs…ect.) et des productions
végétales (fruits et légumes, huiles …ect.). Cependant, les rendements enregistrés pour certaines
cultures (12 T/ Ha pour les céréalicultures, 1 tonne/ha pour l’olivier, 21 T/ha pour les
1
agrumes….ect )restent très faibles par rapport aux résultats enregistrés dans des stations
d’expérimentations et ne reflètent pas les potentialités dont il dispose le Maroc .
5- Echanges extérieurs
Malgré l’importance des potentialités de production agricole du pays, le taux de couverture de
ses besoins alimentaires reste encore insuffisant( 65%).
 Exportations agricoles
Le Maroc cherche à diversifier ses exportations et ses débouchés à travers la signature de
plusieurs accords avec les pays de l’Union Européenne , les USA, la Tunisie, l’Égypte, la
Turquie et la Jordanie.
Les produits exportés sont les agrumes, les fruits frais, les primeurs, les conserves
végétales, l’huile d’olive, les produits floricoles, les huiles essentielles, le liège et les
plantes aromatiques et médicinales. En plus de ces produits, de nouveaux créneaux sont en
pleine croissance tels que l’agriculture biologique…
 Importations agricoles
Elles sont constituées essentiellement de produits de base qui sont les céréales, le sucre, les
huiles végétales, les graines oléagineuses, les produits laitiers, le thé, le café…et également des
intrants agricoles tels que les semences, les aliments de bétail, les engrais, les produits
phytosanitaires et le matériel agricole.

II- Politique agricole

Les objectifs de la politique agricole s’articulent autour des principaux axes suivants :
 L’amélioration des revenus des agriculteurs ;
 La contribution à la sécurité alimentaire ;
 L’intégration de l’agriculture à l’économie nationale et internationale ;
 La protection du milieu et la sécurisation du potentiel de production.
Pour atteindre ces objectifs, l’Etat a opté pour la stratégie de mobilisation des ressources en eau à
travers le lancement d’un grand programme de construction des barrages.
Outre l’investissement public, des instruments essentiels ont été privilégiés par l’Etat en matière
d’incitations à l’investissement privé en agriculture. Il s’agit, entre autres, des encouragements
fiscaux (défiscalisation) et des aides financières (subventions et primes).
Ainsi, le secteur agricole est exonéré de l’Impôt Général sur le Revenu (IGR). Les intrants et le
matériel agricole importés bénéficient des droits de douane minimum à l’importation. Certains
équipements sont exonérés de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA).

2
M1 /UD2 : PLANTE CULTIVEE

I- Connaissance de la plante

1- Organisation d’une plante cultivée

Partie aérienne

Partie souterraine racine

Figure 1 : Représentation schématique d’une plante

Une plante cultivée est constituée de l’appareil végétatif et de l’appareil reproducteur.


- L’appareil végétatif comprend les racines, les tiges et les feuilles.
- L’appareil reproducteur comprend les fleurs et les fruits renfermant les graines.
Ces organes ne sont pas toujours tous présents en même temps sur la plante car la vie de la plante
se réalise selon un cycle appelé cycle de végétation.

3
2- Cycle de végétation d’une plante cultivée

Le cycle de végétation est une succession de phases de croissance et de développement permettant


à un végétal de s’implanter dans un milieu et d’y vivre jusqu’à sa mort. Il comprend deux phases
successives : végétative et reproductrice.

Figure 2 : Exemple d’un cycle de végétation


2-1- Principales étapes du cycle de végétation
2-1-1- Germination – levée

Figure 3 : Germination d’un grain d’haricot

4
La germination de la graine est le premier stade du cycle de végétation. Elle consiste en la sortie de
l’embryon de la graine hors des téguments. Physiologiquement cette étape se traduit par le passage
de la graine d’un état de vie ralentie (dormance) à un état de vie active.
2-1-2- Croissance
La période de croissance représente l’essentiel de la phase végétative où seuls les organes
végétatifs se développent (racines, tiges et feuilles). La croissance se traduit par une augmentation
en taille, en surface ou en volume. Elle est plus active au début du cycle de végétation.

Figure 4 : Courbe de croissance chez les végétaux

1. La phase de latence.
2. La phase accélérée (ou phase exponentielle)
3. La phase linéaire. Cette phase est parfois virtuelle, importante, ponctuelle.
4. La phase de ralentissement : c’est une phase de sénescence.

2-1-3- Floraison
La floraison est le début de la phase reproductrice puisqu’avec elle apparaissent les organes
reproducteurs. La floraison est liée aux conditions du milieu (thermopériodisme, photopériodisme)
et à la régulation interne de la plante par l’intervention d’hormones végétales.

5
Figure 5 : Coupe Schématique d’une fleur

2-1-4- Fructification
La fructification correspond à la formation du fruit qui va contenir les graines. Les modalités de
fructification sont très variables ce qui entraîne une diversification dans la forme et la constitution
des fruits.
2-1-5- Maturation de la graine
La graine est issue du développement de l’ovule fécondé par l’organe mâle (contenu dans le grain
de pollen). Dans le fruit, elle prend sa forme et sa taille définitive. Par contre, sa maturité n’est pas
toujours atteinte, il faut distinguer :
- La maturité de récolte : elle représente le stade de maturation qui permettra une bonne
conservation de la graine après la récolte.
- La maturité physiologique : selon l’espèce, elle est obtenue soit avant ou après la maturité de
récolte et correspond à la maturité de la graine permettant sa germination.
2-2- Classification des plantes en fonction de la durée du cycle de végétation
2-2-1- Plantes annuelles
Ce sont des plantes qui accomplissent leur cycle sur une année, c'est-à-dire que la graine semée
donnera une plante fournissant des graines la même année.

6
Figure 6 : Cycle de développement du blé
2-2-2- Plantes bisannuelles
Le cycle de végétation s’échelonne sur deux années. La première année la graine donne une plante
accumulant des réserves dans un organe (racine, tige ou feuille), la deuxième année, les réserves
accumulées vont permettre d’obtenir les graines servant à multiplier la plante.

Figure 7 : Cycle de développement d’une plante bisannuelle (betterave)

7
2-2-3 - Plantes pérennes
Ces plantes ont la particularité d’avoir une partie de leur cycle de végétation qui se renouvelle tous
les ans durant plusieurs années (exemple : les arbres fruitiers).
3- Cycle de culture

Figure 8 : Représentation schématique du cycle de culture

Le cycle de culture représente la partie du cycle de végétation allant de la mise en place de la


culture jusqu’ à sa récolte.
Il peut donc s’arrêter à différents stades du cycle de végétation :
 Au stade début de croissance active jusqu’ à la fin de croissance : cultures fourragères,
certains légumes, betterave sucrière, etc...
 Au stade floraison : productions florales
 Au stade fructification : productions fruitières, certains légumes, etc…
 Au stade maturation de la graine : céréales, légumineuses, etc…

8
II- Multiplication des plantes cultivées

1- Multiplication sexuée

La graine, issue de la fécondation de l’ovule, est la voie de la multiplication sexuée. Cette


multiplication est réalisée par le semis.
1-1- Avantages
 Multiplication de la plupart des espèces par semis.
 Moyen rapide, simple et peu coûteux.
 Conservation facile des graines.
 Limitation des maladies.
 Obtention d’un grand nombre de semences.
 Possibilité d’amélioration de l’espèce.
1-2- Inconvénients
 Reproduction très souvent infidèle.
 Reproduction difficile pour certaines espèces voire même impossible pour les espèces
parthénocarpiques.
2- Multiplication végétative

Elle consiste à détacher une partie de l’appareil végétatif de la plante (pied- mère) et la faire vivre
de façon autonome. Les plants ainsi multipliés présentent fidèlement et intégralement les
caractères du pied -mère. Ce mode de multiplication se fait par divers procédés.

2-1- Bouturage

Figure 9 : Bouturage
Le bouturage Consiste à séparer un fragment de végétal (rameau, feuille, racine) que l’on maintient
en vie afin qu’il reconstitue une plante complète. Ce mode de multiplication se réalise soit en plein
champ soit sous abri.

9
2-2- Culture in vitro

Figure 10 : Schéma général de micro propagation chez les ligneux

Par culture in vitro, on cultive des fragments de végétaux en asepsie totale, sur des milieux nutritifs
artificiels adaptés à leurs besoins, et dans des conditions de photopériode et de température bien
définies.
Les objectifs poursuivis peuvent être l’étude des phénomènes biologiques, l’amélioration génétique
ou la multiplication des plants.
Le grand avantage de cette méthode repose sur le coefficient de multiplication qui est énorme en
comparaison aux méthodes classiques.

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2-3- Marcottage

Couchage du rameau

Enracinement de la marcotte

Marcotte sevrée

Figure 11 : Marcottage par couchage simple

Le marcottage consiste à provoquer l’apparition de racines sur un rameau non séparé du pied mère,
qui reproduira une nouvelle plante.
Le marcottage existe naturellement chez certaines plantes cultivées, en particulier les arbustes
(framboisiers) ou les plantes à tiges rampantes (stolons du fraisier).

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2-4- Greffage

Greffage en écusson

Greffage en fente

Figure 12: Quelques techniques de greffage

Par le greffage une partie d’un végétal (le greffon ou variété) est soudée à un autre végétal qui lui
sert de support (le porte-greffe ou sujet). L’ensemble constitue une seule plante.
Le porte-greffe fournit le système radiculaire, le greffon donne la partie aérienne de la plante et il
portera les caractéristiques de la variété.
L’emploi de porte-greffe permet d’adapter la variété à divers types de sol, de conférer à la plante la
vigueur désirée ou encore de lutter contre le parasitisme.

III- Notion de Rendement

12
1- Définition

Le rendement représente la production de la culture à l’unité de surface. Il revêt deux aspects:


- l’aspect quantitatif : la quantité de production, exprimée souvent en tonnes, quintaux,
kilogrammes ou hectolitres par hectare, est le critère le plus important dans le rendement des
cultures.
- l’aspect qualitatif : de plus en plus, la qualité de production entre en ligne de compte dans le
revenu d’une culture. Les produits sont classés en catégories, chacune étant payée à un prix
différent.
2- Facteurs et conditions du rendement

La production d’une plante est influencée par un certain nombre de facteurs et de conditions liés au
milieu et à la plante que l’agriculteur peut améliorer :
- Les facteurs du rendement : représentent tous les éléments qui entrent dans la constitution de la
plante : eau, carbone, éléments minéraux, énergie lumineuse. Plus leur quantité est élevée, plus le
rendement augmente à condition que l’équilibre entre ces facteurs soit maintenu.
- Les conditions du rendement : elles caractérisent les états du milieu (climat, sol, environnement
biologique) et ceux de la plante (surface foliaire, enracinement) et conditionnent l’assimilation des
facteurs de rendement. Leur influence sur le rendement n’est pas proportionnelle à leur valeur mais
obéit à des lois de seuil.
Au sein d’un peuplement végétal, il est préférable de distinguer différentes composantes du
rendement sur lesquelles interviennent les facteurs et les conditions de rendement.
Pour la culture de blé, l’’estimation du rendement s’obtient de la façon suivante :
Rendement (qx/ha) = nombre de plants/ha x nombre moyen d’épis/plant x nombre
moyen de grains/épis x poids moyen d’un grain

13
Sur chaque composante intervient une série de facteurs et de conditions de rendement.

Figure 13 : les composantes du rendement

A partir de ce schéma, l’agriculteur doit raisonner ses interventions permettant la meilleure réussite
de la culture.

14
M1/UD 3 : SOL AGRICOLE

I- Définition

Terre arable

Sous–sol

Base
géologique

Figure 14 : Coupe Schématique d’un sol

Au sens pédologique, le sol est définit comme une formation naturelle de surface à structure
meuble et d’épaisseur variable, résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous
l’influence des divers processus physiques, chimiques et biologiques.

Au sens agricole, le sol constitue un support pour les plantes cultivées ; il joue un rôle essentiel
dans la nutrition hydrique et minérale des végétaux. Il est le lieu d’une activité biologique qui
favorise la biodisponibilité des éléments nutritifs.

15
II- Constituants du sol

Figure 15 : Différentes phases du sol


Le sol comporte trois phases :
1- Phase solide
Elle est constituée par un mélange de matières minérales et de matières organiques :
1-1- Matière minérale du sol
Les constituants minéraux résultent de la dégradation et de l’altération de la roche mère. Leur
étude peut être envisagée selon plusieurs aspects :
 la dimension ;
 la nature minéralogique ;
 l’origine (altération ou néoformation).

L’étude en fonction des dimensions est la plus fructueuse. Elle permet de distinguer deux
catégories de fractions : les éléments grossiers et la terre fine.

Tableau n° 1 : Dénomination des classes granulométriques


Dénomination Diamètre Origine et rôle
Fraction grossière
- Cailloux d>20 mm Dégradation de la roche mère
- Graviers 2<d<20 mm
Fraction fine
- Sable grossier 0,2<d<2 mm Dégradation de la roche mère
- Sable fin 0,05<d<0,2 mm Forme le squelette du sol
- Limon grossier 0,02<d<0,05 mm Rôle mécanique et physique.
- Limon fin 0,002<d<0,02

- Argile (A) d<0,002mm Altération de la roche mère


Partie active du sol, explique de
nombreuses propriétés du sol.

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1-2- Matière organique du sol
On distingue quatre fractions principales :
 les résidus frais peu décomposés provenant des végétaux restitués au sol. Leur structure
est encore reconnaissable ;
 les composés organiques, chimiquement bien définis, tels que les sucres, les acides
organiques, la cellulose et la lignine ; ils proviennent de la dégradation des résidus frais
ou de synthèse microbienne ;
 les substances plus complexes et assez stables souvent liées aux éléments minéraux
appelées humus ;
 les éléments microbiens regroupant les micro-organismes du sol.
Dans les conditions normales d’évolution (pH, aération, humidité, etc …), l’humus forme la
masse la plus importante.
2- Phase liquide
Elle est représentée par l’eau plus ou moins chargée de substances dissoutes, formant la solution
du sol.
3- Phase gazeuse ou l’atmosphère du sol
Les gaz présents dans le sol sont les mêmes que ceux de l’atmosphère extérieur (O2, CO2, N2,
etc…). Ils interviennent soit à l’état gazeux dans les pores libres du sol, soit à l’état dissout dans la
solution du sol.
III- Principales propriétés du sol

1- Ténacité ou cohésion

Elle est appréciée au laboratoire, elle caractérise la résistance des sols à l’action des pièces
travaillantes des instruments aratoires. Par exemple une terre sableuse se laisse travailler facilement
par contre une terre argileuse colle aux outils et s’oppose à leur action.
2- Consistance

Elle est appréciée au toucher, elle conduit à définir différents niveaux de consistance (dure, friable,
semi-plastique et plastique). L’évaluation de la consistance est très importante pour adapter les
réglages et le choix des outils.
3- Porosité
Elle permet d’apprécier la dimension moyenne des pores et des volumes creux d’une fraction ou
de l’ensemble de la couche travaillée. Elle est aussi un facteur de perméabilité et d’échange entre
l’air atmosphérique, l’eau et le sol.

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4- Perméabilité

Elle est caractérisée par la facilité avec laquelle l’eau et l’air peuvent s’infiltrer dans le sol et s’y
écouler. La vitesse d’infiltration de l’eau est très rapide dans les sols sableux, moins rapide dans les
sols calcaires et plus lente dans l’argile.
5- Capillarité

C’est la possibilité pour l’eau des couches profondes de remonter à la surface du sol à travers les
microcanaux constitués par les espaces qui séparent les particules de la terre.
6- Capacité de rétention

Elle définit la quantité d’eau qui peut être retenue par le sol. Par rapport au sable, la capacité de
rétention du calcaire est environ deux fois plus élevée, celle de l’argile quatre fois plus élevée et
celle de l’humus cinq fois plus élevée.

7- Réchauffement et refroidissement
Les terres légères, très perméables, se réchauffent vite et permettent un départ rapide de
végétation, mais elles se dessèchent rapidement l’été. Les terres argileuses sont plus lentes à se
réchauffer car elles sont plus humides.

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MODULE 2 : INSTALLATION DES CULTURES

M2 / UD1 : PREPARATION DU SOL

La préparation du sol regroupe l’ensemble des interventions culturales faites sur le profil et la
surface du sol à l’aide de différents outils aratoires dans le but de créer un environnement favorable
à la mise en place des cultures et leur développement racinaire.
Selon leur position chronologique et la profondeur d’ameublissement recherchée, on distingue les
interventions préalables, les interventions principales et les interventions complémentaires.

I- Interventions préalables

1- Déchaumage.
Il est réalisé après la récolte des céréales avec différents outils à dents ou des instruments à disques.
Son objectif principal est de préincorporer les résidus culturaux (paille et chaumes).

Figure 16 : Déchaumeuse à disque

2- Décompactage et sous-solage
Le décompactage est exécuté à l’aide des décompacteurs pour supprimer la semelle de labour, le
tassement excessif, la prise de masse, etc... Il intéresse une couche d’une profondeur de 40 à 45
cm.

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Photo 1 : Décompacteur

Le sous-solage est réalisé avec les sous-soleuses. Il concerne une profondeur dépassant 45 cm ; il
ameublit le sol en profondeur et crée des fissures.

Figure 17 : Sous–soleuse

20
II- Interventions principales ou les labours

1- Principe du labour

Figure 18 : Principe du labour

Le labour consiste à découper une bande de terre de largeur et de profondeur variables et à la


retourner en l’appliquant sur la bande précédente. Le labour est exécuté généralement à l’aide
d’une charrue à disques ou à socs.

Photo 2 : charrue à socs

21
Figure 19 : Charrue à disques

2- Objectifs du labour
Le labour constitue depuis longtemps, l’opération principale dans la chaîne traditionnelle de
préparation du sol, ayant pour but de :
 Créer des conditions physiques convenables pour le développement ultérieur des cultures
(moindre résistance à la pénétration des radicelles, bonne porosité et perméabilité
suffisante) ;
 Ameublir la couche arable et recréer une structure favorable tout en bénéficiant de l’action
des agents atmosphériques en vue d’obtenir un lit de semence satisfaisant ;
 Intervenir sur l’économie de l’eau en facilitant l’infiltration et l’élimination des excès.

III- Interventions complémentaires

Ce sont des travaux de reprise effectués après le labour. Le sol est travaillé sans être retourné sur
10 à 15 cm. Il s’agit de pseudo- labours et les façons d’entretien des cultures.
1- Pseudo- labours
Ce sont des préparations du sol entre le labour et les façons superficielles qui précèdent le semis.
Ils complètent le travail de la charrue et participent à la préparation du lit de semences.
Les pseudo- labours sont réalisés avec trois types d’outils :
 Des appareils à disques : cover- crop ;
 Des appareils à dents : cultivateurs, chisel ;
 Des outils animés : cultivateur rotatif.

22
Figure 20 : Chisel Figure 21 : Cultivateur porté à dents

Figure 22 : Cultivateur rotatif à axe horizontal

2- Façons d’entretien des cultures


Se sont des travaux exécutés sur le sol avant ou après l’installation des cultures pour favoriser leur
développement. Ils visent à faciliter l’aération du sol et l’infiltration de l’eau, à limiter
l’évaporation et à détruire les adventices. On distingue :
 Hersage : il est exécuté avec des instruments à dents appelés herses. Il travaille le sol sur
une faible profondeur (3 à 7 cm) et permet de briser les croûtes formées à la surface du sol
par les pluies intenses après une préparation du sol un peu fine.

23
Figure 23 : Herses portées associées à des cages roulantes à lames

 Roulage : il est exécuté avec des rouleaux, et parfois pratiqué pour écraser les mottes, tasser
et niveler le sol.

Figure 24 : Couplage de plusieurs rouleaux

 Binage et sarclage : ils consistent en un travail superficiel. Ils sont effectués au cours de
l’évolution des plantes (betterave, petits pois, tournesol …). Le but recherché est
essentiellement le desherbage.
 Buttage : c’est l’opération qui consiste à ramener de la terre meuble contre le pied de
certaines cultures (pomme de terre).

24
IV- Evolution des techniques de travail du sol

Pour des raisons économiques et environnementales on assiste, depuis un certain temps, à une
simplification des techniques de travail du sol caractérisée par une réduction du nombre de façons,
une réduction de délais entre elles et l’introduction de techniques sans retournement du sol, tel
que :
 Le travail minimum, défini comme étant toute opération culturale portant sur la totalité de
la surface cultivée dont la profondeur de travail est limitée (10 à 12 cm). Le travail, exécuté
avec ou sans retournement du sol, consiste en un brassage des couches superficielles du sol.

Photo 3 : Combinaison d’outils du travail du sol

 Le semis direct ou culture sans labour, désigne la technique où seule la ligne du semis est
travaillée très superficiellement. La végétation du précédant cultural est détruite en
appliquant un herbicide non rémanent. La technique est parfois qualifiée de labour
chimique.

25
Figure 25 : Principe du semis direct

Photo 4 : Outil de semis direct

26
M2 / UD2 : SEMIS ET PLANTATION

I- Semis

Le semis consiste à mettre des graines dans un milieu favorable en vue d’obtenir la germination
puis la croissance d’une plantule.
Les conditions de réussite sont liées à la graine et au milieu.

1- Qualités d’une bonne semence

Les qualités qu’on exige d’une bonne semence sont :

1-1- Pureté spécifique


Les graines doivent représenter parfaitement l’espèce choisie. La pureté spécifique s’exprime en
pourcentage du poids de graines appartenant à l’espèce considérée.

1-2- Pureté variétale


Elle représente le degré de conformité d’un lot de graines à une variété donnée ; on la teste en
général par comptage dans un essai de culture au champ.

1-3- Faculté germinative


La faculté germinative, exprimée en pourcentage, indique le nombre de graines qui germent dans
un temps donné. Ce temps, variable selon les espèces.

1-4- Etat sanitaire


Un lot de semence doit être indemne des parasites.

1-5- Longévité
C’est la durée de vie d’une semence. Cette durée est variable et dépend de l’espèce et des
conditions de conservation.

27
2- Conditions du milieu

Elles concernent principalement les conditions de sol puisque la graine est souvent enfouie
complètement.
Le sol doit respecter les conditions d’une bonne germination et d’une bonne levée : humidité,
aération, température, absence d’obstacles (cailloux, mottes) gênant la croissance de la plantule.
D’où l’intérêt d’une bonne préparation du lit de semence.
3- Réalisation d’un semis
3-1- Techniques de semis
Il existe différentes techniques de semis, les principaux procédés sont :
3-1-1- Semis en place
Ce semis est effectué à l’emplacement même du lieu de culture et aux distances définitives. Après
la levée, on peut éliminer les plantes en trop pour obtenir une densité correcte.
3-1-2- Semis en pépinière
Il est réalisé sur une surface restreinte en général à une densité importante. Il peut se faire en pleine
terre, sous châssis, ou hors sol. Dans tout les cas il sera suivi d’un repiquage.
3-2- Méthodes de semis
Que le semis soit réalisé en place ou en pépinière, il peut s’effectuer selon plusieurs méthodes:

A la volée
En ligne

En poquet

Figure 26 : Méthodes de semis

28
3-2- 1- Semis à la volée
Les graines sont reparties sur la surface à semer aussi uniformément que possible mais sans ordre
précis. Le semis à la volée se réalise en général manuellement, mais il peut être mécanisé.
3-2- 2- Semis en poquet
Plusieurs graines sont déposées ensemble. Ces petits groupes de graines étant régulièrement
espacés. Cette technique est essentiellement utilisée pour des semis en place ou réalisée
directement dans un contenant.
3-2- 3- Semis en ligne
Le semis se fait souvent en alignement. Les graines étant plus au moins régulièrement espacées sur
la ligne. Cette technique est très souvent utilisée pour le semis en place.
3-3- Caractéristiques des semis
Le semis constitue, avec les travaux qui le précédent et qui le suivent, l’opération de base
engageant l’avenir de la future récolte. Les principales caractéristiques d’un semis sont : la
profondeur, la densité et la régularité de semis.
3-3- 1- Profondeur de semis
Les graines doivent être enfouies à une profondeur régulière. La profondeur a une influence sur la
levée. Elle doit être raisonnée en fonction de l’espèce et du type de sol. Si le semis est trop
profond, les réserves de la graine s’épuisent avant la levée, s’il est trop superficiel, la graine risque
de ne pas germer.
3-3- 2- Densité de semis
La densité de semis est le nombre de graines par unité de surface .Elle doit tenir compte de la
faculté germinative de la semence pour obtenir un peuplement optimum.
3-3- 3- Régularité d’un semis
La régularité d’un semis correspond à la précision avec laquelle le semoir respecte les consignes
apportées lors des trois réglages essentiels : espace entre rangs, espace entre les graines dans les
lignes et profondeur de semis.
3-3- 4- Epoque de semis
La variété et le climat imposent des dates limites à ne pas dépasser dans le semis. Ainsi, on
distingue :
a- les semis précoces : Ils sont effectués les plutôt possible en automne ou au printemps. Ils
permettent un allongement de la période de la végétation.
b-Les semis tardifs : certains facteurs peuvent obliger à retarder la date de semis de l’automne :
 la date des premières pluies
 le problème des adventices et des parasites
 la date de récolte du précèdent

29
II- Plantation

1- Définition

Planter est une action qui consiste à replacer en terre, un végétal préalablement arraché pour qu’il
continue à se développer dans des conditions plus avantageuses. Ce mode d’installation est réservé
aux cultures arboricoles et à certaines cultures maraîchères.

2- Modes et époque de plantation

Les végétaux se plantent à racines nues ou en mottes :

2-1- Plantes à racines nues

Figure 27 : Plants à racines nues

Les plantes à racines nues ne peuvent être plantées qu'à certaines périodes, tout particulièrement
au printemps et à l'automne. Les pousses doivent être sévèrement taillées et les racines trop longues
coupées, si non ces plantes reprendront mal, voire pas du tout. Mais après avoir été rabattues et si
les conditions leur sont favorables, elles pousseront vigoureusement et rattraperont en quelques
années le retard qu'elles avaient sur les plantes en conteneur.

30
2-2- Plantes en mottes ou en conteneur

Photo 5 : Plants d’olivier en conteneurs

Les plants en conteneur peuvent être plantés en tout temps. Ils ne doivent plus qu'être sortis de
leurs pots et mis en place. De plus, de tels plants auront de l'avance. Ils ne nécessitent pas,
contrairement aux plants à racines nues, de taille à la plantation. Les racines ne risquent pas d'être
blessées, elles peuvent assurer ainsi sans interruption toutes leurs fonctions vitales..

31
MODULE 3 : ENTRETIEN DES CULTURES ET RECOLTE

M3/UD1 : FERTILISATION

I- Principe de la fertilisation

La plante prélève ses éléments nutritifs en grande partie dans le sol sous forme d’éléments
minéraux en solution dans l’eau. Dans une parcelle cultivée, la richesse en éléments minéraux
doit être renouvelée continuellement, les exportations des cultures étant élevées par rapport aux
restitutions possibles.

La fertilisation consiste donc à apporter des éléments minéraux sous forme d’engrais afin de
satisfaire les besoins de la culture.

II- Eléments fertilisants

Pour se développer, les plantes prélèvent dans le milieu qui les entoure (atmosphère, eau, sol) les
éléments nécessaires à la constitution de leurs tissus.

Tableau 2 : Composition moyenne du végétal en pourcentage de la matière sèche


Composition moyenne du végétal en % de la matière sèche

 ELEMENTS PLASTIQUES
Carbone ( C) 42 % Azote ( N) 2 % Potassium ( K) 2,5 %
Oxygène ( O) 44 % Phosphore ( P) 0,4 % Calcium ( Ca) 1,3 %
Hydrogène ( H) 6 % Soufre ( S) 0,4 % Magnésium ( Mg) 0,4 %

 PRINCIPAUX OLIGO –ELEMENTS : Fer, Manganèse, Cuivre, Zinc, Bore, Molybdène


 AUTRES ELEMENTS : Chlore, Sodium, Silicium, Cobalt.

L’analyse de la matière sèche des végétaux fait apparaître la présence de constituants


indispensables :
 9 éléments dits plastiques qui participent à la formation des tissus végétaux et qui
représentent 99 % de leur masse.
 Des oligo-éléments : présents en très faibles quantités.

32
Figure 28 : Source des éléments nutritifs de la plante

A partir de la figure 34, on remarque que :


 La plante trouve dans l’air, sous forme de gaz carbonique, le carbone et l’oxygène. Elle
peut également y trouver, sous forme de SO2, une partie du soufre qui lui est
indispensable.

 L’eau prélevée dans le sol fournit l’hydrogène et l’oxygène par le mécanisme


chlorophyllien.

 L’azote, pour la plupart des plantes, est prélevé dans le sol sous forme minérale.

 Les éléments minéraux (P, K, Ca, Mg, la plus grande partie de S et les oligoéléments)
proviennent à partir du sol.

33
1- Eléments majeurs

1-1- Azote
L’azote est absorbée par la plante sous deux formes : ammoniacale (NH4+) ou nitrique
(NO3-). Ses principaux rôles sont :
 Entre dans la constituion de base des cellules ;
 Entre dans la constitution de la matière verte (chlorophylle) ;
 Favorise le développement des racines ;
 Favorise la multiplication des feuilles, des tiges et des rameaux ;
 Favorise l’assimilation d’autres éléments minéraux.
1-2- Phosphore
Le prélèvement de phosphore par les racines des plantes n’a lieu que sous forme d’ions
3-
orthophosphates (PO4 ). Ses principaux rôles sont :
 Favorise le développement et la ramification des racines, la formation des bourgeons et
des organes reproducteurs ;
 Augmente la mobilité des éléments minéraux dans les tissus cellulaires ;
 Participe à la formation des glucides et assure la synthèse des protéines ;
 Fournit l’énergie nécessaire au métabolisme de la plante.
1-3- Potassium
Le potassium est absorbé par la plante sous forme de K+. Ses principaux rôles :
 Stabilise la structure cellulaire et active les enzymes ;
 Favorise l’assimilation chlorophyllienne ;
 Confère aux fruits une meilleure fermeté ;
 Augmente la résistance de la plante à la sécheresse, aux maladies et aux attaques
parasitaires.
2- Oligo-éléments

Les oligo-éléments sont absorbés en très faibles quantités, de l'ordre de quelques grammes à
quelques centaines de grammes par hectare.

Le rôle des oligo-éléments est primordial dans les réactions d'oxydo-réduction du système
enzymatique des plantes (photosynthèse, fixation de l'azote, réduction des nitrates dans la plante,
etc.).

Les quantités nécessaires à la croissance des plantes étant très faibles, les seuils de toxicité sont très
proches des seuils de carence et l'agriculteur doit raisonner ses apports en oligo-éléments.

34
III- Pratique de fertilisation
1- Lois de fertilisation

La pratique de la fertilisation raisonnée se base sur l’application de trois lois générales :

1-1- Loi de restitution ou des avances :


Les exportations d’éléments minéraux par les cultures et les pertes hors de la parcelle doivent être
compensées par des restitutions pour maintenir la fertilité chimique du sol. Par sécurité, en
pratique, on en fait l’avance aux cultures. Les sols pauvres doivent recevoir une fumure renforcée
pour les cultures les plus exigeantes. A l’inverse dans des sols riches et pour des cultures peu
exigeantes, des impasses de fumures P et K peuvent être gérées.

1-2- Loi des accroissements moins que proportionnels

Quand on apporte au sol des doses croissantes d’un élément fertilisant, les augmentations de
rendement obtenues sont de plus en plus faibles au fur et à mesure que les quantités apportées
s’élèvent.

Figure 29 : Loi des accroissements moins que proportionnels

35
1-3- Loi du minimum ou d’interaction.

L’importance du rendement d’une récolte est déterminée par l’élément qui se trouve en plus faible
quantité par rapport aux besoins de la culture.
Cette loi met en évidence l’interdépendance entre les différents éléments nutritifs et la nécessité de
les positionner à leur optimum au sein du système Sol- Plante.

Figure 30 : Loi du minimum ou d’interaction

2- Facteurs à prendre en considération dans le raisonnement de la fertilisation.

2-1- Rythme d’absorption des éléments

Figure 31 : Rythme d’absorption des éléments nutritifs d’une culture

36
Durant le cycle de culture, les plantes n’ont pas des besoins constants en chacun des éléments
fertilisants. En effet, certaines phases du cycle de développement de la plante ont leurs exigences
spécifiques.

2-2- Capacité d’échange du sol

Si le sol retient énergétiquement les ions grâce à un bon pouvoir absorbant, il est possible
d’envisager la mise en réserve d’éléments nutritifs.
Dans le cas contraire, l’apport d’éléments minéraux doit être fractionné le plus possible en fonction
des besoins de la plante.

2-3- Dynamique des éléments nutritifs

Les éléments bien retenus (phosphore, potassium) par le complexe argilo-humique peuvent être
stockés dans le sol; par contre, l’azote nécessite un apport régulier du fait que l’ion nitrate NO3-
n’est pas retenu par le complexe argilo-humique.

IV- Produits fertilisants

1- Amendements

L’amendement est l’apport d’un produit destiné à améliorer la qualité des sols en terme de
structure et d’acidité. On distingue :
1-1- Amendements calcaires et magnésiens
Ils sont constitués principalement d’oxyde ou de carbonate de calcium ou de magnésium, ils jouent
un rôle physique, chimique et biologique.
 Rôle physique : ils rendent la structure des sols plus meuble et plus stable. Celle-ci favorise
la perméabilité à l'eau et à l'air et facilite le travail du sol et la pénétration des racines ;
 Rôle chimique : ils régularisent le pH des sols et favorisent les échanges d'ions ;
 Rôle biologique : ils créent des conditions préférentielles aux micro-organismes du sol
(mobilité des bases échangeables, pH neutre ou légèrement acide, bonne aération, humidité
moyenne, etc.).
1-2- Amendements organiques.
Il y a trois façons d'apporter des matières organiques dans les sols. Ces trois façons correspondent
aux trois stades de décomposition de la matière organique :
 La première consiste à apporter des matières organiques fraîches (débris végétaux et
déjections animales).

37
 La seconde consiste à apporter des composts, c'est-à-dire des matières organiques ayant
subi un début de décomposition active par des micro-organismes.
 La troisième façon consiste à apporter des humus, c'est-à-dire des matières organiques dont
le stade de décomposition est suffisamment avancé.
L'incorporation de matière organique provoque une prolifération bactérienne, augmente les
sécrétions des racines dont le développement est stimulé et augmente notablement la quantité de
complexe argilo-humique. Ce sont ces facteurs qui, tôt ou tard, rendent la structure du sol
grumeleuse.
2- Engrais
Un engrais est une substance contenant une certaine proportion d’éléments fertilisants, qui est
destinée à nourrir la plante cultivée.
2-1- les caractéristiques d’un engrais

Figure 32 : Etiquette d’un engrais

38
La valeur fertilisante d’un engrais se caractérise par :
2-1-1- le nombre d’éléments fertilisants
On distingue les engrais simples contenant un seul élément (engrais azoté, phosphaté, potassique)
et les engrais composés contenant plus d’un élément fertilisant majeur (binaires : deux éléments
fertilisants principaux ; ternaires : trois éléments).
2-1-2- Le dosage en éléments fertilisants
Un engrais possède une certaine teneur en éléments fertilisants ; on définit :
 La concentration de l’engrais qui représente le pourcentage (en masse) d’éléments
fertilisants de l’engrais. Pour un engrais composé, elle correspond à la somme des teneurs de
chacun des éléments.
 L’équilibre des différents éléments dans un engrais composé, déterminé en général à partir
de l’azote.
Exemple : Engrais composé de 14-28-14
L’ordre N.P.K est toujours respecté ; cette formule signifie que l’engrais contient :

• 14 Kg ou unités fertilisantes d’N


• 28 Kg ou unités fertilisantes de P2O5 pour 100 Kg d’engrais
• 14 Kg ou unités fertilisantes de K2O

N, P2O5, K2O étant les formes conventionnelles consacrées par l’usage.


Ainsi, la concentration de cet engrais est de 56 % et l’équilibre est 1-2-1.

2-1-3- la forme chimique des éléments


La forme de l’élément fertilisant dans l’engrais influe sur sa dynamique dans le sol et par
conséquent, sur son utilisation par la plante :
 L’azote peut être sous forme organique, nitrique, ammoniacale ou ammoniaco-nitrique. La
forme nitrique doit être utilisée immédiatement par la plante pour éviter son lessivage ; les
formes ammoniacales et organiques seront transformées plus ou moins rapidement par
l’activité biologique du sol.
 Le phosphore peut être sous forme plus ou moins soluble selon les réactions qu’il a subies
lors de la fabrication de l’engrais.
 Le potassium est toujours sous forme de sel associé au chlore (KCl) ou au soufre (K2SO4).

39
2-2- Critères de choix d’un engrais
Pour choisir les engrais adaptés à sa culture, l’agriculteur doit prendre en compte :
 La valeur fertilisante de l’engrais et son adaptation aux besoins de la plante ;
 Les conditions d’apport exigées : dose et fréquence des apports, répartition au cours du
cycle de culture, matériel d’épandage utilisé ;
 Le coût des engrais : la même quantité d’éléments peut être apportée avec des engrais
simples et des engrais composés ; en général, les engrais simples sont moins coûteux mais
les frais sont plus élevés.
3- Raisonnement de la fertilisation

3-1- Intérêt du raisonnement de la fertilisation


La nutrition minérale des plantes cultivées est assurée correctement lorsque les éléments minéraux
nécessaires sont présents dans le sol en quantité et en proportion satisfaisantes. L’insuffisance d’un
élément limite l’efficacité des autres ; d’où la nécessité de bien raisonner l’apport des éléments
fertilisants.
La fertilisation doit satisfaire les besoins nutritionnels des cultures en complétant, parfois en créant
en partie, l’offre alimentaire du sol dans des conditions économiques rentables, en tenant compte :
 Des objectifs de rendement et de qualité des différentes cultures ;
 De la disponibilité des éléments dans le sol ;
 Du souci de conserver le potentiel de production et de préserver l’environnement.
3-2- Fumure minérale
En pratique, la fertilisation appelée le plus souvent fumure minérale est réalisée de la façon
suivante :
3-2- 1- Fumure de redressement
Elle n’est envisagée que si la richesse du sol est trop faible ; celle-ci est pratiquée pour le
phosphore et le potassium qui peuvent être mis en réserve dans le sol.
A partir de l’analyse de sol, on apprécie la richesse du sol et en fonction de sa capacité d’échange,
on calcule la quantité de K2O ou de P2O5 souhaitable à apporter en fumure de redressement ; cette
quantité est une réserve et ne doit pas être utilisée par la culture.
3-2- 2- Fumure d’entretien
Elle a pour but de satisfaire les besoins de la culture et se calcule à partir des exportations de la
plante.
Les exportations de la plante correspondent aux prélèvements de celle-ci en éléments minéraux
auxquels on soustrait les restitutions éventuelles des résidus de récolte (chaumes, paille..).

40
M3/UD2 : IRRIGATION

L’irrigation consiste à apporter de l’eau aux plantes cultivées, par des procédés divers, afin de
permettre leur développement normal lorsque les conditions de pluviométrie naturelle sont
insuffisantes.

Le pilotage d’irrigation consiste à répondre aux questions suivantes :

- Quand arroser ?
En tenant compte :
 Des besoins en eau des plantes ;
 Des réserves en eau du sol.

- Combien d’eau à apporter ?


Pour déterminer les doses d’irrigation qu’il faut apporter en complément.

- Comment l’apporter ?
En fonction :
 du mode d’irrigation ;
 du type de sol ;
 de la nature des cultures.

I- Besoins en eau de la plante

Dans le système sol – plante – atmosphère, l’eau est utilisée de la manière suivante :
- Une partie entre dans la composition du végétal : Eau de constitution
- Une partie est transpirée par les feuillées : Eau de végétation
- Une partie est évaporée par le sol : Evaporation
L’eau transpirée par les feuilles et celle évaporée par le sol constituent
l’évapotranspiration (ET)
On distingue :

Evapotranspiration Potentielle (ETP) : C’est la quantité d’eau que cède à l’atmosphère , par
évapotranspiration , une culture de végétation abondante , en pleine croissance , couvrant
totalement un sol largement pourvu d’eau . Pour calculer l’ETP, il existe plusieurs méthodes

41
théoriques. La formule de Penman corrigée par la FAO, est la plus employée actuellement. Elle est
basée sur des données météorologiques

Evapotranspiration Maximale (ETM) : C’est la quantité d’eau maximale évaporée par


l’ensemble sol-culture à un stade végétatif donné. Elle correspond au besoin de la culture.
Elle est estimée à partir de l’ETP en utilisant des coefficients culturaux (Kc)

ETM = Kc x ETP

Il est important de noter que les valeurs de Kc dépendent des stades du développement de la
culture.

Culture 2

Culture 1

Figure 33 : Forme générale de la courbe des coefficients culturaux Kc

Evapotranspiration Réelle (ETR) : C’est la quantité d’eau réellement perdue par


évapotranspiration d’un système sol-culture quelles que soient les conditions dans lesquelles il se
trouve. Sa mesure reste du domaine de la station expérimentale. Mais elle peut être estimée à
partir de l’ETM en tenant compte de l’eau disponible dans le sol. Il faut donc aborder la question
des réserves en eau du sol.

42
II- Réserves en eau du sol

Figure 34 : Représentation schématique d’un réservoir du sol

La plante puise l’eau dont elle a besoin dans le sol considéré comme un réservoir qui est alimenté
par :
 La partie de la pluie qui ne ruisselle pas et s’infiltre en profondeur « pluie efficace » ;
 Les apports d’eau par irrigation :
 Les remontées de l’eau capillaire ou de nappe.
Quand le sol fait le trop plein, l’eau en excès s’évacue soit par:
 Ruissellement à la surface du sol ;
 Percolation en profondeur pour alimenter la nappe.
Cependant, seule une fraction d’eau du sol est accessible aux racines, appelée « Réserve Utile »
RU.

43
Figure 35 : Disponibilité de l’eau d’une couche de sol pour les plantes

La réserve utile correspond à la quantité d’eau contenue dans la tranche de sol explorée par les
racines, entre l'humidité à la capacité au champ (Hcc) et l’humidité au point de flétrissement (Hpf).

RU = (Hcc - Hpf) x Da x Z

 Hcc : Humidité pondérale en % à la capacité au champ. Elle correspond à l’humidité du sol


après ressuyage. L’eau n’occupe que les micropores du sol (inférieures à 30 microns).
 Hpf : Humidité pondérale en % au point de flétrissement permanent. Elle correspond à la
capacité maximale de succion par la plante, voisine de 15 Bars.
 Da : Densité apparente du sol
 Z : Profondeur d’enracinement en dm
 RU : Réserve Utile en mm

44
Figure 36 : Evapotranspiration de la plante selon l’eau disponible

Par commodité, on appelle réserve facilement utilisable RFU, la fraction de la RU pour laquelle
la plante pourra répondre à la demande climatique.

En fonction de l’humidité du sol et des facteurs météorologiques, on peut distinguer trois


situations :
Situation 1 : Lorsque le sol est bien humide, les racines absorbent toute l’eau dont a besoin la
plante dans la RFU.
En absence de facteurs limitants, chaque plante a une évapotranspiration maximale qui dépend de
sa nature et de son développement végétatif et des conditions météorologiques, ainsi :
ETM = ETR

45
Situation 2 : Lorsque la RFU est épuisée, les racines absorbent avec difficulté l’eau qui reste dans
la RU mais ne peuvent pas fournir aux feuilles l’eau dont elles ont besoin.
La plante diminue alors son activité la plante et ferme partiellement ses stomates pour survivre,
ainsi :
ETM >ETR

Situation 3 : Au-delà d’un seuil d’humidité (Hpf), les racines ne peuvent plus absorber l’eau qui
reste dans le sol et qui est retenue fortement par les particules solides. La plante alors flétrit est
meurt.
III- Bilan hydrique d’un sol cultivé

C’est la comparaison entre les réserves et les apports d’une part et les pertes en eau d’autre part
d’un système.
Il permet de déterminer l’eau effectivement disponible pour une culture et de calculer, en cas de
déficit, les quantités d’eau à apporter par irrigation.

1- Déficit pluviométrique

Connaissant l’ETP et la pluviométrie (P), le déficit pluviométrique (Dp) s’obtient pour un mois,
une décade, ou plusieurs mois par :

Dp = ETP - P

2- Déficit agricole

Une partie de la RFU peut être utilisée pour combler le déficit pluviométrique sans avoir besoin
d’irriguer. Le déficit agricole (Da) pour un mois ou une décade peut donc s’exprimer ainsi :
Da = ETP –P-K (RFU)

K est choisi entre 0 et 1, indique la fraction de la RFU utilisée et non reconstituée.


Si l’irrigation est abondante, on prend K =0 pour reconstituer complètement la RFU.
L’irrigation se propose donc de combler le Da. Mais avec quelle fréquence et quelle dose ?

46
IV- Paramètres d’irrigation

1- Dose d’irrigation

La dose d’irrigation est la quantité d’eau nécessaire pour ramener l’humidité de la couche du sol
asséchée par les racines à la capacité au champ. La dose d’irrigation doit correspondre à la RFU.
Elle s’exprime par la formule suivante :
Dose = RFU = (Hcc - Hpf) x Da x Z x f

Avec f : le coefficient de la réserve utile de l’eau du sol qu’on laisse s’épuiser avant de déclencher
l’irrigation.
2- Fréquence d’irrigation
La fréquence d’irrigation (N) est le nombre d’arrosages qu’il faut pour combler le Da. Elle se
calcule par la relation suivante :

N= Da/ Dose

Le nombre de jours qui séparent 2 irrigations successives détermine la cadence d’irrigation.

C= (Dose + P) / ETMj

La durée de l’irrigation nous renseigne sur le temps que doit durer une irrigation. Elle dépend de
la perméabilité du sol et de la dose choisie. On peut la calculer ainsi :

DI = Dose / Perméabilité

47
M3/UD3 : PROTECTION DES VEGETAUX

I- Ennemis des cultures

Les ennemis des cultures sont les êtres vivants qui causent des dégâts aux plantes cultivées et aux
denrées récoltées. Ils sont nombreux et divers, ainsi on distingue.

1- Ravageurs

Sont des ennemis animaux des cultures. Ils se nourrissent des matières végétales prélevées sur les
cultures ou sur les produits récoltés (phytophages).
Dans le règne animal, on trouve un petit nombre d’espèces nuisibles parmi les vertébrés et un très
grand nombre parmi les invertébrés.

Les ravageurs vertébrés, ennemis généralement communs à plusieurs cultures sont des mammifères
(rongeurs….) et des oiseaux (moineaux…).

Parmi les invertébrés, les espèces nuisibles appartiennent aux catégories suivantes :

1-1- Nématodes

Nématodes Symptômes sur les racines


Photo 6 : Nématodes

Sont des vers de taille microscopique qui parasitent les organes aériens ou le plus souvent le
système racinaire. Les lésions causées au niveau des racines favorisent la pénétration de
champignons et de bactéries phytopathogènes du sol. Des espèces parasites externes des racines
peuvent en plus inoculer des virus.

48
1-2- Mollusques

Limace Escargot
Photo 7 : Limace et Escargot

Les ravageurs mollusques sont principalement les limaces et les escargots. Ils peuvent causer des
dégâts importants lors des périodes humides, en dévorant les feuilles, les jeunes plants ou les
plantules de nombreuses cultures.

1-3- Arthropodes
Ils regroupent les animaux dont le corps, segmenté en anneaux et recouvert d’un squelette externe
dur, porte des appendices articulés. Cet embranchement comprend un très grand nombre d’espèces
nuisibles.
 Insectes
La classe des insectes regroupe la plus grande part des espèces animales (prés de 80 %) et, aussi
des espèces nuisibles aux cultures. Elle comprend une trentaine d’ordres distingués en fonction du
type de développement, de la morphologie et du type d’appareil buccal.

49
Figure 37 : Morphologie d’un insecte volant

Généralement, les insectes se caractérisent par un corps constitué de trois parties :


 Une tête qui porte une paire d’antennes ;
 Un thorax qui porte trois paires de pattes et, le plus souvent, une ou deux paires d’ailles ;
 Un abdomen composé d’une dizaine d’articles et abritant les organes génitaux.

Dégâts de la cératite sur fruit d’agrumes Dégâts de cochenille (pou de califournie) sur fruit d’agrumes
Photo 8 : Dégâts d’insectes sur agrumes

Selon les cas, les insectes consomment directement une partie des plantes (graines et fruits
notamment) ou s’attaquent à différents organes pour prélever des matières végétales (tissus
végétaux, sève, contenu des cellules), ce qui nuit à la croissance et au développement des plantes
(destruction des feuilles et des racines, creusement des galeries dans les tiges….etc.), les affaiblit
et peut même entraîner leur mort.
50
Certains insectes peuvent en plus occasionner des dégâts indirects, comme l’inoculation de virus,
l’émission de toxines, le rejet de miellat…etc.

 Acariens

Figure 38 : Morphologie d’in acarien adulte male

Les acariens ressemblent à des araignées de très petite taille. Ils se distinguent des insectes par la
fusion de la tête et du thorax, l’absence d’ailles et d’antennes, la présence de quatre paires de
pattes à l’âge adulte.

Photo 9 : Dégâts d’acariens rouges sur les feuilles de pommier

Les espèces d’acariens phytophages vivent souvent dans les bourgeons ou sur la face inférieure des
feuilles. De nombreuses espèces passent l’hiver sous les écorces ou sous les écailles des bourgeons.

51
Outre un affaiblissement de la plante, leurs piqûres peuvent entraîner des colorations des feuilles
ou des réactions colorées, et des déformations (souvent les galles).

2- Mauvaises herbes
Les mauvaises herbes, appelées aussi adventices, sont les plantes indésirables à l’endroit où elles se
trouvent.
Elles nuisent directement ou indirectement aux plantes cultivées :

Directement :

 Concurrence de la culture pour l’eau et les éléments nutritifs, ce qui entraîne des pertes
aux rendements
 Sécrétion de certaines substances toxiques pour les plantes et le bétail
 Parasitisme (orobanche)
Indirectement

 Propagation des maladies cryptogamiques


 Hébergement d’animaux nuisibles (insectes)
 Obstruction des canaux d’irrigation
 Dépréciation de la qualité des récoltes

3- Agents phytopathogènes

Les agents phythopathogènes sont les ennemis qui causent des maladies aux plantes. Il s’agit
principalement de micro-organismes : champignons microscopiques, bactéries et virus.

3-1- Champignons

Ils provoquent des mycoses ou des maladies fongiques plus couramment appelées maladies
cryptogamiques.
Les champignons, qui s’attaquent aux organes aériens, profitent souvent de l’affaiblissement de la
plante ou des blessures pour s’installer .Ils sont responsables des maladies les plus fréquentes chez
les plantes cultivées (mildiou, oïdium…etc).

52
Figure 39 : Cycle biologique simplifié du mildiou de la pomme de terre

Photo 10 : Mildiou de la pomme de terre

Selon les mycoses, les symptômes sont divers mais généralement assez caractéristiques : taches,
feutrages, nécroses, pourritures, chancres, prolifération et tumeurs sur bourgeons et jeunes tissus.

53
3-2- Bactéries

1 : paroi- 2 : cloison - 3 : membrane plasmique


4 : cytoplasme - 5 : ribosomes - 6 : génome
7 : pili - 8 : flagelle

Figure 40 : Schéma général d'une bactérie

Elles provoquent des maladies appelées bactérioses. Les principaux symptômes sont des nécroses
(ex : feu bactérien), des jaunissements et des flétrissements, des pourrissements sur des organes
charnus, des proliférations et des tumeurs (ex : galle du collet ou crown-gall de nombreuses
espèces fruitières).

Figure 41 : L'infection de la plante par Agrobacterium induit le développement d'une galle

54
3-3- Virus
Pour infecter une plante, les virus doivent obligatoirement y être introduits. Ils provoquent des
viroses souvent qualifiées de mosaïques. Leurs symptômes sont variés et concernent, en générale,
tous les organes :
 Faible développement des racines
 Nécroses ou striures sur les tiges
 Panachures, taches jaunissement des feuilles
 Déformation des fruits

Photo 11 : Dégâts du virus de TYLC sur tomate

55
II- Méthodes de lutte

1- Prophylaxie

Le meilleur moyen de défense des cultures contre leurs ennemis est d’éviter leur introduction et
leur transmission tel que l’utilisation de matériel végétal (semences, plants, greffon,…) sain,
Application des mesures réglementaires visant à éviter l’introduction et la propagation
d’ennemis…etc.

2- Moyens culturaux
.
2-1- Utilisation des variétés résistantes
Grâce à la sélection et au génie génétique, les organismes producteurs de matériel végétal ont
réussit à obtenir des variétés résistantes ou tolérantes à certaines maladies ou insectes. Cependant,
le choix des variétés doit aussi tenir compte de leurs performances agronomiques.

2-2- conduite des cultures

 Rotation
Elle permet de casser le cycle de développement des ennemis des cultures en faisant succéder les
plantes nettoyantes (sarclées) et les plantes salissantes en vue de lutter contre les mauvaises
herbes ; en faisant succéder des cultures n’ayant pas les mêmes ennemis.

 Date de semis
Elle doit être raisonnée de façon à ce que le stade sensible de la culture ne coïncide pas avec
l’arrivée massive de l’agent infectieux et que le cycle de la plante soit décalé par rapport à celui du
ravageur.
 Fertilisation et amendements
D’une manière générale, les fumures équilibrées, qui conditionnent la vitesse de croissance et la
robustesse de la culture, augmentent son potentiel de résistance aux maladies, aux ravageurs et aux
mauvaises herbes. Par exemple, un excès d’azote sur une culture de céréales favorise le
développement de maladies cryptogamiques (rouille brune) et de pucerons ; à l’inverse, une
insuffisance de potassium diminue la résistance de la vigne au mildiou.
 Drainage
Il permet de réduire les attaques des parasites au niveau des racines (ex : fonte de semis) et les
populations de ravageurs du sol (ex : nématodes, limaces). Il limite aussi le développement de

56
certaines mauvaises herbes (ex : joncs) et favorise la croissance de la culture qui résiste mieux à la
concurrence.
 Labour
Il permet l’inactivation de nombreux parasites par l’enfouissement en profondeur de leurs organes
de conservation et des débris végétaux contaminés.
 Façons superficielles
Ces opérations permettent de provoquer la germination des graines des adventices qui sont ensuite
détruites ; de ramener à la surface du sol des organes souterrains qui se dessèchent et meurent.

3- Moyens physiques et mécaniques

Différents moyens physiques et mécaniques peuvent être utilisés pour éliminer ou limiter le
développement de certains ennemis. Les plus utilisés sont :
 Chaleur
Elle est utilisée pour la désinfection du sol ou du substrat en cultures maraîchères et florales sous
abris.
 Eau
L’utilisation d’eau (bassinage, brumisation, aspersion..) limite le développement des acariens et
de certaines maladies cryptogamiques.

 Bruit
Le bruit éloigne certains ravageurs (ex : « coups de fusil » pour effaroucher les étourneaux).
 Piéges lumineux
Des piéges lumineux associés à un moyen de destruction (ex : grille d’électrocution) sans détruire
les insectes attirés par la lumière.
 Protections mécaniques
Des protections mécaniques sont utilisées pour certaines cultures : des filets pour protéger les
vignes des oiseaux et des films en plastiques noir pour limiter les attaques de champignons et le
développement des mauvaises herbes en cultures maraîchères et florales.

57
4- Lutte biologique

Photo 12 : Attaque des pucerons par une coccinelle

Elle correspond à l’utilisation d’organismes vivants (auxiliaires) ou leurs produits pour empêcher
ou réduire les pertes ou dommages causés par des organismes nuisibles.

Cette méthode de lutte naturelle est utilisée actuellement dans certains cas particuliers, souvent à
cause de l’inefficacité de la lutte chimique. Exemple, la coccinelle prédatrice du puceron ; la
bactérie « Bacillus thuringiensis », commercialisée sous forme de poudre, utilisée contre de
nombreuses chenilles nuisibles de papillons.

5- Lutte chimique

C’est la méthode la plus utilisée car elle est la plus facile et souvent la plus efficace. Elle consiste à
appliquer, sur la plante malade ou risquant de l’être, un produit pesticide (produit phytosanitaire)
qui va détruire l’ennemi présent ou protéger la plante contre l’attaque de l’ennemi.

58
5-1- Catégories des pesticides
Tableau 3 : Catégories des pesticides
Produit DEFINITION
Herbicide Produit ayant la propriété de tuer les végétaux
Fongicide Produit ayant la propriété de tuer les champignons
Insecticide Produit ayant la propriété de tuer les insectes
Acaricide Produit ayant la propriété de tuer les acariens
Nématicide Produit ayant la propriété de tuer les nématodes
Molluscicide Produit ayant la propriété de tuer les mollusques

5-2-- Caractéristiques d’un pesticide

Produit X
Nom commercial

BLADLUIZEN
Matière active

Concentré soluble (SL). Formulation

Mode d’action
. Mécanisme d’action unique, action systémique
puissante: la matière active est transportée par la
sève dans toutes les parties de la plante
Spectre d’action

Lutte contre les insectes suceurs sur les plantes


ornementales et les pommiers

Garde son efficacité durant 8 jours


Rémanence

500 ml
Contenu net

Société YYY rue 16 novembre Casablanca Nom et adresse du


titulaire de l’homologation
Figure 42 : Etiquette d’un pesticide

59
Généralement, les pesticides se caractérisent par :
 Leur composition : matières actives, le support et l’adjuvent ;
 Leur présentation : liquide, poudre,…etc. ;
 Leur mode d’action : systémique, de contact.
 Leur rémanence : durée pendant laquelle, le produit persiste son efficacité ;
 Leur spectre d’action : les ennemis pour lesquels, le produit est efficace ;
 Leurs conditions d’emploi : les pesticides, utilisés le plus souvent en bouillie (émulsion
dans l’eau), pulvérisés sur la plante, doivent être manipulés avec précaution car, ils sont
toxiques.

6- Lutte intégrée

La lutte intégrée est le système de protection des cultures qui englobe toutes les techniques
efficaces et compatibles entre elle pour réduire la population d’ennemis ou pour la maintien au
dessous du seuil de nuisibilité.
Différentes raisons incitent au développement de méthodes de lutte intégrée plus économiques,
écologiques et hygiéniques :
 les échecs de la lutte chimique résultant de l’apparition de résistance aux pesticides,
particulièrement chez les insectes et acariens ;
 les préoccupations croissantes de l’opinion publique en matière d’écologie et de santé ;
 Le coût élevé de la lutte chimique systématique notamment en arboriculture fruitière,
viticulture et productions légumières ;
 La diminution des normes de résidus des pesticides acceptables dans les produits
alimentaires.

60
M3/UD4 : RECOLTE

La récolte consiste à recueillir et à enlever les produits utiles d’une culture, une fois que ceux-ci
ont atteint le degré de maturité recherché. La récolte représente toujours pour l’agriculteur le
moment crucial de la réussite de sa culture. Au plan agronomique, elle constitue la dernière étape
de la conduite de la culture et sa réalisation nécessite le respect de certaines conditions.

I- Choix du meilleur stade de récolte

Selon l’espèce, le produit récolté et sa destination, la détermination du stade de récolte varie :


 Chez les céréales : le taux d’humidité du grain doit être inférieur à un certain seuil (grain de
blé, humidité 18%) pour une bonne conservation ;
 Chez les fruits et légumes : les habitudes alimentaires, le mode et la durée de conservation,
l’utilisation (en frais, pour l’industrie) conditionnent le stade de récolte ;
 Chez les cultures fourragères : le stade de récolte optimal est un compromis entre le
maximum de matière sèche produit et la digestibilité de l’herbe.

II- Conditions climatiques

Lors de la récolte, de mauvaises conditions climatiques peuvent nuire au produit récolté, surtout si
celui-ci doit être conservé, car elles favorisent le développement d’agents pathogènes (ex : récolte
des céréales lors d’étés pluvieux).

III- Utilisation de main d’œuvre ou de matériels spécialisés

Actuellement, beaucoup de cultures ont une récolte mécanisée, même certaines dont le produit
récolté est très fragile (ex. vigne). Il est indispensable que le matériel de récolte soit bien adapté
pour ne pas laisser au champ une partie de la production ou détériorer les produits. De même, la
récolte manuelle (fruits, légumes, fleurs) qui ne peut être évitée pour le produit très fragile (fruits)
ou les productions à récoltes échelonnées (fleurs) exige de la part des récolteurs une certaine
habileté nécessaire à la qualité et à leur vitesse d’exécution.

61
MODULE 4 :
ANIMAUX D’ELEVAGE ET PRODUCTIONS

M4/UD 1 : ANIMAUX D’ELEVAGE ET HABITAT

I- Différentes régions du corps

1- Cas des bovins

Figure 43 : Les différentes régions du corps de la vache


2- Cas des volailles

Photo 13: Morphologie du coq


62
II- Races

1- Définition

La race est l’ensemble des individus appartenant à une même espèce et dont les caractères
communs sont héréditaires.
2- Races bovines

2-1- Races locales


Il existe quatre principales races locales : la Brune de l’Atlas, la Blonde d’Oulmès Zaer, la Noire
pie de Meknès et la Tidili.
2-2- Races importées
2-2-1-Races laitières :
Ce sont des races spécialisées dans la production du lait. Elles se caractérisent par :
 Une mamelle bien développée avec des veines mammaires visibles le long de la paroi
abdominale ;
 Une bonne conformation : ossature légère, tête bien proportionnée, encolure allongé, canons
fins et aplombs réguliers, bassin large, peau fine et souple.
Exemple : Holstein, Frisonne Pie Noire, etc.
2-2-2-Races à viande :
Ce sont des races spécialisées dans la production de viande. Elles se caractérisent par :
 Une bonne conformation : masses musculaires du dessus et de l’arrière train volumineuses,
culotte large et descendue ;
 Une forte aptitude à l’engraissement.
Exemple : Charolais, Limousine, etc.
 Races mixtes :
Ce sont des races destinées à la fois à la production de lait et de viande.
Exemple : Montbéliarde, Tarentaise, etc.

63
Montbéliarde Charolais

Limousine Frisonne (Prim’Holstein)

Blonde d’Oulmès Zaer Tidili

Photo 14 : Exemples de quelques races bovines locales et importées

64
3- Races ovines
3-1- Races locales :
Les principales races ovines du Maroc ainsi que leurs caractéristiques sont présentées dans le
tableau suivant :
Tableau 4 : Localisation géographique et caractéristiques
des principales races ovines marocaines
Quelques caractéristiques Races
Beni guil : (dite aussi Hamra, ou berguia)
- C’est un animal bien conformé, rustique ;
- Tête et jambe totalement brun acajou foncée ;
- Toison blanche avec mèches courtes et
serrées.
Localisation géographique : Région de
l’oriental : Oujda, Figuig, Bouarfa…

Sardi :
- Race de grande taille ;
- Bonne marcheuse ;
- Tête, corps et jambe blancs, avec quelques
tâches irrégulières sur le chanfrein, autour des
yeux et sur les oreilles.
Localisation géographique : Settat, Seraghna,
Beni Meskine…
Timahdite :
- Tête brune, fauve, uniforme ;
- Toutes les parties du corps sont blanches ;
- Toison blanche ouverte à mèches longues, et
retombantes.
Localisation géographique : Moyen Atlas :
Azrou, Ifrane, Khénifra, El Hajeb…

Boujaad :

Tête, corps, et jambe blancs ;


Sans jarre ;
Toison blanche, tassée homogène.
Localisation géographique : Khouribga,
Oued Zem, Boujaâd…

D’man : (ou race oasis)


- Race de taille moyenne ;
- Faible marcheuse ;
- Tête découverte, les oreilles tombantes ;
- Toison peu étendue en carapace.
- Mâle sans cornes.
Localisation géographique : Oasis
marocains : Errachidia, Ouarzazate…

65
3-2- Races importées :
Elles sont représentées essentiellement par : la Mérinos et l’île de France.

Tableau 5: Caractéristiques de quelques races ovines importées au Maroc


Quelques caractéristiques Races
Ile de France :
- Tête sans cornes ;
- Profil droit ou légèrement brusqué chez les
mâles ;
- Oreilles droites, relevées ;
- Toison recouvrant le sommet de la tête, les
ganaches, le bord postérieur des joues ;
- Queue absente.

Mérinos :
- Tête large, munie ou non chez le mâle de
grandes cornes ;
- Le chanfrein présente chez le mâle un ou
plusieurs replis de peau caractéristiques au-
dessus des naseaux ;
- Les membres sont vigoureux, gros, assez
hauts, aux aplombs réguliers.

66
4- Souches avicoles

Les souches avicoles domestiques sont très nombreuses et peuvent être classées selon diverses
caractéristiques. Selon leurs types de productions, on distingue :
 les souches de type ponte ;
 les souches de type chair ;
 les souches mixtes.

Tableau 6 : Exemples de souches avicoles


Type de souches
Les souches de type ponte :
Ce sont des races exploitées pour la
production des œufs.
La Bresse
Exemple : la Bresse, la White Leghorn, la
Wyandotte…

Les souches de type chair :


Elles sont élevées surtout pour leur
production de viande.
Faverolle
Exemple : la Faverolle, la Bresse blanche…

Les souches mixtes :


Elles ont une double finalité : la production
d’œufs et de viande.
Exemple : la Rhode Island, la Sussex, … Sussex

67
III- Bâtiments d’élevage

1- Définition

Le bâtiment d’élevage est le local où sont logés les animaux élevés.


Il a pour rôles d’assurer :
 Le bien être animal dont les indicateurs peuvent être : la fréquence des maladies, la
production (en terme de quantité et de qualité) …
 Les bonnes conditions de travail : le bâtiment doit être conçu de manière à réduire le temps
de travail et sa pénibilité et d’assurer la sécurité du personnel.
2- Type de bâtiments d’élevage

2-1- Etable
C’est le local où sont logés les bovins. On distingue deux types de stabulations :
 Stabulation entravée : où les animaux sont attachés dans une stalle ;
 Stabulation libre : où les animaux peuvent se déplacer librement à l’intérieur d’un espace
limité.

Photo 15 : Stabulation libre


2-2- Poulailler
C’est le local où sont logés les volailles (poulet de chair, poules pondeuses, dinde…)
On distingue trois types d’élevage en poulailler :
 Elevage au sol : les animaux sont élevés sur le sol qui est recouvert d’une couche de litière ;
 Elevage en caillebotis : où la litière est remplacée par un grillage ;
 Elevage en cage : où les animaux sont installés dans des cages.

68
Elevage au sol simple Elevage en caillebottis

Elevage de la pondeuse en cage ou batterie

Photo 16 : Exemples de quelques bâtiments d’élevage avicole

2-3- Autres bâtiments


 Bergerie : c’est le lieu où sont logés les ovins ;
 Chèvrerie : c’est le bâtiment destiné au logement des caprins.

69
M4/UD 2 : TYPES DE PRODUCTIONS

Chapitre1 : Production laitière

Définition légale du lait

« Le lait est un liquide nutritif de couleur blanchâtre produit par les femelles des mammifères.
C’est le produit intégral de la traite totale et ininterrompue d’une femelle laitière bien portante,
bien nourri, et non surmenée ».
La dénomination" lait ", sans indication de l’espèce animale dont il provient, est réservée au lait de
vache.
I- Composition physique et chimique

Le lait est un liquide blanc mat, légèrement visqueux, dont la composition et les caractéristiques
physico-chimiques varient sensiblement selon les espèces animales, les races, au cours de la
période de lactation et au cours de la traite.
Sur le plan physique, c’est à la fois une solution (lactose, sels minéraux), une suspension (matières
azotées) et une émulsion (matières grasses).
Le lait de la vache a une densité moyenne égale à 1,032 c’est un mélange très complexe et très
instable. 87,5% Eau

4,5% Glucides

4% Lipides

3% Protides

1% Sels minéraux
Figure 44 : Composition moyenne du lait de vache

70
II- Production du lait

1- Choix d’une bonne vache laitière

1-1- Performances de production


Une vache laitière est achetée souvent peu avant sa première mise-bas ou lorsqu’elle est en
production.
Pour avoir une idée sur les aptitudes d’une vache laitière, on doit s’entourer de certaines garanties :
aspect général, inscription au livre généalogique, performances des ascendants ou collatéraux.
1-2- Caractères extérieurs
La race, l’âge, et dans une certaine mesure l’état de santé d’un animal peuvent être appréciés, sur le
lieu d’achat avec assez d’exactitude.
Parmi les indices extérieurs visibles on peut noter :
 aspect du pis : doit être volumineux, bien suspendu, recouvert d’une peau fine, grasse et
légèrement jaunâtre, muni de trayons de grosseurs moyennes et bien disposés en carré.
 importance des veines mammaires externes irriguant le pie et visible le long de la proie
abdominale (le sang qui y passe apporte les éléments constitutifs du lait) ;
 conformation de l’animal : ossature légère sans excès, tête mince et bien proportionnée,
encolure allongée, poitrine profonde et ronde, canons fins et aplombs réguliers, bassin
large. La souplesse de la peau est en principe un indice de bonne santé.
2- Sécrétion du lait
La sécrétion du lait s’effectue dans la mamelle, il est donc intéressant de connaître la constitution
et le fonctionnement de cet organe.
2-1- Anatomie de la mamelle
De la naissance à la puberté, le développement de la mamelle suit celui de l’animal, mais elle n’est
constituée que des tissus conjonctifs et adipeux.
A partir de la fécondation, et progressivement, au cours de la gestation le volume de la mamelle
augmente et le tissu sécréteur se forme.
La mamelle ou pis de la vache est composée de quatre glandes mammaires ou « quartiers ». En
général les quartiers arrières sont un peu plus développés et produisent plus du lait que ceux de
devant.

71
Figure 45 : Anatomie de la mamelle

2-2- Evacuation du lait

 Apres le vêlage, à la suite du rejet du placenta qui produisait les œstrogènes inhibant
la production lactée, l’hypophyse sécrète une hormone, la prolactine, qui a pour effet de faire
fonctionner les acini. Le lait, élaboré de façon continue, s’y accumule, ainsi que dans les canaux du
pis et les sinus galactophores : La mamelle se gonfle, ce qui permet l’élasticité des tissus.
 La cavité que forment les sinus, appelée citerne sert de réservoir de stockage à une partie du
lait.
Le lait qui se trouve dans les acini est évacué vers la citerne sous l’effet des contractions des fibres
musculaires ; suite à la libération dans le sang d’une hormone sécrétée par l’hypophyse : c’est
l’ocytocine. Cette hormone est stimulée par la succion du trayon (veau, traite….).

72
Figure 46: Stimulation du réflexe d’éjection de lait

Figure 47 : Inhibition du réflexe d’éjection du lait

73
2-3- Courbe théorique de lactation
Chez toutes les femelles domestiques, la lactation après être déclenchée juste après la mise bas,
commence par s’accroître (phase ascendante), atteint un maximum (pic de lactation), puis décroît
plus ou moins lentement (phase descendante). C’est cette évolution que traduit la courbe de
lactation.
Quatre paramètres caractérisent la courbe de lactation :
 Sa durée D : elle est en moyenne de dix mois (avec une période de tarissement de deux
mois).
 Sa production totale : très variable selon les races et les systèmes d’élevage. Elle peut varier
de 2000 à plus de 10.000 litres de lait, soit une production journalière de moins de 6 litres à
plus de 35 litres par jour de lactation.
 Sa pente : appelée encore coefficient de persistance. Ce dernier est le pourcentage entre la
production à un mois donné et celle du mois précèdent.
 L’intervalle vêlage- saillie fécondante (I.V-S.F.) : pour que le vêlage ait lieu tous les ans,
cet intervalle doit avoir une moyenne de 3 mois.

Figure 48 : Courbe théorique de lactation


2-4- Traite
2-4-1- Définition
La traite est l’action d’extraire le lait contenu dans la mamelle, par divers procédés manuels ou
mécaniques afin d’obtenir une quantité maximale de ce lait sans nuire toutefois à la santé de
l’animal.
Pour que le lait puisse mériter sa définition légale, la traite doit être complète, ininterrompue et
effectuée sur une femelle laitière bien portante et non surmenée.

74
2-4-2- Traite manuelle
Elle consiste à extraire, à la main, le lait de la mamelle.

Photo17: Traite manuelle


La traite manuelle comporte quatre phases successives :
 Le lavage des mains et du matériel de traite.
 La préparation de la mamelle qui consiste :
• A laver vigoureusement le pis avec un linge chaud.
• Eliminer les premiers jets du lait de chacun des trayons dans un récipient.
 La traite proprement dite : Il est important de traire immédiatement la vache, car l’action
de l’ocytocine ne dure que 6à 8 minutes, ensuite sa concentration dans le sang diminue fortement.
 L’égouttage : Un égouttage complet de la mamelle est très important pour :
• Obtenir le maximum de lait et favoriser la production de lait pour la traite suivante.
• Extraire le maximum de matières grasses, les derniers jets étant les plus riches.
2-4-3- Traite mécanique
On distingue deux types de traite mécanique : Le premier en stabulation entravée ou les vaches
sont attachées dans l’étable et le trayeur se déplace d’une vache à une autre. Le deuxième en salle
de traite.

Photo 18 : Traite mécanique


Les opérations de la traite mécanique sont :
 La préparation de la mamelle ;
 La pose des gobelets ;
 L’alimentation en concentré car ce dernier donne une meilleure éjection du lait et diminue
la quantité du lait résiduel ;
 L’égouttage ;
 La dépose des gobelets ;

75
 Le trempage des trayons dans une solution antiseptique afin de réduire le risque
d’infection.
2-4-4- Conditions d’une bonne traite
La traite pour être efficace nécessite :
 La propreté : Le matériel de traite doit être propre et bien lavée ;
 L’absence de stimulation inhibitrice de l’éjection du lait (frayeur, bruits anormaux,
changement d’habitudes….) ;
 Stimulation du pis juste avant la traite pour libérer l’ocytocine en quantité suffisante ;
 Une traite rapide et complète. Le lait le plus riche en matières grasses se trouve en fin de traite.

76
Chapitre 2 : Production de viande rouge (cas de la viande bovine)

La viande de gros bovins est obtenue à partir de vache réformées, de bœufs, de jeunes taureaux, et
de génisses provenant de troupeaux laitiers ou de troupeaux allaitants et abattus à des poids des
âges variables.
I- Notions sur la production de viande bovine

Un bovin destiné à la boucherie subit toujours une période d’engraissement pendant laquelle il
continue son développement musculaire et fixe la graisse dans ses muscles. Cet engraissement peut
être plus ou moins poussé selon le but poursuivi et le type d’animal.
1- Croissance, développement, précocité
1-1- Croissance
La croissance est le résultat d’un double phénomène, l’accroissement en poids pour lequel le poids
augmente avec l’âge. C’est une évolution quantitative.
Les courbes de variations de poids avec l’âge ont le même aspect, ce sont des courbes en S.

Phase adulte

Figure 49 : Courbes théoriques de poids vif et de gain journalier


Le potentiel de croissance d’un animal est d’autant plus élevé qu’il est jeune.
La croissance théorique d’un animal nourrit à volonté s’accélère depuis la naissance à la puberté (8
à 12 mois), puis se ralentit progressivement jusqu’à l’âge adulte (4 à 5 ans, 600 à 800 Kg).
Mais les courbes de croissance réelle ont des formes bien différentes, car l’animal est soit abattu
avant la puberté, soit sous une alimentation qui est loin d’être optimale. Ces courbes présentent des
phases d’ascension appelées : paliers de croissance.
77
Figure 50 : Courbe réelle de croissance
1-2- Développement
Le développement est la réalisation progressive de l’état adulte par modification de la forme, des
proportions et de la composition chimique du corps avec l’âge.
En passant du veau à l’adulte, le corps modifie les proportions relatives de ses régions, de ses tissus
et leur fonction.

Figure 51 : Le développement des régions corporelles

78
Figure 52 : Développement des différents tissus
Le développement des différents tissus d’un animal, se fait selon un ordre chronologique bien
déterminé : c’est d’abord le tissu nerveux qui se forme, suivi du tissu osseux, musculaire et enfin le
tissu gras.
1-3- Précocité
La précocité d’un animal, qu’il ne faut pas confondre avec son aptitude à la croissance, est fonction
de la rapidité avec laquelle sont mis en place les différents tissus.
La précocité d’un animal est considérée comme une qualité car sa carcasse est plus rapidement
fournie et sa viande « faite » dans un temps plus court, ce qui est intéressant de point de vue
économique.
2- Appréciation de la viande
2-1- Qualité de la carcasse
La qualité d’une carcasse, c’est l’aptitude quelle présente à fournir le maximum de viande bien
placée (morceaux de première catégorie, c'est-à-dire dessus et arrière train). Les principaux
facteurs dont dépend cette qualité sont : l’âge, le poids, la conformation et l’état d’engraissement.

Figure 53 : Morceaux de première catégorie

79
2-2- Le rendement carcasse
On appelle rendement carcasse, le rapport du poids vif à jeun avant l’abattage, il est ramené à 100.
Exemple :
Un bœuf pèse sur pieds = 700 Kg
Son poids net après abattage est de 385 Kg
Rendement (Rdt.) = 385/700 * 100 = 55 %.
2-3- Classification des carcasses
La classification des carcasses est faite par l’estampillage après l’inspection sanitaire. Cette
opération a pour but de montrer la qualité et la salubrité de la viande reconnue propre à la
consommation. Ainsi, pour classer les viandes de boucherie, on distingue :
 Qualité extra : estampillage de couleur verte
 Première qualité : estampillage de couleur rouge
 Deuxième qualité : estampillage de couleur bleu
 Troisième qualité : estampillage de couleur noir ou violet
 Qualité des viandes industrielles : estampillage de couleur noir ou violet avec écriture V.I.
3- Appréciation de l’animal
3-1- Choix de l’animal à engraisser
Les caractères les plus déterminants dans le choix du bovin à engraisser sont : la race, l’âge, et
l’état de santé.
 La race : les races à viande sont toutes caractérisées par :
Une conformation, une vitesse de croissance, une aptitude à l’engraissement et un rendement en
viande supérieur aux autres races.
Exemple :
Charolaise, et Limousine.
 L’âge : le choix des jeunes animaux a les avantages suivants :
• La vitesse de croissance est élevée ;
• La proportion de morceaux de première catégorie est élevée. La viande est
tendre et il y a moins d’os.
 L’état de santé : l’animal a engraissé doit être en bonne santé et ne présentant aucun
signe de maladies.
3-2- Appréciation de l’état d’engraissement
La valeur d’une carcasse est en relation avec l’importance globale des graisses et leur répartition.
Sur l’animal vivant, l’état d’engraissement s’apprécie à la vue, suivant l’aspect général osseux ou
aux formes arrondies, et au toucher, en palpant certains endroits dits « maniements » ou la graisse
s’accumule le plus tôt.

80
Figure 54: Maniement d’un bovin de boucherie
4- Types de bovins destinés à la boucherie
Les bovins destinés à la boucherie peuvent être commercialisés à différents stades. Ainsi on peut
distinguer :
 Les veaux : ce sont des animaux qui sont abattus à l’âge de 3 mois. Ils proviennent
essentiellement des vaches laitières, et parfois de croisement de taureaux à viande avec des
vaches laitières.
 Les taurillons : ce sont des animaux commercialisés à l’âge de 12 mois à 18 mois et leur
poids peut atteindre 500 Kg.
 Les bœufs : ce sont des animaux plus âgés (3ans et plus), et leur poids peut atteindre 700 à
800 Kg.
 Les animaux de reforme : ce sont généralement des animaux ayant fini leur carrière (vaches
laitières) ou n’ayant pas donné satisfaction (laitière à production insuffisante, mauvaise
fécondité

81
MODULE 5 : ALIMENTATION

M5/UD 1 : ALIMENTATION DES ANIMAUX DOMESTIQUES

L’aliment est une substance absorbée par une plante ou ingérée par un animal en vue de contribuer
à la couverture de leurs besoins nutritifs.
Les aliments sont indispensables tant pour le maintien en vie de ces espèces que pour assurer leurs
différentes productions (viande, œuf, lait,…).
I- Composition et classification des aliments de bétail

1- Constituants des aliments


Les aliments se composent d’eau et de matière sèche, celle-ci comportant des matières minérales
(M.M.) et des matières organiques (M.O.)
1-1-Les matières organiques
Les matières organiques (ou substances organiques) sont caractérisées par la présence de carbone
associé à l’hydrogène et à l’oxygène et parfois à l’azote. Ces éléments constituent deux grandes
familles :
 Les matières hydrocarbonées ou ternaires ;
 Les matières azotées ou quaternaires.
A ces deux grandes familles, on peut ajouter une troisième, c’est celle des vitamines.
1-1-1-Matières hydrocarbonées
Composées en majeure partie de carbone, d’oxygène et d’hydrogène (C, O, H). Ce sont :
 Les glucides (sucre, amidon, cellulose) ;
 Les lipides (matières grasses).
1-1-2- Matières azotées ou quaternaires
Composées de carbone, d’oxygène, d’hydrogène et d’azote (C,O,H,N), elles sont surtout présentes
dans le cytoplasme des cellules. Selon leur nature chimique, on distingue :
 Les matières azotées protidiques : elles donnent par hydrolyse des acides aminés. Elles
comportent les protéines, les peptides et les acides aminés libres.
 Les matières azotées non protidiques : ne sont pas constituées d’acides aminés. Ce sont les
amines, les amides (urée), les formes azotées simples et les bases azotées des acides
nucléiques.
1-1-3- Vitamines
Ce sont des substances organiques appartenant à diverses familles chimiques (glucides, lipides,
protides). Agissant à des doses réduites, elles sont indispensables au bon fonctionnement de

82
l’organisme animal qui ne peut, dans la plupart des cas, les synthétiser lui-même. D’où leur
nécessité dans l’alimentation.
Les vitamines sont classées en deux grands groupes :
 Les vitamines liposolubles : A, D, K, E ;
 Les vitamines hydrosolubles : B, C.
1-2- Matières minérales
On distingue :
 Les macroéléments (ou éléments majeurs) : Chlore, Phosphore, Calcium, Soufre Sodium,
Magnésium et Potassium
 Les micro-éléments (ou oligo-éléments) : Fer, Cuivre, Cobalt, Manganèse, Iode, Zinc et
Sélénium.
2- Classification des aliments
Les aliments pour bétail peuvent être classés en deux grandes catégories :
 Les aliments grossiers ;
 Les aliments concentrés.
2-1- Aliments grossiers
Les aliments grossiers sont riches en fibre et pauvres en énergie par comparaison avec les
concentrés. On distingue :
 Les fourrages verts : 15 à 30% de M.S ;

Photo 19 : Fourrages verts


 Les foins de luzerne : 85 à 90% de M.S

Photo 20: Foin de luzerne


83
 Les pailles : M.S 88%

Photo 21: Paille de céréales


 Racines et tubercules : MS 13%

Photo 22: Betterave fourragère

 Tourteau de tournesol

Photo 23: Tourteau de tournesol


2-2-2- Aliments concentrés composés
Leur fabrication se réalise après mouture puis mélange d’aliments concentrés simples. Ils sont
présentés sous des formes diverses : poudre, granulés ou miettes.

84
Photo 24: Aliment composé
II- Digestion

1- Anatomie de l’appareil digestif

1-1- Ruminants : (cas des bovins)


L’appareil digestif se compose d’un long tube (tube digestif) communiquant avec l’extérieur par
deux orifices : l’un en avant (la bouche), l’autre en arrière (l’anus). Entre ces deux orifices,
l’appareil digestif se divise en plusieurs parties qui ont chacune un rôle spécial à remplir dans la
digestion. Ce sont : la bouche, le pharynx, l’œsophage, l’estomac, l’intestin, et l’anus.

Figure 55 : Appareil digestif de la vache

85
 Bouche :
C’est la cavité où pénètrent les aliments, et qui renferme les dents fixées sur les mâchoires servant
à la mastication, et la langue qui sert à la préhension des aliments.
A l’arrière de la bouche, se situe le pharynx, qui est un carrefour digestif et respiratoire.
 Œsophage :
C’est un tube très souple allant se terminer dans l’estomac par le cardia, après avoir suivi le bord
inférieur de l’encolure et traversé le diaphragme.
 Estomac :
Chez les bovins, l’estomac est très développé, il est formé de quatre parties :
• Rumen (ou panse) : c’est un grand sac qui occupe à lui seul les trois quarts de la
cavité abdominale. Il communique d’une part avec l’œsophage, et d’autre part avec le réseau. Il
reçoit les aliments ingérés pour la première fois. La rumination les amène dans la bouche pour être
remastiqués.
Le rumen contient une flore microbienne constituée essentiellement de : bactéries (de l’ordre de 10
milliards de bactéries par millilitre), protozoaires (de l’ordre de 5 millions par millilitre), et les
champignons. Ces micro-organismes, jouent un rôle important dans le processus de la digestion
(digestion biologique).
• Réseau (ou bonnet) : il est situé sous l’embouchure de l’œsophage, entre le rumen
et le feuillet. Il distribue les bols alimentaires et retient souvent les corps étrangers.
• Feuillet : il a la forme d’un livre. De l’eau et des éléments minéraux y sont
absorbés.
• Caillette : c’est le vrai estomac des ruminants, où les aliments subissent l’action du
suc gastrique.

Remarque : A la naissance, la caillette du jeune ruminant est déjà fonctionnelle, alors que les
préestomacs n’existent qu’à l’état rudimentaire. Ils se développent plus tard, pendant la croissance
de l’animal.

86
Figure 56 : Evolution du volume des différents compartiments de l’estomac d’un bovin

Figure 57 : Fonctionnement de l’estomac d’un veau à la naissance

 Intestins :
Les intestins comprennent deux parties principales qui se différencient par leur diamètre, leur
longueur et la forme de leur muqueuse : l’intestin grêle et le gros intestin.
• Intestin grêle : c’est un conduit long et étroit. Il comprend trois parties : duodénum,
jéjunum, et iléon ;

87
• Gros intestin : il est plus court que l’intestin grêle, et il comprend également trois
segments : caecum, colon et rectum.

1-2- Monogastriques (cas des volaillles

Oesophage

Jabot

Ventricule succenturié
Foie

Canaux cholédoques Gésier


Pancréas
Canaux pancréatiques
Intestin

Uretères

Caecums
Cloaque

Oviducte

Figure 58 : Appareil digestif de la poule

L’appareil digestif des oiseaux comprend :


 Le bec : dépourvu de dents et de lèvres, il comporte une valve supérieure percée de deux
fentes (narines) et d’une valve inférieure contenant la langue. Cette dernière est fine, pointue et
revêtue d’un étui corné protecteur ;
 L’œsophage : c’est un conduit mou qui présente parfois un ronflement plus ou moins
accentué (le jabot). Il relie la bouche au pré estomac ;
 Le jabot : c’est un simple réservoir qui assure le stockage et le ramollissement des
aliments ;
 L’estomac : il comprend deux parties :

88
• L’estomac glandulaire : le pré estomac ou ventricule succenturié ;
C’est un simple élargissement du tube digestif, très développé et sa muqueuse interne est garnie de
glandes digestives dont la sécrétion imprègne les aliments avant qu’ils ne subissent un broyage
mécanique dans le gésier ;
• L’estomac musculaire (ou gésier) : sa membrane interne est coriace et entourée de
muscles puissants qui facilitent le broyage des grains.
 L’intestin : c’est un conduit de faible longueur qui entraîne un transit digestif rapide.

2- Particularités de la digestion
2-1- Ruminants
Les aliments ingérés ne peuvent être absorbés sous leur forme initiales, les actes de digestion vont
transformer ces substances en produits simples, pour cela l’animal doit digérer les aliments.
La digestion suit des processus différents :
 mécaniques : broyage, ramollissement, déglutition, et brassage ;
 biologiques : fermentations microbiennes ;
 chimiques : action des enzymes digestives.
2-2- Monogastriques (cas de la volaille)
Le système digestif est simple mais très efficace. La nourriture est picorée par le bec et choisie en
fonction du toucher et de l’apparence plutôt que du goût. Les processus de digestion sont la
dégradation mécanique et la dégradation chimique
III- Besoins alimentaires

1- Besoins d’entretien
Les besoins d’entretien sont ceux de l’animal en repos, se maintenant dans l’état où il se trouve
sans variation de poids et sans production d’aucune nature. Ils correspondent aux dépenses dues au
fonctionnement de base de l’organisme (respiration, circulation sanguine, renouvellement des
tissus, régulation thermique, etc.)
2- Besoins de production
Elles correspondent à la réalisation par l’animal des différentes productions. On distingue :
 Les besoins de croissance ;
 Les besoins d’engraissement ;
 Les besoins de gestation ;
 Les besoins de lactation.

89
1-2- Besoins en nutriments
Les principaux éléments biochimiques nécessaires à la vie des animaux sont l’eau, l’azote, certains
éléments minéraux (Calcium, phosphore, etc.), les vitamines, etc.
On peut classer ces éléments dans l’ordre décroissant de leur importance :
 Eau : joue un rôle très important dans le gain de poids et la production du lait ainsi qu’un
rôle de thermorégulation ;
 Energie : indispensable au fonctionnement de l’organisme animal.
 L’unité fourragère est définie comme étant l’énergie apportée par un kilogramme d’
 Azote : les matières azotées jouent un rôle principal dans la synthèse des protéines et un
rôle annexe dans la fourniture d’énergie.
 Minéraux : ils jouent un rôle important dans la digestion des aliments dans le rumen, ils
sont indispensables pour la croissance, la lactation et la reproduction.
 Vitamines : sont des substances organiques indispensables au bon fonctionnement de
l’organisme animal, ils agissent à des doses infimes.

90
MODULE 6 : REPRODUCTION

M6/UD 1 : REPRODUCTION DES ANIMAUX DOMESTIQUES

I- Anatomie de l’appareil génital

1- Ruminants : cas de la vache et du taureau


1-1-Cas de la vache
L’appareil génital de la vache est composé des organes suivants :
 Glandes sexuelles femelles (les ovaires) : situées un peu en arrière des reins, ils
excrètent les ovules que le sperme du mâle fécondera.
 Organe de gestation (matrice ou utérus) : c’est un sac dans lequel se développe l’ovule
fécondé qui, d’abord embryon, devient fœtus.
 Organes de conduction (oviductes et vagin) : le vagin reçoit le pénis pendant
l’accouplement. Les oviductes conduisent les ovules dans l’utérus.
 Organes externes (la vulve) : présente à sa partie inférieure un organe érectile, le
clitoris.

Figure 59 : Anatomie de l’appareil génital de la vache

91
1-2-Cas du taureau
L’appareil génital du taureau est composé des organes suivants :
 Glandes sexuelles (les testicules): secrètent le sperme destiné à la fécondation. Ils sont
logés dans des enveloppes ou bourses.
 Voies génitales : constituées par l’épididyme, les canaux déférents et l’urètre. Ce
dernier reçoit les secrétions des glandes annexes (vésicules séminales, prostate, glande
de Cowper).
 Pénis: c’est l’organe de copulation.

Figure 60 : Anatomie de l’appareil génital du taureau

2- Volailles : cas de la poule et du coq


2-1-Cas de la poule
L’appareil génital de la poule est composé de deux parties : l’ovaire et l’oviducte.
 L’ovaire : la poule dispose d’un seul ovaire, situé dans la partie gauche de l’abdomen. Il a
la forme d’une grappe plus ou moins volumineuse et produit des jaunes ou vitellus
(ovocyte) ;
Quand un ovocyte est arrivé à maturité, il se détache de l’ovaire pour tomber dans
l’oviducte ;
 L’oviducte d’une longueur de 70 cm, c’est un tube étroit qui amène l’ovocyte de l’ovaire
jusqu’au cloaque.

92
Figure 61: Les différentes parties de l’oviducte et le cloaque

93
2-2-Cas du coq
L’appareil génital mâle des oiseaux est organisé en trois unités morphologiques et fonctionnelles
qui sont :
 Les testicules : sont internes, en nombre de deux et situées dans la cavité abdominale sous
le premier lobe des reins.
 Les canaux déférents : le sperme produit par les testicules est évacué par deux canaux
déférents qui débouchent dans le cloaque.
 L’appareil copulateur : regroupe l’ensemble des replis arrondis et lymphatiques du cloaque.

Figure 62: Appareil génital du coq

94
II- Particularités de la reproduction

1- Chez les ruminants (cas de la vache)


1-1- Chaleurs
L’œstrus ou chaleurs peut être défini comme étant la période où la femelle accepte le
chevauchement par le mâle ou d’autres congénères. L’immobilisation pendant le
chevauchement est le seul signe certain des chaleurs. Il existe d’autres signes, variables selon
les espèces, qui précèdent, accompagnent et suivent l’oestrus proprement dit : agitation,
beuglement, sécrétion vulvaire, diminution de la production laitière…
1-2- Cycle sexuel
1-2-1- Définition
Contrairement à l’activité sexuelle du mâle qui est permanente, la femelle présente un
fonctionnement sexuel cyclique.
Le cycle sexuel est défini comme étant l’ensemble des modifications qui ont lieu chez la
femelle au niveau de l’ovaire (cycle ovarien), et au niveau du comportement (cycle oestrien).
Ces modifications se produisent à intervalles sensiblement constants et propres à chaque
espèce.
L’activité sexuelle apparaît à la puberté. Elle est continue chez la vache et saisonnière chez la
brebis et la chèvre.
1-2-2- Cycle ovarien
C’est la période qui sépare deux ovulations successives. Il est caractérisé par deux phases :
 La phase lutéale où prédomine le corps jaune ;
 La phase pré-ovulatoire ou folliculaire, qui connaît le développement des follicules
précédant une nouvelle ovulation.

Schéma 1 : Les phases du cycle ovarien de la vache

95
1-2-3- Cycle oestrien
Il correspond à la période qui sépare deux oestrus consécutifs.
Les durées de l’oestrus, du cycle ovarien et du cycle oestrien, sont variables d’une espèce à une
autre.
Le tableau suivant résume les caractéristiques de l’activité sexuelle de quelques femelles de
ruminants.
Tableau 7 : Caractéristiques de l’activité sexuelle de certaines femelles de ruminants
Durée Durée de Durée de la Moment de
Age à la Durée
Activité de la phase phase pré l’ovulation par
Espèce puberté moyenne du
sexuelle l’oestrus lutéale ovulatoire rapport à
(mois) cycle (jours)
(heures) (jours) (jours) l’oestrus
6 à 19 heures
Vache 6 à 12 Continue 21 10 à 24 17 4
après la fin
32 heures après
Brebis 6à 18 Saisonnière 17 24 à 36 14 3
le début
32 heures après
chèvre 6 à 10 Saisonnière 21 32 à 36 _ _
le début

1-2-4- Mécanismes hormonaux du cycle sexuel


1-2-4-1- Evolution des concentrations hormonales
Au cours du cycle sexuel, les concentrations dans le sang des hormones ovariennes et
hypophysaires subissent des variations caractéristiques.
 Au niveau de l’ovaire :
Pendant la phase pré ovulatoire : le taux de progestérone chute brutalement alors que les
oestrogènes sont produits d’une manière croissante jusqu’au déclenchement des chaleurs.
Pendant la phase lutéale : le taux d’oestrogènes est faible alors que celui de la progestérone est
élevé, permettant le maintien en repos de l’ovaire.
 Au niveau de l’hypophyse :
La FSH et la LH sont produites en quantité constante pendant la plus grande partie du cycle. Une
décharge simultanée de FSH et LH au moment des chaleurs permet la croissance folliculaire. Le
pic de lactation provoque l’ovulation.
1-2-4-2- Régulation hormonale du cycle sexuel
Les hormones hypophysaires et ovariennes interagissent, les unes avec les autres, sous le contrôle
de l’hypothalamus assurant ainsi la régulation du cycle sexuel.
L’essentiel de ces interactions est présenté par la figure suivante.

96
Figure 63: Mécanismes hormonaux du cycle sexuel
2- Monogastriques (cas de la poule)
2-1- Puberté
Chez la poule la puberté intervient entre quatre et six mois d’age. L’accroissement de la durée
d’éclairement depuis la naissance avance la maturité sexuelle, sa décroissance la retarde.
L’ovulation est sous la dépendance de mécanismes hormonaux commandés par l’hypophyse dont
l’activité est influencée par la variation de la durée d’éclairement.
2-2- Fécondation
Les spermatozoïdes déposés par le coq dans le cloaque de la poule, remontent l’oviducte où se
réalise la fécondation de l’ovule arrivé à maturité. Cet ovule fécondé est le jaune d’œuf. Il possède
un noyau : le germe.
2-3- Formation de l’œuf
L’œuf est constitué de quatre principales parties : le jaune (vitellus), le blanc (l’albumen), les
membranes coquillières et la coquille.
On distingue deux lieux de formation de l’œuf : l’ovaire et l’oviducte.

97
Figure 64 : Différentes étapes de formation de l’œuf chez la poule

COQUILLE
La première ligne de défense contre l’entrée des bactéries

CHAMBRE A AIR
Formée au bout large de l’œuf à mesure MEMBRANE DE COQUILLE
que l’œuf pondu refroidit Une membrane colle à la coquille et l’autre
entoure le blanc (albumen)

JAUNE
Principale source de vitamines,
minéraux ainsi que des protéines et
d’acides gras essentiels DISQUE GERMINATIF
La porte d’entrée pour la fertilisation de l’oeuf

BLANC (ALBUMEN)
MEMBRANNE DE JAUNE Composé surtout d’eau, de protéines et de quelques minéraux
( Membrane vitelline)
Entoure et tient le jaune

CHALAZES
Maintient le jaune au centre de l’albumen

Figure 65 : Structure de l’œuf

98
III- Etapes de la reproduction (cas de la vache)

1- Mise en place de la semence

L’insémination est le dépôt des spermatozoïdes dans les voies génitales femelles. Elle est naturelle
lorsqu’il y’a accouplement (présence du mâle) et artificielle lorsqu’elle est réalisée sans la présence
du mâle.
1-1- Principe de l’insémination artificielle
L’insémination artificielle est une technique comportant une succession d’opérations qui consistent
à recueillir le sperme du mâle à l’aide d’un appareil spécial, pour ensuite le déposer dans les voies
génitales femelles.

Photo 25 : Insémination artificielle


1-2- Avantages de l’insémination artificielle
 Eviter la propagation des maladies sexuellement transmissibles ;
 Mettre à la disposition de l’éleveur des mâles de valeurs génétiques élevées ;
 Economiser les frais relatifs à l’alimentation et à l’entretien des géniteurs ;
 Améliorer la productivité du troupeau qui se traduit par l’amélioration du revenu de
l’éleveur ;
 Contrôler et diagnostiquer précocement les problèmes d’infertilité grâce au système de
suivi individuel et permanent des femelles inséminées.
2- Fécondation
C’est la fusion d’un gamète mâle et d’un gamète femelle donnant naissance à l’œuf. Sa réalisation
nécessite :
 Le dépôt du sperme dans les voies génitales femelles ;
 La rencontre entre les gamètes mâles et femelles.
3- Gestation
Elle correspond à la période de vie de la femelle qui s’écoule entre la fécondation et la mise bas.Le
tableau suivant présente les durées moyennes de gestation chez certaines femelles de ruminants :

99
Tableau 8 : durée moyenne de gestation de certaines femelles des ruminants
Espèce Durée en jours Durée en mois et semaines
Vache 280 9 mois-1semaine
Brebis 150 5 mois
Chèvre 150 5 mois
N.B : au cours de la gestation, le cycle sexuel de la femelle est interrompu.
4- Mise bas
La mise bas ou parturition correspond à l’ensemble des phénomènes mécaniques et physiologiques
qui aboutissent à l’expulsion du (ou des) fœtus, et de leurs annexes chez une femelle parvenant au
terme de sa gestation.
Elle se produit grâce aux contractions de l’utérus et des muscles abdominaux liées à des sécrétions
hormonales. La parturition s’effectue en trois phases :
 Phase préparatoire : au cours de laquelle la femelle présente les signes suivants :
• Gonflement de la mamelle ;
• Tuméfaction de la vulve et écoulement d’un liquide visqueux blanc jaunâtre ;
• Relâchement des ligaments sacro sciatiques.
 Phase de dilatation : elle est caractérisée par la dilatation du col de l’utérus et l’apparition
des poches des eaux (d’abord l’allantoïde puis l’amnios).
 Phase d’expulsion : au cours de cette phase on assiste à la rupture des poches des eaux, à
l’expulsion du fœtus et la rupture du cordon ombilical.
5- Délivrance
C’est l’expulsion des enveloppes fœtales quelques heures après la mise-bas.

100
IV- Paramètres de reproduction

Nombre de femelle ayant mis bas


Taux de fertilité = ---------------------------------------------------------------
Nombre de femelle mises à la reproduction

Nombre de produits nés (morts et vivants)


Taux de prolificité = ---------------------------------------------------------------
Nombre de femelles ayant mis bas

Nombre de produits nés (morts et vivants)


Taux de fécondité = ---------------------------------------------------------------
Nombre de femelles mises à la reproduction
= Taux de fertilité X Taux de prolificité

Nombre de jeunes sevrés


Taux de mortalité = ------------------------------------------------------
(De la naissance au sevrage) Nombre de jeunes nés

Nombre de jeunes
Taux de productivité numérique = -------------------------------------------------------
Nombre de femelle mises à la reproduction

101
MODULE 7 : HYGIENE ET PROPHYLAXIE

M7/UD 1 : HYGIENE ET PROPHYLAXIE

Notion de maladie
L’organisme dispose de mécanismes de défenses qui affaiblissent des attaques à l’origine des
maladies. Dans le cas ou ces infections sont trop sévères elles provoquent des dégâts ce qui
entraîne l’apparition de maladie. Donc en général la maladie entraîne des changements à
répercussions négatives sur l’organisme suite aux attaques des microbes ou un déséquilibre
alimentaire.
La prophylaxie est l’ensemble des moyens préventifs contre les maladies et les affections
pathologiques. Ces moyens peuvent limiter ou arrêter la diffusion des maladies.
On distingue deux modes de prophylaxie :
 Prophylaxie médicale ;
 Prophylaxie sanitaire.
I- Prophylaxie médicale

Elle utilise des méthodes biologiques. Elle a pour but de conférer aux animaux une résistance vis-
à-vis des agents infectieux, afin de l’immuniser.
Il existe deux types d’immunité :
 Immunité active (vaccin) ;
 Immunité passive (sérum).
La prophylaxie médicale doit toujours être associée à la prophylaxie sanitaire, qui pour
certaines infections, reste la seule possible et efficace.
II- Prophylaxie sanitaire

Consiste à respecter un certain nombre de règles pour éviter l’apparition de plusieurs entités
pathologiques : elle s’exerce à la fois sur le milieu extérieur et sur les individus.

1- Hygiène des bâtiments


On recommande dans les locaux d’élevage :
 Une aération et une ventilation suffisante ;
 Un éclairement suffisant, en effet les rayons ultraviolets du soleil tuent un certain nombre
de microbes ;

102
 Une densité animale correspondant aux normes de chaque espèce ;
 Autres paramètres d’hygiène à savoir humidité, température,…
2- Hygiène de la traite
Le lait est une denrée fragile dont le devenir industriel dépend de la qualité.
L’hygiène de la traite comporte :
• Hygiène du trayeur : en effet, le personnel doit être initié aux bonnes habitudes
d’hygiène à savoir :
 Mains soigneusement et fréquemment lavées.
 Tenue spéciale et propre pour la traite (blouse, bottes…)
 Trayeur exempte de maladies contagieuses.
• Hygiène des animaux : pour avoir un lait de bonne qualité microbiologique,
l’animal doit être propre et en bonne santé. Pour ceci, il faut :
 Nettoyer et désinfecter régulièrement les étables, salle de traite,..)
 Utiliser un pédiluve pour la désinfection des pieds des vaches et du personnel.
 Pratiquer régulièrement le pansage afin d’éviter la présence des fèces sur l’animal pouvant
rendre le lait impropre
 Contrôler l’état de santé des animaux afin d’obtenir un lait sain.
3- Hygiène de la mise bas
3-1- Avant la mise bas
La mise-bas chez les femelles, doit être faite dans des conditions hygiéniques parfaites à savoir,
hygiène de la femelle :
 Nettoyage et désinfection de la région vulvaire ;
 Isolement de la femelle gestante dans un box destiné à la parturition ;
 Hygiène du matériel ;
 Hygiène de l’opérateur : port des vêtements de protection et des bottes, mains et bras
doivent être dégagés, lavés et désinfectés.
3-2- Après la mise bas
3-2-1- Soins à apporter à la vache
 Surveiller la délivrance dans les heures qui suivent le vêlage afin de s’assurer de
l’expulsion des poches et d’éviter de graves problèmes.
 Contrôler la vache à la recherche d’éventuelles déchirures de l’intérieur du vagin et de
surveiller l’absence de toute hémorragie consécutive au vêlage.
 Eviter de tout changement d’alimentation durant les deux premières semaines après le
vêlage car la vache est encore faible et très sollicitée par les changements métaboliques dus
à l’augmentation rapide de la production laitière.

103
3-2-2- Pour le nouveau né
 Stimuler la respiration en tirant sur la langue et en frottant le dos avec la paille.
 Vider les naseaux.
 Prendre le veau par les membres postérieurs.
 Sécher le veau avec la paille
 Désinfecter le cordon ombilical
 Donner du colostrum au veau dans les minutes qui suivent sa naissance afin de lui conférer
une immunité durable et le protéger des infections microbiennes.
 Retirer le veau de lieu de vêlage et le mettre dans un box individuel propre, sec et sans
courant d’air.
4- Mise en quarantaine

Elle consiste à laisser tout animal nouvellement acheté, isolé dans un local seul pendant 40 jours.
Cette règle a deux objectifs, d’abord observer la santé de l’animal car il peut être porteur d’une
maladie contagieuse, ensuite assurer l’adaptation de l’animal nouvellement introduit.
5- Principe de la bande unique

Un bâtiment ne doit contenir que des animaux de même âge, de même origine, et de même état de
santé. Périodiquement, il faut vider le local, le laver (eau, un détergent), le rincer et le désinfecter
(vide sanitaire).(cas des volailles)
Pour les bovins laitiers, le bâtiment doit être divisé en plusieurs locaux indépendants (salle de
traite, salle des femelles gestantes, salle des veaux,…).

104
MODULE 8 : DESTINATION ET QUALITE DES PRODUITS AGRICOLES

M8/UD I : Destination et qualité des produits agricoles

Chapitre 1 : Devenir des produits agricoles

Chaque production agricole appartient à une filière et est ainsi rattachée à un circuit économique
particulier plus ou moins indépendant des autres productions.
Au sein d’une filière d’un produit, il existe différents niveaux qui sont :
 la production ;
 le stockage et la conservation ;
 la transformation ;
 la distribution ;
 la consommation.
I- Stockage et conservation

Les produits agricoles peuvent être commercialisés immédiatement en vue d’une consommation
rapide à l’état frais (fruits et légumes frais, lait et viandes) ou après une certaine durée de :
 Stockage : le produit stocké garde les qualités initiales du produits frais ;
 Conservation : le produit conservé subit en début de conservation un traitement qui modifie
plus ou moins ses qualités initiales.
1- Stockage des produits agricoles
1-1- Buts du stockage
Le stockage des produits agricoles se justifie dans deux cas principaux :
 La régularisation de l’offre et de la demande du marché. Cette régularisation est
fondamentale dans l’économie agricole car elle permet de stabiliser le prix de vente du
produit pour l’agriculteur.
 La mauvaise conservation du produit frais après sa production : certains produits peuvent
voir leur qualité diminuer s’ils ne sont pas placés dans des bonnes conditions de
conservation. En effet, certains produits végétaux produits, après leur récolte restent
vivants et trois fonctions principales font évoluer les organes récoltés ; la respiration, la
transpiration et la production d’éthylène (agent de maturation chez les fruits).

105
1-2- Principaux moyens de stockage
1-2-1- Stockage des produits secs
Les produits ayant un taux d’humidité faible (10-15%) se conservent bien. En général, la
conservation de ces produits est facile si certaines règles sont respectées :
 Entreposer dans un local propre ;
 Stocker des produits non infestés par les insectes ou les champignons pathogènes ;
 Maintenir une humidité et une aération correcte.

Photo 26 : Silos de stockage des grains


1-2-2- Réfrigération
Une température basse ralentit nettement l’évolution du produit au cours du stockage.
Cette température de réfrigération varie selon le produit. Mais généralement, elle se situe entre -
1°C et 13 à 14°C dans les chambres froides de stockage.
Pour certains produits dits de conservation (pommes, oranges), leur réfrigération se fait dans une
atmosphère contrôlée notamment en O2 et en CO2.

Photo 27 : Tank de réfrigération du lait

106
2- Conservation des produits
2-1- Séchage
Il consiste à abaisser la teneur en eau du produit, ce qui favorise ensuite son stockage ; c’est le cas :
 De graines récoltées à un taux d’humidité de l’ordre de 25%, le passage au séchoir abaisse
le taux à 13-15%, favorable à la consommation (maïs) ;
 De fourrages : le foin résulte du séchage à l’air de l’herbe coupée. Le séchage à l’air fait
passer la teneur en eau de 80% dans l’herbe à 25% dans le foin ;
 De certains fruits : prunes, abricots, raisins et bananes ;
 De produits carnés.

2-2- Salage (à sec et en saumure)

C’est une méthode très simple qui ne demande pas beaucoup d’investissement. Le sel a un rôle
bactériostatique. Le salage est utilisé souvent pour la conservation des produits carnés.
2-3- Appertisation

L'appertisation (ou stérilisation) consiste à faire subir à un produit un traitement thermique


suffisamment intense pour assurer sa stabilité à long terme. Ce traitement thermique détruit ou
inactive tous les microorganismes et enzymes susceptibles d'altérer le produit ou de le rendre
impropre à la consommation.

Il s'effectue à une température égale ou supérieure à 100 °C pendant une durée variable selon le
produit à traiter.

La technique de l'appertisation implique l'utilisation d'un récipient étanche pour empêcher la


recontamination du produit alimentaire après le traitement, et la formation d'un vide partiel
(vacuum) pour réduire la présence d'oxygène dans le contenant, appelé dans le langage courant «
conserve ». Exemple le lait UHT.

2-4- Surgélation

La surgélation est une technique industrielle qui consiste à refroidir brutalement (quelques minutes
à une heure) des aliments en les exposant intensément à des températures allant de

-35°C à -196°C. Grâce à ce procédé, l’eau contenue dans les cellules se cristallise finement limitant
ainsi la destruction cellulaire. Les produits ainsi traités conservent toute leur texture, leur saveur et
peuvent être conservés plus longtemps.

Les produits surgelés doivent êtres stockés à une température inférieure ou égale à -18°C.

2-4- Déshydratation

107
La déshydratation permet une longue conservation du produit grâce à une teneur très faible en eau.
Il existe deux grands procédés de déshydratation :

 La déshydratation par vaporisation de l’eau : l’eau liquide du produit est transformée en


vapeur puis éliminée ;

 La lyophilisation ou déshydratation par sublimation: c'est-à-dire le passage de l’eau d'un


aliment de l'état solide à l'état gazeux directement sans passer par l'état liquide.

Les principaux produits déshydratés sont la pomme de terre en purée, les légumes pour potage et
les pâtes alimentaires.

II- Transformation des produits


Les principaux secteurs de transformation des produits agricoles sont :

1- Industrie agro-alimentaire

L'industrie agroalimentaire transforme des matières premières issues de l'agriculture en produits


destinés essentiellement à la consommation alimentaire. Les grandes familles composant ce secteur
sont :

 la fabrication de conserves, surgelés, plats cuisinés ;

 la fabrication de produits à base de céréales : pain, pâtisserie industrielle, pâtes, etc. ;

 la fabrication de produits alimentaires divers : chocolats, confiserie, herbes aromatiques,


aliments diététiques ou pour bébés, etc. ;

 la fabrication d'huiles, de corps gras et margarines ;

 l'industrie sucrière ;

 la fabrication de boissons et d'alcools : vins, jus de fruit, etc. ;

 Production du formage et du beurre.

2- Industrie de l’alimentation animale

Beaucoup de productions végétales ont pour destination essentielle l’industrie des aliments pour
animaux :

 céréales : orge, maïs, avoine ;


 oléo-protéagineux : soja, pois, féverole.
Les graines utilisées peuvent être transformées en farine, miettes, granulés, etc.

108
3- Industrie des produits domestiques

Les produits agricoles transformés en produits à usage domestique sont nombreux ; les exemples
les plus importants sont :

 Le latex de l’hévéa base de la fabrication de caoutchouc ;

 La laine et le coton pour l’industrie textile ;

 Le bois pour la charpente, la menuiserie, l’ébénisterie, le papier, etc.

4- Industrie pharmaceutique et de la parfumerie

Les plantes médicinales et aromatiques sont utilisées entières ou seulement en partie, ou encore
elles peuvent être distillées pour en extraire les huiles essentielles. Elles sont utilisées en
pharmacie, en cosmétologie, en parfumerie.

109
Chapitre 2 : Qualité des produits agricoles

I- Définition

Au sens large, la qualité peut être définie comme étant l’ensemble des propriétés et des
caractéristiques d’un produit ou service qui lui confèrent l’aptitude à satisfaire, de façon régulière,
les besoins exprimés ou implicites du consommateur.

Les produits agricoles différent des autres produits industriels par plusieurs caractéristiques :

 Durée de vie courte : périssabilité rapide ;

 Risque de toxicité ;

 Caractères organoleptiques lors de la consommation ;

 Charge socio-culturelle et émotionnelle dont ils sont porteurs ;

Donc la qualité alimentaire est une propriété complexe, on y distingue plusieurs composantes.

II- Composantes de la qualité alimentaire

1- Qualité hygiénique
La non toxicité de l’aliment est exigence de sécurité, l’aliment ne doit pas contenir :
 Des germes pathogènes ;
 Des parasites ;
 Des résidus (antibiotiques, hormones, métaux lourds, …).
2- Qualité nutritionnelle
C’est l’aptitude d’un aliment à bien nourrir. Cette aptitude concerne deux aspects :
 Aspect quantitatif se traduit par sa quantité d’énergie stockée sous forme chimique pour
satisfaire les besoins physiologiques du consommateur.
 Aspect qualificatif se traduit par l’équilibre nutritionnel de l’aliment au regard des besoins
du consommateur (enrichissement en aliment particulier comme vitamine, fer).
3- Qualité organoleptique
Comporte deux niveaux :
 Le niveau purement sensoriel : chaque consommateur attend d’un aliment des sensations
gustatives, olfactives, tactiles, visuelles.
 Le niveau psychologique : exemple l’effet trompeur d’un emballage séduisant ou effet
positif sur la perception sensorielle d’une situation stimulante (fête joyeuse et animée).

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La qualité organoleptique est très importante mais subjective et variable dans le temps, dans
l’espace et selon l’individu.
4- Qualité technologique

C’est l’aptitude d’un produit agricole à la transformation et à la conservation.


Exemple pour la viande : Couleur, pH, Pouvoir de Rétention d’eau.
Exemple pour le lait et le fromage : Taux de matière protéique, Aptitude à la coagulation.
5- Qualité psycho-sociale
L’environnement psycho- sociale de l’Homme joue un rôle important dans le degré d’appréciation
de la qualité d’un aliment. En effet, selon Fisher
« L’homme est un omnivore qui se nourrit de viande, de végétaux et d’imaginaire »
Cette composante psycho –sociale de la qualité peut être perçue par :
 Religion : il est interdit de manger la viande de porc et de boire l’alcool dans la religion
musulmane ;
 Expression du niveau social : achat de produit de luxe ;
 Recherche de dépaysement ou de l’exotisme : plats typiques des pays lointains.
6 - Qualité environnementale
Certains consommateurs choisissent en fonction de l’impact du mode de production sur
l’environnement.
III- Certification de la qualité des produits agricoles

La certification est le moyen d’attester, par l’intermédiaire d’un tiers certificateur, de l’aptitude
d’un organisme à fournir un service, un produit ou un système conformes aux exigences des clients
et aux exigences réglementaires. L’ISO/CEI donne la définition suivante : procédure par laquelle
une tierce partie donne une assurance écrite qu’un produit, un processus ou un service est conforme
aux exigences spécifiées dans un référentiel.
La certification peut être réalisée à plusieurs niveaux :
1- Systèmes de management de la qualité

Un système de management de la qualité (en anglais : quality management system, souvent abrégé
SMQ), est l'ensemble des directives de prise en compte et de mise en œuvre de la politique et des
objectifs qualité nécessaires à la maîtrise et à l'amélioration des divers processus d'une
organisation, qui génère l'amélioration continue de ses résultats et de ses performances.
Pour les produits agro-alimentaires, les systèmes de management de la qualité reconnus à l’échelle
internationale sont :

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1-1- Normes ISO

La famille des normes ISO, correspond à un ensemble de référentiels de bonnes pratiques de


management en matière de qualité, portés par l'organisme international de standardisation (ISO,
International Organisation for Standardisation). Les principales normes ISO sont :

 Les normes ISO 9000 dont les buts sont la satisfaction des exigences du client « le client
est un roi ».

 Les normes ISO 14000 dont l’objectif est aussi de satisfaire les exigences liées au
management de l’environnement.

 Les normes ISO 22000, qui s’appliquent au « système de management de la sécurité des
denrées alimentaires- Exigences pour tout organisme appartenant à la chaîne alimentaire ».
Elle définit les exigences en matière de sécurité alimentaire sur l’ensemble de la chaîne
alimentaire et se repose sur deux principes :
o l’identification et la maîtrise des dangers afin de garantir un produit sûr au
consommateur final.
o l’amélioration de la satisfaction client par le respect d’exigences réglementaires et
clients.
1-2- HACCP
L'HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point - Analyse des dangers - points critiques pour
leur maîtrise) est un système qui identifie, évalue et maîtrise les dangers significatifs au regard de
la sécurité des aliments. Cette méthode cherche à assurer la salubrité des denrées alimentaires. Elle
repose sur sept principes :
 Procéder à une analyse des dangers ;
 Déterminer les points critiques pour la maîtrise (CCP) ;
 Fixer le ou les seuil(s) critiques(s) ;
 Mettre en place un système de surveillance permettant de maîtriser les CCP ;
 Déterminer les mesures correctives à prendre lorsque la surveillance révèle qu'un CCP
donné n'est pas maîtrisé ;
 Appliquer des procédures de vérification afin de confirmer que le système HACCP
fonctionne efficacement ;
 Constituer un dossier dans lequel figureront toutes les procédures et tous les relevés
concernant ces principes et leur mise en application.
1-3- EUREPGAP

EurepGAP est un référentiel de bonnes pratiques agricoles, qui définit les éléments essentiels pour
le développement des meilleures pratiques dans la production mondiale du produit agricole.

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Les objectifs de l’EUREPGAP peuvent être résumés comme suit :

 Sécurité alimentaire: critères de sécurité alimentaire dérivés de l’application des principes


génériques de l’analyse d’HACCP ;
 Protection de l’environnement: bonnes pratiques agricoles visant à protéger
l’environnement ;
 Protection sociale, sécurité et santé des ouvriers ;
 Bien être animal: établissement du niveau global des critères relatifs au bien être animal.
1-4- Traçabilité
C’est l’aptitude à retracer ou retrouver l’historique, l’utilisation ou la localisation d’une entité, d’un
article ou d’une activité, au moyen d’une identification enregistrée. (ISO 8402).
Il s’agit d’une démarche qui consiste à donner la possibilité de retrouver la trace des différentes
étapes et lieux de vie d’un produit, depuis sa création jusqu’à son utilisation. La traçabilité vise à :
 Maîtriser la qualité et assurer la sécurité de l’utilisateur ou du consommateur ;
 Donner plus d’assurance au consommateur ;
 Valoriser les efforts de qualité de la filière.
2- Signes officiels de qualité et d’origine des produits agricoles

Ce sont des signes qui permettent la promotion et la reconnaissance de la qualité des denrées
obtenues à partir d'un savoir-faire alimentaire fortement inscrit dans le patrimoine culturel et qu'il
convient d'identifier et de mettre en valeur.
La notoriété de ces signes repose sur des cahiers des charges stricts dont le respect est
régulièrement contrôlé par des organismes agréés par les Pouvoirs Publics.
Parmi les principaux signes officiels de qualité et d’origine, on peut citer :

2-1- Agriculture biologique

L’agriculture biologique est une agriculture qui refuse l’utilisation des produits chimique dans le
processus de production. Elle est basée sur la gestion rationnelle de la fraction du sol, dans le
respect des cycles biologiques et de l'environnement, tenant compte des connaissances en écologie
pour une production de qualité, équilibrée, plus autonome, plus économe et non polluante dans un
objectif de garantir une durabilité des ressources naturelles.

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2-2 -Appellations d'origine contrôlée

Les AOC (Appellations d'origine contrôlée) identifient un produit, l'authenticité et la typicité de


son origine géographique. Elles sont garantes de ses qualités et de ses caractéristiques, de son
terroir d'origine, du savoir-faire du producteur (fruits et légumes, produits laitiers, etc.), de
l'antériorité et de la notoriété du nom. La quantité et le contrôle d'étiquetage des produits sous AOC
répondent à un cahier des charges validé
2-3- Certification de conformité

La certification de conformité garantit une qualité régulière et distincte du produit courant. Il


atteste que le produit a des qualités spécifiques ou suit des règles de fabrication particulières
strictement contrôlées.

2-4- Label Rouge

Le Label Rouge exprime la qualité supérieure d’un produit. Ce dernier doit satisfaire à des
exigences sévères de goût et de qualité, pour lesquelles il est contrôlé à chaque étape de sa
production et de son élaboration.

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