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L'océanographie

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L’océanographie

1. Géographie générale des mers

Voir figure.

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L’océanographie

2. Les mouvements de la mer : L’état de la mer

L’état de la mer est la résultante de mouvements qui animent les surfaces des mers et des
océans et dont les causes sont les suivantes :

- Des causes permanentes comme les différences de densité de l’eau qui se manifestent entre
les zones parfois très éloignées et qui sont liées aux inégalités de température et de salinité.
Elles engendrent les grands courants marins de densité dont la trajectoire est modelée par la
configuration des côtes.
- Des causes périodiques comme l’action combinée de positions du Soleil et de la Lune par
rapport à la Terre. Elles commandent les mouvements de marées et indirectement les
courants de jusant et de flot, très sensible dans les golfes.
- Des causes variables dans le temps et l’espace de façon irrégulière. Elles résident
essentiellement dans l’action du vent sur la mer, dont la résultante est les vagues.

Des interactions existent entre les conditions atmosphériques et les phénomènes permanents
ou périodiques.

2.1. Les vagues

Le vent est la cause immédiate des vagues, mais les vagues se déplacent constamment et
l’état de la mer en un endroit précis ne dépend pas seulement des vagues produites par le vent local,
mais aussi de celles engendrées au cours des heures précédentes à des distances qui sont fonction du
temps écoulée et de la longueur d’onde.

La houle : Il s’agit de vagues provenant d’un secteur de la mer ou de l’océan où le vent est différent
du vent local.

La mer de vent : Ce sont les vagues dues au vent local.

La mer réelle : Généralement, on distingue difficilement, voire pas, par une analyse à l’œil nu, les
vagues dues au vent local de la houle. On rencontre souvent un mélange des deux qu’on appelle mer
réelle.

2.2. Formation des vagues

La vague résulte de l’action du vent sur la surface de l’eau. La pression de l’air sur la surface
de l’eau crée une ride se transformant vite en onde. Les ondes se propagent en déformant de façon

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L’océanographie
périodique la surface de l’eau sous forme d’oscillations. Notons bien que les particules d’eau ne
suivent pas les ondes, mais que le mouvement se transmet de proche en proche. Les particules d’eau
oscillent en fait selon des trajectoires elliptiques, dans le sens de la progression des ondes sur les
crêtes, et en sens inverse dans les creux. L’observation d’un objet flotteur en mouvement lors du
passage des vagues montre qu’il passe d’un creux à une crête puis au creux et à la crête qui suivent,
sans avancer avec la houle. Le mouvement du flotteur est composé d’un mouvement vertical (du
creux vers la crête) et d’un mouvement horizontal de va-et-vient : il avance sur la crête et recule
dans le creux, ce qui forme un mouvement circulaire.

Plus le vent est fort, plus l’énergie des vagues est importante. À plus de 4 nœuds, l’énergie
communiquée par le vent réussit à vaincre la viscosité, la hauteur et la longueur des vagues croît.

L’énergie de la houle fournie par le vent, se divise en deux parties égales : l’énergie
potentielle de l’onde qui avance avec une certaine vitesse, et l’énergie cinétique qui correspond au
mouvement quasi circulaire des particules d’eau sur leur trajectoire fermée et qui restent sur place.
Il en résulte que seule la moitié de l’énergie disponible est transportée avec la célérité des vagues.
Elle est cependant considérable et peur avoir des effets dévastateurs (peut atteindre 750000 kW se
dissipant sur une côte sous forme de brisants). Elle est proportionnelle au carré de leur hauteur.

2.3. Caractéristiques d’une vague

Une onde se caractérise par :

Sa période, T : c’est l’intervalle de temps qui s’écoule en un point donné entre le passage de 2
crêtes successives (de 0,1 sec à 30 secondes)

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L’océanographie
Sa fréquence : 2 / T

Sa longueur d’onde,  ou L (selon le schéma proposé) : La longueur d’onde correspond à la


distance horizontale entre deux crêtes ou deux creux de deux vagues successives. Plus la longueur
d’onde d’une vague est importante, plus sa vitesse est grande (la vitesse de la vague se traduit par le
rapport : longueur d’onde sur une durée. Donc plus la longueur d’onde est importante plus la vitesse
l’est aussi).

Sa hauteur, H : c’est la dénivellation verticale entre la crête et le creux (si la crête est déséquilibrée
il apparaît de l’écume et la mer « moutonne »).

Son amplitude, A : l’amplitude correspond à la distance verticale entre la crête et le niveau de l’eau
au repos, soit une demi hauteur. Lorsque la vague atteint le rivage, son amplitude varie en fonction
du relief sous- marin et de la configuration du rivage.

Sa vitesse de propagation ou vitesse de phase (célérité) : La célérité correspond à la vitesse de


propagation d’une crête d’une vague. En un point donné fixe, les crêtes ou les creux des vagues se
succèdent à des intervalles de temps régulier, la période T. Les vagues se déplaçant à une certaine
célérité = L/T, par la simple observation du temps mis par la crête d’une vague à remplacer la
précédente en un point de repère choisi (balise, rocher,…), on peut avoir une idée de la longueur et
de la célérité des vagues.

Sa cambrure : La cambrure est le rapport entre la hauteur et la longueur d’onde (H/L). La


cambrure ou escarpement est un élément important à considérer, car il donne une idée de la
stabilité des vagues ou leur déferlement.

Son FETCH : le Fetch, ou encore distance d’action du vent, correspond à la distance sur laquelle
le vent souffle pour engendrer des vagues. Pratiquement, plus le vent souffle sur une grande
distance plus la vague engendrée sera importante.

L’énergie fournie par le vent pour mettre en mouvement la masse liquide des couches
supérieures de la mer est d’autant plus grande que le vent est plus fort, mais aussi que l’action de ce
vent a été de plus longue durée. Cette dernière donnée est primordiale dans l’étude de l’état de la
mer depuis la naissance des vagues jusqu’au moment où elles ne sont plus sous l’effet du vent
générateur. Le fetch peut être limité dans le sens du vent soit par une côte soit par un phénomène
météorologique correspondant à un changement de direction du vent, tel qu’un front.

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L’océanographie

L’amortissement de la houle : le déferlement

Le déferlement est un processus dissipatif de l’énergie qui correspond à la dernière étape de


la vie d’une vague et qui a donc le plus souvent lieu à l’approche du rivage. Lorsque le de la vague
touche la rive, celle-ci ralentit à cause de la friction, la crête continue de se déplacer à la même
vitesse. La longueur de la vague diminue et sa hauteur augmente le creux de la vague et la vague se
brisent sur le rivage : vague déferlante. Aussi, à plus de 10 nœuds, la hauteur augmente plus vite
que la longueur et lorsque la cambrure dépasse une certaine valeur (1/13), les crêtes commencent à
se briser : la mer déferle.

2.4. Échelle d’état de la mer

Rappelant qu’il est difficile de distinguer la houle de la mer de vent, l’observateur doit se
contenter de constater l’état de la mer qui se caractérise par des hauteurs de vagues variables et des
périodes dont la mesure des valeurs moyennes n’est pas facile non plus.

Vu la variabilité des vagues et des vents, on s’intéresse non à la hauteur moyenne de toutes
les vagues, mais à la hauteur moyenne des 33% plus grandes, valeur désignée par H 1/3 , appelée
hauteur significative. Il existe une échelle de l’état de la mer comportant dix degrés, adoptée par les
services météorologiques :

Terminologie Hauteur moyenne des vagues H1/3 (m)


Calme (sans rides, mer d’huile) 0 à 0,1
Calme (ridée) 0 à 0,1
Belle 0,1 à 0,5
Peu agitée 0,5 à 1,25
Agitée 1,25 à 2,5

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L’océanographie

Forte 2,5 à 4
Très forte 4à6
Grosse 6à9
Très grosse 9 à 14
Énorme > 14

3. Les courants marins

L’eau des océans circule le long de larges « autoroutes » invisibles : les courants. Telles des
rivières sous-marines, ils transportent de gigantesques quantités d’eau, de calories et d’oxygène
d’une mer à l’autre. On distingue deux types de courants :

3.1. Les courants de surface

Ayant une action sur une profondeur moyenne de 200 m, causés par l’action du vent, la rotation de
la Terre et la forme des continents.

3.1.1. Les courants de dérive

Il s'agit de courants occasionnels, liés à des conditions météorologiques particulières, que


l'on observe essentiellement près des côtes. Ils sont étroitement couplés à l'action du vent. En effet,
les circulations atmosphériques et océaniques présentent de fortes analogies. Lorsque le vent souffle
sur la mer, un courant apparaît suite aux effets de viscosité au niveau de la surface libre. Si la

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L’océanographie
profondeur est suffisante, on observe un angle de 45° entre la direction du vent et celle du courant
apparaissant en surface. La direction du courant varie avec la profondeur selon le schéma ci-
dessous. Dans les situations de faible profondeur, l'angle entre la direction du vent et celle du
courant en surface est plus faible (de 20 à 25°). Par contre les courants de dérive s'établissent plus
rapidement et sont plus intenses. Près des côtes leur vitesse peut atteindre 3 à 6 % de la vitesse du
vent.

Les vents donnant naissance à ces courants sont appelés vent d'afflux ou de reflux selon
qu'ils ont tendance à pousser l'eau vers les côtes ou à l'entrainer vers le large (il faut considérer
l'angle entre le courant et le vent (fonction de la profondeur) et la force de Coriolis avant de
caractériser un vent).

3.1.2. Les courants de pente

Ces courants sont liés au niveau de la mer. En effet, celle-ci est loin d'être "plate" ou
"horizontale". L’action des vents dominants près des côtes peut faire varier le niveau de la surface
de l’océan, ce qui crée une pente sur cette surface.

Un vent prolongé a tendance à abaisser le niveau de la mer dans la zone où il a pris


naissance. La pression atmosphérique est également à l'origine de "pentes" de la surface de la mer
dans la mesure où celle-ci se gonfle sous les dépressions (pression atmosphérique faible) et se
creuse sous les anticyclones (pression atmosphérique forte).

Les courants qui prennent naissance alors et qui tendent à ramener le niveau de la mer à
l'horizontale sont appelés courants de pente. Cependant, ils sont eux aussi déviés par la force de

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L’océanographie
Coriolis. De plus, l'influence du fond peut se faire sentir et infléchir le courant (un peu comme les
vents dont la direction n'est pas déterminée uniquement par les isobares selon l'altitude considérée).
Ainsi, ces courants de pente sont perpendiculaires à la pente au large et infléchis selon la ligne de
plus grande pente au voisinage des côtes. Ils sont responsables du transport sédimentaire et
modèlent les rivages.

Le courant réel est le résultat de la combinaison du courant de dérive et du courant de pente.


Ainsi, si l’on se trouve sur un site bordé par une côte rectiligne avec une eau peu profonde, il
apparait que la masse d’eau mise en mouvement par le courant de dérive est à 45° sur la droite de la
direction du vent et que la masse d’eau mise en mouvement par le courant de pente est déviée vers
la droite de son mouvement puis sur la pente par la force de Coriolis (hémisphère Nord). A la
rencontre d’un continent, un courant change sa trajectoire.

3.2. Les courants profonds (de densité)

Ayant une action à une profondeur de plus de 200 m, causés par la différence de température
et de salinité entre les couches de profondeur. En réalité, c’est la variation de la densité dans le
temps entre deux régions qui génère les mouvements de masses d’eau. Ainsi, une eau dense, par
refroidissement et/ou par augmentation de salinité, plonge dans les profondeurs laissant sa place à
une eau moins dense.

Les mouvements de profondeurs, appelés circulation thermohaline, ont lieu le long de la


thermocline. C’est la couche de l’océan de plusieurs centaines de mètres où la température décroit
avec la profondeur. En effet, la surface étant la plus réchauffée par le rayonnement (durant toute
l’année aux régions tropicales et durant l’été seulement aux plus hautes latitudes). La température
des couches plus profondes que la thermocline varie peu.

Si les variations de la température le long de la thermocline sont importantes, celles de la


salinité le sont moins, mais sont suffisantes pour influencer la circulation des masses d’eau. En
effet, une augmentation de la salinité augmente la densité de l’eau et vice-versa. La salinité
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L’océanographie
augmente avec l’évaporation et diminue par l’apport d’eau douce (précipitation, affluence de
fleuves, fente de glace).

Ainsi, par variation de densité et la rotation de la terre, des courants marins se créent et
déplacent d’énormes quantités d’eau autour de la planète selon le schéma moyen suivant : Les eaux
de l’Atlantique Nord se refroidissent en hiver tandis que leur salinité augment en raison de
l’évaporation causée par le vent et la formation de glaces marines. Ces eaux, devenues denses,
plongent dans les profondeurs puis sont entrainées vers l’équateur puis l’Océan Indien. Au passage
vers l’Antarctique, elles se divisent en deux branches, la première pénètre l’Océan Indien, la
deuxième continue vers l’est pour atteindre le Pacifique dans l’Hémisphère Nord. Le long de ce
périple, les eaux se réchauffent et le retour se fait par les courants chauds près de la surface. Il faut
presque mille ans pour boucler le cycle.

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L’océanographie

3.3. Les courants de marée

Ces courants ne sont pas les plus répandus sur les océans, mais ils sont les courants qui ont
les plus grandes vitesses. Dans une onde de marée, le mouvement horizontal (vitesse des particules
d’eau) est appelé le courant de marée. En ce qui concerne le mouvement vertical, on dit que la
marée est montante ou descendante, et les courants de marée sont appelés flux (courant de flot) et
reflux (courant de jusant).

La marée est causée par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil.
L’attraction de la Lune provoque une marée haute juste en dessous d’elle. Simultanément, la
rotation terrestre engendre aussi une marée haute de l’autre côté de la planète. Ainsi, les plages
océaniques connaissent deux marées hautes par jour. Un cycle complet de marée (marée basse et
marée haute) dure environ 12 heures 25 minutes.

L’amplitude des marées est généralement beaucoup plus faible en pleine mer que le long des
côtes. C’est plus souvent un effet des petites profondeurs : lorsque l’onde se propage dans les eaux
moins profondes, sa célérité diminue et l’énergie emmagasinée entre les crêtes est comprimée sous
les effets conjugués d’une plus faible profondeur et d’une longueur d’onde plus courte. La hauteur
de la marée et la force du courant de marée doivent donc augmenter en conséquence. Si, de plus, la
marée se propage dans un goulet dont la largeur va en diminuant vers la tête, l’énergie de l’onde
subit aussi une compression latérale. Cet effet, appelé effet d’entonnoir, provoque aussi un
accroissement de la hauteur de la marée.
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L’océanographie
Lorsque les côtes se resserrent en entonnoir, comme dans le fond de certaines baies (baie du
Mont-Saint-Michel, baie de Fundy, etc.) il y a amplification de la hauteur des marées qui peuvent
dépasser 14 mètres entre les basses eaux et les hautes eaux. Les mers intracontinentales et
intérieures sont peu sujettes aux marées car les masses d'eau et les distances entre les côtes
concernées sont beaucoup plus faibles que dans les océans. C'est notamment le cas de la
Méditerranée, où l'étroitesse du détroit de Gibraltar empêche le passage de l'onde de marée. La
Terre subit aussi l'influence des marées, puisque les roches du manteau terrestre bien que solides,
sont déformables (visqueuses), et de ce fait se déplacent comme les océans. À Paris, aux heures de
marée haute, on se trouve environ 30 centimètres plus haut qu'aux heures de marée basse.

Schéma des attractions astronomiques

A l'origine de ce phénomène se situe l’attraction gravitationnelle. La Lune, proche de la


Terre, exerce sur les masses d'eau une force attractive suffisamment forte pour les "déplacer".
Lorsque la Lune se situe à la verticale d’un point de la surface océanique, les masses d’eau se
gonflent : c’est ce qu'on appelle la pleine mer. Le même phénomène se produit au même instant aux
antipodes. A l'inverse, c'est la basse mer pour tous les lieux où l'on voit la Lune à l'horizon.

L'action du Soleil se limite, à cause de sa position éloignée de la Terre, à renforcer ou


s’opposer aux effets de la Lune: Lorsque ces astres sont en quadrature, perpendiculaires par rapport
à la Terre, leurs influences se contrarient. Au contraire lorsque les trois axes sont alignés,
phénomène de syzygie, le Soleil accentue l’effet de la Lune : c’est l’époque des grandes marées ou
vives eaux.

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L’océanographie

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L’océanographie

Les distances séparant les trois astres varient au cours du temps. L’amplitude des marées de
deux eaux vives successives n’est donc pas toujours la même. les forces attractives de la Lune et du
Soleil sont proportionnelles à la distance qui les sépare de la terre et varient au cours du temps : les
amplitudes les plus fortes sont donc obtenues au moment des équinoxes ( quand le Soleil et la Lune
sont sur l’équateur ) et les plus faibles au moment des solstices.

La rotation de la Lune autour de la Terre, de la Terre sur elle-même ayant un caractère périodique
implique que le rythme des marées ait lui-même ce caractère. Le jour lunaire ayant une période de
24H50, un lieu devrait donc connaître 2 pleines mers et 2 basses mers durant cette période, la marée
est alors dite semi-diurne. Néanmoins, ce cycle diffère dans l’espace. On observe une marée haute
et une marée basse par jour à Fort de France, la marée est diurne.

4. Les glaces marines

Il existe deux types de glaces marines : la glace formée en mer (the field ice), et les
icebergs. La première se forme dans toutes les mers dans les zones froides des deux hémisphères,
voire même dans certaines zones tempérées en hiver. Ces glaces sont sujettes à des ruptures et des
dispersions des zones les plus froides vers les eaux tempérées.

Les Icebergs, quant à eux, se forment de rupture à partir de glaciers (arctique et antarctique)
et dérivent vers les zones tempérées au printemps.

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L’océanographie
La glace marine est de la GLACE faite d'eau de mer gelée qui flotte à la surface des océans
polaires. L'étendue de son manteau varie avec les saisons : dans l'hémisphère Nord, il varie d'un
minimum d'environ 9 000 000 km2 en septembre à un maximum d'environ 16 000 000 km2 en
mars; dans l'hémisphère Sud, la couverture varie de 3 000 000 km2 (février) à 19 000 000 km2
(septembre). Son épaisseur va de quelques centimètres pour la glace nouvelle dans les zones
protégées à au moins 20 m sur les crêtes; les épaisseurs types sont d'environ 3 m dans l'Arctique et
d'environ 1 m dans l'Antarctique.

4.1. Glaces en dérive

Loin de la terre ferme, la glace marine se déplace presque sans arrêt, étant entraînée par le
VENT et les COURANTS MARINS. On appelle souvent cette glace mobile de la « glace à la
dérive ». Sans cesse en mouvement, elle déforme le manteau de glace et crée des « passages » d'eau
libre (de longues fissures d'une largeur allant de quelques mètres à au moins un kilomètre) là où la
glace se brise, et forme d'épaisses crêtes là où elle est comprimée sur elle-même. Les crêtes sont des
accumulations sinueuses de glace brisée; la partie supérieure, appelée « voile », peut avoir jusqu'à 5
m de haut, tandis que la partie submergée, appelée « quille », peut être profonde de quatre à cinq
fois la hauteur de la voile. La dérive constante de la glace loin d'une côte crée une eau libre appelée
polynie. Les passages et les polynies sont des voies d'accès dans le manteau de glace et sont une
composante importante de l'habitat des mammifères marins tels que les baleines et les phoques.

4.2. Glaces fermes

Dans les EAUX CÔTIÈRES proches du rivage, la glace ne peut guère bouger, car elle est
ancrée à la côte et les crêtes touchent le fond dans les eaux peu profondes. C'est principalement
cette glace presque immobile, appelée « glace ferme », qu'on retrouve dans la majeure partie de
l'ARCHIPEL ARCTIQUE canadien. Elle est plus uniforme que la glace à la dérive, car elle ne se
déforme relativement pas. Son épaisseur peut atteindre 2,5 m au large des îles à l'extrême nord du
Canada.

4.3. Le gel et le dégel

Lorsque l'eau de mer gèle, c'est seulement l'eau qui forme les cristaux de glace. Le sel est
emprisonné entre les cristaux, dans une saumure concentrée qui finit par s'échapper, laissant la
glace pratiquement pure flotter à la surface, entourée par l'eau de mer dont la salinité et la masse
volumique ont augmenté. Étant donné que la glace déplace son propre poids dans cette eau plus
dense, elle déplace un volume inférieur à celui que l'eau occupait avant de geler. A cause de cela, le

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L’océanographie
gel a un effet identique à celui de l'évaporation: il abaisse le niveau de l'eau et il augmente la salinité
et la masse volumique en surface. L'eau en surface doit donc se diriger vers une région de gel,
tandis que l'eau salée froide qui s'est formée doit s'enfoncer et s'écouler loin de cette région. Dans
les régions polaires, en particulier dans l'Antarctique, le gel produit une eau salée froide qui
s'enfonce et s'écoule le long du fond de l'océan sur des milliers de kilomètres. La fusion de la glace
libère de l'eau pratiquement non salée, ce qui entraîne une diminution de la salinité et de la masse
volumique de l'eau avoisinante. La fonte de la glace a donc un effet similaire à celui de la
précipitation: elle élève le niveau de l'eau et elle diminue la salinité et la masse volumique en
surface. L'eau de surface doit donc s'écouler en dehors de la région de fonte des glaces. Les vitesses
des courants associés au gel et au dégel dans l'océan ne sont jamais très grandes.

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