Guide Enregistrement IGP
Guide Enregistrement IGP
Août 2009
Dans un univers de concurrence accrue, l'identité d'un produit constitue l'outil essentiel de son déve-
loppement et de sa réussite économique. L'identité constitue sur les marchés le support de connais-
sance d'abord, de reconnaissance ensuite, conduisant à la notoriété rémunératrice. Le système de
protection des appellations d’origine protégées (AOP) et des indications géographiques protégées
(IGP) répond tout à fait à ces principes.
Un produit d'appellation d'origine ou d’indication géographique est par nature un produit de forte iden-
tité. Cette identité, il la puise dans son origine géographique. C'est le terroir pris au sens large, c'est-à-
dire intégrant les composantes géographiques, pédologiques, climatiques, techniques et humaines,
1
qui confèrent au produit sa personnalité .
Ces quelques phrases de l'ancien directeur de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) en
France résument l'esprit de la démarche de protection des AOP et IGP.
2
La protection des AOP et des IGP repose sur la Loi fédérale du 29 avril 1998 sur l’agriculture . En
vertu de l’art. 14 al. 1, lit. d LAgr, le Conseil fédéral peut, pour garantir la crédibilité des désignations et
pour promouvoir la qualité et l’écoulement des produits agricoles et des produits agricoles transfor-
més, édicter des dispositions sur la désignation des produits se distinguant par leur origine. Le
Conseil fédéral établit un registre des appellations d’origine et des indications géographiques et ré-
glemente notamment les qualités exigées du requérant, les conditions de l’enregistrement, en particu-
lier les exigences du cahier des charges, les procédures d’enregistrement et d’opposition ainsi que le
contrôle (art. 16 LAgr). Sur la base des dispositions mentionnées, le Conseil fédéral a édicté
l’ordonnance du 28 mai 1997 concernant la protection des appellations d’origine et des indications
3
géographiques des produits agricoles et des produits agricoles transformés .
Le présent document est destiné à informer les personnes qui envisagent de déposer une demande
d’enregistrement pour une AOP ou une IGP resp. une demande de modification de cahiers des char-
ges d’AOP ou d’IGP enregistrées.
Parmi les instruments de protection des indications de provenance, il faut distinguer, d'une part, la
4
marque en vertu de la loi sur la protection des marques , et, d'autre part, l'appellation d'origine proté-
gée (AOP) et l'indication géographique protégée (IGP) en vertu de la LAgr. Ces instruments poursui-
vent des buts différents, mais peuvent se compléter. Par conséquent, il convient de choisir l'instrument
le mieux adapté à son cas.
1
Approche économique de la protection internationale des appellations d’origine, Alain Berger, Paris 1992
2
Loi sur l’agriculture, LAgr, RS 910.1
3
Ordonnance sur les AOP et les IGP; RS 910.12
4
Loi fédérale du 28 août 1992 sur la protection des marques et des indications de provenance, LPM, RS 232.11
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La marque est un signe propre à distinguer les produits ou les services d'une entreprise de ceux d'au-
tres entreprises (art. 1, al. 1 LPM). Toute personne physique ou morale peut faire enregistrer une
marque. Une marque peut apparaître en deux dimensions (sous forme verbale, figurative ou de com-
binaison des deux), en trois dimensions ou constituer une marque sonore. On distingue trois types de
marques: les marques individuelles, les marques de garantie et les marques collectives.
La marque individuelle est déposée par le titulaire dans le but de distinguer les produits ou les servi-
ces de son entreprise de ceux de la concurrence.
La marque de garantie (art. 21 LPM) est un signe utilisé par plusieurs entreprises sous le contrôle de
son titulaire, dans le but de garantir la qualité, la provenance géographique, le mode de fabrication ou
d'autres caractéristiques communes de produits ou de services de ces entreprises. Le titulaire n'utilise
pas lui-même la marque, mais en autorise l'usage, moyennant une rémunération adéquate, à toute
entreprise dont les produits ou services respectent les caractéristiques communes garanties par le
règlement de la marque.
La marque collective (art. 22 LPM) est le signe d'un groupement d'entreprises de production, de
commerce ou de services ; elle sert à distinguer les produits ou les services de membres du groupe-
ment de ceux d'autres entreprises.
Il y a lieu de relever que certains signes sont exclus du domaine de protection offert par la marque. Il
s’agit notamment des signes descriptifs appartenant au domaine public. Ces signes (indications relati-
ves à la nature, à la qualité, au mode ou au lieu de fabrication, à la désignation ou au prix d’un produit,
ainsi que toute autre indication de nature descriptive) ne peuvent en effet pas être monopolisés.
1.2 L'appellation d'origine protégée (art. 16 LAgr et art. 2 de l’Ordonnance sur les AOP et les
IGP)
Peut être enregistré comme appellation d’origine le nom d’une région, d'un lieu, ou exceptionnelle-
ment d’un pays qui sert à désigner un produit agricole ou un produit agricole transformé:
- dont la qualité ou les caractères sont dus essentiellement ou exclusivement au milieu géogra-
phique comprenant les facteurs naturels et les facteurs humains;
- et qui est produit, transformé et élaboré dans une aire géographique délimitée.
Les dénominations traditionnelles des produits agricoles et des produits agricoles transformés qui
remplissent les conditions fixées à l’al. 1 peuvent également être enregistrées comme appellations
d’origine (art. 2 al. 2 de l’Ordonnance sur les AOP et les IGP).
1.3 L'indication géographique (art. 16 LAgr et art. 3 de l’Ordonnance sur les AOP et les IGP)
Peut être enregistré comme indication géographique le nom d’une région, d'un lieu, ou exception-
nellement d’un pays servant à désigner un produit agricole ou un produit agricole transformé:
3/21
- et qui est produit, transformé ou élaboré dans une aire géographique délimitée.
Les dénominations traditionnelles des produits agricoles et des produits agricoles transformés qui
remplissent les conditions fixées à l’al. 1 peuvent également être enregistrées comme indications
géographiques (art. 3 al. 2 de l’Ordonnance sur les AOP et les IGP).
Pour pouvoir entamer la procédure de demande d'enregistrement d'une AOP ou d’une IGP, il faut
remplir les cinq conditions suivantes:
- La dénomination à protéger doit être connue ou doit désigner un produit qui pré-
sente un caractère historique et/ou traditionnel. La protection du nom visée par
l’enregistrement des appellations d’origine et des indications géographiques s’adresse
aux produits ayant une origine. Pour avoir une origine, le produit doit avoir existé depuis
un certain temps, avoir une histoire, connaître une certaine tradition..
Si votre produit ne remplit pas ces conditions, nous vous suggérons d'examiner l'opportunité d’une
demande d’enregistrement de marque, notamment d'une marque de garantie.
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L'AOP désigne des produits très étroitement associés à la région dont ils proviennent. Pour pouvoir
bénéficier d'une AOP, deux autres conditions doivent être remplies:
- Toutes les phases, à savoir de la production des matières premières et leur transformation
jusqu'au produit fini doivent avoir lieu dans la région délimitée dont le produit tire son origine;
Il doit donc exister un lien objectif et très étroit entre la qualité du produit et son origine géographique.
Pour une appellation d’origine (« produits du sol »), ce sont donc les frontières naturelles qui délimi-
tent son aire géographique.
Les exigences fixées pour l'appellation d’origine sont très restrictives étant donné que
toutes les opérations doivent avoir lieu dans l’aire géographique en question. La typici-
té du produit est liée au terroir qui repose sur les facteurs naturels et humains.
L'IGP désigne aussi des produits attachés à la région dont ils tirent leur origine, mais ce lien est moins
fort ou d'une autre nature que dans le cas de l'appellation d'origine:
- il doit avoir été produit, transformé ou élaboré dans la région géographique dont il est originai-
re. Contrairement à l'appellation d'origine, il est suffisant que seule une de ses étapes ait lieu
dans la zone délimitée.
- il doit exister un lien entre le produit et la région dont il tire son origine. Cependant, cette ca-
ractéristique ne doit pas être, comme dans le cas de l'appellation d'origine, prédominante ou
exclusive: elle autorise un lien objectif plus souple.
Dans l'IGP, le lien peut consister dans la seule réputation du produit, si celle-ci résulte de son origine.
Dans ce cas, les qualités du produit ne sont pas déterminantes; il suffit que la dénomination du produit
jouisse d'une réputation particulière fondée justement sur son origine lors de la demande d'enregis-
trement. Contrairement à l'AOP, il est possible de déposer une IGP lorsque les facteurs sont essen-
tiellement humains.
Les exigences fixées pour l'indication géographique sont moins restrictives que pour
l'appellation d’origine puisqu’au moins une des opérations doit obligatoirement avoir
lieu dans l’aire géographique en question. Le lien au terroir peut être plus souple et
reposer sur d’autres critères, comme par exemple la réputation.
En fonction de ces définitions, les producteurs peuvent décider à quel type de protection (AOP ou
IGP) leur produit appartient, et, par conséquent, lequel ils demanderont. La distinction exacte de ces
deux types profite également au consommateur, qui, ainsi, dispose d'une information juste.
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3 La procédure
En cas de rejet de la demande, la décision de l’OFAG peut être attaquée directement par voie de re-
cours.
Les recours interjetés contre les décisions ou les décisions sur opposition de l’OFAG sont traités en
première instance par le Tribunal administratif fédéral (TAF) et en deuxième et dernière instance par
le Tribunal fédéral (TF).
Lorsque toutes les procédures relatives à des oppositions ou d’éventuels recours ont été traitées et
qu’elles ne concluent pas au rejet de la demande d’enregistrement, la dénomination est inscrite au
registre des AOP et des IGP. L’enregistrement fait alors l’objet d’une publication dans la FOSC.
Les articles mentionnés se rapportent à l'Ordonnance sur les AOP et les IGP.
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Art. 8 Art. 8
FOSC
publication
3 mois
Procédure
d'opposition
pas d'oppposition opposition
Art. 12 (1) Art. 10
admission rejet
recours
1. TAF
2. TF
(pas de recours)
Enregistrement
inscription au registre
publication
Art. 12
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Les modifications du cahier des charges, à l’exception de celles touchant à la désignation des orga-
nismes de certification, font l’objet de la même procédure que celle prévue pour les enregistrements.
Nous vous renvoyons à cet effet au chiffre 7.
La demande doit prouver que les conditions fixées par l’ordonnance pour l’obtention d’une AOP resp.
d’une IGP sont remplies et être assortie d’un cahier des charges. Dans la demande, il est donc impor-
tant de distinguer d’une part les preuves mentionnées à l'art. 6 al. 2 et d’autre part le cahier des char-
ges (art. 7) purement descriptif et, de ce fait, limité à l'essentiel. En introduction à la demande
d’enregistrement, nous souhaitons brièvement connaître les motivations de la demande d'enregistre-
ment.
L'enregistrement d’AOP et d’IGP conformément à l’ordonnance sur les AOP et les IGP permet de
protéger les dénominations de produits agricoles (non transformés) et de produits agricoles transfor-
més, destinés ou non à l’alimentation humaine, à l'exception des vins, qui font l’objet d’une autre ré-
glementation. Il s’agit donc des produits laitiers, des viandes, des salaisons, fumaisons et charcute-
ries, des fruits, des légumes et autres cultures, des produits transformés (boulangerie, pâtisserie, bis-
cuiterie) et des spiritueux. Il faut noter que certaines denrées alimentaires ne sont pas des produits
agricoles (comme les eaux minérales) et ne rentrent pas dans le champ d'application. Par contre, en
vertu de l’art. 1 al. 2bis, les denrées alimentaires issues de produits agricoles sont assimilées à toutes
les étapes de la transformation, aux produits agricoles transformés.
4.2 Prouver que le groupement est représentatif (art. 5 et art. 6, al. 2, let. a)
L’enregistrement d’une AOP ou d’une IGP doit être le résultat d’une démarche collective. Une person-
ne ou une entreprise privée ne peut pas être reconnue comme demandeur. Pour pouvoir déposer une
demande, il faut constituer un groupement demandeur, peu importe sous quelle forme juridique, qui
soit formé de tous les collèges professionnels qui participent à la production, à la transformation et à
l'élaboration du produit (art. 5 al. 1). Pour une demande d’AOP fromagère par exemple le groupement
sera formé de producteurs de lait, de fromagers et d’affineurs. La phase d'élaboration du produit se
termine au stade où le produit peut porter la dénomination protégée. Etant donné qu'il suffit pour l'IGP
qu'une seule des étapes de production ait lieu dans la zone délimitée, le groupement ne sera pas
nécessairement composé de tous les collèges professionnels.
La représentativité est un élément central de l'examen de la demande. En effet, il est exclu d'utiliser
l'AOP ou l’IGP pour imposer une méthode pratiquée par une minorité. Il est donc indispensable que la
majorité des opérateurs fassent non seulement partie du groupement, mais adhèrent aux conditions
fixées dans le cahier des charges. Le but est aussi d'éviter un nombre trop important d'oppositions lors
de la mise à l'enquête du cahier des charges et la découverte des conditions d'usage de la dénomina-
tion après l'enregistrement de la dénomination par des opérateurs utilisant la dénomination et qui
n’auraient pas été intégrés lors de l’élaboration du cahier des charges.
Les critères de représentativité fixés à l’art. 5 al. 1bis sont les proportions de quantité produite et de
proportion de membres ainsi que le caractère démocratique dans le groupement. La représentativité
s'examine par conséquent au niveau de chaque collège et doit prendre en compte à la fois au moins
50% des volumes de quantités produites par les membres et au moins 60% de membres du nombre
d’entreprises ou de producteurs concernés.
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Par conséquent, le groupement devra fournir des données économiques sur la filière: le nombre de
producteurs, de transformateurs, d’élaborateurs membres du groupement, les volumes qu’ils produi-
sent, le nombre d’utilisateurs de la dénomination non-membres du groupement, une évaluation de la
quantité totale de la production des membres et des non-membres ainsi que d’autres élé-
ments comme les statuts.
Le registre des AOP et des IGP permet de protéger des noms désignant des produits agricoles ou des
produits agricoles transformés ayant une origine. La dénomination à enregistrer doit donc être utilisée
et déjà présente sur le marché. A cet effet, nous vous renvoyons au chiffre 2.1.
La dénomination à protéger est le nom d’une région, d’un lieu ou d’un pays. Une dénomination
traditionnelle (non géographique), étant perçue comme une référence indirecte à un lieu géographi-
que par un usage pratiqué pendant de nombreuses années, peut être enregistrée comme AOP ou
IGP. Des exemples de dénominations traditionnelles enregistrées sont le « Sbrinz », la « Tête de Moi-
ne », la « Poire à Botzi » ou l’« Abricotine ».
Les noms génériques ne peuvent pas être enregistrés en tant qu’AOP ou IGP (art. 16 al. 3 LAgr). Ils
peuvent par contre être protégés si un élément géographique y est ajouté et que les autres conditions
liées à l’enregistrement sont remplies. Les dénominations spécifiques (viande, fromage), termes
communs descriptifs ou désignations protégées par le biais d’une autre législation (montagne
5 6
ou alpage , biologique ) peuvent composer l'AOP ou l'IGP, mais sont également exclus du champ de
protection. La protection des dénominations composées des termes susmentionnés, s’étend seule-
ment à l’association des termes de la dénomination (p. ex. Pain de seigle du Valais).
En vertu de l’art. 4a, lorsqu’une demande d’enregistrement concerne une dénomination identique à
une dénomination déjà enregistrée et que la dénomination homonyme à enregistrer donne à penser
au public que les produits sont originaires d’une autre région ou d’un autre lieu, cette dénomination ne
doit pas être enregistrée, bien qu’il s’agisse de la dénomination exacte de la région ou de la localité
dont les produits agricoles ou les produits agricoles transformés sont originaires. L’utilisation de la
dénomination homonyme enregistrée ultérieurement doit être bien différenciée de l’utilisation de la
dénomination déjà enregistrée, afin d’assurer un traitement équitable aux producteurs concernés et de
ne pas induire en erreur les consommateurs.
En vertu de l’art. 4b, les noms de produits agricoles entrant en conflit avec le nom d'une variété vé-
gétale ou le nom d'une race animale ne peuvent pas être enregistrés comme AOP ou IGP s’ils sont
de nature à induire le consommateur en erreur quant à la véritable origine du produit. Par conséquent,
le nom d’une variété végétale ou d’une race animale peut être enregistré si tout risque de tromperie
est exclu. Tel est par exemple le cas si la dénomination est homonyme d’une variété végétale ou
5
Ordonnance du 8 novembre 2006 sur les désignations «montagne» et «alpage» relatives aux produits agricoles et produits
agricoles transformés (Ordonnance sur les désignations «montagne» et «alpage», ODMA, RS 910.19)
6
Ordonnance du 22 septembre 1997 sur l’agriculture biologique et la désignation des produits et des denrées alimentaires
biologiques (Ordonnance sur l’agriculture biologique, RS 910.18)
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4.4 Prouver que la dénomination n’est pas générique (art. 4 et art. 6, al. 2, let. c)
Sont considérés comme génériques les noms de produits agricoles ou de denrées alimentaires qui se
rapportent au lieu ou à la région où ces produits ont été initialement produits ou commercialisés et qui
sont aujourd’hui devenus des noms communs pour les produits en question. Le nom géographique
est passé dans l’usage courant et caractérise une catégorie de produits identiques ne provenant pas
nécessairement de la région que le nom indique. Il s’agit par exemple des « boules de Berlin », du
« savon de Marseille » ou des « hamburgers ».
L’ordonnance précise que le groupement demandeur doit prouver que la dénomination à enregistrer
n’est pas générique. Il peut être tenu compte de tous les facteurs susceptibles d’apporter cette preu-
ve. Par conséquent, les éléments prouvant que la dénomination n'est pas générique peuvent être des
définitions du produit (dictionnaires, manuels techniques etc.), des jugements de tribunaux, des ac-
cords internationaux relatifs à la protection des indications de provenance, des enquêtes auprès des
consommateurs, le volume des imitations, les références utilisées sur l'étiquetage et dans la publicité
ou tout autre élément pertinent.
4.5 Prouver que le produit provient de l’aire géographique : dossier historique (art. 6, al. 2,
let. d)
Il s’agit de décrire l’histoire du produit afin de démontrer son existence historique dans l’aire géogra-
phique revendiquée. Les éléments clés de l’histoire du produit permettent d'apporter la preuve de
l'usage du nom et de la notoriété du produit. La reconnaissance d’une AOP ou d’une IGP ne vise pas
à créer de nouvelles dénominations, mais à reconnaître l’existence d’un produit vendu sous une cer-
taine dénomination. Il n’y a pas un nombre minimal d’années exigées exprimant l’antériorité, les pro-
duits de création récente ne sont toutefois pas susceptibles d’être reconnus en tant qu’AOP ou IGP.
Les premières utilisations du nom, accompagnées dans la mesure du possible, des premières des-
criptions du produit et, le cas échéant, de la méthode de transformation seront ainsi des éléments
d’information particulièrement utiles à l’examen du dossier. On favorisera les citations et les référen-
ces littéraires qui permettent d'ancrer historiquement le produit au lieu, notamment dans sa dimension
de savoir-faire humain. Si elles sont pertinentes, les références bibliographiques seront jointes en
annexe au dossier. En l'absence de références écrites (documents commerciaux, éléments de la litté-
rature ou de la gastronomie, documents ethnologiques, étiquettes actuelles ou anciennes, etc.), il est
possible de citer des témoignages oraux.
Par traçabilité du produit on entend le système permettant de suivre le produit de la production jusqu'à
la commercialisation. Le cahier des charges définit une zone et, selon la définition de l'AOP ou de
l'IGP, il faudra apporter les preuves de l’endroit où ont lieu les différentes phases de production, de
transformation et d’élaboration:
- pour les produits transformés : l’origine des matières premières (répartition entre celles provenant
de la zone et hors de la zone) et le lieu de transformation;
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4.7 Apporter les éléments de la typicité du produit liée au terroir (art. 6, al. 2, let. e)
Selon la définition de l'AOP, il doit exister un lien objectif et très étroit (« essentiellement » ou « exclu-
sivement »; art. 2 al. 1, let. b) entre la qualité du produit et son origine géographique au sens large du
terme, à savoir les facteurs humains (savoir-faire, usages et savoirs culturaux anciens et constants,
ancrage social et local du produit dans son aire de production) et naturels (données géopédologiques,
conditions orographiques ou climatiques, facteurs édaphiques). Le lien au terroir est multiple et varie
selon les produits. Pour une demande d'AOP, il convient de décrire avec précision ce qui fonde la
relation entre le terroir et la typicité du produit aux différentes étapes de la production, de la transfor-
mation et de l’élaboration. Il est indispensable de démontrer l’effet du facteur naturel sur la qualité et
les caractères du produit. Il faut donc déterminer en quoi le produit se distingue des produits similaires
et apporter les preuves objectives et mesurables. Pour l'IGP, cette caractéristique ne doit pas être,
comme pour l'AOP, prédominante ou exclusive, mais elle autorise un lien objectif plus souple.
7
Par terroir , on entend les ressources et les contraintes spécifiques à la zone géographique, dans les
aspects physiques (facteurs naturels) et humains (savoir-faire). Le terroir représente l'interaction réci-
proque de ces deux facteurs construite au cours du temps.
Par typicité, on entend toute caractéristique objective ou subjective permettant la distinction du produit
au sein de sa famille de référence et renvoie à la fois aux caractéristiques du produit final, aux prati-
ques liées à la production des matières premières, la transformation et l’élaboration du produit, et à la
représentation socio-culturelle qu’ont les producteurs et les consommateurs du produit.
A titre d'illustration voici quelques exemples d’éléments constitutifs de la typicité d’un produit:
L’aire géographique liée à la dénomination est délimitée en fonction du lien au terroir. L’aire géogra-
phique doit être homogène et cohérente. La cohérence de la taille de l’aire géographique et de sa
dispersion géographique sont des éléments importants qui peuvent être éliminatoires pour l’obtention
de la protection. Si l’aire géographique comprend tout le territoire d’un pays, le groupement deman-
7
Etude de l’EPFZ-IER «Le lien au terroir »
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4.8 Décrire les méthodes locales, loyales et constantes (art. 6, al. 2, let. f)
La description des méthodes locales, loyales et constantes est un élément facultatif, car elle n'est
requise que dans le cas où de telles méthodes existent. L'élément essentiel consiste à démontrer que
les éléments constitutifs de la typicité ont été consacrés par l'usage. Par usage, on entend un usage
collectif ou potentiellement collectif du nom portant sur un produit déterminé, aux caractéristiques
précises et reconnues par les producteurs, les transformateurs, les élaborateurs et les consomma-
teurs. Lorsque la méthode actuelle diffère de ces méthodes sur des éléments centraux, il y a lieu de
justifier cette évolution par exemple par des arguments technologiques ou de santé publique.
Les éléments du résumé sont les suivants: le nom, l’adresse et la composition du groupement de-
mandeur, le nom du produit, la protection demandée, le type de produit dont il s’agit, la preuve de la
représentativité du groupement demandeur, la preuve que la dénomination n’est pas générique, le
dossier historique, la typicité du produit liée au terroir, la description des méthodes locales, loyales et
constantes, les éléments principaux du cahier des charges (l’aire géographique, la description du pro-
duit et de ses principales caractéristiques, la description de la méthode d’obtention du produit,
l’organisme de certification, l’étiquetage et la traçabilité).
Le résumé est le document qui sera publié dans la FOSC dans le cadre de la mise à l’enquête.
Le cahier des charges est l'élément principal de la demande. Il constitue l'aboutissement du consen-
sus trouvé entre les professionnels de la filière sur la définition de leur produit. Il joue en effet un rôle
important étant donné qu’il devra être respecté par toute personne souhaitant utiliser la dénomination
une fois qu’elle sera enregistrée. Il reflète les spécificités du produit par rapport à un produit de base
qui répond aux exigences de la législation sur les denrées alimentaires.
Le cahier des charges est descriptif. Chacun de ces éléments doit être contrôlable par les organismes
de certification. En outre, il n'est pas possible de prévoir des délégations de compétence en faveur du
groupement demandeur par le biais du cahier des charges. La typicité liée au terroir telle qu'elle est
présentée dans le dossier de demande doit être reprise de manière cohérente dans la formulation du
cahier des charges, notamment pour les points « description du produit », « méthode d'obtention » et
« aire géographique ».
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Nous vous invitons également à consulter notre Home page concernant le registre et sur lequel se
trouvent les dénominations enregistrées ainsi que leur cahier des charges, leur aire géographique et
leur résumé respectifs.
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http://www.blw.admin.ch/themen/00013/00085/00094/index.html?lang=fr
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Le nom du produit comprend l'appellation d'origine ou l'indication géographique définie au chiffre 4.3.
Dans sa demande, le groupement doit préciser quels sont les termes (ou association de termes) pour
lesquels la protection est demandée.
L’aire géographique liée à la dénomination est délimitée en fonction du lien au terroir (cf. chiffre 4.7).
L'aire géographique sera définie selon les découpages politiques existants, la plus petite unité étant la
commune. On évitera des aires non cohérentes et des chevauchements non justifiés par la tradition.
La délimitation correspondra donc à une liste de communes et/ou de districts et/ou de cantons. L'ex-
clusion de communes à l'intérieur d'une aire cohérente n'est pas possible. A cet effet, lorsqu’un canton
est mentionné dans l’aire géographique, il y a lieu de tenir compte des enclaves. La délimitation de la
zone revendiquée sera également argumentée en liaison étroite avec la spécificité du produit si des
productions existent aussi en dehors de la zone proposée par le groupement.
Lorsque des regroupements de communes ou de districts appartenant à l’aire géographique ont lieu
après l’enregistrement d’une AOP ou d’une IGP, ce sont les limites de l’aire géographique au moment
de l’enregistrement qui font foi. L’aire géographique ne peut donc pas augmenter ni diminuer par
l’effet de fusions de communes ou de districts. Ces modifications sont à rectifier dans le cadre d’une
modification de cahier des charges.
La description du produit doit comprendre les matières premières, les principales caractéristiques
physiques (pH, forme, poids, aspect, consistance), chimiques (présence/absence d’additifs, de rési-
dus), microbiologiques (utilisation de tels ou tels ferments, présence de germes) et organoleptiques
(arôme, saveur, texture, couleur, profil visuel et sensoriel) du produit. Doit également faire l’objet d’une
description, la présentation elle-même du produit, c’est-à-dire qu’il convient d’indiquer si la protection
est demandée sur le produit frais ou transformé, entier ou découpé, conditionné ou non. Ceci permet
au demandeur de déterminer à partir de quel stade de transformation et/ou jusqu’à quel stade de
transformation le produit présente les caractéristiques de l’appellation d’origine, resp. de l’indication
géographique.
Les dispositions horizontales du droit fédéral, telles que la législation sur les denrées alimentaires ne
doivent pas être reprises dans le cahier des charges, étant donné qu’elles sont de toute manière obli-
gatoires.
Le descriptif du produit doit amener à montrer les spécificités conférées au produit par son origine,
c’est-à-dire les caractéristiques permettant de le distinguer objectivement d’autres produits de même
catégorie. Cette partie doit être détaillée car il s’agit d’une composante essentielle de l’AOP, resp. de
l’IGP. En outre, la description précise du produit faisant l’objet de la demande est importante, car elle
conditionne la protection que l’on pourra offrir au nom du produit.
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Les méthodes de fabrication ou d’obtention du produit, lorsqu’elles sont reconnues, doivent faire
l’objet d’une description précise de manière à ce que tout producteur se conformant à la description
de la méthode d’obtention puisse être à même d’obtenir le produit. Cette description doit contribuer à
identifier la personnalité du produit. Ainsi, la description des méthodes d’obtention doit contenir le
descriptif des techniques mises en œuvre ainsi que les critères de qualité du produit final, en mettant
en évidence les particularités liées au produit.
Comme cela a été susmentionné, les contraintes liées à des dispositions obligatoires d'autres lois ou
ordonnances fédérales, ne feront pas partie de cette description, car celles-ci devront de toute maniè-
re être respectées.
En cas de contradiction entre le cahier des charges et la législation sur les denrées alimentaires, la
dernière - sur la base de l’art. 14 al. 3 LAgr - prime dans ce cas. Les différences sont à rectifier dans
le cadre d’une modification de cahier des charges.
Un système de protection tel que prévu pour les AOP et les IGP n’est crédible que si l’ensemble des
contraintes que se fixent les professionnels est contrôlé. C’est pourquoi tout utilisateur d’une dénomi-
nation protégée doit confier à un organisme de certification le contrôle de la production, de la trans-
formation et de l’élaboration du produit (art. 18).
L'organisme de certification doit être accrédité selon l'ordonnance sur l'accréditation et la désignation
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pour le produit correspondant (art. 19) . Pour chaque dénomination pour laquelle ils exercent le
contrôle, les organismes de certification doivent être au bénéfice de l’extension du champ
d’accréditation pour le produit en question. Il peut être public ou privé. Cette ordonnance prévoit l'ac-
créditation selon la norme européenne SN EN 45011 (critères généraux concernant les organismes
de certification procédant à la certification des produits). Pour être accrédité, l'organisme de certifica-
tion doit d’une part remplir les conditions de cette norme et d’autre part posséder dans son champ
d’accréditation le cahier des charges du produit certifié. Son rôle est de délivrer des certificats de
conformité qui attestent que le produit, dûment identifié, est conforme au cahier des charges et peut
donc porter la dénomination protégée.
Dans ce contexte, il importe de définir clairement les points de contrôle et les exigences relatives au
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mode et à la fréquence des contrôles . La traçabilité du produit et les marques de conformité appo-
sées sur le produit doivent également être définies. Le groupement demandeur fournira une attesta-
tion de l'organisme de certification assurant que le système de traçabilité et les points de contrôle sont
à première vue cohérents.
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Ordonnance du 17 juin 1996 du sur le système suisse d’accréditation et la désignation de laboratoires d’essais et
d’organismes d’évaluation de la conformité, d’enregistrement et d’homologation, RS 946.512
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Ordonnance du DFE du 11 juin 1999 sur les exigences minimales relatives au contrôle des appellations d’origine et des
indications géographiques protégées (Ordonnance sur le contrôle des AOP et des IGP), RS 910.124
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Les éléments spécifiques de l'étiquetage concernent avant tout les marques de traçabilité avec l'indi-
cation de l'organisme de certification. En cas de consensus dans l'ensemble de la filière, cette disposi-
tion peut être également utilisée pour harmoniser la taille, le graphisme, voire le logo de la dénomina-
tion protégée.
Il y a lieu de signaler que depuis l’introduction d’un nouvel article 16a de l’ordonnance sur les AOP et
les IGP, il est obligatoire de faire figurer sur l’étiquetage des produits bénéficiant d’une dénomination
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protégée la mention « appellation d’origine protégée », « appellations d’origine contrôlée », resp.
« indication géographique protégée » ou l’abréviation correspondante (AOP, AOC, IGP). Cette obliga-
tion a pour but de mieux faire connaître aux consommateurs ce type de protection et les garanties qui
y sont attachées, de rendre l’identification sur le marché des produits bénéficiant de cette protection
plus aisée et d’en faciliter les contrôles. Par conséquent, il n’est plus nécessaire de le spécifier dans le
cahier des charges. Pour ce qui est des dénominations étrangères enregistrées en vertu de l’art. 8a,
al. 2 de l’ordonnance sur les AOP et les IGP, nous vous renvoyons au chiffre 6.
Le groupement doit dans ce cas justifier que le conditionnement doit avoir lieu dans l’aire géographi-
que délimitée afin de sauvegarder la qualité du produit et d’assurer la traçabilité et le contrôle.
Le groupement demandeur a la possibilité de décrire la forme distinctive du produit si elle existe. C’est
le cas si le produit dans sa forme (aspect extérieur, caractéristiques physiques) se distingue fortement
des autres produits comparables. A titre d’exemple, on peut mentionner l’AOP « Tête de Moine » qui
présente une forme distinctive par rapport aux autres fromages. Le cas échéant, tout recours à la
forme distinctive du produit pour un autre produit qui ne remplit pas les exigences du cahier des char-
ges pourra tomber sous l’art. 17 al. 3 let. c.
L’ordonnance sur les AOP et les IGP permet l’enregistrement de dénominations concernant des aires
géographiques de pays tiers.
Une telle demande d’enregistrement doit répondre aux mêmes conditions que celles requises pour les
dénominations suisses: dépôt de la demande d’enregistrement par un groupement représentatif,
preuve que la dénomination n’est pas générique, consultation de la Commission des AOP et des IGP
et des autorités fédérales concernées, décision et publication du résumé de la demande dans la
FOSC. En outre, une telle demande ne peut être introduite que si la dénomination est protégée dans
son pays d’origine (al. 1). Sur la base du principe de territorialité, la protection octroyée aux dénomina-
tions étrangères se limite au territoire de la Suisse. Un groupement représentatif d’un produit portant
une dénomination étrangère peut donc demander auprès de l’OFAG à ce que la dénomination soit
protégée en Suisse. Finalement, les dénominations étrangères doivent - comme les dénominations
suisses - être conformes au droit suisse.
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La mention « appellation d’origine contrôlée » resp. son abréviation « AOC », issue des appellations viticoles, est souvent
préférée à celle d’AOP, moins connue. Les deux mentions sont synonymes et désignent le même type de protection. C’est
pourquoi, l’une ou l’autre mention doit figurer sur l’étiquetage des produits.
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Les demandes sont à déposer par le groupement demandeur, soit directement à l’OFAG, soit par le
biais de l’autorité nationale du pays tiers dans une des trois langues officielles (français, allemand,
italien). L’OFAG peut ordonner des traductions resp. la transcription de la dénomination en caractères
latins (al. 3 et 4).
Il ressort de l’al. 5 que les cantons ne sont pas consultés sur de telles demandes.
Les critères fixés dans les cahiers des charges lors de l'enregistrement d'une dénomination ne sont
pas forcément définitifs et ils peuvent être modifiés à la demande des filières lorsqu'elles le jugent
nécessaire. Toutefois, une demande de modification de cahier des charges ne constitue pas une sim-
ple formalité. En effet, les modifications du cahier des charges, à l’exception de celles touchant aux
organismes de certification, font l’objet de la même procédure que celle prévue pour les enregistre-
ments.
Par conséquent, la procédure est souvent très longue vu que les exigences requises doivent corres-
pondre aux conditions fixées par la base légale et être suivies par l'ensemble des acteurs d'une même
filière concernés par les modifications demandées. Il s'agit donc bien d'une démarche collective et il
est important dès lors que la procédure soit bien comprise à l'intérieur de la filière. C'est pourquoi il
nous paraît utile de rappeler les principes à respecter lors d'une demande de modification de cahier
des charges:
- Toute demande de modification doit faire l'objet d'une large discussion et d’un consensus en-
tre les différents opérateurs, ceci à tous les échelons de la filière.
- Si la nature de la demande de modification vise à affaiblir le cahier des charges au point que
les critères destinés à forger la typicité du produit ne seraient plus remplis, le groupement de-
mandeur doit s’attendre à un rejet de sa demande. En effet, l’OFAG examine si de manière
générale la demande ne remet pas en question la dénomination protégée.
- Les opérateurs d'une filière ayant demandé une modification de leur cahier des charges sont
soumis au respect du cahier des charges en vigueur tant que la modification n'est pas entrée
en force de chose jugée, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été inscrite dans le registre des appella-
tions d'origine et des indications géographiques. La mise en pratique des modifications de-
mandées avant leur enregistrement risque d'entraîner la notification de non-conformités par
l'organisme de certification et d’être signalée comme irrégularité auprès de l’OFAG et des
chimistes cantonaux compétents, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives pour les
opérateurs concernés pouvant aller jusqu'au retrait de la certification.
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L’ordonnance sur les AOP et les IGP prévoit la possibilité de radier une dénomination, soit sur de-
mande, soit d’office si le respect du cahier des charges de la dénomination protégée n’est plus assuré
pour des raisons justifiées. La radiation d’office ne devrait s’effectuer que pour des raisons dûment
justifiées, c’est-à-dire dans des situations exceptionnelles.
Dans le cadre de cette procédure, l’OFAG consulte au préalable les autorités cantonales et fédérales
concernées ainsi que la Commission des AOP et des IGP et entend les parties en vertu de l’art. 30a
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de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative .
Seuls les produits dont les caractéristiques typiques tirent leur origine de la région de production peu-
vent bénéficier d’une AOP. C’est pourquoi, l’OFAG a développé pour les AOP fromagères cinq critè-
res se basant sur la tradition suisse. Afin de prétendre à une AOP, ces éléments qui font partie des
éléments clés constituant la typicité des fromages suisses doivent être remplis.
Pour les fromages à pâte mi-dure, dure et extra-dure, la distribution d’ensilage aux vaches laitières a
toujours été proscrite en raison de la présence de bactéries butyriques dans le fourrage pouvant pro-
voquer le gonflement des fromages. L’affouragement sans ensilage relève donc de pratiques cons-
tantes dans les exploitations livrant leur lait pour la production de fromage. De plus, l’influence du
facteur naturel se traduit par la diversité des herbages de l’aire géographique dont on a reconnu
scientifiquement les effets sur les caractéristiques sensorielles du lait, du beurre et du fromage.
L’ensilage d’herbe qui se fait par des coupes précoces, contrairement à la récolte de foin séché qui
atteint généralement une certaine maturité, entraîne une perte de la diversité floristique des prairies.
Le travail rapide du lait à l’état frais lui garantit une meilleure qualité et la conservation de lait cru au-
delà de 24 heures comporte un risque accru de développement de bactéries ou de germes nuisibles à
la production du fromage.
Pour chaque type de fromage il existe des cultures spécifiques qui contribuent à la typicité du produit.
- Lait cru pour les pâtes mi-dures, dures et extra-dures et thermisé pour les pâtes molles et fraî-
ches
La flore native du lait est étroitement liée au milieu géographique et garantit ainsi une qualité senso-
rielle du lait et donc du fromage en relation avec le terroir de l’aire géographique. Faire subir un trai-
tement thermique ou mécanique au lait avant sa fabrication détruirait la flore microbienne du lait ce qui
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PA, RS 172.021
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Les conditions d’affinage des fromages ont une grande influence sur son goût et ses arômes. Afin de
pouvoir exprimer ses caractéristiques spécifiques, chaque type de fromage doit avoir atteint sa maturi-
té qui dépend de la durée de son affinage. Par exemple, un fromage à pâte mi-dure peut avoir atteint
son potentiel organoleptique à partir de deux mois déjà alors qu’un fromage à pâte extra-dure devra
mûrir au moins 24 mois avant d’être consommé.
Pour le fromage d’alpage les critères supplémentaires suivants sont exigés pour une AOP:
Ce principe vise à garantir une qualité de lait optimale à une période qui peut atteindre de fortes cha-
leurs. La combinaison du transport de lait sur de longues distances, souvent sur des chemins caho-
teux, avec la chaleur de l’été peut en effet endommager les molécules grasses du lait et provoquer
des problèmes de transformation et de modification du goût du fromage.
- Ecrémage naturel
Le stockage du lait du soir dans des bacs provoque une montée naturelle de la crème et il est plus
aisé de la prélever de manière naturelle.
10 Période transitoire pour les produits non conformes au cahier des charges (art. 17a)
Les produits agricoles et les produits agricoles transformés qui ne remplissent pas les conditions liées
à l’utilisation d’une AOP ou d’une IGP enregistrée, mais qui étaient commercialisés légalement au
moins cinq ans avant la publication de la demande d’enregistrement peuvent encore être fabriqués,
conditionnés et étiquetés selon l’ancien droit pendant deux ans à compter de la date de publication de
l’enregistrement. Ils peuvent encore être commercialisés pendant trois ans à partir de cette date.
L’ancien art. 17a qui prévoit une période transitoire de cinq ans est applicable aux dénominations,
er
pour lesquelles le délai transitoire n’est pas échu au 1 janvier 2008.
Lorsque le cahier des charges est modifié selon l’art. 14, al. 1, les produits agricoles et les produits
agricoles transformés peuvent encore être fabriqués, conditionnés, étiquetés et commercialisés selon
l’ancien droit pendant deux ans à compter de la date de la publication des modifications.
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12 Adresses utiles
- SECO, Service d'accréditation suisse, CH-3003 Berne; tél. : +41(0)31/323 35 11, fax :
+41(0)31/323 35 10.
Annexes :
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2. Nom du produit
3. Protection demandée
4. Type de produit
7. Elements historiques
a) Aire géographique
b) Description du produit et principales caractéristiques
c) Description de la méthode d'obtention du produit
d) Organismes de certification
e) Étiquetage et traçabilité
Article 7 Production
Article 8 Affinage/Séchage/Salage/Récolte
Article 11 Classification
Article 12 Traçabilité
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