0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
442 vues561 pages

Cours de Maths - Blaise Pascal

Transféré par

Daniel Alex Goly
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
442 vues561 pages

Cours de Maths - Blaise Pascal

Transféré par

Daniel Alex Goly
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Calculs élémentaires

Srinivâsa Aiyangâr Râmânujan 1887–1920

Table des matières


1 Ensembles de nombres 2

2 Calculs dans R 2
2.1 La somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Le produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Les puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Inégalités 8

4 Calculs algébriques 9
4.1 Binome de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Factorisation simpli…cation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3 Résolution d’équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

5 Corrigé des exercices 12

1
CALCULS ÉLÉMENTAIRES 2

1 Ensembles de nombres
L’ensemble des entiers naturels N = f0; 1; 2; 3; g.
L’ensembles des entiers relatifs Z = f ; 3; 2; 1; 0; 1; 2; 3; g.
L’ensemble des entiers de p à q se note fp; ; qg et il a q p + 1 éléments.
L’ensemble des rationnels Q = fp=q où (p; q) 2 Z Z g
L’ensembles des nombres R.
On a : N Z Q R.
L’ensemble des nombres décimaux D = fx 2 Q=9n 2 Z; x 10n 2 Zg.
Par exemple 1=3 2 Q et 1=3 2 = D par contre 1=4 2 D en e¤et 1=4 100 = 25.

Théorème - Dé…nition : Pour tout nombre décimal x il existe un nombre décimal


a 2 [1; 10[ et un nombre entier relatif n tel que

x=a 10n

C’est la notation scienti…que de x.

Exercices :
1. Quel temps met la lumière pour nous parvenir du soleil ?
2. Calculer la surface cultivable par individu si l’on distribue les surfaces cultivables sur la terre
équitablement entre tous les êtres humains vivants sur la planète.
3. Contrôler cette a¢ rmation ”En terme de masse, un électron est à une pastèque, ce qu’une
pastèque est au soleil ”.

p
Proposition : Le nombre 2 est un réel non rationnel.
p
Supposons qu’il existe (p; q) 2 Z Z tel que p=q = 2 où la fraction p=q est irréduc-
tible alors p2 = 2 q 2 . On en déduit que p2 est pair et donc p est pair et il existe k 2 Z
tel que p = 2k d’où 4k 2 = 2q 2 et 2k 2 = q 2 et donc q est pair ce qui est en contradiction
avec l’hypothèse p=q est irréductible.

2 Calculs dans R
2.1 La somme

Par dé…nition l’addition a les propriétés suivantes :

Propriétés : Pour tout a; b; c 2 R

Commutativité : a + b = b + a
Associativité : (a + b) + c = a + (b + c)
Élément neutre : a + 0 = a
Opposé : 8a 2 R 9!b 2 R a + b = 0 et on note b = a

Commentaires :
– L’opposé de 2 est ( 2) = 2 et a n’est pas toujours négatif.
– On note :
a b = a + ( b)
et la soustraction n’existe pas. On ajoute l’opposé.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 3

– On a
(a b) = b a
– Il ne faut pas confondre opposé et inverse.

Dé…nitionP: Soit I un ensemble …ni et (xi )i2I une famille de réels indexés par I.
On note : i2I xi la somme des éléments de la famille (xi )i2I :
Si I = fp; ; qg, on note
Xq
xi
i=p

On peut en particulier e¤ectuer des changements d’indices.

Exemples :
n
X n
X1 n
X n
X1
xi = xj+1 ou xi = xn j
i=1 j=0 i=1 j=0

Proposition : Pour tout n 2 N


n
X n
X
n (n + 1) n (n + 1) (2n + 1)
k= et k2 =
2 6
k=1 k=1

Exercice : Calculer
n
X1 n
X1
3
(k + 1) k3
k=0 k=0

et en déduire
n
X1
k2
k=1

Proposition : Pour tout n 2 N et pour tout x 2 R f1g


n
X xn+1 1
xk =
x 1
k=0

Exercices :

P
1. Ecrire avec le signe les expressions suivantes
1 1 1 1
(a) 1 2 + 2 3 + 3 4 + + 2011 2012 .
1 2
(b) n + n + + 1 ; n12 + 2
n2 + + n1
(c) f 1 + n1 + f 1 + n2 + + f (2) :
2. Comparer
Pn Pn Pn 1
Pn 1
Pn Pn 1
(a) k=0 k et k=0 n (c) k=1 k et k=1 n (b) k=1 kxk 1
et k=0 (k + 1) xk

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 4

3. Véri…er que pour tout x 2 R f1g


n
X
(x 1) xk = xn+1 1
k=0

En déduire que pour tout x 2 R f1g


n
X xn+1 1
xk =
x 1
k=0

4. Véri…er que
Pn n
k=0 xk (n + 1) X xk 1
=
x 1 x 1
k=1

5. Calculer
P2015 1
P2015 1
(a) i=1 i(i+1) (b) i=1 ln 1 + i

6. Montrer que
n n
!2
X X
3
k = k
k=1 k=1

Si I = fm; ; ng fp; ; qg, on note


X
xi;j
m i n
p j q

Remarquons :
X X n
n X n X
X n
xi;j = xij = xij
1 i n i=1 j=1 j=1 i=1
1 j n

Exercices :

1. Montrer !2
n
X n
X X X
xi x2i = xi xj = 2 xi xj
i=1 i=1 i6=j 1 i<j n
Pn
2. Soit (xi )i2f1; ;ng tel que i=1 xi = 1. Calculer
X
xi xj
1 i;j n

3. Calculer les sommes doubles suivantes :


P
(a) ji jj
P1 i;j n
(b) 1 i j n ij
P i
(c) 1 i<j n j

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 5

2.2 Le produit
Par dé…nition la mutiplication a les propriétés suivantes :

Propriétés : Pour tout a; b; c 2 R

Commutativité : ab = ba
Associativité : (ab) c = a (bc)
Élément neutre : a 1 = a
Distributivité : a (b + c) = ab + ac
Inverse : 8a 6= 0 9!b 2 R ab = 1 et on note b = 1=a

Proposition : Pour tout a 2 R


a 0=0
et réciproquement si le produit de deux nombres est nul alors l’un au moins est nul.

a b = 0 () a = 0 ou b = 0

En e¤et a (0 + 0) = a 0 = a 0 + a 0 d’où a 0 = 0:
La deuxième proposition tient au fait que si a 6= 0 alors a admet un inverse et

1=a (ab) = 0 = (1=a a) b = 1 b=b

et donc b = 0.

Commentaires :

L’inverse de 3 est 1=3: C’est aussi le quotient de 1 par 3 car 1 3 = q () q 3=1


1
Le nombre 0 n’a pas d’inverse. En e¤et, si le nombre 1=0 existait alors 0 0 = 1 or
0 b = 0 pour tout nombre réel b:
Soit b 6= 0, le nombre a (1=b) est tel que
1 1
a b=a b =a
b b
c’est aussi le quotient de a par b puisque a b = q =) q b = a et on note :
1 a
a =
b b
et donc la division n’existe pas, on multiplie par l’inverse.

L’inverse de a=b est b=a en e¤et


a b 1 1 1 1
= a b =a b =1
b a b a b a
Exemple :
2
3 2 3 1 1 2
5 = =2 3 =
3
3 5 3 5 5
Pour tout c 6= 0 et b 6= 0 on a :
ac a
=
bc b
Par contre en général on a
a+c a
6=
b+c b
Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 6

1. Trouver les conditions nécessaires et su¢ santes pour que l’on ait :
a+c a
=
b+c b
2. Montrer que pour tout b 6= 0 et d 6= 0 on a
a c a+c
= =
b d b+d
Pour diviser par 5; par exemple
13 26
= = 2; 6
5 10
Pour multiplier par 11 un nombre entier de deux chi¤res
13 11 = 1 (1 + 3) 3 = 143
29 11 = 2 (2 + 9) 9 = (2 + 1) 19 = 319

Dé…nitionQ: Soit I un ensemble …ni et (xi )i2I une famille de réels indexés par I.
On note : i2I xi le produit des éléments de la famille (xi )i2I :
Si I = fp; ; qg, on note :
Yq
xi
i=p

Exemple :
n
Y
i = n!
i=1

Exercices :

1. Calculer
n
Y 1
1+
i=1
i
2. Montrer Qn
i=0 (2i + 1) (2n + 1)!
Qn = 2
i=1 2i 22n (n!)
3. Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2n sin 2n
k=1

4. Calculer
n
Y 1
1
k2
k=2

5. On note
n n!
=
k k! (n k)!
Montrer
n n n+1
+ =
k k+1 k+1
6. Soit f une fonction numérique non nulle de R dans R telle que
8 (a; b) 2 ]0; +1[ f (a b) = f (a) + f (b)
(a) Montrer que f (1) = 0 et en déduire 8a 2 ]0; +1[ f (1=a) = f (a) :
(b) Montrer que l’on ne peut pas prolonger f en 0.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 7

2.3 Les puissances


Dé…nition : Pour tout a 2 R et pour tout n 2 N

an = a a a
| {z }
n

En particulier, 1n = 1, 0n = 0, 8a 2 R, a1 = a et par convention :

8a 2 R ; a0 = 1

Pour tout a 6= 0 on note


1 1
=a
a
et plus généralement
n
n 1
8a 2 R et 8n 2 N; a =
a
On retiendra :
112 = 121
23 =8
122 = 144 0 6
2 =1 2 = 64 33 = 27
132 = 169 1 7
2 =2 2 = 128 43 = 64
142 = 196 2 8
2 =4 2 = 256 53 = 125
152 = 225 3 9
2 =8 2 = 512 63 = 216
162 = 256 4 10
2 = 16 2 = 1024 73 = 343
172 = 289 5 11
2 = 32 2 = 2048 83 = 512
182 = 324
93 = 729
192 = 361
et les règles de calcul avec les puissances
an an 1
an am = an+m am = an m
am = am n
n an n
an bn = (ab) bn = ab
m n mn
(a ) = a

n2 n
Exercice : Calculer 2n+1 2n pour tout entier n. De même avec ( 1) ( 1) pour
tout entier n.

Théorème - Dé…nition : Pour tout a 2 R+ pour tout n 2 N ; il existe un et un seul


b 2 R+ et
bn = a
On note p
b= n
a = a1=n
p
3
p
4
p
Exemples : 8 = 2; 4= 2:

Exercices :
2
1. Montrer que pour tout (a; b) 2 (R+ )
r p
p
n p p
n a n
a
n n
ab = a b et = p
n
b b

En déduire p p p
8 (p; q) 2 Z N q
ap = q
a = ap=q
2. Par quoi faut-il multiplier 44 pour obtenir 88 ?
3. Existe-t-il des entiers n tels 28 + 211 + 2n soit un carré parfait ?
4. Comparer les entiers 52004 et 32004 + 42004 .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 8

5. Trouver n tel que 9n + 9n + 9n = 32011 :


6. Trouver le plus petit nombre décomposable en somme de deux cubes de deux manières dif-
férentes. C’est ce qu’on appelle les nombres de Râmânujan1 . (On pourra faire un programme
en python par exemple)

Dé…nition : Pour tout a 2 R+ pour tout x 2 R; on dé…nit

ax = ex ln a
p p
2 2 ln 2
Exemples : 2 =e ' 2: 665 144 143

Exercice : Montrer qu’il existe deux irrationnels a; b tels que ab soit rationnel.

3 Inégalités

Dé…nition : Comparer deux nombres, c’est étudier le signe de leur di¤ érence.

Proposition : Si x; y; z; t et a sont quatre réels alors

8z 2 R, x y =) x + z y + z
8a 2 R et a 0; x y =) ax ay
x y et z t =) x + z y + t

Propositions :
Soit deux nombres réels a et b : si ab > 0 alors a et b sont de même signe, si ab < 0
alors a et b sont de signe contraire.
Le signe de ab et de ab sont les mêmes (b 6= 0):
Si 0 < a < b alors
1 1
0 < <
b a
0 < a2 < b2
p p
0 < a< b
p
Si 1 < a alors 1 < a < a < a2 < a3 etc...
p
Si 0 < a < 1 alors 0 < a3 < a2 < a < a < 1.

Exercices :
p
1. Soit x = 0; 99 9. Quel est le 2018ieme chi¤re après la virgule de x?
| {z }
2018
1 Né en Inde, dans une famille de brahmanes pauvre et orthodoxe, il était autodidacte et resta toujours très

autonome. Il publia plusieurs articles dans les journaux mathématiques indiens et tenta alors d’intéresser les ma-
thématiciens européens à son travail par des lettres qu’il leur envoyait. Une lettre de 1913 à Godfrey Harold Hardy
contenait une longue liste de formules et de théorèmes sans démonstration. Hardy considéra tout d’abord cet envoi
inhabituel comme une supercherie, puis – interpellé par l’étrangeté de certains théorèmes – en discuta longuement
avec John Littlewood pour aboutir à la conviction que son auteur était certainement un « homme de génie » . Hardy
lui répondit et invita Ramanujan à venir en Angleterre ; une collaboration fructueuse, en compagnie de Littlewood,
en résulta.
Tourmenté toute sa vie par des problèmes de santé, Ramanujan vit son état empirer en Angleterre ; il retourna en
Inde en 1919 et mourut peu de temps après à Kumbakonam (à 260 km de Madras) à l’âge de 32 ans. Il laissa derrière
lui des livres entiers de résultats non démontrés (appelés Cahiers de Ramanujan) qui continuent d’être étudiés au
début du xxie siècle.
Hardy rapporte l’anecdote suivante : « Je me souviens que j’allais le voir une fois, alors qu’il était malade, à
Putney. J’avais pris un taxi portant le numéro 1729 et je remarquai que ce nombre me semblait peu intéressant,
ajoutant que j’espérais que ce ne fût pas mauvais signe. Non, me répondit-il, c’est un nombre très intéressant : c’est
le plus petit nombre décomposable en somme de deux cubes de deux manières di¤érentes. »

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 9

2. Quel est le plus grand des nombres ?


p p p p
2 1; 3 2

3. Montrer que pour tous réels a et b positifs


a+b p
ab
2
4. Montrer que pour tous réels a et b
a+b p
p a2 + b2
2

5. Montrer que pour tout réel a on a :


4a
2
a2 +1

4 Calculs algébriques
4.1 Binome de Newton

Dé…nition : Soit (n; k) 2 N2 , 0 k n on appelle coe¢ cient binômial k parmi n et


on note nk l’entier naturel
n n!
=
k k! (n k)!

En particulier : (n; k) 2 N2 , 0 k n

n n
= =1
0 n
n n
= =n
1 n 1
n n
=
k n k

Proposition : Pour tout entier n; k tels que, 0 k n 1

n n n+1
+ =
k k+1 k+1

Exercice : A l’aide de la proposition précédente faire un tableau dans excel donnant


les premiers coe¢ cients binomiaux.

Théorème : 8n 2 N et 8 (a; b) 2 R2
n
X
n n k n k
(a + b) = a b
k
k=0

2 3
On retrouve (a + b) = a2 + 2ab + b2 ; (a + b) = a3 + 3a2 b + 3ab2 + b3

Exercices :
Pn n Pn k n
1. Calculer k=0 k = 2n ; k=0 ( 1) k

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 10

n Pn n Pn k n
2. Montrer (a + b) = k=0 nk an k bk ; (a b) = k=0 ( 1) k an k k
b :
On rappelle que pour tous réels a; b et c

(a + b) (a b) = a2 b2
2
(a + b + c) = a2 + b2 + c2 + 2ab + 2ac + 2bc
2
3. Calculer sans calculatrice (499999) + 999999:
p p
4. Le nombre 1 + 5 =2 est appelé le nombre d’or. Sachant que le nombre 1 + 5 =2 '
1:618033989 sans calculer, ni calculatrice trouver la valeur de 1=1:618033989 à 10 9 près.
5. Soit a et b deux réels positifs, montrer que
a+b p
ab
2
6. Calculer la somme
1 1 1 1
p +p p +p p + +p p
2+1 3+ 2 4+ 3 2015 + 2016

7. On véri…era que tous les carrés se terminant par 5 se calcul de la manière suivante : 252 = 625
où 6 = 2 (2 + 1) et on colle 25 ce qui donne 625: Par exemple pour 1152 comme 11 12 = 132
on a 1152 = 13225. Démontrer la règle précédente.

4.2 Factorisation simpli…cation


Théorème : Soit P un polynôme et a un réel. Si a est racine de P alors il existe un
polynôme Q tel que :
P (X) = (X a) Q (X)
Exemple : 2X 2 X 1 = (X 1) (2X + 1)

Théorème : Soit n 2 N et (a; b) 2 R2 alors


n
X1
an bn = (a b) ak bn 1 k

k=0

Exercices :
1. Donner une condition nécessaire et su¢ sante sur n entier pour que an + bn soit factorisable
par (a + b) et trouver l’expression
n
X1 k
an + bn = (a + b) ( 1) ak bn 1 k

k=0

2. Factoriser xn 1; xn + 1:
p n p p
3. Montrer que pour tout n entier, il existe un entier m tel que : 2 1 = m m 1:

4.3 Résolution d’équations


4.3.1 L’équation du second degré ax2 + bx + c = 0 où a 6= 0

Exemples :
1. x2 + x = 0 () x (x + 1) = 0 () S = f0; 1g
2. 2x2 + 3x + 1 = 0 () (x + 1) (2x + 1) = 0 () S = f 1; 1=2g
2 p p p p
3. x2 +2x 1 = 0 () (x + 1) 2 = x + 1 2 x + 1 + 2 = 0 () S = 1+ 2; 1 2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 11

n p p o
1+ 13 1 13
4. 3x2 + x 1 = 0; () S = 6 ; 6

Proposition : Soit ax2 + bx + c = 0 où a 6= 0 une équation du second degré, on appelle


discriminant de ax2 + bx + c et on note = b2 4ac
2
Si < 0 alors ax + bx + c = 0 n’a pas de solution.
Si 0 alors ax2 + bx + c = 0 admet deux solutions
p
b
x1;2 =
2a
b
Remarquons, si = 0 alors x1 = x2 = 2a :

Proposition : Soit ax2 + bx + c = 0 où a 6= 0 une équation du second degré, si 0


et que l’on note x1 et x2 les solutions alors
b c
x1 + x2 = et x1 x2 =
a a
Proposition : Soit x; y 2 R solution du sytème
x+y =
xy =
si et seulement si x; y sont solutions de
X2 X+ =0
2
Remarque : Ce système n’aura de solution que si 4 0:

Proposition : Soit ax2 + bx + c = 0 où a 6= 0 une équation du second degré, si 0


et que l’on note x1 et x2 les solutions on pourra supposer x1 x2 alors
– Pour tout x 2 [x1 ; x2 ] alors ax2 + bx + c est du signe de a:
= [x1 ; x2 ] alors ax2 + bx + c est du signe de a:
– Pour tout x 2

Exercices :
1. Simpli…ez et résoudre sans utiliser le discriminant et les formules :
p p p p p
(a) 2 2x2 4x + 2 = 0 (b) x2 + 2 2x + 2 = 0 (c) x2 2x 1+ 2=0
2. Résoudre les équations et inéquations suivantes :
(a) x x1p= 0 (b) x p1
x <1 (c) x + 1
x = 1
(a) x = 2 x2 (b) x + 1 x 0
3. Montrer que pour tout x; y 2 R
x2 xy + y 2 0
4. Déterminer 2 R tel que
x2 + xy + y 2 0
5. Résoudre
x2 y + xy + xy 2 0
6. Résoudre les systèmes suivants :
x + y = 10 x y=5
(a) (b)
xy = 24 xy = 6
x2 y 2 = 1 x2 + y 2 = 1
(c) (d)
2xy = 1 xy + y 2 = 0
+
7. Montrer qu’il n’existe qu’une et une seule valeur de y 2 R tel que pour tout x 2 R
2
y 1
x=
2y

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 12

4.3.2 Systèmes d’équations linéaires d’ordre 2


Proposition : Soit a; b; c; a0 ; b0 ; c0 2 R alors le système S

ax + by = c
a0 x + b0 y = c0

admet un unique couple solution si et seulement si

a b
det (S) = = ab0 a0 b 6= 0
a0 b0

et l’unique solution (x; y) est :

c b a c
c0 b0 cb0 c0 b a0 c0 ac0 a0 c
x= = 0 et y = =
a b ab a0 b a b ab0 a0 b
a0 b0 a0 b0

Exercices :
1. Montrer que pour tout a; b; c 2 R le système suivant admet une unique solutions

(a 1) x + ay = b
ax + (a + 1) y = c

2. Résoudre pour a 2 ] =2; =2[

x cos a + y sin a = 0
x sin a + y cos a = tan a

5 Corrigé des exercices


1. La vitesse de la lumière est 300 000 km:s 1 et la distance de la terre au soleil est environ de
1; 5 108 km. Quel temps met la lumière pour nous parvenir du soleil ?
Rép. 500 s soit un peu plus de 8 minutes.
2. Calculer la surface cultivable par individu si l’on distribue les surfaces cultivables sur la terre
équitablement entre tous les êtres humains vivants sur la planète.
Rép. La surface de la terre 51 109 hect, surface imergée 15 109 hect., surface
9
cultivable 5 10 hect. d’où environ un terrain de foot par personne.
3. Contrôler cette a¢ rmation ”En terme de masse, un électron est à une pastèque, ce qu’une
pastèque est au soleil ”.
Masse de l’éléctron : 10 30 kg:
Masse d’une pastèque : 1; 4 kg:
Masse du soleil : 2 1027 T:
Rép. Vraie
4. Calculer
n
X1 n
X1
3
(k + 1) k3
k=0 k=0

et en déduire
n
X1
k2
k=1
1
Rép. 6 n (n 1) (2n 1)
P
5. Ecrire avec le signe les expressions suivantes
P2011
(a) 1 1 2 + 2 1 3 + 3 1 4 + + 2011 1 2012 = i=1 1
i(i+1)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 13

1 2
Pn k
Pn
(b) n + n + +1= k=1 n ; n12 + + 2
+ n1 = k=1
n2
k
n2
1 2
Pn
(c) f 1 + n +f 1+ n + + f (2) = k=1 f 1 + nk
6. Comparer
Pn Pn Pn 1 Pn 1 Pn k 1
Pn 1
(a) k=0 k et k=0 n (c) k=1 k et k=1 n (b) k=0 kx et k=1 (k + 1) xk
Pn Pn Pn Pn 1
Rép : (a) k=0 k = (n+1)n
2 et k=0 n = n (n + 1) (b) k=1 kxk 1 = k=0 (k + 1) xk

7. Véri…er que pour tout x 2 R f1g


n
X
(x 1) xk = xn+1 1
k=0

En déduire que pour tout x 2 R f1g


n
X xn+1 1
xk =
x 1
k=0
Pn Pn Pn Pn+1 Pn
Rép : (x 1) k=0 xk = k=0 xk+1 k=0 xk = k=1 xk k=0 xk = xn+1 1:
8. Véri…er que
Pn n
k=0 xk (n + 1) X xk 1
=
x 1 x 1
k=1

1
Pn k
Pn Pn xk 1
Rép : x 1 k=0 x k=0 1 = k=1 x 1
9. Calculer
P2015 1
P2015 1 1 1 2015
(a) i=1 i(i+1) = i=1 i i+1 =1 2016 = 2016

P2015 Y2015
1 i+1
(b) i=1 ln 1 + i = ln i = ln 2016
i=1

n n
!2
X X
3
k = k
k=1 k=1

Rép : Par récurrence.


10. Montrer !2
n
X n
X X X
xi x2i = xi xj = 2 xi xj
i=1 i=1 i6=j 1 i<j n
P Pn 2
Rèp : (i;j)2f1; ;ng2xi xj = ( i=1 xi ) d’où ...
Pn
11. Soit (xi )i2f1; ;ng tel que i=1 xi = 1. Calculer

n
!2
X X
xi xj = xi =1
2 i=1
(i;j)2f1; ;ng

12. Calculer les sommes doubles suivantes :


P P Pn 1
(a) 1 i;j n ji jj Rép. 2 1 i<j n j i = k=1 (n k) k = 61 n (n 1) (n + 1)
P Pn k(n k+1)(n+k) 1
(b) 1 i j n ij Rép. k=1 2 = 24 n (3n + 1) (n + 1) (n + 2)
13. Calculer
n
Y n
Y
1 i+1
1+ = =n+1
i=1
i i=1
i

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 14

14. Montrer Qn Qn Qn
i=0 (2i + 1) 2i (2i + 1) (2n + 1)!
Qn = i=1 Qn i=0 2 = Qn 2
i=1 2i ( i=1 2i) 2n
2 ( i=1 i)
15. Calculer
n
Y 1 n+1
1 =
k2 2n
k=2

16. Montrer que


n
Y sin
cos =
2k 2n sin 2n
k=1
Yn Yn 1
1
Rép. Calculer sin 2n cos 2k = 2 sin 2n 1 cos 2k etc...
k=1 k=1
17. On note
n n!
=
k k! (n k)!
Montrer
n n n+1
+ =
k k+1 k+1
Rép : Réduire au même dénominateur.
18. Soit f une fonction numérique non nulle de R dans R telle que

8 (a; b) 2 ]0; +1[ f (a b) = f (a) + f (b)

(a) Montrer que f (1) = 0 et en déduire 8a 2 ]0; +1[ f (1=a) = f (a) :


Rép : f (1 a) = f (1) + f (a) = f (a) ) f (1) = 0 et f (1=a a) = f (1) = 0 =
f (1=a) + f (a) ) f (1=a) = f (a) :
(b) Montrer que l’on ne peut pas prolonger f en 0.
Rép : f (a 0) = f (a) + f (0) = f (0) ) f (a) = 0
2
19. Montrer que pour tout (a; b) 2 (R+ )
r p
p
n p p
n a n
a
n n
ab = a b et = p
n
b b
p p n p n p n
Rép : n
anb = ( n a) n
b = ab etc ...
En déduire p p p
8 (p; q) 2 Z N q ap = q a = ap=q
p p q p q p p p p
Rép : ( q a) = ( q a) = ap ) ( q a) = q ap :
20. Par quoi faut-il multiplier 44 pour obtenir 88 ? Rép : 44 = 28 ) 28 216 = 224 = 23 8
= 88 :
21. Existe-t-il des entiers n tels 28 + 211 + 2n soit un carré parfait ? Rép n = 12
1002 1002 1002
22. Comparer les entiers 52004 et 32004 + 42004 . Rép : 52 = 32 + 42 > 32 +
2 1002
4
23. Trouver n tel que 9n + 9n + 9n = 32015 : Rép : n = 1007
24. Trouver le plus petit nombre décomposable en somme de deux cubes de deux manières
di¤érentes. C’est ce qu’on appelle les nombres de Râmânujan. (On pourra faire un programme
en python par exemple)
p
p p 2
p 2 p 2
25. Montrer qu’il existe deux irrationnels a; b tels que ab soit rationnel. Rép : 2 ou 2
p
26. Soit x = 0; 99 9. Quel est le 2015ieme chi¤re après la virgule de x ? Rép : 9
| {z }
2010

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 15

27. Quel est le plus grand des nombres ?


p p p p
2 1; 3 2
p p p p
Rép : 2 1 p 1p > p 1p 3 2:
2+ 1 3+ 2
28. Montrer que pour tous réels a et b positifs
a+b p
ab
2
p p p p 2
Rép : a 2 ab + b = a b d’où ...
29. Montrer que pour tous réels a et b
a+b p
p a2 + b2
2

a+b
2 p 2
Rép : Si a + b < 0 trivial, sinon p
2
a2 + b2 :
30. Montrer que pour tout réel a on a :
4a
2
a2 +1
Rép : 0 a2 2a + 1
Pn n Pn n n Pn k n n
31. Calculer k=0 k = 2n Rép : k=0 k = (1 + 1) ; k=0 ( 1) k = (1 1) :
2
32. Calculer sans calculatrice (499999) + 999999: Rép : 250 000 000 000
p p
33. Le nombre 1 + 5 =2 est appelé le nombre d’or. Sachant que le nombre 1 + 5 =2 '
1:618033989 sans calculer, ni calculatrice trouver la valeur de 1=1:618033989 à 10 9 près.
Rép : 0; 618033989
34. Calculer la somme
1 1 1 1
p +p p +p p + +p p
2+1 3+ 2 4+ 3 2015 + 2016
p
Rép : 2016 1
35. On véri…era que tous les carrés se terminant par 5 se calcul de la manière suivante : 252 = 625
où 6 = 2 (2 + 1) et on colle 25 ce qui donne 625: Par exemple pour 1152 comme 11 12 = 132
on a 1152 = 13225. Démontrer la règle précédente.
2
Rép : (b 10 + 5) = b (b + 1) 100 + 25:
36. Donner une condition nécesssaire et su¢ sante sur n pour que an + bn soit factorisable par
(a + b) et trouver l’expression
n
X1 k
an + bn = (a + b) ( 1) ak bn 1 k

k=0

Rép : n = 2p + 1 et ...
Pn 1 k
37. Factoriser xn 1; xn + 1:Rép : xn 1 = (x 1) k=0 ( 1) xk et pour n = 2p + 1 xn + 1 =
Pn 1
(x + 1) k=0 xk :
p n p p
38. Montrer que pour tout n entier, il existe un entier m tel que : 2 1 = m m 1:
39. Simpli…ez et résoudre sans utiliser le discriminant et les formules :
p p p p p
(a) 2 2x2 4x + 2 = 0 (b) x2 + 2 2x + 2 = 0 (c) x2 2x 1+ 2=0
p p p p
Rép : (a) 1= 2 (b) S = 2 + 2; 2 2 (c) S = 2 1; 1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


CALCULS ÉLÉMENTAIRES 16

40. Résoudre les équations et inéquations suivantes :

(a) x x1p= 0 (b) x p1


x <1 (c) x + 1
x = 1
(a) x = 2 x2 (b) x + 1 x 0
1
p 1
p
Rép : (a) S = f 1; 1g (b) S = 1; 5+ [ 0; 12 5 + 1
(c) S = ;
1
p 1
2 2 2
Rép : (a) S = f1g (b) S = 2 5 2; 1
41. Montrer que pour tout x; y 2 R
x2 xy + y 2 0
Rép. = y2 4y 2 = 3y 2 0:
42. Déterminer 2 R tel que pour tout x; y 2 R

x2 + xy + y 2 0

Rép. 2 [ 2; 2] :
43. Résoudre
x2 y + xy + xy 2 0
Rép. xy (x + y + 1) 0:
44. Résoudre les systèmes suivants :

x + y = 10 x y=5
(a) (b)
xy = 24 xy = 6
x2 y 2 = 1 x2 + y 2 = 1
(c) (d)
2xy = 1 xy + y 2 = 0

p qp qp
2 1 2 1
Rép : (a) S = f( 6; 4) ; ( 6; 4)g (b) S = f(6; 1) ; ( 1; 6)g (c) S = 1+ 2 2 ; 2
p p p p
(d) S = (1; 0) ; ( 1; 0) ; 2=2; 2=2 ; 2=2; 2=2 :
+
45. Montrer qu’il n’existe qu’une et une seule valeur de y 2 R tel que pour tout x 2 R

y2 1
x=
2y
p
Rép : y = x + x2 + 1:
46. Montrer que pour tout a; b; c 2 R le système suivant admet une unique solutions

(a 1) x + ay = b
ax + (a + 1) y = c

(a 1) a
Rép : det = 1 6= 0
a (a 1)
47. Résoudre pour a 2 ] =2; =2[

x cos a + y sin a = 0
x sin a + y cos a = tan a
n o
sin2 a
Rép : S = cos a ; sin a :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


Éléments de logique
et de la théorie de la démonstration

École d’Athènes par Raphaël

Table des matières


1 Énoncés sans variable 3
1.1 Propositions de la théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Conjonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Disjonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 Implication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6 Connecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Propriétés des connecteurs 5


2.1 Équivalence logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Exemples d’équivalents logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Les équivalents logiques de l’implication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Tautologies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Énoncés avec variables 8


3.1 Fonctions propositionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Quanti…cateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Règles d’emploi des quanti…cateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.4 Dé…nitions classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.5 Bon usage des quanti…cateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1
ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 2

4 Di¤érents modes de démonstration 12


4.1 Modus ponens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.2 La démonstration par l’exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.3 La contraposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.5 Le syllogisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.6 Le dilemme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.7 La récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

5 Les limites de la démonstration 17


5.1 Les géométries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
5.2 La théorie des ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
5.3 Le théorème de Gödel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

6 Corrigé des exercices 20

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 3

1 Énoncés sans variable


La logique est la science de la démonstration. La tradition dé…nissait plutôt la logique
comme l’art de distinguer le vrai du faux. Cette conception reposait sur la foi en une
vérité universelle, que l’homme s’e¤orcerait de découvrir sous des apparences trom-
peuses. Les sciences ne se fondent plus actuellement sur de tels absolus : les notions
de vérité et d’erreur prennent une signi…cation relative qu’il convient d’analyser. On
peut cependant se demander s’il ne subsiste pas néanmoins quelques principes absolus
communs à toute pensée rationnelle.

1.1 Propositions de la théorie


Dé…nition : Une proposition est un énoncé dont on peut dire, sans ambiguïté, s’il est
vrai ou s’il est faux. On notera P; Q; R,...etc., les propositions et V pour vrai et F pour
faux.

Exemples :
P : « 3 est un naturel » V
Q : « 5 est pair » F
p
R : « 2 est un irrationnel » V
S : « Rome est la capitale de l’Italie » V
Par contre, il existe des énoncés qui ne sont pas des propositions, par exemples :
« Je mens » ?
« Dieu ne joue pas aux dés » ?
« x<3» ?

1.2 Négation
Dé…nition : Soit P est une proposition, la négation de P est une proposition, notée
nonP , qui est vraie si P est fausse et fausse si P est vraie.

P nonP
V F
F V

1.3 Conjonction
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on appelle conjonction de P et de Q ,
notée P et Q, que l’on note aussi P ^ Q , la proposition qui est vraie si P et Q sont
vraies et qui est fausse dans tous les autres cas

P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F

1.4 Disjonction
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on appelle disjonction (inclusive) de P et
de Q, notée P ou Q, que l’on note aussi P _ Q; la proposition qui est fausse si P et Q
sont fausses et qui est vraie dans tous les autres cas

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 4

P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
La disjonction désigne, bien entendu le ou inclusif, c’est à dire à dire que l’un n’exclut
pas l’autre : P vraie, Q vraie alors P ou Q est vraie.
On remarquera que dans le langage usuel le ou a divers sens. On a le ou inclusif comme
dans la phrase : « Veste pour la chasse ou la pêche » . Mais on a aussi le ou exclusif
comme dans « Vaincre ou mourir » . On distingue également le ou de synonymie comme
dans « Un nombre est paire ou un nombre est divisible par 2 » .

Exemple : La proposition « 2 < 3 ou 2 > 3» est vraie de même que « 2 < 3 ou 2 3»

1.5 Implication
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on dé…nit P implique Q , la proposition
qui est fausse si P est vraie et Q est fausse et qui est vraie dans tous les autres cas que
l’on note P =) Q

P Q P =) Q
V V V
V F F
F V V
F F V

On dit aussi « Si P alors Q » , « Pour que Q il su¢ t que (de) P » , « Une condition
su¢ sante pour que Q est que P » , « Puisque P donc Q » , « Il su¢ t de P pour que Q
».
Par contre il ne faut pas dire « Pour que Q il faut P » ou « Il faut P pour que Q » .
En e¤et, cela implique la nécessité de P alors que P =) Q ne permet que de conclure
sur la sur la su¢ sance de P. Nous montrerons que P =) Q entraîne la nécessité de Q
pour que P.

Exercices :
1. On considère les propositions suivantes : A : « il pleut » B : « je prends mon parapluie » .
Parmi les assertions suivantes, indiquer celles qui correspondent à A =) B.
(a) S’il pleut alors je prends mon parapluie.
(b) Dés que je prends mon parapluie, il pleut.
(c) Jamais, je ne prends mon parapluie sans qu’il ne pleuve.
(d) Jamais, il ne pleut sans que je prenne mon parapluie.
(e) Il su¢ t que je prenne mon parapluie pour qu’il pleuve.
(f) Il su¢ t qu’il pleuve pour je prenne mon parapluie.
(g) Il faut qu’il pleuve pour que je prenne mon parapluie.
(h) Il faut que j’ai mon parapluie pour qu’il pleuve.
2. Traduire par « si ... et alors ... » .
(a) Il su¢ t que x soit supérieure à 10 pour x2 que soit supérieur à 100.
(b) Il faut que son …ls soit là pour que la mère soit heureuse.
(c) Jamais, il ne vient sans lui apporter un cadeau.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 5

3. Indiquer les propositions vraies et les propositions fausses.


(a) Si x2 = 9 alors x 3:
2
(b) Si x = 2 alors x = 4 .
On remarquera que contrairement à ou et à et, l’implication n’est pas commutative.

P Q P =) Q Q =) P
V V V V
V F F V
F V V F
F F V V
On prendra soin de distinguer « Un homme riche est aimé » et « Un homme aimé est
riche » .

1.6 Connecteurs
Dé…nition : La négation, la conjonction, disjonction, et l’implication sont des connec-
teurs logiques.

Mis à part la négation ce sont des connecteurs à deux places, dans le sens qu’ils lient
deux propositions. Il est clair que si P et Q sont des propositions alors nonP , P ou Q,
P et Q, P implique Q, sont de nouvelles propositions, que l’on appellera propositions
composées pour les di¤érencier des propositions élémentaires P, Q, etc. On peut ainsi
former des propositions à n places.

Exemple :
La proposition (P ou Q) et R est une proposition à 3 places.
On dira aussi « Si a 6= 0 et > 0 alors ax2 + bx + c = 0 admet deux solutions
distinctes » .

On peut dé…nir d’autres connecteurs logiques,

P () Q

qui n’est autre que le P si et seulement si Q que l’on traduit par (P =) Q) et


(Q =) P ),
ou
P Q
qui correspond à notre ou exclusif celui de fromage ou dessert , l’un ou l’autre mais
pas les deux, que l’on peut traduire par

(P ou Q) et non (P et Q)

2 Propriétés des connecteurs


2.1 Équivalence logique
Dé…nition : On dira que deux propositions sont logiquement équivalentes si elles prennent
les mêmes valeurs de vérité pour tout choix de valeur de vérité des propositions élémen-
taires qu’elles contiennent.

Exemple :
P non (nonP )
V V
F F

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 6

On notera
P non (nonP )
Exercice : Montrer que P ^ Q Q ^ P.

On se rappellera aussi que P =) Q n’est pas équivalent à Q =) P , ou encore : si les


femmes aiment les hommes riches, cela n’empêche que l’on peut être un homme pauvre
et être aimé.

2.2 Exemples d’équivalents logiques


On pourra montrer les propositions suivantes :

Propositions : Soit P, Q et R trois propositions logiques,

(P et Q) (Q et P )
(P ou Q) (Q ou P )
P et (Q et R) (P et Q) et R
P ou (Q ou R) (P ou Q) ou R
P ou (Q et R) (P ou Q) et (P ou R)
P et (Q ou R) (P et Q) ou (P et R)

Lois de Morgan : Soit P, Q deux propositions logiques

non (P et Q) (nonP ) ou (nonQ)

non (P ou Q) (nonP ) et (nonQ)


En e¤et, il su¢ t d’écrire les tables de vérité

P Q nonP nonQ P et Q non(P et Q) (nonP ) ou (nonQ)


V V F F V F F
V F F V F V V
F V V F F V V
F F V V F V V

On démontrerait de même la deuxième assertion.

Exercices :
1. Montrer que
non (P et (nonQ)) (nonP ) ou Q
ce qui permet de traduire « il n’y pas de fumée sans feu » par « il n’y a pas de fumée ou il
y a du feu » ou « il y a du feu ou pas de fumée » .
2. Résoudre dans R2 le système :
x2 y2 = 0
xy = 1

2.3 Les équivalents logiques de l’implication


Théorème : Soit P, Q deux propositions logiques

P =) Q (nonP ) ou Q

On en déduira, en appliquant les lois de Morgan que non (P et (nonQ)) (nonP ) ou Q


P =) Q. Ce qui nous fait dire par exemple « qu’il n’y a pas de fumée sans feu » pour
dire que : « de la fumée implique du feu » .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 7

Théorème : Soit P, Q deux propositions logiques

P =) Q (nonQ) =) (nonP )

On dit aussi que (nonQ) =) (nonP ) est la contraposée de P =) Q.


Ce théorème est à la base du raisonnement par la contraposée.
Sous cette forme on comprend mieux dans P =) Q la nécessité de Q pour que P . En
e¤et, puisque P =) Q revient à (nonQ) =) (nonP ) que l’on traduira par sans Q pas
de P ou il faut que Q pour que P. Dans « Il faut que son …ls soit là pour que la mère
soit heureuse » se traduira par « Si la mère est heureuse alors c’est que son …ls est là
».

Exercices
1. Énoncer les contraposées de :
(a) Si p est impair alors p 2 impair
(b) Si un nombre est multiple de 6, alors il est pair.
2. D’après Lewis Carrol : au cours d’une enquête policière, l’inspecteur a appris que :
(a) Ou bien le malfaiteur est venu en voiture ou bien le témoin a menti.
(b) Si le malfaiteur avait un complice alors il est venu en voiture.
(c) Le malfaiteur n’avait ni complice, ni la clé de l’appartement, ou avait un complice et la
clé de l’appartement.
(d) Le malfaiteur avait la clé de l’appartement.
(e) L’inspecteur doit-il inculper le témoin ?
3. Démontrer le théorème suivant : non (P =) Q) P et (nonQ)
4. Soit les propositions P « attraper le train de 9h 30 » et Q « arriver à la gare avant 10h » .
(a) La proposition Q est-elle nécessaire pour que P soit réalisée ?
(b) Proposition Q est-elle su¢ sante pour que P soit réalisée ?
5. On connaît le théorème « Si une suite réelle est croissante et majorée alors elle est convergente
» . En déduire le théorème « Si une suite est croissante et non convergente alors la suite n’est
pas majorée » .
6. Mettre entre les deux propositions =); (=; () :

(a) x2 = 4 x=2
(b) x2 = 4 et x > 0 x=2
(c) x<2 x2 < 4
(d) 2<x 4 < x2

2.4 Tautologies
Dé…nition : On appelle tautologie, une proposition universellement valide, ou encore
telle que, quel que soit la valeur de vérité des propositions élémentaires qui la composent,
la proposition reste vraie.

Ces tautologies sont à la base de certains de nos procédés de démonstration, comme


nous le verrons plus loin.

Tautologies classiques
Le tiers exclus : P ou (nonP )
La non contradiction : non (P et (nonP ))
Le syllogisme : (P =) Q) et (Q =) R) =) (P =) R)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 8

Exemple : Socrate est un homme et tous les hommes sont mortels donc Socrate est
mortel.

Modus Ponens : (P et (P =) Q)) =) Q


Lois de simpli…cation : (P et Q) =) P (1) P =) (P ou Q) (2)

Exercices :
1. Démontrer que les propositions suivantes sont universellement valides :
(a) ((P et nonQ) =) nonP ) =) (P =) Q)
(b) (P =) (Q =) R)) =) ((P =) Q) =) (P =) R))
(c) (nonP =) nonQ) =) ((nonP =) Q) =) P )

2. Démontrer que la proposition :

((A et B) =) C) =) ((A et nonC) =) nonB)

est une tautologie.


Appliquer à A : (P==P 0 ) B : (P 0 ==P ") C : (P==P ") où P; P 0 et P " sont des plans de l’espace.
Quel théorème obtient-on ?

3 Énoncés avec variables


L’énoncé « x est pair » n’est pas une proposition. S’il on choisit de dire que x représente
un élément particulier de N alors « x est pair » est une proposition. Par exemple « 2
est pair » . Convenons de noter « x est pair » par P . Si l’on choisit x dans N, P est
une proposition vraie pour certains choix de x, fausse pour les autres, P est appelée
fonction propositionnelle sur N.

3.1 Fonctions propositionnelles


Dé…nition : Soit E un ensemble, on appelle fonction propositionnelle sur E une ap-
plication de E dans l’ensemble des propositions.

P :E ! Ensemble des propositions


x 7 ! P (x)

Cette dé…nition n’a un sens que si l’on admet que les propositions forment un ensemble,
dans un sens qu’il conviendrait de préciser.

Exemples :
E = N P (x) : x est pair
Q (x) : x + 3 = 7
R (x) : x x + 2

De même on peut dé…nir des fonctions propositionnelles à plusieurs variables.

Exemples :
E = N R P (x; y) : xy y
E = R R R P (x; y; z) : x + y = z
E = fdroites de plang : ((x==y) et non (y==z)) =) non (x==z)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 9

3.2 Quanti…cateurs
Dé…nition : Soit P une fonction propositionnelle sur un ensemble E , on note :

9x 2 E P (x)

pour dire qu’il existe au moins un x dans E pour lequel P (x) est vraie. Le quanti…cateur
9 est le quanti…cateur existentiel.

Par exemple : 9x 2 N x + 2 = 3 est vraie mais 9x 2 N x + 3 = 2 est fausse.

De même, on dé…nit

Dé…nition : Soit P une fonction propositionnelle sur un ensemble E , on note :

8x 2 E P (x)

pour dire pour tout x dans E, P (x) est vraie. Le quanti…cateur 8 est le quanti…cateur
universel.

Exemples :

8x 2 R x2 0
(9x 2 E P (x)) et (8y 2 E y 6= x =) nonP (y))
que l’on traduira par « il existe un et un seul élément de E qui véri…e P » et que l’on
note :
9!x 2 E P (x)
On peut, dans le cas des fonctions propositionnelles à plusieurs variables, avoir plusieurs
quanti…cateurs.

Exemples :
8x 2 R 9y 2 R y > x
9y 2 R 8x 2 R y > x

On remarquera sur ces derniers exemples que l’ordre, dans lequel on place les quanti-
…cateurs, change le sens de la proposition, comme dans : « Il y a toujours un médecin
de garde à l’hôpital » , « Il y a un médecin qui est toujours de garde à l’hôpital » . On
en déduira que les quanti…cateurs sont assujettis à des règles d’emploi.

Exercices : Donner des exemples de fonctions véri…ants :


1. 8x 2 R 9y 2 R f (x) = y
2. 9y 2 R 8x 2 R f (x) = y

3.3 Règles d’emploi des quanti…cateurs


Nous conviendrons que la meilleure façon de prouver qu’il existe au moins un banquier
honnête et d’en exhiber un explicitement, ce qui donne la règle :
1. P (a) =) 9x 2 E P (x) est une tautologie.
De même on a :
2. 8x 2 E P (x) =) P (a) est une tautologie.
3. non (9x 2 E P (x)) 8x 2 E nonP (x)
4. non (8x 2 E P (x)) 9x 2 E nonP (x)
Ces deux dernières règles sont appelées les règles de négations. Elles sont essentielles pour
l’application de certains procédés de démonstration comme nous le verrons par la suite.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 10

5. 8x 2 E (P (x) et Q (x)) (8x 2 E P (x)) et (8x 2 E Q (x))


6. 9x 2 E (P (x) ou Q (x)) (9x 2 E P (x)) ou (9x 2 E Q (x))
Il ne faudrait pas croire que cette pseudo distributivité des quanti…cateurs est indépendante
du connecteur. Par exemple :

8x 2 E (P (x) ou Q (x))

n’est pas équivalent à


(8x 2 E P (x)) ou (8x 2 E Q (x))
de même que si l’on peut dire, que tous les être humains sont des femmes ou des hommes,
mais il est faux que tous les êtres humains sont des femmes ou tous des hommes.
De même
(9x 2 N x > 100) et (9x 2 N x < 2)
est vraie mais par contre :
9x 2 N (x > 100 et x < 2)
est fausse.
On véri…era que l’on a :
7. (8x 2 E P (x)) ou (8x 2 E Q (x)) =) 8x 2 E (P (x) ou Q (x))
8. 9x 2 E (P (x) et Q (x)) =) (9x 2 E P (x)) et (9x 2 E Q (x))
9. 8x 2 E 8y 2 E P (x; y) 8y 2 E 8x 2 E P (x; y)
10. 9x 2 E 9y 2 E P (x; y) 9y 2 E 9x 2 E P (x; y) :
Comme nous l’avons annoncé en préambule les quanti…cateurs 9 et 8 ne commutent pas. Par
contre on véri…era que :
11. 9y 2 E 8x 2 F P (x; y) =) 8x 2 F 9y 2 E P (x; y) ;
ou en encore « S’il y a un médecin qui est toujours de garde à l’hôpital, alors il y a toujours
un médecin de garde à l’hôpital » , la réciproque étant fausse.

Exercices :
1. Donner un exemple où la proposition suivante est fausse :

8x 2 E (P (x) ou Q (x)) =) (8x 2 E P (x)) ou (8x 2 E Q (x))

2. Traduire la proposition suivante : Chacun n’est pas sans savoir que tous les exercices de cette
leçon sont di¢ ciles.
3. Nier la proposition précédente.
4. Si tous les hommes étaient heureux, ils ne se feraient pas la guerre et pourtant qu’ils se
fassent la guerre, plaît à certain. Commenter et expliquer.

3.4 Dé…nitions classiques


Zéro : 9x 2 R 8y 2 R x + y = y
Opposé : 8x 2 R 9y 2 R x + y = 0
Unité : 9x 2 R 8y 2 R x y = y
Inverse : 8x 2 R f0g 9y 2 R x y = 1

Exercices : Montrer que pour tout a; b 2 R


1. 8" > 0 jaj < " ) a = 0:
2. 8" > 0 a < b + " ) a b:
3. 8" > 0 ja bj < " ) a = b:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 11

Soit f : R ! R on dé…nit l’ensemble (domaine) de dé…nition de f et on note


Df = fx 2 R 9y 2 R f (x) = yg
On dé…nit l’ensemble image de f et on note
Imf = fy 2 R 9x 2 Df f (x) = yg = ff (x) x 2 Df g = f (Df )
Dans toute la suite la fonction f est la fonction numérique dé…nie ci-dessus et I un
intervalle inclus dans Df
1. La fonction f est majorée sur I : 9y 2 R 8x 2 I f (x) y.
2. La fonction f est croissante sur I : 8x 2 I 8y 2 I x y =) f (x) f (y).

Exercices :
1. On considère une application f de R ! R écrire :
(a) L’ensemble de dé…nition de f est R.
(b) L’application f est injective de R sur R.
(c) L’application f est surjective de R sur R.
(d) L’application f est bijective de R sur R.
2. On considère la suite numérique (un )n2N , écrire :
(a) La suite (un )n2N est croissante et n’est pas croissante. Comparer avec (un )n2N est dé-
croissante.
(b) La suite (un )n2N est bornée et comparer avec lim+1 un 6= +1.
(c) Donner un exemple de suite qui ne tend pas vers l’in…ni et qui n’est pas bornée.

Suite numérique convergente : On dit qu’une suite numérique (un )n2N est conver-
gente si
9` 2 R 8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j "
et l’on note
lim un = `
n!+1

On dit qu’une suite est divergente si elle n’est pas convergente (i.e.)
8` 2 R 9" > 0 8n0 2 N 9n 2 N n n0 et jun `j > "
n
Montrons que ( 1) est divergente. On remarquera
n n+1 n n+1
( 1) `+` ( 1) =2 j( 1) `j + ` ( 1)

n n+1
On en déduit donc que soit j( 1) `j 1; soit ` ( 1) 1 et donc

n n+1
8` 2 R " = 1=2 8n0 2 N 9n 2 N n n0 et j( 1) `j > 1=2 ou ` ( 1) > 1=2

Exercices :
1. Que peut-on dire d’une fonction qui véri…e : 9y 2 R 8x 2 R f (x) = y ? Comparer avec
8x 2 R 9y 2 R f (x) = y.
2. Traduire 8A > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A:
3. On rappelle que limx!x0 f (x) = ` se traduit par :
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ")
On remarquera que : 8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") =) 8" >
0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") Trouver une fonction qui véri…e
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") sans véri…er 8" > 0 9 >
0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 12

3.5 Bon usage des quanti…cateurs


Les règles de négation, citées plus haut, demandent a être appliquées avec précaution.
– S’assurer que la formule que l’on se propose de nier est correctement formalisée sans aucun
abus de langage, comme dans : « La somme des angles d’un triangle vaut un plat » au lieu
de « La somme des angles de tous les triangles vaut un plat » .
– On prendra soin de remplacer l’implication P =) Q par l’équivalent logique (nonP ) ou Q
avant de nier toute implication.

Exercices :
1. Écrire que f est décroissante sur un intervalle I. Nier cette proposition et comparer avec une
fonction croissante sur I.
2. Reprendre la dé…nition d’une fonction bornée sur I. En déduire la dé…nition d’un fonction
non bornée sur I.
3. Montrer que toute suite croissante et non bornée tend vers l’in…ni.
4. Nier toutes les dé…nitions de (3:4)
5. Dans cette exercice, nous donnons les prémisses et la conclusion, il s’agit d’examiner cette
conclusion et de dire si elle est correcte (extraits de Symbolic Logic de Lewis Caroll ).
(a) Aucun fossile ne peut être malheureux en amour. Une huître peut être malheureuse
donc les huîtres ne sont pas des fossiles.
(b) Les brouettes sont inconfortables, aucun véhicule inconfortable n’a de succès donc au-
cune brouette n’a de succès.
(c) Aucun professeur n’est ignorant, les gens ignorants sont vains donc aucun professeur
n’est vain.

4 Di¤érents modes de démonstration


On fait traditionnellement remonter la logique au IIIe siècle avant notre ère, quand
Aristote énonce le fameux syllogisme : Tous les hommes sont mortels, or Socrate est
un homme, donc Socrate est mortel. Avec le syllogisme s’introduit l’idée de déduction
formelle, où l’on déduit une conclusion sans considérer le contenu des propositions ; seul
importe la structure de leurs relations, c’est à dire la forme. Autrement dit le syllogisme
peut s’écrire :
((P =) Q) et (Q =) R)) =) (P =) R)
où P, Q et R sont quelconques. De tels raisonnements sont généraux : on peut remplacer
homme par animal, athénien par chat. Et si la relation P =) R se révèle fausse, c’est
soit P =) Q est fausse, soit que Q =) R est fausse. Nous allons insister sur ces
points fondamentaux qui devrait constituer la base de toute éducation mathématique.
Actuellement acquise par mimétisme, elle mériterait un traitement plus analytique.

4.1 Modus ponens


En général, nous avons à démontrer qu’une proposition Q est vraie sous certaines
hypothèses P , moyennant un théorème de la forme P =) Q. Il su¢ t alors de véri…er
que P est vraie et comme P =) Q est vraie, on en déduit que Q est vraie. Ce mode
de raisonnement repose sur la tautologie suivante :

(P et (P =) Q)) =) Q

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 13

4.2 La démonstration par l’exemple


On a vu la règle P (a) =) 9x 2 E P (x) comme étant une proposition universellement
vraie.
D’après la règle du modus Ponens, il su¢ t de trouver a tel que P (a) soit vraie pour
que la proposition 9x 2 E P (x) soit vraie.
Par exemple le polynôme P (x) = x2 + x 2 prend des valeurs négatives, en e¤et
P (0) < 0. Mais la faute consisterait à généraliser et à en déduire que 8x 2 R P (x) < 0.
Par contre on utilise souvent un contre exemple pour démontrer qu’une propriété uni-
verselle est fausse. On a :

8x 2 E P (x) =) P (a) non (8x 2 E P (x)) ou P (a)

est une tautologie et donc

non (8x 2 E P (x) =) P (a)) nonP (a) et (8x 2 E P (x))

est toujours fausse.

Exemple : Toute suite bornée est convergente est faux, il su¢ t de considérer la suite
n
( 1) bornée et non convergente.

4.3 La contraposée
On a souvent à démontrer des théorèmes sous la forme P =) Q. C’est à dire qu’il faut
montrer que la proposition P =) Q est vraie. La méthode directe consiste à véri…er
que si P est vraie alors Q est vraie. On ne véri…e que la ligne où P est vraie puisque si
P est fausse quelle que soit la valeur de vérité de Q, P =) Q est vraie. Par exemple
pour démontrer
n2 impair =) n impair
on montrera plutôt que
n pair =) n2 pair
C’est ce qu’on appelle faire un raisonnement par la contraposée qui repose donc sur
l’équivalence logique .
P =) Q nonQ =) nonP

4.4 Raisonnement par l’absurde


Il y a souvent confusion entre raisonnement par la contraposée et raisonnement par
l’absurde. Le raisonnement par l’absurde est basé sur la proposition universellement
vraie :
((P et nonQ) =) (R et nonR)) =) (P =) Q)
(la démonstration est laissée au lecteur ). Ici encore, on cherche à démontrer un théo-
rème du type P =) Q. C’est à dire que P =) Q est une proposition vraie. Pour se
faire, on montre que P et nonQ entraîne une contradiction R et nonR, c’est à dire
que ((P et nonQ) =) (R et nonR)) est vraie. Comme d’autre part, (R et nonR) est
toujours fausse (on dit aussi une antilogie), on en déduit que P et nonQ est fausse. Ce
qui est encore équivalent à dire que non (P et nonQ) est vraie ou encore que P =) Q
est vraie.

Exemple : Montrons que l’ensemble des nombres premiers P est in…ni, sachant que tout
nombre est divisible par un nombre premier. Supposons que l’ensemble des nombres
premiers soit …ni. Dans ce cas, il existe n le plus grand nombre premier. Considérons
le nombre 1 2 3 n + 1. Ce nombre n’est divisible par aucun des nombres 2,
3, ... , n puisque le reste de la division sera 1, est donc il est divisible par un nombre
premier qui est plus grand que n. On aboutit à une contradiction. Ici R : 8x 2 P x n,

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 14

où P désigne l’ensemble des nombres premiers et nonR : 9x 2 P x > n . Ce qui permet


de conclure par le théorème suivant : Si tout nombre entier est divisible par un nombre
premier alors l’ensemble des nombres premiers est in…ni. On démontre dans la théorie
de l’arithmétique que tout nombre entier est divisible par un nombre premier, est un
théorème. Donc par la règle du modus ponens on obtient que l’ensemble des nombres
premiers est in…ni.
Comme dans le cas du raisonnement par la contraposée, le choix de la méthode vient
du fait qu’il n’est pas facile d’exprimer qu’un ensemble est in…ni, alors que de le sup-
poser …ni a permis d’écrire qu’il existe un plus grand élément et de faire apparaître la
contradiction.
Une autre variante du raisonnement par l’absurde repose sur la tautologie :
((P et nonQ) =) (R et nonR)) =) Q

Exercices :
1. Montrer par un raisonnement direct que l’ensemble des nombres premiers est in…ni.
p p
2. Montrer par un raisonnement par l’absurde que 2 est irrationnel. On supposera que 2 =
p=q où (p; q) 2 N N et p=q irréductible.

4.5 Le syllogisme
On a étudié en préambule le syllogisme d’Aristote, qui s’appuie sur la tautologie :
((P =) Q) et (Q =) R)) =) (P =) R)

On dit aussi, la transitivité de l’implication. Cette notion de transitivité est assez na-
turelle, su¢ samment pour en abuser comme dans le raisonnement suivant : D coupe
D 0 et D 0 coupe D” donc D coupe D”, où D, D 0, D”, sont des droites du plan.
La di¢ culté du syllogisme réside dans la découverte du moyen terme . On comprendra
aussi que ce moyen terme peut, lui même, être obtenu par un syllogisme du genre :
((Q =) S) et (S =) R)) =) (Q =) R) : etc., et la di¢ culté augmente.

Exercice : Montrer que si M appartient à l’intersection de la médiatrice [AB] et de la


médiatrice de [BC] alors M appartient à la médiatrice de [AC]. Qu’obtient-on comme
résultat ?

4.6 Le dilemme
Le dilemme est encore ce qu’on appelle le raisonnement disjonctif, et repose sur l’emploi
de la tautologie suivante :
(((P et A) =) Q ) et ((P et nonA) =) Q)) =) (P =) Q)

En pratique, on dit que pour démontrer que Q est vraie, on distingue deux cas com-
plémentaires A et nonA. On démontre (P et A) =) Q et (P et nonA) =) Q) sont
vraies et on en déduit P =) Q par modus ponens.

Exemple : Montrons qu’il existe deux nombres rationnels x et y tels que xy soit
rationnel.
p
Considérons le nombre 2 deux cas sont possibles. Si
p
p 2
a= 2
p p
est rationnel alors
p
x = 2 et y = 2 répondent à la question.
p 2
Sinon a = 2 est irrationnel alors
p
p 2
p 2
2 =2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 15

p
p 2 p
et donc x = 2 et y = 2 répondent à la question.

Exercice : Dans l’Athalie de Racine1 , Mathan s’e¤orce de convaincre la reine de la


nécessité de mettre Joas à mort. Montrer qu’il s’agit d’un raisonnement disjonctif. « A
d’illustres parents s’il doit l’origine, la splendeur de son sort doit hâter sa ruine. Dans
le vulgaire obscure si le sort l’a placé, qu’importe qu’au hasard un sang vil soit versé »

4.7 La récurrence
Les raisonnements par récurrence ne dépendent pas exactement d’une tautologie mais
plus exactement de la théorie axiomatique de l’arithmétique. Dans la liste d’axiomes
de Péano2 , il y a la proposition suivante : Toute partie qui contient 0, et qui, si elle
contient n, contient n + 1, est N tout entier. Dans un raisonnement par récurrence on
se propose en général de démontrer la proposition 8n 2 N P (n). La démonstration se
décompose en trois étapes.
Initialisation : On véri…e P (0) :
Hérédité : On démontre P (n) =) P (n + 1) est vraie.
Conclusion : 8n 2 N P (n) est vraie.
La conclusion est évidemment une conséquence de l’axiome de Péano cité plus haut. Il
su¢ t d’appeler E = fn 2 N P (n)g, on a 0 2 E et si n 2 E alors n + 1 2 E on en déduit
que E = N.
La di¢ culté du raisonnement par récurrence réside dans la démonstration de l’hérédité,
et de ne pas obtenir ce résultat par simple substitution de n par n + 1 dans P (n).
Souvent la proposition à démontrer n’est vraie qu’à partir d’un certain rang n0 , dans
ce cas, on véri…era dans la première partie : P (n0 ).
Pn n(n+1)
Exemple : Montrons le résultat bien connu : P (n) : k=1 k= 2 est vraie pour
tout entier n :
Initialisation : P (1) = 1 = 1(1+1)
Pn 2
Hérédité : Si est P (n) : k=1 k vraie alors
n
X n (n + 1)
P (n + 1) = P (n) + n + 1 = k+n+1= +n+1
2
k=1
n (n + 1) + 2 (n + 1) (n + 1) (n + 2)
= =
2 2
et donc P (n + 1) est vraie.
Conclusion : d’après le principe de récurrence 8n 2 N P (n) est vraie et
n
X n (n + 1)
8n 2 N k=
2
k=1

Les démonstrations par récurrence, bien qu’e¢ caces, sont souvent lourdes. Par exemple
à la démonstration précédente on préférera la démonstration directe. On écrit deux fois
la somme S à calculer :
1+2+ (n 1) + n = S
n + (n 1) + +2+1=S
1 Athalie Tragédie en cinq actes de Jean Racine (1691). Acharnée à se maintenir sur le trône de Jérusalem,

l’impitoyable Athalie a fait assassiner ses propres petits-…ls. Au lieu de la religion juive, elle pratique à pré-sent le
culte sacrilège du dieu phénicien Baal. Retranché dans le Temple, le grand prêtre Joad s’apprête à couronner roi des
Juifs le seul survivant de la famille royale, Joas, un enfant. Troublée par un rêve prémoni-toire (« C’était pendant
l’horreur d’une profonde nuit» ), qui annonce sa …n, elle exige qu’on lui livre l’enfant. Après avoir conquis le Temple,
Athalie reconnaît en Joas son petit-…ls, le descendant de David, auquel les Juifs aussitôt se rallient. Abandonnée,
Athalie trouve hors du Temple une mort terri…ante.
2 Peano (Giuseppe) Mathématicien et logicien italien (Spinetta, près de Cuneo, 1858 Turin, 1932).

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 16

Ce qui nous permet de constater que les sommes des termes équidistants des extrêmes
est constante, et vaut n + 1. Il y a n termes et donc
2S = n (n + 1)
Cette démonstration serait due à Gauss3 encore à l’école primaire.

Les di¢ cultés du raisonnement sont :


Lorsqu’elle n’est pas donnée, de deviner la propostion P (n) et de ne pas se …er à
quelques termes.
Par exemple, prenons un cerle et plaçons 2 points distincts sur ce cercle, il est clair
que la corde qui joint ces 2 points partage l’intérieur du cercle en 2 parties. Pour 3
points distincts sur le cercle, on trouve 4 parties. On peut conjecturer que pour n
points distincts, on trouve 2n 1 parties. Cette conjecture est encore véri…ée pour 4 et
5 points. Que se passe-t-il pour 6 points ?

4 parties 8 parties 16 parties

n
On retrouve ce problème dans les nombres de Fermat de la forme Fn = 2(2 ) + 1 où
n est un entier. Les premiers nombres de Fermat dont les valeurs sont 3; 5; 17; 257et
65537, sont premiers mais, F5 = 4294967297 est divisible par 641 (Euler ).
Surtout, réside dans la démonstration de P (n) ) P (n + 1) :
Il faut trouver le moyen de passer du rang n au rang n + 1 et ne pas faire une simple
substitution de n par n + 1 dans P (n) : Mais attention ! la démonstration de P (n) )
P (n + 1) ne dispense pas d’initialiser la récurrence, c’est à dire de véri…er P (n0 ) est
vraie. Par exemple, on démontre que si 10n + 1 est divisible par 9 alors 10n+1 + 1 =
10 (10n ) + 10 10 + 1 = 10 (10n + 1) 9 et par hypothèse de récurrence 10n + 1 étant
divisible par 9, on a 10n+1 + 1 l’est aussi, alors qu’en fait pour aucune valeur de n;
10n + 1 n’est divisible par 9.

Exercices
1. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N
2un = 3n 1
2
P
n
n(n+1) P
n
n(n+1)(2n+1) P
n P
n
2. Montrer par récurrence a) k= 2 , b) k2 = 6 , c) k3 = k :
k=1 k=1 k=1 k=1
P
n
1 xn+1
3. Démontrer par récurrence que pour tout x 2 R f1g ; xk = 1 x
k=0
n
4. La dérivée nieme de f (x) = sin (x) est f (n) (x) = sin x + 2 .
1
5. Calculer la dérivée nieme de f (x) = 1+x
n
6. Pour tout x > 0 et pour tout entier n : (1 + x) 1 + nx:
7. Soit ' : N ! N strictement croissante montrer que pour tout entier n, ' (n) n:
3 Johann Carl Friedrich Gauß, né le 30 avril 1777 à Brunswick et mort le 23 février 1855 à Göttingen, est un
mathématicien, astronome et physicien allemand.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 17

5 Les limites de la démonstration


5.1 Les géométries
La géométrie d’Euclide4 et sa présentation axiomatique date du IIIe siècle avant notre
ère. Les Grecs possédaient déjà de nombreuses connaissances en géométrie. C’est aussi à
cette période qu’apparut la nécessité de regrouper tous ces résultats, et de les présenter
sous une forme cohérente. C’est à Euclide que revient le mérite de cette présentation
dans les Éléments de Géométrie. Ces éléments contenaient les dé…nitions des objets de
la géométrie, points, droites, triangles etc. et les règles qu’il propose d’admettre comme
vérités premières, appelées axiomes.
En raison de quoi il se promettait de démontrer tous les théorèmes connus jusque là.
Parmi ces axiomes, il avait du admettre, ce qu’on appelle le postulat d’Euclide :
par un point extérieur à une droite il passe une et une seule parallèle à cette droite.
Bien que naturellement véri…able, ce postulat ne cessa d’intriguer les mathématiciens,
pendant prés de 2000 ans. Fallait-il continuer d’admettre ce postulat ou dépendait-il
des autres par une démonstration qu’il restait à trouver ? Les historiens reconnaissent
que même Euclide avait des doutes. Cependant toutes les tentatives de démonstration
avaient échoué. C’est alors que la question ayant mûri dans les esprits, elle fut présentée
sous une autre forme. Si le Ve postulat d’Euclid e avait droit au rang d’axiome, c’est
à dire qu’il était bien une des règles qu’il fallait admettre, indépendantes des autres,
c’est aussi que l’on pouvait construire une géométrie cohérente en réfutant cet axiome.
C’est à Lobatchesky5 que l’on doit le premier modèle de géométrie non euclidienne, dans
lequel : il existe une droite D et un point extérieur à partir du quel on peut tracer au
moins deux droites qui ne coupent pas la droite D.
La construction de ce modèle, on s’en doute n’est pas tout à fait élémentaire, mais on
peut s’en faire une idée par le dessin ci-dessous :

C
B

(D )
H

Riemann6 a donné un modèle d’une géométrie pour laquelle : par un point extérieur à
une droite il ne passe aucune paralléle à cette droite.
Considérons une sphère arbitraire dans l’espace euclidien. On convient d’assimiler tout
couple de points diamétralement opposés sur la sphère comme s’il constituait un et un
seul point dans la géométrie particulière que l’on va décrire. Les grands cercles, (i.e.)
ceux dont le centre est confondu avec celui de la sphère, qui sont des géodésiques sur
la sphère, seront des droites. On constate que :
4 Euclide (en grec Eukleidês). Mathématicien grec (IIIe s. av. J.-C.). On ne sait pratiquement rien de sa personne,

sinon qu’il vécut un peu avant Archimède, dans la ville nouvelle d’Alexandrie.
5 Lobatchevski (Nikolaï Ivanovitch) Mathématicien russe (Nijni Novgorod, 1792 - Kazan, 1856). Étudiant à l’uni-

versité de Kazan, il y devint professeur puis recteur (1827). Ses travaux lui valurent d’être anobli. Il publia quelques
travaux en algèbre et sur les séries trigonométriques, mais son principal titre de gloire est la création de la géométrie
non-euclidienne.
6 Riemann (Georg Friedrich Bernhard) Mathématicien allemand (Brezelenz, Hanovre, 1826 Selasca, Italie, 1866).

En géométrie, il fut le créateur d’une géométrie non euclidienne qui trouva son application dans la théorie de la
relativité générale. Contrairement à celle de Lobatchevski, dans laquelle, par un point, il passe plusieurs parallèles à
une droite donnée, il n’en passe aucune dans celle de Riemann. La somme des angles d’un triangle y est supérieure
à deux angles droits.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 18

– Par deux points passe une droite et une seule.


– On trouve bien trois points non situés sur sur une même droite.
On peut donc se poser la question de la validiter de l’axiome d’Euclide dans cette géométrie.
Il est clair que toute droite passant par un point extérieur à une droite donnée coupe cette
droite. Toute droite passant par le point C coupe la droite (D).

(D )
A

Ces di¤érentes interprétations possibles de la géométrie, on conduit les mathématiciens


a plus de prudence dans ce qui leur semblait être des vérités universelles et la nécessité
de dé…nir les bases mêmes de ces vérités comme l’avait fait Euclide pour la géométrie.
C’est aussi ce qui donna naissance à la Théorie des ensembles.

5.2 La théorie des ensembles


C’est à Cantor7 en 1890 que l’on doit les premières tentatives d’axiomatisation des
mathématiques avec sa théorie des nombres ordinaux trans…nis. Cantor eut l’idée de
comparer les ensembles in…nis comme on compare les ensembles …nis, en convenant
qu’ils auront le même nombre d’éléments s’il existe une bijection de l’un sur l’autre.
Par un procédé astucieux, il démontra qu’il ne pouvait pas y avoir de bijection de
l’ensemble des entiers naturels sur l’ensemble des réels. C’est la fameuse méthode de la
diagonale de Cantor.
On procède ainsi : tout nombre réel possède un développement décimal p illimité, par
exemple 3=4 = 0:74999 ;on n’utilise pas 0:75 qui n’est pas in…ni) 1= 2 = 0:707 ,
1 = 0:999 , 2=3 = 0:666 , et on convient d’écrire la partie décimale des nombres
réels compris entre 0 et 1 dans un tableau ayant une in…nité de lignes et de colonnes.

j 0 1 2 n
f0 (j) f0 (0) f0 (1) f0 (2) f0 (n)
f1 (j) f1 (0) f1 (1) f1 (2) f1 (n)
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .

Les fi (j) prennent les valeurs 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et ne sont jamais constamment


nulles à partir d’un certain rang. Les lignes du tableau peuvent alors s’interpréter comme
les parties décimales des réels compris entre 0 et 1. Pour montrer que ]0; 1] n’est pas en
bijection avec N, il su¢ t de prouver qu’une telle description de ]0; 1] est incomplète ou
encore, construire une fonction f qui n’est pas dans la liste des fi .
Soit la fonction f dé…nie par :

f (i) = 5 si fi (i) 6= 5
f (i) = 6 si fi (i) = 5
7 Georg Cantor, mathématicien allemand d’origine russe (Saint-Pétersbourg, 1845 Halle (Allemagne), 1918). En

1872, au cours d’un voyage en Suisse, il fait la connaissance de Dedekind. Ce sera le début d’une longue amitié. La
correspondance presque quotidienne qu’ils ont échangée pendant des années constitue un extraordinaire témoignage
de l’évolution de leurs recherches, en particulier l’élaboration des idées fondamentales de la théorie des ensembles.
Lorsque Cantor mourut en 1918, dans un asile d’aliénés, la valeur de ses travaux était universellement reconnue, et
Hilbert écrira : « Personne ne doit nous chasser du paradis que Cantor a créé pour nous.»

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 19

A la fonction f ainsi dé…nie correspond bien la partie décimale d’un nombre compris
entre 0 et 1 et quel que soit j dans N car elle di¤ère de tous les fi au moins sur la
valeur i. Ce qui permet de conclure que ]0; 1] n’est pas en bijection avec N.
Cette démonstration de la non dénombrabilité de ]0; 1] et par extension de R, serait res-
tée sans doute dans l’histoire des mathématiques comme une curiosité si, par ailleurs, le
principe d’autoréférence de la méthode diagonale de Cantor n’avait apporté la contra-
diction au sein même de la théorie des ensembles de Cantor.
En 1902, Russell8 énonça le paradoxe suivant sur l’ensemble de tous les ensembles qui ne
se contiennent pas eux-mêmes en tant qu’élément. Soit S cet ensemble. Si S se contient
lui-même, alors il ne se contient pas en vertu de la dé…nition de S qui est de ne pas
se contenir, donc par réduction à l’absurde S ne se contient pas, mais dans ce cas il se
contient puisque S est l’ensemble de tous les ensembles qui ne se contiennent pas, c’est
à dire un paradoxe. En 1919, Russell en donna une version populaire. Le barbier d’un
certain village rase exactement tous ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Question :
Qui rase le barbier ?
Ces paradoxes sont du même ordre que celui du menteur connu depuis l’antiquité.
L’énoncé est attribué au philosophe crétois Epimenide, VIe siécle A.C. : Tous les Crétois
sont menteurs. On admettra qu’Epimenide est Crétois et entendait par menteur celui
qui ne dit jamais la vérité.
La théorie de Cantor sous sa forme primitive est appelée théorie naïve des ensembles.
Les di¢ cultés viennent du fait que l’on se base sur la notion intuitive de ce qu’est un
ensemble, une collection d’objets. Notre imagination nous amène à considérer des en-
sembles « trop grands » comme l’ensemble de tous les ensembles. Le malaise est profond.
Nous devons nous demander ce qui, dans des méthodes de raisonnement convaincantes
jusque là, a conduit à ces paradoxes. L’unanimité dans la communauté mathématique
sur les causes de ces paradoxes et les remèdes à y apporter, n’a pas encore été atteinte
et il est à craindre qu’elle ne le soit jamais.

5.3 Le théorème de Gödel


Cette digression sur la méthode diagonale de Cantor ou l’autoréférence n’est pas sans
rapport avec le théorème de Gödel9 .
Le début du siècle est un moment privilégié des sciences et la tentative est grande de voir
dans les mathématiques, un modèle de construction de la pensée. A partir d’une liste
d’axiomes on démontre par des procédés logiques des théorèmes irréfutables. De là est
née l’utopie d’envisager des procédés mécaniques de démonstration et plus généralement
des machines à penser. . . Seulement une fois encore, cette vision réductrice est mise
en échec par son propre modèle. En e¤et, un jeune mathématicien de 25 ans Kurt
Gödel, démontre que tout ce qui est vrai est démontrable et c’est plutôt rassurant.
Mais quelques semaines plus tard, il démontre : « Tout n’est pas, vrai ou faux » . Plus
précisément : dans n’importe quel système d’axiomes de la théorie des nombres entiers,
on peut toujours énoncer une proposition dont on ne peut pas décider si elle est vraie
ou fausse. C’est à dire une proposition indécidable ou un axiome supplémentaire qu’on
8 Russell (Bertrand Arthur William, 3e comte) Mathématicien et philosophe britannique (Trelleck, pays de Galles,

1872 - Penrhyndeudraeth, pays de Galles, 1970). Principal créateur, avec Gottlob Frege, de la logique moderne,
Bertrand Russell tenta de l’utiliser pour fonder les mathématiques et chercha à s’en servir comme outil d’analyse
des questions philosophiques portant sur le rôle du langage et du symbolisme, la nature de la signi…cation, les limites
de la connaissance, et le statut ontologique des objets de référence. Par ailleurs, initiateur du mouvement analytique
anglo-saxon, Russell s’engagea dans la lutte pour la libéralisation des mœurs, la coexistence paci…que, et contre
l’utilisation de l’arme atomique.
9 Gödel (Kurt) Logicien américain d’origine autrichienne (Brno, 1906 - Princeton, 1978). Kurt Gödel est né à

Brünn, en Moravie, dans l’ancienne Autriche-Hongrie (actuellement Brno, en république Tchèque). Sa thèse de
doctorat, qu’il soutient en 1930, est une contribution importante au domaine de la logique mathématique. Il y
démontre un théorème, dit « de complétude » . Mais ce sont surtout les deux théorèmes qu’il démontre l’année
suivante, théorèmes dits « d’incomplétude » , qui lui vaudront une notoriété considérable dans la communauté
scienti…que et philosophique internationale. Dans la dernière partie de sa vie, il est surtout préoccupé par des
problèmes d’ordre philosophique, entre autres par le problème du temps chez Kant et dans la théorie de la relativité.
Gödel sou¤rait de dépression chronique et sa santé était très fragile.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 20

décide de réfuter ou d’accepter dans la théorie. . . C’est le théorème d’incomplétude de


Gödel.
On comprendra que ce théorème aura jeté le doute et posé les problèmes en termes
nouveaux. Par exemple, avant qu’il n’ait été démontré, le grand théorème de Fermat :
L’équation entière xn + y n = z n pour n 3 n’admet pas de solutions non triviales,
avait résisté 300 ans à toutes tentatives de démonstration bien que Fermat lui-même
a¢ rmait en avoir trouvée une « qui ne tient pas dans la marge » . On était en droit
de se demander, après le théorème de Gödel, si cette proposition n’était pas un axiome
que l’on pouvait choisir d’admettre ou réfuter sans aboutir à une théorie contradictoire.
Les propositions en mathématiques n’étaient plus : vraies ou fausses, mais pouvaient
être aussi, indécidables, (voir le paradoxe du barbier cité plus haut). Pour clore cette
parenthèse sur le théorème de Fermat, on avait démontré bien avant d’avoir démontré
le théorème lui-même (en 1994 par Wiles et Taylor ), qu’il était démontrable. C’est à
dire que ce n’était pas une proposition indécidable.
En conclusion le théorème de Gödel a semé le doute sur la perfection du modèle ma-
thématique et cassé tout espoir de les voir réduites à la …nitude mais aussi, pour le bien
et la grandeur de l’esprit humain, a étendu les domaines du possible à l’in…ni.

6 Corrigé des exercices


1. On considère les propositions suivantes : A : « il pleut » B : « je prends mon parapluie » .
Parmi les assertions suivantes, indiquer celles qui correspondent à A =) B.
(a) S’il pleut alors je prends mon parapluie. Rép : A =) B
(b) Dés que je prends mon parapluie, il pleut. Rép : B =) A
(c) Jamais, je ne prends mon parapluie sans qu’il ne pleuve. Rép : B =) A
(d) Jamais, il ne pleut sans que je prenne mon parapluie. Rép : A =) B
(e) Il su¢ t que je prenne mon parapluie pour qu’il pleuve. Rép : B =) A
(f) Il su¢ t qu’il pleuve pour je prenne mon parapluie. Rép : A =) B
(g) Il faut qu’il pleuve pour que je prenne mon parapluie. Rép : B =) A
(h) Il faut que j’ai mon parapluie pour qu’il soit sûr qu’il pleuve. Rép : A =) B
2. Traduire par « si ... et alors ... » .
(a) Il su¢ t que x soit supérieure à 10 pour x2 que soit supérieur à 100.
Rép : Si x 10 alors x2 100:
(b) Il faut que son …ls soit là pour que la mère soit heureuse.
Rép : Si la mère est heureuse alors le …ls est là.
(c) Jamais il ne vient sans lui apporter un cadeau.
Rép : S’il vient alors il lui apporte un cadeau.
3. Indiquer les propositions vraies et les propositions fausses.
(a) Si x2 = 9 alors x 3:Rép : Faux
2
(b) Si x = 2 alors x = 4. Rép : Vrai
4. Montrer que P ^ Q Q ^ P . Rép : Faire un tableau
5. Montrer que
non (P et (nonQ)) (nonP ) ou Q
ce qui permet de traduire « il n’y pas de fumée sans feu » par « il n’y a pas de fumée ou
il y a du feu » ou « il y a du feu ou pas de fumée » . Rép : Les lois de Morgan entraînent
non (P et (nonQ)) (nonP ) ou Q

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 21

6. Résoudre dans R2 le système :


x2 y2 = 0
xy = 1
Rép : S = f(1; 1) ; ( 1; 1)g
7. Énoncer les contraposées de :
(a) Si p est impair alors p 2 impair. Rép : Si p2 est pair alors p est pair.
(b) Si un nombre est multiple de 6, alors il est pair. Rép : Si un nombre est impair alors il
n’est pas mulptiple de 6.
8. D’après Lewis Carrol : au cours d’une enquête policière, l’inspecteur a appris que :
(a) Ou bien le malfaiteur est venu en voiture ou bien le témoin a menti.
(b) Si le malfaiteur avait un complice alors il est venu en voiture.
(c) Le malfaiteur n’avait ni complice, ni la clé de l’appartement, ou avait un complice et la
clé de l’appartement.
(d) Le malfaiteur avait la clé de l’appartement.
(e) L’inspecteur doit-il inculper le témoin ? Rép : Le témoin n’a pas menti
9. Démontrer le théorème suivant : non (P =) Q) P et (nonQ) Rép : Utiliser P =) Q
(nonP ) ou Q
10. Soit les propositions P « attraper le train de 9h 30 » et Q « arriver à la gare avant 10h » .
(a) La proposition Q est-elle nécessaire pour que P soit réalisée. Rép : Non
(b) Proposition Q est-elle su¢ sante pour que P soit réalisée. Rép : Oui
11. On connaît le théorème « Si une suite réelle est croissante et majorée alors elle est convergente
» , en déduire le théorème « Si une suite est croissante et non convergente alors la suite n’est
pas majorée » .
Rép : C et M ) CV non (C et M ) ou CV non (C et nonCV ) ou nonM
12. Mettre entre les deux propositions =); (=; () :

(a) x2 = 4 (= x=2
(b) x2 = 4 et x > 0 =) x=2
(c) x<2 (= x2 < 4
(d) 2<x =) 4 < x2

13. Démontrer que les propositions suivantes sont universellement valides :


(a) ((P et nonQ) =) nonP ) =) (P =) Q) Rép : Faire un tableau.
(b) (P =) (Q =) R)) =) ((P =) Q) =) (P =) R)) Rép : Faire un tableau.
(c) (nonP =) nonQ) =) ((nonP =) Q) =) P ) Rép : Faire un tableau.
14. Démontrer que la proposition :

((A et B) =) C) =) ((A et nonC) =) nonB)

est une tautologie.


Appliquer à A : (P==P 0 ) B : (P 0 ==P ") C : (P==P ") où P; P 0 et P " sont des plans de l’espace.
Quel théorème obtient-on ?
Rép : Si P est parallèle à P 0 et P non parallèle à P " alors P 0 coupe P ".
15. Donner des exemples de fonctions véri…ants :
(a) 8x 2 R 9y 2 R f (x) = y. Rép : Toute fonction dé…nie sur R
(b) 9y 2 R 8x 2 R f (x) = y. Rép : Toute fonction constante sur R

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 22

16. Donner un exemple où la proposition suivante est fausse :


8x 2 E (P (x) ou Q (x)) =) (8x 2 E P (x)) ou (8x 2 E Q (x))
Rép : Tous les entiers sont pairs ou impairs mais tous les entiers son pairs ou tous les entiers
sont impairs, est faux.
17. Traduire la proposition suivante : Chacun n’est pas sans savoir que tous les exercices de cette
leçon sont di¢ ciles.
Rép : Tous savent que tous les exercices de cette leçon sont di¢ ciles.
18. Nier la proposition précédente.
Rép : Quelqu’un ne sait pas que tous les exercices de cette leçon sont di¢ ciles.
19. Si tous les hommes étaient heureux, ils ne se feraient pas la guerre et pourtant qu’ils se
fassent la guerre, plaît à certain. Commenter et expliquer.
Rép : Si les hommes étaient heureux alors il n’y aurait pas de guerre n’est pas contradictoire
avec qu’il y ait la guerre entraîne la satisfaction de certains, n’est pas la contraposée de la
proposition précédente qui serait "qu’il y ait la guerre désespère certains"
20. Montrer que pour tout a; b 2 R
(a) 8" > 0 jaj < " ) a = 0:Rép : Par la contraposée si a 6= 0 alors 0 < jaj =2 < jaj
(b) 9b > 0 8" > 0 jaj < b + " ) a b:Rép : Si a > b alors a > b + a 2 b
(c) 8" > 0 ja bj < " ) a = b: Rép : Si a 6= b alors 0 < ja bj =2 < ja bj
21. On considère une application f de R ! R écrire :
(a) L’application f est dé…nie sur R. Rép. 8x 2 R 9y 2 R f (x) = y:
(b) L’application f est injective de R. Rép. 8x 2 R 8y 2 R x 6= y =) f (x) 6= f (y)
(c) L’application f est surjective de R sur R. Rép. 8y 2 R 9x 2 R f (x) = y
(d) L’application f est bijective de R sur R. Rép. 8y 2 R 9x 2 R f (x) = y et 8x 2 R 8x0 2
R f (x) = f (x0 ) =) x = x0
22. On considère la suite numérique (un )n2N , écrire :
(a) La suite (un )n2N est croissante et n’est pas croissante. Comparer avec (un )n2N est dé-
croissante.
Rép (un )n2N "() 8n 2 N un+1 un et (un )n2N n’est pas croissante () 9n 2
N un+1 < un etc.
(b) La suite (un )n2N est bornée et comparer avec lim+1 un 6= +1.
Rép (un )n2N peut ne pas tendre vers 1 sans être bornée par exemple un = n si
n = 2p + 1 et un = 2 si n = 2.
(c) Donner un exemple de suite qui ne tend pas vers l’in…ni et qui n’est pas bornée. Rép
Voir ci-dessus.
23. Que peut-on dire d’une fonction qui véri…e : 9y 2 R 8x 2 R f (x) = y ? Comparer avec
8x 2 R 9y 2 R f (x) = y. Rép Voir exercice 15.
24. Traduire 8A > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A:Rép La suite (un ) n’est pas bornée.
25. On rappelle que limx!x0 f (x) = ` se traduit par :
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ")
On remarquera que : 8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") =) 8" >
0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") Trouver une fonction qui véri…e
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") sans véri…er 8" > 0 9 >
0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") :
Rép : Soit f : R ! R f (x) = 0 si x 6= 0 et f (0) = 1 cette fonction n’a pas de limite en 0
au sens de
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ")
mais elle a pour limite 0 au sens de
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ")

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 23

26. Écrire que f est décroissante sur un intervalle I. Nier cette proposition et comparer avec
une fonction décroissante sur I. Rép : 8x; y 2 I; x > y ) f (x) f (y) et la proposition
contraire 9x; y 2 I; x > y et f (x) < f (y) et 6= f décroissante:
27. Reprendre la dé…nition d’une fonction bornée sur I. En déduire la dé…nition d’un fonction
non bornée sur I.
Rép : 8M > 0; 9x 2 I; jf (x)j > M c’est dire que f est non bornée.
28. Montrer que toute suite croissante et non bornée tend vers l’in…ni. Rép : Voir exercice 11.
29. Dans cette exercice, nous donnons les prémisses et la conclusion, il s’agit d’examiner cette
conclusion et de dire si elle est correcte (extraits de Symbolic Logic de Lewis Caroll ).
(a) Aucun fossile ne peut être malheureux en amour. Une huître peut être malheureuse
donc les huîtres ne sont pas des fossiles. Rép : Faux
(b) Les brouettes sont inconfortables, aucun véhicule inconfortable n’a de succès donc au-
cune brouette n’a de succès.
Rép : Vrai
(c) Aucun professeur n’est ignorant, les gens ignorants sont vains donc aucun professeur
n’est vain.
Rép : Faux
30. Montrer par un raisonnement direct que l’ensemble des nombres premiers est in…ni.
Rép : 8M > 0 9n 2 N n M et le nombre n! + 1 est soit premier soit divisible par un
nombre premier m or
8p 2 N f1g p n ) n! + 1 1 [p]
et donc
8M > 0 9m 2 P m M
L’ensemble P est in…ni.
p p
31. Montrer par un raisonnement par l’absurde que 2 est irrationnel. On supposera que 2 =
p=q où (p; q) 2 N N et p=q irréductible. Rép : Voir cours.
32. Montrer que si M appartient à l’intersection de la médiatrice [AB] et de la médiatrice de
[BC] alors M appartient à la médiatrice de [AC]. Qu’obtient-on comme résultat ? Rép :
M A = M B et M B = M C ) M A = M C
33. Dans l’Athalie de Racine, Mathan s’e¤ orce de convaincre la reine de la nécessité de mettre
Joas à mort. Montrer qu’il s’agit d’un raisonnement disjonctif. « A d’illustres parents s’il
doit l’origine, la splendeur de son sort doit hâter sa ruine. Dans le vulgaire obscure si le sort
l’a placé, qu’importe qu’au hasard un sang vil soit versé »
Rép : Que Joas soit issu d’une famille illustre ou inconnue, il doit mourir.
34. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N

2un = 3n 1

Rép : 2un+1 = 2 (3un + 1) = 3 2un + 2 = 3 (3n 1) + 2 = 3n+1 1


2
P
n
n(n+1) P
n
n(n+1)(2n+1) P
n P
n
35. Montrer par récurrence a) k= 2 , b) k2 = 6 , c) k3 = k :
k=1 k=1 k=1 k=1
Rép : Démonstration classique
36. Démontrer par récurrence que pour tout x 2 R f1g
n
X 1 xn+1
xk =
1 x
k=0

P
n+1
1 xn+1 1 xn+2
Rép : xk = 1 x + xn+1 = 1 x
k=0
n
37. La dérivée nieme de f (x) = sin (x) est f (n) (x) = sin x + 2 .
0 n 0 n (n+1)
Rép : f (n+1) (x) = f (n) (x) = sin x + 2 = cos x + 2 = sin x + 2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 24

1 ( 1)n n!
38. Calculer la dérivée nieme de f (x) = 1+x : Rép : f (n) (x) = (1+x)n+1
n
39. Pour tout x > 0 et pour tout entier n : (1 + x) 1 + nx: Rép : Utiliser la formule du
binome de Newton.
40. Soit ' : N ! N strictement croissante montrer que pour tout entier n, ' (n) n: Rép :
Par récurrence.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal Abidjan


Fonctions de la variable réelle

Leibniz Gottfried Wilhelm 1646-1716

Table des matières


1 Généralités 2
1.1 Vocabulaire des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Fonctions réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Propriétés des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Courbes représentatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Opérations sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Fonctions continues 10
2.1 Opérations sur les fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Propriétés des fonctions continues sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3 Exemples de fonctions bijectives 14

4 Notion de dérivabilité 15
4.1 Dérivabilité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4.2 Interprétations du nombre dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.3 Fonction dérivable sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

5 Applications 24
5.1 Etude d’une fonction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.2 Un problème d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

6 Corrigé des exercices 27

Le terme de fonction a été introduit par le mathématicien allemand Leibniz Gottfried Wilhelm (1646-1716)
dans un cadre géométrique. Il désigne par ce terme des grandeurs géométriques dépendant d’autres grandeurs
géométriques.

1
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 2

1 Généralités
1.1 Vocabulaire des fonctions
Dé…nition : On appelle fonction numérique toute relation de E R dans F R telle
que tout élément x de E est en relation avec au plus un élément de y de F: On note :

f : E ! F; x 7! y = f (x)

et on dit que f est une fonction de E vers F

Remarques :
Écrire " la fonction f (x) ... » est une erreur, f (x) n’est pas une fonction, c’est un
élément de F.
Il se peut que l’ensemble F ne soit pas entièrement atteint par la fonction, autrement dit,
l’ensemble des éléments qui s’écrivent f (x) est inclus dans F, mais n’est pas forcément
égale à F. On dit que f est à valeurs dans F.
Dans l’usage si E = F = R on pourra dé…nir une fonction numérique f par f (x) =
expression(x), par exemple f (x) = x2 :

Dé…nitions : Pour tout x 2 E si l’élement f (x) existe, il est appelé l’image de x par
f et x est appelé un antécédent de y par f:

On remarquera que cet antécédent n’est pas forcément unique.

Dé…nition : L’ensemble des x qui ont une image par f est appelé l’ensemble de
dé…nition et on le note :

Df = fx 2 E; 9y 2 F; y = f (x)g

Par exemple, soit f la relation de R dans R qui à x associe y telle que y 2 = x. Cette
relation n’est pas fonctionnelle puisque pour x = 4; il existe deux éléments y = 2 ou
y = 2, tels que y 2 = 4: Si l’on impose y 0 la relation devient fonctionnelle et dé…nit
la fonction racine carrée.

f : R 7! R, x 7! y tel que y 0 et y 2 = x

et on note p
f : R 7! R, x 7! x
Il est clair que tout x < 0 n’a pas d’image par f puisqu’il n’existe pas y 2 R tel que
y 2 = x et
D f = R+
Dé…nition : Deux fonctions f et g de E ! F sont égales si elles ont même ensemble
de dé…nition D et
8x 2 D f (x) = g (x)
.

Exemples : Les 3 fonctions suivantes sont égales :


R !pR R!R R!R
f : ,g: et h : .
x 7! x2 x 7! jxj x 7! sup (x; x)
Par contre les 2 fonctions suivantes ne sont pas égales :
Rp!R pR ! Rp
i: et j :
x 7! x2 1 x 7! x 1 x + 1

Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 3

q q
x3
1. Soit les eux fonctions suivantes : (a) f : R ! R, x 7! x 1 (b) g : R ! R, x 7! x x x 1 .

(a) Comparer Df et Dg .
(b) Les deuxfonctions sont-elles égales ?
2. Déterminer l’ensemble de dé…nition de la fonction suivante :
x
f : R ! R; x 7! p
x+ 1 x

3. Montrer que la relation f qui a tout x 2 R associe y > 0 tel que

y2 1
x=
2y
est une fonction.

Dans la suite on notera f (D) = fy 2 R 9x 2 D f (x) = yg.


Une fonction ne s’exprime pas toujours sous la forme d’opérations algébriques. C’est le
cas de la fonction partie entière.

Dé…nition : On appelle fonction partie entière la fonction

E : R ! R x 7! E (x) 2 Z tel que E (x) x < E (x) + 1

L’unicité de E (x) vient du fait que la partie Z\ ] 1; x] est non vide et majorée et donc
admet un plus grand élément:

Exercices :
1. Montrer que E : R ! R x 7! E (x) 2 Z tel que E (x) x E (x) + 1 n’est pas une fonction.
2. Montrer que pour tout x 2 R on a :
(a) x 1 < E (x) x (b) E (x + 1) = E (x) + 1
3. Montrer que pour tout n 2 N on a :
p p p
E n + n + 1 = E 4n + 2

On pourra supposer dans un premier


p ptemps quep4n + 2 n’est pas un carré entier et montrer
qu’il n’existe pas d’entier entre n + n + 1 et 4n + 2. Montrer ensuite que 4n + 2 ne peut
pas être un carré entier.

1.2 Fonctions réciproques


Dé…nitions :
– La fonction f est une application de E sur F, si tout x de E a une image dans F

8x 2 E 9y 2 F f (x) = y

– L’application f est dite surjective de E sur F, si tout y de F a un antécédent dans E

8y 2 F 9x 2 E y = f (x)

– L’application f est dite injective de E sur F, si tout y de F a au plus un antécédent par f


dans E, (i.e)
8a 2 E 8b 2 E a 6= b =) f (a) 6= f (b)
ou encore
8a 2 E 8b 2 E f (a) = f (b) =) a = b

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 4

– L’application f est dite bijective de E sur F, si l’application f est à la fois surjective et


injective, (i.e) que tout y de F a un unique antécédent par f dans E.

8y 2 F 9!x 2 E y = f (x)

Par exemple, la fonction


f : R ! R, x 7 ! x2
n’est pas surjective de R sur R puisque ( 1) par exemple, n’a pas d’antécédent par f
et comme f (R) = R+ : Par contre, elle est surjective de R sur R+ puisque pour tout
p
y 2 R+ , f y = y, mais elle n’est pas injective de puisque f (2) = f ( 2) = 4: Elle
est bijective de R+ sur R+ .

Dé…nition : Soit f une fonction bijective de E sur F. On dé…nit la fonction réciproque


de f et on note f 1 ; la fonction de F sur E qui à tout y de F associe l’unique antécédent
x par f dans E.
f 1 : E ! F y 7 ! x tel que f (x) = y
p
Par exemple la fonction f 1 : R+ ! R+ y 7! x tel que x2 = y est la fonction g (y) = y.

Théorème : Soit f une application strictement monotone sur un intervalle I alors f


est bijective de I sur f (I) :

Exercices :
1. La fonction f : R ! R+ x 7! x2 est bijective. Quelle serait sa fonction réciproque ?
2. Soit la fonction dé…nie par :
f :R!R + p
x 7 ! x + x2 + 1
+ 1
Montrer que f est bijective de R sur R et expliciter la fonction f :

1.3 Propriétés des fonctions


Dé…nitions : Soit la fonction f dé…nie de R ! R.
– On dit que f est paire si pour tout x 2 Df alors x 2 Df et f ( x) = f (x) (i.e)

8x 2 R x 2 Df =) x 2 Df et f ( x) = f (x)

– On dit que f est impaire si pour tout x 2 Df alors x 2 Df et f ( x) = f (x) (i.e)

8x 2 R x 2 Df =) x 2 Df et f ( x) = f (x)

– On dit que f est périodique de période T si pour tout x 2 Df alors x + T 2 Df et


f (x + T ) = f (x) (i.e)

8x 2 R x 2 Df =) x + T 2 Df et f (x + T ) = f (x)

Attention, une fonction peut être ni paire, ni impaire.

Exercices :
1. Si 0 2 Df et f est impaire que peut-on dire de f (0) ?
2. Que peut-on dire d’une fonction qui est à la fois impaire et paire ?
3. Étudier la parité des fonctions suivantes :
p p x
(a) f (x) = x + 1 1 x; (b) f (x) = jxj+1 ; (c) f (x) = x + x1 ; (d) f (x) = x
x+1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 5

4. Etudier la périodicité de f (x) = x E (x) :

Dé…nitions : Soit la fonction f dé…nie de R ! R et I un intervalle de Df .


– On dit que f est croissante sur I (resp. strictement croissante) si pour tout a et b de I
si a < b alors f (a) f (b) (resp. f (a) < f (b)) (i.e)

8a 2 I 8b 2 I a < b =) f (a) f (b) (resp. f (a) < f (b))

– On dit que f est décroissante sur I (resp. strictement décroissante) si pour tout a et b
de I si a < b alors f (a) f (b) (resp. f (a) > f (b)) (i:e)

8a 2 I 8b 2 I a < b =) f (a) f (b) (resp. f (a) > f (b))

– On dit que f est monotone sur I, (resp. strictement monotone), lorsqu’elle est soit
croissante, (resp. strictement croissante), sur I soit, décroissante, (resp. strictement décrois-
sante), sur I.

Exercices :
1. Montrer qu’une fonction strictement monotone sur l’intervalle I Df dans f (I) est bijective.
2. La fonction f (x) = 1=x est strictement décroissante sur ] 1; 0[ ou sur ]0; +1[ et pourtant
1 < 2 et f ( 1) < f (2) :Expliquer.
3. Montrer que la seule fonction strictement croissante de R dans R telle que

f (f (x)) = x

est la fonction f : R ! R x 7! x. (On pourra supposer qu’il existe a tel que f (a) > a et
montrer qu’on aboutit à une contradiction):
1
4. Montrer que si f est bijective croissante sur I un intervalle de R alors f est croissante sur
tout intervalle de f (I).

1.4 Courbes représentatives


! !
Dé…nition : Dans le plan P muni d’un repère O; i ; j on appelle courbe repré-
sentative de f et on note :

Cf = fM (x; y) 2 P x 2 Df et f (x) = yg

et on appelle équation de Cf l’équation y = f (x).

1.4.1 Courbes classiques


On connaît la représentation graphique des fonctions a¢ nes : f (x) = ax + b et on
doit savoir retrouver l’équation d’une droite d’après sa représentation graphique.

y = −2 x + 2 y=x

y = −x

y =1

1
y= x −1
2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 6

Exercice : Déterminer les droites de la …gure et caractériser par un système d’inéqua-


tions les points de la partie hachurée.

Proposition : Toute fonction polynômiale de degré 2 a pour représentation une para-


bole
y = x2

Exercices :
1. A l’aide de la représentation de la fonction f (x) = x2 représenter les fonctions suivantes :
(a) g (x) = x2 1 (b) h (x) = 1 x2 (c) j (x) = x2 1 .
p
2. A l’aide de la
p représentation de pla fonction f (x) p
= x représenter lespfonctions suivantes :
(a) g (x) = x (b) h (x) = x (c) j (x) = jxj (d) k (x) = jxj.

Dé…nition : On appelle fonction homographique toute fonction du type :


ax + b
f (x) = et c 6= 0
cx + d
Exemple : La fonction inverse : f (x) = 1=x est une fonction homographique

Proposition : Toute fonction homographique a pour représentation graphique une hy-


perbole.

1
y=
x

Représentation de la fonction racine


y = x2
y=x

y= x

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 7

Représentation de la fonction valeur absolue

y= x

Représentation de la fonction partie entière

Représentation de la fonction partie entière sur [ 1; 2]

Exercice : Représenter les fonctions suivantes sur [ 1; 2]


(a) f (x) = x E (x) (b) g (x) = x (x E (x)) (c) h (x) = x E (1=x) :

! !
Propositions : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j :
– La courbe représentative d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe Oy:
– La courbe représentative d’une fonction impaire est symétrique par rapport à l’origine O:
– Si la fonction f est bijective de E sur F la courbe représentative de f 1 est symétrique par
rapport à la droite d’équation y = x.

! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un centre de symétrie de coordonnées O0 (a; b) ;
! !
si dans le repère O0 ; i ; j l’équation de la courbe Cf est Y = g (X) avec g impaire.

Exemple : Soit la courbe Cf d’équation

2x 1 2x + 2 3 3
y= = =2
x+1 x+1 x+1
alors
3
y 2=
x+1
et si l’on pose y 2 = Y et X = x + 1 alors
3
Y =
X
où g : X 7 ! 2=X est impaire. Le point O0 ( 1; 2) est centre de symétrie.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 8

! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un centre de symétrie de coordonnées O0 (a; b)
si
f (a + x) + f (a x)
8x 2 Df a x 2 Df et =b
2
Exemple : La courbe Cf d’équation y = (x 1) = (x + 1) a pour centre de symétrie
O0 ( 1; 1) : En e¤et
( 1+x) 1 ( 1 x) 1 2+x 2+x
f ( 1 + x) + f ( 1 x) ( 1+x)+1 + ( 1 x)+1 +
x x
= = =1
2 2 2

On a des propriétés analogues pour les courbes qui possèdent un axe de symétrie

! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un axe de symétrie d’équation x = a, si
! !
dans le repère O0 ; i ; j , où O0 (a; b) (pour tout b) l’équation de la courbe Cf est
Y = g (X) avec g paire.

! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un axes de symétrie d’équation x = a si

8x 2 Df a x 2 Df et f (a + x) = f (a x)

1.4.2 Comportement asymptotique


Soit Cf la courbe représentative de la fonction f .

Dé…nitions :
La courbe Cf admet la droite d’équation x = a comme asymptote au voisinage de a
si
lim f (x) = 1
x!a

La courbe Cf admet la droite d’équation y = b comme asymptote au voisinage de


1 si
lim f (x) = b
x! 1

La courbe Cf admet la droite d’équation y = ax + b comme asymptote au voisinage


de 1 si
lim (f (x) (ax + b)) = 0
x! 1

Exemple : La courbe représentative de la fonction f dé…nie sur R par f (x) = x + x1


amet la droite x = 0 comme asymptote au voisinage de 0 et la droite y = x au voisinage
de 1:

Proposition : La courbe Cf admet la droite d’équation y = ax + b comme asymptote


au voisinage de 1 si et seument si
f (x)
lim = a et lim f (x) ax = b
1 x 1
p
Exercice : Trouver les branches in…nies de la fonction f (x) = x + x2 + 1:

Dé…nitions :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 9

La courbe Cf au voisinage de 1 admet une branche parabolique de direction


asymptotique x = 0 si
f (x)
lim = 1
1 x
La courbe Cf au voisinage de 1 admet une branche parabolique de direction
asymptotique y = ax si
f (x)
lim = a et lim f (x) ax = 1
1 x 1

Exercice
p : Déterminer la branche in…nie au voisinage de +1 de la fonction f (x) =
x + x + 1:
Cf

y=x

p
Représentation de f (x) = x + x+1

1.5 Opérations sur les fonctions


Dé…nition : Soit deux fonctions f et g dé…nies de R ! R et D = Df \ Dg et 2 R,
on dé…nit :

8x 2 D (f + g) (x) = f (x) + g (x)


8x 2 Df ( f ) (x) = f (x)
8x 2 D (f g) (x) = f (x) g (x)

et de plus, si pour tout x 2 D; g (x) 6= 0 on peut dé…nir alors,

f f (x)
(x) =
g g (x)

Une fonction peut s’exprimer en fonction d’opérations di¤érentes, par exemple la fonc-
2
tion f (x) = x x+1 dé…nie sur R peut être considérée comme le quotient de 2 fonc-
g(x)
tions f (x) = h(x) où g (x) = x2 + 1 et h (x) = x; mais aussi comme le produit de
2 fonctions f (x) = i (x) g (x) où i (x) = x1 et en…n, comme somme de 2 fonctions
f (x) = x + x1 = h (x) + i (x)

Exercices :
1. Soit f et g croissantes sur I.
(a) Montrer que f + g est croissante sur I.
(b) Montrer que si f et g sont positives et croissantes sur I alors f g est croissante.
(c) Est-ce nécessaire ?
2
2. Soit f dé…nie par f (x) = 1 x

(a) Montrer que f est croissante sur ]0; +1[ :(On utilisera les opérations sur les fonctions).
(b) Si (un ) est strictement positive et décroissante que peut-on dire de (vn ) dé…nie par
vn = 1 u2n .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 10

3. Soit f paire et g impaire sur I. Que peut-on dire de la parité de f g ?


4. Montrer que toute fonction f dé…nie sur R peut s’écrire comme somme de deux fonctions,
l’une paire, l’autre impaire.(On pourra considérer les fonctions p (x) = f (x)+f
2
( x)
et i (x) =
f (x) f ( x)
2 )

Dé…nition : Soit deux fonctions f et g dé…nies de R ! R on dé…nit la composée de


f par g et on note :
g f : R ! R x 7 ! g (f (x))

Exemple : Soit f : x 7! x2 et g : x 7! 2x + 1. Pour tout x 2 R on peut alors dé…nir la


fonction
g f : R ! R x 7 ! g (f (x)) = g x2 = 2x2 + 1
On remarquera qu’en général f g 6= g f .
Si l’on note h : x 7! 1=x, on peut montrer h (f g) = (h f ) g que l’on notera
h f g:

Exercices
1. Soit f : R ! R; x 7! x 1=x et h : R ! R; x 7! 1=x. Calculer h f et f h et donner leur
ensemble de dé…nition.
2. Que peut-on dire de f (x) = E (x E (x)) ?
3. Soit f impaire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
4. Soit f paire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
1
5. Soit f dé…nie par f (x) = 1 + x sur ]0; +1[
(a) Montrer que f est strictement décroissante sur ]0; +1[ :
(b) Résoudre f (x) = x sur ]0; +1[ :
(c) Montrer que si f (x) = x () f f (x) = f (x) :
(d) Résoudre dans ]0; +1[
1
x=1+ 1
1+ 1+ 1
1+ 1
1+ 1
x

2 Fonctions continues
Dé…nitions : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I contenant a.
– On dit que f est continue en a si lim f (x) = f (a) ou aussi
x!a

8" > 0 9 > 0 8x 2 Df jx aj < =) jf (x) f (a)j < "

– On dit que f est continue sur I si f est continue pour tout réel a de I.

On notera qu’une fonction, ne peut être continue que là où elle est dé…nie.
Par exemple, la fonction f : x 7! x1 n’est pas continue en 0.
Par contre, la fonction partie entière E : x 7! E (x) ; qui est dé…nie sur R, n’est pas
continue en 1, puisque
lim E (x) = 0 6= lim E (x) = 1
x<1 x>1
x!1 x!1

et donc E (x) n’admet pas de limite en 1. Cette di¤érence entre la limite à droite et la
limite à gauche se caractérise graphiquement par un saut.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 11

Représentation de la fonction partie entière sur [ 1; 2]


La notion de continuité d’une fonction f sur un intervalle I; correspond à l’idée intuitive
selon laquelle, pour tracer la courbe représentative de f sur I; on ne lève pas le crayon:

La fonction f dé…nie de R dans R par :

1 si x = 0
f : x 7! sin(x)
x si x 6= 0

est continue sur R.

sin x
Représentation de y = x

Exercices :
1. Etudier la continuité sur R de f : R ! R x 7 ! jxj :
2. Etudier la continuité de la fonction f dé…nie de R dans R par :

1 si x = 0
f : x 7! 1
xE x si x 6= 0

3. Soit f une fonction continue sur I et f (a) 6= 0 pour a 2 I alors montrer qu’il existe un
voisinage de a pour lequel la fonction f n’est pas nulle:

2.1 Opérations sur les fonctions continues


Les résultats sur les limites des fonctions usuelles nous permettent de dé…nir une classe
de fonctions continues.
p
Théorème : Si f est une fonction polynôme ou l’une des fonctions x; cos x; sin x; exp (x) ; ln (x)
ou encore la somme, le produit, le quotient ou la valeur absolue, la racine de telles fonc-
tions, alors f est continue en tout réel a où elle est dé…nie:

Plus généralement les théorèmes sur les opérations de limites en un point et la dé…nition
d’un fonction continue sur un intervalle permettent d’établir les théorèmes suivants :

Théorème : Soit f et g deux fonctions continues sur un intervalle I alors les fonctions
f + g; f g, sont continues sur I, si de plus g (x) 6= 0 pour tout x 2 I alors f =g est
continue sur I.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 12

Attention, la somme de deux fonctions peut-être continue sans que les deux fonctions
soient continues. Par exemple, on véri…era que les fonctions f : x 7! E (x) + x et
g : x 7! E (x) ne sont pas continues en 1 et pourtant f + g l’est.

2
Exercice : Etudier la continuité de la fonction f : R ! R x 7! x E (x) (x E (x)) :(On
pourra montrer que f est périodique de période 1 et se limiter à l’étude d’une période).

Théorème de composition des fonctions continues : Si f est continue sur un


intervalle I et g une fonction continue sur un intervalle J et que pour tout x 2 I alors
f (x) 2 J; la fonction g f est continue sur I.

Théorème : Si lim f (x) = ` et g est continue en ` alors lim g (f (x)) = g (`).


x!a x!a

Théorème : Si f est continue sur un intervalle I et (un ) une suite de réels dans I
qui converge vers ` 2 I; alors la suite (f (un )) converge vers f (`).

Dans le cas des suites dé…nies par récurrence du type un+1 = f (un ), si l’on montre que
(un ) converge vers ` et que f est continue sur un intervalle I contenant tous les termes
un et ` alors on a lim un+1 = ` = lim f (un ) = f (`) et on en déduit : ` véri…e
n!+1 n!+1
l’équation f (`) = `.

Théorème : Soit (un ) une suite récurrente qui converge vers ` dé…nie par un+1 =
f (un ) où f est une fonction continue sur un intervalle I contenant tous les un et ` ;
alors
` = f (`)

Exercices :
p q p
p p p
1. Soit la suite (un ) dé…nie par u1 = 2, u2 = 2 + 2, u3 = 2 + 2 + 2, et plus généra-
lement : q
p
un = 2 + + 2:
| {z }
n radicaux

(a) Déterminer f telle que un+1 = f (un ) :


(b) En déduire que (un ) est croissante et majorée.
(c) Déterminer lim un :
n!+1

2. Montrer que la suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1; quelle que soit la valeur de u0 , est
divergente.
3. Soit P (x) = x3 211x2 + 2228x 5600:
(a) Véri…er que P (4) = 0. En déduire la factorisation de P (x) :
(b) La suite (un )n2N dé…nie par :

11 65 2228 5600
u0 = ; u1 = et 8n 2 N, un+2 = 211 +
2 11 un+1 un+1 un

Montrer que si (un ) est convergente alors sa limite ` 2 f4; 7; 200g :


(c) Montrer par récurrence que si 199 un 200 alors 199 un+1 200:
(d) Montrer que (un ) converge et trouver sa limite.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 13

2.2 Propriétés des fonctions continues sur un intervalle


Théorème des valeurs intermédiaires : Soit f une fonction dé…nie continue sur
un intervalle [a; b]. Pour tout réel k; compris entre f (a) et f (b), il existe un réel c;
compris entre a et b tel que f (c) = k.

On peut aussi dire :

Corollaire : L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.

Cf

f (b )

y =k

a c2
c1 b
c3

f (a )

Corollaire : Soit f une fonction dé…nie continue sur un intervalle I et a et b deux


réels de cet intervalle, si f (a) f (b) < 0, il existe un réel c compris entre a et b tel
que f (c) = 0.

Exercices :
1. Montrer que tout polynôme de degré 3 admet au moins une racine réelle. Est-ce vrai pour
les polynômes de degré 2 ? Généraliser.
2. Résoudre analytiquement et trouver une solution approchée de

x3 + x 1=0

3. Soit f une fonction continue de [0; 1] sur [0; 1]. Montrer qu’il existe x 2 [0; 1] tel que f (x) = x.
On remarquera que le réel c n’est pas nécessairement unique dans [a; b]. Par contre, si
l’on ajoute une condition de monotonie à la fonction f , on obtient le théorème suivant :

Théorème : Soit f une fonction continue strictement monotone sur [a; b]. Si f (a)
f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet une unique solution dans l’intervalle [a; b].

Exercice :
Soit la suite de fonction fn (x) = x3 nx 1 où n 2 N.
1. Faire l’étude et représenter dans un même repère les fonctions f0 ; f1 ; f2 :
2. Etudier les variations de fn et montrer qu’il existe une et seule solution positive que l’on
notera un à l’équation
fn (x) = 0
3. Calculer les valeurs approchées de u0 ; u1 ; u2 :
4. Etudier la limite de (un ) lorsque n tend vers l’in…ni.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 14

3 Exemples de fonctions bijectives


Théorème : Toute fonction f continue strictement croissante (respectivement décrois-
sante) sur un intervalle [a; b] est bijective de [a; b] sur [f (a) ; f (b)] (respectivement sur
[f (b) ; f (a)]).

On rappelle qu’une fonction est bijective de I sur J si, pour tout x 2 I, f (x) 2 J et
pour tout y 2 J; il existe une et un seul x 2 I tel que f (x) = y.
La fonction f étant croissante, pour tout x tel que a x b alors f (a) f (x) f (b)
et donc f (x) 2 [f (a) ; f (b)]. D’autre part, quel que soit y 2 [f (a) ; f (b)] d’après le
théorème des valeurs intermédiaires, il existe c 2 [a; b] tel que f (c) = y et comme f est
strictement croissante cette valeur c est unique.
Par exemple, la fonction sinus, continue, strictement croissante sur [ =2; =2] est
donc bijective de [ =2; =2] sur [f ( =2) ; f ( =2)] = [ 1; 1] et on dé…nit la fonction
réciproque arcsinus que l’on note :

arcsin : [ 1; 1] ! [ =2; =2] x 7! arcsin (x) = y tel que sin (y) = x


p
Par exemple, arcsin 2=2 = =4; puisque c’est la seule et unique valeur de [ =2; =2]
p
pour laquelle le sinus prend la valeur 2=2.

π /2 y = arcsin(x)
Cf −1

y = sin(x)
Cf

−π / 2
π /2

−π / 2

On généralise ce théorème à tout intervalle borné ou non.

Exemple : Ansi, la fonction tangente continue, strictement croissante sur l’intervalle


] =2; =2[ ; comme

lim tan (x) = +1 et lim tan (x) = 1


x< =2 x> =2
x! =2 x! =2

la fonction tangente réalise une bijection de ] =2; =2[ sur ] 1; +1[.


On dé…nit alors la fonction réciproque, arctangente que l’on note :

arctan : ] 1; +1[ ! ] =2; =2[ x 7! arctan (x) = y tel que tan (y) = x.

Exercices :
1. Calculer arctan (0) ; arctan (1), etc...Tracer la courbe représentative de la fonction arctan-
gente.
2. Montrer que l’équation x3 24x + 36 = 0 admet 3 racines réelles notées 1 ; 2 et 3; telles
que 1 < 0 < 2 < 3 . Donner une approximation de ces racines à 10 1 près.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 15

3. Dans un vase cylindrique de rayon 4 cm; il y a 3 cm d’eau. On dépose une bille de rayon
r. Quel doit-être le rayon de la bille pour que l’eau recouvre juste la bille ? (On ramènera
la question à la résolution de l’équation x3 24x + 36 = 0 (2)). Interpréter les 2 solutions
2; 3.
ex e x
4. Montrer que la fonction dé…nie par : f (x) = 2 est bijective de R sur R.
x x
e e
5. Montrer que la fonction dé…nie par : g (x) = ex +e x est bijective de R sur ] 1; 1[.

4 Notion de dérivabilité
4.1 Dérivabilité en un point
Dé…nition : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I et a un réel de I. On dira
que f est dérivable en a pour dire qu’il existe l un réel tel que lim f (x)x fa (a) = l. On
x!a
appellera l le nombre dérivé de f en a et on notera :
f (x) f (a)
lim = f 0 (a)
x!a x a

p
Par exemple, la fonction f : x 7! x est dérivable en 1, en e¤et :
p
x 1 1 1
lim = lim p =
x!1 x 1 x!1 x+1 2
mais elle ne l’est pas en 0, car
p
x 1
lim = lim p = +1
x!0 x x!0 x
qui n’est pas …nie.
On écrira aussi, pour tout h tel que a + h 2 I
f (a + h) f (a)
lim = f 0 (a)
h!0 h
f (a+h) f (a)
Si l’on pose " (h) = h f 0 (a), on a

f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h" (h) avec lim " (h) = 0


h!0

Réciproquement, s’il existe une fonction " avec lim " (h) = 0 et un réel l tels que
h!0
f (a + h) = f (a) + hl + h" (h), on en déduit :

f (a + h) f (a)
lim = l et l = f 0 (a)
h!0 h
Cette caractérisation de la dérivabilité est souvent utilisée et on énonce la proposition
suivante :

Proposition : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I et a un réel de I la


fonction f est dérivable en a si et seulement si, il existe une fonction " et un réel l,
tels que pour tout réel h véri…ant a + h 2 I; on ait

f (a + h) = f (a) + hl + h" (h) avec lim " (h) = 0


h!0

Le réel l est la dérivée de f au point a et est noté f 0 (a) :


p p
La fonction fp: x 7! x x est dérivable en 0. On écrira f (0 + h) = f (0) + h 0+h h
avec " (h) = h et donc lim " (h) = 0:
h!0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 16

Exercice : Etudier la dérivabilité en 0 de la fonction dé…nie de R dans R par


1
x2 sin x si x 6= 0
f : x 7!
0 si x = 0

Si f est dérivable en a, il existe une fonction ", telle que pour tout réel h tel que
a + h 2 I; f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h" (h) avec lim " (h) = 0. On en déduit que
h!0
lim f (x) = lim f (a + h) = f (a) et donc que f est continue en a.
x!a h!0

Théorème : Si f est dérivable en a alors f est continue en a.

La réciproque est fausse. La fonction f : x 7! jxj est continue sur R donc en particulier
en 0 mais par contre, elle n’est pas dérivable en 0. En e¤et :
jxj jxj
lim = 1 et lim = 1
x>0
x!0
x x<0
x!0
x

f (x) f (0)
le rapport x n’a pas de limite et f n’est pas dérivable en 0:

-5 0 5

Représentation de la fonction f : x 7! jxj


Exercice : Etudier la continuité et la dérivabilité en 0 de la fonction f dé…nie par :
x sin x1 si x 6= 0
0 si x = 0

4.2 Interprétations du nombre dérivé


4.2.1 Interprétation graphique
Dé…nition : Si f est dérivable en a 2 I, on appelle tangente en A (a; f (a)) à la
courbe Cf d’équation y = f (x) ; la droite d’équation y = f 0 (a) (x a) + f (a).

y = f ' (a )(x − a )+ f (a )

f (a )
f (a + h )

a a+h

On étendra la dé…nition au cas de fonctions non dérivables.


f (x) f (a)
– Si lim x a = 1 on dira que courbe Cf admet une tangente verticale en A (a; f (a)).
x!a
– Si le rapport f (x)x af (a) admet une limite à droite di¤érente de la limite à gauche, on dira que
Cf admet une demi-tangente à droite et une demi-tangente à gauche en A (a; f (a)). Le point
A est alors un point anguleux.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 17

C’est le cas de la courbe y = x2 1 au point A (1; 0).

0
0 1 2

Représentation de la courbe y = x2 1 au voisinage de A (1; 0)


Exercices :
1. Soit P la parabole d’équation y = ax2 (a > 0) et M0 le point de P d’abscisse x0 (x0 6= 0) :
(a) Donner l’équation de la tangente à P en M0 .
(b) Déterminer ses intersections avec les axes de coordonnées et en déduire une construction
géométrique de la tangente:
2. Soit la fonction f : x 7! x3 2x + 3 = x2 + 1 et Cf sa représentation graphique (voir
ci-dessous)
(a) Montrer que le point A ( 1; 2) 2 Cf :
(b) Déterminer toutes les tangentes à Cf passant par A.

A
B

Représentation graphique de

x3 2x + 3
f (x) =
x2 + 1

4.2.2 Interprétation numérique


Si f est dérivable en a 2 I alors, pour tout entier h tel que a + h 2 I on a :

f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h" (h) avec lim " (h) = 0


h!0

Ce qui permet de dire, pour h assez petit, l’expression f (a) + hf 0 (a) est une bonne
approximation
p de f (a + h). Par exemple, on a montré ci-dessus que la fonction f : x 7!
1
x est dérivable pour tout réel a > 0 et f 0 (a) = 2p a
. On en déduira
p p
36; 3 = 36 + 0:3 ' f (36) + 0; 3f 0 (36)
' 6; 025

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 18

p
La calculatrice donne 36:3 ' 6: 024 9:
On retiendra pour h assez petit :
2
(1 + h) ' 1 + 2h
3
(1 + h) ' 1 + 3h
1
' 1 h
1+h
p 1
1+h ' 1+ h
2
Il conviendra, quand on écrira f (a + h) ' f (a) + hf 0 (a) ; de mesurer
p l’erreur.
Montrons par exemple que, pour tout réel h tel que jhj < 1; on a : 1 + h ' 1 + 12 h à
1 2
2 h près. En e¤et,

p h 2
1 1+ 2 (1 + h)
1+ h 1+h = 1
p
2 1+ 2h + 1+h
h2
= p
4 1 + 12 h + 1 + h
p
Or, si h > 1 alors 1 + 21 h + 1+h> 1
2 et donc
1 p h2
0 1+ h 1+h
2 2
Exercice :
p
1. (a) Quelle est la 2018ieme décimale du nombre où = 0; 99
| {z 9} ?(On pourra
2017 chi¤ res 9
p
remarquer que < a < 1):
(b) Montrer que pour tout réel h 2 [0; 1[ on a :
h2h p h
1 1 h 1
22 2
p
(c) Quelle est la 2019ieme décimale de ?
(d) Quelles sont les 2016 décimales suivantes ?

4.3 Fonction dérivable sur un intervalle


4.3.1 Fonction dérivée
Dé…nition : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I. Si f est dérivable pour
tout a 2 I , on dit alors que f est dérivable sur I et on appelle fonction dérivée
la fonction notée f 0 : x 7! f 0 (x) où f 0 (x) est le nombre dérivée en x 2 I.
p p
On a montré, que pour tout a 2 ]0; +1[ lim xx a a = 2p 1
a
; on en déduit que f : x 7!
p x!a
1
x est dérivable sur ]0; +1[ et que f 0 (x) = 2p x
pour tout réel x positif.
0
Si la fonction f est elle même dérivable sur I, on peut dé…nir, pour tout x 2 I; la
dérivée seconde que l’on note f 00 par :
0
f 00 : x 7! [f 0 ] (x) .
Et plus généralement, pour tout entier n 1; si f (n) est elle même dérivable sur I, on
ieme
peut dé…nir, pour tout x 2 I; la dérivée (n + 1) que l’on note f (n+1) par :
h i0
f (n+1) : x 7! f (n) (x) .

Exercice : Montrer par récurrence que pour tout entier n 1 on a, pour tout réel x :

sin(n) (x) = sin x + n


2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 19

4.3.2 Fonction dérivée des fonctions usuelles


I f (x) f 0 (x)
R k 0
R x 1
R xn (n 2 N et n 1) nxn 1
1 1
] 1; 0[ ou ]0; +1[ p
x x2
1
]0; +1[ x p
2 x
R+ 8n 2 Q xn nx n 1

R sin (x) cos (x)


R cos (x) sin (x)
1
2 ; 2 tan (x) 1 + tan2 (x) = cos2 (x)
] 1; +1[ exp (x) exp (x)
1
]0; +1[ ln (x) x
On remarquera :
– les formes indéterminées du type “ 00 ” sont souvent des nombres dérivés. Par exemple :

cos x 1 0
lim = [cos] (0)
x!0 x
= sin (0) = 0.

Exercice : Montrer que


cos x 1 1
lim =
x!0 x2 2
On pourra utiliser la formule de duplication du cosinus : cos x = cos2 x=2 sin2 x=2.

4.3.3 Opérations sur les fonctions dérivables


Théorème : Si f et g sont deux fonctions dérivables sur un intervalle I, alors les
fonctions f + g; f g sont dérivables sur I et si g (x) 6= 0 pour tout x de I alors f =g est
dérivable sur I et on a :
0
(f + g) = f 0 + g0
0
(f g) = f 0 g + f g0
0
f f 0g g0 f
=
g g2
0
Montrons par exemple (f g) = f 0 g + f g 0 . On sait par hypothèse que f et g sont deux
fonctions dérivables sur un intervalle I; (i.e.) pour tout a 2 I et pour tout réel h tel
que a + h 2 I, il existe deux fonctions "1 et "2 telles que :

f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h"1 (h) avec lim "1 (h) = 0


h!0
g (a + h) = g (a) + hg 0 (a) + h"2 (h) avec lim "2 (h) = 0
h!0

d’où,

f g (a + h) = f (a + h) g (a + h)
= f (a) g (a) + h (f 0 (a) g (a) + f (a) g 0 (a))
+h (g (a) "1 (h) + f (a) "2 (h) + hf 0 (a) g 0 (a) + h"1 (h) "2 (h)) .

Si l’on pose

" (h) = g (a) "1 (h) + f (a) "2 (h) + hf 0 (a) g 0 (a) + h"1 (h) "2 (h)

on aura
lim " (h) = 0
h!0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 20

On en déduit alors que f g est dérivable pour tout a 2 I et que


0
(f g) (a) = f 0 (a) g (a) + f (a) g 0 (a) .

L’utilisation de ces formules nécessite de dé…nir au préalable la forme de la fonction f


que l’on a à dériver. Par exemple, si f est la fonction f : x 7! x+1 x . On peut voir f
comme :
– la somme de deux fonctions f (x) = 1 + x1 ,
– le produit de deux fonctions f (x) = (x + 1) x1 ,
– le quotient de deux fonctions f (x) = x+1
x
La méthode la plus simple de dériver cette fonction sera de voir la fonction f comme
somme de deux fonctions.

Corolaire : Toute fonction polynôme ou rationnelle est dérivable sur tout intervalle où
elle est dé…nie.

Proposition : Soit n 2 N ; si les fonctions f et g sont n fois dérivables sur I alors


f; f + g; f g et si g ne s’annule pas f =g sont n fois dérivables sur I. De plus
(n)
( f ) = f (n)
(n)
(f + g) = f (n) + g (n)
(n) Pn
(f g) = k=0 nk f (k) g (n k)
(formule de Leibniz )

Exercices :
1. (a) Soit P une fonction polynomiale de degré 3. Montrer que pour tous réels a et h

h2 00 h3
P (a + h) = P (a) + hP 0 (a) + P (a) + P (3) (a)
2 6

(b) Soit P (x) = 2x3 x2 + 3x 7. Donner la valeur exacte de P (3; 002) :


Pn
2. Calcul de k=1 kxn 1 .
(a) En utilisant une formule sommatoire, calculer de deux manières la dérivée de

f : x 7! 1 + x + + xn pour x 6= 1.

(b) En déduire, pour x 6= 1, une formule sommatoire de

1 + 2x + + nxn 1
.

(c) Calculer les sommes :


i. 1 + 2 2+3 22 + + 16 215 .
p p
9
ii. 1 + 2 3 + 3 3+ + 20 3 3.

Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I et g une fonction dé…nie
sur un intervalle J tel que pour tout a 2 I; f (a) 2 J, si f est dérivable sur I et g
dérivable sur J alors g f est dérivable sur I et pour tout x 2 I,
0
(g f ) (a) = f 0 (a) g 0 (f (a))

Traduisons les hypothèses en un point a quelconque de I. La fonction f est dérivable


en a; donc pour tout h tel que a + h 2 I, il existe une fonction "1 et lim "1 (h) = 0 telle
h!0
que : f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h"1 (h). La fonction g est dérivable en f (a) donc

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 21

pour tout k; tel que f (a) + k 2 J, il existe une fonction "2 et lim "2 (k) = 0 telle que :
k!0
g(f (a) + k) = g (f (a)) + kg 0 (f (a)) + k"2 (k) donc

g (f (a + h)) = g (f (a) + hf 0 (a) + h"1 (h))


= g (f (a)) + (hf 0 (a) + h"1 (h)) g 0 (f (a))
+ (hf 0 (a) + h"1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h))
= g (f (a)) + hf 0 (a) g 0 (f (a))
+h ["1 (h) g 0 (f (a)) + (f 0 (a) + "1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h))]

Il su¢ t de véri…er que lim "1 (h) g 0 (f (a)) + (f 0 (a) + "1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h)) = 0
h!0
et alors
g (f (a + h)) = g (f (a)) + hf 0 (a) g 0 (f (a)) + h"3 (h)
où "3 (h) = "1 (h) g 0 (f (a)) + (f 0 (a) + "1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h)) avec lim "3 (h) = 0.
h!0
On peut conclure g f est dérivable en a et pour tout a 2 I
0
(g f ) (a) = f 0 (x) g 0 (f (a))

Exercice : Dans certain manuel, on peut trouver la démonstration suivante :


g f (x) g f (a) g (f (x)) g (f (a))
=
x a x a
g (f (x)) g (f (a)) f (x) f (a)
= .
f (x) f (a) x a
et f et g étant dérivable respectivement en a et f (a)
g (f (x) g (f (a))
lim = g 0 (f (a)) f 0 (a) .
x!a x a
Pourquoi cette démonstration n’est pas valable.
On en déduira en particulier les résultats suivants si u est dérivable sur I :
1 0 u0 (x)
– Pour tout x 2 I tel que u (x) 6= 0 ; u (x) = u2 (x) .
n 0
– Pour tout x 2 I tel que u (x) > 0 ; [u ] (x) = nu (x) un 0 1
(x) pour tout n 2 Q.
p 0 u0 (x)
– Pour tout x 2 I tel que u (x) > 0 ; [ u] (x) = p .
2 u(x)
0
– Pour tout x 2 I [exp (u)] (x) = u0 (x) exp (u (x))
0
0
– Pour tout x 2 I tel que u (x) 6= 0 ; [ln juj] (x) = uu(x)
(x)

p
Par exemple, f : x 7! x2 + x + 1 alors f 0 (x) = 2px2x+1 2 +x+1
.

Exercices :
1. Donner le domaine de dérivabilité et calculer les dérivées des fonctions suivantes :
q p p p p
4
(a1 ) x x 1 (a2 ) px12 +1 (a3 ) 11+xx (a4 ) x + x2 + 1 (a5 ) x x2 + 1
2 2
(b1 ) sin (x) (b2 ) sin (sin (x)) (b3 ) sin x (b4 ) cos (sin (x)) (b5 ) ln (cos (x))
2 exp(x) 1 x 1
(c1 ) exp (2x) (c2 ) [exp (x)] (c3 ) exp (1=x) (c4 ) exp(x)+1 (c5 ) exp x+1
2 p p
(d1 ) ln (ln (x)) (d2 ) (ln (x)) (d3 ) ln x2 (d4 ) ln qx + x2 + 1 (d5 ) ln x x2 + 1
(e1 ) e2 ln x (e2 ) ex ln 2 (e3 ) ex ln x (e4 ) ln 11+sin t
sin t

1
2. Soit pour tout x 2 ] 1; +1[ f : x 7! 1+x . Montrer que pour tout entier n 1

n n!
f (n) (x) = ( 1) n+1
(1 + x)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 22

3. On supposera connue l’existence d’une fonction f dérivable sur R telle que pour tout x 2 R
f 0 (x) = f (x) et f (0) = 1.
(a) Montrer que pour tout x 2 R f ( x) f (x) = 1.
(b) En déduire que pour tout x 2 R f (x) 6= 0 et l’unicité de f .
(c) Montrer que pour tous x et y 2 R
– f (x + y) = f (x) f (y)
– f (x y) = ff (x)
(y)
n
– f (nx) = [f (x)] pour tout entier relatif n:

Théorème : Soit I un intervalle et f une fonction continue sur I bijective de I sur


f (I) :Si f est dérivable en x0 2 I avec f 0 (x0 ) 6= 0 et si l’on note y0 = f (x0 ) alors on
a x0 = f 1 (y0 ) et f 1 est dérivable en y0 et

1 0 1
f (y0 ) =
f 0 (f 1 (y0 ))

Exemple : On a dé…ni la fonction f 1 : ] 1; 1[ ! ] =2; =2[ x 7 ! arcsin (x) comme


la fonction réciproque de la fonction f : ] =2; =2[ ! ] 1; 1[ x 7 ! sin (x) qui est
0
dérivable et f 0 (x) = cos (x) 6= 0 sur ] =2; =2[ et donc f 1 est dérivable pour tout
x 2 ] 1; 1[ et

0 1 1 1
(arcsin (x)) = =q =p
cos (arcsin (x)) 1 2
sin (arcsin (x)) 1 x2

Exercice : Montrer que les fonctions ]0; [ ! ] 1; 1[ x 7! cos (x) et ] =2; =2[ !
] 1; +1[ x 7! tan (x) sont bijectives et que leur fonctions réciproques notées respec-
tivement arccos (x) et arctan (x) sont dérivables et calculer les fonctions dérivées.

4.3.4 Variations d’une fonction


Soit f une fonction croissante sur un intervalle I et dérivable sur I. Soit a 2 I; pour
tout x 2 I fag ; le rapport
f (x) f (a)
0
x a
Sachant que f est dérivable et par conservation des inégalités par passage à la limite,
on déduit f 0 (a) 0:

Proposition : Si f est une fonction croissante sur un intervalle I et dérivable sur I


alors f 0 (a) 0 pour tout a 2 I.

On démontrerait de même ;

Proposition : si f une fonction décroissante sur un intervalle I et dérivable sur I


alors f 0 (a) 0 pour tout a 2 I.

Nous admettrons les résultats suivants :

Théorème : Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I :


– si f 0 (x) = 0 pour tout x 2 I; alors la fonction est constante sur I ;
– si f 0 (x) 0 pour tout x 2 I alors f est croissante sur I ;
– si f 0 (x) 0 pour tout x 2 I alors f est décroissante sur I.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 23

Les résultats ci-dessus ne sont vrais que sur un intervalle. Soit la fonction

0 si x < 0
f : x 7!
1 si x 0

est dérivable pour tout x 2 R f0g et f 0 (x) = 0 pour tout x 2 ] 1; 0[ [ ]0; +1[,
pourtant la fonction f n’est pas constante sur ] 1; 0[ [ ]0; +1[, mais elle l’est sur
chaque intervalle ] 1; 0[ ou ]0; +1[.

Exercice : Trouver une fonction dérivable strictement croissante dont la dérivée s’an-
nule.

4.3.5 Extremums d’une fonction


Dé…nition : On dit que f admet un maximum relatif (respectivement minimum
relatif ) M (respectivement m) en un réel a 2 I si, f (a) = M (respectivement f (a) =
m) et il existe un réel " strictement positif tel que pour tout x 2 ]a "; a + "[ \ I on
ait : f (x) M (respectivement f (x) m).

Représentation d’extrêmums relatifs et absolus


Dé…nition : On dit que a est un point intérieur de I; s’il existe un réel " > 0 tel
que ]a "; a + "[ I.

Proposition : Soit f une fonction dé…nie sur I et dérivable en a un point intérieur


de I. La fonction f admet un extremum (un maximum ou un minimum) en a alors f 0
s’annule en a:

Supposons que f admet un maximum M en a: Pour tout x 2 ]a "; a] ; on a : f (x)


f (a) 0 et f (x)x af (a) 0 et comme f est dérivable en a,

f (x) f (a)
lim 0
x<a
x!a x a

f (x) f (a)
De même, pour tout x 2 [a; a + "[ ;on a : f (x) f (a) 0 et x a 0 et comme
f est dérivable en a,
f (x) f (a)
lim 0
x>a
x!a x a
f (x) f (a) f (x) f (a)
La fonction f étant dérivable en a, lim x a = lim x a et
x<a x>a
x!a x!a

f 0 (a) = 0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 24

La réciproque est fausse. Prenons l’exemple de la fonction f : x 7! x3 qui est strictement


croissante sur R et dont la dérivée s’annule en 0. De même, la condition de dérivabilité
n’est pas nécessaire par exemple, la fonction f : x 7! jxj admet un minimum en 0 et
pourtant n’est pas dérivable en 0. Nous avons la condition su¢ sante.

Théorème : Soit f une fonction dérivable sur I et a un point intérieur de I. La


fonction f admet un extremum (un maximum ou un minimum) en a si f 0 s’annule en
a en changeant de signe.

Si f est dérivable sur I et si f 0 s’annule en a en changeant de signe, on peut supposer


qu’il existe " > 0 tel que f 0 (x) 0 (par exemple) pour x 2 ]a "; a] ; on en déduira que
f est croissante sur ]a "; a] et donc que pour x 2 ]a "; a], f (x) f (a) et f 0 (x) 0
pour x 2 [a; a + "[, on en déduira que f est décroisssante sur [a; a + "[ et donc pour
x 2 [a; a + "[ ; f (x) f (a). La fonction f admet un maximum en a. On aurait montré
de même, que f admettait un minimum en a si f 0 (x) 0 pour x 2 ]a "; a] et
f 0 (x) 0 pour x 2 [a; a + "[ :

Exercice : Parmi ces trois courbes, l’une est la représentation de f , l’autre celle de f 0
et la troisième celle de f ". Déterminer Cf ; Cf 0 et Cf " .

5 Applications
5.1 Etude d’une fonction.
Etude de la fonction f : x 7! x + p x
x2 +1

– Ensemble de dé…nition. (On recherche les valeurs de x qui ont une image par f ).
La fonction f est dé…nie sur x 2 R tel que x2 + 1 > 0 = R.
– Ensemble d’étude. (On recherche des proriétés éventuelles de parité ou de périodicité de f ).
Pour tout x 2 R on a x 2 R et f ( x) = x+ p( x)
= f (x) et on en déduit f
( x)2 +1
est impaire et le domaine d’étude se réduit à [0; +1[.
– Etudes des limites aux bornes
– lim f (x) = lim x + pxx2 +1 lim x = +1
x!+1 x!+1 x!+1
– Etude des branches in…nies
– lim f (x) p 1
x = lim 1 + x2 +1 = 1
x!+1 x!+1
– lim f (x) x = lim p x = lim q 1 =1
x!+1 x!+1 x2 +1 x!+1 1+ x12

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 25

On en déduit lim f (x) x 1 = 0 et que la droite d’équation y = x + 1 est


x!+1
asymptote. On pourra véri…er que Cf est au-dessous de l’asymptote, en étudiant le
signe de f (x) (x + 1).
– Etude des variations
– Ensemble de dérivabilité.
– f1 : x 7! x est dérivable sur R
– f2 : x 7! x2p + 1est une fonction polynôme donc dérivable sur R
– f3 : x 7! f2 (x) est dérivable sur R car f2 (x) > 0 sur R et comme composée de
fonctions dérivables.
– f4 : x 7! f3x(x) est dérivable sur R car f3 (x) 6= 0 sur R et comme quotients de fonctions
dérivables. La fonction f = f1 + f4 est dérivable sur R comme somme de fonctions
dérivables sur R.
– Calcul de la dérivée

f 0 (x) = f10 (x) + f40 (x)


f3 (x) xf30 (x)
= 1+
f32 (x)
p f 0 (x)
x2 + 1 x p2
2 f2 (x)
= 1+
x2 + 1
p
x2 + 1 x pxx2 +1
= 1+
x2 + 1
1
= 1+ p 3
(x2 + 1)

– Tableau de variations
x 0 +∞

f ′(x ) +

f +∞

0
– Tracé de la courbe représentative
– On dé…nit un repère et les unités
– On donne un certain nombre de valeurs avec le coe¢ cient de la tangente.
– f (1) = 1 + p12 1; 7 ; f 0 (1) = 1 + 2p
1
2
1; 4
– Contrôle de certaines particularités de Cf
– On remarquera ici, du fait de la parité, que la tangente en O (0; 0) est de part et d’autre
de la courbe. C’est ce qu’on appelle un point d’in‡exion.
– Du fait de la parité, la droite d’équation y = x 1 est asymptote en 1.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 26

y 4

-5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 5

-2

-4

Courbe représentative de f (x) = x + p x


x2 +1
Exercices :
p
1. Soit f la fonction dé…nie sur R par f (x) = 2 x2 + 1 x et C la courbe représentative dans
! !
un plan muni d’un repère orthonormé O; i ; j , où l’unité de longueur est 3 cm.
p
(a) Soit u la fonction dé…nie sur R par u (x) = 2x x2 + 1. Démontrer que pour tout réel
x: p p
1 + x2 x > 0 et 1 + x2 + x > 0.
(b) En déduire que la fonction u est strictement croissante sur R.
(c) Résoudre dans R, l’équation u (x) = 0. En déduire le signe de u(x).
(d) Etudier les limites de f en 1 et +1.
(e) Démontrer que pour tout réel x :
u (x)
f 0 (x) = p .
1 + x2
(f) En déduire les variations de f .
2. Pour tout réel x on pose (x) = f (x) x.
(a) Calculer lim (x). Que peut-on en déduire pour la courbe C ?
x!+1
(b) Démontrer que la droite d’équation y = 3x est asymptote à la courbe C au voisinage
de 1
(c) Soit D la droite déquation y = x. Etudier la position de C par rapport à chacune des
droites D et .
(d) Tracer sur le même graphique C, D et .

5.2 Un problème d’optimisation


Un marchand de frites confectionne ses cornets de frites de la manière suivante : il
découpe un disque de papier de rayon R qu’il entaille selon un rayon ; il enroule ensuite
le papier sur lui-même pour former un cône en recouvrant un secteur angulaire. Amateur
de mathématiques, il se demande comment confectionner un cône de volume maximal.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 27

La hauteur h du cône varie entre h = 0 pour x = 2 et h = R pour x = 0. On rapelle


que le volume d’un cône à base circulaire de rayon r est :
1 2
V = r h
3
D’autre part, le triangle O!A étant rectangle, on a h2 + r2 = R2 . On en déduit
1
V = R2 h2 h
3
L’étude des variations de la fonction V : h 7! 13 R2 h2 h donne V 0 (h) = 13 R2 3h2
et l’existence d’un maximum en h = pR3 . Comme 2 r = Rx;on en déduira :

r
x = 2
R
r
2
R
R2 p
3
= 2
r R
2
= 2
3
5; 13rad
293; 94

6 Corrigé des exercices


q q
x3
1. Les deux fonctions suivantes sont-elles égales ? (a) f : x 7! x 1 (b) g : x 7! x x x 1 .
Rép : Non.
2. Déterminer l’ensemble de dé…nition de la fonction suivante :
x
f : R ! R x 7! p
x+ 1 x
1
p 1
Rép : ] 1; 1] 2 5 2 :
3. Montrer que la relation f qui a tout x 2 R associe y > 0 tel que

y2 1
x=
2y
p y2 1
est une fonction. Rép : 8x 2 R 9! y = x + x2 + 1 tel que x = 2y :
4. Montrer que E : R ! R x 7! E (x) 2 Z tel que E (x) x E (x) + 1 n’est pas une fonction.
Rép : Les valeurs entières auraient deux images.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 28

5. Montrer que pour tout x 2 R on a :


(a) x 1 < E (x) x (b) E (x + 1) = E (x) + 1 Rép A partir de la dé…nition.
6. Montrer que pour tout n 2 N on a :
p p p
E n + n + 1 = E 4n + 2

On pourra supposer dans un premier


p ptemps quep4n + 2 n’est pas un carré entier et montrer
qu’il n’existe pas d’entier entre n + n + 1 et 4n + 2. Montrer ensuite que 4n + 2 ne peut
pas être un carré entier.
! R+ x 7! x2 est bijective. Quelle serait sa fonction réciproque ?
7. La fonction f : R p
1
Rép : f (x) = x
8. Soit la fonction dé…nie par :
f :R!R + p
x 7 ! x + x2 + 1
+ 1
Montrer que f est bijective de R sur R et expliciter la fonction f :
2
Rép : f 1 (x) = x 2x 1 :
9. Si 0 2 D et f est impaire que peut-on dire de f (0) ? Rép : f (0) = 0:
10. Que peut-on dire d’une fonction qui est à la fois impaire et paire ? Rép : f = 0:
11. Étudier la parité des fonctions suivantes :
p p x
(a) f (x) = x + 1 1 x Rép : impaire; (b) f (x) = jxj+1 Rép : impaire; (c) f (x) =
1 x
x + x Rép : impaire ; (d) f (x) = x+1 Rép : ni paire, ni impaire.
12. Etudier la périodicité de f (x) = x E (x) : Rép : 8x 2 R f (x + 1) = f (x) :
13. Montrer qu’une fonction strictement monotone de I sur f (I) est bijective.
Rép : La stricte monotonie entraîne x 6= y ) f (x) 6= f (y) et f surjective sur f (I).
14. La fonction f (x) = 1=x est strictement décroissante sur ] 1; 0[ ou sur ]0; +1[ et pourtant
1 < 2 et f ( 1) < f (2) :Expliquer. Rép : les nombres 1 et 2 n’appartiennent pas au même
intervalle.
15. Montrer que la seule fonction strictement croissante de R dans R telle que

f (f (x)) = x

est la fonction f : R ! R x 7! x. (On pourra supposer qu’il existe a tel que f (a) > a et
montrer qu’on aboutit à une contradiction):
16. Montrer que si f est bijective croissante sur I un intervalle de R alors f 1 est croissante sur
f (I).
Rép : 8x; y 2 f (I) 9!a; b 2 I tels que f (a) = x et f (b) = y si x > y alors a < b
) f (a) f (b) contradiction d’où a b et f 1 (x) = f 1 (f (a)) = a f 1 (f (b)) = b et
f 1 croissante.
17. Déterminer les droites de la …gure et caractériser par un système d’inéquations les points de
la partie hachurée.

Rép : (AB) y = x + 1 ; (BC) y = x 1 ; (CD) y = x 1 ; (DA) y = x + 1:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 29

18. A l’aide de la représentation de la fonction f (x) = x2 représenter les fonctions suivantes :


(a) g (x) = x2 1 (b) h (x) = 1 x2 (c) j (x) = x2 1 .
p
19. A l’aide de la
p représentation de pla fonction f (x) p
= x représenter lespfonctions suivantes :
(a) g (x) = x (b) h (x) = x (c) j (x) = jxj (d) k (x) = jxj.
20. Représenter les fonctions suivantes sur [ 1; 2]
(a) f (x) = x E (x) (b) g (x) = x (x E (x)) (c) h (x) = x E (1=x) :

Rép. (a) (b) (c)


p
21. Trouver les branches in…nies de la fonction f (x) = x + x2 + 1: Rép : y = 0; y = 2x
22. Soit f et g croissantes sur I.
(a) Montrer que f + g est croissante sur I. Rép : Utiliser les dé…nitions.
(b) Montrer que si f et g sont positives et croissantes sur I alors f g est croissante sur I.
Rép. 8a; b 2 I a < b ) f (a) f (b) ) g (a) f (a) g (a) f (b) et g (a) f (b) g (b) f (b)
donc
gf (a) gf (b)
(c) Est-ce nécessaire ? Rép. Non par exemple sur R + f (x) = x21 et g (x) = x sont toutes
les deux croissantes et de signe contraire sur R + et pourtant f g (x) = x1 qui est
croissante.
2
23. Soit f dé…nie par f (x) = 1 x

(a) Montrer que f est croissante sur ]0; +1[ :(On utilisera les opérations sur les fonctions).
(b) Si (un ) est strictement positive et décroissante que peut-on dire de (vn ) dé…nie par
vn = 1 u2n . Rép : Croissante.
24. Soit f paire et g impaire sur I. Que peut-on dire de la parité de f g ? Rép : Impaire.
25. Montrer que toute fonction f dé…nie sur R peut s’écrire comme somme de deux fonctions,
l’une paire, l’autre impaire.(On pourra considérer les fonctions p (x) = f (x)+f
2
( x)
et i (x) =
f (x) f ( x)
2 ):
26. Soit f : R ! R; x 7! x 1=x et h : R ! R; x 7! 1=x. Calculer h f et f h et donner leur
ensemble de dé…nition.
Rép : h f (x) = x2x 1 et Dh f = R f 1; 0; 1g et f h (x) = 1=x x et Df h = R f0g
27. Que peut-on dire de f (x) = E (x E (x)) ? Rép : f = 0:
28. Soit f impaire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
Rép : g f est impaire
29. Soit f paire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
Rép : g f est paire
1
30. Soit f dé…nie par f (x) = 1 + x sur ]0; +1[
(a) Montrer que f est strictement décroissante sur ]0; +1[ :
(b) Résoudre f (x) = x sur ]0; +1[ :
(c) Montrer que si f (x) = x () f f (x) = f (x) :
(d) Résoudre dans ]0; +1[
1
x=1+ 1
1+ 1+ 1
1+ 1
1+ 1
x

Rép : Ce sont les solutions de f (x) = x.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 30

31. Etudier la continuité sur R de f : R ! R x 7 ! jxj : Rép : 8a 2 R 8x 2 R jjxj jajj


jx aj etc.
32. Etudier la continuité de la fonction f dé…nie de R dans R par :

1 si x = 0
f : x 7! 1
xE x si x 6= 0

Rép : f est continue sur R f1=n n 2 Z g.


33. Soit f une fonction continue sur I et f (a) 6= 0 pour a 2 I alors montrer qu’il existe un
voisinage de a pour lequel la fonction f n’est pas nulle. Rép : C’est la dé…nition de la
continuité.
2
34. Etudier la continuité de la fonction f : R ! R x 7! x E (x) (x E (x)) :(On pourra
montrer que f est périodique de période 1 et se limiter à l’étude d’une période).
p q p
p p p
35. Soit la suite (un ) dé…nie par u1 = 2, u2 = 2 + 2, u3 = 2 + 2 + 2, et plus généra-
lement : q
p
un = 2 + + 2
| {z }
n radicaux

(a) Déterminer f telle que un+1 = f (un ) :


(b) En déduire que (un ) est croissante et majorée.
(c) Déterminer lim un . Rép ` = 2:
n!+1

36. Montrer que la suite dé…nie par un+1 = u2n + 1; quelle que soit la valeur de u0 , est divergente.
Rép : L’équation ` = `2 + 1 n’a pas de solution dans R:
37. Soit P (x) = x3 211x2 + 2228x 5600:
(a) Véri…er que P (4) = 0. En déduire la factorisation de P (x) :
(b) La suite (un )n2N dé…nie par :

11 65 2228 5600
u0 = ; u1 = et 8n 2 N, un+2 = 211 +
2 11 un+1 un+1 un
Montrer que si (un ) est convergente alors sa limite ` 2 f4; 7; 200g :
(c) Montrer par récurrence que si 199 un 200 alors 199 un+1 200:
(d) Montrer que (un ) converge et trouver sa limite.
38. Montrer que tout polynôme de degré 3 admet au moins une racine réelle. Est-ce vrai pour les
polynômes de degré 2 ? Généraliser. Rép : Utiliser le théorème des valeurs intermédiaires.
39. Résoudre analytiquement et trouver une solution approchée de

x3 + x 1=0

Rép : Faire une étude de f (x) = x3 + x 1 et par dichotomie trouver une valeur approchée
de x0 0:7
40. Soit f une fonction continue de [0; 1] sur [0; 1]. Montrer qu’il existe x 2 [0; 1] tel que f (x) = x.
Rép : Appliquer le théorème des valeurs intermédiare à g (x) = f (x) x.
41. Soit la suite de fonction fn (x) = x3 nx 1 où n 2 N.
(a) Faire l’étude et représenter dans un même repère les fonctions f0 ; f1 ; f2 :
(b) Etudier les variations de fn et montrer qu’il existe une et seule solution positive que
l’on notera un à l’équation
fn (x) = 0
(c) Calculer les valeurs approchées de u0 ; u1 ; u2 :
p
(d) Etudier la limite de (un ) lorsque n tend vers l’in…ni. Rép : Remarquer que un n=3:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 31

42. Calculer arctan (0) ; arctan (1), etc...Tracer la courbe représentative de la fonction arctan-
gente.
43. Montrer que l’équation x3 24x + 36 = 0 admet 3 racines réelles notées 1 ; 2 et 3; telles
que 1 < 0 < 2 < 3 . Donner une approximation de ces racines à 10 1 près.
44. Dans un vase cylindrique de rayon 4 cm; il y a 3 cm d’eau. On dépose une bille de rayon r.
Quel doit-être le rayon de la bille pour que l’eau recouvre juste la bille ? (On ramènera la
question à la résolution de l’équation x3 24x + 36 = 0, voir (2)). Rép. Étant donné que
3 < < 4 il n’y a qu’une solution x 3: 8 cm
x x
45. Montrer que la fonction dé…nie par : f (x) = e e
est bijective de R sur R et donner une
1
2 p
expression de la fonction réciproque : Rép : f (x) = ln x + x2 + 1 :
ex e x
46. Montrer que la fonction dé…nie par : g (x) = ex +e x est bijective de R sur ] 1; 1[ donner une
1 1 1+x
expression de la fonction réciproque : Rép : f (x) = 2 ln 1 x :
47. Étudier la continuité et la dérivabilité en 0 de la fonction f dé…nie par :

x sin x1 si x 6= 0
1 si x = 0

Rép : f est continue sur R car lim0 x sin 1=x = 1 mais pas dérivable en 0.
48. Étudier la dérivabilité en 0 de la fonction dé…nie de R dans R par
1
x2 sin x si x 6= 0
f : x 7!
0 si x = 0

Rép : f est continue sur R car lim0 x2 sin 1=x = 0 et dérivable en 0.


49. Soit P la parabole d’équation y = ax2 (a > 0) et M0 le point de P d’abscisse x0 (x0 6= 0) :
(a) Donner l’équation de la tangente à P en M0 .
(b) Déterminer ses intersections avec les axes de coordonnées et en déduire une construction
géométrique de la tangente:
50. Soit la fonction f : x 7! x3 2x + 3 = x2 + 1 et Cf sa représentation graphique (voir
ci-dessous)
(a) Montrer que le point A ( 1; 2) 2 Cf :
(b) Déterminer toutes les tangentes à Cf passant par A.

A
B

Représentation graphique de

2x + 3x3
f (x) =
+1 x2
p
(a) Quelle est la 2015ieme décimale du nombre où = 0; 99
| {z 9} ?(On pourra
2015 chi¤ res 9
p
remarquer que < a < 1):

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 32

(b) Montrer que pour tout réel h 2 [0; 1[ on a :

h2
h p h
1 1 h 1
2
2 2
p
(c) Quelle est la 2016ieme décimale de ? Rép : 4
(d) Quelles sont les 2014 décimales suivantes ? Rép : 9
51. Montrer par récurrence que pour tout entier n 1 on a, pour tout réel x :

sin(n) (x) = sin x + n


2
52. Montrer que
cos x 1 1
lim =
x!0 x2 2
On pourra utiliser la formule de duplication du cosinus : cos x = cos2 x=2 sin2 x=2.
53. Soit P une fonction polynomiale de degré 3.
(a) Montrer que pour tous réels a et h

h2 00 h3
P (a + h) = P (a) + hP 0 (a) + P (a) + P (3) (a)
2 6

(b) Soit P (x) = 2x3 x2 + 3x 7. Donner la valeur exacte de P (3:002) :


Rép : 47: 102 068 016
54. En utilisant une formule sommatoire,
(a) calculer de deux manières la dérivée de

f : x 7! 1 + x + + xn pour x 6= 1

(b) En déduire, pour x 6= 1, une formule sommatoire de

1 + 2x + + nxn 1

nxn+1 (n+1)xn +1
Rép : (x 1)2
:
(c) Calculer les sommes :
i. 1 + 2 P2 + 3 22 + + 16 215 .
15 k 1
Rép : k=1 k 2 = 15 216 16 215 + 1 = 458 753
p p
ii. 1 + 2 3 + 3 3 + + 20 39 3.
P20 p k 1 p
Rép : k=1 k 3 = 560 966 3 + 531 442:
55. Dans certain manuel, on peut trouver la démonstration suivante :

g f (x) g f (a) g (f (x)) g (f (a))


=
x a x a
g (f (x)) g (f (a)) f (x) f (a)
=
f (x) f (a) x a

et f et g étant dérivable respectivement en a et f (a)

g (f (x) g (f (a))
lim = g 0 (f (a)) f 0 (a)
x!a x a
Pourquoi cette démonstration n’est pas valable. Rép. Dans un voisinage de a on a pas
forcément f (x) 6= f (a) :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 33

56. Donner le domaine de dérivabilité et calculer les dérivées des fonctions suivantes :
q p p p p
4
(a1 ) x x 1 (a2 ) px12 +1 (a3 ) 11+xx (a4 ) x + x2 + 1 (a5 ) x x2 + 1
(b1 ) sin2 (x) (b2 ) sin (sin (x)) (b3 ) sin x2 (b4 ) cos (sin (x)) (b5 ) ln (cos (x))
2 exp(x) 1 x 1
(c1 ) exp (2x) (c2 ) [exp (x)] (c3 ) exp (1=x) (c4 ) exp(x)+1 (c5 ) exp x+1
2 p p
(d1 ) ln (ln (x)) (d2 ) (ln (x)) (d3 ) ln x2 (d4 ) ln qx + x2 + 1 (d5 ) ln x x2 + 1
2 ln x
(e1 ) e x ln 2
(e2 ) e (e3 ) ex ln x
(e4 ) ln 11+sin t
sin t

1
57. Soit pour tout x 2 ] 1; +1[ f : x 7! 1+x . Montrer que pour tout entier n 1

n n!
f (n) (x) = ( 1) n+1
(1 + x)

58. On supposera connue l’existence d’une fonction f dérivable sur R telle que pour tout x 2 R
f 0 (x) = f (x) et f (0) = 1.
(a) Montrer que pour tout x 2 R f ( x) f (x) = 1. Rép : Dériver f ( x) f (x) et conclure.
(b) En déduire que pour tout x 2 R f (x) 6= 0 et l’unicité de f . Rép : Dériver g (x) =f (x)
et conclure.
(c) Montrer que pour tout x; y 2 R
– f (x + y) = f (x) f (y). Rép : Dériver f (x + y) =f (x) et ...
– f (x y) = ff (x)
(y)
n
– f (nx) = [f (x)] pour tout entier relatif n:
59. Montrer que les fonctions ]0; [ ! ] 1; 1[ x 7! cos (x) et ] =2; =2[ ! ] 1; +1[ x 7!
tan (x) sont bijectives et que leur fonctions réciproques notées respectivement arccos (x) et
arctan (x) sont dérivables et calculer les fonctions dérivées.
60. Trouver une fonction dérivable strictement croissante dont la dérivée s’annule. Rép : f (x) =
x3 :
61. Parmi ces trois courbes, l’une est la représentation de f , l’autre celle de f 0 et la troisième
celle de f ". Déterminer Cf ; Cf 0 et Cf " .

p
62. Soit f la fonction dé…nie sur R par f (x) = 2 x2 + 1 x et C la courbe représentative dans
! !
un plan muni d’un repère orthonormé O; i ; j , où l’unité de longueur est 3 cm.
p
(a) Soit u la fonction dé…nie sur R par u (x) = 2x x2 + 1. Démontrer que pour tout réel
x: p p
1 + x2 x > 0 et 1 + x2 + x > 0.
(b) En déduire que la fonction u est strictement croissante sur R.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 34

(c) Résoudre dans R, l’équation u (x) = 0. En déduire le signe de u (x).


(d) Etudier les limites de f en 1 et +1.
(e) Démontrer que pour tout réel x :

u (x)
f 0 (x) = p
1 + x2

(f) En déduire les variations de f .


(g) Pour tout réel x on pose (x) = f (x) x.
i. Calculer lim (x). Que peut-on en déduire pour la courbe C ?
x!+1
ii. Démontrer que la droite d’équation y = 3x est asymptote à la courbe C au
voisinage de 1:
iii. Soit D la droite déquation y = x. Etudier la position de C par rapport à chacune
des droites D et .
iv. Tracer sur le même graphique C, D et .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Compléments d’analyse

Isaac Newton :1643-1727

Table des matières


1 Fonctions usuelles et leurs propriétés 3
1.1 Fonction valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Fonctions logarithme et exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Fonctions trigonométriques réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.6 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Intégration 10
2.1 Primitives des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Méthodes d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3 Équation linéaire du premier ordre 15


3.1 Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.3 Principe de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.5 Résolution de l’équation entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.6 Problèmes de raccordement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Isaac Newton (4 janvier 1643 –31 mars 1727) est un philosophe, mathématicien, physicien, alchimiste, astronome
et théologien anglais, puis britannique. Figure emblématique des sciences, il est surtout reconnu pour avoir fondé la
mécanique classique, pour sa théorie de la gravitation universelle et la création du calcul in…nitésimal, en concurrence
avec Gottfried Wilhelm Leibniz.

1
COMPLÉMENTS D’ANALYSE 2

4 Équation linéaire du second ordre à coe¢ cients constants 21


4.1 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.2 Principe de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.3 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.4 Obtention d’une solution particulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

5 Corrigé des exercices 26

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 3

1 Fonctions usuelles et leurs propriétés


1.1 Fonction valeur absolue
Dé…nition : Pour x 2 R, on appelle valeur absolue de x, le nombre noté jxj tel que

jxj = max fx; xg

Ainsi pour tout x 0, jxj = x, et pour x > 0, jxj = x.


p
Proposition : Les fonctions dé…nies de R ! R, x 7 ! jxj et x 7 ! x2 sont égales
sur R.

On en déduit :

Propositions :
2
1. 8x 2 R jxj = x2 :
2. 8x 2 R jxj 0.
3. 8x 2 R jxj = 0 () x = 0.
4. 8x 2 R j xj = jxj :
5. 8x 2 R jxj x.
6. 8 (x; y) 2 R2 jxyj = jxj jyj :
1 1
7. 8x 2 R x = jxj :

8. 8 (x; y) 2 R2 jjxj jyjj jx + yj jxj + jyj :


2
9. 8 (x; y) 2 R et a > 0; jx yj < a () x a < y < x + a () y 2 ]x a; x + a[ :
10. 8 (x; y) 2 R2 et a > 0; jx yj a () x a y x + a () y 2 [x a; x + a] :

Exercices
1. Montrer que pour tout réel x; y on a :
1 1
max (x; y) = (x + y + jx yj) et min (x; y) = (x + y jx yj)
2 2
2. Montrer que pour tout réel x; y on a :

jxj + jyj jx + yj + jx yj

3. Montrer que pour tout réel x; y on a :

jx + yj jxj jyj
+
1 + jx + yj 1 + jxj 1 + jyj

4. Montrer que pour tout réel x; y on a :

1 + jxy 1j (1 + jx 1j) (1 + jy 1j)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 4

1.2 Fonctions logarithme et exponentielle


Dé…nition : La fonction logarithme néperien qui se note ln : ]0; +1[! R est la
primitive de la fonction x 7 ! 1=x sur l’intervalle ]0; +1[ qui s’annule en 1
Z x
dt
8x 2 R + ln (x) =
1 t
Propositions :
+
1. La fonction ln : ]0; +1[! R est continue dérivable et strictement croissante sur R
+ 2
2. 8 (x; y) 2 (R ) ln (xy) = ln x + ln y:
+ 2
3. 8 (x; y) 2 (R ) ln (x=y) = ln x ln y:
4. 8x 2 R + et 8n 2 Q ln (xn ) = n ln x:
ln x
5. lim+1 ln (x) = +1, lim0+ ln (x) = 1 et 8n 2 Q + lim+1 xn = 0:
6. La fonction x 7 ! ln (x) est bijective de R + sur R:

Dé…nition : Soit a 2 R+ n f1g, on appelle logarithme de base a la fonction qui se


note loga : ]0; +1[! R qui est dé…nie par :

+ ln (x)
8x 2 R loga (x) =
ln (a)
En particulier si a = 10; on appelle logarithme de base 10 ou logarithme décimal et
on note
log = log10
+
Dé…nition : La fonction exponentielle exp : R ! R est la bijection réciproque de
ln : R + ! R.

Propositions :
1. La fonction exp : R !]0; +1[ est continue dérivable et strictement croissante sur R:
2. 8 (x; y) 2 R2 exp (x + y) = exp x exp y:
3. 8 (x; y) 2 R2 exp (x y) = exp x= exp y:
n
4. 8n 2 Q (exp 1) = exp n = en et on note : 8x 2 R exp (x) = ex :
x
5. lim+1 exp (x) = +1 , lim 1 exp (x) = 0 et 8n 2 Q + lim+1 xen = +1:
y = x +1
y = ex
y = x −1

1
y= x
e

y = ln x
y = exp(x )

Représentation des fonctions x 7 ! ln (x) et x 7 ! exp (x)


Exercices

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 5

1. Résoudre dans R
2
(a) (ln x) = 0 (b) ln x2 = 0 (c) ln (ln x) = 0.

2. Déterminer les ensembles de dé…nition des fonctions suivantes :


x
p x
(a) ln x2 (b) ln (ln (x)) (c) ln x+1 (d) ln x x2 + 1 (e) ln exe 1 :

p
3. Étudier la parité de la fonction f (x) = ln x2 + 1 + x :
4. Trouver les limites suivantes :
ln(x2 +1) (ln x)2 2
(a) lim x ln x1 (b) lim x (c) lim ln
px
x
(d) lim x (e) lim x (ln (x)) (f) lim x ln 1 + 1
x .
x>0 x!0 x!+1 x!+1 x!+1 x!+1
x!0

1 2
5. Montrer que 8x 0; x 2x ln (1 + x) x:
6. Simpli…er
q p
ex 1 2e3x+1
(a) ex +1 1+e x (b) e2x 1 (c) e2x + 2 + e 2x

7. Résoudre dans R
1
p 2x 1
(a) e3x+1 = e2 (b) ex = ex 1 (c) e x 2 e = 0 (d) 3e2x + 4ex 7 = 0:
8. Trouver les limites suivantes :
1 x
e ep 1 e3x e2x 2
(a) lim x
x
(b) lim x
(c) lim x e1=x 1 (d) lim x (e) lim x e1=x 1 :
x>0 x>0 x!+1 x!0 x!+1
x!0 x!0

1.3 Fonctions puissances


+
On remarquera que pour tout a 2 R 8n 2 Q on peut écrire :
a = en ln a
n

Dé…nition : Pour tout a 2 R + 8x 2 R on dé…nit la fonction exponentielle de base


a et on note ax :
R ! R + x 7 ! ex ln a = ax
Propositions :
+
1. 8 (x; y) 2 R et 8a 2 R ax ay = ax+y
+ x
2. 8 (x; y) 2 R et 8a 2 R a =ay = ax y
+ y
3. 8 (x; y) 2 R et 8a 2 R (ax ) = axy
+ x
4. 8x 2 R et 8 (a; b) 2 R (ab) = ax bx
y = 3x
y = (1 / 2) x y = 2x

y = 1x = 1

Représentation de fonctions puissances


Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 6

1. Parmi les relations suivantes, lesquelles sont exactes :


c b 2 c c c
(a) ab = (ac ) (b) ab ac = abc (c) a2b = ab (d) (ab) = ac=2 bc=2 (e) ab = a(b )
?
p p x
2. Résoudre x x = ( x) ; 22x 3x 1=2 = 3x+1=2 22x 1
x
x 0 x x
3. Calculer (x ) , lim0+ xx , lim0+ (x ) , lim0+ x(x ) :
p
4. Calculer lim+1 x1=x , lim0+ x1=x , lim0+ x x
.
x 1 x
5. Montrer que 8x 2 ]0; 1[ ; x (1 x) 1=2:

1.4 Fonctions trigonométriques


tan x

sin x
x

cos x

Dé…nitions des fonctions trigonométriques


Propositions :
1. Les fonctions x 7 ! cos x et x 7 ! sin x sont continues, dérivables sur R et 2 -périodiques.
[
2. La fonction x 7 ! tan x est continue et dérivable sur tout intervalle de 2 +k ; 2 +k
k2Z
3. Pour tout x 2 R :
sin ( x) = sin x cos ( x) = cos x
sin ( x) = sin x cos ( x) = cos x
sin ( + x) = sin x cos ( + x) = cos x
sin ( =2 x) = cos x cos ( =2 x) = sin x
4. Pour tout x 2 Rn f =2 + k k 2 Zg :

tan ( x) = tan x tan ( x) = tan x


tan ( + x) = tan x tan ( =2 x) = tan1 x = cotan x

5. Sur [0; =2] les valeurs sont :

x 0 6 4
p 3
p 2
1 2 3
sin x 0 2
p p2 2 1
3 2 1
cos x 1 2 2 p
2 0
tan x 0 p1 1 3 1
3

Formules de trigonométrie

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 7

cos2 a + sin2 a = 1
2 1
1 + tan a =
cos2 a
cos (a + b) = cos a cos b sin a sin b
cos (a b) = cos a cos b + sin a sin b
sin (a + b) = sin a cos b + sin b cos a
sin (a b) = sin a cos b sin b cos a
cos 2a = cos2 a sin2 a = 2 cos2 a 1 = 1 2 sin2 a
sin 2a = 2 sin a cos a
tan a + tan b 2 tan a
tan (a + b) = ; tan 2a =
1 tan a tan b 1 tan2 a

Exercices
1. Calculer sin (7 =12) et en déduire cos ( =12) ; sin (5 =12)
2. Calculer cos ( =8)
3. Montrer que cos (3a) = 4 cos3 (a) 3 cos (a)
4 1 1 3
4. Montrer que sin a = 8 cos 4a 2 cos 2a + 8
5. Montrer les formules suivantes :
a+b a b
sin a + sin b = 2 sin cos
2 2
a+b a b
cos a + cos b = 2 cos cos
2 2
1 tan2 a 2 tan a
cos 2a = ; sin 2a =
1 + tan2 a 1 + tan2 a
2 sin 2a + sin 4a
= tan a
4 cos 2a + cos 4a + 3

Équations trigonométriques

cos x = cos a () x a [2 ]
sin x = sin a () x a [2 ] ou x a [2 ]
tan x = tan a () x a [ ]

Exercices : Résoudre les équations suivantes dans ] ; ]


1. cos (2x =3) = sin (x + =3)
2. cos x + sin4 x = 1
4

3. sin x + sin 3x = 0
4. sin x + sin 2x + sin 3x = 0
p p
5. 3 cos x 3 sin x = 6
p
6. 2 sin x cos x + 3 cos 2x = 0

1.5 Fonctions trigonométriques réciproques


Dé…nitions :
1. La fonction arcsinus que l’on note : arcsin : [ 1; 1] ! [ =2; =2] est la bijection réciproque
de la restriction de la fonction sin : [ =2; =2] ! [ 1; 1] :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 8

2. La fonction arccosinus que l’on note : arccos : [ 1; 1] ! [0; ] est la bijection réciproque
de la restriction de la fonction cos : [0; ] ! [ 1; 1] :
3. La fonction arctangente que l’on note : arctan : ] 1; +1[ ! ] =2; =2[ est la bijection
réciproque de la restriction de la fonction tan : ] =2; =2[ ! ] 1; +1[ :
p
Exemples : arcsin 3=2 = =3, arcsin sin 23 = 3:

y=x y=x y=x


π /2 π tan x
y = arcsin x

sin x
π /2
y = arccos x y = arctan x
π /2
−π /2 −π /2
π /2
π
−π /2
cos x

−π /2

Exercices :
1. Calculer
2016
arcsin sin
5
2. Tracer la courbe représentative de la fonction f : R ! R x 7! arcsin (sin x).

Exemple : Pour résoudre l’équation arcsin x + arcsin 2x = =2. On remarquera que


x 2 [ 1=2; 1=2] et dans ces conditions

sin (arcsin 2x) =


sin ( =2 arcsin x) = cos (arcsin x)
p
2x = 1 x2
p
et comme x 0 la seule valeur qui convienne est x = 1= 5:

Exercices :
1. Montrer que pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x + arccos x = =2:
2. Résoudre pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x arccos x = =6:

Propositions :
1. La fonction arcsin est dé…nie sur [ 1; 1], est continue sur [ 1; 1] et dérivable sur ] 1; 1[ ;
elle est impaire, strictement croissante sur [ 1; 1] et
1
8x 2 ] 1; 1[ arcsin0 (x) = p
1 x2
2. La fonction arccos est dé…nie sur [ 1; 1], est continue sur [ 1; 1] et dérivable sur ] 1; 1[ ;
elle est paire, strictement décroissante sur [ 1; 1] et
1
8x 2 ] 1; 1[ arccos0 (x) = p
1 x2
3. La fonction arctan est dé…nie sur R, est continue et dérivable sur R ; elle est impaire,
strictement croissante sur R et
1
8x 2 R arctan0 (x) =
1 + x2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 9

Exercices
1. Simpli…er les expressions suivantes :
(a) cos (2 arccos x) ; (b) sin (2 arccos x) ; (c) tan (2 arcsin x)
x
2. Simpli…er arcsin p1+x2
:
q
1+cos x
3. Étudier f : x 7 ! arccos 2

4. Montrer arctan 21 + arctan 51 + arctan 18 = 1


4
5. Montrer 8x 2 R +
arctan x + arctan x1 = 2.
6. Résoudre arcsin (tan x) = x:
7. Soit n 2 N, calculer arctan (n + 1) arctan n. Étudier la limite de (Sn ) de terme général
n
X 1
Sn = arctan
1 + k + k2
k=0

1.6 Fonctions hyperboliques


Dé…nitions : On appelle fonctions hyperboliques les fonctions dé…nies pour tout
x 2 R par :

ex + e x
ch (x) =
2
ex e x
sh (x) =
2
sh x ex e x
e2x 1
th (x) = = x x
=
ch x e +e e2x + 1

y = cosh (x )

y = tanh (x )
ex
y=
2

y = sinh (x )

Propositions :
1. La fonction ch est continue, dérivable sur R et paire et

8x 2 R ch0 (x) = sh x

2. La fonction sh est continue, dérivable sur R et impaire et

8x 2 R sh0 (x) = ch x

3. La fonction tanh est continue, dérivable sur R et impaire et

2 1
8x 2 R th0 (x) = 1 (th x) =
ch2 x

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 10

Formules de trigonométrie hyperbolique

Pour tout x 2 R

ch2 x sh2 x = 1
ch (a + b) = ch a ch b + sh a sh b
sh (a + b) = sh a ch b + ch a sh b
th a + th b
th (a + b) =
1 + th a th b
ch 2a = ch2 a + sh2 b = 2 ch2 a 1 = 1 + 2 sh2 a
sh 2a = 2 sh a ch a
2 th a
th 2a =
1 + th2 a

On remarquera :
ch (ix) = cos x et sh (ix) = i sin x
Exercices
1. Montrer que la fonction sh est bijective de R sur R et que sa fonction réciproque que l’on
appelle argsh est dé…nie par :
p
R ! R x 7 ! ln x + x2 + 1

Calculer sa dérivée.
x2
2. Montrer que pour tout x 2 R+ ; on a sh x x et pour tout x 2 R , ch x 1+ 2 :
3. Soit y 2 2; 2 : On pose x = ln (tan (y=2 + =4)). Montrer que

x y 1
th = tan et ch x =
2 2 cos y

4. Pour n 2 N et x 2 R, simpli…er
n
Y x
Pn (x) = ch
2k
k=1

x
(On pourra calculer Pn (x) sh 2n ):
5. Établir : 8x 2 R,
1
jarctan (sh x)j = arccos
ch x
(On pourra se placer sur R+ et prendre la tan de chaque membre et conclure sur R par des
arguments de parité)

2 Intégration
Si f est une fonction continue sur un segment [a; b], avec a < b, (on verra plus tard que
l’on peut a¢ ner ces hypothèses), on dé…nit l’intégrale de f sur [a ; b] comme étant la
valeur de l’aire algébrique sous la courbe de f entre a et b.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 11

y = f (x )

A C

Cf

R1
Représentation de 2
f (x) dx = A B+C
que l’on note
Z b
f (x) d x
a

On rappelle que dans ce cas, la variable x, appelée variable d’intégration, est dite «
muette » , c’est-à-dire qu’elle peut être remplacée par n’importe quelle autre lettre sans
changer la valeur de l’intégrale.

Propositions : Soit f une fonction continue sur un intervalle I pour tout a; b et c de


I
Z c Z b Z b
f (x) d x + f (x) d x = f (x) d x
a
Z ca a

f (x) d x = 0
a
Z b Z a
f (x) d x = f (x) d x
a b

Théorème - Dé…nition : Soit f une fonction continue sur I alors il existe une fonc-
tion F continue et dérivable sur I telle que F 0 = f sur I et on dit que F est une
primitive de f et pour tout a et b de I
Z b
b
f (x) d x = F (b) F (a) = [F (x)]a
a

2.1 Primitives des fonctions usuelles


On véri…era :
f F I
0 k I R
xn+1
xn n+1 + k (n 2 Qn f 1g) I R +
1
x ln (jxj) + k I R
sin (x) cos (x) + k I R
cos (x) sin (x) + k I R
ex ex + k I R
ln x x ln x x + k I R +
1
1+x2 arctan x + k I R
p 1 arcsin x + k I ] 1; 1[
1 x2
p 1 argsh (x) + k I R
1+x2

Primitives de composées de fonctions usuelles

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 12

Soit u : I ! J et F : J ! R des fonctions dérivables alors F u est dérivable et


0
(F u) = u0 F 0 (u)

d’où Z
u0 (t) F 0 (u (t)) d t = F (u (t)) + k

Pour exploiter cette formule il faut que les dériveés soient continues et on écrit x = u (t)
et d x = u0 (t) d t et ainsi
Z Z
u0 (t) F 0 (u (t)) d t = F 0 (x) d x = F (x) + k

Lors de cette manipulation, on dit qu’on a réalisé le changement de variable dé…ni par
la relation x = u (t) dont la dérivée est continue.

f F
0 n un+1 (t)
u (t) u (t) (n 2 Qn f 1g) n+1 +k
0
u (t)
u(t) ln (ju (t)j) + k
0
u (t) eu(t) eu(t) + k
u0 (t) sin (u (t)) cos (u (t)) + k
u0 (t) cos (u (t)) sin (u (t)) + k
u0 (t)
1+u2 (t) arctan (u (t)) + k
u0 (t)
p arcsin (u (t)) + k
1 u2 (t)
u0 (t)
p argsh (u (t)) + k
1+u2 (t)

Exemples :
1. Calculons Z
cos t sinn t d t

On pose u (t) = sin t et cos t d t = u0 (t) d t et


Z Z
n un+1 (t) sinn+1 t
cos t sin t d t = u0 (t) un (t) d t = +k = +k
n+1 n+1
2. Calculons Z Z
dt 2 dt
=
ch t et +e t

On pose u (t) = et et donc et d t = u0 (t) d t donc


Z Z
2 dt 2 u0 (t) d t
= = 2 arctan (u (t)) + k
et + e t u2 (t) + 1
= 2 arctan et + k

3. Calculons Z
dt
p
t+t
p dpt
On pose u (t) = t d’où 2 t
= u0 (t) d t et
Z Z
dt dt
p = p p
t+t t 1+ t
Z
2u0 (t) d t
= 2 ln (1 + u (t)) + k
1 + u (t)
p
= 2 ln 1 + t +k

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 13

Exercices :
1. Déterminer les primitives suivantes :
R 2 R R
(a) R tet d t (b) R lnt t d t (c)R t dlnt t
(d) cos t sin t d t (e) tan t d t (f) cos3 t d t
R et R t
R 2t
(g) 1+e t dt (h) p1+t t (i) eet +1 d t
R R d t2 d
(j) pt+t t3
d p (k) t t2 1
p

2. Montrer Z Z
dt cos t
= dt
cos t 1 sin2 t
et en déduire Z
dt
cos t

2.2 Propriétés de l’intégrale


Proposition : Soit f et g deux fonctions continues sur I; pour tout a et b de I, et
pour tout ( ; ) 2 R2
Z b Z b Z b
( f + g) (x) d x = f (x) d x + g (x) d x
a a a

Proposition : Soit f une fonction continue sur I; pour tout a b de I, si f > 0 sur
I alors Z b
f (x) d x > 0
a
On en déduit :

Corollaire : Soit f une fonction continue sur I pour tout a b de I


Z b
f (x) d x = 0 =) 9x 2 [a; b] f (x) = 0
a

Corollaire : Soit f et g deux fonctions continues sur I; pour tout a b de I, si f g


sur I alors Z b Z b
f (x) d x g (x) d x
a a
p Rx dt. ln x
Exercice : Montrer que pour tout x 1, 2 x 2 1 t En déduire lim+1 x = 0:

2.3 Méthodes d’intégration


Théorème d’intégration par parties : Soit u et v deux fonctions dérivables sur
[a; b] et u0 et v 0 continues sur [a; b] alors
Z Z
0
u v = uv uv 0
Z b Z b
0 b
u (x) v (x) d x = [u (x) v (x)]a u (x) v 0 (x) d x
a a

Exemples :
1. Par intégration par parties
Z =2 Z =2
=2
x cos (x) d x = [x sin (x)]0 cos (x) d x = =2 1
0 0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 14

2. Soit p; q 2 N on pose Z 1
q
Ip;q = tp (1 t) d t
0
Par intégration par parties, si q > 0
1 Z 1
1 p+1 q q q 1
Ip;q = t (1 t) + tp+1 (1 t) dt
p+1 0 p+1 0

et donc
q q (q 1)
Ip;q = Ip+1;q 1 = Ip+2;q 2
p+1 (p + 1) (p + 2)
q!
= = Ip+q;0
(p + 1) (p + 2) (p + q)
et Z 1 1
tp+q+1 1
Ip+q;0 = tp+q d t = =
0 p+q+1 0 p+q+1
et
p!q!
Ip;q =
(p + q + 1)!
Exercices :
1. Déterminer les primitives ou calculer les intégrales suivantes :
R Re R
(a) ln t d t (b) 1p t ln t d t (c) t sin3 t d t
R1 R 3 R1
(d) 1 ln 1 + t2 d t (e) 1 arctan t d t (f) 0 t arctan t d t
Re R ln 2 R t
(g) 1 tn ln t d t (h) 0 (2t 1) e t d t (i) ln
p dt
t

2. Soit n 2 N on dé…nit Z =2
In = sinn t dt
0

(a) Montrer que pour tout n 2 N


n 1
In = In 2
n
(b) En déduire pour p 2 N
2
(2p p!)
I2p+1 =
(2p + 1)!
(c) Trouver une formule similaire pour p 2 N, I2p :

Théorème du changement de variables : Soit a; b; ; des réels et ' une fonction


dé…nie sur [ ; ] telle que ' ( ) = a et ' ( ) = b. On suppose que f est une fonction
continue sur [a; b], et ' continue dérivable sur [ ; ] et '0 continue sur [ ; ], alors
Z Z '( ) Z b
0
f (' (t)) :' (t) d t = f (x) d x = f (x) d x
'( ) a

Exemple :
Z p Z p Z
2 2 dt
p 1
dt 1 2 1 dx
= p 2 =p =
0 2 + t2 0 21+ pt 2 0 1 + x2
2
1 t 1
p [arctan x]10 = p où ' (t) = p et f (x) =
2 4 2 2 1 + x2

Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 15

1. Calculer les intégrales suivantes


Re dt
Re R1
pdt dt
1 t+t(ln t)2 1 t ln t+1 0 et +1

2. Montrer que
Z =4 Z =4
ln (cos t) d t = ln (cos (t =4)) d t
0 0
En déduire Z =4
ln (1 + tan t) d t
0
+
3. Soit f une fonction continue et impaire sur [ a; a] ou a 2 R , montrer que
Z a
f (t) d t = 0
a

Que se passe-t-il si au contraire f est paire ?


4. Soit f une fonction continue et périodique de période T sur R, montrer que
Z a+T Z T
f (t) d t = f (t) d t
a 0
R2 R
En particulier 0
sin t d t = sin t d t = 0
5. Soit f 2 C ([0; 1] ; R) : Établir
Z Z
tf (sin t) d t = f (sin t) d t
0 2 0

3 Équation linéaire du premier ordre


3.1 Dé…nitions
Dé…nition : Soit a et b des fonctions continues sur I un intervalle de R. L’équation

(E) : y 0 + a (x) y = b (x)

est appellée une équation di¤ érentielle linéaire d’ordre 1 dé…nie sur I en l’incon-
nue y. Une solution de cette équation est une fonction y : I ! R dérivable véri…ant :

8x 2 I; y 0 (x) + a (x) y (x) = b (x)

Exemples :
1. L’équation (E) : y 0 + 2xy = x est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1 dé…nie sur R.
On véri…era par le calcul que
1 x2
y (x) = + ke où k 2 R
2
sont solutions. On montrera qu’il n’y en a pas d’autre.
2. L’équation (E) : x2 1 y 0 +2xy = 1 n’est pas à proprement parlé une équation di¤érentielle
de premier ordre, car y 0 est multiplié par une fonction de x. Cependant en divisant chaque
terme par x2 1 pour tout x2 6= 1 et on obtient une équation di¤érentielle de premier ordre
sur tout intervalle I Rn f 1; 1g équivalente à (E)
2x 1
y0 + y= 2
x2 1 x 1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 16

Remarque : Les solutions véri…ent

y0 = a (x) y + b (x)

et donc sont à dérivée continue, ce sont des fonctions de C 1 (I; R).

Exercice : Trouver une équation di¤érentielle d’ordre 1 dont les fonctions suivantes :
x+k
fk (x) =
1 + x2
sont solutions.

3.2 Problème de Cauchy


Soit (E) : y 0 + a (x) y = b (x) une équation di¤érentielle de premier ordre dé…nie sur I:

Dé…nition : Pour x0 2 I et y0 2 R donnés, le problème de Cauchy consiste à


déterminer les solutions de (E) véri…ant la condition initiale

y (x0 ) = y0

Remarque : La condition initiale y (x0 ) = y0 entraîne la connaissance de y 0 (x0 ) =


a (x0 ) y0 + b (x0 ) et c’est connaître les variations de y au voisinage de x0 ce qui permet
d’anticiper sur la solution au problème de Cauchy.

Théorème : Soit a et b des fonctions continues sur I un intervalle de R. Il existe une


unique solution sur I à l’équation

(E) : y 0 + a (x) y = b (x)

véri…ant les conditions initiales y (x0 ) = y0 .

Soit y une solution du problème et A une primitive de a qui s’annulle en x0 (a est


continue sur I):
On a 0
y (x) eA(x) = y 0 (x) eA(x) + a (x) y (x) eA(x) = b (x) eA(x)

Soit alors B une primitive de b (x) eA(x) qui s’annulle en x0 alors B et y (x) eA(x) sont
primitives de la même fonction donc di¤érent d’une constante et comme y (x0 ) eA(x0 ) =
y0 et B (x0 ) = 0 alors
y (x) eA(x) = B (x) + y0
d’où l’unicité de la solution
A(x)
y (x) = (B (x) + y0 ) e

L’unique solution trouvée est dérivable et véri…e (E).

Exemples :
1. Soit a 2 R. Il existe une solution sur R au problème de Cauchy

y0 ay = 0 et y (0) = 1 (1)

Cette fonction est y = eax et elle est unique.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 17

2. Soit y dé…nie sur R telle que


y0 2y = x et y (0) = 1
alors a : x 7 ! 2 et b : x 7 ! x et A (x) = 2x et
2x 0 2x
y (x) e = xe

et le cacul donne Z
2x 2x 1 2x
y (x) e = xe dx = e (2x + 1) + k
4
d’où les solutions sont
1
y (x) = (2x + 1) + ke2x
4
et la condition y (0) = 1 entraîne k = 5=4.
3. Soit y dé…nie sur R telle que
y 0 + 2xy = x et y (0) = 1
alors a : x 7 ! 2x et b : x 7 ! x et A (x) = x2 et
2 0 2
y (x) ex = xex

et le calcul donne Z
x2 2 1 x2
y (x) e = xex dx = e +k
2
d’où les solutions sont
1 x2
y (x) = + ke
2
et la condition y (0) = 1 entraîne k = 1=2.

3.3 Principe de résolution


Soit (E) : y 0 + a (x) y = b (x) une équation di¤érentielle de premier ordre dé…nie sur I.
La di¢ culté réside dans la recherche des primitives de a (x) ou b (x) eA(x) .

Dé…nition : L’équation (E0 ) : y 0 + a (x) y = 0 est appelée équation homogène as-


sociée à l’équation di¤ érentielle (E) :

Proposition : Si y1 désigne une solution particulière de l’équation (E) alors les solu-
tions de (E) sont de la forme

x 7 ! y1 (x) + y0 (x)

avec y0 solution de l’équation homogène.

Il su¢ t de véri…er que y1 (x) + y0 (x) est solution de (E) et réciproquement que si y1
et y2 sont solution de (E) alors y1 y2 est solution de l’équation homogène:

Pour résoudre une équation di¤érentielle de premier ordre

(E) : y 0 + a (x) y = b (x)

– On cherche y1 une solution particulière de (E) :


– On cherche toutes les solutions y0 de (E0 ) :
– On exprime la solution générale de (E) sous la forme : y1 + y0 :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 18

3.4 Résolution de l’équation homogène

Comme on a vu plus haut :


Proposition : Soit a : I 7 ! R continue et A une primitive de a sur I. Les solutions
de
(E0 ) : y 0 + a (x) y = 0
A(x)
sont toutes les fonctions de la forme x 7 ! ke où k 2 R.

En e¤et, soit y une solution de (E0 ), considérons la fonction x 7 ! y (x) eA(x) dérivable
sur I et
0
y (x) eA(x) = y 0 (x) eA(x) + a (x) y (x) eA(x) = eA(x) (y 0 (x) + a (x) y (x)) = 0

On en déduit que pour tout x 2 I; y (x) eA(x) = k et


A(x)
y (x) = ke

Exemples
1. Résolvons sur R l’équation
y 0 + 2xy = 0
R
or 2xdx = x2 d’où
x2
y (x) = ke où k 2 R
2. Résolvons sur R l’équation
(E) : y 0 + sin(x)y = 0
(E) est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1 homogène. Or
Z
sin(x) dx = cos x

La solution générale de (E) sur R est y(x) = kecos x avec k 2 R.


+
3. Résolvons sur I = R ou R l’équation
1
(E) : y 0 + y=0
x
R dx +
et x = ln jxj . La solution générale de (E) sur I = R

ln(x) k
y (x) = ke = où k 2 R
x
La solution générale de (E) sur I = R

ln( x) k
y (x) = ke = où k 2 R
x
Quitte à changer k en k dans le cas où I = R , on peut a¢ rmer, avec plus de légèreté,
que la solution générale de (E) sur I est y(x) = k=x avec k parcourant R.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 19

3.5 Résolution de l’équation entière


Soit a; b : I ! R continues et (E) : y 0 + a(x)y = b(x):
La résolution de l’équation homogène (E0 ) : y 0 + a(x)y = 0 a donné y(x) = ke A(x)
avec k parcourant R.
Pour achever de résoudre (E), il su¢ t maintenant de déterminer une solution particu-
lière y(x).
S’il existe une solution particulière apparente, on peut directement exprimer la solution
générale de (E).
Sinon, on peut rechercher une solution particulière par la méthode dite de la variation
de la constante...

Protocole :
A(x)
On cherche y de la forme y(x) = (x)e avec x 7! (x) fonction dérivable. Puisque
y 0 (x) + a(x)y(x) = ( 0 (x) a(x) (x))e A(x)
+ a(x) (x)e A(x)
= 0
(x) e A(x)

On obtient y1 est solution de (E) si, et seulement si, 0 (x) = b(x)eA(x) : Par déter-
mination de primitive, ceci permet d’obtenir une fonction , puis une fonction y1 ,
convenables.

Exemples :
1. Reprenons l’exemple de
y 0 + 2xy = x
2
Les solutions de l’équation homogène sont y (x) = ke x et on trouve aisément que la fonction
constante y (x) = 12 est solution évidente d’où les solutions de l’équations entières sont :

x2 1
y (x) = ke +
2
Exercice : Rechercher les solutions de
y 0 + xy = x3

2. Résolvons dans R
2x 1
(E) : y 0 +
y=
1 + x2 1 + x2
(E) est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1. L’équation homogène associée est
2x
(E0 ) : y 0 + y=0
1 + x2
qui a pour solution
ln(1+x2 ) k
y (x) = ke =
1 + x2
Cherchons une solution particulière de la forme
(x)
y (x) =
1 + x2
où est une fonction C 1 sur R, on a
1 0 2x
y 0 (x) = (x) 2 (x)
1 + x2 (1 + x2 )
que l’on remplce dans (E)
1 0 2x 2x (x) 1
(x) 2 (x) + = ()
1 + x2 (1 + x2 ) 1 + x2 1 + x2 1 + x2
0 1 1 0
(x) 2
= () (x) = 1 et (x) = x + k
1+x 1 + x2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 20

d’où les solutions de (E) sont :


x+k
y (x) = où k 2 R
1 + x2

3. Résolvons sur ] 1; 1[ l’équation (E) : (1 x2 )y 0 xy = 1: L’équation (E) est (équivalente à)


une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1, en e¤et
x 1
y0 y=
1 x2 1 x2
et Z
xdx 1
= ln 1 x2
1 x2 2
donc la solution générale homogène est :
k
y (x) = p
1 x2
Cherchons une solution particulière de la forme
(x)
y (x) = p où 2 C 1 (] 1; 1[ ; R)
1 x2
On a 0
(x) x (x)
y 0 (x) = p + p
1 x2 (1 x2 ) 1 x2
et donc dans (E)
0
(x) x (x) x (x) 1
p + p p = ()
1 x 2 (1 x2 ) 1 x2 1 x2 1 x 2 1 x2
0
(x) 1 0 1
p = () (x) = p () (x) = arcsin (x) + k
1 x 2 1 x2 1 x2
d’où les solutions générales sont :
arcsin (x) + k
y (x) = p
1 x2
Exercices :
1. Résoudre les équations di¤érentielles suivantes :
(a) y 0 y = sin (2x) ex .
x2
(b) y 0 + 2xy = 2xe .
(c) y 0 + y tan x = sin 2x sur ] =2; =2[ :
2. Déterminer les solutions, s’il en existe, des problèmes de Cauchy suivants :
(a) y 0 (x + 1) (y + 1) = 0 .
(b) 1 + x2 y 0 (x + 1) y = 2 et y (0) = 1.
3. Résoudre sur R les équations suivantes :
(a) x2 y 0 y = 0:
0
(b) y + 2y = x2 .
(c) y 0 + y = 2 sin x.
(d) y 0 + y = x ex + cos x
p
4. Résoudre sur ] 1; 1[, l’équation : 1 x2 y 0 + y = 1:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 21

3.6 Problèmes de raccordement


On se propose de résoudre l’équation (E) : x2 y 0 y = 0 sur R.
Pour tout x 2 ]0; +1[ ou ] 1; 0[ cette équation est équivalente à
1
y0 = y
x2
1=x
qui a pour solution y (x) = ke sur ]0; +1[ ou ] 1; 0[ (i.e.)

k0 e 1=x
8x 2 ] 1; 0[ où k 0 2 R
y (x) = 1=x
ke 8x 2 ]0; +1[ où k 2 R

et k et k 0 n’ont aucune raison d’être égaux. La question étant de trouver une fonction
dé…nie sur R solution de (E) ; peut-on prolonger y en 0, y devant être C 1 sur R ? On
a, pour tout k 2 R, lim0+ ke 1=x = 0 donc y (0) = 0; mais par contre si k 0 6= 0
lim0 k 0 e 1=x 6= 0 donc k 0 = 0. Soit alors

0 8x 2 ] 1; 0]
yk (x) =
ke 1=x 8x 2 ]0; +1[ où k 0 2 R

Reste à montrer que y est C 1 sur R, (i.e.) dérivable en 0,


1=x
ke X yk (x)
lim = k lim = 0 = lim
x!0+ x y!+1 eX 0 x

Remarquons en 0 que y 0 (0) ; y (0) sont solutions de (E) et de plus la dérivée y 0 est
continue. En e¤et, pour tout x 2 ]0; +1[ y 0 (x) = xk2 e 1=x

k 1=x X2
lim+ e = k lim = 0 = yk0 (0)
x!0 x2 y!+1 eX

En conclusion les seules solutions sur R sont les yk :

Exercices : Résoudre sur R les équations suivantes :

(a) xy 0 y=x (b) xy 0 + y 1 = 0


(c) xy 0 2y = x4 (d) x 1 + x2 y 0 x2 1 y + 2x = 0

4 Équation linéaire du second ordre à coe¢ cients constants


Dé…nition : Soit a; b 2 R des constantes et f : I ! R une fonction continue. L’équa-
tion

(E) : y 00 + ay 0 + by = f (x)
est appelée équation di¤ érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients constants dé…nie
sur I en l’inconnue y. Une solution de cette équation di¤ érentielle est une fonction
y : I ! R deux fois dérivable véri…ant

8x 2 I; y 00 (x) + ay 0 (x) + by(x) = f (x)


Exemple : L’équation (E) : y 00 + y 0 2y = x2 est une équation di¤érentielle linéaire
d’ordre 2 à coe¢ cient constant dé…nie sur R.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 22

4.1 Problème de Cauchy


Soit (E) : y 00 +ay 0 +by = f (x) une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients
constants dé…nie sur I.

Dé…nition : Pour x0 2 I et y0 ; y1 2 R données, le problème de Cauchy consiste à


déterminer les solutions de (E) véri…ant les conditions initiales

y(x0 ) = y0 ; y 0 (x0 ) = y1
On admettra

Théorème : Soit a; b 2 R des constantes et f : I ! R une fonction continue, x0 2 I


et y0 ; y1 2 R Il existe une unique solution sur I à l’équation (E) : y 00 + ay 0 + by = f (x),
véri…ant les conditions

y(x0 ) = y0 ; y 0 (x0 ) = y1

4.2 Principe de résolution


Soit (E) : y 00 +ay 0 +by = f (x) une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients
constants dé…nie sur I.

Dé…nition : L’équation (E0 ) : y 00 + ay 0 + b = 0 est appelée équation homogène


associée à l’équation di¤ érentiell e (E).

Théorème : Si y1 désigne une solution particulière de l’équation (E) alors les solutions
de (E) sont toutes les fonctions de la forme x 7! y1 (x) + y0 (x) avec y0 solution de
l’équation homogène associée (E0 ).

Protocole : Pour résoudre l’équation di¤érentielle (E) : y 00 + ay 0 + by = f (x) :


on résout l’équation homogène associée : y0 (x)
on détermine une solution particulière : y1 (x)
on exprime la solution générale : y(x) = y0 (x) + y1 (x).

4.3 Résolution de l’équation homogène


On veut résoudre l’équation homogène

(E0 ) : y 00 + ay 0 + by = 0
Dé…nition : On appelle équation caractéristique associée à (E0 ) l’équation

r2 + ar + b = 0
Exemple : L’équation caractéristique associée à l’équation y 00 + y = 0 est r2 + 1 = 0:

Théorème :
– Si l’équation caractéristique r2 + ar + b = 0 possède deux racines réelles distinctes et
alors les solutions sur R de (E0 ) sont les fonctions de la forme
x x
y(x) = e + e

avec ; parcourant R.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 23

– Si l’équation caractéristique r2 + ar + b = 0 possède une racine double alors les solutions


sur R de (E0 ) sont les fonctions de la forme
x
y(x) = ( x + )e
avec ; parcourant R.
– Si l’équation caractéristique r2 + ar + b = 0 possède deux racines complexes conjuguées i!
(avec ; ! 2 R) alors les solutions sur R de (E0 ) sont les fonctions de la forme
x
y(x) = ( cos (!x) + sin (!x)) e
avec ; parcourant R.

On rappelle que si ; sont deux racines réelles de l’équation caractéristique alors


a = ( + ) et b = . Soit y une solution de (E0 ) alors z (x) = y (x) e x est deux
fois dérivable et
z 0 (x) = y 0 (x) e x
y (x) e x = e x
(y 0 (x) y (x))
z 00 (x) = y 00 (x) e x
2 y 0 (x) e x + 2
y (x) e x
= e x y 00 (x) 2 y 0 (x) + 2
y (x)
alors
z 00 (x) + ( ) z 0 (x) = e x
y 00 (x) 2 y 0 (x) + 2 y (x) + ( ) (y 0 (x) y (x))
x
= e (y (x) ( + ) y 0 (x) + y (x))
00

x
= e (y 00 (x) + ay 0 (x) + by (x)) = 0
et donc y est solution de (E0 ) si et seulement si z est solution de
z 00 (x) + ( ) z 0 (x) = 0
et donc d’après la théorie des équations linéaires du premier ordre
z 0 (x) = ke ( )x
où k 2 R
et si 6=
k ( )x x
z (x) = e + = y (x) e ()
k x x x x k
y (x) = e + e = e + e où = 2R

Si = alors
z 00 (x) = 0 () z 0 (x) = () z (x) = x + = y (x) e x

et donc
x
y (x) = ( x + ) e
Si l’équation caractéristique admet deux solutions complexes conjuguées i!, alors
on montre comme précédemment (dans le cas 6= ) les fonctions solutions de (E0 )
sont
y (x) = ae( +i!)x
+ be( i!)x
=e x
((a + b) cos (!x) + i (a b) sin (!x))
où a; b 2 C et donc si y est une fonction réelle
a+b=
i (a b) =
où ; 2 R et a = 1=2 (i + ) et b = 1=2 ( + i ) soit
x
y (x) = ( cos !x + sin !x) e

Exemples :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 24

1. Résolvons sur R l’équation y 00 + 4y 0 + 4y = 0. C’est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre


2 homogène à coe¢ cient constant d’équation caractéristique r2 + 4r + 4 = 0 de racine double
r = 2. La solution générale
y(x) = ( x + )e 2x
avec ; parcourant R.
2. Résolvons sur R l’équation y 00 + 2y 0 + 2y = 0: C’est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre
2 homogène à coe¢ cients constants d’équation caractéristique r2 + 2r + 2 = 0 de racines
complexes 1 i: La solution générale
x
y(x) = ( cos x + sin x)e
avec ; parcourant R.
3. Soit ! 2 R + . Résolvons sur R l’équation y 00 + ! 2 y = 0: C’est une équation di¤érentielle
linéaire d’ordre 2 homogène à coe¢ cients constants d’équation caractéristique r2 + ! 2 = 0
de racines complexes i!. La solution générale
y(x) = cos(!x) + sin(!x)
avec ; parcourant R.
4. Soit ! 2 R + . Résolvons sur R l’équation y 00 ! 2 y = 0: C’est une équation di¤érentielle
linéaire d’ordre 2 homogène à coe¢ cients constants d’équation caractéristique r2 ! 2 = 0
de racines réelles !. La solution générale
y(x) = e!x + e !x

avec ; parcourant R. Par analogie avec la précédente équation, on peut aussi présenter la
solution générale sous la forme
y(x) = ch(!x) + sh(!x)
avec ; parcourant R:

4.4 Obtention d’une solution particulière


Théorème : Si f (x) = Ae x avec (A; ) 2 R on peut trouver une solution particulière
de (E) de la forme
8
< Ce x si n’est pas racine de r2 + ar + b = 0
y (x) = Cxe x si est racine simple de r2 + ar + b = 0
:
Cx2 e x si est racine double de r2 + ar + b = 0

Cas n’est pas racine de r2 + ar + b = 0 : Considérons y(x) = Ce x


. On a
y 00 (x) + ay 0 (x) + by(x) = ( 2
+ a + b)Ce x

Par hypothèse 2 + a + b 6= 0 et en posant C = A= 2 + a + b la fonction y est


solution de (E).
Cas est racine simple de r2 + ar + b = 0 : Considérons y(x) = Cxe x . On a

y 00 (x) + ay 0 (x) + by(x) = ( 2


+ a + b)Cxe x
+ (2 + a)Ce x

Par hypothèse 2 + a + b = 0 et 2 + a 6= 0 (car n’est pas racine double). En posant


C = A= (2 + a)
la fonction y est solution de (E).
Cas est racine double de r2 + ar + b = 0 : Considérons y(x) = Cx2 e x . On a

y 00 (x) + ay 0 (x) + by(x) = ( 2


+ a + b)Cx2 e x
+ (2 + a)Cxe x
+ 2Ce x

2
Par hypothèse + a + b = 0 et 2 + a = 0. En posant C = A=2 la fonction y est
solution de (E).

Exemples :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 25

1. Résolvons (E) : y 00 + 3y0 + 2y = 2 ch(x), une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 2 à


coe¢ cients constants d’équation homogène (E0 ) : y 00 +3y 0 +2y = 0 d’équation caractéristique
r2 + 3r + 2 = 0 de racines 1 et 2. La solution générale homogène est
x 2x
y(x) = e + e

On peut décomposer le second membre 2 ch(x) = ex + e x :


Pour le second membre f1 (x) = ex , on obtient la solution particulière y1 (x) = 61 ex
Pour le second membre f2 (x) = e x , on obtient la solution particulière y2 (x) = xe x

Par le principe de superposition, on peut conclure la solution générale de (E) est

x 2x 1
y(x) = e + e + ex + xe x
6
2. Déterminons les solutions réelles de l’équation (E) : y 00 + 2y 0 + 2y = cos x + sin x, une
équation di¤érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients constants d’équation caractéristique
r2 + 2r + 2 = 0 de racines complexes 1 i. La solution homogène
x
y(x) = ( cos x + sin x)e

Cherchons une solution particulière à l’équation z 00 + 2z 0 + 2z = eix de la forme z(x) = eix .


On est amené à résoudre
(1 + 2i) eix = eix
On obtient
1 1 2i ix
z(x) = eix = e
1 + 2i 5
Par le principe de superposition
cos x + 2 sin x sin x 2 cos x 3 sin x cos x
y(x) = + =
5 5 5
est solution particulière, d’où la solutions générale
3 sin x cos x x
y(x) = + ( cos x + sin x)e
5
avec , parcourant R.

La méthode des variations des constantes :

Résolvons (E) : y 00 + y = tan(x), pour tout x 2 ] =2; =2[. La solution homogène est

y (x) = cos x + sin x

Si l’on suppose que et sont des fonctions dérivables sur ] =2; =2[ alors
0
y 0 (x) = cos x + 0
sin x sin x + cos x
0 0
Si l’on suppose cos x + sin x = 0 alors
0
y 00 (x) = sin x + 0
cos x cos x sin x
0 0
et si l’on veut y" + y = tan x alors il faut sin x + cos x = tan x: Le système
0
cos x + 0 sin x = 0
0
sin x + 0 cos x = tan x

admet comme solutions 2


0 sin x
= cos x
0
= sin x

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 26

Et donc (x) = cos x + et


Z Z Z Z
sin2 x cos2 x 1 dx
(x) = dx = dx = cos xdx
cos x cos x cos x
et Z Z Z
dx cos x du 1 1+u
= dx = = ln +
cos x 1 sin2 x 1 u2 2 1 u
où l’on a posé u (x) = sin x et donc les solutions sur ] =2; =2[ sont

1 1 + sin x
y (x) = cos x ln sin x cos x + cos x + sin x
2 1 sin x

où ; 2 R.

Exercice : Déterminer l’ensemble des solutions des équations di¤érentielles suivantes :

(a) y 00 y 0 2y = ex (b) y 00 + y 0 2y = ex (c) y 00 + y 0 + y = sin 2x + cos 3x


e 2x
(d) y 00 + y = tan1 x (e) y 00 + y = tan2 x (f) y 00 + 4y 0 + 4y = 1+x 2

5 Corrigé des exercices


1. Montrer que pour tout réel x; y on a :
1 1
max (x; y) = (x + y + jx yj) et min (x; y) = (x + y jx yj)
2 2
Rép. On pourra supposer x y et x < y.
2. Montrer que pour tout réel x; y on a :

jxj + jyj jx + yj + jx yj

Rép. Poser x + y = a et x y = b et utiliser l’inégalité triangulaire.


3. Montrer que pour tout réel x; y on a :

jx + yj jxj jyj
+
1 + jx + yj 1 + jxj 1 + jyj
X
Rép. On véri…era que X 7 ! 1+X est croissante sur [0; +1[, on en déduit

jx + yj jxj + jyj jxj jyj


+
1 + jx + yj 1 + jxj + jyj 1 + jxj 1 + jyj

4. Montrer que pour tout réel x; y on a :

1 + jxy 1j (1 + jx 1j) (1 + jy 1j)

Rép. On pose a = x 1 et b = y 1 et on véri…e que xy 1 = ab + a + b et la relation en


découle.
5. Résoudre dans R
2
(a) (ln x) = 0 Rép : S = f1g (b) ln x2 = 0 Rép : S = f1g (c) ln (ln x) = 0 Rép : S = feg
6. Déterminer les ensembles de dé…nition des fonctions suivantes :
x
p
(a) ln x2 Rép : R (b) ln (ln (x)) Rép : ]1; +1[ (c) ln x+1 Rép : ] 1; 1[[]0; +1[ (d) ln x x2 + 1
x
Rép : ; (e) ln exe 1 Rép : ]0; +1[
p
7. Étudier la parité de la fonction f (x) = ln x2 + 1 + x :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 27

8. Trouver les limites suivantes :


1 ln(x2 +1) ln (ln x)2
(a) lim x ln Rép : 0 (b) lim Rép : 0 (c) lim px Rép : 0 (d) lim
x>0 x x>0 x x!+1 x x!+1 x
x!0 x!0
2
ln 2
Rép : lim px = 0 (e) lim x (ln (x)) Rép : +1 (f) lim x ln 1 + 1
Rép :
x!+1 x x!+1 x!+1 x
1
1 2
9. Montrer que 8x 0; x 2x ln (1 + x) x:
10. Simpli…er
q p p
ex 1 2e3x+1
(a) ex +1 1+e x Rép : 0 (b) e2x 1 Rép : 2ex=2+1 (c) e2x + 2 + e 2x Rép : ex + e x

11. Résoudre dans R


p 2x 1
(a) e3x+1 = e12 Rép : S = f 1g (b) ex = ex 1 Rép : S = f 1g (c) e x 2 e = 0
Rép : S = f3g (d) 3e2x + 4ex 7 = 0 Rép : S = f0g
12. Trouver les limites suivantes :
1 x
e ep 1 e3x e2x
(a) lim x
x
Rép : 0 (b) lim x
Rép : 0 (c) lim x e1=x 1 Rép : 1 (d) lim x
x>0 x>0 x!+1 x!0
x!0 x!0
1=x2
Rép : 1 (e) lim x e 1 Rép : 0
x!+1

13. Parmi les relations suivantes, lesquelles sont exactes :


c b 2 c
(a) ab = (ac ) Rép : V (b) ab ac = abc Rép : F (c) a2b = ab Rép : V (d) (ab) =
c c
ac=2 bc=2 Rép : F (e) ab = a(b ) Rép : F ?
p p x
14. Résoudre x x = ( x) Rép : S = f1; 4g ; 22x 3x 1=2 = 3x+1=2 22x 1 Rép : S = fg
0 x x
15. Calculer (xx ) Rép : (1 + ln x) xx , lim0+ xx Rép : 1, lim0+ (xx ) Rép : 1, lim0+ x(x ) Rép : 0.
p
16. Calculer lim+1 x1=x Rép : 1, lim0+ x1=x Rép : 0, lim0+ x x Rép : 1.
1 x 1 x
17. Montrer que 8x 2 ]0; 1[ ; xx (1 x) 1=2 Rép : L’étude de x 7 ! xx (1 x) conduit
à

Cf

p p
2+ 6
18. Calculer sin (7 =12) et en déduire cos ( =12) ; sin (5 =12). Rép : 4 :
pp
19. Calculer cos ( =8) Rép : 21 2 + 2:
20. Montrer que cos (3a) = 4 cos3 (a) 3 cos (a) :
21. Montrer que sin4 a = 81 cos 4a 12 cos 2a + 83 :
22. Montrer les formules suivantes :
a+b a b
sin a + sin b = 2 sin cos
2 2
a+b a b
cos a + cos b = 2 cos cos
2 2
2
1 tan a 2 tan a
cos 2a = ; sin 2a =
1 + tan2 a 1 + tan2 a
2 sin 2a + sin 4a
= tan a
4 cos 2a + cos 4a + 3

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 28

23. Résoudre les équations suivantes :


1
(a) cos (2x =3) = sin (x + =3), Rép : S = 2 +2 l jl 2Z
4 4 1
(b) cos x + sin x = 1, Rép : S = f2 k j k 2 Zg [ 2 + kjk2Z
1 1
(c) sin x + sin 3x = 0, Rép : S = 2 2 kjk2Z
2 2
(d) sin x + sin 2x + sin 3x = 0, Rép : S = 3 +2 k jk 2Z [ 3 +2 k jk 2Z [
1 1
2 2 k jk 2Z
p p
(e) 3 cos x 3 sin x = 6, Rép : S = 4 6 +2 k jk 2Z
p
(f) 2 sin x cos x + 3 cos 2x = 0 Rép : S = 6 + 2k j k 2 Z
24. Tracer la courbe représentative de la fonction f : R ! R x 7! arcsin (sin x). La fonction f
est 2 -périodique et

25. Montrer que pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x+arccos x = =2 Rép : Prendre le sinus de chaque
membre et sin y = 1 et y 2 [ =2; 3 =2] d’où y = =2.
p
3
26. Résoudre pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x arccos x = =6: Rép : 2 :
27. Simpli…er les expressions suivantes :
p
(a) cos (2 arccos x) Rép : 2x2 1 ; (b) sin (2 arccos x) Rép : 2x 1 x2 ; (c) tan (2 arcsin x)
p
2 p
Rép : 2x1 12x2x et x 6= 2=2
x x
28. Simpli…er arcsin p1+x 2
Rép : On pose x = tan où 2 ] =2; =2[ et arcsin p1+x 2
= =
arctan x:
q
29. Étudier f : x 7 ! arccos 1+cos2
x
Rép : Df = R f ( x) = f (x) et f (x + 2 ) = f (x) d’où
sur [0; ] f (x) = x=2.
30. Montrer arctan 21 + arctan 15 + arctan 18 = 14 . Rép : On a arctan 1=8 arctan 1=5
p
arctan 1=2 < arctan 1= 3 =6 d’où arctan 2 +arctan 5 +arctan 8 < 2 et tan arctan 12 + arctan 15 + arctan 18 =
1 1 1 1

1 d’où le résultat.
31. Montrer 8x 2 R +
arctan x + arctan x1 = 2 Rép : Dériver sur ]0; +1[ :
32. Résoudre arcsin (tan x) = x Rép : S = f0g :
33. Soit n 2 N, calculer arctan (n + 1) arctan n. Étudier la limite de (Sn ) de terme général
n
X 1
Sn = arctan
1 + k + k2
k=0

1
Rép : Sn = arctan (n + 1) et lim+1 Sn = 2 :
34. Montrer que la fonction sh est bijective de R sur R et que sa fonction réciproque que l’on
appelle argsh est dé…nie par :
p
R ! R x 7 ! ln x + x2 + 1

Calculer sa dérivée. Rép : Déjà vu.


x2
35. Montrer que pour tout x 2 R+ ; on a sh x x et pour tout x 2 R , ch x 1+ 2 Rép :
Dériver les fonctions associées.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 29

36. Soit y 2 2; 2 : On pose x = ln (tan (y=2 + =4)). Montrer que

x y 1
th = tan et ch x =
2 2 cos y

37. Pour n 2 N et x 2 R, simpli…er


n
Y x
Pn (x) = ch
2k
k=1

x 1 sh(x)
(On pourra calculer Pn (x) sh 2n ) Rép : Pn (x) = 2n sh( 1n x)
2

38. Établir : 8x 2 R,
1
jarctan (sh x)j = arccos
ch x
(On pourra se placer sur R+ et prendre la tan de chaque membre et conclure sur R par des
arguments de parité)
39. Déterminer les primitives suivantes
R 2 2 R 2
(a) R tet d t Rép : 12 et + k (b) R lnt t d t Rép : 21 (ln t) + k
t
(c) R t dln t Rép : ln (jln tj) + k (d)R cos t sin t d t Rép : 14 cos 2t + k
(e) tan t d t Rép : ln jcos tj + k (f) cos3 t d t Rép : 34 sin t + 12 1
sin 3t + k
R et t
R t
p
(g) 1+e 2
t d t Rép : ln (1 + e ) + k (h) t Rép : 1 + t + k
p
2 d
R e2t R 1+t t
p
(i) et +1 d t Rép : et ln (et + 1) + k (j) p d p Rép : 2 arctan t + k
R p t+ t3
(k) tpdt2t 1 Rép : 2 arctan t + t2 1 + k

40. Montrer pour tout t 2 ] =2; =2[


Z Z
dt cos t
= dt
cos t 1 sin2 t
et en déduire Z
dt 1 1 + sin t
= ln
cos t 2 1 sin t
On pourra montrer que

1 1 + sin t 1 + tan t=2


ln = ln = ln (tan (t=2 + =4))
2 1 sin t 1 tan t=2
p Rx dt. ln x
41. Montrer que pour tout x 1, 2 x 2 1 t En déduire lim+1 x = 0:
42. Déterminer les primitives ou caluler les intégrales suivantes :
R Re
(a) ln t d t Rép : t ln t + k (b) 1 t ln t d t Rép : 41 e2 + 14
R R1
(c) t sin3 t d t Rép : t 31 cos3 t cos t + 23 sin t + 19 sin3 t + k (d) 1 ln 1 + t2 d t Rép : + 2 ln 2 4
R p3 p Re n+1
(e) 1 arctan t d t Rép : 13 3 1
2 ln 2
1
4 (f) 1 tn ln t d t Rép : ne +1
(n+1)2
R ln 2 R ln t p p
(g) 0 (2t 1) e t d t Rép : 21 ln 2 (h) pt d t Rép : 2 t 21 t ln t + k
R1
(f) 0 t arctan t d t Rép : 14 1
2

43. Soit n 2 N on dé…nit Z =2


In = sinn t d t
0

(a) Montrer que pour tout n 2 N


n 1
In = In 2
n

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 30

(b) En déduire pour p 2 N


2
(2p p!)
I2p+1 =
(2p + 1)!
(c) Trouver une formule similaire pour p 2 N, I2p :
44. Calculer les intégrales suivantes
Re dt e 1
Re p
Rép : [arctan (ln t)]1 = pdt Rép :2 2 2
1 t+t(ln t)2 4 1 t ln t+1
R 1 dt
0 et +1
Rép : ln 2 ln (e + 1) + 1

45. Montrer que


Z =4 Z =4
ln (cos t) d t = ln (cos (t =4)) d t
0 0
En déduire Z =4
ln (1 + tan t) d t
0
R =4 1
p
2
R =4 R =4
Rép. On montre que 0
ln (cos (t =4)) d t = 4 ln 2 + 0 ln (cos t) d t+ 0 ln (1 + tan t) d t
d’où le résultat Z =4 p
1
ln (1 + tan t) d t = ln 2
0 4
+
46. Soit f une fonction continue et impaire sur [ a; a] ou a 2 R , montrer que
Z a
f (t) d t = 0
a

Que se passe-t-il si au contraire f est paire ?


47. Soit f une fonction continue et périodique de période T sur R, montrer que
Z a+T Z T
f (t) d t = f (t) d t
a 0
R2 R
En particulier 0 sin t d t = sin t d t = 0:
R a+T R0 RT R a+T
Rép. a f (t) d t = a f (t) dt + 0 f (t) dt + T f (t + T ) dt et on pose u = t + T et le
résultat.
48. Soit f 2 C ([0; 1] ; R) : Établir
Z Z
tf (sin t) d t = f (sin t) d t
0 2 0

Rép : Poser t = u d’où le résultat.


49. Trouver une équation di¤érentielle d’ordre 1 dont les fonctions suivantes :
x+k
fk (x) =
1 + x2
sont solutions. Rép : 1 + x2 y 0 + 2xy = 1:
50. Rechercher les solutions de
y 0 + xy = x3
n 1 2
o
Rép : S = x 7 ! ke 2x + x2 2k2R
51. Résoudre les équations di¤érentielles suivantes :
1 x
(a) y 0 y = sin (2x) ex . Rép. Sur tout I R, y (x) = kex 2e cos 2x:
2 2
x x2
(b) y 0 + 2xy = 2xe x
. Rép. Sur tout I R, y (x) = ex2
+ ke :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 31

(c) y 0 + y tan x = sin 2x: Rép. Sur ] =2; =2[, y (x) = k cos x cos 2x 1.
52. Déterminer les solutions, s’il en existe, des problèmes de Cauchy suivants :
1 2
(a) y 0 (x + 1) (y + 1) = 0 . Rép. Sur tout I R; y (x) = e 2 x ex 1 et y (0) = 1
(b) 1 + x2 y 0 (x + 1) y = 2 et y (0) = 1. Rép. Sur tout I R; y (x) = x 1:
53. Résoudre sur R les équations suivantes :
1
(a) x2 y 0 y = 0: Rép. Sur tout I R y (x) = ke x :
(b) y 0 + 2y = x2 . Rép. Sur tout I R; y (x) = ke 2x 12 x + 12 x2 + 41
(c) y 0 + y = 2 sin x. Rép. Sur tout I R; y (x) = sin x cos x + ke x
(d) y 0 + y = x ex + cos x. Rép. Sur tout I R; y (x) = x 1 21 (cos x + sin x) ke x
p
54. Résoudre sur ] 1; 1[, l’équation : 1 x2 y 0 + y = 1: Rép. Sur tout I ] 1; 1[ ; y (x) =
1 + ke arcsin x
55. Résoudre sur R l’équation : x2 y 0 y = 0:Rép. Sur tout I R ; y (x) = ke 1=x :
56. Résoudre sur R les équations suivantes :
(a) xy 0 y = x. Rép. Sur tout I R ; y (x) = x ln jxj + kx pas de recollement possible.
(b) xy 0 + y 1 = 0. Rép. Sur tout I R ; y (x) = 1 + xk et pour k = 0 on a une solution
sur R.
(c) xy 0 2y = x4 . Rép. Sur tout I R ;
( 4
x 2
y (x) = 24 + kx x 0
où k; k 0 2 R
x 0 2
2 + k x x < 0

(d) x 1 + x2 y 0 x2 1 y + 2x = 0. Rép. Sur tout I R ;


(
1 x2 +1
y (x) = x + k 2x x>0
où k; k 0 2 R
1 0 x +1
x k x x < 0

et donc un prolongement possible si k = 1 et k 0 = 1 alors y (x) = x qui est la seule


solution dé…nie sur R.
57. Déterminer l’ensemble des solutions des équations di¤érentielles suivantes :
(a) y 00 y 0 2y = ex . Rép. Sur tout I R, y (x) = e x + e2x 21 ex
(b) y 00 + y 0 2y = ex . Rép. Sur tout I R, y (x) = ex + e 2x + 13 xex
1 p p
(c) y 00 +y 0 +y = sin 2x+cos 3x. Rép. Sur tout I R, y (x) = e 2 x cos 21 3x + sin 21 3x
sont les solutions de l’équation homogènes.
Pour trouver les solutions particulières, on pose y (x) = ae2ix et on trouve a = 313 2i
pour que
y 00 + y 0 + y = e2ix
et
3 2i 2ix 3 2
Im e = sin 2x cos 2x
13 13 13
8 3i
de même on pose y (x) = be3ix et on trouve b = 73 pour que

y 00 + y 0 + y = e3ix

et
8 3i 3ix 8 3
Re e = cos 3x + sin 3x
73 73 73
En conclusion les solutions sont :
1 1p 1p 3 2 8 3
e 2x cos 3x + sin 3x + sin 2x cos 2x + cos 3x + sin 3x
2 2 13 13 73 73

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


COMPLÉMENTS D’ANALYSE 32

(d) y 00 + y = tan1 x . Rép. y (x) = cos x + sin x sont les solutions de l’équation homogène.
La méthode des variations des constantes donne
0 0
cos x + 0 sin x = 0 (x) = cos x
0 () cos2 x
sin x + 0 cos x = tan1 x 0
(x) = sin x= 1
sin x sin x

et donc (x) = sin (x) + et (x) = ln jtan x=2j + cos x + et les solutions sur tout
intervalle I R fk g sont

y (x) = cos x + sin x + sin x ln jtan x=2j

(e) y 00 + y = tan2 x. Rép. y (x) = cos x + sin x sont les solutions de l’équation homogène.
La méthode des variations des constantes donne
(
0
cos x + 0 sin x = 0 0 sin3 x (cos2 x 1) sin x sin x
() (x) = cos2x = cos2 x = cos 2 x + sin x
0
sin x + 0 cos x = tan2 x 0 sin2 x 1
(x) = cos x = cos x cos x

d’où
1
(x) = cos x + et (x) = ln jtan (x=2 + =4)j sin x +
cos x
et en…n
y (x) = 1 + sin x ln jtan (x=2 + =4)j + cos x + sin x
2x
e
(f) y 00 +4y 0 +4y = 1+x 2 . Rép. y (x) = ( x + ) e 2x sont solutions de l’équation homogène.
On peut chercher une solution du type y (x) = (x) e 2x où est une fonction deux
fois dérivable, alors
00 1
(x) = 2
x +1
et donc
0
(x) = arctan x +
et
1
ln x2 + 1 + x +
(x) = x arctan x +
2
En conclusion les solutions de l’équation sont

1
y (x) = x arctan x ln x2 + 1 + x + e 2x
2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Les nombres complexes

Girolamo Cardano 1501-1576

Table des matières


1 Historique 2
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Extension au cas irréductible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Forme algébrique 4
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1
LE NOMBRES COMPLEXES 2

1 Historique
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576)
Au XVIe siècle, des algébristes italiens ont découvert une méthode pour calculer une
racine d’un polynôme de degré 3 donné sous la forme réduite :

x3 + px + q = 0

où p et q sont des paramètres quelconques. La propriété (triviale) suivante est un lemme


nécessaire à cette résolution.

Propriété : Pour tous nombres u et v, on a :

(u + v)3 3uv(u + v) (u3 + v 3 ) = 0

La preuve résulte du développement remarquable bien connu


3
(u + v) = u3 + 3u2 v + 3uv 2 + v 3

Cette relation conduit à poser x = u + v et p = 3uv et q = (u3 + v 3 ):


Pour une question d’homogénéité, on écrit plutôt
p3
u3 v 3 = et u3 + v 3 = q
27
Pour y voir plus clair, posons a = u3 et b = v 3 : Autrement dit, il s’agit de trouver
deux nombres a et b connaissant leur somme S = q et leur produit P = p3 =27: On
rappelle que (X a) (X b) = X 2 (a + b) X + ab et les nombres a et b sont donc
solutions de :
p3
X 2 + qX =0
27
Cette équation n’aura de solutions que si
4p3
= q2 + 0
27
Dans ces conditions, a et b valent
q
27q 2 +4p3
q 27
a; b =
2
p p
3
et puisque x = u + v = 3
a+ b alors
s r s r
3 q 1 27q 2 + 4p3 3 q 1 27q 2 + 4p3
x = + +
2 2 27 2 2 27
s r s r
3 q q 2 p 3 3 q q 2 p 3
= + + + +
2 2 3 2 2 3

Exemple :
x3 + 3x + 2 = 0
Alors, q = 2 et p = 3 donc 4p3 + 27q 2 = 8 27 d’où la solution particulière
q q
3 p 3 p
x= 1+ 2 1 + 2 ' 0:59607:::

Exercice : Résoudre avec les formules de Cardan

x3 6x + 9 = 0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 3

1.2 Extension au cas irréductible

Bombelli (Raphaël Bologne Italie 1526 1572) a étudié le cas de l’équation


3
x 15x 4=0
qui possède une racine évidente, x = 4 et donc
(x 4) x2 + 4x + 1 = x3 15x 4
p
Le trinôme x2 + 4x + 1 a deux racines x1;2 = 2 3. Or en menant le calcul comme
précédemment le fameux
3 2
4p3 + 27q = 4 ( 15) + 27 ( 4) = 13068 < 0
et en appliquant la formule de Cardan, on obtient
s r s r
3 1 13068 3 1 13068
x= 2 + 2+
2 27 2 27
où …gure des nombres négatifs sous le radical.
r r q q
3 1p 3 1p 3 p 3 p
x= 2 484 + 2 + 484 = 2 121 + 2 + 121
2 2
que l’on peut même aller jusqu’à écrire
q q
3 p 3 p
x = 2 11 1 + 2 + 11 1
3
Remarquons que si l’on appelle i tel que i2 = 1 alors (2 + i) = 2 + 11i et de même
3
(2 i) = 2 11i d’où
x=2 i+2+i=4
Ainsi, Bombelli a pu montrer dans ce cas qu’en passant outre la question des racines
carrées de nombres négatifs, la formule de Cardan donne encore une racine de l’équation
du 3eme degré. C’est à la suite de calculs de ce genre que les nombres complexes ont
fait leur apparition, en acceptant l’existence de règles de calcul concernant le nombre
« imaginaire i » tel que i2 = 1:

Exercices : Résoudre dans R, x3 6x + 4 = 0, en utilisant les formules de Cardan.

En application de la formule de Cardan, on peut toujours essayer de résoudre cette


équation

x3 14x 12 = 0
qui …gurait parmi les questions auxquelles Einstein a répondu à l’occasion de l’épreuve
d’algèbre de son baccalauréat en 1896.
1
Exercice : La formule de Cardan appliquée à l’équation
x3 + x 2=0
donne s s
r r
3 1 112 3 1 112
x= 1+ + 1
2 27 2 27
Que faut-il en penser ?
1 Né à Pavie le 24 septembre 1501, il est le …ls illégitime d’un docte mathématicien milanais, Facio Cardano,
jurisconsulte, ami de Léonard de Vinci, et d’une veuve, Chiara Micheri. Extraordinairement précoce et éduqué par
son père[1], il est, dès sa jeunesse, célèbre comme astrologue et mage, avant de donner des preuves de son « esprit
plus que divin » , dans les mathématiques et les sciences naturelles. Il fait des études de médecine à Pavie et à
Padoue, pour être reçu docteur en médecine en 1526.
Il est élu recteur de l’université de Padoue à 25 ans, en août 1525, par ses condisciples. Il devient médecin de
village à Saccolongo pendant cinq ans. Il obtient une chaire de mathématiques à Milan en 1534, où il enseigne la
géométrie et l’astronomie jusqu’en 1539, année où il est en…n agréé par le Collège des médecins de Milan. En 1538

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 4

2 Forme algébrique
2.1 Introduction
Dé…nition : On appelle nombre complexe tout élément de la forme a + ib où a et
b sont des réels et i est un nombre imaginaire véri…ant i2 = 1.

Dé…nition : Un nombre complexe écrit sous la forme z = a + ib est sous la forme


algébrique.
p
Exemples : 1 + i, 2 3i, 3i, 5 sont des complexes.

Dé…nition : On dira que deux nombres complexes, z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; sont


égaux pour dire que a = a0 et b = b0 .

On en déduit que z = a + ib = 0 si et seulement si a = 0 et b = 0

Dé…nition : Soit le complexe z = a + ib, on appelle partie réelle de z et on note


Re (z) le nombre réel a et on appelle partie imaginaire de z et on note Im (z) le
nombre réel b.
Re (z) = a et Im (z) = b

p
On notera que la partie imaginaire d’un complexe et un réel. (i.e.) Im 2 3i = 3
et non pas 3i.

Notations :

On note C = fz = a + ib a; b 2 Rg, c’est l’ensemble des complexes.


On dira qu’un nombre complexe z est un réel pour dire que Im (z) = 0 et donc R C.
On dira que le nombre complexe z est un imaginaire pure pour dire que Re (z) = 0.
On note parfois iR l’ensemble des complexes imaginaires pures et iR C.

2.2 Opérations
Dé…nition : Soit deux complexes z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; on dé…nit sur C les
opérations suivantes :

z + z0 = (a + ib) + (a0 + ib0 ) = (a + a0 ) + i (b + b0 )


z z0 = (a + ib) (a0 + ib0 ) = (aa0 bb0 ) + i (ab0 + a0 b)

2 2
Exercice : Calculer (1 + i) ; (1 i)
éclate la querelle pour savoir qui a trouvé la solution des équations du troisième degré, entre lui et Tartaglia. Sur
décision du Sénat de Milan, il enseigne la médecine à Milan (1543 à 1544), puis à Pavie (1544-1550), Padoue, Bologne
(1562-1570). Il publie son fameux Ars magna (1545) sur les équations. Il voyage en Écosse (1552), en Angleterre et
en France, montrant un grand talent de médecin, avec cependant de retentissants échecs en médecine ou astrologie.
Il traverse toute sa vie de douloureuses épreuves. Déjà sa mère avait essayé d’avorter de lui, et, jeune, « j’étais
» , dit-il, « battu sans motif par mon père et ma mère » . Il perd sa femme, Lucia Bandarini (épousée en 1532), en
1546. En février 1560, son premier …ls, Giovanni Battista (né en 1534), empoisonne sa femme Brandonia Seroni, et
sa petite-…lle Diaregina meurt. En avril son …ls est exécuté[2]. En juillet 1569 il est cambriolé par son second …ls,
Aldo (né en 1543). En 1570, sur dénonciation de son propre …ls Aldo, l’Inquisition, par la voix du légat ponti…cal,
le cardinal Giovanni Morrone, le fait arrêter à Bologne : accusé d’hérésie, il est condamné à verser 1800 écus d’or, à
passer deux mois en prison, sommé d’abjurer[3]. Il est interdit de conférences. Il est radié de l’Université de Bologne.
En…n le vent tourne au mieux. En 1571, à Rome, il parvient en entrer en faveur auprès du pape Pie V, et obtient
du pape Grégoire XIII une pension. Il est agréé au Collège des médecins de Rome. Il fait graver sur sa maison sa
devise : « Le temps est ma possession et mon champ » . Il meurt le 21 septembre 1576 à Rome. Il est enterré à
Milan dans le tombeau familial.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 5

Dé…nition : Soit un complexe z = a + ib, on appelle conjugué de z et on note :

z=a ib

Propositions :
1. Le complexe z 2 R si et seulement si z = z.
2. Le complexe z 2 iR si et seulement si z = z.
3. Soit un complexe z = a + ib alors

z z = (a + ib) (a ib) = a2 + b2

Dé…nition : Soit un complexe z = a + ib, on appelle module de z et on note :


p p
jzj = a2 + b2 = zz
z
Si z 6= 0 (i.e.) si a 6= 0 ou b 6= 0 et par suite a2 + b2 6= 0, alors d’après (1) z a2 +b2 =
(a ib)
(a + ib) a2 +b2 = 1 et donc
1 z
= 2
z a + b2
Inverse : Pour tout complexe z 6= 0,
1 a b
= 2 i
z a + b2 a2 + b2
1 1
Exercice : Calculer i ; 1+i .

Quotient : Pour tout complexe z 0 6= 0, si l’on note z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 alors


z (aa0 + bb0 ) + (a0 b ab0 ) i
=
z0 a02 + b02

z 1 z0 (a+ib)(a0 ib0 ) (aa0 +bb0 )+(a0 b ab0 )i


En e¤et, z0 =z z0 =z a02 +b02 = a02 +b02 = a02 +b02

Proposition : Pour tout complexe z; z 0 et z" on a :

z (z 0 z") = (z z 0 ) z"
z (z 0 + z") = z z 0 + z z"

Exercices :
1. Calculer in où n est un entier naturel:
p
1 3
2. On pose j = 2 +i 2

(a) Calculer j 2 .
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 :

3. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i.
4. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).

Proposition : Pour tout complexe z et z 0 et tout entier n, on a :

z + z0 = z + z0 ; z= z ; zz 0 = z z0 ; zn = zn
1 1 z z
= ; = (z 0 6= 0)
z0 z0 z0 z0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 6

Exercice : Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que
z = z1 où z = a + ib.

Propositions : Soit deux complexes z et z 0

jzj = 0 , z = 0
n
jzz 0 j = jzj jz 0 j et 8n 2 N jz n j = jzj
1 1 n n
si z 6= 0 z = jzj et 8n 2 Z jz j = jzj
0 0 0
jjzj jz jj jz + z j jzj + jz j

Exercices :
1. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
2. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i

3. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme algébrique de z 2 ?
2015
1+i
4. Calculer 1 i

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Les nombres complexes

Girolamo Cardano 1501-1576

Table des matières


1 Historique 2
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Extension au cas irréductible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Forme algébrique 4
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Le plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Forme trigonométrique 7
3.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Module et argument . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Notation exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

4 Racines n nieme d’un nombre complexe 13


4.1 Détermination des racines n iemes de l’unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.2 Résolution d’une équation du second degré à coe¢ cients dans C . . . . . . . . . . . 14

5 Corrigé des exercices 15

1
LE NOMBRES COMPLEXES 2

1 Historique
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576)
Au XVIe siècle, des algébristes italiens ont découvert une méthode pour calculer une
racine d’un polynôme de degré 3 donné sous la forme réduite :

x3 + px + q = 0

où p et q sont des paramètres quelconques. La propriété (triviale) suivante est un lemme


nécessaire à cette résolution.

Propriété : Pour tous nombres u et v, on a :

(u + v)3 3uv(u + v) (u3 + v 3 ) = 0

La preuve résulte du développement remarquable bien connu


3
(u + v) = u3 + 3u2 v + 3uv 2 + v 3

Cette relation conduit à poser x = u + v et p = 3uv et q = (u3 + v 3 ):


Pour une question d’homogénéité, on écrit plutôt
p3
u3 v 3 = et u3 + v 3 = q
27
Pour y voir plus clair, posons a = u3 et b = v 3 : Autrement dit, il s’agit de trouver
deux nombres a et b connaissant leur somme S = q et leur produit P = p3 =27: On
rappelle que (X a) (X b) = X 2 (a + b) X + ab et les nombres a et b sont donc
solutions de :
p3
X 2 + qX =0
27
Cette équation n’aura de solutions que si
4p3
= q2 + 0
27
Dans ces conditions, a et b valent
q
27q 2 +4p3
q 27
a; b =
2
p p
3
et puisque x = u + v = 3
a+ b alors
s r s r
3 q 1 27q 2 + 4p3 3 q 1 27q 2 + 4p3
x = + +
2 2 27 2 2 27
s r s r
3 q q 2 p 3 3 q q 2 p 3
= + + + +
2 2 3 2 2 3

Exemple :
x3 + 3x + 2 = 0
Alors, q = 2 et p = 3 donc 4p3 + 27q 2 = 8 27 d’où la solution particulière
q q
3 p 3 p
x= 1+ 2 1 + 2 ' 0:59607:::

Exercice : Résoudre avec les formules de Cardan

x3 6x + 9 = 0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 3

1.2 Extension au cas irréductible

Bombelli (Raphaël Bologne Italie 1526 1572) a étudié le cas de l’équation


3
x 15x 4=0
qui possède une racine évidente, x = 4 et donc
(x 4) x2 + 4x + 1 = x3 15x 4
p
Le trinôme x2 + 4x + 1 a deux racines x1;2 = 2 3. Or en menant le calcul comme
précédemment le fameux
3 2
4p3 + 27q = 4 ( 15) + 27 ( 4) = 13068 < 0
et en appliquant la formule de Cardan, on obtient
s r s r
3 1 13068 3 1 13068
x= 2 + 2+
2 27 2 27
où …gure des nombres négatifs sous le radical.
r r q q
3 1p 3 1p 3 p 3 p
x= 2 484 + 2 + 484 = 2 121 + 2 + 121
2 2
que l’on peut même aller jusqu’à écrire
q q
3 p 3 p
x = 2 11 1 + 2 + 11 1
3
Remarquons que si l’on appelle i tel que i2 = 1 alors (2 + i) = 2 + 11i et de même
3
(2 i) = 2 11i d’où
x=2 i+2+i=4
Ainsi, Bombelli a pu montrer dans ce cas qu’en passant outre la question des racines
carrées de nombres négatifs, la formule de Cardan donne encore une racine de l’équation
du 3eme degré. C’est à la suite de calculs de ce genre que les nombres complexes ont
fait leur apparition, en acceptant l’existence de règles de calcul concernant le nombre
« imaginaire i » tel que i2 = 1:

Exercices : Résoudre dans R, x3 6x + 4 = 0, en utilisant les formules de Cardan.

En application de la formule de Cardan, on peut toujours essayer de résoudre cette


équation

x3 14x 12 = 0
qui …gurait parmi les questions auxquelles Einstein a répondu à l’occasion de l’épreuve
d’algèbre de son baccalauréat en 1896.
1
Exercice : La formule de Cardan appliquée à l’équation
x3 + x 2=0
donne s s
r r
3 1 112 3 1 112
x= 1+ + 1
2 27 2 27
Que faut-il en penser ?
1 Né à Pavie le 24 septembre 1501, il est le …ls illégitime d’un docte mathématicien milanais, Facio Cardano,
jurisconsulte, ami de Léonard de Vinci, et d’une veuve, Chiara Micheri. Extraordinairement précoce et éduqué par
son père[1], il est, dès sa jeunesse, célèbre comme astrologue et mage, avant de donner des preuves de son « esprit
plus que divin » , dans les mathématiques et les sciences naturelles. Il fait des études de médecine à Pavie et à
Padoue, pour être reçu docteur en médecine en 1526.
Il est élu recteur de l’université de Padoue à 25 ans, en août 1525, par ses condisciples. Il devient médecin de
village à Saccolongo pendant cinq ans. Il obtient une chaire de mathématiques à Milan en 1534, où il enseigne la
géométrie et l’astronomie jusqu’en 1539, année où il est en…n agréé par le Collège des médecins de Milan. En 1538

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 4

2 Forme algébrique
2.1 Introduction
Dé…nition : On appelle nombre complexe tout élément de la forme a + ib où a et
b sont des réels et i est un nombre imaginaire véri…ant i2 = 1.

Dé…nition : Un nombre complexe écrit sous la forme z = a + ib est sous la forme


algébrique.
p
Exemples : 1 + i, 2 3i, 3i, 5 sont des complexes.

Dé…nition : On dira que deux nombres complexes, z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; sont


égaux pour dire que a = a0 et b = b0 .

On en déduit que z = a + ib = 0 si et seulement si a = 0 et b = 0

Dé…nition : Soit le complexe z = a + ib, on appelle partie réelle de z et on note


Re (z) le nombre réel a et on appelle partie imaginaire de z et on note Im (z) le
nombre réel b.
Re (z) = a et Im (z) = b

p
On notera que la partie imaginaire d’un complexe et un réel. (i.e.) Im 2 3i = 3
et non pas 3i.

Notations :

On note C = fz = a + ib a; b 2 Rg, c’est l’ensemble des complexes.


On dira qu’un nombre complexe z est un réel pour dire que Im (z) = 0 et donc R C.
On dira que le nombre complexe z est un imaginaire pure pour dire que Re (z) = 0.
On note parfois iR l’ensemble des complexes imaginaires pures et iR C.

2.2 Opérations
Dé…nition : Soit deux complexes z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; on dé…nit sur C les
opérations suivantes :

z + z0 = (a + ib) + (a0 + ib0 ) = (a + a0 ) + i (b + b0 )


z z0 = (a + ib) (a0 + ib0 ) = (aa0 bb0 ) + i (ab0 + a0 b)

2 2
Exercice : Calculer (1 + i) ; (1 i)
éclate la querelle pour savoir qui a trouvé la solution des équations du troisième degré, entre lui et Tartaglia. Sur
décision du Sénat de Milan, il enseigne la médecine à Milan (1543 à 1544), puis à Pavie (1544-1550), Padoue, Bologne
(1562-1570). Il publie son fameux Ars magna (1545) sur les équations. Il voyage en Écosse (1552), en Angleterre et
en France, montrant un grand talent de médecin, avec cependant de retentissants échecs en médecine ou astrologie.
Il traverse toute sa vie de douloureuses épreuves. Déjà sa mère avait essayé d’avorter de lui, et, jeune, « j’étais
» , dit-il, « battu sans motif par mon père et ma mère » . Il perd sa femme, Lucia Bandarini (épousée en 1532), en
1546. En février 1560, son premier …ls, Giovanni Battista (né en 1534), empoisonne sa femme Brandonia Seroni, et
sa petite-…lle Diaregina meurt. En avril son …ls est exécuté[2]. En juillet 1569 il est cambriolé par son second …ls,
Aldo (né en 1543). En 1570, sur dénonciation de son propre …ls Aldo, l’Inquisition, par la voix du légat ponti…cal,
le cardinal Giovanni Morrone, le fait arrêter à Bologne : accusé d’hérésie, il est condamné à verser 1800 écus d’or, à
passer deux mois en prison, sommé d’abjurer[3]. Il est interdit de conférences. Il est radié de l’Université de Bologne.
En…n le vent tourne au mieux. En 1571, à Rome, il parvient en entrer en faveur auprès du pape Pie V, et obtient
du pape Grégoire XIII une pension. Il est agréé au Collège des médecins de Rome. Il fait graver sur sa maison sa
devise : « Le temps est ma possession et mon champ » . Il meurt le 21 septembre 1576 à Rome. Il est enterré à
Milan dans le tombeau familial.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 5

Dé…nition : Soit un complexe z = a + ib, on appelle conjugué de z et on note :

z=a ib

Propositions :
1. Le complexe z 2 R si et seulement si z = z.
2. Le complexe z 2 iR si et seulement si z = z.
3. Soit un complexe z = a + ib alors

z z = (a + ib) (a ib) = a2 + b2

Dé…nition : Soit un complexe z = a + ib, on appelle module de z et on note :


p p
jzj = a2 + b2 = zz
z
Si z 6= 0 (i.e.) si a 6= 0 ou b 6= 0 et par suite a2 + b2 6= 0, alors d’après (1) z a2 +b2 =
(a ib)
(a + ib) a2 +b2 = 1 et donc
1 z
= 2
z a + b2
Inverse : Pour tout complexe z 6= 0,
1 a b
= 2 i
z a + b2 a2 + b2
1 1
Exercice : Calculer i ; 1+i .

Quotient : Pour tout complexe z 0 6= 0, si l’on note z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 alors


z (aa0 + bb0 ) + (a0 b ab0 ) i
=
z0 a02 + b02

z 1 z0 (a+ib)(a0 ib0 ) (aa0 +bb0 )+(a0 b ab0 )i


En e¤et, z0 =z z0 =z a02 +b02 = a02 +b02 = a02 +b02

Proposition : Pour tout complexe z; z 0 et z" on a :

z (z 0 z") = (z z 0 ) z"
z (z 0 + z") = z z 0 + z z"

Exercices :
1. Calculer in où n est un entier naturel:
p
1 3
2. On pose j = 2 +i 2

(a) Calculer j 2 .
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 :

3. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i.
4. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).

Proposition : Pour tout complexe z et z 0 et tout entier n, on a :

z + z0 = z + z0 ; z= z ; zz 0 = z z0 ; zn = zn
1 1 z z
= ; = (z 0 6= 0)
z0 z0 z0 z0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 6

Exercice : Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que
z = z1 où z = a + ib.

Propositions : Soit deux complexes z et z 0

jzj = 0 , z = 0
n
jzz 0 j = jzj jz 0 j et 8n 2 N jz n j = jzj
1 1 n n
si z 6= 0 z = jzj et 8n 2 Z jz j = jzj
0 0 0
jjzj jz jj jz + z j jzj + jz j

Exercices :
1. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
2. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i

3. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme algébrique de z 2 ?
2015
1+i
4. Calculer 1 i

2.3 Le plan complexe


Le plan P muni d’un repère orthonormé (O; ! u;!v ) permet d’identi…er un point et un
nombre complexe.
Soit z = a + ib un complexe. On associe au complexe z; le point M de coordonnées
(a; b) dans le repère (O; !
u;!
v ) et on dit que M est l’image de z.

Dé…nition : le complexe z = a + ib est appelé l’a¢ xe du point M de coordonnées


(a; b) dans le repère (O; !
u;!
v ) ; on note zM l’a¢ xe de M . Le point M d’a¢ xe z est
!
noté M (z) : Le complexe z est aussi appelé l’a¢ xe du vecteur OM et dans ce cas, on
notera z = zOM !.

On notera que dans le plan complexe z et z sont symétriques par rapport à l’axe des
réels, et la transformation du plan complexe rapporté au repère orthonormé (O; !
u;!
v)
0
qui au point M d’a¢ xe z associe le point M d’a¢ xe z est une symétrie orthogonale
d’axe, l’axe des réel (O; !
u ).

iR y iR y

b b M (z )
r M r OM
v
v OM
R
r
R O u a
r
O u a
−b
M ′(z )

Proposition : Pour tout point M (z) d’a¢ xe z;


!
OM = jzj

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 7

Si l’on note M et M 0 les images de z et z 0 dans le plans complexe rapporté au repère


orthonormé (O; !u;!v ). Soit z 00 = z + z 0 et M 00 l’image de z 00 . On a par dé…nition de la
somme de deux complexes
! ! !
OM 00 = OM + OM 0
Si l’on note M et M 0 les images de z et z 0 dans le plans complexe rapporté au repère
! !
orthonormé (O; ! u;! v ). On a OM = a!u + b! v ; OM 0 = a0 !
u + b0 !
v . Soit z 00 = z z 0 et
!
M 00 l’image de z 00 alors OM " = (a a0 ) !
u + (b b0 ) !v ; par dé…nition de la di¤érence
de deux complexes et
! ! ! !
OM 00 = OM OM 0 = M 0 M
et !
M 0 M = jz z0j

y
M ′′(z + z ′)

M ′(z ′ )

r
v M (z )

O r
u

3 Forme trigonométrique
3.1 Rappels
Dans le plan muni d’un repère orthonormé direct (O; ! u;!v ), soit M (x; y) un point du
!
cercle de centre O et de rayon r = 1, soit une mesure de l’angle ! u ; OM . On dé…nit
les cosinus et sinus de par : cos ( ) = x et sin ( ) = y.

M
v
α
sin(α )
u
O cos(α )

0
On rappelle que est dé…ni à 2 près ou encore que toute valeur [2 ] est une
!
valeur de la mesure de l’angle !
u ; OM .

Coordonnées polaires

Tout point du plan distinct de O rapporté à un repère orthonormé (O; ! u;!


v ) ; est repéré
+
par un couple de coordonnées polaires (r; ) 2 R R (r réel strictement positif et
réel).
!
Le nombre réel positif r est la distance OM = OM

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 8

!
Le nombre réel est une mesure de l’angle !
u ; OM

r = OM M
r
v
α
O r
u

Proposition : A tout couple (r; ) 2 R + R est associé le point M du plan coordon-


nées polaires M (r; ), et les coordonnées cartésiennes (x; y) de M sont :

x = r cos et y = r sin
Proposition : Si M (x; y) est tel que x = r cos et y = r sin avec r > 0, alors (r; )
est un couple de coordonnées polaires de M telles que
p x y
r = x2 + y 2 , cos = et sin =
r r

3.2 Module et argument


Dé…nition : Soit z un nombre complexe non nul, M le point d’a¢ xe z et (r; ) 2
R + R un couple de coordonnées polaires de M . Nous dirons que :
le nombre réel positif r est le module de z et on notera jzj = r;
le nombre réel est un argument de z et on notrera arg (z) [2 ] :

Soit z = a + ib et z 6= 0, on a :
p
jzj = a2 + b2
arg (z) [2 ] tel que cos ( ) = p a et sin = p b .
a2 +b2 a2 +b2
p
La lecture du graphique ci-dessous montre que j1 + ij = 2, et arg (1 + i) 4 [2 ].
y

1+i
r
v
z = 2

π 4

r x

O u

On notera :
2
jzj = jzj et z z = jzj .
On retiendra : j1j = j 1j = jij = j ij = 1, arg (1) 0 [2 ], arg ( 1) [2 ] ,
3
arg (i) 2 [2 ], arg ( i) 2 [2 ]

Exercice : Soit z le complexe de module r et d’argument , déterminer les modules et


arguments des complexes, z, z, iz et iz.

p q p
2 2
Exemple : Soit z = 1 + i 3, on a : jzj = ( 1) + 3 = 2 et donc z =
p
1 3
2 2 +i 2 . Si l’on note arg (z) = ; on a :

1 2
cos ( ) = = cos
2 3
et donc
2
[2 ]
3

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 9

et p
3
sin ( ) = = sin
2 3
et donc
[2 ] ou [2 ]
3 3
On en déduit
2
[2 ]
3
2 2
On écrira z = 2 cos 3 + i sin 3 .

Dé…nition : Soit z 2 C tel que jzj = r et arg (z) [2 ], l’expression


z = r (cos + i sin )
est applée l’expression trigonométrique de z.
p 2 2
Exemple : Le complexe z = 1+i 3 a pour expression trigonométrique z = 2 cos 3 + i sin 3 .
On retiendra :
z 2 R f0g si et seulement si arg (z) 0 [ ] ;
z 2 ]0; +1[ si et seulement si arg (z) 0 [2 ] ;
z 2 ] 1; 0[ si et seulement si arg (z) [2 ] ;
z 2 iR f0g si et seulement si arg (z) 2 [ ]:

Exercices :
1. Soit z un complexe non nul de module r et d’argument ;déterminer le module et l’argument
des complexes, z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 ; z 2 .
2. Soit M le point d’a¢ xe z = rei construire les points M d’a¢ xe z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 ; z 2 .
3. Déterminer le module et l’argument de
q q
p p
z = 2+ 2+i 2 2
(On pourra calculer z 2 ).
4. Résoudre l’équation
jz + 1j = jzj + 1
5. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que
z + z = jzj

3.2.1 Di¤érence de deux complexes


Si l’on note M et M 0 les images de z et z 0 (z 6= z 0 ) dans le plan complexe rapporté au
repère orthonormé (O; ! u;!v ) et M 00 l’image de z 00 = z z 0 , on a
! ! ! !
OM 00 = OM OM 0 = M 0 M

M ' (z ' ) u

arg(z − z ' )

M (z )
v arg(z ' )

arg(z )

O u

et par dé…nition de la di¤érence de deux complexes (voir plus haut) pour z 6= z 0

! !
jz z 0 j = M 0 M et arg (z z0) u ; M 0 M [2 ]

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 10

3.2.2 Produit de deux complexes


Soit z et z 0 deux complexes et z 00 = zz 0 alors
– pour z = 0 ou z 0 = 0 et dans ce cas jzz 0 j = jzj jz 0 j
– pour z 6= 0 et z 0 6= 0 on peut écrire ces deux complexes sous la forme trigonométrique et
z = r (cos + i sin ) et z 0 = r0 cos 0 + i sin 0 . On a alors
0 0 0 0
zz 0 = rr0 cos cos sin sin + i cos sin + sin cos
0 0
= rr0 cos + + i sin + .
On en déduit :

Proposition : Soit z et z 0 deux complexes non nuls et z 00 = zz 0 alors


jzz 0 j = jzj jz 0 j et arg (zz 0 ) arg (z) + arg (z 0 ) [2 ]

Par récurrence, on montre que pour tout entier n,

Proposition : Soit z un complexe non nul et n 2 N


n
jz n j = jzj et arg (z n ) n arg (z)

2017
Exercice : Ecrire le complexe 1 i sous la forme trigonométrique. En déduire (1 i) .

On peut retrouver facilement que la transformation du plan complexe r : M (z) 7!


M 0 (iz) est une rotation d’angle =2 et de centre O.
– D’une part, jizj = jij jzj = jzj ce qui se traduit par
OM = OM 0
– D’autre part, arg (iz) arg (i)+arg (z) [2 ] et donc arg (iz) arg (z) arg (i) [2 ] =2 [2 ],
! !0 ! ! ! ! ! !
ce qui se traduit par arg (iz) arg (z) u ; OM u ; OM = OM ; u + u ; OM 0 =
! !
OM ; OM 0 et donc
! !
OM ; OM 0 [2 ]
2

3.2.3 Inverse et quotient de deux complexes


Soit z et z 0 6= 0 deux comlexes. Par dé…nition, zz0 z 0 = z et z
z0 z 0 = jzj et comme
z
z0 z 0 = zz0 jz 0 j = jzj on a :
z jzj
= 0
z0 jz j
z z
D’autre part, arg z0 z0 arg z0 + arg (z 0 ) [2 ] on en déduit :
z
arg arg z arg z 0 [2 ]
z0
Proposition : Soit z et z 0 deux complexes non nuls alors
z jzj z
= 0 et arg 0 arg z arg z 0 [2 ]
z0 jz j z
En particulier,

Proposition : Soit z un complexe non nuls alors


1 1 1
= et arg arg z [2 ]
z jzj z

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 11

3.2.4 Interprétation géométrique


Soit A; B et C trois points distincts du plan complexe, d’a¢ xes respectives zA ; zB et
! !
zC alors zC zB et zC zA sont les a¢ xes respectives de BC et AC; on en déduira :

zC zB BC
=
zC zA AC

zC zB
et arg zC zA arg (zC zB ) arg (zC zA ) [2 ], d’où

zC zB ! !
arg AC; BC [2 ]
zC zA

Conséquences
zC zB
– On a BC = AC si et seulement si zC zA = 1.
zC zB
– Les points A; B; C sont alignés si et seulement si zC zA est un réel:
zC zB zC zB
– On a (AC) ? (BC) si et seulement si zC zA est un imaginaire pure (i.e.) Re zC zA = 0.
Exercices :
zC zB
1. Trouver une condition nécéssaire et su¢ sante sur le complexe zC zA pour que le triangle
ABC soit équilatéral, rectangle en C.
2. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe z; z 2 ; z 3 forment un
triangle rectangle.

3. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe j; z; jz soient alignés.

3.3 Notation exponentielle


Si l’on note f ( ) = cos + i sin , nous avons montré que f ( ) f 0 = f + 0
et
si l’on prolonge la dérivation à des fonctions à valeurs complexes on a :

f0 ( ) = sin + i cos = if ( )

ce qui suggère qu’une solution de l’équation di¤érentielle :

f 0 ( ) = if ( )

soit
f ( ) = Cei
étant donné f (0) = 1 on en déduit f ( ) = ei :

Dé…nition : Pour tout réel , on pose : cos + i sin = ei et pour tout complexe non
nul, il existe un réel r strictement positif et un réel tel que

z = rei

où r = jzj et arg (z) [2 ]. C’est ce qu’on appelle la forme exponentielle du


complexe z.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 12

p 1
p
3
p
Par exemple : 1 + i 3 = 2 2 +i 2 = 2ei =3
ou 1 i= 2e i =4
.
Cette notation est extrêmement
p pratique
p dans les calculs: p
i =3
Par exemple, 1 + i 3 (1 i) = 2 2e e i =4 = 2 2ei =12 , et comme d’autre
p p p
part, le calcul algébrique 1 + i 3 (1 i) = 1 + 3 + i 3 1 on en déduit :
p p
1+ 3 3 1
p +i p = ei =12
2 2 2 2
et p p
1+ 3 3 1
cos = p et sin = p
12 2 2 12 2 2
Pour conclusion, le lecteur méditera sur cette formule
1 + ei = 0
”Dieu est grand” ceci n’engage que l’auteur.

Proposition :
0
8 ; 0 2 R ei = ei () 0
[2 ]
8 2 R, ei = 1 et e1 = e i
= ei

3.3.1 Formule de Moivre


Formule de Moivre :
n n
8n 2 Z, 8 2 R, ei = ein () (cos + i sin ) = cos n + i sin n
Exemple : Exprimer cos 3 en fonction de cos

1 i3 1 3 3
cos 3 = e + e i3 = (cos + i sin ) + (cos i sin )
2 2
2 cos3 6 cos sin2
= = 4 cos3 3 cos
2
Attention cette formule n’est valable que pour n entier sinon
1=2 p
1 = ei = ei2 = 1=1

3.3.2 Linéarisation des fonctions trigonométriques


Proposition : Pour tout 2 R et pour tout entier n
n n
n ei + e i
n ei e i
(cos ) = et (sin ) = n
2n (2i)
Exemple :
3
3 ei + e i ei3 + 3ei + 3e i + e i3
cos = =
8 8
2 cos 3 + 6 cos 1
= = (cos 3 + 3 cos )
8 4
Exercices :
1. Calculer module et argument de 1 + ei ; ei 1 + ei .
2. Montrer
n
Y1 n 1 Pn 1
(a) e2ik n = ( 1) (b) k=0 1 e2ik n = 2 cot 2n
k=0
R
3. Linéariser sin4 x et en déduire sin4 x dx

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 13

4 Racines n nieme d’un nombre complexe


4.1 Détermination des racines n iemes de l’unité
Théorème - dé…nition : Soit n 2 N, on appelle racine n ieme de l’unité tout
nombre complexe z tel que
zn = 1
Les n complexes zk
2k
zk = ei n où k 2 f0; 1; ;n 1g
sont les racines n ieme de l’unité.

Exemple : Les racines troisièmes de 1 sont tous les complexes véri…ant z 3 = 1 = ei0 ,
3
donc jzj = 1 et donc z = ei
jzj = 1
3 0 [2 ]
d’où 3 = 2p et = 2p =3 où p parcourt Z donc trois solutions

2 4
2 0 + 2k ; + 2k ; + 2k
3 3
p p
qui sont 1 = ei0 ; j = e2i =3
et j 2 = e4i =3
où j = 1=2 + i 3=2 et j 2 = 1=2 i 3=2:

Exercice : Résoudre
3 3
z+1 z 1
=0
z 1 z+1
2k
Théorème : Soit n 2 N, pour tout k 2 f0; 1; ;n 1g zk = ei n alors
n
X1 2k
ei n =0
k=0

Théorème - dé…nition : Soit z 2 C et n 2 N, on appelle racine n ieme de z tout


nombre complexe tel que
n
=z
les n complexes k
p 2k
k = n
jzjei n où k 2 f0; 1; ;n 1g

Si on note Mk les points d’a¢ xes k avec k 2 f0; 1; ;n 1g :

Proposition : Les n points


p Mk sont les sommets d’un polygone régulier centré en O
(l’origine) et de rayon n r.

On véri…era que pour tout k 2 f0; 1; ; n 1g


p p
j k j = n z () OMk = n z () Mk 2 C(O; p
n z
)

et que tout k 2 f1; ;n 1g

Mk 1 Mk = k 1 k =j 0 1j

Les racines d’un complexe

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 14

2
Soit z = a + ib et = x + iy alors = z est équivalent au système

x2 y 2 = a
2xy = b
2
Exemple : Résoudre = 1 + i alors

x2 y 2 = 1
2xy = 1

d’où x2 ; y 2 sont solutions


1
X2 X
=0
4
et ( p )
1 2
S=
2
p p
On en déduit x2 = 1+2 2 et y 2 = 1 2 2 et comme xy > 0 alors
80s 1 0 s 19
< p sp p sp
1+ 2 2 1A @ 1+ 2 2 1 A=
(x; y) 2 @ ; ; ;
: 2 2 2 2 ;

En conclusion 8 0s sp 19
< p =
@ 1 + 2 2 1 A
2 +i
: 2 2 ;

2 2
p
Remarque : Résoudre = 1 + i est équivalent à résoudre = 2ei =4
d’où
p
2ei( 8 +k )
4
k =

ou
p p p p ! p p p p !
p
4 2+ 2 2 2 p
4 2+ 2 2 2
0 = 2 +i , 1 = 2 +i
2 2 2 2

et on en déduit les valeurs de


p p p p
2+ 2 2 2
cos = , sin =
8 2 8 2
Exercice : Déterminer les racines carrées complexes de 5 12i:

4.2 Résolution d’une équation du second degré à coe¢ cients dans C


Théorème : Soit a; b; c 2 C, avec a 6= 0, on considère l’équation :

az 2 + bz + c = 0
Les solutions de cette équation sont :
b
z1;2 =
2a
2
où est une racine carrée de = b2 4ac

Exercices

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 15

1. Résoudre l’équation
z3 (1 + 2i) z 2 + 3 (1 + i) z 10 (1 + i) = 0
(On utilisera l’existence d’une solution imaginaire pure).
Quelle est la nature du triangle dont les sommets sont les a¢ xes des solutions de l’équation
précédente.
2. Résoudre les équations suivantes pour n 2 N :
n n n n
(a) z n + 1 = 0 ; (b) (z + 1) = (z 1) ; (c) (z + i) = (z i) :
Rép. (a) ei(2k+1) n ; k 2 f0; 1; ; n 1g ; (b) i cot kn ; k 2 f1; ;n 1g ; (c) cot k
n ; k 2 f1; ;n
3. Résoudre dans C, les équations :
(a) z 2 2izp 1 + 2i = 0 (b) z 4 (5 14i) z 2 2 (12 + 5i) = 0
(c) z 3 = 4 2 (1 + i)

4. Montrer que pour tout z 2 Cn fig tel que jzj = 1 alors


z+i
2 iR
z i
5. Simpli…er :
j j+1
(a) j (1 + j) (b) j 2 +1 (c) j 1

6. Calculer pour 2 ]0; [ et n 2 N


n
X n
X
Cn = cos k et Sn = sin k
k=0 k=0

7. Soit ! = e2i 5 :
(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 = 0:
(b) On pose alors Z = ! + !1
i. Montrer que l’on a Z 2 + Z 1 = 0:
ii. En déduire les valeurs de cos 25 , cos 4
5 :
2i 7
8. Soit Soit ! = e :
(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 + ! 5 + ! 6 = 0:
(b) On pose alors A = ! + ! 2 + ! 4 et B = ! 3 + ! 5 + ! 6
i. Montrer que l’on a AB = 2:
ii. En déduire les valeurs de A, B.

5 Corrigé des exercices


1. Résoudre
x3 6x + 9 = 0
p p
Rép. S = 21 i 3 + 32 ; 32 12 i 3; 3
2. Résoudre dans
p R, l’équation
p x3 6x + 4 = 0,
Rép. S = 3 1; 3 1; 2 .
3. La formule de Cardan appliquée à l’équation
x3 + x 2=0
donne s s
r r
3 1 112 3 1 112
x= 1+ + 1
2 27 2 27
Que faut-il en penser ?
Rép. x = 1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 16

2 2 2 2
4. Calculer (1 + i) ; (1 i) . Rép. (1 + i) = 2i et (1 i) = 2i
n n
5. Calculer i où n est un entier naturel. Rép. i = 1 si n 0 [4], in = i si n 1 [4], in = 1
si n 2 [4], in = i si n 3 [4].
p
1 3
6. On pose j = 2 +i 2
p
1 3
(a) Calculer j 2 . Rép. j 2 = 2 i 2
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 : Rép. 1; 1; j 2
7. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i, Rép.1 i.
8. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).
1
9. Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que z = z où z = a+ib.
Rép. a2 + b2 = 1
10. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
Rép. zz = 1
11. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i:
1 i
Rép. (a) 1 + i ; (b) 2i ; (c) 2 ; (d) 2 2 ; (e) i
12. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme
p algébrique
p de z 2 ?
2
Rép. z = 2 2 + 2 2i
2015 2015
1+i 1+i
13. Calculer 1 i :Rép. 1 i = i
14. Soit z le complexe de module r et d’argument , déterminer les modules et arguments des
complexes, z, z, iz et iz.
Rép. (r; ) ; (r; + ) ; (r; + =2) ; (r; + =2)
15. Soit z un complexe non nul de module r et d’argument ;déterminer le module et l’argument
des complexes, z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 . Rép. (r; + ) ; (r; ) ; (r; + =2) ; (r; + =2) ; 1
r; ; 1
r; :
16. Déterminer le module et l’argument de
q q
p p
z = 2+ 2+i 2 2

(On pourra calculer z 2 ).


Rép. z 2 = 4ei =4 et z = 2ei =8

17. Résoudre l’équation


jz + 1j = jzj + 1
Rép. S = [0; +1[
18. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que

z + z = jzj
p p
Rép. S = x; x 3 x 0 [ x; x 3 x 0
2015 p
19. Ecrire le complexe 1 i sous la forme trigonométrique. En déduire (1 i) : Rép. 21007 2ei =4

zC zB
20. Trouver une condition nécéssaire et su¢ sante sur le complexe zC zA pour que le triangle
ABC soit équilatéral, rectangle en C.
Rép. ABC équilatéral () zzCC zzB A
= e i =3 et ABC rectangle () zC zB
zC zA 2 iR

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 17

21. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe z; z 2 ; z 3 forment un
triangle rectangle.
3
Rép : La condition revient (a) zz2 zz = z + 1 2 iR (i.e) la droite D d’équation x = 1ou (b)
z z2 1 2 3

z3 z2 = z 2 iR et z 6= 0 (i.e) yy 0 fOg ou (c) zz zz3 = z+1 z


2 iR et z 6= 1 et z 6= 0 (i.e.)
C(( 1=2;0);1=2) fO; ( 1; 0)g
22. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe j; z; jz soient alignés.
Rép : La condition se ramène à jj jz z
2 R (i.e) C((1=2;p3=2);1)
23. Calculer module et argument de pour tout 2[ ; ] 1 + ei ; ei 1 + ei .
Rép. 1 + ei = 2 cos =2 ei =2
24. Montrer
n
Y1 n 1 Pn 1
(a) e2ik n = ( 1) (b) k=0 1 e2ik n = 2 cot 2n :
k=0
n
Y1 Pn 1
e2ik n = e2i( k) n n 1
Rép. k=0 = ( 1) (b)
k=0

n
X1 n
X1 ik ik
1 e2ik n = e n e n eik n
k=0 k=0
n
X1 k
= 2 sin
n
k=0
n
X1
= 2 Im eik n
k=0
2
= 2 Im = 2 cot
ei n 1 2n
R
25. Linéariser
R sin4 x et en déduire sin4 x dx:
Rép. sin4 x dx = 32 1
sin 4x 14 sin 2x + 38 x + k
26. Déterminer les racines carrées complexes de 5 12i:
Rép. (3 2i)
27. Résoudre l’équation
z3 (1 + 2i) z 2 + 3 (1 + i) z 10 (1 + i) = 0
(On utilisera l’existence d’une solution imaginaire pure).
Quelle est la nature du triangle dont les sommets sont les a¢ xes des solutions de l’équation
précédente.
Rép. S = f2 + i; 2i; 1 + 3ig
28. Résoudre les équations suivantes pour n 2 N :
n n n n
(a) z n + 1 = 0 ; (b) (z + 1) = (z 1) ; (c) (z + i) = (z i) :
Rép. (a) ei(2k+1) n ; k 2 f0; 1; ; n 1g ; (b) i cot kn ; k 2 f1; ;n 1g ; (c) cot k
n ; k 2 f1; ;n
29. Résoudre dans C, les équations :
(a) z 2 2izp 1 + 2i = 0 (b) z 4 (5 14i) z 2 2 (12 + 5i) = 0
(c) z 3 = 4 2 (1 + i)

Rép. (a) S = f 1 + 2i; 1g (b) S = f3 2i; 3 + 2i; 1 + i; 1 ig (c) S = 2ei =12


; 2ei3 =4
; 2ei17 =12

30. Montrer que pour tout z 2 Cn fig tel que jzj = 1 alors
z+i
2 iR
z i
z+i
Rép. Re z i =0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LE NOMBRES COMPLEXES 18

31. Calculer pour 2 ]0; 2 [ et n 2 N


n
X n
X
Cn = cos k et Sn = sin k
k=0 k=0

cos n =2 sin(n+1) =2 sin n =2 sin(n+1) =2


Rép. Cn = sin =2 et Sn = sin =2

32. Soit ! = e2i 5 :


(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 = 0:
1
(b) On pose alors Z = ! + !

i. Montrer que l’on a Z 2 + Z 1 = 0:


ii. En déduire les valeurs de cos 25 , cos 4
5 p:
p
Rép. cos 25 = 14 5 14 ; cos 45 = 1
4 5
1
4

33. Soit Soit ! = e2i 7 :


(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 + ! 5 + ! 6 = 0:
(b) On pose alors A = ! + ! 2 + ! 4 et B = ! 3 + ! 5 + ! 6
i. Montrer que l’on a AB = 2:
ii. En déduire les valeurs
p
de A, B. p
Rép. A = 21 + i 27 , B = 21 i 27

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Théorie des ensembles

Georg Ferdinand Ludwig Philipp Cantor 1845-1918

Table des matières


1 Les objets 3
1.1 Théorie naïve des ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Ensemble des parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Relations binaires 6
2.1 Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Relations d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.4 Relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

3 Relations fonctionnelles 13
3.1 Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2 Image et image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.5 Bijections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

4 Ensembles …nis et in…nis 18


4.1 Ensembles équipotents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.2 Cardinal d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.3 Ensembles in…nis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

5 Approche axiomatique de la théorie des ensembles 22


5.1 L’axiome de l’extensionnalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.2 L’axiome de la compréhension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.3 Axiome de l’existence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Georg Ferdinand Ludwig Philipp Cantor (3 mars 1845, Saint-Pétersbourg – 6 janvier 1918, Halle) est un ma-
thématicien allemand, connu pour être le créateur de la théorie des ensembles. Il établit l’importance de la bijection
entre les ensembles, dé…nit les ensembles in…nis et les ensembles bien ordonnés. Il prouva également que les nombres
réels sont « plus nombreux » que les entiers naturels. En fait, le théorème de Cantor implique l’existence d’une «
in…nité d’in…nis » . Il dé…nit les nombres cardinaux, les nombres ordinaux et leur arithmétique. Le travail de Cantor
est d’un grand intérêt philosophique (ce dont il était parfaitement conscient) et a donné lieu à maintes interpréta-
tions et à maints débats. Dans le but de contrer les détracteurs de Cantor, David Hilbert a a¢ rmé : « Nul ne doit
nous exclure du Paradis que Cantor a créé » .

1
THÉORIE DES ENSEMBLES 2

5.4 Axiome de la réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23


5.5 Axiome de l’ensemble des parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.6 Axiome de récursivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

6 Corrigés des exercices 24

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 3

1 Les objets
1.1 Théorie naïve des ensembles

En 1895, Georg Cantor donnait la dé…nition suivante d’un ensemble

Dé…nition : On appelle ensemble toute collection d’objets appelés éléments de cet


ensemble. Pour signi…er qu’un élément x appartient à un ensemble E, on écrit x 2 E,
sinon, on écrit x 2
= E.

Dé…nition : Deux ensembles E et F sont dits égaux s’ils sont constitués des mêmes
éléments (i.e.)
8x (x 2 E =) x 2 F ) et (x 2 F =) x 2 E)
On note alors E = F .

Exemples : fa; bg = fb; ag = fa; b; a; ag :

Dé…nition : On appelle ensemble vide l’ensemble constitué d’aucun élément, on le


note ;

Par exemple ; = fx 2 E x 6= xg

Remarque : La notation f;g ne désigne par l’ensemble vide mais un ensemble constitué
d’un élément qui est l’ensemble vide de même x est bien distinct de fxg et x 2 fxg.

Dé…nition : Un ensemble F est dit inclus dans E si tous les éléments de F sont aussi
éléments de E. On note alors F E

8x (x 2 F =) x 2 E)

Exemple : fa; cg fa; b; cg et pour tout ensemble E; ; E:

Proposition : E = F () E F et F E:

A partir de deux ensembles on construit d’autres ensembles.

Dé…nition : Étant donnés deux ensembles E et F , on appelle intersection de E et


F l’ensemble E \ F formés des éléments communs à E et F

E \ F = f(x 2 E) ^ ( x 2 F )g

Dé…nition : Étant donnés deux ensembles E et F , on appelle union de E et F


l’ensemble E [ F formés des éléments de l’un et de l’autre ensemble.

E [ F = f(x 2 E) _ ( x 2 F )g

Exercices :
1. Soit E = fa; b; cg un ensemble. Peut-on écrire :

(a) a 2 E (b) a E (c) fag E


(d) ; 2 E (e) ; E (f) f;g E

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 4

2. Un ensemble est dit décrit en compréhension lorsqu’il réunit les éléments d’un ensemble
véri…ant une propriété. Un ensemble est dit décrit en extension lorsqu’on cite ses éléments.
Par exemple, fn 2 Z 9k 2 Z n = 2kg et f2k k 2 Zg est une descriptions respectivement en
compréhension et en extension de l’ensemble des entiers pairs.
(a) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 3; 5; 7; :::g.
(b) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 10; 100; 1000; :::g.
(c) Décrire en extension l’ensemble des nombres rationnels.
(d) Décrire en compréhension l’ensemble ]0; 1].
(e) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble des valeurs prises par une fonction
f : R ! R.
(f) Décrire en compréhension l’ensemble des antécédents d’un réel y par une fonction f :
R ! R.

1.2 Ensemble des parties


Soit E un ensemble non vide.

Dé…nition : On appelle partie (ou sous-ensemble) de E, tout ensemble F dont les


éléments sont tous des éléments de E; c’est-à-dire tout ensemble inclus dans F .

Exemple : Les ensembles ; et E sont des parties de E.

Dé…nition : On appelle ensemble des parties de E l’ensemble, noté P(E), l’en-


semble formé des sous-ensembles de E.

Exemple : Si E = fa; b; cg alors P(E) = f;; fag; fbg; fcg; fa; bg; fb; cg; fc; ag; fa; b; cgg:

Exercice : Décrire P (;) ; P (P (;)) :

1.2.1 Opérations dans P (E)


Soit A; B et C trois parties de E un ensemble non vide

Dé…nitions :
On appelle union de A et B l’ensemble noté

A [ B = fx 2 E (x 2 A) ou (x 2 B)g

On appelle intersection de A et B l’ensemble noté

A \ B = fx 2 E (x 2 A) et (x 2 B)g

On a toujours A A [ B, B A [ B, A \ B A, A \ B B.

Propositions : Pour tout A; B et C 2 P (E)

A 2 P (E) () A E
A [ A = A et A \ A = A
A [ ; = A et A \ ; = ;
A [ B = B [ A et A \ B = B \ A
A [ (B [ C) = (A [ B) [ C
A \ (B \ C) = (A \ B) \ C
A [ (B \ C) = (A [ B) \ (A [ C)
A \ (B [ C) = (A \ B) [ (A \ C)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 5

Dé…nition : On appelle complémentaire d’une partie A de E l’ensemble noté CE A


( A s’il n’y a pas d’ambiguité sur le référentiel E) formé des éléments de E qui ne sont
pas dans A, ainsi
A = fx 2 E (x 2 = A)g

Remarque : A \ A = ;; A et A sont disjointes dans E et A = A:

Proposition (Les lois de Morgan) : Pour tout A; B 2 P (E)


A[B = A\B
A\B = A[B

Dé…nition : On appelle ensemble A privé de B l’ensemble noté AnB (ou A B)


constitué des éléments de E qui sont dans A sans être dans B, ainsi :

AnB = fx 2 E (x 2 A) et (x 2
= B)g

Remarque : L’ensemble AnB = A \ CE B. Le complémentaire de A dans E n’est autre


que EnA et

Proposition : Pour tout A; B 2 P (E)


AnB = A \ B

Exercices : Montrer, pour tout A; B; C 2 P (E) ; les égalités suivantes :

(a) AnB = A \ B (b) AnB = An (A \ B) (c) A [ B = A [ (BnA)


(d) A [ B = A [ (Bn (A \ B)) (e) An (B \ C) = (AnB) [ (AnC)

Dé…nition : Pour tout A; B 2 P (E) : On appelle di¤ érence symétrique de A et B


l’ensemble noté A B déterminé par :

A B = (AnB) [ (BnA)
Proposition : Pour tout A; B 2 P (E)
A B = (A [ B)n(A \ B)

Exercices : Montrer, pour tout A; B; C 2 P (E) ; les relations suivantes :

(a) A A = ; (b) A ; = A (c) A E = A


(d) A B = B A (e) (A B) C = A (B C)

1.3 Produit cartésien


Dé…nition : Soit a 2 E et b 2 F , on forme un nouvel élément appelé couple (a; b)
dé…ni de sorte que :

(a; b) = (a0 ; b0 ) , a = a0 et b = b0
Remarque : Lorsque a 6= b; (a; b) 6= (b; a).

Dé…nition : On appelle produit cartésien de E par F; l’ensemble formé des couples


(a; b) avec a dans E et b dans F . On le note E F .

Exemple : Pour E = fa; b; cg et F = f1; 2g alors E F = f(a; 1); (a; 2); (b; 1); (b; 2); (c; 1); (c; 2)g

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 6

Remarque : Lorsque E et F sont des ensembles distincts non vides : E F 6= F E.


Si E = F , il est usuel de noter E 2 au lieu de E E.

Exemple : L’ensemble R2 = f(x; y) x 2 R; y 2 Rg est usuellement visualisé comme un


plan.

Dé…nition : Soit pour tout i 2 f1; ; ng (avec n 2 N ) ai 2 Ei , on forme le n uplet


(a1 ; ; an ) dé…ni de sorte que :

(a1 ; ; an ) = (a01 ; ; a0n ) , 8i 2 f1; : : : ; ng; ai = a0i

Dé…nition : On appelle produit cartésien des ensembles E1 ; ; En (avec n 2 N )


l’ensemble formé des n uplets (a1 ; ; an ) avec pour tout i 2 f1; 2; : : : ; ng, ai 2 Ei .
n
Y
On le note E1 En ou encore Ei :
i=1

Exercices :
1. Montrer que l’ensemble D = (x; y) 2 R2 x2 + y 2 1 ne peut pas s’écrire comme produit
cartésien de deux parties de R.
2. Soit A = f1; 2; 3g ; B = f1; 5g ; C = f2; 10g. Expliciter les produits cartésiens A B; B
A; C B; (A \ C) B; (A B) \ (C B)
3. Montrer en donnant un contre-exemple que (A B)[(C D) n’est en général pas un produit
cartésien d’ensembles.

2 Relations binaires
2.1 Dé…nitions

Dé…nitions :
1. Soit E et F deux ensembles, on appelle graphe de E vers F toute partie de E F.
2. Soit E et F deux ensembles, une relation R de E vers F est dé…nie par la donnée d’un
graphe G E F telle que x est en relation avec y si et seulement si le couple (x; y) 2 G
et on note
xRy
3. Pour tout x 2 E et y 2 F si xRy on dit que y est une image de x par R et x est un
antécédent de y par R.

Exemples :
1. Soit la relation R de R vers R dé…nie par xRy () x = y 2 . On a 4R ( 2), le graphe de R
est G = y 2 ; y y 2 R . Le nombre 4 est en relation avec 2 ou ( 2), les images de 4 sont
2 ou ( 2). Le nombre ( 1) n’a pas d’image et plus généralement les réels négatifs n’ont pas
d’image par contre tout y réel a un seul antécédent y 2 .
n o
2
2. Soit G = (x; y) 2 f1; 2; ; 6g x + y = 9 dé…nit une relation et par exemple 3R6, 1 n’a
pas d’image et 2 n’a pas d’antécédent.

Dé…nition : Une relation R de E vers F sera dite binaire sur E si E = F .

Exemples :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 7

1. Toute fonction de R vers R est une relation binaire sur R.


2. La relation est une relation binaire sur R et ce n’est pas une fonction.
3. La relation = est également une relation binaire sur E (où E est un ensemble).
4. Pour E = N, la relation « divise » , est une relation binaire sur N, dé…nie par

8 (x; y) 2 N2 x=y () 9k 2 N y = kx

5. La relation inclusion notée est une relation binaire sur P (E) :

2.2 Propriétés
Dé…nitions : Soit R une relation binaire sur E
1. On dit que R est ré‡exive sur E
8x 2 E xRx
2. On dit que R est symétrique sur E

8x; y 2 E xRy () yRx

3. On dit que R est antisymétrique sur E

8x; y 2 E (xRy et yRx) =) x = y

4. On dit que R est transitive sur E

8x; y 2 E (xRy et yRz) =) xRz

Exemples :

Sur E l’égalité est à la fois ré‡exive, symétrique, antisymétrique et transitive.


Sur E, la relation 6= est symétrique. Elle n’est ni ré‡exive ni transitive.
Sur R, la relation est ré‡exive, antisymétrique et transitive.
Sur P (E) , la relation d’inclusion est ré‡exive, antisymétrique et transitive.
Sur Z , la relation « divise » est ré‡exive et transitive mais non antisymétrique.
Sur Z, la relation xRy () x y 2 nZ où n 2 N est ré‡exive, transitive et symétrique.
Sur R, la relation xRy () sin x = sin y dé…nit une relation ré‡exive, symétrique et
transitive.

Exercice : Véri…er que la relation 2 dé…nit une relation bianire mais n’est pas transitive
sur l’un des ensembles suivants :

E = f;; f;g ; f;; f;ggg et F = f;; f;g ; ff;ggg

2.3 Relations d’équivalence


Soit R une relation binaire sur E.

Dé…nition : On appelle relation d’équivalence toute relation binaire à la fois ré-


‡exive, symétrique et transitive.

Exemples :
Sur E l’égalité est une relation d’équivalence.
Sur E = R, xRy () sin x = sin y est une relation d’équivalence.
Sur E = N N, (a; b) R (c; d) () a b = c d est une relation d’équivalence.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 8

Sur E = Z Z , (a; b) R (c; d) () ad = bc est une relation d’équivalence.


Sur E = R, aRb () a b = 2k où k 2 Z est une relation d’équivalence.
Sur Z, la relation xRy () x y 2 nZ où n 2 N est une relation d’équivalence.

Plus généralement

Dé…nition : Soit E un ensemble et R une relation d’équivalence sur E. Pour tout


x 2 E, on appelle classe d’équivalence de x (modulo la relation R) l’ensemble de
e ou x, x
tous les y en relation avec x par R, on la note Cl (x) ou x
Cl (x) = fy 2 E xRyg

Dé…nition : Un élément de x s’appelle un représentant de la classe Cl (x).

Exemple : Sur E = R, xRy () sin x = sin y alors Cl (x) = fx + 2k k 2 Zg [


f x + 2k k 2 Zg :

Exercices :
1. Dans les exemples précédents d’écrire les classes d’équivalence.
2. Est-ce qu’une classe d’équivalence peut-être vide ?

Proposition : Soit E un ensemble et R une relation d’équivalence sur E.


8x 2 E x 2 Cl (x)
8x; y 2 E Cl (x) = Cl (y) () xRy

Exercice : Montrer que deux classes distincts sont disjointes et que


[
Cl (x) = E
x2E

Dé…nition : On appelle ensemble quotient de E par la relation d’équivalence R


l’ensemble des classes d’équivalence modulo R. On le note E=R

Exemples :
Sur E = N N, (a; b) R (c; d) () a b = c d alors E=R = Z.
Sur E = Z Z , (a; b) R (c; d) () ad = bc alors E=R = Q.

2.3.1 Congruence dans Z


Proposition : Soit n 2 N et sur E = Z la relation aRb () a b = kn où k 2 Z est
une relation d’équivalence:

Dé…nition : On dit qu’un entier a 2 Z est congru à l’entier b 2 Z modulo n s’il


existe k 2 Z tel que a b = kn, on note alors
a b [n]

Remarques :
Pour tout (a; b) 2 Z2 a b [n] () a = b + kn où k 2 Z.
Pour n = 2 Cl (0) = f2k k 2 Zg et Cl (1) = f2k + 1 k 2 Zg et on a Cl (0) [ Cl (1) = Z.

Dé…nition : L’ensemble des classes de congruence modulo n, Z=R est noté Z=nZ =
1; 2; ;n

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 9

2.3.2 Calcul dans Z=nZ


Proposition : Pour tout (a; b) 2 Z2 et pour tout n 2 N ; a a0 [n] et b b0 [n]

a + b a0 + b0 [n] () a + b = a + b
ab a0 b0 [n] () ab = a:b
8p 2 N ap a0p [n] () ap = ap

4
Exemples : On a : 15135 + 15144 35 + ( 1) [5]

Exercices :
1. Montrer que 5 divise 22n+1 + 32n+1 pour tout n 2 N.
2. Montrer que 9 divise 4n 1 + 6n pour tout n 2 N.

Critères de divisibilité :
Soit a 2 N on note cm cm 1 c2 c1 l’écriture décimale du nombre a:

Propositions :
Pm
Le nombre a est divisible par 9 si et seulement si, ci 0 [9].
Pi=1
m
Le nombre a est divisible par 3 si et seulement si, i=1 ci 0 [3].
Le nombre a est divisible par 5 si et seulement si, c1 0 [5].
Le nombre a est divisible par 2 si et seulement si, c1 0 [2].
Le nombre a est divisible par 4 si et seulement si, c2 c1 0 [4].

Exercice : Établir un critère de divisibilité par 11.

La preuve par 9
Soit a; b 2 N on note cm cm 1 c2 c1 et dp dp 1 d2 d1 les écritures décimales respec-
tivement des nombre a et b:

Proposition : Si l’on note en en 1 e2 e1 l’écriture décimale de a b alors


m
X m
X m
X
ei ci di [9]
i=1 i=1 i=1

Exemple : 123 456 = 56 088 et 6 6 = 36 0 [9] :

Exercices :
1. Montrer que 11 divise 2123 + 3121 :
2. Quel est le reste de la division euclidienne de 12344321 + 43211234 par 7 ?
3. Montrer que si n est un entier impair alors n2 1 [8]
4444
4. Soit A la somme des chi¤res de 4444 , B celle de A et en…n C celle de B. Montrer que
C = 7:
5. Montrer que
x 0 [7] et y 0 [7] () x2 + y 2 0 [7]

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 10

2.4 Relations d’ordre


Soit R une relation binaire sur E.

Dé…nition : On appelle relation d’ordre sur E toute relation binaire sur E à la fois
ré‡exive, antisymétrique et transitive. On note la relation d’ordre .

Exemples :
La relation sur R dé…nie par x y () y x 2 R+ est une relation d’ordre.
La relation < sur R dé…nie par x < y () y x 2 R + n’est pas une relation d’ordre.
L’inclusion sur P (E) est une relation d’ordre.
La relation divise sur N est une relation d’ordre.
Sur R2 (x; y) (x0 ; y 0 ) () x x0 et y y 0 est la relation d’ordre produit.
Sur R2 (x; y) (x0 ; y 0 ) () x x0 ou (x = x0 et y y 0 ) est la relation d’ordre lexico-
graphique.

Dé…nition : On appelle ensemble ordonné tout couple (E; ).

Dé…nition : On dira que l’ensemble (E; ) est totalement ordonné pour dire

8x; y 2 E x y ou y x

Remarques : L’ensemble (R; ) est totalement ordonné, par contre l’ensemble (N ; n)


n’est pas totalement ordonné 2 et 3 ne sont pas comparables par la relation divise.

2.4.1 Extrêmum d’une partie


Soit (E; 4) un ensemble ordonné et F une partie non vide de E.

Dé…nition : On dit que M 2 E est un majorant de F si tout élément de F est plus


petit que M pour :
8x 2 F x 4 M

Dé…nition : On dit que M est le plus grand élément de F si M est un majorant de


F et un élément de F et on le note :

max (F )

p
Exemple : L’intervalle [0; 1[ est majoré par 2; [0; +1[ n’est pas majoré.

Exercice : Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :

Remarques : Il n’y a pas toujours un minorant ou un majorant : si l’ensemble c’est


Z et la partie 2Z l’ensemble des entiers relatifs divisibles par 2, il n’y a ni minorant ni
majorant.
Un plus grand élément est un majorant qui appartient à F et toute partie F n’admet
pas un plus grand élément comme [0; 1[.

On laisse le lecteur donner les dé…nitions de minorant de F et de plus petit élément de


F:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 11

Proposition : Si F possède un plus grand élément (respectivement un plus petit élé-


ment) il est unique.

Dé…nition : On dit que la partie F est bornée si elle est minorée et majorée (i.e.)

9m; M 2 E 8x 2 F m 4 x 4 M

Dé…nition : On appelle borne supérieure d’une partie F non vide et majorée de E,


le plus petit des majorants de F . On la note :

M = sup F

Exemple : Soit E = f0; 1g N et 4 l’ordre léxicographique et posons F = f(0; n) n 2 Ng


F n’admet pas de plus grand élément mais admet (1; 0) comme borne supérieure. On
remarquera qu’en général la borne supérieure n’apartient pas à l’ensemble ici (1; 0) 2
= F.

Exercice : Soit E = f0; 1g Z et 4 l’ordre léxicographique et posons F = f(0; n) n 2 Zg.


Montrer que F est majorée mais n’admet pas de borne supérieure.

2.4.2 Propriété fondatrice de N

On se place dans l’ensemble totalement ordonné (N; ) :


Propriété : Toute partie non vide de N admet un plus petit élément.

Théorème : Soit E N tel que 0 2 E et pour tout n 2 N, n 2 E entraîne n + 1 2 E


alors E = N.

En e¤et, si tel n’était pas le cas alors l’ensemble NnE possèderait un plus petit élément
a. Cet élément a ne peut être nul car 0 2 E. On peut alors introduire le naturel
n = a 1. Celui-ci est nécessairement élément de E et alors a = n + 1 doit être élément
de E ce qui est absurde, ce qui légitime le raisonnement par récurrence.

Proposition : Toute partie non vide de Z majorée admet un plus grand élément.

Soit A une partie non vide majorée et M 2 Z un majorant, on note B = fM x x 2 Ag


N et B 6= ; et donc admet un plus petit élément b 2 B et pour tout x 2 A on a b M x
donc x M b. D’autre part, b 2 B alors il existe a 2 A tel que b = M a d’où
l’existence d’un a 2 A tel que pour tout x 2 A x a, a = max A.

Pour tout x 2 R on considère A = fp 2 Z p xg A est une partie non vide de Z


majorée. Soit n = max A alors
n x<n+1
Montrons qu’un tel n est unique. Soit n0 x < n0 + 1 alors n0 2 A et n0 n et d’autre
part, n0 x < n0 + 1 entraîne n < n0 + 1 d’où n 1 < n0 et donc n n0 alors n = n0 .

Proposition : Pour tout x 2 R il existe un et un seul entier n tel que n x < n + 1.


La relation
R !N
E: x7 !n
est une application que l’on appelle, fonction partie entière et que l’on note aussi

E (x) = bxc

Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 12

E(nx)
1. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E x = E (x).
2. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+1
2 = n.
3. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1
1
4. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :

2.4.3 Propriété fondatrice de R


On se place dans l’ensemble totalement ordonné (R, ) et A R et A 6= ;.
Dans R on notera que M = sup A (i.e.)

8x 2 A x M et 8" > 0 9x 2 A M " x M

Propriété : Soit A une partie de R non vide et majorée, alors l’ensemble fM 2


R 8x 2 A; x M g non vide des majorants de A; admet un plus petit élément.
Remarques : Pour introduire la borne supérieure d’une partie de R, il faut préalable-
ment justi…er que celle-ci est non vide et majorée.
La borne supérieure de A n’est pas a priori un élément de A. Cependant :

Proposition : Si A admet un plus grand élément alors sup A = max A.

Exercices :
1. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ?
2. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
3. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’éxistence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
4. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
5. Soit A et B deux parties non vides de R telles que

8 (a; b) 2 A B a b

Montrer qu’il existe sup A; inf B et sup A inf B.


6. Soit A; B deux parties majorées non vides de R, montrer que A; B; A + B (où A + B =
fx 2 R, 9 (a; b) 2 A B; x = a + bg) admettent des bornes supérieures dans R et que sup (A + B) =
sup (A) + sup (B).
7. Soit A une partie bornée non vide de R, montrer

sup jx yj = sup (A) inf (A)


(x;y)2A A

8. Pour n 2 N, on pose fn (x) = xn (1 x). Déterminer

lim sup (fn (x))


n!+1 x2[0;1]

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 13

3 Relations fonctionnelles
3.1 Fonctions
Dé…nitions :
1. Soit E et F deux ensembles et soit R une relation de E vers F . On dit que R est une
fonction si pour tout x 2 E il existe au plus un élément y de F , xRy.
2. L’ensemble E est appelé l’ensemble de départ de la relation R et F est appelé l’ensemble
d’arrivée de la relation.
3. On appelle ensemble de dé…nition de la fonction et on note Df le sous-ensemble de E
composé des éléments de E ayant une image dans F par R

Df = fx 2 E 9y 2 F xRyg

Notations :
Soit E et F deux ensembles, considérons une fonction de E vers F notée f . Si x est un
élément de E, on utilise en général la notation f (x) pour désigner son image lorsqu’elle
existe. On résume alors les informations d’une fonction de la manière suivante :

E !F
f:
x 7 ! f (x)

Remarques :
On prendra bien garde à ne pas confondre f (x) qui est un élément de F et la fonction
f.

Exemples :
1. La relation R de R vers R dé…nie par xRy () y 2 = x, n’est pas une fonction car 4 est
en relation avec deux éléments 2 et ( 2). Par contre, si on restrinct l’ensemble d’arrivée à
R+ (ou Rp ) ; alors la relation R de R vers R+ dé…nie par xRy () y 2 = x est la fonction
f : x 7 ! x. Ce n’est pas une application puisque ( 1) n’a pas d’image.
2. Soit E un ensemble et A E
8
< E ! f0; 1g
A : 1 si x 2 A
: x7 !
0 si 2
=A

C’est ce qu’on appelle la fonction caractéristique de A.

Exercice : Soit A et B deux parties non vides de E. Montrer que les fonctions
suivantes sont des fonctions caractéristiques d’un ensemble que l’on déterminera :
1 A; A: B ; A+ B A: B

Dé…nition : Deux fonctions f et g sont égales si et seulement si elles ont le même


ensemble de départ E et même ensemble d’arrivée F , même ensemble de dé…nition D,
et
8x 2 D f (x) = g(x)
Dé…nition : Si Df = E alors on dit que la fonction f est une application de E vers
F: On note A (E; F ) ou F E l’ensemble des applications de E vers F:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 14

3.2 Image et image réciproque

Soit f une application de E dans F


Dé…nitions :
1. On appelle image de f , noté Im (f ), le sous-ensemble de F formé des éléments qui possèdent
au moins un antécédent par f .

Im (f ) = fy 2 F 9x 2 E f (x) = yg

2. Si A est un sous-ensemble de E, on appelle image de A par f , noté f (A) le sous-ensemble


de F formé des images des éléments de A :

f (A) = fy 2 F 9x 2 A f (x) = yg = ff (x) x 2 Ag

Exemples :

L’image de R par la fonction exp est ]0; +1[ :


Pour toute fonction f (;) = ; et pour tout x 2 E f (fxg) = ff (x)g

Remarque : On a f (E) = Im(f ).

Dé…nition : Pour B un sous-ensemble de F , on dé…nit l’image réciproque de B


par f , notée f 1 (B), comme étant l’ensemble des antécédents des éléments de B :
1
f (B) = fx 2 E 9y 2 B f (x) = yg = fx 2 E f (x) 2 Bg

La notation « f 1 ( ) » est trompeuse, en e¤et, elle n’a rien à voir avec une éventuelle
fonction réciproque de f , et d’ailleurs, la fonction réciproque de f n’existe pas toujours,
alors qu’on peut toujours considérer les ensembles images réciproque d’une partie de
F.

Exemples :
Soit f : R ! R x 7 ! x2 f 1 (] 1; 0[) = ; et f 1 (F ) = E
L’image réciproque de [ 1; 4] par f : x 7! x2 est [ 2; 2].
Soit E une ensemble et A E alors A1 (f1g) = A et A (f0g) = A.
Soit f : C ! R z 7 ! jzj alors f 1 (f1g) = ei 2R

Exercices :
1. Soit f une application de E vers F , établir que
1
8A 2 P (E) A f (f (A))

et
1
B 2 P (F ) f f (B) B
2. Soit f : E ! F une application..
(a) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A [ B) = f (A) [ f (B) :
(b) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A \ B) f (A) \ f (B) :
1 1
(c) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f (A \ B) = f (A) \ f (B)
1 1 1
(d) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f (A [ B) = f (A) [ f (B)
3. Véri…er sur un exemple que l’égalité f (A \ B) = f (A) \ f (B) n’est pas toujours véri…ée.
Considérer f : x 7 ! sin(x) avec A = [ ; ] et B = [0; 2 ].

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 15

4. Soit A et B deux parties de E et F et f une application de E vers F , est-il vrai que :


(a) Si A est une partie …nie de E alors f (A) est une partie …nie de F .
(b) Si f (A) est une partie …nie de F alors A est une partie …nie de E.
1
(c) Si B est une partie …nie de F alors f (B) est une partie …nie de E.
1
(d) Si f (B) est une partie …nie de E alors B est une partie …nie de F ?
5. Soit une application de f : E ! F , montrer que

xRy () f (x) = f (y)

est une relation d’équivalence.

3.3 Composition
Dé…nition : Soit E; F et G trois ensembles. On considère deux fonctions f : E ! F
et g : F ! G: On dé…nit la fonction composée de f et de g, notée g f , comme
étant la fonction :
E !G
g f:
x 7 ! g (f (x))
Remarque : L’ensemble de dé…nition de la fonction g f est

Dg f = fx 2 Df f (x) 2 Dg g

où Df et Dg sont les domaines de dé…nition de f et de g.

3.4 Applications
Dé…nitions : Soit E et F deux ensembles. Soit f une application de E vers F .
1. L’application f est dite injective si tout élément de F admet au plus un antécédent, (i.e.)

8 (a; b) 2 E 2 ; f (a) = f (b) ) a = b

2. L’application f est dite surjective si tout élément de F admet au moins un antécédent, (i.e.)

8y 2 F 9x 2 E f (x) = y

Exemples :
Soit f : R+ ! R+ x 7 ! y 2 R+ y 2 = x est une application de R+ vers R+ , elle est
injective et surjective.
Soit f : f1; 2; 3g ! f1; 2; 3; 4; 5; 6g une application par exemple f (1) = 2; f (2) =
2; f (3) = 6 peut s’identi…er à trois tirages successifs avec remise dans une urne conte-
nant 6 éléments distincts, ou au jet de trois dés successivement donnant : (2; 2; 6) :
Soit l’application f : E ! F alors fe : E ! f (E) tel que 8x 2 E fe(x) = f (x) est
surjective de E sur f (E) :
Soit f : N ! N x 7 ! 2x est une application injective de N vers N.

Exercice : A quoi peut s’identi…er trois tirages successifs sans remise dans une urne
contenant 6 éléments di¤érents ?

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 16

3.5 Bijections
Dé…nition : L’application f est dite bijective si tout élément de F admet exactement
un antécédent, (i.e.) si elle est injective et surjective. Ce qui s’écrit :

8y 2 F 9x 2 E f (x) = y et 8 (x; x0 ) 2 E 2 f (x) = f (x0 ) =) x = x0

ce que l’on traduit par


8y 2 F 9!x 2 E f (x) = y

Exemples :
Soit P rapporté à une base orthonormée (0; !
u;!
v)

C !P
f:
z = a + ib 7 ! M (a; b)

et une bijection.
Soit
+
R ] ; ] !C
f:
( ; ) 7 ! ei
et une bijection.

Dé…nition : Soit E un ensemble, on appelle application identité de E, notée IdE la


fonction dé…nie sur E en posant pour x 2 E, IdE (x) = x (i.e.) :

E !E
IdE :
x7 !x

Dé…nition : Soit E et F deux ensembles. Soit f une application de E vers F . Si f est


bijective, on peut dé…nir l’application réciproque de f , notée f 1 , c’est l’application
de F vers E qui à chaque élément y 2 F associe son unique antécédent x par f , (i.e.)

1 F !E
f :
y7 !x

où x est l’unique élément de f tel que f (x) = y:

Proposition : Soit E et F deux ensembles. Soit f une application de E vers F . Si f


est bijective alors f 1 est l’unique application véri…ant la proposition suivante :
1 1
f f = IdF et f f = IdE

1
Soit f une application de E vers F . Supposons que f est bijective, alors f véri…e la
proposition, en e¤et :
1 1 1
8x 2 E f f (x) = f (f (x)) = x ) f f = IdE

de même
8y 2 F 9!x 2 E f (x) = y
et
1 1 1
f f (y) = f f (y) = f (x) = y ) f f = IdF
1
Montrons maintenant que f est l’unique application qui véri…e cette proposition. Soit
une application g telle que
1 1
8y 2 F f g (y) = y ) f (IdF (y)) = f (y)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 17

mais aussi
1
8y 2 F f g (y) = y ) f f (g (y)) = IdE (g (y)) = g (y)
et donc par dé…nition
1
f =g

Théorème : Soit f une application de E vers F . S’il existe deux applications g et h


de F vers E telles que
1
g f = IdE et f h = IdF ) f est bijective et f = g=h
Supposons que g et h existent, il faut montrer que f est bijective.
D’une part, pour tout x; y 2 E si f (x) = f (y) alors g f (x) = g f (y) et donc x = y
et f est injective.
D’autre part, pour tout y 2 F alors f h (y) = f (h (y)) = y et donc y a un antécédent
h (y) 2 E par f , et f est surjective, donc bijective. La proposition précédente entraîne
f 1 = g = h.

Exercices :
1. Soit E, F et G trois ensembles, f : E ! F et g : F ! G deux applications.
(a) Montrer que si f et g sont bijectives alors g f est bijective et
1 1 1
(g f ) =f g
Que penser de la réciproque ?
(b) Montrer que si g f est injective alors f est injective.
(c) Montrer que si g f est surjective alors g est surjective.
(d) Montrer que si g f est bijective alors f est injective et g est surjective.
1
2. Soit f : E ! I une application surjective. On pose pour tout i 2 I, Ai = f (fig) alors
montrer que les Ai sont non vides disjoints et que leur réunion égale E.

Dé…nition : On appelle permutation de E toute application bijective de E dans lui-


même. On note S (E) l’ensemble des permutations de E:

Exemple : L’application IdE est une permutation de E.

Proposition : Si f , g 2 S (E) alors f g 2 S (E).


1
Proposition : Si f 2 S (E) alors f 2 S (E).

Dé…nition : On appelle involution de E toute application f : E ! E telle que


f f = IdE

Exemple : L’application
C !C
f:
z7 !z
est une involution.
1
Proposition : Si f est une involution de E alors f 2 S (E) et f = f.

Exercice : Soit f une application de E dans E telle que


f f f =f
Montrer que si f est injective alors f est bijective.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 18

4 Ensembles …nis et in…nis


4.1 Ensembles équipotents
Dé…nition : On dit qu’un ensemble E est équipotent à un ensemble F s’il existe une
bijection de E vers F . On note alors

E F

Exemples : Les ensembles fa; b; cg et f1; 2; 3g sont équipotents.

Les ensembles N et N sont équipotents, il su¢ t de prendre ' : N ! N n 7 ! n + 1


et ' est bijective de N sur N .

Proposition : Pour tout ensemble E; F et G

E E
E F =) E F
E F et F G =) E G

4.2 Cardinal d’un ensemble


Dé…nition : Pour tout n 2 N , on note :

Nn = f1; ; ng et N0 = ;

Théorème : Soit p; n 2 N.
S’il existe une injection de Np vers Nn alors p n.
S’il existe une surjection de Np vers Nn alors p n.
S’il existe une bijection de Np vers Nn alors p = n.

Dé…nition : On dit qu’un ensemble E est …ni s’il existe n 2 N tel que E Nn . Ce
nombre entier n est unique et on le note :

card (E) = n

Remarque : Soit E un ensemble …ni. Si card (E) = 0 alors E = ;. Sinon card (E) =
n 2 N alors il existe une bijection ' de Nn ! E et pour tout i 2 f1; ; ng on peut
poser ' (i) = xi 2 E comme ' st injective alors pour tout i 6= j xi 6= xj et comme '
est surjective E = fx1 ; ; xn g. Anisi lorsque E est …ni et que card (E) = n on peut
poser E = fx1 ; ; xn g.

Exercices :
1. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une injection de E vers F alors

card E card F

2. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une surjection de E vers F alors

card E card F

Proposition : Soit A et B deux ensembles …nis disjoints (A \ B = ;) :

card (A [ B) = card (A) + card (B)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 19

Dans le cas n = 0 ou p = 0 c’est immédiat. Sinon card (A) = n et card (B) = p et on


peut poser A = fx1 ; ; xn g et B = fy1 ; ; yp g et comme A \ B = ; et l’application
' : Nn+p ! A [ B telle ' (i) = xi si i n et ' (n + j) = yj si j p est bijective ce
qui donne le résultat.

Exercice : Montrer que card (AnB) = card (A) card (A \ B) :

Proposition : Soit A et B deux ensembles …nis alors

card(A [ B) = card A + card B card(A \ B)


En e¤et on écrira A [ B = A [ (BnA) qui sont disjoints et on utilisera l’exercice
précédent.

Proposition : Si E est un ensemble …ni alors P(E) est aussi un ensemble …ni et on
a :
card P (E) = 2card E

On véri…e que la proposition est vraie pour E = ; et par récurrence, on suppose la


propostion vraie pour tout ensemble de cardinal n. Soit E un ensemble de cardinal
n + 1 et on considère

F = fA E a 2 Ag et G = fA E a2
= Ag

On a clairement P (E) = F [ G et F \ G = ;.
D’une part, G = P (En fag) et par hypothèse de récurrence card G = 2n :
D’autre part, F = fA [ fag A 2 Gg et donc card F + card G et card P (E) = 2n+1 ; et
par le principe de récurrence la proposition est établie.

Exercices :
1. Justi…er que pour tout ensemble E …ni tel que card E = n on a :
n
X n
card P (E) =
k
k=0

2. Calculer pour tout ensemble E …ni tel que card E = n


X
card (A)
A2P(E)

Proposition : Soit E un ensemble …ni tel que card E = n. Le nombre de permutations


de E est

n (n 1) 2 1 = n!
Proposition : Soit A et B deux ensembles …nis, alors A B est un ensemble …ni et

card(A B) = card A card B

En e¤et, soit A = fa1 ; a2 ; ; an g et B = fb1 ; bp g si l’on range les éléments de A B


dans un tableau rectangulaire

(a1 ; b1 ) (a1 ; b2 ) (a1 ; bp )


(a2 ; b1 ) (a2 ; b2 ) (a2 ; bp )
.. .. ..
. . .
(an ; b1 ) (an ; b2 ) (an ; bp )

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 20

on obtient card (A B) = n p.
Ceci se généralise au produit cartésien de plusieurs ensembles et
n
Y
card (A1 A2 An ) = card Ai
i=1

et en particulier si tous les Ai sont égaux


n
card (An ) = (card A)

Exemples : Dans un self-service, je peux choisir entre 5 entrées, 4 plats et 6 fromages


ou desserts. Un menu est un 3 uplet (e; p; d) où e peut prendre 5 valeurs, p 4 valeurs
et d 6 valeurs et donc il y a 4 5 6 = 120 menus possibles.

Exercice : Combien y a-t-il de codes possibles contenant d’abord 2 lettres suivies de


3 chi¤res ?

Proposition : Soit E et F deux ensembles …nis. Le nombre d’applications de E vers


F est
card E
card F E = (card F )

Une application de fx1 ; x2 ; xp g = E vers F où card E = p est telle que pour tout
i 2 f1; ; pg f (xi ) = yi 2 F et (y1 ; ; yp ) 2 F p et réciproquement quel que soit
p
(y1 ; y2 ; ; yp ) 2 F alors le graphe f(xi ; yi ) i 2 f1; 2; ; pgg dé…nit l’application
f 2 F E telle que f (xi ) = yi . Il y a donc autant d’éléments dans F E qu’il y en a dans
F P et
card E
card F E = card (F p ) = (card F )

Exercice : Soit E un ensemble …ni. Montrer que pour toute application f : E 7 !


f0; 1g, il existe A E tel que f = A . En déduire que si E est …ni alors card (P (E)) =
2card(E)

Proposition : Soit E et F deux ensembles …nis tels que card E = p et card F = n où


p n. Le nombre d’applications injectives de E vers F est

n!
n (n 1) (n p + 1) =
(n p)!

On sait que pour dé…nir une application f de E ! F; il su¢ t de choisir un élément


(y1 ; yp ) 2 F p et pour que f soit injective, il faut et il su¢ t que yi 6= yj pour tout
2
(i; j) 2 f1; ; pg et i 6= j et donc que n p. Donc il y a n façons de choisir y1 puis
n 1 façons de choisir y2 , ect ... et n p + 1 façons de choisir yp .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 21

4.3 Ensembles in…nis


Dé…nition : Un ensemble qui n’est pas …ni est in…ni.

Exemple : L’ensemble des entiers naturels N est in…ni.

Dé…nition : Un ensemble est dénombrable s’il est en bijection avec N ou une partie
de N.

Exemples :
On a vu que N est dénombrable, de même 2N = f2n n 2 Ng est dénombrable.
L’ensemble Z est dénombrable considérons
':Z !N
2n 1 si n > 0
n7 !
2n si n 0

Exercices :
2n 1 si n > 0
1. Montrer que ' : Z ! N et n 7 ! est bijective.
2n si n 0
2. Soit ' : N ! N N n 7 ! (a; b) où n = 2a (2b + 1). Montrer que ' est une bijection en
déduire que N2 est dénombrable.

Théorème (Cantor) : Soit E un ensemble. Il n’existe pas de bijection de E sur P (E).

Par l’absurde, supposons qu’il existe une bijection f de E sur P (E). Considérons

A = fx 2 E x 2
= f (x)g

La partie A E a un antécédent par f , soit x0 cette antécédent.


On a alors x0 2 A = f (x0 ) par dé…nition de A; x0 2= f (x0 ) ce qui est impossible ou
x0 2
= A = f (x0 ) ce qui par dé…nition de A conduit à x0 2 A ce qui est contradictoire,
donc f n’existe pas.

On notera que ce résultat qui vient d’être prouvé a, entre autre, pour conséquence que
l’ensemble de tous les ensembles n’est pas un ensemble. En e¤et, s’il en était un, il
devrait avoir pour éléments toutes ses propres parties (puisque ce sont des ensembles),
et son cardinal serait donc plus grand que celui de l’ensemble de ses parties ... et aussi
qu’il existe une in…nité d’in…nis ...

l’ensemble P(N) des parties de N n’est pas dénombrable. On montre d’ailleurs que R
et P(N) sont en bijection. Quant au problème de savoir s’il existe des ensembles dont
le cardinal est strictement compris entre celui de N et celui de R (ou de P(N)), c’est
une question di¢ cile qui a reçu une réponse pour le moins inattendue en 1960 grâce
au logicien Paul Cohen : celui-ci a prouvé que ce résultat est indécidable ! Plus
précisément, Cohen a prouvé que l’on n’aboutit à aucune contradiction en ajoutant ce
résultat, ou son contraire, aux axiomes de la théorie des ensembles. . .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 22

5 Approche axiomatique de la théorie des ensembles


Il est important à noter que l’approche naïve de la théorie des ensembles (basée sur la
dé…nition de Cantor ) est malheureusement contradictoire, comme Bertrand Russell
l’a démontrée. Il a considéré l’ensemble E de tous les ensembles qui ne se contiennent
pas eux-mêmes :

E = fx : x est ensemble et x 2
= xg:
Si E 2 E, alors par la dé…nition de E, E 2 = E. Mais si E 2= E, alors par la dé…nition de
E, E 2 E. On obtient donc E 2 E ^ E 2 = E ce qui est contradictoire.
On considère une collection d’objets, collection qu’on appellera l’univers, et qu’on dé-
signera par U. Nous considérons comme notions primitives, les notions d’ensemble, et
d’appartenance (relation que l’on note 2). Dans la suite, toutes les lettres désignent
des ensembles, c’est à dire qu’il n’existe pas d’individus.

5.1 L’axiome de l’extensionnalité


Axiome d’extensionnalité : Deux ensembles E et F qui sont constitués des mêmes
éléments sont égaux. On note alors E = F

8E 8F 8x (x 2 E () x 2 F ) =) E = F
Exemple : fa; bg = fb; ag = fa; a; b; a; bg.

Nous rappelons que d’aprés cet axiome, deux ensembles E et F sont égaux si et seule-
ment si E F et F E. C’est cette caracterisation de l’égalité qu’on utilise d’habitude
pour montrer que deux ensembles sont égaux.

5.2 L’axiome de la compréhension


Le deuxième axiome permet de construire des ensembles à partir d’un ensemble donné
et des propriété données. Nous continuerons à utiliser le mot “propriété” dans le
sens : il s’agit d’une proposition que nous pouvons exprimer en n’utilisant que les
relations =; 2 des symboles de quanti…cateur, des variables, des connecteurs logiques
et éventuellement des paramètres.

Axiome de compréhension : Si E est un ensemble et P (x) une propriété alors il


existe l’ensemble
fx 2 E P (x)g
Notons que cet axiome de compréhension marque une di¤érence importante par rapport
à l’approche naïf à la théorie des ensembles. Alors que la dé…nition de Cantor implique
que l’ensemble universel de tous les ensembles ce qui n’est plus la cas avec l’axiome de
compréhension.

Proposition : On suppose les axiomes 1 et 2 alors pour tout ensemble E il existe un


ensemble F tel que F 2
= E:

Soit E un ensemble quelconque. On dé…nit F = fx 2 E x 2 = xg. Supposons F 2 E alors


de deux chose l’une, si F 2
= F alors F 2 F sinon F 2 F et alors F 2 = F . Dans les deux
cas, on a F 2 F ^ F 2 = F est contradictoire donc l’hypothèse F 2 E est absurde et
F 2= E.
Par l’axiome 2, F est un ensemble et pour tout ensemble E il existe un ensemble F tel
que F 2= E et donc il n’existe pas d’ensemble contenant tous les ensembles.
Les axiomes 1 et 2 permettent de dé…nir l’intersection de deux ensembles et dire que
c’est un ensemble.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 23

Dé…nition : Soit E; F deux ensembles. On dé…nit

E \ F = fx 2 E x 2 F g

D’après l’axiome 2, l’intersection E \ F est un ensemble.

Dé…nition : Soit E; F deux ensembles. On dé…nit

EnF = fx 2 E x 2
= Fg

5.3 Axiome de l’existence

Axiome d’existence : Il existe un ensemble.


On peut alors dé…nir
; = fx 2 E x 6= xg
On appelle ; l’ensemble vide. D’après l’axiome 1, l’ensemble vide est unique et c’est le
premier ensemble concret.

5.4 Axiome de la réunion


Axiome de l’union : Si E et F sont deux ensembles, alors il existe un ensemble qui
contient tous les éléments de E et de F

8E 8F 9G ((x 2 E _ x 2 F ) =) x 2 G)

Dé…nition : Soit E et F deux ensembles et G un ensemble que contient tous les


éléments de E et F . On dé…nit

E [ F = fx 2 G x 2 E _ x 2 F g

D’après l’axiome 2, la réunion est un ensemble. La dé…nition de la réunion ne dépend


pas de l’ensemble G d’après l’axiome 1.
En plus, on a :
E[F =F [E

5.5 Axiome de l’ensemble des parties


Axiome de l’ensemble des parties : Si E est un ensemble, alors il existe un ensemble
qui contient toutes les parties de E

8E 9P 8F (F E =) F 2 P )

Dé…nition : Soit E un ensemble, et soit P un ensemble qui contient toutes les parties
de E alors on dé…nit
P (E) = fF 2 P F Eg
et on appelle P (E) l’ensemble des parties de E.

L’axiome de l’ensemble des parties nous permet de construire de nouveaux ensembles.


Par exemple

P (;) = f;g
P (f;g) = f;; f;gg
P (f;; f;gg) = f;; f;g ; ff;gg ; f;; f;ggg

On construit une in…nité d’ensembles, mais tout ces ensembles sont …nis.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 24

5.6 Axiome de récursivité


Axiome de récursivité : Il existe un ensemble récursif E avec les propritétés sui-
vantes :

(i) ; 2 E
(ii) si x 2 E alors x [ fxg 2 E

Par dé…nition, l’ensemble N est le plus petit ensemble récursif. L’ensemble N contient
exatement les éléments
;=0
f;g = ; [ f;g = 1 = f0g
f;; f;gg = f;g [ ff;gg = 1 [ f1g = 2 = f0; 1g
f;; f;gg [ ff;; f;ggg = f;; f;g ; f;; f;ggg = 2 [ f2g = 3 = f0; 1; 2g
::: 4 = 3 [ f3g = f0; 1; 2; 3g

Les nombres entiers sont donc des ensembles. Avec ce point de vue, il est naturel de
dé…nir l’ordre suivant sur N
n m () n m
On dé…nit l’addition dans N par

n+0 = n
n+1 = n [ fng

et si l’on a dé…ni n + m alors

n + (m + 1) = (n + m) + 1

On montre alors que l’addition ainsi dé…nie est une loi interne, commutative, associative
et qui admet 0 comme élément neutre.
La mutiplication
n:0 = 0
n:1 = n
et si n:m est dé…ni alors
n: (m + 1) = n:m + n
On montre que la multiplication est une loi interne, commutative, associative, distri-
butive par rapport à l’addition et qui admet 1 comme élément neutre.

6 Corrigés des exercices


1. Soit E = fa; b; cg un ensemble. Peut-on écrire :

(a) a 2 E Rép. V (b) a E Rép. F (c) fag E Rép. V


(d) ; 2 E Rép. F (e) ; E Rép. V (f) f;g E Rép. F

2. Un ensemble est dit décrit en compréhension lorsqu’il réunit les éléments d’un ensemble
véri…ant une propriété. Un ensemble est dit décrit en extension lorsqu’on cite ses éléments.
Par exemple, fn 2 Z 9k 2 Z n = 2kg et f2k k 2 Zg est une descriptions respectivement en
compréhension et en extension de l’ensemble des entiers pairs.
(a) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 3; 5; 7; :::g.Rép. fn 2 N 9k 2 N n = 2k + 1g
et f2k + 1 k 2 Ng
(b) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 10; 100; 1000; :::g. Rép. n 2 N 9k 2 N n = 10k
et 10k k 2 N
n o
(c) Décrire en extension l’ensemble des nombres rationnels. Rép. pq (p; q) 2 Z Z

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 25

(d) Décrire en compréhension l’ensemble ]0; 1]. Rép. fx 2 R 0 < x 1g


(e) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble des valeurs prises par une fonction
f : R ! R. Rép. fy 2 R 9x 2 R f (x) = yg et ff (x) x 2 Rg
(f) Décrire en compréhension l’ensemble des antécédents d’un réel y par une fonction f :
R ! R. Rép. fx 2 R 9y 2 R f (x) = yg
3. Décrire P (;) ; P (P (;)) :Rép. P (;) = f;g et P (P (;)) = f;; f;gg
4. Montrer les égalités suivantes :
(a) AnB = A \ B Rép. Par dé…nition.
(b) AnB = An (A \ B) Rép. A \ A \ B = A \ A [ B = A \ A [ A \ B = A \ B
(c) A [ B = A [ (BnA) Rép. A [ B \ A = (A [ B) \ A [ A = A [ B
(d) A [ B = A [ (Bn (A \ B)). Rép. A [ B \ A \ B = A[ B\A [ B\B =
A[ B\A =A[B
(e) An (B \ C) = (AnB) [ (AnC). Rép. A \ B \ C = A \ B [ A \ C
5. Montrer les relations suivantes :
(a) A A = ;. Rép. A A = (A [ A) \ A \ A = A \ A = ;
(b) A ; = A. Rép. A ; = (A [ ;) \ A \ ; = A \ E = A
(c) A E = A. Rép. A E = (A [ E) \ A \ E = E \ A = A
(d) A B = B A Rép. \ et [ sont commutatives
(e) (A B) C = A (B C) Rép.
6. Montrer que l’ensemble D = (x; y) 2 R2 x2 + y 2 1 ne peut pas s’écrire comme produit
cartésien de deux parties de R. Rép. En e¤et si D = A B alors (1; 0) 2 A B et (1; 0) 2 A B
d’où (1; 1) 2 A B et (1; 1) 2 = D.
7. Soit A = f1; 2; 3g ; B = f1; 5g ; C = f2; 10g. Expliciter les produits cartésiens A B; B
A; C B; (A \ C) B; (A B) \ (C B)
Rép. A B = f(1; 1) ; (1; 5) ; (2; 1) ; (2; 5) ; (3; 1) ; (3; 5)g etc...
8. Montrer en donnant un contre-exemple que (A B)[(C D) n’est en général pas un produit
cartésien d’ensembles.
Rép. f(0; 1) ; (1; 0)g = (A B) [ (C D) et f(0; 1) ; (1; 0)g = E F ) f0; 1g E et
f0; 1g F et alors (1; 1) 2 E F ??
9. Montrer que (AnB) = card (A) card (A \ B) :
Rép. On montre (AnB) [ (A \ B) = A et (AnB) \ (A \ B) = ; et donc le résultat.
10. Justi…er que pour tout ensemble E …ni tel que card E = n on a :
n
X n
card P (E) =
k
k=0
Pn n
Rép. On sait que k=0 k = 2n
11. Calculer pour tout ensemble E …ni tel que card E = n
X
card (A)
A2P(E)

P Pn n Pn n 1
Rép. A2P(E) card (A) = p=0 p p =n p=1 p 1 = n2n 1

12. Combien y a-t-il de codes possibles contenant d’abord 2 lettres suivies de 3 chi¤res ?
Rép. 262 103
13. Est-ce qu’une classe d’équivalence peut-être vide ? Rép. Non

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 26

14. Montrer que deux classes distincts sont disjointes et que


[
Cl (x) = E
x2E

Rép. Soit z 2 Cl x \ Cl y alors zRx et zRy entraîne xRy et Cl x Cl y de même Cl y Cl x


d’où Cl x = Cl y et 8x 2 E x 2 Cl x ) E [x2E Cl x.
2n+1
15. Montrer que 5 divise 22n+1 + 32n+1 pour tout n 2 N. Rép. 22n+1 ( 3) [5] d’où le
résultat.
16. Montrer que 9 divise 4n 1 + 6n pour tout n 2 N. Rép. Etudier les cas n 0 [3] ; n
1 [3] ; n 2 [3] ;
Pn i
17. Établir un critère de divisibilité par 11. Rép. xn xn 1 x1 x0 0 [11] () i=0 ( 1) xi
0 [11]
12 24
18. Montrer que 11 divise 2123 + 3121 :Rép. 210 23 + 35 3 8 + 3 0 [11]
19. Quel est le reste de la division euclidienne de 12344321 + 43211234 par 7 ? Rép.
20. Montrer que si n est un entier impair alors n2 1 [8]. Rép.
21. Soit A la somme des chi¤res de 44444444 , B celle de A et en…n C celle de B. Montrer que
C = 7:Rép. Faire des encadrements 44444444 1000010000 .
22. Montrer que
x 0 [7] et y 0 [7] () x2 + y 2 0 [7]
Rép. Les seuls restes possibles de x2 dans la division par 7 sont f0; 1; 2; 4g et donc x2 + y 2
0 [7] ) x2 et y 2 0 [7] et d’après Gauss x 0 [7] et y 0 [7] et le résultat.
23. Véri…er si la relation 2 dé…nit une relation d’ordre sur les ensembles suivants :

E = f;; f;g ; f;; f;ggg et F = f;; f;g ; ff;ggg

Rép. Vrai sur E : ; f;g f;; f;gg : Par contre, c’est faux sur F car ; 2 f;g et f;g 2 ff;gg
mais ; 2
= ff;gg :
24. Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :Rép. max (A) = 1
pas de min (A)
25. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E E(nx) n = E (x).
Rép. Soit 8x 2 Z 9k 2 f1; 2; ; n 1g et x 2 [E (x) + k=n; E (x) + (k + 1) =n[ alors nx 2
[n E (x) + k; n E (x) + k + 1[ et donc

E (nx) n E (x) + k
= = E (x) + k=n
n n
E (nx)
=) E = E (x)
n

26. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+12 = n. Rép. Si n et m ont même parité alors
n+m n+m n m+1 n m
E 2 = 2 et E 2 = 2 sinon E n+m
2 = n+m2
1
et E n m+1
2 = n m+1
2 .
27. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1. Rép. Etudier les cas x 2 [E (x) ; E (x) + 1=2[ et
x 2 [E (x) + 1=2; E (x) + 1[
28. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x1 :Rép. Voir chapitre pécédent.
29. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ? Rép.8x 2 A sup B x et donc sup B sup A et de même inf B x donc
inf B inf A.
30. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
Rép. 8x 2 A x sup (A) (i.e.) x sup (A) donc inf ( A) sup (A) et inf ( A)
sup (A) et 8" > 0 9x 2 A x sup (A) " (i.e.) x sup (A)+" donc inf ( A) = sup (A).
31. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
Rép. A est non vide et majorée etc...

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 27

32. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
Rép. sup (A) = 2 et inf (A) = 1
33. Soit A et B deux parties non vides de R telles que

8 (a; b) 2 A B a b

Montrer qu’il existe sup A; inf A et sup A inf A.


Rép. Si 8 (a; b) 2 A B alors 8a 2 A et 8b 2 B a b et donc 8a 2 A a inf (B) puis
sup (A) inf (B).
34. Soit A; B deux parties majorées non vides de R, montrer que A; B; A + B (où A + B =
fx 2 R, 9 (a; b) 2 A B; x = a + bg) admettent des bornes supérieures dans R et que sup (A + B) =
sup (A) + sup (B).
Rép. On a clairement sup (A + B) sup (A) + sup (B) et 8" > 0 9a 2 A et 9b 2 B
a sup (A) "=2 et b sup (B) "=2 alors a + b sup (A) + sup (B) " et donc
sup (A + B) = sup (A) + sup (B)
35. Soit A une partie bornée non vide de R, montrer

sup jx yj = sup (A) inf (A)


(x;y)2A A

Rép. 8 (x; y) 2 A2 jx yj sup (A) inf (A) et d’autre part 8" > 0 9x 2 A sup (A)
x sup (A) "=2 et 9y 2 A inf (A) y inf (A) + "=2 et x y sup (A) "=2
(inf (A) + "=2) () x y sup (A) inf (A) " et donc

sup (jx yj) = sup (A) inf (A)

36. Pour n 2 N, on pose fn (x) = xn (1 x). Déterminer

lim sup (fn (x))


n!+1 x2[0;1]

Rép. limn!+1 supx2[0;1] (fn (x)) = 0.


37. Soit A et B deux parties non vides de E. Montrer que les fonctions suivantes sont des fonctions
caractéristiques d’un ensemble que l’on déterminera : 1 A; A: B ; A+ B A: B .
38. Soit f une application de E vers F , établir que
1
8A 2 P (E) A f (f (A))

Rép. f 1 (f (A)) = fx 2 E 9y 2 f (A) f (x) = yg et donc pour tout x 2 A f (x) = y 2 f (A)


d’où x 2 f 1 (f (A))
B 2 P (F ) f f 1 (B) B
Rép. 8y 2 f f 1 (B) 9x 2 f 1 (B) tel que y = f (x) 2 B.
39. Soit f : E ! F une application..
(a) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A [ B) = f (A) [ f (B) :
Rép. Si y 2 f (A [ B) alors 9x 2 A [ B f (x) = y donc f (x) 2 f (A) [ f (B) et
réciproquement si f (x) 2 f (A) [ f (B) alors x 2 A [ B
(b) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A \ B) f (A) \ f (B) :
Rép. f (x) 2 f (A \ B) alors x 2 A \ B et f (x) 2 f (A) \ f (B) (il n’y a pas nécessai-
rement égalité si y 2 f (A) \ f (B) alors il se peut y = f (x) et x 2 A et y = f (x0 ) et
x0 2 B sans qu’il n’y ait un x00 2 A \ B tel que f (x00 ) = y)
(c) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f 1 (A \ B) = f 1 (A) \ f 1 (B)
Rép. 8x 2 f 1 (A \ B) 9y 2 A \ B f (x) = y ) x 2 f 1 (A) \ f 1 (B) réciproquement
8x 2 f 1 (A) \ f 1 (B) ) 9y 2 A et f (x) = y et 9y 0 2 B f (x) = y 0 mais f est une
fonction donc y = y 0 2 A \ B et x 2 f 1 (A \ B).

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 28

(d) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f 1 (A [ B) = f 1 (A) [ f 1 (B)


Rép. 8x 2 f 1 (A [ B) 9y 2 A [ B f (x) = y ) x 2 f 1 (A) [ f 1 (B) réciproquement
8x 2 f 1 (A)[f 1 (B) ) 9y 2 A et f (x) = y ou 9y 0 2 B f (x) = y 0 ) x 2 f 1 (A [ B).
40. Soit A et B deux parties de E et F et f une application de E vers F , est-il vrai que :
(a) Si A est une partie …nie de E alors f (A) est une partie …nie de F . Rép. V
(b) Si f (A) est une partie …nie de F alors A est une partie …nie de E. Rép. F
1
(c) Si B est une partie …nie de F alors f (B) est une partie …nie de E. Rép. F
1
(d) Si f (B) est une partie …nie de E alors B est une partie …nie de F . Rép. F
41. Soit une application de f : E ! F , montrer que

xRy () f (x) = f (y)

est une relation d’équivalence.


42. A quoi peut s’identi…er trois tirages successifs sans remise dans une urne contenant 6 éléments
di¤érents ?
Rép. Une application injective de f1; 2; 3g 7 ! fx1 ; x2 ; ; x6 g
43. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une injection de E vers F alors

card E card F

Rép. Si f est injective alors card f (E) = card E et comme f (E) F on a card E card F
44. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une surjection de E vers F alors

card E card F

Rép. Si f est surjective alors F f (E) et card f (E) card E d’où le résultat.
2n + 1 si n > 0
45. Montrer que ' : Z ! N et n 7 ! est bijective. Rép. ' est une applica-
2n si n 0
tion et 8n 2 N 9!p 2 N n = 2p + 1 ou n = 2p.
46. Soit ' : N ! N N n 7 ! (a; b) où n = 2a (2b + 1). Montrer que ' est une bijection en
déduire que N2 est dénombrable. Rép. Unicité de la décomposition de tout entier en facteurs
premiers ...
47. Soit E un ensemble. Montrer que pour toute application f : E 7 ! f0; 1g, il existe A E tel
que f = A . En déduire que si E est …ni alors card (P (E)) = 2card(E) . Rép. A = f 1
(f1g)
et card (P (E)) = card (A (E; f0; 1g)) = 2card(E)
48. Soit E, F et G trois ensembles, f : E ! F et g : F ! G deux applications.
(a) Montrer que si f et g sont bijectives alors g f est bijective et
1 1 1
(g f ) =f g

Que penser de la réciproque ?


Rép. On véri…e que f 1 g 1 g f = IdE et g f f 1 g 1 = IdG et donc
1 1 1
(g f ) = f g . La réciproque est fausse on peut avoir g f bijective sans que
f ou g ne le soient. Exemple g : N 7 ! N x 7 ! x 1 et f : N ! N x 7 ! x + 1 et
g f : N ! N x 7 ! x.
(b) Montrer que si g f est injective alors f est injective. Rép. Utiliser la contre-apposée
(c) Montrer que si g f est surjective alors g est surjective. Rép. 8z 2 G 9x 2 E g f (x) =
z = g (f (x)) ) 9y = f (x) 2 F g (y) = z ) g est surjective.
(d) Montrer que si g f est bijective alors f est injective et g est surjective. Rép. D’après
les deux résultats précédents.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


THÉORIE DES ENSEMBLES 29

49. Soit f : E ! I une application surjective. On pose pour tout i 2 I, Ai = f 1 (fig) alors
montrer que les Ai sont non vides disjoints et que leur réunion égale E.
Rép. L’application f est surjective alors : 8i 2 I 9xi 2 E f (xi ) = i ) xi 2 Ai ) Ai 6= ;.
Soit x 2 Ai \ Aj ) f (x) = i et f (x) = j ) i = j.La fonction f est une application de E
alors : 8x 2 E 9i 2 I f (x) = i ) x 2 Ai ) x 2 [i2I Ai ) E [i2I Ai ) E = [i2I Ai .
50. Soit f une application de E dans E telle que

f f f =f

Montrer que si f est injective alors f est bijective.


Rép. Si f est injective alors f f f est injective mais aussi : 8x 2 E f (f f ) (x) = f (x) )
(f f ) (x) = x ) 9y = f (x) 2 E f (f (x)) = f (y) = x ) f est surjective.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Structures algébriques

Évariste Galois 1811-1832

Table des matières


1 Opérations dé…nies sur un ensemble E 2

2 Groupes - Sous-groupes 3
2.1 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

3 Morphismes de groupes 5

4 Anneaux - Corps 7
4.1 Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.2 Diviseurs de zéros, Intégrité d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.3 Morphisme d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.4 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

5 Corrigés des exercices 10

Évariste Galois, né le 25 octobre 1811 à Bourg-la-Reine, mort le 31 mai 1832 à Paris2, est un mathématicien
français, qui a donné son nom à une branche des mathématiques, la théorie de Galois. Mort à la suite d’un duel à
l’âge de vingt ans, il laisse un manuscrit élaboré trois ans plus tôt, dans lequel il établit qu’une équation algébrique
est résoluble par radicaux si et seulement si le groupe de permutations de ses racines a une certaine structure.

1
LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 2

1 Opérations dé…nies sur un ensemble E


On connaît plusieurs additions (sur les nombres, les vecteurs, les suites, les fonctions,...),
ces additions se ressemblent beaucoup bien qu’opérant sur des objets très di¤érents...
Dans ce chapitre nous allons voir en quoi certaines opérations ont des propriétés com-
munes et plus généralement on va isoler les propriétés calculatoires des opérations sans
s’intéresser à la nature des objets qu’elles manipulent ; c’est ce qui rend ce chapitre
assez abstrait...

Dé…nition : Soit E un ensemble, on appelle loi de composition interne sur E


(LCI) ou opération sur E, toute application de E E vers E.

Exemples : L’addition et la multiplication usuelles des réels (respectivement des com-


plexes) sont des lois de composition interne sur R (resp. sur C).
Si E est un ensemble et F est l’ensemble des applications de E dans E, (on le note en
général A (E; E) ou E E ), alors la composition est une LCI sur F .
Considérons E = R, on dé…nit l’opération de la façon suivante :

8 (x; y) 2 R2 , x y = x 2y

Considérons E = Q, on dé…nit l’opération de la façon suivante

8 (x; y) 2 Q2 x y = x + y + xy

Dé…nitions : Soit E un ensemble et une LCI sur E. On dit que


La loi est associative si :

8 (x; y; z) 2 E 3 (x y) z = x (y z)

La loi est commutative si :

8 (x; y) 2 E 2 x y = y x

La loi admet e pour élément neutre si :

8x 2 E x e = e x = x

Un élément x 2 E admet un symétrique relativement à si :

9y 2 E x y = y x = e

Exemples :
1. L’addition et la multiplication des réels (et des complexes) sont associatives, commutatives,
possèdent un élément neutre (0 pour + et 1 pour ).
2. Tous les réels (resp. complexes) possèdent un symétrique pour la loi + : le symétrique de x
est noté x.
3. Le nombre 0 est le seul réel (resp. complexe) qui ne possède pas de symétrique pour la loi .
Le symétrique de x 6= 0 est noté 1=x:
4. La loi 8 (x; y) 2 R2 , x y = x 2y ne possède aucune de ces propriétés, par exemple,
(1 1) 1 6= 1 (1 1) : Ce qui montre qu’elle n’est pas associative.

Exercice : Soit 8 (x; y) 2 Q2 x y = x + y + xy. Montrer que la loi , est associative,


commutative et possède un élément neutre mais certains éléments de Q n’ont pas de
symétrique.

Propositions : Soit E un ensemble et la loi une LCI sur E.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 3

1. Si la loi possède un élément neutre, alors, celui-ci est unique.


2. Si la loi est associative et possède un élément neutre alors tout x 2 E qui possède un
symétrique relativement à la loi est unique.

Supposons qu’il existe e; e0 2 E éléments neutres alors

e e0 = e = e0

De même, si les éléments y; y 0 2 E sont inverses de x alors

x y = e = y 0 x ) y 0 (x y) = y 0 = (y 0 x) y = y

2 Groupes - Sous-groupes
2.1 Groupes
Soit G un ensemble et une opération sur G.

Dé…nition : On dit que (G; ) est un groupe si est associative, possède un élément
neutre et que chaque élément de G possède un symétrique par rapport à .

Dé…nition : On dit de plus que le groupe (G; ) est abélien ou commutatif si est
une LCI commutative.

Exemples :
Les ensembles R, C, Q, Z, munis de la loi additive sont des groupes abéliens.
L’ensemble N, muni de la loi + n’est pas un groupe.
Les ensembles R, C, Q, Z, munis de la loi ne sont pas des groupes.
Les ensembles R ; C ; Q ; munis de la loi sont des groupes abéliens.
L’ensemble Z muni de la loi n’est pas un groupe.
Soit S (E) l’ensemble des permutations d’un ensemble E alors (S (E) ; ) est un groupe.
Pour tout entier n 6= 0, (Z=nZ; +) est un groupe.

Propositions : Soit (G; ) un groupe.


1. L’élément neutre de est unique.
1
2. Pour chaque x 2 G, le symétrique de x est unique, on le note en général x .
2 1 1
3. Si (x; y) 2 G , alors le symétrique de x y est y x . Autrement dit :
1 1 1
(x y) =y x

4. Tout élément de G est « simpli…able » (on dit régulier ), c’est-à-dire

8 (x; y; z) 2 G3 x y = x z ) y = z et y x = z x ) y = z

Exemple : Soit S (E) l’ensemble des applications bijectives d’un ensemble E vers
lui-même, alors (S (E) ; ) est un groupe non commutatif.
Lorsque la loi considérée est notée additivement (avec un +), on utilise la notation
x pour le symétrique de x à la place de x 1 . Pour la multiplication des réels et des
complexes, le symétrique de x est noté 1=x ou x 1 .

Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 4

1. On dé…nit une loi de composition interne sur R par :

8 (x; y) 2 R2 x y = ln (ex + ey )

Quelles en sont les propriétés ? Possède-t-elle un élément neutre ? Y a-t-il des éléments régu-
liers ?
2. Soit E = [0; 1]. On dé…nit une loi sur E par :

8 (x; y) 2 E 2 x y = x + y xy

(a) Montrer que est une loi de composition interne commutative et associative.
(b) Montrer que possède un neutre.
(c) Quels sont les éléments symétrisables ? réguliers ?
3. Soit E un ensemble et f : E ! E. Montrer que f est un élément régulier de E E ; si, et
seulement si, f est bijective.
4. Soit une loi de composition interne associative sur un ensemble …ni E et x un élément
régulier de E. Montrer que E possède un neutre. (on pourra considéré 'x : E ! E y 7 ! xy
où x est régulier).
5. Sur G = ] 1; 1[ on dé…nit une loi par
x+y
8 (x; y) 2 G2 x y =
1 + xy

Montrer que (G; ) est un groupe abélien.


6. Soit (G; ) un groupe tel que
8x 2 G x2 = e
Montrer que G est commutatif.
7. Soit (G; ) un groupe à n éléments. Justi…er que sa table de composition est un carré latin
c’est à dire que tout élément de G …gure une fois et une seule dans chaque ligne et dans
chaque colonne.
8. On considère les applications de E = Rnf0; 1g dans lui-même dé…nies par :
1 x x 1 1
i (x) = x; f (x) = 1 x; g (x) = ; h (x) = ; k (x) = ; l (x) =
x x 1 x 1 x

Établir que (G; ) où G = fi; f; g; h; k; lg est un groupe et écrire sa table.


9. Soit E un ensemble. Montrer que (P (E) ; ) est un groupe commutatif.

2.2 Sous-groupes
Dé…nition : Soit (G; ) un groupe. Considérons un sous-ensemble H de G. On dit
que H est stable par si le résultat de l’opération entre deux éléments de H est un
élément de H. Autrement dit :

8 (x; y) 2 H 2 x y 2 H

Remarque. Si H est une partie stable par , alors, on peut dé…nir une LCI sur H en
considérant la restriction à H H de l’application . On utilisera le même symbole
pour désigner cette restriction.

Exemple : Si G = 2Z l’ensemble des multiples de 2 dans Z, alors (G; +) est stable


pour la loi +:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 5

Dé…nition : Soit (G; ) un groupe et H un sous-ensemble de G. On dit que H est un


sous-groupe de G si H est stable par la loi et (H; ) est un groupe (en considérant
la loi restreinte à H).

Théorème : Soit (G; ) un groupe et H une partie de G. On note e le neutre de et


pour x 2 G, on note x 1 son symétrique. Les propositions suivantes sont équivalentes :

(1) L’ensemble H est un sous-groupe de G


6 ; et 8 (x; y) 2 H x 1 y 2 H
(2) L’ensemble H =

Si H est un sous-groupe la condition (2) est évidemment véri…ée.


Réciproquement, l’ensemble H étant une partie non vide de G la loi est associative
(toutes les propriétés universelles de sont conservées sur H). D’autre part,
1
9x 2 H x x=e2H

On en déduit
1 1
8x 2 H x e=x 2H
et
1
8 (x; y) 2 H 2 x 1
y=x y2H
et donc (H; ) est un groupe et un sous-groupe de (G; ).

Exemple :
Soit n 2 N et nZ les mutiples de n dans Z alors (nZ; +) est un sous-groupe de (Z; +) :
Soit U l’ensemble des z 2 C tels que jzj = 1 est un sous-groupe de (C ; ) :

Exercices :
1. Soit S (E) l’ensemble des permutations de E et a 2 E. Montrer que

H = ff 2 S (E) f (a) = ag

est un sous groupe de (S (E) ; ).


2. Soit (G; ) un groupe et H un sous groupe de (G; ) et a 2 G
1 1
(a) Montrer que aHa = axa x 2 H est un sous-groupe de (G; ).
(b) A quelle condition aH est un sous-groupe de (G; ) ?
3. Montrer que les sous-groupes du groupe (Z; +) sont exactement les parties du type nZ, pour
n 2 N.

3 Morphismes de groupes
Dé…nition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. Considérons ' : G ! G0 une appli-
cation. On dit que ' est un morphisme de groupes si

8 (x; y) 2 G2 ' (x y) = ' (x) ' (y)

Ce sont les applications qui vont d’un groupe dans un autre groupe et qui sont compa-
tibles avec les opérations de ces groupes.

Exemples :
L’application
C !C
f:
z7 !z

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 6

est un morphisme de (C; +) sur (C; +).


L’application ln est un morphisme de (R + ; ) sur (R; +) :
L’application g : C ! R + z 7 ! jzj est un morphisme du groupe (C ; ) vers
+
(R ; ).
L’application f : Z ! Z a 7 ! na où n 2 N est un morphisme du groupe (Z; +) vers
(Z; +)

Proposition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. On note eG le neutre de la loi dans
G et eG0 celui de la loi dans G0 . Soit ' un morphisme de groupes de G vers G0 .

' (eG ) = eG0


1 1
8x 2 G; ' x = (' (x))
Dé…nition :
On appelle isomorphisme un morphisme de groupes qui est bijectif.
On appelle endomorphisme un morphisme qui va de (G; ) dans (G; ).
On appelle automorphisme un endomorphisme bijectif.

Dé…nition : On appelle image de ', noté

Im (') = f' (x) x 2 Gg

le sous-ensemble de G0 formé des images des éléments de G.

Dé…nition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. On note eG le neutre de la loi dans
G et eG0 celui de la loi dans G0 . On appelle noyau de ', noté

Ker (') = fx 2 G ' (x) = eG0 g

le sous-ensemble de G formé des antécédents du neutre de G0 .

Avec les notations ci-dessus

Propositions :
L’ensemble Im (') est un sous-groupe de (G0 ; ).
L’ensemble Ker (') est un sous-groupe de (G; ).
Le morphisme ' est surjectif si et seulement si Im (') = G0 .
Le morphisme ' est injectif si et seulement si Ker (') = feG g.

Exemple : L’application g : C ! R + z 7 ! jzj est un morphisme du groupe (C ; )


vers (R + ; ) qui est surjectif et non injectif puisque Ker (') = fz 2 C jzj = 1g =
ei 2] ; [ :

Propositions :
La composée de deux morphismes de groupes est un morphisme de groupes.
La composée de deux isomorphismes est un isomorphisme.
Si ' est un isomorphisme d’un groupe (G; ) vers un groupe (G0 ; ), alors son applica-
tion réciproque ' 1 est un isomorphisme de (G0 ; ) vers (G; ).

Exemple : L’application ln est un morphisme de (R + ; ) sur (R; +) est un isomor-


phisme. Sa réciproque, la fonction exponentielle est un isomorphisme de (R; +) vers
(R + ; )
8 (x; y) 2 R exp (x + y) = exp (x) exp (y)
Exercices :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 7

1. Soit n 2 N et f : R !R dé…nie par f (x) = xn . Montrer que f est un morphisme du groupe


(R ; ) dans lui-même. En déterminer image et noyau.
2. Soit G un groupe noté multiplicativement. Pour a 2 G, on note a l’application de G vers G
dé…nie par a (x) = axa 1 .
(a) Montrer que a est un morphisme du groupe (G; ) dans lui-même.
(b) Véri…er que 8 (a; b) 2 G2 , a b = ab .
(c) Montrer que a est bijective et déterminer son application réciproque.
(d) En déduire que T = f a a 2 Ggmuni du produit de composition est un groupe.
3. Soit (G; ) un groupe et ' un endomorphisme de G. On note H = Ker '. On rappelle que H
est un sous-groupe de G. Montrer que pour tout a 2 G
1 1
aHa = axa x2H
1
est un sous-groupe de G et que aHa H.

4 Anneaux - Corps
4.1 Anneaux
Dé…nition : Soit A un ensemble muni de deux LCI notées + et . On dit que
(A; +; ) est un anneau si
1. L’ensemble (A; +) est un groupe commutatif.
2. La loi est associative.
3. La loi possède un élément neutre dans A.
4. La loi est distributive par rapport à +, c’est-à-dire :

8 (x; y; z) 2 A3 x (y + z) = x y+x z

et
8 (x; y; z) 2 A3 (x + y) z=x z+x y

Lorsque la loi est commutative, on dit que l’anneau (A; +; ) est commutatif.

Notations : On désigne en général par 0A (ou 0) le neutre de la loi + et par 1A (ou 1)


celui de la loi .
Si x 2 A x admet un inverse pour la loi +, que l’on note x.

Dans un anneau (A; +; ), les calculs se lisent comme dans (R; +; ), c’est à dire que
la « multiplication » est prioritaire sur « l’addition » . On écrira a b + c à la place
de (a b) + c.
Dans un anneau (A; +; ), on ne sait pas s’il y a un inverse pour x par rapport à la loi
, on ne peut donc pas « simpli…er par x » dans l’équation x a = x b.

Exemples :
L’ensemble des polynômes muni de l’addition et de la multiplication (P [X] ; +; ) est
un anneau commutatif.
L’ensemble des applications de R dans R muni de l’addition et de la composition n’est
pas un anneau.
En e¤et, en général, pour des applications f; g et h, on a f (g + h) 6= f g + f h.
Prendre par exemple :

f : x 7 ! x2 ; g : x 7 ! x et h : x 7 ! x

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 8

L’ensemble des classes d’équivalence muni des lois induites (Z=nZ; +; ) est un anneau
commutatif.

Proposition : Soit (A; +; ) un anneau alors

8x 2 A x 0 = 0 x = 0 (0 est absorbant)
8 (x; y) 2 A2 x ( y) = ( x) y = (x y)

Exercices :
1. On note Z [i] = a + ib (a; b) 2 Z2 l’ensemble des entiers de Gauss.
(a) Montrer que (Z [i] ; +; ) est un anneau commutatif pour l’addition et la multiplication
des nombres complexes.
(b) Déterminer les éléments inversibles de Z [i].
2. Soit nm o
A= (m; n) 2 Z N
2n
(a) Montrer que (A; +; ) est un sous-anneau de (Q; +; ) :
(b) Quels sont les éléments inversibles.

4.2 Diviseurs de zéros, Intégrité d’un anneau


Dé…nition : Soit (A; +; ) un anneau commutatif. Considérons un élément a de A
non nul. On dit que a est un diviseur de zéro si

9b 2 A b 6= 0 a b=0

Exemples :
L’anneau (Z=6Z; +; ) admet des diviseurs de 0, en e¤et e
2 e
3=e0:
R
Considérons A = R l’ensemble des applications de R dans R muni de l’addition et de
la multiplication est un anneau et

1 si x 0
f:
0 si x < 0

est un diviseur de 0.

Dé…nition : Soit (A; +; ) un anneau. On dit que A est un anneau intègre si A est
commutatif et ne possède pas de diviseur de zéro :

8 (x; y) 2 A x y = 0 ) x = 0 ou y = 0

Exemple : L’anneau (Z; +; ) est un anneau intègre.

Exercices :
1. Montrer que (P (E) ; ; \) est un anneau commutatif. Est-il intègre ?
2. Montrer qu’un anneau (A; +; ) n’a pas de diviseurs de zéro si et seulement si tous ses
éléments non nuls sont réguliers.
3. Soit a; b deux éléments d’un anneau (A; +; ) tel que ab soit inversible et b non diviseur de
0. Montrer que a et b sont inversibles.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 9

4.3 Morphisme d’anneaux


Dé…nition : Soit (A; +; ) et (A0 ; ; ) deux anneaux. Une application ' de A vers A0
est un morphisme d’anneaux si
8 (x; y) 2 A2 ' (x + y) = ' (x) ' (y)
8 (x; y) 2 A2 ' (x y) = ' (x) ' (y)
' (1A ) = 1A0

Le vocabulaire est le même que pour les morphismes de groupes (isomorphismes, en-
domorphismes...).
Un morphisme d’anneaux est un morphisme de groupes vis-à-vis de la première loi de
chaque anneau.
La composition deux morphismes d’anneaux est un morphisme d’anneaux.

Exercices :
1. Soit ' : Z ! Z un endomorphisme d’anneaux non nul. Montrer que ' est l’identité de Z.
2. Soit ' : C ! C un endomorphisme d’anneaux tel que
8x 2 R f (x) = x
Montrer que f est l’idendité ou la conjugaison complexe.
3. On considère (A; +; ) un anneau de Boole c’est à dire un anneau non nul tel que tout
élément est idempotent pour la deuxième loi ce qui signi…e :
8x 2 A x2 = x
(a) Montrer
8 (x; y) 2 A2 xy + yx = 0
et en déduire que
8x 2 A x + x = 0
En déduire que l’anneau A est commutatif.
(b) Montrer que la relation binaire dé…nie sur A par
x y () yx = x
est une relation d’ordre.
(c) Montrer que
8 (x; y) 2 A2 xy (x + y) = 0
(d) En déduire qu’un anneau de Boole intègre ne peut avoir que deux éléments.
(e) Montrer que (P (E) ; ; \) est un anneau de Boole. Est-il intègre ?

4.4 Corps
Dé…nition : Soit (A; +; ) un anneau et a un élément de A. On dit que a est inver-
sible si a possède un symétrique pour la loi .
1
On note A l’ensemble des éléments inversibles de A.

Remarque. L’élément 0A étant absorbant, il n’est pas inversible.

Exemple : Les éléments inversibles de (Z; +; ) sont 1 et 1.

Dé…nition : On dit que (A; +; ) est un corps si (A; +; ) est un anneau commutatif
possèdant au moins deux éléments, et tous les éléments non nuls de A sont inversibles.

Exemples : (R; +; ), (C; +; ) et (Q; +; ) sont des corps, (Z; +; ) n’est pas un
corps.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 10

Exercices :
1. Soit A un anneau intègre …ni.
(a) Soit a 2 A avec a 6= 0. Montrer que ' : x 7 ! ax est une permutation de A.
(b) En déduire que tout élément non nul de (A; +; ) est inversible
(c) Si A est commutatif alors (A; +; ) est un corps.
2. Soit K un corps …ni commutatif.
(a) Calculer Y
x
x2K

(b) Soit p un nombre premier alors

(p 1)! + 1 [p]

(c) Montrer réciproquement si n n’est pas premier (n 1)! 0 [n] si n 6= 4 et (n 1)! 2 [n]
si n = 4.

5 Corrigés des exercices

1. On dé…nit une loi de composition interne sur R par :

8 (x; y) 2 R2 x y = ln (ex + ey )

Quelles en sont les propriétés ? Possède-t-elle un élément neutre ? Y a-t-il des éléments régu-
liers ?
Rép. Interne, associative, commutative, pas d’élément neutre, tous les éléments sont régu-
liers.
2. Soit E = [0; 1]. On dé…nit une loi sur E par :

8 (x; y) 2 E 2 x y = x + y xy

(a) Montrer que est une loi de composition interne commutative et associative.
Rép. 1 (x + y xy) = (1 x) (1 y) 1:
(b) Montrer que possède un neutre. Rép. e = 0:
(c) Quels sont les éléments symétrisables ? réguliers ? Rép. 0. Si y 6= 1 alors 8x; z 2 R
x y = z y ) x = z:
3. Soit E un ensemble et f : E ! E. Montrer que f est un élément régulier de E E ; si, et
seulement si, f est bijective.
Rép. Si f est bijective alors 8g; h 2 E E f g = f h ) g = h et g f = h f = g = h.
Réciproquement, supposons f un élément régulier alors 8x 2 E 8g; h 2 E E g f (x) =
h f (x) ) g (y) = h (y) 8y 2 f (E) et comme ceci doit être vrai 8g; h 2 E E alors f (E) = E.
Montrons que f est injective sachant que f est régulière. Soit x; x0 2 E tels que f (x) = f (x0 ).
Soit alors g : y 7 ! x et h : y 7 ! x0 on aura 8y 2 E f g (y) = f h (y) puisque f (x) = f (x0 )
comme f est régulière alors g = h et donc x = x0 .
4. Soit une loi de composition interne associative sur un ensemble …ni E et x un élément
régulier de E. Montrer que E possède un neutre. (on pourra considéré 'x : E ! E y 7 ! xy
où x est régulier).
Rép. x régulier ) 'x injective ) 'x bijective puisque E est …ni.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 11

5. Sur G = ] 1; 1[ on dé…nit une loi par


x+y
8 (x; y) 2 G2 x y =
1 + xy

Montrer que (G; ) est un groupe abélien. Rép. On montrera 8x; y 2 ] 1; 1[ 1 xy <
x + y < 1 + xy et 0 est élément neutre et x 1 = x.
6. Soit (G; ) un groupe tel que
8x 2 G x2 = e
Montrer que G est commutatif. Rép. 8x; y 2 E (xy) (xy) = e ) xy = yx.
7. Soit (G; ) un groupe à n éléments. Justi…er que sa table de composition est un carré latin
c’est à dire que tout élément de G …gure une fois et une seule dans chaque ligne et dans
chaque colonne. Rép. xi xj = xi xk ) xj = xk et de même xi xj = xl xj ) xi = xl .
8. On considère les applications de E = Rnf0; 1g dans lui-même dé…nies par :
1 x x 1 1
i (x) = x; f (x) = 1 x; g (x) = ; h (x) = ; k (x) = ; l (x) =
x x 1 x 1 x

Établir que (G; ) où G = fi; f; g; h; k; lg est un groupe et écrire sa table.


Rép. On montre que G S (E) et
x x 1 1
x 1 x 1=x x 1 x 1 x
x x 1 1
x x 1 x 1=x x 1 x 1 x
x 1 1 x
1 x 1 x x x 1 x 1=x x 1
1 x 1 x
1=x 1=x 1 x x x x 1 1 x
x x x 1 1
x 1 x 1 x 1 x x 1 x 1=x
x 1 x 1 x 1
x x x 1 1 x 1=x 1 x x
1 1 x x 1
1 x 1 x 1=x x 1 1 x x x

9. Soit E un ensemble. Montrer que (P (E) ; ) est un groupe commutatif.


Rép. Elément neutre ; et élément symétrique A A = ;
10. Soit S (E) l’ensemble des permutations de E et a 2 E. Montrer que

H = ff 2 S (E) f (a) = ag
1
est un sous groupe de S (E).Rép. 8f; g 2 H f g2H
11. Soit (G; ) un groupe et H un sous groupe de (G; ) et a 2 G
1 1
(a) Montrer que aHa = axa x 2 H est un sous-groupe de (G; ). Rép. Classique
(b) A quelle condition aH est un sous-groupe de (G; ) ? Rép. e 2 aH () a 2 H
12. Montrer que les sous-groupes du groupe (Z; +) sont exactement les parties du type nZ, pour
n 2 N.
Rép. Soit H un sous groupe de Z non trivial H 6= f0g et n = min (H \ N) alors nZ =H.
13. Soit n 2 N et f : R !R dé…nie par f (x) = xn . Montrer que f est un morphisme du groupe
(R ; ) dans lui-même. En déterminer image et noyau.
Rép. Si n est impair Im f = R et Ker f = f1g. Si n est pair Im f = R + et Ker f = f 1; 1g.
14. Soit G un groupe noté multiplicativement. Pour a 2 G, on note a l’application de G vers G
dé…nie par a (x) = axa 1 .
1 1
(a) Montrer que a est un morphisme du groupe (G; ) dans lui-même. Rép. axa aya =
axya 1 .
1
(b) Véri…er que 8 (a; b) 2 G2 , a b = ab . Rép. a bxb 1
a 1
= (ab) x (ab) .
1
(c) Montrer que a est bijective et déterminer son application réciproque. Rép. ( a) =
a 1.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 12

(d) En déduire que T = f a a 2 Gg muni du produit de composition est un groupe. Rép.


IdG = e
15. Soit (G; ) un groupe et ' un endomorphisme de G. On note H = Ker '. On rappelle que H
est un sous-groupe de G. Montrer que pour tout a 2 G
1 1
aHa = axa x2H
1 1
est un sous-groupe de G et que aHa H. Rép. ' axa = e.
16. Montrer que (P (E) ; ; \) est un anneau commutatif. Est-il intègre ? Rép. A \ (B C) =
(A \ B) (A \ C) et A \ A = ;.
17. On note Z [i] = a + ib (a; b) 2 Z2 l’ensemble des entiers de Gauss.
(a) Montrer que (Z [i] ; +; ) est un anneau commutatif pour l’addition et la multiplication
des nombres complexes.
Rép. Facile
(b) Déterminer les éléments inversibles de Z [i]. Rép. f1; 1; i; ig
18. Soit nm o
A= (m; n) 2 Z N
2n
(a) Montrer que (A; +; ) est un sous-anneau de (Q; +; ) :Rép. Facile
(b) Quels sont les éléments inversibles. Rép. f 2n n 2 Zg
19. Montrer qu’un anneau (A; +; ) n’a pas de diviseurs de zéro si et seulement si tous ses
éléments non nuls sont réguliers.
Rép. Si a 6= 0 régulier alors ab = 0 ) b = 0. Réciproquement a 6= 0 ab = ac ) a (b c) = 0
or A n’a pas de diviseur de zéros donc b c = 0 ) b = c et a régulier.
20. Soit a; b deux éléments d’un anneau (A; +; ) tel que ab soit inversible et b non diviseur de
0. Montrer que a et b sont inversibles. Rép. 9c 2 A (ab) c = 1 = cab = a (bc) et bcab =
b =) (bca 1) b = 0 et b non diviseur de 0 =) (bc) a = 1 d’où a inversible et facilement b
inversible.
21. Soit ' : Z ! Z un endomorphisme d’anneaux non nul. Montrer que ' est l’identité de Z.
Rép. ' (1) = 1 et ' ( 1) = 1 et 8n 2 Z ' (n) = n.
22. Soit ' : C ! C un endomorphisme d’anneau tel que

8x 2 R f (x) = x

Montrer que f est l’idendité ou la conjugaison complexe. Rép. f i2 = f ( 1) = 1 =


f 2 (i) ) f (i) = i.
23. On considère (A; +; ) un anneau de Boole1 c’est à dire un anneau non nul tel que tout
élément est idempotent pour la deuxième loi ce qui signi…e :

8x 2 A x2 = x

(a) Montrer
8 (x; y) 2 A2 xy + yx = 0
et en déduire que
8x 2 A x + x = 0
En déduire que l’anneau A est commutatif. Rép. (x + y) (x + y) = x + y ) xy + yx et
(x + x) (x + x) = x + x ) x + x = 0 ) xy = yx.
1 George Boole, né le 2 novembre 1815 à Lincoln (Royaume-Uni) et mort le 8 décembre 1864 à Ballintemple

(Irlande), est un logicien, mathématicien et philosophe britannique. Il est le créateur de la logique moderne, fondée
sur une structure algébrique et sémantique, que l’on appelle algèbre de Boole en son honneur.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 13

(b) Montrer que la relation binaire dé…nie sur A par

x y () yx = x

est une relation d’ordre.


Rép. Si x y et y x alors yx = x et xy = y or xy = yx et donc x = y.
Rép. Si x y et y z alors yx = x et zy = y ) zx = zyx = yx = x ) x z
(c) Montrer que
8 (x; y) 2 A2 xy (x + y) = 0
(d) En déduire qu’un anneau de intègre ne peut avoir que deux éléments.
Rép. Si a 6= 0 et a 6= 1 alors 1 + a 6= 0 et 1:a (1 + a) = 0:
24. Soit A un anneau intègre …ni.
(a) Soit a 2 A avec a 6= 0. Montrer que 'a : x 7 ! ax est une permutation de A. Rép.
ax = ay ) a (x y) = 0 et comme A intègre x = y et donc ' injective d’un ensemble
…ni sur lui même donc bijective.
(b) En déduire que tout élément non nul de (A; +; ) est inversible. Rép. 8a 2 G et a 6= 0
'a 1 (1) = a 1 :
(c) Si A est commutatif alors (A; +; ) est un corps.
25. Soit K un corps …ni commutatif.
(a) Calculer Y
x
x2K
Y Y Y
1 1
Rép. 8x 2 K 9x 2 K et xx = 1 d’où x = x x. On a
x2K x2K x2K
1 1
Y x6=x x=x
Y
1
= 1 et x 2 K x = x = x 2 K x2 = 1 = f1; 1g et donc x=
x2K x2K
x6=x 1

1
(b) Soit p un nombre premier alors

(p 1)! 1 [p]

Rép. Si p est premier (p 2 P) alors Z=pZ est un corps et


Y
x = (p 1)! = 1
x2(Z=pZ)

d’où le résultat.
(c) Montrer réciproquement si n n’est pas premier (n 1)! 0 [n] si n 6= 4 et (n 1)! 2 [n]
si n = 4.
Rép. Si n non premier alors on peut écrire n = dd0 si 1 < d < n et 1 < d0 < n et d 6= d0
alors (n 1)! 0 [n].
Si n = p1 1 pk k avec i > 0 et pi 2 P et k > 1 alors on deut prendre d = pi et
d0 = pj ; i 6= j.
Si n = p1 1 avec 1 > 3 alors on peut prendre d = p1 et d0 = p1 1 1 6= d.
Reste le cas n = p2 et p 2 P.
Si p > 2 alors 1 < p < 2p < p2 et donc (n 1)! 0 [n].
Si p = 2 alors 22 1 ! 2 22 , d’où le théorème :
Théorème de Wilson2 : Le nombre p est premier si et seulement si (p 1)!+1 0 [p].

2 Le théorème de Wilson a été découvert à la …n du dixième siècle par le mathématicien arabe Ibn al-Haytham

qu’on nomme aussi Alhazen. Le résultat ressurgit, sans démonstration, à la …n du dix-huitième siècle dans les écrits
de Edward Waring qui l’attribue en 1770 à son élève John Wilson. L’année suivante, Lagrange en donne deux
démonstrations. En fait, Leibniz (1646-1716) connaissait déjà le résultat et sa démonstration mais ne les avait pas
publiés.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Les suites

Leonardo Fibonacci 1175-1250

Table des matières


1 Préambule 3

1.1 L’ordre dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3


1.2 Extrêmum d’une partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Borne supérieure - Borne inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Généralités sur les suites 5


2.1 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Comportement global d’une suite 7


3.1 Suites réelles monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Suites réelles bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

4 Comportement asymptotique 9
4.1 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 La convergence monotone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Critères de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4.5 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

5 Exemples de suites 20
5.1 Suites arithmétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
5.2 Suites géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.3 Suites arithmético-géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.4 Suite récurrente d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.5 Suites complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Leonardo Fibonacci (1175 à Pise, Italie - 1250) est un mathématicien italien. Né à Pise en Italie, son éducation
s’est faite en grande partie à Béjaïa en Algérie, où son père Guilielmo Bonacci était le représentant des marchands
de la république de Pise. Il etudie notamment les travaux algébriques d’Al-Khwarizmi1. Ayant aussi voyagé en
Égypte, en Syrie, en Sicile, en Provence pour le compte de son père, et rencontré divers mathématiciens, Fibonacci
en rapporta à Pise en 1198 les chi¤res arabes et la notation algébrique.

1
LES SUITES 2

6 Corrigés des exercices 26

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 3

1 Préambule

1.1 L’ordre dans R


On se place dans l’ensemble totalement ordonné (R, ) et A R et A 6= ;.

Dé…nition : On dit que la partie A est majorée s’il existe un réel M véri…ant :

8x 2 A x M

Tout réel M véri…ant cette propriété est appelé majorant de la partie A.


p
Exemple : L’intervalle [0; 1[ est majoré par 2; [0; +1[ n’est pas majoré.

Dé…nition : On dit que la partie A est minorée s’il existe un réel m véri…ant :

8x 2 A m x

Tout réel m véri…ant cette propriété est appelé minorant de la partie A.

Dé…nition : On dit que la partie A est bornée si elle est minorée et majorée (i.e.)

9m; M 2 R 8x 2 A m x M

Proposition : La partie A est bornée si et seulement si,

9M 2 R 8x 2 A jxj M

1.2 Extrêmum d’une partie


Dé…nition : On appelle plus grand élément de A, s’il en existe, un élément M 2 A
véri…ant :
9M 2 A 8x 2 A x M
On le note max (A).

Remarques : Un plus grand élément est un majorant qui appartient à A et toute


partie A majorée n’admet pas un plus grand élément comme [0; 1[.

Dé…nition : On appelle plus petit élément de A, s’il en existe, un élément m 2 A


véri…ant :
9m 2 A 8x 2 A m x
On le note min (A).

Exercice : Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :

Proposition : Si A possède un plus grand élément (respectivement un plus petit élé-


ment) il est unique.

Propriété fondatrice de N : Toute partie non vide de N admet un plus petit élément.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 4

Théorème : Soit E N tel que 0 2 E et pour tout n 2 N, n 2 E entraîne n + 1 2 E


alors E = N.

En e¤et, si tel n’était pas le cas alors l’ensemble NnE possèderait un plus petit élément
a. Cet élément a ne peut être nul car 0 2 E. On peut alors introduire le naturel
n = a 1. Celui-ci est nécessairement élément de E et alors a = n + 1 doit être élément
de E ce qui est absurde, ce qui légitime le raisonnement par récurrence.

Proposition : Toute partie non vide de Z majorée admet un plus grand élément.

Soit A une partie non vide majorée et M 2 Z un majorant, on note B = fM x x 2 Ag


N et B 6= ; et donc admet un plus petit élément b 2 B et pour tout x 2 A on a b M x
donc x M b. D’autre part, b 2 B alors il existe a 2 A tel que b = M a d’où
l’existence d’un a 2 A tel que pour tout x 2 A x a, a = max A.

On en déduit la proposition suivante :

Proposition : Pour tout x 2 R il existe un et un seul entier n tel que n x < n + 1.


La relation
R !N
E: x7 !n
est une application que l’on appelle, fonction partie entière et que l’on note aussi

E (x) = bxc

Pour tout x 2 R, on considère A = fp 2 Z p xg A est une partie non vide de Z


majorée. Soit n = max A alors
n x<n+1
Montrons qu’un tel n est unique. Soit n0 x < n0 + 1 alors n0 2 A et n0 n et d’autre
part, n0 x < n0 + 1 entraîne n < n0 + 1 d’où n 1 < n0 et donc n n0 alors n = n0 .

Exercices :
E(nx)
1. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E n = E (x).
2. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+1
2 = n.
3. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1
1
4. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :

1.3 Borne supérieure - Borne inférieure


Soit A une partie de R non vide et majorée, on peut considérer l’ensemble non vide des
majorants de A

fM 2 R 8x 2 A; x Mg
Propriété fondatrice de R : Soit A une partie de R non vide et majorée, alors
l’ensemble fM 2 R 8x 2 A; x M g non vide des majorants de A; admet un plus petit
élément.

Dé…nition : On appelle borne supérieure d’une partie A de R non vide et majorée,


le plus petit des majorants de A. On la note :

M = sup A

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 5

(i.e.)
8x 2 A x M et 8" > 0 9x 2 A M " x M

Exemple : Si A = [0; 1[ alors l’ensemble des majorants de A est [1; +1[ et le plus petit
de ceux-ci est 1 et donc sup A = 1.

Remarques : Pour introduire la borne supérieure d’une partie de R, il faut préalable-


ment justi…er que celle-ci est non vide et majorée. La borne supérieure de A n’est pas
a priori un élément de A. Cependant :

Proposition : Si A admet un plus grand élément alors sup A = max A.

Dé…nition : On appelle borne inférieure d’une partie de R non vide et minorée, le


plus grand des minorants de A. On la note :

m = inf A

(i.e.)
8x 2 A m x et 8" > 0 9x 2 A m x m+"

Exercices :
1. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ?
2. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
3. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
4. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
5. Soit A et B deux parties non vides de R telles que

8 (a; b) 2 A B a b

Montrer qu’il existe sup A; inf B et sup A inf B.


6. Soit A; B deux parties majorées non vides de R, montrer que A; B; A + B (où A + B =
fx 2 R, 9 (a; b) 2 A B; x = a + bg) admettent des bornes supérieures dans R et que sup (A + B) =
sup (A) + sup (B).
7. Soit A une partie bornée non vide de R, montrer

sup jx yj = sup (A) inf (A)


(x;y)2A A

8. Pour n 2 N, on pose fn (x) = xn (1 x). Déterminer

lim sup (fn (x))


n!+1 x2[0;1]

2 Généralités sur les suites


Dé…nition : Soit E un ensemble. On appelle suite toute application u : N ! E.
L’image de n par u : u (n) est appelée terme d’indice n et on le note un . On désignera
(un )n2N ou par (un ) la suite de terme général un :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 6

2.1 Exemples
On dé…nit souvent une suite en donnant les premiers termes, par exemple u1 = 0; 1 ,
u2 = 0; 12, u3 = 0; 123 etc. Quel est le 11ieme chi¤res après la virgule de u10 ?
Il arrive parfois que la suite (un ) ne soit dé…nie qu’à partir d’un certain rang n0 2 N,
c’est donc une application de fn n0 n 2 Ng, dans ce cas, on note la suite de la façon
suivante : (un )n n0 .
Par exemple la suite de (1=n)n 1 n’est dé…nie qu’à partir du rang n = 1:
Si E = C alors (un ) est une suite complexe. Elle est dé…nie par la donnée de deux suites
réelles de terme général (an ) et (bn ), avec un = an + ibn .
Suivant la nature de E on peut dé…nir des suites de points, de fonctions, de polynômes,
de vecteurs ect...
Dans un premier temps nous allons étudier les suites réelles.

Exercices
1 1
1. On pose v0 = 1 , v1 = 2+1 , v2 = 1
2+ 2+1
. Calculer les 5 premiers termes de la suite (vn ) :

2. Trouver le 6ieme terme de la suite dé…nie par w1 = 1, w2 = 11, w3 = 21, w4 = 1211;


w5 = 111221:
3. Soit ' : N ! N une application strictement croissante et un = ' (n). Montrer que pour tout
n 2 N un n.
4. Montrer que la relation nun+1
n (n + 1) unn = 1 dé…nit une suite positive (un )n 1 unique.

2.2 Suites récurrentes


Dé…nition : Soit f une fonction numérique dé…nie sur R, lorsque l’on donne u0 et le
terme général un+1 = f (un ) on dit que la suite est dé…nie par récurrence.

Exemple : Soit u0 = 0 et un+1 = 2un + 1; on en déduit que u1 = 1; u2 = 3; u3 = 7;


u4 = 15 etc...

Exercices
1. Soit u0 = 0 et un+1 = 2un + 1. Trouver une expression de un en fonction de n
2. Soit la suite (un ) dé…nie par u0 = 1 , un+1 = (n + 1) un . Donner une expression du terme
général.
3. Pour tout entier n on dé…nit
r q
p
un = 2+ 2+ + 2

où un est écrit avec n radicaux. Trouver une fonction f telle que un+1 = f (un )
4. Ecrire le terme général un dans les cas suivants :

u0 = 0 u0 = 0
(a) (b)
un+1 = un + 1 un+1 = un + n + 1
u0 = a u0 = 1
(c) (d)
un+1 = un + a un+1 = aun

5. Ecrire le terme général des suites suivantes :


u1 = 1 u0 = 1 u1 = 1
(a) 1 (b) 2 (c) 2n
un+1 = un (n+1)n un+1 = n+1 un un+1 = 2n+1 un

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 7

6. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N

2un = 3n 1

7. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = un + 2n + 1. Calculer les premiers termes et
faire une conjecture sur le terme général en fonction de n. Montrer cette conjecture pour tout
n 2 N:
!
8. Soit l’axe D O; i et A0 le point d’a¢ xe 0 et A1 le point d’a¢ xe 1. Pour tout entier naturel
n, le point An+2 est le milieu du segment [An ; An+1 ]. Démontrer par récurrence que pour
tout entier n, l’abscisse de An+1 notée an+1 = ( 1=2) an + 1.
p
9. La suite (un ) est dé…nie
p par : u1 = 0 et un+1 = u2n + 1: Montrer par récurrence que, pour
tout n 1, un = n 1:

2.3 Suites extraites


Dé…nition : Soit (un )n2N une suite, on appelle suite extraite de (un )n2N toute suite
u'(n) n2N où ' est une application strictement croissante de N dans N.

Remarque : Une application strictement croissante de N dans N est une suite stricte-
ment croissante d’entiers naturels. On aurait également pu dé…nir une suite extraite de
(un ) comme une suite de la forme (unk ) où (nk )k2N est une suite strictement croissante
d’entiers.

Exemples : Les suites (u2n )n2N et (u2n+1 )n2N sont deux suites extraites de la suite
(un )n2N .

3 Comportement global d’une suite


3.1 Suites réelles monotones
Dé…nitions : Soit (un ) une suite réelle.
La suite (un ) est croissante lorsque

8 n 2 N un+1 un

La suite (un ) est décroissante lorsque

8 n 2 N un un+1

La suite (un ) est monotone si elle est croissante, respectivement décroissante.

Remarque : On dira qu’une suite est croissante, respectivement décroissante si elle


l’est à partir d’un certain rang (i.e.)

9n0 2 N 8 n 2 N n n0 =) un+1 un

Pour démontrer qu’une suite (un ) est croissante on utilise essentiellement trois tech-
niques :

La technique fonctionnelle

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 8

x
Par exemple dans le cas où un = f (n) où f : R ! R x 7! x+1 ; l’étude des variations de
1
f permet de conclure sur la monotonie de (un ) : En e¤et, pour tout x 0 f 0 (x) = (x+1) 2

et (un ) est croissante.

Les techniques algébriques


On étudie le signe de un+1 un , (i.e.) on compare un+1 un avec 0.
un+1
Si pour tout entier n; un 6= 0 et un garde un signe constant, on calcule un et on
compare à 1.

Le raisonnement par récurrence


On appelle P (n) la proposition un+1 un 0 (resp. 0) et on montre par récurrence
P (n).

Proposition : Soit I intervalle de R et une suite (un ) telle que pour tout n 2 N un 2 I
et un+1 = f (un ) où f est croissante sur I alors (un ) est monotone.
p p
Exemple : Soit (un ) la suite dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 = f (un ) alors
pour tout entier n, un 0 et f est croissante sur R+ . On véri…e que u1 u0 : On
suppose un+1 un alors f croissante sur R+ on a

f (un+1 ) f (un ) () un+2 un+1

et par principe de récurrence (un ) est croissante.

Exercices :
1. Etudier la monotonie des suites suivantes :
n!
(a) un = an + a1n avec a > 0 (c) un = n2 2n (e) un = 2n
n n
(b) un = (1 + a) + (1 a) avec 0 < a < 1 (d) un = 1 23 4 2n
(2n 1)

2. Soit la suite (un )n 1


n
X k 1
un = ( 1)
k
k=1

Étudier la monotonie des suites extraites (u2n ) et (u2n+1 ) :


1 n
3. Étudier la monotonie de (un ) où pour tout n 2 N un = 1 + n :
4. Soit la suite (un ) dé…nie par
n
X 1
un =
n+k
k=1

(a) Étudier la monotonie de (un ).


(b) Étudier la monotonie de (vn )
n
X1 1
vn =
n+k
k=0

3.2 Suites réelles bornées


Dé…nitions : Soit (un ) une suite réelle.
On dit de (un ) qu’elle est majorée pour dire

9M 2 R 8n 2 N un M

On dit de (un ) qu’elle est minorée pour dire

9m 2 R 8n 2 N m un

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 9

On dit de (un ) qu’elle est bornée pour dire qu’elle est à la fois majorée et minorée
(i.e.)
9M 2 R 8n 2 N jun j M

p p
Exemple : La suite dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 estpmajorée par 2. En e¤et
par récurrence on véri…e que u0 2 et si un 2 alors f (x) = x + 2 étant croissante
sur R+ f (un ) f (2) = 2 et donc un+1 2 et par principe de récurrence

8n 2 N un 2

La suite (un ) est donc minorée et bornée.

Proposition : Toute suite croissante est minorée et toute suite décroissante est majo-
rée.

Exercices
1
1. Montrer que la suite (un ) dé…nie par u0 = 0 et un+1 = un + 2n est majorée.
2. Montrer que la suite dé…nie par
n
X 1
un =
k (k + 1)
k=1

est majorée. En déduire que


n
X 1
vn =
k2
k=1

est majorée.

4 Comportement asymptotique
4.1 Suites convergentes
Soit (un )n2N une suite réelle.

Dé…nition : On dit que (un ) converge vers un nombre réel `, pour dire que la dif-
férence jun `j devient aussi petite que l’on veut dés que n est assez grand. Ce qui
s’exprime par :

9` 2 R 8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < "


n
On pourra prendre l’exemple de la suite un = n+1 dont la limite est 1.

Exercice : Montrer qu’une suite à valeur dans N qui est convergente est stationnaire
à partir d’un certain rang.

Proposition : Soit A une partie de R non vide et majorée, a = sup A, il existe (xn )
8n 2 N xn 2 A telle que
lim xn = a
+1

En e¤et, par dé…nition de sup A,

8n 2 N 9xn 2 A a 1=n < xn a

et la suite (xn ) converge vers a.

Exercice : Soit ` 2 RnQ construire une suite (xn ) telle 8n 2 N xn 2 Q et lim xn = `

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 10

Théorème d’unicité de la limite : Si (un ) converge vers ` et `0 alors ` = `0 .

En e¤et, supposons qu’il existe deux nombres ` et `0 distincts répondant aux conditions
de la dé…nition de convergence, on a alors :

8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < "


8" > 0 9n1 2 N 8n 2 N n n1 =) jun `0 j < "

On notera en e¤et qu’il n’y a aucune raison que n0 et n1 soient égaux. Prenons en
particulier
j` `0 j
"= >0
4
On obtient donc :
j` `0 j j` `0 j
8n 2 N n max (n0 ; n1 ) jun `j < et jun `0 j <
4 4
Écrivons alors ` `0 = ` un + un `0 . L’inégalité triangulaire donne :

j` `0 j j` `0 j j` `0 j
j` `0 j jun `j + jun `0 j < +
4 4 2

j` `0 j j` `0 j
Par conséquent si n max (n0 ; n1 ), on a j` `0 j jun `j+ jun `0 j < 4 + 4
j` `0 j
2 . Ce qui aboutit à la contradiction suivante :

j` `0 j
j` `0 j <
2
et donc ` = `0 :
Traditionnellement on note :
lim un = `
+1

Proposition : Toute suite convergente est bornée.

Soit une suite (un ) convergente et ` sa limite. On a alors pour " = 1,

9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < 1

ce qui peut s’écrire


` 1 < un < ` + 1
Posons M = max (u0 ; u1 ; ; u n0 1; ` + 1) et m = min (u0 ; u1 ; ; u n0 1; ` 1). On a
bien
8n 2 N m un M

Insistons sur la confusion qui pourrait être faite en confondant l’implication et sa réci-
proque (ou l’équivalence). Une suite bornée n’est pas en général convergente, on ramène
n
le lecteur à l’exemple de la suite de terme général un = ( 1) :

Dé…nition : Une suite qui n’est pas convergente est divergente.

Il n’est pas facile en général de montrer qu’une suite est divergente. Il faut donc montrer
que pour tout réel `

9" > 0 8n0 2 N 9n 2 N n n0 et jun `j "

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 11

n
Prenons l’exemple de la suite alternée ( 1) , et " = 1=2. Quel que soit le choix de
`, l’un au moins des deux nombres j1 `j ou j 1 `j est supérieur ou égal à 1=2, et
comme quel que soit n0 , il existe des nombres pairs et des nombres impairs supérieurs
à n0 , la conclusion en résulte.

Dé…nitions : On dit que (un ) tend vers +1 pour dire que un devient aussi grand que
l’on veut dés que n est assez grand. Ce qui s’exprime par :

8A 2 R 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A

et on note
lim un = +1
n!+1

On dit que (un ) tend vers 1 si et seulement si

8A 2 R 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A

Les suites qui tendent vers 1 sont divergentes.

Exercice : Montrer que la suite (un )

Xn
1
un = p
k=1
k

est divergente.

Proposition : Soit (un ) une suite convergente alors pour toute suite extraite (vn )
converge vers la même limite.

En e¤et, soit ` la limite et ' l’application strictement croissante telle que vn = u'(n)
alors si lim+1 un = ` on peut dire que

8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j "

et comme pour tout entier n ' (n) n alors

8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N ' (n) n n0 =) u'(n) ` "

et donc lim+1 vn = `:

Par exemple lim+1 un = ` entraîne lim+1 un+1 = ` ou lim+1 u2n = ` etc.


n
On retrouve facilement que la suite ( 1) diverge sans quoi les suites extraites (u2n )
et (u2n+1 ) convergeraient vers les mêmes valeurs ...

Exercices :
1. Soit (un ) une suite. Montrer que s’il existe une suite extraite de (un ) qui diverge alors (un )
diverge.
2. Soit (un ) une suite croissante. On suppose qu’il existe une suite extraite qui converge alors
montrer que (un ) converge.
p n
3. La suite dé…nie par 0 < u0 < 2 et un+1 = 2 + ( 1) un est -elle convergente ?

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 12

Proposition : Soit f une fonction continue sur I telle que f (I) I et (un ) la suite
récurrente dé…nie par un+1 = f (un ) et u0 = a 2 I. Si (un ) converge vers ` alors `
véri…e : ` = f (`).
p p
Exemple : On a vu que la suite (un ) dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 est
croissante et majorée donc converge vers ` qui véri…e :
p
`= `+2

On en déduit
lim un = 2
+1

Cela peut aussi servir à montrer qu’une suite est divergente comme dans l’exercice
suivant :

Exercice : Montrer que le suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1 est divergente quel que
soit u0 2 R.

Proposition : Soit (un ) une suite si les suites suites extraites (u2n ) et (u2n+1 ) convergent
vers la même valeur ` alors la suite (un ) converge vers `.

Nous avons d’autres critères que les dé…nitions pour montrer la convergence ou la
divergence de suite.

4.2 La convergence monotone


Soit (un ) une suite réelle.

Théorèmes de convergence monotone :


1. Si la suite (un ) est croissante et majorée alors (un ) est convergente.
2. Si la suite (un ) est décroissante et minorée alors (un ) est convergente.
3. Si la suite (un ) est croissante et divergente alors (un ) est non majorée.

Soit une suite majorée, considérons A = fun n 2 Ng est une partie non vide de R et
majorée, elle admet donc une borne supérieure. C’est à dire un nombre ` = sup A qui
véri…e :
8" > 0 9n0 2 N ` " < un0 `
Étant donné la croissance de (un ) quel que soit n 2 N n n0 on a , ` " < un0 un `
on en déduit :
8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < "
La démonstration de, toute suite décroissante minorée est convergente, est laissée au
lecteur.

Par contre, la dernière assertion n’est autre que le théorème (1). En e¤et appelons A
« la suite est croissante » , B « la suite est majorée » , C « la suite est convergente » ,
(1) s’écrit :

(A et B) =) C non (A et B) ou C
(non A) ou (non B) ou C
((non A) ou C) ou (non B)
non (A et (non C)) ou (non B)
(A et non C) =) (non B)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 13

Pn
Exemple : On a montré précédemment que la suite (un ) où un = 1 1=k 2 est crois-
sante et majorée, elle est donc convergente. Par contre cela ne nous renseigne pas sur
sa limite si ce n’est que l’on peut dire que c’est la borne supérieure des fun n 2 N g :

Exercice : Montrer que si (un ) est croissante et non majorée alors lim+1 un = +1.

4.3 Suites adjacentes


Considérons les suites (un ) et (vn ) dé…nies par :

1 1 1 1
un = 1 + + + + et vn = un +
1! 2! n! n n!
Il est clair que la suite (un ) est croissante et que
1
vn un = >0
n n!
et
lim vn un = 0
+1

Montrons que la suite (vn ) est décroissante :

1 1 1
vn+1 vn = +
(n + 1)! (n + 1) (n + 1)! nn!
1
= <0
n (n + 1) (n + 1)!

On en déduit que les suites (un ) et (vn ) véri…ent pour tout n 2 N

u0 u1 un vn v1 v0

Les suites (un ) et (vn ) sont monotones et bornées donc convergentes, et si l’on note
respectivement leur limite ` et `0 on a :

8n 2 N un ` `0 vn ou 0 j`0 `j vn un

par conservation des inégalités par passage à la limite : lim+1 vn un = 0 entraîne que
` = `0 . On dit aussi que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.

Dé…nition : On dit que deux suites (un ) et (vn ) sont adjacentes si


1. Pour tout entier n; un vn :
2. La suite (un ) est croissante et (vn ) décroissante.
3. lim+1 (vn un ) = 0.

Théorème : Si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes alors (un ) et (vn ) convergent
vers la même limite.

Corollaire : Si (an )n2N et (bn )n2N sont adjacentes telles que pour tout n 2 N an < bn
et lim+1 an = lim+1 bn = ` alors
\
[an ; bn ] = f`g
n2N

On appelle aussi ce théorème le théorème des segments emboîtés qui s’énonce aussi :

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 14

Théorème des segments emboîtés : Soit In une suite d’intervalle fermés bornés
non vides de R véri…ant les deux conditions suivantes :
(i) 8n 2 N In+1 In
(ii) limn!+1 jIn j = 0 où jIn j désigne la longueur de l’intervalle In
alors il existe un unique ` appartenant à tous les intervalles In et
\
In = f`g
n2N

Théorème de Cantor : Il n’existe pas de bijection de N sur [0; 1].


Supposons qu’il en existe une bijection ' de N sur [0; 1] .
Partageons en trois segments égaux à l’aide des réels 1=3; 2=3. L’un au moins de ces
intervalles ne contient pas ' (0), on le note I0 . On partage I0 en trois intervalles de
même longueur. L’un au moins de ces intervalles ne contient pas ' (1) on le note I1 et
ainsi de suite.
On dé…nit une suite d’intervalles fermés bornés (In )n2N véri…ant les conditions du
théorème des segments emboîtés. Il existe donc un nombre réel ` qui appartient à
tous les intervalles In . Mais ce réel ne peut être l’image d’un entier m par '. En e¤et
` = ' (n) entraînerait que ' (n) 2 In ce qui est en contradiction avec la dé…nition de
In pour tout n.

Ceci montre en quelque sorte qu’il y a plus d’éléments dans [0; 1] que dans N, encore
qu’il s’agit dans les deux cas de quantité in…nie. Les ensembles in…nis qui sont en
bijection avec N sont dits dénombrables. C’est le cas de Z, Q, par contre R n’est pas
dénombrable. Mais on montre que Q est dense dans R. C’est à dire qu’entre deux réels
quelconques il existe toujours un rationnel. Ce qui revient encore à dire que tout réel
est limite d’une suite de rationnelles.

Dé…nition : On dit que A est une partie dense de R si et seulement si, pour tout
intervalle I non vide de R alors A \ I 6= ;.

Proposition : Soit A une partie de R alors A est dense dans R si et seulement si pour
tout ` 2 R il existe une suite (un ) tel que pour n 2 N un 2 A et lim un = `.

Propositions :
L’ensemble des décimaux D est dense dans R.
L’ensemble des rationnels Q est dense dans R.
L’ensemble des irrationnels RnQ est dense dans R.

Théorème de Bolzano-Weierstrass : De toute suite bornée on peut extraire une


suite convergente.

Soit fun gn2N [a; b]. On partage l’intervalle [a; b] en deux intervalles de même longueur
et l’on note I0 la partie pour laquelle il existe une in…nité d’indices tels que un 2 I0 . (Si
les deux parties possèdent cette propriété on en choisit une arbitrairement). On note
' (0) le plus petit indice n tel que un 2 I0 :
On partage l’intervalle I0 en deux intervalles de même longueur et l’on note I1 la
partie pour laquelle il existe une in…nité d’indices tels que un 2 I1 . (Si les deux parties
possèdent cette propriété on en choisit une arbitrairement). On note ' (1) le plus petit
indice n > ' (0) tel que un 2 I1 et ainsi ' (1) > ' (0) et ainsi de suite.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 15

On dé…nit une suite extraite de u'(n) n2N telle que pour tout n 2 N u'(n) 2 In la
suite (In )n2N est une suite de segment emboîtés dont la longueur tend vers 0 et donc il
existe ` 2 R tel que pour tout n 2 N ` 2 In on en déduit donc u'(n) ; ` 2 In et

lim u'(n) ` =0
n!+1

Exercices :
1. Montrer que si l’on note e la limite de (un ), et que l’on suppose e = p=q où p et q sont
des entiers, on a alors uq < e < vq et que pq! qq!uq serait un entier de ]0; 1[. En déduire
l’irrationalité de e.
2. Montrer que les suites (un ) (vn ) sont adjacentes :

un = 2n sin , vn = 2n tan
2n 2n
pour tout 2 ]0; =2[ :
3. Soit (un ) une suite de réels positive et décroissante et de limite nulle. Pour tout n 2 N, on
pose
Xn
k
Sn = ( 1) uk
k=0

Montrer que les suites extraites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes et en déduire que (Sn )
P k
converge. (C’est ce qu’on appelle le critère de Leibniz exemple ( 1) k1 converge).

4.3.1 Un calcul d’aire


On dé…nit la fonction Z x
1
ln x = dt
1 t
dont l’interprétation géométrique pour tout x > 1 est l’aire hachurée.

y = 1/ x

ln x

On se propose de calculer une valeur approchée de ln 2.

1.0

0.5

0.0
1.0 1.5 2.0

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 16

L’aire représentée par ln 2 est comprise entre l’aire du carré vert qui vaut 0:5 et l’aire
du carré rouge qui vaut 1 et donc
0:5 < ln 2 < 1
On a¢ ne le résultat

1.0

2/3
0.5

0.0
1.0 1.5 2.0

et les calculs des aires ci-dessus donnent


1 1 1 1
+ < ln 2 < +
3 4 2 3
Plus généralement, si l’on découpe l’intervalle [1 ; 2] en n parties, on aura
n
X n
X1 1
1 1 1
k
< ln 2 < k
1+ n
n 1+ n
n
k=1 k=0

ou encore pour tout entier n 1;


n
X n
X1 1
1
< ln 2 < :
n+k n+k
k=1 k=0

On dé…nit deux suites (un ) et (vn ) pour tout entier n 1


n
X n
X1 1
1
un = et vn =
n+k n+k
k=1 k=0

On montre que (un ) est croissante


n+1
X n
X
1 1 1 1 1
un+1 un = = + >0
(n + 1) + k n+k 2n + 1 2n + 2 n+1
k=1 k=1

et de même que (vn ) est décroissante


n
X1 n
X
1 1 1 1 1
vn vn+1 = = :
n+k (n + 1) + k n 2n 2n 1
k=0 k=0

D’autre part,
n
X1 n
X
1 1 1 1 1
vn un = = =
n+k n+k n 2n 2n
k=0 k=1
montre
lim vn un = 0
n!+1

Ce qui montre que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes et convergent vers ln 2. Toute
fois, la rapidité de convergence est faible puisqu’elle est de l’ordre de 1=2n (i.e.) qu’il
faut prendre n = 50 pour avoir une approximation de ln 2 à 10 2 près.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 17

4.4 Critères de convergence


4.4.1 Opérations sur les limites
Théorème : Soit (un ) et (vn ) deux suites véri…ant lim un = a et lim vn = b
n!+1 n!+1
(avec a et b désignant des réels ou l’un des symboles +1 et 1). On peut conclure
sur la limite de la somme, du produit et du quotient dans certains cas, consignés dans
les tableaux suivants :

1.La somme (un + vn ) 2. Le produit un vn


un nvn b 6= 0 0 +1 1
un nvn b +1 1
a 6= 0 ab 0 1 1
a a+b +1 1
0 0 0 ? ?
+1 +1 +1 ?
+1 1 ? +1 1
1 1 ? 1
1 1 ? 1 +1

3. Le quotient un =vn
un nvn b 6= 0 0vn >0 +1 1
a 6= 0 a=b 1 0 0
0 0 ? 0 0
+1 s (b) 1 +1 ? ?
1 s (b) 1 1 ? ?
Attention dans le cas où vn tend vers 0 et ne garde pas un signe constant un =vn a peu
de chance de tendre vers une limite et même vers + ou 1. C’est le cas de la suite
n n
1= (( 1) =n) = ( 1) n:

Théorème : Pour tout réel 1 < q < 1 on a lim q n = 0 et pour tout réel q > 1 on
n!+1
a lim+1 q n = +1.

Attention : Quand on dit q > 1 cela doit être indépendemment de n par exemple
dans le cas n
1
lim 1 +
+1 n
où 1 + 1=n > 1 mais pas indépendemment de n et on a
n
1
lim 1 + = lim en ln(1+=n) = e
+1 n +1

vn
Dans les cas de lim+1 (un ) il faut revenir à la dé…nition
uvnn = evn ln un

Exercices :
1. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes
n
2)n p p
(a) un = 33n +(( 2) n (c) un = n2 + n + 1 n2 n+1 (e) un = n!
nn
p
n pn2 +1 1
Pn 1
(b) un = n+ n2 1 (d) un = n2 k=1 k (f) un = n E n

2. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes :


n p en
(a) un = 1 n1
n
(c) un = n2 (e) un = nn
1 n
(b) un = sin n1 n
(d) un = n 1
n+1

3. Montrer que si une suite (un ) à valeur dans N tend vers 0 alors quel que soit (vn ) ; lim+1 un
vn = 0.
4. Montrer que si lim un = ` 6= 0 alors lim un+1=un = 1. Montrer que c’est faux pour ` = 0:

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 18

4.4.2 Théorèmes de comparaison


Les théorèmes de comparaison déterminent le comportement à l’in…ni d’une suite (xn )
par comparaison avec des suites (un ) et (vn ) dont on connaît le comportement.

Théorèmes :
Si pour tout n n0 on a un xn et lim un = +1 alors lim xn = +1
n!+1 n!+1
Si pour tout n n0 on a xn un et lim un = 1 alors lim xn = 1
n!+1 n!+1
Si pour tout n n0 on a un xn vn et lim un = lim vn = l alors la suite (xn )
n!+1 n!+1
est convergente et lim xn = l
n!+1

1 n2 +1
Soit la suite (un ) par un = n E n et pour tout entier n

1 n2 + 1 1 n2 + 1 1 n2 + 1
1 E +1
n n n n n n
On en déduit que lim un = 1:
n!+1

Exercices :
1. Déterminer les limites des sommes suivantes :
Pn 1
Pn
(a) Sn = k=1 n2 +k (c) Sn = k=1 n2n+k
P2n 1 2 Pn
(b) Sn = n+1 k2 (d) Sn = k=1 pn12 +k
p
2. Soit (un ) une suite de réels strictement positifs. On suppose lim+1 n un = `.
(a) Montrer que si ` < 1 alors lim+1 un = 0.
(b) Montrer que si ` > 1 alors lim+1 un = +1
(c) Montrer que dans le cas ` = 1 on ne peut rien conclure.
3. Pour tout entier n;on considère un > 0 et u3n nun 1 = 0. Montrer que la suite (un ) est
dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence.
4. Pour tout entier n;on considère un > 0 et nun+1
n (n + 1) unn + 1 = 0. Montrer que la suite
(un ) est dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence.
5. Soit (un ) une suite croissante de limite `. On pose
u1 + u2 + + un
vn =
n
(a) Montrer que (vn ) est croissante.
vn +un
(b) Etablir que v2n 2 .
(c) En déduire que lim+1 vn = `.
On peut généraliser ce dernier résultat :

Théorème de Césaro : Soit (un ) une suite convergente de limite `. Si l’on note :
u1 + u2 + + un
vn =
n
alors
lim vn = `
+1

En e¤et
8" > 0 9N 2 N 8n 2 N n > N ) jun `j < "=2

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 19

alors
N n
1X 1 X
jvn `j juk `j + juk `j
n n
k=1 k=N +1

et
N
0 1X 0
9N 2 N 8n 2 N n > N > N ) juk `j < "=2
n
k=1

donc
8" > 0 9N 0 2 N 8n 2 N n > N 0 ) jvn `j "
Attention : La réciproque est fausse (i.e.) il existe (un ) tel lim vn = ` et (un ) ne
n
converge pas, par exemple un = ( 1) et lim vn = 0.

Exercices :
1. Déterminer la limite de la suite (vn ) dé…nie pour tout n 2 N par
1 1 1
vn = + + +
n 2n n2

2. Déterminer la limite de la suite (wn ) dé…nie pour tout n 2 N par


n
Y k=n
2
wn = 1+
k
k=1

3. Soit (un )n2N une suite réelle telle que

lim (un+1 un ) = ` où ` 2 R
+1

Montrer que
un
lim =`
+1 n

4.5 Suites de Cauchy


Dé…nition : On dit qu’une suite (un ) de réels ou de complexes est une suite de
Cauchy si elle véri…e la propriété suivante, appelée critère de Cauchy :

8" > 0 9N 2 N 8 (p; q) 2 N2 p N et q N =) jup uq j < "

On prouve que dans R ou dans C, toute suite de Cauchy converge, de même que toute
suite convergente est de Cauchy.

La première utilisation des suites de Cauchy pour étudier la convergence d’une série
remonte à 4 siècles avant Cauchy. Elle est l’oeuvre de Nicolas Oresme qui a prouvé que
la suite Sn = 1 + 1=2 + ::: + 1=n est divergente. Pour cela, il remarque essentiellement
que S2n Sn > 1=2, et donc que la suite ne peut pas être de Cauchy. Remarquons
toutefois qu’il n’utilise ici que le sens facile : toute suite convergente est nécessairement
de Cauchy !

Exercices
1. (Une suite de Cauchy dans Q non convergente)
n
Soit (rn )n2N une suite de nombres réels telle que jrn rn+1 j où 2 ]0; 1[

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 20

(a) Montrer que la suite (rn )n2N est de Cauchy. Indication : on pourra écrire, pour p > q,
p
X
rp rq = rk+1 rk
k=q

(b) Soit (rn )n2N la suite dé…nie par récurrence par r0 = 2 et rn+1 = 1 + 1=rn , 8n 0.
Montrer que (rn )n2N est une suite de Cauchy dans Q qui ne converge pas dans Q.
Conclusion ?
2. (Irrationalité de e)
Soit (rn )n2N la suite dé…nie par :
n
X 1
k!
k=1

(a) Montrer que la suite (rn )n2N est à valeurs dans Q.


(b) Montrer que, pour tout m > n > 2, on a
!
1 1 1
jrm rn j 1+ + + m n 1
(n + 1)! n+2 (n + 2)

(c) En d´eduire que, pour tout m > n > 2, on a


1
jrm rn j
n
Indication : on pourra utiliser que
n+2 1
2 2
(n + 1)

(d) En déduire que la suite (rn )n2N est de Cauchy et donc qu’elle converge dans R. On
notera e sa limite.
(e) Supposons que e 2 Q, c’est-à-dire qu’il existe p; q deux entiers premiers entre eux (stric-
tement positifs) tels que e = p=q:
i. Montrer que pour tout n > q, le nombre pn = n!(e rn ) est un entier strictement
positif.
ii. Montrer que 0 < pn < 1. Indication : on pourra écrire que pn = limm!+1 n! (rm rn ).
(f) Conclure que e est irrationnel.

5 Exemples de suites
5.1 Suites arithmétiques
Dé…nition : Soit r un nombre réel. On appelle suite arithmétique de raison r, la
suite dé…nie par son premier terme et par la relation de récurrence :

un+1 = un + r

Exemples :
La suite 4; 1; 2; 5; 8; est une suite arithmétique de raison 3 et de premier terme
4:
La suite des nombres impairs (respectivement pairs) est une suite arithmétique.

On remarquera que la dé…nition est équivalente à un+1 un = r. Cette relation sera utile
pour démontrer qu’une suite est arithmétique. La suite dé…ne sur N par un = 21 n + 3

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 21

1 1 1
est une suite arithmétique. En e¤et, un+1 un = 2(n + 1) + 3 2n + 3 = 2
1
et donc (un ) est une suite arithmétique de raison 2 et de premier terme u0 = 3.

Proposition : Soit (un ) arithmétique de raison r, si r est positif (respectivement


négatif ) la suite (un ) est croissante (respectivement décroissante).

Il su¢ t d’étudier le signe de un+1 un = r.

Proposition : Trois nombres a,b et c dans cet ordre sont en progression arithmétique
si et seulement si
a+c
b=
2
Formule explicite de un en fonction de n : Soit (un ) une suite arithmétique de
raison r et de premier terme u0 alors

un = u0 + nr

On a : u1 = u0 + r; u2 = u1 + r = u0 + 2r; de même on montre que u3 = u0 + 3r. On


suppose la proposition Pn : "un = u0 +nr" vraie, alors un+1 = un +r = (u0 + nr)+r =
u0 + (n + 1) r et Pn+1 est vraie. On en déduira que Pn est vraie pour tout n 2 N.

Exercice : Dans la suite (un ) arithmétique telle que u0 = 1 et u10 = 31; calculer u2016 :

Théorème : Soit la suite (un ) dé…nie pour tout n 2 N par un+1 = un + r alors pour
tout n 2 N;
un = u0 + nr:
Le 1002ieme nombre impair est 2003. En e¤et, u0 = 1 et u1001 le 1002ieme nombre
impair est égal à 2003.

Somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique : La somme des n


premiers termes d’une suite arithmétique de raison r est :
u0 + un 1
n
2
Exercices :
1. Calculer la somme des 100 premiers nombres impairs.
2. Donner la formule explicite de (un ) dé…nie par un+1 = un 2 et u0 = 5=2
3. Calculer la somme des multiples de 3 entre 100 et 1000 (rép. 165150).
4. Comparer m (1 + 2 + + n) et n (1 + 2 + + m) où m et n sont des entiers.
5. Les pages d’un livre sont numérotées de 1 à n (la page 1 est une page de droite). On additionne
les numéros de toutes les pages et on trouve 2003. Or deux pages sont restées collées et leur
numéros n’ont pas été comptés. Quel est le nombre de pages du livre et les numéros des pages
collées ?
6. Rencontrant un mendiant, un homme lui donne une pièce ; il en rencontre un deuxième, et lui
donne deux pièces. Il rencontre d’autres mendiants encore, à qui il donne une pièce de plus
que précédemment, à chaque fois jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien en poche. Il ré‡échit alors,
et se dit : ” Si j’avais donné autant de pièces à chacun d’eux, cela aurait été plus équitable
et chaque mendiant aurait reçu 8 pièces ” Combien a-t-il rencontré de mendiants ?

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 22

5.2 Suites géométriques


Dé…nition : Une suite géométrique (un ) de raison q est une suite dé…ne pour tout
n 2 N par :
un+1 = qun

p p
Exercice : Quelle est la nature de la suite 2; 2; 2 2; 4; etc. ?

Proposition : Soit (un ) une suite géométrique de raison q

lim un = 0 () jqj < 1


n!+1

Exercice : Soit une suite géométrique non nulle (un ) véri…ant :

u 0 = 1 ; u1 = 1
un+1 = un + un 1

Quelles peuvent-être les valeurs de la raison ? (On appelle cette suite la suite de Fi-
bonacci, partant d’un couple de lapins combien de couples de lapins obtient-on après
un nombre donné de mois sachant que chaque couple donne chaque mois un nouveau
couple productif qu’au bout de deux mois ?)

Formule explicite de un en fonction n : Soit (un ) une suite géométrique de raison


q et de premier terme u0 alors
un = u0 q n

Si l’on note Pn "un = u0 q n "; on véri…e que P0 est vraie et si l’on suppose Pn vraie alors
par dé…nition un+1 = qun = q (u0 q n ) = u0 q n+1 . On en déduit que Pn+1 est véri…ée et
selon le principe de récurrence on peut conclure que Pn est vraie pour tout n 2 N:
p
p : Soit (un ) dé…nie par u0 =
Exercice 1 et q = 2 déterminer le rang du terme
un = 64 2:

Somme de termes consécutifs d’une suite géométrique : Soit (un ) une suite
géométrique de raison q 6= 1 et de premier terme u0 alors

1 q n+1 u0 un+1
u0 + u1 + + un = u0 =
1 q 1 q

Exercices :
p p
1. Calculer 2 2+2 2 4+ 64:
2. Une suite géométrique a pour premier terme u0 = 3 et pour raison 2. La somme des n
premiers termes est 6 291 453. Que vaut n ?
3. Une personne a obtenu un prêt progressif pour …nancer sa résidence. La durée de ce prêt est
de 10 ans et chaque année les mensualités augmentent de 3%. Quel était le montant de la
première mensualité, sachant que la somme totale versée (sur 10 ans) est 275 133 2.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 23

5.3 Suites arithmético-géométriques

Dé…nition : On appelle suite arithmético-géométrique tout suite récurrente dé…nie


pour tout n 2 N
un+1 = aun + b ou (a; b) 2 R n f1g R

Les cas particuliers


– a = 0 alors (un ) est stationnaire.
– b = 0 alors (un ) est géométrique.
– a = 1 alors (un ) est arithmétique.

Proposition : Soit (un ) une suite arithmético-géométrique, il existe c 2 R tel que la


suite dé…nie pour tout n par
vn = un c
est géométrique de raison a.

Soit un tel c 2 R alors pour tout n 2 N

un+1 c = aun + b c
b c
= a un +
a

et pour que (vn ) soit géométrique de raison a il su¢ t que

b c b
= c () c = a 6= 1
a 1 a
et on vérife que dans ces conditions pour tout n 2 N

b b
un+1 = a un
1 a 1 a

Cette relation est utile pour donner le terme générale en fonction de n d’une suite
arithmético géométrique et d’étudier la con vergence.

Exemple : Soit la suite (un ) dé…nie par


1
un+1 = un + 5 et u0 = 12
2
alors
5
c= 1 = 10
1 2

et la suite (vn ) telle que pour tout n 2 N

vn = un 10
1
est géométrique de raison 2 et v0 = 2

1
un = v0 + 10
2n
1
= + 10
2n 1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 24

D’où
lim un = 10
n!+1

Exercice : Un roi décide de distribuer à ses ministres une certaine quantité de pièces
d’or. Il répartit ainsi les pièces : au premier des ministres, il donne 5 pièces ; au second
ministre, le double du premier moins 3 pièces ; et ainsi de suite. Au nieme ministre, le
double du (n 1)ieme ministre moins 3 pièces. Le nieme ministre, avide, décide d’avoir
sa part sans attendre son tour. Peut-on exprimer le nombre de pièces d’or du nieme
ministre, en fonction de son rang.

5.4 Suite récurrente d’ordre 2


Partant de l’hypothèse qu’un couple de lapins donne naissance a un couple de lapins
tous les 6 mois et qu’un couple de lapins n’est productif qu’au bout d’un an, combien
de lapins obtient-on après un nombre donné de périodes de 6 mois.

0 1 2 3 4 5 6
0 1 1
1 0 1 1
2 1 0 1 2
3 1 1 0 1 3
4 2 1 1 0 1 5 un 1
5 3 2 1 1 0 1 8 un
6 5 3 2 1 1 0 1 13 un+1

Le tableau ci-dessus représente en ligne les couples de lapins en fonction de leur âge.
On part d’un couple de lapins qui vient de naître u0 = 1. Au bout de 6 mois, c’est à
dire à l’étape 1, il n’y a toujours qu’un couple de lapins u1 = 1. Au bout d’un an, à
l’étape 3, le couple de lapins donne naissance à un couple de lapins, u2 = 2. A l’étape 4,
il y aura maintenant 2 couples de lapins dont 1 couple productif, qui donnera naissance
à 1 couple de lapins, u4 = 3. A l’étape 5, il y a 3 couples de lapins dont 2 productifs,
ceux de l’étape 3 qui donneront 2 couples de lapins, plus tout ceux de l’étape 4 et donc
u5 = u4 + u3 et plus généralement

un+1 = un + un 1

On se propose de touver une formule générale de un en fonction de n.


Supposons qu’on ait une suite géométrique de raison q véri…ant un+1 = un + un 1 alors
q n+1 u0 = q n u0 + q n 1 u0 et q véri…e :

q2 q 1=0
p p
1+ 5 1 5
d’où q1 = 2 et q2 = 2 . On a deux suites qui véri…ent un+1 = un + un 1. Notons
p n p n
1+ 5 1 5
les (vn ) et (wn ) où vn = v0 et wn =
2 2 w0 . On remarque alors que la
suite (Un ) telle que Un = vn + wn véri…e encore Un+1 = Un + Un 1 déterminons alors
v0 et w0 tel que pour tout n 2 N, Un = un :
On a (
U0 = v0 + w0 = u0 = 1
p p
1+ 5 1 5
U1 = v0 2 + w0 2 = u1 = 1

On a p p
5+ 5 5 5
v0 = et w0 =
10 10
On peut alors conclure que pour tout n 2 N

1 p n+1 p n+1
Un = un = p 1+ 5 1 5
2n+1 5

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 25

Remarque au bout de 20 ans, c’est à dire à l’étape 40, on a aura :

1 p 41 p 41
u40 = p 1+ 5 1 5 = 1: 655 8 108
241 5
Plus généralement :

Dé…nition : On dit que (un ) est une suite linéaire récurrente d’ordre 2 pour dire
que le terme général un est dé…ni par :

u0 = a; u1 = b
un+2 = un+1 + un

Proposition : Soit (un ) une suite récurrente linéaire d’ordre 2 véri…ant :

un+2 + un+1 + un = 0 8n 2 N (1)

où ; sont des réelles. On appelle équation caractéristique l’équation (1)

r2 + r + = 0 (2)

et on note son discriminant.


Les suites (un ) véri…ant (1) sont de la forme :
1. Si > 0 alors un = r1n + r2n ( ; ) 2 R2 où r1;2 sont les solutions de (2) :
2. Si = 0 alors un = ( n + ) rn ( ; ) 2 R2 où r est l’unique solution de (2) :
3. Si < 0 alors un = ( cos (n ) + sin (n )) rn ( ; ) 2 R2 où rei est une solution de (2) :

Exercices :
1. Donner l’expression du terme général des suites récurrentes réelles suivantes :
(a) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = 4un+1 4un
(b) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 1 et 8n 2 N 2un+2 = 3un+1 un
(c) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = un+1 un
2. Soit 2 ]0; [ ; déterminer le terme général de la suite réelle (un ) dé…nie par

u0 = u1 = 1 et 8n 2 N un+2 2 cos un+1 + un = 0

5.5 Suites complexes


Soit (un )n2N une suite complexe.
On peut toujours écrire un = an + ibn et le problème de convergence de (un ) se ramène
aux problèmes de convergence des suites réelles (an ) et (bn ) :

Exemple : Soit (zn ) la suite complexe dé…nie par


1
8n 2 N zn+1 = (zn + 2zn )
3
Si l’on note zn = an + ibn alors
1
8n 2 N an+1 + ibn+1 = (an + ibn + 2 (an ibn ))
3
et donc
an+1 = an
8n 2 N
bn+1 = b3n

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 26

n
et donc 8n 2 N an = a0 et bn = ( 1=3) b0 et lim+1 zn = a0 :

Dé…nition : On dit que (un ) converge vers un nombre complexe `, pour dire que :

8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < "

Dans la dé…nition précédente on doit lire jun `j comme le module du complexe un `.


On rappelle que C n’est pas ordonné donc toutes les notions de monotonie n’ont pas
de sens ici.

Exercices :
1. Soit > 0 et 2 ]0; [. On considère la suite complexe (zn ) dé…nie par z0 = ei et

zn + jzn j
zn+1 =
2
(a) Exprimer zn sous forme d’un produit.
(b) Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2n sin 2n
k=1

(c) Déterminer lim+1 zn


2. Donner l’expression du terme général de la suite (un ) dé…nie par :

u0 = 0 et u1 = 1 + 4i
8n 2 N un+2 = (3 2i) un+1 (5 5i) un

3. Pour tout nombre complexes z et tout entier n 2 N , on dé…nit


n
X zk
un (z) =
k!
k=0

Pour tout z 2 C, montrer que la suite (un (z))n2N est convergente. On dé…nit, pour tout
z2C
Xn
zk
ez = lim
n!+1 k!
k=0

Indication : On appliquera le critère de Cauchy à (un (z))n2N .

6 Corrigés des exercices


1. Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :Rép. max (A) = 1
pas de min (A)
2. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E E(nx) n = E (x).
Rép. Soit 8x 2 R 9k 2 f0; 1; 2; ; n 1g et x 2 [E (x) + k=n; E (x) + (k + 1) =n[ alors
nx 2 [n E (x) + k; n E (x) + k + 1[ et donc

E (nx) n E (x) + k
= = E (x) + k=n
n n
E (nx)
=) E = E (x)
n
n+m
3. Montrer : 8m; n 2 Z E 2 + E n m+1
2 = n. Rép. Si n et m ont même parité alors
E n+m
2 = n+m
2 et E n m+1
2 = n 2m sinon E n+m
2 = n+m2
1
et E n m+1
2 = n m+1
2 .

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 27

4. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1. Rép. Etudier les cas x 2 [E (x) ; E (x) + 1=2[ et
x 2 [E (x) + 1=2; E (x) + 1[
1
5. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :Rép. Voir chapitre pécédent.
6. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ? Rép.8x 2 A sup B x et donc sup B sup A et de même inf B x donc
inf B inf A.
7. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
Rép. 8x 2 A x sup (A) (i.e.) x sup (A) donc inf ( A) sup (A) et inf ( A)
sup (A) et 8" > 0 9x 2 A x sup (A) " (i.e.) x sup (A)+" donc inf ( A) = sup (A).
8. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
Rép. A est non vide et majorée etc...
9. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
Rép. sup (A) = 2 et inf (A) = 1
10. Soit A et B deux parties non vides de R telles que

8 (a; b) 2 A B a b

Montrer qu’il existe sup A; inf A et sup A inf A.


Rép. Si 8 (a; b) 2 A B alors 8a 2 A et 8b 2 B a b et donc 8a 2 A a inf (B) puis
sup (A) inf (B).
11. Soit A; B deux parties majorées non vides de R, montrer que A; B; A + B (où A + B =
fx 2 R, 9 (a; b) 2 A B; x = a + bg) admettent des bornes supérieures dans R et que sup (A + B) =
sup (A) + sup (B).
Rép. On a clairement sup (A + B) sup (A) + sup (B) et 8" > 0 9a 2 A et 9b 2 B
a sup (A) "=2 et b sup (B) "=2 alors a + b sup (A) + sup (B) " et donc
sup (A + B) = sup (A) + sup (B)
12. Soit A une partie bornée non vide de R, montrer

sup jx yj = sup (A) inf (A)


(x;y)2A A

Rép. 8 (x; y) 2 A2 jx yj sup (A) inf (A) et d’autre part 8" > 0 9x 2 A sup (A)
x sup (A) "=2 et 9y 2 A inf (A) y inf (A) + "=2 et x y sup (A) "=2
(inf (A) + "=2) () x y sup (A) inf (A) " et donc

sup (jx yj) = sup (A) inf (A)

13. Pour n 2 N, on pose fn (x) = xn (1 x). Déterminer

lim sup (fn (x))


n!+1 x2[0;1]

Rép. limn!+1 supx2[0;1] (fn (x)) = 0.


1 1
14. On pose v0 = 1 , v1 = 2+1 , v2 = 1
2+ 2+1
. Calculer les 5 premiers termes de la suite (vn ) :Rép.
Evident.
15. Trouver le 6ieme terme de la suite dé…nie par w1 = 1, w2 = 11, w3 = 21, w4 = 1211;
w5 = 111221:Rép. w6 = 312211
16. Soit ' : N ! N une application strictement croissante et un = ' (n). Montrer que pour tout
n 2 N un n.
Rép. Par récurrence.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 28

17. Montrer que la relation nun+1


n (n + 1) unn = 1 dé…nit une suite positive (un )n 1 unique.
Rép. Etudier fn (x) = nxn+1 (n + 1) xn 1 et montrer qu’elle s’annulle pour x > 0 et une
seule fois.
18. Soit u0 = 0 et un+1 = 2un + 1. Trouver une expression de un en fonction de n
Rép. un = 2n 1.
19. Soit la suite (un ) dé…nie par u0 = 1 , un+1 = (n + 1) un . Donner une expression du terme
général.
Rép. un = n!
20. Pour tout entier n on dé…nit
r q
p
un = 2+ 2+ + 2

où un est écritpavec n radicaux. Trouver une fonction f telle que un+1 = f (un ) :
Rép. f (x) = 2 + x
21. Ecrire le terme général un dans les cas suivants :

u0 = 0 u0 = 0
(a) (b)
un+1 = un + 1 un+1 = un + n + 1
u0 = a u0 = 1
(c) (d)
un+1 = un + a un+1 = aun
n(n+1)
Rép. (a) un = n (b) un = 2 (c) un = (n + 1) a (d) un = an .
22. Ecrire le terme général des suites suivantes :
u1 = 1 u0 = 1 u1 = 1
(a) 1 (b) 2 (c) 2n
un+1 = un (n+1)n un+1 = n+1 un un+1 = 2n+1 un
1 2n 2(n 1) 2(n 2) 2
Rép. (a) un = n(n 1) (b) un = n! (c) un = (2n 1) (2n 3) 1

23. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N

2un = 3n 1

Rép. Par récurrence.


24. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = un + 2n + 1. Calculer les premiers termes et
faire une conjecture sur le terme général en fonction de n. Montrer cette conjecture pour tout
n 2 N:
Rép. un = n2
!
25. Soit l’axe D O; i et A0 le point d’a¢ xe 0 et A1 le point d’a¢ xe 1. Pour tout entier naturel
n, le point An+2 est le milieu du segment [An ; An+1 ]. Démontrer par récurrence que pour
tout entier n, l’abscisse de An+1 notée an+1 = ( 1=2) an + 1.
Rép. Facile
26. Soit (un ) une suite. Montrer que s’il existe une suite extraite de (un ) qui diverge alors (un )
diverge. Rép. Par la contraposée.
27. Soit (un ) une suite croissante. On suppose qu’il existe une suite extraite qui converge alors
montrer que (un ) converge. Rép. Si (un ) diverge alors lim un = +1 et on montre que toute
suite extraite tend vers +1.
p n
28. La suite dé…nie par 0 < u0 < 2 et un+1 = 2 + ( 1) un pest -elle convergente
p ? Rép. Si
(un )pconverge vers ` alors (u2n ) et (u2n+1 ) tend vers ` et 2 ` = 2 + ` =) ` = 0 or
` = 2 + ` =) ` = 2 donc (un ) diverge.
p
29. La suite (un ) est dé…nie
p par : u1 = 0 et un+1 = u2n + 1: Montrer par récurrence que, pour
tout n 1, un = n 1:
Rép. Facile

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 29

30. Etudier la monotonie des suites suivantes :


n!
(a) un = an + a1n avec a > 0 (c) un = n2 2n (e) un = 2n
n n
(b) un = (1 + a) + (1 a) avec 0 < a < 1 (d) un = 1 23 4 2n
(2n 1)

Rép. (a) " (b) " (c) # (d) " (e) "
31. Soit la suite (un )n 1
n
X k 1
un = ( 1)
k
k=1

Étudier la monotonie des suites extraites (u2n ) et (u2n+1 ) : Rép. : (u2n ) # et (u2n+1 ) "
n
32. Étudier la monotonie de (un ) où pour tout n 2 N un = 1 + n1 :
x
Rép. Etudier f (x) = 1 + x1 , f 00 (x) < 0 ) f 0 (x) > 0 et f ".
33. Soit la suite (un ) dé…nie par
n
X 1
un =
n+k
k=1
1 1 1
(a) Étudier la monotonie de (un ). Rép. un+1 un = 2n+1 + 2n+2 n+1

(b) Étudier la monotonie de (vn )


n
X1 1
vn =
n+k
k=0
1 1 1
Rép. vn+1 vn = 2n + 2n+1 n
1
34. Montrer
Pn que la suite (un ) dé…nie par u0 = 0 et un+1 = un + 2n est majorée. Rép. un =
1
k=1 2k 1 2
35. Montrer que la suite dé…nie par
n
X 1
un =
k (k + 1)
k=1
Pn 1 1 1
est majorée. Rép. un = k=1 k k+1 =1 n+1 1
En déduire que
n
X 1
vn =
k2
k=1
1 1
est majorée. Rép. 8k 2 k2 k(k 1) et donc vn 2.
36. Montrer qu’une suite à valeur dans N qui est convergente est stationnaire à partir d’un certain
rang.
Rép. (un ) convergente 9` 2 R 9n0 2 N 8n n0 jun `j < 41 =) 8n; n0 n0 jun un0 j
1=2 or 8n 2 N un 2 N donc un = un0 .
37. Soit ` 2 RnQ construire une suite (xn ) telle 8n 2 N xn 2 Q et

lim xn = `

Rép. Prendre la suite dé…nie par xn l’écriture décimal de ` limitée à n chi¤res après la
virgule.
38. Montrer que la suite (un )
Xn
1
un = p
k=1
k
Pn p
est divergente. Rép. un p1 n:
k=1 n

39. Montrer que le suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1 est divergente quel que soit u0 2 R.
Rép. L’équation x2 x + 1 = 0 n’a pas de solution dans R et donc pas de limite possible.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 30

40. Montrer que les suites (un ) (vn ) sont adjacentes :

un = 2n sin , vn = 2n tan
2n 2n
pour tout 2 ]0; =2[ :
1
Rép. un vn et un+1 un = 2n+1 sin 2n+1 1 cos 2n+1 vn+1 vn = 2n+1 tan 2n+1 1 1 tan2 2n

41. Soit (un ) une suite de réels positive, décroissante et de limite nulle. Pour tout n 2 N, on pose
n
X k
Sn = ( 1) uk
k=0

Montrer que les suites extraites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes et en déduire que (Sn )
P k
converge. (C’est ce qu’on appelle le critère de Leibniz exemple ( 1) k1 converge). Rép.
Classique.
42. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes
n
2)n p p
(a) un = 33n +(( 2) n (c) un = n2 + n + 1 n2 n+1 (e) un = n!
nn
p
2 P n
(b) un = nn+pnn2 +11 (d) un = n12 k=1 k (f) un = n E 1
n
p 2
1 ( 2=3)n 1
Rép. (a) un = 1+( 2=3)n ! 1 (b) un = p1+1=n2 ! 0 (c) un = q
1
2q
!1
1+ 1+1=n 1+ n + n12 + 1 1 1
n + n2
n+1
(d) un = n ! 1 (e) un ! 0 (f) un = 0 dés que n 2
43. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes :
n p en
(a) un = 1 n1
n
(c) un = n2 (e) un = nn
1 n
(b) un = sin n1 n
(d) un = n 1
n+1

Rép. (a) un ! 1=e (b) un ! 1 (c) un ! 1 (d) un ! 1=e2 (e) un ! 0


44. Montrer que si une suite (un ) à valeur dans N tend vers 0 alors quel que soit (vn ) ; lim+1 un
vn = 0. Rép. Voir exo 19 un = 0 à partir d’un certain rang.
45. Montrer que si lim un = ` 6= 0 alors lim un+1 =un = 1. Montrer que c’est faux pour ` = 0:
Rép. 9N 2 N 8n 2 N un 6= 0 et lim un+1 = `. Par exemple un = an un+1 =un = a.
46. Déterminer les limites des sommes suivantes :
Pn 1
Pn
(a) Sn = k=1 n2 +k (c) Sn = k=1 n2n+k
P2n 1 2 Pn
(b) Sn = n+1 k2 (d) Sn = k=1 pn12 +k

n n n2 n2 p n
Rép. (a) Sn n2 +1 ! 0 (b) Sn (n+1)2
! 0 (c) n2 +n Sn n2 +1 ! 1 (d) n2 +n
n
Sn p
n2 +1
!1
p
47. Soit (un ) une suite de réels strictement positifs. On suppose lim+1 n un = `.
(a) Montrer que si ` < 1 alors lim+1 un = 0. Rép. L’hypothèse entraîne l’existence " > 0
et n0 2 N tel que
p
8n n0 n un < ` + " < 1
n
et 0 un < (` + ") ! 0
(b) Montrer que si ` > 1 alors lim+1 un = +1: Rép. Idem.
(c) Montrer que dans le cas ` = 1 on ne peut rien conclure. Rép. Prendre un = n; un =
1=n; un = 1
48. Pour tout entier n;on considère un > 0 et u3n nun 1 = 0. Montrer que la suite (un ) est dé…nie
d’une manière unique et étudier sa convergence. Rép. Etudier fn (x) = x3 (n + 1) x 1 et
p p
fn0 n=3 = 0 et fn n=3 < 0 d’où lim un = +1.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 31

49. Pour tout entier n;on considère un > 0 et nun+1 n (n + 1) unn 1 = 0. Montrer que la
suite (un ) est dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence. Rép. Etudier fn (x) =
nxn+1 (n + 1) xn 1 et fn (1) = 2 et fn 1 + n2 > 0 d’où lim un = 0.
50. Soit (un ) une suite croissante de limite `. On pose
u1 + u2 + + un
vn =
n
nun+1 (u1 + +un )
(a) Montrer que (vn ) est croissante. Rép. vn+1 vn = n(n+1) 0 car (un ) "
vn +un
(b) Etablir que v2n 2 . Rép. Clair
(c) En déduire que lim+1 vn = `. Rép. On a vn un et donc (vn ) convergente et vn !
`0 ` et (b) ) `0 ` d’où ` = `0 .
51. Dans la suite (un ) arithmétique telle que u0 = 1 et u10 = 31; calculer u2015 :
52. Calculer la somme des 100 premiers nombres impairs.
53. Donner la formule explicite de (un ) dé…nie par un+1 = un 2 et u0 = 5=2
54. Calculer la somme des multiples de 3 entre 100 et 1000 (rép. 165150).
55. Comparer m (1 + 2 + + n) et n (1 + 2 + + m) où m et n sont des entiers.
56. Les pages d’un livre sont numérotées de 1 à n (la page 1 est une page de droite). On additionne
les numéros de toutes les pages et on trouve 2003. Or deux pages sont restées collées et leur
numéros n’ont pas été comptés. Quel est le nombre de pages du livre et les numéros des pages
collées ?
57. Rencontrant un mendiant, un homme lui donne une pièce ; il en rencontre un deuxième, et lui
donne deux pièces. Il rencontre d’autres mendiants encore, à qui il donne une pièce de plus
que précédemment, à chaque fois jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien en poche. Il ré‡échit alors,
et se dit : ” Si j’avais donné autant de pièces à chacun d’eux, cela aurait été plus équitable
et chaque mendiant aurait reçu 8 pièces ” Combien a-t-il rencontré de mendiants ?
p p
58. Quelle est la nature de la suite 2; 2; 2 2; 4; etc. ?
59. Soit une suite géométrique non nulle (un ) véri…ant :

u 0 = 1 ; u1 = 1
un+1 = un + un 1

Quelles peut-être les valeurs de la raison ?


p p
60. Soit (un ) dé…nie par u0 = 1 et q = 2 déterminer le rang du terme un = 64 2:
p p
61. Calculer 2 2 + 2 2 4 + 64:
62. Une suite géométrique a pour premier terme u0 = 3 et pour raison 2. La somme des n
premiers termes est 6 291 453. Que vaut n ?
63. Une personne a obtenu un prêt progressif pour …nancer sa résidence. La durée de ce prêt est
de 10 ans et chaque année les mensualités augmentent de 3%. Quel était le montant de la
première mensualité, sachant que la somme totale versée (sur 10 ans) est 275 133 2.
64. Un roi décide de distribuer à ses ministres une certaine quantité de pièces d’or. Il répartit
ainsi les pièces : au premier des ministres, il donne 5 pièces ; au second ministre, le double
du premier moins 3 pièces ; et ainsi de suite. Au nieme ministre, le double du (n 1)ieme
ministre moins 3 pièces. Le nieme ministre, avide, décide d’avoir sa part sans attendre son
tour. Peut-on exprimer le nombre de pièces d’or du nieme ministre, en fonction de son rang.
65. Déterminer la limite de la suite (vn ) dé…nie pour tout n 2 N par
1 1 1
vn = + + +
n 2n n2
Rép. lim n1 1 + 1
2 + + 1
n = lim n1

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 32

66. Déterminer la limite de la suite (wn ) dé…nie pour tout n 2 N par


n
Y k=n
2
wn = 1+
k
k=1

1
Pn 2
Rép. ln (wn ) = n k=1 k ln 1 + k d’où lim (wn ) = e2 :
67. Soit (un )n2N une suite réelle telle que

lim (un+1 un ) = ` où ` 2 R
+1

Montrer que
un
lim =`
+1 n
1
Pn un u1
Rép. n k=1 (uk+1 uk ) = n !`
68. (Une suite de Cauchy dans Q non convergente)
n
Soit (rn )n2N une suite de nombres réels telle que jrn rn+1 j où 2 ]0; 1[
(a) Montrer que la suite (rn )n2N est de Cauchy. Indication : on pourra écrire, pour p > q,
p
X
rp rq = rk+1 rk
k=q

Pp q
Rép. jrp rq j k=q jrk+1 rk j 1 ! 0 q ! +1
(b) Soit (rn )n2N la suite dé…nie par récurrence par r0 = 2 et rn+1 = 1 + 1=rn , 8n 0.
Montrer que (rn )n2N est une suite de Cauchy dans Q qui ne converge pas dans Q.
Conclusion ?
Rép. Par récurrence pour tout n 2 N rn 2 Q et 1 rn 2. D’autre part, f : x 7 ! 1+ x1
alors f f est monotonep
et (r2n ) et (r2n+1 ) sont monotones et convergentes vers la même
valeur f (`) = ` = 1+2 5 2=Q
69. (Irrationalité de e)
Soit (rn )n2N la suite dé…nie par :
n
X 1
k!
k=1

(a) Montrer que la suite (rn )n2N est à valeurs dans Q.


(b) Montrer que, pour tout m > n > 2, on a
!
1 1 1
jrm rn j 1+ + + m n 1
(n + 1)! n+2 (n + 2)

1 1 1 1
Rép. jrm rn j < (n+1)! 1+ n+2 + (n+2)(n+3) + + (n+2)(n+3) (m) d’où le résul-
tat.
(c) En d´eduire que, pour tout m > n > 2, on a
1
jrm rn j <
2 (n!)

Indication : on pourra utiliser que pour n 2


n+2 1
2 2
(n + 1)

1 1 (1=n+2)m n
n+2 1 1
Rép. jrm rn j (n+1)! 1 (1=n+2) (n+1)2 n! < 2(n!)

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LES SUITES 33

(d) En déduire que la suite (rn )n2N est de Cauchy et donc qu’elle converge dans R. On
notera e sa limite.
(e) Supposons que e 2 Q, c’est-à-dire qu’il existe p; q deux entiers premiers entre eux (stric-
tement positifs) tels que e = p=q:
i. Montrer que pour tout n > q, le nombre pn = n! je rn j est un entier strictement
positif.
Rép. n!e 2 N et n!rn 2 N d’où le résultat
ii. Montrer que 0 < pn < 1. Indication : on pourra écrire que pn = limm!+1 n! (rm rn ).
Rép. Pour pour tout entier m > n > 2 n! jrm rn j < 21 et donc contradiction avec
l’hypothèse e = p=q,
(f) Conclure que e est irrationnel. Rép. d’où la conclusion.
70. Donner l’expression du terme général des suites récurrentes réelles suivantes :
(a) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = 4un+1 4un Rép. un = (1 n) 2n
n+2
(b) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 1 et 8n 2 N 2un+2 = 3un+1 un Rép. un = 3+2
(c) (u
pn
) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = un+1 un Rép. un = cos n =3
3
3 sin n =3

71. Soit 2 ]0; [ ; déterminer le terme général de la suite réelle (un ) dé…nie par

u0 = u1 = 1 et 8n 2 N un+2 2 cos un+1 + un = 0

Rép. un = cos n + tan =2 sin n .


72. Soit > 0 et 2 ]0; [. On considère la suite complexe (zn ) dé…nie par z0 = ei et

zn + jzn j
zn+1 =
2
Yn
(a) Exprimer zn sous forme d’un produit. Rép. zn = ei 2n cos 2k
k=1
(b) Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2nsin 2n
k=1

sin
(c) Déterminer lim+1 zn Rép. zn !
73. Donner l’expression du terme général de la suite (un ) dé…nie par :

u0 = 0 et u1 = 1 + 4i
8n 2 N un+2 = (3 2i) un+1 (5 5i) un

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


Limite et continuité

Karl Wieistrass 1815-1897

Table des matières


1 Topologie de R 2

2 Limites 5
2.1 Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Limites et encadrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

3 Continuité 9
3.1 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Continuité sur un intervalle R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.3 Image d’un intervalle par une application continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

4 Comparaison des fonctions 16


4.1 Équivalence et négligeabilité au V (a) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.2 Opérations sur les relations de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

5 Corrigés des exercices 18

Karl Theodor Wilhelm Weierstrass, né le31 octobre 1815 à Ostenfelde, mort le 19 février 1897 à Berlin, était
un mathématicien allemand, Weierstrass étudia la …abilité de l’analyse, dont il propose une dé…nition rigoureuse
de la limite et de la continuité d’une fonction. Le 18 juillet 1872, donne l’exemple d’une fonction continue partout
et dérivable nulle part, appelée aujourd’hui fonction de Weierstrass, qu’il enseignait dans ses cours depuis 1861. Il
causa ainsi une grande surprise dans le monde mathématique : on croyait d’ordinaire qu’une fonction continue en
tout point est nécessairement dérivable sauf peut-être en quelques points.

1
LIMITE ET CONTINUITÉ 2

1 Topologie de R
On considère dans ce chapitre des fonctions dé…nies sur une partie D de R et à valeurs
dans R.

Dé…nition : Soit A un sous-ensemble de R et soit a 2 R. On dit que a est adhérent


à A si
8" > 0 ]a "; a + "[ \ A 6= ;
Dé…nition : On appelle adhérence de A et on note A l’ensemble des points adhérents
à A.

Dé…nition : Soit A un sous-ensemble de R et soit a 2 R. On dit que a est un point


d’accumulation de A si
8" > 0 ]a "; a + "[ \ An fag =
6 ;

Remarque : Le point a est un point d’accumulation de A s’il est adhérent à An fag.

Dé…nition : Soit A un sous-ensemble de R et soit a 2 R. On dit que a est un point


isolé de A si
9" > 0 ]a "; a + "[ \ An fag = ;

Remarque : Le point a est isolé dans A s’il n’est pas un point d’accumumaltion dans
A. On peut dire aussi que a est isolé dans A s’il n’est pas adhérent à An fag.

Exemples :
Les réels 0 et 1 sont adhérents à f 1g []0; 2]. L’adhérence de f 1g []0; 2] est f 1g [
[0; 2].
Les points 0 et 2 sont des points d’accumulations de f 1g []0; 2].
Le point 1 est un point isolé de f 1g []0; 2].
Le réel 0 est o
n adhérent et c’est aussi un point d’accumultaion de l’ensemble A =
( 1)n
n n 2 N . Tous les éléments de A sont isolés.
n
Les valeurs f 1; 1g sont adhérents à f( 1) n 2 Ng
Si A est une partie non vide et majorée de R, alors sup (A) est adhérent à A, c’est aussi
un point d’accumulation de A.

Proposition : Le réel a est adhérent à A si et seulement si il existe une suite (xn ) xn 2


A tel que lim xn = a.

En e¤et, supposons a adhérent à A alors


8n 2 N 9xn 2 A \ ]a 1=n; a + 1=n[
ce qui entraîne
1
8n 2 N jxn aj <
n
et donc lim xn = a.
Réciproquement, supposons l’existence d’une suite (xn ) d’éléments de A tel que lim xn =
a alors
8" > 0 9xn 2 A \ ]a "; a + "[
et donc a est adhérent de A.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LIMITE ET CONTINUITÉ 3

Exercices :
p
1. Soit D = p + q 2 (p; q) 2 Z2 .
p n
(a) Montrer que 8n 2 N 2 1 2 D.
(b) En déduire que tout a 2 R est adhérent de D. On dira que D est dense dans R.
n o
1)n n
2. Déterminer l’adhérence de la partie A = ( n+1 n2N .

Dé…nition : On dira que A est fermé si A = A.

Exemples : L’ensemble R est fermé.


Tout intervalle du type [a; b] est un fermé, en e¤et a xn b ) lim xn 2 [a; b].
Les ensembles N, (resp. Z) sont des parties fermées puisque toutes les suites d’entiers
convergentes sont stationnaires à partir d’un certain rang, donc elles convergent dans
N (resp. Z).
L’ensemble Q n’est pas un fermé. De même l’ensemble RnQ n’est pas un fermé.

Dé…nition : On dira qu’une partie A R est ouverte dans R si RnA est un fermé.

[
Exemples : Les ensembles R; ;; ]0; 1[ sont des ouverts, RnZ = ]n; n + 1[
n2Z

Proposition : La partie A non vide de R est un ouvert si et seulement si :

8x 2 A 9" > 0 ]x "; x + "[ A

En e¤et, suposons que A est un ouvert et x 2 A et que

8" > 0 ]x "; x + "[ * A


1 1
alors pour tout n 2 N il existe xn 2 x n; x + n \ RnA et lim xn = x 2
= RnA ce qui
est contradictoire avec RnA fermé.
Réciproquement, supposons

8x 2 A 9" > 0 ]x "; x + "[ A

et que RnA ne soit pas fermé alors il existerait x 2 A et une suite (xn ) xn 2 RnA tels
que lim xn = x alors
8" > 0 9xn 2 ]x "; x + "[
et donc
]x "; x + "[ * A
et la contradiction.

Dé…nition : Soit A un sous-ensemble de R et soit a 2 R. On dit que A est un


voisinage de a si :
9" > 0 ]a "; a + "[ A
Dé…nition : On dit aussi que a est intérieur à A si A est un voisinage de A (i : e :)

9" > 0 ]a "; a + "[ A

Dé…nition : On appelle intérieur de A et on note A l’ensemble des points intérieurs


à A (i : e :)
A = fa 2 A 9" > 0 ]a "; +"[ Ag

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LIMITE ET CONTINUITÉ 4

Remarque : L’intérieur de A noté A est un ouvert et c’est le plus grand ouvert inclus
dans A.

Exemples :

L’intervalle [0; 1] est un voisinage de 1=2 , de même que ] 1; 1[ :


Tout intervalle ouvert est un voisinage de chacun de ses points. L’ensemble R est un
ouvert (mais pas un intervalle).
L’ensemble A = fag alors A = ; et plus généralement tout ensemble …ni est d’intérieur
vide et même N = ;:

Exercices :
1. Montrer que A est un ouvert si et seulement si A = A:
2. Soit A et B deux parties de R.
(a) Montrer que
z }| { z }| {
A[B (A [ B) et A \ B = (A \ B)
(b) Montrer que
A [ B = A [ B et A \ B A\B
3. Montrer que l’intérieur des sous-ensembles suivants est vide
1
N, Z, Q, RnQ, n2N , x 2 Q x2 < 2
n

Dé…nition : On dira que A est dense dans R pour dire que A R:

8x; y 2 R 9a 2 A x < a < y

Exemples : L’ensemble des décimaux D, Q sont denses dans R.

Exercice : Montrer que A est dense dans R si et seulement si A = R.

Dé…nition : Soit A un sous-ensemble de R.


On dit que A est un voisinage de +1 si : 9a 2 R ]a; +1[ A.
On dit que A est un voisinage de 1 si : 9a 2 R ] 1; a[ A:
On note R = R [ f 1; +1g la droite réelle achevée.

Soit a 2 R on notera V (a) un voisinage de a.

On rappelle les conventions de calcul dans R; +;

8x 2 R x + ( 1) = 1
(+1) + (+1) = +1
( 1) + ( 1) = 1
0 ( 1) = 0
jxj
8x 2 R x ( 1) = " (x) 1 où " (x) = x
(+1) (+1) = +1
(+1) ( 1) = 1
( 1) ( 1) = +1
8x 2 R x 1 = 0

et que les résultats des opérations (+1) + ( 1) et 1 1 sont indéterminés.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LIMITE ET CONTINUITÉ 5

2 Limites
Dans cette partie, f désigne une fonction dé…nie sur une partie D de R et à valeurs
dans R et a désigne un élément de R tel que a 2 D.

2.1 Dé…nitions
Dé…nition : On dit que f admet ` comme limite en a, avec ` 2 R si pour tout voisinage
V (`), il existe un voisinage V (a) tel que f (V (a) \D) V (`), (i.e.) :

8V (`) 9V (a) 8x 2 D x 2 V (a) ) f (x) 2 V (`)

On note le fait que f admet une limite ` en a :

lim f (x) = `
x!a

Proposition : Si f admet ` comme limite en a, avec ` 2 R si l’une des phrases


suivantes est vraie :
1. si ` 2 R et a 2 R alors

8" > 0 9 > 0 8x 2 D 0 < jx aj < ) jf (x) `j < "

2. si ` 2 R et a = +1 alors

8" > 0 9B 2 R 8x 2 D x > B ) jf (x) `j < "

3. si ` 2 R et a = 1 alors

8" > 0 9B 2 R 8x 2 D x < B ) jf (x) `j < "

4. si ` = +1 et a 2 R alors

8A 2 R 9 > 0 8x 2 D jx aj < ) f (x) > A

5. si ` = +1 et a = +1 alors

8A 2 R 9B 2 R 8x 2 D x > B ) f (x) > A

6. si ` = +1 et a = 1 alors

8A 2 R 9B 2 R 8x 2 D x < B ) f (x) > A

7. si ` = 1 et a 2 R alors

8A 2 R 9 > 0 8x 2 D jx aj < ) f (x) < A

8. si ` = 1 et a = +1 alors

8A 2 R 9B 2 R 8x 2 D x < B ) f (x) > A

9. si ` = 1 et a = 1 alors

8A 2 R 9B 2 R 8x 2 D x < B ) f (x) < A

Théorème : Si f admet une limite en a, alors elle est unique.

Dé…nition : On dit que f admet ` pour limite à gauche (resp. à droite) en a (suivant
D) si la restriction de f à ] 1; a[ \ D (resp. à ]a; +1[ \ D) admet ` pour limite en a
et on note
lim+ f (x) = ` resp. lim f (x) = `
x!a x!a

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LIMITE ET CONTINUITÉ 6

p
x2
Exemple : Soit la fonction f (x) = x

lim f (x) = 1 et lim f (x) = 1


x!0+ x!0

alors f n’a pas de limite en 0. On peut traduire ce résultat par la fonction x 7 ! jxj
n’est pas dérivable en 0.
p
Exercice : Étudier la limite au voisinage de 0 de f (x) = x 1 + 1=x2 :

Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur une partie D de R. La fonction f admet
une limite ` en a 2 D si et seulement si elle admet une limite à gauche en a et une
limite à droite en a et
lim+ f (x) = lim f (x) = `
x!a x!a

E(x)
Exercice : La fonction f (x) = x admet-elle une limite en 0 ?

Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur une partie D de R. La fonction f admet
une limite ` en a 2 D si et seulement si pour toute suite (xn )n2N d’éléments de D qui
tend vers a, la suite (f (xn ))n2N converge et a pour limite `.

On utilise fréquemment la contraposée de ce théorème.

Corollaire : S’il existe une suite (xn )n2N d’éléments de D qui tend vers a telle que la
suite (f (xn ))n2N ne converge pas alors f n’a pas de limite en a.

Ou encore,

Corollaire : S’il existe deux suite (xn )n2N et (yn )n2N d’éléments de D qui tend vers a
telle que la suite (f (xn ))n2N et (f (yn ))n2N ne converge pas vers la même valeur alors
f n’a pas de limite en a.

Exemples : La fontion dé…nie sur R par f (x) = sin x n’a pas de limite en +1. En
e¤et, lim+1 sin (n ) = 0 et lim+1 sin (4n + 1) 2 = 1:

Exercices :
1. Soit la fonction f dé…nie sur R par la formule
1
f (t) = sin
t
(a) Montrer que f n’admet pas de limite en zéro.
(b) Montrer que 8 2 [ 1; 1] il existe une suite (tn )n 0 d’éléments de R telle que la suite
(f (tn ))n 0 converge vers .
2. Soit f une application T -périodique de R dans R. Que peut-on dire de f si elle admet une
limite quand t tend vers +1

2.2 Opérations sur les limites


Dans ce paragraphe, f et g sont des fonctions de R vers R et Df et Dg sont leurs
domaines de dé…nition. De plus, on suppose que a est adhérent à Df et Dg , a pouvant
éventuellement être 1, (avec les conventions de calcul dans R; +; )

Propositions : Si f et g admettent respectivement ` et `0 comme limite en a, alors :


1. La fonction f + g admet ` + `0 comme limite en a.

J.Wirth Lycée Blaise Pascal


LIMITE ET CONTINUITÉ 7

2. La fonction f admet ` comme limite en a.


3. La fonction f g admet ``0 comme limite en a.
4. Si ` 6= 0 a fonction 1=f admet 1=` comme limite en a.

On rappelle les formes indéterminées :


0 1 1 0
1 1; 1 0; ; ; 1 ; 0 ; 10
0 1
Il n’y pas contradiction entre la convention dans R; 0 2 R 0 1 = 0 et le rappel du
produit de deux limites 0 1 est une forme indéterminée.

Théorème : Soit f et g deux fonctions telles que f : Df ! R, g : Dg ! R et


a 2 Df . On suppose que f (Df ) Dg . Si limx!a f (x) = b; b 2 Dg et limy!b g (y) = `
alors limx!a g f (x) = limy!b g (y) = `.

1 sin x
Exemple : Étudions la limx!+1 x sin x si l’on pose f (x) = 1=x et g (x) = x

1 sin (f (x))
x sin = = g f (x)
x f (x)
et comme limx!+1 f (x) = 0
1 sin y
lim x sin = lim g f (x) = lim g (y) = lim =1
x!+1 x x!+1 y!0 y!0 y

De même on véri…era que :


ln (x + 1) ln x
lim = lim =1
x!0 x x!1 x 1
Exercice : Trouver les limites suivantes :
p
(a) lim+1 x ln (1 + 1=x) (b) lim+1 x ln (1 + 1= x)
2
(c) lim0+ x E (1=x) (d) lim+1 x (sin (1=x))

Proposition :
lim f (x) = ` () lim jf (x)j = j`j
x!a