Cours de Maths - Blaise Pascal
Cours de Maths - Blaise Pascal
2 Calculs dans R 2
2.1 La somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Le produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Les puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3 Inégalités 8
4 Calculs algébriques 9
4.1 Binome de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Factorisation simpli…cation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3 Résolution d’équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1
CALCULS ÉLÉMENTAIRES 2
1 Ensembles de nombres
L’ensemble des entiers naturels N = f0; 1; 2; 3; g.
L’ensembles des entiers relatifs Z = f ; 3; 2; 1; 0; 1; 2; 3; g.
L’ensemble des entiers de p à q se note fp; ; qg et il a q p + 1 éléments.
L’ensemble des rationnels Q = fp=q où (p; q) 2 Z Z g
L’ensembles des nombres R.
On a : N Z Q R.
L’ensemble des nombres décimaux D = fx 2 Q=9n 2 Z; x 10n 2 Zg.
Par exemple 1=3 2 Q et 1=3 2 = D par contre 1=4 2 D en e¤et 1=4 100 = 25.
x=a 10n
Exercices :
1. Quel temps met la lumière pour nous parvenir du soleil ?
2. Calculer la surface cultivable par individu si l’on distribue les surfaces cultivables sur la terre
équitablement entre tous les êtres humains vivants sur la planète.
3. Contrôler cette a¢ rmation ”En terme de masse, un électron est à une pastèque, ce qu’une
pastèque est au soleil ”.
p
Proposition : Le nombre 2 est un réel non rationnel.
p
Supposons qu’il existe (p; q) 2 Z Z tel que p=q = 2 où la fraction p=q est irréduc-
tible alors p2 = 2 q 2 . On en déduit que p2 est pair et donc p est pair et il existe k 2 Z
tel que p = 2k d’où 4k 2 = 2q 2 et 2k 2 = q 2 et donc q est pair ce qui est en contradiction
avec l’hypothèse p=q est irréductible.
2 Calculs dans R
2.1 La somme
Commutativité : a + b = b + a
Associativité : (a + b) + c = a + (b + c)
Élément neutre : a + 0 = a
Opposé : 8a 2 R 9!b 2 R a + b = 0 et on note b = a
Commentaires :
– L’opposé de 2 est ( 2) = 2 et a n’est pas toujours négatif.
– On note :
a b = a + ( b)
et la soustraction n’existe pas. On ajoute l’opposé.
– On a
(a b) = b a
– Il ne faut pas confondre opposé et inverse.
Dé…nitionP: Soit I un ensemble …ni et (xi )i2I une famille de réels indexés par I.
On note : i2I xi la somme des éléments de la famille (xi )i2I :
Si I = fp; ; qg, on note
Xq
xi
i=p
Exemples :
n
X n
X1 n
X n
X1
xi = xj+1 ou xi = xn j
i=1 j=0 i=1 j=0
Exercice : Calculer
n
X1 n
X1
3
(k + 1) k3
k=0 k=0
et en déduire
n
X1
k2
k=1
Exercices :
P
1. Ecrire avec le signe les expressions suivantes
1 1 1 1
(a) 1 2 + 2 3 + 3 4 + + 2011 2012 .
1 2
(b) n + n + + 1 ; n12 + 2
n2 + + n1
(c) f 1 + n1 + f 1 + n2 + + f (2) :
2. Comparer
Pn Pn Pn 1
Pn 1
Pn Pn 1
(a) k=0 k et k=0 n (c) k=1 k et k=1 n (b) k=1 kxk 1
et k=0 (k + 1) xk
4. Véri…er que
Pn n
k=0 xk (n + 1) X xk 1
=
x 1 x 1
k=1
5. Calculer
P2015 1
P2015 1
(a) i=1 i(i+1) (b) i=1 ln 1 + i
6. Montrer que
n n
!2
X X
3
k = k
k=1 k=1
Remarquons :
X X n
n X n X
X n
xi;j = xij = xij
1 i n i=1 j=1 j=1 i=1
1 j n
Exercices :
1. Montrer !2
n
X n
X X X
xi x2i = xi xj = 2 xi xj
i=1 i=1 i6=j 1 i<j n
Pn
2. Soit (xi )i2f1; ;ng tel que i=1 xi = 1. Calculer
X
xi xj
1 i;j n
2.2 Le produit
Par dé…nition la mutiplication a les propriétés suivantes :
Commutativité : ab = ba
Associativité : (ab) c = a (bc)
Élément neutre : a 1 = a
Distributivité : a (b + c) = ab + ac
Inverse : 8a 6= 0 9!b 2 R ab = 1 et on note b = 1=a
a b = 0 () a = 0 ou b = 0
En e¤et a (0 + 0) = a 0 = a 0 + a 0 d’où a 0 = 0:
La deuxième proposition tient au fait que si a 6= 0 alors a admet un inverse et
et donc b = 0.
Commentaires :
1. Trouver les conditions nécessaires et su¢ santes pour que l’on ait :
a+c a
=
b+c b
2. Montrer que pour tout b 6= 0 et d 6= 0 on a
a c a+c
= =
b d b+d
Pour diviser par 5; par exemple
13 26
= = 2; 6
5 10
Pour multiplier par 11 un nombre entier de deux chi¤res
13 11 = 1 (1 + 3) 3 = 143
29 11 = 2 (2 + 9) 9 = (2 + 1) 19 = 319
Dé…nitionQ: Soit I un ensemble …ni et (xi )i2I une famille de réels indexés par I.
On note : i2I xi le produit des éléments de la famille (xi )i2I :
Si I = fp; ; qg, on note :
Yq
xi
i=p
Exemple :
n
Y
i = n!
i=1
Exercices :
1. Calculer
n
Y 1
1+
i=1
i
2. Montrer Qn
i=0 (2i + 1) (2n + 1)!
Qn = 2
i=1 2i 22n (n!)
3. Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2n sin 2n
k=1
4. Calculer
n
Y 1
1
k2
k=2
5. On note
n n!
=
k k! (n k)!
Montrer
n n n+1
+ =
k k+1 k+1
6. Soit f une fonction numérique non nulle de R dans R telle que
8 (a; b) 2 ]0; +1[ f (a b) = f (a) + f (b)
(a) Montrer que f (1) = 0 et en déduire 8a 2 ]0; +1[ f (1=a) = f (a) :
(b) Montrer que l’on ne peut pas prolonger f en 0.
an = a a a
| {z }
n
8a 2 R ; a0 = 1
n2 n
Exercice : Calculer 2n+1 2n pour tout entier n. De même avec ( 1) ( 1) pour
tout entier n.
Exercices :
2
1. Montrer que pour tout (a; b) 2 (R+ )
r p
p
n p p
n a n
a
n n
ab = a b et = p
n
b b
En déduire p p p
8 (p; q) 2 Z N q
ap = q
a = ap=q
2. Par quoi faut-il multiplier 44 pour obtenir 88 ?
3. Existe-t-il des entiers n tels 28 + 211 + 2n soit un carré parfait ?
4. Comparer les entiers 52004 et 32004 + 42004 .
ax = ex ln a
p p
2 2 ln 2
Exemples : 2 =e ' 2: 665 144 143
Exercice : Montrer qu’il existe deux irrationnels a; b tels que ab soit rationnel.
3 Inégalités
Dé…nition : Comparer deux nombres, c’est étudier le signe de leur di¤ érence.
8z 2 R, x y =) x + z y + z
8a 2 R et a 0; x y =) ax ay
x y et z t =) x + z y + t
Propositions :
Soit deux nombres réels a et b : si ab > 0 alors a et b sont de même signe, si ab < 0
alors a et b sont de signe contraire.
Le signe de ab et de ab sont les mêmes (b 6= 0):
Si 0 < a < b alors
1 1
0 < <
b a
0 < a2 < b2
p p
0 < a< b
p
Si 1 < a alors 1 < a < a < a2 < a3 etc...
p
Si 0 < a < 1 alors 0 < a3 < a2 < a < a < 1.
Exercices :
p
1. Soit x = 0; 99 9. Quel est le 2018ieme chi¤re après la virgule de x?
| {z }
2018
1 Né en Inde, dans une famille de brahmanes pauvre et orthodoxe, il était autodidacte et resta toujours très
autonome. Il publia plusieurs articles dans les journaux mathématiques indiens et tenta alors d’intéresser les ma-
thématiciens européens à son travail par des lettres qu’il leur envoyait. Une lettre de 1913 à Godfrey Harold Hardy
contenait une longue liste de formules et de théorèmes sans démonstration. Hardy considéra tout d’abord cet envoi
inhabituel comme une supercherie, puis – interpellé par l’étrangeté de certains théorèmes – en discuta longuement
avec John Littlewood pour aboutir à la conviction que son auteur était certainement un « homme de génie » . Hardy
lui répondit et invita Ramanujan à venir en Angleterre ; une collaboration fructueuse, en compagnie de Littlewood,
en résulta.
Tourmenté toute sa vie par des problèmes de santé, Ramanujan vit son état empirer en Angleterre ; il retourna en
Inde en 1919 et mourut peu de temps après à Kumbakonam (à 260 km de Madras) à l’âge de 32 ans. Il laissa derrière
lui des livres entiers de résultats non démontrés (appelés Cahiers de Ramanujan) qui continuent d’être étudiés au
début du xxie siècle.
Hardy rapporte l’anecdote suivante : « Je me souviens que j’allais le voir une fois, alors qu’il était malade, à
Putney. J’avais pris un taxi portant le numéro 1729 et je remarquai que ce nombre me semblait peu intéressant,
ajoutant que j’espérais que ce ne fût pas mauvais signe. Non, me répondit-il, c’est un nombre très intéressant : c’est
le plus petit nombre décomposable en somme de deux cubes de deux manières di¤érentes. »
4 Calculs algébriques
4.1 Binome de Newton
En particulier : (n; k) 2 N2 , 0 k n
n n
= =1
0 n
n n
= =n
1 n 1
n n
=
k n k
n n n+1
+ =
k k+1 k+1
Théorème : 8n 2 N et 8 (a; b) 2 R2
n
X
n n k n k
(a + b) = a b
k
k=0
2 3
On retrouve (a + b) = a2 + 2ab + b2 ; (a + b) = a3 + 3a2 b + 3ab2 + b3
Exercices :
Pn n Pn k n
1. Calculer k=0 k = 2n ; k=0 ( 1) k
n Pn n Pn k n
2. Montrer (a + b) = k=0 nk an k bk ; (a b) = k=0 ( 1) k an k k
b :
On rappelle que pour tous réels a; b et c
(a + b) (a b) = a2 b2
2
(a + b + c) = a2 + b2 + c2 + 2ab + 2ac + 2bc
2
3. Calculer sans calculatrice (499999) + 999999:
p p
4. Le nombre 1 + 5 =2 est appelé le nombre d’or. Sachant que le nombre 1 + 5 =2 '
1:618033989 sans calculer, ni calculatrice trouver la valeur de 1=1:618033989 à 10 9 près.
5. Soit a et b deux réels positifs, montrer que
a+b p
ab
2
6. Calculer la somme
1 1 1 1
p +p p +p p + +p p
2+1 3+ 2 4+ 3 2015 + 2016
7. On véri…era que tous les carrés se terminant par 5 se calcul de la manière suivante : 252 = 625
où 6 = 2 (2 + 1) et on colle 25 ce qui donne 625: Par exemple pour 1152 comme 11 12 = 132
on a 1152 = 13225. Démontrer la règle précédente.
k=0
Exercices :
1. Donner une condition nécessaire et su¢ sante sur n entier pour que an + bn soit factorisable
par (a + b) et trouver l’expression
n
X1 k
an + bn = (a + b) ( 1) ak bn 1 k
k=0
2. Factoriser xn 1; xn + 1:
p n p p
3. Montrer que pour tout n entier, il existe un entier m tel que : 2 1 = m m 1:
Exemples :
1. x2 + x = 0 () x (x + 1) = 0 () S = f0; 1g
2. 2x2 + 3x + 1 = 0 () (x + 1) (2x + 1) = 0 () S = f 1; 1=2g
2 p p p p
3. x2 +2x 1 = 0 () (x + 1) 2 = x + 1 2 x + 1 + 2 = 0 () S = 1+ 2; 1 2
n p p o
1+ 13 1 13
4. 3x2 + x 1 = 0; () S = 6 ; 6
Exercices :
1. Simpli…ez et résoudre sans utiliser le discriminant et les formules :
p p p p p
(a) 2 2x2 4x + 2 = 0 (b) x2 + 2 2x + 2 = 0 (c) x2 2x 1+ 2=0
2. Résoudre les équations et inéquations suivantes :
(a) x x1p= 0 (b) x p1
x <1 (c) x + 1
x = 1
(a) x = 2 x2 (b) x + 1 x 0
3. Montrer que pour tout x; y 2 R
x2 xy + y 2 0
4. Déterminer 2 R tel que
x2 + xy + y 2 0
5. Résoudre
x2 y + xy + xy 2 0
6. Résoudre les systèmes suivants :
x + y = 10 x y=5
(a) (b)
xy = 24 xy = 6
x2 y 2 = 1 x2 + y 2 = 1
(c) (d)
2xy = 1 xy + y 2 = 0
+
7. Montrer qu’il n’existe qu’une et une seule valeur de y 2 R tel que pour tout x 2 R
2
y 1
x=
2y
ax + by = c
a0 x + b0 y = c0
a b
det (S) = = ab0 a0 b 6= 0
a0 b0
c b a c
c0 b0 cb0 c0 b a0 c0 ac0 a0 c
x= = 0 et y = =
a b ab a0 b a b ab0 a0 b
a0 b0 a0 b0
Exercices :
1. Montrer que pour tout a; b; c 2 R le système suivant admet une unique solutions
(a 1) x + ay = b
ax + (a + 1) y = c
x cos a + y sin a = 0
x sin a + y cos a = tan a
et en déduire
n
X1
k2
k=1
1
Rép. 6 n (n 1) (2n 1)
P
5. Ecrire avec le signe les expressions suivantes
P2011
(a) 1 1 2 + 2 1 3 + 3 1 4 + + 2011 1 2012 = i=1 1
i(i+1)
1 2
Pn k
Pn
(b) n + n + +1= k=1 n ; n12 + + 2
+ n1 = k=1
n2
k
n2
1 2
Pn
(c) f 1 + n +f 1+ n + + f (2) = k=1 f 1 + nk
6. Comparer
Pn Pn Pn 1 Pn 1 Pn k 1
Pn 1
(a) k=0 k et k=0 n (c) k=1 k et k=1 n (b) k=0 kx et k=1 (k + 1) xk
Pn Pn Pn Pn 1
Rép : (a) k=0 k = (n+1)n
2 et k=0 n = n (n + 1) (b) k=1 kxk 1 = k=0 (k + 1) xk
1
Pn k
Pn Pn xk 1
Rép : x 1 k=0 x k=0 1 = k=1 x 1
9. Calculer
P2015 1
P2015 1 1 1 2015
(a) i=1 i(i+1) = i=1 i i+1 =1 2016 = 2016
P2015 Y2015
1 i+1
(b) i=1 ln 1 + i = ln i = ln 2016
i=1
n n
!2
X X
3
k = k
k=1 k=1
n
!2
X X
xi xj = xi =1
2 i=1
(i;j)2f1; ;ng
14. Montrer Qn Qn Qn
i=0 (2i + 1) 2i (2i + 1) (2n + 1)!
Qn = i=1 Qn i=0 2 = Qn 2
i=1 2i ( i=1 2i) 2n
2 ( i=1 i)
15. Calculer
n
Y 1 n+1
1 =
k2 2n
k=2
a+b
2 p 2
Rép : Si a + b < 0 trivial, sinon p
2
a2 + b2 :
30. Montrer que pour tout réel a on a :
4a
2
a2 +1
Rép : 0 a2 2a + 1
Pn n Pn n n Pn k n n
31. Calculer k=0 k = 2n Rép : k=0 k = (1 + 1) ; k=0 ( 1) k = (1 1) :
2
32. Calculer sans calculatrice (499999) + 999999: Rép : 250 000 000 000
p p
33. Le nombre 1 + 5 =2 est appelé le nombre d’or. Sachant que le nombre 1 + 5 =2 '
1:618033989 sans calculer, ni calculatrice trouver la valeur de 1=1:618033989 à 10 9 près.
Rép : 0; 618033989
34. Calculer la somme
1 1 1 1
p +p p +p p + +p p
2+1 3+ 2 4+ 3 2015 + 2016
p
Rép : 2016 1
35. On véri…era que tous les carrés se terminant par 5 se calcul de la manière suivante : 252 = 625
où 6 = 2 (2 + 1) et on colle 25 ce qui donne 625: Par exemple pour 1152 comme 11 12 = 132
on a 1152 = 13225. Démontrer la règle précédente.
2
Rép : (b 10 + 5) = b (b + 1) 100 + 25:
36. Donner une condition nécesssaire et su¢ sante sur n pour que an + bn soit factorisable par
(a + b) et trouver l’expression
n
X1 k
an + bn = (a + b) ( 1) ak bn 1 k
k=0
Rép : n = 2p + 1 et ...
Pn 1 k
37. Factoriser xn 1; xn + 1:Rép : xn 1 = (x 1) k=0 ( 1) xk et pour n = 2p + 1 xn + 1 =
Pn 1
(x + 1) k=0 xk :
p n p p
38. Montrer que pour tout n entier, il existe un entier m tel que : 2 1 = m m 1:
39. Simpli…ez et résoudre sans utiliser le discriminant et les formules :
p p p p p
(a) 2 2x2 4x + 2 = 0 (b) x2 + 2 2x + 2 = 0 (c) x2 2x 1+ 2=0
p p p p
Rép : (a) 1= 2 (b) S = 2 + 2; 2 2 (c) S = 2 1; 1
x2 + xy + y 2 0
Rép. 2 [ 2; 2] :
43. Résoudre
x2 y + xy + xy 2 0
Rép. xy (x + y + 1) 0:
44. Résoudre les systèmes suivants :
x + y = 10 x y=5
(a) (b)
xy = 24 xy = 6
x2 y 2 = 1 x2 + y 2 = 1
(c) (d)
2xy = 1 xy + y 2 = 0
p qp qp
2 1 2 1
Rép : (a) S = f( 6; 4) ; ( 6; 4)g (b) S = f(6; 1) ; ( 1; 6)g (c) S = 1+ 2 2 ; 2
p p p p
(d) S = (1; 0) ; ( 1; 0) ; 2=2; 2=2 ; 2=2; 2=2 :
+
45. Montrer qu’il n’existe qu’une et une seule valeur de y 2 R tel que pour tout x 2 R
y2 1
x=
2y
p
Rép : y = x + x2 + 1:
46. Montrer que pour tout a; b; c 2 R le système suivant admet une unique solutions
(a 1) x + ay = b
ax + (a + 1) y = c
(a 1) a
Rép : det = 1 6= 0
a (a 1)
47. Résoudre pour a 2 ] =2; =2[
x cos a + y sin a = 0
x sin a + y cos a = tan a
n o
sin2 a
Rép : S = cos a ; sin a :
1
ÉLÉMENTS DE LOGIQUE 2
Exemples :
P : « 3 est un naturel » V
Q : « 5 est pair » F
p
R : « 2 est un irrationnel » V
S : « Rome est la capitale de l’Italie » V
Par contre, il existe des énoncés qui ne sont pas des propositions, par exemples :
« Je mens » ?
« Dieu ne joue pas aux dés » ?
« x<3» ?
1.2 Négation
Dé…nition : Soit P est une proposition, la négation de P est une proposition, notée
nonP , qui est vraie si P est fausse et fausse si P est vraie.
P nonP
V F
F V
1.3 Conjonction
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on appelle conjonction de P et de Q ,
notée P et Q, que l’on note aussi P ^ Q , la proposition qui est vraie si P et Q sont
vraies et qui est fausse dans tous les autres cas
P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F
1.4 Disjonction
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on appelle disjonction (inclusive) de P et
de Q, notée P ou Q, que l’on note aussi P _ Q; la proposition qui est fausse si P et Q
sont fausses et qui est vraie dans tous les autres cas
P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
La disjonction désigne, bien entendu le ou inclusif, c’est à dire à dire que l’un n’exclut
pas l’autre : P vraie, Q vraie alors P ou Q est vraie.
On remarquera que dans le langage usuel le ou a divers sens. On a le ou inclusif comme
dans la phrase : « Veste pour la chasse ou la pêche » . Mais on a aussi le ou exclusif
comme dans « Vaincre ou mourir » . On distingue également le ou de synonymie comme
dans « Un nombre est paire ou un nombre est divisible par 2 » .
1.5 Implication
Dé…nition : Soit P et Q deux propositions, on dé…nit P implique Q , la proposition
qui est fausse si P est vraie et Q est fausse et qui est vraie dans tous les autres cas que
l’on note P =) Q
P Q P =) Q
V V V
V F F
F V V
F F V
On dit aussi « Si P alors Q » , « Pour que Q il su¢ t que (de) P » , « Une condition
su¢ sante pour que Q est que P » , « Puisque P donc Q » , « Il su¢ t de P pour que Q
».
Par contre il ne faut pas dire « Pour que Q il faut P » ou « Il faut P pour que Q » .
En e¤et, cela implique la nécessité de P alors que P =) Q ne permet que de conclure
sur la sur la su¢ sance de P. Nous montrerons que P =) Q entraîne la nécessité de Q
pour que P.
Exercices :
1. On considère les propositions suivantes : A : « il pleut » B : « je prends mon parapluie » .
Parmi les assertions suivantes, indiquer celles qui correspondent à A =) B.
(a) S’il pleut alors je prends mon parapluie.
(b) Dés que je prends mon parapluie, il pleut.
(c) Jamais, je ne prends mon parapluie sans qu’il ne pleuve.
(d) Jamais, il ne pleut sans que je prenne mon parapluie.
(e) Il su¢ t que je prenne mon parapluie pour qu’il pleuve.
(f) Il su¢ t qu’il pleuve pour je prenne mon parapluie.
(g) Il faut qu’il pleuve pour que je prenne mon parapluie.
(h) Il faut que j’ai mon parapluie pour qu’il pleuve.
2. Traduire par « si ... et alors ... » .
(a) Il su¢ t que x soit supérieure à 10 pour x2 que soit supérieur à 100.
(b) Il faut que son …ls soit là pour que la mère soit heureuse.
(c) Jamais, il ne vient sans lui apporter un cadeau.
P Q P =) Q Q =) P
V V V V
V F F V
F V V F
F F V V
On prendra soin de distinguer « Un homme riche est aimé » et « Un homme aimé est
riche » .
1.6 Connecteurs
Dé…nition : La négation, la conjonction, disjonction, et l’implication sont des connec-
teurs logiques.
Mis à part la négation ce sont des connecteurs à deux places, dans le sens qu’ils lient
deux propositions. Il est clair que si P et Q sont des propositions alors nonP , P ou Q,
P et Q, P implique Q, sont de nouvelles propositions, que l’on appellera propositions
composées pour les di¤érencier des propositions élémentaires P, Q, etc. On peut ainsi
former des propositions à n places.
Exemple :
La proposition (P ou Q) et R est une proposition à 3 places.
On dira aussi « Si a 6= 0 et > 0 alors ax2 + bx + c = 0 admet deux solutions
distinctes » .
P () Q
(P ou Q) et non (P et Q)
Exemple :
P non (nonP )
V V
F F
On notera
P non (nonP )
Exercice : Montrer que P ^ Q Q ^ P.
(P et Q) (Q et P )
(P ou Q) (Q ou P )
P et (Q et R) (P et Q) et R
P ou (Q ou R) (P ou Q) ou R
P ou (Q et R) (P ou Q) et (P ou R)
P et (Q ou R) (P et Q) ou (P et R)
Exercices :
1. Montrer que
non (P et (nonQ)) (nonP ) ou Q
ce qui permet de traduire « il n’y pas de fumée sans feu » par « il n’y a pas de fumée ou il
y a du feu » ou « il y a du feu ou pas de fumée » .
2. Résoudre dans R2 le système :
x2 y2 = 0
xy = 1
P =) Q (nonP ) ou Q
P =) Q (nonQ) =) (nonP )
Exercices
1. Énoncer les contraposées de :
(a) Si p est impair alors p 2 impair
(b) Si un nombre est multiple de 6, alors il est pair.
2. D’après Lewis Carrol : au cours d’une enquête policière, l’inspecteur a appris que :
(a) Ou bien le malfaiteur est venu en voiture ou bien le témoin a menti.
(b) Si le malfaiteur avait un complice alors il est venu en voiture.
(c) Le malfaiteur n’avait ni complice, ni la clé de l’appartement, ou avait un complice et la
clé de l’appartement.
(d) Le malfaiteur avait la clé de l’appartement.
(e) L’inspecteur doit-il inculper le témoin ?
3. Démontrer le théorème suivant : non (P =) Q) P et (nonQ)
4. Soit les propositions P « attraper le train de 9h 30 » et Q « arriver à la gare avant 10h » .
(a) La proposition Q est-elle nécessaire pour que P soit réalisée ?
(b) Proposition Q est-elle su¢ sante pour que P soit réalisée ?
5. On connaît le théorème « Si une suite réelle est croissante et majorée alors elle est convergente
» . En déduire le théorème « Si une suite est croissante et non convergente alors la suite n’est
pas majorée » .
6. Mettre entre les deux propositions =); (=; () :
(a) x2 = 4 x=2
(b) x2 = 4 et x > 0 x=2
(c) x<2 x2 < 4
(d) 2<x 4 < x2
2.4 Tautologies
Dé…nition : On appelle tautologie, une proposition universellement valide, ou encore
telle que, quel que soit la valeur de vérité des propositions élémentaires qui la composent,
la proposition reste vraie.
Tautologies classiques
Le tiers exclus : P ou (nonP )
La non contradiction : non (P et (nonP ))
Le syllogisme : (P =) Q) et (Q =) R) =) (P =) R)
Exemple : Socrate est un homme et tous les hommes sont mortels donc Socrate est
mortel.
Exercices :
1. Démontrer que les propositions suivantes sont universellement valides :
(a) ((P et nonQ) =) nonP ) =) (P =) Q)
(b) (P =) (Q =) R)) =) ((P =) Q) =) (P =) R))
(c) (nonP =) nonQ) =) ((nonP =) Q) =) P )
Cette dé…nition n’a un sens que si l’on admet que les propositions forment un ensemble,
dans un sens qu’il conviendrait de préciser.
Exemples :
E = N P (x) : x est pair
Q (x) : x + 3 = 7
R (x) : x x + 2
Exemples :
E = N R P (x; y) : xy y
E = R R R P (x; y; z) : x + y = z
E = fdroites de plang : ((x==y) et non (y==z)) =) non (x==z)
3.2 Quanti…cateurs
Dé…nition : Soit P une fonction propositionnelle sur un ensemble E , on note :
9x 2 E P (x)
pour dire qu’il existe au moins un x dans E pour lequel P (x) est vraie. Le quanti…cateur
9 est le quanti…cateur existentiel.
De même, on dé…nit
8x 2 E P (x)
pour dire pour tout x dans E, P (x) est vraie. Le quanti…cateur 8 est le quanti…cateur
universel.
Exemples :
8x 2 R x2 0
(9x 2 E P (x)) et (8y 2 E y 6= x =) nonP (y))
que l’on traduira par « il existe un et un seul élément de E qui véri…e P » et que l’on
note :
9!x 2 E P (x)
On peut, dans le cas des fonctions propositionnelles à plusieurs variables, avoir plusieurs
quanti…cateurs.
Exemples :
8x 2 R 9y 2 R y > x
9y 2 R 8x 2 R y > x
On remarquera sur ces derniers exemples que l’ordre, dans lequel on place les quanti-
…cateurs, change le sens de la proposition, comme dans : « Il y a toujours un médecin
de garde à l’hôpital » , « Il y a un médecin qui est toujours de garde à l’hôpital » . On
en déduira que les quanti…cateurs sont assujettis à des règles d’emploi.
8x 2 E (P (x) ou Q (x))
Exercices :
1. Donner un exemple où la proposition suivante est fausse :
2. Traduire la proposition suivante : Chacun n’est pas sans savoir que tous les exercices de cette
leçon sont di¢ ciles.
3. Nier la proposition précédente.
4. Si tous les hommes étaient heureux, ils ne se feraient pas la guerre et pourtant qu’ils se
fassent la guerre, plaît à certain. Commenter et expliquer.
Exercices :
1. On considère une application f de R ! R écrire :
(a) L’ensemble de dé…nition de f est R.
(b) L’application f est injective de R sur R.
(c) L’application f est surjective de R sur R.
(d) L’application f est bijective de R sur R.
2. On considère la suite numérique (un )n2N , écrire :
(a) La suite (un )n2N est croissante et n’est pas croissante. Comparer avec (un )n2N est dé-
croissante.
(b) La suite (un )n2N est bornée et comparer avec lim+1 un 6= +1.
(c) Donner un exemple de suite qui ne tend pas vers l’in…ni et qui n’est pas bornée.
Suite numérique convergente : On dit qu’une suite numérique (un )n2N est conver-
gente si
9` 2 R 8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j "
et l’on note
lim un = `
n!+1
On dit qu’une suite est divergente si elle n’est pas convergente (i.e.)
8` 2 R 9" > 0 8n0 2 N 9n 2 N n n0 et jun `j > "
n
Montrons que ( 1) est divergente. On remarquera
n n+1 n n+1
( 1) `+` ( 1) =2 j( 1) `j + ` ( 1)
n n+1
On en déduit donc que soit j( 1) `j 1; soit ` ( 1) 1 et donc
n n+1
8` 2 R " = 1=2 8n0 2 N 9n 2 N n n0 et j( 1) `j > 1=2 ou ` ( 1) > 1=2
Exercices :
1. Que peut-on dire d’une fonction qui véri…e : 9y 2 R 8x 2 R f (x) = y ? Comparer avec
8x 2 R 9y 2 R f (x) = y.
2. Traduire 8A > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A:
3. On rappelle que limx!x0 f (x) = ` se traduit par :
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ")
On remarquera que : 8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") =) 8" >
0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") Trouver une fonction qui véri…e
8" > 0 9 > 0 8x 2 Df (0 < jx x0 j =) jf (x) `j ") sans véri…er 8" > 0 9 >
0 8x 2 Df (jx x0 j =) jf (x) `j ") :
Exercices :
1. Écrire que f est décroissante sur un intervalle I. Nier cette proposition et comparer avec une
fonction croissante sur I.
2. Reprendre la dé…nition d’une fonction bornée sur I. En déduire la dé…nition d’un fonction
non bornée sur I.
3. Montrer que toute suite croissante et non bornée tend vers l’in…ni.
4. Nier toutes les dé…nitions de (3:4)
5. Dans cette exercice, nous donnons les prémisses et la conclusion, il s’agit d’examiner cette
conclusion et de dire si elle est correcte (extraits de Symbolic Logic de Lewis Caroll ).
(a) Aucun fossile ne peut être malheureux en amour. Une huître peut être malheureuse
donc les huîtres ne sont pas des fossiles.
(b) Les brouettes sont inconfortables, aucun véhicule inconfortable n’a de succès donc au-
cune brouette n’a de succès.
(c) Aucun professeur n’est ignorant, les gens ignorants sont vains donc aucun professeur
n’est vain.
(P et (P =) Q)) =) Q
Exemple : Toute suite bornée est convergente est faux, il su¢ t de considérer la suite
n
( 1) bornée et non convergente.
4.3 La contraposée
On a souvent à démontrer des théorèmes sous la forme P =) Q. C’est à dire qu’il faut
montrer que la proposition P =) Q est vraie. La méthode directe consiste à véri…er
que si P est vraie alors Q est vraie. On ne véri…e que la ligne où P est vraie puisque si
P est fausse quelle que soit la valeur de vérité de Q, P =) Q est vraie. Par exemple
pour démontrer
n2 impair =) n impair
on montrera plutôt que
n pair =) n2 pair
C’est ce qu’on appelle faire un raisonnement par la contraposée qui repose donc sur
l’équivalence logique .
P =) Q nonQ =) nonP
Exemple : Montrons que l’ensemble des nombres premiers P est in…ni, sachant que tout
nombre est divisible par un nombre premier. Supposons que l’ensemble des nombres
premiers soit …ni. Dans ce cas, il existe n le plus grand nombre premier. Considérons
le nombre 1 2 3 n + 1. Ce nombre n’est divisible par aucun des nombres 2,
3, ... , n puisque le reste de la division sera 1, est donc il est divisible par un nombre
premier qui est plus grand que n. On aboutit à une contradiction. Ici R : 8x 2 P x n,
Exercices :
1. Montrer par un raisonnement direct que l’ensemble des nombres premiers est in…ni.
p p
2. Montrer par un raisonnement par l’absurde que 2 est irrationnel. On supposera que 2 =
p=q où (p; q) 2 N N et p=q irréductible.
4.5 Le syllogisme
On a étudié en préambule le syllogisme d’Aristote, qui s’appuie sur la tautologie :
((P =) Q) et (Q =) R)) =) (P =) R)
On dit aussi, la transitivité de l’implication. Cette notion de transitivité est assez na-
turelle, su¢ samment pour en abuser comme dans le raisonnement suivant : D coupe
D 0 et D 0 coupe D” donc D coupe D”, où D, D 0, D”, sont des droites du plan.
La di¢ culté du syllogisme réside dans la découverte du moyen terme . On comprendra
aussi que ce moyen terme peut, lui même, être obtenu par un syllogisme du genre :
((Q =) S) et (S =) R)) =) (Q =) R) : etc., et la di¢ culté augmente.
4.6 Le dilemme
Le dilemme est encore ce qu’on appelle le raisonnement disjonctif, et repose sur l’emploi
de la tautologie suivante :
(((P et A) =) Q ) et ((P et nonA) =) Q)) =) (P =) Q)
En pratique, on dit que pour démontrer que Q est vraie, on distingue deux cas com-
plémentaires A et nonA. On démontre (P et A) =) Q et (P et nonA) =) Q) sont
vraies et on en déduit P =) Q par modus ponens.
Exemple : Montrons qu’il existe deux nombres rationnels x et y tels que xy soit
rationnel.
p
Considérons le nombre 2 deux cas sont possibles. Si
p
p 2
a= 2
p p
est rationnel alors
p
x = 2 et y = 2 répondent à la question.
p 2
Sinon a = 2 est irrationnel alors
p
p 2
p 2
2 =2
p
p 2 p
et donc x = 2 et y = 2 répondent à la question.
4.7 La récurrence
Les raisonnements par récurrence ne dépendent pas exactement d’une tautologie mais
plus exactement de la théorie axiomatique de l’arithmétique. Dans la liste d’axiomes
de Péano2 , il y a la proposition suivante : Toute partie qui contient 0, et qui, si elle
contient n, contient n + 1, est N tout entier. Dans un raisonnement par récurrence on
se propose en général de démontrer la proposition 8n 2 N P (n). La démonstration se
décompose en trois étapes.
Initialisation : On véri…e P (0) :
Hérédité : On démontre P (n) =) P (n + 1) est vraie.
Conclusion : 8n 2 N P (n) est vraie.
La conclusion est évidemment une conséquence de l’axiome de Péano cité plus haut. Il
su¢ t d’appeler E = fn 2 N P (n)g, on a 0 2 E et si n 2 E alors n + 1 2 E on en déduit
que E = N.
La di¢ culté du raisonnement par récurrence réside dans la démonstration de l’hérédité,
et de ne pas obtenir ce résultat par simple substitution de n par n + 1 dans P (n).
Souvent la proposition à démontrer n’est vraie qu’à partir d’un certain rang n0 , dans
ce cas, on véri…era dans la première partie : P (n0 ).
Pn n(n+1)
Exemple : Montrons le résultat bien connu : P (n) : k=1 k= 2 est vraie pour
tout entier n :
Initialisation : P (1) = 1 = 1(1+1)
Pn 2
Hérédité : Si est P (n) : k=1 k vraie alors
n
X n (n + 1)
P (n + 1) = P (n) + n + 1 = k+n+1= +n+1
2
k=1
n (n + 1) + 2 (n + 1) (n + 1) (n + 2)
= =
2 2
et donc P (n + 1) est vraie.
Conclusion : d’après le principe de récurrence 8n 2 N P (n) est vraie et
n
X n (n + 1)
8n 2 N k=
2
k=1
Les démonstrations par récurrence, bien qu’e¢ caces, sont souvent lourdes. Par exemple
à la démonstration précédente on préférera la démonstration directe. On écrit deux fois
la somme S à calculer :
1+2+ (n 1) + n = S
n + (n 1) + +2+1=S
1 Athalie Tragédie en cinq actes de Jean Racine (1691). Acharnée à se maintenir sur le trône de Jérusalem,
l’impitoyable Athalie a fait assassiner ses propres petits-…ls. Au lieu de la religion juive, elle pratique à pré-sent le
culte sacrilège du dieu phénicien Baal. Retranché dans le Temple, le grand prêtre Joad s’apprête à couronner roi des
Juifs le seul survivant de la famille royale, Joas, un enfant. Troublée par un rêve prémoni-toire (« C’était pendant
l’horreur d’une profonde nuit» ), qui annonce sa …n, elle exige qu’on lui livre l’enfant. Après avoir conquis le Temple,
Athalie reconnaît en Joas son petit-…ls, le descendant de David, auquel les Juifs aussitôt se rallient. Abandonnée,
Athalie trouve hors du Temple une mort terri…ante.
2 Peano (Giuseppe) Mathématicien et logicien italien (Spinetta, près de Cuneo, 1858 Turin, 1932).
Ce qui nous permet de constater que les sommes des termes équidistants des extrêmes
est constante, et vaut n + 1. Il y a n termes et donc
2S = n (n + 1)
Cette démonstration serait due à Gauss3 encore à l’école primaire.
n
On retrouve ce problème dans les nombres de Fermat de la forme Fn = 2(2 ) + 1 où
n est un entier. Les premiers nombres de Fermat dont les valeurs sont 3; 5; 17; 257et
65537, sont premiers mais, F5 = 4294967297 est divisible par 641 (Euler ).
Surtout, réside dans la démonstration de P (n) ) P (n + 1) :
Il faut trouver le moyen de passer du rang n au rang n + 1 et ne pas faire une simple
substitution de n par n + 1 dans P (n) : Mais attention ! la démonstration de P (n) )
P (n + 1) ne dispense pas d’initialiser la récurrence, c’est à dire de véri…er P (n0 ) est
vraie. Par exemple, on démontre que si 10n + 1 est divisible par 9 alors 10n+1 + 1 =
10 (10n ) + 10 10 + 1 = 10 (10n + 1) 9 et par hypothèse de récurrence 10n + 1 étant
divisible par 9, on a 10n+1 + 1 l’est aussi, alors qu’en fait pour aucune valeur de n;
10n + 1 n’est divisible par 9.
Exercices
1. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N
2un = 3n 1
2
P
n
n(n+1) P
n
n(n+1)(2n+1) P
n P
n
2. Montrer par récurrence a) k= 2 , b) k2 = 6 , c) k3 = k :
k=1 k=1 k=1 k=1
P
n
1 xn+1
3. Démontrer par récurrence que pour tout x 2 R f1g ; xk = 1 x
k=0
n
4. La dérivée nieme de f (x) = sin (x) est f (n) (x) = sin x + 2 .
1
5. Calculer la dérivée nieme de f (x) = 1+x
n
6. Pour tout x > 0 et pour tout entier n : (1 + x) 1 + nx:
7. Soit ' : N ! N strictement croissante montrer que pour tout entier n, ' (n) n:
3 Johann Carl Friedrich Gauß, né le 30 avril 1777 à Brunswick et mort le 23 février 1855 à Göttingen, est un
mathématicien, astronome et physicien allemand.
C
B
(D )
H
Riemann6 a donné un modèle d’une géométrie pour laquelle : par un point extérieur à
une droite il ne passe aucune paralléle à cette droite.
Considérons une sphère arbitraire dans l’espace euclidien. On convient d’assimiler tout
couple de points diamétralement opposés sur la sphère comme s’il constituait un et un
seul point dans la géométrie particulière que l’on va décrire. Les grands cercles, (i.e.)
ceux dont le centre est confondu avec celui de la sphère, qui sont des géodésiques sur
la sphère, seront des droites. On constate que :
4 Euclide (en grec Eukleidês). Mathématicien grec (IIIe s. av. J.-C.). On ne sait pratiquement rien de sa personne,
sinon qu’il vécut un peu avant Archimède, dans la ville nouvelle d’Alexandrie.
5 Lobatchevski (Nikolaï Ivanovitch) Mathématicien russe (Nijni Novgorod, 1792 - Kazan, 1856). Étudiant à l’uni-
versité de Kazan, il y devint professeur puis recteur (1827). Ses travaux lui valurent d’être anobli. Il publia quelques
travaux en algèbre et sur les séries trigonométriques, mais son principal titre de gloire est la création de la géométrie
non-euclidienne.
6 Riemann (Georg Friedrich Bernhard) Mathématicien allemand (Brezelenz, Hanovre, 1826 Selasca, Italie, 1866).
En géométrie, il fut le créateur d’une géométrie non euclidienne qui trouva son application dans la théorie de la
relativité générale. Contrairement à celle de Lobatchevski, dans laquelle, par un point, il passe plusieurs parallèles à
une droite donnée, il n’en passe aucune dans celle de Riemann. La somme des angles d’un triangle y est supérieure
à deux angles droits.
(D )
A
j 0 1 2 n
f0 (j) f0 (0) f0 (1) f0 (2) f0 (n)
f1 (j) f1 (0) f1 (1) f1 (2) f1 (n)
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .
f (i) = 5 si fi (i) 6= 5
f (i) = 6 si fi (i) = 5
7 Georg Cantor, mathématicien allemand d’origine russe (Saint-Pétersbourg, 1845 Halle (Allemagne), 1918). En
1872, au cours d’un voyage en Suisse, il fait la connaissance de Dedekind. Ce sera le début d’une longue amitié. La
correspondance presque quotidienne qu’ils ont échangée pendant des années constitue un extraordinaire témoignage
de l’évolution de leurs recherches, en particulier l’élaboration des idées fondamentales de la théorie des ensembles.
Lorsque Cantor mourut en 1918, dans un asile d’aliénés, la valeur de ses travaux était universellement reconnue, et
Hilbert écrira : « Personne ne doit nous chasser du paradis que Cantor a créé pour nous.»
A la fonction f ainsi dé…nie correspond bien la partie décimale d’un nombre compris
entre 0 et 1 et quel que soit j dans N car elle di¤ère de tous les fi au moins sur la
valeur i. Ce qui permet de conclure que ]0; 1] n’est pas en bijection avec N.
Cette démonstration de la non dénombrabilité de ]0; 1] et par extension de R, serait res-
tée sans doute dans l’histoire des mathématiques comme une curiosité si, par ailleurs, le
principe d’autoréférence de la méthode diagonale de Cantor n’avait apporté la contra-
diction au sein même de la théorie des ensembles de Cantor.
En 1902, Russell8 énonça le paradoxe suivant sur l’ensemble de tous les ensembles qui ne
se contiennent pas eux-mêmes en tant qu’élément. Soit S cet ensemble. Si S se contient
lui-même, alors il ne se contient pas en vertu de la dé…nition de S qui est de ne pas
se contenir, donc par réduction à l’absurde S ne se contient pas, mais dans ce cas il se
contient puisque S est l’ensemble de tous les ensembles qui ne se contiennent pas, c’est
à dire un paradoxe. En 1919, Russell en donna une version populaire. Le barbier d’un
certain village rase exactement tous ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Question :
Qui rase le barbier ?
Ces paradoxes sont du même ordre que celui du menteur connu depuis l’antiquité.
L’énoncé est attribué au philosophe crétois Epimenide, VIe siécle A.C. : Tous les Crétois
sont menteurs. On admettra qu’Epimenide est Crétois et entendait par menteur celui
qui ne dit jamais la vérité.
La théorie de Cantor sous sa forme primitive est appelée théorie naïve des ensembles.
Les di¢ cultés viennent du fait que l’on se base sur la notion intuitive de ce qu’est un
ensemble, une collection d’objets. Notre imagination nous amène à considérer des en-
sembles « trop grands » comme l’ensemble de tous les ensembles. Le malaise est profond.
Nous devons nous demander ce qui, dans des méthodes de raisonnement convaincantes
jusque là, a conduit à ces paradoxes. L’unanimité dans la communauté mathématique
sur les causes de ces paradoxes et les remèdes à y apporter, n’a pas encore été atteinte
et il est à craindre qu’elle ne le soit jamais.
1872 - Penrhyndeudraeth, pays de Galles, 1970). Principal créateur, avec Gottlob Frege, de la logique moderne,
Bertrand Russell tenta de l’utiliser pour fonder les mathématiques et chercha à s’en servir comme outil d’analyse
des questions philosophiques portant sur le rôle du langage et du symbolisme, la nature de la signi…cation, les limites
de la connaissance, et le statut ontologique des objets de référence. Par ailleurs, initiateur du mouvement analytique
anglo-saxon, Russell s’engagea dans la lutte pour la libéralisation des mœurs, la coexistence paci…que, et contre
l’utilisation de l’arme atomique.
9 Gödel (Kurt) Logicien américain d’origine autrichienne (Brno, 1906 - Princeton, 1978). Kurt Gödel est né à
Brünn, en Moravie, dans l’ancienne Autriche-Hongrie (actuellement Brno, en république Tchèque). Sa thèse de
doctorat, qu’il soutient en 1930, est une contribution importante au domaine de la logique mathématique. Il y
démontre un théorème, dit « de complétude » . Mais ce sont surtout les deux théorèmes qu’il démontre l’année
suivante, théorèmes dits « d’incomplétude » , qui lui vaudront une notoriété considérable dans la communauté
scienti…que et philosophique internationale. Dans la dernière partie de sa vie, il est surtout préoccupé par des
problèmes d’ordre philosophique, entre autres par le problème du temps chez Kant et dans la théorie de la relativité.
Gödel sou¤rait de dépression chronique et sa santé était très fragile.
(a) x2 = 4 (= x=2
(b) x2 = 4 et x > 0 =) x=2
(c) x<2 (= x2 < 4
(d) 2<x =) 4 < x2
26. Écrire que f est décroissante sur un intervalle I. Nier cette proposition et comparer avec
une fonction décroissante sur I. Rép : 8x; y 2 I; x > y ) f (x) f (y) et la proposition
contraire 9x; y 2 I; x > y et f (x) < f (y) et 6= f décroissante:
27. Reprendre la dé…nition d’une fonction bornée sur I. En déduire la dé…nition d’un fonction
non bornée sur I.
Rép : 8M > 0; 9x 2 I; jf (x)j > M c’est dire que f est non bornée.
28. Montrer que toute suite croissante et non bornée tend vers l’in…ni. Rép : Voir exercice 11.
29. Dans cette exercice, nous donnons les prémisses et la conclusion, il s’agit d’examiner cette
conclusion et de dire si elle est correcte (extraits de Symbolic Logic de Lewis Caroll ).
(a) Aucun fossile ne peut être malheureux en amour. Une huître peut être malheureuse
donc les huîtres ne sont pas des fossiles. Rép : Faux
(b) Les brouettes sont inconfortables, aucun véhicule inconfortable n’a de succès donc au-
cune brouette n’a de succès.
Rép : Vrai
(c) Aucun professeur n’est ignorant, les gens ignorants sont vains donc aucun professeur
n’est vain.
Rép : Faux
30. Montrer par un raisonnement direct que l’ensemble des nombres premiers est in…ni.
Rép : 8M > 0 9n 2 N n M et le nombre n! + 1 est soit premier soit divisible par un
nombre premier m or
8p 2 N f1g p n ) n! + 1 1 [p]
et donc
8M > 0 9m 2 P m M
L’ensemble P est in…ni.
p p
31. Montrer par un raisonnement par l’absurde que 2 est irrationnel. On supposera que 2 =
p=q où (p; q) 2 N N et p=q irréductible. Rép : Voir cours.
32. Montrer que si M appartient à l’intersection de la médiatrice [AB] et de la médiatrice de
[BC] alors M appartient à la médiatrice de [AC]. Qu’obtient-on comme résultat ? Rép :
M A = M B et M B = M C ) M A = M C
33. Dans l’Athalie de Racine, Mathan s’e¤ orce de convaincre la reine de la nécessité de mettre
Joas à mort. Montrer qu’il s’agit d’un raisonnement disjonctif. « A d’illustres parents s’il
doit l’origine, la splendeur de son sort doit hâter sa ruine. Dans le vulgaire obscure si le sort
l’a placé, qu’importe qu’au hasard un sang vil soit versé »
Rép : Que Joas soit issu d’une famille illustre ou inconnue, il doit mourir.
34. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N
2un = 3n 1
P
n+1
1 xn+1 1 xn+2
Rép : xk = 1 x + xn+1 = 1 x
k=0
n
37. La dérivée nieme de f (x) = sin (x) est f (n) (x) = sin x + 2 .
0 n 0 n (n+1)
Rép : f (n+1) (x) = f (n) (x) = sin x + 2 = cos x + 2 = sin x + 2
1 ( 1)n n!
38. Calculer la dérivée nieme de f (x) = 1+x : Rép : f (n) (x) = (1+x)n+1
n
39. Pour tout x > 0 et pour tout entier n : (1 + x) 1 + nx: Rép : Utiliser la formule du
binome de Newton.
40. Soit ' : N ! N strictement croissante montrer que pour tout entier n, ' (n) n: Rép :
Par récurrence.
2 Fonctions continues 10
2.1 Opérations sur les fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Propriétés des fonctions continues sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4 Notion de dérivabilité 15
4.1 Dérivabilité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4.2 Interprétations du nombre dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.3 Fonction dérivable sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
5 Applications 24
5.1 Etude d’une fonction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.2 Un problème d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Le terme de fonction a été introduit par le mathématicien allemand Leibniz Gottfried Wilhelm (1646-1716)
dans un cadre géométrique. Il désigne par ce terme des grandeurs géométriques dépendant d’autres grandeurs
géométriques.
1
FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 2
1 Généralités
1.1 Vocabulaire des fonctions
Dé…nition : On appelle fonction numérique toute relation de E R dans F R telle
que tout élément x de E est en relation avec au plus un élément de y de F: On note :
f : E ! F; x 7! y = f (x)
Remarques :
Écrire " la fonction f (x) ... » est une erreur, f (x) n’est pas une fonction, c’est un
élément de F.
Il se peut que l’ensemble F ne soit pas entièrement atteint par la fonction, autrement dit,
l’ensemble des éléments qui s’écrivent f (x) est inclus dans F, mais n’est pas forcément
égale à F. On dit que f est à valeurs dans F.
Dans l’usage si E = F = R on pourra dé…nir une fonction numérique f par f (x) =
expression(x), par exemple f (x) = x2 :
Dé…nitions : Pour tout x 2 E si l’élement f (x) existe, il est appelé l’image de x par
f et x est appelé un antécédent de y par f:
Dé…nition : L’ensemble des x qui ont une image par f est appelé l’ensemble de
dé…nition et on le note :
Df = fx 2 E; 9y 2 F; y = f (x)g
Par exemple, soit f la relation de R dans R qui à x associe y telle que y 2 = x. Cette
relation n’est pas fonctionnelle puisque pour x = 4; il existe deux éléments y = 2 ou
y = 2, tels que y 2 = 4: Si l’on impose y 0 la relation devient fonctionnelle et dé…nit
la fonction racine carrée.
f : R 7! R, x 7! y tel que y 0 et y 2 = x
et on note p
f : R 7! R, x 7! x
Il est clair que tout x < 0 n’a pas d’image par f puisqu’il n’existe pas y 2 R tel que
y 2 = x et
D f = R+
Dé…nition : Deux fonctions f et g de E ! F sont égales si elles ont même ensemble
de dé…nition D et
8x 2 D f (x) = g (x)
.
Exercices :
q q
x3
1. Soit les eux fonctions suivantes : (a) f : R ! R, x 7! x 1 (b) g : R ! R, x 7! x x x 1 .
(a) Comparer Df et Dg .
(b) Les deuxfonctions sont-elles égales ?
2. Déterminer l’ensemble de dé…nition de la fonction suivante :
x
f : R ! R; x 7! p
x+ 1 x
y2 1
x=
2y
est une fonction.
L’unicité de E (x) vient du fait que la partie Z\ ] 1; x] est non vide et majorée et donc
admet un plus grand élément:
Exercices :
1. Montrer que E : R ! R x 7! E (x) 2 Z tel que E (x) x E (x) + 1 n’est pas une fonction.
2. Montrer que pour tout x 2 R on a :
(a) x 1 < E (x) x (b) E (x + 1) = E (x) + 1
3. Montrer que pour tout n 2 N on a :
p p p
E n + n + 1 = E 4n + 2
8x 2 E 9y 2 F f (x) = y
8y 2 F 9x 2 E y = f (x)
8y 2 F 9!x 2 E y = f (x)
Exercices :
1. La fonction f : R ! R+ x 7! x2 est bijective. Quelle serait sa fonction réciproque ?
2. Soit la fonction dé…nie par :
f :R!R + p
x 7 ! x + x2 + 1
+ 1
Montrer que f est bijective de R sur R et expliciter la fonction f :
8x 2 R x 2 Df =) x 2 Df et f ( x) = f (x)
8x 2 R x 2 Df =) x 2 Df et f ( x) = f (x)
8x 2 R x 2 Df =) x + T 2 Df et f (x + T ) = f (x)
Exercices :
1. Si 0 2 Df et f est impaire que peut-on dire de f (0) ?
2. Que peut-on dire d’une fonction qui est à la fois impaire et paire ?
3. Étudier la parité des fonctions suivantes :
p p x
(a) f (x) = x + 1 1 x; (b) f (x) = jxj+1 ; (c) f (x) = x + x1 ; (d) f (x) = x
x+1
– On dit que f est décroissante sur I (resp. strictement décroissante) si pour tout a et b
de I si a < b alors f (a) f (b) (resp. f (a) > f (b)) (i:e)
– On dit que f est monotone sur I, (resp. strictement monotone), lorsqu’elle est soit
croissante, (resp. strictement croissante), sur I soit, décroissante, (resp. strictement décrois-
sante), sur I.
Exercices :
1. Montrer qu’une fonction strictement monotone sur l’intervalle I Df dans f (I) est bijective.
2. La fonction f (x) = 1=x est strictement décroissante sur ] 1; 0[ ou sur ]0; +1[ et pourtant
1 < 2 et f ( 1) < f (2) :Expliquer.
3. Montrer que la seule fonction strictement croissante de R dans R telle que
f (f (x)) = x
est la fonction f : R ! R x 7! x. (On pourra supposer qu’il existe a tel que f (a) > a et
montrer qu’on aboutit à une contradiction):
1
4. Montrer que si f est bijective croissante sur I un intervalle de R alors f est croissante sur
tout intervalle de f (I).
Cf = fM (x; y) 2 P x 2 Df et f (x) = yg
y = −2 x + 2 y=x
y = −x
y =1
1
y= x −1
2
Exercices :
1. A l’aide de la représentation de la fonction f (x) = x2 représenter les fonctions suivantes :
(a) g (x) = x2 1 (b) h (x) = 1 x2 (c) j (x) = x2 1 .
p
2. A l’aide de la
p représentation de pla fonction f (x) p
= x représenter lespfonctions suivantes :
(a) g (x) = x (b) h (x) = x (c) j (x) = jxj (d) k (x) = jxj.
1
y=
x
y= x
y= x
! !
Propositions : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j :
– La courbe représentative d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe Oy:
– La courbe représentative d’une fonction impaire est symétrique par rapport à l’origine O:
– Si la fonction f est bijective de E sur F la courbe représentative de f 1 est symétrique par
rapport à la droite d’équation y = x.
! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un centre de symétrie de coordonnées O0 (a; b) ;
! !
si dans le repère O0 ; i ; j l’équation de la courbe Cf est Y = g (X) avec g impaire.
2x 1 2x + 2 3 3
y= = =2
x+1 x+1 x+1
alors
3
y 2=
x+1
et si l’on pose y 2 = Y et X = x + 1 alors
3
Y =
X
où g : X 7 ! 2=X est impaire. Le point O0 ( 1; 2) est centre de symétrie.
! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un centre de symétrie de coordonnées O0 (a; b)
si
f (a + x) + f (a x)
8x 2 Df a x 2 Df et =b
2
Exemple : La courbe Cf d’équation y = (x 1) = (x + 1) a pour centre de symétrie
O0 ( 1; 1) : En e¤et
( 1+x) 1 ( 1 x) 1 2+x 2+x
f ( 1 + x) + f ( 1 x) ( 1+x)+1 + ( 1 x)+1 +
x x
= = =1
2 2 2
On a des propriétés analogues pour les courbes qui possèdent un axe de symétrie
! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un axe de symétrie d’équation x = a, si
! !
dans le repère O0 ; i ; j , où O0 (a; b) (pour tout b) l’équation de la courbe Cf est
Y = g (X) avec g paire.
! !
Proposition : Dans le plan P muni d’un repère orthonormé O; i ; j , la courbe
représentative Cf d’une fonction f admet un axes de symétrie d’équation x = a si
8x 2 Df a x 2 Df et f (a + x) = f (a x)
Dé…nitions :
La courbe Cf admet la droite d’équation x = a comme asymptote au voisinage de a
si
lim f (x) = 1
x!a
Dé…nitions :
Exercice
p : Déterminer la branche in…nie au voisinage de +1 de la fonction f (x) =
x + x + 1:
Cf
y=x
p
Représentation de f (x) = x + x+1
f f (x)
(x) =
g g (x)
Une fonction peut s’exprimer en fonction d’opérations di¤érentes, par exemple la fonc-
2
tion f (x) = x x+1 dé…nie sur R peut être considérée comme le quotient de 2 fonc-
g(x)
tions f (x) = h(x) où g (x) = x2 + 1 et h (x) = x; mais aussi comme le produit de
2 fonctions f (x) = i (x) g (x) où i (x) = x1 et en…n, comme somme de 2 fonctions
f (x) = x + x1 = h (x) + i (x)
Exercices :
1. Soit f et g croissantes sur I.
(a) Montrer que f + g est croissante sur I.
(b) Montrer que si f et g sont positives et croissantes sur I alors f g est croissante.
(c) Est-ce nécessaire ?
2
2. Soit f dé…nie par f (x) = 1 x
(a) Montrer que f est croissante sur ]0; +1[ :(On utilisera les opérations sur les fonctions).
(b) Si (un ) est strictement positive et décroissante que peut-on dire de (vn ) dé…nie par
vn = 1 u2n .
Exercices
1. Soit f : R ! R; x 7! x 1=x et h : R ! R; x 7! 1=x. Calculer h f et f h et donner leur
ensemble de dé…nition.
2. Que peut-on dire de f (x) = E (x E (x)) ?
3. Soit f impaire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
4. Soit f paire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
1
5. Soit f dé…nie par f (x) = 1 + x sur ]0; +1[
(a) Montrer que f est strictement décroissante sur ]0; +1[ :
(b) Résoudre f (x) = x sur ]0; +1[ :
(c) Montrer que si f (x) = x () f f (x) = f (x) :
(d) Résoudre dans ]0; +1[
1
x=1+ 1
1+ 1+ 1
1+ 1
1+ 1
x
2 Fonctions continues
Dé…nitions : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I contenant a.
– On dit que f est continue en a si lim f (x) = f (a) ou aussi
x!a
– On dit que f est continue sur I si f est continue pour tout réel a de I.
On notera qu’une fonction, ne peut être continue que là où elle est dé…nie.
Par exemple, la fonction f : x 7! x1 n’est pas continue en 0.
Par contre, la fonction partie entière E : x 7! E (x) ; qui est dé…nie sur R, n’est pas
continue en 1, puisque
lim E (x) = 0 6= lim E (x) = 1
x<1 x>1
x!1 x!1
et donc E (x) n’admet pas de limite en 1. Cette di¤érence entre la limite à droite et la
limite à gauche se caractérise graphiquement par un saut.
1 si x = 0
f : x 7! sin(x)
x si x 6= 0
sin x
Représentation de y = x
Exercices :
1. Etudier la continuité sur R de f : R ! R x 7 ! jxj :
2. Etudier la continuité de la fonction f dé…nie de R dans R par :
1 si x = 0
f : x 7! 1
xE x si x 6= 0
3. Soit f une fonction continue sur I et f (a) 6= 0 pour a 2 I alors montrer qu’il existe un
voisinage de a pour lequel la fonction f n’est pas nulle:
Plus généralement les théorèmes sur les opérations de limites en un point et la dé…nition
d’un fonction continue sur un intervalle permettent d’établir les théorèmes suivants :
Théorème : Soit f et g deux fonctions continues sur un intervalle I alors les fonctions
f + g; f g, sont continues sur I, si de plus g (x) 6= 0 pour tout x 2 I alors f =g est
continue sur I.
Attention, la somme de deux fonctions peut-être continue sans que les deux fonctions
soient continues. Par exemple, on véri…era que les fonctions f : x 7! E (x) + x et
g : x 7! E (x) ne sont pas continues en 1 et pourtant f + g l’est.
2
Exercice : Etudier la continuité de la fonction f : R ! R x 7! x E (x) (x E (x)) :(On
pourra montrer que f est périodique de période 1 et se limiter à l’étude d’une période).
Théorème : Si f est continue sur un intervalle I et (un ) une suite de réels dans I
qui converge vers ` 2 I; alors la suite (f (un )) converge vers f (`).
Dans le cas des suites dé…nies par récurrence du type un+1 = f (un ), si l’on montre que
(un ) converge vers ` et que f est continue sur un intervalle I contenant tous les termes
un et ` alors on a lim un+1 = ` = lim f (un ) = f (`) et on en déduit : ` véri…e
n!+1 n!+1
l’équation f (`) = `.
Théorème : Soit (un ) une suite récurrente qui converge vers ` dé…nie par un+1 =
f (un ) où f est une fonction continue sur un intervalle I contenant tous les un et ` ;
alors
` = f (`)
Exercices :
p q p
p p p
1. Soit la suite (un ) dé…nie par u1 = 2, u2 = 2 + 2, u3 = 2 + 2 + 2, et plus généra-
lement : q
p
un = 2 + + 2:
| {z }
n radicaux
2. Montrer que la suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1; quelle que soit la valeur de u0 , est
divergente.
3. Soit P (x) = x3 211x2 + 2228x 5600:
(a) Véri…er que P (4) = 0. En déduire la factorisation de P (x) :
(b) La suite (un )n2N dé…nie par :
11 65 2228 5600
u0 = ; u1 = et 8n 2 N, un+2 = 211 +
2 11 un+1 un+1 un
Corollaire : L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
Cf
f (b )
y =k
a c2
c1 b
c3
f (a )
Exercices :
1. Montrer que tout polynôme de degré 3 admet au moins une racine réelle. Est-ce vrai pour
les polynômes de degré 2 ? Généraliser.
2. Résoudre analytiquement et trouver une solution approchée de
x3 + x 1=0
3. Soit f une fonction continue de [0; 1] sur [0; 1]. Montrer qu’il existe x 2 [0; 1] tel que f (x) = x.
On remarquera que le réel c n’est pas nécessairement unique dans [a; b]. Par contre, si
l’on ajoute une condition de monotonie à la fonction f , on obtient le théorème suivant :
Théorème : Soit f une fonction continue strictement monotone sur [a; b]. Si f (a)
f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet une unique solution dans l’intervalle [a; b].
Exercice :
Soit la suite de fonction fn (x) = x3 nx 1 où n 2 N.
1. Faire l’étude et représenter dans un même repère les fonctions f0 ; f1 ; f2 :
2. Etudier les variations de fn et montrer qu’il existe une et seule solution positive que l’on
notera un à l’équation
fn (x) = 0
3. Calculer les valeurs approchées de u0 ; u1 ; u2 :
4. Etudier la limite de (un ) lorsque n tend vers l’in…ni.
On rappelle qu’une fonction est bijective de I sur J si, pour tout x 2 I, f (x) 2 J et
pour tout y 2 J; il existe une et un seul x 2 I tel que f (x) = y.
La fonction f étant croissante, pour tout x tel que a x b alors f (a) f (x) f (b)
et donc f (x) 2 [f (a) ; f (b)]. D’autre part, quel que soit y 2 [f (a) ; f (b)] d’après le
théorème des valeurs intermédiaires, il existe c 2 [a; b] tel que f (c) = y et comme f est
strictement croissante cette valeur c est unique.
Par exemple, la fonction sinus, continue, strictement croissante sur [ =2; =2] est
donc bijective de [ =2; =2] sur [f ( =2) ; f ( =2)] = [ 1; 1] et on dé…nit la fonction
réciproque arcsinus que l’on note :
π /2 y = arcsin(x)
Cf −1
y = sin(x)
Cf
−π / 2
π /2
−π / 2
arctan : ] 1; +1[ ! ] =2; =2[ x 7! arctan (x) = y tel que tan (y) = x.
Exercices :
1. Calculer arctan (0) ; arctan (1), etc...Tracer la courbe représentative de la fonction arctan-
gente.
2. Montrer que l’équation x3 24x + 36 = 0 admet 3 racines réelles notées 1 ; 2 et 3; telles
que 1 < 0 < 2 < 3 . Donner une approximation de ces racines à 10 1 près.
3. Dans un vase cylindrique de rayon 4 cm; il y a 3 cm d’eau. On dépose une bille de rayon
r. Quel doit-être le rayon de la bille pour que l’eau recouvre juste la bille ? (On ramènera
la question à la résolution de l’équation x3 24x + 36 = 0 (2)). Interpréter les 2 solutions
2; 3.
ex e x
4. Montrer que la fonction dé…nie par : f (x) = 2 est bijective de R sur R.
x x
e e
5. Montrer que la fonction dé…nie par : g (x) = ex +e x est bijective de R sur ] 1; 1[.
4 Notion de dérivabilité
4.1 Dérivabilité en un point
Dé…nition : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I et a un réel de I. On dira
que f est dérivable en a pour dire qu’il existe l un réel tel que lim f (x)x fa (a) = l. On
x!a
appellera l le nombre dérivé de f en a et on notera :
f (x) f (a)
lim = f 0 (a)
x!a x a
p
Par exemple, la fonction f : x 7! x est dérivable en 1, en e¤et :
p
x 1 1 1
lim = lim p =
x!1 x 1 x!1 x+1 2
mais elle ne l’est pas en 0, car
p
x 1
lim = lim p = +1
x!0 x x!0 x
qui n’est pas …nie.
On écrira aussi, pour tout h tel que a + h 2 I
f (a + h) f (a)
lim = f 0 (a)
h!0 h
f (a+h) f (a)
Si l’on pose " (h) = h f 0 (a), on a
Réciproquement, s’il existe une fonction " avec lim " (h) = 0 et un réel l tels que
h!0
f (a + h) = f (a) + hl + h" (h), on en déduit :
f (a + h) f (a)
lim = l et l = f 0 (a)
h!0 h
Cette caractérisation de la dérivabilité est souvent utilisée et on énonce la proposition
suivante :
Si f est dérivable en a, il existe une fonction ", telle que pour tout réel h tel que
a + h 2 I; f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + h" (h) avec lim " (h) = 0. On en déduit que
h!0
lim f (x) = lim f (a + h) = f (a) et donc que f est continue en a.
x!a h!0
La réciproque est fausse. La fonction f : x 7! jxj est continue sur R donc en particulier
en 0 mais par contre, elle n’est pas dérivable en 0. En e¤et :
jxj jxj
lim = 1 et lim = 1
x>0
x!0
x x<0
x!0
x
f (x) f (0)
le rapport x n’a pas de limite et f n’est pas dérivable en 0:
-5 0 5
y = f ' (a )(x − a )+ f (a )
f (a )
f (a + h )
a a+h
0
0 1 2
A
B
Représentation graphique de
x3 2x + 3
f (x) =
x2 + 1
Ce qui permet de dire, pour h assez petit, l’expression f (a) + hf 0 (a) est une bonne
approximation
p de f (a + h). Par exemple, on a montré ci-dessus que la fonction f : x 7!
1
x est dérivable pour tout réel a > 0 et f 0 (a) = 2p a
. On en déduira
p p
36; 3 = 36 + 0:3 ' f (36) + 0; 3f 0 (36)
' 6; 025
p
La calculatrice donne 36:3 ' 6: 024 9:
On retiendra pour h assez petit :
2
(1 + h) ' 1 + 2h
3
(1 + h) ' 1 + 3h
1
' 1 h
1+h
p 1
1+h ' 1+ h
2
Il conviendra, quand on écrira f (a + h) ' f (a) + hf 0 (a) ; de mesurer
p l’erreur.
Montrons par exemple que, pour tout réel h tel que jhj < 1; on a : 1 + h ' 1 + 12 h à
1 2
2 h près. En e¤et,
p h 2
1 1+ 2 (1 + h)
1+ h 1+h = 1
p
2 1+ 2h + 1+h
h2
= p
4 1 + 12 h + 1 + h
p
Or, si h > 1 alors 1 + 21 h + 1+h> 1
2 et donc
1 p h2
0 1+ h 1+h
2 2
Exercice :
p
1. (a) Quelle est la 2018ieme décimale du nombre où = 0; 99
| {z 9} ?(On pourra
2017 chi¤ res 9
p
remarquer que < a < 1):
(b) Montrer que pour tout réel h 2 [0; 1[ on a :
h2h p h
1 1 h 1
22 2
p
(c) Quelle est la 2019ieme décimale de ?
(d) Quelles sont les 2016 décimales suivantes ?
Exercice : Montrer par récurrence que pour tout entier n 1 on a, pour tout réel x :
cos x 1 0
lim = [cos] (0)
x!0 x
= sin (0) = 0.
d’où,
f g (a + h) = f (a + h) g (a + h)
= f (a) g (a) + h (f 0 (a) g (a) + f (a) g 0 (a))
+h (g (a) "1 (h) + f (a) "2 (h) + hf 0 (a) g 0 (a) + h"1 (h) "2 (h)) .
Si l’on pose
" (h) = g (a) "1 (h) + f (a) "2 (h) + hf 0 (a) g 0 (a) + h"1 (h) "2 (h)
on aura
lim " (h) = 0
h!0
Corolaire : Toute fonction polynôme ou rationnelle est dérivable sur tout intervalle où
elle est dé…nie.
Exercices :
1. (a) Soit P une fonction polynomiale de degré 3. Montrer que pour tous réels a et h
h2 00 h3
P (a + h) = P (a) + hP 0 (a) + P (a) + P (3) (a)
2 6
f : x 7! 1 + x + + xn pour x 6= 1.
1 + 2x + + nxn 1
.
Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur un intervalle I et g une fonction dé…nie
sur un intervalle J tel que pour tout a 2 I; f (a) 2 J, si f est dérivable sur I et g
dérivable sur J alors g f est dérivable sur I et pour tout x 2 I,
0
(g f ) (a) = f 0 (a) g 0 (f (a))
pour tout k; tel que f (a) + k 2 J, il existe une fonction "2 et lim "2 (k) = 0 telle que :
k!0
g(f (a) + k) = g (f (a)) + kg 0 (f (a)) + k"2 (k) donc
Il su¢ t de véri…er que lim "1 (h) g 0 (f (a)) + (f 0 (a) + "1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h)) = 0
h!0
et alors
g (f (a + h)) = g (f (a)) + hf 0 (a) g 0 (f (a)) + h"3 (h)
où "3 (h) = "1 (h) g 0 (f (a)) + (f 0 (a) + "1 (h)) "2 (hf 0 (a) + h"1 (h)) avec lim "3 (h) = 0.
h!0
On peut conclure g f est dérivable en a et pour tout a 2 I
0
(g f ) (a) = f 0 (x) g 0 (f (a))
p
Par exemple, f : x 7! x2 + x + 1 alors f 0 (x) = 2px2x+1 2 +x+1
.
Exercices :
1. Donner le domaine de dérivabilité et calculer les dérivées des fonctions suivantes :
q p p p p
4
(a1 ) x x 1 (a2 ) px12 +1 (a3 ) 11+xx (a4 ) x + x2 + 1 (a5 ) x x2 + 1
2 2
(b1 ) sin (x) (b2 ) sin (sin (x)) (b3 ) sin x (b4 ) cos (sin (x)) (b5 ) ln (cos (x))
2 exp(x) 1 x 1
(c1 ) exp (2x) (c2 ) [exp (x)] (c3 ) exp (1=x) (c4 ) exp(x)+1 (c5 ) exp x+1
2 p p
(d1 ) ln (ln (x)) (d2 ) (ln (x)) (d3 ) ln x2 (d4 ) ln qx + x2 + 1 (d5 ) ln x x2 + 1
(e1 ) e2 ln x (e2 ) ex ln 2 (e3 ) ex ln x (e4 ) ln 11+sin t
sin t
1
2. Soit pour tout x 2 ] 1; +1[ f : x 7! 1+x . Montrer que pour tout entier n 1
n n!
f (n) (x) = ( 1) n+1
(1 + x)
3. On supposera connue l’existence d’une fonction f dérivable sur R telle que pour tout x 2 R
f 0 (x) = f (x) et f (0) = 1.
(a) Montrer que pour tout x 2 R f ( x) f (x) = 1.
(b) En déduire que pour tout x 2 R f (x) 6= 0 et l’unicité de f .
(c) Montrer que pour tous x et y 2 R
– f (x + y) = f (x) f (y)
– f (x y) = ff (x)
(y)
n
– f (nx) = [f (x)] pour tout entier relatif n:
1 0 1
f (y0 ) =
f 0 (f 1 (y0 ))
0 1 1 1
(arcsin (x)) = =q =p
cos (arcsin (x)) 1 2
sin (arcsin (x)) 1 x2
Exercice : Montrer que les fonctions ]0; [ ! ] 1; 1[ x 7! cos (x) et ] =2; =2[ !
] 1; +1[ x 7! tan (x) sont bijectives et que leur fonctions réciproques notées respec-
tivement arccos (x) et arctan (x) sont dérivables et calculer les fonctions dérivées.
On démontrerait de même ;
Les résultats ci-dessus ne sont vrais que sur un intervalle. Soit la fonction
0 si x < 0
f : x 7!
1 si x 0
est dérivable pour tout x 2 R f0g et f 0 (x) = 0 pour tout x 2 ] 1; 0[ [ ]0; +1[,
pourtant la fonction f n’est pas constante sur ] 1; 0[ [ ]0; +1[, mais elle l’est sur
chaque intervalle ] 1; 0[ ou ]0; +1[.
Exercice : Trouver une fonction dérivable strictement croissante dont la dérivée s’an-
nule.
f (x) f (a)
lim 0
x<a
x!a x a
f (x) f (a)
De même, pour tout x 2 [a; a + "[ ;on a : f (x) f (a) 0 et x a 0 et comme
f est dérivable en a,
f (x) f (a)
lim 0
x>a
x!a x a
f (x) f (a) f (x) f (a)
La fonction f étant dérivable en a, lim x a = lim x a et
x<a x>a
x!a x!a
f 0 (a) = 0
Exercice : Parmi ces trois courbes, l’une est la représentation de f , l’autre celle de f 0
et la troisième celle de f ". Déterminer Cf ; Cf 0 et Cf " .
5 Applications
5.1 Etude d’une fonction.
Etude de la fonction f : x 7! x + p x
x2 +1
– Ensemble de dé…nition. (On recherche les valeurs de x qui ont une image par f ).
La fonction f est dé…nie sur x 2 R tel que x2 + 1 > 0 = R.
– Ensemble d’étude. (On recherche des proriétés éventuelles de parité ou de périodicité de f ).
Pour tout x 2 R on a x 2 R et f ( x) = x+ p( x)
= f (x) et on en déduit f
( x)2 +1
est impaire et le domaine d’étude se réduit à [0; +1[.
– Etudes des limites aux bornes
– lim f (x) = lim x + pxx2 +1 lim x = +1
x!+1 x!+1 x!+1
– Etude des branches in…nies
– lim f (x) p 1
x = lim 1 + x2 +1 = 1
x!+1 x!+1
– lim f (x) x = lim p x = lim q 1 =1
x!+1 x!+1 x2 +1 x!+1 1+ x12
– Tableau de variations
x 0 +∞
f ′(x ) +
f +∞
0
– Tracé de la courbe représentative
– On dé…nit un repère et les unités
– On donne un certain nombre de valeurs avec le coe¢ cient de la tangente.
– f (1) = 1 + p12 1; 7 ; f 0 (1) = 1 + 2p
1
2
1; 4
– Contrôle de certaines particularités de Cf
– On remarquera ici, du fait de la parité, que la tangente en O (0; 0) est de part et d’autre
de la courbe. C’est ce qu’on appelle un point d’in‡exion.
– Du fait de la parité, la droite d’équation y = x 1 est asymptote en 1.
y 4
-5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 5
-2
-4
r
x = 2
R
r
2
R
R2 p
3
= 2
r R
2
= 2
3
5; 13rad
293; 94
y2 1
x=
2y
p y2 1
est une fonction. Rép : 8x 2 R 9! y = x + x2 + 1 tel que x = 2y :
4. Montrer que E : R ! R x 7! E (x) 2 Z tel que E (x) x E (x) + 1 n’est pas une fonction.
Rép : Les valeurs entières auraient deux images.
f (f (x)) = x
est la fonction f : R ! R x 7! x. (On pourra supposer qu’il existe a tel que f (a) > a et
montrer qu’on aboutit à une contradiction):
16. Montrer que si f est bijective croissante sur I un intervalle de R alors f 1 est croissante sur
f (I).
Rép : 8x; y 2 f (I) 9!a; b 2 I tels que f (a) = x et f (b) = y si x > y alors a < b
) f (a) f (b) contradiction d’où a b et f 1 (x) = f 1 (f (a)) = a f 1 (f (b)) = b et
f 1 croissante.
17. Déterminer les droites de la …gure et caractériser par un système d’inéquations les points de
la partie hachurée.
(a) Montrer que f est croissante sur ]0; +1[ :(On utilisera les opérations sur les fonctions).
(b) Si (un ) est strictement positive et décroissante que peut-on dire de (vn ) dé…nie par
vn = 1 u2n . Rép : Croissante.
24. Soit f paire et g impaire sur I. Que peut-on dire de la parité de f g ? Rép : Impaire.
25. Montrer que toute fonction f dé…nie sur R peut s’écrire comme somme de deux fonctions,
l’une paire, l’autre impaire.(On pourra considérer les fonctions p (x) = f (x)+f
2
( x)
et i (x) =
f (x) f ( x)
2 ):
26. Soit f : R ! R; x 7! x 1=x et h : R ! R; x 7! 1=x. Calculer h f et f h et donner leur
ensemble de dé…nition.
Rép : h f (x) = x2x 1 et Dh f = R f 1; 0; 1g et f h (x) = 1=x x et Df h = R f0g
27. Que peut-on dire de f (x) = E (x E (x)) ? Rép : f = 0:
28. Soit f impaire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
Rép : g f est impaire
29. Soit f paire sur I et g impaire sur f (I). Que peut-on dire de la parité de g f ?
Rép : g f est paire
1
30. Soit f dé…nie par f (x) = 1 + x sur ]0; +1[
(a) Montrer que f est strictement décroissante sur ]0; +1[ :
(b) Résoudre f (x) = x sur ]0; +1[ :
(c) Montrer que si f (x) = x () f f (x) = f (x) :
(d) Résoudre dans ]0; +1[
1
x=1+ 1
1+ 1+ 1
1+ 1
1+ 1
x
1 si x = 0
f : x 7! 1
xE x si x 6= 0
36. Montrer que la suite dé…nie par un+1 = u2n + 1; quelle que soit la valeur de u0 , est divergente.
Rép : L’équation ` = `2 + 1 n’a pas de solution dans R:
37. Soit P (x) = x3 211x2 + 2228x 5600:
(a) Véri…er que P (4) = 0. En déduire la factorisation de P (x) :
(b) La suite (un )n2N dé…nie par :
11 65 2228 5600
u0 = ; u1 = et 8n 2 N, un+2 = 211 +
2 11 un+1 un+1 un
Montrer que si (un ) est convergente alors sa limite ` 2 f4; 7; 200g :
(c) Montrer par récurrence que si 199 un 200 alors 199 un+1 200:
(d) Montrer que (un ) converge et trouver sa limite.
38. Montrer que tout polynôme de degré 3 admet au moins une racine réelle. Est-ce vrai pour les
polynômes de degré 2 ? Généraliser. Rép : Utiliser le théorème des valeurs intermédiaires.
39. Résoudre analytiquement et trouver une solution approchée de
x3 + x 1=0
Rép : Faire une étude de f (x) = x3 + x 1 et par dichotomie trouver une valeur approchée
de x0 0:7
40. Soit f une fonction continue de [0; 1] sur [0; 1]. Montrer qu’il existe x 2 [0; 1] tel que f (x) = x.
Rép : Appliquer le théorème des valeurs intermédiare à g (x) = f (x) x.
41. Soit la suite de fonction fn (x) = x3 nx 1 où n 2 N.
(a) Faire l’étude et représenter dans un même repère les fonctions f0 ; f1 ; f2 :
(b) Etudier les variations de fn et montrer qu’il existe une et seule solution positive que
l’on notera un à l’équation
fn (x) = 0
(c) Calculer les valeurs approchées de u0 ; u1 ; u2 :
p
(d) Etudier la limite de (un ) lorsque n tend vers l’in…ni. Rép : Remarquer que un n=3:
42. Calculer arctan (0) ; arctan (1), etc...Tracer la courbe représentative de la fonction arctan-
gente.
43. Montrer que l’équation x3 24x + 36 = 0 admet 3 racines réelles notées 1 ; 2 et 3; telles
que 1 < 0 < 2 < 3 . Donner une approximation de ces racines à 10 1 près.
44. Dans un vase cylindrique de rayon 4 cm; il y a 3 cm d’eau. On dépose une bille de rayon r.
Quel doit-être le rayon de la bille pour que l’eau recouvre juste la bille ? (On ramènera la
question à la résolution de l’équation x3 24x + 36 = 0, voir (2)). Rép. Étant donné que
3 < < 4 il n’y a qu’une solution x 3: 8 cm
x x
45. Montrer que la fonction dé…nie par : f (x) = e e
est bijective de R sur R et donner une
1
2 p
expression de la fonction réciproque : Rép : f (x) = ln x + x2 + 1 :
ex e x
46. Montrer que la fonction dé…nie par : g (x) = ex +e x est bijective de R sur ] 1; 1[ donner une
1 1 1+x
expression de la fonction réciproque : Rép : f (x) = 2 ln 1 x :
47. Étudier la continuité et la dérivabilité en 0 de la fonction f dé…nie par :
x sin x1 si x 6= 0
1 si x = 0
Rép : f est continue sur R car lim0 x sin 1=x = 1 mais pas dérivable en 0.
48. Étudier la dérivabilité en 0 de la fonction dé…nie de R dans R par
1
x2 sin x si x 6= 0
f : x 7!
0 si x = 0
A
B
Représentation graphique de
2x + 3x3
f (x) =
+1 x2
p
(a) Quelle est la 2015ieme décimale du nombre où = 0; 99
| {z 9} ?(On pourra
2015 chi¤ res 9
p
remarquer que < a < 1):
h2
h p h
1 1 h 1
2
2 2
p
(c) Quelle est la 2016ieme décimale de ? Rép : 4
(d) Quelles sont les 2014 décimales suivantes ? Rép : 9
51. Montrer par récurrence que pour tout entier n 1 on a, pour tout réel x :
h2 00 h3
P (a + h) = P (a) + hP 0 (a) + P (a) + P (3) (a)
2 6
f : x 7! 1 + x + + xn pour x 6= 1
1 + 2x + + nxn 1
nxn+1 (n+1)xn +1
Rép : (x 1)2
:
(c) Calculer les sommes :
i. 1 + 2 P2 + 3 22 + + 16 215 .
15 k 1
Rép : k=1 k 2 = 15 216 16 215 + 1 = 458 753
p p
ii. 1 + 2 3 + 3 3 + + 20 39 3.
P20 p k 1 p
Rép : k=1 k 3 = 560 966 3 + 531 442:
55. Dans certain manuel, on peut trouver la démonstration suivante :
g (f (x) g (f (a))
lim = g 0 (f (a)) f 0 (a)
x!a x a
Pourquoi cette démonstration n’est pas valable. Rép. Dans un voisinage de a on a pas
forcément f (x) 6= f (a) :
56. Donner le domaine de dérivabilité et calculer les dérivées des fonctions suivantes :
q p p p p
4
(a1 ) x x 1 (a2 ) px12 +1 (a3 ) 11+xx (a4 ) x + x2 + 1 (a5 ) x x2 + 1
(b1 ) sin2 (x) (b2 ) sin (sin (x)) (b3 ) sin x2 (b4 ) cos (sin (x)) (b5 ) ln (cos (x))
2 exp(x) 1 x 1
(c1 ) exp (2x) (c2 ) [exp (x)] (c3 ) exp (1=x) (c4 ) exp(x)+1 (c5 ) exp x+1
2 p p
(d1 ) ln (ln (x)) (d2 ) (ln (x)) (d3 ) ln x2 (d4 ) ln qx + x2 + 1 (d5 ) ln x x2 + 1
2 ln x
(e1 ) e x ln 2
(e2 ) e (e3 ) ex ln x
(e4 ) ln 11+sin t
sin t
1
57. Soit pour tout x 2 ] 1; +1[ f : x 7! 1+x . Montrer que pour tout entier n 1
n n!
f (n) (x) = ( 1) n+1
(1 + x)
58. On supposera connue l’existence d’une fonction f dérivable sur R telle que pour tout x 2 R
f 0 (x) = f (x) et f (0) = 1.
(a) Montrer que pour tout x 2 R f ( x) f (x) = 1. Rép : Dériver f ( x) f (x) et conclure.
(b) En déduire que pour tout x 2 R f (x) 6= 0 et l’unicité de f . Rép : Dériver g (x) =f (x)
et conclure.
(c) Montrer que pour tout x; y 2 R
– f (x + y) = f (x) f (y). Rép : Dériver f (x + y) =f (x) et ...
– f (x y) = ff (x)
(y)
n
– f (nx) = [f (x)] pour tout entier relatif n:
59. Montrer que les fonctions ]0; [ ! ] 1; 1[ x 7! cos (x) et ] =2; =2[ ! ] 1; +1[ x 7!
tan (x) sont bijectives et que leur fonctions réciproques notées respectivement arccos (x) et
arctan (x) sont dérivables et calculer les fonctions dérivées.
60. Trouver une fonction dérivable strictement croissante dont la dérivée s’annule. Rép : f (x) =
x3 :
61. Parmi ces trois courbes, l’une est la représentation de f , l’autre celle de f 0 et la troisième
celle de f ". Déterminer Cf ; Cf 0 et Cf " .
p
62. Soit f la fonction dé…nie sur R par f (x) = 2 x2 + 1 x et C la courbe représentative dans
! !
un plan muni d’un repère orthonormé O; i ; j , où l’unité de longueur est 3 cm.
p
(a) Soit u la fonction dé…nie sur R par u (x) = 2x x2 + 1. Démontrer que pour tout réel
x: p p
1 + x2 x > 0 et 1 + x2 + x > 0.
(b) En déduire que la fonction u est strictement croissante sur R.
u (x)
f 0 (x) = p
1 + x2
2 Intégration 10
2.1 Primitives des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Méthodes d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1
COMPLÉMENTS D’ANALYSE 2
On en déduit :
Propositions :
2
1. 8x 2 R jxj = x2 :
2. 8x 2 R jxj 0.
3. 8x 2 R jxj = 0 () x = 0.
4. 8x 2 R j xj = jxj :
5. 8x 2 R jxj x.
6. 8 (x; y) 2 R2 jxyj = jxj jyj :
1 1
7. 8x 2 R x = jxj :
Exercices
1. Montrer que pour tout réel x; y on a :
1 1
max (x; y) = (x + y + jx yj) et min (x; y) = (x + y jx yj)
2 2
2. Montrer que pour tout réel x; y on a :
jxj + jyj jx + yj + jx yj
jx + yj jxj jyj
+
1 + jx + yj 1 + jxj 1 + jyj
+ ln (x)
8x 2 R loga (x) =
ln (a)
En particulier si a = 10; on appelle logarithme de base 10 ou logarithme décimal et
on note
log = log10
+
Dé…nition : La fonction exponentielle exp : R ! R est la bijection réciproque de
ln : R + ! R.
Propositions :
1. La fonction exp : R !]0; +1[ est continue dérivable et strictement croissante sur R:
2. 8 (x; y) 2 R2 exp (x + y) = exp x exp y:
3. 8 (x; y) 2 R2 exp (x y) = exp x= exp y:
n
4. 8n 2 Q (exp 1) = exp n = en et on note : 8x 2 R exp (x) = ex :
x
5. lim+1 exp (x) = +1 , lim 1 exp (x) = 0 et 8n 2 Q + lim+1 xen = +1:
y = x +1
y = ex
y = x −1
1
y= x
e
y = ln x
y = exp(x )
1. Résoudre dans R
2
(a) (ln x) = 0 (b) ln x2 = 0 (c) ln (ln x) = 0.
p
3. Étudier la parité de la fonction f (x) = ln x2 + 1 + x :
4. Trouver les limites suivantes :
ln(x2 +1) (ln x)2 2
(a) lim x ln x1 (b) lim x (c) lim ln
px
x
(d) lim x (e) lim x (ln (x)) (f) lim x ln 1 + 1
x .
x>0 x!0 x!+1 x!+1 x!+1 x!+1
x!0
1 2
5. Montrer que 8x 0; x 2x ln (1 + x) x:
6. Simpli…er
q p
ex 1 2e3x+1
(a) ex +1 1+e x (b) e2x 1 (c) e2x + 2 + e 2x
7. Résoudre dans R
1
p 2x 1
(a) e3x+1 = e2 (b) ex = ex 1 (c) e x 2 e = 0 (d) 3e2x + 4ex 7 = 0:
8. Trouver les limites suivantes :
1 x
e ep 1 e3x e2x 2
(a) lim x
x
(b) lim x
(c) lim x e1=x 1 (d) lim x (e) lim x e1=x 1 :
x>0 x>0 x!+1 x!0 x!+1
x!0 x!0
y = 1x = 1
sin x
x
cos x
x 0 6 4
p 3
p 2
1 2 3
sin x 0 2
p p2 2 1
3 2 1
cos x 1 2 2 p
2 0
tan x 0 p1 1 3 1
3
Formules de trigonométrie
cos2 a + sin2 a = 1
2 1
1 + tan a =
cos2 a
cos (a + b) = cos a cos b sin a sin b
cos (a b) = cos a cos b + sin a sin b
sin (a + b) = sin a cos b + sin b cos a
sin (a b) = sin a cos b sin b cos a
cos 2a = cos2 a sin2 a = 2 cos2 a 1 = 1 2 sin2 a
sin 2a = 2 sin a cos a
tan a + tan b 2 tan a
tan (a + b) = ; tan 2a =
1 tan a tan b 1 tan2 a
Exercices
1. Calculer sin (7 =12) et en déduire cos ( =12) ; sin (5 =12)
2. Calculer cos ( =8)
3. Montrer que cos (3a) = 4 cos3 (a) 3 cos (a)
4 1 1 3
4. Montrer que sin a = 8 cos 4a 2 cos 2a + 8
5. Montrer les formules suivantes :
a+b a b
sin a + sin b = 2 sin cos
2 2
a+b a b
cos a + cos b = 2 cos cos
2 2
1 tan2 a 2 tan a
cos 2a = ; sin 2a =
1 + tan2 a 1 + tan2 a
2 sin 2a + sin 4a
= tan a
4 cos 2a + cos 4a + 3
Équations trigonométriques
cos x = cos a () x a [2 ]
sin x = sin a () x a [2 ] ou x a [2 ]
tan x = tan a () x a [ ]
3. sin x + sin 3x = 0
4. sin x + sin 2x + sin 3x = 0
p p
5. 3 cos x 3 sin x = 6
p
6. 2 sin x cos x + 3 cos 2x = 0
2. La fonction arccosinus que l’on note : arccos : [ 1; 1] ! [0; ] est la bijection réciproque
de la restriction de la fonction cos : [0; ] ! [ 1; 1] :
3. La fonction arctangente que l’on note : arctan : ] 1; +1[ ! ] =2; =2[ est la bijection
réciproque de la restriction de la fonction tan : ] =2; =2[ ! ] 1; +1[ :
p
Exemples : arcsin 3=2 = =3, arcsin sin 23 = 3:
sin x
π /2
y = arccos x y = arctan x
π /2
−π /2 −π /2
π /2
π
−π /2
cos x
−π /2
Exercices :
1. Calculer
2016
arcsin sin
5
2. Tracer la courbe représentative de la fonction f : R ! R x 7! arcsin (sin x).
Exercices :
1. Montrer que pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x + arccos x = =2:
2. Résoudre pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x arccos x = =6:
Propositions :
1. La fonction arcsin est dé…nie sur [ 1; 1], est continue sur [ 1; 1] et dérivable sur ] 1; 1[ ;
elle est impaire, strictement croissante sur [ 1; 1] et
1
8x 2 ] 1; 1[ arcsin0 (x) = p
1 x2
2. La fonction arccos est dé…nie sur [ 1; 1], est continue sur [ 1; 1] et dérivable sur ] 1; 1[ ;
elle est paire, strictement décroissante sur [ 1; 1] et
1
8x 2 ] 1; 1[ arccos0 (x) = p
1 x2
3. La fonction arctan est dé…nie sur R, est continue et dérivable sur R ; elle est impaire,
strictement croissante sur R et
1
8x 2 R arctan0 (x) =
1 + x2
Exercices
1. Simpli…er les expressions suivantes :
(a) cos (2 arccos x) ; (b) sin (2 arccos x) ; (c) tan (2 arcsin x)
x
2. Simpli…er arcsin p1+x2
:
q
1+cos x
3. Étudier f : x 7 ! arccos 2
ex + e x
ch (x) =
2
ex e x
sh (x) =
2
sh x ex e x
e2x 1
th (x) = = x x
=
ch x e +e e2x + 1
y = cosh (x )
y = tanh (x )
ex
y=
2
y = sinh (x )
Propositions :
1. La fonction ch est continue, dérivable sur R et paire et
8x 2 R ch0 (x) = sh x
8x 2 R sh0 (x) = ch x
2 1
8x 2 R th0 (x) = 1 (th x) =
ch2 x
Pour tout x 2 R
ch2 x sh2 x = 1
ch (a + b) = ch a ch b + sh a sh b
sh (a + b) = sh a ch b + ch a sh b
th a + th b
th (a + b) =
1 + th a th b
ch 2a = ch2 a + sh2 b = 2 ch2 a 1 = 1 + 2 sh2 a
sh 2a = 2 sh a ch a
2 th a
th 2a =
1 + th2 a
On remarquera :
ch (ix) = cos x et sh (ix) = i sin x
Exercices
1. Montrer que la fonction sh est bijective de R sur R et que sa fonction réciproque que l’on
appelle argsh est dé…nie par :
p
R ! R x 7 ! ln x + x2 + 1
Calculer sa dérivée.
x2
2. Montrer que pour tout x 2 R+ ; on a sh x x et pour tout x 2 R , ch x 1+ 2 :
3. Soit y 2 2; 2 : On pose x = ln (tan (y=2 + =4)). Montrer que
x y 1
th = tan et ch x =
2 2 cos y
4. Pour n 2 N et x 2 R, simpli…er
n
Y x
Pn (x) = ch
2k
k=1
x
(On pourra calculer Pn (x) sh 2n ):
5. Établir : 8x 2 R,
1
jarctan (sh x)j = arccos
ch x
(On pourra se placer sur R+ et prendre la tan de chaque membre et conclure sur R par des
arguments de parité)
2 Intégration
Si f est une fonction continue sur un segment [a; b], avec a < b, (on verra plus tard que
l’on peut a¢ ner ces hypothèses), on dé…nit l’intégrale de f sur [a ; b] comme étant la
valeur de l’aire algébrique sous la courbe de f entre a et b.
y = f (x )
A C
Cf
R1
Représentation de 2
f (x) dx = A B+C
que l’on note
Z b
f (x) d x
a
On rappelle que dans ce cas, la variable x, appelée variable d’intégration, est dite «
muette » , c’est-à-dire qu’elle peut être remplacée par n’importe quelle autre lettre sans
changer la valeur de l’intégrale.
f (x) d x = 0
a
Z b Z a
f (x) d x = f (x) d x
a b
Théorème - Dé…nition : Soit f une fonction continue sur I alors il existe une fonc-
tion F continue et dérivable sur I telle que F 0 = f sur I et on dit que F est une
primitive de f et pour tout a et b de I
Z b
b
f (x) d x = F (b) F (a) = [F (x)]a
a
d’où Z
u0 (t) F 0 (u (t)) d t = F (u (t)) + k
Pour exploiter cette formule il faut que les dériveés soient continues et on écrit x = u (t)
et d x = u0 (t) d t et ainsi
Z Z
u0 (t) F 0 (u (t)) d t = F 0 (x) d x = F (x) + k
Lors de cette manipulation, on dit qu’on a réalisé le changement de variable dé…ni par
la relation x = u (t) dont la dérivée est continue.
f F
0 n un+1 (t)
u (t) u (t) (n 2 Qn f 1g) n+1 +k
0
u (t)
u(t) ln (ju (t)j) + k
0
u (t) eu(t) eu(t) + k
u0 (t) sin (u (t)) cos (u (t)) + k
u0 (t) cos (u (t)) sin (u (t)) + k
u0 (t)
1+u2 (t) arctan (u (t)) + k
u0 (t)
p arcsin (u (t)) + k
1 u2 (t)
u0 (t)
p argsh (u (t)) + k
1+u2 (t)
Exemples :
1. Calculons Z
cos t sinn t d t
3. Calculons Z
dt
p
t+t
p dpt
On pose u (t) = t d’où 2 t
= u0 (t) d t et
Z Z
dt dt
p = p p
t+t t 1+ t
Z
2u0 (t) d t
= 2 ln (1 + u (t)) + k
1 + u (t)
p
= 2 ln 1 + t +k
Exercices :
1. Déterminer les primitives suivantes :
R 2 R R
(a) R tet d t (b) R lnt t d t (c)R t dlnt t
(d) cos t sin t d t (e) tan t d t (f) cos3 t d t
R et R t
R 2t
(g) 1+e t dt (h) p1+t t (i) eet +1 d t
R R d t2 d
(j) pt+t t3
d p (k) t t2 1
p
2. Montrer Z Z
dt cos t
= dt
cos t 1 sin2 t
et en déduire Z
dt
cos t
Proposition : Soit f une fonction continue sur I; pour tout a b de I, si f > 0 sur
I alors Z b
f (x) d x > 0
a
On en déduit :
Exemples :
1. Par intégration par parties
Z =2 Z =2
=2
x cos (x) d x = [x sin (x)]0 cos (x) d x = =2 1
0 0
2. Soit p; q 2 N on pose Z 1
q
Ip;q = tp (1 t) d t
0
Par intégration par parties, si q > 0
1 Z 1
1 p+1 q q q 1
Ip;q = t (1 t) + tp+1 (1 t) dt
p+1 0 p+1 0
et donc
q q (q 1)
Ip;q = Ip+1;q 1 = Ip+2;q 2
p+1 (p + 1) (p + 2)
q!
= = Ip+q;0
(p + 1) (p + 2) (p + q)
et Z 1 1
tp+q+1 1
Ip+q;0 = tp+q d t = =
0 p+q+1 0 p+q+1
et
p!q!
Ip;q =
(p + q + 1)!
Exercices :
1. Déterminer les primitives ou calculer les intégrales suivantes :
R Re R
(a) ln t d t (b) 1p t ln t d t (c) t sin3 t d t
R1 R 3 R1
(d) 1 ln 1 + t2 d t (e) 1 arctan t d t (f) 0 t arctan t d t
Re R ln 2 R t
(g) 1 tn ln t d t (h) 0 (2t 1) e t d t (i) ln
p dt
t
2. Soit n 2 N on dé…nit Z =2
In = sinn t dt
0
Exemple :
Z p Z p Z
2 2 dt
p 1
dt 1 2 1 dx
= p 2 =p =
0 2 + t2 0 21+ pt 2 0 1 + x2
2
1 t 1
p [arctan x]10 = p où ' (t) = p et f (x) =
2 4 2 2 1 + x2
Exercices :
2. Montrer que
Z =4 Z =4
ln (cos t) d t = ln (cos (t =4)) d t
0 0
En déduire Z =4
ln (1 + tan t) d t
0
+
3. Soit f une fonction continue et impaire sur [ a; a] ou a 2 R , montrer que
Z a
f (t) d t = 0
a
est appellée une équation di¤ érentielle linéaire d’ordre 1 dé…nie sur I en l’incon-
nue y. Une solution de cette équation est une fonction y : I ! R dérivable véri…ant :
Exemples :
1. L’équation (E) : y 0 + 2xy = x est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1 dé…nie sur R.
On véri…era par le calcul que
1 x2
y (x) = + ke où k 2 R
2
sont solutions. On montrera qu’il n’y en a pas d’autre.
2. L’équation (E) : x2 1 y 0 +2xy = 1 n’est pas à proprement parlé une équation di¤érentielle
de premier ordre, car y 0 est multiplié par une fonction de x. Cependant en divisant chaque
terme par x2 1 pour tout x2 6= 1 et on obtient une équation di¤érentielle de premier ordre
sur tout intervalle I Rn f 1; 1g équivalente à (E)
2x 1
y0 + y= 2
x2 1 x 1
y0 = a (x) y + b (x)
Exercice : Trouver une équation di¤érentielle d’ordre 1 dont les fonctions suivantes :
x+k
fk (x) =
1 + x2
sont solutions.
y (x0 ) = y0
Soit alors B une primitive de b (x) eA(x) qui s’annulle en x0 alors B et y (x) eA(x) sont
primitives de la même fonction donc di¤érent d’une constante et comme y (x0 ) eA(x0 ) =
y0 et B (x0 ) = 0 alors
y (x) eA(x) = B (x) + y0
d’où l’unicité de la solution
A(x)
y (x) = (B (x) + y0 ) e
Exemples :
1. Soit a 2 R. Il existe une solution sur R au problème de Cauchy
y0 ay = 0 et y (0) = 1 (1)
et le cacul donne Z
2x 2x 1 2x
y (x) e = xe dx = e (2x + 1) + k
4
d’où les solutions sont
1
y (x) = (2x + 1) + ke2x
4
et la condition y (0) = 1 entraîne k = 5=4.
3. Soit y dé…nie sur R telle que
y 0 + 2xy = x et y (0) = 1
alors a : x 7 ! 2x et b : x 7 ! x et A (x) = x2 et
2 0 2
y (x) ex = xex
et le calcul donne Z
x2 2 1 x2
y (x) e = xex dx = e +k
2
d’où les solutions sont
1 x2
y (x) = + ke
2
et la condition y (0) = 1 entraîne k = 1=2.
Proposition : Si y1 désigne une solution particulière de l’équation (E) alors les solu-
tions de (E) sont de la forme
x 7 ! y1 (x) + y0 (x)
Il su¢ t de véri…er que y1 (x) + y0 (x) est solution de (E) et réciproquement que si y1
et y2 sont solution de (E) alors y1 y2 est solution de l’équation homogène:
En e¤et, soit y une solution de (E0 ), considérons la fonction x 7 ! y (x) eA(x) dérivable
sur I et
0
y (x) eA(x) = y 0 (x) eA(x) + a (x) y (x) eA(x) = eA(x) (y 0 (x) + a (x) y (x)) = 0
Exemples
1. Résolvons sur R l’équation
y 0 + 2xy = 0
R
or 2xdx = x2 d’où
x2
y (x) = ke où k 2 R
2. Résolvons sur R l’équation
(E) : y 0 + sin(x)y = 0
(E) est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1 homogène. Or
Z
sin(x) dx = cos x
ln(x) k
y (x) = ke = où k 2 R
x
La solution générale de (E) sur I = R
ln( x) k
y (x) = ke = où k 2 R
x
Quitte à changer k en k dans le cas où I = R , on peut a¢ rmer, avec plus de légèreté,
que la solution générale de (E) sur I est y(x) = k=x avec k parcourant R.
Protocole :
A(x)
On cherche y de la forme y(x) = (x)e avec x 7! (x) fonction dérivable. Puisque
y 0 (x) + a(x)y(x) = ( 0 (x) a(x) (x))e A(x)
+ a(x) (x)e A(x)
= 0
(x) e A(x)
On obtient y1 est solution de (E) si, et seulement si, 0 (x) = b(x)eA(x) : Par déter-
mination de primitive, ceci permet d’obtenir une fonction , puis une fonction y1 ,
convenables.
Exemples :
1. Reprenons l’exemple de
y 0 + 2xy = x
2
Les solutions de l’équation homogène sont y (x) = ke x et on trouve aisément que la fonction
constante y (x) = 12 est solution évidente d’où les solutions de l’équations entières sont :
x2 1
y (x) = ke +
2
Exercice : Rechercher les solutions de
y 0 + xy = x3
2. Résolvons dans R
2x 1
(E) : y 0 +
y=
1 + x2 1 + x2
(E) est une équation di¤érentielle linéaire d’ordre 1. L’équation homogène associée est
2x
(E0 ) : y 0 + y=0
1 + x2
qui a pour solution
ln(1+x2 ) k
y (x) = ke =
1 + x2
Cherchons une solution particulière de la forme
(x)
y (x) =
1 + x2
où est une fonction C 1 sur R, on a
1 0 2x
y 0 (x) = (x) 2 (x)
1 + x2 (1 + x2 )
que l’on remplce dans (E)
1 0 2x 2x (x) 1
(x) 2 (x) + = ()
1 + x2 (1 + x2 ) 1 + x2 1 + x2 1 + x2
0 1 1 0
(x) 2
= () (x) = 1 et (x) = x + k
1+x 1 + x2
k0 e 1=x
8x 2 ] 1; 0[ où k 0 2 R
y (x) = 1=x
ke 8x 2 ]0; +1[ où k 2 R
et k et k 0 n’ont aucune raison d’être égaux. La question étant de trouver une fonction
dé…nie sur R solution de (E) ; peut-on prolonger y en 0, y devant être C 1 sur R ? On
a, pour tout k 2 R, lim0+ ke 1=x = 0 donc y (0) = 0; mais par contre si k 0 6= 0
lim0 k 0 e 1=x 6= 0 donc k 0 = 0. Soit alors
0 8x 2 ] 1; 0]
yk (x) =
ke 1=x 8x 2 ]0; +1[ où k 0 2 R
Remarquons en 0 que y 0 (0) ; y (0) sont solutions de (E) et de plus la dérivée y 0 est
continue. En e¤et, pour tout x 2 ]0; +1[ y 0 (x) = xk2 e 1=x
k 1=x X2
lim+ e = k lim = 0 = yk0 (0)
x!0 x2 y!+1 eX
(E) : y 00 + ay 0 + by = f (x)
est appelée équation di¤ érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients constants dé…nie
sur I en l’inconnue y. Une solution de cette équation di¤ érentielle est une fonction
y : I ! R deux fois dérivable véri…ant
y(x0 ) = y0 ; y 0 (x0 ) = y1
On admettra
y(x0 ) = y0 ; y 0 (x0 ) = y1
Théorème : Si y1 désigne une solution particulière de l’équation (E) alors les solutions
de (E) sont toutes les fonctions de la forme x 7! y1 (x) + y0 (x) avec y0 solution de
l’équation homogène associée (E0 ).
(E0 ) : y 00 + ay 0 + by = 0
Dé…nition : On appelle équation caractéristique associée à (E0 ) l’équation
r2 + ar + b = 0
Exemple : L’équation caractéristique associée à l’équation y 00 + y = 0 est r2 + 1 = 0:
Théorème :
– Si l’équation caractéristique r2 + ar + b = 0 possède deux racines réelles distinctes et
alors les solutions sur R de (E0 ) sont les fonctions de la forme
x x
y(x) = e + e
avec ; parcourant R.
x
= e (y 00 (x) + ay 0 (x) + by (x)) = 0
et donc y est solution de (E0 ) si et seulement si z est solution de
z 00 (x) + ( ) z 0 (x) = 0
et donc d’après la théorie des équations linéaires du premier ordre
z 0 (x) = ke ( )x
où k 2 R
et si 6=
k ( )x x
z (x) = e + = y (x) e ()
k x x x x k
y (x) = e + e = e + e où = 2R
Si = alors
z 00 (x) = 0 () z 0 (x) = () z (x) = x + = y (x) e x
et donc
x
y (x) = ( x + ) e
Si l’équation caractéristique admet deux solutions complexes conjuguées i!, alors
on montre comme précédemment (dans le cas 6= ) les fonctions solutions de (E0 )
sont
y (x) = ae( +i!)x
+ be( i!)x
=e x
((a + b) cos (!x) + i (a b) sin (!x))
où a; b 2 C et donc si y est une fonction réelle
a+b=
i (a b) =
où ; 2 R et a = 1=2 (i + ) et b = 1=2 ( + i ) soit
x
y (x) = ( cos !x + sin !x) e
Exemples :
avec ; parcourant R. Par analogie avec la précédente équation, on peut aussi présenter la
solution générale sous la forme
y(x) = ch(!x) + sh(!x)
avec ; parcourant R:
2
Par hypothèse + a + b = 0 et 2 + a = 0. En posant C = A=2 la fonction y est
solution de (E).
Exemples :
x 2x 1
y(x) = e + e + ex + xe x
6
2. Déterminons les solutions réelles de l’équation (E) : y 00 + 2y 0 + 2y = cos x + sin x, une
équation di¤érentielle linéaire d’ordre 2 à coe¢ cients constants d’équation caractéristique
r2 + 2r + 2 = 0 de racines complexes 1 i. La solution homogène
x
y(x) = ( cos x + sin x)e
Résolvons (E) : y 00 + y = tan(x), pour tout x 2 ] =2; =2[. La solution homogène est
Si l’on suppose que et sont des fonctions dérivables sur ] =2; =2[ alors
0
y 0 (x) = cos x + 0
sin x sin x + cos x
0 0
Si l’on suppose cos x + sin x = 0 alors
0
y 00 (x) = sin x + 0
cos x cos x sin x
0 0
et si l’on veut y" + y = tan x alors il faut sin x + cos x = tan x: Le système
0
cos x + 0 sin x = 0
0
sin x + 0 cos x = tan x
1 1 + sin x
y (x) = cos x ln sin x cos x + cos x + sin x
2 1 sin x
où ; 2 R.
jxj + jyj jx + yj + jx yj
jx + yj jxj jyj
+
1 + jx + yj 1 + jxj 1 + jyj
X
Rép. On véri…era que X 7 ! 1+X est croissante sur [0; +1[, on en déduit
Cf
p p
2+ 6
18. Calculer sin (7 =12) et en déduire cos ( =12) ; sin (5 =12). Rép : 4 :
pp
19. Calculer cos ( =8) Rép : 21 2 + 2:
20. Montrer que cos (3a) = 4 cos3 (a) 3 cos (a) :
21. Montrer que sin4 a = 81 cos 4a 12 cos 2a + 83 :
22. Montrer les formules suivantes :
a+b a b
sin a + sin b = 2 sin cos
2 2
a+b a b
cos a + cos b = 2 cos cos
2 2
2
1 tan a 2 tan a
cos 2a = ; sin 2a =
1 + tan2 a 1 + tan2 a
2 sin 2a + sin 4a
= tan a
4 cos 2a + cos 4a + 3
25. Montrer que pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x+arccos x = =2 Rép : Prendre le sinus de chaque
membre et sin y = 1 et y 2 [ =2; 3 =2] d’où y = =2.
p
3
26. Résoudre pour tout x 2 [ 1; 1] arcsin x arccos x = =6: Rép : 2 :
27. Simpli…er les expressions suivantes :
p
(a) cos (2 arccos x) Rép : 2x2 1 ; (b) sin (2 arccos x) Rép : 2x 1 x2 ; (c) tan (2 arcsin x)
p
2 p
Rép : 2x1 12x2x et x 6= 2=2
x x
28. Simpli…er arcsin p1+x 2
Rép : On pose x = tan où 2 ] =2; =2[ et arcsin p1+x 2
= =
arctan x:
q
29. Étudier f : x 7 ! arccos 1+cos2
x
Rép : Df = R f ( x) = f (x) et f (x + 2 ) = f (x) d’où
sur [0; ] f (x) = x=2.
30. Montrer arctan 21 + arctan 15 + arctan 18 = 14 . Rép : On a arctan 1=8 arctan 1=5
p
arctan 1=2 < arctan 1= 3 =6 d’où arctan 2 +arctan 5 +arctan 8 < 2 et tan arctan 12 + arctan 15 + arctan 18 =
1 1 1 1
1 d’où le résultat.
31. Montrer 8x 2 R +
arctan x + arctan x1 = 2 Rép : Dériver sur ]0; +1[ :
32. Résoudre arcsin (tan x) = x Rép : S = f0g :
33. Soit n 2 N, calculer arctan (n + 1) arctan n. Étudier la limite de (Sn ) de terme général
n
X 1
Sn = arctan
1 + k + k2
k=0
1
Rép : Sn = arctan (n + 1) et lim+1 Sn = 2 :
34. Montrer que la fonction sh est bijective de R sur R et que sa fonction réciproque que l’on
appelle argsh est dé…nie par :
p
R ! R x 7 ! ln x + x2 + 1
x y 1
th = tan et ch x =
2 2 cos y
x 1 sh(x)
(On pourra calculer Pn (x) sh 2n ) Rép : Pn (x) = 2n sh( 1n x)
2
38. Établir : 8x 2 R,
1
jarctan (sh x)j = arccos
ch x
(On pourra se placer sur R+ et prendre la tan de chaque membre et conclure sur R par des
arguments de parité)
39. Déterminer les primitives suivantes
R 2 2 R 2
(a) R tet d t Rép : 12 et + k (b) R lnt t d t Rép : 21 (ln t) + k
t
(c) R t dln t Rép : ln (jln tj) + k (d)R cos t sin t d t Rép : 14 cos 2t + k
(e) tan t d t Rép : ln jcos tj + k (f) cos3 t d t Rép : 34 sin t + 12 1
sin 3t + k
R et t
R t
p
(g) 1+e 2
t d t Rép : ln (1 + e ) + k (h) t Rép : 1 + t + k
p
2 d
R e2t R 1+t t
p
(i) et +1 d t Rép : et ln (et + 1) + k (j) p d p Rép : 2 arctan t + k
R p t+ t3
(k) tpdt2t 1 Rép : 2 arctan t + t2 1 + k
(c) y 0 + y tan x = sin 2x: Rép. Sur ] =2; =2[, y (x) = k cos x cos 2x 1.
52. Déterminer les solutions, s’il en existe, des problèmes de Cauchy suivants :
1 2
(a) y 0 (x + 1) (y + 1) = 0 . Rép. Sur tout I R; y (x) = e 2 x ex 1 et y (0) = 1
(b) 1 + x2 y 0 (x + 1) y = 2 et y (0) = 1. Rép. Sur tout I R; y (x) = x 1:
53. Résoudre sur R les équations suivantes :
1
(a) x2 y 0 y = 0: Rép. Sur tout I R y (x) = ke x :
(b) y 0 + 2y = x2 . Rép. Sur tout I R; y (x) = ke 2x 12 x + 12 x2 + 41
(c) y 0 + y = 2 sin x. Rép. Sur tout I R; y (x) = sin x cos x + ke x
(d) y 0 + y = x ex + cos x. Rép. Sur tout I R; y (x) = x 1 21 (cos x + sin x) ke x
p
54. Résoudre sur ] 1; 1[, l’équation : 1 x2 y 0 + y = 1: Rép. Sur tout I ] 1; 1[ ; y (x) =
1 + ke arcsin x
55. Résoudre sur R l’équation : x2 y 0 y = 0:Rép. Sur tout I R ; y (x) = ke 1=x :
56. Résoudre sur R les équations suivantes :
(a) xy 0 y = x. Rép. Sur tout I R ; y (x) = x ln jxj + kx pas de recollement possible.
(b) xy 0 + y 1 = 0. Rép. Sur tout I R ; y (x) = 1 + xk et pour k = 0 on a une solution
sur R.
(c) xy 0 2y = x4 . Rép. Sur tout I R ;
( 4
x 2
y (x) = 24 + kx x 0
où k; k 0 2 R
x 0 2
2 + k x x < 0
y 00 + y 0 + y = e3ix
et
8 3i 3ix 8 3
Re e = cos 3x + sin 3x
73 73 73
En conclusion les solutions sont :
1 1p 1p 3 2 8 3
e 2x cos 3x + sin 3x + sin 2x cos 2x + cos 3x + sin 3x
2 2 13 13 73 73
(d) y 00 + y = tan1 x . Rép. y (x) = cos x + sin x sont les solutions de l’équation homogène.
La méthode des variations des constantes donne
0 0
cos x + 0 sin x = 0 (x) = cos x
0 () cos2 x
sin x + 0 cos x = tan1 x 0
(x) = sin x= 1
sin x sin x
et donc (x) = sin (x) + et (x) = ln jtan x=2j + cos x + et les solutions sur tout
intervalle I R fk g sont
(e) y 00 + y = tan2 x. Rép. y (x) = cos x + sin x sont les solutions de l’équation homogène.
La méthode des variations des constantes donne
(
0
cos x + 0 sin x = 0 0 sin3 x (cos2 x 1) sin x sin x
() (x) = cos2x = cos2 x = cos 2 x + sin x
0
sin x + 0 cos x = tan2 x 0 sin2 x 1
(x) = cos x = cos x cos x
d’où
1
(x) = cos x + et (x) = ln jtan (x=2 + =4)j sin x +
cos x
et en…n
y (x) = 1 + sin x ln jtan (x=2 + =4)j + cos x + sin x
2x
e
(f) y 00 +4y 0 +4y = 1+x 2 . Rép. y (x) = ( x + ) e 2x sont solutions de l’équation homogène.
On peut chercher une solution du type y (x) = (x) e 2x où est une fonction deux
fois dérivable, alors
00 1
(x) = 2
x +1
et donc
0
(x) = arctan x +
et
1
ln x2 + 1 + x +
(x) = x arctan x +
2
En conclusion les solutions de l’équation sont
1
y (x) = x arctan x ln x2 + 1 + x + e 2x
2
2 Forme algébrique 4
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1
LE NOMBRES COMPLEXES 2
1 Historique
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576)
Au XVIe siècle, des algébristes italiens ont découvert une méthode pour calculer une
racine d’un polynôme de degré 3 donné sous la forme réduite :
x3 + px + q = 0
Exemple :
x3 + 3x + 2 = 0
Alors, q = 2 et p = 3 donc 4p3 + 27q 2 = 8 27 d’où la solution particulière
q q
3 p 3 p
x= 1+ 2 1 + 2 ' 0:59607:::
x3 6x + 9 = 0
x3 14x 12 = 0
qui …gurait parmi les questions auxquelles Einstein a répondu à l’occasion de l’épreuve
d’algèbre de son baccalauréat en 1896.
1
Exercice : La formule de Cardan appliquée à l’équation
x3 + x 2=0
donne s s
r r
3 1 112 3 1 112
x= 1+ + 1
2 27 2 27
Que faut-il en penser ?
1 Né à Pavie le 24 septembre 1501, il est le …ls illégitime d’un docte mathématicien milanais, Facio Cardano,
jurisconsulte, ami de Léonard de Vinci, et d’une veuve, Chiara Micheri. Extraordinairement précoce et éduqué par
son père[1], il est, dès sa jeunesse, célèbre comme astrologue et mage, avant de donner des preuves de son « esprit
plus que divin » , dans les mathématiques et les sciences naturelles. Il fait des études de médecine à Pavie et à
Padoue, pour être reçu docteur en médecine en 1526.
Il est élu recteur de l’université de Padoue à 25 ans, en août 1525, par ses condisciples. Il devient médecin de
village à Saccolongo pendant cinq ans. Il obtient une chaire de mathématiques à Milan en 1534, où il enseigne la
géométrie et l’astronomie jusqu’en 1539, année où il est en…n agréé par le Collège des médecins de Milan. En 1538
2 Forme algébrique
2.1 Introduction
Dé…nition : On appelle nombre complexe tout élément de la forme a + ib où a et
b sont des réels et i est un nombre imaginaire véri…ant i2 = 1.
p
On notera que la partie imaginaire d’un complexe et un réel. (i.e.) Im 2 3i = 3
et non pas 3i.
Notations :
2.2 Opérations
Dé…nition : Soit deux complexes z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; on dé…nit sur C les
opérations suivantes :
2 2
Exercice : Calculer (1 + i) ; (1 i)
éclate la querelle pour savoir qui a trouvé la solution des équations du troisième degré, entre lui et Tartaglia. Sur
décision du Sénat de Milan, il enseigne la médecine à Milan (1543 à 1544), puis à Pavie (1544-1550), Padoue, Bologne
(1562-1570). Il publie son fameux Ars magna (1545) sur les équations. Il voyage en Écosse (1552), en Angleterre et
en France, montrant un grand talent de médecin, avec cependant de retentissants échecs en médecine ou astrologie.
Il traverse toute sa vie de douloureuses épreuves. Déjà sa mère avait essayé d’avorter de lui, et, jeune, « j’étais
» , dit-il, « battu sans motif par mon père et ma mère » . Il perd sa femme, Lucia Bandarini (épousée en 1532), en
1546. En février 1560, son premier …ls, Giovanni Battista (né en 1534), empoisonne sa femme Brandonia Seroni, et
sa petite-…lle Diaregina meurt. En avril son …ls est exécuté[2]. En juillet 1569 il est cambriolé par son second …ls,
Aldo (né en 1543). En 1570, sur dénonciation de son propre …ls Aldo, l’Inquisition, par la voix du légat ponti…cal,
le cardinal Giovanni Morrone, le fait arrêter à Bologne : accusé d’hérésie, il est condamné à verser 1800 écus d’or, à
passer deux mois en prison, sommé d’abjurer[3]. Il est interdit de conférences. Il est radié de l’Université de Bologne.
En…n le vent tourne au mieux. En 1571, à Rome, il parvient en entrer en faveur auprès du pape Pie V, et obtient
du pape Grégoire XIII une pension. Il est agréé au Collège des médecins de Rome. Il fait graver sur sa maison sa
devise : « Le temps est ma possession et mon champ » . Il meurt le 21 septembre 1576 à Rome. Il est enterré à
Milan dans le tombeau familial.
z=a ib
Propositions :
1. Le complexe z 2 R si et seulement si z = z.
2. Le complexe z 2 iR si et seulement si z = z.
3. Soit un complexe z = a + ib alors
z z = (a + ib) (a ib) = a2 + b2
z (z 0 z") = (z z 0 ) z"
z (z 0 + z") = z z 0 + z z"
Exercices :
1. Calculer in où n est un entier naturel:
p
1 3
2. On pose j = 2 +i 2
(a) Calculer j 2 .
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 :
3. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i.
4. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).
z + z0 = z + z0 ; z= z ; zz 0 = z z0 ; zn = zn
1 1 z z
= ; = (z 0 6= 0)
z0 z0 z0 z0
Exercice : Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que
z = z1 où z = a + ib.
jzj = 0 , z = 0
n
jzz 0 j = jzj jz 0 j et 8n 2 N jz n j = jzj
1 1 n n
si z 6= 0 z = jzj et 8n 2 Z jz j = jzj
0 0 0
jjzj jz jj jz + z j jzj + jz j
Exercices :
1. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
2. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i
3. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme algébrique de z 2 ?
2015
1+i
4. Calculer 1 i
2 Forme algébrique 4
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Le plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Forme trigonométrique 7
3.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Module et argument . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Notation exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1
LE NOMBRES COMPLEXES 2
1 Historique
1.1 Les formules de Cardan (Jérome 1501-1576)
Au XVIe siècle, des algébristes italiens ont découvert une méthode pour calculer une
racine d’un polynôme de degré 3 donné sous la forme réduite :
x3 + px + q = 0
Exemple :
x3 + 3x + 2 = 0
Alors, q = 2 et p = 3 donc 4p3 + 27q 2 = 8 27 d’où la solution particulière
q q
3 p 3 p
x= 1+ 2 1 + 2 ' 0:59607:::
x3 6x + 9 = 0
x3 14x 12 = 0
qui …gurait parmi les questions auxquelles Einstein a répondu à l’occasion de l’épreuve
d’algèbre de son baccalauréat en 1896.
1
Exercice : La formule de Cardan appliquée à l’équation
x3 + x 2=0
donne s s
r r
3 1 112 3 1 112
x= 1+ + 1
2 27 2 27
Que faut-il en penser ?
1 Né à Pavie le 24 septembre 1501, il est le …ls illégitime d’un docte mathématicien milanais, Facio Cardano,
jurisconsulte, ami de Léonard de Vinci, et d’une veuve, Chiara Micheri. Extraordinairement précoce et éduqué par
son père[1], il est, dès sa jeunesse, célèbre comme astrologue et mage, avant de donner des preuves de son « esprit
plus que divin » , dans les mathématiques et les sciences naturelles. Il fait des études de médecine à Pavie et à
Padoue, pour être reçu docteur en médecine en 1526.
Il est élu recteur de l’université de Padoue à 25 ans, en août 1525, par ses condisciples. Il devient médecin de
village à Saccolongo pendant cinq ans. Il obtient une chaire de mathématiques à Milan en 1534, où il enseigne la
géométrie et l’astronomie jusqu’en 1539, année où il est en…n agréé par le Collège des médecins de Milan. En 1538
2 Forme algébrique
2.1 Introduction
Dé…nition : On appelle nombre complexe tout élément de la forme a + ib où a et
b sont des réels et i est un nombre imaginaire véri…ant i2 = 1.
p
On notera que la partie imaginaire d’un complexe et un réel. (i.e.) Im 2 3i = 3
et non pas 3i.
Notations :
2.2 Opérations
Dé…nition : Soit deux complexes z = a + ib et z 0 = a0 + ib0 ; on dé…nit sur C les
opérations suivantes :
2 2
Exercice : Calculer (1 + i) ; (1 i)
éclate la querelle pour savoir qui a trouvé la solution des équations du troisième degré, entre lui et Tartaglia. Sur
décision du Sénat de Milan, il enseigne la médecine à Milan (1543 à 1544), puis à Pavie (1544-1550), Padoue, Bologne
(1562-1570). Il publie son fameux Ars magna (1545) sur les équations. Il voyage en Écosse (1552), en Angleterre et
en France, montrant un grand talent de médecin, avec cependant de retentissants échecs en médecine ou astrologie.
Il traverse toute sa vie de douloureuses épreuves. Déjà sa mère avait essayé d’avorter de lui, et, jeune, « j’étais
» , dit-il, « battu sans motif par mon père et ma mère » . Il perd sa femme, Lucia Bandarini (épousée en 1532), en
1546. En février 1560, son premier …ls, Giovanni Battista (né en 1534), empoisonne sa femme Brandonia Seroni, et
sa petite-…lle Diaregina meurt. En avril son …ls est exécuté[2]. En juillet 1569 il est cambriolé par son second …ls,
Aldo (né en 1543). En 1570, sur dénonciation de son propre …ls Aldo, l’Inquisition, par la voix du légat ponti…cal,
le cardinal Giovanni Morrone, le fait arrêter à Bologne : accusé d’hérésie, il est condamné à verser 1800 écus d’or, à
passer deux mois en prison, sommé d’abjurer[3]. Il est interdit de conférences. Il est radié de l’Université de Bologne.
En…n le vent tourne au mieux. En 1571, à Rome, il parvient en entrer en faveur auprès du pape Pie V, et obtient
du pape Grégoire XIII une pension. Il est agréé au Collège des médecins de Rome. Il fait graver sur sa maison sa
devise : « Le temps est ma possession et mon champ » . Il meurt le 21 septembre 1576 à Rome. Il est enterré à
Milan dans le tombeau familial.
z=a ib
Propositions :
1. Le complexe z 2 R si et seulement si z = z.
2. Le complexe z 2 iR si et seulement si z = z.
3. Soit un complexe z = a + ib alors
z z = (a + ib) (a ib) = a2 + b2
z (z 0 z") = (z z 0 ) z"
z (z 0 + z") = z z 0 + z z"
Exercices :
1. Calculer in où n est un entier naturel:
p
1 3
2. On pose j = 2 +i 2
(a) Calculer j 2 .
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 :
3. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i.
4. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).
z + z0 = z + z0 ; z= z ; zz 0 = z z0 ; zn = zn
1 1 z z
= ; = (z 0 6= 0)
z0 z0 z0 z0
Exercice : Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que
z = z1 où z = a + ib.
jzj = 0 , z = 0
n
jzz 0 j = jzj jz 0 j et 8n 2 N jz n j = jzj
1 1 n n
si z 6= 0 z = jzj et 8n 2 Z jz j = jzj
0 0 0
jjzj jz jj jz + z j jzj + jz j
Exercices :
1. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
2. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i
3. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme algébrique de z 2 ?
2015
1+i
4. Calculer 1 i
On notera que dans le plan complexe z et z sont symétriques par rapport à l’axe des
réels, et la transformation du plan complexe rapporté au repère orthonormé (O; !
u;!
v)
0
qui au point M d’a¢ xe z associe le point M d’a¢ xe z est une symétrie orthogonale
d’axe, l’axe des réel (O; !
u ).
iR y iR y
b b M (z )
r M r OM
v
v OM
R
r
R O u a
r
O u a
−b
M ′(z )
y
M ′′(z + z ′)
M ′(z ′ )
r
v M (z )
O r
u
3 Forme trigonométrique
3.1 Rappels
Dans le plan muni d’un repère orthonormé direct (O; ! u;!v ), soit M (x; y) un point du
!
cercle de centre O et de rayon r = 1, soit une mesure de l’angle ! u ; OM . On dé…nit
les cosinus et sinus de par : cos ( ) = x et sin ( ) = y.
M
v
α
sin(α )
u
O cos(α )
0
On rappelle que est dé…ni à 2 près ou encore que toute valeur [2 ] est une
!
valeur de la mesure de l’angle !
u ; OM .
Coordonnées polaires
!
Le nombre réel est une mesure de l’angle !
u ; OM
r = OM M
r
v
α
O r
u
x = r cos et y = r sin
Proposition : Si M (x; y) est tel que x = r cos et y = r sin avec r > 0, alors (r; )
est un couple de coordonnées polaires de M telles que
p x y
r = x2 + y 2 , cos = et sin =
r r
Soit z = a + ib et z 6= 0, on a :
p
jzj = a2 + b2
arg (z) [2 ] tel que cos ( ) = p a et sin = p b .
a2 +b2 a2 +b2
p
La lecture du graphique ci-dessous montre que j1 + ij = 2, et arg (1 + i) 4 [2 ].
y
1+i
r
v
z = 2
π 4
r x
O u
On notera :
2
jzj = jzj et z z = jzj .
On retiendra : j1j = j 1j = jij = j ij = 1, arg (1) 0 [2 ], arg ( 1) [2 ] ,
3
arg (i) 2 [2 ], arg ( i) 2 [2 ]
p q p
2 2
Exemple : Soit z = 1 + i 3, on a : jzj = ( 1) + 3 = 2 et donc z =
p
1 3
2 2 +i 2 . Si l’on note arg (z) = ; on a :
1 2
cos ( ) = = cos
2 3
et donc
2
[2 ]
3
et p
3
sin ( ) = = sin
2 3
et donc
[2 ] ou [2 ]
3 3
On en déduit
2
[2 ]
3
2 2
On écrira z = 2 cos 3 + i sin 3 .
Exercices :
1. Soit z un complexe non nul de module r et d’argument ;déterminer le module et l’argument
des complexes, z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 ; z 2 .
2. Soit M le point d’a¢ xe z = rei construire les points M d’a¢ xe z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 ; z 2 .
3. Déterminer le module et l’argument de
q q
p p
z = 2+ 2+i 2 2
(On pourra calculer z 2 ).
4. Résoudre l’équation
jz + 1j = jzj + 1
5. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que
z + z = jzj
M ' (z ' ) u
arg(z − z ' )
M (z )
v arg(z ' )
arg(z )
O u
! !
jz z 0 j = M 0 M et arg (z z0) u ; M 0 M [2 ]
2017
Exercice : Ecrire le complexe 1 i sous la forme trigonométrique. En déduire (1 i) .
zC zB BC
=
zC zA AC
zC zB
et arg zC zA arg (zC zB ) arg (zC zA ) [2 ], d’où
zC zB ! !
arg AC; BC [2 ]
zC zA
Conséquences
zC zB
– On a BC = AC si et seulement si zC zA = 1.
zC zB
– Les points A; B; C sont alignés si et seulement si zC zA est un réel:
zC zB zC zB
– On a (AC) ? (BC) si et seulement si zC zA est un imaginaire pure (i.e.) Re zC zA = 0.
Exercices :
zC zB
1. Trouver une condition nécéssaire et su¢ sante sur le complexe zC zA pour que le triangle
ABC soit équilatéral, rectangle en C.
2. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe z; z 2 ; z 3 forment un
triangle rectangle.
3. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe j; z; jz soient alignés.
f0 ( ) = sin + i cos = if ( )
f 0 ( ) = if ( )
soit
f ( ) = Cei
étant donné f (0) = 1 on en déduit f ( ) = ei :
Dé…nition : Pour tout réel , on pose : cos + i sin = ei et pour tout complexe non
nul, il existe un réel r strictement positif et un réel tel que
z = rei
p 1
p
3
p
Par exemple : 1 + i 3 = 2 2 +i 2 = 2ei =3
ou 1 i= 2e i =4
.
Cette notation est extrêmement
p pratique
p dans les calculs: p
i =3
Par exemple, 1 + i 3 (1 i) = 2 2e e i =4 = 2 2ei =12 , et comme d’autre
p p p
part, le calcul algébrique 1 + i 3 (1 i) = 1 + 3 + i 3 1 on en déduit :
p p
1+ 3 3 1
p +i p = ei =12
2 2 2 2
et p p
1+ 3 3 1
cos = p et sin = p
12 2 2 12 2 2
Pour conclusion, le lecteur méditera sur cette formule
1 + ei = 0
”Dieu est grand” ceci n’engage que l’auteur.
Proposition :
0
8 ; 0 2 R ei = ei () 0
[2 ]
8 2 R, ei = 1 et e1 = e i
= ei
1 i3 1 3 3
cos 3 = e + e i3 = (cos + i sin ) + (cos i sin )
2 2
2 cos3 6 cos sin2
= = 4 cos3 3 cos
2
Attention cette formule n’est valable que pour n entier sinon
1=2 p
1 = ei = ei2 = 1=1
Exemple : Les racines troisièmes de 1 sont tous les complexes véri…ant z 3 = 1 = ei0 ,
3
donc jzj = 1 et donc z = ei
jzj = 1
3 0 [2 ]
d’où 3 = 2p et = 2p =3 où p parcourt Z donc trois solutions
2 4
2 0 + 2k ; + 2k ; + 2k
3 3
p p
qui sont 1 = ei0 ; j = e2i =3
et j 2 = e4i =3
où j = 1=2 + i 3=2 et j 2 = 1=2 i 3=2:
Exercice : Résoudre
3 3
z+1 z 1
=0
z 1 z+1
2k
Théorème : Soit n 2 N, pour tout k 2 f0; 1; ;n 1g zk = ei n alors
n
X1 2k
ei n =0
k=0
Mk 1 Mk = k 1 k =j 0 1j
2
Soit z = a + ib et = x + iy alors = z est équivalent au système
x2 y 2 = a
2xy = b
2
Exemple : Résoudre = 1 + i alors
x2 y 2 = 1
2xy = 1
En conclusion 8 0s sp 19
< p =
@ 1 + 2 2 1 A
2 +i
: 2 2 ;
2 2
p
Remarque : Résoudre = 1 + i est équivalent à résoudre = 2ei =4
d’où
p
2ei( 8 +k )
4
k =
ou
p p p p ! p p p p !
p
4 2+ 2 2 2 p
4 2+ 2 2 2
0 = 2 +i , 1 = 2 +i
2 2 2 2
az 2 + bz + c = 0
Les solutions de cette équation sont :
b
z1;2 =
2a
2
où est une racine carrée de = b2 4ac
Exercices
1. Résoudre l’équation
z3 (1 + 2i) z 2 + 3 (1 + i) z 10 (1 + i) = 0
(On utilisera l’existence d’une solution imaginaire pure).
Quelle est la nature du triangle dont les sommets sont les a¢ xes des solutions de l’équation
précédente.
2. Résoudre les équations suivantes pour n 2 N :
n n n n
(a) z n + 1 = 0 ; (b) (z + 1) = (z 1) ; (c) (z + i) = (z i) :
Rép. (a) ei(2k+1) n ; k 2 f0; 1; ; n 1g ; (b) i cot kn ; k 2 f1; ;n 1g ; (c) cot k
n ; k 2 f1; ;n
3. Résoudre dans C, les équations :
(a) z 2 2izp 1 + 2i = 0 (b) z 4 (5 14i) z 2 2 (12 + 5i) = 0
(c) z 3 = 4 2 (1 + i)
7. Soit ! = e2i 5 :
(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 = 0:
(b) On pose alors Z = ! + !1
i. Montrer que l’on a Z 2 + Z 1 = 0:
ii. En déduire les valeurs de cos 25 , cos 4
5 :
2i 7
8. Soit Soit ! = e :
(a) Montrer que 1 + ! + ! 2 + ! 3 + ! 4 + ! 5 + ! 6 = 0:
(b) On pose alors A = ! + ! 2 + ! 4 et B = ! 3 + ! 5 + ! 6
i. Montrer que l’on a AB = 2:
ii. En déduire les valeurs de A, B.
2 2 2 2
4. Calculer (1 + i) ; (1 i) . Rép. (1 + i) = 2i et (1 i) = 2i
n n
5. Calculer i où n est un entier naturel. Rép. i = 1 si n 0 [4], in = i si n 1 [4], in = 1
si n 2 [4], in = i si n 3 [4].
p
1 3
6. On pose j = 2 +i 2
p
1 3
(a) Calculer j 2 . Rép. j 2 = 2 i 2
1
(b) Montrer que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1, j = j 2 = j.
j j+1
(c) Simpli…ez j (j + 1) ; j 2 +1 ; j 1 : Rép. 1; 1; j 2
7. Résoudre dans C, 2z + iz = 1 i, Rép.1 i.
8. Montrer que pour tout complexe z; on a : Im (iz) = Re (z) et Re (iz) = Im (z).
1
9. Trouver une condition nécessaire et su¢ sante sur les réels a et b pour que z = z où z = a+ib.
Rép. a2 + b2 = 1
10. Montrer que 8z 2 C
1
jzj = 1 () =z
z
Rép. zz = 1
11. Calculer et mettre sous la forme algébrique les complexes suivants :
2 1 1+i
(a) i (1 + i) ; (b) (1 + i) ; (c) (1 + i) (1 i) ; (d) 1+i ; (e) 1 i:
1 i
Rép. (a) 1 + i ; (b) 2i ; (c) 2 ; (d) 2 2 ; (e) i
12. On pose q q
p p
z= 2 2+i 2+ 2
Quelle est la forme
p algébrique
p de z 2 ?
2
Rép. z = 2 2 + 2 2i
2015 2015
1+i 1+i
13. Calculer 1 i :Rép. 1 i = i
14. Soit z le complexe de module r et d’argument , déterminer les modules et arguments des
complexes, z, z, iz et iz.
Rép. (r; ) ; (r; + ) ; (r; + =2) ; (r; + =2)
15. Soit z un complexe non nul de module r et d’argument ;déterminer le module et l’argument
des complexes, z; z, z, iz, iz, z1 ; z1 . Rép. (r; + ) ; (r; ) ; (r; + =2) ; (r; + =2) ; 1
r; ; 1
r; :
16. Déterminer le module et l’argument de
q q
p p
z = 2+ 2+i 2 2
z + z = jzj
p p
Rép. S = x; x 3 x 0 [ x; x 3 x 0
2015 p
19. Ecrire le complexe 1 i sous la forme trigonométrique. En déduire (1 i) : Rép. 21007 2ei =4
zC zB
20. Trouver une condition nécéssaire et su¢ sante sur le complexe zC zA pour que le triangle
ABC soit équilatéral, rectangle en C.
Rép. ABC équilatéral () zzCC zzB A
= e i =3 et ABC rectangle () zC zB
zC zA 2 iR
21. Déterminer l’ensemble des points M d’a¢ xe z tels que les points d’a¢ xe z; z 2 ; z 3 forment un
triangle rectangle.
3
Rép : La condition revient (a) zz2 zz = z + 1 2 iR (i.e) la droite D d’équation x = 1ou (b)
z z2 1 2 3
n
X1 n
X1 ik ik
1 e2ik n = e n e n eik n
k=0 k=0
n
X1 k
= 2 sin
n
k=0
n
X1
= 2 Im eik n
k=0
2
= 2 Im = 2 cot
ei n 1 2n
R
25. Linéariser
R sin4 x et en déduire sin4 x dx:
Rép. sin4 x dx = 32 1
sin 4x 14 sin 2x + 38 x + k
26. Déterminer les racines carrées complexes de 5 12i:
Rép. (3 2i)
27. Résoudre l’équation
z3 (1 + 2i) z 2 + 3 (1 + i) z 10 (1 + i) = 0
(On utilisera l’existence d’une solution imaginaire pure).
Quelle est la nature du triangle dont les sommets sont les a¢ xes des solutions de l’équation
précédente.
Rép. S = f2 + i; 2i; 1 + 3ig
28. Résoudre les équations suivantes pour n 2 N :
n n n n
(a) z n + 1 = 0 ; (b) (z + 1) = (z 1) ; (c) (z + i) = (z i) :
Rép. (a) ei(2k+1) n ; k 2 f0; 1; ; n 1g ; (b) i cot kn ; k 2 f1; ;n 1g ; (c) cot k
n ; k 2 f1; ;n
29. Résoudre dans C, les équations :
(a) z 2 2izp 1 + 2i = 0 (b) z 4 (5 14i) z 2 2 (12 + 5i) = 0
(c) z 3 = 4 2 (1 + i)
30. Montrer que pour tout z 2 Cn fig tel que jzj = 1 alors
z+i
2 iR
z i
z+i
Rép. Re z i =0
2 Relations binaires 6
2.1 Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Relations d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.4 Relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3 Relations fonctionnelles 13
3.1 Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2 Image et image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.5 Bijections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1
THÉORIE DES ENSEMBLES 2
1 Les objets
1.1 Théorie naïve des ensembles
Dé…nition : Deux ensembles E et F sont dits égaux s’ils sont constitués des mêmes
éléments (i.e.)
8x (x 2 E =) x 2 F ) et (x 2 F =) x 2 E)
On note alors E = F .
Par exemple ; = fx 2 E x 6= xg
Remarque : La notation f;g ne désigne par l’ensemble vide mais un ensemble constitué
d’un élément qui est l’ensemble vide de même x est bien distinct de fxg et x 2 fxg.
Dé…nition : Un ensemble F est dit inclus dans E si tous les éléments de F sont aussi
éléments de E. On note alors F E
8x (x 2 F =) x 2 E)
Proposition : E = F () E F et F E:
E \ F = f(x 2 E) ^ ( x 2 F )g
E [ F = f(x 2 E) _ ( x 2 F )g
Exercices :
1. Soit E = fa; b; cg un ensemble. Peut-on écrire :
2. Un ensemble est dit décrit en compréhension lorsqu’il réunit les éléments d’un ensemble
véri…ant une propriété. Un ensemble est dit décrit en extension lorsqu’on cite ses éléments.
Par exemple, fn 2 Z 9k 2 Z n = 2kg et f2k k 2 Zg est une descriptions respectivement en
compréhension et en extension de l’ensemble des entiers pairs.
(a) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 3; 5; 7; :::g.
(b) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 10; 100; 1000; :::g.
(c) Décrire en extension l’ensemble des nombres rationnels.
(d) Décrire en compréhension l’ensemble ]0; 1].
(e) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble des valeurs prises par une fonction
f : R ! R.
(f) Décrire en compréhension l’ensemble des antécédents d’un réel y par une fonction f :
R ! R.
Exemple : Si E = fa; b; cg alors P(E) = f;; fag; fbg; fcg; fa; bg; fb; cg; fc; ag; fa; b; cgg:
Dé…nitions :
On appelle union de A et B l’ensemble noté
A [ B = fx 2 E (x 2 A) ou (x 2 B)g
A \ B = fx 2 E (x 2 A) et (x 2 B)g
On a toujours A A [ B, B A [ B, A \ B A, A \ B B.
A 2 P (E) () A E
A [ A = A et A \ A = A
A [ ; = A et A \ ; = ;
A [ B = B [ A et A \ B = B \ A
A [ (B [ C) = (A [ B) [ C
A \ (B \ C) = (A \ B) \ C
A [ (B \ C) = (A [ B) \ (A [ C)
A \ (B [ C) = (A \ B) [ (A \ C)
AnB = fx 2 E (x 2 A) et (x 2
= B)g
A B = (AnB) [ (BnA)
Proposition : Pour tout A; B 2 P (E)
A B = (A [ B)n(A \ B)
(a; b) = (a0 ; b0 ) , a = a0 et b = b0
Remarque : Lorsque a 6= b; (a; b) 6= (b; a).
Exemple : Pour E = fa; b; cg et F = f1; 2g alors E F = f(a; 1); (a; 2); (b; 1); (b; 2); (c; 1); (c; 2)g
Exercices :
1. Montrer que l’ensemble D = (x; y) 2 R2 x2 + y 2 1 ne peut pas s’écrire comme produit
cartésien de deux parties de R.
2. Soit A = f1; 2; 3g ; B = f1; 5g ; C = f2; 10g. Expliciter les produits cartésiens A B; B
A; C B; (A \ C) B; (A B) \ (C B)
3. Montrer en donnant un contre-exemple que (A B)[(C D) n’est en général pas un produit
cartésien d’ensembles.
2 Relations binaires
2.1 Dé…nitions
Dé…nitions :
1. Soit E et F deux ensembles, on appelle graphe de E vers F toute partie de E F.
2. Soit E et F deux ensembles, une relation R de E vers F est dé…nie par la donnée d’un
graphe G E F telle que x est en relation avec y si et seulement si le couple (x; y) 2 G
et on note
xRy
3. Pour tout x 2 E et y 2 F si xRy on dit que y est une image de x par R et x est un
antécédent de y par R.
Exemples :
1. Soit la relation R de R vers R dé…nie par xRy () x = y 2 . On a 4R ( 2), le graphe de R
est G = y 2 ; y y 2 R . Le nombre 4 est en relation avec 2 ou ( 2), les images de 4 sont
2 ou ( 2). Le nombre ( 1) n’a pas d’image et plus généralement les réels négatifs n’ont pas
d’image par contre tout y réel a un seul antécédent y 2 .
n o
2
2. Soit G = (x; y) 2 f1; 2; ; 6g x + y = 9 dé…nit une relation et par exemple 3R6, 1 n’a
pas d’image et 2 n’a pas d’antécédent.
Exemples :
8 (x; y) 2 N2 x=y () 9k 2 N y = kx
2.2 Propriétés
Dé…nitions : Soit R une relation binaire sur E
1. On dit que R est ré‡exive sur E
8x 2 E xRx
2. On dit que R est symétrique sur E
Exemples :
Exercice : Véri…er que la relation 2 dé…nit une relation bianire mais n’est pas transitive
sur l’un des ensembles suivants :
Exemples :
Sur E l’égalité est une relation d’équivalence.
Sur E = R, xRy () sin x = sin y est une relation d’équivalence.
Sur E = N N, (a; b) R (c; d) () a b = c d est une relation d’équivalence.
Plus généralement
Exercices :
1. Dans les exemples précédents d’écrire les classes d’équivalence.
2. Est-ce qu’une classe d’équivalence peut-être vide ?
Exemples :
Sur E = N N, (a; b) R (c; d) () a b = c d alors E=R = Z.
Sur E = Z Z , (a; b) R (c; d) () ad = bc alors E=R = Q.
Remarques :
Pour tout (a; b) 2 Z2 a b [n] () a = b + kn où k 2 Z.
Pour n = 2 Cl (0) = f2k k 2 Zg et Cl (1) = f2k + 1 k 2 Zg et on a Cl (0) [ Cl (1) = Z.
Dé…nition : L’ensemble des classes de congruence modulo n, Z=R est noté Z=nZ =
1; 2; ;n
a + b a0 + b0 [n] () a + b = a + b
ab a0 b0 [n] () ab = a:b
8p 2 N ap a0p [n] () ap = ap
4
Exemples : On a : 15135 + 15144 35 + ( 1) [5]
Exercices :
1. Montrer que 5 divise 22n+1 + 32n+1 pour tout n 2 N.
2. Montrer que 9 divise 4n 1 + 6n pour tout n 2 N.
Critères de divisibilité :
Soit a 2 N on note cm cm 1 c2 c1 l’écriture décimale du nombre a:
Propositions :
Pm
Le nombre a est divisible par 9 si et seulement si, ci 0 [9].
Pi=1
m
Le nombre a est divisible par 3 si et seulement si, i=1 ci 0 [3].
Le nombre a est divisible par 5 si et seulement si, c1 0 [5].
Le nombre a est divisible par 2 si et seulement si, c1 0 [2].
Le nombre a est divisible par 4 si et seulement si, c2 c1 0 [4].
La preuve par 9
Soit a; b 2 N on note cm cm 1 c2 c1 et dp dp 1 d2 d1 les écritures décimales respec-
tivement des nombre a et b:
Exercices :
1. Montrer que 11 divise 2123 + 3121 :
2. Quel est le reste de la division euclidienne de 12344321 + 43211234 par 7 ?
3. Montrer que si n est un entier impair alors n2 1 [8]
4444
4. Soit A la somme des chi¤res de 4444 , B celle de A et en…n C celle de B. Montrer que
C = 7:
5. Montrer que
x 0 [7] et y 0 [7] () x2 + y 2 0 [7]
Dé…nition : On appelle relation d’ordre sur E toute relation binaire sur E à la fois
ré‡exive, antisymétrique et transitive. On note la relation d’ordre .
Exemples :
La relation sur R dé…nie par x y () y x 2 R+ est une relation d’ordre.
La relation < sur R dé…nie par x < y () y x 2 R + n’est pas une relation d’ordre.
L’inclusion sur P (E) est une relation d’ordre.
La relation divise sur N est une relation d’ordre.
Sur R2 (x; y) (x0 ; y 0 ) () x x0 et y y 0 est la relation d’ordre produit.
Sur R2 (x; y) (x0 ; y 0 ) () x x0 ou (x = x0 et y y 0 ) est la relation d’ordre lexico-
graphique.
Dé…nition : On dira que l’ensemble (E; ) est totalement ordonné pour dire
8x; y 2 E x y ou y x
max (F )
p
Exemple : L’intervalle [0; 1[ est majoré par 2; [0; +1[ n’est pas majoré.
Exercice : Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :
Dé…nition : On dit que la partie F est bornée si elle est minorée et majorée (i.e.)
9m; M 2 E 8x 2 F m 4 x 4 M
M = sup F
En e¤et, si tel n’était pas le cas alors l’ensemble NnE possèderait un plus petit élément
a. Cet élément a ne peut être nul car 0 2 E. On peut alors introduire le naturel
n = a 1. Celui-ci est nécessairement élément de E et alors a = n + 1 doit être élément
de E ce qui est absurde, ce qui légitime le raisonnement par récurrence.
Proposition : Toute partie non vide de Z majorée admet un plus grand élément.
E (x) = bxc
Exercices :
E(nx)
1. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E x = E (x).
2. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+1
2 = n.
3. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1
1
4. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :
Exercices :
1. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ?
2. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
3. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’éxistence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
4. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
5. Soit A et B deux parties non vides de R telles que
8 (a; b) 2 A B a b
3 Relations fonctionnelles
3.1 Fonctions
Dé…nitions :
1. Soit E et F deux ensembles et soit R une relation de E vers F . On dit que R est une
fonction si pour tout x 2 E il existe au plus un élément y de F , xRy.
2. L’ensemble E est appelé l’ensemble de départ de la relation R et F est appelé l’ensemble
d’arrivée de la relation.
3. On appelle ensemble de dé…nition de la fonction et on note Df le sous-ensemble de E
composé des éléments de E ayant une image dans F par R
Df = fx 2 E 9y 2 F xRyg
Notations :
Soit E et F deux ensembles, considérons une fonction de E vers F notée f . Si x est un
élément de E, on utilise en général la notation f (x) pour désigner son image lorsqu’elle
existe. On résume alors les informations d’une fonction de la manière suivante :
E !F
f:
x 7 ! f (x)
Remarques :
On prendra bien garde à ne pas confondre f (x) qui est un élément de F et la fonction
f.
Exemples :
1. La relation R de R vers R dé…nie par xRy () y 2 = x, n’est pas une fonction car 4 est
en relation avec deux éléments 2 et ( 2). Par contre, si on restrinct l’ensemble d’arrivée à
R+ (ou Rp ) ; alors la relation R de R vers R+ dé…nie par xRy () y 2 = x est la fonction
f : x 7 ! x. Ce n’est pas une application puisque ( 1) n’a pas d’image.
2. Soit E un ensemble et A E
8
< E ! f0; 1g
A : 1 si x 2 A
: x7 !
0 si 2
=A
Exercice : Soit A et B deux parties non vides de E. Montrer que les fonctions
suivantes sont des fonctions caractéristiques d’un ensemble que l’on déterminera :
1 A; A: B ; A+ B A: B
Im (f ) = fy 2 F 9x 2 E f (x) = yg
Exemples :
La notation « f 1 ( ) » est trompeuse, en e¤et, elle n’a rien à voir avec une éventuelle
fonction réciproque de f , et d’ailleurs, la fonction réciproque de f n’existe pas toujours,
alors qu’on peut toujours considérer les ensembles images réciproque d’une partie de
F.
Exemples :
Soit f : R ! R x 7 ! x2 f 1 (] 1; 0[) = ; et f 1 (F ) = E
L’image réciproque de [ 1; 4] par f : x 7! x2 est [ 2; 2].
Soit E une ensemble et A E alors A1 (f1g) = A et A (f0g) = A.
Soit f : C ! R z 7 ! jzj alors f 1 (f1g) = ei 2R
Exercices :
1. Soit f une application de E vers F , établir que
1
8A 2 P (E) A f (f (A))
et
1
B 2 P (F ) f f (B) B
2. Soit f : E ! F une application..
(a) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A [ B) = f (A) [ f (B) :
(b) Montrer que 8A; B 2 P (E) f (A \ B) f (A) \ f (B) :
1 1
(c) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f (A \ B) = f (A) \ f (B)
1 1 1
(d) Montrer que 8A; B 2 P (F ) f (A [ B) = f (A) [ f (B)
3. Véri…er sur un exemple que l’égalité f (A \ B) = f (A) \ f (B) n’est pas toujours véri…ée.
Considérer f : x 7 ! sin(x) avec A = [ ; ] et B = [0; 2 ].
3.3 Composition
Dé…nition : Soit E; F et G trois ensembles. On considère deux fonctions f : E ! F
et g : F ! G: On dé…nit la fonction composée de f et de g, notée g f , comme
étant la fonction :
E !G
g f:
x 7 ! g (f (x))
Remarque : L’ensemble de dé…nition de la fonction g f est
Dg f = fx 2 Df f (x) 2 Dg g
3.4 Applications
Dé…nitions : Soit E et F deux ensembles. Soit f une application de E vers F .
1. L’application f est dite injective si tout élément de F admet au plus un antécédent, (i.e.)
2. L’application f est dite surjective si tout élément de F admet au moins un antécédent, (i.e.)
8y 2 F 9x 2 E f (x) = y
Exemples :
Soit f : R+ ! R+ x 7 ! y 2 R+ y 2 = x est une application de R+ vers R+ , elle est
injective et surjective.
Soit f : f1; 2; 3g ! f1; 2; 3; 4; 5; 6g une application par exemple f (1) = 2; f (2) =
2; f (3) = 6 peut s’identi…er à trois tirages successifs avec remise dans une urne conte-
nant 6 éléments distincts, ou au jet de trois dés successivement donnant : (2; 2; 6) :
Soit l’application f : E ! F alors fe : E ! f (E) tel que 8x 2 E fe(x) = f (x) est
surjective de E sur f (E) :
Soit f : N ! N x 7 ! 2x est une application injective de N vers N.
Exercice : A quoi peut s’identi…er trois tirages successifs sans remise dans une urne
contenant 6 éléments di¤érents ?
3.5 Bijections
Dé…nition : L’application f est dite bijective si tout élément de F admet exactement
un antécédent, (i.e.) si elle est injective et surjective. Ce qui s’écrit :
Exemples :
Soit P rapporté à une base orthonormée (0; !
u;!
v)
C !P
f:
z = a + ib 7 ! M (a; b)
et une bijection.
Soit
+
R ] ; ] !C
f:
( ; ) 7 ! ei
et une bijection.
E !E
IdE :
x7 !x
1 F !E
f :
y7 !x
1
Soit f une application de E vers F . Supposons que f est bijective, alors f véri…e la
proposition, en e¤et :
1 1 1
8x 2 E f f (x) = f (f (x)) = x ) f f = IdE
de même
8y 2 F 9!x 2 E f (x) = y
et
1 1 1
f f (y) = f f (y) = f (x) = y ) f f = IdF
1
Montrons maintenant que f est l’unique application qui véri…e cette proposition. Soit
une application g telle que
1 1
8y 2 F f g (y) = y ) f (IdF (y)) = f (y)
mais aussi
1
8y 2 F f g (y) = y ) f f (g (y)) = IdE (g (y)) = g (y)
et donc par dé…nition
1
f =g
Exercices :
1. Soit E, F et G trois ensembles, f : E ! F et g : F ! G deux applications.
(a) Montrer que si f et g sont bijectives alors g f est bijective et
1 1 1
(g f ) =f g
Que penser de la réciproque ?
(b) Montrer que si g f est injective alors f est injective.
(c) Montrer que si g f est surjective alors g est surjective.
(d) Montrer que si g f est bijective alors f est injective et g est surjective.
1
2. Soit f : E ! I une application surjective. On pose pour tout i 2 I, Ai = f (fig) alors
montrer que les Ai sont non vides disjoints et que leur réunion égale E.
Exemple : L’application
C !C
f:
z7 !z
est une involution.
1
Proposition : Si f est une involution de E alors f 2 S (E) et f = f.
E F
E E
E F =) E F
E F et F G =) E G
Nn = f1; ; ng et N0 = ;
Théorème : Soit p; n 2 N.
S’il existe une injection de Np vers Nn alors p n.
S’il existe une surjection de Np vers Nn alors p n.
S’il existe une bijection de Np vers Nn alors p = n.
Dé…nition : On dit qu’un ensemble E est …ni s’il existe n 2 N tel que E Nn . Ce
nombre entier n est unique et on le note :
card (E) = n
Remarque : Soit E un ensemble …ni. Si card (E) = 0 alors E = ;. Sinon card (E) =
n 2 N alors il existe une bijection ' de Nn ! E et pour tout i 2 f1; ; ng on peut
poser ' (i) = xi 2 E comme ' st injective alors pour tout i 6= j xi 6= xj et comme '
est surjective E = fx1 ; ; xn g. Anisi lorsque E est …ni et que card (E) = n on peut
poser E = fx1 ; ; xn g.
Exercices :
1. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une injection de E vers F alors
card E card F
2. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une surjection de E vers F alors
card E card F
Proposition : Si E est un ensemble …ni alors P(E) est aussi un ensemble …ni et on
a :
card P (E) = 2card E
F = fA E a 2 Ag et G = fA E a2
= Ag
On a clairement P (E) = F [ G et F \ G = ;.
D’une part, G = P (En fag) et par hypothèse de récurrence card G = 2n :
D’autre part, F = fA [ fag A 2 Gg et donc card F + card G et card P (E) = 2n+1 ; et
par le principe de récurrence la proposition est établie.
Exercices :
1. Justi…er que pour tout ensemble E …ni tel que card E = n on a :
n
X n
card P (E) =
k
k=0
n (n 1) 2 1 = n!
Proposition : Soit A et B deux ensembles …nis, alors A B est un ensemble …ni et
on obtient card (A B) = n p.
Ceci se généralise au produit cartésien de plusieurs ensembles et
n
Y
card (A1 A2 An ) = card Ai
i=1
Une application de fx1 ; x2 ; xp g = E vers F où card E = p est telle que pour tout
i 2 f1; ; pg f (xi ) = yi 2 F et (y1 ; ; yp ) 2 F p et réciproquement quel que soit
p
(y1 ; y2 ; ; yp ) 2 F alors le graphe f(xi ; yi ) i 2 f1; 2; ; pgg dé…nit l’application
f 2 F E telle que f (xi ) = yi . Il y a donc autant d’éléments dans F E qu’il y en a dans
F P et
card E
card F E = card (F p ) = (card F )
n!
n (n 1) (n p + 1) =
(n p)!
Dé…nition : Un ensemble est dénombrable s’il est en bijection avec N ou une partie
de N.
Exemples :
On a vu que N est dénombrable, de même 2N = f2n n 2 Ng est dénombrable.
L’ensemble Z est dénombrable considérons
':Z !N
2n 1 si n > 0
n7 !
2n si n 0
Exercices :
2n 1 si n > 0
1. Montrer que ' : Z ! N et n 7 ! est bijective.
2n si n 0
2. Soit ' : N ! N N n 7 ! (a; b) où n = 2a (2b + 1). Montrer que ' est une bijection en
déduire que N2 est dénombrable.
Par l’absurde, supposons qu’il existe une bijection f de E sur P (E). Considérons
A = fx 2 E x 2
= f (x)g
On notera que ce résultat qui vient d’être prouvé a, entre autre, pour conséquence que
l’ensemble de tous les ensembles n’est pas un ensemble. En e¤et, s’il en était un, il
devrait avoir pour éléments toutes ses propres parties (puisque ce sont des ensembles),
et son cardinal serait donc plus grand que celui de l’ensemble de ses parties ... et aussi
qu’il existe une in…nité d’in…nis ...
l’ensemble P(N) des parties de N n’est pas dénombrable. On montre d’ailleurs que R
et P(N) sont en bijection. Quant au problème de savoir s’il existe des ensembles dont
le cardinal est strictement compris entre celui de N et celui de R (ou de P(N)), c’est
une question di¢ cile qui a reçu une réponse pour le moins inattendue en 1960 grâce
au logicien Paul Cohen : celui-ci a prouvé que ce résultat est indécidable ! Plus
précisément, Cohen a prouvé que l’on n’aboutit à aucune contradiction en ajoutant ce
résultat, ou son contraire, aux axiomes de la théorie des ensembles. . .
E = fx : x est ensemble et x 2
= xg:
Si E 2 E, alors par la dé…nition de E, E 2 = E. Mais si E 2= E, alors par la dé…nition de
E, E 2 E. On obtient donc E 2 E ^ E 2 = E ce qui est contradictoire.
On considère une collection d’objets, collection qu’on appellera l’univers, et qu’on dé-
signera par U. Nous considérons comme notions primitives, les notions d’ensemble, et
d’appartenance (relation que l’on note 2). Dans la suite, toutes les lettres désignent
des ensembles, c’est à dire qu’il n’existe pas d’individus.
8E 8F 8x (x 2 E () x 2 F ) =) E = F
Exemple : fa; bg = fb; ag = fa; a; b; a; bg.
Nous rappelons que d’aprés cet axiome, deux ensembles E et F sont égaux si et seule-
ment si E F et F E. C’est cette caracterisation de l’égalité qu’on utilise d’habitude
pour montrer que deux ensembles sont égaux.
E \ F = fx 2 E x 2 F g
EnF = fx 2 E x 2
= Fg
8E 8F 9G ((x 2 E _ x 2 F ) =) x 2 G)
E [ F = fx 2 G x 2 E _ x 2 F g
8E 9P 8F (F E =) F 2 P )
Dé…nition : Soit E un ensemble, et soit P un ensemble qui contient toutes les parties
de E alors on dé…nit
P (E) = fF 2 P F Eg
et on appelle P (E) l’ensemble des parties de E.
P (;) = f;g
P (f;g) = f;; f;gg
P (f;; f;gg) = f;; f;g ; ff;gg ; f;; f;ggg
On construit une in…nité d’ensembles, mais tout ces ensembles sont …nis.
(i) ; 2 E
(ii) si x 2 E alors x [ fxg 2 E
Par dé…nition, l’ensemble N est le plus petit ensemble récursif. L’ensemble N contient
exatement les éléments
;=0
f;g = ; [ f;g = 1 = f0g
f;; f;gg = f;g [ ff;gg = 1 [ f1g = 2 = f0; 1g
f;; f;gg [ ff;; f;ggg = f;; f;g ; f;; f;ggg = 2 [ f2g = 3 = f0; 1; 2g
::: 4 = 3 [ f3g = f0; 1; 2; 3g
Les nombres entiers sont donc des ensembles. Avec ce point de vue, il est naturel de
dé…nir l’ordre suivant sur N
n m () n m
On dé…nit l’addition dans N par
n+0 = n
n+1 = n [ fng
n + (m + 1) = (n + m) + 1
On montre alors que l’addition ainsi dé…nie est une loi interne, commutative, associative
et qui admet 0 comme élément neutre.
La mutiplication
n:0 = 0
n:1 = n
et si n:m est dé…ni alors
n: (m + 1) = n:m + n
On montre que la multiplication est une loi interne, commutative, associative, distri-
butive par rapport à l’addition et qui admet 1 comme élément neutre.
2. Un ensemble est dit décrit en compréhension lorsqu’il réunit les éléments d’un ensemble
véri…ant une propriété. Un ensemble est dit décrit en extension lorsqu’on cite ses éléments.
Par exemple, fn 2 Z 9k 2 Z n = 2kg et f2k k 2 Zg est une descriptions respectivement en
compréhension et en extension de l’ensemble des entiers pairs.
(a) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 3; 5; 7; :::g.Rép. fn 2 N 9k 2 N n = 2k + 1g
et f2k + 1 k 2 Ng
(b) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble f1; 10; 100; 1000; :::g. Rép. n 2 N 9k 2 N n = 10k
et 10k k 2 N
n o
(c) Décrire en extension l’ensemble des nombres rationnels. Rép. pq (p; q) 2 Z Z
P Pn n Pn n 1
Rép. A2P(E) card (A) = p=0 p p =n p=1 p 1 = n2n 1
12. Combien y a-t-il de codes possibles contenant d’abord 2 lettres suivies de 3 chi¤res ?
Rép. 262 103
13. Est-ce qu’une classe d’équivalence peut-être vide ? Rép. Non
Rép. Vrai sur E : ; f;g f;; f;gg : Par contre, c’est faux sur F car ; 2 f;g et f;g 2 ff;gg
mais ; 2
= ff;gg :
24. Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :Rép. max (A) = 1
pas de min (A)
25. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E E(nx) n = E (x).
Rép. Soit 8x 2 Z 9k 2 f1; 2; ; n 1g et x 2 [E (x) + k=n; E (x) + (k + 1) =n[ alors nx 2
[n E (x) + k; n E (x) + k + 1[ et donc
E (nx) n E (x) + k
= = E (x) + k=n
n n
E (nx)
=) E = E (x)
n
26. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+12 = n. Rép. Si n et m ont même parité alors
n+m n+m n m+1 n m
E 2 = 2 et E 2 = 2 sinon E n+m
2 = n+m2
1
et E n m+1
2 = n m+1
2 .
27. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1. Rép. Etudier les cas x 2 [E (x) ; E (x) + 1=2[ et
x 2 [E (x) + 1=2; E (x) + 1[
28. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x1 :Rép. Voir chapitre pécédent.
29. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ? Rép.8x 2 A sup B x et donc sup B sup A et de même inf B x donc
inf B inf A.
30. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
Rép. 8x 2 A x sup (A) (i.e.) x sup (A) donc inf ( A) sup (A) et inf ( A)
sup (A) et 8" > 0 9x 2 A x sup (A) " (i.e.) x sup (A)+" donc inf ( A) = sup (A).
31. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
Rép. A est non vide et majorée etc...
32. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
Rép. sup (A) = 2 et inf (A) = 1
33. Soit A et B deux parties non vides de R telles que
8 (a; b) 2 A B a b
Rép. 8 (x; y) 2 A2 jx yj sup (A) inf (A) et d’autre part 8" > 0 9x 2 A sup (A)
x sup (A) "=2 et 9y 2 A inf (A) y inf (A) + "=2 et x y sup (A) "=2
(inf (A) + "=2) () x y sup (A) inf (A) " et donc
card E card F
Rép. Si f est injective alors card f (E) = card E et comme f (E) F on a card E card F
44. Soit E et F deux ensembles …nis, montrer que s’il existe une surjection de E vers F alors
card E card F
Rép. Si f est surjective alors F f (E) et card f (E) card E d’où le résultat.
2n + 1 si n > 0
45. Montrer que ' : Z ! N et n 7 ! est bijective. Rép. ' est une applica-
2n si n 0
tion et 8n 2 N 9!p 2 N n = 2p + 1 ou n = 2p.
46. Soit ' : N ! N N n 7 ! (a; b) où n = 2a (2b + 1). Montrer que ' est une bijection en
déduire que N2 est dénombrable. Rép. Unicité de la décomposition de tout entier en facteurs
premiers ...
47. Soit E un ensemble. Montrer que pour toute application f : E 7 ! f0; 1g, il existe A E tel
que f = A . En déduire que si E est …ni alors card (P (E)) = 2card(E) . Rép. A = f 1
(f1g)
et card (P (E)) = card (A (E; f0; 1g)) = 2card(E)
48. Soit E, F et G trois ensembles, f : E ! F et g : F ! G deux applications.
(a) Montrer que si f et g sont bijectives alors g f est bijective et
1 1 1
(g f ) =f g
49. Soit f : E ! I une application surjective. On pose pour tout i 2 I, Ai = f 1 (fig) alors
montrer que les Ai sont non vides disjoints et que leur réunion égale E.
Rép. L’application f est surjective alors : 8i 2 I 9xi 2 E f (xi ) = i ) xi 2 Ai ) Ai 6= ;.
Soit x 2 Ai \ Aj ) f (x) = i et f (x) = j ) i = j.La fonction f est une application de E
alors : 8x 2 E 9i 2 I f (x) = i ) x 2 Ai ) x 2 [i2I Ai ) E [i2I Ai ) E = [i2I Ai .
50. Soit f une application de E dans E telle que
f f f =f
2 Groupes - Sous-groupes 3
2.1 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3 Morphismes de groupes 5
4 Anneaux - Corps 7
4.1 Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.2 Diviseurs de zéros, Intégrité d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.3 Morphisme d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.4 Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Évariste Galois, né le 25 octobre 1811 à Bourg-la-Reine, mort le 31 mai 1832 à Paris2, est un mathématicien
français, qui a donné son nom à une branche des mathématiques, la théorie de Galois. Mort à la suite d’un duel à
l’âge de vingt ans, il laisse un manuscrit élaboré trois ans plus tôt, dans lequel il établit qu’une équation algébrique
est résoluble par radicaux si et seulement si le groupe de permutations de ses racines a une certaine structure.
1
LES STRUCTURES ALGÉBRIQUES 2
8 (x; y) 2 R2 , x y = x 2y
8 (x; y) 2 Q2 x y = x + y + xy
8 (x; y; z) 2 E 3 (x y) z = x (y z)
8 (x; y) 2 E 2 x y = y x
8x 2 E x e = e x = x
9y 2 E x y = y x = e
Exemples :
1. L’addition et la multiplication des réels (et des complexes) sont associatives, commutatives,
possèdent un élément neutre (0 pour + et 1 pour ).
2. Tous les réels (resp. complexes) possèdent un symétrique pour la loi + : le symétrique de x
est noté x.
3. Le nombre 0 est le seul réel (resp. complexe) qui ne possède pas de symétrique pour la loi .
Le symétrique de x 6= 0 est noté 1=x:
4. La loi 8 (x; y) 2 R2 , x y = x 2y ne possède aucune de ces propriétés, par exemple,
(1 1) 1 6= 1 (1 1) : Ce qui montre qu’elle n’est pas associative.
e e0 = e = e0
x y = e = y 0 x ) y 0 (x y) = y 0 = (y 0 x) y = y
2 Groupes - Sous-groupes
2.1 Groupes
Soit G un ensemble et une opération sur G.
Dé…nition : On dit que (G; ) est un groupe si est associative, possède un élément
neutre et que chaque élément de G possède un symétrique par rapport à .
Dé…nition : On dit de plus que le groupe (G; ) est abélien ou commutatif si est
une LCI commutative.
Exemples :
Les ensembles R, C, Q, Z, munis de la loi additive sont des groupes abéliens.
L’ensemble N, muni de la loi + n’est pas un groupe.
Les ensembles R, C, Q, Z, munis de la loi ne sont pas des groupes.
Les ensembles R ; C ; Q ; munis de la loi sont des groupes abéliens.
L’ensemble Z muni de la loi n’est pas un groupe.
Soit S (E) l’ensemble des permutations d’un ensemble E alors (S (E) ; ) est un groupe.
Pour tout entier n 6= 0, (Z=nZ; +) est un groupe.
8 (x; y; z) 2 G3 x y = x z ) y = z et y x = z x ) y = z
Exemple : Soit S (E) l’ensemble des applications bijectives d’un ensemble E vers
lui-même, alors (S (E) ; ) est un groupe non commutatif.
Lorsque la loi considérée est notée additivement (avec un +), on utilise la notation
x pour le symétrique de x à la place de x 1 . Pour la multiplication des réels et des
complexes, le symétrique de x est noté 1=x ou x 1 .
Exercices :
8 (x; y) 2 R2 x y = ln (ex + ey )
Quelles en sont les propriétés ? Possède-t-elle un élément neutre ? Y a-t-il des éléments régu-
liers ?
2. Soit E = [0; 1]. On dé…nit une loi sur E par :
8 (x; y) 2 E 2 x y = x + y xy
(a) Montrer que est une loi de composition interne commutative et associative.
(b) Montrer que possède un neutre.
(c) Quels sont les éléments symétrisables ? réguliers ?
3. Soit E un ensemble et f : E ! E. Montrer que f est un élément régulier de E E ; si, et
seulement si, f est bijective.
4. Soit une loi de composition interne associative sur un ensemble …ni E et x un élément
régulier de E. Montrer que E possède un neutre. (on pourra considéré 'x : E ! E y 7 ! xy
où x est régulier).
5. Sur G = ] 1; 1[ on dé…nit une loi par
x+y
8 (x; y) 2 G2 x y =
1 + xy
2.2 Sous-groupes
Dé…nition : Soit (G; ) un groupe. Considérons un sous-ensemble H de G. On dit
que H est stable par si le résultat de l’opération entre deux éléments de H est un
élément de H. Autrement dit :
8 (x; y) 2 H 2 x y 2 H
Remarque. Si H est une partie stable par , alors, on peut dé…nir une LCI sur H en
considérant la restriction à H H de l’application . On utilisera le même symbole
pour désigner cette restriction.
On en déduit
1 1
8x 2 H x e=x 2H
et
1
8 (x; y) 2 H 2 x 1
y=x y2H
et donc (H; ) est un groupe et un sous-groupe de (G; ).
Exemple :
Soit n 2 N et nZ les mutiples de n dans Z alors (nZ; +) est un sous-groupe de (Z; +) :
Soit U l’ensemble des z 2 C tels que jzj = 1 est un sous-groupe de (C ; ) :
Exercices :
1. Soit S (E) l’ensemble des permutations de E et a 2 E. Montrer que
H = ff 2 S (E) f (a) = ag
3 Morphismes de groupes
Dé…nition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. Considérons ' : G ! G0 une appli-
cation. On dit que ' est un morphisme de groupes si
Ce sont les applications qui vont d’un groupe dans un autre groupe et qui sont compa-
tibles avec les opérations de ces groupes.
Exemples :
L’application
C !C
f:
z7 !z
Proposition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. On note eG le neutre de la loi dans
G et eG0 celui de la loi dans G0 . Soit ' un morphisme de groupes de G vers G0 .
Dé…nition : Soit (G; ) et (G0 ; ) deux groupes. On note eG le neutre de la loi dans
G et eG0 celui de la loi dans G0 . On appelle noyau de ', noté
Propositions :
L’ensemble Im (') est un sous-groupe de (G0 ; ).
L’ensemble Ker (') est un sous-groupe de (G; ).
Le morphisme ' est surjectif si et seulement si Im (') = G0 .
Le morphisme ' est injectif si et seulement si Ker (') = feG g.
Propositions :
La composée de deux morphismes de groupes est un morphisme de groupes.
La composée de deux isomorphismes est un isomorphisme.
Si ' est un isomorphisme d’un groupe (G; ) vers un groupe (G0 ; ), alors son applica-
tion réciproque ' 1 est un isomorphisme de (G0 ; ) vers (G; ).
4 Anneaux - Corps
4.1 Anneaux
Dé…nition : Soit A un ensemble muni de deux LCI notées + et . On dit que
(A; +; ) est un anneau si
1. L’ensemble (A; +) est un groupe commutatif.
2. La loi est associative.
3. La loi possède un élément neutre dans A.
4. La loi est distributive par rapport à +, c’est-à-dire :
8 (x; y; z) 2 A3 x (y + z) = x y+x z
et
8 (x; y; z) 2 A3 (x + y) z=x z+x y
Lorsque la loi est commutative, on dit que l’anneau (A; +; ) est commutatif.
Dans un anneau (A; +; ), les calculs se lisent comme dans (R; +; ), c’est à dire que
la « multiplication » est prioritaire sur « l’addition » . On écrira a b + c à la place
de (a b) + c.
Dans un anneau (A; +; ), on ne sait pas s’il y a un inverse pour x par rapport à la loi
, on ne peut donc pas « simpli…er par x » dans l’équation x a = x b.
Exemples :
L’ensemble des polynômes muni de l’addition et de la multiplication (P [X] ; +; ) est
un anneau commutatif.
L’ensemble des applications de R dans R muni de l’addition et de la composition n’est
pas un anneau.
En e¤et, en général, pour des applications f; g et h, on a f (g + h) 6= f g + f h.
Prendre par exemple :
f : x 7 ! x2 ; g : x 7 ! x et h : x 7 ! x
L’ensemble des classes d’équivalence muni des lois induites (Z=nZ; +; ) est un anneau
commutatif.
8x 2 A x 0 = 0 x = 0 (0 est absorbant)
8 (x; y) 2 A2 x ( y) = ( x) y = (x y)
Exercices :
1. On note Z [i] = a + ib (a; b) 2 Z2 l’ensemble des entiers de Gauss.
(a) Montrer que (Z [i] ; +; ) est un anneau commutatif pour l’addition et la multiplication
des nombres complexes.
(b) Déterminer les éléments inversibles de Z [i].
2. Soit nm o
A= (m; n) 2 Z N
2n
(a) Montrer que (A; +; ) est un sous-anneau de (Q; +; ) :
(b) Quels sont les éléments inversibles.
9b 2 A b 6= 0 a b=0
Exemples :
L’anneau (Z=6Z; +; ) admet des diviseurs de 0, en e¤et e
2 e
3=e0:
R
Considérons A = R l’ensemble des applications de R dans R muni de l’addition et de
la multiplication est un anneau et
1 si x 0
f:
0 si x < 0
est un diviseur de 0.
Dé…nition : Soit (A; +; ) un anneau. On dit que A est un anneau intègre si A est
commutatif et ne possède pas de diviseur de zéro :
8 (x; y) 2 A x y = 0 ) x = 0 ou y = 0
Exercices :
1. Montrer que (P (E) ; ; \) est un anneau commutatif. Est-il intègre ?
2. Montrer qu’un anneau (A; +; ) n’a pas de diviseurs de zéro si et seulement si tous ses
éléments non nuls sont réguliers.
3. Soit a; b deux éléments d’un anneau (A; +; ) tel que ab soit inversible et b non diviseur de
0. Montrer que a et b sont inversibles.
Le vocabulaire est le même que pour les morphismes de groupes (isomorphismes, en-
domorphismes...).
Un morphisme d’anneaux est un morphisme de groupes vis-à-vis de la première loi de
chaque anneau.
La composition deux morphismes d’anneaux est un morphisme d’anneaux.
Exercices :
1. Soit ' : Z ! Z un endomorphisme d’anneaux non nul. Montrer que ' est l’identité de Z.
2. Soit ' : C ! C un endomorphisme d’anneaux tel que
8x 2 R f (x) = x
Montrer que f est l’idendité ou la conjugaison complexe.
3. On considère (A; +; ) un anneau de Boole c’est à dire un anneau non nul tel que tout
élément est idempotent pour la deuxième loi ce qui signi…e :
8x 2 A x2 = x
(a) Montrer
8 (x; y) 2 A2 xy + yx = 0
et en déduire que
8x 2 A x + x = 0
En déduire que l’anneau A est commutatif.
(b) Montrer que la relation binaire dé…nie sur A par
x y () yx = x
est une relation d’ordre.
(c) Montrer que
8 (x; y) 2 A2 xy (x + y) = 0
(d) En déduire qu’un anneau de Boole intègre ne peut avoir que deux éléments.
(e) Montrer que (P (E) ; ; \) est un anneau de Boole. Est-il intègre ?
4.4 Corps
Dé…nition : Soit (A; +; ) un anneau et a un élément de A. On dit que a est inver-
sible si a possède un symétrique pour la loi .
1
On note A l’ensemble des éléments inversibles de A.
Dé…nition : On dit que (A; +; ) est un corps si (A; +; ) est un anneau commutatif
possèdant au moins deux éléments, et tous les éléments non nuls de A sont inversibles.
Exemples : (R; +; ), (C; +; ) et (Q; +; ) sont des corps, (Z; +; ) n’est pas un
corps.
Exercices :
1. Soit A un anneau intègre …ni.
(a) Soit a 2 A avec a 6= 0. Montrer que ' : x 7 ! ax est une permutation de A.
(b) En déduire que tout élément non nul de (A; +; ) est inversible
(c) Si A est commutatif alors (A; +; ) est un corps.
2. Soit K un corps …ni commutatif.
(a) Calculer Y
x
x2K
(p 1)! + 1 [p]
(c) Montrer réciproquement si n n’est pas premier (n 1)! 0 [n] si n 6= 4 et (n 1)! 2 [n]
si n = 4.
8 (x; y) 2 R2 x y = ln (ex + ey )
Quelles en sont les propriétés ? Possède-t-elle un élément neutre ? Y a-t-il des éléments régu-
liers ?
Rép. Interne, associative, commutative, pas d’élément neutre, tous les éléments sont régu-
liers.
2. Soit E = [0; 1]. On dé…nit une loi sur E par :
8 (x; y) 2 E 2 x y = x + y xy
(a) Montrer que est une loi de composition interne commutative et associative.
Rép. 1 (x + y xy) = (1 x) (1 y) 1:
(b) Montrer que possède un neutre. Rép. e = 0:
(c) Quels sont les éléments symétrisables ? réguliers ? Rép. 0. Si y 6= 1 alors 8x; z 2 R
x y = z y ) x = z:
3. Soit E un ensemble et f : E ! E. Montrer que f est un élément régulier de E E ; si, et
seulement si, f est bijective.
Rép. Si f est bijective alors 8g; h 2 E E f g = f h ) g = h et g f = h f = g = h.
Réciproquement, supposons f un élément régulier alors 8x 2 E 8g; h 2 E E g f (x) =
h f (x) ) g (y) = h (y) 8y 2 f (E) et comme ceci doit être vrai 8g; h 2 E E alors f (E) = E.
Montrons que f est injective sachant que f est régulière. Soit x; x0 2 E tels que f (x) = f (x0 ).
Soit alors g : y 7 ! x et h : y 7 ! x0 on aura 8y 2 E f g (y) = f h (y) puisque f (x) = f (x0 )
comme f est régulière alors g = h et donc x = x0 .
4. Soit une loi de composition interne associative sur un ensemble …ni E et x un élément
régulier de E. Montrer que E possède un neutre. (on pourra considéré 'x : E ! E y 7 ! xy
où x est régulier).
Rép. x régulier ) 'x injective ) 'x bijective puisque E est …ni.
Montrer que (G; ) est un groupe abélien. Rép. On montrera 8x; y 2 ] 1; 1[ 1 xy <
x + y < 1 + xy et 0 est élément neutre et x 1 = x.
6. Soit (G; ) un groupe tel que
8x 2 G x2 = e
Montrer que G est commutatif. Rép. 8x; y 2 E (xy) (xy) = e ) xy = yx.
7. Soit (G; ) un groupe à n éléments. Justi…er que sa table de composition est un carré latin
c’est à dire que tout élément de G …gure une fois et une seule dans chaque ligne et dans
chaque colonne. Rép. xi xj = xi xk ) xj = xk et de même xi xj = xl xj ) xi = xl .
8. On considère les applications de E = Rnf0; 1g dans lui-même dé…nies par :
1 x x 1 1
i (x) = x; f (x) = 1 x; g (x) = ; h (x) = ; k (x) = ; l (x) =
x x 1 x 1 x
H = ff 2 S (E) f (a) = ag
1
est un sous groupe de S (E).Rép. 8f; g 2 H f g2H
11. Soit (G; ) un groupe et H un sous groupe de (G; ) et a 2 G
1 1
(a) Montrer que aHa = axa x 2 H est un sous-groupe de (G; ). Rép. Classique
(b) A quelle condition aH est un sous-groupe de (G; ) ? Rép. e 2 aH () a 2 H
12. Montrer que les sous-groupes du groupe (Z; +) sont exactement les parties du type nZ, pour
n 2 N.
Rép. Soit H un sous groupe de Z non trivial H 6= f0g et n = min (H \ N) alors nZ =H.
13. Soit n 2 N et f : R !R dé…nie par f (x) = xn . Montrer que f est un morphisme du groupe
(R ; ) dans lui-même. En déterminer image et noyau.
Rép. Si n est impair Im f = R et Ker f = f1g. Si n est pair Im f = R + et Ker f = f 1; 1g.
14. Soit G un groupe noté multiplicativement. Pour a 2 G, on note a l’application de G vers G
dé…nie par a (x) = axa 1 .
1 1
(a) Montrer que a est un morphisme du groupe (G; ) dans lui-même. Rép. axa aya =
axya 1 .
1
(b) Véri…er que 8 (a; b) 2 G2 , a b = ab . Rép. a bxb 1
a 1
= (ab) x (ab) .
1
(c) Montrer que a est bijective et déterminer son application réciproque. Rép. ( a) =
a 1.
8x 2 R f (x) = x
8x 2 A x2 = x
(a) Montrer
8 (x; y) 2 A2 xy + yx = 0
et en déduire que
8x 2 A x + x = 0
En déduire que l’anneau A est commutatif. Rép. (x + y) (x + y) = x + y ) xy + yx et
(x + x) (x + x) = x + x ) x + x = 0 ) xy = yx.
1 George Boole, né le 2 novembre 1815 à Lincoln (Royaume-Uni) et mort le 8 décembre 1864 à Ballintemple
(Irlande), est un logicien, mathématicien et philosophe britannique. Il est le créateur de la logique moderne, fondée
sur une structure algébrique et sémantique, que l’on appelle algèbre de Boole en son honneur.
x y () yx = x
1
(b) Soit p un nombre premier alors
(p 1)! 1 [p]
d’où le résultat.
(c) Montrer réciproquement si n n’est pas premier (n 1)! 0 [n] si n 6= 4 et (n 1)! 2 [n]
si n = 4.
Rép. Si n non premier alors on peut écrire n = dd0 si 1 < d < n et 1 < d0 < n et d 6= d0
alors (n 1)! 0 [n].
Si n = p1 1 pk k avec i > 0 et pi 2 P et k > 1 alors on deut prendre d = pi et
d0 = pj ; i 6= j.
Si n = p1 1 avec 1 > 3 alors on peut prendre d = p1 et d0 = p1 1 1 6= d.
Reste le cas n = p2 et p 2 P.
Si p > 2 alors 1 < p < 2p < p2 et donc (n 1)! 0 [n].
Si p = 2 alors 22 1 ! 2 22 , d’où le théorème :
Théorème de Wilson2 : Le nombre p est premier si et seulement si (p 1)!+1 0 [p].
2 Le théorème de Wilson a été découvert à la …n du dixième siècle par le mathématicien arabe Ibn al-Haytham
qu’on nomme aussi Alhazen. Le résultat ressurgit, sans démonstration, à la …n du dix-huitième siècle dans les écrits
de Edward Waring qui l’attribue en 1770 à son élève John Wilson. L’année suivante, Lagrange en donne deux
démonstrations. En fait, Leibniz (1646-1716) connaissait déjà le résultat et sa démonstration mais ne les avait pas
publiés.
4 Comportement asymptotique 9
4.1 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 La convergence monotone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Critères de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4.5 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
5 Exemples de suites 20
5.1 Suites arithmétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
5.2 Suites géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.3 Suites arithmético-géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.4 Suite récurrente d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.5 Suites complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Leonardo Fibonacci (1175 à Pise, Italie - 1250) est un mathématicien italien. Né à Pise en Italie, son éducation
s’est faite en grande partie à Béjaïa en Algérie, où son père Guilielmo Bonacci était le représentant des marchands
de la république de Pise. Il etudie notamment les travaux algébriques d’Al-Khwarizmi1. Ayant aussi voyagé en
Égypte, en Syrie, en Sicile, en Provence pour le compte de son père, et rencontré divers mathématiciens, Fibonacci
en rapporta à Pise en 1198 les chi¤res arabes et la notation algébrique.
1
LES SUITES 2
1 Préambule
Dé…nition : On dit que la partie A est majorée s’il existe un réel M véri…ant :
8x 2 A x M
Dé…nition : On dit que la partie A est minorée s’il existe un réel m véri…ant :
8x 2 A m x
Dé…nition : On dit que la partie A est bornée si elle est minorée et majorée (i.e.)
9m; M 2 R 8x 2 A m x M
9M 2 R 8x 2 A jxj M
Exercice : Soit A = f1=n n 2 N g. Déterminer s’ils existent les max (A) ; min (A) :
Propriété fondatrice de N : Toute partie non vide de N admet un plus petit élément.
En e¤et, si tel n’était pas le cas alors l’ensemble NnE possèderait un plus petit élément
a. Cet élément a ne peut être nul car 0 2 E. On peut alors introduire le naturel
n = a 1. Celui-ci est nécessairement élément de E et alors a = n + 1 doit être élément
de E ce qui est absurde, ce qui légitime le raisonnement par récurrence.
Proposition : Toute partie non vide de Z majorée admet un plus grand élément.
E (x) = bxc
Exercices :
E(nx)
1. Montrer : 8n 2 N ; 8x 2 R , E n = E (x).
2. Montrer : 8m; n 2 Z E n+m 2 + E n m+1
2 = n.
3. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1
1
4. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :
fM 2 R 8x 2 A; x Mg
Propriété fondatrice de R : Soit A une partie de R non vide et majorée, alors
l’ensemble fM 2 R 8x 2 A; x M g non vide des majorants de A; admet un plus petit
élément.
M = sup A
(i.e.)
8x 2 A x M et 8" > 0 9x 2 A M " x M
Exemple : Si A = [0; 1[ alors l’ensemble des majorants de A est [1; +1[ et le plus petit
de ceux-ci est 1 et donc sup A = 1.
m = inf A
(i.e.)
8x 2 A m x et 8" > 0 9x 2 A m x m+"
Exercices :
1. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ?
2. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
3. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
4. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
5. Soit A et B deux parties non vides de R telles que
8 (a; b) 2 A B a b
2.1 Exemples
On dé…nit souvent une suite en donnant les premiers termes, par exemple u1 = 0; 1 ,
u2 = 0; 12, u3 = 0; 123 etc. Quel est le 11ieme chi¤res après la virgule de u10 ?
Il arrive parfois que la suite (un ) ne soit dé…nie qu’à partir d’un certain rang n0 2 N,
c’est donc une application de fn n0 n 2 Ng, dans ce cas, on note la suite de la façon
suivante : (un )n n0 .
Par exemple la suite de (1=n)n 1 n’est dé…nie qu’à partir du rang n = 1:
Si E = C alors (un ) est une suite complexe. Elle est dé…nie par la donnée de deux suites
réelles de terme général (an ) et (bn ), avec un = an + ibn .
Suivant la nature de E on peut dé…nir des suites de points, de fonctions, de polynômes,
de vecteurs ect...
Dans un premier temps nous allons étudier les suites réelles.
Exercices
1 1
1. On pose v0 = 1 , v1 = 2+1 , v2 = 1
2+ 2+1
. Calculer les 5 premiers termes de la suite (vn ) :
Exercices
1. Soit u0 = 0 et un+1 = 2un + 1. Trouver une expression de un en fonction de n
2. Soit la suite (un ) dé…nie par u0 = 1 , un+1 = (n + 1) un . Donner une expression du terme
général.
3. Pour tout entier n on dé…nit
r q
p
un = 2+ 2+ + 2
où un est écrit avec n radicaux. Trouver une fonction f telle que un+1 = f (un )
4. Ecrire le terme général un dans les cas suivants :
u0 = 0 u0 = 0
(a) (b)
un+1 = un + 1 un+1 = un + n + 1
u0 = a u0 = 1
(c) (d)
un+1 = un + a un+1 = aun
6. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N
2un = 3n 1
7. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = un + 2n + 1. Calculer les premiers termes et
faire une conjecture sur le terme général en fonction de n. Montrer cette conjecture pour tout
n 2 N:
!
8. Soit l’axe D O; i et A0 le point d’a¢ xe 0 et A1 le point d’a¢ xe 1. Pour tout entier naturel
n, le point An+2 est le milieu du segment [An ; An+1 ]. Démontrer par récurrence que pour
tout entier n, l’abscisse de An+1 notée an+1 = ( 1=2) an + 1.
p
9. La suite (un ) est dé…nie
p par : u1 = 0 et un+1 = u2n + 1: Montrer par récurrence que, pour
tout n 1, un = n 1:
Remarque : Une application strictement croissante de N dans N est une suite stricte-
ment croissante d’entiers naturels. On aurait également pu dé…nir une suite extraite de
(un ) comme une suite de la forme (unk ) où (nk )k2N est une suite strictement croissante
d’entiers.
Exemples : Les suites (u2n )n2N et (u2n+1 )n2N sont deux suites extraites de la suite
(un )n2N .
8 n 2 N un+1 un
8 n 2 N un un+1
9n0 2 N 8 n 2 N n n0 =) un+1 un
Pour démontrer qu’une suite (un ) est croissante on utilise essentiellement trois tech-
niques :
La technique fonctionnelle
x
Par exemple dans le cas où un = f (n) où f : R ! R x 7! x+1 ; l’étude des variations de
1
f permet de conclure sur la monotonie de (un ) : En e¤et, pour tout x 0 f 0 (x) = (x+1) 2
Proposition : Soit I intervalle de R et une suite (un ) telle que pour tout n 2 N un 2 I
et un+1 = f (un ) où f est croissante sur I alors (un ) est monotone.
p p
Exemple : Soit (un ) la suite dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 = f (un ) alors
pour tout entier n, un 0 et f est croissante sur R+ . On véri…e que u1 u0 : On
suppose un+1 un alors f croissante sur R+ on a
Exercices :
1. Etudier la monotonie des suites suivantes :
n!
(a) un = an + a1n avec a > 0 (c) un = n2 2n (e) un = 2n
n n
(b) un = (1 + a) + (1 a) avec 0 < a < 1 (d) un = 1 23 4 2n
(2n 1)
9M 2 R 8n 2 N un M
9m 2 R 8n 2 N m un
On dit de (un ) qu’elle est bornée pour dire qu’elle est à la fois majorée et minorée
(i.e.)
9M 2 R 8n 2 N jun j M
p p
Exemple : La suite dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 estpmajorée par 2. En e¤et
par récurrence on véri…e que u0 2 et si un 2 alors f (x) = x + 2 étant croissante
sur R+ f (un ) f (2) = 2 et donc un+1 2 et par principe de récurrence
8n 2 N un 2
Proposition : Toute suite croissante est minorée et toute suite décroissante est majo-
rée.
Exercices
1
1. Montrer que la suite (un ) dé…nie par u0 = 0 et un+1 = un + 2n est majorée.
2. Montrer que la suite dé…nie par
n
X 1
un =
k (k + 1)
k=1
est majorée.
4 Comportement asymptotique
4.1 Suites convergentes
Soit (un )n2N une suite réelle.
Dé…nition : On dit que (un ) converge vers un nombre réel `, pour dire que la dif-
férence jun `j devient aussi petite que l’on veut dés que n est assez grand. Ce qui
s’exprime par :
Exercice : Montrer qu’une suite à valeur dans N qui est convergente est stationnaire
à partir d’un certain rang.
Proposition : Soit A une partie de R non vide et majorée, a = sup A, il existe (xn )
8n 2 N xn 2 A telle que
lim xn = a
+1
En e¤et, supposons qu’il existe deux nombres ` et `0 distincts répondant aux conditions
de la dé…nition de convergence, on a alors :
On notera en e¤et qu’il n’y a aucune raison que n0 et n1 soient égaux. Prenons en
particulier
j` `0 j
"= >0
4
On obtient donc :
j` `0 j j` `0 j
8n 2 N n max (n0 ; n1 ) jun `j < et jun `0 j <
4 4
Écrivons alors ` `0 = ` un + un `0 . L’inégalité triangulaire donne :
j` `0 j j` `0 j j` `0 j
j` `0 j jun `j + jun `0 j < +
4 4 2
j` `0 j j` `0 j
Par conséquent si n max (n0 ; n1 ), on a j` `0 j jun `j+ jun `0 j < 4 + 4
j` `0 j
2 . Ce qui aboutit à la contradiction suivante :
j` `0 j
j` `0 j <
2
et donc ` = `0 :
Traditionnellement on note :
lim un = `
+1
Insistons sur la confusion qui pourrait être faite en confondant l’implication et sa réci-
proque (ou l’équivalence). Une suite bornée n’est pas en général convergente, on ramène
n
le lecteur à l’exemple de la suite de terme général un = ( 1) :
Il n’est pas facile en général de montrer qu’une suite est divergente. Il faut donc montrer
que pour tout réel `
n
Prenons l’exemple de la suite alternée ( 1) , et " = 1=2. Quel que soit le choix de
`, l’un au moins des deux nombres j1 `j ou j 1 `j est supérieur ou égal à 1=2, et
comme quel que soit n0 , il existe des nombres pairs et des nombres impairs supérieurs
à n0 , la conclusion en résulte.
Dé…nitions : On dit que (un ) tend vers +1 pour dire que un devient aussi grand que
l’on veut dés que n est assez grand. Ce qui s’exprime par :
8A 2 R 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A
et on note
lim un = +1
n!+1
8A 2 R 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) un A
Xn
1
un = p
k=1
k
est divergente.
Proposition : Soit (un ) une suite convergente alors pour toute suite extraite (vn )
converge vers la même limite.
En e¤et, soit ` la limite et ' l’application strictement croissante telle que vn = u'(n)
alors si lim+1 un = ` on peut dire que
et donc lim+1 vn = `:
Exercices :
1. Soit (un ) une suite. Montrer que s’il existe une suite extraite de (un ) qui diverge alors (un )
diverge.
2. Soit (un ) une suite croissante. On suppose qu’il existe une suite extraite qui converge alors
montrer que (un ) converge.
p n
3. La suite dé…nie par 0 < u0 < 2 et un+1 = 2 + ( 1) un est -elle convergente ?
Proposition : Soit f une fonction continue sur I telle que f (I) I et (un ) la suite
récurrente dé…nie par un+1 = f (un ) et u0 = a 2 I. Si (un ) converge vers ` alors `
véri…e : ` = f (`).
p p
Exemple : On a vu que la suite (un ) dé…nie par u0 = 2 et un+1 = un + 2 est
croissante et majorée donc converge vers ` qui véri…e :
p
`= `+2
On en déduit
lim un = 2
+1
Cela peut aussi servir à montrer qu’une suite est divergente comme dans l’exercice
suivant :
Exercice : Montrer que le suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1 est divergente quel que
soit u0 2 R.
Proposition : Soit (un ) une suite si les suites suites extraites (u2n ) et (u2n+1 ) convergent
vers la même valeur ` alors la suite (un ) converge vers `.
Nous avons d’autres critères que les dé…nitions pour montrer la convergence ou la
divergence de suite.
Soit une suite majorée, considérons A = fun n 2 Ng est une partie non vide de R et
majorée, elle admet donc une borne supérieure. C’est à dire un nombre ` = sup A qui
véri…e :
8" > 0 9n0 2 N ` " < un0 `
Étant donné la croissance de (un ) quel que soit n 2 N n n0 on a , ` " < un0 un `
on en déduit :
8" > 0 9n0 2 N 8n 2 N n n0 =) jun `j < "
La démonstration de, toute suite décroissante minorée est convergente, est laissée au
lecteur.
Par contre, la dernière assertion n’est autre que le théorème (1). En e¤et appelons A
« la suite est croissante » , B « la suite est majorée » , C « la suite est convergente » ,
(1) s’écrit :
(A et B) =) C non (A et B) ou C
(non A) ou (non B) ou C
((non A) ou C) ou (non B)
non (A et (non C)) ou (non B)
(A et non C) =) (non B)
Pn
Exemple : On a montré précédemment que la suite (un ) où un = 1 1=k 2 est crois-
sante et majorée, elle est donc convergente. Par contre cela ne nous renseigne pas sur
sa limite si ce n’est que l’on peut dire que c’est la borne supérieure des fun n 2 N g :
Exercice : Montrer que si (un ) est croissante et non majorée alors lim+1 un = +1.
1 1 1 1
un = 1 + + + + et vn = un +
1! 2! n! n n!
Il est clair que la suite (un ) est croissante et que
1
vn un = >0
n n!
et
lim vn un = 0
+1
1 1 1
vn+1 vn = +
(n + 1)! (n + 1) (n + 1)! nn!
1
= <0
n (n + 1) (n + 1)!
u0 u1 un vn v1 v0
Les suites (un ) et (vn ) sont monotones et bornées donc convergentes, et si l’on note
respectivement leur limite ` et `0 on a :
8n 2 N un ` `0 vn ou 0 j`0 `j vn un
par conservation des inégalités par passage à la limite : lim+1 vn un = 0 entraîne que
` = `0 . On dit aussi que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.
Théorème : Si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes alors (un ) et (vn ) convergent
vers la même limite.
Corollaire : Si (an )n2N et (bn )n2N sont adjacentes telles que pour tout n 2 N an < bn
et lim+1 an = lim+1 bn = ` alors
\
[an ; bn ] = f`g
n2N
On appelle aussi ce théorème le théorème des segments emboîtés qui s’énonce aussi :
Théorème des segments emboîtés : Soit In une suite d’intervalle fermés bornés
non vides de R véri…ant les deux conditions suivantes :
(i) 8n 2 N In+1 In
(ii) limn!+1 jIn j = 0 où jIn j désigne la longueur de l’intervalle In
alors il existe un unique ` appartenant à tous les intervalles In et
\
In = f`g
n2N
Ceci montre en quelque sorte qu’il y a plus d’éléments dans [0; 1] que dans N, encore
qu’il s’agit dans les deux cas de quantité in…nie. Les ensembles in…nis qui sont en
bijection avec N sont dits dénombrables. C’est le cas de Z, Q, par contre R n’est pas
dénombrable. Mais on montre que Q est dense dans R. C’est à dire qu’entre deux réels
quelconques il existe toujours un rationnel. Ce qui revient encore à dire que tout réel
est limite d’une suite de rationnelles.
Dé…nition : On dit que A est une partie dense de R si et seulement si, pour tout
intervalle I non vide de R alors A \ I 6= ;.
Proposition : Soit A une partie de R alors A est dense dans R si et seulement si pour
tout ` 2 R il existe une suite (un ) tel que pour n 2 N un 2 A et lim un = `.
Propositions :
L’ensemble des décimaux D est dense dans R.
L’ensemble des rationnels Q est dense dans R.
L’ensemble des irrationnels RnQ est dense dans R.
Soit fun gn2N [a; b]. On partage l’intervalle [a; b] en deux intervalles de même longueur
et l’on note I0 la partie pour laquelle il existe une in…nité d’indices tels que un 2 I0 . (Si
les deux parties possèdent cette propriété on en choisit une arbitrairement). On note
' (0) le plus petit indice n tel que un 2 I0 :
On partage l’intervalle I0 en deux intervalles de même longueur et l’on note I1 la
partie pour laquelle il existe une in…nité d’indices tels que un 2 I1 . (Si les deux parties
possèdent cette propriété on en choisit une arbitrairement). On note ' (1) le plus petit
indice n > ' (0) tel que un 2 I1 et ainsi ' (1) > ' (0) et ainsi de suite.
On dé…nit une suite extraite de u'(n) n2N telle que pour tout n 2 N u'(n) 2 In la
suite (In )n2N est une suite de segment emboîtés dont la longueur tend vers 0 et donc il
existe ` 2 R tel que pour tout n 2 N ` 2 In on en déduit donc u'(n) ; ` 2 In et
lim u'(n) ` =0
n!+1
Exercices :
1. Montrer que si l’on note e la limite de (un ), et que l’on suppose e = p=q où p et q sont
des entiers, on a alors uq < e < vq et que pq! qq!uq serait un entier de ]0; 1[. En déduire
l’irrationalité de e.
2. Montrer que les suites (un ) (vn ) sont adjacentes :
un = 2n sin , vn = 2n tan
2n 2n
pour tout 2 ]0; =2[ :
3. Soit (un ) une suite de réels positive et décroissante et de limite nulle. Pour tout n 2 N, on
pose
Xn
k
Sn = ( 1) uk
k=0
Montrer que les suites extraites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes et en déduire que (Sn )
P k
converge. (C’est ce qu’on appelle le critère de Leibniz exemple ( 1) k1 converge).
y = 1/ x
ln x
1.0
0.5
0.0
1.0 1.5 2.0
L’aire représentée par ln 2 est comprise entre l’aire du carré vert qui vaut 0:5 et l’aire
du carré rouge qui vaut 1 et donc
0:5 < ln 2 < 1
On a¢ ne le résultat
1.0
2/3
0.5
0.0
1.0 1.5 2.0
D’autre part,
n
X1 n
X
1 1 1 1 1
vn un = = =
n+k n+k n 2n 2n
k=0 k=1
montre
lim vn un = 0
n!+1
Ce qui montre que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes et convergent vers ln 2. Toute
fois, la rapidité de convergence est faible puisqu’elle est de l’ordre de 1=2n (i.e.) qu’il
faut prendre n = 50 pour avoir une approximation de ln 2 à 10 2 près.
3. Le quotient un =vn
un nvn b 6= 0 0vn >0 +1 1
a 6= 0 a=b 1 0 0
0 0 ? 0 0
+1 s (b) 1 +1 ? ?
1 s (b) 1 1 ? ?
Attention dans le cas où vn tend vers 0 et ne garde pas un signe constant un =vn a peu
de chance de tendre vers une limite et même vers + ou 1. C’est le cas de la suite
n n
1= (( 1) =n) = ( 1) n:
Théorème : Pour tout réel 1 < q < 1 on a lim q n = 0 et pour tout réel q > 1 on
n!+1
a lim+1 q n = +1.
Attention : Quand on dit q > 1 cela doit être indépendemment de n par exemple
dans le cas n
1
lim 1 +
+1 n
où 1 + 1=n > 1 mais pas indépendemment de n et on a
n
1
lim 1 + = lim en ln(1+=n) = e
+1 n +1
vn
Dans les cas de lim+1 (un ) il faut revenir à la dé…nition
uvnn = evn ln un
Exercices :
1. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes
n
2)n p p
(a) un = 33n +(( 2) n (c) un = n2 + n + 1 n2 n+1 (e) un = n!
nn
p
n pn2 +1 1
Pn 1
(b) un = n+ n2 1 (d) un = n2 k=1 k (f) un = n E n
3. Montrer que si une suite (un ) à valeur dans N tend vers 0 alors quel que soit (vn ) ; lim+1 un
vn = 0.
4. Montrer que si lim un = ` 6= 0 alors lim un+1=un = 1. Montrer que c’est faux pour ` = 0:
Théorèmes :
Si pour tout n n0 on a un xn et lim un = +1 alors lim xn = +1
n!+1 n!+1
Si pour tout n n0 on a xn un et lim un = 1 alors lim xn = 1
n!+1 n!+1
Si pour tout n n0 on a un xn vn et lim un = lim vn = l alors la suite (xn )
n!+1 n!+1
est convergente et lim xn = l
n!+1
1 n2 +1
Soit la suite (un ) par un = n E n et pour tout entier n
1 n2 + 1 1 n2 + 1 1 n2 + 1
1 E +1
n n n n n n
On en déduit que lim un = 1:
n!+1
Exercices :
1. Déterminer les limites des sommes suivantes :
Pn 1
Pn
(a) Sn = k=1 n2 +k (c) Sn = k=1 n2n+k
P2n 1 2 Pn
(b) Sn = n+1 k2 (d) Sn = k=1 pn12 +k
p
2. Soit (un ) une suite de réels strictement positifs. On suppose lim+1 n un = `.
(a) Montrer que si ` < 1 alors lim+1 un = 0.
(b) Montrer que si ` > 1 alors lim+1 un = +1
(c) Montrer que dans le cas ` = 1 on ne peut rien conclure.
3. Pour tout entier n;on considère un > 0 et u3n nun 1 = 0. Montrer que la suite (un ) est
dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence.
4. Pour tout entier n;on considère un > 0 et nun+1
n (n + 1) unn + 1 = 0. Montrer que la suite
(un ) est dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence.
5. Soit (un ) une suite croissante de limite `. On pose
u1 + u2 + + un
vn =
n
(a) Montrer que (vn ) est croissante.
vn +un
(b) Etablir que v2n 2 .
(c) En déduire que lim+1 vn = `.
On peut généraliser ce dernier résultat :
Théorème de Césaro : Soit (un ) une suite convergente de limite `. Si l’on note :
u1 + u2 + + un
vn =
n
alors
lim vn = `
+1
En e¤et
8" > 0 9N 2 N 8n 2 N n > N ) jun `j < "=2
alors
N n
1X 1 X
jvn `j juk `j + juk `j
n n
k=1 k=N +1
et
N
0 1X 0
9N 2 N 8n 2 N n > N > N ) juk `j < "=2
n
k=1
donc
8" > 0 9N 0 2 N 8n 2 N n > N 0 ) jvn `j "
Attention : La réciproque est fausse (i.e.) il existe (un ) tel lim vn = ` et (un ) ne
n
converge pas, par exemple un = ( 1) et lim vn = 0.
Exercices :
1. Déterminer la limite de la suite (vn ) dé…nie pour tout n 2 N par
1 1 1
vn = + + +
n 2n n2
lim (un+1 un ) = ` où ` 2 R
+1
Montrer que
un
lim =`
+1 n
On prouve que dans R ou dans C, toute suite de Cauchy converge, de même que toute
suite convergente est de Cauchy.
La première utilisation des suites de Cauchy pour étudier la convergence d’une série
remonte à 4 siècles avant Cauchy. Elle est l’oeuvre de Nicolas Oresme qui a prouvé que
la suite Sn = 1 + 1=2 + ::: + 1=n est divergente. Pour cela, il remarque essentiellement
que S2n Sn > 1=2, et donc que la suite ne peut pas être de Cauchy. Remarquons
toutefois qu’il n’utilise ici que le sens facile : toute suite convergente est nécessairement
de Cauchy !
Exercices
1. (Une suite de Cauchy dans Q non convergente)
n
Soit (rn )n2N une suite de nombres réels telle que jrn rn+1 j où 2 ]0; 1[
(a) Montrer que la suite (rn )n2N est de Cauchy. Indication : on pourra écrire, pour p > q,
p
X
rp rq = rk+1 rk
k=q
(b) Soit (rn )n2N la suite dé…nie par récurrence par r0 = 2 et rn+1 = 1 + 1=rn , 8n 0.
Montrer que (rn )n2N est une suite de Cauchy dans Q qui ne converge pas dans Q.
Conclusion ?
2. (Irrationalité de e)
Soit (rn )n2N la suite dé…nie par :
n
X 1
k!
k=1
(d) En déduire que la suite (rn )n2N est de Cauchy et donc qu’elle converge dans R. On
notera e sa limite.
(e) Supposons que e 2 Q, c’est-à-dire qu’il existe p; q deux entiers premiers entre eux (stric-
tement positifs) tels que e = p=q:
i. Montrer que pour tout n > q, le nombre pn = n!(e rn ) est un entier strictement
positif.
ii. Montrer que 0 < pn < 1. Indication : on pourra écrire que pn = limm!+1 n! (rm rn ).
(f) Conclure que e est irrationnel.
5 Exemples de suites
5.1 Suites arithmétiques
Dé…nition : Soit r un nombre réel. On appelle suite arithmétique de raison r, la
suite dé…nie par son premier terme et par la relation de récurrence :
un+1 = un + r
Exemples :
La suite 4; 1; 2; 5; 8; est une suite arithmétique de raison 3 et de premier terme
4:
La suite des nombres impairs (respectivement pairs) est une suite arithmétique.
On remarquera que la dé…nition est équivalente à un+1 un = r. Cette relation sera utile
pour démontrer qu’une suite est arithmétique. La suite dé…ne sur N par un = 21 n + 3
1 1 1
est une suite arithmétique. En e¤et, un+1 un = 2(n + 1) + 3 2n + 3 = 2
1
et donc (un ) est une suite arithmétique de raison 2 et de premier terme u0 = 3.
Proposition : Trois nombres a,b et c dans cet ordre sont en progression arithmétique
si et seulement si
a+c
b=
2
Formule explicite de un en fonction de n : Soit (un ) une suite arithmétique de
raison r et de premier terme u0 alors
un = u0 + nr
Exercice : Dans la suite (un ) arithmétique telle que u0 = 1 et u10 = 31; calculer u2016 :
Théorème : Soit la suite (un ) dé…nie pour tout n 2 N par un+1 = un + r alors pour
tout n 2 N;
un = u0 + nr:
Le 1002ieme nombre impair est 2003. En e¤et, u0 = 1 et u1001 le 1002ieme nombre
impair est égal à 2003.
p p
Exercice : Quelle est la nature de la suite 2; 2; 2 2; 4; etc. ?
u 0 = 1 ; u1 = 1
un+1 = un + un 1
Quelles peuvent-être les valeurs de la raison ? (On appelle cette suite la suite de Fi-
bonacci, partant d’un couple de lapins combien de couples de lapins obtient-on après
un nombre donné de mois sachant que chaque couple donne chaque mois un nouveau
couple productif qu’au bout de deux mois ?)
Si l’on note Pn "un = u0 q n "; on véri…e que P0 est vraie et si l’on suppose Pn vraie alors
par dé…nition un+1 = qun = q (u0 q n ) = u0 q n+1 . On en déduit que Pn+1 est véri…ée et
selon le principe de récurrence on peut conclure que Pn est vraie pour tout n 2 N:
p
p : Soit (un ) dé…nie par u0 =
Exercice 1 et q = 2 déterminer le rang du terme
un = 64 2:
Somme de termes consécutifs d’une suite géométrique : Soit (un ) une suite
géométrique de raison q 6= 1 et de premier terme u0 alors
1 q n+1 u0 un+1
u0 + u1 + + un = u0 =
1 q 1 q
Exercices :
p p
1. Calculer 2 2+2 2 4+ 64:
2. Une suite géométrique a pour premier terme u0 = 3 et pour raison 2. La somme des n
premiers termes est 6 291 453. Que vaut n ?
3. Une personne a obtenu un prêt progressif pour …nancer sa résidence. La durée de ce prêt est
de 10 ans et chaque année les mensualités augmentent de 3%. Quel était le montant de la
première mensualité, sachant que la somme totale versée (sur 10 ans) est 275 133 2.
un+1 c = aun + b c
b c
= a un +
a
b c b
= c () c = a 6= 1
a 1 a
et on vérife que dans ces conditions pour tout n 2 N
b b
un+1 = a un
1 a 1 a
Cette relation est utile pour donner le terme générale en fonction de n d’une suite
arithmético géométrique et d’étudier la con vergence.
vn = un 10
1
est géométrique de raison 2 et v0 = 2
1
un = v0 + 10
2n
1
= + 10
2n 1
D’où
lim un = 10
n!+1
Exercice : Un roi décide de distribuer à ses ministres une certaine quantité de pièces
d’or. Il répartit ainsi les pièces : au premier des ministres, il donne 5 pièces ; au second
ministre, le double du premier moins 3 pièces ; et ainsi de suite. Au nieme ministre, le
double du (n 1)ieme ministre moins 3 pièces. Le nieme ministre, avide, décide d’avoir
sa part sans attendre son tour. Peut-on exprimer le nombre de pièces d’or du nieme
ministre, en fonction de son rang.
0 1 2 3 4 5 6
0 1 1
1 0 1 1
2 1 0 1 2
3 1 1 0 1 3
4 2 1 1 0 1 5 un 1
5 3 2 1 1 0 1 8 un
6 5 3 2 1 1 0 1 13 un+1
Le tableau ci-dessus représente en ligne les couples de lapins en fonction de leur âge.
On part d’un couple de lapins qui vient de naître u0 = 1. Au bout de 6 mois, c’est à
dire à l’étape 1, il n’y a toujours qu’un couple de lapins u1 = 1. Au bout d’un an, à
l’étape 3, le couple de lapins donne naissance à un couple de lapins, u2 = 2. A l’étape 4,
il y aura maintenant 2 couples de lapins dont 1 couple productif, qui donnera naissance
à 1 couple de lapins, u4 = 3. A l’étape 5, il y a 3 couples de lapins dont 2 productifs,
ceux de l’étape 3 qui donneront 2 couples de lapins, plus tout ceux de l’étape 4 et donc
u5 = u4 + u3 et plus généralement
un+1 = un + un 1
q2 q 1=0
p p
1+ 5 1 5
d’où q1 = 2 et q2 = 2 . On a deux suites qui véri…ent un+1 = un + un 1. Notons
p n p n
1+ 5 1 5
les (vn ) et (wn ) où vn = v0 et wn =
2 2 w0 . On remarque alors que la
suite (Un ) telle que Un = vn + wn véri…e encore Un+1 = Un + Un 1 déterminons alors
v0 et w0 tel que pour tout n 2 N, Un = un :
On a (
U0 = v0 + w0 = u0 = 1
p p
1+ 5 1 5
U1 = v0 2 + w0 2 = u1 = 1
On a p p
5+ 5 5 5
v0 = et w0 =
10 10
On peut alors conclure que pour tout n 2 N
1 p n+1 p n+1
Un = un = p 1+ 5 1 5
2n+1 5
1 p 41 p 41
u40 = p 1+ 5 1 5 = 1: 655 8 108
241 5
Plus généralement :
Dé…nition : On dit que (un ) est une suite linéaire récurrente d’ordre 2 pour dire
que le terme général un est dé…ni par :
u0 = a; u1 = b
un+2 = un+1 + un
r2 + r + = 0 (2)
Exercices :
1. Donner l’expression du terme général des suites récurrentes réelles suivantes :
(a) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = 4un+1 4un
(b) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 1 et 8n 2 N 2un+2 = 3un+1 un
(c) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = un+1 un
2. Soit 2 ]0; [ ; déterminer le terme général de la suite réelle (un ) dé…nie par
n
et donc 8n 2 N an = a0 et bn = ( 1=3) b0 et lim+1 zn = a0 :
Dé…nition : On dit que (un ) converge vers un nombre complexe `, pour dire que :
Exercices :
1. Soit > 0 et 2 ]0; [. On considère la suite complexe (zn ) dé…nie par z0 = ei et
zn + jzn j
zn+1 =
2
(a) Exprimer zn sous forme d’un produit.
(b) Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2n sin 2n
k=1
u0 = 0 et u1 = 1 + 4i
8n 2 N un+2 = (3 2i) un+1 (5 5i) un
Pour tout z 2 C, montrer que la suite (un (z))n2N est convergente. On dé…nit, pour tout
z2C
Xn
zk
ez = lim
n!+1 k!
k=0
E (nx) n E (x) + k
= = E (x) + k=n
n n
E (nx)
=) E = E (x)
n
n+m
3. Montrer : 8m; n 2 Z E 2 + E n m+1
2 = n. Rép. Si n et m ont même parité alors
E n+m
2 = n+m
2 et E n m+1
2 = n 2m sinon E n+m
2 = n+m2
1
et E n m+1
2 = n m+1
2 .
4. Montrer : 8x 2 R, 0 E (2x) 2 E (x) 1. Rép. Etudier les cas x 2 [E (x) ; E (x) + 1=2[ et
x 2 [E (x) + 1=2; E (x) + 1[
1
5. Étudier et représenter la fonction f : R ! R x 7! x E x :Rép. Voir chapitre pécédent.
6. Soit A et B deux parties non vides de R bornées si A B alors sup A sup B: Que dire de
inf A et inf B ? Rép.8x 2 A sup B x et donc sup B sup A et de même inf B x donc
inf B inf A.
7. Montrer la relation inf ( A) = sup (A) où A = fx 2 R x 2 Ag.
Rép. 8x 2 A x sup (A) (i.e.) x sup (A) donc inf ( A) sup (A) et inf ( A)
sup (A) et 8" > 0 9x 2 A x sup (A) " (i.e.) x sup (A)+" donc inf ( A) = sup (A).
8. Admettant l’existence pour tout partie non vide majorée d’une borne supérieure, montrer
l’existence pour toute partie non vide minorée d’une borne inférieure.
Rép. A est non vide et majorée etc...
9. Soit
n 1
A= ( 1) + n2N
1+n
Montrer qu’il existe sup A; inf A et les calculer.
Rép. sup (A) = 2 et inf (A) = 1
10. Soit A et B deux parties non vides de R telles que
8 (a; b) 2 A B a b
Rép. 8 (x; y) 2 A2 jx yj sup (A) inf (A) et d’autre part 8" > 0 9x 2 A sup (A)
x sup (A) "=2 et 9y 2 A inf (A) y inf (A) + "=2 et x y sup (A) "=2
(inf (A) + "=2) () x y sup (A) inf (A) " et donc
où un est écritpavec n radicaux. Trouver une fonction f telle que un+1 = f (un ) :
Rép. f (x) = 2 + x
21. Ecrire le terme général un dans les cas suivants :
u0 = 0 u0 = 0
(a) (b)
un+1 = un + 1 un+1 = un + n + 1
u0 = a u0 = 1
(c) (d)
un+1 = un + a un+1 = aun
n(n+1)
Rép. (a) un = n (b) un = 2 (c) un = (n + 1) a (d) un = an .
22. Ecrire le terme général des suites suivantes :
u1 = 1 u0 = 1 u1 = 1
(a) 1 (b) 2 (c) 2n
un+1 = un (n+1)n un+1 = n+1 un un+1 = 2n+1 un
1 2n 2(n 1) 2(n 2) 2
Rép. (a) un = n(n 1) (b) un = n! (c) un = (2n 1) (2n 3) 1
23. Soit la suite (un ) telle que u0 = 0 et un+1 = 3un + 1. Montrer que pour tout n 2 N
2un = 3n 1
Rép. (a) " (b) " (c) # (d) " (e) "
31. Soit la suite (un )n 1
n
X k 1
un = ( 1)
k
k=1
Étudier la monotonie des suites extraites (u2n ) et (u2n+1 ) : Rép. : (u2n ) # et (u2n+1 ) "
n
32. Étudier la monotonie de (un ) où pour tout n 2 N un = 1 + n1 :
x
Rép. Etudier f (x) = 1 + x1 , f 00 (x) < 0 ) f 0 (x) > 0 et f ".
33. Soit la suite (un ) dé…nie par
n
X 1
un =
n+k
k=1
1 1 1
(a) Étudier la monotonie de (un ). Rép. un+1 un = 2n+1 + 2n+2 n+1
lim xn = `
Rép. Prendre la suite dé…nie par xn l’écriture décimal de ` limitée à n chi¤res après la
virgule.
38. Montrer que la suite (un )
Xn
1
un = p
k=1
k
Pn p
est divergente. Rép. un p1 n:
k=1 n
39. Montrer que le suite (un ) dé…nie par un+1 = u2n + 1 est divergente quel que soit u0 2 R.
Rép. L’équation x2 x + 1 = 0 n’a pas de solution dans R et donc pas de limite possible.
un = 2n sin , vn = 2n tan
2n 2n
pour tout 2 ]0; =2[ :
1
Rép. un vn et un+1 un = 2n+1 sin 2n+1 1 cos 2n+1 vn+1 vn = 2n+1 tan 2n+1 1 1 tan2 2n
41. Soit (un ) une suite de réels positive, décroissante et de limite nulle. Pour tout n 2 N, on pose
n
X k
Sn = ( 1) uk
k=0
Montrer que les suites extraites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes et en déduire que (Sn )
P k
converge. (C’est ce qu’on appelle le critère de Leibniz exemple ( 1) k1 converge). Rép.
Classique.
42. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes
n
2)n p p
(a) un = 33n +(( 2) n (c) un = n2 + n + 1 n2 n+1 (e) un = n!
nn
p
2 P n
(b) un = nn+pnn2 +11 (d) un = n12 k=1 k (f) un = n E 1
n
p 2
1 ( 2=3)n 1
Rép. (a) un = 1+( 2=3)n ! 1 (b) un = p1+1=n2 ! 0 (c) un = q
1
2q
!1
1+ 1+1=n 1+ n + n12 + 1 1 1
n + n2
n+1
(d) un = n ! 1 (e) un ! 0 (f) un = 0 dés que n 2
43. Trouver la limite si elle existe des suites (un ) suivantes :
n p en
(a) un = 1 n1
n
(c) un = n2 (e) un = nn
1 n
(b) un = sin n1 n
(d) un = n 1
n+1
n n n2 n2 p n
Rép. (a) Sn n2 +1 ! 0 (b) Sn (n+1)2
! 0 (c) n2 +n Sn n2 +1 ! 1 (d) n2 +n
n
Sn p
n2 +1
!1
p
47. Soit (un ) une suite de réels strictement positifs. On suppose lim+1 n un = `.
(a) Montrer que si ` < 1 alors lim+1 un = 0. Rép. L’hypothèse entraîne l’existence " > 0
et n0 2 N tel que
p
8n n0 n un < ` + " < 1
n
et 0 un < (` + ") ! 0
(b) Montrer que si ` > 1 alors lim+1 un = +1: Rép. Idem.
(c) Montrer que dans le cas ` = 1 on ne peut rien conclure. Rép. Prendre un = n; un =
1=n; un = 1
48. Pour tout entier n;on considère un > 0 et u3n nun 1 = 0. Montrer que la suite (un ) est dé…nie
d’une manière unique et étudier sa convergence. Rép. Etudier fn (x) = x3 (n + 1) x 1 et
p p
fn0 n=3 = 0 et fn n=3 < 0 d’où lim un = +1.
49. Pour tout entier n;on considère un > 0 et nun+1 n (n + 1) unn 1 = 0. Montrer que la
suite (un ) est dé…nie d’une manière unique et étudier sa convergence. Rép. Etudier fn (x) =
nxn+1 (n + 1) xn 1 et fn (1) = 2 et fn 1 + n2 > 0 d’où lim un = 0.
50. Soit (un ) une suite croissante de limite `. On pose
u1 + u2 + + un
vn =
n
nun+1 (u1 + +un )
(a) Montrer que (vn ) est croissante. Rép. vn+1 vn = n(n+1) 0 car (un ) "
vn +un
(b) Etablir que v2n 2 . Rép. Clair
(c) En déduire que lim+1 vn = `. Rép. On a vn un et donc (vn ) convergente et vn !
`0 ` et (b) ) `0 ` d’où ` = `0 .
51. Dans la suite (un ) arithmétique telle que u0 = 1 et u10 = 31; calculer u2015 :
52. Calculer la somme des 100 premiers nombres impairs.
53. Donner la formule explicite de (un ) dé…nie par un+1 = un 2 et u0 = 5=2
54. Calculer la somme des multiples de 3 entre 100 et 1000 (rép. 165150).
55. Comparer m (1 + 2 + + n) et n (1 + 2 + + m) où m et n sont des entiers.
56. Les pages d’un livre sont numérotées de 1 à n (la page 1 est une page de droite). On additionne
les numéros de toutes les pages et on trouve 2003. Or deux pages sont restées collées et leur
numéros n’ont pas été comptés. Quel est le nombre de pages du livre et les numéros des pages
collées ?
57. Rencontrant un mendiant, un homme lui donne une pièce ; il en rencontre un deuxième, et lui
donne deux pièces. Il rencontre d’autres mendiants encore, à qui il donne une pièce de plus
que précédemment, à chaque fois jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien en poche. Il ré‡échit alors,
et se dit : ” Si j’avais donné autant de pièces à chacun d’eux, cela aurait été plus équitable
et chaque mendiant aurait reçu 8 pièces ” Combien a-t-il rencontré de mendiants ?
p p
58. Quelle est la nature de la suite 2; 2; 2 2; 4; etc. ?
59. Soit une suite géométrique non nulle (un ) véri…ant :
u 0 = 1 ; u1 = 1
un+1 = un + un 1
1
Pn 2
Rép. ln (wn ) = n k=1 k ln 1 + k d’où lim (wn ) = e2 :
67. Soit (un )n2N une suite réelle telle que
lim (un+1 un ) = ` où ` 2 R
+1
Montrer que
un
lim =`
+1 n
1
Pn un u1
Rép. n k=1 (uk+1 uk ) = n !`
68. (Une suite de Cauchy dans Q non convergente)
n
Soit (rn )n2N une suite de nombres réels telle que jrn rn+1 j où 2 ]0; 1[
(a) Montrer que la suite (rn )n2N est de Cauchy. Indication : on pourra écrire, pour p > q,
p
X
rp rq = rk+1 rk
k=q
Pp q
Rép. jrp rq j k=q jrk+1 rk j 1 ! 0 q ! +1
(b) Soit (rn )n2N la suite dé…nie par récurrence par r0 = 2 et rn+1 = 1 + 1=rn , 8n 0.
Montrer que (rn )n2N est une suite de Cauchy dans Q qui ne converge pas dans Q.
Conclusion ?
Rép. Par récurrence pour tout n 2 N rn 2 Q et 1 rn 2. D’autre part, f : x 7 ! 1+ x1
alors f f est monotonep
et (r2n ) et (r2n+1 ) sont monotones et convergentes vers la même
valeur f (`) = ` = 1+2 5 2=Q
69. (Irrationalité de e)
Soit (rn )n2N la suite dé…nie par :
n
X 1
k!
k=1
1 1 1 1
Rép. jrm rn j < (n+1)! 1+ n+2 + (n+2)(n+3) + + (n+2)(n+3) (m) d’où le résul-
tat.
(c) En d´eduire que, pour tout m > n > 2, on a
1
jrm rn j <
2 (n!)
1 1 (1=n+2)m n
n+2 1 1
Rép. jrm rn j (n+1)! 1 (1=n+2) (n+1)2 n! < 2(n!)
(d) En déduire que la suite (rn )n2N est de Cauchy et donc qu’elle converge dans R. On
notera e sa limite.
(e) Supposons que e 2 Q, c’est-à-dire qu’il existe p; q deux entiers premiers entre eux (stric-
tement positifs) tels que e = p=q:
i. Montrer que pour tout n > q, le nombre pn = n! je rn j est un entier strictement
positif.
Rép. n!e 2 N et n!rn 2 N d’où le résultat
ii. Montrer que 0 < pn < 1. Indication : on pourra écrire que pn = limm!+1 n! (rm rn ).
Rép. Pour pour tout entier m > n > 2 n! jrm rn j < 21 et donc contradiction avec
l’hypothèse e = p=q,
(f) Conclure que e est irrationnel. Rép. d’où la conclusion.
70. Donner l’expression du terme général des suites récurrentes réelles suivantes :
(a) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = 4un+1 4un Rép. un = (1 n) 2n
n+2
(b) (un ) dé…nie par u0 = 1, u1 = 1 et 8n 2 N 2un+2 = 3un+1 un Rép. un = 3+2
(c) (u
pn
) dé…nie par u0 = 1, u1 = 0 et 8n 2 N un+2 = un+1 un Rép. un = cos n =3
3
3 sin n =3
71. Soit 2 ]0; [ ; déterminer le terme général de la suite réelle (un ) dé…nie par
zn + jzn j
zn+1 =
2
Yn
(a) Exprimer zn sous forme d’un produit. Rép. zn = ei 2n cos 2k
k=1
(b) Montrer que
n
Y sin
cos =
2k 2nsin 2n
k=1
sin
(c) Déterminer lim+1 zn Rép. zn !
73. Donner l’expression du terme général de la suite (un ) dé…nie par :
u0 = 0 et u1 = 1 + 4i
8n 2 N un+2 = (3 2i) un+1 (5 5i) un
2 Limites 5
2.1 Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Limites et encadrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3 Continuité 9
3.1 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Continuité sur un intervalle R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.3 Image d’un intervalle par une application continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Karl Theodor Wilhelm Weierstrass, né le31 octobre 1815 à Ostenfelde, mort le 19 février 1897 à Berlin, était
un mathématicien allemand, Weierstrass étudia la …abilité de l’analyse, dont il propose une dé…nition rigoureuse
de la limite et de la continuité d’une fonction. Le 18 juillet 1872, donne l’exemple d’une fonction continue partout
et dérivable nulle part, appelée aujourd’hui fonction de Weierstrass, qu’il enseignait dans ses cours depuis 1861. Il
causa ainsi une grande surprise dans le monde mathématique : on croyait d’ordinaire qu’une fonction continue en
tout point est nécessairement dérivable sauf peut-être en quelques points.
1
LIMITE ET CONTINUITÉ 2
1 Topologie de R
On considère dans ce chapitre des fonctions dé…nies sur une partie D de R et à valeurs
dans R.
Remarque : Le point a est isolé dans A s’il n’est pas un point d’accumumaltion dans
A. On peut dire aussi que a est isolé dans A s’il n’est pas adhérent à An fag.
Exemples :
Les réels 0 et 1 sont adhérents à f 1g []0; 2]. L’adhérence de f 1g []0; 2] est f 1g [
[0; 2].
Les points 0 et 2 sont des points d’accumulations de f 1g []0; 2].
Le point 1 est un point isolé de f 1g []0; 2].
Le réel 0 est o
n adhérent et c’est aussi un point d’accumultaion de l’ensemble A =
( 1)n
n n 2 N . Tous les éléments de A sont isolés.
n
Les valeurs f 1; 1g sont adhérents à f( 1) n 2 Ng
Si A est une partie non vide et majorée de R, alors sup (A) est adhérent à A, c’est aussi
un point d’accumulation de A.
Exercices :
p
1. Soit D = p + q 2 (p; q) 2 Z2 .
p n
(a) Montrer que 8n 2 N 2 1 2 D.
(b) En déduire que tout a 2 R est adhérent de D. On dira que D est dense dans R.
n o
1)n n
2. Déterminer l’adhérence de la partie A = ( n+1 n2N .
Dé…nition : On dira qu’une partie A R est ouverte dans R si RnA est un fermé.
[
Exemples : Les ensembles R; ;; ]0; 1[ sont des ouverts, RnZ = ]n; n + 1[
n2Z
et que RnA ne soit pas fermé alors il existerait x 2 A et une suite (xn ) xn 2 RnA tels
que lim xn = x alors
8" > 0 9xn 2 ]x "; x + "[
et donc
]x "; x + "[ * A
et la contradiction.
Remarque : L’intérieur de A noté A est un ouvert et c’est le plus grand ouvert inclus
dans A.
Exemples :
Exercices :
1. Montrer que A est un ouvert si et seulement si A = A:
2. Soit A et B deux parties de R.
(a) Montrer que
z }| { z }| {
A[B (A [ B) et A \ B = (A \ B)
(b) Montrer que
A [ B = A [ B et A \ B A\B
3. Montrer que l’intérieur des sous-ensembles suivants est vide
1
N, Z, Q, RnQ, n2N , x 2 Q x2 < 2
n
8x 2 R x + ( 1) = 1
(+1) + (+1) = +1
( 1) + ( 1) = 1
0 ( 1) = 0
jxj
8x 2 R x ( 1) = " (x) 1 où " (x) = x
(+1) (+1) = +1
(+1) ( 1) = 1
( 1) ( 1) = +1
8x 2 R x 1 = 0
2 Limites
Dans cette partie, f désigne une fonction dé…nie sur une partie D de R et à valeurs
dans R et a désigne un élément de R tel que a 2 D.
2.1 Dé…nitions
Dé…nition : On dit que f admet ` comme limite en a, avec ` 2 R si pour tout voisinage
V (`), il existe un voisinage V (a) tel que f (V (a) \D) V (`), (i.e.) :
lim f (x) = `
x!a
2. si ` 2 R et a = +1 alors
3. si ` 2 R et a = 1 alors
4. si ` = +1 et a 2 R alors
5. si ` = +1 et a = +1 alors
6. si ` = +1 et a = 1 alors
7. si ` = 1 et a 2 R alors
8. si ` = 1 et a = +1 alors
9. si ` = 1 et a = 1 alors
Dé…nition : On dit que f admet ` pour limite à gauche (resp. à droite) en a (suivant
D) si la restriction de f à ] 1; a[ \ D (resp. à ]a; +1[ \ D) admet ` pour limite en a
et on note
lim+ f (x) = ` resp. lim f (x) = `
x!a x!a
p
x2
Exemple : Soit la fonction f (x) = x
alors f n’a pas de limite en 0. On peut traduire ce résultat par la fonction x 7 ! jxj
n’est pas dérivable en 0.
p
Exercice : Étudier la limite au voisinage de 0 de f (x) = x 1 + 1=x2 :
Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur une partie D de R. La fonction f admet
une limite ` en a 2 D si et seulement si elle admet une limite à gauche en a et une
limite à droite en a et
lim+ f (x) = lim f (x) = `
x!a x!a
E(x)
Exercice : La fonction f (x) = x admet-elle une limite en 0 ?
Théorème : Soit f une fonction dé…nie sur une partie D de R. La fonction f admet
une limite ` en a 2 D si et seulement si pour toute suite (xn )n2N d’éléments de D qui
tend vers a, la suite (f (xn ))n2N converge et a pour limite `.
Corollaire : S’il existe une suite (xn )n2N d’éléments de D qui tend vers a telle que la
suite (f (xn ))n2N ne converge pas alors f n’a pas de limite en a.
Ou encore,
Corollaire : S’il existe deux suite (xn )n2N et (yn )n2N d’éléments de D qui tend vers a
telle que la suite (f (xn ))n2N et (f (yn ))n2N ne converge pas vers la même valeur alors
f n’a pas de limite en a.
Exemples : La fontion dé…nie sur R par f (x) = sin x n’a pas de limite en +1. En
e¤et, lim+1 sin (n ) = 0 et lim+1 sin (4n + 1) 2 = 1:
Exercices :
1. Soit la fonction f dé…nie sur R par la formule
1
f (t) = sin
t
(a) Montrer que f n’admet pas de limite en zéro.
(b) Montrer que 8 2 [ 1; 1] il existe une suite (tn )n 0 d’éléments de R telle que la suite
(f (tn ))n 0 converge vers .
2. Soit f une application T -périodique de R dans R. Que peut-on dire de f si elle admet une
limite quand t tend vers +1
1 sin x
Exemple : Étudions la limx!+1 x sin x si l’on pose f (x) = 1=x et g (x) = x
1 sin (f (x))
x sin = = g f (x)
x f (x)
et comme limx!+1 f (x) = 0
1 sin y
lim x sin = lim g f (x) = lim g (y) = lim =1
x!+1 x x!+1 y!0 y!0 y
Proposition :
lim f (x) = ` () lim jf (x)j = j`j
x!a