MPSI 3 - Fermat Le 09.01.
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2018-2019
Devoir à la maison n◦ 6
CORRECTION
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Exercice - Théorème de Heine
Soit > 0.
1. Soit x ∈ [a, b]. f est continue en x.
∃ η > 0 | ∀ y ∈ [a, b], |x − y| 6 η =⇒ |f (x) − f (y)| <
Donc ∆ (x) = {η > 0 | ∀ y ∈ [a, b], |x − y| 6 η ⇒ |f (x) − f (y)| < } est non vide, dans R.
∆ est majorée par max(b − x, x − a). Donc ∆ (x) admet une borne supérieure.
On note δ(x) = sup ∆ (x). Nécessairement, δ(x) > 0.
Ainsi, il existe δ : [a, b] → R∗+ tel que : ∀ x ∈ [a, b], ∀ y ∈ [a, b], |x − y| 6 δ(x) ⇒ |f (x) − f (y)| <
On note pour tout x ∈ [a, b], δ(x) = sup{δ ∈]0, b − a] | ∀ y ∈ [a, b], |y − x| 6 δ =⇒ |f (x) − f (y)| < }.
2. Pour tout x ∈ [c, d] (donc x ∈ [a, b]), δ(x) > 0, d’après la question précédente.
Ainsi δ[c,d] := inf x∈[c,d] δ(x) > 0
3. Supposons que P[c,d] et P[d,e] sont vraies. Donc δ[c,d] > 0 et δ[d,e] > 0. Or :
δ[c,e] = inf δ(x) = min inf δ(x), inf δ(x) = min(δ[c,d] , δ[d,e] ) > 0
x∈[c,e] x∈[c,d] x∈[d,e]
Ainsi P[c,e] est vraie.
P[c,d] et P[d,e] =⇒ P[c,e]
Remarques !
On a exploité ici : inf x∈A∪B f (x) = min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x)).
Rappelons la démonstration :
∀ x ∈ A ∪ B, x ∈ A et donc f (x) > inf x∈A f (x) ou x ∈ B et donc f (x) > inf x∈B f (x).
Dans tous les cas : f (x) > min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x)).
Ainsi, min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x)) est un minorant de {f (x), x ∈ A ∪ B}.
Par ailleurs, pour tout > 0,
il existe x1 ∈ A tel que inf x∈A f (x) > f (x1 ) − et il existe x2 ∈ B tel que inf x∈B f (x) > f (x2 ) − .
donc il existe x0 ∈ A ∪ B tel que min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x)) > f (x0 ) −
(x0 = x1 , si min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x)) = inf x∈A f (x) et x0 = x2 , sinon).
Donc inf x∈A∪B f (x) = min(inf x∈A f (x), inf x∈B f (x))
4. Supposons que δ[a,b] = 0, alors d’après le principe de dichotomie,
T (In ) de segments emboités avec `(In ) → 0 et pour tout n ∈ N, PIn faux.
il existe une suite
On note {`} = n∈N In . f est continue en `. On considère α = η/2 (`) > 0.
∀ y ∈ [a, b], |y − `| 6 α =⇒ |f (y) − f (`)| <
2
Donc, pour tout x, y ∈]` − α, ` + α[, |x − `| < α, |y − `| < α et par l’inégalité triangulaire :
|f (x) − f (y)| < |f (x) − f (`)| + |f (y) − f (`)| < + =
2 2
Par ailleurs, comme (In ) → {`}, il existe N ∈ N tel que IN ⊂]` − α2 , ` + α2 [.
Et ∀ x ∈ IN ⊂]` − α, ` + α[, ∀ y ∈]` − α, ` + α[, |f (x) − f (y)| <
Or ∀ y ∈ [a, b], tel que |x − y| < α2 , y ∈]x − α2 , x + α2 [⊂]` − 2 α2 , ` + 2 α2 [, donc |f (x) − f (y)| < .
Donc δ(x) > α2 . Ceci est vrai pour tout x ∈ IN
Donc PIN est vraie. On a donc une contradiction
Par l’absurde : δ[a,b] > 0.
5. En considérant δ[a,b] > 0, on peut affirmer :
∀ x, y ∈ [a, b], |x − y| < δ[a,b] 6 δ(x) ⇐⇒ |f (x − f (y)| <
Ainsi, f est uniformément continue sur [a, b]
Remarques !
Plus généralement, on considère une propriété P.
On suppose que si :
— ∀ [c, d], [d, e] ⊂ [a, b], P[c,d] et P[d,e] =⇒ P[c,e]
— Pour tout x ∈ [a, b], P est vraie sur un voisinage de x
Alors P sur [a, b] entièrement.
En effet, d’après le principe de dichotomie, si P sur [a, b] est faux, il existe une suite (In ) de segments em-
T
boités avec `(In ) → 0 et pour tout n ∈ N, PIn faux. On note {`} = n∈N In .
Or P est vraie au voisinage de ` (puisque vraie au voisinage de tout x).
Ainsi, il existe α > 0 tel que P]`−α,`+α[ est vraie. Et il existe également N ∈ N tel que IN ⊂]` − α, ` + α[.
On a une contradiction et donc P[a,b] n’est pas faux, donc est vraie.
Problème - Fonction à variation lente
On dit qu’une fonction f : R∗+ → R est à variation lente si :
f (cx)
∀c>0 lim =1
x→+∞ f (x)
1. (a) Soit c > 0, pour tout x > 0, par addition des limites :
ln(cx) ln c + ln x ln c
= =1+ −→ 1 + 0
ln(x) ln x ln x x→+∞
Donc la fonction ln est à variation lente.
(b) Soit c > 0, pour tout x > 0, par division des limites :
f (cx) `
−→ =1
f (x) x→+∞ `
Donc s’il existe ` ∈ R∗ tel que f (x) → ` lorsque x → +∞, f est à variation lente.
(c) Non. On peut considérer f : x 7→ x1 , on a bien f (x) → 0 lorsque x → +∞.
Et pour tout c > 0, x > 0,
f (cx) x 1 1
= = −→
f (x) cx c x→+∞ c
Si f (x) → 0 lorsque x → +∞, on n’a pas nécessairement f à variation lente.
2. On fixe a > 0 et une fonction continue h = [2, +∞[→ R telle que h(x) → 0 lorsque x → +∞.
Soit f : R∗+ → R∗+ , une fonction de classe C 1 vérifiant :
Z x
h(u)
∀ x > 0, f (x) = a exp du (∗)
2 u
Z x
h(u) h(x)
Cette expression est dérivable et comme la dérivée de x 7→ du est x 7→ :
2 u x
Z x
0 h(x) h(u) h(x)
∀ x > 0, f (x) = a exp du = f (x)
x 2 u x
xf 0 (x)
∀ x > 0, h(x) =
f (x)
3. (a) On exploite la formule de la question précédente. Considérons :
x ln0 (x) 1
h : x 7→ =
ln(x) ln x
définie pour x > 1, donc pour x > 2.
On a alors Z x Z x
h(u) 1
du = du = ln(ln x) − ln(ln 2)
2 u 2 u ln u
Donc Z x
h(u) exp(ln(ln x)) ln x
a exp du = a =a
2 u exp(ln(ln 2)) ln 2
Ainsi Z x
h(u) 1
∀ x > 2, ln(x) = a exp du , avec a = ln 2 et h : x 7→
2 u ln x
On vérifie bien que a > 0 et h : [2, +∞[→ R, une fonction continue telle que h(x) → 0
lorsque x → +∞.
(b) h n’est pas définie en 1.
Sur ]1, +∞[, le calcul se fait sans aucun problème :
L’égalité précédente peut être prolonger sur ]1, 2]
Remarques !
Avec le cours de seconde année, on peut prolonger f en 1 (mais pas plus) car ln(ln x) admet une limite
égale à −∞ et donc exp(ln(ln(x))) admet une limite nulle en 1, par composition.
Au delà c’est impossible : on aurait des logarithmes de nombres négatifs.
4. On revient au cas d’une fonction f général de la forme (∗) donnée en question 2.
(a) Soit > 0.
lim h(x) = 0 =⇒ ∃ M > 0, ∀ x > M, |h(x)| 6 M
x→+∞
Donc, avce la relation de Chasles :
Z x Z M Z x
h(u) h(u) h(u)
du = du + du
2 u 2 u M u
Z x Z x
h(u)
du 6 C1 + du = C1 + (ln(x) − ln M )
2 u M u
Z M
h(u)
où C1 = du est une constante. Comme f est à valeurs dans R+ :
2 u
Z x
h(u) aeC1
0 6 f (x) 6 a exp du 6 x
2 u M
aeC1
Donc il existe C = > 0, constante (par rapport à x) telle que : ∀ x > 2, f (x) 6 Cx .
M
Pour tout > 0 fixé, il existe une constante C > 0 telle que f (x) 6 Cx pour tout x > 2
(b) Soit c > 1. Soit > 0 (même notation que pour la question précédente).
Pour tout x > M , Z cx
h(u)
du 6 (ln(cx) − ln x) = ln c
x u
Z cx
h(u)
Donc lim du = 0.
x→+∞ x u
Si 0 < c < 1, alors pour tout x > M c , donc x > cx > M :
Z cx Z x
h(u) h(u)
du = du 6 (ln x − ln(cx)) = − ln c
x u cx u
Z cx
h(u)
Donc lim du = 0.
x→+∞ x u
Z cx
h(u)
Ansi pour tout c > 0, du → 0 lorsque x → +∞.
x u
(c) Soit c > 0, d’après la relation de Chasles :
Z cx Z x Z cx
f (cx) h(u) h(u) h(u)
= exp du − du = exp du
f (x) 2 u 2 u x u
Et donc par composition :
Z cx
h(u)
du −→ 0 et exp v −→ 1
x u x→+∞ v→0
f (cx)
∀c>0 lim =1
x→+∞ f (x)
Ainsi f est à variation lente.