Navigation par alignements maritimes
Navigation par alignements maritimes
La navigation par alignements est une technique de navigation maritime qui utilise le fait que lorsque
l'observateur voit deux amers et se situe sur la demi-droite qui les joint, les deux amers lui apparaissent
superposés ("alignés"). L'alignement est nommé en assemblant les noms des deux amers, le plus lointain
en premier. Les alignements "A/B" (A par B) et "B/A" (B par A) sont à 180° l'un de l'autre. Si "A" est
plus près de vous que "B", vous êtes sur l'alignement "B/A".
Mise en œuvre
La technique consiste à trouver à terre ou sur la carte marine deux amers fixes (les amers flottants ne sont
jamais utilisés comme alignement) dont l'alignement passe par la route souhaitée, puis à les repérer dans
le paysage. On positionne ensuite le navire de manière à suivre l'alignement (maintenir les deux amers
alignés) s'il s'agit d'un alignement de route. Suivre un alignement c'est suivre une route fond. Certaines
routes ou certains chenaux (entrées et sorties de ports, secteurs dragués des cours d'eau...) sont
volontairement "matérialisées" en implantant des balises (phares, tourelles, ou simples amers) qui
forment l'alignement voulu.
Pour utiliser un alignement de sécurité, on effectue un changement de direction lorsque les deux amers
s'alignent.
Lorsqu'on restreint l'écart latéral entre les deux amers d'un alignement, ils semblent se rapprocher (jusqu'à
se superposer) : on dit que l'alignement se ferme ; lorsqu'on s'en éloigne, l'alignement s'ouvre. On peut
ainsi utiliser des alignements dits ouverts, c’est-à-dire des alignements qui maintiennent l'un ou l'autre
des amers repérés à droite ou à gauche de l'autre amer.
Dans les chenaux étroits, la
ligne droite délimitée par un
alignement NE doit PAS être
suivie par les navires : pour
qu’ils puissent se rencontrer, il
doit être ouvert pour chacun
d’eux ; les traits pointillés
indiquent les limites utiles de
part et d'autre.
Technique
Types d'alignements
1
Un alignement peut être naturel (géographique), artificiel (architectural) ou nautique (spécifique).
Un alignement naturel exploite des amers qui ne sont pas destinés à la navigation comme les accidents de
terrain (sommets, pics, falaises…) Un alignement artificiel consiste à utiliser des constructions humaines
remarquables : châteaux d’eau, croix, clochers… Les alignements nautiques s’effectuent avec des aides à
la navigation propres, physiques et visuelles ou électroniques : permanents, calculés selon le plus grand
soin, ils sont reportés sur les cartes nautiques et dûment répertoriés
et décrits au Livre des feux et dans les instructions nautiques. (Les
autres sont conditionnels à la route recherchée, aux amers
disponibles, à leur qualité et, ultimement, au discernement du
navigateur.)
Cette carte de 1865 de l’île de la Réunion n’a retenu que les amers
se prêtant à des relèvements et à des alignements : à 3019 m, le Alignement de marques à terre - N.
Gros Morne, et, à 129 m, le Piton de la Rivière des Galets. B. Les marques sont souvent
séparées par des « bandes
Avec un tel sommet, l’île est d’abord facilement repérable de très verticales noires » qu'on doit
chercher à aligner
loin par temps clair ; la combinaison du Gros Morne par le Piton
de la Rivière des Galets permet l’alignement de large, d’approche
puis d’entrée directement au port. Les données topographiques
expurgées de la carte suggèrent un autre alignement d’approche :
le Piton à 2226m par la gorge de la Rivière des Galets. Vu la
largeur de la gorge, cet alignement ne convient pas à un
atterrissage de précision.
Rares, très serrés, voire risqués à marée basse, ces alignements sont réservés à la petite plaisance avec
connaissance locale.
On trouve un tel alignement sur cette carte américaine utilisant les relevés français de 1867-68 : « Colline
du Sergent en ligne avec le coin de l’aile nord de la Maison des douanes @ 172 ½° » (traduction libre).
Autres exemples : dans la rade de Saint-Malo, parmi la douzaine d’alignements signalés sur la carte
7130 : « le clocher de Dinard à droite des roches du Petit Bé à 203° » et « clocher de Saint-Malo et
Rocher les Cheminées @ 104°5 ».
Dans les Instructions nautiques, ce type d’alignement a fait place aux alignements spécifiques. En
revanche, il reste à la disposition de la petite plaisance pour des atterrissages et échouages particuliers.
D’un coût d’installation relativement élevé (voies d’accès, câblage électrique, tourelles jusqu’à plusieurs
dizaines de mètres au-dessus du sol…), ces alignements sont vite amortis à cause de leur entretien
simplifié : remplacement des feux, rafraîchissement de la peinture radar…
Selon les exigences du trafic maritime, on peut distinguer trois types d'alignements nautiques :
simplement visuels
Ce peut être le cas pour des alignements d'approche serrée ou de chenal très étroit ou tortueux.
lumineux
Sur de longues distances (> 1 mille) et dans les zones fréquentées, surtout par des bâtiments de gabarit
élevé (ex. SeawayMax), les feux sont de règle. Leur portée nominale est alors bien supérieure à celle de la
portion utile, navigable de l'alignement pour compenser la visibilité au fur et à mesure de sa dégradation
(voir plus bas).
Alignements mixtes
Est mixte un alignement combinant des amers de types différents (phare avec tourelle, etc.)
Exemples :
dans la rade de Saint-Malo, par le nord-est, « la villa le Nick & la tourelle Le Buron @
236° » et « la partie droite du Grand Bé par la tourelle la Croulante à 222° » ;
le grand accès au port de Concarneau s’effectue par « le clocher de Beuzec par le phare
de la Croix à 028,5°. » Le clocher portant un feu (scint. b), cet alignement devient
spécifique de nuit ;
aux approches du port de New-York, au sud du pont de Verrazano, l’alignement
d’Ambrose (voir carte plus bas).
Construction et caractéristiques
Contrairement à un phare constitué d’une tour en maçonnerie, un alignement repose le plus souvent sur
deux tourelles généralement métalliques, éventuellement érigées sur une base de béton orientée contre le
courant s’il est attaqué par les glaces.
Tourelles et marques
Venant du large, la tourelle la plus proche est dite antérieure (ou basse) et l’autre postérieure (ou haute).
La tourelle antérieure comporte un triangle ou un trapèze isocèle dont la base la plus large est orientée
vers le bas, et la postérieure en sens inverse : rigoureusement alignées, les marques délimitent alors un
(double) trapèze apparent le plus déployé possible.
Il est aussi courant d'équiper la tour de « bandes verticales noires ». À proximité des tourelles, elles
permettent un alignement de haute précision.
Visibilité et relèvement
2
Contrairement à un feu sectoriel , un alignement doit être visible sur un secteur d'une certaine
importance. L'expression consacrée « visible sur l'alignement » doit donc être prise avec circonspection.
En effet, si l'une des tourelles est masquée par un obstacle quelconque, le navigateur ne peut savoir
comment récupérer le relèvement si c'est la seule aide à la navigation dont il dispose : c'est le fait de
pouvoir observer à la fois la tourelle antérieure et postérieure qui lui permet de rectifier sa route.
3
Un exemple « pratique » est fourni par le sarclage (voir plus bas) sur l'île Lamy , au confluent de la
rivière Bécancour avec le Saint-Laurent. Situé juste à l'est de la tourelle antérieure ATL 2073, le vaste et
dense boisé est systématiquement sarclé sur une centaine de mètres de largeur : le secteur de quelque 10°
« balaie » in extremis la portion utile de l'alignement montant entre les hauts-fonds marqués par les
bouées C28 et C30. À l'entrée (à quelque 4 milles de là entre les bouées C20 et C21), l'alignement couvre
le vaste trapèze du mouillage d'urgence qui mène au port de Bécancour (±3 milles par quelque 1,2
(cartouche de la carte 1.313 du SHC).
Feux
généralités
Plus l’alignement est important, plus systématiquement est-il équipé d’une paire de feux.
Ces feux sont bien sûr beaucoup plus visibles de nuit qu’en plein jour. Toutefois, même si leur portée
réelle est bien supérieure à la route à suivre, contrairement aux phares, elle n'est pas indiquée sur les
cartes, mais - purement théorique - seulement reportée dans le Livre des feux. Le diagramme de portée
4 5
nominale la précise en fonction de la « visibilité météorologique fournie par la météo ».
L’intensité lumineuse des feux d’alignement est souvent « plus forte » ou « visible [seulement] sur
l’alignement », donc jusqu’à « extinction » à partir d’un certain angle.
À mi-chemin entre les faisceaux plus ou moins larges des phares et ceux, par définition étroits, des feux
sectoriels, le relèvement proposé par le faisceau lumineux ou radar est toujours un cône qui s'élargit au
fur et à mesure qu'on s'éloigne du dispositif. Surtout s'il est très long, un alignement doit donc toujours
être validé par la route portée sur la carte ou inscrit dans le Livre des feux. Même dans les cas
d'éventuelles pannes, une anomalie optique peut provoquer un faux alignement croisé (voir plus bas).
Dans les régions arctiques - et ailleurs - où la navigation ne peut être que saisonnière, les feux le sont
6
aussi .
feux de secours
Plus l’alignement est important, plus systématiquement est-il équipé d’un feu de secours, souvent
identique au-dessus des deux tourelles. Feu principal comme feu (ou mode) de secours peuvent, à
l’occasion n’être en opération que la nuit. (Voir illustration ci-dessus).
Sur le Saint-Laurent, dans la courbe Bellmouth (voir note plus bas), un bâtiment avalant est d'abord aligné
@ 033o06 pour quelque 2,2 milles sur la Course Contrecoeur portant des feux fixes jaunes (dont la
portion non navigable jusqu'à la tourelle antérieure est de ±4,3); puis pour 1,1 milles @ 45o46' sur les
feux verts de la Petite Traverse (0,7); le quittant, il relève par 300o le feu ATL 2286.7 isophase jaune aux
2s. sur l'île Saint-Ours; puis s'aligne sur 0,6 mille sur le feu directionnel rouge à 25o0 (idem 0,6); enfin
suit la route 002o22' sur 2,3 milles sur la Course Contrecoeur (<1 mille). Comme ces derniers ne peuvent
pas être confondus avec tous les autres, ils ont la couleur « classique » des alignements : vert.
Toutes ces distinctions sont d'autant plus nécessaires que les alignements « sont [doublés] d'un feu
secondaire ». À noter : le feu directionnel rouge ATL 2286 constitue un alignement de fait avec le feu
postérieur ATL 2291 de la Course Contrecoeur) mais n'est pas inscrit dans les documents officiels comme
tel : sur ±1/2MM, un bâtiment de fort tonnage n'est pratiquement jamais en ligne droite, soit qu'il tourne
d'abord à droite, puis à gauche, ou qu'il dérive ou que, sous l'effet du surenfoncement, par exemple, il ne
soit attiré par un autre navire... Le trait symbolisant la section navigable (voir plus bas) n'a donc pas à être
matérialisé sur la carte.
Étant donné le rôle dévolu aux alignements, la route est toujours donnée à partir du « feu antérieur ». Les
coordonnées de la tourelle postérieure complètent alors l'information nécessaire à la localisation de
l'ensemble du dispositif.
Diverses dispositions sont prises pour marquer le jumelage indissociable des deux marques : portant le
même nom, un trait vertical jouant le rôle d'accolade, les relie; si - cas le plus fréquent - elles ont le même
numéro d'identification, l'une d'elles comporte une décimale...
Dans les Livres, la précision des routes peut être supérieure (incluant la minute ['] et même la décimale) à
8
celle reportée sur les cartes, où elle est souvent simplement arrondie au chiffre rond ou au demi-degré .
Exemples : l'alignement du quai de Cap-de-la-Madeleine de 242°37' (ATL - 2080) n'est reporté qu'à
242°1/2 sur la carte SHC 1.313; à côté, celui de Saint-Angèle-de-Laval à 228°47' est arrondi à 229°. Dans
9
ce dernier cas, notons cependant une différence terminologique importante puisque l'alignement ne porte
pas le même nom dans le Livre des feux et sur la carte (Route de la Pointe-aux-Ormes).
Exemple-synthèse
À Harrington Harbour, en venant du nord et de l’est, le phare « d’atterrissage » de 8,9 milles de portée
(FY @ 8,9m) peut d’abord servir d’alignements de danger (ou de garde) par la cote de 10m des îles
10
d’Entrée et du Jardin . D’abord décelable sur les nuages bas, il propose un arc d’approche de large (donc
approximatif) visible sur quelque 21°. Après être à nouveau masqué par l’île d’Entrée, les feux de
l’alignement de large prennent le relais. À noter : leur portée est supérieure (13 milles) à celles des phares
d’atterrissage et d’entrée de port (7,8 et 8).
Les feux d’un chenal portent le nom d’un obstacle proche et, sur terre, celui du port desservi.
Les alignements sont l’apanage du domaine maritime ou maritimo-fluvial. Ils sont rares en navigation
fluviale puisqu’en rivière les bâtiments corrigent constamment leur route sur les berges... (Le Fleuve
Columbia sur la côte du Pacifique nord, le système Saint-Laurent / Grands Lacs… constituent des cas
particuliers, traités à part.)
Un alignement ne doit pas être masqué : pour cette raison, leur implantation s’accompagne de servitudes
12
de zone non-aedificandi ; là où la végétation risque de le cacher, elle doit être sarclée régulièrement .
Utilisation
permanente
Aides à la navigation fixes, les alignements sont parmi les plus sûrs pour mener directement à bon port.
Après repérage par un phare de « grand atterrissage » (donc de grande portée), un alignement idéal
devrait permettre de se rendre directement au port. Dans les faits, toutes sortes d’obstacles (récifs, bancs
de sable, îlots, épaves…) imposent plusieurs alignements.
intermittente
Lorsque l'objectif visé est un port d'échouage ou une plage de débarquement, le ou les alignements ne
doivent être utilisés que dans la mesure où on peut naviguer avec le pied de pilote.
À Saint-Joseph-de-la-Rive, un alignement qui suivait grosso modo les méandres de la rivière des
Boudreault sur la batture, menait à l'un des nombreux chantiers navals du Saint-Laurent d'antan. L'estran
asséchant complètement à marée basse sur quelque 500m, l'alignement était, bien sûr, réservé pendant
quelques heures seulement par marnage, aux goélettes, navires de faible tirant d'eau.
À la disparition de cette flotte, quand l'entreprise est devenue le Musée maritime de Charlevoix, cette aide
à la navigation est devenue obsolète (bien que des navires s'y rendent encore très occasionnellement, par
exemple pour des réparations).
Un peu plus en amont, à Baie-Saint-Paul, un alignement guide encore les plaisanciers dans la rivière du
Gouffre dans un « chenal » accessible « 2 heures avant et après la marée haute seulement. »
Ailleurs, notamment dans quelques abers de Bretagne asséchants à marée basse, on trouve à l'occasion
des alignements, souvent privés, menant à des bassins à flot, aujourd'hui exploités par la plaisance.
Configurations
Vu le grand nombre de paramètres en cause, les alignements comptent parmi les aides à la navigation les
plus utiles et les plus sûres ; mais leurs configurations variées imposent des connaissances nautiques
spécifiques.
À l'instar des Livre des Feux ainsi que des phares dont la route n'est donnée qu'en approche, jusqu'à la
reconversion au système métrique à la fin du xxe siècle, certaines cartes du SHC ne fournissaient la route
entrante que plus ou moins au milieu de la portion utile de l'alignement (exemples, carte 1.338); c'est
encore le cas sur celles du SHOM où ce report s'effectue au début (exemple carte 7396 Cours de la
Loire).
Après l'abandon des mesures impériales, sur les cartes du SHC, la règle est devenue d'indiquer aux deux
extrémités et la route entrante et la route sortante.
Sur le Saint-Laurent, les Livres des Feux du SHC procèdent à une telle distinction tantôt pour les deux
alignements opposés (voir ci-dessous Cap Brûlé), tantôt pour l'un seulement (voir ci-dessus Île Lamy). La
dénomination utilisée alors - PAS reportée sur les cartes - s'effectue du point de vue de la timonerie : un
alignement aval « se prend » en entrant; et l'inverse. (Un bâtiment avalant s'aligne donc sur un
14
alignement amont, et l'inverse ).
Alignements convergents
À partir du (grand) large, plusieurs alignements peuvent mener à un même port. Si l’accès final est
unique et étroit, les divers alignements convergent en un seul point :
Autres exemples :
Alignements croisés
réels
L’alignement unique et direct est rare : les routes doivent s’écarter des divers obstacles avec autant
d’alignements. Ils se croisent alors : le virage pour quitter l’un pour le suivant peut alors être indiqué en
pointillés. Il en va de même dans les courbes de rivières et des chenaux.
Alignements conjoints
Certains alignements partagent un même amer sur des angles variables : au lieu de 4 constructions, on
n’en retrouve donc que trois :
dans l’estuaire de la Loire, sur un angle ouvert, le phare blanc à scintillements (Q) de
l’Inelière sert aussi bien de postérieur à la route amont à 116° qu’à l’aval à 342,8°;
altérés (faux)
Si elle est placée très près de l'eau, la marque antérieure peut engendrer une réflexion donnant l'illusion
d'un alignement croisé, évidemment facile à corriger. En revanche, si l'alignement est très long, le
phénomène ne se produit que pour le feu, dès le crépuscule. Cette anomalie peut être funeste si le feu
postérieur est en panne : en effet, le relèvement fictif ainsi fourni sera toujours celui de la ligne de foi du
bâtiment (dérives de vent et de courant latéral compensées) quelle que soit la route suivie. Rappelons que,
en dépit de la formule consacrée « visible sur l'alignement », ce dispositif N'est PAS rigoureusement
sectoriel. L'écart peut donc être plus ou moins considérable.
Plus rarement, la nuit tombée, le feu postérieur peut aussi - mais moins nettement - se réfléchir dans l'eau.
La réflexion s'effectue alors devant celle du feu antérieur. On obtient alors l'illusion d'alignements
presque « parallèles » (voir plus bas).
Alignements complexes
Lorsque, sur des courbes serrées, plusieurs alignements se suivent de très près sur un ou plusieurs angles
fermés, les feux, rapprochés, doivent être distingués. Sur le fleuve Saint-Laurent, en descendant la courbe
Bellmouth, les alignements de la Route de Contrecoeur (Y) et de la Traverse de Contrecoeur (G) se
distinguent par leur couleur. Leurs antérieures sont aussi intercalées d’un feu sur tourelle (2286) « visible
sur le relèvement 024° 47’ fonctionn[ant] de nuit seulement [et] saisonnier » pratiquement sur
16
l’alignement avec le feu postérieur 2291 . De telles combinaisons imposent tant aux concepteurs qu'aux
navigateurs des précautions particulières (voir plus bas).
Alignements opposés
En rivière ou dans un chenal étroit, une route donnée devrait, en principe, être marquée aux deux
extrémités par deux alignements contraires ou opposés dans chacun des deux sens, c’est-à-dire un à
chacune des extrémités de la route. Sur le Saint-Laurent, la route Saint-Ours, comporte à la fois un
alignement (G) à 182°19’ au nord de Contrecœur (Québec), et, à quelque 5 milles de là, un autre (G) à
002°22’ au nord de Lavaltrie.
Alignement divergent
Sur le Saint-Laurent amont, avant la reconversion au système métrique, l’alignement de la route de
Lavaltrie sur l’île Hervieux à 208°5 (G) servait à deux relèvements différents : sur quelque 2 milles,
l’accès à la bifurcation de l’île Saint-Ours à 182°19° et un chenal secondaire rectiligne[2] de 6,6.
aujourd’hui déclassé, il est encore utilisé par les petites embarcations puisque l’alignement « couvre »
ledit chenal.
Cas rares
alignements combinés
feux combinés
Au lieu de deux feux seulement, un alignement peut en compter trois : à la barre Boulard, où le chenal du
Saint-Laurent est le plus étroit (seulement 244 m), « l’alignement lumineux se trouve […] en ligne avec
le feu de l’île Richelieu, au relèvement 054°. » Aux plus basses mortes eaux, le lit du fleuve est encombré
de rochers et le courant peut dépasser 8 nœuds.
feux rapprochés
Lorsque le chenal s’éloigne momentanément d’une route très longue, les mêmes tourelles peuvent servir
à marquer à la fois les routes aval et amont. Dans ce cas, chacune d’elles comporte et une basse et une
haute, paires orientées en sens contraire à 180°. Celles de l’Îlette Brûlée sont alors légèrement décalées
d’un demi-degré pour éviter les chevauchements risquant de masquer. Dans les instructions nautiques
ATL 111 de l’Île Verte à Québec, les alignements aval et amont sont décrits… dans deux chapitres
différents avec des caractéristiques physiques identiques : « l’alignement lumineux amont du Banc du
Cap Brûlé se trouve sur les mêmes piliers que ceux de l’alignement lumineux aval [...] à 033°1/2 (p. 19)».
Si on y ajoute l'alignement amont de la pointe de La Durentaye à Saint-Michel, à un demi degré près
(213°), on obtient donc, sur quelque 25 milles marins, trois alignements pratiquement en ligne droite.
Les alignements amont du Cap Brûlé à 221° et de la pointe d'Argentenay à 226° permettent de négocier le
triple, mais capricieux virage. Avec celui, aval, du cap Gribane à 204°, on en relève en tout 8 dans le
secteur (si on tient pour 2 l'alignement double...)
Avec des bouées latérales particulièrement rapprochées en ligne droite (8 paires en 16 milles), ces
nombreux aménagements coïncident avec ce qui, en termes de navigation, met fin à l'estuaire maritime
(naturellement large et profond) avec un point particulièrement critique de l'estuaire fluvial : dragué à
seulement 12,5m pour moins de deux dixièmes de large après le Cap Brûlé, il est soumis à un règlement
17
sévère de dégagement sous quille .
Autres utilisations
Estimation de la dérive
On peut mesurer la dérive d’un navire en calculant le gisement de la ligne de foi du bâtiment sur ledit
relèvement. Sur un relèvement par l’arrière, l’éventuelle dérive du sillage permet aussi de l’estimer, voire
de le calculer.
Cette estime inverse peut être très utile à la rame, navigation qui, normalement, ne permet pas de faire
route par l’avant, mais toujours par l’arrière.
Cas particuliers
Base de vitesse
Des alignements peuvent être combinés pour constituer une base de vitesse permettant aux navires de
calculer leur vitesse sur le fond. Ce calcul n’est valable que si le navire suit rigoureusement la route
voulue en relevant la paire d'amers sur un angle complémentaire.
Ce dispositif était utile soit dans les zones à courants de marée (nécessairement renversants), soit dans le
domaine fluvial, périodiquement plus ou moins constant.
Avec la conversion numérique des cartes nautiques et le GPS, les dispositifs de base de vitesse ont été
largement abandonnés et les marques et balises la plupart du temps démantelées.
Alignement de garde
Sur un cartouche de la carte 1313 du SHC au 1 : 15.000e, un alignement privé détermine les petits fonds
au NE du port de Bécancour (donc la ligne de danger). C'est un autre feu (n° 2068.3) qu'il faut suivre à un
relèvement sensiblement parallèle de 167° 44' pour accéder aux installations portuaires.
Alignements à secteurs
Sur le Mississippi inférieur, on trouve côte à côte trois alignements correspondant aux trois feux d’un feu
23
à secteurs : rouge, blanc et vert. Le navire qui suit l’alignement blanc de Lower Belmont crossing (carte
NOAA - 11.370) en trait plein au centre est rigoureusement sur la route ; les deux autres s’en écartent
comme d’une droite (pointillée) de danger (ou de garde).
Sur le Saint-Laurent, dans le chenal de l'île d'Orléans, un feu à secteur complexe guide les navires
d'excursion comme de plaisance à travers un haut-fond où « les profondeurs [sont] moindres jusque
0,9m » (carte 1317) : R - Al WR - W - Al WG - G. La rare complexité de ces feux détermine un secteur
24
de la précision des alignements, le secteur « navigable » (W ) n'ayant que 0,15 mille de largeur à plus de
6 milles du dispositif.
au radar : l'aérien étant placé en hauteur, c'est sur l'écran de cet observateur électronique
25
que « se lit » d'abord un alignement ;
de nuit : par temps clair, vu la puissance de nombre de feux, les alignements se voient
beaucoup mieux la nuit que le jour ;
aux jumelles...
puis à l'œil nu.
À proximité terminale d'un alignement, l'antérieure peut masquer
la postérieure ou celle-ci peut disparaître derrière divers accidents
de terrain. Dans ce cas, le navire se trouve presque
automatiquement dans la portion aveugle de l'aide à la
navigation...
Contribution commerciale
De simples relèvements pour rentrer au port ou aux bassins d’échouage, les alignements sont devenus des
outils de navigation de plus en plus sophistiqués pour éviter des écueils, puis pour suivre des chenaux
après dragage.
améliorations
Lorsqu’une voie navigable est modernisée, la plupart des alignements doivent être rectifiés : des navires
plus gros exigent des courbes avec des cordes plus prononcées, etc. L’aménagement du système Saint-
Laurent et grands lacs en Voie maritime au milieu du XXe siècle, a rendus les premiers à peu près tous
obsolètes. À l’occasion l’ancienne structure de ciment plus ou moins bien conservée côtoie de plus ou
moins près la nouvelle. En rivière et canal, la navigation se passe d’alignements puisque le navire « suit »
traditionnellement les deux rives.
Cette disposition semblerait conforme au modèle économique américain : une large place faite aux
investissements privés contre des règlements beaucoup moins contraignants. Alors que dans la plupart des
grands ports du monde le pilotage est obligatoire, l’expertise des pilotes y rend la plupart des alignements
inutiles. Aux États-Unis, la responsabilité des manœuvres à chacun des terminaux privés serait laissée aux
armateurs : seuls responsables des manœuvres, les capitaines des navires parmi les plus grands du monde
doivent se fier à des alignements, eux-mêmes privés [Information douteuse].
navigation hivernale
En hiver, la plupart des bouées-tonnes lumineuses doivent être remplacées par des bouées à espars non
26
lumineuses : avec la dérive des glaces, même celles-ci risquent d’être déplacées. Équipements fixes à
terre, les alignements échappent à ces dangers, ce qui a contribué non seulement à leur maintien, mais
même à leur développement dans ces conditions.
Dans l’estuaire et le cours inférieur du Saint-Laurent, sur quelque 250km presque rectilignes, on relève
une cinquantaine d’alignements, soit 1 tous les 3 km en moyenne : d’une part, cette portion du fleuve est
navigable toute l’année, y compris les quelques mois d’hiver ; de l’autre, à côté des Seawaymax
initialement conçus pour la Voie maritime, circulent aujourd’hui jusque Montréal des navires beaucoup
plus gros au tonnage deux fois plus élevé sinon plus.
Exception : sur le Saint-Laurent supérieur canalisé en amont de Montréal, les alignements (qui étaient au
nombre de 3 entre Beauharnois et le Lac Ontario) s’élèvent après modernisation à 3 douzaines avec la
nouvelle Voie maritime, même si la navigation y est fermée en hiver.
Aux latitudes arctiques, où la saison ne dure que quelques mois, voire semaines, les bouées ne se
justifient guère ; les alignements, eux, sont « permanents ».
À Kuujuuak, capitale du Nunavik au Québec, sur quelque 30 milles du fleuve Koksoak pourtant presque
rectiligne, on en dénombre 4 lumineux et 3 pas (presque 1 tous les quarts de mille…) : le courant de
jusant peut y dépasser 6kn dans étroit goulet ! Avec 12m de marnage à l’entrée du fleuve, on est à
proximité de la Baie des Feuilles où on trouve les marées les plus importantes du monde connu : 15,8m !
À Iqaluit, capitale du Nunavut, un alignement d’approche de quelque 8 milles @ 344° mènerait presque
directement à la plage de débarquement n’était l’obstacle de Long Island ; le relèvement d’un alignement
secondaire @ 050° à proximité du poste de transbordement des produits pétroliers, coupe cet alignement
d’approche pour déterminer un petit bassin de mouillage de près d’1/2 mille de large et de quelque 7
28
pieds de profondeur aux plus basses mers . Sur une très courte distance, les navires s’y rendent par
l’arrière, en suivant cet alignement entièrement en pointillés à 230°.
Dans les estuaires de la Basse-Seine et du Mississippi, caractérisés par des courbes s’approchant de 180°,
on ne trouve, ici, aucun alignement sur 112 km, et là, sur quelque 250 km, une demi-douzaine seulement
à partir de la Nouvelle-Orléans jusqu’à Bâton-rouge, la plupart à proximité de la capitale de l’état.
Si on excepte le fougueux fleuve Columbia (Oregon / Washington - voir plus bas), sur la côte pacifique
de l’Amérique du nord jusqu’en Alaska ainsi que sur la côte atlantique, les alignements sont rares.
Sur les quelque 200 km à vol d’oiseau du Rhode Island jusqu’à la frontière du Nouveau-Brunswick, sur
une côte particulièrement découpée, parsemée de nombreux îlots et récifs ainsi que d’un gigantesque
banc de sable, on n’en trouve qu’une demi-douzaine, dont ceux permettant l’accès par le nord et la sortie
par le sud du canal du Cape Cod.
En revanche, d’après le Livre des feux, 11 des alignements lumineux ont été maintenus, avec trois autres
de jour, soit plus d’un et demi par mille.
Alors qu'il a été question dans la deuxième moitié du XXe siècle de supprimer aussi les alignements sur
la route commerciale, avec l'augmentation des tonnages et des capacités des navires-conteneurs, ils ont
été maintenus.
Première Nations
Aujourd’hui encore, les habitants du Nunavut utilisent des inukshuks comme amers et alignements.
[1] - Direction générale des sciences de la mer – Ministère de
l’environnement – Instructions nautiques – Golfe et Fleuve Saint-
Laurent – Ottawa – 1973 – p. 398 / 498
SYNTHÈSE GÉNÉRALE
Outil de navigation parmi les plus précis, selon les juridictions, les règlements, les emplacements, les
circonstances, les alignements requièrent une rigueur à proportion en navigation : activement, la rencontre
des navires impose d’ouvrir l’alignement ; celui-ci révèle toute dérive due au courant à corriger
rapidement ; passivement, en approche finale au port à vitesse réduite, le moment où, faute de propulseur
d’étrave, le navire décroche (et qu’il requiert l’assistance de remorqueur(s) ; dans certaines courbes
30
l’alignement sert plus à vérifier que le navire a bien « suivi » le courant …
Toutefois les règlements de course prévoient des pénalités pour les barreurs trop impétueux qui "volent le
départ" et coupent la ligne avant le signal : Cela peut aller d'un simple rappel individuel (obligeant à
retourner à la ligne de départ et à la repasser, en général dans le déventement des adversaires plus
prudents) à une disqualification pure et simple.
Lors des régates en rivière la ligne est en général immuable avec un mât à pavillonnerie et un abri pour le
comité de course sur la berge.
La plupart des clubs de rivière installent deux marques d'alignement (comme celles de la photo ci-contre)
sur la berge côté club pour matérialiser la ligne de départ et peignent parfois en blanc un arbre ou plantent
un poteau-repère sur la berge opposée, alignements appréciés des barreurs confrontés au manque de
place, aux déventements divers et au courant.
Les parcours de championnats en eaux semi-abritées (baie ou sur un grand lac) utilisent des parcours plus
grands, loin des rives et officiellement définis (triangles et trapèzes olympiques) avec des lignes de départ
perpendiculaires (en principe) à la direction du vent, lignes matérialisées par un bateau principal (Bateau-
Comité) portant les officiels (Comité de course) et la pavillonnerie associé à un bateau auxiliaire (dit
Bateau-bouée ou bateau-viseur) portant des viseurs-arbitres à l'autre bout.
Le bateau Comité principal est placé à droite (tribord) de la ligne en regardant face au vent et le bateau
bouée à gauche (bâbord). Dans un contexte très compétitif les bateaux sont à touche-touche et se battent
pour la position la plus favorable dans la phase de pré-départ.
La ligne (immatérielle) peut être neutre (exactement perpendiculaire au vent), avantagée tribord (le
concurrent partant tribord amures près du bateau comité est favorisé) ou au contraire (cas très fréquent,
les comités de course n'appréciant pas les empoignades et les percussions autour de leur bateau),
avantagée bâbord (départ favorable près du bateau-bouée). Toutefois la règle de course fondamentale
donnant la priorité au bateau au près tribord amures sur un concurrent bâbord amures interdit en pratique,
sauf très gros décalage de la ligne par rapport à la perpendiculaire au vent, de partir bâbord amures depuis
le bateau bouée. Les régatiers comparent cette rare occurrence au « coup du roi » — ou « hole in one » —
des golfeurs.
La meilleure tactique est donc de partir tribord amures soit en milieu de ligne (en général moins
fréquenté) ou à l'extrémité bâbord... mais pour cela il faut au préalable, après avoir déterminé le côté
favorable de la ligne, avoir pensé à prendre un alignement en ayant visé longtemps à l'avance le bateau
bouée depuis la proximité immédiate du bateau comité et mémorisé un repère à terre (un amer du type
arbre, cap, colline, maison, etc.) dans le prolongement de la ligne de départ. Dans la fièvre de la dernière
minute, cet alignement bateau bouée-amer à terre permet de flirter avec la ligne de départ sans trop
risquer la disqualification.
En cas de faux départs successifs (et de pression croissante parmi les concurrents) il est bon de revérifier
cet alignement crucial car le bateau comité et le bateau bouée, peuvent éviter (bouger autour de leur
ancre).
Rappelons que le transport des matériaux nécessaires à la construction de ce complexe administratif, s’est
surtout effectué par bateaux dans le Tidal Bassin et, avec une écluse, par le Canal de la ville de
Washington.
Notes et références
1. Les deux termes ci-dessous sont conformes à la Carte 1 - Signes conventionnels,
abréviations et termes utilisés sur les cartes marines.
2. La preuve de ce qui suit est fourni par le fait que tout feu sectoriel est délimité à tribord et à
bâbord par une zone de danger rouge et verte.
3. GMap 46.375267099189344, -72.44628636011977
4. Service hydrographique du Canada, « Livre dees feux - Eaux intérieures ([Link]
[Link]/publications/livre-feux/eaux-interieures/ifront-fr) » [PDF] (consulté le
27 décembre 2021)
5. Exemple conformément au diagramme : « pour une portée nominale de 16 milles marins [...]
et une visibilité de 2 milles marins fournie par le bulletin météo, on peut [...] déterminer que
la visibilité est de 5 milles marins. »
6. Service hydrographique du Canada, « Livre des feux - Arctique ([Link]
ions/livre-feux/eaux-interieures/i2545-fr) » [PDF] (consulté le 27 décembre 2021)
7. La lettre émise en morse par ce racon (N : -.) est différente de celle qui se trouve sur l'île
Saint-Ours, toute proche : M : --.
8. Le recours à la fraction en exposant permet d'éviter la gênante confusion entre points [.] et
virgules [,] entre les usages européens et britanniques nord-américains pour les décimales
et les milliers.
9. Ce genre de confusion entre les descriptions techniques et locales, sans être fréquente,
n'est pas rare...
10. Les tracés des routes de navigation sur la carte topographique passent en plein récifs de
moins de 1m! En cartographie marine, ces traits seraient pointillés. Prudence!
11. Alignement de large aujourd’hui abandonné avec les autres (dont plusieurs à d>1km!)
12. Exemples sur le Saint-Laurent fluvial : en 2 014 aux îles de Sorel ([Link]
ouvelles/archive/2014/02/garde-cotiere-canadienne-procedera-travaux-secteur-ile-raisins-ile-
[Link]) et, en 2 021, sur l'île Saint-Ours ([Link]
pour-aider-a-la-navigation-maritime/)
13. Règle 9 b) de Colreg b) Les navires de longueur inférieure à 20 mètres et les navires à voile
ne doivent pas gêner le passage des navires qui ne peuvent naviguer en toute sécurité qu’à
l’intérieur d’un chenal étroit ou d’une voie d’accès.
14. Le contraire pour les deux alignements croisés (voir ci-dessous) ATL 2182 et 2183 menant à
la marina de Sorelǃ Données fournies par un préposé de cette administration privée?
15. Service hyrdrographique du Canada, « Livre des feux - Eaux intérieures ([Link]
[Link]/publications/livre-feux/eaux-interieures/ifront-fr) » [PDF]
16. Avec un petit phare Y isophase au sud de l’île Saint-Ours, la courbe Bellmouth se révèle
l’une des plus délicates du Saint-Laurent en dehors des ports. Non pas tant par l’angle des
virages que leur succession rapide (à peine 1 mille pour la portion centrale) : à peine le
pilote s'est-il aligné qu'il doit déjà calculer et donner le coup de barre suivant. Pour quelque 6
milles, on trouve plus de 30 aides à la navigation diverses (dont 5 alignements) sur plus de 2
pages du Livre des feux !
17. Le dégagement maximal pour un navire de 52 m de largeur à 14kn est de 2,42m avec un
enfoncement (squat) estimé de 1,51m. Ce secteur se trouvant être celui où les marées sont
les plus importantes (5,5m par marée moyenne, pour un marnage de 4,8), capitaines et
pilotes tiennent bien sûr compte de l'ensemble de ces données. (p. 73).
18. Carte NOAA n° 13 288 - Coordonnées GMap : 43.75472869498677, -70.05140552197929
19. Carte NOAA 13 279 - Coordonnées GMap 42.57987888260263, -70.69276726419713
20. p. 372
21. p. 398
22. ISIN, Yasar Argun, « Aménagement des voies maritimes et fluviales ([Link]
seph/Downloads/Amenagements_des_Voies_Maritimes_et_Fluv%20(2).pdf) »
23. Coordonnées GMap : ± 30.019327010476033, -90.76647724404236 - Les feux antérieurs
sont distants de quelque 275m et les postérieurs de 250, ce qui détermine la largeur du
chenal navigable. Sur le vaste et très actif Mississippi, c'est peu. D'où le triple alignement.
24. Service hydrographique du Canada., Carte no. 1 - signes conventionnels, abréviations et
termes utilisés sur les cartes marines, Ottawa, Ontario : Pêches et Océans Canada, 2012.,
130 p. (ISBN 978-0-660-67368-4)
25. Voir nomogramme (tableau) p. xii du Livre des feux
26. Durant tout l'hiver 2 020 / 21, la bouée Atl 2287, qui marque en amont la courbe Belmouth,
est resté lumineuse.
27. C'est le climat, et non la latitude qui est déterminant : Montréal se trouve à peu près à la
même latitude que Bordeaux, Kuujjuak à Édimbourg, et Iqaluit de Reykjavik et du fond du
golfe de Botnie en mer Baltique. Alors que Kuujjuak n’est accessible que quelques
semaines, voire mois par an, à peu près à la même latitude à Kodiak (Alaska), les bâtiments
peuvent rester à l’eau toute l’année.
28. Les marées étant importantes (jusqu’à 12m !), des navires d’un tirant d’eau de plus de 2m
peuvent y mouiller plusieurs jours de suite : en mortes eaux, non seulement les marées sont
moins hautes, mais, moins « fortes », elles « descendent » aussi moins. Le 14 août 2 020,
elles n’étaient « que » de 4m et plus. 04140_public.pdf ([Link]) Capitaines et armateurs
tiennent compte de ces données pour déterminer L’HPA (heure probable d'arrivée) de leurs
navires. Les Instructions nautiques rapportent d'ailleurs qu’« un navire mouillé à l'est de
Long Island, par 6 brasses (12,8 m) d'eau, a résisté à des vents du sud-est de 60 nœuds
sans chasser sur ses ancres. »
29. « In the event of flood conditions in the Columbia River, aids to navigation may be
temporarily discontinued, lights may be extinguished or destroyed, and buoys may be
extinguished or dragged off station. Under such conditions vessel operators should consult
local authorities before attempting to navigate in these waters. LightList_V6_2020.pdf
([Link]) ».
30. À l'occasion, un coup de barre conforme à l'angle des alignements croisés, provoquerait
l'échouement du navire. Avec les contraintes hivernales rigoureuses, c'est à cause de telles
« subtilités » que le pilotage, en dépit des récents progrès technologiques, électroniques et
numériques, a été maintenu dans l'estuaire et le cours inférieur du Saint-Laurent.
31. Plan de la ville en 1 776
32. Carré tronqué à l’ouest aux berges du fleuve Potomac.
Articles connexes
Navigation côtière