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Navigation par alignements maritimes

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Navigation par alignements

La navigation par alignements est une technique de navigation maritime qui utilise le fait que lorsque
l'observateur voit deux amers et se situe sur la demi-droite qui les joint, les deux amers lui apparaissent
superposés ("alignés"). L'alignement est nommé en assemblant les noms des deux amers, le plus lointain
en premier. Les alignements "A/B" (A par B) et "B/A" (B par A) sont à 180° l'un de l'autre. Si "A" est
plus près de vous que "B", vous êtes sur l'alignement "B/A".

Cette propriété technique permet :

d'estimer la position du navire en notant l'instant où le navire passe sur l'alignement de


deux amers (le navire se trouve à cet instant sur le prolongement de la demi-droite qui
joint les deux amers) ;
de naviguer en sécurité en gardant le navire sur l'alignement (alignement de route) ;
de rester à l'écart d'une zone dangereuse en évitant de croiser l'alignement (alignement
de sécurité ou de garde) ;
de mesurer la variation magnétique (W) à ce cap par comparaison des relèvements
compas et vrai de l'alignement
d'estimer, voire de mesurer la dérive (par le vent, le courant).
Contrairement à un phare qui peut couvrir un vaste secteur si l’arc visible est considérable (par exemple
sur un haut-fond au large ou un cap avançant dans la mer), l’alignement sur un rivage constitue une aide à
la navigation sur un faisceau relativement étroit, voire linéaire. Il ne peut donc pas servir au repérage
d’une côte à partir du grand large : les premières estimations doivent avoir été faites au préalable (amer
remarquable du grand large, point relevé au sextant ou GPS, etc.)

Mise en œuvre
La technique consiste à trouver à terre ou sur la carte marine deux amers fixes (les amers flottants ne sont
jamais utilisés comme alignement) dont l'alignement passe par la route souhaitée, puis à les repérer dans
le paysage. On positionne ensuite le navire de manière à suivre l'alignement (maintenir les deux amers
alignés) s'il s'agit d'un alignement de route. Suivre un alignement c'est suivre une route fond. Certaines
routes ou certains chenaux (entrées et sorties de ports, secteurs dragués des cours d'eau...) sont
volontairement "matérialisées" en implantant des balises (phares, tourelles, ou simples amers) qui
forment l'alignement voulu.

Pour utiliser un alignement de sécurité, on effectue un changement de direction lorsque les deux amers
s'alignent.

Lorsqu'on restreint l'écart latéral entre les deux amers d'un alignement, ils semblent se rapprocher (jusqu'à
se superposer) : on dit que l'alignement se ferme ; lorsqu'on s'en éloigne, l'alignement s'ouvre. On peut
ainsi utiliser des alignements dits ouverts, c’est-à-dire des alignements qui maintiennent l'un ou l'autre
des amers repérés à droite ou à gauche de l'autre amer.
Dans les chenaux étroits, la
ligne droite délimitée par un
alignement NE doit PAS être
suivie par les navires : pour
qu’ils puissent se rencontrer, il
doit être ouvert pour chacun
d’eux ; les traits pointillés
indiquent les limites utiles de
part et d'autre.

On peut connaître précisément


la position du navire lorsqu'il se
trouve simultanément sur deux
alignements. Cette technique Alignement type - NOTE : d'après les conventions internationales, le trait
central devrait être plein; les côtés du rectangle en traits pointillés..
peut aussi être combinée avec la
navigation par relèvements pour
obtenir une position (un point)
par un relèvement et
alignement. L'un de ces
relèvements peut lui-même être
un alignement.

Bénéfices : Basée sur


l'optique et la
géométrie, c'est une
technique de navigation
très précise. Elle peut
se pratiquer la nuit, en
utilisant les phares et
balises lumineuses ou,
lorsqu'elles sont
équipées du
nécessaire, leur écho
Alignements de chenal d'entrée
radar ;
Inconvénients : Cette
technique ne peut se pratiquer qu'à proximité des côtes, et que si les conditions de
visibilité le permettent. Elle ne doit pas être utilisée sur des repères dont la position
pourrait changer accidentellement comme les bouées.

Technique

Types d'alignements
1
Un alignement peut être naturel (géographique), artificiel (architectural) ou nautique (spécifique).

Un alignement naturel exploite des amers qui ne sont pas destinés à la navigation comme les accidents de
terrain (sommets, pics, falaises…) Un alignement artificiel consiste à utiliser des constructions humaines
remarquables : châteaux d’eau, croix, clochers… Les alignements nautiques s’effectuent avec des aides à
la navigation propres, physiques et visuelles ou électroniques : permanents, calculés selon le plus grand
soin, ils sont reportés sur les cartes nautiques et dûment répertoriés
et décrits au Livre des feux et dans les instructions nautiques. (Les
autres sont conditionnels à la route recherchée, aux amers
disponibles, à leur qualité et, ultimement, au discernement du
navigateur.)

Alignements naturels (géographiques)


Comme les cartes d’état-major du xixe siècle, les cartes marines
ont longtemps privilégié une reproduction calquant aussi
fidèlement que possible les accidents de terrain tels que distingués
à partir du large. On pouvait alors sélectionner les points les plus
remarquables pour définir une route sécuritaire.

Cette carte de 1865 de l’île de la Réunion n’a retenu que les amers
se prêtant à des relèvements et à des alignements : à 3019 m, le Alignement de marques à terre - N.
Gros Morne, et, à 129 m, le Piton de la Rivière des Galets. B. Les marques sont souvent
séparées par des « bandes
Avec un tel sommet, l’île est d’abord facilement repérable de très verticales noires » qu'on doit
chercher à aligner
loin par temps clair ; la combinaison du Gros Morne par le Piton
de la Rivière des Galets permet l’alignement de large, d’approche
puis d’entrée directement au port. Les données topographiques
expurgées de la carte suggèrent un autre alignement d’approche :
le Piton à 2226m par la gorge de la Rivière des Galets. Vu la
largeur de la gorge, cet alignement ne convient pas à un
atterrissage de précision.

Dans le golfe du Saint-Laurent, sur quelque 7 milles, un


alignement géographique à ±070° par deux étroites passes
séparant deux paires d’îles, permet de couper la baie de Sept-Îles à
L'observateur se trouve légèrement
travers l’archipel qui en barre l’entrée. En venant de l’est la nuit,
sur la gauche de l'alignement
le feu de la Pointe à la Chasse (Fl W 6sec) de 7 milles de portée
« s’enfile » entre ces amers naturels pour constituer un alignement
approximatif (Il est alors mixte).

Rares, très serrés, voire risqués à marée basse, ces alignements sont réservés à la petite plaisance avec
connaissance locale.

Alignements artificiels (architecturaux)


Un alignement artificiel consiste à recourir à des constructions humaines remarquables (châteaux d’eau,
clochers…)

On trouve un tel alignement sur cette carte américaine utilisant les relevés français de 1867-68 : « Colline
du Sergent en ligne avec le coin de l’aile nord de la Maison des douanes @ 172 ½° » (traduction libre).

Autres exemples : dans la rade de Saint-Malo, parmi la douzaine d’alignements signalés sur la carte
7130 : « le clocher de Dinard à droite des roches du Petit Bé à 203° » et « clocher de Saint-Malo et
Rocher les Cheminées @ 104°5 ».
Dans les Instructions nautiques, ce type d’alignement a fait place aux alignements spécifiques. En
revanche, il reste à la disposition de la petite plaisance pour des atterrissages et échouages particuliers.

Alignements nautiques (spécifiques)


Presque toujours l’œuvre d’autorités compétentes, les alignements nautiques sont partie constituante d’un
système beaucoup plus large. Ils constituent un procédé d’identification et de projection de routes
soigneusement calculées et toujours décrites dans les divers ouvrages (cartes, Instructions nautiques,
Livre des feux, etc.) D’une manière générale, les attributs topographiques sont alors précisés, notamment
le relèvement et la distance séparant les deux amers.

D’un coût d’installation relativement élevé (voies d’accès, câblage électrique, tourelles jusqu’à plusieurs
dizaines de mètres au-dessus du sol…), ces alignements sont vite amortis à cause de leur entretien
simplifié : remplacement des feux, rafraîchissement de la peinture radar…

Selon les exigences du trafic maritime, on peut distinguer trois types d'alignements nautiques :

simplement visuels
Ce peut être le cas pour des alignements d'approche serrée ou de chenal très étroit ou tortueux.

comportant des réflecteurs radar


La peinture ad hoc étant une exigence sine qua non du dispositif, un revêtement sensible au radar en
augmente considérablement l'efficacité. Les alignements purement visuels sont donc relativement rares.

lumineux
Sur de longues distances (> 1 mille) et dans les zones fréquentées, surtout par des bâtiments de gabarit
élevé (ex. SeawayMax), les feux sont de règle. Leur portée nominale est alors bien supérieure à celle de la
portion utile, navigable de l'alignement pour compenser la visibilité au fur et à mesure de sa dégradation
(voir plus bas).

Alignements mixtes
Est mixte un alignement combinant des amers de types différents (phare avec tourelle, etc.)

Exemples :

dans la rade de Saint-Malo, par le nord-est, « la villa le Nick & la tourelle Le Buron @
236° » et « la partie droite du Grand Bé par la tourelle la Croulante à 222° » ;

le grand accès au port de Concarneau s’effectue par « le clocher de Beuzec par le phare
de la Croix à 028,5°. » Le clocher portant un feu (scint. b), cet alignement devient
spécifique de nuit ;
aux approches du port de New-York, au sud du pont de Verrazano, l’alignement
d’Ambrose (voir carte plus bas).

Construction et caractéristiques
Contrairement à un phare constitué d’une tour en maçonnerie, un alignement repose le plus souvent sur
deux tourelles généralement métalliques, éventuellement érigées sur une base de béton orientée contre le
courant s’il est attaqué par les glaces.

Tourelles et marques
Venant du large, la tourelle la plus proche est dite antérieure (ou basse) et l’autre postérieure (ou haute).
La tourelle antérieure comporte un triangle ou un trapèze isocèle dont la base la plus large est orientée
vers le bas, et la postérieure en sens inverse : rigoureusement alignées, les marques délimitent alors un
(double) trapèze apparent le plus déployé possible.

Il est aussi courant d'équiper la tour de « bandes verticales noires ». À proximité des tourelles, elles
permettent un alignement de haute précision.

Visibilité et relèvement
2
Contrairement à un feu sectoriel , un alignement doit être visible sur un secteur d'une certaine
importance. L'expression consacrée « visible sur l'alignement » doit donc être prise avec circonspection.
En effet, si l'une des tourelles est masquée par un obstacle quelconque, le navigateur ne peut savoir
comment récupérer le relèvement si c'est la seule aide à la navigation dont il dispose : c'est le fait de
pouvoir observer à la fois la tourelle antérieure et postérieure qui lui permet de rectifier sa route.
3
Un exemple « pratique » est fourni par le sarclage (voir plus bas) sur l'île Lamy , au confluent de la
rivière Bécancour avec le Saint-Laurent. Situé juste à l'est de la tourelle antérieure ATL 2073, le vaste et
dense boisé est systématiquement sarclé sur une centaine de mètres de largeur : le secteur de quelque 10°
« balaie » in extremis la portion utile de l'alignement montant entre les hauts-fonds marqués par les
bouées C28 et C30. À l'entrée (à quelque 4 milles de là entre les bouées C20 et C21), l'alignement couvre
le vaste trapèze du mouillage d'urgence qui mène au port de Bécancour (±3 milles par quelque 1,2
(cartouche de la carte 1.313 du SHC).

Feux

généralités
Plus l’alignement est important, plus systématiquement est-il équipé d’une paire de feux.

Ces feux sont bien sûr beaucoup plus visibles de nuit qu’en plein jour. Toutefois, même si leur portée
réelle est bien supérieure à la route à suivre, contrairement aux phares, elle n'est pas indiquée sur les
cartes, mais - purement théorique - seulement reportée dans le Livre des feux. Le diagramme de portée
4 5
nominale la précise en fonction de la « visibilité météorologique fournie par la météo ».

L’intensité lumineuse des feux d’alignement est souvent « plus forte » ou « visible [seulement] sur
l’alignement », donc jusqu’à « extinction » à partir d’un certain angle.

À mi-chemin entre les faisceaux plus ou moins larges des phares et ceux, par définition étroits, des feux
sectoriels, le relèvement proposé par le faisceau lumineux ou radar est toujours un cône qui s'élargit au
fur et à mesure qu'on s'éloigne du dispositif. Surtout s'il est très long, un alignement doit donc toujours
être validé par la route portée sur la carte ou inscrit dans le Livre des feux. Même dans les cas
d'éventuelles pannes, une anomalie optique peut provoquer un faux alignement croisé (voir plus bas).

Dans les régions arctiques - et ailleurs - où la navigation ne peut être que saisonnière, les feux le sont
6
aussi .

feux de secours
Plus l’alignement est important, plus systématiquement est-il équipé d’un feu de secours, souvent
identique au-dessus des deux tourelles. Feu principal comme feu (ou mode) de secours peuvent, à
l’occasion n’être en opération que la nuit. (Voir illustration ci-dessus).

feux en milieu urbain


Dans les zones urbaines où ces feux risquent d'être masqués ou peu visibles, divers dispositifs permettent
de les distinguer : phase, couleurs particulières, etc. Sur la rive droite du Saint-Laurent, à Longueuil,
l’ultime alignement d’approche du port de Montréal, la Traverse de Longue-pointe, comporte deux feux
isophases aux 2 secondes.

discrimination des alignements


Lorsque plusieurs alignements sont proches les uns des autres, ils doivent être distingués par des
« caractéristiques propres » (comme tous les autres feux dans les mêmes conditions).

Sur le Saint-Laurent, dans la courbe Bellmouth (voir note plus bas), un bâtiment avalant est d'abord aligné
@ 033o06 pour quelque 2,2 milles sur la Course Contrecoeur portant des feux fixes jaunes (dont la
portion non navigable jusqu'à la tourelle antérieure est de ±4,3); puis pour 1,1 milles @ 45o46' sur les
feux verts de la Petite Traverse (0,7); le quittant, il relève par 300o le feu ATL 2286.7 isophase jaune aux
2s. sur l'île Saint-Ours; puis s'aligne sur 0,6 mille sur le feu directionnel rouge à 25o0 (idem 0,6); enfin
suit la route 002o22' sur 2,3 milles sur la Course Contrecoeur (<1 mille). Comme ces derniers ne peuvent
pas être confondus avec tous les autres, ils ont la couleur « classique » des alignements : vert.

Toutes ces distinctions sont d'autant plus nécessaires que les alignements « sont [doublés] d'un feu
secondaire ». À noter : le feu directionnel rouge ATL 2286 constitue un alignement de fait avec le feu
postérieur ATL 2291 de la Course Contrecoeur) mais n'est pas inscrit dans les documents officiels comme
tel : sur ±1/2MM, un bâtiment de fort tonnage n'est pratiquement jamais en ligne droite, soit qu'il tourne
d'abord à droite, puis à gauche, ou qu'il dérive ou que, sous l'effet du surenfoncement, par exemple, il ne
soit attiré par un autre navire... Le trait symbolisant la section navigable (voir plus bas) n'a donc pas à être
matérialisé sur la carte.

Réflecteur radar et autres dispositifs


La plupart des alignements sont recouverts de « marques de jour orange fluorescent » qui les rendent
visibles sur radar même par temps de brouillard.
À l’occasion, l’une des tourelles – généralement antérieure - comporte une autre aide à la navigation,
comme un racon (balise radar : exemple, sur le pilier 2293 de l’alignement de Lavaltrie émettant la lettre
7
N : - .) ou une corne de brume, un sifflet, etc.

Description dans les Livres des feux


Selon les administrations, diverses données sont fournies sur les alignements. Voir la liste complète ci-
dessous dans GÉNÉRALITÉS.

Étant donné le rôle dévolu aux alignements, la route est toujours donnée à partir du « feu antérieur ». Les
coordonnées de la tourelle postérieure complètent alors l'information nécessaire à la localisation de
l'ensemble du dispositif.

Diverses dispositions sont prises pour marquer le jumelage indissociable des deux marques : portant le
même nom, un trait vertical jouant le rôle d'accolade, les relie; si - cas le plus fréquent - elles ont le même
numéro d'identification, l'une d'elles comporte une décimale...

Dans les Livres, la précision des routes peut être supérieure (incluant la minute ['] et même la décimale) à
8
celle reportée sur les cartes, où elle est souvent simplement arrondie au chiffre rond ou au demi-degré .
Exemples : l'alignement du quai de Cap-de-la-Madeleine de 242°37' (ATL - 2080) n'est reporté qu'à
242°1/2 sur la carte SHC 1.313; à côté, celui de Saint-Angèle-de-Laval à 228°47' est arrondi à 229°. Dans
9
ce dernier cas, notons cependant une différence terminologique importante puisque l'alignement ne porte
pas le même nom dans le Livre des feux et sur la carte (Route de la Pointe-aux-Ormes).

Report sur les cartes


Les symboles internationaux sont les suivants :

la portion NON navigable est distinguée de la section


navigable : traits pointillés contre plein. Dans un
chenal étroit, la longueur peut être indiquée. Elle
correspond alors à la portée minimale des feux par
temps clair. Alignements : symboles
dans la pratique, les alignements ne sont guère internationaux
utilisables que sur les cartes à grande échelle (en bas
de 1/50 000e). Exception notable : dans l'Arctique,
l'alignement de quelque 10 milles navigables @ 046° de Spence Bay (Bn R 101 / 58ft,
carte 7 770 au 1/50 000e) se retrouve aussi sur la carte 7 760 au 1/200 000e.
Pour plus de précisions sur le report des routes sur les cartes, voir ci-dessous Alignement entrant et
sortant.

Exemple-synthèse
À Harrington Harbour, en venant du nord et de l’est, le phare « d’atterrissage » de 8,9 milles de portée
(FY @ 8,9m) peut d’abord servir d’alignements de danger (ou de garde) par la cote de 10m des îles
10
d’Entrée et du Jardin . D’abord décelable sur les nuages bas, il propose un arc d’approche de large (donc
approximatif) visible sur quelque 21°. Après être à nouveau masqué par l’île d’Entrée, les feux de
l’alignement de large prennent le relais. À noter : leur portée est supérieure (13 milles) à celles des phares
d’atterrissage et d’entrée de port (7,8 et 8).

Généralités : utilisation et configurations


11
Les alignements aux amers très éloignés l’un de l’autre (1187(.1) @ d=3.499,8m à Miramichi
(Nouveau-Brunswick) ou dont l’amer antérieur est très distant de la portion utile ou dont l’altitude est très
différente, sont ceux qui se voient de plus loin. À l’inverse, plus les amers sont rapprochés en distance, en
hauteur, moins longue est leur portée utile.

Les feux d’un chenal portent le nom d’un obstacle proche et, sur terre, celui du port desservi.

Les alignements sont l’apanage du domaine maritime ou maritimo-fluvial. Ils sont rares en navigation
fluviale puisqu’en rivière les bâtiments corrigent constamment leur route sur les berges... (Le Fleuve
Columbia sur la côte du Pacifique nord, le système Saint-Laurent / Grands Lacs… constituent des cas
particuliers, traités à part.)

Exception notable : au Québec, jusqu'à la disparition de la navigation commerciale à la fin du siècle


dernier, la rivière Richelieu comportait une douzaine d'alignements entre Sorel et l'écluse de Saint-Ours.

Un alignement ne doit pas être masqué : pour cette raison, leur implantation s’accompagne de servitudes
12
de zone non-aedificandi ; là où la végétation risque de le cacher, elle doit être sarclée régulièrement .

Utilisation

permanente
Aides à la navigation fixes, les alignements sont parmi les plus sûrs pour mener directement à bon port.

Après repérage par un phare de « grand atterrissage » (donc de grande portée), un alignement idéal
devrait permettre de se rendre directement au port. Dans les faits, toutes sortes d’obstacles (récifs, bancs
de sable, îlots, épaves…) imposent plusieurs alignements.

Selon leur fonction, on distingue divers types d’alignement :

de (grand) large ou de « grand atterrissage » ;


d’« atterrissage secondaire », intermédiaire ;
d’« entrée de port » ou d’accès ;
ou d’échouage ou d’« atterrissage » proprement dit ;
et de route ou de chenal étroit.
Un alignement d’atterrissage ou de port est d’autant plus court que bassin ou le port est petit. En
Bretagne, dans l’estuaire et le golfe Saint-Laurent, nombre de petits havres de pêche disposent de tels
aménagements. La plupart des marinas aussi : dans ce cas, leur installation et leur entretien sont
généralement privés.
Un alignement de route est destiné à maintenir les bâtiments dans un chenal relativement étroit et
généralement dragué ou dans « des couloirs de circulation séparés » ou rails. Le chenal dragué entre les
écueils et la route à suivre est alors matérialisé sur la carte par un trait plein au milieu. Sur le Bas-
Mississippi, même en plein fleuve largement navigable, des pointillés parallèles délimitent la zone où les
13
bâtiments les plus importants sont privilégiés .

intermittente
Lorsque l'objectif visé est un port d'échouage ou une plage de débarquement, le ou les alignements ne
doivent être utilisés que dans la mesure où on peut naviguer avec le pied de pilote.

À Saint-Joseph-de-la-Rive, un alignement qui suivait grosso modo les méandres de la rivière des
Boudreault sur la batture, menait à l'un des nombreux chantiers navals du Saint-Laurent d'antan. L'estran
asséchant complètement à marée basse sur quelque 500m, l'alignement était, bien sûr, réservé pendant
quelques heures seulement par marnage, aux goélettes, navires de faible tirant d'eau.

À la disparition de cette flotte, quand l'entreprise est devenue le Musée maritime de Charlevoix, cette aide
à la navigation est devenue obsolète (bien que des navires s'y rendent encore très occasionnellement, par
exemple pour des réparations).

Un peu plus en amont, à Baie-Saint-Paul, un alignement guide encore les plaisanciers dans la rivière du
Gouffre dans un « chenal » accessible « 2 heures avant et après la marée haute seulement. »

Ailleurs, notamment dans quelques abers de Bretagne asséchants à marée basse, on trouve à l'occasion
des alignements, souvent privés, menant à des bassins à flot, aujourd'hui exploités par la plaisance.

Configurations
Vu le grand nombre de paramètres en cause, les alignements comptent parmi les aides à la navigation les
plus utiles et les plus sûres ; mais leurs configurations variées imposent des connaissances nautiques
spécifiques.

Alignement entrant et sortant


Les dénominations des cartes anglophones distinguent à l'occasion les alignements inbound et outbound.

À l'instar des Livre des Feux ainsi que des phares dont la route n'est donnée qu'en approche, jusqu'à la
reconversion au système métrique à la fin du xxe siècle, certaines cartes du SHC ne fournissaient la route
entrante que plus ou moins au milieu de la portion utile de l'alignement (exemples, carte 1.338); c'est
encore le cas sur celles du SHOM où ce report s'effectue au début (exemple carte 7396 Cours de la
Loire).

Après l'abandon des mesures impériales, sur les cartes du SHC, la règle est devenue d'indiquer aux deux
extrémités et la route entrante et la route sortante.

Sur le Saint-Laurent, les Livres des Feux du SHC procèdent à une telle distinction tantôt pour les deux
alignements opposés (voir ci-dessous Cap Brûlé), tantôt pour l'un seulement (voir ci-dessus Île Lamy). La
dénomination utilisée alors - PAS reportée sur les cartes - s'effectue du point de vue de la timonerie : un
alignement aval « se prend » en entrant; et l'inverse. (Un bâtiment avalant s'aligne donc sur un
14
alignement amont, et l'inverse ).

Alignements convergents
À partir du (grand) large, plusieurs alignements peuvent mener à un même port. Si l’accès final est
unique et étroit, les divers alignements convergent en un seul point :

Autres exemples :

dans le port de New-York, un premier point de convergences (au pluriel) se trouve


au nord de Sandy Hook : c’est là que cessent de s’appliquer les règles
internationales pour éviter les abordages (COLREGS) et qu’entrent en vigueur celles
propres au port de New-York. Un deuxième point de convergence se situe plus au
nord à quelque 4 milles au sud du pont de Verrazano (voir carte).
dans la rade de Saint-Malo, le chenal de la Grande Porte par l’ouest et trois autres
par l’est converge avec le chenal principal, celui du Bunuel @ 158°, puis @ 128° ;
l’accès au port de Canso (Nouvelle-Écosse) s’effectue par plusieurs alignements
convergents (voir carte ci-dessus).
Dans tous ces cas, les routes convergentes se rejoignent sur les cartes à un point d’intersection.

Alignements croisés

réels
L’alignement unique et direct est rare : les routes doivent s’écarter des divers obstacles avec autant
d’alignements. Ils se croisent alors : le virage pour quitter l’un pour le suivant peut alors être indiqué en
pointillés. Il en va de même dans les courbes de rivières et des chenaux.

Alignements conjoints
Certains alignements partagent un même amer sur des angles variables : au lieu de 4 constructions, on
n’en retrouve donc que trois :

au large de New-York, juste au sud du pont des Verrazano, les alignements


convergents sur angles fermés Sywash Channel et Ambrose Channel se partagent
l’amer postérieur State Island F 234ft – F 225ft. Des dispositifs appropriés (phases et
couleurs des feux…) permettent de distinguer les deux alignements l’un de l’autre;

dans l’estuaire de la Loire, sur un angle ouvert, le phare blanc à scintillements (Q) de
l’Inelière sert aussi bien de postérieur à la route amont à 116° qu’à l’aval à 342,8°;

sur le Saint-Laurent, en amont de Québec, deux


alignements se partagent le même amer 1976 : à
h = 15,8m, il est à la fois l’antérieur de la
Traverse Saint-Antoine (227,5°) et le postérieur
de la Route Saint-Antoine (72,0°). Vu l’angle très Saint-Laurent (Québec) - Traverse
et route Saint-Antoine
ouvert, les feux ne peuvent pas être confondus et sont donc identiques : F G.

altérés (faux)
Si elle est placée très près de l'eau, la marque antérieure peut engendrer une réflexion donnant l'illusion
d'un alignement croisé, évidemment facile à corriger. En revanche, si l'alignement est très long, le
phénomène ne se produit que pour le feu, dès le crépuscule. Cette anomalie peut être funeste si le feu
postérieur est en panne : en effet, le relèvement fictif ainsi fourni sera toujours celui de la ligne de foi du
bâtiment (dérives de vent et de courant latéral compensées) quelle que soit la route suivie. Rappelons que,
en dépit de la formule consacrée « visible sur l'alignement », ce dispositif N'est PAS rigoureusement
sectoriel. L'écart peut donc être plus ou moins considérable.

À titre d'exemple, le phénomène se produit régulièrement sur le


Saint-Laurent pour l'alignement aval de la Course de l'île Saint-
Ours à la sortie du chenal secondaire (Sud) réservé aux petites
embarcations. Avec un écart de quelque 2° est, le « faux »
alignement croisé peut alors sembler croiser la bouée MQ.1
marquant la passe relativement étroite du confluent avec le chenal
principal. (L'écart réel peut dépasser le double...)

Cette anomalie est variable et dépend de nombreux facteurs


comme la hauteur et l'espacement des tourelles, la visibilité (voir Faux alignement croisé : port de
15 Gascons (Québec) - Tourelle et feu
le Diagramme de portée nominale du Livre des feux ), le niveau
sont réfléchis dans l'eau
et l'état du plan d'eau (qui doit être relativement calme), la hauteur
de l'observateur (voir le Nomogramme ). Toutefois, cette
singularité s'altère au moindre des changements ci-dessus. Elle rappelle que l'aide à la navigation que
constitue un alignement doit être validée par d'autres relevés (compas, radar...)

Plus rarement, la nuit tombée, le feu postérieur peut aussi - mais moins nettement - se réfléchir dans l'eau.
La réflexion s'effectue alors devant celle du feu antérieur. On obtient alors l'illusion d'alignements
presque « parallèles » (voir plus bas).

Alignements complexes
Lorsque, sur des courbes serrées, plusieurs alignements se suivent de très près sur un ou plusieurs angles
fermés, les feux, rapprochés, doivent être distingués. Sur le fleuve Saint-Laurent, en descendant la courbe
Bellmouth, les alignements de la Route de Contrecoeur (Y) et de la Traverse de Contrecoeur (G) se
distinguent par leur couleur. Leurs antérieures sont aussi intercalées d’un feu sur tourelle (2286) « visible
sur le relèvement 024° 47’ fonctionn[ant] de nuit seulement [et] saisonnier » pratiquement sur
16
l’alignement avec le feu postérieur 2291 . De telles combinaisons imposent tant aux concepteurs qu'aux
navigateurs des précautions particulières (voir plus bas).

Alignements opposés
En rivière ou dans un chenal étroit, une route donnée devrait, en principe, être marquée aux deux
extrémités par deux alignements contraires ou opposés dans chacun des deux sens, c’est-à-dire un à
chacune des extrémités de la route. Sur le Saint-Laurent, la route Saint-Ours, comporte à la fois un
alignement (G) à 182°19’ au nord de Contrecœur (Québec), et, à quelque 5 milles de là, un autre (G) à
002°22’ au nord de Lavaltrie.

Alignement divergent
Sur le Saint-Laurent amont, avant la reconversion au système métrique, l’alignement de la route de
Lavaltrie sur l’île Hervieux à 208°5 (G) servait à deux relèvements différents : sur quelque 2 milles,
l’accès à la bifurcation de l’île Saint-Ours à 182°19° et un chenal secondaire rectiligne[2] de 6,6.
aujourd’hui déclassé, il est encore utilisé par les petites embarcations puisque l’alignement « couvre »
ledit chenal.

Cas rares

alignements combinés
feux combinés
Au lieu de deux feux seulement, un alignement peut en compter trois : à la barre Boulard, où le chenal du
Saint-Laurent est le plus étroit (seulement 244 m), « l’alignement lumineux se trouve […] en ligne avec
le feu de l’île Richelieu, au relèvement 054°. » Aux plus basses mortes eaux, le lit du fleuve est encombré
de rochers et le courant peut dépasser 8 nœuds.

feux rapprochés
Lorsque le chenal s’éloigne momentanément d’une route très longue, les mêmes tourelles peuvent servir
à marquer à la fois les routes aval et amont. Dans ce cas, chacune d’elles comporte et une basse et une
haute, paires orientées en sens contraire à 180°. Celles de l’Îlette Brûlée sont alors légèrement décalées
d’un demi-degré pour éviter les chevauchements risquant de masquer. Dans les instructions nautiques
ATL 111 de l’Île Verte à Québec, les alignements aval et amont sont décrits… dans deux chapitres
différents avec des caractéristiques physiques identiques : « l’alignement lumineux amont du Banc du
Cap Brûlé se trouve sur les mêmes piliers que ceux de l’alignement lumineux aval [...] à 033°1/2 (p. 19)».
Si on y ajoute l'alignement amont de la pointe de La Durentaye à Saint-Michel, à un demi degré près
(213°), on obtient donc, sur quelque 25 milles marins, trois alignements pratiquement en ligne droite.

alignements parallèles et... « suspendu »


Le Banc du Cap-Brûlé représentant bien évidemment un obstacle à la navigation, la route se trouve
décalée vers le NW de 0,5 mille marin sur moins de 4 milles à... 213°1/2! L'alignement de Saint-François
(carte 1317) est donc pratiquement parallèle à ceux du Cap Brûlé et de Saint-Michel, « suspendus » sur
quelque 10 milles.

Les alignements amont du Cap Brûlé à 221° et de la pointe d'Argentenay à 226° permettent de négocier le
triple, mais capricieux virage. Avec celui, aval, du cap Gribane à 204°, on en relève en tout 8 dans le
secteur (si on tient pour 2 l'alignement double...)

Avec des bouées latérales particulièrement rapprochées en ligne droite (8 paires en 16 milles), ces
nombreux aménagements coïncident avec ce qui, en termes de navigation, met fin à l'estuaire maritime
(naturellement large et profond) avec un point particulièrement critique de l'estuaire fluvial : dragué à
seulement 12,5m pour moins de deux dixièmes de large après le Cap Brûlé, il est soumis à un règlement
17
sévère de dégagement sous quille .

Utilité pour la navigation


À l’origine, les alignements étaient utilisés exclusivement pour l’accès aux ports ou aux échouages ou les
repères de hauts-fonds (pêche). On les a ensuite développés en mer pour diriger les navires à travers des
écueils et des bancs de sable et, dans les cours d’eau, les canaux et les chenaux étroits ou dans les rails
(couloirs) de navigation.

Autres utilisations

Estimation de la dérive
On peut mesurer la dérive d’un navire en calculant le gisement de la ligne de foi du bâtiment sur ledit
relèvement. Sur un relèvement par l’arrière, l’éventuelle dérive du sillage permet aussi de l’estimer, voire
de le calculer.

Cette estime inverse peut être très utile à la rame, navigation qui, normalement, ne permet pas de faire
route par l’avant, mais toujours par l’arrière.

Cas particuliers

Base de vitesse
Des alignements peuvent être combinés pour constituer une base de vitesse permettant aux navires de
calculer leur vitesse sur le fond. Ce calcul n’est valable que si le navire suit rigoureusement la route
voulue en relevant la paire d'amers sur un angle complémentaire.

Ce dispositif était utile soit dans les zones à courants de marée (nécessairement renversants), soit dans le
domaine fluvial, périodiquement plus ou moins constant.

Exemples : deux alignements,


18
l’un, dans le Broad Sound au large de Portland (Maine), sur l’île Whaleboat , une
combinaison de deux alignements perpendiculaires à la route 038°00’7 et éloignés l’un de
l’autre de 5946 pieds (1812 m, donc moins d'un mille : dispositif privé);
l'autre, entre Magnolia et Gloucester (Massachussetts), « par le travers de l’île Normans
19
Woe [Quoi ?] et un « marker » à terre et l’autre, double, au nord de Dolliver Neck. Pour
des calculs précis, le navire doit se trouver très exactement sur la route indiquée sur les
cartes les plus anciennes (205°);
Sur le Saint-Laurent, cette aide à la navigation était courante. Sur l'île d'Orléans, on trouvait « une base de
20
vitesse de 1 mille [nautique], soit 6.080 pieds (1.853,2m) [...] au large de l'île d'Orléans . » Elle était
encore cartographiée sur la première carte métrique (1232) du SHC en mars 1982. Elle a été supprimée
lors de la refonte en 1995 (1317).
En face de Sorel (Québec), on trouvait « une base de vitesse d’une longueur mesurée de 5280 pieds
(1609,3 m = 1 mille terrestre). L’alignement lumineux du bassin [Lanctôt] de Sorel en marqu[ait] la limite
est ; la limite ouest [était] marquée par deux balises situées sur l’île Saint-Ignace. La route à parcourir sur
21
cette base vitesse était orientée à 073° – 253°, sur l’alignement lumineux de l’Île de Grâce . » Pour
calculer sa vitesse, le navire montant devait donc effectuer un relèvement sur l’alignement d’abord à
bâbord, ensuite à tribord.

Avec la conversion numérique des cartes nautiques et le GPS, les dispositifs de base de vitesse ont été
largement abandonnés et les marques et balises la plupart du temps démantelées.

Alignement de garde
Sur un cartouche de la carte 1313 du SHC au 1 : 15.000e, un alignement privé détermine les petits fonds
au NE du port de Bécancour (donc la ligne de danger). C'est un autre feu (n° 2068.3) qu'il faut suivre à un
relèvement sensiblement parallèle de 167° 44' pour accéder aux installations portuaires.

« Repérage des bouées à la rive » par « points relevés »


Une combinaison de deux alignements permet de repérer « les bouées couvrant des roches et qui par
22
conséquent doivent toujours rester au même endroit ». Cette technique constitue l'inverse d'un classique
en navigation, le relèvement. Dans le présent cas, il s'effectue à terre en deux endroits différents, au lieu
d'un seul point sur l'eau. (Voir illustration en fig. 2, p. A-6).

Alignements à secteurs
Sur le Mississippi inférieur, on trouve côte à côte trois alignements correspondant aux trois feux d’un feu
23
à secteurs : rouge, blanc et vert. Le navire qui suit l’alignement blanc de Lower Belmont crossing (carte
NOAA - 11.370) en trait plein au centre est rigoureusement sur la route ; les deux autres s’en écartent
comme d’une droite (pointillée) de danger (ou de garde).

Relèvement par le travers


Lorsque la droite de deux amers coupe un alignement, on obtient un point relevé d’une extrême précision.
Sur le Saint-Laurent, à l’île Saint-Ours, le feu Iso Y 2s combiné avec l’antérieur Iso G 1s coupe non
seulement un, mais de très près deux alignements, l’un à 25 / 255°, l’autre à 45,5° / 225,5°. Ce feu est, de
surcroît, combiné à un racon - - (M).

Alignement par l’arrière


Les portions NON navigables (d et d) [Quoi ?] peuvent être très éloignées de celle qui est navigable. Si,
pour une raison ou pour une autre, un seul des amers est occulté, l’alignement devient inopérationnel. La
chose peut se produire sous les latitudes arctiques où neige et blizzard peuvent « enterrer » les balises et
où il est très difficile de les entretenir.
Dans ce cas, on peut choisir un alignement par l’arrière : contrairement au cas général, il devient
repérable dès qu’on se trouve à proximité des amers, mais décroît au fur et à mesure qu’on s’approche de
« l’objectif ». Exemples : détroit de Bellot et alignement secondaire d’Iqaluit (voir plus bas conclusion).

Alignement dans le sas d’une écluse


Toute écluse ouverte fournit aux navigateurs un alignement qu’ils utilisent comme tel, beaucoup plus
évident en venant de l’aval qu’en accédant par l’amont.

Synthèse : feux directionnel et à secteurs


Comme le feu directionnel, l’alignement est un dispositif linéaire, rectiligne, comportant des indications
précises sur la route à suivre. La différence réside dans le fait que le feu directionnel ne précise pas la
largeur du chenal à suivre ; en revanche, dans les chenaux étroits, un alignement détermine clairement la
largeur du chenal navigable sur la carte; quant aux feux à secteurs, par définition toujours lumineux, ils
ne précisent pas une route à suivre, mais délimitent plutôt des zones de danger ou de garde sur tribord et
bâbord : blanc au milieu et respectivement vert et rouge de part et d'autre (et même parfois beaucoup
plus.) Point commun avec l'alignement : dans les deux cas, les limites du chenal navigable sont marquées
par des pointillés.

Exemple complexe aux Îles-de-la-Madeleine, dans le golfe Saint-Laurent : « Le feu à secteurs de la


Grosse-île (1485.5), entretenu à titre privé, est situé sur le côté sud de la pointe ; le secteur blanc, qui
couvre un arc de 10 minutes, est centré sur le relèvement 034°04’… »

Sur le Saint-Laurent, dans le chenal de l'île d'Orléans, un feu à secteur complexe guide les navires
d'excursion comme de plaisance à travers un haut-fond où « les profondeurs [sont] moindres jusque
0,9m » (carte 1317) : R - Al WR - W - Al WG - G. La rare complexité de ces feux détermine un secteur
24
de la précision des alignements, le secteur « navigable » (W ) n'ayant que 0,15 mille de largeur à plus de
6 milles du dispositif.

Visibilité des alignements


Selon les configurations, surtout météorologiques, les alignements sont variablement visibles. Pour ceux
à grande portée, généralement dans l'ordre suivant :

au radar : l'aérien étant placé en hauteur, c'est sur l'écran de cet observateur électronique
25
que « se lit » d'abord un alignement ;
de nuit : par temps clair, vu la puissance de nombre de feux, les alignements se voient
beaucoup mieux la nuit que le jour ;
aux jumelles...
puis à l'œil nu.
À proximité terminale d'un alignement, l'antérieure peut masquer
la postérieure ou celle-ci peut disparaître derrière divers accidents
de terrain. Dans ce cas, le navire se trouve presque
automatiquement dans la portion aveugle de l'aide à la
navigation...

Évolution passée et perspectives d’avenir


Alignement postérieur masqué -
Rôle traditionnel Chandler - Baie des Chaleurs
(Québec)
À l’origine, toutes les aides à la navigation sont de simples
piquets, portant plus ou moins branches et feuillage, plantés dans
les cours d’eau ou sur terre. Les alignements indiquaient l’entrée des ports ou guidaient le marin dans les
sinuosités des rivières. Ce rôle est encore rempli dans nombre de rivières dont le lit profond, rocheux, est
stable même s’il est superficiellement ensablé ou envasé : c’est encore le cas d’innombrables rias de
Bretagne. Les alignements sont alors entretenus par diverses administrations locales.

Contribution commerciale

De simples relèvements pour rentrer au port ou aux bassins d’échouage, les alignements sont devenus des
outils de navigation de plus en plus sophistiqués pour éviter des écueils, puis pour suivre des chenaux
après dragage.

améliorations
Lorsqu’une voie navigable est modernisée, la plupart des alignements doivent être rectifiés : des navires
plus gros exigent des courbes avec des cordes plus prononcées, etc. L’aménagement du système Saint-
Laurent et grands lacs en Voie maritime au milieu du XXe siècle, a rendus les premiers à peu près tous
obsolètes. À l’occasion l’ancienne structure de ciment plus ou moins bien conservée côtoie de plus ou
moins près la nouvelle. En rivière et canal, la navigation se passe d’alignements puisque le navire « suit »
traditionnellement les deux rives.

port en lourd et terminaux privés


Dans les eaux entourant New-York, on ne relève que quelques alignements, dont le Poorhouse Flats
Range à Brooklyn sur l’East River. Côté New-Jersey (état qui a pris la relève commerciale de sa rivale
maritime d’en face), beaucoup sont privés sur des terminaux exclusifs à un armateur.

Cette disposition semblerait conforme au modèle économique américain : une large place faite aux
investissements privés contre des règlements beaucoup moins contraignants. Alors que dans la plupart des
grands ports du monde le pilotage est obligatoire, l’expertise des pilotes y rend la plupart des alignements
inutiles. Aux États-Unis, la responsabilité des manœuvres à chacun des terminaux privés serait laissée aux
armateurs : seuls responsables des manœuvres, les capitaines des navires parmi les plus grands du monde
doivent se fier à des alignements, eux-mêmes privés [Information douteuse].

navigation hivernale
En hiver, la plupart des bouées-tonnes lumineuses doivent être remplacées par des bouées à espars non
26
lumineuses : avec la dérive des glaces, même celles-ci risquent d’être déplacées. Équipements fixes à
terre, les alignements échappent à ces dangers, ce qui a contribué non seulement à leur maintien, mais
même à leur développement dans ces conditions.

Dans l’estuaire et le cours inférieur du Saint-Laurent, sur quelque 250km presque rectilignes, on relève
une cinquantaine d’alignements, soit 1 tous les 3 km en moyenne : d’une part, cette portion du fleuve est
navigable toute l’année, y compris les quelques mois d’hiver ; de l’autre, à côté des Seawaymax
initialement conçus pour la Voie maritime, circulent aujourd’hui jusque Montréal des navires beaucoup
plus gros au tonnage deux fois plus élevé sinon plus.

Exception : sur le Saint-Laurent supérieur canalisé en amont de Montréal, les alignements (qui étaient au
nombre de 3 entre Beauharnois et le Lac Ontario) s’élèvent après modernisation à 3 douzaines avec la
nouvelle Voie maritime, même si la navigation y est fermée en hiver.

climat nordique et latitude arctique


27
En climat nordique , le brouillard est fréquent, voire systématique à certaines périodes.

Aux latitudes arctiques, où la saison ne dure que quelques mois, voire semaines, les bouées ne se
justifient guère ; les alignements, eux, sont « permanents ».

À Kuujuuak, capitale du Nunavik au Québec, sur quelque 30 milles du fleuve Koksoak pourtant presque
rectiligne, on en dénombre 4 lumineux et 3 pas (presque 1 tous les quarts de mille…) : le courant de
jusant peut y dépasser 6kn dans étroit goulet ! Avec 12m de marnage à l’entrée du fleuve, on est à
proximité de la Baie des Feuilles où on trouve les marées les plus importantes du monde connu : 15,8m !

À Iqaluit, capitale du Nunavut, un alignement d’approche de quelque 8 milles @ 344° mènerait presque
directement à la plage de débarquement n’était l’obstacle de Long Island ; le relèvement d’un alignement
secondaire @ 050° à proximité du poste de transbordement des produits pétroliers, coupe cet alignement
d’approche pour déterminer un petit bassin de mouillage de près d’1/2 mille de large et de quelque 7
28
pieds de profondeur aux plus basses mers . Sur une très courte distance, les navires s’y rendent par
l’arrière, en suivant cet alignement entièrement en pointillés à 230°.

Maintien, abandon ou développement des alignements ?


Même si le déploiement systématique du trafic par conteneurs a suscité des navires plus gros plus
difficiles à manier, l’utilité de nombre de relèvements est remise en question dans les eaux plus modestes.

Dans les estuaires de la Basse-Seine et du Mississippi, caractérisés par des courbes s’approchant de 180°,
on ne trouve, ici, aucun alignement sur 112 km, et là, sur quelque 250 km, une demi-douzaine seulement
à partir de la Nouvelle-Orléans jusqu’à Bâton-rouge, la plupart à proximité de la capitale de l’état.

Si on excepte le fougueux fleuve Columbia (Oregon / Washington - voir plus bas), sur la côte pacifique
de l’Amérique du nord jusqu’en Alaska ainsi que sur la côte atlantique, les alignements sont rares.

Sur les quelque 200 km à vol d’oiseau du Rhode Island jusqu’à la frontière du Nouveau-Brunswick, sur
une côte particulièrement découpée, parsemée de nombreux îlots et récifs ainsi que d’un gigantesque
banc de sable, on n’en trouve qu’une demi-douzaine, dont ceux permettant l’accès par le nord et la sortie
par le sud du canal du Cape Cod.

rade de Saint-Malo : maintien traditionnel


Parsemée d’innombrables îles, îlots, récifs, densément naviguée depuis les temps immémoriaux, et, à ce
titre, bien connue, avec ses liaisons commerciales notamment par traversier aux îles anglo-normandes, ses
deux ports commerciaux et de pêche (Dinard et Saint-Malo), ses nombreux points d’attache de plaisance,
la rade compte un nombre élevé d’alignements (et d’autres aides à la navigation) : sur une trentaine de
milles carrés, une quinzaine (y compris ceux, très courts, de l’île de Cézembre et du canal de Naye qui
donne accès aux bassins à flot du port).

fleuve Miramichi : abandon partiel


Navigable sur quelque 25 milles (Nouveau-Brunswick), l’entrée de ce fleuve étroit et tortueux est barrée
par des dunes de sable plus ou moins instables, typiques aux lagunes. La plupart des alignements de large
sur ces dernières ont été supprimées et on envisage de le faire pour celle d’approche de Preston Beach
West.

En revanche, d’après le Livre des feux, 11 des alignements lumineux ont été maintenus, avec trois autres
de jour, soit plus d’un et demi par mille.

fleuve Columbia : réparations régulières


Seul fleuve navigable d’importance sur la côte pacifique des Amériques, la Columbia (Oregon /
29
Washington) est réputée pour ses crues nivales dévastatrices, même pour les alignements . De
l’embouchure jusqu’au complexe portuaire de Portland / Vancouver, on compte pas moins de trois
douzaines d’alignements pour 85 milles.

détroit de Bellot : opérabilité problématique


Dans cet incontournable du Passage du Nord-Ouest, de quelque 30 km de long et d’1 mille de large, « on
peut rarement naviguer plus de deux ou trois jours à la fois sans l’aide d’un brise-glace. » Bien que
configuré comme un fjord avec des falaises abruptes « entre 254 et 305 m », les approches encombrées
par l’est y ont imposé un alignement par l’arrière à 100° sur Long Island pour accéder « jusqu’aux eaux
profondes ». Un autre alignement coupe le premier à 268 ½° pour « jalonner la partie la plus étroite du
passage. » Dans cette région absolument désertique, ces balises ne peuvent être que des « marques de
jour ». Elles sont, bien sûr, « difficiles à apercevoir lorsque le sol est recouvert de neige. » Les
Instructions nautiques ARC 402 précisent que « l’alignement de balises de Bellot Strait ne doit être utilisé
qu’à titre de référence. L’axe de l’alignement 268 ½° conduit vers le danger (sic) à 0,5 mille à l’ouest de
Magpie Rock » (!)

comparaison entre commerce et plaisance


À partir du confluent du Saint-Laurent et de la Rivière Richelieu vers le sud, sur quelque 25 km, la
dizaine d'alignements a été maintenue dans le premier cas (alors que la route est composée pour moitié de
la longue ligne droite de Lanoraie) et complètement supprimée dans le second : elle n'a même pas été
maintenue au sud de l'écluse de Saint-Ours où l'approche n'est pas au droit de l'ouvrage, mais à 15°.

Alors qu'il a été question dans la deuxième moitié du XXe siècle de supprimer aussi les alignements sur
la route commerciale, avec l'augmentation des tonnages et des capacités des navires-conteneurs, ils ont
été maintenus.

Première Nations

Aujourd’hui encore, les habitants du Nunavut utilisent des inukshuks comme amers et alignements.
[1] - Direction générale des sciences de la mer – Ministère de
l’environnement – Instructions nautiques – Golfe et Fleuve Saint-
Laurent – Ottawa – 1973 – p. 398 / 498

Iqaluit (Nunavut) - Alignements


[1] - Cairo se trouve au confluent de l’Ohio avec le Mississippi. d'inukshuks

Tous les documents de navigation américains (cartes marines,


Instructions nautiques, Livre des feux…), ultimement financés par
les contribuables, sont disponibles « déjà payés » (≠ gratuits) sur
les divers sites gouvernementaux. Pour les cartes : Chart Locator îles-de-la-Madeleine (Québec) - Feu
([Link]). à secteurs complexe

SYNTHÈSE GÉNÉRALE

Outil de navigation parmi les plus précis, selon les juridictions, les règlements, les emplacements, les
circonstances, les alignements requièrent une rigueur à proportion en navigation : activement, la rencontre
des navires impose d’ouvrir l’alignement ; celui-ci révèle toute dérive due au courant à corriger
rapidement ; passivement, en approche finale au port à vitesse réduite, le moment où, faute de propulseur
d’étrave, le navire décroche (et qu’il requiert l’assistance de remorqueur(s) ; dans certaines courbes
30
l’alignement sert plus à vérifier que le navire a bien « suivi » le courant …

Alignements et départ de régate


Lors des compétitions de voile légère ou côtière prendre un bon départ est de la plus haute importance :
Le bateau qui part bien dégagé des autres bénéficie d'un vent franc et peut déventer ses adversaires (un
gain d'une demi longueur de coque se transforme très vite en un avantage dix fois plus important). Le
champion Paul Elvström indiquait qu'un bon départ de régate compte pour 50% du résultat.

Toutefois les règlements de course prévoient des pénalités pour les barreurs trop impétueux qui "volent le
départ" et coupent la ligne avant le signal : Cela peut aller d'un simple rappel individuel (obligeant à
retourner à la ligne de départ et à la repasser, en général dans le déventement des adversaires plus
prudents) à une disqualification pure et simple.

Lors des régates en rivière la ligne est en général immuable avec un mât à pavillonnerie et un abri pour le
comité de course sur la berge.

La plupart des clubs de rivière installent deux marques d'alignement (comme celles de la photo ci-contre)
sur la berge côté club pour matérialiser la ligne de départ et peignent parfois en blanc un arbre ou plantent
un poteau-repère sur la berge opposée, alignements appréciés des barreurs confrontés au manque de
place, aux déventements divers et au courant.

Les parcours de championnats en eaux semi-abritées (baie ou sur un grand lac) utilisent des parcours plus
grands, loin des rives et officiellement définis (triangles et trapèzes olympiques) avec des lignes de départ
perpendiculaires (en principe) à la direction du vent, lignes matérialisées par un bateau principal (Bateau-
Comité) portant les officiels (Comité de course) et la pavillonnerie associé à un bateau auxiliaire (dit
Bateau-bouée ou bateau-viseur) portant des viseurs-arbitres à l'autre bout.

Le bateau Comité principal est placé à droite (tribord) de la ligne en regardant face au vent et le bateau
bouée à gauche (bâbord). Dans un contexte très compétitif les bateaux sont à touche-touche et se battent
pour la position la plus favorable dans la phase de pré-départ.

La ligne (immatérielle) peut être neutre (exactement perpendiculaire au vent), avantagée tribord (le
concurrent partant tribord amures près du bateau comité est favorisé) ou au contraire (cas très fréquent,
les comités de course n'appréciant pas les empoignades et les percussions autour de leur bateau),
avantagée bâbord (départ favorable près du bateau-bouée). Toutefois la règle de course fondamentale
donnant la priorité au bateau au près tribord amures sur un concurrent bâbord amures interdit en pratique,
sauf très gros décalage de la ligne par rapport à la perpendiculaire au vent, de partir bâbord amures depuis
le bateau bouée. Les régatiers comparent cette rare occurrence au « coup du roi » — ou « hole in one » —
des golfeurs.

La meilleure tactique est donc de partir tribord amures soit en milieu de ligne (en général moins
fréquenté) ou à l'extrémité bâbord... mais pour cela il faut au préalable, après avoir déterminé le côté
favorable de la ligne, avoir pensé à prendre un alignement en ayant visé longtemps à l'avance le bateau
bouée depuis la proximité immédiate du bateau comité et mémorisé un repère à terre (un amer du type
arbre, cap, colline, maison, etc.) dans le prolongement de la ligne de départ. Dans la fièvre de la dernière
minute, cet alignement bateau bouée-amer à terre permet de flirter avec la ligne de départ sans trop
risquer la disqualification.

En cas de faux départs successifs (et de pression croissante parmi les concurrents) il est bon de revérifier
cet alignement crucial car le bateau comité et le bateau bouée, peuvent éviter (bouger autour de leur
ancre).

Annexe : alignements urbains


Combinées avec des édifices remarquables au centre de ronds-points ou de places, les perspectives
urbaines constituent autant d’alignements depuis les temps immémoriaux.

Exemples : à Paris, au Rond-Point de la Défense et à partir de


l’Arc de Triomphe ; à Berlin depuis la Porte de Brandebourg, etc.

Les ancêtres récents de ces percées propres à la période


industrielle, sont probablement Saint-Pétersbourg, fondée en 1
703, puis « augmentée » des « perspectives Nevski et
Voznessenski et la rue Gorokhovaïa », et le plan hippodamien de
la ville de Washington (fin du XVIIIe s.) Conçu à partir d’un
32 Plan de Saint-Pétersbourg en 1
carré de 10 milles (terrestres) de côté dont les sommets sont 776
31

orientés d’après les quatre points cardinaux, il régit toute la ville et


nombre de ses perspectives : l’alignement du mémorial Lincoln,
du monument Washington et du Capitole (qui épouse le bassin Lincoln) est rigoureusement parallèle à sa
diagonale est / ouest ; à quelques mètres près, sa diagonale nord-sud par la 16e avenue passe par la
Maison-Blanche; avec le Lincoln Memorial Reflecting Pool, les deux diagonales se rencontrent au milieu
de l’Ovale présidentiel (qui devrait être considéré comme le centre de la démocratie et de la politique
américaines (?)

Rappelons que le transport des matériaux nécessaires à la construction de ce complexe administratif, s’est
surtout effectué par bateaux dans le Tidal Bassin et, avec une écluse, par le Canal de la ville de
Washington.

Notes et références
1. Les deux termes ci-dessous sont conformes à la Carte 1 - Signes conventionnels,
abréviations et termes utilisés sur les cartes marines.
2. La preuve de ce qui suit est fourni par le fait que tout feu sectoriel est délimité à tribord et à
bâbord par une zone de danger rouge et verte.
3. GMap 46.375267099189344, -72.44628636011977
4. Service hydrographique du Canada, « Livre dees feux - Eaux intérieures ([Link]
[Link]/publications/livre-feux/eaux-interieures/ifront-fr) » [PDF] (consulté le
27 décembre 2021)
5. Exemple conformément au diagramme : « pour une portée nominale de 16 milles marins [...]
et une visibilité de 2 milles marins fournie par le bulletin météo, on peut [...] déterminer que
la visibilité est de 5 milles marins. »
6. Service hydrographique du Canada, « Livre des feux - Arctique ([Link]
ions/livre-feux/eaux-interieures/i2545-fr) » [PDF] (consulté le 27 décembre 2021)
7. La lettre émise en morse par ce racon (N : -.) est différente de celle qui se trouve sur l'île
Saint-Ours, toute proche : M : --.
8. Le recours à la fraction en exposant permet d'éviter la gênante confusion entre points [.] et
virgules [,] entre les usages européens et britanniques nord-américains pour les décimales
et les milliers.
9. Ce genre de confusion entre les descriptions techniques et locales, sans être fréquente,
n'est pas rare...
10. Les tracés des routes de navigation sur la carte topographique passent en plein récifs de
moins de 1m! En cartographie marine, ces traits seraient pointillés. Prudence!
11. Alignement de large aujourd’hui abandonné avec les autres (dont plusieurs à d>1km!)
12. Exemples sur le Saint-Laurent fluvial : en 2 014 aux îles de Sorel ([Link]
ouvelles/archive/2014/02/garde-cotiere-canadienne-procedera-travaux-secteur-ile-raisins-ile-
[Link]) et, en 2 021, sur l'île Saint-Ours ([Link]
pour-aider-a-la-navigation-maritime/)
13. Règle 9 b) de Colreg b) Les navires de longueur inférieure à 20 mètres et les navires à voile
ne doivent pas gêner le passage des navires qui ne peuvent naviguer en toute sécurité qu’à
l’intérieur d’un chenal étroit ou d’une voie d’accès.
14. Le contraire pour les deux alignements croisés (voir ci-dessous) ATL 2182 et 2183 menant à
la marina de Sorelǃ Données fournies par un préposé de cette administration privée?
15. Service hyrdrographique du Canada, « Livre des feux - Eaux intérieures ([Link]
[Link]/publications/livre-feux/eaux-interieures/ifront-fr) » [PDF]
16. Avec un petit phare Y isophase au sud de l’île Saint-Ours, la courbe Bellmouth se révèle
l’une des plus délicates du Saint-Laurent en dehors des ports. Non pas tant par l’angle des
virages que leur succession rapide (à peine 1 mille pour la portion centrale) : à peine le
pilote s'est-il aligné qu'il doit déjà calculer et donner le coup de barre suivant. Pour quelque 6
milles, on trouve plus de 30 aides à la navigation diverses (dont 5 alignements) sur plus de 2
pages du Livre des feux !
17. Le dégagement maximal pour un navire de 52 m de largeur à 14kn est de 2,42m avec un
enfoncement (squat) estimé de 1,51m. Ce secteur se trouvant être celui où les marées sont
les plus importantes (5,5m par marée moyenne, pour un marnage de 4,8), capitaines et
pilotes tiennent bien sûr compte de l'ensemble de ces données. (p. 73).
18. Carte NOAA n° 13 288 - Coordonnées GMap : 43.75472869498677, -70.05140552197929
19. Carte NOAA 13 279 - Coordonnées GMap 42.57987888260263, -70.69276726419713
20. p. 372
21. p. 398
22. ISIN, Yasar Argun, « Aménagement des voies maritimes et fluviales ([Link]
seph/Downloads/Amenagements_des_Voies_Maritimes_et_Fluv%20(2).pdf) »
23. Coordonnées GMap : ± 30.019327010476033, -90.76647724404236 - Les feux antérieurs
sont distants de quelque 275m et les postérieurs de 250, ce qui détermine la largeur du
chenal navigable. Sur le vaste et très actif Mississippi, c'est peu. D'où le triple alignement.
24. Service hydrographique du Canada., Carte no. 1 - signes conventionnels, abréviations et
termes utilisés sur les cartes marines, Ottawa, Ontario : Pêches et Océans Canada, 2012.,
130 p. (ISBN 978-0-660-67368-4)
25. Voir nomogramme (tableau) p. xii du Livre des feux
26. Durant tout l'hiver 2 020 / 21, la bouée Atl 2287, qui marque en amont la courbe Belmouth,
est resté lumineuse.
27. C'est le climat, et non la latitude qui est déterminant : Montréal se trouve à peu près à la
même latitude que Bordeaux, Kuujjuak à Édimbourg, et Iqaluit de Reykjavik et du fond du
golfe de Botnie en mer Baltique. Alors que Kuujjuak n’est accessible que quelques
semaines, voire mois par an, à peu près à la même latitude à Kodiak (Alaska), les bâtiments
peuvent rester à l’eau toute l’année.
28. Les marées étant importantes (jusqu’à 12m !), des navires d’un tirant d’eau de plus de 2m
peuvent y mouiller plusieurs jours de suite : en mortes eaux, non seulement les marées sont
moins hautes, mais, moins « fortes », elles « descendent » aussi moins. Le 14 août 2 020,
elles n’étaient « que » de 4m et plus. 04140_public.pdf ([Link]) Capitaines et armateurs
tiennent compte de ces données pour déterminer L’HPA (heure probable d'arrivée) de leurs
navires. Les Instructions nautiques rapportent d'ailleurs qu’« un navire mouillé à l'est de
Long Island, par 6 brasses (12,8 m) d'eau, a résisté à des vents du sud-est de 60 nœuds
sans chasser sur ses ancres. »
29. « In the event of flood conditions in the Columbia River, aids to navigation may be
temporarily discontinued, lights may be extinguished or destroyed, and buoys may be
extinguished or dragged off station. Under such conditions vessel operators should consult
local authorities before attempting to navigate in these waters. LightList_V6_2020.pdf
([Link]) ».
30. À l'occasion, un coup de barre conforme à l'angle des alignements croisés, provoquerait
l'échouement du navire. Avec les contraintes hivernales rigoureuses, c'est à cause de telles
« subtilités » que le pilotage, en dépit des récents progrès technologiques, électroniques et
numériques, a été maintenu dans l'estuaire et le cours inférieur du Saint-Laurent.
31. Plan de la ville en 1 776
32. Carré tronqué à l’ouest aux berges du fleuve Potomac.
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Navigation côtière

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