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Introduction Generale Hpe 2017

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Cours de l’histoire de la pensée économique

Introduction générale

Nous allons dans ce cours d’histoire de la pensée


économique, si vous avez convenance, dire ce qu’est
l’histoire de la pensée économique, cerner son objet
d’étude, dire pourquoi nous devons impérativement
étudier l’histoire de la pensée économique, et enfin,
comprendre comment cette histoire s’est-elle faite au
cours du temps ? Voilà chers étudiants les questions
auxquelles nous devons apporter des réponses.
L’histoire de la pensée économique c’est un corpus
théorique et empirique et par conséquent, une boite à
outils dont politiciens et bureaucrates font usage pour
résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés a
été un champ de nombreuses batailles, une histoire
jalonnée de « révolution » et de « contre révolution »
en termes de prouesses et d’actualité entre les
économistes « classiques défendant la liberté
économique » et « les protectionnistes épousant en
quelque sorte la thèse du courant keynésien reposant
sur l’interventionnisme de l’Etat ».
Le terme classique est considéré ici dans son acception
large qui intègre à la fois l’école classique et l’école
néoclassique. Le courant classique apparait avec la
publication d’Adam Smith, Recherches sur la Nature
et les Causes de la richesse des Nations, en 1776. Les
auteurs majeurs de cette école sont entre autres : A.
Smith, D. Ricardo, T. Malthus, J.B. Say. Les
principaux postulats de cette école sont le
néolibéralisme, le fanatisme du marché à travers la
métaphore de la main invisible, la permanence de
l’équilibre économique grâce à la flexibilité des prix et
à la loi de J. B. Say, la division du travail, la valeur des
biens qui dépend du facteur travail commandé (chez A.
Smith) ou du facteur travail incorporé (chez Ricardo).
Ces auteurs ont introduit la théorie des avantages
absolus (Adam Smith), la théorie des avantages
comparatifs (David Ricardo) ; la théorie des
élasticités de la demande (Stuart Mill). L’école
néoclassique de la théorie pure du commerce
internationale avec les travaux de Hecksher, Ohlin,
Samuelson et Stolper est apparue à la seconde
moitié du 19ème siècle ainsi que le Paradoxe de
Leontief. Toutefois, ces courants de pensée visent un
seul objectif celui de faire asseoir et consolider son
objet d’étude qui est la Science économique. C’est quoi
la Science économique ?
Longtemps perçue par les physiocrates comme une
science autonome à travers leur vision globale de
l’économie qu’ils considèrent comme un ensemble de
flux interdépendants (circuit économique convoqué par
Quesnay), la Science économique, a reçu, dans
l’histoire de la pensée, des réponses diverses.
Identifiée à une science des richesses à la période
classique, elle se définira ensuite comme la science des
choix individuels en univers de rareté avec
l’émergence de l’école néo-classique dont l’objet est de
comprendre le fonctionnement du système économique
mondial à partir de la macroéconomie(l’étude globale
de l’économie à partir des grands agrégats
notamment : consommation, production,
investissement, épargne, revenu, inflation, emploi et
chômage) et puis de la microéconomie(étudie le
comportement des agents économiques comme un
comportement rationnel) structurées autour de quatre
principales théories(théorie classique, marxiste, néo-
classique et keynésienne) dont la plupart des
économistes d’aujourd’hui inscrivent encore leur
réflexion et pratique dans l’une des ses grandes écoles
de pensée à l’effet d’améliorer les préoccupations
existentialistes.

Étudier donc, cette l’histoire, c’est revisiter le passé


c’est-à-dire retracer de manière chronologique les
différents évènements qui ont ponctué l’histoire de
l’économie (une régulation par les marchés et ensuite,
par les Etats) et pourquoi ? Dans un souci, de mieux
comprendre son évolution lointaine ou passée,
contemporaine et présente afin d’anticiper l’avenir et
si possible, prescrire les solutions et les thérapies aux
nations, collectivités territoriales décentralisées,
entreprises et ménages face aux problèmes dont-ils
sont confrontés notamment en termes d’accumulation
des richesses, de bien-être et de redistributions
Mais en tant qu’histoire, il arrive très souvent que les
acquis intellectuels se perdent, qu’une génération
oublie les leçons apprises par les générations
antérieures et quelle doit réapprendre avant de
continuer à bâtir la leur. Ainsi, la pensée économique
reste au cœur du débat d’idées contemporain au
regard d’une multitude de courants : les uns se
réclament de l’une des trois grandes écoles : libérale
(classique et néo-classique) ; marxisme et keynésienne.
Les autres par contre s’efforcent de concilier des
approches initialement divergentes, au point que les
frontières idéologiques deviennent parfois si floues
qu’il est assez souvent impossible de classer, d’une
façon catégorique, certains auteurs qualifiés parfois
d’hétérodoxes.

Aussi l’on peut se poser cette question : À quoi bon


l’histoire de la pensée économique ? Pour quelle
importance ? " No history of ideas, we're economists",
rappelle Mark Blaug (2001), l'histoire de la pensée
économique est une perte de temps inutile quand nous
avons tant à faire avec la théorie économique moderne
disait Stigler ("Does Economics have a useful past ? "in
HOPE, 1969). On peut multiplier à souhait les
exemples à propos de cette inutile promenade au
cimetière, ce refuge pour les handicapés de la
formalisation. La critique la moins virulente étant que
la démarche historique entretient en son sein de
dangereux contestataires. Notamment ceux qui
opposent une démarche relativiste (dans le temps et
dans l'espace) à l'absolutisme de la théorie. La
reconnaissance de l’histoire de la pensée économique
est cyclique.
La France par exemple, vient de retirer l'histoire de la
pensée économique des concours de recrutement des
professeurs d'université et accorde une place mineure
à l'histoire de la pensée économique dans ses colloques
de science économique. À contre temps de la
production historique très internationale, de nombreux
jeunes économistes français sont en totale opposition
(comme d’habitude !) avec la place actuellement
accordée à cette perspective à l'étranger. Et pourtant,
on pardonne moins une énormité historique chez un
économiste qu'une erreur (normale) dans ses calculs
inductifs. À l’aune de ce qui vient d’être sus-évoqué,
quelle utilité a donc l’histoire de la pensée
économique ?

En effet, elle permet selon Mark Blaug de


comprendre la théorie comme un cheminement
discontinu avec des retours en arrière, des
recompositions permanentes. Etant donné que
l’évolution de la société contraint généralement
l’économiste à modifier sa problématique. Car chaque
période historique renouvelle les données d’un
problème ancien pour lequel la solution antérieure ne
suffit plus. Par exemple, sans Keynes pas de no bridge
(signifie qu’il est impossible de faire le lien entre la
microéconomie et la macroéconomie. Autrement dit,
les variables macroéconomiques ne peuvent avoir que
des déterminants macroéconomiques), pas de NEC et
NEK. De même, les années 1930 ont soulevé le
problème de fluctuations cycliques et de l’avenir du
capitalisme, bien qu’il y eu de nombreuses crises avant
1929.

Les années 1950 et 1960 ont attiré l’attention sur la


croissance et l’inflation qui avaient déjà préoccupé les
mercantilistes aux XVIe et XVIIe siècles. Le
Monétarisme était devenu une alternative au courant
keynésien notamment aux difficultés du keynésianisme
à répondre aux conséquences du premier choc
pétrolier (1973) et à la stagflation qui s’installe à
travers la coexistence d’une forte inflation et d’un
chômage en hausse, la nouvelle Ecole Classique (NEC)
à l’ancienne Ecole Classique (EC), les Nouveaux
Keynésiens (NEK) au courant keynésien. Les années
1980 ont été confrontées au drame du chômage, un
chômage plus structurel et pernicieux que celui des
années 1930. Les années 1990 ont été marquées par le
progrès technique et par une mondialisation poussée,
qui avait déjà transformé l’économie avant 1914. Les
années 2008(la crise financière est venue dissiper le
mirage dans lequel la pensée macroéconomique
évoluait depuis plus d’une quinzaine d’année (la
période de grande modération), 2019(crise du Covid-
19 :), 2022(crise russo-ukrainienne :) et en 2024(la
guerre entre Israël et le Hamas qui viole l’ordre de
1947 de l’ONU, nécessite une relecture de cette
charte).
Mais la question qui nous tourmente est : « Pourquoi
les économistes persistent-ils à utiliser une théorie
dont le manque de solidité a clairement été démontré ?
Pourquoi, malgré l’impact destructeur des politiques
économiques préconisées, la théorie économique
constitue-t-elle encore la boîte à outils dont politiciens
et bureaucrates font usage pour la plupart des
questions économiques et sociales ?

De cette interrogation, Schumpeter y voit trois utilités


: "un avantage pédagogique, de nouvelles idées et des
perspectives sur les voies de l'esprit humain". Le fait
de supposer des conflits dans la science économique
amène à lui adjoindre des considérations doctrinales
sinon politiques. Toutefois, la continuité dans les
thèmes, dans la quête et dans l’interrogation
conceptuelle partant de l’antiquité (Platon, 427-347.
avant J.C) au moyen-âge, du moyen-âge (Saint
Thomas d’Aquin, 1225-1274) au temps moderne et
puis à l’époque contemporaine (Adam Smith, 1723-
1790), ont su forger des "ruptures épistémologiques"
qui ont permis le passage de la philosophie morale à
l’économie politique, de l’économie politique aux
doctrines économiques, des doctrines économiques au
libéralisme économique, du libéralisme économique à
la science économique, de la science économique à la
politique économique, de la politique économique au
retour du modèle libéral puis à l’interventionnisme de
l’Etat. Le courant keynésien dont l’objet est
l’interventionnisme de l’Etat à travers des politiques
actives apparait comme l’alternative dont le but est de
conduire l’économie vers l’optimum social(bien-être)
reste le modèle le plus aguerri pour corriger les
dysfonctionnements des marchés, réduire les coûts de
transaction(Coase,1937) et susciter la performance et
la compétitivité des économies notamment à travers
une relecture des politiques publiques (thèses
défendues par Keynes et les nouveaux-keynésien.
Toutefois, la crise financière de 2008 et la
pandémie du COVID-19 ont fait émerger l’usage des
politiques non conventionnelles au détriment des
politiques conventionnelles laissant au grand désespoir
les économistes keynésiens de la première synthèse
macroéconomique et les post-keynésiens dont l’objectif
principal était d’intégrer l’accumulation du capital et le
long terme dans l’analyse de Keynes.

Une perspective comme celle-là était importante voire


indispensable pour faire admettre la diversité de la
pensée et faire admettre des œuvres hétérogènes où
l'historien doit départager le scientifique de
l'idéologique. Tel est l’enjeu de l'épistémologie de
trouver un "critère de démarcation" entre science et
non science au regard des différentes méthodes
utilisées par les uns et les autres. En somme, son
importance se résume en trois points essentiels : du
point de vue de son aboutissement, du point de vue de
son origine puis sur la permanence des questions et
des débats fondamentaux.

Une introspection dans l’analyse philosophique antique


de l’économie en passant par celle des scolastiques
permet de comprendre que ce n’est que de manière
indirecte que l’on peut reconstituer la trame
(structure) d’une pensée économique médiévale
(moyen-âge). Pour les théologiens et les juristes des
XIIIe et XIVe siècles, les préoccupations économiques
étaient, dans une large mesure, accessoires. Elles ne
paraissaient qu’à l’occasion de discussions
approfondies dont le véritable enjeu était d’ordre
moral ou politique.

Schématiquement, si l’on se limite à l’Occident, on


trouve les premières réflexions sur la richesse dans
l’antiquité grecque, en particulier chez Aristote au IVe
siècle avant notre ère. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle,
la science économique telle que nous la concevons
aujourd’hui n’existe pourtant pas. Les réflexions
économiques sur la valeur, le travail, la monnaie
existent, mais il faut les chercher dans des ouvrages
qui ne sont pas d’économie, mais de philosophie
politique, de théologie ou d’administration
patrimoniale.

Cette première pensée « économique » n’a pas d’unité


théorique, et ce qui la caractérise est son
assujettissement à d’autres savoirs. Ainsi, les réflexions
économiques de l’antiquité grecque percevaient
l’économie comme un art de la gestion domestique au
cours duquel, la pensée économique demeure inféodée
aux considérations éthiques et morales et les pratiques
économiques, à ce titre, condamnées et contingentées.
Faisant plus fois à la prédominance d’une conception
morale du lien social, et ce passage de la philosophie
morale à l’économie politique forgea plutôt la
prédominance d’une conception politique du lien
social, alors que celui de l’économie politique à la
science économique viendra rompre le lien de
subordination entre économie et politique, plus
précisément en l’inversant : l’ordre naturel des
sociétés sera alors réputé être un ordre économique,
celui de l’économie de marché. Cette constatation
pragmatique d'une continuité de la pensée économique
dans les thèmes ou dans les interrogations
conceptuelles constitue la méthode suivie à titre
principal dans notre enseignement.

Pour remplir cet objectif celui de comprendre le


fonctionnement des systèmes économiques mondiaux,
ce cours suivra un cheminement purement
chronologique pour se repérer dans le dédale des
différentes théories, détaillant comment la pratique
contemporaine de la recherche économique s’articule
avec les travaux fondateurs des grands économistes du
passé. C’est-à-dire en mettant en évidence les grandes
évolutions et les grands enchaînements qui expliquent
l’évolution de cette discipline au cours des deux
derniers siècles, qui ont connu un bouleversement total
des conditions d’existence.
Après un bref rappel sur les premières expressions ou
préceptes économiques de l’antiquité et du moyen-âge,
le domaine traité se décompose en quatre axes
rappelant à chaque fois le fondement théorique de
chaque courant de pensée : s’agissant des classique,
l’accent sera mis sur la production, les néoclassiques
sur l’échange, les socio-historiques sur les systèmes/
institutions et les keynésiens sur le déséquilibre. Le
cours s’articule en deux parties : Dans la première
partie, on parle de l’évolution chronologique à travers
la période antique, en passant par la pensée
économique classique, néo-classique, et de façon
spécifique, on abordera, dans la deuxième partie, la
révolution keynésienne et ses prolongements, la
nouvelle macroéconomie keynésienne et classique puis
le courant institutionnaliste.

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