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HomDéportation 2000

Transféré par

Marie-Vianney Juvenel
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Introduction

Nous célébrons le Souvenir de la journée de la Déportation, heures bien


tristes de notre histoire…
En ce deuxième dimanche de Pâques, prions Dieu pour obtenir du Christ
Ressuscité « le don précieux de la paix » dans ces nombreux lieux où elle n’est
plus, où elle est menacée. Alors que nous venons de fêter, en la merveilleuse
solennité de Pâques, le mémorial de la mort et de la Résurrection de Notre-
Seigneur, nous faisons mémoire des heures troubles de l’histoire de notre
département et nous nous tournons une fois de plus vers le Crucifié pour lui dire
notre refus de la haine, notre refus de la guerre.
Mais, au début de cette célébration, reconnaissons aussi la difficulté que
nous avons à prendre réellement part à la constitution d’un monde meilleur, un
monde de justice et de paix, un monde où règne le respect de l’autre, un monde
où tous les hommes peuvent manger à leur faim, se regarder droit dans les yeux
sans honte ni trouble au visage. Un monde où l’amour de l’autre efface tous nos
égoïsmes, nos désirs de domination, notre course effrénée à la richesse ou aux
honneurs.
Sermon

Il y a un peu plus d’un demi-siècle, notre département – et particulièrement


notre belle et noble Cité de Murat –, vivait parmi les heures les plus sombres de son
histoire. C’était comme si une nuit épaisse et profonde avait enveloppé des milliers
d’hommes et de femmes, comme un moment d’éclipse d’humanité où des habitants de
notre civilisation oubliaient soudainement de quelles mains ils avaient été façonnées,
pour quelle raison ils étaient sur cette terre et ce que 2000 ans d’Evangile avait tenté de
leur apprendre… On venait dans les maisons arracher un mari à sa femme, un père – et
une mère parfois ! – à ses enfants, et même des jeunes prêts pour la vie, à l’heure où
l’on est fait pour trouver un amour, fonder un foyer, trouver un travail pour nourrir de
futurs enfants… C’était comme si les vieux volcans d’Auvergne crachaient de
nouveau un feu de haine et de mort, comme si nos merveilleux paysages de paix
oubliaient la lumière ; c’était la complainte de tant de femmes et d’enfants qui criaient
vers Dieu leur angoisse, leur désespoir et surtout leur impuissance devant le mal.

Les événements du Kosovo nous ont aidé, l’an dernier, à ressentir toute
l’horreur de la guerre. Nous étions touchés par les événements, parce qu’ils se
passaient à notre porte, parce que les images d’hommes et de femmes déchirés au plus
profond d’eux-mêmes, ressemblaient à tant de visages qui nous côtoient
quotidiennement.
Mais notre manière si superficielle de vivre en notre monde, ne nous a-t-elle pas
déjà fait oublier ce drame de notre époque ? Nous nous laissons envahir par l’émotion
lorsque des images de famines, des reportages sur les bidonvilles où autres lieux de
sous-humanité nous sont montrés au petit-écran…

« C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les


disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des
Juifs. »
Cette phrase de l’Evangile résume bien la situation. Le Christ est mort et ses
disciples ont peur. Ils se terrent dans leur maison. Ils sont perdus, rongés par le
désespoir et envahis par le doute. C’est toujours la même histoire. C’est toujours ce qui
s’est répété depuis que l’homme a inventé la haine, la violence, la guerre et le meurtre.
Ce renfermement sur soi fait que l’homme ne peut plus être homme, qu’il se terre
comme un animal braqué, qu’il ne peut plus vivre selon ce qu’il a de plus grand et de
plus noble en lui. Ce renfermement qui aujourd’hui encore atteint tant de nos
contemporains, tant de nos concitoyens même, et parfois tant de nos voisins…

Le Christ ressuscité vient à la rencontre de ces hommes désespéré. Il ne vient


pas leur donner un message de morale ou participer à leur complainte : il vient parler à
leur cœur ; il vient les délivrer de leurs peurs comme lui même s’est libéré des liens de
son suaire, des cordes qui croyaient pouvoir le tenir à jamais lié à la mort. Il vient leur
donner la paix : « La paix soit avec vous. » Dans le pardon donné à l’humanité, le
Christ vient porter la force à l’âme abîmée dans la souffrance et le découragement. Il
vient relever ses disciples, répandre sur eux son souffle et par là leur communiquer son
Esprit. Et il les envoie dans le monde entier porter la Bonne Nouvelle du Salut, cette
merveilleuse nouvelle qu’un Nouveau Monde commence et que l’Ancien Monde s’en
est allé.
Combien depuis ce temps là se sont laissés prendre dans cette paix, se sont
laissés portés par le souffle de l’Esprit, ont parcouru le monde pour essayer
d’apprendre à l’homme à aimer, à aimer par dessus tout, à aimer plus que tout.
François d’Assise embrassant les lépreux ; notre Roi St Louis serviteur de son Peuple
dans la justice et l’oubli de soi ; la petite Thérèse de Lisieux ou le St Curé d’Ars ;
François-Xavier ou Catherine de Sienne ; et… plus proches de nous un Padre Pio, une
Marthe Robin ou une Mère Thérésa. Tous ces hommes et ces femmes qui ont été plus
grands que l’amour.

Frères et Sœurs, chers amis,


Donnons donc un sens à notre célébration. Certes, faisons mémoire de nos
proches qui ont été déportés, victimes de l’absurdité de la guerre. Tournons-nous vers
Dieu pour lui redire notre refus de la guerre et de la haine. Mais regardons aussi autour
de nous. Soyons lucides sur le monde que nous sommes en train de bâtir. Un monde
sans Dieu ne peut tenir. Un monde où la Croix du Christ n’est pas plantée en son
centre, un monde où la Vierge ne trône pas en son cœur – comme ici sur son Rocher
de Bonnevie – pour remettre sans cesse devant nos yeux le mystère de la tendresse, de
la tendresse de Notre Dieu, et de la tendresse de notre Mère du Ciel, un monde qui
n’est pas comme fécondé par l’Evangile, est inévitablement un monde où les instincts
de l’homme vont l’emporter sur le respect de l’autre. Et aucune loi des hommes sans le
secours de la Loi de Dieu, la Loi du Pardon et de l’Amour, ne pourra faire grandir
l’homme en humanité, ne saura instaurer la Nouvelle Civilisation de l’Amour, cette
Civilisation qui commence par le service de l’autre, cette Civilisation dont une Mère
Thérésa, un Jean-Paul II ou une Sœur Emmanuelle, sont les prophètes pour notre
temps.

« O Mère , puisse le troisième millénaire voir naître une nouvelle ère dans
laquelle le respect pour chaque homme et la solidarité fraternelle entre les peuples
vaincront, avec l’aide de Dieu, la culture de la haine, de la violence et de la mort. »

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