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Histoire de Bismarckburg et Marabadiassa

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NOTES AFRICAINES 107

le développement ultérieur de la colonie du Togo. Par le cercle de Bouaké et la subdivision de Béoumi.


ce poste un trafic régulier entre la côte et l’intérieur C‘est un village indépendant, en pays baoulé, village
pourra être assuré. étranger, centre musulman, qui a su garder de bons
((Le poste a permis de vérifier les intentions paci- rapports avec ses voisins.
fiques des populations ... )) Ce rapport, écrit durant la C’est SOUALOU TOURÉ,le chef actuel, petit-fils du
saison des pluies 1888, il y a soixante-dix ans, est, fondateur du village, qui a rédigé ces notes relatant
comme on le voit, plein d’espoir. l’arrivée de ces Nigériens, les guerres qu’ils livrèrent
I1 est indispensable de mentionner l’adjoint du contre les Tagouana et Djimini, leur instal1ation;sur
DI WOLF,le premier lieutenant, plus tard capitaine les rives du Bandama, leurs, rapports avec Samori,
KLING, dont la tâche consiste surtout durant la installé sur l’autre rive de la rivière dans son camp
première année à assurer le ravitaillement entre de Boribana. C’est Mori Touré, fondateur du vil-
Bismarckburg et la côte. lage, qui dissuada Samori d’attaquer les Baoulé et
Au début de la saison sèche, en novembre 1888, qui ainsi épargna au pays de terribles destructions.
WOLFexplore le pays adjouti, où se trouve le sanc- C’est son successeur Souleymane qui dissuada ces
tuaire de Bouroukou, divinité traditionnelle très mêmes Baoulé de s’opposer aux colonnes franqaises.
puissante dans cette région d’Afrique. I1pousse ensuite Ainsi, après avoir livré des luttes souvent cruelles,
jusqu’à Salaga, d’où il revient à la fin de décembre deux chefs tagouana et djimini, faits prisonniers,
1888 à Bismarckburg. furent décapités, et leurs têtes reposent sous deux
Dans les années qui suivent, Bismarckburg reqoit grands fromagers, isolés au nord-ouest du viiiage ; ces
la visite de nombreuses personnalités jusqu’eiz 1894, étrangers furent ensuite des intermédiaires qui sau-
oÙ il cesse d’être un poste tenu par un Européen. Les vèrent la riante campagne baoulé des ravages que les
documents administratifs sont transférés à Kété Hed- pays du nord de la Côte d’Ivoire eurent à subir.
wigswart, qui deviendra Icété Kratchi. Le poste de Ce texte est donc un document qui contribue à
la colline Adado sera tenu assez longtemps par un faire connaître l’histoire de cette région, qui fut si
commis africain. troublée au siècle dernier.
Les baraques démontables ont été transférées à Kété
Kratchi. Actuellement, il ne reste que trois ou quatre J. R. et E. B.
manguiers, vestiges de ce qui fut un poste, cependant
que des ananas ornent encore la petite route cava-
li+re Dikpéléou Yégué, et qu’orangers, mandari- Soualou Touré, chevalier du Mérite agricole, né en
niers et citronniers rafraîchissent agréablement le 1910 à Marabadiassa, fils de feu Seydou Touré, ex-
voyageur. chef de canton de Marabadiassa et de la feue Ziguela
Non, Bismarckburg n’était pas un lieu de pas- Koné, tous deux demeurant à Marabadiassa, subdi-
sage pour le commerce. Cette colline de près de
800 mètres évoque certains burgs rhénans du Moyen
Age, raison sentimentale qu’un Allemand ne pouvait
négliger. Ajoutons aussi pour la petite histoire que
l’AdéIé,qui est actuellement encore une des zones les
plus giboyeuses du Togo, avait pu séduire, outre les
officiers européens, leurs collaborateurs africains sen-
sibles à l’abondance du ravitaillement en viande.. ,
Bismarckburg, premier poste allemand de l’inté-
rieur, précède de deux ans Missahöhe et de dix ans
tout juste le centre administratif d’Atakpamé.
Robert CORNEVIN.
(Bo.urg-la-Rei.lze)

NOTE SUR UNE COMMUNAUTE


e NICERIENNE 1) ANCIENNE
EN COTE D’IVOIRE : MARABADIASSA

INTRODUCTION. r-
est un pros villape de I zoo habi-
MARABADIASSA
c

I08 NOTES AFRICAINES

vision de Béoumi,”cercle de Bouaké, Côte d’Ivoire, Les habitants lui expliquèrent les malheurs, les
A. O. F. massacres qu’ils ont souvent à cause d’un fameux
Eecruté a Yàge de douze ans en 1922,je fréquentais Gbamélé venant de Loudjrogo. Tout en consolant les
I’école de Béoumi et mes études se terminaient en pauvres habitants, Mori leur fit entendre sympathi-
1928 à I’école régionale de Bouaké. quement qu’il verrait lui-même le cruel Gbamélé qui
Après six ans d‘études, je m’embauchais à la tue les uns et vend les autres par force et que le Tout-
Société de Prévoyance de Bouaké comme fonction- Puissant décidera ce qulil voudra à leur encontre.
naire chargé du matériel de l’administration du Tout en colère, il leur demanda un cheval et une
Cercle. En 1946, j’abandonnai mon emploi pour venir lance. I1 fut aussitôt servi.
auprPs de mon père le chef de canton qui était gra- Un vendredi, Gbamélé s’amena.. Mori Touré le
vement malade, pour exécuter les ordres et répondre rencontra et l’obligea à quitter sur-le-champ le village.
à sa place aux convocations administratives. Un refus, et la bataille éclata aussitôt entre les deux
Ce fut en 1926 que je commençai à apprendre l’his- géants. De la part de Mori Touré, Gbamélé reçut un
toire des conquérants noirs et celle de mon grand- coup de lance qui le mit à mort. Ainsi le village de
père,, Mori Touré, fondateur de Marabadiassa. Kouto connut pour la première fois la paix. Le lende-
N’ayant pas d’écrits laissés par mes ancêtres, je me main mon grand-père quittait le village pour Sagaran.
demandais comment et pourquoi sont-ils partis du
Niger pour s’installer dans le pays Baoulé. A l’âge de MORI TOURÉA SAGARAN.
trente-cinq ans, je me trouvais accablé par mes
ancêtres sans traces (écrits). I1 arriva un an et cinq mois plus tard avant la mort
Immédiatement, sans tarder, je m’informais auprès de Seydou Touré père. Après les funérailles de son
de mon père propre, fils de l’empereur Mori Touré, père qui manifesta brillamment, il resta avec le roi
fondateur du Marabadiassa, et de bien d’autres de ce pays mais toujours se livrant à des petites
vieux (notables, esclaves, etc...) qui ont participé aux guerres aux villages environnants. Rien n’était encore
guerres conduites par le fondateur du village. bien organisé. I1 reçut de Djibo Touré, commerçant
*
De race Dendi, nos ancêtres viennent de Nikki (2), à Sana (Katiola), la nouvelle lui annonCant la mort
canton Nikki. L‘un de nos ancêtres nommé Mahamma de Sariga Touré et l’invitant à venir chercher les
Touré, parent du chef de canton Nikki, reçut deux restes mortels du défunt. Mori Touré partit aussitôt
- jumeaux dont l’un s’appelait Lassana Touré et le avec sa suite à Sana.
dernier Fousséni Touré, qui mourut tout jeune. ’

Lassana, le survivant des deux jumeaux, eut un MORI TOURÉ A SANA(KATIOLA).


enfant qu’il baptisa Seydou Touré, qui, à son tour,
eut Mori Touré, mon grand-père, le fondateur de Arrivé à Sana, il invita tous les commerCants
Marabadiassa. Mori Touré, déjà dans son enfance, haoussa qui y étaient et ils organisèrent ensemble
faisait des choses miraculeuses. Ce bruit parcourait les funérailles. Les Tagouana autochtones du pays et

tout le village de Nikki et l’on ajoutait que ce jeune beaucoup d’autres étrangers prirent part aux mani-
Mori a l’apparence d’un guerrier redoutable, dirent festations funèbres. Après les obsèques Mori Touré
les prévoyants, et que le roi de Nikki nommé Mako et tous les compatriotes, les Haoussa, remercièrent
Touré le ferait mourir s’il lui portait le moindre soup- les Tagouana et leur demandèrent le chemin du I
Con à ce sujet. retour avec l’héritage du défunt. Les Tagouana l

Pour éviter le péril qui menaçait son jeune fils si procédèrent à un refus strict et la guerre éclata. Le
remarqué, Seydou Touré quitta secrètement avec roi des Djimini de Dabakala et sa suite vinrent 4
toute sa famille puis vint s’installer à Sayarou, grand s’ajouter aux Tagouana et la bataille commença.
village musulman (subdivision de Mankono). I1 lo-
geait chez le roi de ce pays nommé Bassourou Konaté.
Mori Touré, déjà bien avancé dans les études cora-
niques, fut envoyé chez un autre marabout bien
Bien entraîné et béni par son maître, Mori Touré
massacra ses adversaires. Plusieurs villages Tagouana
et Djimini reconnurent leur défaite en même temps
que Sana qui n’apu être reconstruit jusqu’à nos jours.
-1
réputé à Niamina, Soudan, par son père pour ses pré- Les deux races lamentablement vaincues, la ter- I
paratifs de guerre. Lorsque Mori Touré reçut tout reur prit le reste du peuple dont une bonne partie
ce qu’il lui faut, son maître l’envoyait faire des essais se sauva pour venir en pays baoulé oÙ elle est restée
de guerre aux villages environnants. Les résultats éternellement. Deux chefs de guerre furent pris et
étaient toujours satisfaisants tant il était brave. portés à Marabadiassa, Mori Touré tout satisfait
Bien entraîné et devenu un véritable guerrier fou- d‘avoir r e p les biens du défunt Sariga. Et après cette
droyant, son maître le renvoya rejoindre son père à guerre, pour se rendre à Mankono, il passa par Daya-
Sayarou. Rejoignant son père, Mori Touré arriva à klodougou (“) d‘où il arriva chez les Baoulé.
Kouto (”. Le chef de ce village et quelques notables
lui demandèrent des nouvelles par coutume. I1 leur MORI TOURÉCHEZ LES BAOULÉ. .
répondait qu’il venait de terminer ses études à Nia-
mina et qu’il passait pour rejoindre son père Seydou Au lieu de continuer son chemin, il resta quelques
Touré à Sagaran. jours chez les Baoulé avec ses captifs. Pendant ce
N O T E S AFRICAINES 109

petit séjour il examina les bords du fleuve Bandama pendant six mois à Boribana qu’il quitta avec sa
où il trouva un coin qui lui plut pour son installation. suite pour aller vers l’est de Marabadiassa. Après le
Un jour, il envoya ses deux frères Souleymane départ de Samori, les Baoulé vinrent remercier mon
Touré et Karim Touré auxquels se joignirent quatre grand-père et pendant un mois ils fêtèrent leur libé-
sofa pour saluer les rois des Goli et Satekana. ration.
Kétéatchien, roi des Goli (5), Konan Toto, chef de Averti par son âge et son instinct, confidentielle-
Satekana (“) accompagnés de Sensé, de ”Guessan- ment mon grand-père appela ses frères, Souleymane
kro Messou de Messoukro (7) Komana et Soukran Touré et Messouna Touré, et des notables, Bakara-
Kouadine, vinrent voir les étrangers. Profitant de mokodé Ouattara, Iblan Touré, Midjimi Ouattara,
cette bonne occasion, mon grand-père Mori sollicita Sami Traoré, El Hadji Koné et Malamine Haidra,
le bord du Bandaina pour son installation et des pour leur donner conseil avant sa mort. I1 leur fit
vivres pour un an. Retournés chez eux, les chefs com- entendre qu’il faut que sa mort soit fermement
muniquèrent leurs demandes à leurs sujets et au bout cachée de peur que les Tagouana ne viennent envahir
de trois jours, suite favorable fut reque. Marabadiassa, que si un visiteur vient le voir, El
Marabadiassa fut fondée avec l’aide des Baoulé Hadji Koné réponde : (( Le roi est occupé, il ne doit
qui témoignèrent leur sympathie par les vivres qu’ils voir personne comme inversement personne ne doit
envoyaient à mon grand-père et leur dévouement le voir sauf si une guerre éclate. ))
dans les travaux qu’il leur recommanda. Cette fon- I1 recommanda rigoureusement à ses frères de ne
dation fut faite quatre ans avant l’arrivée des Fran- point faire de guerre et de vivre en paix. I1 leur dit
qais. Après les travaux, Mori Touré remercia les aussi que des gens viendront, des gens plus forts que
Baoulé pour tous les services rendus et aussi pour tout le monde viendront de l’Est et seront les maîtres
bonté soutenue. I1 leur fit entendre qu’il les soutien- du territoire (les Franqais). Après ces confidences
drait fermement durant tout le temps qu’il aurait à avec ses frères, il mourut une semaine après. Son corps
passer chez eux. Alors à partir de ce moment naquit fut enterré secrètement dans sa case.
une alliance fraternelle entre les Baoulé et les habi- En effet, comme il l’a prévu et prédit, les Franqais
tants de Marabadiassa. arrivèrent sur le territoire baoulé deux ans après la
A la fin de la deuxième année de séjour de mon mort de mon grand-père. Et sûr que les Tagouana
grand-père, Samori arriva dans le pays baoulé. et Djimini ne sauraient en aucune faqon susciter une
D’abord, il envoya deux de ses sofa le saluer et lui nouvelle guerre pour se venger sous la protection
demander s’il pouvait entrer faire une visite dans franqaise, on déclara enfin la mort du roi Mori Touré I

Marabadiassa. Ayant prévu le malheur qui pouvait que certains croyaient encore vivant.
advenir aux Baoulé, Mori Touré refusa la visite de Cette fois-ci les Baoulé célébrèrent les funérailles .
Samori et alla lui-même le trouver avec des sofa d’une faqon étonnante. Je ne sais quels mots et quelles
chargés de vivres. Après un long entretien, mon expressions employer pour exprimer .ce que les
grand-père donna une place à Samori pour camper. sympathiques Baoulé firent pour témoigner I’affec-
Les deux rois se séparèrent en se fixant une deuxième tion qu’ils avaient pour leur protecteur Mori Touré.
visite ultérieure au même endroit dans un délai de Les Franqais passèrent d’abord quelque temps à
dix jours. Marabadiassa puis allèrent s’installer à Andomie. A
Au dixième jour du délai fixé, mon grand-père ce moment aucun Dioula n’existait dans le pays
envoya l’un de ses frères nommé Messouna Touré et baoulé, sauf à Marabadiassa.
un brave sofa appelé Potiban Coulibali pour ’lui de- Lorsque les Franqais voulurent s’installer à Bouaké,
mander des nouvelles. Les nouvelles parvenues par le chef baoulé nommé Gbéké manifesta un strict
les envoyés ne plurent pas à mon grand-père. Les refus. Et Souleymane Touré, successeur héritier de
deux commissionnaires ci-dessus indiqués firent alors Mori Touré, chef de Marabadiassa, se rendit chez
de nombreux voyages. Gbéké et lui fit comprendre qu’il faut se soumettre
A chaque voyage mon grand-père refusait l’opi- aux Franqais qui sont plus forts que nous.
nion de Samori car il voulait à tout prix déclarer Gbéké et sa suite ne comprirent pas les conseils
la guerre aux Baoulé, aux sympathiques Baoulé qui et essayèrent de provoquer une guerre pour basculer
ont renom et qui continuent à rendre tant de services les nouveaux venus. La lutte ne fut pas longue et
à Marabadiassa. Mori Touré loua si bien les Baoulé les Baoulé furent vaincus. Parmi les gens de Maraba-
que Samori se trouva convaincu de rester en paix, diassa qui aidèrent les Franqais, il y eut beaucoup
voyant le sort de mon grand-père qui aurait été traité de victimes, les frères du fondateur nommés Yaya
d‘ingrat. Pour cette raison le campement de Samori Touré, Assouma Touré, Brahima Touré et plusieurs
Touré fut nommé Boribana (8) et les Baoulé requrent sofa furent tués au cours de cette guerre, et après la
le nom de Ton. paix fut rétablie.
Boribana veut dire que (( désormais le Baoulé ne se Ce furent les gens de Marabadiassa ajoutés aux
sauvera devant personne pendant que je vis N. Baoulé qui firent les travaux pour l’installation des
Ton veut dire : (( Je jure et je confirme que jamais Français à Bouaké. I

je ne verserai et ne laisserai verser le sang baoulé. 1) Après tout, Gbéké, chef de Bouaké, Konan Toto,
A ces deux mots Samori se contint et séjourna chef des Satekana et Kété chef des Goli, vinrent
-
II0 NOTES A F R I C A I N E S

demander des excuses aux gens de Marabadiassa pour guère variés. Une conséquence : la fréquence des
les crimes 1) de leurs frères morts. I1 va sans dire surnQms chez les femmes (ils sont rares chez les
que des bœufs et des moutons furent tués et un nouvel hommes).
accord Îut fait. La première fille se nomme Yabile à Toussiana,
Le premier représentant nommé Moussa Touré, Tags,
délégué parmi les gens de Marabadiassa, enfin, après Siapri à Tagalédougou, Nianaba, Yérokofasso,
la paix, de nombreuses races Dioula vinrent de tous Dyo à Tapoko,
côtés s’installer d’abord à Marabadiassa puis ensuite Dyè chez les Toussian du Nord, .
allèrent partout où vivent les Frangais. Yokmin (les autres ne riront pas de moi) chez les
1
griotes.
Document établi par SOUALOU TOURÉ, Le nom de la première fille peut cependant pré-
chef du village de Marabadiassa, senter des variantes. Au lieu de Yabile, on dira par-
recueilli par Jean ROUCH et Edmond BERNUS. fois Diara ou Ntanman ; Yoro remplacera Siapri. A
Tagalédougou, si la première fille est maigre, on I
NOTES
l’appellera Kal. I
Voici les noms des autres filles :
Marabadiassa signifie en mande (( la palissade (diassa)
des Haoussa ( m a m b a ) D. à
Toussiana , à Toussian
Cercle de Parakou, Dahomey. Yérolcofasso Tagalédougou du Nord
Kouto, canton Niéne-nord, subdivision de Boundiali, Nianaba
cercle de Korhogo.
‘Ils’agit du village de Darakolondougou, canton Fonrou-
ze fille WO Sépri Wo koba WO
goula, cercle de Katiola. ou
Canton Goli (subd. de BBoumi). Wo koura
3e fille Nyine Simpri Nyinekro Nyine
Canton Satelrana (subd. de Béoumi).
4e fille Pane Sépane Pékeman PäÏï
Village de Messoukro (canton Goli, subd. de BBoumi). se fille Sila Soupri Silak’man SIé
Boribana signifie e n mandé : (i c’est fini de fuir o (bori 6e fille Yéman Yéman Yéman- Yéman
= courir, bana = la fin).
kouro
7‘3 fille Pra Pra Pi-a Pré
8e fille ou Nyinekin :
sans nom
LES NOMS EN PAYS TOUSSIAN ou Yabile
deheuna :
Yabile de
nouveau
Nous présentons ici les noms propres des individus. , fille Wo deheuna
~6
En principe, les femmes portent un seul nom : il IO^ fille Nyine
est déterminé par l’ordre de la naissance. Jamais, au deheuna.. .
cours de leur existence, elles n’en prendront d’autres.
Les hommes, eux, changent trois fois de nom, car Dans la vie courante, pour éviter les confusions
ils sont admis Q la grande initiation. dans la désignation des femmes, on leur attribue deux
En attribuant un nom, aux garGons comme aux noms : celui de leur mère et le leur. Doit-on, par
filles, suivant l’ordre de la naissance, on tient compte exemple, appeler Wo la deuxième fille d‘une Yabile,
des avortements si l’on connaît le sexe .del’enfant, et on complètera ainsi : Yabile Wo ; mais s’agit-il d’une
le premier souci est de se renseigner sur ce point. Yabile, fille d’une Yabile, elle s’appellera : Yabile
Aussi serait-il plus exact de parler d’un (( ordre de la Yabile. ’

conception 1) plutôt que d’un ordre de la naissance D, Voici un certain nombre de surnoms de femmes avec
Un exemple : une femme avorte d‘une fille, la pre- leur sens :
mière conque, puis elle enfante une autre fille; celle-ci
ne s’appellera pas Yabile (nom réservé à la pre- Koko : son père est mort avant sa naissance.
mière), mais Wo, nom accordé traditionnellement, Pokoun : les richesses sont la cause de sa mort.
chez les Toussian, à la deuxième fille. Si les deux pre- Kounwogo : la case des morts.
mières ont été avortées, celle qui naîtra par la suite Kountyé : après ma mort.
s’appellera Nyine, nom donné à la troisième fille. Liélépéka : Dieu leur a donné, équivalent de Dieu-
Si la femme avorte du premier garqon, le suivant donnée.
ne s’appellera pas Siè, mais San, nom accordé tou- Kawé : si j ’ai gagné.
jours au second. . Nampé : je regrette.
Les noms de femmes ne présentent pas de diffi- Kétansé : femme forgeronne (confiée aux fétiches
cultés. Ils ne changent pas, et, au surplus, ne sont des forgerons). ,
I
SOMMAIRE
ArchBologie-Préhistoire : Linguistique :
AMBLARD,André, GAUSSEN,Michel et GAUSSEN, HÉBERT,R. P. J. - Les noms en pays toussian. ..... IIO
Dr Jean. - Materiel osseux des gisements neoli-
thiques de la vallée du Tilemsi.. . . . . . . . . . . . . . . 97 Lliielatüre orale :
ARKELL,A. J. - Autour des de Pierre Polie* 99 MABENDY,Gu&é. - Sagesse bambara de Ségou. .... 113
Botanique : a Sociologie :
FI
WINKOUNHIENN, Denis. - Une plante de cueillette
en pays lobi.. ................................
d C ~ b r a~j e s r e~. -HZ
Quelques
~ w03-g
~ incidences
~ ~du re-
~ , 1 ,

99 gime du fleuve- Sgnegal sur la population de la


Ethnographie : moyennp4ilee. .............................. 123
CORNEVIN,R. -
Masques de laiton de type yorouba
FALKNER,F.R. - A propos des mariages consanguins. 124
1
provenant du Nord-Togo ..................... IOI Zoologie :
LEYE,T. - Sur quelques coléoptères communs de la
GBographie : presqu’île du Cap-Vert. ...................... 125 ”il
TOUPET, Ch. - L’extension récente des palmeraies TIXERANT,G. -Sur la présence du Periophtalme dans
au Tagant .................................. 103 la région de Fort-&tienne.. ...................
TIXERANT,G. - Observation de jeunes Flamants sur
Histoire : l’ílot Kiaone W .............................. 127
,
, -
CORNEVIN,R. Exploration de VON FRANFOIS et du
Divers :
IZ7 ‘“4
Dr WOLFau Togo (1888) .....................
A TOURE,Soualou. - Note sur une communaute nig&
rienne ancienne en Cate-d’Ivoire : Marabadiassa,
106
DEREYSER, P. L.- Un exemple B suivre pour la con- i
naissance de l’Afrique.. .......................
1

128
recüeillie par J. ROUCHet E. BERNUS... . . . . . 107 Avis ............................................ 128

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