Pratiques comptables des microentreprises ivoiriennes
Pratiques comptables des microentreprises ivoiriennes
(IJSMES)
ISSN: 2791-299X
Résumé : En Afrique les Petites et Moyennes Entreprises (PME) représentent parfois jusqu’à 97%
de l’ensemble des entreprises (David Fondang ,2014). Ces entités sont composées en grande
majorité des micro-entreprises. Une micro-entreprises est une entreprise qui emploi en permanence
moins de dix (10) personnes ou qui réalise un chiffre d’affaires annuel hors taxes inférieur ou égal à
trente (30) millions de FCFA, au sens du Décret n°2012-05 du 11 janvier 2012 ; présidence de la
république de
Côte d’ivoire.
Ces entreprises ont des pratiques de gestion rudimentaires voir informel, faisant plus appel à
l’intuition qu’à la rationalité. Car elles évoluent majoritairement dans le secteur informel et / ou
dans une situation d’instabilité (Ehouman.A. Pauline,2007). Selon certains auteurs, les micro-
entreprises ont une carence en matière d’utilisation d’outil comptables, avec une culture générant
une vision réductrice du système des données comptables. Cette situation les rend moins
compétitives, parce incapable de fournir d’information fiables sur son fonctionnement pour accéder
aux financements. Avec une approche quantitative, l’objectif de cette étude est d’identifier les
pratiques comptables des commerçants du Black-Market et d’analyser leur contribution à la
performance financière. Les résultats d’analyse des données collectées auprès d’un échantillon de
55 commerçants ; indiquent que ces derniers ont des pratiques comptables, mais prioritairement des
pratiques obligations. Ces mêmes résultats ont montré que l’utilisation des données comptables par
les dirigeants, contribue à la performance financière de l’entité.
Mots-clés: Pratiques de gestion, Pratiques comptables, performance financière, micro-entreprises,
Commerçants du Black-Market, Côte d’ivoire.
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Published in: Volume 2 Issue 5
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1. INTRODUCTION
En Afrique la démographie des entreprises se singularise par la prédominance des Petites et
Moyennes Entreprises (PME). Elles représentent parfois jusqu’à 97% de l’ensemble des
entreprises (David Fongang 2014). Ces entités qui constituent aujourd’hui un moteur de
croissance et un atout pour le développement ; sont composées en grande partie des
microentreprises. Celles-ci constituent un groupe de la classe des PME, employant en
permanence moins de dix personnes ou qui réalisent un chiffre d’affaires annuel hors taxes
inferieurs ou égal à trente (30) millions de FCFA (Décret n°2012- 05 du 11 janvier 2012 1).
Elles exercent majoritairement dans le secteur informel et/ou évoluant dans une situation
d’instabilité juridique et judiciaire (Ehouman.A. Pauline, 2007).
Ces entreprises font l’objet de toutes les attentions et sont au centre des réflexions dans la
plupart des pays et particulièrement en Afrique subsaharienne. Toutefois, il importe de noter
que les micro-entreprises font encore face à d’énormes difficultés qui occultent leur potentiel
contribution à la croissance et au développement. Les chercheurs et les praticiens énumèrent
quelques-unes comme suit : la capacité de garantie limitée, l’accès insuffisants aux
financements, climat des affaires globalement difficile ,culture entrepreneuriale et innovation
insuffisamment développées et valorisées, déficit de capacité technique et managériale de la
part des dirigeants et employés , l’imperfection de l’information, et d’autres contraintes
spécifiques au cadre institutionnel et règlementaire ainsi que le prisme
fiscal(Levratto.N,2006 ; Rapport ,20122 ;Amadou SY,2018).Ces situations font qu’elles
demeurent encore fragilisées et souffrent d’une compétitivité insuffisante.
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comptable (Colot et Michel ,1996). Cette situation semble caractériser les micro-entreprises
ivoiriennes et particulièrement chez les commerçants. Ces derniers sont trop frileux à l’idée
d’utilisation
d’outils de gestion surtout l’outil comptable ; qu’ils qualifient à tort ou à raison être source des
problèmes avec l’administration fiscale.
Pourtant, pour sa survie, l’entreprise doit disposer d’outil fiable de prise de décision à
l’intention de ses dirigeants (Chapellier, 1994). Car les managers ou les dirigeants ont besoin
d’informations fiables pour assurer pleinement leurs rôles et conduire l’entreprise vers une
meilleure performance. Pour J. Ballivet et A. Rossignol, (1997) la comptabilité en tant que
système d’organisation et de traitement d’information destinée à fournir des représentations de
la situation financière de l’entreprise et à en mesurer la performance économique et financière
; joue également un rôle central dans le processus de gestion.
Ainsi pour pallier aux contraintes majeures au développement des micro-entreprises, comme
le déficit des capacité techniques et managériales, l’imperfection de l’information, la capacité
limitée de garantie ainsi que l’insuffisance d’accès au financement ; les managers doivent se
faire former ou accompagner par des professionnelles du domaine. Afin de leur permettre de
produire des données comptables fiables et utiles à la prise des décisions. Parce que les
données comptables fiables et utiles sont suffisamment efficaces pour prévenir les défaillances
ou les faillites (Ayanda et Adeyemi, 2011). Cela montre combien les pratiques comptables
sont très importantes pour bien gérer une entreprise. C’est cette raison qui nous amène à poser
la question de recherche suivante : Quelles sont les pratiques comptables développées par
les microentreprises ivoiriennes, particulièrement les commerçant du Black Market
d’Adjamé ?
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à l’amélioration de leur performance financière. Cela, pour apporter un éclairage sur les
pratiques d’utilisation d’outil de gestion de ce type d’entreprise.
Le plan de ce travail est structuré comme suit. Apres l’introduction le point suivant portera sur
la présentation du contexte de l’étude. Au point suivant il sera question de la revue de la
littérature et de la méthodologie du travail. Et en fin, avant d’aborder la conclusion une partie
entière consacre la présentation des résultats de la recherche ainsi qu’une discussion au regard
des travaux antérieurs.
Selon Torres (2015) les microentreprises se caractérisent par leur spécificité et leur diversité.
Le courant de la spécificité considère que les microentreprises sont dotées de caractéristiques
spécifiques qui font d’elles un « tout homogène ». Les microentreprises ont pour seul effectif,
le micro-entrepreneur. Celui-ci est polyvalent : il est acheteur et vendeur, tient lui-même la
comptabilité de manière informelle et place la proximité au centre de la gestion des relations
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avec les parties prenantes (famille, clients, fournisseurs, etc.). Les microentreprises se
distinguent entre elles également par leur localisation dans des contextes culturels différents
(Sogbossi, 2010).
Cette catégorie de PME est largement présente dans presque tous les secteurs d’activité et
représente plus de 50% des PME en côte d’ivoire (DGI, 2000). Cependant, la grande majorité
de ces micro-entreprises évolue dans l’informel, moins de 28% serait formel selon l’institut
national de la statistique. Le caractère d’informalité est beaucoup constaté dans des activités
du commerce, au sein desquelles, les acteurs même étant légalement constitué ne respectent
pas la loi surtout en ce qui concerne la tenue de la comptabilité (Ngongang, 2005).
Le marché shopping Abrogoua plus connu sous l’appellation Black Market, est un centre
commercial situé dans la commune d’Adjamé (district d’Abidjan). Ce marché est installé sur
le site de l’ancienne gare SOTRA, la compagnie publique de transport déplacée 500 m plus
loin vers le nord. Etablit sur une superficie de 800 m2 entre la gare routière des transports
terrestre et la grande mosquée sur le boulevard Nandgui Abrogoua. C’est l’un des marchés les
plus célèbres et important de la commune d’Adjamé.
Le black Market est un lieu célèbre, idéal pour des bonnes affaires. Depuis des décennies, ce
lieu alimente la frénésie d’achat des ivoiriens en général et des abidjanais en particulier. Dans
ce marché se trouvent des commerçants qui vendent des articles vestimentaires, lunetterie,
quincaillerie, articles électroniques et électroménagers et divers. Les articles vestimentaires et
électroniques sont les plus représentés.
Toutes ces marchandises viennent principalement de la Chine, de Dubaï (UAE), de la Turquie,
du pays de Maghreb et accessoirement d’Amérique de d’Europe.
Le Black Market est un milieu où cohabitent des commerçants de plusieurs nationalités
venues de la sou région, du Maghreb et de l’Asie. Cette place publique représente aujourd’hui
un brassage culturel et joue le rôle de pourvoyeur d’emploi. On estime à 50000 le nombre des
commerçants qui en profitent sur l’ensemble de cinq grands marchés d’Adjamé (marché
Gouro, marché Roxy, Forum des marchés, Black Market et le Boulevard Nandgui Abrogoua).
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La population qui se partage ce site génère des ressources financières (350 millions 2 y
circulent par jour sur l’ensemble des cinq marchés) et cela engendre des facteurs positifs sur
l’économie (Ministre de commerce, 2017).
De point de vue contrainte, précisons que, dans une côte d’ivoire en pleine croissance,
l’enthousiasme des commerçants du Black-Market est bien réel. Mais admettent toutefois que
la concurrence est de plus en plus rude au sein du marché.
Notons que la grande majorité des commerçants se trouvant dans ce marché sont autodidactes
et y sont présent pour leur survie et de leur famille. N’ayant pas de formation de base en
gestion ces commerçants n’accordent pas une grande importance aux outils de gestion. Ils
évoluent toujours dans l’informel même ayant un registre du commerce. Le problème de
formation se pose ici.
En plus, les commerçants de ce marché sont confrontés à un cadre institutionnel inadapté et
non conforme à leur réalité (Celia Francesca Ake, 2013).
3. La revue de la littérature
Les sociétés fermées, de petite dimension ; tel que les microentreprises sont souvent
considérées comme un simple modèle réduit des organisations de grande taille
(GREPME,1994). En effet les entreprises de cette dimension, n’ont pas fait l’objet d’un grand
intérêt auprès des chercheurs en science comptable. Plusieurs chercheurs (Holmes et Nicholls,
1988 ; Gasse, 1989 ; Bajanbanaszak, 1993...) considèrent que ces entreprises ont des pratiques
comptables rudimentaires, utile uniquement pour rendre compte aux autorités fiscales. Les
pratiques comptables concernent les pratiques telles que la comptabilité générale, comptabilité
analytique, l’analyse financière et le contrôle de gestion (Mohammed et Chapellier, 2010).
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Holmes et Nicholls (1988) affirment que la production des données comptables non
obligatoires est assez restreinte. D’autant plus que, les microentreprises sont généralement
soumises au système allégé et au système minimal de trésorerie (SMT). Les pratiques sont
essentiellement la tenue des livres de commerces (livre journal, grand livre), l’établissement
d’inventaire annuel, du bilan, du compte de résultat et des notes annexes.
Marchesnay (1982) lui aussi a précédemment montré que les documents comptables restent
destinés en priorité à l’inspecteur des impôts. Lavigne (1996) pour sa part, indique bien que
les états financiers des microentreprises ne sont pas seulement utiles pour des fins fiscales.
Hypothèse : Les pratiques comptables sont une réalité en contexte des micro-entreprises
Dans une étude réalisée en 2008, Haouet explique que, l’utilité des données comptables réside
dans l’information qu’elles véhiculent et ses impacts sur la gestion. L’étude de l’association
entre la complexité du système d’information comptable et la performance financière des
petites entreprises à montrer qu’une utilisation plus importante des informations comptables
par les dirigeants dans le processus de prise décision constitue une activité créatrice de valeur
ajoutée en termes de performance financière (Habib Affès, Ahmed Chabchoub, 2007).
S‘agissant des facteurs structurels, la littérature révèle que la taille (Chapellier, 1994) est l‘un
des facteurs explicatifs des pratiques comptables. L’âge de l’entreprise, bien qu’il n’y ait pas
de consensus sur son influence. Certains auteurs (Chapellier et Ben Hamadi ,2012)
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Selon cette même littérature, la structure de propriété est un autre élément qui explique les
pratiques comptables. Par conséquent, Affès et Chabchoub (2007) estiment que la présence
d’actionnaire étranger à la famille incite à une plus grande formalisation dans la préparation
des données comptables.
D’un autre côté, la revue de la littérature permet de souligner l’influence profonde du profil du
dirigeant sur les pratiques comptables (Julien et Marchesnay, 1988 ; Holmes et Nicholls ,1989
; Dieng ,2018). Selon Chapellier et Zouhour (2010), les dirigeants les plus formés présentent
un degré d’utilisation des données comptables plus fort ou plus intense.
Se positionnant dans le paradigme positiviste, cette étude adopte une démarche quantitative.
Ainsi pour atteindre l’objectif poursuivi par cette recherche, un questionnaire a servi
d’instrument de collecte des données. Car, en sciences de gestion, le questionnaire est
fréquemment utilisé dans des recherches à démarche quantitative. Il permet de collecter un
très grand nombre d’information sur un large échantillon de répondants.
Dans un processus de recherche en management, la collecte des données constitue une étape
cruciale. Grâce au questionnaire, elle nous permettra de rassembler le matériel empirique sur
lequel va fonder notre recherche.
Ainsi après avoir présenté ci haut, l’instrument de collecte de données, nous aborderons ici, le
déroulement de cette étape décisive de notre travail. Mais avant, il est judicieux pour nous
d’exposer les mesures de nos différentes variables de recherche.
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Selon Carmines et Zeller (1990), en sciences sociales, la mesure des variables est un processus
de mise en relation des concepts abstraits et des indicateurs empiriques. Pour que nos données
collectées sur le terrain puissent rendre compte le plus précisément possible de la réalité
étudier, nous nous sommes inspirés des indicateurs et mesures de variables antérieurement
utilisés par certains auteurs.
Pour la variable « Performance financière », l’échelle de mesure utilisée pour cette variable a
été inspiré du résultat de l’étude du professeur Bertrand Sogbossi. B (2010), et de Raphael et
Djika (2017). Dans notre étude, la performance financière a été mesuré selon l’intensité de ces
réalisations, sur une échelle de Likert de cinq (5) degré allant de très faiblement à très
fortement.
Les pratiques comptables quant à eux, ont été apprécié selon une dimension production et une
dimension utilisation.
La dimension production était exprimée par la tenue des livres de commerce et l’établissement
des états financiers, ainsi que la présence des systèmes de calcul des couts, budgétaire et de
suivi. Pour la mesure de ces derniers, nous avons utilisé l’échelle dichotomique.
Quant à la dimension utilisation, elle a été mesurée par la fréquence et l’intensité d’utilisation.
Pour ce qui est de la fréquence, il a été question de demander au dirigeant la fréquence
d’utilisation des données comptables en choisissant entre les modalités allant de Jamais à
toutes les semaines (inspirer de Chapellier 1996). L’intensité a été appréciée à partir de 5 items
proposés par Chapellier (1994) comprenant 5 choix de réponses numérotés de 1 à 5. Chacun
des 5 items proposés correspond à une situation d’utilisation des données comptables.
Après l’élaboration de notre questionnaire, corriger et adapté à l’issu du pré-test, nous avons
directement passé à l’administration du questionnaire. L’administration effective du
questionnaire a été réalisée sur un mois, et cela de façon assistée. En effet, afin de toucher au
nombre requit des commerçants, nous avons sollicité l’aide des agents 3 de la FENACCI
(Fédération National de Commerçants de Côte d’Ivoire), à qui nous avions données des
instructions fermes pour diminuer au maximum les biais des réponses. Sur cinquante (55)
questionnaires administrés, nous avons enregistré un taux de réponse de 87,27% soit 48
réponses.
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Pour l’analyse des données collectées, le traitement a été effectué partir des logiciels SPSS 20
et EXCEL 2010
5. La présentation des résultats
Cette partie du travail est consacrée à la présentation et l’analyse des résultats. Dans ce qui
suit, nous allons présenter l’analyse descriptive, l’analyse corrélationnelle entre variables.
[Link] descriptive
Dans cette enquête, cinq types d’activité sont représentées. Ces sont les activités de vente
d’Accessoires de téléphone (47,9%), Articles électroniques et électroménagers (25%), Articles
vestimentaires (12,5%), Quincaillerie (4,2%) et enfin d’Autres activités (10,4%).
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Parmi les commerçants enquêtés, 83,3% ont un registre de commerce et emploient à 87,5% ,1
à 5 personnes. La structure de propriété est à 100% familiale et 97,9% de ces commerçants
n’utilisent pas le service bancaire pour leur besoin en financement.
Les nombres d’années d’activités sont respectivement de 14,6% (0 à 5ans), 52,1% (6 à 10 ans)
et 33,3% supérieur à 10 ans.
Pour ce qui est des pratiques comptables, d’après l’analyse les commerçants ont des pratiques
comptables. Mais celles-ci sont dominées essentiellement par des pratiques de la comptabilité
générale. L’analyse révèle que, 72,9% des commerçants enquêtés, n’ont pas de service
comptable et leurs pratiques sont à 100% manuelles.
L’élaboration des états financiers est très répandue chez les commerçants. En effet, en
moyenne, 78,46% des enquêtés ont des pratiques relatifs à la comptabilité générale.
Parmi ces pratiques, les plus répandus sont l’établissement des cahiers des recettes et
dépenses, le livre inventaire et le bilan respectivement avec des taux de 100%, 91,7% et
85,4%.
Pour ce qui est des systèmes de calcul des coûts, budgétaires et de suivi ; les commerçants en
n’accordent pas grande importance. Comme les résultats le démontrent ; 100% des enquêtés
n’ont pas mis en place ces systèmes.
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Figure 1 : Les pratiques comptables des commerçants enquêtées
Pour que les pratiques comptables puissent contribuer à la performance financière, il faudrait
que les données comptables produites soient utilisées. L’utilisation recouvre à la fois
l’intensité d’utilisation des informations et la fréquence d’utilisation.
La fréquence d’utilisation de l’information comptable a été mesurée par le biais de six (6)
items. La fréquence d’utilisation de l’information comptables n’est pas assez forte chez les
commerçants du Black Market. Selon l’analyse, ces commerçants n’utilisent jamais des
informations sur les couts et charges, en plus 85,4% n’utilisent jamais des informations sur les
flux de trésorerie.
Néanmoins, on observe une timide utilisation des états financiers et des rapports provenant de
la comptabilité. À l’issu de l’analyse, la fréquence d’utilisation des états financiers est
respectivement de jamais (10,4%), ponctuellement (22,9%), une fois par an (20,8%), une fois
par semestre (14,6%) et tous les trimestres (31,3%). L’utilisation des rapports de la
comptabilité est repartie selon les proportions suivantes : Jamais (39,6%), une fois par an
(14,6%), tous les semestres (25%) et tous les trimestres (20,8%).
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Dans le même sens 85,4% ont une utilisation importante de l’information comptable pour
connaitre l’évolution de la performance, pendant que 14,6% l’utilisent peu. L’analyse révèle
que 86,7% ont une utilisation moyennement importante et importante pour remplir les
conditions fiscales contre seulement 8,3% d’utilisation peu importante. L’information est peu
utilisée pour fixer les objectifs et prendre à temps, si nécessaire des mesures correctives. En
effet ils sont 91,7% contre 8,3% l’utilisant moyennement important
La variable performance financière a été mesurée à partir de quatre (4) items. L’analyse des
données relatives à la performance financière révèle que 70,8% des enquêtés pensent que leur
bénéfice croit moyennement d’année en année, pendant que 72,9% réalisent faiblement des
investissements non lies a l’activité principale.
L’analyse démontre aussi que 85,4% des enquêtés assurent moyennement leurs autres charges.
S’agissant des besoins de la famille, 54,2% assurent les satisfaites moyennement, tandis que
39,6% le fait fortement contre 6,3% faiblement.
5.2.L’analyse corrélationnelle
L’analyse corrélationnelle de nos variables consistera à effectuer deux tests : une régression
linéaire simple à été réalisée pour faire le lien entre la production des données comptables et
la performance financière.
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[Link].L’intensité d’utilisation de l’information
Tableau 2 : Intensité et performance financière
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[Link] des résultats
Les résultats de notre étude attestent que la production de la donnée comptable est une réalité
chez les micro-entreprises. Mais ces pratiques sont principalement orientées vers la
satisfaction des obligations fiscales. Ces résultats corroborent les travaux de plusieurs auteurs
ayant aborder cette thématique (Bajan-Banaszak ,1993 ; Ngongang,2005 ; Ayanda et
Adeyemi, 2011).
[Link] implications
Plusieurs implications découlent de notre travail, tant au niveau managérial que théorique. Ces
implications permettront aux commerçants de prendre conscience de l’influence de pratique
comptable.
Au plan managérial, cette recherche a permis de mettre en lumière les pratiques comptables
développées par les microentreprises et la valeur ajoutée en termes de performance financière.
Ainsi ces résultats édifient les dirigeants des microentreprises sur l’utilité des pratiques
comptables dans leurs processus de gestion.
Ces résultats peuvent être utiles aux organismes d’accompagnement sur les données produites
par les microentreprises.
➢ Aux commerçants
•Se former aux techniques de gestion et comptables
•Développez plus des pratiques comptables
•Aller plus vers la régularité ➢ Aux autorités
•Réduire la pression fiscale pour encourager la régularité
•Accompagner les commerçants a développé leurs activités.
•Formation des commerçants en renforçant leur capacité professionnelle
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6. Conclusion
L’objectif poursuivi par cette étude, était d’identifier les pratiques comptables des
microentreprises ivoiriennes, particulièrement les commerçants du Black-Market et d’analyser
la contribution de ces pratiques à la performance financière des microentreprises ivoiriennes.
Car nous avons constaté, que malgré l’importance de l’outil comptable dans le processus de
prise décision de l’entreprise, les microentreprises ont des carences en matière de pratiques
comptables.
Pour réaliser ce travail, nous avons adopté pour une démarche quantitative. Cette démarche a
été accomplie grâce à un questionnaire administré auprès de 55 commerçants choisis par la
méthode de boule de neige. Les résultats obtenus, nous ont permis d’apporter des réponses à
notre questionnement. En effet, ces résultats indiquent que les commerçants étudiés ont des
pratiques comptables, mais essentiellement des pratiques de la comptabilité générale. Selon
ces résultats, l’intensité d’utilisation de l’information comptable pour la prise de décision
influence positivement la performance financière.
L’intérêt de notre étude demeure dans le fait qu’il apporte un éclairci sur les pratiques
comptables développées par les commerçants et la contribution de ces pratiques à la
performance financière.
Dans notre étude, nous avons mis en relation les pratiques comptables et la performance
financière, et l’étude révèle que les commerçants ont des pratiques comptables moins
développées. En perspective les recherches futures pourront s’intéresser aux déterminants des
pratiques comptables en microentreprises (commerçants) au-delà des facteurs de contingence
avancés de façon récurrente, avec une autre méthode non utilisée dans le cadre de cette
recherche.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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