ROIT CONSTITUTIONNEL (Résumé des thèmes de TD)
Ceci n’est qu’un bref résumé de quelques thèmes en droit constitutionnel.
Par conséquent, il faut lire le cours de droit constitutionnel tout entier afin
d’avoir de plus amples informations et consolider vos connaissances.
Thème 1 : LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’ETAT
L’Etat peut être défini comme une entité politico-juridique disposant d’une
souveraineté, administrant une population installée sur un territoire donné.
De cette définition, l’on peut dégager les éléments constitutifs de l’Etat à savoir
les éléments de fait et les éléments de droit.
I - LES ELEMENTS DE FAIT DE L’ETAT
L’Etat est composé de plusieurs éléments de fait qui sont cumulatifs. On y
trouve le territoire, la population et le gouvernement.
A/ Le territoire
Il est appréhendé comme le socle, la base physique de l’Etat. Il a plusieurs
variantes, dont :
- Le territoire terrestre : qui est le sol et le sous-sol de l’assise physique de
l’Etat. Sur le territoire terrestre, l’Etat exerce une souveraineté pleine et
entière.
- Le territoire maritime : il est composé des eaux intérieures, de la mer
territoriale et de la Zone économique et exclusive. Sur cet espace, l’Etat
exerce une pleine souveraineté sur les eaux intérieures et la mer
territoriale. Quant à la zone économique et exclusive, il ne dispose que de
droits souverains.
- Le territoire aérien : c’est l’espace qui surplombe l’espace terrestre et
l’espace maritime. Son régime juridique est fixé selon l’espace qu’il
surplombe.
B/ La population
Elle est perçue comme un ensemble d’individus résidant sur le territoire de
l’Etat. Elle est composée de nationaux et d’étrangers. Les nationaux se
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distinguent des étrangers dans la mesure où ils sont rattachés par le lien de
nationalité à l’Etat dans lequel ils vivent ; ce qui n’est pas le cas des étrangers.
Les nationaux sont soumis au « diktat » de l’Etat vu qu’ils y sont rattachés.
Quant aux étrangers, même si le lien qui les unis à l’Etat n’est pas aussi fort
qu’il en est pour les nationaux, ils se doivent de respecter les lois de l’Etat dans
lequel ils résident. Ils bénéficient également de droits (l’Etat doit assurer leur
protection dans tous les sens du terme par exemple).
C/ Le gouvernement
C’est l’autorité politico-juridique qui administre à la fois la population et le
territoire. C’est l’entité qui applique concrètement les lois au sein de l’Etat et
veille à leur respect.
N.B : notons qu’en plus de ces éléments de fait, il y a un élément qui est
considéré comme facultatif à savoir : la reconnaissance (voir votre cours
d’Introduction au Droit Communautaire).
II- LES ELEMENTS DE DROIT
Les éléments de droit d’existence de l’Etat sont au nombre de deux à savoir : La
souveraineté et la personnalité juridique.
A/ La souveraineté
La souveraineté est considérée comme le pouvoir suprême de l’Etat. Grâce à
elle, l’Etat peut agir comme bon lui semble sur son territoire au regard de la
souveraineté interne ; toutefois au niveau international, son pouvoir se trouve
limité au regard de l’existence de d’autres Etats sur la scène internationale.
B/ La personnalité juridique
La personnalité juridique s’entend comme la capacité pour un Etat d’avoir des
droits et de supporter des obligations. Elle a deux variantes : la personnalité
juridique interne et la personnalité juridique internationale. Elle permet à l’Etat
d’ester en justice, de porter une réclamation internationale, de contracter,
d’acquérir des biens etc…
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Thème 2 : LES FORMES DE L’ETAT
L’Etat a plusieurs formes, plus précisément deux (02) formes dont l’Etat unitaire
et l’Etat composé.
I- L’ETAT UNITAIRE
L’Etat unitaire est perçu comme un Etat un seul centre d’impulsion. Pour son
fonctionnement, il admet généralement deux procédés : les procédés autoritaires
et les procédés non-autoritaires.
A/ Les procédés autoritaires
Pour les procédés autoritaires, on a la concentration et la déconcentration.
- La concentration : c’est un procédé technique dans lequel l’Etat agit
directement sans le bais de relais.
- La déconcentration : c’est un procédé technique dans lequel l’Etat agit par
le biais de relais, mais ces relais n’ont ni une personnalité juridique
différente de celle de l’Etat ni une autonomie financière.
B/ Les procédés non-autoritaires/ les procédés démocratiques
Ici, il s’agit uniquement de la décentralisation, qui est une technique dans
laquelle l’Etat agit par le biais de relais et à la différence de la déconcentration,
les entités décentralisées jouissent d’une autonomie financière ; elles disposent
d’une personnalité juridique distincte de celle de l’Etat ; et leurs autorités sont
élues.
II- L’ETAT COMPOSE
Il est perçu comme un Etat ayant plusieurs centres d’impulsion. On en distingue
deux types : l’Etat fédéral et la confédération d’Etats.
A/ La confédération d’Etats
C’est une association d’Etats, créée par un traité constitutif, dans laquelle
chaque Etat dispose de sa souveraineté vis-à-vis de l’entité confédérale. Les
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décisions y sont prises à l’unanimité pour les questions essentielles et à la
majorité pour les questions moins importantes. Elle utilise pour son
fonctionnement des techniques similaires à celles de l’Etat unitaire
(décentralisation, déconcentration, et concentration).
B/ La fédération d’Etats
Elle est appréhendée comme une association d’Etats créée par une constitution
dans laquelle les Etats confèrent une partie de leur souveraineté à l’Etat fédéral.
Les décisions y sont prises à la majorité.
Elle est gouvernée par des principes qui sont nécessaires pour son
fonctionnement. Les principes sont :
- Le principe d’autonomie : chaque entité fédérée dispose d’une sphère de
compétence dans laquelle elle prend des décisions de manière
« souveraine ».
- Le principe de participation : l’avis, le vote de chaque entité fédérée est
requis et obligatoire pour certaines questions cruciales.
- Le principe de superposition : les entités fédérées sont soumises à l’Etat
fédéral, par conséquent l’Etat fédéral a autorité sur les entités fédérées.
- Le principe d’arbitrage : La voix de l’Etat fédéral est cruciale et
importantissime en cas de problèmes majeurs ou de litiges entre
différentes entités fédérées.
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Thème 3 et 4 : LA THEORIE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS ;
LE REGIME PARLEMENTAIRE ET LE REGIME
PRESIENTIEL
I- LA THEORIE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS
Elle fut pensée il y a longtemps par plusieurs auteurs. Parmi ces illustres auteurs,
nous pouvons citer Aristote, John Locke, Montesquieu et certains auteurs
contemporains qui y ont ajouté leur grain de sel dans le développement de cette
théorie.
La théorie de la séparation des pouvoirs est appréhendée comme une théorie
selon laquelle les pouvoirs existant au sein d’un Etat (le pouvoir exécutif,
législatif et judicaire) doivent être séparés et indépendants, afin que le pouvoir
puisse arrêter le pouvoir.
Dans son sens moderne, elle semble accepter qu’il y ait une interdépendance
entre les pouvoirs afin que chaque pouvoir puisse agir comme contre-pouvoir
face à l’autre pouvoir selon la théorie des « Checks and Balances ».
Cette théorie de la séparation des pouvoirs se matérialise à travers plusieurs
régimes politiques qui sont : le régime parlementaire et le régime présidentiel.
II- LE REGIME PARLEMENTAIRE
C’est un régime de séparation souple des pouvoirs. C’est un régime qui admet
une forte collaboration entre les différents pouvoirs surtout entre le pouvoir
exécutif et le pouvoir législatif.
- Au niveau du pouvoir exécutif, on assiste à un aspect bicéphale dans la
mesure où il y a en plus du chef de l’Etat, un chef de gouvernement qui
dans la majeure partie des cas dispose de l’essentiel du pouvoir exécutif
(on parle alors de parlementarisme moniste. Tel est le cas de la Grande-
Bretagne). Plus minoritairement, il y a des cas où au niveau du pouvoir
exécutif, le chef du gouvernement ainsi que le chef de l’Etat partagent
l’effectivité du pouvoir exécutif (on parle alors de parlementarisme
dualiste. Tel est le cas de la France dans une certaine mesure).
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- Au niveau du pouvoir législatif, on assiste une « bicaméralité ». C’est-à-
dire que le parlement est divisé en deux chambres : la chambre haute
(Sénat) et la chambre basse (l’Assemblée Nationale).
Ces deux pouvoirs entretiennent des rapports qui peuvent être pacifiques ou
conflictuels.
Au rang des rapports pacifiques, on y trouve par l’élection du chef du
gouvernement dans la mesure où le chef du gouvernement est issu de la
majoritaire parlementaire à l’Assemblée nationale. Ou encore, nous pouvons
prendre le cas du vote du budget qui nécessite un accord entre le gouvernement
et le parlement.
Pour ce qui est des rapports conflictuels, on y trouve plusieurs techniques encore
appelés « moyens de pression » dont chaque pouvoir dispose à l’encontre de
l’autre. On y trouve :
Les moyens que le parlement dispose à l’encontre du gouvernement :
- La question de confiance : elle émane du gouvernement. C’est un
procédé par lequel le gouvernement voulant tester sa légitimité et son
poids au sein du parlement décide d’affronter le parlement. En cas de
soutien des parlementaires, le gouvernement se verra conforter dans son
poste et agira en conséquence. En cas de désaccord avec les
parlementaires, le gouvernement devra rendre le tablier et devra
démissionner.
- La motion de censure : elle émane dans ce cas du parlement qui étant
dubitatif quant à la politique du gouvernement le convoque devant lui.
Durant les débats, si le parlement n’est pas convaincu par les arguments
du chef du gouvernement, il pourra voter la chute du gouvernement qui
devra démissionner.
- La question de défiance : c’est le même procédé que celui de la question
de confiance, mais à la différence de celle-ci, elle porte sur un membre du
gouvernement.
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- La motion de défiance : c’est le même procédé que celui de la motion de
censure, mais à la différence de celle-ci, elle porte sur un membre du
gouvernement.
Le moyen que le gouvernement dispose à l’encontre du parlement s’appelle « le
droit de dissolution » A travers le droit de dissolution, le gouvernement peut
anticiper les élections législatives en dissolvant le parlement.
C’est cet équilibre entre les deux pouvoirs dans le régime parlementaire qui a
fait dire à certains auteurs que le régime parlementaire est un « régime
d’équilibre de la terreur ».
III- LE REGIME PRESIDENTIEL
Le régime présidentiel ou régime de séparation rigide des pouvoirs est un régime
caractérisé par une absence de mécanisme de renversement d’un pouvoir par
l’autre. Il n’y a renversement du gouvernement ni dissolution du parlement.
Dans ce régime, chaque pouvoir est indépendant de l’autre et il n’y a en principe
aucun rapport entre les pouvoirs. Mais dans la pratique, nous constatons une
connexion entre les différents pouvoirs.
Les USA sont l’Etat qui appliquent dans une certaine mesure le régime
présidentiel avec plus de rigueur.
Il faut aussi noter qu’aux USA, le Congrès peut pousser le Président de la
République à la démission par la procédure de l’« impeachment » (qui est une
procédure par laquelle le Congrès met en accusation le Président de la
République pour HAUTE TRAHISON qui est une notion vague et vaste). De
son côté, le Président de la République dispose d’un véto de poche, qui lui
permet de s’opposer à certaines décisions du Congrès.
En outre, il est bon de savoir aux USA que le pouvoir exécutif et le Congrès
collaborent notamment sur la nomination et l’entrée en fonction des hauts
fonctionnaires.
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THEME 5 : LES MODES DE SCRUTIN
Le vote constitue la pierre angulaire du système démocratique. Le mode de
scrutin peut être défini comme le mécanisme permettant de désigner les élus et il
repose sur le choix d’un principe de décompte des voix permettant l’attribution
des sièges et mandats.
Deux grands modes de scrutin existent : le scrutin majoritaire et le scrutin
proportionnel. Il existe une multitude de variantes pour chacun de ces modes de
scrutin.
- Le scrutin majoritaire repose sur un principe selon lequel le candidat
ayant obtenu le plus grand nombre de voix est élu. L’élection peut être
soit à la majorité relative soit à la majorité absolue. Le scrutin majoritaire
peut être uninominal lorsqu’il y a un seul siège à pourvoir (tel est le cas de
l’élection présidentielle). Il peut être plurinominal lorsqu’il y a plusieurs
sièges à pourvoir (tel est le cas des élections municipales ou législatives).
Le scrutin majoritaire peut aussi être à un tour ou à deux tours.
- Le scrutin proportionnel consiste à attribuer à chaque parti une
représentation sensiblement proportionnée en fonction de son importance
électorale réelle. Il est le plus souvent un scrutin de liste utilisé pour
choisir les représentants au sein d’une assemblée exerçant des fonctions
législatives. Il existe deux types de liste : les listes fermées (les candidats
et l’ordre des candidats ne peuvent être changés) et les listes ouvertes (les
électeurs peuvent changer la place des candidats sur la liste selon le
principe du panachage).
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Thème 6 : NOTION DE CONSTITUTION
La constitution est la loi fondamentale qui fixe l’organisation et le
fonctionnement de l’Etat. C’est un ensemble de textes juridiques qui définit les
institutions de l’Etat et organise leurs relations. C’est la loi fondamentale d’un
Etat (La GRUNDGESETZ).
I- LES PROCEDES D’ETABLISSEMENT DE LA CONSTITUTION
La constitution s’établit à travers divers procédés dont les procédés autoritaires
et les procédés démocratiques.
A/ Les procédés autoritaires
Ce sont des procédés dans lesquels le peuple ne participe de manière active à
l’élaboration de la constitution. On y trouve des techniques telles que : l’octroi et
le pacte constitutionnel.
1. L’octroi
C’est une technique dans laquelle les dirigeants procèdent à l’élaboration de la
constitution et après l’imposent au peuple. Ici, le peuple n’intervient pas du tout
dans le processus d’élaboration de la constitution.
2. Le pacte constitutionnel
C’est une technique dans laquelle les dirigeants, après avoir élaboré la
constitution, convoquent le peuple pour adoption de la constitution.
B/ Les procédés non autoritaires
Ce sont des procédés dans lesquels le participe activement à l’élaboration de la
constitution, et ce pour ce faire il y a deux techniques : la technique de
l’Assemblée constituante souveraine et la technique de l’Assemblée constituante
non souveraine.
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1. La technique de l’Assemblée constituante souveraine
C’est une technique dans laquelle le peuple élit une assemblée qui se chargera
de rédiger matériellement lé constitution et de l’adopter. Ici l’Assemblée est
souveraine car elle rédige et adopte la constitution.
2. La technique de l’Assemblée constituante non souveraine
C’est une technique dans laquelle le peuple élit une Assemblée qui ne se
chargera que de rédiger matériellement la constitution, mais pour ce qui est de
l’adoption de la constitution, ce sera au peuple de la faire.
II- LES ETAPES D’ELABORATION DE LA CONSTITUTION
On distingue trois étapes dans l’élaboration de la constitution à savoir :
l’initiative, la prise en considération et l’adoption.
A/ L’initiative
L’initiative concernant l’élaboration de la constitution peut émaner soit du
Président de la République (dans ce cas, on parle de projet de loi) soit su
Parlement (on parle dans ce cas de proposition de loi).
En effet, lorsqu’il émane du PR, celui-ci nomme un comité d’experts chargé de
la rédaction matérielle de l’avant-projet de constitution. Après rédaction, le
comité d’experts soumettra le rapport au PR pour observation. Après quoi, celui-
ci le soumettra en conseil des ministres pour validation, avant d’être déposé
acheminer devant les parlementaires.
B/ La prise en considération
Cette étape consiste pour les parlementaires à discuter sur le projet de loi qui
leur est soumis. Ainsi, ils pourront amender le texte ou tout simplement le
renvoyer au gouvernement pour réécriture.
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C/ L’adoption
Cette phase consiste à approuver le texte et pour cela il y a deux voies à savoir la
voie parlementaire ou l’adoption parlementaire (le parlement consent par un
vote à la constitution) et la voie référendaire ou l’adoption référendaire (le
peuple approuve par un vote la constitution).
III- LA REVISION DE LA CONSTITUTION
Selon Royer-Collard : « les constitutions ne sont pas des tentes dressées pour le
sommeil ». Autrement dit, la constitution doit évoluer selon les époques et par
conséquent doit être sujette à des modifications.
La révision constitutionnelle connait aussi différentes étapes qui sont plus ou
moins identiques eux étapes de l’élaboration de la constitution. Alors nous
verrons dans cette partie, les limites de la révision constitutionnelle.
Les limites de la révision constitutionnelle
Chaque Etat ayant ses propres caractéristiques, l’on ne peut analyser d’une
manière générale la révision constitutionnelle. C’est pour cela que nous
analyserons ce point en nous focalisant uniquement sur la constitution de la Côte
d’Ivoire, celle du 8 novembre 2016.
Les limites sont organisées par l’article 178 de la constitution ivoirienne qui est
on ne peut plus clair. Les limites énumérées dans cet article sont les suivantes :
- La limite tenant aux circonstances : on ne procéder à une révision de la
constitution en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire.
- La limite tenant à la forme du gouvernement : on ne peut passer par
exemple d’une République à une monarchie ou autre.
- La limite tenant à la laïcité de l’Etat : on ne peut avoir par exemple un
Etat essentiellement islamique ou chrétien ou bouddhiste etc… La laïcité
implique une coexistence de toutes les religions au sein d’un Etat et c’est
le cas pour la Côte d’Ivoire.
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THEME 7 : LA PROTECTION JURIDICTIONNELLE DE LA
CONSTITUTION
La justice constitutionnelle a pour objet d’assurer la suprématie de la
constitution sur les autres normes juridiques à travers un procédé : le contrôle de
constitutionnalité.
Le contrôle de constitutionnalité peut être perçu comme une technique selon
laquelle la loi est contrôlée afin de vérifier sa conformité à la constitution.
Concernant les modèles de justice constitutionnelle, il en existe deux : le modèle
européen et le modèle américain.
Avant d’analyser brièvement les deux modèles, présentons certains termes. Il
existe plusieurs types de contrôle :
- Le contrôle par voie d’action ou a priori : c’est un contrôle qui s’effectue
avant l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique
interne de l’Etat (tel est le cas des lois organiques ou actes
internationaux).
- Le contrôle par voie d’exception ou a posteriori : c’est un contrôle qui
s’effectue après l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement
juridique interne de l’Etat (tel est le cas des lois ordinaires).
- Le contrôle obligatoire : c’est un contrôle qui s’effectue nécessairement
avant l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique
interne de l’Etat (il fait allusion au contrôle par voie d’action).
- Le contrôle facultatif : c’est un contrôle qui peut s’effectuer soit avant soit
après l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique
interne de l’Etat (il concerne aussi bien le contrôle par voie d’action que
le contrôle par voie d’exception).
I- LE MODELE EUROPEEN
Les auteurs de la saisine : dans le modèle européen, n’importe qui ne peut
saisir le juge constitutionnel afin que celui-ci opère un contrôle de
constitutionnalité.
Le moment de la saisine : à l’occasion d’un procès, lorsque l’une des
parties au litige soulève l’inconstitutionnalité d’une loi au moyen de
l’exception d’inconstitutionnalité, alors le juge du procès (juge ordinaire)
surseoit à statuer et porte l’affaire de l’inconstitutionnalité de la loi devant
le conseil constitutionnel pour que celui-ci se prononce dans un délai bien
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déterminé. Après analyse du conseil constitutionnel, si la loi est déclarée
conforme à la constitution, elle s’applique dans le procès en cours ; dans
le cas contraire (si elle est déclarée inconstitutionnelle), alors elle est
annulée (soit abrogée soit retirée).
Le contrôle est concentré : cela signifie que le contrôle ne peut être fait
que par la juridiction constitutionnelle en l’occurrence le conseil ou la
cour constitutionnelle.
Les effets sont « erga omnes » : lorsque le conseil constitutionnel opère le
contrôle et prend la décision, cela s’applique à tout le monde.
II- LE MODELE AMERICAIN
Les auteurs de la saisine : dans le modèle américain, n’importe peut saisir
le juge afin que celui-ci puisse opérer un contrôle de constitutionnalité.
Le moment de la saisine : à l’occasion d’un procès, lorsque l’une des
parties au litige soulève l’inconstitutionnalité d’une loi au moyen de
l’exception d’inconstitutionnalité, alors le juge du procès (juge ordinaire)
surseoit à statuer sur l’affaire en cours et statue sur la question de
constitutionnalité de la loi. Si la loi est déclarée conforme à la
constitution, alors elle sera appliquée au procès ; dans le cas contraire, elle
sera annulée (soit abrogée soit retirée). De même, le juge ordinaire peut se
référer à la juridiction constitutionnelle pour analyse et contrôle.
Le contrôle est diffus : signifie que le contrôle peut être fait n’importe
quel juge ordinaire.
Les effets sont « inter partes » : signifie que lorsque le juge opère le
contrôle et prend la décision, cela s’applique d’abord au cas d’espèce
c’est-à-dire entre les parties avant d’avoir une résonnance beaucoup plus
large (donc devient « erga omnes » pour finir).
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