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Double vitrage
Éléments d’un double vitrage.
Un double vitrage est un élément de paroi vitrée constituée de deux vitres
séparées par une épaisseur d’air immobile, dite « lame d’air ». Une
variante, le vitrage à isolation renforcée, est rendue encore plus
performante par l’ajout d’un traitement isolant sur une (ou plusieurs) des
faces intérieures du double vitrage.
Le survitrage est la technique d’ajout d’une deuxième vitre à une fenêtre
ancienne initialement dotée d’un simple vitrage (sans avoir à changer la
fenêtre complète).
Principe
Le physicien Joseph Fourier a établi les bases théoriques des propriétés du
double vitrage dès le premier chapitre de sa Théorie de la Chaleur, publiée
en 1822 ( § 87 page 75 de l’édition conservée par Gallica). L’application
industrielle du double vitrage est lancée en 1865 par le new-yorkais
Thomas Stetson, qui dépose un brevet pour une fenêtre en Insulated glass
(verre isolé) et vante les qualités thermiques et phoniques de son
invention. La lame d’air entre les vitres constitue en effet un bien meilleur
isolant que le verre. Il faut pourtant attendre 1930 pour que l’entreprise
CD Haven produise de façon industrielle du double vitrage. Le double
vitrage s’est imposé à la fin des années 1970 « suite aux prises de
conscience engendrées par les deux premiers chocs pétroliers ». L’intérêt
du double vitrage est de permettre une meilleure isolation thermique, la
lame d’air immobile constituant un bon isolant, bien meilleur que le verre
lui-même. Le double vitrage permet ainsi de réduire l’« effet de paroi
froide » d’où une diminution de la condensation et une diminution des
pertes de chaleur en hiver. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise
de l’énergie rappelle toutefois que « seulement 10 à 15 % de la chaleur
[d’un logement] s’échappe par les fenêtres ».
Afin d’améliorer l’isolation, la lame de gaz est parfois constituée de gaz
inertes (argon, krypton) : les gaz plus lourds que l’air étant moins
conducteurs de chaleur, ils limitent les pertes dues à la conduction ou la
convection.
L’isolation est encore meilleure en faisant le vide dans l’intervalle entre les
vitres. Cette méthode, utilisée notamment au Canada dans les années
1970, a été abandonnée après quelques années. En effet, d’une part, les
joints finissent par céder à la différence de pression, laissant entrer l’air
ambiant, ce qui cause des problèmes de condensation entre les deux
parois vitrées. De plus, le verre étant flexible, les vitrages ont tendance à
s’incurver par la pression extérieure. De nouvelles techniques
d’entretoises sont en développement par divers fabricants.
Pour augmenter encore les performances thermiques, il est possible de
multiplier les lames de gaz, en insérant, soit un troisième verre, soit un ou
plusieurs films polyester (double vitrage à film suspendu). Le film
polyester tendu parallèlement entre les deux vitrages crée une double
chambre thermique. Cela permet d’atteindre quasiment les performances
thermiques du triple vitrage, mais avec les caractéristiques de poids d’un
double vitrage.
Vitrage à isolation renforcée ou faible émissivité
Un vitrage à isolation renforcée (VIR) ou faible émissivité (FE ou low E) est
pourvu d’un traitement qui s’oppose au rayonnement infrarouge et forme
une barrière thermique, sans constituer un obstacle trop important à la
lumière visible. Un VIR empêche donc la chaleur de sortir l’hiver, et
d'entrer en été.
Le traitement consiste en une fine couche transparente de métal ou
d’oxydes métalliques (argent notamment), déposée sur l’une (ou
plusieurs) des faces intérieures d’un double (ou triple) vitrage. Cette
couche limite le rayonnement Infrarouge vers l’extérieur, qui représente
en hiver une déperdition énergétique.
L’intercalaire, ou élément de bord qui maintient les deux (ou plus) verres
ensemble, peut être réalisé en matériaux composite (butyle), qui a le plus
faible coefficient thermique, en acier inoxydable, de performance
moyenne, ou en aluminium, qui est relativement bon conducteur. Le plus
souvent, un absorbeur d’humidité type tamis moléculaire est intégré dans
l’intercalaire, de manière à éliminer l’humidité qui pourrait migrer à
l’intérieur de la lame d’air.
Caractéristiques
Performances d’isolation
Un vitrage (ou une fenêtre) est qualifié par quatre paramètres :
Le coefficient de transfert thermique
Noté Ug pour la vitre, ou Uwpour la fenêtre entière (donc incluant le cadre,
pour une fenêtre de dimension normée 1.55 x 1.15 m, double battant.
C’est l’inverse de la résistance thermique surfacique. Il se mesure en watts
par mètre carré-kelvin (W/(m².K) ), et exprime donc un flux thermique (une
déperdition thermique en hiver) par unité de surface (du vitrage ou de la
fenêtre) et par degré de différence de température entre l’ambiance
chaude d’un côté du vitrage (en général l’ambiance intérieure) et
l’ambiance froide de l’autre côté. Plus U est bas plus le vitrage est isolant.
Un double vitrage standard a un coefficient de transfert thermique Ug
d’environ 2,9 W/(m2 K), un double vitrage haute performance peut
descendre jusqu’à 1,0, voire 0,9 W/(m2 K). Pour un survitrage il peut être
d’environ 3,3 W/(m2 K).
Le coefficient de transmission lumineuse
Noté TL, est en % la fraction de lumière qui entre dans le bâtiment au
travers du vitrage.
Le coefficient transmission énergétique (ou facteur solaire)
Noté g (ou FS), est en % la fraction de l’énergie solaire qui entre dans le
bâtiment au travers du vitrage. Il conditionne le confort d’été (pour une
fenêtre exposée au soleil : sud, ou ouest en fin de journée). Un vitrage de
facteur solaire de 0,42 ne laisse passer que 42 % de l’énergie du soleil.
C’est-à-dire que 58 % de l’énergie solaire ne pénètre pas dans l’habitat.
Le coefficient de transfert thermique du cadre
Noté ψ, est la perte additionnelle due à l’intercalaire. Il se mesure en watt
par mètre-kelvin (W/mK). Il varie de 0.15 (ancien en aluminium) à 0.03.
Ceci implique qu’il est préférable de réduire le nombre de vitrages
distincts dans une ouverture.
Épaisseurs
Les épaisseurs sont souvent désignées de la façon suivante : A/B/C. Avec
A, B, et C, les épaisseurs en millimètres des éléments (vitre extérieure,
lame d’air, vitre intérieure). Des doubles vitrages courants sont en 4/16/4.
Les deux vitres ont souvent la même épaisseur. Sinon, on parle de double
vitrage asymétrique. Le double vitrage asymétrique permet une meilleure
isolation phonique car les fréquences de coïncidence des deux vitres sont
différentes. En général, la vitre extérieure est souvent la plus épaisse :
10/10/4. Cependant, le sens n’a pas d’effet sur les performances
d’affaiblissement acoustique. Seul lors de l’utilisation d’un vitrage
feuilleté, le sens de mise en place sera conditionné par les contraintes de
protection des personnes en fonction de la situation.
Il est possible de mesurer l’épaisseur d’un vitrage à l’aide d’un vitromètre.
Comparatif
Comparatif de différents types de vitrage
Type Coefficient de transmission thermique
(Ug en W/m².K) Facteur solaire (g) Coefficient de transmission
lumineuse
(Tl) Masse par unité de surface
(kg/m²)
Triple vitrage à 2 couches faiblement émissives avec 2 lames d’argon 0,8
50 % 70 % 30 (pour un vitrage 4/12/4/12/4)
Triple vitrage à 2 couches faiblement émissives avec 2 lames de krypton
0,4 49 % 70 % 48 (pour un vitrage 4/18/4/18/4)
Double vitrage à isolation renforcée (VIR) avec une lame d’argon et une
couche basse émissivité sur la face intérieure du vitrage extérieur 1,0
à 1,1 40 % 70 % 20 (pour un vitrage 4/16/4)
Double vitrage à film suspendu avec 2 lames de krypton 0,6 53 % 73
% 20 (pour un vitrage 4/10/film/10/4)
Double vitrage à film suspendu avec 2 lames de xenon 0,3 37 % 48
% 20 (pour un vitrage 4/12/film/12/4)
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