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Décret n° 2-17-450 du 4 rabii I 1439 (23 novembre 2017)

portant règlement de la comptabilité publique des


préfectures et provinces et de leurs groupements.

Le Chef du gouvernement,

Vu la loi organique n° 112-14 relative aux préfectures et provinces,


promulguée par le dahir n° 1-15-84 du 20 ramadan 1436 (7 juillet 2015),
notamment ses articles 191 et 193 ;

Vu la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, promulguée


par le dahir n° 1-07-195 du 19 kaada 1428 (30 novembre 2007), telle qu'elle
a été modifiée et complétée ;

Vu la loi n° 39-07 édictant des dispositions transitoires en ce qui concerne


certains taxes, droits, contributions et redevances dues aux collectivités
locales, promulguée par le dahir n° 1-07-209 du 16 hija 1428 (27 décembre
2007) ;

Vu la loi n° 15-97 formant code de recouvrement des créances publiques,


promulguée par le dahir n° 1-00-175 du 28 moharrem 1421 (3 mai 2000),
telle qu'elle a été modifiée et complétée ;

Vu la loi n° 61-99 relative à la responsabilité des ordonnateurs, des


contrôleurs et des comptables publics, promulguée par le dahir n° 1-02-25 du
19 moharrem 1423 (3 avril 2002), telle qu'elle a été modifiée et complétée ;

Vu la loi n° 62-99 formant code des juridictions financières, promulguée par le


dahir n° 1-02-124 du 1er rabii II 1423 (13 juin 2002), telle qu'elle a été
modifiée et complétée ;

Sur proposition du ministre de l'intérieur et du ministre de l'économie et des


finances ;

Après délibération en Conseil du gouvernement réuni le 2 hija 1438 (24 août


2017),

Décrète :
Article premier : La comptabilité publique des préfectures et provinces et
leurs groupements s'entend de l'ensemble des règles qui régissent
l'exécution et le contrôle de leurs opérations financières et comptables ainsi
que la tenue de leurs comptabilités et qui précisent, en outre, les obligations
et les responsabilités des agents qui sont chargés de l'application desdites
règles.
Les opérations financières et comptables des préfectures et provinces et de
leurs groupements comprennent les opérations budgétaires, de trésorerie et
de patrimoine.

Article 2 : Le présent décret a pour objet de fixer :

- en son titre premier, les principes fondamentaux de la comptabilité publique


des préfectures et provinces et leurs groupements ainsi que les dérogations à
ces principes ;

- en son titre II, les règles applicables à l'exécution des opérations de recettes
et de dépenses ainsi que des opérations de trésorerie ;

- en son titre III, les règles applicables à la comptabilité ;

- en son titre IV, les règles applicables au règlement du budget, à la


présentation des comptes et au contrôle ;

- en son titre V, les dispositions diverses et transitoires.

Titre Premier : Principes fondamentaux

Chapitre premier : Principes généraux


Article 3 : Les opérations financières et comptables résultant de l'exécution
des budgets des préfectures et provinces et leurs groupements incombent
aux ordonnateurs et aux comptables publics.

Article 4 : Sauf dispositions contraires, la fonction d'ordonnateur est


incompatible avec celle de comptable public.

Le conjoint d'un ordonnateur ne peut assurer la fonction de comptable public


affecté à la préfecture ou à la province ou au groupement auprès duquel ledit
ordonnateur exerce sa fonction. La même incompatibilité s'applique à leurs
ascendants et descendants.

Chapitre II : Règles propres aux ordonnateurs

Section première : Règles générales


Article 5 : Au sens du présent décret, est ordonnateur de recettes et de
dépenses de la préfecture ou de la province ou du groupement toute
personne ayant qualité pour :

- constater les créances, les liquider et en ordonner leur recouvrement ;

- engager, liquider et ordonnancer le paiement des dettes.

Article 6 : L'ordonnateur peut, sous sa responsabilité, déléguer sa signature


au directeur général des services par voie d'arrêté établi en deux originaux,
dont l'un est notifié au comptable assignataire. Ces originaux doivent
comporter le spécimen de signature de l'ordonnateur délégué.

L'ordonnateur délégué agit sous la responsabilité et le contrôle de


l'ordonnateur.

Article 7 : L'ordonnateur et son délégué, dénommés dans la suite du présent


décret par le terme "ordonnateur ", doivent se faire accréditer auprès du
comptable assignataire des recettes et des dépenses et lui communiquer les
spécimens de leur signature.

Article 8 : Les ordonnateurs encourent, à l'occasion de l'exercice de leurs


fonctions, les responsabilités prévues par la législation en vigueur.

Section 2 : Principes d'organisation


Article 9 : L'ordonnateur ne peut se faire ouvrir, en cette qualité, un compte
courant ou de dépôt destiné à recevoir des fonds appartenant ou confiés à la
préfecture ou à la province ou au groupement.

Il ne peut, non plus, disposer des fonds portés au crédit d'un compte ouvert
au nom du comptable public de la préfecture ou de la province ou au du
groupement que par voie d'ordres donnés à ce dernier, appuyés des pièces
justificatives fixées par les textes réglementaires en vigueur.

Article 10 : Les ordres de recettes ou de paiement émis par les ordonnateurs


sont retracés dans les comptabilités tenues suivant les règles fixées par le
présent décret, les arrêtés et instructions pris pour son application.

Chapitre III : Règles propres aux comptables publics

Section première : Règles générales


Article 11 : Au sens du présent décret, est comptable public de la préfecture
ou de la province ou du groupement, tout fonctionnaire ou agent habilité pour
exécuter, pour le compte desdits organismes, des opérations de recettes, de
dépenses ou de maniement de titres, soit au moyen de fonds et valeurs dont
il a la garde, soit par virements internes d'écritures, soit par l'entremise
d'autres comptables publics ou de comptes externes de disponibilités dont il
ordonne ou surveille les mouvements. (ACSA2022)

Article 12 : Sauf dispositions réglementaires contraires, le comptable public


est chargé à titre exclusif :

- du contrôle d'engagement des dépenses de la préfecture ou de la province


ou de leurs groupements conformément aux dispositions de la section 2 du
chapitre 2 du titre 2 du présent décret ;
- du contrôle de validité des dépenses des préfectures et provinces et de
leurs groupements et de leur paiement, soit sur ordres émanant de
l'ordonnateur accrédité, soit au vu des titres présentés par les créanciers, soit
de sa propre initiative, ainsi que de la suite à donner aux oppositions et
autres empêchements au paiement ;

- de l'encaissement des droits au comptant et des taxes déclaratives dans les


conditions prévues par la législation et la réglementation en vigueur ;

- de la prise en charge et du recouvrement des ordres de recettes individuels


ou collectifs régulièrement émis par l'ordonnateur dans les conditions prévues
par le présent décret ;

- de la conservation des fonds et valeurs dont il a la garde ;

- du maniement des fonds et des mouvements de comptes externes de


disponibilités qu'il surveille ou dont il ordonne les mouvements ;

- de la tenue de la comptabilité de la préfecture ou de la province ou du


groupement et de la centralisation des opérations de recettes et de dépenses
exécutées pour leur compte, conformément aux dispositions du présent
décret ;

- de la conservation des pièces justificatives des opérations dont ils ont


assuré l'exécution ou la centralisation.

Il est, en outre, chargé d'accomplir toutes les diligences nécessaires pour le


recouvrement des recettes et de signaler à l'ordonnateur toute moins-value
constatée dans les revenus du domaine privé de la préfecture ou de la
province ou du groupement.

Article 13 : Les comptables des préfectures et provinces et de leurs


groupements sont des comptables principaux ou secondaires :

- les comptables principaux sont ceux qui sont, en vertu de la législation et de


la réglementation en vigueur ou d'une décision du ministre chargé des
finances, tenus de produire, annuellement, à la cour régionale des comptes
compétente, les comptes des préfectures et provinces ou de leurs
groupements dont ils sont comptables assignataires. Lesdits comptes
comprennent les opérations exécutées par leurs soins et celles dont ils ont
centralisé les pièces justificatives ou auxquelles ils ont donné une imputation
définitive ;

- les comptables secondaires sont ceux dont les opérations sont centralisées
par un comptable principal qui en assure l'imputation définitive au vu des
pièces justificatives produites. Toutefois, leur responsabilité demeure
engagée au titre desdites opérations dans les conditions fixées par la
législation en vigueur.
Article 14 : Les comptables publics des préfectures et provinces ou de leurs
groupements sont :

- les trésoriers régionaux ;

- les trésoriers préfectoraux ou provinciaux ;

- les percepteurs.

Section 2 : Règles d'organisation


Article 15 : Les comptables publics visés à l'article 14 ci-dessus sont
nommés par décision du ministre chargé des finances ou de la personne
déléguée par lui à cet effet. Une copie de ladite décision est adressée à la
Cour des comptes pour notification à la cour régionale des comptes
compétente.

Ils sont soumis, avant d'être installés dans leur premier poste comptable, à la
formalité de prestation de serment dans les conditions prévues par la
législation et la réglementation en vigueur.

Une convention de partenariat sera conclue entre le ministère de l'intérieur et


la trésorerie générale du Royaume aux fins d'arrêter la nature des prestations
à réaliser pour le compte des préfectures et provinces et de leurs
groupements, dans le domaine du conseil et d'assistance juridique et
financier, notamment en matière de mobilisation du potentiel fiscal et
d'exécution des dépenses.

Article 16 : Les comptables publics des préfectures et provinces ou de leurs


groupements sont tenus, dès leur prise de service, de souscrire, à titre
individuel ou collectif, conformément aux dispositions législatives et
réglementaires en vigueur, une police d'assurance auprès d'une entreprise
d'assurances agréée, garantissant durant l'exercice de leurs fonctions, leur
responsabilité personnelle et pécuniaire.

Article 17 : Les comptables publics des préfectures et provinces et de leurs


groupements assurent la gestion des postes comptables qui leur sont confiés.

Ils peuvent être assistés d'un ou de plusieurs adjoints auxquels ils peuvent
déléguer leurs signatures pour agir en leur nom et sous leur contrôle et leur
responsabilité.

Les comptables publics et leurs adjoints sont accrédités auprès des


organismes teneurs des comptes externes de disponibilités dont ils ordonnent
ou surveillent les mouvements.

Chaque poste comptable dispose d'une seule caisse et, en cas de besoin, d'un
seul compte courant postal et/ou d'un sous compte du compte courant du
Trésor.

En aucun cas, l'intitulé du compte d'un poste comptable ne peut être libellé
au nom personnel du comptable public.

Article 18 : Les comptables publics encourent, à raison de l'exercice de leurs


fonctions, les responsabilités prévues par la législation en vigueur.

Article 19 : Les régisseurs sont chargés d'opérations d'encaissement ou de


paiement dans les conditions fixées par instruction conjointe du ministre de
l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Les régisseurs de dépenses peuvent se faire ouvrir, sur proposition de


l'ordonnateur, un compte de dépôt à la Trésorerie Générale du Royaume
destiné à recevoir exclusivement les avances de fonds reçues du comptable
assignataire et destinées au paiement des dépenses en régie.

Les régisseurs de recettes peuvent, le cas échéant, être chargés par arrêté
conjoint du ministre chargé des finances et du ministre concerné, de
l'encaissement de recettes pour le compte de l'Etat. La nature de ces recettes
est fixée dans les mêmes formes.

Section 3 : Gestion de fait


Article 20 : Conformément à la législation en vigueur, est déclarée
comptable de fait, toute personne qui effectue, sans y être habilitée par
l'autorité compétente, des opérations de recettes, de dépenses, de détention
et de maniement de fonds ou de valeurs appartenant à la préfecture ou la
province ou le groupement.

En outre, peut être considéré comme coauteur responsable d'une gestion de


fait, tout fonctionnaire ou agent ainsi que tout titulaire d'une commande
publique qui, en consentant ou en incitant soit à exagérer les mémoires ou
factures, soit à en dénaturer les énonciations, s'est prêté sciemment à
l'établissement d'ordonnances de paiement, de mandats, de justifications ou
d'avoirs fictifs.

Sans préjudice des dispositions pénales en vigueur, le comptable de fait et le


ou les coauteurs d'une gestion de fait sont soumis aux mêmes obligations et
contrôles et assument les mêmes responsabilités qu'un comptable public.

Titre II : Règles applicables à l'exécution des opérations de recettes,


de dépenses et de trésorerie

Chapitre premier : Règles relatives aux opérations de recettes

Section première : Règles générales


Article 21 : Les ressources des préfectures et provinces et de leurs
groupements comprennent :

- les taxes, droits et redevances institués à leur profit par la législation ou la


réglementation en vigueur ;

- les produits et revenus domaniaux ;

- le produit des rémunérations pour services rendus ;

- le produit des exploitations et des participations financières ;

- le produit des emprunts ;

les fonds de concours, les dons et legs ;

- toutes autres créances instituées à leur profit par la législation ou la


réglementation en vigueur ou résultant de décisions de justice ou de
conventions.

Article 22 : La perception des recettes est autorisée, annuellement, par les


budgets des préfectures et provinces et de leurs groupements.

Article 23 : Conformément aux textes législatifs en vigueur, toutes


contributions, directes ou indirectes, autres que celles autorisées par les
dispositions législatives et réglementaires en vigueur et par les budgets des
préfectures et provinces ou de leurs groupements, à quelque titre et sous
quelque dénomination qu'elles se perçoivent, sont formellement interdites, à
peine, contre les autorités qui les ordonneraient, contre les employés qui en
confectionneraient les rôles et en fixeraient les tarifs et contre ceux qui en
feraient le recouvrement, d'être poursuivis comme concussionnaires, sans
préjudice de l'action en répétition, pendant trois années, contre les trésoriers,
les percepteurs ou les personnes qui en auraient fait la perception.

Sont également punissables des peines prévues à l'égard des


concussionnaires, tous détenteurs de l'autorité publique ou fonctionnaires
publics qui, sous une forme quelconque et pour quelque motif que ce soit,
auront, sans autorisation législative ou réglementaire, accordé des
exonérations ou franchises de droits, d'impôts ou de taxes, ou auront effectué
gratuitement la délivrance de produits ou services de la préfecture ou la
province ou du groupement alors qu'ils sont soumis, en vertu de la
réglementation en vigueur, au paiement d'une redevance ou d'une
rémunération pour services rendus.

Article 24 : Les créances des préfectures et provinces ou de leurs


groupements sont constatées et liquidées, selon leur nature, dans les
conditions fixées par les lois et règlements en vigueur, sur la base de
conventions ou en vertu de décisions de justice.
Article 25 : Les recettes sont prises en compte au titre du budget de l'année
au cours de laquelle elles sont encaissées,

Il est fait recette du montant intégral des produits sans contraction entre les
recettes et les dépenses.

Article 26 : Le recouvrement des créances des préfectures et provinces et


de leurs groupements est effectué conformément aux dispositions de la loi
susvisée n° 15-97 formant code de recouvrement des créances publiques.

Section 2 : De l'émission des ordres de recettes


Article 27 : Sauf dispositions contraires, toute créance liquidée fait l'objet
d'un ordre de recette individuel ou collectif émis et rendu exécutoire par
l'ordonnateur. Cet ordre de recette est appuyé de tous les documents
justifiant la régularité de la perception.

Toutefois, en application des dispositions de la loi susvisée n° 47-06 relative à


la fiscalité des collectivités locales, il n'est pas émis d'ordres de recettes au
titre des taxes instituées au profit de la préfecture ou la province dont le
montant est inférieur à cent (100) dirhams.

Article 28 : Tout ordre de recette doit indiquer les bases de liquidation de la


créance ainsi que les éléments permettant l'identification du débiteur.

Article 29 : Les taxes et autres créances ayant fait l'objet d'ordres de


recettes individuels ou collectifs sont, sauf dispositions contraires prévues par
les textes propres à chacune d'elles, exigibles dès la mise en recouvrement
desdits ordres de recettes ou à l'échéance fixée par l'acte ayant donné
naissance à la créance.

Article 30 : Toute convention, tout contrat ou engagement comportant la


perception de recettes, par termes échelonnés sur plusieurs années, donne
lieu à l'émission, par l'ordonnateur compétent, d'un ordre de recette, pour le
montant dû au titre de chaque année, qu'il adresse au comptable compétent,
deux mois avant la date de l'échéance.

L'ordre de recette émis au titre de la première année doit être appuyé d'un
exemplaire de l'acte ayant donné naissance à la créance.

En cas de modification, l'acte modificatif est annexé à l'ordre de recette émis


au titre de l'année concernée.

Section 3 : De la prise en charge et du recouvrement des ordres de


recettes
Article 31 : Les ordres de recettes émis sont pris en charge par le comptable
chargé du recouvrement compétent.
Les ordres de recettes individuels sont récapitulés sur un bordereau
d'émission ou dans un fichier électronique communiqué au comptable chargé
du recouvrement qui procède au rapprochement du total cumulé avec les
prises en charge qu'il a admises.

Il en est de même pour les réductions et les annulations d'ordres de recette.

Les ordres de recette collectifs sont émis dans les formes et selon les
conditions prévues par la législation et la réglementation régissant les
créances auxquelles ils se rapportent.

Article 32 : Le comptable chargé du recouvrement est tenu d'exercer au


préalable, le contrôle de régularité de la perception et de l'imputation ainsi
que la vérification des pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté du
ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Il s'assure, dans les mêmes conditions, de la régularité des réductions et des


annulations de recettes.

Lorsqu'à l'occasion de son contrôle, le comptable chargé du recouvrement,


constate une omission, ou une erreur matérielle au regard des dispositions
des premier et deuxième alinéas ci-dessus, il renvoie l'ordre de recette ou
l'ordre d'annulation ou de réduction à l'ordonnateur, appuyé d'une note
dûment motivée, aux fins de régularisation.

Article 33 : Le recouvrement des créances des préfectures et provinces et


de leurs groupements, émises par voie d'ordres de recettes, est effectué
conformément à la législation en vigueur, notamment la loi précitée n° 15-97
formant code de recouvrement des créances publiques, ainsi que les
règlements et/ou les conventions qui les ont instituées.

Article 34 : Les recettes sont réalisées par versement d'espèces, par remise
de chèques bancaires ou postaux ou par virement à un compte ouvert au
nom du comptable public concerné.

Les recettes peuvent également être réalisées par tout autre moyen de
paiement prévu par la législation et la réglementation en vigueur ou auprès
des établissements de crédits agréés ou par la mise à la disposition de la
clientèle de tout moyen de paiement, ou leur gestion.

Les modalités d'application du deuxième alinéa du présent article sont fixées


par arrêté du ministre chargé des finances.

Article 35 : Tout versement en numéraire donne lieu à la délivrance, par le


comptable public, d'un reçu ou d'une quittance qui forme titre envers la
préfecture ou la province ou le groupement créancier. Ces titres peuvent être
édités sous forme électronique.
Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, il n'est pas délivré de
reçu ou de quittance, lorsque la partie versante reçoit, en échange de son
versement, des timbres, des formules ou de manière générale, une fourniture
dont la possession justifie, à elle seule, le paiement des droits, ou s'il est
donné quittance sur un document restitué ou remis à la partie versante.

Section 4 : Réclamations - Annulations - Admissions en non-valeur


Article 36 : Les réclamations et les annulations relatives aux créances des
préfectures et provinces et de leurs groupements, sont régies par les lois et
règlements qui ont institué lesdites créances.

Article 37 : Toute erreur de liquidation, double ou faux emploi, constaté au


préjudice du débiteur, donne lieu à l'émission d'un ordre d'annulation ou de
réduction de recette. Cet ordre précise les motifs d'annulation et, en cas de
réduction, les bases de la nouvelle liquidation.

En cas de double emploi ou d'erreur matérielle de calcul, les décisions


d'annulation ou de dégrèvement sont établies d'office par l'ordonnateur ou à
la demande des débiteurs et revêtus de la formule exécutoire.

Ces décisions sont, ensuite, transmises par l'ordonnateur au comptable


chargé du recouvrement, pour réduction de ses prises en charge, lequel
envoie, le cas échéant, copie de ces décisions au comptable assignataire,
pour annotation et réduction.

En ce qui concerne les créances comprises dans les rôles d'impôts et taxes
émis par les services du ministère chargé des finances, les dégrèvements et
annulations sont notifiés au comptable chargé du recouvrement, sous forme
de certificats d'annulation ou de dégrèvement.

Les restitutions consécutives à une annulation ou à un dégrèvement doivent


faire l'objet d'un ordonnancement sur le budget de la préfecture ou la
province ou du groupement.

Les créances ayant fait l'objet d'une annulation, à la suite d'une décision de
justice ayant acquis la force de la chose jugée, donnent lieu à une réduction
des prises en charge au niveau des écritures du comptable chargé du
recouvrement.

Article 38 : Lorsque les créances s'avèrent irrécouvrables ou lorsque les


redevables ne peuvent être identifiés pour quelque cause que ce soit, celles-
ci sont proposées en non- valeur par le comptable chargé du recouvrement,
au moyen d'états appuyés des justifications requises. Ces états sont transmis
à l'ordonnateur aux fins de décision, et ce dans les conditions prévues à
l'article 126 de la loi précitée n° 15-97 formant code de recouvrement des
créances publiques.
L'admission en non-valeur d'une créance irrécouvrable n'éteint pas la dette
du débiteur et ne peut faire obstacle au recouvrement, si le redevable revient
à meilleure fortune ou vient à être localisé.

Les admissions en non-valeur des côtes sur lesquelles des versements


auraient été obtenus ne donnent lieu à aucun remboursement ou restitution.

Les admissions en non-valeur des créances comprises dans les rôles d'impôts
et taxes émis par les services du ministère chargé des finances, sont notifiés
au comptable chargé du recouvrement au moyen de certificats d'admission
en non-valeur.

Article 39 : Les remises gracieuses de dettes sont prononcées par arrêté de


l'ordonnateur après délibération du Conseil et visa du gouverneur de la
préfecture ou la province conformément aux dispositions de l'article 109 de la
loi organique susvisée n° 112-14 relative aux préfectures et provinces.
Toutefois, cette remise ne peut être accordée qu'à condition que le
demandeur n'ait pas organisé son insolvabilité telle que fixée par l'article 84
de la loi précitée n° 15-97 formant code de recouvrement des créances
publiques.

La remise gracieuse de dette ne donne lieu à aucune restitution des sommes,


éventuellement, payées en atténuation de la dette initiale.

Une ampliation de l'arrêté visé au premier alinéa ci- dessus constitue la pièce
justificative de l'annulation ou de la réduction de la créance, objet de la
remise gracieuse.

Toutefois, les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux dettes,


en principal, résultant de créances fiscales exigibles et aux créances résultant
de jugements prononcés en faveur des préfectures et provinces ou de leurs
groupements.

Article 40 : Les rôles restent entre les mains du comptable chargé du


recouvrement jusqu'à l'expiration d'un délai de dix ans après apurement de la
dernière côte, pour être ensuite déposés aux archives de la préfecture ou de
la province ou du groupement concerné.

Toutefois, les rôles archivés sous forme électronique, chez le comptable


chargé du recouvrement, sont remis à la préfecture ou à la province ou au
groupement concerné, après apurement de la dernière côte.

Section 5 : De l'encaissement des droits au comptant et des taxes


déclaratives
Article 41 : Dans le cas de produits exigibles au comptant ou lorsqu'il y a
intérêt pour la bonne exécution du service, ou pour réduire les formalités de
déplacement des redevables, l'encaissement peut être confié à des
régisseurs de recettes.

Article 42 : L'encaissement des droits au comptant et des taxes déclaratives


peut être assuré par un ou plusieurs régisseurs de recettes. Lesdits régisseurs
peuvent être assistés par des régisseurs suppléants.

Article 43 : Les recettes encaissées par versements spontanés au titre des


droits au comptant ou des taxes déclaratives, sont, immédiatement, versées
par le comptable compétent et les régisseurs qui en ont assuré
l'encaissement, au comptable assignataire, lequel est tenu d'en imputer le
montant, dès réception, au budget de la préfecture ou de la province ou du
groupement concerné.

Dès l'arrêté des écritures du mois, et au plus tard le 8 du mois suivant, le


comptable assignataire notifie à l'ordonnateur concerné le montant des
recettes réalisées au cours du mois écoulé, au moyen d'un certificat global de
recettes appuyé des justifications requises, aux fins d'émission d'un ordre de
recette de " régularisation " au titre du mois de constatation de la recette.
L'émission, par l'ordonnateur, dudit ordre de recette doit intervenir avant le
15 du mois qui suit.

A défaut d'émission dudit ordre de recette, ledit comptable joint au compte


de la préfecture ou de la province ou du groupement, copie du certificat de
recette précité.

Article 44 : Les régies de recettes sont instituées par décision de


l'ordonnateur.

Des arrêtés, pris dans les mêmes formes, désignent un ou plusieurs


régisseurs de recettes ainsi que leurs suppléants, et déterminent leurs
attributions et leurs champs d'intervention en indiquant les natures des
recettes dont la perception, par le ou les régisseurs, est autorisée
conformément aux décisions de création desdites régies.

Article 45 : Le comptable assignataire procède, sans préavis et chaque fois


qu'il le juge opportun ou sur demande de l'ordonnateur, tant au bureau du
régisseur de recettes qu'aux postes des suppléants :

- à la vérification de la caisse et de la comptabilité ;

- à l'inventaire des tickets, des autres valeurs et des quittanciers ;

- à l'appréciation du fonctionnement et de la performance de la régie.

Cette vérification et cet inventaire doivent être faits obligatoirement au moins


une fois par an.
Le régisseur de recettes est tenu de présenter tous documents ou valeurs
réclamés à l'occasion de toute vérification.

Les régisseurs de recettes sont, en outre, soumis aux contrôles prévus à


l'article 159 ci-dessous.

Toute irrégularité ou toute infraction aux règlements relevée au cours d'une


opération de contrôle, est signalée, sans délai, par le comptable assignataire
à l'ordonnateur, au ministre de l'intérieur et au ministre des finances.

L'organisation, le fonctionnement des régies de recettes et leurs relations


avec le comptable assignataire sont fixés par instruction conjointe du ministre
de l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Article 46 : Le régisseur de recettes et ses suppléants sont responsables des


détournements, malversations, déficits et débets commis ou constatés dans
sa caisse ou dans la caisse des agents placés sous leur autorité, sauf recours
contre ces derniers.

Ils sont déclarés débiteurs par décision du ministre chargé des finances ou la
personne déléguée par lui à cet effet, prise, soit sur proposition de
l'ordonnateur après avis du ministre de l'intérieur, soit sur la base d'un
procès-verbal de vérification établi par l'un des corps d'inspection habilités,
après en avoir informé au préalable le ministre chargé de l'intérieur.

Le régisseur qui a comblé le déficit ou le débet est substitué aux droits de la


préfecture ou de la province ou du groupement pour le recouvrement de son
avance.

Le régisseur de recettes et ses suppléants peuvent obtenir la décharge de


leur responsabilité dans les conditions prévues par la loi susvisée n° 61-99
relative à la responsabilité des ordonnateurs, des contrôleurs et des
comptables publics.

Les remises gracieuses de dettes peuvent également être accordées au


régisseur de recettes, dans les conditions prévues par la loi précitée n° 61-99
précitée.

Article 47 : En cas de faute du régisseur des recettes, le comptable


assignataire peut engager les mesures devant mettre fin aux irrégularités
constatées. La responsabilité du comptable assignataire peut être mise en
cause s'il n'a pas exercé les contrôles qui lui incombent ou réclamé
immédiatement le versement des recettes qui n'aurait pas été effectué dans
le délai imparti.

Le comptable assignataire déclaré responsable pécuniairement, exerce, par


voie de subrogation dans les droits de la préfecture ou de la province ou du
groupement, son recours sur les biens meubles et immeubles du régisseur de
recettes.

Article 48 : Le régisseur de recettes est tenu, dès sa prise de service, de


souscrire, conformément à la législation en vigueur, une police d'assurances
auprès d'une entreprise d'assurance agréée, garantissant, durant l'exercice
de ses fonctions, sa responsabilité personnelle et pécuniaire.

A la cessation des fonctions du régisseur ou en cas de mutation, un quitus lui


est délivré par l'ordonnateur, au vu d'une attestation du comptable
assignataire, constatant qu'à la fin de sa gestion, ledit régisseur n'est
redevable à la préfecture ou la province ou au groupement d'aucune somme
ou valeur.

Chapitre II : Règles applicables aux opérations de dépenses

Section première : Règles générales


Article 49 : Les dépenses des préfectures et provinces et des groupements
ne peuvent être régulièrement engagées et exécutées que si elles sont
conformes aux lois et règlements qui les ont instituées et prévues dans leurs
budgets.

Conformément aux dispositions de l'article 153 de la loi organique précitée n°


112-14 relative aux préfectures et provinces, l'engagement des dépenses doit
rester dans la limite des autorisations budgétaires les concernant.

Article 50 : Les dépenses sont prises en compte au titre de l'année


budgétaire au cours de laquelle les ordonnances de paiement sont visées par
le comptable assignataire et doivent être payées sur les crédits de ladite
année, quelle que soit la date de la créance.

Article 51 : Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires, les


dépenses des préfectures et provinces et de leurs groupements sont
engagées, liquidées, ordonnancées et payées dans les conditions fixées au
présent chapitre.

Article 52 : L'engagement est l'acte par lequel la préfecture ou la province


ou le groupement crée ou constate une obligation de nature à entraîner une
charge.

Il ne peut être pris que par l'ordonnateur agissant en vertu de ses pouvoirs et
après avoir satisfait aux conditions prévues à l'article 49 ci-dessus.

Article 53 : La liquidation a pour objet de vérifier la réalité de la dette et


d'arrêter le montant de la dépense.

La liquidation des dépenses est faite par l'agent compétent, sous sa


responsabilité, au vu des titres établissant les droits acquis aux créanciers.
On entend par agent compétent, au sens du présent décret, la personne
habilitée, par l'ordonnateur concerné, à réceptionner les travaux, les
fournitures ou services et à en attester le service fait avant certification par
l'ordonnateur.

A défaut d'agent compétent, la liquidation et la certification du service fait


sont effectuées directement par l'ordonnateur et sous sa responsabilité.

Article 54 : L'ordonnancement est l'acte administratif donnant,


conformément aux résultats de la liquidation, l'ordre de payer la dette de la
préfecture ou la province ou du groupement. Il incombe à l'ordonnateur.

L'ordonnancement donne lieu à l'émission d'une ordonnance de paiement.


Toutefois, certaines dépenses peuvent être payées sans ordonnancement
préalable. La liste desdites dépenses est fixée par arrêté conjoint du ministre
chargé de l'intérieur et du ministre chargé des finances. Cet arrêté est publié
au " Bulletin officiel ".

Les dépenses payées sans ordonnancement préalable, sont notifiées, sans


délai, par le comptable assignataire à l'ordonnateur.

Article 55 : Les dépenses des préfectures et provinces ou de leurs


groupements sont soumises :

- à un contrôle préalable, au stade de l'engagement ;

- à un contrôle de validité de la dépense, au stade du paiement.

Le contrôle préalable d'engagement et le contrôle de validité de la dépense


s'exercent conformément aux dispositions du présent chapitre.

Toutefois, le contrôle préalable d'engagement fait l'objet d'un allègement dit


"contrôle moduléî, dans les conditions et selon les modalités prévues à la
section 3 du présent chapitre.

Section 2 : Procédures d'engagement et modalités d'exercice du


contrôle d'engagement des dépenses
A) Procédures d'engagement

Article 56 : Toute proposition d'engagement, d'annulation ou de réduction


d'engagement est notifiée, sous format papier ou électronique, par
l'ordonnateur au comptable assignataire, aux fins de visa et de prise en
charge comptable.

Article 57 : Les dépenses permanentes, créées au moyen d'actes ne


comportant pas de limitation de durée et dont l'effet ne peut cesser qu'au
moyen d'actes y mettant fin, sont engagées dès le début de l'année
budgétaire. La liste desdites dépenses est fixée par arrêté du ministre de
l'intérieur.

A cet effet, l'ordonnateur notifie au comptable assignataire la proposition


d'engagement appuyée d'un état récapitulatif regroupant, par ligne
budgétaire, les actes en cours de validité.

Article 58 : Sont considérées comme engagées :

- au début de l'année budgétaire, les dépenses permanentes ;

- au fur et à mesure des décisions prises par l'ordonnateur, toutes les autres
dépenses.

Article 59 : Au mois de janvier de chaque année, l'ordonnateur établit :

- un relevé nominatif du personnel de la préfecture ou la province ou du


groupement comportant le montant de leur rémunération. Deux copies dudit
relevé sont remises au comptable assignataire ;

- un relevé détaillé des autres dépenses permanentes telles que les loyers, les
abonnements et les annuités d'emprunts.

Les modifications, éventuellement intervenues, en cours d'année, au titre des


dépenses permanentes ou de la liste du personnel, font l'objet de relevés
modificatifs établis par l'ordonnateur et adressés, sans délai, en double
exemplaire au comptable assignataire.

Article 60 : Les dépenses d'équipement sur autorisation de programme


peuvent être engagées dans la limite des crédits d'engagement prévus par
celle-ci.

B) Modalités d'exercice du contrôle d'engagement

Article 61 : Sous réserve des dispositions du 3ème alinéa du présent article,


le comptable assignataire exerce un contrôle de régularité qui consiste à
vérifier que les propositions d'engagement des dépenses sont régulières au
regard des disposions législatives et réglementaires d'ordre financier en
vigueur.

Il exerce également un contrôle budgétaire portant sur :

- la disponibilité des crédits et des postes budgétaires ;

- l'imputation budgétaire de la dépense ;

- l'exactitude des calculs du montant de l'engagement, au regard des


éléments dont il dispose ;
- le total de la dépense à laquelle la préfecture ou la province ou le
groupement s'oblige pour toute l'année d'imputation.

Ne sont pas soumises au contrôle de régularité au regard des disposions


législatives et réglementaires d'ordre financier :

a) les dépenses des fonctionnaires et agents relatives aux situations


administratives et aux salaires, à l'exception de celles relatives aux décisions
de recrutement, de titularisation, de réintégration, de changement de grade
et de sortie du service, quel qu'en soit le montant ;

b) les dépenses relatives aux transferts et aux subventions accordées aux


établissements publics, aux impôts et taxes, aux décisions judiciaires et aux
loyers, quel qu'en soit le montant, à l'exception des actes initiaux de location
et les actes modificatifs les concernant ;

c) les dépenses des fonctionnaires et agents autres que celles visées ci-
dessus et dont le montant est inférieur ou égal à cinq mille (5.000,00)
dirhams ;

d) les dépenses de biens et services dont le montant est inférieur ou égal à


vingt mille (20.000,00) dirhams ;

e) les indemnités au titre du capital décès ;

f) les redevances d'eau, d'électricité et de télécommunications ;

g) les frais d'assurance des véhicules du parc automobile ;

h) les abonnements aux journaux, aux revues et aux autres publications, quel
que soit leur forme ;

i) l'acquisition de vignettes par voie de conventions pour l'achat de carburant


et lubrifiant et l'entretien du parc auto ainsi que le transport des
fonctionnaires et agents.

Les dépenses visées au 3ème alinéa ci-dessus demeurent soumises au


contrôle budgétaire.

La nature ainsi que le plafond des dépenses précitées peuvent être modifiés
ou complétés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre
chargé des finances.

Article 62 : Pour l'exercice du contrôle d'engagement des dépenses, les


propositions d'engagement de dépenses faites par l'ordonnateur sont
accompagnées d'une fiche d'engagement qui précise notamment la rubrique
budgétaire concernée, les crédits disponibles ainsi que le montant de la
proposition d'engagement.

Les pièces justificatives relatives aux propositions d'engagement sont


notifiées par l'ordonnateur au comptable assignataire aux fins de l'exercice
du contrôle d'engagement.

Les dossiers d'engagement des dépenses non soumises au contrôle de


régularité au regard des dispositions législatives et règlementaires d'ordre
financier sont constitués d'une fiche navette qui fixe, notamment, les
rubriques budgétaires et les crédits disponibles ainsi que le montant de la
proposition d'engagement, en vue d'apposer le visa sur la disponibilité des
crédits ou des postes budgétaires et leur prise en charge comptable.

Le modèle de la " fiche navette " est fixé par décision du ministre de
l'intérieur.

Les pièces relatives aux engagements de dépenses, non soumises au contrôle


de régularité, sont gardées par l'ordonnateur pour être jointes au dossier
d'ordonnancement y afférent.

Article 63 : Le contrôle d'engagement s'exerce :

- soit par un visa apposé sur la proposition d'engagement de dépenses ;

- soit par une suspension de visa sur la proposition d'engagement et le renvoi


à l'ordonnateur des dossiers d'engagement non visés aux fins de
régularisation ;

- soit par un refus de visa motivé. (ACSA2022)

En cas de suspension ou de refus de visa, les observations qu'appelle la


proposition d'engagement sont regroupées et font l'objet d'une seule
notification à l'ordonnateur.

Article 64 : Le délai dont dispose le comptable assignataire, pour apposer


son visa ou le suspendre, est de douze (12) jours ouvrables francs, pour les
marchés et de cinq (5) jours ouvrables francs pour les autres natures de
dépenses, à compter de la date de dépôt de la proposition d'engagement.

A défaut de réponse dans le délai prescrit, le comptable assignataire est tenu


d'apposer son visa sur la proposition d'engagement dès l'expiration dudit
délai et d'en faire retour à l'ordonnateur.

Les dispositions du présent article ne peuvent, toutefois, être opposables au


comptable assignataire que par l'ordonnateur concerné.

Article 65 : Ne sont pas soumises au visa, lors du contrôle d'engagement de


dépenses, les dépenses payées sans ordonnancement préalable visées à
l'article 54 ci-dessus.

Article 66 : L'ordonnateur est tenu, avant tout commencement d'exécution


de travaux, de services ou de livraison de fournitures, de notifier à
l'entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services concerné l'approbation,
les références du visa apposé sur les propositions d'engagement relatives aux
marchés publics, aux bons de commande, aux conventions ou contrats ainsi
qu'aux avenants éventuels.

Les références de ce visa peuvent être réclamées à l'ordonnateur concerné,


le cas échéant, par l'entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services.

Article 67 : Lorsque l'ordonnateur maintient une proposition d'engagement


d'une dépense ayant fait l'objet d'un refus de visa, il saisit le ministre de
l'intérieur ou la personne déléguée par lui à cet effet pour statuer.

Dans ce cas, sauf si le refus de visa est motivé par l'insuffisance ou


l'indisponibilité de crédits ou de postes budgétaires ou le non-respect d'un
texte législatif ou règlementaire, le ministre de l'intérieur ou la personne
déléguée par lui à cet effet peut, par décision, passer outre à ce refus de visa.

Section 3 : Le contrôle modulé de la dépense


Article 68 : Le contrôle modulé de la dépense prévu au dernier alinéa de
l'article 55 ci-dessus est un contrôle allégé applicable aux dépenses des
préfectures et provinces et des groupements qui sont tenus de disposer d'un
système de contrôle interne leur permettant de s'assurer, parmi les contrôles
qui leur sont dévolus par la réglementation en vigueur :

1- au stade de l'engagement :

a) de la régularité au regard des dispositions législatives et réglementaires


d'ordre financier de l'engagement de dépenses autres que celles visées au
paragraphe 4 de l'article 69 ci-dessous ;

b) du total de la dépense à laquelle la préfecture ou la province ou le


groupement s'oblige pour toute l'année d'imputation ;

c) de la répercussion de l'engagement sur l'emploi de la totalité des crédits


de l'année en cours et des années ultérieures.

2- au stade de l'ordonnancement :

a) de la disponibilité des crédits ;

b) de l'existence du visa préalable de l'engagement, lorsque ce visa est requis


;
c) de l'inexistence du double paiement d'une même créance.

Article 69 : Lors de l'exercice du contrôle modulé des dépenses visé à


l'article 68 ci-dessus, le comptable public s'assure au stade de l'engagement
de ce qui suit :

1- de la disponibilité des crédits et des postes budgétaires ;

2- de l'exactitude des calculs du montant de l'engagement ;

3- de l'imputation budgétaire ;

4- de la régularité au regard des dispositions législatives et réglementaires


d'ordre financier des propositions d'engagement de dépenses concernant :

a) les actes de recrutement, de titularisation, de réintégration, de


changement de grade et de sortie de service relatifs aux fonctionnaires et
agents ;

b) les actes initiaux de location et les actes modificatifs y afférents ;

c) les dépenses des fonctionnaires et agents autres que celles visées au


paragraphe a) du 3ème alinéa de l'article 61 ci-dessus dont le montant est
supérieur à dix mille (10.000) dirhams ;

d) les dépenses des biens et services dont le montant est supérieur à cent
mille (100.000) dirhams ;

e) les marchés, les avenants et autres actes modificatifs y afférents dont le


montant, pris séparément, est supérieur à quatre cent mille (400.000)
dirhams, ainsi que les marchés négociés quel qu'en soit le montant ;

f) les contrats d'architectes relatifs aux marchés visés au e) du présent


paragraphe ;

g) les conventions et les contrats de droit commun dont le montant est


supérieur à deux cent mille (200.000) dirhams.

Article 70 : Le contrôle modulé prévu au dernier alinéa de l'article 55 ci-


dessus peut faire l'objet d'un allègement supplémentaire au bénéfice des
préfectures et provinces et des groupements qui disposent, outre les critères
définis à l'article 68 ci-dessus, d'un système d'audit et de contrôle interne leur
permettant de s'assurer :

a) de la régularité au regard des dispositions législatives et réglementaires


d'ordre financier de l'engagement des dépenses autres que celles visées au
2ème paragraphe du premier alinéa de l'article 71 ci-dessous ;
b) de l'exactitude des calculs du montant de l'engagement ;

c) de l'exactitude de l'imputation budgétaire.

Article 71 : Lors de l'exercice du contrôle de régularité objet de l"allégement


supplémentaire, le comptable assignataire s'assure au stade de l'engagement
de ce qui suit :

1- de la disponibilité des crédits et des postes budgétaires ;

2- de la régularité au regard des dispositions législatives et réglementaires


d'ordre financier des propositions d'engagements de dépenses concernant :

a) les actes de recrutement, de titularisation, de réintégration, de


changement de grade et de sortie de service relatifs aux fonctionnaires et
agents ;

b) les actes initiaux de location et les actes modificatifs y afférents ;

c) les marchés, les avenants et autres actes modificatifs y afférents dont le


montant, pris séparément, est supérieur à un million (1.000.000) de dirhams,
ainsi que les marchés négociés quel qu'en soit leur montant ;

d) les contrats d'architectes relatifs aux marchés visés au c) du présent


paragraphe ;

La nature ainsi que le plafond des dépenses précitées peuvent être modifiés
ou complétés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre
chargé des finances.

Article 72 : La préfecture ou la province ou le groupement peuvent, sur


proposition du président du Conseil, être qualifiés par arrêté du ministre de
l'intérieur pris sur la base d'un rapport réalisé conjointement par les pris
compétents du ministère de l'intérieur et du ministère des finances, a l"issue
d'un audit de leurs capacités de gestion.

L'opération d'audit s'effectue suivant un référentiel fixé par arrêté conjoint du


ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Le référentiel d'audit se compose des quatre aspects suivants :

- la capacité de la gestion financière ;

- la capacité d'exécution de la dépense ;

- la capacité de contrôle interne ;

- la capacité de gestion de l'information.


Il est mis en place, par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre
chargé des finances, un système de suivi permettant de s'assurer que la
qualité et la sécurité des procédures d'exécution des dépenses de la
préfecture ou la province ou du groupement sont maintenues au même
niveau de capacité de gestion qui lui a permis de bénéficier du contrôle
modulé de la dépense.

Section 4 : Procédures de liquidation et d'ordonnancement


Article 73 : Aucune dépense ne peut être liquidée et ordonnancée qu'après
constatation des droits du créancier.

Cette constatation résulte, soit d'un certificat attestant l'exécution du service,


soit d'un décompte exprimé en quantité et en montant des fournitures ou
prestations livrées ou des travaux réalisés. Les mémoires et factures
présentant ce décompte doivent être totalisés en chiffres et arrêtés en toutes
lettres, datés et signés par les créanciers qui doivent y porter, en outre,
l'indication de leur adresse et de leur identité bancaire.

Lesdits mémoires et factures doivent être revêtus de la certification du


service fait par l'ordonnateur, à moins qu'il n'ait été constatée soit par un
procès-verbal compris au nombre des pièces justificatives, soit par la
déclaration de l'agent compétent.

Article 74 : L'agent compétent visé à l'article 53 ci-dessus vérifie si les


dépenses liquidées ont été préalablement engagées selon les formalités
prévues par les textes réglementaires en vigueur.

Il vérifie, également, les calculs et les détails des décomptes ainsi que la
régularité des pièces justificatives.

Article 75 : Les dépenses liquidées et arrêtées donnent lieu à


ordonnancement.

Cet ordonnancement ne peut, sous réserve des exceptions prévues par la


réglementation en vigueur ou par arrêté conjoint du ministre chargé des
finances et du ministre de l'intérieur, intervenir avant, soit l'exécution du
service ou l'échéance de la dette, soit la décision individuelle d'attribution de
subvention ou d'allocation prévue par la législation et la réglementation en
vigueur.

Des acomptes ou avances peuvent, toutefois, être consentis au personnel,


soit par voie de régie de dépenses, soit par voie d'ordonnancement, dans les
conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du
ministre de l'intérieur.

Les ordonnances de paiement sont datées et portent, par ordonnateur, un


numéro d'ordre d'une série unique et ininterrompue par année budgétaire.

EIles doivent comporter les indications suivantes :

- la désignation de l'ordonnateur ;

- l'imputation budgétaire ;

- l'année d'origine de la créance ;

- la désignation précise du créancier : nom, prénom ou raison sociale et, le


cas échéant, son adresse ;

- le montant et l'objet de la dépense et, le cas échéant, la référence du titre


auquel les justifications ont été jointes ;

- la référence du visa apposé sur la proposition d'engagement.

L'ordonnancement des dépenses donne lieu à paiement par virement.

Toutefois, le paiement en numéraire peut intervenir au profit des personnes


physiques dans les conditions définies par arrêté conjoint du ministre chargé
des finances et du ministre de l'intérieur.

Article 76 : Lorsque l'ordonnancement est effectué au bénéfice d'un


organisme public, l'ordonnance de paiement doit être émise au nom du
comptable assignataire auprès dudit organisme.

Article 77 : La remise aux bénéficiaires des ordres de paiement est


effectuée par l'ordonnateur et sous sa responsabilité.

Cette remise s'opère contre décharge, après reconnaissance de l'identité


desdits bénéficiaires, de leurs ayants droit ou de leurs représentants, ainsi
que de la régularité des pouvoirs de ces derniers.

Article 78 : Lorsqu'un créancier refuse de recevoir l'ordre de paiement,


l'ordonnateur peut, par arrêté motivé, faire consigner par le comptable
assignataire, le montant du paiement à la caisse des dépôts et de gestion et
en informe le créancier par lettre recommandée avec accusé de réception.

Article 79 : Les ordonnances de paiement sont arrêtées, signées et émises


par l'ordonnateur, dès constatation du service fait et au plus tard dans les
quarante-cinq (45) jours qui suivent la date de ladite constatation et sont
transmises au comptable assignataire, appuyées des pièces justificatives
correspondantes.

Ces ordonnances de paiement sont récapitulées sur des bordereaux


d'émission et, le cas échéant, sur un support électronique que l'ordonnateur
communique au comptable assignataire.

Section 5 : Modalités d'exercice du contrôle de validité des dépenses


Article 80 : Le comptable assignataire est tenu d'exercer, avant visa pour
paiement, le contrôle de validité de la dépense portant sur :

- l'existence du visa préalable d'engagement, lorsque ce visa est requis ;

- l'exactitude des calculs de liquidation ;

- le caractère libératoire du règlement ;

Il est, en outre, chargé de s'assurer de :

- la signature de l'ordonnateur ou de son délégué ;

- la disponibilité des crédits de paiement ;

- la disponibilité des fonds ;

- de la production des pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté
conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances, y
compris celles comportant la certification du service fait.

Le comptable assignataire ne doit, en aucun cas, effectuer ou refaire le


contrôle de régularité de la dépense au stade du paiement.

La disponibilité des fonds visée ci-dessus doit être appréhendée dans le cadre
de la règle de l'unité de caisse, en vertu de laquelle l'ensemble des fonds
disponibles servent à la couverture de l'ensemble des dépenses, sans
distinction de l'affectation initiale des fonds.

Lorsque le comptable assignataire ne relève aucune irrégularité, il procède au


visa et au règlement des dépenses dont il conserve les ordonnances de
paiement et les justifications correspondantes prévues par les réglements en
vigueur.

Il renvoie, ensuite, à l'ordonnateur les ordres de paiement payables en


numéraire, appuyés de leurs bordereaux d'émission, pour remise à leurs
bénéficiaires, ainsi que les bordereaux d'émission relatifs aux paiements par
virement, dûment annotés de la mention du virement ou des références du
moyen de paiement ou de l'opération de compensation éventuelle.

Toutefois, lorsqu'il constate une irrégularité au regard des dispositions du


présent article, il suspend le visa et renvoie à l'ordonnateur les ordonnances
de paiement non visées, appuyées d'une note dûment motivée comprenant
l'ensemble des observations relevées par ses soins, aux fins de régularisation.
Le comptable assignataire dispose, pour apposer son visa ou le suspendre, de
cinq (5) jours pour les dépenses du personnel et de quinze (15) jours pour les
autres dépenses.

Ces délais prennent effet à partir de la date de réception des ordonnances ou


mandats de paiement.

Article 81 : Lorsque le comptable assignataire suspend le paiement d'une


dépense en vertu du 7ème alinéa de l'article 80 ci-dessus et que l'ordonnateur
requiert qu'il soit passé outre, par écrit et sous sa responsabilité, le
comptable assignataire, dont la responsabilité se trouve alors dégagée,
procède au visa pour paiement et annexe, à l'ordonnance, copie de sa note
d'observations et l'ordre de réquisition.

Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, le comptable


assignataire doit refuser de déférer aux ordres de réquisition lorsque la
suspension de paiement est motivée par :

- soit l'absence, l'indisponibilité ou l'insuffisance des crédits ;

- soit l'absence, l'indisponibilité ou l'insuffisance des fonds ;

- soit l'absence du visa préalable de la proposition d'engagement ;

- soit le défaut du caractère libératoire du règlement.

En cas de refus de la réquisition, le comptable assignataire rend


immédiatement compte au ministre chargé des finances, ou à la personne
déléguée par lui à cet effet pour statuer sur la question.

Article 82 : Le comptable assignataire est autorisé à viser les ordonnances


de paiement correspondant aux dépenses d'équipement engagées, dans la
limite des crédits reportés, au vu de l'état détaillé établi par l'ordonnateur et
certifié préalablement par ledit comptable.

Il est, également, autorisé à viser, au vu de l'état de report de crédits établi


par l'ordonnateur et certifié, préalablement, par ledit comptable, les
ordonnances de paiement émises sur les crédits de fonctionnement et restées
impayées après la clôture de la gestion.

Article 83 : Les créanciers porteurs de titres ou de jugements exécutoires à


l'encontre d'une préfecture ou province ou d'un groupement ne peuvent se
pourvoir valablement en paiement que devant l'ordonnateur de ladite
préfecture ou province ou dudit groupement.

Si l'ordonnateur concerné refuse d'émettre les ordres de paiement de ces


dépenses, il peut être fait recours au droit de substitution dans les conditions
prévues à l'article 189 de la loi organique n° 112-14 relative aux préfectures
et provinces.

Article 84 : Les ordonnances de paiement, émises au titre d'une année


budgétaire, sont présentées au visa du comptable assignataire, au plus tard
le 30 décembre de ladite année.

Pour ce faire, l'ordonnateur doit intervenir auprès des créanciers pour les
inviter à lui présenter leurs factures ou mémoires avant la date précitée.

Article 85 : Lorsqu'une dépense concernant l'année budgétaire en cours a


reçu une imputation inexacte, l'ordonnateur remet au comptable assignataire
un certificat de réimputation au moyen duquel ce dernier constate
l'augmentation et la diminution de dépenses aux lignes budgétaires
concernées et joint ledit certificat aux pièces justificatives devant
accompagner le compte de la préfecture ou de la province ou du groupement.

Article 86 : Lorsqu'une dépense a été payée pour une somme supérieure


aux droits du créancier, l'ordonnateur doit émettre un ordre de recette à
l'encontre du bénéficiaire dudit paiement, à hauteur du montant perçu en
trop.

Article 87 : Lorsqu'une dépense régulièrement imputée par l'ordonnateur a


été mal classée dans les écritures du comptable assignataire, celui-ci établit
un certificat dont il est fait emploi comme indiqué pour le certificat de
réimputation visé à l'article 85 ci-dessus.

Une copie de ce certificat est notifiée immédiatement à l'ordonnateur.

Article 88 : En application des dispositions du dernier alinéa de l'article 193


de la loi organique précitée n° 112-14 relative aux préfectures et provinces,
les reversements de fonds sur les dépenses budgétaires peuvent, dans les
conditions et selon les modalités fixées ci-après, donner lieu à rétablissement
individuel de crédits ou à ouverture de crédits.

Le rétablissement de crédits peut intervenir au cours de l'année budgétaire


qui a supporté la dépense correspondante.

L'ouverture de crédits peut intervenir au cours de l'année budgétaire qui suit


celle qui a supporté la dépense correspondante.

Le rétablissement ou l'ouverture de crédits sont opérés par décision de


l'ordonnateur sur la base de la déclaration de recettes établie par le
comptable assignataire.

Section 6 : Paiement
Article 89 : Le paiement est l'acte par lequel la préfecture ou la province ou
le groupement se libère de sa dette.

Le paiement ne doit intervenir qu'au profit du véritable créancier ou de son


représentant qualifié.

Le paiement ne peut intervenir avant, soit l'exécution du service, soit


l'échéance de la dette, soit la décision individuelle d'attribution de la
subvention ou de l'allocation.

Par dérogation au principe du service fait prévu à l'alinéa précédent, il peut


être procédé au paiement des dépenses dont la liste est fixées comme suit :

- les abonnements aux journaux, aux périodiques, au " Bulletin officiel ", à des
publications diverses, à des revues spécialisées ou à l'abonnement pour
accès à des bases de données électroniques ;

- à la commande pour l'achat d'ouvrages à l'unité ;

- à des primes d'assurance.

La présente liste peut être modifiée ou complétée par arrêté conjoint du


ministre de l'intérieur et du ministre des finances.

Article 90 : Pour les acquisitions réalisées à l'étranger, les préfectures ou les


provinces et les groupements peuvent être autorisés à ouvrir des accréditifs
bancaires, dans le cadre de conventions, accords ou marchés passés avec
des entreprises étrangères, dans les conditions et selon les modalités fixées
par instruction conjointe du ministre chargé des finances et du ministre de
l'intérieur.

Article 91 : Par dérogation au deuxième alinéa de l'article 89 ci-dessus et


afin de simplifier les procédures d'exécution des dépenses, des dépenses
peuvent être payées comme suit :

- le paiement de la main-d'oeuvre ouvrière et du personnel assimilé peut être


effectué par le comptable assignataire au vu d'un ordre de paiement établi en
son nom et appuyé des rôles de journées établis par l'ordonnateur ;

- lorsqu'un service groupe plusieurs agents dont les émoluments sont


payables en espèces, le paiement peut être fait par le comptable assignataire
entre les mains d'un régisseur, désigné par l'ordonnateur. A cet effet, des
régies de dépenses sont créées par décision de l'ordonnateur. Cette décision
précise l'objet et la nature des dépenses à exécuter dans le cadre de la régie.
Des arrêtés, pris dans les mêmes formes, désignent le ou les régisseurs et
leurs suppléants.

- des avances en régie dont le plafond du montant est fixé par arrêté du
ministre de l'intérieur peuvent être faites aux régisseurs de dépenses.
Toutefois, le plafond de l'encaisse fixé ci-dessus peut être relevé par arrêté
pris par l'ordonnateur après visa du ministre de l'intérieur ou de son délégué.

Article 92 : Les dispositions des articles 46 et 47 prévues ci-dessus relatives


respectivement à la responsabilité des régisseurs de recettes et au contrôle
qui leur est applicable s'appliquent aux régisseurs de dépenses.

Les régisseurs de dépenses doivent justifier au comptable assignataire


l'emploi des avances par l'intermédiaire de l'ordonnateur ou le reversement
des fonds non employés, dans un délai maximum ne dépassant pas trois mois
(3) à compter de la date de perception des fonds.

En cas de non justification de l'emploi des fonds reçus ou de défaut de


reversement dans les délais prescrits, le régisseur de dépenses est déclaré
débiteur par décision du ministre chargé des finances ou de la personne
déléguée par lui à cet effet, prise à l'initiative du ministre de l'intérieur ou de
l'ordonnateur, soit directement, soit à la demande du comptable assignataire.

Il peut, également, être déclaré débiteur dans les mêmes formes, en cas de
détournement, malversation ou de déficit commis ou constatés dans sa caisse
ou dans ses écritures.

Le recouvrement des débets est poursuivi dans les conditions applicables aux
créances des préfectures et provinces ou des groupements.

Les règles de fonctionnement des régies de dépenses des préfectures et


provinces ou des groupements sont fixées par instruction conjointe du
ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.

Article 93 : Les régisseurs de dépenses sont tenus, dès leur prise de service,
de souscrire une police d'assurances auprès de l'une des entreprises
d'assurance agréées, garantissant, durant l'exercice de leurs fonctions, leur
responsabilité personnelle et pécuniaire, et ce conformément à la législation
en vigueur.

A la cessation des fonctions du régisseur ou en cas de mutation, un quitus lui


est délivré par l'ordonnateur au vu d'une attestation du comptable
assignataire constatant qu'à la fin de sa gestion, le régisseur n'est redevable
à la préfecture ou à la province ou au groupement d'aucune somme ou
valeur.

Article 94 : Toutes saisies-arrêts ou oppositions sur des sommes dus par les
préfectures et les provinces ou les groupements, tout avis à tiers détenteur,
toutes significations de cession ou de transport desdites sommes et toutes
autres significations ayant pour objet d'en arrêter le paiement seront faits,
sous peine de nullité, entre les mains du comptable assignataire, par la voie
d'une notification transmise ou remise à la personne préposée pour la
recevoir.

En cas de transfert d'attributions entre comptables publics, les actes visés au


premier alinéa ci-dessus continueront à produire leur effet entre les mains du
nouveau comptable assignataire.

Tout acte d'empêchement visé au premier alinéa ci- dessus remis entre les
mains du comptable assignataire énonce le nom et la qualité de la partie
objet de la saisie-arrêt, de l'opposition ou de toute autre signification, la
désignation de la créance objet d'empêchement ainsi que l'identification du
service liquidateur de la dépense.

Toutefois, en ce qui concerne l'avis à tiers détenteur, la désignation de la


créance est donnée à titre indicatif.

Les saisies arrêts, oppositions, transport ou cession de créances et autres


significations ayant pour objet d'arrêter le paiement d'une créance ne
peuvent avoir d'effet s'ils interviennent après que le comptable assignataire
ait revêtu l'ordonnance de paiement de la mention " bon à payer " ou " bon
pour règlement " ou, en cas de dématérialisation, que cette ordonnance de
paiement ait atteint le stade de règlement.

Toutefois, les actes d'empêchement grevant les traitements et salaires payés


sans ordonnancement préalable reçus après le règlement desdits traitements
et salaires, sont exécutés à compter du mois suivant celui de leur notification.

Article 95 : Les comptables assignataires ne peuvent être assignés en


déclaration affirmative. Ils délivrent un état indiquant les significations qui
leur auront été notifiées à l'encontre du débiteur et les sommes qu'ils
détiennent au compte de ce dernier.

Article 96 : Les saisies-arrêts ou oppositions notifiées entre les mains des


comptables n'auront effet que pendant cinq ans à compter de la date à
laquelle elles ont été notifiées, si elles n'ont pas été renouvelées dans ledit
délai, quels que soient les actes postérieurs intervenus, même s'il a été rendu
un jugement de validité. Elles seront rayées d'office des registres du
comptable assignataire et ne seront pas comprises sur les états délivrés
conformément à l'article précédent.

Article 97 : Lorsqu'une créance fait l'objet d'opposition, saisie-arrêt, avis à


tiers détenteur, cession ou transport de créance, le comptable assignataire
est tenu de remettre aux parties intéressées, à leur demande, un extrait ou
un état desdites oppositions ou significations.

Toute somme retenue, en vertu des empêchements précités, est consignée


par le comptable assignataire à un compte de tiers. Toutefois, les sommes
retenues au titre des nantissements des marchés publics, d'avis à tiers
détenteur ou de cession de créances sur salaires sont réglées, directement,
aux bénéficiaires desdits nantissements, avis à tiers détenteur ou cession de
créances conformément à la législation qui leur est applicable, lorsque ledit
comptable n'a pas reçu notification d'autres empêchements se rapportant à
des créances dont le privilège prime celui du créancier nanti ou du
cessionnaire.

Article 98 : Les prélèvements sur les traitements, salaires et autres


rémunérations servis par les préfectures ou les provinces ou les
groupements, opérés en vertu de saisie-arrêt, d'avis à tiers détenteur ou de
cession de créances sont effectués dans les conditions et conformément au
barème fixé par les textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Article 99 : Lorsqu'une dépense doit être payée par acomptes, l'original de


la convention, du marché ou du contrat, qui en prévoit l'obligation, doit être
produit, au comptable assignataire, lors du paiement du premier acompte,
accompagné d'une copie certifiée conforme.

Article 100 : Le règlement des dépenses des préfectures et des provinces et


des groupements est fait par virement aux comptes ouverts au nom des
bénéficiaires auprès des établissements bancaires ou des comptables du
Trésor.

Il peut, en outre, être effectué par remise de chèques, par remise d'espèces,
ou par tout autre mode de règlement électronique, dans les conditions fixées
par la réglementation en vigueur.

Pour tout paiement en numéraire, le comptable public doit exiger que le


créancier date et signe, pour acquit, l'ordre de paiement. L'acquit ne doit
comporter ni restriction, ni réserve.

Le règlement d'une dépense en numéraire est réputé libératoire pour le


comptable, si l'acquit est complété par les références d'une pièce d'identité
officielle présentée par le créancier ou son représentant.

Le plafond des dépenses des préfectures et provinces et de leurs


groupements pouvant être payées en numéraire est fixé à dix milles (10.000)
dirhams. Ce plafond peut être modifié par arrêté conjoint du ministre de
l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Article 101 : La mention de virement datée et certifiée par le comptable


assignataire est considérée libératoire pour ce dernier vis-à-vis de la
préfecture ou de la province ou du groupement.

A l'égard du créancier, le comptable assignataire est libéré par la délivrance


d'un certificat établissant les diligences faites pour le virement ou l'emploi du
montant de la créance.

Article 102 : Les sommes à régler en numéraire à des illettrés peuvent être
payées à leurs bénéficiaires qui apposent leur empreinte digitale en présence
d'une personne assermentée ou de deux témoins, justifiant de leur identité.
Ces derniers doivent signer une déclaration, conjointement, avec le
comptable assignataire.

Les sommes dues à des personnes incarcérées sont payées à leurs


bénéficiaires par l'intermédiaire d'un agent désigné en cette qualité sur
production d'une procuration signée conjointement par ledit agent et par le
détenu et dûment visée par le chef de l'établissement pénitentiaire, appuyée
d'un bulletin d'écrou.

Les sommes dues à des personnes se trouvant dans l'incapacité ou


l'impossibilité de signer, peuvent être payées à leurs représentants
conformément aux dispositions de l'article 103 ci-après.

Les sommes dues à des personnes grabataires leur sont payées en numéraire
à leur domicile, hôpital ou hospice par un agent dûment habilité par le
comptable assignataire, en présence de deux témoins justifiant de leur
identité.

Article 103 : Pour tout paiement à des personnes autres que les titulaires
des ordres de paiement, le comptable assignataire est tenu, en vue de
s'assurer de la régularité de l'acquit de la partie prenante, d'exiger, selon le
cas :

- pour les mandataires, la production d'un acte authentique ou sous-seing


privé dûment légalisé justifiant leurs pouvoirs ;

- pour les représentants légaux des personnes incapables, la justification de


leur qualité conformément aux règles du droit commun et la production de
l'acte de tutelle, le cas échéant ;

- pour les avocats, la production d'un extrait de jugement définitif précisant


leur qualité de représentants de la partie bénéficiaire et à défaut, une
procuration les habilitant à recevoir la somme à payer pour le compte de leur
client ;

- pour les représentants des héritiers incapables, la production de l'acte


d'hérédité et de l'acte de tutelle établis, le cas échéant, par les adouls,
notaires ou rabbins ainsi qu'un extrait d'acte de décès du titulaire de l'ordre
de paiement pour les ayants droit.

En cas de décès du titulaire d'un ordre de paiement, si la somme à payer à


l'ensemble des héritiers ne dépasse pas deux milles (2.000) dirhams le
paiement peut valablement avoir lieu sur la production d'un certificat faisant
connaître la date du décès et les ayants-droit, sans autre justification. Ce
certificat est délivré, sans frais, par les autorités locales, les notaires, les
juges, les cadis ou les rabbins. Ce plafond peut être relevé par arrêté du
ministre chargé des finances.

Dans la limite de la somme prévue à l'alinéa précédent, le comptable


assignataire peut effectuer le règlement des sommes dues entre les mains de
celui des héritiers du créancier qui en fait la demande, à condition que
l'héritier demandeur consente à en donner quittance, en se portant fort pour
ses cohéritiers absents. Cette quittance dégage la responsabilité du
comptable assignataire.

Article 104 : En cas de perte d'un ordre de paiement, son bénéficiaire est
tenu d'en produire une déclaration sur l'honneur à l'ordonnateur qui la
transmet au comptable assignataire, après en avoir délivré un duplicata, sur
la base d'une attestation écrite du comptable assignataire certifiant que
l'ordre de paiement adiré n'a été payé ni par lui ni pour son compte et que la
créance y afférente n'est pas prescrite.

Les copies de la déclaration de perte et du certificat de non-paiement sont


remises par le comptable assignataire à l'ordonnateur qui les conserve pour
sa justification. Les originaux sont joints au duplicata de l'ordre de paiement.

Article 105 : Les traitements et salaires sont payables par mois et à terme
échu, chaque mois étant compté indistinctement pour trente (30) jours. Il en
est de même des indemnités périodiques, à moins que des décisions
spéciales n'assignent d'autres termes aux paiements.

Chapitre III : Opérations de trésorerie


Article 106 : Sont définis comme opérations de trésorerie, tous les
mouvements de numéraire, de valeurs mobilisables, de dépôts, de comptes
courants et les opérations intéressant les comptes de créances et de dettes.

Article 107 : Les opérations de trésorerie sont exécutées par les comptables
publics, soit à leur initiative soit sur ordre des ordonnateurs, soit à la
demande des tiers qualifiés.

Les opérations de trésorerie sont décrites par nature dans des comptes de
trésorerie pour leur totalité et sans contraction entre elles.

Les charges et les produits résultant de l'exécution des opérations de


trésorerie sont imputés aux comptes budgétaires.

Article 108 : Les comptes de trésorerie sont créés par décision conjointe du
ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances ou des personnes
déléguées par eux à cet effet.

Article 109 : Les fonds des préfectures et provinces ou de leurs


groupements sont obligatoirement déposés au Trésor.
Ces fonds sont retracés par préfecture ou province ou groupement dans des
comptes dédiés à cet effet.

Ils sont productifs d'intérêts au taux et dans les conditions fixées par arrêté
du ministre chargé des finances.

Titre III : Règles applicables à la comptabilité

Chapitre premier : Règles générales


Article 110 : La comptabilité publique des préfectures et provinces et des
groupements a pour objet la description et le contrôle de leurs opérations
budgétaires et financières ainsi que l'information des organes de contrôle et
de gestion.

Cette comptabilité est organisée en vue de permettre :

- la connaissance et le contrôle des opérations budgétaires et de trésorerie ;

- la détermination des résultats annuels d'exécution ;

- la connaissance de la situation du patrimoine ;

- la connaissance des engagements des préfectures et provinces et de leurs


groupements envers les tiers ;

- le calcul des prix de revient, du coût et du rendement des prestations, le cas


échéant ;

- l'intégration des opérations des préfectures et provinces et des


groupements dans la comptabilité nationale.

La comptabilité des préfectures et provinces ou de leurs groupements décrit :

- les opérations budgétaires ;

- les opérations de trésorerie ;

- les opérations faites avec les tiers ;

- les mouvements du patrimoine et des valeurs d'exploitation.

Elle dégage les résultats de l'année budgétaire et permet d'établir des


situations de gestion et des états financiers.

Cette comptabilité est, sauf dispositions contraires, tenue par année


budgétaire.
Article 111 : La comptabilité des préfectures et provinces et de leurs
groupements est composée d'une comptabilité générale, d'une comptabilité
des matières, valeurs et titres, d'une comptabilité administrative et d'une
comptabilité budgétaire.

Chapitre II : Comptabilité générale


Article 112 : La comptabilité générale des préfectures et provinces et de
leurs groupements est tenue conformément à un plan comptable obéissant
aux principes du code général de normalisation comptable et aux normes
comptables internationales.

Ce plan comptable est fixé par arrêté conjoint du ministre chargé des
finances et du ministre de l'intérieur.

Le plan comptable des préfectures et provinces et de leurs groupements est


composé des parties suivantes :

- choix directeurs, objectifs et principes fondamentaux ;

- règles d'organisation et de procédures ;

- nomenclature et modalités générales de fonctionnement des comptes ;

- états financiers et situations de gestion ;

- règles d'évaluation.

Il comporte également une nomenclature des comptes répartis en catégories


homogènes intitulées " classes ". Ces classes sont au nombre de neuf :

- classe 1 : comptes de financement permanent ;

- classe 2 : comptes d'actif immobilisé ;

- classe 3 : comptes d'actif circulant (hors trésorerie) et comptes internes ;

- classe 4 : comptes de passif circulant (hors trésorerie) ;

- classe 5 : comptes financiers ;

- classe 6 : comptes de charges ;

- classe 7 : comptes de produits ;

- classe 8 : engagement hors bilan ;

- classe 9 : comptabilité analytique budgétaire.


Les opérations résultant de l'exécution des budgets des préfectures ou
provinces et de leurs groupements sont décrites en classe 9, dans une
comptabilité budgétaire.

Cette comptabilité fait l'objet de développements dans des comptabilités


auxiliaires tenues par nature de recettes et de dépenses.

La nomenclature des comptes peut être modifiée par arrêté conjoint du


ministre de l'intérieur et du ministre des finances.

Article 113 : La comptabilité générale des préfectures et provinces et de


leurs groupements est tenue par les ordonnateurs et les comptables
assignataires, chacun en ce qui le concerne, qui constatent toutes les
opérations faites pour le compte desdites préfectures ou provinces ou desdits
groupements, au titre du budget, des budgets annexes et des comptes
spéciaux, aux journaux de premières écritures, au grand livre et aux livres
auxiliaires.

Le recouvrement des produits budgétaires est décrit, par nature de recettes,


dans une comptabilité qui retrace distinctement au titre de l'année en cours,
de l'année précédente et des années antérieures :

- les prises en charge des ordres de recette ;

- les annulations et réductions ;

- les recouvrements réalisés.

Le paiement des dépenses du budget et des budgets annexes est décrit dans
une comptabilité qui retrace distinctement, par rubrique budgétaire, les
crédits et les émissions et qui en permet le rapprochement.

Article 114 : Les comptables publics arrêtent leurs écritures et registres


comptables au 31 décembre de chaque année.

A cette date, chaque comptable établit une situation de caisse et de


portefeuille et une balance générale des comptes.

Article 115 : Le comptable assignataire centralise, dans ses écritures,


l'ensemble des opérations effectuées par les autres comptables publics pour
le compte de la préfecture ou la de province ou du groupement, et détermine
le résultat d'exécution du budget, dans les conditions fixées au chapitre VIII
du présent titre.

Il établit, au plus tard, au 31 mars de l'année suivante, les états financiers et


les situations de gestion ci-après :
- le bilan ou la situation patrimoniale ;

- le compte de produits et charges ;

- le tableau des opérations budgétaires ;

- le tableau des opérations financières ;

- la situation des dettes de la préfecture ou la province ou du groupement ;

- la situation d'exécution du budget de la préfecture ou de la province ou du


groupement.

Les états financiers et les situations de gestion visés à l'alinéa précédent


doivent donner une image fidèle de l'état d'exécution du budget et de la
situation patrimoniale de la préfecture ou de la province ou du groupement.
Des états d'informations complémentaires peuvent, au besoin, être produits à
leur appui.

Article 116 : Les modalités de tenue automatisée de la comptabilité


générale des préfectures et provinces et de leurs groupements sont fixées
par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre de
l'intérieur.

Chapitre III : Comptabilité des matières, valeurs et titres


Article 117 : La comptabilité des matières, valeurs et titres a pour objet la
description des stocks existants et des mouvements concernant :

- les stocks de marchandises, fournitures, déchets, produits semi-finis,


produits finis et emballages commerciaux ;

- les matériels et objets mobiliers ;

- les titres nominatifs, au porteur ou à ordre et les valeurs diverses


appartenant ou confiés aux préfectures et provinces et à leurs groupements,
ainsi que les objets qui leur sont, éventuellement, remis en dépôt ;

- les formules, titres, tickets, timbres et vignettes destinés à l'émission ou à la


vente.

Elle dresse l'inventaire et retrace la valeur des matières, valeurs et titres


auxquels elle s'applique.

Elle est tenue dans les conditions et selon les modalités fixées par arrêté
conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des finances.

Article 118 : La comptabilité des matières, valeurs et titres est tenue par
l'ordonnateur et le comptable assignataire, chacun pour les matières, valeurs
et titres qu'il détient ou dont il a la charge, dans les conditions et selon les
modalités fixées par l'arrêté visé au dernier alinéa de l'article 117 ci-dessus.

Article 119 : A l'expiration de l'année budgétaire, l'ordonnateur et le


comptable assignataire établissent, chacun en ce qui le concerne, par
matières, valeurs ou titres :

- l'état d'inventaire ou le compte d'emploi ;

- la situation comptable par nature, faisant apparaître la situation au début de


l'année budgétaire, les mouvements intervenus en cours d'année et la
situation à la clôture de l'année budgétaire.

Lesdits états et situations sont établis, au plus tard, le 31 mars de l'année qui
suit celle à laquelle ils se rapportent pour être annexés au compte de la a
préfecture ou la province ou du groupement concerné à produire, par le
comptable public, à la cour régionale des comptes par le comptable public.

Chapitre IV : Comptabilité administrative


Article 120 : La comptabilité administrative est tenue sur la base d'une
nomenclatures fixée par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du
ministre de l'intérieur.

Article 121 : La comptabilité administrative retrace l'exécution des


autorisations budgétaires, ventilées selon la nomenclature budgétaire en
vigueur. Elle est tenue par l'ordonnateur pour les opérations de la préfecture
ou de la province ou du groupement.

Article 122 : La comptabilité administrative décrit également toutes les


opérations relatives :

- à la constatation et la liquidation des recettes ainsi que l'émission des


ordres de recettes y correspondant, y compris les ordres de recettes de
régularisation visés à l'article 43 ci-dessus ;

- à l'engagement et à l'ordonnancement des dépenses.

Elle est tenue de manière à distinguer l'exécution des dépenses :

- du budget ;

- des budgets annexes ;

- des comptes spéciaux.

Article 123 : Les livres de la comptabilité administrative utilisés pour suivre


l'exécution des recettes comportent:

- le livre journal des droits constatés au profit de la préfecture ou la province


ou du groupement ;

- le livre de comptes par nature de recettes.

Le livre journal retrace, dans des colonnes distinctes, le numéro d'ordre, la


date d'inscription, l'imputation de la créance et son objet, la désignation du
débiteur et le montant de la recette.

Le livre de comptes retrace les sommes devant être recouvrées, réparties


selon la nomenclature budgétaire en vigueur.

Ces opérations sont, le cas échéant, détaillées sur des livres auxiliaires dont
le nombre et la contexture sont déterminés selon les besoins des services,
par instruction conjointe du ministre chargé des finances et du ministre de
l'intérieur.

Article 124 : Les livres de la comptabilité administrative utilisés pour suivre


l'exécution des dépenses comportent :

- le livre d'enregistrement des droits des créanciers tenu par le service


liquidateur des dépenses et par l'ordonnateur ;

- le livre journal des ordonnances de paiement émises ;

- le livre de comptes par chapitre de dépenses.

Ces livres sont tenus par l'ordonnateur.

Les services de liquidation et d'ordonnancement tiennent, au besoin, des


registres et des livres de comptes auxiliaires.

Article 125 : Le livre d'enregistrement des droits des créanciers décrit,


sommairement, par rubrique budgétaire ou compte spécial, au fur et à
mesure de leur production, toutes les opérations d'ouverture, de modification
de crédits, d'engagement et de liquidation des dépenses.

Les ordonnateurs transmettent, mensuellement, au comptable assignataire


une situation indiquant par rubrique budgétaire ou compte spécial, tous les
crédits ouverts et le montant des engagements visés jusqu'au dernier jour du
mois précédent.

Après s'être assuré de la concordance des renseignements fournis avec ses


propres écritures, le comptable assignataire renvoie ladite situation, dûment
visée, à l'ordonnateur concerné.
Article 126 : Le livre journal des ordonnances de paiement émises est utilisé
pour l'enregistrement immédiat et successif, par ordre numérique, de toutes
les ordonnances de paiement émises pendant la durée de la gestion.

Les ordonnateurs transmettent, mensuellement, au comptable assignataire


une situation indiquant, par rubrique budgétaire ou compte spécial, tous les
crédits ouverts et le montant des émissions jusqu'au dernier jour du mois
précédent.

Après s'être assuré de la concordance des renseignements fournis avec ses


propres écritures, le comptable assignataire renvoie la situation visée à
l'ordonnateur concerné.

Article 127 : Les ordres de recettes émis par l'ordonnateur établissent les
droits constatés au profit de la préfecture ou de la province ou du
groupement.

Ils sont enregistrés sur le livre des comptes qui comporte, par rubrique
budgétaire :

- un numéro d'ordre ;

- la date de l'émission ;

- la nature du titre ;

- la désignation de la recette ;

- le nom du débiteur ou la référence au titre collectif ;

- le montant de l'ordre de recette ;

- la carte d'identité nationale pour les personnes physiques ou le numéro de


l'identifiant commun pour les entreprises ;

- la date d'envoi au comptable chargé du recouvrement ;

- le numéro du bordereau d'émission sur lequel le titre est porté.

Article 128 : Le livre-journal des droits constatés au profit de la préfecture


ou de la province ou du groupement est constitué du deuxième exemplaire
des bordereaux d'émission prévus à l'article 31 du présent décret ou de
fichiers électroniques.

Article 129 : La comptabilité administrative relative à l'exécution des


dépenses d'équipement comprend deux parties :

- la première partie décrit, par année budgétaire, les autorisations


d'engagement données et les crédits ouverts en conséquence de ces
autorisations ;

- la seconde partie décrit l'utilisation donnée par les ordonnateurs aux


autorisations d'engagement et aux crédits ouverts au titre l'année
budgétaire.

A - La première partie est tenue, sur un livre des crédits ouverts par
autorisations de programmes. Ce livre décrit par autorisation et par nature de
dépense, le montant initial de l'autorisation de dépense, les modifications y
apportées ultérieurement et son montant définitif.

Il décrit, en outre, pour chaque autorisation de programmes :

- les engagements nouvellement autorisés pour l'année et qui découlent du


montant cumulé des autorisations et des crédits ordinaires ouverts au titre de
l'année ;

- les paiements nouvellement autorisés pour l'année et qui découlent du


montant cumulé des crédits de paiement relatifs aux autorisations de
programme des années antérieures, des crédits de paiement correspondant
aux autorisations de programme de l'année en cours et des crédits ordinaires
ouverts au titre de la même année ;

- le montant cumulé des autorisations d'engagement et des autorisations de


paiement depuis la première année d'exécution de l'autorisation de
programme.

B - La seconde partie est tenue sur un livre de comptes par nature de


dépenses d'équipement.

Ce livre est tenu par autorisation de programme et par année budgétaire,


pour chaque nature de dépense ayant donné lieu à une autorisation distincte.

Article 130 : Le registre de comptabilité des dépenses engagées, tenu par le


service de la comptabilité, comprend, pour chaque rubrique budgétaire ou
compte spécial :

- le montant des crédits ouverts ;

- l'enregistrement des engagements de dépenses admis ;

- le montant des crédits disponibles.

Pour chaque engagement de dépense admis, le registre retrace au regard


d'un numéro d'ordre : la date de réception de l'engagement visé, la nature de
la dépense, le nom du créancier, le montant de la dépense et, s'il y a lieu, la
modification de l'évaluation initiale ainsi que la référence de
l'ordonnancement.

La proposition d'engagement, constituée de la fiche d'engagement ou de la


fiche navette selon le cas, est inscrite sur le registre comptable visé au
premier alinéa ci-dessus qui comporte:

- le numéro d'ordre ;

- le montant des crédits ouverts ;

- le montant des dépenses déjà engagées ;

- le montant des crédits disponibles ;

- l'imputation budgétaire ;

- la date de réception de la proposition d'engagement ;

- la nature de la dépense ;

- le nom du créancier ;

- le montant de la dépense.

La fiche d'engagement ou la fiche navette, selon le cas, est renvoyée, dûment


annotée du numéro d'enregistrement, au service gestionnaire après signature
de l'ordonnateur.

L'ordonnateur tient, en outre, un fichier complet du personnel permanent et


un registre des factures et marchés dans lequel sont inscrits pour chaque
année budgétaire, les objets ou travaux de même nature.

Ce registre peut être tenu sous format électronique.

Article 131 : Le livre d'enregistrement des commandes, fournitures ou


travaux, tenu par l'ordonnateur, comprend, par article :

- le numéro d'ordre ;

- les références de la fiche d'engagement ou la fiche navette, selon le cas ;

- la date de la commande ;

- le nom du fournisseur, du prestataire de service ou de l'entrepreneur ;

- la nature de la dépense ;

- le montant de la dépense ;
- la date de réception des factures et mémoires ;

- la date d'envoi du dossier liquidé au service de la comptabilité.

L'ordonnateur tient, également, un carnet à souche des bons de commande


numérotés et un carnet d'enregistrement des factures et mémoires reçus,
servis au jour le jour.

Le livre d'enregistrement et le carnet à souche visés aux alinéas précédents


peuvent être tenus sous forme électronique.

Article 132 : L'ordonnateur tient, en outre :

- le livre-journal des ordonnances de paiement émises, lesquelles sont


inscrites sous une série unique de numéros par année budgétaire ;

- le registre des droits des créanciers qui comporte, par rubrique budgétaire,
le montant des crédits ouverts, la date, le numéro et le montant des
ordonnances de paiement émises, ainsi que la référence des bordereaux
d'émission correspondants ;

les registres retraçant les états d'actif et de passif de la préfecture ou la


province ou du groupement.

Article 133 : A la clôture de l'année budgétaire, l'ordonnateur établit le bilan


d'exécution du budget.

Ce document doit présenter dans des colonnes distinctes:

En recettes :

- les numéros d'ordre des articles du compte et du budget ;

- la désignation des rubriques budgétaires ou des comptes spéciaux ;

- les prévisions budgétaires ;

- le montant des produits, d'après les titres et actes justificatifs, déduction


faite des annulations et des admissions en non-valeur ;

- le total des recettes, par rubrique.

En dépenses :

- les numéros d'ordre des articles du compte et du budget ;

- la désignation des rubriques budgétaires et des comptes spéciaux ;


- les crédits ouverts au budget, aux budgets annexes et aux comptes
spéciaux avec les modifications qui leur ont été apportées en cours d'année ;

- les dépenses engagées ;

- les ordres de paiement émis et visés ;

- les crédits à reporter par rubrique budgétaire et par comptes spéciaux ;

- les crédits annulés.

Une copie certifiée conforme du bilan d'exécution du budget, visée au


premier alinéa ci-dessus, est adressée au comptable assignataire.

Chapitre V : Comptabilité budgétaire

Section première : Comptabilité des engagements tenue par le


comptable assignataire
Article 134 : Le comptable assignataire tient une comptabilité des
engagements des dépenses des préfectures ou provinces ou des
groupements pour l'ensemble des crédits ouverts par rubrique budgétaire.

Cette comptabilité fait ressortir, par mois :

- les crédits ouverts par le budget, les budgets annexes et les comptes
spéciaux au titre de chaque rubrique budgétaire ainsi que les modifications
qui leur sont apportées en cours d'année ;

- les engagements faits sur ces crédits par les ordonnateurs ;

- les dépenses sans ordonnancement préalable effectuées au cours du mois


considéré.

En ce qui concerne les dépenses sans ordonnancement préalable, le


comptable assignataire tient la comptabilité des crédits ouverts et des
dépenses effectuées.

Le comptable assignataire tient, en outre, une comptabilité des postes


budgétaires ouverts par le tableau des effectifs, annexé au budget, qui fait
ressortir :

- le nombre de postes budgétaires ouverts ;

- les emplois budgétaires occupés ;

- les emplois budgétaires vacants.


Section 2 : Comptabilité deniers
Article 135 : Le comptable assignataire tient une comptabilité auxiliaire pour
y retracer :

- les dépenses étalées sur plusieurs années ;

- les dépenses par programmes ;

- les dépenses permanentes ;

- les crédits bloqués au titre des régies de dépenses ;

- les engagements reportés de l'année précédente.

Il tient cette comptabilité sur la base, des états d'engagement de dépenses et


des états de dépenses permanentes établis par l'ordonnateur et qui lui sont
notifiés.

Article 136 : Les comptables publics constatent toutes les opérations de


recettes et de dépenses, qu'ils ont exécutées ou centralisées, sur des
journaux divisionnaires.

Les recettes et les dépenses budgétaires et celles des budgets annexes et


des comptes spéciaux sont développées sur des registres auxiliaires.

Pour toutes les valeurs qui lui sont remises, le comptable assignataire délivre,
obligatoirement, un reçu extrait d'un carnet à souche-valeurs. La
comptabilisation de ces valeurs est retracée sur un carnet de compte
d'emploi.

Article 137 : Le recouvrement des créances des préfectures et provinces ou


de leurs groupements est décrit, par les comptables, par nature de recettes,
dans une comptabilité qui retrace, distinctement par rubrique, pour l'année
en cours et les années antérieures, la prise en charge des ordres de recettes
et les recouvrements effectués.

Cette comptabilité peut être tenue et éditée sous forme électronique.

Article 138 : Le paiement des dépenses est décrit dans une comptabilité qui
retrace, distinctement, par rubrique budgétaire, les crédits ouverts et les
émissions d'ordres de paiement.

Article 139 : Après chaque arrêté de fin de mois, le comptable assignataire


est tenu de notifier à l'ordonnateur, avant le 10 du mois suivant, une situation
résumée des opérations de recettes et de dépenses et une situation
consolidée des disponibilités de la préfecture ou de la province ou du
groupement, dont les modèles seront arrêtés par une instruction conjointe du
ministre chargé des finances et du ministre de l'intérieur.

La notification des situations visées ci-dessus, par le comptable assignataire,


peut faire l'objet d'échange électronique dans les conditions et selon les
formes fixées par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du
ministre de l'intérieur.

Article 140 : Le comptable chargé du recouvrement tient, en outre, une


comptabilité, pour retracer :

- la comptabilité des droits constatés et des recettes réalisées par rubrique et


par année budgétaire ;

- le registre des frais de recouvrement engagés ;

- le registre des frais de recouvrement encaissés ;

- les valeurs qui lui sont confiées par le comptable assignataire au moyen
d'un compte d'emploi.

Article 141 : Après chaque arrêté de fin de mois, le comptable assignataire


est tenu de notifier à l'ordonnateur, avant le 10 du mois suivant :

- la situation des valeurs ;

- la situation résumée des prises en charge, des recouvrements et des restes


à recouvrer.

Section 3 : Justification des opérations de recettes et de dépenses


Article 142 : La liste des pièces justificatives des opérations de recettes et
de dépenses des préfectures et provinces et de leurs groupements est fixée
par l'arrêté conjoint prévu aux articles 32 et 80 du présent décret.

Article 143 : En cas de perte, destruction ou vol des justifications remises à


l'un des comptables publics visés à l'article 14 ci-dessus, le trésorier général
du Royaume ou la personne déléguée par lui à cet effet peut autoriser le
comptable assignataire à pourvoir à leur remplacement.

Article 144 : Les livres comptables, les journaux, les registres et les
différents documents utilisés pour la tenue de la comptabilité des différentes
opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie, peuvent être édités et
tenus sous forme électronique, conformément aux modèles prévus par la
réglementation en vigueur.

Titre IV : Règles relatives au règlement du budget, à la présentation


des comptes et au contrôle

Chapitre premièr : Règlement du budget


Article 145 : Le règlement du budget est effectué par le comptable public,
après l'arrêté des comptes au 31 décembre de l'année considérée, lequel
règlement doit intervenir, au plus tard, le 31 janvier de l'année qui suit. Une
ampliation dudit règlement est communiquée à l'ordonnateur concerné avant
le 10 du mois suivant.

Article 146 : Les ordres de paiement visés par le comptable assignataire et


non payés avant le 31 décembre de l'année de leur émission sont imputés
aux lignes budgétaires concernées, au vu d'un état établi par ledit comptable
et appuyé des pièces justificatives correspondantes.

Le montant de ces ordres de paiement est repris en recettes à un compte de


trésorerie intitulé " restes à payer ", auquel seront imputés lesdits ordres de
paiement, lors de leur règlement.

Il est procédé de la même manière pour les ordres de paiement émis sur les
budgets annexes et les comptes spéciaux n'ayant pas fait l'objet de paiement
au 31 décembre.

Article 147 : Les excédents de gestion de la première partie des budgets


annexes sont reportés à la deuxième partie des opérations d'équipement de
ces mêmes budgets, pour dégager l'excédent général de gestion, qui doit
être repris en recette à la deuxième partie du budget au 31 décembre, date
de clôture de la gestion.

Les soldes des comptes spéciaux clôturés ainsi que les excédents de recettes
des comptes de dépenses sur dotations non consommés au cours de l'année
qui suit celle de leur ouverture, sont, repris dans les mêmes conditions, au
budget.

Les disponibilités des comptes spéciaux en activité sont automatiquement


reportées à la gestion suivante, pour assurer la continuité des opérations
d'une année budgétaire à l'autre.

Article 148 : Le résultat budgétaire de la gestion est déterminé par


comparaison des recettes et des dépenses de la première partie du budget
d'une part, et des recettes et des dépenses de la deuxième partie d'autre
part.

Cette situation fait ressortir un excédent ou un déficit de la première partie et


un excédent de la deuxième partie à la clôture de la gestion.

Article 149 : Les opérations visées aux articles 146 et 147 ci-dessus sont
constatées avant l'arrêté des écritures de la gestion qui s'achève et à l'issue
duquel l'excédent général de gestion est dégagé. Elles sont justifiées par des
autorisations d'encaissement préparées par le comptable public et signées,
conjointement, par lui et par l'ordonnateur.

Article 150 : Les autorisations budgétaires relatives aux dépenses


d'équipement, présentées par rubrique budgétaire, sont reportées d'année en
année et demeurent valables tant qu'elles n'ont pas été annulées.

Les crédits ouverts au titre des dépenses de fonctionnement sont annuels et


ne peuvent être, de ce fait, reportés que les crédits engagés et non payés à la
clôture de la gestion.

L'excédent de la première partie est reporté à la deuxième partie du budget,


après avoir mis en réserve des disponibilités des comptes spéciaux.

Le déficit de la première partie est couvert par un prélèvement sur l'excédent


éventuel de la deuxième partie, en tenant compte, toutefois, de l'intégralité
des crédits engagés et reportés par rubrique budgétaire ou par comptes
spéciaux.

Le résultat budgétaire général de clôture, qui ressort de la situation des


opérations d'équipement, est repris dans la gestion suivante au titre des
opérations d'équipement, à la rubrique intitulée " Excédent de l'année
précédente ".

Article 151 : Au début du mois de janvier, le comptable public établit, en


triple exemplaire, un état récapitulatif des restes à recouvrer au 31
décembre, arrêté par rubrique et pour chaque rubrique, par année d'origine
des créances, le signe et le soumet au visa de l'ordonnateur, qui en conserve
un exemplaire pour sa comptabilité administrative.

L'état récapitulatif des restes à recouvrer visé au premier alinéa ci-dessus est
appuyé d'un état nominatif.

Au vu du deuxième exemplaire, ledit comptable assignataire prend en charge


dans ses écritures le montant des créances restant à recouvrer, aux rubriques
budgétaires correspondantes de l'année suivante.

Chapitre II : Présentation des comptes


Article 152 : Après la clôture des opérations de l'année budgétaire, le
comptable public établit le compte de la préfecture ou de la province ou du
groupement.

Ce compte, présente, sous forme d'un développement de la balance


définitive, l'exécution du budget de la préfecture ou la province ou du
groupement.

Il comprend, également, les opérations de recettes et de dépenses des


budgets annexes et des comptes spéciaux, ainsi que des comptes de
trésorerie. (ACSA2022)

Ledit compte fait ressortir la situation financière de la préfecture ou de la


province ou du groupement à la fin de l'année pour laquelle il est rendu.

Article 153 : Les rubriques budgétaires sur lesquelles il n'a été émis aucun
titre de recettes font l'objet d'un certificat négatif établi par l'ordonnateur.

Article 154 : Le compte de la préfecture ou de la province ou du groupement


doit être exact et sincère, tant en recettes qu'en dépenses, daté et signé par
le comptable public, les renvois et ratures devant être approuvés et signés.

Article 155 : En cas de gestion scindée, le compte de la préfecture ou de la


province ou du groupement est produit par le comptable public en fonction à
la date de sa présentation.

Le compte est présenté à la cour régionale des comptes du ressort de


laquelle relève la préfecture ou de la province ou le groupement.

Le compte est constitué des pièces justificatives et des pièces générales


suivantes :

1. une expédition du budget et les copies certifiées conformes des décisions


autorisant les virements de crédits ;

2. les autorisations spéciales autorisant l'inscription de crédits


supplémentaires, annexées à une récapitulation desdites autorisations ;

3. une copie certifiée conforme du bilan d'exécution du budget de la


préfecture ou de la province ou du groupement ;

4. l'état de l'actif de la préfecture ou de la province ou du groupement que


l'ordonnateur doit fournir au comptable public ;

5. l'annexe à l'état de l'actif, expliquant l'origine des différences d'une année


à l'autre pour chacun des articles de recettes figurant à l'état de l'actif ;

6. l'état du passif de la préfecture ou de la province ou du groupement ;

7. le compte arrêté au 31 décembre des tickets ou vignettes servant à la


perception des produits en régie ;

8. l'arrêté de nomination du comptable la référence au compte de la


préfecture ou de la province ou du groupement auquel est annexé cet arrêté ;

9. un inventaire des pièces générales.


Toutefois, si les pièces générales énumérées aux paragraphes 3, 4, 5 et 6 ci-
dessus n'ont pas été communiquées au comptable assignataire par
l'ordonnateur au plus tard quinze (15) jours avant la date prévue à l'article
156 ci-après, le compte produit doit être appuyé de la copie de la
correspondance par laquelle le comptable public a demandé à l'ordonnateur
la production desdites pièces générales.

Article 156 : Le compte de la préfecture ou de la province ou du groupement


visé à l'article 152 ci-dessus est présenté au plus tard le 31 mars de l'année
suivant celle à laquelle il se rapporte, par le comptable public à son supérieur
hiérarchique qui le transmet à la cour régionale des comptes compétente, au
plus tard le 31 juillet de la même année.

Chapitre III : Contrôle


Article 157 : Les cours régionales des comptes exercent leurs attributions
sur les actes pris, visés et exécutés, respectivement, par les ordonnateurs et
les comptables publics des préfectures et provinces et de leurs groupements,
conformément aux dispositions de la loi susvisée n° 62-99 formant code des
juridictions financières.

Les comptes des préfectures et provinces et de leurs groupements sont


présentés à la cour régionale des comptes compétente dans les formes et
délais prévus par la loi précitée n° 62-99, le présent décret et les instructions
prises pour son application.

Article 158 : Les opérations financières et comptables de la préfecture ou de


la province sont soumises à un audit financier annuel effectué dans les
conditions et selon les modalités prévues à l'article 227 de la loi organique
précitée n° 112-14 relative aux préfectures et provinces.

Article 159 : Le contrôle de la gestion des comptables publics est assuré par
leurs supérieurs hiérarchiques et les corps de contrôle compétents.

Ce contrôle a lieu sur place et/ou sur pièces comptables.

Titre V : Dispositions diverses


Article 160 : Les dispositions du présent décret s'appliquent également aux
groupements des collectivités territoriales comportant parmi ses membres au
moins une région.

Article 161 : L'établissement, la conservation et la transmission des pièces


justificatives des recettes, des dépenses et des opérations de trésorerie
peuvent être dématérialisés selon les modalités et dans les conditions fixées
par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des
finances.
Article 162 : En attendant l'adoption du plan comptable visé au 2 ème alinéa
de l'article 112 ci-dessus, les préfectures et provinces et leurs groupements
tiennent une comptabilité des matières, valeurs et titres, une comptabilité
administrative et une comptabilité budgétaire.

Article 163 : Le présent décret entre en vigueur le premier janvier 2018 et


abroge à partir de la même date toutes dispositions contraires et notamment
les dispositions applicables aux préfectures et provinces et à leurs
groupements prévues par le décret n° 2-09-441 du 17 moharrem 1431 (3
janvier 2010) portant règlement de la comptabilité publique des collectivités
locales et de leurs groupements.

Demeurent, toutefois, en vigueur, à titre transitoire jusqu'à leur


remplacement conformément aux dispositions du présent décret, les textes
pris pour l'application du décret précité n° 2-09-441 du 17 moharrem 1431 (3
janvier 2010).

Article 164 : Le ministre de l'intérieur et le ministre de l'économie et des


finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du
présent décret qui sera publié au Bulletin officiel.

Fait à Rabat, le 4 rabii I 1439 (23 novembre 2017).


Saad Dine El Otmani.

Pour contreseing :

Le ministre de l'intérieur,
Abdelouafi Laftit.

Le ministre de l'économie et des finances,


Mohamed Boussaid.

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