Lycée Lakanal, Sceaux Pour le 09/10/2024, 21h00
MP – Mathématiques
A. Troesch
DM no 4 : Intégrales généralisées
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Problème – (Mines PC 2017 - Première répétition)
Partie I – Exponentielle tronquée
Pour x réel strictement positif et n entier naturel, on pose
n `8
ÿ nk xk ÿ nk xk
Tn pxq “ et Rn pxq “ .
k“0
k! k“n`1
k!
1. Justifier l’existence de Rn pxq. Que vaut la somme Tn pxq ` Rn pxq ?
2. En appliquant la formule de Taylor avec reste intégral à la fonction t ÞÑ ent , prouver pour tout réel x strictement
positif, pour tout entier n, la relation :
nn`1 x ´u n
ż
Rn pxq “ enx pue q du.
n! 0
Soit y un réel strictement positif. On pose
nn`1 n
an “ y .
n!
an`1
3. Calculer lim . En déduire que, si y ă e´1 , alors
nÑ`8 an
lim an “ 0.
nÑ`8
4. On suppose dans cette question que x Ps0, 1r. Montrer que la fonction u ÞÑ ue´u admet, sur r0, xs, un maximum
M tel que M ă e´1 . En déduire qu’au voisinage de l’infini,
Rn pxq “ openx q puis que Tn pxq „ enx .
`8
ż `8
5. Démontrer la relation n! “ tn e´t dt pour tout entier naturel.
0
6. Pour tout entier n ě 1, montrer l’identité suivante :
ż `8
nn`1
Tn pxq “ enx pue´u qn du.
n! x
7. En déduire que, si x ą 1, alors Tn pxq “ openx q lorsque n tend vers `8.
On pourra écrire pue´u qn ď pxe´x qn´1 ue´u pour u ě x.
Une estimation asymptotique de Tn pxq, pour x “ 1, sera obtenue dans la suite du problème.
Partie II – Méthode de Laplace
On admet la formule de l’intégrale de Gauss :
ż `8 ?
t2
e´ 2 dt “ 2π.
´8
Soit f : r´1, 1s Ñ R une fonction de classe C 2 sur laquelle on fait les hypothèses suivantes :
1
H1 : f p0q “ 1
H2 : f 2 p0q “ ´1
H3 : Pour tout x Ps ´ 1, 1rzt0u, 0 ă f pxq ă 1
H4 : les nombres f p´1q et f p1q appartiennent à l’intervalle r0, 1r.
Pour x Ps ´ 1, 1rzt0u, on pose
1
φpxq “ ´ 2 lnpf pxqq.
x
8. Montrer que f 1 p0q “ 0, puis, à l’aide d’un développement limité, déterminer k “ lim φpxq.
xÑ0
On prolonge φ en posant φp0q “ k.
9. Montrer que la fonction φ, sur s ´ 1, 1r, est minorée par un réel strictement positif. En déduire l’existence d’un
réel a strictement positif tel que pour tout x P r´1, 1s, on ait
2
f pxq ď e´ax .
Indication : on pourra distinguer les cas où f p1q et f p´1q sont non nuls des cas où l’un des deux au moins est
nul.
Pour tout n entier naturel non nul, on définit une fonction gn : R Ñ R par
$´ ´ ¯¯n ? ?
& f ?u si u P r´ n, ns,
n
gn puq “
%0 sinon.
10. Montrer que chaque fonction gn est continue par morceaux sur R et que la suite de fonctions pgn qně1 converge
simplement sur R vers la fonction g telle que pour tout u P R,
u2
gpuq “ e´ 2 .
11. En déduire que c
ż1
n 2π
pf pxqq dx „ .
´1 `8 n
On en déduit de la même manière que ż1 c
π
pf pxqqn dx „ . (1)
0 `8 2n
Partie III – Formule de Stirling
Avertissement : même si elle fait partie du programme, on (re)démontre dans cette partie la formule de Stirling.
12. Pour tout entier n ě 1, déduire de la question 5 que
n! “ nn`1 e´n pIn ` Jn q,
avec ż1 ż `8
n ´nx
In “ px ` 1q e dx et Jn “ px ` 1qn e´nx dx.
´1 1
13. Montrer que, pour tout x ě 1, x ` 1 ď 2x . En déduire une majoration de Jn .
14. En appliquant la méthode de Laplace, donner un équivalent de In .
15. En déduire que
? ´ n ¯n
n! „ 2πn .
`8 e
Partie IV – Formule de Bernstein
On reprend les notations Tn pxq et Rn pxq introduites dans la partie I.
16. Pour tout entier n non nul, montrer l’identité suivante :
nn`1 1
ż
Rn p1q “ p1 ´ tqn ent dt.
n! 0
2
1 n
17. En déduire un équivalent de Rn p1q lorsque n tend vers l’infini. Prouver que Tn p1q „ e .
`8 2
Partie V – Première répétition
Une urne contient n boules numérotées de 1 à n. On efectue n ` 1 tirages avce remise. On note X le nombre de tirages
nécessaires pour amener, pour la première fois, une boule déjà tirée. Par exemple, avec n “ 5, si les 6 tirages donnent
successivement 3-2-1-5-2-3, on pose X “ 5.
Pour représenter cette expérience, on introduit l’espace Ω “ t1, . . . , nun`1 et les variables aléatoires coordonnées
pU1 , . . . , Un`1 q définies par
Uj : Ω ÝÑ t1, . . . , nu
w “ pw1 , . . . , wn q ÞÝÑ wj .
En d’autres termes, Uj est le numéro de la boule tirée au j-ième tirage. On suppose que la probabilité P sur Ω est telle
que les variables aléatoires pUj , j “ 1, . . . , n ` 1q sont indépendantes et de loi uniforme sur t1, . . . , nu.
18. Pour une entrée liste = rw1 , . . . , wn`1 s, écrire un pseudo-code ou un code Python pour calculer la valeur de
Xpw1 , . . . , xn`1 q.
Si nécessaire, on admettra l’existence d’une fonction qui permet de tester l’appartenance d’un élément w à une
liste L : (w in L) renvoie « True » si w P L, « False » sinon.
19. Montrer que pour k P v2, n ` 1w, l’événement rX “ ks est de probabilité non nulle.
20. Pour tout k P v0, n ´ 1w, montrer que
PpX ą k ` 1q “ PpX ą k ` 1 | |X ą kqP pX ą kq.
21. En déduire que pour tout k P v0, nw,
n!
P pX ą kq “ .
nk pn ´ kq!
22. Établir l’identité suivante :
n
ÿ
EpXq “ PpX ą kq.
k“0
23. En utilisant les questions précédentes, donner un équivalent simple de EpXq lorsque n tend vers `8.