Integ Param
Integ Param
Adam Siegel
1 Convergence dominée
Exercice 1
Correction
[0, 1] −→ R
1. Soit pour n ∈ N : fn : . On vérifie toutes les hypothèses permettant d’effectuer une
t 7−→ f (tn )
convergence dominée :
n→+∞ n→+∞
• ∀t ∈ [0, 1[ fn (t) −−−−−→ f (0) et fn (1) −−−−−→ f (1) (par continuité de f ), donc (fn ) converge simple-
ment vers g telle que : ∀t ∈ [0, 1[ g(t) = f (0) et g(1) = f (1).
• Pour tout n ∈ N, fn continue par morceaux sur [0, 1].
• g est continue par morceaux sur [0, 1].
• ∀n ∈ N ∀t ∈ [0, 1] |fn (t)| ≤ ||f ||∞ (existe par continuité de f ), avec t ∈ [0, 1] 7→ ||f ||∞ intégrable.
Par conséquent : Z 1 Z 1
n→+∞
fn −−−−−→ g = f (0)
0 0
2. Si on considère directement fn (t) = f (tn ), (fn ) ne converge pas, donc on modifie un peu l’intégrale par le
changement de variable u = tn :
Z (1+ n1 )n
f (u) 1/n
Jn = u du
1 u
Par rapport au cas précédent, l’intervalle d’intégration dépend de n. On ruse donc pour le rendre indépen-
dant de n en définissant pour n ∈ N : fn (u) = f (u) 1 n 1 n
1/n
u u si u ∈ [1, (1 + n ) ] et f n (u) = 0 si u ∈ (1 + n) , e .
On vérifie alors les hypothèses :
n→+∞ n→+∞ f (u)
• Soit u ∈ [1, e[. Pour n assez grand, u ∈ [1, (1 + n1 )n ] car (1 + n1 )n −−−−−→ e, donc fn (u) −−−−−→ u .
Alors (fn ) converge simplement vers g telle que : ∀t ∈ [1, e[ g(t) = f (u) u .
• Pour tout n ∈ N, fn continue par morceaux sur [1, e[.
• g est continue par morceaux sur [1, e[
• ∀n ∈ N ∀t ∈ [1, e[ |fn (t)| ≤ ||f ||∞ (existe par continuité de f ), avec t ∈ [1, e[ 7→ ||f ||∞ intégrable.
Par conséquent :
1 n
Z (1+ n ) Z e Z e
n→+∞ f (u)
nJn = fn −−−−−→ g= du
1 1 1 u
1
n
3. Même idée que le précédent avec fn (t) = 1 + nt e−2t si t ∈ [0, n] et fn (t) = 0 si t > n. Pour la domination,
on utilise l’inégalité classique : x n
∀x ∈ R+ ∀n ∈ N∗ 1 + ≤ ex
n
(on l’obtient en passant au ln en utilisant : ∀t > −1 ln(1 + t) ≤ t). t 7→ et est intégrable sur R+ et les
autres hypothèses sont vérifiées. Alors :
Z +∞
n→+∞
Kn −−−−−→ e−x dx = 1
0
π
(a) Déterminer une relation de récurrence vérifiée par In . En déduire que nIn In−1 est constante à 2.
(b) Montrer que In est décroissante et montrer que In ∼ In+1 .
(c) En déduire un équivalent de In .
Z √n n
t2 √
2. Montrer que 1− dt = nI2n+1 .
0 n
Z √n n Z +∞
t2 n→+∞ 2
3. Montrer que 1− dt −−−−−→ e−t dt puis conclure.
0 n 0
Correction
Correction
2
1. L’idée est développer en série entière ln(1 − t), ce qui est licite pour t ∈ ]0, 1[. Alors :
Z 1 Z 1 X (−1)n−1
(ln t)(ln(1 − t))dt = tn ln tdt
0 0 n≥1 n
(−1)n−1 n
On voudrait alors échanger série et intégrale. On pose donc pour n ∈ N∗ : fn (t) = n t ln t et on
vérifie les hypothèses du théorème :
• Pour tout n ∈ N∗ , fn est continue par morceaux.
P
• fn est continue par morceaux.
R1 1
• 0 |fn | = n(n+1) 2 (après IPP) dont la série est convergente.
Finalement :
1 1
(−1)n−1 n
Z XZ
(ln t)(ln(1 − t))dt = t ln tdt
0 0 n
n≥1
X 1
=
n(n + 1)2
n≥1
X 1 X 1
= −
n(n + 1) (n + 1)2
n≥1 n≥1
π2
=2−
6
Exercice 4
1
ta
Z
Soit (a, b) ∈ (R∗+ )2 . Mettre sous forme de série l’intégrale suivante : dt.
0 1 + tb
Correction
On écrit :
1 1
ta
Z Z X
dt = (−1)n ta+nb dt
0 1 + tb 0 n∈N
Ce qui est le terme général d’une série divergente. Donc le théorème n’est pas applicable. A la place, on utilise
une convergence dominée des sommes partielles : soit, pour n ∈ N :
n
X
Sn : t ∈ [0, 1[ 7−→ (−1)n ta+nb
k=0
n→+∞ ta
• ∀t ∈ [0, 1[ Sn (t) −−−−−→ S(t) = 1+tb
.
• Pour tout n ∈ N, Sn continue par morceaux sur [0, 1[.
• S est continue par morceaux sur [0, 1[.
• ∀n ∈ N ∀t ∈ [0, 1[ |Sn (t)| ≤ ta (série alternée), avec t ∈ [0, 1[ 7→ ta intégrable.
3
Donc une convergence dominée est licite, et alors :
Z 1 Z 1
lim Sn (t)dt = S(t)dt
n→+∞ 0 0
Or :
1 n
1X n Z 1 n
(−1)n
Z Z X X
∀n ∈ N Sn (t) = (−1)k ta+kb = (−1)k ta+kb dt =
0 0 k=0 0 a + kb + 1
k=0 k=0
D’où finalement :
1
ta X (−1)n
Z
b
dt =
0 1+t a + nb + 1
n∈N
Correction
R × ]0, +∞[ −→ R
f: arctan(xt)
(x, t) 7−→ t(1+t2 )
Soit x ∈ R. t ∈ ]0, +∞[ 7→ f (x, t) est continue. Si x = 0, t 7→ f (0, t) est nulle, donc F est définie. De plus,
f étant une fonction impaire de x, on se restreint à x > 0, et dans ce cas :
t→0 x
• f (x, t) ∼ 1+t2 (x 6= 0).
t→+∞ π
• f (x, t) ∼ 2t3 (x > 0, il y aurait un signe moins sinon)
Les deux fonctions précédentes sont positives et respectivement intégrables en 0 et +∞, donc F (x) est
défini.
2. On a un certain nombre d’hypothèses à vérifier (et à connaître et écrire sur la copie !) :
• ∀x ∈ R t ∈ ]0, +∞[ 7→ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable (d’après 1)).
• ∀t ∈ ]0, +∞[ x 7→ f (x, t) est continue.
• Soit a > 0. On a :
|xt| |x| a
∀x ∈ [−a, a] ∀t ∈ ]0, +∞[ |f (x, t)| ≤ = ≤
t(1 + t2 ) 1 + t2 1 + t2
a
avec t ∈ ]0, +∞[ 7−→ 1+t2 intégrable.
Ainsi, F est continue sur tout segment [−a, a], donc continue sur R.
3. Encore plus d’hypothèses à écrire :
4
• ∀x ∈ R t ∈ ]0, +∞[ 7→ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable.
• ∀t ∈ ]0, +∞[ x 7→ f (x, t) est C 1 .
∂f
• ∀x ∈ R t ∈ ]0, +∞[ 7→ ∂x (x, t) est continue par morceaux et intégrable.
• On a la domination :
∂f 1 1
∀x ∈ R ∀t ∈ ]0, +∞[ (x, t) = 2 2
≤
∂x (1 + t )(1 + (xt) ) 1 + t2
1
avec t ∈ ]0, +∞[ 7−→ 1+t2 intégrable.
Correction partielle
C × ]0, +∞[ −→ R
1. Soit f : .
(z, t) 7−→ tz−1 e−t
Pour tout z ∈ C, t ∈ ]0, +∞[ 7→ f (z, t) est continue par morceaux, intégrable en +∞ (o(1/t2 )), et intégrable
en 0 ssi <(z) > 0 (∼ tz−1 ).
2. Il suffit de faire une IPP. Γ(n) = n! par récurrence.
3. Soit p ∈ N. On vérifie les hypothèses :
• ∀t ∈ ]0, +∞[ z 7→ f (z, t) est C ∞ .
∂pf
• ∀x ∈ ]0, +∞[ t 7→ ∂xp (x, t) = (ln t)p tx−1 e−t est continue par morceaux.
5
• Domination : soit b > a > 0 et x ∈ [a, b].
Soit (f, g) ∈ C ∞ (R, R)2 . Déterminer une CNS sur les dérivées de f et g pour que f /g soit C ∞ .
Correction
Soit h = f /g. h est C ∞ en tout point où g ne s’annule pas. On étudie donc un point a ∈ R tel que g(a) = 0.
L’idée est que si l’on introduit n et p les plus petits entiers k et l tels que g (k) (a) 6= 0 et f (l) (a) 6= 0 (s’ils existent),
alors :
(p)
x→a f (a)n!
f (x) ∼ (n) (x − a)p−n
g (a)p!
Ainsi, la CNS est très certainement p ≥ n, sachant que si p < n, h diverge en a par ce qui précède. Donc il suffit
de supposer que p ≥ n et montrer que h, en plus de ne pas diverger, est C ∞ en a.
g (a) 6= 0 et par continuité de g (n) , cette fonction est non nulle au voisinage de a, soit sur un intervalle [a, x0 ].
n−1
Alors, pour tout x ∈ [a, x0 ], u 7−→ (1−u) (n−1)! g
(n)
((1 − u)a + ux) est de signe constant, non nul sauf en 1, donc
son intégrale, notée Rn−1,g (x), est non nulle. La fonction est précédente est de plus C ∞ du couple (u, x), donc
comme on intègre sur le segment [0, 1], Rn−1,g est C ∞ .
Bref :
f (p) (a) f (p) (a)
p! (x − a)p + (x − a)p+1 Rp,f p! (x − a)p−n + (x − a)p+1−n Rp,f
∀x ∈ R h(x) = =
(x − a)n Rn−1,g Rn−1,g
h s’écrit donc comme quotient de deux fonctions C ∞
et dont le dénominateur ne s’annule pas d’après ce qui
précède. Donc h est C ∞ .
Si n existe mais pas p, on montre de même que h est C ∞ (cela revient à p → +∞), et si n n’existe pas,
cela dépend des cas.
6
Exercice 8 — Calcul d’intégrales par dérivation
Correction partielle
R +∞ 2
1. On pose : f : x ∈ R 7−→ −∞
e−πt e−2iπxt ∈ C. On note g(x, t) l’intégrande. On cherche à dériver f :
• ∀x ∈ R t ∈ [−∞, +∞[ 7→ g(x, t) est continue par morceaux et intégrable (o(1/t2 ) en ±∞).
• ∀t ∈ [−∞, +∞[ x 7→ g(x, t) est C 1 .
∂g 2
• ∀x ∈ R t ∈ [−∞, +∞[ 7→ ∂x (x, t) = −2iπte−πt e−2iπxt est continue par morceaux et intégrable
(o(1/t2 ) en ±∞).
• On a la domination :
∂g 2
∀x ∈ R ∀t ∈ ]0, +∞[ (x, t) = 2π|t|e−πt
∂x
Cette fonction est indépendante de x et intégrable.
Donc f est dérivable et, pour x ∈ R :
Z +∞
∂f 2
(x, t) = −2iπte−πt e−2iπxt
∂x −∞
Z +∞
−πt2 −2iπxt +∞ −πt2 −2iπxt
= i [e e ]−∞ − e (−2iπx)e dt
0
= −2πxf (x)
2
On a donc obtenu une équation différentielle, qui nous donne : ∃λ ∈ C ∀x ∈ R f (x) = λe−πx .
De plus : Z +∞ Z +∞
2 1 2
f (0) = e−πt dt = √ et dt = 1
−∞ π −∞
2
Donc λ = 1 et ∀x ∈ R f (x) = e−πx .
2. Dériver par rapport à x et faire le changement de variable t = tan( x2 ).
4 Equivalents intégraux
Exercice 9
Z +∞
2
On veut trouver un équivalent en +∞ de I(λ) = e−λx ln(1 + x + x2 )dx.
−∞
2
ln(1 + x + x2 ) − x − x2
1. Montrer que la fonction x 7−→ admet un prolongement continu en 0 et est bornée sur
x3
R.
Z +∞ Z +∞
−λx2 x2 2 √
2. Calculer e (x + )dx. On admettra que e−t dt = π.
−∞ 2 −∞
3. En déduire un équivalent de I(λ) en +∞.
7
Correction partielle
2
1. ln(1 + x + x2 ) = x − x2 + Kx3 + O(x4 ) en 0 après développement limité (pas nécessaire de calculer K). Donc
la fonction considérée admet un prolongement continu en 0, et tend vers 0 en ±∞, donc elle est bornée sur
R.
√
π
2. On obtient à l’aide d’intégrations par parties : 4λ3/2
.
3. Il existe une constante M ≥ 0 telle que :
Z +∞ Z +∞
2 x2 2
e−λx (ln(1 + x + x2 ) − (x + ))dx ≤ M x3 e−λx dx
−∞ 2 −∞
Z +∞ 3
u −u2 du
= 2M 3/2
e √
λ λ
0
1
=O
λ2
√ λ→+∞ √
π 1 π
Donc I(λ) = 4λ3/2
+O λ2 ∼ 4λ3/2
.
Exercice 10
+∞
e−t
Z
Déterminer un équivalent aux bornes de l’intégrale suivante : dt
x t
Correction
e−t
R +∞
On note f (x) = x t dt.
• En +∞ :
+ +
e−x e−t e−x
Z Z
f (x) = − +∞ 2 dt = − o(f (x))
x x t x x
e−t e−t x→+∞ e−x
En effet, t2 =o t , qui est positif et intégrable. Donc f (x) ∼ x .
• En 0 : l’intégrale va diverger à cause du 1/t, mais l’exponentielle vaut 1 en 0. On veut donc remplacer donc
R +∞
e−t par 1, mais on ne peut pas tel que, car x dt t diverge. On coupe donc, car la divergence n’est qu’en
0: Z +∞ −t
e
dt = O(1)
1 t
Z 1 −t
e −1 e−t − 1
dt = O(1) car t 7→ admet un prolongement continu en 0
x t t
Z 1
1
dt = − ln x
x t
D’où finalement :
+∞ 1 1
e−t e−t − 1
Z Z Z
1 x→0
f (x) = dt + dt + dt = − ln x + O(1) ∼ − ln x
1 t x t x t
Exercice 11 — Difficile
Soit f ∈ C 2 ([0, 1], R+ ) strictement décroissante, telle que f (0) = 1, f 0 (0) = 0 et f 00 (0) = −a, avec a > 0.
R1
Déterminer un équivalent de In = 0 f (t)n dt.
8
Correction
qui correspond à une décroissance exponentielle car f (α) < 1. Ailleurs, nous allons voir que l’on obtient du
ce √
1/ n.
On fait alors un développement limité de f en 0 : il existe une fonction ε(x) telle que : f (x) = 1 − a2 x2 + x2 ε(x)
et ε(x) tend vers 0 quand x tend vers 0.
Alors, en coupant les bouts négligeables de l’intégrale (avec α > 0 pour l’instant quelconque) :
Z α Z α n
n a
f (t) dt = 1 − t2 + t2 ε(t) dt
0 0 2
Z α√n n
at2
t t dt
= 1− + ε √ √
0 2n n n n
Z +∞
1 at2
∼√ e− 2 dt
n 0
r
π
=
2an
Il reste maintenant à justifier l’équivalent de la 3e ligne en choisissant bien α. Il s’agit d’une convergence domi-
2
née, dont il manque a priori la domination. Or, pour α > 0 assez petit, f (t) ≤ 1− at3 sur [−α, α], ce qui va suffire.
2
n √ √
Soit pour n ∈ N∗ : fn (t) = 1 − at 2n + t
n ε √t
n
sur [0, α n], 0 pour t > α n. Les fn sont continus par
at2
morceaux et convergent simplement vers t 7→ e− 2 par développement limité.
De plus : n n
√ at2
t at2
∀n ∈ N∗ ∀t ∈ [0, α n] fn (t) = fn √ ≤ 1− ≤ e− 3
n 3n
La domination est donc obtenue :
at2
∀n ∈ N∗ ∀t ∈ [0, +∞[ fn (t) ≤ e− 3
Alors : √ n
α n Z +∞
at2
Z
t t n→+∞ at2
1− + ε √ −−−−−→ e− 2 dt
0 2n n n 0
Bref :
1
Z r
n n→+∞ π
f (t) dt ∼
0 2an