Batterie
Batterie
Chapitre II
MEMOIRE DE DOCTORAT DE
Par
Sylvain CAILLIEZ
Modélisation du comportement et du vieillissement d’une batterie
utilisée en propulsion automobile
Projet de recherche doctoral présenté et soutenu à Ecole Centrale de Nantes, le 7 février 2023
Unité de recherche : UMR 6598, Laboratoire de recherche en Hydrodynamique, Energétique et
Environnement Atmosphérique (LHEEA)
Jean-Pierre BEDECARRATS Professeur des universités, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Sylvie BEGOT Maître de conférences HDR, Université de Franche-Comté
Composition du Jury :
Présidente : Nolwenn LE PIERRÈS Professeure des universités, Université Savoie Mont Blanc
Examinateurs : Jean-Pierre BEDECARRATS Professeur des universités, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Sylvie BEGOT Maître de conférences HDR, Université de Franche-Comté
Vincent MALLARD Chef de Projet R&D, CRITT M2A, Bruay-la-Buissière
Directeur de recherches doctorales : David CHALET Professeur des universités, École Centrale de Nantes
Invité
Philippe MANNESSIEZ Ingénieur, CRITT M2A, Bruay-la-Buissière
Remerciements
Cette étude a été réalisée en partenariat avec Centrale Innovation, le laboratoire LHEEA
(Nantes Université, Ecole Centrale de Nantes), le CRITT M2A et Gamma Technologies. Les
travaux ont été financés par le CRITT M2A et BPI France dans la cadre du projet OECTE, lauréat
du plan France Relance.
Le présent manuscrit a été examiné par Jean-Pierre Bedecarrats et Sylvie Bégot, que je
remercie pour leur lecture attentive et approfondie. Je remercie également Nolwenn Le Pierrès
pour avoir pris la présidence du jury lors de ma soutenance et pour l’intérêt porté à mes travaux.
Je tiens à remercier David Chalet, mon directeur de thèse, pour la confiance qu’il m’a
accordée pour mener à bien ce sujet, et pour son implication dans le suivi de mes travaux. Je tiens
également à exprimer toute ma gratitude à Philippe Mannessiez, mon superviseur industriel, pour
m’avoir partagé ses connaissances et son expérience, ainsi que pour ses précieux conseils m’ayant
permis d’enrichir mes travaux et de maintenir le cap sur mes objectifs.
Je souhaite remercier Jérôme Bodelle, PDG du CRITT M2A, pour m’avoir accueilli au sein
de son entreprise et m’avoir mis à disposition les moyens matériels nécessaires à l’exécution de
la campagne expérimentale. Je souhaite par ailleurs exprimer mon entière reconnaissance à
l’équipe du centre d’essai électrique, en particulier Rémi Filipiak, Jean-Baptiste Carbonnier,
Valentin Gaudré et Thomas Morel, pour avoir pris de leur temps afin de m’assister lors de
l’élaboration, de l’exécution et du traitement des essais, et à qui je dois d’avoir une campagne
expérimentale aussi abondante.
Je remercie très sincèrement Vincent Mallard, chef du projet OECTE, pour m’avoir soutenu
et accompagné tout au long de ces trois années de thèse, pour sa présence dans le jury lors de ma
soutenance, et pour avoir élargi l’intérêt et la portée de mes travaux à travers un projet R&D
extrêmement enrichissant. Je souhaite remercier à cet effet Martial Belhache, coordinateur R&D
du CRITT M2A, pour m’avoir permis de sortir du cadre purement scientifique de la thèse en
partageant sa riche expérience concernant la création et de la gestion de projets R&D.
Je remercie toutes les autres personnes que j’ai côtoyé professionnellement durant ces trois
ans, et qui prennent toute leur part dans l’aboutissement de ces travaux. Notamment Jean-Michel
Fiard, Robert Yu et Philippe Gyan chez Renault, qui ont fourni les spécimens et les données
techniques des cellules testées dans cette étude, et qui sont donc à l’origine de la concrétisation
de la campagne expérimentale. Je remercie de même Cédric Weiss et Vincent Keromnes, chez
3
A2MAC1, pour avoir partagé leur étude électrochimique des batteries testées, et qui ont par
conséquent beaucoup apporté à la pertinence du travail de modélisation.
Je tiens à remercier ceux avec qui j’ai partagé des moments conviviaux et qui m’ont permis
de me libérer l’esprit le temps d’une pause-café, d’un repas, d’une soirée ou d’une séance futsal.
Je vous souhaite, en particulier à Vincent Mallard, Arnaud Plessy, Djamel Eddine Hambarek,
Quentin Avenin et Thomas Martel, le meilleur tant sur le plan professionnel que personnel.
Enfin, j’adresse mes pensées les plus affectueuses à ma famille, mes parents et ma sœur, pour
le soutien indéfectible qu’ils m’apportent depuis toujours.
4
Table des matières
Introduction ........................................................................................................................... 11
Contexte socio-économique .............................................................................................. 11
Contexte technico-scientifique .......................................................................................... 11
Problématiques et objectifs de l’étude .............................................................................. 12
Contexte R&D ................................................................................................................... 13
Organisation du manuscrit ................................................................................................ 13
5
Table des matières
6
Table des matières
7
Table des matières
8
Table des matières
9
Table des matières
10
Introduction
Contexte socio-économique
L’innovation dans le secteur de la propulsion automobile est en constante réflexion sur
l’amélioration des performances de ses motorisations combinée à l’optimisation des sources
d’énergie employées. La conjoncture actuelle (urgence climatique et environnementale,
raréfaction des combustibles fossiles, contraintes gouvernementales et normatives, volonté du
grand public) tend vers une décarbonation et une dépollution complètes de la propulsion
automobile. En outre, les difficultés économiques associées à la pandémie de covid-19 ont
accéléré la transition écologique du secteur automobile et orienté pleinement la recherche vers des
moyens de propulsions zero-émissions : batterie ou pile à combustible combinée à un moteur
électrique, moteur thermique à hydrogène…
La batterie et le moteur électrique incarnent, à court terme, l’alternative la plus crédible à la
motorisation thermique. En effet, l’électrification progressive des véhicules, en particulier à
travers l’hybridation de la chaîne de traction, propose depuis plusieurs années une transition
naturelle d’un marché automobile thermique vers un marché entièrement électrique. Sur le plan
scientifique, le véhicule électrique à batteries jouit donc d’une certaine avance et d’une relative
maturité par rapport aux autres systèmes de propulsion zéro-émissions. En outre, la présence de
plus en plus prépondérante des véhicules hybrides et électriques à batteries ainsi que
l’implémentation croissante de bornes de recharge favorisent la compréhension et l’adoption de
ce moyen de transport par le grand public. Les véhicules électriques à batteries souffrent
néanmoins de la comparaison avec les véhicules thermiques. Ils offrent en effet une autonomie et
une durée de vie moins avantageuses ainsi qu’un temps de recharge plus long, ce qui rend leur
utilisation moins flexible et moins fiable et freine par conséquent leur plein essor. Le manque
d’autonomie et de durée de vie des véhicules électriques est essentiellement lié à leurs batteries.
Contexte technico-scientifique
Au sein du véhicule électrique, le source d’énergie n’est pas constituée d’un unique
composant batterie, mais de plusieurs cellules connectées entre elles. La gestion des cellules est
réalisée par le Battery Management System (BMS), dont l’objectif est de mesurer, surveiller et
équilibrer le fonctionnement de l’ensemble des cellules, et piloter le système de gestion thermique.
Le pack batterie désigne alors l’ensemble constitué des cellules, du BMS et du système de gestion
thermique. En fonction de l’architecture adoptée par le constructeur, le pack batterie peut être
décomposé en plusieurs modules avec son propre BMS.
Une batterie est un système multiphysique (électrochimique, thermique et mécanique) dont
le comportement global reflète les différentes interactions au cœur de son fonctionnement. Elle
est également un élément instable sur le plan électrochimique, ce qui induit des comportements
parasites qui constituent la base de son vieillissement. Dans le cadre de la propulsion automobile,
les batteries lithium-ion (Li-ion) sont largement utilisées en raison de leur densité énergétique
avantageuse par rapport aux autres technologies de stockage électrochimique.
Les interactions électrochimique-thermique sont au cœur des problématiques associées aux
batteries Li-ion. En effet, l’application d’un courant provoque l’échauffement de la batterie. Les
contraintes thermiques peuvent engendrer un gradient de température au sein de la batterie, ce qui
11
Introduction
impacte nécessairement son fonctionnement. De plus, les performances des batteries Li-ion se
dégradent lorsque la température diminue, ce qui se traduit par une autonomie et une puissance
médiocres dans des conditions hivernales. D’autre part, les mécanismes et le taux de
vieillissement des batteries Li-ion sont extrêmement dépendants de la température : alors que le
froid déclenche un mécanisme de vieillissement très sévère à court terme et dangereux pour
l’intégrité de la batterie, une température élevée accélère ou engendre la plupart des mécanismes
de vieillissement. L’état de vieillissement aggrave les contraintes thermiques subies par la batterie.
Les interactions mécaniques se déclinent en deux catégories. La première concerne les
contraintes mécaniques internes associées à la lithiation et la délithiation de la matière active en
cours de charge et de décharge, qui provoque le gonflement de la batterie connu sous le terme
swelling. A terme, le swelling participe à la dégradation structurelle de la batterie. Le deuxième
type d’interaction mécanique est associé à la compression externe de la batterie, qui se répercute
au niveau microscopique et influe par conséquent sur ses performances électriques, thermiques et
son vieillissement.
Le pack batterie présente également des interactions avec l’environnement que constitue le
véhicule. Il y a tout d’abord, à travers l’onduleur, les interactions électriques avec le moteur
électrique. D’autre part, le système de gestion thermique du pack est connecté à l’ensemble de la
boucle thermique du véhicule, incluant la gestion thermique des autres organes (moteur,
électronique de puissance) et le système de confort thermique. De plus, en dehors du cas
particulier de crash lors d’un accident, le pack batterie subit des contraintes vibratoires associées
à son utilisation dans un véhicule.
Finalement, la fiabilité des batteries incarne également un enjeu primordial pour la
démocratisation des véhicules électriques. En dehors de la plage d’utilisation prévue par le
constructeur, l’intégrité de la batterie se trouve en effet rapidement mise en cause. Les conditions
abusives sont d’ordre électrique (surcharge, sur-décharge, pic de puissance, court-circuit interne
ou externe), thermique (surchauffe, choc thermique) ou mécanique (pénétration, choc
mécanique). Elles ont pour conséquence directe ou indirecte le thermal runaway (emballement
thermique) : l’échauffement incontrôlable de la batterie résultant d’une succession de réactions
exothermiques, qui détruit rapidement la batterie et met en danger le conducteur (dégagement de
fumées, incendie, explosion). Malgré un fonctionnement nominal, certaines conditions abusives
peuvent être engendrées par la batterie elle-même selon l’état de son vieillissement.
12
Introduction
Contexte R&D
Les travaux présentés dans ce manuscrit s’inscrivent dans le cadre du projet Optimisation
Energétique des Chaînes de Traction Electrique (OECTE), lauréat du plan France Relance. Ce
projet, porté par le CRITT M2A, associe des laboratoires publics (LHEEA, LSEE, Université de
l’Aquila) et des industriels (OPAL-RT, AVL SET, Gamma Technologies). A travers un jumeau
numérique avec appel de puissance centré autour de l’onduleur, organe qui fait le lien électrique
entre le pack batterie et le moteur électrique, ce projet vise à améliorer la gestion énergétique et
la fiabilité du système chaîne de traction électrique. Les travaux de modélisation de la batterie
développés pour la thèse font donc partie intégrante du jumeau numérique de la chaîne de traction.
Organisation du manuscrit
Le manuscrit est divisé en cinq chapitres. Le Chapitre I présente une étude bibliographique
focalisée sur la modélisation des batteries, en présentant des méthodes de caractérisation
expérimentales et les principaux mécanismes de vieillissement relatifs aux batteries Li-ion. Le
Chapitre II introduit les dispositifs expérimentaux et l’outil de modélisation exploités tout le long
de l’étude. Il présente notamment une étude de pré-calibration du modèle, permettant de
déterminer les paramètres de résolution numérique adéquats. Le Chapitre III décrit la
caractérisation expérimentale et le développement du modèle associés au comportement
électrique des batteries. Le Chapitre IV développe les travaux affiliés au comportement thermique.
Enfin, le Chapitre V présente les essais et modèles concernant le vieillissement électro-thermique
des batteries Li-ion, en reprenant les travaux des deux précédents chapitres.
13
Introduction
14
Chapitre I - Etat de l’art : caractérisation,
modélisation et vieillissement des batteries
Séparateur
Cathode
Collecteur de
Collecteur de
courant (Cu)
Anode
courant (Al)
r r
e- e-
Li+
début
Afin de mieux aborder le travail de modélisation, ce chapitre recense les principales
catégories de modèles de comportement des batteries Li-ion. La philosophie et les principes de
ces modèles sont présentés, ainsi que les équations qui les décrivent. En outre, ce chapitre évoque
les méthodologies de paramétrage de ces modèles. La modélisation du comportement des batteries
peut se dissocier commodément selon trois axes :
▪ Modélisation électrique : La batterie est considérée selon son application première,
en tant que source et récepteur d’énergie électrique. Ces modèles consistent donc à
prédire l’évolution des propriétés électriques de la batterie en fonction des conditions
d’usage.
▪ Modélisation thermique : La batterie est assimilée à un système thermique. Les
modèles thermiques tiennent compte de l’auto-échauffement de la batterie lors de son
utilisation, et jouent un rôle majeur dans la gestion thermique du pack batterie.
▪ Modélisation du vieillissement : Ces modèles rendent compte de la dégradation des
performances des batteries au cours du temps, selon la sévérité des conditions de
fonctionnement et de stockage. Cette partie est précédée d’une synthèse recensant les
mécanismes de vieillissement prépondérants au sein des batteries.
Pour maintenir le cadre de cette étude, il est précisé que seule la modélisation des batteries
Lithium-ion est étudiée dans ce chapitre. Néanmoins, la plupart des modèles évoqués peuvent être
appliqués à d’autres catégories de batterie.
fin
15
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Courant électrique
e-
Li+
Courant ionique
Les électrodes sont le lieu des réactions d’oxydoréduction. Par commodité, la batterie est
considérée en tant qu’élément électrique actif (mode générateur : décharge). L’anode est donc
l’électrode négative, tandis que la cathode est l’électrode positive. En plus du matériau actif,
les électrodes contiennent du liant pour renforcer la cohésion structurelle, et des agents
conducteurs pour améliorer la conductivité électrique. L’anode d’une batterie Li-ion est presque
exclusivement composée de carbone organisé en couches de graphène, de formule LixC6.
Certaines alternatives restent possibles, telles que le carbone dur, le titanate de lithium (LTO :
Li4Ti5O12) et le silicium [1,2]. A l’inverse, il existe une plus grande variété de composants
employés pour la cathode [1,3,4]. Actuellement, les principaux matériaux employés sont les
suivants :
16
I - 1. Généralités sur les batteries Lithium-ion
Pouch Empilement
Prismatique Repliement
Cylindrique Enroulement
17
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Au sein d’une cellule, les électrodes, le séparateur et les collecteurs de courant sont sous
la forme de feuillets. L’ensemble des feuillets imbibés d’électrolyte constitue alors le jelly roll
de la batterie. Le Tableau I-1 renseigne les différentes structures que peut prendre le jelly roll :
▪ Enroulement : c’est de cette structure que provient initialement le terme jelly roll.
La batterie consiste en une unique cellule élémentaire enroulée sur-elle-même.
Cette structure est typique des cellules cylindriques.
▪ Empilement : la batterie consiste en de multiples cellules élémentaires empilés les
unes sur les autres. Cette structure est typique des cellules pouch.
▪ Repliement : la batterie consiste en une unique cellule élémentaire repliée sur-elle-
même. Le jelly roll adopte donc une structure empilée au centre et une structure
enroulée aux extrémités. Cette structure est typique des cellules prismatiques.
I - 1.2. Définitions
Les définitions de plusieurs termes associés aux batteries et à leur utilisation, et qui seront
régulièrement mentionnés dans la suite de ce manuscrit, sont données ci-dessous :
▪ OCP : Open-Circuit Potential. Potentiel d’une électrode à l’équilibre électro-
chimique et thermique.
▪ OCV : Open-Circuit Voltage. Tension de la batterie à l’équilibre électrochimique
et thermique, définie par la différence entre les OCP de la cathode et de l’anode.
▪ SOC : State Of Charge. Etat de charge de la batterie, qui renseigne sur sa capacité
disponible par rapport à une capacité électrique de référence Qref. A partir d’un état
de charge initial SOC0, il est défini en calculant la capacité échangée au cours du
temps (par convention, le courant I est positif en décharge) :
𝑡
∫ 𝐼. 𝑑𝑡
𝑆𝑂𝐶 = 𝑆𝑂𝐶0 − 0 (I-1)
𝑄𝑟𝑒𝑓
▪ DOD : Depth Of Discharge. Profondeur de décharge qui peut désigner, selon le
contexte, l’opposé du SOC (DOD = 1 – SOC), ou la capacité relative consommée
par la batterie lors d’un profil de décharge.
▪ SOH : State Of Health. Etat de santé de la batterie qui indique son taux de
vieillissement, défini à partir de la capacité électrique Q et/ou de la résistance
électrique R par rapport à leur valeur à l’instant initial t0.
𝑄(𝑡) 𝑅(𝑡)
𝑆𝑂𝐻 = 𝑜𝑢 𝑆𝑂𝐻 = (I-2)
𝑄(𝑡0 ) 𝑅(𝑡0 )
▪ C-rate : Charge rate. Taux de charge/décharge appliqué à la batterie. Il peut être
assimilé à un courant équivalent défini par rapport à une capacité de référence Qref :
𝐼
𝐶-𝑟𝑎𝑡𝑒 = (I-3)
𝑄𝑟𝑒𝑓
▪ CC : Constant Current. Phase de charge ou de décharge en courant constant.
▪ CV : Constant Voltage. Phase de charge ou de décharge en tension constante.
▪ CCCV : Constant Current - Constant Voltage. Désigne une charge ou une décharge
en deux phases : une phase CC jusqu’à une tension limite Ucible, suivie d’une phase
CV à la tension Ucible.
▪ WLTP : Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures. Norme d’essais
18
I - 2. Modélisation électrique
I - 2. Modélisation électrique
I - 2.1. Modèles électrochimiques
Les modèles électrochimiques sont des modèles physiques qui décrivent le comportement
des batteries Li-ion en considérant leur nature électrochimique. A travers un système
d’équations aux dérivées partielles, ils proposent une modélisation qui retranscrit les
mécanismes physiques et électrochimiques à l’échelle des composants de la batterie (au niveau
microscopique). Ils sont donc particulièrement utiles pour étudier le comportement interne de
la batterie.
x
Séparateur
Cathode
Collecteur de
Collecteur de
courant (Cu)
Anode
courant (Al)
r r
e- e-
rs
Li+
LixC6 LiNi0,6Mn0,2Co0,2O2
19
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Propriétés électrochimiques
𝑎 𝑐
Densité de courant de réaction 0 𝛼𝐿𝑖 .𝐹 𝛼𝐿𝑖 .𝐹
𝑗𝐿𝑖 = 𝑎𝑠 . 𝑖𝐿𝑖 . [exp ( . 𝜂𝐿𝑖 ) − exp (− . 𝜂 )]
(équation de Butler-Volmer) : 𝑅. 𝑇 𝑅. 𝑇 𝐿𝑖
𝑎
𝑎 𝛼𝐿𝑖 𝑐
Densité de courant d’échange : 0
𝑖𝐿𝑖 = 𝐹. 𝑘𝐿𝑖 . 𝑐𝑒 𝛼𝐿𝑖 . (𝑐𝑠𝑢𝑟𝑓,𝑚𝑎𝑥 − 𝑐𝑠𝑢𝑟𝑓 ) . 𝑐𝑠𝑢𝑟𝑓 𝛼𝐿𝑖
Sur-potentiel : 𝜂𝐿𝑖 = 𝛷𝑠 − 𝛷𝑒 − 𝐸𝐿𝑖
Diffusivité ionique effective de 𝑒𝑓𝑓 𝑏𝑟𝑢𝑔
𝐷𝑒 = 𝐷𝑒 . 𝜀𝑒
l’électrolyte :
Conductivité ionique effective de 𝑒𝑓𝑓 𝑏𝑟𝑢𝑔
𝜅𝑒 = 𝜅𝑒 . 𝜀𝑒
l’électrolyte :
Conductivité diffusionnelle ionique 𝑒𝑓𝑓 2. 𝑅. 𝑇. 𝜅 𝑒𝑓𝑓 0 𝑑 𝑙𝑛 𝑓
𝜅𝐷,𝑒 = . (𝑡+ − 1). (1 + )
effective de l’électrolyte : 𝐹 𝑑 𝑙𝑛 𝑐𝑒
Conductivité électrique effective de 𝑒𝑓𝑓
𝜎𝑠 = 𝜎𝑠 . 𝜀𝑠
la phase solide :
Les équations de principe du modèle P2D sont présentées dans la première moitié du
Tableau I-2. Elles décrivent les lois de conservation de la matière et de la charge dans les phases
solides et dans l’électrolyte. Plus concrètement, il s’agit de l’adaptation de la seconde loi de
Fick et de la loi d’Ohm au système électrochimique qu’est la batterie. A ces équations s’ajoutent
des conditions aux limites qui décrivent les interactions surfaciques entre feuillets ainsi qu’aux
interfaces particule-électrolyte. La seconde moitié du tableau précise les formulations des
différents paramètres des équations telles que les conductivités et diffusivités effectives ainsi
que les densités de courant relative à la réaction d’intercalation des ions lithium. Les définitions
des symboles et expressions employées dans les équations sont explicitées dans le Tableau I-3.
20
I - 2. Modélisation électrique
Alphabet latin
Alphabet grec
Exposants et indices
a Anode
brugg Exposant de Bruggeman
c Cathode
e Phase électrolyte
eff Grandeur effective
Li Réaction d’intercalation du litihium
max Valeur maximum
s Phase solide
surf En surface de la phase solide
21
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
22
I - 2. Modélisation électrique
23
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
R1
VSoC
R0
Ccell
Rsd
I UOC Ucell
C1
I
Les modèles EEC sont classifiés en deux catégories selon la composition de la boucle en
tension. Les modèles de Thévenin sont composés d’une source de tension (OCV) montée en
série avec une résistance et un ou plusieurs modules RC – une résistance et une capacité montés
en parallèle (le modèle présenté sur la Figure I-3 est donc un modèle de Thévenin à un module
RC). La résistance R0 modélise la résistance interne de la batterie, et peut également inclure
d’autres composantes ohmiques (collecteurs de courant, câblage, résistance de contact
électrique). Les modules RC modélisent les phénomènes dynamiques de la batterie, comme la
diffusion, les transferts de charge et la double couche électrique. Un nombre croissant de
modules RC permet de dissocier davantage de mécanismes en fonction des constantes de temps
associées [26], ce qui augmente la précision du modèle aux dépends de la complexité
[24,28,29]. Les autres modèles EEC qui ne suivent pas la structure d’un modèle de Thévenin
sont plus généralement appelés modèle d’impédance. Ce type de circuit utilise des éléments
plus singuliers comme des inductances, des diodes, et des éléments à phase constante (CPE -
Constant Phase Element) [30–32] dont l’expression de l’impédance ZCPE est donnée par
l’équation (I-5). Dans le cas particulier où l’ordre α du CPE vaut 0,5 une impédance de
24
I - 2. Modélisation électrique
Warburg, très employée dans les modèles d’impédance, est ainsi obtenue. Lorsque α vaut 0 ou
1, une impédance équivalente à une résistance ou un condensateur est obtenue.
1
𝑍𝐶𝑃𝐸 (𝑝) = , 𝐾 ∈ ℝ, 𝛼 ∈ [0; 1] (I-5)
𝐾. 𝑝𝛼
La formulation des modèles d’impédance est plus complexe que celle des modèles de
Thévenin, mais propose une alternative plus réaliste pour modéliser le comportement et les
phénomènes physiques d’une cellule. En outre, un modèle d’impédance permet, suivant la
philosophie du modèle électrochimique, de modéliser le comportement électrique de la batterie
à l’échelle de sa structure interne, comme l’illustre la Figure I-4.
25
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
26
I - 2. Modélisation électrique
complexes mais plus réalistes. La plupart des modèles empiriques, tels que l’équation de
Peukert ou l’équation de Liebenow, servaient à définir la quantité de capacité déchargée par la
batterie [41,42]. D’autres modèles, comme celui de Shepherd [43], décrivent l’évolution de
tension de la batterie, mais sont en réalité comparables à la forme analytique d’un modèle EEC
simple [25,44]. On leur préfère donc actuellement les modèles EEC, qui proposent une
alternative équivalente et plus complète.
27
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
I - 3. Modélisation thermique
I - 3.1. Problème thermique
I - 3.1.1. Equation de la chaleur
La loi de conservation de l’énergie thermique, ou équation de la chaleur, s’exprime par
l’équation (I-7). Elle permet de calculer la répartition de la température d’un milieu. Dans le
second membre de l’équation, le premier terme correspond à la propagation de l’énergie au sein
de ce milieu, donnée par la loi de conduction thermique de Fourier, tandis que la grandeur Pth,v,int
est le terme de source volumique de chaleur. Si le milieu étudié est une batterie, les différents
paramètres intervenant dans l’équation (I-7) dépendent, en toute rigueur, de la température et
du SOC. En outre, la structure de la batterie en fait un milieu microscopiquement hétérogène.
𝜕𝑇
𝜌. 𝑐𝑝 . = ∇(𝜆. ∇𝑇) + 𝑃𝑡ℎ,𝑣,𝑖𝑛𝑡 (I-7)
𝜕𝑡
avec :
▪ cp : capacité thermique spécifique (J.kg-1.K-1)
▪ Pth,v,int : puissance thermique volumique générée par la batterie (W.m-3)
▪ T : température (K)
▪ t : variable temporelle (s)
▪ λ : matrice de conductivité thermique (W.m-1.K-1)
▪ ρ : masse volumique (kg.m-3)
28
I - 3. Modélisation thermique
Dans l’expression ci-dessus, le courant est, par convention, positif en décharge, et négatif
en charge. Ainsi, le premier terme est toujours positif. Il s’agit des pertes thermiques
irréversibles et correspond, par rapport à l’équation (I-8), aux pertes Joule et à la chaleur de
polarisation. Le deuxième terme est donc associé à la chaleur de réaction. On le nomme chaleur
réversible car il change de signe entre la charge et la décharge. En outre, la grandeur ∂Uoc/∂T
est thermodynamiquement associée à la variation d’entropie [56,62,63].
Si les températures de surface et d’environnement sont proches (1ère ligne du Tableau I-4),
le transfert radiatif linéarisé est mathématiquement analogue à un transfert convectif. On peut
alors définir un coefficient de transfert thermique global htc tenant simultanément compte des
29
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
échanges conductifs, convectifs et radiatifs avec le fluide, et de réécrire l’équation (I-10) tel
que :
𝜕𝑇
−𝜆. = ℎ𝑡𝑐 . (𝑇 − 𝑇𝑒𝑥𝑡 ) − 𝑃𝑡ℎ,𝑠,𝑒𝑥𝑡 (I-12)
𝜕𝑛
Tableau I-4 Linéarisation de la loi de Stefan-Boltzmann
3. 𝑇𝑚4 + 𝑇𝑒𝑥𝑡
4
𝑇 = 𝑇𝑚 + 𝜃, |𝜃| ≪ 𝑇𝑚 𝜑𝑡ℎ,𝑟𝑎𝑑 = ℎ𝑟𝑎𝑑 . (𝑇 − ) ℎ𝑟𝑎𝑑 = 4. 𝜀. 𝜎. 𝑇𝑚3
4. 𝑇𝑚3
𝜑𝑡ℎ,𝑟𝑎𝑑 = ℎ𝑟𝑎𝑑 . 𝑇 3
𝑇 ≪ 𝑇𝑒𝑥𝑡 ℎ𝑟𝑎𝑑 = 4. 𝜀. 𝜎. 𝑇𝑒𝑥𝑡
30
I - 3. Modélisation thermique
Le Tableau I-5 précise les notations des équations (I-16) et (I-17), et illustre l’anisotropie
du jelly roll selon une structure enroulée ou empilée des feuillets, ce qui représente
respectivement la structure d’une cellule pouch et d’une cellule cylindrique. Etant donné que,
pour ces deux types de cellule, le jelly roll est généralement empaqueté dans un emballage fin
et souple, les propriétés thermiques des cellules sont par conséquent très similaires aux
propriétés du jelly roll.
∑𝑖={𝑓𝑒𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑡𝑠} 𝜆𝑖 . 𝑆𝑖 ∑𝑖={𝑓𝑒𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑡𝑠} 𝜆𝑖 . 𝑆′𝑖
𝜆|| = = (I-16)
𝑆 𝑆′
𝑒
𝜆⊥ = 𝑒𝑖
∑𝑖={𝑓𝑒𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑡𝑠} (I-17)
𝜆𝑖
λ||
Empilement S’i λ⟂
ei e λ||
S’
Si
S
S’i
S’
λ||
λ⟂
Enroulement Si
λ||
S
ei e
Dans le cas d’une cellule prismatique dont le jelly roll est successivement replié sur lui-
même (cf. Tableau I-1), le cœur observe une structure empilée tandis que les extrémités
observent une structure enroulée. Cette forme particulière induit une différence entre la
conductivité thermique du jelly roll et la conductivité apparente de la batterie [67,68]. En outre,
ce type de jelly roll est très souvent inséré dans un boîtier solide de forme parallélépipédique,
ce qui crée des volumes d’air internes dans les coins du boîtier. L’hypothèse d’homogénéité est
donc moins réaliste pour une cellule prismatique ayant une structure de jelly roll repliée par
rapport à une cellule cylindrique ou pouch avec une structure de jelly roll empilée.
Enfin, il est important de noter que les équations (I-16) et (I-17) assimilent les feuillets
électrochimiques à des matériaux homogènes et isotropes. Considérant le caractère poreux de
la batterie, il est possible d’affiner davantage la formulation des conductivités thermiques en
distinguant les phases solides et liquides comme le proposent Werner et al. [67]. Toutefois, il
est très largement admis qu’en raison de la tortuosité des électrodes, les échanges convectifs
entre solide et liquide sont nuls.
31
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
32
I - 3. Modélisation thermique
subdivisé en nœuds, éléments isothermes dont les interactions thermiques sont modélisées par
des résistances de transfert thermique. S’il est numériquement très performant, le modèle n’est
donc pas destiné à un calcul fin et précis du champ thermique. Il apporte toutefois une relative
flexibilité par rapport aux modèles analytiques, en étant notamment capable d’intégrer des
phénomènes très dynamiques. En outre, il permet de modéliser succinctement le champ
thermique d’un module batterie, sans la complexité d’un modèle numérique [79].
Les résistances thermiques sont obtenues par analogie avec la loi d’Ohm. En reprenant les
termes du Tableau I-6, une résistance thermique est ainsi définie par : Rth = ΔT/Pth. Les
résistances de conduction se basent sur la loi de Fourier, tandis que les résistances de convection
découlent de la loi de Newton. Elles sont définies dans le Tableau I-7. Les transferts combinés
convectifs et radiatifs se modélisent par deux résistances en parallèle [80]. En pratique, une
résistance équivalente suffit à représenter la totalité des échanges en surface, celle-ci étant
généralement analogue à une résistance convective (cf. section I-3.1.3).
𝑒 𝑟2
ln 1
𝑅𝑡ℎ = 𝑟1 𝑅𝑡ℎ =
𝜆. 𝑆 𝑅𝑡ℎ = ℎ. 𝑆
𝜆. 2. 𝜋. 𝑒
33
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
A titre d’exemple, la Figure I-6 représente un modèle nodal typique appliqué à une cellule
cylindrique. Le modèle se décompose ici selon 5 nœuds : 1 nœud pour le cœur de la cellule, 3
nœuds de surface (1 nœud pour chaque surface axiale, et un nœud pour la surface radiale), et 1
nœud modélisant le milieu extérieur. Le nœud du cœur, à la température Tint, est une masse
thermique de capacité Cp avec un terme source Pth (cf. section 0), et de température initiale T0.
Etant donné le type de cellule, les transferts conductifs internes entre le cœur et la surface
peuvent être de nature axiale (Rth,cond,z) ou radiale (Rth,cond,r). Les interactions avec le milieu
extérieur, à la température Text, se font par l’intermédiaire de résistances convectives.
t con
surf
t cond
int surf r
e t
t cond r t con r
p Pt e t
t cond
surf
t con
Le modèle présenté sur la Figure I-6 peut être adapté à des cellules de type pouch et
cylindrique. La géométrie de ces cellules implique un modèle en trois dimensions, avec un
nœud associé à chaque surface de la batterie [61,62].
Un modèle nodal incluant une unique masse thermique suppose une production de chaleur
au cœur de la cellule. Cependant, cela peut constituer une représentation peu réaliste du
comportement thermique de la batterie au regard de la répartition de la densité de courant
[59,81]. Une solution permettant de mieux maîtriser la répartition de la puissance générée
consiste alors à subdiviser le volume en plusieurs masses thermiques [82–84].
34
I - 3. Modélisation thermique
35
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Autrement dit, la batterie est chauffée avec plus ou moins d’intensité, selon un profil qui reste
sinusoïdal. Là encore, un système d’échauffement externe peut être employé pour appliquer la
commande en puissance thermique, par exemple avec un câble chauffant enroulé tout autour de
la batterie [82]. Toutefois l’échauffement ne se produit qu’en surface, ce qui peut altérer les
résultats avec des batteries de grande taille à cause d’une mauvaise distribution de la puissance
et de l’inertie thermique interne. A l’inverse, l’échauffement intrinsèque de la batterie en
fonctionnement entraîne une répartition plus uniforme de la puissance thermique au sein de la
batterie, et est donc davantage exploité [83,84,95].
I - 4. Mécanismes de vieillissement
Les performances d’une batterie se dégradent significativement au cours de son utilisation.
Le vieillissement se traduit par la diminution de l’autonomie et de la puissance fournie par la
batterie, respectivement liées à la baisse de la capacité disponible et l’augmentation de la
résistance électrique interne. En pratique, deux catégories de vieillissement se distinguent :
▪ Vieillissement calendaire : ce type de vieillissement correspond à la détérioration
de la batterie au repos. Son impact dépend donc des conditions de stockage
(température, SOC). Le taux de dégradation d’une cellule en vieillissement
calendaire est généralement peu élevé, mais représente une part majoritaire sur la
globalité de la durée de vie du véhicule électrique (en effet, dans le cadre d’une
utilisation personnelle, la voiture passe davantage de temps à l’arrêt qu’en
fonctionnement).
▪ Vieillissement en cyclage : il désigne la dégradation des batteries lors de
sollicitations électriques (aussi bien en charge qu’en décharge). Les paramètres en
jeu sont donc tous liés aux conditions de fonctionnement (courant, SOC,
température). Les mécanismes de vieillissement associés concernent les réactions
parasites ainsi que les phénomènes mécaniques internes. Le taux de dégradation est
bien plus important que celui du vieillissement calendaire. En outre, des conditions
d’utilisation extrêmes peuvent s’avérer critiques pour l’intégrité des cellules.
36
I - 4. Mécanismes de vieillissement
37
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
38
I - 4. Mécanismes de vieillissement
Figure I-9 Etat de surface de l’anode après cyclage à basse température [104]
(a) Cellule neuve (0 cycles) => (h) Cellule vieillie (200 cycles)
39
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
A l’intérieur du graphite, le solvant peut ensuite être réduit en produit de la SEI ou, plus
dangereux pour l’intégrité de la batterie, en gaz. Buqa et al. [113] ont en effet relevé des
dégagements d’éthylène, de propylène et d’hydrogène. Cependant ces produits gazeux restent
peu importants et se produisent essentiellement en vieillissement calendaire [99].
40
I - 4. Mécanismes de vieillissement
41
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Expansion volumique /
SOC élevé Fractures
Exfoliation du graphite, Perte de matière
dégagements gazeux active (anode)
Transitions de phase /
Surcharge
Désordres structurels
42
I - 5. Modélisation du vieillissement
I - 5. Modélisation du vieillissement
I - 5.1. Modèles électrochimiques
Les modèles électrochimiques de vieillissement sont nécessairement définis par rapport à
un modèle électrochimique existant (cf. section I-2.1). Ils viennent donc compléter ce modèle
en intégrant des équations modélisant les mécanismes de vieillissement. Toutefois, du fait de
sa nature très réaliste, un modèle électrochimique ne peut illustrer qu’un seul phénomène.
e-
Solvant
δSEI rs Li+
Graphite
SEI
43
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
Les équations décrivant la formation de la SEI dans le cadre du modèle P2D sont
regroupées dans le Tableau I-9 et reprennent les formules énoncées dans les travaux de Safari
et al. [117] et Prada et al. [120]. Les symboles employés sont repris du Tableau I-3, et les
indices « SEI » et « EC » font respectivement référence à la SEI (et sa réaction de formation)
et au solvant. En particulier, DSEI *
EC représente la diffusivité du solvant au sien de la SEI, et cEC
et c**
EC désignent la concentration du solvant à l’interface anode/SEI et à l’interface
SEI/électrolyte respectivement.
Dans le modèle, les lois de conservation de la matière et du solvant au sein de la SEI
complètent les lois d’Ohm et de Fick. Au lieu d’une équation de Butler-Volmer, une expression
de Tafel est ici utilisée pour la densité de courant. Cette approximation est valable dans le cas
d’une réaction irréversible, ce qui est généralement admis pour la formation de la SEI [118], ou
si le produit de la réaction réagit rapidement [117]. Par rapport au modèle P2D sans
vieillissement, l’expression du sur-potentiel inclut un terme représentant la résistance électrique
supplémentaire induite par la SEI. De même, la SEI implique une baisse εSEI de la porosité de
l’électrolyte, ce qui permet de déduire une épaisseur critique de la SEI pour laquelle la porosité
de l’électrolyte est nulle.
Enfin, associer une loi d’Arrhenius aux grandeurs i0SEI et DSEI
EC permet de décrire l’influence
de la température sur l’influence de la formation de la SEI [116,119,120].
Propriétés électrochimiques
44
I - 5. Modélisation du vieillissement
Tableau I-9 Equations du modèle électrochimique de dépôt de lithium métallique (modèle P2D)
Propriétés électrochimiques
45
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
46
I - 5. Modélisation du vieillissement
avec :
▪ Nei : nombre d’occurrences de l’événement « i » (Ø)
▪ NeEOLi : nombre total d’occurrences de l’événement « i » pour atteindre la fin de
vie de la batterie (Ø)
▪ t : variable temporelle (s)
▪ Λ : durée de vie normalisée (Ø)
▪ Λi : durée de vie normalisée associée à l’événement « i » (Ø)
47
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
avec :
▪ Nei : nombre d’occurrences de l’événement « i » (Ø)
▪ t : variable temporelle (s)
▪ γi : coefficient de pondération associé à l’événement « i » (Ø)
▪ ΔQ : capacité délivrée par la batterie (Ah)
▪ ΔQi : capacité délivrée par la batterie durant l’événement « i » (Ah)
Ce modèle calcule l’évolution de la capacité délivrée par la batterie en fonction
d’événement et de conditions d’utilisation impactant son vieillissement. Les événements
répondent aux mêmes critères que ceux énoncés ci-dessus. Toutefois, il est notable que les
critères d’indépendance mutuelle des événements et d’indépendance de l’état de vieillissement
ne sont pas représentatifs du comportement de la batterie [130]. En outre, l’absence du
vieillissement calendaire dans le modèle constitue une source d’erreur non négligeable.
48
I - 5. Modélisation du vieillissement
𝑘𝐵 . 𝑇 𝑇. ∆𝑠 ‡ − ∆𝐻 ‡
𝑘𝐸𝑦𝑟𝑖𝑛𝑔 = . exp ( ) (I-25)
ℎ 𝑅. 𝑇
− 𝐸𝑎 + 𝑓1 (𝐼). 𝑓2 (𝐷𝑂𝐷)
𝑘𝐸𝑦𝑟𝑖𝑛𝑔 = 𝐾. 𝑇. exp ( ) (I-26)
𝑅. 𝑇
avec :
▪ DOD : profondeur de décharge
▪ Ea : énergie d’activation (J.mol-1)
▪ f1, f2 : fonction mathématique
▪ h : constante de Planck (h = 6,626.10-34 J.s)
▪ I : courant (A)
▪ K : constante (SI)
▪ kB : constante de Boltzmann (kB = 1,381.10-23 J.K-1)
▪ R : constante des gaz parfaits (R = 8,314 J.mol-1.K-1)
▪ T : température (K)
▪ ΔH‡ : enthalpie d’activation (J.mol-1)
▪ Δs‡ : entropie d’activation (J.mol-1.K-1)
49
Chapitre I- Etat de l’art : caractérisation, modélisation et vieillissement des batteries
I - 6. Conclusion
Plusieurs approches permettent de modéliser le comportement des batteries Li-ion.
Néanmoins, deux catégories de modèles sont très largement préférées dans le cadre de la
modélisation électrique et du vieillissement :
▪ Les modèles électrochimiques proposent une modélisation physiquement très
réaliste du fonctionnement interne des batteries. Ils représentent donc les modèles
les plus performants en termes de précision et de fiabilité. Ils sont par conséquent
très appréciés en conception, car ils donnent accès à des données difficiles à obtenir
sans détruire la cellule. Cependant, il s’agit du type de modèle le plus coûteux
numériquement, car il est constitué d’un imposant système différentiel. De plus, le
paramétrage nécessite la connaissance de la constitution et des propriétés
électrochimiques des batteries.
▪ Les circuits électriques équivalents sont les modèles privilégiés pour des
application impliquant une faible complexité numérique (simulation temps réel,
BMS). Ils sont également plus faciles à appréhender car les différents éléments du
circuit sont directement associés à la réponse en tension de la batterie tout en
gardant une cohérence physique. Toutefois, la précision et la fiabilité de ces
modèles requièrent un plan d’expérience exhaustif afin de prendre en compte les
diverses conditions de fonctionnement de la batterie.
Les modèles thermiques des batteries sont nécessairement couplés au modèle électrique.
Dans le cadre de la modélisation d’un module ou pack batterie, ils sont également associés à la
modélisation du système de gestion thermique. Les modèles nodaux constituent alors la
meilleure alternative alliant faible complexité, flexibilité, et représentation spatiale du champ
et des transferts thermiques.
Dans la suite de cette étude, la caractérisation et la modélisation des phénomènes
électriques, thermiques et du vieillissement resteront dissociées dans un premier temps pour
faciliter le processus de calibration. Il est néanmoins évident que les différents phénomènes
interagissent les uns avec les autres. Il est donc important de pouvoir définir un modèle de
batterie global qui permettra de coupler les différents modèles évoqués précédemment. Ce
travail sera effectué dans le cadre de cette thèse.
50
Chapitre II - Objet d’étude moyens d’essai
et outil de modélisation
début
Dans cette étude, la totalité de la phase expérimentale (électrique, thermique,
vieillissement) est réalisée en testant le même type de batterie et en exploitant les mêmes bancs
d’essais. De même, comme l’objectif de l’étude est de développer un modèle de comportement
global, les travaux de modélisation sont menés au sein d’un unique logiciel dédié. Par souci de
commodité, ce court chapitre présente donc les outils employés lors de la totalité de l’étude :
▪ Cellules : géométrie, propriétés électriques, disposition au sein du module batterie
d’où elles ont été extraites.
▪ Bancs d’essais : caractéristiques techniques, erreurs de mesure, montage des
cellules.
▪ Logiciel de modélisation : type de modèle, liberté de modélisation.
En outre, la phase de pré-paramétrage du modèle est détaillée. Cette phase consiste à
déterminer les paramètres de résolution numérique de façon à maximiser le ratio précision/coût.
Elle permet également d’estimer les performances et la précision du modèle.
Les informations présentes dans ce chapitre, notamment celles liées aux moyens d’essais,
font écho aux chapitres suivants qui se consacrent entièrement aux essais et à la modélisation
au niveau cellule.
fin
51
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
II - 1. Batterie testée
II - 1.1. Module
Un module batterie a été mis à disposition dans le cadre de la phase expérimentale. Ce
module a été extrait d’un véhicule électrique à batteries. Avant l’extraction du module, le
véhicule avait roulé sur une distance de moins de 500 km, soit moins de deux cycles complets
de charge-décharge par rapport à l’autonomie annoncée par le constructeur. De plus, le
véhicules et les modules étaient conservés à température ambiante, impliquant donc un impact
calendaire limité. Les cellules ont donc passé leur phase de rodage, tout en ayant subi un
vieillissement négligeable. Elles sont donc considérées neuves.
Le module possède une capacité nominale de 187,5 Ah et une énergie nominale de 6,840
kWh. Avec une masse de 33,6 kg et un volume de 23,6.10-3 m3, son énergie spécifique et sa
densité énergétique valent donc respectivement 206 Wh.kg-1 et 290.103 Wh.m-3.
Le module se compose de 30 cellules pouch organisées selon la structure électrique 3P10S
(3 cellules en parallèle constituant un « sous-module », et 10 sous-modules en série). Comme
l’illustre la Figure II-1, deux connecteurs multi-broches, placés sous les bornes générales du
module, permettent de mesurer la tension aux bornes de chaque sous-module. Une plaque de
protection permet de préserver les cellules situées aux extrémités du module contre de potentiels
chocs. Le module batterie est complètement démonté pour en extraire les cellules qui seront
caractérisées et modélisées dans les chapitres suivants.
Connectique
sous-module
Plaque de
protection
52
II - 1. Batterie testée
II - 1.2. Cellule
En démontant le module, il apparaît que chaque cellule est protégée par un cadre plastique
autour des tranches. Le cadre présente deux connectiques à visser, chacune soudée à une des
bornes de la cellule par l’intermédiaire d’une plaque métallique. La structure 3P d’un sous-
module est alors réalisée en soudant ces connectiques trois par trois.
Le refroidissement du module est assuré au moyen de plaques en aluminium de 0,5 mm
d’épaisseur insérées entre les larges faces des cellules. La plaque est collée sur la face d’une
des cellules grâce à une feuille de thermal pad, qui sert autant à maintenir la plaque qu’à faciliter
les échanges thermiques en éliminant les trous d’air. L’autre côté de la plaque est simplement
apposé contre la deuxième cellule. Toutefois, la compression au sein du module est telle qu’elle
garantit un bon contact entre la cellule et la plaque. A la base de la cellule, la plaque est pliée
par-dessus le cadre en plastique voisin de manière à former un « L » dont la base est en contact
indirect avec le fluide de refroidissement. La Figure II-2 montre une cellule extraite du module.
La vue éclatée de la cellule est présentée sur la Figure II-3.
Thermal pad
Cadre
Plaque
Borne à vis
aluminium
Cellule
Borne soudée
53
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
Les cellules ont une capacité nominale de 62,5 Ah, une tension nominale de 3,63 V et une
énergie nominale de 228 Wh. Les cellules mesurent 301 x 95 x 14,5 mm pour une masse de
888,8 g. Le cœur de la cellule mesure 263 x 93 x 14,5 mm et pèse 875,9 g, ce qui donne une
densité de 2558 kg.m-3, une énergie spécifique de 257 Wh.kg-1 et une densité énergétique de
643.103 Wh.m-3.
Chimiquement, l’anode est en graphite, tandis que la cathode est de type NMC 622
(LiNi0,6Mn0,2Co0,2O2). Les collecteurs de courant sont en cuivre à l’anode, et en aluminium à la
cathode.
Par commodité, le C-rate de cellules est défini par rapport à 60 Ah durant toute la suite de
l’étude. Les tensions limites de fonctionnement de la batterie sont 2,5 V - 4,2 V. Une charge
nominale consiste en une charge CCCV contenant deux phases CC : une phase CC à C/3 jusqu’à
4,05 V, une deuxième phase CC à C/5 jusqu’à 4,2 V, puis la phase CV à 4,2 V jusqu’à 3 A
(C/20). Par convention, une charge complète équivaut à une charge nominale. Une décharge
nominale consiste en une décharge complète à C/2. La Figure II-4 fournit les signaux en tension
et courant correspondant à une charge nominale suivie d’une décharge nominale.
4 20
3.8
10
3.6
Courant(A)
Tension (V)
3.4 0
3.2
10
3
2.8 20
2.6
30
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Temps (s) 10 4
54
II - 2. Banc d’essai cellule
(application du courant), une sortie sense (mesure de la tension), quatre sorties thermocouple
de type K, et deux sorties 4-20 mA (capteurs supplémentaires). Les voies sont électriquement
indépendantes, ce qui permet d’appliquer un profil électrique différent à chaque cellule à
condition d’avoir le même profil en température. A l’extérieur de l’enceinte, une console affiche
en temps réel les mesures en courant, tension et température de chaque voie. Elle contient
notamment une fiche CAN et une fiche Ethernet afin de connecter des systèmes de mesure
complémentaires.
Bornes de puissance
4-20 mA Sense
Thermocouples K
55
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
a)
b)
Figure II-7 Connection d'une cellule a) démontée et b) intacte sur la voie d’essai
56
II - 3. GT-AutoLion
II - 3. GT-AutoLion
Gamma Technologies développe et commercialise GT-Suite, un logiciel de modélisation
et simulation de systèmes multi-physiques 0D/1D (contenant certaines applications 3D). Le
logiciel inclus de nombreuses bibliothèques physiques : mécanique des fluides (gaz, liquide,
mélange), mécanique du solide, thermique, acoustique, électrique, électromagnétisme, chimie
et électrochimie. La versatilité de GT-Suite, en particulier ses modèles spécifiques aux systèmes
de propulsion et à la chaîne de traction, en fait un outil très utilisé dans l’industrie automobile.
En outre, le module GT-Optimizer permet d’optimiser la conception d’un système et de calibrer
les modèles.
GT-AutoLion est le module de GT-Suite destiné à la modélisation des phénomènes
électrochimiques au sein des batteries lithium-ion. Il reprend la formulation et les équations du
modèle électrochimique P2D (voir Chapitre I). Les données géométrique, la constitution
chimique, et les propriétés physiques des matériaux constituant la batterie peuvent donc être
paramétrés (voir Chapitre III). Le module inclut également des modèles de vieillissement
électrochimiques (voir Chapitre V), un modèle thermique isotherme, et un modèle mécanique
pour la prise en compte du swelling des batteries. Le modèle thermique isotherme sera exploité
dans les Chapitre III et V. Il consiste en une masse thermique soumise à des échanges
thermiques convectifs. Un modèle nodal 3D plus complet sera développé dans le Chapitre IV
et couplé au modèle électrochimique. L’aspect mécanique n’entre pas dans le cadre de la thèse.
Il est précisé que la version 2021.1 du logiciel est utilisée tout au long de l’étude.
II - 4. Pré-paramétrage du modèle
Les erreurs engendrées par un modèle peuvent être d’ordre physique ou d’ordre numérique.
Les erreurs physiques sont liées aux hypothèses émises pour simplifier le système modélisé.
Elles englobent la géométrie, les conditions aux limites et initiales, la charge appliquée ainsi
que les expressions mathématiques décrivant le comportement et les propriétés physiques du
système. Les erreurs numériques ne concernent que les erreurs induites par la résolution
numérique du modèle mathématique. Elles dépendent de la discrétisation numérique du
problème et du choix de l’algorithme de résolution.
Cette section est consacrée à la phase de pré-paramétrage du modèle GT-AutoLion. A
travers une étude de sensibilité sur les paramètres de résolution du modèle, le but est d’estimer
les erreurs numériques du modèle pour ensuite optimiser le rapport précision/coût. Cela
permettra également de vérifier la robustesse du modèle.
Dans ce qui suit, toutes les simulations sont réalisées avec le modèle d’exemple développé
dans le tutoriel de GT-AutoLion. Ce modèle décrit une cellule pouch de capacité 18 Ah à anode
de graphite et cathode LFP, et prend en compte les phénomènes électrochimiques et thermiques.
L’OCV de la cellule est tracée sur la Figure II-8. Elle évolue rapidement entre 0% et 10% de
SOC puis entre 95% et 100% de SOC, et forme un plateau entre 30% et 90% de SOC. Les
erreurs numériques trouveront donc principalement leur source aux SOCs extrêmes.
57
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
3.6
3.4
3.2
OCV (V) 3
2.8
2.6
2.4
2.2
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%)
Le nombre de mailles de chaque domaine peut être fixé dans le modèle. Si le modèle est
robuste, un maillage plus dense fournit des résultats plus précis, mais augmente les coûts
numériques. Pour quantifier le rapport précision/coût, plusieurs configurations de maillage sont
testées et indiquées dans le Tableau II-2. En se basant sur la configuration par défaut, un
58
II - 4. Pré-paramétrage du modèle
modificateur est appliqué sur le nombre de mailles. Afin d’éviter de traiter un trop grand nombre
de données, le modificateur est simultanément appliqué sur toutes les « mailles cartésiennes »
(cathode, anode, séparateur) d’une part, et sur toutes les « mailles radiales » (particules de
matière) d’autre part. Dans le cas du séparateur, le modificateur indiqué dans le Tableau II-2
est divisé par deux pour rester cohérent avec les valeurs par défaut.
Cathode 8
Anode 8 [-4 ; -2 ; 0 ; 2 ; 4 ; 8]
Séparateur 5
59
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
(a) (b)
Figure II-10 Ecart de tension en fonction du maillage (a) cartésien et (b) radial (décharge 1C, 20 °C)
(a) (b)
Figure II-11 RMSe de tension en fonction du maillage (a) cartésien et (b) radial (décharge 1C, 20 °C)
Etant donné que la taille du maillage cartésien influe peu sur la précision du modèle par
rapport au maillage radial, le nombre de mailles cartésiennes est désormais remis à sa valeur
par défaut (excepté pour la configuration de référence). Les courbes RMSe de tension en
fonction du maillage radial sont ensuite tracées sur la Figure II-12 pour l’ensemble du plan
d’expérience. Les courbes convergent quel que soit le point de fonctionnement. Pour une même
configuration de maillage, le modèle perd en précision à C-rate élevé et basse température. En
particulier, le modèle manque nettement de précision à 3C et -20 °C. Ceci s’explique par le
60
II - 4. Pré-paramétrage du modèle
gradient de concentration élevé à fort courant, ainsi que par la baisse importante de la diffusivité
à basse température. En appliquant un maillage suffisamment dense, les valeurs RMSe restent
en-deçà de la précision des bancs d’essais. Il convient toutefois de préciser que la valeur RMSe
ne reflète pas l’écart maximal de tension, mais qu’elle la minimise (cf. Figure II-10).
La précision et la robustesse du modèle ont également été évaluées en observant les écarts
de températures. Avec ce critère, la convergence reste vérifiée. La précision diminue en
augmentant le C-rate, mais ne dépend plus de la température. L’influence du maillage radial
apparaît ici négligeable face à celle du maillage cartésien. Dans le cadre de nos essais, ce
deuxième critère ne présente toutefois aucune pertinence physique. En effet, les écarts de
température sont au maximum de l’ordre de 10-2 °C, ce qui est bien en deçà de la résolution de
mesure en température des bancs d’essais. Même si cette grandeur a permis de confirmer la
robustesse du modèle, elle ne sera donc pas prise en compte pour optimiser le rapport
précision/coût.
61
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
1.05 1.4
éc arge arge
20 °C 1.3 20 °C
Facteur temps réel (%)
1
0.9
0.9
0.85 0.8
8 4 0 4 8 16 8 4 0 4 8 16
Modificateur radial Modificateur radial
1.3 1.6
éc arge arge
1.2 20 °C 20 °C
Facteur temps réel (%)
0 °C 1.4 0 °C
20 °C 20 °C
1.1
40 °C 40 °C
1.2
1
1
0.9
0.8 0.8
8 4 0 4 8 16 8 4 0 4 8 16
Modificateur radial Modificateur radial
1.8 25
éc arge arge
20 °C 20 20 °C
Facteur temps réel (%)
1.6 0 °C 0 °C
20 °C 20 °C
15
40 °C 40 °C
1.4
10
1.2
5
1 0
8 4 0 4 8 16 8 4 0 4 8 16
Modificateur radial Modificateur radial
62
II - 4. Pré-paramétrage du modèle
Tableau II-3 Plan d'expérience de l'étude de sensibilité du pas de temps et du critère de convergence
Chaque configuration est testée en reprenant le précédent plan d’expérience. Les autres
paramètres, y compris la densité de maillage, sont maintenus par défaut.
(a) (b)
Figure II-14 Ecart en tension en fonction du (a) pas de temps et du (b) critère de convergence
(décharge 1C, 20 °V)
Les écarts en tension des simulations à 1C de décharge et 20 °C sont tracés sur la Figure
II-14 afin de visualiser où se situent les erreurs les plus significatives. La taille du pas de temps
63
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
impacte principalement la toute première valeur calculée, l’écart pouvant atteindre plusieurs
millivolts. Après le premier pas de temps, l’écart converge cependant rapidement vers des
valeurs négligeables vis-à-vis de la précision des bancs d’essais. Au regard des valeurs prises
par les courbes sur la Figure II-14.(b), il est admis que jusqu’à 10-6, le critère de convergence
n’a aucune influence sur la précision du modèle. La valeur par défaut est donc retenue dans ce
qui suit.
La Figure II-15 donne les valeurs RMSe de tension en fonction du pas de temps. Les
graphes sont tracés sur une échelle semi-logarithmique. Les courbes convergent lorsque le pas
de temps diminue, ce qui vérifie la robustesse du modèle vis-à-vis de ce paramètre. La précision
diminue là encore lorsque la température diminue ou le C-rate augmente. Une différence
importante entre la charge et la décharge peut être observée. En effet, l’erreur se situant
exclusivement au premier pas de temps, elle est donc plus importante en début de charge à 0%
de SOC lorsque la batterie est moins stable (cf. Figure II-8).
64
II - 4. Pré-paramétrage du modèle
1.3 3
éc arge arge
1.2 20 °C 2.5 20 °C
Facteur temps réel (%)
1 1.5
0.9 1
0.8 0.5
0.5 1 5 10 30 0.5 1 5 10 30
Pas de temps (s) Pas de temps (s)
1.8 3
éc arge arge
1.6 20 °C 2.5 20 °C
Facteur temps réel (%)
0 °C 0 °C
20 °C 20 °C
1.4 2
40 °C 40 °C
1.2 1.5
1 1
0.8 0.5
0.5 1 5 10 30 0.5 1 5 10 30
Pas de temps (s) Pas de temps (s)
8
30
éc arge arge
20 °C 25 20 °C
Facteur temps réel (%)
6 0 °C 0 °C
20 °C 20 20 °C
40 °C 40 °C
4 15
10
2
5
0 0
0.5 1 5 10 30 0.5 1 5 10 30
Pas de temps (s) Pas de temps (s)
65
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
Configuration de
Configuration adoptée
référence
0.03 90
(a) 20 °C
(b) 20 °C
0 °C 80 0 °C
0.025 20 °C 20 °C
40 °C 40 °C
70
Ecart maximum de tension (V)
0.02 60
50
0.015
40
0.01 30
20
0.005
10
0 0
3 1 0.5 0.5 1 3 3 1 0.5 0.5 1 3
C rate C rate
66
II - 5. Conclusion
II - 5. Conclusion
L’étude de sensibilité menée dans ce chapitre a permis de quantifier l’impact des
paramètres de résolution numérique sur les performances du modèle tout en vérifiant sa
robustesse. Relativement à la précision des bancs d’essais présentés en début de chapitre, le
maillage cartésien et le critère de convergence exercent une influence négligeable sur la
précision du modèle. Le maillage radial et le pas de temps sont donc les paramètres les plus
impactant, sachant que l’erreur apparaît principalement aux SOCs extrêmes. La précision
diminue significativement à basse température et C-rate élevé. De manière générale, affiner le
maillage et diminuer le pas de temps augmente le temps de calcul.
L’étude numérique du modèle a été réalisée à partir d’une cellule d’exemple différente de
la cellule employée pour les essais. Il est toutefois admis que les résultats présentés dans ce
chapitre, y compris les valeurs numériques, soient représentatifs des performances du modèle
quelle que soit la cellule modélisée.
Des valeurs adéquates ont donc été identifiées afin que la précision de modèle soit proche
de celle des bancs d’essais tout en limitant la durée des simulations. Par rapport aux valeurs par
défaut, le nombre de mailles radiales est donc augmenté, tandis que le pas de temps est diminué.
Le maillage cartésien et le critère de convergence sont maintenus à leur valeur par défaut. Ces
paramètres seront employés durant toute la suite de l’étude.
67
Chapitre II- Objet d’étude, moyens d’essai et outil de modélisation
68
Chapitre III - Caractérisation électrique et
paramétrage du modèle électrochimique
4.2
3.8
OCV (V)
3.6
3.4
3.2
3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%)
début
La première étape de la modélisation des batteries se focalise sur leur comportement
électrique. Dans cette optique, ce chapitre présente les essais de caractérisation électrique
associés à la calibration du modèle GT-AutoLion. En raison du nombre important de
paramètres réglables dans le modèle, la calibration est décomposée en plusieurs étapes :
▪ Paramétrage de la structure géométrique et de la composition chimique de la
cellule à partir de données recueillies auprès d’un partenaire.
▪ Calibration des paramètres statiques de la batterie (capacité et OCP des
électrodes) à partir des essais de caractérisation de l’OCV.
▪ Calibration des paramètres dynamiques de la batterie (diffusivités, densité de
courant, conductivité électrique) à partir de décharges CC.
▪ Validation du modèle obtenu à partir de profils CCCV et WLTP.
Il est à noter que le modèle AutoLion est pré-calibré avec des valeurs par défaut et contient
une large base de données de matériaux. Les paramètres du modèle non mentionnés dans ce
chapitre sont maintenus à leur valeur par défaut. Ce choix est motivé par le faible impact que
ces paramètres pourraient avoir vis-à-vis des essais réalisés, à la nécessité de diminuer les
incertitudes de calibration, et au consensus bibliographique concernant certains paramètres.
Bien que l’étude thermique et la modélisation thermique de la cellule fassent
particulièrement l’objet du Chapitre IV, la température est ici considérée en tant que point de
fonctionnement. En outre, le modèle thermique isotherme intégré dans GT-AutoLion est
exploité afin d’estimer l’évolution de température au sein de la cellule.
fin
69
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
Anode Cathode
70
III - 1. Structure et composition chimique
(a)
(b) (c)
(d)
(e)
Figure III-1 Données extraites de l'étude de A2MAC1: (a) structure, (b) dimensions des électrodes,
(c) coupe des électrodes, (d) matière active, (e) répartition de la taille des particules
71
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
Largeur 93 mm
Hauteur 263 mm
Epaisseur 14,5 mm
Epaisseur de l’enveloppe 0,16 mm
Largeur 92,68
Nombre de feuillets d’anode 32
Epaisseur
Cathode 84 μm
Anode 107 μm
Séparateur 20 μm
Collecteur de courant à la cathode 12 μm
Collecteur de courant à l’anode 8 μm
Hauteur
Cathode 259 mm
Anode 261,5 mm
Séparateur 262,68 mm
Collecteur de courant à la cathode 259 mm
Collecteur de courant à l’anode 251,5 mm
Largeur
Cathode 89 mm
Anode 91,5 mm
Double-side anode
Masse
Enveloppe 15,9 g
72
III - 2. Calibration statique
3.9
3.88
30
3.86
O V
3.84
20
3.82 Relaxation
Courant (A)
Tension (V)
3.8
3.78
10
3.76 Chute ohmique
3.74
0
3.72
3.7
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Temps (s)
73
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
plus court avec l’essai n°1, et l’OCV est uniquement mesuré tous les 10% de SOC. Même s’il
est plus rapide, l’essai n°1 fournit donc une courbe d’OCV à priori moins fine et moins précise.
L’essai n°2 est réalisé avec quatre cellules, tandis que l’essai n°1 est réalisé avec douze
cellules (dont les quatre cellules de l’essai n°2). Lors de ces essais, quatre thermocouples de
type K sont répartis de façon équidistante sur la longueur de la surface supérieure de la cellule
(voir Figure II-7). Les thermocouples permettent de vérifier que l’équilibre thermique est
effectivement atteint lors de la mesure de l’OCV.
SOC {0, 5, 10, 20, …, 80, 90, 95, 100} {0, 1, 2, 3, …, 97, 98, 99, 100}
Temps de pause 1h 2h
Nombre de cellules testées 12 4
En moyennant les valeurs mesurées avec toutes les cellules testées, les courbes d’OCV
obtenues avec les deux essais sont tracées sur la Figure III-3. L’essai n°1 permet de capturer
l’allure générale de l’OCV, mais empêche d’en distinguer finement les variations, en particulier
entre 0% et 60% de SOC. C’est également dans cet intervalle que le phénomène d’hystérésis
est le plus significatif. Entre 60% et 100% de SOC, l’OCV adopte un comportement linéaire
sans hystérésis.
3.8 3.8
OCV (V)
OCV (V)
3.6 3.6
3.4 3.4
3.2 3.2
3 3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%) SOC (%)
Figure III-3 OCV mesuré à 25 °C avec (a) l'essai n°1 et (b) l'essai n°2
L’hystérésis de l’OCV est quantifiée sur la Figure III-4, où est représenté l’écart absolu
entre les OCV de charge et de décharge. L’erreur de mesure associée au calcul de l’hystérésis
est également indiquée sur le graphe en reprenant les données du Tableau II-1. L’hystérésis est
donc particulièrement significative entre 15% et 30% de SOC, car elle excède l’erreur de
mesure. Elle sera donc prise en considération dans la modélisation. Un écart important apparaît
également entre 0% et 5% de SOC, mais est davantage lié à l’instabilité inhérente de la cellule
à SOC faible.
74
III - 2. Calibration statique
0.04
Essai n°1
0.035 Essai n°2
Erreur de mesure
0.03
0.025
Hystérésis (V)
0.02
0.015
0.01
0.005
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%)
0.014
0.04
Ecart de tension (V)
0.012
0.03 0.01
0.008
0.02
0.006
0.004
0.01
0.002
0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%) SOC (%)
Figure III-5 Dispersion de l'OCV : (a) écart maximum entre les cellules de l’essai n°1, (b) écart entre
l'essai n°1 et l'essai n°2
75
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
4 4
3.8 3.8
3.6 3.6
OCV (V)
OCV (V)
3.4 3.4
10 °C 10 °C
3.2 3.2
0 °C 0 °C
10 °C 10 °C
3 20 °C 3 20 °C
25 °C 25 °C
30 °C 30 °C
2.8 35 °C 2.8 35 °C
45 °C 45 °C
2.6 2.6
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%) SOC (%)
Figure III-6 OCV mesuré à différentes températures en (a) charge et en (b) décharge
En notant que les courbes sur la Figure III-6 suivent le même comportement pour toute
température, il est possible d’adapter les courbes d’OCV issues de l’essai n°2 en fonction de la
température. Considérons les grandeurs de référence SOCref et OCVref telles que la Figure III-3
représente les courbes OCVref = f(SOCref). Afin de tracer les courbes OCV = f(SOC) en fonction
de la température T (en °C) à partir des courbes de référence, les coefficients αSOC et αOCV sont
définis par les relations suivantes :
𝑆𝑂𝐶(𝑇) = 𝛼𝑆𝑂𝐶 (𝑇). (𝑆𝑂𝐶𝑟𝑒𝑓 − 100) + 100 (III-1)
Dans l’équation (III-2), l’indice 100 désigne l’OCV mesurée à 100% de SOC. La grandeur
OCV100 est représentée sur la Figure III-7. Elle peut être interpolée par une exponentielle
décroissante, ce qui montre que l’OCV converge à mesure que la température augmente. Les
coefficients αSOC et αOCV quantifient l’allongement horizontal et vertical de la courbe d’OCV
en fonction de la température. Ils sont calibrés de manière à corréler aux valeurs de la Figure
III-6. Les résultats de la calibration sont rassemblés dans le Tableau III-4, et les courbes d’OCV
associées sont tracées sur la Figure III-8.
76
III - 2. Calibration statique
4.19
4.18
4.17
OCV = 0.0266 .e 0.0629.T + 4,189
OCV (V)
4.16
4.15
4.14
4.13
10 0 10 20 30 40 50
Température (°C)
Température
-10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
αSOC (charge) 0,937 0,966 0,982 0,997 1,000 1,003 1,004 1,007
αSOC (décharge) 0,939 0,968 0,982 0,996 1,000 1,002 1,003 1,005
αOCV (charge) 0,932 0,969 0,984 0,997 1,000 1,002 1,005 1,007
αOCV (décharge) 0,973 0,984 0,991 0,999 1,000 1,001 1,003 1,006
4 4
3.8
3.8
3.6
3.6
OCV (V)
OCV (V)
3.4
3.4
3.2
10 °C 10 °C
3.2
0 °C 3 0 °C
10 °C 10 °C
3 20 °C 20 °C
25 °C 2.8 25 °C
30 °C 30 °C
2.8 35 °C 2.6 35 °C
45 °C 45 °C
2.6 2.4
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC (%) SOC (%)
Figure III-8 OCV corrélé à différentes températures en (a) charge et (b) décharge
77
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
(a) (b)
Figure III-9 Potentiel de (a) l’anode et de (b) la cathode à 25 °C et C/20 (source : A2MAC1)
La forme des courbes sur la Figure III-9 montre que, si l’allure générale de l’OCV est due
à l’OCP de la cathode, les variations plus fines sont en revanche causées par l’OCP de l’anode.
En traçant les dérivées de l’OCP anodique et de l’OCV par rapport au taux de lithiation Li% (ou
de charge) comme le montre la Figure III-10, il est alors possible de corréler le taux de lithiation
à l’anode avec le SOC de la cellule. Ainsi, les taux de lithiation de 0,15 et 0,52 correspondent
respectivement à 10% et 59% de SOC au niveau de la cellule. Il sera admis que l’évolution du
taux de lithiation est linéaire par rapport à l’évolution du SOC, autrement dit qu’il existe deux
coefficients α0 et α1 tels que :
𝑆𝑂𝐶 = 𝛼1 . 𝐿𝑖% + 𝛼0 (III-3)
78
III - 2. Calibration statique
(a) (b)
1
4.2
0.9
4
0.8
3.8 0.7
OCV ou OCP (V)
3.6 0.6
OCP (V)
0.5
3.4
0.4
3.2 OCV
OCP cathode estimé 0.3
3 OCP cathode corrélé
OCP anode 0.2
2.8 0.1
2.6 0
20 0 20 40 60 80 100 120 140
SOC (%)
Il est précisé que, par commodité, seule l’anode est supposée présenter un phénomène
d’hystérésis (ce qui se justifie avec la Figure III-9). L’OCP de la cathode ainsi obtenu, et par
conséquent indépendant de la charge ou de la décharge, permet finalement de déterminer l’OCP
de l’anode par l’opération inverse OCPanode = OCPcathode - OCV. Les résultats sont présentés sur
la Figure III-12. Ces courbes sont donc adoptées pour modéliser l’OCV de la cellule à 25 °C.
79
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
(a) 1 (b) 5
Charge
0.9 Décharge
4.5
0.8
0.7
4
0.6
OCP (V)
OCP (V)
0.5 3.5
0.4
3
0.3
0.2
2.5
0.1
0 2
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Taux de lithiation Taux de lithiation
80
III - 2. Calibration statique
4 4
3.9 3.9
3.8 3.8
OCV (V)
OCV (V)
3.7 3.7
3.6 3.6
3.5 3.5
3.4 3.4
3.3 3.3
3.2 3.2
0 2000 4000 6000 8000 0 2000 4000 6000 8000
Temps (s) Temps (s)
81
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
Les résultats de la calibration sont rassemblés ci-dessous dans le Tableau III-5. Lorsque la
température est inférieure à -10 °C ou supérieure à 45 °C, les paramètres sont estimés par
extrapolation linéaire.
Température
-10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
X shift (%) 2,4 1,7 0,7 0,2 -0,1 -0,2 -0,3 -0,5
Charge
X multiplier (Ø) 0,92 0,96 0,97 0,99 0,99 1,00 1,00 1,00
Y shift (mV) 3,7 4,9 -3,5 -2,5 -4,1 -4,9 -4,2 -6,7
RMSe (mV) 3,2 4,8 2,0 2,3 2,4 2,5 2,9 2,8
X shift (%) 4,4 2,5 1,4 0,3 0,0 -0,4 -0,4 -0,5
Décharge
X multiplier (Ø) 0,93 0,95 0,97 0,99 1,00 1,00 1,01 1,00
Y shift (mV) 46,8 12,7 5,0 0,0 -1,4 -4,8 -4,3 -7,3
RMSe (mV) 11,4 2,9 0,7 0,6 1,0 1,0 1,1 1,7
82
III - 3. Calibration dynamique
Pour l’une des quatre cellules, les tensions de décharge sont tracées sur la Figure III-15 en
fonction de la température et du C-rate. Afin de comparer les différents points de
fonctionnement, les courbes ne sont pas tracées en fonction du temps t, mais du temps normalisé
au C-rate, nommé tC-rate, tel que tC-rate = t (s)/3600.C-rate. Les graphes montrent alors que le
comportement de la cellule dépend fortement du point de fonctionnement, et que la phase de
calibration devra nécessairement considérer l’ensemble de la plage d’utilisation de la cellule.
Tension (V)
3.4 3.4
3.2 3.2
3 3
2.8 2.8
2.6 2.6
2.4 2.4
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Temps normalisé Temps normalisé
Figure III-15 Décharges CC : (a) C/2 en fonction de la température, (b) 25 °C en fonction du C-rate
(a) 70 (b) 16
C/3 2C
C/3 2C
C/2 3C C/2 3C
60 1C 14
1C
Température de fin de décharge(°C)
12
50
10
Capacité (Ah)
40
8
30
6
20
4
10 2
0 0
20 10 0 10 20 30 40 50 20 10 0 10 20 30 40 50
Température d'essai (°C) Température d'essai (°C)
Figure III-16 Cartographie des décharges CC : (a) capacité, (b) élévation de température
83
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
observé que la dispersion de température entre les cellules coïncide avec la dispersion de
capacité (en effet, une température plus élevée implique une capacité plus élevée). Il apparaît
donc peu judicieux d’utiliser une courbe de tension moyenne comme donnée de calibration,
comme cela avait été fait avec l’OCV. Il est donc décidé de se baser sur une seule cellule pour
calibrer le modèle GT-AutoLion.
avec :
▪ Ea : énergie d’activation (J.mol-1)
▪ k : coefficient multiplicateur
▪ kref : facteur pré-exponentiel, coefficient multiplicateur à Tref
▪ R : constante des gaz parfaits (R = 8,314 J.mol-1.K-1)
▪ T : température (K)
▪ Tref : température de référence (K), par convention on choisit Tref = 298,15 K
Comme cela a été mentionné précédemment, un modèle thermique est nécessaire pour
déterminer la température au sein de la cellule, notamment à C-rate élevé lorsque la température
de surface n’est pas représentative de la température effective. Le modèle thermique
implémenté dans GT-AutoLion est donc utilisé. Il s’agit d’un modèle isotherme macroscopique
intégrant des pertes convectives, et qui permet de calculer la puissance thermique générée par
la cellule grâce au modèle électrochimique.
84
III - 3. Calibration dynamique
(a) (b)
47123 . 1 1
k = 2,90.e 8,314 298,15 T
3.4
3.35
Tension ( V)
3.3
3.25
3.2
85
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
29.5
Expérimental
29 Modèle : HTC = 20
Modèle : HTC = 22
28.5 Modèle : HTC = 24
Modèle : HTC = 26
Modèle : HTC = 28
28 Modèle : HTC = 30
Température (°C)
27.5
27
26.5
26
25.5
25
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
Temps (s)
Figure III-18 Influence du coefficient de transfert thermique sur la température (C/2, 25 °C)
86
III - 3. Calibration dynamique
4 4 4
Tension (V)
Tension (V)
Tension (V)
Figure III-19 Impact des paramètres du modèle sur la tension (1C, 25 °C) : (a) diffusivité du NMC,
(b) conductivité diffusionnelle de l’électrolyte, (c) densité de courant d’échange du NMC
87
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
88
III - 3. Calibration dynamique
(a) (b)
(c) (d)
89
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
Tension (V)
Tension (V)
3.5 3.5 3.5
3 3 3
Température (°C)
Température (°C)
32
30 30
30
28
26
25 25
0 1000 2000 3000 0 200 400 600 0 50 100 150 200
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
Figure III-21 Calibration du modèle à haut C-rate (25 °C) : (a) tension - 1C, (b) tension - 2C,
(c) tension - 3C, (d) température - 1C, (e) température - 2C, (f) température - 3C
Finalement, bien que GT-AutoLion ne permette pas d’implémenter une loi correspondante
aux courbes tracées sur la Figure III-20, il est possible d’appliquer des conditions booléennes
afin de différencier les deux plages de températures. Etant donné que la condition ne peut pas
porter sur la température calculée instantanément par le modèle, elle est déterminée à partir de
la température initiale de la batterie, notée T0. Il est important de noter que, définie comme tel,
cette condition n’est valable que si la température de la cellule se maintient effectivement dans
la plage correspondante à la température initiale pendant toute la durée de la simulation.
Le paramétrage final de GT-AutoLion pour la partie dynamique est indiqué dans le
Tableau III-9. La précision du modèle est évaluée en appliquant ce paramétrage aux décharges
CC sur l’ensemble des températures, et jusqu’à 1C. Les courbes expérimentales et modélisées
sont comparées sur la Figure III-22. Pour les raisons énoncées en section III-3.2.2, les valeurs
RMSe en tension ne sont calculées qu’entre 4,2 V et 3,2 V afin d’estimer au mieux la précision
du modèle (en effet, la tension commence à chuter à partir de 3,2 V). L’écart relatif des temps
de décharge pour proposer un critère complémentaire pour la précision de la calibration est
calculé. Les résultats sont présentés sur la Figure III-23.
90
III - 3. Calibration dynamique
(a)
4
Tension (V)
3.5
2.5
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000
Temps (s)
(b)
4
Tension (V)
3.5
2.5
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
Temps (s)
(c)
4
Tension (V)
3.5
2.5
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000
Temps (s)
Figure III-22 Calibration dynamique du modèle : (a) C/3, (b) C/2, (c) 1C
91
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
0.06 30
0.04 20
0.02 10
0 0
20 10 0 10 20 30 40 20 10 0 10 20 30 40
Température (°C) Température (°C)
Figure III-23 Précision de la calibration : (a) RMSe de la tension, (b) écarts de temps de décharge
92
III - 4. Validation du modèle
De même, la charge se termine plus tôt plus à basse température, et se prolonge à plus
haute température. En soustrayant le retard accumulé à la fin de la décharge, cela ne représente
toutefois qu’un décalage de quelques pourcents par rapport à la durée totale de la décharge.
Finalement, mis à part aux températures en-dessous de 0°C et lors de la relaxation en fin
de décharge, le modèle reproduit fidèlement le comportement de la cellule en phase de charge.
Etant donné que le profil appliqué est très peu sévère, les écarts apparents peuvent difficilement
être associés au comportement thermique du modèle, même à basse température. A faible
courant, il s’agit donc plus vraisemblablement d’erreurs liées à la calibration de la diffusivité
du graphite, avec notamment un potentiel phénomène d’hystérésis. Le modèle pourrait donc
être affiné en implémentant manuellement la diffusivité du graphite comme cela a été fait en
section III-2.2.2 avec l’OCP.
4 4 4
Tension (V)
Tension (V)
Tension (V)
3.5 3.5 3.5
3 3 3
Exp. Exp. Exp.
Modèle Modèle Modèle
2.5 2.5 2.5
0 2 4 6 8 0 5 10 0 5 10
Temps (h) Temps (h) Temps (h)
4 4 4
Tension (V)
Tension (V)
Tension (V)
3 3 3
Exp. Exp. Exp.
Modèle Modèle Modèle
2.5 2.5 2.5
0 5 10 0 5 10 0 5 10
Temps (h) Temps (h) Temps (h)
Figure III-24 Cycle CC-CCCV : (a) -20 °C, (b) -10 °C, (c) 0 °C, (d) 10 °C, (e) 25 °C, (f) 45 °C
Température
-20 °C -10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
Temps (min) -2,0 -5,6 2,9 1,9 2,8 3,1 3,5 3,9 4,3
C/3
Relaxation (mV) -64,2 -21,9 -6,5 30,0 168,3 181,9 186,7 150,4 90,9
CCCV
Temps (min) -27,5 -15,4 10,3 4,9 9,2 9,3 10,8 9,5 11,2
Relaxation (mV) -136,5 -74,1 -28,3 -12,5 -1,9 -1,3 0,2 1,1 2,4
93
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
500
400
300
200
Puissance (W)
100
100
200
300
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
Temps (s)
En partant d’un état complètement chargé, la cellule est déchargée en répétant le profil
WLTP jusqu’à atteindre 2,5 V. L’opération est appliquée à 0 °C, 10 °C, 25 °C et 40 °C. Les
essais et le modèle sont comparés sur la Figure III-26.
La simulation est interrompue à l’issue du premier cycle à 10 °C, et à l’issue du second
cycle à 25 °C. Ces fins de décharge précoces se produisent lors des appels de puissance les plus
importants, associés à une montée rapide de la température de la cellule. Comme expliqué
précédemment, elles sont donc vraisemblablement dues à la modélisation de la diffusivité de
l’électrolyte et du comportement thermique de la cellule. Mis à part cela, le modèle reste stable
pour les pics de puissance excédant 1C. De plus, la durée de la simulation concorde avec celle
de l’essai à 0 °C et 40 °C. Dans l’ensemble, il est donc justifié de ne retenir que le paramétrage
de la diffusivité de l’électrolyte à 1C.
Les valeurs RMSe valent 59 mV, 28 mV, 23 mV et 19 mV à 0 °C, 10 °C, 25 °C et 40 °C
respectivement. A partir de 25 °C, l’erreur du modèle se rapproche de l’erreur de mesure des
bancs d’essais. A 0 °C et 10 °C, la précision peut être augmentée en diminuant la conductivité
ionique de l’électrolyte de manière à mieux suivre les chutes de tension, mais au détriment de
la précision des décharges CC.
94
III - 4. Validation du modèle
(a) 4.5
4
Tension (V)
3.5
3 Expérimental
Modèle
2.5
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
Temps (s)
(b) 4.5
4
Tension (V)
3.5
3 Expérimental
Modèle
2.5
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
Temps (s)
(c) 4.5
4
Tension (V)
3.5
3 Expérimental
Modèle
2.5
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Temps (s)
(d) 4.5
4
Tension (V)
3.5
3 Expérimental
Modèle
2.5
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000
Temps (s)
Figure III-26 Décharge WLTP : (a) 0 °C, (b) 10 °C, (c) 25 °C, (d) 40 °C
95
Chapitre III- Caractérisation électrique et paramétrage du modèle électrochimique
III - 5. Conclusion
Le modèle GT-AutoLion a été paramétré suivant trois étapes. En premier lieu, la
composition chimique et la structure de la cellule ont été implémentées grâce aux informations
recueillies auprès d’un partenaire. Ces informations sont nécessaires pour ne pas induire
d’erreurs de modélisation en amont de la calibration. Ensuite, la phase de calibration statique a
permis de déterminer la capacité et l’OCP de chaque électrode à partir d’essais de
caractérisation de l’OCV. Enfin, des décharges CC sont exploitées pour la phase de calibration
dynamique du modèle.
La calibration du modèle a montré la nécessité de prendre en compte l’effet de la
température sur le comportement de la cellule, y compris en cours d’opération. Cela passe donc
par une estimation fidèle de la température à travers un modèle thermique. Associé à un modèle
P2D, le modèle thermique est nécessairement isotherme, ce qui peut montrer certaines limites
lors de la calibration, notamment par l’absence d’estimation du gradient thermique.
L’adoption de la base de données de GT-AutoLion peut également induire certaines
erreurs, ce qui a en particulier conduit à implémenter manuellement l’OCP du graphite. En
outre, le fait que les coefficients correcteurs ne peuvent qu’être constants ou suivre une loi
d’Arrhenius manque par instance de flexibilité. Dans notre cas, cela a nécessité de distinguer
des plages de validité du paramétrage.
Il est rappelé que l’objectif de la phase de calibration est d’identifier un paramétrage du
modèle valide sur la plage de fonctionnement la plus large possible. Le paramétrage qui a été
défini tout au long de ce chapitre représente donc un compromis sur l’ensemble des points de
fonctionnement. Par rapport à une calibration distincte par point de fonctionnement, cela affecte
par conséquent la précision du modèle mais implique une meilleure cohérence physique.
Finalement, la validation effectuée avec deux applications concrètes (charge CCCV, profil
WLTP) atteste de la validité et de la fiabilité du modèle et de la méthodologie de calibration.
Au regard des remarques ci-dessus, quelques améliorations permettraient de renforcer la
pertinence de la méthodologie. Tout d’abord, un modèle thermique plus élaboré
(caractéristiques thermiques dépendantes de la température, tridimensionnalité pour
l’estimation du gradient thermique interne) affinerait l’estimation de la température de la
cellule. La fonction objectif pour la calibration peut également être complétée en combinant
l’écart temporel de fin de décharge à l’écart de tension. Enfin, il peut sembler pertinent
d’implémenter manuellement certains paramètres. Toutefois, cela présente un risque important
d’erreurs dans le cadre d’une calibration impliquant de nombreux paramètres, et lorsque les
paramètres dépendent de plusieurs facteurs ou de facteurs difficile à évaluer (ex : la
concentration de l’électrolyte).
96
Chapitre IV - Caractérisation thermique et
paramétrage du modèle thermique
V
V
début
Ce chapitre est consacré à la caractérisation expérimentale des propriétés thermiques de la
batterie. Dans un premier temps, la capacité thermique spécifique et les conductivités
thermiques (conductivité parallèle et conductivité transverse) sont déterminées par deux
approches non-destructives (couplage numérique-expérimental) complémentaires :
▪ Echauffement local : la batterie est chauffée localement et adiabatiquement au
moyen d’une résistance chauffante. Un modèle analytique tridimensionnel est
développé pour modéliser la montée en température de la batterie en différents
points.
▪ Spectroscopie d’Impédance ermique : l’impédance thermique de la batterie
est mesurée à différentes fréquences. La puissance thermique est générée par
application d’un courant. Un modèle nodal tridimensionnel est ici calibré par
rapport au spectre d’impédance.
La méthode par échauffement local est employée pour identifier les paramètres thermiques
de la batterie à 50% de SOC entre 0 °C et 40 °C. Les résultats issus de cette méthode serviront
de référence lors de l’approche par spectroscopie d’impédance, plus rapide et plus commode
pour la caractérisation de la batterie sur toute sa plage de SOC, entre 0 °C et 45 °C.
Finalement, en reprenant le modèle nodal, le modèle thermique de la batterie est
implémenté dans GT-Suite avec la librairie thermique. Ce modèle est couplé avec le modèle
électrochimique AutoLion.
fin
97
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
98
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
Circuit amplificateur
R2
I0
R0
Résistance R1
chauffante
Pâte thermique
UQ V
V UAOP
Capteur de flux
thermique
Pâte thermique
Surface de q y
chauffe z
(a)
W/2
3 4
L/2
2 13 5
3L/4
1 L W
W/2
(b) 3L/4
W/2
6
10 11 7
L/2
9 8
W/2
12
99
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Enceinte thermostatique
Cellule + Papier bulle
Boîte isolante
Thermocouples T
Multimètre
Circuit amplificateur
Générateur DC
100
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
101
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
IV - 1.1.3. Résultats
Afin d’illustrer le comportement dynamique de la résistance chauffante, la Figure IV-4
indique l’élévation de tension de sortie du circuit amplificateur pour l’essai réalisé à 20 °C et
380 mA. La résistance se comporte comme un système du premier ordre avec une constante de
temps autour de 30 s. En toute rigueur, la tension ne tend pas vers un régime permanent, mais
décroît progressivement après avoir atteint une valeur maximale. Pour chaque condition
d’opération, la baisse totale du flux thermique à la fin de l’essai par rapport à un régime
permanent (i.e. si le flux se maintient à sa valeur maximum) est précisée dans le Tableau IV-3.
Le fait que la perte de chaleur n’excède jamais 1% justifie néanmoins de considérer un régime
permanent. Les maxima atteints par la tension amplifiée sont comparés avec le Tableau IV-2,
dont les valeurs sont calculées dans l’hypothèse d’une batterie parfaitement isolée
thermiquement. Il est observé que la tension mesurée est plus faible d’environ 6% à 0 °C et
jusqu’à 9% à 40 °C. Etant donné que cet écart soit bien au-delà de l’incertitude de mesure du
capteur de flux thermique et du multimètre, il apparaît alors qu’une part significative de la
chaleur émise par la résistance chauffante se propage à travers l’isolation. Ce phénomène est
davantage illustré dans ce qui suit grâce aux mesures de température.
0.7
0.6
Tension de sortie du circuit AOP(V)
0.652
0.5
0.651
Tension de sortie du circuit AOP (V)
0.4 0.65
0.649
0.3
0.648
0.2 0.647
0.646
0.1 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Temps (min)
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Temps (min)
Figure IV-4 Tension de sortie du circuit amplificateur (20 °C, 380 mA)
Température d’essai
Courant 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
La Figure IV-5 montre, pour le test effectué à 20 °C et 380 mA, l'élévation de température
mesurée par les thermocouples fixés sur la cellule. Les courbes présentent des paliers en raison
de la résolution relativement faible de la mesure de température (0,1 °C) par rapport à la
102
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
fréquence d’acquisition (10 Hz). Une augmentation de température plus importante est mesurée
avec les thermocouples plus proches de la surface de chauffe, ce qui prouve que cet essai permet
de caractériser l'anisotropie thermique de la cellule. La température semble suivre un
comportement asymptotique linéaire après une phase transitoire. De plus, la pente de la partie
linéaire paraît indépendante de la position des thermocouples.
5.5
n ermocouple
5
1 7
4.5 2 8
3 9
4 4 10
Elévation de température (°C)
5 11
3.5 6 12
2.5
1.5
0.5
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (s)
Finalement, les élévations de température mesurées par les thermocouples placés sur le
papier-bulle sont tracées sur la Figure IV-6. La température augmente dès le début de l’essai,
même s’il existe une courte latence par rapport aux thermocouples en vis-à-vis fixés sur la
cellule. En particulier, le thermocouple n°14 (celui situé au-dessus de la résistance chauffante)
confirme les observations liées au capteur de flux thermique, à savoir que la puissance émise
par la résistance chauffante n’est que partiellement transmise à la cellule. En outre, le second
thermocouple prouve que le papier-bulle, et par extension le montage expérimental, ne garantit
pas l’isolation thermique de la batterie.
n ermocouple
3.5 14
15
3
Elévation de température (°C)
2.5
1.5
0.5
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (s)
Figure IV-6 Montée en température en surface du papier-bulle (20 °C, 380 mA)
103
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
L = 131,5 mm
a
W = 46,5 mm
q a = 15 mm
q Conditions adiabatiques
H = 14 mm
104
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
𝜕𝜃 𝜕𝜃 𝜕𝜃 𝜕𝜃
| 𝑍 = 𝛬𝑧 .𝐻 = | = | = | =0 (IV-7)
𝜕𝑍 𝜕𝑍 𝑍=0 𝜕𝑋 𝑋=𝛬𝑥 .𝐿 𝜕𝑌 𝑌=𝛬𝑦 .𝑊
{𝛬𝑥 .𝑎<𝑋≤𝛬𝑥 .𝐿} ∪ {𝛬𝑦 .𝑎< 𝑌≤𝛬𝑦 .𝑊}
𝜕𝜃 𝜕𝜃
| = | =0 (IV-8)
𝜕𝑋 𝑋=0 𝜕𝑌 𝑌=0
Il est à noter que les équations (IV-6) et (IV-7) traduisent l’hypothèse adiabatique, tandis
que l’équation (IV-8) est associée à la symétrie du problème.
Enfin, étant donné que chaque test débute à l’équilibre thermique, la condition initiale est
donnée par :
𝑙𝑖𝑚 𝜃 = 0 (IV-9)
𝑡→0
105
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Les grandeurs φnkp et δnkp sont respectivement la fonction propre et la valeur propre d’ordre
{n,k,p} associées au problème. La valeur propre δnkp est la norme quadratique du vecteur
composé des trois valeurs propres αn, βk, γp respectivement associées aux dimensions X, Y, Z.
𝑄 𝑄 −𝑡
𝑄. 𝛬𝑍 . 𝐽000 𝑄. 𝛬𝑍 . 𝐽𝑛𝑘𝑝
𝜃(𝑋, 𝑌, 𝑍, 𝑡) = 𝐹000 . + ∑ 𝐹𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍). 2 . (1 − 𝑒 𝜏𝑛𝑘𝑝 )
𝜌. 𝑐𝑝 𝛾. 𝛿𝑛𝑘𝑝 (IV-10)
𝑛≥0
𝑘≥0
𝑝≥0
n+k+p ≠ 0
𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍)
𝐹𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍) = 𝛬𝑧 .𝐻 𝛬𝑦 .𝑊 𝛬𝑥 .𝐿 2 (IV-11)
∫0 ∫0 ∫0 𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍). 𝑑𝑋. 𝑑𝑌. 𝑑𝑍
𝛬𝑥 .𝑎 𝛬𝑦 .𝑎
ℎ𝑒𝑎𝑡𝑒𝑟
𝐽𝑛𝑘𝑝 =∫ ∫ 𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍 = 𝛬𝑧 . 𝐻). 𝑑𝑌. 𝑑𝑋 (IV-12)
0 0
𝜌. 𝑐𝑝
𝜏𝑛𝑘𝑝 = 2 (IV-13)
𝜆. 𝛿𝑛𝑘𝑝
𝑛. 𝜋 𝑘. 𝜋 𝑝. 𝜋
𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍) = cos ( . 𝑋) . cos ( . 𝑌) . cos ( . 𝑍) (IV-14)
𝛬𝑥 . 𝐿 𝛬𝑦 . 𝑊 𝛬𝑧 . 𝐻
2
𝑛. 𝜋 2 𝑘. 𝜋 𝑝. 𝜋 2
𝛿𝑛𝑘𝑝 = √𝛼𝑛2 + 𝛽𝑘2 + 𝛾𝑝2 = √( ) +( ) +( ) (IV-15)
𝛬𝑥 . 𝐿 𝛬𝑦 . 𝑊 𝛬𝑧 . 𝐻
𝜕𝜃 𝜕𝜃 𝛬𝑧 . ℎ𝑒𝑥𝑡
| 𝑍 = 𝛬𝑧 .𝐻 =− | = .𝜃 (IV-17)
𝜕𝑍 𝜕𝑍 𝑍=0 𝜆
{𝛬𝑥 .𝑎<𝑋≤𝛬𝑥 .𝐿} ∪ {𝛬𝑦 .𝑎< 𝑌≤𝛬𝑦 .𝑊}
𝜕𝜃 𝛬𝑥 . ℎ𝑒𝑥𝑡
| = .𝜃 (IV-18)
𝜕𝑋 𝑋=𝛬𝑥 .𝐿 𝜆
106
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
𝜕𝜃 𝛬𝑦 . ℎ𝑒𝑥𝑡
| = .𝜃 (IV-19)
𝜕𝑌 𝑌=𝛬𝑦 .𝑊 𝜆
𝜕𝜃 𝜕𝜃
| = | =0 (IV-20)
𝜕𝑋 𝑋=0 𝜕𝑌 𝑌=0
Changer de conditions aux limites modifie les fonctions propres et les valeurs propres. La
fonction propre d’ordre {n,k,p} est définie par l’équation (IV-21). Pour la valeur propre δnkp,
les valeurs propres unidimensionnelles αn, βk et γp sont les racines strictement positives d'ordre
n, k et p des fonctions (IV-22), (IV-23) et (IV-24) respectivement.
𝛬𝑧 . ℎ𝑒𝑥𝑡
𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍) = cos(𝛼𝑛 . 𝑋) . cos(𝛽𝑘 . 𝑌) . [𝛾𝑝 . cos(𝛾𝑝 . 𝑍) + . sin(𝛾𝑝 . 𝑍)] (IV-21)
𝜆
𝛬𝑥 . ℎ𝑒𝑥𝑡
𝛼 ↦ 𝛼. tan(𝛼. 𝛬𝑥 . 𝐿) − (IV-22)
𝜆
𝛬𝑧 . ℎ𝑒𝑥𝑡
𝛽 ↦ 𝛽. tan(𝛽. 𝛬𝑦 . 𝑊) − (IV-23)
𝜆
𝛬 .ℎ
2. 𝑧 𝑒𝑥𝑡 . 𝛾
𝛾 ↦ tan(𝛾. 𝛬𝑧 . 𝐻) − 𝜆
2 (IV-24)
𝛬 .ℎ
𝛾 2 − ( 𝑧 𝑒𝑥𝑡 )
𝜆
Finalement, l’élévation de température de la cellule s’exprime de la façon suivante :
𝑄 −𝑡
𝑄. 𝛬𝑧 . 𝐽𝑛𝑘𝑝 𝜏𝑛𝑘𝑝
𝜃(𝑋, 𝑌, 𝑍, 𝑡) = ∑ 𝐹𝑛𝑘𝑝 (𝑋, 𝑌, 𝑍). 2 . (1 − 𝑒 )
𝑛>0
𝜆. 𝛿𝑛,𝑘,𝑝 (IV-25)
𝑘>0
𝑝>0
107
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Tableau IV-4 Erreur quadratique moyenne (°C) de la calibration (conditions aux limites adiabatiques,
essais restreints à 8 minutes)
empérature d’essai
Courant 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
Tableau IV-5 Calibration des paramètres cp, λ|| et λ⊥ (conditions aux limites adiabatiques, essais
restreints à 8 minutes)
empérature d’essai
0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
108
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
0 0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
ermocouple n ermocouple n ermocouple n
1
Elévation de température (°C)
0.6 0.3
0.6
0 0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
ermocouple n ermocouple n ermocouple n
1
Elévation de température (°C)
0.1 0.05
0.2
0 0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
Figure IV-8 Températures expérimentales et calibrées (20 °C, 380 mA, conditions aux limites
adiabatiques, essais restreints à 8 minutes)
109
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Tableau IV-6 Erreur quadratique moyenne (°C) de la calibration (conditions aux limites convectives)
empérature d’essai
Input current 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
Tableau IV-7 Calibration des paramètres cp, λ||, λ⊥ et hext (conditions aux limites convectives)
empérature d’essai
0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
110
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
3 3 2.5
2
2 2
1.5
1
1 1
Mesure Mesure Mesure
0.5
Modèle Modèle Modèle
0 0 0
0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
ermocouple n ermocouple n ermocouple n
Elévation de température (°C)
3 2.5
2.5 3 2
2
1.5
2
1.5
1
1
1
Mesure Mesure 0.5 Mesure
0.5
Modèle Modèle Modèle
0 0 0
0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000
Temps (s) Temps (s) Temps (s)
Figure IV-9 Températures expérimentales et calibrées (20 °C, 380 mA, conditions aux limites
convectives)
111
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Tableau IV-8 Erreur relative entre les paramètres thermiques cp, λ|| et λ⊥ obtenus avec les deux
modèles
empérature d’essai
0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
(a) (b)
Figure IV-10 (a) Capacité thermique et (b) conductivités thermiques obtenues avec les deux modèles
par rapport à la température d’essai (CL : Conditions aux Limites)
112
IV - 1. Caractérisation thermique par échauffement local
Tableau IV-9 Elévation de température moyenne de la cellule (°C) estimée avec le modèle convectif
empérature d’essai
Courant 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
113
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Tableau IV-10 Gradient de température au sein de la cellule (°C) estimé avec le modèle convectif
empérature d’essai
Courant 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C
IV - 1.4.3. Perspectives
La méthode de caractérisation thermique développée dans cette section se veut
relativement simple et peu coûteuse. La principale source d’incertitude de mesure provient des
thermocouples, dont la résolution de 0,1 °C s’est montrée insuffisante pour le modèle
adiabatique. L’emploi d’un modèle analytique n’implique aucune erreur de résolution
numérique, mais nécessite plusieurs hypothèses simplificatrices (en particulier pour la
modélisation des pertes thermiques) qui se sont toutefois avérées pertinentes. Enfin, l’impact
de la température sur les paramètres thermiques de la cellule peut être correctement évalué.
Du point de vue de la caractérisation des batteries, la méthode manque cependant de
commodité. D’une part, l’enceinte thermostatique est sous-exploitée car elle ne permet ici de
caractériser qu’une seule batterie à la fois. D’autre part, déterminer l’influence du SOC sur les
propriétés thermiques nécessite de défaire le montage afin d’effectuer la mise à SOC de la
cellule. La section suivante propose donc une méthodologie alternative et complémentaire
exploitant davantage le potentiel des bancs d’essai électriques.
114
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
87 mm
20 mm
120 mm
60 50
40
40
30
20
20
10
Courant (A)
Courant (A)
10
20
20
30
40
40
60 50
0 200 400 600 800 1000 800 810 820 830 840 850 860
Temps (s) Temps (s)
115
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Afin de réaliser une spectroscopie, le signal décrit ci-dessus est appliqué avec différentes
fréquences d’impédance. Le Tableau 2 indique, dans l’ordre d’exécution, les différentes
fréquences d’impédance testées ainsi que le nombre de répétitions effectuées. Répéter le signal
plusieurs fois est nécessaire pour atteindre le régime forcé en température effectivement associé
à la fréquence d’impédance. Le premier signal est davantage répété afin d’atteindre la
température moyenne d’équilibre. La totalité des signaux est générée de façon ininterrompue
afin de ne pas briser cet équilibre.
1 mHz 10
0,8 mHz 3
0,6 mHz 3
0,5 mHz 3
0,4 mHz 3
0,3 mHz 3
0,2 mHz 3
0,1 mHz 3
Pour chaque cellule, l’essai TIS est réalisé selon le plan d’expérience ci-dessous :
▪ SOC : 10%, 20%, 30%, 40%, 50%, 60%, 70%, 80%, 90%
▪ température : 0 °C, 5 °C, 20 °C, 25 °C, 30 °C, 35 °C, 45 °C
Pour une température donnée, le SOC est calculé à partir de la capacité de la cellule
mesurée lors d’une décharge complète à 30 A. Les essais sont effectués dans le sens de la
décharge, en appliquant une pause de 1h après chaque mise à SOC afin de garantir l’équilibre
électrochimique et thermique de la cellule. En pratique, à cause de l’échauffement accru de la
batterie à basse température, l’essai à 5 °C correspond à une température de cellule proche de
10 °C. Enfin, il est précisé qu’à 0 °C, l’offset et l’amplitude du signal modulant sont divisés par
deux dans le but d’éviter un potentiel lithium plating et de restreindre l’échauffement.
116
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
A titre d’illustration, les signaux bruts, moyennés et corrélés sont tracés sur la Figure IV-13
pour l’essai à 25 °C et 50% de SOC, en extrayant l’essai à 0,3 mHz. La Figure IV-13(a) indique
la puissance thermique, tandis que la Figure IV-13(b) représente la température du
thermocouple n°1. A chaque fréquence, seules les deux dernières itérations sont prises en
compte (il est supposé que la période transitoire liée au changement de fréquence ne dure pas
plus d’une itération).
(a) (b)
Figure IV-13 Corrélation numérique des signaux : (a) puissance, (b) température
(0,3 mHz, 25 °C, 50% SOC)
0.6
0.55
0.5
0.45
Im(Z) (°C/W)
0.4
0.35
0.3
0.25
117
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Dans toute la suite de l’étude, une impédance corrigée sera employée en interpolant la
norme et la phase de l’impédance de manière à fournir une courbe régulière qui sera exploitée
en phase de calibration. Les fonctions d’interpolation qui correspondent le mieux à la norme et
la phase sont respectivement données par les équations (IV-27) et (IV-28) en fonction de la
fréquence d’impédance fZ et des coefficients pi à corréler. A titre d’illustration, quelques
résultats de la correction de l’impédance sont fournis sur la Figure IV-15.
𝑓𝑛𝑜𝑟𝑚𝑒 ∶ 𝑓𝑍 ↦ 𝑝1 . 𝑒 𝑝2.𝑓𝑍 + 𝑝3 (IV-27)
𝑓𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒 ∶ 𝑓𝑍 ↦ 𝑝1 . 𝑓𝑍 𝑝2 + 𝑝3 (IV-28)
(a) (b)
Figure IV-15 Interpolation de (a) la norme et (b) la phase (50% SOC, thermocouple n°1)
118
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
(a) hz hy
h-x hx
h-y
h-z
(b) (c) = T0
A . B
=
.
A B 1
=
.
S S
Pth,i Pth,i
Cp,i Cp,i
T0 T0
Figure IV-16 Modélisation nodale : (a) subdivision du volume et coefficients de transfert thermique,
(b) nœuds internes, (c) nœuds en surface et conditions aux limites
119
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
(a) (b)
Figure IV-17 Comparaison entre le modèle nodal et le modèle numérique (50% SOC, 25 °C)
120
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
121
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Pour rappel, la Figure IV-10 donne les caractéristiques thermiques de la cellule en fonction
de la température. Dans la suite de cette section, la capacité thermique et les conductivités
thermiques de la cellule sont déterminées à partir de la Figure IV-10, en reprenant les courbes
d’interpolation obtenues avec le modèle aux conditions aux limites convectives.
L’essai par échauffement local est réalisé lorsque la cellule est à 50% de SOC, avec le SOC
défini par rapport à une décharge nominale à 25 °C. Toutefois, dans le cadre des essais TIS, le
SOC est calculé relativement à la température d’essai (50% de SOC à 25 °C n’est donc pas
strictement équivalent à 50% de SOC à toute autre température). Pour chaque température du
plan d’expérience, le modèle est donc calibré en prenant l’essai TIS réalisé au SOC le plus
proche à 50% de SOC à 25 °C.
Les coefficients de transfert thermique sont représentés sur la Figure IV-18 en fonction de
la température. Etant donné que les valeurs sont très peu dispersées et ne suivent aucune
tendance particulière, leur valeur moyenne pour toute température sera par la suite adoptée :
▪ hx = 100,7 W.m-2.K-1
▪ hy = 7,01 W.m-2.K-1
▪ h-z = 0,86 W.m-2.K-1
▪ hz = 27,5 W.m-2.K-1
La valeur du coefficient hz est cohérente dans un contexte d’échange convectif forcé. Le
coefficient hy, quatre fois inférieur à hz, traduit la géométrie particulière de la cellule pouch,
notamment le fait que le refroidissement des tranches est nécessairement moins efficace. A
l’inverse, le coefficient hx est presque quatre fois supérieur à hz. Cette valeur est associée aux
bornes de la cellule qui constituent un puits thermique. Enfin, la très faible valeur de h-z est liée
à la grande résistance thermique qu’offre le support en mousse sur laquelle est posée la cellule
(voir Figure II-7).
115 10
hy
110
9 Moyenne
105
)
)
1
8
HTC (W.m .
HTC (W.m .
2
100
95 7
90
hx 6
85
Moyenne
80 5
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
Température (°C) Température (°C)
1.1 30
hz hz
1 Moyenne Moyenne
29
)
)
1
0.9
28
HTC (W.m .
HTC (W.m .
2
0.8
27
0.7
26
0.6
0.5 25
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
Température (°C) Température (°C)
122
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
empérature d’essai
0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
Ecart absolu de la température (°C) 0,01 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,04
Ecart relatif de la phase (%) 3,1 2,9 5,0 6,4 6,1 7,2 8,7
123
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Afin de mieux visualiser les erreurs de calibration de la phase, la Figure IV-19 indique,
pour la cellule n°1 à 45 °C, les phases expérimentales et calibrées en fonction de la fréquence.
L’écart en phase apparaît principalement à haute fréquence, au tout début du profil TIS, puis
diminue progressivement. En outre, l’écart est positif au centre de la cellule (thermocouples n°1
et n°2) et négatif près des bornes (thermocouple n°3). Il a été également observé que, pour
chaque thermocouple, l’écart maximal diminue avec la température.
L’ensemble de ces observations, combiné au fait qu’elles sont valables pour les trois
cellules, implique un défaut du modèle nodal. En particulier, l’hypothèse de l’homogénéité de
la puissance thermique est mise en cause. La section suivante propose donc une modification
du modèle thermique afin de mieux rendre compte des résultats expérimentaux.
V1 V3 V2
124
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
0.21
0.2
0.19
k1 = 3,09.10 5.T 2 + 1,64.10 3.T + 0,269
0.18
1
0.17
k
0.16
0.15
0.14
0.13
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Température (°C)
Figure IV-21 Proportion de la puissance thermique totale générée à chaque extrémité de la cellule
Finalement, le Tableau IV-13 donne les valeurs RMSe obtenues après cette nouvelle phase
de calibration. Par rapport au modèle précédent, les écarts de températures restent en moyenne
inchangés et se maintiennent à des valeurs très faibles. Les écarts relatifs de la phase sont, en
revanche, significativement diminués. Ceci permet donc de valider la modification du modèle
nodal. La courbe d’interpolation indiquée sur la Figure IV-21 sera employée par la suite, en
supposant qu’elle reste valable quel que soit l’état de charge de la cellule.
empérature d’essai
0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
Ecart absolu de la température (°C) 0,01 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03
Ecart relatif de la phase (%) 3,0 2,3 3,3 4,3 3,6 3,1 2,9
125
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
(a)
(b) (c)
Figure IV-22 Paramètres thermiques des cellules : (a) capacité thermique spécifique,
(b) conductivité thermique parallèle, (c) conductivité thermique transverse
126
IV - 2. Caractérisation thermique par Spectroscopie d’Impédance Thermique
(a) (b)
(a) (b)
127
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
Dans l’ensemble, les valeurs corrigées des trois paramètres restent très similaires aux
valeurs déterminées par la première méthode de caractérisation thermique, même si la
conductivité transverse est inférieure avec la méthode par spectroscopie d’impédance
thermique. En outre, les tendances en fonction de la température sont cohérentes. En raison des
effets combinés des incertitudes de mesure et de calibration, de la linéarisation des résultats et
de potentielles erreurs de modélisation, la forme des résultats vis-à-vis du SOC est difficile à
interpréter.
Finalement, les erreurs quadratiques moyennes sont respectivement calculées dans les
Tableau IV-14 et Tableau IV-15 pour la température et la phase, en utilisant les valeurs
interpolées. Une précision du même ordre que lors des précédentes étapes de calibration est
obtenue.
empérature d’essai
SOC
0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
empérature d’essai
SOC
0 °C 10 °C 20 °C 25 °C 30 °C 35 °C 45 °C
128
IV - 3. Développement du modèle thermique
4.2
3.9
OCV (V)
3.8
3.7
3.6
3.5
3.4
10 0 10 20 30 40 50
Température (°C)
(a) (b)
129
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
130
IV - 3. Développement du modèle thermique
131
Chapitre IV- Caractérisation thermique et paramétrage du modèle thermique
IV - 4. Conclusion
Dans ce chapitre, deux approches expérimentales basées sur la calibration d’un modèle
thermique ont permis de caractériser les paramètres thermiques des cellules. La première
approche implique un modèle thermique analytique et assimile la batterie à un matériau
quelconque. A l’inverse, la deuxième méthode est spécifique aux batteries et repose sur
l’impédance thermique, une grandeur thermiquement équivalente à l’impédance
électrochimique.
Les deux méthodes ont fourni des résultats très similaires. Telle qu’elle est présentée dans
ce chapitre, la spectroscopie d’impédance thermique souffre cependant d’incertitudes de
mesures pouvant grandement impacter le calcul de l’impédance, et donc la qualité de la
calibration du modèle thermique. Pour y pallier, des capteurs de température plus précis ainsi
qu’un profil d’impédance impliquant des amplitudes de température plus élevées seraient à
envisager. Malgré cela, la spectroscopie d’impédance thermique reste une méthode très
avantageuse pour la caractérisation thermique des batteries, puisqu’elle nécessite le même
équipement que pour la caractérisation électrique, sans montage supplémentaire. Elle permet
donc de cartographier les paramètres thermiques des cellules en fonction du SOC et de la
température. Pour cette raison, elle sera exploitée dans le chapitre suivant pour estimer le
vieillissement thermique des cellules.
Un modèle nodal tri-dimensionnel a été adopté pour la modélisation du comportement
thermique des cellules et a été implémenté dans l’environnement GT-Suite, en couplage avec
le modèle GT-AutoLion. Ce modèle remplace donc le modèle isotherme employé
habituellement avec GT-AutoLion, et permet de calculer le gradient thermique au sein de la
batterie. Il peut notamment être directement couplé avec les bibliothèques thermique et
fluidique pour tester différentes architectures de gestion thermique de la batterie, en tenant
compte de conditions aux limites localisées.
132
IV - 4. Conclusion
180
120
Courant (A)
60
30
30
60
90
0 5 10 15 20 25 30
Temps (h)
début
La dernière étape de la modélisation des batteries à l’échelle de la cellule consiste à
représenter l’évolution de son comportement au cours du temps et de son utilisation. Ce chapitre
décrit les essais de caractérisation du vieillissement utiles à la calibration des modèles de
vieillissement implémentés dans GT-AutoLion. Les modes de vieillissement majeurs des
batteries Li-ion sont pris en compte :
▪ Calendaire à haute température
▪ Cyclage en décharges CC et WLTP, à haute température
▪ Cyclage à haut taux de charge à basse température
Des check-up réguliers permettent de relever la capacité électrique et la résistance
électrique de la cellule afin de quantifier son vieillissement. Ces check-up sont basés sur les
essais de caractérisation électrique de type HPPC.
Le vieillissement thermique des cellules est également estimé en intégrant la
spectroscopie d’impédance t ermique (TIS) dans le check-up pour déterminer les propriétés
thermiques d’une cellule vieillie. Le check-up avec TIS sera appliqué à l’issue des essais de
vieillissement calendaire et durant la totalité du cyclage à froid.
Le modèle thermique isotherme intégré dans GT-AutoLion est de nouveau utilisé pour
estimer l’évolution de la température au sein de la cellule. Dans ce chapitre, il est en effet préféré
au modèle thermique nodal développé dans le Chapitre IV, plus coûteux numériquement.
fin
133
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
V - 1. Check-up de vieillissement
Ce chapitre débute par une description des check-up effectués au cours du vieillissement
des cellules. Deux types de check-up sont définis :
▪ Le check-up électrique associe une décharge nominale pour la mesure de la
capacité électrique, et un profil HPPC pour la mesure de la résistance électrique.
▪ Le check-up thermo-électrique combine un check-up électrique et un profil TIS
partiel pour estimer les caractéristiques thermiques de la cellule.
Il est précisé que, quels que soient le type et les conditions de vieillissement, le check-up
est toujours effectué à une température de 25 °C.
180
120
Courant (A)
60
30
30
60
90
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps (h)
134
V - 1. Check-up de vieillissement
Dans ce qui suit, la capacité électrique mesurée par la décharge CC lors du check-up est
assimilée à la capacité électrique résiduelle de la cellule bien qu’en toute rigueur, les deux
grandeurs ne soit pas égales. Pour cette raison, ce sont donc les pertes de capacité absolues qui
seront exploités lors de la calibration, plutôt que les pertes de capacité relatives. En outre, la
capacité mesurée lors de la décharge est nécessairement influencée par l’évolution de la
résistance de la cellule, qui conditionne notamment la chute de la tension. Il y a donc un écart
significatif entre les deux grandeurs en toute fin de vieillissement, lorsque la capacité mesurée
chute à cause de l’augmentation de la résistance interne. Ceci sera illustré par le modèle.
180
120
Courant (A)
60
30
30
60
90
0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (h)
Au total, le check-up thermo-électrique dure environ 70 h, soit presque deux fois plus
longtemps que le check-up électrique.
Il est précisé que, lors du check-up thermo-électrique, la cellule est dans les conditions
expérimentales décrites dans la section IV-2.1.1. En particulier, la cellule est complètement
démontée, et les thermocouples suivent la même disposition que sur la Figure IV-11.
135
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
avec :
▪ Ncyc : nombre de cycles de vieillissement
▪ ΔQexp : écart de la capacité expérimentale
▪ ΔQmod : écart de la capacité modélisée
Dans ce qui suit, le modèle AutoLion est utilisé en reprenant le paramétrage défini au
Chapitre III et en adoptant de nouveau le modèle thermique isotherme par commodité. Etant
donné que les essais de vieillissement sont effectués avec les enceintes thermostatiques sans
montage supplémentaire, le coefficient de transfert thermique est redéfini à partir de la moyenne
surfacique des coefficients déterminés en section IV-2.3.1, ce qui donne 17,1 W.m-2.K-1.
136
V - 3. Vieillissement calendaire
V - 3. Vieillissement calendaire
V - 3.1. Conditions de vieillissement
Huit cellules sont sélectionnées pour subir un vieillissement calendaire. Elles sont réparties
dans deux enceintes thermostatiques comme suit :
▪ Enceinte à 25 °C : 2 cellules à 20% de SOC, 2 cellules à 80% de SOC
▪ Enceinte à 45 °C : 2 cellules à 20% de SOC, 2 cellules à 80% de SOC
Cette configuration permet de faire varier à la fois le SOC et la température de
vieillissement calendaire. En effet, la littérature montre que ce sont ces deux facteurs qui
influencent le plus le taux de vieillissement calendaire. L’essai à 25 °C sert de point de référence
et représente le vieillissement calendaire à température ambiante dans un environnement
contrôlé. Il est donc attendu que la cellule ne vieillisse que très peu pour ce point de
fonctionnement. A 45 °C, l’essai permet de caractériser principalement la décomposition de
l’électrolyte.
Etant donné que le taux de vieillissement calendaire est faible, un check-up électrique est
appliqué seulement tous les trois mois. A l’issue du check-up, la cellule est remise à SOC par
rapport à la dernière capacité mesurée. La cellule n’est donc pas strictement au même SOC au
cours du temps. La dérive du SOC est calculée par la suite.
137
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
(a) (b)
(c) (d)
Point de fonctionnement
25 °C 25 °C 45 °C 45 °C
20 % 80 % 20 % 80 %
138
V - 3. Vieillissement calendaire
La conductivité thermique parallèle ne montre aucune évolution significative quel que soit
le point de fonctionnement. De même, les évolutions de la capacité thermique et de la
conductivité thermique transverse demeurent relativement faibles avec un vieillissement à
25 °C (même si une tendance semble déjà apparaître), ce qui s’explique par un taux de
vieillissement moins important pour ce point de fonctionnement. A l’inverse, à 45 °C, la
capacité thermique augmente de 10% et 13%, et la conductivité transverse diminue de 17% et
27% à respectivement 20% et 80% de SOC de stockage. La sévérité du vieillissement thermique
apparaît donc corrélée à la sévérité du vieillissement électrique.
SOC
20% 80%
139
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
Etant donné que la résistance électrique évolue peu tout le long du vieillissement, la
capacité électrique déterminée expérimentalement reste équivalente à la capacité résiduelle de
la batterie. Dans la fonction objectif, la capacité modélisée considérée est donc celle
automatiquement calculée par AutoLion à chaque cycle. En prenant pour données d’entrée
l’évolution moyenne de la capacité, le résultat de la calibration est indiqué dans le Tableau V-2.
Pour chaque point de fonctionnement, l’évolution de la capacité du modèle est tracée sur
la Figure V-4, où il est observé que le modèle est fortement corrélé aux données expérimentales.
En particulier, le modèle de formation de la SEI représente fidèlement la régénération de la
capacité en début de vieillissement à 20% de SOC de stockage. Les valeurs RMSe varient de
0,08 Ah à 0,17 Ah selon le point de fonctionnement, ce qui donne un écart relatif maximum de
0,3% par rapport à la capacité nominale de la cellule (plus concrètement, il s’agit donc de
l’erreur d’estimation moyenne du SOH).
(a) (b)
0.7 0.5
SO
Evolution de la capacité électrique (Ah)
0.3
1
0.2
1.5
0.1
0 2
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600
Durée du veillissement (jours) Durée du veillissement (jours)
(c) (d)
0 0
Evolution de la capacité électrique (Ah)
SO SO
Exp. 1
1 Exp. 1
Exp. 2 Exp. 2
Modèle 2 Modèle
0.5
3
4
1
5
1.5 7
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600
Durée du veillissement (jours) Durée du veillissement (jours)
140
V - 4. Vieillissement en cyclage à froid
d’essai à -20 °C. Les cellules sont cyclées en répétant le profil suivant illustré sur la Figure
V-5 :
▪ Décharge CC à C/3 jusqu’à 2,5 V
▪ Pause de 2h
▪ Charge CC à C/2 jusqu’à 4,15 V
▪ Charge CC à C/5 jusqu’à 4,15 V
▪ Charge CV à 4,15 V jusqu’à 3 A
▪ Pause de 1h
La température de la cellule, mesurée au centre de sa surface inférieure, est également
tracée sur la figure en parallèle du profil en courant. La durée de 2h pour la pause en fin de
décharge apparaît nécessaire pour rétablir la température de la cellule à -20 °C. De plus, malgré
le pic de courant appliqué à très basse température, la température n’excède pas 0 °C en charge.
La cellule est donc maintenue dans des conditions d’opérations caractéristiques du lithium
plating. La tension de coupure en charge est néanmoins abaissée à 4,15 V pour éviter un risque
de surcharge de la batterie induit par l’instabilité du vieillissement.
En raison du vieillissement très sévère induit par le lithium plating, un check-up est
effectué tous les quatre jours de cyclage. Un check-up électro-thermique est appliqué à chaque
fois dans le but d’évaluer l’évolution du vieillissement thermique en cours de cyclage.
141
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
(a) (b)
Figure V-7 Vieillissement thermique en cyclage à froid : (a) capacité thermique spécifique,
(b) conductivité thermique parallèle, (c) conductivité thermique transverse
142
V - 4. Vieillissement en cyclage à froid
143
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
le plus adéquat). En outre, le modèle indique un comportement transitoire durant les premiers
cycles, ce qui n’a pas été observé expérimentalement.
Les capacités expérimentales et calibrées sont comparées sur la Figure V-8 avec le
paramétrage suivant :
▪ Densité de courant d’échange du lithium plating : 0,062 A.m-2
▪ Morphologie du lithium : 0,28
▪ Coefficient d’isolation de la matière active : 7,0.10-13
2
Evolution de la capacité électrique (Ah)
7 Exp. 1
Exp. 2
8 Exp. 3
Exp. 4
9 Capacité AutoLion
Capacité CC
10
0 10 20 30 40 50 60
Nombre de cycles
L’écart quadratique moyen entre le modèle et les données expérimentales moyennées vaut
0,17 Ah, ce qui correspond à 0,3% d’erreur moyenne d’estimation du SOH. Au bout de 40
cycles, l’écart peut atteindre 1,5 Ah selon la cellule testée, ce qui équivaut à une erreur de 2,5%
du SOH.
Un écart significatif est relevé entre les évolutions des capacités AutoLion et CC sur la
partie linéaire. Ceci est dû au fait que la capacité CC soit calculée à -20 °C, combiné à
l’échauffement de plus en plus important de la cellule sous l’effet de l’augmentation de la
résistance interne. Le Chapitre III a en effet montré que, à basse température, le comportement
de la batterie est très sensible aux variations de température. En particulier, la diffusivité des
matériaux augmente avec la température, ce qui allonge la durée de la décharge. La diminution
de la capacité au cours du vieillissement est par conséquent moins importante lorsqu’elle est
mesurée par une décharge à -20 °C plutôt qu’à 25 °C.
144
V - 5. Vieillissement en cyclage à chaud
Lors du cyclage WLTP, les phases de charge et de cycles WLTP sont séparées par des
pauses de 1h. Lors du cyclage CC, les charges et décharges se succèdent sans pause comme
l’illustre la Figure V-9. La tension de coupure en charge est de nouveau fixée à 4,15 V. Au
total, huit cellules sont réparties dans deux enceintes thermostatiques comme suit :
▪ Enceinte à 25 °C : 2 cellules en cyclage CC, 2 cellules en cyclage WLTP
▪ Enceinte à 40 °C : 2 cellules en cyclage CC, 2 cellules en cyclage WLTP
Comme précédemment, la température au centre de la cellule est tracée sur la Figure V-9.
La décharge 1C entraîne un échauffement de la cellule de près de 20 °C. Malgré l’absence de
pause lors du cyclage CC, la cellule revient à sa température initiale à la fin du cycle (i.e. à
l’issue de la phase de charge CV, qui implique un faible échauffement).
Le vieillissement en cyclage à chaud est plus sévère que le vieillissement calendaire, mais
bien moins critique que le lithium plating. Un check-up électrique est donc appliqué toutes les
deux semaines de cyclage uniquement.
70 45
60
50
40
40
Température (°C)
30
Courant (A)
20 35
10
0
30
10
20
30 25
0 2500 5000 7500 10000 12500 15000
Temps (s)
145
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
Lors du cyclage CC à 25 °C, une régénération de la capacité est observée aux alentours du
750ème cycle. Toutefois, la température en fin de décharge C/2 lors du test de capacité,
représentée sur la Figure V-12, diminue lors de cette régénération. Par conséquent,
l’augmentation de la capacité mesurée ne peut pas être attribuée à une subite augmentation de
la température lors du check-up. Il est alors concevable que la SEI se soit fracturée suite à son
accroissement continu et libéré de la matière active, ce qui se traduit par une augmentation de
la capacité disponible [98,100].
(a) (b)
(c) (d)
146
V - 5. Vieillissement en cyclage à chaud
40
25 °C 1
39 25 °C 2
40 °C 1
40 °C 2
38
37
Température (°C)
36
35
34
33
32
31
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Nombre de cycles
147
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
(a) 0 (b) 0
2 5
4
Evolution de la capacité électrique (Ah)
16 35
Exp. 1 Exp. 1
18 Exp. 2 40 Exp. 2
Capacité AutoLion Capacité AutoLion
20 Capacité CC Capacité CC
45
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800
Nombre de cycles Nombre de cycles
Les contributions des différents mécanismes de vieillissement sont précisées sur la Figure
V-14 pour le cyclage à 25 °C. En cyclage, l’isolation de la matière active prend la part la plus
importante sur la perte de capacité. En fin de vieillissement, la perte de capacité associée au
lithium plating augmente de plus en plus sur la partie non linéaire. Le modèle prend donc
effectivement en considération le critère de saturation du lithium.
16
Totale
14 SEI
Isolation matière active
Lithium plating
12
Perte de lithium (Ah)
10
0
0 200 400 600 800 1000
Nombre de cycles
Figure V-14 Contribution des modèles de vieillissement sur la perte de capacité (cyclage CC, 25 °C)
148
V - 5. Vieillissement en cyclage à chaud
Le cyclage WLTP est finalement appliqué au modèle pour validation. Les résultats tracés
sur la Figure V-15 indiquent une surestimation très significative du vieillissement modélisé. La
décomposition des contributions au vieillissement montre que les écarts sont exclusivement dus
à la surestimation de la perte de lithium associée à la formation de la SEI. En outre, le lithium
plating débute très tôt, autour du 600ème et 400ème cycle respectivement pour les cyclages à
25 °C et 40 °C. A l’inverse, le lithium perdu suite à l’isolation de la matière active est plus
faible par rapport au cyclage CC car il est directement proportionnel au courant de cyclage (ce
qui n’est pas le cas du lithium consommé dans la SEI).
Ces résultats prouvent que la méthodologie de calibration en cyclage manque de fiabilité,
et que le modèle de lithium plating ne peut notamment pas adopter le paramétrage déterminé
lors du cyclage à froid. La méthode souffre donc particulièrement d’un manque de données de
calibration. En effet, un unique profil électrique ne permet pas de calibrer simultanément les
modèles de formation de la SEI, d’isolation de matière active et de lithium plating. Un cyclage
CC avec au moins deux valeurs de C-rate différentes pour la décharge serait alors requis pour
maintenir la cohérence physique de la calibration.
(a) 0 (b) 0
Exp. 1 Exp. 1
2 Exp. 2 Exp. 2
Capacité AutoLion Capacité AutoLion
4 5
Evolution de la capacité électrique (Ah)
8 10
10
12 15
14
16 20
18
20 25
0 500 1000 1500 0 200 400 600 800 1000
Nombre de cycles Nombre de cycles
149
Chapitre V- Modes de vieillissement et paramétrage du modèle électrochimique
V - 6. Conclusion
Dans ce chapitre, les principales conditions de vieillissement des batteries Li-ion
(calendaire, cyclage à chaud et à froid) ont été caractérisées et modélisées grâce aux différents
modèles électrochimiques de vieillissement implémentés dans AutoLion (SEI, CEI, isolation
de la matière active, lithium plating). Malgré la diversité et les interactions des mécanismes de
vieillissement, le modèle permet de représenter le comportement général de la cellule au cours
de son cycle de vie.
La mesure des paramètres de vieillissement (capacité, résistance) impacte grandement la
pertinence du processus de calibration. En effet, la méthode de mesure peut induire certaines
influences indésirables (température, lien capacité-résistance) qui faussent l’interprétation de la
mesure. Il est alors nécessaire de s’assurer de la corrélation physique entre la grandeur
expérimentale et la grandeur équivalente calculée par le modèle.
Le paramétrage des modèles de vieillissement dépend fortement du point de
fonctionnement, sans possibilité d’instaurer une continuité. En particulier, le modèle de la
formation de la SEI dépend de la nature et des conditions de vieillissement. Toutefois, ceci
pourrait être symptomatique de la structure et de la composition de la SEI, très dépendantes des
circonstances de formation [96,97]. En outre, l’historique de vieillissement des cellules avant
leur réception n’a pu être pris en compte, ce qui impacte nécessairement les résultats de
calibration, notamment sur le vieillissement calendaire. Enfin, le manque de points de
fonctionnement pour alimenter la calibration a pu faire perdre du sens physique au paramétrage.
Le cycle TIS partiel a permis de souligner le lien entre les mécanismes de vieillissement et
le vieillissement thermique. L’évolution des paramètres thermiques de la cellule se montre
corrélée à l’évolution des paramètres électriques, et par conséquent aux produits des réactions
de vieillissement. Le modèle thermique développé au Chapitre IV pourrait donc potentiellement
tenir compte du vieillissement en déterminant une loi de comportement reliant la nature et l’état
du vieillissement du modèle AutoLion aux propriétés thermiques de la cellule.
150
Conclusion
151
Conclusion
Perspectives
Les travaux décrits dans ce manuscrit présentent certains axes d’amélioration pour rendre
plus robuste et enrichir la méthodologie. Tout d’abord, il apparaît judicieux de développer le
modèle thermique en amont de la calibration du modèle électrochimique. En effet, si la
calibration du modèle thermique ne nécessite pas de connaître les paramètres électriques de la
batterie, le modèle électrochimique doit en revanche être couplé à un modèle thermique afin de
prendre en considération l’impact de la température. Ceci permettrait alors de s’affranchir du
modèle isotherme au profit du modèle nodal plus fin.
L’adoption d’un modèle thermique tri-dimensionnel lors de la calibration du modèle
électrochimique pourrait mettre en évidence l’amplitude du gradient thermique en fonction du
point de fonctionnement. Il deviendrait alors intéressant de comparer le modèle GT-AutoLion
à son équivalent tri-dimensionnel GT-AutoLion3D afin d’évaluer la validité du modèle P2D.
La caractérisation thermique par spectroscopie d’impédance a prouvé son potentiel dans le
cadre de l’élaboration d’un profil électro-thermique pour les check-up de vieillissement.
Néanmoins, la méthode présentée dans ce manuscrit manque de précision en raison des
incertitudes de mesure. L’utilisation d’autres capteurs que ceux utilisés ainsi qu’une
rectification du profil d’impédance (impliquant une amplitude de température plus importante)
augmenteraient par conséquent la pertinence des résultats.
L’amélioration de la spectroscopie d’impédance thermique permettrait d’affiner la
caractérisation du vieillissement thermique et de définir ainsi une loi de comportement associant
le vieillissement thermique au vieillissement électrique. Ce faisant, il deviendrait possible de
coupler le modèle thermique au modèle de vieillissement, en adaptant les paramètres
thermiques du modèle en fonction des paramètres de vieillissement calculés par AutoLion.
Finalement, la méthodologie pourrait être enrichie en introduisant les phénomènes
mécaniques, et en exploitant notamment le modèle de swelling implémenté dans GT-AutoLion.
En outre, l’étude de la compression externe sur le comportement des batteries devient nécessaire
dans le cadre de la conception et la modélisation d’un pack batterie. En effet, les cellules sont
comprimées les unes aux autres au sein d’un pack, ce qui implique par conséquent des écarts
de modélisation par rapport à une cellule seule testée sans contrainte mécanique. L’optimisation
de l’architecture d’un pack batterie nécessite donc la considération de ces phénomènes.
152
Annexes
3.7 70
60
50
3.65 40
Courant (A)
Tension (V)
30
20
3.6 10
10
3.55 20
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600
Temps (s)
153
Annexes
La campagne d’essais HPPC consiste à appliquer le motif sur l’ensemble des points de
fonctionnement suivant :
▪ température : -10 °C, 0 °C, 10 °C, 20 °C, 25 °C, 30 °C, 35 °C, 45 °C
▪ SOC : 0%, 5%, 10%, 20%, 30%, 40%, 50%, 60%, 70%, 80%, 90%, 95%, 100%
▪ C-rate en charge : C/2, 1C, 3C/2
▪ C-rate en décharge : 1C, 2C, 3C
Par commodité, le SOC d’essai est défini par rapport à une décharge C/2 à la température
d’essai. Les résultats seront par la suite interpolés pour être présentés en fonction du SOC de
référence défini à 25 °C. Chaque changement de SOC s’effectue à C/3 et est suivi d’une heure
de pause.
La campagne est menée sur quatre cellules simultanément. Les résultats présentés dans la
section suivante représenteront donc la moyenne obtenue sur ces quatre cellules.
R1 R2
R0
OCV
C1 C2
I
L’essai HPPC tel qu’il est décrit dans cette annexe permet d’identifier la plupart de ces
paramètres. L’OCV de la cellule est assimilé à la tension à l’issue de la pause succédant à
chaque changement de SOC. Les résultats ont été décrits en section III-2.1.2. La caractérisation
154
A - 1. Essais HPPC et paramétrage d’un modèle EEC de Thévenin
155
Annexes
(a) (b)
(c) (d)
156
A - 2. Résolution analytique d’un problème thermique avec conditions de Neumann
avec :
▪ a : réel strictement positif (SI)
▪ Hn : réel positif, associé à des échanges thermiques convectifs (SI)
▪ n : variable associée à la surface n (m)
▪ T : fonction inconnue (SI)
▪ T0 : valeur initiale (SI)
▪ t : variable temporelle (s)
La méthode de la séparation des variables est appliquée. Soit les fonctions ψ, φ, φx, φy et
φz telles que T(x, y, z, t) = φ(x, y, z).ψ(t) = φx(x).φy(y).φz(z).ψ(t). Le problème devient alors :
𝜕𝜓
𝜓. ∆𝜑 − 𝑎. 𝜑. =0 (A-2)
𝜕𝑡
Lorsque les fonctions φ et ψ ne sont pas nulles, l’équation ci-dessus peut être divisée par
φ.ψ, ce qui permet d’écrire l’équation suivante :
∆𝜑 𝜓̇
= 𝑎. (A-3)
𝜑 𝜓
Chacun des membres de cette équation ne dépend pas des mêmes variables. L’équation
égale donc une constante réelle k, ce qui décompose cette équation selon le système suivant :
∆𝜑 − 𝑘. 𝜑 = 0
{ 𝑘 (A-4)
𝜓̇ − . 𝜓 = 0
𝑎
L’équation temporelle a pour solution :
𝑘
𝜓(𝑡) = 𝐴. 𝑒 𝑎.𝑡 , 𝐴∈ℝ (A-5)
157
Annexes
φx,n est la fonction propre d’ordre n de l’équation (A-7), à laquelle est associée la valeur
L
propre αn. Pour toute la suite, la norme N est également définie telle que N(αn ) = ∫0 ϕ2x,n (x).dx.
Il est supposé que la fonction φx sont définie sur un intervalle fermé [0 , L] (L ∈ ℝ∗+ ). Dans
le cas de conditions aux limites de type Neumann, il existe trois configurations possibles :
∂φx ∂φx
▪ | = | =0
∂x x = 0 ∂x x = L
Fonction propre : φx,n(x) = cos(αn.x)
n.π
Valeur propre : αn = L
∂φx ∂φx
▪ | = 0 et | = HL .ϕx
∂x x = 0 ∂x x = L
Fonction propre : φx,n(x) = An.cos(αn.x)
Valeur propre : nème racine strictement positive de f(αn) = αn.tan(αn.L) - HL
∂ϕx ∂ϕx
▪ | = H0 .ϕx et | = HL .ϕx
∂x x = 0 ∂x x = L
Fonction propre : φx,n(x) = An.(αn.cos(αn.x) + H0.sin(αn.x))
αn .(H0 + HL )
Valeur propre : nème racine strictement positive de f(αn ) = tan(αn .L) α2n H0 .HL
Résoudre chaque équation du système (A-6) permet de définir, pour ordre {n,k,p} donné,
la fonction propre globale φnkp associée à la valeur propre δnkp. La solution du problème
homogène est finalement donnée par :
158
A - 2. Résolution analytique d’un problème thermique avec conditions de Neumann
2
𝛾𝑛𝑘𝑝
− .𝑡
𝑇(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) = ∑ ∑ ∑ 𝐾𝑛𝑘𝑝 . 𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑥, 𝑦, 𝑧). 𝑒 𝑎
𝑛≥0 𝑘≥0 𝑝≥0
𝜑𝑛𝑘𝑝 (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝜑𝑥,𝑛 (𝑥). 𝜑𝑦,𝑘 (𝑦). 𝜑𝑧,𝑝 (𝑧) (A-10)
avec :
▪ a : réel strictement positif (SI)
▪ Hn : réel positif, associé à des échanges thermiques convectifs (SI)
▪ n : variable associée à la surface n (m)
▪ q : réel associé à un terme source (SI)
▪ qn : réel associé à un terme source sur la surface n (SI)
▪ T : fonction inconnue (SI)
▪ t : variable temporelle (s)
159
Annexes
Soit n,k,p ∈ ℕ et φn,k,p une fonction propre du problème. En multipliant l’équation par φn,k,p
et en intégrant sur le domaine V, nous obtenons :
∂
∫ ϕn,k,p .∆T a. ∫ T.ϕn,k,p = ∫ q.ϕn,k,p (A-15)
V ∂t V V
En remplaçant dans l’équation, en appliquant les conditions aux limites puis en utilisant la
transformée intégrale définie précédemment, l’équation (A-16) devient équivalente à une
équation différentielle du premier ordre en fonction de la variable temporelle :
̅ γ2n,k,p
∂T 1
+ ̅ = . (q̅ +
.T ∑ ∫ ϕn,k,p .fi ) (A-17)
∂t a a
i ∈ {bornes} Si
160
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Références
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Titre : Modélisation du comportement et du vieillissement d’une batterie utilisée en propulsion
automobile
Résumé : La conjoncture actuelle impose une L’objectif de cette étude consiste à développer
accélération de la transition de la propulsion une méthodologie universelle combinant la
automobile thermique vers des alternatives zéro- caractérisation expérimentale des batteries et la
émissions. Le véhicule électrique à batteries calibration d’un modèle électrochimique à
incarne, sur le court terme, l’alternative la plus l’échelle de la cellule.
crédible, mais son manque d’autonomie, de Les travaux permettent de caractériser et de
durée de vie, de flexibilité et de fiabilité freine son modéliser les comportements électriques,
plein essor. thermiques et le vieillissement de batteries
L’optimisation de la gestion énergétique du pack “pouch” extraites d’un véhicule électrique, ainsi
batterie est un facteur clé pour l’amélioration des que les interactions multiphysiques entre ces
performances des véhicules électriques. La différents phénomènes.
batterie représente toutefois un organe complexe Le modèle est développé au sein de
évoluant au sein d’un environnement tout aussi l’environnement GT-Suite, ce qui permettra par
complexe présentant de multiples interactions. la suite d’intégrer le modèle cellule dans un
La modélisation se présente alors comme l’outil modèle plus global représentant le système
le plus puissant pour obtenir la meilleure synergie véhicule complet.
possible au sein du système véhicule.
Abstract : The present context calls for an The objective of this study is to develop a
accelerated transition from internal combustion general methodology combining experimental
engines to zero-emission alternatives. In the characterisation of batteries and calibration of
short term, the battery electric vehicle is the most an electrochemical model at the cell scale.
likely alternative, but its limited range, lifespan, The work allows to characterise and model the
flexibility and reliability are slowing down its full electrical and thermal behaviors and the aging
deployment. of "pouch" batteries extracted from an battery
Optimising the energy management of the electric vehicle, and the multiphysical
battery pack is a key factor in improving the interactions between these different
performance of battery electric vehicles. phenomena.
However, the battery is a complex component The model is developed within the GT-Suite
evolving within an equally complex environment environment, which will allow the integration of
with multiple interactions. Modelling is therefore the cell model in a more global model
the most powerful tool to achieve the best representing the whole vehicle system.
possible synergy within the vehicle system.