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Choix d'essences forestières par flore

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Observer la végétation Anémone des bois

recouvrement: 7%
ab/dom: 2
Populage des marais
recouvrement: 3%
ab/dom: 1

pour choisir une essence


adaptée au milieu
photo flore

Reine des prés Dorine à feuilles opposées

Juin 2003 recouvrement: 28%


ab/dom: 3
recouvrement: 56%
ab/dom: 4

Note Technique
Forestière de
Gembloux N°9
Observer la végétation pour Anémone des bois Populage des marais
recouvrement: 7% recouvrement: 3%
choisir une essence adaptée ab/dom: 2 ab/dom: 1

au milieu

1
H. Claessens
photo flore

1
Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux
Unité de Gestion et Economie forestières (Prof. J. Rondeux)
Passage des Déportés, 2
B-5030 Gembloux
claessens.h@[Link]
Reine des prés Dorine à feuilles opposées
recouvrement: 28% recouvrement: 56%
ab/dom: 3 ab/dom: 4

Introduction
L’écogramme
Pour le forestier, la végétation est riche en
enseignements. En effet, les plantes ne se
distribuent pas au hasard sur un terrain. Chacune Il faut donc que les plantes puissent renseigner sur
pousse dans une gamme de conditions précises de ces 3 facteurs. Pour cela, les exigences de chacune
sol et de climat. Lorsqu’elle est présente à un d’elles ont été étudiées. De nombreux auteurs les
endroit, c’est donc que ces conditions sont remplies. ont définies dans le diagramme suivant, appelé
C’est ce qui fait le caractère « indicateur » de la « écogramme » :
flore. Si l’on considère simultanément l’ensemble des
espèces présentes sur une station (= la communauté
Le plus
végétale, l’association phytosociologique), on peut sec
donc combiner les informations qu’apporte chaque
plante pour avoir une indication assez précise des
Niveau hydrique

conditions écologiques qui y règnent.


C’est sur ce principe qu’est basée l’analyse des
stations à partir de la flore.

Principe du diagnostic de
l’aptitude des stations à partir de Le plus
la flore Richesse chimique du sol riche

L’écogramme
L’aptitude des stations pour les essences forestières
dépend des niveaux qu’atteignent les 3 principaux
facteurs écologiques que sont : Le niveau thermique, qui constitue un troisième axe,
- la richesse chimique du sol ou niveau trophique, est généralement approché par la notion de zone
climatique (comme dans l’exemple anglais présenté
- l’humidité de la station ou niveau hydrique,
ci-après) ou, en Belgique, de territoire écologique.
- la chaleur ou niveau thermique.

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 1


Le plus
sec Erable
sycomore

Niveau hydrique
Stations
marginales

Croissance
optimale

Le plus
riche
Richesse chimique du sol
Ecogramme de l’érable sycomore

On peut déjà déduire, en superposant les


écogrammes de ces 2 exemples, que l’anémone et la
Matrice de référence à 3 axes pour la description des stations
forestières en Grande-Bretagne ficaire, sont de bons indicateurs des stations
convenant à l’érable sycomore, contrairement à la
molinie. On peut même affirmer que la ficaire
Dans ce système, chaque espèce occupe une
indique les stations de bonne productivité, précision
position donnée, tantôt très réduite comme le troëne
que n’apporte pas l’anémone, d’amplitude écologique
(sec et calcaire) ou la ficaire (frais et riche), tantôt
trop large.
plus large comme la molinie (acide et plutôt
humide), ou parfois très large comme l’anémone des
bois. Les groupes écologiques

Au niveau d’une station, pour simplifier le diagnostic,


Le plus plutôt que de s’attacher à analyser l’information
sec
qu’apporte chacune des espèces, on peut rassembler
Troëne dans des groupes les espèces qui ont la même
Niveau hydrique

distribution au sein de l’écogramme, et donc le


Anémone
des bois même caractère indicateur.
Molinie

C’est la notion de « groupes écologiques


indicateurs ». Puisqu’elles ont les mêmes affinités,
Ficaire
les espèces d’un groupe se retrouvent d’ailleurs
souvent ensemble dans les mêmes stations, raison
pour laquelle on leur a aussi donné le nom de
Le plus
riche groupes « socio-écologiques ».
Richesse chimique du sol
Ecogramme de quelques espèces Ainsi, pour continuer avec les mêmes exemples,
l’adoxe, la primevère élevée et la ficaire forment le
groupe de la ficaire qui indique les sols frais et
riches. L’anémone des bois, le millet, le sceau de
Le diagnostic de l’aptitude des essences Salomon multiflore, la scrofulaire, la raiponce en épi
et le noisetier forment le groupe de l’anémone qui
On peut donc aussi positionner les essences indique des sols assez acides à calcaires, et assez
forestières dans cet écogramme, voire même y secs à humides. Ce deuxième groupe est donc moins
préciser la zone où leur productivité permet leur précis dans son indication.
sylviculture, comme dans l’exemple de l’érable ci
En outre, on peut aussi prévoir que ces 2 groupes
après.
vont co-exister dans les stations à la fois fraîches et
riches, là où dans l’écogramme, leurs distributions se
superposent.

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 2


Le système de groupes - celui des sols acides (niveaux oligotrophe et
méso-oligotrophe),
écologiques
- celui des sols riches (mésotrophes à eutrophe),
En Wallonie, il existe deux systèmes de groupes
écologiques : celui du Fichier écologique des - celui des sols eutrophes carbonatés.
essences [DULIERE et al., 1995] et celui de Les limites entre ces domaines se situent
NOIRFALISE [1984]. respectivement autour des pHeau de 4,8 (oligotrophe/
A l’utilisation pratique de ces groupes lors d’études méso- à eutrophe) et de 7,0 (eutrophe / carbonaté).
des stations ou de productivité stationnelle,
(productivité des essences forestières, catalogues
des stations de la hêtraie, de la frênaie, de l’aulne,
…), il apparaît que les deux méthodes sont Moder Mull
comparables. Toutefois les groupes de NOIRFALISE, dysmoder, moder mésomull mull (moder)
établis sur des milliers de relevés, sont les plus fins mor (dysmull) (dysmull) eumull
calcique
et les plus nuancés.

Nous proposons un système de groupes écologiques

Eutrophes carbonatés
amélioré par la pratique, notamment pour ce qui est

Méso- à eutrophes
Méso - oligotrophes
des milieux humides, traités de manière trop globale

Oligotrophes

Mésotrophes
par les 2 auteurs.

Signification écologique de l’écogramme

Comme la plupart des systèmes, le système proposé


est globalement organisé selon les 2 variables
écologiques suivantes :

- en abscisse : niveau trophique (richesse


Sols Sols sols
chimique du sol ou approvisionnement en acides mésotrophes carbonatés
éléments minéraux) ; à eutrophes
pH = 4,5/5 pH = 7
- en ordonnée : niveau hydrique de la station Zones de fertilité chimique au sein de l’écogramme
(approvisionnement en eau).

Ensuite, différents niveaux plus fins permettent


d’intégrer 4 autres variables écologiques pour une Le domaine des sols acides comprend les sols
description plus fine de la station : oligotrophes et méso-oligotrophes. Ce sont des
situations dans lesquelles la pauvreté en éléments
- le niveau de nitrates du sol ; minéraux représente une contrainte pour beaucoup
- le caractère alluvial de la station ; d’essences (merisier, érables, frêne, …), allant
jusqu’au risque de carence ou de toxicité pour les
- le caractère oxygéné du sol dans le cas des sols
sols oligotrophes (pH < 4). Dans cette zone, l’humus
humides ;
est le plus souvent de type moder à mor (voire
- le caractère hygrosciaphile de la station (stations tourbe) et le pH inférieur à 5.
fraîches et ombragées).
Le domaine des sols de bonne fertilité chimique
comprend les sols mésotrophes à méso-eutrophes.
Richesse chimique Ils peuvent accueillir, en l’absence de contrainte
L’axe trophique contient 5 niveaux, allant de hydrique, toutes les essences forestières, même les
oligotrophe (à gauche) à carbonaté (à droite). Il plus exigeantes. L’humus y est de type mull ; le pH
contient 3 grands domaines de fertilité : se situe généralement entre 5 et 6.

Les sols carbonatés, bien que riches en calcaire et de


réaction neutre à basique, représentent une

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 3


contrainte pour les essences qui supportent mal - les stations alluviales, aussi riches et fraîches, et
l’excès de carbonates dans la fraction fine du sol (= caractérisées par un brassage du sol et une
calcifuges). fertilisation permanente, notamment en nitrates,
par les inondations.
Au sein des 4 niveaux les plus élevés (de méso-
oligotrophe à calcique), s’individualisent une série de
Humidité
groupes indiquant un niveau de nitrates plus élevé.
Cette richesse en azote provient d’un turn-over très L’axe hydrique contient 4 niveaux principaux, allant
dynamique, qui trouve son origine dans 3 conditions du plus sec (xérique) au plus humide (marécageux).
principales : Les sols xériques sont caractérisés par une très faible
- les coupes forestières, dans lesquelles réserve hydrique (sols superficiels) et une situation
l’ensoleillement brutal de l’humus entraine une topographique ou géologique favorable aux pertes
forte minéralisation, d’eau (hauts de pente, exposition sud, sous-sol
filtrant, mauvais pendage de la roche-mère, …).
- les stations riches et fraîches en milieu forestier
relativement éclairé (essences héliophiles : Les sols mésiques, quoique bien drainés, contiennent
frênaies, chênaies fraîches, …) où la dynamique suffisamment de réserves pour alimenter la
du turn-over est optimale, végétation, excepté durant les étés les plus secs.

Sols très superficiels,


hauts de pente, Xérique
sables,...

Mésique

Frais à humide
Sols à
pseudo-
Sols imbibés d ’eau gley
presque toute l ’année Très humide à marécageux Sols à
(marais, sources) gley
Humus = anmoor ou tourbe

Signification écologique des niveaux hydriques de l’écogramme

Les sols frais à humides possèdent généralement de Les sols très humides à marécageux sont
l’eau en abondance toute l’année. Soit qu’ils caractérisés par une nappe permanente proche de la
possèdent une réserve en eau exceptionnelle (cas surface du sol et sont donc gleyifiés dès la surface.
des limons éoliens profonds), soit que, par leur L’humus est de type anmoor ou tourbe.
situation dans des colluvions en bas de pente ou sur Ce sont des conditions hostiles aux essences
alluvions épaisses, ils sont régulièrement alimentés forestières. Seuls l’aulne, le bouleau ou certains
en eau. Beaucoup sont le siège d’un excès d’eau saules peuvent s’y développer.
temporaire se manifestant dans le sol par un
Parmi ces 4 niveaux principaux, on peut encore
pseudogley plus ou moins marqué selon la texture
distinguer quelques situations particulières liées à
du sol et la position topographique. Il s’agit parfois
l’alimentation en eau, mais qui peuvent être
d’un facteur limitant la stabilité de certaines essences
affectées aux 4 niveaux décrits.
(hêtre, douglas, merisier).

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 4


- les sources : malgré l’engorgement permanent sols frais car ils possèdent simultanément des
du sol, l’abondance d’oxygène dissout qui caractéristiques de ces 2 types de sol.
caractérise les sources et les différencie des
- Les stations ombragées des versants Nord ou
marais au sens propre, permet à une végétation
des bas de versant, par leur degré d’hygrométrie
particulière de se développer.
constamment élevé et leur climat frais et
- Les sols alluvionnaires à nappe phréatique tamponné, offrent aussi des conditions de
permanente sont des milieux particuliers, bien croissance tout à fait particulières que mettent à
drainés en surface, mais constamment alimentés profit certaines espèces, notamment
en eau par la nappe alluviale. On ne peut les montagnardes (caractère hygro-sciaphile).
rattacher directement aux sols humides ou aux

méso- Méso- à Eutrophes


SOLS oligotrophes
oligotrophes mésotrophes eutrophes carbonatés

très secs Hellébore


(xériques) Alisier torminal xéroclines
fétide

Anemone nemorosa
Myrtille
Fraisier
Stellaire
Germandrée holostée
moyennement secs
Aspérule Laîche
(mésiques) mésophiles
& Luzule Lamier digitée
blanche jaune
Coupes Benoîte Ortie Belladonne
Epilobe en épi hélio-nitrophiles
forestières communne

Stations Festuca Polystichum


Scolopendre hygrosciaphiles
ombragées altissima aculeatum

frais à Dryopteris Fougère Circée Ficaire Ail des


humides hydroclines
Molinie carthusiana femelle ours
Benoîte des
Alluvions Bistorte Stellaire des bois ruisseaux
Reine des prés

très humides Sphaignes Cirse des Iris Carex Cirse


à marécageux marais acutiformis maraîcher hydrophiles

Equisetum
Dorinne
Sources telmateia rhéophiles

neutro- neutrophiles
acidophiles acidoclines
acidoclines
neutroclines
ou calcicoles FLORE
Présentation du système de groupes écologiques

écologique principal occupe une unité de cette


Présentation du système des groupes écologiques
matrice. Il est représenté en rouge par son espèce la
La figure précédente présente le système des plus fréquente et la plus fidèle à sa position dans
groupes écologiques. La base du système est une l’espace ainsi défini.
matrice de 5 niveaux trophiques et 4 niveaux
Dans l’écogramme, les limites de dispersion des
hydriques présentant donc 20 unités « hydro-
groupes de l’anémone et de la reine des prés,
trophiques ». Le centre de gravité de chaque groupe
indicateurs à large amplitude, sont représentées par

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 5


2 carrés de grande amplitude, respectivement en
- les transgressions selon les niveaux trophiques ;
violet et en bleu.
- les transgressions selon les niveaux hydriques ;
D’autres groupes écologiques, qui indiquent des
conditions particulières (hélio-nitrophiles, alluviales, - les espèces à large amplitude.
hygrosciaphiles, rhéophiles), sont notés en couleur. Par contre, les espèces caractéristiques des milieux
Par leur position dans l’écogramme, ils se réfèrent extrêmes sont généralement fidèles à leurs
aussi à une unité « hydro-trophique ». conditions écologiques. C’est le cas de la majorité
Le tableau (page entière ci-après) présente les des espèces calcicoles, des acidophiles les plus
principales espèces des groupes écologiques au sein marquées, des espèces hydrophiles ou paludicoles,
de l’écogramme stationnel. Dans ce tableau, les ou à l’inverse, xérophiles.
amplitudes des groupes de l’anémone (en rouge) et
de la reine des prés (en bleu foncé) sont
Transgression des groupes selon le niveau
représentées par un rectangle. Les groupes des
trophique
coupes forestières (nitrophiles, en vert), les
La limite entre les 2ème et 3ème colonnes de
sciaphiles (en brun), les alluviales (en vert bleu) et
l’écogramme constitue une charnière. Elle sépare les
les rhéophiles (en bleu clair) sont identifiés
milieux acides (humus de type moder) des milieux
séparément par leur couleur, mais se réfèrent à
neutres ou à tendance neutre (humus de type mull).
l’unité de l’écogramme où elles se situent.
Les espèces transgressent assez rarement cette
Les espèces notées en gras sont les plus fréquentes.
barrière, et dans ce cas, assez faiblement.

Interprétation des caractéristi-


ques des stations à partir de
l’écogramme

en milieu
en milieu riche
Caractère indicateur des groupes et des espèces pauvre

Les groupes écologiques sont disposés au sein de


l’écogramme en fonction de leur caractère
indicateur. Bien que chaque groupe n’apparaît que
dans une seule des 20 unités de l’écogramme, son
amplitude ou celle de certaines espèces du groupe acidophiles neutrophiles
fidèles fidèles
est parfois bien plus grande, ce qui l’amène à
transgresser dans les autres unités « hydro- Sens général de la transgression des espèces
trophiques » de l’écogramme. Dans la mesure du selon les niveaux trophiques

possible, les espèces dont l’amplitude écologique est


trop large ne font pas partie du système, mais il Transgression selon le niveau hydrique
arrive que certaines soient des indicatrices En ce qui concerne le niveau hydrique, les
trophiques fidèles tout en étant indifférentes au transgressions sont moins nettes. On note cependant
niveau hydrique ou vice versa. Le cas échéant, elles que les espèces mésophiles sont aussi présentes
sont indiquées par un signe distinctif dans le tableau dans les sols frais avec les hydroclines.
des espèces. C’est le cas, par exemple, de la
mercuriale ou de la molinie qui sont des espèces-clef Quelques espèces ont cependant un caractère
en ce qui concerne le niveau trophique, mais sont relativement indifférent à l’humidité, tout en étant
relativement tolérantes quant au niveau d’humidité des indicateurs assez fiables au plan trophique. Il
du sol. s’agit notamment de la mercuriale (Mercurialis
perennis) et de certaines espèces acidophiles des
Globalement, on peut déterminer plusieurs groupes de la myrtille et de la molinie.
comportements de transgression illustrés dans les
figures suivantes. Ils concernent :

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 6


Système de groupes écologiques pour la Wallonie
Helleborus foetidus
Buxus sempervirens

Hellébore fétide
Alisier Cornus mas
Sorbus torminalis Daphne laureola
Anthericum liliago Ligustrum vulgare
Silene nutans Polygonatum odoratum
Sorbus aria Quercus pubescens
[Euphorbia cyparissias] Rosa pimpinellifolia
Sesleria albicans
Myrtille (Quercion) Viburnum lantana
Vincetoxicum hirundinacea
Vaccinium myrtillus(H)
Calluna vulgaris
Carex pilulifera Germandrée (Quercion) Anémone (Fagetalia) Aspérule Laîche digitée
Deschampsia flexuosa Teucrium scorodonia Anemone nemorosa Galium odoratum
Carex digitata
Dicranum scoparium Agrostis capillaris Acer pseudoplatanus Acer platanoïdes
Acer campestre
Frangula alnus Anthoxantum odoratum Atrichum undulatum Arum maculatum
Aquilegia vulgaris
Galium saxatile Frangula alnus Carpinus betulus Cornus sanguinea
Campanula trachelium
Leucobryum glaucum Hieracium murorum Corylus avellana Crataegus laevigata
Cephalanthera sp.
Luzula multiflora Hieracium sabaudum Dryopteris filix-mas* Daphne mezereum
Clematis vitalba
Potentilla erecta Holcus mollis Epilobium montanum Euonymus europaeus
Carex montana
Veronica officinalis Hypericum humifusum Milium effusum Galium sylvaticum
Hordelymus europaeus
[Melampyrum pratense] Hypericum pulchum Phyteuma spicatum Hypericum hirsutum
Lonicera xylosteum
Ilex aquifolium Polygonatum multiflorum Melica uniflora
Melica nutans
Lathyrus linifolius var montanus Scrophularia nodosa Mercurialis perennis (H)
Mercurialis perennis*
Maianthemum bifolium Listera ovata
Faisier Orchis mascula
Mespilus germanicus Fragaria vesca Mycelis muralis
Primula veris
Polytrichum formosum Poa nemoralis Neottia nidus-avis
Pulmonaria montana
Pteridium aquilinum Potentilla sterilis Ornithogalum pyrenaicum
Rubus saxatilis
Stellaire holostée Paris quadrifolia
Solidago virgaurea Veronica chamaedrys Tilia platyphyllos*
Stellaria holostea Ranunculus auricomus
Viola hirta
Dactylis glomerata Lamier Rosa arvensis
[Carex flacca]
Luzula pilosa Lamiastrum galeobdolon Rosa canina
Luzule des bois
Poa chaixii Brachypodium sylvaticum Sanicula europaea
Luzula luzuloïdes Ranunculus nemorosus Carex sylvatica
Calamagrostis arundinacea Tilia cordata Epipactis helleborine Ortie
Polygonatum verticillatum Vinca minor Euphorbia amygdaloides Urtica dioïca
Viola riviniana Phyteuma nigrum Alliaria petiolata
Vicia sepium Anthriscus sylvestris
Benoîte communne Viola reichenbachiana Arctium nemorosum
Epilobe en épi Belladonne
Geum urbanum Chaerophyllum temulum
Epilobium angustifolium Atropa bella-donna
Galium aparine
Nitrophiles

Galeopsis tetrahit
Digitalis purpurea Bromus ramosus
Geranium robertianum Glecoma hederaca
Cytisus scoparius Bryona dioica
Moehringia trinervia Heracleum sphondyllium
Rubus idaeus (T) Digitalis lutea
Myosotis sylvatica Symphytum officinale
Sambucus racemosa Lithosperonum officinale
Sambucus nigra [Aegopodium podagraria]
Senecio nemorensis Origanum vulgare
Silene dioïca
Senecio ovatus
Veronica hederifolia

Scolopendre
Hygrosciaphiles

Polystichum aculeatum
Asplenium scolopendrium
(érablières)

Polystichum aculeatum
Cardamine bulbifera Actea spicata
Luzula sylvatica Festuca altissima
Cardamine impatiens Dryopteris filix-mas*
Gymnocarpium dryopteris
Ranunculus platanifolius Lunaria rediviva
[Dryopteris filix-mas] Tilia plathyphyllos*
[Ulmus glabra]

Dryopteris carthusiana Fougère femelle Circée de Paris Ficaire Ail des ours
Molinie
Ranunculus ficaria
Molinia coerulea (H) Dryopteris carthusiana (T) Athyrium filix-femina Circaea lutetiana Allium ursinum
Adoxa moschatellina
Blechnum spicant Carex ovalis Ajuga reptans Cardamine pratensis Anemone ranunculoides
Hyacintoides non-scripta Primula elatior
Carex pallescens Carex remota (T) Lysimachia nemorum Corydalis solida
Ribes uva-crispa
Luzula sylvatica Deschampsia cespitosa (T) Poa trivialis Gagea lutea
[Fraxinus excelsior]
Oreopteris limbosperma Dryopteris dilatata (T) Ribes rubrum Helleborus viridis
Trientalis europaea Juncus effusus (T) Stachys sylvatica Lathrea squammaria
Oxalis acetosella Veronica montana
[Succisia pratensis]

Benoîte des ruisseaux


(Alno-Padion)

Stellaire des bois


Geum rivale
Alluviales

Polygonum bistorta Stellaria nemorum Salix fragilis


Aconitum lycoctonum
Polygonum bistorta Festuca gigantea Salix pentandra
Chrysosplenium alternif.
[Ranunculus platanifolius] Impatiens noli-tangere Salix purpurea
Rubus caesius
Petasites hybridus Salix triandra
Ulmus laevis
Salix alba Salix viminalis
[Dipsacus pilosus]

Iris Carex acutiformis Cirse maraîcher


Cirse des marais

Cirsium palustre
Sphaignes Iris pseudacorus Carex acutiformis
Agrostis canina Cirsium oleraceum
Sphagnum sp Caltha palustris Calystegia sepium
Carex laevigata Epilobium hirsutum
Carex rostrata Carex elongata Carex paniculata
Crepis paludosa (T) Eupatorium cannabinum (T)
Comarum palustre Lycopus europaeus Lythrum salicaria
Epilobium palustre Humulus lupulus
Hydrocotyle vulgaris Phalaris arundinacea Solanum dulcamara
Equisetum sylvaticum Reine des prés
Juncus acutiflorus Scutellaria galericulata Stachys palustris
Galium palustre
Menyanthes trifolium Filipendula ulmaria
Lotus uliginosus
Polytrichum commune Dorinne Agrostis stolonifera
Lychnis flos-cuculi Equisetum
Rhéophiles

Vaccinium uliginosum Chrysosplenium oppositif. Myosotis palustris Alnus glutinosa


Mentha arvensis telmateia
Viola palustris Cardamine amara Mentha aquatica Angelica sylvestris
Osmunda regalis
Glyceria fluitans Polygonum hydropiper Ranunculus repens
Scirpus sylvaticus
Ranunculus flammula [Carex remota] Thuidium tamariscinum
Scutellaria minor
Valeriana repens (H)
Valeriana dioica (T)

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 7


Quelques espèces indicatrices du
niveau trophique mais ±
Groupes à large amplitude écologique
indifférentes au niveau
hydrique. Certains groupes ont une amplitude écologique très
étendue, et n’ont qu’un caractère indicateur limité.
C’est le cas du groupe de l’anémone des bois dont
Vaccinium myrtillus
seule la limite vers les sols acides est intéressante
dans un diagnostic, ou encore du groupe de la Reine
des prés indiquant des sols humides sans indication
très précise du niveau trophique.
en
touradons

Groupes à large amplitude


Molinia coerulea Mercurialis perennis
Anémone des bois Reine des prés

Par ailleurs, on note aussi que les 3 groupes


mésophiles, hydroclines et hydrophiles se retrouvent
souvent ensemble dans les stations alluviales, qui
sont à la fois bien drainées en surface (ce qui
convient aux espèces mésophiles) et alimentées par
une nappe phréatique en profondeur (ce qui
convient aux espèces hydrophiles). Il ne s’agit pas
de transgression au sens propre du terme.

Fidélité ou transgression des groupes Développement Présence


optimal occasionnelle
selon les niveaux trophiques

Acidophiles Acidoclines Neutro - acidoclines Neutroclines Neutrophiles


ou calcicoles

Fidélité ou transgression des groupes selon les niveaux hydriques

Xéroclines

Mésophiles

Hydroclines

Hydrophiles

Principaux comportements de transgression des groupes écologiques

Valeur indicatrice des groupes En raison des transgressions, les groupes et les
espèces n’ont donc pas tous la même valeur
indicatrice. En effet, ceux qui sont les plus

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 8


étroitement liés à des conditions écologiques
précises (= espèces fidèles) doivent avoir un poids
déterminant dans le diagnostic. On peut ainsi
donner à chaque groupe un poids différent, selon la Interprétation des caractéristiques d’une station
valeur indicatrice du groupe. Cette démarche est Chaque groupe apporte donc son information par sa
formalisée par Bartoli et al. [2000] dans un logiciel position dans l’écogramme. Dans la pratique du
de calcul de la position du relevé dans l’écogramme. diagnostic phytosociologique des niveaux hydrique et
trophique des stations, on cherchera donc à compiler
ces informations. On calculera ainsi le « centre de
gravité » du relevé.

Celui-ci doit être pondéré à la fois par l’importance


relative des groupes, mesurée par leur recouvrement
relatif, et par la fiabilité de leur caractère indicateur.

A titre d’exemple, la figure ci-dessous présente un


relevé phytosociologique et son centre de gravité
dans l’écogramme. On y voit que, malgré la grande
abondance des groupes de l’anémone des bois et du
lamier jaune, le centre de gravité se situe dans un
Faible milieu eutrophe et frais indiqué par la présence de
(espèces à large amplitude écologique)
seulement quelques espèces, mais qui sont très
fidèles à ce milieu.
Moyenne
(espèces à amplitude écologique réduite)
Valeur indicatrice des espèces selon le
principe de Bartoli et al [2000]
Élevée
(espèces à amplitude écologique très
réduite, fidèles à des conditions de milieu
extrêmes)

Strate arborescente
3.1 Fraxinus excelsior
2.1 Fagus sylvatica

Strate arbustive
3.2 Corylus avellana
2.1 Acer pseudoplatanus 1% 63% 10% 5%
2.1 Clematis vitalba
1.2 Carpinus betulus
1.1 Cornus sanguinea
1.1 Crataegus monogyna
1.1 Fagus sylvatica
16% 5%

Strate herbacée
4.4 Anemone nemorosa
2.3 Lamiastrum galeobdolon
2.3 Poa trivialis
2.3 Ranunculus ficaria recouvrement relatif du groupe neutrophile
2.3 Mercurialis perennis
5% et hydrocline au sein du relevé
2.2 Geum urbanum
2.2 Glechoma hederacea
2.1 Corydalis solida
Centre de gravité du relevé
2.1 Acer pseudoplatanus phytosociologique
2.1 Milium effusum
1.3 Stellaria holostea Par rapport au centre mathématique, le
1.2 Dryopteris filix-mas centre de gravité du relevé est déplacé
1.2 Carex sylvatica vers les espèces neutrophiles, dont le
1.2 Brachypodium sylvaticum caractère indicateur est le plus fiable
1.1 Viola reichenbachiana
1.1 Vicia sepium
1.3 Holcus mollis
1.1 Alliaria petiolata
+.1 Fragaria vesca
+.1 Adoxa moschtellina
Diagnostic stationnel à partir du +.1 Fagus sylvatica
relevé phytosociologique + Taraxacum sp.

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 9


Aptitude des essences forestières se limiter à une station, c’est-à-dire à un endroit
homogène quant à la topographie, au sol, au
Chaque essence forestière possède une distribution peuplement et à la végétation. Dans le cas contraire,
dans l’écogramme. Pour les essences les mieux on établirait une liste hétéroclite d’espèces décrivant
connues, cette distribution peut même être plusieurs stations dont les aptitudes pourraient être
différenciée en une zone « optimale » où l’essence différentes. Si nécessaire, la zone à évaluer doit donc
peut être cultivée à des fins de production de bois de préalablement être divisée en zones homogènes sur
qualité, et une zone « marginale » où l’essence peut base de l’observation globale et du bon sens.
jouer un rôle d’accompagnement dans la sylviculture,
On évitera aussi de relever les espèces présentes sur
mais où la production de bois ne sera pas si
les chemins, ornières, drains ou autres petites
intéressante, soit parce qu’elle sera faible, soit parce
perturbations du milieu. Les espèces qui y seraient
que la qualité du bois sera plus incertaine, soit parce
relevées peuvent toutefois avoir leur intérêt
que la stabilité des peuplements n’y est pas assurée,
ultérieurement, pour affiner le diagnostic. Par
ou encore pour plusieurs de ces raisons à la fois.
exemple : si les ornières révèlent de nombreuses
Pour les essences les mieux connues, l’information
plantes humides (jonc, canche cespiteuse, laîche
est précise (chênes, érables, merisier, frêne, aulne,
espacée, …) c’est que la station est plutôt fraîche et
douglas, épicéa), pour les autres, elle sera sans
est sensible au tassement du sol.
doute à valider et améliorer à l’usage.
Les arbres de la strate dominante peuvent constituer
une information intéressante, mais par sa gestion,
Le plus l’homme peut les avoir « anormalement » favorisés,
sec Erable
sycomore
voire plantés dans des conditions qui ne leur
conviennent pas. Il vaut mieux ne pas les inclure
Niveau hydrique

Stations
marginales dans le relevé. Les régénérations naturelles, par
Croissance contre, peuvent être considérées.
optimale

Le relevé peut consister soit en une liste de toutes


les espèces observées, soit en un « cochage »
d’espèces dans une liste pré-établie et adaptée à la
région où on l’utilise. Certaines espèces seront plus
Le plus
riche fréquentes que d’autres et/ou recouvriront une plus
Richesse chimique du sol
grande surface. Il faut en tenir compte dans la
Ecogramme de l’érable sycomore
mesure du possible.

La station considérée étant positionnée dans


Fréquence et recouvrement de abondance-
l’écogramme à partir de la flore, il reste à déterminer l’espèce dominance
quelles sont les essences forestières présentes à cet
endroit. < 5%, individus rares +
< 5 %, individus fréquents 1
de 5 à 24 % 2
La pratique du diagnostic
de 25 à 49 % 3
de 50 à 74 % 4
Le diagnostic de l’aptitude des essences se déroule
au moins 75 % 5
en 3 étapes :
Codification de l’abondance d’une espèce selon la
- le relevé de terrain méthode de Braun-Blanquet
- l’identification du centre de gravité du relevé
- la détermination de l’aptitude de la station
On peut soit utiliser les « coefficients d’abondance-
dominance » de la méthode de Braun-Blanquet (voir
Le relevé de terrain tableau ci dessus), soit, dans le cas de listes
prédéfinies, cocher les espèces de manière
Le relevé des espèces se fait en parcourant la
progressive selon l’abondance de l’espèce (ex : 1
parcelle à analyser (méthode « par épuisement des
espèces »). Il est important, lors de cette étape, de point pour une faible présence, 1 croix pour une

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 10


espèce assez fréquente mais couvrant moins de la Par ailleurs, à valeur indicatrice égale, un groupe peu
moitié de la strate herbacée ou le noircissement de représenté, par une ou deux espèces peu
la case si elle est plus abondante). abondantes, aura moins de poids qu’un groupe
couvrant, avec une ou plusieurs espèces, la moitié
Une fiche de terrain à cocher, établie pour le massif
du recouvrement herbacé du sol.
de Saint-Hubert, est présentée en annexe. Elle est
remplie à titre d’exemple. Il faut aussi tenir compte de certaines espèces qui,
tout en donnant une indication fiable selon un
facteur (l’humidité par exemple), sont peu précises
Identification du « centre de gravité » du relevé
pour l’autre (la richesse chimique). C’est le cas de la
myrtille par exemple, très acidophile, mais qui n’a
Si l’on n’a pas utilisé une fiche à cocher, les espèces
présentes dans la parcelle étudiée sont ensuite pas une forte valeur indicatrice pour le niveau
ventilées dans les différents groupes écologiques. On hydrique. Ce genre d’espèce est identifié dans le
tableau des espèces par :
peut ainsi visualiser la distribution des espèces dans
l’écogramme. (T) si son indication trophique est peu fiable ;
(H) si son indication hydrique est peu fiable.
Pour déterminer le centre de gravité du relevé, on
procède en 3 étapes : Un exemple de détermination du centre de gravité
est présenté en annexe.
- identification du niveau trophique ;
- identification du niveau hydrique ;
Identification de l’aptitude de la station
- détermination approximative de la position du
centre de gravité, qui se situe à l’intersection Le centre de gravité étant identifié avec plus ou
des 2 niveaux déterminés. moins de précision, il reste à identifier les essences
forestières dont l’aire de distribution au sein de
l’écogramme le contiennent. Si l’information existe,
on peut même définir le statut de l’essence (essence
Détermination du centre de
de production ou d’accompagnement).
gravité d’un relevé
Cette opération doit être suivie d’une validation. Des
critères climatiques ou micro-climatiques peuvent en
effet modifier cette aptitude. Comme toujours, un
regard critique et expérimenté doit être posé sur le
Richesse chimique du sol résultat obtenu.
L’écogramme des principales essences forestières du
massif de Saint - Hubert est présenté en annexe,
Niveau hydrique

avec la localisation du centre de gravité du relevé.


L’exemple proposé montre que la station est apte à
la production de :
- hêtre, chêne sessile et bouleau verruqueux ;
Principe de l’identification, en 2 étapes, du centre de gravité - douglas, épicéa, mélèze, voire le pin sylvestre ;
d’un relevé (exemple d’après le relevé annexé)
et qu’en outre, l’érable sycomore et le chêne
Pour identifier ces niveaux, on doit tenir compte du pédonculé, voire le bouleau pubescent, bien qu’en
caractère plus ou moins indicateur des groupes, situation marginale, peuvent y jouer un rôle
pondéré par leur abondance relative. d’accompagnement.

En effet, un groupe à forte valeur indicatrice (ex :


groupe de la ficaire) aura beaucoup plus de poids Les limites de la méthode
dans la localisation du centre de gravité d’un relevé,
qu’un groupe plus faiblement indicateur (ex : groupe Dans de nombreuses circonstances, l’analyse de la
de l’anémone). flore est toutefois délicate, voire impossible. Avant
d’interpréter la végétation, il convient de s’assurer

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 11


que les conditions de son utilisation sont remplies.
Cela tient à plusieurs éléments :
Conclusion
- la période d’observation : de la fin de l’automne
jusqu’au début du printemps, le diagnostic La présente note technique a présenté une méthode
repose parfois sur très peu d’espèces. En hêtraie d’analyse de la végétation en vue d’identifier les
ardennaise par exemple, les milieux plus riches aptitudes d’une station vis-à-vis de la sylviculture des
que caractérisent l’anémone, le millet ou l’oxalis essences forestières.
ne peuvent être décelés en période de repos car La flore permet en effet un diagnostic précis des
ces espèces ont disparu. niveaux trophique et hydrique des stations. Elle
- Le couvert : dans les forêts très denses comme permet notamment, dans bien des cas, d’éviter les
les jeunes peuplements de hêtre, d’épicéa ou de fastidieuses analyses chimiques de sol. Pour celui qui
douglas par exemple, la flore au sol est y est habitué, cette méthode des groupes
inexistante ou rare. Pire, elle peut tromper écologiques est rapide et efficace. Comme toute
l’observateur, car une flore hygrosciaphile méthode cependant, elle demande un minimum
(Dryopteris carthusiana par exemple) voire d’expertise qui ne s’acquiert qu’avec une pratique
acidophile (Oxalis acetosella) s’y développe régulière.
indépendamment des potentialités réelles de la Il faut toutefois garder à l’esprit que l’utilisation de la
station. flore n’est qu’un moyen parmi d’autres pour décrire
- L’envahissement par des espèces sociales : la une station et identifier ses aptitudes pour la
ronce est typiquement une espèce qui peut sylviculture d’essences forestières. Elle possède en
dominer au point d’éliminer toute autre flore. Or outre ses limites d’application qu’il convient de
la ronce est une espèce à très large amplitude respecter. Chacun peut donc choisir sa méthode
écologique sans valeur indicatrice. selon les conditions rencontrées et selon sa meilleure
compétence.
- L’antécédent cultural : certains traitements ont
modifié si fortement la flore que celle-ci n’est Quoiqu’il en soit, il vaut toujours mieux rechercher
plus en équilibre avec la station. Dans les futaies une confirmation du diagnostic par différentes
issues de taillis essartés, l’interprétation de la méthodes (guide du boisement, fichier écologique
flore conduit, par l’élimination à long terme des essences, expérience personnelle, …). Ainsi,
d’espèces comme l’anémone, le sceau de l’observation conjointe de la position topographique,
Salomon, la luzule blanche, … à un diagnostic du sol (notamment de l’humus) et de la flore donne
qui surestime souvent le caractère acide du sol. le résultat le plus sûr.
De même, en Condroz, dans les terres agricoles La méthode décrite s’appuie largement sur des
récemment recolonisées par la forêt, la flore est méthodes existantes [groupes écologiques de
essentiellement nitrophile, et ne permet même DULIÈRE et de NOIRFALISE, guide du boisement
pas de différencier les sols limoneux des sols (WEISSEN et al., 1994)] et sur l’expérience de leur
calcaires superficiels. Ce n’est qu’après plus d’un application en forêt. En France, BARTOLI et al.
demi siècle que l’ensemble des espèces (2000) ont développé le logiciel ECOFLORE pour
forestières indicatrices réapparaissent. effectuer cette démarche de manière automatique à
- Les caractéristiques non décelées par la flore : partir de l’encodage d’un relevé. Elle est en cours de
toutes les caractéristiques des stations ne validation et d’adaptation pour la Wallonie.
peuvent être décelées par la flore : la fréquence Enfin, la présente note technique se veut
des gelées tardives, par exemple, peut exclure le dynamique. Plus le système de diagnostic proposé
frêne de certains fonds de vallée ardennais alors sera appliqué, plus il pourra être affiné par les
que la flore semble indiquer son optimum. remarques et corrections de ses utilisateurs. Celles-ci
sont donc les bienvenues.

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Pour en savoir plus
BARTOLI M., TRAN-HA M., LARGIER G., DUME G., NOIRFALISE A. (1984). Forêts et stations forestières
LARRIEU L. [2000]. Ecoflore, un logiciel simple de en Belgique. Gembloux, Les Presses Agronomiques
diagnostic écologique. Rev. For. Fr. 52(6), 530-547. de Gembloux, 247 p.

DULIERE J.F., TANGHE M., MALAISSE F. [1995]. WEISSEN F., BRONCHART L., PIRET A. [1994].
Répertoire des groupes écologiques du fichier Guide du boisement des stations forestières de
écologique des essences. Namur, Ministère de la Wallonie. Namur, Ministère de la Région wallonne,
Région wallonne, 319 p. 175 p.

Petit lexique

Adjectifs qualifiant le niveau trophique des sols


Oligotrophe : pauvre en éléments minéraux, parfois exposé aux carences
Mésotrophe : moyennement pourvu en éléments minéraux
Eutrophe : à haute teneur en éléments minéraux ; de haute fertilité
Calcaire : développé sur calcaire
Carbonaté : contenant du calcaire « actif » à pH basique pouvant perturber l’alimentation minérale des végétaux

Adjectifs qualifiant le niveau hydrique de sols


Xérique : très sec, exposant les végétations au stress hydrique
Mésique : bien drainé en toute saison
Frais : bien drainé, mais aussi à forte réserve utile ; parfois à léger pseudogley en profondeur
Humide : présentant un excès d’eau temporaire se traduisant par des phénomènes de pseudo-gley relativement accusés
Marécageux : sol noyé pendant une bonne partie de la période de végétation, se traduisant par un gley prononcé proche de la
surface, et un humus de type anmoor ou tourbe

Adjectifs qualifiant les exigences trophiques des plantes


Acidophile : se développant préférentiellement sur sol oligotrophe
Neutrophile : se développant préférentiellement sur sol eutrophe à calcique
Nitrophile : se développant préférentiellement sur les sols riches en nitrates
Calcicole : se développant préférentiellement sur les sols riches en calcium
Hélio-nitrophiles : plantes des coupes forestières, recherchant à la fois l’ensoleillement et l’abondance de nitrates

Adjectifs qualifiant les exigences hydriques des plantes


Xérophile : se développant de préférence sur sols xériques
Mésophile : se développant de préférence sur sols mésiques
Hydrocline : se développant de préférence sur sols frais
Méso-hydrophile : se développant de préférence sur sols humides
Hydrophile : se développant de préférence sur sols marécageux
Hygrosciaphile : se développant de préférence dans des situations fraîches et ombragées
Rhéophiles : se développant de préférence au niveau des sources rhéocrènes, et exigeantes à la fois en eau et en oxygène

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 13


Germandrée (Quercion)
Teucrium scorodonia ..
Anémone (Fagetalia)
Anemone nemorosa
Faisier
Fragaria vesca
Aspérule
Galium odoratum

. .
Agrostis capillaris Acer pseudoplatanus Poa nemoralis Acer platanoïdes
Anthoxantum odoratum Atrichum undulatum Potentilla sterilis Arum maculatum
Frangula alnus Carpinus betulus Veronica chamaedrys Daphne mezereum
Hieracium murorum Corylus avellana Melica uniflora
Hieracium sabaudum Dryopteris filix-mas Mercurialis perennis (H)
Myrtille (Quercion) Holcus mollis Epilobium montanum Paris quadrifolia

.
Vaccinium myrtillus(H) Euphorbia amygdaloides

.
Hypericum humifusum
Calluna vulgaris Hypericum pulchum Milium effusum
Carex pilulifera Ilex aquifolium Phyteuma spicatum

.
Deschampsia flexuosa Lathyrus linifolius Polygonatum multiflorum
Dicranum scoparium Maianthemum bifolium Scrophularia nodosa
Frangula alnus Polytrichum formosum Lamier
Galium saxatile Stellaire holostée
Pteridium aquilinum Lamiastrum galeobdolon
Leucobryum glaucum Solidago virgaurea Stellaria holostea Brachypodium sylvaticum
Melampyrum pratense Dactylis glomerata Carex sylvatica
Veronica officinalis Luzule des bois Luzula pilosa Phyteuma nigrum
Potentilla erecta Luzula luzuloïdes Poa chaixi Vicia sepium

. Calamagrostis arundinacea
Polygonatum verticillatum
Viola riviniana

Benoîte communne
Viola reichenbachiana
Ortie
Urtica dioïca

.
Epilobe en épi Geum urbanum Alliaria petiolata

.
Nitrophiles

Epilobium angustifolium Galeopsis tetrahit Anthriscus sylvestris


Digitalis purpurea Geranium robertianum Chaerophyllum temulum

. Cytisus scoparius
Rubus idaeus (T)
Sambucus racemosa
Moehringia trinervia
Myosotis sylvatica
Sambucus nigra
Galium aparine
Glecoma hederaca
Heracleum sphondyllium
Senecio ovatus Silene dioïca Symphytum officinale
Hygrosciaphiles

Grande fétuque
(érablières)

Polystichum aculeatum
Festuca altissima
Gymnocarpium dryopteris

.
Dryopteris carthusiana
Molinie Fougère femelle Circée de Paris
Dryopteris carthusiana (T) Ficaire
Molinia coerulea (H)

.
Circaea lutetiana Ranunculus ficaria
Blechnum spicant Dryopteris dilatata (T) Athyrium filix-femina
Cardamine pratensis Adoxa moschatellina
Luzula sylvatica (H) Carex remota (T) Ajuga reptans

.
Poa trivialis Primula elatior
Luzula multiflora Deschampsia cespitosa (T) Lysimachia nemorum
Ribes rubrum [Fraxinus excelsior]
Juncus effusus (T)
Stachys sylvatica
Oxalis acetosella
Stellaire des bois

Stellaria nemorum
(Alno-Padion)

Bistorte
Alluviales

Festuca gigantea
Polygonum bistorta Impatiens noli-tangere
Petasites hybridus
Carex acutiformis

Iris Carex acutiformis


Iris pseudacorus Carex paniculata
Sphaignes Cirse des marais Caltha palustris Solanum dulcamara
Sphagnum sp Carex elongata Stachys palustris
Cirsium palustre Reine des prés
Carex rostrata Lycopus europaeus
Epilobium palustre Filipendula ulmaria
Juncus acutiflorus Phalaris arundinacea
Equisetum sylvaticum Agrostis stolonifera
Polytrichum commune
Galium palustre Dorinne Alnus glutinosa
Viola palustris Chrysosplenium oppos.
Lotus uliginosus Myosotis palustris Angelica sylvestris
Rhéophiles

Scirpus sylvaticus Cardamine amara Mentha aquatica Ranunculus repens


Valeriana dioica Glyceria fluitans Polygonum hydropiper Thuidium tamariscinum
Ranunculus flammula Carex remota* Valeriana repens

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Ecogramme des principales + sec
Hêtre Chêne sessile

essences de production
(massif de Saint - Hubert)

Stations marginales
Stations optimales
Zone du
massif de
Exemple St - Hubert
+ riche

Chêne pédonculé Erable sycomore Frêne Aulne glutineux

Bouleau verruqueux Bouleau pubescent Merisier Chêne rouge

Epicéa Douglas Mélèze Pin sylvestre

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Cette note technique a été réalisée dans le cadre du 3ème Carrefour forestier de la FUSAGx consacré au thème
« Observer la végétation pour choisir une essence adaptée au milieu ».

Elle a pu voir le jour grâce à des recherches financées par la Région Wallonne (Direction Générale des Ressources
Naturelles et de l’Environnement) et plus particulièrement au travers de l’accord-cadre « Recherche Forestière »
1999-2004.

Note technique forestière de Gembloux n°9 - FUSAGx - Juin 2003 16

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