L’expropriation pour cause
d’utilité publique
Le droit de propriété privé bénéficie d’une
protection constitutionnelle et législative.
Toutefois, la loi place les personnes publiques au
dessus des particuliers, pour jouir du droit
d’occupation et d’expropriation des biens
immeubles, sans avoir à se soumettre à la
procédure habituelle d’acquisition de gré à gré,
en contrepartie d’une, équitable indemnisation.
• Article 10 du Dahir 1915 fixant la législation applicable
aux immeubles immatriculés : « Nul ne peut être
contraint de céder sa propriété si ce n'est pour cause
d'utilité publique et conformément aux dahirs en vigueur
sur les expropriations. »
• l’article 35 de la constitution de 2011 stipule que " le
droit de propriété est garanti. La loi peut en limiter
l'étendue et l'exercice si les exigences du
développement économique et social de la Nation le
nécessitent. Il ne peut être procédé à l'expropriation
que dans les cas et les formes prévus par la loi…".
définition
• L’expropriation permet à l’administration d’obtenir à
son profit, sous forme d’une cession forcée, le
transfert d’un bien immobilier, en vue de la réalisation
d’un objectif d’utilité publique et moyennant le
paiement d’une indemnité.
• L'expropriation doit se faire en respectant les règles
de droit qui sont regroupées dans la loi n° 7-81 relative
à l'expropriation pour cause d'utilité publique et à
l'occupation temporaire.
• Elle nécessite que l'expropriant ait recours au juge
de l'expropriation qui décide par voie d’ordonnance
de transférer la propriété au profit d’une personne
publique en vue de l'affecter à un usage public.
Quelles sont les autorités habilité à exproprier?
Le droit d'expropriation est ouvert à l'Etat et
aux collectivités locales ainsi qu'aux autres
personnes morales de droit public et privé ou aux
personnes physiques auxquelles la puissance
publique délègue ses droits en vue d'entreprendre
des travaux ou opérations déclarés d'utilité
publique.
Article 3 de la loi n° 7-81 relative à l'expropriation pour cause d'utilité
publique et à l'occupation
Quels sont les biens susceptibles d’être frappés par
l’expropriation ?
Les biens expropriés
fonds de terre, les bâtiments, les
machines et ouvrages fixés à un
bâtiment ou au sol, les récoltes
pendantes par les racines, les
fruits et les arbres non encore
cueillis
Les biens exclus de l’expropriation
- les immeubles faisant partie du domaine public. Tous les
textes relatifs aux domaines publics ne reconnaissent pas
l’expropriation des immeubles faisant partie du domaine
public,
- les édifices à caractère religieux des divers cultes. Les
pratiquants d'une religion se réunissent dans ces édifices
pour prier et célébrer un culte au cours de cérémonie. Il
est question des mosquées, des églises ou autres.
- les cimetières. l’expropriation des cimetières
- les édifices militaires
L’expropriation se fait selon deux procédures :
La procédure administrative : concerne la
déclaration de l’utilité publique par un acte
administratif (un décret pris sur proposition
du ministre intéressé) et l’acte de cessibilité
la procédure judiciaire: la décision
d’expropriation doit être approuvée par
décision juridictionnelle
La procédure administrative
La procédure
administrative
La déclaration l’acte de cessibilité
d’utilité publique Acte
Phase préliminaire complémentaire de
de l’expropriation la déclaration
d’utilité publique
La déclaration d’utilité publique
Définition
La déclaration d'utilité publique est
l’acte par lequel la puissance
publique affirme que la réalisation
d’une opération présente un intérêt
suffisant pour justifier le recours à la
procédure d’expropriation
La déclaration d’utilité publique
Nature juridique
La DUP est décidée par décret publié pris sur
proposition du ministre intéressé et au
bulletin officiel. Le décret se contente de
préciser la zone susceptible d'être frappée
d'expropriation. Cette zone peut comprendre,
outre les immeubles nécessaires à la
réalisation des ouvrages ou opérations
déclarés d'utilité publique, la portion restante
de ces immeubles ainsi que les immeubles
avoisinants lorsque l'expropriation en est
jugée nécessaire
La déclaration d’utilité publique
Procédure
1- L’expropriant prépare un dossier technique qui
contient tous les éléments concernant la
situation géographique, la superficie, la nature,
les propriétaires et les ayant droits, les plans
cadastraux et tout ce qui est nécessaire à son
identification complète.
2- le dossier complet est transmis au Secrétariat
général du Gouvernement, par le ministre
intéressé, pour vérification et établissement d’un
projet de décret déclarant l’utilité publique, lequel
est transmis avec les éléments du dossier aux
services compétents du Premier ministre pour
approbation et signature.
• Si au cours de deux ans, l’expropriant
n’a pas déposé la requête prévue au
premier alinéa de l’article 18, devant le
tribunal administratif compétent,
l’expropriation ne peut être prononcée
qu’en vertu d’une nouvelle déclaration
d’utilité publique.
La déclaration d’utilité publique
Les effets de la DUP
Parmi les conséquences majeures du décret de
déclaration d’utilité publique est d’annoncer au
public qu’au terme de l’article 15 de la loi 7/81
que « pendant une période de deux ans à
compter de la publication au Bulletin officiel de
l’acte déclaratif d’utilité publique, aucune
construction ne peut être élevée, aucune
plantation ou amélioration ne peut être effectuée
sans l’accord de l’expropriant sur les immeubles
situés dans la zone fixée par l’acte ».
l’acte de cessibilité
Qu’est ce que l’acte de cessibilité ?
Si la déclaration d'utilité publique se contente
de préciser une zone où des parcelles qui
peuvent être expropriées, l’acte de cessibilité
est l’acte qui désigne les parcelles qui seront
effectivement expropriées.
l’acte de cessibilité
Procédure
Pour plus de garantie des droits des
expropriés, le législateur a mis en place une
procédure préparatoire de l’acte de cessibilité
notamment l’enquête publique conçue pour
interroger le public avant une déclaration
d'utilité publique sur la réelle utilité d'un
projet nécessitant des expropriations.
• Ainsi, tout acte de cessibilité doit être précédé
par une enquête administrative.
• A cet effet, un registre d’observation est
ouvert dans chaque commune intéressée où
les intéressés peuvent inscrire leurs
observations.
• Dans un délai de deux mois, les propriétaires
sont tenus de faire connaître tous les fermiers,
locataires et autres détenteurs de droits sur
les immeubles, faute de quoi ils restent seuls
chargés envers ces personnes des indemnités
qu'elles pourraient réclamer.
l’acte de cessibilité
Les effets de l’acte de cessibilité
Ils sont les mêmes que ceux de la DUP, à
savoir, l’interdiction, pendant deux ans de
toute construction, plantation ou
amélioration sur les immeubles désignés dans
l’acte sans l’autorisation de l’expropriant. Au
cours de ce délai, les propriétés désignées
dans un acte de cessibilité peuvent rester
sous le coup de l'expropriation, à compter de
la publication de cet acte au Bulletin officiel
ou, de sa notification.
La procédure judiciaire
• La procédure judiciaire constitue une garantie
substantielle pour atténuer l’exorbitance de la
puissance publique expropriante et ce, d’autant plus
que l’expropriation est assimilé à l’atteinte à la
propriété privé
• la décision d’expropriation doit être approuvée par
décision juridictionnelle selon deux étapes
importantes :
- la prise de possession du bien objet de
l’expropriation
- la détermination des indemnités
1- La prise de possession du bien objet de l’expropriation
• Apres la phase administrative,
L'expropriant est tenu de déposé une
requête auprès du tribunal administratif
tendant à faire prononcer le transfert de
propriété et fixer les indemnités.
• L'expropriant dépose, également, auprès
dudit tribunal, statuant cette fois dans la
forme des référés, une requête pour que
soit ordonnée la prise de possession
moyennant consignation ou versement du
montant de l'indemnité proposée.
La prise de possession du bien objet de l’expropriation
• Le juge des référés est seul compétent pour
autoriser par ordonnance la prise de possession,
moyennant le versement ou la consignation d'une
indemnité provisionnelle égale au montant des
offres de l'expropriant.
• Le présidant du tribunal administratif ou son
délégataire, statuant comme juge de l'expropriation,
est seul compétent pour prononcer par jugement au
profit de l'expropriant le transfert de propriété des
immeubles et/ou des droits réels faisant l'objet de
l'expropriation et fixer le montant des indemnités.
Sa décision d’expropriation est insusceptible d’appel
• Le juge des référés ne peut refuser
l'autorisation de prise de possession
que pour cause de nullité de la
procédure.
• Le jugement qui prononce le transfert
de propriété fixe l'indemnité
d'expropriation après avoir
obligatoirement rappelé le montant des
offres de l'expropriant et en prescrit le
paiement ou la consignation.
2- la fixation des indemnités
Les normes légales des
indemnités le recours juridictionnel
• L’indemnité ne doit indemniser que • décisions judiciaires
du dommage actuel et certain autorisant l’expropriation n’est
directement causé par pas susceptible d'appel
l'expropriation ; elle ne peut
s'étendre à un dommage incertain,
• le jugement prononçant le
éventuel transfert de propriété et fixant
l'indemnité est susceptible d'un
• elle est fixée d'après la valeur de
appel devant la cour de cassation,
l'immeuble au jour de la
publication de l'acte de cessibilité ayant pour seul objet la fixation
ou de la notification de l'acte de l'indemnité.
déclaratif d'utilité publique • cet appel n’est pas suspensif.
• des intérêts sont prévus au profit • Il doit être interjeté, dans les 30
des expropriés si les sommes dues jours suivant de la notification,
ne sont pas versées dans le délai 1 au greffe du tribunal
mois à compter du jour de la administratif.
notification ou de la publication du
jugement