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Sujet: Le Commissionnaire de Transport

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Amal El Sahli
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Sujet: Le Commissionnaire de Transport

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la république tunisienne

université de sousse
ministère de l’enseignement supérieur
faculté de droit et science politique de sousse

sujet: le commissionnaire de transport

élaboré par:

yasmine rouatbi
amal sahli
hamdi salmouna

sous la direction de:

mme yosra jatlaoui

1er année Master professionnel en droit de l’entreprise et affaire


groupe 1
année universitaire
2024/2025
listes des principales abréviations:

● cc: code de commerce


● art: article
● cc: contrat de commission
● ct : commissionnaire de transport
sommaire:

Introduction

partie 1: le régime juridique du commissionnaire


de transport

chapitre 1: le rôle du commissionnaire

chapitre 2: la responsabilité du commissionnaire

partie 2: les droits du commissionnaire de


transport

chapitre 1: le droit à la rémunération

chapitre 2: les actions réservés


Depuis le début de la conteneurisation jusqu’à ce jour, la conception des transports a
connu plusieurs mutations ce qui a rendu cruciale et stratégique l’organisation de
l’expédition d’une marchandise. En effet, avec l’accroissement du volume des
échanges internationaux, le transport ne peut plus constituer un processus isolé de
déplacement d’une marchandise d’un point du globe à un autre mais il est devenu une
partie intégrante d’un processus commercial et logistique plus complexe exigeant des
qualités et des compétences très pointues dans différents domaines à la fois et dont
l’acquisition est indispensable pour franchir tous les obstacles et barrières qui
surgissent dans la pratique du commerce international, comme la distance, la langue et
les usages commerciaux.

De surcroît, pour offrir un service conforme aux besoins et attentes des clients et
éviter les litiges et malentendus générateurs de pertes de temps et d’argent, il est
nécessaire de bien maîtriser, non seulement les risques qui pourraient survenir en
cours de transport, mais aussi les règles et les pratiques commerciales utilisées par les
différents intervenants dans la chaîne de transport et acteurs économiques dans toutes
les parties du monde, afin d’assurer une livraison optimisée au destinataire final.

Et c’est là tout l’intérêt de faire appel à un seul intervenant qui prendra en charge la
totalité de l’expédition, en l’occurrence le commissionnaire de transport.

Il s’agit donc d’un intermédiaire qui agit en son nom pour le compte de ce qu’on
appelle un commettant. Le travail du commissionnaire de transport est de mettre son
expertise au service de son client. L’objectif est d’optimiser le transport de
marchandises.

Pour cadrer cette mission, un contrat de commission de transport est signé entre ce
professionnel et le commettant.

on peut définir le contrat de commission selon le code de commerce tunisien art 6281
que « Le contrat de commission de transport est la convention par laquelle un
commerçant s'engage à faire effectuer, soit en son nom, soit au nom du commettant ou
d'un tiers, un transport de personnes ou de choses et, s'il y a lieu, les opérations
connexes.»

Dans un arrêt du 16 février 1988, la chambre commerciale de la Cour de cassation


française a en effet défini la commission de transport comme la « convention par
laquelle le commissionnaire s’engage envers le commettant à accomplir pour le

1 code de commerce tunisien


compte de celui-ci les actes juridiques nécessaires au déplacement d’une marchandise
d’un lieu à un autre »2

La commission prend plusieurs formes : commission de marchandises, commission en


bourse, commission en douane et commission de transport.3 Il y a commission de
marchandises lorsque « le commissionnaire, professionnel connu sur une place de
marchandises, est caractérisé par le fait que, tout en agissant pour le compte d'un client
(acheteur ou vendeur), il agit en son nom propre.

Il n'y a, donc, commission de transport que dans la mesure où un troisième personnage


vient se glisser entre l'expéditeur et le prestataire de services, généralement le
transporteur.

le contrat de commission, il est régi par le code de commerce dans le chapitre 2 « Du


contrat de commission » du titre 2 « des règles particulières à certains contrats
commerciaux » et plus précisément , les articles de 601 à 608 qui constituent des
dispositions générales applicables à tout contrat de commission quelque soit son type,
et les articles 647 à 652 qui constituent les dispositions particulières du contrat de
commission de transport, en ajoutant les articles 628 et 6294.

Le c com est régit aussi par le droit commun du mandat 5Lorsqu'il est international, le
contrat de commission de transport est régi par le droit international privé du juge
éventuellement saisi.

Il n'existe pas, à ce jour, de conventions internationales réglementant la matière.

L'intervention du commissionnaire dans le transport de marchandises amène, donc, à


la superposition de deux contrats : l'expéditeur et le commissionnaire sont liés par un
contrat de commission de transport , alors que le contrat de transport proprement dit
est conclu entre le commissionnaire et le transporteur.6

le droit tunisien n’a pas définit le commissionnaire mais on peut conclure selon le
contrat de commission que:

Le terme de CT(commissionnaire de transport) désigne un professionnel qui organise


le transport de marchandises d’un lieu A à un lieu B. Pour ce faire, il peut utiliser les
2 Cass. com., 16 février 1988, no 10-10071 : Bull. civ. IV, no 75.
3 Georges RIPERT, « Traité de droit commercial », Paris, L.G.D.J., 12*me éd., 1990, p.667, N°2675 ;
Patrick CHAUVEL, « Commissionnaire », répertoire commerciale, Dalloz, 2008, p.5, n°33
4 En droit français, la commission de transport est régie par le code de commerce dans son titre III, intitulé «
Des courtiers, des commissionnaires, des transporteurs et des agents commerciaux », section 2, intitulée « des
commissionnaires pour les transports », dans laquelle se trouvent les dispositions régissant le contrat de
commission de transport de marchandises. Il s'agit des articles
L.132-3 à L. 132-9, auxquels il faut ajouter l'article L.133-6 du Code de commerce.
5 Le renvoi exprès que l'article 602 du C.C. fait au code des obligations et des contrats et plus particulièrement à
l'article 1143°3, est très significatif.
6Revue du commerce international - Le commissionnaire de transport
modes et les moyens qui lui semblent les plus pertinents. Il peut s’agir de transport
routier de marchandises, mais aussi aérien, maritime ou ferroviaire. Le
commissionnaire choisit tel ou tel mode de transport de marchandises selon la
mission.

Le commissionnaire de transport doit être distingué des autres intervenants du


transport tels que le transitaire qu’il agit principalement comme un intermédiaire entre
l'expéditeur et les transporteurs. Son rôle est d'organiser le transport international des
marchandises, surtout lorsque plusieurs modes de transport sont impliqués .

La mission essentielle du transitaire est la réception et la réexpédition des


marchandises selon les instructions qu'il reçoit. Il intervient seulement à l'occasion de
la rupture de charge ou de la rédaction d'un document administratif ou douanier. En
outre, contrairement au commissionnaire qui est garant des faits de ses préposés, « le
transitaire est un simple mandataire et ne répond que de son fait personnel sauf s'il est
chargé de l'organisation du transport de la marchandise en choisissant librement les
transporteurs et autres intervenants..» 7

il ne peut être confondu avec le courtier qui « s'engage à rechercher une personne pour
la mettre en relation avec une autre, en vue de la conclusion d'un contrat .8

Le courtier se borne à mettre en relation deux contractants, il va les présenter l'un à


l'autre et va les aider à s'entendre d'où une obligation de présentation.

Le courtier rédige parfois le contrat mais il n'agit pas pour le compte d'autrui, le
courtier n'est pas un représentant.

Il y a ainsi une activité de fait puisqu'aucun lien de droit particulier ne se crée.

Ainsi, courtage et commission ne peuvent être confondus car si le courtier reste


étranger à la conclusion du contrat. En revanche, le commissionnaire passe lui-même
des contrats pour le compte de son client. Le commissionnaire prend l'opération à son
compte et va conclure en son nom personnel tous les actes nécessaires à la réalisation
du transport.

Historiquement, les commissionnaires n'apparaissent, semble-t-il, qu'au XVI siècle.


L'époque de la Renaissance connaît, en effet, un développement des transactions, ce
qui entraîne une certaine modification des techniques commerciales. Le mandat
commercial se développe9.

7 article 13 de la loi 1995 relative aux transitaires


8 article 609 alinéa 1 du cc
9Patrick CHAUVEL, op. cit., p.2, n°3.
Le droit romain, notamment, a fait l'objet d'une évolution liée au mécanisme de
représentation. La première phase est celle du « procurator » marqué par le principe de
non représentation, la seconde est celle du mandat romain, ainsi, le procurator qui était
chargé d'accomplir un acte juridique pour le compte d'autrui, agissait en son propre
nom. Par la suite, les romains eurent recours, pour leurs relations commerciales
uniquement, à des préposés.
A partir du XVIIème siècle, le terme de commission est fréquemment employé.
Le marché du transport évolue rapidement. nouveau acteurs apparaît Les
commissionnaires digitaux et tentent de séduire la clientèle via une digitalisation de la
profession de commissionnaire de transport.C’est notamment sur le secteur des
échanges internationaux que les commissionnaires de transport digitaux tentent de
démontrer leur savoir-faire. Ceci, car c’est sur l'exportation que se concentrent très
souvent les difficultés de mise en œuvre des transports.
Le contrat de commission offre une structure juridique solide qui facilite les
transactions commerciales, protège les parties et aide à gérer les risques associés aux
activités commerciales.

Les juges s'intéressent d'abord à l'exécution matérielle du déplacement. Lorsque


l'opérateur exécute lui-même le déplacement, il s'agit d'un transporteur ou, dans le cas
contraire, d'un commissionnaire.

Cependant, parfois, l'expéditeur ne sait pas, lors de la conclusion du contrat, si le


transporteur va transporter lui-même ou s'il va charger une autre personne du
transport, il ne va le découvrir qu'après coup et en cas de problème. Ce raisonnement
n'est donc pas conforme à la logique juridique.

En effet, c'est l'échange des consentements qui fait naître les obligations des parties,
une fois le contrat conclu, les obligations qui génèrent sont donc en définitivement
fixées.

La question n'a pas fait l'objet de jurisprudence en France mais les cours d'Anvers et
de Bruxelles estiment que lorsque l'entrepreneur accepte un ordre de transport sans
faire connaître qu'il entend agir en qualité de commissionnaire, il est automatiquement
qualifié de transporteur.10

Devant toutes ces définitions et comparaisons du commissionnaire et d’autres termes


voisins et devant un vide législatif du commissionnaire de transport on va analyser ce
dernier dans notre séminaire pour bien comprendre son cadre juridique et ses droits .
A cet égard on va s’interroger sur le statut juridique du commissionnaire de transport?

10 Le contrat de commission de transport – Cours et fiches


Pour répondre à cette question on a dédié la première partie pour le régime juridique
du commissionnaire de transport et la deuxième pour les droits de ce dernier .
partie 1 :

le régime juridique du
commissionnaire de transport

La spécificité du contrat de commission par rapport aux autres contrats


d'intermédiaires se manifeste dans les rapports juridiques qu'entretiennent le
commissionnaire et le commettant et dans les garanties d'exécution mises à la
charge du commissionnaire.

le contrat de commission est un contrat synallagmatique qui fait naître des


obligations à la charge des deux partie alors que le commissionnaire est chargé
de plusieurs rôles qu’on va analyser dans le premier chapitre mais il faut qu’il
sert à la bonne exécution de ces obligations sinon il va être chargé d’une
responsabilité dans la deuxième partie.

A- le rôle du commissionnaire de transport :

Le commissionnaire de transport est la personne agissant en son nom propre et


sous sa responsabilité pour organiser les opérations de transport et les
opérations connexes en choisissant les transporteurs et autres intervenants.

Le commissionnaire de transport est un intermédiaire, un professionnel qui agit


en son nom propre et qui organise de façon libre et autonome le transport de
bout en bout pour le compte de l’expéditeur. Il met en place et coordonne le
transport avec les sous-traitants de son choix. Il n’a pas, à cet effet, à recueillir
l’accord de son client sur le nom des transporteurs qu’il choisit. Le
commissionnaire prend l’opération à son compte et conclut en son nom
personnel les contrats nécessaires à sa réalisation.11

pour bien étudier le rôle du commissionnaire on va savoir les missions et les


obligations de ce dernier

les missions du commissionnaire:

Il organise et supervise le transport des marchandises en choisissant les modes


de transport les plus appropriés (air, mer, route ou rail) en fonction des besoins
spécifiques de son client. Mais sa mission va bien au-delà de la simple
planification : il s'assure que chaque étape du processus se déroule sans accroc,
depuis la prise en charge des colis jusqu'à leur livraison finale.12

● Planification du transport:
11 Revue du commerce international - Le commissionnaire de transport
12 Quel est le rôle du commissionnaire de transport ? | Cap Express
La planification est une étape cruciale dans laquelle le commissionnaire évalue
les besoins de son client, le type de marchandises à transporter, les contraintes
de temps et de coût. Il élabore ensuite un plan détaillé qui respecte strictement
le cahier des charges du commettant pour lui proposer une solution de transport
parfaitement adaptée à ses exigences.

● Choix des prestataires:


Le commissionnaire de transport sélectionne les prestataires selon des critères
rigoureux tels que la fiabilité, le coût, ou la capacité à respecter les délais. Cette
sélection minutieuse garantit que la marchandise sera acheminée dans les
meilleures conditions possibles.

● Coordination et suivi:
Une fois le plan établi et les prestataires choisis, le commissionnaire coordonne
toutes les opérations logistiques. Il suit en temps réel l'avancement du transport,
gère les éventuels imprévus et maintient une communication constante avec
tous les acteurs impliqués.

● Gestion administrative et douanière:


Le commissionnaire prend en charge toutes les formalités administratives et
douanières nécessaires au bon déroulement du transport national ou
international. Cela inclut la préparation des documents de transport, les
déclarations douanières et le paiement des droits et taxes.

● Gestion des imprévus:


Les aléas sont inévitables dans le domaine du transport. Le commissionnaire
doit faire preuve d'une grande réactivité pour résoudre rapidement tout
problème pouvant survenir (retards, avaries, grèves). Sa capacité à gérer ces
imprévus est essentielle pour minimiser l'impact sur la chaîne logistique.

En guise de conclusion,le commissionnaire coordonne donc tout le processus de


transport de A à Z pour le client.
les obligations du commissionnaire:
Le commissionnaire de transport est mandaté par le donneur d'ordre pour gérer
le transport des marchandises dans son intégralité, en établissant les contrats en
son nom propre. Il est donc soumis à un certain nombre d'obligations légales et
contractuelles pour garantir la qualité et la sécurité des services qu'il propose.

Le commissionnaire a promis d'organiser le transport de bout en bout afin que la


marchandise parvienne à destination en bon état et à la date prévue. Il s'agit
d'une obligation de résultat. Parfois, les juges acceptent de tempérer la situation
et estiment qu'en cas de force majeure, l'obligation de livrer à une date précise
devient une simple obligation de moyens.
Le commissionnaire va devoir exécuter les engagements précis qu'il a pris
envers son commettant. Il doit respecter toutes les instructions du commettant
car il avait la possibilité de refuser le mandat qui lui est confié lorsque le
commettant l'a contacté.
Le commissionnaire a de nombreuses obligations au départ, en cours de route et
à l'arrivée de la marchandise à destination.

Les obligations du commissionnaire au départ de la marchandise


Les moyens utilisés sont en principe à la discrétion du commissionnaire mais
celui-ci doit agir au mieux des intérêts de son commettant. On constate que le
commissionnaire a en fait 2 obligations au départ: soigner l'expédition et assurer
la marchandise. L'obligation d'assurer la marchandise ne peut être que le conseil
donné au commettant en vue de prendre cette assurance
● L'obligation de soin:
Le commissionnaire choisit le mode de transport sauf clause contraire. II doit
tenir compte de la nature de la marchandise, de l'urgence du transport et des
garanties de sécurité offertes à l'expéditeur. Compte tenu de ces circonstances, il
doit choisir le meilleur moyen de locomotion mais aussi les meilleurs auxiliaires
de transport. II doit aussi s'assurer de l'existence et de la régularité des
documents qui lui sont remis et qui sont nécessaires au transport.
En parallèle, le commissionnaire dispose en tant que professionnel d'un devoir
de conseil à l'égard de ses clients. La jurisprudence estime ainsi qu'un
commissionnaire qui se charge d'un transport international est réputé connaître
la réglementation des différents pays traversés car ces législations étrangères
peuvent avoir une incidence sur les conditions du transport, sur le temps du
transport et sur la réparation en cas d'incident. Ce devoir de conseil est
strictement limité à l'organisation du transport, ainsi, Cour d'Appel Paris a
estimé que le commissionnaire n'était pas tenu d'expliquer à son client les
formalités nécessaires pour éviter la forclusion prévue par la CMR, la CA
estime que c'est là « une affaire de juristes et commissionnaires et clients sont
souvent des profanes ou professionnels inexpérimentés ». En fait, les juges
apprécient le devoir de conseil en fonction des circonstances, de la taille de
l'entreprise du commettant et des usages locaux.
● L'obligation d'assurance
Le commissionnaire est tenu de vérifier si les transporteurs auxquels il a fait
appel sont convenablement assurés en ce qui concerne leur responsabilité
contractuelle.
On s'est demandé si par prudence il ne devait pas prendre l'initiative d'assurer la
marchandise avant de la remettre à ses substitués. La réponse est différente
selon que le transport est terrestre ou maritime:
- lorsque la marchandise est acheminée par voie terrestre, la Cour de cassation
depuis 1992 estime que le commissionnaire n'a pas l'obligation d'assurer la
marchandise si le contrat de commission ne le prévoit pas. D'ailleurs, en matière
de transport terrestre, il est rare que l'expéditeur contracte une assurance
spécifique puisque la clause d'intérêt à la livraison peut suffire
- en matière maritime, il est d'usage d'assurer la marchandise. La pratique étant
différente de celle du transport terrestre, les tribunaux estiment que le
commissionnaire de transport maritime ou combiné doit prendre l'initiative
d'assurer la marchandise.
Lorsque le commissionnaire est obligé d'assurer en vertu du contrat, il doit y
procéder mais, selon les tribunaux, il doit le faire avec discernement. S'il ne
souscrit pas d'assurance, il devra verser à son client une somme égale à
l'indemnité que ce dernier aurait reçu de l'assureur, il devient donc assureur.
Cette obligation d'assurance n'entre toutefois pas dans les obligations normales
du commissionnaire, elle fait l'objet d'un mandat spécial et la clause est
détachable du contrat de commission, elle subira donc une prescription de droit
commun.

Les obligations du commissionnaire en cours d'acheminement de la marchandise:


En cours de route, l'obligation de soigner existe toujours, le commissionnaire a
donc l'obligation d'effectuer les opérations étapes par étapes et veiller au bon
déroulement de ces opérations. Il doit rendre compte à l'expéditeur et dans un
délai raisonnable des incidents et difficultés qu'il rencontre.
Au départ, sa mission commence lors de la prise en charge, c'est lui qui doit
vérifier l'arrimage car l'expéditeur est réputé profane en matière de transport,
c'est lui aussi qui doit veiller aux opérations de chargement, c'est donc lui qui
recourra, au besoin, à un manutentionnaire (l'expéditeur et le transporteur ne
pouvant eux-mêmes procéder au chargement)
Ensuite, il va suivre l'acheminement et va donc veiller au respect d'un temps
raisonnable et compatible avec la nature et l'objet de la prestation. ex: c'est lui
qui sera responsable s'il n'a pas tout mis en œuvre pour que la marchandise
arrive sur une foire exposition dont il connaît la date
S'il y a changement de transport, c'est également le commissionnaire qui
surveille la marchandise à la charnière des deux transports (la rupture de
charge), il peut se faire aider par une transitaire.
ex: il est reproché régulièrement au commissionnaire en cas de transport de
denrées congelées de ne pas prendre toutes les mesures nécessaires pour
maintenir la chaîne du froid. Ce type de condamnation intervient lorsque le
véhicule est impliqué dans un accident de la circulation et que le
commissionnaire doit affréter un nouveau véhicule pour la suite du parcours,
dans l'attente du véhicule il doit gérer les produits congelés.
Cette responsabilité ne peut concerner que les dommages apparents, il est
impossible de demander au commissionnaire de connaître mieux la marchandise
que l'expéditeur.

Les obligations du commissionnaire à l'arrivée de la marchandise


Les obligations du commissionnaire ne disparaissent pas lorsque le camion, le
train, l'avion ou le navire arrive à destination, elles ne prennent fin qu'avec la
livraison de la marchandise au destinataire lui-même. Sur ce point, la
jurisprudence est claire et classique: la livraison à quai ne suffit pas à éteindre
les obligations du commissionnaire.
Le commissionnaire doit donc être présent ou représenté au lieu de destination.
Si la marchandise est perdue, avariée ou en retard, il doit conserver les recours
de son client. Si la marchandise est refusée par le destinataire, il doit en référer à
son commettant. Si la marchandise est acceptée sans réserve, sa mission
s'achève.
● La conservation des recours du commettant
Lorsque la marchandise n'est pas livrée en bon état ou à la date prévue, le
commissionnaire doit éviter à son client la forclusion de Code de commerce
Article L133-3 ou de CMR Article30. Il doit donc accomplir toutes les
diligences nécessaires à la procédure en raison de la confiance qui existe dans
tout contrat de commission entre commettant et commissionnaire.
En pratique, cette conservation n'est pas évidente. En effet, le client qui traite
avec une commissionnaire a tendance à adresser ses protestations au
commissionnaire alors que les textes prévoient qu'elles soient envoyées au
transporteur. D'ailleurs, souvent, l'expéditeur ne connaît que le commissionnaire
et pas le transporteur. Si le commissionnaire est toujours dans les délais pour le
faire, il doit notifier ces contestations au transporteur pour conserver les droits
de son client (le délai est de 3 jours). Préserver un recours n'est pas l'exercer, le
préserver consiste à tout faire pour mettre le titulaire de l'action en l'état d'agir.
le commissionnaire n'a pour mission que de surveiller le transport, pas d'exercer
les recours, s'il ne préserve par le recours, il deviendra responsab CA Paris qui
avait sanctionné le commissionnaire qui n'avait pas intenté à temps l'action
appartenant à son client
● En cas de refus de la marchandise par le destinataire
En cas de refus du destinataire, le commissionnaire doit en informer le
commettant sans délai et par des moyens de communication indiscutables i.e. il
ne doit pas se contenter de le faire par téléphone, il faut un écrit (fax, e-mail,
lettre recommandée). Si l'expéditeur lui enjoint de ne pas rapparier la
marchandise, le commissionnaire devient simple mandataire et ne sera
responsable que de ses fautes prouvées. A l'inverse, si le rapatriement est
demandé, il donne naissance à un nouveau contrat de transport qui restera sous
la surveillance du commissionnaire jusqu'au retour de la marchandise chez
l'expéditeur.
Lorsque la marchandise n'est pas rapatriée, le commissionnaire a, comme les
transporteurs, la possibilité de laisser la marchandise à l'administration des
domaines qui procédera à sa mise en vente
B- la responsabilité et les garanties du commissionnaire du
transport :
Il y a plusieurs professionnels qui dans leur activité ont les critères et les
conditions de la qualité de commissionnaire, mais ils tendent à échapper
l’attribution de cette qualité à cause de la lourde responsabilité imposée sur le
commissionnaire par les art 648, 649, et 650 du CC.
Dans la plupart des pays européens, comme en Allemagne, Angleterre,
Belgique, ou en Italie, le commissionnaire (ou la personne qui a la qualité du
commissionnaire mais une différente nomination tel que le spediteur, le Freight
forwarder, le Spedizioniere) assume une responsabilité moins étendue que le
commissionnaire français et celui tunisien.
Le CC rend, de plein droit, le commissionnaire responsable de l’absence ou de
retard dans la livraison des marchandises, ainsi que des pertes et avaries.
Lorsque l’inexécution est imputable au fait personnel du commissionnaire ou
lorsque la cause du dommage est inconnue, la responsabilité du
commissionnaire obéit au droit commun, a l’exception du délai de prescription.
Il n’existe pas de limitation légale de responsabilité et le commissionnaire ne
peut invoquer que les causes traditionnelles d’exonération comme indiqué dans
l’article 650 du CC, fait du créancier ou force majeure. En revanche,
conformément au droit commun, des clauses limitatives de responsabilité
peuvent être stipulées.
Donc on peut conclure que la responsabilité du commissionnaire se diffuse en
deux types :
-responsabilité du fait personnel.
-responsabilité du fait d’autrui.
On note que ce système de double responsabilité est spécifiquement français et
tunisien13.
Pour la responsabilité du fait personnel du commissionnaire, elle sanctionne les
manquements aux obligations du commissionnaire telles quelles ont été définies
supra, n`06 1340 à 1343. Cette responsabilité est indiquée par l’article 649 du
CC ‘‘Le commissionnaire est, à partir de la remise de la chose à transporter,
responsable de la perte totale ou partielle de celle-ci, des avaries et du retard
dans la livraison’’.
Donc, le commissionnaire est tenu d’une obligation de résultat.

13 Laresponsabilité renforcée du commissionnaire de transport routier- Liliya


Kushlubaeva
En droit français, en revanche, la nature de la responsabilité personnelle du
commissionnaire suscite un vif débat doctrinal, qui oppose trois conception :
-une obligation de moyen : cette notion est défendue principalement par René
Rodier qui relevé que les dispositions du code de commerce français doivent
être appréhendés autrement et doivent être rattachés à une seule obligation de
moyens, en effet le commissionnaire de transport n'engagera sa responsabilité
que lorsqu’il aurait commis une faute, prouvée par le client qui l’invoque.
-une obligation de résultat atténuée : Philippe Delebecque pense que la
responsabilité du commissionnaire de transport est « engagée de plein droit à
raison de l’inexécution ou la mauvaise exécution des prestations, mais
l’entrepreneur peut s'en libérer en prouvant qu’il n'a commis aucune faute. »
-une obligation de résultat : c’est ce qui est indiqué dans les dispositions du CC
français ce qui importe une conséquence classique que le commettant n'a pas à
prouver la faute du commissionnaire et la seule preuve qu’il doive rapporter
réside dans la réalité du dommage. Concrètement, les commissionnaires sont
donc responsables de plein droit du dommage causé à leur commettant.

Ce débat était présent jusqu’à l’intervention de la cour de cassation qui a


considéré que dans les rapports qui lient le commissionnaire avec son donneur
d’ordre, le commissionnaire est tenu d’une obligation de résultat14
La responsabilité contractuelle du fait personnel du commissionnaire de
transport trouve une spécificité qui se relève à trois égards :la faute personnelle,
le dommage et le lien de causalité.
En effet, les fautes personnelles du commissionnaire du transport sont aussi
nombreuses que le contenu de ses propres obligations.
On peut les classer en deux types : fautes physiques et fautes professionnelles
ou techniques.
Pour ses fautes physiques, la responsabilité du commissionnaire de transport
sera engagée s’il « accepte le chargement de la marchandise contrairement aux
ordres de son commettant, ou encore en laissant le transporteur placer la
marchandise sur le pont du navire, pour ce qui concerne le commissionnaire
maritime, malgré l’interdiction de son client. Il est en faute aussi si, connaissant
la valeur de la marchandise, il n’a pas déclaré cette valeur au transporteur
maritime, s’il ne veille pas aux conditions de la remise de la marchandise à
destination, ou s’il indique sur le contrat de transport des dimensions des

14 arrêt du 12 février 1991, numéro 89-16.822, cour de cassation française).


marchandises inférieures aux dimensions réelles ce qui a provoqué le heurte
d’un pont. »15
Ainsi, la responsabilité personnelle du commissionnaire sera engagée chaque
fois qu’il aura manqué à l'un de ses devoirs professionnels ou technique
notamment, d’avoir choisi un conteneur inadapté au transport envisage, d’avoir
aussi choisi un transporteur insolvable ou insuffisamment assuré, d’avoir mal
rédige le connaissement, ou bien s’il ne s’assure pas que la marchandise a été
bien livrée ou encore sil na pas suivie soigneusement l’opération du transport
des marchandises.
La deuxième spécificité de la responsabilité du fait personnel c’est le dommage
causé par le fait personnel du commissionnaire de transport, le commissionnaire
est responsable de la perte totale lorsque le transporteur ne présente rien, du
manquement lorsque la comparaison entre le document de transport et le reçue
de livraison établit une variation significative et du dommage à la marchandise
lorsque celle-ci a été gâtée ou détériorée par l’accident du transport. Il est
responsable également du retard de livraison. Le dommage doit être certain (un
préjudice déjà subi, ou la perte d’une chance raisonnable), prévisible « le
dommage matériel qui est la perte éprouvée et le gain gagné, et le dommage
moral16 », direct et déterminé.
Pour le lien de causalité, c’est la relation entre le dommage subi et la faute.
Dans un arrêt de la cour de cassation française du 8 octobre 1973 publié au
Bulletin Tribunal page 453, la cour a décidé que le retard de la livraison de la
marchandise par le commissionnaire n’était pas la cause de refus opposé par le
destinataire à en prendre livraison donc le commissionnaire ne pouvait donc être
déclaré responsable du dommage .

partie 2:
15 Mémoire pour l'obtention du diplôme de mastère de recherche en droit privé
Le statut juridique du commissionnaire de transport maritime des marchandises
élaboré par abyr ghorbel
16 Sami Jerbi-cours de la responsabilité civile
les privilèges du commissionnaire
de transport

II. Les droits du commissionnaire de


transport :
Après la conclusion du contrat commissionné, le commettant
est tenu d’une obligation principale de payer le
commissionnaire, qui a donc, un droit à la rémunération (A).
Également, ce dernier acquiert un droit aux actions (B).

A La rémunération :

Pas plus que ceux du commissionnaire, les devoirs du commettant


sont nombreux. Le commettant n’est pas dispensé d’obligations. Le
caractère onéreux du contrat de commission de transport ainsi que
l’agissement du commissionnaire pour le compte de son commettant
ont permis de déceler les obligations du commettant.
Le commettant doit ainsi donner à son commissionnaire tous les
moyens d'exécuter son contrat, en lui fournissant tous les
renseignements nécessaires à l'exécution de sa mission. Ensuite le
commettant est tenu d’une obligation principale de payer le
commissionnaire de ses prestations, y compris les sommes qu’il aura
avancées et les portes subies.
La forme de la rémunération perçue par le commissionnaire de
transport rend à le singulariser parmi les autres opérateurs de
transport et surtout à le distinguer du mandataire 17. Ce qui compte,
c’est que le commissionnaire de transport et pas celles d’un simple
agent « salarié » ou de transitaire qui fait l’expédition et la
réexpédition des marchandises tout en respectant les instructions de
son donneur d’ordres.
La commission peut être payable d’avance, mais en générale
Elle est due lorsque l’opération à été conclue. A cet égard, l’article
602 du code de commerce distingue entre deux hypothèses : si le
contrat prévu à été conclu avec les tiers la rémunération est due au

17 D’après les dispositions de l’article 1143°3 du C.O.C. On constate bien qu’en principe le mandat est gratuit.
Ce principe cependant est assorti de quelques exceptions lorsque le mandataire se charge par état ou
profession des services qui font l’objet du mandat, ou lorsque le mandat est conclu entre commerçant pour
des affaires de commerce, ou également, lorsque, d’après l’usage, les actes qui font l’objet du mandat sont
rétribués.
commissionnaire et, si le contrat prévu n’a pas été conclu, on fait
l’application de l’article 1143°3 du C.O.C 18 .
Le commettant est tenu de rembourser au commissionnaire les frais
et avances que ce dernier aura investis dans l’exécution de son
contrat quelle que soit l’issue de l’opération, dans la mesure où ils
ont été engagés conformément aux ordres du commettant ou se sont
avérés nécessaires ou utiles pour l’accomplissement de la mission 19.
Marie-Pierre DUMONT20 fait la distinction entre deux hypothèses21. Le
remboursement des dépenses directes, en l’occurrence les frais et
avances engagés conformément aux ordres explicite du commettant,
notamment les droit de douane, d’entrepôt, de magasinage, les frais
de transport ou encore les frais d’un procès soutenu par le
commissionnaire sur autorisation du commettant, etc. Le
remboursement des dépenses indirects, justifiées par les
circonstances comme, par exemple, les frais de conservation et
d’entretien des marchandises, est quand à lui, subordonné à deux
conditions : le caractère nécessaire, ou même simplement utile 22 de
ces frais et avances et l’absence de faute du commissionnaire23.
« le commissionnaire ne saurait ni profiter-en dehors de son droit à
commission-ni souffrir de l’exécution de son contrat de
commission24. »
« De même que le commissionnaire ne doit tirer aucun profit de
l’opération autre que sa mission, il ne doit subir aucune perte : le
commettant doit, donc, l’indemniser des pertes subies sans faute de
sa part 25. » Ainsi, si à l’occasion du contrat, le commissionnaire subit

18 Article 1143°3 du C.O.C : « si l’affaire ou l’opération en vue de laquelle le mandat avait été donné n’a pas
été réalisée, sauf dans ce dernier cas, l’usage commercial ou celui du lieu. »
19 Article 1142 du C.O.C.
20 Marie-Pierre Dumont p. 203, n°250.
21 Patrick Chauvel, p 19-20, N°202 ; Marie-pierre Dumont.
22 Le commettant doit rembourser son commissionnaire non seulement des frais de première nécessité mais
aussi des débours simplement utiles.
23 Tribu. Civ Seine 18 novembre 1856.5.68 : les dépenses qui n’ont pour cause qu’une faute du
commissionnaire ne donnent pas lieu à un remboursement ; CA Paris, 29 décembre 1858 Jorn. Com. 1859, p.
208.
24 Marie-Pierre Dumont, op, cit, p 207, n°255.
25 Patrick CHAUVEL, op cit., p,20, n°205.
des pertes, sans avoir commis ni faute intentionnelle ni imprudence,
le commettant doit l’en indemniser26 .
Le montant de la commission est en principe librement déterminé
par les parties qui peuvent décider d’opter pour une rémunération
fixe 27 ou proportionnelle28 .

Si le contrat commissionné est conclu, le droit du commissionnaire à


la perception de sa commission est acquis, peu importe le sort de ce
contrat'29. Qu'il soit ou non exécuté, cela n'a pas d'influence sur le
droit du commissionnaire, sauf s'il est ducroire . Si le commissionnaire
n'exécute pas sa mission et, par conséquent, ne parvient pas à
conclure l'opération envisagée- d'un déplacement de marchandise, il
n'a droit à aucune commission 30, sauf si le non aboutissement de sa
mission est le résultat du comportement du commettant 31. Si tel est le
cas, le commissionnaire est en droit de solliciter et d'obtenir des
dommages et intérêts du montant de la commission qu'il aurait dû
percevoir. Toutefois, si l'inexécution du contrat commissionné est
imputable au commissionnaire, il perd son droit de commission. Ce
sera, par exemple, le cas si l'inexécution est le résultat d'une
révocation du commissionnaire rendu nécessaire par son incapacité
ou sa négligence, révélatrice de sa méconnaissance des intérêts du
commettant. En revanche, si l'inexécution a pour origine un cas de
force majeure, la jurisprudence32 a reconnu que le commissionnaire

26 Chambre de commerce et d’industrie de Paris « Intermédiaire de commerce : Agent commercial, courtier


de marchandises, commissionnaire », op cit., p , 87 ; Jacques MESTRE et Marie- Eve PANCRAZI, op.cit, p,
604,n°759.
27 Les commettants hésitent à fixer le montant de la commission, par crainte d'une certaine passivité du
commissionnaire dont la rémunération ne répondrait ni du résultat positif de l'opération, ni même du résultat,
tout court, de l'opération. La commission proportionnelle à la valeur de l'opération traitée est souvent
préférée. Le commissionnaire a, en effet, davantage intérêt à mettre tous ses soins et son énergie à la
réalisation lorsque sa commission est. proportionnelle au moment de l'opération
28 « Une rémunération correspondant à un forfait par tonne est caractéristique de l'activité de
commissionnaire et la distingue de celle faisant l'objet d'un décompte détaillé comme en produisent le
transitaire et le transporteur. » (CA. Metz, 3 janvier 1979, B.T. 1979. 466.)
29 Alinéa premier de l’article 602 CC
30 L’article 602 du CC fait renvoi à l’article 1143 du C.O.C.
31 Il a ainsi été jugé que le chargeur qui avait confié à un commissionnaire de transport l'acheminement d'une
grue est tenu de régler l'intégralité du fret convenu diminué du montant des frais de chargement et de
déchargement et des commissions que le transporteur n'a pas eu à supporter parce que le commettant avait
renoncé à son envoi 24 heures avant la date fixée pour le départ. Or, cette renonciation tardive n'avait laissé
au transporteur maritime aucune possibilité de trouver un fret de remplacement. CA Paris, 10 juin 1985, DMF
1987, p.86.

32 Cass. Req. 21 décembre 1892, D.P. 1893. 1. 108: en l'espèce un incendie avait empêché le commettant de
livrer les marchandises ; Req. 12 juillet 1926, D.P. 1926. 1.376.
ne devait pas en pâtir, de même si l'inexécution a pour origine la faute
du commettant, le commissionnaire a qui aucune faute n'est
reprochée, a droit à des dommages et intérêts destinés à compenser
la commission dont il a été privée33. Cependant, « les parties
conviennent, parfois que, si le commissionnaire n'arrive pas à réaliser
l'opération, il aura tout de même droit à une commission destinée à
rémunérer sa peine et à l'indemniser de ses frais. L'usage fixe assez
souvent cette rémunération à la moitié de la commission34».
Plusieurs modalités de paiement du prix prévu au service rendu par le
commissionnaire de transport, ont été envisagées, notamment le
compte courant qui est le plus fréquent, le paiement au comptant et
la compensation. Dans la majorité des cas, le paiement du prix au
commissionnaire de transport intervient dans le cadre d'un compte
courant. L'article 727 du code de commerce dans son premier alinéa
dispose qu' « il y a contrat de compte courant quand deux personnes,
dites correspondants, conviennent de faire entrer dans un compte,
par voie de remises réciproques et enchevêtrées, les créances
résultant des opérations qu'elles feront entre elles et de substituer
ainsi à des règlements particuliers et successifs de ces opérations un
règlement unique, devant porter sur le seul solde du compte lors de
sa clôture 35». Ce mode de paiement permet d'assurer le décompte
de tous les frais et débours consentis par le commissionnaire depuis la
conclusion du contrat de commission. Un compte est alors ouvert
dans les écritures du commissionnaire au nom de chacun de ses
clients. Le plus souvent, les commettants et les commissionnaires se
trouvent en relation d'affaires habituelles et un compte courant est
ouvert qui alimentent les créances de commission, les avances ou frais
consenties par le commissionnaire d'un côté, les acomptes et
versements d'argent effectués par le commettant de l'autre.

Ensuite, les prestations de service sont payables comptant à réception


de la facture, sans escompte, au lieu de leur émission. Le prix une fois
convenu demeure toujours dû, même si le commettant ne remet pas

33 V. dans ce sens: Patrick CHAUVEL, op. cit., p. 19, n°191 - Marie-Pierre Dumont, op. cit., P.195, n°242.
34 Georges RIPERT, René ROBLOT, Philippe Delebecque et Michel GERMAIN, op. cit., P. 672, Nº2659.
35 Alinéa premier de l’article 728 du C.C.
la marchandise au commissionnaire, sans pouvoir invoquer le moindre
motif sérieux.

Il apparaît que « Le commissionnaire agissant en exécution du contrat


défini à l'article 60136 ci-dessus, qu'il soit acheteur ou vendeur, a
privilège37... » D'après ces termes, tout commissionnaire qui reçoit
pouvoir d'agir en son propre nom pour le compte de son commettant
bénéficie d'un privilège.

L’exercice du privilège du commissionnaire de transport est soumis à


un certain nombre de conditions, notamment la qualité du
commissionnaire de transport, et la bonne foi de ce dernier..

36 Article 601 du C.C.: « Le contrat de commission est le mandat par lequel un commerçant reçoit pouvoir
d'agir en son propre nom pour le compte de son mandant, dit commettant. »
37 Alinéa 1° de l'article 603 du C.C.

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