Diabete Sucre
Diabete Sucre
RAPPELS DE PHYSIOLOGIE
Le pancréas présente une double fonction, exocrine et endocrine. Cette dernière fonction
est d’une importance capitale dans la régulation de la glycémie. Le pancréas endocrine
est un organe « dispersé » dans le système exocrine, sous forme d’îlots cellulaires.
Plusieurs types de glandes endocrines sont connus :
– les glandes endocrines compactes,
– les glandes endocrines dispersées dans un organe,
– les cellules endocrines dispersées dans différents organes qui constituent un
système endocrine diffus.
Le pancréas endocrine possède les deux derniers aspects, qui constituent les îlots
cellulaires, faciles à distinguer du système exocrine. Ces îlots sont de tailles différentes,
de quelques cellules à 2 000. Les cellules sont de petites tailles, formant des travées plus
ou moins épaisses, tout le long des capillaires, de grande abondance. Il n’y a pas de
capsules propres autour des îlots de Langerhans. Seul du tissu conjonctif les sépare du
tissu exocrine. Quelquefois les cellules endocrines sont contiguës au tissu exocrine. Les
îlots représentent 2 % de la masse du pancréas. Ces îlots ont vu leur structure se
compliquer progressivement ;
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Les îlots de Langerhans sont constitués de 80 % de cellules à insuline, de 15 % de
cellules à glucagon, les 5 % étant partagés entre les cellules à somatostatine et les cellules
à PP.
Dans les îlots, les cellules Bêta sont généralement centrales, et entourées d’une couronne
de cellules A, D, et PP. La sécrétion se fait directement dans les capillaires des îlots. Il
est à noter que le pancréas régénère, tout au moins sur le plan expérimental.
Enfin, il existe un véritable système – porte de réseaux capillaires entre le pancréas
exocrine et endocrine, ce qui permet aux acini de recevoir du sang riche en sécrétions
hormonales, puisque la circulation se fait des îlots vers la partie exocrine de la glande.
En fait, le sang de la circulation pancréatique traverse au moins 4 lits capillaires à la suite
: capillaires des îlots – capillaires des acini - capillaires des canaux - sinusoïdes du foie,
soit trois circulations portales successives.
I- L’INSULINE
L’insuline a été isolée en 1921 par Banting et Best. Cette protéine complexe est
maintenant obtenue à l’état purifié. Hydrolysée par les enzymes protéolytiques, elle ne
peut être administrée per os. Elle est utilisée dans le traitement du diabète par voie
parentérale.
L’insuline est un polypeptide d’un poids moléculaire de 5700, constitué de deux chaînes
d’acides aminés : A (21 AA) et B (30 AA) reliées entre elles par deux ponts disulfures.
L’extrémité N-terminale de A est reliée à l’extrémité C-terminale de B par le Peptide C
(ou Connecting-peptide) de 31 AA. C’est la pro-insuline dont le poids moléculaire est de
9000.
Un processus enzymatique scinde la pro-insuline en insuline et en peptide C.
Cette structure primaire est variable selon l’espèce animale. L’insuline d’une espèce
présente une activité biologique d’autant plus grande que la variance dans la séquence
des acides aminés est réduite. Sur ce plan, la structure de l’insuline de porc est la plus
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proche de celle de l’homme, dont elle ne diffère que par un seul AA : l’insuline de porc a
une Alanine en position 30, et celle de l’homme une Thréonine. L’insuline de bœuf
diffère par trois acides aminés.
L’insuline, par sa nature polypeptidique, peut jouer le rôle d’antigène. Quelques
diabétiques sont ainsi allergiques à l’insuline de bœuf ou de mouton, mais peuvent tolérer
l’insuline de porc. On utilise l’antigénicité de l’insuline pour en faire le dosage radio
immunologique. Celui-ci n’étant pas facile, on dose de préférence le peptide C, étant
donné qu’il est sécrété à dose équimoléculaire à l’insuline.
La synthèse complète de l’insuline a pu être réalisée, par voie chimique pure, et par génie
génétique, laquelle fait fabriquer séparément les chaînes alpha et bêta. La recombinaison
des deux chaînes donne de l’insuline humaine sans peptide C.
L’insuline est synthétisée dans la cellule bêta des îlots de Langerhans, au niveau de
l’ergastoplasme, et est mise en réserve dans les granulations caractéristiques de ces
cellules.
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L’insuline traverse ainsi plusieurs barrières membranaires avant d’être déversée dans la
veine porte par la veine pancréatique, puis elle atteint le foie où elle peut :
- exercer un effet physiologique,
- être dégradée par une insulinase,
- traverser le foie, soit sous forme libre, soit couplée par le foie à une protéine et
exercer une action physiologique sur les cellules effectrices.
Taux d’insuline circulante : 10 µU/ml chez le sujet normal (méthode radio
immunologique)
Demi-vie biologique : environ 10 mn.
3)- Dégradation
L’insuline peut être dégradée au niveau de presque tous les tissus, mais essentiellement
au niveau du foie, du rein, du pancréas, du placenta (incidence de la grossesse sur le
diabète).
50 % de l’hormone sécrétée peut être détruit par le foie au cours d’un seul passage. La
quantité d’insuline délivrée à l’ensemble de l’organisme dépend donc de l’équilibre entre
cette activité insulinasique et la production pancréatique.
N.B. : Le peptide C n’est pas détruit par le foie, permettant ainsi d’apprécier
indirectement la production réelle d’insuline.
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Le pancréas exocrine est sous la dépendance du pancréas endocrine, car il a été constaté
que les DT1 évoluant depuis plus de 5 ans ont une fonction exocrine dégradée. Mais on
ne connaît pas encore la physiopathologie exacte de cette dégradation : Diminution de
l’insuline ? Durée de l’intolérance glucidique ? Neuropathie vagale ? - micro
angiopathie diabétique ?
5)- Régulation
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orale) entraîne en quelques minutes une augmentation de l’insulinosécrétion dans le sang
portal. L’insuline atteint en une heure un niveau maximal 5 à 6 fois le niveau basal.
In vitro, l’incubation de cellules Bêta d’îlots de Langerhans en présence de
concentrations de glucose supérieures à 1 g /l permet d’obtenir une réponse immédiate de
l’insulinosécrétion dénommée « pic précoce » qui dure quelques minutes. Puis on
observe une diminution de la sécrétion suivie secondairement par une augmentation
beaucoup plus prolongée dénommée « phase tardive ». Cette réponse bi phasique est
caractéristique et est observée également chez l’homme. Quand le stimulant est arrêté, le
taux d’insulinémie revient à sa valeur basale.
Cette réponse bi phasique pourrait s’expliquer par la présence de deux pools
d’insuline, l’un de stockage à relargage rapide, l’autre d’apparition secondaire résultant
de la synthèse de novo de l’insuline et représenté par la seconde phase.
La courbe dose-réponse de stimulation de l’insulinosécrétion par le glucose a une allure
sigmoïde avec un premier plateau pour des glycémies allant jusqu’à 1g/l puis une
élévation rapide avec une demi-réponse maximum à 2g/l et un maximum de réponse à
5g/l.
Action des autres sucres : Le mannose et le fructose ont moins d’effet. Quand aux
pentoses (ribose, xylose), on ne sait pas s’ils sont directement insulinosécréteurs ou s’ils
le deviennent après leur transformation en glucose.
b) Stimulus non glucosé
- Repas protidique : Un repas protidique élève l’insulinosécrétion. De nombreux acides
aminés sont insulinosécréteurs : ce sont surtout l’Arginine (+++), la Lysine (++) et la
Leucine (+).
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- Repas mixte : G + P : l’insulinémie augmente considérablement ; le glucagon
presque pas car le rôle essentiel de l’insuline n’est pas l’hypoglycémie, mais la
synthèse protéique ou l’anabolisme protidique. En effet l’insuline est l’une des
principales hormones anabolisantes protidiques de l’organisme. Elle fournit à la
fois les AA et le substrat énergétique à la cellule.
- Repas lipidique : Les lipides agissent très peu sur l’insulinosécrétion, presque pas
sur celle du glucagon. Mais les corps cétoniques issus de la lipolyse stimulent
l’insulinosécrétion réduisant ainsi leur propre production
- Le jeûne : L’insulinémie diminue de 5O% au 8ème jour de jeûne, mais elle ne tarit
pas. Le glucagon augmente au 3è jour. Les corps cétoniques augmentent. Ces
derniers stimulent l’insulinosécrétion, ce qui limite leur propre synthèse.
- ACTH : Ses effets sont ceux du cortisol qui sensibilise le foie à l’action du
glucagon. Les hypercorticismes endogènes et exogènes entraînent une résistance
périphérique à l’action de l’insuline, d’où l’augmentation de la sécrétion d’insuline
et de glucagon. Un hypocortisolisme (Addison) s’accompagne d’hypoglycémie lors
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du jeûne. Le cortisol est la principale hormone anti insuline de l’organisme. Ses
actions s’opposent presque point par point à celles de l’insuline.
- TSH et T4-T3 : Pas d’action physiologique directe sur le pancréas endocrine, mais
l’augmentation du métabolisme basal entraîne une intolérance au glucose avec une
courbe para diabétique à l’HGPO.
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- 3-5 AMP cyclique : Il peut provoquer la libération d’insuline in vitro à partir de
fragment de pancréas
5- 1- 4) Régulation nerveuse
Le système nerveux central intervient dans l’insulinosécrétion. La présentation d’un repas
provoque une insulinosécrétion réflexe. L’hypothalamus contrôle cet effet. La
stimulation ventro-latérale provoque une insulinosécrétion médiée par voie
parasympathique. Mais la stimulation de la zone ventro-médiane réduit
l’insulinosécrétion. Ici le sympathique serait en jeu. La destruction de cette zone
provoque une hyperproduction d’insuline avec obésité. Le SNC stimule les sécrétions
médullosurrénaliennes.
LA REGULATION DE LA GLYCEMIE
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par voie aérobie qui fait appel à l’insuline, soit par voie anaérobie qui ne fait pas
appel à l’insuline.
- le tissu gras stocke le glucose sous forme de graisse ; l’insuline a une double
action : elle favorise la synthèse de graisse et empêche la lipolyse. Le tissu gras est
la réserve énergétique de l’organisme pour le long terme.
- le rein participe à la glycorégulation en empêchant la fuite urinaire du glucose ; il
réabsorbe entièrement le glucose contenu dans le pré urine. Il n’y a pas de glucose
dans l’urine normale. Le tubule ne laisse sortir le glucose que lorsque la glycémie
est supérieure au seuil de réabsorption rénale qui est de 1,80g/l de sang. De plus le
rein produit une insulinase qui détruit l’insuline, participant ainsi à l’élévation de la
glycémie. Dans l’insuffisance rénale l’insulinase rénale n’étant plus synthétisée, la
demi- vie de l’insuline s’accroit, avec les risques d’hypoglycémie et quelques fois
une amélioration du diabète voire sa disparition.
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L’effet de l’adrénaline sur la glycémie passe par une stimulation de la glycogénolyse,
mais surtout l’augmentation des substrats de la néoglucogenèse grâce à une action
lipolytique et protéolytique induisant une augmentation des acides aminés et des acides
gras libres.
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6)- PATHOLOGIE DE L’INSULINO-SECRETION
Métabolisme glucidique
L’hyperglycémie résulte d’un double mécanisme : une diminution de l’utilisation du
glucose, (au niveau des muscles squelettiques et du tissu adipeux) et une néoglucogenèse
hépatique augmentée. Il résulte de cette hyperglycémie :
- Glycosurie avec diurèse osmotique (polyurie) d’où une perte de glucose, d’eau et
d’électrolytes.
- Déshydratation avec hémoconcentration.
- Défaillance circulatoire périphérique, entraînant hypotension, chute du débit
sanguin rénal avec toutes ses conséquences.
Métabolisme lipidique
- L’utilisation du glucose par le tissu adipeux est réduite ; par suite la lipogenèse est
diminuée. Ceci conduit à une mobilisation des triglycérides et des acides gras
libres. Les fragments à 2 carbones s’accumulent sous forme d’acide acéto-acétique,
d’acide hydroxybutyrique et d’acétone, conduisant à une acidose métabolique.
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Métabolisme protidique
- La réduction de l’utilisation du glucose diminue la synthèse protéique au niveau
des cellules musculaires. Il en résulte un catabolisme protidique accru avec mise
en circulation d’acides aminés et un bilan azoté négatif. Ces acides aminés sont
désaminés au niveau du foie et contribuent à un accroissement de la
néoglucogenèse, de la cétogène et de l’uréogenèse.
Métabolisme hydrominéral
L’insuline est fortement hypokaliémiante. Elle fait rentrer K+ dans la cellule.
L’insulinopénie entraîne une sortie de K+ des cellules d’où une hyperkaliémie qui peut
menacer la vie du malade. Cet effet hypokaliémiant est utilisé en thérapeutique pour
diminuer l’hyper kaliémie. L’hypokaliémie entraîne une forte réduction de
l’insulinosécrétion. Elle est donc diabétogène, comme cela se voit dans le syndrome de
Conn.
Dans les acidocétoses diabétiques, la mise sous insuline implique la surveillance attentive
de la kaliémie pour éviter les dangers d’une hypokaliémie.
Autres : L’insulinopénie entraine un état pro inflammatoire et un stress oxydatif qui
aggrave à son tour les lésions de la cellule béta. Ceci joue un rôle dans la survenue des
complications cardiovasculaires du diabète.
II- LE GLUCAGON
C’est l’hormone du besoin aigu en glucose et du stress. Elle n’est pas indispensable pour
la vie.
1) Structure
Polypeptide d’une chaîne de 29 AA, PA : 3 500 sécrétée par les cellules A2 du pancréas
sous forme de proglucagon. Le glucagon est stocké à l’intérieur des granules par
éméiocytose. Du glucagon est sécrété aussi par les cellules fundiques de l’estomac.
Catabolisé par le foie à forte proportion lors du 2 è passage. Au-delà du foie le glucagon
circulant est éliminé par le rein. A côté des cellules A et B, le pancréas possède des
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cellules D à somatostatine, réparties en couronne entre les cellules A qui auraient un rôle
de régulation in situ.
2) Action
Le glucagon a une activité qui s’oppose à celle de l’insuline. Il stimule la glycogénolyse
hépatique. Son activité glycogénolytique est très intense (30 à 50 fois plus importante
que l’adrénaline).
Il stimule également la glycogénogenèse à partir des protéines.
Il augmente la glycémie par ces deux mécanismes : le premier est rapide, puissant mais
de faible « capacité » (foie humain de 1 500 g contient 60 g de glucose = 250 cal), le
second, plus lent, moins puissant, prolonge la libération du glucose. Le glucagon
activerait la lipase du tissu adipeux, stimulerait la sécrétion d’insuline.
3) Régulation
Glucose : diminue la sécrétion par effet direct sur les cellules A. L’hypoglycémie et le
catabolisme rapide du glucose augmentent sa sécrétion.
Acides aminés : L’arginine est un puissant stimulant de la sécrétion de glucagon. Les
autres acides aminés augmentent plus ou moins le glucagon qui élève la glycogénolyse
hépatique, prévient l’hypoglycémie et permet l’anabolisme protidique dû à l’insuline.
Lipides : peu d’action.
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LE DIABETE
GENERALITES
1 - DEFINITION
Le diabète est la plus commune des endocrinopathies. Il peut être défini comme un
syndrome d’hyperglycémie chronique de causes multiples. L’hyperglycémie se
manifeste selon les cas en permanence ou seulement en période post-prandiale ; elle est
liée à une insuffisance absolue ou relative en insuline.
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Le diabète est une maladie cosmopolite : tous les peuples et toutes les races sont
atteints, mais avec des fréquences variées.
II - EPIDEMIOLOGIE
1 – Prévalence
Maladie cosmopolite, le diabète touche tous les peuples et toutes les races avec des
fréquences variées.
la prévalence du DT1 semble être de 0,4 % dans les pays occidentaux
Celle du DT2 dans le monde est de 2 à 6 % de la population. Le DT2 représente une
véritable épidémie, liée à la fois à la transformation du mode de vie et à
l’allongement de la l’espérance de vie. Il représente les 90% de tous les diabètes.
Dans une population donnée, la fréquence du diabète augmente lorsque le mode de vie
se rapproche de celui des sociétés occidentales, marqué par la sédentarité, l’obésité, le
vieillissement de la population. Dans ces conditions, l’OMS s’attend à une explosion de
DT2 dans les décennies à venir, surtout dans les pays en voie de développement.
2 - Rôle de l’hérédité
- Le diabète est une maladie héréditaire.
Mais le rôle de l’hérédité est encore mal connu. L’hérédité n’obéit pas à des lois
mendéliennes simples. L’hypothèse admise à ce jour est l’origine multifactorielle de la
maladie associant une prédisposition génétique (polygénique) et des facteurs
d’environnement
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Le risque de voir apparaître le diabète chez un enfant est de 12% quand un seul des
parents est diabétique. Il est de 30 % quand les deux parents le sont. L’âge moyen
d’apparition du diabète chez les enfants est de 49 ans.
Par ailleurs des anticorps anti cellules d’îlots fixant le complément peuvent être
retrouvés chez des sujets sains au cours d’études familiales chez des diabétiques. Ils sont
toujours présents chez ceux qui deviendront diabétiques ultérieurement. On peut les
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considérer comme un marqueur précoce de la maladie, qui pourrait être utile pour
développer des mesures préventives.
3- Rôle de l’environnement.
L’hétérogénéité concerne également les facteurs d’environnement :
Les facteurs viraux liés aux saisons concernent le DT1.
Les facteurs nutritionnels : inflation de sucre raffiné, repas hypercalorique et hyper
lipidique, obésité surtout androïde (la graisse abdominale est diabétogène), la sédentarité
(les calories ne sont pas utilisées). Les facteurs nutritionnels, l’obésité et la multiparité
semblent plutôt jouer un rôle dans la survenue du DT2
Enfin une variété de DT2 a été constatée chez des sujets jeunes. C’est le diabète
M.O.D.Y. (Maturity Onset Diabètes of the Young) qui est de transmission dominante
sans corrélation significative avec les groupes HLA.
Glycémie normale
A l’état normal, la glycémie fluctue tout au long du nycthémère dans des limites étroites.
À jeun chez le sujet normal, elle est de l’ordre de 0,70 à 1g/l et ne dépasse pas 1,10 g/l.
En période postprandiale, elle reste habituellement inférieure à 1,40 g/l.
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Autrement dit, chez le sujet normal, une glycémie ne doit pas être supérieure à 1,40g/l
quelle que soit l’heure du prélèvement.
DIAGNOSTIC DU DIABETE
A- DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Critères de l’OMS :
c) Le diagnostic peut également être posé sur la base d’une valeur = ou > 2g/l
(11,1mmol/l) à la 120e minute d’une épreuve d’Hyperglycémie provoquée par voie
orale avec 75g de glucose (HGPO ou HPO).
L’épreuve consiste à faire avaler au patient une dose standardisée de 75g de glucose
dissout dans 200 à 300 ml d’eau en 5 minutes (soit un flacon de 250cc de Glucosé à
30%. et chez l’enfant 1,75 g de Glucose par kilo de poids.
Actuellement on se contente de deux prélèvements : à jeun : T0 (avant l’épreuve) et T2
(2h après la charge en glucose). C’est le protocole simplifié de l’OMS.
Pour porter le diagnostic de diabète, les résultats doivent être retrouvés à au moins 2
épreuves. En cas de discordance (une épreuve normale et une autre avec tolérance
diminuée) on parle d’anomalie de la tolérance glucidique.
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NB : La découverte d’une valeur pathologique doit toujours être confirmée dans les jours
suivants par un de ces trois tests (sauf si le diagnostic de diabète repose sur une glycémie
« non équivoque », supérieure à 2g/l, associée à d’autres signes de décompensation
métabolique et clinique.
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Compréhension des manifestations du « Syndrome hyperglycémie »
L’HYPEROSMOLARITE PLASMATIQUE
Quelle qu’en soit la cause (insuffisance absolue ou relative en insuline), l’hyperglycémie
provoque un ensemble de manifestations liées à l’hyperosmolarité plasmatique qu’elle
entraîne. (1 g de glucose = 5,5 mOsm).
Les manifestations cliniques cardinales et biologiques du diabète s’expliquent donc par le
«syndrome hyperglycémie ».
L’hyperosmolarité extracellulaire entraîne une déshydratation cellulaire et explique
la soif.
Le seuil rénal du glucose se situant vers 1,80 g/l de glycémie, au-dessus de ce chiffre
les possibilités de réabsorption tubulaire du glucose sont dépassées et il en résulte :
- Glycosurie, Polyurie osmotique, d’où déshydratation extra cellulaire avec ses
conséquences. A terme, c’est une déshydratation globale qui se produit.
- Les autres signes : amaigrissement et polyphagie, dépendent de la forme ou du
type du diabète.
NB : Le syndrome cardinal (polyuro-polydipsie, hyperphagie, amaigrissement,
asthénie), n’apparaît que pour des glycémies nettement supérieures à 3g/l. Une
hyperglycémie modérée reste asymptomatique.
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= Sur les vaisseaux
1) - Macro angiopathie
Elle résulte de l’épaississement des parois des moyens et gros vaisseaux aboutissant à
une artériosclérose diffuse. La macroangiopathie commence à des niveaux de glycémie
relativement peu élevés : 1,15g/l.
Dans ce processus interviennent : l’hyperglycémie avec hyperinsulinisme secondaire
(qui favorise la multiplication des cellules musculaires lisses de la paroi des vaisseaux),
l’hyperlipidémie (hypertriglycéridémie, hypercholestérolémie totale avec diminution du
HDL-Cholestérol).
Les artères les plus atteintes sont les coronaires, les artères des membres inférieurs et les
artères cérébrales. Les lésions n’ont aucun caractère spécifique.
2) - Microangiopathie
L’hyperglycémie chronique est la cause essentielle de la microangiopathie, qui survient
avec des glycémies constamment supérieures à 1,40g. L’hyperglycémie provoque en
effet des conséquences néfastes :
La glycation excessive des protéines
L’épaississement des membranes basales des cellules endothéliales des micro-
vaisseaux, (l’hyperinsulinisme favorise la multiplication des cellules musculaires
lisses de la paroi des vaisseaux).
Une augmentation de la viscosité sanguine, de l’adhésivité et de l’agrégabilité
plaquettaire donc des troubles hémorrhéologiques contribuant à l’ischémie des tissus
en aval.
L’accumulation du sorbitol : C’est la conséquence d’une déviation métabolique :
l’accumulation de glucose-6-phosphate à l’intérieur des cellules provoque une
activation de l’aldose- réductase qui oriente le catabolisme du glucose vers le sorbitol
et le fructose.
Tout ceci conduit à des dommages cellulaires et à un dysfonctionnement endothélial,
première étape vers les complications cardiovasculaires.
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= Sur d’autres tissus :
En dehors de l’endothélium, le sorbitol et le fructose s’accumulent à l’intérieur de
certains autres tissus : cristallin, collagène, cellules de Schwann des axones, provoquant
un œdème et des altérations fonctionnelles puis organiques (par ischémie). C’est à ce
processus que seraient dues en grande partie la neuropathie diabétique et la cataracte.
Circonstances du diagnostic
La présentation clinique d’un diabète sucré est très variable. Son diagnostic doit être
évoqué dans cinq situations différentes :
Scénario N° 2. L’ensemble de ces symptômes, ou certains d’entre eux, sont présents sur
un mode plus mineur, et éventuellement plus chronique. Il n’y a pas de signes de cétose.
Le diagnostic de diabète est confirmé par la biologie. Cette présentation clinique peut
être celle d’un diabète de type 1, de type 2 ou d’un diabète secondaire.
Scénario N°5. Le sujet est non symptomatique. La glycémie est « anormale » (> 110
mg/dl), mais inférieure à 120 mg/dl. Le diagnostic sera celui d’une anomalie de
l’homéostasie glucidique.
Cf Tableau I
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Tableau I: CLASSIFICATION DU DIABETE
* Diabète de type 1
* Diabète de type 2
- insulinorésistance > insulinopénie
- insulinopénie > insulinorésistance
* Diabète gestationnel
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Tableau II: Caractéristiques des diabètes de type 1 et 2
Fréquence relative : 10 – 15 % 85 – 90 %
Antécédents familiaux : 10 % > 50%
Âge de début : souvent < 30 ans souvent > 40 ans
Mode de début : « brutal » progressif
Poids : normal excessif
Symptômes : +++ ±
Réserve insuline : non oui
Cétose : spontanée non spontanée
Endocrinopathies auto-immunes associées : oui non
Auto-anticorps : oui non
Groupes HLA particuliers : oui non
Traitement : régime, insuline régime, exercice physique
+ ou -
Hypoglycémiants oraux, insuline
Cette classification nosologique du diabète publiée en 1997 par un groupe d’experts sous
la responsabilité de l’Association Américaine du Diabète (ADA) remplace celle
appliquée depuis 1979 par le National Diabetes Data Group et entérinée en 1980 par
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
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Tableau III: Les diabètes autres que de type 1 et 2
Diabètes secondaires
• à une maladie du pancréas
- Pancréatectomie totale
- hémochromatose
- pancréatite chronique calcifiante éthylique
- pancréatite fibrocalculeuse
- cancer
- mucoviscidose
• Hépatopathies cirrhogènes
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Chez qui rechercher un diabète ?
ATC obstétricaux :
* Diabète gestationnel
* Accouchement d’un gros fœtus : poids > 4 Kg
* Un enfant porteur de malformation congénitale (cardiaque)
* Antécédents de morts in utero, d’avortements spontanés
Chez les obèses : L’obésité est souvent associée au diabète, plus particulièrement
quand l’obésité est abdominale. Une répartition androïde des graisses, même sans
obésité est diabétogène : (TT / TH > à 0,85 chez la femme et > à 0,95 chez l’homme
est diabétogène).Si l’IMC et TT sont également augmentés, le risque est très élevé.
*******************************
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EXAMEN PHYSIQUE DU DIABETIQUE
I - EXAMEN GENERAL
Il apprécie :
1- L’état général : conservé, altéré, pléthorique. L’appréciation de l’état général est
fondamentale. L’EG est le reflet de l’état du pancréas ; ainsi, un EG bon signifie que le
pancréas est encore fonctionnel ; un EG altéré signifie que le pancréas est fortement
altéré et que ses capacités de sécrétion d’insuline sont réduites. On en tire des
conséquences thérapeutiques
- Poids idéal : Le poids idéal est celui qui correspond, pour un âge donné, au plus
faible taux de mortalité en fonction du sexe et de la taille. Il est calculé par la
formule de Lorentz : [chez l’homme : 50 ± ¾ (taille en centimètre – 150) ; chez la
femme : 50 ± ¾ (taille en centimètre – 150) – 10 %] ou P = [T-100] – (T – 150)/ 4
chez l’homme et (T – 150)/ 2 chez la femme
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
3. La Répartition du tissu graisseux
Un excès de graisse peut être stocké principalement dans la région du tronc et de
l’abdomen (obésité androïde) ou dans la région du bassin et fémorale (obésité gynoïde).
Cette répartition est évaluée par le rapport des périmètres de la taille et des hanches
(TT/TH). Il est normalement inférieur à 0,85 chez la femme et à 0,95 chez l’homme. On
parle d’excès pondéral de type androïde lorsque le rapport TT/TH > 0,85 chez la femme
et > 0,95 chez l’homme. On parle d’excès de type gynoïde si ce rapport reste normal.
D’autres définissent l’obésité abdominale par des circonférences de TT > 88 cm chez la
femme et 102 cm chez l’homme.
L’obésité androïde est un facteur de risque important qui conduit inévitablement à des
complications métaboliques multiples dénommées Syndrome X ou syndrome
métabolique.
Le poids réel sera comparé au poids idéal calculé par la formule de LORENTZ.
Hommes Femmes
Poids (% par rapport au poids idéal) > 120 > 120
Répartition gynoïde
TT /T H (N) < 1,0 < 0,85
Tour de taille (cm) < 102 < 88
Répartition androïde
W / H+ > 1,0 > 0,85
TT (cm) > 102 > 88
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II - EXAMEN DES APPAREILS
1 – Appareil cardio-vasculaire
- Prendre obligatoirement la TA (couché, debout) : La présence d’une HTA est un
facteur aggravant. Une hypotension orthostatique est un signe de neuropathie viscérale.
2– Appareil respiratoire
Il n’y a pas de retentissement du diabète sur l’appareil respiratoire sauf en cas
d’acidocétose, où l’on note une dyspnée de type Küssmaul, avec une odeur d’acétone ou
de vernis à ongle de l’haleine du patient.
La Rx pulmonaire est obligatoire. Elle élimine une tuberculose pulmonaire, fréquente
chez le diabétique et facteur de résistance au traitement du diabète.
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3 - Appareil digestif
C’est un des rares appareils à ne pas présenter de troubles précoces chez le diabétique.
On peut néanmoins rechercher :
a) Une dyskinésie oesophagienne avec dysphagie (signe de neuropathie végétatif).
d) Une diarrhée chronique qui peut être en rapport soit avec une pancréatite chronique,
cause du diabète, soit avec une neuropathie végétative (diarrhée motrice de diabétique,
très difficile à arrêter).
4) - Appareil Uro-génital
NB: Un examen d’urine simple indique que la mise sous traitement d’un diabète est une
urgence. Il s’agit de la recherche d’acétone dans les urines fraîches ou acétonurie. Une
acétonurie positive demande que le diabétique soit mis sous surveillance, le mieux en
milieu hospitalier et une insulinothérapie instituée.
L’appareil uro-génital est très exposé aux différentes complications du diabète. On
recherchera systématiquement :
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a) Une infection urinaire : Polyurie, et surtout pollakiurie avec brûlure mictionnelle,
signes d’infection urinaire. Cette infection basse peut remonter l’arbre urinaire et
provoquer une pyélonéphrite grave sur ce terrain. Un ECBU doit donc être systématique
car du fait de la neuropathie vésicale, il y a perte de la sensibilité profonde, et une
infection urinaire peut être asymptomatique.
- Chez la femme, un prurit vaginal ou des leucorrhées en rapport avec une candidose
sont fréquents. Ils ne guérissent qu’avec l’équilibre du diabète.
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N.B : L’existence d’une IR influe sur le traitement et contre-indique les ADO. Elle rend
prudent quant à la dose d’insuline à utiliser. Les risques d’hypoglycémie sont importants
du fait de la prolongation de la demi-vie de l’insuline. Pour toutes ces raisons le bilan
rénal est fondamental avant la mise sous traitement et en cours de traitement.
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- Des troubles de la sudation ; ils sont fréquents (la sudation est plus importante dans le
haut du corps et elle disparaît dans le bas du corps). Si le malade est sous traitement,
il peut s’agir de signes d’hypoglycémie. Chez un malade non traité, il peut s’agir de
troubles neurovégétatifs.
- Des lésions de lipodystrophie si le sujet est sous insuline depuis longtemps
- Un acanthosis nigricans : lésion dermatologique siégeant au cou, aux aisselles, qui
entraîne une insulinorésistance souvent importante.
38
MCA BALAKA A. Cours Diabète
*******************************
DIABETE TYPE 1
DEFINITION
EPIDEMIOLOGIE
Des particularités génétiques et/ou d’environnement ont été incriminées pour rendre
compte du [Link] analyses épidémiologiques récentes révèlent une tendance à une
augmentation globale «planétaire » de l’incidence de la maladie. Son pic se situe entre 8
et 16 ans. La moitié des sujets atteints développeront la maladie avant l’âge de 21 ans.
Certains malades n’expriment cependant leur pathologie qu’après l’âge de 40 ans. Il
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
s’agit alors d’une variante de type 1 appelée LADA (Latent Auto-immun Diabetes of the
Adult)
ETIOPATHOGENIE
b) L’insulite à l’histologie
L’examen histologique du pancréas endocrine au moment de l’éclosion clinique d’un
diabète de type 1 A montre au sein des îlots de Langerhans une réduction drastique des
cellules B ainsi qu’un infiltrat de cellules mononucléées, constitué de lymphocytes T
(CD4 et surtout CD8),de macrophages et de lymphocytes B. Cette inflammation, appelée
« insulite » correspond à la réaction auto-immune dirigée contre certains antigènes
exprimés entre autres par les cellules B des îlots.
40
MCA BALAKA A. Cours Diabète
c) La présence de marqueurs immunologiques
Des auto anticorps anti-cellules d’îlots (ICA, Islets Cells Antibodies) et plus récemment,
les auto anticorps reconnaissant des antigènes insulaires identifiés (Tableau 6) sont
détectés chez une majorité de sujets au moment du diagnostic. Il disparaissent
généralement dans le décours de la maladie. Ils sont exceptionnellement observés et à
titres faibles dans la population générale.
Les ICA mis en évidence par techniques d’immunofluorescence sont dirigés contre
l’ensemble des constituants antigéniques des cellules B.
Il existe aussi des anti-corps, dirigés contre des antigènes cibles localisées sur la
membranes ou dans le cytoplasme des cellules B. Il s’agit des Ac anti décarboxylase de
l’acide glutamique (anti-GAD), anti tyrosine phosphatase (IA2) et anti insuline (AIA). Ils
sont présents plusieurs années avant les symptômes cliniques. Ceci leur confère une
valeur prédictive chez les sujets à risque. C’est ainsi qu’on a montré que près de 75 %
des apparentés au premier degré de diabétiques de type 1 toujours normo glycémiques
mais chez qui il existait un taux élevé d’ICA (> 40 [Link] (Juveniles Diabetes
Foundation I) ont ultérieurement développé un type 1. Lorsque plusieurs auto anticorps
sont présents, le risque de survenue de la maladie dans les cinq années est proche de
100 %. Physiologiquement, ces auto anticorps sont considérés plus comme une
conséquence que comme les responsables directs des lésions des cellules B.
41
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- anti-carboxypeptidase H
- anti-64 KD
- anti-protéine de choc thermique
d) La preuve thérapeutique : Effets des immunosuppresseurs
On peut induire expérimentalement ou cliniquement des remissions partielles et/ou
temporaires de type 1 par des immunosuppresseurs tel que la ciclosporine , ce qui est un
argument en faveur d’une origine auto-immune.
En résumé, à ce stade, il n’a pas été identifié un gène unique du type 1 mais plutôt un
terrain de prédisposition, sans doute polygénique. En d’autres termes, la susceptibilité
pourrait résulter de l’effet (combiné) de plusieurs gènes. L’influence des protéines HLA
est probablement prépondérante.
42
MCA BALAKA A. Cours Diabète
c) Autres : Il existe d’autres substances chimiques ou médicamenteuses capables de
détruire les cellules B. Il s’agit principalement de la streptozotocine et de
l’allogène ; chez l’homme, ce sont entre autres l’ingestion accidentelle de raticides
ou la pentamidine.
SYMPTOMES
Au stade clinique
Les symptômes apparaissent brutalement, parfois à l’occasion de circonstances
intercurrentes (par exemple, une infection). Il s’agit surtout d’une polyurie (le patient se
lève plusieurs fois la nuit pour uriner et boire), d’un amaigrissement en dépit d’une
polyphagie), d’une asthénie et d’une intolérance digestive. La durée des symptômes se
compte en jours ou, si le diagnostic est trop retardé, en semaines. L’évolution se fait
inévitablement vers l’acidocétose si un traitement par l’insuline n’est pas instauré.
La glycémie au moment du diagnostic est habituellement supérieure à 200 mg/dl.
L’insuline et le taux plasmatique du peptide de connexion (peptide-C) sont effondrés.
La glycosurie est positive. Il y a une cétonurie dans une majorité des cas.
Dans un LADA, le tableau clinique prête à confusion avec celui de diabétiques de type 2
devenus insulinoréquérant. L’association du diabète avec une tumeur pancréatique doit
alors être exclue.
Au total trois phases caractérisent l’évolution de DT1 :
- la masse insulaire est intacte ; seul le terrain génétique (antécédents, groupes HLA)
indique un risque
- la masse insulaire est réduite mais demeure suffisante pour maintenir une glycémie
normale. Une réaction auto-immune anti-insulaire est présente.
43
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- la troisième étape est caractérisée par une hyperglycémie et un diabète clinique.
EVOLUTION, PRONOSTIC
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- examen du fond de l’œil :
- dosage de la microprotéinurie :
- recherche d’une neuropathie (réflexes ostéotendineux, sensibilité vibratoire au
diapason).
FORMES CLINIQUES
Formes de l’enfant
- Chez l’enfant le DT1 est particulier par :
• La brutalité fréquente du début, souvent par des troubles digestifs : des
douleurs abdominales pseudo appendiculaires voire une acidocétose inaugurale :
45
MCA BALAKA A. Cours Diabète
• La fréquence des rémissions spontanées : elles sont possibles : c’est la lune de
miel. Malheureusement des rechutes se produisent à plus ou moins brève
échéance :
• La difficulté d’adapter le traitement du fait de la variabilité des glycémies chez
l’enfant
• Les problèmes d’éducation familiale et le rejet de sa maladie par l’enfant
surtout au moment de la puberté.
46
MCA BALAKA A. Cours Diabète
TRAITEMENT
DIETETIQUE
Elle obéit à deux règles.
Le diabétique doit s’alimenter normalement. La richesse calorique est à établir en
fonction du poids (soit 35 à 40 cal/Kg si le poids et l’activité sont normaux) ; respecter
l’équilibre fait de 50 % de glucose, 30 % de lipides, 20 % de protides.
Répartition
- Elle doit permettre d’éviter les hypoglycémies et les charges en glucides trop
importantes.
- Trois repas et deux collations sont conseillés avec une répartition en pourcentage de
glucides de :
• petit déjeuner : 20 % :
• collation à 10 heures : 10 % :
47
MCA BALAKA A. Cours Diabète
• déjeuner : 30 %
• goûter : 10 %
• dîner : 30 % (et éventuellement un collation au coucher pour éviter les
hypoglycémies nocturnes).
Les Hypoglycémies
Elles surviennent en cas d’inadéquation entre les doses d’insuline et les besoins (efforts
physiques, alimentation) (cf. traitement).
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*********************************
DIABETE TYPE 2
DEFINITION
Le diabète de type 2 est une maladie hétérogène, non auto-immune, dont le diagnostic est
posé à l’occasion de l’apparition de symptômes caractéristiques ou, dans près de la
moitié des cas, par la découverte fortuite d’une glycosurie ou d’une hyperglycémie.
Comme la maladie évolue souvent insidieusement, c’est quelquefois une complication
qui mène au diagnostic.
Contrairement au type1, dans les conditions basales, il existe dans le type 2 une
production endogène d’insuline suffisante pour éviter l’acidose. Cette sécrétion résiduelle
est confirmée par les dosages de l’insuline et/ou du peptide-C plasmatiques.
EPIDEMIOLOGIE
Le type 2 représente plus de 80 % de l’ensemble des diabètes. Sa prévalence est
croissante : en Europe, elle est de 2 à 5 % et aux U.S.A. de 5 à 7 %. Près de la moitié de
ces diabétiques sont cependant méconnus. La fréquence du diabète est particulièrement
élevée (30 à 50 %) dans des populations à risque comme les Indiens Pima (Arizona) ou
les Micronésiens de l’Ile Nauru (Pacifique sud).
Le DT2 atteint le plus souvent des sujets âgés de plus de 40 ans. L’incidence augmente
avec l’âge. Le malade peut être obèse ou non.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
5 % des malades sont atteints, non d’un type 2 « vrai » mais d’une variante de la
maladie anciennement appelée MODY (Maturity Onset Diabetes in the Youth), qui
survient déjà avant l’âge de 30 ans. Cette forme de diabète est liée à une dysfonction
d’origine génétique des cellules B. Pour cette raison, elle est aujourd’hui classée comme
entité à part entière dans les diabètes « spécifiques ».
Récemment, en particulier aux U.S.A. ont été identifiés des diabètes de type 2 (non
MODY) chez des jeunes adolescents (très) obèses. La maladie s’exprime
(éventuellement) par une symptomatologie aiguë prêtant ainsi à confusion avec un
diabète de type 1.
ETIOPATHOGENIE
C’est l’association d’un terrain génétique et de certains facteurs de milieu qui amène
l’éclosion d’un DT2.
50
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Le milieu joue un rôle déterminant dans la genèse du DT2. L’étude simultanée de
citadins et de ruraux au sein d’une même population montre que l’urbanisation rapide
accroît la proportion des diabétiques dans les villes, et, d’une façon générale, dans les
milieux ayant adopté un mode de vie « occidental ». Sa prévalence dans des groupes
ethniques immigrés en Occident est plus importante que celle observée dans les
populations restées au pays d’origine. Leur retour au mode de vie « traditionnel » est
souvent associé à la régression de la maladie. Enfin la fréquence du type 2 augmente
considérablement dans les pays industrialisés. L’OMS parle d’une véritable épidémie
de DT2 d’ici l’an 2025 et surtout dans les pays en voie de développement.
Sont en cause comme principaux facteurs d’environnement les déséquilibres
nutritionnels (régimes hypercaloriques à base d’aliments raffinés, consommation
excessive de sucres simples, de lipides et/ou carence en fibres) ainsi que l’activité
physique insuffisante menant à terme à la surcharge pondérale.
C’est l’obésité qui est le premier responsable de la prévalence élevée du DT2 dans les
pays occidentaux. Toutes les études épidémiologiques font état d’une association très
étroite entre l’excès pondéral et ce type de diabète. De plus, deux tiers des patients
diabétiques de type 2 sont obèses.
Cependant à degré de poids égal, le diabète survient plus fréquemment chez les obèses
avec distribution androïde de la graisse (partie supérieure du corps avec rapport des
circonférences taille/hanche > 0,85 chez la femme et > 0,90 chez l’homme) que chez
ceux à localisation gynoïde (taille/hanche < 0,85 chez la femme et < 0,90 chez l’homme).
Il est alors fréquemment associé à d’autres anomalies métaboliques regroupées dans le
Syndrome X.
51
MCA BALAKA A. Cours Diabète
LES MECANISMES DE L’HYPERGLYCEMIE
Conséquences métaboliques
foie Néoglucogenèse
Insulinorésistance • Stockage du glucose
muscles Défauts de • Oxydation du glucose
• Sensibilité du glucose
Des perturbations de l’insulinosécrétion sont présentes très tôt dans l’histoire naturelle
du DT2. Comme l’insulinorésistance, elles sont à la fois génétiquement déterminées et
acquises.
52
MCA BALAKA A. Cours Diabète
On a rapporté :
1) Une perte de la phase précoce et, dans les formes sévères, un retard de la seconde
phase de sécrétion d’insuline en réponse à une stimulation glucosée (comme s’il existait
un défaut de reconnaissance du glucose par les cellules B).
2) Un défaut de la pulsatilité de la sécrétion de l’insuline ;
3) Une sécrétion d’insuline insuffisante en raison de modifications de la morphologie du
pancréas endocrine.
- diminution (modeste) du nombre total de cellules B.
- dépôts amyloïdes constitués d’amyline, (peptide de 37 acides aminés co-sécrété avec
l’insuline par les cellules B) au sein des îlots dont l’accumulation pourrait interférer
avec l’exocytose de l’insuline.
4) une inhibition de la sécrétion d’insuline liée à la glucotoxicité. On observe une
détérioration progressive de l’insulinosécrétion au fur et à mesure de l’évolution de la
maladie. Ainsi, face à une glycémie à jeun élevée, une valeur d’insulinémie « normale »
signe déjà une carence « relative » en insuline.
Au total, on note une « dysfonction » insulaire avec diminution de la sécrétion d’insuline
« vraie » et augmentation de la sécrétion de précurseurs matures et de faible activité
biologique
B- L’INSULINORESISTANCE
NOTIONS GENERALES
L’insulinorésistance est la diminution de l’effet biologique d’une quantité donnée
d’insuline. Par conséquent, pour qu’une même quantité de glucose puisse être utilisée, il
faut une quantité plus importante d’insuline. Cet état de diminution de l’efficacité de
l’insuline, va entraîner une réduction de l’utilisation du glucose par les tissus
périphériques insulinosensibles (principalement le foie, le muscle et le tissu adipeux),
qui compensent par une consommation préférentielle et accrue des lipides.
L’état de résistance à l’action de l’insuline se rencontre dans différentes situations
physiologiques et pathologiques. Il peut concerner aussi bien l’insuline endogène que
l’insuline exogène. On la rencontre dans le DT1 dans certaines conditions, et dans
53
MCA BALAKA A. Cours Diabète
d’autres pathologies que nous évoquerons. Mais c’est surtout dans le DT2, qu’il existe
un état de résistance à l’insuline endogène qui est au cœur même de cette affection.
La connaissance de l’insulinorésistance et de ses causes offre une meilleure
compréhension du diabète. Elle guide les règles de l’alimentation et des traitements
hypoglycémiants.
L’insulinorésistance est un phénomène complexe qui intéresse un panel de spécialistes.
La définition est loin d’être univoque et varie en fonction de la spécialité. Il s’agit :
- Pour le biochimiste, d’un défaut au niveau de l’une ou de plusieurs des protéines
impliquées dans la signalisation de l’insuline, voire d’une mutation d’un des gènes.
- Pour le cytologiste, d’un défaut de la cellule à capter normalement le glucose en
présence d’une quantité donnée d’insuline.
- Pour le physiologiste, d’une compétition au niveau de certains organes cibles
sensibles à l’insuline -muscle, foie, adipocyte- entre le métabolisme lipidique et
glucidique : afflux excessif d’AG en provenance du tissu adipeux, concentration
excessive de lipides dans le foie ou le muscle inhibant l’action de l’insuline
- Pour le diabétologue, d’une des deux composantes majeures de la physiopathologie
du DT2, l’autre étant la déficience sécrétoire de la cellule bêta.
- Pour le cardiologue, d’un important facteur de risque cardio-vasculaire du
« syndrome métabolique ».
- Pour l’épidémiologiste, d’un puissant facteur de risque prédicteur du développement
d’un DT2 : la résistance à l’insuline caractérise l’intolérance au glucose qui constitue
l’état de prédiabète de type 2
- Pour le gynécologue, d’une des pathogénies du syndrome de l’ovaire polykystique
- Pour le nutritionniste, de la complication métabolique première de l’obésité, surtout
dans sa forme androïde.
54
MCA BALAKA A. Cours Diabète
ANOMALIES AU COURS DE L’INSULINORESISTANCE
• Hérédité
Milieu [obésité]
• sécrétion d’insuline
• Glucotoxicité / Lipotoxicité
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
La néoglucogenèse est favorisée par de nombreux facteurs comme une insulinopénie,
une sécrétion excessive de glucagon, un excès de précurseurs disponibles, une
augmentation de l’oxydation des acides gras.
Rôle de la glucotoxicité
Diminution Résistance
Insulinosécrétion à l’insuline
hyperglycémie
glucotoxicité_________________
lipotoxicité
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
DE L’INSULINORESISTANCE AU DT2
59
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Tableau VII: Principaux sites d’insulinorésistance dans le DT2
Pré récepteurs
• Anomalie de la diffusion transcapillaire de l’insuline
• du flux sanguin musculaire
Récepteurs
• de la capacité de liaison [ nombre de récepteurs]
• altération de structure et de fonction [activité tyrosine kinase]
Post-récepteurs
• Dysfonctionnement IRS -1* (Insulin Receptor Substrate)
• anomalie des transporteurs GLUT-4
• Diminution glucogène-synthase [ stockage du glucose]
• pyruvate-déshydrogénase [oxydation du glucose]
• oxydation préférentielle des Acides Gras
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Le Syndrome X comporte en outre, en proportions variables, des anomalies cliniques et
des perturbations métaboliques exposant à une augmentation significative du risque
cardio-vasculaire, en particulier une perturbation de l’homéostasie glucidique ou un DT2,
une obésité androïde, une HTA et une dyslipidémie qui peut amener secondairement à
une stéatose hépatique.
Insulinorésistance
Hyper insulinémie
Intolérance glucidique
Diabète
triglycérides
HDL-Cholestérol
LDL (petites et denses)
Inhibiteur de l’activateur du plasminogène [PAL-I]
Fibrinogène
Acide urique
1- HTA : Elle est fréquente dans le syndrome X. Elle est fréquemment présente au
moment de la découverte du DT2, alors que elle est davantage une complication du
[Link] est d’allure essentielle.
Les essais d’explication : L’hyperinsulinisme augmente la réabsorption du Na et positive
le bilan hydro sodé ; il stimule la croissance des cellules musculaires lisses de
l’endothélium vasculaire, le nombre des récepteurs de l’angiotensine au niveau des reins
et des vaisseaux. En plus on note une inactivation du NO dont le double effet sur la paroi
vasculaire, (de vasodilatation et d’inhibition de la croissance des cellules lisses) ne
61
MCA BALAKA A. Cours Diabète
s’exerce plus. Enfin, l’insuline stimule le tonus adrénergique, ce qui accentue la
vasoconstriction.
2- Obésité : l’obésité est de type androïde, liée à un dépôt abdominal des graisses.
L’obésité est un facteur important de l’insulinorésistance et du syndrome métabolique. Il
existe une corrélation entre IMC et insulinorésistance, plus encore entre TT et
insulinorésistance.
62
MCA BALAKA A. Cours Diabète
9- Un risque cardiovasculaire global augmenté, conséquence de cette constellation
d’anomalies : artériosclérose, augmentation du risque de morbi-mortalité
cardiovasculaire. Sont atteintes, les artères coronaires, puis les artères périphériques et les
artères cérébrales.
CONCLUSION
Cette revue des mécanismes qui conduisent au DT2 permet de bien définir les cibles de
la thérapeutique :
Réadapter le patient dans ses habitudes de vie.
Agir par des médicaments antidiabétiques pour pallier aux déficits métaboliques
(Insulinopénie) et diminution de l’action de l’insuline (insulinosensibilisants).
ETIOLOGIES DU DT2
63
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Grossesse : Les relations entre le DT2 et la grossesse sont encore imparfaitement
élucidées. La grossesse serait plus un révélateur de prédisposition génétique qu’un
facteur étiologique de déclenchement du DT2.
- Les femmes ayant eu de gros enfants (poids de naissance supérieur à 4 Kg) ont plus
de risque que d’autres de devenir DT2 :
- Les femmes ayant un diabète gestationnel, c’est-à-dire diagnostiqué pour la première
fois pendant la grossesse puis ayant eu une rémission ensuite, ont plus de risques de
devenir diabétiques que les femmes n’ayant pas encore ce problème de
glycorégulation.
b)- L’acquis
Il est représenté par les conditions plus ou moins favorables de l’environnement
- Au cours de la vie fœtale
Les enfants de mères ayant eu un diabète gestationnel deviennent plus souvent DT2 que
les enfants de mères ayant un DT2 en dehors de la grossesse. Nous avons déjà signalé le
rôle défavorable ou diabétogène d’une dénutrition protéique et calorique au cours de la
vie fœtale.
Les faibles dépenses énergétiques : Le manque d’activités physique : Une étude aux
U.S.A. (Frisch) rapporte le rôle protecteur d’une activité physique importante (pratique
de l’athlétisme) dans la survenue du DT2 chez les femmes. La sédentarité est donc
délétère.
64
MCA BALAKA A. Cours Diabète
2 LES DT2 SECONDAIRES
(Cf. Chapitre diabètes secondaires)
Ces diabètes doivent être recherchés systématiquement.
- Agression (chirurgie, traumatismes, infections) : Le rôle déclenchant ou aggravant
de tels événements est connu. Quelquefois le DT2 passe par un stade
insulinonécessitant. Le diabète s’améliore voire guérit après l’épisode aigu.
L’insulinorésistance est manifeste au cours de ces diabètes secondaires
DIAGNOSTIC DU DT2
a) CIRCONSTANCES DE DECOUVERTE
- Elle est souvent fortuite car le DT2 ne devient apparent cliniquement que de façon
insidieuse. Une fois sur deux le diabète reste méconnu car les symptômes sont absents
ou négligés. Donc le début clinique n’est que le début apparent d’une maladie
longtemps latente (8 à 12 ans en moyenne)
N.B : Dans certains cas, des épisodes d’hypoglycémie postprandiale annoncent un DT2.
65
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- Plus rarement il s’agit d’une complication hyperglycémique aiguë associant un
syndrome polyuro-polydipsique et un amaigrissement, voire un coma hyperosmolaire
favorisé par l’absorption de grandes quantités de boissons sucrées, une infection, un
traitement diurétique et/ou corticoïde.
b) - A L’EXAMEN CLINIQUE
Un certain nombre de points sont d’importance capitale et doivent être notés:
* le rapport poids/taille (existence d’une pléthore : 70 à 80 % sont obèses ou l’ont été.)
* la pression artérielle (recherche d’une HTA)
* l’examen neurologique (ROT, sensibilité,) à la recherche d’une neuropathie.
* la recherche de lésions cutanées : infections mycosiques et/ bactériennes
* la recherche de marqueurs génétiques associés : Maladie de Dupuytren, psoriasis,
acanthosis nigricans etc.
PRONOSTIC
Etat clinique du patient : Les deux points importants sont l’âge de début du diabète
et le poids :
- Un sujet a d’autant plus de risque de voir son diabète évoluer vers
l’insulinodépendance que la maladie a débuté à un âge plus jeune :
- Le DT2 évolue d’autant plus vite vers l’insulinodépendance que le poids est moins
élevé :
66
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Les deux meilleurs éléments prédictifs immédiats de l’insulinorequérance sont:
l’amaigrissement récent avec diminution des masses musculaires et l’asthénie d’effort.
L’apparition de signes cardinaux (soif, polyurie) témoignerait de l’hyperglycémie
majeure permanente.
68
MCA BALAKA A. Cours Diabète
La présence de complications associées :
Les infections chroniques : infection urinaire, infection cutané (pyodermites,
mycoses) : infections bucco-dentaires, etc.
Des maladies métaboliques : hyperlipidémies (indépendantes de l’équilibre
glycémiques), hyperuricémie :
Des affections à déterminisme génétique : psoriasis, maladie de Dupuytren
En conclusion on peut constater tous les intermédiaires entre le DT2 qui se manifeste par
une hyperglycémie modérée et non évolutive et le DT2 avec une micro et une
macroangiopathie évoluées menaçant le sujet au plan fonctionnel (rétinopathie et artérite)
et au plan vital (coronaropathie et néphropathie).
Grossesse
L’existence d’un DT2 au cours de la grossesse peut correspondre à deux situations :
* Un DT2 connu :
* L’apparition d’un DT2 au cours de la grossesse (diabète gestationnel)
Dans les deux cas dans la mesure où la diététique seule ne normalise pas complètement
les glycémies, il faudrait insuliner la patiente.
- Il s’agit d’une grossesse à risque : Risque fœtaux : malformations, hydramnios, morts
fœtale, mort brutale du nouveau-né et risques maternels : avortement, toxémie
gravidique, dystocie dynamique.
70
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Diabète avec hyper insulinorésistance majeure et Acanthosis nigricans
Il s’agit d’une forme de diabète décrit par Kahn.
L’Acanthosis nigricans est une dermopathie, sous forme d’une zone pigmentée
inhomogène, d’aspect sale, associée à une hyperproduction cutanée duveteuse et à des
papillomes et molluscums, siégeant au niveau du cou, des aisselles, des surfaces
d’extension. Il s’agirait d’une stimulation par hyperinsulinisme des récepteurs d’un
facteur de croissance (IgF1).
L’acanthosis évolue parallèlement avec l’insulinorésistance. Il s’observe dans
l’acromégalie, certaines tumeurs néoplasiques digestives qui sécrètent des facteurs de
croissance.
Il en existe 3 types :
Type A : marqué par un déficit (< 20%) des récepteurs à l’insuline.
Type B : le nombre des récepteurs est normal, il existe des Anticorps circulants anti-
récepteurs de l’insuline. Ceci peut nécessiter l’utilisation de doses astronomiques
d’insuline (jusqu’à 80.000 unités en une journée). Le traitement fait appel aux
immunosuppresseurs (corticoïdes, cyclophosphamide), voire plasmaphérèse.
Type C : Dans le type C, il s’agit d’anomalies de l’étape post- récepteur de l’insuline.
Avec ou sans obésité, il n’est pas amélioré par un régime hypocalorique hypoglucidique
71
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TRAITEMENT DU DT2
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Tableau IX : Objectifs thérapeutiques selon le Consensus Européen sur le DT2
Exemple :
* inférieur à 6,5%
** 7 % DS : Déviation standard
A- LA DIETETIQUE
Les objectifs de la diététique sont de deux ordres :
* réduire le surpoids pour diminuer l’insulinorésistance ;
* éviter les pics hyperglycémiques (surtout après les repas et la nuit).
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féculents. Il faut savoir que les féculents ont des pouvoirs hyperglycémiants (index
glycémiques) variables.
Prescriptions diététiques
Dans beaucoup de cas, un régime restrictif modéré est suffisant pour entraîner un
amaigrissement de plusieurs Kg et une quasi-normalisation des glycémies.
Dans les cas les plus sévères, une hospitalisation est indispensable pour prescrire des
régimes égaux ou inférieurs à 1.000 calories par jour qui sont forcément déséquilibrés.
C’est souvent les seul moyen « d’amorcer » un traitement efficace.
Une diététique bien conduite suffit à normaliser les glycémies de beaucoup de DT2
obèses.
Au Total : Le DT2 est rarement une urgence. Avant tout traitement médicamenteux,
régime et exercice physique sont indispensables. Ce n’est que dans un deuxième temps,
si le déséquilibre glycémique persiste malgré une bonne observance des règles hygiéno-
diététiques qu’un ADO sera adjoint à ces dernières.
B - MEDICAMENTS
Cf. les ADO et l’insulinothérapie dans le chapitre « Traitement du diabète. »
C - SURVEILLANCE
Autocontrôle
L’éducation du diabète doit lui permettre de surveiller son équilibre glycémique et
d’adapter son traitement.
Le contrôle des glycémies capillaires est indispensable :
*Bien que les autocontrôles puissent ne pas être aussi fréquents que chez un DT1, ils
doivent cependant être réguliers, plusieurs fois par semaine à des heures variées. Ils
permettent au diabétique de vérifier l’efficacité du traitement, d’adapter son alimentation
et d’éviter les hypoglycémies s’il prend des sulfamides hypoglycémiants.
74
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- Le contrôle urinaire permet la recherche à la fois de la glycosurie et de la cétonurie,
ce qui permet de dépister à la fois l’aggravation (glycosurie + cétonurie) ou une
hypoglycémie nocturne (cétonurie le matin sans glycosurie).
Surveillance Médicale
- Les consultations :
L’examen clinique
Le traitement du DT2 impose une surveillance clinique régulière afin de vérifier
l’efficacité du traitement par l’appréciation de l’équilibre glycémique. Les
consultations permettent de vérifier non seulement l’adhésion aux mesures hygiéno-
diététiques (régime, exercice physique, prévention des infections, soins des pieds), mais
également l’adaptation des médicaments et la recherche d’éventuelles complications.
75
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Selon l’âge, la fréquence des bilans est discutée : (tous les ans ou tous les 2 ans). Ils
comportent :
- un examen du fond d’œil avec angiographie ;
- la recherche d’une microprotéinurie ;
- un ECG ;
- une évaluation de l’état artériel et neurologique
- la recherche d’une infection urinaire.
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TABLEAU X : Prise en charge du DT2
Chaque Consultation
Chaque Trimestre
Chaque Année
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EVOLUTION DU DT2
Elle est variable selon la sévérité du DT2.
1) - Amélioration
La normoglycémie est obtenue le plus souvent après retour du poids à la normale. Le
DT2 peut donc disparaître, mais l’intolérance au glucose persiste.
2)- Stabilisation
Sous l’influence du régime et des médicaments, isolés ou associés, le niveau glycémique
ne retourne pas à la normale absolue, mais les complications n’apparaissent pas.
3)- Aggravation
Malgré un traitement bien conduit, le DT2 s’aggrave tant en ce qui concerne le
déséquilibre glycémique que l’apparition des complications. Le DT2 devient
insulinonécessitant au bout de quelques mois ou années : il ne faut pas hésiter à
insuliner les patients malgré leur fréquente réticence, sous peine de se retrouver
devant une micro angiopathie évolutive.
4)- Complications
Les complications du diabète de par leur fréquence et le coût humain et social qu’elles
induisent représentent un problème majeur de Santé Publique.
La macro angiopathie (coronaropathies, artériopathies des membres inférieurs, atteinte
des artères à destinée cérébrale) est toujours la principale cause de mortalité et de
morbidité chez les DT2.
Les complications micro vasculaires assombrissent de même l’avenir du diabétique.
Ainsi la rétinopathie reste une des premières causes de cécité dans les pays développés.
Le rein est également une des cibles privilégiées de la micro angiopathie. (En France, 7
% des dialysés sont diabétiques, en majorité DT2.
Outre l’hyperglycémie, ces complications proviennent des anomalies des plaquettes
(hyper adhésivité et hyper agrégabilité), de la fibrinolyse pariétale, des perturbations de
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la coagulation. Donc lutter contre les facteurs thrombogènes est aussi indispensable
que la normalisation de la glycémie.
CONCLUSION
Le DT2 est une maladie à fort facteur génétique, de gravité variable suivant les patients.
Les principaux facteurs de sévérité sont :
une longue durée d’évolution méconnue ;
une obésité importante,
l’existence d’une microangiopathie
la présence de facteurs de risque associés (tabacs, alcool)
un traitement inadapté (inefficacité des ADO continués malgré tout)
l’absence d’auto surveillance par les patients.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Tableau XI : Référence médicales opposables en matière de DT2
3. Il n’y a pas lieu de prescrire une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)
quand la glycémie à jeun est celle d’un diabétique.
4. Il n’y a pas lieu de prescrire une HGPO comme examen de surveillance d’un
diabétique.
5. Il n’y a pas lieu de doser l’hémoglobine glyquée plus d’une fois tous les trois mois
dans la surveillance d’un patient atteint de DT2, sauf cas particulier
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
8. Il n’y a pas lieu de prescrire un biguanide en cas :
- d’insuffisance rénale :
- d’insuffisance cardiaque, respiratoire ou hépatique
- d’infarctus du myocarde récent ;
- de risque d’ischémie tissulaire aiguë
9. Il n’y a pas lieu chez le sujet de plus 70 ans d’utiliser des sulfamides à durée de
demi-vie longue (carbutamide, chlorpropamide).
10. Il n’y a pas lieu chez les sujets de plus de 70 ans de commencer un traitement par
sulfamides hypoglycémiants sans utiliser des doses initiales réduites.
***************************************
81
MCA BALAKA A. Cours Diabète
AUTRES DIABETES
Introduction
Le diabète sucré obéit à plusieurs étiologies. Il faut essayer de rattacher le diabète à une
cause. Cela conduit à des implications pratiques, socio-économiques et thérapeutiques
importantes, sans compter que cette démarche aide à découvrir une autre pathologie
nécessitant son propre traitement.
1-1 : L’hémochromatose
Définition, prévalence et génétique
L’hémochromatose est une maladie héréditaire aboutissant à un dépôt de fer dans de
nombreux tissus, particulièrement le foie et le pancréas. C’est une maladie à transmission
autosomique récessive due à la substitution d’une histidine par un acide aspartique en
position 63 (H63D) de la protéine HFE.
Physiopathologie de l’hémochromatose primitive
Le vice physiopathologique principal de l’hémochromatose héréditaire est une
augmentation de l’absorption intestinale de fer, résorbé dès l’enfance de manière
démesurée par rapport aux réserves martiales. Le mécanisme exact par lequel la protéine
HFE mutée amène une augmentation de l’absorption intestinale de fer reste mal défini.
Le fer est alors préférentiellement stocké dans les cellules parenchymateuses d’organes
« nobles » comme le foie, le pancréas, le cœur et l’hypophyse , ce qui amène
progressivement des lésions tissulaires (cirrhose, diabète, décompensation cardiaque et
hypogonadisme).
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Clinique
Le diagnostic d’hémochromatose est évoqué devant tout patient se plaignant d’asthénie
et/ou d’arthralgie atypiques, surtout si l’examen clinique montre une mélanodermie et
une hépatomégalie. On constate fréquemment un hypogonadisme hypogonadotrope et
une cardiomyopathie. Dans près de 50% des cas, l’hémochromatose se complique aussi
d’une intolérance glucidique voire d’un diabète. Ils sont liés à une insulinorésistance
secondaire à l’atteinte hépatique mais surtout à une toxicité directe du fer sur la cellule B
du pancréas. Avec l’évolution de la maladie (non traitée) et l’installation progressive
d’une cirrhose l’ insulinorésistance s’aggrave. Parallèlement la sécrétion d’insuline par
les cellules B se tarit. Il en résulte à la fin un état d’insulinorequérance.
Diagnostic et traitement
L’expression clinique d’une hémochromatose génétique est variable d’un sujet à l’autre.
La précocité du diagnostic ainsi que l’intervention de facteurs exogènes (comme la
consommation d’alcool et/ou les menstruations) en modulent la gravité.
Le diagnostic est habituellement basé sur l’analyse génétique, et il est confirmé par un
taux de fer sérique supérieur à 150µg /dl, une transferrinémie abaissée à 1,5 – 2,5 g/l, une
capacité totale de fixation du fer diminuée à 200 – 300 µg/dl et une saturation de la
transferrine au delà de 60 %. La ferritinémie est élevée. L’imagerie du foie précise le
diagnostic : augmentation la densité (tomodensitométrie) et hypo intensité en T2
(résonance magnétique).
Le diagnostic repose aussi sur la mise en évidence histologique de la surcharge martiale
dans un prélèvement hépatique, qui permettra aussi le plus souvent de différencier une
forme primitive d’une secondaire.
Le traitement de l’hémochromatose primitive est impératif et doit être précoce. On note
une amélioration du contrôle glycémique après ces traitements.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
– Hémochromatose génétique : du soupçon à la preuve
Evoquer le diagnostic
• sur les signes cliniques
Diagnostic de certitude
84
MCA BALAKA A. Cours Diabète
1-2 : Les diabètes pancréatiques
Les diabètes pancréatiques résultent d’une destruction ou d’une disparition anatomique
partielle ou totale du pancréas.
- Dans nos régions, la pancréatite chronique alcoolique en est la cause principale. Elle
s’accompagne d’un DT2 dans plus de la moitié des cas après quelques années
d’évolution. Puis ce diabète évolue le plus souvent vers l’insulinonécessitance après
un temps plus ou moins long. Le diagnostic est confirmé par échographie ou le
scanner de la glande.
85
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- Tumeurs Pancréatiques :
Les tumeurs endocrines du pancréas (glucagonome, somatostatinome, vipome) se
compliquent également d’un diabète. Les mécanismes étiopathogéniques sont surtout une
inhibition de la sécrétion d’insuline et/ou une augmentation de la résistance périphérique
à l’insuline.
Ces endocrinopathies s’accompagnent dans la plupart des cas d’un DT2 qui disparaît lors
de la guérison de la maladie. Cependant un certain nombre de ces diabètes resteront
définitifs et certains même évolueront vers l’insulinodépendance.
86
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- Certains antiépileptiques (phénytoïne) et tous médicaments entraînant une
déshydratation ou une déplétion potassique sévère (blocage des pompes à Na+
membranaires et des canaux calciques).
- Le diazoxyde (Proglicem*) est un médicament employé comme hyperglycémiant
dans les hyperglycémies organiques
- Les bêta-2 stimulants (Salbutamol)
- Les diurétiques thiazidiques
- -La pentamidine (Lomidine) est un toxique des cellules B, qui provoque d’abord
des hypoglycémies, puis une hyperglycémie par destruction cellulaire.
En fait le diabète iatrogène correspond à une aggravation d’une intolérance aux hydrates
de carbone préexistante ou bien témoigne d’une prédisposition à la maladie susceptible
d’apparaître spontanément 10 à 20 ans plus tard.
87
MCA BALAKA A. Cours Diabète
fait suite à une mutation du gène codant pour la glucokinase, enzyme localisée dans les
cellules B et les hépatocytes, qui catalyse la transformation du glucose en glucose -6-
phosphate. En cas de MODY 2, c’est donc la première voie métabolique du glucose qui
est altérée et limitée, ce qui rend compte entre autres des défauts d’insulinosécrétion des
cellules B.
Les MODY 1 et 3 sont des formes plus sévères, liés à des troubles plus marqués de la
sécrétion d’insuline. .Leur présentation, en particulier celle du MODY 3, peut d’ailleurs
mimer celle d’un diabète de type 1 (type 1B). Les MODY 1 et 3 sont aussi associés à des
complications microangiopathiques précoces.
1 -6 : Le diabète mitochondrial
Le diabète mitochondrial (MIDD pour Maternally Inherited Diabetes and Deafness) est
une forme de diabète à transmission exclusivement maternelle. C’est une mutation
ponctuelle de l’ADN mitochondrial en position 3243 qui en responsable.
L’anomalie de la glycorégulation varie de l’intolérance glucidique au diabète. Elle est
secondaire à une insuffisance de sécrétion d’insuline par la cellule B.
Le diabète mitochondrial est associé à des manifestations neurosensorielles, dominées
par la surdité. Des atteintes rétiniennes et musculaires sont plus inconstantes.
Le diagnostic passe par l’anamnèse familiale et surtout l’identification de la mutation
par les techniques de biologie moléculaire dans le sang et/ou sur la biopsie musculaire.
Celle-ci montre des « fibres rouges déchiquetées » (ragged red fibres), très évocatrices
du syndrome.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
1- 8 : Insulinorésistance associée à l’acanthosis nigricans
Il s’agit de maladies (rares) décrites par C. Kahn, caractérisées par un hyperinsulinisme
avec insulinorésistance extrême (insulinémie à jeun supérieure à 500 µU/ml) ; associé à
un acanthosis nigricans, une dystrophie ovarienne et une hyper androgénie. Les trois
dernières anomalies sont probablement secondaires à l’hyperinsulinisme chronique, par
l’intermédiaire d’une stimulation anormale des récepteurs à IGF-1. On observe aussi
assez systématiquement dans ces syndromes des troubles variables de la tolérance au
glucose.
L’insulinorésistance de type A s’observe chez la femme jeune non obèse. Son aspect
clinique est parfois « acromégaloïde ». Le type A est dû à un déficit primitif (diminution
du nombre et/ou de l’affinité) des récepteurs insuliniques.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Un diabète sucré est aussi retrouvé dans d’autres syndromes génétiques, comme l’ataxie
de Friedreich, les syndromes de Laurence-Moon-Biedl, de Prader Willi, de Wolfram,
ainsi que dans certaines anomalies chromosomiques (trisomie21, maladies de Turner et
de Klinefelter).
* Selon l’OMS
** Selon le fourth International Workshop Conference on gestational diabetes
+ diabète gestationnel si une ou deux glycémies aux valeurs indiquées
Diagnostic
Le diabète gravidique est asymptomatique. C’est donc le dépistage qui en permet le
diagnostic. En pratique, il est souhaitable de l’effectuer dès que la grossesse est établie et
90
MCA BALAKA A. Cours Diabète
de le renouveler entre la 24e et la 28e semaine surtout en présence des facteurs de risque
suivants (où un contrôle glycémique ante partum est d’ailleurs souhaitable) :
• Antécédents familiaux ou personnels d’intolérance glucidique ou de diabète ;
• Antécédents personnels obstétricaux : (pré)éclampsie, hydramnios, fausses couches,
• macrosomie, malformations fœtales, mort in utero) ;
• Âge supérieur ou égal à 35 ans ;
• Obésité.
Conséquences pathologiques
Le diabète gestationnel, en l’absence de reconnaissance et de prise en charge, est
responsable d’un accroissement du nombre de complications obstétricales. C’est la
macrosomie qui est la plus fréquemment retrouvée. Sa physiopathologie fait
principalement intervenir l’hyperglycémie maternelle, avec comme conséquence un
hyperinsulinisme fœtal. La macrosomie est responsable d’un taux élevé de césariennes,
d’extractions instrumentales et de traumatismes néonataux. Les risques d’éclampsie ou
de pré éclampsie, ainsi que la mortalité et la morbidité néonatale (détresse respiratoire,
hypoglycémie, hypocalcémie, hyper bilirubinémie), sont aussi significativement plus
élevés que dans la population générale.
A plus long terme, on retrouve chez les patientes ayant présenté un diabète gravidique
une forte incidence de diabète de type 2. Un diabète gestationnel peut plus
exceptionnellement révéler un diabète de type 1.
91
MCA BALAKA A. Cours Diabète
En règle générale, en dehors de ces contre-indications, la mortalité fœtale se rapproche
de celle de la population générale dès lors que la grossesse a été soigneusement
programmée et contrôlée au plan métabolique.
La morbidité fœtale est également réduite mais reste supérieure à celle d’enfants nés de
mères non diabétiques. La fréquence des malformations létales ou graves est deux à trois
fois plus élevée que dans une population générale. IL s’agit surtout de malformations du
système nerveux central, du cœur et des reins. Le syndrome de régression caudale est une
malformation rare, spécifique du diabète. La macrosomie est également très fréquente.
La mère diabétique s’expose aussi à certaines complications dont les principales sont
l’hydramnios, l’hypertension artérielle, les infections urinaires (souvent
asymptomatiques) et l’aggravation éventuelle d’une microangiopathie et/ou d’une
macroangiopathie préexistantes.
92
MCA BALAKA A. Cours Diabète
grossesse doit être encouragée. Quand ces mesures sont insuffisantes, on recourt à un
traitement par insuline (par exemple, une ou deux injections par jour d’une insuline pré
mélangée).
Dans le diabète de type 1, approcher la normoglycémie sans augmenter
inconsidérablement le risque d’hypoglycémie (à priori non dangereux pour le fœtus) Une
insulinothérapie intensive associée à un autocontrôle très étroit (six à huit glycémies par
jour) peut être nécessaire. Une pompe à insuline peut être proposée en cas d’échec du
traitement par injections et. /ou s’il existe une très grande variabilité des horaires et des
repas.
Dans ces conditions et sous le couvert d’une surveillance obstétricale attentive, la
grossesse est dans la plupart des cas menée à terme avec succès et l’accouchement se fait
par les voies naturelles.
Contraception et diabète
Une contraception efficace (sous surveillance médicale régulière) est indispensable chez
la femme diabétique de déséquilibre glycémique.
Plusieurs méthodes anticonceptionnelles peuvent être provoquées :
• Les œstro-progestatifs minidosés (20 à 30 µg d’éthinylestradiol associé à un progestatif
non androgénique).
Ils sont habituellement prescrits chez des patients jeunes (> 35 ans), ayant un diabète de
moins de 10 années d’évolution, bien équilibrés et sans complications vasculaires.
L’influence de ces médicaments sur l’équilibre glycémique est faible. Les œstro-
progestatifs sont néanmoins déconseillés chez les diabétiques plus âgées, en présence de
complications vasculaires, d’hypertension artérielle, d’hyperlipémie et/ou en cas
d’antécédents de thrombose (s) veineuse (s). Le tabagisme est également une contre-
indication.
• Les progestatifs purs microdosés (par exemple, lynestrénol 0,5 mg). Ces médicaments
ont l’avantage de n’influencer ni l’équilibre glycémique, ni les vaisseaux. Par contre, leur
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
sécurité anticonceptionnelle et leur tolérance sont inférieures à celles des œstro-
progestatifs. Actuellement, ils sont moins utilisés en pratique clinique.
• Autres méthodes
Le dispositif intra-utérin (stérilet) est pour la patiente diabétique une excellente méthode
contraceptive. Le risque infectieux est négligeable. On peut aussi proposer une ligature
des trompes en cas de diabète avec contre-indications aux autres approches et/ou si le
couple a le nombre d’enfants désirés. Enfin, les moyens locaux (diaphragme,
spermicides, préservatifs) sont une alternative raisonnable.
Ménopause et diabète
A priori il y a une place pour l’hormonothérapie substitutive chez une femme diabétique
ménopausée, sauf contre-indication générale. Elle est particulièrement utile lorsqu’il
existe un risque cardio-vasculaire et/ ou osseux.
Les schémas habituellement utilisés associent les oestrogènes prescrits par voie
transdermiques (gel cutané, patch) (17 estradiol) à un progestatif administré de manière
cyclique (progestérone naturelle micronisée) ou continue (par exemple, dydrogestérone).
Cette stratégie de traitement n’a pas d’influence délétère sur la qualité de contrôle
glycémique. Des travaux préliminaires suggèrent même qu’elle améliore
l’insulinosensibilité. Il n’ y a pas d’effet négatif sur les paramètres lipidiques ou
d’hémostase. Le risque thromboembolique est mineur. Cependant la mise en route d’un
tel traitement implique pour la patiente un suivi gynécologique régulier afin de dépister
un éventuel cancer oestrogénodépendant. /.
**************************
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
DIABETE ET CHIRURGIE
• Au moment de l’intervention :
- Arrêter les ADO le jour de l’intervention (48 heures avant pour les biguanides) ;
- Eviter les perfusions intraveineuses de grandes quantités de glucose ;
- Surveiller les glycémies capillaires, particulièrement en cas de chirurgie importante.
Si la glycémie s’élève de façon persistante (> 2 g/l, mettre en route une insulinothérapie
(par exemple, 3 injection de 8 à 12 U d’insuline rapide quotidiennes, dose adaptée en
fonction de la glycémie capillaire).
• En cas de chirurgie majeure (chirurgie abdominale ou thoracique suivie d’une longue
période de jeûne, chirurgie compliquée d’infection, d’hypotension ou nécessitant des
drogues inotropes), il faut perfuser du soluté glucosé à 10 % (quantité correspondant aux
95
MCA BALAKA A. Cours Diabète
apports quotidiens habituels = 150 à 200 g de glucose / 24 h) tout en perfusant de
l’insuline ordinaire à la seringue électrique (dose adaptée en fonction de la glycémie
capillaire).
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
LES COMPLICATIONS CHRONIQUES OU
DEGENERATIVES DU DIABETE
Le diabétique meurt de ses vaisseaux. Le taux de mortalité est 2,7 fois plus important
que celui des non diabétiques. La mort est d’autant plus précoce que le diabète a débuté
plus tôt. Elle est surtout le fait d’accidents vasculaires coronariens, cérébraux, de
gangrène des membres et du développement d’une insuffisance rénale. Les causes
cardio-rénales et athéromateuses représentent 75 % des causes de la mortalité des
diabétiques.
On distingue schématiquement les lésions dues à la microangiopathie (atteinte des
capillaires) et celles dues à la macroangiopathie (atteinte des gros vaisseaux).
La physiopathologie des complications secondaires de diabète sucré est actuellement
mieux connue : les manifestations dégénératives résultent de l’accumulation dans les
tissus (cellules de Schwann, Cristallin et paroi des gros vaisseaux) de composés
complexes contenant du glucose (glycoprotéines) ou ses dérivés.
La microangiopathie : Au niveau des capillaires, la lésion primitive semble être
l’accumulation dans la membrane basale des capillaires, de glycoprotéines peut-être
anormales dans leur structure et qui entraînent un épaississement caractéristique de la
microangiopathie diabétique, avec augmentation de la perméabilité capillaire.
On note par ailleurs une modification du contenu vasculaire : hypercoagulabilité avec
une hyper adhésivité des plaquettes, hématies en rouleau, ce qui augmente la
coagulabilité intra vasculaire. Ces éléments favorisent l’obstruction des micro-vaisseaux
provoquant une ischémie en aval.
Schématiquement, on distingue parmi les complications microvasculaires: la
rétinopathie, la neuropathie, la néphropathie.
La macroangiopathie : Elle n’est pas spécifique du diabète sucré. Cependant,
l’athérome artériel apparaît plus fréquemment et de façon plus précoce chez les
diabétiques. Sa plus grande gravité est peut-être liée à l’hyperlipidémie qui accompagne
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
les périodes de mauvais contrôle de la glycé[Link] ces éléments expliquent que l’on
doit s’attacher à dépister précocement le diabète chez les sujets exposés et à bien
contrôler la glycémie.
I - LA MICROANGIOPATHIE DIABETIQUE
Après 15 ans de durée apparente du diabète, 80 % des patients ont une rétinopathie. Le
diabète est l’une des causes les plus fréquentes de la cécité (en France, un aveugle sur
cinq est diabétique). L’excès de sorbitol et de fructose liés à l’excès de glucose dans les
structures de l’œil explique ces lésions. La rétinopathie, localisation à la rétine de la
microangiopathie, est liée à un mauvais contrôle glycémique et à l’existence d’une HTA.
La rétinopathie diabétique
Stade angiographique infra clinique
Pendant longtemps, on n’a pu la mettre en évidence que par l’examen systématique
annuel du fond d’œil de tout diabétique. On sait actuellement qu’on peut objectiver des
lésions préalables par l’angiographie rétinienne (photographie du F.O. après injection IV
de fluorescéine.
Elle peut mettre en évidence des zones d’obstruction capillaire sous forme de minuscules
taches noires, alors que l’examen ophtalmologique semble normal.
Lésions précoces
Les premières lésions visibles à l’ophtalmoscope sont des dilatations veineuses au pôle
postérieur.
Puis apparaissent des micro- anévrysmes : ce sont de petits points rouges à contours nets,
très caractéristiques. .Ils ne gênent pas la vision sauf s’ils sont près de la macula.
Les autres lésions rétiniennes sont des conséquences directes des altérations.
Les hémorragies, au contact des micro-anévrysmes qui les ont précédées.
98
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Les exsudats : superficiels, blancs, cotonneux, siégeant le long des gros vaisseaux
(nodules dysoriques) plus jaunes, plus brillants, plus persistants, séquelles d’un œdème
rétinien localisé (exsudats secs).
Evolution
Les lésions peuvent persister des années, s’améliorer spontanément ou s’aggraver très
vite :
Rétinopathie oedémateuse : L’oedème rétinien est le résultat de l’augmentation de la
perméabilité capillaire (fuite de colorant à l’angiographie) ; il siège surtout dans la région
maculaire.
Rétinopathie proliférante : Elle est marquée par l’apparition de néo-vaisseaux très
fragiles soutenus par un tissu prolifératif, qui peuvent entraîner une altération
considérable de la vision.
Des hémorragies intra, rétro et pré rétiniennes dans le vitré peuvent compliquer le
développement des néo-vaisseaux et entraîner un décollement rétinien.
L’épaississement du voile prolifératif recouvrant la macula contribue à la cécité.
(Aucune classification de la rétinopathie n’est satisfaisante).
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Il n’y a pas d’efficacité démontrée des protecteurs vasculaires, ni en curatif, ni en
préventif.
Les antiagrégants plaquettaires et les thrombolytiques peuvent être utilisés.
TRAITEMENT
Le meilleur traitement de la rétinopathie est sa prévention qui passe par un contrôle le
meilleur possible de la glycémie.
Le laser : Le traitement de la rétinopathie diabétique par le laser a bouleversé le pronostic
évolutif, en retardant considérablement la survenue d’accidents graves (maculopathie
évolutive, hémorragie des néo-vaisseaux).
Les médicaments.
100
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- Les antiagrégants plaquettaires (Aspirine, Ticlopidine ou Ticlid*) permettent de
retarder l’apparition des micro anévrysmes.
- Les inhibiteurs de l’aldose-réductase : ils n’ont pas fait la preuve de leur efficacité
chez l’homme.
- A l’heure actuelle, seuls les traitements permettant le bon contrôle de la glycémie et
le laser ont fait la preuve de leur efficacité.
La néphropathie diabétique
Elle survient assez tardivement dans l’évolution d’un diabète (44 % après 35 ans de
diabète). Elle est toujours plus tardive que les lésions oculaires. Elle est réversible au
début, quand la protéinurie des 24 H est inférieure à 2 g. Il n’ y a pas de traitement
curatif.
1 - Anatomopathologie
Les lésions anatomiques sont faites de l’accumulation de matériel fibrinoïde dans les
artérioles et les glomérules.
Les artérioles sont le siège d’une hyalinose entre l’intima et la média associée à des
dépôts fibrinoïdes sous endothéliaux.
Les glomérules peuvent revêtir deux aspects :
* glomérulosclérose diffuse avec épaississement des membranes basales.
* glomérulopathie nodulaire ou syndrome de Kimmelstiel-Wilson, où les membranes
basales sont épaissies par un matériel glycoprotéique (PAS+) que l’on retrouve aussi
dans le mésangium.
Clinique
Phase de début
Seule existe une augmentation de la filtration glomérulaire liée à une augmentation de la
taille des reins ; ces modifications structurelles et fonctionnelles persistent plusieurs
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
années chez 25 à 40 % des patients. Il peut exister une augmentation transitoire de la
microprotéinurie.
Phase d’état
La microprotéinurie est permanente, entre 25 et 250 mg/24h soit entre 30 et 70 μg /mn,
La filtration glomérulaire demeure élevée ;
Il peut apparaître une hypertension artérielle modérée.
Phase tardive
A ce stade, apparaissent progressivement toutes les manifestations de la néphropathie
diabétique : réduction du flux plasmatique rénal, protéinurie permanente, altération
progressive des fonctions rénales, développement d’un syndrome néphrotique, apparition
d’une hypertension artérielle permanente. Les symptômes sont de gravité croissante.
Le syndrome néphrotique est sans particularité, mais souvent associé à une HTA.
L’évolution en est lente, parfois hâtée par les poussées d’infection urinaire intercurrentes.
Quand l’insuffisance rénale apparaît, elle évolue souvent rapidement ; elle rend difficile
la surveillance du traitement par l’insuline car la glycosurie ne reflète plus la glycémie.
Les besoins en insuline baissent. Les hypoglycémiants oraux sont formellement contre-
indiqués.
N.B. : L’IR peut être due à la glomérulopathie, à la néphropathie interstitielle, à la
néphroangiosclérose ou à un mélange des trois.
Evolution, Pronostic
Les fonctions rénales peuvent demeurer normales pendant de nombreuses années.
L’aggravation est annoncée par l’apparition d’une protéinurie permanente et l’installation
de l’hypertension artérielle.
Traitement
Il n’y a pas de traitement spécifique. Il faut contrôler au mieux le diabète avec de
l’insuline tout en assurant une ration calorifique suffisante.
Il faut traiter les oedèmes du syndrome néphrotique (régime sans sel et diurétiques), ainsi
que l’HTA (IEC, ARA2 et ou inhibiteurs calciques).
102
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Quand l’insuffisance rénale est très avancée (clairance de la créatinine < 30 ml / mn),
les patients sont pris en charge par des équipes néphrologiques dans les centres
d’hémodialyse.
2- La nécrose papillaire : elle est observée surtout à l’occasion d’une infection urinaire
aiguë. Elle se traduit par un tableau de pyélonéphrite aiguë grave, bactériémie, douleurs
lombaires, hématurie, et insuffisance rénale aiguë. Il arrive que l’on retrouve le séquestre
papillaire dans l’urine quand on la filtre. Parfois, elle n’est révélée que par des douleurs
lombaires et une hématurie.
L’U.I.V, quand on peut la faire, montre des images particulières en « pince de crabe ».
L’évolution se fait vers l’insuffisance rénale progressive. Cependant l’U.I.V est un
examen non dénué de risques chez le diabétique atteint de glomérulopathie. Elle peut
entraîner une insuffisance rénale aiguë. Son indication doit être bien pesé.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
C - LES COMPLICATIONS NEUROLOGIQUES
Anatomopathologie
Les neuropathies diabétiques sont secondaires à des troubles métaboliques nutritionnels
des fibres nerveuses et / ou à des atteintes des vaisseaux nourriciers du systèmes nerveux.
1- Les atteintes métaboliques sont secondaires à l’accumulation de sucres alcools
(sorbitol ou fructose), dérivés du glucose dans les gaines de Schwann, où ils ont un fort
pouvoir osmotique.
2- Les atteintes vasculaires résultent de l’obstruction de petites artères nourricières des
nerfs entraînant des nécroses ischémiques localisées, responsables de mono ou
multinévrites.
3 - La traduction la plus précoce de la neuropathie diabétique est la diminution de la
vitesse de conduction nerveuse.
Formes cliniques
On distingue habituellement deux (2) formes principales : les mono ou multinévrites et la
polyneuropathie périphérique, auxquelles il faut ajouter la dysautonomie parce qu’elle
relève de la même pathogénie.
1) - Les Mononévrites et les Multinévrites
Peu fréquentes, à début brusque, asymétrique, accompagné de douleurs intenses et
d’amyotrophie, mais de bon pronostic (guérison de quelques semaines à un an). Elles
peuvent siéger :
aux membres inférieurs donnant :
- Des cruralgies : douleur à prédominance nocturne, avec hyperesthésie cutanée et
anesthésie thermoalgésique dans le territoire. Le réflexe rotulien est aboli et
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
l’amyotrophie quadricipitale importante. Le psoas, les adducteurs de cuisse et parfois
les péroniers latéraux sont touchés. On peut noter une amyotrophie douloureuse.
- Une atteinte du fémoro-cutané (méralgie diabétique) atteinte du nerf obturateur, avec
douleur au croisement des jambes.
aux membres supérieurs ; Les membres supérieurs sont moins souvent touchés. On
peut avoir des névralgies cubitales, du médian ou du radial. Il s’agit de compression
du médian dans le canal carpien.
au thorax et à l’abdomen : (exceptionnellement touchés)- douleurs intercostales avec
anesthésie en bande, uni ou latérales, quelquefois douleurs abdominales, en bande
(radiculaire) ou en taches.
Au niveau des nerfs crâniens : Surtout les nerfs moteurs de l’œil : paralysie du moteur
oculaire commun (III) et du VI plus souvent que du VII. La paralysie est le plus
souvent précédée pendant quelques jours de douleurs vives.
105
MCA BALAKA A. Cours Diabète
L’examen neurologique
A l’examen, les troubles moteurs sont minimes. On note :
- une aréflexie ostéotendineuse bilatérale d’abord achilléenne puis rotulienne
- une diminution de la sensibilité superficielle tactile, thermique et algésique.
L’insensibilité à la douleur peut paradoxalement s’associer à une hyperpathie au tact
voire même au simple frottement du drap. L’analgésie joue un rôle essentiel dans la
pathogénie des ulcérations trophiques des pieds.
Evolution
La polynévrite régresse lentement, l’abolition des R.O.T. persiste. Un équilibre rigoureux
du diabète semble capable d’améliorer les troubles. Mais le pronostic est nettement
moins bon que celui des mono et multi névrites.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
3-2 - Troubles génito-urinaires
- Atteinte vésicale : installation très progressive des troubles. Les mictions sont de plus
en plus rares et prolongées avec diminution de la force du jet et disparition de la
sensation du passage de l’urine dans l’urètre.
Plus tard, apparaît la rétention d’urine complète ou avec mictions par regorgement par
atonie vésicale et risque accru d’infection urinaire, reflux vésico-urétéral menaçant le
rein. Les troubles mictionnels peuvent être traités par des parasympathico-mimétiques
(Urecholine) et / ou des alpha bloquants (Sermion*, Xatral*), et rééducation vésicale.
Chez l’homme, il ne faut pas confondre cette symptomatologie avec celle d’un adénome
prostatique (parfois d’ailleurs associé).
Eviter tout médicament anticholinergique atropinique (Ditropan*, Buscopan*, Denoral*,
collyres atropiniques, antidépresseurs tricycliques) qui exposent à une rétention aiguë
d’urine.
On peut alors s’aider de la cystomanométrie qui montre une augmentation de la capacité
vésicale.
- Atteinte génitale
La dysfonction érectile : Elle est très fréquence est souvent révélatrice chez l’homme
jeune (30 à 50 % de diabétique).Elle peut aller jusqu’à l’impuissance. C’est la
manifestation la plus fréquente de la neuropathie. A son origine interviennent la
neuropathie, les lésions vasculaires et les facteurs psychologiques.
• Elle s’associe souvent à une perte de la sensibilité testiculaire.
• Il est indispensable de faire l’inventaire des autres causes (médicaments etc.…)
Traitement :
- Les Inhibiteurs des 5- phosphodiestérases ( sildénafil, tadanafil, vardénafil)
présentent une efficacité démontrée dans la dysfonction érectile du diabétique. Ils
peuvent être proposés en première intention sauf chez les patients ayant une maladie
coronaire évolutive ou traités par des dérivés nitrés.
- En cas d’échec lorsqu’ils ont été prescrits durablement ou en cas de contre indication,
passer aux produits par voie intra-urétrale ou intra-caverneuse après avis urologique.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Injection intraveineuse de drogues facilitatrices (Moxisylyte : Carliten* ou inductrice
(Papavérine*) ou intra caverneuse d’Alprostadil (Caverject*). Attention au priapisme.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
(Sandostatine*) qui inhibe la motilité digestive et les sécrétions, sont efficaces mais
peuvent aggraver la gastroparésie.
- L’érythromycine peut être efficace autrement que par son effet antibiotique.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
• Parfois, on associe aux antidépresseurs des neuroleptiques à faible dose
« Levomépromazine » (Nozinan*) ou fluphénazine (Moditen*).
CONCLUSION
Si l’on ajoute les douleurs, les déficits sensitifs ou moteurs, le risque de troubles
trophiques et la dysautonomie, on comprend que la neuropathie puisse grever lourdement
le pronostic fonctionnel. Dans la mesure où il n’existe pas de traitement spécifique de la
neuropathie installée, le véritable traitement est donc préventif : c’est le bon équilibre du
diabète.
Le pied diabétique
La fréquence et la gravité des lésions des pieds constatée au cours du diabète doivent
être soulignées ; en effet, une meilleure éducation des patients et un suivi plus attentif
devraient permettre d’éviter des amputations encore beaucoup trop fréquentes.
Causes
– La diminution de la vascularisation (macro et microangiopathie)
– Les lésions neurologiques entraînant une triple conséquence :
• Une diminution de la sensibilité donc des défenses
• Une hypotonie musculo-aponévrotique avec déformation du pied, ce qui
provoque des appuis anormaux.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
• Et enfin une déminéralisation des os du pied, (ostéo-arthropathie diabétique).
– Le défaut de soins : Traumatismes, mauvaise hygiène.
– L’ostéo-arthropathie diabétique : Inodore et latente, qui comprend une :
• Atteinte du tarse, d’abord du scaphoïde, puis dislocation du pied
• Atteinte du métatarse avec lyse osseuse et fractures spontanées.
– Les maux perforants : Leur survenue est favorisée par des points de pression
anormaux sur les pieds. Les tissus sont creusés jusqu’à réaliser une ulcération atone
et inodore pouvant se sur infecter.
Traitement
On ne peut sauver l’immense majorité de ces pieds diabétiques par trois mesures :
– Insulinothérapie systématique ;
– Désinfection et soins locaux ;
– Eviter les appuis jusqu’à fermeture les lésions (botte thermoformée ou plâtrée).
II - LA MACROANGIOPATHIE
1- L’athérome
Plus fréquent, plus précoce et plus grave chez le diabétique, il est responsable de la mort
dans près de 70 % des cas.
a) -L’atteinte des artères de gros et moyen calibre est responsable des accidents
d’hémiplégie, d’infarctus du myocarde, d’infarctus mésentérique et de gangrène des
membres inférieurs.
b)- L’atteinte artériolaire imprime un aspect clinique particulier aux manifestations
coronariennes et artéritiques des membres inférieurs.
Des nécroses myocardiques étendues peuvent s’observer en l’absence antérieure de fortes
douleurs d’angine de poitrine. Il est rarement possible de proposer une chirurgie
coronarienne.
L’artérite des membres inférieurs est très fréquente après 50 ans, révélée par une
claudication intermittente ou des douleurs nocturnes. L’examen annuel des pouls pédieux
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
et tibiaux postérieurs est nécessaire. Des gangrènes parcellaires des orteils sont souvent
le premier symptôme ; il s’agit soit de gangrène sèche (zone douloureuse est froide et
violacée), soit d’une gangrène humide avec zone centrale de nécrose entourée d’une
inflammation extensive. Le pronostic n’est pas bon.
L’artériographie et la chirurgie artérielle réparatrice ont apporté des progrès, mais le
traitement est souvent difficile car les lésions sont plus volontiers distales et disséminées
et les troubles trophiques aggravés par l’infection. On est malheureusement souvent
amené à des amputations des orteils, ou des avant-pieds, voire de jambe ischémique et
nécrotique.
c)- La médiacalcose est très précoce et étendue. Elle donne les aspects radiologiques
particuliers de calcifications étendues des artères de l’abdomen et des membres
inférieurs.
2- L’hypertension artérielle
Epidémiologie
Elle est très fréquente (30 % chez l’homme et 35 % chez la femme), plus peut-être au
cours du DT2, pratiquement constante dès lors qu’existent un diabète ancien et une
protéinurie. Elle aggrave le pronostic car elle aggrave les lésions de rétinopathie, de
néphropathie et de cardiopathie.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
Clinique
Il s’agit d’une HTA permanente, systolo-diastolique, le plus souvent modérée vers
160/95, tout au moins au début de son évolution.
L’HTA nécessite un examen complet de l’arbre vasculaire (ECG, Doppler des artères
cervicales et des membres inférieurs) et, éventuellement, une angiographie numérisée des
artères rénales.
Evolution, pronostic
Les accidents de l’HTA sont essentiellement cérébro-vasculaires et coronariens ; on
craint aussi l’aggravation de l’atteinte rénale. Sont de mauvais pronostic :
- une TA diastolique supérieure à 100 mm Hg ;- une coronarite associée ;
- des séquelles d’accidents vasculaires ;
- une artérite des membres inférieurs ;
- des calcifications artérielles diffuses.
Principes du traitement
Il faut s’acharner chez le diabétique à maintenir une TA normale par tous les moyens.
Le traitement devra être suivi régulièrement et réévalué en fonction des résultats.
Moyens :
Mesures hygiéno-diététiques : perte de poids, réduction des apports sodés. Ces
mesures peuvent suffire à normaliser la TA en cas de chiffres à la limite supérieure de
la normale. PAS entre 130 et 139 ou PAD entre 85 et 89) ou une HTA grade 1 : PAS
entre 140 et 159 ou PAD entre 90 et 99 ; Ces mesures renforcent l’efficacité du
traitement anti hypertenseur. Si ces mesures ne sont pas suffisantes, un traitement
médicamenteux sera mis en route.
Les médicaments : Les 5 classes thérapeutiques : (IEC, ARA2, diurétiques
thiazidiques, bêtabloquants cardiosélectifs, Inhibiteur calcique) peuvent être utilisés. Les
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
IEC et les ARA2 ont montré un effet néphroprotecteur dès le stade de microalbuminurie.
Pour cette raison, il est recommandé de les prescrire en première intention.
Au début, une monothérapie doit en principe suffire :
En première intention, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les inhibiteurs
calciques tendent à remplacer les bêtabloquants cardiosélectifs et les diurétiques.
En cas d’échec on peut recourir à une polythérapie est souvent nécessaire ; il est
recommandé d’inclure un diurétique thiazidique dans les associations.
Dans les formes sévères on utilise plus volontiers la prazosine et les hypotenseurs
d’action centrale associés à un des médicaments déjà cités.
NB : Un abaissement de la PAS<140 mm Hg peut être difficile à atteindre, surtout chez
le sujet âgé, avec une atteinte vasculaire évoluée (médiacalcose, athérome diffus,
hypotension orthostatique secondaire à une dysautonomie neurovégétative) .
114
MCA BALAKA A. Cours Diabète
– pulmonaires : germes banales et tuberculose
– urinaires (cf.)
– cutanées à germes banales ou à Candida albicans. Les furoncles et anthrax
doivent faire rechercher un diabète.
– les viroses (grippe, viroses respiratoires) peuvent être sévères.
– les mycoses cutanées, vaginales, des plis inguinaux etc.…
c. Des xanthomes éruptifs peuvent êtres observés dans les diabètes très mal contrôlés
avec hyperlipidémie.
d. La nécrobiose lipoïdique diabétique est une lésion rare mais très évocatrice : plaques
cutanées jaune chamois, atrophiques sur la face antérieure des jambes.
e. Les lipodystrophies insuliniques ou spontanées du diabète lipoatrophique, maladie
très rare.
f. Psoriasis : 10 à 25 % des DT2
g. La maladie de Dupuytren : (12 à 30 %) contre chez le non diabétique.
3- Complications Immunologiques
Rechercher : Maladie de Basedow, thyroïdite d’Hashimoto, anémie de Biermer, sclérose
en plaque, vitiligo, qui peuvent être associés au diabète.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
COMPLICATIONS METABOLIQUES
ou AIGUËS DU DIABETE
A- LE COMA ACIDOCETOSIQUE
DEFINITION
Le coma acido-cétosique est défini par l’association d’un état clinique avec perte
progressive de conscience, et d’un état biologique avec baisse du pH au-dessous de 7,20
(acidose) en rapport avec l’apparition puis l’augmentation des taux de « corps
cétoniques » (acide bêta hydroxybutyrique et acide acétylacétique) dans le sang puis dans
les urines (cétose).
PHYSIOPATHOLOGIE
– L’ensemble des phénomènes résulte d’un seul mécanisme : le déficit en insuline qui
empêche la pénétration cellulaire de glucose. La séquence des événements est
stéréotypée :
• Hyperglycémie, glycosurie,
• Perte d’eau avec déshydratation d’abord extracellulaire, puis intracellulaire
entraînant la soif ;
• Perte de sodium et de potassium
116
MCA BALAKA A. Cours Diabète
• Lipolyse entraînant une cétose et une acidose métabolique ;
• La mort est inéluctable, en l’absence de traitement, par déshydratation et acidose.
a. Hyperglycémie
- Deux mécanismes sont en cause :
L’absence de pénétration de glucose dans les cellules : elle est en rapport avec le
manque d’insuline. Les transporteurs de glucose cellulaires (muscles et cellules
adipeuses surtout) sont inactivés et les cellules insulinodépendantes se trouvent dès
lors en « état de jeûne » absolu ;
L’augmentation de la néoglucogenèse et la glycogénolyse massive : ces
phénomènes sont la conséquence de la carence glucidique cellulaire. Le foie fournit
une quantité très importante de glucose qui tend à pallier la carence d’une utilisation
périphérique.
- Conséquences
L’hyperglycémie entraîne une hyperosmolarité plasmatique (Posm) très importante
comme le montre la formule :
b. Déshydratation
Mécanisme :
C’est l’hyperglycémie qui entraîne une glycosurie. Dès lors que le seuil rénal du
glucose, (en général 1,80g /l) est dépassé, il y a une diurèse osmotique. Chaque
molécule de glucose filtrée par le rein entraîne 18 molécules d’eau, ce qui explique
l’importance de la perte hydrique dans les hyperglycémies importantes et prolongées.
Au cours d’un coma acidocétosique, la perte d’eau est en moyenne de 5 à 10 litres
pour un adulte de corpulence moyenne.
Conséquences : outre les mécanismes de compensation (soif, antidiurèse), la
déshydratation entraîne une conséquence majeure : l’apparition d’une insulinorésistance
117
MCA BALAKA A. Cours Diabète
due à la diminution du nombre des récepteurs d’insuline et de leur capacité de fixation
de l’hormone.
c. Pertes électrolytiques
– Perte de Na+ : c’est une perte massive et passive par le rein, due à l’augmentation de
la filtration et à la diminution proportionnelle de la réabsorption, liée au fait que le
Na+ accompagne l’élimination du glucose et des corps cétoniques ;
• Le capital sodé de l’organisme diminue considérablement car l’hyperosmolarité
plasmatique due à l’hyperglycémie crée un appel d’eau du secteur intracellulaire
vers le secteur extracellulaire. Cet appel d’eau est accompagné d’un mouvement
parallèle de sodium qui est ensuite perdu dans les urines. La perte de sodium est
en moyenne de 7 à 8 mmol/Kg, soit 500 mmol (12g) pour 70 kg ; elle peut
atteindre 800 mmol (20g) ;
• La natrémie peut être abaissée du fait de l’hyperosmolarité liée à l’hyperglycémie,
créant comme nous l’avons vu un appel d’eau (hyponatrémie de dilution) ; elle
peut paraître normale ou même élevée si la perte d’eau est plus importante que la
perte de sel.
– Perte de K+ : Le catabolisme produit 200 à 800 mmol, soit 7 à 30 g et une moyenne
de 500 mmol, soit 17g ; *La kaliémie semble cependant normale voire élevée car la
perte d’eau masque la perte ionique, d’autant que le potassium est un ion
intracellulaire. Il ne faut pas se fier à la kaliémie ; les troubles de K+ sont plus
facilement traduits sur l’ECG qui doit être systématique.
118
MCA BALAKA A. Cours Diabète
D’abord compensée par une élimination respiratoire (pH entre 7,40 et 7,20) l’acidose se
complète lorsque les bicarbonates sont insuffisants à compenser l’inflation par les acides
organiques : le pH descend alors nettement au-dessous de 7,20.
ETIOLOGIES
La carence aiguë en insuline peut être spontanée comme dans les diabètes révélés par une
acidocétose. C’est souvent le cas chez le sujet très jeune.
Le plus souvent l’acidocétose est provoquée par un facteur déclenchant.
– Les erreurs de traitement du diabétique ne sont pas exceptionnelles :
– Les arrêts intempestifs de l’insulinothérapie. C’est surtout à la suite de troubles
digestifs, alors que le diabétique ne s’alimente plus, qu’il croit logique d’arrêter son
insuline ;
– Erreurs répétées d’injection : perte d’insuline non composée.
– Les facteurs de décompensation du diabète : ils sont nombreux et doivent être
recherchés systématiquement ;
Les infections intercurrentes ; Les infections à germes figurés sont fréquentes et
souvent d’évolution rapide et sévère : il peut s’agir d’infections pulmonaires, urinaires ou
cutanées. Les germes cutanés sont souvent des streptocoques ou des staphylocoques. Les
germes urinaires sont à gram négatif ;
– Les viroses : la grippe est souvent mal tolérée chez le diabétique. D’autres viroses
sont également fréquentes ;
– Les mycoses : les mycoses systémiques sont favorisées par une hyperglycémie élevée
et prolongées ;
• Les maladies générales sous-jacentes : toute pathologie peut précipiter la
survenue d’une acidocétose, qu’elle soit inflammatoire, vasculaire, cancéreuse ou
métabolique (hyperthyroïdie) ;
• Les stress physiques ou psychologiques peuvent précipiter l’évolution d’un
diabète déjà mal contrôlé vers l’acidocétose ;
– Les traumatismes : les traumatismes physiques et les interventions chirurgicales sont
des causes fréquentes de déséquilibre du diabète ;
– Dans 15 % des cas, la cétose révèle le diabète.
119
MCA BALAKA A. Cours Diabète
SYMPTOMATOLOGIE
1 - Clinique
L’aggravation du diabète est en général progressive sur plusieurs jours, mais la période
de début peut être courte (quelques heures) chez certains malades, tels le sujet très jeune
ou la femme enceinte ;
Elle est marquée par :
- une asthénie croissante ;
- une anorexie soudaine chez un malade jusque là polyphagique ;
- l’aggravation des signes cardinaux du diabète ;
2 - Biologie
Au lit du diabétique : On peut constater au moyen des bandelettes spécifiques
l’hyperglycémie importante, au-delà de 4 g /l (22 mmol/l) ;
Elle s’accompagne évidemment d’une glycosurie massive et d’une cétonurie qui signe
la décompensation cétosique ;
Au laboratoire :
- L’hyperglycémie est évidemment confirmée ;
- L’acidose peut être débutante : les bicarbonates sont encore normaux ou légèrement
abaissés entre 20 et 70 mmol /l, le pH sanguin est entre 7,30 et 7,40. Un degré de plus
est atteint lorsque les bicarbonates sont entre 12 et 20 mmol /l et le pH entre 7,2 et
7,30.
120
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- L’ionogramme sanguin n’apporte pas d’éléments particuliers, sinon des chiffres
encore normaux de natrémie et de kaliémie.
EVOLUTION
- Traitée, les signes cliniques et biologiques disparaissent rapidement ;
- Non traitée : passage à la phase de coma confirmé dans un délai de quelques jours.
1- Clinique
Le malade est dans un coma calme, de profondeur variable, flasque avec aréflexie
ostéotendineuse, sans signe de localisation neurologique (sans hémiplégie, ni
convulsion, ni signes méningés, en dehors d’une affection vasculaire cérébrale
déclenchante).
Hypotonie musculaire avec diminution ou abolition des ROT ;
Hypothermie en dehors d’une infection.
Il est caractérisé par des signes de déshydratation et des signes respiratoires ;
La déshydratation est globale : Extracellulaire avec peau sèche, gardant le pli et
surtout chute de la pression artérielle, pouvant aller jusqu’au collapsus. Intracellulaire
avec sécheresse des muqueuses, hypotonie des globes oculaires et fièvre parfois ;
Les signes respiratoires sont très particuliers car ils frappent la vue, l’ouïe et l’odorat
du médecin ;
- à la vue : il existe une polypnée rapide et ample, régulière (au-delà de 20 cycles
par minute) avec des durée égales pour l’inspiration et l’expiration qui sont
séparées par des pauses de durée égale (dyspnée à quatre temps de Küssmaul) ;
- à l’ouïe : cette polypnée est bruyante, s’entendant de loin ;
- à l’odorat : l’haleine dégage une odeur de fruit pourri (pomme ou poire, au
choix) , ou de vernis à ongle.
121
MCA BALAKA A. Cours Diabète
2 - Biologie
Au lit du malade : les éléments sont les mêmes que dans la phase débutante :
hyperglycémie au-delà de 4 g. Les urines doivent être recueillies par sondage : il
existe une glycosurie et une cétonurie massives ;
Au laboratoire:
- hyperglycémie, confirmant la glycémie capillaire au doigt ;
- ions : hypernatrémie le plus souvent, kaliémie normale, ou élevée, ou basse ;
- bicarbonates au-dessous de 7,20 voire à 7 dans les cas graves ;
- l’urée atteint souvent des chiffres élevés jusqu’à 1,80 g/l (30 mmol/l) : IR
fonctionnelle.
autres examens : Hypertriglycéridémie ; Hyper uricémie ; ECG pour surveiller la
kaliémie. Ces examens sont à répéter d’heure en heure ou toutes les deux heures afin
de suivre l’évolution. On fera également un Rx pulmonaire, une hémoculture.
3 -Evolution et complications :
Evolutions favorables : le traitement permet d’éviter la plupart des complications :
actuellement, moins de 1 % meurt d’un coma acidocétosique ;
Les complications possibles s’observent surtout chez les sujets âgés ou ayant par
ailleurs un état général déficient :- Collapsus ; Insuffisance rénale ; Troubles du
rythme cardiaque liés à une hypokaliémie. Au cours de la grossesse : avortement
spontané, mort fœtale.
TRAITEMENT
122
MCA BALAKA A. Cours Diabète
1 - A la phase de début : Cétonurie + ou ++
Un traitement simple mais rapide et bien conduit permet d’éviter l’évolution vers le
coma.
La réhydratation, lorsque le malade est conscient et n’a pas de troubles digestifs,
peut se faire par la bouche. Les quantités de liquide à faire absorber sont guidées par
la soif du patient, sa pression artérielle et sont en général d’un litre à l’heure. Par
prudence beaucoup d’auteurs préfèrent à la voie buccale la mise en place d’une
perfusion de sérum salé.
L’insulinothérapie : Elle est de rigueur. - On n’utilise que de l’insuline d’action
rapide (insuline ordinaire, Actrapid*, Vélosuline*, Umuline* ordinaire, Orgasuline*
rapide).
- S’il s’agit d’un DT2 non insulinorequérant qui se décompense, on instaure (en
milieu hospitalier) sans tarder l’insuline. Les doses sont de l’ordre de 6 à 8U
quatre fois par jour en SC jusqu’à la normalisation. Les doses sont guidées par les
chiffres des glycémies capillaires et la présence de cétonurie.
- Si le patient est déjà traité par l’insuline, il lui suffit d’augmenter sa dose
quotidienne de 10 à 40% en ajoutant surtout de l’insuline rapide, 2, 3 ou 4 fois par
jour. Ceci peut se faire à domicile. Les soins peuvent être administrés par la
famille
La correction des troubles ioniques :
Les boissons sont faites d’eau de Vichy (riche en Na), de bouillon de légumes, puis, dès
la deuxième heure, du jus de fruits pressés très riches en potassium.
123
MCA BALAKA A. Cours Diabète
2 - Phase de cétose grave (cétonurie +++) ou de coma confirmé
- Les gestes à faire :
Mettre en place une voie d’abord veineuse : en général un cathéter dans une veine du
bras suffit, en sachant qu’il faudra passer environ 6 à 10 litres dans les 24 heures dont
la moitié dans les 6 premières heures. La mesure de la pression veineuse centrale
n’est indispensable qu’en cas de collapsus ;
Mettre en place une sonde vésicale (un Pénilex peut être suffisant) ;
Vider l’estomac par sondage ;
Mettre en route les soins de nursing ;
- Retrait des prothèses dentaires ;
- Matelas anti escarres et changement de position fréquent du malade ;
- Prévention des thromboses veineuses chez les diabétiques ayant un état veineux
déficient,
- Humidification des muqueuses et liberté des voies respiratoires.
Etablir la feuille de surveillance horaire, clinique et biologique ;
Faire les prélèvements sanguins et urinaires pour évaluation immédiate (glycémie
capillaire, glycosurie, cétonurie) et examens de laboratoire.
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NB : On se méfiera de la perfusion de sérum bicarbonaté. Le sérum bicarbonaté
isotonique à 14%o n’est utile que si les bicarbonates plasmatiques sont en dessous de 10
mmol/l et le pH sanguin inférieur à 7, pour éviter un collapsus irréversible. On reste dans
les limites de 500 à 750cc ; en effet une correction trop rapide du pH peut entraîner une
entrée rapide et massive du K+ dans les cellules et provoquer une hypokaliémie
dangereuse.
L’insulinothérapie est le traitement de l’acidocétose
Doses : les doses sont actuellement relativement codifiées : 10 à 20 U pour la dose
initiale et 10 U toutes les heures.
Voies d’administration :
a. La seringue à perfusion est très pratique et tend à remplacer les autres modes
d’administration : 1 flacon de 400 UI dans 60 ml de sérum physiologique évite les
pertes d’insuline.0, 10U/ kg /h tant que la glycémie est supérieure à 2,5g/l. Apres elle
est ramenée à 0,05U/kg/h jusqu’à correction de la déshydratation et de la cétose.
Remarque : On peut mettre l’insuline dans un flacon de sérum salé et la faire couler au
goutte à goutte. Mais l’insuline a tendance à se déposer sur les parois du flacon et sur la
tubulure, ce que l’on empêche par adjonction d’albumine dans le flacon (si on en
dispose).
b. -b) L’insuline peut se faire par voie IV directe en bolus horaires de 10 U.
c. -c) Quand à la voie IM qui peut être utilisée également, mais elle donne de grandes
irrégularités de résorption d’insuline en cas de déshydratation importante ; dose de
charge de 0 ,25U/kg/h puis de 0,10 U/kg/h jusqu’à une glycémie de 2g ou 2,5g
- De la 3è à la 6è heure :
La réhydratation : à partir de la 3è heure, l’état du patient s’est considérablement
amélioré mais la poursuite de la réhydratation est indispensable.
Un apport calorique et glucidique est alors nécessaire, raison pour laquelle on doit
introduire du sérum glucosé isotonique dans lequel on rajoute du Na Cl à dose
isotonique. En général, le sucre doit être apporté quand la glycémie approche les 2,50g/l
car les risques d’hypoglycémie existent. Le G5 ou SGI est passé à la dose de 250ml/h. La
réhydratation est donc poursuivie et assurée par le SGI additionné de NaCl.
125
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L’insulinothérapie est continuée à la même dose qu’initialement, 10 U/H ; jusqu’à
disparition de la cétose et la quasi-normalisation des glycémies. Le passage régulier
de l’insuline par une seringue à perfusion dont on peut ralentir le débit montre ici
tout son intérêt,
L’administration d’ions : il est indispensable d’ajouter au sérum glucosé des
ions : du potassium, à raison de 4 g de KCI par flacon de 500 cc en plus du Na Cl qui
est continu. Le déficit en K+ est de 400 à 500mEq. L’insulinothérapie, la
réhydratation et l’utilisation éventuelle de bicarbonates vont encore entraîner la chute
de la kaliémie. On doit donc apporter précocement du K+, dès le début de
l’insulinothérapie. La quantité de K+ est fonction de l’ionogramme ou de l’ECG
toutes les 4h. En pratique, on met 3g de K+ si la kaliémie est inférieure à 3mEq, 2g/l
si elle se situe entre 3 et 4 mEq et 0,5g/l entre 4 et 5,5mEq/l
126
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3 - Traitements particuliers
Traitement d’une infection : La gravité des infections chez le diabétique en
acidocétose justifie l’utilisation, en cas d’infection, d’une antibiothérapie énergique
et adaptée à la probabilité du type d’infection en attendant une preuve
bactériologique et un antibiogramme :
- infection pulmonaire : certains utilisent la pénicilline ou l’érythromycine, d’autres
préfèrent d’emblée l’ampicilline (Ampicilline*) ou pénicilline et acide
clavulanique (Augmentin*) ;
- infections urinaires : aminoside et ampicilline ;
- infections cutanées à staphylocoques : oxaciline (Bristopen*), carbénicilline
(Pyopen*),
5 - Prévention de l’acidocétose
Elle repose sur une bonne éducation du diabétique, qui doit savoir surveiller ses
glycémies capillaires, rechercher la cétonurie, ajouter des doses d’insuline en fonction
des besoins dès qu’apparaissent une cause et des signes de décompensation.
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B - COMA HYPEROSMOLAIRE
DEFINITION
C’est un coma caractérisé par une situation biologique particulière :
hyperglycémie supérieure à 6 g/l (33 mmol/l)
déshydratation massive avec osmolarité plasmatique supérieure à 350 mosm/l
absence complète ou presque de cétose, le pH restant à 7,20 et les bicarbonates
supérieurs à 15 mosm/l.
PHYSIOPATHOLOGIE
Deux mécanismes particuliers prédominent
hyperglycémie massive, elle débute par une élévation brutale de la glycémie qui
entraîne une déshydratation rapide, avec insuffisance rénale fonctionnelle par
hypovolémie et élévation du seuil rénal du glucose. Ainsi s’installe un cercle vicieux :
hyperglycémie, déshydratation, hyperglycémie.
Absence de cétose : l’absence de cétose ne connaît pas d’explication simple ni
vérifiée. Au cours du coma hyperosmolaire, l’insulinosécrétion n’est pas nulle, bien
qu’elle s’effondre rapidement. Cela explique que la lipolyse est moins importante que
dans l’acidocétose, comme en témoigne la baisse des acides gras libres plasmatiques.
Cette absence de libération d’acide acétylacétique et bêta –hydroxybutyrique
explique en partie l’absence de cétose. D’autre part, il existe un déficit en carnitine
suggérant un manque en cofacteurs hépatiques de la cétogenèse :
- le pH sanguin : est lié à la perte d’eau par les urines, aggravée par le fait qu’il
existe souvent une hypo ou une adipsie par atteinte des noyaux diencéphaliques
régulant la soif. La perte d’eau dépasse facilement 10 l.
- La perte ionique : La perte de Na* entraîne presque toujours une hypo natrémie
dont il faudra tenir compte lors d’un apport d’eau (risque de passage d’eau vers le
secteur cellulaire plus concentré). Elle ne reflète pas du tout l’état du stock sodé.
Pour avoir une évaluation de l’osmolarité du plasma, il faut corriger la natrémie de
1,6 mmol/l pour chaque g/de glucose.
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Par exemple : pour une glycémie de 10 g/l et une natrémie de 140 mmol /l, la natrémie
« réelle » est de 140 + (10 x 1,6) = 156 mmol /l. La perte de K* avoisine 600 à 1000
mmol (25 à 40 g) et risque de s’aggraver lors de la mise en route du traitement.
ETIOLOGIE
Chaque fois que le malade est dans l’impossibilité de boire :
- impossibilité d’avoir accès à l’eau,
- impossibilité d’absorber l’eau (coma),
- perte de la sensation de la soif (surtout les vieillards),
- perfusion de grandes quantités de glucose chez le diabétique.
Terrain
Le coma hyperosmolaire survient la plupart du temps chez des sujets de plus de 60 ans,
atteints de diabète non insulinodépendant, volontiers traités par des sulfamides
hypoglycémiants.
Facteurs favorisants
- Les facteurs hyperglycémiants
stress, agression (traumatisme, maladies générales, infections surtout à virus fébriles
[grippe], etc.) responsables de sécrétions d’hormones hyperglycémiantes :
adrénaline, glucagon, etc. ;
la prescription de médicaments hyperglycémiants : corticoïdes, diurétiques
thiazidiques, hydantoïne ou pouvant parfois bloquer l’insulinosécrétion
(Propranolol) ;
perfusion de sérum glucosé en grande quantité.
- Les causes de déshydratation : vomissements, diarrhées, sueurs abondantes souvent
provoquées par de la fièvre, diurétiques, polyuries.
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CLINIQUE
1 - Signes généraux
- Altération de l’état général : le coma hyperosmolaire est marqué par une asthénie
croissante confinant rapidement à l’adynamie.
- La fièvre est d’intensité variable, liée à la déshydratation.
- La polyurie aux alentours de 1 litre par heure contraste le plus souvent avec
l’absence de soif. Elle peut faire place à une oligurie.
2 - Signes neurologiques
- Les troubles de la conscience : Il s’agit d’un coma de profondeur variable allant de
l’obnubilation profonde au coma carus.
- L’examen clinique peut montrer des signes objectifs : Asymétrie des réflexes
ostéotendineux, signe de Babinski, témoignant de la souffrance cérébrale.
Contrairement au coma acidocétosique, il n’y a pas de dyspnée de Küssmaul ni
d’odeur acétonique de l’haleine.
3 - Signes de déshydratation
Ils sont évidents, extra et intracellulaires, comme dans le coma acidocétosique. Réduction
du poids, sécheresse des muqueuses, disparition des sueurs. Peau flasque, fripée, gardant
le pli, yeux cernés, hypotension artérielle.
4 -Troubles digestifs
Ils sont d’intensité variable mais peuvent égarer le diagnostic lorsqu’ils sont au premier
plan : nausées, vomissements, douleurs abdominales.
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BIOLOGIE
Posm = 2 (Na+ + K+) + glycémie (mmol /l) + urée sanguine (mmol /l)
Plus simplement on peut utiliser la formule suivante : Posm = (Na+ - 13) x 2 + glycémie
(mmol/l)
Hyper natrémie : La natrémie est souvent élevée mais elle peut être normale ou
basse. En effet la perte de sel est parfois masquée par la perte concomitante d’eau ; la
perte de Na est en moyenne de 10 mmol /l kg (0,20 g/kg).
Hypokaliémie : La perte de potassium avoisine 9 à 10 mmol /kg, soit 600 à 700
mmol pour un homme de 70 kg (25 à 30 g). Elle peut être masquée au début et se
révéler lors de la mise en route du traitement.
Autres troubles :
- acidose métabolique modérée : les bicarbonates sont entre 15 et 20 mmol en
rapport avec un trou anionique modéré lié à l’augmentation des sulfates,
phosphates et surtout lactates car il n’y a pas de cétose.
- élévation de l’urée sanguine : elle est modérément élevée signant une IR
fonctionnelle.
- Les signes d’hémoconcentration sont en rapport avec l’intensité de la
déshydratation.
TRAITEMENT
Il repose sur les même trois éléments majeurs que le coma acidocétosique :
réhydratation, correction des troubles ioniques, insulinothérapie, auxquels il faut ajouter
les soins de nursing et le traitement d’un facteur déclenchant.
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1 - Réhydratation
quantité : il faut de 10 à 12 litres dans les 24 heures, dont la moitié doit être passée
dans les 6 premières heures.
Rapidité du remplissage : les deux premières heures on perfuse en général 2 litres :
il est risqué en effet de dépasser un litre par heure du fait de l’état cardiocirculatoire.
Nature des liquides :
au début ; un certain nombre d’auteurs utilisent au début du traitement des
liquides hypotoniques (NaCl) à 4,5%o) car le risque des solutions physiologiques
(NaCl à 9%o) est d’aggraver une hyperosmolarité majeure. En revanche les
solutions hypotoniques peuvent provoquer une fuite de liquide vers les cellules
avec un risque d’œdème cérébral. La plupart des thérapeutes utilisent du sérum
salé physiologique ;
à partir de la 3è heure on perfuse :
soit du sérum glucosé hypotonique à 25%o ou isotonique à 50%o, suivant
l’osmolarité, dans lequel on introduit une correction ionique ;
soit du sérum salé physiologique dilué à parties égale avec de l’eau distillée,
additionnée d’un sel de potassium à raison de 10 à 30 mmol.
3 - Insulinothérapie
Il existe une insulinorésistance importante liée à la déshydratation. Il faut donc
administrer l’insuline d’action rapide soit par voie IV à raison d’une injection de
10 U toutes les heures, soit à la seringue à perfusion.
133
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Le retour à la normoglycémie ne doit pas être trop rapide : maintenir une glycémie
aux alentours de 2,5g/l pendant quelques heures permet d’éviter les risques de
survenue d’un œdème cérébral.
Le retour aux injections sous-cutanées ne doit pas être trop rapide.
4 - Nursing
Les mesures sont les mêmes qu’au cours de tout coma :
matelas anti- escarres et changements de position fréquents du malade ;
humidification des muqueuses et liberté des voies respiratoires ;
évacuation du liquide gastrique par sondage ;
prévention des thromboses veineuses chez les diabétiques ayant un état veineux
déficient.
EVOLUTION, COMPLICATIONS
L’âge du sujet est déterminant dans le pronostic. Les accidents sont de trois ordres :
cardiovasculaires, rénaux, neurologiques.
Accidents cardio-vasculaires
- Collapsus, infarctus du myocarde, thromboses artérielles et veineuses et
coagulation intra vasculaire disséminée.
- Ces complications sont favorisées par l’hémoconcentration et l’hyperviscosité
sanguine.
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Accidents rénaux
Oligo-anurie fonctionnelle fréquente, le plus souvent réversible. L’anurie et
l’insuffisance rénale aiguë sont rares et ne s’observent que chez des malades ayant des
reins déjà lésés.
Accidents neurologiques
Le plus grave est l’œdème cérébral expliquant parfois la mort subite de ces patients alors
même que l’évolution clinique et biologique semblait favorable. Cela semble dû au
développement d’une hyperosmolarité à l’intérieur des cellules nerveuses, qui attirent
l’eau lorsque l’hyperosmolarité plasmatique diminue.
PREVENTION
Le coma hyperosmolarité est un coma sévère. La mort survient dans 15 % des cas malgré
les progrès de la réanimation. Il est donc indispensable de prévenir son apparition par
trois mesures :
dépister les hyperglycémies : chez le sujet âgé, surtout au cours des diabètes non
insulinodépendants insuffisamment traités, ces hyperglycémies sont en effet souvent
méconnues ;
éviter l’aggravation métabolique :
- faire boire le patient,
- insuliner précocement les sujets susceptibles d’aggraver leur diabète,
- ne pas prescrire des médicaments hyperglycémiants (corticoïdes),
vacciner les sujets âgés diabétiques contre les maladies virales.
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C - COMA AVEC ACIDOSE LACTIQUE
DEFINITION
L’acidose lactique est un état métabolique associant une baisse du pH sanguin inférieur à
7,25 en rapport avec une accumulation plasmatique de lactates artériels supérieure à 5
mmol /l. C’est un accident métabolique, rare après le retrait du marché de la Phenformine
qui était le gros pourvoyeur de cet accident.
PHYSIOPATHOLOGIE
Mécanismes
Lors de la glycolyse aérobie, l’ion lactate est un produit accessoire du catabolisme en
équilibre avec le pyruvate. Deux mécanismes expliquent l’accumulation du lactate :
- le blocage de la glycolyse aérobie provoque une accumulation du pyruvate et
donc une déviation métabolique vers le lactate. L’anoxie tissulaire, quelle que soit
sa cause, est grande pourvoyeuse de lactate.
- le blocage de la néoglucogenèse : le lactate est « recyclé » lorsque les acides
aminés sont intégrés lors de la néoglucogenèse. Tout blocage de la
néoglucogenèse, soit par affection hépatique, soit médicamenteuse (Metformine)
conduit à une augmentation des lactates.
Conséquences
Le taux des lactates est normalement de 0,6 à 1 mmol /l et le taux du pyruvate de 0,1
mmol /l ; en cas d’accumulation, les lactates peuvent atteindre 2 à 5 mmol /l, provoquant
ainsi une acidose métabolique sévère et détresse hémodynamique.
ETIOLOGIE
Terrain
La plupart du temps il s’agit d’une affection provoquant une hypo perfusion des tissus.
Les quatre causes les plus fréquentes sont : L’insuffisance cardiaque, l’insuffisance
respiratoire, l’insuffisance rénale (qui aggrave l’acidose métabolique, augmente le
taux de biguanides dans le sang,) et l’insuffisance hépatique (qui bloque la
néoglucogenèse, diminue la clairance hépatique des lactates, diminue l’inactivation
hépatique des biguanides.)
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SYMPTOMATOLOGIE
Clinique
Parfois d’apparition progressive, ailleurs brutale, le tableau de l’acidose lactique est
d’emblée très alarmant avec des signes généraux très sévères : adynamie, hypothermie et
déshydratation.
Cinq ordres des signes sont présents :
Signes nerveux : Obnubilation croissante aboutissant au coma ;
Signes cardio-vasculaires : dyspnée rapide, ample et profonde, ressemblant au
rythme de Küssmaul mais sans odeur acétonique de l’haleine.
troubles musculaires : les crampes et douleurs musculaires constituent un signe
d’appel important au début de l’acidose lactique.
BIOLOGIE
Quatre éléments caractéristiques permettent le diagnostic.
- Hyperglycémie : est constante mais modérée entre 2,5 et 3,5 g /l (13,5 à 18 mmol/l) ;
Elle ne s’accompagne pas de glycosurie importante.
- L’acidose : est constante et d’importante majeure. Le pH est inférieur à 7,10. Il
s’agit d’une acidose métabolique comme le montre l’effondrement des bicarbonates
en dessous de 10 mmol/l.
- Le « trou anionique » : l’acide lactique remplace le déficit en bicarbonates et en CL-
, ce qui explique que la colonne des anions est très inférieur à celle des cations
(Na+K+), avec une différence d’au moins 16 mmol.
- Le taux plasmatique d’acide lactique élevé de 2 à 5 mmol.
TRAITEMENT
Le traitement comporte trois éléments.
a) Lutte contre l’anoxie
Oxygénation optimale des tissus en assurant une ventilation correcte.
Surtout assurer une pression artérielle normale :
- remplissage vasculaire ;
- vasodilatateurs (nitroprussiate de sodium) ;
137
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- dobutamine (2,5 à 10 µg/kg) en cas de syndrome de bas débit.
Assurer une diurèse correcte : de fortes doses de furosémide IV sont nécessaires,
surtout si on utilise du bicarbonate de sodium. La diurèse forcée permet d’éliminer le
produit.
c) - Insulinothérapie
Elle doit être assurée par une seringue à perfusion continue, en ne dépassant pas 10 U/h
PREVENTION
Les biguanides étant à l’origine de la plupart des acidoses lactiques, il convient de ne
prescrire ces produits qu’en l’absence de toute atteinte rénale et plus généralement de
toute cause d’anoxie tissulaire (les interrompre avant une anesthésie générale, avant
une UIV chez un diabétique). Ils sont généralement contre-indiqués lorsque existe
une insuffisance cardiaque, respiratoire et hépatique.
EVOLUTION, PRONOSTIC
Il dépend essentiellement de l’âge du sujet. Le coma par acidose lactique demeure un
accident très sévère même avec les progrès de la réanimation : la mortalité avoisine
encore 50 % des cas.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
D - LES HYPOGLYCEMIES
C’est le plus grave des accidents aigus du diabète. Des séquelles neurologiques sont
possibles même après un seul coma, surtout chez le sujet âgé. En cas de crises répétées,
une détérioration intellectuelle est possible avec chez l’enfant, des difficultés scolaires.
Une simple éducation du diabétique suffit pour les prévenir et minimiser les
conséquences.
DEFINITION
Elle est biochimique. On parle d’hypoglycémie lorsque le taux de glucose se situe en
dessous de la limite inférieure des variations physiologiques, soit inférieure à 0,50 g/ l
ou 0, 45g / l.
La symptomatologie clinique est simplement évocatrice car au moment des
manifestations, l’hypoglycémie a déjà pu être corrigée.
LES SYMPTÔMES
D’intensité variable, du simple malaise au coma, l’expression est avant tout
neuropsychique et assez brutale. Elle est liée à la carence en glucose des cellules du
système nerveux central. La riposte de l’organisme, est une décharge d’hormones
hyperglycémiantes dite de contre régulation : glucagon, catécholamines, cortisol, STH.
L’expression de l’hypoglycémie est vraiment trompeuse. Elle varie beaucoup d’une
personne à l’autre. Elle est moins nette chez le sujet jeune que chez le sujet âgé. Lorsque
la glycémie descend progressivement, on peut avoir des chiffres très sévères au plan
biochimiques qui ne donnent que des manifestations cliniques très discrètes.
Globalement en France, on observe 15 à 30 % d’hypoglycémies sévères par an
(nécessitant l’aide d’une tierce personne au ayant provoqué un accident grave de
neuroglucopénie) 5 à 10 % de coma hypoglycémique. La mortalité globale par coma
hypoglycémique est évaluée à % au TOGO.
Les manifestations cliniques de l’hypoglycémie se traduisent par des signes d’activations
du système sympathique adrénergique témoignant de la réaction d’adaptation à
l’hypoglycémie et par des signes de souffrance cérébrale. Des manifestations majeures
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
cardiaques et neuropsychiatriques peuvent survenir. Les premiers symptômes
d’hypoglycémique apparaissent pour des glycémies de 0,50 à 0,55 g/l chez l’homme
normal. Les signes de neuroglucopénie apparaissent en général quand la concentration de
glucose plasmatique est inférieure à 0,45 g /l (2,5 mmol / l). Mais ils peuvent survenir
pour des valeurs glycémiques plus élevées en particulier chez les personnes âgées et les
sujets diabétiques insulinodépendants.
PHYSIOPATHOLOGIE
Les besoins globaux de l’organisme en glucose sont de 300 à 350 g de glucose par 24 h
soit la moitié de la ration calorique. Ces besoins sont assurés par la production hépatique
sous l’influence des hormones hyperglycémiantes, essentiellement adrénaline et
glucagon et le stock hépatique de glucose est renouvelé par l’alimentation. Les besoins
énergétiques du cerveau sont d’environ 600 Kcal /j chez l’adulte normal correspondant à
150 g de glucose. Ils sont couverts par l’oxydation du glucose et par les corps cétoniques
dans certains cas.
Les effets immédiats de l’hypoglycémie sont :-La suppression de la sécrétion de
l’insuline ; la stimulation de la sécrétion de glucagon, adrénaline, GH, et la libération de
noradrénaline et d’acétylcholine à partir des neurones post ganglionnaires sympathiques
et parasympathiques.
Les symptômes liés à la libération de l’adrénaline sont souvent au premier plan. :
L’activation du système de contre régulation se manifeste à partir d’une glycémie seuil
0,70 g /l (4 mmol/l). Le glucagon active la glycogénolyse ; il augmente la production
hépatique du glucose en quelques minutes. L’adrénaline compense largement le glucagon
lorsque ce dernier est déficient ; elle stimule la production hépatique de glucose et limite
son utilisation. La sécrétion de GH et de cortisol est retardée ; l’effet hyperglycémiant
apparaît au bout de 2 à 3 heures.
Les mécanismes de contre régulation peuvent être totalement inefficaces en cas de
déficience simultanée en glucagon et adrénaline.
Les signes de neuroglucopénie : la souffrance cérébrale est diffuse mais les
concentrations en glucose étant inégales dans les différentes zones (sensorielles,
motrices, végétatives,) les symptômes d’hypoglycémie peuvent être très divers.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
LE SYNDROME D’HYPOGLYCEMIE
Manifestations cliniques
Affirmer l’hypoglycémie
Le diagnostic d’hypoglycémie ne doit pas être fait sur des manifestations fonctionnelles
variées ou sur un dosage imparfait. Il faut se méfier des causes de glycémies faussement
basses.
142
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- mauvaise technique de dosage : prélèvement recueilli sans anti glycolytique et
laissé à température ambiante.
- dans certaines situations pathologiques : état septique, accès palustre sévère,
néoplasie évoluée, sida au stade terminal. La concentration de glucose dans le
sang est normale, mais le glucose est consommé dans le tube de recueil par la
présence de cellules en quantité importante (parasites, bactéries).
ORIENTATION DIAGNOSTIQUE
144
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IV- RECHERCHER UNE CAUSE ORGANIQUE
Epreuve de jeûne
Elle est fondamentale pour confirmer le diagnostic d’hypoglycémie organique. Le
premier diagnostic à évoquer est celui d’insulinome. L’épreuve de jeûne doit être
pratiqué en milieu hospitalier sous surveillance médicale stricte. Elle mettra en évidence,
un hyperinsulinisme non frénable par l’hypoglycémie
Réalisation pratique :
L’épreuve dure 24 h maximum 72 h : 2 % des patients avec insulinome preuve tolérer un
jeûne de 72 h sans manifestation clinique. Toutes les 2 à 4 H (en fonction de la tolérance)
on fait un prélèvement sanguin pour glycémie, insulinémie, peptide C, glucagon, avec
recherche de glucoserie et cétonurie avec surveillance clinique du pouls et de tension
artérielle.
Résultats : L’absence des corps cétoniques dans les urines est évocatrice
d’hyperinsulinisme. Si une hypoglycémie symptomatique survient une injection de
glucagon est faite après prélèvement pour la glycémie et l’insulinémie. Parfois plusieurs
prélèvements sont nécessaires car l’hyperinsulinisme peut être intermittent ou modéré.
Le rapport de Turner montre que l’insulinémie est inappropriée pour la glycémie.
ETIOLOGIES
1) Insulinome
C’est la cause la plus fréquente d’hypoglycémie organique. Il atteint préférentiellement la
femme (60 % des cas). L’âge moyen au moment du diagnostic est de 50 ans dans les cas
sporadiques, et de 23 ans en cas de néoplasie endocrinienne multiple. L’adénome est
bénin dans 90 % des cas. Le diagnostic de malignité n’est certain qu’en présence de
métastases et concerne 5 à 10 % des insulinomes.
145
MCA BALAKA A. Cours Diabète
N.B : Il peut s’agir d’hyperplasie diffuse des cellules bêta langerhansiennes.
On évoque l’insulinome devant la triade de Whipple.
- glycémie à jeun inférieure à 0,50 g/l (2,8 mmol/l)
- manifestations neuropsychiatriques majeures survenant à jeun
- amélioration immédiate des symptômes après absorption du glucose.
Au cours de l’épreuve de jeûne la glycémie chute à 50 % de sa valeur de base.
L’insulinémie et le peptide C sont élevés. La cétonurie n’apparaît pas.
L’épreuve de jeûne est positive dans 80 % des cas à la 24 è heure avec un rapport de
Turner souvent supérieur à 200.
Localisation de l’insulinome
L’insulinome est de petite taille 1 à 2 cm de diamètre, le plus souvent unique. Il est
localisé au niveau du pancréas, mais son siège peut être ectopique dans 1 à 3 % des cas
dans le hile de la rate, dans l’antre, dans le duodénum.
L’échographie abdominale et le scanner ne permettent pas toujours de localiser la tumeur
en raison de sa petite taille.
L’artériographie sélective coeliaque et mésentérique visualise la tumeur dans 75 % des
cas.
Le cathétérisme portal avec dosage étagé de l’insulinémie localise la tumeur en montrant
un gradient de concentration. (méthode invasive peu utilisé)
Lorsque la tumeur n’est pas localisée avant l’intervention, l’échographie per opératoire
est un examen essentiel.
Traitement de l’insulinome
Il est médical et chirurgical :
traitement médical chez les malades ayant un insulinome malin ou inopérable. On
utilise le diazoxyde (Proglycem 25 à 300 mg /j). Ce produit bloque la sécrétion de
l’insuline. On peut utiliser également la streptozotocine en IV 0,5 à 1 g : 2 fois /
semaine. Le produit détruit les cellules bêta langerhansiennes.
traitement chirurgical : On procède à une énucléation de la tumeur avec des résultats
satisfaisants en cas d’insulinome bénin isolé. Une pancréatectomie plus extensive est
146
MCA BALAKA A. Cours Diabète
réalisée en cas d’adénomes multiples ou micro adénomes. Lorsque aucune tumeur
n’est décelée malgré l’échographie per opératoire, une résection de la queue du
pancréas peut être pratique.
Les lésions sont des tumeurs rares : souvent volumineuses (0,3 à 20 Kg) d’origine
mésenchymateuse (fibrosarcome, neurofibromes, mésothéliome, rhabdomyosarcome,
léiomyosarcome, liposarcome, lymphosarcome) de localisation rétro péritonéale, intra
thoracique ou intra abdominale ;
Certaines tumeurs sont d’origine épithéliale (hépatome, tumeur carcinoïdes de l’iléon,
bronches, pancréas, tumeurs coticosurrénaliennes).
Le mécanisme de l’hypoglycémie est multifactoriel : surconsommation de glucose par la
tumeur, déficit de la production hépatique de glucose, déficit de la lipolyse et de la
cétogenèse,
La sécrétion d’insuline n’est pas augmentée mais la production d’IGF2 est accrue (effet
insuline-like).
L’hypoglycémie fait partie du syndrome paranéoplasique.
147
MCA BALAKA A. Cours Diabète
-L’hypoglycémie survient occasionnellement en cas d’insuffisance cardiaque quelle que
soit l’étiologie. La présence de lactate évoque la possibilité d’une inhibition de la
néoglucogenèse.
-L’hypoglycémie en cas d’insuffisance rénale se rencontre le plus souvent chez des
patients diabétiques insulinodépendants. Elle peut survenir au cours et au décours de la
dialyse.
Déficit en hormones de la contre régulation : en cas de déficit en cortisol et GH, la
plupart des adultes ne présentent pas d’hypoglycémie.
L’hypoglycémie post-prandiale survient surtout dans la période néonatale et chez le
jeune enfant de moins de 5 ans ;
De rares hypoglycémies sont liées à un déficit en glucagon ou en catécholamines comme
dans le syndrome de Zetterstrôm : insuffisance médullosurrénalienne : maladie de
l’enfant qui guérit à l’adolescence.
Bien que ce soit la cause la plus fréquente, elle ne peut être affirmée que si on a la
certitude d’avoir éliminé toute arrière-pensée d’hypoglycémie organique.
Interrogatoire ;
L’interrogatoire, précise l’heure de survenue du malaise : (environ trois quarts d’heure
après le repas), la consommation de glucides permet de poser le diagnostic. Elle ne
survient donc jamais à jeun. Il s’agit souvent de femmes jeunes, anxieuses,
neurotoniques.
Paramètres glycémiques :
Le dosage de la glycémie au cours d’un malaise est le meilleur critère diagnostique.
La glycémie à jeun est habituellement normale.
Il est possible de réaliser une hyperglycémie provoquée per os poursuivie pendant 5
heures qui montrera une chute de la glycémie au-dessous de 0,5 g entre 1 h 30 mn et
5 heures.
148
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Les autres tests : épreuve de jeûne dosage de l’insulinémie sont inutiles. Si l’épreuve de
jeûne est réalisée, la symptomatologie fonctionnelle disparaît, et de l’acétone est retrouvé
dans les urines.
Causes chirurgicales
Il s’agit avant tout de l’existence d’une gastrectomie (dumping-syndrom).Les
manifestations hypoglycémiques surviennent 2 à 3 heures après l’absorption de glucose.
Elles doivent être distinguées du dumping -syndrom dont les manifestations sont plus
précoces.
N.B. Une hypoglycémie fonctionnelle ou réactionnelle peut se voir paradoxalement au
stade précoce d’un DT2.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète
TRAITEMENT D’URGENCE DE HYPOGLYCEMIE
Cas particulier
En cas d’hypoglycémie induite par les sulfamides hypoglycémiants, la surveillance
glycémique doit être renforcée dans les heures suivant l’épisode aigu (pour certains :
perfusion de sérum glucosé à 10 % systématique en cas d’absorption de sulfamides de
longue durée d’action).
CONCLUSION
En guise de boutade, on peut dire que : « équilibrer un diabétique revient à lui
apprendre à gérer l’hypoglycémie ».
150
MCA BALAKA A. Cours Diabète
La recherche de l’équilibration parfaite du diabète peut conduire au cercle vicieux :
équilibre glycémique optimal -- hypoglycémies modérées fréquentes -- désensibilisation
hypothalamo-hypophysaire ---hypoglycémies plus sévères---troubles des fonctions
cognitives-- hypoglycémies plus fréquentes -.
Pour éviter ce cercle vicieux, il est essentiel pour le malade de ne pas banaliser une
hypoglycémie qui doit être corrigée par 4 morceaux de sucre à croquer ou une boisson
sucrée.
Il doit être averti des mesures préventives à prendre lors des situations particulières
(effort physique, diminution de l’alimentation, surmenage professionnel, émotion,
voyages..
===================
151
MCA BALAKA A. Cours Diabète
TRAITEMENT DU DIABETE
RECOMMANDATIONS GENERALES
OBJECTIFS DU TRAITEMENT
La prise en charge thérapeutique du diabète doit tendre vers cinq objectifs essentiels :
1. - Normaliser la glycémie : « HbA1c < 6,5% » .
Le primum movens de toutes les complications de la maladie étant l’hyperglycémie,
l’amélioration de l’équilibre glycémique réduit les risques de microangiopathie. Cela
supprime les symptômes, évite la cétose et maintient un bilan azoté équilibré;
2. 0btenir un poids stable ;
3. Prévenir le développement des complications chroniques chez les sujets dont
l’espérance de vie le permet ;
4. Limiter les incidents et accidents qui peuvent être entraînés par la thérapeutique
elle-même
5. Eduquer le malade (apprendre au sujet à connaître son affection et la façon de se
surveiller et de se traiter).
152
MCA BALAKA A. Cours Diabète
MOYENS THERAPEUTIQUES
Ils sont au nombre de quatre : la diététique, les médicaments, l’exercice physique et
l’éducation du diabétique.
I - LA DIETETIQUE
Principes Généraux
Fixer la ration calorique quotidienne
l’équilibrer en fonction du poids idéal du malade et non du diabète, en fonction de l’âge,
des activités physiques, de l’état physiologique. Prendre en compte au point de vue
calorique les boissons (alcool, jus de fruits).
153
MCA BALAKA A. Cours Diabète
I-1 Les Glucides
Il faut privilégier :
les sucres dits lents et parmi ceux-ci, ceux qui ont un index glycémique faible
comme le maïs, les légumineuses (haricots, pois, voandzou) au détriment du riz et du
blé (pain). Privilégier les préparations par expansion (cuisson à l’eau) au détriment
de celles par réduction (cuisson à l’huile, fritures)
un régime riche en fibres alimentaires (céréales non tamisés). Il s’agit des
polysaccharides (celluloses, hémicellulose, pectine) des gommes, des mucilages, de la
lignine, contenus dans les légumes. Les fibres provoquent un ralentissement net de
la montée glycémique post absorptive ; elles réduisent la triglycéridémie et
augmentent le HDL-Cholestérol antiathérogène ; elles augmentent le ballast en
fixant l’eau, ce qui régularise le transit.
Les Edulcorants : Des nombreuses molécules développées, seuls les acides aminés
sucrants semblent avoir une innocuité assurée. La seule crainte pourrait venir du risque
d’accroître les calories d’accompagnement car le goût sucré stimule l’appétit.
154
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Les produits
La saccharine (SUCRELASE*) a un arrière goût amer.
Les Cyclamates : (SUCARYL*, mélange de cyclamate et de saccharinate). Ils
seraient tératogènes.
L’Aspartam : C’est le meilleur édulcorant actuellement sur le marché. C’est le seul
dont l’innocuité est prouvée, encore que l’on parle d’une éventuelle action
cancérigène. Il s’agit de deux acides aminés : Acide Aspartique et ….
Les produits sont : CANDEREL*, D. SUCRIL*
Ces substances ont un pouvoir sucrant presque 300 fois supérieur au saccharose.
Généralement, un comprimé d’édulcorant équivaut à 1 ou 2 morceaux de sucre de 5 g.
Leur teneur en glucides assimilables est nulle et leur pouvoir calorique nul ou
négligeable.
155
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Au total : La diététique doit :
– consister le plus possible en repas mixtes c'est-à-dire contenant glucides, lipides,
protides.
– faire grossir le diabétique maigre : jusqu’à son poids normal bas : (régime hypo
glucidique hypercalorique)
– maintenir le poids du diabétique de poids normal (régime normo calorique,
légèrement hypo glucidique)
– faire maigrir ou stabiliser l’obèse : (régime hypo glucidique et hypocalorique). Le
traitement de ce diabétique revient alors à celui de l’obésité. Mais des régimes
très hypocaloriques (1200-800 cal) ne peuvent être suivis qu’en milieu hospitalier
et seulement pour un temps. Bien souvent le régime suffit à faire disparaître le
diabète chez l’obèse.
II – LE TRAITEMENT MEDICAMENTEUX
A - INSULINOTHERAPIE
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support le zinc associé à la protamine (NPZ, IPZ), Voie SC exclusive. Elles sont mal
adaptées aux variations des apports glucidiques au cours de la journée. Effet : 1 h 30
à 4 h après l’injection et plateau de 8 à 20 h avant de disparaître progressivement
jusqu’à la 24è h. Les ultra lentes agissent plus de 30 h.
Des analogues –retard sont actuellement mis sur le marché (Lantus*, Levemir*).
N.B Les insulines à action intermédiaire et longue ne sont habituellement pas utilisées
seules, mais en association avec une insuline (ultra) rapide pour couvrir la période de 1 à
4 h qui suit l’injection.
Les insulines d’action bi phasique associent en proportion fixe une insuline rapide en
solution permettant une action initiale immédiate et une insuline NPH en suspension
assurant l’effet prolongé. En faisant varier les pourcentages respectifs d’insuline
rapide et NPH, on dispose d’une gamme étendue d’insuline pré mélangées.
Sont aussi disponibles dans certains pays des insulines pré mélangées associant, dans
des concentrations variables, de l’insuline aspart ou des insulines Lyspro à du NPH.
N.B : Les délais et durées d’action signalés sont très théoriques et peuvent être variables
d’un sujet à l’autre.
Les mélanges extemporanés: Lorsqu’on ne dispose pas d’insuline bi phasique c.à.d.
pré mélangée, on peut être amené à utiliser deux insulines différentes par leur durée
d’action (rapide et intermédiaire ou rapide et lente). On peut les recueillir, donc les
mélanger de façon extemporanée dans la même seringue, ce, afin d’éviter au malade
de se piquer deux fois au même moment. Pour ce faire, prendre la précaution :
– de toujours prélever en premier l’insuline ordinaire ou rapide, ensuite piquer le
flacon d’insuline retard et prélever cette dernière. Autrement dit, ne jamais
introduire une insuline lente dans un flacon d’insuline rapide ; (ceci dénature
l’insuline rapide). Injecter de suite ce mélange.
– de vérifier que les deux insulines sont compatibles. Toutes les insulines d’un
même fabricant sont compatibles entre eux. Il est donc recommandé de choisir ses
insulines dans la même marque
158
MCA BALAKA A. Cours Diabète
L’avenir :
Les insulines inhalées, encore en phase d’études cliniques, semblent montrer une
efficacité proche de celle de l’insulinothérapie par multi injection dans le diabète de type
1 et 2. La tolérance respiratoire est excellente. La consommation de tabac et
l’insuffisance respiratoire chronique seront néanmoins des contre-indications de principe.
Répartition :
Bien des techniques de traitement ont été utilisées. Elles visent toutes à obtenir le
maximum de confort (c'est-à-dire le moins d’injections possible) pour le maximum
d’efficacité (c'est-à-dire le meilleur contrôle glycémique). Les deux objectifs sont
159
MCA BALAKA A. Cours Diabète
contradictoires. Il existe une technique pour un diabétique donné, mais pas de technique
idéale pour tous les diabétiques.
La répartition de l’insulinothérapie doit être étudiée non seulement en fonction des
besoins théoriques (0,4 à 0,9 U/Kg avec une moyenne de 0,8 U/Kg/j) mais aussi en
fonction de l’activité du sujet et de son alimentation. Voici les schémas les plus
courants :
Mais du fait du délai d’activité, les insulines intermédiaires ne couvrent pas bien la
période post prandiale précoce (celle du petit déjeuner et du dîner). On doit rajouter à
l’insuline intermédiaire de l’insuline d’action rapide, (Actrapid*, Orgasuline*,
Umuline* rapide : 4 à 8 U en moyenne au petit déjeuner et 4 à 6 le soir au dîner); les
deux insulines sont à prendre dans la même seringue.
160
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Pour le confort du diabétique, il est mieux de prescrire des insulines pré-mélangées,
prêtes à l’emploi : Mixtard*). Les mélanges sont en proportion variables 20, 30, 40,
ou 50 % d’insuline rapide.
Ce schéma est valable pour le DT1 mais le malade peut encore couvrir le repas de midi
avec une insuline rapide ou un analogue rapide.
161
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Qui mettre sous insuline ?
L’hypoglycémie.
C’est l’accident le plus fréquent, toujours lié à un excès absolu ou relatif en insuline.
Le patient doit être éduqué pour pouvoir reconnaître les symptômes ;
Les facteurs déclenchants sont le repas sauté, l’effort physique sans diminution des
doses d’insuline, l’absence d’auto surveillance,
162
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Les signes les plus fréquents sont les modifications du comportement (agressivité,
apathie, comportement aberrant), les sueurs, les troubles visuels, le tremblement, le
dérobement des jambes,
Le traitement consiste en l’administration par voie orale de 15 g de sucre (3 morceaux
par exemple) ou, si le patient ne peut avaler, 1 injection de glucagon Novo*, 1 mg par
voie IM. En cas de coma, l’injection de 1 à 2 ampoules de 20 ml de sérum glucosé à
30 % sont en général suffisants. Dans tous les cas le patient sera alimenté dès son
réveil et rééduqué.
163
MCA BALAKA A. Cours Diabète
– Des allergies (douleur et rougeur aux points d’injection) qui disparaissent en
général après changement d’insuline ; elles sont devenues exceptionnelles.
– Des lipodystrophies : Ce sont des lésions du tissu sous-cutané formant soit des
creux, soit des dépôts lipidiques ou encore des nouures indurées ou des dépôts
lipidiques. Ces zones modifient le mode de résorption de l’insuline, ce qui
déséquilibre le diabète.
Elles sont dues au fait que les injections sont faites toujours au même endroit (d’ où la
nécessité de varier les zones d’injections). Elles sont devenues exceptionnelles avec les
techniques d’injection et les insulines actuelles.
Incidents de l’injection
– Saignement par blessure d’un petit vaisseau,
– Douleur : L’injection est trop superficielle, ou il y a de l’alcool dans la seringue (à
usage unique recyclée),
– Injection d’une dose trop importante : risque d’hypoglycémie,
– Oubli : Hyperglycémie,
– Abandon : Cétose.
SURVEILLANCE
Elle est deux types : par le malade et par le médecin
165
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Modalités pratiques et techniques
2. Méthodes d’injection
Elles ont beaucoup progressé : on dispose des seringues et de stylos à insuline et de
pompes portables à insuline.
a) Les seringues : elles sont légères, avec de petites aiguilles serties très fines et très
courtes, (8 à 12,7 mm de long); graduées à 100 U/ml.
On dispose sur le marché de seringues de: 1 ml graduée de 0 à 100U, de 0,5ml (0 à 50
U) et de 0,3 ml graduée de 0 à 30U. Les seringues de 0,5 ml et de 0,3 ml sont plus
précises pour servir de petites quantités d’insuline. Il faut les préférer quand la dose
d’insuline à injecter n’est pas supérieure à 50 unités.
166
MCA BALAKA A. Cours Diabète
N.B. :Les seringues bien que à usage unique peuvent être recyclées. Il suffit de les
garder dans un flacon d’alcool ou simplement au réfrigérateur, bien refermées après
utilisation. Bien laisser sécher l’alcool avant réutilisation pour éviter la douleur du à la
pénétration d’alcool dans la brèche cutanée lors de l’injection.
b) Les stylos à insuline : Ils ont permis de prescrire plus facilement des multi injections.
Ils sont très précis et évitent les erreurs de dose. Certains vont de 1à1 U, d’autres de 2 à
2U.
On distingue encore les stylos rechargeables ; ils se vendent avec des jeux de cartouches
d’insuline, et les stylos non rechargeables donc à jeter une fois leur contenu épuisé. La
cartouche fait 3ml et 100U/ml, soit 300U/ cartouche. Les stylos sont très pratiques. Ils
n’ont pas besoin de conditions de conservation particulière
3. Lieux d’injection :
- Avant-bras : Face antérieure, 9 points de haut en bas,
- Cuisse : Face antérieure, 8 points sur 4 rangées,
- Abdomen : Région sous ombilicale : 4 points sur 4 rangées à G et à D de la
ligne médiane.
- Flancs.
NB- Le site influence la vitesse de résorption de l’insuline. Elle est rapide dans
l’abdomen, intermédiaire aux avant bras et lente aux cuisses.
167
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Tableau XIV : Insulines rapides et retards en France
168
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Tableau XV : Les insulines pré mélangées d’action intermédiaire en France
Mixtard : 10 et 20 - +
30 + +
40 et 50 - +
Umuline Profil : 10 - +
20, 30, 40 + +
Insuman : 15/85 + +
25/75 + +
50/50 + +
§le (premier) nombre du nom de spécialité indique le pourcentage d’insuline rapide
+Organon Novo - Nordisk Lilly Eli Aventis
A- LES BIGUANIDES
La Metformine est le seul médicament oral à avoir fait la preuve en monothérapie d’une
réduction de la mortalité cardiovasculaire dans le DT2. Il n’entraine pas de prise de poids
et peut même contribuer à la perte de poids ou à la stabiliser lorsqu’elle est associée à un
autre traitement favorisant une prise de poids, y compris l’insuline.
Pharmacologie
Absorption lente. Action à partir de la 3è heure. Ils ne sont pas liés aux protéines et ne
sont pas métabolisés. La demi-vie plasmatique est de 2 heures. L’élimination se fait par
les reins et les fèces.
170
MCA BALAKA A. Cours Diabète
On dispose en France, essentiellement de la metformine (Glucophage) mais en
Allemagne et en Belgique, on utilise également la Butformine.
Les indications
Ce sont les diabètes avec surpoids, chez lesquels la prescription diététique ne permet pas
d’obtenir une normoglycémie, DT2 de poids normal et non équilibré par le régime.
Les biguanides sont utilisés en complément de l’insulinothérapie dans le DT1.
Les contre-indications
Insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, insuffisance rénale, insuffisance
hépatocellulaire, infarctus du myocarde récent, âge supérieur à 65 ans.
Mode d’administration
On prescrit souvent les formes d’action retardée (Glucophage Retard) 1 comp matin et
soir. Les comprimés doivent être pris au moment du repas, jamais à jeun du fait de leur
mauvaise tolérance digestive.
Incidents et Accidents
Les biguanides ne provoquent pas d’hypoglycémie. En revanche, ils provoquent :
- Des troubles digestifs (nausées, flatulence, diarrhée) qui peuvent obliger à arrêter
le traitement. En cas de diarrhée, donner des poudres inertes (attapulgite par
exemple) et en cas de nausées donner des antiémétiques (Métoclopramide,
Métopimazine etc.…). En cas d’insuccès : arrêter les biguanides.
- L’acidose lactique : C’est l’accident le plus sévère bien que rare. Il est favorisé par
l’ischémie tissulaire et surtout les insuffisances : rénale, hépatique, cardiaque et
respiratoire.
171
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Les médicaments :
TABLEAU XVI: BIGUANIDES
B- LES INSULINOSECRETEURS
On distingue les Sulfamides et les Glinides
Les médicaments
Ce sont des produits dont le mode d’action essentiel est identique : Ils stimulent tous
l’insulinosécrétion, ce qui explique leur pouvoir hypoglycémiant. Ils sont d’autant plus
actifs qu’il reste des cellules actives dans le pancréas. Ils sont capables de normaliser ou
de réduire l’hyperglycémie des DT2 sans ou avec surpoids. Ils diminuent l’HbA1c de
172
MCA BALAKA A. Cours Diabète
1% à 1,5%. Ils réduisent les complications microangiopathiques oculaires et rénales, ceci
en proportion de l’abaissement de l’HbA1c.
En cas d’inefficacité d’un sulfamide à dose maxima, il n’y a aucun bénéfice à essayer un
autre sulfamide. Il n’est pas rationnel d’associer plusieurs sulfamides entre eux ou avec
un glinide.
Les sulfamides hypoglycémiants sont liés aux protéines à 90 % ; dégradés par le foie, ils
sont éliminés par les urines sous forme inactive. Le pic moyen de concentration sanguine
se situe entre la deuxième et la quatrième heure.
Les indications : Ce sont les DT2 de poids normal ou avec peu de surpoids, non
équilibrables par la diététique seule, chez lesquels existe une diminution de
l’insulinosécrétion.
Les modes d’administration : On utilise des doses progressives, prescrites avant les
repas, en sachant ne pas dépasser la dose maximale (3 comprimés par jour quel que soit
le produit).
173
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Précautions d’emploi
- Insuffisance rénale : Augmentation de la demi-vie des molécules et du risque
d’hypoglycémie,
- Insuffisance hépatique
- En limiter l’utilisation chez les sujets âgés en raison de la gravité des hypoglycémies,
- Ne pas en prescrire pendant la grossesse.
- Au delà de 70 ou 75 ans, être très prudent. Mieux vaut ne pas en prescrire.
Incidents, accidents
* On distingue de rares incidents allergiques (rashs cutanés, Lyell),
* Sanguin : Agranulocytose, leucopénie, thrombopénie,
* Hépatique : Ictère cholestatique,
* L’accident de loin le plus fréquent et parfois sévère est l’hypoglycémie (20% des
patients). Elle est favorisée par l’absence d’autocontrôle, un effort physique important,
un repas sauté, l’absorption importante d’alcool ou d’aspirine, d’anticoagulant, de
sulfamides antibactériens et de médicaments potentialisateurs comme le
dextropropoxyphène, le fluconazole, les Inhibiteurs de l’enzyme de conversion.
Les hypoglycémies sous sulfamides hypoglycémiants sont plus graves et plus prolongées
que celles observées sous insuline. C’est pour cela que l’on doit éviter les molécules à
demi longue.
Les glinides également sont des insulinosécréteurs d’action plus rapide et de plus courte
durée. Leur pouvoir hypoglycémiant est proche de celui des sulfamides. Leur association
avec ceux- ci ne présente aucun bénéfice par rapport à l’usage de chacun séparément à
sa dose maximale efficace.
Risques : La fréquence des hypoglycémies est plus faible que sous sulfamide.
Les glinides ne sont pas contre indiqués en cas d’insuffisance rénale. Mais une grande
prudence est toujours de mise ; donner des doses très progressivement croissantes.
174
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Indication : les glinides renforcent l’insulinosécrétion postprandiale endogène. Ils
trouvent leur indication majeure dans la suppression des pics d’hyperglycémie post
prandiale dont on connait le rôle délétère sur l’HbA1c.
Risques :
- prise de poids moyenne de 2 à 4 kg, parfois plus en cas d’association avec
l’insuline.
- œdèmes par rétention hydrosodée chez 3à 9% des patients.
175
MCA BALAKA A. Cours Diabète
- augmentation des décompensations cardiaques (IC) par hypertrophie cardiaque ;
par conséquent l’Insuffisance cardiaque est une contre indication formelle.
- association avec l’insuline : risques d’Œdèmes et IC ; donc CI.
- risque carcinogène : colon, vessie etc, chez l’animal.
L’Acarbose ou GLUCOR*
Les oligo et polysaccharides alimentaires doivent être transformés en monosaccharides
par les glucosidases contenues dans la salive, le suc pancréatique et la bordure en brosse
des cellules intestinales. L’acarbose est un tétra polysaccharide d’origine microbienne
qui inhibe les amylases et les maltases (alpha glucosidase) au niveau de la bordure en
brosse des cellules intestinales. Elle diminue ainsi la dégradation des hydrates de
carbones en monosaccharides absorbables. Ils ralentissent l’absorption intestinale des
glucides alimentaires complexes. Leur pouvoir hypoglycémiant est de l’ordre de -0,5 à -
1% d’HbA1c. De ce fait, l’acarbose diminue l’hyperglycémie post-prandiale sans
entraîner d’hyperinsulinémie ni de modification de poids. La prise d’acarbose avant les
repas (50 à 100mg) diminue le pic glycémique postprandial en étalant l’absorption des
glucides. La dose maximale est de 100mg trois fois par jour.
Indication
L’acarbose peut être prescrit chez le diabète type 1 et type 2 en complément du régime
et ou en association aux autres traitements antidiabétiques.
176
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Effets secondaires
Peu d’inconvénients aux doses usuelles. Les effets secondaires sont digestifs et fréquents,
mais sans gravité ; On note chez 30% des patients une flatulence liée à la fermentation
des sucres non digérés par la flore colique, un inconfort intestinal et de la diarrhée, qui
diminuent au cours du traitement. En cas de persistance arrêter le traitement.
Elévation modérée et passagère des transaminases. En cas de persistance : arrêt
N.B. Les hypoglycémies sous acarbose doivent se traiter uniquement par du glucose, les
autres sucres étant mal absorbés.
Pharmacocinétique :
L’acarbose est peu absorbée. Le produit a une biodisponibilité d’environ 1 %. La demi-
vie d’élimination par voie orale est de 6 à 8 heures. Dans les fèces, on retrouve 51 % de
la dose administrée.
Contre-indication
Hypersensibilité à l’acarbose.
Enfant de moins de 15 ans,
Insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine inférieure à 25 ml / mn par 1,73
m²),
Femme enceinte, allaitement,
Troubles de mal digestion et de mal absorption, ulcères intestinaux.
Précaution d’emploi
En cas d’hypoglycémie, ne pas donner de saccharose qui est un diholoside, qui ne sera
pas absorbé, mais uniquement du glucose.
177
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Posologie et mode d’administration
Commencer par 50 mg 3 fois par jour. Après 6 à 8 semaines, on peut porter à 100 mg 3
fois par jour rarement 200 mg 3 fois par jour. Les comprimés sont à avaler avec un peu
d’eau avant les repas ou croqués avec les premières bouchées.
Surdosage
Traitement symptomatique des troubles digestifs. Eviter de prendre des hydrates de
carbone pendant les 4 à 6 heures suivant le surdosage.
F - AUTRES MEDICAMENTS
1 - Le Benfluorex (MEDIATOR*)
C’est un hypolipémiant qui agit sur différents facteurs liés au risque athérogène,
- Sur le métabolisme lipidique : Diminution de l’absorption intestinale des
triglycérides par diminution de l’activité de la lipase pancréatique, diminution de
la synthèse hépatique des triglycériques et du cholestérol, diminution de la
stéatose hépatique constatée chez les diabétiques obèses.
- Sur le métabolisme glucidique : Augmentation de la pénétration cellulaire et de
l’utilisation du glucose, diminution de l’hyperglycémie lors de l’HGPO,
diminution de la glycémie post prandiale.
- L’action ne semble pas faire intervenir l’insulinosécrétion.
Absorption intestinale rapide et totale en 1 à 2 heures. Elimination en 8 heures, mais en
fait, l’effet est prolongé jusqu’à 36 heures.
Indications
Les mêmes que les biguanides (ne pas les associer). A noter : nausées, vomissements,
gastralgies, diarrhée, somnolence, vertiges. Mais la tolérance est meilleure que pour les
biguanides, avec en plus les avantages sur les lipides.
178
MCA BALAKA A. Cours Diabète
Posologie
3 comprimés par jour d’emblée ou progressivement (1 comprimé au dîner pendant une
semaine, 1 comp au déjeuner et au dîner pendant 1 semaine, puis 1 comp. au petit
déjeuner 1 au déjeuner et 1 au dîner à partir de la 3è semaine.
G- Association d’ADO
Il est licite d’associer les ADO les uns aux autres quand l’effet hypoglycémiant n’est pas
obtenu avec la dose maximale de l’un et ou de l’autre produit. Ainsi les sulfamides et
biguanides sont souvent associés. On peut ajouter à l’un ou à l’autre ou aux deux un
inhibiteur des alpha –glucosidases.
179
MCA BALAKA A. Cours Diabète
On parle d’échec secondaire ou échappement aux ADO quant la glycémie reste
chroniquement supérieure aux objectifs fixés, alors qu’un régime alimentaire est par
ailleurs bien suivi et les comprimés utilisés à dose maximale. Cet échec est dû à
l’épuisement progressif de la sécrétion d’insuline par les cellules B. L’ HbA1c est
chroniquement supérieure à 8 %. Le malade devient alors insulinoréquérant.
NB : Chez le diabétique de type2 obèse, en cas d’échec des associations d’ADO, on peut
envisager un amaigrissement par jeûne protidique qui consiste à ne consommer que des
protéines animales en dehors de tout apport glucidique. L’efficacité de cette cure est
souvent remarquable. La glycémie diminue rapidement obligeant à réduire la posologie
des ADO. La glucotoxicité est améliorée de même que l’insulinorésistance.
Sinon on peut utiliser l’Orlistat (Xenica *l) qui donne de très bons résultats : après deux
ans, 30% de la graisse est résorbée.
CONCLUSION : Les médicaments oraux du diabète ne sont que des adjuvants à court
terme et leur emploi ne doit pas entraîner un relâchement vis-à-vis de la diététique et de
l’exercice physique. Au cas où leur utilisation à dose maximale en monothérapie ou en
association n’améliore pas l’équilibre glycémique, l’insulinothérapie s’impose. Il ne faut
pas hésiter à insuliner les malades malgré leur fréquente réticence, sous peine de se
retrouver devant une microangiopathie évolutive.
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MCA BALAKA A. Cours Diabète