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Initiation à la Construction Bois au Cameroun

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

------------ -----------
PAIX – TRAVAIL – PATRIE PEACE – WORK – FATHERLAND
------------ ------------
MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS MINISTRY OF PUBLIC WORKS
------------ ------------

INITIATION A LA
CONSTRUCTION BOIS

Par

FRU NKAH VALENTIN


Enseignant à l’ENSTP

Année Académique 2023-2024


CHAPITRE 1

GENERALITES SUR LE MATERIAU BOIS

I-1 DEFINITION ET ORIGINE DU BOIS


Bois (matériau), substance compacte qui constitue le tronc des arbres, formé de
fibres, de cellules et parfois de vaisseaux drainant la sève, utilisé depuis des milliers
d'années comme combustible et comme matériau de construction.

Ces arbres proviennent des forêts. Ils sont constitués de trois parties
essentielles ; à savoir : -la racine (partie enterrée), - le fût ou le tronc plus ou moins droit
(d’où proviennent les bois) - et les branches et feuilles.

La forêt du Bassin du Congo en Afrique centrale est le deuxième massif forestier


tropical après la Forêt amazonienne. Elle couvre plus de 330 millions de hectares et est
partagée entre 6 pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Congo-
Kinshasa, le Gabon et la Guinée équatoriale.

La forêt camerounaise, sur le plan étendue, est la deuxième plus grande forêt
d’Afrique avec plus de 23 millions d’hectares. Mais, d’après un rapport sur l’Etat des
forêts en 2011, le Cameroun a perdu 19% de ses forêts en 20 ans, avec un déclin annuel
moyen de 0.9%, soit 220 000 hectares.

On distingue quatre types de forêts au Cameroun :

Forêts denses : 19.091.044 ; Forêt dense et humide 18.640.192 ; Forêt de transition :


194.638 ; Forêt de montagne : 28.396 ; Mangroves : 227.818.

Sur le plan du potentiel, elle renferme plus de 300 espèces commercialisables,


dont une soixantaine seulement fait l’objet d’une exploitation régulière. Le potentiel
exploitable sur la base des conditions actuelles du marché du bois s’élève à environ 750

2
millions de m3 dont la moitié appartient à la région de l’Est et le reste à celle du Centre,
Sud, Littoral et le Sud-Ouest.1

I-2 LOI CAMEROUNAISE SUR L’EXPLOITATION DU BOIS


Les forêts Camerounaises sont régies par la loi n° 94/01 du 20 Janvier 1994
portant régime des forêts, de la faune et de la pêche et le décret n° 95/531/PM du Août
1995 fixant les modalités d’application du régime des forêts et modifié par le décret n°
2000/092/PM du 27 Mars 2000. Ces derniers, tout en encourageant l’exploitation
rationnelle des forêts assurent la protection de la Biodiversité et de la nature. Ces textes
fixent les conditions d’exploitation, d’exportation et d’importation de tout matériel
génétique forestier.

La loi n° 94/01/PM détermine les différentes catégories de forêts Camerounaises,


leurs conditions d’aménagement, les dispositions financières et fiscales qui leur sont
applicables ainsi que les modalités de la promotion et de la commercialisation du bois et
des produits forestiers.

I-3- COMPOSITION CHIMIQUE DU BOIS


La composition centésimale massique du bois est comme suit : Carbone : 50% ;
Oxygène : 42% ; Hydrogène : 6% ; Azote : 1% ; et autres (silice, phosphates,
potassium, calcium) : 1%.

La composition essentielle du bois est : Cells (C6H 10O5) : 40 à 50% et la


Lignite : 25 à 35%

I-4- STRUCTURE DU BOIS


La coupe transversale du bois met en évidence des zones distinctes qui sont, de
l’extérieur vers le centre :

3
Coupe transversale d’une bille

Liège
Ecorce
Liber

Cambium
Aubier
Aubier

Duramen Bois parfait

 L’écorce ou Suber (GB : bark) enveloppe protectrice imperméable de tissus


cellulaires plus ou moins élastiques ; la structure de l’écorce varie beaucoup selon les
espèces et essences d’arbres. Ses tissus, morts à l’extérieur, composent le liège ; au-
dessous, le liber est une couche de cellules vivantes ; le liber comporte de nombreux
vaisseaux par lesquels circule la sève de l’arbre, par capillarité.

4
 L’aubier,(biais) (GB : sapwood) : couche fibreuse plus ou moins épaisse de bois déjà
ferme mais inachevé dont la zone inerte se transforme, chaque année, en un cerne de
bois parfait ; sa couche externe est le cambium, qui génère les cellules d’aubier.
L’aubier a une couleur souvent distincte de celle du bois ; il est plus tendre et,
surtout, sujet aux attaques des champignons et des insectes xylophages : on doit
donc l’éliminer des bois d’œuvre.

 Le duramen (GB : heartwood) : ou bois parfait, ou cœur, composé de cernes


concentriques de cellules soudées et compactes, plus ou moins nettement différenciés
en couches de bois de printemps, plus tendre, et de bois d’été, à grain plus serré et
souvent plus coloré. Les cellules du bois parfait sont des cellules mortes, imprégnées
de matières qui assurent leur conservation et leur cohésion,

 La moelle, (GB : Pith) : au centre du cœur, matière spongieuse qui disparaît avec
l’âge, laissant un canal tubulaire vide cerné de bois très dur, auquel le langage courant
donne, de façon erronée, le nom de cœur.

I-5- CLASSIFICATION BOTANIQUE


Sur le plan systématique (botanique), on peut de façon générale regrouper les bois
en deux grandes classes : les essences résineuses classées dans les gymnospermes qui
signifie "graine nue" ; et les essences feuillues classées dans les angiospermes qui ont
des graines protégés par des fruits.

Les feuillus sont des arbres produisant des feuilles bien développées, par
opposition aux conifères ou résineux dont la forme des feuilles est réduite à des
aiguilles.

En Europe occidentale par exemple, la plupart des feuillus sont des arbres à
feuillage caduc ou décidus ( ), c'est-à-dire qui perdent leurs feuilles en automne. Mais
certains gardent leur feuilles toute l’année, on parle de feuillus persistants. ( le houx, le
laurier, ou le chêne vert (Quercus ilex) ;

5
De la même façon, il existe des gymnospermes qui perdent leurs aiguilles : le
Mélèze Larix spp. est le plus connu, tout comme le Cyprès chauve Taxodium distichum.

I-6 DEFAUTS SUR LE BOIS


Les différents défauts sur le bois qui peuvent être dus aux accidents, aux vices de
croissance, à un séchage trop rapide ou inégal ou même les défauts de structures et
d’aspect sont présentés par les figures-ci-dessous.

Cœur excentré Blessure (mal Gélivures Lunure ou ‘‘double


cicatrisé) aubier’’

Cadranure ou Roulures Fil tors Bois rebours


Cœur étoilé ( en hélice)

gerçures Nœuds : Adhérent ou Contrefil (bois exotique)

6
Broussin (surface Fente de bout (de séchage) et deux façons d’éviter ces
rugueuse) fentes
Ou loupe (surface lisse)

I-7 NOMINATION DES BOIS


De façon générale et dans les cas des bois d’Afrique, chaque essence est
identifiée par son nom local, son nom commerciale et son nom scientifique.

Nom Local Nom Commercial Nom scientifique


M'bel PADOUK Pterocarpus soyauxii
Assié, sapelli SAPELLI Entandrophragma cylindricum
Ayous AYOUS, OBECHE, SAMBA triplochiton scleroxylon
Bongossi AZOBE lophira alata
Koul BETE, MANSONIA, Mansonia altissima
Akondoc BILINGA Nauclea diderrichii
Bubinga BUBINGA Guibourtia demeusei

I-8 DEGRADATION DU BOIS


Le principe de dégradation du bois est double : un principe universel de
biodégradation, et un principe accidentel mais aussi très classique de dégradation
physique par le feu.

Dans le premiers cas, le bois est considéré comme une alimentation pour les
organismes vivants. On retrouve alors le principe de dégradation avec une équation
schématique proche de celle qui suit avec du bois, de l’oxygène, et plus un micro
organisme xylophage (qui mange le bois), qui donnera du dioxyde de carbone et de

7
l’eau avec de l'ATP (Adénosine Triphosphate, ), une molécule riche en énergie
chimique, utilisée universellement par les cellules pour stocker l'énergie :

( ) + + ⃗ + +

NB : L’activation de cette équation n’aura lieu que sur des bois proches de la saturation
des fibres.

Dans le deuxième cas, dégradation par le feu, le bois radicalement et rapidement


dégradé. L’équation proche s’écrit sous la forme :

( ) + + ⃗ + +é

Les agents de dégradation sont :

I-8-1 LES CHAMPIGNONS ET MOISISSURES :


Dans la pratique, on distingue les champignons destructeurs du bois et ceux qui
sont seulement à l’origine de modifications de couleur et d’aspect.
Parmi les destructions, on a :

Mérule (tâches sombres cernées Chancre ( bois mou et (Pourriture sèche)


de matière ouateuse) spongieux)

I-8-2 LES INSECTES XYLOPHAGES


Les insectes xylophages ont généralement une préférence pour l’un des trois états
du bois suivant : - bois vert ou sur pied ; bois saturé ou pourri ; le bois « sec ».

8
INSECTE XYLOPHAGE : LE CAPRICORNE DES MAISONS

Femelle
Gros vers blanc, aplati à l’avant, de 10 à
15 mm de longueur ; ses mandibules sont
apparentes

Galeries longitudinales, à parois


sculptées par les mandibules ; la surface du

Mâle Longueur 10 à 20 mm bois est légèrement soufflée, mais intacte.

Insecte brun noir, long et plat ; le dos du Sciure fine tassée et compacte, avec des
thorax comporte des protubérances déjections en boulettes. Trous ovales (env.
6x3 mm)
Cycle alvéolaire : 3 à 10 ans
Vie adulte : 1 à 2 semaines
Bois attaqués : attaque surtout les charpentes en bois résineux
Bruits caractéristiques : grignotement intermittent, souvent nettement audible

INSECTE XYLOPHAGE : LYCTUS OU LYCTE

Petit vers mou, en forme de virgule, non


velu, à tête dure

Galeries entrecroisées, obstruées de


Longueur 3 à 6 mm,
sciure fine et pulvérulente, sous une
Insecte brun-roux, dur , à corps allongé
pellicule externe intacte. Petis trous
et cylindrique ; petite boule à l’extrémité

9
des antennes. légèrement ovales, de 1 à 1,5 mm de
diamètre.

Cycle alvéolaire : 6 à 12 ans


Vie adulte : environ 10 jours
Bois attaqués : attaque surtout les bois feuillus, et certains bois tropicaux (acajou, sipo)
de mise en œuvre récente

INSECTE XYLOPHAGE : VRILLETTE

Petit vers blanc et mou, légèrement velu ;


le dernier élément du corps est
proéminent
Galeries en réseau serré, garnies
d’une sciure grossière, non tassée, qui
souvent s’écoule du bois par les trous de
Petite vrillette : 2 à 4 mm, sortie ronds : environ 2 mm (petite
Grosse vrillette : 6 à 9 mm vrillette) ou 3 à 4 mm (grosse vrillette).
Insecte brun, trappu, à tête cachée sous
un pronotum en capuchon

Cycle alvéolaire : 1 à 3 ans (selon température)


Vie adulte : 2 à 3 semaines
Bois attaqués : attaque tous les bois, feuillus ou résineux : charpentes, parquets,
ossatures, mobilier, etc
Bruits caractéristique : en période d’accouplement, appel des insectes adultes par des
coups réguliers sur le bois, d’où son nom d’horloge de la mort

10
INSECTE XYLOPHAGE : TERMITE

Le termite est le seul insecte qui se nourrit du bois


sous sa forme adulte, et non larvaire. Les mœurs e
l’organisation sociale des termites sont comparables à celles
Termite actif, dit
des fourmis. L’insecte actif ressemble à une fourmi
« ouvrier »
translucide ou blanchâtre, ou de la teinte du bois
consommé. Le termite ne se montre jamais à la lumière. Il
chemine depuis son nid (termitière), souterrain et extérieur
aux constructions, jusqu’aux bois qu’il attaque, soit par des
interstices et fissures internes aux matériaux durs. L’entrée
dans le bois se fait en général par les abouts encastrés dans
les maçonneries.
L’activité et le va-et-vient du bois à la termitière sont
incessants. Le termite attaque toutes les essences de bois
de charpente et de menuiserie jusqu’à leur destruction
totale, de l’intérieur, en ne laissant qu’une pellicule externe
intacte : d’où le danger, si la présence de termites n’est pas
détectée et combattue dès le début.
C’est le plus redoutable des xylophages, par la
rapidité des ravages.

11
INSECTE XYLOPHAGE : SIREX OU GUEPE DU BOIS ET VARIANTES

Ce xylophage hyménoptère, du fait qu’il s’attaque aux


bois sur pied et non aux bois en œuvre, n’est pas
dangereux pour les constructions ; nous le citons donc
pour mémoire, en tant que xylophage. C’est un insecte
ailé, dont le corps, jaune rayé de brun ou de bleu foncé,

Termite actif, dit « ouvrier » rappelle celui du frelon, ses deux paires d’ailes à
membrane ont une légèreté teint fumée. A l’arrière du
corps, une longue tarière sert à pondre les œufs dans les
interstices des bois résineux sur pied. La larve est un
gros ver blanchâtre annelé, de 2 à 3 cm, qui creuse des
galeries pendant 3 ans, avant de sortir par un trou
d’environ 6 mm

I-9 PROTECTION DES BOIS


La protection des bois désigne l’ensemble des traitements et techniques mis en
œuvre pour préserver les bois des dégradations par l’humidité, par les champignons et
par les insectes xylophages ; elle consiste soit en injections, soit en applications
superficielles de produits fluides fongicides et/ou insecticides. Elle dépendra donc de la
perméabilité du bois.
La protection du bois (GB : (wood préservation)) et les produits de traitement
font l’objet de normes, dont :
- NF B 50-100 à 50-102 (risques et traitement des ouvrages) ;
- NF T 72-050 à 72-086 (produits de préservation) ;
- NF X 40-002 (vocabulaire) ;
- NF X 40-100 à NF X 40-102 (Evaluation, identification et étiquetage des
produits) ;

12
- NF X 40-500 (préservation des bois dans la construction) NF X 40-501
(protection contre les termites) ;
- NF X 41-522 à 41-580 (Essai d’efficacité) ;

I-10 SECHAGE DES BOIS


Après leur débit, les bois doivent subir un séchage qui amène leur taux
d’humidité au niveau voulu pour qu’ils soient commercialisables et utilisables. Le
séchage est :
 Soit naturel, par exposition à l’air libre des bois empilés de telle sorte que l’air
puisse circuler entre les pièces ou plateaux. Ce séchage a l’inconvénient d’être très long
( de l’ordre de six mois à un an par cm d’épaisseur, selon les bois),
 Soit artificiel, pour accélérer le processus ; les principaux procédés sont :
- L’étuvage en vastes caissons à circuits de vapeur basse pression, durant 3 à 8
jours,
- La ventilation par la circulation d’air chaud, dans un local fermé spécial, ou
séchoir ; une variante est le séchage à l’ozone, dans lequel les courants d’air sont
chargés d’ozone, qui a pour effet de détruire les micro-organismes.

I-11 DEBITS DE BOIS

I-11-1 DEFINITION
C’est la coupe longitudinale des billes de bois en éléments d’épaisseur ou de
sections qui les rendent manipulables et utilisables soit tels quels, soit pour des
transformations par usinages. On distingue :
- le débit premier, consistant à scier les billes en plateaux, soit sur plots, soit sur
dosses (ou cercles annuels), soit pour des bois de qualité, sur quartier, sur faux-
quartier ou sur maille ;
- et le débit second qui consiste à refendre les plateaux et débits premiers en pièces de
sections rectangulaires admises par l’usage, les avivés, ou délignés parallèles.

13
I-11-2 DESIGNATION SUIVANT LES EPAISSEURS :
Feuilles : 8, 10, 12, 15, et 18 mm
Planches : 22, 26, 30, 35, 40 et 40 mm
Plateaux : 55, 65, 75, 80, 105, 120 mm

Débit sur mailles ou


Débit sur dosses
« sur quartier »
Débits en plots :
dosses (D) ; contre dosses
(CD) ;
Fausses dosses (FD) ;
faux-quartiers(FQ), quartier
(Q)
Débit dit hollandais Débit dit approximatif
sur maille

Déroulage (bois déroulés) Tranchage (bois tranchés)

14
I-11-3 LES DEBITS LAMELLAIRES
Les sections usuelles (en mm) des débits seconds des bois indigènes et
tropicaux, avant corroyage, sont réalisées en fonction des besoins des entreprises et
suivant la région. Cependant, il existe un bon nombre de sections et de dimensions
commerciales :

Pour les débits en plot on a entre autres :


Nom Epaisseur courant en mm Utilisation
Les feuillets 7 ; 10 ; 13 ; 15 ; 18 ; 20 ; 22 Panneaux, lamellé-collé
Les planches 27 ; 34 ; 41 ; 45 Ménuiserie intérieure générale
Les plateaux 54 ; 65 ; 75 ; 80 ; 100 ; 120 Mesnuiserie extérieure ; escalier
Pour les bois avivés
Nom section
Latte 14x70 ; 14x4 ; 12 x 50 ; 12x30
Chevron 75x105 ; 75 x 75 ; 75 x 65 ; 75 x 55
Bastaings 75x185 ; 65x165 ; 55 x 155
Madrier 75 x 225 ; 75 x 205 ; 105 x 225
Poutre/poteaux 125x125 ; 150x150 ; 200x200 ; 225x225.
Planche d’échafaudage 40x225 ; x 40 x 205
Frises 22x155 ; 18x155 ; 15x155 – 26x105
Voliges 26x105 ; 18x105 ; 12x105
Solivette 32 x 150 ; 38 x175 ; 38 x 200

15
I-12 DIFFERENTS TYPES DE BOIS RECONSTITUES

I-11-1 DEFINITION

- Il peut être assemblé en des formes et des tailles diverses ;

CLASSIFICATION DES ESPECES D’ARBRES EXPLOITES SELON LEUR


DOMAINE D’EMPLOI

NOM NOM CARACTERISTIQUES


DOMAINE D’EMPLOI
COMMERCIAL LOCAL GENERALES
CHARPENTES LOURDES
Poutres et poteaux exposés, AZOBE BONGOSSI Bois très lourd et difficile à
couvertures des caniveaux, platelage DOUSSIE EDOUSSE travailler
massif NIOVE MBONDA
ATUI ATUI Facile à travailler
Parquet massif, marches des TALI ELOUN
escaliers. MOABI NJABI Très bel aspect extérieur
PADOUCK MBEL
CHARPENTES LEGERES
IROKO IROKO Grande durée de vie
Très exposées,
EKOP ROUGE ANDOUNG
Charpentes courantes Bois courant
KOSSIPO ASSIE
FRAMIRE LIDIA
Bois à traiter contre les
LIMBALI EKOBEM
insectes.
AYOUS OBECHE

DOMAINE D’EMPLOI NOM NOM CARACTERISTIQUES


COMMERCIAL LOCAL GENERALES
COFFRAGE
AYOS OBECHE
EKOP BLANC ANDOUNG Bois plus utilisés
LIMBA AKOM
MENUISERIES
Extérieurement exposé IROKO IROKO Très résistant, facile à

16
travailler
ATUI ATUI
SIPO ASSIE
Bois les plus courants, travail
SAPELLI SAPELLI
Normalement exposé facile, bonne stabilité
MAKORE OKOLA
dimensionnelle.
DIBETOU BIBOLO
BILINGA BILINGA
Bois très durs, résistants,
Massive et décorative BUBINGA BUBINGA
beaux et coûteux.
MOVINGA EYEN
OKOUME
Intérieures à traiter LIMBA AKOM Bois à traiter absolument
ACAJOU NGOLLON
FINITIONS INTERIEURES
AYOUS OBECHE
ILLOMBA ETENG
ABURA ELILOM Bois à traiter et à peindre
OLON BONGO
AMIEM EKOUK
AMEUBLEMENT
BETE KOUL
Facile à travailler et bonne
MAKORE OKOLA
finition
BOSSE
BUBINGA BUBINGA Bois précieux, très
BILINGA BILINGA recherchés.

17
CHAPITRE II :
PROPRIETES DU MATERIAU BOIS

II-1 PROPRIETES PHYSIQUES DU BOIS

II-1-1 L’HYGROSCOPIE
La teneur en eau du bois notée w, également appelé taux d’hygroscopique ou taux
d’humidité, est définie comme étant le rapport entre la masse d’eau contenue et la
masse de bois à l’état sec.


= 100

Avec : mw : masse à l’état humide ;


m0 : masse à l’état anhydre (w = 0%) ;
mw - m0 : masse d’eau contenue dans le bois.

Note : l’état anhydre (w=0%), il n’y a ni eau liée ni eau libre dans le bois ; il ne reste
que l’eau de constitution.

L’eau liée (0% < w < 30%) : c’est l’eau liée au bois par l’intermédiaire d’une liaison
hydroxyde disponible (-OH) des cellules ou de la lignine ;

Le point de saturation des fibres (PSF) (wPSF =30%) : c’est le point particulier,
variant d’une essence à l’autre ;

L’eau libre : (w > 30%) : cette eau remplit les pores du bois et ceci ne peut commencer
qu’après le PSF.

La norme NF B 50-003 stipule qu’un bois du commerce est mi-sec, si son taux
est compris entre 22%, et d’humidité ambiante de saturation ; sec, entre 17 et 22% ; sec
à l’air, entre 13 et 17%, desséché, si le taux est inférieur à 13%. On détermine
l’humidité h d’un bois par la formule :

Remarque : Dans la nature, on suppose qu’un bois séché naturellement ne peut aller en
deçà de 15% d’humidité.
18
Le bois est un matériau hygroscopique signifie que son comportement
mécanique, électrique ou thermique dépend de son degré d’humidité.

II-1-2 LA VARIATIONS DIMENSIONNELLES ET DEFORMATIONS


Les variations dimensionnelles et les déformation sont dues aux variations
hygroscopiques du bois. Une des principales caractéristiques spécifiques du bois est la
variabilité de ses propriétés physique et mécanique.

II-1-3 MASSE VOLUMIQUE ET DENSITE

C’est l’une des propriétés les plus importantes de la caractérisation physique du


matériau bois. Elle est très liée aux propriétés élastiques, donc mécaniques du bois. La
masse volumique spécifique ρC de la matière ligneuse appelée aussi masse volumique
des parois cellulaires, ne varie pratiquement pas, quelle que soit l’essence.

= 1530 /

La masse volumique du bois varie très fortement en fonction des paramètres suivants :
- La teneur en eau (w);
- L’essence ;
- Les caractéristiques de croissance ;
- La texture
NB : La masse volumique du bois doit donc être donnée avec sa référence de teneur en
eau w .

Soit la masse volumique apparente à sec (w=0%) définie par :

= ,

La masse volumique à l’état humide avec une teneur en eau w est :

1+ 1+
= 100 = 100 ,
1+ 1+
100 100

19
II-1-4 DURETE

C’est la résistance du bois à la pénétration des outils. Les bois les plus denses sont
les plus durs et les bois les plus légers sont les plus tendres. la dureté des bois est à peu
près proportionnelle au carré de leur densité.

II-1-5 FISSILITE ET DILATABILITE

La fissilité est l’aptitude à se détacher en feuillets et la dilatabilité est le


gonflement à la chaleur, en général très faible en regard du gonflement à l’humidité) ;

Note : l'élasticité et la résonance de l'épicéa font de ce bois le seul matériau


adapté à la fabrication de la table d'harmonie d'un bon piano.

II-2 PROPRIETES MECANIQUE DU BOIS

II-2-3 CONTRAINTES RESISTANTES DES BOIS.


Le bois utilisé comme structure dans les constructions doit résister aux
contraintes qui lui sont imposées. Pour apprécier la capacité du bois à résister, on réalise
des essais appropriés comme pour l’acier.

II-3 DURABILITE ET CLASSES DE SERVICE

II-3-1 DURABILITE NATURELLE


Certaines essences de bois ont une plus grande résistance aux attaques des
champignons et/ou des insectes ou encore de l’humidité : c’est « la durabilité naturelle »
du bois.

II-3-2 CLASSE DE SERVICE


Dans le concept des classes de service des ouvrages, la notion de risque de
biodégradation donc de faible durabilité est prise en compte. Ces classes vont de un à
cinq. Du risque biologique le plus faible au risque le plus fort.

20
Classe de service 1 : Ouvrages protégés des intempéries. Il s’agit d’ouvrages où la
structure n’est jamais exposée à l’eau libre, ni même à un brouillard de vapeur
d’eau. Par exemple, les structures internes des bâtiments à l’exception des
salles d’eau (salle de bain, douche, …);
Classe de service 2 : Ouvrages partiellement protégés des intempéries. Sur ces
ouvrages, des éléments structuraux peuvent être en contact exceptionnellement
avec de l’eau libre, ou du brouillard de vapeur d’eau. C’est le domaine des
halles ouvertes, entrepôts, abribus, etc…
Classe de service 3 : Ouvrages exposés aux intempéries. Il s’agit de tous les ouvrages à
l’eau et à la pluie, comme les ponts, passerelles pédestres, terrasses et barrières
pour les parties hors sol, etc…
Au-delà de ces trois classes, regroupant les ouvrages du type bâtiment, on
considère également certaines constructions spéciales telles que :
Classe de service 4 : Ouvrages en bois en contact avec le sol, tels que potelets de
clôture, poteaux de lignes ou terrasse sur sol, etc…
Classe de service 5 : Ouvrages immergés tels que pieux marins, éléments structuraux
de port de plaisance, etc..
"Les structures doivent être assignées à l'une des classes de service" 1 à 3.

II-3-3 CLASSIFICATION DES BOIS DES REGIONS TROPICALES

Le tableau ci-dessous donne en fonction de leur durabilité naturelle par rapport


aux attaques les classes suivantes :

SITUATION DURABILITE ESSENCE


Très durable (20
Azobé, angélique, doussié, padouk
Au contact ans)
avec le sol Asamela, bilinga, bubinga, douka, iroko, kotibé,
Durable (12 ans)
moabi, niové, palissandre, teck, wacapou, wengé
Sans contact Extrêmement
Azobé, angelique, doussié, padouk
avec le sol et durable (illimité)

21
exposé aux Asamela, bété, bilinga, douka, iroko, grignon franc,
Très durable (20
intempéries kotibé, makoré, movingui, moabi, mutenye, niové,
ans)
ovangkol, palissandre, teck, tola, wacapou, wengé
Acajous, bossé, dibétou, framiré, kosipo, kouali,
Durable (12 ans) mengkulang, dark red meranti, ligth red meranti,
niangon, sipo, yang, zingana.
Aiélé, ako, andoung, avodiré, baboen, ekouné,
Peu ou pas eyoung, fromager, ilomba, koto, limba, yellow
durable meranti, white meranti, okoumé, olon, ovoga, ozigo,
ramin, samba, tiama.
Acajous, angélique, Asamela, Azobé, bété, bilinga,
bossé, bubinga, dibétou, douka, doussié, framiré,
grignon franc, iroko, kosipo, kotibé, kouali, makoré
Très durable mengkulang, dark red meranti, ligth red meranti,
Sans contact
moabi, movingui, mutenye, niangon, niové,
avec le sol et
ovangkol, padouk, palissandre, sapelli, sipo, teck,
partiellement
tola, wacapou, wengé, yang, zingana
abrité des
Yellow meranti, white meranti, okoumé, olon,
intempéries Durable
ovoga, ozigo, tiama
Assez durable Aiele, andoung, avodiré, eyong, limba
Ako, baboen, ekoune, fromager, ilomba, koto,
Peu durable
ramin, samba

Note : La résistance des bois peut être améliorée en les protégeant chimiquement contre
la détérioration. La méthode de traitement la plus efficace a longtemps été
l'imprégnation au créosote ou au chlorure de zinc. Cette méthode est toujours l'une des
plus efficaces. Cependant, de nouveaux produits, dont plusieurs contenant des composés
du cuivre, ont été introduits sur le marché. Le bois peut être protégé contre les
intempéries par des revêtements de surface appropriés, appliqués à la brosse, par
pulvérisation ou par immersion.

22
CHAPITRE III
ASSEMBLAGE BOIS

III-1 ASSEMBLAGE PAR POINTE

III-1-1 TYPES DE POINTES

Pointe lisse Pointe torsadée Pointe cannelée Pointe annelée

III-1-2 DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

Barre tendue
e
e
ee
a Bord chargé
c
c
c
a

b
Bord non chargé

23
Note :
 A défaut de savoir si la barre est tendue ou comprimée, on adopte ce dernier plan
de clouage.
 Les clous ne sont pas situés exactement sur ces lignes de répartition mais
légèrement à côté. On les désaxe en les plaçant de part et d’autre des lignes
théoriques afin d’éviter le fendage du bois.
Pour les pointes de diamètre d, on a : a  12.d ; b  5.d ; c  10.d ; e  5.d.

24
III-1-3 EFFORTS ADMISSIBLES

III-1-3-1 EFFORT ADMISSIBLE (daN) PAR POINTE LISSE EN SIMPLE


CISAILLEMENT

Conditions :
1. Le diamètre de la pointe n’excède pas 1/10 de l’épaisseur
du bois le plus mince ;
2. les valeurs du tableau supposent une longueur efficace de la
pointe (longueur incluse dans la pièce concernée) égale ou
supérieure à 8d;
3. pour les longueurs efficaces de pointe inférieure à 8d, on
doit réduire les valeurs des efforts admissibles au prorata de
cette longueur.
Diamètre de la pointe (mm)
2,1 2,5 2,7 3,0 3,3 4,4 4,9 5,4 5,9 6,4 7
15 21 25 31 37 66 77 89 102 115 132
Effort admissible (daN)

Efforts admissibles par pointe :


 Pour les pointes lisses : voir tableau ci-après
 Pour les pointes spéciales (torsadées, crantées, cannelées, etc…) demander les
préconisations au fabricant.
Important : pour des assemblages mixtes (boulon + pointes), si le diamètre des
boulons n’excède pas 12mm, la résistance des pointes peut être ajouté à celle des
boulons.

25
Effort admissible (daN) par pointe lisse en double cisaillement (la pointe traverse
les deux pièces)
Conditions :
1-Même conditions que pour le simple cisaillement
2-En outre, la pénétration de la pointe dans la troisième pièce
doit être au moins égale à 6d. ;
.

Diamètre de la pointe (mm)


2,1 2,5 2,7 3,0 3,3 4,4 4,9 5,4 5,9 6,4 7
30 43 50 60 69 107 126 145 166 188 215
Effort admissible (daN)

Note :
1- Ces valeurs sont données pour les bois blancs ;
2- Pour les bois rouges, les efforts indiqués doivent être multipliés par 1,3 ;
3- Les valeurs admissibles de pointes spéciales sont fournies par les fabricants.

III-2 ORGANES D’ASSEMBLAGES CHEVILLES, BOULONS,


BROCHES, TIGES FILETEES

III-2-1 PRESENTATION DES ORGANES


Les boulons sont mis en œuvre
sans jeu et impérativement
utilisés avec des rondelles
sous tête et sous écrou (trois
diamètres)

26
Une grande variété de
chevilles est disponible pour
les ancrages.

Les broches sont nécessairement mises en œuvre sans


jeu.

Des tiges filetées peuvent remplacer des boulons (car,


à diamètre égal, elles présentent des résistances au
moins égales), mais uniquement lorsque le glissement
plus important de l’assemblage (jusqu’à 2 ou 3 mm)
est sans grande importance pour le comportement de
l’ouvrage.

III-2-2 DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

Boulon monté avec des rondelles


Note :
1- le diamètre de perçage du bois doit être égal au diamètre de la partie lisse du
boulon ;

27
2- on ne peut admettre des trous sur alésés ou le remplacement de boulons par des
tiges filetées que dans le cas où un glissement de l’assemblage n’est pas gênant.
3- Les assemblages boulonnés sont toujours réalisés au moyen de rondelles dont les
dimensions doivent conformes aux valeurs suivantes : diamètre de la rondelle 
3,5 diamètre du boulon ; épaisseur de la rondelle  d/3.

III-2-3 EFFORTS ADMISSIBLES

III-2-3-1 EFFORT ADMISSIBLE (daN) PAR BOULON EN DOUBLE


CISAILLEMENT

Conditions :
 Assemblage symétrique de trois pièces en bois
rouge
 L’épaisseur des deux pièces externes est au moins
égale à la moitié de l’épaisseur de la pièce axiale,
sauf si ce sont des goussets en acier

Épaisseur minimale de la Diamètre du boulon (en mm)


pièce axiale (en cm) 10 12 14 16 18 20 22 24
4 400 480 560 640 720 800 880 960
5 440 530 620 710 800 890 980 1070
6 - 580 680 780 890 980 1070 1170
7 - - 740 840 950 1050 1160 1260
8 - - - 900 1010 1130 1240 1350
9 - - - - 1080 1200 1320 1440
10 - - - - - 1260 1390 1510
11 - - - - - - 1450 1590
12+ - - - - - - - 1660

Note : Si bois blanc, multiplier par 0,77 l’effort admissible.

28
Épaisseur minimale en
mm des goussets en acier 3 4 4 4 4 4 5 5
(le cas échéant)

III-2-3-2 EFFORT ADMISSIBLE (daN) PAR BOULON EN SIMPLE CISAILLEMENT

Cas du simple cisaillement : multiplier


les efforts admissibles du tableau double
cisaillement par 0,4.

Important : E cas d’assemblage d’une


pièce tendue, disposer au moins la
moitié des organes d’assemblages au-
delà de l’axe de la pièce continue.

ORGANES D’ASSEMBLAGES CHEVILLES, BOULONS,


BROCHES, TIGES FILETEES

III-3 TENOS-MORTAISES ET EMBREVEMENTS

III-3-1 DISPOSITIONS

29
Tenon et mortaise simple. Embrèvement Emboîté, À Épaulement
(la composante verticale est transmise par
l’épaulement)

Variante à tenon reculé : elle permet, si


nécessaire, d’augmenter la longueur
cisaillée du talon.

III-3-2 VERIFICATION DES COMPRESSIONS LOCALES

La pression sur une surface d’appui


doit être limitée à 20 daN/cm2

F : effort appliqué
S : surface de contact

F et V : composantes horizontale et verticale de


l’effort appliqué par l’arbalétrier.

30
Vérification simplifiée de la compression pour un embrèvement :
1- F/S1  25 daN/cm2 (compression en bois de bout) (bois rouge prendre 50
daN/cm2)
2- V/S2  30 daN/cm2 (compression transversale oblique) (bois rouge prendre 45
daN/cm2)

Attention : Si la distance entre l’appui et le point


d’épure de l’assemblage « arbalétrier sur entrait »
est trop grande, on risque un cisaillement et des
flexions anormales. En pratique, il convient que
cette distance n’excède pas la moitié de la hauteur
d’entrait
.

III-3-3 VERIFICATION DU CISAILLEMENT LOCAL (EMBREVEMENT)

Surface risquant un cisaillement : S = (a + 2b).T


On vérifie alors :
F/S1  7 daN/cm 2 (cisaillement du talon (bois rouge prendre 11 daN/cm2)

31
III-4 LES EMBREVEMENTS SIMPLES, SANS EMBOITEMENT,
NECESSITENT UN ORGANE COMPLEMENTAIRE DE
POSITIONNEMENT
Attention : Si, sous certains cas de charge, un effort de traction est envisagé, cet organe
peut servir à le transmettre (boulon traversant par exemple)

Embrèvements simples (non


emboîtés)
En principe, la coupe de
l’embrèvement devrait se faire
selon la bissectrice.

En cas de risque d’inversion


d’effort (au vent par exemple),
une position verticale du boulon
est préférable.

Le profil de découpe est déterminé en fonction de la direction de l’effort et de l’angle


entre les pièces.

32
Pour les pentes supérieures à 45° (100%)

III-4-1 ASSEMBLAGE MOISES

III-4-1-1 ASSEMBLAGE PAR BOULONS

III-4-1-2 Assemblage par pointes


Les pointes doivent être disposées symétriquement sur chaque face, en alternance.

33
Note :
1. La disposition des pointes ou des boulons doit respecter des règles
d’espacement entre organes et par rapport aux rives des pièces
2. les dimensions des bois sont souvent déterminées par la nécessité de respecter
ces règles.

III- 5 ASSEMBLAGE PAR GOUSSETS


III-5-1 Assemblage par goussets métalliques latéraux

III-5-2 Assemblage par goussets métalliques axiaux (« en âme »)

ces assemblages peuvent faire appel à des composantes diverses :


 contreplaqué ou métal pour les goussets
 Pointes, boulons, chevilles pour les assembleurs.

34
1. Par ailleurs, les sections de bois ne dépendant généralement pas de l’assemblage,
car il est toujours possible d’agrandir le gousset pour transférer l’effort appliqué
2. Les usinages sont très simplifiés
3. il convient de vérifier le cisaillement de feuille de gousset en contreplaqué
(épaisseur minimal 10 mm) sur la base d’une valeur maximale admissible de 20
dan/cm2).

III-6 CHEVRON SUR PANNES D’APLOMB


Important : A préférer en construction bois par rapport au pannes à dévers

Les chevrons, cloués sur chaque panne


courante, ne doivent pas être bloqués
sur un point dur, tel qu’une sablière
sur maçonnerie.

35
III-6-1 CHEVRONS SUR PANNES D’APLOMB : DETAILS SUR PANNE
SABLIERE
Important : La fixation du chevron sur la sablière garantit un libre glissement, mais
doit empêcher le soulèvement du vent.

Données de calcul :
Chaque fixation de chevron sur panne intermédiaire doit transmettre l’effort de
glissement selon le rampant, soit : charge par mètre carré (en kg) x espacement de
chevrons (en m) x espacement des pannes (en m) x coefficient de pente (K).
Le tableau ci-dessous indique le coefficient K à utiliser en fonction de la pente
(en %) :

Pente en 10 15 20 25 30 35 40 45 50 60 70 80 90 100
%
K 0,10 0,15 0,20 0,24 0,29 0,3 0,37 0,41 0,45 0,51 0,57 0,62 0,67 0,71

36
Exemple :
Pour une charge de tuile, chevrons et vent de 60 Kg/m2, chevrons espacés de 1,8m (
selon rempant), pente de 80%, l’effort par pointe est donc de :
60 x 0,5 x 1,8 x 0,62 = 33 daN.
D’où le diamètre de la pointe lisse doit être supérieur ou égale à 3 mm (si bois bois
blanc, sinon 2,5 mm si bois rouge)

III-6-3 CHEVRONS SUR PANNES A DEVERS


Ici, l’option choisie consiste à
bloquer la poussée des chevrons au
niveau de la sablière par une entaille
(un »pas ») complétant le clouage au
niveau de la sablière.
On peut aussi assurer ce blocage à
l’aide d’une ferrure adaptée (équerre
par exemple)

37
III-6-4 CHEVRONS SUR PANNES A DEVERS (ATTENTION A LA MAITRISE
DU DEVERS)
Attention : En général, les pannes ne sont pas assez rigides pour retenir les chevrons
dans le plan rampant. Il faut donc rattacher les chevrons à un point résistant de la
charpente ou de l’infrastructure en partie haute ou basse.

Dans ce cas, la liaison sans


entaille, par simple clouage, n’étant
pas assez rigide, on rattache ensemble
les chevrons symétriques en faîtage
par des goussets en contreplaqué ou
par un feuillard sur l’extrades.

Note :
Dans le représentation sur cette page, les deux forces (symétriques)
d’entraînement des chevrons se combinent en une résultante verticale, ce qui surcharge
considérablement la panne faîtière, qui devra alors être dimensionné en conséquence.
La charge supplémentaire (en daN/ml) ainsi apportée sur la panne faîtière, par
mètre, pour un comble symétrique, est égale à :

38
charge par mètre carré (en kg) x longueur d’un rampant (en m) x 2 x coefficient de
pente (K).

Pente en 10 15 20 25 30 35 40 45 50 60 70 80 90 100
%
K 0,10 0,15 0,20 0,24 0,29 0,3 0,37 0,41 0,45 0,51 0,57 0,62 0,67 0,71
Exemple :
Pour une charge de (tuile, chevrons et vent) de 60 Kg/m2. Une longueur de rampant de
3,6m, avec une pente de 80% ; la densité de charge d’entraînement ramenée au droit de
la panne sablière (hors composante verticale, à ajouter donc) est de :
60 x 3,6 x 2 x 0,62 = 268 daN/ml (alors que la composante verticale n’est que de 1,8 x
60 = 108 daN/ml)
En bref, il faut dimensionner ici la panne faîtière pour une densité de charge linéaire de
376daN/ml et non 108 daN/ml.

III-6-5 MAITRISE DU DEVERS DES PANNES : UTILISATION DE


« BRACONS »

Deux charges (ou « bracons »)


prennent appui en pieds des fermes,
pignons ou refends adjacents pour
supporter une panne. Des entretoises

39
permettent ensuite de bloquer
également les pannes situées plus
hauts.
Note :
1- On choisit, ici, d’écouler l’effort selon le rampant en fournissant aux pannes
un appui intermédiaire
2- Cette solution convient particulièrement aux toitures mono-pentes et/ou aux
arcs de mur de longs pans non stabilisés. Elle participe en outre au
contreventement de l’ouvrage.

Le même principe est utilisé ici,


mais inversé, les bracons étant
remplacés par des feuillards en
traction, rattachés au faite des fermes,
pignons ou refends adjacents.

L’effort transmis par chaque feuillard (ou bracon cf page avant, mais alors
comprimé) est égale à (en daN) est de :
charge par mètre carré (en kg) x un quart de la surface d’un rampant (en m2) x K x
1
Cos
40
Avec
 : angle du bracon et la ligne d’eau ; si l’angle est roche de° ; ce qui est fréquent, alors
1
- 1,42
Cos

Pente en 10 15 20 25 30 35 40 45 50 60 70 80 90 100
%
K 0,10 0,15 0,20 0,24 0,29 0,3 0,37 0,41 0,45 0,51 0,57 0,62 0,67 0,71
Exemple :
Pour une charge de (tuile, chevrons et vent) de 601 Kg/m2. Une surface de rampant de
30m2, une pente de couverture de 80% et une inclinaison des feullards (ou bracon cf
page avant), la traction (compression) de chaque feullard (bracon) est d’environ :
60 x (30/4) x 1,42 x 0,62 = 396 daN/ml (ceci est l’effort de devers à prendre par chaque
feuillard, si le feuillard participe aussi au contreventement, il faut alors y ajouter cet
effort pour son dimensionnement).

III-6-6 ECHANTIGNOLES ET LIAISONS DE PANNES

Attention : Les liaisons entre les pannes et les échantignolles transmettent des efforts
importants (glissement, arrachement, renversement) qui sont souvent sous-
évalués. Elles nécessitent une grande attention.
Échantignolle métallique : Pour des
efforts importants, les échantignolles
métalliques en tôle pliées permettent de
disposer un plus grand nombre de pointes qui,
en outre, travaillent dans les meilleures
conditions.

41
Le fil du bois est parallèle à l’entrados de
l’échantignolle et l’emprise sur la hauteur de la panne
est au moins égal à 2/3.

L’effort de glissement d’une échantignolle sur l’arbalétrier est égale :


 Pour une panne d’aplomb : à la moitié de la charge totale sur une panne, multipliée
par le coefficient de pente (K) (ou au double, bien sûr, si la même échantignolle
supporte les pannes de deux travées adjacentes)
Exemple :
Pour une charge de (tuile, chevrons et vent) de 60 Kg/m2. ferme espacées de 4,5m,
pannes espacées de 1,8m (selon rampant) pente de 80% (K-0,62), l’effort de glissement
(selon rampant) par échantignolle sur une ferme intermédiaire est de :
60 x 4,5 x 1,8 x 0,62 = 301 daN/ml (ceci est l’effort de devers à prendre par chaque
feuillard, si le feuillard participe aussi au contreventement, il faut alors y ajouter cet
effort pour son dimensionnement).
 Pour une panne en devers : le calcul se fait comme ci-dessus, mais en remplaçant
l’espacement entre fermes par l’espacement moyen entre dispositifs de reprise de
poussées (échantignolles et entretoises ou chevron quand ceux-ci sont bloqués en
sablières).

42
III-6-7 CONTINUITE DES PANNES : DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

Une ferrure tirefonée sur arbalétrier et


panne peut aider à transférer des efforts de
soulèvement importants.

III-6-8 ASSEMBLAGE DE SOLIVES SUR LAMBOURDES : DISPOSITIONS


CONSTRUCTIVES (1)

Attention : Les configurations indiquées ici ne concernent que des pièces courantes ;
pour des poutres maîtresses ou des chevêtres, il est fortement recommandé d’utiliser des
étriers métalliques.

Appui simple sur lambourde Appui sur lambourde avec entaille

La hauteur d’entaille ne doit pas excéder 1/3 de la


hauteur de la solive, sauf en cas de renforcement,
(voir page ci-contre)

43
Appui en mortaise (ou à emboîtement)
(Voir commentaire ci-contre)

III-6-9 ASSEMBLAGE DE SOLIVES SUR LAMBOURDES : DISPOSITIONS


CONSTRUCTIVES (2)
Pour les solives courantes, on peut
envisager des entailles jusqu’à la moitié de
leur hauteur, à condition de les associer à
un dispositif ainti-fendage (un boulon
axial constitue la meilleure solution)

Les lambourdes doivent être


clouées préférentiellement sur
deux files (en quinconce) et à
raison d’au moins deux pointes
ou vis par solive.

Note :
1- La vérification du blocage des lambourdes peut supposer que la charge de
chaque solive se repartit sur deux pointes ou vis, au minimum.
2- La longueur d’appui minimale recommandée pour une solive est de 3 m.

44
3- En cas de pose en mortaise, le dimensionnement de la poutre maîtresse doit
tenir compte de la réduction de section.

III-6-10 ASSEMBLAGE POUTRE OU PANNE CONTINUE SUR POTEAU :


APPUI PAR ENTAILLE A MI-BOIS

Appui par entaille à mi-bois sur poteau à Variante sur poteau composé en trois
enfourchement pièces

Note :
La vérification de cet assemblage consiste à respecter la compression de flanc sur
les pièces portées (compression transversale), qui doit rester inférieure à 20 daN/cm2
(effort total divisé par la surface du fond de l’enfourchement) (bois rouge prendre 30
daN/cm2)

III-6-11 ASSEMBLAGE POUTRE OU PANNE CONTINUE SUR POTEAU :


APPUI PAR COUPE EN SIFFLET

APPUI PAR COUPE EN SIFFLET SUR ENFOURCHEMENT OU SUR


POTEAU COMPOSÉ.

45
Poteau massif Poteau composé

Note :
La vérification de cet assemblage consiste à respecter la compression de flanc sur
les pièces portées (compression transversale), qui doit rester inférieure à 20 daN/cm2
(effort total divisé par la surface du fond de l’enfourchement) (bois rouge prendre 30
daN/cm2)

III-6-12 ASSEMBLAGE POUTRE OU PANNE CONTINUE SUR POTEAU :


APPUI PASSANT

46
Attention : ce type de liaison ne peut pas
participer au contreventement de
Panne « passante » sur poteau composé
l’ouvrage.

III-6-13 ASSEMBLAGE POUTRE OU PANNE CONTINUE SUR POTEAU :


APPUI PASSANT AVEC BRACONS (CONTREVENTEMENT)

panne sur poteau avec liens

47
III-6-14 APPUI LATERAL DE POUTRE SUR POTEAU : APPUI SUR
FERRURE EN AME

Appui sur ferrure en âme : le transfert d’effort vertical est assuré par les deux
boulonnages ; l’encastrement de la ferrure est assuré, côté poteau, par les boulons
traversants ou, côté poutre, par une longueur suffisante de gousset.

Note :Le calcul de ces liaisons s’effectue selon les principes déjà indiqués (cisaillement
de boulons, contacts bois sur bois, compression locale sans rondelle)

III-6-15 APPUI LATERAL DE POUTRE SUR POTEAU : APPUI SUR CALE EN


BOIS
Appui sur cale en bois dur (chêne par exemple) :
 le transfert de l’effort vertical est assuré par les contacts bois sur bois,
 le renversement de la cale est évité par un boulon traversant le haut de la cale et le
poteau,

48
 des plaquettes sont nécessaires pour transférer les efforts horizontaux.

Note :
1- Cet type d’appui génère des moments parasites : tendance au renversement
d’une pièce intermédiaire par exemple, qui doivent être neutralisés par un
encastrement des pièces intermédiaires, soit sur le poteau, soit sur la pièce
portée.
2- Le calcul de ces liaisons s’effectue selon les principes déjà indiqués
(cisaillement de boulons, contacts bois sur bois, compression locale sur
rondelle).

49
III-6-16 APPUI LATERAL DE POUTRE SUR POTEAU : APPUI PAR TENON
ET MORTAISE
Appui par tenon et mortaise à épaulement biais

III-6-17 PIED DE POTEAU : APPUI PAR FERRURE SCELLEE A LA


MACONNERIE

50
Note :
1- Pour une bonne conservation du bois, il faut bien dégager la platine d’appui de
quelques centimètres par rapport à la surface du sol (10 cm minimum)
2- Dans de tel assemblage on peut envisager le transfert d’effort soit par appui sur
bois sur acier (cas 2), soit par boulonnage de l’âme (cas 1 et 3). L’addition des
deux n’est pas admise.
3- Par ailleurs, ne pas oublier si nécessaire le dimensionnement des sections de
boulons ou des platines.

51

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