Introduction
Au départ, la science administrative était considérée comme une science
éclatée,morcelée entre plusieurs sciences. Jusqu’à dans les années 1960 , on
parlait de << science carrefour >>. Mais , aucune des branches sociales considérée
isolement ne peut appréhender dans sa totalité le phénomène administratif. C’est la
raison pour laquelle, la science administrative visée en tant que science
pluridisciplinaire a synthétisé le maximum de connaissances sur l’administration
pour asseoir son autonomie . C’est ce que soulève le sujet :<< L’autonomie de la
science administrative >>
L’autonomie renvoie à la capacité à gérer ses biens, ses affaires,à prendre des
décisions et assumer pleinement les conséquences de ses actes.
En ce qui concerne la science administrative, d’un point de vue normatif, il est la
science qui permet de circonscrire les principes régissant le fonctionnement de
l’administration, les mécanismes de son contrôle ou encore les différentes
techniques de son organisation .
En réalité , l’étude du sujet pourrait se faire en empruntant différentes
orientations comme celles consistant à mettre l’accent sur l’importance de
l’autonomie de la science administrative,ou ses effets. Mais , par soucis
d’équilibre et de pertinence, dans le cadre des développements qui vont suivre, le
curseur sera mis sur l’ambiguïté dont l’existence de l’autonomie de la matière a
été objet .
Fondamentalement,comme nombre de disciplines juridiques,la science administrative
ne s’est point soustraite des controverses concernant son autonomie, autour de
laquelle convergent différents opinions de la doctrine, dès lors émerge la question
de savoir :la science administrative peut -elle être considérée comme une
discipline autonome ?
Ainsi, le sujet revêt un intérêt théorique , car la question de l’autonomie de la
science administrative a suscité des divergences doctrinales, certains contestent
l’autonomie pendant que d’autres la soutiennent . Les auteurs comme André
Molitor(<< les sciences sociales dans l’enseignement supérieur :…>>), Yves Chapel
et Lucien sfez (<< une autre science administrative >>_< mélanges LJDG 1974)
contestent l’autonomie de la science administrative. Ils évoquent d’une part que
les études portant sur l’administration sont tellement diversifiés que l’on assiste
au mieux à une absence de coordination et au pire à une dispersion de recherches et
de travaux et d’autre part, que l’objectif poursuivi par la science administrative
consistant a intégrer les différentes approches est loin d’être atteint .Bien au
contraire, le cloisonnement des travaux et des recherches menées dans le domaine de
l’administration reste très étanche. C’est pourquoi qu’ils disent :<< que dans ces
conditions, on ne peut pas parler d’une science administrative autonome.>>
Au contraire, d’autres auteurs comme Gérard Timsit, Jacques Chevalier, Daniel
Loschak, J-L Quermone … pensent que c’est l’existence de l’interdisciplinarité elle
même qui paradoxalement justifie l’autonomie de la science administrative. Selon
eux, il ne peut y avoir d’interdisciplinarité sans que la science administrative ne
soit autonome dans ses méthodes et ses concepts. L’interdisciplinarité suppose
l’intégration de sciences existantes et autonomes. C’est pourquoi, il est possible
de conclure à une réputation d’autonomie de la S A.
En outre, il revêt un intérêt pratique dans la mesure où il nous permet de
comprendre que la science administrative s’est forgée tout au long de son existence
à travers des controverses doctrinales pour obtenir son autonomie vis à vis des
autres sciences sociales ou humaines. Dans l’étude du fonctionnement réel de
l’administration, la science administrative a presque réussi de mettre en place ses
règles spécifiques dans son champ d’application.
A la lumière de toutes ces considérations, force est de constater que l’analyse de
notre problématique nous commande d’analyser en premier lieu ,la revendication de
l’autonomie de la science administrative (I), avant de voir en second lieu, la
contestation de l’autonomie de la science administrative (II).