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Syntaxe 2 4

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1-4 Place du complémentiseur dans le modèle génératif

Deux hypothèses peuvent être formulées à propos de la place que le


complémentiseur occupe dans le modèle génératif.

i- Première hypothèse : le complémentiseur est inséré dans la phrase par une


règle transformationnelle.

ii- Deuxième hypothèse: le complémentiseur est le résultat d'une règle de


réécriture.

Plusieurs arguments ont été avancés en faveur de la seconde hypothèse.


1- Le premier argument consiste à considérer que l’élément issu d’une

transformation, ne peut être que sémantiquement vide même s’il est


phonétiquement plein.

Cependant, les éléments « que » et « si » permettent d’avoir deux phrases dont


le sens est totalement différent.

a- Je demande qu’elle vienne

b - Je demande si elle vient


L'hypothèse 1 n'est donc pas adéquate étant donné que si une transformation
ajoute à la structure profonde un élément phonétiquement plein, celui-ci ne peut être
que sémantiquement vide.

24- Pierre ne sait pas si Marie viendra.

25- Pierre ne sait pas que Marie viendra.


2- Le deuxième argument lit la transformation [+qu] à l’élément temps car le
complémentiseur n’est inséré qu’en tête d’une proposition dont le verbe est
tensé c’est-à-dire conjugué.

Cette solution n'est pas adéquate pour deux raisons :


a- Une règle qui montre que la présence d'un élément est conditionnée
par celle d'un autre est une règle de sous-catégorisation et non une
règle transformationnelle.
b- Il existe dans la langue des phrases infinitives introduites par un
complémentiseur.
Cette règle est considérée comme une règle de sous-catégorisation et non
une règle transformationnelle puisqu’on peut trouver des phrases
infinitives introduites par un complémentiseur.

- Paul se demande à qui se confier.

- Paul se demande où aller.

- Je ne sais quoi faire.

- Marie a trouvé une amie à qui se confier.


3- Le troisième argument est lié à l’existence dans la langue de
verbes dont le complément phrastique est introduit aussi bien par
« que » que par « si » et d’autres n’admettent que des compléments
introduits par l’un des deux .

Lorsque cet élément est introduit dans la base, chaque nœud est
précédé d’un élément abstrait universel COMP.

1a-Je demande si Marie viendra.

b-Je demande que Marie viendra.

2a-Je crois que Marie viendra.

b- *Je crois si Marie viendra.


Étant donné que les complémentiseurs sont introduits dans la
base, CHOMSKY postule que dans l'indicateur syntagmatique,
chaque nœud P est précédé d'un élément abstrait universel
COMP.
-P COMP + P

COMP P

SN SV

FLEX GV
Considérons les phrases suivantes:

a- le livre que Marie m'a prêté est intéressant.

b- Marie demande à qui Pierre a emprunté ce livre.

c- Marie demande si Pierre a lu ce livre.

d- Pierre pense que Jean est malade.

e- Jean est malade.

Pour que la grammaire engendre les relatives, des interrogatives avec


ou sans l'élément "qu", des interrogatives non-enchâssées, avec ou sans
l'élément "qu", des propositions affirmatives enchâssées ou non, on
pose la règle de réécriture suivante:

- COMP → prép + SN ± Qu
On pose la condition qu'aucun item lexical ne peut être inséré dans le
complémentiseur par des règles de base c'est-à-dire qu'on exige que la suite
terminale dominée par COMP dans la base soit nulle.
P

COMP P

Prép SN ± Qu SN SV

FLEX GV

Ø Ø Ø
Une règle cyclique assigne librement un trait ± qu aux catégories (SP) et (SN).

Une transformation de mouvement de "qu" transporte la séquence marquée "+qu"

dans COMP et la substitue à l'une des catégories qui s'y trouve.

i- Quand on choisit + [+qu], on a une phrase interrogative.

ii- Quand on choisit +[- qu], on a une phrase relative et tout ce qui n'est pas

interrogatif.
On retient donc :

on suppose l’existence de la règle de réécriture

COMP → prép+ SN + Qu

La règle suppose que la suite terminale dominée par COMP dans la


base est nulle.

Le trait +/- Qu est alors assignés aux catégories (SP) et (SN).


L’élément « +Qu » subit une transformation de mouvement de « qu »
dans COMP et la substitue à l’une des catégories qui s’y trouve.

Si l’élément choisi est marqué +[+Qu], on parle d’une interrogative


alors qu’on a affaire à une relative ou à tout ce qui n’est pas
interrogatif lorsque l’élément est marqué +[-Qu].

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