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2023

BÉCÉAS 2023

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve de mathématiques
Durée : 4h

L’épreuve est constituée de deux exercices indépendants.

1
Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 1/7
2023
BÉCÉAS 2023

Exercice 1. Une inégalité entre sommes de séries


On note E l’ensemble
X des suites réelles (indexées par N∗ ) à termes strictement positifs
telles que la série a n converge. On pose, pour tout élément (a n )n∈N∗ de E et pour tout
entier n non nul,

n
hn = n 1
·
X
k=1 ak
X
L’objet de l’exercice
X est de prouver la convergence de la série h n et de comparer sa somme
à celle de la série a n .

1. Un premier exemple
1
On pose, dans cette question, pour tout entier naturel n non nul, a n = ·
n(n + 1)
X +∞
X
(a) Montrer que la série a n converge et déterminer la somme an .
n=1
(b) i. Calculer, pour tout entier naturel n non nul, la valeur de h n .
X +∞
X
ii. Établir la convergence de la série h n et déterminer la somme hn .
n=1

2. Un second exemple
Soit q un réel de ]0, 1[. On pose, pour tout entier naturel n non nul, a n = q n−1 .
+∞
X
(a) Indiquer la valeur de la somme a n et pour tout entier naturel n non nul, la
n=1
valeur de h n .
X +∞
X 1
(b) Établir la convergence de la série h n et prouver la majoration : hn ⩽ ·
n=1 (1 − q)2

2
Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 2/7
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BÉCÉAS 2023

3. Soit n un entier non nul et soit (x 1 , x 2 , . . . , x n ) et (y 1 , y 2 , . . . , y n ) deux n-uplets de nombres


réels.
³X
n ´2 X ³ ´2 ³X
n ´³ X
n ´
(a) Prouver l’égalité : xi y i + xi y j − x j y i = x i2 y i2 .
i =1 1⩽i < j ⩽n i =1 i =1
s s
¯Xn ¯ n
X n
X
¯ ¯
(b) En déduire l’inégalité de Cauchy-Schwarz : ¯ x i y i ¯ ⩽ x i2 y i2 .
i =1 i =1 i =1

1 1 +∞
X
4. Prouver, pour tout entier naturel k non nul, l’inégalité : 2
⩽ 2·
n=k n(n + 1) 2k
1 +∞
X 1
On s’intéressera à la monotonie de la suite de terme général u k = 2 − 2
·
2k n=k n(n + 1)

5. Soit (a n )n∈N∗ un élément de E .

(a) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité :


³ n(n + 1) ´2 ³X
n ´³ X
n 1 ´
2
⩽ k ak ·
2 k=1 k=1 a k

(b) En déduire, pour tout entier naturel p non nul, l’inégalité :


p
X p
X 1 ³X
n ´
2
hn ⩽ 4 2
k a k .
n=1 n=1 n(n + 1) k=1

p
X p
X
(c) Prouver, pour tout entier naturel p non nul, l’inégalité : hn ⩽ 2 ak ·
n=1 k=1
X +∞
X +∞
X
(d) En déduire la convergence de la série h n et l’inégalité : hn ⩽ 2 an .
n=1 n=1

6. Soit C un réel strictement positif tel que, pour tout élément (a n )n∈N∗ de E , on a
+∞
X +∞
X
hn ⩽ C an .
n=1 n=1

On va montrer que C est au moins égal à 2.


1
On pose, pour tout entier naturel n non nul, a n = où α est un réel strictement

+∞
X 1 π2
supérieur à 1 et on rappelle qu’on dispose de l’égalité : 2
= ·
n=1 n 6

+∞
X n +∞
X 1 π2
(a) Prouver l’inégalité : ⩾ − ·
n=1 (n + 1) n=1 n 6
α+1 α

n
(b) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité : h n ⩾ (α + 1) ·
(n + 1)α+1
+∞
X1
(c) Prouver l’égalité : lim = +∞.
α→1 n=1 n α
>

3
Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 3/7
2023
BÉCÉAS 2023

(d) Conclure que C ⩾ 2.

7. On suppose qu’il existe un réel K > 0 tel que, pour toute suite (a n )n∈N∗ à termes réels
X +∞
X +∞
X
strictement positifs dont la série a n converge, on a an ⩽ K hn .
n=1 n=1

(a) Justifier l’inégalité : K ⩾ 1.


On pourra utiliser le résultat de la question 2.
(b) Soit N ∈ N∗ . On pose g 0 = 1 et, pour tout entier naturel n non nul,

 4


 si ∃ p ∈ J1, N K n = p 2
 2n (g n )n
gn = et an = ·


 1 (g n−1 )n−1

 sinon.
2n
X
i. Calculer a n pour n > N 2 + 1 et en déduire la convergence de la série an .
+∞
X +∞
X
ii. Prouver les inégalités : g n ⩽ 4 et a n ⩾ 2N .
n=1 n=1
n
Y
(c) Établir l’égalité : (g n )n = ak .
k=1
(d) Prouver, pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité h n ⩽ g n et en déduire
qu’un tel réel K n’existe pas.

Exercice 2. Premier numéro manquant


Soit N ∈ N∗ , n ∈ N∗ avec 1 ⩽ n < N et (X 1 , X 2 , . . . , X n ) une famille de variables aléatoires
indépendantes toutes définies sur un espace probabilisé (Ω, T , P) et toutes de loi uniforme
sur l’intervalle entier J1, N K. On note, pour tout entier naturel n non nul, T l’application qui,
à chaque ω ∈ Ω, associe
©
T (ω) = min k ∈ J1, N K ; ∀ i ∈ J1, n K X i (ω) ̸= k}.

Si on se représente l’expérience aléatoire consistant à tirer n fois successivement, avec re-


mise, une boule dans une urne contenant N boules numérotées de 1 à N , la valeur T (ω)
serait le numéro aléatoire du plus petit numéro qui n’est pas apparu dans la liste ω des nu-
méros tirés au cours de la succession de ces n tirages.
Partie A : Deux cas particuliers
Soit N un entier au moins égal à 4 et X , Y et Z trois variables aléatoires définies sur un
espace probabilisé (Ω, T , P), indépendantes et toutes trois de loi uniforme sur l’intervalle
entier J1, N K. On note U et V les applications qui, à chaque ω ∈ Ω, associent
n o
U (ω) = min k ∈ J1, N K ; X (ω) ̸= k et Y (ω) ̸= k .

et n o
V (ω) = min k ∈ J1, N K ; X (ω) ̸= k, Y (ω) ̸= k et Z (ω) ̸= k .

1. (a) Quelles sont les valeurs que peut prendre la variable aléatoire U ?
4
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BÉCÉAS 2023

(b) Déterminer la loi de la variable aléatoire U .


(c) Calculer l’espérance de U .

2. (a) Calculer P (V = 1) et P (V = 4).


6N − 12
(b) Établir l’égalité : P (V = 3) = ·
N3
³ 1 ´3
(c) En déduire que l’espérance de V vaut 1 + ·
N

Partie B : Des égalités


On note ∆ l’application qui, à tout polynôme réel P (X ), associe le polynôme

∆(P )(X ) = P (X + 1) − P (X ).

On observera que l’application ∆ est linéaire.


On note, pour tout entier naturel k non nul, ∆k l’application ∆ ◦ . . . ◦ ∆}
| ◦ ∆ {z
k fois ∆
et on pose ∆0 = idR[X ] .
à ! à !
Xn k n + 1
1. Soit ( j , n) ∈ N2 avec j ⩽ n. Établir l’égalité : = .
k= j j j +1

n
X
2. Soit n ∈ N et P := ak X k .
k=0
Prouver, pour tout entier naturel m, l’égalité :
à !
m
X m
m m− j
∆ (P )(X ) = (−1) P (X + j ).
j =0 j

On pourra procéder par récurrence sur l’entier m.

3. (a) Soit q ∈ N et Q(X ) ∈ R[X ] de degré q.


Quel est, pour tout entier r ∈ J0, q K, le degré de ∆r (Q)(X ) ?
(b) Soit n ∈ N et Q = X n . Que vaut ∆n (Q)(X ) ?
n
X
4. Soit n ∈ N et P := a k X k un polynôme réel de degré n.
k=0

(a) Déduire des questions précédentes l’égalité :


à !
X n n
a n n! = (−1)n− j P (X + j ).
j =0 j

(b) En déduire l’égalité : Ã !


n
X j n ³ j ´n n!
(−1) 1− = n·
j =0 j N N
On utilisera le résultat précédent pour un polynôme P bien choisi.

5
Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 5/7
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BÉCÉAS 2023

5. Soit (n, N ) ∈ N × N∗ .

(a) Établir, pour tout entier m ⩾ n + 1, l’égalité :


à !
Xm ³ j ´n
j m
(−1) 1− = 0.
j =0 j N
à !
n+1
X j −1 n +1 ³ j ´n
(b) En déduire la valeur de la somme (−1) 1− .
j =1 j N

Partie C : Le cas général


On reprend maintenant les notations du préambule.
Soit (N , n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < N .

1. (a) Déterminer la valeur de P (T = 1).


(b) Déterminer la valeur de P (T = n + 1).
(c) Établir l’égalité
à !
X n n ³ 1 ´i ³ 2 ´n−i ³ 1 ´n ³ 2 ´n
P (T = 2) = 1− puis l’égalité P (T = 2) = 1− − 1− .
i =1 i N N N N
³ 1 ´n ³ 2 ´n ³ 3 ´n
(d) Établir l’égalité : P (T = 3) = 1 − −2 1− + 1− .
N N N
2. On admet que si A 1 , A 2 , . . . , A n sont n événements d’un espace probabilisé (Ω, T , P)
alors on dispose de la formule du crible suivante :
n
[ n
X X
P( Ai ) = (−1) j −1 P (A i 1 ∩ A i 2 ∩ . . . ∩ A i j ).
i =1 j =1 1⩽i 1 <i 2 <···<i j ⩽n

n
\
On pose, pour tout entier p ∈ J1, n K, A p = [X i ̸= p].
i =1

(a) Soit j ∈ J1, n K. Que vaut la probabilité de l’intersection de j événements distincts


pris parmi A 1 , A 2 , . . . , A n ?
(b) On note E c le complémentaire d’un événement E . Justifier, pour tout entier k ∈ J1, n K,
³[
k ´c
l’égalité : [T > k] = Ai .
i =1
(c) Obtenir, pour tout entier k ∈ J1, n K, une expression de P (T > k) faisant intervenir
un symbole de sommation.
à !
X k k − 1 ³ i ´n
3. (a) Soit k ∈ J1, n + 1K. Établir l’égalité : P (T = k) = (−1)i −1 1− .
i =1 i −1 N
(b) Retrouver, à l’aide du résultat précédent, les valeurs trouvées en fin de partie A
pour les sommes
à ! à !
X n n ³ j + 1 ´n n+1
X n + 1 ³ i ´n
(−1) j 1− et (−1)i −1 1− .
j =0 j N i =1 i N
6
Mathématiques Lundi 15 mai, matin Page 6/7
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BÉCÉAS 2023

4. Calcul de l’espérance de T
Soit (N , n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < N .

(a) Établir, pour tout entier k ∈ J1, n K, l’égalité :


à !
³ N + 1 ´n X
k k ³ N + 1 − j ´n
P (T > k) = (−1) j .
N j =0 j N +1

(b) En utilisant le résultat de la question B-5-b) (avec N ← N +1) conclure à l’égalité :


³ 1 ´n
E (T ) = 1 + .
N

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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2023

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 4h

Le problème porte sur une famille de polynômes orthogonaux, appelés polynômes de


Hermite, qui interviennent dans de nombreuses applications, en physique, en théorie du
signal et en probabilité, par exemple.
L’énoncé est divisé en trois parties, largement indépendantes, que les candidats ne sont
pas tenus de traiter dans l’ordre.
L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une utili-
sation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.

8
Option A Mardi 16 mai, matin Page 1/7
2023
BÉCÉAS 2023

On note L 2 l’ensemble
Z +∞ des applications u de dans R R, continues sur R et telles que
¡ ¢2 −x 2
l’intégrale généralisée u(x) e dx converge.
−∞
R R
On note R le -espace vectoriel des applications polynomiales de dans , qu’on peut R
R
confondre avec les polynômes de [X ] pour en définir les coefficients et le degré (égal à −∞
pour la fonction nulle).
N R
Pour tout n ∈ , on note R n le -espace vectoriel des applications polynomiales de R
R
dans , de degré inférieur ou égal à n.

Partie 1 Étude et développements en séries d’une fonction de deux variables

On note f la fonction définie sur R2 par :


∀ (x, y) ∈ R2 , f (x, y) = e2x y−x .
2

1. Justifier que f est de classe C ∞ sur R2 et que son seul point critique est l’origine (0, 0).
La fonction f admet-elle un extremum local en ce point ?
2
2. On note K l’ensemble des éléments (x, y) de R2 tels que x4 + y 2 ≤ 1 .
a) Justifier que f admet un maximum et un minimum sur K .
x2
R
b) Soit (x, y) ∈ 2 tel que
4
+ y 2 = 1.
(
x = 2 cos t
Justifier qu’il existe un réel t tel que, pour cette valeur de t , et :
y = sin t
p π
2x y − x 2 = 2 2 sin(2t − ) − 2 .
4

c) En déduire le maximum et le minimum de f sur K , puis les points de K où ils


sont atteints.

R
3. Justifier que, pour tout x ∈ , la fonction y 7−→ f (x, y) est développable en série en-
R
tière sur et en donner le développement en série entière.

4. On note w l’application de R dans R, de classe C ∞, définie par


∀ x ∈ R, w(x) = e−x .
2

Pour tout n ∈ N, on note Hn l’application de R dans R définie par

∀x ∈ R, 2
Hn (x) = (−1)n ex w (n) (x)
où w (n) désigne la dérivée n-ième de w.
En particulier : H0 (x) = 1 .

a) Calculer, pour tout x ∈ R, H1(x), H2(x), H3(x) .


9
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BÉCÉAS 2023

b) Montrer, pour tout n ∈ N et tout x ∈ R :


Hn+1 (x) = 2x Hn (x) − Hn′ (x) .

c) En déduire que, pour tout n ∈ N, Hn est un polynôme de degré n et trouver son


coefficient dominant.

5. a) Compléter l’avant-dernière ligne du code Python suivant (en substituant une


expression convenable aux trois points d’interrogation) pour que la fonction "coefH"
calcule les coefficients du polynôme P n pour la valeur de n entrée en paramètre.
def coefH(n):
coeff=numpy.zeros((n+1,n+1))
coeff[0,0]=1
coeff[1,1]=2
for k in range(1,n):
coeff[k+1,0]=-coeff[k,1]
coeff[k+1,k+1]=2**(k+1)
for i in range(1,k+1):
coeff[k+1,i]=2*coeff[k,i-1]- ??? # ligne à modifier
return coeff[n,:]

coefH(4) # exemple: les coefficients de H4, égal à 16 X^4 - 48 X^2 + 12


Out: array([ 12., -0., -48., 0., 16.])

b) Qu’obtiendrait-on pour "coefH(5)" après avoir modifié le code de la fonction


"coefH" en insérant avant sa dernière ligne ("return coeff[n, :]") l’instruction sui-
vante ?
print(coeff)

6. a) Justifier que, pour tout y ∈ R, la fonction x 7−→ f (x, y) est développable en série
R
entière sur .
+∞
R2, établir l’égalité :
X Hn (y) n
b) Pour tout (x, y) ∈ f (x, y) = x .
n=0 n!

Partie 2 Un produit scalaire sur L 2

Z +∞ 2
1. a) Justifier que, pour tout (u, v) ∈ L 2 2 , l’intégrale u(x)v(x)e−x dx converge.
−∞

On note (.|.) l’application de L 2 2 dans R définie par :


Z +∞ 2
2
∀ (u, v) ∈ L 2 , (u|v) = u(x)v(x)e−x dx .
−∞

b) Justifier que L 2 est un R-espace vectoriel et que l’application (.|.) est un pro-
duit scalaire sur L 2 .

On note ||.|| la norme sur L 2 associée au produit scalaire (.|.), définie par :
p
∀ u ∈ L 2 , ||u|| = (u|u) .
10
Option A Mardi 16 mai, matin Page 3/7
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BÉCÉAS 2023

2. On note P l’ensemble des fonctions paires de L 2 et I l’ensemble des fonctions im-


paires de L 2 .

a) Justifier l’égalité :
L2 = P ⊕ I . (1)

b) Pour tout entier n ∈ N∗, on note P n = P ∩ R n et In = I ∩ R n .


N
Trouver, pour tout n ∈ ∗ , la dimension de P n et la dimension de In (on distinguera
le cas où n est pair du cas où n est impair).
nR o
N
c) Pour tout u ∈ I et tout n ∈ ∗ , calculer min −∞+∞ ¡ ¢2 2
u(x) − P (x) e−x dx ; P ∈ P n .

3. On note K l’ensemble des fonctions de L 2 qui sont nulles hors d’un segment inclus
dans l’intervalle ouvert ]0, +∞[ :

K = {v ∈ L 2 ; ∃ α > 0, ∃ A > α, ∀ x ∉ [α, A], v(x) = 0} .

Soit u une fonction bornée appartenant à L 2 et ε un nombre réel strictement positif.

a) Pour tout entier n strictement supérieur à 1, on pose :





 0 si x < n1

 2



 (nx − 1) u( ) si n1 ≤ x ≤ n2
 n
v n (x) = u(x) si n2 < x < n − n1 ·



 1

 n(n − x) u(n − ) si n − n1 ≤ x ≤ n

 n

 0 si x > n
Z +∞ ¡ ¢2 2
Démontrer que l’intégrale u(x) − v n (x) e−x dx tend vers 0 quand n tend vers
0
l’infini.
On pourra utiliser le théorème de convergence dominée.

b) Justifier l’existence d’un élément v de K tel que :


Z +∞ ¡ ¢2 2
u(x) − v(x) e−x dx ≤ ε .
0

c) Justifier que si la fonction u est paire, alors il existe un élément v de K tel que :
(
v(x) si x ≥ 0
||u − v p ||2 ≤ 2 ε où v p (x) = ·
v(−x) si x < 0

On démontre de même, et on pourra l’admettre, que si la fonction u est impaire, alors


il existe un élément v de K tel que :
(
v(x) si x ≥ 0
||u − v i ||2 ≤ 2 ε où v i (x) = ·
−v(−x) si x < 0

11
Option A Mardi 16 mai, matin Page 4/7
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BÉCÉAS 2023

Partie 3 Un endomorphisme autoadjoint de R

On note g et h les endomorphismes de R définis par :


(
g (P ) = −P ′′ + 2X P ′ + P
∀ P ∈ R, ·
h(P ) = 2X P − P ′
Ainsi, par exemple, pour tout P ∈ R et tout x ∈ R: ¡ ¢
h(P ) (x) = 2xP (x) − P ′ (x).

1. a) Établir l’égalité : g ◦ h − h ◦ g = 2h.


R
b) Montrer que, pour tout λ ∈ et tout P ∈ R, si g (P ) = λP , alors
¡ ¢
g h(P ) = (λ + 2) h(P ) (∗)

2. Établir, pour tout (P,Q) ∈ R 2 :

(P ′ |Q ′ ) = (g (P )|Q) − (P |Q) .

3. Soit n ∈ . N
a) Montrer : ∀ P ∈ Rn , g (P ) ∈ R n .

b) On note g n l’endomorphisme de R n défini par :

∀P ∈ R n , g n (P ) = g (P ).

Montrer que g n est un endomorphisme autoadjoint de R n , pour le produit scalaire


(.|.) .

4. Les polynômes Hn utilisés dans la suite sont ceux de la partie 1.

a) Calculer, pour tout k ∈ N, h(Hk ), et en déduire que :


∀ k ∈ N, g (Hk ) = (2k + 1)Hk .

b) Justifier que, pour tout n ∈ N∗ , la famille (H0 , . . . , Hn ) est une base orthogonale
de R n .
X (u|Hn )2
c) En déduire, pour tout u ∈ L 2 , la convergence de la série 2
et l’inéga-
n≥0 ∥ Hn ∥
lité : Z
+∞
X (u|Hn )2 +∞ ¡ ¢2 2
≤ u(x) e−x dx . (2)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞

5. Pour tout entier p ∈ N∗, on note e p la fonction x 7−→ e−px .


a) Établir, pour tout n ∈ N et tout réel x > 0, les inégalités :

Xn (−1)k x n+1 −x (n + 1)n −n−1


|e−2x − x k e−x | ≤ e ≤ e .
k=0 k! (n + 1)! n!

b) En déduire une suite de polynômes (Q 2,n )n∈N telle que la suite des
R
fonctions x 7−→ Q 2,n (x)e−x converge uniformément sur + vers la fonction e 2 .
12
Option A Mardi 16 mai, matin Page 5/7
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c) Démontrer par récurrence que, pour tout entier p supérieur ou égal à 2, il existe
une suite de polynômes (Q p,n )n∈N telle que la suite des fonctions x 7−→ Q p,n (x)e−x
R
converge uniformément sur + vers la fonction e p .
x ³X
n (−1)k (p + 1)k
k
´
On pourra utiliser les fonctions polynomiales x 7−→ Q p,n ( ) x .
2 k=0 k! 2k
d) En déduire que, pour toute fonction polynomiale P , il existe une suite (Q n )n∈N
d’éléments de R telle que la suite des fonctions x 7−→ Q n (x)e−x converge uniformé-
R
ment sur + vers la fonction x 7−→ P (e−x ).

6. Soit v une fonction appartenant à l’ensemble K défini dans la partie 2.

a) En utilisant le théorème de Weierstrass et le changement de variable x = − ln(t ),


justifier, pour tout ε > 0, l’existence d’un polynôme P tel que :

∀ x ≥ 0, |v(x) − P (e−x )| ≤ ε .

b) En déduire qu’il existe une suite (Q n )n∈N de polynômes (éléments de R) telle


R
que la suite des fonctions x 7−→ Q n (x)e−x converge uniformément sur + vers la fonc-
tion v.

c) On note w la fonction définie sur R par



 x 2 x 2 /4
v( )e si x ≥ 0
w(x) = 4

0 sinon

et, pour tout x ∈ R, on pose :


(
w p (x) = w(x) + w(−x)
·
w i (x) = w(x) − w(−x)

Pour tout réel ε > 0, justifier l’existence de deux polynômes Q et R vérifiant les inéga-
lités Z Z +∞


+∞ ¡ x 2 ¢2 −x 2 2 −x 2 /2

 w p (x) −Q( ) e dx ≤ ε e dx

 −∞ 4 −∞
·

 Z +∞ 2 ¢ Z +∞

 ¡ x 2 2 2

 w i (x) − x R( ) e−x dx ≤ ε2 x 2 e−x /2 dx
−∞ 4 −∞
Pour parvenir à la seconde inégalité, on pourra, en lieu et place de v, utiliser la fonction
 p
 w(2p t ) e−t si t > 0

t 7−→ 2 t .

0 sinon

13
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d) Soit η > 0.

Déduire des résultats précédents que :

• pour toute fonction paire w p telle que la fonction


(
w p (x) si x ≥ 0
x 7−→
0 sinon

appartient à K , il existe un polynôme pair P p tel que

∥ wp − Pp ∥ ≤ η

• pour toute fonction impaire w i telle que la fonction


(
w i (x) si x ≥ 0
x 7−→
0 sinon

appartient à K , il existe un polynôme impair P i tel que

∥ wi − Pi ∥ ≤ η .

7. Soit u une fonction continue et bornée sur R.


a) En s’appuyant sur les derniers résultats de la partie 2 et sur ce qui précède,
démontrer qu’il existe une suite d’éléments de R qui converge vers u pour la norme
||.||.

b) Justifier l’égalité :

Xn (u|H )
k
lim ∥ u − H ∥=0.
2 k
n→+∞
k=0 ∥ H k ∥

c) Justifier que l’inégalité (2) démontrée en question 4 est en fait une égalité :
Z
+∞
X (u|Hn )2 +∞ ¡ ¢2 2
= u(x) e−x dx . (3)
n=0 ∥ Hn ∥2 −∞

d) Ces propriétés restent-elles vraies si u appartient à L 2 sans être bornée ?

14
Option A Mardi 16 mai, matin Page 7/7
2022
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d’Actuariat et Statistique
Session 2022

Épreuve de mathématiques
Durée : 4h

L’épreuve est constituée de trois exercices indépendants.

15
Mathématiques Lundi 16 mai, matin Page 1/5
2022
BÉCÉAS 2022

Exercice 1. Valeurs prises par une fonction


On note E = C 0 ([0, 1], R) l’ensemble des fonctions continues de [0, 1] dans R,
n o
C := f ∈ E ; ∀ t ∈ [0, 1] f (t ) ⩾ 0 et f est non nulle

n Z 1 o
et C := f ∈ E ; ∀ t ∈ [0, 1] f (t ) ⩾ 0 et

f (t ) dt = 1 .
0
On considère, pour tout élément g de E , l’application Φg suivante :

C −→ R
R1
Φg : 0 f (t )g (t ) dt
f 7−→ R1 ·
0 f (t ) dt

L’objet de l’exercice est de déterminer les valeurs prises par l’application Φg .

1. Soit g ∈ E .

(a) Prouver l’égalité : Φg (C ) = Φg (C ′ ).


(b) Soit f 1 et f 2 deux éléments de C ′ avec a 1 = Φg ( f 1 ) et a 2 = Φg ( f 2 ).
On suppose a 1 ⩽ a 2 . Prouver l’inclusion [a 1 , a 2 ] ⊂ Φg (C ).

2. Dans cette question on suppose que, pour tout réel t ∈ [0, 1], g (t ) = t .

(a) Prouver l’inclusion : Φg (C ) ⊂ [0, 1]. Les réels 0 et 1 sont-ils éléments de Φg ?


(b) Montrer que sup Φg (C ) = 1.
On pourra, pour tout entier naturel n, calculer Φg ( f n ) où f n : t 7→ t n .
Z 1
(c) i. Calculer, pour tout entier naturel n, t (1 − t )n dt .
0
ii. En déduire que inf Φg (C ) = 0.
(d) Conclure que Φg (C ) =]0, 1[.

3. Dans cette question on suppose que, pour tout réel t ∈ [0, 1], g (t ) = et .

(a) Prouver l’inclusion : Φg (C ) ⊂]1, e[.


(b) On considère la fonction

R∗ −→ R
h: α eα+1 − 1 .
α 7−→
α + 1 eα − 1
i. Montrer que la fonction h est prolongeable par continuité en 0.
ii. Déterminer lim h(α) et lim h(α).
α→+∞ α→−∞
(c) Prouver l’égalité : Φg (C ) =]1, e[.

4. Dans cette question on traite le cas général où l’application g est élément de E et sup-
posée non constante.

16
Mathématiques Lundi 16 mai, matin Page 2/5
2022
BÉCÉAS 2022

(a) Justifier l’existence d’un couple (a, b) de réels distincts de [0, 1] tel que,
pour tout t ∈ [0, 1], g (a) ⩽ g (t ) ⩽ g (b).
On suppose désormais que a et b sont dans ]0, 1[ et on note N un entier naturel
2 2
tel que 0 < b − < b + < 1.
N N
On considère, pour tout entier n ⩾ N , la fonction f n qui vaut

 1 1 1 1


 0 si 0 ⩽ t ⩽ b − − 2 ou b + + 2 ⩽ t ⩽ 1
 n n n n



 1 1
1 si ⩽t ⩽b+
b−
n n
h 1 1 1i h 1 1 1 i
et qui est affine sur les segments b − − 2 , b − et b + , b + + 2 .
n n n n n n
(b) Représenter le graphe de la fonction f n .
Z 1
2
(c) Prouver, lorsque l’entier n tend vers +∞, l’équivalence : · f n (t ) dt ∼
0 n
(d) Prouver l’existence d’un réel K > 0 (ne dépendant que de g ) tel que, pour tout
entier n ⩾ N ,
Z b− n1 Z 1
K K
f n (t )g (t ) dt ⩽ 2 et f n (t )g (t ) dt ⩽ ·
0 n b+ n1 n2

(e) Soit G une fonction réelle définie au voisinage de b et dérivable en b.


G(b + h) −G(b − h)
Que vaut lim ?
h→0 h
Z 1
n b+ n
(f) Prouver l’égalité : lim g (t ) dt = g (b).
n→+∞ 2 b− 1
n

(g) En déduire que sup Φg (C ) = g (b).

On montrerait de même, et on l’admet, que inf Φg (C ) = g (a).

5. Soit g ∈ E . Que vaut Φg (C ) ?


On cherchera à quelle condition max g (t ) est élément de Φg (C ).
t ∈[0,1]

Exercice 2. Une suite binomiale


Soit n un entier naturel non nul. On note E le R-espace vectoriel Rn [X ] des polynômes
réels de degré au plus n et E ∗ son dual c’est-à-dire le R-espace vectoriel des formes linéaires
sur E . On note, pour tout entier naturel k, P (k) le polynôme dérivé k-ième d’un polynôme P
(avec P (0) = P ).
On note P 0 = 1 et, pour tout entier naturel k non nul, P k = X (X −k)k−1 (on a donc P 1 = X ).

1. Montrer que la famille B := (P 0 , P 1 , . . . , P n ) est une base de E .

2. On note, pour tout entier r de J0, n K, ϕr l’application qui, à chaque polynôme P de E ,


1
associe ϕr (P ) = P (r ) (r ) (on a donc ϕ0 (P ) = P (0)).
r!
17
Mathématiques Lundi 16 mai, matin Page 3/5
2022
BÉCÉAS 2022

(a) Soit (k, r ) ∈ J0, n K. Calculer P k(r ) .


On distinguera les cas k > r , k < r et k = r .
(b) Calculer, pour tout couple (k, r ) d’entiers distincts de J0, n K, la valeur de ϕr (P k ).
(c) Calculer, pour tout entier k de J0, n K, la valeur de ϕk (P k ).
n
X
(d) Soit P ∈ E . Établir l’égalité : P = ϕk (P )P k .
k=0
(e) Montrer que (ϕ0 , ϕ1 , . . . , ϕn ) est une base de E ∗ .

3. Établir, pour tout couple (x, y) de nombres réels, l’égalité :


à !
Xn n
(x + y)n = y n + x (x − k)k−1 (y + k)n−k .
k=1 k

On pourra considérer le polynôme (X + y)n .

4. Établir, pour tout couple (x, y) de réels, l’égalité :


à !
Xn n
P n (x + y) = P k (x)P n−k (y).
k=0 k

Exercice 3. Étude d’une variable aléatoire


On note, pour tout (n, p) ∈ N × N∗ , a(n, p) le nombre de p-listes (x 1 , x 2 , . . . , x p ) ∈ Np telles
p
X
que x i = n. On a donc a(n, 1) = 1.
i =1

1. (a) Déterminer, pour tout entier naturel n, la valeur de a(n, 2).


à ! à !
n + 1 Xn k
(b) Prouver, pour tout (n, p) ∈ N2 , l’égalité : = .
p +1 k=p p

n
X
2. Établir, pour tout (n, p) ∈ N × N∗ , l’égalité : a(n, p + 1) = a(n − k, p).
k=0
à !
∗ n +p −1
3. Établir, pour tout (n, p) ∈ N × N , l’égalité : a(n, p) = .
p −1

¡ ∗ ¢p
4. En déduire que, pour tout à (n, p)
! ∈ N × N , le nombre de p-listes (x 1 , x 2 , . . . , x p ) ∈ N
X p
n −1
telles que x i = n vaut .
i =1 p −1

On munit, pour tout entier naturel n non nul, l’ensemble Ω des parties à n éléments de J1, 2n K
de la tribu pleine et de la probabilité uniforme notée P.
On appelle bloc d’une partie A élément de Ω, tout sous-ensemble de A de la forme Ja, b K

1 ⩽ a ⩽ b ⩽ 2n avec (a = 1 ou a − 1 ∉ A) et (b = 2n ou b + 1 ∉ A).
Par exemple, dans le cas où n = 3, la partie (de J1, 6K) {1, 2, 5} a deux blocs (J1, 2K et {5}) alors
que, dans le cas où n = 4 la partie (de J1, 8K) {2, 4, 6, 7} a trois blocs ({2}, {4} et J6, 7K).
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Mathématiques Lundi 16 mai, matin Page 4/5
2022
BÉCÉAS 2022

On note, pour tout entier naturel n non nul, X n la variable aléatoire qui, à chaque partie A
à n éléments de J1, 2n K, associe le nombre de blocs de A. La variable X 1 est donc constante
égale à 1.

5. (a) Déterminer la loi de X 2 et son espérance.


(b) Déterminer la loi de X 3 et son espérance.

6. Soit n ∈ N∗ .

(a) Calculer P (X n = 1) et P (X n = n).


(b) Soit k ∈ J1, n K. Montrer que la donnée d’une partie A à n éléments de J1, 2n K
avec k blocs équivaut à la donnée d’une liste ( j 0 , i 1 , j 1 , i 2 , j 2 , . . . , i k−1 , j k−1 , i k , j k )
où i 1 , i 2 , . . . , i k , j 1 , j 2 , . . . , j k−1 sont des entiers naturels non nuls et j 0 et j k des en-
tiers naturels vérifiant les conditions
k
X k
X
ir = n et j r = n.
r =1 r =0

¡n−1¢ ¡n+1¢
k−1 k
(c) En déduire, pour tout entier k ∈ J1, n K, l’égalité : P (X n = k) = ¡2n ¢ ·
n
(d) i. Calculer l’espérance de la variable X n .
ii. Calculer la variance de la variable X n .

7. Prouver, pour tout ε > 0, l’égalité :


³¯ X ¯ ´
¯ n 1¯
lim P ¯ − ¯ ⩾ ε = 0.
n→+∞ n 2

8. Soit n ∈ N∗ . On lance 2n fois une pièce équilibrée et on note (ε1 , ε2 , . . . , ε2n ) la suite
de résultats obtenus (avec εi = 1 (resp. 0) si le i -ème lancer a donné pile (resp. face)).
Quelle est la probabilité d’obtenir une telle suite comportant n fois le 1 avec exacte-
ment k blocs de 1 ?

19
Mathématiques Lundi 16 mai, matin Page 5/5
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d’Actuariat et Statistique
Session 2022

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 4h

On rappelle que la fonction Gamma d’Euler est définie par


Z +∞
∀ x > 0, Γ(x) = t x−1 e−t dt (1)
0

R
qu’elle est continue sur ∗+ et qu’elle vérifie la formule récursive Γ(x +1) = x Γ(x), valable
pour tout réel strictement positif x.
Cette fonction intervient à maintes reprises dans la suite.

L’énoncé est divisé en quatre parties largement indépendantes, que les candidats ne sont
pas tenus de traiter dans l’ordre.

L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une uti-
lisation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.

20
Option A Mardi 17 mai, matin Page 1/5
2022
BÉCÉAS 2022

Partie I Un lien avec loi de Poisson

¡ ¢
Dans cette partie, on considère une suite X n n∈N∗ variables aléatoires définies sur le
N
même espace probabilisé (Ω, F , P) et on suppose que, pour tout n ∈ ∗ , X n suit la loi de
Poisson de paramètre n .

1. Justifier que, pour tout n ∈ N∗, la probabilité P([X n > k]) tend vers 0 quand l’entier k
tend vers l’infini.

2. Soit n ∈ N∗ .
a) Justifier, pour tout entier naturel k, l’égalité :

n k −n
P([X n > k]) = P([X n > k − 1]) − e ·
k!

b) En utilisant le résultat précédent et une intégration par parties, établir que :


Z
1 n k −t
N
∀ k ∈ , P([X n > k]) =
k! 0
t e dt (2)

3. Soit k ∈ N.
a) Préciser la limite de P([X n > k]) quand n tend vers l’infini.

n k −n
b) En utilisant (2), justifier que P([X n ≤ k]) est équivalent à e quand n tend
k!
vers l’infini.
Z n
4. Pour tout n ∈ N∗, on pose : In = 0
t 2n e−t dt .

2n + 1 2n + 1
n −n n
a) Justifier l’encadrement : e ≤ In ≤ ·
2n + 1 2n + 1
b) En déduire la limite de I n quand n tend vers l’infini.

c) Démontrer que I n est négligeable devant (2n)! quand n tend vers l’infini (on
pourra utiliser la propriété (2)).

Partie II La fonction Γ comme transformée intégrale

R
On note S l’ensemble des fonctions réelles f définies et de classe C ∞ sur + , telles que,
pour tout couple (n, p) de nombres entiers positifs ou nuls, la fonction t 7−→ t p f (n) (t ) est
R
bornée sur + .

5. Pour quelles valeurs réelles de a la fonction t 7−→ e a t est-elle un élément de S ?

21
Option A Mardi 17 mai, matin Page 2/5
2022
BÉCÉAS 2022

6. Soit k un nombre entier strictement positif et f k la fonction définie sur R+ par :


∀ t ≥ 0, f k (t ) = exp(−t k ) .

a) Montrer que, pour tout entier positif n, il existe un polynôme P k,n de R[X ] tel
que la dérivée n-ième de f k vérifie :

∀ t ≥ 0, f k(n) (t ) = P k,n (t ) f k (t ) .

b) En déduire que f k est un élément de S.

7. Montrer que, pour tout élément f de S et tout réel x > 0, la fonction t 7−→ t x−1 f (t ) est
intégrable sur ] 0, +∞ [.

Pour tout f ∈ S, on définit sur R∗+ la fonction G( f ) par :


Z +∞
∀ x > 0, G( f )(x) = t x−1 f (t ) dt (3)
0

8. a) Exprimer, pour tout entier strictement positif k, la fonction G( f k ) à l’aide de la


fonction Gamma.
b) Donner un équivalent de la fonction Γ en 0 et en déduire que, pour tout x > 0,
1
G( f k )(x) tend vers lorsque k tend vers l’infini.
x

9. Montrer que, pour tout élément f de S, la fonction G( f ) est de classe C ∞ sur ] 0, +∞ [.

10. Dans cette question, on suppose que f est une fonction à valeurs strictement posi-
tives qui appartient à S.
¡ ¢
a) Montrer que G( f ) (x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞ .
¡ ¢
b) Montrer que G( f ) (x) est équivalent à f (0)/x quand x tend vers 0 .
c) Montrer que la fonction G( f ) admet un minimum global, atteint en un point
unique .

Partie III Application au prolongement de la fonction ζ de Riemann

Pour tout élément f de l’espace S défini dans la deuxième partie du problème, on associe
la fonction Z ( f ) définie sur ] 0, +∞ [ par :
Z +∞
1
∀ x > 0, Z ( f )(x) = t x−1 f (t ) dt (4)
Γ(x) 0

22
Option A Mardi 17 mai, matin Page 3/5
2022
BÉCÉAS 2022

11. Soit f un élément de S .


a) Montrer que la dérivée f ′ de f appartient à S et vérifie :

∀x > 0, G( f ′ )(x + 1) = − x G( f )(x) .


b) En déduire que, pour tout n ∈ N, on a :
∀x > 0, Z ( f (n) )(x + n) = (−1)n Z ( f )(x) .

c) Montrer qu’on peut définir, de manière cohérente, un prolongement Z ( f ) de


R
Z ( f ) à , en posant, pour tout nombre réel x et tout nombre entier n tel que n > − x :

Z ( f )(x) = (−1)n Z ( f (n) )(x + n) .

d) Montrer que Z ( f ), ainsi défini, est une fonction de classe C ∞ sur R et vérifie,
pour tout n ∈ :N
Z ( f )(−n) = (−1)n f (n) (0) .
( t
si t > 0
12. Dans cette question, on note f la fonction définie sur R+ par : f (t ) = et − 1 .
1 si t = 0
a) Justifier la validité des deux développements en série suivants :
+∞
X
(i) ∀ t > 0 , f (t ) = t e−t e−nt
n=0
1
(ii) ∀ t ≥ 0 , f (t ) = .
+∞
X tn
1+
n=1 (n + 1)!

b) Montrer que f est de classe C ∞ sur R+.


c) Pour tout nombre entier strictement positif k, montrer que la série de terme
+∞
X k −n
général n k e−n est convergente et que sa somme n e majore la valeur absolue
n=1
+∞
X −nt
de la dérivée k-ième de la fonction t 7−→ e sur l’intervalle fermé [ 1, +∞ [.
n=0

d) En déduire que f est un élément de S.

13. On rappelle que la fonction Zêta de Riemann est définie par :


+∞
X 1
∀ x > 1, ζ(x) = x
(5)
n=1 n

a) Démontrer que, pour l’élément f de S défini dans la question précédente, on


a:
∀ x > 0, Z ( f )(x) = x ζ(x + 1) .
b) La propriété précédente permet de prolonger la fonction ζ à la droite réelle
privée de 1 en posant :
1
∀ x ̸= 1, ζ(x) = Z ( f )(x − 1) .
x −1

En utilisant un développement limité de f , calculer ses valeurs en Z ( f )(0) et Z ( f )(−1).


23
Option A Mardi 17 mai, matin Page 4/5
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BÉCÉAS 2022

Partie IV Un autre prolongement

R
Dans cette partie, P et Q désignent deux polynômes de [X ], non nuls et premiers entre
R
eux, et on note E (P,Q) l’ensemble des solutions sur de l’équation différentielle :

P y " +Q y ′ + (Q − P ) y = 0 (6)

Autrement dit, E (P,Q) est l’ensemble des fonctions réelles f deux fois dérivables sur R telles
que :
R ¡ ¢
∀ x ∈ , P (x) f "(x) +Q(x) f ′ (x) + Q(x) − P (x) f (x) = 0 .

14. a) Montrer que E (P,Q) est un R-espace vectoriel qui contient la fonction x 7−→
−x
e .
b) Montrer que, si E (P,Q) contient une fonction de la forme x 7−→ eλx avec λ ̸= −1,
les polynômes P et Q sont nécessairement constants.
c) Trouver E (P,Q) lorsque P et Q sont constants (non nuls) .

15. On suppose, dans cette question, que le polynôme P possède une unique racine réelle
R
a et on note Φ l’application linéaire de E (P,Q) dans 4 qui associe à tout élément f
de E (P,Q) le vecteur :
¡ ¢
Φ( f ) = f (a − 1), f ′ (a − 1), f (a + 1), f ′ (a + 1) .

a) En utilisant le théorème de Cauchy linéaire, montrer que l’application Φ est


injective.
b) Montrer qu’il n’existe pas d’élément f de E (P,Q) vérifiant :
(
f (a − 1) = f ′ (a − 1) = 0
·
f (a + 1) = − f ′ (a + 1) = e−(a + 1)

c) Déduire des résultats précédents que la dimension de l’espace vectoriel E (P,Q)


est au plus égale à 3.
d) Montrer que, si P (X ) = X 3 et Q(X ) = −1, la dimension de l’espace vectoriel
E (P,Q) est égale à 3.
¡x ¢
Γ
16. a) Montrer que la fonction ∆ : x 7−→ 2 , définie sur ] 0, +∞ [, vérifie la formule
Γ(x)
récursive :
∆(x)
∀ x > 0, ∆(x + 2) = ·
2(x + 1)
b) En utilisant la fonction f 2 : t 7−→ exp(−t 2 ) définie dans la deuxième partie,
R
montrer que la fonction ∆ admet un prolongement ∆ de classe C ∞ sur , vérifiant :

∀x∈ R, ∆(x) = 2 (x + 1) ∆(x + 2) .


c) Comment utiliser une équation différentielle de la forme (6) pour trouver une
formule récursive satisfaite à la fois par les fonctions constantes et par la fonction ∆ ?

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Option A Mardi 17 mai, matin Page 5/5
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d’Actuariat et Statistique
Session 2021

Épreuve de mathématiques
Durée : 4h

L’épreuve est constituée de quatre exercices indépendants.

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Mathématiques Lundi 10 mai, matin Page 1/5
2021
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Exercice 1. Une caractérisation de la loi géométrique


Soit X et Y deux variables aléatoires à valeurs dans N∗ , indépendantes et de même loi,
toutes deux définies sur le même espace probabilisé (Ω, T , P). On pose, pour tout ω ∈ Ω,
¡ ¢ ¡ ¢
I (ω) = min X (ω), Y (ω) , M (ω) = max X (ω), Y (ω) et D(ω) = M (ω) − I (ω).

1. Montrer que I et M sont des variables aléatoires sur (Ω, T ).

2. Dans cette question, on suppose que la loi commune de X et Y est géométrique de


paramètre p ∈]0, 1[. On pourra poser q = 1 − p.

(a) Reconnaître la loi de la variable I .


(b) Calculer, pour tout (i , d ) ∈ N×N∗ , la probabilité P ([I = i ]∩[D = d ]) (qu’on pourra
noter P (I = i , D = d )).
On séparera les cas d = 0 et d > 0.
(c) Déterminer la loi de la variable D.
(d) Vérifier que les variables I et D sont indépendantes.

3. Dans cette question, la loi commune de X et Y est inconnue et on suppose que les
variables I et D sont indépendantes.
On note b := P (D = 0) et, pour tout entier naturel k non nul, p k = P (X = k).
On suppose p k > 0 pour tout k ∈ N∗ .

(a) Exprimer le réel b à l’aide de la famille (p i )i ∈N∗ .


(b) Exprimer, pour tout entier naturel k, la probabilité P (I > k) à l’aide de la fa-
mille (p i )i ∈N∗ .
(c) Soit k ∈ N. En calculant la probabilité P (I > k, D = 0) établir l’égalité
+∞
X ³ +∞
X ´2
p i2 = b pi .
i =k+1 i =k+1

(d) i. En déduire, pour tout entier naturel k non nul, l’égalité : (1 − b)p k = 2b P (X > k).
ii. Calculer p 1 en fonction de b puis établir, pour tout entier naturel k non nul,
1−b
l’égalité : p k+1 = pk .
1+b
(e) En déduire que la loi commune des variables X et Y est géométrique de para-
mètre p 1 .

Exercice 2. Un calcul de ζ(2)


Z π Z π
2 2
2n
On pose, pour tout entier naturel n, C n = (cos x) dx et D n = x 2 (cos x)2n dx.
0 0

1. Établir, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité : C n = (2n − 1) (C n−1 −C n ).
On pourra écrire cos2n x = cos x cos2n−1 x.

26
Mathématiques Lundi 10 mai, matin Page 2/5
2021
BÉCÉAS 2021

2. Établir, pour tout entier naturel n non nul, les égalités


Z π
2 Cn C n−1
(sin x)2 (cos x)2n−2 dx = = ·
0 2n − 1 2n

3. Établir, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité : C n = (2n − 1)nD n−1 − 2n 2 D n .
1 ³D Dn ´
n−1
4. En déduire, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité : 2 = 2 − .
n C n−1 C n
h i 2
5. (a) Justifier, pour tout réel x ∈ 0, π2 , la minoration : sin x > x.
π
π2 C n
(b) En déduire, pour tout entier naturel n, la majoration : D n 6 ·
4 2n + 2
+∞
X 1 π2
6. Prouver l’égalité : 2
= ·
k=1 k 6

Exercice 3. Trois preuves d’une égalité combinatoire

1. Avec la fonction Beta


Z 1
On pose, pour tout couple (n, p) d’entiers naturels, B (n, p) = t n (1 − t )p dt .
0

(a) Relier, pour tout couple (n, p) ∈ (N∗ )2 , les réels B (n, p) et B (n+1, p−1). En déduire,
n! p!
pour tout couple (n, p) ∈ N2 , l’égalité : B (n, p) = ·
(n + p + 1)!
(b) Soit (m, n) ∈ N∗ × N. Établir l’égalité
à !
(m − 1)! n! X n n (−1)k
(E ) = ·
(m + n)! k=0 k m + k

2. Avec des différences finies


On note ∆ l’application qui, à chaque suite réelle u := (u p )p∈N∗ , associe la suite

∆(u) := (u p+1 − u p )p∈N∗ .

On note, ∆2 = ∆ ◦ ∆, ∆3 = ∆ ◦ ∆ ◦ ∆, etc., et ∆0 = IdRN∗ .

(a) Prouver, pour toute suite u := (u p )p∈N∗ , pour tout entier naturel n et tout en-
tier p ∈ N∗ , l’égalité Ã !
¡ n ¢ Xn n
∆ (u) p = (−1)n−k u p+k .
k=0 k
¡1¢
(b) En utilisant la suite u := p∈N∗ établir à nouveau l’égalité (E ).
p
3. Par un raisonnement probabiliste
On rappelle que si n ∈ N∗ et A 1 , A 2 , . . . , A n sont des événements d’un espace probabi-
lisé (Ω, T , P) on dispose de la formule du crible suivante
n
[ n
X X
P( Ak ) = (−1)k−1 P (A i 1 ∩ A i 2 ∩ . . . A i k ).
k=1 k=1 16i 1 <i 2 <···<i k 6n
27
Mathématiques Lundi 10 mai, matin Page 3/5
2021
BÉCÉAS 2021

(a) Soit A 1 , A 2 , . . . , A n et B des événements d’un espace probabilisé (Ω, T , P). Établir
l’égalité
n
\ n
X X
P (B ∩ A i ) = P (B ) + (−1)k P (B ∩ A ci1 ∩ A ci2 ∩ . . . A cik ),
i =1 k=1 16i 1 <i 2 <···<i k 6n

(où l’on note E c le complémentaire d’un événement E ).

Soit (m, n) ∈ (N∗ )2 . On considère une urne contenant une boule noire notée N , n
boules blanches notées B 1 , B 2 , . . . , B n et m − 1 boules rouges notées R 1 , R 2 , . . . , R m−1 .
On effectue des tirages successifs d’une boule dans cette urne, sans remise de la boule
dans l’urne après tirage, jusqu’à épuisement de l’urne. Un résultat de cette expérience
aléatoire est donc une (m+n)-liste (ordonnée ...) composée des m+n symboles B 1 , B 2 , . . . , B n ,
R 1 , R 2 , . . . , R m−1 et N . On note B l’événement constitué des tirages où la boule noire est
tirée avant chacune des boules rouges, et, pour tout entier i ∈ J1, n K, A i l’événement
constitué des tirages où la boule noire est tirée après la boule blanche B i .

(b) Calculer la probabilité P (B ).


n
\
(c) Calculer la probabilité P (B ∩ A i ).
i =1
(d) Prouver, pour tout entier k ∈ J1, n K et tout k-liste (i 1 , i 2 , . . . , i k ) avec
1 6 i 1 < i 2 < · · · < i k 6 n, l’égalité
1
P (B ∩ A ci1 ∩ A ci2 ∩ . . . A cik ) = ·
m +k

(e) i. Soit k ∈ J1, n K. Déterminer – en le justifiant – le nombre de k-listes (i 1 , i 2 , . . . , i k )


d’entiers telles que 1 6 i 1 < i 2 < · · · < i k 6 n.
ii. En déduire à nouveau l’égalité (E ).

Exercice 4. Une propriété des matrices symétriques


On note, pour tout entier naturel n non nul, Mn,1 (R) l’ensemble des matrices réelles co-
lonnes de taille n que l’on munit de sa structure euclidienne standard où le produit de deux
matrices colonnes X et Y est tX Y . On note S n (R) l’ensemble des matrices réelles carrées
d’ordre n et symétriques.
On note, pour tout entier naturel n non nul et pour toute matrice A ∈ S n (R),
© ª
R(A) = tX AX ; tX X = 1 .

On dit qu’une matrice A ∈ Mn (R) est orthogonalement semblable à une matrice B ∈ Mn (R)
s’il existe une matrice P ∈ O n (R) (i.e. vérifiant l’égalité tP P = I n ) pour laquelle B = tP AP .

1. Soit (A, B ) ∈ S n (R)2 . On suppose que A est orthogonalement semblable à B .


Prouver l’égalité : R(A) = R(B ).

2. Soit n ∈ N∗ et A ∈ S n (R). On note λ1 , λ2 , . . . , λn les valeurs propres de A rangées dans


l’ordre croissant i.e. λ1 6 λ2 6 · · · 6 λn .

(a) Prouver l’inclusion : R(A) ⊂ [λ1 , λn ].


28
Mathématiques Lundi 10 mai, matin Page 4/5
2021
BÉCÉAS 2021

(b) Établir l’égalité : R(A) = [λ1 , λn ].


(c) Montrer que si la matrice A est de trace nulle alors 0 est élément de R(A). Dans le
cas où n = 3, la réciproque est-elle vraie ?

On appelle diagonale d’une matrice M := (m i , j )16i , j 6n la liste (m 1,1 , m 2,2 , . . . , m n,n ) de ses
éléments diagonaux.

2. Soit n ∈ N∗ et A ∈ S n (R). On suppose qu’on dispose d’une matrice P ∈ O n (R) pour


laquelle tP AP a pour diagonale (Tr A, 0, . . . , 0) (où Tr A désigne la trace de A). Vérifier
que Tr A est élément de R(A).

3. (a) Donner un exemple de matrice A ∈ S 2 (R) dont la trace n’est pas élément de R(A).
(b) Soit A ∈ S 2 (R). Montrer que Tr A ∈ R(A) si et seulement si 0 ∈ R(A).

4. Soit A ∈ S 2 (R). On suppose que Tr A ∈ R(A). Montrer que A est orthogonalement sem-
blable à une matrice dont la diagonale est (Tr A, 0).

5. Soit n un entier avec n > 2. On suppose que toute matrice A ∈ S n (R) telle que Tr A ∈ R(A)
est orthogonalement semblable à une matrice ayant pour diagonale (Tr A, 0, . . . , 0).
Soit A ∈ S n+1 (R) telle que Tr A ∈ R(A).

(a) Justifier l’existence d’une matrice colonne C ∈ Mn,1 (R), d’une matrice ligne L ∈ Mn,1 (R)
et d’une matrice B ∈ S n (R) pour
µ lesquelles
¶ la matrice A est orthogonalement sem-
Tr A L
blable à la matrice par blocs .
C B
(b) Que vaut Tr B ? En déduire que Tr B ∈ R(B ).
(c) Conclure que la matrice A est orthogonalement semblable à une matrice de dia-
gonale (Tr A, 0, . . . , 0).

6. Soit A ∈ S n (R). Montrer qu’il existe un réel a pour lequel la matrice A est orthogonale-
ment semblable à une matrice dont tous les coefficients diagonaux sont égaux à a.

29
Mathématiques Lundi 10 mai, matin Page 5/5
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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2021

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 4h

Le thème du problème est le comportement asymptotique des restes des séries numé-
riques convergentes, à travers l’étude d’exemples variés.
L’énoncé est divisé en quatre parties largement indépendantes, que les candidats ne sont
pas tenus de traiter dans l’ordre.
L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une utili-
sation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.
¡ ¢ X ∞
X
Pour toute suite réelle u = u n n≥0 , on notera u n la série de terme général u n et un
n≥0 n=0
la somme de cette série lorsqu’elle est convergente.

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Option A Mardi 11 mai, matin Page 1/6
2021
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Partie 1 Exemples de calcul explicite du reste

X
1. Rappeler pourquoi, lorsque la série u n est convergente, la suite de terme général
n≥0

X
u k est convergente. Quelle est alors sa limite ?
k=n

2. Dans cette question, x désigne un nombre réel non nul, de signe quelconque.
X x 2n
a) Démontrer que la série est convergente. Quelle est sa somme ?
n≥0 (2n)!
b) Établir, pour tout nombre entier strictement positif n, l’égalité :

∞ x 2k Z x
X (x − t )2n−2
= sh(t ) dt .
k = n (2k)! 0 (2n − 2)!

∞ (−1)k x 2k
X
c) Donner une expression similaire de , sous la forme d’une inté-
k =n (2k)!
grale.

¡ 2n ¢
3. a) Démontrer que la série de terme général a n = arctan 4 est conver-
n + n2 + 2
gente.

b) Trouver un couple (P,Q) de polynômes de R[X ] qui vérifient :


(
P (X ) −Q(X ) = 2X
.
P (X )Q(X ) = X 4 + X 2 + 1

c) Établir que, pour tout couple (x, y) de nombres réels positifs ou nuls , on a :
¡ x−y ¢
arctan = arctan(x) − arctan(y) .
1+xy

d) Déduire des deux questions précédentes que, pour tout entier naturel n, on a :

X π
ak = − arctan(n 2 − n + 1) .
k =n 2

X³ X
∞ ´
e) La série a k est-elle convergente ?
n≥0 k = n

Partie II Exemples d’évaluation asymptotique du reste

4. Soit x ∈ R. X ln n
Démontrer que la série x
est convergente si, et seulement si, x est strictement
n≥1 n
supérieur à 1.

31
Option A Mardi 11 mai, matin Page 2/6
2021
BÉCÉAS 2021

5. Dans cette question on suppose que le réel x est strictement supérieur à 1 et, pour
X∞ ln k
tout entier n strictement positif, on note r n = x
.
k=n k

a) Pour tout réel a strictement positif, justifier l’égalité :


Z +∞ ¡ ¢
ln t a 1−x 1 + (x − 1) ln a
dt = ·
a tx (x − 1)2

b) Établir, pour tout entier n supérieur ou égal à 4, la double inégalité :


Z +∞ Z +∞
ln t ln t
dt ≤ r n ≤ dt .
n tx n−1 tx

ln n
c) En déduire que r n est équivalent à quand n tend vers l’infini.
(x − 1) n x−1

6. Sommation des relations de comparaison


¡ ¢ ¡ ¢
On considère deux suites v = v n n≥0 et w = w n n≥0 à termes réels non nuls.
X
On suppose que v n est équivalent à w n quand n tend vers l’infini et que la série vn
n≥0
est convergente.

On rappelle que, si tous les termes de la suite v sont positifs, alors :


X
• la série w n est convergente.
n≥0

X ∞
X
• w k est équivalent à v k quand n tend vers l’infini .
k=n k=n

a) À l’aide d’un contre-exemple, montrer que la première de ces deux propriétés


de w ne serait pas assurée si le signe des termes de la suite v n’était pas constant.

b) Montrer de même que, lorsque le signe des termes de la suite v n’est pas constant,
X X∞
il est possible que la série w n soit convergente mais que w k ne soit pas équi-
n≥0 k=n

X
valent à v k quand n tend vers l’infini. On pourra utiliser pour w la suite de terme
k=n
(−1)n 1
général p + ·
n n n(n + 1)

Pour traiter la question qui suit, on pourra admettre la propriété suivante qui complète
les propriétés rappelées précédemment.
Si v et w sont deux suites à termes positifs telles que X v n = o(w
X n ) (v n négligeable par
rapport à w n quand n tend vers l’infini) et si les séries v n et w n sont convergentes,
n≥0 n≥0
alors

X ∞
¡X ¢
vk = o wk .
k=n k=n

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Option A Mardi 11 mai, matin Page 3/6
2021
BÉCÉAS 2021

7. Un exemple probabiliste

Dans cette question, on considère deux variables aléatoires X et Y définies sur le


même espace probabilisé (Ω, F , P).
On suppose que X suit la loi géométrique de paramètre p (∈ ]0, 1[), que Y suit la loi
de Poisson de paramètre λ (> 0) et que les variables aléatoires X et Y sont indépen-
dantes.

a) Pour tout n ∈ N, calculer P(X ≥ n).

b) Établir, pour tout n ∈ N∗, l’égalité


n−1
X 1 ³ λ ´k
P(X + Y = n) = p(1 − p)n−1 e−λ ·
k=0 k! 1 − p

c) En déduire que P(Y ≥ n) est négligeable devant P(X +Y ≥ n) quand n tend vers
l’infini.
d) Démontrer que P(X + Y ≥ n) est équivalent à eλp/(1−p) (1 − p)n−1 quand n tend
vers l’infini.
X
e) En déduire que la série P(X + Y ≥ n) est convergente. Quelle est sa somme ?
n≥0

Partie III Étude du reste comme opérateur

On note L ∞ le R-espace vectoriel des suites réelles bornées et ∥ ∥ ∞ la norme sur L ∞ défi-
nie par
, ∥ u ∥ = sup {|u n | ; n ∈ N}.
¡ ¢
∀ u = un n≥0 ∞

8. Démontrer que l’espace vectoriel F des suites réelles


¡ convergentes
¢ et de limite nulle
est une partie fermée de l’espace vectoriel normé L ∞ , ∥ ∥∞ .
¡ ¢ X
9. On note E l’ensemble des suites réelles u = u n n≥0 telles que la série u n est conver-
n≥0
gente.
a) Justifier que E est un sous-espace vectoriel de F .
¡ ¢
b) L’ensemble E est-il une partie fermée de l’espace vectoriel normé L ∞ , ∥ ∥∞ ?
Quelle est son adhérence ?
¡ ¢ ¡ ¢
10. On note Φ l’application qui, à tout élément u = u n n≥0 de E associe la suite r = r n n≥0
définie par

N
X
∀ n ∈ , rn = uk
k=n

a) Calculer ∥ u ∥∞ et ∥ Φ(u) ∥∞ lorsque u est une suite géométrique convergente


de premier terme u 0 égal à 1.

b) Démontrer que Φ est une application linéaire et injective de E dans L ∞ , dont


l’image est F .

33
Option A Mardi 11 mai, matin Page 4/6
2021
BÉCÉAS 2021

c) On note Ψ la restriction de Φ à E , considérée comme une bijection de E sur F .

On munit E et F de la norme ∥ ∥∞ .

i) L’application Ψ est-elle continue ?

ii) L’application réciproque Ψ−1 est-elle continue ?

Partie IV Restes de séries alternées

Dans cette partie, f désigne une fonction dérivable sur [0, +∞[, décroissante et convexe,
à valeurs strictement positives et de limite nulle en +∞.
¡ ¢
On rappelle que, si v = v n n≥0 est une suite à termes réels strictement positifs, décrois-
sante et de limite nulle, alors :
X
• la série (−1)n v n est convergente
n≥0

N, la somme
X
• pour tout n ∈ (−1)k v k est positive si n est pair, négative si
k=n
n est impair, et vérifie l’inégalité

X
| (−1)k v k | ≤ v n .
k=n

11. Établir, pour tout réel positif ou nul t , la double inégalité :

f (t ) − f (t + 1) f 0 (t )
0 ≤ ≤ − ·
f (t ) f (t )

12. Pour tout entier positif ou nul n, on pose : u n = (−1)n f (n).


X
a) Justifier la convergence de la série un .
n≥0

X
b) Pour tout entier positif ou nul n, on pose : r n = uk .
k=n

Démontrer que, pour tout entier positif ou nul n, on a :



X
i) | rn | = (−1)p f (n + p)
p=0

ii) 0 ≤ | r n | − | r n+1 | ≤ f (n) − f (n + 1) .


X
c) Montrer que la série r n est convergente.
n≥0

f 0 (t )
d) Démontrer que, si le quotient tend vers 0 quand le réel t tend vers l’infini
f (t )
un
alors r n est équivalent à quand n tend vers l’infini.
2

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Option A Mardi 11 mai, matin Page 5/6
2021
BÉCÉAS 2021

X (−1)n ln n
13. a) Pour quelles valeurs du réel x la série est-elle convergente ?
n≥1 nx
X∞ (−1)k ln k
b) Pour ces valeurs, déduire des résultats précédents un équivalent de
k=n kx
quand n tend vers l’infini.

X (−1)n
14. a) Démontrer que la série n
est convergente.
n≥2 n + (−1)


X (−1)k
b) La série de terme général est-elle convergente ?
k=n k + (−1)k

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Option A Mardi 11 mai, matin Page 6/6
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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2020

Épreuve de mathématiques
Durée : 3h

En dehors de sa dernière question, la partie II est indépendante de la partie I.

Partie I - Intégrales généralisées de Dirichlet

1. Les sous-questions sont indépendantes.

(a) On considère la fonction

R −→  R
 sin t
g: si t 6= 0;
t 7−→ t

1 si t = 0.

Montrer que la fonction g est de classe C 1 sur R.


Z +∞ sin t
(b) i. Prouver la convergence de l’intégrale impropre dt .
Z +∞ 0 t
sin t π
On admet l’égalité dt = ·
0 t 2
Z +∞
∗ sin( j t )
ii. Déterminer, pour tout j ∈ N , la valeur de l’intégrale impropre dt .
0 t
(c) Donner le développement limité en 0 à l’ordre 4 de la fonction t 7→ ln g (t ).
Z +∞ r
2 π
− u2
(d) On rappelle que e du = ·
0 2
Z lnp n
n − nt 2
Donner, lorsque l’entier n tend vers +∞, un équivalent de e 6 dt .
0

2. Soit n un entier naturel au moins égal à 2.


Z +∞ sinn t
(a) Vérifier que l’intégrale impropre dt est convergente.
0 tn
Z +∞ 2
sin t
(b) Quelle est la valeur de dt ?
0 t2

3. On pose, pour tout entier naturel n non nul et tout réel t > 0, h n (t ) = sinn t .
Soit n un entier naturel au moins égal à 2.

(a) Soit k ¯∈ J0, n − ¯ 1K. Justifier l’existence d’un réel K > 0 pour lequel, pour tout réel t ,
on a : ¯h (k) (t )¯ 6 K .
n

(b) i. Quel est le développement limité à l’ordre n en 0 de la fonction h n ?


36
Mathématiques Samedi 20 juin, matin Page 1/4
2020
BÉCÉAS 2020

h n(k) (t ) n!
ii. Établir l’égalité : lim = ·
t →0 t n−k (n − k)!
Z +∞ h n(k) (t )
(c) Justifier, pour tout entier k ∈ J0, n−2K, la convergence absolue de l’intégrale dt .
0 t n−k
Z +∞ h n(n−1) (t )
(d) Justifier la convergence de l’intégrale dt et établir l’égalité
0 t
Z +∞ ³ sin t ´n Z
1 +∞ h n(n−1) (t )
dt = dt .
0 t (n − 1)! 0 t

4. Soit n ∈ N∗ .

(a) Établir, pour tout réel t , l’égalité


à !
1 2n
X 2n i (2n−2k)t
h 2n (t ) = sin2n t = n (−1)n+k e .
4 k=0 k

(b) En déduire, pour tout réel t , l’égalité


à !
n
X 2n
(2n−1) n+ j
h 2n (t ) = (−1) j 2n−1 sin(2 j t ).
j =1 n+j

Z Ã !
+∞ ³ sin t ´2n π 1 X n 2n
(c) En déduire l’égalité : dt = (−1)n+ j j 2n−1 .
0 t 2 (2n − 1)! j =1 n+j
Z +∞ ³ sin t ´n
5. Étude asymptotique de la suite de terme général dt
0 t
Z +∞ ³ sin t ´n
¡ 1 ¢
(a) Prouver, quand l’entier n tend vers +∞, l’évaluation dt = o p ·
π
2
t n
sin t ¤ π¤
(b) i. Étudier la monotonie de la fonction t 7→ sur l’intervalle 0, ·
t 2
ii. En déduire, quand l’entier n tend vers +∞, l’évaluation asymptotique :
Z π ³ sin t ´n
2 ¡ 1 ¢
dt = o p ·
ln
pn
n
t n

On pourra, en utilisant le résultat de la question 1-c), donner un équivalent


³ sin ε ´ ln n
n
de ln où εn = p ·
εn n
(c) i. Justifier l’existence de a > 0 tel que, pour tout u ∈ [0, a], on a : |e−u − 1| 6 2u.
ii. Justifier l’existence d’un réel b > 0 tel que, pour tout t ∈]0, b],
³ sin t ´ t2
−t 3 6 ln + 6 0.
t 6
On utilisera le résultat de la question 1-c).

37
Mathématiques Samedi 20 juin, matin Page 2/4
2020
BÉCÉAS 2020

iii. En déduire, pour tout entier n assez grand, l’inégalité

¯Z ln
pn ³ sin t ´n Z ln
pn 2 ¯ Z ln
pn ³ ´
¯ n n − nt6 ¯ n 3
¯ dt − e dt ¯ 6 1 − e−nt dt ,
0 t 0 0

puis, toujours quand l’entier n est assez grand, l’inégalité

¯Z ln
pn ³ sin t ´n Z ln
pn 2 ¯ ln4 n
¯ n n − nt6 ¯
¯ dt − e dt ¯ 6 2 ·
0 t 0 n

(d) En déduire, lorsque l’entier n tend vers +∞, l’équivalence :


Z +∞ ³ r
sin t ´n 3π
dt ∼ ·
0 t 2n

On se souviendra du résultat de 1-d).

Partie II Montées d’une permutation de J1, n K


On appelle, pour tout entier naturel n non nul, montée d’une liste a = (a 1 , a 2 , . . . , a n )
d’entiers naturels distincts deux à deux toute sous-liste (a p , a p+1 , . . . , a q ) (avec p 6 q) véri-
fiant les conditions : 

 p = 1 ou a p−1 > a p

et a p < a p+1 < · · · < a q (si p < q)


et q = n ou a q > a q+1

On note M (a) le nombre de montées de la liste a. Par exemple, les montées de la


liste a = (2, 5, 7, 6, 1, 4, 3, 8) sont (2, 5, 7), (6), (1, 4) et (3, 8), et donc M (a) = 4.
On définit de même la notion de descente d’une liste a d’entiers naturels distincts deux à
deux et son nombre de descentes D(a). Par exemple, les descentes de la liste a = (2, 5, 7, 6, 1, 4, 3, 8)
sont (2), (5), (7, 6, 1), (4, 3) et (8), et donc D(a) = 5.
On note, pour tout entier naturel n non nul, Sn l’ensemble des n-listes d’éléments de J1, n K
distincts deux à deux.
Il est clair que, pour toute liste a de Sn , on a 1 6 M (a) 6 n et 1 6 D(a) 6 n.
Enfin, pour tout entier naturel k, on note Enn (k) le nombre deo listes a de Sn ayant exacte-
ment k montées. Autrement dit, E n (k) = card a ∈ Sn ; M (a) = k . On a donc, E n (0) = 0 ainsi
que E n (k) = 0 pour tout entier k > n.

1. Soit n ∈ N∗ .

(a) Déterminer les valeurs de E n (1) et E n (n).


(b) Soit k un entier fixé compris entre 1 et n.
Donner un exemple de liste a de Sn pour laquelle M (a) = k.

2. Déterminer, pour tout entier naturel n non nul et pour toute liste a de Sn , la valeur
de M (a) + D(a).
En notant, pour i ∈ J1, n − 1K, s i la somme du nombre de montées et du nombre de
descentes de (a 1 , a 2 , . . . , a i ), on évaluera, en fonction du nombre s i , la somme s i +1 des
nombres de montées et de descentes de (a 1 , a 2 , . . . , a i +1 ).
38
Mathématiques Samedi 20 juin, matin Page 3/4
2020
BÉCÉAS 2020

3. Soit n ∈ N∗ . On associe, à toute liste a = (a 1 , a 2 , . . . , a n ) de Sn , la liste

Ψ(a) = (n + 1 − a 1 , n + 1 − a 2 , . . . , n + 1 − a n ).

(a) Vérifier que l’application Ψ est une bijection de Sn sur Sn .


(b) En déduire, pour tout entier k de J1, n K, l’égalité : E n (k) = E n (n + 1 − k).

4. Calcul de E n (2)
Soit n un entier naturel au moins égal à 2.

(a) Quel est le nombre de couples (A, B ) de parties non vides de J1, n K tels que

A ∪ B = J1, n K et A ∩ B = ;.

(b) Établir l’égalité : E n (2) = 2n − (n + 1).

5. Une relation de récurrence


Soit n un entier naturel non nul. À toute liste a = (a 1 , a 2 , . . . , a n+1 ) de Sn+1 , on associe la
liste ϕn (a) de Sn obtenue en ôtant l’élément (n+1) de la liste a. Par exemple, dans le cas
particulier où n = 5, si a = (3, 4, 1, 5, 6, 2), alors ϕ5 (a) = (3, 4, 1, 5, 2), et si a = (6, 3, 4, 1, 5, 2)
alors ϕ5 (a) = (3, 4, 1, 5, 2).

(a) Soit b = (a 1 , a 2 , . . . , a n ) un élément de Sn . Comment s’écrivent les éléments de Sn+1


dont l’image par ϕn est égale à b ?
(b) Soit k dans J1, n K et soit b dans Sn tels que M (b) = k. Quelles sont les valeurs
possibles de M (a) pour un élément a de Sn+1 dont l’image par ϕn est égale à b ?
(c) Établir, pour tout entier k de J1, n K, l’égalité :

E n+1 (k + 1) = (k + 1)E n (k + 1) + (n + 1 − k)E n (k).

Vérifier que cette formule tient également pour k = 0 et pour tout entier k > n.
(d) Donner, en détaillant le calcul de E 5 (3), les valeurs de E n (k) pour tous les couples
d’entiers (n, k) tels que 1 6 k 6 n 6 5. On consignera les résultats dans un ta-
bleau, n étant l’indice de ligne et k l’indice de colonne.

6. La formule de Worpitzky
Établir, pour tout entier n ∈ N∗ et tout entier k ∈ J1, n K, l’égalité
à !
X k
k− j n + 1
E n (k) = (−1) j n.
j =1 k−j

On raisonnera par récurrence sur l’entier n.

7. Une égalité miraculeuse !


Justifier, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité :
Z +∞ ³
2 sin t ´2n
E 2n−1 (n) = (2n − 1)! dt .
π 0 t

39
Mathématiques Samedi 20 juin, matin Page 4/4
2020
BÉCÉAS 2020

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2020

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 3h

Les matrices de Hessenberg sont des matrices « presque triangulaires », qui permettent d’éco-
nomiser les calculs lors de la mise en œuvre d’algorithmes d’analyse numérique. L’objet du
problème est d’examiner le comportement asymptotique des puissances de certaines de ces
matrices.

L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une uti-
lisation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.

Dans tout l’énoncé, n désigne un nombre entier supérieur ou égal à 3.

• Le coefficient situé dans la i -ème ligne et la j -ème colonne d’une matrice M est noté
M [i , j ].
R
• Les matrices élémentaires de M n ( ), dont tous les coefficients sont nuls sauf un,
égal à 1, sont notées E i(n)
,j
. Ainsi a-t-on, pour tout couple (i , j ) ∈ [[1, n]]2 :
(
1 ` = i et k = j
2
∀ (`, k) ∈ [[1, n]] , E i(n)
,j
[`, k] = δ`i δkj =
0 sinon

où δ`i (respectivement δkj ) vaut 1 si i = ` (respectivement j = k), 0 sinon.


R
• Pour toute matrice M de Mn ( ), on note u M (respectivement v M ) l’endomorphisme
de R n
C
(respectivement n ) canoniquement associé à M , c’est-à-dire l’endomorphisme dont
R
M est la matrice dans la base canonique Bn = (e 1 , . . . , e n ) de n (respectivement n ). On C
appelle spectre de M l’ensemble, noté spC (M ), des valeurs propres de v M (il s’agit d’une
C
partie non vide de ).
• Lorsque doit être établie la convergence d’une suite de matrices de Mn ( ), il s’agit R
de la convergence pour l’une quelconque des normes sur cet espace vectoriel, toutes équi-
valentes puisqu’il est de dimension finie.

40
Option A Samedi 20 juin, après-midi Page 1/4
2020
BÉCÉAS 2020

Partie I Matrices de Hessenberg

R
• On dit qu’une matrice M de Mn ( ) est une matrice de Hessenberg si tous ses coeffi-
cients M [i , j ] situés en dessous de la « sous-diagonale », c’est-à-dire tels que i ≥ j + 2, sont
nuls.
R
Par exemple, les matrices de Hessenberg de M5 ( ) sont les matrices de la forme
 
M [1, 1] M [1, 2] M [1, 3] M [1, 4] M [1, 5]
M [2, 1] M [2, 2] M [2, 3] M [2, 4] M [2, 5]
 
 
 0 M [3, 2] M [3, 3] M [3, 4] M [3, 5] ·
 
 0 0 M [4, 3] M [4, 4] M [4, 5]
0 0 0 M [5, 4] M [5, 5]

R
1. Pour tout entier n supérieur ou égal à 3, on note H n ( ) l’ensemble des matrices de
Hessenberg de Mn ( ). R
R
a) Justifier que H n ( ) est un sous-espace vectoriel de Mn ( ). R
b) En donner une base et la dimension.

2. Soit a un réel strictement positif. On note H+ (a) et H− (a) les deux matrices de Hes-
R
senberg de M3 ( ) définies par
   
a a 0 a a a
H+ (a) =  1 a 0  et H− (a) = −1 a a  ·
p
0 0 a+ a 0 0 a

a) Trouver les valeurs propres de la matrice H+ (a) et montrer qu’elle est diagona-
lisable dans .R ³1¡ ¢p ´
R
b) Soit r ∈ ∗+ . Démontrer que la suite de matrices p H+ (a)
r p p∈N
est conver-
gente si, et seulement si, le réel r est supérieur ou égal à a + a.
1 ¡ ¢p
c) Soit Q(a) = lim p p H+ (a) .
p→+∞
(a + a)
R
Justifier que l’endomorphisme uQ(a) de n est un projecteur, dont on précisera le
rang, l’image et le noyau.
³1¡ ¢p ´
R
d) Soit r ∈ ∗+ . Démontrer que la suite de matrices p H− (a)
r p p∈N
est conver-
gente si, et seulement si, le réel r est strictement supérieur à a(1 + a).
n−1
X (n)
R
3. Soit (a, b) ∈ 2 . On note J n = E j +1, j et Hn (a, b) = a I n + b J n .
j =1
a) Calculer les puissances successives de la matrice J 3 et donner, sans démons-
tration, une expression générale des puissances (J n )q (q ∈ ). N
b) Établir, pour tout entier p ≥ n − 1, l’égalité
à !
¡ ¢p X n X n p
Hn (a, b) = a p−i + j b i − j E i(n)
,j
j =1 i = j i − j

¡et en déduire
¢n−1 que, si a et b sont différents de 0, alors tous les coefficients de la matrice
Hn (a, b) situés sur ou en dessous de la diagonale (c’est-à-dire dont l’indice de
ligne est supérieur ou égal à l’indice de colonne) sont différents de 0.
³¡ ¢p ´
c) Pour quelles valeurs de (a, b) la suite Hn (a, b) est-elle convergente ?
N
p∈
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Option A Samedi 20 juin, après-midi Page 2/4
2020
BÉCÉAS 2020

Partie II Rayon spectral

R
Dans cette partie, on considère une matrice M de Mn ( ) et on note ρ(M ) le plus grand
des modules des éléments du spectre de M , appelé rayon spectral de M :

ρ(M ) = Max {| λ | ; λ ∈ spC (M )} .

4. Soit ε un nombre réel strictement positif et P ε la matrice diagonale de Mn ( ) dont R


les coefficients diagonaux sont donnés par :

∀ i ∈ [[1, n]], P ε [i , i ] = εi .

a) Calculer, pour toute matrice triangulaire supérieure T de Mn ( ), les coeffi- R


cients de la matrice P ε−1 T P ε .
b) En déduire que, pour tout réel α > 0, il existe une matrice triangulaire sem-
blable à T dont tous les coefficients non diagonaux sont de modules inférieurs ou
égaux à α.
c) Démontrer que pour tout réel r > ρ(M ), il existe une matrice inversible P à co-
efficients complexes pour laquelle la matrice M 0 = P −1 M P est triangulaire et le mo-
dule de chacun de ses coefficients au plus égal à r , c’est-à-dire :

∀(i , j ) ∈ [[1, n]]2 , | M 0 [i , j ] | ≤ r .

³1 ´
p
5. Justifier, pour tout réel r > ρ(M ), la convergence de la suite M vers la ma-
rp p∈N
trice nulle.
6. On suppose dans cette question que le polynôme caractéristique de M possède au
moins une racine réelle simple, que l’on note λ.
On note u M∗
R
l’endomorphisme de n de u M , dont la matrice dans la base canonique
est la transposée t M de la matrice M .

a) Justifier l’existence de deux éléments non nuls x et y de Rn vérifiant



u M (x) = λ x et uM (y) = λ y .

b) Démontrer que l’orthogonal Vect{y}⊥ de la droite vectorielle engendrée par le


R
vecteur y, pour le produit scalaire usuel de n , est stable par l’endomorphisme u M et
que λ n’est pas une valeur propre de l’endomorphisme de Vect{y}⊥ induit par u M .

c) En déduire que Vect{y}⊥ et Vect{x} sont deux sous-espaces vectoriels supplé-


R
mentaires de n .
d) On note Q la matrice dans la base canonique du projecteur de Rn d’image
Vect{x} et de noyau Vect{y}⊥ .
Démontrer que, si λ est égal au rayon spectral ρ(M ) et si tous les éléments de spC (M )
³ 1 ´
p
distincts de λ ont un module strictement inférieur à ρ(M ), alors la suite M
ρ(M )p p∈N
est convergente et de limite Q.

42
Option A Samedi 20 juin, après-midi Page 3/4
2020
BÉCÉAS 2020

Partie III Matrices irréductibles

Pour toute partie J de [[1, n]], on note F J le sous-espace vectoriel de Rn engendré par les
R
vecteurs e j de la base canonique de n dont l’indice j appartient à J :

F J = Vect{e j ; j ∈ J }

(qui est réduit au vecteur nul lorsque J est vide).


R
• On dit qu’une matrice M de Mn ( ) est J -réduite si F J est stable par l’endomorphisme
R
u M et on note Mn ( )[J ] l’ensemble des matrices J -réduites de Mn ( ) : R
R R
Mn ( )[J ] = {M ∈ Mn ( ) ; u M (F J ) ⊆ F J } .

R
• On dit qu’une matrice M de Mn ( ) est irréductible s’il n’existe aucune partie J de
[[1, n]], non vide et distincte de [[1, n]], pour laquelle M est J -réduite.

7. Exemples
a) Pour quelles parties non vides J de {1, 2, 3} les matrices H+ (a) et H− (a) de la
question 2 sont-elles J -réduites ?
b) Démontrer qu’aucune des matrices Hn (a, b) de la question 3 n’est irréductible.

R
8. Soit M ∈ Mn ( ).
Démontrer que, pour que M soit irréductible, il suffit qu’il existe un entier naturel p
pour lequel tous les coefficients de la matrice M p sont différents de 0.

Pour traiter la dernière question du problème, on admettra les deux résultats suivants (théo-
rèmes de Perron-Frobenius).
R
• Si une matrice N ∈ Mn ( ) est à coefficients positifs ou nuls, alors ρ(N ) appartient au
spectre de N .
R
• Si une matrice N ∈ Mn ( ) est à coefficients strictement positifs, alors ρ(N ) en est la
seule valeur propre de module maximal et la dimension du sous-espace propre qui lui est
associé est égale à 1.

R
9. Soit H une matrice de H n ( ) dont tous les coefficients situés sur et au dessus de la
sous-diagonale sont strictement positifs :

∀ (i , j ) ∈ [[1, n]]2 , i ≤ j + 1 =⇒ H [i , j ] > 0 .

a) Justifier l’existence de deux réels strictement positifs a et b pour lesquels tous


les coefficients de H − Hn (a, b) sont positifs ou nuls.
b) En déduire que H est irréductible.
³ 1 ´
p
c) Démontrer que la suite H converge vers une matrice qui est ca-
ρ(H )p p∈N
noniquement associée à un projecteur de rang 1.

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Option A Samedi 20 juin, après-midi Page 4/4
2019
BÉCÉAS 2019

Banque d’Épreuves des Concours des Écoles


d’Actuariat et Statistique
Session 2019

Épreuve de mathématiques
Durée : 4h

Toutes les variables aléatoires qui interviennent dans ce problème sont discrètes et défi-
nies sur le même espace probabilisé (Ω, T , P).
On note bxc la partie entière d’un réel x. On rappelle que l’indicatrice 1 A d’un événe-
ment A est la variable aléatoire qui, à chaque ω ∈ Ω, associe 1 A (ω) = 1 si ω ∈ A et 1 A (ω) = 0
sinon.
On rappelle qu’une fonction réelle h, ¡ définie sur R,
¢ est dite convexe si, pour tout couple
(x, y) ∈ R et tout réel λ ∈ [0, 1], on a : h λx + (1 − λ)y 6 λh(x) + (1 − λ)h(y). Le candidat se
2

rappellera, ou admettra, que si une fonction h est définie sur R et convexe alors, pour tout
h(x) − h(a)
réel a, la fonction p a : x 7→ est croissante sur R \ {a}.
x −a

44
Mathématiques Mercredi 15 mai, matin Page 1/6
2019
BÉCÉAS 2019

Partie I - Préliminaires

On établit ici des résultats qui seront utilisées dans la suite du problème. Les questions
sont indépendantes.

1. Soit (X k )k∈N∗ une suite de variables aléatoires, indépendantes et suivant toutes la loi
Xn
de Poisson de paramètre λ > 0. On pose, pour tout entier naturel , non nul S n = Xk .
k=1

(a) Quelle est, pour tout entier naturel n non nul, la loi de S n ?
(b) Prouver, pour tout ε > 0 et pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité :
³S ´ λ
n
P > λ+ε 6 2·
n nε

2. Soit (x, µ) ∈ R2 avec 0 < µ < x.


On considère l’application Ψ qui, à chaque réel θ > 0, associe
³ ´
Ψ(θ) = exp µ(eθ − 1) − θx .

(a) Montrer que la fonction Ψ a un minimum sur R+ et déterminer sa valeur.


(b) Soit λ > 0, ε > 0 et n ∈ N∗ . On pose x = n(λ + ε) et µ = nλ.
Justifier, dans ces conditions, l’existence d’un réel a > 0 (fonction de λ et ε mais
pas de n) pour lequel min Ψ(θ) = e−an .
θ >0

¡x + y ¢ g (x) + g (y)
3. Soit g une fonction de R dans R telle que, pour tout (x, y) ∈ R2 , g 6 ·
2 2

(a) Prouver, pour tout couple (x, y) ∈ R2 , pour tout entier naturel n et pour tout en-
tier k ∈ J0, 2n K, l’inégalité :
³k k ´ k ¡ k ¢
g n x + (1 − n )y 6 n g (x) + 1 − n g (y)·
2 2 2 2
On pourra raisonner par récurrence sur l’entier n, et observer que, si p est un
2p + (2p + 2)
entier, on a l’égalité : = 2p + 1.
2
[nk
+∞
n
o
(b) On pose D = n
; k ∈ J0, 2 K et on considère un réel λ de [0, 1].
n=0 2
bλ 2n c
On note, pour tout entier naturel n, d n = ·
2n
Vérifier que la suite (d n )n∈N est une suite d’éléments de D, croissante et conver-
gente vers λ.
(c) On suppose, de plus, que la fonction g est croissante. Montrer qu’elle est convexe.

4. Soit X une variable aléatoire discrète possédant une espérance.

(a) Rappeler l’inégalité de Markov.

45
Mathématiques Mercredi 15 mai, matin Page 2/6
2019
BÉCÉAS 2019

(b) On suppose, de plus, la variable X à valeurs positives ou nulles. Établir, pour tout
réel x > 0, l’inégalité
E (eθX )
P (X > x) 6 inf ·
θ>0 eθ x
© ª
5. Soit X une variable aléatoire, possédant une espérance et telle que X (Ω) = x k ; k ∈ N∗
où la suite (x k )k∈N∗ est à valeurs dans R+ , strictement croissante et de limite +∞. On
pose x 0 = 0. On note, pour tout entier naturel n, αn = E (X 1[X 6xn ] ).

(a) Prouver la convergence de la suite (αn )n∈N .


(b) Soit ε > 0.
Justifier l’existence d’un entier naturel N tel que, pour tout entier n > N , on a :
E (X ) − ε 6 αn .
En déduire que la suite (αn )n∈N converge vers E (X ).
(c) Soit β la fonction qui, à chaque réel K > 0 associe, β(K ) = E (X 1[X 6K ] ).
Prouver l’égalité lim β(K ) = E (X ).
K →+∞
On admet que ce résultat est valable pour toute variable aléatoire discrète à va-
leurs positives ou nulles.

6. Soit f : R → R concave et décroissante. Soit x ∈ R.

(a) Justifier l’existence d’une limite finie, négative ou nulle, à droite en x, pour la
f (u) − f (x)
fonction u 7→ · On note θ0 cette limite.
u−x
(b) Prouver, pour tout réel u, l’inégalité : f (u) 6 f (x) + θ0 (u − x).
(c) En déduire l’égalité ³ ´
inf sup f (u) + θ(u − x) = f (x),
θ >0 u∈R
³ ´
en ayant, pour tout réel θ, posé sup f (u) + θ(u − x) = +∞ quand la fonction
u∈R
u 7→ f (u) + θ(u − x) n’est pas majorée.
© ª
7. Soit X une variable aléatoire telle que X (Ω) = x k ; k ∈ N∗ où la suite (x k )k∈N∗ est à
valeurs dans R+ , strictement croissante et de limite +∞. On pose x 0 = 0.

(a) Vérifier que la fonction qui à chaque réel t associe P (X > t ) est continue par mor-
ceaux sur R.
(b) Soit r un entier naturel.
Z xr +1 r
X
Prouver l’égalité P (X > t ) dt = (x k+1 − x k )P (X > x k ), puis l’égalité
0 k=0
Z x r +1 r
X
P (X > t ) dt = x k P (X = x k ) + x r +1 P (X > x r ).
0 k=1

(c) Prouver que la variable aléatoire X a une espérance si et seulement si l’intégrale


Z +∞
impropre P (X > t ) dt converge et que, dans ce cas, on a l’égalité :
0
Z +∞
E (X ) = P (X > t ) dt .
0
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Mathématiques Mercredi 15 mai, matin Page 3/6
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BÉCÉAS 2019

On admet que ce résultat s’étend à toute variable aléatoire discrète à valeurs po-
sitives ou nulles.
¡ ¢2
8. Soit (v n )n∈N∗ une suite d’éléments de R+ vérifiant, pour tout (m, n) ∈ N∗ , l’inégalité :

v m+n 6 v m + v n .
nv o
n
(a) Justifier l’existence du nombre ρ = inf ; n ∈ N∗ .
n
v N
(b) Soit ε > 0 et N ∈ N∗ tel que ρ 6 < ρ + ε.
N
vn v N vr
Soit (k, r ) ∈ N × J0, N − 1K et n = kN + r . Prouver l’inégalité 6 + et en
n N n
vn
déduire, pour tout entier n assez grand, l’encadrement ρ 6 6 ρ + 2ε.
n
vn
On en déduit ainsi que lim = ρ.
n→+∞ n

Dans toute la suite du problème, on considère une suite (X k )k∈N∗ de variables aléatoires
discrètes, à valeurs positives ou nulles, indépendantes et suivant toutes la loi de X 1 . On pose,
n
X
pour tout entier naturel n non nul, S n = Xk .
k=1
On suppose, de plus, que, pour tout réel t , P (X 1 > t ) > 0.
¡ ¢2
9. (a) Soit (m, n) ∈ N∗ et (u, v) ∈ R2 . Établir l’inégalité :

P (S m+n > mu + nv) > P (S m > mu) P (S n > nv).

(b) Prouver, pour tout entier naturel n non nul et pour tout réel u, l’inégalité :
P (S n > nu) > 0.
ln P (S n > nu) ln P (S n > nu)
(c) En déduire que, pour tout réel u, lim = sup ·
n→+∞ n n∈N∗ n

Partie II - Le théorème de Cramer

1. Une inégalité

(a) Soit J une partie de R telle que, pour tout élément x de J , l’intervalle ]−∞, x] est
inclus dans J . Prouver que la partie J est un intervalle de R.
(b) Vérifier que la fonction ϕ : θ 7→ ln E (eθX 1 ) est définie sur un intervalle I de R
contenant R− .
(c) Déterminer l’intervalle I et la valeur de ϕ(θ) pour tout θ ∈ I , dans les cas où X 1 suit
la loi géométrique de paramètre p ∈ ]0, 1[ ou la loi de Poisson de paramètre λ > 0.

1 ¡ ¢
2. (a) Vérifier que la fonction H : u 7→ sup ln P (S n > nu) est définie sur R, et qu’elle
n∈N∗ n
est décroissante.
¡u + v ¢ 1¡ ¢
(b) Prouver, pour tout couple (u, v) ∈ R2 , l’inégalité : H > H (u) + H (v) .
2 2
On utilisera I - 9.
47
Mathématiques Mercredi 15 mai, matin Page 4/6
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BÉCÉAS 2019

(c) Qu’en déduit-on pour la fonction H ?

3. Soit θ ∈ I ∩ R+ .
³ ´n
(a) Justifier, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité : E (eθS n ) = E (eθX 1 ) .
(b) En déduire, pour tout réel u et pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité :

1 ³ nθu ´
ϕ(θ) > ln e P (S n > nu) .
n

(c) Conclure à l’inégalité : ¡ ¢


ϕ(θ) > sup θu + H (u) .
u∈R

4. Le cas d'égalité si θ = 0
Établir l’égalité : ϕ(0) = sup H (u).
u∈R

5. L'autre inégalité si θ > 0


On rappelle que les variables X k sont discrètes, à valeurs positives ou nulles, indépen-
dantes et suivent toutes la loi de X 1 , et que, pour tout réel t , P (X 1 > t ) > 0.
Soit K > 0, θ > 0 et n ∈ N∗ .

(a) i. Prouver l’inégalité :


³ ´ 1 ³ Y n ´
ln E (eθX 1 1[X 1 6K ] ) = ln E (eθS n 1[X i 6K ] ) .
n i =1

ii. En déduire l’inégalité :


³ ´ 1 ³ ´
ln E (eθX 1 1[X 1 6K ] ) 6 ln E (eθS n 1[S n 6n K ] ) .
n

(b) Justifier l’existence d’une espérance pour la variable eθS n 1[S n 6n K ] et établir l’in-
égalité :
Z exp(n θ K )
E (e 1[S n 6n K ] ) 6
θS n
P (eθS n > t ) dt .
0
Z K
(c) En déduire l’inégalité E (e θS n
1[S n 6n K ] ) 6 1 + n θ P (S n > nu) en θ u du, puis l’in-
0
égalité :
³ ´ 1 ³ ´
ln E (eθX 1 1[X 1 6K ] ) 6 ln 1 + n θK exp(n M (θ)) ,
n
¡ ¢
où l’on a posé M (θ) = sup θu + H (u) .
u∈R

6. Prouver, pour tout réel K assez grand et pour tout entier naturel n non nul, l’inégalité :
³ ´ ln(2nθK )
ln E (eθX 1 1[X 1 6K ] ) 6 + M (θ).
n

7. En déduire l’inégalité : ϕ(θ) 6 M (θ).


Il y a donc égalité via 3 - (c).
48
Mathématiques Mercredi 15 mai, matin Page 5/6
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8. Conclure, pour tout réel x, à l’égalité :

1 ³ ´
lim ln P (S n > nx) = inf ln E (eθX 1 ) − θx .
n→+∞ n θ >0

9. Soit λ > 0 et ε > 0.

(a) Justifier l’existence d’un réel a > 0 pour lequel, pour tout entier naturel n assez
grand, on a :
³S ´
n
P > λ + ε 6 e−an .
n
(b) Retrouver ce résultat, en utilisant les résultats des questions I - 2 et I - 4, dans le
cas particulier où X 1 suit la loi de Poisson de paramètre λ > 0.

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d’Actuariat et Statistique
Session 2019

Épreuve à option (A) : Mathématiques


Durée : 4h

L’objet du problème est l’étude de quelques fonctions périodiques, bâties à partir de la


distance à une partie de R et utilisées notamment en théorie du signal et en théorie des
probabilités.
• Pour toute partie A de R, on note −A l’ensemble des opposés des éléments de A :
−A = {−a ; a ∈ A} .

R
• Soit f une application de dans . R
Pour tout réel strictement positif t , on dit que la fonction f est t -périodique si elle
vérifie :
R
∀ x ∈ , f (x + t ) = f (x) .
On dit que f est périodique s’il existe un réel strictement positif t pour lequel la fonction
f est t -périodique. Dans ce cas, on appelle période de f la borne inférieure de l’ensemble des
réels strictement positifs t pour lesquels la fonction f est t -périodique.
Par exemple, la fonction x 7−→ x − bxc est périodique, de période égale à 1, et toute
fonction constante est périodique, de période égale à 0.

Les quatre parties du problème sont largement indépendantes, mais les matrices intro-
duites dans la partie I sont utilisées dans la partie IV.

L’évaluation des copies sera étroitement liée à la rigueur des raisonnements et à une utili-
sation dûment justifiée du cours. Une présentation soignée sera appréciée, une présentation
par trop négligée sanctionnée.

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Partie I : une famille de matrices de M 3 ( ) R


Pour tout c ∈ R, on note Tc la matrice de M3(R) donnée par :
 
1 0 0
Tc = 0 1/2 1/2 ·
0 0 c
 
1 1 0
On considère d’autre part la matrice : S = 0 −1 0 ·
0 0 1
1. a) Pour quelles valeurs de c la matrice Tc est-elle diagonalisable ?
b) Existe-t-il une valeur de c et une matrice inversible P pour lesquelles les deux
matrices P −1 Tc P et P −1 S P sont diagonales ?

N
2. Soit n ∈ ∗ .
a) Calculer la matrice (T1/2 )n .
N
b) En déduire, pour tout entier m ∈ , la matrice S m (T1/2 )n .
R R
c) Pour tout c ∈ , on note G le plus petit sous-ensemble de M3 ( ) stable par le
produit matriciel et contenant les matrices S et T1/2 .
 n 
2 h k
Justifier que toutes les matrices de G sont de la forme 2−n  0 (−1)m ` avec (h, k, `) ∈ Z3
0 0 1
et (m, n) ∈ N
2
.
d) Quelles sont les matrices de G dont les coefficients diagonaux sont égaux à +1
ou à −1 ?

Partie II : distances à une partie de R


3. a) Justifier, pour tout réel x et pour toute partie non vide A de R, l’existence de la
distance de x à A, c’est-à-dire du nombre réel positif ou nul

d(x, A) = Inf{|x − a| ; a ∈ A} .

b) Quels sont les nombres réels x pour lesquels la distance d(x, A) de x à une
R
partie non vide A de est nulle ?
R
c) Justifier que, si A est une partie fermée de , alors il existe pour tout réel x un
élément a x de A tel que :
|x − a x | = d(x, A) .
R
4. Pour toute partie non vide A de , on note d A la fonction x 7−→ d(x, A), définie sur . R
a) Dessiner le graphe de la fonction d A lorsque A = {−1, 0, +1} .
b) Démontrer que si A = −A, alors la fonction d A est paire et que la réciproque est
vraie lorsque A est fermée.
c) Démontrer que, si l’ensemble A est minoré ou majoré, alors la fonction d A n’est
pas bornée.
d) Donner un exemple d’ensemble A qui n’est ni minoré ni majoré, pour lequel
la fonction d A n’est pas bornée.

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5. Soit A une partie non vide de . R


a) Démontrer que, pour tout couple (x, y) ∈ R2 et tout ε > 0, on a :
d A (y) ≤ d A (x) + |y − x| + ε .

b) En déduire que la fonction d A est continue sur . R


c) Justifier que, si la fonction d A est dérivable et nulle en un point x 0 , alors sa
dérivée en ce point est nécessairement nulle.

6. On considère dans cette question une suite strictement décroissante (u n )n∈N∗ , conver-
gente et de limite nulle, et on note :

A= R∗− ∪ {un ; n ∈ N∗} .


a) Justifier que 0 appartient à la frontière de A et que la fonction d A s’annule en 0.
b) On considère ici le cas où u n =
1
n!
pour tout n ∈ ∗ . N
¡1 ¢
Calculer d A (u n +u n+1 ) et en déduire que la fonction d A n’est pas dérivable à droite
2
au point 0 .
1
c) On considère maintenant le cas où u n = pour tout n ∈ ∗ .
n
N
Démontrer que la fonction d A est dérivable au point 0 et indiquer les autres points où
elle est dérivable .

Partie III : signaux triangulaires

7. Dans cette question, on suppose que A est un sous-groupe du groupe additif ( , +) . R


a) Donner la fonction d A lorsque A = {0} et lorsque A est dense dans . R
b) Démontrer que, dans tous les autres cas, il existe un réel strictement positif α
tel que :
R x
∀ x ∈ , d A (x) = α dZ ( ) .
α

On note désormais σ la fonction dZ :

∀x ∈ R, σ(x) = Min{|x − n| ; n ∈ } Z (1)

8. a) Justifier l’expression de dZ (x) donnée par (1).


b) Vérifier que la fonction σ est paire, périodique et de période égale à 1.
Z +1/2
c) Calculer l’intégrale σ(t ) dt .
N
−1/2
d) Démontrer que, pour tout entier n ∈ ∗ , on a :

Z +1/2 − 1 si n est impair
σ(t ) cos(2πnt ) dt = n 2 π2
−1/2  0 si n est pair

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1−r2
Pour tout r ∈ ]0, 1[, on note P r l’application t 7−→ ·
1 − 2 r cos(2πt ) + r 2

9. a) Vérifier que, pour tout r ∈ [0, 1[, la fonction P r est définie, périodique et conti-
nue sur .R Z +1/2
b) Soit ε ∈ ]0, 1/2[. Démontrer que l’intégrale P r (t ) dt tend vers 0 quand r
ε
tend vers 1 par valeurs inférieures.

10. Soit t ∈ R. X¡ ¢
a) Démontrer que le rayon de convergence de la série entière cos(2πnt ) x n
n≥1
est égal à 1.
b) Établir, pour tout r ∈ [0, 1[, l’égalité
+∞
X¡ ¢
P r (t ) = 1 + 2 cos(2πnt ) r n .
n=1

11. Soit x ∈ R. ¡ ¢
1 2 +∞
X cos (2k + 1) 2π x 2k+1
Pour tout r ∈ [0, 1], on pose : σr (x) = − 2 r .
4 π k=0 (2k + 1)2
a) En utilisant les formules démontrées en 8c et 8d, démontrer que :
Z +1/2 +∞
X
¡ ¢
∀ r ∈ [0, 1[, σr (x) = σ(t ) 1 + 2 cos(2πnx) cos(2πnt )r n dt .
−1/2 n=1

b) En déduire, pour tout r ∈ [0, 1[, les égalités :


Z Z Z
1³ +1/2 +1/2 ´ +1/2
σr (x) = σ(t )P r (x + t ) dt + σ(t )P r (x − t ) dt = σ(x + t )P r (t ) dt .
2 −1/2 −1/2 −1/2

12. Déduire de ce qui précède que pour tout x ∈ R, on a :


¡ ¢
1 2 +∞
X cos (2n + 1) 2π x
σ(x) = − 2 ·
4 π n=0 (2n + 1)2

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Partie IV : une famille de fonctions 1-périodiques

Pour tout réel c ∈ ]0, 1[, on note τc l’application


+∞
X
τc : x 7−→ c n σ(2n x) (2)
n=0

où σ est la fonction définie par (1) dans la partie III.


13. Soit c ∈ ]0, 1[.
a) Justifier que la fonction τc est définie, continue et 1-périodique sur R.
b) Vérifier que, pour tout x ∈ R: τc (x) = σ(x) + c τc (2x) .
c) Démontrer que τc est l’unique fonction τ définie et bornée sur R vérifiant :
∀x ∈ R, τ(x) = σ(x) + c τ(2x) (3)

14. Dans cette question, on suppose que c est égal à 1/4.


a) Démontrer que, pour tout x ∈ [0, 1/2], on a : τc (x) = 2x(1 − x).
b) Donner une représentation graphique de la fonction τc .

On note désormais β la fonction τ1/2 :


+∞
R,
X
∀x ∈ β(x) = 2−n σ(2n x) (4)
n=0

15. Soit E le R-espace vectoriel des applications continues de [0, 1] dans R.


On note f 1 , f 2 , f 3 les restrictions à [0, 1] des trois fonctions x 7−→ 1, x 7−→ x, x 7−→ β(x),
respectivement, et F le sous-espace vectoriel de E engendré par ces trois fonctions.
On note Φ et Ψ les deux applications définies sur E par :
(
Φ( f )(x) = f (x/2)
∀ f ∈ E, ∀ x ∈ [0, 1], ·
Ψ( f )(x) = f (1 − x)

a) Vérifier que le sous-espace vectoriel F est stable par les endomorphismes Φ et


Ψ.
b) Vérifier que ( f 1 , f 2 , f 3 ) est une base de F et reconnaître les matrices dans cette
base des endomorphismes de F induits par Φ et Ψ.
c) Soit n ∈ N et x ∈ [0, 2n ]. ¡
En utilisant le résultat de la question 2b de la partie I, exprimer β (1 − x) 2−n ) à l’aide
de x, n et β(x) .

16. a) En exploitant le résultat trouvé en 15 c, justifier que la fonction β n’est pas dé-
rivable en 0.
b) Démontrer qu’il n’existe aucun intervalle ouvert non vide de R sur lequel la
fonction β est dérivable.

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