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PETROLOGIE
Par
TANOH YAO PARFAIT
Ingénieur des Mines
Co-Fondateur ONG JIDD-AFRIQUE
[email protected]
www.jiddafrique.blogspot.com
Sommaire
CHAPITRE I : CYCLE DE FORMATION DES ROCHES
CHAPITRE II : FORMATION DES ROCHES MAGMATIQUES
CHAPITRE III : FORMATION DES ROCHES METAMORPHIQUES
CHAPITRE IV : FORMATION DES ROCHES SEDIMENTAIRES
CHAPITRE I : CYCLE DE FORMATION DES ROCHES
La pétrologie est l’étude des mécanismes de formation et d’évolution des roches.
La sédimentologie est l’étude des sédiments au sens stricte mais elle étudie aussi la formation
des roches sédimentaires.
On classe les roches en trois grandes familles. Ce sont :
- Les roches magmatiques
- Les roches métamorphiques
- Les roches sédimentaires
Selon leur origine de formation, les roches sont classées en deux grands groupes :
- Les roches exogènes : constituées de roches résiduelles et de roches sédimentaires. On
les appelle roches exogènes parce qu’elles ont pris naissance à la surface de la Terre.
- Les roches endogènes : ce sont les les roches qui se sont formées à l’intérieur du globe
terrestre. Elles sont constituées de roches magmatiques et de roches métamorphiques.
Les roches magmatiques ou roches ignées proviennent du refroidissement et de la cristallisation
du magma. Les roches métamorphiques résultent de la modification des roches préexistantes
sous l’effet de la température et de la pression.
CYCLE GEOLOGIQUE OU CYCLE DE FORMATION DES ROCHES
Figure 1: Cycle de formation des roches
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 1
[email protected]La formation des roches de l’écorce terrestre obéit à un cycle appelé cycle géologique. Elles
sont classées en trois familles qui sont les roches ignées, métamorphiques et exogènes.
À certains endroits dans les profondeurs de l'écorce terrestre, les roches ont fondu et se sont
transformées en magma, qui est un mélange de cristaux et de roches liquides. Quand le magma
fait surface en jaillissant d'un volcan, on l'appelle « lave ».
Les roches ignées résultent du refroidissement et de la cristallisation des magmas soit du
manteau soit provenant de la fusion des roches métamorphiques. Lorsque la lave refroidit et
durcit sur la surface terrestre, elle devient une « roche ignée volcanique ». Toutefois, lorsque le
magma refroidit et durcit sous la terre, il devient une « roche ignée plutonique ».
Le vent et l'eau causent l'érosion en détachant de petits morceaux de roches et en les transportant
d'un endroit à un autre. Petit à petit, ces morceaux s'ajoutent au sable, aux cailloux, aux coquilles
et aux matières végétales pour former des couches qu'on appelle « sédiments ». Au cours d'une
longue période de temps, les sédiments durcissent et deviennent de la roche. C'est ainsi que se
forme la roche sédimentaire. La plupart des roches sur la surface terrestre sont des roches
sédimentaires.
Les roches changent au fur et à mesure qu'elles sont chauffées et pressées, un peu comme la
pâte à biscuits change lorsqu'elle cuit. Les roches qui se trouvent dans les profondeurs de la
terre sont soumises à une chaleur et à une pression intense. Avec le temps, ces forces
transforment les roches sédimentaires ou ignées en un autre type de roche qu'on appelle « roche
métamorphique ».
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 2
[email protected]CHAPITRE II : FORMATION DES ROCHES MAGMATIQUES
I. LE MAGMA
1. Définition
Magma est un mot d'origine grecque signifiant « pâte ». Il désigne en géologie et même en
planétologie un matériau plastique et chaud, plus précisément de la roche en fusion contenant
des gaz dissous et des cristaux.
Le magma est un liquide silicaté de haute température pouvant contenir des gaz en solution et
des solides en suspension. Sa solidification donne des roches magmatiques.
Le magma correspond à la fusion d’une partie des roches du manteau. Ce magma est appelé
magma primaire.
Il peut être aussi formé par l’action d’une source de chaleur interne ou pas un métamorphisme
très évolué conduisant à la fusion des roches métamorphiques dans l’écorce terrestre : c’est le
magma anatexique. On définit ainsi l’anatexie comme la fusion des roches métamorphiques.
Le magma se forme toujours dans les profondeurs de la terre.
2. Fusion des roches et cristallisation des magmas
Comme l’eau, les minéraux peuvent exister sous trois états : liquide, solide et gazeux. Ces trois
phases sont contrôlées par les paramètres de température et de pression. Ainsi, chaque minéral
possède son pont de fusion (passage de l’état solide à l’état liquide) et aussi son point de
cristallisation (passage de l’état liquide à l’état solide) à une pression et une température
données.
Figure 2: Diagramme de phase
Le diagramme montre que l’eau peut exister sous trois états : solide, liquide, gazeux selon les
conditions de température et de pression. On voit par exemple qu’à la pression ambiante d’un
atmosphère, on n’obtiendra jamais de l’eau liquide plus chaude que 100°C mais qu’a pression
plus élevée c’est possible. Tout au long des courbes solide-liquide et liquide-vapeur, les deux
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 3
[email protected]phases sont en équilibre. Dépassé le point critique défini par la température critique et la
pression critique, les phases liquide et gazeuse ne peuvent plus être distinguées.
a) Fusion des roches ou formation des magmas
Les mécanismes de fusion des roches sont commandés par les conditions de températures et de
pressions qui règnent en profondeur mais aussi par la présence d'eau. Dans les conditions
normales il ne peut pas y avoir fusion des roches. C'est pourquoi manteau et croûtes sont
constitués de roches solides. Toutefois en certains endroits, le plus souvent liés à la tectonique
des plaques, les conditions sont modifiées et permettent la fusion, locale, des roches.
Chaque minéral possède une température de fusion qui lui est propre. La roche étant constituée
d'un mélange de minéraux sa température de fusion dépendra de sa composition. La présence
d'eau (dans des minéraux hydratés par exemple) permet de diminuer cette température de
fusion. Elle joue un grand rôle dans la formation des magmas.
Les magmas sont moins denses que les roches qui les entourent (la densité du magma est de 2,
9 contre une densité de 3, 4 dans le manteau, il est donc plus "léger"), ils tendent donc à
remonter vers la surface de la terre. Sous cette poussée d'Archimède, les pressions fortes du
magma sur les roches du manteau entraînent la formation de fractures par lesquelles le magma
monte vers la surface.
Au fur et à mesure qu'ils se rapprochent de la surface, la température des roches qu'ils traversent
diminue (rappel : le gradient géothermique est d'environ 30°C tous les kilomètres). De plus les
magmas en s'éloignant de leur lieu de formation, et donc de la source de chaleur, vont
progressivement refroidir.
Les caractéristiques du magma influencent son comportement, notamment sa viscosité : la
fluidité d'un magma facilite sa remontée vers la surface au travers de fissures.
Du point de vue chimique, il existe grossièrement deux types de magmas : les magmas
granitiques et les magmas basaltiques.
Un magma granitique est un magma formé par la fusion de roches riches en silice, il est épais
et visqueux. Riche en silice, on dit qu’il est acide, saturé et hypersiliceux.
Un magma basaltique est un magma hyposiliceux formé par la fusion des roches moins riche
en silice. Il est donc basique, fluide, sous-saturé ou moins visqueux.
Quand un magma granitique remonte vers la surface il se solidifie généralement en profondeur
car la température devient vite insuffisante pour le maintenir à l'état liquide. C'est pourquoi les
granites se forment exclusivement en profondeur.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 4
[email protected]La température de solidification d'un magma basaltique étant beaucoup plus forte que celle des
magmas granitiques (1200°C en surface contre 900°C) les magmas basaltiques arrivent le plus
souvent à l'état liquide en surface. Ils donnent alors des éruptions. C'est un magma de ce type
que l'on rencontre dans les volcans.
La viscosité d'un magma dépend de :
- sa température (plus c'est chaud, plus c'est fluide)
- la teneur en eau qui facilite l'hydrolyse de la silice et donc la fluidification du magma
- la teneur en gaz (plus il y a de gaz plus c'est fluide). Cette caractéristique est à l'origine
de la nature explosive ou effusive des volcans.
- l'acidité du magma (plus le magma est basique, c'est dire de moins en moins riche en
silice, plus il est fluide).
- la présence de Na, Ca, Mg, Fe qui permettent la formation de petites chaines et
renforcent donc la fluidité.
Lors de sa remontée vers la surface, le magma peut s'accumuler à certains endroits du manteau
ou de la croute. Ce sont les chambres magmatiques.
b) Cristallisation des magmas ou formation des roches
Le magma est moins dense que les roches qui l’entourent avec une densité de 2,9 contre 3,4
dans le manteau. La magma tend ainsi à remonter vers la surface de la terre. Sous cette poussée
d’Archimède, les pressions fortes du magma sur les roches du manteau entrainent la formation
de fractures et fissures par lesquelles le magma remonte vers la surface.
Par exemple, dans un magma dont la température est supérieur à 1200°C comme au niveau du
manteau supérieur, les minéraux sont tous à l’état liquide. Au fur et à mesure que le magma
remonte vers la surface, il s’éloigne du lieu de sa formation qui est une source chaude ; alors la
température et la pression diminuent et le magma se refroidi progressivement par cristallisation
pour donner naissance à des assemblages de minéraux (ce sont les roches). La composition de
la roche formée dépend de la composition du magma.
La série réactionnelle de Bowen donne les étapes de formations des minéraux dans un magma
riche en silice (magma granitique) lors de son refroidissement.
Quand un magma granitique remonte à la surface, il se solidifie plus vite en profondeur car la
température devient vite insuffisante pour le maintenir à l’état liquide. Ce type de magma donne
naissance à des roches riches en silice. La cristallisation du magma se fait en profondeur, en
semi-profondeur et en surface.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 5
[email protected]Le magma basaltique arrive le plus souvent en surface car plus fluide. Il provoque alors des
éruptions volcaniques. Ce type de magma permet la formation de roches mafiques, ultra
mafiques et basiques. Ce sont des roches riches en minéraux ferromagnésiens par contre les
roches provenant de la cristallisation du magma granitique sont moins riches en
ferromagnésiens.
Tableau 1: Exemples de roches en fonction de la profondeur et du magma
Roches formées en fonction du type de magma
Origine
Magma granitique Magma basaltique
Profondeur Granite Granodiorite
Semi-profondeur Microgranite Microgranodiorite
Rhyolite
Surface Dacite
Obsidienne
Le magma basaltique donne en profondeur le gabbro, en semi-profondeur le microgabbro et
en surface le basalte.
Quelques exemples de roches
Roches ultramafiques : péridotite
Roches mafiques : gabbro, basalte, diorite, andésite
Roches felsiques : granite, rhyolite, syénite, trachyte
Roches intermédiaires : granodiorite, dacite
Série réactionnelle de Bowen
La série de réactions tire son nom du pétrologiste Norman Levi Bowen, dont les expériences
ont conduit à cette règle. En 1928, il chauffe de la poudre de roche jusqu'à ce qu'elle fonde puis
la refroidit à une température déterminée, après quoi il observe les minéraux qui se sont formés
dans les roches produites. Il répète ce processus avec des températures progressivement de
moins en moins élevées et les résultats obtenus l'ont mené à formuler sa série de réactions qui
est toujours acceptée aujourd'hui comme la suite de cristallisation des minéraux lors du
refroidissement d'un magma.
En se basant sur le travail de Bowen, on peut déduire les minéraux présents dans une roche en
fonction des conditions dans lesquelles la matière s'est formée.
En minéralogie, la série de réactions de Bowen est une explication de la raison pour laquelle
certains types de minéraux ont tendance à être trouvés ensemble alors que d'autres ne sont
presque jamais associés entre eux.
Au cours de sa remontée vers la surface et de son stockage dans une chambre magmatique, un
magma refroidit. Il peut arriver directement en surface, il subit alors peu de modification. Mais
lorsqu'il stagne dans les chambres magmatiques, son refroidissement, plus intense, va entraîner
des modifications dans sa composition.
Lors du refroidissement, il y cristallisation des minéraux (comme le sel d'eau de mer cristallise
lors de l'évaporation). Mais cette cristallisation n'a pas lieu en même temps pour tous les
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 6
[email protected]minéraux. En effet les minéraux ne peuvent cristalliser que dans certaines conditions de
température et de pression. Il peut y avoir recristallisation des mêmes minéraux que ceux de la
roche d'origine (dont est issu le magma) mais souvent ce sont de nouvelles espèces minérales
qui se forment. Des substitutions d'ions peuvent avoir lieu (rayons ioniques semblables, charge
plus forte comme Na+ et Ca++). Enfin, les minéraux entrant dans la composition des premiers
cristaux ne sont plus disponibles dans le magma. Ainsi au fur et à mesure du refroidissement,
le magma s'appauvrit en certains éléments chimiques (ceux entrant dans la composition des
cristaux) et s'enrichit en conséquence des autres éléments (quand de l'eau de mer s'évapore,
l'eau encore liquide est de plus en plus riche en sel). C'est le phénomène de la cristallisation
fractionnée.
Un exemple est celui du Rubidium. Présent en faible quantité dans le magma d'origine, il se
concentre au fur et à mesure de la cristallisation fractionnée. Cette caractéristique est utilisée
pour connaitre l'origine d'un magma.
Il peut aussi y avoir cristallisation fractionnée quand les minéraux formés se déposent par
gravité et n'entrent plus en relation avec le liquide, il n'y a plus alors d'échanges d'ions et le
liquide devient plus concentré en certains ions que d'autres. La silice se cristallisant à faible
température (en dernier), on peut ainsi observer une acidification de plus en plus grande au fur
et à mesure du refroidissement d'un magma. En effet tous les autres minéraux cristallisant avant,
le magma restant voit sa teneur en silice devenir de plus en plus importante.
Le mélange des minéraux dans un magma peut modifier certaines de leurs caractéristiques : si
on regarde 2 espèces minérales différentes, le mélange de celles-ci peut permettre une
température de fusion inférieure à la température de fusion de l'espèce la plus fusible prise
isolément, c'est le point eutectique.
En plus de cette cristallisation fractionnée, la stabilité des minéraux va intervenir. En effet les
cristaux ne sont stables que dans des conditions très précises de température et de pression (et
d'environnement chimique). Ainsi les premiers cristaux formés à haute température vont se
dissoudre à des températures plus faibles. L'olivine, par exemple, qui est un des premiers
cristaux à se former, va donner un pyroxène lors de la baisse de température du magma. Les
pyroxènes vont eux-mêmes être détruits pour donner des amphiboles si la baisse de température
se poursuit. Cette suite réactionnelle se poursuit avec la cristallisation de biotite au dépend des
amphiboles puis de muscovite au dépend de la biotite. La formation de quartz est le terme final
qui se forme lors de la cristallisation complète du magma. Pour des solutions solides (minéraux
isomorphes comme les plagioclases) il y aura enrichissement ou non, de certains minéraux
selon le temps de refroidissement d'un mélange liquide. A forte température c'est l'anorthite qui
se cristallise, le magma restant s'enrichit donc en albite (il y a de plus en plus de Ca et de moins
en moins de Na). Dans ce cas précis, l'anorthite n'est pas détruite mais reste protégée par les
formations d'albites (et des minéraux intermédiaires).
A travers ces différentes caractéristiques, il a été possible de classer des minéraux selon leur
ordre d'apparition en fonction de la température et de la teneur en SiO2 du magma initial : (Suite
réactionnelle de Bowen)
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 7
[email protected] Figure 3: Diagramme de Bowen
La teneur du magma en silice conditionne l'évolution de cette suite. Un magma riche en silice
ira jusqu'aux termes ultimes de la suite : beaucoup de quartz, un peu de micas de plagioclases
(albite) et d'orthose). Un magma peu siliceux conservera les cristaux de haute température. Un
magma très pauvre en silice donne ainsi une roche riche en olivine et en feldspathoïdes.
II. LES DIFFÉRENTS TYPES DE ROCHES MAGMATIQUES
Selon le niveau de mise en place du magma on distingue trois grands groupes de roches
magmatiques.
1. Roches plutoniques
Une roche plutonique est une roche magmatique qui se forme en profondeur au cours d’un
refroidissement très lent d’un magma. Puisque la cristallisation est lente, les minéraux ont le
temps de bien se former et de grossir. Les minéraux qui constituent cette roches sont à grains
grossier et visible à l’œil nu.
Exemples de roches plutoniques
Granite
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 8
[email protected] Gabbro
Granodiorite
Diorite
2. Roches de semi-profondeur
Le magma remonte plus haut que dans le cas des roches plutoniques. Il se trouve dans un
encaissant plus froid. De ce fait le refroidissement est peu plus rapide.
Exemples de roches de semi-profondeur : microgranite, microgabbro, microgranodiorite
Les roches de semi-profondeur peuvent se présenter sous forme de gisements massifs c’est-à-
dire pas de forme exacte (laccolithes), de lamelles (filons, dyke, silts) et de cône (necks).
3. Roches de surfaces
Elles se forment à l’issue d’un refroidissement très rapide du magma à la surface de la terre. Ce
sont des roches volcaniques. Les minéraux qui les constituent n’ont pas eu le temps de se
former. On obtient donc des roches vitreuses.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 9
[email protected]Exemples de roches de surfaces
Basalte
Rhyolite
Dacite
III. NOTION DE STRUCTURE ET DE TEXTURE DES ROCHES MAGMATIQUES
On appelle texture le mode d’agencement des minéraux dans la roche. Par contre, la structure
est l’architecture de la roche dans son ensemble. La structure est mieux observable en
affleurement qu’en échantillon. En d’autres termes, c’est l’aspect générale de la roche sur le
terrain.
L’étude de la texture apporte des informations capitales sur le mode de formation des roches et
permet de les classifier. Plus le temps de refroidissement du magma est long, plus les cristaux
auront le temps de se développer. Ainsi, les magmas qui se refroidissent en profondeur et
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 10
[email protected]lentement donnent des roches dont les minéraux ont de gros cristaux. Par contre, ceux qui se
refroidissent très rapidement donnent des roches dont les minéraux sont invisibles à l’œil nu. Il
existe plusieurs types de texture.
1. Texture grenue
C’est la texture macrocristaline. Les cristaux sont visibles à l’œil nu (phénocristaux). Elles
caractérisent les roches de profondeurs et certaines de semi-profondeur. Il existe plusieurs
types de texture grenue :
- texture grenue normale : les minéraux ont à peu près les mêmes dimensions (taille,
forme)
- texture grenue aplitique : les cristaux sont tout petits, à peine visible à l’œil nu
Les roches de cette texture sont appelées aplites. Elles sont dépourvues de minéraux
ferromagnésiens.
- texture grenue porphyroïde : il y a de gros et de petits cristaux
L’aspect de la roche dans cette texture n’est pas homogène.
- texture grenue pegmatitique : il n'y a que de gros cristaux
La pegmatique, roche à texture pegmatitique, est une roche de semi profondeur ou une roche
filonnienne dans laquelle les minéraux sont de grandes taille (centimètre à plusieurs décimètres)
2. Texture microgrenue
Dans cette texture, il n'y a que des cristaux mais ceux-ci ne sont visibles qu'au microscope. Elle
caractérise les roches de semi-profondeur.
3. Texture microlitique
Dans cette texture, la roche n'est pas entièrement cristallisée. On trouve quelques gros cristaux,
beaucoup de petits invisibles à l’œil nu qui sont contenus dans un verre. Le verre correspond à
la phase liquide d'un magma ayant solidifiée très rapidement sans pouvoir former des minéraux.
C'est donc un mélange d'espèces minérales non cristallisées. Les roches possédant cette texture
se sont généralement formées près de la surface terrestre.
Figure 4: Texture du basalte au microscope
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 11
[email protected] 4. Texture vitreuse ou hyaline
Il n'y a pas de cristaux dans les roches ayant cette texture. Ce n'est que du verre. Les roches
hyalines sont le plus souvent des laves ayant refroidies très rapidement (dans l'eau par exemple).
On peut toutefois y observer des pseudo cristaux (les sphérolites).
Mode de
Origine Texture Roches magmatiques
cristallisation
Profondeur grenue
lent Granite Granodiorite Syénite Diorite Gabbro
(plutonique) (normale)
Semi-
rapide microgrenue microgranite microgranodiorite microsyénite microdiorite microgabbro
profondeur
Surface
très rapide microlitique rhyolite dacite trachyte andésite basalte
(volcanique)
La roche encaissante du diamant est la kimberlite. C’est une roche magmatique.
IV. CLASSIFICATION DES ROCHES MAGMATIQUES
Il existe plusieurs classements différents et complémentaires.
1. Selon les minéraux de la roche
Ces classifications se basent sur les notions :
D’acidité de la roche :
o une roche acide possède plus de 65% de silice
o une roche intermédiaire possède entre 52 et 65% de silice
o une roche basique possède entre 45 et 52% de silice
o une roche ultrabasique possède moins de 45% de silice.
D’alcalinité :
o une roche alcaline est riche en feldspaths potassiques et sodiques,
o une roche calco-alcaline possède en plus des plagioclases
o une roche calco-sodique ne possède que des plagioclases.
De saturation :
o une roche sursaturée ne contient pas de feldspathoïdes et est riche en quartz
o une roche saturée ne contient pas de feldspathoïdes
o une roche sous-saturée est riche en feldspathoïdes.
De coloration :
o une roche hololeucocrate est blanche, elle possède moins de 12, 5% de
ferromagnésiens
o une roche leucocrate possède entre 12, 5 et 37, 5% de ferromagnésiens
o une roche mésocrate possède entre 37, 5 et 62, 5% de ferromagnésiens
o une roche mélanocrate possède entre 62, 5 et 87, 5% de ferromagnésiens
o une roche holomélanocrate est noire avec plus de 87, 5% de ferromagnésiens.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 12
[email protected] La texture de la roche (voir plus haut)
Classification de Jung et Brousse
Selon la proportion en minéraux, on distingue :
les syénites et trachytes riches en orthose, biotite et amphibole
les granites et rhyolites riches en quartz, orthose, plagioclases (Na), biotite et
amphibole
les granodiorites riches en quartz, orthose, plagioclases (Ca), biotite et amphibole
et où les plagioclases dominent sur l'orthose
les diorites et andésites riches en plagioclases (Ca), pyroxènes, biotite et
amphibole
les gabbros et basaltes riches en plagioclases (Ca), pyroxènes et olivine
les péridotites riches en pyroxènes et olivine.
2. Selon le mode gisement
Les roches de profondeur :
Ce sont les roches grenues, et plus particulièrement le granite. Ces gisements peuvent être
de deux types :
o soit un énorme massif à bords francs avec l'encaissant. Ce sont les
batholithes. Ce sont de grosses gouttes de magma qui se sont solidifiées
dans la croûte. Ils ont une origine profonde ou sont produits par
métamorphisme.
o soit un massif où l'on passe progressivement aux roches sédimentaires.
On y trouve les migmatites (mélange de granite et d'une autre roche) qui
font transition. Ce sont des granites issus du métamorphisme.
Les roches de demi-profondeur :
Leur structure est microgrenue. Elles forment généralement de petits massifs, les laccolites
ou des filons au travers de l'encaissant.
Les roches de surfaces :
Elles sont microlitiques ou vitreuses. Ce sont les laves.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 13
[email protected] Figure 5: Classification des roches magmatiques selon la composition
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 14
[email protected] CHAPITRE III : FORMATION DES ROCHES METAMORPHIQUES
I. MÉTAMORPHISME
1. Définition
Le terme métamorphisme (du grec meta = changement et morph = forme) désigne la
transformation d’une roche à l’état solide avec formation de nouveaux minéraux et/ou
acquisition de nouvelles textures et structures sous l’effet de conditions de température et de
pression différentes de celles où elle s’est formée.
Autrement, le métamorphisme est un processus physicochimique qui se produit lors d’une forte
augmentation de température (de quelques dizaines à quelques centaines de degrés Celsius)
et/ou de pression (de quelques atmosphères à quelques milliers d’atmosphères).
Soumis à ces efforts thermiques et mécaniques, les minéraux des roches se retrouvent en dehors
de leur domaine de stabilité. Leurs caractéristiques se modifient, entrainant la disparition de
certains minéraux et la création d’autres, pour former finalement une nouvelle roche : une roche
métamorphique
Dans tous les cas, les roches métamorphisées restent à l’état solide durant le processus de
métamorphisme qui se produit sans fusion, uniquement par recristallisation. Le métamorphisme
se situe donc entre la diagenèse (transformation des sédiments en roche sous faible température
et pression) et la fusion des roches ou anatexie.
Selon la nature des roches initiales, on parle de para-métamorphisme (roches sédimentaires
métamorphisées), d’ortho-métamorphisme (roches magmatiques métamorphisées) ou de poly-
métamorphisme (roches métamorphiques métamorphisées).
Le métamorphisme peut être isochimique (sans modification de la composition chimique) ou
allochimique (avec modification de la composition chimique).
Le métamorphisme est limité par le phénomène d’anatexie.
2. Degrés du métamorphisme
Le grade ou degré du métamorphisme est le terme utilisé pour décrire les conditions de
température et de pression sous lesquelles la roche s’est formée (figure 1).
Figure 6: Degrés du métamorphisme
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 15
[email protected] Le métamorphisme de faible degré se produit à des températures situées entre 200 et
320°C, à relativement faible pression. Les roches du faible degré de métamorphisme
sont caractérisées par la présence de minéraux hydratés (minéraux qui contiennent de
l’eau dans leur structure cristalline) : minéraux argileux, serpentine, chlorite.
Le métamorphisme de degré élevé se produit à des températures supérieures à 320°C à
relativement forte pression. Avec l’augmentation du degré du métamorphisme, les
minéraux hydratés deviennent moins hydratés en perdant H2O, avec apparition de
minéraux non hydratés quand le degré du métamorphisme devient très élevé. Exemple
de minéraux faiblement hydratés et non hydratés qui caractérisent le métamorphisme de
degré élevé : la muscovite, minéral hydraté qui disparait aux degrés très élevés ; la
biotite, minéral hydraté qui demeure stable à des degrés très élevés du métamorphisme
; le pyroxène, minéral non hydraté ; le grenat, minéral non hydraté.
Lorsque les roches enregistrent une augmentation de la pression et de la température,
on parle de métamorphisme prograde. Ce métamorphisme indique l'enfouissement de
la roche.
Lorsque les roches enregistrent une diminution de la pression et de la température, on
parle de métamorphique rétrograde ou rétrométamorphisme. Ce métamorphisme
indique l'exhumation de la roche.
3. Facteurs du métamorphisme
a) Température et gradient géothermique
La température augmente avec la profondeur et/ou la mise en place de roches magmatiques.
Cet accroissement de la température se fait selon un gradient géothermique qui varie en fonction
des zones :
- Près de la surface, sa valeur moyenne est de l’ordre de 1°C/33 mètres ou 30 °C/Km ;
- Il varie en fonction de la zone orogénique et de la proximité des corps magmatiques ;
- Il est faible dans les zones de subduction (10°C/Km et moins) et fort lors de l’activité
magmatique (100 °C/Km et plus).
Le gradient géothermique est mesuré dans les puits naturels ou artificiels ou alors évalué en
surface par la mesure du flux thermique. Ce flux représente la quantité de chaleur traversant
une surface donnée en un temps donné. Il s’exprime en μcal/cm /s ou unité de flux thermique
(UFT) ou en watts/m /s. La limite inférieure correspondant au métamorphisme peut être fixée
vers 200-230 °C. Les premiers minéraux qui apparaissent sont souvent mal cristallisés
(chlorites, zéolihtes) et sont de petite taille peu ou pas étudiables au microscope : c’est pourquoi
cette limite ne peut être fixée de façon nette.
La limite supérieure correspond à la température de fusion des principaux types de magmas
peut être située vers :
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 16
[email protected] - 500 à 800 °C pour les magmas granitiques en présence d’eau
- 100 à 1500 °C pour les magmas basaltiques (pauvres en silice
Dans les zones où s’installent le métamorphisme régional (-120 00m à -27 000m), cette montée
de la température entraine des modifications telles que :
- la disparition de la matière organique
- la décomposition des carbonates avec dégagement de CO2
- la déshydratation des minéraux
b) la pression
La pression est fonction de la densité des roches, de la profondeur (pression lithostatique) et
peut en outre être augmentée du fait des contraintes (pressions orientées). Elle s’exprime
principalement sous deux formes : la pression lithostatique et la pression dirigée ou
contraintes.
La pression lithostatique
Elle est due au poids des roches sus-jacentes. On peut en première approximation, considérer
qu’il existe pour de vastes domaines de l’écorce continentale, un état de contrainte non orientée
de type hydrostatique. La pression est alors déterminée pour une profondeur donnée par le poids
de la colonne des roches sus-jacentes.
La pression lithostatique correspond à la profondeur multiplié par la densité des roches sus-
jacentes moins la pression des fluides interstitiels.
Exemple :
Pour une densité moyenne de l’écorce continentale de 2.7, la pression lithostatique atteint 270
bars à 1 Km (1000 m d’eau = 100 bars et 2.7 fois 100 = 270).
La contrainte
Lorsqu’on comprime un échantillon suivant une direction à des pressions, on obtient une
déformation élastique (proportionnalité entre la déformation et l’effort), puis pour une certaine
valeur variable d’une roche à une autre, on obtient le seuil de rupture et l’échantillon se brise.
Si cette compression a lieu à une température très élevée, l’échantillon se déforme de façon
plastique.
Lorsque les roches sont rigides, il existe des contraintes orientées qui se traduisent par des
ruptures ou des déformations plastiques.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 17
[email protected] Figure 7: Déformation des roches sous l’effet combiné de la température et la pression
Cela permet dans ces conditions, pour une température donnée, la cristallisation de certains
minéraux, et très souvent, leur orientation selon des plans définis, d’où l’aspect particulier
feuilleté des roches métamorphiques cristallophyliennes.
Figure 8: Roches soumises à des contraintes orientées
NB : la température et la pression sont les principaux facteurs du métamorphisme. Cependant,
il existe d’autres facteurs.
Les fluides
Les vides entre les grains dans une roche sont toujours remplis d'un fluide, en général du H2O
avec des minéraux dissous. Ce fluide est très important pour les processus métamorphiques
parce qu'il peut transporter des composants dissous (en solution) et de la chaleur et il augmente
radicalement la vitesse des réactions entre minéraux. Le métamorphisme d'une roche qui ne
contient pas de fluide produit très peu de réactions.
Le temps
la plupart des réactions métamorphiques exigent des millions d'années afin d'être complètes.
Les expériences de laboratoire ont montré que les hautes températures et pressions et les temps
de réaction importants produisent de gros grains. Les roches métamorphiques à gros grains sont
donc les produits de conditions métamorphiques durant beaucoup plus longtemps,
probablement plusieurs millions d'années.
4. Conditions physiques du métamorphisme
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 18
[email protected]En ce qui concerne donc le métamorphisme, on note qu’aux variations de la température et de
la pression avec la profondeur, peuvent aussi s’ajouter des variations horizontales dues aux
changements régionaux du gradient géothermique et des pressions. Il en résulte une grande
variété de climats métamorphiques caractérisés par :
- Une apparition ou une disparition de certains minéraux selon la composition chimique
des roches ;
- Des associations spécifiques de minéraux ou faciès minéraux. Les principales
distinctions peuvent être faites soit selon les isogrades et les zones du métamorphisme
soit selon les faciès minéraux.
a) Selon les isogrades et les zones du métamorphisme
Une zone correspond à un volume de terrain présentant un certain degré de métamorphisme.
Sur une carte, les limites de ces zones sont des isogrades ou courbes d’égale intensité de
transformation que l’on nomme en général, d’après un minéral.
Exemple : l’isograde « chlorite – » correspond à la disparition de la chlorite au passage dans
une zone de plus fort degré. L’isograde « biotite+ » correspond à l’apparition de la biotite.
b) Selon les faciès minéraux
Un faciès minéral est défini par l’association de certains minéraux ou paragenèse caractérisant
le chimisme d’une roche et le degré de métamorphisme qu’elle a subi.
L’étude expérimentale a permis de délimiter plus ou moins bien les champs de température et
de pression où un minéral est stable, et de déterminer, lorsque la température et/ou la pression
varient, les réactions chimiques, avec apparition de nouveaux minéraux.
Les travaux du Finlandais P. Eskola ont permis de classer les principaux faciès minéraux,
souvent divisés en sous faciès, sur lesquels on s’accorde actuellement. Ce système de
classification est plus général en ce sens que les facteurs P et T sont nettement individualisés et
ne sont pas systématiquement liés à la profondeur. On regroupe dans un même faciès les roches,
quelque soit leur composition, qui ont subi le métamorphisme dans des conditions physiques
voisines.
Ainsi, une roche appartiendra au « faciès des amphibolites » si ses minéraux indiquent les
pressions et les températures de ce faciès, alors même que, pour des raisons de chimisme, elle
ne contient pas d’amphibole.
On passe ainsi de la notion de faciès métamorphique à celle de faciès minéral.
5. Types de métamorphismes
Deux grands types de métamorphisme produisent la majorité des roches métamorphiques : le
métamorphisme de contact et le métamorphisme régional. Cependant, il en existe d’autres
types.
a) Métamorphisme de contact ou métamorphisme thermique
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 19
[email protected]Le métamorphisme de contact se déroule autour des intrusions magmatiques et résulte de
l’augmentation de la température au contact des magmas. Ce type de métamorphisme entraîne
la recristallisation chimique de roches encaissantes (beaucoup de réactions entre minéraux)
avec très peu de déformation. On appelle auréole métamorphique, l'enveloppe de roches
métamorphisées qui entourent une intrusion. Elle est épaisse de quelques mètres à quelques
centaines de mètres (la largeur de l’auréole dépend de l’importance de la masse intrusive). Le
degré du métamorphisme augmente dans toutes les directions quand on s’approche de
l’intrusion. Les roches métamorphiques dans ces auréoles sont typiquement à grain fin (le temps
n'est pas une variable importante pendant un métamorphisme de contact): on les appelle
cornéennes. Ce type de métamorphisme est à haute température, basse pression.
Figure 9: Métamorphisme de contact
b) Métamorphisme régional ou général
Le métamorphisme régional affecte de grandes superficies (plusieurs dizaines de milliers de
kilomètres carrés) qui sont le siège de déformations tectoniques et contraintes orientées. Il se
produit au cœur des grandes chaines de Montagnes sous des conditions de haute température-
haute pression. Les roches métamorphiques formées sont toujours orientées et très déformées
(schistes, micaschistes, gneiss).
Figure 10: Métamorphisme régional au cœur des chaines de montagne
Lorsque ce métamorphisme affecte les anciennes chaines de montagnes arasées par l’érosion,
on observe de l’extérieur au cœur du batholite (zone plus profonde) une succession de roches
de métamorphismes croissant allant de roches sédimentaires à l’extérieur jusqu’à des granites
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 20
[email protected] au centre. Cette série de métamorphisme croissante est appelée séquence métamorphique et
elle est identique dans de nombreuses régions du globe.
c) Métamorphisme dynamique ou cataclastique
Ce type de métamorphisme se produit dans les zones de failles ou des grands accidents cassants.
Il est lié aux contraintes et déformations qui se développent dans ces zones de failles et à
l’augmentation de la température due aux frictions. Les roches situées dans ces zones sont
broyées et pulvérisées ce qui conduit à la formation de roches appelées : brèches tectoniques et
mylonites. Ce type de métamorphisme est très localisé, limité dans l'espace.
d) Métamorphisme de choc ou d’impact
Il est dû à la chute de grosses météorites et se produit dans des conditions de très hautes
pressions. Les roches formées au point d’impact sont des impactites et renferment des minéraux
caractéristiques de très hautes pressions comme la coésite, la stishovite et le diamant. L’impact
provoque aussi l’apparition de plans de déformations dans des minéraux comme le quartz
(quartz choqués). Les roches peuvent acquérir des structures particulières appelées shatter-
cones. Ce type de métamorphisme est très rare.
e) Métamorphisme hydrothermal
Il est lié à des circulations de fluides (eau) à température élevée. Ces fluides réchauffent les
roches traversées et leur apportent des éléments chimiques (phénomène appelé métasomatose).
Ce type de métamorphisme se rencontre dans les régions volcaniques.
f) Métamorphisme d’enfouissement
Ce type de métamorphisme se produit dans des bassins sédimentaires profonds à la base des
séries sédimentaires épaisses de plusieurs kilomètres lorsque la température dépasse 300°C en
l’absence de contraintes orientées. Ce métamorphisme est peu marqué et se manifeste par la
formation de nouveaux minéraux (essentiellement les zéolithes). Le métamorphisme
d'enfouissement suit la diagenèse et précède le métamorphisme régional.
Tableau 2: Comparaison entre différents types de métamorphismes
Exemples de
Type Description Effets roches ou T PO PL F
minéraux
Forte augmentation de la Apparition de nouveaux
Contact température autour des intrusions minéraux sans orientation de la Cornéennes ***
magmatiques roche
Roches subissant une
Métamorphisme de fort degré
augmentation de la température Ardoises Micaschistes
Régional caractéristique des chaînes de *** *** *** *
et de la pression et sont toujours Schistes Gneiss
Montagnes.
orientées
Métamorphisme se produisant à
Transformations minéralogiques
Enfouissement grandes profondeurs à la base Zéolithes * *** *
sans changement structurales
d’épaisses couches sédimentaires
Intéresse de faibles volumes de
Minéraux orientés, Mylonites Brèches
Cataclastique roches le long des surfaces de * **
bréchification tectoniques
failles
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 21
[email protected] Métasomatisme (changement
Dues à la circulation de fluides qui
Hydrothermal dans la composition, chimique Skarns * ***
apportent des éléments chimiques
des minéraux)
Choc intense produisant des
Shatter cones Quartz
Se produit dans les lieus de chutes minéraux denses (de hautes
Impact choqués Stishovite *** ***
de grosses météorites pressions) à la surface de la
Coesite Diamant
Terre
T : température ; PO : pression orientée ; PL : pression lithostatique ; F : fluides
II. FACIÈS MÉTAMORPHIQUES
1. Paragenèse
C’est l’ensemble des minéraux stables ou en équilibre dans une roche à des conditions de
température et de pression données.
2. Séquence métamorphique
Une séquence métamorphique est l’ensemble des roches métamorphiques provenant d’une
même roche originelle et due à des conditions de température et de pression différentes, donc
liées à des faciès différents.
3. Faciès métamorphiques
Un faciès métamorphique est une zone ou un domaine caractérisée par des minéraux à des
conditions de température et pression données. Il existe trois type de faciès métamorphiques :
Le faciès schiste vert ou epizone
Il est caractérisé par un faible degré de métamorphisme avec une température comprise entre
300°C et 400°C.
Le faciès amphibolite ou mesozone
Le degré de métamorphisme est moyen pour une température comprise entre 500°C et 700°C.
Le faciès granulite ou catazone
Il est caractérisé par un fort degré de métamorphisme. La température est supérieure à 700°C.
On distingue dans les séquences métamorphiques, la succession de zones ou de faciès définit
chacune par la présence de quelques minéraux caractéristiques qui vont disparaitre et être
remplacées dans la zone suivante par d’autres minéraux. Il s’agit donc des minéraux stables
uniquement dans un domaine déterminé de température et de pression.
Dans cette séquence, nous avons le « faciès schiste vert » caractérisé par les minéraux tels que
la chlorite, séricite, épidote. Les roches formées sont des schistes, micaschistes,
chloritoschistes.
Lorsqu’on passe à un métamorphisme plus élevé, on a le « faciès amphibolite » caractérisé par
les minéraux tels que l’amphibole, la biotite, la muscovite.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 22
[email protected]Vers la base de la séquence, la muscovite disparait pour laisser apparaitre l’orthose. Les roches
rencontrées dans ce faciès sont les micaschistes, les gneiss, et les amphibolites.
Lorsqu’on passe à un degré plus élevé du faciès amphibolite, on atteint le « faciès granulite »
caractérisé par les roches telles que les granulites. Les granulites sont des gneiss sans mica et
amphibole mais avec des plagioclases, de l’orthose, du quartz, des pyroxènes et de la
sillimanite.
Exemple
L’argile est une roche sédimentaire. Lorsqu’elle subit un métamorphisme de faible degré, elle
donne des schistes dans les faciès schiste vert. À un métamorphisme de moyen degré (faciès
amphibolite), elle donne des micaschistes. A un degré plus élevé de métamorphisme (faciès
granulite), elle donne des granulites.
NB :
Une auréole métamorphique est la zone métamorphisée d’un batholite ou d’une inclusion
magmatique par un métamorphisme de contact. Elle est concentrique au centre du batholite.
Un batholite est un massif de quelques kilomètres à plus de centaines de kilomètres constitué
de roches magmatiques (plutoniques).
Tableau 3: Métamorphisme, paragenèse et roches
Faciès Degré du
Paragenèse Roches
métamorphiques métamorphisme
Schiste, micaschiste,
Chlorite, sericite,
Epizone chloritoschiste, roches Faible
épidote
vertes
Micaschiste, gneiss,
Amphibole, biotite,
Mesozone amphibolite, marbre, Moyen
muscovite
quartzite
Gneiss, granulite,
Pyroxènes, feldspath,
Catazone marbre, quartzite, Fort
quartz
migmatite
III. EFFETS DU MÉTAMORPHISME SUR UNE ROCHE
Le métamorphisme transforme de façon mécanique les roches. Il modifie les minéraux et créé
aussi un changement de structures et de texture des roches.
Ces transformations sont d’ordre :
- minéralogiques avec apparition de nouveaux minéraux qui sont plus stable dans les
nouvelles conditions de température et/ou pression.
- structurale avec recristallisation de minéraux et/ou alignement des minéraux selon des
plans bien définis due à l’application de contraintes orientées.
Les structure des roches métamorphiques sont soit orientées soit non orientées.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 23
[email protected]Les roches orientées sont classées selon le grade (degré) du métamorphisme : la granulométrie
des grains minéraux augmente avec le degré du métamorphisme.
On distingue les structures orientées suivantes :
1. La schistosité
C’est un feuilletage plus ou moins serré de certaines roches acquis sous l’influence de
contraintes tectoniques orientées, en particulier celles qui prédominent au sein des chaines de
montagne en formation. La texture est alors caractérisée par une orientation préférentielle des
minéraux, dont l'aplatissement ou l'allongement se développent dans une même direction. Les
feuillets ont la même composition minéralogique. Cette structure caractérise les schistes.
L’intersection de deux familles de schistosité entraine la formation de linéation.
2. La foliation
C’est une structure de roches métamorphiques, où à la schistosité s’ajoute une différenciation
pétrographique entre les feuillets. On aura une alternance de bandes claires et sombres, chaque
bande étant caractérisée par des minéraux particuliers (exemple gneiss avec alternance de
bandes quartzo-feldspathiques et bandes micacées).
La foliation se rencontre à la fin du degré moyen de métamorphisme et au fort degré. Elle est
aussi caractérisée par une orientation préférentielle des minéraux.
Remarque :
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 24
[email protected]Une roche peut recristalliser sans acquérir une schistosité ou une foliation. Dans ce cas, la roche
n’a pas une orientation préférentielle des minéraux. Cette structure se rencontre dans le
métamorphisme de contact et dans le métamorphisme de très faible degré. La texture de la roche
originelle reste visible. Une telle structure est dite équante.
C’est l’exemple des cornéennes, des métabasaltes et métagranites.
IV. CLASSIFICATION DES ROCHES MÉTAMORPHIQUES
1. Classification basée sur l’origine de la roche
a) Roches d’origine endogène
Cette classification concerne les roches métamorphiques issues d’une roche magmatique. On
parle d’orthométamorphisme. On nomme ces roches en utilisant le préfixe « ortho ».
Exemples : un partant du granite, on obtient un orthogneiss et orthoamphibolite en partant du
gabbro.
b) Roches d’origine exogène
La classification concerne les roches métamorphiques issues des roches exogènes. On parle de
« paramagnétisme ». Pour nommer ces roches, on utilise le préfixe « para ».
Exemple : le paragneiss
2. Classification basée sur le degré du métamorphisme
Cette classification est basée sur les minéraux ou associations minérales stables dans les
conditions de température et pression bien définies qui caractérises les faciès métamorphiques.
Tableau 4: Classification des roches foliées
Les roches non orientées sont classées selon leur composition chimique (tableau 3). Cette
composition dépend de la nature de la roche mère ou originelle appelée : protolithe.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 25
[email protected] Tableau 5: Classification des roches non orientées
V. DESCRIPTION DE QUELQUES ROCHES MÉTAMORPHIQUES
Les roches vertes
Elles ont une structure généralement équante. La texture originelle de l’ancienne roche
magmatique basique n’a pas subie de modifications importantes. La couleur verte de ces roches
provient de la présence de chlorite et d’amphiboles due au faible degré de métamorphisme.
Les amphiboloschistes
Ce type de roche est caractérisé par une schistosité bien marquée avec des feldspaths non
visibles. Les minéraux ferromagnésiens sont représentés par des petits cristaux d’amphibole.
Les schistes ardoisiers
Ces roches sont caractérisées par leur schistosité bien marquée. Les minéraux ne sont pas
visibles à l’œil nu. Les roches sont de couleur grise avec un aspect légèrement satiné (brillant).
Les schistes sériciteux et chloriteux
Les minéraux dans ces riches sont visibles à l’œil nu. Cependant, la chlorite donne la couleur
verte plus ou moins foncée alors que la séricite leur donne un aspect satiné. La schistosité est
aussi bien marquée. On y trouve d’autres minéraux tels que le mica blanc (muscovite).
Les métaconglomérats
Un conglomérat est une roche sédimentaire formée par la consolidation des galets dans un
ciment. Le metaconglomérat provient d’un métamorphisme de très faible degré d’un
conglomérat. Les galets et le ciment de l’ancienne roche sédimentaire sont encore visibles et la
recristallisation rend la roche très compacte.
Les cornéennes
C’est un terme général désignant les roches massives très compactes de couleur très sombre
avec une structure équante et des grains fins. Elles sont issues d’un métamorphisme de contact
des roches de toute nature.
Les gneiss caractérisés par une foliation bien marquée
Les minéraux clairs sont constitués de quartz, feldspath, muscovite tandis que les minéraux
sombres sont composés de biotite, amphibole et pyroxène.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 26
[email protected]Parfait Yao, Ingénieur des Mines 27
[email protected] CHAPITRE IV : FORMATION DES ROCHES SEDIMENTAIRES
I. DÉFINITIONS
Les roches sédimentaires sont des roches exogènes constituées de particules sédimentaires
consolidées ou non. Ces particules peuvent aller du gros bloc (du point de vue granulométrique)
à des molécules dissoutes dans l’eau (solution colloïdale). Elles sont produites par altération et
l’érosion des sols ou des roches préexistantes. Ces particules ainsi obtenues sont déposées par
des agents tels que l’eau, le vent, la glace suite à leur transport. Elles peuvent être aussi sécrétées
par des organismes. C’est particules sont appelées sédiments. Initialement meubles, les roches
sont converties par la suite en roches sédimentaires cohérentes et solides au cours de la
diagenèse (le sable est converti en grès).
Les roches sédimentaires sont disposées en couche ou strates. La science qui étudie les couches
sédimentaires est appelée la stratigraphie. Le terme de sédiment est souvent utilisé pour
désigner les sédiments et les roches sédimentaires. L’étude des sédiments est appelé
sédimentologie au sens stricte mais elle étudie aussi les différents processus de formation des
roches sédimentaires.
Selon le mode de formation des roches sédimentaires, on distingue les roches détritiques, les
roches chimiques et biochimiques, et les roches organogénétiques ou organiques.
On résume pour dire que :
- La sédimentologie étudie les processus qui altèrent, érodent, transportent et déposent
les sédiments.
- La pétrologie sédimentaire concerne l’identification des processus sédimentaires, des
milieux de dépôts et de leur évolution.
- La stratigraphie étudie la distribution complexe de l’enregistrement des roches
sédimentaires dans l’espace et dans le temps.
II. CYCLES DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
Les roches exogènes sont des roches formées à la surface de la terre suite à une altération des
roches préexistantes sous l’effet des agents atmosphériques tels que le vent, l’eau, la glace. Il
existe deux types de roches exogènes qui sont : les roches sédimentaires et les roches
résiduelles.
Les roches résiduelles sont des roches qui sont formées à la suite d’une altération des roches
préexistantes et sans transport des minéraux d’altération. Elles sont formées sur place. Les
roches sédimentaires sont celles qui ont subi après altération une érosion, un transport et un
dépôt des produits d’altération.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 28
[email protected] Figure 11: Cycle des roches exogènes
III. PROCESSUS DE FORMATION DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
1. Altération
L’altération est l’ensemble des mécanismes qui modifient les propriétés physicochimiques des
minéraux donc des roches en des ions solubles et en des grains ou sédiments. L’altération
s’effectue par l’actions des agents atmosphériques (eau, vent, glacier). Elle a lieu à la surface
de la terre sur le continent et aussi au fond des eaux. Plusieurs facteurs contrôlent l’altération.
Ce sont la température, le pH, la porosité des roches, le gel-dégel, les facteurs biochimiques et
le climat.
Les processus de l'altération superficielle sont de trois types: mécaniques ou physiques,
chimiques et biologiques.
a) Altération physique
Les processus mécaniques (ou physiques) sont ceux qui désagrègent mécaniquement la roche,
comme l'action du gel et du dégel qui à cause de l'expansion de l'eau qui gèle dans les fractures
ouvre progressivement ces dernières. L'action mécanique des racines des arbres ouvre aussi les
fractures. Il existe trois principaux types d’altération :
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 29
[email protected] La gélifraction
Dans ce processus, l’eau pénètre dans les pores et fissures et provoque en gelant l’éclatement
de la roche.
La dilatation thermique et différentielle
Les différents minéraux de la roche ont des propriétés physiques variées et ne se dilatent pas de
la même manière (changement de température). Cette différence de dilatation provoque la
fracturation de la roche.
La tectonique
Les effets de la tectonique créés des brèches et des failles au sein de la roche. Ces failles et ces
brèches formées constituent les éléments de désagrégation de la roche. A la fin de l’altération,
nous avons des matériaux livrés par l’érosion.
b) Altération chimique
L'altération chimique est très importante. Plusieurs silicates, comme les feldspaths, souvent
abondants dans les roches ignées, sont facilement attaqués par les eaux de pluies et transformés
en minéraux des argiles (phyllosilicates) pour former des boues. L’altération chimique agit de
deux manières :
- Elle se fait par dissolution totale des minéraux de la roche. Certains minéraux tels que
la halite et la calcite sont totalement dissouts et leurs ions sont évacués en solution.
- Elle s’effectue aussi par néoformation des minéraux. Les micas sont par exemple
transformés en minéraux argileux.
L’altération chimique est fonction de :
- la résistance des minéraux à la solubilisation
- l’état de surface des continents (relief, végétation, nature des roches)
- paramètres climatiques (température, précipitations, drainage)
c) Altération biologique
Elle s’effectue par l’intervention des organismes. Certains organismes ont la possibilité
d'attaquer biochimiquement les minéraux. Certains lichens vont chercher dans les minéraux les
éléments chimiques dont ils ont besoin.
L'action combinée de ces trois mécanismes produit des particules de toutes tailles. C'est là le
point de départ du processus général de la sédimentation.
2. Érosion
L’érosion correspond à la mobilisation des produits d’altération. C’est l’ensemble des
mécanismes d’enlèvement et d’éloignement des produits de l’altération.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 30
[email protected]En effet, sous l’action de la pesanteur de l’eau, du vent et des glaciers, les produits de l’altération
des sols et des roches préexistantes sont enlevées et transportées laissant certaines formes
d’érosion caractéristiques sur le massif rocheux. Cette action est appelée glyptogenèse.
3. Transport
Les sédiments sont transportés depuis les zones sources jusqu’aux zones de dépôt. Le transport
se fait en l’absence ou en présence de l’eau. En absence de l’eau, nous avons l’effet de la
pesanteur qui créé des éboulements ou glissements de terrain. En présence de l’eau, les éléments
sédimentaires sont transportés de trois manières :
- Par suspension
Les grains se déplacent en pleine eau souvent très au-dessus du fond de l’eau.
- Par saltation
Au cours de la saltation, les grains quittent brutalement le fond sous l’action du courant de l’eau
avec un angle important puis retombe plus lentement de façon plus ou moins continue.
- Par roulement
Par roulement, les grains sont en contact avec le fond. Pour une même vitesse du courant, les
galets roulent, le sable se déplace par bond ou saltation et l’angle se déplace en suspension.
Exercice : faire un schéma illustrant les différents mouvements des particules sédimentaires
dans l’eau
Les particules sédimentaires peuvent être aussi transportées par le vent et cela est possible dans
les pays arides à la couverture végétale est peu importante pour assure son rôle protecteur. Les
éléments très fins (poussière) sont transportées par le vent et s’accumulent pour former les lœss.
Les éléments sableux sont aussi transportés par le vent et s’accumulent pour former des dunes.
Les éléments sédimentaires sont généralement transportés par la glace. Les glaciers érodent et
transportent les matériaux érodés et les déposes lors de sa fusion. Les dépôts dus aux glaciers
sont généralement très hétérogènes.
4. Dépôt ou sédimentation
La sédimentation est le stade de dépôt des sédiments. Elle a lieu lorsque la vitesse de l’agent de
transport diminue ou lorsque l’agent de transport disparait (la fusion de la glace par exemple).
La sédimentation dépend de la granulométrie des éléments sédimentaires, de leur gravité, leur
densité et la vitesse du courant du transport.
Au cours de la sédimentation, les particules sédimentaires peuvent être classées : c’est le
granoclassement. Il peut être normal ou inverse.
On distingue la sédimentation en milieu aqueux et la sédimentation par les processus éoliens.
5. Diagénèse ou évolution post-sédimentaire
La diagenèse est un ensemble de mécanisme physicochimiques responsables de la
transformation des sédiments meubles en roches sédimentaires rigides (cohérentes). Lorsque
l’on veut dire simplement qu’un sédiment a durcit sans se soucier des mécanismes mis en jeux,
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 31
[email protected]on emploie le terme de lapidification. Si les transformations au sein des sédiments sont telles
que le sédiment originel est complètement transformé (ou modifié), on parle de
métamorphisme. Les roches sédimentaires formées par la diagenèse peuvent contenir deux
sortes de minéraux :
- Les minéraux détritiques venus d’ailleurs et
- Les minéraux formés sur place appelés minéraux authigènes.
La diagenèse s’établie entre quatre mécanisme différents les uns des autres. On a :
La compaction
C’est le processus mécanique ou physique fondamental de la diagenèse. Il s’agit de la réduction
du volume massif du sédiment sous le poids croissant des dépôts qui le recouvre. Ce mécanisme
conduit à la réduction de la porosité (ensemble des vides d’un élément). La compaction produit
la chasse forcée de l’eau interstitielle et le réarrangement des grains les uns par rapport aux
autres et leur surface de contact devient plus importante. A ce stade, les sédiments restent
toujours meubles. Les grains sont toujours indépendants.
La cimentation
C’est la modification diagénétique la plus commune et la plus importante. Elle consiste à
remplir les interstices entre les grains par un dépôt minéral (authigène). En effet, dans les
sédiments détritiques grossiers, quelque soit leur état de compaction, il subsiste toujours des
vides importants entre les grains. A partir des solutions interstitielles remplissant ces vides, des
minéraux diagenétiques authigènes peuvent cristalliser pour consolider les sédiments. Ces
solutions interstitielles étant sursaturées en ces minéraux authigènes. C’est la cimentation qui
transforme les sédiments meubles en roches rigides et cohérentes. Elle peut se produire
rapidement au cours de la sédimentation ou plus tardivement. Les minéraux les plus fréquents
qui cimentent les sédiments sont : la calcite, la dolomite, la silice, l’oxyde de fer, l’argile qui
peuvent se former à partir des solutions extérieures.
A ce stade, lorsque les sédiments sont sableux, on a les grès, lorsque les sédiments sont
composés de galets, on a les conglomérats.
La recristallisation
C’est l’apparition de nouveaux minéraux de composition chimique identiques aux différentes
particules de la roche. Dans ce cas, certains minéraux de la roche primitive sont dissouts pas
les solutions interstitielles et la matière ainsi dissoute va contribuer à nourrir d’autres cristaux
qui deviennent de plus en plus gros.
Finalement la structure primitive du dépôt est complètement modifiée. On dit qu’il y a eu
recristallisation. Ce type de diagenèse se rencontre dans la plupart des calcaires. La
recristallisation caractérise aussi la transformation des grès en quartzite.
La métasomatose
C’est la transformation d’une roche avec un apport extérieur. C’est une sorte particulière de
recristallisation qui se produit par des phénomènes de remplacement d’un minéral par un autre
de composition chimique différente avec ou sans changement de forme. On parle alors
d’épigénisation.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 32
[email protected] Figure 12: Les processus sédimentaires
IV. CLASSIFICATION DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
Les critères essentiels du classement des roches sédimentaires sont leur origine (génétique), la
présence ou non d’un ciment et leur composition chimique.
1. La classification génétique
Cette classification distingue les roches détritiques ou clastiques d’une part et les roches
d’origine chimique et biologique d’autre part.
a) Les roches d’origine détritique
Elles correspondent à des assemblages de débris variés issus de la dégradation des roches
préexistantes (sédimentaires, métamorphiques, magmatiques).
On peut distinguer deux types de roches sédimentaires d’origine détritique :
- Les roches détritiques au sens strict ou roches terrigènes ;
- Les roches pyroclastiques, issues du remaniement des débris projetés par les volcans.
b) Les roches d’origine chimique
Ces roches sont constituées par des précipités de sels dissous après saturation par évaporation
de l’eau. C’est le groupe des roches dites salifères ou évaporitiques (chlorures, sulfates, etc.).
Le sel gemme ou halite ou chlorure de sodium est un exemple.
Elles peuvent aussi se former par réactions chimiques. L’exemple le plus connu est celui du
calcaire ou carbonate de calcium (fig.3) qui précipite à partir du bicarbonate soluble :
Cette réaction se produit lorsque :
- La température devient forte entrainant l’évaporation de l’eau. Ce phénomène est à l’origine
des croutes diverses qui se forment dans les déserts chauds et des calcaires qui se déposent dans
les eaux chaudes saturées (Mer Morte).
- Le départ du CO2 que l’on peut expliquer soit par une agitation violente des eaux (chutes d’eau
dans les rivières ou cascades) soit par son absorption par photosynthèse des plantes aquatiques
(Algues et mousses dans les rivières, lithotamnium des rivages marins, etc.).
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 33
[email protected]En traversant le sol, les eaux de pluie, peu minéralisées, se chargent du CO2 produit par
l'activité biologique des végétaux et des bactéries, puis pénètrent en profondeur.
L'eau très chargée en CO2 va ainsi pouvoir dissoudre les roches calcaires de l'aquifère lors de
son trajet souterrain.
- Elle emporte alors avec elle des ions calcium Ca2+ et hydrogénocarbonates HCO-3
dissous.
Lorsqu'elle arrive à l'air libre, l'eau contient plus de CO2 que l'atmosphère. Elle va donc expulser
son CO2 sous forme de gaz.
Ce rejet se produit jusqu'à ce que l'eau et l'atmosphère soient en équilibre. Lorsque l'eau a
suffisamment dégazé, les ions calcium peuvent précipiter, c'est-à-dire passer du stade dissous
dans l'eau, au stade cristallin à l'air libre. Cette précipitation suit la réaction :
Les petits cristaux se déposent sous forme d'une croute calcaire sur les végétaux présents dans
le cours d'eau. La superposition de ces couches successives forme la roche appelée tuf.
c) Les roches d’origine biologique
Ces roches sont constituées de débris d’animaux ou végétaux. Il s’agit surtout de :
- Calcaires fixés particulièrement par les plantes aquatiques, les vertébrés et les
invertébrés sous forme d’aragonite et de calcite. C’est l’exemple du corail.
- Silice fixée directement par certaines plantes (Diatomées et certains Spongiaires sous
forme d’opale).
- Phosphates dans la chair, les ossements et les excréments des Vertébrés.
Figure 13: Corail
2. Classification basée sur la présence ou non d’un ciment
En se basant sur la présence ou non d’un ciment, on distinguera les roches meubles et les roches
consolidées.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 34
[email protected] a) Les roches meubles
Ces roches non cimentées sont en général des sédiments actuels et des roches anciennes
demeurées meubles.
Le sable
Les sables sont classés selon leur granulométrie.
Le sable est une arénite, c’est-à-dire une roche détritique non consolidée, dont le diamètre des
grains est compris entre 0,0625 et 2 mm. Les sables peuvent être très fins (diamètre des grains
de 0,0625 à0,125mm), fins (de 0,125 à0,25mm), moyens (de 0,25 à0,5mm), grossiers (de 0,5 à
1 mm), ou très grossiers (de 1 à 2 mm).
En dehors de cette gamme de taille, on parle de lutites (silt, argile) lorsque la taille des grains
est inférieure à celle des sables très fins, et de rudites (graviers, galets, blocs) lorsque le
diamètre des grains est supérieur à celui des sables grossiers.
Le sable se caractérise par sa capacité à s'écouler. Plus les grains sont ronds, plus le sable
s'écoule facilement. On peut également différencier un sable qui a été transporté par le vent
d'un sable transporté par l'eau. Le premier est de forme plus anguleuse que le deuxième qui est
plus rond. De plus, le sable éolien présente une couleur plus opaque que le sable aquatique plus
translucide (poncé plus finement), due aux multiples impacts que subit le sable aérien lors de
son déplacement.
Le sable est souvent le produit de la décomposition du granite du fait de l'érosion. Ainsi, le plus
fréquent de ses composants est-il le quartz, le constituant le moins altérable du granite.
Les grains de sable sont assez légers pour être transportés par le vent et l'eau. Ils s'accumulent
alors pour former des plages, des dunes
Les sables sont classés en diverses catégories en fonction de l’origine de leur formation.
- Les sables détritiques (issus de roches préexistantes) sont dits « terrigènes » lorsqu’ils
sont formés par altération météorique (pluie, neige) ou par érosion de roches grenues
(granite, gneiss, etc.). Dans ce cas, ils sont transportés par les cours d’eau. Ces sables
peuvent également provenir des éruptions explosives qui émettent des sables
volcaniques (autrement dit des cendres).
- Les sables éoliens s’accumulent en bordure des régions côtières et dans des zones
désertiques (les ergs du Sahara, par exemple) sous l’effet du vent.
- Les sables bioclastiques, appelés aussi sables coquilliers, proviennent quant à eux de la
fragmentation puis de l’accumulation de squelettes ou coquilles d’organismes marins
(mollusques, coraux, etc.).
- Les sables coquilliers recouvrent les plages de couleur très claire que l’on rencontre
sous les tropiques.
Le sable est l’un des principaux matériaux de construction (béton). Il constitue également la
principale matière première de l’industrie du verre. Par ailleurs, il intervient dans la fabrication
de céramiques.
Le sable est également largement utilisé pour ses propriétés abrasives (cas du papier de verre
recouvert de sable, par exemple).
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 35
[email protected]En milieu naturel, le sable accumule des minéraux lourds alluvionnaires, permettant l’extraction
de certains matériaux dont l’or, les diamants, la cassitérite (minerai d’étain), la magnétite
(oxyde de fer) ou l’ilménite (oxyde de fer et de titane).
b) Les roches consolidées ou cohérentes
Les roches cohérentes ou consolidées sont constituées de grains englobés dans un ciment. Ces
roches sont durcies.
Le conglomérat
Le ciment reliant les sédiments est souvent argileux. On les rencontre dans les terrasses, les
piémonts et les rivages. Ils peuvent être monogéniques (éléments de même nature) ou
polygéniques (cas le plus fréquent).
Leur étude régionale nous renseigne en particulier sur les zones soumises à l’érosion et les
modalités de transport des sédiments grâce à la granulométrie et la morphoscopie.
On distingue deux types de conglomérats :
- Les brèches
Renfermant des éléments anguleux, ces roches peuvent être d’origine sédimentaire, tectonique
et volcanique. Les brèches tectoniques reçoivent le nom de mylonites lorsque le broyage a été
particulièrement poussé.
- Les poudingues
Les sédiments de ces roches arrondis, forme qui se traduit par un long transport des éléments.
Les grès
Ces roches sont composées à 85 % de grains de quartz plus ou moins arrondis. Elles sont
diversement colorées selon la nature du ciment qui conditionne le plus leur porosité, leur dureté,
leur densité, leur résistance aux agents d’érosion et par suite leur usage.
Au-delà de son utilisation en tant que réservoir naturel pour les gisements d'huile et de gaz, le
grès est utilisé dans la fabrication de pierres et de meules à aiguiser.
Les roches carbonatées clastiques
Elles sont formées de 50 % de carbonates (calcite, dolomite, aragonite). On distingue deux
groupes principaux : Les calcaires et les dolomies.
Les molasses et les flyschs
Ces deux faciès sont liés à des phases orogéniques.
- La molasse est une formation composée de couches turbiditiques et de couches terrigènes non
turbiditiques (grès, conglomérats) déposées dans une zone orogénique en fon de tectonisation,
en discordance avec les couches sous-jacentes. Elles correspondent à toutes les couches
détritiques accumulées dans les fosses situées au pied des chaines récentes. La molasse est une
formation d’eaux douces et marines.
- Les flyschs, uniquement marins, présentent une alternance régulière de lits grossiers et de lits
plus fins. Lorsque le litage est très régulier, on parle de flyschs en « mille feuilles ».
Ces roches se forment suite à des variations du niveau marin, lors d’une succession de
transgressions et de régressions...
Les distinctions entre molasses et flyschs sont parfois difficiles.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 36
[email protected] Figure 14: Flyschs « mille feuilles »
Les quartzites sédimentaires
Ce sont des roches presque entièrement siliceuses. Le quartz du ciment adhère fortement avec
le quartz des grains, de sorte que la cassure de la roche tranche les grains comme le ciment.
f. Les limons ou silts
Les limons diffèrent des sables par leurs grains plus fins (de 10 à 50 μm) et leur consistance de
cendre, farine ou poussière.
Ils diffèrent des argiles par leur moindre cohésion et le fait qu’à l’état sec, ils s’effritent entre
les doigts.
Dans les vallées, ce sont souvent des dépôts de débordement des fleuves. On les trouve aussi
sur certains plateaux, tantôt résidu de dissolution et d’altération, ailleurs dépôts apportés par le
vent.
Les limons sont généralement quelque peu argileux, mais le minéral dominant est le quartz.
Le limon contenant du calcaire et transporté par le vent est appelé lœss. Il fait transition entre
les roches siliceuses, argileuses et calcaires.
Ils ont un intérêt majeur pour le renouvèlement de la fertilité des sols et donc pour leur
exploitation agricole
La vase
C’est un dépôt fin, onctueux, actuel, rencontré dans les mers, les rivières et les lacs. La vase est
parfois très riche en débris végétaux et animaux en décomposition, d’où son odeur
nauséabonde.
Les pélites ou siltites
Aux limons et vases qui sont des roches meubles, correspondent des roches cohérentes appelées
siltites, pélites siliceuses ou phtanites.
Un phtanite est une roche siliceuse, à cassures plus ou moins planes, lisses au toucher, quelque
fois un peu esquilleuse. La couleur est gris bleuté, verdâtre, souvent gris foncé ou noir .
Les phtanites ont souvent une disposition en bancs étendus, ce qui les distingue des silex. On
les trouve souvent intercalés avec des schistes.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 37
[email protected] 3. La classification chimique
a) Les roches sédimentaires siliceuses
Ce sont des roches riches en silice (plus de 50 %), laquelle est souvent représentée par le quartz
sédimentaire, la calcédoine et l’opale. La silice provient par dissolution de certains organismes,
de roches diverses et peut être liée en particulier à des émissions volcaniques.
Figure 15: Cristaux de quartz
Les roches siliceuses d’origine détritique
Ces roches proviennent de roches préexistantes.
Les roches siliceuses d’origine organique
Ces roches peuvent renfermer en abondance des restes d’organismes à tests siliceux. Les
principales roches de ce type sont :
- Les jaspes à radiolaires ou radiolarites
Elles sont constituées de ciment siliceux englobant des tests siliceux de Protozoaires. Toujours
marines, les squelettes de Radiolaires constitués d’opale sont très durs, non rayés par le canif.
Elles sont diversement colorées et fournissent un bon matériau de décoration.
Les jaspes sont des radiolarites d’un rouge sombre, le fer y est sous forme oxydée.
Les lydiennes se distinguent des jaspes par leur couleur noire, qui indique probablement un
milieu plus réducteur. Etant donné leur dureté, elles sont utilisées par les bijoutiers comme
pierre de touche (on observe le trait que laissent l’or, l’argent et les alliages).
- Les diatomites
Constituées par des carapaces siliceuses d’algues microscopiques, les diatomées sont faites
d’opale et formées dans des lacs ou des océans (boues à diatomées). Poussiéreuses ou grenues
ou rugueuses au toucher, de couleur variable, elles sont peu cohérentes et de ce fait rayées par
l’ongle. Dans l’industrie moderne, on les utilise comme absorbants, micro-filtres, etc.
Les roches siliceuses d’origine chimique
- Les silex
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 38
[email protected]Ce sont des accidents siliceux en milieu calcaire, formés surtout de calcédoine et d’un peu
d’opale. L’intérieur est toujours très dur, à cassure courbe très lisse au toucher. Les silex ont
servi d’outils aux civilisations préhistoriques et de pierres à feu.
Figure 16: Les silex dans les calcaires des balcons de Ghouffi (Batna-Algérie)
- Les meulières
Ce sont des accidents siliceux dans les calcaires lacustres. Elles peuvent être compactes ou
caverneuses. Les variétés compactes, à aspect de silex, ont été utilisées pour la fabrication de
meule, d’où leur nom. Les variétés caverneuses, brun rougeâtres, d’aspect carié, sont exploitées
comme matériau de construction.
Les meulières se rencontrent, entre autres, dans le Quaternaire du Sahara. Au cours d’orages
violents, l’eau des pluies dissout la silice et, en s’évaporant, dépose sa silice sous la forme de
meulière. Celles-ci sont donc un excellent indice climatique celui d’un climat chaud semi-aride,
ni trop humide, ni trop sec.
- Les geysérites
Ce sont des dépôts siliceux blancs, abandonnés par les sources chaudes. Ces geysérites peuvent
être colorées (jaspes), zonées (agates), etc.
Figure 17: Agate
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 39
[email protected] Figure 18: Calcédoine
b) Les roches sédimentaires carbonatées
On distingue deux groupes principaux : les calcaires et les dolomies présentant des
intermédiaires. Ces deux groupes présentent un intérêt important :
- Ce sont des indicateurs climatiques car leur formation exige une température supérieure
à 22°C (mers chaudes) ;
- Ce sont d’excellents indicateurs paléoécologiques : les calcaires organiques sont
typiques des mers chaudes, peu profondes et bien oxygénées (récifs) ;
- Sur le plan économique, elles peuvent constituer des réservoirs d’eau et de pétrole,
servir à la fabrication de chaux et de ciment, pierres de construction, bicarbonate de
soude, production de CO2, craie, etc.
Les roches calcaires
Elles renferment souvent des fossiles d’où leur importance en stratigraphie. Ils font
effervescence à l’acide à froid, ce qui les distingue des dolomies qui ne le font pas :
Ces calcaires sont très répandus en Algérie et sont le siège de nombreuses grottes.
Les roches dolomitiques
La dolomie est une roche sédimentaire carbonatée contenant 50 % ou plus de carbonate dont la
moitié sous forme de dolomite (Ca,Mg)(CO3)2
Les dolomies ne font pas effervescence à froid avec un acide dilué (HCl à 10%), ce qui les
différencie des calcaires. L’effervescence se fait à chaud et après pulvérisation.
c) Les roches sédimentaires alumineuses ou roches argileuses
Ce sont des roches tendres, rayables à l’ongle, fragiles et cassantes à l’état sec, faisant pâte à
l’eau et durcissant à la cuisson. Leur imperméabilité joue un rôle important dans les circulations
et les accumulations de fluides (eaux, hydrocarbures).
La diagenèse des argiles conduit à la formation des schistes, roches feuilletées et clivables.
Lorsque cette diagenèse est intense, on passe aux schistes ardoisiers et aux ardoises qui peuvent
être considérées comme des roches métamorphiques.
La structure des argiles est identifiable aux RX ou diffractométrie. La structure des argiles est
caractérisée par la superposition de feuillets.
Si une argile fait effervescence à froid à l’acide, elle contient donc du calcaire et s’appelle alors
une marne.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 40
[email protected]L'argile est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques,
silicates en général d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure feuilletée
(phyllosilicates) qui explique leur plasticité, ou bien une structure fibreuse (sépiolite et
palygorskite) qui explique leurs qualités d'absorption.
On les classe en trois grandes familles selon l'épaisseur des feuillets (0,7 ou 1 ou 1,4 nm), qui
correspondent à un nombre de couches d'oxydes tétraédriques (Si) et octaèdriques (Al, Ni, Mg,
Fe2+, Fe3+, Mn, Na, K, ...).
L'interstice entre feuillets peut contenir de l'eau ainsi que des ions. Il en résulte des variations
de la distance entre feuillets, et donc des variations dimensionnelles macroscopiques de l'argile
quand elle s'hydrate (dilatation) ou s'assèche avec des contractions pouvant provoquer des
fissures.
Figure 19: Assèchement et fissuration des argiles
Les minéraux les plus communs dans les argiles sont :
- La kaolinite (0,7 nm)
De formule Si2O5 Al2(OH)4, elle est blanchâtre, pâteuse et grasse. On l'utilise en céramique et
pas seulement dans la fabrication de la porcelaine.
Les minéraux du groupe de la halloysite sont composés par le même feuillet que la kaolinite
mais leur empilement est désordonné. Il existe deux formes d’halloysite :
o déshydratée, avec la même formule chimique que la kaolinite et épaisseur
proche de celle de la kaolinite : 0,72 nm ;
o hydratée, dont l’épaisseur est environ 1 nm, qui correspond à celle de la kaolinite
plus une couche d’eau (0,29 nm); la montmorillonite, dont une forme, qui a pour
formule Si4O10Al5/3Mg1/3Na1/3(OH)2, est utilisée comme détachant ou
comme bentonite employée en génie civil en raison de ses propriétés colloïdales
(plastifiant dans les mortiers).
- L'illite, (1 nm)
De formule KAl2(AlSi3O10)(OH)2, est la plus répandue, c'est elle qui sert à la fabrication des
objets en terre cuite.
- Les vermiculites (environ 1,4 nm)
Une des manières de reconnaitre les argiles est l'analyse par diffraction de rayons X.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 41
[email protected]L’argile est un des plus anciens matériaux utilisés par l’homme. Pétrie avec de l’eau, elle donne
une pâte plastique qui peut être facilement moulée ou mise en forme. Après cuisson, elle donne
un objet résistant et imperméable. Ces propriétés remarquables sont à l’origine de son utilisation
très ancienne pour réaliser des objets en céramique, en porcelaine...
Briques et tuiles sont également fabriquées à partir d’un mélange d’argile et d’eau moulé sous
pression et cuit à température suffisamment élevée (1000 à 1200 °C).
Une terre argileuse destinée à la cuisson est souvent appelée glaise ou terre glaise.
d) Les roches phosphatées
Elles se forment sur la plate-forme continentale ou à son rebord (entre 50 et 200 m de
profondeur). Ce sont des roches sédimentaires marines (sauf la phosphorite) contenant des
minéraux phosphatés caractérisés par le radical (PO4)3-.
Dans l’industrie, le traitement à l’acide sulfurique des phosphates les transforment en
superphosphates (mélange de phosphate monocalcique CaH2(PO4)2 et sulfate de chaux
(CaSO4), permet de les utiliser comme engrais.
e) Les roches salines
L’origine des roches salines
Ce sont des dépôts riches en chlorures et sulfates alcalins (avec les ions Na+, K+, Cl- et SO4-).
La précipitation de ces sels succède à des concentrations, par évaporation intense, généralement
dans les lagunes peu ou pas reliées à la mer, ou encore dans les lacs salés. Ce sont donc de bons
indicateurs climatiques.
Par ordre de cristallisation, on a les principaux minéraux suivants: le gypse, l’anhydrite, le sel
gemme ou halite, la carnallite, la sylvine.
Figure 20: Ordre de cristallisation des roches salifères
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 42
[email protected] Exemples de roches salines
- Le sel gemme ou halite ou chlorure de sodium
On trouve des affleurements de sel gemme exclusivement dans les régions désertiques car
ailleurs il est solubilisé par les eaux de pluie (montagnes de s el du Sud algérien). Du point de
vue économique, le sel est utilisé dans l’alimentation, le chlore pour les matières plastiques
(30%), la soude (déchet de chlore CO3Na2).
Figure 21: Sel gemme ou halite
- Le gypse et l’anhydrite (CaSO4,2H2O et CaSO4)
Le gypse se présente sous diverses formes : de couleur blanche ou teinté en rose par des oxydes,
sa structure peut être granuleuse (saccharoïde) ou fibreuse ou lamellaire ou encore en gros
cristaux (gypse en fer de lance) ou en association dans les roses de sable. Le gypse est
légèrement soluble dans l’eau (2.5 g/l).
Par chauffage, le gypse se transforme en plâtre en dégageant de la vapeur d’eau :
Le plâtre mélangé à de la gélatine et coloré donne stuc, imitation du marbre.
L’anhydrite est translucide, blanche, grise ou verdâtre. Ses cristaux sont parfois sphériques ou
en feuilles de fougères. Elle se dépose à partir de l’eau dans les lagunes. Elle est un peu plus
dense et plus dure que le gypse.
- Le sel de potasse (sylvine KCl) et le sel de magnésium (Carnalitte MgCl2)
Ils sont fréquemment associés au sel gemme et le rendent déliquescent (pas consistant,
dépérissement). Ils sont utilisés comme engrais.
Les environnements évaporitiques consistent en des lacs en région aride ou semi-arides, des
lacs temporaires (sebkha) ou des bassins partiellement ou totalement confinés (Mer Morte).
Les minéraux formés par ordre de fréquence sont les sulfates (gypse, anhydrite) et les chlorures
(halite, sylvine, potasse)
Par leur plasticité effective par le gradient géothermique et le poids des sédiments, les roches
salines sont un facteur d’instabilité tectonique. Elles sont tendance à fluer vers la surface en
donnant naissance à de curieux phénomènes tectoniques (dômes de sels, chevauchements et
charriages, remontées de sels, etc.)
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 43
[email protected] f) Les roches carbonées
Ce sont des roches sédimentaires formées essentiellement de débris végétaux qui ont subi une
évolution complexe (enrichissement en carbone, déshydratation et appauvrissement en matières
volatiles avec pertes d’hydrogène et oxygène). Lorsque les êtres vivants s’accumulent dans
l’eau stagnante, ils se trouvent à l’abri de l’oxygène (milieu anaérobie). Ces milieux se
rencontrent dans des lacs aux eaux calmes, non agitées, au niveau des forêts marécageuses ou
même au fond de certaines mers fermées.
Les roches combustibles proviennent donc de la biomasse fossilisée. Pétroles et charbons ont
ainsi une origine très comparable.
Les charbons
La formation des charbons diffère de celle des hydrocarbures, huile et gaz. Ils sont issus des
végétaux terrestres qui s'accumulent dans les zones anoxiques, comme les grands marécages.
En fonction de leur teneur en carbone C, on peut les classer de la manière suivante :
- La tourbe (55% de carbone)
Légère et brune, elle est surtout formée de mousses, connue uniquement dans les dépôts actuels.
C’est un combustible médiocre.
- Les lignites (70-75% de carbone)
De couleur brun noir à terne et à débris ligneux bien reconnaissables, les lignites sont plus
compacts que la tourbe. On les rencontre dans des gisements d’âges secondaire ou tertiaire. Le
jais est une variété noire et brillante.
- Le charbon proprement dit ou houille au sens large (85% de carbone)
Noir, mat ou brillant, le charbon tache les doigts.
- Le graphite
Formé de carbone pur, il est le terme ultime de l’évolution et est dû au métamorphisme.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 44
[email protected] Figure 22: Formation des charbons
On peut aussi classer les charbons par des méthodes d’analyse industrielle. L’une d’entre elles
consiste à observer le comportement d’un charbon au cours de sa combustion :
- A 100 °C, un échantillon chauffé perd son eau (on peut ainsi connaître la quantité d’eau
qu’il contient) ;
- A 960 °C, le charbon perd les matières volatiles (hydrocarbures) qu’il contient ;
- Au-dessus de 960 °C, tout le carbone est oxydé. Il reste ensuite des cendres non
combustibles : c’est le résidu minéral.
On peut aussi calculer le pouvoir calorifique ou énergétiques des charbons, c'est-à-dire la
quantité de chaleur libérée par la combustion d’une certaine masse. Les anthracites sont les
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 45
[email protected]charbons qui ont le meilleur pouvoir calorifique. Il est le double de celui des lignites. En ce qui
concerne les tourbes, il est très bas.
Les pétroles
Le terme pétrole est une huile naturelle qui est synonyme de pétrole brut (pétra = pierre et oléum
= huile).
Les hydrocarbures sont des composés de carbone et d’hydrogène. Si le composé le plus simple
est le méthane CH4, il faut savoir que les hydrocarbures naturels sont des mélanges très
complexes de molécules telles que les alcanes C nH2n+2 et les alcènes CnH2n. Il existe aussi des
composés aromatiques, molécules cycliques à six atomes de carbone, ce qui leur confère une
grande stabilité.
g) Les roches ferrugineuses, glauconieuses, alumineuses
C’est l’exemple des minerais sédimentaires de fer, glauconite, bauxite.
V. MILIEUX DE SÉDIMENTATION OU DE DÉPÔT
Il existe deux types de milieux de sédimentation : les milieux continentaux et océaniques.
1. Milieux continentaux
a) Milieux glaciers
Ce sont les moraines glaciaires et les tillites qui les caractérises. Il s’agit de dépôts très
hétérogènes constitués de particules fines et de gros blocs non classés. On peut noter également
des dépôts périglaciaires constitués de varves (qui sont des dépôts rythmiques composés de
fines particules au fond des lacs glaciaires) et les lœss (formés à partir de poussières issues des
boues de fonte qui s’accumulent à la suite de l’action du vent).
b) Milieux désertiques
Caractérisés par les dépôts éoliens, on y trouve des sédiments sableux qui s’accumulent sous
forme de dunes. Les particules fines s’accumulent sous forme de lœss.
c) Milieux fluviatiles
Ce sont les limons qui s’accumulent de part et d’autre du lit du fleuve lors des crues (montées
d’eau).
d) Milieux lacustres
Lorsque les lacs sont alimentés par les eaux de glacier, nous avons des dépôts de varves. Dans
les parties profondes du lac se dépose des turbidites constituées de sédiments grossiers. Dans
les lacs, on peut noter également la présence de sédiments chimiques et biochimiques
(carbonates, évaporites).
e) Milieux lagunaires
Ce sont des dépôts de carbonates et des dépôts gypseux, les dépôts de delta. Au niveau des
deltas, on a deux types de dépôts : les dépôts sableux et les dépôts composés de particules fines
constituées de vases.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 46
[email protected] f) Sur le littoral
Ce sont des dépôts sableux appelés généralement le cordon littoral.
2. Milieux océaniques
a) Plateau continental
Il s’agit des dépôts détritiques terrigènes transportés par les fleuves, le vent, les glaciers. Dans
la plateforme continentale, on rencontre aussi des sédiments chimiques, biochimiques et
organiques.
b) Dans le talus et la plaine abyssale
Nous avons des sédiments détritiques terrigènes et les dépôts détritiques marins, les dépôts
chimiques, biochimiques et organiques.
VI. NOTION DE STRATIGRAPHIE
La stratigraphie est l’étude de la succession des dépôts sédimentaires disposés sous forme de
couches ou strates. On distingue trois branches principales de la stratigraphie :
- Lithostratigraphie
Elle se base sur la nature lithologique des couches sédimentaires pour les identifier.
- Biostratigraphie
Elle est basée sur le contenu en fossile des différentes couches.
- Chronostratigraphie
Elle se base sur la chronologie des différentes couches.
On distingue la chronologie absolue qui permet de dater les couches sédimentaires en million
d’années ; c’est l’âge absolu de la couche.
La chronologie relative permet de dater les différentes couches par corrélation (comparaison)
des différentes couches.
La chronostratigraphie a permis d’établir une échelle stratigraphique composée d’ères
(primaire, secondaire, tertiaire).
Les principes de la stratigraphie
- Le principe de la superposition : toute couche qui se trouve au-dessus, en dehors de
toute déformation, est la plus jeune.
- Le principe de continuité : toute couche a le même âge sur toute son étendu.
- Le principe d’identité paléontologique : deux couches qui ont le même contenu
fossilifère ont le même âge.
Parfait Yao, Ingénieur des Mines 47
[email protected]