Physique II, année 2016 — filière PSI
La procédure de mesure est la suivante :
1. Équilibrage ≪ à vide ≫ : en l’absence de courant i et de masses marquées dans le plateau,
le contrepoids C est déplacé de façon à ce que la balance soit à l’équilibre, les trois points
C, O et D étant alignés sur l’horizontale.
2. Mesure du champ : on ferme le circuit électrique, ce qui permet au courant d’intensité
i de circuler ≪ dans la balance ≫, le fléau de gauche penche vers le bas ; on ajoute alors
des masses dans le plateau jusqu’à ce que la balance soit à l’équilibre, les trois points C,
O et D étant alignés sur l’horizontale.
1 — Montrer que, lorsque l’équilibrage à vide est réalisé, le centre de masse, G, des parties
mobiles de la balance est situé en O.
2 — Lorsque le courant circule ≪ dans la balance ≫, montrer que le moment résultant en O
des forces de Laplace s’exerçant sur les parties en arc de cercle est nul.
3 — A l’équilibre, en présence de courant et de champ magnétique, établir l’expression du
moment en O des forces de Laplace. En déduire la relation liant B = B ~ , la somme m des
masses marquées posées sur le plateau, i, ℓ, d1 , d2 et le module g du champ de pesanteur ~g .
4 — La sensibilité de la balance étant de δm = 0,05 g, déterminer la plus petite valeur de
B mesurable pour i = 10 A, g = 10 m · s−2 , ℓ = 5 cm et d1 = d2 = 10 cm. En comparant cette
valeur avec une ou des références connues, conclure quant à l’utilisabilité de la balance.
FIN DE LA PARTIE I
II. — Utilisation d’une boussole
II.A. — Etude générale G
Dans cette partie on utilise une boussole constituée d’une Figure 2 – La Boussole
aiguille aimantée mobile, présentant un axe de symétrie
longitudinal. Cette aiguille peut pivoter sans frottement autour d’un axe passant par son centre
de masse G et perpendiculaire à l’axe de symétrie. La liaison avec l’axe est du type ≪ pivot
parfait ≫ sans frottement. Cette aiguille aimantée se comporte comme un dipôle magnétique de
moment magnétique M~m ayant la direction de l’axe de symétrie de celle-ci.
Cette boussole est placée dans un champ magnétique B, ~ permanent et localement uniforme
(il est considéré comme uniforme tout le long de l’aiguille aimantée). Les forces magnétiques
soumettent la boussole à un couple ~Γ = M~m ∧ B. ~ On note J le moment d’inertie de l’aiguille
aimantée par rapport à l’axe de rotation. Dans un premier temps nous allons étudier les petits
mouvements de l’aiguille autour de sa position d’équilibre stable, en négligeant les frottements
fluides dus à l’air. Le champ magnétique et l’axe de symétrie de l’aiguille sont dans un plan
horizontal. On appelle α l’angle entre la direction de B ~ et celle de M~m .
5 — Après avoir exprimé le couple des forces magnétiques s’exerçant sur l’aiguille en fonc-
tion des paramètres du problème que sont B = B ~ , Mm = M~m et α, établir l’équation
différentielle dont α est solution. En déduire les positions d’équilibres de l’aiguille, et indiquer
sans calcul l’équilibre stable. En supposant α ≪ 1, donner l’expression de α (t) en notant α0 la
Mm
valeur maximale de cet angle, en faisant apparaı̂tre le rapport κ = et en supposant que
J
dα
dt t=0
= 0 rad · s−1 .
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Mesures de champs magnétiques
On cherche à mesurer le rapport κ. Pour cela on mesure la période des pe-
tites oscillations de l’aiguille aimantée placée dans un champ magnétique I I
uniforme connu, créé par des bobines de Helmholtz.
Les bobines de Helmholtz sont constitués de deux bobines plates, c’est-à- x O
dire d’épaisseurs négligeables, identiques et équidistantes. Chacune d’entre
elles comprend N spires circulaires de rayon R, parcourues par le même R d
courant d’intensité I et dont le sens est indiqué sur la figure 3. Ces deux
bobines sont distantes de d = R. L’axe Ox de révolution des spires a
pour origine le point O tel que les bobines soient équidistantes de celui-ci.
Fig. 3 – Bobines
On montre qu’en un point M situé à l’abscisse x, sur l’axe Ox, le champ
~ (x) créé par les bobines s’écrit de Helmholtz
magnétique B
"
2 #−3/2 " 2 #−3/2
~ (x) = N B ~0 x 1 x 1
B 1+ − + 1+ +
R 2 R 2
6 — La quantité B0 = B ~ 0 s’exprime en fonction de µ0 , R et I. Par comparaison avec
d’autres champs magnétiques, choisir en justifiant précisément ce choix, l’expression de B0
parmi les suivantes :
µ0 I µ0 R µ0 IR IR
B0 = B0 = B0 = B0 =
2R 2I 2 2µ0
7 — Les bobines ont un rayon R = 15 cm. On donne le développement limité suivant
" 2 #−3/2
1 8 6 32 3 144 4 4
1+ X ± = √ 1∓ X ± X − X +o X
2 5 5 5 25 125
Dans quelle zone située sur l’axe Ox, peut-on considérer que la variation relative de la norme
du champ est inférieure à 2% ? Préciser la valeur numérique de cette norme sachant que N = 50
spires et I = 4 A ?
8 — La valeur mesurée de la période des petites oscillations de l’aiguille aimantée est
T = 0,30 s. Déterminer l’unité et calculer la valeur numérique du rapport κ pour cette boussole.
II.B. — Applications au champ magnétique terrestre
On se place à Paris dont l’altitude (42 m) est négligeable devant le rayon terrestre RT =
6 400 km, la longitude est ϕ = 2◦ 21′ et la latitude λ = 48◦ 52′ nord. On rappelle que la latitude
est l’angle entre le plan de l’équateur et le rayon terrestre passant par le point considéré. On
effectue deux mesures avec la boussole précédemment calibrée :
— Quand l’axe de la boussole est vertical, la période des petites oscillations est de T =
2,31 s.
— Quand l’axe de la boussole est horizontal, à l’équilibre, et que l’axe de symétrie de l’ai-
guille aimantée est dirigé selon le champ magnétique local vers le pole nord magnétique
terrestre, l’aiguille fait un angle i = 64◦ 0′ avec l’horizontale locale.
On suppose que le champ magnétique terrestre est celui d’un dipôle magnétique de moment
M~T placé au centre de la terre, dont la direction est celle d’un axe (O,b uz ) passant par les deux
pôles magnétiques et orienté du nord vers le sud.
On indique qu’un dipôle magnétique situé en l’origine O du référentiel considéré, d’axe (O,buz )
et de moment M~ = M u bz , crée en un point M éloigné de O et de coordonnées sphériques
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Physique II, année 2016 — filière PSI
(r,θ,ϕ) un champ magnétique
~ µ0 M
B(M )= (2 cos θ u
br + sin θ u
bθ ) .
4πr3
Dans le système de coordonnées sphériques adapté à la géométrie du champ magnétique ter-
restre, l’angle θ = 0 indique la direction du pôle sud magnétique et ϕ correspond à une longitude.
9 — Après avoir fait un schéma représentant M~T ainsi que le vecteur B(M ~ ), les angles i
et θ si le point M est la ville de Paris, déduire des mesures effectuées la coordonnée θ de cette
ville. Que peut-on en conclure concernant l’axe de symétrie du champ magnétique terrestre et
l’axe de rotation de la terre ?
10 — En indiquant les arguments utilisés, déduire des mesures effectuées et du résultat de
la question 8, l’intensité du champ magnétique terrestre à Paris. Calculer alors MT = M~T .
FIN DE LA PARTIE II
III. — Utilisation d’une sonde à effet Hall
L’élément principal d’une sonde à effet Hall b
uy
est une plaquette constituée d’un semi-con- 2
ubx
ducteur, dopé N, dans laquelle les porteurs
de charges libres sont des électrons, dont ubz 1
la charge est q = −e = −1,6 × 10−19 C.
La densité volumique de ces électrons dans a
cette plaquette est n = 3,30 × 1018 m−3 .
Cette plaquette possède la forme d’un pa- c 4
rallélépipède, dont les six faces sont numé- 6
rotées conformément à la figure 4, ses di- b
mensions sont a = 3 mm, b = 6 mm et c = Figure 4 – Plaquette de semi-conducteur
0,2 mm. Les faces 1 et 3 sont reliées aux
bornes d’une source de courant idéale, délivrant un courant d’intensité I0 = 10 mA constante.
En régime permanent, on peut considérer que les lignes de courant sont rectilignes et parallèles,
le vecteur densité volumique de courant est uniforme et s’écrit ~j = j u
bx .
11 — Établir l’expression de la vitesse ~v des porteurs de charge et calculer sa norme.
La plaquette est placée dans une zone de l’espace où règne un champ magnétique considéré
comme constant, tel que B ~ =Bu by avec B > 0.
12 — Après avoir exprimé la force magnétique s’exerçant sur une charge mobile, justifier
que des densités surfaciques de charge apparaissent sur les faces 2 et 4. On précisera les signes
de ces densités.
Ces densités surfaciques de charges créent un champ électrique E~h = Eh u bz au sein de la
plaquette. En régime permanent, la vitesse des porteurs de charge reste inchangée.
13 — En appliquant le principe fondamental de la mécanique à un porteur de charge
en projection sur ubz , déterminer l’expression de Eh . Montrer qu’il apparaı̂t une différence de
potentiel uh = V4 − V2 entre les faces 4 et 2. Celle-ci est appelée tension de Hall, on l’écrira
sous la forme uh = γB en précisant l’expression et la valeur numérique de la constante γ.
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